Partenariat Algérie-UE : enjeux et défis
Partenariat Algérie-UE : enjeux et défis
I
Je dédie ce travail à :
Ma famille
Mes amis
Mes collègues
II
Liste des abréviations
AA : l’accord d’association
UE : Union Européenne
III
SOMMAIRE
Sommaire
Introduction générale .......................................................................................................................5
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration économique régionale ..................... 13
Section 1. Généralités sur l’intégration économique régionale ....................................... 15
Section 2. Les différents types d’intégration économique régionale ............................... 26
Section 3. La théorie des unions douanières..................................................................... 32
IV
Introduction générale
Introduction générale
La Méditerranée ou la mare nostrum a été à travers l’histoire à la fois une barrière
séparant l’Europe de ses voisins et un trait d’union reliant les trois continents qui la bordent.
Son importance est à la mesure de la grandeur des civilisations qu’elle a vu naître sur ses
rives : Romains, Berbères, Pharaons, Phéniciens, Grecs et Arabes ont tantôt fait d’elle un
espace d’échange, tantôt un théâtre de lutte. Ainsi, les peuples méditerranéens ont toujours été
en contact soit pour le commerce soit pour la guerre.
L’Europe forte de son histoire et de la puissance de ses pays a longtemps usé de la force
pour asseoir sa dominance sur le monde en commençant par ses voisins. C’est le temps des
empires coloniaux. La domination de l’Europe sera contestée par les mouvements de
colonisation successifs. L’accession des pays, de plus en plus nombreux, à leur
indépendance, entraînera une nouvelle phase de relations qu’entretient le vieux continent
avec les autres. Une phase de rapprochement économique que dicteront les changements
politiques en Europe et les premiers pas vers l’union.
En effet, l’Europe, continent déchiré par les conflits entre les grands empires
dominants le monde, n’était plus après avoir connu le chaos lors des 02 grands conflits
mondiaux. L’idée a germé dans l’esprit de F. List, R. Schuman, J.Monnet et d’autres, d’en
faire un espace d’intégration pour éviter tout conflit. Cette idée est transformée en acte, en
1957, avec la signature de traité de Rome par six pays, donnant naissance à la CEE. Cette
date marque un tournant majeur pour la communauté et les pays qui la composent et
l’Europe est devenue aujourd’hui une puissance économique et politique qui ne cesse de
prendre de l’ampleur.
5
Introduction générale
Même si l’union se fait de part et pour les pays qui la composent, il va s’en dire que
l’intégration économique ne peut évoluer sans prendre en considération son voisinage
immédiat. La CEE a montré, dès sa création, un grand intérêt à ses voisins du Sud pour
diverses raisons : politique (l’antagonisme avec le bloc soviétique), historique (du fait du
passé colonial des pays européens) et économique (du fait de la proximité d’un vaste marché
et de la disponibilité d’atouts comme la main d’œuvre à bon marché et les matières
premières). Dès lors, il a été nécessaire à la CEE de se rapprocher des pays limitrophes,
notamment maghrébins. Ainsi, dès le début des années 1960, elle a mis en œuvre un accord
d’association encadrant ses relations avec le Maroc et la Tunisie. L’Algérie n’était pas
concernée par cet accord car elle était encore un département français. Malgré cela, le pays a
bénéficié d’un statut privilégié pendant près d’une décennie avant d’être considéré comme un
pays tiers au début des années 70.
6
Introduction générale
L’UE n’a pas pris beaucoup de temps pour lancer une autre politique baptisée sous le
nom de la politique européenne de voisinage, qui est venue pour compléter le partenariat
Euro-méditerranéen. Cette nouvelle politique était un peu différentes des ses précédentes : les
anciennes politiques avaient un seul projet pour l’ensemble des pays méditerranéens par
contre la PEV est basée sur la différenciation, c’est-à-dire des projets et des financements
selon les besoins de chaque pays, élaborés dans des Plan Indicatifs Nationaux (PIN), mais
qui sont attribués sous certains conditions et des exigences de l’UE.
Les négociations entre l’Algérie et l’UE étaient longues, ce n’est qu’en 2002 que
l’accord d’association a été signé pour une durée indéterminée, assorti d’une période de
transition de 12 ans pour préparer la libéralisation totale des échanges. A cet effet, l’UE a
mis en place une série de programmes de financement sous forme d’aides ou de prêts à des
taux d’intérêts bonifiés provenant des fonds budgétaires de la commission européenne et de
la Banque Européenne d’Investissement (BEI). En plus de ces apports financiers, l’UE a
offert une assistance technique dans plusieurs secteurs.
Dès lors, les relations économiques de l’Algérie avec l’UE ne peuvent pas être
analysées en dehors de l’accord d’association qui les encadre depuis 2002. Une bonne partie
de cet accord est consacrée aux échanges des biens et services et tous les problèmes y inhérent
comme les subventions et les mesures compensatoires, les droits de propriété intellectuelles,
le dumping, les mesures de sauvegardes,…
Objet de la recherche
Les relations internationales ont pris un nouveau cap, au début des années 1980, avec la
multiplication des accords régionaux tendant vers la création de vastes ensembles régionaux.
L’Afrique du Nord n’a pas été en reste avec le projet d’Union du Maghreb Arabe (UMA)
signé 1989, et concrétisant, sur le papier, le rêve des nationalistes de l’Etoile du Nord
7
Introduction générale
Africain des années 1920. Ce projet n’avait presque aucune chance de devenir réalité par le
fait des contentieux entre les pays concernés. Malgré les tendances internationales, l’idée de
l’UMA restera du domaine de l’utopie. En parallèle, l’UE a proposé un projet que les trois
pays de l’UMA l’ont signé individuellement. A travers cette action, L’UE œuvre à la création
d’une zone de libre échange en Méditerranée, d’où la nécessité de sceller des accords avec
l’ensemble des pays pourtour méditerranéen.
Ainsi, l’Algérie et l’UE ont signé un accord d’association pour encadrer leurs relations.
Ces relations n’ont jamais été stables et sont marquées par des fluctuations. Partenaire
économique de l’Algérie avant même son indépendance, la CEE (devenue par la suite UE) a
essayé de définir ses relations avec le pays dès le départ. Cette démarche passera du stade de
coopération à celui de partenariat et connaitra des périodes fastes de prospérité et d’autres de
stagnation dues à des facteurs autant internes qu’externes pour les deux parties. A travers cet
accord, l’Algérie, souffrant d’une économie mono exportatrice et peinant à diversifier ses
exportations, cherche une véritable alternance à sa dépendance aux hydrocarbures.
Notre objet de recherche se limite uniquement au volet économique prévu dans le cadre
de l’accord d’association, tout en essayant de faire une lecture objective des relations
économiques entre l’Union Européenne et l’Algérie, qui datent de près de 40 ans. En
commençant par les premiers accords d’association, qualifiés des accords de premières
générations, jusqu’à la politique européenne de voisinage. Enfin, nous avons essayé de faire
relever les opportunités et les menaces que ces relations présentent pour l’économie
Algérienne.
Problématique
La période allant du milieu des années 1980 jusqu’à la fin des années 1990 est
considérée comme la plus difficile qu’a connue l’Algérie indépendante. Et pour cause : la
chute des prix du baril de pétrole a grevé les recettes publiques ayant déjà des difficultés à
honorer les engagements vis-à-vis de la dette. Conjugués à ces problèmes financiers, les
remous de la société atteignant un paroxysme avec les événements d’octobre 1988. Et pour
corser le tout, la réponse du pouvoir aux aspirations du peuple, c’est-à-dire le multipartisme
débouche sur une impasse. Le pays plonge dans l’horreur de la décennie noire après l’arrêt du
processus électoral en 1991.
8
Introduction générale
Durant cette période charnière a vu l’UE proposer aux pays méditerranéens un projet
qualifié d’ambitieux par de nombreux analystes vu les domaines qu’il touchait. L’Algérie
plus profonde dans sa crise, a participé à la conférence euro-méditerranéenne à Barcelone en
1995, sans montrer un réel intérêt au projet.
Dans ce contexte, la demande interne explose, d’où le recours aux importations pour
faires face au déficit de l’offre locale, amenant une ouverture forcé à l’extérieur. L’Algérie
qui reste hésitante vis-à-vis une ouverture dans un cadre multilatéral, c’est-à-dire dans le
cadre de l’OMC, a signé, en 2002, un accord impliquant son ouverture bilatérale vis-à-vis de
l’Union Européenne soit une ouverture vers presque la moitié des pays du continent européen.
Quels sont les effets du partenariat économique avec l’Union Européenne, encadré,
depuis 2002 par l’accord d’association, sur une économie algérienne dominée
principalement par les exportations des hydrocarbures ?
Tout au long de ce travail de recherche nous avons essayé de répondre aux questions
induites par notre problématique, à savoir :
Quel est l’impact de tant d’années de coopération et/ou de partenariat entre l’UE et
l’Algérie sur l’économie de cette dernière ?
Sachant l’écart de développement entre l’Algérie et l’UE, la libéralisation des
échanges peut-elle être bénéfique à l’économie algérienne ?
9
Introduction générale
Hypothèses de la recherche
Les relations économiques de l’Algérie avec l’Union Européenne sont dominées par
leur aspect commercial qui est confirmé par le contenu de l’accord d’association.
Le partenariat économique, entre l’Algérie et l’Union Européenne, qui véhicule le
principe du gagnant-gagnant a mis l’intérêt de l’Algérie en avant, en déployant tous
les moyens nécessaires pour que cette dernière puisse diversifier son économie.
Démarche méthodologique
Sur les trois axes de l’accord d’association, à savoir le volet politique, économique et
socioculturel, nous nous sommes limités, dans notre travail, au volet économique seulement.
Au départ on a formulé des hypothèses afin de comprendre la nature des relations
économiques entre les deux parties signataires de l’accord d’association ainsi les opportunités
et les menaces que représente cet accord pour notre économie.
Concernant les sources bibliographiques, nous nous sommes orientés vers des ouvrages
traitant la coopération et du partenariat économique de l’Union Européenne avec les pays
méditerranéens en général vu le nombre insuffisant des écrits qui traitent du cas algérien
spécifiquement. A cet effet, nous avons articulé notre travail sur les différents articles et
publications de référence qui traitent du cas Algérien, sans négliger les rapports publiés sur
les sites de la commission européenne et de la banque européenne d’investissement,
notamment en ce qui concerne les programmes de financement.
Par ailleurs, nous avons opté une approche empirique pour étudier les échanges
commerciaux, les effets de la zone de libre échange depuis l’entrée en vigueur de l’accord
d’association en 2005 jusqu’à 2014. Cela n’aurait pas été possible sans l’utilisation des
statistiques publiées par les douanes algériennes et la base de données de la CNUCED. En
raison de l’absence des statistiques d’IDE réalisés par régions, nous avons eu recours aux
investissements déclarés, publiés par l’agence nationale de développement des
10
Introduction générale
investissements, entre la période allant 2005 et 2014, lors de l’analyse des flux des IDE
européens et leur répartition sectorielle en Algérie.
Choix du thème
Structure de la recherche
11
Introduction générale
12
Chapitre I : les fondements
théoriques de l’intégration
économique régionale
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
Après une tentative du conseil des nations unies pour le commerce et l’emploi de
libéraliser le commerce international, un accord général sur les tarifs douaniers et le
commerce (GATT) a été mis en place, en 1947, avec comme objectif principal assurer une
libéralisation progressive entre les pays signataires et empêcher le retour à la situation de
protectionnisme qui caractérisait l’économie mondiale durant les années 30. Mais
l’augmentation du nombre des pays voulant y adhérer et la multiplication des questions
posées dans le cadre de cet accord ont poussé à créer l’organisation mondiale du commerce
(OMC), dotée de plus de pouvoir que le GATT mais ayant les mêmes objectifs.
En plus de ces changements à l’échelle multilatérale, des accords régionaux entre des
pays appartenant à une zone géographique donnée ont commencé à apparaitre en parallèle
avec le GATT, notamment l’union douanière de Benelux en 1947, la Communauté
Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) et la Communauté Economique Européenne
(CEE) en 1957… C’est à la fin des années 1980 que le régionalisme économique s’est
accéléré d’où l’apparition des nouveaux blocs régionaux tels que : accord de libre échange
entre le Canada et les Etats Unis d’Amériques en 1988 (ALENA) puis étendu au Mexique en
1994, le MERCOSUR (le marché commun sud Américain) même s’il est crée en 1991 par le
Brésil, Argentine, Uruguay et le Paraguay, mais ce n’est qu’en 1995 que leur union douanière
a vu le jour avant d’être étendue à d’autres pays comme le Chili et la Bolivie. Aujourd’hui,
l’OMC a notifié plus de 600 accords commerciaux régionaux à travers le monde, ce qui
montre l’importance de cette nouvelle forme des relations économiques internationales.
13
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
convergence des économies par le biais des politiques économiques. Elle peut prendre
différents aspects commercial, financier, monétaire, économique et politique.
L’intégration économique régionale reste un des thème les plus étudiés des sciences
économiques, d’ailleurs, il existe plusieurs conceptions de la théorie l’intégration
économique évoquées par les différentes écoles de pensée telles que : la conception libérale (
intégration par le marché), la conception volontariste (intégration planifiée par les Etats), la
conception territoriale (intégration suscitée par les firmes et qui est liée à une dynamique
territoriale), intégration institutionnelle (c’est une intégration qui et liée aux règles, c’est
l’interdépendance des économies qui conduit à leur convergence ) et l’intégration politique.
14
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
Les accords régionaux ont connu, depuis des années 70 jusqu’à nos jours, plusieurs
changements. Au départ, ils avaient un caractère purement commercial et étaient conclus, la
plupart du temps, entre les pays en développement ou entre les pays développés. Mais depuis
les années 1980, suite aux changements des attitudes dans le commerce international, ces
accords se penchent de plus en plus vers des accords de coopération, des accords de
partenariats et des accords de libre échange, concernant plusieurs domaines, conclus
généralement entre les pays développés avec les pays en développement (accords nord/sud).
Ce type d’accords prend différents aspects : ils peuvent être des accords de préférence,
des accords de libre échange ou des accords de partenariat économique.
C’est une coopération entre des Etats associés selon une logique régionale dans le but de
coordonner leurs politiques macroéconomiques : le commerce, l’investissement, les politiques
de concurrence, l’environnement. Elle vise à préparer des négociations multilatérales ou bien
à mettre en œuvre des accords déjà existants.
Il s’agit de certains privilèges offerts par des pays développés (pays du Nord) à
certains pays en développement (pays de Sud), c’est-à-dire les pays développés tiennent à ne
15
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
pas appliquer de droits de douanes sur les produits en provenance des pays du sud, alors que
ces derniers s’engagent uniquement à pratiquer le principe de la clause de la nation la plus
favorisée (NPF).
Ils consistent à supprimer toutes les barrières tarifaires devant les mouvements des
échanges ; ils aboutissent généralement à l’établissement d’une zone de libre échange. Parmi
les inconvénients de ce type d’accord la non prise en compte des produits sensibles pour une
partie dans la libéralisation des échanges, à l’exemple de l’Union Européenne qui protège son
marché des produits agricoles provenant des pays avec lesquels elle a signé un accord de libre
échange, la non prise en considération des barrières non tarifaires, la coordination des
politiques commerciales sont exclues et la mise en place des certificats d’origine qui sont
parfois protectionniste pour le marché intérieur.
Ce sont des accords qui ont été signés entre l’Union Européenne, dans le cadre de la
convention de Cotonou en juin 2000, avec les pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifiques (ACP),
et cela pour les aider, d’une part, à s’insérer dans le commerce international et d’autre part,
pour encourager les accords d’intégration régionale.
Ce sont des accords qui servent à introduire légalement la monnaie des pays du nord
dans les économies des pays sud, ce qui conduit à la création d’une zone monétaire, par
exemple la zone franc entre la France et 14 pays de l’Afrique sub-saharienne.
1
Article(3), paragraphe 1, du journal officiel des communautés européennes du 27.9.1978
16
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
Les pays du sud souhaitant adhérer à une zone d’intégration régionale préfèrent souvent
des partenaires qui sont grand et riche2, dans l’objectif de bénéficier de certains avantages
comme : les flux des IDE, transferts technologiques, amélioration de la concurrence sur les
marché nationaux….
De1995 jusqu’à 2008, les échanges sud-sud sont passés de 10 % à près de 20 % du total
du commerce mondial3, Cette amélioration est accompagnée par le dédoublement des accords
commerciaux régionaux et de la coopération régionale, ce qui explique la volonté de ces pays
d’améliorer leurs relations économiques pour rattraper le retard cumulé dans le commerce
international. Ces accords ont pris diverses formes : unions douanières, marchés communs et
accords d’intégration économique comme le cas de l’union monétaire de l’UEMOA, en
conduisant à créer plusieurs regroupements régionaux dans l’hémisphère sud de la planète,
autrement dit, des regroupements constitués essentiellement par des pays en voie de
développement.
Mis à part les pays asiatiques présentant une certaine dynamique industrielle et qui
s’accaparent de plus 76 % du total des échanges entre les pays en développement, en 2006,
les pays des autres régions du sud, d’une manière générale et les pays africains, d’une manière
spécifique, se heurtent à des obstacles d’ordre structurels ralentissant le processus de
l’intégration.
Ces accords consistent à transférer la souveraineté soit sous une forme fédérale ou
confédérale dans le cas d’une union politique ou des accords institutionnels qui prévoient une
harmonisation juridique et réglementaire (qui diffère d’une région à une autre) et va jusqu’à
l’unification des règles. Ils concernent les droits de propriété, les droits des affaires, la
concurrence, la liberté des investissements et les normes.
2
SCHIFF, Maurice. WINTERS, Alan. « Intégration régionale et développement », Edition Economica, paris,
2004. P. 294.
3
www.forumducommerce.org/un-commerce-sud-sud-plus-dynamique-et-transformattion/ consulté le 04/03/2015
à 15h04.
17
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
L’intégration régionale est un processus qui passe par plusieurs étapes pour atteindre
une forme plus poussée, son échec et sa réussite dépendent de plusieurs facteurs parmi
lesquels on trouve : des facteurs économiques et des facteurs non économiques.
Les théoriciens de l’intégration ne se sont pas d’accord sur l’importance de ces facteurs.
Il ya ceux qui insistent sur les facteurs non économiques pour réussir cette intégration, comme
les facteurs politiques et ceux qui insistent sur des facteurs purement économiques.
Parmi les facteurs non économiques les plus importants dans une intégration, on trouve
les facteurs politiques, parce que, selon certains auteurs, l’intégration va mener en fin de
compte à union politique ou au moins à une amélioration des relations politiques entre les
pays. Ce raisonnement s’inspire de l’expérience des Zollverein de 1834, qui a permis la levée
des tarifs douaniers sur 39 frontières, suivie ensuite par l’adoption d’une monnaie unique
entre ces Etats en 1857, et cela a conduit à une intégration politique des Etats germaniques,
en 1871.
4
MACHLUP, Fritz. « Economic integration». P. 146. IN JOVANOVIC, N, Miroslav. «International economic
integration: theories and measurement critical perspective on the world economy», Routledge, New York, 1998.
5
LIST, Fridirch. « National System of Political Economy » - Volume 2, edition Cosimo, New York 2006 (old
publication 1885). p.14.
6
DAREL E, Paul. AMAWI, Abla. «The Theoretical Evolution of International Political Economy», the third
edition, edition A Reader. United States, 2013. P.81.
18
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
la liberté et le progrès qui doivent être réalisés par des moyens économiques7 ; la libéralisation
du commerce, unification des marchés, la convertibilité de la monnaie entre les pays,…
BELA Balassa a démontré une interdépendance entre ces deux facteurs économique et
politique, en précisant que si c’était les intérêts politiques qui poussent à une intégration, les
objectifs économiques agiraient sur la sphère politique au cours de ce processus et si les
motivations initiales étaient économiques l’unité politique apparaitrait dans un stade
ultérieur9.
Pour les auteurs néoclassiques et pour BELA Balassa, les Etats doivent se limiter
uniquement à supprimer les discriminations et cela par une coordination des politiques
économiques, et ce dans l’objectif d’assurer une meilleure liberté des mouvements des
facteurs (capitaux, mains d’œuvres,…). Ce même auteur considère que l’origine de
l’intégration ne réside pas uniquement dans une dimension économique, mais dépend aussi de
la décision politico-juridique10.
7
SUAREZ, Alfredo. « Intégration régionale, évolution d’un concept », Edition Hachette supérieur. Paris, 2009,
p.12.
8
MACHLUP, Fritz. Op.cit., P.128.
9
SUAREZ, Alfredo. Op.cit., p.13.
10
Ibid., p. 20.
19
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
BELA Balassa a défini cinq (05) étapes d’intégration, classées par ordre d’intensité
croissante, et chaque étape est conduite par un instrument différent de la phase suivante.
Elle représente la première phase du modèle de BELA Balassa. Elle est définie comme
étant l’association de certains pays qui décident d’éliminer progressivement des barrières du
commerce régional11, mais tout en maintenant les politiques commerciales indépendantes vis-
à-vis des pays tiers. Cette première étape est caractérisée par la suppression des barrières
douanières entre pays constituant la zone de libre échange, favorisant ainsi la liberté de
circulation des marchandises. Les tarifs douaniers entre les pays sont à zéro mais les pays
gardent toutes latitudes d’établir des barrières devant les produits des pays tiers. Les
certificats d’origines, qui sont des documents définissant l’origine des produits importés, sont
exigés dans cette phase pour pouvoir bénéficier de la baisse ou de la suppression des tarifs
douaniers et des quotas. Ces règles d’origines ont pour objectifs d’éviter le contournement du
commerce mais elles conduisent parfois à une forme de protectionnisme.
C’est une zone de libre échange mais qui est caractérisée par un tarif extérieur commun
et une politique commerciale commune vis-à-vis les pays tiers. Les pays partenaires n’ont pas
besoin d’un certificat d’origine, parce qu’un produit importé est soumis aux même règles
dans l’ensemble de l’union.
Cette deuxième étape est un peu complexe par rapport à la précédente vu ses
exigences en terme d’harmonisation permanente « La création d’une union douanière est
donc plus complexe que les accords de libre échange. Bien qu’elle offre une plus grande
intégration des marchés et des coûts moins élevés, elle exige plus de coordination
permanente »12.
11
SUAREZ, Alfredo. Op.cit., p. 21.
12
SCHIFF, Maurice. WINTERS, Alan. Op.cit., p. 92.
20
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
Assimilé à une union douanière, il est caractérisé par plus de liberté de circulation des
facteurs de production à savoir ; la main d’œuvre, les mouvements des capitaux, avec une
liberté de déplacement des entreprises, sans aucune restriction, au sein de la zone.
Elle est définie comme étant « un marché commun qui est accompagné d’une
harmonisation et d’une coordination des politiques économiques, financières, sociales et
monétaire »13, Cette étape est marquée par le transfert de la souveraineté en raison de
l’établissement des autorités économiques centrales et, par conséquent, les pays membres
deviennent des régions dans un vaste marché commun.
13
HUGON, Philippe. « Les économies en développement à l’heure de la régionalisation », Edition
KARTHALA, paris, 2003. p.30.
21
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
Zone de libre x
échange
Union douanière x x
Marché commun x x x
Union x x x x
économique
Union politique x x x x x
Source : SUAREZ Alfredo. Op.cit, page 22
Certaines critiques ont été adressées à cette approche parce qu’elle est centrée
uniquement sur l’expérience européenne tout en négligeant les accords préférentiels. Selon ce
modèle, les trois premières phases répondent à la conception néoclassique, qui est une
intégration par le marché alors que les deux dernières constituent de plus en plus une
intégration volontariste et institutionnelle étant donné qu’elle nécessite plus de volonté
politique, « les premières phases se rapprochent de l’analyse néo-classique qui est
l’intégration par le marché, les deux dernières nécessitent une volonté politique parce
qu’elles vont au delà des lois du marché, se rattachant à la conception volontariste »14.
Plusieurs économistes se sont intéressés à ce processus. Ils ont essayé de donner leurs
conceptions pour ces différentes étapes constituant l’intégration, qu’on peut évoquer :
14
AVOM Désiré. « Intégration monétaire préalable ou résultat de l’intégration économique ; Le cas des
pays membres de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale) ». Thèse de
doctorat. Sciences Economiques, Lyon 2, 1999, p 44. Format PDF. Disponible sur http://theses.univ-
lyon2.fr/documents/lyon2/1999/avom_d/pdfAmont/avom_d_chapitre00.pdf.
22
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
Maurice Allais, contrairement à BELA Balassa, a distingué six (06) étapes conduisant à
une intégration économiques. Pour lui, le processus d’intégration ne commence pas par une
zone de libre échange mais par la mise en place d’un système de tarif préférentiel aboutissant
à une union des marchés nationaux, ces étapes sont15 :
Une intégration de premier degré : sous les commandes des lois du marché
concurrentiel, il y aura une émergence plus au moins spontanée des structures de
production et d’échange ;
Deuxième degré : la mise en place des institutions supranationales qui vont assurer
le développement et l’orientation des échanges, il s’agit d’une tentative d’orienter les
politiques économiques menées par les différents gouvernements17 ;
Le troisième degré : c’est une intégration plus poussée ; elle est considérée par
WEILLER comme un idéal appartenant à la sphère des valeurs humaines,
spécifiquement occidentales.
Systèmes de tarif préférentiel (la baisse des tarifs dans les échanges mutuels) ;
Une zone de libre échange (une élimination de tous les tarifs douaniers devant le
commerce mutuel) ;
Union douanière (un tarif extérieur commun) ;
15
SUAREZ, Alfredo. Op.cit., p. 23.
16
ERBES, Robert. « Intégration économique internationale », presse universitaire de France, Paris 1966, p.9.
17
WEILLER, J. « les degrés de l’intégration et les chances d’une zone de « coopération » internationale », revue
économique, 1958. IN ERBES Robert, « Intégration économique internationale », presse universitaire de
France, Paris, 1966.
18
SUAREZ, Alfredo. Op.cit., p.16.
23
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
L’intégration sectorielle
L’intégration fonctionnelle
24
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
une grande fédération19. Elle consiste à organiser des activités à l’échelle internationale en
fonction des besoins du moment et de l’intérêt général20
L’intégration peut être spontanée (ce sont les forces du marché qui poussent vers
l’intégration), imposée (c’est-à-dire par des mesures des gouvernementales des pays
concernés), positive (elle vise à créer des institutions communes) ou bien négative parce
qu’elle vise à baisser les barrières devant le commerce mutuel21. L’intégration peut se limiter
à une coordination des politiques économiques nationales ou bien elle s’appuie sur des
instances communes pour conduire une partie des politiques économiques nationales.
Le régionalisme ouvert
19
DABEN Olivier. « Approche théorique intégration régionale », publié sur observatoire politique de
l’Amérique latine et des caraïbes, 22 novembre 1999, p. 1. Disponible sur le site
http://www.sciencespo.fr/opalc/content/approches-theoriques consulté 13/03/2015.
20
Idem.
21
SUAREZ, Alfredo. Op.cit., p. 14.
22
https://www.wto.org/french/news_f/pres96_f/pr046_f.htm, consulté le 29/04/2015 à 18h01
23
DE BLOCK, Christian. « L’organisation mondiale du commerce : où s’en va la mondialisation ? ». Edition
Fides, Québec, 2002, p. 95.
25
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
Le régionalisme fermé
24
KIEFFER Bob. « L'organisation mondiale du commerce et l'évolution du droit international public». Edition
Larcier. Bruxelles, 2008. P. 119.
25
HUGON, Philippe. « Les économies en développement à l’heure de la régionalisation ». Op.cit., p. 37.
26
SUAREZ, op.cit., p. 7.
26
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
L’intégration économique, selon l’école libérale, est analysée sur la base de deux
modèles : d’un coté, le modèle de l’équilibre partiel statique de Jacob Viner qui analyse la
création et le détour du trafic, Meade qui traite l’influence de l’union douanière sur le bien
être et un équilibre général de Lipse et de Gehrles, et de l’autre coté, le modèle dynamique
qui met en relief la concurrence, les économies d’échelles et les changements des termes de
l’échange.
27
SUAREZ, op.cit., p. 17.
28
L’optimum de Pareto : c’est la situation dans laquelle il n’est pas possible d’améliorer la satisfaction d’un
individu sans détériorer celle d’au moins un autre.
29
HUGON, Philippe. « Les économies en développement à l’heure de la régionalisation ». Op.cit., p. 38.
30
SUAREZ, Alfred. Op.cit., p. 18.
27
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
deux territoires sont intégrés par le marché comme la concurrence pure et parfaite, l’absence
des droits de douanes, les coûts de distance sont nuls et l’absence des impôts sur les activités
productives des deux territoires. « Dans une analyse néo-classique, toutes les unités
intervenant dans le cadre d’un marché de concurrence pure et parfaite sont intégrées les unes
avec les autres et constituent un tout homogène et cohérent. Si nous supposons nuls les coûts
liés à la distance, deux espaces nationaux en état de concurrence pure et parfaite, qui ne sont
séparés par aucun droit de douane, et sur lesquels les charges pesant sur l’activité productive
(impôts) sont analogues, ne constituent qu’un seul marché : les deux espaces sont
« absolument » intégrés par les lois du marché »31.
31
BYE Maurice. Op.cit., p. 34.
32
Suarez, Alfredo. Op.cit., p. 19.
33
LALONDE, Francine, « Gunnar Myrdal et la social-démocratie ». La collection: Les classiques des sciences
sociales, Québec, 1990. P. 11.
34
AVOM Désiré. Op.cit., p. 46.
28
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
Ce type de d’intégration a été adopté par des pays dont l’économie est planifiée. Il a
connu l’échec après l’effondrement du bloc socialiste en conduisant à l’apparition d’une
forme de désintégration entre les pays qui ont en fait partie38, c’est-à-dire ces derniers, tout en
adoptant des politiques d’ouverture vers l’extérieur, ont ériger des politiques protectionnistes
entre eux.
Son objectif est de réintroduire la dimension politique dans les décisions économiques.
Elle est considérée comme étant un moyen pour dépasser les conflits régionaux et se prémunir
contre les risques de conflits entre les pays « Le transfert de souveraineté et la production
des biens publics à des niveaux régionaux sont une réponse aux débordements des Etats dans
le contexte de la mondialisation »40.
Cette intégration s’inscrit dans le cadre de la nouvelle géographie économique. Elle est
assurée par les conglomérats ou par des firmes qui font des stratégies à une échelle régionale
35
Conseil d'Assistance Economique Mutuelle.
36
Commission Economique Pour l'Amérique Latine et les Caraïbes.
37
HUGON, Philippe. « les économies en développement à l’heure de la régionalisation ». Op.cit., p. 37.
38
Idem
39
Une forme confédérale suppose la mise en place des structures intergouvernementales, le pouvoir de décision
est attribué au conseil des ministres et aucun organe ne peut imposer à un Etat membre la mise en œuvre des
règles commune, la forme fédérative ou bien fédérale, le cas de l’union européenne, véhicule une vision d’une
intégration politique un peu avancée par rapport à la précédente, elle suppose la mise en place des structures
supranationales dotées de différentes formes de pouvoir, législatif, exécutif et juridique. La décision prise par
l’exécutif doit être appliquée par tous les Etats membres.
40
HUGON, Phillipe. « Les économies en développement à l’heure de la régionalisation ». Op. cit., p. 75.
29
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
et dans un environnement caractérisé par une concurrence imparfaite et des espaces non
homogènes.
Cette intégration est caractérisée par des effets d’agglomération et de polarisation qui
conduisent à créer des externalités positives. En géographie, l’intégration territoriale est
l’intégration d’un territoire dans un autre pour former nouveau vaste territoire.
L’interdépendance des territoires est conditionnée par la complémentarité entre les effets
d’agglomération, c’est-à-dire l’existence d’un système productif permettant une taille du
marché, la diversification des produits ainsi que l’existence d’infrastructures interconnectées.
Pour mieux comprendre les mécanismes et les déterminants de transfert entre le centre
et la périphérie, Krugman, a dégagé une hypothèse de régions différentes et deux secteurs ;
un secteur agricole immobile , traditionnel caractérisé par des rendements constants en
vendant un produit homogène sur un marché concurrentiel, le bien de ce secteur est produit
par des agriculteurs qui ne peuvent pas devenir des ouvriers et qui sont attachés à leur région,
et un secteur industriel mobile, à des produits différenciés où chaque firme produit une seule
41
HUGON, Phillipe. « Les économies en développement à l’heure de la régionalisation ». Op. Cit., 36.
30
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
variété de produit à des rendement croissant, les biens de ce secteur sont produits par des
ouvriers qui peuvent se déplacer d’une région à une autre à condition que leur salaire réel y
soit élevé. Pour cet économiste, la production industrielle qui se localise dans une région doit
satisfaire la demande dans l’autre région et pour faire il faut exporter et, par conséquent, subir
des coûts de transport. Pour éviter ces coûts supplémentaires le producteur cherche à se
localiser dans les deux régions mais cette situation ne favorise pas les rendements croissants
parce que la production est répartie en deux. Krugman a constaté que les coûts de transport et
les économies d’échelles sont les déterminants dans la concentration des entreprises dans
une zone géographique par rapport à une autre, autrement dit les firmes doivent faire un
arbitrage entre le bénéfice tiré des économies d’échelles (rendement croissant) favorisant la
concentration des activités et la proximité des marchés, donc la dispersion des activités pour
faire baisser les coûts de distance42. Selon le même auteur, les entreprises ont tendance
toujours à se concentrer là ou la demande est importante et la demande est importante là ou
les firmes se localisent. Les économies de petite taille sont peu compétitives, parce qu’elles se
caractérisent par des coûts de transport élevés et des faibles économies d’échelles. Pour
Krugman, plus les économies d’échelles sont importantes plus les concentrations sont
probables, plus les coûts de transports sont élevés plus la probabilité d’une dépolarisation
s’accroît, mais une dépolarisation au profit d’une zone peu industrialisée est probable sous
deux conditions : lorsque les coûts de transports deviennent de plus en plus élevés ou lorsqu’il
y a une forte insensibilité de cette région aux économies d’échelles43.
Elle est appelée aussi intégration par les règles, elle consiste en l’établissement d’un
système commun à travers la mise en place d’un ensemble de règles et de pratiques de la part
des pouvoirs publics en relation avec les acteurs privés44.
Ce type de régionalisme est défini comme étant vertical parce qu’il met l’accent sur les
relations Nord-Sud et sur la coordination des politiques économiques. Il peut contribuer à
réduire la réversibilité des politiques économiques (les politiques de libéralisation suivies par
42
LUBERNE, Pierre-Eric. « ECONOMIE Géographique / CENTRES ET PERIPHERIES DE PRODUCTION »,
Article consulté sur https://papiersuniversitaires.wordpress.com/2012/05/20/economie-geographique-centres-et-
peripheries-de-production-par-pierre-eric-luberne / le 10/04/2015 à 15 :44
43
HUGON, Philippe. « Les économies en développement à l’heure de la régionalisation ». Op.cit., p. 62.
44
Ibid., p.50.
31
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
les pays en développements depuis le milieu des années 80) et à mettre en place des règles
permettant des décisions à long terme de la part des investisseurs45. Parmi les objectifs de
cette intégration, on peut citer :
J. Viner a le mérite d’avoir été le premier, dès 1950, à évoquer cette théorie des unions
douanières, ses analyses ont porté sur les effets bénéfiques (création du commerce) et négatifs
(déviation du commerce) de l’union douanière.
Par la suite, d’autres analystes ont traité de la question en adoptant la même démarche
comme Meade, qui s’est intéressé à l’influence de l’union douanière sur le bien être. D’autres
s’opposaient au raisonnement de Viner en insistant sur ses faiblesses, à savoir le fait qu’il
ait négligé certains éléments comme les économies d’échelles, le changement des termes de
l’échange et la concurrence.
L’union douanière est à la fois un instrument favorisant les échanges entre les pays y
participant, mais elle est aussi discriminatoire vis-à-vis des pays de l’extérieur, donc elle
constitue une protection vis-à-vis de l’extérieur.
45
HUGON, Philippe. « La trajectoire inversée de la régionalisation en Afrique sub-saharienne et en Asie
orientale : le rôle des marchés, des institutions et des réseaux », p 47. IN. LEBEGUE, Daniel. « L’intégration
régionale : une nouvelle voie vers l’intégration de l’économie mondiale ». Edition De Boeck. Bruxelles, 2001.
32
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
Selon la conception de Viner, une union douanière doit répondre à trois critères46 :
L’élimination totale des tarifs à l’échange entre les pays membres de l’union ;
L’établissement d’un tarif commun sur les importations en provenance des pays
extérieurs à l’union ;
La négociation d’une formule de partage des recettes douanières.
La conception des unions douanières selon Viner et Meade est basée sur une logique
d’équilibre statique partiel pour démontrer les effets de ces union sur les producteurs et les
consommateurs et sur l’Etat. Les unions douanières, dans la théorie néoclassique, sont
considérées comme étant des optimums de second rang par rapport au libre échange
international. Leur efficacité (la création et la déviation du commerce) est le résultat de trois
(03) éléments47 :
Lipsey, Bye, et Gehrels ont traité l’union douanière dans un cadre d’équilibre général.
D’autres auteurs, à l’image de Vanek, ont essayé d’approfondir l’analyse en prenant en
compte des éléments comme la concurrence, les économies d’échelles et les termes de
l’échange.
Le raisonnement de Viner fondé sur l’équilibre partiel est centré uniquement sur les
effets de la production. Dans son analyse, il s’interroge sur les modifications des lieux
d’approvisionnement de deux pays A et B après la constitution de l’union douanière et les
46
HUGON, Philippe. « Les économies en développement à l’heure de la régionalisation ». Op.cit. p. 38.
47
Ibid, p., 39.
33
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
effets en découlant. Sa problématique est la suivante « toute institution d’une union douanière
entre I et II modifie le lieu où l’un des deux ou les deux pays s’approvisionnaient »48.
Pour Viner la constitution d’une union douanière peut mener à une création et à une
déviation du commerce international, autrement dit, lorsque l’approvisionnement se déplace
vers une source à moindre coût on parle d’une création du commerce et lorsqu’il se déplace
vers une source à un coût plus élevé, on parle de la déviation du commerce. Lipsey a dressé
un tableau chiffré pour illustrer le raisonnement de Viner.
A partir du tableau n°2 : deux situations sont constatées : la première c’est lorsque le
tarif douanier est prohibitif, c’est-à-dire le tarif ad valorem appliqué est de 100% sur toutes les
importations et la deuxième situation, lorsque le tarif est non prohibitif (tarif ad valorem
appliqué est de 50%).
48
BYE, Maurice. DE BERNIS, G, Destanne. « Les relations économiques internationales, échanges
internationaux ». Edition DALLOZ, 1977, p. 739.
34
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
A l’application d’un tarif douanier de 50%, les produits du pays C deviennent plus
compétitifs en termes de prix. Dans ce cas, deux situations peuvent être constatées et qui
diffèrent d’un partenaire à un autre ;
3.1.1.1. Les effets des unions douanières sur les bien être
Les effets des unions douanières sur le bien être pour un pays de petite taille qui ne peut
pas influencer les prix internationaux, peuvent être expliqués, selon le raisonnement de Viner,
à partir des deux situations suivantes :
a. La création du commerce
35
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
Supposons qu’il y a trois pays I, II, III, avant la constitution d’une union douanière, le
pays I applique un tarif douanier prohibitif non discriminatoire de p (1+t), c’est-à-dire le
prix du produit plus le tarif douanier sur toutes ses importations sans exception. Dans cette
situation, l’offre locale du pays I qui représente la Quantité (Q1) demeure insuffisante face à
la demande locale qui est Q2, ce qui oblige le pays I à importer du pays III pour faire face à
ce déficit (le déficit à importer est la différence entre les deux quantité Q2-Q1). Les prix des
produits importés de ce dernier sont moins chers par rapport aux produits domestiques. Avec
l’application des droits de douane de 100%, le pays I perçoit des recettes douanières
représentées dans la figure n°1 par le rectangle (JMNH).
Source : SALVATORE, Dominick. « Economie internationale », 9ème Edition. Edition De Boeck. Paris,
2008page368.
49
Le surplus du consommateur « c’est la différence entre ce que le consommateur serait prêt à payer pour
chaque unité du bien et ce qu’il paie effectivement, graphiquement il est représenté par la courbe de la demande
au dessous du prix payé ». Tiré du livre Dominick Salvatore, op.cit, p 278.
36
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
schéma par la surface AGCJ. L’Etat n’est pas épargné par cette perte. Les recettes douanières
perçues avant l’union douanière seront perdues à cause de la suppression des droits de
douane, ses pertes seront égales au rectangle JMHN.
L’effet de la création du commerce qui est le gain statique net de la nation est composé
en principe par deux gains : le gain du bien être représenté par le triangle BNH engendré par
l’augmentation de la consommation et un gain de production représenté par le triangle CMJ
engendré par le déplacement de la production d’un producteur à coûts élevés vers un
producteur plus efficient.
b. La déviation du commerce
Dans le premier cas, on a supposé que le pays I établit une union douanière avec le
pays III. Dans ce deuxième cas, on suppose que le pays I entre en une union douanière avec
le pays II et le pays III représente le reste du monde. Avec l’application d’un tarif douanier
sur les produits du pays III, le pays I a intérêt à importer des produits du pays II du fait de la
suppression des droits de douanes.
37
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
Dans ce deuxième cas, il y a un gain du bien être représenté sur le schéma par les deux
rectangles C’JJ’ et H’HB. La somme des deux représente le gain du bien être dû à la création
du commerce et le rectangle MNJ’H’ la perte du bien être due à la déviation du commerce
résultant de la substitution du producteur le plus efficient par un producteur moins efficient.
Le surplus du consommateur se trouve réduit au rectangle GHG’B’ et la perte de l’Etat
correspond à la perte du bien être, qui est le rectangle MNJ’H’.
L’union douanière est plus intéressante lorsqu’elle est large parce qu’elle s’approche
du libre échange ;
La création de l’union douanière est bénéfique s’il y a une complémentarité entre les
économies des pays partenaires ;
Plus les tarifs sont élevés avant l’union douanière, plus sa formation est bénéfique ;
50
SUAREZ, Alfredo, op.cit., p. 29.
38
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
L’union est avantageuse s’il n’y a pas une déviation du commerce, c’est-à-dire
chaque pays est, en même temps, le client et le fournisseur d’un pays partenaire ;
L’union est favorable lorsqu’il n’y a pas un reste du monde fractionné et soumis aux
restrictions quantitatives. les gains de l’union sont plus importants lorsqu’il n’y a
qu’une faible différence entre les coûts des pays de l’union et les coûts du reste du
monde.
L’analyse de Viner tourne autour d’un seul bien qui est produit par un ou deux pays.
Elle est perçue comme étant loin d’être réaliste par ce qu’elle ne s’est intéressé qu’aux effets
de la production tout en négligeant les effets de consommation et leurs effets sur le bien
être, alors que les deux effets ( effets de production et effets de consommation) sont
interdépendants parce que la variation de la production modifie les structures de la
consommation et inversement (les effets de production réagiront la production).
Les deux études précédentes ont été complétées par Lipsey, mais ce dernier s’est basé
sur une analyse de l’équilibre générale en élargissant les études antérieures à trois pays et à
trois biens. Selon cet auteur, la théorie des unions douanières doit prendre en compte trois
(03) problèmes51 :
La clause de l’équilibre partiel « toute chose égale par ailleurs » n’est plus possible
d’où un recours à un équilibre général dans les analyses. Les modifications des tarifs
(l'égalisation des rapports des prix nationaux des biens avec le rapport de leurs prix
dans le reste de l'union) entrainées par les unions douanières sont suffisamment
importantes pour êtres considérées comme non marginales;
L’union douanière est un cas type de la situation de second rang d’où la difficulté de
construire un modèle général ;
L’union douanière doit prendre en considération le niveau et le type de l’utilisation
des recettes gouvernementales.
Lipsey a montré que la déviation du commerce international est plus complexe que ne
l’exprime l’analyse de Viner. Pour lui, une étude à priori des unions douanières est impossible
parce qu’elle nécessite plusieurs études dans un cadre d’un équilibre général. Les unions
51
BYE. Op.cit., p. 743.
39
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
Viner, dans son analyse, a évoqué uniquement la substitution entre pays (changement
des sources d’approvisionnement), mais Lipsey a rajouté un deuxième élément qui est la
substitution entre les produits. pour Lipsey, l’union douanière produit des effets de
production et des effets de consommation, mais il s’est focalisé uniquement sur les effets de
la consommation qui, selon le même auteur, peuvent se produire même s’il n’ya pas des effets
de production53, Pour mieux juger l’union douanière sur le bien être, on doit tenir compte des
effets sur la consommation et que l’analyse ne doit pas se limiter qu’aux déviations du
commerce car il peut y avoir un accroissement du bien être même s’il y a une déviation du
commerce.
Gehrels a intégré dans son analyse les effets de la consommation. Il affirme que
l’union douanière va conduire à une baisse des prix des produits, ce qui entraine une
augmentation de la consommation et par conséquent l’accroissement des échanges entre les
pays partenaires, ce qui engendre une augmentation des avantages des consommateurs54.
Gehrels, à partir d’un raisonnement à base de trois (03) pays et de deux (02) produits,
et en utilisant un modèle géométrique, a essayé de démontrer que même s’il y a une mauvaise
utilisation des ressources (même s’il y a un détour du commerce), cette situation est peut être
compensée par les effets de la consommation (augmentation des gains à l’occasion de
l’échange)55. Lipsey a critiqué ce raisonnement en montrant que ce modèle de deux bien de
Gehrels n’est valable qu’à deux bien, ce qu’il l’a amené a élargir ce modèle pour intégrer
trois (03) biens, pour lui l’optimum ne peut être atteint que s’il y a un rapport entre les prix
internes et les prix externes de ces trois (03) biens, et l’analyse des effets des unions
52
Ibid., p. 744.
53
Avom désiré. Op.cit., p.43.
54
ARMAGAN, Ibrahim. « La théorie traditionnelle de l’intégration économique internationale et ses
insuffisance au niveau des pays en voie de développement », the turkish yearbook (vol 11), 1971, p 130,
http://www.politics.ankara.edu.tr/dergi/tybook/11/Ibrahim_Armagan.pdf
55
Ibid., p 131.
40
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
douanières doit se faire par la comparaison de l’optimum avant et après la formation de ces
unions. Leurs effets positifs sont d’autant plus importants sous deux grandes conditions56 :
Toutes ces analyses sont centrées sur les effets de la production et de la consommation
et négligent d’autres aspects liés à cette forme d’intégration. L’union douanière peut générer
pour les pays qui la constituent des effets dites dynamiques, tels : la concurrence, les
économies d’échelles, les flux des investissements et l’amélioration des termes de l’échange.
3.2.1. La concurrence
Dans le cadre de l’union douanière, plusieurs transformations vont être opérées. Des
firmes vont disparaitre au profit d’autres firmes qui vont l’emporter soit par la faillite de
certains entreprises qui ne montrent pas plus d’efficience qu’avant l’union, soit par des
opérations d’absorption ou de fusion. Les gagnants ne sont pas toujours des firmes
appartenant à des pays signataires. Les firmes étrangères présentes sur le territoire de l’un de
ces pays peuvent bénéficier des nouvelles structures en élaborant des stratégies à une échelle
plus élargies. Cette situation peut constituer une pression sur les firmes nationales qui ne
peuvent pas s’adapter à cette extension du marché.
56
AVOM Désiré. Op.cit., p.44.
57
BYE, Maurice. Op.cit., p. 753.
41
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
Enfin, les unions douanières stimulent la concurrence qui se traduit par la diminution
des coûts de production et se répercute positivement sur les consommateurs.
Les économies d’échelles permettent aux entreprises d’un pays appartenant à une union
douanière de bénéficier de l’effet de la taille du marché par l’agrandissement des unités de
production en vue de s’adapter à un marché de plus en plus élargie. Ce raisonnement n’est
pas toujours juste car des entreprises opérant dans des marchés à des dimensions très limitées
peuvent être des multinationales avant même la constitution des unions douanières. M, BYE
a donné l’exemple de plusieurs entreprises néerlandaises ayant le statut des multinationales
avant que la CEE ne soit constituée58. Mais la formation de cette dernière a permis la
réduction des variantes d’un produit dans la même usine et l’accroissement des chaines de
production59. Autrement dit, avant la constitution de l’union douanière les entreprises
européennes souffraient de la hausse des prix à cause d’une production caractérisée par
plusieurs variétés et styles de produits, mais la constitution d’une union douanière a permis à
ces entreprises de se spécialiser dans quelques variétés de produits et, par conséquent, de
baisser les coûts unitaires60.
L’application du protectionnisme sur certains produits peut donner des résultats positifs,
c’est-à-dire améliorer les termes de l’échange d’une union douanière, mais à condition que les
pays constituant cette dernière se regroupent en une zone suffisante pour influencer les prix
internationaux61. L’exemple, la CEE a appliqué une protection pour ses produits agricoles, ce
qui a conduit à l’augmentation de la production européenne et, par conséquents, a influencé
les prix mondiaux et elle a rendu ses importations résiduelles en provenance du reste du
monde moins chères.
42
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
Les avantages d’un marché de plus en plus élargi, avec une suppression des barrières
commerciales discriminatoires entre les pays de l’union douanière, poussent des producteurs
étrangers à s’installer afin de profiter des ces avantages et contourner les barrières instaurées
vis-à-vis du reste du monde. On assiste alors à un flux des IDE conduisant à l’amélioration de
la croissance à l’intérieur de l’union. Salvatore Dominick a donné l’exemple des flux des
investissements massifs de la part des entreprises américaines en Europe après 1954 et 1986
et cela dans l’objectif de bénéficier marché du européen en plein croissance64.
62
FONTAGNE, Lionel. Globalisation des marchés et régionalisme économique : l’exemple européen. P.102. IN
Christian Deblock, Diane Éthier « Mondialisation et régionalisation : la coopération économique internationale
est-elle possible», presse d’université de Québec. Québec, 1992.
63
Ibid., p. 103.
64
SALVATORE, Dominick. Op.cit., p. 373.
43
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
Conclusion
Depuis le début des années 1990, on a assisté à une multiplication des accords signés
entre les différents pays pour éliminer les entraves aux échanges commerciaux. En plus des
accords multilatéraux négociés dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce
(OMC), d’autre accords commerciaux sur une échelle régionale, souvent bilatéraux, ont
commencé à prendre de l’ampleur depuis la dernière décennie du XXème siècle, ainsi, l’OMC
a notifié, en 2014, près de 604 accords dont 446 existent déjà. Les accords entre les pays
développés (pays du nord) et les pays en développement (pays de sud) se sont développés
pour dépasser les mécanismes anciens de la politique commerciale et pour intégrer d’autres
règles régionales portant sur les investissements, la concurrence et l'environnement. La
prolifération des accords a entrainé un régionalisme économique, qui n’est pas confiné aux
pays appartenant à une même zone géographique, mais plus large englobant des pays de
deux continents différents. Son objectif principal est la suppression des entraves aux
échanges à travers certaines formes d’intégration comme les zones de libre échanges et les
unions douanières.
L’intégration économique régionale est l’un des thèmes les plus étudiés en économie
internationale. Cependant, les économistes ne sont pas arrivés à donner une définition claire
de l’intégration économique. Ces divergences apparaissent mêmes entre les économistes de la
même école. L’intégration, jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale, était un instrument
politique permettant de dépasser les conflits politiques et favoriser la paix, son aspect
économique ne venait qu’en deuxième place. Autrement dit, son principal objectif était de
nature politique.
L’intégration économique régionale telle qu’a été évoquée par les néoclassiques était
limitée uniquement aux unions douanières et aux relations économiques préférentielles à
travers certaines formes de coopération. Les travaux de Viner, même s’ils étaient peu
satisfaisants, ont ouvert la voie vers le renouvellement de la conception dite traditionnelle de
l’intégration (elle a été évoqué par deux courants de pensée, le premier avait une conception
volontariste partisan de l’intervention de l’Etat et le deuxième courant était le courant libéral
qui s’opposait à tout interventionnisme étatique dans le processus de l’intégration mais ce
sont les forces du marché qui vont l’assurer). L’intégration dite traditionnelle, dans le cadre
de la pensée libérale, était une simple modalité de libre échange en partant du libre échange
44
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration
économique régionale
comme étant une situation idéal (optimum de Pareto) pour se trouver dans un optimum de
second rang. Par la suite, d’autres théoriciens ont essayé de dépasser le cadre statique de
cette conception en incluant d’autres effets négligés par leurs prédécesseurs à savoir : la
concurrence et des économies d’échelles, les effets de polarisation et les effets
d’agglomérations.
La théorie des unions douanières s’est construite dans un contexte de libre échange
instauré entre des Etats ayant un même niveau de développement. L’idée de départ de cette
théorie, n’a pris en considération une union douanière entre les économies en développement
ou entre un pays développés et un pays en développement. Son analyse s’est fait dans un
cadre bien défini (la productivité des facteurs de production, les changements technologique
et les préférences des individus sont tous considérés comme constant).
45
Chapitre II :
Historique des
relations UE-Algérie
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
Dès son accès à l’indépendance, l’Algérie, à l’instar des pays du Maghreb, a montré la
volonté de nouer des relations avec la communauté européenne, d’ailleurs c’était le premier
pays, parmi ses voisins, à vouloir tisser des relations avec la
CEE65. Bénéficiant d’un statut particulier, durant les années 60, dans ses relations avec la
communauté européenne, notamment avec la France, l’Algérie a refusé systématiquement
tout accord qui ne prenait pas en considération son statut particulier. Néanmoins, à partir des
années 70, les avantages qu’elle tirait de ces relations ont commencé à diminuer avec
l’avènement de la politique méditerranéenne globale (PMG).
Depuis 1976, date de signature du premier accord de coopération jusqu’en 2004, date du
lancement de la politique européenne de voisinage, soit 28 ans de coopération, la
communauté européenne a adopté quatre (04) politiques différentes vis-à-vis ses voisins
méditerranéens. D’abord une politique méditerranéenne globale dominée par l’aspect
65
VALAY Georges, la communauté économique européenne et les pays du Maghreb, revue de
l’Occident musulman et de la méditerranée, N°3, 1967, pp 167-198. Page 167.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/remmm_0035-1474_1967_num_3_1_949
46
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
47
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
66
Le paragraphe 2 de l’article 227 du traité de Rome « En ce qui concerne l'Algérie et les départements français
d'outre-mer, les dispositions particulières et générales du présent traité relatives :
- à la libre circulation des marchandises ;
- à l'agriculture, à l'exception de l'article 40, paragraphe 4 ;
- à la libération des services ;
- aux règles de concurrence ;
- aux mesures de sauvegarde prévues aux articles 108, 109 et 226 ;
- aux institutions, sont applicables dès l'entrée en vigueur du présent traité.
Les conditions d'application des autres dispositions du présent traité seront déterminées au plus tard deux ans
après son entrée en vigueur, par des décisions du Conseil statuant à l'unanimité sur proposition de la
Commission.
Les institutions de la Communauté veilleront, dans le cadre des procédures prévues par le présent traité et
notamment de l'article 226, à permettre le développement économique et social de ces régions ».
67
Article 238 du traité de Rome « La Communauté peut conclure avec un État tiers, une union d'États ou une
organisation internationale, des accords créant une association caractérisée par des droits et obligations
réciproques, des actions en commun et des procédures particulières.
Ces accords sont conclus par le Conseil agissant à l'unanimité et après consultation de l'Assemblée.
Lorsque ces accords impliquent des amendements au présent traité, ces derniers doivent être préalablement
adoptés selon la procédure prévue à l'article 236 ».
68
VALAYS, Georges. Op.cit., P167.
48
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
La CEE a répondu positivement et les négociations ont été menées parallèlement, entre
1964 et 1965, par une délégation de la CEE et des délégations des trois pays du Maghreb,
mais les discussions ont été retardées à cause de l’Algérie et de sa position mal définie vis-à-
vis de la CEE.
La CEE, pour ne pas retarder les négociations, a décidé de dissocier le dossier algérien
de celui des ses voisins pour une double raison : la position algérienne à l’égard de la CEE et
son opposition à toute présence d’un Etat israélien sur le territoire palestinien69. Les
pourparlers avec les autres pays du Maghreb ont été menés à bonne fin et ont abouti à la
conclusion d’un accord d’association en Mars 1969, même si l’usage de ce concept
« d’association » n’était pas favorable pour ce type d’accord parce qu’il ne portait que sur les
échanges commerciaux70.
Au cours de l’année 1969, l’Algérie, qui avait revendiqué des relations globales et
préférentielles, a vu les avantages dont elle disposait se dégrader à cause de la position de la
majorité des pays de la communauté (Allemagne, Italie, Luxembourg, Belgique et les pays
bas), qui considérait l’Algérie comme un pays tiers. De ce fait, le régime communautaire a
été maintenu pour les produits industriels algériens, mais les produits agricoles ont été
soumis à des droits de douanes en causant la baisse de la production vinicole et, par
conséquent, la chute brutale des exportations du vin algérien.
La même année, l’Algérie a refusé de signer un accord portant les mêmes modalités que
celui entériné par le Maroc et la Tunisie en raison de sa volonté de conclure un accord global
et préférentiel qui prendrait en considération son passé colonial et son statut exceptionnel. La
situation n’a pas évolué, ce qui a poussé certains pays communautaires qui souffraient de la
concurrence produits des produits algériens à critiquer vivement ce « statu quo ».
Depuis la signature du traité de Rome en 1957, la CEE avait une action limitée en
faveur des pays qui montraient une volonté d’association avec la CEE, à cause d’une
intégration inachevée sur le plan économique et en l’absence d’une politique commune à
l’égard des tiers71.
69
ETIENNE Bruno. « Maghreb et CEE ». Annuaire Afrique du Nord, 1969, pp, 170-201.p. 173.
70
DUPOY, Alain. « Le statut juridique de la coopération entre l’Algérie et la CEE ». Revue Algérienne, pp 8-
34, p. 13.
71
BERDAT Christophe. « L’avènement de la politique méditerranéenne globale de la CEE ». Revue relations
internationales, 2007/2 n°130, pp 87-109. p. 89.
49
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
Au début des années 70, différents facteurs ont poussé la CEE à réviser sa politique vis-
à-vis des pays tiers, et parmi les quels on peut citer :
En plus des facteurs précités, d’autres d’ordre interne pour la communauté ont prévalu
comme la préparation pour un nouvel élargissement de la communauté vers trois (03) autres
pays, prévu pour le 01 janvier 1973, et l’élargissement du système de préférences initié par la
CNUCED pour tous les pays tiers méditerranéens. Tous ces facteurs ont contribué au
lancement de la politique méditerranéenne globale, ce qui a opéré un changement dans les
relations de la CEE avec ses voisins.
La commission européenne a insisté sur une politique cohérente à l’égard des pays sud
de la méditerranée, tout en exposant les risques liés aux multiplications des concessions
accordées aux pays de Maghreb lors des conversations exploratoires, et sur la nécessite
d’établir des lignes directrices claires concernant des extensions possibles de ces
associations. Le 06 juin 1972, le Conseil Européen a annoncé l’approche méditerranéenne
globale suite à la proposition du ministre français des affaires étrangères Maurice
SHAUMAN72. Après plusieurs réunions et communications, le conseil européen a adopté
définitivement la politique méditerranéenne globale, en octobre 1972.
72
BERDAT Christophe, op.cit., p. 98.
50
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
Les négociations ont été menées du coté Algérien par l’ambassadeur algérien auprès de
la CEE Messaoud Ait CHAALAL et du coté européen par jean DURIEUX, Directeur à la
direction générale du développement de la commission. L’accord a été paraphé le 27 janvier
1976, puis signé le 26 Avril 1976 pour une durée indéterminée par le ministre des affaires
étrangères de cette époque, Abd El Aziz BOUTEFLIKA du coté Algérien et Mm Gaston
THORN, président en exercice au conseil et Claude CHEYSSON, membre de la commission,
en la présence des représentants des Etats membres.
L’accord de coopération de 1976 comprend trois grands (03) axes : le régime des
échanges, la coopération économique et technique et la coopération sociale.
L’objectif fixé dans le domaine commercial est la promotion des échanges entre
l’Algérie et la CEE en tenant compte de l’écart de développement entre les deux parties et la
nécessité d’assurer un équilibre dans les échanges commerciaux afin d’accélérer le rythme de
la croissance du commerce de l’Algérie et d’améliorer les conditions d’accès de ses produits
au marché communautaire74. La relation entre les deux parties est tenue sur le principe de la
non réciprocité, la communauté tiendrait à accorder aux produits originaires d’Algérie des
concessions douanières « les produits originaires d’Algérie sont admis à l’importation dans
la communauté sans restrictions quantitatives, ni de mesures équivalents, et en exemption des
doits de douanes et de taxes d’effet équivalent »75 et l’Algérie accorderait à la communauté le
traitement de la nation la plus favorisée.
73
DUPOY Alain, op.cit., p. 13.
74
Article (2) du journal officiel des communautés européennes du 27.9.1978
75
Article(3), paragraphe 1, du journal officiel des communautés européennes du 27.9.1978
51
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
Elle porte sur la mise en place des instruments financiers (protocoles financiers) sous
formes de dons provenant des ressources budgétaires de la commission européenne et sous
forme de prêts de la banque européenne d’investissement (BEI), et cela dans le but de réaliser
les objectifs généraux de l’accord de coopération et de permettre un soutien au processus du
développement en Algérie.
Pour que la coopération soit établie sur une base solide et pour assurer la mise en œuvre
de l’accord, plusieurs protocoles financiers ont été signés avec l’Algérie.
Ils sont représentés sous formes des dons provenant de ressources budgétaires de la
commission européenne et sous forme de prêts provenant des ressources de la banque
européenne d’investissement (BEI). Dans le cadre de la politique méditerranéenne globale,
trois (03) protocoles financiers ont été signés77 :
Prévu pour la période 1976-1981 pour un montant de 114 millions d’euros, destinés au
développement rural et la protection l’environnement et au transport.
76
DUPOY Alain, op.cit., P.27.
77
Union européenne – Algérie 30 ans de coopération ; 1979-2009, p.17.
52
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
Prévu pour la période de 1986-1991 pour un montant de 239 millions d’euros et destiné
principalement aux infrastructures (50 % du protocole), la gestion de l’eau (30% de l’aide) et
d’autres domaines tels que la coopération scientifique, l’agriculture et la pêche, le commerce
et l’industrie.
Les relations entre l’Algérie et la CEE étaient rigides et ne répondaient pas aux attentes
des deux parties et cela jusqu’au 1986 qui a marqué la relance des relations par une
multiplication des échanges et des contactes entre responsables algériens et européens.
Au milieu des années 80, plusieurs événements ont marqué le monde d’une manière
générale et l’Europe d’une manière spécifique , notamment l’entrée en vigueur de l’acte
unique européen qui a renforcé l’idée d’une nouvelle dynamique d’intégration européenne par
le biais de la création d’un vaste marché intérieure80, ainsi que la préparation d’un second
élargissement ( vers l’Espagne et le Portugal), et sur le plan international l’apparition d’un
nouvel ordre mondial dominé par les Etats-Unis d’Amérique après l’effondrement du bloc
socialiste.
78
NEDJAH Issam, les relations Euro-algériennes ; de la coopération au partenariat, Domitia, N°10, 2008, PP
149-164. P. 155.
79
BICHARA Khader, le partenariat Euro-méditerranéen : après la conférence de Barcelone, Edition
l’Harmattan, année 1997, p. 32.
80
LES EVOLUTIONS JUSQU’A L’ACTE UNIQUE, fiche technique sur l’union européenne-2014
53
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
défis, de nouvelles opportunités et des responsabilités accrues pour la CEE d’où la nécessité
de redéfinir son rôle international sur le plan économique et politique.
La mise en œuvre de cette nouvelle politique a permis à la CEE de définir les grandes
lignes sur les quelles se concentreraient ses actions et qui sont au nombre de cinq (05)82 :
81
NEDJAH Issam, op.cit., p. 155.
82
Ibid., p. 158.
83
Idem
54
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
La mis en place de cette politique a permis de renouveler les protocoles financiers pour
la période allant de 1991-1996 pour un montant augmenté globalement de 40 % par rapport
aux précédents.
Au départ, la communauté a affiché sa volonté de renforcer ses relations avec les PTM,
dont l’Algérie, en leur accordant des privilèges tels que l’amélioration des conditions d’accès
au marché communautaire et l’accroissement des aides dans le cadre du 4ème protocole
financier. Malgré ses apports et ses aspects innovants, plusieurs reproches ont été adressées à
cette politique pointant du doigt ses limites et faiblesses essentiellement financières,
notamment le fait de la persistance de la divergence d’intérêt entre la communauté et ses
partenaires. Elle a été presque comme un prolongement de la coopération traditionnelle déjà
existante (basée essentiellement sur les relations commerciales) et non pas comme un
nouveau projet économique global qui favoriserait le Co-développement.
84
Union européenne – Algérie 30 ans de coopération ; 1979-2009, p.17.
85
KHADER, Bichara. Op.cit., p. 67.
55
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
La fin de la guerre froide et la chute du bloc communiste ont crée une situation sans
précédente. Une série d’événements majeurs sur la scène continentale et mondiale poussera la
communauté européenne à revoir son rôle tant sur le plan régional que mondial : ainsi la crise
yougoslave et algérienne, la réunification allemande, la Guerre du Golf, l’aboutissement de
l’Uruguay Round ( mettant fin aux avantages tarifaires et contingentaire dont bénéficiaient
les PTM sur le marché européen) et, surtout le traité de Maastricht donnant naissance à
l’Union Européenne et ouvrant la voie à une union monétaire sont autant d’événements qui
vont conduire à des changements géostratégique en Europe.
L’Algérie ayant initié dans les années 80 une série de réformes économique et
politique s’est trouvée en difficulté en raison de la baisse des recettes des hydrocarbures, et
depuis, la situation a continué à se dégrader et a fini par le soulèvement d’octobre 1988,
violemment réprimé par le pouvoir Algérien. Un nouveau gouvernement a été mis en place, à
sa tête Kasdi MERBAH pour réformer le fonctionnement des entreprises et relancer la
croissance par : l’attribution de plus d’autonomie aux entreprises publiques et
l’encouragement du secteur privé86, mais l’ensemble de ces réformes s’est heurté à son coût
social très élevé et a fini par être abandonné.
86
ROCHERIEUX Julien, l'évolution de l’Algérie depuis l'indépendance, Sud / Nord, 2001/1 n°14, p. 27-50.
P. 42.
87
TEBOUL, René. « Intégration économique au bassin méditerranéen », Edition l’Harmattan, 1997, p. 31.
56
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
L’Europe s’est trouvée dans l’embarras face à la crise algérienne : de quel coté devrait-
elle s’engager ? « L’Europe est embarrassée, doit elle soutenir la poursuite du processus
électoral, sachant que celui-ci peut déboucher sur un Etat islamique qui fait peur à
l’occident ou soutenir l’armée qui prétend défendre les valeurs républicaines »88.
Lors de la réunion des ministres des affaires étrangères en conseil européen en juillet
1995, une demande a été transmise à la commission pour l’élaboration de directives pour
renforcer à court et à moyen terme la politique menée par l’UE, et cela dans l’objectif
d’assurer la paix, la stabilité, la sécurité et le développement économique et social dans les
pays de la Méditerranée90. Le projet du partenariat a prévu la création d’une zone de libre
échange et la conclusion d’un accord d’association destiné à remplacer les accords de
coopération.
La commission a adopté en juin 1995 la mise en place d’un nouvel instrument financier
(MEDA) pour la période de 1995-1999 afin de soutenir les réformes des structures
économiques et sociales des PTM91. Le Conseil Européen de juin de la même année, réuni à
Cannes, a prévu une conférence Euro-méditerranéenne pour le 27 et 28 Novembre 1995.
88
NEDJAH, Issam. Op.cit., P. 159.
89
La commission européenne, Renforcement de la politique méditerranéenne de l'Union européenne: vers un
partenariat euro-méditerranéen, Bulletin de l'Union européenne Supplément 2/95, année1995. P. 8.
90
Ibid., p. 10.
91
Idem.
57
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
Le volet politique
Ce volet porte sur la création d’une zone de stabilité et de paix et cela par un dialogue
politique régulier et l’instauration de l’Etat de droit basé sur la démocratie et la déclaration
universelle des droits de l’homme ainsi qu’une coopération a fin de lutter contre le
terrorisme, la criminalité organisée et la prolifération nucléaire.
Le volet socioculturel
92
Algérie, Tunisie, le Maroc, l’Egypte, l’autorité Palestine, la Jordanie, la Syrie, le Liban, la Turquie, Chypre,
Malte, et Israël.
58
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
des réticences de l’UE à engager des négociations dans le cadre cette nouvelle approche de
coopération malgré la prédisposition de l’Algérie à négocier depuis octobre 199393.
Les objectifs fixés sont définis dans le premier article (article 1) de l’accord
d’association qui stipule :
La consolidation des relations entre les deux parties signataires par la mise en place d’un
dialogue et d’une coopération politique ;
Encouragement à l’intégration Sud-Sud, notamment Union pour le Maghreb Arabe
(UMA) en favorisant les échanges et la coopération intra-maghrébine et entre celle-ci et
l’Union Européenne ;
La promotion de la coopération dans les différents domaines : économique, financier,
social, notamment dans la coopération culturelle par le biais d’un dialogue culturel ;
La libéralisation progressive des échanges conformément aux règle de l’OMC et assurer
des échanges humains dans le cadre de procédure administrative.
L’accord a prévu dans le titre neuf (09), article 92, la création d’un conseil d’association
qui a pour objectif l’examen des problèmes importants de cet accord, ainsi que toutes les
autres questions bilatérales, internationales ou d’intérêt commun.
93
BICHARA Khader, op.cit., p. 169.
94
Article (07) de l’accord d’association.
95
Article (100) paragraphe 2 de l’accord d’association.
59
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
Il est composé d’une part par les membres du gouvernement algérien et, d’autre part,
par les membres du conseil de l’Union Européenne et des membres de la commission des
communautés européennes. Il se réunit au niveau ministériel, autant que possible une fois par
an à la demande de son président et selon les conditions prévues dans le règlement intérieur. Il
est présidé à tour de rôle par un membre du conseil européen et un membre du
gouvernement algérien selon des modalités prévues dans le règlement intérieur. Il est doté
d’un pouvoir de décisions. Les décisions en découlant sont obligatoires pour toutes les parties,
comme il peut formuler des recommandations utiles. Il fixe son règlement intérieur et peut
déléguer au comité d’association toute ou une partie de ses compétences.
Cette coopération vise à consolider les relations entre l’Algérie et l’UE à travers un
dialogue politique et la coopération dans les domaines de la justice et des affaires intérieures.
Elle permet de créer une zone de stabilité et de sécurité et de contribuer à l’instauration de
l’Etat de droit et le respect des droits de l’homme.
60
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
Il concerne tous les sujets d’intérêts communs et plus particulièrement les exigences
garantissant la paix, la sécurité et le développement régional. Il est établi de manière régulière
et selon la nécessité ; son principal objectif selon l’article trois (03) de l’accord d’association
est de consolider les relations entre partenaires et contribuer à transformer la région
méditerranéenne en une zone de prospérité, de stabilité et de la sécurité et d’ancrage du
principe de la tolérance entre les religions.
Elle vise à renforcer le rôle des institutions dans l’application des droits, le
fonctionnement de la justice et l’instauration de l’Etat de droit.
L’accord prévoit la lutte contre tous les facteurs qui peuvent nuire aux objectifs fixés
comme :
61
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
Elle vise à fixer un cadre général qui facilitera les échanges entre les deux parties et à
assister l’Algérie en vue d’un développement durable. Elle consiste aussi à renforcer les liens
de partenariats entre les deux parties et à assurer un développement économique et social
durables à travers certaines actions comme :
Donner plus de priorité à la coopération dans les secteurs qui seront affectés par la
libéralisation des échanges ;
La réalisation d’un rapprochement entre l’économie algérienne et celle de l’UE par la
diversification des exportations algériennes et par la priorité donnée aux secteurs
générateurs de croissance et d’emplois ;
L’encouragement à l’intégration maghrébine et aux échanges intra-magrébins.
Cette coopération porte aussi sur d’autres questions primordiales ayant trait à la création
d’une zone de libre échange.
Les deux parties doivent travailler ensemble durant une période transitoire de 12 ans
suivant l’entrée en vigueur de l’accord pour établir une zone de libre échange, selon des
dispositifs du GATT et les accords multilatéraux sur le commerce de marchandises de
l’OMC. Plusieurs produits sont concernés par cette libéralisation :
L’article (09) du chapitre (1) concernant les produits industriels a dressé une liste de
produits annexée à l’accord d’association prévoyant, dès l’entrée en vigueur de celui-ci, la
suppression immédiate de droits de douanes et de taxes d’effets équivalent96, ainsi qu’un
96
La liste porte sur 2034 lignes tarifaires qui seront importés à un taux de droit de douane de 0 %, dès l’entrée
en vigueur de l’accord (2005).
62
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
calendrier pour une élimination progressive des droits de douanes et de taxes d’effets
équivalents pour certains produits97.
L’objectif fixé, pour les deux parties, est d’assurer une grande libéralisation des
échanges réciproques de produits agricoles, de produits de la pêche et des produits agricoles
transformés. Après 05 ans de l’entrée en vigueur de l’accord, les deux parties travailleront, au
sein du conseil d’association, sur les possibilités de nouvelles concessions sur une base
97
Une liste de produits originaire de la communauté, de 1095 lignes tarifaires, est concernée par une suppression
progressive de droits de douanes, durant 06 ans à un taux annuel de 10 %,10 %,10 %,20 %,20%, pour tomber à
0 , en 2012. Une autre liste de produits originaires de la communauté importés en Algérie bénéficieront d’une
réduction de 10 % par an, cela jusqu’à la onzième où le taux baissera de 5% pour tomber à 0 % après 12 ans
d’entrée en vigueur de l’accord (2017). Certains produits agro-industriels originaires de l’Algérie importés en
UE sont soumis à un droit de douane réduit.
63
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
réciproque. L’accord a prévu aussi des listes de produits agricoles98, annexé à l’accord
d’association, admis à l’importation sur le territoire de l’autre partie.
Toute partie s’engage à accorder aux fournisseurs de services de l’autre partie, d’une
manière réciproque, un traitement non moins favorable que celui accordé aux tiers
conformément aux principes de l’OMC.
Les sociétés d’une partie, leurs filiales ou leurs succursales présentes sur le territoire de
l’autre partie bénéficient du droit d’employer à titre temporaire (permis de séjour et de travail
limité à la durée de leur engagement) leurs ressortissants qui font partie du personnel clé de la
société (des cadres supérieurs chargés de diriger l’établissement, des employés possédant un
savoir particulier,…).
Dès l’entrée en vigueur de l’accord, les deux parties s’engagent à supprimer toutes les
mesures restrictives à l’importation ou à l’exportation et les mesures d’effets équivalents dans
leurs échanges. Elles aussi tiennent à ne pas instaurer de nouvelles mesures restrictives ou
d’effets équivalents et ne pas augmenter celles qui étaient en vigueur.
98
Mis à part les produits de la pêche exemptés totalement des droits de douanes, certains produits agricoles et les
produits agricoles transformés sont exemptés de droits de douanes à l’importation dans la limite des contingents
pour chaque produit.
99
L’exploitation est définie selon l’article 36, paragraphe « f » de l’accord d’association comme étant l’exercice
des activités économiques.
64
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
L’accord aborde des questions primordiales pour l’Algérie telles que : l’éventualité de
l’adhésion de l’Algérie à l’OMC, l’éventuelle adhésion à une zone de libre échange et
l’établissement d’une union douanière.
L’accord engage les deux parties sur des relations sur la base des principes de l’OMC
énoncés dans les dispositions communes, chapitre 03, concernant la libre circulation des
marchandises :
a. La non-discrimination
b. Antidumping
L’accord oblige une partie importatrice qui constate, après une enquête, une pratique de
dumping conformément aux principes de l’OMC, d’informer la partie exportatrice pour
mettre fin cette pratique conformément à article V du GATT de 1994 ou pour trouver une
solution satisfaisante dans un délai précis (30 jour), sinon la partie importatrice peut adopter
des mesures de rétorsion appropriées.
L’accord de l’OMC sur les subventions et les mesures compensatoires est applicable
entre les parties. L’accord permet, en cas de la constatation de l’une de ces pratiques à
l’occasion de l’échange, des mesures appropriées conformément aux accords de l’OMC sur
100
Ce sont des engagements par les pays pour ne pas accroitre les droits de douane au-delà des taux indiqués.
65
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
d. Les sauvegardes
Les deux parties tentent au niveau du comité d’association de trouver une solution pour
éviter les mesures de sauvegarde, dans un délai précis de 30 jours après l’ouverture des
consultations au niveau du comité d’association, sinon des mesures de sauvegarde seront
appliquées conformément aux dispositifs du GATT et de l’OMC.
e. La compensation
Les deux parties doivent assurer la protection des propriétés intellectuelles, industrielles
et commerciales qui sont en conformité avec les standards internationaux, comme elles
s’engagent à assurer la protection des données à caractère personnel pour faciliter leur libre
circulation.
g. La concurrence
Est jugé comme incompatible avec l’accord toute pratique abusive de la part des
entreprises ou toute exploitation abusive de la position de monopole sur le marché
communautaire et algérien conduisant à fausser le jeu de la concurrence.
66
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
A cet effet, les deux parties s’engagent, au niveau administratif, à mettre en conformité
leurs législations en matière de concurrence et à l’échange des informations dans le cadre
professionnel et le secret d’affaire.
Les deux parties s’engagent à mettre en place des procédures facilitant la libre
circulation des capitaux pour aboutir à une libéralisation complète de ces derniers. Dès
l’entrée en vigueur de l’accord, les deux parties assurent la libre circulation des
investissements directs en Algérie effectués dans des sociétés conformément à la législation
en vigueur, ainsi que toute liquidation et rapatriement du produit de ces investissements et
tout bénéfice en découlant.
L’accord autorise les deux parties à adopter des restrictions pour une durée limitée sur
des transactions courantes en cas de difficultés ou de risques en matière de balance de
paiements.
Enfin, les deux parties travaillent ensemble à renforcer la coopération dans les
différents domaines dont :
La coopération régionale : les deux parties s’engagent ensemble dans tous types
d’actions ayant un caractère régional ou associant d’autres pays ;
La coopération scientifique, technique et technologique : elle vise à renforcer les
relations entre les deux parties en permettant à l’Algérie le renforcement de sa
capacité de recherche et sa participation aux programmes de recherche et de
développement de la communauté conformément aux dispositions consacrées à la
participation des pays tiers ;
67
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
Enfin, l’accord vise aussi la modernisation du secteur des transports pour faciliter la
circulation des individus et de marchandises. La coopération dans l’énergie et des mines pour
préparer les entreprises de ce secteur à s’insérer dans l’économie du marché et le
développement d'un partenariat dans l’exploration, la production, la transformation, la
distribution, des services de l’énergie et des mines. Une coopération est prévu aussi dans le
domaine touristique et de l’artisanat.
68
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
Elle consiste à mettre en place des moyens financiers en faveur de l’Algérie, afin de
mettre en œuvre l’accord d’association et de réaliser ses objectifs, selon des modalités fixées
par un accord commun entre les deux parties et par des moyens appropriés. Son application
porte sur :
Elle est liée aux questions relatives aux ressortissants d’une partie résidant ou travaillant
légalement sur le territoire de l’autre partie, à savoir leur droit au travail, à la sécurité sociale,
l’égalité du traitement, à l’intégration sociale, à la liberté de circulation ainsi qu’un dialogue
sociale régulier et un échange culturel entre l’Algérie et l’UE.
L’accord garantit aux Algériens résidant d’une manière régulière sur le territoire de la
communauté européenne le droit d’exercer un travail professionnel salarié sans aucune
mesure de discrimination fondée sur la nationalité (la sécurité sociale, prestations familiales
pour leurs familles résidant dans la communauté, la liberté de transfert vers l’Algérie,…).
L’Algérie, de son coté, est tenue d’accorder les mêmes droits sur la base de la non-
discrimination fondée sur la nationalité aux ressortissants de la communauté travaillant ou
résidant en Algérie.
69
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
pour instaurer un dialogue social et travailler sur les problèmes qui concernent ces
travailleurs.
L’amélioration des conditions de vie dans les zones d’émigrations et dans les zones
défavorisées ;
La promotion du dialogue et les droits de l’homme dans le cadre socioprofessionnel
et l’amélioration du système de la formation professionnelle ;
Le renforcement de la participation de la femme au processus de développement et
l’appui aux programmes algériens de planning familial et la protection de la mère et
de l’enfant ;
La contribution à la réussite des personnes rapatriées à cause de leur statut illégal vis-
à-vis de la législation du pays hôte ;
La promotion de l’investissement productif et l’encouragement des travailleurs
algériens légalement installés dans la communauté à créer des entreprises dans leur
pays d’origine ;
La réduction des effets négatifs de l’ajustement des structures économiques et
sociales et le développement du secteur de l’habitat ;
L’aide au financement des programmes d’échanges de loisir entre les jeunes
européens et Algériens résidants dans les Etats membres afin de promouvoir la
connaissance mutuelle des civilisations et favoriser la tolérance.
70
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
Elle consiste à assurer une formation aux personnes activant dans le domaine culturel, à
renforcer les échanges d’artistes, d’œuvres d’arts ainsi que l’organisation de manifestations
culturelles, la diffusion d’ouvrages littéraires, techniques et scientifiques, contribuer à une
coopération pour la traduction littéraire, à la réhabilitation des sites et des monuments
historiques et culturels, sans négliger les échanges dans le domaine de l’audiovisuel et la
coproduction et des informations sur les manifestations culturelles importantes.
101
THIERRY, Damien. « La PEV dans le contexte d’une politique euro-méditerranéenne, aspects
géopolitiques » page 57-82, p. 58. Cit.in. BERRAMDANE Abdelkhaleq, « le partenariat euro-méditerranéen à
l’heure de l’élargissement de l’Union Européenne » Edition KARTHALA, Paris, 2005.
71
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
Etant une force régionale sur tous les plans, l’UE est en interdépendance avec ses
voisins dans le domaine commercial, les flux des capitaux, la migration,... Elle est bordée par
des zones de conflits, des zones en retards de développement et des pays qui sont des
démocraties inachevées103, ce qui accentue son devoir de s’engager par le biais de la PEV à
réduire les risques d’instabilités et de chaos dans sa périphérie.
Les contours de cette nouvelle politique ont commencé à se dessiner lors du conseil
européen de Copenhague en 2002, où un rappel a été fait sur les opportunités de ce nouvel
élargissement pour faire progresser les relations avec les pays voisins sur la base des valeurs
communes104 (démocratie, respect des droits de l’Homme). En 2003, la commission
européenne a proposé cette nouvelle politique dans une communication intitulée « L'Europe
élargie – Voisinage: un nouveau cadre pour les relations avec nos voisins de l'Est et du Sud »
en précisant que « l'Union s'emploie à créer un espace de prospérité et de bon voisinage- un
«cercle d'amis» - caractérisé par des relations étroites et pacifiques fondées sur la
coopération »105. En Mai 2004, elle a été adoptée définitivement.
La PEV n’a pas concerné des pays candidats à une éventuelle adhésion à l’UE, elle est
destinée aux pays voisins n’ayant aucune perspective d’adhésion Seize (16) pays et la
Russie106.
Les objectifs généraux de la PEV peuvent être résumés comme suit : soutient au
processus des réformes politiques, la promotion de l’intégration économique et le
développement durable, les aides et l’appui politique.
102
Communication de la commission européenne au parlement européenne à Bruxelles 11.09.2003 « l’Europe
élargie_ voisinage : un nouveau cadre pour les relations avec nos voisins d’Est et du Sud » COM (2003) 104
final.
103
LEPESANT, Gille. « L’UE et son voisinage : vers un nouveau contrat », In: Politique étrangère N°4 - 2004 -
69e année pp, 767-780, http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-
342X_2004_num_69_4_1109.
104
COM(2003) 104 finale op.cit p. 04.
105
Idem
106
Certains pays n’ont pas de frontières direct avec l’UE tel que : la Jordanie, Azerbaïdjan et la Géorgie et la
Russie a fait l’objet d’un partenariat stratégique qui ne fait pas partie de la PEV.
72
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
Travailler avec les partenaires par le biais de certaines actions (intensifications des
relations politiques et culturelles, l’intégration économique accrue, coopération
transfrontalière renforcée et prévention conjointe des conflits) pour réduire la pauvreté
et l’exclusion sociale et créer un espace de stabilité et de prospérité partagé avec ses
voisins.
Accorder plus d’avantages concrets et de relations préférentielles aux pays partenaire
qui montrent plus de progrès en termes de réformes opérés dans les domaines politique
et économique et l’inscrire dans un cadre différencié.
Afin de trouver des solutions fiables et mettre fin à la stagnation107 qui a suivi le
lancement du partenariat euro-méditerranéen et atteindre enfin les objectifs, l’UE a mis en
place de nouvelles méthodes et fixé de nouvelles priorités.
En effet, la PEV a la même finalité pour tous les partenaires, leur offrant les mêmes
perspectives sur la base du principe de la différenciation. Autrement dit, les modalités de la
mise en œuvre de la PEV diffèrent d’un partenaire à un autre, et tient compte des capacités et
des besoins de chaque partenaire et de sa situation géographique, politique, économique et
sociale ainsi que des intérêts de l’Union Européenne108.
107
THIERRY, Damier. Op.cit., p. 67.
108
BERRAMDANE, Abdelkhaleq, « le partenariat euro-méditerranéen à l’heure de l’élargissement de l’UE »,
Edition KARTHALA, Paris, 2005, p. 33.
73
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
Une fois le plan d’action conclu, les organismes constitués dans le cadre de l’accord
d’association (conseil d’association, comité d’association…) se chargent du suivi de la
réalisation des objectifs préalablement fixés par la concertation des deux parties. Les
organismes chargés du suivi ne sanctionnent aucun partenaire qui ne réalise pas une avancée
dans les réformes souhaitées, mais ce dernier risque de se trouver exclu de toute nouvelle
perspective ; autrement dit, plus un pays partenaire respecte ses engagement, plus il
bénéficiera des aides européennes.
Enfin, le respect des plans d’actions pourrait être avancé comme un préalable pour le
remplacement, dans l’avenir, des anciens accords s’association par des nouveaux accords
européens de voisinage114. Les avantages octroyés par l’UE pour les pays partenaires
(intégration plus poussée dans le marché européen et participation à d’autres politiques
européennes) sont tributaires des réformes politique et économique et les objectifs fixés dans
109
La liberté de circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux.
110
Ce sont l’ensemble des principes énoncés dans la charte des droits fondamentaux de l’union européenne
notamment : la démocratie, le respect des Droits de l’Homme…
111
Il constitue un model éprouvé pour l’établissement des marchés viables et l’adoption des normes communes
en matière de produits industriels, les services de transport, d’énergie et de réseaux de télécommunication, de
protection de l’environnement et des consommateurs, de santé, des conditions de travail et d’exigence de
qualité : COM (2003) 104 finale.
112
Pour les pays de l’Europe de l’Est ce sont les accords de partenariat et de coopération qui en constitue la base
113
Un plan d’action est un document élaboré par la commission européenne en concertation avec les pays
partenaires, il est sans valeur juridique contraignante, il regroupe tous les travaux en cours et à venir de l’UE
avec ses voisins pour fixer des objectifs stratégiques et globaux, comme il regroupe aussi des critères de
référence servant à évaluer les progrès dans la réalisation des conditionnalités dans l’avenir.
114
THIERRY, Damien. Op.cit., p . 69.
74
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
les plans d’actions, c’est-à-dire plus de réformes plus de perspectives offertes « L’engagement
de l’Union Européenne devrait donc être progressif et subordonné aux aspects des objectifs
de réformes préalablement fixés »115.
Au départ la PEV n’avait pas concerné les pays du sud de la Méditerranée, mais suite
à la demande de la France, lors de la conférence de Copenhague en décembre 2002, la
115
COM (2003) 104 final. op.cit., p.17.
75
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
nouvelle politique a été étendue à l’ensemble des pays des frontières sud de l’Europe. La
demande française a été dictée par la crainte de voir le rapport UE avec les pays
méditerranéens se marginalise en faveur des pays l’Europe Centrale et Orientale (PECO)116.
116
THIERRY, Damien, op.cit., p. 59.
117
MOISSERON, Jean-Yves. « Les défis de la Nouvelle politique de voisinage face au bilan du processus de
Barcelone ». In : HADDAR, Mohammed. « La politique européenne de voisinage et la Maghreb ». Commission
Européenne ; Fondation Hanns Seidel, 2008, p. 103-136. p 128.
118
BAGHZOUZ, Aomar, « de processus de Barcelone à l’Union pour la méditerranée : une vision d’Algérie »
outre terre, 2009/3 N° 23. Pp 139-161. P 161.
119
MARTINEZ Louis, « la position de l’Algérie devant l’intégration méditerranéenne », politique
méditerranéenne/ le Maghreb, 2010.
120
Idem
121
http://Algerian-embassy.be/accord-d’association
76
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
Conclusion
La signature des accords d’Evian, le 18 mars 1962, a scellé l’indépendance politique
de l’Algérie qui, néanmoins, a continué à bénéficier, sur le plan économique, de certains
avantages qui lui étaient octroyés du temps où elle était une colonie française, sur la base de
l’article 227 du traité de Rome qui l’avait considérée comme un département Outre mer
français, cette situation a perduré jusqu’à jusqu’au début des années 1970. Dès lors, un
nombre de pays de la CEE ont commencé à considéré l’Algérie comme un pays tiers. Il était
nécessaire donc de redéfinir les relations de l’Europe avec l’Algérie.
Les négociations menées, au début des années 70, avec le lancement de la politique
européenne globale ont abouti à la conclusion d’un accord de coopération en 1976, mais les
relations entre l’Algérie et la CEE n’ont pas évolué à cause de divergences d’intérêts entre
une communauté qui cherchait un intérêt purement commercial et des pays, à l’instar de
l’Algérie, en quête de véritables perspectives de développement.
En plus des divergences d’intérêts, les relations entre la CEE et l’Algérie ont souffert de
la stagnation, pour une durée de plus de 20 ans (depuis la signature des accords de
coopération en 1976 jusqu’en 2002, année de la conclusion de l’accord d’association), à cause
de deux raisons majeures d’une part, l’Union Européenne était préoccupée par sa construction
interne et, par conséquent, a donné peu d’importance à ses relations extérieures et, d’autre
part, l’Algérie a connu, depuis le début des années 80 jusqu’aux années 2000, une série
122
Zone de libre échange aménagée : elle tient en compte les différences de développement entre la CEE et les
pays du Maghreb. Contrairement aux pays européens, elle consiste à établir un désarmement douanier et
contingentaire plus lent de la part des pays du Maghreb et faire bénéficier ces pays d’un régime proche du
régime intracommunautaire.
77
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie
d’événements déstabilisants (la transition vers l’économie du marché et son coût social
engendré, la dette extérieure, le terrorisme,…).
En l’espace de 35 ans, l’Europe a mis en œuvre quatre (04) politiques différentes pour
définir ses relations avec ses voisins du Sud. A ces quatre (04) approches, on peut rajouter la
proposition du candidat (2007) et futur président français, Nicolas Sarkozy : l’Union
Méditerranéen, devenue Union Pour la Méditerranée, avait pour objectif de stimuler la
coopération entre les deux rives. Ce projet est vite tombé à l’eau à cause de peu d’intérêt qu’il
a suscité pour les pays européens et pour les pays de Sud et de l’Est de la Méditerranée. Les
événements, dits printemps arabes, vont l’enterrer d’une manière quasi définitive.
Enfin, toutes les politiques proposées sont conçues et élaborées par l’Union Européenne
et selon les besoins et les préoccupations de ses pays membres, donc loin des attentes des
pays tiers méditerranéens, ce qui accentue les écarts en terme de développement entre
l’Union Européenne en tant qu’entité et les différents pays partenaires, et par conséquent, rend
difficile la réalisation des objectifs fixés dans les différents accords. Loin des statistiques et
des chiffres, les coûts humain et social des politiques que l’Europe impose (grâce à sa
puissance économique, politique et financière) à ses partenaires du Sud sont énormes. Pour
autant, il reste possible d’envisager un réel partenariat et une véritable coopération en mettant
en place, en plus de l’aspect économique de l’accord, des vrais mécanisme de lutte contre la
pauvreté source de tous les maux des pays de Sud, de l’immigration clandestine, de terrorisme
et enfin aider les pays partenaires à faire face aux effets négatifs liés à la libéralisation des
échanges, qui pourrait détruire tout le tissu fragile des PME/ PMI et, par conséquent, aggraver
la situation qu’on cherchait à remédier.
78
CHAPITRE III : La
mise en œuvre de
l’accord d’association
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
79
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
Section 1. Les programmes du financement dans la cadre de l’accord d’association
Les accords de l’UE avec les pays partenaires, à l’instar de l’Algérie, ont toujours été
accompagnés d’instruments financiers (depuis les premiers accords de coopérations jusqu’à la
politique européenne de voisinage) pour aider les économies de ces pays et afin de faire face
aux difficultés que peut causer leur ouverture vers l’extérieur.
L’Union Européenne a donc mis en place ces instruments, financés par ses propres
ressource budgétaire, pour tous les pays de sud de la méditerranée. Ils s’étalent sur une durée
bien déterminée et qui diffère d’un instrument à l’autre. Les premiers protocoles se sont
étalés sur une période de 20 ans, et les programme MEDA sur 10 ans, l’instrument européen
de voisinage et de partenariat sur une période de 07 ans et, enfin, l’instrument européen de
voisinage sur une période de 07 ans aussi.
Mis à part ces instruments, la Banque Européenne d’Investissement (BEI) intervient par
le biais de plusieurs opérations pour financer les différents projets, notamment ceux du
secteur privé. Ces financements proviennent de ses fonds propres, à destination de toutes les
entreprises des pays méditerranéens qui lui ont fait une demande.
La commission avait estimé que la réalisation des objectifs fixés lors de la conférence
de Barcelone, n’allaient se réaliser que par un appui financier devant accompagner les
réformes politiques, économiques et sociales. Les expériences des anciens protocoles
financiers ont contribué à améliorer la mise en œuvre de ces instruments, notamment la
fixation des montants, les choix sectoriels sur des périodes moins longues, facilitation les
discussions sur les stratégies à suivre et faire bénéficier davantage les acteurs de la société
civile (entreprises, association, ONG…).
80
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
Plusieurs ressources financières ont été mises en place en faveur de l’Algérie pour le
financement des différents projets prévus dans le cadre des accords d’association. Les
ressources engagées étaient soit sous formes de prêts de la Banque Européenne
d’Investissement (BEI), soit sous forme d’aides et de dons (MEDA I et II, IEVP…)
provenant des fonds budgétaires de la commission européenne.
De 1995 à 2006, deux (02) instruments de financement ont été mis en place :
81
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
D’un montant de 38 millions d’euros, Il a été lancé en 1998, dans l’objectif de soutenir
le processus de privatisation des entreprises publiques à travers la mise à disposition de
l’Algérie d’une expertise en matière de privatisation (assistance juridique, encadrement des
opérations de cessions,…).
Le nouvel instrument a subi des réformes pour pouvoir apporter plus d’aides aux pays
partenaires et améliorer son efficacité. Parmi ces réformes on peut citer :
123
Journal El Watan - Vendredi 14 - samedi 15 septembre 2007 – p7.
82
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
Dans le cadre de la coopération bilatérale, l’Algérie a bénéficié pendant la période
2000-2006, d’un montant 338.4 millions d’Euros, La moyenne annuelle d’engagement étant
de 48,4 millions euros alors qu’elle n’était que de 33 millions dans le cadre de MEDA I.
Plusieurs projets et secteurs ont bénéficié des subventions dans le cadre de MEDA II.
Dans ce qui suit, on évoquera quelques uns des plus importants :
A partir des l’an 2000, la police algérienne a bénéficié de 8.3 millions d’euros dans le
cadre de programme MEDA II. La somme allouée sur quatre (04) ans a été consacrée à
équiper les laboratoires de police scientifique de trois wilayas à savoir Alger, Oran et
Constantine et à offrir une assistance technique par l’organisation des séminaires sur la
question des droits de l’homme.
124
Document de l’union européenne, « Union européenne- Algérie : 30 ans de coopération 1979-2009 », p 33.
83
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
125
Document de l’Union Européenne : « UE-Algérie 30 ans de coopération 1976-2009 », p 35.
126
Ain Defla, Chlef, Mascara, Rezilane, Tiaret, Tissimssilt,
84
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
L’appui à la réforme de la justice a été doté d’un montant total de 17 millions d’euros
dont 15 million d’euros de l’Union Européenne. Il a visé, à travers l’apport d’appui à
l’amélioration au système judiciaire algérien, le soutien aux réformes de la justice engagées
par l’Algérie en 2004 et la contribution à la consolidation de l’Etat de droit.
Le montant total de cet appui, lancé en 2005, était de 11 millions d’euros. L’Union
Européenne a contribué de son coté de 10 millions d’euros. Ce programme a centré ces
actions sur le renforcement des capacités opérationnelles des associations, un encadrement
incitatif à la création et un meilleur fonctionnement des associations et leur contribution au
développement social en Algérie.
85
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
travaux publics. Son objectif est l’amélioration du processus de prise de décision et de la
facilitation de la mise en œuvre des réformes dans le cadre de l’accord d’association et cela à
travers le renforcement du poids de l’information économique dans le processus de décision
en matière de définition des politiques macro-économiques, sectorielles et régionales127 .
11 millions d’euros ont été consacrés dans ce cadre aux projets visant la revitalisation
et l’amélioration des conditions de vie en zones rurales dans le but de stabiliser les
populations et réduire les flux migratoires.
Le programme est doté d’une somme de 10 millions d’euros pour apporter d’assistance
et d’expertise et les moyens nécessaires afin de rapprocher le cadre législatif algérien de celui
européen par des actions de jumelages institutionnels et le TAIEX.
Entre 1996 et 1999, le montant engagé pour l’Algérie dans le cadre de MEDA était de
164 millions d’euros, soit 64 % du montant indicatif, estimé à 250 millions d’euros. Suite au
nouveau document stratégique élaboré en 1999, de nouveaux projets ont été formulés d’une
valeur de 30 millions d’euros, qui s’ajoutent aux programmes précédents, ce qui fait un
montant total de 194 millions d’euros.
Pour la période 1996-2006, un montant de 502 millions d’euros a été engagé pour
financer les différents projets lancés dans le cadre du partenariat UE-Algérie. Jusqu’en 2005,
une année avant la fin du programme MEDAII, l’Algérie était derrière ces deux voisins ;
127
Document de l’union européenne : «UE- Algérie : 30 ans de coopération 1979-2009 », p 39.
86
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
le Maroc a bénéficié presque du triple et la Tunisie du double des sommes allouées à
l’Algérie comme le montre le tableau ci-dessous :
Tableau n° 3 : les financements dans le cadre de MEDA I et II pour les trois pays du
Maghreb
Algérie 503
Maroc 1472
Tunisie 948
Source : réalisé sur la base des données tirées des différents plans stratégique (2007-2011)
A partir du tableau 3, on remarque que l’Algérie est classée loin derrière ses voisins le
Maroc et la Tunisie en terme des montants qui lui ont été consacrés dans le cadre des
programmes MEDA I et II. Cette faiblesse s’explique selon l’Union Européenne par
plusieurs facteurs128 :
128
Document stratégique Algérie-UE 2002-2006 (PIN 2002-2004)
129
http://www.algerie-dz.com/article1059.html; consulté le 12/11/2015.
130
Idem
87
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
1.2. L’Instrument Européen de Voisinage et du Partenariat (IEVP)
Les programmes (MEDA I et MEDA II), desquels l’Algérie a bénéficié d’une aide
financière d’un montant de 500 millions d’euros131 (mis à part les prêts de la Banque
Européenne d’Investissement), sont arrivés à leur terme en 2006. Ils ont été remplacés en
2007 par le Nouvel Instrument de Voisinage et de Partenariat (IEVP), d’un montant de 392
millions d’Euro132, accordé dans le cadre des plans indicatifs nationaux (PIN) en deux phases
d’une durée de 03 ans chacune.
Dans ce cadre, plusieurs domaines ont été concernés tels que : la réforme de la justice
(système pénitentiaire, introduction des normes internationales régissant la gestion et/ou les
conditions de détention et de prévention de la récidive), la croissance économique et d’emploi
et le renforcement des services publics de base…
Cet instrument a été lancé en 2007 avec une enveloppe financière de 220 millions
d’euros pour une durée de 03 ans, il a concerné :
Lancé en 2007 pour un montant de 17 millions d’euros, son objectif principal est de
moderniser le système pénitentiaire en introduisant des normes internationales dans la gestion
des établissements et l’amélioration des conditions de détentions. L’appui porte aussi sur
l’amélioration des capacités d’accueil du système pénitentiaire et ses capacités de gestion tout
en travaillant à une meilleure insertion des détenus libérés dans la vie économique et dans la
société algérienne.
Le programme est lancé en 2007, il est considéré comme la deuxième phase d’appui aux
PME et PMI, après celui qui a été lancé en 1998 dans le cadre du programme MEDA. Une
enveloppe 40 millions d’euros lui a été consacrée. Il avait pour objectif d’assurer le
développement et la modernisation du secteur afin d’améliorer d’une manière durable la
compétitivité des PME/PMI sur les marchés national régionaux et internationaux.
131
Document européen, UE-Algérie 30 ans de coopération 1976-2009
132
Supplément 50ème anniversaire d’indépendance : UE-Algérie ; 30 ans de coopération
88
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
Il a été Lancé en 2008 avec une enveloppe financière de 30 millions d’euros. Il a pour
but d’améliorer l’efficacité des services publics de santé, de garantir et de renforcer l’équité
dans l’accès aux soins de qualité, et consolider les capacités de l’Algérie à faire face aux
implications épidémiologiques liées au développement démographique.
Appui a l’emploi
Ce programme a été lancé en 2009, il est doté d’un montant de 30 millions d’euros. Il
avait pour objectif le renforcement et l’amélioration des performances et de la qualité de
l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, renforcement des capacités de
recherche et le relèvement du niveau de la formation du capital humain pour répondre aux
besoins des entreprises, et aussi le soutien pour l’Algérie dans sa transition vers le système
LMD134.
133
Document de l’union européenne : UE-Algérie 30 ans de coopération 1976-2009
134
Idem
89
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
Ce programme a été lancé en 2010. Un montant de 24 millions d’euros lui a été affecté
dans l’objectif, d’une part, de favoriser la réussite du partenariat engagé entre l’UE et
l’Algérie et d’autre part, appuyer l’administration algérienne et toutes les institutions
contribuant à la mise en œuvre de l’accord d’association en leur garantissant l’expertise,
l’assistance technique ainsi que les instruments de travail nécessaire pour réaliser les objectifs
fixés dans le cadre de cet accord.
Il a été lancé en 2010 avec une enveloppe financière de 30 millions d’euros. Il avait
pour objectif le renforcement du programme du gouvernement en matière d’assainissement et
de gestion des ressources en eau et la gestion des infrastructures liés à ce secteur à travers le
renforcement des capacités des ressources humaines en la matière135.
Le budget indicatif prévu pour cette période (2011-2013) était de 172 millions d’euros,
destiné essentiellement à financer six (06) programmes de développement durable (appui à la
protection de l’environnement, protection et valorisation du patrimoine culturel et appui au
développement socio-économique) et des programmes concernant la croissance économique
(transport, mise en œuvre de l’accord d’association P3A, pêche et aquaculture).
Le budget prévu pour ce programme était de 34 millions d’euros. Il avait pour objectif
la prévention et la lutte contre la dégradation de l’environnement, la rationalisation
d’exploitation des ressources naturelles et la protection de la santé humaine.
135
Plan indicatif national 2007-2011
90
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
Ce programme a concerné les zones rurales défavorisées réparties dans les Hauts
Plateaux ouest et les régions montagneuses du centre nord. Il est doté d’une enveloppe
financière de 20 millions d’euros, son objectif était d’offrir des perspectives et d’amélioration
des niveaux de vie des populations pauvres en favorisant le développement des initiatives
locales à vocation productives.
Cet appui d’un montant global de 38 millions d’euros, il a concerné plusieurs domaines
tels que l’aviation civile, le secteur maritime, la prévention et la prévision climatologique et le
renforcement de l’institution météorologique. Il visait le développement des stratégies des
transports permettant une amélioration de la sécurité et de la qualité de ce secteur,
l’organisation des infrastructures et des services logistiques et le renforcement des
administrations maritime et portuaire.
Le programme est doté d’une enveloppe de 30 millions d’euros pour la période 2011-
2013. Il a été mis en place dans l’objectif de réussir le partenariat entre l’UE et l’Algérie et de
permettre la mise en œuvre de la feuille de route signée entre l’Algérie et l’UE en 2008. Il
s’agit d’une facilité accordée à l’économie nationale pour s’adapter aux dispositifs de l’accord
d’association et pour réaliser les objectifs fixés dans le cadre de la feuille de route.
Cet appui est intervenu pour compléter le premier programme DIVECO I, qui a été a
mis en place dans la cadre de la diversification de l’économie nationale, en 2010. Il est doté
d’une enveloppe de 30 millions d’euros, et visait le développement du secteur de la pêche et
de l’aquaculture pour qu’il contribue à la diversification de l’économie nationale.
91
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
Tableau n° 4 : Comparaison de l’IEVP entre les 03 pays du Maghreb
Source : Elaboré sur la base des données de Plans stratégiques des 03 pays
A La lecture des données du tableau élaboré à partir des différents plans indicatifs
nationaux, nous pouvons constater que tout comme pour les programmes MEDA, le Maroc
reste le premier bénéficiaire des aides européennes dans le cadre de l’instrument européen de
voisinage et du partenariat. Le montant consacré à ce pays représente plus que double de celui
de la Tunisie et le triple de celui de l’Algérie qui reste loin derrière avec 392 millions d’euros.
Mark SKOLIL136 explique la faiblesse du budget alloué à l’Algérie par rapport aux pays
voisins, dans le cadre des programmes MEDA et les PIN, par le fait que les pays du voisinage
n’ont pas les mêmes besoins, ni en termes de contenu, ni en termes de financement. Certains
pays cherchent des ressources et d’autres cherchent à la fois les ressources et le contenu, et
l’Algérie n’est pas à la recherche des ressources mais s’est intéressée uniquement au transfert
du savoir faire137.
136
Ambassadeur et chef de délégation de l’union européenne en Algérie.
137
Marek SKOLIL, Ambassadeur et chef de délégation de l’UE en Algérie, article disponible sur :
http://eeas.europa.eu/delegations/algeria/press_corner/all_news/news/2014/entretien_skolil_fr.htm.
92
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
1.3. La Facilité Euro-méditerranéenne d’Investissement et du Partenariat
(FEMIP)
L’année 2013 a marqué la fin de l’IEVP qui a duré 07 ans et le début d’un autre
instrument pour la période 2014-2020 sous l’appellation d’Instrument Européen de
Voisinage (IEV). Le montant total alloué dans ce cadre est 15.4 milliards d’euro, destinés à
16 pays139 avec des objectifs de nature politique et économique.
La BEI propose aux pays partenaires méditerranéens plusieurs produits à savoir des
financements, de l’assistance technique, des services et des conseils :
Il concerne les projets dont le coût dépasse les 25 millions d’euros. La BEI propose un
financement à la limite de 50 % du coût total. Les principaux secteurs sur lesquels elle
concentre ses prêts sont : l’énergie, le transport, l’environnement, l’industrie, la santé et
l’éducation.
138
Document de la banque européenne d’investissement : financement de la FEMIP en Algérie, août 2013
139
Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Syrie, Israël, Territoires palestiniens, Jordanie, Liban, Ukraine,
Moldavie, Biélorussie, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan.
93
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
1.3.1.2. La ligne de crédit
La ligne de crédit accordée aux banques intermédiaires : pour financer les projets de
petites dimensions dont le coût est inférieur à 25 millions d’euro, la BEI accorde des
crédits à des banques intermédiaires et des organismes de crédit-bail locaux qui
rétrocèdent les fonds aux PME et aux collectivités réalisant des projets
d’infrastructures.
La ligne de crédit accordée aux institutions de micro-financement140 : la BEI met à la
disposition des institutions de micro-financement des lignes de crédit en monnaie
locale.
En plus des différents types de financement, la BEI apporte son assistance technique
dans les projets qu’elle finance et aux pays méditerranéens partenaires dans leur mise en
œuvre. Cette assistance peut intervenir comme une aide en amont par le biais de son fonds
140
« Le micro-financement est défini comme étant un ensemble de produits et services financiers destinés à des
personnes exclues des circuits bancaires traditionnels, les prêt, dans le cadre ce dispositif, sont caractérisés
par un risque de non remboursement » la définition est tiré site :
http://www.banquedeluxembourgnews.com/actualites/entry/microfinance-comment-ca-fonctionne consulté le
13/04/2015.
141
Document de la banque européenne d’investissement : FEMIP pour la méditerranée : instruments de la
FEMIP, février 2009.
94
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
fiduciaire permettant d’apporter le soutien nécessaire aux études sectorielles et aux activités
visant à soutenir l’expansion du secteur d’activité en question.
La BEI était l’un des principaux bailleurs de fonds pour l’Algérie, leurs relations
remontent à la fin des années 70. Depuis les années 80 jusqu’en 2005, l’Algérie a bénéficié
de près de deux milliards d’euros sous formes de prêts destinés à financer les projets dans le
secteur public.
Cependant, la hausse des prix du pétrole durant les années 2000, a mis l’Algérie dans
une situation d’aisance financière et permis un remboursement anticipé de ses dettes
extérieures. Et depuis, elle compte sur ses propres ressources pour financer ses
investissements publics et, par conséquent la limitation du rôle de la BEI. Cette dernière n’a
pas cessé ses activités, mais elle a concentré ses actions sur le secteur privé. Ainsi, l’entreprise
familiale nouvelle conserverie algérienne NCA Rouïba a bénéficié d’un montant de
financement de 300 millions DA (équivalent à 3 millions euros) sous formes d’un prêt
participatif subordonné142 d’une durée de 08 ans, pour financer le programme de la
modernisation de l’entreprise. Face au manque des financements auxquels sont confrontés
les petites et les moyennes entreprises (PME) ayant vu le jour dans les secteurs du bâtiment
et des travaux publics et industries légères, la BEI a jugé utile de mettre en place un projet
du crédit bail dont l’objectif est de créer une société de crédit bail en Algérie pour répondre
aux besoins de financement des PME à moyen terme. Ce projet a bénéficié, en 2005, d’une
ligne financière sous forme d’un prêt participatif d’un montant de 10 millions d’euros pour
une durée de deux (02) ans. Le MEDGAZ, le projet le plus important en termes de valeur, a
bénéficié de 500 millions d’euros pour financer la construction d’un gazoduc reliant l’Algérie
et l’Espagne.
142
C’est un instrument de financement qui est adapté aux besoins des PME dont la rémunération est basée en
partie Sur les performances de la société.
95
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
millions d’euros, dont objectif principal est la réussite du partenariat UE-Algérie en apportant
à l’Algérie l’assistance technique et l’expertise pour réaliser les objectifs fixés dans le cadre
de l’accord d’association.
C’est un instrument, lancé en 1998 par la commission européenne, est destiné aux
futurs Etats membres de l’UE pour les préparer à y adhérer. Avec le lancement de la PEV, il
a été élargi aux pays méditerranéens. Les jumelages permettent un rapprochement entre les
administrations des pays partenaires méditerranéens et leurs équivalents européens « ils
permettent d’unir les compétences du secteur public des Etats membre de l’UE et des pays
bénéficiaires afin de renforcer les activités de coopérations »143.
Depuis son lancement en 2008 jusqu’en 2012, qui a marqué la fin de la première phase
de P3A, plusieurs domaines ont bénéficié de ce programme tels que les règles
concurrentielles, la conformité industrielle, les finances, l’artisanat traditionnel et la qualité de
l’eau.
143
Rapport de coopération UNION EUROEENNE – ALGERIE, Edition 2014, p. 11.
144
Document du Ministère du commerce : bilan du programme d’appui à la mise en œuvre de l’accord
d’association. Avril 2002, www.p3a-algérie.dz
96
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
La deuxième phase de la mise en œuvre de l’accord d’association est prévue pour la
période 20013-2015, qui est un prolongement pour la première phase de jumelages, plusieurs
projets de jumelages ont été lancés. Voici une liste non exhaustive de quelques jumelages
lancés depuis 2012 :
145
C’est un projet qui a bénéficié d’un montant de 1.14 millions d’euros pour une
période de deux (02) ans (2012-2014), son objectif est de contribuer au développement et à la
gestion durable de la pêche et de l’aquaculture basés sur des avis scientifiques pertinents.
Ce projet de jumelage est doté d’un montant de 1.17 millions d’euros146 pour une
période de deux (02) ans (2012-2014-), il est intervenu pour aider le ministère de l’agriculture
et de développement rural à développer l’observatoire des filières agricoles et
agroalimentaires pour qu’il puisse contribuer à la politique algérienne de renouveau agricole
et rural.
Le montant alloué à ce projet est de 1,45 millions d’euros147 pour une période de deux
(02) ans. Son objectif est l’amélioration de la sécurité aérienne en Algérie et
l’accompagnement de la DACM dans la mise en place d’un plan national de sécurité et des
systèmes de gestion de la sécurité.
L’enveloppe financière consacrée à ce programme est de 1,145 millions d’euros pour une
période de deux (02) ans (2013-2015). Son objectif est le renforcement de l’Etat de droit et la
sécurité juridique en apportant une assistance pertinente au système judiciaire et juridique
algérien dans l’élaboration et l’application du droit.
145
Rapport de coopération UNION EUROEENNE – ALGERIE, Edition 2014, p. 336.
146
Idem
147
Idem
97
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
Ce projet, financé à hauteur de 1,45 millions d’euros148 pour une durée de 02 ans, est
conduit par la France et l’Italie. Il porte sur des sujets tels que l’intelligence économique, la
veille stratégique, l’organisation des bases de données, les règles du commerce international,
les règles du commerce et les négociations de l’OMC.
Il est financé à hauteur de 1.410 millions d’euros pour une période de 2 ans. Il a pour
but d’apporter un appui à la mise en œuvre de reconnaissance de la qualité des produits
agricoles du terroir, par des signes distinctifs liés à l’origine (appellation d’origine et
d’indication géographique) tout en rapprochant le cadre législatif et la réglementation
algérienne de celle européenne dans le domaine.
Trois produits sont concernés par ce projet à savoir : les dattes « DEGLET NOUR », la
figue sèche de BENI MAOUCHE et l’olive de table de SIG.
Le budget prévu pour ce jumelage est de 1,492 millions d’euros. Il est conduit par la
France et l’Italie pour une durée de 24 mois. Son objectif est l’amélioration de la sécurité
sanitaire pour les produits d’origines animales destinés à la consommation locale ou à
l’exportation, la préparation à la mise en place d’un système d’information des services
vétérinaires et l’introduction de nouveaux champs permettant le renforcement du contrôle,
l’identification, l’enregistrement des animaux, la pharmacovigilance, la surveillance des
contaminants et des résidus.
Le projet est conduit par la France et l’Italie pour une durée de 2 ans avec un montant
de 1,450 millions d’euros. Son objectif est de renforcer les capacités de certains laboratoires
148
www.p3a-Algérie.com
98
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
de l’INMV (Alger, Tlemcen et Constantine) et les accréditer selon le référentiel ISO/CEI
17025.
Ce jumelage prévoit un montant de 1.5 millions d’euros, et s’étale sur une période de
24 mois à partir du 24 septembre 2014. Il porte sur des objectifs généraux comme la baisse
des accidents et de la mortalité sur les routes et des objectifs spécifiques tels que
l’amélioration des dispositifs de prévention et de sécurité routière.
Le programme a été lancé le lundi 22 décembre 2014, pour une période de 24 mois. Il
est doté d’une enveloppe de 1.4 millions d’euros pour appuyer le programme de
modernisation des finances publiques et améliorer l’utilisation des fonds publics et
Contribuer à l’amélioration de la performance de l’IGF dans une vision de passage au
contrôle de gestion et de performance.
Cet appui est lancé en décembre 2014, avec une enveloppe financière de 1.45 millions
d’euros pour une durée de 24 mois. Son objectif est de soutenir l’administration algérienne
99
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
dans le processus de modernisation des finances publiques, et la Direction Générale de le
Prévision et des Politiques (DGPP) dans ses fonctions de prévision, de formulation, de
décision, de mise en œuvre et d’évaluation des politiques budgétaires et des politiques
fiscales.
Le lancement de cet appui a eu lieu en décembre 2014, pour une durée de 24 mois, avec
un montant de 1.4 millions d’euros. Son objectif principal est d’appuyer le programme de
modernisation des finances publiques et améliorer l’utilisation des fonds publics tout en
optimisant les performances de la Direction Générale des Impôts (DGI).
Lancé en janvier 2015, avec une enveloppe de 1.72 millions d’euros. Ce jumelage a
pour objectif de contribuer à la bonne gouvernance administrative et financière de l’Etat
algérien, aux réformes en cours et au renforcement du système général de contrôle et de
maîtrise de la gestion du secteur public dans son ensemble.
Il peut prendre diverses formes comme des missions, des séminaires et des visites
d’études dans une administration des Etats membres, il intervient pour différentes raisons,
parmi les quelles on peut citer149 :
149
Programme d’appui à la mise en œuvre de l’accord d’association, www.p3a-algérie.org
100
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
Cet instrument crée en 1992, était destiné aux pays candidats à l’élargissement de l’UE.
À partir de 2009, il a été élargi aux pays voisins. C’est un instrument un peu particulier par
rapport aux autres instruments. Il a un aspect multilatéral parce qu’il est le résultat d’une
initiative de l’OCDE et de l’UE. Il est financé principalement par la commission européenne
et mis en œuvre par l’OCDE. Son objectif est le renforcement des systèmes de gouvernance
publique et les capacités de son administration150. Sa mise en œuvre peut prendre plusieurs
formes: ateliers, séminaires, évaluation par les pairs, études, conseils,…
L’Algérie a commencé à bénéficier de cet outil à partir de 2012. Deux secteurs ont été
concernés à savoir :
150
Rapport de coopération UNION EUROEENNE – ALGERIE, Edition 2014, page 11.
101
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
En plus des produits industriels, les produits agricoles, les produits de la pêche et les
produits agricoles transformés originaires des deux parties, énumérés dans une annexe à
l’accord d’association, devraient être importés sur le territoire de chaque partie selon des
dispositifs spécifique à chaque liste, ont été concernés par cette révision.
151
Les listes des produits industriels sont téléchargeables sur le site de la douane algérienne :
http://www.douane.gov.dz/pdf/Liste%201_Liste%202_Liste%203.pdf
152
Document du ministre du commerce, l’accord d’association entre l’Algérie et l’UE, le nouveau schéma de
démantèlement tarifaires des produits industriels et les concessions tarifaires révisées des produits agricoles et
agroalimentaires, disponible sur http://www.mincommerce.gov.dz/seminaire/semn280812/comcommerce.pdf
102
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
la pêche et des produits agroalimentaire conformément à l’article 11 de l’accord d’association
portant sur des mesures exceptionnelles et conformément à l’article 16 portant sur les
modifications des régimes prévus à l’accord d’association, et cela en raison de la mise en
œuvre de la politique agricole algérienne.
La décision algérienne, de réviser les calendriers fixés soit par le gel, soit par le
rétablissement des droits de douanes, s’explique par les objectifs que le gouvernement a fixés
à savoir la restructuration et la mise à niveau des entreprises algériennes153. Cette révision qui
a touché les produits agricoles avait aussi pour objectif la réussite de la politique du
renouveau agricole et rural.
L’Etat algérien, par le biais de cette démarche espère obtenir certains effets positifs à
savoir :
Reporter la mise en place de la zone de libre échange, prévue pour 2017, jusqu’en
2020 ;
Rétablir ou geler les taux des droit de douanes pour 1058 lignes tarifaires en couvrant
la plus grande nombre de filière et de branches industrielles ;
Permettre plus de recettes fiscales pour l’Etat ;
Permettre plus de protection pour les produits algériens dans l’objectif de rendre les
entreprises algériennes plus compétitives à long terme et favoriser le partenariat
industriel avec l’Union Européenne.
153
Idem
103
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
supplémentaire de 04 ans. Autrement dit, les droits de douanes qui devaient tomber à 0 % en
2012, ont été maintenus jusqu’en 2016. Parmi les produits concernés, on peut citer : les
moteurs électriques, transformateurs électriques-groupes électrogènes, piles et produits
similaires, chauffe eau à gaz, poste téléphonique et centraux de commutation, câbles
électriques nus et isolés, câbles téléphoniques, câbles en fibre optique, automobile et pièces de
rechanges.
Tableau n°5 : les lignes tarifaires de liste 1 concernées par la révision de calendrier du
démentèlement tarifaire.
104
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
Tableau n°6 : les lignes tarifaires de liste 1 concernées par la révision de calendrier du
démentèlement tarifaire.
792 de lignes tarifaires de cette liste154 ont été concernés par ce nouveau schéma de
démantèlement.
174 lignes, comme on peut le constater du tableau n°7, concernent les produits jugés
sensibles et qui ont bénéficié de droits de douanes rétablis partiellement et un délai
supplémentaire de 03 ans, c’est-à-dire, au lieu d’attendre 2017 pour tomber à 0 %, ils ont été
prolongés jusqu’en 2020. Les produits évoqués dans cette liste sont : peintures et vernis,
shampoings, articles de transports ou d’emballage en matière plastiques et carton, ficelle,
cordes et cordage, marbres, céramique, machines à laver, chauffe eau, robinetterie, meuble en
bois, automobile, …
Tableau n°7 : les lignes tarifaires du niveau 1 de liste 2 concernées par la révision de
calendrier du démentèlement tarifaire.
154
La liste 03 comporte des produits autres que les produits cités dans de la liste 1 et 2
105
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
617 autres lignes ont bénéficié, comme l’indique le tableau n°8, d’un gel de droits des
douanes pour une durée de 03 ans avec un délai supplémentaire de 03 ans (les droits de
douanes restent inchangés durant trois (03) ans, de 2012 jusqu’à 2015, puis ils tombent
progressivement à 0 % en 2020). Les produits concernés sont : produits cosmétiques, papier,
tissus, vêtements, chaussures, tapis, vaisselle, grillages, éviers, baignoires, lampes,
ventilateurs, climatiseurs, ordinateurs, produits audio, téléviseurs & récepteur satellite.
Tableau n°8 : les lignes tarifaires de liste 2 concernées par la révision de clandrier du
démentèlement tarifaire.
106
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
rôle capital dans l’exercice de la politique commerciale d’un pays. Elle est définie comme
étant « la nationalité des marchandises dans le commerce international »155. Elle peut être
préférentielle, c’est-à-dire elle donne des droits à des avantages en termes de droits de
douane et d’effets équivalents lors des échanges avec certains pays. Elle peut aussi être, non
préférentielle lorsqu’elle sert uniquement à mettre en œuvre la politique commerciale (mesure
de droits antidumping, restrictions quantitatives, droits compensatoire…).
Il existe deux critères fondamentaux utilisés par les douanes pour déterminer l’origine
d’une marchandise :
Selon l’organisation mondiale des douanes c’est le critère le plus utilisé pour les
marchandises en l’état naturel, d’animaux nés et élevés, de végétaux récoltés, de minéraux
extraits dans un seul pays et pour des produits et des marchandises qui sont entièrement
obtenus dans un seul pays (issus d’un seul pays).
C’est l’une des méthodes la plus utilisée et des plus répandue. Toute ouvraison et
transformation est considérée comme suffisante lorsque le produit obtenu, après un processus,
est classé dans une position tarifaire différente du produit non originaire utilisé dans sa
fabrication ou dans sa transformation.
Une marchandise, qu’elle ait subi un changement de classement ou non, est considérée
comme ayant subi une transformation suffisante. Lorsque sa valeur ajoutée atteint un niveau
155
Définition de la douane Algérienne
156
http://www.wcoomd.org/fr/topics/origin/instrument-and-tools/comparative-study-on-preferential-rules-of-
origin/specific-topics/general-annex/cth.aspx, consulté le 18/04/2015 à 19h33.
107
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
déterminée, exprimée par un pourcentage ad-valorem, qui prescrit, parfois, un contenu
minimal national et parfois un contenu maximal d’importation157.
L’accord d’association entre l’Algérie et l’Union Européenne n’a retenu que deux
critères à savoir 158 : les produits entièrement obtenus évoqués dans l’article 06 du protocole
relatif à la définition de la notion de «produits originaires» et aux méthodes de coopération
administrative et les produits suffisamment ouvrés ou transformés évoqués dans l’article 07
du même protocole. Pour que les produits algériens soient admis à l’importation sur le
territoire de la communauté (ou bien le contraire, les produits de la communauté admis à
l’importation en Algérie) bénéficient du dispositif de l’accord de l’association, la
présentation de certains document est exigée à savoir : Les certificats d’origine délivré par
les autorités douanière du pays de l’exportateur et les déclarations sur facture.
3.4.1. Les produits entièrement obtenus
Les produits minéraux extraits de leur sol ou de leurs fonds marines ou des
océaniques, comme le pétrole, le gaz, le sable,…
Les produits du règne végétal qui y sont récoltés comme les légumes et les fruits ;
Les animaux vivants qui y sont nés et élevés ;
157
Manuel sur les règles de l’origine des marchandises dans le cadre de l’accord d’association ALGERIE – U.E,
page 8, téléchargé sur le site :
http://www.douane.gov.dz/Manuels%20de%20regles%20dorigines%20%20des%20marchandises%20UE.html
158
Idem
108
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
Les produits provenant des animaux vivants et qui y font l’objet d’un élevage c’est-
à-dire les produits des animaux qui sont élevés sur le territoire d’une partie même
s’ils n’y sont pas nés (œufs, beurre, miel,…) ;
Les produits de la chasse et de la pêche pratiqués sur les territoires d’une des deux
parties, y compris les eaux territoriales. Par exemple, les produits chassés par des
navires algériens ou d’autres navires étrangers sur les eaux territoriales de la
communauté sont considérés comme des produits originaires de la communauté ;
Les produits de la pêche tirés dans les eaux territoriales par des navires répondant à
certaines exigences (immatriculé sur le territoire d’une partie, appartenant au moins à
50% à des ressortissants algériens ou d’un Etat membre de l’UE ou appartenant à
une société ayant un siège sur le territoire de l’une des deux parties. Dans le cas
d’une société de personnes ou d’une société à responsabilité limité, l’équipage doit
être composé au moins à 75 % de ressortissants algériens ou de la communauté
européenne dont l’Etat major composé de ressortissants des Etats membre ou de
l’Algérie), et tous les biens issus de la transformations de ces produits par des
navires –usines répondant aux même exigences sont considérés comme entièrement
obtenus;
Les articles usagés qui ne peuvent servir qu’à la récupération des matières premières
à exemple des vieux vêtements (la friperie) qui ne peuvent être utilisés comme
vêtements mais pour récupérer les fibres textiles ;
Les déchets provenant des opérations manufacturières qui y sont effectuées ;
Les produits extraits du sol ou du sous-sol marin situé en dehors des eaux
territoriales à condition que la partie détienne l’exclusivité de l’exploitation ainsi
que tous les biens qui y sont fabriqués à base de ces produits.
Un produit non entièrement obtenu est un produit dans lequel des matières non
originaires sont incorporés. Il est considéré comme étant suffisamment ouvré ou transformé
lorsqu’il remplit certaines conditions différant d’un produit à un autre.
109
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
minimum d’ouvraisons nécessaires, et tout produit qui reste en deçà de ce taux, ne peut être
considéré comme originaire. Toutefois, certains produits non originaires qui ne doivent pas
être incorporées dans la fabrication d’un bien peuvent l’être, mais à condition que leur valeur
totale ne dépasser les 10 % du produit fabriqué en sortant de l’usine, tout en respectant les
pourcentages des matières non originaires à ne pas dépasser et mentionnées dans l’accord.
Certaines opérations citées dans l’article 08 du protocole n° 6 précité telles que les
opérations de dépoussiérage, de criblage, de triage, de lavage, de peinture, de découpage, des
manipulations destinées à conserver en l’état un produit, les changements d’emballages,… ne
confèrent pas un caractère d’origine pour un produit parce qu’il n’a pas subi suffisamment de
transformation ou d’ouvraison.
159
Manuel sur les règles de l’origine des marchandises dans le cadre de l’accord d’association ALGERIE – U.E,
page 8, téléchargé sur le site :
http://www.douane.gov.dz/Manuels%20de%20regles%20dorigines%20%20des%20marchandises%20UE.html
110
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
Conclusion
Le projet du partenariat euro-méditerranéen était ambitieux vu les objectifs qu’il a fixés
et les différents financements destinés à leur réalisation. Un document
intitulé «Renforcement de la politique méditerranéenne de l'Union Européenne: vers un
partenariat euro-méditerranéen » a qualifié l’aide financière qui devait accompagner
l’accord de « généreuse », mais le bilan final, 10 ans après son lancement de ces
programmes, reste en deçà des attentes du fait de leur lenteur et leur insuffisance face aux
besoins de financement de l’économie Algérienne, notamment à la fin des années 1990 et les
débuts des années 2000.
L’aide consacrée à l’Algérie n’a pas dépassé les 1% du PIB en 2006, avec une
moyenne de financement de 50 millions d’euros chaque année. La mauvaise hiérarchisation
des priorités était la cause principale d’inefficacité de ces financements, mais la responsabilité
est partagée, entre l’Union Européenne et l’Algérie. Autrement dit, d’une part, les institutions
de Bruxelles montrent une lourdeur bureaucratique dans leurs engagements et d’autre part,
certains pays sud méditerranéen, à l’instar de l’Algérie, souffrent d’une faible disposition
administrative et d’une faible capacité d’absorption.
Le nouvel instrument (IEVP) n’a pas apporté beaucoup de choses par rapport à son
prédécesseur. Les financements sont restés relativement modestes, mais leur durée a été
réduite à trois (03) ans au lieu de cinq (05) ans. Sa nouveauté réside dans l’assistance
technique fournie grâce à trois (03) instruments à savoir : les jumelages, TAEIX et l’outil
SIGMA, destinés à toutes les institutions qui contribuent à réalisation des objectifs de l’accord
d’association. Ces instruments venus sur le tard et destinés uniquement aux institutions
publiques.
En dépit de sa détention d’une manne financière très importante soutenue par la flambée
des prix du pétrole sur le marché mondial, l’Algérie peine à trouver une solution pour sa
dépendance vis-à-vis des hydrocarbures. Les assainissements et restructurations des
entreprises publiques étaient à l’origine de la révision du calendrier de démantèlement
tarifaire, en 2012, qui avait pour objectif la protection du tissu industriel et en le rendant plus
compétitif. A quelques années de la libéralisation totale, et en dépit de la révision du
démantèlement tarifaire, l’économie Algérienne n’a pas pu exporter plus de 4 milliard de
dollar US de produits hors hydrocarbures, en 10 ans.
111
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association
L’économie algérienne, qui compte en grande partie sur les importations des biens
d’équipements et des demi-produits pour assurer le fonctionnement de son système
productif, se heurte aux exigences des règles d’origines, clairement protectionnistes,
notamment vis-à-vis des produits dans lesquels sont incorporées des matières non originaires
ni de l’Algérie ni de la communauté européenne, c’est à dire provenant du reste du monde.
112
CHAPITRE IV : Les
relations
économiques Algérie-
UE
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Les années 2000 marquent un tournant dans la crise algérienne, avec la hausse des
prix du pétrole qui ont atteint des prix historiques. Cette nouvelle donne a permis à l’Algérie
de disposer d’importantes ressources financières et d’engager de vastes programmes
d’investissements publics estimés à plusieurs milliards de dollars. Conformément à la
macroéconomie keynésienne, la politique budgétaire expansionniste adoptée par l’Algérie a
conduit à la hausse de la demande locale, mais l’absence d’une véritable offre locale a
alourdi la facture des importations qui ont atteint des valeurs exorbitantes. L’embellie
financière du début des années 2000 a soutenu l’ouverture commerciale de l’Algérie, donnant
lieu à la signature de multiples accords de coopération et de partenariat parmi lesquels on peut
citer l’accord de coopération avec la Chine et l’accord d’association avec l’UE,
La proximité géographique avec le vieux continent et les liens historiques existant avec
les pays de l’UE ont fait de cette dernière un important partenaire économique et commercial
de l’Algérie, ainsi environ de 50% de nos exportations sont absorbées par ce vaste marché
et la moitié de nos importations en proviennent. Elle est, à la fois, le premier client et le
premier fournisseur. Elle est aussi le plus important investisseur en Algérie, Même si l’on
assiste ces dernières années, à une concurrence chinoise sur le plan commercial et une
concurrence des IDE asiatiques et arabes.
Les relations de l’Algérie avec l’UE sont encadrées, depuis 2005, par l’accord
d’association qui fête déjà sa dixième année. Malgré, les menaces qu’il représente pour
l’économie algérienne, les objectifs fixés répondent à la réalité économique algérienne et à
ses besoins : diversification de l’économie nationale, la libéralisation des flux des IDE,
relance de l’union maghrébine, renforcement des échanges dans le domaine technique…,
l’accord présente aussi certaines opportunités, qui bien exploitées, seraient bénéfiques pour
toute l’économie nationale.
113
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Section 1. La structure du commerce extérieur de l’Algérie
La hausse des prix du pétrole sur le marché mondial, depuis le début des années 2000, a
permis aux des pays exportateurs d’hydrocarbures, à l’instar de l’Algérie, d’enregistrer
d’importants excédents commerciaux. Mais la fragilité de l’économie mondiale causée par la
double crise (la crise financière et la crise de la zone Euro), n’a pas été sans répercutions sur
les prix de pétrole et, par conséquent, sur de l’ensemble de l’activité économique de ces pays.
L’Algérie a connu, depuis 2004, une hausse de recettes des exportations soutenue par la
hausse des prix du pétrole et l’augmentation de la demande mondiale pour l’or noir. Le
tableau suivant présente l’évolution du commerce extérieur de l’Algérie de 2005 jusqu’en
2014 :
Exportations
hors
hydrocarbures 907 1 184 1 332 1 937 1 066 1 526 2 062 2 062 2 014 2 582
Les exportations 46 001 54 613 60 163 79 298 45 194 57 053 73 489 71 866 64 974 62886
totales
La part des
produits hors
hydrocarbures
dans les
exportations 1,972 2,168 2,214 2,443 2,359 2,675 2,809 2,869 3.1 4,103
totales (%)
Les importations 20 357 21 456 27 631 39 479 39 294 40 473 47 247 50 376 55 028 58 580
totales
Le taux de
couverture des
produits hors 4,455 5,518 4,821 4,906 2,713 3,770 4,364 4,093 3,66 4,41
hydrocarbure(%)
La balance
commerciale
25 644 33 157 32 532 39 819 5 900 16 580 26 242 21 490 9 946 4 306
114
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Figure n°3 : L’évolution du commerce extérieur de l’Algérie 2005-2014
90 000
80 000
70 000 les exportations totales
60 000
50 000 les exportation hors
40 000 hydrocrabure
30 000 les importations
20 000
10 000 la balance commercial
0
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
Comme le montre la figure 3, les exportations algériennes ont connu une croissance
rapide à partir de 2005 pour atteindre, en termes de valeur, leur plus haut niveau en 2008 près
de 80 milliards de dollar US soit 20% du PIB national. Ce pic que le commerce extérieur
algérien n’a jamais connu, s’explique par la hausse des prix mondiaux du pétrole160. Cette
situation a renforcé la position extérieure de l’Algérie en enregistrant un excédent
commercial de 39,81 milliards US, malgré la hausse des importations.
En 2009, les fluctuations des prix de l’or noir en affichant des tendances baissières à
l’échelle mondiale, à cause du ralentissement de l’activité économique mondiale, a provoqué
une baisse des recettes des exportations en passant de 79.280 milliard de dollar US en 2008 à
45, 194 milliards de dollar US en 2009, soit une baisse de 56.99% . L’excédent commercial
connait une chute libre en passant d’un pic de 39,819 milliards dollar US, en 2008, à
seulement 5,9 milliards de dollar US, en 2009, soit une baisse de 85.18% de la balance
commerciale.
L’année 2010, connait une relance plus au moins faible de l’économie mondiale.
Même fragile la croissance était là et entraine le raffermissement des prix du pétrole.
L’Algérie enregistre ainsi une hausse des recettes de ses exportations pendant deux années et
un excédent commercial qui s’est établi à 26,242 milliards de dollar en 2011.
160
Les prix du pétrole ont dépassé la barre de 100 dollars en 2008, en juillet de la même année, le baril a affiché
un prix de 147 dollars mais à la fin de l’année et début de l’année 2009 les prix ont chuté sous les 36 dollar pour
le baril.
115
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Toutefois, les fluctuations des prix du baril du pétrole et la formation des tendances à la
baisse de 2012 (tendances qui vont se confirmer les années suivantes à cause des facteurs
économique et géopolitiques,…) entrainant la baisse des recettes qui se contractent alors que
les importations vont de record en record depuis 2010.
Aujourd’hui l’économie algérienne fait face à un véritable défi pour trouver une
alternative aux exportations d’hydrocarbures. De 2005 jusqu’en 2014, la valeur totale des
exportations hors hydrocarbures n’a pas dépassé 16.6 milliards USD. La part la plus
importante des exportations hors hydrocarbures dans le commerce extérieur, comme la
montre la figure n°4, a été enregistrée en 2014, ne dépasse pas les 4%, soit une valeur de 2.58
milliards de dollar US.
100
80
les exportations hors
60
hydrocarbures
40
les exportations totales
20
0
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
En dépit, des efforts des pouvoir publics à promouvoir les exportations hors
hydrocarbures, des obstacles tels que les difficultés d’accès au foncier industriel et aux
financements empêchent la réalisation de cet objectif. Le président de la Confédération
algérienne du patronat (CAP) a insisté à ce qu’il y ait un vrai engagement de l’Etat pour
161
Le quotidien LIBERTE, lundi 24 Août 2015.
116
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
enlever tous ces obstacles. En plus des obstacles précités, il s’est interrogé sur les capacités
des entreprises algériennes à exporter. Pour lui, cette question ne doit pas être posée tant qu’il
n’y a pas un produit algérien pour l’exporter. L’Algérie ne peut pas promouvoir ses
exportations hors hydrocarbures s’il n’y a pas une production nationale de quantité et de
qualité162.
Entre 2005 et 2014, l’Algérie a exporté pour plus de 615 milliards de dollar US
principalement, comme le montre la figure n°5, 97% des hydrocarbures. 3% des
exportations sont des produits non pétroliers comme des biens d’alimentations, des produits
bruts, des demi-produits, des biens de consommation non alimentaire, des biens d’équipement
agricole et des biens d’équipement industriel.
3%
energie et lubrifiant
autres produits
(alimentation, produits
bruts, demi produit, biens
d'équipement agricole, biens
d'équipement industriel, biens
de consommation)
97%
162
Le quotidien national L’Horizon, mercredi 08 octobre 2014.
117
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
flambée des prix de cette matière stratégique a permis au pays d’engranger d’importantes
recettes. La position financière du pays a permis aux gouvernements successifs d’adopter des
politiques budgétaires expansionnistes qui ont conduit à la hausse exponentielle des
importations du fait de la faiblesse de la production locale.
L’essor des importations s’est accéléré, en passant de 20.53 milliards USD en 2005 à
40, 47 milliard USD en 2010, soit une hausse de 97,12% au bout de 5 ans, et de 187.83 % au
bout de 10 ans (de 20.53 milliards USD en 2005 à 58,58 milliards USD en 2014). Les
importations représentent 19.72% du PIB en 2005, alors qu’en 2014, elles représentent
environ 24.10% da la part du PIB. Cette hausse pourrait atteindre des taux insoutenables en
l’absence d’une véritable politique de limitation des importations.
163
Selon les prévisions du FMI, le prix du baril du pétrole, en 2015, doit être à 111 dollar pour assurer
l’équilibre budgétaire de l’Algérie et à 110 dollar en 2016. http://www.elwatan.com / le 06/05/2015.
164
L’Algérie s’est engagée dans un vaste programme d’investissement public entamé en 2001 dans le cadre des
plans quinquennaux (d’une durée de cinq (05) ans pour chacun). Le premier plan a été engagé dans un contexte
difficile pour l’économie algérienne, caractérisé par la baisse des prix du pétrole et une position financière
critique à cause de la dette extérieure et de la lutte anti terroriste. Son principal objectif était la relance
économique. En 2005, L’Algérie a lancé un deuxième programme de près de 200 milliards de dollars dans le
cadre du plan quinquennal 2005-2010, destiné à la modernisation et à la réalisation des différents infrastructures
nécessaires au développement économique. Le troisième plan quinquennal, de 2010-2014 était le plus important
avec une valeur de 286 milliards de dollars, 130 milliards de dollars était consacré au parachèvement des anciens
projets entamés dans le cadre des plans précédents. Enfin, pour la période 2015-2019, un autre plan a été lancé
d’une valeur de près de 200 milliards de dollars, il est destiné à renforcer la résistance de l’économie algérienne
aux chocs extérieurs et à développer sa compétitivité et sa diversification.
118
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Les importations de l’économie algérienne durant la période allant de 2005 à 2014, sont,
comme le montre la figure n°6, dominées en premier lieu par des biens d’équipements
industriels qui s’élevaient à un montant de 134,33 milliards USD, soit 33% du total de ces
importations durant cette période. Ils sont constitués de : véhicules de transports des
personnes et des marchandises, des turboréacteurs et turbopropulseur et des appareils
électriques pour la téléphonie. En second lieu viennent les demi-produits qui sont des biens
destinés au fonctionnement de l’outil de production. Ils représentent 23% du total des
importations algériennes, parmi les quels on trouve : les huiles de pétrole ou de minéraux
bitumineux, barres en fer et en acier, tubes et tuyaux en fer ou en acier,…En troisième lieu
viennent les produits alimentaires qui représentent 18 % du total des importations, passant de
3,58 milliards de dollars US en 2005 à 11milliards, en 2014, soit une hausse de 307% au bout
de 10 ans. Ensuite, avec une part de 15% équivalent à 61 milliard de dollars US biens de
consommations de non alimentaire suivent. Enfin, on trouve l’énergie et lubrifiant, des
produits bruts et des biens d’équipement agricole avec, respectivement 7%, 3 % et 1% du
total des importations.
7%
18% Alimentation
Produits bruts
15%
3% Demi produits
Biens d'équipement Agricole
Biens d'équipement Industriel
Biens de consommation
23%
Energie et Lubrifiants
33%
1%
119
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
notamment pour les pays du Sud de l’Europe. L’EU est quant à elle le premier fournisseur de
produits alimentaires et manufacturiers de l’Algérie.
Dans l’objectif de renforcer ses relations avec sa périphérie, l’Union Européenne s’est
engagée dans des accords d’association avec plusieurs pays méditerranéens, avec comme
perspective la création d’une zone de libre échange aux environs de 2020, ce qui va
transformer la méditerranée à une zone désarmée de toute barrière tarifaire.
Tableau n°10 : les échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Union Européenne (les valeurs
sont en millions de dollar US)
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
Exportations 25593 28750 26833 41246 23186 28009 37307 39797 41277 40378
Importations 11 255 11729 14427 20985 20772 20704 24616 26333 28724 29684
La balance
commerciale 14338 17021 12406 20261 2414 7305 12691 13464 12553 10730
avec l’UE
Source : la base de données de la CNUCED
Les exportations algériennes vers l’Union Européenne, sur dix ans (2005-2014), ont été
dominées par les hydrocarbures, d’où une balance commerciale excédentaire vis-à-vis de
cette région qui couvre parfois les déficits commerciaux avec les autres régions du monde.
Par exemple, en 2013, l’Algérie a affiché un excédent commercial de 12,55 milliard USD
avec l’Union Européenne alors qu’elle a enregistré un déficit commercial de 2,607 milliard
USD avec le reste du monde. A travers la figure n°7, on constate qu’une grande partie des
recettes des exportations algériennes sont tributaires de l’évolution de l’activité économique
européenne. En 2009, la stagnation de l’activité économique européenne affichant un taux de
120
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
croissance négatif, à cause du déclenchement de la crise des dettes et les effets de la crise
financière, a influencé négativement le commerce extérieur algérien, ce qui lui a couté 18,06
milliards de dollars US. Les exportations algériennes vers l’Union Européenne ont connu leur
niveau le plus bas depuis l’entrée en vigueur de l’accord d’association, passant de 41,245
milliards de dollars US en 2008, à seulement 23.19 milliards en 2009.
45000
40000 les exportations
35000 vers l'union
européenne
30000
25000 les importations
20000 en provenance
15000 de l'union
européenne
10000 la balance
5000 commerciale de
0 l'Algérie avec
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 l'UE
Réalisé par nos soins d’après les données des douanes algériennes
La figure n°8 montre que les exportations algériennes ont tendance à baisser à partir de
2012, mais les exportations vers l’UE ont tendance à se stabiliser avec une légère baisse, au
moment où les exportations vers les autres régions du monde (sauf l’UE) affichent des
tendances baissières. Cela prouve encore une fois la dépendance de l’économie Algérienne
de celle de l’Union Européenne.
Figure n°8 : la part des exportations algériennes vers l’UE dans le commerce extérieur
90000
80000
70000
60000
50000 les exportations vers l'UE
40000 les exportations totales
30000
20000
10000
0
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
Réalisé par nos soins à partir des données des douanes algériennes
121
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Entre 2005, date de l’entrée en vigueur de l’accord d’association et de la suppression
des droits des douanes pour la première liste, et 2012 date de suppression des droits de
douanes pour la seconde liste, les exportations algériennes vers l’Union Européenne sont
essentiellement des hydrocarbures comme le montre la figure 9 que nous avons élaborée à
partir des données de la CNUCED. Les hydrocarbures et dérivés représentent ainsi 245
milliards de dollar US, soit 98 % du total des exportations à destination de l’UE. Ensuite avec
un montant de 2,4 milliards de dollar US viennent les articles manufacturés, comme les cuirs
et peaux. Les articles manufacturés métalliques et non métalliques, restent très marginaux et
n’ont pas dépassé les 930 millions de dollars US en 07 ans.
122
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Figure n°10 : les importations algériennes provenant de l'Union Européenne (2005-2012)
Réalisé par nos soins à partir des données des douanes algériennes
Sur les 150 milliards de dollars que l’Algérie a importés, comme le montre le tableau
n°11, les machines et le matériel de transport accaparent 36% du total des importations avec
un montant de 55,6 milliards de dollars (14,5 milliards USD d’importations de véhicules
routiers, 13.7 milliards pour les machines industrielles et pièces détachées, 8,02 milliards
USD de machines et d’appareils électriques, 7,24 milliard USD de machines et d’appareils
spécialisées…). Les articles manufacturés viennent en deuxième position avec un montant de
35,682 milliards USD soit 23% du total de nos importations de l’Union Européenne. Dans ce
groupe de produits on trouve: le fer et de l’acier (19,77 milliards USD), les articles
manufacturés en métal (4,98 milliard USD), de papier et des préparations en papiers (3.32
milliard USD), des articles minéraux non métalliques manufacturés (2,33 milliard USD), des
métaux non ferreux (2,03 milliard USD),… En troisième place viennent les produits
chimiques et les produits connexes d’un montant de 18,28 milliards de dollars US soit 14% du
total des importations. Cette catégorie de produits est dominée par les produits médicinaux et
pharmaceutiques avec un chiffre de 10,27 milliards de dollars US, suivies par 2,61 milliards
de dollars US d’importations matières plastiques sous formes primaires, 2,54 milliards de
dollars US de matières et produits chimiques, 1,12 milliard et 1,05 milliards de dollars US de
produits chimiques organiques et des produits chimiques inorganiques respectivement. Les
importations des produits alimentaires et des animaux vivants ont connu un essor depuis
2008. Elles ont atteint un pic de 4, 24 milliards de dollars US en 2011 à cause de
123
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
l’augmentation des importations de céréales et des préparations à base de céréales en passant
de 1,10 milliard de dollars US en 2011 à 2,41 milliards en 2012. L’Algérie a importé , de
2005 à 2012, pour plus de 17,56 milliards de dollars US de produits alimentaires et des
animaux vivants, 10 milliards de dollar d’ importations de céréales et des préparations à base
de céréales, 4,49 milliards de dollars US de produits laitiers et œufs d’oiseaux, 1,42 milliard
USD de légumes et de fruits, 1,51 de produits et de préparation alimentaire divers, 913
millions de dollars de sucre et des préparations à base de sucre et du miel. L’Algérie, étant
mono-producteur, a importé de l’UE plus de 5 ,88 milliards de dollars US de combustibles
minéraux, lubrifiants et produits connexes, et près de 4,81 milliards de dollars US d’articles
manufacturés divers.
Mais le plus remarquable, dans ces échanges, reste la facture des produits alimentaires
qui ne cesse pas d’augmenter prouvant que l’économie nationale est incapable de satisfaire les
besoins alimentaire de la population, ce qui met en péril notre sécurité alimentaire,
notamment durant les périodes de baisses des prix du pétrole, ce qui accentue notre
dépendance vis-à-vis de l’extérieur,
Enfin, on peut dire que sans les importations, il y aura un niveau de production très bas
que celui actuel parce que la production locale reste tributaire des importations et le meilleur
exemple à citer est celui du secteur agricole qui compte sur les importations de la semence.
124
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Tableau n° 11 : les groupes de produits importés en Algérie de l’Union Européenne entre 2005-2012 (les montants en millions de
dollars).
Libellé année 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 total
Produit
Produits alimentaires et animaux
vivants 1 338 465 1 496 084 1 967 389 3 040 443 2 488 075 2 472 715 4 248 674 2989 224 17 568 354
Boissons et tabacs
25 383 50 510 67 664 100 086 135 519 200 119 288 542 357 077 1 024 781
Articles et transactions,
486 215 1 812 2 617 497 .. 427 5 589 11 643
125
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
2.2. L’effet de la zone de libre échange sur le bien être du consommateur et
sur l’industrie Algérien
La mise en place d’une zone de libre échange implique la suppression des tarifs
douaniers et la libéralisation des échanges entre les pays participant. Ce qui conduit
nécessairement à la baisse des prix sur les marchés nationaux. Cette situation est en faveur
du consommateur parce qu’elle engendre la hausse de la consommation grâce à la hausse du
pouvoir d’achat du fait de la baisse des prix induite par les suppressions des droits de
douanes. Elle lui permet aussi l’accès à une gamme de produits de plus en plus élargie.
Cependant, la libéralisation est, à la fois, une opportunité et une menace pour les producteurs
locaux parce qu’ils doivent adapter leur production et améliorer la compétitivité de leurs
produits en termes de prix et de qualité pour faire face à la concurrence étrangère.
L’un des effets positif de la libéralisation commerciale est la baisse des prix sur les
marchés nationaux grâce à la suppression progressive des droits de douanes. Le plus grand
bénéficiaire de cette situation est le consommateur. Pour mesurer les sens de variation des
prix ou bien les tendances inflationnistes de l’économie algérienne et son impact sur le
consommateur algérien, nous avons utilisé les indices des prix à la consommation165 en
retenant l’année 2001 comme date référence.
Tableau n°12 : l’évolution des prix à la consommation en Algérie et la part de l’industrie hors
hydrocarbures dans le PIB en Algérie
L’indice général * 111.47 114.05 118.24 123.98 131.1 136.23 142.39 155.05
Part de l'industrie
hors hydrocarbures
11.3 10.9 10.1 9.6 9.3 8.7 7.9 -
dans le PIB
165
C’est un instrument statistique utilisé chaque mois pour mesurer l’évolution du niveau général des prix, c’est-
à-dire l’ensemble des prix des biens et des services consommés par les ménages. CAPUL Jean-Yves, Garnier
olivier. « Dictionnaire d’économie et des sciences sociales ». Edition HATIER, paris 2008.
126
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Figure n°11 : l’évolution du prix à la consommation (2005-2012).
180
160
140
120
100 l'indice général
80 des prix à la
60 consommation
40
20
0
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
127
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
2.2.2. L’impact de l’accord d’association sur l’industrie
L’Algérie étant dans une phase de transition pour l’instauration d’une zone de libre
échange avec l’Union Européenne, n’échappe pas à la baisse des recettes douanières.
D’ailleurs entre 2005 et 2009, soit quatre (04) ans après l’entrée en vigueur de l’accord
d’association, l’Algérie a subi des pertes de 2.5 milliards de dollars US167. Ce manque à
gagner s’accentuer dans l’avenir, notamment avec la libéralisation totale des échanges. Les
projections pour la période 2010-2017 estiment qu’elles vont avoisiner les 8.5 milliards de
dollars168.
166
http://www.maghrebemergent.com/economie/algerie/50502-algerie-l-agriculture-et-le-btph-tirent-la-
croissance-hors-hydrocarbures-vers-le-bas.html 26/08/2015 à 15:18.
167
REBAH Abdelatif. « L’économie Algérienne : le développement contrarié ». Edition INAS, Alger, p 209.
168
Ibid. p 210.
128
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Les pertes algérienne en termes de recettes douanières sur période de quatre ans (04)
ans, sont largement supérieures à la somme des aides européennes versées pendant 18 ans
(1995-2013) dans le cadre du MEDA et des plans indicatifs nationaux (PIN) , qui n’ont pas
dépassé le milliard d’euro, s’il n’y a pas une hausse des flux d’IDE entrants d’ici à l’entrée en
vigueur de la zone de libre échange, pour compenser les pertes qui pourraient être largement
supérieurs aux stocks d’IDE européens en Algérie, le manque à gagner pour l’économie
nationale sera considérable.
Durant la présidence de Clinton, les USA ont pris l’initiative de se rapprocher des pays
maghrébins par le biais d’un partenariat qui a porté le nom de l’initiative d’Eisenstadt. Le
projet n’a pas donné les résultats escomptés, il est tombé à l’eau après la fin du mandat du
président américain. Une autre initiative cette fois, lors de la présidence de J.W.Bush, a
abouti à la signature des accords de partenariat visant l’instauration d’une zone de libre
échange avec des pays de Moyen Orient et l’Afrique du Nord (MENA) à savoir la Jordanie et
le Maroc. L’Algérie, même si elle n’était pas directement concernée par ce partenariat
conduisant à une zone de libre échange, a signé, en 2015, plusieurs accords, notamment dans
le domaine agricole. Ces projets américaines, qui avaient pour objectif de casser le monopole
de l’Union Européenne sur la zone méditerranéenne, « les Etats-Unis cherchent à contrer la
politique européenne et casser son emprise sur les marchés arabes et méditerranéens »169, ont
169
BICHARA Khadir, « l’Europe pour la méditerranée de Barcelone à Barcelone (1995-2008) », Edition
HARMATTAN, Paris, 2009, p 33.
129
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
suscité l’inquiétude des pays de l’Union Européenne, notamment de la France170, parce qu’ils
représentaient une menace pour leurs privilèges et leurs parts de marché dans la méditerranée
notamment du Maghreb.
En plus de relations économiques Algérie- USA, la Chine, un pays émergent,
s’affirme de plus en plus comme un des plus importants partenaires économiques d’Algérie.
Les relations sino-algériennes ne datent pas d’aujourd’hui, mais remontent à l’après
indépendance de l’Algérie. D’ailleurs, la Chine était l’un des premiers pays à reconnaitre
l’indépendance de l’Algérie, mais l’essor des relations économiques ne remonte qu’au début
des années 2000. Le 24 février 2004, les deux pays ont annoncé l’établissement de relations
de coopération stratégique. Pour fêter les dix ans de coopération, le 24 février 2014, les
relations sont promues au niveau d’un partenariat stratégique et global. Les relations
bilatérales se sont accélérées pendant cette période. En 2014, la Chine s’affirme comme un
important partenaire commercial de l’Algérie.
Néanmoins, les échanges avec le géant asiatique sont à sens unique. Les importations
algériennes venant de la Chine ont atteint 08 milliards de dollars US en 2014 faisant du pays
le premier fournisseur de l’Algérie alors qu’en 2005 elle n’était qu’un fournisseur secondaire
de 1.33 milliards de dollars de produits importés en Algérie, soit une hausse de 619% au cours
de cette période. Cette valeur a fait de la Chine le premier fournisseur de l’Algérie en 2014171,
les produits chinois sont de plus en plus présents dans les importations algériennes, comme le
montre la figure n° 12, et représente jusqu’à 15% du total des importations. Mais malgré le
niveau stratégique et global du partenariat sino-algérien, les exportations algériennes vers ce
pays ne décollent pas. En 2014, elles ne dépassent pas les 03 milliards de dollars, soit un
déficit commercial de 5.3 milliards de dollars US.
170
BENANTAR Abdennour, « le Maghreb entre le partenariat Euro-méditerranéen et le partenariat Américano-
Maghrébin »p 87. IN, BOUKELLA, Y. BENABDALLAH, M. FERFERA, M, Y. « la méditerranée occidentale
entre régionalisation et mondialisation ». Cahiers de CREAD, 2000
171
Les pays sont pris individuellement, y compris ceux de l’UE.
130
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Figure n°12 : Les échanges commerciaux de l’Algérie avec la chine
10 000 000
4 000 000
les exportations vers la
2 000 000
chine
0
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
Figure n°13 : Comparaison entre les principaux fournisseurs de l’Algérien entre 2003 et 2013
Source : http://www.cepii.fr/BLOG/bi/post.asp?IDcommunique=365
Dès le début des années 80, la quasi-totalité des pays du monde, notamment les pays en
développement, ont compris le rôle des IDE dans le développement économique ; ce qui les
131
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
a poussé à fournir plus d’efforts afin d’assurer une meilleure ouverture à ces capitaux pour
avoir un accès à des sources de financement et, par conséquent, garantir une croissance
durable pour leurs économies. Cette situation a conduit à un véritable essor des flux des
IDE. La réussite d’une ouverture vers les capitaux étrangers reste tributaire de l’attractivité
des territoires qui ne peut se réaliser qu’à présence de certaines conditions comme : la
stabilité politique, la qualité des ressources humaines, un environnement des affaires
favorable,…
L’Algérie qui a souffert pendant plusieurs années de la faiblesse des IDE, notamment
durant les années 90, à cause de la situation sécuritaire du pays, a entrepris une série de
réformes pour capter une partie de ces capitaux étrangers, afin de diversifier son économie
et garantir son insertion dans l’économie mondiale.
Toute personne physique ou morale désirant investir en Algérie doit passer par un
partenariat avec un investisseur national résidant, qu’il soit privé ou public. La société
nouvellement créée dans le cadre d’un projet d’investissement doit être détenue à hauteur de
51 % par des nationaux résidant et 49% restant par les sociétés étrangères. Les
investissements réalisés sont tenus, comme le stipule l’article 4 bis du code d’investissement,
de présenter une balance de devises excédentaire au profit de l’Algérie tout au long de la
durée de l’investissement. Le code des investissements en Algérie donne le droit de
préemption à l’Etat ainsi qu’aux entreprises publiques en cas de cession de participation
d’actionnaires étrangers, conformément au code de l’enregistrement.
172
Article 02 du code d’investissement, Ordonnance n°01-03 du 20 août 2001 (mis à jour de la loi de finances
complémentaire pour 2009)
132
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
3.2. Les mesures incitatives à l’investissement en Algérie
En plus des atouts précités, l’Algérie a mis en place une panoplie de mesures incitatives
aux investissements étrangers, qui sont d’ordre fiscales, financières, douanières,… Le code
des investissements a défini deux types de projets, à savoir les acquisitions d’actifs entrant
dans le cadre de création d’activités nouvelles, d’extension de capacités de production, de
réhabilitation ou de restructuration et la participation dans le capital d’une entreprise sous
forme d’apports en numéraires ou en nature, qui peuvent bénéficier d’incitations fiscales,
parafiscales et douanières.
173
Article 9, paragraphe 2, du code d’investissement Ordonnance n°01-03 du 20 août 2001 (mis à jour de la loi
de finances complémentaire pour 2009)
133
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
3.2.1. Le régime des zones à développer
Les investissements à destination des régions du Sud, des Haut-plateaux et des certaines
régions du Nord bénéficient d’un régime particulier lors des phases de réalisation et
d’exploitation.
En plus des avantages généraux accordés aux investissements dans ces deux phases,
d’autres avantages sont accordés, lors de la phase de réalisation, pour les investissements,
dans ces régions174 :
Ces investissements sont identifiés selon des critères fixés par voie réglementaire après
l’avis du conseil national des investissements (CNI). Les avantages accordés, pour une durée
de cinq (05) ans, pendant la phase de la réalisation sont175 :
Exonération des droits d’enregistrement portant sur les mutations des propriétés
immobilières affectées à la production ainsi que la publicité légale dont ils doivent
faire l’objet et sur les actes constitutifs de sociétés et les augmentations de capital ;
174
Article 11, paragraphe 1 de l’ordonnance n°01-03 du 20 août 2001, du code d’investissement (modifié par
l’ordonnance n° 06-08 et la loi n° 2011-16 et la Loi n° 12-12).
175
Ibid., Article 12.
134
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Exemptions ou réductions des droits, impôts ou taxes, y compris la taxe sur la valeur
ajoutée grevant les prix des biens produits par l’investissement entrant dans le cadre
des activités industrielles naissantes.
La prise en charge partielle ou totale par l'Etat, après une évaluation de l’ANDI, des
dépenses au titre des travaux d'infrastructures nécessaires à la réalisation de
l'investissement.
Les investisseurs disposent du droit du transfert des capitaux et des revenus selon les
dispositifs juridiques en la matière. Les avantages qui leur sont accordés, sont garanties en
cas du changement du cadre légal, comme ils bénéficient d’une protection contres les
réquisitions administratives et d’une protection des droits de propriété intellectuelle (marques,
brevets d’invention, appellations d’origine,…).
En dépit de tous les dispositifs mis en place et de tous les efforts consentis par l’Etat,
l’Algérie figure toujours au bas du classement dans les rapports Doing Business concernant
le climat des affaires. En 2013 l’Algérie était à la 147ème place, en 2014, elle a perdu 06
places pour être classée 153. Parmi les pays du Maghreb, elle dépasse la Lybie et la
135
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Mauritanie, mais elle est loin de la Tunisie classée à la 51ème place et du Maroc à la 71ème
place. Elle est, même, dépassée par certains pays qui sont politiquement instable à savoir le
Mali, elle dépasse par deux places seulement des pays en Etat de guerre comme l’Irak.
Les mauvais classements sont remis en causes sous prétexte qu’ils ne reflètent pas la
réalité du terrain. Ainsi, lors de la conférence sur le développement économique, tenue à
Algérie entre le 04 et le 06 novembre 2014, certains intervenants soulignent que les rapports
et les classements négligent l’importance des bénéfices réalisés sur le marché algérien176
même s’ils admettent les difficultés que rencontrent les entreprises et les faiblesses des
investissements.
En plus des rapports de la banque mondiale sur le climat des affaires dans le monde,
un rapport de l’Union Européenne intitulé « Programme MEDA II de l’Union Européenne
pour les pays du Sud et Sud Est de la Méditerranée : Evaluation de l’état d’exécution de
l’Accord d’Association Algérie-UE » paru le 03 novembre 2009, considère que la loi sur les
investissements instaurée en 2009, est un net recul dans la politique de libéralisation des
investissements en Algérie. Le rapport énumère les articles de la nouvelle législation
algérienne en matière des IDE qui ne sont pas compatibles avec les articles de l’accord
d’association. A titre d’exemple, l’article 4 bis du code d’investissement algérien (loi de
finance 2009) stipulant que la réalisation des investissements étrangers en partenariat avec les
nationaux résidant à la hauteur de 49/51 et la participation de l’actionnariat national qu’ils
soient des personnes physiques ou morales résidant dans le capital social avec un taux d’au
moins 30% d’un partenariat pour des opération de commerce extérieur. L’alinéa 04 du même
article qui prévoit la soumission de tous les projets d’investissement à un examen préalable du
conseil national d’investissement (CNI). Et enfin, le cinquième alinéa qui oblige que tout
excédent de la balance de devises soit au profit de l’Algérie pour tous les projets de
partenariat. Cet ensemble de dispositifs pris dans la loi de finance complémentaire de 2009
176
http://www.radioalgerie.dz/news/fr/article/20141105/18755.html consultés le 31/05/2015 à 01:10
136
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
est considéré, par le rapport de l’Union Européenne, comme non conforme à l’article 32 de
l’accord d’association relatif à la présence commerciale, à l’article 37 stipulant que les deux
parties évitent d’engager des mesures et des conditions d’établissement qui peuvent
restreindre ou limiter les activités des sociétés des pays partenaires, à l’article de 39 portant
sur la coopération des deux parties à mettre en place des conditions nécessaires pour faciliter
la circulation des capitaux entre les deux parties, et enfin, à l’article 54 portant sur la
promotion et la protection des investissements ainsi que la coopération pour créer un climat
favorable aux IDE.
Même si l’Union Européenne reconnait les efforts fournis par l’Algérie en vue
d’améliorer son climat des investissements, depuis 2000. Ces rapports soulignent que les
mesures prise en 2009, ont introduit une incertitude dans la décision d’investissement des
entreprises européennes en Algérie, particulièrement dans les secteurs clés, ce qui a rendu le
rééquilibrage de la balance commerciale, notamment, en terme des biens d’équipement et des
biens de consommation, difficile.
En plus des obstacles d’ordre institutionnel, d’autres obstacles d’ordre structurel pèsent
sur l’investissement en Algérie à savoir : le financement extérieur est interdit, seulement le
financement local des investissements est autorisé. En parallèle le secteur financier reste sous
développé, ce qui limite l’accès au crédit pour les petites et les moyennes entreprises. Le
rapport du forum économique de Davos, de 2014-2015, a qualifié l’Algérie de pays non
compétitif pour attirer des IDE, d’ailleurs, il l’a classée à la 79ème place. Sur les dix
instruments pris en compte dans cette classification, elle a été classée la 11ème en termes de
macro environnement, mais 139ème concernant l’efficacité du marché de travail, 137ème pour
le développement du marché financier et 136ème pour l’efficacité du marché des biens. Un
autre obstacle, et non des moindres, pèse de tout son poids sur l’investissement ; le rapport
Doing Business, pointe du doigt la lenteur administrative. En Algérie, selon le rapport de
2015, il faut 22 jours et 13 procédures pour enregistrer une entreprise alors qu’il n’en faut que
18.9 jours et 08 procédures dans les pays de MENA. On consacre 451 heures par an pour
préparer, déclarer et payer les impôts, soit le double de ce qu’y consacrent nos voisins (220.4
heures en moyenne). De même, il faut seulement 31.3 jours et 6.1 procédures en moyenne
pour effectuer un transfert de propriété dans les pays de MENA, il faut compter 55 jours pour
et 10 procédures pour le faire en Algérie. Enfin, pour obtenir un permis de construction, il
faut attendre 204 jours et effectuer 07 procédures alors que la même opération est plus rapide
(132.3 jours) et moins contraignante (10 procédures) chez nos voisins.
137
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
3.5. L’évolution des flux des IDE en Algérie
L’Algérie a souffert pendant plusieurs années de la faiblesse des flux des IDE à cause
de la situation sécuritaire. La somme des IDE entrants, entre 1995 et 2000, n’a pas dépassé les
1,7 milliards de dollar. Le stock des IDE n’a pas dépassé 3.37 Milliard USD en 2000. Durant
les deux années qui ont suivi, 2001 et e 2002, les flux des IDE entrant ont connu une nette
augmentation, atteignant 1,10 milliards de dollars US et 1,06 respectivement pour reculer
ensuite en 2003 et 2004. A partir de 2005, les IDE ont repris leur tendance haussière, en
enregistrant 1, 1145 milliard de dollars US avec la concrétisation de 85 projets étrangers.
Cette hausse est soutenue par l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les hydrocarbures.
Cette tendance à la hausse a continué pour enregistrer son plus haut niveau en 2009, des flux
d’IDE que l’Algérie n’a jamais connus, avec un montant de 2,74 milliards de dollars US. Les
stocks d’IDE entrants sont passés de 8,21 milliards de dollars US en 2005 à 19,5 milliards en
2010, soit une hausse de 237,64% pendant 05 ans et sont passé à 25,298 milliards en 2013
soit une hausse de 307,87% par rapport à 2005. La hausse des IDE en 2009 s’explique par les
entrées de capitaux liés à l’augmentation des fonds propres des banques et des établissements
financiers opérant en Algérie. La hausse des IDE a ralenti, en 2010, pour prendre une
tendance baissière à cause de l’entrée en vigueur des amendements du code
d’investissements, et depuis, les IDE diminuent chaque année, sauf en 2011 où ils ont connu
une légère hausse pour enregistrer l’année suivante, leur plus bas niveau, depuis 2006, avec
une valeur de 1,49 milliard de dollars US.
Tableau n°13 : Les stocks et les flux des IDE entrant et sortant de 2005 à 2013 (les
montants sont en millions de dollars USD).
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
les IDE sortant -20 34 151 318 215 220 534 -41 -268
les IDE entrant 1 145 1 888 1 743 2 632 2 746 2 301 2 581 1 499 1 691
le stock des IDE 8 217 10 104 11 847 14 479 17 226 19 527 22 108 23 607 25 298
entrant
le stock des IDE 574 608 759 1 077 1 292 1 512 2 046 2 005 1 737
sortant
138
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Malgré la hausse des flux des investissements étrangers, entre 2005 et 2009, notamment
dans le secteur des hydrocarbures, cela n’a pas un grand impact sur l’économie algérienne à
cause de la sortie des bénéfices générés177 qui ont dépassés largement les IDE entrants. A
titre d’exemple, 4,75 milliards dollars US rapatriés en 2005 alors que les IDE entrants étaient
de 1,14 milliard USD. Le cas d’OTA-Djezzy est édifiant sur ce sujet. L’entreprise égyptienne
a investi au total de 700 millions de dollars US, alors rien que pour la seule année 2009, 580
millions de dollars ont été transférés à titre de rémunération des actionnaires. Cette situation a
poussé l’Algérie à mettre en place une loi obligeant les investissements étrangers, en
partenariat avec des opérateurs économiques nationaux, à présenter une balance de devises
excédentaire au profit de l’Algérie.
Les IDE sortants de l’Algérie restent très faible, le plus important montant est enregistré
en 2011 avec 534 millions de dollars US, et depuis ils présentent un bilan annuel négatif.
Cette situation s’explique par les restrictions et les obligations pour les opérateurs
économiques algériens de disposer d’un agrément préalable de la Banque d’Algérie pour tout
investissement à l’étranger.
Le total des investissements réalisés, comme le montre le tableau n°14, qu’ils soient
étrangers ou nationaux a atteint 2 546,84 milliard DA, entre 2002 et 2012 sur un total de
32 004 projets. Ils ont contribué à créer 299 115 emplois, alors que les investissements
déclarés pour la même période étaient de 40 993 projets pour un montant de 6 319,293
milliards DA, le nombre d’emplois prévu est de 667 776.
177
GOUMEZIANE Smail, article d’El Watan, 19/07/2006.
139
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Tableau n°14 : le total des investissements déclarés en Algérie de 2002 à 2014
Années nombre de % montant en % emplois %
projets millions de DA
Le secteur privé détient la part du lion avec 31 638 projets pour un montant de 1 378,
385 milliards DA en faisant travailler 264 964 personnes. En deuxième place vient le secteur
public avec 328 projets pour un montant de 777,22 milliards DA en faisant employer 31 024
personnes. Enfin, viennent les investissements mixtes avec un total de 38 projets pour un
montant de 391,235 milliards DA et faisant employer 3 127 personnes.
Comme le montre le tableau n° 16, Sur les 410 projets d’investissements étrangers
réalisés en Algérie depuis 2002 jusqu’en 2012, l’industrie a bénéficié de 220 projets avec un
montant de 599 200 millions de DA. Elle emploi 23 450 personnes, et accapare seule de
56% du total des projets. Le secteur des services est en deuxième place avec 97 projets
évalués à 167 118 millions DA et faisant employer 10 363 personnes. En troisième place vient
le secteur du BTPH avec 63 projets pour un montant de 12 082 millions DA et créant 6 698
postes. Le tourisme présente le plus petit nombre de projets (03 projets), mais en terme de
valeur ce secteur se classe en troisième (03) place, totalisant 13 587 millions DA et 1124
postes de travail créés. Enfin, l’agriculture est le secteur le moins servi par les
investissements étrangers, avec 887 millions DA au long de cette période et seulement 82
emplois crées.
141
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Tableau n°16: la répartition des IDE selon les secteurs d’activité
Secteurs d'activité Nombre de % Montant en % emplois %
projets millions da
Agriculture 6 1% 887 1% 82 2%
De 2002 à 2014, le total des projets d’investissements déclarés en Algérie a avoisiné les
58 888 projets pour une valeur globale de 10 372, 871 milliard DA avec 962 181 emplois
prévus, mais le nombre de projets réalisés en 2012 reste loin du nombre de projets déclarés
(40 993 projets déclarés depuis 2002 jusqu’à 2012 alors que le nombre de projet réalisé, en
2012, était de 32004). Le directeur de l’agence nationale de développement des
investissements (ANDI) a indiqué que malgré les difficultés de l’économie nationale, l’année
2014 était la meilleure année en termes de déclaration des projets d’investissements avec
9904 projets, soit une hausse de 23,94% par rapport à 2013 où le nombre de projet déclarés
était de 7991. Les investissements en partenariat déclarés ont connu, aussi, une nette
augmentation avec 105 projets déclarés d’une valeur totale de 170 milliards DA et 18175
postes d’emploi prévus. Cette hausse, rajoute –t-il, revient aux opportunités que représente
le marché algérien ainsi qu’aux efforts du gouvernement algérien pour encourager les
investissements à travers la mise en place des aides et des facilitations178.
178
http://www.elmoudjahid.com/fr/mobile/detail-article/id/53205 10/06/2015 à 16:32
142
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Tableau n° 17: les investissements déclarés en Algérie (2002-2014)
Le total des
investissements déclarés
en Algérie 55 888 10 372 871 962 181
Les investissements en
partenariat déclarés en
Algérie 564 2 354 099 113 879
Sur les 55888 projets d’investissements déclarés entre 2002 et 2014, 564 projets sont en
partenariat impliquant des nationaux résidant et des étrangers, conformément à la règle de
49/51. La valeur totale des ces investissements est estimée à 2 345, 099 milliard DA,
prévoyant la création de 113 879 postes d’emploi. Plusieurs secteurs sont concernés par ces
investissements. Le secteur qui a enregistré le plus grand nombre de déclaration, de la part des
investissements en partenariat, est le secteur industriel avec 324 projets pour un montant de
1 613, 708 milliards de DA soit 57,45% du total des projets déclaré. Ces investissements
prévoient 63 928 postes d’emplois. Ensuite vient le secteur des services avec 100 projets
estimés à 97, 145 milliards DA, suivi par le secteur du BTPH avec 95 projets d’un montant
total estimé à 59, 713 milliards DA et prévoyant la création de 18 675 postes d’emploi. Les
autres secteurs restant comme : l’agriculture, la santé, le transport, le tourisme et les
télécommunications totalisent 46 projets estimés à 583,533 milliards DA. Le secteur du
tourisme a enregistré uniquement dix (10) déclarations, mais la valeur globale prévue est la
deuxième la plus importante, après celle de l’industrie. Elle est estimée à 462, 619 milliards
DA.
Tableau n° 18: la répartition des projets d’investissement déclarés selon les secteurs
d’activités
143
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
3.5.4. Les IDE selon les zones géographiques
Selon des données de l’ANDI, l’Europe est classée en première position en termes de
projets déclarés avec 316 projets. L’Union Européenne seule contribue avec 238 projets soit
75% du total des projets d’investissement venant d’Europe. La valeur totale des projets de
l’Union Européenne est estimée à 519, 485 milliard DA, en prévoyant la création de 33 175
postes de travail sur une période de 12 ans (2002-2014).
Si l’UE a présenté le plus grand nombre de projets d’investissements, ce qui est somme
toute logique étant donnée son statut de premier partenaire commercial de l’Algérie, les pays
arabes sont les pays le premier investisseur étranger en termes de valeur. Ainsi, ces pays avec
1243 milliards DA de montants déclarés pour 170 projets, se placent loin devant l’UE avec un
montant de 519.485 milliards DA. Et même en termes de projection d’emploi, les pays arabes
devancent l’UE et prévoient de créer 35060 postes contre 33175 de l’UE. Les pays de l’Asie
(moins les pays arabes) sont en troisième position, ils prévoient la création de 7230 postes
dans 53 projets d’un montant de 219 milliard DA.
144
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
Conclusion
Dix ans après l’entrée en vigueur de l’accord d’association, le bilan reste décevant pour
l’économie algérienne. Censé assurer, grâce à l’assistance technique et financière, la transition
de l’Algérie vers l’économie de marché et réussir son insertion à la future zone de libre
échange méditerranéenne, son impact est quasi inexistant. Et pour cause, comme elles
l’étaient en 2005, les exportations algériennes demeurent toujours dominées par les
hydrocarbures. L’économie nationale n’a pas connu la diversité que laissait promettre cet
accord. La part des produits hors hydrocarbures reste marginale et n’a pas dépassé les 04 % en
2014.
Les effets d’une zone de libre échange tels qu’ils ont été évoqués par les différentes
théories de l’intégration économique vont conduire, d’une part à une amélioration du bien
être du consommateur, stimuler les investissements et améliorer la compétitivité des
entreprises du fait de la concurrence, et d’autre part, affecter le budget de l’Etat du fait de la
baisse des recettes douanières, et la disparition des entreprises non compétitives. En Algérie
les effets sont déjà constatés ; la part de l’industrie dans le PIB est marginale, pas plus de 4%
en 2014. La suppression des droits de douanes sur une partie des importations, notamment des
biens d’équipement devait conduire à la baisse des coûts de production, mais ce n’est pas le
cas en Algérie car les indices de prix à la production industrielle ont connu cette décennie
une tendance inverse. L’impact sur le consommateur est presque insignifiant vu les tendances
inflationnistes de l’économie qui ont dépassé parfois les 09%. Enfin les recettes fiscales
provenant des droits de douanes ont baissé de 2,5 milliard US entre 2005 et 2009 avec des
projections d’un manque à gagner de 8 milliards de dollars US en 2017, et ces pertes vont
s’accentuer avec la libéralisation totale des échanges.
145
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE
L’impacte des flux des IDE, censés de compenser le manque à gagner en matières des
recettes douanières reste flou du fait de l’absence des statistiques pour en mesurer l’effet.
Mais il est indéniable qu’ils n’ont pas atteint les prévisions, selon les investissements
déclarés par l’ANDI, ils n’ont pas dépassé 520 milliards de dinar pendant 10 ans. L’UE
dégage la responsabilité et pointe du doigt la législation algérienne qui entrave la
libéralisation des IDE comme en témoignent les différents rapports internationaux sur le
climat des affaires et des investissements.
146
Conclusion générale
Conclusion générale
Conclusion générale
Le contexte mondial est marqué par une tendance qui s’affirme de plus en plus comme
inévitable. La mondialisation de l’économie ne relève plus de choix des nations mais
s’impose d’elle-même. Ainsi, les regroupements économiques régionaux se sont généralisés,
surtout à partir des années 1980, avec la multiplication des accords internationaux de tous
genres. Les frontières des Etats s’effaçaient de plus en plus pour laisser place à la formation
de grands ensembles régionaux désarmés de tout obstacle devant les flux des marchandises,
des capitaux et des services mais un peu moins pour la circulation des personnes.
En trente ans, entre 1976 et 2006, l’UE a proposé pas moins de 04 projets pour
encadrer ses relations avec ses voisins, du Sud notamment. Ces projets restent spécifiquement
européens, élaborés par l’UE et pour l’UE en fonction des besoins de ses pays membres. Les
pays voisins ne font que participer à des projets où leurs aspirations au développement ne
sont que secondaires. En nouant des liens solides avec ses partenaires, l’Europe ne cherche
rien d’autre que qu’à préserver ses intérêts : D’abord, ces liens permettent de s’assurer de la
disponibilité des matières premières d’une part, et, d’autre part des débouchés pour ses
produits. Ces différentes politiques permettent de garantir une zone de stabilité aux frontières
de l’UE et limiter les menaces que peut présenter tout foyer de tension aux frontières : flux
147
Conclusion générale
migratoires, trafic d’armes, et, donc risque de sécurité. Enfin, derrière toutes ces politiques
d’apparence économique, il y a toujours des considérations sécuritaires. L’Europe considère
les pays voisins, à l’instar de l’Algérie, comme des partenaires stratégiques dans la lutte
contre le terrorisme.
Les relations de l’Algérie avec l’Union Européenne étaient toujours encadrées par les
différentes politiques mises en place. Elles s’inscrivent dans le cadre des relations nord-sud
qui se sont émergées avec la fin de mouvements de colonisations. Au départ, ces relations ont
été fondées sur le principe du non réciprocité, c’est-à-dire les pays de l’Europe
communautaire accordent des privilèges pour les produits algériens et cette dernière tient à
appliquer la clause de la nation la plus favorisée. Depuis l’élargissement du système
préférentiel (système préférentiel généralisé) initié par la CNUCED, en 1973, pour tous les
pays, les relations sont fondées sur le principe de la réciprocité autrement dit ; le privilège
accordé à l’Algérie doit être élargi à tous les autres pays avec lesquels l’Union Européenne
entretient des relations économiques.
La hausse des prix du pétrole au début des années 2000, a permis à l’Algérie
d’engranger d’importantes ressources financières, et par conséquent, adopter des politiques
budgétaires expansionnistes, ce qui a conduit à l’augmentation de volume de ses échanges
148
Conclusion générale
avec l’extérieur. L’ensemble des ventes de l’Algérie est dominé par les hydrocarbures, ce qui
reflète la nature de cette économie qui compte sur les prix du pétrole pour faire face à ses
besoins de financement. La part du secteur hors hydrocarbure, notamment industriel, reste très
marginale dans le commerce extérieur, avec une faible contribution à la création de la valeur
ajoutée. D’ailleurs entre 2005 et 2014, les exportations hors hydrocarbure n’ont pas dépassé
les 3 % du total des exportations, avec un record enregistré en 2014 avec seulement 4 % du
total des exportations. De cela, on peut dire que le premier obstacle à libéralisation des
échanges n’est pas lié à des facteurs externes mais réside dans la nature de l’économie
algérienne qui reste très dépendante des hydrocarbures.
Malgré le renforcement des échanges commerciaux de l’Algérie avec l’UE, qui sont
passés du simple au double en l’espace de 07 ans, entre 2005 et 2012, l’Algérie reste mono
exportatrice, c’est-à-dire dans la même situation qu’auparavant. La diversification de
l’économie nationale n’a pas eu lieu malgré l’explosion de la demande locale. Demande qui
profite grandement à l’Union Européenne du fait du démantèlement des barrières tarifaires.
Le risque d’asphyxie de l’économie algérienne est d’autant plus grand sachant que ce
démantèlement n’est qu’un prélude pour la création d’une zone de libre échange prévu pour
2017. L’intérêt de la conclusion d’un accord d’association, pour la partie algérienne est loin
d’être évident. Autrement dit, quel est l’intérêt d’un accord d’association portant sur la
libéralisation des échanges, notamment industriels, pour un pays qui n’exporte que des
hydrocarbures ?
Ainsi, les relations économiques basées sur le principe gagnant-gagnant ne sont que du
domaine de la rhétorique. La réalité du terrain montre tout à fait autre chose. Si l’Europe s’en
sort gagnant effectivement, l’Algérie reste engluée dans sa dépendance aux hydrocarbures.
Pire, le pays perd chaque année des milliards de dollars en recettes douanières. Ces pertes
deviendront encore plus conséquentes avec l’entrée en vigueur de la zone de libre échange.
Quant aux baisses des prix inévitable, théoriquement, par la suppression des taxes douanières,
elles sont marginales et, souvent inexistantes. Ni le citoyen n’a bénéficié de la baisse des prix
des produits, ni les entreprises n’ont pu voir les coûts de production baisser.
149
Conclusion générale
de l’intégration économique, c’est-à-dire de l’union douanière. Pourtant, l’accord
d’association, à travers les articles 39 et 54 notamment, a mis un cadre portant sur la
libéralisation, la protection et la promotion des investissements, dans l’objectif d’aider
l’Algérie à réussir la libéralisation commerciale avec l’UE et à faire face à ses retombées.
Mais le pays souffre de son manque d’attractivité. Occupant des places peu reluisantes
dans les rapports internationaux sur le climat des affaires malgré les opportunités que présente
son marché, l’Algérie a du mal à drainer les IDE pour des raisons d’ordre institutionnelles et
structurelles. La part des IDE de l’UE reste très faible en dépit du renforcement des échanges.
Conséquent à cela, l’UE se trouve concurrencée, et même devancée dans ce domaine, par les
investisseurs asiatiques, notamment arabes. Même si ces derniers présentent moins de projets
que l’UE, leurs investissements sont supérieurs en terme de valeurs et d’empois créés.
Les flux des IDE entrant en Algérie en général, et les IDE de l’Union Européens
spécifiquement, n’ont pas conduit à créer une dynamique économique permettant de
diversifier l’économie nationale. Autrement dit, les flux des IDE entrants n’ont pas conduit
l’Algérie à une spécialisation dans des secteurs où elle a des avantages comparatifs et, par
conséquent, elle reste en dehors de la chaine de valeur internationale. Cela est visible dans la
structure de ses exportations totales qui sont toujours dominées par les hydrocarbures. Enfin
les flux des IDE contribuent faiblement à la croissance économique soutenue principalement
par les dépenses budgétaires de l’Etat, comme présentent une faible contribution à la
création d’emplois.
La hausse de la valeur des échanges de l’Algérie avec l’UE (70 milliards de dollars US
en 2014), la faiblesse des flux des IDE européens en Algérie, conjuguées à l’impact peu
signifiant du démantèlement tarifaire sur le citoyen et sur l’économie nationale notamment,
l’industrie, nous permettent de confirmer notre hypothèse première : les relations
économiques de l’Algérie avec l’Union Européenne sont dominées par leur aspect
commercial et l’accord d’association n’a fait que renforcer cet aspect.
Ceci, dit, et en l’absence de bilan officiel après dix ans d’application de l’accord
d’association, il s’avère nécessaire de repenser le principe de gagnant-gagnant de façon à
permettre à l’Algérie de l’être vraiment. Autrement dit, pour que le principe gagnant-gagnant
soit effectif, il faut que les bénéfices de l’Algérie soient supérieurs à ses pertes.
150
Conclusion générale
Après dix ans de coopération et de partenariat dans le cadre de l’accord d’association,
des voix qui s’élèvent pour le renégocier et réviser les relations économiques avec l’Union
Européenne. Cette position intervient au moment où les prix du pétrole sont faibles sur le
marché mondial, ce qui fragilise la position algérienne dans d’éventuelles négociations.
L’Union Européenne ne peut accorder de concessions sans qu’il y ait des contreparties du
coté algérien. Face à cette problématique, des décisions politiques et économiques sont
souhaitées pour encourager les opérateurs économiques privés nationaux à investir dans des
secteurs créateurs de valeur ajoutée. la nécessité s’impose d’avoir un produit algérien capable
de concurrencer, en termes de prix et de qualité, sur le marché européens, non seulement les
produits Européens, mais aussi pour les produits asiatiques, et cela pour différentes raisons :
négocier en position de force toute modification de l’accord dans l’avenir, pouvoir bénéficier
des effets positifs d’un accord concernant la libéralisation industrielle ( l’Algérie a négocié un
accord pourtant sur la libéralisation des produits industriels alors qu’elle exporte uniquement
des hydrocarbures), et éviter des scénarios comme ceux des pays voisins qui ont vu leurs
parts de marché, en dépit des avantages qui leurs sont accordés, se contracter au profits des
pays asiatiques, notamment de la Chine.
151
Conclusion générale
Pour finir, l’accord d’association, en renforçant les échanges avec l’UE, accentue la
dépendance de l’Algérie de l’extérieur et fragilise son économie en la rendant vulnérable en
cas de crise sur le vieux continent. En cas de choc, l’impact sera d’envergure sur l’économie
nationale, d’où la nécessité de diversifier les fournisseurs et les clients. Ainsi, l’avènement de
la Chine sur le marché local peut constituer une opportunité et un levier de pression sur
l’UE.
152
BIBLIOGRPAHIE
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Ouvrages
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http://www.eib.org
http://www.elmoudjahid.
http://www.maghrebemergent.com
http://www.radioalgerie.dz
http://www.wcoomd.org
http://www.wto.org
www.bei.org
www.forumducommerce.org
www.medea.be
www.mincommerce.gov.dz
www.p3a-algerie.org
157
Annexes
Annexe n°1 : les principaux secteurs touchés par les 04 protocoles financiers
158
Annexe n°2 : le budget indicatif pour les programmes prioritaires (en millions d’euros)
159
Liste des
illustrations
Listes des annexes
Annexe n°1 : les principaux secteurs touchés par les 04 protocoles financiers ................................. 158
Annexe n°2 : le budget indicatif pour les programmes prioritaires (en millions d’euros)................. 159
160
Liste des tableaux
Tableau n° 1 : le processus de l’intégration économique régionale selon BELA Balassa ................... 22
Tableau n° 2 : Illustration de la création et de la déviation du commerce selon Viner ....................... 34
Tableau n° 3 : les financements dans le cadre de MEDA I et II pour les trois pays du Maghreb ........ 87
Tableau n° 4 : Comparaison de l’IEVP entre les 03 pays du Maghreb .............................................. 92
Tableau n°5 : les lignes tarifaires de liste 1 concernées par la révision de calendrier du démentèlement
tarifaire. .......................................................................................................................................... 104
Tableau n°6 : les lignes tarifaires de liste 1 concernées par la révision de calendrier du démentèlement
tarifaire. .......................................................................................................................................... 105
Tableau n°7 : les lignes tarifaires du niveau 1 de liste 2 concernées par la révision de calendrier du
démentèlement tarifaire. .................................................................................................................. 105
Tableau n°8 : les lignes tarifaires de liste 2 concernées par la révision de clandrier du démentèlement
tarifaire. .......................................................................................................................................... 106
Tableau n° 9 : l’évolution du commerce extérieur de l’Algérie 2004-2014 (Les montants sont en
millions de dollars US) ................................................................................................................... 114
Tableau n°10 : les échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Union Européenne (les valeurs sont en
millions de dollar US) ..................................................................................................................... 120
Tableau n° 11 : les groupes de produits importés en Algérie de l’Union Européenne entre 2005-2012
(les montants en millions de dollars). .............................................................................................. 125
Tableau n°12 : l’évolution des prix à la consommation en Algérie et la part de l’industrie hors
hydrocarbures dans le PIB en Algérie.............................................................................................. 126
Tableau n°13 : Les stocks et les flux des IDE entrant et sortant de 2005 à 2013 (les montants sont en
millions de dollars USD). ............................................................................................................... 138
Tableau n°14 : le total des investissements déclarés en Algérie de 2002 à 2014 .............................. 140
Tableau n°15 : Les investissements réalisés selon le statut juridique ............................................... 140
Tableau n°16: la répartition des IDE selon les secteurs d’activité .................................................. 142
Tableau n° 17: les investissements déclarés en Algérie (2002-2014)............................................... 143
Tableau n° 18: la répartition des projets d’investissement déclarés selon les secteurs d’activités ..... 143
Tableau n° 19: les investissements en partenariat déclarés en Algérie entre 2002-2014 ................... 144
161
Table des matières
Tables des matières
Remerciements ..................................................................................................................................1
Liste des abréviations..................................................................................................................... III
Sommaire ....................................................................................................................................... IV
Introduction générale .......................................................................................................................5
CHAPITRE I : Les fondements théoriques de l’intégration économique régionale ..................... 13
Introduction .................................................................................................................................... 13
Section 1. Généralités sur l’intégration économique régionale ....................................... 15
1.1. Les différents types d’accords régionaux ........................................................................ 15
1.1.1. Les accords économiques et commerciaux nord/sud (accords d’association) ........... 15
1.1.1.1. Les associations et les forums de coopération économique.................................. 15
1.1.1.2. Les accords préférentiels non réciproques ........................................................... 15
1.1.1.3. Les accords de libre échange .............................................................................. 16
1.1.1.4. Les accords de partenariat économique ............................................................... 16
1.1.2. Les accords monétaires nord/sud ............................................................................ 16
1.1.3. Les accords commerciaux sud/sud .......................................................................... 17
1.1.4. Les accords politiques et institutionnels .................................................................. 17
1.2. Les facteurs déterminant de l’intégration économique .................................................... 18
1.3. Les mécanismes de l’intégration économique régionale.................................................. 19
1.3.1. Le processus de l’intégration selon BELA Balassa ................................................. 20
1.3.1.1. La zone de libre échange (ZLE) .......................................................................... 20
1.3.1.2. L’union douanière .............................................................................................. 20
1.3.1.3. Le marché commun ............................................................................................ 21
1.3.1.4. L’union économique .......................................................................................... 21
1.3.1.5. L’union politique ............................................................................................... 21
1.3.2. La nature de l’intégration économique régionale..................................................... 24
Section 2. Les différents types d’intégration économique régionale ............................... 26
2.1. La conception libérale : l’intégration par le marché ........................................................ 26
2.2. La conception volontariste ............................................................................................. 28
2.3. L’intégration politique ................................................................................................... 29
2.4. La dimension territoriale de l’intégration........................................................................ 29
2.5. L’intégration institutionnelle .......................................................................................... 31
Section 3. La théorie des unions douanières..................................................................... 32
3.1. Les effets statiques des unions douanières ...................................................................... 32
3.1.1. Le raisonnement de Viner ...................................................................................... 33
3.1.1.1. Les effets des unions douanières sur les bien être................................................ 35
162
3.1.2. Le raisonnement de Meade ..................................................................................... 38
3.1.3. Raisonnement de Lipsey ........................................................................................ 39
3.1.4. Le raisonnement de Gehrels ................................................................................... 40
3.2. Les effets dynamiques des unions douanières ................................................................. 41
3.2.1. La concurrence....................................................................................................... 41
3.2.2. Les économies d’échelles ....................................................................................... 42
3.2.3. Les termes de l’échange ......................................................................................... 42
3.2.4. La stimulation des investissements ......................................................................... 43
Conclusion ....................................................................................................................................... 44
CHAPITRE II : Historique des relations UE-Algérie ................................................................... 46
Introduction .................................................................................................................................... 46
Section 1. Un rappel historique des relations algériennes avec l’Europe communautaire
........................................................................................................... 48
1.1. L’Algérie et les premiers accords d’associations ............................................................ 48
1.2. L’Algérie dans l’approche méditerranéenne globale ....................................................... 50
1.2.1. Le contenu du premier accord de coopération ......................................................... 51
1.2.2. Les protocoles financiers ........................................................................................ 52
1.2.3. La coopération : bilan insatisfaisant ........................................................................ 53
1.3. L’avènement de la politique méditerranéenne rénovée (PMR) ........................................ 53
1.3.1. L’adoption de la politique méditerranéenne rénovée ............................................... 54
1.3.2. Les apports de la politique méditerranéenne rénovée .............................................. 54
1.4. De la coopération au partenariat ..................................................................................... 55
1.4.1. Le contexte général du partenariat .......................................................................... 56
1.4.2. Le projet du partenariat et la crise Algérienne ......................................................... 56
1.4.3. Le partenariat : la nouvelle politique euro-méditerranéenne .................................... 57
1.4.4. La conférence de Barcelone ................................................................................... 58
Section 2. L’accord d’association UE-Algérie .................................................................. 59
2.1. Les objectifs de l’accord d’association ........................................................................... 59
2.2. La gestion de l’accord d’association ............................................................................... 59
2.2.1. Le conseil d’association ......................................................................................... 60
2.2.2. Le comité d’association .......................................................................................... 60
2.3. Le contenu de l’accord d’association .............................................................................. 60
2.3.1. La coopération et le dialogue politique ................................................................... 60
2.3.1.1. Le dialogue politique.......................................................................................... 61
2.3.1.2. La coopération dans le domaine juridique et des affaires intérieures.................... 61
2.3.2. La coopération économique.................................................................................... 62
163
2.3.2.1. La circulation des marchandises ......................................................................... 62
2.3.2.2. Le commerce des services et la présence commerciale ........................................ 64
2.3.2.3. Dispositions communes ...................................................................................... 64
2.3.2.4. La libre circulation des capitaux ......................................................................... 67
2.3.2.5. La coopération financière ................................................................................... 69
2.3.3. La coopération sociale et culturelle......................................................................... 69
2.3.3.1. Dispositions relatives aux travailleurs ................................................................. 69
2.3.3.2. Coopération en matière sociale ........................................................................... 70
2.3.3.3. La coopération en matière culturelle et d’éducation ............................................ 71
Section 3. La politique européenne de voisinage .............................................................. 71
3.1. Lancement de la politique européenne de voisinage (PEV) ............................................. 72
3.2. Les objectifs de la PEV .................................................................................................. 72
3.3. L’apport de la PEV ........................................................................................................ 73
3.4. La mise en œuvre des plans d’actions ............................................................................. 75
3.5. Le financement de la PEV.............................................................................................. 75
3.6. L’Algérie dans le cadre de politique européenne de voisinage ....................................... 75
Conclusion ....................................................................................................................................... 77
Introduction .................................................................................................................................... 79
CHAPITRE III : La mise en œuvre de l’accord d’association ...................................................... 79
Section 1. Les programmes du financement dans la cadre de l’accord d’association .... 80
1.1. Les programmes de financement MEDA I et MEDA II .................................................. 80
1.1.1. Le premier instrument financier MEDA I ............................................................... 81
1.1.2. Le deuxième instrument financier MEDA II ........................................................... 82
1.1.3. Comparaison du programme MEDA I et II entre les trois pays maghrébins ............. 86
1.2. L’Instrument Européen de Voisinage et du Partenariat (IEVP) ....................................... 88
1.2.1. L’instrument européen de voisinage et du partenariat 2007-2010 ............................ 88
1.2.2. Instrument européen du partenariat et de voisinage 2011-2013 ............................... 90
1.2.3. Comparaison du programme IEVP entre les trois pays maghrébins ......................... 91
1.3. La Facilité Euro-méditerranéenne d’Investissement et du Partenariat (FEMIP) ............... 93
1.3.1. Les produits de la FEMIP ....................................................................................... 93
1.3.1.1. Prêts directs à long terme ................................................................................... 93
1.3.1.2. La ligne de crédit ............................................................................................... 94
1.3.1.3. Le capital investissement .................................................................................... 94
1.3.2. Financement de la BEI en Algérie .......................................................................... 95
Section 2. Programme d’appui à la mise en œuvre de l’accord d’association (P3A) ...... 95
2.1. Les jumelages institutionnels ......................................................................................... 96
164
2.2. Instrument Européen d’Assistance Technique et d’Echange d’Informations (TAIEX) .. 100
2.3. L’outil d’appui à l’amélioration de la gestion de la gouvernance (SIGMA) .................. 101
Section 3. Le démantèlement tarifaire et les règles d’origines...................................... 102
3.1. Les produits industriels ................................................................................................ 103
3.1.1. La deuxième liste de produits industriels ............................................................. 103
3.1.2. La troisième liste de produits industriels ............................................................... 105
3.2. Les produits agricoles .................................................................................................. 106
3.3. Les règles d’origines .................................................................................................... 106
3.3.1. Les critères relatifs aux marchandises entièrement obtenues ................................. 107
3.3.2. Transformation substantielle ................................................................................ 107
3.3.2.1. La méthode Changement de classification tarifaire ........................................... 107
3.3.2.2. Les critères de la valeur ajoutée (pourcentage ad-valorem) ............................... 107
3.3.2.3. Critères relatifs aux opérations de fabrication et de transformation.................... 108
3.4. Les règles d’origines dans le cadre de l’accord d’association ........................................ 108
3.4.1. Les produits entièrement obtenus ......................................................................... 108
3.5. L’ouvraison et la transformation .................................................................................. 109
Conclusion ..................................................................................................................................... 111
Introduction .................................................................................................................................. 113
CHAPITRE IV : Les relations économiques Algérie- UE ........................................................... 113
Section 1. La structure du commerce extérieur de l’Algérie ......................................... 114
1.1. Les exportations........................................................................................................... 115
1.2. Les importations .......................................................................................................... 118
Section 2. Le commerce extérieur de l’Algérie avec l’Union Européenne ................... 119
2.1. Les échanges commerciaux Algérie-Union Européenne. .............................................. 120
2.1.1. Les exportations de l’Algérie vers l’UE ................................................................ 120
2.1.2. Les importations algériennes de l’Union Européenne............................................ 122
2.2. L’effet de la zone de libre échange sur le bien être du consommateur et sur l’industrie
Algérien .................................................................................................................................. 126
2.2.1. L’impact de l’accord d’association sur le consommateur ...................................... 126
2.2.2. L’impact de l’accord d’association sur l’industrie ................................................. 128
2.3. L’impact de l’accord d’association sur les recettes douanières ...................................... 128
2.4. L’accord d’association à l’heure du partenariat avec la chine et les relations économiques
avec les Etats Unis d’Amérique ............................................................................................... 129
Section 3. Les flux des IDE en Algérie ............................................................................ 131
3.1. Le cadre général pour les investissements en Algérie ................................................... 132
3.2. Les mesures incitatives à l’investissement en Algérie ................................................... 133
165
3.2.1. Le régime des zones à développer ........................................................................ 134
3.2.2. Les investissements présentant un intérêt particulier pour l’économie nationale .... 134
3.3. Les garanties des investissements ................................................................................. 135
3.4. Les obstacles de l’investissement en Algérie ................................................................ 135
3.5. L’évolution des flux des IDE en Algérie ...................................................................... 138
3.5.1. La répartition des investissements étrangers en Algérie ........................................ 139
3.5.2. La répartition des investissements étrangers selon le secteur d’activité.................. 141
3.5.3. Les investissements étrangers déclarés en Algérie ................................................ 142
3.5.4. Les IDE selon les zones géographiques ................................................................ 144
Conclusion ..................................................................................................................................... 145
Conclusion générale ...................................................................................................................... 147
Bibliographie ................................................................................................................................. 153
Listes des annexes ......................................................................................................................... 160
Liste des figures ............................................................................................................................ 160
Liste des tableaux .......................................................................................................................... 161
Tables des matières ....................................................................................................................... 162
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Résumé :
L’intégration économique régionale a, de tout temps, suscité l’intérêt d’un nombre
d’économistes. A cet effet, elle a fait l’objet de plusieurs études et donné naissance à de
multiples conceptions. Le processus de cette intégration a connu accélération notable à la
deuxième moitié du 20ème siècle, notamment à partir des années 80 où on assiste à une
prolifération des accords véhiculant le principe de libre échange entre des pays à des écarts de
développement différents.
Les relations économiques de l’Algérie avec l’Union sont consolidées avec la signature
des accords d’association, en 2002, mais l’aspect commercial reste le dominant vu le
volume des échanges des biens qui a doublé durant cette dernière décennie, et qui va être
renforcé, notamment avec l’aboutissement total de la zone du libre échange.
:ﻣﻠﺨﺺ
ﻓﻘﺪ.ﺟﺬب اﻟﺘﻜﺎﻣﻞ اﻻﻗﺘﺼﺎدي اﻹﻗﻠﯿﻤﻲ ﻣﻨﺬ ﺧﻤﺴﯿﻨﯿﺎت اﻟﻘﺮن اﻟﻤﺎﺿﻲ اھﺘﻤﺎم ﻋﺪد ﻣﻦ اﻟﺨﺒﺮاء اﻻﻗﺘﺼﺎدﯾﯿﻦ
, ﻣﻨﺬ ﺑﺪاﯾﺔ اﻟﺜﻤﺎﻧﯿﻨﺎت.ﻛﺎن ﻣﻮﺿﻮﻋﺎ ﻟﻠﻌﺪﯾﺪ ﻣﻦ اﻟﺪراﺳﺎت اﻟﺘﻲ أدت إﻟﻰ ظﮭﻮر ﻣﻔﺎھﯿﻢ ﻋﺪﯾﺪة ﻣﺘﻌﻠﻘﺔ ﺑﮫ
ﺷﮭﺪت ﻋﻤﻠﯿﺔ اﻟﺘﻜﺎﻣﻞ ﺗﺴﺎرﻋﺎ ﻧﺘﯿﺠﺔ اﻧﺘﺸﺎر ﻻﺗﻔﺎﻗﯿﺎت ﻗﺎﺋﻤﺔ ﻋﻠﻰ ﻣﺒﺪأ اﻟﺘﺠﺎرة اﻟﺤﺮة ﺑﯿﻦ ﻣﺨﺘﻠﻒ ﺑﻠﺪان
.اﻟﻌﺎﻟﻢ ﺧﺎﺻﺔ ﺑﯿﻦ دول ﺷﻤﺎل ﺟﻨﻮب
ﻓﻘﺪ أﻗﺎﻣﺖ ھﺬه اﻷﺧﯿﺮة ﺑﻌﺪ اﺳﺘﻘﻼﻟﮭﺎ ﻋﻼﻗﺎت اﻗﺘﺼﺎدﯾﺔ ﻣﻊ اﻻﺗﺤﺎد,ﻟﻢ ﺗﺴﺘﺜﻨﻰ اﻟﺠﺰاﺋﺮ ﻣﻦ ھﺬه اﻻﺗﻔﺎﻗﯿﺎت
وﻟﻜﻦ ﻣﻨﺬ ﻋﺎم، ﻓﻲ اﻟﺒﺪاﯾﺔ اﺳﺘﻔﺎدت اﻟﺠﺰاﺋﺮ ﻣﻦ ﻋﺪة اﻣﺘﯿﺎزات ﻟﻤﺪة ﻋﺸﺮ ﺳﻨﻮات ﺗﻘﺮﯾﺒﺎ,اﻷوروﺑﻲ
ﻛﻞ اﻟﻌﻼﻗﺎت اﻻﻗﺘﺼﺎدﯾﺔ اﻟﺠﺰاﺋﺮﯾﺔ اﻷوروﺑﯿﺔ ﺗﻨﺪرج ﺿﻤﻦ اﻟﺴﯿﺎﺳﺎت اﻟﻤﻄﺮوﺣﺔ ﻣﻦ طﺮف،1976
.اﻻﺗﺤﺎد اﻷوروﺑﻲ
و،2002 ﻣﻊ ﺗﻮطﯿﺪ اﻟﻌﻼﻗﺎت اﻻﻗﺘﺼﺎدﯾﺔ ﺑﯿﻦ اﻟﺠﺰاﺋﺮ واﻻﺗﺤﺎد اﻷوروﺑﻲ ﺑﺘﻮﻗﯿﻊ اﺗﻔﺎق اﻟﺸﺮاﻛﺔ ﻓﻲ ﻋﺎم
رﻏﻢ اﻷھﺪاف اﻟﻤﺴﻄﺮة ﯾﺒﻘﻰ اﻟﺠﺎﻧﺐ اﻟﺘﺠﺎري ﻣﮭﯿﻤﻨﺎ ﻧﻈﺮا ﻟﺤﺠﻢ اﻟﻤﺒﺎدﻻت اﻟﺘﺠﺎرﯾﺔ اﻟﺘﻲ ﺗﻀﺎﻋﻔﺖ ﻓﻲ
. ﺧﺎﺻﺔ ﻣﻊ دﺧﻮل ﻣﻨﻄﻘﺔ اﻟﺘﺒﺎدل اﻟﺤﺮ ﺣﯿﺰ اﻟﺘﻨﻔﯿﺬ، واﻟﺘﻲ ﺳﯿﺘﻢ ﺗﻌﺰﯾﺰھﺎ،اﻟﻌﻘﺪ اﻟﻤﺎﺿﻲ
-اﻟﻌﻼﻗﺎت اﻟﺘﺠﺎرﯾﺔ واﻻﻗﺘﺼﺎدﯾﺔ اﻟﺠﺰاﺋﺮ, اﺗﻔﺎﻗﯿﺔ اﻟﺸﺮاﻛﺔ, اﻟﺸﺮاﻛﺔ اﻷوروﺑﯿﺔ اﻟﻤﺘﻮﺳﻄﯿﺔ:ﻛﻠﻤﺎت اﻟﺒﺤﺚ
. ﻣﺘﻮﺳﻄﯿﺔ-اﻟﻤﻨﻄﻘﺔ اﻟﺤﺮة ﻟﻠﺘﺠﺎرة اﻷورو, اﻻﺗﺤﺎد اﻷوروﺑﻲ