Introduction aux sciences de la pollution :
Pollution Air, sol et eau
Dr. Moufok Azzoug
Maitre de conférences université de Bejaia
Faculté de technologie
Département de génie des procédés
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Licence 3 génie des procédés : Année universitaire 2016-2017
Objectifs du cours
Depuis l’émergence de la conscience environnementale au cours des années 70s, il ne
se passe pas un jour sans que soit relaté dans les medias, un fait ayant un rapport proche ou
lointain avec l’environnement. Les problématiques autour des sciences environnementales
(surexploitation des ressources naturelles, pollutions diverses, changement climatique…etc)
animent les débats au sein de la communauté scientifique et suscitent de plus en plus l’intérêt
du grand public. Aujourd’hui, les questions autour de la préservation de l’environnement et de
sa défense suscitent engouement et vocations. Cependant, elles demeurent très peu enseignées
et peinent à trouver leurs places dans les programmes d’enseignement universitaires, surtout
dans ceux destinés aux étudiants des filières technologiques et industrielles. En effet, les
activités industrielles de tous genres représentent une part primordiale, soit directement ou
indirectement (par l’utilisation des produits industriels) dans la dégradation et la pollution de
l’environnement. Par conséquent, il devient impératif de sensibiliser les étudiants des filières
technologiques et industrielles à la prise en compte des grands problèmes environnementaux
générés par leurs secteurs d’activité.
C’est dans ce contexte que se situe ce cours à caractère transversal dont l’objectif est
d’explorer les problèmes environnementaux sous l’angle de la pollution : Il en retrace
l’histoire, la décrit dans ses différents aspects (atmosphérique, lithosphérique et aquatique) et
enfin propose des solutions afin d’engager l’étudiant dans une réflexion approfondie autour
des questions environnementales et de lui fournir les connaissances nécessaires pour intégrer
les aspects environnementaux dans sa pratique professionnelle.
Chapitre 1 :
Introduction aux sciences environnementales et aux
sciences de la pollution
Plan du Chapitre
Introduction générale
1. Introduction aux sciences de la pollution
1.1. Définition
1.2. Classification des pollutions
1.3. Historique
1.3.1. Les causes anciennes de la pollution
1.3.2. Les causes actuelles de la pollution
[Link]. Explosion démographique contemporaine
[Link]. Production et consommation d’énergie
[Link]. Diversification des polluants chimiques
[Link]. Pollutions dues à l’agriculture et l’élevage intensifs
Introduction générale
L'environnement est l'ensemble des éléments qui constituent le voisinage d'un être
vivant ou d'un groupe d'origine humaine, animale ou végétale et qui interagissent avec lui
directement ou indirectement. C'est ce qui entoure.
Depuis l’émergence de la conscience écologique au cours des années 1970, le terme
environnement est utilisé pour désigner l'ensemble des conditions physiques, chimiques,
biologiques, climatiques, géographiques et culturelles au sein desquelles se développent les
organismes vivants en général et les êtres humains en particulier. L'environnement inclut donc
l'air, la terre, l'eau, les ressources naturelles, la flore, la faune, les hommes et leurs
interactions.
Afin de trouver un moyen commode d’appréhender les grandes caractéristiques de notre
environnement, et afin d’analyser la place des êtres vivants au sein de la planète et la place
particulière de l’homme, on a coutume de diviser le monde qui nous entoure en 4 grandes
sphères fonctionnant comme un système dont les différentes parties sont connectées : la
lithosphère (géosphère), l’hydrosphère, l’atmosphère et la biosphère (Figure 1.1).
Figure 1.1 : Les sphères du système terrestre
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• La lithosphère
C’est l’ensemble du substrat solide (Sols et roches) qui affleure à la surface des continents et
sur le fond des océans. Sa principale caractéristique est son caractère solide.
• L'hydrosphère
Elle représente le compartiment « eau » de la terre, sous ses trois formes (solide aux pôles,
liquide dans l’océan, les rivières, les nappes et les êtres vivants, et vapeur dans l’atmosphère).
• L'atmosphère
L’atmosphère est une mince enveloppe, principalement à l’état gazeux, qui est collée par
attraction à la surface du globe. Dans sa partie la plus basse elle est agitée de mouvements très
rapides qui conditionnent les échanges thermiques de notre planète.
• La biosphère
Elle comprend l’ensemble des êtres vivants de la planète et elle se concentre à l’interface
entre atmosphère et hydrosphère ou la lithosphère. Mais la biosphère est également présente
au sein de la lithosphère au moins jusqu’à une profondeur de quelques kilomètres sous forme
microbienne, et au sein de l’hydrosphère et de l’atmosphère.
Les sciences environnementales modernes traitent les nombreuses problématiques
interdépendantes liées aux populations humaines, aux ressources naturelles de la terre et à la
pollution de l’environnement. Aujourd’hui, l’homme est devenu le principal acteur des
changements de son environnement. Il occupe une place si importante que certains
spécialistes sont amenés à lui consacrer une sphère à part entière « Anthroposphère ». Cette
appellation est utilisée pour souligner le poids que l’homme fait peser sur le fonctionnement
des autres sphères en en captant les ressources et en modifiant l’équilibre de leurs interactions.
Avec une population de plus en plus croissante, l’espèce humaine est en train d’épuiser
les ressources naturelles de notre planète, conduisant inexorablement vers la dégradation des
milieux naturels et aux pollutions les plus diverses.
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1. Introduction aux sciences de la pollution
1.1. Définition
Ce terme de pollution qualifie généralement une multitude d’actions qui, d’une façon
ou d’une autre dégradent le milieu naturel. La définition retenue dans sa conception actuelle
pourrait s’énoncer de la façon suivante « la pollution correspond à toute modification
anthropogénique d’un écosystème se traduisant par un changement de concentration des
constituants chimiques naturels ou de la diffusion directe ou indirecte de substances
chimiques artificielles, d’une perturbation du flux de l’énergie, de l’intensité des
rayonnements, de la circulation de la matière ou encore de l’introduction d’espèces exotiques
dans un milieu naturel ».
La pollution est en général un sous-produit de l'activité humaine qui peut toucher
l'atmosphère, le sol ou les eaux. Elle peut affecter la santé humaine, l'eau de consommation,
l'eau de baignade, la production agricole, les espèces animales ou végétales, la beauté des
paysages…etc.
1.2. Classification des pollutions
Donner une classification des pollutions n’est pas une chose aisée car on peut la réaliser
à partir de nombreux critères, mais la classification la plus commode est celle de grouper les
agents polluants selon leur nature : physique (rayonnement ionisants, pollutions sonores,
réchauffement artificiel d’un milieu dû à une source de chaleur technologique, chimique
(substances minérales, organiques ou de nature biochimique), enfin la pollution biologique
(micro-organismes pathogènes, populations d’espèces exotiques invasives et introduites par
l’homme ou encore introduction des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans
l’agriculture). On peut aussi classer les pollutions de façon écologique en prenant en
considération le milieu pollué et les espèces qui y vivent (Atmosphère, Hydrosphère, sols).
Le tableau 1.1 dresse une synthèse de la classification citée ci dessus.
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Tableau 1.1 : Classification des principaux types de pollutions (Ramade, 2012)
Milieu affecté par la pollution
Nature des pollutions
Atmosphère Hydrosphère Sols
1. Pollution physique
Radiations ionisantes + + +
Pollution thermique + + +
Bruits et vibrations (nuisance sonore
+ +
et auditive)
Pollution lumineuse + + +
2. Pollution chimique
Dérivés gazeux du carbone + +
Hydrocarbures + + +
Dérivés du soufre + + +
Dérivés de l’azote + + +
Métaux et Métalloïdes toxiques + +
Fluorures + +
Aérosols et particules solides +
détergents +
Pesticides et autres composés de
+ +
synthèse non volatils
Substances chimiques nauséabondes +
3. Pollution biologique
Contamination microbiologique
+ +
(bactéries et virus)
OGM +
Espèces invasives introduites + +
4. Nuisance esthétique
Dégradation d’un milieu rural ou
urbain ou d’un paysage par
l’urbanisation sauvage et des + +
aménagements de toutes sortes mal-
conçus
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1.3. Historique
1.3.1. Les causes anciennes de la pollution
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la pollution n’est pas un phénomène récent
ou accidentel, mais compte parmi les plus anciens. En effet, la pollution est phénomène
indissociable de l’espèce humaine depuis son apparition il y a quelques deux à trois millions
d’années pour les premiers hominidés. Le feu fut sans doute le premier acquis technologique
majeur de l’homme et la première cause de pollution humaine à travers les fumées qu’il
engendre. Jusqu’à ce qu’il en assure la maitrise, l’homme vécut en parfaite harmonie avec la
nature et occupa dans les écosystèmes qu’il peuplait une niche écologique sans doute
équivalente à celles des autres espèces animales. Mais aussitôt que les hommes disposèrent du
feu, probablement depuis au moins 800 000 ans pour les premières traces de foyers (site de
Benot Ya’aqov en Israel), ils se mirent à polluer leur environnement, comme en témoignent
les couches de fumées noirâtres qui tapissent les grottes préhistoriques.
Au début du néolithique (il y a 10 000 ans à peu près), l’impact de l’homme sur la
biosphère s’est accru de manière considérable, avec la sédentarisation, la domestication
d’animaux, la pratique de l’agriculture et l’accroissement démographique qui en est résulté.
Après le feu, l’agriculture constitue sans conteste la deuxième révolution technologique de
l’humanité et a conditionné les civilisations qui se succédèrent depuis cette époque jusqu’à la
période récente. L’agriculture constitua alors la première cause de perturbation de la
biosphère causée par l’homme et son extension s’est produite au détriment des écosystèmes
naturels (substitution de biomes forestiers au profit de terrains agricoles, disparition d’espèces
sauvages au profit des espèces domestiques…etc). L’agriculture permit aussi une certaine
sédentarisation de l’habitat et l’apparition de la vie urbaine et les concentrations humaines
avec la constitution des premières cités, avec leurs ruisseaux d’écoulement d’effluents
domestiques, les fumées et l’accumulation des déchets et résidus divers (déchets ménagers,
matières fécales…etc). A cette pollution domestique du néolithique (de 10 000 à 4500 ans
avant le présent) a succédé une pollution proto-industrielle avec l’apparition de l’activité
minière et de la métallurgie en antiquité. L’exploitation des métaux permet de mouler une
variété d'objets (armes, outils et bijoux). Cette technologie aura permis de favoriser les
échanges commerciaux qui se multiplient. Historiquement, l’exploitation des métaux apparait
dans un certain ordre chronologique qui donne leur nom aux périodes où leur usage est
prédominant. Nous aurons ainsi, l'âge du cuivre (-4600 à -2000), l'âge du bronze (mélange de
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cuivre et d’étain) (-2000 à -1000) et l'âge du fer (-1000). En parallèle à ces métaux largement
utilisés, d’autres métaux sont aussi exploités depuis l’antiquité tels le Plomb, le Cadmium et
le Mercure entre autres. Cette activité minière et métallurgique s’est souvent accompagnée
d’une production de déchets qui ont des impacts non négligeables dans les cités antiques, en
témoignent les récits des narrateurs grecs et romains. Mais quoi qu’il en soit, ces pollutions
anciennes depuis la domestication du feu par l’homme demeuraient limitées dans leur nature
et leur étendue jusqu’à l’avènement de la civilisation industrielle moderne. Cette dernière
confère aujourd’hui aux problèmes environnementaux une ampleur sans précédent.
1.3.2. Les causes actuelles de la pollution
Le début du XVIII siècle a vu les premiers balbutiements de la civilisation
technologique et industrielle dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Les structures
économiques et sociales des pays nouvellement industrialisés (Europe de l’Ouest) se
modifient rapidement. La mise au point de nouvelles machines industrielles, synthèse de
nouveaux produits et l’application de nouvelles méthodes de culture et d’élevage beaucoup
plus efficientes finissent par changer radicalement les relations entre l’homme et son
environnement. Ce changement deviendra plus significatif au cours de la seconde moitié du
XIX siècle, marqué par un développement fulgurant de l’industrie moderne.
[Link]. Explosion démographique contemporaine
La multiplication inconsidérée de l’espèce humaine (Homo sapiens) constitue, tout
autant que son développement technologique, le facteur primordial de la dégradation de
l’environnement. L’accroissement fulgurant de la population humaine a amené certains
spécialistes à parler de « Bombe P », P pour population (Ehrlich, 1970). Au début de notre ère
(il y a 2000 ans) la population humaine n’était que 200 millions d’habitants, 3 milliards en
1960 et 5 milliards en 1987 (Figure 1.2). En 2016, les experts de la démographie mondiale ont
estimé à près de 7. 4 milliards de personnes l’effectif de la population mondiale avec un taux
d’accroissement annuel de 1.2% pour atteindre 10 milliards en 2050 et 11 milliards en 2100
(Population Reference Bureau, 2016).
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Figure 1.2 : Croissance démographique des effectifs humains depuis les origines (Population
Reference Bureau)
Les effectifs de la population humaine toujours de plus en plus importants, consomment
d’énormes quantités de nourriture et d’eau, utilisent beaucoup d’énergie et de matières
premières et produisent beaucoup de déchets. On estime la production mondiale de déchets à
quelques 4 milliards de tonnes par an ([Link]). Un Américain ou un
européen produit en moyenne entre 600 et 700 kg de déchets solides par et un habitant du tiers
monde quant à lui en produit 100 à 200 kg/an.
[Link]. Production et consommation d’énergie
La consommation d’énergie mondiale représente 13371 Millions de tonnes équivalent
pétrole (Mtep, Mtoe en anglais) en 2012 (Figure 1.3) dont une part importante des
combustibles fossile (Pétrole et gaz naturel) (Figure 1.4). Le pétrole reste toujours comme
source majoritaire d’approvisionnement énergétique à l’échelle mondiale.
Les aéropolluants produits par les combustibles fossiles soulèvent de graves problèmes
environnementaux et climatiques, tels que le dioxyde de soufre (SO2), les NOX et les oxydes
de carbones qui sont responsables de désastreux phénomènes de pluies acides, de smog ou
encore du réchauffement climatique global sur lesquels on va revenir dans les chapitres
suivants.
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Figure 1.3 : Evolution de la consommation mondiale en énergie de 1971 à 2012 (IEA, 2014)
Figure 1.4: Part relative des différentes sources d’énergie dans la consommation mondiale en
énergie pour 1973 et 2012 (IEA, 2014).
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[Link]. Diversification des polluants chimiques
Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, l’industrie chimique a mis à notre
disposition une multitude de nouvelles molécules chimiques de synthèse. Depuis les années
1990s, on estime que plus 120 000 molécules chimiques sont commercialisées dans le monde
et que chaque année 500 à 1000 molécules nouvelles sont mises sur la marché.
L’un des aspects les plus préoccupants de la pollution par les substances chimiques
globale tient en la croissance des rejets de polluants organiques persistants (POPs) tant dans
les pays industrialisés que dans les pays du tiers monde. Ces POPs (pesticides, hydrocarbures
aromatiques, produits pharmaceutiques, PCB…etc) se dégradent difficilement et perdurent
dans l'environnement pendant de nombreuses années. Ils peuvent alors contaminer tous les
compartiments de l’environnement : l’eau, l’air, le sol et les sédiments, mais aussi dans tous
les produits que l’on ingère. Ils peuvent également être déplacés d’un milieu à l’autre. De ce
fait, les micropolluants pourraient avoir une action néfaste à long terme sur les organismes
vivants sur les équilibres des écosystèmes et la santé humaine.
[Link]. Pollutions dues à l’agriculture et l’élevage intensifs
La dernière cause majeure de la pollution de la biosphère est liée au développement
d’un modèle d’une agriculture et d’un mode d’élevage modernes dominant dans presque tous
les pays du monde, développés ou en voie de développement. L’usage intensif des pesticides
de fertilisants azotés, de phosphates et de sels de potasse dans l’agriculture a conduit à une
augmentation spectaculaire des rendements des cultures.
Dans le même temps, l’élevage industriel avec des exploitations comptant parfois
plusieurs milliers de bovins, des dizaines de milliers de porcs et des centaines de milliers de
volailles est devenue une source considérable de pollution dans le milieu rural. Ces
exploitations génèrent des quantités immenses de fumier, provoquant une pollution insidieuse
des sols, des eaux superficielles ou littorales et des nappes phréatiques.
En définitive cette civilisation technologique moderne nous a rendu des services
incontestables sur le plan du confort et du niveau de vie. Cependant, cette modernité conduit
inexorablement à la surexploitation des ressources naturelles et à des d’effets nocifs et
indésirables sur les milieux naturels.
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Afin de se représenter la quantité de nature qu’on utilise et d’évaluer l’impact de l’homme sur
l’environnement, l’environnementaliste suisse Mathis Wackernagel (1962-) a développé le
concept d’empreinte écologique. D’après ce scientifique, chaque personne a une empreinte
écologique, c’est-à-dire « une quantité moyenne de terre productive, d’eau douce et d’océan
qui est indispensable à cette personne pour lui fournir continuellement nourriture, bois,
énergie, eau, logement, moyens de transport et pour éliminer ses déchets ». D’après le rapport
du « Living Planet 2014 » produit par les scientifiques du WWF (World Wildlife Fondation),
la terre a une surface d’environ 12 milliards d’hectares biologiquement très productifs qu’on
appelle « biocapacité ». Si l’on divise cette surface par la population mondiale (7,4 milliards),
on attribue à chaque personne 1,6 hectare utilisable. Comme l’empreinte écologique mondiale
moyenne est supérieure à 2 hectares par personne, cela signifie que nous, êtres humains avons
besoin d’une planète et demie pour subvenir à nos besoins et éliminer nos déchets (Figure
1.5). De ce fait, nous avons donc une dette écologique vis-à-vis de la nature. A titre
d’exemple, un Américain a une empreinte supérieure à 7 hectares. Si tout le monde
consommait comme un Américain, il faudrait disposer de 5 planètes.
Figure 1.5 : Evolution de l’empreinte écologique mondiale moyenne de 1960 à 2012 et
prévision pour 2050 ([Link]).
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Conseils de lecture pour ce chapitre introductif
François Ramade., 2012. Eléments d’écologie appliquée. Action de l’homme sur la
biosphère. Edition Dunod.
Makra, L., Brimblecombe, P. 2004. Selections from the history of environmental pollution,
with special attention to air pollution. Part 1. International Journal of Environment and
Pollutio, 22, 641–656.
Brimblecombe, P., Makra, L. 2005. Selections from the history of environmental pollution,
with special attention to air pollution. Part 2. From medieval time to the 19th century
.International Journal of Environment and Pollutio, 23, 351–367.
Ehrlich, P.R. 1968. The population bomb. New York: Ballantine.
Ehrlich, P.R., Ehrlich, A.H. 1970. Population, resources, environment: issues in human
ecology. San Francisco, CA: W.H. Freeman and Co.
IEA, 2014. Key world energy statistics
Living planet Report, 2014
[Link]
[Link]
[Link]
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