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Partenariat Algérie-UE : enjeux et défis

Ce document présente un résumé du mémoire de magister sur le partenariat économique et l'accord d'association entre l'Algérie et l'Union Européenne. Le mémoire analyse les fondements théoriques de l'intégration économique régionale, l'historique des relations entre l'Algérie et l'Europe, la mise en œuvre de l'accord d'association et les relations économiques entre les deux parties.

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Partenariat Algérie-UE : enjeux et défis

Ce document présente un résumé du mémoire de magister sur le partenariat économique et l'accord d'association entre l'Algérie et l'Union Européenne. Le mémoire analyse les fondements théoriques de l'intégration économique régionale, l'historique des relations entre l'Algérie et l'Europe, la mise en œuvre de l'accord d'association et les relations économiques entre les deux parties.

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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA


RECHERCHE SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE Mouloud MAMMERI DE TIZI-OUZOU

Faculté des sciences économiques, commerciales et de gestion


Département des sciences économiques
Mémoire
En vue de l’obtention du diplôme de magister en sciences
économiques
Option : Economie et Finance Internationales
Thème

Le partenariat économique et l’accord d’association


Algérie-Union Européenne : portée et limites

Dirigé par : présenté par :


Professeur GUENDOUZI Brahim Mr. BOUABBACHE Aissa

Devant le jury composé de:

Président : Mr. BOUYAHIAOUI Nacer, maître de conférences « A », UMMTO

Rapporteur : Mr. GUENDOUZI Brahim, Professeur, UMMTO

Examinateurs : Mr. OUALIKENE Selim, maître de conférences « A », UMMTO

Mme AMNACHE Sabrina, maître de conférences « B », UMMTO

Date de soutenance : 15/06/2016


Remerciements

Je tiens à remercier professeur B. GUENDOUZI pour avoir accepté


de diriger ce travail. Je tiens aussi à lui exprimer ma profonde
gratitude pour son soutien, sa patience et son entière disponibilité.

Mes remerciements vont aussi aux membres de jury, pour l’honneur


et le plaisir qu’ils m’accordent en acceptant de lire et d’évaluer ce
travail.

Mes sincères remerciements vont aussi à mon cousin Ahcene


AGGOUN et à toutes les personnes qui m’ont aidé de près ou de loin
dans la réalisation de ce mémoire.

I
Je dédie ce travail à :

 Ma famille
 Mes amis
 Mes collègues

II
Liste des abréviations
AA : l’accord d’association

ANDI : l’agence nationale de développement des investissements

BEI : la banque européenne d’investissement

CEE : la communauté économique européenne

CES : le Comité Economique et Social européen

CNI : le conseil national des investissements

CNUCED : le conseil des nations unis pour le commerce et le développement

DIVECO : programme d’appui à la diversification de l’économie

FEMIP : la facilité euro-méditerranéenne d’investissement et du partenariat.

GATT: general agreement on tariffs and trade

IEV: instrument européen de voisinage

IEVP: instrument européen de voisinage et de partenariat

OMC : organisation mondiale du commerce

P3A : programme de la mise en œuvre de l’accord d’association

PECO : pays de l’Europe centrale et orientale

PEM : partenariat euro-méditerranéen

PEV : la politique européenne de voisinage

PIN: un plan indicatif national

PME : petite et moyenne entreprise

PMG : politique méditerranéen Globale

PMR : la politique méditerranéenne rénovée

PTM : pays tiers méditerranéens

SIGMA: outil de l’appui à l’amélioration de la gestion de la gouvernance

TAEIX: Instrument Européen d’Assistance Technique et d’Echange d’Informations

UE : Union Européenne

UMA : union du Maghreb arabe

III
SOMMAIRE

Sommaire
Introduction générale .......................................................................................................................5
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration économique régionale ..................... 13
Section 1. Généralités sur l’intégration économique régionale ....................................... 15
Section 2. Les différents types d’intégration économique régionale ............................... 26
Section 3. La théorie des unions douanières..................................................................... 32

CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie ................................................................... 46


Section 1. Un rappel historique des relations algériennes avec l’Europe communautaire
........................................................................................................... 48
Section 2. L’accord d’association UE-Algérie .................................................................. 59
Section 3. La politique européenne de voisinage .............................................................. 71

CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association ...................................................... 79


Section 1. Les programmes du financement dans la cadre de l’accord d’association .... 80
Section 2. Programme d’appui à la mise en œuvre de l’accord d’association (P3A) ...... 95
Section 3. Le démantèlement tarifaire et les règles d’origines...................................... 102

CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE ........................................................... 113


Section 1. La structure du commerce extérieur de l’Algérie ......................................... 114
Section 2. Le commerce extérieur de l’Algérie avec l’Union Européenne ................... 119
Section 3. Les flux des IDE en Algérie ............................................................................ 131

Conclusion générale ...................................................................................................................... 147

IV
Introduction générale

Introduction générale
La Méditerranée ou la mare nostrum a été à travers l’histoire à la fois une barrière
séparant l’Europe de ses voisins et un trait d’union reliant les trois continents qui la bordent.
Son importance est à la mesure de la grandeur des civilisations qu’elle a vu naître sur ses
rives : Romains, Berbères, Pharaons, Phéniciens, Grecs et Arabes ont tantôt fait d’elle un
espace d’échange, tantôt un théâtre de lutte. Ainsi, les peuples méditerranéens ont toujours été
en contact soit pour le commerce soit pour la guerre.

L’Europe forte de son histoire et de la puissance de ses pays a longtemps usé de la force
pour asseoir sa dominance sur le monde en commençant par ses voisins. C’est le temps des
empires coloniaux. La domination de l’Europe sera contestée par les mouvements de
colonisation successifs. L’accession des pays, de plus en plus nombreux, à leur
indépendance, entraînera une nouvelle phase de relations qu’entretient le vieux continent
avec les autres. Une phase de rapprochement économique que dicteront les changements
politiques en Europe et les premiers pas vers l’union.

En effet, l’Europe, continent déchiré par les conflits entre les grands empires
dominants le monde, n’était plus après avoir connu le chaos lors des 02 grands conflits
mondiaux. L’idée a germé dans l’esprit de F. List, R. Schuman, J.Monnet et d’autres, d’en
faire un espace d’intégration pour éviter tout conflit. Cette idée est transformée en acte, en
1957, avec la signature de traité de Rome par six pays, donnant naissance à la CEE. Cette
date marque un tournant majeur pour la communauté et les pays qui la composent et
l’Europe est devenue aujourd’hui une puissance économique et politique qui ne cesse de
prendre de l’ampleur.

L’expérience européenne, notamment sont aspect économique, a suscité l’intérêt de


plusieurs penseurs qui ont essayé, dans un contexte bien défini, d’analyser les effets positifs
et négatifs en découlant et leurs influences sur les pays y participant. Les travaux de Viner et
ceux qui l’ont suivi comme Meade, Lipsey,… ont contribué, durant les années 70, à
approfondir les travaux déjà entamés, voire même au renouvellement de la théorie des unions
douanières qui s’est développée, avec les travaux des autres économistes comme Krugman,
en lui donnant un aspect non seulement commercial mais aussi territorial et géographique.
Les analyses ne se sont pas limitées, uniquement, aux effets bénéfiques et négatifs des unions
douanières, d’ailleurs, d’autres théoriciens se sont intéressés au processus de l’intégration

5
Introduction générale

économique, à l’image, de Bella Balassa qui a tenté, à travers cette expérience, de


construire un modèle de cinq étapes conduisant à une intégration plus poussée

Même si l’union se fait de part et pour les pays qui la composent, il va s’en dire que
l’intégration économique ne peut évoluer sans prendre en considération son voisinage
immédiat. La CEE a montré, dès sa création, un grand intérêt à ses voisins du Sud pour
diverses raisons : politique (l’antagonisme avec le bloc soviétique), historique (du fait du
passé colonial des pays européens) et économique (du fait de la proximité d’un vaste marché
et de la disponibilité d’atouts comme la main d’œuvre à bon marché et les matières
premières). Dès lors, il a été nécessaire à la CEE de se rapprocher des pays limitrophes,
notamment maghrébins. Ainsi, dès le début des années 1960, elle a mis en œuvre un accord
d’association encadrant ses relations avec le Maroc et la Tunisie. L’Algérie n’était pas
concernée par cet accord car elle était encore un département français. Malgré cela, le pays a
bénéficié d’un statut privilégié pendant près d’une décennie avant d’être considéré comme un
pays tiers au début des années 70.

La nécessité de booster les relations extérieures a mis l’Europe communautaire dans


l’obligation de revoir le premier cadre jugé insuffisant et/ou peu efficace, par une politique
méditerranéenne à caractère globale capable de faire entrer les relations euro-
méditerranéennes dans une nouvelle ère. Ainsi, le lancement de la politique méditerranéenne
globale a tenté de renforcer les relations de l’Europe avec ses voisins en incluant outre
l’aspect commerciale, la coopération technique et financière, les échanges. Mais des facteurs
d’ordre internes et externes à l’UE l’ont poussé à revoir ses plans pour proposer, dès 1990,
une nouvelle politique.

La politique méditerranéenne rénovée (PMR) a été d’autant plus nécessaire vu les


bouleversements mondiaux amenés par la chute de l’URSS et les différents processus
d’élargissement et l’entrée en vigueur de l’acte unique. Peu de temps après, la PMR a été
suivi par le lancement du partenariat euro-méditerranéen. Ceci montre la volonté de l’UE
d’amener les relations de coopération à un niveau stratégique. Ce partenariat porte sur 03
volets (politique, économique et social) et un double objectif : la création d’une zone de libre
échange et la transformation de la méditerranée en zone de stabilité et de prospérité.
Néanmoins, certaines négociation ont abouti rapidement à des accords d’association comme
avec le Maroc et la Tunisie, d’autre ont pris énormément du temps pour se concrétiser comme
fut le cas de l’Algérie.

6
Introduction générale

L’UE n’a pas pris beaucoup de temps pour lancer une autre politique baptisée sous le
nom de la politique européenne de voisinage, qui est venue pour compléter le partenariat
Euro-méditerranéen. Cette nouvelle politique était un peu différentes des ses précédentes : les
anciennes politiques avaient un seul projet pour l’ensemble des pays méditerranéens par
contre la PEV est basée sur la différenciation, c’est-à-dire des projets et des financements
selon les besoins de chaque pays, élaborés dans des Plan Indicatifs Nationaux (PIN), mais
qui sont attribués sous certains conditions et des exigences de l’UE.

Les négociations entre l’Algérie et l’UE étaient longues, ce n’est qu’en 2002 que
l’accord d’association a été signé pour une durée indéterminée, assorti d’une période de
transition de 12 ans pour préparer la libéralisation totale des échanges. A cet effet, l’UE a
mis en place une série de programmes de financement sous forme d’aides ou de prêts à des
taux d’intérêts bonifiés provenant des fonds budgétaires de la commission européenne et de
la Banque Européenne d’Investissement (BEI). En plus de ces apports financiers, l’UE a
offert une assistance technique dans plusieurs secteurs.

Dès lors, les relations économiques de l’Algérie avec l’UE ne peuvent pas être
analysées en dehors de l’accord d’association qui les encadre depuis 2002. Une bonne partie
de cet accord est consacrée aux échanges des biens et services et tous les problèmes y inhérent
comme les subventions et les mesures compensatoires, les droits de propriété intellectuelles,
le dumping, les mesures de sauvegardes,…

La moitié des transactions commerciales de l’Algérie se font avec l’Union Européenne.


Malgré la volonté du pays et ses tentatives de diversifier ses partenaires, l’Europe demeure
un partenaire de premier plan. La suppression des barrières tarifaires, induite par l’accord
d’association est censée, du moins en théorie, avoir des retombées bénéfiques sur le bien être
du consommateur algérien et permettant l’amélioration de position économique et
commerciale de l’UE sur le marché algérien. Ce renforcement des échanges mutuels est censé
générer un flux des IDE et donc avoir un impact positif sur l’économie algérienne

Objet de la recherche

Les relations internationales ont pris un nouveau cap, au début des années 1980, avec la
multiplication des accords régionaux tendant vers la création de vastes ensembles régionaux.
L’Afrique du Nord n’a pas été en reste avec le projet d’Union du Maghreb Arabe (UMA)
signé 1989, et concrétisant, sur le papier, le rêve des nationalistes de l’Etoile du Nord

7
Introduction générale

Africain des années 1920. Ce projet n’avait presque aucune chance de devenir réalité par le
fait des contentieux entre les pays concernés. Malgré les tendances internationales, l’idée de
l’UMA restera du domaine de l’utopie. En parallèle, l’UE a proposé un projet que les trois
pays de l’UMA l’ont signé individuellement. A travers cette action, L’UE œuvre à la création
d’une zone de libre échange en Méditerranée, d’où la nécessité de sceller des accords avec
l’ensemble des pays pourtour méditerranéen.

Ainsi, l’Algérie et l’UE ont signé un accord d’association pour encadrer leurs relations.
Ces relations n’ont jamais été stables et sont marquées par des fluctuations. Partenaire
économique de l’Algérie avant même son indépendance, la CEE (devenue par la suite UE) a
essayé de définir ses relations avec le pays dès le départ. Cette démarche passera du stade de
coopération à celui de partenariat et connaitra des périodes fastes de prospérité et d’autres de
stagnation dues à des facteurs autant internes qu’externes pour les deux parties. A travers cet
accord, l’Algérie, souffrant d’une économie mono exportatrice et peinant à diversifier ses
exportations, cherche une véritable alternance à sa dépendance aux hydrocarbures.

Notre objet de recherche se limite uniquement au volet économique prévu dans le cadre
de l’accord d’association, tout en essayant de faire une lecture objective des relations
économiques entre l’Union Européenne et l’Algérie, qui datent de près de 40 ans. En
commençant par les premiers accords d’association, qualifiés des accords de premières
générations, jusqu’à la politique européenne de voisinage. Enfin, nous avons essayé de faire
relever les opportunités et les menaces que ces relations présentent pour l’économie
Algérienne.

Problématique

La période allant du milieu des années 1980 jusqu’à la fin des années 1990 est
considérée comme la plus difficile qu’a connue l’Algérie indépendante. Et pour cause : la
chute des prix du baril de pétrole a grevé les recettes publiques ayant déjà des difficultés à
honorer les engagements vis-à-vis de la dette. Conjugués à ces problèmes financiers, les
remous de la société atteignant un paroxysme avec les événements d’octobre 1988. Et pour
corser le tout, la réponse du pouvoir aux aspirations du peuple, c’est-à-dire le multipartisme
débouche sur une impasse. Le pays plonge dans l’horreur de la décennie noire après l’arrêt du
processus électoral en 1991.

8
Introduction générale

Durant cette période charnière a vu l’UE proposer aux pays méditerranéens un projet
qualifié d’ambitieux par de nombreux analystes vu les domaines qu’il touchait. L’Algérie
plus profonde dans sa crise, a participé à la conférence euro-méditerranéenne à Barcelone en
1995, sans montrer un réel intérêt au projet.

La fin du XXème siècle verra l’Algérie sortir de la crise et l’amélioration notable de la


situation sécuritaire. L’embellie financière, induite par la hausse des cours du pétrole, créera
une conjoncture favorable : l’Algérie tentera de rattraper son retard en procédant au
remboursement anticipé de la dette et à la création d’un Fonds de Régulation des Recettes
(FRR), amélioration de ses réserves de changes et le lancement des programmes
d’investissements publics (PIP) de plusieurs milliards de dollars dans les différents plans
quinquennaux.

Dans ce contexte, la demande interne explose, d’où le recours aux importations pour
faires face au déficit de l’offre locale, amenant une ouverture forcé à l’extérieur. L’Algérie
qui reste hésitante vis-à-vis une ouverture dans un cadre multilatéral, c’est-à-dire dans le
cadre de l’OMC, a signé, en 2002, un accord impliquant son ouverture bilatérale vis-à-vis de
l’Union Européenne soit une ouverture vers presque la moitié des pays du continent européen.

Les négociations ayant abouti à la signature de l’accord d’association entre l’Algérie et


l’UE ont été longues et rudes. Les objectifs généraux fixés sont censés répondre aux besoins
de l’économie algérienne et la relever. Néanmoins, certaines voix se sont élevées pour
dénoncer le danger que représente cet accord « mal négocié » par la partie algérienne avant
même sa mise œuvre totale à la fin de 12 années de transition, certains spécialistes en
appellent à sa révision, voire même à son annulation pure et simple.

Quels sont les effets du partenariat économique avec l’Union Européenne, encadré,
depuis 2002 par l’accord d’association, sur une économie algérienne dominée
principalement par les exportations des hydrocarbures ?

Tout au long de ce travail de recherche nous avons essayé de répondre aux questions
induites par notre problématique, à savoir :

 Quel est l’impact de tant d’années de coopération et/ou de partenariat entre l’UE et
l’Algérie sur l’économie de cette dernière ?
 Sachant l’écart de développement entre l’Algérie et l’UE, la libéralisation des
échanges peut-elle être bénéfique à l’économie algérienne ?

9
Introduction générale

 Les relations économiques UE-Algérie ont-elles touché tous les aspects de la


coopération économique, à savoir la coopération technique, financière, flux des IDE,
transfert technologique ou bien se sont-elles limitées uniquement aux échanges
commerciaux ?

Hypothèses de la recherche

Les hypothèses qui sous tendent notre travail sont :

 Les relations économiques de l’Algérie avec l’Union Européenne sont dominées par
leur aspect commercial qui est confirmé par le contenu de l’accord d’association.
 Le partenariat économique, entre l’Algérie et l’Union Européenne, qui véhicule le
principe du gagnant-gagnant a mis l’intérêt de l’Algérie en avant, en déployant tous
les moyens nécessaires pour que cette dernière puisse diversifier son économie.

Démarche méthodologique

Sur les trois axes de l’accord d’association, à savoir le volet politique, économique et
socioculturel, nous nous sommes limités, dans notre travail, au volet économique seulement.
Au départ on a formulé des hypothèses afin de comprendre la nature des relations
économiques entre les deux parties signataires de l’accord d’association ainsi les opportunités
et les menaces que représente cet accord pour notre économie.

Concernant les sources bibliographiques, nous nous sommes orientés vers des ouvrages
traitant la coopération et du partenariat économique de l’Union Européenne avec les pays
méditerranéens en général vu le nombre insuffisant des écrits qui traitent du cas algérien
spécifiquement. A cet effet, nous avons articulé notre travail sur les différents articles et
publications de référence qui traitent du cas Algérien, sans négliger les rapports publiés sur
les sites de la commission européenne et de la banque européenne d’investissement,
notamment en ce qui concerne les programmes de financement.

Par ailleurs, nous avons opté une approche empirique pour étudier les échanges
commerciaux, les effets de la zone de libre échange depuis l’entrée en vigueur de l’accord
d’association en 2005 jusqu’à 2014. Cela n’aurait pas été possible sans l’utilisation des
statistiques publiées par les douanes algériennes et la base de données de la CNUCED. En
raison de l’absence des statistiques d’IDE réalisés par régions, nous avons eu recours aux
investissements déclarés, publiés par l’agence nationale de développement des

10
Introduction générale

investissements, entre la période allant 2005 et 2014, lors de l’analyse des flux des IDE
européens et leur répartition sectorielle en Algérie.

Choix du thème

Nos intentions de départ étaient de traiter du partenariat euro-méditerranéen et de ses


impacts sur tous les pays du pourtour de la Méditerranée, mais par la suite on s’est limité
uniquement au cas algérien.

Ce qui nous a motivés, c’est d’abord, le thème de la recherche correspond parfaitement


à notre spécialité, à savoir l’économie et la finance internationale. En outre le manque ou
même l’inexistence de travaux académiques traitant du sujet dans notre faculté, nous a incités
à aller dans cette voie. Enfin, le vif débat soulevé par la conclusion de l’accord d’association
n’a laissé personne indifférent, ce qui a stimulé notre curiosité scientifique et nous a poussés
à aller plus loin afin de savoir ce que cet accord apporte à notre pays.

Structure de la recherche

Afin de répondre à cette problématique et d’affirmer ou de infirmer les hypothèses déjà


posées, nous avons structuré notre travail en quatre (04) chapitres.

Le premier chapitre « les fondements théoriques de l’intégration économique


régionale » traite de l’aspect théorique de l’intégration économique régionale et les
différentes analyses de point de vue de plusieurs penseurs et de différentes écoles de
pensées.

Le deuxième chapitre « historique des relations de l’Algérie avec l’Union


Européenne», propose un cadre historique des relations de l’Union Européenne avec
l’Algérie depuis l’indépendance de cette dernière jusqu’à nos jours, ainsi qu’une synthèse de
différentes politiques de l’Union Européenne vis-à-vis des pays de la Méditerranée,

Le troisième chapitre « la mise en œuvre de l’accord d’association », expose les


différents instruments et les programmes de financement de l’Union Européenne et de la
Banque européenne d’investissement en Algérie ainsi que les instruments non financiers,
sont destinés à assister le pays dans son ouverture commerciale et en fin, un aperçu sur les
méthodes utilisées pour déterminer les produits originaires de l’Union Européenne, ainsi
qu’un aperçu sur la révision de certaines conditions de l’accord d’association, en 2012.

11
Introduction générale

Notre quatrième et dernier chapitre, intitulé « les relations économique UE-Algérie»


traite Sur la base des données publiées par les douanes algériennes, de la CNUCED et de
l’agence nationale de développement des investissements (ANDI) la structure de commerce
extérieur algérien avec le reste du monde en général et avec l’Union Européenne en
particulier, et en fin l’environnement des investissements en Algérie ainsi que les
investissements direct étrangers.

12
Chapitre I : les fondements
théoriques de l’intégration
économique régionale
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration


économique régionale
Introduction
Après la deuxième Guerre Mondiale, les pays du monde, d’une manière générale, et
les pays européens, d’une manière spécifique, ont compris que le protectionnisme constitue
un frein pour leur croissance économique, d’où la prolifération, depuis la deuxième moitié du
XXème siècle, des accords et des regroupements économiques, entre les différentes régions,
véhiculant le principe de libre échange et cela dans le but de supprimer les entraves aux flux
des marchandises.

Après une tentative du conseil des nations unies pour le commerce et l’emploi de
libéraliser le commerce international, un accord général sur les tarifs douaniers et le
commerce (GATT) a été mis en place, en 1947, avec comme objectif principal assurer une
libéralisation progressive entre les pays signataires et empêcher le retour à la situation de
protectionnisme qui caractérisait l’économie mondiale durant les années 30. Mais
l’augmentation du nombre des pays voulant y adhérer et la multiplication des questions
posées dans le cadre de cet accord ont poussé à créer l’organisation mondiale du commerce
(OMC), dotée de plus de pouvoir que le GATT mais ayant les mêmes objectifs.

En plus de ces changements à l’échelle multilatérale, des accords régionaux entre des
pays appartenant à une zone géographique donnée ont commencé à apparaitre en parallèle
avec le GATT, notamment l’union douanière de Benelux en 1947, la Communauté
Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) et la Communauté Economique Européenne
(CEE) en 1957… C’est à la fin des années 1980 que le régionalisme économique s’est
accéléré d’où l’apparition des nouveaux blocs régionaux tels que : accord de libre échange
entre le Canada et les Etats Unis d’Amériques en 1988 (ALENA) puis étendu au Mexique en
1994, le MERCOSUR (le marché commun sud Américain) même s’il est crée en 1991 par le
Brésil, Argentine, Uruguay et le Paraguay, mais ce n’est qu’en 1995 que leur union douanière
a vu le jour avant d’être étendue à d’autres pays comme le Chili et la Bolivie. Aujourd’hui,
l’OMC a notifié plus de 600 accords commerciaux régionaux à travers le monde, ce qui
montre l’importance de cette nouvelle forme des relations économiques internationales.

L’intégration économique régionale ne se limite pas uniquement aux échanges


commerciaux, mais elle concerne aussi les flux des capitaux, la liberté de circulation, la

13
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

convergence des économies par le biais des politiques économiques. Elle peut prendre
différents aspects commercial, financier, monétaire, économique et politique.

L’intégration économique régionale reste un des thème les plus étudiés des sciences
économiques, d’ailleurs, il existe plusieurs conceptions de la théorie l’intégration
économique évoquées par les différentes écoles de pensée telles que : la conception libérale (
intégration par le marché), la conception volontariste (intégration planifiée par les Etats), la
conception territoriale (intégration suscitée par les firmes et qui est liée à une dynamique
territoriale), intégration institutionnelle (c’est une intégration qui et liée aux règles, c’est
l’interdépendance des économies qui conduit à leur convergence ) et l’intégration politique.

14
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

Section 1. Généralités sur l’intégration économique régionale


L’intégration économique régionale commence généralement par de simples accords
commerciaux entres les Etats à des degrés de développement semblables ou différents (ce
sont des accords Nord/ Nord, Sud/Sud ou entre les pays développés et les pays en
développement nord/sud), et qui se développent ensuite pour dépasser la dimension
commerciale pour englober d’autres aspects économiques (flux des IDE, assistance
technique,…). Mais ces évolutions sont toujours tributaires des objectifs fixés et des moyens
déployés pour les réaliser.

1.1. Les différents types d’accords régionaux

Les accords régionaux ont connu, depuis des années 70 jusqu’à nos jours, plusieurs
changements. Au départ, ils avaient un caractère purement commercial et étaient conclus, la
plupart du temps, entre les pays en développement ou entre les pays développés. Mais depuis
les années 1980, suite aux changements des attitudes dans le commerce international, ces
accords se penchent de plus en plus vers des accords de coopération, des accords de
partenariats et des accords de libre échange, concernant plusieurs domaines, conclus
généralement entre les pays développés avec les pays en développement (accords nord/sud).

1.1.1. Les accords économiques et commerciaux nord/sud (accords


d’association)

Ce type d’accords prend différents aspects : ils peuvent être des accords de préférence,
des accords de libre échange ou des accords de partenariat économique.

1.1.1.1. Les associations et les forums de coopération économique

C’est une coopération entre des Etats associés selon une logique régionale dans le but de
coordonner leurs politiques macroéconomiques : le commerce, l’investissement, les politiques
de concurrence, l’environnement. Elle vise à préparer des négociations multilatérales ou bien
à mettre en œuvre des accords déjà existants.

1.1.1.2. Les accords préférentiels non réciproques

Il s’agit de certains privilèges offerts par des pays développés (pays du Nord) à
certains pays en développement (pays de Sud), c’est-à-dire les pays développés tiennent à ne

15
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

pas appliquer de droits de douanes sur les produits en provenance des pays du sud, alors que
ces derniers s’engagent uniquement à pratiquer le principe de la clause de la nation la plus
favorisée (NPF).

L’Algérie a bénéficié de ce type d’accords dans le cadre de la politique


méditerranéenne globale durant les années 70, où elle s’est engagé à accorder pour les
produits originaires de la CEE un traitement suivant la clause de la nation la plus favorisée du
GATT, par contre la CEE a tenu à accorder pour les produits originaires de l’Algérie des
concessions douanières1.

1.1.1.3. Les accords de libre échange

Ils consistent à supprimer toutes les barrières tarifaires devant les mouvements des
échanges ; ils aboutissent généralement à l’établissement d’une zone de libre échange. Parmi
les inconvénients de ce type d’accord la non prise en compte des produits sensibles pour une
partie dans la libéralisation des échanges, à l’exemple de l’Union Européenne qui protège son
marché des produits agricoles provenant des pays avec lesquels elle a signé un accord de libre
échange, la non prise en considération des barrières non tarifaires, la coordination des
politiques commerciales sont exclues et la mise en place des certificats d’origine qui sont
parfois protectionniste pour le marché intérieur.

1.1.1.4. Les accords de partenariat économique

Ce sont des accords qui ont été signés entre l’Union Européenne, dans le cadre de la
convention de Cotonou en juin 2000, avec les pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifiques (ACP),
et cela pour les aider, d’une part, à s’insérer dans le commerce international et d’autre part,
pour encourager les accords d’intégration régionale.

1.1.2. Les accords monétaires nord/sud

Ce sont des accords qui servent à introduire légalement la monnaie des pays du nord
dans les économies des pays sud, ce qui conduit à la création d’une zone monétaire, par
exemple la zone franc entre la France et 14 pays de l’Afrique sub-saharienne.

1
Article(3), paragraphe 1, du journal officiel des communautés européennes du 27.9.1978

16
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

1.1.3. Les accords commerciaux sud/sud

Les pays du sud souhaitant adhérer à une zone d’intégration régionale préfèrent souvent
des partenaires qui sont grand et riche2, dans l’objectif de bénéficier de certains avantages
comme : les flux des IDE, transferts technologiques, amélioration de la concurrence sur les
marché nationaux….

De1995 jusqu’à 2008, les échanges sud-sud sont passés de 10 % à près de 20 % du total
du commerce mondial3, Cette amélioration est accompagnée par le dédoublement des accords
commerciaux régionaux et de la coopération régionale, ce qui explique la volonté de ces pays
d’améliorer leurs relations économiques pour rattraper le retard cumulé dans le commerce
international. Ces accords ont pris diverses formes : unions douanières, marchés communs et
accords d’intégration économique comme le cas de l’union monétaire de l’UEMOA, en
conduisant à créer plusieurs regroupements régionaux dans l’hémisphère sud de la planète,
autrement dit, des regroupements constitués essentiellement par des pays en voie de
développement.

Mis à part les pays asiatiques présentant une certaine dynamique industrielle et qui
s’accaparent de plus 76 % du total des échanges entre les pays en développement, en 2006,
les pays des autres régions du sud, d’une manière générale et les pays africains, d’une manière
spécifique, se heurtent à des obstacles d’ordre structurels ralentissant le processus de
l’intégration.

1.1.4. Les accords politiques et institutionnels

Ces accords consistent à transférer la souveraineté soit sous une forme fédérale ou
confédérale dans le cas d’une union politique ou des accords institutionnels qui prévoient une
harmonisation juridique et réglementaire (qui diffère d’une région à une autre) et va jusqu’à
l’unification des règles. Ils concernent les droits de propriété, les droits des affaires, la
concurrence, la liberté des investissements et les normes.

2
SCHIFF, Maurice. WINTERS, Alan. « Intégration régionale et développement », Edition Economica, paris,
2004. P. 294.
3
www.forumducommerce.org/un-commerce-sud-sud-plus-dynamique-et-transformattion/ consulté le 04/03/2015
à 15h04.

17
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

1.2. Les facteurs déterminant de l’intégration économique

L’intégration régionale est un processus qui passe par plusieurs étapes pour atteindre
une forme plus poussée, son échec et sa réussite dépendent de plusieurs facteurs parmi
lesquels on trouve : des facteurs économiques et des facteurs non économiques.

Les théoriciens de l’intégration ne se sont pas d’accord sur l’importance de ces facteurs.
Il ya ceux qui insistent sur les facteurs non économiques pour réussir cette intégration, comme
les facteurs politiques et ceux qui insistent sur des facteurs purement économiques.

Parmi les facteurs non économiques les plus importants dans une intégration, on trouve
les facteurs politiques, parce que, selon certains auteurs, l’intégration va mener en fin de
compte à union politique ou au moins à une amélioration des relations politiques entre les
pays. Ce raisonnement s’inspire de l’expérience des Zollverein de 1834, qui a permis la levée
des tarifs douaniers sur 39 frontières, suivie ensuite par l’adoption d’une monnaie unique
entre ces Etats en 1857, et cela a conduit à une intégration politique des Etats germaniques,
en 1871.

Lors du congrès de la paix à Rome en 1889, Velfredo PARETO a signalé que


l’intégration économique est le meilleur moyen pour dépasser les conflits et établir des
relations politiques et il a repris ce même discours, en 1900, lors du congrès des sciences
politiques à Paris dont l’objet était « les Etats unis d’Europe » 4. F, List, à son tour, a déclaré
qu’il n’y a pas une intégration économique sans une intégration politique ; il faut d’abord la
mise en place d’une union politique pour que l’intégration commerciale ou économique
puisse suivre5. Pour lui, l’intégration économique est une fonction de l’intégration politique6.
Le théoricien marxiste Alexander Grlickov a souligné la complexité de ce phénomène à
nature dialectale, qui a une base politique mais qui doit être reflétée par son contenu
économique. Selon Paul, STRETEEN, il faut distinguer entre les facteurs économiques et les
facteurs non économiques car l’intégration a des objectifs non économiques comme l’égalité,

4
MACHLUP, Fritz. « Economic integration». P. 146. IN JOVANOVIC, N, Miroslav. «International economic
integration: theories and measurement critical perspective on the world economy», Routledge, New York, 1998.
5
LIST, Fridirch. « National System of Political Economy » - Volume 2, edition Cosimo, New York 2006 (old
publication 1885). p.14.
6
DAREL E, Paul. AMAWI, Abla. «The Theoretical Evolution of International Political Economy», the third
edition, edition A Reader. United States, 2013. P.81.

18
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

la liberté et le progrès qui doivent être réalisés par des moyens économiques7 ; la libéralisation
du commerce, unification des marchés, la convertibilité de la monnaie entre les pays,…

Fritz MACHLUP a souligné la difficulté de déterminer la nature de quelques objectifs


de l’intégration s’ils sont économiques ou politiques. Il a donné 03 facteurs de nature
économique nécessaires pour une intégration économique complète8 : la mobilité des biens
et/ou des facteurs qui n’est pas obligée d’être parfaite ( il n’est pas nécessaire que toutes les
unité de production et tous les facteurs soit muables mais il suffit qu’une partie soit mobile
sans aucun coût indu ou obstacle) , la division régionale du travail et la non-discrimination
(ni l’acheteur, ni le vendeur ne doivent être influencés par l’origine ou de la destination du
bien acheté ou vendu).

BELA Balassa a démontré une interdépendance entre ces deux facteurs économique et
politique, en précisant que si c’était les intérêts politiques qui poussent à une intégration, les
objectifs économiques agiraient sur la sphère politique au cours de ce processus et si les
motivations initiales étaient économiques l’unité politique apparaitrait dans un stade
ultérieur9.

1.3. Les mécanismes de l’intégration économique régionale

Pour les auteurs néoclassiques et pour BELA Balassa, les Etats doivent se limiter
uniquement à supprimer les discriminations et cela par une coordination des politiques
économiques, et ce dans l’objectif d’assurer une meilleure liberté des mouvements des
facteurs (capitaux, mains d’œuvres,…). Ce même auteur considère que l’origine de
l’intégration ne réside pas uniquement dans une dimension économique, mais dépend aussi de
la décision politico-juridique10.

Plusieurs économistes présentent l’intégration comme étant un processus de plusieurs


étapes, et chaque auteur s’appuie sur des paramètres pour définir chaque phase conduisant à la
construction d’un modèle global de l’intégration.

7
SUAREZ, Alfredo. « Intégration régionale, évolution d’un concept », Edition Hachette supérieur. Paris, 2009,
p.12.
8
MACHLUP, Fritz. Op.cit., P.128.
9
SUAREZ, Alfredo. Op.cit., p.13.
10
Ibid., p. 20.

19
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

1.3.1. Le processus de l’intégration selon BELA Balassa

BELA Balassa a défini cinq (05) étapes d’intégration, classées par ordre d’intensité
croissante, et chaque étape est conduite par un instrument différent de la phase suivante.

1.3.1.1. La zone de libre échange (ZLE)

Elle représente la première phase du modèle de BELA Balassa. Elle est définie comme
étant l’association de certains pays qui décident d’éliminer progressivement des barrières du
commerce régional11, mais tout en maintenant les politiques commerciales indépendantes vis-
à-vis des pays tiers. Cette première étape est caractérisée par la suppression des barrières
douanières entre pays constituant la zone de libre échange, favorisant ainsi la liberté de
circulation des marchandises. Les tarifs douaniers entre les pays sont à zéro mais les pays
gardent toutes latitudes d’établir des barrières devant les produits des pays tiers. Les
certificats d’origines, qui sont des documents définissant l’origine des produits importés, sont
exigés dans cette phase pour pouvoir bénéficier de la baisse ou de la suppression des tarifs
douaniers et des quotas. Ces règles d’origines ont pour objectifs d’éviter le contournement du
commerce mais elles conduisent parfois à une forme de protectionnisme.

1.3.1.2. L’union douanière

C’est une zone de libre échange mais qui est caractérisée par un tarif extérieur commun
et une politique commerciale commune vis-à-vis les pays tiers. Les pays partenaires n’ont pas
besoin d’un certificat d’origine, parce qu’un produit importé est soumis aux même règles
dans l’ensemble de l’union.

Cette deuxième étape est un peu complexe par rapport à la précédente vu ses
exigences en terme d’harmonisation permanente « La création d’une union douanière est
donc plus complexe que les accords de libre échange. Bien qu’elle offre une plus grande
intégration des marchés et des coûts moins élevés, elle exige plus de coordination
permanente »12.

11
SUAREZ, Alfredo. Op.cit., p. 21.
12
SCHIFF, Maurice. WINTERS, Alan. Op.cit., p. 92.

20
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

1.3.1.3. Le marché commun

Assimilé à une union douanière, il est caractérisé par plus de liberté de circulation des
facteurs de production à savoir ; la main d’œuvre, les mouvements des capitaux, avec une
liberté de déplacement des entreprises, sans aucune restriction, au sein de la zone.

1.3.1.4. L’union économique

Elle est définie comme étant « un marché commun qui est accompagné d’une
harmonisation et d’une coordination des politiques économiques, financières, sociales et
monétaire »13, Cette étape est marquée par le transfert de la souveraineté en raison de
l’établissement des autorités économiques centrales et, par conséquent, les pays membres
deviennent des régions dans un vaste marché commun.

1.3.1.5. L’union politique

Elle suppose l’unification et la mise en œuvre des politiques monétaires, fiscales et


sociales et la mise en place d’une autorité supranationale dont les décisions lient les Etats
membres.

Le tableau suivant est une synthèse du processus de l’intégration selon BELA


Balassa :

13
HUGON, Philippe. « Les économies en développement à l’heure de la régionalisation », Edition
KARTHALA, paris, 2003. p.30.

21
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

Tableau n° 1 : le processus de l’intégration économique régionale selon BELA Balassa

Elimination Tarif Libre Harmonisation Unification


des tarifs et extérieur circulation des de la politique politique et
des quotas commun facteurs de économique institutionnelle
production

Zone de libre x
échange

Union douanière x x

Marché commun x x x

Union x x x x
économique

Union politique x x x x x
Source : SUAREZ Alfredo. Op.cit, page 22

La classification de BELA Balassa présente l’intégration régionale, à la fois, comme


un processus et une situation : Comme processus parce qu’elle consiste à mettre en place un
ensemble de mesure visant à supprimer les discriminations entre les différents unités
appartenant aux différents Etats, et comme une situation parce qu’elle désigne l’absence des
discriminations entre les économies nationales.

Certaines critiques ont été adressées à cette approche parce qu’elle est centrée
uniquement sur l’expérience européenne tout en négligeant les accords préférentiels. Selon ce
modèle, les trois premières phases répondent à la conception néoclassique, qui est une
intégration par le marché alors que les deux dernières constituent de plus en plus une
intégration volontariste et institutionnelle étant donné qu’elle nécessite plus de volonté
politique, « les premières phases se rapprochent de l’analyse néo-classique qui est
l’intégration par le marché, les deux dernières nécessitent une volonté politique parce
qu’elles vont au delà des lois du marché, se rattachant à la conception volontariste »14.

Plusieurs économistes se sont intéressés à ce processus. Ils ont essayé de donner leurs
conceptions pour ces différentes étapes constituant l’intégration, qu’on peut évoquer :

14
AVOM Désiré. « Intégration monétaire préalable ou résultat de l’intégration économique ; Le cas des
pays membres de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale) ». Thèse de
doctorat. Sciences Economiques, Lyon 2, 1999, p 44. Format PDF. Disponible sur http://theses.univ-
lyon2.fr/documents/lyon2/1999/avom_d/pdfAmont/avom_d_chapitre00.pdf.

22
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

Maurice Allais, contrairement à BELA Balassa, a distingué six (06) étapes conduisant à
une intégration économiques. Pour lui, le processus d’intégration ne commence pas par une
zone de libre échange mais par la mise en place d’un système de tarif préférentiel aboutissant
à une union des marchés nationaux, ces étapes sont15 :

 La mise en place d’un système des tarifs préférentiel ;


 L’établissement d’une zone de libre échange ;
 L’union douanière ;
 Le marché commun ;
 L’union économique ;
 L’union des marchés nationaux.

J.WEILLER a proposé trois (03) degré d’intégration16 :

 Une intégration de premier degré : sous les commandes des lois du marché
concurrentiel, il y aura une émergence plus au moins spontanée des structures de
production et d’échange ;
 Deuxième degré : la mise en place des institutions supranationales qui vont assurer
le développement et l’orientation des échanges, il s’agit d’une tentative d’orienter les
politiques économiques menées par les différents gouvernements17 ;
 Le troisième degré : c’est une intégration plus poussée ; elle est considérée par
WEILLER comme un idéal appartenant à la sphère des valeurs humaines,
spécifiquement occidentales.

Lipsey, théoricien néoclassique, a distingué 06 phases ou degrés d’intégration18 :

 Systèmes de tarif préférentiel (la baisse des tarifs dans les échanges mutuels) ;
 Une zone de libre échange (une élimination de tous les tarifs douaniers devant le
commerce mutuel) ;
 Union douanière (un tarif extérieur commun) ;

15
SUAREZ, Alfredo. Op.cit., p. 23.
16
ERBES, Robert. « Intégration économique internationale », presse universitaire de France, Paris 1966, p.9.
17
WEILLER, J. « les degrés de l’intégration et les chances d’une zone de « coopération » internationale », revue
économique, 1958. IN ERBES Robert, « Intégration économique internationale », presse universitaire de
France, Paris, 1966.
18
SUAREZ, Alfredo. Op.cit., p.16.

23
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

 Le marché unique (la liberté de circulation des facteurs) ;


 L’union économique (des politiques communes : monétaires, économiques,
fiscales,…) ;
 L’intégration économique pleine (politiques économiques communes).

Jan Tinbergen, Prix Nobel d’économie, a analysé l’intégration comme un processus


indépendant de la macroéconomie et de l’analyse de Viner. Il a distingué trois (03) phases
d’intégration :

 Les échanges des marchandises sans les mouvements du capital et du travail ;


 Les échanges des marchandises avec les mouvements du capital ;
 Les échanges des marchandises accompagnés du mouvement du capital et du travail.

1.3.2. La nature de l’intégration économique régionale

Tout au long du processus d’intégration économique régionale, certaines distinctions


peuvent être établies par rapport à la nature de l’intégration qui peut être sectorielle ou
fonctionnelle et le type de régionalisme qu’elle véhicule qui peut être fermé ou bien ouvert :

 L’intégration sectorielle

L’intégration est sectorielle dans la mesure où elle se limite uniquement à une ou


plusieurs activités déterminées d’une nation à l’exemple de la CECA (communauté
européenne d’acier et du charbon) qui a été la première étape menant vers la création de la
CEE. L’intégration sectorielle peut être aussi bien horizontale (mêmes branches) que verticale
(différents branches et secteurs), spécifique ou bien industrielle, commerciale,...

 L’intégration fonctionnelle

David MITRANY était à l’origine de cette réflexion, le fonctionnalisme est une


proposition qui avait pour objectif de garantir la paix à travers l’intégration des Etats dans

24
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

une grande fédération19. Elle consiste à organiser des activités à l’échelle internationale en
fonction des besoins du moment et de l’intérêt général20

L’intégration peut être spontanée (ce sont les forces du marché qui poussent vers
l’intégration), imposée (c’est-à-dire par des mesures des gouvernementales des pays
concernés), positive (elle vise à créer des institutions communes) ou bien négative parce
qu’elle vise à baisser les barrières devant le commerce mutuel21. L’intégration peut se limiter
à une coordination des politiques économiques nationales ou bien elle s’appuie sur des
instances communes pour conduire une partie des politiques économiques nationales.

L’intégration économique régionale peut véhiculer un régionalisme ouvert ou fermé :

 Le régionalisme ouvert

Il s’inscrit dans la dynamique de la mondialisation, c’est un régionalisme qui va dans le


même sens que le multilatéralisme (il ne constitue pas un frein ou un obstacle pour le
multilatéralisme). Il est défini comme étant l’élimination des obstacles internes au commerce
selon un calendrier fixé pour les pays constituant le regroupement régional, il est mis en
œuvre selon le même rythme et le même calendrier pour des pays non-membres22. Dans le
cadre du régionalisme ouvert, cinq conditions doivent être respectées23 :

 Une pleine accessibilité des pays tiers aux accords signés ;


 L’application de la notion de la clause la plus favorisée sous sa forme
inconditionnelle ;
 L’extension conditionnelle des mesures de libéralisation régionale aux pays tiers
qui souhaitent entreprendre des négociations bilatérales ;
 L’élimination en parallèle des barrières au niveau multilatéral ;
 L’adoption des mesures de facilitation du commerce.

19
DABEN Olivier. « Approche théorique intégration régionale », publié sur observatoire politique de
l’Amérique latine et des caraïbes, 22 novembre 1999, p. 1. Disponible sur le site
http://www.sciencespo.fr/opalc/content/approches-theoriques consulté 13/03/2015.
20
Idem.
21
SUAREZ, Alfredo. Op.cit., p. 14.
22
https://www.wto.org/french/news_f/pres96_f/pr046_f.htm, consulté le 29/04/2015 à 18h01
23
DE BLOCK, Christian. « L’organisation mondiale du commerce : où s’en va la mondialisation ? ». Edition
Fides, Québec, 2002, p. 95.

25
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

 Le régionalisme fermé

Appelé aussi régionalisme défensif, il s’inscrit dans la dimension volontariste de


l’intégration. Contrairement au régionalisme ouvert, il est un moyen efficace pour faire face à
la mondialisation et n’implique pas forcément la fermeture des frontières qu’il couvre. Les
forces du marché ne sont pas les déterminantes du régionalisme car il nécessite la
coordination des politiques mises en œuvre par des institutions régionales.

Enfin, le régionalisme peut être aussi souhaitable, par opposition à un régionalisme


agressif qui vise à créer des règles en dehors des règles de l’OMC, par exemple : l’extension
du droit commerciale d’un pays puissant à un ensemble plus large de pays24.

Section 2. Les différents types d’intégration économique régionale


Vu sa complexité, le phénomène de l’intégration économique régionale a connu
plusieurs travaux qui ont conduit à renouveler les anciennes conceptions dites classiques (ce
sont des conceptions qui ont été fondées, pour l’école libérale, sur les échanges
commerciaux, la mobilité des facteurs de production et les unions douanières et une
intégration planifiée par les Etats pour la conception volontariste) par des conceptions à
champs d’analyse de plus en plus large en intégrant plusieurs éléments à savoir : les espaces
géographiques et les territoires, les pouvoirs politiques et les stratégies des acteurs privés
nationaux et internationaux.

2.1. La conception libérale : l’intégration par le marché

La conception libérale de l’intégration régionale est assimilée d’une manière générale à


une union douanière et, pour les néo-classiques, l’intégration commerciale n’est qu’un
synonyme d’une zone de libre échange des facteurs de production25. Selon les libéraux,
l’intégration, d’une manière générale, n’est que la continuité du principe de « laisse-faire » à
une échelle plus élargie26, et le protectionnisme, appliqué durant les années 30, n’a conduit

24
KIEFFER Bob. « L'organisation mondiale du commerce et l'évolution du droit international public». Edition
Larcier. Bruxelles, 2008. P. 119.
25
HUGON, Philippe. « Les économies en développement à l’heure de la régionalisation ». Op.cit., p. 37.
26
SUAREZ, op.cit., p. 7.

26
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

qu’au dysfonctionnement de l’économie mondiale. L’intégration, pour ce courant de pensée,


consiste en la création d’un espace économique régulé par les forces du marché27.

Les théoriciens classiques s’interrogent sur le rapprochement entre l’optimum d’une


libéralisation à l’échelle régionale et celui d’une libéralisation à l’échelle mondiale autrement
dit : l’optimum d’une libéralisation à l’échelle régionale se rapproche-t-il ou s’éloigne-t-il
d’une libéralisation à l’échelle mondiale ? Le reste du monde étant protectionniste (certaines
économies ont besoin de plus de protection pour pouvoir assister les industries naissantes
jusqu’à ce qu’elles deviennent compétitives et s’adaptent à la concurrence internationale et
cela soit par la prohibition absolue, soit par des droits de douanes élevés), donc l’optimum à
l’échelle mondiale n’est pas possible, mais une intégration à l’échelle régionale, basée sur des
avantages comparatifs (une uniformisation nationale des mesures, un tarif externe unifié)
peut conduire à un optimum de second rang « second best » qui est défini comme étant toute
situation où il existe certains éléments empêchant la réalisation de l’optimum de Pareto28 mais
cet optimum est conditionné par la création et la déviation du trafic, le jeu des économies
d’échelles et la concurrence29.

L’intégration économique, selon l’école libérale, est analysée sur la base de deux
modèles : d’un coté, le modèle de l’équilibre partiel statique de Jacob Viner qui analyse la
création et le détour du trafic, Meade qui traite l’influence de l’union douanière sur le bien
être et un équilibre général de Lipse et de Gehrles, et de l’autre coté, le modèle dynamique
qui met en relief la concurrence, les économies d’échelles et les changements des termes de
l’échange.

Les néo-classiques et l’école libérale prônent une activité économique sans


l’intervention de l’Etat. L’intégration économique selon leur conception répond à ce principe,
car l’intervention de celui-ci provoque une désintégration économique, c’est-à-dire
l’intervention de l’Etat va conduire à fausser le jeu du marché, donc l’intégration selon les
classiques consiste à créer un espace économique libéré de toute frontière étatique30. Pour ce
courant de pensée, il faut que certaines conditions soient présentes pour qu’on puisse dire que

27
SUAREZ, op.cit., p. 17.
28
L’optimum de Pareto : c’est la situation dans laquelle il n’est pas possible d’améliorer la satisfaction d’un
individu sans détériorer celle d’au moins un autre.
29
HUGON, Philippe. « Les économies en développement à l’heure de la régionalisation ». Op.cit., p. 38.
30
SUAREZ, Alfred. Op.cit., p. 18.

27
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

deux territoires sont intégrés par le marché comme la concurrence pure et parfaite, l’absence
des droits de douanes, les coûts de distance sont nuls et l’absence des impôts sur les activités
productives des deux territoires. « Dans une analyse néo-classique, toutes les unités
intervenant dans le cadre d’un marché de concurrence pure et parfaite sont intégrées les unes
avec les autres et constituent un tout homogène et cohérent. Si nous supposons nuls les coûts
liés à la distance, deux espaces nationaux en état de concurrence pure et parfaite, qui ne sont
séparés par aucun droit de douane, et sur lesquels les charges pesant sur l’activité productive
(impôts) sont analogues, ne constituent qu’un seul marché : les deux espaces sont
« absolument » intégrés par les lois du marché »31.

Plusieurs économistes se sont opposés à ce type d’intégration comme Maurice Allais


qui pense que le libre fonctionnement du marché ne peut pas assurer seul l’intégration
économique, mais il doit être complété par des institutions et une organisation sociale
appropriées32. Gunnar Myrdal, en observant le cas des pays en développement, a constaté que
les forces du marché laissées à elles mêmes vont conduire à l’accroissement des inégalités de
développement entre les régions33, d’où une consolidation du rôle des Etats pour assurer les
égalités de développement.

2.2. La conception volontariste

La conception volontariste est appelée aussi conception dirigiste ou par opposition à la


conception d’intégration par le marché, conception planifiée par l’Etat. Elle considère
l’intégration comme étant un processus nécessitant une intervention de l’Etat pour opérer des
transformations réelles, c’est-à-dire substitué aux structures existantes à l’échelle nationale
des unités structurées dans un cadre géographique plus étendu34.

L’intégration volontariste est caractérisée par le protectionnisme des industries


régionales, par la mise en place des projets ayant pour objectif la création des effets de
polarisation et par un système productif basé sur un système des prix différenciés du système
des prix mondiaux. L’intégration, selon cette conception, véhicule un régionalisme fermé qui
s’inscrit dans le cadre de l’économie planifiée ; elle est différenciée selon des degrés : elle va

31
BYE Maurice. Op.cit., p. 34.
32
Suarez, Alfredo. Op.cit., p. 19.
33
LALONDE, Francine, « Gunnar Myrdal et la social-démocratie ». La collection: Les classiques des sciences
sociales, Québec, 1990. P. 11.
34
AVOM Désiré. Op.cit., p. 46.

28
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

de la division socialiste du travail du CAEM35 jusqu’à la substitution des importations du


CEPAL36 (adopter une protection sélective sur les importations provenant du reste du monde).
Elle est définie comme un processus de déconnexion vis-à-vis de l’économie mondiale37, qui
nécessite plus de solidarité entre les Etats membres pour la réalisation de ses objectifs.

Ce type de d’intégration a été adopté par des pays dont l’économie est planifiée. Il a
connu l’échec après l’effondrement du bloc socialiste en conduisant à l’apparition d’une
forme de désintégration entre les pays qui ont en fait partie38, c’est-à-dire ces derniers, tout en
adoptant des politiques d’ouverture vers l’extérieur, ont ériger des politiques protectionnistes
entre eux.

2.3. L’intégration politique

Ce type d’intégration est caractérisé par un transfert de souveraineté à des degrés


différents d’une zone à une autre et qui aboutit le plus souvent à une forme de confédération
ou de fédération39.

Son objectif est de réintroduire la dimension politique dans les décisions économiques.
Elle est considérée comme étant un moyen pour dépasser les conflits régionaux et se prémunir
contre les risques de conflits entre les pays « Le transfert de souveraineté et la production
des biens publics à des niveaux régionaux sont une réponse aux débordements des Etats dans
le contexte de la mondialisation »40.

2.4. La dimension territoriale de l’intégration

Cette intégration s’inscrit dans le cadre de la nouvelle géographie économique. Elle est
assurée par les conglomérats ou par des firmes qui font des stratégies à une échelle régionale

35
Conseil d'Assistance Economique Mutuelle.
36
Commission Economique Pour l'Amérique Latine et les Caraïbes.
37
HUGON, Philippe. « les économies en développement à l’heure de la régionalisation ». Op.cit., p. 37.
38
Idem
39
Une forme confédérale suppose la mise en place des structures intergouvernementales, le pouvoir de décision
est attribué au conseil des ministres et aucun organe ne peut imposer à un Etat membre la mise en œuvre des
règles commune, la forme fédérative ou bien fédérale, le cas de l’union européenne, véhicule une vision d’une
intégration politique un peu avancée par rapport à la précédente, elle suppose la mise en place des structures
supranationales dotées de différentes formes de pouvoir, législatif, exécutif et juridique. La décision prise par
l’exécutif doit être appliquée par tous les Etats membres.
40
HUGON, Phillipe. « Les économies en développement à l’heure de la régionalisation ». Op. cit., p. 75.

29
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

et dans un environnement caractérisé par une concurrence imparfaite et des espaces non
homogènes.

Cette intégration est caractérisée par des effets d’agglomération et de polarisation qui
conduisent à créer des externalités positives. En géographie, l’intégration territoriale est
l’intégration d’un territoire dans un autre pour former nouveau vaste territoire.
L’interdépendance des territoires est conditionnée par la complémentarité entre les effets
d’agglomération, c’est-à-dire l’existence d’un système productif permettant une taille du
marché, la diversification des produits ainsi que l’existence d’infrastructures interconnectées.

Comme résultat de l’interdépendance des territoires : la baisse des coûts de transport


liée aux effets de la diffusion et de la contagion de la croissance et la baisse des coûts des
transactions et le transfert technologique. Enfin, ce type d’intégration conduit à une division
régionale du travail, et a pour objectifs41 :

 L’interdépendance des acteurs : externalités positives ;


 La coopération fonctionnelle ;
 La maîtrise des variables jouant à l’échelle régionale ;
 La réduction des coûts des transactions ;
 La compensation des asymétries.

Ce type d’intégration favorise la divergence de croissance surtout entre le Nord et le


Sud, autrement dit : entre un centre industrialisé et une périphérie moins industrialisée, sauf
s’il y a un mécanisme de transfert. Chez les classiques, les échanges permettent d’atteindre
une situation d’équilibre, ce qui converge le bien être des deux régions (le centre et la
périphérie).

Pour mieux comprendre les mécanismes et les déterminants de transfert entre le centre
et la périphérie, Krugman, a dégagé une hypothèse de régions différentes et deux secteurs ;
un secteur agricole immobile , traditionnel caractérisé par des rendements constants en
vendant un produit homogène sur un marché concurrentiel, le bien de ce secteur est produit
par des agriculteurs qui ne peuvent pas devenir des ouvriers et qui sont attachés à leur région,
et un secteur industriel mobile, à des produits différenciés où chaque firme produit une seule

41
HUGON, Phillipe. « Les économies en développement à l’heure de la régionalisation ». Op. Cit., 36.

30
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

variété de produit à des rendement croissant, les biens de ce secteur sont produits par des
ouvriers qui peuvent se déplacer d’une région à une autre à condition que leur salaire réel y
soit élevé. Pour cet économiste, la production industrielle qui se localise dans une région doit
satisfaire la demande dans l’autre région et pour faire il faut exporter et, par conséquent, subir
des coûts de transport. Pour éviter ces coûts supplémentaires le producteur cherche à se
localiser dans les deux régions mais cette situation ne favorise pas les rendements croissants
parce que la production est répartie en deux. Krugman a constaté que les coûts de transport et
les économies d’échelles sont les déterminants dans la concentration des entreprises dans
une zone géographique par rapport à une autre, autrement dit les firmes doivent faire un
arbitrage entre le bénéfice tiré des économies d’échelles (rendement croissant) favorisant la
concentration des activités et la proximité des marchés, donc la dispersion des activités pour
faire baisser les coûts de distance42. Selon le même auteur, les entreprises ont tendance
toujours à se concentrer là ou la demande est importante et la demande est importante là ou
les firmes se localisent. Les économies de petite taille sont peu compétitives, parce qu’elles se
caractérisent par des coûts de transport élevés et des faibles économies d’échelles. Pour
Krugman, plus les économies d’échelles sont importantes plus les concentrations sont
probables, plus les coûts de transports sont élevés plus la probabilité d’une dépolarisation
s’accroît, mais une dépolarisation au profit d’une zone peu industrialisée est probable sous
deux conditions : lorsque les coûts de transports deviennent de plus en plus élevés ou lorsqu’il
y a une forte insensibilité de cette région aux économies d’échelles43.

2.5. L’intégration institutionnelle

Elle est appelée aussi intégration par les règles, elle consiste en l’établissement d’un
système commun à travers la mise en place d’un ensemble de règles et de pratiques de la part
des pouvoirs publics en relation avec les acteurs privés44.

Ce type de régionalisme est défini comme étant vertical parce qu’il met l’accent sur les
relations Nord-Sud et sur la coordination des politiques économiques. Il peut contribuer à
réduire la réversibilité des politiques économiques (les politiques de libéralisation suivies par

42
LUBERNE, Pierre-Eric. « ECONOMIE Géographique / CENTRES ET PERIPHERIES DE PRODUCTION »,
Article consulté sur https://papiersuniversitaires.wordpress.com/2012/05/20/economie-geographique-centres-et-
peripheries-de-production-par-pierre-eric-luberne / le 10/04/2015 à 15 :44
43
HUGON, Philippe. « Les économies en développement à l’heure de la régionalisation ». Op.cit., p. 62.
44
Ibid., p.50.

31
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

les pays en développements depuis le milieu des années 80) et à mettre en place des règles
permettant des décisions à long terme de la part des investisseurs45. Parmi les objectifs de
cette intégration, on peut citer :

 La coordination ou l’unification des politiques économiques et leur crédibilisation ;


un pays du nord peut se porter garant en donnant une certaine crédibilité à ces
politiques en réduisant en même temps les conflits d’intérêt nationaux;
 L’ancrage d’une monnaie unique et la création d’une banque centrale à l’exemple de
l’union monétaire de la zone franc.

Section 3. La théorie des unions douanières


L’union douanière est, selon le modèle de Bela Balassa, la deuxième phase d’un
processus de trois (03) étapes. Elle consiste en l’instauration d’une zone de libre échange
suivie d’une union caractérisée par la suppression de tout obstacle aux échanges et l’adoption
d’un tarif douanier commun pour les pays tiers.

J. Viner a le mérite d’avoir été le premier, dès 1950, à évoquer cette théorie des unions
douanières, ses analyses ont porté sur les effets bénéfiques (création du commerce) et négatifs
(déviation du commerce) de l’union douanière.

Par la suite, d’autres analystes ont traité de la question en adoptant la même démarche
comme Meade, qui s’est intéressé à l’influence de l’union douanière sur le bien être. D’autres
s’opposaient au raisonnement de Viner en insistant sur ses faiblesses, à savoir le fait qu’il
ait négligé certains éléments comme les économies d’échelles, le changement des termes de
l’échange et la concurrence.

3.1. Les effets statiques des unions douanières

L’union douanière est à la fois un instrument favorisant les échanges entre les pays y
participant, mais elle est aussi discriminatoire vis-à-vis des pays de l’extérieur, donc elle
constitue une protection vis-à-vis de l’extérieur.

45
HUGON, Philippe. « La trajectoire inversée de la régionalisation en Afrique sub-saharienne et en Asie
orientale : le rôle des marchés, des institutions et des réseaux », p 47. IN. LEBEGUE, Daniel. « L’intégration
régionale : une nouvelle voie vers l’intégration de l’économie mondiale ». Edition De Boeck. Bruxelles, 2001.

32
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

Selon la conception de Viner, une union douanière doit répondre à trois critères46 :

 L’élimination totale des tarifs à l’échange entre les pays membres de l’union ;
 L’établissement d’un tarif commun sur les importations en provenance des pays
extérieurs à l’union ;
 La négociation d’une formule de partage des recettes douanières.

La conception des unions douanières selon Viner et Meade est basée sur une logique
d’équilibre statique partiel pour démontrer les effets de ces union sur les producteurs et les
consommateurs et sur l’Etat. Les unions douanières, dans la théorie néoclassique, sont
considérées comme étant des optimums de second rang par rapport au libre échange
international. Leur efficacité (la création et la déviation du commerce) est le résultat de trois
(03) éléments47 :

 Les effets de la production ou de la substitution des produits intérieurs contre des


biens extérieurs ;
 Les effets sur le bien être du consommateur (la baisse des prix pour les
consommateurs) ;
 Les effets des recettes douanières.

Lipsey, Bye, et Gehrels ont traité l’union douanière dans un cadre d’équilibre général.
D’autres auteurs, à l’image de Vanek, ont essayé d’approfondir l’analyse en prenant en
compte des éléments comme la concurrence, les économies d’échelles et les termes de
l’échange.

3.1.1. Le raisonnement de Viner

Le raisonnement de Viner fondé sur l’équilibre partiel est centré uniquement sur les
effets de la production. Dans son analyse, il s’interroge sur les modifications des lieux
d’approvisionnement de deux pays A et B après la constitution de l’union douanière et les

46
HUGON, Philippe. « Les économies en développement à l’heure de la régionalisation ». Op.cit. p. 38.
47
Ibid, p., 39.

33
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

effets en découlant. Sa problématique est la suivante « toute institution d’une union douanière
entre I et II modifie le lieu où l’un des deux ou les deux pays s’approvisionnaient »48.

Pour Viner la constitution d’une union douanière peut mener à une création et à une
déviation du commerce international, autrement dit, lorsque l’approvisionnement se déplace
vers une source à moindre coût on parle d’une création du commerce et lorsqu’il se déplace
vers une source à un coût plus élevé, on parle de la déviation du commerce. Lipsey a dressé
un tableau chiffré pour illustrer le raisonnement de Viner.

Tableau n° 2 : Illustration de la création et de la déviation du commerce selon Viner


Pays A Pays B Pays C
1. Les coûts de production en
chaque pays. 35 26 20
2. Prix (coûts+droit) minimum
possible sur le marché de A
selon la provenance du produit :
a. Avec un droit de douane Ad 35 52 40
Valorem de 100%
b. Avec un droit de douane Ad 35 39 30
Valorem de 50%

Source : BYE, Maurice, DE BERNIS, G, D, op.cit, page 740.

A partir du tableau n°2 : deux situations sont constatées : la première c’est lorsque le
tarif douanier est prohibitif, c’est-à-dire le tarif ad valorem appliqué est de 100% sur toutes les
importations et la deuxième situation, lorsque le tarif est non prohibitif (tarif ad valorem
appliqué est de 50%).

a. Tarif douanier prohibitif

Avant la constitution d’une union douanière, le pays A applique un tarif douanier de


100 % sur les biens provenant des deux pays B et C et, par conséquent, ces biens
deviendront de plus en plus chers (52 pour le produit de B et 40 pour le produit de C). Dans
ce cas, le pays (A) a intérêt de s’approvisionner sur le marché national et importer le déficit

48
BYE, Maurice. DE BERNIS, G, Destanne. « Les relations économiques internationales, échanges
internationaux ». Edition DALLOZ, 1977, p. 739.

34
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

de l’extérieur. En cas d’établissement de l’union, il n’y aura pas de détournement du


commerce parce que l’approvisionnement va se déplacer vers une source à moindre coût. Par
exemple, le Pays A s’associe avec le Pays B et établit avec lui une union douanière
(suppression de tous les droits de douanes sur les produits de pays B), l’approvisionnement
va se déplacer du marché de A à un prix de 35 vers le marché de B à un prix du 26 sans qu’il
y ait une déviation du commerce. Le prix du bien au reste du monde (Pays C) est de 40,
donc il n’y a aucune incidence sur le commerce international parce que le Pays A continue à
s’approvisionner à la source la moins chère.

b. Tarif douanier non prohibitif

A l’application d’un tarif douanier de 50%, les produits du pays C deviennent plus
compétitifs en termes de prix. Dans ce cas, deux situations peuvent être constatées et qui
diffèrent d’un partenaire à un autre ;

 Avant la constitution de l’union douanière, le pays A s’approvisionnait du pays C


pour profiter des prix les plus bas, s’il y a la constitution de l’union douanière entre
ces deux pays , il n’y a ni création, ni déviation du commerce parce que le pays A
continuait de s’approvisionner de la source la moins chère.
 Dans la deuxième situation, le pays A constitue une union douanière avec le pays B
(alors qu’il s’approvisionne du pays C avant l’union), le premier pays va changer sa
source d’approvisionnement du fait de l’union douanière, donc il passe de
producteur le moins cher vers un producteur plus cher, dans cette situation il y a la
déviation du commerce.

3.1.1.1. Les effets des unions douanières sur les bien être

Les effets des unions douanières sur le bien être pour un pays de petite taille qui ne peut
pas influencer les prix internationaux, peuvent être expliqués, selon le raisonnement de Viner,
à partir des deux situations suivantes :

a. La création du commerce

C’est une situation dans laquelle il y a un remplacement de la production intérieure d’un


pays membre de l’union par des importations à moindres coûts provenant d’un autre pays
membre.

35
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

Supposons qu’il y a trois pays I, II, III, avant la constitution d’une union douanière, le
pays I applique un tarif douanier prohibitif non discriminatoire de p (1+t), c’est-à-dire le
prix du produit plus le tarif douanier sur toutes ses importations sans exception. Dans cette
situation, l’offre locale du pays I qui représente la Quantité (Q1) demeure insuffisante face à
la demande locale qui est Q2, ce qui oblige le pays I à importer du pays III pour faire face à
ce déficit (le déficit à importer est la différence entre les deux quantité Q2-Q1). Les prix des
produits importés de ce dernier sont moins chers par rapport aux produits domestiques. Avec
l’application des droits de douane de 100%, le pays I perçoit des recettes douanières
représentées dans la figure n°1 par le rectangle (JMNH).

Figure n°1 : illustration de la création du commerce dans une union douanière

Source : SALVATORE, Dominick. « Economie internationale », 9ème Edition. Edition De Boeck. Paris,
2008page368.

A l’occasion de l’établissement d’une union douanière entre le pays I et le pays III,


les prix vont baisser vers PIII du fait de la suppression de toutes les barrières douanières à
l’égard du pays III. A ce niveau, la demande locale, qui est en relation inverse avec les prix
(lorsque les prix baissent la demande augmente), va augmenter en passant de Q2 à Q4. Par
contre, l’offre locale va baisser en passant de Q1 vers Q3 et cela en raison de la concurrence
en termes de prix des produits étrangers. La situation, après la constitution de l’union
douanière, se caractérise par plusieurs effets : pour les consommateurs, elle est bénéfique
parce qu’elle permet l’accroissement de surplus du consommateur49 qui est représenté sur le
schéma par la surface AGBH, par contre le surplus de producteur a baissé représenté sur le

49
Le surplus du consommateur « c’est la différence entre ce que le consommateur serait prêt à payer pour
chaque unité du bien et ce qu’il paie effectivement, graphiquement il est représenté par la courbe de la demande
au dessous du prix payé ». Tiré du livre Dominick Salvatore, op.cit, p 278.

36
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

schéma par la surface AGCJ. L’Etat n’est pas épargné par cette perte. Les recettes douanières
perçues avant l’union douanière seront perdues à cause de la suppression des droits de
douane, ses pertes seront égales au rectangle JMHN.

L’effet de la création du commerce qui est le gain statique net de la nation est composé
en principe par deux gains : le gain du bien être représenté par le triangle BNH engendré par
l’augmentation de la consommation et un gain de production représenté par le triangle CMJ
engendré par le déplacement de la production d’un producteur à coûts élevés vers un
producteur plus efficient.

b. La déviation du commerce

La déviation du commerce : c’est la situation dans laquelle un pays substitue ses


importations en dehors de l’union douanière à coûts moins élevés par des importations à des
coûts plus élevés provenant d’un pays membre de l’union douanière.

Figure n° 2 : illustration de la déviation du commerce dans une union douanière

Source : SALVATORE, Dominick. Op.cit, page 370.

Dans le premier cas, on a supposé que le pays I établit une union douanière avec le
pays III. Dans ce deuxième cas, on suppose que le pays I entre en une union douanière avec
le pays II et le pays III représente le reste du monde. Avec l’application d’un tarif douanier
sur les produits du pays III, le pays I a intérêt à importer des produits du pays II du fait de la
suppression des droits de douanes.

37
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

Avant la constitution de l’union douanière, la demande domestique du pays I était de


Q2 et l’offre domestique de Q1. A l’occasion de la constitution de l’union douanière entre le
pays I et le pays II la demande domestique est passée de Q2 à Q6 et l’offre domestique de Q1
à Q5. Dans ce cas, on parle de la déviation du commerce parce que le pays I a substitué le
producteur le plus efficient, qui est le pays III, par un producteur de moins en moins efficient
qui est le pays II (le pays I aurait pu créer une union douanière avec le pays III et par
conséquent bénéficier, à l’occasion de la suppression des barrières tarifaires, d’un coût moins
élevé de ce dernier).

Dans ce deuxième cas, il y a un gain du bien être représenté sur le schéma par les deux
rectangles C’JJ’ et H’HB. La somme des deux représente le gain du bien être dû à la création
du commerce et le rectangle MNJ’H’ la perte du bien être due à la déviation du commerce
résultant de la substitution du producteur le plus efficient par un producteur moins efficient.
Le surplus du consommateur se trouve réduit au rectangle GHG’B’ et la perte de l’Etat
correspond à la perte du bien être, qui est le rectangle MNJ’H’.

Enfin, le surplus collectif occasionné par l’union douanière dépend de la comparaison


entre, d’un côté les deux surfaces C’JJ’ et H’HB qui représentent la création du commerce et
de l’autre côté la surface MNJ’H’ qui représente l’effet de déviation du commerce.

3.1.2. Le raisonnement de Meade

Meade a approfondi le raisonnement du Viner et a analysé les effets des unions


douanières en combinant les effets de production et les effets de consommation. Il a adopté la
même démarche que Viner, à savoir l’équilibre partiel (impact de la variation marginale du
tarif sur un seul bien considéré) et le théorème de l’optimum de second rang, à partir de ses
analyses, il a formulé certaines recommandations pour les unions douanières50 :

 L’union douanière est plus intéressante lorsqu’elle est large parce qu’elle s’approche
du libre échange ;
 La création de l’union douanière est bénéfique s’il y a une complémentarité entre les
économies des pays partenaires ;
 Plus les tarifs sont élevés avant l’union douanière, plus sa formation est bénéfique ;

50
SUAREZ, Alfredo, op.cit., p. 29.

38
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

 L’union est avantageuse s’il n’y a pas une déviation du commerce, c’est-à-dire
chaque pays est, en même temps, le client et le fournisseur d’un pays partenaire ;
 L’union est favorable lorsqu’il n’y a pas un reste du monde fractionné et soumis aux
restrictions quantitatives. les gains de l’union sont plus importants lorsqu’il n’y a
qu’une faible différence entre les coûts des pays de l’union et les coûts du reste du
monde.

L’analyse de Viner tourne autour d’un seul bien qui est produit par un ou deux pays.
Elle est perçue comme étant loin d’être réaliste par ce qu’elle ne s’est intéressé qu’aux effets
de la production tout en négligeant les effets de consommation et leurs effets sur le bien
être, alors que les deux effets ( effets de production et effets de consommation) sont
interdépendants parce que la variation de la production modifie les structures de la
consommation et inversement (les effets de production réagiront la production).

3.1.3. Raisonnement de Lipsey

Les deux études précédentes ont été complétées par Lipsey, mais ce dernier s’est basé
sur une analyse de l’équilibre générale en élargissant les études antérieures à trois pays et à
trois biens. Selon cet auteur, la théorie des unions douanières doit prendre en compte trois
(03) problèmes51 :

 La clause de l’équilibre partiel « toute chose égale par ailleurs » n’est plus possible
d’où un recours à un équilibre général dans les analyses. Les modifications des tarifs
(l'égalisation des rapports des prix nationaux des biens avec le rapport de leurs prix
dans le reste de l'union) entrainées par les unions douanières sont suffisamment
importantes pour êtres considérées comme non marginales;
 L’union douanière est un cas type de la situation de second rang d’où la difficulté de
construire un modèle général ;
 L’union douanière doit prendre en considération le niveau et le type de l’utilisation
des recettes gouvernementales.

Lipsey a montré que la déviation du commerce international est plus complexe que ne
l’exprime l’analyse de Viner. Pour lui, une étude à priori des unions douanières est impossible
parce qu’elle nécessite plusieurs études dans un cadre d’un équilibre général. Les unions
51
BYE. Op.cit., p. 743.

39
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

douanières entrainant des déviations du commerce qui peuvent augmenter ou diminuer de la


production totale à l’intérieur de l’union et à l’extérieur (dans le monde entier) mais suivant
des situations52.

Viner, dans son analyse, a évoqué uniquement la substitution entre pays (changement
des sources d’approvisionnement), mais Lipsey a rajouté un deuxième élément qui est la
substitution entre les produits. pour Lipsey, l’union douanière produit des effets de
production et des effets de consommation, mais il s’est focalisé uniquement sur les effets de
la consommation qui, selon le même auteur, peuvent se produire même s’il n’ya pas des effets
de production53, Pour mieux juger l’union douanière sur le bien être, on doit tenir compte des
effets sur la consommation et que l’analyse ne doit pas se limiter qu’aux déviations du
commerce car il peut y avoir un accroissement du bien être même s’il y a une déviation du
commerce.

3.1.4. Le raisonnement de Gehrels

Gehrels a intégré dans son analyse les effets de la consommation. Il affirme que
l’union douanière va conduire à une baisse des prix des produits, ce qui entraine une
augmentation de la consommation et par conséquent l’accroissement des échanges entre les
pays partenaires, ce qui engendre une augmentation des avantages des consommateurs54.

Gehrels, à partir d’un raisonnement à base de trois (03) pays et de deux (02) produits,
et en utilisant un modèle géométrique, a essayé de démontrer que même s’il y a une mauvaise
utilisation des ressources (même s’il y a un détour du commerce), cette situation est peut être
compensée par les effets de la consommation (augmentation des gains à l’occasion de
l’échange)55. Lipsey a critiqué ce raisonnement en montrant que ce modèle de deux bien de
Gehrels n’est valable qu’à deux bien, ce qu’il l’a amené a élargir ce modèle pour intégrer
trois (03) biens, pour lui l’optimum ne peut être atteint que s’il y a un rapport entre les prix
internes et les prix externes de ces trois (03) biens, et l’analyse des effets des unions

52
Ibid., p. 744.
53
Avom désiré. Op.cit., p.43.
54
ARMAGAN, Ibrahim. « La théorie traditionnelle de l’intégration économique internationale et ses
insuffisance au niveau des pays en voie de développement », the turkish yearbook (vol 11), 1971, p 130,
http://www.politics.ankara.edu.tr/dergi/tybook/11/Ibrahim_Armagan.pdf
55
Ibid., p 131.

40
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

douanières doit se faire par la comparaison de l’optimum avant et après la formation de ces
unions. Leurs effets positifs sont d’autant plus importants sous deux grandes conditions56 :

 Le commerce avec l’extérieur est faible par rapport à la production et à la


consommation interne ;
 Lorsqu’il y a une importante intensité des flux commerciaux entre partenaire par
rapport au commerce total.

3.2. Les effets dynamiques des unions douanières

Toutes ces analyses sont centrées sur les effets de la production et de la consommation
et négligent d’autres aspects liés à cette forme d’intégration. L’union douanière peut générer
pour les pays qui la constituent des effets dites dynamiques, tels : la concurrence, les
économies d’échelles, les flux des investissements et l’amélioration des termes de l’échange.

3.2.1. La concurrence

Au-delà des effets de la production et de la consommation analysés dans le cadre de


l’équilibre statique, une question centrale est posée sur l’influence de l’union douanière sur la
concurrence, Maurice BYE affirme que l’union douanière peut accroitre dans un premier
temps le degré de la concurrence57, parce que les marchés nationaux deviennent de plus en
plus vaste et, par conséquent, les firmes qui y sont présentes sont mises à une concurrence sur
ce grand marché.

Dans le cadre de l’union douanière, plusieurs transformations vont être opérées. Des
firmes vont disparaitre au profit d’autres firmes qui vont l’emporter soit par la faillite de
certains entreprises qui ne montrent pas plus d’efficience qu’avant l’union, soit par des
opérations d’absorption ou de fusion. Les gagnants ne sont pas toujours des firmes
appartenant à des pays signataires. Les firmes étrangères présentes sur le territoire de l’un de
ces pays peuvent bénéficier des nouvelles structures en élaborant des stratégies à une échelle
plus élargies. Cette situation peut constituer une pression sur les firmes nationales qui ne
peuvent pas s’adapter à cette extension du marché.

56
AVOM Désiré. Op.cit., p.44.
57
BYE, Maurice. Op.cit., p. 753.

41
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

Enfin, les unions douanières stimulent la concurrence qui se traduit par la diminution
des coûts de production et se répercute positivement sur les consommateurs.

3.2.2. Les économies d’échelles

Les économies d’échelles permettent aux entreprises d’un pays appartenant à une union
douanière de bénéficier de l’effet de la taille du marché par l’agrandissement des unités de
production en vue de s’adapter à un marché de plus en plus élargie. Ce raisonnement n’est
pas toujours juste car des entreprises opérant dans des marchés à des dimensions très limitées
peuvent être des multinationales avant même la constitution des unions douanières. M, BYE
a donné l’exemple de plusieurs entreprises néerlandaises ayant le statut des multinationales
avant que la CEE ne soit constituée58. Mais la formation de cette dernière a permis la
réduction des variantes d’un produit dans la même usine et l’accroissement des chaines de
production59. Autrement dit, avant la constitution de l’union douanière les entreprises
européennes souffraient de la hausse des prix à cause d’une production caractérisée par
plusieurs variétés et styles de produits, mais la constitution d’une union douanière a permis à
ces entreprises de se spécialiser dans quelques variétés de produits et, par conséquent, de
baisser les coûts unitaires60.

3.2.3. Les termes de l’échange

L’application du protectionnisme sur certains produits peut donner des résultats positifs,
c’est-à-dire améliorer les termes de l’échange d’une union douanière, mais à condition que les
pays constituant cette dernière se regroupent en une zone suffisante pour influencer les prix
internationaux61. L’exemple, la CEE a appliqué une protection pour ses produits agricoles, ce
qui a conduit à l’augmentation de la production européenne et, par conséquents, a influencé
les prix mondiaux et elle a rendu ses importations résiduelles en provenance du reste du
monde moins chères.

Vanek a traité de l’union douanière sur la base de la similarité et de la dissimilarité


entre les économies des deux pays qui la constituent. La similarité est définie comme étant la
situation où il n y a pas du commerce entre les deux pays qui exportent un même bien vers le
58
BYE, M Op.cit., p. 755.
59
SALVATORE, Dominick, Op.cit., p.373.
60
Ibid,. p. 200.
61
MUCCHIELLI, Jean-Louis. « Relations économiques internationales », Hachette, Paris. P.120, consulté le
24/03/2015 sur le site http://www.melchior.fr/index.php?id=3215&type=123.

42
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

reste du monde. Dans cette situation, il n y a ni création, ni déviation du commerce si les


tarifs extérieurs restent inchangés vis-à-vis de reste du monde. La dissimilarité est définie
comme étant la situation où il y a complémentarité entre les économies des deux pays
constituant l’union douanière, où un seul pays parmi les deux commerce avec le reste du
monde. Dans ce cas, la situation est favorable pour celui qui ne commerce pas avec
l’extérieur. Autrement dit, les gains de l’union sont accaparés par le pays qui ne commerce
avec le reste du monde alors que l’autre va supporter une perte62.

Dans le modèle d’analyse à deux biens, il y a une détérioration des termes de


l’échange du reste du monde (détérioration de sa situation) à cause de la déviation du
commerce. Vanek, pour démontrer que l’union douanière n’est pas toujours contre le reste du
monde, en utilisant un modèle d’équilibre général à trois biens, a proposé l’introduction d’un
tarif extérieur compensatoire dont l’objectif est d’abaisser suffisamment les barrières tarifaires
entre l’union douanière et le reste du monde pour entrainer une création du commerce et
compenser le détournement du trafic63. Par conséquent, l’union douanière ne présente aucune
protection contre le reste du monde et assure en même temps la non détérioration des termes
de l’échange de ce dernier.

3.2.4. La stimulation des investissements

Les avantages d’un marché de plus en plus élargi, avec une suppression des barrières
commerciales discriminatoires entre les pays de l’union douanière, poussent des producteurs
étrangers à s’installer afin de profiter des ces avantages et contourner les barrières instaurées
vis-à-vis du reste du monde. On assiste alors à un flux des IDE conduisant à l’amélioration de
la croissance à l’intérieur de l’union. Salvatore Dominick a donné l’exemple des flux des
investissements massifs de la part des entreprises américaines en Europe après 1954 et 1986
et cela dans l’objectif de bénéficier marché du européen en plein croissance64.

62
FONTAGNE, Lionel. Globalisation des marchés et régionalisme économique : l’exemple européen. P.102. IN
Christian Deblock, Diane Éthier « Mondialisation et régionalisation : la coopération économique internationale
est-elle possible», presse d’université de Québec. Québec, 1992.
63
Ibid., p. 103.
64
SALVATORE, Dominick. Op.cit., p. 373.

43
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

Conclusion
Depuis le début des années 1990, on a assisté à une multiplication des accords signés
entre les différents pays pour éliminer les entraves aux échanges commerciaux. En plus des
accords multilatéraux négociés dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce
(OMC), d’autre accords commerciaux sur une échelle régionale, souvent bilatéraux, ont
commencé à prendre de l’ampleur depuis la dernière décennie du XXème siècle, ainsi, l’OMC
a notifié, en 2014, près de 604 accords dont 446 existent déjà. Les accords entre les pays
développés (pays du nord) et les pays en développement (pays de sud) se sont développés
pour dépasser les mécanismes anciens de la politique commerciale et pour intégrer d’autres
règles régionales portant sur les investissements, la concurrence et l'environnement. La
prolifération des accords a entrainé un régionalisme économique, qui n’est pas confiné aux
pays appartenant à une même zone géographique, mais plus large englobant des pays de
deux continents différents. Son objectif principal est la suppression des entraves aux
échanges à travers certaines formes d’intégration comme les zones de libre échanges et les
unions douanières.

L’intégration économique régionale est l’un des thèmes les plus étudiés en économie
internationale. Cependant, les économistes ne sont pas arrivés à donner une définition claire
de l’intégration économique. Ces divergences apparaissent mêmes entre les économistes de la
même école. L’intégration, jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale, était un instrument
politique permettant de dépasser les conflits politiques et favoriser la paix, son aspect
économique ne venait qu’en deuxième place. Autrement dit, son principal objectif était de
nature politique.

L’intégration économique régionale telle qu’a été évoquée par les néoclassiques était
limitée uniquement aux unions douanières et aux relations économiques préférentielles à
travers certaines formes de coopération. Les travaux de Viner, même s’ils étaient peu
satisfaisants, ont ouvert la voie vers le renouvellement de la conception dite traditionnelle de
l’intégration (elle a été évoqué par deux courants de pensée, le premier avait une conception
volontariste partisan de l’intervention de l’Etat et le deuxième courant était le courant libéral
qui s’opposait à tout interventionnisme étatique dans le processus de l’intégration mais ce
sont les forces du marché qui vont l’assurer). L’intégration dite traditionnelle, dans le cadre
de la pensée libérale, était une simple modalité de libre échange en partant du libre échange

44
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale

comme étant une situation idéal (optimum de Pareto) pour se trouver dans un optimum de
second rang. Par la suite, d’autres théoriciens ont essayé de dépasser le cadre statique de
cette conception en incluant d’autres effets négligés par leurs prédécesseurs à savoir : la
concurrence et des économies d’échelles, les effets de polarisation et les effets
d’agglomérations.

La théorie des unions douanières s’est construite dans un contexte de libre échange
instauré entre des Etats ayant un même niveau de développement. L’idée de départ de cette
théorie, n’a pris en considération une union douanière entre les économies en développement
ou entre un pays développés et un pays en développement. Son analyse s’est fait dans un
cadre bien défini (la productivité des facteurs de production, les changements technologique
et les préférences des individus sont tous considérés comme constant).

En plus des facteurs économiques et politiques déterminant l’intégration, il y a lieu


d’évoquer des facteurs qui peuvent sembler comme non déterminants, au moins dans les
premières phases de l’intégration. Autrement dit, même si ces facteurs qui peuvent être
d’ordre, idéologiques, culturels, religieux, nationalistes,… ne sont pas constitutifs de
l’intégration, ils demeurent nécessaires à sa viabilité.

45
Chapitre II :
Historique des
relations UE-Algérie
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie


Introduction
Jusqu’à la deuxième moitié du XXème siècle, les puissances britannique et française
étaient dominantes sur l’ensemble en Méditerranée. Les Etats du sud et de l’Est de cette
région étaient, soit colonisés (Algérie), soit sous le protectorat (Tunisie, le Maroc) ou bien
sous mandat (Palestine, Syrie, Liban, l’Irak).

A la fin du mouvement de colonisation, les pays de l’Europe communautaire ont


substitué leurs relations coloniales par un rapprochement avec ces pays, par le biais d’accords
bilatéraux, en vue d’établir des relations pour différentes raisons (assurer leurs
approvisionnements en énergie et en matières premières, assurer des débouchés pour leurs
produits,…). L’Algérie, étant une partie intégrante du bassin méditerranéen, a connu ce
rapprochement surtout avec la France du fait de leurs liens historiques.

Les six pays de l’Europe communautaire avaient plusieurs possibilités pour la


conclusion des accords : article 111 et 113 du traité de Rome portant sur des accords tarifaires
et commerciaux et l’article 238 du traité de Rome portant sur un accord d’association.

Dès son accès à l’indépendance, l’Algérie, à l’instar des pays du Maghreb, a montré la
volonté de nouer des relations avec la communauté européenne, d’ailleurs c’était le premier
pays, parmi ses voisins, à vouloir tisser des relations avec la
CEE65. Bénéficiant d’un statut particulier, durant les années 60, dans ses relations avec la
communauté européenne, notamment avec la France, l’Algérie a refusé systématiquement
tout accord qui ne prenait pas en considération son statut particulier. Néanmoins, à partir des
années 70, les avantages qu’elle tirait de ces relations ont commencé à diminuer avec
l’avènement de la politique méditerranéenne globale (PMG).
Depuis 1976, date de signature du premier accord de coopération jusqu’en 2004, date du
lancement de la politique européenne de voisinage, soit 28 ans de coopération, la
communauté européenne a adopté quatre (04) politiques différentes vis-à-vis ses voisins
méditerranéens. D’abord une politique méditerranéenne globale dominée par l’aspect

65
VALAY Georges, la communauté économique européenne et les pays du Maghreb, revue de
l’Occident musulman et de la méditerranée, N°3, 1967, pp 167-198. Page 167.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/remmm_0035-1474_1967_num_3_1_949

46
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

commercial suivie par la politique méditerranéenne rénovée (PMG). Le partenariat euro-


méditerranéen une autre politique globale a été mise en place au milieu des années 90. Il a
englobé plusieurs domaines : politique, économique et financier et socioculturel et enfin la
politique européenne de voisinage lancée en 2004. Ces deux dernières prévoient la
transformation du bassin méditerranéen en un espace de stabilité et de prospérité partagée, la
création d’une zone de libre échange et faire impliquer la participation des partenaires au
marché européen en leur offrant des nouvelles perspectives d’intégration économiques et la
participation à certains aspects de la coopération dans le domaine de la justice et des affaires
intérieures et à certaines politiques et programmes communautaires.

47
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

Section 1. Un rappel historique des relations algériennes avec l’Europe


communautaire
Les relations de l’Algérie avec l’Union Européenne (UE) remontaient au lendemain de
l’indépendance et ont atteint leur apogée avec la signature de l’accord d’association dans les
années 2000. Elles ont été marquées par des moments de stagnation ou de rigidité pour
différentes raisons (instabilité politique en Algérie, les différents processus d’intégration
européenne et les défis y inhérents,…)

1.1. L’Algérie et les premiers accords d’associations

A la signature du traité de Rome en 1957, l’Algérie n’était alors qu’une colonie


française et était considérée comme un département français. Elle a bénéficié de ce fait des
mêmes droits que les autres départements français d’Outre mer, conformément l’article 227
du traité de Rome66. Par conséquent, elle n’était pas concernée par d’éventuelles négociations
en vue de conclure des accords d’association selon l’article 238 du traité de Rome67.

Après son accession à son indépendance, l’Algérie a pris l’initiative le 24 décembre


1962 d’adresser une lettre à la Communauté Economique Européenne (CEE) en vue de
définir l’avenir de leurs relations68 dans l’espoir de bénéficier des mêmes avantages que la
communauté lui avait accordés lorsqu’elle était une colonie française. Le 24 juin 1963,
l’Algérie a demandé l’ouverture des conversations exploratoires avec la CEE, suivie peu après
par ses deux voisins, le Maroc et la Tunisie.

66
Le paragraphe 2 de l’article 227 du traité de Rome « En ce qui concerne l'Algérie et les départements français
d'outre-mer, les dispositions particulières et générales du présent traité relatives :
- à la libre circulation des marchandises ;
- à l'agriculture, à l'exception de l'article 40, paragraphe 4 ;
- à la libération des services ;
- aux règles de concurrence ;
- aux mesures de sauvegarde prévues aux articles 108, 109 et 226 ;
- aux institutions, sont applicables dès l'entrée en vigueur du présent traité.
Les conditions d'application des autres dispositions du présent traité seront déterminées au plus tard deux ans
après son entrée en vigueur, par des décisions du Conseil statuant à l'unanimité sur proposition de la
Commission.
Les institutions de la Communauté veilleront, dans le cadre des procédures prévues par le présent traité et
notamment de l'article 226, à permettre le développement économique et social de ces régions ».
67
Article 238 du traité de Rome « La Communauté peut conclure avec un État tiers, une union d'États ou une
organisation internationale, des accords créant une association caractérisée par des droits et obligations
réciproques, des actions en commun et des procédures particulières.
Ces accords sont conclus par le Conseil agissant à l'unanimité et après consultation de l'Assemblée.
Lorsque ces accords impliquent des amendements au présent traité, ces derniers doivent être préalablement
adoptés selon la procédure prévue à l'article 236 ».
68
VALAYS, Georges. Op.cit., P167.

48
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

La CEE a répondu positivement et les négociations ont été menées parallèlement, entre
1964 et 1965, par une délégation de la CEE et des délégations des trois pays du Maghreb,
mais les discussions ont été retardées à cause de l’Algérie et de sa position mal définie vis-à-
vis de la CEE.

La CEE, pour ne pas retarder les négociations, a décidé de dissocier le dossier algérien
de celui des ses voisins pour une double raison : la position algérienne à l’égard de la CEE et
son opposition à toute présence d’un Etat israélien sur le territoire palestinien69. Les
pourparlers avec les autres pays du Maghreb ont été menés à bonne fin et ont abouti à la
conclusion d’un accord d’association en Mars 1969, même si l’usage de ce concept
« d’association » n’était pas favorable pour ce type d’accord parce qu’il ne portait que sur les
échanges commerciaux70.

Au cours de l’année 1969, l’Algérie, qui avait revendiqué des relations globales et
préférentielles, a vu les avantages dont elle disposait se dégrader à cause de la position de la
majorité des pays de la communauté (Allemagne, Italie, Luxembourg, Belgique et les pays
bas), qui considérait l’Algérie comme un pays tiers. De ce fait, le régime communautaire a
été maintenu pour les produits industriels algériens, mais les produits agricoles ont été
soumis à des droits de douanes en causant la baisse de la production vinicole et, par
conséquent, la chute brutale des exportations du vin algérien.

La même année, l’Algérie a refusé de signer un accord portant les mêmes modalités que
celui entériné par le Maroc et la Tunisie en raison de sa volonté de conclure un accord global
et préférentiel qui prendrait en considération son passé colonial et son statut exceptionnel. La
situation n’a pas évolué, ce qui a poussé certains pays communautaires qui souffraient de la
concurrence produits des produits algériens à critiquer vivement ce « statu quo ».

Depuis la signature du traité de Rome en 1957, la CEE avait une action limitée en
faveur des pays qui montraient une volonté d’association avec la CEE, à cause d’une
intégration inachevée sur le plan économique et en l’absence d’une politique commune à
l’égard des tiers71.

69
ETIENNE Bruno. « Maghreb et CEE ». Annuaire Afrique du Nord, 1969, pp, 170-201.p. 173.
70
DUPOY, Alain. « Le statut juridique de la coopération entre l’Algérie et la CEE ». Revue Algérienne, pp 8-
34, p. 13.
71
BERDAT Christophe. « L’avènement de la politique méditerranéenne globale de la CEE ». Revue relations
internationales, 2007/2 n°130, pp 87-109. p. 89.

49
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

Au début des années 70, différents facteurs ont poussé la CEE à réviser sa politique vis-
à-vis des pays tiers, et parmi les quels on peut citer :

 Des facteurs d’ordre stratégique : La communauté cherchait à sécuriser ses frontières


et assurer sa sécurité énergétique (assurer son approvisionnement en énergie).
 Des facteurs d’ordre politique : la présence américaine et soviétique dans le bassin
méditerranéen, et pour réduire leur influence, il a fallu la mise en place d’une
politique globale fiable.
 Des facteurs d’ordre économique : l’existence dans les pays voisins de la méditerranée
d’une importante main d’œuvre à bon marché sous employée, en plus de la richesse de
cette région en matières premières nécessaires pour le développement de l’économie
européenne.

En plus des facteurs précités, d’autres d’ordre interne pour la communauté ont prévalu
comme la préparation pour un nouvel élargissement de la communauté vers trois (03) autres
pays, prévu pour le 01 janvier 1973, et l’élargissement du système de préférences initié par la
CNUCED pour tous les pays tiers méditerranéens. Tous ces facteurs ont contribué au
lancement de la politique méditerranéenne globale, ce qui a opéré un changement dans les
relations de la CEE avec ses voisins.

La commission européenne a insisté sur une politique cohérente à l’égard des pays sud
de la méditerranée, tout en exposant les risques liés aux multiplications des concessions
accordées aux pays de Maghreb lors des conversations exploratoires, et sur la nécessite
d’établir des lignes directrices claires concernant des extensions possibles de ces
associations. Le 06 juin 1972, le Conseil Européen a annoncé l’approche méditerranéenne
globale suite à la proposition du ministre français des affaires étrangères Maurice
SHAUMAN72. Après plusieurs réunions et communications, le conseil européen a adopté
définitivement la politique méditerranéenne globale, en octobre 1972.

1.2. L’Algérie dans l’approche méditerranéenne globale

La situation de blocage dans les relations de l’Algérie avec la communauté européenne


reste de mise jusqu’à l’année 1972 où le Conseil Européen a exprimé son intention d’entamer
des négociations avec Alger pour conclure un accord global qui concerne à la fois, le régime

72
BERDAT Christophe, op.cit., p. 98.

50
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

des échanges et la coopération économique, technique et financière73. L’Algérie a accepté et


les négociations sont entamées le 24 juillet 1972. Au départ, elles ne portaient que sur le
régime des échanges, puis à partir de juillet 1973 sur une base plus élargie pour aboutir le
1er janvier 1976 à la conclusion d’un accord.

Les négociations ont été menées du coté Algérien par l’ambassadeur algérien auprès de
la CEE Messaoud Ait CHAALAL et du coté européen par jean DURIEUX, Directeur à la
direction générale du développement de la commission. L’accord a été paraphé le 27 janvier
1976, puis signé le 26 Avril 1976 pour une durée indéterminée par le ministre des affaires
étrangères de cette époque, Abd El Aziz BOUTEFLIKA du coté Algérien et Mm Gaston
THORN, président en exercice au conseil et Claude CHEYSSON, membre de la commission,
en la présence des représentants des Etats membres.

1.2.1. Le contenu du premier accord de coopération

L’accord de coopération de 1976 comprend trois grands (03) axes : le régime des
échanges, la coopération économique et technique et la coopération sociale.

 Le régime des échanges

L’objectif fixé dans le domaine commercial est la promotion des échanges entre
l’Algérie et la CEE en tenant compte de l’écart de développement entre les deux parties et la
nécessité d’assurer un équilibre dans les échanges commerciaux afin d’accélérer le rythme de
la croissance du commerce de l’Algérie et d’améliorer les conditions d’accès de ses produits
au marché communautaire74. La relation entre les deux parties est tenue sur le principe de la
non réciprocité, la communauté tiendrait à accorder aux produits originaires d’Algérie des
concessions douanières « les produits originaires d’Algérie sont admis à l’importation dans
la communauté sans restrictions quantitatives, ni de mesures équivalents, et en exemption des
doits de douanes et de taxes d’effet équivalent »75 et l’Algérie accorderait à la communauté le
traitement de la nation la plus favorisée.

73
DUPOY Alain, op.cit., p. 13.
74
Article (2) du journal officiel des communautés européennes du 27.9.1978
75
Article(3), paragraphe 1, du journal officiel des communautés européennes du 27.9.1978

51
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

 La coopération économique, technique et financière

Elle porte sur la mise en place des instruments financiers (protocoles financiers) sous
formes de dons provenant des ressources budgétaires de la commission européenne et sous
forme de prêts de la banque européenne d’investissement (BEI), et cela dans le but de réaliser
les objectifs généraux de l’accord de coopération et de permettre un soutien au processus du
développement en Algérie.

 La coopération dans le domaine sociale

Ce volet concerne les ressortissants Algériens travaillant dans la communauté.


L’Algérie a insisté à ce qu’il y ait une liberté de circulation à l’intérieur de la communauté, le
droit à la formation professionnelle et enfin la non discrimination entre les travailleurs
algériens et ceux des Etats membres76.

Pour que la coopération soit établie sur une base solide et pour assurer la mise en œuvre
de l’accord, plusieurs protocoles financiers ont été signés avec l’Algérie.

1.2.2. Les protocoles financiers

Ils sont représentés sous formes des dons provenant de ressources budgétaires de la
commission européenne et sous forme de prêts provenant des ressources de la banque
européenne d’investissement (BEI). Dans le cadre de la politique méditerranéenne globale,
trois (03) protocoles financiers ont été signés77 :

 Le premier protocole financier

Prévu pour la période 1976-1981 pour un montant de 114 millions d’euros, destinés au
développement rural et la protection l’environnement et au transport.

 Le deuxième protocole financier

Prévu pour la période de 1981-1986 pour un montant de 151millions d’euros. Il est


destiné principalement aux infrastructures (70% de l’aide financière) et à d’autres domaines
tels que l’énergie et la coopération scientifique.

76
DUPOY Alain, op.cit., P.27.
77
Union européenne – Algérie 30 ans de coopération ; 1979-2009, p.17.

52
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

 Le troisième protocole financier

Prévu pour la période de 1986-1991 pour un montant de 239 millions d’euros et destiné
principalement aux infrastructures (50 % du protocole), la gestion de l’eau (30% de l’aide) et
d’autres domaines tels que la coopération scientifique, l’agriculture et la pêche, le commerce
et l’industrie.

1.2.3. La coopération : bilan insatisfaisant

La décennie suivant la signature de l’accord de coopération était très décevante parce


que les relations n’étaient que d’ordre formel vu la divergence des intérêts entre les deux
parties et l’absence d’un dialogue préalable sur les points de la coopération78.

BICHARA Khader a jugé le bilan de la coopération comme décevant « après plusieurs


années d’application, le bilan semble mitigé parce que les échanges commerciaux restent très
déséquilibrés »79 . Cette coopération n’a conduit qu’à renforcer la dépendance de certains
pays, à l’instar de l’Algérie et les pays de Maghreb, vis-à-vis de la CEE.

Les relations entre l’Algérie et la CEE étaient rigides et ne répondaient pas aux attentes
des deux parties et cela jusqu’au 1986 qui a marqué la relance des relations par une
multiplication des échanges et des contactes entre responsables algériens et européens.

1.3. L’avènement de la politique méditerranéenne rénovée (PMR)

Au milieu des années 80, plusieurs événements ont marqué le monde d’une manière
générale et l’Europe d’une manière spécifique , notamment l’entrée en vigueur de l’acte
unique européen qui a renforcé l’idée d’une nouvelle dynamique d’intégration européenne par
le biais de la création d’un vaste marché intérieure80, ainsi que la préparation d’un second
élargissement ( vers l’Espagne et le Portugal), et sur le plan international l’apparition d’un
nouvel ordre mondial dominé par les Etats-Unis d’Amérique après l’effondrement du bloc
socialiste.

Les évolutions en l’Europe, le processus de la globalisation de l’économie mondiale et


l’accroissement des inégalités entre le Nord et le Sud ont donné naissances à des nouveaux

78
NEDJAH Issam, les relations Euro-algériennes ; de la coopération au partenariat, Domitia, N°10, 2008, PP
149-164. P. 155.
79
BICHARA Khader, le partenariat Euro-méditerranéen : après la conférence de Barcelone, Edition
l’Harmattan, année 1997, p. 32.
80
LES EVOLUTIONS JUSQU’A L’ACTE UNIQUE, fiche technique sur l’union européenne-2014

53
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

défis, de nouvelles opportunités et des responsabilités accrues pour la CEE d’où la nécessité
de redéfinir son rôle international sur le plan économique et politique.

1.3.1. L’adoption de la politique méditerranéenne rénovée

Suite à toutes les évolutions externes et internes, le Comité Economique et Social


Européen (CES) a lancé un avis intitulé « nouvelle politique méditerranéenne de la
communauté européenne »81 visant la révision de la politique européenne envers des pays
tiers méditerranéen (PTM).

A cet effet, le Conseil Européen a adopté, en décembre 1990, un nouveau cadre


politique pour ses relations avec les pays tiers du bassin méditerranéen : la politique
méditerranéenne rénovée (PMR).

1.3.2. Les apports de la politique méditerranéenne rénovée

La mise en œuvre de cette nouvelle politique a permis à la CEE de définir les grandes
lignes sur les quelles se concentreraient ses actions et qui sont au nombre de cinq (05)82 :

 Accompagnement de processus d’ajustement économique ;


 Guidage de l’investissement privé ;
 Accroissement des financements bilatéraux et communautaire ;
 L’implication plus étroite dans l’évolution de la communauté vers le marché
unique ;
 Renforcement du dialogue économique et politique.

Deux innovations proposées par la PMR sont d’ordre économique et géopolitique, et


ont objectif faire face à la détérioration économique et sociale des PTM83 au moyens de deux
leviers pour:

 Appui aux politiques d’ajustement structurel par la création d’une enveloppe


financière de 300 millions d’Ecu ;
 La mise en œuvre d’une approche régionale de coopération entre les partenaires
(collectivités locales, universités, PME,…).

81
NEDJAH Issam, op.cit., p. 155.
82
Ibid., p. 158.
83
Idem

54
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

La mis en place de cette politique a permis de renouveler les protocoles financiers pour
la période allant de 1991-1996 pour un montant augmenté globalement de 40 % par rapport
aux précédents.

L’Algérie a bénéficié d’un quatrième protocole pour la période de 1991-1996 pour un


montant 350 millions d’euros (70 millions d’euros provenant de la commission européenne et
280 millions provenant de prêts de la Banque Européenne d’Investissement), destiné au
financement des infrastructures à hauteur de 68%. Le programme d’ajustement structurel a
bénéficié à lui seul d’une subvention de 70 millions d’Euros, ce qui a apporté un soutien au
filet social et à la promotion de l’habitat social84.

Au départ, la communauté a affiché sa volonté de renforcer ses relations avec les PTM,
dont l’Algérie, en leur accordant des privilèges tels que l’amélioration des conditions d’accès
au marché communautaire et l’accroissement des aides dans le cadre du 4ème protocole
financier. Malgré ses apports et ses aspects innovants, plusieurs reproches ont été adressées à
cette politique pointant du doigt ses limites et faiblesses essentiellement financières,
notamment le fait de la persistance de la divergence d’intérêt entre la communauté et ses
partenaires. Elle a été presque comme un prolongement de la coopération traditionnelle déjà
existante (basée essentiellement sur les relations commerciales) et non pas comme un
nouveau projet économique global qui favoriserait le Co-développement.

1.4. De la coopération au partenariat

Malgré plusieurs années de négociations, d’accords signés et de différentes politiques


mises en œuvre, la coopération n’a pas réussi à réaliser les objectifs souhaités « le bilan de la
politique de la communauté à l’égard des pays de la méditerranée au cours de 25 ans (depuis
le premier accord d’association) est mitigé, les investissements privés européens n’ont pas
privilégié le monde méditerranéen, les barrières aux échanges sont restées élevées, la
coopération financière somme toute limitée… »85.

Devant ces résultats médiocres, la communauté européenne a affirmé lors du conseil


européen de Lisbonne du 26 et 27 juin 1992, la nécessité d’une nouvelle politique
méditerranéenne allant de la logique économique et commerciale à une logique

84
Union européenne – Algérie 30 ans de coopération ; 1979-2009, p.17.
85
KHADER, Bichara. Op.cit., p. 67.

55
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

multidimensionnelle à savoir la dimension politique, sociale et culturelle avec une


coopération régionale et bilatérale. C’est le passage de la coopération au partenariat.

1.4.1. Le contexte général du partenariat

La fin de la guerre froide et la chute du bloc communiste ont crée une situation sans
précédente. Une série d’événements majeurs sur la scène continentale et mondiale poussera la
communauté européenne à revoir son rôle tant sur le plan régional que mondial : ainsi la crise
yougoslave et algérienne, la réunification allemande, la Guerre du Golf, l’aboutissement de
l’Uruguay Round ( mettant fin aux avantages tarifaires et contingentaire dont bénéficiaient
les PTM sur le marché européen) et, surtout le traité de Maastricht donnant naissance à
l’Union Européenne et ouvrant la voie à une union monétaire sont autant d’événements qui
vont conduire à des changements géostratégique en Europe.

1.4.2. Le projet du partenariat et la crise Algérienne

L’Algérie ayant initié dans les années 80 une série de réformes économique et
politique s’est trouvée en difficulté en raison de la baisse des recettes des hydrocarbures, et
depuis, la situation a continué à se dégrader et a fini par le soulèvement d’octobre 1988,
violemment réprimé par le pouvoir Algérien. Un nouveau gouvernement a été mis en place, à
sa tête Kasdi MERBAH pour réformer le fonctionnement des entreprises et relancer la
croissance par : l’attribution de plus d’autonomie aux entreprises publiques et
l’encouragement du secteur privé86, mais l’ensemble de ces réformes s’est heurté à son coût
social très élevé et a fini par être abandonné.

L’euphorie démocratique qu’a connue le pays suite à l’adoption du multipartisme a


été de courte durée. L’arrêt du processus électoral en 1991 a plongé le pays dans une crise
multidimensionnelle : politique, sécuritaire, sociale,… l’aspect économique n’était pas de
moindre : effondrement des recettes pétrolières faisait peser la menace d’une banqueroute,
programme d’ajustement structurel non atteint, rééchelonnement de la dette extérieur,
croissance économique négative, une inflation non maitrisée et la baisse des concours
financiers étrangers, certains comme Allemagne, Italie, le Japon les ont même totalement
arrêtés87.

86
ROCHERIEUX Julien, l'évolution de l’Algérie depuis l'indépendance, Sud / Nord, 2001/1 n°14, p. 27-50.
P. 42.
87
TEBOUL, René. « Intégration économique au bassin méditerranéen », Edition l’Harmattan, 1997, p. 31.

56
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

L’Europe s’est trouvée dans l’embarras face à la crise algérienne : de quel coté devrait-
elle s’engager ? « L’Europe est embarrassée, doit elle soutenir la poursuite du processus
électoral, sachant que celui-ci peut déboucher sur un Etat islamique qui fait peur à
l’occident ou soutenir l’armée qui prétend défendre les valeurs républicaines »88.

La crise algérienne, transfrontalière, a fait sentir l’Europe l’insécurité à ses frontières


Sud, surtout après les vagues d’attentats qui ont secoué la France, en 1995, d’où la nécessité
d’une nouvelle politique pour endiguer ce danger.

1.4.3. Le partenariat : la nouvelle politique euro-méditerranéenne

Lors du conseil de Lisbonne en juin 1992, le Conseil Européen a souligné le grand


intérêt que présente la zone méditerranéenne pour l’Europe sur le plan sécuritaire et de la
stabilité sociale 89. En 1994, le conseil européen de Corfou a chargé la commission
européenne d’évaluer la politique globale méditerranéenne, et des éventuelles initiatives pour
le renforcement de cette politique à court et à moyen terme et la possibilité de convoquer une
conférence à laquelle, il participerait l’Union Européenne et les PTM.

Lors de la réunion des ministres des affaires étrangères en conseil européen en juillet
1995, une demande a été transmise à la commission pour l’élaboration de directives pour
renforcer à court et à moyen terme la politique menée par l’UE, et cela dans l’objectif
d’assurer la paix, la stabilité, la sécurité et le développement économique et social dans les
pays de la Méditerranée90. Le projet du partenariat a prévu la création d’une zone de libre
échange et la conclusion d’un accord d’association destiné à remplacer les accords de
coopération.

La commission a adopté en juin 1995 la mise en place d’un nouvel instrument financier
(MEDA) pour la période de 1995-1999 afin de soutenir les réformes des structures
économiques et sociales des PTM91. Le Conseil Européen de juin de la même année, réuni à
Cannes, a prévu une conférence Euro-méditerranéenne pour le 27 et 28 Novembre 1995.

88
NEDJAH, Issam. Op.cit., P. 159.
89
La commission européenne, Renforcement de la politique méditerranéenne de l'Union européenne: vers un
partenariat euro-méditerranéen, Bulletin de l'Union européenne Supplément 2/95, année1995. P. 8.
90
Ibid., p. 10.
91
Idem.

57
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

1.4.4. La conférence de Barcelone

La conférence intergouvernementale s’est tenue le 27 et 28 novembre 1995 à Barcelone


en Espagne. Elle a regroupé 27 pays dont 12 sont du Sud et de l’Est de la Méditerranée92 à
l’exception de la Libye (exclue à cause de l’embargo onusien).

La déclaration finale de la conférence de Barcelone a comporté trois principaux


volets :

 Le volet politique

Ce volet porte sur la création d’une zone de stabilité et de paix et cela par un dialogue
politique régulier et l’instauration de l’Etat de droit basé sur la démocratie et la déclaration
universelle des droits de l’homme ainsi qu’une coopération a fin de lutter contre le
terrorisme, la criminalité organisée et la prolifération nucléaire.

 Le volet économique et financier

Il porte sur la création d’une zone de prospérité et de développement économique et


sociale durable par l’établissement progressif d’un espace méditerranéen de libre échange et
la mise en place d’une assistance financière pour les différents projets dans le cadre du
partenariat.

 Le volet socioculturel

Il vise à encourager la compréhension et le respect mutuels des cultures entre les


peuples de la région, et faire participer la société civile dans les différentes activités
(politique, culturelle, syndicales…) ainsi que des échanges entres les responsables politiques,
les universités, les medias…

Lors de la conclusion de la conférence de Barcelone, l’Algérie vivait une crise


multidimensionnelle ; politique, économique et sociale (une guerre sans merci contre le
terrorisme, un rigoureux ajustement structurel, recul des IDE sauf dans le secteur gazier et
pétrolier, une difficulté au sein des couches les plus défavorisées). Cette situation a engendré

92
Algérie, Tunisie, le Maroc, l’Egypte, l’autorité Palestine, la Jordanie, la Syrie, le Liban, la Turquie, Chypre,
Malte, et Israël.

58
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

des réticences de l’UE à engager des négociations dans le cadre cette nouvelle approche de
coopération malgré la prédisposition de l’Algérie à négocier depuis octobre 199393.

Section 2. L’accord d’association UE-Algérie


Même si des directives avaient été données lors du Conseil Européen de Madrid en
décembre 1995, ce n’est qu’en mars 1997 que les négociations sont entamées et vont reprises
avril 2000, et qui ont fini par la conclusion d’un accord d’association paraphé le 19 décembre
et signé définitivement lors de la conférence ministérielle de Valence le 22 Avril 2002.
L’entrée en vigueur de l’accord est fixée pour le 1er septembre 2005 pour une durée illimitée94
et devrait remplacer l’ancien accord de coopération de 26 Avril 1976 entre la CEE et
l’Algérie95.

2.1. Les objectifs de l’accord d’association

Les objectifs fixés sont définis dans le premier article (article 1) de l’accord
d’association qui stipule :

 La consolidation des relations entre les deux parties signataires par la mise en place d’un
dialogue et d’une coopération politique ;
 Encouragement à l’intégration Sud-Sud, notamment Union pour le Maghreb Arabe
(UMA) en favorisant les échanges et la coopération intra-maghrébine et entre celle-ci et
l’Union Européenne ;
 La promotion de la coopération dans les différents domaines : économique, financier,
social, notamment dans la coopération culturelle par le biais d’un dialogue culturel ;
 La libéralisation progressive des échanges conformément aux règle de l’OMC et assurer
des échanges humains dans le cadre de procédure administrative.

2.2. La gestion de l’accord d’association

L’accord a prévu dans le titre neuf (09), article 92, la création d’un conseil d’association
qui a pour objectif l’examen des problèmes importants de cet accord, ainsi que toutes les
autres questions bilatérales, internationales ou d’intérêt commun.

93
BICHARA Khader, op.cit., p. 169.
94
Article (07) de l’accord d’association.
95
Article (100) paragraphe 2 de l’accord d’association.

59
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

2.2.1. Le conseil d’association

Il est composé d’une part par les membres du gouvernement algérien et, d’autre part,
par les membres du conseil de l’Union Européenne et des membres de la commission des
communautés européennes. Il se réunit au niveau ministériel, autant que possible une fois par
an à la demande de son président et selon les conditions prévues dans le règlement intérieur. Il
est présidé à tour de rôle par un membre du conseil européen et un membre du
gouvernement algérien selon des modalités prévues dans le règlement intérieur. Il est doté
d’un pouvoir de décisions. Les décisions en découlant sont obligatoires pour toutes les parties,
comme il peut formuler des recommandations utiles. Il fixe son règlement intérieur et peut
déléguer au comité d’association toute ou une partie de ses compétences.

2.2.2. Le comité d’association

Il a pour objectif la gestion de l’accord d’association, sous réserve des compétences


attribuées par le conseil d’association. Il est composé de représentants algériens et de
représentants du conseil de l’Union Européenne et de la commission des communautés
européenne. Il se réunit au niveau des fonctionnaires dans la communauté européenne ou bien
en Algérie. Il dispose d’un pouvoir de décision pour la gestion de l’accord ainsi que dans les
domaines où le conseil lui a délégué ses compétences. Ses décisions sont arrêtées avec la
concertation entre les parties et sont obligatoires. Il peut créer un organe ou un groupe de
travail pour mettre en œuvre l’accord d’association.

2.3. Le contenu de l’accord d’association

L’accord d’association s’inscrit dans le cadre du partenariat Euro-méditerranéen


prévoyant la création d’une zone de libre échange méditerranéenne. Il est composé de neuf
(09) titres et représente globalement les principaux axes de la conférence de Barcelone à
savoir : la coopération politique, économique et financière et la coopération sociale et
culturelle.

2.3.1. La coopération et le dialogue politique

Cette coopération vise à consolider les relations entre l’Algérie et l’UE à travers un
dialogue politique et la coopération dans les domaines de la justice et des affaires intérieures.
Elle permet de créer une zone de stabilité et de sécurité et de contribuer à l’instauration de
l’Etat de droit et le respect des droits de l’homme.

60
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

2.3.1.1. Le dialogue politique

Il concerne tous les sujets d’intérêts communs et plus particulièrement les exigences
garantissant la paix, la sécurité et le développement régional. Il est établi de manière régulière
et selon la nécessité ; son principal objectif selon l’article trois (03) de l’accord d’association
est de consolider les relations entre partenaires et contribuer à transformer la région
méditerranéenne en une zone de prospérité, de stabilité et de la sécurité et d’ancrage du
principe de la tolérance entre les religions.

2.3.1.2. La coopération dans le domaine juridique et des affaires intérieures

Elle vise à renforcer le rôle des institutions dans l’application des droits, le
fonctionnement de la justice et l’instauration de l’Etat de droit.

Elle englobe d’autres actions comme la coopération dans le domaine juridique et


judiciaire, considérée comme nécessaire et complémentaire aux autres aspects de l’accord,
Elle est soit :

 Civile : et sert à régler les affaires à caractères commerciales ou familiales, et à


échanger des expériences dans l’objectif d’améliorer l’administration de la justice
civile.
 Pénale : et sert à renforcer la protection des droits et des libertés individuelles et à
encourager la lutte contre le crime organisé.

2.2.1.1. La coopération dans la lutte et de prévention contre certains


phénomènes

L’accord prévoit la lutte contre tous les facteurs qui peuvent nuire aux objectifs fixés
comme :

 La prévention et la lutte contre le blanchiment d’argent ;


 La lutte contre le racisme et la xénophobie ;
 La lutte contre le terrorisme ;
 La lutte contre la corruption ;
 La lutte contre l’immigration illégale et son contrôle.

61
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

2.3.2. La coopération économique

Elle vise à fixer un cadre général qui facilitera les échanges entre les deux parties et à
assister l’Algérie en vue d’un développement durable. Elle consiste aussi à renforcer les liens
de partenariats entre les deux parties et à assurer un développement économique et social
durables à travers certaines actions comme :

 Donner plus de priorité à la coopération dans les secteurs qui seront affectés par la
libéralisation des échanges ;
 La réalisation d’un rapprochement entre l’économie algérienne et celle de l’UE par la
diversification des exportations algériennes et par la priorité donnée aux secteurs
générateurs de croissance et d’emplois ;
 L’encouragement à l’intégration maghrébine et aux échanges intra-magrébins.

Selon l’accord d’association, la coopération ne peut se réaliser qu’à travers un dialogue


économique régulier concernant les politiques macroéconomiques et certaines actions
communes tels que : l’échange des informations, l’assistance technique, administrative et
réglementaire et le soutient à l’investissement privé et aux programmes d’investissements.

Cette coopération porte aussi sur d’autres questions primordiales ayant trait à la création
d’une zone de libre échange.

2.3.2.1. La circulation des marchandises

Les deux parties doivent travailler ensemble durant une période transitoire de 12 ans
suivant l’entrée en vigueur de l’accord pour établir une zone de libre échange, selon des
dispositifs du GATT et les accords multilatéraux sur le commerce de marchandises de
l’OMC. Plusieurs produits sont concernés par cette libéralisation :

a. Les produits industriels

L’article (09) du chapitre (1) concernant les produits industriels a dressé une liste de
produits annexée à l’accord d’association prévoyant, dès l’entrée en vigueur de celui-ci, la
suppression immédiate de droits de douanes et de taxes d’effets équivalent96, ainsi qu’un

96
La liste porte sur 2034 lignes tarifaires qui seront importés à un taux de droit de douane de 0 %, dès l’entrée
en vigueur de l’accord (2005).

62
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

calendrier pour une élimination progressive des droits de douanes et de taxes d’effets
équivalents pour certains produits97.

L’accord donne la possibilité à la révision du calendrier en cas de difficultés graves


constatées pour un produit donné à condition d’une concertation au niveau du comité
d’association, et cela pour une durée qui ne dépasse pas la durée de transition. Comme il
donne à l’Algérie, malgré le calendrier fixé, le droit de prendre de mesures exceptionnelles
(droits de douanes majorés ou rétablis) pour une durée limitée et cela pour des industries
naissantes et pour les secteurs en difficultés entrainant de graves problèmes sociaux (sauf
pour les produits qui ont été écoulés après 03 ans de l’élimination de toutes les restrictions
quantitatives, de droits de douanes ou de mesures d’effets équivalents). Le comité
d’association peut autoriser ces mesures à titre exceptionnel, au-delà de la période transitoire,
pour une durée maximale de trois (03) ans après l’entrée en vigueur de l’accord d’association,
dans le cas où il constate des difficultés liées à la création d’une nouvelle industrie.

L’application de droits de douanes à l’importation en Algérie à des produits originaires


de la communauté dans le cadre de ces mesures doit répondre à certains paramètres:

 Les droits appliqués ne doivent dépasser les 25 % ad valorem ;


 Le principe de préférence pour les produits d’origine de la communauté ;
 Lors de la dernière année, la valeur totale des importations soumises à ces mesures
ne doivent dépasser les 15 % des importations totales de la communauté.
b. Produits agricoles, produits de la pêche et produits agricoles transformés

L’objectif fixé, pour les deux parties, est d’assurer une grande libéralisation des
échanges réciproques de produits agricoles, de produits de la pêche et des produits agricoles
transformés. Après 05 ans de l’entrée en vigueur de l’accord, les deux parties travailleront, au
sein du conseil d’association, sur les possibilités de nouvelles concessions sur une base

97
Une liste de produits originaire de la communauté, de 1095 lignes tarifaires, est concernée par une suppression
progressive de droits de douanes, durant 06 ans à un taux annuel de 10 %,10 %,10 %,20 %,20%, pour tomber à
0 , en 2012. Une autre liste de produits originaires de la communauté importés en Algérie bénéficieront d’une
réduction de 10 % par an, cela jusqu’à la onzième où le taux baissera de 5% pour tomber à 0 % après 12 ans
d’entrée en vigueur de l’accord (2017). Certains produits agro-industriels originaires de l’Algérie importés en
UE sont soumis à un droit de douane réduit.

63
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

réciproque. L’accord a prévu aussi des listes de produits agricoles98, annexé à l’accord
d’association, admis à l’importation sur le territoire de l’autre partie.

2.3.2.2. Le commerce des services et la présence commerciale

Toute partie s’engage à accorder aux fournisseurs de services de l’autre partie, d’une
manière réciproque, un traitement non moins favorable que celui accordé aux tiers
conformément aux principes de l’OMC.

Dès l’entrée en vigueur de l’accord d’association, l’Algérie accorde aux sociétés


communautaires présentes sur son territoire (y compris l’exploitation99 de leurs filiales et de
leurs succursales présentes sur le territoire algérien, conformément à sa législation) un
traitement non moins favorable à celui accordé aux entreprises des pays tiers.

Les sociétés d’une partie, leurs filiales ou leurs succursales présentes sur le territoire de
l’autre partie bénéficient du droit d’employer à titre temporaire (permis de séjour et de travail
limité à la durée de leur engagement) leurs ressortissants qui font partie du personnel clé de la
société (des cadres supérieurs chargés de diriger l’établissement, des employés possédant un
savoir particulier,…).

2.3.2.3. Dispositions communes

Dès l’entrée en vigueur de l’accord, les deux parties s’engagent à supprimer toutes les
mesures restrictives à l’importation ou à l’exportation et les mesures d’effets équivalents dans
leurs échanges. Elles aussi tiennent à ne pas instaurer de nouvelles mesures restrictives ou
d’effets équivalents et ne pas augmenter celles qui étaient en vigueur.

L’accord a prévu un délai obligeant l’Algérie à supprimer les droits additionnels


provisoires pour une liste de produit annexée à l’accord, dès le 1er janvier 2006. Dans le cas
où un délai plus court est mis en place dans le cadre de l’accession de l’Algérie à l’OMC, il
serait applicable pour l’Union Européenne.

98
Mis à part les produits de la pêche exemptés totalement des droits de douanes, certains produits agricoles et les
produits agricoles transformés sont exemptés de droits de douanes à l’importation dans la limite des contingents
pour chaque produit.
99
L’exploitation est définie selon l’article 36, paragraphe « f » de l’accord d’association comme étant l’exercice
des activités économiques.

64
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

L’accord aborde des questions primordiales pour l’Algérie telles que : l’éventualité de
l’adhésion de l’Algérie à l’OMC, l’éventuelle adhésion à une zone de libre échange et
l’établissement d’une union douanière.

 En cas d’adhésion de l’Algérie à l’OMC : Si l’Algérie réussit son adhésion à


l’OMC, les droits applicables entre les deux parties seraient équivalents aux taux
consolidés à l’OMC100 ou inférieurs effectivement appliqués lors de l’adhésion.
 L’accord ne doit présenter aucun obstacle à l’adhésion à une zone de libre échange
ou à une union douanière qui n’a pas pour effet de changer les régimes des échanges
entre les deux parties.

L’accord engage les deux parties sur des relations sur la base des principes de l’OMC
énoncés dans les dispositions communes, chapitre 03, concernant la libre circulation des
marchandises :

a. La non-discrimination

La communauté s’engage à accorder aux produits originaires de l’Algérie importés sur


son territoire un traitement non moins favorable que celui accordé aux pays membre, et toutes
les parties évitent d’appliquer des mesures directes ou indirectes discriminatoires de nature
fiscale interne contre un produit originaire de l’autre partie.

b. Antidumping

L’accord oblige une partie importatrice qui constate, après une enquête, une pratique de
dumping conformément aux principes de l’OMC, d’informer la partie exportatrice pour
mettre fin cette pratique conformément à article V du GATT de 1994 ou pour trouver une
solution satisfaisante dans un délai précis (30 jour), sinon la partie importatrice peut adopter
des mesures de rétorsion appropriées.

c. Les subventions et les mesures compensatoires

L’accord de l’OMC sur les subventions et les mesures compensatoires est applicable
entre les parties. L’accord permet, en cas de la constatation de l’une de ces pratiques à
l’occasion de l’échange, des mesures appropriées conformément aux accords de l’OMC sur

100
Ce sont des engagements par les pays pour ne pas accroitre les droits de douane au-delà des taux indiqués.

65
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

les subventions et les mesures compensatoires ou conformément à la législation de la partie


en la matière.

d. Les sauvegardes

L’accord d’association permet des mesures de sauvegardes conformément aux principes


du GATT et de l’accord de l’OMC relatifs aux sauvegardes, à condition que la partie qui
prévoit des mesures de sauvegarde informe le comité d’association au préalable (au moins
une semaine avant l’application de ces mesures), par le biais d’une communication écrite sur
laquelle elle mentionne l’ouverture d’une enquête et ses résultats finaux.

Les deux parties tentent au niveau du comité d’association de trouver une solution pour
éviter les mesures de sauvegarde, dans un délai précis de 30 jours après l’ouverture des
consultations au niveau du comité d’association, sinon des mesures de sauvegarde seront
appliquées conformément aux dispositifs du GATT et de l’OMC.

Enfin, l’accord ne représente aucun obstacle aux restrictions d’importations,


d’exportations ou de transit, justifiés pour des raisons morales, publiques, d’ordre public, de
sécurité publique…

e. La compensation

L’accord prévoit des compensations, de la part de la partie pratiquant des mesures de


sauvegarde en faveur de la partie sur laquelle ces mesures sont pratiquées, et cela par la
libéralisation des échanges en provenance de cette dernière.

f. Les droits de propriété intellectuelle

Les deux parties doivent assurer la protection des propriétés intellectuelles, industrielles
et commerciales qui sont en conformité avec les standards internationaux, comme elles
s’engagent à assurer la protection des données à caractère personnel pour faciliter leur libre
circulation.

g. La concurrence

Est jugé comme incompatible avec l’accord toute pratique abusive de la part des
entreprises ou toute exploitation abusive de la position de monopole sur le marché
communautaire et algérien conduisant à fausser le jeu de la concurrence.

66
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

A cet effet, les deux parties s’engagent, au niveau administratif, à mettre en conformité
leurs législations en matière de concurrence et à l’échange des informations dans le cadre
professionnel et le secret d’affaire.

Elles s’engagent en outre à mettre un terme, à la fin de la cinquième année de l’entrée


en vigueur de l’accord, à tout monopole de l’Etat à caractère commercial pour garantir la non
discrimination en matières d’approvisionnement et de commercialisation entre les
ressortissants des Etats membres et ceux de l’Algérie. Le conseil d’association doit s’assurer à
son tour que toute intervention en faveur des entreprises publiques ou des entreprises
bénéficiant de droits spéciaux ou exclusifs ne va pas perturber les échanges entre les deux
parties.

2.3.2.4. La libre circulation des capitaux

Les deux parties s’engagent à mettre en place des procédures facilitant la libre
circulation des capitaux pour aboutir à une libéralisation complète de ces derniers. Dès
l’entrée en vigueur de l’accord, les deux parties assurent la libre circulation des
investissements directs en Algérie effectués dans des sociétés conformément à la législation
en vigueur, ainsi que toute liquidation et rapatriement du produit de ces investissements et
tout bénéfice en découlant.

L’accord autorise les deux parties à adopter des restrictions pour une durée limitée sur
des transactions courantes en cas de difficultés ou de risques en matière de balance de
paiements.

Enfin, les deux parties travaillent ensemble à renforcer la coopération dans les
différents domaines dont :

 La coopération régionale : les deux parties s’engagent ensemble dans tous types
d’actions ayant un caractère régional ou associant d’autres pays ;
 La coopération scientifique, technique et technologique : elle vise à renforcer les
relations entre les deux parties en permettant à l’Algérie le renforcement de sa
capacité de recherche et sa participation aux programmes de recherche et de
développement de la communauté conformément aux dispositions consacrées à la
participation des pays tiers ;

67
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

 Dans le domaine environnemental : elle a pour objectif de garantir le


développement durable, la qualité de l’environnement et la protection de la santé.
Cela sera réalisé par la lutte contre certains phénomènes tels que : la désertification,
le gaspillage de ressources naturelles et la pollution.
 La coopération industrielle : elle favorise le développement de la petite et la
moyenne entreprise, la restructuration de secteur industriel et sa mise à niveau pour
améliorer la compétitivité du produit algérien et contribuer à la diversification de la
production nationale par l’instauration d’un climat favorable à l’initiative privée,
contribuer à la modernisation de l’industrie agroalimentaire, valorisation des
ressources humaines et le potentiel industriel algérien et assurer un rapprochement
entres les entreprises des deux parties.
 La promotion et la protection des investissements : elle vise à réduire l’écart en
matière de normes et de certifications par l’encouragement de l’Algérie à utiliser des
normes européennes et par la coopération dans la gestion de qualité ainsi que
l’assistance pour les organismes algériens dans le domaine ;
 Services financiers : elle vise à développer les services financiers par
l’encouragement aux réformes du secteur banquier algérien, y compris le marché
financier, ainsi que l’échange d’informations relatives à la réglementation et aux
pratiques financières ;
 Agriculture et pêche : elle vise à assurer la sécurité alimentaire et la promotion
d’une agriculture et de la pêche respectueuses de l’environnement. Elle permet aussi
une assistance et une formation technique et les échanges d’expérience et de savoir
faire dans le domaine ;
 La coopération en matière douanière : elle permet de garantir le respect des
principes de libre échange et la lutte contre la drogue et le blanchiment d’argent.

Enfin, l’accord vise aussi la modernisation du secteur des transports pour faciliter la
circulation des individus et de marchandises. La coopération dans l’énergie et des mines pour
préparer les entreprises de ce secteur à s’insérer dans l’économie du marché et le
développement d'un partenariat dans l’exploration, la production, la transformation, la
distribution, des services de l’énergie et des mines. Une coopération est prévu aussi dans le
domaine touristique et de l’artisanat.

68
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

2.3.2.5. La coopération financière

Elle consiste à mettre en place des moyens financiers en faveur de l’Algérie, afin de
mettre en œuvre l’accord d’association et de réaliser ses objectifs, selon des modalités fixées
par un accord commun entre les deux parties et par des moyens appropriés. Son application
porte sur :

 La facilitation des réformes visant la modernisation de l’économie, y compris le


développement rural ;
 La mise à niveau des infrastructures économiques ;
 La promotion des investissements privés et des activités créatrices d’emplois ;
 La prise en compte des conséquences de la mise en place progressive d’une zone de
libre échange sur l’économie algérienne, notamment dans la mise à niveau et la
reconversion de l’industrie ;
 L’accompagnement des politiques mises en œuvre dans les secteurs sociaux.

2.3.3. La coopération sociale et culturelle

Elle est liée aux questions relatives aux ressortissants d’une partie résidant ou travaillant
légalement sur le territoire de l’autre partie, à savoir leur droit au travail, à la sécurité sociale,
l’égalité du traitement, à l’intégration sociale, à la liberté de circulation ainsi qu’un dialogue
sociale régulier et un échange culturel entre l’Algérie et l’UE.

2.3.3.1. Dispositions relatives aux travailleurs

L’accord garantit aux Algériens résidant d’une manière régulière sur le territoire de la
communauté européenne le droit d’exercer un travail professionnel salarié sans aucune
mesure de discrimination fondée sur la nationalité (la sécurité sociale, prestations familiales
pour leurs familles résidant dans la communauté, la liberté de transfert vers l’Algérie,…).

L’Algérie, de son coté, est tenue d’accorder les mêmes droits sur la base de la non-
discrimination fondée sur la nationalité aux ressortissants de la communauté travaillant ou
résidant en Algérie.

Le conseil d’association tient à fixer des dispositifs, au cours de l’année de l’entrée en


vigueur de l’accord, permettant d’assurer les droits des travailleurs d’une partie ressortissant
dans le territoire de l’autre partie. En outre, les deux parties sont tenues à travailler ensemble

69
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

pour instaurer un dialogue social et travailler sur les problèmes qui concernent ces
travailleurs.

Ces dispositions portent aussi sur :

 L’immigration clandestine et les conditions de retour des personnes en situation


irrégulière ;
 Une reconnaissance mutuelle des cultures et des civilisations et l’instauration d’un
climat de tolérance entre les deux parties.

2.3.3.2. Coopération en matière sociale

De point de vue de l’accord d’association, le développement économique doit être


accompagné d’un développement social, pour parvenir à réaliser cet objectif, des actions et
des programmes ont été mis en place tels que :

 L’amélioration des conditions de vie dans les zones d’émigrations et dans les zones
défavorisées ;
 La promotion du dialogue et les droits de l’homme dans le cadre socioprofessionnel
et l’amélioration du système de la formation professionnelle ;
 Le renforcement de la participation de la femme au processus de développement et
l’appui aux programmes algériens de planning familial et la protection de la mère et
de l’enfant ;
 La contribution à la réussite des personnes rapatriées à cause de leur statut illégal vis-
à-vis de la législation du pays hôte ;
 La promotion de l’investissement productif et l’encouragement des travailleurs
algériens légalement installés dans la communauté à créer des entreprises dans leur
pays d’origine ;
 La réduction des effets négatifs de l’ajustement des structures économiques et
sociales et le développement du secteur de l’habitat ;
 L’aide au financement des programmes d’échanges de loisir entre les jeunes
européens et Algériens résidants dans les Etats membres afin de promouvoir la
connaissance mutuelle des civilisations et favoriser la tolérance.

70
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

2.3.3.3. La coopération en matière culturelle et d’éducation

Elle vise à promouvoir les échanges d’informations, de connaissances et le respect


mutuel entre les cultures.

a. La coopération en matière culturelle

Elle consiste à assurer une formation aux personnes activant dans le domaine culturel, à
renforcer les échanges d’artistes, d’œuvres d’arts ainsi que l’organisation de manifestations
culturelles, la diffusion d’ouvrages littéraires, techniques et scientifiques, contribuer à une
coopération pour la traduction littéraire, à la réhabilitation des sites et des monuments
historiques et culturels, sans négliger les échanges dans le domaine de l’audiovisuel et la
coproduction et des informations sur les manifestations culturelles importantes.

b. La coopération en matière d’éducation

Elle consiste à améliorer le système éducatif et le niveau de la formation,


l’encouragement de l’accès de la gent féminine à l’éducation, notamment dans le domaine
technique, dans l’enseignement supérieur et le développement de la formation professionnelle
et l’amélioration du niveau d’expertise dans les secteurs public et privé.

Section 3. La politique européenne de voisinage


Avant que le partenariat Euro-méditerranéen, lancé en 1995, n’atteigne ses dix ans,
l’Europe communautaire était déjà engagée dans une nouvelle approche stratégique qui devait
guider ses relations avec ses voisins Sud et de l’Est, sous le nom de la politique européenne de
voisinage.

Dans la perspective de son élargissement à d’autres pays et la nouvelle donne


géographique que cela impliquerait (de nouvelles frontières et de nouveaux voisins), l’UE
était dans l’obligation de trouver un nouveau cadre pour définir ses relations avec les pays
limitrophes. Ce cadre devrait d’une part, renforcer l’ancienne politique Euro-méditerranéenne
et, d’autre part, répondre aux attentes de certains pays qui ont vu la construction européenne
se fait sans eux101. Cette nouvelle politique avait pour objectif d’éviter toute ligne de division

101
THIERRY, Damien. « La PEV dans le contexte d’une politique euro-méditerranéenne, aspects
géopolitiques » page 57-82, p. 58. Cit.in. BERRAMDANE Abdelkhaleq, « le partenariat euro-méditerranéen à
l’heure de l’élargissement de l’Union Européenne » Edition KARTHALA, Paris, 2005.

71
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

en Europe et la promouvoir la stabilité et la prospérité à l’intérieur et au-delà des nouvelles


frontières102.

3.1. Lancement de la politique européenne de voisinage (PEV)

Etant une force régionale sur tous les plans, l’UE est en interdépendance avec ses
voisins dans le domaine commercial, les flux des capitaux, la migration,... Elle est bordée par
des zones de conflits, des zones en retards de développement et des pays qui sont des
démocraties inachevées103, ce qui accentue son devoir de s’engager par le biais de la PEV à
réduire les risques d’instabilités et de chaos dans sa périphérie.

Les contours de cette nouvelle politique ont commencé à se dessiner lors du conseil
européen de Copenhague en 2002, où un rappel a été fait sur les opportunités de ce nouvel
élargissement pour faire progresser les relations avec les pays voisins sur la base des valeurs
communes104 (démocratie, respect des droits de l’Homme). En 2003, la commission
européenne a proposé cette nouvelle politique dans une communication intitulée « L'Europe
élargie – Voisinage: un nouveau cadre pour les relations avec nos voisins de l'Est et du Sud »
en précisant que « l'Union s'emploie à créer un espace de prospérité et de bon voisinage- un
«cercle d'amis» - caractérisé par des relations étroites et pacifiques fondées sur la
coopération »105. En Mai 2004, elle a été adoptée définitivement.
La PEV n’a pas concerné des pays candidats à une éventuelle adhésion à l’UE, elle est
destinée aux pays voisins n’ayant aucune perspective d’adhésion Seize (16) pays et la
Russie106.

3.2. Les objectifs de la PEV

Les objectifs généraux de la PEV peuvent être résumés comme suit : soutient au
processus des réformes politiques, la promotion de l’intégration économique et le
développement durable, les aides et l’appui politique.

102
Communication de la commission européenne au parlement européenne à Bruxelles 11.09.2003 « l’Europe
élargie_ voisinage : un nouveau cadre pour les relations avec nos voisins d’Est et du Sud » COM (2003) 104
final.
103
LEPESANT, Gille. « L’UE et son voisinage : vers un nouveau contrat », In: Politique étrangère N°4 - 2004 -
69e année pp, 767-780, http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-
342X_2004_num_69_4_1109.
104
COM(2003) 104 finale op.cit p. 04.
105
Idem
106
Certains pays n’ont pas de frontières direct avec l’UE tel que : la Jordanie, Azerbaïdjan et la Géorgie et la
Russie a fait l’objet d’un partenariat stratégique qui ne fait pas partie de la PEV.

72
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

L’UE vise, à travers cette politique, le renforcement de la sécurité et la prospérité à


l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières. Elle évite toute ligne de division aux frontières de
l’Europe, et pour y parvenir, elle a fixé deux principaux objectifs :

 Travailler avec les partenaires par le biais de certaines actions (intensifications des
relations politiques et culturelles, l’intégration économique accrue, coopération
transfrontalière renforcée et prévention conjointe des conflits) pour réduire la pauvreté
et l’exclusion sociale et créer un espace de stabilité et de prospérité partagé avec ses
voisins.
 Accorder plus d’avantages concrets et de relations préférentielles aux pays partenaire
qui montrent plus de progrès en termes de réformes opérés dans les domaines politique
et économique et l’inscrire dans un cadre différencié.

3.3. L’apport de la PEV

Afin de trouver des solutions fiables et mettre fin à la stagnation107 qui a suivi le
lancement du partenariat euro-méditerranéen et atteindre enfin les objectifs, l’UE a mis en
place de nouvelles méthodes et fixé de nouvelles priorités.

Contrairement à l’ancienne approche, c’est-à-dire le partenariat, qui avait une logique


et une structure similaire pour tous les pays partenaires, la nouvelle politique est globale,
fondée à court et à long termes sur une vision claire et sur des relations plus étroites et plus
cohérentes en faveur des partenaires.

En effet, la PEV a la même finalité pour tous les partenaires, leur offrant les mêmes
perspectives sur la base du principe de la différenciation. Autrement dit, les modalités de la
mise en œuvre de la PEV diffèrent d’un partenaire à un autre, et tient compte des capacités et
des besoins de chaque partenaire et de sa situation géographique, politique, économique et
sociale ainsi que des intérêts de l’Union Européenne108.

L’Union Européenne, dans le cadre de la nouvelle politique, s’engage à offrir à ses


voisins de nouvelles perspectives d’intégration économiques telles que : la participation au
marché intérieur, le renforcement de l’intégration afin de promouvoir les quatre (04)

107
THIERRY, Damier. Op.cit., p. 67.
108
BERRAMDANE, Abdelkhaleq, « le partenariat euro-méditerranéen à l’heure de l’élargissement de l’UE »,
Edition KARTHALA, Paris, 2005, p. 33.

73
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

libertés109, la participation à certains aspects de la coopération dans le domaine de la justice et


des affaires intérieures et à certaines politiques et programmes communautaires (éducation,
culture, environnement...). En contrepartie, les pays voisins doivent réaliser des progrès
concrets dans le respect des valeurs communautaires110 et l’alignement de leurs législations
sur l’acquis communautaire111 en matière de réformes politiques, économiques et
institutionnelles.

Les accords d’association constituent la base des engagements de l’UE112. Autrement


dit, une fois que les accords d’association, pour les pays méditerranéen, sont entrés en
vigueur, l’UE, en concertation avec chaque pays voisin, élabore des plans d’actions113
approuvés par le conseil d’association. Ces plans portent sur des objectifs prioritaires qui
diffèrent d’un pays à un autre et des critères de référence sur lesquelles seront évalués, dans le
futur, les progrès dans la réalisation des conditionnalités.

Une fois le plan d’action conclu, les organismes constitués dans le cadre de l’accord
d’association (conseil d’association, comité d’association…) se chargent du suivi de la
réalisation des objectifs préalablement fixés par la concertation des deux parties. Les
organismes chargés du suivi ne sanctionnent aucun partenaire qui ne réalise pas une avancée
dans les réformes souhaitées, mais ce dernier risque de se trouver exclu de toute nouvelle
perspective ; autrement dit, plus un pays partenaire respecte ses engagement, plus il
bénéficiera des aides européennes.

Enfin, le respect des plans d’actions pourrait être avancé comme un préalable pour le
remplacement, dans l’avenir, des anciens accords s’association par des nouveaux accords
européens de voisinage114. Les avantages octroyés par l’UE pour les pays partenaires
(intégration plus poussée dans le marché européen et participation à d’autres politiques
européennes) sont tributaires des réformes politique et économique et les objectifs fixés dans

109
La liberté de circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux.
110
Ce sont l’ensemble des principes énoncés dans la charte des droits fondamentaux de l’union européenne
notamment : la démocratie, le respect des Droits de l’Homme…
111
Il constitue un model éprouvé pour l’établissement des marchés viables et l’adoption des normes communes
en matière de produits industriels, les services de transport, d’énergie et de réseaux de télécommunication, de
protection de l’environnement et des consommateurs, de santé, des conditions de travail et d’exigence de
qualité : COM (2003) 104 finale.
112
Pour les pays de l’Europe de l’Est ce sont les accords de partenariat et de coopération qui en constitue la base
113
Un plan d’action est un document élaboré par la commission européenne en concertation avec les pays
partenaires, il est sans valeur juridique contraignante, il regroupe tous les travaux en cours et à venir de l’UE
avec ses voisins pour fixer des objectifs stratégiques et globaux, comme il regroupe aussi des critères de
référence servant à évaluer les progrès dans la réalisation des conditionnalités dans l’avenir.
114
THIERRY, Damien. Op.cit., p . 69.

74
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

les plans d’actions, c’est-à-dire plus de réformes plus de perspectives offertes « L’engagement
de l’Union Européenne devrait donc être progressif et subordonné aux aspects des objectifs
de réformes préalablement fixés »115.

3.4. La mise en œuvre des plans d’actions

La mise en œuvre des plans d’action passe généralement par 03 phases :

 L’évaluation de la situation : en premier lieu, la désignation des comités d’association


ou des comités de coopération qui devraient être mandatés pour commencer les travaux
d’analyse de la situation de chaque pays (économique, politique, aspect
institutionnel,…).
 L’élaboration des plans d’actions : l’UE, et les pays partenaires élaborent un document,
selon les besoins de chaque partie, portant sur des objectifs communs, des critères de
référence ainsi qu’un calendrier pour leur réalisation pour une période de trois (03) ans
ou de cinq (05) ans.
 La mise en œuvre des réformes : cette dernière étape permet une évaluation annuelle des
progrès réalisés dans la mise en œuvre des plans d’action dans l’objectif de savoir si le
pays concerné pourrait bénéficier de plus d’avantages qu’auparavant.

3.5. Le financement de la PEV

Depuis le lancement du projet du partenariat Euro-méditerranéen, les aides, les dons et


les prêts sont accordés dans le cadre du programme MEDA pour les pays méditerranéen et
dans le cadre du programme TACIS pour les pays de l’Europe de l’Est et la Russie. Ces
programmes sont arrivés à leur terme en 2006 et ont été remplacés par un nouvel instrument
commun, qui est l’Instrument Européen de Voisinage et de Partenariat (IEVP), destiné à tous
les pays, y compris la Russie. Il a été prévu pour la période de 2007-2013 avec un montant de
12 milliards d’Euro, son allocation dépend à la fois des besoins des pays, de leurs capacités
d’absorption et du progrès réalisé en termes de réforme exigés au départ.

3.6. L’Algérie dans le cadre de politique européenne de voisinage

Au départ la PEV n’avait pas concerné les pays du sud de la Méditerranée, mais suite
à la demande de la France, lors de la conférence de Copenhague en décembre 2002, la

115
COM (2003) 104 final. op.cit., p.17.

75
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

nouvelle politique a été étendue à l’ensemble des pays des frontières sud de l’Europe. La
demande française a été dictée par la crainte de voir le rapport UE avec les pays
méditerranéens se marginalise en faveur des pays l’Europe Centrale et Orientale (PECO)116.

Le lancement de la PEV a surpris le gouvernement algérien voyant une nouvelle


politique à l’horizon alors que l’accord d’association, qu’il venait de signer, n’était pas
encore entré en vigueur117. Au départ la nouvelle politique n’a pas suscité l’engouement de
l’Algérie qui s’est montrée prudente, voire même hésitante vis-à-vis de la PEV, d’où son
refus d’y adhérer en septembre 2007. D’ailleurs, elle a refusé de signer un plan d’action. Cette
position algérienne s’explique, d’une part, par les résultats décevants du processus de
Barcelone, et d’autre part, par sa méfiance à l’égard de cette politique qui s’ajoute aux
précédentes118. Le refus est dû aussi à la possession de l’Algérie d’une importante rente
pétrolière lui assurant une aisance financière d’où son attitude, qualifiée de résistance face à
une politique perçue comme hégémonique119.

Malgré ce refus, l’Algérie a bénéficié de l’instrument Européen du voisinage et du


partenariat (IEVP) qui a été prévu pour l’année 2007, dans le cadre du plan indicatif national.
Mais en 2008, ce pays se montre intéressé de négocier un plan d’action120. En décembre
2011, elle exprime officiellement sa volonté d’entamer des négociations exploratoires dans
l’objectif d’élaborer un plan d’action dans le cadre de la PEV renouvelée sur la base d’une
proposition de l’UE. En octobre 2012, des conversations ont eu lieu sur les éléments
constitutifs d’un plan d’action121. Un an plus tard, les premières négociations sont entamées à
Alger, et se poursuivront lors d’une autre rencontre le 23 et 24 juin 2014.

116
THIERRY, Damien, op.cit., p. 59.
117
MOISSERON, Jean-Yves. « Les défis de la Nouvelle politique de voisinage face au bilan du processus de
Barcelone ». In : HADDAR, Mohammed. « La politique européenne de voisinage et la Maghreb ». Commission
Européenne ; Fondation Hanns Seidel, 2008, p. 103-136. p 128.
118
BAGHZOUZ, Aomar, « de processus de Barcelone à l’Union pour la méditerranée : une vision d’Algérie »
outre terre, 2009/3 N° 23. Pp 139-161. P 161.
119
MARTINEZ Louis, « la position de l’Algérie devant l’intégration méditerranéenne », politique
méditerranéenne/ le Maghreb, 2010.
120
Idem
121
http://Algerian-embassy.be/accord-d’association

76
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

Conclusion
La signature des accords d’Evian, le 18 mars 1962, a scellé l’indépendance politique
de l’Algérie qui, néanmoins, a continué à bénéficier, sur le plan économique, de certains
avantages qui lui étaient octroyés du temps où elle était une colonie française, sur la base de
l’article 227 du traité de Rome qui l’avait considérée comme un département Outre mer
français, cette situation a perduré jusqu’à jusqu’au début des années 1970. Dès lors, un
nombre de pays de la CEE ont commencé à considéré l’Algérie comme un pays tiers. Il était
nécessaire donc de redéfinir les relations de l’Europe avec l’Algérie.

Les négociations menées, au début des années 70, avec le lancement de la politique
européenne globale ont abouti à la conclusion d’un accord de coopération en 1976, mais les
relations entre l’Algérie et la CEE n’ont pas évolué à cause de divergences d’intérêts entre
une communauté qui cherchait un intérêt purement commercial et des pays, à l’instar de
l’Algérie, en quête de véritables perspectives de développement.

Les bouleversements géostratégiques et les changements des rapports de forces dans le


monde, caractérisant la fin années 80, ont poussé la CEE à revoir sa politique. Ce
changement donnera naissance à la politique méditerranéenne rénovée suivie directement par
le partenariat euro-méditerranéen lancé en 1995, et proposant la création d’une zone de libre
échange à l’horizon de 2010 alors que les pays du Maghreb étaient favorables, durant les
années 60, à l’instauration d’une zone de libre échange aménagée122. Mais l’Union
Européenne a attendu jusqu’en 1995 pour relancer cette idée. En parallèle, elle manifeste sa
volonté de transformer l’espace méditerranéen (vital pour elle) en une zone prospère où
règnent la paix et la stabilité.

En plus des divergences d’intérêts, les relations entre la CEE et l’Algérie ont souffert de
la stagnation, pour une durée de plus de 20 ans (depuis la signature des accords de
coopération en 1976 jusqu’en 2002, année de la conclusion de l’accord d’association), à cause
de deux raisons majeures d’une part, l’Union Européenne était préoccupée par sa construction
interne et, par conséquent, a donné peu d’importance à ses relations extérieures et, d’autre
part, l’Algérie a connu, depuis le début des années 80 jusqu’aux années 2000, une série

122
Zone de libre échange aménagée : elle tient en compte les différences de développement entre la CEE et les
pays du Maghreb. Contrairement aux pays européens, elle consiste à établir un désarmement douanier et
contingentaire plus lent de la part des pays du Maghreb et faire bénéficier ces pays d’un régime proche du
régime intracommunautaire.

77
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie

d’événements déstabilisants (la transition vers l’économie du marché et son coût social
engendré, la dette extérieure, le terrorisme,…).

En l’espace de 35 ans, l’Europe a mis en œuvre quatre (04) politiques différentes pour
définir ses relations avec ses voisins du Sud. A ces quatre (04) approches, on peut rajouter la
proposition du candidat (2007) et futur président français, Nicolas Sarkozy : l’Union
Méditerranéen, devenue Union Pour la Méditerranée, avait pour objectif de stimuler la
coopération entre les deux rives. Ce projet est vite tombé à l’eau à cause de peu d’intérêt qu’il
a suscité pour les pays européens et pour les pays de Sud et de l’Est de la Méditerranée. Les
événements, dits printemps arabes, vont l’enterrer d’une manière quasi définitive.

Enfin, toutes les politiques proposées sont conçues et élaborées par l’Union Européenne
et selon les besoins et les préoccupations de ses pays membres, donc loin des attentes des
pays tiers méditerranéens, ce qui accentue les écarts en terme de développement entre
l’Union Européenne en tant qu’entité et les différents pays partenaires, et par conséquent, rend
difficile la réalisation des objectifs fixés dans les différents accords. Loin des statistiques et
des chiffres, les coûts humain et social des politiques que l’Europe impose (grâce à sa
puissance économique, politique et financière) à ses partenaires du Sud sont énormes. Pour
autant, il reste possible d’envisager un réel partenariat et une véritable coopération en mettant
en place, en plus de l’aspect économique de l’accord, des vrais mécanisme de lutte contre la
pauvreté source de tous les maux des pays de Sud, de l’immigration clandestine, de terrorisme
et enfin aider les pays partenaires à faire face aux effets négatifs liés à la libéralisation des
échanges, qui pourrait détruire tout le tissu fragile des PME/ PMI et, par conséquent, aggraver
la situation qu’on cherchait à remédier.

78
CHAPITRE III : La
mise en œuvre de
l’accord d’association
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association

CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association


Introduction
Dans le cadre des premiers accords de coopération, un volet financier a été mis en place
pour réaliser les objectifs que la coopération entre la CEE et l’Algérie a fixés. Ces
financements sont octroyés dans le cadre de 04 protocoles financiers qui ont duré plus 20 ans
(depuis 1976 jusqu’à 1996). Ces protocoles sont caractérisés par la lenteur de leur mise en
œuvre et par leur insuffisance face à une économie algérienne en difficultés, notamment à la
fin des années 80 et au début des années 90.
Le renforcement par l’UE de sa politique méditerranéenne, par le biais du partenariat
euro-méditerranéen, a permis de remplacer les anciens protocoles par le nouvel instrument
de financement qu’est le programme MEDA I et II d’une durée plus au moins courte ( une
durée de 10 ans à partir de 1996-2006) et d’un montant supérieur au programme précédent.
Les financements s’effectuaient sur la base des documents stratégiques réalisés en
concertation entre les deux parties et hiérarchisant les priorités de la partie y bénéficiant. Ce
programme a subi à son tour une réforme qui a permis d’augmenter les montants et de
corriger les erreurs des anciens programmes de financement.

Avec le lancement de la nouvelle politique européenne de voisinage et l’arrivée du


programme MEDA à son terme en 2006, un nouvel instrument, dénommé (IEVP) a été mis en
place, et réparti en deux phases de trois (03) ans chacune. L’apport de ce dernier réside dans
l’assistance technique sous formes de séminaires, formation, ateliers…, pour d’une durée
allant de 05 jours à deux ans, pour toutes les administrations contribuant à la mise en œuvre
de l’accord d’association. En plus des ces instruments, la banque européenne d’investissement
(BEI), qui était parmi les principaux bailleurs de fonds pour l’Algérie, a lancé depuis 2002,
une nouvelle facilité proposant plusieurs produits destinés principalement à assister le secteur
privé, même si l’Algérie a suspendu tout recours au financement étranger pour financer les
investissements publics.

L’accord d’association a prévu la libéralisation totale des échanges en 2017, mais


certaines difficultés ont causé un retard dans la réalisation de cet objectif, d’où une révision
du calendrier de démantèlement tarifaire pour certains produits industriels et agricoles. Cela
tient à la volonté de réussir la politique de restructuration et de mise à niveau des entreprises
algériennes et la nouvelle politique agricole menée par le gouvernement algérien.

79
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
Section 1. Les programmes du financement dans la cadre de l’accord d’association
Les accords de l’UE avec les pays partenaires, à l’instar de l’Algérie, ont toujours été
accompagnés d’instruments financiers (depuis les premiers accords de coopérations jusqu’à la
politique européenne de voisinage) pour aider les économies de ces pays et afin de faire face
aux difficultés que peut causer leur ouverture vers l’extérieur.

L’Union Européenne a donc mis en place ces instruments, financés par ses propres
ressource budgétaire, pour tous les pays de sud de la méditerranée. Ils s’étalent sur une durée
bien déterminée et qui diffère d’un instrument à l’autre. Les premiers protocoles se sont
étalés sur une période de 20 ans, et les programme MEDA sur 10 ans, l’instrument européen
de voisinage et de partenariat sur une période de 07 ans et, enfin, l’instrument européen de
voisinage sur une période de 07 ans aussi.

Mis à part ces instruments, la Banque Européenne d’Investissement (BEI) intervient par
le biais de plusieurs opérations pour financer les différents projets, notamment ceux du
secteur privé. Ces financements proviennent de ses fonds propres, à destination de toutes les
entreprises des pays méditerranéens qui lui ont fait une demande.

1.1. Les programmes de financement MEDA I et MEDA II

Le programme MEDA a été lancé dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen lors


de la conférence de Cannes, en juin 1995, en faveur des pays tiers méditerranéens (PTM). Il a
été prévu pour remplacer les anciens protocoles financiers expirant le 31 octobre 1996 et cela
pour une durée de 10 ans (1996-2000 MEDA I, et 2001-2006 MEDA II).

La commission avait estimé que la réalisation des objectifs fixés lors de la conférence
de Barcelone, n’allaient se réaliser que par un appui financier devant accompagner les
réformes politiques, économiques et sociales. Les expériences des anciens protocoles
financiers ont contribué à améliorer la mise en œuvre de ces instruments, notamment la
fixation des montants, les choix sectoriels sur des périodes moins longues, facilitation les
discussions sur les stratégies à suivre et faire bénéficier davantage les acteurs de la société
civile (entreprises, association, ONG…).

La commission européenne, en concertation avec l’Algérie, a élaboré un document


stratégique portant sur des programmes indicatifs nationaux comportant les grands objectifs à
poursuivre dans le cadre de l’accord d’association dont :

80
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association

 L’appui aux réformes économiques et le renforcement des institutions de l’économie


de marché dans la perspective du développement durable ;
 Le développement des infrastructures économiques (routes, transports, ports,…) ;
 Le développement des ressources humaines (éducation, formation
professionnelle…) ;
 La consolidation de l’Etat de droit et la bonne gouvernance (appui à la réforme de la
justice).

Plusieurs ressources financières ont été mises en place en faveur de l’Algérie pour le
financement des différents projets prévus dans le cadre des accords d’association. Les
ressources engagées étaient soit sous formes de prêts de la Banque Européenne
d’Investissement (BEI), soit sous forme d’aides et de dons (MEDA I et II, IEVP…)
provenant des fonds budgétaires de la commission européenne.

De 1995 à 2006, deux (02) instruments de financement ont été mis en place :

1.1.1. Le premier instrument financier MEDA I

C’est un instrument financier destiné à appuyer le secteur privé, à soutenir les


réformes économiques et l’équilibre socio-économique. Cet instrument d’un montant de 164
millions d’euros, soit 66% de la somme totale (240 millions d’Euros) prévue dans les plans
d’indicatifs nationaux (PIN), s’est étalé sur une période de 05 ans (1995-1999), ainsi,
plusieurs programmes qui ont bénéficié d’un financement dans le cadre du MEDA I :

 Appui au développement de la petite et de la moyenne entreprise

Le programme d’appui à la PME/PMI a été lancé de 1998 et financé à hauteur de 57


millions d’euros. Il avait un double objectif. D’une part, il était destiné à améliorer l’efficacité
et la rentabilité du plus grand nombre de PME/PMI tout en contribuant à la création d’un
climat favorable à leur développement. D’autre part, il devait appuyer la croissance
économique, ainsi que le développement et la diversification du secteur privé par le biais de
trois (03) actions : l’assistance technique directe, le soutient au fonds de garanties des PME et
à la caisse de garantie des crédits et, enfin, le raffermissement de l’environnement
entrepreneurial.

81
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association

 Appui à la restructuration industrielle et à la privatisation

D’un montant de 38 millions d’euros, Il a été lancé en 1998, dans l’objectif de soutenir
le processus de privatisation des entreprises publiques à travers la mise à disposition de
l’Algérie d’une expertise en matière de privatisation (assistance juridique, encadrement des
opérations de cessions,…).

 Modernisation du secteur financier et bancaire

Le programme mis en œuvre en 1999, avec une enveloppe de 23 millions d’euros, en


vue de promouvoir la compétitivité du secteur financier et sa capacité à soutenir le
développement des entreprises privées. Six (06) banques publiques algériennes ont été
sélectionnées, à savoir : la BDL, la BEA, la CNEP, la BADR, la BNA et le CPA sauf que le
CPA s’est retiré ensuite pour se consacrer au processus de sa propre privatisation123.

1.1.2. Le deuxième instrument financier MEDA II

Au terme de la première phase (MEDA I), la commission européenne a lancé un


deuxième instrument pour la période 2000-2006, dans la continuité des objectifs fixés dans le
cadre du partenariat euro-méditerranéen.

Le nouvel instrument a subi des réformes pour pouvoir apporter plus d’aides aux pays
partenaires et améliorer son efficacité. Parmi ces réformes on peut citer :

 La création de l’office de coopération pour assurer une rapidité dans la mise en


œuvre des projets par la mise en place de nouvelles méthodes de travail;
 Le processus de décentralisation : la mise en place des délégations de la commission
sur les territoires des pays partenaires pour assurer le suivi et la gestion des projets
communautaires ;
 L’adoption d’une approche opérationnelle cohérente, ce qui permet la rationalisation
et la simplification des procédures décisionnelles en permettant l’intégration de
l’ensemble des phases des projets (de la programmation jusqu’à l’évaluation finale)
dans des documents stratégiques d’une durée de six ans (06) et composés par des
plans indicatifs nationaux d’une durée de 03 ans.

123
Journal El Watan - Vendredi 14 - samedi 15 septembre 2007 – p7.

82
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
Dans le cadre de la coopération bilatérale, l’Algérie a bénéficié pendant la période
2000-2006, d’un montant 338.4 millions d’Euros, La moyenne annuelle d’engagement étant
de 48,4 millions euros alors qu’elle n’était que de 33 millions dans le cadre de MEDA I.

Plusieurs projets et secteurs ont bénéficié des subventions dans le cadre de MEDA II.
Dans ce qui suit, on évoquera quelques uns des plus importants :

 Consolidation de la réforme des télécommunications et des services postaux et le


développement de la société de l’information.

Le secteur des télécommunications et des services postaux et le développement de la


société de l’information a bénéficié d’une enveloppe de 17 millions d’euros à partir de 2002
et pour une durée de quatre ans. L’objectif de ce programme est d’apporter une assistance
technique pour les nouvelles entités crées dans le cadre des réformes du secteur des
télécommunications en Algérie (démantèlement du monopole public dans le secteur en
question).

 Appui à la modernisation de la police algérienne

A partir des l’an 2000, la police algérienne a bénéficié de 8.3 millions d’euros dans le
cadre de programme MEDA II. La somme allouée sur quatre (04) ans a été consacrée à
équiper les laboratoires de police scientifique de trois wilayas à savoir Alger, Oran et
Constantine et à offrir une assistance technique par l’organisation des séminaires sur la
question des droits de l’homme.

L’objectif principal est d’amener la police algérienne aux standards internationaux


tant sur le plan technique qu’en matière de respect des droits de l’homme et des libertés
individuelles124.

 Appui à la mise à niveau de la formation professionnelle

Le programme a été lancé en 2001, avec une enveloppe financière de 60 millions


d’euros. Son objectif était le renforcement du système de la formation et de l’enseignement
professionnels pour répondre aux besoins des entreprises en adoptant l’offre de formations à
la demande des opérateurs économiques privés.

124
Document de l’union européenne, « Union européenne- Algérie : 30 ans de coopération 1979-2009 », p 33.

83
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association

 Projet d’appui au développement socio-économique local dans le Nord Est de


l’Algérie (PADSEL-NEA)

D’un montant de 70 millions d’euros, dont 50 millions provenant de la contribution


européenne. Ce programme lancé en 2002 était destiné à 50 communes défavorisées de cinq
125
(05) wilayas Nord Est, il est centré sur quatre (04) axes :

- La mise en place de stratégies de développement pour créer une dynamique


locale dans les zones ciblées ;
- l’amélioration des infrastructures socio-économique afin de répondre aux
besoins des populations ;
- La promotion des activités productives pour faire face à la demande des
populations ciblées;
- Le renforcement des capacités des acteurs institutionnels locaux qu’ils soient
publics (communes) ou privés collectifs (organisation communautaire du
village).
 Réhabilitation des zones affectées par le terrorisme

Ce programme déployé en deux phases 2000-2002 et 2002-2004, et Doté d’une


enveloppe totale de 30 millions d’euro. Concernait une soixantaine de communes affectées
par le terrorisme reparties sur six (06) wilayas126. Il avait pour objectif la réhabilitation et le
développement de ces zones désertées par leurs populations pendant les années du terrorisme
à travers certaines actions qui visant la réhabilitation des infrastructures de base (écoles,
centres de soins, travaux hydrauliques locaux,…).

 Modernisation et assistance aux réformes administratives

L’enveloppe financière consacrée à ce programme était de 25 millions d’euros, il vise


l’amélioration de l’environnement administratif des affaires, un meilleur accès au foncier pour
les investissements, l’amélioration de la qualité des produits et le renforcement de la
concurrence, la protection du consommateur et la facilitation des échanges internationaux.

125
Document de l’Union Européenne : « UE-Algérie 30 ans de coopération 1976-2009 », p 35.
126
Ain Defla, Chlef, Mascara, Rezilane, Tiaret, Tissimssilt,

84
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association

 Appui à la réforme de l’éducation

Ce programme a été lancé en 2004 avec un budget de 19 millions d’euros, dont 17


provenant de l’UE. Son objectif principal est l’amélioration du système éducatif algérien, et
cela à travers certaines actions telles que : la formation des cadres de l’éducation nationale,
participation au financement de plusieurs projets d’établissements dans plusieurs wilayas.

 Appui à la réforme de la justice

L’appui à la réforme de la justice a été doté d’un montant total de 17 millions d’euros
dont 15 million d’euros de l’Union Européenne. Il a visé, à travers l’apport d’appui à
l’amélioration au système judiciaire algérien, le soutien aux réformes de la justice engagées
par l’Algérie en 2004 et la contribution à la consolidation de l’Etat de droit.

 Appui aux associations algériennes de développement (ONG)

Le montant total de cet appui, lancé en 2005, était de 11 millions d’euros. L’Union
Européenne a contribué de son coté de 10 millions d’euros. Ce programme a centré ces
actions sur le renforcement des capacités opérationnelles des associations, un encadrement
incitatif à la création et un meilleur fonctionnement des associations et leur contribution au
développement social en Algérie.

 Appui au secteur de ressource en eau

L’Union Européenne a contribué d’une somme de 20 millions d’euros. Ce programme


vise à mettre à la disposition des acteurs de ce secteur des outils et des systèmes
d’administration et de gestion afin de mieux définir les priorités du secteur.

 Appui au secteur des transports

Ce programme, d’un montant de 20 millions d’euros, vise à soutenir la libéralisation de


ce secteur à travers la mise à la disposition de l’administration des transports des instruments
et des systèmes de gestion, tout en œuvrant à l’amélioration des services de transport pour
les usagers et pour les opérateurs économiques.

 Appui au management de l’économie

Ce programme a été lancé en 2006 avec une enveloppe financière de 20 millions


d’euros. Il a concerné le secteur de la planification et de la perspective, des statistiques et des

85
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
travaux publics. Son objectif est l’amélioration du processus de prise de décision et de la
facilitation de la mise en œuvre des réformes dans le cadre de l’accord d’association et cela à
travers le renforcement du poids de l’information économique dans le processus de décision
en matière de définition des politiques macro-économiques, sectorielles et régionales127 .

 Facilitation du commerce (FACICO)

Le programme, doté de 5 millions d’euros, a pour principal objectif le renforcement des


capacités des structures des ministères du commerce dans leur adaptation au processus de la
libéralisation économique et des échanges commerciaux dans le cadre des engagements de
l’accord d’association.

 Appui au plan national de développement agricole et rural

11 millions d’euros ont été consacrés dans ce cadre aux projets visant la revitalisation
et l’amélioration des conditions de vie en zones rurales dans le but de stabiliser les
populations et réduire les flux migratoires.

 Accompagnement de la mise en œuvre de l’accord d’association

Le programme est doté d’une somme de 10 millions d’euros pour apporter d’assistance
et d’expertise et les moyens nécessaires afin de rapprocher le cadre législatif algérien de celui
européen par des actions de jumelages institutionnels et le TAIEX.

1.1.3. Comparaison du programme MEDA I et II entre les trois pays


maghrébins

Entre 1996 et 1999, le montant engagé pour l’Algérie dans le cadre de MEDA était de
164 millions d’euros, soit 64 % du montant indicatif, estimé à 250 millions d’euros. Suite au
nouveau document stratégique élaboré en 1999, de nouveaux projets ont été formulés d’une
valeur de 30 millions d’euros, qui s’ajoutent aux programmes précédents, ce qui fait un
montant total de 194 millions d’euros.

Pour la période 1996-2006, un montant de 502 millions d’euros a été engagé pour
financer les différents projets lancés dans le cadre du partenariat UE-Algérie. Jusqu’en 2005,
une année avant la fin du programme MEDAII, l’Algérie était derrière ces deux voisins ;

127
Document de l’union européenne : «UE- Algérie : 30 ans de coopération 1979-2009 », p 39.

86
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
le Maroc a bénéficié presque du triple et la Tunisie du double des sommes allouées à
l’Algérie comme le montre le tableau ci-dessous :

Tableau n° 3 : les financements dans le cadre de MEDA I et II pour les trois pays du
Maghreb

Engagement MEDA I et II (1995-2005) en


millions d’euros

Algérie 503

Maroc 1472

Tunisie 948

Source : réalisé sur la base des données tirées des différents plans stratégique (2007-2011)

A partir du tableau 3, on remarque que l’Algérie est classée loin derrière ses voisins le
Maroc et la Tunisie en terme des montants qui lui ont été consacrés dans le cadre des
programmes MEDA I et II. Cette faiblesse s’explique selon l’Union Européenne par
plusieurs facteurs128 :

 Le retard de l’Algérie dans sa transition vers l’économie de marché ;


 La persistance de la faiblesse structurelle d’absorption ;
 Appropriation de la coopération MEDA à la situation sécuritaire de l’Algérie surtout
avant 1999.

Chaque partie accusait l’autre d’être à l’origine de la faiblesse et/ou de ralentissement


des financements. L’Europe justifie cet état de fait en avançant plusieurs raisons : pour l’UE,
la lenteur bureaucratique et l’absence d’une volonté réelle sont les facteurs de blocage. En
outre, l’Algérie n’aurait pas présenté suffisamment de projets est l’UE ne dispose pas de
moyens de pression pour obliger la partie algérienne à s’appliquer davantage ou à engager des
réformes nécessaires. Enfin, certaines voix européennes ont soupçonné l’Algérie de boycotter
délibérément ces financements car le pays disposait d’importantes réserves de change grâce à
la flambée des prix du pétrole 129 tous ces paramètres ont fait que l’argent destiné à l’Algérie
a pris une autre destination vers les pays voisins130.

128
Document stratégique Algérie-UE 2002-2006 (PIN 2002-2004)
129
http://www.algerie-dz.com/article1059.html; consulté le 12/11/2015.
130
Idem

87
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
1.2. L’Instrument Européen de Voisinage et du Partenariat (IEVP)

Les programmes (MEDA I et MEDA II), desquels l’Algérie a bénéficié d’une aide
financière d’un montant de 500 millions d’euros131 (mis à part les prêts de la Banque
Européenne d’Investissement), sont arrivés à leur terme en 2006. Ils ont été remplacés en
2007 par le Nouvel Instrument de Voisinage et de Partenariat (IEVP), d’un montant de 392
millions d’Euro132, accordé dans le cadre des plans indicatifs nationaux (PIN) en deux phases
d’une durée de 03 ans chacune.

Dans ce cadre, plusieurs domaines ont été concernés tels que : la réforme de la justice
(système pénitentiaire, introduction des normes internationales régissant la gestion et/ou les
conditions de détention et de prévention de la récidive), la croissance économique et d’emploi
et le renforcement des services publics de base…

1.2.1. L’instrument européen de voisinage et du partenariat 2007-2010

Cet instrument a été lancé en 2007 avec une enveloppe financière de 220 millions
d’euros pour une durée de 03 ans, il a concerné :

 Appui à la réforme du système pénitentiaire

Lancé en 2007 pour un montant de 17 millions d’euros, son objectif principal est de
moderniser le système pénitentiaire en introduisant des normes internationales dans la gestion
des établissements et l’amélioration des conditions de détentions. L’appui porte aussi sur
l’amélioration des capacités d’accueil du système pénitentiaire et ses capacités de gestion tout
en travaillant à une meilleure insertion des détenus libérés dans la vie économique et dans la
société algérienne.

 Appui aux PME et PMI et la maitrise des TIC

Le programme est lancé en 2007, il est considéré comme la deuxième phase d’appui aux
PME et PMI, après celui qui a été lancé en 1998 dans le cadre du programme MEDA. Une
enveloppe 40 millions d’euros lui a été consacrée. Il avait pour objectif d’assurer le
développement et la modernisation du secteur afin d’améliorer d’une manière durable la
compétitivité des PME/PMI sur les marchés national régionaux et internationaux.

131
Document européen, UE-Algérie 30 ans de coopération 1976-2009
132
Supplément 50ème anniversaire d’indépendance : UE-Algérie ; 30 ans de coopération

88
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association

 Appui à la diversification de l’économie

Dans la nécessité de diversifier l’économie nationale et les recettes hors hydrocarbure,


l’Algérie a bénéficié, en 2008, dans le cadre de cet appui, d’un montant de 25 millions
d’euros. Plusieurs secteurs ont été concernés à savoir l’agriculture, l’industrie agroalimentaire
et le tourisme. Ce programme permettrait aux produits et aux services algériens qui répondent
aux exigences du marché européen de profiter des avantages et des opportunités découlant de
l’accord d’association.

 Appui à la réforme de la santé

Il a été Lancé en 2008 avec une enveloppe financière de 30 millions d’euros. Il a pour
but d’améliorer l’efficacité des services publics de santé, de garantir et de renforcer l’équité
dans l’accès aux soins de qualité, et consolider les capacités de l’Algérie à faire face aux
implications épidémiologiques liées au développement démographique.

 Appui a l’emploi

Lancé en 2009 avec un montant de 24 millions d’euros. Il s’inscrit dans le cadre de


plan d’action algérien pour la promotion de l’emploi et de la lutte contre le chômage 2008-
2013133. Il a visé le développement des services publics de l’emploi garantissant une
intermédiation entre l’offre et la demande du marché de travail via la modernisation de
l’Agence National de l’Emploi (ANEM).

 Appui à l’enseignement supérieur

Ce programme a été lancé en 2009, il est doté d’un montant de 30 millions d’euros. Il
avait pour objectif le renforcement et l’amélioration des performances et de la qualité de
l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, renforcement des capacités de
recherche et le relèvement du niveau de la formation du capital humain pour répondre aux
besoins des entreprises, et aussi le soutien pour l’Algérie dans sa transition vers le système
LMD134.

133
Document de l’union européenne : UE-Algérie 30 ans de coopération 1976-2009
134
Idem

89
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association

 Appui à la mise en œuvre de l’accord d’association (P3A)

Ce programme a été lancé en 2010. Un montant de 24 millions d’euros lui a été affecté
dans l’objectif, d’une part, de favoriser la réussite du partenariat engagé entre l’UE et
l’Algérie et d’autre part, appuyer l’administration algérienne et toutes les institutions
contribuant à la mise en œuvre de l’accord d’association en leur garantissant l’expertise,
l’assistance technique ainsi que les instruments de travail nécessaire pour réaliser les objectifs
fixés dans le cadre de cet accord.

 Programme d’appui au secteur de l’eau et de l’assainissement

Il a été lancé en 2010 avec une enveloppe financière de 30 millions d’euros. Il avait
pour objectif le renforcement du programme du gouvernement en matière d’assainissement et
de gestion des ressources en eau et la gestion des infrastructures liés à ce secteur à travers le
renforcement des capacités des ressources humaines en la matière135.

1.2.2. Instrument européen du partenariat et de voisinage 2011-2013

Le budget indicatif prévu pour cette période (2011-2013) était de 172 millions d’euros,
destiné essentiellement à financer six (06) programmes de développement durable (appui à la
protection de l’environnement, protection et valorisation du patrimoine culturel et appui au
développement socio-économique) et des programmes concernant la croissance économique
(transport, mise en œuvre de l’accord d’association P3A, pêche et aquaculture).

 Appui à la protection de l’environnement

Le budget prévu pour ce programme était de 34 millions d’euros. Il avait pour objectif
la prévention et la lutte contre la dégradation de l’environnement, la rationalisation
d’exploitation des ressources naturelles et la protection de la santé humaine.

 Protection et la valorisation du patrimoine culturel

Lancé avec un budget de 20 millions d’euros, ce programme cherchait la valorisation du


patrimoine culturel (identification, protection, réhabilitation et mise en valeur) pour contribuer
au développement économique et touristique du pays.

135
Plan indicatif national 2007-2011

90
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association

 Appui au développement socio-économique local dans les régions Nord et


l’Ouest de l’Algérie

Ce programme a concerné les zones rurales défavorisées réparties dans les Hauts
Plateaux ouest et les régions montagneuses du centre nord. Il est doté d’une enveloppe
financière de 20 millions d’euros, son objectif était d’offrir des perspectives et d’amélioration
des niveaux de vie des populations pauvres en favorisant le développement des initiatives
locales à vocation productives.

 Appui à la réforme du secteur du transport

Cet appui d’un montant global de 38 millions d’euros, il a concerné plusieurs domaines
tels que l’aviation civile, le secteur maritime, la prévention et la prévision climatologique et le
renforcement de l’institution météorologique. Il visait le développement des stratégies des
transports permettant une amélioration de la sécurité et de la qualité de ce secteur,
l’organisation des infrastructures et des services logistiques et le renforcement des
administrations maritime et portuaire.

 Programme d’accompagnement de l’accord d’association(P3AIII)

Le programme est doté d’une enveloppe de 30 millions d’euros pour la période 2011-
2013. Il a été mis en place dans l’objectif de réussir le partenariat entre l’UE et l’Algérie et de
permettre la mise en œuvre de la feuille de route signée entre l’Algérie et l’UE en 2008. Il
s’agit d’une facilité accordée à l’économie nationale pour s’adapter aux dispositifs de l’accord
d’association et pour réaliser les objectifs fixés dans le cadre de la feuille de route.

 Appui à la réforme de la pêche et de l’aquaculture (DIVECO II)

Cet appui est intervenu pour compléter le premier programme DIVECO I, qui a été a
mis en place dans la cadre de la diversification de l’économie nationale, en 2010. Il est doté
d’une enveloppe de 30 millions d’euros, et visait le développement du secteur de la pêche et
de l’aquaculture pour qu’il contribue à la diversification de l’économie nationale.

1.2.3. Comparaison du programme IEVP entre les trois pays maghrébins

Même si l’Algérie n’a pas adhéré à la politique européenne de voisinage, elle a


bénéficié de l’instrument européen de voisinage et partenariat (IEVP). Les aides engagées en
faveur de l’Algérie sont estimées à 392 millions d’euros pour la période de (2007-2013).

91
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
Tableau n° 4 : Comparaison de l’IEVP entre les 03 pays du Maghreb

2007-2010 (PIN 1) 2011-2013 (PIN 2) Total


Montant en millions
d’euros
Algérie 220 172 392

Tunisie 300 240 540

Maroc 654 580.5 1234,5

Source : Elaboré sur la base des données de Plans stratégiques des 03 pays

A La lecture des données du tableau élaboré à partir des différents plans indicatifs
nationaux, nous pouvons constater que tout comme pour les programmes MEDA, le Maroc
reste le premier bénéficiaire des aides européennes dans le cadre de l’instrument européen de
voisinage et du partenariat. Le montant consacré à ce pays représente plus que double de celui
de la Tunisie et le triple de celui de l’Algérie qui reste loin derrière avec 392 millions d’euros.
Mark SKOLIL136 explique la faiblesse du budget alloué à l’Algérie par rapport aux pays
voisins, dans le cadre des programmes MEDA et les PIN, par le fait que les pays du voisinage
n’ont pas les mêmes besoins, ni en termes de contenu, ni en termes de financement. Certains
pays cherchent des ressources et d’autres cherchent à la fois les ressources et le contenu, et
l’Algérie n’est pas à la recherche des ressources mais s’est intéressée uniquement au transfert
du savoir faire137.

La nouveauté de cet instrument réside dans sa durée de 07 ans, répartie en deux


phases de 03 ans chacune, alors que le programme MEDA était d’une durée de 10 ans. Les
sommes engagées, au cours de cette période, dans le cadre de cet instrument, sont un peu
supérieures si on les compare aux programmes du MEDA, engagées sur une période de 10
ans. L’UE a engagé des aides dans un contexte difficile caractérisé par une crise financière et
une ouverture de plus en plus vers les pays de l’Europe centrale et orientale (PECO)
nécessitant des ressources colossales. Mais cette légère augmentation des sommes allouées
restent insuffisante face la demande de ces pays, et surtout de l’Algérie qui perçoit prés de
65,4 millions d’euros d’aide chaque année.

136
Ambassadeur et chef de délégation de l’union européenne en Algérie.
137
Marek SKOLIL, Ambassadeur et chef de délégation de l’UE en Algérie, article disponible sur :
http://eeas.europa.eu/delegations/algeria/press_corner/all_news/news/2014/entretien_skolil_fr.htm.

92
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
1.3. La Facilité Euro-méditerranéenne d’Investissement et du Partenariat
(FEMIP)

Lancé lors du conseil européen de Barcelone en 2002, elle regroupe un ensemble


d’instruments à travers lesquels la Banque européenne d’investissement (BEI) intervient en
faveur des pays partenaires du bassin méditerranéen. Depuis son lancement en 2002 jusqu’en
2014, elle a accordé environ 14,2 milliards d’Euros138 de financement à des partenaires. Son
objectif est de contribuer au développement économique des pays partenaires méditerranéens,
de moderniser et d’encourager l’ouverture de leurs économies en donnant plus de priorité
pour le secteur privé (PME/PMI) et à son épanouissement travers l’assistance à certains
secteurs tels que : l’énergie, les transports et télécommunications et l’environnement, le
capital humain et social et la création d’un environnement favorable à l’investissement privé.
Tous ces objectifs s’inscrivent dans la perspective d’une intégration économique régionale
plus poussée aboutissant à une zone de libre échange.

L’année 2013 a marqué la fin de l’IEVP qui a duré 07 ans et le début d’un autre
instrument pour la période 2014-2020 sous l’appellation d’Instrument Européen de
Voisinage (IEV). Le montant total alloué dans ce cadre est 15.4 milliards d’euro, destinés à
16 pays139 avec des objectifs de nature politique et économique.

1.3.1. Les produits de la FEMIP

La BEI propose aux pays partenaires méditerranéens plusieurs produits à savoir des
financements, de l’assistance technique, des services et des conseils :

1.3.1.1. Prêts directs à long terme

Il concerne les projets dont le coût dépasse les 25 millions d’euros. La BEI propose un
financement à la limite de 50 % du coût total. Les principaux secteurs sur lesquels elle
concentre ses prêts sont : l’énergie, le transport, l’environnement, l’industrie, la santé et
l’éducation.

138
Document de la banque européenne d’investissement : financement de la FEMIP en Algérie, août 2013
139
Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Syrie, Israël, Territoires palestiniens, Jordanie, Liban, Ukraine,
Moldavie, Biélorussie, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan.

93
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
1.3.1.2. La ligne de crédit

La BEI, dans le cadre de la FEMIP, propose deux types de ligne de crédit :

 La ligne de crédit accordée aux banques intermédiaires : pour financer les projets de
petites dimensions dont le coût est inférieur à 25 millions d’euro, la BEI accorde des
crédits à des banques intermédiaires et des organismes de crédit-bail locaux qui
rétrocèdent les fonds aux PME et aux collectivités réalisant des projets
d’infrastructures.
 La ligne de crédit accordée aux institutions de micro-financement140 : la BEI met à la
disposition des institutions de micro-financement des lignes de crédit en monnaie
locale.

1.3.1.3. Le capital investissement

Il consiste à prendre une participation temporaire et minoritaire dans le capital d’une


entreprise non cotée. Son objectif est d’apporter des fonds propres nécessaire au
développement de l’entreprise, et cela, jusqu’à la revente de la participation temporaire
contre un rendement correspondant au risque encouru141. Dans ce même cadre la BEI dispose
d’autres instruments d’intervention :

 Opération en capital : elle sert à soutenir grâce au fonds d’investissement


l’investissement dans le secteur prioritaire du partenariat ;
 Instruments spécifique (Enveloppe Spéciale de la FEMIP) : il concerne les projets
comportant un niveau de risque élevé, parfois supérieur au seuil accepté par la BEI.
Ce financement, contrairement aux prêts classiques de long terme, permet en partie
la levée des obstacles au développement des projets ;

En plus des différents types de financement, la BEI apporte son assistance technique
dans les projets qu’elle finance et aux pays méditerranéens partenaires dans leur mise en
œuvre. Cette assistance peut intervenir comme une aide en amont par le biais de son fonds

140
« Le micro-financement est défini comme étant un ensemble de produits et services financiers destinés à des
personnes exclues des circuits bancaires traditionnels, les prêt, dans le cadre ce dispositif, sont caractérisés
par un risque de non remboursement » la définition est tiré site :
http://www.banquedeluxembourgnews.com/actualites/entry/microfinance-comment-ca-fonctionne consulté le
13/04/2015.
141
Document de la banque européenne d’investissement : FEMIP pour la méditerranée : instruments de la
FEMIP, février 2009.

94
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
fiduciaire permettant d’apporter le soutien nécessaire aux études sectorielles et aux activités
visant à soutenir l’expansion du secteur d’activité en question.

1.3.2. Financement de la BEI en Algérie

La BEI était l’un des principaux bailleurs de fonds pour l’Algérie, leurs relations
remontent à la fin des années 70. Depuis les années 80 jusqu’en 2005, l’Algérie a bénéficié
de près de deux milliards d’euros sous formes de prêts destinés à financer les projets dans le
secteur public.

Cependant, la hausse des prix du pétrole durant les années 2000, a mis l’Algérie dans
une situation d’aisance financière et permis un remboursement anticipé de ses dettes
extérieures. Et depuis, elle compte sur ses propres ressources pour financer ses
investissements publics et, par conséquent la limitation du rôle de la BEI. Cette dernière n’a
pas cessé ses activités, mais elle a concentré ses actions sur le secteur privé. Ainsi, l’entreprise
familiale nouvelle conserverie algérienne NCA Rouïba a bénéficié d’un montant de
financement de 300 millions DA (équivalent à 3 millions euros) sous formes d’un prêt
participatif subordonné142 d’une durée de 08 ans, pour financer le programme de la
modernisation de l’entreprise. Face au manque des financements auxquels sont confrontés
les petites et les moyennes entreprises (PME) ayant vu le jour dans les secteurs du bâtiment
et des travaux publics et industries légères, la BEI a jugé utile de mettre en place un projet
du crédit bail dont l’objectif est de créer une société de crédit bail en Algérie pour répondre
aux besoins de financement des PME à moyen terme. Ce projet a bénéficié, en 2005, d’une
ligne financière sous forme d’un prêt participatif d’un montant de 10 millions d’euros pour
une durée de deux (02) ans. Le MEDGAZ, le projet le plus important en termes de valeur, a
bénéficié de 500 millions d’euros pour financer la construction d’un gazoduc reliant l’Algérie
et l’Espagne.

Section 2. Programme d’appui à la mise en œuvre de l’accord d’association (P3A)


Depuis l’entrée en vigueur de l’accord d’association en 2005, l’Algérie a œuvré à
diversifier son économie et à se préparer pour une ouverture économique, due à l’instauration
d’une zone de libre échange. L’UE a financé de son coté, depuis 2007 pour une durée de 10
ans, un programme d’appui à la mise en œuvre de l’accord d’association à hauteur de 76

142
C’est un instrument de financement qui est adapté aux besoins des PME dont la rémunération est basée en
partie Sur les performances de la société.

95
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
millions d’euros, dont objectif principal est la réussite du partenariat UE-Algérie en apportant
à l’Algérie l’assistance technique et l’expertise pour réaliser les objectifs fixés dans le cadre
de l’accord d’association.

Ce programme d’appui est géré par le ministère du commerce. Il consiste à soutenir


l’administration algérienne et les institutions qui contribuent à la mise en œuvre de l’accord
d’association. Dans le cadre de ce programme, plusieurs instruments non financiers ont été
mis en place pour y parvenir:

2.1. Les jumelages institutionnels

C’est un instrument, lancé en 1998 par la commission européenne, est destiné aux
futurs Etats membres de l’UE pour les préparer à y adhérer. Avec le lancement de la PEV, il
a été élargi aux pays méditerranéens. Les jumelages permettent un rapprochement entre les
administrations des pays partenaires méditerranéens et leurs équivalents européens « ils
permettent d’unir les compétences du secteur public des Etats membre de l’UE et des pays
bénéficiaires afin de renforcer les activités de coopérations »143.

Le principe de jumelage est basé sur la définition en commun, au préalable, des


objectifs à atteindre dans un contrat de jumelage, et qui sont obligatoires pour les pays
partenaires. Une administration algérienne doit choisir, après un appel à propositions, son
équivalent dans l’UE avec la quelle elle coopère et collabore, et cela pour une période de 06
mois pour « les jumelages légers », ou de 18 à 24 mois pour les jumelages dits
« classiques »144.

Le jumelage peut prendre diverses formes (missions d’expertises, échanges de bonne


pratiques, séminaires, visites d’études,…) tout en s’appuyant sur des échanges réguliers entre
les administrations contractuelles.

Depuis son lancement en 2008 jusqu’en 2012, qui a marqué la fin de la première phase
de P3A, plusieurs domaines ont bénéficié de ce programme tels que les règles
concurrentielles, la conformité industrielle, les finances, l’artisanat traditionnel et la qualité de
l’eau.

143
Rapport de coopération UNION EUROEENNE – ALGERIE, Edition 2014, p. 11.
144
Document du Ministère du commerce : bilan du programme d’appui à la mise en œuvre de l’accord
d’association. Avril 2002, www.p3a-algérie.dz

96
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
La deuxième phase de la mise en œuvre de l’accord d’association est prévue pour la
période 20013-2015, qui est un prolongement pour la première phase de jumelages, plusieurs
projets de jumelages ont été lancés. Voici une liste non exhaustive de quelques jumelages
lancés depuis 2012 :

 Renforcement des capacités du centre national de recherches pour le


développement de la pêche et de l’aquaculture (CNRDPA)

145
C’est un projet qui a bénéficié d’un montant de 1.14 millions d’euros pour une
période de deux (02) ans (2012-2014), son objectif est de contribuer au développement et à la
gestion durable de la pêche et de l’aquaculture basés sur des avis scientifiques pertinents.

 Observatoire des filières agricoles et agroalimentaires au sein de l’INRAA

Ce projet de jumelage est doté d’un montant de 1.17 millions d’euros146 pour une
période de deux (02) ans (2012-2014-), il est intervenu pour aider le ministère de l’agriculture
et de développement rural à développer l’observatoire des filières agricoles et
agroalimentaires pour qu’il puisse contribuer à la politique algérienne de renouveau agricole
et rural.

 Appui à la Direction de l’Aviation Civile et Météorologique (DACM)

Le montant alloué à ce projet est de 1,45 millions d’euros147 pour une période de deux
(02) ans. Son objectif est l’amélioration de la sécurité aérienne en Algérie et
l’accompagnement de la DACM dans la mise en place d’un plan national de sécurité et des
systèmes de gestion de la sécurité.

 Renforcement des structures et du fonctionnement du Centre de Recherche


Juridique et Judiciaire (CRJJ)

L’enveloppe financière consacrée à ce programme est de 1,145 millions d’euros pour une
période de deux (02) ans (2013-2015). Son objectif est le renforcement de l’Etat de droit et la
sécurité juridique en apportant une assistance pertinente au système judiciaire et juridique
algérien dans l’élaboration et l’application du droit.

145
Rapport de coopération UNION EUROEENNE – ALGERIE, Edition 2014, p. 336.
146
Idem
147
Idem

97
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association

 Renforcement des capacités opérationnelles d’ALGEX en matière du commerce

Ce projet, financé à hauteur de 1,45 millions d’euros148 pour une durée de 02 ans, est
conduit par la France et l’Italie. Il porte sur des sujets tels que l’intelligence économique, la
veille stratégique, l’organisation des bases de données, les règles du commerce international,
les règles du commerce et les négociations de l’OMC.

 Renforcement du dispositif de la reconnaissance de la qualité des produits


agricoles par les signes distinctifs liés à l’origine (Indication Géographique et
Appellation d’Origine IGAO)

Il est financé à hauteur de 1.410 millions d’euros pour une période de 2 ans. Il a pour
but d’apporter un appui à la mise en œuvre de reconnaissance de la qualité des produits
agricoles du terroir, par des signes distinctifs liés à l’origine (appellation d’origine et
d’indication géographique) tout en rapprochant le cadre législatif et la réglementation
algérienne de celle européenne dans le domaine.

Trois produits sont concernés par ce projet à savoir : les dattes « DEGLET NOUR », la
figue sèche de BENI MAOUCHE et l’olive de table de SIG.

 Renforcement des capacités du contrôle des services vétérinaires en vue de les


rapprocher des standards européens et internationaux

Le budget prévu pour ce jumelage est de 1,492 millions d’euros. Il est conduit par la
France et l’Italie pour une durée de 24 mois. Son objectif est l’amélioration de la sécurité
sanitaire pour les produits d’origines animales destinés à la consommation locale ou à
l’exportation, la préparation à la mise en place d’un système d’information des services
vétérinaires et l’introduction de nouveaux champs permettant le renforcement du contrôle,
l’identification, l’enregistrement des animaux, la pharmacovigilance, la surveillance des
contaminants et des résidus.

 La mise à niveau des laboratoires de l’Institut National de la Médecine


Vétérinaire (INMV) aux standards européens et internationaux

Le projet est conduit par la France et l’Italie pour une durée de 2 ans avec un montant
de 1,450 millions d’euros. Son objectif est de renforcer les capacités de certains laboratoires

148
www.p3a-Algérie.com

98
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
de l’INMV (Alger, Tlemcen et Constantine) et les accréditer selon le référentiel ISO/CEI
17025.

 Appui au Centre National de la Prévention de la Sécurité Routière (CNPSR)


pour un renforcement significatif de la sécurité routière

Ce jumelage prévoit un montant de 1.5 millions d’euros, et s’étale sur une période de
24 mois à partir du 24 septembre 2014. Il porte sur des objectifs généraux comme la baisse
des accidents et de la mortalité sur les routes et des objectifs spécifiques tels que
l’amélioration des dispositifs de prévention et de sécurité routière.

 Renforcement des structures, pouvoirs et compétences de la Commission de


Régulation de l’Electricité et du Gaz (CREG) en tant qu’autorité nationale de
régulation

C’est un jumelage lancé le 13 octobre 2014, avec un financement à hauteur de 1, 20


millions d’euros pour une durée de 24 mois. Son objectif principal est l’amélioration de la
qualité du service public et la régulation des marchés de l’électricité et du gaz dans l’intérêt
des consommateurs algériens ainsi que le renforcement des structures, pouvoirs et
compétences de la CREG en tant qu’autorité nationale de régulation tout en développant ses
capacités de gouvernance.

 L’amélioration de la performance de l’Inspection Générale des Finances (IGF)


dans une vision de passage au contrôle de gestion et de performance

Le programme a été lancé le lundi 22 décembre 2014, pour une période de 24 mois. Il
est doté d’une enveloppe de 1.4 millions d’euros pour appuyer le programme de
modernisation des finances publiques et améliorer l’utilisation des fonds publics et
Contribuer à l’amélioration de la performance de l’IGF dans une vision de passage au
contrôle de gestion et de performance.

 Appui aux fonctions de prévision, de suivi et d’évaluation de la Direction


Générale de la Prévision et des Politiques.

Cet appui est lancé en décembre 2014, avec une enveloppe financière de 1.45 millions
d’euros pour une durée de 24 mois. Son objectif est de soutenir l’administration algérienne

99
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
dans le processus de modernisation des finances publiques, et la Direction Générale de le
Prévision et des Politiques (DGPP) dans ses fonctions de prévision, de formulation, de
décision, de mise en œuvre et d’évaluation des politiques budgétaires et des politiques
fiscales.

 Appui à la Direction Générale des Impôts (DGI) pour l’amélioration de ses


performances.

Le lancement de cet appui a eu lieu en décembre 2014, pour une durée de 24 mois, avec
un montant de 1.4 millions d’euros. Son objectif principal est d’appuyer le programme de
modernisation des finances publiques et améliorer l’utilisation des fonds publics tout en
optimisant les performances de la Direction Générale des Impôts (DGI).

 Renforcement des capacités institutionnelles de la Cour des Comptes en matière


de contrôle juridictionnel, d'exécution de la loi de finances et de la qualité de la
gestion

Lancé en janvier 2015, avec une enveloppe de 1.72 millions d’euros. Ce jumelage a
pour objectif de contribuer à la bonne gouvernance administrative et financière de l’Etat
algérien, aux réformes en cours et au renforcement du système général de contrôle et de
maîtrise de la gestion du secteur public dans son ensemble.

2.2. Instrument Européen d’Assistance Technique et d’Echange


d’Informations (TAIEX)

C’est un instrument permettant aux intervenants (généralement des institutions


publiques) de bénéficier à court terme, pour une période qui ne dépasse 05 jours, de savoir
faire et de bonnes pratiques notamment dans l’élaboration des actes législatifs.

Il peut prendre diverses formes comme des missions, des séminaires et des visites
d’études dans une administration des Etats membres, il intervient pour différentes raisons,
parmi les quelles on peut citer149 :

 Le rapprochement entre la législation d’un pays partenaire avec celle de l’UE ;


 La mise à la disposition d’un pays des experts du secteur public ;

149
Programme d’appui à la mise en œuvre de l’accord d’association, www.p3a-algérie.org

100
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association

 L’accès à l’information et la fourniture de bases de données pour un pays partenaire


pour faciliter le rapprochement et son suivi ;
 La mise en œuvre et l’exécution de la législation visée et l’identification des besoins
futurs.

Depuis le 25 novembre 2009, date de la première opération TAIEX, jusqu’au 02 juin


2013, plus de 45 activités de TAEIX ont été réalisées en Algérie, et ont touché plusieurs
domaines et ministères à savoir le ministère des transports, de la justice, des travaux
publiques, du tourisme et de l’artisanat,…

2.3. L’outil d’appui à l’amélioration de la gestion de la gouvernance


(SIGMA)

Cet instrument crée en 1992, était destiné aux pays candidats à l’élargissement de l’UE.
À partir de 2009, il a été élargi aux pays voisins. C’est un instrument un peu particulier par
rapport aux autres instruments. Il a un aspect multilatéral parce qu’il est le résultat d’une
initiative de l’OCDE et de l’UE. Il est financé principalement par la commission européenne
et mis en œuvre par l’OCDE. Son objectif est le renforcement des systèmes de gouvernance
publique et les capacités de son administration150. Sa mise en œuvre peut prendre plusieurs
formes: ateliers, séminaires, évaluation par les pairs, études, conseils,…

L’outil SIGMA intervient dans cinq (05) grands domaines techniques :

 La stratégie et la réforme de la gouvernance publique ;


 L’élaboration, la coordination et la réglementation des politiques publiques ;
 Le contrôle financier et l’audit de l’Etat ;
 Le cadre administratif légal et la gestion des services publics ;
 L’élaboration des budgets et l’affectation des ressources.

L’Algérie a commencé à bénéficier de cet outil à partir de 2012. Deux secteurs ont été
concernés à savoir :

 La fonction publique : en donnant plus de priorité à la gestion des ressources


humaines et d’autres sujets relatifs au secteur ;

150
Rapport de coopération UNION EUROEENNE – ALGERIE, Edition 2014, page 11.

101
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association

 La cour des comptes : en donnant la priorité pour le thème les procédures de


contrôle.

Section 3. Le démantèlement tarifaire et les règles d’origines


Dans le cadre de la libéralisation des échanges, l’Algérie et l’Union Européenne ont
définie une panoplie de produits répartis dans différentes listes annexées à l’accord
d’association, qui seront concernées par des exemptions de tout droit de douanes et de taxes
d’effets équivalents. Ces listes sont au nombre de 03: la première liste de la deuxième
annexe relative aux produits qui sont concernés par une suppression de tout droit de douanes
et de taxes d’effets équivalent dès l’entrée en vigueur de l’accord d’association. La deuxième
liste de la troisième annexe comporte des produits dont la suppression de tout droit de
douanes et de mesures d’effets équivalents est progressive qui va jusqu’à dix (10) ans après
l’entrée en vigueur de l’accord de l’association. En fin la troisième liste151 des produits
industriels concernant des produits autres que ceux sont cités dans les deux listes
précédentes, qui seront exemptés progressivement de tout droit de douanes et de taxes
d’effets équivalents et cela durant une période de douze (12) ans suivant l’entrée en vigueur
de l’accord d’association (2017).

En plus des produits industriels, les produits agricoles, les produits de la pêche et les
produits agricoles transformés originaires des deux parties, énumérés dans une annexe à
l’accord d’association, devraient être importés sur le territoire de chaque partie selon des
dispositifs spécifique à chaque liste, ont été concernés par cette révision.

L’ensemble des dispositifs de l’accord d’association est un préambule pour


l’instauration d’une zone de libre échange, après 12 ans de l’entrée en vigueur de l’accord
d’association. Autrement dit, en 2017 l’Algérie serait en une zone de libre échange avec
l’Union Européenne. Cependant, cette date butoir ne sera pas vraisemblablement respectée
vu les difficultés rencontrées par l’Algérie d’où sa demande de révision des conditions au
sujet de certains produits. Ainsi, lors de la 5ème session du conseil d’association, du 15 juin
2010, l’Algérie a demandé la révision du calendrier du démantèlement tarifaire pour certains
produits industriels152, ainsi qu’une révision de la liste des produits agricoles, des produits de

151
Les listes des produits industriels sont téléchargeables sur le site de la douane algérienne :
http://www.douane.gov.dz/pdf/Liste%201_Liste%202_Liste%203.pdf
152
Document du ministre du commerce, l’accord d’association entre l’Algérie et l’UE, le nouveau schéma de
démantèlement tarifaires des produits industriels et les concessions tarifaires révisées des produits agricoles et
agroalimentaires, disponible sur http://www.mincommerce.gov.dz/seminaire/semn280812/comcommerce.pdf

102
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
la pêche et des produits agroalimentaire conformément à l’article 11 de l’accord d’association
portant sur des mesures exceptionnelles et conformément à l’article 16 portant sur les
modifications des régimes prévus à l’accord d’association, et cela en raison de la mise en
œuvre de la politique agricole algérienne.

La décision algérienne, de réviser les calendriers fixés soit par le gel, soit par le
rétablissement des droits de douanes, s’explique par les objectifs que le gouvernement a fixés
à savoir la restructuration et la mise à niveau des entreprises algériennes153. Cette révision qui
a touché les produits agricoles avait aussi pour objectif la réussite de la politique du
renouveau agricole et rural.

L’Etat algérien, par le biais de cette démarche espère obtenir certains effets positifs à
savoir :

 Reporter la mise en place de la zone de libre échange, prévue pour 2017, jusqu’en
2020 ;
 Rétablir ou geler les taux des droit de douanes pour 1058 lignes tarifaires en couvrant
la plus grande nombre de filière et de branches industrielles ;
 Permettre plus de recettes fiscales pour l’Etat ;
 Permettre plus de protection pour les produits algériens dans l’objectif de rendre les
entreprises algériennes plus compétitives à long terme et favoriser le partenariat
industriel avec l’Union Européenne.

3.1. Les produits industriels

Le nouveau schéma de démantèlement tarifaire est entré en vigueur en septembre 2012.


La demande algérienne concerne 1058 lignes tarifaires originaires de l’UE dont la valeur
totale a été évaluée à 2.7 milliards d’euro en 2009. Elle couvre les produits considérés comme
étant sensibles en termes de production, d’emploi et d’investissement.

3.1.1. La deuxième liste de produits industriels

La révision de démantèlement a touché 267 lignes tarifaires de cette liste dont :

 82 lignes tarifaires: Les produits sensibles, comme le montre le tableau n°5,


bénéficient d’un rétablissement partiel des droits de douanes ou bien d’un délai

153
Idem

103
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
supplémentaire de 04 ans. Autrement dit, les droits de douanes qui devaient tomber à 0 % en
2012, ont été maintenus jusqu’en 2016. Parmi les produits concernés, on peut citer : les
moteurs électriques, transformateurs électriques-groupes électrogènes, piles et produits
similaires, chauffe eau à gaz, poste téléphonique et centraux de commutation, câbles
électriques nus et isolés, câbles téléphoniques, câbles en fibre optique, automobile et pièces de
rechanges.

Tableau n°5 : les lignes tarifaires de liste 1 concernées par la révision de calendrier du
démentèlement tarifaire.

Source : Document du ministre du commerce, op.cit. Téléchargeable sur le site suivant :


www.mincommerce.gov.dz/seminaire/semn280812/comcommerce.pdf.
 185 lignes tarifaires : cette liste, comme le montre le tableau n°6, a bénéficié d’un gel
de droits de douanes pour une période de deux (02) ans. Ces lignes tarifaires ont bénéficié
d’un délai supplémentaire de quatre ans. Ainsi, les produits de cette liste vont bénéficier d’un
taux gelé à 03% pendant deux ans (2012-2013) qui sera ramené progressivement à 0 % en
2016 (2% en 2014, 1% en 2015 et 0% en 2016). Les produits concernés sont : Appareils de
coupure, disjoncteurs, boitiers d’encastrement, interrupteurs, lampes, grues et chariots
élévateurs, appareils de réfrigération-congélation, cuisinières, lave vaisselle, chauffe eau,
petits électroménagers et compteurs.

104
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
Tableau n°6 : les lignes tarifaires de liste 1 concernées par la révision de calendrier du
démentèlement tarifaire.

Source : Document du ministre du commerce, op.cit. Téléchargeable sur le site suivant :


www.mincommerce.gov.dz/seminaire/semn280812/comcommerce.pdf.

3.1.2. La troisième liste de produits industriels

792 de lignes tarifaires de cette liste154 ont été concernés par ce nouveau schéma de
démantèlement.
 174 lignes, comme on peut le constater du tableau n°7, concernent les produits jugés
sensibles et qui ont bénéficié de droits de douanes rétablis partiellement et un délai
supplémentaire de 03 ans, c’est-à-dire, au lieu d’attendre 2017 pour tomber à 0 %, ils ont été
prolongés jusqu’en 2020. Les produits évoqués dans cette liste sont : peintures et vernis,
shampoings, articles de transports ou d’emballage en matière plastiques et carton, ficelle,
cordes et cordage, marbres, céramique, machines à laver, chauffe eau, robinetterie, meuble en
bois, automobile, …
Tableau n°7 : les lignes tarifaires du niveau 1 de liste 2 concernées par la révision de
calendrier du démentèlement tarifaire.

Source : Document du ministre du commerce, op.cit. Téléchargeable sur le site suivant :


www.mincommerce.gov.dz/seminaire/semn280812/comcommerce.pdf.

154
La liste 03 comporte des produits autres que les produits cités dans de la liste 1 et 2

105
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
 617 autres lignes ont bénéficié, comme l’indique le tableau n°8, d’un gel de droits des
douanes pour une durée de 03 ans avec un délai supplémentaire de 03 ans (les droits de
douanes restent inchangés durant trois (03) ans, de 2012 jusqu’à 2015, puis ils tombent
progressivement à 0 % en 2020). Les produits concernés sont : produits cosmétiques, papier,
tissus, vêtements, chaussures, tapis, vaisselle, grillages, éviers, baignoires, lampes,
ventilateurs, climatiseurs, ordinateurs, produits audio, téléviseurs & récepteur satellite.
Tableau n°8 : les lignes tarifaires de liste 2 concernées par la révision de clandrier du
démentèlement tarifaire.

Document du ministre du commerce, op.cit. Téléchargeable sur le site suivant :


www.mincommerce.gov.dz/seminaire/semn280812/comcommerce.pdf.
3.2. Les produits agricoles

Comme le stipule l’article 16 de l’accord d’association, la modification des accords


relatifs aux produits agricoles est possible en cas d’une mise en œuvre d’une nouvelle
politique agricole. L’Algérie a fait valoir ce droit et s’est entendue avec son partenaire
européen sur les questions suivantes :

 L’annulation de 25 contingentes tarifaires de produits agricoles accordées à l’Union


Européenne en lui rouvrant 09 contingentes tarifaires préférentielles de produit agricole
qui lui sont accordées ;
 La modification de 02 contingents tarifaires de produit agricole accordés à l’UE et
l’abrogation des préférences tarifaires de deux produits agro-alimentaires qui lui sont
accordées.
3.3. Les règles d’origines

Lors d’une opération d’importation ou d’exportation, un certificat d’origine, c’est à dire


un document certifiant l’origine des marchandises, est exigé pour les dédouaner. Autrement
dit, une preuve documentaire de l’origine de la marchandise. La notion de l’origine joue un

106
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
rôle capital dans l’exercice de la politique commerciale d’un pays. Elle est définie comme
étant « la nationalité des marchandises dans le commerce international »155. Elle peut être
préférentielle, c’est-à-dire elle donne des droits à des avantages en termes de droits de
douane et d’effets équivalents lors des échanges avec certains pays. Elle peut aussi être, non
préférentielle lorsqu’elle sert uniquement à mettre en œuvre la politique commerciale (mesure
de droits antidumping, restrictions quantitatives, droits compensatoire…).

Il existe deux critères fondamentaux utilisés par les douanes pour déterminer l’origine
d’une marchandise :

3.3.1. Les critères relatifs aux marchandises entièrement obtenues

Selon l’organisation mondiale des douanes c’est le critère le plus utilisé pour les
marchandises en l’état naturel, d’animaux nés et élevés, de végétaux récoltés, de minéraux
extraits dans un seul pays et pour des produits et des marchandises qui sont entièrement
obtenus dans un seul pays (issus d’un seul pays).

3.3.2. Transformation substantielle

La convention de Kyoto de 1974 a défini 03 méthodes différentes à utiliser pour la


détermination de l’origine 156:

3.3.2.1. La méthode Changement de classification tarifaire

C’est l’une des méthodes la plus utilisée et des plus répandue. Toute ouvraison et
transformation est considérée comme suffisante lorsque le produit obtenu, après un processus,
est classé dans une position tarifaire différente du produit non originaire utilisé dans sa
fabrication ou dans sa transformation.

3.3.2.2. Les critères de la valeur ajoutée (pourcentage ad-valorem)

Une marchandise, qu’elle ait subi un changement de classement ou non, est considérée
comme ayant subi une transformation suffisante. Lorsque sa valeur ajoutée atteint un niveau

155
Définition de la douane Algérienne
156
http://www.wcoomd.org/fr/topics/origin/instrument-and-tools/comparative-study-on-preferential-rules-of-
origin/specific-topics/general-annex/cth.aspx, consulté le 18/04/2015 à 19h33.

107
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
déterminée, exprimée par un pourcentage ad-valorem, qui prescrit, parfois, un contenu
minimal national et parfois un contenu maximal d’importation157.

3.3.2.3. Critères relatifs aux opérations de fabrication et de transformation

Les marchandises ou les produits, qu’ils aient subi un changement de classification ou


non, sont suffisamment transformés lorsqu’ils ont subi quelques opérations d’ouvraison
permettant de leurs conférer l’origine du pays dans lequel ils ont été transformé.

3.4. Les règles d’origines dans le cadre de l’accord d’association

L’accord d’association entre l’Algérie et l’Union Européenne n’a retenu que deux
critères à savoir 158 : les produits entièrement obtenus évoqués dans l’article 06 du protocole
relatif à la définition de la notion de «produits originaires» et aux méthodes de coopération
administrative et les produits suffisamment ouvrés ou transformés évoqués dans l’article 07
du même protocole. Pour que les produits algériens soient admis à l’importation sur le
territoire de la communauté (ou bien le contraire, les produits de la communauté admis à
l’importation en Algérie) bénéficient du dispositif de l’accord de l’association, la
présentation de certains document est exigée à savoir : Les certificats d’origine délivré par
les autorités douanière du pays de l’exportateur et les déclarations sur facture.
3.4.1. Les produits entièrement obtenus

L’article 06 du protocole n° 6, annexé à l’accord d’association, relatif à la définition de


la notion de produits originaires et aux méthodes de la coopération administrative a défini
plusieurs produits comme étant obtenus entièrement en Algérie et dans la communauté,
ce sont:

 Les produits minéraux extraits de leur sol ou de leurs fonds marines ou des
océaniques, comme le pétrole, le gaz, le sable,…
 Les produits du règne végétal qui y sont récoltés comme les légumes et les fruits ;
 Les animaux vivants qui y sont nés et élevés ;

157
Manuel sur les règles de l’origine des marchandises dans le cadre de l’accord d’association ALGERIE – U.E,
page 8, téléchargé sur le site :
http://www.douane.gov.dz/Manuels%20de%20regles%20dorigines%20%20des%20marchandises%20UE.html
158
Idem

108
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association

 Les produits provenant des animaux vivants et qui y font l’objet d’un élevage c’est-
à-dire les produits des animaux qui sont élevés sur le territoire d’une partie même
s’ils n’y sont pas nés (œufs, beurre, miel,…) ;
 Les produits de la chasse et de la pêche pratiqués sur les territoires d’une des deux
parties, y compris les eaux territoriales. Par exemple, les produits chassés par des
navires algériens ou d’autres navires étrangers sur les eaux territoriales de la
communauté sont considérés comme des produits originaires de la communauté ;
 Les produits de la pêche tirés dans les eaux territoriales par des navires répondant à
certaines exigences (immatriculé sur le territoire d’une partie, appartenant au moins à
50% à des ressortissants algériens ou d’un Etat membre de l’UE ou appartenant à
une société ayant un siège sur le territoire de l’une des deux parties. Dans le cas
d’une société de personnes ou d’une société à responsabilité limité, l’équipage doit
être composé au moins à 75 % de ressortissants algériens ou de la communauté
européenne dont l’Etat major composé de ressortissants des Etats membre ou de
l’Algérie), et tous les biens issus de la transformations de ces produits par des
navires –usines répondant aux même exigences sont considérés comme entièrement
obtenus;
 Les articles usagés qui ne peuvent servir qu’à la récupération des matières premières
à exemple des vieux vêtements (la friperie) qui ne peuvent être utilisés comme
vêtements mais pour récupérer les fibres textiles ;
 Les déchets provenant des opérations manufacturières qui y sont effectuées ;
 Les produits extraits du sol ou du sous-sol marin situé en dehors des eaux
territoriales à condition que la partie détienne l’exclusivité de l’exploitation ainsi
que tous les biens qui y sont fabriqués à base de ces produits.

3.5. L’ouvraison et la transformation

Un produit non entièrement obtenu est un produit dans lequel des matières non
originaires sont incorporés. Il est considéré comme étant suffisamment ouvré ou transformé
lorsqu’il remplit certaines conditions différant d’un produit à un autre.

Dans le cadre de l’accord d’association Algérie-Union Européenne, les produits non


originaires d’Algérie, incorporé dans la fabrication d’un bien, doivent subir une ouvraison ou
une transformation suffisante conformément aux exigences pour chaque groupe de produits
citées dans l’annexe II du protocole n° 6 de l’accord d’association. L’accord a fixé des degrés

109
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
minimum d’ouvraisons nécessaires, et tout produit qui reste en deçà de ce taux, ne peut être
considéré comme originaire. Toutefois, certains produits non originaires qui ne doivent pas
être incorporées dans la fabrication d’un bien peuvent l’être, mais à condition que leur valeur
totale ne dépasser les 10 % du produit fabriqué en sortant de l’usine, tout en respectant les
pourcentages des matières non originaires à ne pas dépasser et mentionnées dans l’accord.

Certaines opérations citées dans l’article 08 du protocole n° 6 précité telles que les
opérations de dépoussiérage, de criblage, de triage, de lavage, de peinture, de découpage, des
manipulations destinées à conserver en l’état un produit, les changements d’emballages,… ne
confèrent pas un caractère d’origine pour un produit parce qu’il n’a pas subi suffisamment de
transformation ou d’ouvraison.

Enfin, les matières originaires de la communauté européenne incorporées dans un bien


entièrement obtenu en Algérie sont considérées comme originaires de ce dernier même s’ils
ne font pas l’objet de transformation ou d’ouvraison suffisante à condition qu’ils aillent au-
delà de certaines opérations (citées dans l’article 8 du même protocole) qui ne confèrent pas
le caractère d’origine pour un produit donné comme le dépoussiérage, le triage, changement
d’emballage, la mise en bouteille,… L’intérêt de cette règle est d’accroître l’intégration
industrielle et commerciale entre les deux partenaires de l’accord159.

159
Manuel sur les règles de l’origine des marchandises dans le cadre de l’accord d’association ALGERIE – U.E,
page 8, téléchargé sur le site :
http://www.douane.gov.dz/Manuels%20de%20regles%20dorigines%20%20des%20marchandises%20UE.html

110
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association

Conclusion
Le projet du partenariat euro-méditerranéen était ambitieux vu les objectifs qu’il a fixés
et les différents financements destinés à leur réalisation. Un document
intitulé «Renforcement de la politique méditerranéenne de l'Union Européenne: vers un
partenariat euro-méditerranéen » a qualifié l’aide financière qui devait accompagner
l’accord de « généreuse », mais le bilan final, 10 ans après son lancement de ces
programmes, reste en deçà des attentes du fait de leur lenteur et leur insuffisance face aux
besoins de financement de l’économie Algérienne, notamment à la fin des années 1990 et les
débuts des années 2000.

L’aide consacrée à l’Algérie n’a pas dépassé les 1% du PIB en 2006, avec une
moyenne de financement de 50 millions d’euros chaque année. La mauvaise hiérarchisation
des priorités était la cause principale d’inefficacité de ces financements, mais la responsabilité
est partagée, entre l’Union Européenne et l’Algérie. Autrement dit, d’une part, les institutions
de Bruxelles montrent une lourdeur bureaucratique dans leurs engagements et d’autre part,
certains pays sud méditerranéen, à l’instar de l’Algérie, souffrent d’une faible disposition
administrative et d’une faible capacité d’absorption.

Le nouvel instrument (IEVP) n’a pas apporté beaucoup de choses par rapport à son
prédécesseur. Les financements sont restés relativement modestes, mais leur durée a été
réduite à trois (03) ans au lieu de cinq (05) ans. Sa nouveauté réside dans l’assistance
technique fournie grâce à trois (03) instruments à savoir : les jumelages, TAEIX et l’outil
SIGMA, destinés à toutes les institutions qui contribuent à réalisation des objectifs de l’accord
d’association. Ces instruments venus sur le tard et destinés uniquement aux institutions
publiques.

En dépit de sa détention d’une manne financière très importante soutenue par la flambée
des prix du pétrole sur le marché mondial, l’Algérie peine à trouver une solution pour sa
dépendance vis-à-vis des hydrocarbures. Les assainissements et restructurations des
entreprises publiques étaient à l’origine de la révision du calendrier de démantèlement
tarifaire, en 2012, qui avait pour objectif la protection du tissu industriel et en le rendant plus
compétitif. A quelques années de la libéralisation totale, et en dépit de la révision du
démantèlement tarifaire, l’économie Algérienne n’a pas pu exporter plus de 4 milliard de
dollar US de produits hors hydrocarbures, en 10 ans.

111
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
L’économie algérienne, qui compte en grande partie sur les importations des biens
d’équipements et des demi-produits pour assurer le fonctionnement de son système
productif, se heurte aux exigences des règles d’origines, clairement protectionnistes,
notamment vis-à-vis des produits dans lesquels sont incorporées des matières non originaires
ni de l’Algérie ni de la communauté européenne, c’est à dire provenant du reste du monde.

112
CHAPITRE IV : Les
relations
économiques Algérie-
UE
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE

CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE


Introduction
L’effondrement des prix du pétrole, au milieu des années 80, a plongé l’Algérie dans la
crise qui va perdurer et s’accentuer jusqu’à devenir chaotique dans les années 90.
Economiquement, le pays était en difficulté: la croissance économique était quasi nulle,
service exorbitant d’une dette extérieure de 25 milliards de dollars US, plan d’ajustement
structurel imposé par le FMI, investissements publics à l’arrêt,…

Les années 2000 marquent un tournant dans la crise algérienne, avec la hausse des
prix du pétrole qui ont atteint des prix historiques. Cette nouvelle donne a permis à l’Algérie
de disposer d’importantes ressources financières et d’engager de vastes programmes
d’investissements publics estimés à plusieurs milliards de dollars. Conformément à la
macroéconomie keynésienne, la politique budgétaire expansionniste adoptée par l’Algérie a
conduit à la hausse de la demande locale, mais l’absence d’une véritable offre locale a
alourdi la facture des importations qui ont atteint des valeurs exorbitantes. L’embellie
financière du début des années 2000 a soutenu l’ouverture commerciale de l’Algérie, donnant
lieu à la signature de multiples accords de coopération et de partenariat parmi lesquels on peut
citer l’accord de coopération avec la Chine et l’accord d’association avec l’UE,

La proximité géographique avec le vieux continent et les liens historiques existant avec
les pays de l’UE ont fait de cette dernière un important partenaire économique et commercial
de l’Algérie, ainsi environ de 50% de nos exportations sont absorbées par ce vaste marché
et la moitié de nos importations en proviennent. Elle est, à la fois, le premier client et le
premier fournisseur. Elle est aussi le plus important investisseur en Algérie, Même si l’on
assiste ces dernières années, à une concurrence chinoise sur le plan commercial et une
concurrence des IDE asiatiques et arabes.

Les relations de l’Algérie avec l’UE sont encadrées, depuis 2005, par l’accord
d’association qui fête déjà sa dixième année. Malgré, les menaces qu’il représente pour
l’économie algérienne, les objectifs fixés répondent à la réalité économique algérienne et à
ses besoins : diversification de l’économie nationale, la libéralisation des flux des IDE,
relance de l’union maghrébine, renforcement des échanges dans le domaine technique…,
l’accord présente aussi certaines opportunités, qui bien exploitées, seraient bénéfiques pour
toute l’économie nationale.

113
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Section 1. La structure du commerce extérieur de l’Algérie
La hausse des prix du pétrole sur le marché mondial, depuis le début des années 2000, a
permis aux des pays exportateurs d’hydrocarbures, à l’instar de l’Algérie, d’enregistrer
d’importants excédents commerciaux. Mais la fragilité de l’économie mondiale causée par la
double crise (la crise financière et la crise de la zone Euro), n’a pas été sans répercutions sur
les prix de pétrole et, par conséquent, sur de l’ensemble de l’activité économique de ces pays.
L’Algérie a connu, depuis 2004, une hausse de recettes des exportations soutenue par la
hausse des prix du pétrole et l’augmentation de la demande mondiale pour l’or noir. Le
tableau suivant présente l’évolution du commerce extérieur de l’Algérie de 2005 jusqu’en
2014 :

Tableau n° 9 : l’évolution du commerce extérieur de l’Algérie 2004-2014 (Les


montants sont en millions de dollars US)
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014

Exportations
hors
hydrocarbures 907 1 184 1 332 1 937 1 066 1 526 2 062 2 062 2 014 2 582

Les exportations 46 001 54 613 60 163 79 298 45 194 57 053 73 489 71 866 64 974 62886
totales

La part des
produits hors
hydrocarbures
dans les
exportations 1,972 2,168 2,214 2,443 2,359 2,675 2,809 2,869 3.1 4,103
totales (%)

Les importations 20 357 21 456 27 631 39 479 39 294 40 473 47 247 50 376 55 028 58 580
totales

Le taux de
couverture des
produits hors 4,455 5,518 4,821 4,906 2,713 3,770 4,364 4,093 3,66 4,41
hydrocarbure(%)

La balance
commerciale
25 644 33 157 32 532 39 819 5 900 16 580 26 242 21 490 9 946 4 306

Source : douanes algériennes

114
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Figure n°3 : L’évolution du commerce extérieur de l’Algérie 2005-2014

90 000
80 000
70 000 les exportations totales
60 000
50 000 les exportation hors
40 000 hydrocrabure
30 000 les importations
20 000
10 000 la balance commercial
0
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014

Réalisé par nos soins d’après les données des douanes

1.1. Les exportations

Comme le montre la figure 3, les exportations algériennes ont connu une croissance
rapide à partir de 2005 pour atteindre, en termes de valeur, leur plus haut niveau en 2008 près
de 80 milliards de dollar US soit 20% du PIB national. Ce pic que le commerce extérieur
algérien n’a jamais connu, s’explique par la hausse des prix mondiaux du pétrole160. Cette
situation a renforcé la position extérieure de l’Algérie en enregistrant un excédent
commercial de 39,81 milliards US, malgré la hausse des importations.

En 2009, les fluctuations des prix de l’or noir en affichant des tendances baissières à
l’échelle mondiale, à cause du ralentissement de l’activité économique mondiale, a provoqué
une baisse des recettes des exportations en passant de 79.280 milliard de dollar US en 2008 à
45, 194 milliards de dollar US en 2009, soit une baisse de 56.99% . L’excédent commercial
connait une chute libre en passant d’un pic de 39,819 milliards dollar US, en 2008, à
seulement 5,9 milliards de dollar US, en 2009, soit une baisse de 85.18% de la balance
commerciale.

L’année 2010, connait une relance plus au moins faible de l’économie mondiale.
Même fragile la croissance était là et entraine le raffermissement des prix du pétrole.
L’Algérie enregistre ainsi une hausse des recettes de ses exportations pendant deux années et
un excédent commercial qui s’est établi à 26,242 milliards de dollar en 2011.

160
Les prix du pétrole ont dépassé la barre de 100 dollars en 2008, en juillet de la même année, le baril a affiché
un prix de 147 dollars mais à la fin de l’année et début de l’année 2009 les prix ont chuté sous les 36 dollar pour
le baril.

115
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Toutefois, les fluctuations des prix du baril du pétrole et la formation des tendances à la
baisse de 2012 (tendances qui vont se confirmer les années suivantes à cause des facteurs
économique et géopolitiques,…) entrainant la baisse des recettes qui se contractent alors que
les importations vont de record en record depuis 2010.

Selon un bilan provisoire des douanes algériennes, le pays a enregistré un déficit


commercial de 1 milliard de dollar US au premier trimestre de 2015. Il est de 08 milliards de
dollars US pour les 07 premiers mois de la même année161.

Aujourd’hui l’économie algérienne fait face à un véritable défi pour trouver une
alternative aux exportations d’hydrocarbures. De 2005 jusqu’en 2014, la valeur totale des
exportations hors hydrocarbures n’a pas dépassé 16.6 milliards USD. La part la plus
importante des exportations hors hydrocarbures dans le commerce extérieur, comme la
montre la figure n°4, a été enregistrée en 2014, ne dépasse pas les 4%, soit une valeur de 2.58
milliards de dollar US.

Figure n° 4 : Part des exportations hors hydrocarbures dans le commerce extérieur de


l’Algérie.

100
80
les exportations hors
60
hydrocarbures
40
les exportations totales
20
0
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014

Réalisé par nos soins d’après les données des douanes.

En dépit, des efforts des pouvoir publics à promouvoir les exportations hors
hydrocarbures, des obstacles tels que les difficultés d’accès au foncier industriel et aux
financements empêchent la réalisation de cet objectif. Le président de la Confédération
algérienne du patronat (CAP) a insisté à ce qu’il y ait un vrai engagement de l’Etat pour

161
Le quotidien LIBERTE, lundi 24 Août 2015.

116
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
enlever tous ces obstacles. En plus des obstacles précités, il s’est interrogé sur les capacités
des entreprises algériennes à exporter. Pour lui, cette question ne doit pas être posée tant qu’il
n’y a pas un produit algérien pour l’exporter. L’Algérie ne peut pas promouvoir ses
exportations hors hydrocarbures s’il n’y a pas une production nationale de quantité et de
qualité162.
Entre 2005 et 2014, l’Algérie a exporté pour plus de 615 milliards de dollar US
principalement, comme le montre la figure n°5, 97% des hydrocarbures. 3% des
exportations sont des produits non pétroliers comme des biens d’alimentations, des produits
bruts, des demi-produits, des biens de consommation non alimentaire, des biens d’équipement
agricole et des biens d’équipement industriel.

Figure n°5 : les exportations totales de l’Algérie entre 2005 et 2014

3%

energie et lubrifiant

autres produits
(alimentation, produits
bruts, demi produit, biens
d'équipement agricole, biens
d'équipement industriel, biens
de consommation)
97%

Réalisé par nos soins d’après les données des douanes

Les produits hors hydrocarbures ne constituent que 3 % du totales des exportations


algériennes. Ce sont essentiellement des produits dérivés du pétrole comme les huiles et
autres produits provenant de la distillation des goudrons, ammoniacs anhydres, des engrais
minéraux, phosphate de calcium, des hydrocarbures cycliques,… et quelques produits
alimentaires comme les dattes, des eaux, sucre de canne ou de betterave, …
L’Algérie, qui figure parmi les 20 pays, détenant les plus importantes réserves de
changes avec plus de 200 milliards de dollars US, reste tributaire des cours mondiaux d’or
noir. Les performances de son économie est en relation directe avec les prix du baril. Ainsi la

162
Le quotidien national L’Horizon, mercredi 08 octobre 2014.

117
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
flambée des prix de cette matière stratégique a permis au pays d’engranger d’importantes
recettes. La position financière du pays a permis aux gouvernements successifs d’adopter des
politiques budgétaires expansionnistes qui ont conduit à la hausse exponentielle des
importations du fait de la faiblesse de la production locale.

La détention de l’Algérie d’importantes réserves de changes et un fonds de régulation


de recette estimé à 5563 milliard de dinar, ne peut couvrir le déficit de la balance des
paiements et le déficit budgétaire que sur le court terme. La persistance de la baisse des prix
du pétrole163 et la croissance de la demande interne risquent d’aggraver la situation à moyen
et à long terme.

1.2. Les importations

La hausse de la demande locale du fait de la hausse des dépenses publiques a causé un


énorme déficit que l’offre locale n’a pu satisfaire d’où le recours aux importations pour le
combler. Une des principales causes de cette situation est le lancement d’un vaste
164
programme d’investissement public (PIP) , estimé à plus de 800 milliards de dollars pour la
période 2001 et 2019, destiné principalement à la réalisation des infrastructures, ce qui a
provoqué une légère hausse de la croissance économique et par, conséquent, l’augmentation
de la demande locale.

L’essor des importations s’est accéléré, en passant de 20.53 milliards USD en 2005 à
40, 47 milliard USD en 2010, soit une hausse de 97,12% au bout de 5 ans, et de 187.83 % au
bout de 10 ans (de 20.53 milliards USD en 2005 à 58,58 milliards USD en 2014). Les
importations représentent 19.72% du PIB en 2005, alors qu’en 2014, elles représentent
environ 24.10% da la part du PIB. Cette hausse pourrait atteindre des taux insoutenables en
l’absence d’une véritable politique de limitation des importations.

163
Selon les prévisions du FMI, le prix du baril du pétrole, en 2015, doit être à 111 dollar pour assurer
l’équilibre budgétaire de l’Algérie et à 110 dollar en 2016. http://www.elwatan.com / le 06/05/2015.
164
L’Algérie s’est engagée dans un vaste programme d’investissement public entamé en 2001 dans le cadre des
plans quinquennaux (d’une durée de cinq (05) ans pour chacun). Le premier plan a été engagé dans un contexte
difficile pour l’économie algérienne, caractérisé par la baisse des prix du pétrole et une position financière
critique à cause de la dette extérieure et de la lutte anti terroriste. Son principal objectif était la relance
économique. En 2005, L’Algérie a lancé un deuxième programme de près de 200 milliards de dollars dans le
cadre du plan quinquennal 2005-2010, destiné à la modernisation et à la réalisation des différents infrastructures
nécessaires au développement économique. Le troisième plan quinquennal, de 2010-2014 était le plus important
avec une valeur de 286 milliards de dollars, 130 milliards de dollars était consacré au parachèvement des anciens
projets entamés dans le cadre des plans précédents. Enfin, pour la période 2015-2019, un autre plan a été lancé
d’une valeur de près de 200 milliards de dollars, il est destiné à renforcer la résistance de l’économie algérienne
aux chocs extérieurs et à développer sa compétitivité et sa diversification.

118
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Les importations de l’économie algérienne durant la période allant de 2005 à 2014, sont,
comme le montre la figure n°6, dominées en premier lieu par des biens d’équipements
industriels qui s’élevaient à un montant de 134,33 milliards USD, soit 33% du total de ces
importations durant cette période. Ils sont constitués de : véhicules de transports des
personnes et des marchandises, des turboréacteurs et turbopropulseur et des appareils
électriques pour la téléphonie. En second lieu viennent les demi-produits qui sont des biens
destinés au fonctionnement de l’outil de production. Ils représentent 23% du total des
importations algériennes, parmi les quels on trouve : les huiles de pétrole ou de minéraux
bitumineux, barres en fer et en acier, tubes et tuyaux en fer ou en acier,…En troisième lieu
viennent les produits alimentaires qui représentent 18 % du total des importations, passant de
3,58 milliards de dollars US en 2005 à 11milliards, en 2014, soit une hausse de 307% au bout
de 10 ans. Ensuite, avec une part de 15% équivalent à 61 milliard de dollars US biens de
consommations de non alimentaire suivent. Enfin, on trouve l’énergie et lubrifiant, des
produits bruts et des biens d’équipement agricole avec, respectivement 7%, 3 % et 1% du
total des importations.

Figure n°6 : les importations totales de l’Algérie entre 2005 et 2014

7%
18% Alimentation
Produits bruts
15%
3% Demi produits
Biens d'équipement Agricole
Biens d'équipement Industriel
Biens de consommation
23%
Energie et Lubrifiants
33%

1%

Réalisé par nos soins d’après les données des douanes

Section 2. Le commerce extérieur de l’Algérie avec l’Union Européenne


L’Algérie et l’UE demeurent des partenaires privilégiés l’un pour l’autre, et l’accord
d’association ne fait qu’entériner un état de fait et le renforcer. L’Algérie est un des plus
importants fournisseurs de l’Europe en matière d’hydrocarbures et de matières premières,

119
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
notamment pour les pays du Sud de l’Europe. L’EU est quant à elle le premier fournisseur de
produits alimentaires et manufacturiers de l’Algérie.

Dans l’objectif de renforcer ses relations avec sa périphérie, l’Union Européenne s’est
engagée dans des accords d’association avec plusieurs pays méditerranéens, avec comme
perspective la création d’une zone de libre échange aux environs de 2020, ce qui va
transformer la méditerranée à une zone désarmée de toute barrière tarifaire.

2.1. Les échanges commerciaux Algérie-Union Européenne.

L’Union Européenne, en tant qu’entité, est le premier partenaire commercial de


l’Algérie. Pendant dix ans (2005-2014), la part des exportations algériennes vers l’Union
Européenne ont représenté 53,99% du total des exportations, soit plus de 332 milliards de
dollars contre 209 milliards importés de cette région pendant cette même période soit 52,32%
du total des importations algériennes.

Tableau n°10 : les échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Union Européenne (les valeurs
sont en millions de dollar US)

2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014

Exportations 25593 28750 26833 41246 23186 28009 37307 39797 41277 40378

Importations 11 255 11729 14427 20985 20772 20704 24616 26333 28724 29684

La balance
commerciale 14338 17021 12406 20261 2414 7305 12691 13464 12553 10730
avec l’UE
Source : la base de données de la CNUCED

2.1.1. Les exportations de l’Algérie vers l’UE

Les exportations algériennes vers l’Union Européenne, sur dix ans (2005-2014), ont été
dominées par les hydrocarbures, d’où une balance commerciale excédentaire vis-à-vis de
cette région qui couvre parfois les déficits commerciaux avec les autres régions du monde.
Par exemple, en 2013, l’Algérie a affiché un excédent commercial de 12,55 milliard USD
avec l’Union Européenne alors qu’elle a enregistré un déficit commercial de 2,607 milliard
USD avec le reste du monde. A travers la figure n°7, on constate qu’une grande partie des
recettes des exportations algériennes sont tributaires de l’évolution de l’activité économique
européenne. En 2009, la stagnation de l’activité économique européenne affichant un taux de

120
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
croissance négatif, à cause du déclenchement de la crise des dettes et les effets de la crise
financière, a influencé négativement le commerce extérieur algérien, ce qui lui a couté 18,06
milliards de dollars US. Les exportations algériennes vers l’Union Européenne ont connu leur
niveau le plus bas depuis l’entrée en vigueur de l’accord d’association, passant de 41,245
milliards de dollars US en 2008, à seulement 23.19 milliards en 2009.

Figure n°7 : les échanges commerciaux de l’Algérie avec l’UE 2005-2014

45000
40000 les exportations
35000 vers l'union
européenne
30000
25000 les importations
20000 en provenance
15000 de l'union
européenne
10000 la balance
5000 commerciale de
0 l'Algérie avec
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 l'UE

Réalisé par nos soins d’après les données des douanes algériennes

La figure n°8 montre que les exportations algériennes ont tendance à baisser à partir de
2012, mais les exportations vers l’UE ont tendance à se stabiliser avec une légère baisse, au
moment où les exportations vers les autres régions du monde (sauf l’UE) affichent des
tendances baissières. Cela prouve encore une fois la dépendance de l’économie Algérienne
de celle de l’Union Européenne.

Figure n°8 : la part des exportations algériennes vers l’UE dans le commerce extérieur

90000
80000
70000
60000
50000 les exportations vers l'UE
40000 les exportations totales
30000
20000
10000
0
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014

Réalisé par nos soins à partir des données des douanes algériennes

121
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Entre 2005, date de l’entrée en vigueur de l’accord d’association et de la suppression
des droits des douanes pour la première liste, et 2012 date de suppression des droits de
douanes pour la seconde liste, les exportations algériennes vers l’Union Européenne sont
essentiellement des hydrocarbures comme le montre la figure 9 que nous avons élaborée à
partir des données de la CNUCED. Les hydrocarbures et dérivés représentent ainsi 245
milliards de dollar US, soit 98 % du total des exportations à destination de l’UE. Ensuite avec
un montant de 2,4 milliards de dollar US viennent les articles manufacturés, comme les cuirs
et peaux. Les articles manufacturés métalliques et non métalliques, restent très marginaux et
n’ont pas dépassé les 930 millions de dollars US en 07 ans.

Figure n°9 : les exportations algériennes vers l'Union Européenne (2005-2012)

2% produits combustibles minéraux, lubrifiants


et produits connexes

Autres produits ( Matières brutes non


98% comestibles sauf carburants, Huiles, graisses
et cires d'origine animale ou
végétale, Produits chimiques et produits
connexes, Articles
manufacturés, Machines…

Réalisé par nos soins à partir de la base des données de la CNUCED

2.1.2. Les importations algériennes de l’Union Européenne

En comparaison avec les exportations estimées à 250 milliards de dollars US pour la


période de 2005-2012, les importations algériennes sont estimées à 150 milliards de dollars
pour la même période. On remarque, dans la figure n°7, que les importations algériennes de
l’UE ont pris un rythme ascendant depuis 2005, se sont stabilisées pendant deux ans (2008-
2010) pour reprendre ensuite leur rythme ascendant pour atteindre une facture de près de 30
milliards de dollars US en 2014. Cette tendance haussière des importations algériennes de
l’UE risque de s’aggraver avec l’entrée en vigueur de la zone de libre échange (elle a été
prévue pour 2017, mais reportée à 2020, lors du conseil d’association tenu en 2010, suite à le
demande de l’Algérie).

122
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Figure n°10 : les importations algériennes provenant de l'Union Européenne (2005-2012)

0% produits alimentaire et animaux


vivant
4% boissons et tabacs
13% 1%
3% matières brutes non
comestibles, sauf carburant
comestibles minéraux; lubrifiants
5% et produits connexes
36% 1% huiles, graisses et cires d'origine
animale ou végétale
produits chiliques et produits
14% connexes
articles manufacturés

machines et matériel de transport


23% articles manufacturés divers

Réalisé par nos soins à partir des données des douanes algériennes

Sur les 150 milliards de dollars que l’Algérie a importés, comme le montre le tableau
n°11, les machines et le matériel de transport accaparent 36% du total des importations avec
un montant de 55,6 milliards de dollars (14,5 milliards USD d’importations de véhicules
routiers, 13.7 milliards pour les machines industrielles et pièces détachées, 8,02 milliards
USD de machines et d’appareils électriques, 7,24 milliard USD de machines et d’appareils
spécialisées…). Les articles manufacturés viennent en deuxième position avec un montant de
35,682 milliards USD soit 23% du total de nos importations de l’Union Européenne. Dans ce
groupe de produits on trouve: le fer et de l’acier (19,77 milliards USD), les articles
manufacturés en métal (4,98 milliard USD), de papier et des préparations en papiers (3.32
milliard USD), des articles minéraux non métalliques manufacturés (2,33 milliard USD), des
métaux non ferreux (2,03 milliard USD),… En troisième place viennent les produits
chimiques et les produits connexes d’un montant de 18,28 milliards de dollars US soit 14% du
total des importations. Cette catégorie de produits est dominée par les produits médicinaux et
pharmaceutiques avec un chiffre de 10,27 milliards de dollars US, suivies par 2,61 milliards
de dollars US d’importations matières plastiques sous formes primaires, 2,54 milliards de
dollars US de matières et produits chimiques, 1,12 milliard et 1,05 milliards de dollars US de
produits chimiques organiques et des produits chimiques inorganiques respectivement. Les
importations des produits alimentaires et des animaux vivants ont connu un essor depuis
2008. Elles ont atteint un pic de 4, 24 milliards de dollars US en 2011 à cause de

123
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
l’augmentation des importations de céréales et des préparations à base de céréales en passant
de 1,10 milliard de dollars US en 2011 à 2,41 milliards en 2012. L’Algérie a importé , de
2005 à 2012, pour plus de 17,56 milliards de dollars US de produits alimentaires et des
animaux vivants, 10 milliards de dollar d’ importations de céréales et des préparations à base
de céréales, 4,49 milliards de dollars US de produits laitiers et œufs d’oiseaux, 1,42 milliard
USD de légumes et de fruits, 1,51 de produits et de préparation alimentaire divers, 913
millions de dollars de sucre et des préparations à base de sucre et du miel. L’Algérie, étant
mono-producteur, a importé de l’UE plus de 5 ,88 milliards de dollars US de combustibles
minéraux, lubrifiants et produits connexes, et près de 4,81 milliards de dollars US d’articles
manufacturés divers.

Mais le plus remarquable, dans ces échanges, reste la facture des produits alimentaires
qui ne cesse pas d’augmenter prouvant que l’économie nationale est incapable de satisfaire les
besoins alimentaire de la population, ce qui met en péril notre sécurité alimentaire,
notamment durant les périodes de baisses des prix du pétrole, ce qui accentue notre
dépendance vis-à-vis de l’extérieur,

Enfin, on peut dire que sans les importations, il y aura un niveau de production très bas
que celui actuel parce que la production locale reste tributaire des importations et le meilleur
exemple à citer est celui du secteur agricole qui compte sur les importations de la semence.

124
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Tableau n° 11 : les groupes de produits importés en Algérie de l’Union Européenne entre 2005-2012 (les montants en millions de
dollars).

Libellé année 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 total
Produit
Produits alimentaires et animaux
vivants 1 338 465 1 496 084 1 967 389 3 040 443 2 488 075 2 472 715 4 248 674 2989 224 17 568 354
Boissons et tabacs
25 383 50 510 67 664 100 086 135 519 200 119 288 542 357 077 1 024 781

Matières brutes non comestibles, sauf


carburants
322 891 453 608 643 770 676 483 695 112 723 425 753 603 748 800 4 294 267

Combustibles minéraux, lubrifiants et


produits connexes
101 451 103 058 182 122 394 211 265 709 645 022 868 792 3 328 323 5 243 666

Huiles, graisses et cires d'origine


animale ou végétale
44 326 20 604 42 885 124 897 163 215 96 171 101 842 356 614 854 383
Produits chimiques et produits
connexes,
1 640 940 1 903 396 2 171 716 2 972 615 2 701 033 2 835 902 3 312 009 3 580 061 18 281 770
Articles manufacturés
1 574 472 2 568 616 3 094 252 5 507 164 4 930 354 5 229 087 5 833 001 5 919 083 29 426 942
Machines et matériel de transport
5 207 686 4 601 755 5 514 531 7 278 443 8 483 319 7 768 119 8 444 473 8 392 440 47 922 647
Articles manufacturés divers
573 682 578 127 670 730 792 444 727 697 669 932 785 970 688 720 4 817 370

Articles et transactions,
486 215 1 812 2 617 497 .. 427 5 589 11 643

Source : la base de données de la CNUCED le 25/05/2015

125
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
2.2. L’effet de la zone de libre échange sur le bien être du consommateur et
sur l’industrie Algérien

La mise en place d’une zone de libre échange implique la suppression des tarifs
douaniers et la libéralisation des échanges entre les pays participant. Ce qui conduit
nécessairement à la baisse des prix sur les marchés nationaux. Cette situation est en faveur
du consommateur parce qu’elle engendre la hausse de la consommation grâce à la hausse du
pouvoir d’achat du fait de la baisse des prix induite par les suppressions des droits de
douanes. Elle lui permet aussi l’accès à une gamme de produits de plus en plus élargie.
Cependant, la libéralisation est, à la fois, une opportunité et une menace pour les producteurs
locaux parce qu’ils doivent adapter leur production et améliorer la compétitivité de leurs
produits en termes de prix et de qualité pour faire face à la concurrence étrangère.

2.2.1. L’impact de l’accord d’association sur le consommateur

L’un des effets positif de la libéralisation commerciale est la baisse des prix sur les
marchés nationaux grâce à la suppression progressive des droits de douanes. Le plus grand
bénéficiaire de cette situation est le consommateur. Pour mesurer les sens de variation des
prix ou bien les tendances inflationnistes de l’économie algérienne et son impact sur le
consommateur algérien, nous avons utilisé les indices des prix à la consommation165 en
retenant l’année 2001 comme date référence.

Tableau n°12 : l’évolution des prix à la consommation en Algérie et la part de l’industrie hors
hydrocarbures dans le PIB en Algérie

L’année 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012

L’indice général * 111.47 114.05 118.24 123.98 131.1 136.23 142.39 155.05

La variation 1.38 2.31 3.67 4.85 5.74 3.91 4.52 8.89

Part de l'industrie
hors hydrocarbures
11.3 10.9 10.1 9.6 9.3 8.7 7.9 -
dans le PIB

Source : à partir des données de l’office national des statistiques

* : l’année de référence 2001 =100

165
C’est un instrument statistique utilisé chaque mois pour mesurer l’évolution du niveau général des prix, c’est-
à-dire l’ensemble des prix des biens et des services consommés par les ménages. CAPUL Jean-Yves, Garnier
olivier. « Dictionnaire d’économie et des sciences sociales ». Edition HATIER, paris 2008.

126
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Figure n°11 : l’évolution du prix à la consommation (2005-2012).
180
160
140
120
100 l'indice général
80 des prix à la
60 consommation
40
20
0
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012

Réalisé par nos soins à partir des sonnée de l’ONS.

Entre l’année 2005, date de l’entrée en vigueur de l’accord d’association et la


suppression totale des droits de douanes pour la première liste des produits, et 2012 date de
l’entrée en vigueur de la deuxième liste de produits touchés par le démantèlement tarifaire, on
remarque que la situation n’a pas changé en Algérie. La hausse des prix a pris une allure
ascendante en passant de 113.9 % en 2005 à 163.5% en 2012, soit une variation totale de
49.6% durant cette période. En 2013, l’indice des prix à la consommation a connu une faible
hausse par rapport à l’année 2012, affichant une variation de 3.3%. L’année suivant, la
variation des indices des prix à la consommation est demeurée toujours faible avec un taux de
2.9%

Ces tendances haussières des prix à la consommation, résultant de l’inflation importée,


c’est-à-dire de la hausse des prix sur les marchés mondiaux notamment de l’UE, et les
fluctuations de l’Euro et du Dollar face au dinar algérien, exercent une pression sur le
pouvoir d’achat du consommateur algérien. La hausse des indices de prix à la consommation
a touché presque tous les produits, qu’ils soient des produits locaux ou d’importations.
L’alimentation et boisson non alcoolisés, importées à hauteur de 18 milliards de dollars US de
l’Union Européenne entre 2005 et 2012, est l’un des groupes de produits les plus touchés par
cette hausse. Ainsi, les produits agricoles frais ont connu une variation de 22% entre 2005 et
2012, les produits alimentaires de plus de 12%. Le deuxième groupe de produit qui a connu
une hausse sensible, c’est les transports et les communications: les véhicules qui sont passés
de 128.92 % en 2005 à 156.3% en 2012. Enfin, l’habillement et les chaussures ont connu
aussi une hausse de 35.7% passant de 109.8% en 2005 à 145.5% en 2012.

127
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
2.2.2. L’impact de l’accord d’association sur l’industrie

La libéralisation commerciale influence directement le secteur industriel algérien,


elle représente à la fois, une opportunité et une menace. D’abord, elle constitue une
opportunité, parce qu’elle permet à ce secteur, qui compte sur les importations pour survivre,
de bénéficier de la réduction des prix des biens importés, notamment les biens d’équipement
et des semi produits et réduisant, par conséquent, les coûts de production. Mais, au même
moment, cette ouverture est une menace étant donné le peu d’entreprises nationales, qu’elles
soient privées ou publiques, peuvent disparaitre si elles ne sont pas compétitives en termes
des prix et de qualité. Le tableau n°12, présente la contribution de l’industrie au PIB algérien,
depuis 2005 jusqu’à 2011. On y remarque que la part de l’industrie dans le PIB se contracte
de manière significative et régulière. Elle n’a enregistré aucune hausse et mais une baisse
continue pour enregistrer une part très réduite, ne dépassant pas les 5% du PIB national166, en
2014. Au bout de 07 ans elle a baissé de moitié et la situation risque de s’aggraver avec
l’entrée en vigueur de la zone de libre échange.

2.3. L’impact de l’accord d’association sur les recettes douanières

Outre l’impact de l’accord d’association à l’échelle micro économique qui se


caractérise par la concurrence des produits industriels étrangers pour les produits locaux et sur
le bien être du consommateur d’une manière générale, un autre impact s’impose au niveau
macro-économique, et touche directement aux dépenses publiques par le fait de la baisse des
recettes douanières, induite par la suppression des barrières tarifaires devant les produits des
pays appartenant à la même zone de libre échange.

L’Algérie étant dans une phase de transition pour l’instauration d’une zone de libre
échange avec l’Union Européenne, n’échappe pas à la baisse des recettes douanières.
D’ailleurs entre 2005 et 2009, soit quatre (04) ans après l’entrée en vigueur de l’accord
d’association, l’Algérie a subi des pertes de 2.5 milliards de dollars US167. Ce manque à
gagner s’accentuer dans l’avenir, notamment avec la libéralisation totale des échanges. Les
projections pour la période 2010-2017 estiment qu’elles vont avoisiner les 8.5 milliards de
dollars168.

166
http://www.maghrebemergent.com/economie/algerie/50502-algerie-l-agriculture-et-le-btph-tirent-la-
croissance-hors-hydrocarbures-vers-le-bas.html 26/08/2015 à 15:18.
167
REBAH Abdelatif. « L’économie Algérienne : le développement contrarié ». Edition INAS, Alger, p 209.
168
Ibid. p 210.

128
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Les pertes algérienne en termes de recettes douanières sur période de quatre ans (04)
ans, sont largement supérieures à la somme des aides européennes versées pendant 18 ans
(1995-2013) dans le cadre du MEDA et des plans indicatifs nationaux (PIN) , qui n’ont pas
dépassé le milliard d’euro, s’il n’y a pas une hausse des flux d’IDE entrants d’ici à l’entrée en
vigueur de la zone de libre échange, pour compenser les pertes qui pourraient être largement
supérieurs aux stocks d’IDE européens en Algérie, le manque à gagner pour l’économie
nationale sera considérable.

2.4. L’accord d’association à l’heure du partenariat avec la chine et les


relations économiques avec les Etats Unis d’Amérique

Les relations économiques et commerciales de l’Algérie s’étendent aux quatre (04)


coins de la planète, mais l’Union Européenne se présente comme le plus important
partenaire de l’Algérie. Elle est, à la fois, son premier fournisseur et son premier client, suivie
de la Chine et des Etats Unis d’Amérique. Les échanges économiques algériens sont
polarisés, environ de 50% des transactions commerciales s’effectuent seulement avec une
seule région du monde. Cette situation rend l’économie algérienne vulnérable aux chocs
extérieurs, d’où la nécessité de la diversification des marchés pour faire face aux éventuelles
crises économiques de cette région, qui pourraient affecter négativement la balance
commerciale de l’Algérie.

Durant la présidence de Clinton, les USA ont pris l’initiative de se rapprocher des pays
maghrébins par le biais d’un partenariat qui a porté le nom de l’initiative d’Eisenstadt. Le
projet n’a pas donné les résultats escomptés, il est tombé à l’eau après la fin du mandat du
président américain. Une autre initiative cette fois, lors de la présidence de J.W.Bush, a
abouti à la signature des accords de partenariat visant l’instauration d’une zone de libre
échange avec des pays de Moyen Orient et l’Afrique du Nord (MENA) à savoir la Jordanie et
le Maroc. L’Algérie, même si elle n’était pas directement concernée par ce partenariat
conduisant à une zone de libre échange, a signé, en 2015, plusieurs accords, notamment dans
le domaine agricole. Ces projets américaines, qui avaient pour objectif de casser le monopole
de l’Union Européenne sur la zone méditerranéenne, « les Etats-Unis cherchent à contrer la
politique européenne et casser son emprise sur les marchés arabes et méditerranéens »169, ont

169
BICHARA Khadir, « l’Europe pour la méditerranée de Barcelone à Barcelone (1995-2008) », Edition
HARMATTAN, Paris, 2009, p 33.

129
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
suscité l’inquiétude des pays de l’Union Européenne, notamment de la France170, parce qu’ils
représentaient une menace pour leurs privilèges et leurs parts de marché dans la méditerranée
notamment du Maghreb.
En plus de relations économiques Algérie- USA, la Chine, un pays émergent,
s’affirme de plus en plus comme un des plus importants partenaires économiques d’Algérie.
Les relations sino-algériennes ne datent pas d’aujourd’hui, mais remontent à l’après
indépendance de l’Algérie. D’ailleurs, la Chine était l’un des premiers pays à reconnaitre
l’indépendance de l’Algérie, mais l’essor des relations économiques ne remonte qu’au début
des années 2000. Le 24 février 2004, les deux pays ont annoncé l’établissement de relations
de coopération stratégique. Pour fêter les dix ans de coopération, le 24 février 2014, les
relations sont promues au niveau d’un partenariat stratégique et global. Les relations
bilatérales se sont accélérées pendant cette période. En 2014, la Chine s’affirme comme un
important partenaire commercial de l’Algérie.

Néanmoins, les échanges avec le géant asiatique sont à sens unique. Les importations
algériennes venant de la Chine ont atteint 08 milliards de dollars US en 2014 faisant du pays
le premier fournisseur de l’Algérie alors qu’en 2005 elle n’était qu’un fournisseur secondaire
de 1.33 milliards de dollars de produits importés en Algérie, soit une hausse de 619% au cours
de cette période. Cette valeur a fait de la Chine le premier fournisseur de l’Algérie en 2014171,
les produits chinois sont de plus en plus présents dans les importations algériennes, comme le
montre la figure n° 12, et représente jusqu’à 15% du total des importations. Mais malgré le
niveau stratégique et global du partenariat sino-algérien, les exportations algériennes vers ce
pays ne décollent pas. En 2014, elles ne dépassent pas les 03 milliards de dollars, soit un
déficit commercial de 5.3 milliards de dollars US.

170
BENANTAR Abdennour, « le Maghreb entre le partenariat Euro-méditerranéen et le partenariat Américano-
Maghrébin »p 87. IN, BOUKELLA, Y. BENABDALLAH, M. FERFERA, M, Y. « la méditerranée occidentale
entre régionalisation et mondialisation ». Cahiers de CREAD, 2000
171
Les pays sont pris individuellement, y compris ceux de l’UE.

130
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Figure n°12 : Les échanges commerciaux de l’Algérie avec la chine

10 000 000

8 000 000 les importations


algeriennes provenant de
6 000 000 la chine

4 000 000
les exportations vers la
2 000 000
chine
0
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014

Réalisé par nos soins à partir de la base des données de la CNUCED

La figure n° 13 montre le rôle grandissant de la Chine comme fournisseur de l’Algérie


au point de devenir un concurrent direct pour les fournisseurs traditionnels du pays qui sont
l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne. Ces 04 pays qui étaient les premiers pourvoyeurs
de l’Algérie de matériel de télécommunication, de quincaillerie, matériel BTP et fournitures
électriques en 2003, ont perdu leur leadership au profit de la Chine dans ces secteurs. Si la
concurrence chinoise est faible en matière de produits pharmaceutiques et fer et acier, tous les
autres groupes de produits européens connaissement un recul en termes de parts des marchés
au profit des produits Chinois.

Figure n°13 : Comparaison entre les principaux fournisseurs de l’Algérien entre 2003 et 2013

Source : http://www.cepii.fr/BLOG/bi/post.asp?IDcommunique=365

Section 3. Les flux des IDE en Algérie

Dès le début des années 80, la quasi-totalité des pays du monde, notamment les pays en
développement, ont compris le rôle des IDE dans le développement économique ; ce qui les
131
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
a poussé à fournir plus d’efforts afin d’assurer une meilleure ouverture à ces capitaux pour
avoir un accès à des sources de financement et, par conséquent, garantir une croissance
durable pour leurs économies. Cette situation a conduit à un véritable essor des flux des
IDE. La réussite d’une ouverture vers les capitaux étrangers reste tributaire de l’attractivité
des territoires qui ne peut se réaliser qu’à présence de certaines conditions comme : la
stabilité politique, la qualité des ressources humaines, un environnement des affaires
favorable,…

L’Algérie qui a souffert pendant plusieurs années de la faiblesse des IDE, notamment
durant les années 90, à cause de la situation sécuritaire du pays, a entrepris une série de
réformes pour capter une partie de ces capitaux étrangers, afin de diversifier son économie
et garantir son insertion dans l’économie mondiale.

3.1. Le cadre général pour les investissements en Algérie

Toute personne physique ou morale désirant investir en Algérie doit passer par un
partenariat avec un investisseur national résidant, qu’il soit privé ou public. La société
nouvellement créée dans le cadre d’un projet d’investissement doit être détenue à hauteur de
51 % par des nationaux résidant et 49% restant par les sociétés étrangères. Les
investissements réalisés sont tenus, comme le stipule l’article 4 bis du code d’investissement,
de présenter une balance de devises excédentaire au profit de l’Algérie tout au long de la
durée de l’investissement. Le code des investissements en Algérie donne le droit de
préemption à l’Etat ainsi qu’aux entreprises publiques en cas de cession de participation
d’actionnaires étrangers, conformément au code de l’enregistrement.

Les investissements peuvent être réalisés selon trois (03) modalités172 :

 La participation dans le capital d’une entreprise sous forme d’apports en numéraires


ou en nature ;
 Les reprises d’activités dans le cadre d’une privatisation partielle ou totale ;
 Les acquisitions d’actifs entrant dans le cadre de création d’activités nouvelles,
d’extension de capacités de production, de réhabilitation ou de restructuration.

172
Article 02 du code d’investissement, Ordonnance n°01-03 du 20 août 2001 (mis à jour de la loi de finances
complémentaire pour 2009)

132
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
3.2. Les mesures incitatives à l’investissement en Algérie

L’Algérie, en dépit de sa faiblesse en matière d’attractivité des investissements


étrangers, présente certains avantages pour les investisseurs étrangers à savoir : l’existence
d’une main d’œuvre bon marché (dix fois moins chère que la France), un faible coût des
intrants énergétiques (gaz, électricité), sa proximité géographique avec l’Union Européenne,
un des plus grand marché au monde et l’émergence du marché national.

En plus des atouts précités, l’Algérie a mis en place une panoplie de mesures incitatives
aux investissements étrangers, qui sont d’ordre fiscales, financières, douanières,… Le code
des investissements a défini deux types de projets, à savoir les acquisitions d’actifs entrant
dans le cadre de création d’activités nouvelles, d’extension de capacités de production, de
réhabilitation ou de restructuration et la participation dans le capital d’une entreprise sous
forme d’apports en numéraires ou en nature, qui peuvent bénéficier d’incitations fiscales,
parafiscales et douanières.

A titre de la réalisation des investissements certains avantages sont accordés à savoir :


exonération des biens non exclus importés de droits de douanes, biens et les services, qu’ils
soient importés ou acquis localement non exclus, bénéficient de franchise de la TVA et
l’exemption de droit de mutation à titre onéreux toutes les acquisitions immobilières
effectuées dans le cadre de ces investissements.

Lors de la phase d’exploitation et après un constat de l’entrée en activité, l’investisseur


qui crée plus de 100 postes d’emploi au début de l’activité bénéficiera, pour un délai de cinq
(05) ans, de certaines exonérations à savoir 173 :

 Exonérations des impôts sur le bénéfice des sociétés (IBS) ;


 Exonérations de la taxe sur l’activité professionnelle (TAP).

L’Algérie a mis en place un régime dérogatoire pour les investissements à destination


de certaines régions bien précises et pour les investissements ayant un intérêt particulier pour
l’économie nationale :

173
Article 9, paragraphe 2, du code d’investissement Ordonnance n°01-03 du 20 août 2001 (mis à jour de la loi
de finances complémentaire pour 2009)

133
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
3.2.1. Le régime des zones à développer

Les investissements à destination des régions du Sud, des Haut-plateaux et des certaines
régions du Nord bénéficient d’un régime particulier lors des phases de réalisation et
d’exploitation.

En plus des avantages généraux accordés aux investissements dans ces deux phases,
d’autres avantages sont accordés, lors de la phase de réalisation, pour les investissements,
dans ces régions174 :

 Application du droit d’enregistrement au taux réduit de deux pour mille (2 ‰) pour


les actes constitutifs de sociétés et les augmentations de capital ;
 Prise en charge partielle ou totale par l’Etat, après évaluation de l’Agence Nationale
de Développement des investissements (ANDI), des dépenses au titre des travaux
d’infrastructures nécessaires à la réalisation de l’investissement ;
Pour la phase d’exploitation, le code des investissements accorde trois (03) avantages
pour les investisseurs dans ces régions spécifiques comme :
 Une exonération d’impôts sur le bénéfice des sociétés et de la taxe sur l’activité
professionnelle pendant 10 ans d’activité effective;
 Exonérations, à compter de la date d’acquisition, de la taxe foncière sur les propriétés
immobilières entrant dans le cadre de l’investissement pour une période de dix ans ;
 Octroi d’avantages supplémentaires de nature à améliorer et/ou à faciliter
l’investissement, tels que le report des déficits et les délais d’amortissement.

3.2.2. Les investissements présentant un intérêt particulier pour l’économie


nationale

Ces investissements sont identifiés selon des critères fixés par voie réglementaire après
l’avis du conseil national des investissements (CNI). Les avantages accordés, pour une durée
de cinq (05) ans, pendant la phase de la réalisation sont175 :
 Exonération des droits d’enregistrement portant sur les mutations des propriétés
immobilières affectées à la production ainsi que la publicité légale dont ils doivent
faire l’objet et sur les actes constitutifs de sociétés et les augmentations de capital ;

174
Article 11, paragraphe 1 de l’ordonnance n°01-03 du 20 août 2001, du code d’investissement (modifié par
l’ordonnance n° 06-08 et la loi n° 2011-16 et la Loi n° 12-12).
175
Ibid., Article 12.

134
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE

 Exonérations de la taxe foncière sur les propriétés immobilières affectées à la


production ;
 Exonérations et/ou franchise des droits, taxes, impositions et autres prélèvements à
caractère fiscal frappant les acquisitions opérées tant par voie d’importation que sur
le marché local, des biens et services nécessaires à la réalisation de l’investissement.

Outre les avantages d’exonération d’IBS et de la TAP, durant la phase d’exploitation,


pour une durée de 10 ans, d’autres avantages sont accordés sur décision du conseil national
d’investissement à savoir :

 Exemptions ou réductions des droits, impôts ou taxes, y compris la taxe sur la valeur
ajoutée grevant les prix des biens produits par l’investissement entrant dans le cadre
des activités industrielles naissantes.
 La prise en charge partielle ou totale par l'Etat, après une évaluation de l’ANDI, des
dépenses au titre des travaux d'infrastructures nécessaires à la réalisation de
l'investissement.

3.3. Les garanties des investissements

La législation algérienne ne fait pas de distinction entre les investisseurs nationaux et


estrangers, qu’ils soient des personnes physiques ou morales. Ils sont traités identiquement et
ont les mêmes droits et les mêmes obligations, et tous les investisseurs étrangers reçoivent le
même traitement sous réserves des conventions signées entre l’Algérie et le pays dont ils sont
ressortissants.

Les investisseurs disposent du droit du transfert des capitaux et des revenus selon les
dispositifs juridiques en la matière. Les avantages qui leur sont accordés, sont garanties en
cas du changement du cadre légal, comme ils bénéficient d’une protection contres les
réquisitions administratives et d’une protection des droits de propriété intellectuelle (marques,
brevets d’invention, appellations d’origine,…).

3.4. Les obstacles de l’investissement en Algérie

En dépit de tous les dispositifs mis en place et de tous les efforts consentis par l’Etat,
l’Algérie figure toujours au bas du classement dans les rapports Doing Business concernant
le climat des affaires. En 2013 l’Algérie était à la 147ème place, en 2014, elle a perdu 06
places pour être classée 153. Parmi les pays du Maghreb, elle dépasse la Lybie et la

135
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Mauritanie, mais elle est loin de la Tunisie classée à la 51ème place et du Maroc à la 71ème
place. Elle est, même, dépassée par certains pays qui sont politiquement instable à savoir le
Mali, elle dépasse par deux places seulement des pays en Etat de guerre comme l’Irak.

Excepté par le raccordement à l’électricité où elle a gagné 03 places l’Algérie a


enregistré un recul dans tous les domaines pris en compte par le champ d’analyse de Doing
Business, le pays est classé 171ème dans l’obtention des prêts, 176ème en termes de paiement
de taxes et d’impôts. Dans certains domaines, L’Algérie dégrade dans le classement, perdant
05 places dans l’octroi de permis de construction et jusqu’à 09 places en terme de protection
des investisseurs minoritaires.

Les mauvais classements sont remis en causes sous prétexte qu’ils ne reflètent pas la
réalité du terrain. Ainsi, lors de la conférence sur le développement économique, tenue à
Algérie entre le 04 et le 06 novembre 2014, certains intervenants soulignent que les rapports
et les classements négligent l’importance des bénéfices réalisés sur le marché algérien176
même s’ils admettent les difficultés que rencontrent les entreprises et les faiblesses des
investissements.

En plus des rapports de la banque mondiale sur le climat des affaires dans le monde,
un rapport de l’Union Européenne intitulé « Programme MEDA II de l’Union Européenne
pour les pays du Sud et Sud Est de la Méditerranée : Evaluation de l’état d’exécution de
l’Accord d’Association Algérie-UE » paru le 03 novembre 2009, considère que la loi sur les
investissements instaurée en 2009, est un net recul dans la politique de libéralisation des
investissements en Algérie. Le rapport énumère les articles de la nouvelle législation
algérienne en matière des IDE qui ne sont pas compatibles avec les articles de l’accord
d’association. A titre d’exemple, l’article 4 bis du code d’investissement algérien (loi de
finance 2009) stipulant que la réalisation des investissements étrangers en partenariat avec les
nationaux résidant à la hauteur de 49/51 et la participation de l’actionnariat national qu’ils
soient des personnes physiques ou morales résidant dans le capital social avec un taux d’au
moins 30% d’un partenariat pour des opération de commerce extérieur. L’alinéa 04 du même
article qui prévoit la soumission de tous les projets d’investissement à un examen préalable du
conseil national d’investissement (CNI). Et enfin, le cinquième alinéa qui oblige que tout
excédent de la balance de devises soit au profit de l’Algérie pour tous les projets de
partenariat. Cet ensemble de dispositifs pris dans la loi de finance complémentaire de 2009

176
http://www.radioalgerie.dz/news/fr/article/20141105/18755.html consultés le 31/05/2015 à 01:10

136
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
est considéré, par le rapport de l’Union Européenne, comme non conforme à l’article 32 de
l’accord d’association relatif à la présence commerciale, à l’article 37 stipulant que les deux
parties évitent d’engager des mesures et des conditions d’établissement qui peuvent
restreindre ou limiter les activités des sociétés des pays partenaires, à l’article de 39 portant
sur la coopération des deux parties à mettre en place des conditions nécessaires pour faciliter
la circulation des capitaux entre les deux parties, et enfin, à l’article 54 portant sur la
promotion et la protection des investissements ainsi que la coopération pour créer un climat
favorable aux IDE.

Même si l’Union Européenne reconnait les efforts fournis par l’Algérie en vue
d’améliorer son climat des investissements, depuis 2000. Ces rapports soulignent que les
mesures prise en 2009, ont introduit une incertitude dans la décision d’investissement des
entreprises européennes en Algérie, particulièrement dans les secteurs clés, ce qui a rendu le
rééquilibrage de la balance commerciale, notamment, en terme des biens d’équipement et des
biens de consommation, difficile.
En plus des obstacles d’ordre institutionnel, d’autres obstacles d’ordre structurel pèsent
sur l’investissement en Algérie à savoir : le financement extérieur est interdit, seulement le
financement local des investissements est autorisé. En parallèle le secteur financier reste sous
développé, ce qui limite l’accès au crédit pour les petites et les moyennes entreprises. Le
rapport du forum économique de Davos, de 2014-2015, a qualifié l’Algérie de pays non
compétitif pour attirer des IDE, d’ailleurs, il l’a classée à la 79ème place. Sur les dix
instruments pris en compte dans cette classification, elle a été classée la 11ème en termes de
macro environnement, mais 139ème concernant l’efficacité du marché de travail, 137ème pour
le développement du marché financier et 136ème pour l’efficacité du marché des biens. Un
autre obstacle, et non des moindres, pèse de tout son poids sur l’investissement ; le rapport
Doing Business, pointe du doigt la lenteur administrative. En Algérie, selon le rapport de
2015, il faut 22 jours et 13 procédures pour enregistrer une entreprise alors qu’il n’en faut que
18.9 jours et 08 procédures dans les pays de MENA. On consacre 451 heures par an pour
préparer, déclarer et payer les impôts, soit le double de ce qu’y consacrent nos voisins (220.4
heures en moyenne). De même, il faut seulement 31.3 jours et 6.1 procédures en moyenne
pour effectuer un transfert de propriété dans les pays de MENA, il faut compter 55 jours pour
et 10 procédures pour le faire en Algérie. Enfin, pour obtenir un permis de construction, il
faut attendre 204 jours et effectuer 07 procédures alors que la même opération est plus rapide
(132.3 jours) et moins contraignante (10 procédures) chez nos voisins.

137
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
3.5. L’évolution des flux des IDE en Algérie

L’Algérie a souffert pendant plusieurs années de la faiblesse des flux des IDE à cause
de la situation sécuritaire. La somme des IDE entrants, entre 1995 et 2000, n’a pas dépassé les
1,7 milliards de dollar. Le stock des IDE n’a pas dépassé 3.37 Milliard USD en 2000. Durant
les deux années qui ont suivi, 2001 et e 2002, les flux des IDE entrant ont connu une nette
augmentation, atteignant 1,10 milliards de dollars US et 1,06 respectivement pour reculer
ensuite en 2003 et 2004. A partir de 2005, les IDE ont repris leur tendance haussière, en
enregistrant 1, 1145 milliard de dollars US avec la concrétisation de 85 projets étrangers.
Cette hausse est soutenue par l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les hydrocarbures.
Cette tendance à la hausse a continué pour enregistrer son plus haut niveau en 2009, des flux
d’IDE que l’Algérie n’a jamais connus, avec un montant de 2,74 milliards de dollars US. Les
stocks d’IDE entrants sont passés de 8,21 milliards de dollars US en 2005 à 19,5 milliards en
2010, soit une hausse de 237,64% pendant 05 ans et sont passé à 25,298 milliards en 2013
soit une hausse de 307,87% par rapport à 2005. La hausse des IDE en 2009 s’explique par les
entrées de capitaux liés à l’augmentation des fonds propres des banques et des établissements
financiers opérant en Algérie. La hausse des IDE a ralenti, en 2010, pour prendre une
tendance baissière à cause de l’entrée en vigueur des amendements du code
d’investissements, et depuis, les IDE diminuent chaque année, sauf en 2011 où ils ont connu
une légère hausse pour enregistrer l’année suivante, leur plus bas niveau, depuis 2006, avec
une valeur de 1,49 milliard de dollars US.

Tableau n°13 : Les stocks et les flux des IDE entrant et sortant de 2005 à 2013 (les
montants sont en millions de dollars USD).
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013

les IDE sortant -20 34 151 318 215 220 534 -41 -268

les IDE entrant 1 145 1 888 1 743 2 632 2 746 2 301 2 581 1 499 1 691

le stock des IDE 8 217 10 104 11 847 14 479 17 226 19 527 22 108 23 607 25 298
entrant

le stock des IDE 574 608 759 1 077 1 292 1 512 2 046 2 005 1 737
sortant

Source : base de données de la CNUCED

138
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Malgré la hausse des flux des investissements étrangers, entre 2005 et 2009, notamment
dans le secteur des hydrocarbures, cela n’a pas un grand impact sur l’économie algérienne à
cause de la sortie des bénéfices générés177 qui ont dépassés largement les IDE entrants. A
titre d’exemple, 4,75 milliards dollars US rapatriés en 2005 alors que les IDE entrants étaient
de 1,14 milliard USD. Le cas d’OTA-Djezzy est édifiant sur ce sujet. L’entreprise égyptienne
a investi au total de 700 millions de dollars US, alors rien que pour la seule année 2009, 580
millions de dollars ont été transférés à titre de rémunération des actionnaires. Cette situation a
poussé l’Algérie à mettre en place une loi obligeant les investissements étrangers, en
partenariat avec des opérateurs économiques nationaux, à présenter une balance de devises
excédentaire au profit de l’Algérie.
Les IDE sortants de l’Algérie restent très faible, le plus important montant est enregistré
en 2011 avec 534 millions de dollars US, et depuis ils présentent un bilan annuel négatif.
Cette situation s’explique par les restrictions et les obligations pour les opérateurs
économiques algériens de disposer d’un agrément préalable de la Banque d’Algérie pour tout
investissement à l’étranger.

3.5.1. La répartition des investissements étrangers en Algérie

Le total des investissements réalisés, comme le montre le tableau n°14, qu’ils soient
étrangers ou nationaux a atteint 2 546,84 milliard DA, entre 2002 et 2012 sur un total de
32 004 projets. Ils ont contribué à créer 299 115 emplois, alors que les investissements
déclarés pour la même période étaient de 40 993 projets pour un montant de 6 319,293
milliards DA, le nombre d’emplois prévu est de 667 776.

177
GOUMEZIANE Smail, article d’El Watan, 19/07/2006.

139
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Tableau n°14 : le total des investissements déclarés en Algérie de 2002 à 2014
Années nombre de % montant en % emplois %
projets millions de DA

2 002 443 1% 67 839 3% 24 092 8%

2 003 1 369 4% 235 944 9% 20 533 7%

2 004 767 2% 200 706 8% 16 446 5%

2 005 777 2% 115 639 5% 17 581 6%

2 006 1 990 6% 319 513 13% 30 463 10%

2 007 4 092 13% 351 165 14% 51 345 17%

2 008 6 375 20% 670 528 26% 51 812 17%

2 009 7 013 22% 229 017 9% 30 425 10%

2 010 3 670 11% 122 521 5% 23 462 8%

2 011 3 628 11% 156 729 6% 24 806 8%

2 012 1 880 6% 77 240 3% 8 150 3%

TOTAL 32 004 100% 2 546 840 100% 299 115 100%

Source : L’agence nationale de développement des investissements

Le secteur privé détient la part du lion avec 31 638 projets pour un montant de 1 378,
385 milliards DA en faisant travailler 264 964 personnes. En deuxième place vient le secteur
public avec 328 projets pour un montant de 777,22 milliards DA en faisant employer 31 024
personnes. Enfin, viennent les investissements mixtes avec un total de 38 projets pour un
montant de 391,235 milliards DA et faisant employer 3 127 personnes.

Tableau n°15 : Les investissements réalisés selon le statut juridique

Situation juridique Nombre de projets Montant en millions Emplois


de DA

PRIVE 31 638 1 378 385 264 964

PUBLIC 328 777 220 31 024

MIXTE 38 391 235 3 127

TOTAL 32 004 2 546 840 299 115

Source : agence nationale de développement des investissements

La valeur globale des investissements en partenariat (avec des étrangers) est de


803,057 milliards DA. Elle représente 32 % du total des investissements. Sur les 32 004
140
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
projets réalisés 410 ont été dans le cadre du partenariat contribuant à la création de 42 959
personnes.

Figure n°14 : la répartition des investissements réalisés selon l’origine

Source : agence nationale de développement des investissements

3.5.2. La répartition des investissements étrangers selon le secteur d’activité

Comme le montre le tableau n° 16, Sur les 410 projets d’investissements étrangers
réalisés en Algérie depuis 2002 jusqu’en 2012, l’industrie a bénéficié de 220 projets avec un
montant de 599 200 millions de DA. Elle emploi 23 450 personnes, et accapare seule de
56% du total des projets. Le secteur des services est en deuxième place avec 97 projets
évalués à 167 118 millions DA et faisant employer 10 363 personnes. En troisième place vient
le secteur du BTPH avec 63 projets pour un montant de 12 082 millions DA et créant 6 698
postes. Le tourisme présente le plus petit nombre de projets (03 projets), mais en terme de
valeur ce secteur se classe en troisième (03) place, totalisant 13 587 millions DA et 1124
postes de travail créés. Enfin, l’agriculture est le secteur le moins servi par les
investissements étrangers, avec 887 millions DA au long de cette période et seulement 82
emplois crées.

141
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Tableau n°16: la répartition des IDE selon les secteurs d’activité
Secteurs d'activité Nombre de % Montant en % emplois %
projets millions da

Industries 220 56% 599 200 74% 23 450 57%

Services 97 23% 167 118 21% 10 363 24%

BTPH 63 15% 12 082 1% 6 698 14%

Transport 16 4% 3 991 0% 505 1%

Agriculture 6 1% 887 1% 82 2%

Sante 5 1% 6 192 0% 737 0%

Tourisme 3 1% 13 587 2% 1 124 1%

Total 410 100% 803 057 100% 42 959 100%

Source : agence nationale de développement des investissements

3.5.3. Les investissements étrangers déclarés en Algérie

De 2002 à 2014, le total des projets d’investissements déclarés en Algérie a avoisiné les
58 888 projets pour une valeur globale de 10 372, 871 milliard DA avec 962 181 emplois
prévus, mais le nombre de projets réalisés en 2012 reste loin du nombre de projets déclarés
(40 993 projets déclarés depuis 2002 jusqu’à 2012 alors que le nombre de projet réalisé, en
2012, était de 32004). Le directeur de l’agence nationale de développement des
investissements (ANDI) a indiqué que malgré les difficultés de l’économie nationale, l’année
2014 était la meilleure année en termes de déclaration des projets d’investissements avec
9904 projets, soit une hausse de 23,94% par rapport à 2013 où le nombre de projet déclarés
était de 7991. Les investissements en partenariat déclarés ont connu, aussi, une nette
augmentation avec 105 projets déclarés d’une valeur totale de 170 milliards DA et 18175
postes d’emploi prévus. Cette hausse, rajoute –t-il, revient aux opportunités que représente
le marché algérien ainsi qu’aux efforts du gouvernement algérien pour encourager les
investissements à travers la mise en place des aides et des facilitations178.

178
http://www.elmoudjahid.com/fr/mobile/detail-article/id/53205 10/06/2015 à 16:32

142
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Tableau n° 17: les investissements déclarés en Algérie (2002-2014)

Nombre de projets Montant des projets en Nombre d’emploi


Millions DA

Le total des
investissements déclarés
en Algérie 55 888 10 372 871 962 181

Les investissements en
partenariat déclarés en
Algérie 564 2 354 099 113 879

Source : à base des données de l’ANDI

Sur les 55888 projets d’investissements déclarés entre 2002 et 2014, 564 projets sont en
partenariat impliquant des nationaux résidant et des étrangers, conformément à la règle de
49/51. La valeur totale des ces investissements est estimée à 2 345, 099 milliard DA,
prévoyant la création de 113 879 postes d’emploi. Plusieurs secteurs sont concernés par ces
investissements. Le secteur qui a enregistré le plus grand nombre de déclaration, de la part des
investissements en partenariat, est le secteur industriel avec 324 projets pour un montant de
1 613, 708 milliards de DA soit 57,45% du total des projets déclaré. Ces investissements
prévoient 63 928 postes d’emplois. Ensuite vient le secteur des services avec 100 projets
estimés à 97, 145 milliards DA, suivi par le secteur du BTPH avec 95 projets d’un montant
total estimé à 59, 713 milliards DA et prévoyant la création de 18 675 postes d’emploi. Les
autres secteurs restant comme : l’agriculture, la santé, le transport, le tourisme et les
télécommunications totalisent 46 projets estimés à 583,533 milliards DA. Le secteur du
tourisme a enregistré uniquement dix (10) déclarations, mais la valeur globale prévue est la
deuxième la plus importante, après celle de l’industrie. Elle est estimée à 462, 619 milliards
DA.

Tableau n° 18: la répartition des projets d’investissement déclarés selon les secteurs
d’activités

Source : Agence nationale de développement d’investissements

143
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
3.5.4. Les IDE selon les zones géographiques

Selon des données de l’ANDI, l’Europe est classée en première position en termes de
projets déclarés avec 316 projets. L’Union Européenne seule contribue avec 238 projets soit
75% du total des projets d’investissement venant d’Europe. La valeur totale des projets de
l’Union Européenne est estimée à 519, 485 milliard DA, en prévoyant la création de 33 175
postes de travail sur une période de 12 ans (2002-2014).

Tableau n° 19: les investissements en partenariat déclarés en Algérie entre 2002-2014

Source : Agence Nationale de Développement des investissements

Si l’UE a présenté le plus grand nombre de projets d’investissements, ce qui est somme
toute logique étant donnée son statut de premier partenaire commercial de l’Algérie, les pays
arabes sont les pays le premier investisseur étranger en termes de valeur. Ainsi, ces pays avec
1243 milliards DA de montants déclarés pour 170 projets, se placent loin devant l’UE avec un
montant de 519.485 milliards DA. Et même en termes de projection d’emploi, les pays arabes
devancent l’UE et prévoient de créer 35060 postes contre 33175 de l’UE. Les pays de l’Asie
(moins les pays arabes) sont en troisième position, ils prévoient la création de 7230 postes
dans 53 projets d’un montant de 219 milliard DA.

144
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE

Conclusion
Dix ans après l’entrée en vigueur de l’accord d’association, le bilan reste décevant pour
l’économie algérienne. Censé assurer, grâce à l’assistance technique et financière, la transition
de l’Algérie vers l’économie de marché et réussir son insertion à la future zone de libre
échange méditerranéenne, son impact est quasi inexistant. Et pour cause, comme elles
l’étaient en 2005, les exportations algériennes demeurent toujours dominées par les
hydrocarbures. L’économie nationale n’a pas connu la diversité que laissait promettre cet
accord. La part des produits hors hydrocarbures reste marginale et n’a pas dépassé les 04 % en
2014.

Si les exportations algériennes restent tributaires des hydrocarbures, les importations


ont explosé en termes de coûts et de volume. L’accord d’association a amené une
intensification des échanges avec l’UE du fait de la suppression graduelle des barrières
tarifaires. De 36.5 milliards de dollar US en 2005, elles sont passées à 70 milliards de dollars
en 2014. Ceci s’explique par la faiblesse de l’offre locale qui ne peut satisfaire une demande
croissante rendant l’économie nationale dépendante de l’extérieure. Cette situation profite
grandement à la puissante UE qui polarise la moitié des échanges commerciaux du pays et,
par conséquent, le rend vulnérable en cas de crise à cette région du monde.

Les effets d’une zone de libre échange tels qu’ils ont été évoqués par les différentes
théories de l’intégration économique vont conduire, d’une part à une amélioration du bien
être du consommateur, stimuler les investissements et améliorer la compétitivité des
entreprises du fait de la concurrence, et d’autre part, affecter le budget de l’Etat du fait de la
baisse des recettes douanières, et la disparition des entreprises non compétitives. En Algérie
les effets sont déjà constatés ; la part de l’industrie dans le PIB est marginale, pas plus de 4%
en 2014. La suppression des droits de douanes sur une partie des importations, notamment des
biens d’équipement devait conduire à la baisse des coûts de production, mais ce n’est pas le
cas en Algérie car les indices de prix à la production industrielle ont connu cette décennie
une tendance inverse. L’impact sur le consommateur est presque insignifiant vu les tendances
inflationnistes de l’économie qui ont dépassé parfois les 09%. Enfin les recettes fiscales
provenant des droits de douanes ont baissé de 2,5 milliard US entre 2005 et 2009 avec des
projections d’un manque à gagner de 8 milliards de dollars US en 2017, et ces pertes vont
s’accentuer avec la libéralisation totale des échanges.

145
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
L’impacte des flux des IDE, censés de compenser le manque à gagner en matières des
recettes douanières reste flou du fait de l’absence des statistiques pour en mesurer l’effet.
Mais il est indéniable qu’ils n’ont pas atteint les prévisions, selon les investissements
déclarés par l’ANDI, ils n’ont pas dépassé 520 milliards de dinar pendant 10 ans. L’UE
dégage la responsabilité et pointe du doigt la législation algérienne qui entrave la
libéralisation des IDE comme en témoignent les différents rapports internationaux sur le
climat des affaires et des investissements.

146
Conclusion générale
Conclusion générale

Conclusion générale
Le contexte mondial est marqué par une tendance qui s’affirme de plus en plus comme
inévitable. La mondialisation de l’économie ne relève plus de choix des nations mais
s’impose d’elle-même. Ainsi, les regroupements économiques régionaux se sont généralisés,
surtout à partir des années 1980, avec la multiplication des accords internationaux de tous
genres. Les frontières des Etats s’effaçaient de plus en plus pour laisser place à la formation
de grands ensembles régionaux désarmés de tout obstacle devant les flux des marchandises,
des capitaux et des services mais un peu moins pour la circulation des personnes.

En ce sens, l’UE est le regroupement économique le plus abouti et ne serait, selon


B. Balassa qu’à un seul pas de l’intégration politique. Plus grand ensemble économique
régional du monde, l’Union-continent (28 pays membres en 2013) a toujours été soucieuse
de ses relations avec sa périphérie, cherchant à chaque fois à en relever le niveau. Dans cette
optique, dans le but de remplacer ou de consolider les anciens accords nationaux de ses Etats
membres avec leurs voisins. Elle a proposé à ces derniers plusieurs cadres d’accord. D’abord
de simples associations dominées par leur aspect commercial, puis des accords de
coopérations dans le cadre de la Politique Méditerranéenne Globale (PMG), intégrant
plusieurs aspects comme les échanges économiques et financiers, les droits des ressortissants
notamment maghrébins en Europe, suivi ensuite par le partenariat euro-méditerranéen qui
dépasse le cadre d’une simple coopération en prenant en considération le volet politique,
économique et socioculturel en y incluant les différents acteurs économiques privés et la
société civile. Enfin, avant que la conférence de Barcelone fête ses des dix ans, la politique
européenne de voisinage (PEV) a vu le jour proposant des avantages aux partenaires sous
certaines conditions et sur le principe de la différenciation.

En trente ans, entre 1976 et 2006, l’UE a proposé pas moins de 04 projets pour
encadrer ses relations avec ses voisins, du Sud notamment. Ces projets restent spécifiquement
européens, élaborés par l’UE et pour l’UE en fonction des besoins de ses pays membres. Les
pays voisins ne font que participer à des projets où leurs aspirations au développement ne
sont que secondaires. En nouant des liens solides avec ses partenaires, l’Europe ne cherche
rien d’autre que qu’à préserver ses intérêts : D’abord, ces liens permettent de s’assurer de la
disponibilité des matières premières d’une part, et, d’autre part des débouchés pour ses
produits. Ces différentes politiques permettent de garantir une zone de stabilité aux frontières
de l’UE et limiter les menaces que peut présenter tout foyer de tension aux frontières : flux

147
Conclusion générale
migratoires, trafic d’armes, et, donc risque de sécurité. Enfin, derrière toutes ces politiques
d’apparence économique, il y a toujours des considérations sécuritaires. L’Europe considère
les pays voisins, à l’instar de l’Algérie, comme des partenaires stratégiques dans la lutte
contre le terrorisme.

Les relations de l’Algérie avec l’Union Européenne étaient toujours encadrées par les
différentes politiques mises en place. Elles s’inscrivent dans le cadre des relations nord-sud
qui se sont émergées avec la fin de mouvements de colonisations. Au départ, ces relations ont
été fondées sur le principe du non réciprocité, c’est-à-dire les pays de l’Europe
communautaire accordent des privilèges pour les produits algériens et cette dernière tient à
appliquer la clause de la nation la plus favorisée. Depuis l’élargissement du système
préférentiel (système préférentiel généralisé) initié par la CNUCED, en 1973, pour tous les
pays, les relations sont fondées sur le principe de la réciprocité autrement dit ; le privilège
accordé à l’Algérie doit être élargi à tous les autres pays avec lesquels l’Union Européenne
entretient des relations économiques.

Contrairement à ses voisins, l’Algérie a mis du temps pour signer un accord


d’association avec l’UE. Cet accord, régissant les relations économiques entre les deux
parties, a été signé en 2002 et mis en œuvre en 2005, s’inscrit dans le cadre du partenariat
euro-méditerranéen, venant pour donner plus de consistance et de force aux liens qu’entretient
l’UE avec l’Algérie. Il prévoit la création d’une zone de libre échange 12 ans après l’entrée en
vigueur de l’accord et de transformer le pourtour méditerranéen en zone de prospérité et de
stabilité.

Afin d’accompagner l’Algérie dans sa transition économique vers plus d’ouverture


commerciale, l’UE a mis en place, au fil des ans, plusieurs programmes de financement,
censés d’aider le pays à diversifier son économie et faire face aux retombées de la
libéralisation des échanges. Mais outre leur lenteur, due aux conditionnalités et exigences
européennes et à la mauvaise hiérarchisation des besoins de l’Algérie, ces financements, dont
la valeur globale n’a pas dépassé 1 milliard de dollars US en près de 20 ans, restent en deçà
des attentes et des besoins de l’économie nationale. L’Algérie, détenant une importante
masse financière, a d’ailleurs montré peu d’intérêt à ces financements.

La hausse des prix du pétrole au début des années 2000, a permis à l’Algérie
d’engranger d’importantes ressources financières, et par conséquent, adopter des politiques
budgétaires expansionnistes, ce qui a conduit à l’augmentation de volume de ses échanges

148
Conclusion générale
avec l’extérieur. L’ensemble des ventes de l’Algérie est dominé par les hydrocarbures, ce qui
reflète la nature de cette économie qui compte sur les prix du pétrole pour faire face à ses
besoins de financement. La part du secteur hors hydrocarbure, notamment industriel, reste très
marginale dans le commerce extérieur, avec une faible contribution à la création de la valeur
ajoutée. D’ailleurs entre 2005 et 2014, les exportations hors hydrocarbure n’ont pas dépassé
les 3 % du total des exportations, avec un record enregistré en 2014 avec seulement 4 % du
total des exportations. De cela, on peut dire que le premier obstacle à libéralisation des
échanges n’est pas lié à des facteurs externes mais réside dans la nature de l’économie
algérienne qui reste très dépendante des hydrocarbures.

Malgré le renforcement des échanges commerciaux de l’Algérie avec l’UE, qui sont
passés du simple au double en l’espace de 07 ans, entre 2005 et 2012, l’Algérie reste mono
exportatrice, c’est-à-dire dans la même situation qu’auparavant. La diversification de
l’économie nationale n’a pas eu lieu malgré l’explosion de la demande locale. Demande qui
profite grandement à l’Union Européenne du fait du démantèlement des barrières tarifaires.
Le risque d’asphyxie de l’économie algérienne est d’autant plus grand sachant que ce
démantèlement n’est qu’un prélude pour la création d’une zone de libre échange prévu pour
2017. L’intérêt de la conclusion d’un accord d’association, pour la partie algérienne est loin
d’être évident. Autrement dit, quel est l’intérêt d’un accord d’association portant sur la
libéralisation des échanges, notamment industriels, pour un pays qui n’exporte que des
hydrocarbures ?

Ainsi, les relations économiques basées sur le principe gagnant-gagnant ne sont que du
domaine de la rhétorique. La réalité du terrain montre tout à fait autre chose. Si l’Europe s’en
sort gagnant effectivement, l’Algérie reste engluée dans sa dépendance aux hydrocarbures.
Pire, le pays perd chaque année des milliards de dollars en recettes douanières. Ces pertes
deviendront encore plus conséquentes avec l’entrée en vigueur de la zone de libre échange.
Quant aux baisses des prix inévitable, théoriquement, par la suppression des taxes douanières,
elles sont marginales et, souvent inexistantes. Ni le citoyen n’a bénéficié de la baisse des prix
des produits, ni les entreprises n’ont pu voir les coûts de production baisser.

Même si l’accord d’association constitue une avancée importante des relations de


l’Algérie avec l’UE, il n’est qu’une étape dans un processus visant à la création d’une zone
de libre échange. Cette intégration par le marché ne concerne pas théoriquement, la
libéralisation des flux des IDE, qui n’intervient qu’à partir de la deuxième phase de processus

149
Conclusion générale
de l’intégration économique, c’est-à-dire de l’union douanière. Pourtant, l’accord
d’association, à travers les articles 39 et 54 notamment, a mis un cadre portant sur la
libéralisation, la protection et la promotion des investissements, dans l’objectif d’aider
l’Algérie à réussir la libéralisation commerciale avec l’UE et à faire face à ses retombées.

Mais le pays souffre de son manque d’attractivité. Occupant des places peu reluisantes
dans les rapports internationaux sur le climat des affaires malgré les opportunités que présente
son marché, l’Algérie a du mal à drainer les IDE pour des raisons d’ordre institutionnelles et
structurelles. La part des IDE de l’UE reste très faible en dépit du renforcement des échanges.
Conséquent à cela, l’UE se trouve concurrencée, et même devancée dans ce domaine, par les
investisseurs asiatiques, notamment arabes. Même si ces derniers présentent moins de projets
que l’UE, leurs investissements sont supérieurs en terme de valeurs et d’empois créés.

Les flux des IDE entrant en Algérie en général, et les IDE de l’Union Européens
spécifiquement, n’ont pas conduit à créer une dynamique économique permettant de
diversifier l’économie nationale. Autrement dit, les flux des IDE entrants n’ont pas conduit
l’Algérie à une spécialisation dans des secteurs où elle a des avantages comparatifs et, par
conséquent, elle reste en dehors de la chaine de valeur internationale. Cela est visible dans la
structure de ses exportations totales qui sont toujours dominées par les hydrocarbures. Enfin
les flux des IDE contribuent faiblement à la croissance économique soutenue principalement
par les dépenses budgétaires de l’Etat, comme présentent une faible contribution à la
création d’emplois.

La hausse de la valeur des échanges de l’Algérie avec l’UE (70 milliards de dollars US
en 2014), la faiblesse des flux des IDE européens en Algérie, conjuguées à l’impact peu
signifiant du démantèlement tarifaire sur le citoyen et sur l’économie nationale notamment,
l’industrie, nous permettent de confirmer notre hypothèse première : les relations
économiques de l’Algérie avec l’Union Européenne sont dominées par leur aspect
commercial et l’accord d’association n’a fait que renforcer cet aspect.

Ceci, dit, et en l’absence de bilan officiel après dix ans d’application de l’accord
d’association, il s’avère nécessaire de repenser le principe de gagnant-gagnant de façon à
permettre à l’Algérie de l’être vraiment. Autrement dit, pour que le principe gagnant-gagnant
soit effectif, il faut que les bénéfices de l’Algérie soient supérieurs à ses pertes.

150
Conclusion générale
Après dix ans de coopération et de partenariat dans le cadre de l’accord d’association,
des voix qui s’élèvent pour le renégocier et réviser les relations économiques avec l’Union
Européenne. Cette position intervient au moment où les prix du pétrole sont faibles sur le
marché mondial, ce qui fragilise la position algérienne dans d’éventuelles négociations.
L’Union Européenne ne peut accorder de concessions sans qu’il y ait des contreparties du
coté algérien. Face à cette problématique, des décisions politiques et économiques sont
souhaitées pour encourager les opérateurs économiques privés nationaux à investir dans des
secteurs créateurs de valeur ajoutée. la nécessité s’impose d’avoir un produit algérien capable
de concurrencer, en termes de prix et de qualité, sur le marché européens, non seulement les
produits Européens, mais aussi pour les produits asiatiques, et cela pour différentes raisons :
négocier en position de force toute modification de l’accord dans l’avenir, pouvoir bénéficier
des effets positifs d’un accord concernant la libéralisation industrielle ( l’Algérie a négocié un
accord pourtant sur la libéralisation des produits industriels alors qu’elle exporte uniquement
des hydrocarbures), et éviter des scénarios comme ceux des pays voisins qui ont vu leurs
parts de marché, en dépit des avantages qui leurs sont accordés, se contracter au profits des
pays asiatiques, notamment de la Chine.

Les obstacles auxquels les relations économiques de l’Algérie avec l’Union


Européenne se heurtent, sont liés d’abords aux difficultés structurelles de l’économie
algérienne qui reste très dépendante des hydrocarbures et, aussi, aux obstacles de l’accord
d’association, notamment, les règles d’origines , protectionnistes pour le marché européen,
avec la mise en place de plusieurs conditionnalités, sans prendre en considération, la faiblesse
du système productif algérien qui repose sur les importations européennes et non
européennes pour produire.

Quant à la deuxième hypothèse, les pertes de l’Algérie dépassent ce qu’elle a gagné


depuis l’entrée en vigueur de l’accord d’association. En dépit des objectifs fixés en faveur de
l’économie Algérienne, les résultats semblent mitigés, car les moyens financiers mis en place
sont très faibles ; Les exigences des règles d’origines sont contraignantes pour les produits
algériens, et la coopération technique prévue dans le cadre de l’accord n’a pas conduit à
améliorer la compétitivité des entreprises algériennes. De ce fait on infirme notre deuxième
hypothèse qui énonce que le partenariat économique, entre l’Algérie et l’Union Européenne,
qui véhicule le principe du gagnant-gagnant a mis l’intérêt de l’Algérie en avant en déployant
tous les moyens nécessaires pour que cette dernière puisse diversifier son économie.

151
Conclusion générale
Pour finir, l’accord d’association, en renforçant les échanges avec l’UE, accentue la
dépendance de l’Algérie de l’extérieur et fragilise son économie en la rendant vulnérable en
cas de crise sur le vieux continent. En cas de choc, l’impact sera d’envergure sur l’économie
nationale, d’où la nécessité de diversifier les fournisseurs et les clients. Ainsi, l’avènement de
la Chine sur le marché local peut constituer une opportunité et un levier de pression sur
l’UE.

152
BIBLIOGRPAHIE
Bibliographie
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Ouvrages

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157
Annexes
Annexe n°1 : les principaux secteurs touchés par les 04 protocoles financiers

158
Annexe n°2 : le budget indicatif pour les programmes prioritaires (en millions d’euros)

159
Liste des
illustrations
Listes des annexes
Annexe n°1 : les principaux secteurs touchés par les 04 protocoles financiers ................................. 158
Annexe n°2 : le budget indicatif pour les programmes prioritaires (en millions d’euros)................. 159

Liste des figures


Figure n°1 : illustration de la création du commerce dans une union douanière ................................. 36
Figure n° 2 : illustration de la déviation du commerce dans une union douanière ............................. 37
Figure n°3 : L’évolution du commerce extérieur de l’Algérie 2005-2014 ....................................... 115
Figure n° 4 : Part des exportations hors hydrocarbures dans le commerce extérieur de l’Algérie. .. 116
Figure n°5 : les exportations totales de l’Algérie entre 2005 et 2014 ............................................... 117
Figure n°6 : les importations totales de l’Algérie entre 2005 et 2014 .............................................. 119
Figure n°7 : les échanges commerciaux de l’Algérie avec l’UE 2005-2014..................................... 121
Figure n°8 : la part des exportations algériennes vers l’UE dans le commerce extérieur .................. 121
Figure n°9 : les exportations algériennes vers l'Union Européenne (2005-2012) ............................ 122
Figure n°10 : les importations algériennes provenant de l'Union Européenne (2005-2012) .............. 123
Figure n°11 : l’évolution du prix à la consommation (2005-2012). ................................................. 127
Figure n°12 : Les échanges commerciaux de l’Algérie avec la chine .............................................. 131
Figure n°13 : Comparaison entre les principaux fournisseurs de l’Algérien entre 2003 et 2013 ....... 131
Figure n°14 : la répartition des investissements réalisés selon l’origine .......................................... 141

160
Liste des tableaux
Tableau n° 1 : le processus de l’intégration économique régionale selon BELA Balassa ................... 22
Tableau n° 2 : Illustration de la création et de la déviation du commerce selon Viner ....................... 34
Tableau n° 3 : les financements dans le cadre de MEDA I et II pour les trois pays du Maghreb ........ 87
Tableau n° 4 : Comparaison de l’IEVP entre les 03 pays du Maghreb .............................................. 92
Tableau n°5 : les lignes tarifaires de liste 1 concernées par la révision de calendrier du démentèlement
tarifaire. .......................................................................................................................................... 104
Tableau n°6 : les lignes tarifaires de liste 1 concernées par la révision de calendrier du démentèlement
tarifaire. .......................................................................................................................................... 105
Tableau n°7 : les lignes tarifaires du niveau 1 de liste 2 concernées par la révision de calendrier du
démentèlement tarifaire. .................................................................................................................. 105
Tableau n°8 : les lignes tarifaires de liste 2 concernées par la révision de clandrier du démentèlement
tarifaire. .......................................................................................................................................... 106
Tableau n° 9 : l’évolution du commerce extérieur de l’Algérie 2004-2014 (Les montants sont en
millions de dollars US) ................................................................................................................... 114
Tableau n°10 : les échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Union Européenne (les valeurs sont en
millions de dollar US) ..................................................................................................................... 120
Tableau n° 11 : les groupes de produits importés en Algérie de l’Union Européenne entre 2005-2012
(les montants en millions de dollars). .............................................................................................. 125
Tableau n°12 : l’évolution des prix à la consommation en Algérie et la part de l’industrie hors
hydrocarbures dans le PIB en Algérie.............................................................................................. 126
Tableau n°13 : Les stocks et les flux des IDE entrant et sortant de 2005 à 2013 (les montants sont en
millions de dollars USD). ............................................................................................................... 138
Tableau n°14 : le total des investissements déclarés en Algérie de 2002 à 2014 .............................. 140
Tableau n°15 : Les investissements réalisés selon le statut juridique ............................................... 140
Tableau n°16: la répartition des IDE selon les secteurs d’activité .................................................. 142
Tableau n° 17: les investissements déclarés en Algérie (2002-2014)............................................... 143
Tableau n° 18: la répartition des projets d’investissement déclarés selon les secteurs d’activités ..... 143
Tableau n° 19: les investissements en partenariat déclarés en Algérie entre 2002-2014 ................... 144

161
Table des matières
Tables des matières
Remerciements ..................................................................................................................................1
Liste des abréviations..................................................................................................................... III
Sommaire ....................................................................................................................................... IV
Introduction générale .......................................................................................................................5
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration économique régionale ..................... 13
Introduction .................................................................................................................................... 13
Section 1. Généralités sur l’intégration économique régionale ....................................... 15
1.1. Les différents types d’accords régionaux ........................................................................ 15
1.1.1. Les accords économiques et commerciaux nord/sud (accords d’association) ........... 15
1.1.1.1. Les associations et les forums de coopération économique.................................. 15
1.1.1.2. Les accords préférentiels non réciproques ........................................................... 15
1.1.1.3. Les accords de libre échange .............................................................................. 16
1.1.1.4. Les accords de partenariat économique ............................................................... 16
1.1.2. Les accords monétaires nord/sud ............................................................................ 16
1.1.3. Les accords commerciaux sud/sud .......................................................................... 17
1.1.4. Les accords politiques et institutionnels .................................................................. 17
1.2. Les facteurs déterminant de l’intégration économique .................................................... 18
1.3. Les mécanismes de l’intégration économique régionale.................................................. 19
1.3.1. Le processus de l’intégration selon BELA Balassa ................................................. 20
1.3.1.1. La zone de libre échange (ZLE) .......................................................................... 20
1.3.1.2. L’union douanière .............................................................................................. 20
1.3.1.3. Le marché commun ............................................................................................ 21
1.3.1.4. L’union économique .......................................................................................... 21
1.3.1.5. L’union politique ............................................................................................... 21
1.3.2. La nature de l’intégration économique régionale..................................................... 24
Section 2. Les différents types d’intégration économique régionale ............................... 26
2.1. La conception libérale : l’intégration par le marché ........................................................ 26
2.2. La conception volontariste ............................................................................................. 28
2.3. L’intégration politique ................................................................................................... 29
2.4. La dimension territoriale de l’intégration........................................................................ 29
2.5. L’intégration institutionnelle .......................................................................................... 31
Section 3. La théorie des unions douanières..................................................................... 32
3.1. Les effets statiques des unions douanières ...................................................................... 32
3.1.1. Le raisonnement de Viner ...................................................................................... 33
3.1.1.1. Les effets des unions douanières sur les bien être................................................ 35

162
3.1.2. Le raisonnement de Meade ..................................................................................... 38
3.1.3. Raisonnement de Lipsey ........................................................................................ 39
3.1.4. Le raisonnement de Gehrels ................................................................................... 40
3.2. Les effets dynamiques des unions douanières ................................................................. 41
3.2.1. La concurrence....................................................................................................... 41
3.2.2. Les économies d’échelles ....................................................................................... 42
3.2.3. Les termes de l’échange ......................................................................................... 42
3.2.4. La stimulation des investissements ......................................................................... 43
Conclusion ....................................................................................................................................... 44
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie ................................................................... 46
Introduction .................................................................................................................................... 46
Section 1. Un rappel historique des relations algériennes avec l’Europe communautaire
........................................................................................................... 48
1.1. L’Algérie et les premiers accords d’associations ............................................................ 48
1.2. L’Algérie dans l’approche méditerranéenne globale ....................................................... 50
1.2.1. Le contenu du premier accord de coopération ......................................................... 51
1.2.2. Les protocoles financiers ........................................................................................ 52
1.2.3. La coopération : bilan insatisfaisant ........................................................................ 53
1.3. L’avènement de la politique méditerranéenne rénovée (PMR) ........................................ 53
1.3.1. L’adoption de la politique méditerranéenne rénovée ............................................... 54
1.3.2. Les apports de la politique méditerranéenne rénovée .............................................. 54
1.4. De la coopération au partenariat ..................................................................................... 55
1.4.1. Le contexte général du partenariat .......................................................................... 56
1.4.2. Le projet du partenariat et la crise Algérienne ......................................................... 56
1.4.3. Le partenariat : la nouvelle politique euro-méditerranéenne .................................... 57
1.4.4. La conférence de Barcelone ................................................................................... 58
Section 2. L’accord d’association UE-Algérie .................................................................. 59
2.1. Les objectifs de l’accord d’association ........................................................................... 59
2.2. La gestion de l’accord d’association ............................................................................... 59
2.2.1. Le conseil d’association ......................................................................................... 60
2.2.2. Le comité d’association .......................................................................................... 60
2.3. Le contenu de l’accord d’association .............................................................................. 60
2.3.1. La coopération et le dialogue politique ................................................................... 60
2.3.1.1. Le dialogue politique.......................................................................................... 61
2.3.1.2. La coopération dans le domaine juridique et des affaires intérieures.................... 61
2.3.2. La coopération économique.................................................................................... 62

163
2.3.2.1. La circulation des marchandises ......................................................................... 62
2.3.2.2. Le commerce des services et la présence commerciale ........................................ 64
2.3.2.3. Dispositions communes ...................................................................................... 64
2.3.2.4. La libre circulation des capitaux ......................................................................... 67
2.3.2.5. La coopération financière ................................................................................... 69
2.3.3. La coopération sociale et culturelle......................................................................... 69
2.3.3.1. Dispositions relatives aux travailleurs ................................................................. 69
2.3.3.2. Coopération en matière sociale ........................................................................... 70
2.3.3.3. La coopération en matière culturelle et d’éducation ............................................ 71
Section 3. La politique européenne de voisinage .............................................................. 71
3.1. Lancement de la politique européenne de voisinage (PEV) ............................................. 72
3.2. Les objectifs de la PEV .................................................................................................. 72
3.3. L’apport de la PEV ........................................................................................................ 73
3.4. La mise en œuvre des plans d’actions ............................................................................. 75
3.5. Le financement de la PEV.............................................................................................. 75
3.6. L’Algérie dans le cadre de politique européenne de voisinage ....................................... 75
Conclusion ....................................................................................................................................... 77
Introduction .................................................................................................................................... 79
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association ...................................................... 79
Section 1. Les programmes du financement dans la cadre de l’accord d’association .... 80
1.1. Les programmes de financement MEDA I et MEDA II .................................................. 80
1.1.1. Le premier instrument financier MEDA I ............................................................... 81
1.1.2. Le deuxième instrument financier MEDA II ........................................................... 82
1.1.3. Comparaison du programme MEDA I et II entre les trois pays maghrébins ............. 86
1.2. L’Instrument Européen de Voisinage et du Partenariat (IEVP) ....................................... 88
1.2.1. L’instrument européen de voisinage et du partenariat 2007-2010 ............................ 88
1.2.2. Instrument européen du partenariat et de voisinage 2011-2013 ............................... 90
1.2.3. Comparaison du programme IEVP entre les trois pays maghrébins ......................... 91
1.3. La Facilité Euro-méditerranéenne d’Investissement et du Partenariat (FEMIP) ............... 93
1.3.1. Les produits de la FEMIP ....................................................................................... 93
1.3.1.1. Prêts directs à long terme ................................................................................... 93
1.3.1.2. La ligne de crédit ............................................................................................... 94
1.3.1.3. Le capital investissement .................................................................................... 94
1.3.2. Financement de la BEI en Algérie .......................................................................... 95
Section 2. Programme d’appui à la mise en œuvre de l’accord d’association (P3A) ...... 95
2.1. Les jumelages institutionnels ......................................................................................... 96

164
2.2. Instrument Européen d’Assistance Technique et d’Echange d’Informations (TAIEX) .. 100
2.3. L’outil d’appui à l’amélioration de la gestion de la gouvernance (SIGMA) .................. 101
Section 3. Le démantèlement tarifaire et les règles d’origines...................................... 102
3.1. Les produits industriels ................................................................................................ 103
3.1.1. La deuxième liste de produits industriels ............................................................. 103
3.1.2. La troisième liste de produits industriels ............................................................... 105
3.2. Les produits agricoles .................................................................................................. 106
3.3. Les règles d’origines .................................................................................................... 106
3.3.1. Les critères relatifs aux marchandises entièrement obtenues ................................. 107
3.3.2. Transformation substantielle ................................................................................ 107
3.3.2.1. La méthode Changement de classification tarifaire ........................................... 107
3.3.2.2. Les critères de la valeur ajoutée (pourcentage ad-valorem) ............................... 107
3.3.2.3. Critères relatifs aux opérations de fabrication et de transformation.................... 108
3.4. Les règles d’origines dans le cadre de l’accord d’association ........................................ 108
3.4.1. Les produits entièrement obtenus ......................................................................... 108
3.5. L’ouvraison et la transformation .................................................................................. 109
Conclusion ..................................................................................................................................... 111
Introduction .................................................................................................................................. 113
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE ........................................................... 113
Section 1. La structure du commerce extérieur de l’Algérie ......................................... 114
1.1. Les exportations........................................................................................................... 115
1.2. Les importations .......................................................................................................... 118
Section 2. Le commerce extérieur de l’Algérie avec l’Union Européenne ................... 119
2.1. Les échanges commerciaux Algérie-Union Européenne. .............................................. 120
2.1.1. Les exportations de l’Algérie vers l’UE ................................................................ 120
2.1.2. Les importations algériennes de l’Union Européenne............................................ 122
2.2. L’effet de la zone de libre échange sur le bien être du consommateur et sur l’industrie
Algérien .................................................................................................................................. 126
2.2.1. L’impact de l’accord d’association sur le consommateur ...................................... 126
2.2.2. L’impact de l’accord d’association sur l’industrie ................................................. 128
2.3. L’impact de l’accord d’association sur les recettes douanières ...................................... 128
2.4. L’accord d’association à l’heure du partenariat avec la chine et les relations économiques
avec les Etats Unis d’Amérique ............................................................................................... 129
Section 3. Les flux des IDE en Algérie ............................................................................ 131
3.1. Le cadre général pour les investissements en Algérie ................................................... 132
3.2. Les mesures incitatives à l’investissement en Algérie ................................................... 133

165
3.2.1. Le régime des zones à développer ........................................................................ 134
3.2.2. Les investissements présentant un intérêt particulier pour l’économie nationale .... 134
3.3. Les garanties des investissements ................................................................................. 135
3.4. Les obstacles de l’investissement en Algérie ................................................................ 135
3.5. L’évolution des flux des IDE en Algérie ...................................................................... 138
3.5.1. La répartition des investissements étrangers en Algérie ........................................ 139
3.5.2. La répartition des investissements étrangers selon le secteur d’activité.................. 141
3.5.3. Les investissements étrangers déclarés en Algérie ................................................ 142
3.5.4. Les IDE selon les zones géographiques ................................................................ 144
Conclusion ..................................................................................................................................... 145
Conclusion générale ...................................................................................................................... 147
Bibliographie ................................................................................................................................. 153
Listes des annexes ......................................................................................................................... 160
Liste des figures ............................................................................................................................ 160
Liste des tableaux .......................................................................................................................... 161
Tables des matières ....................................................................................................................... 162

166
Résumé :
L’intégration économique régionale a, de tout temps, suscité l’intérêt d’un nombre
d’économistes. A cet effet, elle a fait l’objet de plusieurs études et donné naissance à de
multiples conceptions. Le processus de cette intégration a connu accélération notable à la
deuxième moitié du 20ème siècle, notamment à partir des années 80 où on assiste à une
prolifération des accords véhiculant le principe de libre échange entre des pays à des écarts de
développement différents.

Au lendemain de son indépendance, l’Algérie a établi des relations économiques avec


l’Union Européenne (Ex CEE). Au départ, elle a bénéficié d’un statut particulier pour
presque une décennie, mais depuis 1976, date de la signature du premier accord de
coopération, toutes les relations économiques entre l’Algérie et l’Union européenne sont
encadrées par les différentes politiques mis en place.

Les relations économiques de l’Algérie avec l’Union sont consolidées avec la signature
des accords d’association, en 2002, mais l’aspect commercial reste le dominant vu le
volume des échanges des biens qui a doublé durant cette dernière décennie, et qui va être
renforcé, notamment avec l’aboutissement total de la zone du libre échange.

Mots clés : le partenariat euro-méditerranéen, l’accord d’association, les relations


économiques Algérie-Union européenne, zone de libre échange euro-méditerranéenne,

:‫ﻣﻠﺨﺺ‬

‫ ﻓﻘﺪ‬.‫ﺟﺬب اﻟﺘﻜﺎﻣﻞ اﻻﻗﺘﺼﺎدي اﻹﻗﻠﯿﻤﻲ ﻣﻨﺬ ﺧﻤﺴﯿﻨﯿﺎت اﻟﻘﺮن اﻟﻤﺎﺿﻲ اھﺘﻤﺎم ﻋﺪد ﻣﻦ اﻟﺨﺒﺮاء اﻻﻗﺘﺼﺎدﯾﯿﻦ‬
,‫ ﻣﻨﺬ ﺑﺪاﯾﺔ اﻟﺜﻤﺎﻧﯿﻨﺎت‬.‫ﻛﺎن ﻣﻮﺿﻮﻋﺎ ﻟﻠﻌﺪﯾﺪ ﻣﻦ اﻟﺪراﺳﺎت اﻟﺘﻲ أدت إﻟﻰ ظﮭﻮر ﻣﻔﺎھﯿﻢ ﻋﺪﯾﺪة ﻣﺘﻌﻠﻘﺔ ﺑﮫ‬
‫ﺷﮭﺪت ﻋﻤﻠﯿﺔ اﻟﺘﻜﺎﻣﻞ ﺗﺴﺎرﻋﺎ ﻧﺘﯿﺠﺔ اﻧﺘﺸﺎر ﻻﺗﻔﺎﻗﯿﺎت ﻗﺎﺋﻤﺔ ﻋﻠﻰ ﻣﺒﺪأ اﻟﺘﺠﺎرة اﻟﺤﺮة ﺑﯿﻦ ﻣﺨﺘﻠﻒ ﺑﻠﺪان‬
.‫اﻟﻌﺎﻟﻢ ﺧﺎﺻﺔ ﺑﯿﻦ دول ﺷﻤﺎل ﺟﻨﻮب‬
‫ ﻓﻘﺪ أﻗﺎﻣﺖ ھﺬه اﻷﺧﯿﺮة ﺑﻌﺪ اﺳﺘﻘﻼﻟﮭﺎ ﻋﻼﻗﺎت اﻗﺘﺼﺎدﯾﺔ ﻣﻊ اﻻﺗﺤﺎد‬,‫ﻟﻢ ﺗﺴﺘﺜﻨﻰ اﻟﺠﺰاﺋﺮ ﻣﻦ ھﺬه اﻻﺗﻔﺎﻗﯿﺎت‬
‫ وﻟﻜﻦ ﻣﻨﺬ ﻋﺎم‬،‫ ﻓﻲ اﻟﺒﺪاﯾﺔ اﺳﺘﻔﺎدت اﻟﺠﺰاﺋﺮ ﻣﻦ ﻋﺪة اﻣﺘﯿﺎزات ﻟﻤﺪة ﻋﺸﺮ ﺳﻨﻮات ﺗﻘﺮﯾﺒﺎ‬,‫اﻷوروﺑﻲ‬
‫ ﻛﻞ اﻟﻌﻼﻗﺎت اﻻﻗﺘﺼﺎدﯾﺔ اﻟﺠﺰاﺋﺮﯾﺔ اﻷوروﺑﯿﺔ ﺗﻨﺪرج ﺿﻤﻦ اﻟﺴﯿﺎﺳﺎت اﻟﻤﻄﺮوﺣﺔ ﻣﻦ طﺮف‬،1976
.‫اﻻﺗﺤﺎد اﻷوروﺑﻲ‬
‫ و‬،2002 ‫ﻣﻊ ﺗﻮطﯿﺪ اﻟﻌﻼﻗﺎت اﻻﻗﺘﺼﺎدﯾﺔ ﺑﯿﻦ اﻟﺠﺰاﺋﺮ واﻻﺗﺤﺎد اﻷوروﺑﻲ ﺑﺘﻮﻗﯿﻊ اﺗﻔﺎق اﻟﺸﺮاﻛﺔ ﻓﻲ ﻋﺎم‬
‫رﻏﻢ اﻷھﺪاف اﻟﻤﺴﻄﺮة ﯾﺒﻘﻰ اﻟﺠﺎﻧﺐ اﻟﺘﺠﺎري ﻣﮭﯿﻤﻨﺎ ﻧﻈﺮا ﻟﺤﺠﻢ اﻟﻤﺒﺎدﻻت اﻟﺘﺠﺎرﯾﺔ اﻟﺘﻲ ﺗﻀﺎﻋﻔﺖ ﻓﻲ‬
.‫ ﺧﺎﺻﺔ ﻣﻊ دﺧﻮل ﻣﻨﻄﻘﺔ اﻟﺘﺒﺎدل اﻟﺤﺮ ﺣﯿﺰ اﻟﺘﻨﻔﯿﺬ‬،‫ واﻟﺘﻲ ﺳﯿﺘﻢ ﺗﻌﺰﯾﺰھﺎ‬،‫اﻟﻌﻘﺪ اﻟﻤﺎﺿﻲ‬
-‫اﻟﻌﻼﻗﺎت اﻟﺘﺠﺎرﯾﺔ واﻻﻗﺘﺼﺎدﯾﺔ اﻟﺠﺰاﺋﺮ‬, ‫اﺗﻔﺎﻗﯿﺔ اﻟﺸﺮاﻛﺔ‬, ‫ اﻟﺸﺮاﻛﺔ اﻷوروﺑﯿﺔ اﻟﻤﺘﻮﺳﻄﯿﺔ‬:‫ﻛﻠﻤﺎت اﻟﺒﺤﺚ‬
. ‫ ﻣﺘﻮﺳﻄﯿﺔ‬-‫اﻟﻤﻨﻄﻘﺔ اﻟﺤﺮة ﻟﻠﺘﺠﺎرة اﻷورو‬, ‫اﻻﺗﺤﺎد اﻷوروﺑﻲ‬

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