Memoire HDR
Memoire HDR
Marc-Antoine COPPO
au
devant le jury
Professeur dans l’une des plus anciennes universités américaines, Paul Thomas
Young me fait l’honneur de sa présence ; je l’en remercie vivement ainsi que pour
la collaboration fructueuse que nous avons entamée.
5
Sommaire
Introduction 9
II La sommation de Ramanujan 23
3 L’opérateur D dans l’espace des fonctions 23
3.1 Transformation de Laplace-Borel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.2 L’opérateur D et le difféomorphisme Λ . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.3 Sommation de Ramanujan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
7
7 La fonction zêta d’Arakawa-Kaneko alternée 42
7.1 Valeurs spéciales de la fonction βk . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
Références et publications 45
8
Introduction
Ce mémoire s’articule autour des trois principaux thèmes auxquels j’ai consa-
cré mes recherches au cours de ces 15 dernières années, thèmes qui sont assez
étroitement reliés entre-eux comme je m’attacherai à le montrer. Il s’agit du pro-
duit harmonique, du procédé de sommation de Ramanujan et de la fonction zêta
d’Arakawa-Kaneko qui ont fait l’objet des articles [1] à [10] de la liste de publica-
tions 1 . Ces travaux se situent au confluent de la combinatoire, de l’algèbre et de
la théorie des nombres.
9
appelle les fonctions zêta modifiées. L’étude des propriétés de ces fonctions a été
initiée dans [4], puis poursuivie par Young (cf. [Y3] et [Y4]). Dans le cas où k = 0,
F0 (s) n’est autre que ζ(s) − s−1
1
où ζ(s) est la valeur en s de la classique fonction
zêta de Riemann. Les valeurs spéciales sur les entiers positifs des fonctions zêta
modifiées Fk s’expriment à l’aide de sommes infinies qui font intervenir les nombres
de Bernoulli de deuxième espèce et les polynômes de Bell modifiés évalués sur les
nombres harmoniques (Théorème 18). Lorsque k = 0, on retrouve une formule
classique due à Hermite 2 (Corollaire 3).
Enfin, on conclut ce chapitre II en présentant dans le paragraphe 5 une élégante
expression de la somme de Ramanujan de la série des nombres hyperharmoniques
de Conway ([CG] p. 258) qui a été démontrée dans [1]. Plus précisément, on montre
que la somme de Ramanujan des nombres hyperharmoniques d’ordre q est une
combinaison Q-linéaire de {1, γ, ln(2π)} ∪ {ζ 0 (−k)}k=1
q−1
, où γ désigne la constante
d’Euler (Corollaire 5 et Exemple 22).
Le chapitre III est consacré aux valeurs spéciales de la fonction zêta d’Arakawa-
Kaneko. Ces valeurs ont d’abord été étudiées par Arakawa et Kaneko ([AK]) puis
par Ohno qui a donné une remarquable expression des valeurs spéciales de la
fonction zêta d’Arakawa-Kaneko sur les entiers positifs en terme de “multiple zeta-
star values” ([O1], Théorème 2). Cette famille de fonctions analytiques ξk de la
variable complexe s, indexée par les entiers positifs, généralise la classique fonction
zêta de Riemann au travers de la relation ξ1 (s) = sζ(s + 1).
Dans [5], la fonction zêta d’Arakawa-Kaneko a été reconsidérée d’un point de
vue plus général en s’inspirant du modèle suivant lequel la fonction zêta d’Hurwitz
englobe la fonction zêta de Riemann comme un cas particulier (Définition 24). Pour
ce faire, on introduit une seconde variable x de partie réelle positive de telle sorte
que ξk (s, x) n’est autre que ξk (s) lorsque x = 1. Sur les valeurs entières et négatives
de s, la fonction ξk (s, x) interpole les polynômes de poly-Bernoulli (Théorème 23),
tandis que ses valeurs sur les entiers positifs peuvent s’exprimer au moyen de
sommes infinies qui font intervenir les polynômes de Bell modifiés évalués sur les
nombres harmoniques généralisés (Théorème 21) ; cette expression est similaire à
celle donnée pour la fonction zêta modifiée Fk au chapitre II précédent, l’explication
de cette analogie étant contenue dans la Remarque 12.
Ces remarquables propriétés font de la fonction zêta d’Arakawa-Kaneko géné-
ralisée ξk (s, x) (ainsi que de sa variante ”alternée” ξk∗ (s, x)) un puissant outil pour
l’étude des sommes d’Euler 3 (cas où x prend la valeur 1) et des sommes binomiales
2. Cette formule apparaît pour la première fois dans une lettre de Hermite à Pincherle datée
du 10 août 1900.
3. Introduites par Euler et Goldbach au milieu du 18ème siècle, les sommes d’Euler sont aussi
appelées valeurs zêta multiples ou nombres polyzêtas.
10
inverses 4 (cas où x prend la valeur 1/2), comme l’ont montré les belles identités
obtenues dans [2] (Exemples 23, 26, et 27). Les valeurs spéciales de la fonction
βk (s) = 2−s ξk∗ (s, 12 ) qui généralise la classique fonction bêta de Dirichlet (β0 n’est
autre que la fonction β) sont des périodes au sens de Kontsevich et Zagier ([KZ]).
Les sommes harmoniques et binomiales inverses qui interviennent dans le cadre
de cette étude sont apparues pour la première fois dans la littérature scientifique en
relation avec les diagrammes de Feynman ([DK]), mettant en évidence l’existence
de profondes connexions entre certaines branches de la théorie des nombres et de
la physique quantique ([Br], [Zh]).
4. Ces sommes binomiales inverses sont des cas particuliers de séries factorielles inverses consi-
dérées par Stirling dans son Methodus Differentialis (1730).
11
Chapitre I
Le produit harmonique dans
l’espace des suites
Tous les résultats énoncés dans ce chapitre ont été démontrés dans [3]. On
renvoie à cet article pour le détail des preuves.
zn z2 z3
Φ(a)(z) = a(n + 1) = a(1) + a(2)z + a(3) + a(4) + · · ·
X
n≥0 n! 2 6
vérifie la relation
zm
Φ(δm )(z) = .
m!
b) La suite 1 := (1, 1, 1, . . . ) vérifie Φ(1)(z) = ez .
c) La suite N := (1, 2, 3, . . . ) vérifie Φ(N )(z) = (1 + z)ez .
d) La suite géométrique de raison α ∈ C : αN −1 := (1, α, α2 , α3 , . . . ) vérifie la
relation
Φ(αN −1 )(z) = eαz .
13
1 1
e) On appelle suite harmonique et on note H0 la suite (1, , , . . . ) des inverses
2 3
des entiers naturels. Elle vérifie la relation
1
Φ(H0 )(z) = (ez − 1) .
z
Définition 2. Les opérateurs sur E ∗ se transforment en opérateurs sur C[[z]]
via l’isomorphisme Φ. Plus précisément, si U désigne un opérateur sur E ∗ , il lui
correspond l’opérateur u sur C[[z]] défini par la relation
ΦU = uΦ ⇔ u = ΦU Φ−1
que l’on appellera l’image de U . On a donc le diagramme :
U
E∗ −−−→ E∗
x
Φ−1 Φ
y
u
C[[z]] −−−→ C[[z]]
L’image de l’opérateur I d’identité sur E ∗ sera notée Id.
n≥0 n! 2!
z n+1 z2 Z z
Φ(R(a))(z) = a(n + 1) = a(1)z + a(2) + · · · = Φ(a)(t) dt.
X
n≥0 (n + 1)! 2! 0
14
Remarque 1. Les opérateurs L et R ne sont pas inverses l’un de l’autre. On a la
relation LR = I, mais on notera que l’opérateur RL n’est pas l’identité :
RL
(a(1), a(2), a(3), . . . ) 7−→ (0, a(2), a(3), a(4), . . . ) .
V (a) = a(1).
j=0 j
D(a)(1) = a(1),
D(a)(2) = a(1) − a(2),
D(a)(3) = a(1) − 2a(2) + a(3), etc.
On a la relation :
Φ(D(a))(z) = ez Φ(a)(−z) ,
ce qui signifie que l’image d de l’opérateur D vérifie pour tout f ∈ C[[z]],
D(D(a)) = a
et
D(H0 ) = H0 .
15
b) Si αN −1 est la suite géométrique de raison α ∈ C, alors D(αN −1 ) = (1 − α)N −1 .
1
En particulier la suite ( )N −1 est invariante par D.
2
Définition 6. L’opérateur de sommation S : E ∗ −→ E ∗ est défini par
n
S(a) (n) =
X
a(j) .
j=1
DL(a) = (I − L)D(a),
DS(a) = (I − R)D(a),
DR(a) = (I − S)D(a) .
1
Exemple 4. On rappelle que la suite harmonique H0 est définie par H0 (n) = .
n
Pour tout entier q ≥ 0, on considère la suite Hq des nombres hyperharmoniques
d’ordre q définie par
Hq = S q (H0 ) ,
ce qui se traduit récursivement par la relation
n
Hq (n) = Hq−1 (j) pour q ≥ 1.
X
j=1
DR(H0 ) = (I − S)(H0 ) = H0 − H1 ,
16
ou, de manière équivalente,
D(H1 ) = H0 − R(H0 ) .
D’une manière plus explicite :
1
−
si n > 1
D(H1 )(n) = n(n − 1)
1
si n = 1.
2.1 L’algèbre H = (E ∗ , o
n)
Définition 7. Si a et b sont deux suites dans E ∗ , on note ab la suite définie par
(ab)(n) = a(n)b(n) .
On a en particulier : 1 a = a et δm a = a(m + 1)δm pour tout m ≥ 0. Muni de
ce produit, appelé produit de Hadamard des suites, l’espace E ∗ est une algèbre
commutative, associative et unitaire notée A. L’élément unité de A est la suite 1.
Définition 8. On définit le produit harmonique a o
n b de deux suites a et b dans
E par
∗
aon b := D(D(a)D(b)) .
Comme D = D−1 , on déduit immédiatement de la définition précédente les deux
relations fondamentales suivantes :
n b) = D(a)D(b) ,
D(a o
et
D(ab) = D(a) o
n D(b) .
Exemple 5. 1) 1 o
n a = a(1)1, car
n a) = D(1)D(a) = δ0 D(a) = D(a)(1)δ0 = a(1)δ0 = a(1)D(1).
D(1 o
2) N o
n a = a(2)1 + (a(1) − a(2))N , car
D(N )D(a) = (δ0 − δ1 )D(a)
= D(a)(1)δ0 − D(a)(2)δ1
= a(1)D(N ) + a(2)D(1 − N ).
17
3) αN −1 o
n β N −1 = (α + β − αβ)N −1 , car
n β N −1 ) = (1 − α)N −1 (1 − β)N −1
D(αN −1 o
= (1 − (α + β − αβ))N −1
= D((α + β − αβ)N −1 ) .
Théorème 3. L’espace (E ∗ , o
n) est une C-algèbre commutative, associative et uni-
taire notée H, isomorphe à l’algèbre A. L’élément unité dans H est la suite δ0 .
Corollaire 1. Une suite a est inversible dans H si et seulement si la suite D(a) est
inversible dans A (i.e. D(a)(n) 6= 0 pour tout n). Dans ce cas, l’inverse harmonique
de a est donné par la formule
1
!
a o(−1)
n
=D .
D(a)
Exemple 6. a)
(H0 )no(−1) = D(N ) = δ0 − δ1 ,
b)
N −1
α
o(−1)
N −1 n
α = .
α−1
Remarque 2. On notera que l’algèbre H contient des diviseurs de zéro. On a par
exemple
1on δ1 = 0 .
On rappelle que la suite géométrique de raison 1/2 est invariante par D. Elle
peut s’écrire
1
N −1
n δ0 .
o
2
Plus généralement, on donne la caractérisation suivante qui est une reformulation
algébrique du critère de Sun ([Su]).
Théorème 4 (Caractérisation des suites invariantes par D). Une suite a ∈ E ∗ est
invariante par D si et seulement si elle peut s’écrire sous la forme
1
N −1
a= nb
o
2
où la suite b ∈ E ∗ est telle que b(2k) = 0 pour tout k ≥ 1.
18
Exemple 7. a) La suite harmonique H0 est invariante par D. Elle peut s’écrire
1
H0 = ( )N −1 o
nb
2
1 1
avec b = H0 on (−1)N −1 = (1, 0, , 0, , . . . ).
3 5
b) La suite
1 1 1 1
a = (δ0 + 1) = (1, , , , · · · )
2 2 2 2
est invariante par D. Elle peut s’écrire
1
a = ( )N −1 o
n (1, 0, 1, 0, · · · ) .
2
(a o
n b)(n + 1) = Cni,j a(i + 1)b(j + 1)
X
0≤i≤n
0≤j≤n
(X + Y − XY )n = Cni,j X i Y j .
X
0≤i≤n
0≤j≤n
0≤j≤k≤n k j
(a o
n b)(1) = a(1)b(1),
(a o
n b)(2) = a(2)b(1) + a(1)b(2) − a(2)b(2),
(a o
n b)(3) = a(3)b(1) + a(1)b(3) + 2a(2)b(2) − 2a(3)b(2) − 2a(2)b(3) + a(3)b(3),
etc.
19
2.3 Puissances harmoniques k-ièmes
Définition 9. Pour toute suite a ∈ E ∗ , on définit pour tout entier k ≥ 0, la
puissance harmonique k-ième de a notée anok par
ano0 = δ0 et ano(k+1) = anok o
n a.
Par récurrence sur k, on en déduit immédiatement la formule suivante :
anok = D(D(a) . . . D(a)) = D (D(a))k .
| {z }
k
b)
k
(δ1 )nok = m!S2 (k, m)δm ,
X
m=0
où les S2 (k, m) sont les nombres de Stirling de deuxième espèce définis par
1 X m
!
m k
S2 (k, m) = (−1)m−j j .
m! j=0 j
c) !
k
D(N ) = (D(N ))
k ok
= (δ0 − δ1 ) ok
= (−1) j!S2 (i, j)δj .
i
X
n n
0≤j≤i≤k i
20
Exemple 10.
n H0 = H0 S(H0 ) = H0 H1 = D (H0 )2 ,
H0 o
(H0 )no3 = H0 o
n (H0 o
n H0 ) = H0 S(H0 H1 ) = D (H0 )3 .
Exemple 11. On a
1 1
na=
o S(N a)
N (N + 1) N (N + 1)
c’est à dire
1 1 n
( n a)(n) = ka(k) (n ≥ 1).
X
o
N (N + 1) n(n + 1) k=1
n a = H0 S(a) ,
H0 o
ce qui peut se traduire par D (H0 D(a)) = H0 S(a) pour toute suite a.
Plus généralement, on introduit à présent une notion de somme harmonique
de la manière suivante :
Définition 10. Soit une suite a ∈ E ∗ , on définit pour tout entier naturel k, la
somme harmonique k-ième de a notée S (k) (a) par la formule
(H0 )nok o
n a = H0 S (k) (a) .
m=1 m
Exemple 12. Dans le cas où a est la suite harmonique H0 , les nombres S (k) (a)(n)
ne sont autres que les nombres harmoniques de Rota ([Ro]).
1
S (k) (H0 )(n) =
X
.
n≥n1 ≥···≥nk ≥1 n1 . . . nk
21
Pour les petites valeurs de k, on a ainsi :
1 n
n 1 (r)
!
= (−1)m−1 S (H0 )(m).
X X
r+1
n≥n1 ≥···≥nk ≥1 n1 . . . nk−1 nk m=1 m mk
1 n
n 1
!
= (−1)m−1
X X
.
n≥n1 ≥···≥nk ≥1 n1 . . . nk m=1 m mk
b) Pour r = 1,
1 n
n 1
!
= (−1)m−1 H1 (m) .
X X
2
n≥n1 ≥···≥nk ≥1 n1 . . . nk−1 nk m=1 m mk
c) Pour r = 2,
1 n
1 X m
H1 (j)
!
m−1 n
= (−1)
X X
3
.
n≥n1 ≥···≥nk ≥1 n1 . . . nk−1 nk m=1 m mk j=1 j
d) Enfin, pour r = 3,
1 n
1 Xm
1X j
H1 (i)
!
m−1 n
= (−1)
X X
4 k
.
n≥n1 ≥···≥nk ≥1 n1 . . . nk−1 nk m=1 m m j=1 j i=1 i
22
Chapitre II
La sommation de Ramanujan
Tous les résultats énoncés dans ce chapitre ont été démontrés dans [1], [4], et
[9]. On renvoie à ces articles pour le détail des preuves.
Pour tout ε > 0, il existe Cε > 0 tel que |f (t)| ≤ Cε eεt pour tout t ∈ ]0, +∞[ .
Théorème 9. Si a est une fonction dans E, alors elle vérifie les propriétés sui-
vantes :
a) a est une fonction analytique dans le demi-plan { <(x) > 0 } ,
b) a(x) → 0 quand <(x) → +∞ ,
c) L : E → E est un isomorphisme.
1 Z c+i∞ zt
ab(t) = e a(z) dz pour c > 0 et t > 0 ,
2iπ c−i∞
et Z +∞
a(x) = e−xt ab(t) dt pour <(x) > 0 .
0
23
Définition 14. Soient f et g deux fonctions dans E. Le produit de convolution
f ∗ g de f et g est la fonction définie pour tout t > 0 par
Z t
(f ∗ g)(t) = f (u)g(t − u) du .
0
converge pour tout x vérifiant <(x) > 0. On appelle D(a) la fonction définie pour
tout x tel que <(x) > 0 par
Z +∞
D(a)(x) = e−t (1 − e−t )x−1 ab(t)dt .
0
Remarque 4.
Les valeurs de D(a) sur les entiers positifs peuvent être calculées directement sans
recourir à ab. Le développement de (1 − e−t )n par la formule du binôme conduit à
l’expression :
n
!
n
D(a)(n + 1) = (−1)j a(j + 1) pour tout entier n ≥ 0.
X
j=0 j
Λ−1 = Λ .
24
Théorème 11. Soit a une fonction dans E. Alors la fonction D(a) ∈ E et, de
plus, verifie la relation
[ = ab(Λ) ,
D(a)
où ab(Λ) désigne ab ◦ Λ.
1 ts−1
Exemple 14. Soit a(x) = avec <(s) ≥ 1. Alors b (t) =
a . Il en résulte, par
xs Γ(s)
le changement de variable t = Λ(u), que
1 Λs−1
!
D( s ) = L ,
x Γ(s)
Exemple 15. Les bn sont des nombres rationnels qui peuvent se calculer au moyen
de la relation de récurrence
n−1
(−1)k bk
b0 = 1 et =0 pour n ≥ 2.
X
k=0 n − k
5. Cette famille de nombres apparaît en effet pour la première fois dans une lettre de James
Gregory datant de 1670.
25
Une représentation intégrale des nombres bn est donnée par
Z 1
n!bn = x(x − 1)(x − 2) . . . (x − n + 1) dx pour n ≥ 1.
0
converge et
∞ Z +∞ Z +∞
1 1
e−t (1 − e−t )n−1 ab(t)dt = e−t ( − ) ab(t) dt .
X
|bn |
n=1 0 0 1−e −t t
Remarque 6. Si a ∈ E, alors la série a(n) peut s’écrire
P
n≥1
X Z +∞
a(n) = e−nt ab(t) dt ,
X
n≥1 n≥1 0
n≥1 0 1 − e−t
Cependant, cette dernière intégrale peut diverger en 0. On peut la renormaliser
en retirant la singularité en 0 et ceci peut être fait simplement en soustrayant la
partie polaire 1t de 1−e1 −t . Ceci conduit à la définition suivante :
Définition 17. Soit a une fonction dans E = L(E). La somme de Ramanujan de
la série n≥1 a(n) est définie par
P
R Z +∞
1 1 ∞
a(n) = e−t ( ) b (t)dt = |bn |D(a) (n) .
X X
− a
n≥1 0 1 − e−t t n=1
1 ts−1
Exemple 16. Soit a(x) = avec <(s) > 1. Alors, a ∈ E et b (t) =
a . Par
xs Γ(s)
conséquent
R
1 1
= ζ(s) −
X
n≥1 n
s s−1
où ζ(s) est la valeur en s de la fonction zêta de Riemann.
26
Remarque 7. a) La définition de la somme de Ramanujan donnée dans ce cha-
pitre coïncide avec celle donnée dans un cadre plus général dans [10] et [Ca] ;
elle possède donc les mêmes propriétés fondamentales. En particulier, il résulte
de la définition que l’application a 7→ Rn≥1 a(n) est linéaire.
P
R Z +∞
1 1
a(n + m) = e−t e−mt ( − ) ab(t)dt .
X
n≥1 0 1−e −t t
Cette somme ne vérifie cependant pas la propriété de décalage usuelle :
R R m
a(n + m) =
X X X
a(n) − a(j)
n≥1 n≥1 j=1
n≥1 n 2 6 n=2 n
2
k=1 n − k + 1
27
4 Le produit harmonique des fonctions
On donne à présent une construction du produit harmonique dans ce cadre
analytique au moyen du produit de convolution.
28
Corollaire 2. Soient a et b dans E, on a les identités :
R ∞
(a o
n b)(n) =
X X
|bn |D(a)(n) D(b)(n) .
n≥1 n=1
et
R ∞
(ab)(n) =
X X
|bn |(D(a) o
n D(b))(n) .
n≥1 n=1
Remarque 8. Les valeurs du produit a o n b sur les entiers positifs peuvent être
évaluées sans recourir à ab ni à bb. Par des transformations élémentaires, on peut en
effet montrer que
Z +∞ Z +∞
(a o
n b)(n + 1) = (e−t−s )(e−t + e−s − e−t e−s )n ab(t)bb(s)dtds .
0 0
(X + Y − XY )n = Cni,j X i Y j ,
X
0≤i≤n
0≤j≤n
on a l’expression explicite
(a o
n b)(n + 1) = Cni,j a(i + 1)b(j + 1) ,
X
0≤i≤n
0≤j≤n
Autrement dit, le produit harmonique dans l’espace E des fonctions étend natu-
rellement le produit harmonique défini au Chapitre I dans l’espace E ∗ des suites.
29
Remarque 9. L’opérateur S étend l’opérateur de sommation introduit au Cha-
pitre I. Pour tout entier n ≥ 1, on a en effet
n
S(a)(n) =
X
a(j) .
j=1
Exemple 18.
1 1 ψ(x + 1) + γ
n = L(Λ) =
o ,
x x x
où ψ désigne la fonction digamma (dérivée logarithmique de la fonction Γ).
m=0 (m + 1) k
j=0 j
30
En particulier, pour k = 0, on déduit la relation
1 − Bn+1 n m
!
m
= |bm+1 | (−1)j (j + 1)n
X X
n+1 m=0 j=0 j
où les Bn sont les nombres de Bernoulli ([AIK]).
Définition 21 (Polynômes de Bell modifiés). La suite des polynômes de Bell
modifiés (Pn ) est définie par la fonction génératrice
∞ ∞
zk
!
exp = Pn (x1 , · · · , xn ) z n
X X
xk
k=1 k n=0
j=1
Théorème 18 (valeurs spéciales de Fk sur les entiers positifs). Pour tout entier
m ≥ 0, on a
1 Pm (Hn(1) , Hn(2) , . . . , Hn(m) )
D m+1 (n) =
x n
d’où il résulte que
∞
|bn |
Fk (m + 1) = Pm (Hn(1) , Hn(2) , . . . , Hn(m) ) ,
X
k+1
n=1 n
31
Remarque 10. Avec les notations du Chapitre I, on a l’identité Hn(1) = H1 (n).
Dans le cas où k = 0, on obtient une reformulation de la formule d’Hermite :
Corollaire 3 (formule d’Hermite revisitée). Pour m ≥ 1,
1 ∞
|bn |
F0 (m + 1) = ζ(m + 1) − = Pm (Hn(1) , Hn(2) , . . . , Hn(m) ) ,
X
m n=1 n
Corollaire 4 (formule de dualité). Pour tout entier k ≥ 0,
∞
|bn | R
Pk (Hn(1) , Hn(2) , . . . , Hn(k) ) X R
1 1
Fk (1) = = =
X X X
k+1
.
n=1 n n≥1 n n≥1 n n≥n1 ≥···≥nk ≥1 n1 . . . nk
Exemple 19.
∞
|bn |
F0 (1) = =γ,
X
n=1 n
∞
|bn |Hn(1)
F0 (2) = = ζ(2) − 1 ,
X
n=1 n
1X ∞
|bn |(Hn(1) )2 1 X ∞
|bn |Hn(2) 1
F0 (3) = + = ζ(3) − ,
2 n=1 n 2 n=1 n 2
∞ R
|bn | X Hn(1)
F1 (1) = =
X
2
,
n=1 n n≥1 n
∞
|bn | X R
1 Xn (1)
Hm 1X R
(Hn(1) )2 1 X R
Hn(2)
F2 (1) = = = +
X
.
n=1 n
3
n≥1 n m=1 m 2 n≥1 n 2 n≥1 n
Les valeurs spéciales de la fonction F1 sur les entiers positifs admettent une
expression particulière :
Théorème 19. Pour tout entier q ≥ 2,
∞ X 1 X
Hn(1) q−1 ∞
1 ∞
ln(n + 1)
F1 (q) = γζ(q) + ζ(q + 1) − +
X X
− .
k=1 k n=1 (n + 1) n
q k q−k nq
n=1 n n=1
Exemple 20.
∞
|bn |Hn(1) π2 ∞
ln (n + 1)
F1 (2) = = 1 +
X X
γ − ζ(3) − ,
n=1 n 2 6 n=1 n2
π4 π2 X∞
ln (n + 1)
F1 (3) = γζ(3) − − + ,
360 12 n=1 n3
π4 π2 2 π2 1 X∞
ln (n + 1)
F1 (4) = γ − 2ζ(5) + ζ(3) − ζ(3) + − + .
90 6 3 18 2 n=1 n4
32
5 Somme de Ramanujan des nombres hyperhar-
moniques
5.1 Nombres hyperharmoniques
Définition 22. On rappelle que H0 désigne la suite définie par H0 (n) = n1 . Pour
tout entier q ≥ 0, on considère la suite Hq des nombres hyperharmoniques d’ordre
q ([CG], [DB]) définie par
Hq = S q (H0 )
où S est l’opérateur de sommation défini au chapitre I. Ceci se traduit par la
relation de récurrence : n
Hq (n) = Hq−1 (j) .
X
j=1
et pour q ≥ 2,
n+q−1
!
Hq (n) = (H1 (n + q − 1) − H1 (q − 1)) .
q−1
En particulier,
n
H2 (n) = H1 (j) = (n + 1)H1 (n) − n .
X
j=1
Théorème 20. Pour tout entier naturel r, les sommes σr admettent l’expression
suivante :
1 1 1
σ0 = γ , σ1 = −ζ 0 (0) − γ − = (ln(2π) − γ − 1) ,
2 2 2
33
et pour r ≥ 2,
1 r−1
σr = − S1 (r − 1, k)ζ 0 (−k) + (−1)r br γ + tr
X
(r − 1)! k=1
avec
1 r
Bk
tr = − S1 (r − 1, k − 1) 2 ,
X
(r − 1)! k=1 k
où les S1 (n, k) sont les nombres de Stirling de première espèce (sans signe) définis
comme les coefficients de la factorielle ascendante
n
(x)n := x(x + 1) . . . (x + n − 1) = S1 (n, k)xk et S1 (n, k) = 0 pour n < k.
X
k=0
34
Corollaire 5.
R q !
q
Hq (n) = (−1)r
X X
σr
n≥1 r=0 r
q " ! #
q q q
= − ln(2π) + γ br +
X
2 r=0 r 2
1
!
q
(−1) r
S1 (r − 1, k)ζ 0 (−k)
X
−
1≤k<r≤q r (r − 1)!
1
!
q Bk
(−1)r S1 (r − 1, k − 1) 2 .
X
−
2≤k≤r≤q r (r − 1)! k
Exemple 22.
R
1 3 1
H1 (n) = σ0 − σ1 = − ln(2π) + γ + ,
X
n≥1 2 2 2
R
23 23
H2 (n) = − ln(2π) + γ − ζ 0 (−1) +
X
,
n≥1 12 24
R
3 55 5 1 67
H3 (n) = − ln(2π) + γ − ζ 0 (−1) + ζ 0 (−2) +
X
,
n≥1 2 24 2 2 48
R
1901 13 3 1 1747
H4 (n) = −2 ln(2π) + γ − ζ 0 (−1) + ζ 0 (−2) − ζ 0 (−3) +
X
.
n≥1 720 3 2 6 960
r=0 r
35
Chapitre III
La fonction zêta
d’Arakawa-Kaneko
Tous les résultats énoncés dans ce chapitre ont été démontrés dans [2] et [5]. On
renvoie à ces deux articles pour le détail des preuves. On commence par introduire
la fonction zêta d’Arakawa-Kaneko généralisée ξk (s, x) puis sa variante alternée
ξk∗ (s, x). On s’intéresse tout particulièrement à leurs valeurs spéciales sur les entiers
qui sont des périodes au sens de Kontsevich et Zagier ([KZ]).
Définition 24. Pour tout entier k ≥ 1, la fonction zêta d’Arakawa-Kaneko ξk (s, x)
est définie pour <(s) > 0 et <(x) > 0 par la transformée de Mellin normalisée
1 Z +∞ −xt Lik (1 − e−t ) s−1
ξk (s, x) = e t dt
Γ(s) 0 1 − e−t
avec ∞
zn
Lik (z) =
X
k
.
n=1 n
En particulier, comme Li1 (1 − e−t ) = t, on notera que ξ1 (s, x) n’est autre que
sζ(s + 1, x) où ζ(s, x) est la fonction zêta d’Hurwitz. Dans la suite, on s’intéresse
tout particulièrement aux valeurs x = 1 et x = 1/2. Pour cela, on pose
1
ξk (s) := ξk (s, 1) et αk (s) := 2−s ξk (s, ) .
2
Pour k = 1, il existe une relation simple entre les valeurs des fonctions ζ, ξk et αk :
1
ξ1 (s) = s ζ(s + 1) et α1 (s) = 2−s sζ(s + 1, ) = (2 − 2−s )sζ(s + 1) .
2
Remarque 12 (Lien avec la fonction zêta modifiée). Pour <(s) ≥ 1, on peut
donner au moyen de l’opérateur D et du produit harmonique une définition plus
algébrique de la fonction ξk d’Arakawa-Kaneko comme suit :
∞
1 ok 1
n !
ξk (s) = (n)
X
D o
n s
n=1 x x
∞
1 1
= (n)
X
k
D
n=1 n xs
1
où désigne la fonction x 7→ x−s . En particulier, on remarque l’analogie formelle
xs
avec l’expression de la fonction Fk vue au chapitre II (cf. Théorème 16) :
∞
|bn | 1
Fk (s) = (n) .
X
k
D
n=1 n xs
37
6 Valeurs spéciales de la fonction ξk
6.1 Valeurs sur les entier positifs
Théorème 21 (valeurs aux entiers positifs). Pour tout entier m ≥ 0 et <(x) > 0,
∞
n!
ξk (m + 1, x) = Pm (h(1)
n (x), . . . , hn (x))
(m)
X
n=1 nk+1
et
∞
22n−1
αk (m + 1) = Pm (On(1) , . . . , On(m) ) ,
X
2n
n=1 n
nk+1
avec
(m)
n
1
On(m) = 2−m hn−1 (1/2) =
X
,
j=1 (2j − 1)
m
et
(m)
n
1
Hn(m) = hn−1 (1) =
X
m
.
j=1 j
En particulier,
ξk (1) = ζ(k + 1) ,
∞
Hn(1) 1 1X k
ξk (2) = = (k + 3)ζ(k + 2) ζ(j)ζ(k + 2 − j) ,
X
−
n=1 n
k+1 2 2 j=2
38
et pour tout entier m ≥ 0,
∞
1
ξ1 (m + 1) = (m + 1)ζ(m + 2) = P (Hn(1) , . . . , Hn(m) ) ,
X
n 2 m
n=1
∞
22n−1
α1 (m + 1) = (2 − 2−m−1 )(m + 1)ζ(m + 2) = Pm (On(1) , . . . , On(m) ) .
X
2n
n=1 n
n2
n=1 n3 n=1 n
3
avec Z π
u
Lk = u lnk−1 2 sin du .
0 2
Remarque 14. Avec les notations introduites par Lewin (cf. [L]), l’intégrale Lk
(1)
n’est autre que −Lsk+1 (π).
39
Exemple 23.
∞
Hn(1)
ξ1 (2) = = 2ζ(3) ,
X
2
n=1 n
∞
22n−1 On(1) 7
α1 (2) = = ζ(3) ,
X
2
n=1
2n n2
n
∞
Hn(1) 5 π4
ξ2 (2) = = ζ(4) =
X
,
n=1 n
3 4 72
∞
2
2n−1
12
π 7
α2 (1) = = ln 2 − ζ(3)
X
2 4
2n n3
n=1 n
∞
2
2n−1
On(1) π4
α2 (2) = = 7ζ(3) ln 2 − 8G(1) ,
X
−
32
n=1
2n n3
n
∞
2
2n−1
1 π2 7 π4
α3 (1) = = (ln 2) 2
ln 2 + + 4G(1)
X
− ζ(3)
2 2 96
n=1
2n n4
n
∞
On(1)
où G(1) = désigne la constante de Ramanujan ([Be] p. 257, [Si]).
X
n=1 (2n)
3
7 1 π3 X (−1)n
ζ(3) = et =
X
,
8 n≥0 (2n + 1)
3 32 n≥0 (2n + 1)3
la formule
7 π4 1X∞
22n On
G(1) = ζ(3) ln 2 − −
8 256 2 n=1 2n (2n)3
n
πX ∞
(−1)n π X ∞
1
G(1) = − √
4 n=0 (4n + 1) 3
3 3 n=0 (2n + 1)3
donnée par Ramanujan dans le chapitre IX de ses Notebooks et qui s’est avérée
erronée (cf. [Be] p. 257, [Si]).
40
6.2 Valeurs sur les entiers négatifs
Théorème 23 (valeurs aux entiers négatifs). Pour tout entier k ≥ 1 et pour
<(x) > 0, la fonction s 7→ ξk (s, x) se prolonge analytiquement dans C en une
fonction entière. Les valeurs aux entiers négatifs de la fonction d’Arakawa-Kaneko
sont données par :
où les Bn(k) (x) sont les polynômes de poly-Bernoulli définis par la fonction généra-
trice :
−xt Lik (1 − e )
−t ∞
tn
= Bn (x) .
(k)
X
e
1 − e−t n=0 n!
Remarque 16. Les polynômes Bn(k) (x) sont des polynômes de degré n en x. Pour
k = 1, on retrouve (au signe près) les polynômes de Bernoulli classiques ([J]). Les
nombres Bn(k) := Bn(k) (0) sont les nombres de poly-Bernoulli introduits par Kaneko
([AIK]). On a l’expression suivante :
n
!
n (k) n−j
Bn(k) (x) = (−1) n−j
X
Bj x .
j=0 j
m=0 (m + 1) j=0
k j
(2) 1
ξ2 (−1, x) = −B1 (x) = x − ,
4
(2) 1 1
ξ2 (−2, x) = B2 (x) = x2 − x − ,
2 36
(2) 3 1 1
ξ2 (−3, x) = −B3 (x) = x3 − x2 − x + ,
4 12 24
(3) 1
ξ3 (−1, x) = −B1 (x) = x − ,
8
(3) 1 11
ξ3 (−2, x) = B2 (x) = x2 − x − ,
4 216
(3) 3 11 1
ξ3 (−3, x) = −B3 (x) = x3 − x2 − x + .
8 72 288
41
7 La fonction zêta d’Arakawa-Kaneko alternée
Définition 25. On considère à présent la fonction zêta d’Arakawa-Kaneko alter-
née ξk∗ (s, x) définie pour <(s) > 0, <(x) > 0 et k ≥ 0 par
n=1 (2n − 1)
s
π3 ∞
2 (On(1) )2 X
n ∞
2n O(2)
= + n ,
X
8
2n n 2n n
n=1 n n=1 n
∞
2 n
(On(1) )3 ∞
2n On(1) On(2) ∞
2n O(3)
12β(4) = +3 + 2 n .
X X X
2n n 2n n 2n n
n=1 n n=1 n n=1 n
42
Les valeurs de la fonction β1 admettent une expression particulière.
Théorème 25 (Transformation d’Euler). Pour tout entier m ≥ 1,
∞ m
On(m)
β1 (m) = (−1)n−1 = (1 − 2−m−1 )mζ(m + 1) − β(j)β(m + 1 − j) .
X X
n=1 n j=1
Exemple 26.
∞
On(1) ∞
2n−1 1 π2
(−1)n−1 = =
X X
,
16
n 2n n2
n=1 n=1 n
∞ (2)
n−1 On
∞
2 n−1
On(1) 7 π
(−1) = = ζ(3) − G ,
X X
4 2
n 2n n 2
n=1 n=1 n
∞ (3)
n−1 On
∞
2n
(On(1) )2 X ∞
2n O(2) π4
(−1) = + n = − G2 ,
X X
(2n) (2n) 64
n 2n 2 2n 2
n=1 n=1 n n=1 n
avec π
u
Z
2
L̃k = u ln k−1
2 sin du .
0 2
Remarque 17. Avec les notations introduites par Lewin (cf. [L]), l’intégrale L̃k
(1) π
n’est autre que −Lsk+1 ( ).
2
Exemple 27. a) pour k = 2,
∞
2n 1 π2 35
2β2 (1) = = ln 2 + πG − ζ(3) ,
X
8 16
2n n3
n=1 n
b) pour k = 3,
∞
2n 1 π2 35
2β3 (1) = = (ln 2)2 + πG ln 2 − ζ(3) ln 2
X
16 16
2n n4
n=1 n
(1)
7π 5 4 ∞
H2n
+ + G(1) + 2π (−1)n
X
,
768 2 n=1 (2n + 1)2
43
Remarque 18. Par les mêmes méthodes que précédemment, on peut montrer que
la fonction βk se prolonge analytiquement dans tout C et que ses valeurs sur les
entiers négatifs sont les nombres rationnels donnés par la formule
n
1 m
!
m
βk (−n) = (−1)j (2j + 1)n (n = 0, 1, 2, . . . )
X X
m=0 2m+1 (m + 1) k
j=0 j
En particulier, pour k = 0,
n
1 X
m
!
j m
2β0 (−n) = En = (−1) (2j + 1)n ,
X
m=0 2 j=0
m j
On a aussi, pour k = 1,
1 1 1 1 7
β1 (0) = , β1 (−1) = , β1 (−2) = − , β1 (−3) = − , β1 (−4) = , etc.
2 4 6 2 5
44
Références
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Publications
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