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Retours d'expériences sur la participation

Le document décrit les avantages de la participation collective pour les projets environnementaux, notamment en termes d'efficacité, de prise en compte des besoins réels et d'établissement de la confiance. Il présente également des témoignages d'acteurs sur leur expérience avec ces approches participatives.

Transféré par

Nourredine Sabri
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Retours d'expériences sur la participation

Le document décrit les avantages de la participation collective pour les projets environnementaux, notamment en termes d'efficacité, de prise en compte des besoins réels et d'établissement de la confiance. Il présente également des témoignages d'acteurs sur leur expérience avec ces approches participatives.

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Agir collectivement

pour notre environnement

ILS ONT DIT,


ILS ONT FAIT !
› leurs regards
› 10 retours d'expériences
Recueillis auprès d'acteurs du territoire

#1
extrait de :
Guide pratique d’accompagnement
pour mettre en œuvre et animer un
projet participatif en Guyane

GRAINE Guyane, septembre 2017


ILS ONT DIT :
ENTRE "RENFORCER LE POUVOIR D'AGIR"
ET "CO-CONSTRUIRE"

“ La
concertation
est une
succession
de rencontres
“ Impliquer les bénéficiaires “ Il s’agit d’une dé
pour être à marche
des projets de la réflexion entre gens ordin
l’aise, impliquer, aires.
à l’évaluation en passant
favoriser la De s’appuyer sur
leur
par la mise en œuvre "
capacité à agir po
compréhension "


ur la
mise en place d’a
ction,
puis la valoriser
"

La participation, c‛est…
“ Sur un territoire
“ C’e “ Renforcer le pouvoir donné, les habitants
st l
de m e fa des habitants. Se faire sont acteurs de projets
ettr it
pub e le entendre par le nombre. et tout le monde est au
lic
dan
situ s un Personne ne sait mieux que même niveau (habitants
atio e
pas nn lui-même ce qui est bon et autres acteurs) "
sive on
des vis-
à-v pour lui. Il y a différents

"
déc is
isio
ns stades de la participation :
"
être juste une oreille à
faire des choses (écouter,
entendre, agir) "

retrouvez en introduction du
guide quelques définitions
liées à la participation.

2
Pourquoi font-ils le choix de la participation ?
Quelles sont les plus-values ?

 Pour s’assurer de Sans aller jusqu’à la co-construction, la simple


l’efficacité des projets consultation (après prise en compte des besoins
réels) peut permettre de confronter les bénéfi-
De manière générale, on constate de nom- ciaires avec les solutions proposées et de vérifier
breux dysfonctionnements dans les projets mis en leur acceptation et leur adéquation.
place sur les territoires. Qu’ils viennent des institu-
tions ou des acteurs de terrain, les projets descen- Témoignages de l’Office de
dants (venant des décideurs vers les usagers sans l’Eau de Guyane (OEG) sur
consultation) ne s’inscrivent pas dans le temps, l’intérêt et les raisons de son
les solutions apportées « tombent à côté  », car engagement vers ce type de démarche
elles ne répondent pas aux besoins des personnes Myriane inimod, responsable de la
concernées. cellule conseil et assistance.
L’implication des parties prenantes (concernées « Différents constats en sites isolés ont mené l’OEG
de près ou de loin par le projet) est une garan- aux démarches participatives. Dans le cas du village
tie supplémentaire pour qu’un projet fonctionne. Favard par exemple :
Pour certains, c’est le seul moyen d’être pertinent, • un financement (Direction de l'Alimentation, de
de prendre en compte les réels besoins des gens. l'Agriculture et de la Forêt, Commune, autres) a
Et indirectement, cela permet d’optimiser les permis d’installer des toilettes au milieu du village.
dépenses publiques. Or, l’installation avait été réalisée suite à l’identifi-
cation d’un manque, mais sans concertation. Elles
En effet, à travers la participation des per- n’ont jamais été utilisées, par pudeur ;
sonnes concernées, on vise, dans un premier temps, • la méconnaissance de l’utilité du système de chlo-
à prendre en compte les représentations et les ration servant à potabiliser l’eau a conduit un agent
besoins réels de chacun pour ensuite converger communal à arrêter le système, sur demande des
vers des projets communs et ainsi proposer des habitants pour des questions de goût, ce qui a
solutions adaptées, favorisant leur pérennité. conduit à une consommation d’eau non potable
et à des problèmes de santé chez les nourrissons.
Outre la question de la prise en compte des Ces investissements publics ont donc été réalisés
besoins et des représentations initiales, la parti- à perte et sont accompagnés de risques sanitaires,
cipation peut viser aussi à mettre à contribution ce qui a conduit l’OEG à aller vers une approche dif-
toutes les forces actives, notamment celles des férente, impliquant les habitants, mais aussi en sen-
habitants usagers. On parle d’expertise d’usage sibilisant et en encourageant les collectivités à aller
(les utilisateurs directs d’une installation ont, par vers ces pratiques.
ce fait, une connaissance importante de celle-ci et Ainsi l’OEG a la volonté d’intégrer une approche
une capacité à identifier ses forces et faiblesses). participative dans tous les projets avec l’intégration
Chacun a des savoirs, des savoir-faire, des compé- dans les marchés publics d’un critère “démarche
tences qu’il faut reconnaître pour les capitaliser, les participative/sociale” chaque fois qu’il y a participa-
mettre en synergie et ainsi co-construire les projets tion financière de l’OEG. L’objectif est double : com-
opérationnels. prendre et prendre en compte les attentes et besoins
Compter sur les connaissances des « diversi- des habitants pour améliorer le service public, et que
tés », interpeller leurs compétences sont des atouts les projets deviennent ceux des habitants pour qu’à
pour le réalisme du projet et des actions à program- terme, le maître d’œuvre disparaisse.
mer sur le terrain, ainsi que pour inscrire les résul- La première expérience de l’OEG en question est
tats dans la durée. celle de l’enquête de perception sur les systèmes
La participation à la conception d’un projet et la d’assainissement non collectif (présentée dans ce
co-construction peuvent générer un engouement, livret, p. 27). Dans ce cas de figure, les habitants ont
une envie, une projection et permettre donc, à la été consultés pour la définition de solutions pilotes.
personne impliquée, de mieux saisir l’intérêt d’un Ils sont aujourd’hui associés à la phase expérimen-
projet, de se l’approprier et d’y croire pour le porter. tation pour tester la construction et l’utilisation de
leur propre système. »

3
 Pour favoriser la prise  Pour établir une
de conscience et la mise relation de confiance
en action Les acteurs rencontrés sont unanimes, mettre
Ce type d’approche peut permettre de chan- en œuvre la (réelle !) participation des parties pre-
ger les comportements à deux niveaux. nantes dans un projet est créateur de liens et per-
D’une part, pour pouvoir participer, il est met d’instaurer une relation de confiance. Cette
nécessaire au préalable de comprendre le contexte relation de confiance est une condition, mais aussi
dans lequel on va s’impliquer et d’établir un dia- une conséquence.
gnostic partagé. Ces étapes, de compréhension elle s’installe à travers différents para-
du contexte et de diagnostic, passent notam- mètres : le temps, la relation humaine, les outils,
ment par une phase de sensibilisation, d’appro- le principe de transparence, etc. Tous les acteurs
priation d’un langage commun et de partage des autour de la table sont mis au même niveau et cha-
connaissances. Cela favorise donc une prise de cun apprend : habitant, chercheur, technicien, élu.
conscience vis-à-vis de la thématique traitée.
Ainsi, ce type d'animation de projet permet une Témoignage du Centre
implication des participants et intègre également Communal d’Action Sociale
une valeur éducative. (CCAS) de Saint-Georges de
l’Oyapock
Témoignage de fernanda Gueye, Chargée de mission
l'association GEPOG au service projet.
anna stier, Coordinatrice du (présenté dans ce livret, p. 30), au-delà
programme Savanes des résultats pour le diagnostic.
(présenté dans ce livret, p. 11). « le plus de la démarche a été de se faire connaître,
«  l’étape de recueil des perceptions a permis de faire savoir qui est le CCAS (structuration en
d’identifier un ensemble d’intérêts patrimoniaux 2011 avec intégration des compétences sociales fin
liés aux savanes naturelles, paysagers, historiques 2012), quel est son rôle sur le territoire, et d’instau-
et culturels, mais surtout de prendre conscience rer une relation de confiance pour la suite ».
de la valeur de ce milieu. La dynamique autour du
projet savanes va au-delà de l’objectif de valorisa-
tion, elle aide la cause ». La cause étant la préser-
vation et la conservation de ces milieux.

D’autre part, la mise en action par ce type d’ap-


proche permet de valoriser les capacités d’agir des Témoignage
participants et de développer le sentiment de légi-
Parc Amazonien
timité. Et ainsi, cela a pour effet d’enrayer la pas-
de GuyanE
sivité des gens en les rendant acteurs et en les
impliquant dans une démarche de structuration « Dans le cas du projet autour
pour améliorer leur environnement. Comme dans de la chasse, les réticences ont
le projet de l’îlet Malouin (présenté dans ce livret, progressivement laissé place à un
p. 15) à Cayenne où le groupe moteur s’est consti-
lien
de confiance, puis à une reconnaissa
tué en association pour pérenniser les actions d’ani- nce
du rôle du PaG comme facilitateur
mation dans le quartier. de
l’expression des coutumes locales.
»

Raphaëlle Rinaldo,
Responsable service
scientifique

4
mémo
Limites et difficultés
À travers les différents retours d’expériences recueillis, un ensemble de
points de vigilance a été soulevé. En voici un résumé. Vous les retrouverez
à travers le livret 2 « Préparer et animer un projet participatif ».

// la mise en œuvre
c’est une démarche qui se construit et évolue au fur et à mesure :
nécessité de savoir adapter le cadre, le temps (pour le processus
participatif, pour l’action). Difficulté à concilier avec un cadre
administratif par exemple.
la participation requiert de véritables compétences : d’animation
de réunions, de médiation, d’écoute active, de production des outils et
supports adaptés, de restitutions.
il persiste un doute sur la possibilité de mise en œuvre d’une réelle
participation des parties prenantes au regard des moyens alloués
(temps, financement, etc.)

// les résultats
rester concret et transparent sur les niveaux d'implication des
habitants vis-à-vis des propositions formulées et être vigilant quant à
leur faisabilité pour ne pas décourager, générer des illusions, voire des
frustrations et/ou un sentiment de colère.
Pour cela, il est important de rester dans le champ de compétences de
la structure porteuse, pour être en capacité d’accompagner le groupe.

// l’effet de mode
que la démarche participative soit un vrai objectif, ne pas en faire
pour en faire, pour se donner bonne conscience (ou pour contribuer
à donner une image positive du commanditaire). La concertation est
aussi un business.

// le besoin de sensibilisation
sensibiliser les financeurs à la nécessité de donner du temps à ce
type de démarches (sinon bricolage). Lors du montage de ce type de
projets : proposer un phasage et des étapes (de validation) auprès des
politiques.
D’un autre côté, sensibiliser les participants au temps nécessaire,
d’une part pour la construction collective d’une action, d’autre part en
lien avec le fonctionnement administratif auquel les
actions vont être liées. Il peut aussi être envisagé de
co-construire le calendrier.

5
ILS ONT FAIT
SE REPÉRER PARMI
LES RETOURS D'EXPÉRIENCES
22 acteurs ont été rencontrés pour l’élaboration de ce livret et 14 projets nous ont été présentés. Autant d’approches
et de pratiques variées. L’ensemble des retours d’expériences recueillis auprès des acteurs a été exploité pour réa-
liser le guide. Retrouvez des témoignages de tous les acteurs dans la totalité du guide pratique.

animation
qui a de la niveaux
projets / qui sont les identifié le démarche thématique de
propos recueillis auprès de… participants ? besoin ? par… principale participation

porteurs de projets rencontrés (apparaissant dans le guide)


MAYOURI SANTÉ-ENVIRONNEMENT
p. 7 Habitants Par l’association Association Cadre de vie Décision
Association DAAC porteuse

VALORISATION DES SAVANES


p. 11
Professionnels Par l’association Association Milieu naturel Décision
Association GEPOG et habitants porteuse

ÊTRE EN TERRITOIRE Par l’association


p. 15 Association Mizion Earth Habitants porteuse /
Habitants
Association Cadre de vie Décision

AMÉNAGEMENT ALTERNATIF Par les services


p. 18 À L'URBANISATION SPONTANÉE Habitants déconcentrés
de l'État
Bureau d’études Aménagement Concertation
ONG GRET

ENQUÊTES CHASSE
p. 21 Parc amazonien de Guyane Habitants Par l’EPCI EPCI Faune sauvage Concertation
porteur

Par les services


ZONE DE DROITS D'USAGE COLLECTIFS
p. 24 Association GRAINE Guyane Habitants déconcentrés
de l'État
Association Aménagement Concertation

PAROLE DE CITOYENS
p. 28 Centre de ressources Kaleda Habitants Par l’association Association Cadre de vie Concertation
porteuse

PERCEPTION DE L'ASSAINISSEMENT Par un


NON COLLECTIF
p. 31 Bureau d’études Kalitéô
Professionnels établissement Bureaux Assainissement Consultation
et habitants public local d’études
Environnement

OYAPOCKOIS PARLONS SANTÉ Par la


p. 34 CCAS de
Professionnels collectivité Collectivité Cadre de vie/ Consultation
et habitants porteuse Santé
Saint-Georges-de-l'Oyapock

ÉLECTRIFICATION PARTICIPATIVE
p. 37 EN AMAZONIE Habitants Par l’association Association Énergie Consultation
porteuse
Association Kwala Faya
autres porteurs de projets rencontrés
PROJET DE TOURISME COMMUNAUTAIRE
AU VILLAGE FAVARD Habitants Habitants Association Éco-tourisme Décision
Association Peupl’en Harmonie

AGIR ENSEMBLE POUR VIVRE Par l’association


MIEUX SUR LE HAUT-MARONI Habitants porteuse / Association Santé Concertation
Association ADER Habitants

SOLUTION ALTERNATIVE À L'HABITAT Habitants Commande Bureau d’études Aménagement Consultation


SPONTANÉ - Chorus publique

WATRA NA LIBI Habitants Par l’association Association Cadre de vie Consultation


Association Mama Bobi porteuse

Et l’Office de l’Eau de Guyane, l’Agence Régionale de Santé, l’Atelier Santé Ville Matoury, Marianne Palisse (anthropologue).
Mayouri SANTÉ-
Propos recueillis auprès de
l’association Daac Guyane

ENVIRONNEMENT
niveau d’implication
des participants
infor
DiaGn
Matio
osticn
proposition
consultation
D'actions
participants/zone géographique : habitants des quartiers
co
conc
-Dé ati
cis
ert on
ion îlet Malouin et Leblond à Cayenne
Mise
Déen
cisio
ŒuVn re période du projet : depuis 2013

Contexte et histoire
du projet
La structure et Dans le cadre d’un financement de la Mairie de
ses missions Cayenne et de l’Agence Régionale de Santé (ARS),
DAAC a réalisé en 2013-2014 des diagnostics
L’association DAAC Guyane (Développement, santé-environnement (eau potable, maladies vec-
Accompagnement, Animation, Coopération) a été torielles, déchets et électricité) dans 9 quartiers
créée en 2000 à l’initiative des habitants du quar- prioritaires de l’île de Cayenne (îlet Malouin, La
tier de la BP 134 (Rémire-Montjoly), aujourd’hui Mâtine, Digue Leblond, Mango, Ploermel, Tarzan
appelé Cité Arc-en-Ciel. Cay et Tarzan RM, BP 134, Cogneau). Ces diagnos-
DAAC Guyane est une association de média- tics ont été construits sur la base de nombreuses
tion sociale qui mène des actions collectives consultations de la population concernée.
pour le développement des territoires, propose En décembre 2014, un groupe de travail sur la
des accompagnements individuels à l'accès aux thématique « cadre de vie et santé-environnement »
droits et anime des lieux d'expression, d'échanges pour le futur Contrat Local Santé de Cayenne (CLS)
et de valorisation des savoirs. a été constitué. Il a été décidé de cibler l’action com-
Elle intervient dans les quartiers de l'île de mune et concertée des acteurs sur 3 quartiers cibles
Cayenne et dans l'Est guyanais, notamment à de Cayenne afin de mobiliser et de mutualiser les
Saint-Georges, sur des programmes transfronta- moyens dans un objectif d’efficience.
liers, en coopération avec le Brésil. En 2015, la Mairie de Cayenne et l’ARS ont ainsi
DAAC Guyane développe une approche glo- mandaté DAAC pour donner suite aux diagnostics par
bale et communautaire de la médiation sociale la mise en place d’actions dans 2 des 9 quartiers dia-
qui place les personnes, les familles et les com- gnostiqués : Leblond et l’îlet Malouin regroupant des
munautés au cœur de l’action. habitants de diverses origines (Brésiliens, Guyaniens,
L’expérience des médiateurs de l’association Haïtiens, quelques Africains). Le choix des quartiers a
démontre l’intérêt et la pertinence d’une démarche été arrêté de manière collective lors d’une réunion du
communautaire participative pour contribuer effi- Groupe de Travail du CLS à la suite de la proposition
cacement à la réduction des inégalités sociales de DAAC : nécessité de donner suite à la phase de dia-
dans les quartiers et des risques sanitaires liés à gnostic, présence de personnes, ressources actives,
l’environnement. quartiers prioritaires pour les structures présentes.

7
Objectifs généraux simultanée si besoin) et selon une grille pré-
établie de collecte d’informations ;
Objectif principal • sensibilisation et information en fonction des
• Améliorer la santé des habitants vivant dans besoins ;
les quartiers précaires de l'île de Cayenne en • analyse en fonction de la grille de lecture établie.
les incitants à agir de manière participative sur
leur environnement. Des ateliers participatifs
Objectifs secondaires Le premier atelier portait sur les Connaissances,
• Accompagner les habitants dans leurs parcours Attitudes, Pratiques (CAP) des habitants du
de vie. quartier et avait pour objectifs d’identifier les
• Contribuer à l’amélioration de la qualité de vie connaissances des habitants, de diagnostiquer
des personnes vulnérables. de manière participative la situation générale des
thématiques choisies et de sensibiliser les habi-
tants par l’échange et la régulation par le groupe.
Démarche et outils La méthode employée était la suivante :
• mobilisation de 8 à 12 habitants du quartier ;
Diagnostic partagé • animation d’une réflexion sur un outil de photo-lan-
1 (2013 – 2014) gage (trois piles) permettant la récolte des CAP ;
Afin d’obtenir une analyse exhaustive, les dia-
gnostics se sont appuyés sur plusieurs méthodolo-
gies à la fois qualitatives et quantitatives. Quelle
que soit la méthodologie utilisée, les personnes
sollicitées l’étaient à titre anonyme et volontaire.
Ont donc été combinés des questionnaires indi-
viduels semi-directifs, des récoltes de données
socio-démographiques, une recherche bibliogra-
phique, des rencontres avec les acteurs agissant
dans les domaines de la lutte contre les maladies
vectorielles, la gestion de l’eau et des déchets,
mais aussi des temps collectifs avec les habitants. Atelier participatif à l’ Îlet Malouin c ré d i t p h o t o : daac

Des réunions publiques • analyse des données selon une grille pré-établie.
Les objectifs étaient de collecter la parole Le deuxième atelier consistait en une carto-
des habitants sur les problématiques de l’en- graphie participative qui avait pour objectif de
quête (accès à l’eau potable et à l’électricité, mieux connaître le quartier d'un point de vue géo-
lutte contre les maladies vectorielles, gestion graphique et « spatial ». L'intérêt est d'avoir une
des déchets), d’identifier de manière participa- vision partagée du quartier qui prenne en compte
tive les problématiques du quartier, les freins et les perceptions des habitants tout en incluant les
les leviers, et de mobiliser les habitants dans le limites et contraintes officielles.
cadre d’une démarche d’empowerment ou de La méthode utilisée a consisté en :
« pouvoir d’agir ». Les réunions se tenaient en • la mobilisation de 8 à 12 habitants du quartier ;
début de soirée afin de rassembler un maximum • la réalisation de dessins individuels des habitants
de personnes, en s’adaptant aux rythmes de vie
des habitants. L’association s’est appuyée sur des
personnes-relais pour organiser les réunions qui
ont rassemblé une trentaine de participants.

La méthode utilisée a été la suivante :


• identification et mobilisation de relais dans les
quartiers pour diffuser l’information ;
• mobilisation des habitants en porte-à-porte et
par messages par haut-parleur (multilingues) ;
• animation de la réunion dans la langue de la com-
munauté la plus représentée (avec traduction Atelier participatif à l’ Îlet Malouin c ré d i t p h o t o : daac

8
de leur représentation spatiale du quartier et des quartier…) pour assurer une meilleure gestion
points de repère en lien avec leurs pratiques en de l'eau et des déchets dans leur quartier grâce
matière d’hygiène et d’assainissement ; au « brainstorming ».
• la confrontation des représentations de chacun, • GT2 : préparation du mayouri via « Le brain­
récolte des données et animation des discus- storming » et partage des tâches et responsa-
sions entre habitants ; bilités via le « Qui fait quoi ».
• l’analyse des données selon une grille • GT3 : mise en place du mayouri dans le quar-
pré-établie. tier. Le mayouri, proposition d’action de DAAC,
n’avait pas été retenu au début par les habi-
Restitution du diagnostic tants, car non reconnu comme une priorité.
2 et proposition d’actions L’installation de la borne-fontaine les a fait chan-
collectives (2015) ger d’avis, car ils ont eu une réponse concrète
Afin de restituer les résultats des diagnostics et adaptée à l’une de leurs demandes princi-
précédemment effectués dans les quartiers sélec- pales et ont ainsi pu s’investir dans un projet
tionnés, des réunions publiques ont été organisées qui leur était moins prioritaire. Le mayouri a été
en mai 2015 dans ces quartiers avec les habitants pensé globalement avec des petits aménage-
et la participation des partenaires impliqués sur ments tels que la construction de bancs publics
les thématiques (ARS, Communauté d’Aggloméra- par les habitants.
tion du Centre Littoral (CACL), Mairie de Cayenne, • GT4 : évaluation participative de l’accompa-
Conseil Régional (CR, actuelle Collectivité gnement et des actions mises en place (outil
Territoriale de Guyane), Société Guyanaise Des « Succès-Échecs-Potentialités-Obstacles »).
Eaux (SGDE). La restitution des diagnostics aux
habitants s’est déroulée comme suit : Cette action a permis la concrétisation de plu-
• présentation synthétique et illustrée sur les dia- sieurs propositions qui sont ressorties des temps
gnostics ; de travail avec les habitants :
• discussion autour de la présentation, émission • installation d’une borne-fontaine par la SGDE ;
de propositions et définition d’actions. Un tra- • distribution de poubelles individuelles par la
vail en sous-groupes était initialement prévu, CACL, quelle que soit la situation de résidence ;
cependant les habitants ont demandé à chan- • mise en œuvre d’un mayouri soutenu par l’at-
ger la forme et à rester en un groupe entier, ce tribution d’une aide d’environ 700 euros par
qui a été fait ; la Mairie de Cayenne (dans le cadre du Fonds
• animation auprès des enfants dans un double pour les Habitants) ;
objectif de collecte des représentations via l’ou- • création d’une association des habitants du
til « dessine-moi… ton quartier » et pour favo- quartier : en parallèle à ces groupes de travail,
riser la participation et l’attention des adultes, un accompagnement a été effectué auprès de
rassurés par la prise en charge de leurs enfants. plusieurs habitants de l’Îlet Malouin afin de
les aider dans la création d’une association.
Mise en place de groupes L’association « Fanmi Îlet Malouin » a ainsi vu
3 de travail et mise en le jour au dernier trimestre 2015.
action (2015)
Un Groupe de Travail (GT) a ensuite été mis en Dans le quartier La Mâtine
place dans le but de définir ensemble les moyens Un premier groupe de travail a permis un
d’améliorer leur cadre de vie. Plusieurs outils tels échange autour des problématiques et des stra-
que : « Le brainstorming », « Qui fait quoi ? » ont tégies (individuelles et collectives) mises en place
permis de proposer et de décider des actions à pour gérer les déchets, pour s’approvisionner en
mettre en œuvre pour améliorer la gestion de l’eau eau, ainsi que leurs limites. Des propositions
et des déchets dans leur quartier. d’amélioration ont été formulées. Lors du deu-
xième groupe de travail, dédié à la définition d’une
À l’Îlet Malouin action commune, il a été décidé de travailler sur
• GT1 : les habitants ont fait des propositions les thèmes de la scolarisation des enfants du quar-
de solutions (drainage du canal, raccordement tier (réalisé par la suite en porte-à-porte) et sur
des dernières habitations au réseau d’eau, l’accès aux droits (réunion publique).
débroussaillage du quartier sur son ensemble,
ramassage des poubelles jusqu’au fond du

9
problématiques aiguës des habitants, accès aux
droits et accès à la scolarisation, ont finalement
les outils été menées.

utilisés 
Succès­Échecs­
Moyens
Potentialités­Obstacles En moyenne, trois médiateurs et/ou anima-
teurs (Français / Portugais / Anglais créole) ont
Le brainstorming été mobilisés pour chacune des sessions ainsi

Qui fait quoi ? que des bénévoles.


Dans le détail :
La réunion publique • internes à l’association : 8 salariés, 5 bénévoles,
mise à disposition de matériel (sono, véhicules,
Dessine­moi… chaises, tables, tentes…) ;
• externes : sollicitation des partenaires associa-
À retrouver en partie III du guide. tifs et institutionnels pour la mise à disposition
de personnels et/ou de matériel.

Bilan et atouts de la Partenaires


démarche participative
ARS, Développement Social et Rénovation
La participation a suscité une mobilisation Urbaine (DSRU) de Cayenne, SGDE, CACL, Conseil
plus importante des habitants autour des actions Régional de Guyane, Mizion Earth, Cimade,
de DAAC. En effet, les habitants des quartiers sont GRAINE Guyane.
souvent consultés ou soumis à des enquêtes pour
de multiples raisons sans qu’ils ne voient de chan-
gements concrets sur leurs conditions de vie. Le
fait d’aller au-delà de l’information ou de la consul-
tation des habitants a permis à la fois de consoli-
der le lien de confiance avec eux et de renforcer
leur implication et leurs prises d’initiatives dans
les projets de développement de leur quartier.

Pour fonctionner, ce projet a nécessité trois


axes de travail indissociables et d’égale impor-
tance :
• animation des partenariats et mobilisation des
structures ressources ;
• médiation, mobilisation et animation auprès des
habitants afin de lever les barrières de la langue
et dans le maintien de la mobilisation des par-
ticipants aux séances de travail ;
• situations de vie collectives et individuelles rela-
tivement stables pour pouvoir se projeter dans
l’amélioration de leur cadre de vie. En effet, au
niveau du quartier de la Mâtine, malgré des CONTACT
groupes de travail relativement similaires au association Daac Guyane
départ, aucune action d’amélioration du cadre 26 rue Alpinia ­ BP 134
de vie n’a pu être mise en œuvre. Les habi- 97354 Rémire­Montjoly Cedex
05 94 30 44 80 / 06 94 41 96 01
tants ont des conditions de vie particulière-
[email protected]
ment précaires, avec la menace à court terme http://www.daacguyane.org/
d’une évacuation. De ce fait, des actions sur les

10
Élaboration et mise
en place d'un plan de
VALORISATION DES
Propos recueillis auprès de
l’association GepoG

niveau d’implication
des participants
inforMation
SAVANES
participants/zone géographique : agents de mairie,
consultation
associations, établissements publics et habitants liés aux
concertation milieux des savanes d’Iracoubo et de Sinnamary
Décision période du projet : juin 2013 - septembre 2015

La structure et
ses missions programme) de faire des ateliers participatifs pour
rechercher un moyen de valorisation adapté et le
L’association Groupe d’Étude et de Protection mettre en œuvre par la suite.
des Oiseaux en Guyane (GEPOG) a pour mission : La proposition a été acceptée et un groupe de
• d’améliorer la connaissance sur les oiseaux et travail s’est alors constitué, composé des membres
les milieux de Guyane ; du comité de suivi du programme (tous ont été
• de contribuer à leur protection ; volontaires pour participer aux ateliers) et d’ha-
• d’éduquer et de sensibiliser à l’environnement. bitants des deux communes, recrutés par voie de
Dans ce cadre, le GEPOG coordonne en Guyane communication (affiches et sites Internet des mai-
le programme Life+ Cap Dom visant la connais- ries), et par une anthropologue ayant fait au préa-
sance, la gestion et la protection d’espèces d’oi- lable, pour le GEPOG, une enquête de perception
seaux et d’habitats menacés dont font partie les des savanes (par entretien) auprès des habitants.
savanes de Sinnamary et d’Iracoubo.

Objectifs généraux
Contexte et histoire
du projet • Déterminer quels sont les grands objectifs
auxquels un plan de valorisation des savanes
L’une des actions initialement prévues dans le devrait répondre.
cadre du programme Life était la valorisation du • Identifier les outils et/ou actions permettant de
milieu des savanes à travers un sentier de randon- répondre à ces objectifs.
née VTT et un observatoire. Or, pour le comité de • Élaborer des propositions de valorisation des
suivi impliqué depuis 2011 dans ce programme, savanes pour les mairies des deux communes
cette proposition n’était pas adaptée aux spécifi- pour fin 2014.
cités des savanes. • Évaluer le projet et la démarche participa-
Le GEPOG a alors, en 2013, fait la proposi- tive mise en œuvre avec les participants et les
tion à la Commission européenne (financeur du acteurs concernés.

11
Démarche et outils effectué entre les deux ateliers, pour stimuler et
lever les gênes vis-à-vis de la consigne. L’atelier
La programmation des ateliers et les objectifs a débuté avec la présentation des objets. Afin de
ont été présentés et validés dès le premier atelier. les guider, les participants devaient commencer
Un atelier a été programmé tous les deux leur présentation par « J’ai ramené cet objet, car
mois, à jour fixe, les mercredis matin. Les dates pour moi la valorisation de la nature, c’est… ».
et lieux étaient définis à chaque fin de réunion. Chaussures de randonnées, huile essentielle, sac
Au départ, les ateliers avaient lieu à la Maison plastique, héliconia… ont été apportés. Cette acti-
de la Nature de Sinnamary, car située entre les vité a eu pour effet de créer un climat de convi-
deux communes. Par la suite, ils ont eu lieu dans vialité et a fait ressortir des idées et concepts
des salles mises à disposition par les communes intéressants.
pour faciliter la venue des participants et assurer Il a ensuite été proposé aux participants de
un équilibre entre les deux communes. réfléchir individuellement en 3 minutes à toutes
Chaque rencontre a fait l’objet d’une attention les actions qu’il serait intéressant de mettre en
particulière vis-à-vis de l’accueil et de la convivia- place, avec comme précision que toutes les idées,
lité. Une collation était systématiquement propo- même les plus farfelues, étaient acceptées et avec
sée, par un traiteur local. un rappel des objectifs et des patrimoines identi-
fiés lors de la séance précédente.
Recueil des perceptions L’animateur a donné des exemples très éloi-
1 des savanes (03/2014 – 12 participants) gnés du contexte (Québec) pour stimuler les
Chaque participant disposait de 3 post-it sur idées.
lesquels il pouvait inscrire un mot ou un concept Un tour de table sans débat et une synthèse
qui lui paraissait représentatif des savanes. Un des idées par demi-groupes ont été faits, puis
petit groupe a eu pour mission de regrouper les chaque demi-groupe a présenté sa synthèse.
idées et de nommer les groupes d’idées ainsi for- Les actions ont ensuite été réparties dans les
més. Cette étape a permis d’identifier un ensemble tableaux à double entrée, reprenant les objectifs
d’intérêts patrimoniaux liés aux savanes (patri- et les patrimoines, établis lors des ateliers pré-
moines naturels, paysagers, historiques et cultu- cédents, pour vérifier notamment leur cohérence
rels), mais surtout de prendre conscience de la avec ceux-ci.
valeur de ce milieu.
Les participants ont ensuite été invités à Hiérarchisation et faisa-
définir les objectifs d’un plan de valorisation des
3 bilité des actions (07/2014 – 9
savanes. Un atelier « boule de neige » a été pro- participants – 2 animatrices supplémentaires)
posé. Les participants avaient pour exercice de Un travail autour de cartes a été proposé pour
réfléchir individuellement, puis par deux, par 4... repérer très concrètement les intérêts patrimo-
à 5 objectifs jusqu’à se retrouver en demi-groupe niaux des savanes. Trois sous-groupes ont été
pour faire une restitution collective. La consti- constitués : patrimoines naturels et paysages,
tution des groupes a été faite au hasard, par un patrimoines historiques et culturels et potentia-
système de tirage au sort avec des pastilles de lités d’aménagements (par exemple, la présence
différentes couleurs. Une mise en commun et des d’accès par piste ou route ou de place pour un
échanges en groupe complet ont ensuite eu lieu
pour établir la liste finale d’objectifs.

Créativité et recherche
2 d’actions (05/2014 – 8 participants)
À la fin de la séance précédente, la consigne
avait été donnée de ramener, pour la séance sui-
vante, un objet représentant ce qu’est la valo-
risation de la nature pour chaque participant.
L’objectif était d’induire la réflexion sur le thème
entre les ateliers, la prise de parole individuelle
et de favoriser l’émergence d’idées, mais aussi
de rendre concrète l’idée de valorisation, notam-
ment des savanes. Un rappel par téléphone a été Atelier “Cartographie” c ré d i t p h o t o : gepog

12
aménagement). Chaque groupe s’est réparti sur Ainsi, début 2015, le groupe a de nouveau
les trois cartes où un animateur était présent. Les été impliqué et a travaillé à l’ajustement de cette
sous-groupes ont ensuite tourné, de sorte que proposition vis-à-vis des nouvelles données. Il a
chacun apporte son expertise pour chaque thème. accompagné sa réalisation à travers deux groupes
Tous les potentiels ont été regroupés sur de travail, en présence d’un scénographe, puis
chaque carte, ce qui a permis d’identifier trois d’un réalisateur sonore (structuration du par-
zones thématiques : usages et évolution, pay- cours, utilisation des nouvelles technologies, sons,
sages/biodiversité, histoire et culture. visuels, interviews).
Puis, des groupes de travail ont été formés
autour de chaque zone thématique pour commen- En dehors de ces deux temps de travail col-
cer à rédiger des fiches projet. La répartition des lectifs, les participants se sont impliqués indivi-
participants dans les groupes a été libre. duellement dans la mise en place de l’action :
repérage sur le terrain, témoignage à travers des
Étude des propositions et interviews, etc.
4 consensus (10/2014 – 10 participants)
Lors de cet atelier, qui a eu lieu en groupe com- Évaluation participative
plet, le GEPOG a présenté une compilation et une
6 (09/2015 – 10 participants)
synthèse de l’ensemble des propositions faites Une fois le parcours inauguré, le GEPOG a
lors des divers ateliers. Des échanges ont eu lieu. proposé aux participants d’évaluer deux volets
Le GEPOG s’est ensuite engagé à faire ces du projet : les réalisations et la démarche par-
propositions aux mairies et à revenir vers les par- ticipative mise en place. Ce temps de travail a
ticipants pour les tenir informés des décisions. également permis de faire des propositions de
À cette étape, les participants ont manifesté perspectives pour les mois et années à venir.
leur volonté de poursuivre leur implication dans
la mise en œuvre concrète des actions qui seront Dans un premier temps, il a été proposé au
retenues et de poursuivre le travail en groupe groupe de revenir sur la notion de « participation »
par thème. afin de faciliter l’évaluation de la démarche par la
suite, à travers un outil permettant de définir avec
Réalisation des actions des mots le concept (le « Buller »).
5 (02/2015 et 03/2015 – 11 et 9 participants)
La fin de l’année 2014 et le début de l’année L’outil SEPO (Succès-Échecs-Potentialités-
2015 ont été consacrés à l’identification (par le Obstacles) a ensuite été utilisé pour évaluer les
GEPOG) d’une proposition du groupe de travail réalisations (« Le Chemin des Savanes  ») et la
pouvant être mise en œuvre parmi celles iden- démarche employée pour mener à bien le projet.
tifiées précédemment, tout en considérant les Séparés en deux groupes par tirage au sort, les
contraintes : fin du programme de financement, participants ont d’abord eu un temps individuel
obtention de nouvelles sources de financement, pour réfléchir à quelques éléments d’évaluation,
volonté des mairies des territoires concernés, etc. puis les ont mis en commun, cela a été suivi d’une
Durant l’ensemble de la démarche, les restitution rapide en groupe complet.
comptes-rendus ont été diffusés uniquement au
sein du groupe, afin d’éviter des freins vis-à-vis Pour finir, les potentialités ont fait l’objet d’un
des propositions qui pouvaient être faites. Ce sont vote indicatif afin d’identifier les actions qui sem-
les propositions finales qui ont été présentées aux blent prioritaires et pour lesquelle s les partici-
décisionnaires. pants seraient susceptibles de s’impliquer dans
les mois à venir.
La proposition retenue est la réalisation
d’un parcours thématique sur la commune de
Sinnamary. Différents points de valorisation
répartis dans la commune ont été choisis en fonc-
tion de leur lien avec un des thèmes identifiés et de
leurs localisations. Ces points ont été dotés d’un
mobilier public et d’un fichier sonore regroupant
des témoignages d’habitants et de professionnels
ainsi que des ambiances sonores et musicales.

13
Moyens
les outils L’ensemble des participants s’est impliqué de

utilisés  façon bénévole.


Les mairies ont mis à disposition gratuitement

Le métaplan salles, tables et chaises et ont assuré la commu-


nication gratuitement également.
Le boule de neige Pour la mise en place de la démarche, ont été
mobilisés en plus : 1 personne pour animer les
Le world café ateliers, des allers-retours supplémentaires, des
collations en plus, un temps de travail estimé au
Le brainstorming double.

La cartographie Concernant le GEPOG, la valorisation des


savanes représente 5 % du programme Life soit
participative 20 000 € comprenant la sous-traitance, trois mois
de travail, les allers-retours Cayenne-Sinnamary,
Succès­Échecs­
120 € de collation par atelier.
Potentialités­Obstacles Financement : Europe, Région Guyane.

Le buller
Le vote indicatif Partenaires
À retrouver en partie III du guide. Les participants : des agents de mairie de
Sinnamary, une anthropologue, l’association
SEPANGUY (Société d’Études, de Protection et
d’Aménagement de la Nature en Guyane avec
Bilan et atouts de la botaniste, animateur, gestionnaire espace natu-
démarche participative rel), l’association Iñonoli, l’Office National des
Forêts (ONF), le Conservatoire du Littoral (CdL),
La démarche a été bien accueillie puisque le le Parc naturel régional de Guyane (PnrG) et les
souhait de retravailler les propositions de valo- habitants d’Iracoubo et de Sinnamary.
risation émergeait du comité de suivi lui-même.
Les participants se sont mobilisés jusqu’au bout
et ont manifesté leur intérêt pour poursuivre leur
implication par la suite.
La transparence, le respect du cadre, le main-
tien d’un rythme, ont permis de mettre les par-
ticipants à l’aise, de les valoriser, de favoriser
un climat d’écoute et ainsi d’avancer ensemble
pour aboutir à des propositions co-construites et
partagées.

L’évaluation participative a permis de confir-


mer le fait que les participants ont apprécié la
démarche. Ils proposent de la reproduire sur
d’autres projets, mais en allant plus loin et en
cherchant à impliquer davantage d’autres acteurs,
et notamment d'autres habitants. CONTACT
association GepoG
15 Avenue Pasteur
97 300 Cayenne
05 94 29 46 96
[email protected]
http://www.gepog.org/

14
ÊTRE EN TERRITOIRE :
un projet collectif de
Propos recueillis auprès de
l’association Mizion earth

quartier
niveau d’implication
des participants
inforMation
consultation
participants/zone géographique : habitants du quartier de
concertation l’îlet Malouin à Cayenne
Décision
période du projet : de 2012 à aujourd’hui

La structure et
ses missions institutions et les politiques, ont mis en exergue
des personnes-ressources et favorisé le choix du
L’association Mizion Earth développe divers territoire d’intervention. L’îlet Malouin a ainsi été
axes  : la valorisation de la jeunesse, le déve- distingué à l’intérieur du quartier, Village Chinois
loppement individuel des personnes et le déve- de Cayenne.
loppement social communautaire, ainsi que
l'accompagnement d’ingénierie de projets dans le
cadre de démarches participatives. L’association Objectifs généraux
œuvre dans le champ de la formation universi-
taire et professionnelle des métiers des sciences • Aller à la rencontre d’un territoire : habitants,
humaines et sociales. ressources, capacités d’agir.
• Faire émerger des possibilités d’actions éma-
nant des habitants.
Contexte et histoire • Mettre en œuvre des actions collectives.
du projet • Restituer la démarche auprès des habitants et
des institutions de Guyane.
Le projet a débuté dans le cadre d’une forma-
tion de Master Éducation formation intervention
sociale option politique sociale territoire et straté- Démarche et outils
gie de direction, proposée par l’Institut Régional
Des Travailleurs Sociaux de Guyane et la Sorbonne Diagnostic de territoire
Paris 13. Un groupe de 6 étudiants avait pour mis-
1 (5 à 6 mois)
sion d’identifier un quartier et ses habitants pour Le projet a commencé par une étape de
les accompagner dans la mise en place d’un pro- recherche biographique du territoire et des habi-
jet collectif de quartier. La phase préparatoire a tants. C’est-à-dire recueillir les récits et histoires
consisté en un diagnostic de recherche documen- de vie des lieux et des acteurs qui constituent
taire et un diagnostic « en marchant » sur le terri- ce quartier, autour de la mémoire collective.
toire. Ces premières phases de rencontre avec les La méthode utilisée pour cette étape a été le
habitants du Village Chinois, les associations, les porte-à-porte.

15
Cela a abouti à un premier rapport, puis à la À cette étape, au moment de s’impliquer dans
production de l’outil « portrait d’acteur » qui décrit l’action collective, le constat a été fait d’une dimi-
l’habitant et met en valeur ses compétences, ses nution du nombre de personnes impliquées. Cette
ressources et ses savoirs d’expériences. diminution peut être liée à différents facteurs : la
L’îlet Malouin est constitué en trois « sous- priorité des habitants face à leurs préoccupations
quartiers » pour les habitants, d’une part en de subsistance quotidienne, la notion d’investis-
fonction des communautés (créole, saramaka, bré- sement individuel et les représentations de cha-
silienne, hispanophone, les Indiens du Guyana et cun face à la notion de responsabilité collective,
les Indiens Palikur) qui y vivent et de la typologie le temps nécessaire d’une mise en confiance pour
géographique de celui-ci (la montagne, Texas et le agir et vivre ensemble…
bas). Pour chaque sous-territoire, les récits de vie
ont été réalisés avec les habitants et ont permis
d’identifier des personnes-ressources, cela nous
3 action
a révélé le génotype du territoire. Ces rencontres Un prospectus d’invitation a été réalisé et dis-
autour du sensible, de l’expérience de vie parta- tribué l’avant-veille de chaque manifestation pour
gée, ont mis en lumière les problématiques, les informer les jeunes et leurs parents de la mani-
attentes et les « en-vies » communes. festation à venir.
Parmi ces besoins, c’est celui en éducation Plus d’une centaine de jeunes du quartier,
des enfants qui a été identifié et choisi, car il était accompagnés de quelques parents, se sont mobili-
commun à tous les habitants et correspondait au sés pour l’organisation du mayouri visant à défri-
domaine de compétences du cadre de l’interven- cher un espace du quartier qui servira de lieu
tion sociale à conduire dans le temps imparti de pour des animations à destination d’enfants. Des
la démarche de formation recherche-action. associations ont été mobilisées pour la réalisation
d’animations gratuites les jours des manifesta-
tions. Les « leaders » du groupe ont également
2 concertation (6 mois) été mobilisés pour encadrer ces temps collectifs
Dans le cadre des rencontres singulières et ont proposé des activités de découverte sport,
auprès des habitants et des jeunes, il est ressorti tambour, recyclage, activités manuelles, en fonc-
des préconisations l’idée de se rencontrer pour tion de leurs compétences.
échanger ensemble sur la mise en place d’anima- De nombreuses éditions de ces journées d’ani-
tions collectives pour les jeunes. La proposition mation ont eu lieu dans la joie et la bonne humeur,
a ainsi été faite aux habitants de mettre en place environ tous les deux mois jusqu’en juin 2013. Le
ces rencontres. Le jour, l’heure et le lieu ont été choix du lieu, de la date, du contenu a été fait avec
fixés en fonction des habitants. La rencontre a eu les habitants. Chacun des évènements a été l’oc-
lieu autour d’un moment convivial dans le quar- casion de prendre des photos qui ont permis de
tier devant les habitations. Il s’agissait de favo- constituer un livret et une exposition photogra-
riser la rencontre entre les gens, de les amener à phique, dont l’objectif est de valoriser les habi-
s’identifier pour se reconnaître et désamorcer si tants et les actions menées.
possible les conflits passés et actuels. L’objectif Cette démarche biographique et photogra-
était aussi de montrer à travers les discussions et phique a permis de mettre en lumière les capa-
les échanges que chacun possède une capacité cités et le pouvoir d’agir des habitants et de la
d’agir et un désir d’œuvrer pour le bien commu- jeunesse. Elle a contribué à favoriser la reconnais-
nautaire. Ces temps de rencontres ont regroupé sance des uns et des autres, de se reconnaître,
entre 30 et 40 personnes. de reconnaître l’autre et de favoriser l’échange.
le groupe d’habitants s’est engagé vers une Cela inscrit dans les mémoires collectives une
notion d’alliance : chacun s’engage sur ce qu’il empreinte vectrice d’un agir ensemble, d’un être
peut faire ensemble, en fonction de ses propres en territoire partagé.
ressources. Ces temps de concertation individuels
et collectifs ont permis de programmer un premier Valorisation de la
projet avec les habitants du quartier : nettoyer
4 démarche auprès des
une zone en friche du quartier et proposer des politiques
après-midi avec des animations socio-culturelles Une réunion a été organisée au Conseil
pour les enfants âgés le plus souvent entre trois Régional de Guyane pour restituer les travaux
ans et douze ans. de recherche-action de la formation d’intervention

16
sociale. De nombreux responsables de projets d’in- groupement d’habitants autour d’une solidarité
terventions sociales et des directeurs de struc- communautaire. L’association Mizion Earth, dont
tures présents ont pu échanger sur les notions le responsable de projet est l’un des étudiants,
du pouvoir d’agir des habitants et d’un dévelop- poursuit un accompagnement sur le quartier.
pement local prenant en compte les paroles des Des ateliers photographiques et d’arts plastiques
habitants. sont conduits afin de permettre aux jeunes de
devenir acteurs et auteurs de leur territoire.
Vers une autonomie du
5 groupe d’habitants
Le groupe « leader », principalement consti- Moyens
tué de parents, a désiré s’organiser en association
« ESCALE » (Épanouissement Social, Culturel, Six étudiants ont mené la démarche de dia-
d’Animation de Loisirs Éducatifs), afin de pour- gnostic sur le territoire de l’îlet Malouin.
suivre la démarche d’animation collective enga- 5 associations sont intervenues bénévolement
gée. Des actions ont vu le jour avec les habitants. pour soutenir l’initiative des habitants à conduire
des animations collectives pour la jeunesse du
Parole d’un habitant quartier.
de l’Îlet Malouin

« Là où il y a une volonté, il y a un chemin ».


Partenaires
Un centre de formation professionnelle : l’Ins-
Bilan et atouts de la titut régional des travailleurs sociaux de Guyane
démarche participative Une université : la Sorbonne Paris 13
Les associations du territoire : le club de
Le projet étant né dans le cadre d’une for- Boxe Thaï, Ne Plus Jeter, Académie tambour de
mation, il était limité dans le temps et le pas- la Crique, Sapokaye, Mizion Earth…
sage de relais a été pensé dès le départ, pour
une prise en main par les habitants eux-mêmes.
Le projet a été très positif en matière de cohé-
sion sociale  : c’est la première fois que les
enfants du quartier ont pu jouer tous ensemble
et les habitants, notamment les parents, ont vu
qu’ils ont été entendus, capables de faire, ce qui
a abouti à la structuration en association d’un

CONTACT
association Mizion earth
Lot. Pacheco ­ 97300 Cayenne
06 94 48 11 36
[email protected]
http://associationmizionearth.blogspot.com/
Atelier photo lomographie c ré d i t p h o t o : MiZion earth

17
Aménagement alternatif
à L'URBANISATION
Propos recueillis auprès de
l’organisation non
Gouvernementale (onG)
Gret

niveau d’implication
des participants
inforMation
SPONTANÉE
participants/zone géographique : habitants des quartiers
consultation d’habitat spontané de la Zone d’Aménagement Concertée
Saint-Maurice et des alentours, Saint-Laurent-du-Maroni,
concertation décideurs politiques de Guyane
Décision
période du projet : deux missions de 2011 à 2014

La structure et de traitement de l’habitat spontané (relogement


ses missions de ménages via un projet expérimental, partici-
patif-évolutif, mêlant auto-construction partielle
Le Gret est une ONG française de développe- des logements et aménagement durable du site
ment qui agit depuis 37 ans, du terrain au politique, et un autre d’amélioration-consolidation in situ de
pour lutter contre la pauvreté et les inégalités. Ses quartiers et de logements). Cette mission traite
équipes interviennent sur une palette de théma- des thèmes du relogement, de l’aménagement et
tiques afin d’apporter des réponses durables et de la conception de nouveaux types de logement :
innovantes pour le développement solidaire. Ses volet technique et financier, volet social, mon-
actions combinent la mise en œuvre de projets de tage, réglementation, en liens avec les besoins,
développement local, la conduite d’études et d’ex- les savoir-faire locaux, les envies du territoire des
pertise, la contribution aux politiques publiques politiques, des habitants…
et la capitalisation/diffusion de références. Afin de proposer des solutions adaptées et du
Convaincu du rôle majeur des villes dans le fait du caractère évolutif et participatif du projet,
développement et des besoins d’appui liés à l’ur- le Gret a proposé de mener une démarche impli-
banisation, le Gret est actif depuis son origine quant les habitants et, dans cette phase pré-opéra-
dans la conception et la conduite d’opérations et tionnelle, de vérifier les propositions auprès d’eux.
d’expertises urbaines. Il est guidé par une fina-
lité : lutter contre la relégation urbaine et assu-
rer un droit à la ville pour le plus grand nombre. Objectifs généraux
• Travailler sur de nouvelles démarches relatives
Contexte et histoire au traitement de l’habitat spontané (ex. alterna-
du projet tive à la démolition systématique et au reloge-
ment « classique » des familles en parc social
Dans le cadre d’une expérimentation à Saint- qui est souvent inadapté).
Laurent-du-Maroni, le Gret a été missionné par • Proposer des solutions d’aménagement adap-
l’État (Direction de l’Environnement de l’Aména- tées, réalistes, réplicables ou adaptables à
gement et du Logement de Guyane) en appui à la d’autres contextes d’habitat précaire en Guyane,
commune pour travailler sur des modes alternatifs voire dans d’autres départements d’outre-mer.

18
Démarche et outils l’acceptabilité sociale des propositions et de
recueillir des suggestions d’amélioration.
Le projet comporte deux grands volets : Tous les habitants ont été invités (sur envi-
• la mise en place d’une opération-test de relo- ron 110 ménages concernés) par la distribution
gement (110 familles) ; de flyers (en français et en nengué tongo) distri-
• l’intervention en sites habités en consolida- bués en porte-à-porte. Quatre réunions ont eu lieu
tion-amélioration de quartiers et de l’habitat. dans chacun des deux quartiers concernés par le
Ce volet (en phase d’étude) concerne environ relogement, regroupant à chaque fois entre 35 et
450 familles (à l’instant T de l’enquête). 55 personnes.
• r1 : Présentation des grandes lignes du projet,
du cadre. Les messages suivants étaient déli-
1 phase terrain et enquête vrés afin de ne pas créer de fausses expecta-
la phase terrain comportait une phase de tives : « Rien n’est sûr, car nous sommes en
diagnostic préalable qualitatif des dynamiques phase d’étude pré-opérationnelle », « Le Gret
d’habitat spontané, complété d’entretiens semi- est prestataire et non décideur », « Voilà ce qui
directifs, d’observations (notamment par vol ULM) est discutable et ce qui ne l’est pas comme les
et de relevés de terrain. financements par exemple ». La présentation
Dans un deuxième temps des enquêtes était suivie d’un temps de questions-réponses
ménages quantitatives ont été conduites auprès pour lever les doutes ou les incompréhensions
de 70 % des habitats spontanés (recensés) des sur les propositions techniques et motiver les
quartiers objets de l’étude. Les ménages res- participants pour les ateliers à venir.
tants n’ont pas pu être soumis à enquête (refus • r2 : Une réunion était dédiée aux propositions
de répondre, absence répétée lors des passages, concernant le logement avec pour outils des
etc.). Les enquêtes ont été réalisées en langue maquettes.
locale par des enquêteurs Bushinengués formés
et embauchés pour cette mission. Il s’agissait d’un
questionnaire déclaratif d’environ 300 questions
structuré en cinq thématiques : les caractéris-
tiques sociodémographiques du ménage, l’occu-
pation du foncier et du logement, le logement et
son environnement, les ressources et dépenses
du ménage, les aspirations et le projet résidentiel
en vue d’un relogement et/ou de l’amélioration de
l’existant. Les entretiens duraient en moyenne
une heure. Ils étaient complétés par la prise de
photos et de relevés du bâti.
Ateliers de concertation dans le quartier Jean la Fontaine
Des focus groups (ou groupes de discus- à Saint-Laurent-du-Maroni c ré d i t p h o t o : g re t
sion dirigée) : trois rencontres collectives avec
des groupes d’habitants (selon les secteurs des • r3 : Une réunion était dédiée à l’aménagement
quartiers) ont été organisées afin de compléter et à l’équipement du quartier avec également
les informations et d’aborder des sujets se prê- des maquettes comme outils.
tant mal à un questionnaire comme l’organisation • Les trois premiers ateliers se sont enchaînés
locale des habitants pour l’amélioration des accès, rapidement, sur une semaine et demie (soit un
l’entretien des chemins, les pratiques de raccor- atelier un jour sur deux par quartier).
dement informel à l’eau et l’électricité, les conflits • r4 : Une restitution postérieure a été organi-
éventuels et les potentiels des sites… sée trois mois plus tard. Au total, la démarche
a duré trois mois.

2 ateliers de concertation Les thématiques abordées lors des ateliers ont


Cette deuxième modalité de participa- été l’eau, l’électricité, l’assainissement, l’améliora-
tion concernait l’opération-test de relogement. tion des pratiques avec les habitants et l’existant
L’objectif était de présenter aux habitants les pro- (ex. bornes-fontaines), l’appréciation des logements
positions élaborées par l’équipe d’étude à la suite proposés et l’ajout de certains détails (comme deux
des enquêtes et du travail technique, d’évaluer toilettes à prévoir pour les grands logements).

19
Les ateliers se sont déroulés en trois parties : de faire connaître et reconnaître les situations et
• explication (écoute, réactions, questions/ les demandes aux décideurs et techniciens locaux.
réponses). Objectif de cette phase : atteindre L’enquête constitue un premier niveau – assez
le même niveau d’information ; limité – d’une démarche de participation. L’intérêt
• manipulation des maquettes et discussions est qu’elle peut être utilisée dans n’importe quel
collectives autour des supports. Pour ces ate- contexte, même le plus défavorable à la participa-
liers, vingt maquettes ont été réalisées à la main tion. L’enquête permet d’établir un état des lieux
pour présenter huit types de logements, les dif- fidèle, d’informer les habitants, de faire remonter
férents types et tailles de parcelles et schéma des informations et de créer un premier lien de
d’aménagement plan-masse. Le choix de tra- confiance avec eux.
vailler à la main pour les maquettes est fait, car Les ateliers de concertation sont un deu-
c’est plus économique, plus vivant, et la simpli- xième niveau de participation, sous la forme d’une
cité des outils permet de se faire comprendre consultation des habitants. L’usage de la langue
et de faciliter l’échange. Les maquettes doivent la mieux maîtrisée par les habitants et la mani-
être simples, mais sans pour autant diminuer pulation de maquettes créent les conditions d’un
le niveau d’information qu’elles apportent et dialogue constructif à partir d’un langage com-
surtout, elles doivent être solides et facilement mun. L’attitude positive et constructive des habi-
manipulables par les participants ; tants malgré la situation de relogement visait à
• retour collectif autour d’un verre de jus de fruit. convaincre la commune qui détient le pouvoir de
Les notes étaient prises en direct par l’anima- décision de l’intérêt des propositions et de la par-
teur. Un à deux animateurs et un à deux traduc- ticipation. Son succès dépend de la compétence de
teurs (français – nengué tongo) étaient présents l’animateur(rice) et de la qualité de la préparation.
pour chaque atelier.
Il n’y a pas eu de restitution écrite réalisée
pour les habitants, mais une restitution orale a Moyens
été effectuée dans chaque quartier.
Financement : Direction de l’Environnement
et de l’Aménagement Guyane (DEAL).

les outils Aide logistique : Commune de Saint-Laurent-

utilisés 
du-Maroni (prêt de tentes pour la réalisation des
ateliers), l'église (prêt d’un carbet situé dans un
quartier.
L’entretien semi­directif
Les focus groups Partenaires
L’utilisation de
Commune de Saint-Laurent-du-Maroni.
maquettes, de
supports de dessin au
format exposition, de Ressources
manipulation http://www.gret.org/wp-content/uploads/
etli31_integral.pdf
À retrouver en partie III du guide.

Bilan et atouts de la
démarche participative CONTACT
onG Gret
La phase de terrain et d’enquête visait, pour 45 bis, avenue de la Belle Gabrielle ­
l’équipe d’étude, à prendre connaissance des
94736 Nogent sur Marne
01 70 91 92 00
réalités locales afin d’élaborer des propositions
[email protected]
aussi adaptées que possible aux pratiques et http://www.gret.org/pays/
attentes des habitants. Il s’agissait également guyane­francaise/

20
Prise en compte des
PRATIQUES LOCALES :
le cas des
Propos recueillis auprès du
parc amazonien de Guyane
(paG)

ENQUÊTES CHASSE
niveau d’implication
des participants
inforMation
consultation
participants/zone géographique : habitants des villages du
concertation
Haut-Maroni
Décision période du projet : de 2011 à 2013

La structure et
ses missions l'ensemble des communautés vivant sur le terri-
toire concerné par le parc. La pratique de la chasse
Le Parc amazonien de Guyane (PaG) est un éta- de subsistance dans les communes de l'intérieur
blissement public dont les missions sont notam- et la dimension traditionnelle de la chasse dans
ment de : ce département témoignent de cette importance.
• préserver et valoriser la prodigieuse biodiver-
sité qu’il abrite ;
• préserver et valoriser les cultures amérin- Objectifs généraux
diennes, bushinenguées et créoles, populations
vivant sur le territoire ; • Connaître l’état des populations de gibier.
• accompagner les communautés vers un déve- • Connaître les besoins en gibier (nourriture,
loppement durable, local, adapté et ce dans le culture, cultes).
respect des modes de vie. • Connaître les pratiques (saisonnalité…).
Dans le cadre de ses missions, le PaG doit donc • Connaître les modes de gestion coutumiers des
assurer la durabilité des pratiques traditionnelles types de chasse (mammifères, oiseaux…).
tout en préservant l’environnement et en régulant
les prélèvements, visant ainsi à prendre en compte
les attentes traditionnelles et scientifiques. Démarche et outils

Contexte et histoire 1 enquêtes


du projet Les habitants ont été soumis à enquête par
des médiateurs culturels du PaG sur leurs pra-
Ce programme s'inscrit dans le cadre du projet tiques. Accompagnés des médiateurs, au retour
d'établissement du PaG qui prévoit des mesures de la chasse, les chasseurs ont rempli un question-
de gestion durable des ressources. Outre le rôle naire à choix multiples présenté en porte-à-porte
des espèces chassées dans le maintien de l'équi- sur les moyens de déplacement, la fréquence et
libre écologique du milieu, le gibier occupe une la durée des épisodes de chasse, les zones, les
place économique et sociale importante dans armes utilisées, etc.

21
En tout, ce sont 326 chasseurs interrogés sur Un animateur et un médiateur culturel, agents
le Maroni depuis 2011, 321 sur l’Oyapock depuis du PaG, animaient ces ateliers.
2010 et 7 à Saül de fin 2011 à 2013 pour plus de 5 Le premier atelier était destiné à choisir
000 fiches produites, une fiche étant produite par les thèmes des ateliers suivants. Il prenait pour
sortie de chasse. base un ensemble de questions ouvertes visant à
faire réagir les participants. Les réponses étaient
notées et projetées au fur et à mesure.
4 thématiques de travail ont ainsi été iden-
tifiées : saisons traditionnelles et reproduction
(A2), utilisation des espèces et pratiques de ges-
tion traditionnelles (A3), orpaillage (A4), chasse
et pêche commerciales (A5).

Les ateliers 2 et 3 consistaient en un état


des lieux des connaissances, des besoins et des
pratiques. Dans le cadre de ces ateliers, l’anima-
teur partait d’un tableau vide, projeté et rempli
Enquête chasse sur le Haut-Maroni c ré d i t photo : pag
en direct.

Restitution : carte de Les ateliers 4 et 5 avaient pour but de se pro-


2 répartition des territoires jeter et de mener une réflexion sur les rôles de
de chasse chacun sur la chasse, la pêche et l’orpaillage, les
À la suite de ces enquêtes, des cartes de répar- solutions, le rôle de chacun dans la mise en place
tition ont pu être élaborées et ont été restituées de solutions. Pour ces ateliers, les outils suivants
en 2012 et 2013 à l’ensemble des villages. ont été utilisés :
• le photo-langage constitué d’une sélection
images représentant (1) l’ensemble des acteurs
3 Ateliers thématiques liés de près ou de loin, directement ou indirecte-
À la suite des enquêtes participatives et à la ment, à l’orpaillage (ex. garimpeiros, forces de
demande des autorités coutumières, l’équipe du l’ordre, agents du PaG, associations de défense
PaG a fait le choix, en 2013, de mettre en place des de l’environnement, commerçants chinois, res-
ateliers participatifs afin d’obtenir des données taurateurs, habitants du fleuve, élus, etc.) et
plus qualitatives sur les pratiques de chasse et de (2) les méfaits liés à l’orpaillage (ex. pollution
transcrire les modes de gouvernance autour de la des eaux, destructions de lits de cours d’eau,
gestion coutumière des ressources. Ce travail doit mercure, décharges sauvages, prostitution, dro-
jeter les bases de propositions d’adaptation des gues, alcool, violence, braconnage, impact sur
règlements existants ou de mise en place d’indi- la santé des habitants, etc.). Les images ont
cateurs communs de suivi des gibiers. d’abord été distribuées aléatoirement aux par-
ticipants (certaines en double), puis l’animateur
L’ensemble des personnes ayant répondu à projetait les images une à une et interpellait le
l’enquête de 2011 a été invité à participer par cour- détenteur puis le groupe pour la commenter ;
rier remis en main propre. Les ateliers étaient • une mise en débat du groupe à travers des
ouverts à tous. En territoire Wayana, les groupes questions « qui fâchent ». Durant le photo-lan-
étaient composés de 20 à 35 personnes, hommes et gage, des questions supplémentaires étaient
femmes de tous âges. En territoire Aluku, la mobi- posées aux participants pour les faire réagir sur
lisation a été moins importante. En revanche, les le rôle des acteurs dans l’orpaillage clandestin ;
participants étaient majoritairement des hommes, • la réalisation d’un arbre de flux de trésorerie :
avec des responsabilités dans le village. il était projeté ou dessiné (arbre avec branches
Ainsi, l’ensemble des ateliers a eu lieu dans et racines) et les participants proposaient l’ajout
les villages d’Antecume-Pata, Elahé, Kayodé, d’éléments en direct, les ressources en bas et
Twenké, Taluen, Maripasoula et Papaïchton. les dépenses en haut. Cela a permis de mettre
Chaque atelier a été réalisé dans l’ensemble en avant l’impact des contraintes administra-
des villages à la suite. tives et les liens avec la chasse. Le matériel de
chasse est le troisième poste de dépense après

22
l’essence et la téléphonie. La chasse et la pêche Bilan et atouts de la
sont pratiquées pour équilibrer la balance. démarche participative
• réalisation d’une carte mentale pour identifier
ce qui pouvait avoir un impact négatif sur la Au départ, des réticences ont été ressenties
faune et la flore ; liées à la venue du PaG qui « s’immisçait » dans
• une autre forme de photo-langage a finalement les pratiques des habitants qui craignaient un
été proposée pour lancer un débat sur des pro- contrôle de sa part. Au fur et à mesure, lors de la
positions de gestion du commerce de la chasse. phase enquête, un lien de confiance s’est créé.
Trois images représentant des scènes de vente Les habitants se sont de plus en plus mobilisés
de gibier à différentes échelles ont été projetées et ont reconnu le rôle du PaG comme facilitateur
(une vente de surplus, une vente importante, de l’expression de la gouvernance coutumière.
mais exceptionnelle, une activité commerciale Par la suite, la participation a été croissante
spécialisée et régulière). lors des ateliers thématiques (100 personnes ont
participé au total), et la présence des chefs ou
Les comptes-rendus de l’ensemble des ate- capitaines a été constante.
liers étaient validés systématiquement en séance. Les ateliers ont permis d’ouvrir la parole.

restitution : pratiques
4 de chasse et besoins en Moyens
ressources cynégétiques
Une réunion de restitution aux chefs de vil- Deux agents du PaG mobilisés sur une semaine
lages, capitaines, autorités coutumières et à la pour la réalisation de chaque atelier, dans chaque
Direction de l’Environnement, de l’Aménagement village.
et du Logement (DEAL) a eu lieu. La DEAL, pour
la publication de la nouvelle liste des oiseaux pro-
tégés, a pris en compte le travail effectué par le Partenaires
PaG en n’y ajoutant pas les oiseaux utilisés s’ils
n’étaient pas protégés par un statut de protection Un ensemble de partenaires est regroupé
international ou national antérieurement. dans un comité de suivi : des représentants des
communautés, la DEAL, l’Office National de la
Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), le PaG,
5 perspectives des scientifiques.
De nouveaux ateliers devraient avoir lieu pour
trouver un consensus entre les communautés et
élaborer des propositions à figer à l’écrit.
En parallèle, un travail est amorcé par théma-
tique avec l’appui de la DEAL, d’un juriste et d’un
chercheur pour élaborer des propositions visant
à prendre en compte les pratiques traditionnelles
dans la réglementation liée à la chasse.

les outils
utilisés 
L’échange oral
La carte mentale
CONTACT
L’arbre de flux de parc amazonien de Guyane
trésorerie 1, rue Lederson – 97354 Rémire­Montjoly
05 94 29 12 52
Le photo­langage infos@guyane­parcnational.fr
http://www.parc­amazonien­guyane.fr/
À retrouver en partie III du guide.

23
Propos recueillis auprès de
Périmétrage d'une
ZONE DE DROITS
l’association Graine Guyane

D'USAGE COLLECTIFS
niveau d’implication
des participants
inforMation
consultation
concertation participants/zone géographique : habitants des villages de
Décision Bellevue et d’Organabo, commune d’Iracoubo
période du projet : mars 2016 à février 2017

La structure et Contexte et histoire


ses missions du projet
Le Groupe Régional d'Animation et d'Initia- La première demande de Zone de Droits
tion à la Nature et à l'Environnement (GRAINE) d’Usage Collectifs (ZDUC) sur la commune d'Ira-
Guyane est un réseau régional d’échanges et de coubo a été déposée auprès des services de France
mobilisation dont le champ d’action est l’éduca- Domaine en 1993. Les demandes ont successi-
tion à l’environnement pour un développement vement été refusées pour diverses raisons, dont
durable (EEDD). les suivantes :
Le GRAINE Guyane s'appuie sur 15 années - l’absence de chef coutumier au sein des villages
d'expérience de gestion, de formation et de mutua- jusqu'en 1996 ;
lisation dans ce secteur d'activités. Fort de sa - des surfaces demandées jugées trop importantes ;
connaissance des associations et acteurs de l'en- - une faible concertation/communication avec la
vironnement, ce réseau se positionne comme commune ;
étant la plate-forme régionale de structuration, - la superposition des demandes entre les deux
de professionnalisation, de mutualisation, d'ex- villages amérindiens ;
périmentations et d'innovations pédagogiques - l'absence de Commission d’Attribution Foncière
en eeDD. de 2008 à 2014.
le réseau a un triple rôle de formation, d’or- En 2015, l’arrivée d’un nouveau sous-préfet a
ganisation des acteurs et de construction de nou- relancé le dossier. Lors d'une réunion en février
velles dynamiques de pouvoir avec les acteurs 2016 entre la préfecture, la mairie d'Iracoubo, les
politiques et institutionnels. chefs coutumiers et les services de l'Etat, le chef
de service "Milieux Naturels, Biodiversité, Sites et
Depuis plusieurs années, le GRAINE accom- Paysages" de la DEAL a proposé un accompagne-
pagne les acteurs dans la mise en œuvre de ment sur ce projet afin de permettre une prise de
démarches participatives (mise en place de forma- décision sur les demandes foncières.
tions, création d’un outil méthodologique, accom-
pagnement individuel et collectif). Les services de l’État se sont donc tournés vers
le GRAINE pour mettre en place une démarche
de concertation avec les habitants des villages
amérindiens d’Iracoubo : Bellevue et Organabo.

24
Objectifs généraux un atelier de travail a également été réalisé
au sein du comité de pilotage pour identifier et
Objectifs opérationnels analyser les jeux d’acteurs concernant ce projet.
• Elaborer un outil d’aide à la décision pour
accompagner les demandes de ZDUC des
2
deux villages et permettre aux membres de la interpeller et accrocher
Commission d'Attribution Foncière de statuer une réunion de lancement interactive a eu
sur la demande. lieu dans chacun des villages. Elle avait pour but
• Chercher un compromis entre les différents d’expliquer la méthodologie, et d’identifier avec
enjeux et acteurs (ZDUC, agriculture, biomasse, les habitants les sujets sur lesquels ils aimeraient
etc.) dans l'optique de permettre un maillage avoir plus d’informations et qui feraient ensuite
optimal de l'aménagement du territoire et limi- l’objet de temps d’informations, de visites, etc.
ter les conflits d'usages. Les dates de ces réunions ont été choisies avec
• Développer la connaissance entre les acteurs les chefs coutumiers. Pour le village de Bellevue,
(services de l'Etat, habitants des villages amé- la communication a été basée sur une distribution
rindiens, etc.) de flyer en porte-à-porte complétée par la mise en
• Former et accompagner une association locale place d'un atelier peinture annonçant la date sur
Iñonoli à animer la démarche de concertation. le mur du libre service. Pour le village d'Organabo,
la date a été annoncée via un drap blanc peint
Objectifs liés à la concertation étendu à l'entrée du village.
• S’approprier les dispositifs et les enjeux, et éta-
blir des propositions dites éclairées ;
3
• Accompagner les habitants à prendre une déci- recueillir les informations
sion collectivement pour formuler une demande A partir de mi-juillet et durant 3 semaines, des
foncière auprès des services compétents. enquêtes ont eu lieu en porte-à-porte dans les
deux villages. L'équipe d'enquêteurs était com-
posée de trois habitantes des villages et de deux
Démarche et outils membres de l’association Iñonoli, association du
village de Bellevue. Une journée de formation leur
questionner le contexte et a été dispensée pour une bonne appropriation
1 les objectifs des attendus de l'enquête et une harmonisation
La toute première initiative de ce projet a été des résultats. Il est à noter que deux des enquê-
de rencontrer les chefs coutumiers des deux vil- trices, habitantes du village de Bellevue, ont été
lages afin de : ensuite rémunérées tout le long du projet pour
• se présenter et se connaître ; leur travail de communication et de relais auprès
• expliquer le projet et la démarche envisagée. des habitants.
Leur consentement était un préalable obliga-
toire. Par la suite, il a fallu d’une part maîtriser Mettre en commun et
le projet et ses enjeux (ZDUC, Foncier, Energie,
4 ajuster
Biodiversité, Développement Économique), dans Les enquêtes ont permis d'effectuer une pre-
l’objectif de proposer une méthodologie adaptée ; mière cartographie des usages et des territoires
et d’autre part présenter cette méthodologie aux associés. La réunion de restitution dans chacun
parties prenantes pour la valider. des villages a permis de présenter les résultats
Pour ce faire, un important travail de biblio- et de mener un atelier visant à affiner les cartes
graphie a eu lieu, complété par des entretiens en ainsi produites (usages, parcours).
bilatéral. 12 entretiens ont eu lieu avec les diffé- Le résultat des ateliers a conduit à l’élabora-
rents acteurs concernés par le projet : Préfecture, tion d’une nouvelle version de cartes d'usages (6
Observatoire Homme Milieux de l’Oyapock, Office par village), qui ont été présentées à la mairie et
National des Forêts, la cheffe coutumière du vil- à l’État, permettant d’évoquer les parcours suivis
lage de Balaté à Saint-Laurent-du-Maroni, les par les habitants et de rendre visible le maintien
chefs coutumiers des villages de Bellevue et d’Or- d'un mode de vie traditionnel, certes en évolution,
ganabo, acteurs de la biomasse, etc. mais toujours très présent.

25
 ulgariser et partager
V vigilance à considérer pour le choix du périmètre
5 l’information final.
Quatre réunions d’informations et visites ont
été programmées afin de donner accès à une infor- Dans le cas d’Organabo, un dernier atelier a
mation de qualité et transparente aux habitants, eu lieu pour valider collectivement une proposition
pour permettre une appropriation des enjeux et de périmètre, et pour vérifier que les "contraintes"
mener ensuite une réflexion éclairée autour de réglementaires étaient respectées (pas de village
l’élaboration des périmètres de ZDUC : dans les ZDUC, etc.). A l’issue de cette réunion,
• atelier autour de la chasse et de la pêche (outil la proposition a été validée, ainsi que l’intention
d’éducation à l’environnement et intervention de créer une association qui sera en charge de la
de l’ONCFS), gestion foncière de la ZDUC et des concessions.
• atelier autour de l’aménagement agricole et de Les habitants d’Organabo ont ensuite rapidement
la biomasse (présentation visuelle et schémati- organisé une réunion pour officialiser la création
sée, intervention EPFAG, Voltalia, Mairie d’Ira- de l’association sans aucune aide extérieure.
coubo et animation des questions/réponses),
• atelier gestion forestière (intervention ONF et Dans le cas de Bellevue, il n’y a pas eu de
animation des questions/réponses), choix collectif d’un périmètre à la suite de l’ate-
• visites des ZDUC de Balaté et de Terre Rouge lier précédent. Cet atelier a donc été l’occasion
à Saint-Laurent-du-Maroni. d’échanger à nouveau sur les périmètres et a
abouti à 2 nouvelles propositions de cartes. Ont
suivi plusieurs réunions au sein du groupe moteur
menant à l’élaboration de nouveaux scenarii, puis
à la validation de l’un d’entre eux.
Une réunion a également rapidement eu lieu
pour réactiver une association existante, qui
sera en charge de la gestion de la ZDUC et des
concessions.

Une restitution finale a eu lieu à la mairie d’Ira-


coubo pour présenter les scenarii et recueillir les
Visite ZDUC Balaté c ré d i t p h o t o : graine guyane
dernières remarques des acteurs avant dépôt final
par les communautés. La demande a ensuite pu
Produire/Analyser : être déposée officiellement auprès des services
6 ateliers cartographie, de France Domaine.
définition de périmètres
Pour débuter ces ateliers, un temps d’infor-

Les outils
mation a de nouveau eu lieu pour récapituler
l’ensemble des informations recueillies durant
les semaines qui ont précédé : dispositif ZDUC
et concession collective, taxes applicables, règle-
utilisés 
mentation chasse et pêche, etc.
Identifier les acteurs et
Des temps de travail autour de cartes ont
ensuite eu lieu en demi-groupe puis en groupe com- partenaires
plet pour établir des propositions de périmètres.
A la suite de cet atelier, il a été conseillé aux
Atelier de lancement
deux villages de se réunir avant le prochain pour interactif
valider l’un des scenarii.
La cartographie
 écider : ateliers valida-
D participative
7 tion d’un scénario
Un rendez-vous a eu lieu avec la mairie pour
La banque de
exposer les différents scénarii des deux villages. questions… et de
Nous avons ensuite rencontré de nouveaux les réponses
chefs coutumiers pour souligner les points de
L’échange oral
26 À retrouver en partie III du guide.
Durant l’ensemble de la démarche, de nom- éclairée, dans une situation de connaissance des
breux aller-retour ont eu lieu entre l’animatrice enjeux du territoire et des enjeux liés aux dispo-
et les différents acteurs concernés par le projet. sitifs ZDUC et Concession.
Des comptes-rendus synthétiques étaient
élaborés après chaque réunion et remis en Les points forts :
porte-à-porte aux habitants des villages. Des La légitimité du GRAINE auprès du CoPil.
comptes-rendus détaillés étaient également La constitution d’une équipe pluridisciplinaire au
envoyés aux acteurs institutionnels (sous-préfet, sein du CoPil.
services de l'Etat, etc.) La convivialité instaurée au sein du CoPil, favori-
sant un suivi fréquent.
La Commission d’Attribution Foncière aura L’engagement et la transparence dans la démarche
lieu dans les semaines à venir. Il sera ensuite participative.
nécessaire aux habitants de réfléchir et de fixer Suivi important (mai, téléphone, entretien) avec
des règles de gestion pour les différents espaces, les différents acteurs et notamment pour faire
notamment avec leur potentiel co-gestionnaire des allers-retours avec les partenaires techniques.
(ONF, ONCFS). La temporalité du projet : ni trop long, ni trop court
Une vraie information aux habitants (CR adapté)
et le respect du contrat de départ.
Bilan et atouts de la Des réunions dédiées à un seul objectif (pas de
démarche participative réunion où on s'informe, on analyse et on décide !).

a organabo, le nombre de participants a été Les points faibles :


constant, environ 25, avec une régularité dans la La volonté de former et d’accompagner une asso-
composition du groupe. Une méfiance a été res- ciation locale pour l’animation de la démarche n’a
sentie au départ, mais qui s’est estompée ensuite, pas fonctionné.
une fois la relation de confiance établie. La trans- La nécessité de développer plus d’outils de
parence de la démarche et notamment le plan de sensibilisation (ex. plaquette sur les ZDUC, les
travail qui a été clairement annoncé dès le départ concessions).
et qui a été respecté, y ont fortement contribué. Manque de temps pour sensibiliser ensuite aux
Les habitants se sont ainsi senti pris en compte et questions de co-gestion des différentes espaces.
ont pu voir les avancées. A la fin de la démarche,
la prise en main du projet par le groupe a été réus-
sie : réunions de validation de la demande, rédac- Moyens
tion de la demande, création d’une association.
Le budget était de 55 000 € avec une part de
a bellevue, la mobilisation a été très impor- 8 000 € pour la réalisation des cartes, puis le reste
tante au départ. Il y a eu environ 60 participants pour : le temps de travail du GRAINE (animation,
aux réunions de présentation de la démarche et rédaction rapport), les déplacements, les impres-
de restitution des enquêtes. Le nombre de par- sions (CR, Flyer, etc.), les collations/repas, les bus,
ticipants a ensuite été moindre, entre 10 et 15 la rémunération des enquêteurs et équipe de «
pour les réunions d’informations et les ateliers, communication ».
avec une variation de la composition du groupe
entrainant parfois des difficultés de compréhen-
sion de la démarche engagée. Partenaires
s’agissant des acteurs concernés, il y a eu CoPil : DEAL, GRAINE, ONF, CNRS
une disponibilité très importante des services de Suivi stratégique : Mairie, DAAF, France
l’État, avec de nombreux échanges, en dehors des Domaine, Préfecture, EPAG, Voltalia.
temps de réunions formelles permettant un suivi
important, une analyse au fil de l’eau des produc-
tions des habitants et offrant la possibilité d’ajus-
tement en cours de démarche. CONTACT
association Graine Guyane
Dans les deux cas, il semble que l’élaboration 15 rue Georges Guéril, Cité Massel – 97300 CAYENNE
des propositions de périmètres a eu lieu de façon 05 94 38 31 50 / 06 94 288982
[email protected] – http://www.graineguyane.org/
27
Propos recueillis auprès du
centre de ressources Kaleda

PAROLE de citoyens
niveau d’implication
des participants
inforMation
consultation participants/zone géographique : habitants des quartiers
concertation prioritaires de Cayenne, Rémire-Montjoly, Matoury,
Macouria, apprenants en langue française
Décision
période du projet : 2014

écrit, repérage dans le temps et dans l’espace) et


La structure et de donner les clés de compréhension de leur terri-
ses missions toire aux apprenants à travers une réflexion visant
à imaginer le développement de la ville dans les
Le centre régional de ressources Kaleda est années à venir. Les résultats ont été positifs. Le
l’instance d’animation technique et pédago- projet a permis un recueil des points de vue des
gique du Programme Régional d’Éducation et de habitants et a été vecteur de cohésion sociale.
Formation de Base Guyane (PREFOB). Pour mener Il a donc été proposé au Centre de Ressources
à bien ses missions, le centre de ressources se de la Politique de la Ville (CRPV) de reproduire
réfère au cadre européen des compétences clés le projet sur l’île de Cayenne, dans le cadre des
pour mener des actions. Ce cadre définit « les missions d’animation du centre de ressources
compétences clés dont les citoyens ont besoin Kaleda. Les participants identifiés sont des sta-
pour leur intégration sociale et la pratique d’une giaires sortants des dispositifs de formation en
citoyenneté active […] dans une société fondée langue française et des habitants des quartiers
sur le savoir ». Dans ce cadre apparaissent notam- prioritaires. L’idée est d’intégrer la parole de ces
ment les compétences civiques et sociales. citoyens dans la rédaction des projets de terri-
Il diffuse les principes d’un cadre de référence toire, qui selon la loi François Lamy de 2014, doi-
commun : partir des apprenants et favoriser la vent être co-construits, et ouvrir aux habitants, la
compréhension par l’implication. porte des projets.

Contexte et histoire Objectifs généraux


du projet
• Maintenir les acquis des savoirs de base à la
Sur la période 2011-2013, l’atelier « Imagine suite d’une formation.
Kourou demain » a été proposé à 4 groupes dans • Impliquer les participants dans la vie de leur
le cadre de la formation de base dans laquelle ils ville.
étaient inscrits. L’objectif était de travailler sur • Recueillir la parole des citoyens pour l’intégrer
les compétences de base (math, français oral et dans la rédaction des projets de territoire.

28
Démarche et outils santé, déchet, etc.), à partir d’exemples issus du
quotidien apportés par l’animatrice et par les
Il a été proposé à 4 groupes, soit 38 partici- participants.
pants en tout, de travailler sur des problématiques Pour alimenter la réflexion, l'animatrice pré-
liées au cadre de vie. Ces quatre groupes ont été sentait des initiatives à travers le monde en
constitués à travers une prise de contact directe matière d'amélioration du cadre de vie et ame-
(téléphone) avec des personnes ayant suivi une nait des exemples très variés en termes d'amé-
formation avec Kaleda auparavant. Les partici- nagements urbains.
pants connaissaient en amont le planning des ate- Les participants faisaient ensuite des proposi-
liers, leur durée et les thèmes abordés. Chacun des tions pour l’amélioration du cadre de vie de leur
groupes a été animé selon la même méthodologie. ville. Ces temps étaient basés sur de l’échange
oral sous forme de brainstorming.
Pour aider à la formulation de propositions
1 Découverte de la ville cohérentes et faciliter les débats et la prise de
Après une définition collective de la « ville décision, des budgets fictifs ont été donnés comme
» à partir d’une expression « aller en ville » et en contrainte. Cela a permis d’avoir une réflexion
définissant son contraire, les participants ont été sur les objectifs. Un vote à main levée a ensuite
invités à dessiner leur ville à partir d’un élément eu lieu.
de départ (élément structurant, ex. un axe rou-
tier) identifié par les participants pour élaborer Pour chacune des communes, les groupes ont
une représentation mentale et sociale commune ainsi identifié des pistes d’amélioration et ont fait
de la ville. Pour cela, il a fallu se mettre d’accord des propositions autour de thématiques variées :
sur les points de repère (objectif : repérage et patrimoine culturel, déchets, risques majeurs,
débat). Dans le domaine de l’aménagement du ter- transports, etc. Par exemple, la rénovation d’une
ritoire, cet atelier permet notamment d’identifier ancienne école, l’aménagement d’un espace de
les éléments structurants de la ville (ex. la place jeux, la mise en place de nouveaux points d’ap-
des Palmistes pour Cayenne, la Route Nationale ports volontaires pour le verre, de panneaux de
1 pour Matoury). La représentation collective a sensibilisation au geste poubelle, etc.
été comparée à une carte normée. Cela a permis
d’aborder la notion d’échelle.
3 restitution collective
Les participants avaient ensuite pour mission Tous les groupes se sont rencontrés et ont pré-
de prendre des photographies de la ville, révé- senté le urs propositions lors d’un évènement de
latrices de points positifs et négatifs. Les photos restitution collective où étaient invités partenaires
ont ensuite été triées et commentées en groupes et élus : les membres du Comité de pilotage du
complets. PREFOB, l'Office Français de l’Immigration et de
Dans tous les groupes, des réflexions ont l’Intégration (OFII), le CRPV ainsi que les élus à
ainsi été menées dans de nombreux domaines. la démocratie participative et leurs techniciens
Par exemple, les quatre groupes ont identifié la du Contrat Urbain de Cohésion Sociale (CUCS).
question des déchets comme une problématique
importante : nombreux dépôts sauvages, manque
de bornes à verre, etc.

Cette étape a abouti à la réalisation de petits


films à partir des photos, montés par l’animatrice,
conçus par les participants pour présenter leur
ville.

élaboration de proposi-
2 tions pour améliorer le
cadre de vie
Après une définition large de la ville, chacun
des éléments du cadre de vie a plus spécifique-
ment été défini (patrimoine et culture, transport, Événement de restitution à Cayenne. c ré d i t photo : kaleda

29
Les films de présentation de chaque groupe Moyens
ont été exposés ainsi que les propositions d'amé-
lioration du cadre de vie dans chaque commune. 1 animatrice a été mobilisée pour accompagner
les 4 groupes durant 6 mois, ce qui a représenté
porter la parole aux déci- 0.6 équivalent temps plein.
4 deurs locaux Chaque groupe s’est rencontré lors de 9
Les travaux ont été remis aux élus des com- séances de 3 heures chacune. La part du temps
munes dans lesquelles des projets ont eu lieu et de travail restante a été allouée à la constitution
à la Communauté d’Agglomération du Centre des groupes, à la logistique, aux corrections, à la
Littoral (CACL). valorisation des productions, etc.

les outils
Partenaires
utilisés 
La cartographie CRPV, GRETA Est (Centre de formation pour
adultes).
participative
Le brainstorming
L’échange oral
À retrouver en partie III du guide.

Bilan et atouts de la
démarche participative
En tout, ce sont 4 groupes qui ont participé à
ce projet, représentant 38 participants.
Le travail de l’animatrice a été conséquent
pour lever les freins liés au sentiment de non-
légitimité des participants notamment dû à une
maîtrise partielle de la langue française et dou-
tant de la réelle possibilité de faire prendre en
compte leur parole.
La restitution a eu un effet très positif, car
les participants se sont rendu compte que leurs
propositions étaient cohérentes. Ils se sont sen-
tis légitimes pour dire des choses et valorisés. À
travers la mise en confiance et le sentiment de
légitimité, la démarche peut favoriser une par-
ticipation future de ces habitants à des conseils
de quartiers.
Ce temps a aussi permis de sensibiliser les
élus par rapport à la parole des citoyens.

CONTACT
centre de ressources Kaleda
32 bis, rue du Lieutenant Becker
BP 296 97324 Cayenne Cedex
05.94.31.83.68
kaleda­[email protected]
http://www.prefobguyane.org

30
Enquête sur
LA PERCEPTION
DE L'ASSAINISSEMENT
Propos recueillis auprès du
bureau d’études Kalitéô
environnement

niveau d’implication
des participants non-collectif
inforMation participants/zone géographique : habitants des villages
consultation du fleuve Maroni et du bassin de Saint-Laurent-du-Maroni
(Apatou, Grand Santi, Balaté, Saint-Laurent-du-Maroni, Piste
concertation
Tarzan)
Décision
période du projet : septembre 2011 à octobre 2012

La structure et
ses missions amazonien de Guyane (PaG), de la Communauté
d’Agglomération du Centre Littoral (CACL), du
Le bureau d’études Kalitéô Environnement, Parc naturel régional de Guyane (PnrG) et de la
installé en Guyane depuis 2010, œuvre dans le Direction de l’Alimentation de l’Agriculture et de
domaine de l’eau, de l’environnement et du déve- la Forêt (DAAF) a ainsi programmé et soumis à
loppement durable. Outre ses compétences pour appel d’offres une évaluation des systèmes d’as-
mener des études, audits et diagnostic, il a déve- sainissement non collectif en site isolé. C’est dans
loppé depuis quelques années des compétences ce cadre que Kalitéô Environnement, Toilettes du
en approches participatives et a plusieurs expé- Monde, Étiage Guyane et Stéphanie Rey ont pro-
riences à son actif. posé un projet s’appuyant sur les représentations
et l’expertise des habitants du territoire de gestion
de l’eau pour envisager des solutions techniques
Contexte et histoire à tester et à mettre en place.
du projet
Dans le cadre du Schéma Directeur d’Aména- Objectifs généraux
gement et de Gestion de l’Eau (SDAGE) 2010/2015
et dans le contexte singulier de la Guyane, où • Connaître les conceptions de l’assainissement
les réglementations européennes sont difficiles à et les perceptions des risques sanitaires et envi-
mettre en œuvre, l’un des enjeux du territoire est ronnementaux associés aux excrétas et aux
de se doter d’équipements adéquats pour garantir eaux usées.
la salubrité publique et diminuer l’impact sur l’en- • Connaître et affiner les problématiques d’ac-
vironnement. L’Office de l’Eau de Guyane (OEG), cessibilité pour les sites isolés et les zones
en charge de la promotion des techniques d’as- péri-urbaines.
sainissement non collectif en sites isolés, avec • Connaître les motivations, les freins et les capa-
un groupe constitué de l’Agence Régionale de cités d’investissement dans l’assainissement.
Santé (ARS), de la Direction de l’Environnement de • Identifier des leviers et faire des recommanda-
l’Aménagement et du Logement (DEAL), du Parc tions d’actions.

31
missions, un à deux ateliers ont été réalisés avec
Démarche et outils une dizaine d’habitants. Les ateliers duraient
de 2 à 4 heures. Ils étaient menés par les média-
Dans sa globalité, l’enquête a eu lieu sur teurs recrutés pour l’occasion et formés aux
les sites isolés et les zones péri-urbaines des outils (2 minimum par village). Un observateur
communes d’Apatou, Grand Santi, Camopi, était également présent pour recueillir les infor-
Saint-Georges de l’Oyapock, Maripasoula, mations émanant des échanges qui étaient par
Saint-Laurent-du-Maroni et Cayenne. Elle a la suite traitées à l’aide d’une grille d’analyse.
ainsi concerné différents groupes ethniques :
Paramaka, N’Djuka, Wayampi, Tecko, Palikur,
Wayana, Arawak, Saramaka, Brésiliens,
Péruviens, Guyaniens, Haïtiens, Dominicains,
Indiens et différents types d’acteurs : élus, habi-
tants et opérateurs touristiques.

1 entretiens individuels
Des entretiens ont été réalisés avec trois
types d’acteurs dans le but d’appréhender et
de confronter leurs visions de l’assainissement
dans la commune : des élus, des opérateurs tou-
ristiques, des habitants-ressources. Les entre-
tiens ont été adaptés en fonction des acteurs
Atelier participatif sur le Haut-Maroni c ré d i t photo : k a l i té Ô e n V i r o n n e M e n t
rencontrés, à partir d’enquêtes directives à
semi-directives et avec une variation dans les Le binôme disposait du panel des 6 outils
thèmes abordés. mis au point et proposés par Toilettes du Monde
Avec les personnes réalisant l’entretien permettant à chacun de recueillir une variable
des systèmes d’assainissement sur les sites précise. Les outils étaient utilisés selon le res-
touristiques, l’échange s’est appuyé sur l’outil senti de l’animateur qui les choisissait en fonc-
« l’Échelle de l’assainissement », dont l’objectif tion des échanges au sein du groupe, sans ordre
est d’identifier les pratiques vis-à-vis des excré- prédéfini.
tas et de discuter autour de la gestion des sys-
tèmes d’assainissement en place.

2 ateliers participatifs
L’équipe de terrain (bureau d’études, consul-
tants indépendants, médiateurs) ayant réalisé
l’enquête participative auprès des habitants
a suivi la méthodologie suivante :
• formation de l’équipe (bureau d’études et indé-
pendant) par Toilettes du Monde ;
• recrutement des médiateurs ;
• formation des médiateurs ;
• test des outils sur le terrain ;
• adaptation des outils aux différents groupes
Atelier participatif sur le Haut-Maroni c ré d i t photo : k a l i té Ô e n V i r o n n e M e n t
cibles (ex. sélection d’images correspondant
aux pratiques locales) ;
• travail de terrain : ateliers avec les habitants ;
• Retranscription des données ;
• analyse des données ;
• restitution.
Deux missions ont eu lieu dans chaque vil-
lage, soit 2 à 4 jours par site. Lors de chacune des

32
les outils
utilisés 
L’arbre de flux de L’équipe (coordination et médiateurs) a appré-
cié la méthodologie employée. Le retour des habi-
trésorerie tants a également été très positif. Ils ont apprécié
La carte Eau et le fait d’avoir été consultés, et de cette façon. En
effet, les ateliers ont permis de récolter des infor-
Assainissement mations qualitatives, mais ont aussi permis aux
Le chemin de traverse habitants d'acquérir de nouveaux savoirs et de se
sensibiliser les uns et les autres sur les pratiques
L’échelle de liées à l’eau.
l’assainissement
L’infirmière Tanaka Moyens
Les trois piles Financement : Agence Régionale de la
À retrouver en partie III du guide Santé (9 %), Fonds Européen Agricole pour le
et/ou dans le rapport final de
l’enquête (lien ci­dessous). Développement Rural (FEADER) (72 %), Office
de l’Eau de Guyane (19 %), dans le cadre d'un
appel d'offre.
identification et test de Enquête de terrain : 14 personnes impliquées
3 solutions pilotes (bureau d’études et médiateurs).
Ces ateliers ont permis de recueillir les repré-
sentations et les pratiques existantes afin de pro-
poser des solutions techniques adaptées à chaque Partenaires
contexte. En 2014, deux familles, sélectionnées à
la suite des entretiens individuels et des ateliers Réalisation de l’étude : Toilettes du Monde
collectifs, testent des solutions pilotes qui seront, (ONG), Aude Sturma (Sociologue de l’eau), bureau
en cas de validation, diffusées plus largement. d’études Étiage Guyane, bureau d’études Kalitéô
Environnement, Stéphanie Rey (consultante
indépendante).
Bilan et atouts de la Comité de pilotage : Office de l’Eau de Guyane,
démarche participative Parc amazonien de Guyane, Parc naturel régional
de Guyane, Agence Régionale de Santé, Direction
En tout, ce sont des élus et techniciens des de l’Environnement, de l’Aménagement et du
22 communes (20 entretiens), 7 opérateurs tou- Logement et Direction de l’Alimentation, de l’Agri-
ristiques, 376 habitants et 57 élèves qui ont par- culture et des Forêts.
ticipé à cette enquête des perceptions.
L’expérience a été positive : les habitants ont
bien participé aux différents ateliers et les infor- Ressources
mations recueillies ont été de meilleures qualités
par rapport à de simples questionnaires. Cela a Rapport final du groupement ayant réalisé
permis d’identifier les freins et leviers liés à la l’enquête :
http://www.toilettesdumonde.org/activite-france/
mise en place de différentes solutions d’assainis-
etude-accompagnement.aspx?toid=etude+accompagn
sement non collectif. ement-422

Témoignage du CCAS de Vous y trouverez des informations sur la


Saint-Georges de l’Oyapock méthodologie ainsi que les résultats de cette
SUR LE TRAVAIL EN PARTENARIAT enquête de perception.
fernanda Gueye, chargée
de mission au service projet
« le travail en partenariat, entre acteurs, était une
force. Notamment pour la mobilisation des habi- CONTACT
tants par les acteurs de terrain habitués à aller dans
Kalitéô environnement
les villages, à apporter des réponses. » [email protected]
http://kaliteoenvironnement.com/

33
Oyapockois,
PARLONS SANTÉ :
Propos recueillis auprès du
centre communal d’action
sociale (ccas) de
saint-Georges de l’oyapock

niveau d’implication
QUE FAIRE pour
l'améliorer ?
des participants
inforMation
consultation
concertation participants/zone géographique : habitants et acteurs du
Décision territoire de Saint-Georges de l’Oyapock
période du projet : depuis avril 2013 jusqu’à aujourd’hui

La structure et Contexte et histoire


ses missions du projet
Le CCAS Sincère MANDE de Saint-Georges de En parallèle de cet ABS, sur proposition et avec
l’Oyapock (SGO) est doté d’une action générale de accompagnement de Guyane Promo Santé (GPS)
prévention santé et de développement social dans et de l’Institut Renaudot, le CCAS s’est engagé
la commune, en liaison étroite avec les institutions dans une démarche de mobilisation des acteurs du
publiques et privées. À ce titre, il développe dif- territoire concernés par la santé, à travers la mise
férentes activités liées à des compétences obli- en place d’un « diagnostic en marchant » conduit
gatoires légalement ou facultatives, directement dans une approche participative. Ces deux actions
orientées vers les populations concernées, y com- combinées doivent permettre de mieux connaître
pris dans le domaine de la santé. Ainsi, depuis le les besoins du territoire et d’élaborer la feuille de
mois de juillet 2013, le CCAS a mis en place une route des acteurs, dont le CCAS, en matière d’ac-
Analyse des Besoins Sociaux (ABS, comprenant tion sociale et de santé au sens global du terme.
divers champs, dont la santé et le logement) de la
commune, obligatoire au regard de la loi.
Objectifs généraux
• Permettre au CCAS de « s'inscrire pleinement
sur son territoire » et en liaison étroite avec les
habitants, les professionnels ainsi que les élus.
• Permettre d’établir une vision globale de la
situation sanitaire sur le territoire.

34
Démarche et outils et mobilité, soins et prévention, sport et loisirs,
cadre de vie.
constitution du groupe Les cheminements ont duré entre 1 et 2 heures.
1 moteur chaque arrêt sur le parcours faisait l’objet des
La démarche a été impulsée en avril 2013, lors mêmes questionnements : (1) « Ici, qu’est-ce
d’une formation dédiée à la mise en place d’un qui facilite la santé ? Comment expliquez-vous
projet en santé communautaire, regroupant un cela ? », (2) « Ici, qu’est-ce qui complique la santé ?
ensemble d’acteurs de la santé du territoire du Comment expliquez-vous cela ? » et (3) « Que pro-
CCAS. Ces acteurs ont ensuite constitué une par- poseriez-vous pour améliorer la situation ? ».
tie du groupe-moteur. Ce premier temps a per-
mis de réunir les acteurs, de présenter le projet,
de les associer et de les former à la démarche.
D’autres acteurs ont été sollicités pour intégrer
ce groupe ensuite (ex. habitants-relais des quar-
tiers). Le groupe a ainsi été constitué sur la base
du volontariat.

Définition collective de la
2 démarche
Le groupe-moteur a ensuite pu commencer à
réfléchir à la mise en œuvre du diagnostic en mar-
chant. Des rôles ont été répartis et le groupe s’est
retrouvé une fois par mois d’avril à octobre, pour
organiser le diagnostic : logistique, méthode de
mobilisation pour les professionnels de la santé,
les élus, les habitants, définition des parcours,
phase de test.

le diagnostic en
3 marchant
Le diagnostic s’est ensuite déroulé sur trois
jours (les 15, 16 et 17 octobre 2013). Les parti-
cipants ont été mobilisés à travers des moyens
variés : contact direct, médias, activation des
réseaux ou par l’intermédiaire de référents (ex.
Diagnostic en marchant Saint-Georges de l’Oyapock. c ré d i t p h oto : go o g l e
églises). Cette mobilisation peu évidente au
départ a été une force puisque 151 personnes ont En fin de parcours, la question suivante était
ainsi participé au diagnostic avec en moyenne 50 posée : « Si on devait résumer, conclure, que pen-
% d’habitants et 50 % de professionnels dans la sez-vous de la santé dans votre quartier ? Et sur
constitution des groupes. Saint-Georges plus généralement ? »
six parcours ont été réalisés : fleuve (Trois-
Palétuviers, Tampak, Blondin), bourg de jour, bourg
de nuit, village Saint-Martin, village Espérance,
4 restitution et poursuite
quartier Savane, crique Onozo. Le troisième jour a eu lieu la restitution des
Pour chacun des parcours, une petite équipe, échanges de chacun des groupes. 67 personnes
composée d’un animateur, d’un preneur de notes, ont assisté à la restitution, avec en moyenne 50 %
d’un « photographe » et d’un traducteur accompa- d’habitants et 50 % de professionnels de la santé.
gnait le groupe dans son cheminement. Chaque La restitution des résultats de l’ensemble des
groupe disposait d’une grille d’observation com- parcours s’est faite à partir des photos prises pen-
portant des thématiques à aborder pour guider les dant les cheminements et était accompagnée
observations lors du parcours : logement, déchets d’une traduction en portugais. Les traductions
et entretien des espaces publics, eau et assai- ont beaucoup alourdi la phase de restitution, mais
nissement, électricité et éclairage public, poste cela a permis de favoriser la compréhension et la
et téléphone, alimentation, éducation, transport participation de tous.

35
À titre d’exemple, pour ce qui concerne la thé- Moyens
matique « déchets », le diagnostic a permis de
faire émerger dans les différents quartiers : Moyens matériels : ressources CCAS et GPS
• les points de saturation, les difficultés ou l’ab- (logistique le jour J : hébergement, repas des per-
sence de collecte des déchets et les solutions sonnes de Cayenne, pirogue pour le fleuve, etc.)
mises en place par les habitants (ex. création et mise à disposition par les acteurs du groupe
de décharges dans la forêt) ; moteur.
• les comportements et pratiques des habitants ; Moyens humains : animation de la démarche
• les changements de comportement vis-à-vis des par le CCAS, avec une phase amont très
nouvelles installations ; chronophage.
• les impacts et risques (gîtes larvaires, proximité Moyens financiers : pas de budget dédié, mais
zone de jeu), etc. une implication des salariés du CCAS, nécessitant
De même, pour la thématique de l’eau et de un budget sur fonds propres du CCAS.
l’assainissement, cela a permis d’identifier les
zones avec un accès à l’eau potable difficile, une
absence de système d’assainissement, les impacts Partenaires
et risques engendrés, voire les risques de conflits
et les stratégies émergeant à la suite de la mise Accompagnement : GPS, Institut Renaudot.
en place de solutions alternatives (ex. robinets Groupe de travail et animation de la démarche :
collectifs). CCAS, association pour l'Information l'Accompa-
gnement et le Soutien de l'Oyapock (APIASO),
La prochaine phase est la constitution de association Développement-Accompagnement-
groupes de travail par quartier pour, dans un pre- Animation-Coopération (DAAC), GPS, Programme
mier temps, faire une restitution plus ciblée et, de Réussite Éducative (PRE), Mission Locale
par la suite, mener des ateliers d’échanges pour Régionale Guyane (MLRG), Mairie de Saint-
définir les priorités, des actions concrètes et un Georges de l’Oyapock, Communauté de
calendrier. Communes de l’Est Guyanais (CCEG), Association
Kouroucienne d’Aide aux Ti’Jeunes (AKATIJ),
Conseil Général, Médecins du Monde, habitants.

les outils
utilisés 
Le diagnostic en
marchant
À retrouver en partie III du guide

Bilan et atouts de la
démarche participative
pour l’équipe du ccas, cette démarche a été
très positive et a été vécue comme une belle expé-
rience professionnelle. Cette démarche a aussi été
une façon de se faire connaître, de promouvoir le
CCAS et son rôle sur le territoire.
les habitants, qui ne se sentaient pas assez
CONTACT
impliqués auparavant, ont été satisfaits. ccas
les élus ont changé de positionnement entre
saint-Georges-de-l’oyapock
17, lotissement Emilio Pascal
le début et la fin du projet, avec une prise de
97313 Saint­Georges­de­l'Oyapock
conscience de l’importance de l’implication des 05 94 27 07 21 – 06 94 12 46 26
habitants. [email protected]

36
ÉLECTRIFICATION
Propos recueillis auprès de
l’association Kwala faya

participative en Amazonie
niveau d’implication
des participants
inforMation
consultation participants/zone géographique : habitants des sites isolés,
vivant principalement dans les villages et écarts des fleuves
concertation Oyapock et Maroni
Décision
période du projet : de 2013 à 2015

La structure et Contexte et histoire


ses missions du projet
L’association Kwala Faya intervient dans les Le bilan de 30 années d'électrification rurale
sites dits « isolés » en Guyane et son ambition se en Guyane au moyen de la ressource solaire est
situe à plusieurs niveaux : un échec. Malgré une technologie française à la
• améliorer les conditions de vie en proposant un pointe depuis des dizaines d'années, de nombreux
service énergétique de base (éclairage, froid, vestiges d'installations gisent dans les villages et
multimédia) ; de nombreuses familles n'ont toujours pas accès
• réduire les dépenses liées à l'énergie (représen- à l'électricité. Cela représente quelques milliers
tant en moyenne 60 % des revenus des ménages de citoyens français ne bénéficiant pas encore du
vivant en sites isolés) ; service public de l'électricité.
• développer la connaissance des habitants dans
le domaine de l'énergie pour une meilleure maî- Entre autres raisons, il n'y a pas eu de véritable
trise de leurs besoins et des coûts associés ; appropriation des installations par la population,
• proposer une montée en compétences tech- la maintenance n'a pas été assurée et aucune per-
niques des habitants volontaires pour une auto- sonne n'a été formée dans les villages successi-
nomisation des populations et la formation de vement électrifiés.
référents locaux ;
• favoriser la création de débouchés économiques Sur la base de ce constat est née en 2012,
locaux autour du service énergétique ; l’association Kwala Faya qui propose une nou-
• encourager le recours à l'énergie solaire au lieu velle approche de l'énergie en impliquant les
du groupe électrogène et favoriser les économies habitants à travers des sessions de formation et
d’énergie et la protection de l’environnement. d’accompagnement.

37
Objectifs généraux 3
Mayouri montage et ins-
tallation de kits solaires
• Réhabiliter l’image de l’électricité photovoltaïque. Après un temps de collecte, de nettoyage et
• Susciter un intérêt, une compréhension et une de réparation de panneaux abandonnés, mais tou-
appréhension de l’électricité photovoltaïque. jours en état de marche, les participants ont pu
• Favoriser l’insertion par le développement d’une monter et tester un premier kit chez des habi-
activité professionnelle locale. tants. Au fur et à mesure du montage des kits,
• Améliorer le bien-être et le niveau de vie des des échanges ont eu lieu entre les participants
habitants dans les villages éloignés grâce à une eux-mêmes et avec l’association. Ces temps de
source énergétique gratuite. pratique ont pour objectif de contribuer à l’au-
tonomie des participants vis-à-vis de la gestion
des kits installés.
Démarche et outils
La première session Kwala Faya a été menée,
en juillet 2103, à Camopi, commune où avait été
recensé un grand nombre de panneaux photo-
voltaïques abandonnés, susceptibles d’être réu-
tilisés pour des montages de petits kits solaires.
En tout, ce sont 11 formations qui ont eu lieu
en sites isolés en 2013/2014 : 1 à Trois-Sauts, 5
à Camopi, 3 à Trois-Palétuviers et 2 sur le Haut-
Maroni. Elles ont permis de former 150 habitants
et d'électrifier 35 familles.
Les sessions de formation se déroulaient en
Ateliers de montage de kits solaires à Camopi. c ré d i t photo : kwala faya
plusieurs étapes.

Discussion sur l’énergie à Formation de Kwala


1 travers un photo-langage 4 Faya Men
Une présentation basée sur des photos pré- Tout au long de la démarche, l’association
sentant les divers moyens de production d’élec- Kwala Faya cherche à identifier des habitants
tricité présents en Guyane, accompagnée de souhaitant et pouvant devenir des référents de
questionnements, avait pour but de faire réagir l’énergie solaire pour leur territoire afin d’assurer
les participants sur la base de leurs connaissances un appui pour la maintenance des installations,
et de leur appréhension du sujet. Les participants de former de nouvelles personnes intéressées
étaient invités à s’exprimer en lien avec chaque par les kits et d’assurer ainsi le déploiement du
questionnement, puis à débattre des réponses programme.
proposées. Cela a permis de parler de l’énergie en Ces référents ont progressivement été impli-
général, de lister les différentes sources d’éner- qués dans l’animation des formations et ont suivi
gie utilisables et d’énumérer leurs avantages et une formation et un temps d’échanges spécifique.
leurs inconvénients, d’échanger sur la produc-
tion d’énergie à Camopi, et pour l’animateur, de
5
recueillir les représentations des participants. Évaluation participative
Afin d’évaluer son programme en place depuis
Approche théorique 2 ans à Camopi, l’association a donné la parole aux
2 de l’électricité participants au cours d’une séance de formation
photovoltaïque effectuée mi-2015.
Certains principes de base de l’électricité ont Les animateurs (un bénévole de l’association
été abordés en prenant pour élément de compa- et un Kwala Faya Man) se sont appuyés sur l’outil
raison la hauteur d’une rivière et son débit. Une « Conserver-Cesser-Créer ». L’activité a eu lieu
discussion avait ensuite lieu sur les consomma- au sein de deux groupes : un composé de ceux
tions d’électricité, leur coût et la nécessité de maî- possédant un kit solaire chez eux à la suite de la
triser l’énergie. formation, et l’autre composé de ceux n’ayant pas
de kit, mais ayant déjà participé à une formation

38
de Kwala Faya. des équipements.
Dans chacun des groupes, les mêmes ques- Au cours des deux dernières années, cinq
tions étaient posées et illustrées par des exemples Kwala Faya Men ont pu être identifiés et formés
concrets pour stimuler les participants et faciliter (un à Trois-Sauts, deux à Camopi, un à Trois-
la compréhension : Palétuviers, un sur le Haut-Maroni). Quatre des
• « Qu’est-ce qui a été fait de bon que vous aime- cinq Kwala Faya Men ont été réunis à Cayenne
riez retrouver dans un futur projet ? » en février 2015 pour une formation approfon-
• « Que voudriez-vous qu’on modifie/supprime/ die en électricité, suivie d'une mise en situation
bonifie ? » pour la réalisation de 2 kits sans encadrement à
• « Qu’est-ce qui manque et qui devrait être Trois-Palétuviers.
ajouté  ? »
L’animateur de chaque groupe prenait en Grâce à l’évaluation par les participants, le nou-
notes les réponses qui ont été reportées dans un veau programme de formation pourra s’appuyer
second temps sur trois grandes feuilles, puis mises sur les remarques et propositions des habitants
en débat en groupe complet pour identifier collec- pour correspondre à leurs besoins : augmentation
tivement les réponses à garder. de la durée des stages et de la part théorique du
Kwala Faya a proposé à son conseil d’adminis- contenu, évolution des kits proposés, travail sur
tration d’établir le futur plan d’action sur la base le financement et les partenariats avec la mairie,
des informations réunies au cours de l’évaluation développement des moyens de communication
du programme par les habitants de Camopi. entre les stagiaires et envers les habitants.

Moyens
les outils
utilisés  Deux animateurs/formateurs bénévoles sont
mobilisés pour chacune des sessions.
Le photo­langage Les kits mis à disposition ont une valeur de
1 500 euros et bénéficient d’une subvention ame-
Le brainstorming nant à un prix d’acquisition de 1 000 euros pour
les habitants.
Conserver­Cesser­Créer Financement : Plan Régional pour la Maîtrise
À retrouver en partie III du guide de l'Énergie (PRME).

Partenaires
Bilan et atouts de la Commune de Camopi, PaG, EDF.
démarche participative
L’expérience a été positive. Les participants
se sont sentis utiles tout en apprenant. Il y a eu
une prise de conscience relative à la gestion de
l’énergie.

La démarche proposée implique les habitants


dans le processus d’électrification, visant ainsi
à les rendre autonomes et responsables vis-à-
vis des installations. En effet, ils acquièrent les

CONTACT
connaissances pour comprendre le fonctionne-
ment de leur système, en assurer l'entretien,
détecter les dysfonctionnements et éventuelle- association Kwala faya
24, rue Louis Blanc
ment les réparer. Une participation financière pour
97300 Cayenne
les stagiaires bénéficiaires des kits permet une 06 94 43 11 20
responsabilisation et une meilleure appropriation [email protected]

39
édition Graine Guyane | ISBN 979-10-96080-01-4

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