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COURS
FINANCES
Par Lucien R. CAMARA Consultant en banque et finance,
Ex-cadre de banque a la SGBCI et la Standard Chartered Bank
Ancien stagiaire de la Banque de France, Tél.: (225) 05 72 36 00PLAN GENERAL DU COURS
CHAPITRE 0 : INTRODUCTION GENERALE A L'INGENIERIE FINANCIERE
CHAPITRE | : LE DIAGNOSTIC ECONOMIQUE
CHAPITRE Il : LE MONTAGE D’UN DOSSIER BANCAIRE
CHAPITRE Ill: EVALUATION D'ENTREPRISE
CHAPITRE IV : PREPARATION DE DOSSIERS DE FUSION ACQUISITION
CHAPITRE V : LES PRODUITS D'INGENIERIE : OPA, OPE, LBO
CHAPITRE VI : CHOIX DES INVESTISSEMENTS ~ LA SOCIETE EPHREM : MODALITES DE NOTATION
Bibliographie
L. Titrisation Gestion financiére de la banque, Michéle CERESOLI et Michel GUILLARD, édition ESKA,
Paris 1992 Prix = 24,000 FCFA
2. Financ
28.300 ECFA
reprise : les régles du jeu, Norbert GUEDJ, Edition d’organisation 2001, Paris Coat :
3. L’analyse financiére de l"entreprise, Bernard COLASSE, Edition la découverte, collection Répéres,
Paris 2003 Prix = 6300 FCFA
4. Finance : Finance d'entreprise, Finance de marché Diagnostic financier, Roland GILLET, Jean-Pierre
JOBARD, Patrick NAVATTE, Philippe RAIMBOURG, Edition DALLOZ 2003, Paris. ——_coiit :
35.400 FCFA
5. La bourse des valeurs, comment s'initier ? Emmanuel ZAMBLE-BI B., Edition NEI, Abidjan 2000
Prix = 3800 FCFA
6. SYSCOA, Guide d’application, édition FOUCHER Prix = 5775 FCFA
Poge 2 sur 45CHAPITRE 0 : INTRODUCTION GENERALE A L'INGENIERIE FINANCIERE
Objectifs du chapitre
1. Définir la notion d'ingénierie financiére
2. Indiquer les différents métiers de 'ingénierie financi@re
3. Indiquer le plan général du cours
Grosso modo, l'on peut subdiviser la finance en deux branches :
= lafinance de marché
~ la finance d'entreprise
La finance de marché comprend toutes les techniques permettant d'opérer avec efficacité sur les différents
marchés, On distingue trois sortes de marchés :
i) les marchés boursiers : Cest le lieu oti s'échangent les obligations, actions et autres
produits financiers liés au capital des entreprises ex : droits de souscription, droit
attribution, les options sur actions, ete.
ii) les marchés monétaires : ce sont essentiellement les marchés des Titres de Créances
Négociables (TCN) ex: les certificats de dépdt, les bons du trésor, les billets de
trésorerie, les titres nés de la titrisation des dettes publiques (titres PASF!)
les marchés des changes et des produits dérivés: marché des options, swaps de
devises, futures, etc
A Vopposé, la finance d'entreprise fait appel aux notions de gestion financiére, de trésorerie, etc,
Llingénietie financiére est une discipline de la finance d'entreprise qui nécessite une grande maitrise des
opérations du haut de bilan, L'ingénieur financier assure le montage et la commercialisation d'opérations non
standards (titrisation, capital risque, obligations indexées, etc.) au profit d'une clientéle d'entreprises ou
investisseurs.
Les métiers de lingénierie financiére sont vastes et peuvent étre regroupés en quatre grandes familles :
1. Le-capital risque et développement
S‘adressant principalement aux entreprises non cotées, les enjeux de ce mi
~ le financement de la création d'entreprises
- la participation aux ouvertures de capital
= [a facilitation des transmissions d'entreprises
multiples sont :
Ce métier exige de grandes capacités relationnelles et de négociation ainsi qu'une grande rigueur financiére. En
général il est mené au sein de structures affiliées & des groupes bancaires ou dans le cadre de structures
indépendantes.
2. Les financements de projets et d'actifs financir
Faisant appel a des techniques de modélisation financidre. juridiques et fiscales pointues. ces métiers permettent
de travailler dans un cadre pleinement international. Par des montages complexes. il s'agit de proposer des
financements permettant des réalisations d'infrastructures routigres, miniéres, immobiligres, hydrauliques ou
pétroliéres. Les acteurs sur ces métiers sont peu nombreux, principalement des banques a dimension
internationale qui ont développé des compétences sectorielles précises. Par exemple, la Société Financlére
Internationale (Groupe de la Banque Mondiale) travaille essentiellement dans le financement de projets, la
Banque Africaine de Développement a également une forte activité dans le financement de projets de grande
envergure.
Page 3 sur 453. Les opérations sur les marchés
Interface directe entre les marchés financiers et les entreprises désireuses d'accroitre leurs ressources de
financement, les équipes d'ingénierie des grandes banques d'affaires vont préparer et procéder aux introductions
en bourse. Dans la zone UEMOA, ce type de métier peut s‘exercer dans les Sociétés de Gestion et
d'Intermédiation (SGI), en général filiales des banques commerciales comme le montre le tableau ci-aprés.
Banque commerciale SGI filiale
Société Générale de Banques en Céte divoire | SOGEBOURSE
Banque Internationale pour le Commerce et | BICI BOURSE
Mindustrie de la Céte d'Ivoire (BICICI)
Banque Internationale pour l'Afrique de | BIAO FINANCE ET ASSOCIES
NQuest (BIAO)
ECOBANK ECOBANK INVESTMENT CORPORATION,
BOURSE
BACT ATLANTIQUE BOURSE
CITIBANK CITICORP SECURITY WEST AFRICA.
BOA ‘ACTI BOURSE
SIB ‘AFRICAINE DE BOURSE
Liste des SGI filiales des banques commerciales
(Voir site internet de la BRVM : www.brvm.org)
4. Les fusions ions (M&A, Mergers and acquisitions
En banque d'affaires. en cabinet de conseil, les fusions acquisitions sont des opérations trés présentes dans
actualité des entreprises en permettant les recentrages ou les diversifications. Dans un environnement
concurrentiel fort, les M&A font appel & analyse stratégique, a des négociations importantes et 8 des montages
financiers. juridiques et fiscaux innovants.
‘Au demeurant, l'on peut dire que tout responsable financier est un jour ou l'autre confronté @ une opération
cingénierie financigre, quill s'agisse de financement de haut du bilan, d'une opération sur le capital, de
acquisition d'une entreprise ou d'une cession.
Les montages financiers, fiscaux et juridiques sont nombreux, complexes et évolutifs. C'est pourquoi les
compétences en ingénierie financiére sont recherchées et appréciées au sein des entreprises, des groupes et des
organismes financiers.
Plan général du cours
Ce cours se veut résolument pratique en privilégiant ‘application concréte des concepts étudiés & la simple
théorie. II se subdivise en cing chapitres.
Le chapitre 1 traitant du diagnostic économique. pose les bases de l'ensemble du cours. En effet, toute ingénierie
financiére commence par une excellente compréhension des fondamentaux économiques de l'entreprise.
Aprés avoir maitrisé les outils de diagnostic de l'entreprise, I'étudiant pourra aborder avec beaucoup plus
assurance le montage d'un dossier bancaire, objet du chapitre 2.
Dans le chapitre 3, sera évoquée l’évaluation d'entreprise. En effet, toute cession, fusion ou acquisition d'une
entreprise ne saurait s‘opérer sans une évaluation correcte de la valeur de celle-ci. Ce dernier chapitre constitue
tun passage obligé avant de se plonger dans le montage des dossiers de fusion acquisition (M & A, Mergers and
Acquisitions) que nous étudierons dans le chapitre 4. Enfin dans le chapitre 5, seront traités les produits
d'ingénierie financigre notamment : les Offres Publiques d’Achat (OPA). les Offres Publiques d’Echanges (OPE)
et les LBO.
Page 4 sur 45CHAPITRE 1. LE DIAGNOSTIC ECONOMIQUE DE L'ENTREPRISE
Objectifs du chapitre
1. Connaitre les outils de diagnostic stratégique de I'entre
2. Connaitre les outils de diagnostic financier de l'entreprise
Le diagnostic économique de 'entreprise integre des éléments & la fois financiers et non financiers d’une part et
des données internes et externes a I'entreprise d'autre part. L’on peut distinguer trois phases dans le processus de
diagnostic d'une entreprise
1. Diagnostic stratégique
2. Diagnostic financier
Section 1. Le diagnostic stratégique
Une erreur communément rencontrée chez les financiers lorsqu'ils analysent une entreprise est de toute de suite
Gtudier les documents financiers de la firme. En effet, les chiffres figurant dans les états financiers ne sont que le
reflet d'une stratégie définie en amont. Ainsi, bien comprendre la stratégie d'une société induit
immanquablement une meilleure lecture de ses bilan, compte de résultat, TAFIRE (Tableau de Financement des
Ressources et Emplois) et Etat annexé.
Par conséquent, nous démarrons le diagnostic économique par un diagnostic stratégique.
Les différentes étapes de la démarche stratégique s'analysent comme suit
‘Analyse de Penvironnement “Analyse de entreprise
¥ révision stratégique +
‘OpportunitéyMenaces Forces at felblesses/Compétences
et Resources
Comparaison M$ _ oie straneiques
¥
Feartstratégique
=
obi stratigique | <=——
re q
¥
Planning opératioonel | q——______|
+
Budget +
¥
Conble
Selva dela démarche stratégique
Nous étudierons dans un premier paragraphe les 4 poles de décision au sein d'une entreprise puis dans un
second chapitre nous envisagerons quelques outils servant a l'analyse stratégique.
lL Les 4 péles de décision au sein d'une entreprise
Au sein d'une entreprise, il existe 4 poles de décision :
le niveau stratégique
iii) Te niveau tactique
iv) le niveau opérationnel
Page 5 sur 45A. Leni lit rizon temporel >
Il est formé des représentants des actionnaires (consell d’administration ou de surveillance, dont le PDG et le
DG). Is prennent principalement les décsions concemant
Videntité de Ventreprise
~ _lavision & terme de I'entreprise
= la définition du projet d'entreprise : ambitions économiques et sociales, valeurs de référence
~ les métiers de lentreprise
= la certitude des flux de capitaux
‘est & ce niveau que se décide ce que l'on appelle la « corporate strategy » ou stratégle de groupe.
Le niveau stratégique (Ian < horizon temporel < 3 ans)
Composé des membres de la Direction Générale (PDG, DG et responsable des grandes fonctions). Ils ont
notamment pour mission de transmettre les choix majeurs décidés par le niveau politique.
A partir de ces choix, le niveau stratégique, avec l'aide des opérationnels, a pour mission de définir
- le portefeuille d'activité de l'entreprise
~ la segmentation stratégique
- la mise au point du projet d'entreprise
- allocation des ressources 8 accorder & chaque grande unité de lentreprise (allocation de fonds
propres)
Ces choix doivent tenir compte de I"environnement concurrentiel (stratégie concurrentielle).
C. Le niveau tactique (3 mois < horizon temporel
Lranalyse stratégique par le taux de croissance fait appel a trois types de matrices généralement ul
= Boston Consulting Group (BCG)
- AD little
= Me Kinsey
(On n’évoquera ici que la matrice BCG. C'est notamment le plus ancien outil d'analyse de portefeuille d'activités
de entreprise utilisé. I! a été mis au point dans les années 60, a une époque oii la croissance était forte et ot
+ rentabilité » et » part de marché » étaient trés souvent liées.
Cette matrice peut se présenter comme suit :
Informations internes Informations externes
iste desDAS | CA ou volume | Marge Taux de |CA ou volume | Marge des
réalisé par croissance DAS | du principal | meilleurs
entreprise en totalité concurrent
Elle peut encore étre représentée sous la forme suivante :
Potentiel de
Croissance de Flevé | eTONE DILEMME Cycle du succes
Fentreprse |g | ace
File | vacheatatr | porosmory | Cycle de Véchee
Elevé Faible
Part de marché relative actuelle de lentreprise
(Par rapport au plus gros concurrent)
Page 8 sur 45,Un DAS est qualifié d’ « étoile » lorsque rentreprise y réalise une part de marché importante dans un marché &
fort potentiel de croissance.
Le DAS dilemme s'appréhende dans un marché & forte croissance ou la part de marché de la société est faible.
Tandis que le DAS « vache 8 lait » est celui qui procure a l'entreprise une part de marché faible dans un marché &
fort potentiel de croissance. Le DAS « poids mort » est celui qui procure une part de marché faible & l'entreprise
dans un marché & faible potentiel de croissance.
Le cycle du succés décrit une trajectoire décrit par un DAS qui passe successiverent de l'état vache & lait 8 l'état
de dilemme via celui d'étoile.
En revanche, le cycle du succs décrit la trajectoire suivie par un DAS qui passe successivement de l'état de
dilemme a celui de poids mort.
En face de chaque état de DAS, est recommandée une stratégie spécifique.
> Stratégie & adopter lorsque le DAS est & l'état vache & lait: Ici, il y a 2 erreurs & éviter :
= Trop investir dans ce DAS
~ Ne pas assez investir (laisser maigrir la vache)
La stratégie type & adopter est dentretenir le flux po:
f.
> Stratégie & adopter lorsque le DAS est & l'état poids mort :
Une erreur a éviter est de vouloir gagner des parts de marché par stratégie de challenge visant 8 dépasser le
leader.
La stratégie-type est de se désengager ou alors de modifier le produit en vue de se construire une spé
od l'on sera leader.
‘Stratégie & adopter en cas de DAS dilemme : Une erreur & éviter est d'investir fortement dans le
développement de cette activité sans chance d’étre leader.
ly a trois stratégies- type a adopter :
= la stratégie du challenger cherchant & prendre la place du leader
rythme d'investissements (industriels et acquisitions), de trés bons atouts qu
d'aller vite
~ _ Tautre stratégie est de se désengager habilement en cédant au prix fort a un concurrent menant une
stratégie de leader. Cette stratégie est 8 adopter si l'entreprise n'a pas assez d'atouts qualificatifs ou
as assez de moyens financiers
= la troisiéme stratégie est celle de la spé ion : il faut se découvrir une niche & sa mesure et
devenir le leader sur cette niche ainsi découverte
: avec pour corollaire un trés fort
catifs. I! convient ici
> Stratégie & adopter en cas de DAS étoile : Une erreur a éviter est de ne pas reconnaitre Iétoile. Ce qui
conduit malencontreusement & lui rationner les investissements (la traire comme une vache au lieu de la
faire briller)
La stratégie — type consiste & nourtir expansion.
4, La méthode d'analyse concurrentielle de Michael Porter
Michael PORTER distingue 5 forces illustrées par le schéma suivant :
Menaces des nouveaux concurrents
I
Pouvoir de négociation Rivalités entre les firmes Pouvoir de négociation
Des fournisseurs existantes [—_—_ des clients
;
‘Menaces des produits ou services de substitution
Page 9 sur 45Section 2. Le Diagnostic financier
Lobjectif de l'entreprise est de réaliser des profits permettant de =
~ rémunérer les apports de ses associés
= _assurer l'emploi et la rémunération des salariés
+ financer son développement
Le diagnostic de la situation financiére s‘appuie sur un outil : analyse financiére qui se définit comme une
analyse des documents comptables publiés par l'entreprise. Une analyse globale devra intégrer des éléments non
financiers internes (produits, management. outil de production, etc.).
Une bonne analyse financiére implique au préalable une bonne connaissance des principes comptables servant &
produire les comptes sociaux. Les principes comptables seront étudiés dans le paragraphe 1. Puis aprés, il
convient de faire la revue de tous les postes des documents comptables notamment ceux du bilan. Enfin. il
conviendra d'exposer la démarche de l'analyse financiére proprement dite.
1. Les principes comptables du SYSCOHADA
‘Au nombre de huit (8) ces principes peuvent étre utilement complétés par certaines conventions
internationalement reconnues.
1. Principe de prudence (articles 3 et 6)
Selon ce principe, il convient d'apprécier raisonnablement les événements et les opérations a enregistrer afin
déviter de transférer sur l'avenir des risques actuels
2. Principe de transparence (articles 6, 8,9. 10, 11)
Sa mise en ceuvre permet a 'entreprise de donner une présentation claire et loyale de l'information
3. Principe de l'information significative (article 33)
En vertu de ce principe, tout élément susceptible d'influencer le jugement que les destinataires des états
financiers peuvent porter sur le patrimoine, la situation financiére et le résultat de l'entreprise doit leur étre
communiqué
4. Principe de I'intangibilité du bilan (article 34)
Le bilan d'ouverture doit correspondre au bilan de cléture. Ne peuvent étre imputés sur les capitaux propres
d’ouverture les incidences des changements de méthodes ainsi que les produits et les charges sur exercices
antérieurs
5. Le coat historique (articles 35 et 36)
L'évaluation des éléments inscrits en comptabilité est fondée sur la convention du coat historique qui permet
enregistrer les biens, & leur date d'entrée dans le patrimoine, & leur cout d'acquisition exprimé en unités
monétaires courantes. Par dérogation 8 cette convention et en vertu du concept de maintien du capital financier
de lentreprise, les conditions de réévaluation légale ou libre sont précisées (articles 62 8 65)
6, La continuité de l'exploitation (article 39)
Lentreprise est présumée poursuivre ses activités sur un horizon temporel prévisible. Lorsque la continuité de
exploitation de l'entreprise n'est plus assurée, les méthodes d’évalu:
méme en cas de non-continuité d'utilisation d'un bien.
7. La permanence des méthodes (article 40)
Les méthodes d’évaluation et de présentation des comptes de l'entreprise ne doivent pas changer d'un exercice
2 un autre. Cette constance dans I'application des méthodes permet d’assurer la comparabilité de l'information
dans le temps et dans l'espace (OHADA). Ce principe admet toutefois, des changements motivés par la
recherche d'une meilleure image du patrimoine, de la situation financiére et du résultat de l'entreprise. Les
circonstances de telles modifications sont limitativement prévues.
Page 10 sur 45,8. La spécialisation des exercices (article 59)
Test rattaché chaque exercice les produits et les charges qui le concernent et uniquement ceux-la.
A ces principes énoncés par le SYSCOHADA. on peut adjoindre les conventions suivantes :
') La prééminence de la réalité économique sur 'apparence juridique : C'est une convention énoncée
par I'IASC et le droit comptable anglo-saxon. Le SYSCOA reconnait cette convention et l'utilise notamment dans
la comptabilisation des opérations de crédit-bail
ii) Lentité ; cette convention oblige a distinguer le patrimoine de lentreprise de celui de ses
propriétaires. L'application de cette convention qui est simple dans les comptes sociaux, pose le probleme de la
consolidation dans les comptes des groupes. A l'autre extrémité de l'éventail, dans les entreprises individuelles
ou les sociétés familiales, la distinction entre patrimoine professionnel et patrimoine personnel n'est pas simple
non plus.
iii) La non compensation : il ne doit pas y avoir de compensation entre les produits et les charges
d'une entreprise. Chaque élément doit éire compiabilisé de fagon individualisée. Dans la pratique, cette
convention souffre parfois d’exceptions non autorisées. Ainsi, lorsqu'une entreprise a dans une méme banque
deux comptes dont 'un est créditeur et l'autre débiteur, il est probable qu'elle fera la compensation. Ceci ne
parait d'ailleurs pas anormal sila part d'information qui en résulte n’altére pas
significatif).
iv) Lexhaustivité: lexhaustivité des enregistrements garantit
convention peut contredire le principe de l'information significative qui lui, autorise & ne pas comptal
nest pas significatif. En fait, la régle est l'exhaustivité, sauf si le cout et la complexité du tr
comptable d'une information excédent l'avantage que peut en obtenir un utilisateur, compte tenu de son
caractére peu significatif.
Page 1 sur 45ll. Compréhension de la nature des comptes du bilan, compte de résultat, TAFIRE et utilité de I'Etat annexé
A. Les postes du bilan
Le SYSCOHADA présente le bilan comptable de la fagon suivante :
ACT Exercce N
Tat_| AmorvProv —[ Net
ACTIF IMMOBIUSE (})
+ Charges mmobilsées
Frais d établissement (page 165 & 364) et chorges 8 repertir.
(p.150 & 360)
Primes de romboursement des obligations (p.184 et 360)
‘+ _immobitsations incorporeles
Frais de recherche et de développement (p. 166 & 363-364)
‘revets, cence, logiciels (p. 147 & 363-364)
Fonds commercial (page 165 & 363-364)
Autres immobilsetions neorporelles(Drolt au ball. Autres
droits et valeurs Incorpores)
+ _mmobitsations corporelis
Terrains (p. 198 & 366)
DBatiments(p. 145 & 368)
Installations et agencement (p. 139, 170 & 368)
Matériel (9.175 & 371)
Matériel de transport (p. 175 6 371)
‘+ Avances et acomptes versts sur immobiliations
{p.143 374)
+ _lmmobisations finances
Tits de participation (p. 198 & 376)
Autres immobiliaionsfinanciées(p. 378)
(2) dont HAL
Brut
Net
[ACTIF CIRCULANT
+ Adifereulant HAO
+ Stocks
Marehanelies(p.173, 390)
‘Matierespremiéres et autres approvsionnements
{p. 392 395)
En-cour [p, 396.399)
Prods fabriqués(p. 400)
+ Créances et emploisasimiés
Fournsietrs, avances verdes (p. 410)
Clients (p. 413)
Autres edances(p. 427-431)
‘TRESORERIE-ACTIF
Titces de placement (p. 198, 438-439)
Voleurs a encaiser (p. 440)
nques, chaque portaur, case (p. 14, 442.445)
Ecart de conversion actif (p. 160, 429)
ses fs de: a
Page 12 sur 45PASSIF Exercice N)
CAPITAUX PROPRES ET _ RESSOURCES
ASSIMILEES
+ Capital (p. 148, 326-333)
Actionnaires capital non appelé (p. 337)
+ Primes et réserves
Primes d'apport, d'émission, de fusion
(p.184, 334-335)
Ecarts de réévaluation (p. 162, 336)
Réserves indisponibles (p.193, 338-339)
Réserves libres (p. 193)
Report & nouveau (p. 192 & 340-341)
Résultat net de 'exercice (bénéfice + ou
perte -) (p. 194 & 194)
* Autres capitaux propres
Subventions d'investissement (p. 196 & 344)
Provisions réglementées et fonds assimilés
ig 188, 346-348)
DETTES FINANCIERES ET RESSOURCES
ASSIMILEES (1)
Emprunts (p. 160,349-351)
Deites de crédit-bail et contrats assimilés (p.
158, 352)
Deites financiéres diverses (p. 354-355)
Provisions financiéres pour risques et charges
(187, 357-358)
Dont H.A.O
Report Total Ressources stables
PASSIF CIRCULANT
Dettes circulantes et ressources assimilées HAO.
Clients, avances recues (p. 143 & 429)
Fourisseurs d’exploitation (p. 410-412)
Dettes fiscales (p. 422-424)
Dettes sociales (p. 420-421)
Autres dettes (p.417-419)
Risques provisionnés (p. 434-436)
‘TRESORERIE -PASSIF
Banques, crédits d'escomptes (p. 164. 447-449)
Banques, crédits de trésorerie (p. 164 447-449)
Banques. découverts (p. 164, 447-449)
Ecart de conversion ~ passif (p. 160, 429)
a in de erg
Chaque poste correspond a une réalité économique précise que I’étudiant doit chercher @ appréhender. A cet
égard, il lira avec profit dans le livre (vert) du SYSCOHADA), les pages mentionnées en vue de saisir les
definitions de chaque poste de l'actif. Il en est de méme avec les postes du passif.
Page 13 sur 45,Ill, La démarche de l'analyse financié rement dite
Lanalyse financiére n'est pas une science normative ni au plan international ni méme aux plans
national ou communautaire. Chaque analyste, qu'il soit banquier, directeur financier, professeur ou
autre construit et conduit son travail & sa guise, en intégrant dans sa démarche des paramétres ou des
méthodes que tel autre ne retient pas forcément.
Ainsi, la démarche que nous proposons ici nous est propre. Elle a I'avantage de combiner l'approche
du SYSCOHADA avec des éléments tirés des recherches de la Centrale des Bilans de la Banque de
France.
Elle s‘articule en 7 points. Ce sont :
1. Les quelques retraitements du SYSCOHADA
2. Le passage du bilan comptable au bilan fonctionnel (approche Centrale des bilans de la
Banque de France)
Lanalyse de 'exploitation
Lanalyse des performances financiéres
Lanalyse des équilibres financiers
Lanalyse des flux de trésorerie
La rédaction de la note de synthése sur la santé financiére de l'entreprise
sNoyaw
Lensemble de notre démarche s'appuie sur l'approche fonctionnelle (et non par liquidité) tout en
privilégiant l'exploitation, source premiere de la richesse d'une entreprise. Elle prend également appui
sur l'évolution dans le temps des variables. D'oui la nécessité de travailler sur des états financiers pour
trois exercices au moins.
Notre approche inclue également une analyse mésoéconomique de l'entreprise.
> Llapproche fonctionnelle : En effet la plupart des analystes financiers privilégient cette approche
aujourd'hui au détriment de l'approche liquidité. L'application de l'approche liquidité conduit
par exemple a « faire monter » en valeur immobilisée la partie au déla d'un an des créances
exploitation. Avec l'approche fonctionnelle les créances d'exploitation demeurent dans les
créances d' exploitation méme si elles ont une durée allant au déla d'un an.
> Prééminence de l'analyse par activité sur l'aspect bilantiel ou patrimonial : dans la ligne de
'évolution de l'analyse et de la gestion financiéres modernes. l'activité (donc le compte de
résultat) sera privilégié par rapport au bilan. Car la valeur de l'entreprise résulte moins de son
patrimoine (fat-il économique comme dans le SYSCOHADA) que de la qualité de ses
performances actuelles, et surtout futures.
Ainsi, dans 'analyse financigre moderne, le compte de résultat pése plus lourd que le bilan, Un
exemple significatif de cette évolution: pendant longtemps, on a mesuré le niveau
endettement de l'entreprise & l'aide du ratio suivant :
Dettes financiéres
——___——= < 1 ou Dettes financigres/Capitaux < 1/3
Capitaux propres
Dans l'analyse moderne, on recherche le niveau d’endettement (ou la capacité d’endettement)
d'une entreprise dans l'activité par le ratio :
Dettes financiéres < 3 ou 4 CAFG ou CAFG = Capacité d’Autofinancement Globale
> Evolution des variables dans le temps: En effet, l'on tire plus d’enseignements en
comparant les différentes valeurs d'un agrégat dans le temps. Ceci a l'avantage de décrire le
sens de l’évolution de cet agrégat.
Page 14 sur 45> Analyse méso-économique : Une analyse financiére digne de ce nom devrait prendre en
compte une comparaison dans l'espace avec les autres entreprises similaires de ' UEMOA
{ou & tout le moins de l'état ot lentreprise @ son siege). Cette approche comparative
permet de mesurer les performances de l’entreprise dans son secteur d' activité.
Le bilan du SYSCOHADA, de par son approche économique est en état un bilan financier & quelques
retraitements prés. Ainsi le nombre de retraitements important par le passé et toujours dans l'actualité
dans le PCG 82 (Plan comptable frangais) disparait quasiment avec le SYCOHADA. Faisons un rappel
des retraitements dans le PCG et aujourd'hui dans le SYCOHADA.
A. Retraitements du bilan comptable PCG 82 vs Bilan SYSCOHADA
On parle de retraitement car la matiére premigre sur laquelle travaille 'analyste financier i.e. les
documents comptables notamment le bilan comptable, ne sont pas toujours conformes a la logique
financiére. Pour la simple raison qu’ils sont établis dans une logique comptable.
Des documents comptables du SYSCOHADA : compte de résultat, TAFIRE et état annexé, seul le bilan
fait l'objet de quelques retraitements que nous évoquerons apres avoir étudié les retraitements du PCG
82.
Page 15 sur 45Incidence des retraitements sur les principaux postes du bilan
Dossier de gestion
PCG
Retvaitemenis
Immobilistions
leur brute des Immobilisations
* Valeur d'origine des
Immobilsations acquises en crécit-
ball
Resources propres
= Ressources Propres
Non valeurs (valeur netie des
charges & repartir)
+ Amortissements et provisions
+ Part d'annulté de crédit-bail
payées correspondant & des
amortissements
Deties Financieres
= Emprants
+ Comptes courants associés bloqueés ou non
+ Part Fannuités de crédit-ball
| payer correspondant & des
amortissements
Besoins exploitation
= Stocks
+ Créances d'explottation
+ Avances et acomptes fourisseurs
+ Efets escomptés non Gchus
Detios exploration
= Dettes d'exploitation
+ Avances fournisseurs
Besoin hors exploitation
= Valeurs mobilibres de placernent
+ Créances diverses
Tes charges condtatées Tavance
seront, leur nature, Intégrées &
+ Charges constatées davance exploitation
Detios hors exploitation | = Deittes diverses (dettesfscales, Impot sur
société
+ Dettes sur immobilsations
+ Produits constatés d'avance
+Crédits Tescompte
+ Concours bancales courants
+ Obligations cautionnées
+ Affacturage + créditsassimilés
“Trésorerie Adit
= Disponibies
Capacité
d'autofinancement
= Capacité d autofinancement
"Part der annultes de erédi-ball
ortespondant aux amortissements
Tneidence des retraltements sur les principaux soldes
‘Marge commerciale
‘= Marge commerciale
Valeur ajoutée produite
= Valeur sjoutée
+ Charges de personnel extérleur
+ Redevances de eréait-bail
Exeédent brut
exploitation
= Exeddent brut dexplottation
+ Redevances
Résultat exploitation
= Résultat exploitation
+ Part des annuitey de erédit-ball
correspondant & des charges
finaneléves
Résultat financier
= Résultat financier
~ Part des annultés de erédit-ball
correspondant & des charges
financieres
Résultat courant avant
impot
= Résultat courant avant impot
Tableau des retraitements effectués dans le PCG 82 (Plan Comptable frangais)
Page 16 sur 45Dans le SYSCOHADA, Ia conception trés « économique » et « financiére » réduit nombre de travaux
préliminaires de retraitement des états financiers, incontournables dans les plans précédents. Sont en
effet devenus sans objet :
Y. Les retraitements a finalité économique et financigre
II s'agit des opérations de crédit-bail, des services de personnel extérieur et effets escomptés non échus.
Le SYSCOHADA les retraite directement en comptabilité.
Y Les corrections d’affectation de certains postes
Dans le bilan, ces corrections nombreuses dans le cadre des plans comptables antérieurs (exemple :
inscription des provisions pour risques et charges si elles sont justifiées dans les dettes). se trouvent
normalement réduites 4 néant en raison de la conception fonctionnelle de actif et du passif.
Lexception a cette régle est relative aux écarts de conversion. Pour conserver les flux de lexercice
(TAFIRE), il convient de les rattacher aux créances dettes dans lesquelles ils trouvent leur origine
(créances de actif immobilisé ou plus souvent de l'actif circulant ; dettes financiéres et dettes du passif
circulant).
Y Les corrections de valeur
II sagit principalement des plus-values sur terrain et titres immobilisés ou titres de placement. Ces
corrections portent sur des éléments d'acti
Elles peuvent aussi concerner les éléments du passif et tout particuligrement les provisions
réglementées, les subventions d’investissement, les provisions financiéres pour risques et charges.
B, Le passage du bilan comptable au bilan fonctionnel
Voir schéma ci-joint.
. Analyse de l'exploitation
Ici, approche du SYCOHADA nous semble trés pertinente. Elle est du reste celle qui est suivie par la
Centrale des Bilans @ quelques nuances prés.
Elle s‘articule de la facon suivante :
C.1. Analyse des moyens économiques mis en ceuvre
Elle porte notamment sur l’équipement productif correspondant @ la fonction commerciale et/ou
industrielle de 'entreprise.
Leffectif moyen utilisé et le Besoin de financement (BFE) qui additionné 4 I'équipement productif
forme le « capital économique d'exploitation ». Ce capital se définit simplement comme la somme
totale des fonds bloqués dans l'exploitation. II est pertinent de calculer le BFE en jours de Chiffres
d'affaires par la formule suivante, C'est une simple ragle de trois :
Chiffre d'affaires (en montant) ——» — 360 jours
BFE (en montant) —+ x & x = BFE/CA* 360
X étant le BFE en jours de CA
Ensuite il conviendra d'apprécier I'évol
in de cet indicateur.
Page 17 sur 45C.2. Activité et performances économiques
Crest ici que l'analyse du compte de résultat intervient. Le SYSCOHADA a l'avantage de nous fournir
directement les soldes intermédiaires de gestion. L'idée consistera a analyser |'évolution dans le temps
des agrégats suivants en vue d’en apprécier la tendance,
Ce sont
On anal
Tous ce
UI agit
dans I'a
- le Chiffre d'affaires = Vente de marchandises + Travaux, services vendus
+ Produits accessoires vendus
= la marge brute sur marchandises, sur matiéres = Ventes de marchandises ~ Achat de
marchandises +/- Variation de stocks
- la Production économique brute = Ventes + Production stockée (+ ou -) + Production
immobilisée
= la Valeur Ajoutée = Marge commerciale + Production vendue
- consommation de l'exercice en provenance de tiers
+ EBE = Valeur Ajoutée ~ Charges du personnel
- Résultat d'exploitation = Total produits d’exploitation ~ Total charges d’exploitation
Aprés avoir apprécié 'évolution de ces agrégats dans le temps, il convient de construire des
ratios pour obtenir une analyse plus fine
D, Performances financiéres
II s‘agit ici d’apprécier ’évolution dans le temps des indicateurs suivants :
= charges financiéres (nettes des produits financiers)
- Résultat net global (et préalablement résultat HAO)
= Capacité dautofinancement globale (CAFG)
+ Dividendes distribués
Ici également, l'on pourra utiliser des ratios en vue d'obtenir une analyse plus fine.
E, Equilibres financiers
lysera I’évolution dans le temps des indicateurs suivants :
> Capitaux investis = A immobilisé + BFG
> La structure du financement a travers :
i) le niveau des fonds propres
ii) le niveau des dettes financiéres
iii) les crédits bancaires
iv) la trésorerie nette
v) le fonds de roulement
vi) lindépendance financiére
s éléments peuvent étre complétés par des ratios.
F. Analyse des flux de trésorerie
ici d’analyser I'évolution de l'Excédent de Trésorerie d'Exploitation (ETE), variable critique
ppréciation de toute entreprise,
ETE = EBE — Variation BFE ~ Production immobilisée
Page 18 sur 45Année n-1 Année n
EBE A B
Variation du BFE (- si] C D
emplois ; + si ressources)
- Production immobilisée _| E F
ETE G=A/C-E H= Bt/-D-F
G. La rédaction de la note de synthése
Cette note résume tout simplement les résultats du diagnostic économique et financier réalisé sur la
santé financiére de l'entreprise et donne les recommandations de Ianalyse en matiére d'intervention
en tant que banquier par exemple.
Page 19 sur 45CHAPITRE Il : MONTAGE D’UN DOSSIER BANCAIRE
Objectifs du chapitre :
1. Connaitre les objectifs du montage d'un dossier bancaire
2. Connaitre les sous-dossiers composants le dossier bancaire de I'entreprise
3._Connaitre les outils utilisés par le banquier dans le montage du dossier
Leentreprise sollicite son banquier dans le cadre du montage d'un dossier bancaire lorsqu’elle a besoin
de crédits ou de conseils en vue de réaliser son acti
Le montage d'un dossier bancaire implique la connaissance de plusieurs éléments :
i) les lignes de crédit et le besoin précis auquel chaque ligne répond
i) _ les composantes d'un dossier bancaire
iii) la mattrise du diagnostic stratégique et financier
Les lignes de crédit font l'objet d'un manuel remis aux étudiants quiils liront avec profit. Le diagnostic
stratégique et financier a été étudié au chapitre précédent.
Nous focaliserons donc notre attention sur les composantes d'un dossier bancaire.
On peut dénombrer sept sous dossiers constitutifs du dossier bancaire :
1. Le sous-dossier Juridique
2. Le sous-dossier Financier
3. Le sous-dossier Garanties
4. Le sous-dossier Autorisations de crédit
5. Le sous-dossier Rapports de visite clientéle
6. Le sous-dossier Correspondances
7. Le sous-dossier Divers
Lapproche suivante est, bien entendu, du point de vue du banquier. II semble pertinent d'adopter une
telle démarche car in fine, c'est le banquier qui octroie le crédit a l'entreprise sur la base de sa facon de
travailler & lui. L'entreprise trouvera donc un intérét certain & se mettre dans la peau du banquier en
vue de saisir l'organisation de son dossier de crédit.
1. Le sous-dossier juridique
I comporte tous les documents juridiques du client. Ce sont =
= les statuts de la société
= le Procés verbal des Assemblée Générale Ordinaire ou Extraordinaire désignant les
administrateurs et les pouvoirs
= le registre de commerce (ou plus précisément I'Inscription au Registre de Commerce et du
Crédit Mobilier)
- [annonce légale publiant la création de la société (en général publiée dans les pages
d’annonces du quotidien Fraternité Matin)
= la photocopie des pices d'identité des signataires du compte de la société dans les livres de
la banque
= le curriculum vitae des dirigeants de 'entreprise
Page 20 sur 45Il, Le sous-dossier financier
Ce sous dossier comporte tous les éléments relatifs a la situation financiére de l'entreprise. Ce sont :
~ les états financiers certifiés par un Commissaire aux Comptes inscrit a l'ordre des Expert
comptables (Bilan, compte de résultat, TAFIRE et état annexé) sur les 3 derniers exercices
~ le rapport d'activité sur les 3 derniers exercices
- le plan de trésorerie prévisionnel
- le compte de résultat prévisionnel
- le rapport du commissaire aux comptes
Ill. Le sous-dossier Garanties
Ce sous-dossier comporte tous les actes de garantie fournis par le client en guise de collatéral des préts
consentis par la banque. Ce sont :
= les actes portant sur les sdretés réelles : hypothéque, nantissement, ete
~ les actes portant sur les stiretés personnelles : acte de cautionnement solidaire, lettre de
confort de la maison mére de l'entreprise
= les conventions signées avec la banque et portant sur le respect par l'entreprise bénéficiaire
d'un certain nombre de ratios financiers. Par exemple: lentreprise peut s‘engager &
respecter un ratio d'endettement sur fonds propres de 60% minimum durant la vie du
crédit
I convient de souligner a cet égard que les originaux de tous ces actes sont soigneusement gardés dans
un coffre-fort. Seules les copies figureront au dossier du client.
IV, Le sous-dossier Autorisations de crédit
Ce sous-dossier comporte les différentes fiches d'autorisation de crédit que la banque a octroyées a la
société. Chaque fiche porte la signature des personnes dament habilitées par la banque. II ne semble
pas superflu que lentreprise demande a recevoir une copie de cette fiche si cela est possible. Car en
régle générale, elle ne lui est pas transmise par la banque.
V. Le sous-dossier rapports de visites clientéle
Ce sous-dossier comprend tous les rapports de visite que le gestionnaire du compte de l'entreprise au
sein de la banque, a effectué sur les sites de l'entreprise. Ces visites sont l'occasion pour le banquier de
S'assurer de la conformité entre la réalité et ce qui est écrit sur le papier notamment concernant les
états financiers. Ainsi donc, par ces visites le banquier peut vérifier état de vétusté éventuel des outils
de production qui par ailleurs peut étre saisi par le ratio :
Total Dotations aux amortissements et provisions/ Total actif d'exploitation
Ces rapports de visite ont un poids important dans I'évaluation de la santé financiére et sa capacité
rembourser les crédits qui lui seront octroyés.
VI. Le sous-dossier correspondance
Ce sous-dossier comprend tous les couriers échangés entre l'entreprise et la banque.
Page 21 sur 45VIL. Le sous-dossier divers
Il comprend les coupures de presse et tous les écrits provenant de diverses sources sur 'entreprise,
Qu'il s’agisse de rumeurs ou de faits fondés. En effet, importance d’un tel dossier se justifie par le fait
que le banquier peut anticiper sur les événements en restant constamment a I'écoute des faits
concernant son client.
Le cas suivant (fictif) pourrait illustrer la pertinence de ce dossier :
Le mardi 20 mars 2004, le responsable du compte de l'entreprise lit dans la presse que la Banque
Centrale Européenne décide de baisser de 1 point son taux directeur en dessous du taux directeur de la
Fed (Banque Centrale des Etats-Unis). Cette diminution entrainera probablement ceteris paribus
appréciation du dollar par rapport a l'euro. $i l'entreprise est importatrice en dollars, elle pourrait
donc voir ses coats d'importation augmenter par exemple. En revanche, si elle est exportatrice en
dollars, cela s‘en ressentirait avec un accroissement du chiffre d'affaire a 'export du fait de leffet prix.
Le banquier peut anticiper tous ces mouvements financiers sur le compte de son client en restant
constamment a I'écoute des nouvelles économiques, politiques, sociales, etc.
CONCLUSION
Le montage d'un dossier bancaire est un processus qui implique les éléments suivants :
~ le diagnostic économique et financier
- la connaissance des lignes de crédit et leur utilité
- la constitution du dossier de crédit
Crest le dernier point qui a fait l'objet de notre attention au cours de ce chapitre. Etant entendu que les
autres points sont traités a divers degrés dans les autres parties du cours.
Page 22 sur 45CHAPITRE Ill : L'EVALUATION DES ENTREPRISES:
Objectifs du chapitre :
Définir la notion d’évaluation d'une entreprise
Connaitre les buts recherchés dans I'évaluation d'une entreprise
Connaitre les principes de calcul de la valeur d'une entreprise
Connaitre les différentes méthodes d’évaluation d'une entreprise
aye
Toute évaluation d'entreprise sérieuse doit étre précédée d'un bon diagnostic économique et financier.
Evaluer c'est apprécier la valeur. En 1776, Adam Smith exposait que la valeur des biens et services
existe pas en soi. Elle ne se connait qu’a travers l'échange. On peut définir la valeur d'une socié
comme le prix d'équilibre auquel le vendeur accepte de vendre et l'acheteur accepte d'acheter. Cette
définition est de VIZZAVONA.
La nécessité d'une évaluation se rencontre & l'occasion d'opérations suivantes :
~ Acquisition ou vente globale d'une entreprise
= Introduction de titres en bourse
- Réévaluation de bilans
= Fusion de sociétés ou apports partiels d'actifs
= Augmentation de capital pour fixer le prix d’émission
= La prise de contrdle d'une société et enfin
- La privatisation
Pour le banquier d'autres motifs peuvent motiver l’évaluation de l'entreprise :
- le banquier doit intervenir directement ou indirectement dans des financements lourds de
haut de bilan: d’ott la nécessité d'analyser la valeur de l'entreprise afin de se garantir au
mieux par avance l’éventuelle possibilité du dégagement ultérieur.
= L’entreprise sollicite l'aide de son banquier pour la mise en place d'une émission obligataire
ou d'une augmentation de capital : d'od la nécessité d'une évaluation financiére en vue de
deéfinir les modalités et conditions de ces opérations,
- Lentreprise doit résoudre des problémes de succession de l"équipe dirigeante : d’oi la
nécessité de d’évaluation de l'entreprise avant la cession ou la donation
- Lrentreprise est convoitée par une autre, amicalement ou inamicalement : d’oil la nécessité
d'évaluation du prix de négociation de 'Offre Publique d’Echange (OPE) ou d’Achat
(OPA)
Dans une premiére section, nous évoquerons les principes de calcul de la valeur de l'entreprise. Puis
dans une seconde section, nous analyserons les différentes méthodes d’évaluation.
Section 1. Les principes de calcul
Aucune des méthodes d’évaluation ne permet d’intégrer la totalité des aspects comptables,
prévisionnels et subjectifs. La solution la plus fiable reste le dosage des différentes méthodes
habituellement pratiquées, permettant une vérification et la correction d’éventuelles incohérences.
Dans tous les cas de figure, cependant, divers principes sont a respecter :
= la valeur d’une entreprise est par nature, celle qui s‘attache son avenir, cela signifie que le
passé n’a qu'une valeur indicative et qu'il est nécessaire d'analyser scrupuleusement les
projections et prévisions ;
~ ces projections et prévisions doivent étre analysées en francs constants (donc actualisés)
afin de permettre des comparaisons financigrement valables ;
Page 23 sur 45= analyse comptable des exercices clos doit étre corrigée pour effacer les incidences
exceptionnelles ou comptables
Section 2. Les méthodes d’évaluation d'une entreprise
En fonction du contexte, diverses méthodes peuvent étre utilisées. Ce sont :
= les méthodes utilisées pour évaluer les entreprises cotées
+ les méthodes utilisées dans les transactions privées ou de majorité
= les méthodes utilisées pour évaluer les entreprises en difficulté
I. Les méthodes boursiéres
La volonté d'évaluer l'entreprise se heurte inévitablement & un probléme de choix : quelle approche
retenir entre le confort intellectuel d'un «beau » concept théorique difficilement applicable, et la
nécessité d'une réponse concréte aux contraintes quotidiennes de I'évaluation dans un marché
boursier ?
Pour répondre a cette question 4 méthodes ont été successivement proposées les unes venant corriger
les défauts des autres.
A. La formule fondamentale d’Irving FISHER
La justification économique de Tinvestisserment la plus communément partagée repose sur
appréciation de la rentabilité. Concrétement, cette appréciation de la rentabilité se détermine par une
comparaison entre la somme du profit escompté et celle de la dépense initiale.
Dans le cadre d'un investissement en bourse, on peut exprimer cette affirmation avec :
Vo = le prix payé pour l'année o
D, = le dividende recevoir l'année i, avec i varie de 1 an
Vn = le prix de revente de l'action a l'année n
le taux d’actualisation
Les termes étant posés, on peut construire la relation suivante :
Vo = Di/T4t + Def (141)? + Daf (141)? +... + Dy (141) + Val (TH) °
Cette équation fondamentale forte sur un plan conceptuel, reste malheureusement d'une pratique
délicate, particuligrement si année _n s‘éloigne de l'année o.
Ainsi, la contribution de cette approche reste limitée, sitot que la période considérée dépasse I'horizon
de prévision des analystes.
Dott le recours aux modéles simplifiés
B. Les modéles simplifiés
II s'agit de trois formules :
- la formule de Gordon-Shapi
- la formule de Bates
- la formule du Price Earning ratio
Page 24 sur 45,BI. La formule de Gordon-Shapiro.
Deux hypothases simplificatrices caractérisent cette formule :
HI : la croissance des dividendes est constante, a un taux g : soit implicitement un Pay/Out ratio (P/O)
stable sur toute la période, avec P/O = DI/BNo
H2 : la période considérée (n) tend vers l'infini.
Dans ces conditions la formule fondamentale peut s‘écrire :
Vo = DI [I/l+t + (1+g)/ (l+t)? + (+g) 2/ (14t) 3+... (+g) /(1+t)"] + V/(1+t)”
Avec quand n tend vers linfini :
1. Vn/ (1+t) tend vers 0
2. [I/Ltt + (1+g)/ (141)? + (14g) 7/ (141)? +... (+g)"/(14t)"] tend vers 1/(t-g)
Soit Vo = DI (tg)
Les hypotheses simplificatrices de Gordon-Shapiro peuvent apparaitre raisonnablement acceptables.
Bien sir, des voix s'éléveront pour souligner qu'une perspective infinie de croissance du dividende
un taux déterminé reste contestable.
Par contre la faiblesse de la formule simplifiée Vo = DI/ (t-g) reste d'ordre arithmétique. En effet,
comment calculer le dénominateur donc la valeur de lentreprise dans les cas oll g> t, et ot et g sont
voisins ? Violente question !
Cette lacune a conduit a élaborer une autre formule
B2. La formule de Bates
La formule de Bates prolonge I'approche développée de Gordon-Shapiro. Elle reprend la méme
hypothése d'une croissance constante du dividende, a un taux g, et donc d'une méme stabilité du P/O.
Par contre, la période n devient une donnée définie par un nombre d’années préalablement
déterming,
Voriginalité et la contribution de ce modéle sont d'avoir su rendre immédiatement accessible, par les
«tables de BATES» la résolution immédiate de |’équation fondamentale ainsi simplifiée. Cette
résolution s'exprime par une équation simple :
PE, = PE,A~(d) B oil: PE, est le PE (Price Earning) escompté pour l'année n
PE, est le PE de l'année 0,
PE, = Cours action/Bénéfice Net par action
(d) = (P/O)/0,1
A et B des variables déterminées par les tables de Bates, en
fonction de la valeur respective du taux de croissance du dividende (g) du taux d'actualisation et de la
période considérée (n).
La notation P/O signifie Pay Out. Le Pay Out ratio se calcule comme suit :
P/O = Dividende/Bénéfice net par action
Le Pay Out est donc la part du bénéfice net qui est distribué sous forme de dividende, Avec la formule
de Bates, on fait 'hypothase que le P/O est constant.
Page 25 sur 45,De par sa fréquence d'emploi et son fondement théorique, le modéle de Bates s'est actuellement
imposée comme une méthode usuelle d’évaluation dans le
marché boursier.
B3. Le Price Earning
Lexpression la plus sommaire de la simplification de la formule fondamentale est le Price Earning ratio
(PE) :
Le PE s‘exprime par le rapport soit entre le cours et le bénéficie par action, soit entre la capitalisation
boursigre (valeur de l'entreprise a l'année 0=Vs) et le Bénéfice Net (BN) :
PE = Vo/BN
Trois hypothéses simplificatrices sont nécessaires pour calculer le PE & partir de la formule
fondamentale :
HI: pour le PE, il s‘agit du BN et non du dividende,
I2 : les résultats sont supposés constants : BNI=BN2:
est supposé tendre vers l'infini
. BN
H:
Il, Les méthodes utilisées dans les transactions privées ou de majorité
La plupart de ces méthodes s‘appuient sur le calcul de I’Actif net comptable. C'est approche plutot
patrimoniale de I'évaluation d'une société.
Actif net comptable = Total actif net du bilan - Total endettement
Dans toute évaluation, l'actif net comptable constitue la valeur plancher & partir de laquelle l'on
commence & déterminer la valeur de la société,
Actif net comptable réévalué = Actif net comptable corrigée des incidences
(Actif net comptable corrigé) _d’inflation et des éventuels impéts différés
Lactif net comptable corrigé ou valeur intrinseque est le montant qu'il serait nécessaire d'investir pour
reconstituer, en l'état, la patrimoine de lentreprise a la date de l'estimation
Valeur Substantielle de 'entreprise = Actif net comptable corrigé — Eléments d'actif
(vse) hors exploitation + actif acquis par crédit-bail
La VSB prend en compte exclusivement les éléments de l'actif du bilan effectivement nécessaires &
exploitation de lentreprise.
Quatre méthodes sont utilisées dans ce cadre.
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