1- L’opinion publique, caractéristique d’un régime démocratique
L’opinion a longtemps été le monopole de certaines catégories, les plus « éclairées » (les personnes
les plus instruites), parlant au nom du peuple ou d’intérêts spécifiques. L’émergence de l’opinion
publique est liée au développement de la démocratie : des lieux publics permettent d’échanger sur
des questions politiques et des problématiques communes à l’ensemble des citoyens.
De nos jours, l’opinion publique désigne l’addition d’opinions individuelles et est souvent associée à
l’opinion de la majorité. La formation de l’opinion se fait de diverses manières. Les médias jouent un
rôle important, mais il faut aussi mentionner le rôle des mobilisations collectives, des associations ou
encore du personnel politique. Les nouvelles technologies peuvent aussi mobiliser l’opinion sur des
thèmes spécifiques.
Cependant, l’existence d’une « opinion publique » ne va pas de soi. La mentionner, c’est parfois
oublier l’existence de débats, de tensions, que les sondages, par exemple, tendent à effacer en
insistant sur la majorité.
2- Mesurer l’opinion ou la construire ? L’effet des sondages
La désignation des représentants par l’élection conduit à chercher à estimer les résultats des
élections à venir. Les sondages d’opinion sont construits avec cet objectif : en interrogeant
un échantillon représentatif de la population totale, il est possible d’approcher les opinions et les
comportements de la population totale.
Aujourd’hui, les sondages sont au cœur des campagnes électorales et sont des outils reconnus
comme pouvant mesurer l’opinion. Cependant, pour que le résultat d’un sondage soit fiable, il faut
qu’il ait été réalisé avec une méthode précise de formulation des questions et une construction
rigoureuse de l’échantillon interrogé. Pour être représentatif, cet échantillon peut être construit par
tirage au sort (méthode aléatoire) ou bien par la méthode des quotas.
Les sondages répondent à une demande sociale, politique, mais surtout médiatique. L’opinion
publique est parfois assimilée aux résultats des sondages (« Les Français pensent que… »).
Pourtant, les sondages sont aussi critiqués. Ils présentent, comme l’expression d’une opinion
majoritaire, un ensemble de choix faits sur des questions que les personnes interrogées n’estiment
pas importantes et pour lesquelles elles ont des informations limitées. Ces critiques conduisent
même à rejeter la notion d’opinion publique pour lui préférer une approche insistant sur les conflits
d’opinion et les luttes.
Les sondages négligent les inégalités sociales mais aussi les inégalités d’intérêt pour certaines
questions et de « compétences » à répondre à ces questions. En témoigne, par exemple, la mise à
l’écart de non-réponses.