Université JEAN PAUL II, Cycle BTS, Option : Génie-civil
CHAPITRE 3 : MESURE DES ANGLES
A) Les angles horizontaux
I.1) Le cercle horizontal
Le cercle horizontal (ou limbe) est la graduation du théodolite sur laquelle l'opérateur lit les angles
horizontaux. Il est lié au socle de l'appareil mais peut aussi pivoter sur lui-même de manière à régler le
zéro des graduations sur une direction donnée. Il existe plusieurs technologies possibles pour cette
mise à zéro : le débrayage de l’entraînement du cercle (T16) ou bien le mouvement par vis-écrou (T2).
Fig. 1 : Mesure d’angles horizontaux.
Les graduations sont croissantes de 0 à 400 gon dans le sens horaire (en regardant le cercle du dessus,
fig.1).
Après la mise en station du théodolite, ce cercle est horizontal, ce qui explique que les angles lus soient
des angles projetés sur le plan horizontal et appelés angles horizontaux (ou azimutaux), notés Hz.
Sur la figure 1, l'appareil est en station sur le point S. L'opérateur vise le point A (sommet du bâtiment)
et règle le zéro des graduations sur ce point. En visant le point B, il lit dans le théodolite l'angle
horizontal A′ - S′ -B′ (A′, B′, S′ sont les projections de A, B et S sur le plan horizontal passant par l’axe
des tourillons de l’appareil).
I.2) Le double retournement
C’est une manipulation consistant en un demi-tour simultané de la lunette et de l’alidade (fig. 3.20).
Cette technique de mesure permet d'éliminer certaines erreurs systématiques (voir § 3) et de limiter les
fautes de lecture. Lors d’une mesure d’angle horizontal, cela permet de:
doubler les lectures et donc de diminuer le risque de faute de lecture ;
Ne pas toujours lire sur la même zone du limbe, donc de limiter l’erreur due aux défauts de
graduation du limbe ;
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Eliminer les défauts de collimation horizontale et de tourillonnement.
L’erreur de centrage sur le point de station et l’erreur de calage de l’axe vertical ne sont pas éliminées
par cette manipulation. Il convient donc de soigner ces opérations.
Fig. 2 : Double retournement.
Pratiquement, on effectue :
Une lecture en cercle gauche (cercle vertical de l'appareil à gauche de l'opérateur, plus généralement
en position de référence);
Un double retournement ;
Une nouvelle lecture du même angle en cercle droite (cercle vertical à droite).
Si l’on appelle HzCG la valeur lue en cercle gauche, et HzCD celle lue en cercle droit, on doit observer :
En effet, le double retournement décale le zéro de la graduation de 200 gon (fig. 2) ; ceci permet un
contrôle simple et immédiat des lectures sur le terrain.
La différence entre les valeurs HzCG et (HzCD – 200) représente la combinaison des erreurs de
collimation, de mise en station, de lecture, etc.
L'angle horizontal Hz mesuré vaut alors :
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Remarque :
Si l’on n'effectue qu'une seule lecture, elle doit être faite en position de référence (CG sur les
théodolites classiques et CD sur la plupart des stations électroniques).
II) Calcul de gisement
II.1) Définition
Le gisement d'une direction AB est l'angle horizontal mesuré positivement dans le sens horaire entre
l’axe des ordonnées du système de projection utilisé et cette direction AB (fig. 3).
On le note GAB (ou aussi VAB).
Mathématiquement, c’est l’angle positif en sens horaire entre l’axe des ordonnées du repère et le
vecteur AB.G est compris entre 0 et 400 gon.
Par exemple (fig. 3) : GAB est l’angle entre le Nord (ordonnées) et la direction AB.
GBA est l’angle entre le Nord et la direction BA.
La relation qui lie GAB et GBA est : GBA = GAB + 200
Fig. 3 : Gisement de la direction AB.
II.2) Calcul d’un gisement à partir des coordonnées cartésiennes.
Considérons les coordonnées de deux points A (EA, NA) et B (EB, NB) (voir fig. 3).
La relation suivante permet de calculer GAB :
(1)
Remarque :
Pour obtenir la valeur de G, il faut utiliser la fonction tan–1 ( ) ou inverse tangente.
En effet, tan G = tan (200 + G) = tan (G – 200). La calculatrice ne donne donc pas forcément le bon
angle G correspondant au problème.
Application :
Calculez à partir de la formule (1) le gisement de la direction AB suivante :
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A (10 ; 50) et B (60 ; 10)
∆E = EB – EA = +50
∆N = NB – NA = –40
GAB = tan–1
(50/–40) = –57,045 gon
En observant le schéma des points A et B placés sur le graphique ci-contre (fig. 4), on s’aperçoit de
l'incohérence de ce résultat. L’angle donné n’est visiblement pas égal à –57,045 gon c’est-à-dire à –
57,045 + 400 = 342,955 gon.
Fig. 4. : Calcul de gisement.
En fait, la calculatrice donne la valeur de l'angle auxiliaire g (fig. 3.28). Pour obtenir GAB , il faut donc
tenir compte de la position du point B par rapport au point A ; on parle de quadrants :
Quadrant 1 : B est à l'est et au nord de A (∆E > 0 et ∆N > 0).
GAB = g
Quadrant 2 : B est à l'est et au sud de A (∆E > 0 et ∆N < 0).
GAB = 200 + g (avec g < 0)
Quadrant 3 : B est à l'ouest et au sud de A (∆E < 0 et ∆N < 0).
GAB = 200 + g (avec g > 0)
Quadrant 4 : B à l'ouest et au nord de A (∆E < 0 et ∆N > 0).
GAB = 400 + g (avec g < 0)
Fig. 5. : Différents quadrants.
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Les valeurs de l’exemple traité précédemment mettent en évidence la nécessité de ce calcul et la
vérification de la valeur du gisement de 142,955 gon, correspondant au schéma de la figure 4.
II.3) Utilisation du gisement pour les calculs de coordonnées
En topographie, il est très fréquent de connaître un point S (ES,NS) et de chercher les coordonnées d’un
point P visible depuis S. On dit que P est rayonné depuis S si l’on peut mesurer la distance horizontale
DSP et le gisement GSP (fig. 6). Quel que soit le quadrant, on peut alors calculer les coordonnées du
point P par les formules suivantes :
Fig. 6. : Calcul de coordonnées.
A défaut de mesurer directement GSP, on mesure un angle α avec une direction dont le gisement est
connu ou bien on calcule un G0 moyen de station (voir III).
Application :
S (680 379,84 ; 210 257,06) est donné en coordonnées Lambert (m), calculez les coordonnées de P tel
que : DSP = 45,53 m et GSP = 172,622 gon.
III.) Détermination du G0 moyen de station
III.1) Présentation
Lors de la mise en station d'un théodolite sur un point S connu en coordonnées Lambert, la position du
zéro du limbe est au départ quelconque.
S'il désire fixer le repère dans lequel il va travailler, l’opérateur oriente le limbe (cercle horizontal de
l’appareil) sur un autre point connu P.
Deux cas se présentent alors :
Le point est connu en coordonnées locales : le travail se fait en coordonnées locales.
L’opérateur place généralement le zéro du limbe sur le point P et définit ainsi le repère Sxy (fig. 7).
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Fig. 7. : Origine du limbe sur P.
Le point est connu en coordonnées Lambert : il est alors possible de calculer le gisement de la
direction SP et l’afficher sur le point P. On définit ainsi le repère SEN de la figure 8. dont les axes sont
parallèles au repère Lambert général. L’intérêt de cette deuxième manipulation est de travailler
directement en repère Lambert et donc de limiter les calculs intermédiaires. Dans la pratique, on ne
bougera pas le limbe de l’appareil. On se contentera de viser le point P et d’en déduire le gisement du
zéro du limbe, appelé G0 (fig. 9). Cette orientation peut être faite sur un seul couple de points SP,
mais, pour plus de précision, on peut calculer une moyenne sur plusieurs autres points connus bien
répartis autour de la station, d’où le terme de G0 moyen de station.
Fig. 8. : Origine du limbe sur le nord Lambert.
III.2) Calcul du G0 de station.
Le G0 de station (noté aussi V0) est une constante d'orientation de la station S qui, ajoutée à une lecture
d'angle horizontal sur un point P visé, donne le gisement de la direction SP.
C'est aussi le gisement du zéro du limbe, soit l'angle entre la direction de l'axe des ordonnées du repère
Lambert et le zéro du limbe de l'appareil stationné (fig. 9).
Le gisement de la direction SP est défini par :
Donc :
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Fig. 9. : Go de station.
III.3) Définition du G0 moyen de station
Pour améliorer la précision de l'orientation de la station, plusieurs lectures sur des points connus en
coordonnées sont déterminées : ces points sont appelés « points anciens ».
Pour obtenir une orientation correcte, il faut au minimum deux visées (trois ou quatre sont préférables)
réparties sur les quatre quadrants autour du point de station S.
Soit quatre points anciens M, N, O et P visés depuis la station S, on obtient quatre valeurs du G0 :
Visée sur M : G01 = GSM – LS →M Visée sur O : G03 = GSO – LS →O
Visée sur N : G02 = GSN – LS →N Visée sur P : G04 = GSP – LS →P
Le G0 moyen est alors la moyenne pondérée des G0i. Elle n’est pondérée que si les visées sont
d'inégale longueur (la pondération est proportionnelle à la longueur de chaque visée car plus une visée
est longue plus son orientation angulaire théorique est précise).
On a donc :
n est le nombre de visées d’orientation (nombre de G0i calculés).
pi représente le poids de chaque visée, c'est-à-dire sa longueur en kilomètre : pi = Dikm.
Les poids pi sont arrondis au mètre dans les calculs manuels.
B)Les angles verticaux
I.1) Conventions, notations
La lecture d’un angle vertical z, noté aussi V, est réalisée de la manière suivante.
Sur la figure 10, est représentée une vue en élévation du cercle vertical d’un théodolite en position de
référence (cercle gauche). Ce cercle étant solidaire de la lunette. Son zéro est placé sur l’axe de la
lunette (visée). L’index de lecture est fixe et positionné à la verticale (zénith) du centre optique (t) de
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l’appareil, lui-même stationné à la verticale du point S. Lorsque la ligne de visée passe par un point M,
l’index donne alors la lecture de l’angle z (ou V) intercepté sur le cercle vertical :
z = angle ( tM , t I ) ; z est appelé « angle zénithal » : c’est un angle projeté dans le plan vertical du
point de station.
Fig. 10-a. : Lecture de l’angle zénithal z
Remarque :
Pour que l’utilisateur obtienne un angle évoluant positivement en sens horaire, le cercle est supposé
gradué en sens trigonométrique.
Pour simplifier le schéma de lecture d’un angle zénithal, on considère que le zéro de la graduation est
au zénith lorsque l’appareil est en station.
Fig. 10-b. : Angles verticaux z, i et n
On considère alors que tout se passe comme si le cercle vertical était fixe et que l’index de lecture se
déplaçait avec la visée (fig. 10-b).
Ceci permet de faire apparaître plus clairement :
L’angle de site i entre l’horizon et la visée ;
L’angle nadiral n entre le nadir et la visée.
Les configurations des figures 10-a et 10-b correspondent à la position de référence de l’appareil
utilisé : dans cette position (cercle à gauche ou bien à droite), l’angle z vaut 100 gon sur l’horizontale.
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En position de référence, une rotation de la lunette de haut en bas donne une augmentation de l’angle z
de 0 à 200 gon.
Après un double retournement, la même rotation donne une évolution inversée : les angles diminuent
de 399 gon à 200 gon.
Le cercle à gauche de l’opérateur (CG) est la position de référence de la plupart des appareils optico-
mécaniques classiques. Soit un point M visé au théodolite, on note généralement :
V tout angle mesuré dans un plan vertical ;
z angle zénithal ;
i angle de site (par rapport à l’horizon) ;
n angle nadiral (par rapport au nadir).
Pour la suite, nous avons préféré la notation V pour les angles zénithaux car l’angle V mesuré par les
appareils modernes est toujours l’angle zénithal z. De plus, cela permet d’éviter la confusion avec les
coordonnées notées Z.
Les relations entre ces angles sont : n = 200 - V ; i = 100- V ; 100 = n - i
L’angle i est compté positif dans le sens inverse horaire de manière à obtenir un angle de site positif
pour une visée au-dessus de l’horizon et un angle de site négatif pour une visée en dessous de
l’horizon.
L’angle n est compté positif en sens inverse horaire ; il vaut 0 au nadir et 200 au zénith.
I.2) Valeur moyenne d un angle vertical par double retournement
Pour la suite, nous admettrons que la position de référence de notre appareil mécanique est le cercle à
gauche (CG).
Fig. 11. : Effet du double retournement sur la mesure de l’angle vertical.
Sur les schémas de la figure 11, on constate qu’après un double retournement le sens d’évolution de la
graduation du cercle vertical est inversé. L’angle lu en cercle droit VCD n’est donc pas « directement
comparable » avec l’angle lu en cercle gauche VCG, comme c’était le cas avec les angles horizontaux.
La relation entre les deux lectures est : VCG = 400 – VCD
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Remarque :
Si la précision des mesures ne nécessite qu’une lecture, elle sera faite en position de référence
de manière à lire directement l’angle V. Dans ce cas, V = VCG.
Sur le terrain, on vérifie en permanence la cohérence de VCD et VCG pour limiter les fautes de
lecture.
On peut augmenter la précision de lecture en effectuant les lectures de l’angle V sur les trois
fils (stadimétriques S′ et S, niveleur N) : ceci minimise les erreurs de pointés et les risques de
faute de lecture.
I.3) Erreur d’index vertical
L’intérêt du double retournement est, comme pour les angles horizontaux, de limiter les fautes de
lecture et d’éliminer certaines erreurs systématiques ou accidentelles.
Dans le cas de mesure d’angles verticaux, le double retournement permet d’éliminer :
L’erreur d’excentricité de l’axe optique par rapport à l’axe secondaire ;
L’erreur d’index de cercle vertical : en effet, qu’il soit manuel (nivelle d’index) ou
automatique (compensateur), le dispositif des appareils modernes ne cale pas exactement le
zéro (index de lecture) à la verticale du centre du cercle mais dans deux positions voisines
symétriques par rapport à cette verticale ;
Le défaut de tourillonnement (non-perpendicularité de l’axe secondaire et de l’axe
principal).
Sur les schémas de la figure 12, on suppose la présence d’une erreur angulaire Vo de position de
l’index du cercle vertical par rapport à la verticale du centre du cercle.
Fig. 12. : Erreur d’index du cercle vertical.
Ce défaut est une constante de l’appareil qui peut varier. Il peut brusquement augmenter si la
nivelle d’index vertical est déréglée ou si le compensateur est défaillant. Il convient donc de
l’évaluer régulièrement et de vérifier qu’il est à peu près constant (aux erreurs de lecture près).
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Si l’on constate qu’il varie beaucoup d’une station à l’autre, c’est que le système de calage de
l’index vertical est déréglé.
En cercle gauche, l’opérateur lit VCG, l’angle V cherché vaut V = VCG – Vo.
En cercle droit, l’opérateur lit VCD, l’angle V cherché vaut V = 400 – VCD + Vo.
Si on fait la moyenne des deux valeurs, on retrouve V = (VCG + (400 – VCD))/2.
Si on soustrait les deux équations, on isole Vo et on obtient :
La valeur de Vo trouvée est aussi entachée des erreurs de lecture, de pointé, etc., si bien qu’il est
impossible de dire si c’est bien la valeur de Vo seul que l’on mesure ainsi (sauf dans le cas
d’une faute grossière de calage ou dans le cas d’un dérèglement du système de calage manuel ou
automatique de l’index vertical).
Grâce au double retournement, on arrive donc à éliminer certaines erreurs et en particu- lier
l’erreur d’index vertical. Sur les appareils de bas de gamme qui ne disposent pas d’un dispositif
de calage précis de l’index vertical (manuel ou automatique), cette moyenne des lectures CG et
CD permet d’améliorer la précision de mesure de V.
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