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Fonctions dérivables : définitions et exemples

Ce document décrit la notion de dérivabilité d'une fonction en un point, ainsi que les dérivées à gauche et à droite. Il donne des définitions et exemples pour illustrer ces concepts.

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Fonctions dérivables : définitions et exemples

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Département M.

I, année 2020-2021 Module: Analyse 1

Enseignante: Cheikh.M. Section: A

Chapitre 4: Fonctions dérivables

1 Dérivée en un point:
Soit I un intervalle de R et f : I −→ R une fonction. Soit x0 ∈ I

Définition 1. On dit que f est dérivable en x0 , si la limite :

f (x) − f (x0 ) 
lim existe finie .
x→x0 x − x0

Cette limite qui est unique est appelé dérivée de f au point x0 et notée par : f 0 (x0 ).
On écrit :

f (x) − f (x0 )
lim = f 0 (x0 ) .
x→x0 x − x0

Remarque 1. Si, on pose : h = x − x0 =⇒ x = x0 + h, quand x −→ x0 , h −→ 0.


La définition précédente peut s’écrire :

f (x0 + h) − f (x0 )
lim = f 0 (x0 ) .
h→0 h

Exemple 1. Montrons que f (x) = ln x est dérivable en x0 = 1.

f (x) − f (x0 ) ln x − ln 1 ln x
lim = lim = lim
x→x0 x − x0 x→1 x−1 x→1 x − 1

On pose le changement de variable X = x − 1, on a : quand x 7−→ 1; X 7−→ 0, de plus


x = X + 1 d’où:
ln x ln(X + 1)
lim = lim = 1(qui est finie);
x→1 x − 1 X→0 X
d’où f est dérivabe en 1 et f 0 (1) = 1.

1
Définition 2. f est dérivable sur I si f est dérivable en tout point x0 de I. La fonction
x 7−→ f 0 (x) est la fonction dérivée de f , elle se note f 0 .
Exemple 2. La fonction f (x) = x2 est dérivable en tout point x0 de R; en effet:

f (x) − f (x0 ) x2 − x20


lim = lim = lim (x + x0 ) = 2x0 (qui est finie)
x→x0 x − x0 x→x0 x − x0 x→x0

On a même démontré que le nombre dérivé de f en x0 est 2x0 , autrement dit:


0
f (x) = 2x.

1.1 dérivée à gauche-dérivée à droite


f (x) − f (x0 )
Définition 3. Si le rapport admet une limite finie à droite (respectivement
x − x0  
à gauche), on dit que f est dérivable à droite respectivement à gauche au point x0 .
 
Cette limite est appelé dérivée à droite respectivement à gauche de f au point x0 , est
 −

notée par : f 0 x+
0 respectivement f 0
x 0 .
On écrit :

f (x) − f (x0 )
= f 0 x+

lim 0 ,
>
x→x0 x − x0

et

f (x) − f (x0 )
= f 0 x−

lim 0 .
<
x→x0 x − x0


Proposition 1. Pour que f soit dérivable en x0 , il faut et il suffit que : f 0 x+ 0
 
0 et f x0
existent, et soient égales, on a, alors :

f 0 x+ 0 − 0
 
0 = f x0 = f (x0 ) .

Exemple 3.

f : R −→ R

x 7−→ x

f est-elle dérivable en x0 = 0?
On a :
(
x si x ≥ 0,
x =
−x si x < 0.

2
1.1.1 Calculons f 0 (0+ ) et f 0 (0− ) :

f (x) − f (0)
f 0 0+ = lim

avec f (0) = 0 = 0
>
x→0 x−0
x−0
= lim = 1.
>
x→0 x

f (x) − f (0)
f 0 0− = lim

<
x→0 x−0
−x − 0
= lim = −1.
<
x→0 x

On a : f 0 (0+ ) 6= f 0 (0− ), donc : f n’est pas dérivable en 0.

1.2 Interprétation géométrique :


Soit : f une fonction définie au voisinage
de x0 et M0 x0 , f (x0 ) , M x, f (x) deux
points du graphe.
f (x) − f (x0 )
Le rapport est le coefficient di-
x − x0
recteur (ou la pente de la droite (∆) passant
par las points M0 et M .
Ainsi : Si f est dérivable en x0 , en faisant
tendre M vers M0 , f 0 (x0 ) représentera la
pente de la tangente (T ) au point M0
d’abscisse x0 . Si α0 désigne l’angle formé par
l’axe (ox) et la tangente (T ) en M0 , on a :
f 0 (x0 ) = tan (α0 ).
L’équation de la tangente P en M0 s’écrit :

y = f 0 (x0 ) (x − x0 ) + f (x0 ) .

Remarque 2. Les dérivées à droite et à gauche, s’interprètent également en considérant


les demi-tangentes à droite et à gauche du point M0 , si elles ne sont pas égales, le graphe
de f présente alors un pointanguleux.
Exemple 4. Soit la fonction f (x) définie par :

f (x) = x3 + x2 ,

f est-elle dérivable en x0 = 0?
√ p √ √
f (x) = x3 + x2 = x2 (x + 1) = x x + 1, x2 = x .

3
Df = {x ∈ R, 1 + x ≥ 0} = {x ∈ R, x ≥ −1} = [−1, +∞[.

f (x) − f (0)
f 0 x+

0 = lim >
x→0 x−0

x x+1−0
= lim
>
x→0 x
√ √
= lim x + 1 = 1 = 1,
>
x→0

et
f (x) − f (0)
f 0 x−

0 = lim <
x→0 x−0

−x x + 1 − 0
= lim
<
x→0 x
√ √
= lim − x + 1 = − 1 = −1,
<
x→0

Au point 0, les dérivées à gauche et à droite


sont différentes, par conséquent f n’est pas
dérivable en ce point. Donc le graphe de
f admet deux demi-tangentes (∆1 ) et (∆2 )
d’équations:
(∆1 ) : y = f 0 x+

0 (x − 0) + f (0) = x,
| {z } | {z }
=1 =0
qui est la première
 bissectrice).
0 −
(∆2 ) : y = f x0 (x − 0) + f (0) = −x,
| {z } | {z }
=−1 =0
qui est la deuxième bissectrice).

1.3 Différentiabilité et dérivée


Définition 4. On dit que f est différentiable au point x0 s’il existe un réel α et une
fonction ε définie au voisinage de 0 telle que:

f (x0 + h) = f (x0 ) + αh + hε(h), lim ε(h) = 0


h→0

Proposition 2. f est dérivable au point x0 ∈ R si et seulement si f est différentiable en


x0 ∈ R.

Preuve:
f (x0 + h) − f (x0 )
Si f est différentiable en x0 , ε(h) = − α, et comme lim ε(h) = 0, par
h h→0

4
f (x0 + h) − f (x0 )
conséquent : lim = α et ainsi f est dérivable en x0 et f 0 (x0 ) = α.
h→0 h
f (x0 + h) − f (x0 )
Réciproquement, supposons que f est dérivable en x0 , alors: lim =
h→0 h
0
f (x0 ).
f (x0 + h) − f (x0 )
Posons:ε(h) = − f 0 (x0 ) pour h 6= 0 et ε(0) = 0.
h
On a alors:lim ε(h) = 0, et f (x0 + h) = f (x0 ) + f 0 (x0 )h + hε(h) (on a α = f 0 (x0 ) d’où f
h→0
est différentiable au point x0 .

Définition 5. (application différentielle) On appelle application différentielle de f


l’application linéaire df définie sur R par df : R −→ R, df (h) = f 0 (x).h, en particulier , si
f (x) = x, on a: dx = f 0 (x) .h = h, donc : df = f 0 (x)dx .
| {z }
=1

Remarque 3. De la définition de la différentille , on déduit que f 0 (x) peut se noter aussi


df
comme suit: f 0 (x) = .
dx

1.4 Dérivabilité et continuité :


Proposition 3. Si f est une fonction dérivable en un point x0 de I, alors elle est continue
en ce point.

Preuve: On a:
 
f (x) − f (x0 ) f (x) − f (x0 )
lim [f (x) − f (x0 )] = lim .(x − x0 ) = lim . lim (x − x0 ) = 0,
x→x0 x→x0 x − x0 x→x0 x − x0 x→x0
| {z } | {z }
=f 0 (x0 ) =0

d’où: lim f (x) = f (x0 ), ce qui veut dire que f est continue en x0 .
x→x0

Remarque 4. La réciproque est fausse, une fonction continue en x0 peut ne pas être
dérivable en x0 .

Exemple 5. Soit le fonction f (x) définie par :


  
 x sin 1
 si x 6= 0,
x

0 si x = 0.

Étudier la continuité et la dérivabilité de f au point x0 = 0.


•La continuité au point x0 = 0 :

5
lim f (x) = f (0)?, f (0) = 0.
x→0
 
1
lim f (x) = lim |{z}
x sin = 0 = f (0) , donc, f est continue en x0 = 0
x→0 x→0 x
−→0 | {z }
bornée

• La dérivabilité au point x0 = 0 :
 
f (x) − f (0) 1
lim = lim sin n’existe pas, donc f n’est pas dérivable en x0 = 0.
x→0 x−0 x→0 x
donc, f n’est pas dérivable en x0 = 0.

2 Opérations sur les fonctions dérivables :


Proposition 4. Soit I un intervalle de R, soient f et g deux fonctions dérivables sur I.
f
Alors, les fonctions (f + g), (αf ) , α ∈ R et , g 6= 0 soient dérivables sur I, et on a :
g
0
1. f + g = f 0 + g 0
0
2. αf = αf 0
0
3. f.g = f 0 g + f g 0
 0
1 −f 0
4. = 2
 f 0 f
f f 0g − g0f
5. = .
g g2

2.1 Dérivée des fonctions usuelles

6
2.2 Dérivée de la composée de deux fonctions :
Soit f une fonction dérivable sur I, et si g une fonction dérivable sur f (I), alors g ◦ f est
dérivable sur I, et on a :
0  
∀ x ∈ I, g ◦ f (x) = f 0 (x) g 0 f (x) .

Exemple 6. Calculons la dérivée de la fonction h (x) = cos (3x2 + 5) :

 
h (x) = cos 3x + 5 = g f (x) , avec g(x) = cosx et f (x) = 3x2 + 5
2

 
h0 (x) = f 0 (x) g 0 f (x) , avec : f 0 (x) = 6x et g 0 (x) = −sinx
 
h0 (x) = 6x − sin 3x2 + 5 = −6x sin 3x2 + 5 .


2.3 Dérivée d’une fonction réciproque :


Soit f une fonction strictement monotone et continue sur un intervalle I, on suppose
que f est dérivable sur I , avec f 0 (x) 6= 0, ∀x ∈ I. Alors, f −1 est dérivable sur f (I) et de
plus :
  0 1
∀ y ∈ f (I) , y = f (x) , x ∈ I : f −1 (y) = .
f 0 (x)

Preuve
1
Soit y0 ∈ f (I), donc y0 = f (x0 ), x0 ∈ I, montrons que: (f −1 )0 (y0 ) = 0
(f 0 (x0 ) 6= 0).
f (xo )
On a:
f −1 (y) − f −1 (y0 ) x − x0 1 1
(f −1 )0 (y0 ) = lim = lim = = 0
y7−→y0 y − y0 x7−→x0 f (x) − f (x0 ) f (x) − f (x0 ) f (x0 )
limx7−→0
x − x0

Donc f −1 est dérivabe en chaque point y0 de f (I), par suite f est dérivable sur f (I), et
1
(f −1 )0 (y) = 0 .
f (x)

Remarque 5. Comme x = f −1 (y), on obtient aussi :

1
(f −1 )0 (y) =
f0 (f −1 (y))

7
Exercice: Calculer la dérivée des fonctions suivantes :
1. g1 (x) = arcsin x,
2. g2 (x) = arccos x,
3. g3 (x) = arctan x,
4. g4 (x) = arc cotx.
Correction :

1. La dérivée de la fonction g1 (x) :


g1 (x) = arcsin x = f1−1 (x) , avec f1 (x) = sin x, on pose : y = sin x.
1 1
arcsin0 y = 0 = .
sin x cos x
On sait que :
  r 2 r
−π π  2 p
x∈ , =⇒ cos x > 0, cos x = cos x = 1 − sin x = 1 − y 2 ,
2 2
donc
1 1
arcsin0 y = p =⇒ arcsin0 x = √ .
1−y 2 1 − x2
2. La dérivée de la fonction g2 (x) :
g2 (x) = arccos x = f2−1 (x) , f2 (x) = cos x, y = cos x
1 1 1
arccos0 y = 0
= =− .
cos x − sin x sin x
On sait que :
r 2 r  2 p
x ∈ [0, π] =⇒ sin x > 0, sin x = sin x = 1 − cos x = 1 − y 2 ,

donc
−1 −1
arccos0 y = p =⇒ arccos0 x = √ .
1 − y2 1 − x2
3. La dérivée de la fonction g3 (x) :
g3 (x) = arctan x = f3−1 (x) , f3 (x) = tan x, y = tan x
1 1 1 1
arctan0 y = 0
= = 2
, car = 1 + tan2 x
tan x 1/ cos2 x 1 + tan x cos2 x

1 1 1
arctan0 y = 2
= 2
=⇒ arctan0 x = .
1 + tan x 1+y 1 + x2

8
2.3.1 Exercice :
−1
Vérifier que : arccot0 x = .
1 + x2

3 Dérivée et monotonie
Proposition 5. Soit f une fonction dérivable sur un intervalle I de R, alors:
1. f est croissante sur I ⇐⇒ ∀x ∈ I, f 0 (x) ≥ 0
2. f est décroissante sur I ⇐⇒ ∀x ∈ I, f 0 (x) ≤ 0
3. f est strictement croissante sur I ⇐⇒ ∀x ∈ I, f 0 (x) > 0
4. f est strictement décroissante sur I ⇐⇒ ∀x ∈ I, f 0 (x) < 0
5. f est constante sur I ⇐⇒ ∀x ∈ I, f 0 (x) = 0

4 Extrémum local-Extrémum global :


Définition 6. Soit f : I −→ R, x0 ∈ I .
1. On dit que x0 est un point critique de f si f 0 (x0 ) = 0.
2. On dit que f admet un maximum local en x0 dans I (respectivement un minimum
local en x0 ) s’il existe α > 0, tel que: ∀ x ∈ ]x0 − α, x0 + α[ ∩ I,
f (x) ≤ f (x0 ) (respectivement ∀ x ∈ ]x0 − α, x0 + α[ ∩ I, f (x)) ≥ f (x0 ) .)
3. On dit que f admet un maximum global en x0 dans I si: ∀x ∈ I, f (x) ≤ f (x0 ).
4. On dit que f admet un minimum global en x0 dans I si: ∀x ∈ I, f (x) ≥ f (x0 ).
5. On dit que f admet un extrméum local en x0 si f admet un maximum local ou un
minimum local en ce point.

9
Proposition 4.1. Soit f une fonction dérivable au voisinage de x0 pas nécessairement en
x0 , alors:
f admet un extrémum local en xo ⇐⇒ f 0 (x) change de signe en x0 .
Théorème 1. (Théorème de Fermat) Si f admet un extremum au point x0 , et si elle est
dérivable en ce point, alors : f 0 (x0 ) = 0.
Remarques:
1. La réciproque est fausse, en effet si en un point x0 , f 0 (x0 ) = 0, f n’a pas nécessairement
un extrémum. C’est le cas, par exemple de la fonction: x 7−→ x3 au point x0 = 0.
2. Une fonction peut présenter un extrémum en x0 , sans être dérivable en x0 , par
exemple, la fonction: x 7−→| x | présente un minimum global en x0 = 0, car
∀x ∈ R, |x| ≥ |{z}
0 ; mais elle n’est pas dérivable en 0 (voir exemple 3).
=f (0)

Proposition 4.2. Soit f une fonction continue et xo un point critique (c-à-d f 0 (x0 ) = 0).
1. Si f 00 (x0 ) > 0, alors f admet un minimum local en x0 .
2. Si f 00 (x0 ) < 0, alors f admet un maximum local en x0 .
Exemple 7. Soit f (x) = −4x2 + 1; on a: f 0 (x) = −8x et x = 0 est un point critique de
f . f 00 (x) = −8 =⇒ f 00 (0) = −8 < 0, donc f admet un maximum local en 0.

5 Théorèmes fondamentaux :
5.1 Théorème de Rolle
Soit I = [a, b] et f une fonction continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[ et telle que
f (a) = f (b), alors, il existe au moins un point c ∈ ]a, b[ telle que :

f 0 (c) = 0.
Interprétation géométrique :

Le théorème de Rolle signifie que pour une


fonction f continue sur [a, b], dérivable sur
]a, b[ telle que : f (a) = f (b), il existe au
moins c ∈ ]a, b[ ou la tangente // (ox).

10
Exercice: Calculer la dérivée de f (x) = (x2 + 1) sin x, puis montrer que l’équation
(x2 + 1) cos x + 2x sin x = 0 admet au moins une solution dans ]0, π[.

5.2 Théorème des accroissements finis :


Soit f : [a, b] −→ R une fonction continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[, alors, il existe
au moins un point c ∈ ]a, b[ telle que :

f (b) − f (a) = (b − a) f 0 (c) .

Interprétation géométrique :
   
Soit A a, f (a) , B b, f (b) deux points du
graphe de f . La pente de la droite (AB) est
f (b) − f (a)
le nombre .
b−a
Le théorème des accroissements  finis sig-
nifie qu’il existe un point γ c, f (c) du
graphe où la tangente a pour pente f 0 (c) =
f (b) − f (a)
c’est-à-dire : La tangente est
b−a
parallèle à la droite (AB).
f (b) − f (a)
Preuve: Considérons la fonction ϕ définie par: ϕ(x) = f (x) − (x − a), on a ϕ
 b−a
ϕ(a) = f (a)
est continue sur [a, b], dérivable sur ]a, b[, de plus on a: =⇒ ϕ(a) = ϕ(b);
ϕ(b) = f (a)
d’après le théorème de Rolle (appliqué pour ϕ sur [a, b]), ∃c ∈]a, b[, tel que ϕ0 (c) = 0,
c-à-d:
f (b) − f (a)
f 0 (c) − .1 = 0 =⇒ f (b) − f (a) = f 0 (c)(b − a) C.Q.F.D.
b−a
Remarque 6. Si f (a) = f (b) =⇒ f 0 (c) = 0, donc on trouve le théorème de Rolle c-à-d
le théorème de Rolle est un cas particulier du théorème des accroissements finis (T.A.F).

Exemple 8. Montrer que : ∀ x, y ∈ R, sin (x) − sin y ≤ x − y .

x = y =⇒ 1er cas,





 ou


x, y ∈ R =⇒ x < y =⇒ 2ème cas,





 ou
x > y =⇒ 3ème cas.

11
• 1er cas: si x = y.

sin x − sin y = 0 = 0, x − y = 0 = 0 et on a : 0 ≤ 0, donc Si x = y, on a:

| sin x − sin y ≤ x − y (vérifiée).

• 2ème cas : si x < y.

On considère l’intervalle [x, y], on applique le théorème des accroissements finis pour
f (t) = (sin t sur [x, y].
f continue sur [x, y] ,
On a :
f dérivable sur ]x, y[ ,
donc ∃ c ∈ ]x, y[ tel que : f (y) − f (x) = f 0 (c) (y − x), avec: f 0 (c) = cosc.

sin y − sin x = (y − x) cos c =⇒ sin y − sin x = |(y − x) cos c|

=⇒ − (sin x − sin y) = − (x − y) cos c

=⇒ sin x − sin y = cos c(x − y)

=⇒ sin x − sin y =| cos c | . | x − y |, or | cos c |≤ 1

=⇒ sin x − sin y ≤ 1 × x − y

=⇒ sin x − sin y ≤ x − y .

• 3àme cas : si x > y.

On considère
( l’intervalle [y, x], on applique le T.A.F sur [y, x] pour f (t) = sin t.
f continue sur [y, x] ,
On a :
f dérivable sur ]y, x[ ,
donc ∃ c ∈ ]y, x[ tel que : f (x) − f (y) = f 0 (c) (x − y) = (x − y) cos c.

sin x − sin y = (x − y) cos c =⇒ sin x − sin y = (x − y) cos c

=⇒ sin x − sin y =| cos c | . | x − y |, , or | cos c |≤ 1

=⇒ sin x − sin y ≤ 1 × x − y

=⇒ sin x − sin y ≤ x − y .

Donc : ∀ x, y ∈ R : sin x − sin y ≤ x − y .

Cas particulier: Si y = 0, on retrouve l’inégalité connue:∀ x ∈ R, | sin x |≤| x |


1 1
Exercice: Montrer que : ∀x > 0, < ln (1 + x) − ln (x) <
1+x x

12
5.3 Théorème des accroissements finis généralisés
Soient f et g deux fonctions continues sur l’intervalle [a, b] et dérivables sur ]a, b[ tel que
g 0 (x) 6= 0 sur cet intervalle et g(a) 6= g(b). Alors il existe c ∈]a, b[tel que:

f (b) − f (a) f 0 (c)


= 0 .
g(b) − g(b) g (c)

On peut démontrer ce théorème en appliquant le théorème des accroissements finis sur la


fonction:ϕ(x) = g(x)[f (b) − f (a)] − f (x)[g(b) − g(a)]

0 ∞
5.4 Théorème de l’Hôpital (règle de l’Hôpital) , :
0 ∞
Soit I un intervalle de R, f et g deux fonctions définies et continues sur I, sauf peut être
en a tel que :

1. lim f (x) = lim g (x) = 0, a ∈ R{−∞, +∞}.


x→a x→a

2. f et g sont dérivables sur I − {a} et g 0 (x) 6= 0, ∀ x ∈ I − {a}.


f 0 (x)   f (x)
Si lim 0 = l l ∈ R ∪ {−∞, +∞} , alors : lim = l.
x→a g (x) x→a g (x)

Remarque 7. Le théorème reste valable si les conditions lim f (x) = lim g (x) = 0 sont
x→a x→a
remplacées par : lim f (x) = lim g (x) = ±∞.
x→a x→a

sin x x
Exemple 9. Calculer les limites suivantes : lim , lim .
x→0 x x→+∞ 1 + x

sin x cos (x)


1. lim = lim = cos (0) = 1.
x→0 x x→0 1
 0 
le théorème de l’hopital f 0 (x) = sin x = cos (x) , g 0 (x) = (x)0 = 1 .
1
√ √
x 2 x
2. lim = lim = 0,
x→+∞ 1 + x x→+∞ 1
 √ 0 1 
le théorème de l’hopital f 0 (x) = x = √ , g 0 (x) = (1 + x)0 = 1 .
2 x
Remarque 8. Pour les formes indéterminées 0 × ∞ et +∞ − ∞, on se ramène au cas
précedent en écrivant les fonctions sous la forme d’un quotient, à savoir:
1 1

f (x) g(x) f (x)
f (x).g(x) = , f (x) − g(x) =
1 1
g(x) f (x).g(x)

13
Pour les formes indéterminées: 1∞ , 00 , ∞0 : on se ramène au cas précédent en écrivant:
f (x)g (x) = exp[g(x) ln(f (x))].

Exemple 10. Soit à calculer l = lim x ln(1 + x1 ) qui présente une indétermination de
x→+∞
0
la forme 0 × ∞. On se ramène à la forme en passant au quotient:
0
−1
x2
1
1 ln(1 + x1 ) 1+ 1
l = lim x ln(1 + ) = lim = lim x = lim =1
x→+∞ x x→+∞ 1 x→+∞ −1 x→+∞ 1
x 1+
x2 x

6 Dérivées d’ordre supérieure :


6.1 Fonction dérivée d’ordre n : (Dérivée successives)
Soit f : I → R, une fonction dérivable sur I. Si la fonction f 0 : I → R est dérivable sur I,
on note : f 00 : I → R la fonction dérivée de f 0 : f 00 = (f 0 )0 .
En général : Si n ∈ N, alors : f (n) : I → R est la fonction vérifiant :

i). f (0) = f (par convention),


(p+1)
0
ii). f = f (p) , pour p = 0, 1, · · · , n − 1.

L’application f (n) est appelée fonction dérivée d’ordre n de f .

Exemple 11. Soient f (x) = sin x, g (x) = cos (x). Calculer f (n) (x) et g (n) (x) , n ∈ N.
 π
n = 0 : f (0) (x) = f (x) = sin x = sin x + 0 ,
2
0  π
n = 1 : f (1) (x) = sin x = cos (x) = sin x + 1 ,
2
00 0  π
n = 2 : f (2) (x) = sin x = cos (x) = − sin x = sin x + 2 ,
2
..
.
(n)  π
n : f (n) (x) = sin x = sin x + n (à vérifier par récurrece!!).
2

Exercice: Montrer que g (n) (x) = cos(x + n π2 ), n ∈ N.

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6.2 Formule de Leibnitz :
Soient f et g deux fonctions admettant des dérivées d’ordre n sur un intervalle I. Alors la
fonction f.g admet une dérivée d’ordre n sur I et on a :
n
(n) X
fg (x) = Cnp f (n−p) (x)g (p) (x),
p=0

avec

n!
Cnp = ,
(n − p)!p!

Exemple 12. Soit f (x) = ex cos (x). Calculer h(n) (x).


h (x) = f (x) .g (x), avec : f (x) = ex et g (x) = cos (x).

n = 1 : f 0 (x) = ex ,
0
n = 2 : f 00 (x) = ex = ex ,
..
.
n : f (n) (x) = ex .

Alors, quelque soit l’ordre de dérivée c’est toujours ex , donc:

(ex )(n−p) = ex .

(n)
 π
On sait que: g (x) = cos x + n .
2

h(n) (x) = (f.g)(n) (x)


Xn
= Cnp f (n−p) (x).g (p) (x)
p=0
n
X (p)
= Cnp (ex )(n−p) cos (x)
p=0
n
X  π
= Cnp ex cos x + p
p=0
2
n
X  π
= ex Cnp cos x + p .
p=0
2

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6.3 Fonction de classe C n
Définition 7. Soit I un intervalle de R et n ∈ N∗ . Une fonction f de I dans R est dite
de classe C n sur I, si f est n fois dérivable sur I et la dérivée d’ordre n, f (n) est
continue sur I. On dit aussi que f est n fois continuement dérivable.

L’ensemble des fonctions réelles de classe C n sur I se notera : C n (I, R).

Remarques: (Cas particuliers)

1. Si n = 0; on dit que f est continue sur I, c-à-d de f est de classe C 0 .

2. Si n = 1; f est de classe C 1 sur I si f est dérivable et f 0 continue sur I.

3. Si f est de classe C n , ∀n ∈ N, alors f est indéfiniment dérivable sur I, on dit que f


est de classe C ∞ sur I.

Exemple 13. On a:

1. sin (x) et cos (x) ∈ C ∞ (R, R).

2. ex ∈ C ∞ (R, R+ ).

Exercice:
 On1
considère la fonction suivante:
 x si x < 0
 e x

f (x) = si x ∈]0, 1[
 ln x

0, si x = 0

1. Montrer que f est dérivable sur Df , puis calcuer la dérivée f 0 sur Df .

2. Montrer que f est de classe C 1 au point 0.

Correction:Df =] − ∞, 0[∪]0, 1[∪{0} =] − ∞, 1[


• Montrons que f est dérivable sur ] − ∞, 0[

1 −1 1
On a: x 7−→ e x est dérivabe sur R∗ donc aussi sur ] − ∞, 0[, et sa dérivée f 0 (x) = ex .
x2
• Montrons que f est dérivable sur ]0, 1[.
On a: x 7−→ x est une fonction dérivable sur R, donc aussi sur ]0,1[; et x 7−→ ln x dérivable
x
sur ]0, +∞[, donc aussi sur ]0, 1[, par conséquent le rapport: x 7−→ est dérivable sur
ln x
]0, 1[; et sa dérivée:
1
1. ln x − x.
f 0 (x) = x = ln x − 1 = 1 − 1 .
ln2 x ln2 x ln x ln2 x

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• Montrons que f est dérivable à gauche de 0.
1
f (x) − f (0) ex 1
lim− = lim− = lim XeX = 0, où X = −→ −∞ quand
x7−→0 x−0 x7−→0 x − 0 X7−→−∞ x
− 0 −
x −→ 0 ; donc f est dérivable à gauche de 0 et f (0 ) = 0 .
• Montrons que f est dérivable à droite de 0.
x
f (x) − f (0) −0 1
lim+ = lim+ ln x = lim+ = 0, (puisque lim+ ln x = −∞), donc f
x7−→0 x−0 x7−→0 x−0 x7−→0 ln x x−→0
est dérivable à droite de 0 et f 0 (0+ ) = 0 .

f 0 (0+ ) = f 0 (0− ) = 0 =⇒ f est dérivable en 0 et f 0 (0) = 0 .

Conclusion: f est dérivable sur ] − ∞, 1[.


• Montrons que f est de classe C 1 en 0.
On a f est dérivable en 0, il reste à montrer que f 0 est continue en 0, pour cela on doit
montrer que f 0 est continue à droite et à gauche de 0.

• Montrons que f 0 est continue à gauche de 0.


On doit montrer que : lim− f 0 (x) = f 0 (0), avec f 0 (0) = 0 (déja calculé).
x7−→0

−1 1 1
lim− f 0 (x) = lim− 2
e x = lim −X 2 eX = 0, X = 7−→ −∞, qd x 7−→ 0−
x7−→0 x7−→0 x X7−→−∞ x
d’où f 0 est continue à gauche de 0.

• Montrons que f 0 est continue à droite de 0.


On doit montrer que : lim+ f 0 (x) = f 0 (0)
x7−→0
 
0 1 1
lim f (x) = lim+ − 2 = 0 − 0 = 0 = f 0 (0),
x7−→0+ x7−→0 ln x ln x

d’où f 0 est continue à droite de 0.

Conclusion: f 0 est continue en 0, donc elle est de classe C 1 en 0.

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