TVA en Tunisie : Champ d'Application et Règles
TVA en Tunisie : Champ d'Application et Règles
Néanmoins, un ensemble de conditions doivent être remplies pour que l’opération soit
imposable :
- il doit s’agir d’une affaire revêtant le caractère industriel ou artisanal ou relevant d’une
profession libérale.
- il doit s’agir d’opérations commerciales autres que les ventes.
En outre, le même article premier énumère les circonstances qui ne peuvent pas être
invoquées à l’encontre de la taxation.
I - Le statut juridique des personnes qui interviennent dans la réalisation des opérations
imposables
La taxation peut s’appliquer à toutes personnes physiques ou morales de droit privé ou de
droit public et ce que l’activité exercée par ces personne soit ou non réglementée : entreprises
individuelles, entreprises publiques, sociétés commerciales, sociétés civiles, sociétés de fait,
sociétés en participation, associations, collectivités publiques, indivisions.
II - La situation de ces personnes au regard de tous autres impôts
La loi exclut tout lien de droit entre le champ d’application de la TVA et celui des autres
impôts, en outre, elle affirme la règle de l’indépendance de la TVA vis à vis de tous autres
impôts avec lesquels elle peut éventuellement se cumuler tel que le droit de consommation ou
les droits d’enregistrement, sauf disposition expresse contraire.
B. Les conditions devant être remplies pour que l’opération soit imposable
Les opérations de consignation ne constituent ni une vente, ni une opération qui a nécessité
l’engagement de dépense à quelque titre que ce soit, elles ne constituent nullement une «
affaire » au sens de l’article premier du code de la TVA. Au stade de la consignation,
l’opération échappe donc à la TVA d’autant plus que l ration ne revêt aucun caractère
commercial pour être soumise en tant que telle à la TVA. Mais il peut arriver que, lui étant
attribué à titre de prêt a usage, l’emprunteur ne restitue pas l’emballage à son propriétaire.
Dans ce cas, l’opération peut être analysée en une vente portant sur un emballage non restitué,
sur une immobilisation qui n’a pas donnée lieu à déduction de la TVA Il n’y a donc pas lieu
d’imposer le non retour.
Le fait d’être en présence d’une affaire, de personnes juridiques distinctes qui se fournissent
des prestations réciproques constitue une condition nécessaire pour l’imposition mais non
suffisante ; l’affaire doit revêtir le caractère industriel ou artisanal ou relever d’une profession
libérale.
Les activités agricoles peuvent poser un problème particulier, en effet s’il est clair que les
affaires qu’un agriculteur réalise en procédant à la vente en l’état les produits de sa récolte
sont situées hors du champ d’application de la TVA, il est à noter que tous les agriculteurs ne
se bornent pas à vendre en l’état les produits de leur récolte ; ils peuvent procéder
antérieurement à leur transformation ou à leur présentation commerciale.
La transformation des produits agricoles, par l’agriculteur lui même ou par toute autre
personne, rentre dans le cadre des opérations industrielles, les affaires portant sur ces produits
agricoles ainsi transformés sont situées dans le champ d’application de la TVA.
De son côté l’administration fiscale s’est prononcée sur un certain nombre de cas particuliers.
Quant à la présentation commerciale des produits agricoles, qu’elle soit réalisée par les
agriculteurs eux-mêmes ou par toutes autres personnes, elle est expressément exclue du
champ d’application de la TVA par les dispositions du point 4 du § II de l’article 1er du code
de la TVA.
L’activité artisanale
L’activité artisanale est définie comme étant une activité de production, de transformation, de
réparation ou de prestation de service essentiellement manuelle et exercée a titre principal et
permanent dans une des branches fixées par arrêté du ministre du tourisme et de l’artisanat.
Selon la doctrine administrative, l’activité artisanale suppose :
- la possession de la carte d’artisan pour une activité qui figure sur la liste des activités
artisanales ;
- l’utilisation de moyens de production manuels ou de moyens mécaniques ayant un
rendement limité ;
- ne pas faire usage, dans l’activité concernée, de méthodes de travail à la chaîne.
Généralement les professions sont considérées comme libérales chaque fois où son exercice
requiert un travail essentiellement intellectuel et consiste dans la pratique personnelle d’une
science ou d’un art.
Le § II de l’article 1er du code de la TVA énumère les opérations qui ne répondent pas à la
définition légale des opérations imposables et qui sont assujetties à la TVA par la
détermination de la loi.
A. Les importations
Les importations de biens sont imposables du seul fait de leur introduction matérielle sur le
territoire tunisien, et ce quel que soit :
-le statut de l’importateur : personne physique ou morale, commerçant ou non commerçant,
assujetti ou non assujetti ;
-la nature du bien : que les biens similaires aux produits importés soient, sur le plan local,
imposables, situés en dehors du champ d’application de la TVA ou encore exonérés. Les
biens importés sont, dans tous les cas, imposables sauf exonération expresse de l’importation ;
-la destinée du produit : revente ou consommation personnelle.
D. Les reventes en l’état effectuées par les commerçants grossistes exerçant dans
d’autres secteurs et qui approvisionnent d’autres commerçants revendeurs
Le législateur semble définir le grossiste soumis à la TVA dans le cadre de cette rubrique ; il
s’agit d’un commerçant dont l’activité consiste à acheter en vue de la revente en l’état à des
commerçants revendeurs assujettis ou non à la TVA.
- le cas du commerçant qui achète des marchandises en l’état et procède par lui-même à la
présentation commerciale par l’apposition d’une marque ou l’emploi de toute autre forme
d’individualisation qui confère au produit une valeur particulière, celui-ci est assujetti à la
TVA.
- le cas du commerçant qui achète des biens en l’état et procède à leur emballage sans
apposition d’une marque de fabrique et sans individualisation, celui-ci ne fait que des
manipulations d’ordre commercial, il échappe de ce fait à la TVA.
L. La vente des produits en l’état par les commerçants détaillants qui réalisent un chiffre
d’affaires annuel global égal ou supérieur à 100.000 dinars.
Le seuil de 100.000 dinars couvre toutes les ventes quelque soit leur régime. Pour la
détermination de ce seuil il est tenu compte du chiffre d’affaires réalisé durant l’année
précédente pour être applicable à compter du 1er Janvier de l’année suivante.
Les ventes par les commerçants détaillants des produits alimentaires, des médicaments, des
produits pharmaceutiques et des produits soumis au régime de l administrative des prix sont
exonérés de la TVA.
Pour l’assujettissement des commerçants détaillants à la TVA deux principales conditions
doivent être remplies :
La 1ère condition : Le détaillant doit réaliser un chiffre d’affaires annuel global égal ou
supérieur à 100 000 dinars
Pour la détermination de cette limite de 100 000 dinars il doit être tenu compte de toutes les
ventes réalisées par le commerçant détaillant quelque soit le régime fiscal des produits vendus
au regard de la TVA.
A ce titre, cette limite comprend :
- les ventes des produits soumis à la TVA;
- les ventes des produits exonérés de la TVA figurant an tableau « A » annexé au code de la
TVA ou en vertu de tout autre texte ;
- les ventes réalisées à l’exportation;
- les ventes en régime suspensif ;
- les ventes des produits exonérés de la TVA au stade du détail à savoir les produits
alimentaires, les médicaments, les produits pharmaceutiques, et les produits soumis à
l’homologation administrative des prix.
Exemple N°1
Un commerçant détaillant procède à la vente de produits alimentaires et d’autres produits a
réalisé en 2011 le chiffre d’affaires suivant :
-85.000 D provenant de la vente de produits alimentaires
-40.000 D provenant de la vente d’autres produits
Le chiffre d’affaires à prendre en considération pour l’appréciation de la condition relative à
la limite de 100.000 D est constitué par le montant total des ventes réalisés par ce détaillant,
soit : 85.000 + 40.000 = 125.000D.
Avec ce chiffre d’affaires, la condition se trouve remplie, et le détaillant est soumis à la TVA
à compter du 1er janvier 2012.
Exemple N°2
Un pharmacien a réalisé en 2011 le chiffre d’affaires suivant :
- 80.000 D provenant de la vente des médicaments
- 10.000 D provenant de la vente de produits pharmaceutiques
- 30.000 D provenant de la vente d’autres produits.
Le chiffre d’affaires total a prendre en considération est de : 80.000 + 10.000 + 30.000
=120.000 D.
Avec ce chiffre d’affaires la condition se trouve remplie et le pharmacien est assujetti a la
TVA compter du 1er janvier 2012.
Exemple N°3
Un détaillant vend du ciment soumis au régime de l’homologation administrative des prix et
d’autres matériaux de construction ; il a réalisé en 2011 le chiffre d’affaires suivant :
- 200.000 D provenant de la vente de ciment.
- 40.000 D provenant de la vente d’autres matériaux.
Le chiffre d’affaires total à prendre en considération est de : 200.000 + 40.000 = 240.000 D.
Avec ce chiffre d’affaires, la condition se trouve remplie et le détaillant est assujetti à la TVA
à compter du 1er janvier 2012.
La seconde condition : Les produits objets de la vente ne doivent pas être exonérés :
Les ventes soumises à la TVA au stade du détail sont constituées par toutes les ventes des
produits réalisées par les commerçants détaillant assujettis à la TVA à l’exception des
exonérations propres au secteur du détail et énumérées par l’alinéa 11 du § II de l’article 1er
du code de la TVA, des exonérations énoncées par le tableau « A » annexé au code de la
TVA.
L’alinéa 11 du § II de l’article 1er du code de la TVA exonère de la TVA au stade du détail
les ventes des produits alimentaires, des médicaments, des produits pharmaceutiques et des
produits soumis au régime de l’homologation administrative des prix.
- Exonération des produits alimentaires :
Cette exonération couvre tous les produits alimentaires commercialisés par le commerçant
détaillant indépendamment de leur régime au regard de la TVA au stade de la production ou
de l’importation. L’exonération couvre aussi bien les produits alimentaires ayant subi la TVA
au stade de la production que ceux exonérés de la TVA à l’un ou l’autre de ces deux stades.
- Exonération des médicaments et des produits pharmaceutiques.
Les termes médicaments et produits pharmaceutiques couvrent tout produit dont la
commercialisation est du ressort exclusif des officines selon la réglementation du secteur.
En conséquence, tous autres produits vendus par les pharmaciens sont soumis à la TVA au
stade du détail.
Il s’agit notamment :
* des produits d’hygiène corporelle : dentifrices, brosses à dents, savons, shampooings,
lotions capillaires etc.
* des articles pour usage de bébé : biberons, couches, jouets, poussettes, etc.
* des produits cosmétiques
* des produits de beauté
* des produits de la droguerie raticides, insecticides, désinfectants;
* les produits de parfumerie.
- Exonération des produits soumis au régime de l’homologation administrative des prix :
Le tableau « A » annexé au décret n° 95-1142 du 28 Juin 1995 relatif aux produits et services
exclus du régime de la liberté des prix et aux modalités de leur encadrement, fixe la liste des
produits soumis au régime de l’homologation administrative des prix.
La liste comporte notamment : le papier, le cahier scolaire subventionné, les carburants y
compris le GPL , le tabac, les allumettes, les poudres à feu, les cartes à jouer, les alcools, le
ciment, le rond à béton.
Les exonérations énoncées par le tableau A annexé au code de la TVA sont de portée générale
et s’appliquent également au stade du détail.
Il est à signaler que le code d’incitations aux investissements accorde, sous certaine condition
l’application d’une suspension de la TVA, celle-ci est accordée au vu d’une autorisation
préalable délivrée par le centre de contrôle des impôts compétent.
Le commerçant détaillant dont l’activité porte exclusivement sur des produits soumis à la
TVA, bénéficie :
* d’un crédit de TVA égal au montant total de la TVA ayant grevé les marchandises détenues
en stock à la date d’assujettissement.
* d’un crédit de TVA égal au montant total de la TVA ayant grevé les immobilisations qui
n’ont pas été utilisées à la date d’assujettissement.
* d’un crédit de TVA égal à la TVA supportée par les immobilisations en cours d’utilisation
diminuée du cinquième pour les immobilisations autres que les constructions et du dixième
pour les constructions par année civile ou fraction d’année civile de détention.
Pour les commerçants détaillants dont l’activité porte concurremment sur des produits soumis
à la TVA et des produits non soumis à cette taxe, ils sont qualifies d’assujettis partiels, le
crédit de départ de TVA est déterminé comme suit:
* Pour le stock de marchandises qui supportent la TVA au stade du détail, le crédit de départ
est constitué par le montant intégral de la TVA ayant grevé ces marchandises.
* Pour le stock de marchandises exonérées de la TVA au stade de détail aucun crédit de TVA
ne peut être accordé même si les marchandises ont supporté la TVA à l’achat par le détaillant.
* Pour les immobilisations amortissables utilisées exclusivement pour les besoins du
commerce de détail en produits soumis à la TVA, le crédit de TVA est constitué par le
montant de la TVA ayant grevé les immobilisations diminué du cinquième ou du dixième par
année civile ou fraction d’année de détention.
* Pour les immobilisations utilisées exclusivement pour les besoins du commerce de détail en
produits exonérés de la TVA, il n’est pas accordé de crédit de départ.
* Pour les immobilisations utilisées concurremment pour des produits soumis à la TVA et des
produits exonérés, le crédit de TVA est obtenu en appliquant au montant de la TVA ayant
grevé ces immobilisations diminuées du cinquième ou du dixième un pourcentage de
déduction calculé sur la base du chiffre d’affaires réalisé au cours de l’année précédant celle
de l’assujettissement et ce conformément aux dispositions de l’article 9 du code de la TVA ;
ce prorata est déterminé selon la formule suivante :
Exemple
Un détaillant en produits alimentaires et en autres produits a réalisé au cours de l’année 2011
un chiffre d’affaires total de 400.000 D ainsi réparti :
- 280.000 D au titre des produits alimentaires
- 120.000 D au titre des autres produits
Ce commerçant est assujetti à la TVA à compter du 1er janvier 2012 et ce au titre des produits
autres que les produits alimentaires. Il bénéficie d’un crédit de TVA au titre des marchandises
en stock et des immobilisations détenues au 31 décembre 2002, l’inventaire en marchandises
et immobilisations se présente comme suit :
- Produits alimentaires : 15.000 D TVAC.
- Autres produits soumis à la TVA au taux de 18 % : 26.000 D TVAC.
- Un camion acquis le 23 mars 2009 : 28.000 D TVAC.
- Une voiture de tourisme acquise le 3 mai 2010 : 23.000 D TVAC.
- Un réfrigérateur pour la conservation des produits alimentaires acquis le 2 février 2010:
5.000 D TVAC.
- Un local construit en 2008 : 70.000 D TVAC.
* Pour les produits alimentaires, aucun crédit n’est admis du fait qu’ils ne sont pas soumis à la
TVA au stade du détail.
* Pour les autres produits, leur vente est soumise à la TVA, et par application de la règle de
l’affectation le crédit de TVA est constitué par le montant intégral de la TVA sur ces produits:
* Pour les immobilisations le crédit de TVA est déterminé en application des règles de
l’affectation et du prorata.
Le prorata de déduction est égal à :
Ce camion est détenue depuis 3 ans, le crédit est accordée dans la limite de 2/5 soit :
Le camion est utilisé pour les 2 activités, le crédit de TVA est déterminé en application du
prorata, soit : 1.708,474 x 30 % = 512,542
Les voitures de tourisme servant au transport de personnes ne donne pas droit à déduction et
ce en application de l’article 10 du code de la TVA, de ce fait aucun crédit n’est accordé.
Ce local est détenu depuis 4 ans, le crédit est accordé dans la limite de 6/10 soit :
II y a exonération lorsqu’un produit ou une opération, bien que se trouvant dans le champ
d’application de la TVA, est dispensé de la TVA par une disposition particulière de la loi.
L’exonération légale s’applique de plein droit, elle ne nécessite pas, en principe, une
autorisation préalable.
Néanmoins, certaines exonérations énoncées au tableau A annexé au code de la TVA
nécessitent la présentation d’une attestation ou d’une autorisation administrative préalable ou
encore d’une caution bancaire ou le paiement d’une consignation, c’est le cas de l’attestation
devant être présentée à l’occasion de l’importation, la fabrication et la vente des éléments
entrant dans la fabrication des station d’irrigation par goutte à goutte, c’est le cas de la caution
bancaire ou de la consignation d’une somme égale au montant de la TVA due à l’occasion
d’importation, de fabrication ou de vente du papier journal.
L’exonération par disposition de la loi entraîne, sauf dans le cas d’option, la perte du droit à
déduction de la TVA qui a grevé les éléments du prix de la vente exonérée.
Le nombre des opérations énumérées au tableau A est très important, les exonérations sont
motivées par des considérations d’ordre technique, social, économique, ou culturel ou encore
par l’intérêt public.
La personne imposable ou assujetti est celui qui agit «d’une manière indépendante» c’est à
dire qui réalise une opération ou exerce une activité imposable sous sa propre responsabilité
en jouissant d’une totale liberté dans l’organisation et l’exécution des travaux que comporte
cette activité,
En conséquence, ne sont pas considérés comme assujettis à la TVA les salariés ainsi que toute
personne placée pour l’exercice de son activité dans un état de subordination vis-à-vis de son
employeur.
Les assujettis à la TVA sont définis par les dispositions de l’article 2 du code de la TVA, ils
peuvent être classés en deux grandes catégories :
- Les assujettis obligatoires c’est à dire les personnes qui sont tenues d’acquitter la TVA et qui
ne peuvent pas en principe se soustraire à cette obligation.
- Les assujettis volontaires c’est à dire les personnes qui de leur propre gré optent pour
l’assujettissement à la TVA.
A. Les assujettis obligatoires
Les assujettis obligatoires à la TVA sont désignés par les dispositions de l’article 2 du code de
la TVA.
I - Les personnes physiques ou morales qui réalisent des opérations assujetties à la TVA
Il s’agit des personnes qui réalisent, dans les conditions de l’article 1er du code de la TVA,
l’une des opérations définies ou énumérées par cet article. Ces personnes sont assujetties
quels que soit leur statut juridique, leur situation au regard des autres impôts et la nature de
leur intervention, sauf dérogation expresse du législateur, c’est le cas à titre d’exemple des
opérations de location d’immeubles.
II - Les personnes physiques ou morales qui mentionnent la TVA sur leurs factures ou sur les
documents en tenant lieu et ce du seul fait de sa facturation.
Il s’agit des personnes non habilitées à faire figurer la TVA sur leurs factures mais qui, de
bonne ou de mauvaise foi, facturent à leurs clients assujettis ou non cette taxe. Dans ce cas
l’opération ainsi effectuée est considérée comme si elle est située dans le champ d’application
de la TVA et entraîne donc paiement de la taxe correspondante.
Dans ce cas, les personnes en question ne sont redevables que de la taxe facturée indûment
c’est à dire que pour les autres opérations au titre desquelles elles n’ont pas facturé la TVA,
elles demeurent placées sous le régime qui leur est normalement applicable.
III - Les entrepositaires et les marchands en gros de boissons alcoolisées, de vin et de bières.
IV - Les entreprises dépendantes d’entreprises assujetties quelle que soit leur forme juridique.
Pour l’application de cette mesure, une entreprise est considérée comme placée sous la
dépendance d’une autre entreprise ou effectivement dirigée par elle lorsque directement ou
par personnes interposées, cette autre entreprise exerce en fait le pouvoir de décision.
Il en est de même d’une entreprise dans laquelle une autre entreprise, directement ou par
personnes interposées exerce les fonctions comportant le pouvoir de décision ou possède soit
une part prépondérante dans le capital, soit la majorité absolue des suffrages susceptibles de
s’exprimer dans les assemblées d’associés ou d’actionnaires.
Il en est également ainsi, lorsque le siège de l’entreprise dirigeante est située hors de Tunisie
ou lorsque ce siège, bien qu’installé, en Tunisie n’assure pratiquement qu’un rôle de gestion,
sans exploiter personnellement aucun établissement industriel ou commercial en Tunisie.
Par ailleurs, sont réputées personnes interposées, tant le propriétaire, les gérants et
administrateurs, les directeurs et employés salariés de l’entreprise dirigeante, que le père et
mère, enfants et descendants, conjoint du propriétaire, des gérants, des administrateurs ou
directeurs de ladite entreprise subordonnée.
Dans ce cadre, une question a été posée à l’administration fiscale pour savoir si une société Y
constituée entre C et D, où C est gérant, qui s’approvisionne auprès d’une société X assujettie
à la TVA et constituée entre A et B où A et gérant et père de C et D ; est considérée comme
une entreprise dépendante au sens du § II de l’article 2 du code de la TVA d’une part, et que
pour échapper à la TVA, il suffit que la société Y ne s’approvisionne plus auprès de la société
X d’autre part.
D’un autre côté, l’administration a précisé que la qualité d’assujetti à la TVA conférée à la
société Y par les liens de dépendance est subordonnée à l’existence de relations commerciales
entre Y et X et que l’entreprise X vend à Y à des prix inférieurs aux prix qu’elle pratique vis à
vis des tiers d’autre part.
Dans ce cas, la TVA due par X est assise non sur la valeur des livraisons qu’elle effectue à Y
mais sur le prix de vente pratiqué par cette dernière.
Enfin, il est à préciser que du fait que l’activité de la société Y est hors du champ
d’application de la TVA, cette dernière reste dispensée des obligations prévues par l’article 18
du code de la TVA, à savoir la facturation distincte de la TVA et le dépôt de la déclaration
mensuelle de TVA.
Certaines personnes physiques ou morales qui tout en n’étant pas soumises à la TVA optent,
de leur propre gré et pour des raisons se rapportant surtout au système de déduction, pour
l’assujettissement à cette taxe. L’article 2 - I - 3 de la loi dispose en effet que sont considérées
comme assujetties les personnes physiques ou morales qui optent pour la qualité d’assujetti à
la TVA.
I – L’intérêt de l’option.
L’intérêt de l’option réside essentiellement dans le fait qu’elle ouvre pour l’entreprise la
faculté de récupérer la taxe qui a grevé les éléments constitutifs du prix de revient des
produits ou services fournis.
Par ailleurs, l’assujetti par option, en facturant la TVA à ses clients soumis à la TVA, il leur
permet de la déduire.
Enfin, l’option est susceptible de développer les affaires dans la mesure où elle offre la
possibilité d’exporter en détaxe et d’approvisionner en suspension de la TVA.
L’option ouvre un droit à récupérer d’une part la TVA acquittée sur les biens et marchandises
détenus en stock et d’autre part une fraction de la TVA acquittée sur les investissements
(depuis 9 ans pour les immeubles et 4 ans pour les autres immobilisations), ce qui se traduit
par la constitution d’un « crédit de départ ».
Ce crédit de départ est constitué par le montant des taxes effectivement grevé les biens et
marchandises détenus en stocks et acquis auprès d’assujettis ou de non assujettis. C’est ainsi
que les éléments en stock achetés auprès d’assujettis ou importés avant l’option donnent droit
à un crédit égal à la taxe effectivement acquittées c’est à dire compte tenu de la majoration de
25 %.
Pour le bénéfice de ce crédit de départ l’optant doit déposer un inventaire de ces biens et
marchandises détenus en stock auprès du centre ou bureau de contrôle de sa circonscription
avant la fin du troisième mois de son assujettissement.
Quant aux immobilisations acquises avant la date d’assujettissement le crédit de taxe est égal
au montant de la taxe ayant effectivement grevé l’immobilisation diminuée :
- Lorsqu’il s’agit d’immeubles : d’un dixième par année civile ou partie d’année civile depuis
la date d’acquisition de ces immeubles.
- Lorsqu’il s’agit d’immobilisations autres qu’immeubles : d’un cinquième par année civile ou
partie d’année civile écoulée depuis la date d’acquisition de ces immobilisations.
IV - La dénonciation de l’option
L’abandon de la qualité d’assujetti par option entraîne :
- Le paiement de la TVA sur les biens détenus en stock et acquis localement auprès
d’assujettis dans les conditions prévues par l’article 6 - I
- 10 du code de la TVA, c’est à dire avec une majoration de 25 % de la valeur taxable.
- Le paiement de la TVA avant grevé les biens importés détenus en stocks dans les conditions
prévues par l’article 6 II - 2 du code de la TVA, c’est à dire avec une majoration de 25 % de la
valeur taxable.
- Le reversement d’une fraction de la TVA acquittée sur les immobilisations égale au montant
de la déduction initiale atténuée d’un cinquième ou d’un dixième par année au fraction
d’année écoulée depuis la date à laquelle cette déduction a été ouverte respectivement sur les
biens autres qu’immeubles et sur les immeubles.
L’impôt est dû dès lors que la livraison de la marchandise intervient sur le territoire tunisien.
Pour définir la notion de livraison en Tunisie, l’article 3 du code de la TVA a prévu trois
situations.
I - une marchandise est réputée livrée en Tunisie : lorsque la vente est réalisée aux conditions
de livraison de la marchandise en Tunisie.
Par livraison de marchandise il y a lieu d’entendre la remise matérielle des objets ou produits
faisant l’objet du contrat dans les conditions de l’article 592 du code des obligations et des
contrats. A cet effet, il y a délivrance lorsque le vendeur ou son représentant se dessaisit de la
chose vendue et met l’acquéreur en mesure d’en prendre possession sans empêchement.
De son côté, l’article 593 prévoit que la délivrance a lieu de différentes manières :
- Pour les immeubles : par le délaissement qu’en fait le vendeur, et par la remise des clefs,
pourvu qu’en même temps l’acheteur ne trouve pas d’empêchement à prendre possession de
la chose.
- Pour les choses mobilières : par la tradition réelle, ou par la remise des clefs du bâtiment ou
du coffre qui les contient, ou par tout autre moyen, reconnu par l’usage.
- Dans le cas où le retirement des choses vendues ne peut être effectué au moment de la vente,
ou dans la mesure où elles étaient déjà au pouvoir de l’acheteur à un autre titre ; la délivrance
s’opère par le seul consentement des parties.
- Dans le cas où il s’agit de choses qui se trouvent dans un dépôt public, le transfert ou la
remise du certificat de dépôt, du connaissement ou de la lettre de voiture, vaut délivrance.
Toutefois, lorsque la vente est affectée d’une condition suspensive, la livraison n’a lieu
qu’après réalisation de la condition.
En revanche lorsque la vente est affectée d’une condition résolutoire, l’on doit considérer
qu’une telle condition n’a pas d’influence sur le principe d’imposition.
II - Une marchandise importée est considérée comme livrée en Tunisie dès lors qu’elle est
livrée à une personne autre que celle dont le numéro d’identification en douane a été utilisé
pour le dédouanement.
Ainsi, l’application de cette règle devrait entraîner l’imposition de toutes les ventes de
produits livrés en Tunisie une fois dédouanés,
III - Une marchandise destinée à l’exportation est considérée comme livrée en Tunisie au
regard d’un vendeur dés lors que la déclaration d’exportation n’a pas été déposée au nom de
celui-ci.
Les marchandises sont considérées comme exportées dans la mesure où elles remplissent
deux conditions : elles doivent être livrées en dehors de la Tunisie et elles doivent être
vendues par la personne même qui a déposé à son nom la déclaration en douane.
Il en découle qu’une marchandise même exportée mais qui ne l’a pas été dans ces conditions
est considérée comme livrée en Tunisie et par conséquent l’opération est imposable.
Une exception à cette règle a été introduite par les dispositions du décret n°2000 – 133 du 18
janvier 2000 relatif à l’institution d’un régime de vente aux non résidents avec restitution de
TVA.
En application de ce régime, les personnes physiques non résidentes en
Tunisie de nationalité étrangère peuvent se faire restituer la TVA au titre de leurs achats de
produits locaux ou importés, qui les accompagnent à leur départ du territoire tunisien par voie
aérienne ou maritime, à condition que lesdits achats soient effectués par carte de crédit.
La personne est considérée non résidente en Tunisie si elle est de nationalité étrangère
résidente à l’étranger et si son séjour en Tunisie n’excède pas au moment de son départ trois
mois.
Le régime est applicable aux achats de marchandises dont la valeur y compris la TVA est au
moins égale à deux cents dinars par magasin.
Toutefois, ce régime n’est pas applicable aux achats de produits alimentaires, de produits
relevant des numéros 22-03 a 22-08 du tarif des droits de douane, de tabac, de produits
touchant à la sûreté, a l’ordre public, à la santé, aux moeurs, à la richesse animale et végétale
et au patrimoine culturel exclus de la liberté du commerce extérieur
Les ventes ouvrant droit à l’application de ce régime doivent être réalisées par des
commençants soumis à la TVA selon le régime réel. Ceuxci sont tenus au respect des
obligations suivantes :
1- Déposer auprès du bureau de contrôle des impôts dont ils relèvent une déclaration
d’exercice de l’activité de vente à des non résidents selon un modèle établi par
l’administration et comportant notamment les mentions suivantes : les nom et prénom du
commerçant ou la raison sociale, l’adresse, le matricule fiscal.
2 - Afficher un écriteau sur l’entrée des magasins où s’effectue la vente aux non résidents en
Tunisie de nationalité étrangère de façon visible portant la mention suivante : « vente en
détaxe par cartes de crédit ».
3 - Percevoir le montant de la TVA au titre de chaque opération de vente soumise à TVA faite
à un non résident en Tunisie de nationalité étrangère.
4 - Etablir à l’occasion de chaque opération de vente à un non résident en Tunisie de
nationalité étrangère un bordereau de ventes numéroté dans une série ininterrompue en cinq
exemplaires selon un modèle établi par l’administration, d’en conserver un et de délivrer les
quatre autres au client.
Le bordereau comprend une série de mentions :
- Des mentions relatives au commerçant : les nom et prénom ou la raison sociale, l’adresse, le
matricule fiscal, les nom et adresse de la banque du commerçant.
- Des mentions relatives au non résident en Tunisie de nationalité étrangère : les nom et
prénom, la nationalité, l’adresse a l’étranger, le numéro du passeport, le lieu et la date de sa
délivrance ou tout autre document en tenant lieu, le numéro du compte bancaire, les nom et
adresse de la banque, le type et le numéro de la carte de crédit.
- Des mentions relatives à la marchandise : la désignation de la marchandise, la quantité, le
prix hors TVA, le taux de la TVA, le montant de la TVA, le prix total y compris la TVA.
Pour bénéficier de ce régime, le non résident en Tunisie de nationalité étrangère doit
présenter, au moment du départ du territoire tunisien par voie aérienne ou maritime, les
marchandises objet de l’avantage aux services des douanes accompagnées du bordereau
délivré par le vendeur en quatre exemplaires.
Les services des douanes contrôlent la conformité du contenu du bordereau de ventes avec les
marchandises présentées et certifient la sortie de ces marchandises du territoire tunisien en
visant les quatre exemplaires du bordereau ; ils gardent un exemplaire, délivrent un
exemplaire au non résident en Tunisie de nationalité étrangère et adressent un exemplaire au
commerçant et un exemplaire à la direction générale du contrôle fiscal.
Les services des douanes transmettent les bordereaux relatifs aux marchandises dont la sortie
du territoire tunisien est prouvée tous les dix jours à la direction générale du contrôle fiscal et
au jour le jour aux commerçants concernés.
Le commerçant est tenu de conserver l’exemplaire qui lui est transmis par les services de
douane comme document justifiant l’opération de vente à un non résident en Tunisie de
nationalité étrangère.
La direction générale du contrôle fiscal procède dans un délai ne dépassant pas un mois à
partir de la date de réception des bordereaux de ventes par les services des douanes à
l’établissement des ordres de paiement relatifs au montant de la TVA restituable et à leur
transfert à la trésorerie générale en Tunisie. Les ordres de paiement doivent être accompagnés
d’une liste nominative des bénéficiaires de la restitution de la TVA, de leur numéro de compte
bancaire, et des nom et adresse de leur banque.
La trésorerie générale de Tunisie procède à l’émission d’un récépissé de paiement au profit
des bénéficiaires de la restitution de la TVA tire sur le compte ouvert au nom du trésor à la
banque centrale de Tunisie sur la base des ordres de paiement émis par la direction générale
du contrôle fiscal. Il est joint au récépissé une liste nominative des bénéficiaires de la
restitution de la TVA, de leur numéro de compte bancaire, des nom et adresse de la banque.
La restitution du montant de la TVA aux non résidents en Tunisie de nationalité étrangère par
virement bancaire par la banque centrale de Tunisie ou par les banques agissant sur délégation
de la banque centrale de Tunisie, et ce, conformément aux règlements et procédures en
vigueur.
B. Les affaires autres que les ventes
Selon la règle posée par l’article 3 pour les affaires autres que les ventes, il y a territorialité
lorsque le service rendu, le droit cédé ou l’objet loué sont utilisés ou exploités en Tunisie.
Cette règle est d’une application plus délicate que celle relative aux ventes, et ce en raison de
l’extrême diversité des prestations concernées.
A titre d’exemple, constituent des affaires faites en Tunisie :
- Les cessions et concessions par une entreprise non installée en Tunisie de droits pour une
exploitation en Tunisie tel que brevets, procédés de fabrication ;
- les travaux d’études exécutés par un non résident pour le compte d’une entreprise
Tunisienne ou étrangère en vue d’une utilisation en Tunisie ;
- les commissions sur des services utilisés hors de Tunisie.
Dans ce cadre, une question relative au mode d’imposition des commissions reçues de
l’étranger en matière de TVA a été posée à l’administration fiscale. A cette question
l’administration a répondu que, conformément aux dispositions de l’article 3 du code de la
TVA, une affaire est réputée faite en Tunisie, lorsque le service rendu, le droit cédé ou l’objet
loué sont utilisés ou exploites en Tunisie.
II en découle que la notion de territorialité en matière de TVA est étroitement liée non pas au
lieu ou le service est rendu mais à celui où il est utilisé.
Aussi, les commissions reçues de l’étranger sont dans le champ d’application de à la TVA et
sont par conséquent soumises à ladite taxe au taux de 18% hors taxe.
Etant toutefois précise que compte tenu du fait que la TVA est comprise dans le montant de la
commission perçue par le commissionnaire, l’assiette taxable dans ce cas est calculée de la
façon suivante et ce, quelle que soit la monnaie de paiement :
(Montant brut de la commission x 100)/118
Par contre, peuvent être considérés comme utilisés hors de Tunisie, et à ce titre, ne sont pas
soumis à la TVA :
- les façons exécutées pour le compte d’un donneur d’ordre étranger ;
- les locations de matériels en vue d’une utilisation à l’étranger ;
- les réparations d’objets importés en vue de leur remise en état et réexportés.
Par la définition de la territorialité des biens et services, la loi favorise leur exportation, ceux-
ci échappent à l’imposition faute de territorialité.
Ainsi, bien que n’étant pas soumis à la TVA sur les ventes ; l’exportateur peut tout de même
récupérer la totalité de la taxe qui a grevé son prix de revient ; pour cette raison certain
considèrent qu’il est préférable d’affirmer que les exportations sont réalisées en franchise de
TVA ou encore, qu’elles sont imposées au taux «zéro ». Cependant étant donné que la non
imposition se manifeste normalement par l’impossibilité d’opérer les déductions de la taxe
affectant le prix de revient, l’exportateur peut bénéficier :
- de l’achat en suspension de TVA des biens et services nécessaires à la réalisation de
l’exportation, ce qui évitera la formation d’un crédit de taxe déductible ;
- de l’imputation du crédit déductible sur la taxe due par le redevable s’il réalise également
des affaires taxables ;
- du remboursement des taxes qui n’ont pu faire l’objet d’une imputation.
Chapitre II : La détermination de la TVA brute :
Déterminer la TVA brute revient à rechercher à la fois :
- Son fait générateur c’est à dire le fait matériel ou juridique qui donne naissance à la dette
fiscale ;
- Son assiette c’est à dire la valeur qui servira de base au calcul de l’impôt brut sur les affaires
réalisées par l’assujetti.
- Ses taux c’est à dire le pourcentage à appliquer à cette valeur pour obtenir l’impôt brut.
Le fait générateur est l’événement qui fait naître une créance fiscale au profit du trésor.
La notion d’exigibilité de la TVA présente un grand intérêt pour l’application de l’impôt.
L’exigibilité détermine le mois au titre duquel le montant de la TVA au titre des opérations
imposables doit faire l’objet de la déclaration ; celui-ci doit être déclaré au cours du mois qui
suit celui au cours duquel la TVA est exigible. L’exigibilité détermine aussi la date à laquelle
le droit à déduction prend naissance chez l’utilisateur des biens et services, la taxe facturée
par un fournisseur ne devient déductible chez son client assujetti que dans la mesure où
l’exigibilité de cette taxe est intervenue.
Le fait générateur est utilisé essentiellement pour la détermination de l’application de la loi
fiscale dans le temps. Le fait générateur détermine, en principe, le taux applicable, voire le
mode d’imposition en cas de changement de la législation. En effet, lorsque la législation
modifie le taux de la TVA, les opérations dont le fait générateur est antérieur à la date de la
modification relève de l’ancienne législation et celles dont le fait générateur est postérieur à la
date de modification, sont soumises aux nouvelles dispositions et ce sauf disposition contraire
de la loi.
En outre, le fait générateur détermine la date à partir de laquelle se décompte le délai de
reprise.
L’essentiel est constitué par la sortie de la marchandise des locaux du vendeur à destination de
l’acquéreur. Une telle opération étant suffisante pour réclamer la taxe au vendeur au titre du
mois de la livraison.
Sur un plan pratique, il est admis que la taxe est due sur les débits, c’est à dire au moment de
l’inscription de la vente au débit du compte ouvert au nom du client qui se confond
habituellement avec celui de la livraison.
Un problème particulier concerne le moment du fait générateur dans le cas d’une entreprise
qui remet des marchandises à ses clients selon des commandes successives par des bons de
livraison successifs et n’établit la facture de telles livraisons qu’à une seule date.
Dans ce cadre, la doctrine administrative a précisé d’une part, que la vente comporte
essentialisation deux obligations à savoir la livraison des marchandises par le vendeur et le
règlement du prix par l’acheteur et d’autre part, que l’exécution de la vente donne lieu à
l’établissement de la facture.
Dans la pratique, le vendeur livre à son client la marchandise, soit dans les locaux propres du
fournisseur, le client se chargeant lui-même du transport, soit au domicile du client, dans le
cas où le fournisseur a organisé un service de livraison avec ses propres moyens ou autrement.
Cependant, dans les deux cas de figure, le vendeur remet à son client un bon de livraison qui
mentionne entre autres, la date de la livraison, le nom du client, la nature et la quantité de la
marchandise remisse. Ce bon, qui sert au client pour vérifier matériellement la nature et la
quantité de la marchandise remise, peut être remplacé par la facture dans le cas où celle-ci est
établie avant la livraison.
De son côté, le client signe le bon de réception qui se présente souvent comme la copie établie
au papier carbone, du bon de livraison. Ce bon de réception peut servir de base à
l’établissement de la facture par le vendeur.
Enfin, dans certains cas certaines entreprises recourent au relevé de compte appelé aussi
relevé de factures qui est un document de centralisation périodique (mois, trimestre, semestre
ou année) qui est adressé au client pour permettre un pointage des factures émises ou encore
des livraisons réceptionnées.
En effet, ce document, intervenant normalement au vue des factures émises, est généralement
utilisé à partir des bons de livraison réceptionnés.
Ainsi, toute livraison de marchandises faite pendant un mois est imposable au titre de ce mois
dans le cadre de la déclaration souscrite pendant le mois suivant.
Dans le cas de bons de livraisons successifs, même lorsque la facturation n’est pas établie ou
qu’elle est établie postérieurement, toutes les livraisons d’un mois doivent être imposées au
titre de ce mois. Le fait d’imposer les opérations d’un mois pendant le ou les mois suivants,
c’est détourner la loi de son effet et s’accorder d’une manière illégale un délai supplémentaire
de paiement de la taxe due.
Dans le même cadre, il arrive à certaines entreprises de procéder à des livraisons successives
sans bons de commandes ni bons de livraisons, c’est le cas, à titre d’exemple de la STEG ou
de la SONEDE qui livrent à leurs clients de l’électricité, du gaz ou de l’eau au fur et à mesure
de leur consommation et ce n’est qu’au bout d’une période déterminée qu’elles procèdent au
relevé des compte des clients sur la base de quoi elles établissent les factures. La question qui
se pose à cet égard concerne le moment du fait générateur. Etant donné qu’en matière de
ventes, le fait générateur est constitué par la livraison de la marchandise, même si la
consommation de l’électricité, du gaz ou de l’eau se fait au fur et à mesure, la constatation
matériellement de la consommation au moment du relevé du compte constitue la livraison et
par conséquent le fait générateur.
En matière de biens immobiliers vendus par les professionnels et d’échanges le fait générateur
est constitué par l’acte qui constate l’opération ou à défaut par le transfert de propriété.
Pour les prestations de services, le fait générateur est constitué par la réalisation du service ou
par l’encaissement du prix ou des acomptes lorsqu’il intervient antérieurement a la réalisation
du service.
En matière de loyers, la doctrine administrative41 a distingué les situations suivantes :
1ère situation : Le loyer est payé à terme échu, que ce soit pendant le mois, pendant le
trimestre ou pendant l’année. Dans ce cas, le propriétaire, dépose chaque mois une
déclaration. La taxe est reversée dans le cadre de la déclaration du mois qui suit celui de la
perception du loyer ; le fait générateur étant dans ce cas situé à l’échéance.
2ème situation : Le loyer est payé avant son échéance. Dans ce cas, le propriétaire qui
dépose chaque mois une déclaration, acquittera la taxe sur le loyer échu et sur celui perçu
d’avance dans le cadre de la déclaration du mois qui suit cette perception.
3éme situation : Le loyer n’est pas payé à l’échéance. Dans ce cas, même non perçu, le
loyer subit la TVA au titre du mois de son échéance. Il sera intégré dans la déclaration du
mois qui suit cette perception
Pour les biens que les assujettis se livrent à eux-mêmes, le fait générateur est constitué par la
première utilisation des biens.
En ce qui concerne les biens que les assujettis se livrent à eux mêmes, faute de livraison
juridique et à fortiori d’encaissement de prix, le fait générateur est constitué par la première
utilisation.
Pour les travaux immobiliers, le fait générateur est constitué par l’exécution partielle ou totale
de ces travaux.
Toutefois, lorsque ces travaux donnent lieu à un encaissement d’avances, d’acomptes ou de
mémoires ou de factures avant la livraison finale des ouvrages, le fait générateur est réputé
intervenir à la date de cet encaissement et ce quelle que soit la destination des sommes
versées. En tout état de cause, la constatation du fait générateur ne peut être postérieure à la
facturation totale.
Cependant, pour les entreprises de travaux publics et de bâtiment travaillant dans le cadre de
marchés réguliers pour le compte de l’Etat, des collectivités publiques locales et des
établissements publics à caractère administratif, ce qui exclut ceux à caractère industriel ou
commercial, le fait générateur est constitué dans tous les cas par l’encaissement que celui-ci
soit partiel ou total.
Dans ce dernier cas, le fait générateur tel que défini en matière de prestations de service
détermine le taux applicable.
En matière de marchés conclus avec l’Etat, les collectivités locales et les entreprises et
établissements publics le fait générateur de la TVA est constitué par l’encaissement des
sommes dues à ce titre. Dans ce cas, le fait générateur tel que défini en matière de ventes ou
de prestations de service détermine le taux applicable.
Pour tenir compte de la modification de l’article 19 bis du code de la TVA par l’article 72 de
la loi n°2003-80 du 29 décembre 2003 portant loi de finances pour la gestion 2004 au niveau
du fait générateur, l’article 73 de la même loi, en modifiant, à son tour, le n°6 de l’article 5 du
code de la TVA, a considéré que le fait générateur de la TVA est constitué par l’encaissement
des sommes au titre des opérations concernées par la retenue à la source visée par les articles
19 et 19 bis du code de la TVA.
Cependant, pour la détermination du taux applicable, le fait générateur est constitué par la
livraison s’il s’agit d’acquisitions de biens et par la réalisation du service ou par
l’encaissement du prix ou des acomptes lorsqu’il intervient antérieurement à la réalisation du
service.
L’assiette de la TVA est définie par les dispositions de l’article 6 du code de la TVA. Ce
dernier a distingué entre le régime intérieur et le régime à l’importation.
A. Le régime intérieur
I - Le régime général
En revanche, ne font partie de l’assiette, les encaissements qui ne sont pas la contrepartie
d’une opération imposable tels que les frais de protêt et autres frais légitimes en cas de refus
de paiement du chèque ou d’un effet de commerce, les intérêts moratoires, les indemnités de
résiliation d’un contrat présentant le caractère de dommages intérêts, les subventions
d’équipement et d’équilibre et les aides entre entreprises à caractère financier.
Les frais faisant partie du chiffre d’affaires et devant être rattachés à l’assiette de la TVA ont
un caractère commercial.
- Les primes et bonifications facturées au client pour rapidité d’exécution ou de livraison font
partie de l’assiette de la TVA.
- La valeur des emballages perdus non récupérables font partie de l’assiette de la TVA.
- Les frais ayant un caractère de débours ne font pas partie de l’assiette de la TVA. Il s’agit
des frais qui sont normalement à la charge de l’acheteur et non du vendeur tels que les intérêts
versés à des organismes de crédit, les sommes versées à des intermédiaires agissant en vertu
d’un mandat explicite du client, les frais de transport payés par le vendeur à un transporteur
lorsque la vente est conclue aux conditions départ et généralement tous frais que le
fournisseur a avancé pour le compte de son client auquel il en réclame le remboursement.
- Les frais de transport facturés avec les biens livrés. A ce titre, il y a lieu de distinguer selon
que la vente est conclue aux conditions « franco » ou « départ ».
Pour les ventes « franco», le transport est une prestation de service incluse dans le prix des
marchandises.
Pour les ventes « départ » le transport est une prestation à la charge de l’acquéreur et elle lui
est facturée distinctement. Deux cas peuvent être envisagés:
* Les frais facturés sont supportés par le vendeur qui a effectué le transport. Dans ce cas, il
s’agit d’une prestation de services imposable entant que telle à la TVA, celle-ci est applicable
au taux propre au transport.
* Les frais facturés sont payés par le vendeur à un transporteur. Dans ce cas, il s’agit d’un
débours et de ce fait le remboursement de ces frais est exclu de la base taxable.
Il est à préciser que pour les ventes « franco » le transfert de propriété est réalisé au magasin
de l’acheteur, dans ce cas, le transport est fait aux risques et périls du vendeur, alors que pour
les ventes « départ» le transfert de propriété est réalisé au magasin du vendeur, dans ce cas, le
transport est fait aux risques et périls de l’acquéreur.
- Les frais financiers.
Les intérêts pour paiement à terme ou pour retard de payement portés ou non sur la
facturation, arrêtés lors de la vente ou postérieurement font partie intégrante de l’assiette
taxable. Par contre, lorsque les intérêts sur achats sont payés directement par l’acquéreur à un
organisme financier qui règle le prix d’achat immédiatement au vendeur, ces intérêts ne
constituent plus un supplément du prix mais une créance indépendante de l’organisme
financier à l’égard du client. Ils ne font pas partie de l’assiette taxable.
Les intérêts moratoires conventionnels ou judiciaires ne font pas partie de l’assiette en raison
du fait que leur encaissement ne constitue nullement la contrepartie d’une affaire mais la
carence du partenaire
- Les frais d’assurances incombant au fournisseur. L’indemnisation de l’assurance en raison
d’un sinistre subi ne fait pas partie de l’assiette et ce, du fait de l’absence de tout critère
relevant de la notion d’affaire. Il va de soi que le remplacement du bien sinistré ou sa
réparation est une opération taxable sur la base de son coût réel. Les taxes supportées à ce
stade sont généralement déductibles selon la législation en vigueur. Le montant de
l’indemnisation constitue la réparation du préjudice subi, il ne constitue pas une affaire et
échappe ainsi à toute imposition à la TVA.
- Les indemnités n’ayant pas le caractère de dommages intérêts font partie de l’assiette.
- Les réductions de prix quelle que soit leur appellation, escompte de caisse, remise, rabais,
ristourne et les modalités selon lesquelles elles sont octroyés peuvent être déduites de la base
imposable dans la mesure où elles sont justifiées.
Si ces réductions figurent sur la facture d’origine, elles entraînent une diminution de la base
imposable, la TVA est calculée après la déduction des réductions.
Dans le cas où ces réductions sont accordées après facturation, elles doivent être établies sur
une facture d’avoir ou sur une facture rectificative.
Dans le cas d’établissement d’une facture d’avoir, celle-ci doit comporter l’identité complète
du vendeur, les références de la ou des factures initiales, le montant hors TVA de la réduction
accordée et la TVA correspondante.
- La retenue de garantie : La retenue en question est un élément du prix de l’ouvrage ou des
travaux revenant de droit, en cas d’absence de défaillance du fait de l’entrepreneur, à ce
dernier. Toutefois, dans le cas où la retenue de garantie est effectuée par l’Etat, les
collectivités locales, les entreprises et les établissements publics, celle-ci ne fait pas partie de
la base imposable ; le fait générateur est constitué par l’encaissement.
- Les impôts à la charge du vendeur autres que la TVA elle-même et les prélèvements
conjoncturels et de compensation font partie de l’assiette.
Le législateur a expressément énoncé que l’assiette doit comporter tous droits et taxes autres
que la TVA elle-même et les prélèvements conjoncturels de compensation, de ce fait, la base
imposable doit comprendre tous autres droits indirects de toute nature incorporés dans le prix
tel que les droits de consommation.
Sur un autre plan, le législateur a, d’une manière expresse, exclu de la base imposable : la
TVA, les subventions d’exploitation, les prélèvements conjoncturels et de compensation et les
sommes perçues au titre de la consignation et du non retour des emballages.
- L’exclusion de la TVA : La TVA est expressément exclue de la base imposable.
- L’exclusion des subventions : Les subventions sont classées en trois catégories :
1ère catégorie : Les subventions d’équipement : elles sont accordées par l’Etat ou une
personne publique en vue d’acquérir ou de créer des biens nécessaires à l’exploitation de
l’entreprise. Elles sont perçues et affectées au financement d’investissements bien déterminés.
Elles ne constituent pas la contrepartie d’une livraison de bien ou service et ne font pas partie
de l’assiette de la TVA.
2ème catégorie : Les subventions d’équilibre : elles sont accordées par l’Etat ou par une
personne publique pour combler entièrement ou partiellement un déficit. Ces subventions
d’équilibre ne constituent pas la contrepartie d’une livraison de bien ou service. Elles ne
constituent pas la contrepartie d’une livraison de bien ou service et ne font pas partie de
l’assiette de la TVA.
3ème catégorie : Les subventions d’exploitation : elles sont accordées par l’Etat ou une
personne publique dans le but de maintenir le prix d’un produit à un niveau inférieur au prix
de vente ou de revient effectif. Ces subventions sont normalement, imposables du fait qu’elles
s’analysent en un complément de prix. Cependant, le législateur les a exclu de l’assiette d’une
manière expresse.
- L’exclusion des prélèvements conjoncturels et de compensation
II s’agit des prélèvements conjoncturels et des prélèvements ayant le caractère de taxes de
compensation prélevées notamment au profit de la caisse de compensation.
- Les sommes perçues au titre de la consignation et du non retour des emballages
Les sommes perçues au titre de la consignation et du non retour des emballages ne font pas
partie de l’assiette de la TVA.
Pour la vente de titres de transport vers l’étranger, la TVA est liquidée sur la base d’une
quote-part égale à 6 % du montant brut du titre de transport, que ce titre soit vendu par le
transporteur pour son propre compte ou pour le compte d’autrui.
Lorsque le billet de transport vers l’étranger est émis exclusivement sur des vols à destination
de l’étranger, l’assiette de la TVA est constituée par 6 % du prix du billet, et ce aussi bien
pour les billets émis par une agence de voyage ou par une compagnie aérienne.
Pour la vente d’immeubles ou de fonds de commerce par les professionnels, la TVA est
liquidée sur la base de la différence entre le prix de vente et le prix d’achat, tous frais, droits et
taxes inclus, à l’exclusion de la TVA.
La base imposable est constituée par le prix normal de vente de produit si l’assujetti qui se
livre de tels produits en est vendeur.
Mais si l’assujetti ne vend pas de produits similaires, la base est constituée par le prix de
revient.
e) L’échange
Pour les opérations d’échange de marchandises ou de biens taxables, autres que les
immeubles soumis à la régularisation dans les conditions fixées à l’article 9 du code de la
TVA, la base imposable est constituée par la valeur des biens ou marchandises livrés en
contrepartie de ceux reçus, majorée éventuellement de la soulte, et ce, entre les mains de
chaque coéchangiste.
Selon les termes de l’article 718 du code des obligations et des contrats, l’échange est le
contrat par lequel chacune des parties remet à l’autre, à titre de propriété, une chose mobilière
ou immobilière, ou un droit incorporel, contre une autre chose ou un autre droit de même
nature ou de nature différente.
De son côté, l’article 720 du même code prévoit que lorsque les objets échangés sont de
valeurs différentes, il est permis aux parties de composer la différence au moyen de soulte en
numéraire ou en autres objets, au comptant ou à terme.
Pour l’imposition des opérations d’échanges deux cas peuvent être envisagés :
1er Cas : échange de produits ou biens neufs fabriqués par les assujettis.
Dans ce cas, l’échange doit s’analyser comme deux ventes distinctes effectuées par chacun
des assujettis. Le chiffre d’affaires taxable de chacun d’eux sera constitué par le prix normal
du bien ou produit échangé c’est à dire celui qui aurait été facturé à un autre client à la même
date et pour le même bien ou produit ou à défaut celui qui est facturé par un concurrent.
Si l’échange dégage une soulte, la valeur normale du produit échangé doit être majorée de la
soulte et ce en ce qui concerne l’assujetti qui la reçoit.
2éme cas : La vente d’un bien neuf avec reprise d’un bien usagé :
Lorsqu’un objet neuf est vendu avec reprise d’un objet usagé, le prix de vente imposable est
constitué par la valeur normale et réelle de l’objet vendu sans tenir compte de la valeur de
l’objet repris.
f) Ventes réalisées entre entreprises dépendantes
Lorsqu’une entreprise est placée sous la dépendance d’une entreprise dont le siège est situé
hors de Tunisie, la TVA est assise comme en régime intérieur.
Lorsqu’une entreprise vendeuse et une entreprise acheteuse non assujettie sont dans la
dépendance l’une de l’autre, la TVA due par la première doit être assise sur le prix de vente
pratiqué par la seconde et non sur la valeur des livraisons qu’elle effectue à cette dernière.
Toutefois, cette disposition ne s’applique pas en ce qui concerne les produits vendus par
quantités importantes et habituelles au même prix que celui consenti entre elles par les
entreprises dépendantes. En effet cette réglementation de l’assiette est de nature à prévenir
une fraude qui consiste soit à déclarer à la douane un prix inférieur à la valeur réelle des
produits en cas d’importation, soit lorsqu’il s’agit d’affaires locales à transférer illicitement
une partie du chiffre d’affaires taxable sous forme de facturation minorée à une entreprise non
assujettie.
Ces dispositions sont également applicables même en l’absence du caractère de dépendance
entre deux entreprises lorsque l’assujetti n’apporte pas la preuve qu’il agit dans l’intérêt de
son entreprise. L’application de cette mesure étant de nature à sanctionner les assujettis pour
leur mauvaise gestion.
Lorsque l’assiette n’est pas définie autrement, elle est déterminée par le montant brut des
rémunérations reçues ou des recettes réalisées à quelque titre que ce soit à l’occasion de la
réalisation des opérations taxables.
i) La vente par les commerçants assujettis de produits acquis auprès des petits
professionnels et artisans soumis à la TVA selon le régime forfaitaire
Pour les ventes réalisées par les commerçants assujettis à la TVA et portant sur des produits
acquis auprès des personnes soumises au régime forfaitaire d’imposition tel que défini par les
dispositions du § IV du code de l’IRPP et de l’IS , la TVA est liquidée sur la base de la
différence entre le prix de vente et le prix d’achat.
Cette méthode de calcul d’assiette à pour objectif de :
- faciliter la mise en application de la TVA pour certains secteurs de gros qui
s’approvisionnent, à titre quasi-exclusif, auprès des forfaitaires ;
- supprimer la rémanence due à la non déduction de la TVA supportée aussi bien sur les
intrants utilisés par les forfaitaires que sur le chiffre d’affaires de ces mêmes forfaitaires.
Le défaut de facturation de la TVA dans ces conditions entraîne l’imposition des ventes des
produits acquis auprès des forfaitaires sur la totalité du prix de vente facturé.
C’est pourquoi les commençants assujettis sont tenus de faire ressortir sur leurs factures de
vente, le prix d’achat, le prix de vente, la différence entre ces deux éléments et la TVA au
taux adéquat.
Exemple
Un commerçant grossiste assujetti à la TVA achète au mois de janvier 2011 auprès d’un
fabricant de chemises soumis au régime forfaitaire 800 chemises pour un montant total de
12.000 D appuyé par des factures d’achat. Le grossiste revend au mois de mars 2011 les
chemises à d’autres commerçants pour un prix total de 14.000 D en hors taxe.
Dans ce cas, les factures de vente doivent faire apparaître le prix de vente, le prix d’achat et la
différence entre ces deux éléments qui servira d’assiette à soumettre à la TVA.
La TVA à facturer = (14.000 – 12.000) x 18% = 360 D
j) Les ventes réalisées par les assujettis à la TVA à des non assujettis
Pour les ventes réalisées par les assujettis à la TVA à des non assujettis, la TVA est liquidée
sur la base du montant total effectif du prix demandé par le vendeur, en contrepartie de la
livraison du bien ou de la prestation du service, tous frais, taxes et prélèvements de toute
nature compris à l’exclusion de la TVA elle-même, des sommes perçues au titre de la
consignation, du non retour des emballages consignés, des subventions d’exploitation et des
prélèvements conjoncturels et de compensation majorée de 25% .
- aux ventes réalisées par les assujettis à la TVA au profit de l’Etat, des établissements publies
a caractère administratif et des collectivités locales ;
- aux ventes réalisées par des commerçants détaillants. La doctrine administrative considère
que dans le cas où les commerçants détaillants procèdent à la vente à des commerçants
revendeurs, ils acquièrent la qualité de commerçants grossistes sur le plan fiscal et sont par
conséquent tenus d’appliquer la majoration de 25 % de l’assiette soumise à la TVA dans la
mesure où la vente est faite à un non assujetti.
En outre, la majoration de 25 % n’est pas applicable aux ventes à des assujettis à la TVA
titulaires d’une carte d’immatriculation fiscale comportant la mention « dispensé de la
majoration de 25% de la TVA. ».
Les assujettis à la TVA doivent réclamer aux clients soumis à la TVA la carte
d’immatriculation fiscale et ce préalablement à l’établissement de la facture de vente. Le
numéro d’immatriculation à la TVA du client assujetti doit être mentionné sur la facture.
Exemple
Un commerçant grossiste en prêt à porter, assujetti à la TVA, a vendu, le 12 novembre 2011
pour :
- 600 D hors TVA à des particuliers.
- 14.000 D hors TVA à des commerçants détaillants non soumis à la
TVA.
- 23.000 D hors TVA à des détaillants soumis à la TVA.
Le commerçant approvisionne des particuliers mais aussi d’autres commerçants, il est
considéré sur le plan fiscal comme grossiste et doit, à ce titre, appliquer la majoration de 25 %
pour les ventes aux particuliers et aux détaillants non assujettis.
* TVA due par les particuliers : 600 x 1,25 x 18% = 135 D
* TVA due par les détaillants non assujettis : 14.000 x 1,25 x 18% = 3.150 D
* TVA due par les détaillants assujettis : 23.000 x 18% = 4.140 D
Ainsi, dans le cas d’une vente par un assujetti la TVA à un non assujetti, la TVA due est égale
à:
(Prix de vente hors TVA + 25% du prix de vente hors TVA) x taux TVA relatif au produit.
Pour les ventes réalisées par les commerçants détaillants assujettis à la TVA, le montant de la
TVA due au titre de chaque taux est liquidé :
- sur la base du chiffre d’affaires mensuel provenant des ventes pour lesquelles des factures
ont été délivrées conformément aux dispositions du § II de l’article 18 du code de la TVA ;
En outre et en application des dispositions du même § II dudit article 18, les commerçants
détaillants sont tenus d’inscrire au livre spécial côté et paraphé par les centres ou bureaux de
contrôle des impôts compétent :
- jour par jour, leurs achats de produits destinés à la revente quel que soit leur régime fiscal en
mentionnant distinctement pour chaque opération, le prix d’achat hors TVA, le taux de la taxe
appliqué et le montant de la taxe.
- jour par jour, leur chiffre d’affaires pour lequel des factures individualisées ont été délivrées.
- jour par jour, leur chiffre d’affaires pour lequel des factures globales ont été établies sur la
base de l’arrêté de caisse.
- à la fin de chaque année les stocks de produits.
Achats mensuels soumis à l’un des taux de la TVA x 100 / Montant global des achats mensuels
Au numérateur : le montant hors TVA des achats du mois portant sur des produits destinés à
la revente en l’état soumis à l’un des taux de la TVA.
Sont exclus du numérateur : les montants relatifs aux produits qui sont soumis la TVA à
l’achat auprès d’assujettis ou à l’importation et exonérés de la TVA lors de la vente par le
commerçant détaillant, telles que les produits alimentaires.
Au dénominateur : le montant global des achats de marchandises du même mois en hors
TVA.
Les ventes du mois concerné ayant fait l’objet de facturation globale sont ventilées en
appliquant les différents pourcentages dégagés au montant total des ventes du mois ayant fait
l’objet de facturation globale.
Etant, donné que les ventes dégagées sont considérées TVA comprise, pour la liquidation de
la TVA due par taux, il y a lieu d’appliquer la formule suivante :
Vente correspondant à chaque taux x taux de la TVA x 100 / 100 + taux de la TVA
Dans le cas où le commerçant détaillant ne réalise pas, au cours d’un mois donné des achats
des marchandises destinées à la revente en l’état, il doit appliquer les pourcentages dégagés
sur la base des achats connus du dernier mois.
D’un autre coté, et selon la doctrine administrative, dans le cas où le commerçant détaillant
peut répartir par des moyens informatiques ou autres ses ventes selon chaque taux, il n’est pas
tenu d’appliquer les pourcentages dégagés sur la base des achats, cependant, il reste tenu
d’établir la facture globale quotidienne en mentionnant les ventes réparties selon chaque taux
et les montants de la TVA correspondant.
Pour les opérations de leasing, la taxe sur la valeur ajoutée est liquidée sur la base des
montants dus au titre des opérations de leasing.
Pour les opérations d’exploitation des concessions de marchés, la taxe sur la valeur ajoutée est
liquidée sur la base d’un montant égal à 25% du montant de la concession.
2ème cas : L’importation est réalisée par un non assujetti ou par les
forfaitaires visés au code de l’IRPP et de l’IS :
La base imposable est constituée par par la valeur en douane, tous droits et taxes inclus à
l’exclusion de la TVA majorée de 25 %.
L’application de la majoration de 25 % est prévue, comme en matière d’achat par les
détaillants non soumis à la TVA auprès d’assujettis, dans le but de ne pas altérer la règle de la
concurrence entre les importateurs non assujettis à la TVA et les importateurs soumis à cette
taxe.
3ème cas : L’importation est réalisée aussi bien par des assujettis que par des non assujettis et
portant sur des produits figurant sur une liste fixée par décret n°2003-477 du 3 mars 2003
La TVA tunisienne est à taux multiple, le code de la TVA a prévu initialement trois taux de
TVA, ces taux sont fixés à 6 %, 12 % et 18 %.
A. Le taux de 6 %
Le taux de 6 % frappe les produits et les services énumérés au tableau « B » annexé au code
de la TVA.
B. Le taux de 12 %
C. Le taux de 18%
Le taux de 18 % est applicable à toutes les opérations imposables pour lesquelles un autre
taux n’est pas prévu.
Chapitre III : Le régime des déductions
L’article 9 du code constitue le cadre légal du système de déduction. Il spécifie en fait que la
TVA qui a grevé les éléments du prix d’une opération imposable (taxe en amont) ainsi que la
taxe sur la valeur ajoutée retenue à la source conformément aux articles 19 et 19 bis du code
de la TVA est déductible de la TVA applicable à cette opération (taxe en aval).
Cette possibilité est également prévue en ce qui concerne certaines opérations relevant du
commerce extérieur bien que ces opérations ne sont pas imposables.
Si en principe toute TVA facturée, à quelque titre que ce soit à l’entreprise, ouvre droit à
déduction, il n’en reste pas moins que la déduction est subordonnée à un minimum de
conditions et qu’elle supporte un certain nombre d’exceptions.
Les biens et services acquis par une personne n’ouvrent droit à déduction que si des
conditions de fond et de forme et de temps se trouvent remplies.
Le droit à déduction de la taxe afférente aux biens et services acquis par une personne est
ouvert si ces dépenses sont engagées par des entreprises assujetties à la TVA.
Cette disposition est applicable pour toute personne réalisant :
- des opérations taxables à la TVA ;
- des opérations d’exportations de biens et services non imposables en vertu de l’article 3 du
code de la TVA ;
- des opérations en suspension de taxe en application de l’article 11 du code de la TVA ;
Les assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée ne peuvent pas opérer la déduction de la taxe
afférente à des biens dont ils ne sont pas propriétaires.
Ainsi les biens pris en location ou en leasing ne donnent pas droit à déduction.
Cette règle ne concerne que la taxe supportée au titre de l’acquisition de biens. Ainsi pour les
locataires d’immeubles, ceux-ci ont la possibilité de déduire la taxe afférente aux dépenses
locatives.
Les assujettis à la TVA bénéficient du droit à déduction de la TVA acquittées sur leurs
acquisitions de biens servant à la réalisation d’opérations imposables. Dans le cas où ces biens
sont utilisés à la réalisation de biens non imposables, la TVA y correspondant doit faire
l’objet d’une régularisation qui se traduit par un reversement de la TVA déduite.
Sur cette base, l’assujetti qui accorde des dons en nature doit régulariser la TVA déduites au
titre des biens objets des dons.
Dans le but d’inciter les entreprises à accorder des dons en nature au profit de l’Union
Tunisienne de la Solidarité Sociale, l’article 57 de la loi n° 2003-88 du 29 décembre 2003
portant loi de finances pour la gestion 2004 a ajouté au § IV de l’article 9 du code de la TVA
un n°1 bis « a », « b » et « c »
Le « a » du n°1 bis a permis aux assujettis de la TVA de ne pas reverser la TVA ayant grevé
les dons en nature accordés à l’Union Tunisienne de la Solidarité Sociale et ce dans la limite
de 1% du chiffre d’affaires annuel hors TVA. L’évaluation du montant des dons en nature
se fait au niveau de l’entreprise donatrice sur la base du coût de revient hors TVA.
Le « b » du n°1 bis a prévu que les assujettis sont tenus de reverser la TVA supportée par les
dons en nature accordés à l’Union Tunisienne de Solidarité Sociale pour le montant qui
dépasse le 1% du chiffre d’affaires ou livrés à des personnes autres que l’Union Tunisienne de
Solidarité Sociale. Dans ces cas, la TVA est liquidée sur la base du coût de revient hors TVA
et en appliquant le taux de la TVA relatif au produit objet du don.
Le droit à déduction prend naissance chez l’entreprise cliente lorsque la taxe facturée par le
fournisseur est devenue exigible chez ce dernier.
C’est ainsi :
- en cas de livraison de biens, pour le client, le droit à déduction prend naissance,
indépendamment de la date de paiement, à la date de livraison, date à laquelle intervient
l’exigibilité chez le fournisseur, et ce même si ce dernier omet d’acquitter la taxe au trésor.
- en cas d’une prestation de service pour laquelle l’exigibilité intervient lors de l’encaissement
du prix, c’est à la date des paiements, et à concurrence de ceux-ci, que prendrait naissance le
droit à déduction.
Mais dans tous les cas, il ne suffit pas que le droit à déduction ait pris naissance, il faut encore
que ce droit puisse être, exercé, ce qui suppose que d’autre conditions soient satisfaites.
Les biens ou services ne doivent pas être exclus du droit à déduction par la
loi
En application
Le droit à déduction n’est pas applicable dans les cas expressément définis par les dispositions
de l’article 10 du code de la TVA. Il s’agit des cas suivants :
1 - Le cas où la TVA a grevé les voitures de tourisme servant au transport de personnes autres
que celles objet de l'exploitation ainsi que la location de voitures de tourisme et tous frais
engagés pour assurer leur marche et leur entretien.
Cette exclusion n’est pas opposée aux acheteurs revendeurs pour lesquels ces voitures
constituent l’objet de leur exploitation. En effet, l’exclusion ne vise que les véhicules
constituant des immobilisations ou au contraire, qui ne sont pas destinées à la revente en
l’état.
Il en est de même, la déduction est autorisée pour les véhicules donnés en location ; la
déduction est ouverte au loueur, mais l’exclusion joue au niveau du preneur en ce qui
concerne la TVA sur loyers.
2 - Le cas où la TVA a grevé des produits livrés et des services rendus par les personnes qui
mentionnent la TVA sur leurs factures ou tout autre document en tenant lieu et du seul fait de
sa facturation.
3 - Le cas où la TVA a grevé des produits livrés et des services rendus par les personnes
assujetties à l'impôt forfaitaire prévu au code de l'impôt sur le revenu des personnes physiques
et de l'impôt sur les sociétés.
Les assujettis qui procèdent à la déduction de la TVA ayant grevé des biens ou des services
doivent être en mesure d’en justifier l’origine.
Dans le cas général, cette justification est constituée par la mention de la taxe sur les factures
d’achat.
Des règles particulières sont prévues lorsque la taxe a été perçue à l’importation ou lorsque la
taxe est acquittée par l’entreprise elle-même.
Qu’il s’agisse de biens ou de services, la taxe dont le redevable peut opérer la déduction est en
principe celle qui figure sur les factures d’achat qui lui ont été délivrées par ses fournisseurs
sous la condition que ces factures soient établies dans les conditions fixées à l'article 18 du
code de la TVA ou encore celle qui figure sur l’attestation relative à la retenue à la source de
la TVA.
Lorsque la taxe est perçue à l’importation, la déduction peut être opérée si le redevable est en
possession des attestations de paiement de la taxe sur la valeur ajoutée auprès des recettes
douanières pour leurs importations.
Taxe acquittée par 1’entreprise elle-même
Lorsqu’il s’agit de livraison à soi-même, aucun document n’est alors requis. C’est la mention
sur la déclaration de la période concernée de la taxe devenue exigible qui autorise l’exercice
de la déduction correspondante.
Ainsi, la taxe due par une entreprise au titre d’une livraison à soi même imposable peut, s’il y
a lieu, être déduite par cette même entreprise.
L’opération est alors blanche pour le Trésor.
Cas particulier d’une affaire qui est par la suite résiliée ou annulée.
La TVA perçue lors de la réalisation d’une affaire portant sur un bien ou sur un service qui est
par la suite résiliée ou annulée peut être récupérée par voie d’imputation sur les taxes dues à
raison des affaires imposables réalisées ultérieurement.
Les biens soumis à amortissement doivent être inscrits en comptabilité pour leur prix d'achat
ou de revient diminué de la déduction à laquelle ils ont donné lieu.
Dans le cas où la comptabilité n'est pas tenue conformément au système comptable des
entreprises, il doit être tenu, sur un livre spécial côté et paraphé par les centres ou bureaux de
contrôle des impôts dont dépend leur activité, un compte des achats locaux auprès des
assujettis, ainsi que des importations et des prestations de services ayant supporté la TVA.
Le compte des achats doit être arrêté mensuellement et comporter la nature et la valeur des
achats, des importations et des prestations de services ainsi que le montant de la taxe
acquittée.
Il doit être également inscrit sur ce livre, au fur et à mesure de leur réalisation sans blanc, ni
rature, ni surcharge, chacune des livraisons effectuées ou des services rendus à quel que titre
que ce soit, ainsi que les recettes réalisées et le montant de la taxe sur la valeur ajoutée
correspondante.
Date de la déduction
La date d’exercice du droit à déduction au titre de l’ensemble des biens et services acquis
pour les besoins de l’exploitation imposable est le mois même où ce droit à pris naissance.
Autrement dit, la taxe afférente aux acquisitions de ces biens et services est déductible sans
délai.
Cette règle est d’application générale du fait qu’elle vise les immobilisations d’une part et les
biens autres qu’immobilisations ainsi que les services d’autre part.
Péremption du droit à déduction
En application de l’article 19 du code des droits et procédures fiscaux Un assujetti qui omet
de porter sur la déclaration du mois une taxe déductible qui aurait dû en principe y figurer
peut réparer cette omission jusqu’au 31 décembre de la 4ème année qui suit celle au cours de
laquelle le chiffre d’affaires est réalisé.
Ainsi, la déduction qui aurait dû se faire au mois d’octobre de l’année N et qui n’a été
effectuée pourra être opérée jusqu’à l’expiration de l’année N+4 qui constitue la quatrième
année suivant l’année N, année pendant laquelle la déduction à été omise. Au delà de ce délai,
l’erreur n’est plus réparable.
a) L’imputation
Les assujettis imputent globalement sur le montant de la taxe collectée la TVA ayant
effectivement grevé leurs acquisitions locales de biens auprès d’autres assujettis, ou les
livraisons à eux-mêmes de ces biens, les importations effectuées par eux-mêmes, les services
nécessaires pour les besoins de l'exploitation et la TVA ayant fait l’objet de retenue à la
source.
Lorsque deux entreprises sont liées par un contrat pour la réalisation d’un marché comportant
fournitures et travaux et que le maître de l’ouvrage importe ou achète localement en son nom
tout ou partie des fournitures prévues dans le contrat, la TVA réglée ouvre droit à déduction
au profit de l'entreprise qui a réalisé l'ouvrage. Lorsque la fourniture ainsi faite bénéficie de la
suspension de la taxe, sa valeur est rétrocédée au maître de l'ouvrage en détaxe
La soustraction entre la taxe exigible et la taxe déductible est réalisée au titre de chaque mois.
Si le solde est positif, le montant en est versé au trésor, s’il est négatif, il constitue un crédit de
taxe qui sera imputable sur les taxes des mois suivants jusqu’à épuisement, sans limitation de
délai ; cependant, ce crédit peut, sous certaines conditions, faire l’objet d’une demande de
remboursement.
L’article 9 du code de la TVA permet aux assujettis d’imputer globalement sur le montant de
la TVA due le montant de la TVA ayant effectivement grevé leurs acquisitions locales auprès
d’autres assujettis ou la livraison à eux-mêmes de ces biens, les importations effectuées par
eux mêmes et les services nécessaires pour les besoins de l’exploitation, ainsi que le montant
de la TVA retenue à la source en application de l’article 19 bis du code de la TVA.
Cependant, dans le cas où la taxe due au titre d’un mois ne permet pas l’imputation totale de
la taxe déductible, le reliquat de la taxe est reporté sur les mois qui suivent ; il s’agit de
l’application de la règle du butoir selon laquelle la fraction de la TVA non imputée doit être
reportée et ne peut pas faire l’objet de restitution.
Cette règle connaît l’exception énoncée par l’article 15 du code de la TVA qui permet la
restitution de la fraction non imputée si elle correspond à :
- des opérations d’exportation ;
- des services utilisés ou exploités hors de Tunisie ;
- des ventes en suspension de TVA. ;
- une retenue à la source de la TVA ;
- un crédit de TVA déductible à partir du 1er janvier 1999 qui apparaît sur six déclarations
consécutives,
- une cessation d’activité.
2- dégagé par les déclarations mensuelles de la taxe au titre de trois mois consécutifs, pour le
crédit de taxe provenant des investissements prévus par l'article 5 du code d'incitation aux
investissements et des investissements de mise à niveau réalisés dans le cadre d'un
programme de mise à niveau approuvé par le comité de pilotage du programme de mise à
niveau.
3. dégagé par les déclarations mensuelles de la taxe au titre de six mois consécutifs dans les
autres cas. Dans ce cas, une avance de 15% du montant global du crédit est payée sans
vérification préalable. Le taux de l'avance est relevé à 50% pour les entreprises dont les
comptes sont légalement soumis à l'audit d'un commissaire aux comptes et pour lesquels la
certification est intervenue au titre du dernier exercice clôturé pour lequel le délai de la
déclaration de l'impôt sur les sociétés au titre de ses résultats est échu à la date du dépôt de la
demande de restitution du crédit de taxe sur la valeur ajoutée.
4. Le crédit de taxe sur la valeur ajoutée provenant de la cessation de l'activité. Dans ce cas, la
restitution s'effectue après une vérification approfondie et sans avance.
Les règles spécifiques applicables en matière de restitution de la TVA sont énoncées par
l’article 32 du CDPF et l’article 15 du code de la TVA ; elles décrivent la procédure
particulière dans les cas de demande en restitution de la fraction de la TVA qui n’a pas pu être
précomptée.
L’article 15 a ainsi énuméré les cas de restitution du crédit de TVA, alors que l’article 32 a
défini la procédure.
Il arrive que dans le cadre d’une même activité, certaines entreprises réalisent à la fois des
opérations soumises à la TVA et des opérations non imposables n’ouvrant pas droit à
déduction.
Ces entreprises ne peuvent opérer la déduction de la totalité de la taxe qui a grevé leurs
acquisitions de biens et services. En effet, leur reconnaître ce droit serait contraire aux
principes mêmes de la TVA selon lesquels seules les entreprises assujetties à la TVA sur
l’ensemble de leurs activités peuvent prétendre au bénéfice de la déduction totale de la TVA
d’amont, sauf, bien entendu, exclusions prévues par ailleurs.
Pour résoudre cette question le § II de l’article 9 du code de la TVA dispose que, « 1- pour les
assujettis qui n’acquittent pas la taxe sur la valeur ajoutée sur la totalité de leurs affaires, le
montant de la taxe dont la déduction est susceptible d’être opérée, est calculé selon un
pourcentage résultant du rapport entre les éléments ci-après réalisés durant l'exercice
précèdent :
- d'une part, les recettes soumises à la taxe sur la valeur ajoutée majorées de celles qui
proviennent de l'exportation des produits ou services passibles de la taxe ou de livraisons
faites en suspension de ladite taxe et les recettes provenant des opérations de transport aérien
international, y compris la taxe sur la valeur ajoutée due ou celle dont le paiement n'est pas
exigé.
- d'autre part, les sommes, visées à l'alinéa ci-dessus, augmentées des recettes provenant
d'affaires exonérées ou situées hors du champ d'application de la taxe sur la valeur ajoutée.
En matière de déduction, les opérations de transport aérien international bénéficient d'un
régime particulier. En effet le n°28-b du tableau « A » annexé au code de la TVA prévoit
exonération le transport aérien international bénéficie de l'exonération de la TVA.
Cependant, sont soumises à la TVA les ventes de billets de transport aérien international sur
la base d'une quote-part égale à 6% du chiffre d'affaires réalisé à ce titre, et ce que la vente
desdits billets soit effectuée par les compagnies aériennes elles même ou par les agences de
voyages.
Les opérations de transport aérien intérieur des compagnies aériennes ainsi que celles des
ventes des billets relatifs à ce transport sont soumises à la TVA.
Les compagnies aériennes ont ainsi la qualité d'assujettis partiels à la TVA. De ce fait la
déduction de la TVA au titre des achats destinés à la fois aux opérations taxables et aux
opérations exonérées s'effectue selon la règle du prorata ou du pourcentage de déduction
prévue par le paragraphe II-1 de l’article 9 du code de la TVA.
La déduction de la TVA grevant les achats réalisés par les compagnies aériennes s'effectue
selon le rapport suivant:
-d'une part les recettes soumises à la TVA majorées de celles qui proviennent de l'exportation
des produits ou services passibles de la taxe ou de livraisons faites en suspension de ladite
taxe, y compris la TV A due ou celle dont le paiement n'est pas exigé ;
-d'autre part, les sommes susvisées augmentées des recettes provenant d'affaires exonérées
(transport aérien international) ou situées hors du champ d'application de la TVA.
Pour les nouveaux assujettis partiels, ce rapport est déterminé en fonction des recettes
prévisionnelles de leur première année d’activité.
De son côté le § III du même article 9 énonce : « 1- A la fin de chaque année civile, les
assujettis partiels déterminent le pourcentage de déduction susvisé compte tenu des éléments
réalisés pendant cette même année civile.
2 - En ce qui concerne les biens soumis à amortissement, une régularisation doit être opérée si
le pourcentage de déduction au cours de ladite année varie de plus de cinq centièmes en plus
ou en moins par rapport à celui effectué. La déduction complémentaire ou le reversement de
la taxe qui résulterait de cette variation de pourcentage est opéré au mois de janvier de l'année
suivant celle au cours de laquelle la déduction initiale est opérée. »
Ainsi, des règles particulières ont dû être édictées à l’égard de ces entreprises dont une partie
seulement des affaires sont soumises à la taxe.
Ces règles différent selon que la déduction concerne des biens ou des services « affectables »
ou « non affectables ».
1- Calcul du prorata
Le prorata représente le rapport existant entre les recettes soumises à la TVA et l’ensemble
des recettes réalisées par l’entreprise. Les recettes à retenir sont celles effectivement réalisées
au cours d’une année donnée et pour lesquelles le fait générateur de la taxe est intervenu au
cours de ladite année.
Doivent entrer en ligne de compte pour le calcul du pourcentage de déduction :
* Au numérateur :
- Les recettes soumises à la TVA et ce sans atténuation au titre des réfactions éventuelles telle
que celles qui affecte la base d’imposition des ventes de biens immeubles et de fonds de
commerce, des ventes des biens acquis auprès des forfaitaires;
- Les recettes afférentes aux exportations de biens et services passibles de la TVA à
l’intérieur;
- Les recettes provenant des ventes faites en suspension du paiement de la TVA;
- Les recettes provenant des ventes de produits qui bénéficient d’une exonération particulière
lorsque celle-ci est subordonnée à l’utilisation de ces produits tel que le papier destiné à
l’impression des livres, journaux et périodiques ;
- Les recettes provenant des ventes de déchets neufs.
* Au dénominateur :
- Les sommes qui figurent au numérateur;
- Les sommes provenant d’opérations exonérées. Il s’agit des opérations figurant au tableau «
A » annexé au code à l’exclusion de celles dont l’exonération est subordonnée à l’utilisation
des produits, des opérations exonérée en application du n° 11 du § II de l’article 1 er du code
de la TVA et de toute autre exonération prévue par un texte particulier ;
- Les recettes provenant d’activités situées hors du champ d’application de la TVA;
- Les subventions d’exploitation.
Il est à préciser que l’emploi du terme « recettes par l’article 9-II - 1 de la loi vise le chiffre
d’affaires avec les tiers. Ce qui exclut des deux termes du rapport, notamment les sommes
correspondantes notamment :
- aux livraisons à soi-même de biens soumis la TVA;
- aux cessions d’éléments d’actif ;
- aux remboursements des frais ;
- aux recettes provenant de la vente de timbre quittance qui constituent une charge personnelle
du client consommateur ;
- aux subventions ne constituant pas la contrepartie d’une affaire : subventions d’équipement
et d’équilibre ;
- aux factures complémentaires ou rectificatives ne se rapportant pas à l’année d’exigibilité ;
- aux avances reçues sur livraison future de biens pour lesquels le fait générateur
n’interviendra qu’après la date de clôture de l’exercice concerné.
- aux sommes reçues en consignation d’emballage et ce, même dans le cas de non retour des
emballages ;
Les recettes à retenir pour le calcul du prorata comprennent les droits et taxes y compris la
TVA. On pourrait s’étonner de cette dernière précision, étant donné que la taxe est calculée
sur un prix hors taxe. La position adoptée par l’administration pourrait trouver une
justification dans le fait de favoriser les entreprises puisqu’elle à pour effet d’augmenter les
deux termes du rapport, donc le prorata.
Il en est de même pour les exportations et les ventes en suspension de la TVA, les recettes
sont prises en compte en y ajoutant la taxe qu’aurait supportée le produit s’il avait été vendu à
l’intérieur.
Le prorata applicable pour une année donnée doit résulter des recettes de cette même année.
En pratique, les entreprises sont dans l’incapacité de connaître leurs recettes dés le début de
l’année et utilisent un prorata provisoire qui est calculé en fonction des recettes de l’année
précédente.
Ainsi, le prorata applicable au cours d’une année civile résulte des opérations de l’année civile
précédente.
Il ne peut être déterminé qu’au début de l’année pendant laquelle il est utilisé.
C’est ainsi que le prorata à retenir pour le calcul de la TVA déductible au titre des biens et
services acquis au cours de l’année N est celui dégagé début de l’année N à partir des affaires
de l’année N - 1.
Au début de l’année N + 1, les entreprises sont en mesure de déterminer leur prorata définitif
à partir des affaires de l’année N, à ce moment elles doivent éventuellement procéder aux
régularisations correspondantes qui se traduisent par un complément de déduction ou un
reversement de TVA et aux corrections des valeurs d’actif.
Exemple
Au titre de l’année N, un assujetti partiel a dégagé à partir des affaires de l’année N - 1 un
prorata de 68%, et a acheté une immobilisation amortissable pour le prix hors TVA de
100.000 D, la TVA facturée par le fournisseur s’élève à 18.000 D, la machine est affectée
aussi bien à des opérations imposables et non imposables, la TVA déductible est égale à
18.000 x 68% = 12.240 D.
2 - La déduction partielle initiale peut dans certains cas être régularisée en fonction de la
variation du prorata dans le temps :
Une fois le prorata définitif est déterminé, l’assujetti partiel doit, le cas échéant, procéder aux
régularisations qui s’imposent.
Les régularisations des déductions initiales ne sont prévues que pour les biens constituant des
immobilisations soumis à amortissement.
Ainsi :
- pour les services et les biens autres que les immobilisations amortissables la déduction
initiale, c’est à dire la déduction effectuée au vu du prorata provisoire utilisé au cours d’une
année considérée, est définitive sous réserve qu’elle soit régulière
Exemple
Des biens non amortissables acquis au cours de l’année N pour un montant de 23.600 D dont
3.600 D de TVA est affectée à des opérations imposables et non imposables. La taxe déduite,
compte tenu de l’application d’un prorata de 68%, est de 2.448 D. Même si ce prorata est
porté à 77% la déduction initiale, à savoir 2.448 D, reste cependant acquise.
- En revanche, pour les immobilisations amortissables, la déduction initiale est à réviser en
fonction d’une éventuelle variation du prorata.
* Le Principe
Il y a régularisation dans le cas où le pourcentage dégagé d’après les affaires de l’année de
déduction varie, en plus ou en moins, de plus de cinq centième par rapport à celui appliqué.
Exemple
La déduction sur l’immobilisation amortissable a été effectuée au cours de l’année N compte
tenu d’un prorata de 68%, le prorata dégagé d’après les affaires de l’année N est de 77%, la
variation en plus est de :
77% – 68% soit + 9%, une régularisation au titre de la même année N s’impose.
Exemple
Pour l’immobilisation amortissable, la TVA supportée et facturée est de 18.000 D, le prorata
appliqué est de 68%, la TVA déduite est de 12.240, le nouveau prorata est de 77%, la
variation est de 9%, la TVA qui aurait dû être déduite est de 77% x 18.000 soit 13.860 D,
dans ce cas une régularisation s’impose, elle se traduit par une déduction supplémentaire
égale à 13.860 – 12.240 = 1620 D.
Les entreprises sont considérées comme nouvellement assujetties dans la mesure où elles
n’ont pas réalisé antérieurement des opérations imposables selon le régime réel et qui
deviennent redevables à la suite :
- de la création même de l’entreprise
- d’une option exercée en cours d’activité
- d’un changement de législation en vertu duquel les opérations réalisées deviennent des
opérations soumises.
a) Pourcentage de déduction provisoire
Les entreprises qui ne sont pas assujetties à la TVA pour l’ensemble de leurs activités doivent
déterminer leur pourcentage de déduction provisoire dés la première année d’après leurs
recettes prévisionnelles.
Dans tous les cas, ces entreprises doivent calculer un pourcentage de déduction définitif et
procéder aux régularisations correspondantes au cours de l’année suivant la période
d’utilisation du prorata provisoire.
b) Crédit de départ
Aux termes de l’article 9-IV-6 du code, les nouveaux assujettis à la TVA de droit ou sur
option bénéficient, sous réserve des exclusions prévues par l’article 10 du code, de la
déduction :
- De la TVA ayant grevé les biens autres que les immobilisations corporelles détenus en stock
à la date de leur assujettissement, c’est le cas des produits destinés à la revente, des matières
premières.
- De la TVA ayant grevé les biens constituant des immobilisations en leur possession et qui
n’ont pas encore été utilisés à la date de leur assujettissement.
- De la taxe ayant grevé les biens constituant des immobilisations en cours d’utilisation
diminuée d’un cinquième par année civile ou fraction d’année civile de détention s’il s’agit de
biens d’équipement ou de matériel d’un et dixième par année civile ou fraction d’année civile
s’il s’agit de bâtiments.
La fraction de la taxe déterminée conformément à ces règles est selon le cas intégralement ou
partiellement déductible selon que l’entreprise est assujettie à la TVA pour l’ensemble ou
partie de ses activités.
La déduction est soumise à la condition d’établir un inventaire qui doit être déposé au centre
de contrôle compétent avant la fin du 3ème mois de la même date.
Le bénéfice de la déduction couvre la taxe ayant grevé les biens importés ou acquis
localement auprès d’assujettis ou de non assujettis.
La déduction de l’ensemble du crédit peut être opéré sur la déclaration des opérations de la
première période d’assujettissement.
La régularisation est en principe obligatoire, toutefois, cette règle connaît une exception.
Le principe : la régularisation
Plusieurs évènements entraînent l’obligation de régulariser la TVA déjà déduite, il s’agit de :
- de la cession d’un bien : il s’agit de toute forme de cession à titre onéreux ou gratuit y
compris les apports en société qu’elle qu’en soit la forme et l’objet de la société bénéficiaire
de ces apports;
- de la disparition d’un bien : il s’agit de tout événement qui a, en fait, pour conséquence de
soustraire le bien de l’actif de l’entreprise, tel que le vol n’ayant pas entraîné le dépôt d’une
plainte, la distribution gratuite, le détournement au profit du personnel ou du chef de
l’entreprise ;
- de la cessation de l’activité : elle vise le cas des entreprises obligatoirement assujetties qui
arrêtent de se livrer à toute opération soumise à la TVA.
- de l’abandon de la qualité d’assujetti : elle vise les assujettis à la TVA par option.
- du changement d’affectation d’un bien, cette situation peut résulter d’un changement
d’utilisation d’un bien considéré, par exemple, local commercial transformé en local
d’habitation.
La forfaitisation à cinq ou à dix ans de la période de régularisation est avantageuse pour les
entreprises. Après ce délai, aucun reversement n’est possible, quand bien même il s’agirait
d’un équipement ou d’un immeuble industriel ou commercial dont la durée normale
d’utilisation est supérieure à cinq ou à dix ans ; en outre, la période théorique est plus courte :
l’année d’acquisition du bien est décomptée pour une unité, quelle que soit la date effective de
l’acquisition ; il en est de même pour l’année de cession ; à la limite, un bien d’équipement
acquis le 31 décembre de l’année N et cédé le 1er Janvier de l’année N+3 ne donne lieu à
aucune régularisation ; or sa durée effective d’utilisation a été de trois ans ( N+1, N+2, N+3 ).
- Conséquences de la régularisation
* Comptabilisation du bien
Le reversement de la fraction de la TVA initialement déduite entraîne une augmentation
d’égal montant de la valeur comptable des biens considérés et par conséquent une
augmentation de la base d’amortissement pour les biens amortissables.
Cas de régularisation
La régularisation doit être opérée lorsque les biens ont disparu avant d’avoir reçu l’utilisation
en vue de laquelle ils avaient été acquis par l’entreprise et ce, dans le cas où celle-ci ne peut
pas justifier la disparition.
Les biens dont la disparition motive une régularisation de la déduction initiale comprennent
aussi bien les marchandises destinées à la revente en l’état ou après transformation que les
biens dont l’achat correspond à des frais généraux de l’entreprise dés l’instant où l’assujetti
est juridiquement propriétaire au moment de leur disparition. Le lieu où intervient cette
disparition n’a aucune influence, la disparition peut avoir lieu au cours du transport, dans les
locaux ou magasins de l’entreprise ou bien chez un tiers.
La régularisation doit intervenir quelle que soit l’origine de la disparition même s’il s’agit de
vol ou de détournement n’ayant pas entraîné le dépôt d’une plainte
2 - L’utilisation des biens et services pour des opérations qui ne sont pas effectivement
soumises à la TVA
La régularisation concerne, non seulement la taxe ayant grevé des biens, mais aussi des
services, lorsque les uns ou les autres sont utilisés pour une opération qui n’est pas
effectivement soumise à la TVA.
En principe, si un bien ou un service ayant donné lieu à déduction vient à être utilisé pour une
opération non soumise à la TVA, il convient de procéder à une régularisation. A titre
d’exemple, tel est le cas des biens ou des services utilisés pour la réalisation :
- d’une opération exonérée,
- d’une opération située hors du champ d de la TVA.
Il est à noter que certaines opérations, biens que non imposables, entraînent la déduction de la
TVA ayant grevé les biens et les services qui concourent à leur réalisation, c’est le cas à titre
d’exemple des exportations, des opérations réalisées en suspension de la taxe, ventes de
produits exonérées lorsque l’exonération est subordonnée à l’utilisation des produits.
Forme de la régularisation
Etant donnée que la durée des contrats de leasing est généralement inférieure à 5 ou à 10 ans,
les entreprises de leasing sont tenues de procéder aux régularisations qui s'imposent au
moment de la cession des biens objet des contrats de leasing.
Pour tenir compte des spécificités des contrats de leasing, l'article 51 de la loi de finances
pour l'année 2008, en ajoutant au §IV de l'article 9 du code de la TVA :
a- en premier lieu un sous §2 bis a prévu qu’en cas de cession des équipements, matériels et
bâtiments objet des contrats de leasing au profit de personnes autres que les co-contractants
soumis à la taxe sur la valeur ajoutée, il doit être procédé au reversement de la TVA déduite
après imputation de un cinquième s'il s'agit de bien d'équipement ou de matériel et de un
dixième s'il s'agit d'un immeuble.
b- en second lieu un sous §2 ter a prévu qu’en cas de cession par les personnes soumises à la
taxe sur la valeur ajoutée des équipements, matériels et bâtiments acquis dans le cadre de
contrats de leasing avant les délais de 5 ou de 10 ans, la période de détention est décomptée
dans ce cas à partir de la date d’acquisition au niveau des entreprises de leasing.
Ainsi la procédure des marchés publics est obligatoire, et ceux-ci sont soumis à des règles
particulières obligatoires fixant les conditions et les procédures devant être respectées ; celles-
ci concernant l’objet des marchés publics, leur prix, leurs garanties, les procédures de leur
passation, de leur exécution et de leur résiliation, leur règlement et leur contrôle.
Les marchés doivent faire l’objet d’un instrument unique dont les cahiers des charges sont des
éléments constitutifs. En application de l’article 5 du décret n°2002-3158, les marchés publics
doivent comporter au moins les mentions suivantes :
1 - Les parties contractantes.
2 - L’objet du marché.
3 - La clause de sous-traitance nationale pour les appels d’offres internationaux.
4 - L’énumération par ordre de priorité des pièces incorporées dans le marché.
5 - Le prix du marché avec indication de son caractère ferme ou révisable ainsi que les
conditions de révision conformément aux dispositions de l’article 43 du présent décret si le
prix du marché est révisable.
6 - Le délai d’exécution ou de validité du marché et les pénalités pour retard.
7 - Les conditions de livraison et de réception des prestations objet du contrat.
8 - Les conditions de règlement.
9- Les cas de défaillance et de résiliation.
10 - Le règlement des litiges.
11 - La désignation du comptable public assignataire chargé du paiement lorsque le marché
est passé pour le compte de l’Etat, d’une collectivité locale ou d’un établissement public ou de
l’agent, habilité à cet effet lorsque le marché est passé pour le compte des entreprises
publiques ou des établissements publics à caractère non administratif.
12 - La date de la conclusion du marché.
Il est clair qu’en général le marché public est soumis à des conditions de forme, à des
procédures et à des règles de fonds et notamment celles relatives à la concurrence sans
lesquelles il ne peut être conclu.
Pour les marchés conclus par l’Etat et les collectivités locales les certificats de retenue à la
source de la TVA sont délivrés par les ordonnateurs.
Pour les marchés conclus par les entreprises et les établissements publics les certificats de
retenue à la source sont délivrés par les services compétents desdits établissements publics et
entreprises publiques.
En vertu des dispositions de l’article 9 du code de la TVA modifié par l’article 38 de la loi de
finances pour l’année 1998 la TVA retenue à la source est déductible de la TVA due sur les
opérations taxables.
Il s’ensuit que les personnes réalisant des opérations imposables dans le cadre de marchés au
profit de l’état, des collectivités locales, des entreprises et des établissements publics
procèdent à la déduction non seulement de la TVA qui a effectivement grevé les éléments du
prix d’une opération imposable mais aussi de la TVA retenue à la source.
La déduction de la TVA retenue à la source est effectuée sur la base des certificats de retenue
à la source de la TVA délivrés par les services compétents de l’Etat, des collectivités locales,
des entreprises et des établissements publics.
d) Les sanctions
Les sanctions diffèrent selon qu’il s’agisse de défaut de retenue à la source ou de défaut de
reversement de la retenue à la source.
Cette pénalité est applicable à partir de l’expiration du délai légal du dépôt de la déclaration
de la retenue à la source.
En application de l’articles 92 du code des droits et procédures fiscaux, En cas de défaut de
versement des retenues opérées dans le délai de 6 mois à partir de la date limite pour leur
paiement, le défaillant est passible d’une amende pénale qui varie de 1.000 D à 50.000 D et
d’un emprisonnement allant de 16 jours à 3 ans.
B. La retenue à la source de la au titre TVA des opérations réalisées par les personnes
n’ayant pas d’établissement en Tunisie.
En application des dispositions de l’article 19 du code de la TVA, les personnes n’ayant pas
un établissement en Tunisie et y effectuant des opérations passibles de la taxe sur la valeur
ajoutée, doivent accréditer auprès de l’administration fiscale un représentant domicilié en
Tunisie qui s’engage à remplir les formalités auxquelles sont soumis les assujettis et à payer la
taxe à leur lieu et place.
A défaut et tant qu’une personne morale ou physique cliente d’un assujetti n’ayant pas un
établissement en Tunisie est redevable envers lui d’une somme quelconque au titre d’une
fourniture ou d’un service rendu, la taxe sur la valeur ajoutée exigible sur cette fourniture ou
ce service peut être réclamée à la personne cliente dans la limite de sa dette, le paiement
libérant valablement, à due concurrence, le client envers son fournisseur ou son prestataire.
Dans le but de garantir le recouvrement de la TVA due par des personnes n’ayant pas un
établissement en Tunisien, l’article 55 de la loi de finances pour la gestion 2003, en modifiant
les dispositions de cet article
19, a institué à la charge des clients établis en Tunisie l’obligation d’opérer une retenue à la
source du montant total de la TVA due par des personnes ne disposant pas d’un établissement
en Tunisie.
Cette retenue à la source est libératoire de la TVA. Toutefois, ces personnes peuvent déclarer
la TVA objet de la retenue à la source et déduire la TVA supportée par les marchandises et
services nécessaires à la réalisation de ces opérations. Dans le cas où la déclaration relative à
ces opérations fait apparaître un crédit de TVA, celui-ci peut faire l’objet d’une demande de
restitution conformément aux dispositions du n° 3 bis du § I de l’article 15 du code de la
TVA.
Dans ce cas aussi, la retenue à la source au titre de la TVA est soumise aux mêmes règles
applicables en matière de retenue à la source au titre de l’IRPP et de l’IS et relatives aux
obligations et aux sanctions.
Chapitre V : Les régimes suspensifs
Le régime suspensif permet à un assujetti d’acquérir ou de recevoir des biens, des services ou
des matières non grevés de TVA.
Plusieurs régimes suspensifs sont prévus par la législation tunisienne; certains sont énoncés
par le code de la TVA, d’autres sont accordés par des dispositions particulières.
Section I - Les régimes suspensifs accordés par les dispositions du code de la TVA :
Les copies destinées au centre de contrôle des impôts peuvent être envoyées à la fin de chaque
mois.
Par ailleurs, pour les affaires réalisées à l’exportation ou en suspension de TVA., les factures
et documents concernant de telles opérations doivent porter l’une des mentions suivantes ;
«Vente à l’exportation» ou «vente en suspension de TVA suivant décision
n°……………du……………………. »
En cas d’exportation, il doit être joint à la copie de la facture le certificat de sortie de la
marchandises En cas de vente en suspension, le numéro et la date de la décision
administrative autorisant la vente en suspension doivent être également joints à la facture.
Dans le but d’alléger les obligations des assujettis à la TVA dans ce cadre, l’article 70 de la
loi de finances pour l’année 2007, a prévu l’obligation de communiquer au bureau de contrôle
des impôts compétent durant les vingt huit jours qui suivent chaque trimestre civil une liste
détaillée des factures émises en suspension de la taxe sur la valeur ajoutée selon un modèle
élaboré par l’administration comportant notamment le numéro de la facture objet de
l’avantage, sa date, le nom et prénom ou la raison sociale du client, son adresse, son numéro
de la carte d’identification fiscale, le prix hors taxe, le taux et le montant de la taxe sur la
valeur ajoutée ayant fait l’objet de suspension et le numéro et la date de la décision
administrative relative à l’opération de vente en suspension de taxe.
Premier cas : les marchandises ont été exportées pour subir une transformation, oeuvraison ou
autre complément de main-d’oeuvre. Dans ce cas, la réimportation de ces marchandises donne
lieu au paiement de la TVA sur la base de la valeur en douane des oeuvraisons,
transformations ou autres compléments de main-d’oeuvre, tous droits et taxes inclus, à
l’exclusion de la TVA elle-même.
Deuxième cas : les marchandises ont été exportées et réimportées en l’état sans subir aucune
transformation, la réimportation est exonérée de la TVA.
En second lieu : Marchandises réimportées suite à une exportation ou réexportation définitive.
La réimportation est subordonnée dans ce cas au paiement de la TVA.
Il faut noter qu’il y a d’autres régimes suspensifs accordés par des textes particulirs autre que
le code de TVA.
Chapitre IV : Les obligations des assujettis
Les assujettis au régime réel sont soumis à un certain nombre d’obligations.
Ces obligations peuvent être résumées dans l’obligation de déposer une déclaration
d’ouverture, une demande d’immatriculation, une déclaration de cession ou de cessation,
l’obligation de tenir une comptabilité conformément au système comptable des entreprises.
Outre ces obligations, l’article 18 du code de la TVA prévoit l’obligation d’établir une facture
et de déposer une déclaration en vue de l’imposition.
A côté du régime réel, un régime de forfait unifié TVA et IRPP a été établi par la loi n° 92-
122 du 29 décembre 1992 au profit des personnes
physiques qui remplissent les conditions énoncées par le code de l’IRPP et de l’IS .
Les commerçants détaillants assujettis à la TVA peuvent être soumis à des obligations
particulières. En effet, dans le cas où ils ne tiennent pas une comptabilité régulière
conformément aux dispositions de la loi n° 96-112 du 30 décembre 1996 relative au système
comptable des entreprises et de par l’article 62 du code de l’impôt sur le revenu des personnes
physiques et de l’impôt sur les sociétés , ils sont astreints à tenir un livre spécial coté et
paraphé par les centres ou bureaux de contrôle des impôts dont dépend leur activité. Ce livre
doit comporter un compte des achats et un compte des ventes. Néanmoins les détaillants
peuvent tenir deux livres, un pour les achats et un pour les ventes.
Les détaillants doivent inscrire sur ce livre jour par jour sans blanc ni rature ni surcharge :
- le montant des achats locaux et celui des importations de produits destinés à la revente
quelque soit leur régime fiscal en mentionnant distinctement pour chaque opération, le prix
d’achat hors TVA, le taux appliqué ainsi que le montant de la taxe. Toutefois, les achats sont
inscrits TVA comprise lorsque les produits ayant supporté la TVA à l’achat ne sont pas
soumis à la TVA lors de la vente par le détaillant. Le compte des achats doit être arrêté
mensuellement ;
- les ventes pour lesquelles des factures individuelles ont été délivrées à l’occasion de chaque
opération de vente ;
- les ventes pour lesquelles les détaillants ont émis des factures globales sur la base de l’arrêté
de caisse.
Les détaillants doivent arrêter et inscrire sur ce livre, en fin d’année la valeur du stock de
marchandises
Les assujettis au régime réel sont tenus d’établir une facture pour chacune des opérations
effectuées par eux.
La facture doit comporter :
- la date de l’opération ;
- l’identification du client et son adresse.
Les commerçants détaillants assujettis à la TVA sont tenus d’établir des factures individuelles
pour les ventes réalisées avec l’Etat, les établissements publics à caractère administratif, les
collectivités locales, les assujettis à la TVA, les personnes morales et les personnes physiques
soumises à l’impôt sur le revenu au titre des bénéfices des professions non commerciales ainsi
qu’aux autres ventes réalisées par les commerçants détaillants chaque fois que le client
demande la facture. En revanche, pour les ventes réalisées à d’autres personnes, les
commerçants détaillants sont tenus d’établir quotidiennement une facture globale.
Les factures individuelles émises par le commerçant détaillant doivent comporter les mêmes
mentions énoncées par l’article 18 pour les autres assujettis
En matière de facture les assujettis sont soumis, en outre, à une série d’obligations.
1- Les assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée sont tenus :
- D’utiliser des factures numérotées dans une série ininterrompue.
- De déclarer au bureau de contrôle des impôts de leur circonscription les noms et adresses de
leurs fournisseurs en factures.
2- Les imprimeurs doivent tenir un registre côté et paraphé par les services du contrôle fiscal
sur lequel sont inscrits, pour toute opération de livraison, les noms, adresses et matricules
fiscaux des clients, le nombre de carnets de factures livrés ainsi que leur série numérique.
Cette mesure s’applique aux entreprises qui procèdent à l’impression de leurs factures par
leurs propres moyens.
3 - Toute opération de transport de marchandises doit être accompagnée soit d’une facture
dans les normes prévues au paragraphe II de l’article 18 du code de la TVA soit des
documents en tenant lieu.
Toutes les dispositions relatives à la facture sont applicables aux bons de livraison et aux bons
de sortie.
Les articles 94, 95 et 96 du code des doits et procédures fiscaux ont énoncé les sanctions
applicables en cas de non respect des obligations prévues en matière de factures.
En application de l’article 94, est punie d'un emprisonnement de seize jours à trois ans et
d'une amende de 1000 dinars à 50000 dinars :
- toute personne tenue, en vertu de la législation fiscale, d'établir des factures au titre des
ventes ou de prestation de services qui s'abstient d’établir des factures ou qui établit des
factures comportant des montants insuffisants. Dans ce cas la même sanction est applicable à
l’acheteur lorsqu’il est légalement tenu d'établir des factures au titre de ses ventes ou
de ses prestations de services ;
- toute personne qui établit ou utilise des factures portant sur des ventes ou des prestations de
services fictives, dans le but de se soustraire totalement ou partiellement au paiement de
l'impôt ou de bénéficier d'avantages fiscaux ou de restitution d'impôt.
En application de l’article 94, est punie d'un emprisonnement de seize jours à trois ans et
d’une amende de 1000 dinars à 50000 dinars :
- Toute personne tenue, en vertu de la législation fiscale, d’établir des factures au titre des
ventes ou des prestations de services qui s’abstient d’établir des factures ou qui établit des
factures comportant des montants insuffisants. Dans ce cas, la même sanction est applicable à
l’acheteur lorsqu’il est légalement tenu d’établir des factures au titre de ses ventes ou de ses
prestations de services ;
- Toute personne qui établi ou utilise des factures portant sur des ventes ou des prestations de
services fictives, dans le but de se soustraire totalement ou partiellement au paiement de
l’impôt ou de bénéficier d’avantages fiscaux ou de restitution d’impôt.
Est punie d'une amende de 250 dinars, toute personne qui transporte des marchandises non
accompagnées de factures ou de documents en tenant lieu, au sens de l'article 18 du code de la
taxe sur la valeur ajoutée, ou non accompagnées de titres de mouvement prescrits par la
législation fiscale.
Les amendes prévues par cet article sont doublées en cas de récidive dans une période de deux
ans.
En application de l’article 96, est punie d'une amende de 1000 dinars à
50000 dinars, toute personne qui procède à l'impression de factures non numérotées ou
numérotées dans une série irrégulière ou interrompue.
Est punie d'une amende de 50 dinars à 1000 dinars par facture, toute personne qui utilise des
factures non numérotées ou numérotées dans une série irrégulière ou interrompue.
Les amendes visées par cet article sont doublées en cas de récidive dans une période de deux
ans.
Les assujettis au régime réel sont tenus de déposer une déclaration en vue de leur imposition
et de payer au comptant le montant de la TVA lorsque la déclaration dégage un solde débiteur
et au cas contraire, c’est à dire, lorsque la déclaration dégage un solde créditeur, ils doivent
déposer une déclaration négative dégageant ainsi un crédit de taxe.
L'article 19 ter code de la TVA prévoit que nonobstant, les dispositions du paragraphe 3 de
l’article 5 du code de la TVA, la taxe sur la valeur ajoutée est payée, pour les opérations
d’exploitation des marchés dans le cadre d’une concession, dans le délai fixé pour le paiement
des montants revenant aux collectivités locales. Dans ce cas, les montants payés sont
considérés libératoires de la taxe sur la valeur ajoutée due sur le chiffre d’affaires des
concessionnaires de marchés et de l’obligation de déclaration de la taxe sur la valeur ajoutée
au titre de ces opérations et ne donnent pas le droit à la déduction prévu par l’article 9 du
présent code.