Nouveaux Programmes Mathématiques
Nouveaux Programmes Mathématiques
Collège.
Les nouveaux
programmes de
Quatrième et de
Troisième et le Socle
commun de
connaissances et de
compétences
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Journées Pédagogiques de Novembre 2007
Sommaire
Introduction……………………………...page
3
Première partie.
Informations
diverses……………………...page 5
Deuxième partie.
Les nouveaux programmes et le socle commun
de connaissances et de
compétence .......................page 7
Troisième partie.
L’enseignement au jour le jour ……………
page 11
Quatrième partie.
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La notion de Probabilité au Collège ….……
page 15
Cinquième partie.
Les fonctions au Collège
………………….page 24
Sixième partie.
Enseigner le calcul au Collège ……….……
page 31
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INTRODUCTION
d’une part d’étudier quelles sont les modifications apportées aux contenus des
programmes de quatrième et de troisième ;
d’autre part d’étudier quelles sont les modifications apportées dans l’esprit et la
lettre de l’enseignement des mathématiques et dans les processus d’évaluation
des élèves.
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DEROULEMENT DE LA DEMI - JOURNEE
Titre Durée
informationPARTIE :
Informations diverses
PREMIERE
Le brevet 0h30
Les TICE et le B2i
Les liaisons inter cycles
Présentation et
DEUXIEME PARTIE :
Questions et réponses
QUATRIEME
Notion de probabilité
PARTIE
Exposé 1h15
Travaux pratiques, questions et réponses
CINQUIEME
Exposé 0h45
Travaux pratiques, questions et réponses
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SIXIEME
Enseigner le calcul au collège
PARTIE
Exposé Complément
Travaux pratiques, questions et réponses
L’intégration des TICE dans l’enseignement des mathématiques est une vieille histoire et
les programmes précédents en faisaient une nécessité majeure. Cet usage s’est, jusqu’à
maintenant révélé hétérogène et parfois peu pertinent. Utiliser un ordinateur portable et un
video-projecteur pour afficher le cours ligne par ligne sur un écran dispense certes le
professeur d’écrire, mais fige le cours, le rend abstrait et ne répond nullement à la commande.
En revanche, persiller la séance de quelques séquences bien choisies dans le cadre par
exemple de modélisations, de recherches d’ensembles de points, d’approches géométriques
des nombres est d’un intérêt majeur et doit être développé. Il l’est d’ailleurs comme en
témoignent de nombreuses séquences observées lors des visites d’inspection, et intégrées dans
un tout cohérent.
Le développement des équipements TICE au sein des collèges, la nécessité pour les élèves
de troisième d’avoir validé le B2i collèges pour obtenir le diplôme doit inciter chaque
professeur de mathématiques à réellement intégrer l’outil dans ses pratiques quotidiennes.
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Trois pistes doivent être dégagées :
L’usage pertinent de courtes séquences en classe banale.
L’activité des élèves en salle informatique. Rappelons que les périodes devant les
machines doivent être de courtes durées, dédiées à l’expérimentation, la
formulation de conjectures. Les preuves apportées à ces conjectures sont l’objet
d’une rédaction en classe ou à la maison, les textes stipulent que toute séquence
effectuée en salle informatique doit être suivie d’une synthèse écrite.
La conception de devoirs à la maison impliquant les TICE. Les logiciels libres se
multiplient ; c’est le cas depuis peu de la suite Géoplan-Géospace, et il en existe
bien d’autres. Les élèves ont maintenant accès aux ordinateurs que ce soit chez eux
ou dans les CDI ce qui rend possible la conception de tels devoirs.
Les visites d’inspection et les entretiens associés seront l’occasion de faire un point
systématique sur l’utilisation des outils TICE dans l’enseignement au quotidien, comme le
demandent le Recteur et l’Inspection générale.
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Deuxième partie : Les nouveaux programmes et le socle
Le décret majeur relatif au socle est paru au journal officiel du 11 juillet 2006 ; il se met
en place progressivement depuis lors. Il s’agit de définir quelles sont les compétences et les
connaissances que doivent maîtriser tous les élèves à l’issue de la scolarité obligatoire quelque
soit leur cursus scolaire (collège, apprentissage, DP6…).
Il n’y a donc pas de confusion entre le socle et les programmes du collège mais il existe
des liens forts notamment pour les disciplines directement impliquées dans chacune des sept
rubriques qui sont communément appelées des « piliers ».
Pour chacun de ces piliers, les compétences sont déclinées en trois parties : connaissances,
capacités et attitudes.
Il ne s’agit pas ici de reprendre l’ensemble du décret mais d’en relever quelques points,
essentiels pour notre discipline, qui sont cohérents avec les préambules et contenus des
programmes et aussi avec les idées développées depuis dix ans dans cette académie.
Le préambule : il est rappelé que « dans chacun des domaines que sont le
calcul, la géométrie et la gestion des données, les mathématiques
fournissent des outils pour agir, choisir et décider dans la vie quotidienne.
Elles développent la pensée logique, les capacités d’abstraction et de
vision dans le plan et dans l’espace […]. Il s’agit aussi de développer le
raisonnement logique et le goût de la démonstration. […]. Les
compétences acquises en mathématiques conditionnent l’acquisition d’une
culture scientifique ».
Ce paragraphe a une portée essentielle ; d’une part, il réaffirme le rôle spécifique des
mathématiques et, d’autre part, il met en valeur leur importance dans l’acquisition des
compétences des autres domaines scientifiques.
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Les capacités : il s’agit de savoir « appliquer les principes et processus
mathématiques de base dans la vie quotidienne publique ou privée » et
d’être capable notamment (ce sont les deux premières capacités) de
modéliser, de raisonner logiquement et de démontrer.
Les attitudes : « L’étude des mathématiques permet aux élèves
d’appréhender l’existence de lois logiques et développe les attitudes de
rigueur et de précision, de respect de la vérité rationnellement établie, le
goût du raisonnement fondé sur des arguments dont la validité est à
prouver ».
c. L’évaluation du socle.
Les programmes de mathématiques ont été relus et complétés pour être en « phase » avec
le socle. La nouvelle présentation est faite en quatre colonnes :
contenus ;
capacités ;
exemples d’activités et commentaires ;
commentaires spécifiques au socle.
En outre les conventions suivantes doivent être prises en compte très précisément :
en caractères droits : les compétences communes au programme et au
socle ;
en italique : les compétences requises dans les programmes du collège mais
pas dans le socle ;
en italique avec une * : les compétences requises dans les programmes du
niveau donné mais validées dans le cadre du socle à un niveau ultérieur.
Les mathématiques sont en la matière un exemple fondamental, car elles sont une
discipline explicitement mentionnée parmi les sept piliers et elles interfèrent aussi avec les six
autres. Cette simple remarque de bon sens conduit inéluctablement à modifier les processus
d’évaluation des élèves en faisant appel à des compétences le plus souvent ignorées dans les
dispositifs existants. S’il est évident que le professeur de mathématiques est impliqué dans la
validation de compétences du type « utiliser les théorèmes de géométrie plane », on voit bien
qu’il n’est pas le seul à s’intéresser à des compétences du type « reconnaître des situations de
proportionnalité », et par ailleurs il serait singulier qu’il ne participe pas à la validation de
compétences du type : « différencier une situation simulée d’une situation réelle (TICE) » ou
« situer et connaître les différentes périodes de l’histoire de l’humanité (humanités) » ou «
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savoir construire son opinion personnelle (pilier 6) » ou encore « manifester créativité,
curiosité, motivation… ». Il est également bien entendu que la plupart des compétences
attendues en maîtrise de la langue sont également du ressort du professeur de mathématiques.
Tout cela doit conduire chaque professeur à donner un sens plus vaste à l’évaluation en
mathématiques, comme il avait déjà été demandé dans la lettre d’information de janvier
dernier. Il s’agit bien de valoriser l’ensemble des compétences mathématiques des élèves ; le
faire à la lumière des sept piliers du socle en donne une vision très claire. Ces
recommandations sont les mêmes en lycée, même si à ce niveau il n’est plus question de
socle.
a. En quatrième :
b. En troisième :
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4) Modification dans l’esprit et dans la rédaction.
Extrait du BO page 8
On retrouve bien dans ce texte d’une part la spécificité des mathématiques qui doit être
expliquée et développée auprès des élèves, et d’autre part le rôle que jouent les
mathématiques dans le développement des autres sciences.
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Troisième partie : L’enseignement au jour le jour
Les nouveaux textes confortent sans restriction l’ensemble des recommandations qui sont
données dans cette académie depuis maintenant plus de dix ans. Il n’y a donc rien à changer
dans les propos tenus lors des précédentes réunions pédagogiques, et repris dans les
brochures éditées chaque année et disponibles sur le serveur.
Il est cependant opportun de reprendre rapidement ces recommandations qui deviennent des
consignes dès lors qu’elles sont explicitées dans un décret. Pages 12, 13, 14.
2) L’apport de l’expérimentation.
L’expérimentation joue en mathématiques un rôle décisif car c’est par elle qu’il est
possible de mettre en évidence des propriétés, d’émettre des conjectures, de tester leur
véracité, mais aussi de mettre en évidence des phénomènes qui semblent être vrais sur des
exemples, mais qui ne se généralisent pas. Dans ce cadre, l’utilisation des TICE peut se
révéler particulièrement pertinente.
L’expérimentation n’est pas propre aux mathématiques ; elle est largement pratiquée en
sciences dites expérimentales, comme les sciences physiques, technologiques ou biologiques.
En fait, il existe bien des similitudes entre la démarche expérimentale en mathématiques et la
démarche expérimentale en sciences physiques technologiques ou biologiques (ce qui
explique d’ailleurs l’existence dans les programmes de renvois à ces domaines scientifiques
par le biais des thèmes de convergence), mais c’est au niveau de la validation des résultats
formulés à l’issue d’un processus expérimental que ces sciences différent. Alors que les
sciences physiques, technologiques ou biologiques dégagent un grand nombre de « lois » de
l’expérience, les mathématiques ne peuvent se satisfaire que de résultats dûment démontrés.
L’éternité des théorèmes mathématiques démontrés, le fait que des conjectures nombreuses
traversent les siècles, sont deux éléments parmi d’autres témoignant de la spécificité des
mathématiques. Il convient de bien faire ressentir cela aux élèves.
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Tout cela nous amène de nouveau à l’initiation au raisonnement déductif et à la
démonstration.
Il est inutile de rappeler de nouveau ce qui a été dit et écrit à la suite des réunions de
novembre 2005. La démonstration est constitutive des mathématiques et l’initiation des élèves
à sa pratique est un objectif majeur de l’enseignement que ce soit dans le cadre du socle
(argumentation orale) que dans celui des programmes (rédaction achevée). Encore faut-il que
les élèves en perçoivent la nécessité et qu’ils disposent des outils nécessaires.
On considère un cercle sur lequel on place n points distincts et l’on souhaite connaître le
nombre maximum N de domaines plans délimités par les segments joignant deux de ces
points.
Dans le cadre de la cohérence signalée plus haut, il s’agit autant que faire se peut de ne
pas créer de dichotomie entre la géométrie et l’algèbre. La géométrie est souvent un facteur de
compréhension des phénomènes numériques ou algébriques, elle permet de leur donner du
sens et elle est l’occasion de précisions historiques essentielles.
Première construction
A O B M
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Si a 1 , on pose AM a et BM 1 ; on montre alors que MT a , ce qui prouve
l’existence de a .
Si a 1 , on pose AM 1 et BM a , et le résultat est analogue.
Seconde construction.
O H M
5) Pour terminer.
a. Les devoirs.
Leur importance est rappelée dans les textes précédents. Les recommandations qui en
découlent sont semblables à celles qui ont déjà été formulées dans les précédentes brochures
et lors des réunions en établissement. Les devoirs sont l’occasion de rédiger des
démonstrations, de développer des capacités de recherche et d’expérimentation, bref, de
conduire une véritable activité mathématique. Ils doivent être courts et fréquents et autant que
faire se peut intégrer l’usage de logiciels. La prise en compte du nombre et de la qualité des
devoirs sera renforcée lors des visites d’inspection.
Il est souhaitable que les élèves disposent d’un cahier de cours qu’ils tiennent eux-mêmes.
Ce cahier doit contenir des énoncés précis dont le statut est parfaitement défini (définition,
propriété, théorème) et dont on sait si il est admis ou démontré. Il est essentiel que certaines
démonstrations figurent dans ce cahier quand elles sont exemplaires, il n’est pas souhaitable
que les exercices soient mélangés au cours sauf à servir de courte application.
Concernant les évaluations, elles doivent permettre de mettre en valeur l’ensemble des
compétences des élèves et ne doivent pas se limiter aux devoirs surveillés. Revoir à ce sujet la
lettre d’information de janvier 2007.
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Quatrième partie : notion de probabilité au Collège
I – Généralités
1. Analyse du programme
L’objectif est détaillé dans le bandeau introductif de la première partie du programme :
« … c’est pour permettre citoyen d’aborder l’incertitude et le hasard dans une
perspective rationnelle que sont introduits les premiers éléments relatifs à la notion de
probabilité. »
Le programme lui-même précise le contenu. Il s’agit « d’aborder la notion de
probabilité à partir de situations familières » dans lesquelles « les probabilités sont
définies par des considérations intuitives de symétrie » ou « sont expérimentalement
évaluées par les fréquences observées », de « comprendre et d’utiliser les notions
élémentaires de probabilité », de « calculer des probabilités dans des contextes
familiers » en se limitant à des expériences aléatoires à une ou deux épreuves.
Les motivations sont nombreuses pour aborder cette initiation aux phénomènes
aléatoires dès le collège. Nous devons retenir que la France doit combler un certain retard
dans ce domaine. Ce retard est d’abord purement scolaire, par rapport aux autres pays
européens ; il est ensuite et surtout d’ordre culturel : nos élites et nos responsables de
l’information commettent un certain nombre d’erreurs et d’approximations dans bien des
effets d’annonce (météo, sondages, …), et ce, par ignorance plutôt que par malice.
La présentation choisie en 3ème doit être suffisamment simple pour être comprise sans
tomber dans la vulgarisation, s’appuyer dans la mesure du possible sur les statistiques, et
permettre rapidement de calculer des probabilités dans des situations de la vie courante.
D’autre part, elle doit être cohérente avec celle qui sera envisagée au lycée. Etant donné
que l’initiation au calcul des probabilités est sans précédent au collège, il est raisonnable
de connaître avant le point de vue actuellement enseigné au lycée.
Exemples
Lorsqu’on lance un dé, l’ensemble des issues est : E 1, 2,3, 4,5, 6 ; si le dé
n’est pas truqué, on peut supposer que toutes les issues ont même chance de sortir,
1
donc poser p1 ... p6 .
6
Lorsqu’on lance une pièce de monnaie, l’ensemble des issues est E = {Pile, Face}
et, si la pièce est régulière, on peut raisonnablement donner la valeur 0,5 aux deux
probabilités. On présente les résultats dans un tableau :
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Remarques
- La notion de résultat (ou d’issue) n’est pas intrinsèque, mais c’est une affaire
de choix, donc de modélisation ; ainsi, par exemple, si l’on s’intéresse à un jeu
de dé où l’on gagne si le nombre sorti est supérieur ou égal à 5, on peut prendre
comme univers E = {« moins de 5 », « 5 ou 6 »}. Dans ce cas, les probabilités
associées aux deux issues choisies seront données en accord avec l’intuition
(ou l’expérience).
- Les probabilités p1 ,... pn sont mathématiquement justes dès lors que les
n
conditions pi 0 et p
i 1
i 1 sont réalisées. Cela n’assure pas que le modèle
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grands nombres démontrent mathématiquement que la suite ( Fn ) converge vers p en un
certain sens :
- la loi faible (établie par Jacques Bernoulli en 1713) énonce que pour tout 0 , la
probabilité que Fn s’écarte de p de moins de tend vers 1 lorsque n tend vers :
0, lim P x E / | Fn ( x) p | 1 ;
n
(on dit aussi que la suite de variables aléatoires ( Fn ) converge en loi vers p) ;
- la loi forte (plus puissante et plus difficile, conséquence des travaux réalisés au
XXe siècle par Emile Borel, Francesco Cantelli et Andreï Kolmogorov) précise
que nlim Fn p pour presque toutes les expériences. Au sens de la théorie de la
Pratiquement cela assure dans presque tous les cas que la fréquence observée
expérimentalement se rapproche d’une valeur théorique p. La modélisation devrait donc
attribuer cette valeur p à la probabilité. Cette conception, dite fréquentiste, offre
l’avantage d’être cohérente avec l’approche statistique, mais elle se heurte à trois
difficultés.
La première est d’ordre théorique, car si l’on ignore la valeur de p, il est difficile d’en
induire cette valeur de façon exacte en réalisant l’expérience : l’incertitude sur la valeur
observée n’est jamais nulle, et la maîtrise de cette erreur n’est jamais sûre à 100 % . Ainsi,
par exemple, pour être sûr à 90 % d’avoir une valeur approchée de p avec k décimales, il
faut réaliser de l’ordre 10k fois l’expérience ; pour en être sûr à 99%, il faut la réaliser
environ 102 k fois.
Une troisième difficulté est d’ordre conceptuel, car le point de vue fréquentiste
présuppose l’existence d’une probabilité objective qu’il s’agit de découvrir ou
d’approcher. Ce credo, déjà remis en question au XVIII e siècle par Thomas Bayes, est
complètement rejeté par les probabilistes subjectivistes qui, à la suite des travaux de
Bruno De Finetti (vers 1930), postulent que la probabilité n’existe pas a priori. Cette idée
est d’autant plus fructueuse qu’elle permet d’appliquer le calcul des probabilités à des
expériences qui ne sont pas reproductibles (la probabilité qu’il fasse beau demain, la
probabilité que Monsieur Untel ait un accident de voiture dans l’année, …), et qu’elle est
d’un emploi courant dans la vie quotidienne (paris sur les jeux, météorologie, sondages,
calculs d’espérance de vie, primes d’assurances, …). Ces limites du point de vue
fréquentiste ne seront pas abordées dans l’enseignement secondaire.
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4. Difficulté à définir une probabilité objective
La théorie des probabilités est née au XVII e siècle, et les historiens s’accordent à dater son
acte de naissance de 1654, à partir d’un célèbre échange épistolaire entre Blaise Pascal et
Pierre de Fermat, autour de deux problèmes posés par le Chevalier de Méré. Jusqu’à la fin
du XIXe siècle, les mathématiciens avaient l’espoir que chaque « événement » résultant
d’une expérience aléatoire ait une probabilité objective calculable. Cette croyance a volé
en éclat après la publication en 1889 par Joseph Bertrand d’un célèbre paradoxe qui a jeté
un grand trouble dans les esprits, et a ainsi rendu nécessaire une axiomatisation rigoureuse
des probabilités. Ce paradoxe est exposé ci-après.
Le paradoxe de Bertrand
On choisit une corde au hasard sur un cercle. Quelle est la probabilité p qu’elle soit plus
longue que le côté du triangle équilatéral inscrit dans le cercle (de centre O, d
de rayon r) ?
Cette « histoire » admet une morale immédiate : le fait de choisir au hasard n’induit
aucune modélisation mathématique privilégiée, ce qui montre les limites de l’intuition.
Elle permet de mettre en évidence le fait qu’une expérience aléatoire ne permet pas à elle
seule de définir un événement, mais qu’il faut préciser le protocole expérimental, ce qui
constitue déjà un premier pas vers une modélisation.
Fréquences
22,00%
20,00%
18,00%
16,00%
14,00%
12,00%
10,00%
1 2 3 4 5 6
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Stabilisation des fréquences
0,24
fréquence du six
0,23
0,22
0,21
0,2
0,19
0,18
0,17
0,16
0,15
0,14
0,13
0,12
0,11
0,1
0,09
0,08
0,07
0,06
0,05
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500
nom bre de lancers
Un autre type d’expérience peut être réalisé à la main pour conjecturer une probabilité
inconnue. Un exemple classique consiste à lancer une punaise en métal qui peut
tomber soit la pointe sur la table (position A) soit la pointe en l’air (position B). En
répartissant les expériences et les calculs dans une classe, on peut observer à nouveau
sur environ 600 lancers une relative stabilisation des fréquences.
Dans tous les exemples, on s’attachera à définir l’univers et chacun des événements
considérés en donnant la liste de leurs éléments.
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2. Présenter les modèles probabilistes de base
Il s’agit d’étudier en classe un petit nombre de modèles qui vont servir de base pour traiter
d’autres problèmes.
Dé B
Dé A 1 2 3 4 5 6
Groupe A B AB O
Rhésus + 32,8 8,1 4,15 36
Rhésus - 7,2 1,9 0,85 9
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c) Problèmes de nature diverse
D C
2) La fourmi part cette fois de A et se déplace sur les côtés du
rectangle ABCD dans les mêmes conditions.
Quelle est la probabilité qu’elle se retrouve en A ? en B ? en C ? en A B
D ?
H G
3) La fourmi se déplace deux fois, au départ de A sur les
arêtes du cube ci-contre. E
F
La règle de déplacement est immuable.
Quelle est la probabilité qu’elle se retrouve sur chacun des huit D C
sommets du cube ?
A B
Note - Les promenades aléatoires dépassent le cadre d’une simple amusette pour
hyménoptères. Etudiées au début du XX e siècle par Henri Poincaré, elles ont servi de
modèle à Albert Einstein, Paul et Tatiana Ehrenfest pour dégager les lois du
mouvement brownien (1905-1912). Leur généralisation à un « graphe » quelconque
permet un traitement simple de certains processus probabilistes discrets pour lesquels
le passé n’influence pas le futur à long terme : les chaînes de Markov.
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d) Problèmes liés à la modélisation
Exercice 8
Chacun sait que lorsqu’on prend l’avion, la probabilité qu’il y ait une bombe à bord
est faible (environ une chance sur 100 000), mais la probabilité qu’il y ait deux
bombes à bord est pratiquement nulle. Alors, pour voyager serein, un homme décide
de toujours s’envoler avec une bombe dans sa valise. Qu’en pensez-vous ?
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Cinquième partie : les fonctions au Collège
« L’un des objectifs est de faire émerger progressivement, sur des exemples, la notion de
fonction en tant que processus faisant correspondre, à un nombre, un autre nombre. Les
exemples mettant en jeu les fonctions sont issus de situations concrètes ou de thèmes
interdisciplinaires. Les fonctions linéaires ou affines apparaissent alors comme des
exemples particuliers de tels processus. […]. L’usage du tableur grapheur contribue
aussi à la mise en place du concept, dans ses aspects numériques comme dans ses aspects
graphiques. »
16
température (en °C)
14
12
10
8
6
4
2
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
heure
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On pourra observer à ce niveau que n’importe quelle « courbe » ne permet pas de définir
une fonction, en illustrant cela par un ou deux contre-exemples graphiques.
Le cas d’un tableau de nombres peut être également envisagé en se limitant à des
exemples décrivant des phénomènes continus, car les autres cas soulèvent des difficultés
conceptuelles. Ces difficultés ne pourront pas être entièrement évacuées dans l’usage d’un
tableur grapheur (voir § 4).
Sur chacun des cas précédents, l’idée de variable doit être dégagée.
On peut aussi, dans cette phase d’approche, observer certains liens entre ces divers modes
de génération :
a) la recopie d’une formule telle que « = 4*A1 + 5 », est liée à la fonction x 4 x 5 ;
b) un algorithme de calcul machine tel que 3 + 2 = correspond à la fonction
x 3 x 2 ;
c) le rappel d’une valeur par Ans est l’analogue d’une variable notée x.
PM OP
Le théorème de Thalès montre que : ,
IA OI
donc :
M (x, y)
y x
.
a 1
J A (1, a)
O I (1, 0) P (x, 0)
La réciproque est plus délicate avec le théorème de Thalès, mais s’avère assez simple en
utilisant la notion de tangente : soit N ( x, ax) un point de la représentation graphique de la
IA a PN ax
fonction linéaire x ax . On a tan IOA a et tan PON a.
OI 1 OP x
Il en résulte que tan IOA
tan PON
, donc que IOA
PON . L’alignement des points O,
A, N en résulte. Cela démontre la réciproque : tout point de la représentation graphique
de la fonction linéaire x ax appartient à la droite (OA).
D’autre part, la résolution graphique permet de voir que lorsque a est strictement
positif, l’équation admet deux solutions opposées. Il est alors facile de définir le
nombre a comme la solution positive de l’équation. Cette présentation s’avère
beaucoup moins abstraite qu’une définition sans image et, sur le long terme, elle évite
les erreurs coutumières quant au nombre de solutions de l’équation x 2 a .
b) La trigonométrie
Le cosinus (en 4ème), le sinus et la tangente (en 3ème) d’un angle aigu de mesure  sont
introduits comme rapports de longueurs dans le triangle rectangle. Le fait de
considérer  comme variable (entre 0 et 90 degré) permet de franchir un pas
supplémentaire dans la compréhension de ces rapports et de leurs propriétés (sens de
variation, valeurs remarquables, images réciproques, …). Cette approche met en jeu
les fonctions Aˆ cos Aˆ , Aˆ sin Aˆ , Aˆ tan Aˆ ; elle peut être réalisée en observant
des tableaux de valeurs ainsi que les courbes représentatives de ces fonctions,
obtenues à l’aide de la calculatrice ou d’un tableur.
Ce point de vue peut être avantageusement utilisé également dans la résolution d’une
équation produit de la forme A( x).B ( x) 0 par l’observation de la représentation
graphique de la fonction x A( x ).B ( x ) , fournie par le professeur ou obtenue à l’aide
d’un grapheur. Il permet de donner une image mentale satisfaisante à la notion de
solution d’une équation du type f ( x ) 0 , en liaison avec les points où la courbe
coupe l’axe des abscisses. Bien entendu, aucune connaissance n’est requise en collège
sur cette question.
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statisticiens la nomment fonction de répartition), et l’on peut représenter
graphiquement cette fonction sur un ou deux exemples.
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heure
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3. Un pavé droit a pour dimensions x, x et 4. Exprimer en fonction de x le volume v( x) , la
longueur d ( x) d’une grande diagonale, l’aire totale a( x) ainsi que la somme des
longueurs des arêtes, notée l ( x) .
4. Un rectangle d’aire 40 a un côté de mesure x. Exprimer en fonction de x la longueur f ( x)
de l’autre côté.
A B C D E F G H I
1 x -1 0 2 3 5 8 10 20
2 f(x) 1 3 7 9 13 19
3 g(x) -2 -3 1 6 22 61
4 h(x) 1,41421 1 2,23607 3,16228 5,09902 8,06226
1. On a placé en B3 la formule : =B1^2-3 , que l’on a étendue par recopie vers la droite.
Exprimer g ( x ) en fonction de x, puis calculer les valeurs qui doivent apparaître en H3 et
I3.
2. On a placé en B4 la formule : =RACINE(B1^2+1) , que l’on a étendue par recopie vers
la droite. Exprimer h( x) en fonction de x, puis calculer les valeurs qui doivent apparaître
en H4 et I4.
3. Sachant que f est une fonction affine, quelle formule a-t-on inscrite en B2, avant de
l’étendre par recopie vers la droite ?
Remarque : ce problème peut être entièrement résolu de manière graphique. Il peut aussi
combiner l’étude graphique et l’étude algébrique, en écrivant les « équations » des
mouvements.
30
25
20
15
10
5
x
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Remarque : la difficulté de cet exercice peut être adaptée au niveau du collège ; on peut par
exemple se contenter de répondre aux différentes questions uniquement par lecture graphique.
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Sixième partie : enseigner le calcul au Collège
I – Le calcul numérique
1. Calcul et raisonnement
Une conception caricaturale des mathématiques oppose, autant dans les démarches de
pensée que dans les méthodes d’apprentissage, le calcul au raisonnement : celui-ci porterait
toute la noblesse de la discipline, celui-là renverrait à une activité automatique dépourvue
d’intelligence. Cette dépréciation du calcul est communément répandue dans la société, et elle
a été longtemps véhiculée dans l’enseignement, parfois de manière inconsciente. Largement
erronée, cette vision oublie que le triomphe actuel du numérique dans nos sciences, notre
technologie et notre quotidien doit beaucoup à une activité mathématique conceptuelle qui
rend des situations complexes accessibles au calcul (c’est la modélisation), et qui permet de
traiter et si possible d’automatiser ces calculs (ce qui mobilise de nombreux pans des
mathématiques, de l’Analyse à la Géométrie, sans oublier l’Arithmétique et l’Algorithmique,
mais aussi de l’informatique). Dans l’enseignement, calculer c’est aussi conceptualiser une
situation (par exemple pour calculer l’aire d’une couronne en effectuant la différence des aires
des deux disques), effectuer des choix raisonnés pour traiter ces calculs (de façon automatique
ou réfléchie), pour interpréter leur résultat (exact, approché). Même dans le cas d’un calcul
automatique, que ce soit mentalement, sur papier ou à l’aide d’une machine, le processus
calculatoire enclenche une démarche où le raisonnement occupe une place prépondérante :
- l’apprentissage de la table de multiplication par 7 est l’aboutissement d’une longue phase
pendant laquelle l’enfant égrène la liste des multiples de 7 (0, 7, 14, 21, 28, …) ;
- la technique de la multiplication posée n’est bien comprise qu’après avoir assimilé la
numération de position et l’effet de la multiplication par dix sur l’écriture décimale des
nombres ;
- l’exécution d’un calcul instrumenté requiert une organisation réfléchie (assimilation des
priorités de calcul, conception d’un algorithme).
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- les calculs complexes échouent lorsque des calculs plus simples ne sont pas disponibles de
façon automatique (tables de multiplication, décomposition d’un entier en produit, règle
des signes, doublement ou division par deux rapide d’un nombre, reconnaissance des
1
différentes écritures d’un même nombre, comme 0, 25 , et 25% , …) ;
4
- il permet de contrôler un résultat obtenu par un autre moyen (ordre de grandeur, chiffre
des unités, preuve par neuf, …) ;
- le calcul mental réfléchi met en jeu stratégies personnelles, imagination, initiative et
raisonnement. L’anecdote du jeune Frédéric Gauss qui, à l’âge de 9 ans, calcule
mentalement la somme 1 + 2 + … + 100 est sur ce point édifiante ; des calculs tels que
1,34 17 83 6, 66 peuvent développer ce type de compétence dès la Sixième ;
- il apporte une aide à la résolution de problèmes (test d’une égalité algébrique ou d’un
résultat, examen de la validité d’une règle de calcul, …) et à la conceptualisation de
nouvelles notions en les ramenant dans un champ numérique plus familier ;
- il prépare le terrain pour l’étude du calcul algébrique ; des calculs préliminaires tels que
15 3 5 5
1113 10 13 113 ou amènent, comme une réponse à la nécessité
21 3 7 7
ka a
d’une généralisation, les identités : k (a b) ka kb ou .
kb b
Il découle comme un corollaire de ce qui précède qu’un déficit dans les compétences de calcul
mental constitue un handicap majeur au Collège.
Cette différentiation des deux modes de calcul mental peut guider certaines actions de
remédiation, cela va de soi ; mais on doit aussi en tenir compte dans l’évaluation, notamment
pour marquer un distinguo, à un niveau donné, entre le socle et le programme. Pour chacune
des quatre classes du collège, le projet de document d’accompagnement des programmes
relatif au calcul numérique, consultable sur le site « eduscol », énumère un grand nombre
d’exemples.
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II – Les règles de calcul
1. La recherche d’une cohérence
L’enseignement des nombres et des opérations demande une cohérence globale du
discours tout au long des quatre années du collège, mais aussi vers l’amont et vers l’aval.
Pour cela, plusieurs philosophies sont envisageables a priori.
Une première démarche, entièrement conceptuelle, consiste à construire les nombres
(entiers relatifs, nombres décimaux et rationnels) et les opérations sur ces nombres à partir
des entiers naturels. Cette conception proche de ce qui se fait à un certain niveau dans
l’enseignement supérieur des mathématiques, a été abandonnée depuis longtemps dans
l’enseignement secondaire car elle présente des défauts pédagogiques rédhibitoires :
l’abstraction, la difficulté technique, le manque d’articulation avec les connaissances
antérieures des élèves, et surtout l’absence du sens nécessaire à une bonne appropriation.
Une deuxième voie prend le contre-pied de la précédente, en donnant un sens
immédiat à toute nouvelle acquisition. Il faut comprendre que cette attitude refusant tous
les obstacles épistémologiques, sans être traumatisante comme la précédente, représente
cependant un frein important à toute nouvelle acquisition. En voici quelques exemples : a)
si soustraire un nombre est seulement lié à « ôter quelque chose », la soustraction des
nombres relatifs ne peut pas être bien comprise ; b) s’en tenir à lier la division à la notion
de partage, c’est créer un obstacle lorsqu’on divise par un nombre décimal, voire par un
nombre négatif ; c) dans l’enseignement supérieur, considérer la dérivée d’une fonction en
un point comme un nombre (et non comme une application linéaire) est une difficulté
majeure dans l’apprentissage du calcul différentiel ; d) dans l’histoire des mathématiques,
les nombres complexes ont mis plus de deux siècles a être reconnus comme nombres tant
la conception antique des nombres était restée liée à la notion de longueur ; e) etc.
Les programmes de collège actuels doivent être compris et enseignés comme une
alternative raisonnable aux deux positions extrêmes précédemment évoquées. Il s’agit
d’abord de prendre en compte les acquis de l’enseignement primaire, où l’élève a déjà
côtoyé les entiers naturels, les décimaux et certaines fractions associées au partage de
l’unité, et où l’on a donné un sens usuel aux quatre opérations. En 6 ème, ce point de vue est
poursuivi et développé avec les entiers positifs, mais parallèlement on présente certaines
nouvelles conceptions : soustraire un nombre b à un nombre a, c’est trouver le nombre
inconnu dans l’égalité : b ... a ; de même diviser a par b c’est trouver, s’il existe, un
a
nombre inconnu dans l’égalité : b ... a . Ce nombre noté fournit une nouvelle
b
conception d’une fraction comme un quotient, et va permettre de définir un quotient en
général, ainsi que de trouver et justifier certaines règles de calcul (voir §3). Les nouvelles
connaissances sont ancrées dans les acquis des élèves pour des cas simples, puis
prolongées et traités mathématiquement en dehors d’un contexte familier. L’enseignement
sera d’autant plus consistant et formateur que ces nouvelles connaissances seront souvent
mobilisées pour résoudre des problèmes nouveaux, qui vont en permettre une complète
maîtrise.
a) Dans la mise en place effectuée en cours, une règle doit être préparée et motivée, et
autant que possible justifiée. La justification peut être partielle (pour une ou deux
valeurs numériques), limitée à certains nombres (positifs, entiers), ou faire l’objet,
chaque fois que c’est possible, d’une démonstration utilisant des écritures littérales. Le
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type de justification choisi dépend du niveau considéré et de la nature de la classe, il
ressort de la liberté pédagogique du professeur. Dans bien des cas, une justification
partielle effectuée en classe peut être prolongée par une démonstration demandée aux
meilleurs élèves en devoir à la maison. Il faut insister sur le fait que la justification
d’une règle n’est pas là pour souscrire à la seule exigence de rigueur, mais que c’est
une composante structurelle de sa bonne compréhension : par exemple, ne pas justifier
la règle des signes dans un produit représente un obstacle dans son apprentissage. Les
cas précis des quotients et de la règle des signes seront détaillés dans les paragraphes 3
et 4.
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b) Quotient, égalité et simplification
a a a
La « définition » précédente de impose que b a ou encore b a .
b b b
a
Ainsi l’égalité k signifie que kb a .
b
ka a
La règle de simplification d’un quotient en découle : puisque
kb b
( ka) b ( kb) a .
c) L’addition
a b ab
Dans le cas de deux quotients de même dénominateur, l’égalité peut être
c c c
présentée :
- en référence aux longueurs ; une unité étant choisie, on met bout à bout deux
a b
segments de longueurs respectives et . Cette présentation est réservée aux
c c
nombres entiers ;
- en oralisant l’écriture sur des exemples numériques entiers ; par exemple, pour
3 8
calculer , « trois septièmes plus huit septièmes » conduit naturellement à
7 7
« onze septièmes » ;
- avec une démonstration à l’appui, valable avec tous types de nombres, utilisant
a b a b
la distributivité et la notion de quotient : c c c a b . Ainsi
c c c c
a b a b ab
est le nombre qui, multiplié par c, donne a b . Donc .
c c c c c
Dans le cas de dénominateurs distincts, les présentations sont identiques après une
mise au même dénominateur préalable.
d) La multiplication
a
Produit d’un quotient par un nombre : c
b
Lorsque a, b, c sont entiers positifs, il est facile de justifier, par exemple, que
3 53
5 à l’aide d’un support géométrique (longueur ou aire).
7 7
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Dans le cas de nombres décimaux, une justification doit être proposée, qui peut être
seulement menée avec un exemple numérique immédiatement généralisable. On peut
a a a
utiliser la notion de quotient : b c c b ca ; ainsi c est le nombre
b b b
a ca
qui multiplié par b donne ca , donc c .
b b
e) L’inverse et le quotient
Le programme de 4ème demande d’introduire clairement la notion d’inverse : un
nombre non nul x admet un inverse dans un ensemble donné s’il existe dans cet
ensemble un nombre x ' tel que x x ' 1 ; si c’est le cas, on peut légitimement noter
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1
cet inverse ou x 1 – et il est fort critiquable d’introduire prématurément cette
x
notation pour des nombres x qui ne sont pas entiers. Ainsi « l’inverse d’un nombre
peut être aussi défini en 4ème comme le quotient de 1 par ce nombre ». (cf le projet de
document d’accompagnement des programmes). Une rapide investigation permet de
dégager que l’inverse n’existe pas en général dans l’ensemble des entiers relatifs ni
dans l’ensemble des décimaux. La règle de multiplication de deux quotients montre
a b ab
cependant que, si a et b sont des entiers non nuls, 1 . Autrement dit,
b a ba
toute fraction non nulle admet une fraction inverse, et l’on peut dégager la formule :
1 b
a a.
b
a c
Le problème du quotient de par (a, b, c, d non nuls) peut s’envisager ainsi :
b d
c a
existe-t-il un nombre q tel que q . La règle de multiplication permet de voir
d b
ad
que le quotient q convient.
bc
a
ad a d a 1
Ainsi, b , ce qui permet de dégager une règle qui soulage la
c bc b c b c
d d
mémoire : « diviser par un nombre, c’est multiplier par son inverse ».
Cette présentation est préconisée par les projets de commentaire des programmes.
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b) Les notations littérales
Plusieurs notations posent problème : la distinction entre majuscules et minuscules (A peut
désigner un point, AB une distance, d une distance ou une droite, f une figure et f une
fonction, …) , l’absence de signe pour un produit (l’écriture 2a est autorisée, mais a 2 est
interdite, contrairement à a2 et a 2 ), l’usage de parenthèses, la notation exponentielle, les
a
a
fractions à étages (en particulier : b ). Introduire ces notations « cabalistiques »
c b
c
demande une certaine prudence.
d) L’égalité
Le signe « = » prend, lui aussi, différents statuts :
- un sens dynamique (lié à la touche « = » ou « EXE » de la calculatrice) lorsqu’on
effectue des calculs ;
- un sens statique lorsque le signe « égale » lie deux écritures distinctes d’un même
objet, comme par exemple 12 + 5 = 8 + 3 + 6 ;
- un sens de question pour l’égalité figurant dans une équation : « pour quels
nombres l’égalité est-elle vraie ? » ;
- un sens d’identité, dans le cas d’une égalité algébrique qui est vraie pour tous les
nombres ;
- un symbole d’affectation, comme lorsqu’on calcule l’expression a 3b pour a 7
et b 2 .
L’utilisation des propriétés de l'égalité, par exemple la transitivité, ajoute une difficulté
supplémentaire :
y ax b
donc ax b a ' x b ' .
y a'x b'
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Une des difficultés incontournables réside dans la pluralité simultanée des statuts de la
lettre, pour désigner une valeur numérique, parfois même à l’intérieur d’une même
situation. Voici un exemple :
Bh
- dans la formule S qui calcule l’aire d’un triangle, on peut remplacer les trois
2
lettres par des valeurs numériques. Les lettres sont uniquement des raccourcis
d’écriture ;
- on peut fixer B et examiner l’évolution de l’aire pour plusieurs valeurs de h. La lettre
h est une variable ;
- Si l’on demande la hauteur d’un triangle tel que S = 10 et B = 3, la lettre h vérifiant
3h
10 est une inconnue ;
2
Bh 2S
- lorsqu’on passe de S àh , on effectue un calcul sur des indéterminées.
2 B
Tout cela est source de difficultés. Si une certaine habitude nous conduit à effectuer
ces passages-là de façon instantanée, il n’en va pas de même dans la phase
d’apprentissage. Le passage d’un cadre à l’autre demande une certaine maturation et il
convient de ne pas franchir trop vite certaines difficultés en faisant semblant de les
ignorer.
Il faut noter qu’au fil des années les programmes prennent compte de plus en plus de
ces difficultés ; sur ce point, le texte du socle commun de connaissances recadre les
exigences à un niveau relativement modeste.
a) Préparer le terrain
Il est important de ne pas parachuter les techniques de calcul, mais de les amener
progressivement par une pratique préalable de calculs numériques élémentaires ou
encore de « découpages géométriques », qui vont faire découvrir les propriétés, les
amener comme un besoin de généralisation, et surtout contribuer à mieux les fixer
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dans les esprits. Un grand travail d’approche doit être envisagé en 6 ème et en 5ème à
l’aide de calculs numériques répétés, d’opérations à trous, d’écritures littérales de
« formules » et d’exploitation de ces écritures.
Dans les autres classes (4ème, 3ème, et plus tard en 2nde), chaque nouvelle notion
algébrique peut être aussi avantageusement précédée d’approches approches
numériques répétées.
Exemples
Le calcul mental de 12 7 10 7 2 7 , …, ou de 19 13 20 13 113 peut
amener les « formules » : k (a b) k a k b et k (a b) k a k b en 5ème.
Le calcul (sans poser l’opération) de 24 37 (20 4)(30 7) montre que le résultat
s’obtient en ajoutant 28 unités, (4 3 2 7) dizaines, et 2 3 centaines. Une certaine
pratique de ce genre de calcul peut amener la technique de double distributivité en
4ème. Bien sûr, des découpages géométriques peuvent aussi être utilisés.
Le calcul (sans poser l’opération) de 312 , de 292 , ou de 59 61 peut être
profitablement envisagé longtemps avant d’introduire les trois produits remarquables.
27
Des calculs tels que 23 25 ou 3 doivent être assez longuement pratiqués en utilisant
2
les expressions développées des puissances avant d’institutionnaliser les propriétés
correspondantes. L’application de ces propriétés peut raisonnablement demeurer au
stade du calcul raisonné au Collège, la phase automatique étant trop souvent
dépourvue de sens.
Etc.
Solution
1. Si deux entiers a et b vérifient l’égalité a b 9...9 (n chiffres 9), alors le nombre obtenu
en juxtaposant les écritures de a et b est égale à 10n a b soit encore :
9...9a a b 9...9a 9...9 9...9 (a 1) .
2. Un nombre du type 1......1 2...2 (avec n chiffres 2 et 2n chiffres 1) est égal à :
(10n x x) 2 x ; il s’écrit encore : (10n 1) x . Or 10n 1 9 x ; le nombre est donc égal à
2
9x 2 , soit encore à (3 x) .
Remarque : ces démonstration sont sûrement trop difficiles dans le cas général, mais peuvent
être conduites sur un ou deux exemples numériques.
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1 5
Soit le nombre d’or.
2
1. Calculer 2 et vérifier que 2 1 .
1
2. En déduire les égalités : 3 2 1 , 4 3 2 , puis 1.
Remarques
La dernière question ne nécessite que l’utilisation d’un produit remarquable :
1 1 x2 1
a ( x ) ( x ) ( x 1) 2 0 .
2 2 2 2
Ce problème peut aussi recevoir un traitement graphique ou fonctionnel.
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Exercice 12 : la chaîne articulée
Une chaîne articulée composée de 5 tiges de même longueur est
posée sur une table, les articulations étant alignées comme sur le
schéma ci-contre.
Combien mesure l'angle  ?
1 1
Réponse : Aˆ 180 ; avec un nombre impair n de maillons, on trouverait Aˆ 180 .
5 n
A I K B
Exercice 13 : un problème d’orthogonalité
Sur la figure ci-contre, ABCD est un
H
carré, I, J, K sont les milieux respectifs des
segments [AB], [BC], [IB], et H est le J
projeté orthogonal de B sur la droite (IC).
3. Equations, inéquations
Exercice 14 : avec des entiers consécutifs
a) Trouver trois entiers consécutifs dont la somme est 2007.
b) Trouver trois entiers consécutifs dont la somme est 2008.
c) Trouver trois entiers impairs consécutifs dont la somme est 2007.
d) Trouver trois entiers impairs consécutifs dont la somme est 2004.
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Indication : prendre comme inconnue l’aire S (en cm2) de la section cylindrique. L’équation
du problème est alors : 14.S 1000 11.S .
Exercice 17 : avec les moyennes
Belle réussite au dernier contrôle de mathématiques, dans cette classe de 30 élèves : 14 de
moyenne pour les garçons, 16 pour les filles, et 15,2 de moyenne générale.
Combien y a-t-il de garçon ? de filles ?
H I L
Exercice 18 : découpages
Sur la figure ci-contre, le rectangle ODLH a été découpé en cinq carrés. Deux
J K
paires de carrés ont mêmes dimensions et le périmètre du grand rectangle est
E F G
égal à 78. Quelle est son aire ?
O B C D
Solution
Soit n le nombre d’animaux ; il y a n 2 mammifères, n 3 chiens, n 4 chats, n 5
perroquets.
Tous ces nombres étant positifs, on en déduit : n 5 .
Le total des chiens et chats n’excède pas le nombre de mammifères : ( n 3) (n 4) n 2 ;
on en tire : n 5 . Donc n 5 .
Conclusion : il y a 5 animaux, dont 2 chiens et 1 chat, et 0 perroquet, donc deux non
mammifères qui ne sont pas des perroquets (des poissons rouges par exemple).
Exercice 20 : le problème du nénuphar (d’après Les Casse-tête mathématiques de Sam Lloyd)
Le nénuphar se trouve à 10 cm au-dessus de la surface de l’eau. Si on le tire de côté, il
disparaît à 21 cm de l’endroit où il se trouvait.
Quelle est la profondeur de l’eau ?
Indication : prendre comme inconnue le nombre médian pour se ramener à une équation du
type x 2 a .
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D C
Exercice 23 : cercle et carré
Le cercle de centre O de rayon 1 passe par les sommets C et D d’un carré O
ABCD, et il est tangent en I au côté [AB].
2
5 2 8
On en tire : c 2c 0 , d’où c .
4 5
A B
Exercice 26 : la couronne
Deux cercles concentriques sont représentés ci-contre. La corde [AB] du grand
cercle mesure 6 cm et elle est tangente au petit cercle.
Quelle est l’aire de la couronne ?
Réponse : 9 .
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6r f 6 r 5
On simplifie : et on en tire : .
4r f 4 f 24
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