PROCEDES DE DECOUPAGE
1. DECOUPAGE AVEC MOYENS MECANIQUES
1.1. Cisaillement
1.1.1. Principe
Le cisaillage permet de séparer totalement ou partiellement un élément métallique à
l'aide de deux lames dont l'une, au moins, est mobile.
Sous l'action de la contrainte imposée par la partie active des lames, il se produit une
déformation élastique, puis un glissement avec décohésion du métal suivant deux
directions formant l'angle b.
L'angle b, ainsi que la profondeur de la décohésion varient suivant la nuance du métal
et son état. Globalement un tiers de la section est cisaillé, deux tiers sont arrachés.
1.1.2. Cisaillage sur cisaille guillotine à lames parallèles
Cisaillage simultané sur toute la longueur. Coupes généralement rectilignes. Effort
important.
F = L e Rc ; L = longueur cisaillée
e = épaisseur de la tôle
Rc = résistance au cisaillement
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1.1.3. Cisaillage sur cisaille à lames obliques
L'effort décroît avec l'angle d'inclinaison des lames.
Si >15° le métal peut se dérober et la partie découpée est fortement fléchie, donc
déformée. Il est nécessaire d'établir un compromis.
Les cisailles munies de lames longues sont appelées cisailles guillotines, 2° 30 < <
6° pour coupes rectilignes
Les cisailles munies de lames étroites sont utilisées pour les coupes de formes
curvilignes ou sinueuses 15°.
1.1.4. Cisaillage avec lames circulaires :
Les lames sont rotatives et motrices. Pour un diamètre convenable de lames et a bien
réglé, le métal à découper est entraîné.
Les axes des lames peuvent être parallèles ou inclinés par rapport au plan de coupe.
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1.2. Poinçonnage
1.2.1. Principe
Un poinçon et une matrice remplacent les lames de cisaille.
1.2.2. Désignation des opérations
a : Poinçonnage: trous de petit diamètre, le déchet est appelé débouchure.
b : Découpage : le produit obtenu est un flanc (récupéré pour emboutissage ou pliage).
c : Crevage : découpage partiel.
d : Encochage : découpage débouchant sur un contour.
e : Grignotage : poinçonnage partiel par déplacement progressif de la pièce ou du
poinçon.
f : Arasage : découpage en reprise (précision de côtes et d'états de surface).
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g : Détourage : finition d'un contour déjà ébauché, modifié au cours d'une
déformation.
1.2.3. Grignotage
Le grignotage est un procédé de découpage réalisé par des machines assimilables à
des poinçonneuses animées d'un mouvement rapide (250 à 1200 coups par minute).
L'organe de découpage est un poinçon de forme spéciale qui reste constamment
engagé dans la matrice; il opère une succession de découpages en forme de croissants.
1.2.4. Grugeage
Du même principe que les outils précédents, le grugeoir est de plus grandes
dimensions. Pour diminuer l'effort instantané, les arêtes du poinçon forment un angle
de 5 à 10° avec celles de la matrice. Le porte poinçon a généralement une forme
dégagée pour le découpage des profilés. C'est surtout dans ce travail que le grugeage a
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le plus d'applications (entailles diverses, coupes d'onglet pour coudage des cornières,
etc.)
1.3. Usinage
1.3.1.. Scie
Le sciage est un procédé qui sectionne le métal par petits copeaux suivant une saignée
étroite.
On utilise des lames dentées, en acier au tungstène ou en acier rapide. Elles sont
caractérisées par le nombre de dents au centimètre (11 à 13 pour la tôle mince).
1.3.2. Le tronçonnage à la meule
Le frottement intense de la meule sur la pièce provoque l'arrachement de micro
copeaux de cette dernière.
On utilise des tronçonneuses équipées de meules minces à agglomérant élastique
2. découpage AVEC MOYENS THERMIQUES
2.1. L’oxycoupage
2.1.1. Principe
L'oxycoupage met en œuvre une énergie thermochimique associant une réaction
chimique (combustion / oxydation du fer) et une action physique d'éjection des
scories hors de la saignée par la force vive du jet d'oxygène. Cette réaction nécessite
la présence de flammes de préchauffage pour s'amorcer et s'entretenir ensuite
correctement.
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L'oxycoupage ne peut s'entretenir que sur les aciers non alliés ou faiblement alliés.
2.1.2. Mise en œuvre
L'outil de base est le chalumeau coupeur, il est équipé d'une tête de coupe percée de
plusieurs orifices circulaires :
- un trou central assurant le passage de l'oxygène de coupe
- plusieurs trous disposés autour du précédent permettant la formation de la flamme
de chauffe.
Les précisions de coupages sont comprises entre 1 et 2 mm.
Les déformations sont relativement importantes.
Ce procédé peut être manuel ou automatique.
2.2. Le coupage plasma
2.2.1. Principe
Il met en œuvre une énergie concentrée sous forme d'un jet plasma à très
haute température (15000 à 20000°C) qui fond le métal à son point
d'impact et éjecte le métal fondu hors de la saignée par sa force vive. Ce
jet plasma est généré par un arc électrique qui s'établit entre une électrode,
interne à la torche et la pièce.
Cet arc est placé dans un courant de gaz qui assure la génération du plasma. Il
s'échappe par un petit orifice qui lui confère finesse et rigidité.
Le coupage plasma peut intervenir sur tous matériaux conducteurs d'électricité.
2.2.2. Mise en œuvre
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L'outil de base sont les torches de coupage, elles se classent en 2 familles selon la
nature des gaz plasmagènes :
-Torches à écoulement laminaire :
Elles sont équipées d'une électrode pointue en tungstène et utilisent des mélanges
argon/hydrogène ou azote. Ces gaz sont éjectés parallèlement à l'électrode qui ne subit
pas de contraintes d'oxydation puisque l'argon et l'azote sont inertes et que
l'hydrogène est réducteur.
-Torches à écoulement en vortex :
Elles sont équipées d'une électrode plate comportant un insert en zirconium (métal
très émissif) qui stabilise le point de départ de l'arc. Elles utilisent l'air comme gaz.
L'électrode plate et l'utilisation d'un vortex visent à placer le point d'émission de l'arc
en dehors du courant gazeux et à éviter son oxydation.
Ecoulement laminaire Ecoulement en
vortex
Il faut prévoir des lunettes de protection pour l'utilisateur et une ventilation des
locaux.
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La précision de coupage est de 1 mm.
Le coupage peut être mis en œuvre avec des outils manuels ou automatiques. Dans ce
dernier cas, la machine peut former une cellule complète avec un ordinateur. Celui ci
assistera la préparation pour :
- calculer et dessiner la forme des pièces
- procéder à l'imbrication des pièces dans la tôle
- déterminer le parcours optimal de l'outil de coupage.
2.3. Le coupage laser
2.3.1. Principe
Le coupage laser met en œuvre une énergie de rayonnement sous forme d'un pinceau
de lumière cohérente, monochromatique et concentrée. L'absorption de cette énergie
par la pièce à un endroit précis (moins de 1 mm2) provoque une fusion / vaporisation
du matériau, les fumées et les éléments liquéfiés étant éjectés de la saignée par un
souffle de gaz additionnel.
Le coupage laser peut intervenir sur de nombreux métaux (excepté l'aluminium et l'or
trop réfléchissants, n'absorbant pas le rayonnement reçu) les matières plastiques,
cuirs, cartons, tissus...
2.3.2. Mise en œuvre
La tête de coupage est alimentée par un générateur de rayonnement laser ainsi que par
une source de soufflage.
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La puissance mise en jeu se situe entre 50 et 100 kW pour une puissance utile de
1500 à 2000W.
Les déformations sont négligeables.
La précision de coupage est comprise entre 0.1 et 0.2 mm.
3. AVEC MOYENS ABRASIFS
Le coupage à l’eau
3.1. Principe
Cette technique consiste à projeter un jet d’eau focalisé à très haute pression pouvant
atteindre 4000 bars sur la surface à découper.
3.2. Machine possédant une tête de découpe simple
Elle permet la découpe de matériaux non métalliques : cuir, textile, mousses, matières
plastiques, couche simple à multicouches.
Le débit d’eau varie de 3 à 5 l/min sous une pression de 2000 à 3500 bars. L’eau doit
être filtrée et déminéralisée.
3.3. Machine possédant une tête de découpe avec eau chargée
d’abrasifs
Utilisée dans la découpe de matériaux métalliques tels que : aluminium,
nickel, titane, aciers inoxydables, verre. Le diamètre du jet chargé d’abrasifs peut
atteindre 1.5 mm. Les pressions varient de 500 à 4000 bars pour une consommation
d’eau de 3 à 10 l/min.
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Les abrasifs en poudre utilisés sont : l’olivine, le corindon, le grenat.
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