Distillation L3
Distillation L3
Chapitre I : Distillation
3
I.2. Terminologie et principe de la distillation :
❑ Le titre du résidu est imposé par les normes environnementales et les couts de
retraitements.
❑ Technique très empirique jusqu’au début du 20ème siècle, la distillation a connu de gros
progrès depuis la mise au point de méthodes de détermination graphique par PONCHON et
SAVARIT en France en 1921-1922 et par Mc CABE et THIELE aux Etats Unis en 1925.
❑ Ces méthodes graphiques basées sur les méthodes analytiques de SOREL et LEWIS qui sont
6
très complexe, ont facilité le calcul des installations de distillation.
[Link] liquide-vapeur :
II.1. Caractérisation d’un système à l’équilibre :
La connaissance des équilibres entre phase est une étape préliminaire incontournable
de la résolution des problèmes de séparation des mélanges. En effet, si deux phases φ 1
et φ2 n’étant pas initialement à l’équilibre, sont mises en contact, il y aura
nécessairement transfert (de matière et/ou de chaleur), toujours de la phase dans
laquelle elles se trouvent en excès vers celle où elles se trouvent en défaut.
Autrement dit, les entités se déplacent toujours dans le sens des potentiels
décroissants de manière à ce que le système formé tende vers un état d’équilibre.
Ainsi, deux phases sont en équilibre si on ne constate, pour aucune des deux, un
changement de composition en quelque point que ce soit dans le temps et7 dans
l’espace.
II.2. Variance d’un système à l’équilibre entre phases :
La variance d’un système thermodynamique est le nombre de degrés de liberté du système,
c’est-à-dire le nombre de grandeurs ou paramètres nécessaires pour caractériser entièrement
l’état de ce système, indépendamment de la quantité. Elle est donnée par la relation suivante :
V = C + n −
Avec :
❑ C : le nombre de constituant indépendant ;
❑ n : nombres de facteurs physiques influents (généralement P et T) ;
❑ φ : nombres de phases.
Exemple : Calculer les variances dans les cas suivants :
1. Corps pur monophasique ;
2. Corps pur à l’équilibre entre phase liquide et vapeur ;
3. Corps pur à l’équilibre triphasique : solide-liquide-vapeur.
8
II.3. Caractéristiques thermodynamiques des corps purs :
Une espèce chimique est caractérisée par sa formule chimique, son aspect physique (couleur,
forme liquide solide ou gazeuse (définie à une température et à une pression donnée)) et des
grandeurs physiques (solubilité, température d’ébullition et de fusion, masse volumique).
Un corps pur est, en chimie, est un corps ne comportant qu'une seule espèce chimique, à la
différence d'un mélange qui est une substance (solide, liquide ou gaz) constituée de plusieurs
sortes de molécules. On distingue :
❑ les corps purs élémentaires (Cu, Zn, Fe etc.);
❑ les corps purs simples (H2, Cl2 O2 N2 etc.) ;
❑ les corps purs composés (H2O, H2SO4, etc.).
Il se présente généralement trois états : solide, liquide et gazeux. Les phases et les structures sous
lesquelles peuvent exister les matériaux sont définies par les lois de la thermodynamique. Les
équilibres entre les différentes phases dépendent de deux types de facteurs :
❑ Ceux qui sont liés à l'énergie ou variables d'action (P, T)
❑ Ceux qui sont liés à la matière ou variables de position (fraction molaire, pourcentage
9
massiques, etc).
II.3. Caractéristiques thermodynamiques des corps purs :
II.3.1. Distinction entre gaz et vapeur :
Les deux dénominations réfèrent strictement au même état physique : Gaz Vapeur
l’état gazeux. Cependant, en distillation, il convient de faire une
distinction entre un gaz et une vapeur. Etat Gazeux Etat liquide
❑ Gaz : on nomme un gaz un corps pur existant seulement à l’état Etat Fluide
gazeux sous 1 atm à 20°C. Exemple : O2, CO2.
Etat Solide
❑ Vapeur : une vapeur est un cops pouvant exister sous forme
Les états physiques de la
liquide ou gazeuse dans les conditions citées (1 atm, 20°C) matière
11
II.3.4. Volatilité d’un corps pur (V) :
un constituant possédant une pression de vapeur saturante élevée est dit volatile. Cette
dernière mesure la plus ou moins grande facilité de vaporisation d’une substance. Le terme est
principalement appliqué aux liquides. Cependant, il peut aussi être utilisé pour décrire les
processus de sublimation qui est associé à des substances solides.
❑ Vaporisation et liquéfaction ;
❑ Fusion et solidification ;
❑ Sublimation et condensation. 13
II.3.6. Chaleur massique ou molaire de Changement d’état
❖ Enthalpie massique ou molaire de transformation
Q
L=
n
Exemple : Chaleur latente de vaporisation de l’eau
L V = 2535 − 2,9θ
14
([Link]-1 avec θ en °C)
II.3.7. Diagramme d’équilibre d’un corps pur : cas de l’eau
Un diagramme d’équilibre d’un corps pur indique quelle phase est stable dans des conditions
données de température et de pression lorsque ce corps est seul présent dans cette enceinte.
15
II.4. Equilibre liquide-vapeur : cas des mélanges binaires
Un mélange binaire est un mélange de deux corps purs solides, liquides ou gazeux qui n’interagissent
pas chimiquement. Il peut être homogène ou hétérogène et/ou constitué d’une seule phase ou plusieurs.
Le constituant le plus volatil sera noté A et le moins volatil sera noté par B.
Les paramètres qui jouent des rôles majeurs dans le processus de séparation sont la pression (noté P),
la température (noté Ɵ) et la composition du mélange. Pour cette dernière, on utilisera généralement
la fraction molaire noté X pour le liquide et Y pour la vapeur.
Remarque : En distillation, on raisonne toujours par rapport au composé le plus volatil : noté A
16
M = X A M A + X BM B
Cp = X A Cp A + X B Cp B
Lv = X A L V A + X B L V B 17
II.4.3. Loi des pressions partielles
Soit un mélange binaire A et B dans un milieu fermé. La pression partielle du gaz A est la
pression qu’exercerait le gaz A s’il occupait seul le volume contenant le mélange (A+B) de
gaz
PA = YA P
PA + PB = P
PA0 PB0
YA = X A YB = X B 18
P P
II.4.5. Diagramme d’équilibre de mélange binaire
Le diagramme d’état d’un mélange binaire nécessite une représentation en trois
dimensions (pression, température et concentration ou fraction molaire) mais en fixant
la pression ou la température on peut représenter un diagramme d’état d’un mélange
liquide binaire sur un plan.
19
II.4.5.1. Cas des mélanges idéaux
Les mélanges idéaux sont les mélanges pour lesquels, à l’équilibre des phases, la loi de
Raoult est vérifiée.
(
P = PB0 + X A PA0 - PB0 ) Droite Si X A = 0 on a : P = PB0 Si X A = 1on a : P = PA0
PA0 PY
YA = X A X A = 0A
P PA
P = PB0 + 0
PA
(
PYA 0 0
PA - PB ) (
PPA0 = PA0 PB0 + PYA PA0 - PB0 )
PA0 PB0
P= 0 (Hyperbole) Si YA = 0 on a : P = PB0 Si YA = 1on a : P = P20A0
(
PA − YA PA0 - PB0 )
❑ Diagramme d’équilibre isotherme
Certains auteurs comme DUPERRAY ont proposé des relations empiriques qui permettent
de liées la pression à la température. A partir de ces relations, il est possible de déterminer
les équations θ=f(XA) et θ=f(YA) mais généralement les courbes d’ébullition et de rosée
sont obtenues à partir de données expérimentales.
4
dans la vapeur YA 0,0 0,22 0,46 0,62 0,71 0,78 0,84 0,88 0,92 0,97 1,0
II.4.5.2. Cas des mélanges réels
Les mélanges idéaux étant très rares, on observe très souvent un écart par rapport à la loi
de Raoult. Ainsi, dans le cas des mélanges réels, on a plus une droite d’ébullition mais une
courbe. D’une manière générale, les conséquences de ces écarts, sont la déformation des
fuseaux des courbes d’ébullition et de rosée.
24
II.4.5.2. Cas des mélanges réels
Dans certains cas, les fuseaux sont tellement déformés que les courbes présentent un extrémum
(maximum ou minimum). Ce point correspond à un mélange appelé azéotrope ou homoazéotrope
repéré par la composition (XAZ et XBZ) appelé composition azéotropique à la température ƟZ
Ce point a la particularité d’avoir la même composition pour la phase liquide et pour la phase
25 vapeur.
Ainsi, il se trouve à la fois sur la courbe de rosée et sur le courbe d’ébullition.
II.4.5.3. Utilisations des diagrammes d’équilibres : théorème des moments inverses :
Bilans matières :
M 0 = M1 = L1 + V1
M 0 X 0 = L1X1 + V1Y1
La volatilité absolue est définie comme étant le rapport entre la pression partielle à l’équilibre, de
la substance dans la phase vapeur et le titre molaire de la substance dans la phase liquide.
P PA X A PA0
VA = A
XA VA =
XA
=
XA
VA = PA0
La volatilité relative (α) est définie comme étant le rapport entre les volatilités absolues des
constituants du mélange liquide. Elle est, généralement, exprimée par rapport à la plus grande
volatilité, de sorte que sa valeur est supérieure à l’unité.
PA
YA X B P YA X B
α A/B
V
= A =
XA α A/B = =
VB PB X A YB P X A YB
XB
P A0 29
On a aussi : α A/B = 0
PB
II.4.5.4. Volatilité relative
Les pressions de vapeurs saturantes varient avec la température, cependant α
varie très légèrement avec la température. Ainsi, on définit la volatilité relative
moyenne par la relation :
α = n α θ1 α θ2 ... α θn
30
II.4.5.5. Courbe d’équilibre liquide-vapeur
❑ Cas des mélanges idéaux :
X A
YA =
1 + X A ( − 1) La courbe passe par les points (0,0) et (1,1). 31
II.4.5.5. Courbe d’équilibre liquide-vapeur
❑ Cas des mélanges Azéotropiques :
Si le mélange est azéotropique, on obtient les allures suivantes pour un azéotrope à maximum et un
azéotrope à minimum.
32
α=1 YA=XA
XA 0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0
YA 0 1,0
α=2,3 YA=2,3XA/(1+1,3XA)
XA 0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0
YA 0 0,20 0,36 0,49 0,60 0,69 0,77 0,84 0,90 0,95 1,0
α=4 YA=4XA/(1+3XA)
XA 0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0
YA 0 0,31 0,50 0,63 0,72 0,80 0,86 0,90 0,94 0,97 1
1
0.9
0.8
Fraction molaire YA dans la phase vapeur
0.7
0.6
α =1
0.5
α = 2,3
0.4
α =4
0.3
0.2
0.1
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
Fraction molaire XA dans la phase liquide
Exercice d’application :
Un mélange contenant 35% de n-pentane et 65% n-hexane est séparé par distillation.
L’opération est réalisée à la température d’ébullition du mélange et à pression
constante P=13,3 KN.m-2.
1. Déterminer les relations :
( )
X A = f PA0 , PB0 , P
(
YA = f PA0 , PB0 , P )
[Link] le diagramme et la courbe d’équilibre isobare à P=13,3 KN.m-2 ;
3. Tracer la courbe d’équilibre isobare du mélange n-pentane- n-hexane;
La vapeur produite est toujours plus riche en constituant le lus volatil, de sorte que son
titre dans les condensât est supérieur à celui du mélange initial.
37
III.2. Distillation simple à l’équilibre (distillation flash) :
Le contact entre les phases liquide et vapeur est
prolongé pendant un temps suffisant pour que
l’équilibre s’établisse entre les deux phases que
l’on recueille séparément.
Ainsi l’ensemble du dispositif est placé sous pression réduite. L’avantage est d’observer les
processus d’ébullition à des températures notablement inférieures à celles observées à
pression atmosphérique et nécessite en conséquence des puissances de chauffe moindres.
Ɵeb eau (°C) 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
38 100 110 120
Pression (bar) 0,001 0,01 0,02 0,04 0,07 0,13 0,2 0,31 0,47 0,7 1,013 1,42 2
IV. Distillation Fractionnée :
La distillation fractionnée, procédé de séparation par fractionnement, est
une succession de distillation simple.
Résidu Résidu
1 2
❑ Des plateaux (ou étages) physiques ou réels ayant des efficacités variables.
41
V.2. Notion de plateaux (étages) théoriques en distillation :
42
V.3. Evolution des titres le long de la colonne
Le long d’une colonne de rectification on observe les évolutions suivantes :
❑ Le titre molaire du constituant le plus volatil augmente dans la phase vapeur du bas vers
le haut de la colonne ;
❑ Le titre molaire du constituant le moins volatil augmente dans la phase liquide du haut
vers le bas de la colonne ;
❑ La température diminue, dans la colonne, du bas vers le haut. En effet, le bouilleur est le
seul apport énergétique de la colonne. Ainsi, dans chaque plateau, la chaleur issue de la
condensation d’une partie de la vapeur est utilisée pour évaporer une partie du liquide.
R
r=
D
44
VI. Rectification Continue :
VI.1. Définitions, principe et mise en œuvre :
La rectification continue est un procédé de séparation dans lequel le
mélange à séparer est introduit dans la colonne avec un débit constant.
❑ La colonne est adiabatique : pas de pertes thermiques c’est-à-dire transfert par conduction, convection et
rayonnement ;
❑ Le reflux est liquide : la condensation des vapeurs en tête de colonne est totale ;
❑ Les échanges de chaleur et de matière s’effectuent dans les plateaux : pas d’échange entre les plateaux ;
❑ Les chaleurs latentes de vaporisation des deux constituants sont proches et les chaleurs de mélange
sont négligeables : les débits des phases liquide et vapeur dans les deux tronçons sont constants à la
traversée de l’appareillage. 50
VI.4.2. Fonctionnement d’une colonne : modélisation par
cascade d’étages théoriques à contre-courant
L’efficacité d’une colonne est donnée par le Nombre d’Etages Théoriques (NET) utilisés en cascade à contre-
courant. Le NET sera considéré comme l’association de N étages théoriques en intégrant le bouilleur (en bas
de colonne). Ce dernier portera arbitrairement le plateau théorique numéro 1 et, par voie de conséquence,
l’étage situé au-dessus du bouilleur (le premier vrai plateau de la colonne) portera le numéro 2. Le
condenseur (n’est pas un plateau théorique) se situe au-dessus du dernier plateau de la colonne : il condense
toutes les vapeurs arrivant en tête de colonne.
❑ Une relation qui décrit l’équilibre dans les plateaux théoriques : la courbe d’équilibre (yi=f(Xi)) ;
X i
Yi =
1 + X i ( − 1)
❑ Une relation (droite) qui décrit les conditions opératoires : les différences de débits et le taux de
reflux opératoire : (Yi-1=f(Xi)). On distingue la droite opératoire du tronçon de concentration et la droite
opératoire du tronçon d’épuisement. 51
VI.4.3. Détermination de la Droite Opératoire du Tronçon de
Concentration (DOTC) :
Pour déterminer la DOTC, on établit les bilans matières partiels du constituant le plus volatil sur un étage
quelconque i et sur les étages supérieurs.
…………………………………………………
❑ Li = Ln+1=R = rD ;
❑ Yn = Xn+1 = XD.
Après simplification on a :
r X
Yi−1 = Xi + D
r +1 r +1
Remarque : La Droite Opératoire du Tronçon de Concentration passe par les points suivants :
❑ (XD, XD) ;
XD
❑ (0, r +1 )
)
53
VI.4.4. Détermination de la Droite Opératoire du Tronçon de
d’Epuisement (DOTE) :
Pour déterminer la DOTE, on établit les bilans matières partiels du constituant le plus volatil sur un étage
quelconque j dans le tronçon d’épuisement et sur les étages inférieurs.
…………………………………………………
❑ L’1 = W et X1 = XW
(F+rD) Xj+1 = D(r+1) Yj + WXW
F + rD W
Yj = X j+1 − XW
D(r + 1) D(r + 1)
F + V’ + L = V + L’ où V’-V=L’-L-F=F(K-1)
F(liquide)+F(vapeur) =F
(L’-L)+(V-V’)=F (L’-L)XP+(V-V’)YP=FXF
K XF
YP = XP − 56
K −1 K −1
(KF)XP-(F(K-1))YP=FXF KXP-(K-1)YP=XF
EXERCICE D’APPLICATION :
Soit un mélange binaire A-B contenant XA=40% et XB=60% à séparer par
rectification. L’alimentation est constituée de 70% de liquide et de 30%
de vapeur. On souhaite obtenir un distillat contenant XD=96% et un
résidu ne contenant que XW=8%. Le taux de reflux opératoire est de
r=3. La volatilité relative de A par rapport à B est égale à α=2,5. On
demande de :
1. Tracer la courbe d’équilibre ;
2. Tracer la DOTC;
3. Tracer la DA ;
4. Tracer la DOTE ;
5. Déterminer NET.
57
VI.4.6. Détermination du Nombre d’Etages Théoriques (NET)
Pour déterminer le NET dans chaque zone d’une colonne de rectification
selon la méthode de Mac Cabe et Thièle, on doit tracer la courbe
d’équilibre, la droite d’alimentation et les deux droites opératoires (DOTC
et DOTE). La construction graphique est effectuée en réalisant les
opérations suivantes :
❑ Lorsque r=0 (pas de reflux) la colonne agit comme s’il n’y avait qu’un seul étage théorique : le
bouilleur (pas d’échange dans les plateaux de la colonne). Ce qui revient à faire de la distillation
progressive simple donc peu efficace ;
❑ Dans le cas d’un reflux total, le débit de distillat est nul donc tout le condensat est retourné dans la
colonne (r►∞). Les deux droites sont confondues avec la premières bissectrices. Pour un nombre
donné d’étages, la séparation est maximale car les escaliers ont les dimensions les plus larges
possibles. Malheureusement, dans ce cas la production de distillat est nulle.
60
VI.4.7. Effet du taux de reflux – Conditions limites
❑ Existence d’un taux de reflux minimum et d’un nombre de plateaux minimum:
Les compositions de Résidu (XW) et du Distillat (XD) sont imposées par le cahier de charges, il existe une
DOTC de pente minimale qui coupe la DOTE et la DA sur la courbe d’équilibre. La construction de Mac
Cabe et Thièle montre que, dans ce cas, il faudra un nombre de plateaux théoriques infini pour effectuer la
séparation (Pratiquement, partant de XW, on ne peut pas atteindre XD) d’où une colonne de longueur infinie.
Un tel fonctionnement correspond à ce qu’on appelle Taux de reflux minimum (noté rmin).
A l’inverse lorsque (r►∞) les DOTC et DOTE sont confondues avec la première bissectrice (position la
plus écartée possible de la courbe d’équilibre). Il faudra donc un nombre de plateaux théoriques minimum
(noté NETmin). Pour déterminer le NETmin il faut donc travailler à reflux total.
Dans la pratique, il faudra nécessairement avoir simultanément un taux de reflux opératoire supérieur à rmin
et NET supérieur au NETmin sinon la séparation désirée sera impossible.
61
VI.4.7. Effet du taux de reflux – Conditions limites
Il est parfois nécessaire de déterminer le taux de reflux minimum ainsi que le NET minimum afin de
choisir un taux de reflux opératoire optimal.
rmin XD
Si r=rmin l’équation de la DOTC devient : Yi −1 = Xi +
rmin + 1 rmin + 1
b=
XD XD − b
Soit, b l’ordonnée à l’origine de cette DOTC, on a :
rmin + 1 rmin = 62
b
VI.4.7. Effet du taux de reflux – Conditions limites
❑ nombre de plateaux minimum:
Lorsque le mélange binaire utilisé est tel que la volatilité relative
α est constante sur le domaine de composition balayé, alors le
problème peut être résolu analytiquement. En effet, sur tout
plateau (équilibre entre phases sortant).
63
VI.4.7. Effet du taux de reflux – Conditions limites
❑ nombre de plateaux minimum:
Lorsque le mélange binaire utilisé est tel que la volatilité relative
α soit constante sur le domaine de composition balayé, alors le
problème peut être résolu analytiquement. En effet, sur tout
plateau (équilibre entre phases sortant).
Sur le dernier Plateau (i=n) on a :
64
VI.4.7. Effet du taux de reflux – Conditions limites
Le choix de taux de reflux est le premier critère de
dimensionnement des colonnes de distillation. A cet effet, le
r qui permet d’utiliser la colonne au mieux de ses capacités
compte tenu de critères économique doit être choisi.
VH D = RH R + DH D + QC
QC = VH D - (R + D )H D = (R + D )(H V − H D )
QC = D(r + 1)(H V − H D )
QC = D(r + 1)L VD
67
VI.4.8. Bilan énergétique d’une colonne de rectification continue :
FH F + Q B = WH W + DH D + QC
Q B = WH W + DH D + QC − FH F
QC = D(r + 1)L VD
68
Exercice d’application : Données : Equilibre liquide-vapeur du
mélange Méthanol-Ethanol
On utilise une colonne de rectification atmosphérique pour la
distillation continue d’un mélange méthanol-éthanol, à 42% Equilibre liquide-vapeur à 1 atm
molaire en méthanol. On exige 97% molaire de pureté en Fraction Fraction Température
tête et en pied de colonne. Les données d’équilibre liquide- molaire X (%) molaire Y (%) (°C)
vapeur, sous pression atmosphérique, sont données dans le 00,0 00,0 78,3
tableau ci-joint. Le débit à traiter est de 80 kmol.h-1. Pour 03,0 4,80 -
une bonne régulation, le taux de vaporisation à 10,0 15,3 -
l’alimentation est de 20%. Suite à une pré-étude, le taux de 20,0 28,8 -
reflux en tête, est fixé à 6. 30,0 41,1 -
40,0 52,3 -
1. Calculer les débits molaires du distillat et du résidu ; 50,0 62,6 -
60,0 71,9 -
2. Déterminer le taux de reflux minimum. 70,0 80,4 -
80,0 87,8 -
3. Quel doit être le NET dans chacune des zones de la 90,0 94,3 -
colonne. 97,0 69 98,4 -
100,0 100,0 64,7
Exercice d’application :
Un mélange benzène-toluène est séparé dans une colonne de rectification continue. Les
équations des deux droites opératoires sont Y=0,723x+0,263 et Y=1,27x-0,0188
respectivement pour le tronçon de concentration et pour le tronçon d’épuisement.
L’alimentation est à sa température de bulle. Elle est introduite à 75 kmol.h-1. Le
benzène et le toluène forment un système idéal avec une volatilité relative de 2,5.
1. Déterminer le taux de reflux utilisé et la composition du distillat ;
2. Déterminer les débits et compositions des différents flux ;
3. Déterminer le Nombre d’Etages Théoriques de la colonne ;
4. En considérant que le reflux est un liquide saturé et en négligeant les pertes de
chaleur, calculer la quantité de chaleur à évacuer au condenseur.
Données :
LvBenzène=7360 [Link]-1, LvToluène=7960 [Link]-1 ;
70
F + L + V' = L'+ V
(V'-V) = (L'-L) − F
71
L’-L = KF V’-V=F(K-1)
VI.4.9. Influence de l’état thermique de l’alimentation sur la droite d’alimentation
Or HL = HL’ et HV =HV’
FH F + (V'-V)H V = (L'-L)H L
HV − HF
K= K =1
HV − HL 73
VI.4.9. Influence de l’état thermique de l’alimentation sur la droite d’alimentation
Si l’alimentation est introduite sous forme de liquide froid, non seulement tout
le débit va redescendre dans la zone d’épuisement mais elle va aussi entrainer
la condensation d’une partie de la vapeur présente sur le plateau.
H V − H F (H V − H L ) + (H L − H F ) Cp F (θ eb − θ F )
K= = K =1+
HV − HL HV − HL L VD 74
VI.4.9. Influence de l’état thermique de l’alimentation sur la droite d’alimentation
HV − HF
K=
HV − HL K=0 76
VI.4.9. Influence de l’état thermique de l’alimentation sur la droite d’alimentation
HV − HF Cp F (θ Rosée − θ F )
K= K=
HV − HL L VD 77
VI.4.10. Efficacités des colonnes à plateaux :
VI.4.10.1. Du modèle de dimensionnement à l’appareillage
❑ Pour passer de la modélisation utilisée précédemment pour le calcul des colonnes
question.
❑ Il faut donc disposer de plus de plateaux réels que le nombre de plateaux théoriques estimé
par la méthode de Mac Cabe et Thièle. Pour tenir compte du fait que les fluides quittant un
plateau ne sont pas à l’équilibre, on affecte à chaque plateau de la colonne une grandeur
appelée efficacité.
NET
EG =
NEP
79
VI.4.10.3. Capacités et limites de fonctionnement d’une colonne de rectification :
81
VI.4.11. Colonnes à garnissage
VI.4.11.1. Types de garnissage et technologies
❑ Garnissage en vrac :
Les garnissages en vrac sont des corps de remplissage disposés en vrac dans la colonne.
✓ Le plus simple et le plus ancien est l’anneau de Raschig constitué d’un manchon
cylindrique en céramique, graphite, plastique, verre ou encore en métaux et alliages
divers, de hauteur égale au diamètre allant de 5 à 100 mm.
✓ On distingue aussi les anneaux de Pall, de Hy-Pack etc. Les garnissages à vrac
peuvent également être sous forme de selles, conçues initialement en céramique par
moulage sous sa forme la plus simple : Selle de Berl. Elles ont évolué pour devenir
selle Intalox.
82
VI.4.11.1. Types de garnissage et technologies
❑ Garnissage systématiques :
83
VI.4.11.2. Hauteur de garnissage équivalente au plateau théorique
Pour une colonne à garnissage, la hauteur totale est donnée par le NET et la
hauteur correspondant à un équilibre entre phases appelée Hauteur Equivalente
au Plateau Théorique noté HEPT.
H = HEPT NET
La HEPT n’est pas une caractéristique intrinsèque de l’appareillage : elle est
liée aux conditions opératoires de fonctionnement et aux constituants
chimiques qui forment les phases en présence. Elle est d’autant plus faible que
l’appareillage est efficace. 84