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Cours Finance

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COURS FINANCES Par Lucien R. CAMARA Consultant en banque et finance, Ex-cadre de banque a la SGBCI et la Standard Chartered Bank Ancien stagiaire de la Banque de France, Tél.: (225) 05 72 36 00 PLAN GENERAL DU COURS CHAPITRE 0 : INTRODUCTION GENERALE A L'INGENIERIE FINANCIERE CHAPITRE | : LE DIAGNOSTIC ECONOMIQUE CHAPITRE Il : LE MONTAGE D’UN DOSSIER BANCAIRE CHAPITRE Ill: EVALUATION D'ENTREPRISE CHAPITRE IV : PREPARATION DE DOSSIERS DE FUSION ACQUISITION CHAPITRE V : LES PRODUITS D'INGENIERIE : OPA, OPE, LBO CHAPITRE VI : CHOIX DES INVESTISSEMENTS ~ LA SOCIETE EPHREM : MODALITES DE NOTATION Bibliographie L. Titrisation Gestion financiére de la banque, Michéle CERESOLI et Michel GUILLARD, édition ESKA, Paris 1992 Prix = 24,000 FCFA 2. Financ 28.300 ECFA reprise : les régles du jeu, Norbert GUEDJ, Edition d’organisation 2001, Paris Coat : 3. L’analyse financiére de l"entreprise, Bernard COLASSE, Edition la découverte, collection Répéres, Paris 2003 Prix = 6300 FCFA 4. Finance : Finance d'entreprise, Finance de marché Diagnostic financier, Roland GILLET, Jean-Pierre JOBARD, Patrick NAVATTE, Philippe RAIMBOURG, Edition DALLOZ 2003, Paris. ——_coiit : 35.400 FCFA 5. La bourse des valeurs, comment s'initier ? Emmanuel ZAMBLE-BI B., Edition NEI, Abidjan 2000 Prix = 3800 FCFA 6. SYSCOA, Guide d’application, édition FOUCHER Prix = 5775 FCFA Poge 2 sur 45 CHAPITRE 0 : INTRODUCTION GENERALE A L'INGENIERIE FINANCIERE Objectifs du chapitre 1. Définir la notion d'ingénierie financiére 2. Indiquer les différents métiers de 'ingénierie financi@re 3. Indiquer le plan général du cours Grosso modo, l'on peut subdiviser la finance en deux branches : = lafinance de marché ~ la finance d'entreprise La finance de marché comprend toutes les techniques permettant d'opérer avec efficacité sur les différents marchés, On distingue trois sortes de marchés : i) les marchés boursiers : Cest le lieu oti s'échangent les obligations, actions et autres produits financiers liés au capital des entreprises ex : droits de souscription, droit attribution, les options sur actions, ete. ii) les marchés monétaires : ce sont essentiellement les marchés des Titres de Créances Négociables (TCN) ex: les certificats de dépdt, les bons du trésor, les billets de trésorerie, les titres nés de la titrisation des dettes publiques (titres PASF!) les marchés des changes et des produits dérivés: marché des options, swaps de devises, futures, etc A Vopposé, la finance d'entreprise fait appel aux notions de gestion financiére, de trésorerie, etc, Llingénietie financiére est une discipline de la finance d'entreprise qui nécessite une grande maitrise des opérations du haut de bilan, L'ingénieur financier assure le montage et la commercialisation d'opérations non standards (titrisation, capital risque, obligations indexées, etc.) au profit d'une clientéle d'entreprises ou investisseurs. Les métiers de lingénierie financiére sont vastes et peuvent étre regroupés en quatre grandes familles : 1. Le-capital risque et développement S‘adressant principalement aux entreprises non cotées, les enjeux de ce mi ~ le financement de la création d'entreprises - la participation aux ouvertures de capital = [a facilitation des transmissions d'entreprises multiples sont : Ce métier exige de grandes capacités relationnelles et de négociation ainsi qu'une grande rigueur financiére. En général il est mené au sein de structures affiliées & des groupes bancaires ou dans le cadre de structures indépendantes. 2. Les financements de projets et d'actifs financir Faisant appel a des techniques de modélisation financidre. juridiques et fiscales pointues. ces métiers permettent de travailler dans un cadre pleinement international. Par des montages complexes. il s'agit de proposer des financements permettant des réalisations d'infrastructures routigres, miniéres, immobiligres, hydrauliques ou pétroliéres. Les acteurs sur ces métiers sont peu nombreux, principalement des banques a dimension internationale qui ont développé des compétences sectorielles précises. Par exemple, la Société Financlére Internationale (Groupe de la Banque Mondiale) travaille essentiellement dans le financement de projets, la Banque Africaine de Développement a également une forte activité dans le financement de projets de grande envergure. Page 3 sur 45 3. Les opérations sur les marchés Interface directe entre les marchés financiers et les entreprises désireuses d'accroitre leurs ressources de financement, les équipes d'ingénierie des grandes banques d'affaires vont préparer et procéder aux introductions en bourse. Dans la zone UEMOA, ce type de métier peut s‘exercer dans les Sociétés de Gestion et d'Intermédiation (SGI), en général filiales des banques commerciales comme le montre le tableau ci-aprés. Banque commerciale SGI filiale Société Générale de Banques en Céte divoire | SOGEBOURSE Banque Internationale pour le Commerce et | BICI BOURSE Mindustrie de la Céte d'Ivoire (BICICI) Banque Internationale pour l'Afrique de | BIAO FINANCE ET ASSOCIES NQuest (BIAO) ECOBANK ECOBANK INVESTMENT CORPORATION, BOURSE BACT ATLANTIQUE BOURSE CITIBANK CITICORP SECURITY WEST AFRICA. BOA ‘ACTI BOURSE SIB ‘AFRICAINE DE BOURSE Liste des SGI filiales des banques commerciales (Voir site internet de la BRVM : www.brvm.org) 4. Les fusions ions (M&A, Mergers and acquisitions En banque d'affaires. en cabinet de conseil, les fusions acquisitions sont des opérations trés présentes dans actualité des entreprises en permettant les recentrages ou les diversifications. Dans un environnement concurrentiel fort, les M&A font appel & analyse stratégique, a des négociations importantes et 8 des montages financiers. juridiques et fiscaux innovants. ‘Au demeurant, l'on peut dire que tout responsable financier est un jour ou l'autre confronté @ une opération cingénierie financigre, quill s'agisse de financement de haut du bilan, d'une opération sur le capital, de acquisition d'une entreprise ou d'une cession. Les montages financiers, fiscaux et juridiques sont nombreux, complexes et évolutifs. C'est pourquoi les compétences en ingénierie financiére sont recherchées et appréciées au sein des entreprises, des groupes et des organismes financiers. Plan général du cours Ce cours se veut résolument pratique en privilégiant ‘application concréte des concepts étudiés & la simple théorie. II se subdivise en cing chapitres. Le chapitre 1 traitant du diagnostic économique. pose les bases de l'ensemble du cours. En effet, toute ingénierie financiére commence par une excellente compréhension des fondamentaux économiques de l'entreprise. Aprés avoir maitrisé les outils de diagnostic de l'entreprise, I'étudiant pourra aborder avec beaucoup plus assurance le montage d'un dossier bancaire, objet du chapitre 2. Dans le chapitre 3, sera évoquée l’évaluation d'entreprise. En effet, toute cession, fusion ou acquisition d'une entreprise ne saurait s‘opérer sans une évaluation correcte de la valeur de celle-ci. Ce dernier chapitre constitue tun passage obligé avant de se plonger dans le montage des dossiers de fusion acquisition (M & A, Mergers and Acquisitions) que nous étudierons dans le chapitre 4. Enfin dans le chapitre 5, seront traités les produits d'ingénierie financigre notamment : les Offres Publiques d’Achat (OPA). les Offres Publiques d’Echanges (OPE) et les LBO. Page 4 sur 45 CHAPITRE 1. LE DIAGNOSTIC ECONOMIQUE DE L'ENTREPRISE Objectifs du chapitre 1. Connaitre les outils de diagnostic stratégique de I'entre 2. Connaitre les outils de diagnostic financier de l'entreprise Le diagnostic économique de 'entreprise integre des éléments & la fois financiers et non financiers d’une part et des données internes et externes a I'entreprise d'autre part. L’on peut distinguer trois phases dans le processus de diagnostic d'une entreprise 1. Diagnostic stratégique 2. Diagnostic financier Section 1. Le diagnostic stratégique Une erreur communément rencontrée chez les financiers lorsqu'ils analysent une entreprise est de toute de suite Gtudier les documents financiers de la firme. En effet, les chiffres figurant dans les états financiers ne sont que le reflet d'une stratégie définie en amont. Ainsi, bien comprendre la stratégie d'une société induit immanquablement une meilleure lecture de ses bilan, compte de résultat, TAFIRE (Tableau de Financement des Ressources et Emplois) et Etat annexé. Par conséquent, nous démarrons le diagnostic économique par un diagnostic stratégique. Les différentes étapes de la démarche stratégique s'analysent comme suit ‘Analyse de Penvironnement “Analyse de entreprise ¥ révision stratégique + ‘OpportunitéyMenaces Forces at felblesses/Compétences et Resources Comparaison M$ _ oie straneiques ¥ Feartstratégique = obi stratigique | <=—— re q ¥ Planning opératioonel | q——______| + Budget + ¥ Conble Selva dela démarche stratégique Nous étudierons dans un premier paragraphe les 4 poles de décision au sein d'une entreprise puis dans un second chapitre nous envisagerons quelques outils servant a l'analyse stratégique. lL Les 4 péles de décision au sein d'une entreprise Au sein d'une entreprise, il existe 4 poles de décision : le niveau stratégique iii) Te niveau tactique iv) le niveau opérationnel Page 5 sur 45 A. Leni lit rizon temporel > Il est formé des représentants des actionnaires (consell d’administration ou de surveillance, dont le PDG et le DG). Is prennent principalement les décsions concemant Videntité de Ventreprise ~ _lavision & terme de I'entreprise = la définition du projet d'entreprise : ambitions économiques et sociales, valeurs de référence ~ les métiers de lentreprise = la certitude des flux de capitaux ‘est & ce niveau que se décide ce que l'on appelle la « corporate strategy » ou stratégle de groupe. Le niveau stratégique (Ian < horizon temporel < 3 ans) Composé des membres de la Direction Générale (PDG, DG et responsable des grandes fonctions). Ils ont notamment pour mission de transmettre les choix majeurs décidés par le niveau politique. A partir de ces choix, le niveau stratégique, avec l'aide des opérationnels, a pour mission de définir - le portefeuille d'activité de l'entreprise ~ la segmentation stratégique - la mise au point du projet d'entreprise - allocation des ressources 8 accorder & chaque grande unité de lentreprise (allocation de fonds propres) Ces choix doivent tenir compte de I"environnement concurrentiel (stratégie concurrentielle). C. Le niveau tactique (3 mois < horizon temporel Lranalyse stratégique par le taux de croissance fait appel a trois types de matrices généralement ul = Boston Consulting Group (BCG) - AD little = Me Kinsey (On n’évoquera ici que la matrice BCG. C'est notamment le plus ancien outil d'analyse de portefeuille d'activités de entreprise utilisé. I! a été mis au point dans les années 60, a une époque oii la croissance était forte et ot + rentabilité » et » part de marché » étaient trés souvent liées. Cette matrice peut se présenter comme suit : Informations internes Informations externes iste desDAS | CA ou volume | Marge Taux de |CA ou volume | Marge des réalisé par croissance DAS | du principal | meilleurs entreprise en totalité concurrent Elle peut encore étre représentée sous la forme suivante : Potentiel de Croissance de Flevé | eTONE DILEMME Cycle du succes Fentreprse |g | ace File | vacheatatr | porosmory | Cycle de Véchee Elevé Faible Part de marché relative actuelle de lentreprise (Par rapport au plus gros concurrent) Page 8 sur 45, Un DAS est qualifié d’ « étoile » lorsque rentreprise y réalise une part de marché importante dans un marché & fort potentiel de croissance. Le DAS dilemme s'appréhende dans un marché & forte croissance ou la part de marché de la société est faible. Tandis que le DAS « vache 8 lait » est celui qui procure a l'entreprise une part de marché faible dans un marché & fort potentiel de croissance. Le DAS « poids mort » est celui qui procure une part de marché faible & l'entreprise dans un marché & faible potentiel de croissance. Le cycle du succés décrit une trajectoire décrit par un DAS qui passe successiverent de l'état vache & lait 8 l'état de dilemme via celui d'étoile. En revanche, le cycle du succs décrit la trajectoire suivie par un DAS qui passe successivement de l'état de dilemme a celui de poids mort. En face de chaque état de DAS, est recommandée une stratégie spécifique. > Stratégie & adopter lorsque le DAS est & l'état vache & lait: Ici, il y a 2 erreurs & éviter : = Trop investir dans ce DAS ~ Ne pas assez investir (laisser maigrir la vache) La stratégie type & adopter est dentretenir le flux po: f. > Stratégie & adopter lorsque le DAS est & l'état poids mort : Une erreur a éviter est de vouloir gagner des parts de marché par stratégie de challenge visant 8 dépasser le leader. La stratégie-type est de se désengager ou alors de modifier le produit en vue de se construire une spé od l'on sera leader. ‘Stratégie & adopter en cas de DAS dilemme : Une erreur & éviter est d'investir fortement dans le développement de cette activité sans chance d’étre leader. ly a trois stratégies- type a adopter : = la stratégie du challenger cherchant & prendre la place du leader rythme d'investissements (industriels et acquisitions), de trés bons atouts qu d'aller vite ~ _ Tautre stratégie est de se désengager habilement en cédant au prix fort a un concurrent menant une stratégie de leader. Cette stratégie est 8 adopter si l'entreprise n'a pas assez d'atouts qualificatifs ou as assez de moyens financiers = la troisiéme stratégie est celle de la spé ion : il faut se découvrir une niche & sa mesure et devenir le leader sur cette niche ainsi découverte : avec pour corollaire un trés fort catifs. I! convient ici > Stratégie & adopter en cas de DAS étoile : Une erreur a éviter est de ne pas reconnaitre Iétoile. Ce qui conduit malencontreusement & lui rationner les investissements (la traire comme une vache au lieu de la faire briller) La stratégie — type consiste & nourtir expansion. 4, La méthode d'analyse concurrentielle de Michael Porter Michael PORTER distingue 5 forces illustrées par le schéma suivant : Menaces des nouveaux concurrents I Pouvoir de négociation Rivalités entre les firmes Pouvoir de négociation Des fournisseurs existantes [—_—_ des clients ; ‘Menaces des produits ou services de substitution Page 9 sur 45 Section 2. Le Diagnostic financier Lobjectif de l'entreprise est de réaliser des profits permettant de = ~ rémunérer les apports de ses associés = _assurer l'emploi et la rémunération des salariés + financer son développement Le diagnostic de la situation financiére s‘appuie sur un outil : analyse financiére qui se définit comme une analyse des documents comptables publiés par l'entreprise. Une analyse globale devra intégrer des éléments non financiers internes (produits, management. outil de production, etc.). Une bonne analyse financiére implique au préalable une bonne connaissance des principes comptables servant & produire les comptes sociaux. Les principes comptables seront étudiés dans le paragraphe 1. Puis aprés, il convient de faire la revue de tous les postes des documents comptables notamment ceux du bilan. Enfin. il conviendra d'exposer la démarche de l'analyse financiére proprement dite. 1. Les principes comptables du SYSCOHADA ‘Au nombre de huit (8) ces principes peuvent étre utilement complétés par certaines conventions internationalement reconnues. 1. Principe de prudence (articles 3 et 6) Selon ce principe, il convient d'apprécier raisonnablement les événements et les opérations a enregistrer afin déviter de transférer sur l'avenir des risques actuels 2. Principe de transparence (articles 6, 8,9. 10, 11) Sa mise en ceuvre permet a 'entreprise de donner une présentation claire et loyale de l'information 3. Principe de l'information significative (article 33) En vertu de ce principe, tout élément susceptible d'influencer le jugement que les destinataires des états financiers peuvent porter sur le patrimoine, la situation financiére et le résultat de l'entreprise doit leur étre communiqué 4. Principe de I'intangibilité du bilan (article 34) Le bilan d'ouverture doit correspondre au bilan de cléture. Ne peuvent étre imputés sur les capitaux propres d’ouverture les incidences des changements de méthodes ainsi que les produits et les charges sur exercices antérieurs 5. Le coat historique (articles 35 et 36) L'évaluation des éléments inscrits en comptabilité est fondée sur la convention du coat historique qui permet enregistrer les biens, & leur date d'entrée dans le patrimoine, & leur cout d'acquisition exprimé en unités monétaires courantes. Par dérogation 8 cette convention et en vertu du concept de maintien du capital financier de lentreprise, les conditions de réévaluation légale ou libre sont précisées (articles 62 8 65) 6, La continuité de l'exploitation (article 39) Lentreprise est présumée poursuivre ses activités sur un horizon temporel prévisible. Lorsque la continuité de exploitation de l'entreprise n'est plus assurée, les méthodes d’évalu: méme en cas de non-continuité d'utilisation d'un bien. 7. La permanence des méthodes (article 40) Les méthodes d’évaluation et de présentation des comptes de l'entreprise ne doivent pas changer d'un exercice 2 un autre. Cette constance dans I'application des méthodes permet d’assurer la comparabilité de l'information dans le temps et dans l'espace (OHADA). Ce principe admet toutefois, des changements motivés par la recherche d'une meilleure image du patrimoine, de la situation financiére et du résultat de l'entreprise. Les circonstances de telles modifications sont limitativement prévues. Page 10 sur 45, 8. La spécialisation des exercices (article 59) Test rattaché chaque exercice les produits et les charges qui le concernent et uniquement ceux-la. A ces principes énoncés par le SYSCOHADA. on peut adjoindre les conventions suivantes : ') La prééminence de la réalité économique sur 'apparence juridique : C'est une convention énoncée par I'IASC et le droit comptable anglo-saxon. Le SYSCOA reconnait cette convention et l'utilise notamment dans la comptabilisation des opérations de crédit-bail ii) Lentité ; cette convention oblige a distinguer le patrimoine de lentreprise de celui de ses propriétaires. L'application de cette convention qui est simple dans les comptes sociaux, pose le probleme de la consolidation dans les comptes des groupes. A l'autre extrémité de l'éventail, dans les entreprises individuelles ou les sociétés familiales, la distinction entre patrimoine professionnel et patrimoine personnel n'est pas simple non plus. iii) La non compensation : il ne doit pas y avoir de compensation entre les produits et les charges d'une entreprise. Chaque élément doit éire compiabilisé de fagon individualisée. Dans la pratique, cette convention souffre parfois d’exceptions non autorisées. Ainsi, lorsqu'une entreprise a dans une méme banque deux comptes dont 'un est créditeur et l'autre débiteur, il est probable qu'elle fera la compensation. Ceci ne parait d'ailleurs pas anormal sila part d'information qui en résulte n’altére pas significatif). iv) Lexhaustivité: lexhaustivité des enregistrements garantit convention peut contredire le principe de l'information significative qui lui, autorise & ne pas comptal nest pas significatif. En fait, la régle est l'exhaustivité, sauf si le cout et la complexité du tr comptable d'une information excédent l'avantage que peut en obtenir un utilisateur, compte tenu de son caractére peu significatif. Page 1 sur 45 ll. Compréhension de la nature des comptes du bilan, compte de résultat, TAFIRE et utilité de I'Etat annexé A. Les postes du bilan Le SYSCOHADA présente le bilan comptable de la fagon suivante : ACT Exercce N Tat_| AmorvProv —[ Net ACTIF IMMOBIUSE (}) + Charges mmobilsées Frais d établissement (page 165 & 364) et chorges 8 repertir. (p.150 & 360) Primes de romboursement des obligations (p.184 et 360) ‘+ _immobitsations incorporeles Frais de recherche et de développement (p. 166 & 363-364) ‘revets, cence, logiciels (p. 147 & 363-364) Fonds commercial (page 165 & 363-364) Autres immobilsetions neorporelles(Drolt au ball. Autres droits et valeurs Incorpores) + _mmobitsations corporelis Terrains (p. 198 & 366) DBatiments(p. 145 & 368) Installations et agencement (p. 139, 170 & 368) Matériel (9.175 & 371) Matériel de transport (p. 175 6 371) ‘+ Avances et acomptes versts sur immobiliations {p.143 374) + _lmmobisations finances Tits de participation (p. 198 & 376) Autres immobiliaionsfinanciées(p. 378) (2) dont HAL Brut Net [ACTIF CIRCULANT + Adifereulant HAO + Stocks Marehanelies(p.173, 390) ‘Matierespremiéres et autres approvsionnements {p. 392 395) En-cour [p, 396.399) Prods fabriqués(p. 400) + Créances et emploisasimiés Fournsietrs, avances verdes (p. 410) Clients (p. 413) Autres edances(p. 427-431) ‘TRESORERIE-ACTIF Titces de placement (p. 198, 438-439) Voleurs a encaiser (p. 440) nques, chaque portaur, case (p. 14, 442.445) Ecart de conversion actif (p. 160, 429) ses fs de: a Page 12 sur 45 PASSIF Exercice N) CAPITAUX PROPRES ET _ RESSOURCES ASSIMILEES + Capital (p. 148, 326-333) Actionnaires capital non appelé (p. 337) + Primes et réserves Primes d'apport, d'émission, de fusion (p.184, 334-335) Ecarts de réévaluation (p. 162, 336) Réserves indisponibles (p.193, 338-339) Réserves libres (p. 193) Report & nouveau (p. 192 & 340-341) Résultat net de 'exercice (bénéfice + ou perte -) (p. 194 & 194) * Autres capitaux propres Subventions d'investissement (p. 196 & 344) Provisions réglementées et fonds assimilés ig 188, 346-348) DETTES FINANCIERES ET RESSOURCES ASSIMILEES (1) Emprunts (p. 160,349-351) Deites de crédit-bail et contrats assimilés (p. 158, 352) Deites financiéres diverses (p. 354-355) Provisions financiéres pour risques et charges (187, 357-358) Dont H.A.O Report Total Ressources stables PASSIF CIRCULANT Dettes circulantes et ressources assimilées HAO. Clients, avances recues (p. 143 & 429) Fourisseurs d’exploitation (p. 410-412) Dettes fiscales (p. 422-424) Dettes sociales (p. 420-421) Autres dettes (p.417-419) Risques provisionnés (p. 434-436) ‘TRESORERIE -PASSIF Banques, crédits d'escomptes (p. 164. 447-449) Banques, crédits de trésorerie (p. 164 447-449) Banques. découverts (p. 164, 447-449) Ecart de conversion ~ passif (p. 160, 429) a in de erg Chaque poste correspond a une réalité économique précise que I’étudiant doit chercher @ appréhender. A cet égard, il lira avec profit dans le livre (vert) du SYSCOHADA), les pages mentionnées en vue de saisir les definitions de chaque poste de l'actif. Il en est de méme avec les postes du passif. Page 13 sur 45, Ill, La démarche de l'analyse financié rement dite Lanalyse financiére n'est pas une science normative ni au plan international ni méme aux plans national ou communautaire. Chaque analyste, qu'il soit banquier, directeur financier, professeur ou autre construit et conduit son travail & sa guise, en intégrant dans sa démarche des paramétres ou des méthodes que tel autre ne retient pas forcément. Ainsi, la démarche que nous proposons ici nous est propre. Elle a I'avantage de combiner l'approche du SYSCOHADA avec des éléments tirés des recherches de la Centrale des Bilans de la Banque de France. Elle s‘articule en 7 points. Ce sont : 1. Les quelques retraitements du SYSCOHADA 2. Le passage du bilan comptable au bilan fonctionnel (approche Centrale des bilans de la Banque de France) Lanalyse de 'exploitation Lanalyse des performances financiéres Lanalyse des équilibres financiers Lanalyse des flux de trésorerie La rédaction de la note de synthése sur la santé financiére de l'entreprise sNoyaw Lensemble de notre démarche s'appuie sur l'approche fonctionnelle (et non par liquidité) tout en privilégiant l'exploitation, source premiere de la richesse d'une entreprise. Elle prend également appui sur l'évolution dans le temps des variables. D'oui la nécessité de travailler sur des états financiers pour trois exercices au moins. Notre approche inclue également une analyse mésoéconomique de l'entreprise. > Llapproche fonctionnelle : En effet la plupart des analystes financiers privilégient cette approche aujourd'hui au détriment de l'approche liquidité. L'application de l'approche liquidité conduit par exemple a « faire monter » en valeur immobilisée la partie au déla d'un an des créances exploitation. Avec l'approche fonctionnelle les créances d'exploitation demeurent dans les créances d' exploitation méme si elles ont une durée allant au déla d'un an. > Prééminence de l'analyse par activité sur l'aspect bilantiel ou patrimonial : dans la ligne de 'évolution de l'analyse et de la gestion financiéres modernes. l'activité (donc le compte de résultat) sera privilégié par rapport au bilan. Car la valeur de l'entreprise résulte moins de son patrimoine (fat-il économique comme dans le SYSCOHADA) que de la qualité de ses performances actuelles, et surtout futures. Ainsi, dans 'analyse financigre moderne, le compte de résultat pése plus lourd que le bilan, Un exemple significatif de cette évolution: pendant longtemps, on a mesuré le niveau endettement de l'entreprise & l'aide du ratio suivant : Dettes financiéres ——___——= < 1 ou Dettes financigres/Capitaux < 1/3 Capitaux propres Dans l'analyse moderne, on recherche le niveau d’endettement (ou la capacité d’endettement) d'une entreprise dans l'activité par le ratio : Dettes financiéres < 3 ou 4 CAFG ou CAFG = Capacité d’Autofinancement Globale > Evolution des variables dans le temps: En effet, l'on tire plus d’enseignements en comparant les différentes valeurs d'un agrégat dans le temps. Ceci a l'avantage de décrire le sens de l’évolution de cet agrégat. Page 14 sur 45 > Analyse méso-économique : Une analyse financiére digne de ce nom devrait prendre en compte une comparaison dans l'espace avec les autres entreprises similaires de ' UEMOA {ou & tout le moins de l'état ot lentreprise @ son siege). Cette approche comparative permet de mesurer les performances de l’entreprise dans son secteur d' activité. Le bilan du SYSCOHADA, de par son approche économique est en état un bilan financier & quelques retraitements prés. Ainsi le nombre de retraitements important par le passé et toujours dans l'actualité dans le PCG 82 (Plan comptable frangais) disparait quasiment avec le SYCOHADA. Faisons un rappel des retraitements dans le PCG et aujourd'hui dans le SYCOHADA. A. Retraitements du bilan comptable PCG 82 vs Bilan SYSCOHADA On parle de retraitement car la matiére premigre sur laquelle travaille 'analyste financier i.e. les documents comptables notamment le bilan comptable, ne sont pas toujours conformes a la logique financiére. Pour la simple raison qu’ils sont établis dans une logique comptable. Des documents comptables du SYSCOHADA : compte de résultat, TAFIRE et état annexé, seul le bilan fait l'objet de quelques retraitements que nous évoquerons apres avoir étudié les retraitements du PCG 82. Page 15 sur 45 Incidence des retraitements sur les principaux postes du bilan Dossier de gestion PCG Retvaitemenis Immobilistions leur brute des Immobilisations * Valeur d'origine des Immobilsations acquises en crécit- ball Resources propres = Ressources Propres Non valeurs (valeur netie des charges & repartir) + Amortissements et provisions + Part d'annulté de crédit-bail payées correspondant & des amortissements Deties Financieres = Emprants + Comptes courants associés bloqueés ou non + Part Fannuités de crédit-ball | payer correspondant & des amortissements Besoins exploitation = Stocks + Créances d'explottation + Avances et acomptes fourisseurs + Efets escomptés non Gchus Detios exploration = Dettes d'exploitation + Avances fournisseurs Besoin hors exploitation = Valeurs mobilibres de placernent + Créances diverses Tes charges condtatées Tavance seront, leur nature, Intégrées & + Charges constatées davance exploitation Detios hors exploitation | = Deittes diverses (dettesfscales, Impot sur société + Dettes sur immobilsations + Produits constatés d'avance +Crédits Tescompte + Concours bancales courants + Obligations cautionnées + Affacturage + créditsassimilés “Trésorerie Adit = Disponibies Capacité d'autofinancement = Capacité d autofinancement "Part der annultes de erédi-ball ortespondant aux amortissements Tneidence des retraltements sur les principaux soldes ‘Marge commerciale ‘= Marge commerciale Valeur ajoutée produite = Valeur sjoutée + Charges de personnel extérleur + Redevances de eréait-bail Exeédent brut exploitation = Exeddent brut dexplottation + Redevances Résultat exploitation = Résultat exploitation + Part des annuitey de erédit-ball correspondant & des charges finaneléves Résultat financier = Résultat financier ~ Part des annultés de erédit-ball correspondant & des charges financieres Résultat courant avant impot = Résultat courant avant impot Tableau des retraitements effectués dans le PCG 82 (Plan Comptable frangais) Page 16 sur 45 Dans le SYSCOHADA, Ia conception trés « économique » et « financiére » réduit nombre de travaux préliminaires de retraitement des états financiers, incontournables dans les plans précédents. Sont en effet devenus sans objet : Y. Les retraitements a finalité économique et financigre II s'agit des opérations de crédit-bail, des services de personnel extérieur et effets escomptés non échus. Le SYSCOHADA les retraite directement en comptabilité. Y Les corrections d’affectation de certains postes Dans le bilan, ces corrections nombreuses dans le cadre des plans comptables antérieurs (exemple : inscription des provisions pour risques et charges si elles sont justifiées dans les dettes). se trouvent normalement réduites 4 néant en raison de la conception fonctionnelle de actif et du passif. Lexception a cette régle est relative aux écarts de conversion. Pour conserver les flux de lexercice (TAFIRE), il convient de les rattacher aux créances dettes dans lesquelles ils trouvent leur origine (créances de actif immobilisé ou plus souvent de l'actif circulant ; dettes financiéres et dettes du passif circulant). Y Les corrections de valeur II sagit principalement des plus-values sur terrain et titres immobilisés ou titres de placement. Ces corrections portent sur des éléments d'acti Elles peuvent aussi concerner les éléments du passif et tout particuligrement les provisions réglementées, les subventions d’investissement, les provisions financiéres pour risques et charges. B, Le passage du bilan comptable au bilan fonctionnel Voir schéma ci-joint. . Analyse de l'exploitation Ici, approche du SYCOHADA nous semble trés pertinente. Elle est du reste celle qui est suivie par la Centrale des Bilans @ quelques nuances prés. Elle s‘articule de la facon suivante : C.1. Analyse des moyens économiques mis en ceuvre Elle porte notamment sur l’équipement productif correspondant @ la fonction commerciale et/ou industrielle de 'entreprise. Leffectif moyen utilisé et le Besoin de financement (BFE) qui additionné 4 I'équipement productif forme le « capital économique d'exploitation ». Ce capital se définit simplement comme la somme totale des fonds bloqués dans l'exploitation. II est pertinent de calculer le BFE en jours de Chiffres d'affaires par la formule suivante, C'est une simple ragle de trois : Chiffre d'affaires (en montant) ——» — 360 jours BFE (en montant) —+ x & x = BFE/CA* 360 X étant le BFE en jours de CA Ensuite il conviendra d'apprécier I'évol in de cet indicateur. Page 17 sur 45 C.2. Activité et performances économiques Crest ici que l'analyse du compte de résultat intervient. Le SYSCOHADA a l'avantage de nous fournir directement les soldes intermédiaires de gestion. L'idée consistera a analyser |'évolution dans le temps des agrégats suivants en vue d’en apprécier la tendance, Ce sont On anal Tous ce UI agit dans I'a - le Chiffre d'affaires = Vente de marchandises + Travaux, services vendus + Produits accessoires vendus = la marge brute sur marchandises, sur matiéres = Ventes de marchandises ~ Achat de marchandises +/- Variation de stocks - la Production économique brute = Ventes + Production stockée (+ ou -) + Production immobilisée = la Valeur Ajoutée = Marge commerciale + Production vendue - consommation de l'exercice en provenance de tiers + EBE = Valeur Ajoutée ~ Charges du personnel - Résultat d'exploitation = Total produits d’exploitation ~ Total charges d’exploitation Aprés avoir apprécié 'évolution de ces agrégats dans le temps, il convient de construire des ratios pour obtenir une analyse plus fine D, Performances financiéres II s‘agit ici d’apprécier ’évolution dans le temps des indicateurs suivants : = charges financiéres (nettes des produits financiers) - Résultat net global (et préalablement résultat HAO) = Capacité dautofinancement globale (CAFG) + Dividendes distribués Ici également, l'on pourra utiliser des ratios en vue d'obtenir une analyse plus fine. E, Equilibres financiers lysera I’évolution dans le temps des indicateurs suivants : > Capitaux investis = A immobilisé + BFG > La structure du financement a travers : i) le niveau des fonds propres ii) le niveau des dettes financiéres iii) les crédits bancaires iv) la trésorerie nette v) le fonds de roulement vi) lindépendance financiére s éléments peuvent étre complétés par des ratios. F. Analyse des flux de trésorerie ici d’analyser I'évolution de l'Excédent de Trésorerie d'Exploitation (ETE), variable critique ppréciation de toute entreprise, ETE = EBE — Variation BFE ~ Production immobilisée Page 18 sur 45 Année n-1 Année n EBE A B Variation du BFE (- si] C D emplois ; + si ressources) - Production immobilisée _| E F ETE G=A/C-E H= Bt/-D-F G. La rédaction de la note de synthése Cette note résume tout simplement les résultats du diagnostic économique et financier réalisé sur la santé financiére de l'entreprise et donne les recommandations de Ianalyse en matiére d'intervention en tant que banquier par exemple. Page 19 sur 45 CHAPITRE Il : MONTAGE D’UN DOSSIER BANCAIRE Objectifs du chapitre : 1. Connaitre les objectifs du montage d'un dossier bancaire 2. Connaitre les sous-dossiers composants le dossier bancaire de I'entreprise 3._Connaitre les outils utilisés par le banquier dans le montage du dossier Leentreprise sollicite son banquier dans le cadre du montage d'un dossier bancaire lorsqu’elle a besoin de crédits ou de conseils en vue de réaliser son acti Le montage d'un dossier bancaire implique la connaissance de plusieurs éléments : i) les lignes de crédit et le besoin précis auquel chaque ligne répond i) _ les composantes d'un dossier bancaire iii) la mattrise du diagnostic stratégique et financier Les lignes de crédit font l'objet d'un manuel remis aux étudiants quiils liront avec profit. Le diagnostic stratégique et financier a été étudié au chapitre précédent. Nous focaliserons donc notre attention sur les composantes d'un dossier bancaire. On peut dénombrer sept sous dossiers constitutifs du dossier bancaire : 1. Le sous-dossier Juridique 2. Le sous-dossier Financier 3. Le sous-dossier Garanties 4. Le sous-dossier Autorisations de crédit 5. Le sous-dossier Rapports de visite clientéle 6. Le sous-dossier Correspondances 7. Le sous-dossier Divers Lapproche suivante est, bien entendu, du point de vue du banquier. II semble pertinent d'adopter une telle démarche car in fine, c'est le banquier qui octroie le crédit a l'entreprise sur la base de sa facon de travailler & lui. L'entreprise trouvera donc un intérét certain & se mettre dans la peau du banquier en vue de saisir l'organisation de son dossier de crédit. 1. Le sous-dossier juridique I comporte tous les documents juridiques du client. Ce sont = = les statuts de la société = le Procés verbal des Assemblée Générale Ordinaire ou Extraordinaire désignant les administrateurs et les pouvoirs = le registre de commerce (ou plus précisément I'Inscription au Registre de Commerce et du Crédit Mobilier) - [annonce légale publiant la création de la société (en général publiée dans les pages d’annonces du quotidien Fraternité Matin) = la photocopie des pices d'identité des signataires du compte de la société dans les livres de la banque = le curriculum vitae des dirigeants de 'entreprise Page 20 sur 45 Il, Le sous-dossier financier Ce sous dossier comporte tous les éléments relatifs a la situation financiére de l'entreprise. Ce sont : ~ les états financiers certifiés par un Commissaire aux Comptes inscrit a l'ordre des Expert comptables (Bilan, compte de résultat, TAFIRE et état annexé) sur les 3 derniers exercices ~ le rapport d'activité sur les 3 derniers exercices - le plan de trésorerie prévisionnel - le compte de résultat prévisionnel - le rapport du commissaire aux comptes Ill. Le sous-dossier Garanties Ce sous-dossier comporte tous les actes de garantie fournis par le client en guise de collatéral des préts consentis par la banque. Ce sont : = les actes portant sur les sdretés réelles : hypothéque, nantissement, ete ~ les actes portant sur les stiretés personnelles : acte de cautionnement solidaire, lettre de confort de la maison mére de l'entreprise = les conventions signées avec la banque et portant sur le respect par l'entreprise bénéficiaire d'un certain nombre de ratios financiers. Par exemple: lentreprise peut s‘engager & respecter un ratio d'endettement sur fonds propres de 60% minimum durant la vie du crédit I convient de souligner a cet égard que les originaux de tous ces actes sont soigneusement gardés dans un coffre-fort. Seules les copies figureront au dossier du client. IV, Le sous-dossier Autorisations de crédit Ce sous-dossier comporte les différentes fiches d'autorisation de crédit que la banque a octroyées a la société. Chaque fiche porte la signature des personnes dament habilitées par la banque. II ne semble pas superflu que lentreprise demande a recevoir une copie de cette fiche si cela est possible. Car en régle générale, elle ne lui est pas transmise par la banque. V. Le sous-dossier rapports de visites clientéle Ce sous-dossier comprend tous les rapports de visite que le gestionnaire du compte de l'entreprise au sein de la banque, a effectué sur les sites de l'entreprise. Ces visites sont l'occasion pour le banquier de S'assurer de la conformité entre la réalité et ce qui est écrit sur le papier notamment concernant les états financiers. Ainsi donc, par ces visites le banquier peut vérifier état de vétusté éventuel des outils de production qui par ailleurs peut étre saisi par le ratio : Total Dotations aux amortissements et provisions/ Total actif d'exploitation Ces rapports de visite ont un poids important dans I'évaluation de la santé financiére et sa capacité rembourser les crédits qui lui seront octroyés. VI. Le sous-dossier correspondance Ce sous-dossier comprend tous les couriers échangés entre l'entreprise et la banque. Page 21 sur 45 VIL. Le sous-dossier divers Il comprend les coupures de presse et tous les écrits provenant de diverses sources sur 'entreprise, Qu'il s’agisse de rumeurs ou de faits fondés. En effet, importance d’un tel dossier se justifie par le fait que le banquier peut anticiper sur les événements en restant constamment a I'écoute des faits concernant son client. Le cas suivant (fictif) pourrait illustrer la pertinence de ce dossier : Le mardi 20 mars 2004, le responsable du compte de l'entreprise lit dans la presse que la Banque Centrale Européenne décide de baisser de 1 point son taux directeur en dessous du taux directeur de la Fed (Banque Centrale des Etats-Unis). Cette diminution entrainera probablement ceteris paribus appréciation du dollar par rapport a l'euro. $i l'entreprise est importatrice en dollars, elle pourrait donc voir ses coats d'importation augmenter par exemple. En revanche, si elle est exportatrice en dollars, cela s‘en ressentirait avec un accroissement du chiffre d'affaire a 'export du fait de leffet prix. Le banquier peut anticiper tous ces mouvements financiers sur le compte de son client en restant constamment a I'écoute des nouvelles économiques, politiques, sociales, etc. CONCLUSION Le montage d'un dossier bancaire est un processus qui implique les éléments suivants : ~ le diagnostic économique et financier - la connaissance des lignes de crédit et leur utilité - la constitution du dossier de crédit Crest le dernier point qui a fait l'objet de notre attention au cours de ce chapitre. Etant entendu que les autres points sont traités a divers degrés dans les autres parties du cours. Page 22 sur 45 CHAPITRE Ill : L'EVALUATION DES ENTREPRISES: Objectifs du chapitre : Définir la notion d’évaluation d'une entreprise Connaitre les buts recherchés dans I'évaluation d'une entreprise Connaitre les principes de calcul de la valeur d'une entreprise Connaitre les différentes méthodes d’évaluation d'une entreprise aye Toute évaluation d'entreprise sérieuse doit étre précédée d'un bon diagnostic économique et financier. Evaluer c'est apprécier la valeur. En 1776, Adam Smith exposait que la valeur des biens et services existe pas en soi. Elle ne se connait qu’a travers l'échange. On peut définir la valeur d'une socié comme le prix d'équilibre auquel le vendeur accepte de vendre et l'acheteur accepte d'acheter. Cette définition est de VIZZAVONA. La nécessité d'une évaluation se rencontre & l'occasion d'opérations suivantes : ~ Acquisition ou vente globale d'une entreprise = Introduction de titres en bourse - Réévaluation de bilans = Fusion de sociétés ou apports partiels d'actifs = Augmentation de capital pour fixer le prix d’émission = La prise de contrdle d'une société et enfin - La privatisation Pour le banquier d'autres motifs peuvent motiver l’évaluation de l'entreprise : - le banquier doit intervenir directement ou indirectement dans des financements lourds de haut de bilan: d’ott la nécessité d'analyser la valeur de l'entreprise afin de se garantir au mieux par avance l’éventuelle possibilité du dégagement ultérieur. = L’entreprise sollicite l'aide de son banquier pour la mise en place d'une émission obligataire ou d'une augmentation de capital : d'od la nécessité d'une évaluation financiére en vue de deéfinir les modalités et conditions de ces opérations, - Lentreprise doit résoudre des problémes de succession de l"équipe dirigeante : d’oi la nécessité de d’évaluation de l'entreprise avant la cession ou la donation - Lrentreprise est convoitée par une autre, amicalement ou inamicalement : d’oil la nécessité d'évaluation du prix de négociation de 'Offre Publique d’Echange (OPE) ou d’Achat (OPA) Dans une premiére section, nous évoquerons les principes de calcul de la valeur de l'entreprise. Puis dans une seconde section, nous analyserons les différentes méthodes d’évaluation. Section 1. Les principes de calcul Aucune des méthodes d’évaluation ne permet d’intégrer la totalité des aspects comptables, prévisionnels et subjectifs. La solution la plus fiable reste le dosage des différentes méthodes habituellement pratiquées, permettant une vérification et la correction d’éventuelles incohérences. Dans tous les cas de figure, cependant, divers principes sont a respecter : = la valeur d’une entreprise est par nature, celle qui s‘attache son avenir, cela signifie que le passé n’a qu'une valeur indicative et qu'il est nécessaire d'analyser scrupuleusement les projections et prévisions ; ~ ces projections et prévisions doivent étre analysées en francs constants (donc actualisés) afin de permettre des comparaisons financigrement valables ; Page 23 sur 45 = analyse comptable des exercices clos doit étre corrigée pour effacer les incidences exceptionnelles ou comptables Section 2. Les méthodes d’évaluation d'une entreprise En fonction du contexte, diverses méthodes peuvent étre utilisées. Ce sont : = les méthodes utilisées pour évaluer les entreprises cotées + les méthodes utilisées dans les transactions privées ou de majorité = les méthodes utilisées pour évaluer les entreprises en difficulté I. Les méthodes boursiéres La volonté d'évaluer l'entreprise se heurte inévitablement & un probléme de choix : quelle approche retenir entre le confort intellectuel d'un «beau » concept théorique difficilement applicable, et la nécessité d'une réponse concréte aux contraintes quotidiennes de I'évaluation dans un marché boursier ? Pour répondre a cette question 4 méthodes ont été successivement proposées les unes venant corriger les défauts des autres. A. La formule fondamentale d’Irving FISHER La justification économique de Tinvestisserment la plus communément partagée repose sur appréciation de la rentabilité. Concrétement, cette appréciation de la rentabilité se détermine par une comparaison entre la somme du profit escompté et celle de la dépense initiale. Dans le cadre d'un investissement en bourse, on peut exprimer cette affirmation avec : Vo = le prix payé pour l'année o D, = le dividende recevoir l'année i, avec i varie de 1 an Vn = le prix de revente de l'action a l'année n le taux d’actualisation Les termes étant posés, on peut construire la relation suivante : Vo = Di/T4t + Def (141)? + Daf (141)? +... + Dy (141) + Val (TH) ° Cette équation fondamentale forte sur un plan conceptuel, reste malheureusement d'une pratique délicate, particuligrement si année _n s‘éloigne de l'année o. Ainsi, la contribution de cette approche reste limitée, sitot que la période considérée dépasse I'horizon de prévision des analystes. Dott le recours aux modéles simplifiés B. Les modéles simplifiés II s'agit de trois formules : - la formule de Gordon-Shapi - la formule de Bates - la formule du Price Earning ratio Page 24 sur 45, BI. La formule de Gordon-Shapiro. Deux hypothases simplificatrices caractérisent cette formule : HI : la croissance des dividendes est constante, a un taux g : soit implicitement un Pay/Out ratio (P/O) stable sur toute la période, avec P/O = DI/BNo H2 : la période considérée (n) tend vers l'infini. Dans ces conditions la formule fondamentale peut s‘écrire : Vo = DI [I/l+t + (1+g)/ (l+t)? + (+g) 2/ (14t) 3+... (+g) /(1+t)"] + V/(1+t)” Avec quand n tend vers linfini : 1. Vn/ (1+t) tend vers 0 2. [I/Ltt + (1+g)/ (141)? + (14g) 7/ (141)? +... (+g)"/(14t)"] tend vers 1/(t-g) Soit Vo = DI (tg) Les hypotheses simplificatrices de Gordon-Shapiro peuvent apparaitre raisonnablement acceptables. Bien sir, des voix s'éléveront pour souligner qu'une perspective infinie de croissance du dividende un taux déterminé reste contestable. Par contre la faiblesse de la formule simplifiée Vo = DI/ (t-g) reste d'ordre arithmétique. En effet, comment calculer le dénominateur donc la valeur de lentreprise dans les cas oll g> t, et ot et g sont voisins ? Violente question ! Cette lacune a conduit a élaborer une autre formule B2. La formule de Bates La formule de Bates prolonge I'approche développée de Gordon-Shapiro. Elle reprend la méme hypothése d'une croissance constante du dividende, a un taux g, et donc d'une méme stabilité du P/O. Par contre, la période n devient une donnée définie par un nombre d’années préalablement déterming, Voriginalité et la contribution de ce modéle sont d'avoir su rendre immédiatement accessible, par les «tables de BATES» la résolution immédiate de |’équation fondamentale ainsi simplifiée. Cette résolution s'exprime par une équation simple : PE, = PE,A~(d) B oil: PE, est le PE (Price Earning) escompté pour l'année n PE, est le PE de l'année 0, PE, = Cours action/Bénéfice Net par action (d) = (P/O)/0,1 A et B des variables déterminées par les tables de Bates, en fonction de la valeur respective du taux de croissance du dividende (g) du taux d'actualisation et de la période considérée (n). La notation P/O signifie Pay Out. Le Pay Out ratio se calcule comme suit : P/O = Dividende/Bénéfice net par action Le Pay Out est donc la part du bénéfice net qui est distribué sous forme de dividende, Avec la formule de Bates, on fait 'hypothase que le P/O est constant. Page 25 sur 45, De par sa fréquence d'emploi et son fondement théorique, le modéle de Bates s'est actuellement imposée comme une méthode usuelle d’évaluation dans le marché boursier. B3. Le Price Earning Lexpression la plus sommaire de la simplification de la formule fondamentale est le Price Earning ratio (PE) : Le PE s‘exprime par le rapport soit entre le cours et le bénéficie par action, soit entre la capitalisation boursigre (valeur de l'entreprise a l'année 0=Vs) et le Bénéfice Net (BN) : PE = Vo/BN Trois hypothéses simplificatrices sont nécessaires pour calculer le PE & partir de la formule fondamentale : HI: pour le PE, il s‘agit du BN et non du dividende, I2 : les résultats sont supposés constants : BNI=BN2: est supposé tendre vers l'infini . BN H: Il, Les méthodes utilisées dans les transactions privées ou de majorité La plupart de ces méthodes s‘appuient sur le calcul de I’Actif net comptable. C'est approche plutot patrimoniale de I'évaluation d'une société. Actif net comptable = Total actif net du bilan - Total endettement Dans toute évaluation, l'actif net comptable constitue la valeur plancher & partir de laquelle l'on commence & déterminer la valeur de la société, Actif net comptable réévalué = Actif net comptable corrigée des incidences (Actif net comptable corrigé) _d’inflation et des éventuels impéts différés Lactif net comptable corrigé ou valeur intrinseque est le montant qu'il serait nécessaire d'investir pour reconstituer, en l'état, la patrimoine de lentreprise a la date de l'estimation Valeur Substantielle de 'entreprise = Actif net comptable corrigé — Eléments d'actif (vse) hors exploitation + actif acquis par crédit-bail La VSB prend en compte exclusivement les éléments de l'actif du bilan effectivement nécessaires & exploitation de lentreprise. Quatre méthodes sont utilisées dans ce cadre. Page 26 sur 45

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