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Introduction à la Robotique

Ce document décrit les notions mathématiques de base pour représenter les transformations rigides, notamment les rotations, dans l'espace à trois dimensions. Il introduit les concepts de points, solides, matrices de rotation et de passage homogène pour modéliser le mouvement et l'orientation des objets dans l'espace.

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Introduction à la Robotique

Ce document décrit les notions mathématiques de base pour représenter les transformations rigides, notamment les rotations, dans l'espace à trois dimensions. Il introduit les concepts de points, solides, matrices de rotation et de passage homogène pour modéliser le mouvement et l'orientation des objets dans l'espace.

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Université Louis Pasteur de Strasbourg

IUP Technologies Avancées des Sciences du Vivant

Introduction à la Robotique

Bernard BAYLE, année 2004–2005


Table des matières

1 Représentation des transformations rigides 1


1.1 Notations et définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.1.1 Points . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.1.2 Solides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.1.3 Transformations rigides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Rotations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2.1 Matrice de rotation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2.2 Rotation d’un point appartenant à un solide . . . . . . . . . . . 3
1.2.3 Exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.4 Rotation d’un vecteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.5 Propriétés des rotations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.6 Combinaison de rotations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.7 Représentation de l’orientation d’un solide dans l’espace . . . . 7
1.3 Transformations rigides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3.1 Matrices de passage homogènes . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3.2 Propriétés des transformations rigides . . . . . . . . . . . . . . 12

2 Description des bras manipulateurs 13


2.1 Chaı̂ne cinématique d’un bras manipulateur . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2 Paramètres de Denavit-Hartenberg modifiés . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.3 Relations géométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

3 Modélisation des bras manipulateurs 18


3.1 Configuration et situation d’un bras manipulateur . . . . . . . . . . . . 18
3.2 Modèle géométrique direct . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.2.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.2.2 Calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.2.3 Règles pratiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.2.4 Exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3.3 Modèle géométrique inverse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.3.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.3.2 Calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.3.3 Exemple : voir TD . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.4 Modèle cinématique direct . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.4.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
Table des matières ii

3.4.2 Calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.4.3 Intérêt et exemple : voir TP (si le temps le permet) . . . . . . . 23

A Modélisation d’un bras manipulateur de type SCARE 24


A.1 Robot de type SCARA : présentation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
A.2 Robot Samsung RSM-5 : modélisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
A.2.1 Géométrie du robot . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25

Bibliographie 29
Chapitre 1

Représentation des transformations


rigides

Ce chapitre contient des rappels mathématiques sur les transformations rigides et


l’orientation des corps dans l’espace [Murray 94, Renaud 86, Craig 89].

1.1 Notations et définitions


L’objet de ce paragraphe est de fournir un ensemble de définitions mathématiques
précises pour l’étude des mécanismes polyarticulés.

1.1.1 Points
Soit un repère orthonormé cartésien noté R = (O, x, y, z) selon la convention de
Gibbs. La position d’un point M est donnée par un triplet de coordonnées. On choisit
par commodité de représenter ces coordonnées par un vecteur m de R3 , sous la forme
d’une matrice colonne :  
mx
m =  my  .
mz
Le mouvement du point est la courbe paramétrée m(t) de R3 donnant sa position au
cours du temps. Le support du mouvement (la courbe non paramétrée) est la trajectoire
du point.

1.1.2 Solides
Un solide S est dit indéformable si, pour toute paire de points de ce solide de coor-
données m et n , ||m(t) − n(t)|| = ||m(0) − n(0)|| = constante au cours du temps. Par
la suite, les solides seront tous considérés comme indéformables.
Le mouvement rigide d’un solide S, considéré comme un sous-ensemble de R3 est
le mouvement de chacun de ses points.
1.2. Rotations 2

La situation d’un solide S est donnée par la position et l’orientation dans R d’un
repère lié à ce solide.

1.1.3 Transformations rigides


On appelle transformation rigide le résultat d’un mouvement rigide amenant le so-
lide d’une situation initiale à une situation finale. Une transformation rigide est repré-
sentée par une application unique qui transforme les coordonnées des points du solide
S de leur position initiale vers leur position finale.
A l’inverse, une application représentera une transformation rigide si elle conserve
à la fois les distances et l’orientation. Cela signifie notamment qu’un repère orthonormé
direct reste orthonormé direct par application d’une telle transformation.

1.2 Rotations
1.2.1 Matrice de rotation
Soit deux repères orthonormés directs R = (O, x, y, z) et R0 = (O, x0 , y 0 , z 0 )
partageant la même origine O. Soit x0 , y 0 , z 0 les coordonnées des vecteurs de la base R0
exprimés dans R :
 0   0   0 
x .x y .x z .x
0 0 0
x = x .y , y = y .y et z = z 0 .y  .
 0   0  
x0 .z y 0 .z z 0 .z

La matrice R = (x0 y 0 z 0 ) de dimension 3 × 3 est appelée matrice de rotation (ou


encore matrice de passage ou matrice de changement de base) du repère R vers le
repère R0 . Elle peut en effet être vue comme la matrice rendant compte de la rotation
d’un solide lié à un repère orthonormé, initialement en R, et déplacé en R0 par la rotation
autour de O, conformément à la figure 1.1.

z0 z

y0
O
y

x
M x0

F IG . 1.1 – Changement de base des coordonnées d’un point


1.2. Rotations 3

1.2.2 Rotation d’un point appartenant à un solide


Le repère R précédent est un repère fixe cartésien orthonormé. Soient m = (mx my mz )T
et m0 = (m0x m0y m0z )T les coordonnées d’un point M respectivement dans R et R0 .
Les coordonnées des vecteurs de la base R0 exprimées dans R étant (toujours) notées
x0 , y 0 , z 0 , les coordonnées de M dans R sont données par :

m = m0x x0 + m0y y 0 + m0z z 0

soit encore sous forme matricielle :


0
 
m x
m = x0 y 0 z 0 m0y 


m0z

c’est-à-dire :
m = Rm0 . (1.1)
Cette relation rend compte du changement de base des coordonnées d’un point. On
peut en faire une analyse en terme de rotation si l’on considère que M est un point
d’un solide S (en pointillés sur la figure 1.2) ayant effectué, autour de O, une rotation
de matrice R. Alors m0 représentent les coordonnées initiales de M dans R et m ses
coordonnées finales, toujours dans R, une fois la rotation effectuée.

z0 z

y0
O
y

x x0
M

F IG . 1.2 – Rotation d’un solide autour d’un point fixe

1.2.3 Exemple

On considère la rotation d’un point M de coordonnées initiales ( 3 0 1)T dans R,
comme cela est représenté à la figure 1.3 page suivante. On cherche à déterminer les
coordonnées du point transformé par une rotation de centre O et d’angle θ, autour de z.
Les coordonnées des vecteurs de base de R0 dans R sont :
     
cos θ − sin θ 0
x0 =  sin θ  , y 0 =  cos θ  et z 0 = 0
0 0 1
1.2. Rotations 4

y
x0
y0
θ

O z = z0 x

F IG . 1.3 – Exemple de rotation plane

si bien que la matrice de rotation de R vers R0 , notée R(z, θ), est :


 
cos θ − sin θ 0
R(z, θ) =  sin θ cos θ 0 .
0 0 1
Les coordonnées du point M dans R0 sont :
√ 
3
m0 =  0  .
1
Dans R ses coordonnées sont :
  √  √ 
cos θ − sin θ 0 3 √ 3 cos θ
m =  sin θ cos θ 0  0  =  3 sin θ  .
0 0 1 1 1
Comme évoqué précédemment, on√ peut vérifier qu’il s’agit aussi des coordonnées dans
R d’un point qui initialement en ( 3 0 1)T se trouverait déplacé en M sous l’effet de
la rotation

de R vers R0 . A titre d’exemple, pour θ = π3 (c’est le cas de la figure 1.3)
m = ( 23 32 1)T .

1.2.4 Rotation d’un vecteur


La rotation s’applique aussi bien évidemment aux vecteurs. Les coordonnées d’un
vecteur sont en effet la différence des coordonnées de deux points de R3 . On peut ainsi
appliquer la rotation à un vecteur de coordonnées v = m − n dans R :
m − n = Rm0 − Rn0 = R(m0 − n0 ),
soit, en posant v 0 = m0 − n0 :
v = Rv 0 .
1.2. Rotations 5

1.2.5 Propriétés des rotations


La matrice de rotation R, par définition, est constituée de colonnes orthonormales et
donc :
RT R = I.
Par ailleurs, on montre que :
det R = 1
et que les propriétés suivantes sont vérifiées :
1. La combinaison de deux rotations R1 et R2 est la rotation R1 R2 .
2. Il existe un unique élément neutre, qui est la matrice identité d’ordre 31 .
3. A une matrice de rotation R il existe une unique inverse R−1 = RT , par définition
de SO(3).
Par ailleurs, une rotation est une transformation rigide car :
1. ||Rm − Rn|| = ||m − n||, ∀m, n ∈ R3 ;
2. R(v × w) = Rv × Rw, ∀v, w ∈ R3 .

1.2.6 Combinaison de rotations


Soient deux rotations R1 et R2 , alors R1 R2 6= R2 R1 ; ces deux produits ont chacun
une signification, que nous allons étudier maintenant.
Deux cas se présentent pour combiner deux rotations :
– soit on effectue la seconde rotation par rapport au repère résultant de la première
rotation ;
– soit on effectue les deux rotations par rapport à un unique repère, fixe.
Soit R0 et R00 les repères résultant des deux rotations successives du repère fixe R. Dans
les deux cas évoqués précédemment, le repère R0 résulte de la rotation R1 de R autour
d’un axe lié au repère fixe R. Ensuite, les deux cas précédents donnent :
– dans le premier cas R00 résulte de la rotation de R0 autour d’un axe lié à R0 ;
– dans le second cas R00 résulte de la rotation de R0 autour d’un axe lié à R.
Nous allons maintenant examiner ces deux cas.

Premier cas Ce cas peut être analysé comme un problème de changement de base.
Soit M de coordonnées respectives m, m0 , m00 dans les repères R, R0 et R00 . Alors :

m = R1 m 0
m0 = R2 m00

et donc :
m = R1 R2 m00 .
Comme nous l’avons vu précédemment, les coordonnées m de M dans R sont aussi
les coordonnées d’un point de coordonnées m00 dans R auquel on aurait appliqué les
1
Les matrices identités, quel que soit leur ordre sont notées I.
1.2. Rotations 6

deux rotations successives. Par exemple considérons la combinaison des deux rotations
suivantes :
– une première rotation d’un angle π4 autour de z ;
– une seconde rotation d’un angle π autour de l’axe y 0 résultant de la première
rotation.
Ceci correspond à l’illustration de la figure 1.4. On considère le point de coordonnées

z z0

π
M y0
x00
O

x0

x
π
4

z 00

F IG . 1.4 – Rotations successives autour d’axes non fixes



m00 = ( 2 0 0)T dans R00 et on souhaite exprimer ses coordonnées dans R. On a donc :
 √2 √  √   
−√ 22 0

√2
−1 0 0 2 −1
m= 2 2
0  0 1 0   0  =  −1 .
2 2
0 0 1 0 0 −1 0 0

Ceci correspond à la combinaison des deux rotations suivantes :


– une première rotation d’un angle π4 autour de z ;
– une seconde rotation d’un angle π autour de l’axe y 0 .

Second cas Ce cas peut être analysé comme un problème de rotations successives d’un
point. La transformation d’un point de coordonnées initiales m00 dans R donne un point
intermédiaire, qui, transformé par la seconde rotation donne un point de coordonnées m
dans R par R2 . Ainsi :
m = R2 (R1 m00 ).
1.2. Rotations 7

Pour comparer avec le premier cas, vu précédemment, considérons la combinaison des


deux rotations suivantes :
– une première rotation d’un angle π4 autour de z ;
– une seconde rotation d’un angle π autour de l’axe y fixe.
Ceci correspond à l’illustration de la figure 1.5. On considère le point de coordonnées

z z0

M
O x00
y
x0

x
π
4

z 00

F IG . 1.5 – Rotations successives autour d’axes fixes



initiales m00 = ( 2 0 0)T dans R (et donc de coordonnées finales m00 dans R00 ). On a :
   √2 √
2
 √      
−1 0 0 √2
−√2
0 2 −1 0 0 1 −1
m= 0 1 0 2 2 0 = 0 1 0 1 = 1 .
  
2 2
0       
0 0 −1 0 0 1 0 0 0 −1 0 0

1.2.7 Représentation de l’orientation d’un solide dans l’espace


La donnée d’une base attachée à un solide S en rotation détermine de manière unique
son orientation dans l’espace. Différentes représentations peuvent être utilisées pour
cela, avec pour chacune avantages et inconvénients.
1.2. Rotations 8

Matrice de rotation et cosinus directeurs


On considère la rotation d’un repère R vers un repère R0 . La matrice de rotation R
est une matrice de dimension 3 × 3 à valeurs dans R :
 
xx yx zx
R = xy yy zy  .
xz yz zz

Les éléments de cette matrice sont appelés cosinus directeurs car ils représentent les co-
ordonnées des trois vecteurs de la base R0 exprimés dans R. Par définition, les colonnes
de R sont orthogonales entre elles et par conséquent la connaissance de deux colonnes
suffit. En robotique, on omet ainsi souvent la seconde colonne :
 
xx ∗ zx
R = xy ∗ zy  .
xz ∗ zz

Les six paramètres restant sont appelés cosinus directeurs incomplets. Par ailleurs les
colonnes de R formant une base orthonormée :
– les deux colonnes restantes sont orthogonales et donc :

xx zx + xy zy + xz zz = 0 ;

– les deux colonnes restantes sont de norme unité et donc :

x2x + x2y + x2z = 1,


zx2 + zy2 + zz2 = 1.

Il existe donc six paramètres liés entre eux par trois relations si l’on définit l’orientation
d’un solide par une matrice de rotation. Malheureusement, les relations liant les cosinus
directeurs incomplets ne permettent pas de fournir trois paramètres uniques, mais une
collection de solutions : il faut donc conserver ces six paramètres ou utiliser un autre
mode de représentation de l’orientation.

Angles d’Euler classiques


Les angles d’Euler classiques permettent de décrire l’orientation d’un solide par
trois rotations successives donnant au solide l’orientation en question. Les rotations
successives, conformément à la figure 1.6 page suivante, sont R(z, ψ), R(xψ , θ) et
enfin R(z θ , ϕ) où xψ et z θ sont déduits des vecteurs du repère de base conformément
à la figure 1.6 page suivante. Les angles ψ, θ et ϕ sont connus respectivement sous
les termes de précession, nutation et rotation propre. Chaque nouvelle rotation étant
effectuée par rapport à un repère ayant tourné :

R = R(z, ψ) R(xψ , θ) R(z θ , ϕ).


1.2. Rotations 9

z zψ
zθ zϕ

ψ yθ yϕ
yψ ϕ
y

θ
x xψ xθ xϕ

F IG . 1.6 – Rotations successives dans le paramétrage par les angles d’Euler

Sous forme développée :


   
cos ψ − sin ψ 0 1 0 0 cos ϕ − sin ϕ 0
R =  sin ψ cos ψ 0 0 cos θ − sin θ  sin ϕ cos ϕ 0
0 0 1 0 sin θ cos θ 0 0 1
soit finalement :
 
cos ψ cos ϕ − sin ψ cos θ sin ϕ − cos ψ sin ϕ − sin ψ cos θ cos ϕ sin ψ sin θ
R = sin ψ cos ϕ + cos ψ cos θ sin ϕ − sin ψ sin ϕ + cos ψ cos θ cos ϕ − cos ψ sin θ .
sin θ sin ϕ sin θ cos ϕ cos θ
La transformation inverse permet d’établir les angles d’Euler à partir des cosinus direc-
teurs2 :
• si zz 6= ±1 :

ψ = atan2(zx , −zy ),
θ = acos zz ,
ϕ = atan2(xz , yz ).
• si zz = ±1 :

θ = π(1 − zz )/2,
ψ + zz ϕ = atan2(yx , xx ),
et donc ψ et ϕ sont indéterminés.

Angles roulis, tangage et lacet


Pour cette représentation, la littérature donne de nombreuses définitions [Paul 81,
Craig 89, Khalil 99, Renaud 86]. Ces angles, très utilisés par les anglo-saxons et donc
par les industriels, portent les noms de roll, pitch et yaw en anglais. Il s’agit en fait
d’angles d’Euler non classiques en cela que les rotations s’effectuent autour d’axes fixes.
Nous adoptons la définition de [Craig 89] : les rotations successives, conformément
à la figure 1.7 page suivante, sont R(x, γ), R(y, β) puis R(z, α). Les angles γ, β, et α
sont respectivement désignés sous les noms d’angles de roulis, tangage et lacet. Chaque
2
Pour cela il faut définir la fonction atan2, qui permet d’associer l’unique angle −π < x 6 π tel que
x = atan2(sin x, cos x).
1.3. Transformations rigides 10

z
α

γ y
β
x

F IG . 1.7 – Rotations successives dans le paramétrage par les angles de roulis, tangage
et lacet

nouvelle rotation étant effectuée par rapport à un axe du repère fixe R :

R = R(z, α) R(y, β) R(x, γ).

Sous forme développée :


   
cos α − sin α 0 cos β 0 sin β 1 0 0
R =  sin α cos α 0  0 1 0  0 cos γ − sin γ  ,
0 0 1 − sin β 0 cos β 0 sin γ cos γ

soit finalement :
 
cos α cos β − sin α cos γ + cos α sin β sin γ sin α sin γ + cos α sin β cos γ
R =  sin α cos β cos α cos γ + sin α sin β sin γ − cos α sin γ + sin α sin β cos γ 
− sin β cos β sin γ cos β cos γ

La transformation inverse permet d’établir les angles de roulis, tangage et lacet à partir
des cosinus directeurs :
• si β 6= ± π2 :

α = atan2(xy , xxp ),
β = atan2(−xz , x2x + x2y ),
γ = atan2(yz , zz ).
• si β = ± π2 :

α − signe(β) γ = atan2(zy , zx ),
(ou α − signe(β) γ = −atan2(yx , yy ) équivalent . . . normalement),
et donc α et γ sont indéterminés.

1.3 Transformations rigides


1.3.1 Matrices de passage homogènes
Une transformation rigide résulte en général de la combinaison d’une translation et
d’une rotation. Elle est définie par la paire (p, R) avec p la translation de l’origine du
1.3. Transformations rigides 11

z0

z
y0
O0
p
O x0
y
M
x

F IG . 1.8 – Transformation rigide du solide S

repère lié au solide S en mouvement (voir figure 1.8). L’ensemble des transformations
rigides :
SE(3) = {(p, R)/p ∈ R3 , R ∈ SO(3)} = R3 × SO(3)
est appelé groupe spécial euclidien.
Soient m = (mx my mz )T et m0 = (m0x m0y m0z )T les coordonnées d’un point M
respectivement dans R et R0 . La transformation rigide résultant de la translation p du
repère R puis de la rotation du repère obtenu vers R0 , il en découle que :

m = p + Rm0 (1.2)

Ceci peut se mettre sous forme linéaire en introduisant les coordonnées homogènes
du point M qui sont représentées par un vecteur de dimension 4 × 1 :
   0
mx mx
m0y 
   0
 my  m 0 m
dans R0 .

m̄ =   =
  dans R et m̄ =  0  =
 
mz 1 mz 1
1 1

On peut alors exprimer la transformation rigide (1.2) par la relation matricielle :


     0
m R p m
= (1.3)
1 0 1 1

que l’on notera :


m̄ = T m̄0
en posant :  
R p
T = .
0 1
La matrice T , dite matrice de passage homogène, décrit ainsi le passage du repère R au
repère R0 et donc la transformation rigide (p, R).
1.3. Transformations rigides 12

1.3.2 Propriétés des transformations rigides


On montre les propriétés suivantes :
1. Soit deux transformations rigides représentées par leurs matrices homogènes :
   
R1 p 1 R2 p 2
T1 = , T2 = .
0 1 0 1

Alors :  
R1 R2 R1 p 2 + p 1
T1 T2 = , (1.4)
0 1
ce qui implique que la combinaison de deux transformations rigides est bien une
transformation rigide.
2. La matrice identité d’ordre 4 est la transformation rigide identité.
3. D’après le produit (1.4) l’inverse d’une transformation rigide (p, R) est représentée
par :  T 
−1 R −RT p
T = .
0 1
Il s’agit donc de la transformation rigide (−RT p, RT ).
Chapitre 2

Description des bras manipulateurs

On se propose par la suite d’établir les modèles géométriques et cinématiques des


bras manipulateurs. Pour cela on définit la forme des chaı̂nes cinématiques qui seront
étudiées et le paramétrage usuel de ces structures [Renaud 96]. .

2.1 Chaı̂ne cinématique d’un bras manipulateur


On ne considère ici que les systèmes mécaniques composés de chaı̂nes cinématiques
polyarticulées ouvertes, appelés bras manipulateurs série. La figure 2.1 montre les deux
structures les plus répandues dans l’industrie :
– les bras manipulateurs de type anthropomorphe, à six liaisons rotoı̈des, d’usage
général ;
– les bras manipulateurs de type SCARA, qui sont fréquemment utilisés dans les
cellules de production pour les opérations de palettisation.

F IG . 2.1 – Bras manipulateurs de type anthropomorphe et SCARA

On supposera par la suite les bras manipulateurs constitués de n corps mobiles,


supposés parfaitement rigides, reliés entre eux par n liaisons rotoı̈des et/ou prismatiques
formant une structure de chaı̂ne simple (voir figure 2.2 page suivante). Pour identifier la
2.2. Paramètres de Denavit-Hartenberg modifiés 14

corps corps corps corps


C1 C2 Cn−1 Cn

bâti
(corps C0 ) liaison liaison liaison liaison liaison
L1 L2 L3 Ln−1 Ln

F IG . 2.2 – Chaı̂ne cinématique d’un bras manipulateur série

nature de la i-ème liaison du bras manipulateur, on définit le paramètre :


(
0, pour une liaison rotoı̈de,
σi =
1, pour une liaison prismatique.

On désigne fréquemment les bras manipulateurs en acollant les lettres R (pour rotoı̈de)
et P (pour prismatique) pour décrire la succession des liaisons. Par exemple un bras
manipulateur de type anthropomorphe sera désigné par le sigle 6R alors qu’un bras ma-
nipulateur de type SCARA sera de type RRP ou RRP R (il existe plusieurs variantes).

2.2 Paramètres de Denavit-Hartenberg modifiés


La technique la plus répandue pour décrire la géométrie d’un bras manipulateur1
consiste à utiliser les paramètres de Denavit-Hartenberg modifiés [Khalil 86]. On as-
socie au i-ème corps le repère Ri = (Oi , xi , y i , z i ), avec i = 0, 1, . . . , n. Pour
placer les repères R1 à Rn−1 selon la règle des paramètres de Denavit-Hartenberg mo-
difiés, il convient de suivre les règles suivantes (voir figure 2.3 page suivante), pour
i = 2, 3, . . . , n :
– Oi−1 est le pied de la perpendiculaire commune aux axes des liaisons Li−1 et Li ,
situé sur Li−1 . Si les axes des liaisons sont parallèles, il faut choisir arbitrairement
une perpendiculaire commune ;
– xi−1 est le vecteur unitaire de cette perpendiculaire commune, orienté de Li−1
vers Li . Si les axes des deux liaisons sont concourants ou confondus, l’orientation
est arbitraire (règle avant, droite, haut) ;
– z i−1 est un vecteur unitaire de l’axe de la liaison Li−1 , librement orienté. On
privilégie généralement les débattements positifs pour les liaisons prismatiques et
on symétrise généralement par rapport à 0 le débattement des liaisons rotoı̈des ;
– y i−1 est tel que le repère Ri−1 soit orthonormé direct.
Ensuite, le repère R0 est défini librement en suivant des considérations de simplicité.
De même, le point On est choisi de façon à annuler un maximum de paramètres. Un
point On+1 est associé à l’OT du bras manipulateur, selon des critères opérationnels :
typiquement, si le bras manipulateur est équipé d’une pince, le point On+1 représentera
1
A la fois celle à laquelle on attribue la plus grande généralité [Gorla 01] et la plus intuitive en pratique.
2.2. Paramètres de Denavit-Hartenberg modifiés 15

αi−1 zi

xi
Oi
zi z i−1

ri

Oi−1 xi−1 zi

ai−1 xi
Ωi−1
θi
xi−1

axe liaison
axe liaison
Li−1
Li

F IG . 2.3 – Paramètres de Denavit-Hartenberg modifiés

le centre de ses mors. On choisit alors enfin Rn de sorte que le point On+1 se situe dans
le plan Ri = (On , xn , z n ), conformément à la figure 2.4.

rn+1
zn
On+1
z

On
xn
O
y an

F IG . 2.4 – Placements respectifs des repères Rn et du point On+1

Les repères étant choisis, la situation du repère d’un corps respectivement à celle du
repère du corps suivant peut être définie conformément à la figure 2.3. Les paramètres
αi−1 , ai−1 , θi et ri , avec i = 1, 2, . . . , n, placés sur cette figure sont appelés paramètres
de Denavit-Hartenberg modifiés. Textuellement, on peut les définir comme suit :
– αi−1 : angle algébrique entre z i−1 et z i , mesuré autour de xi−1 ;
– ai−1 : distance arithmétique de la perpendiculaire commune aux axes des liaisons
Li−1 et Li mesurée le long de xi−1 ;
2.2. Paramètres de Denavit-Hartenberg modifiés 16

– θi : angle algébrique entre xi−1 et xi , mesuré autour de z i ;


– ri : distance algébrique du point Oi à la perpendiculaire, mesurée le long de z i .
Les paramètres de Denavit-Hartenberg modifiés permettent de déterminer de manière
unique la configuration des corps et donc la géométrie du bras manipulateur. Lorsque
l’on modélise une bras manipulateur, il est souhaitable de représenter celui-ci dans une
configuration particulière, pour visualiser plus facilement les paramètres et annuler cer-
tains paramètres constants. On obtient alors les paramètres constants αi−1 , ai−1 , θi et
ri et la configuration des liaisons décrite par les paramètres θi et ri variables. A la fi-
gure 2.5, on a explicité un exemple de paramétrage dans le cas d’un bras manipulateur
de type 6R.

a2 r4 r7

z0 , z1 x3 x4 , x 5 , x 6

z4 , z6 Organe terminal
x0 , x 1 , x 2
O7
O0 , O 1 , O 2 O3 O4 , O 5 , O 6
z2 z3 z5

articulation i 1 2 3 4 5 6

σi 0 0 0 0 0 0
π π π π
αi−1 0 0 −
2 2 2 2
ai−1 0 0 a2 0 0 0
θi q1 q2 q3 q4 q5 q6
ri 0 0 0 r4 0 0

F IG . 2.5 – Repérage et paramétrage d’un bras manipulateur de type 6R selon la méthode


des paramètres de Denavit-Hartenberg modifiés
2.3. Relations géométriques 17

2.3 Relations géométriques


Conformément au paramétrage de Denavit Hartenberg modifié, la matrice de rota-
tion entre les corps Ci−1 et Ci est donc :
    
1 0 0 0 1 0 0 ai−1 cos θi − sin θi 0 0 1 0 0 0
0 cos αi−1 − sin αi−1 0 0 1 0 0   sin θi cos θi 0 0 0
  1 0 0
Ti−1, i = 
0 sin αi−1 cos αi−1 0 0 0 1 0   0
 
0 1 0 0 0 1 ri 
0 0 0 1 0 0 0 1 0 0 0 1 0 0 0 1
| {z }| {z }| {z }| {z }
R(xi−1 , αi−1 ) translation de ai−1 xi−1 R(z i , θi ) translation de ri z i

soit :
 
cos θi − sin θi 0 ai−1
cos αi−1 sin θi cos αi−1 cos θi − sin αi−1 −ri sin αi−1 
Ti−1, i =
 sin αi−1 sin θi sin αi−1 cos θi cos αi−1
 (2.1)
ri cos αi−1 
0 0 0 1

qui prend la forme :  


Ri−1, i pi−1, i
Ti−1, i =
0 1
où Ri−1, i représente la rotation entre les repères Ri−1 et Ri et pi−1, i la translation entre
ces mêmes repères.
Chapitre 3

Modélisation des bras manipulateurs

3.1 Configuration et situation d’un bras manipulateur


De manière classique, la configuration d’un système mécanique est connue quand la
position de tous ses points dans R0 est connue [Neimark 72]. Pour un bras manipulateur,
elle est définie par un vecteur q de n coordonnées indépendantes appelées coordonnées
généralisées. La configuration est alors naturellement définie sur un espace N dont la
dimension n est appelée indice de mobilité. N est appelé espace des configurations. Les
coordonnées généralisées correspondent aux grandeurs caractéristiques des différentes
articulations : angles de rotation pour les liaisons rotoı̈des, translations pour les liaisons
prismatiques. On note q = (q1 q2 . . . qn )T .
La situation x de l’OT du bras manipulateur est alors définie par m coordonnées
indépendantes dites coordonnées opérationnelles, qui donnent la position et l’orienta-
tion de l’OT dans R0 . On définira généralement la situation en fonction de la tâche à
accomplir : par exemple on pourra ne considérer que la position de l’OT et non plus son
orientation. Dans tous les cas, la situation de l’OT est définie sur un espace M, de dimen-
sion m 6 6, appelé espace opérationnel [Khatib 86]. On note x = (x1 x2 . . . xm )T .
Le choix le plus commun pour les paramètres de position est celui des coordonnées
cartésiennes. L’expression de l’orientation de l’OT dépend du choix des paramètres an-
gulaires (voir section 1.2.7).

3.2 Modèle géométrique direct


3.2.1 Définition
Le modèle géométrique direct (MGD) d’un bras manipulateur exprime la situation
de son OT en fonction de sa configuration1 :

f : N −→ M
(3.1)
q 7−→ x = f (q).
1
Autrement dit ses coordonnées opérationnelles en fonction de ses coordonnées généralisées.
3.2. Modèle géométrique direct 19

3.2.2 Calcul
Le calcul du MGD consiste donc à exprimer la position du point On+1 et l’orientation
du repère Rn lié à l’OT, en fonction de sa configuration. Il faut pour cela multiplier les
matrices de passage homogènes successives reliant le repère R0 lié au bâti au repère Rn
lié à l’OT :
T0,n (q) = T0,1 (q1 ) T1,2 (q2 ) . . . Tn−1,n (qn ). (3.2)
La matrice :  
R0,n p0,n
T0,n =
0 1
permet donc de connaı̂tre l’orientation de l’OT dans le repère de base et la position
p0,n = (px py pz )T du point On . Comme précédemment, on note :
 
xx yx zx
R0,n = xy yy zy 
xz yz zz

et l’on rappelle qu’il suffit de connaı̂tre les première et troisième colonne de cette
matrice pour définir de manière unique l’orientation du repère terminal. La position
(x1 x2 x3 )T du point On+1 se déduit alors facilement, compte tenu des coordonnées
(an 0 rn+1 )T de On+1 dans Rn :

x1 = px + an xx + rn+1 zx ,
x2 = py + an xy + rn+1 zy , (3.3)
x3 = pz + an xz + rn+1 zz .

3.2.3 Règles pratiques


Les règles précédentes permettent de programmer aisément le calcul numérique
du MGD. Le calcul analytique permet de diminuer de manière conséquente le nombre
d’opérations. Pour cela la connaissance de certaines règles et propriétés permet de sim-
plifier le calcul :
– les notations étant généralement lourdes, on adopte un certain nombre de conven-
tions. On note, pour i, j, . . . compris entre 1 et n :

Si = sin qi
Ci = cos qi
Si+j = sin (qi + qj )
Ci+j = cos (qi + qj )
...

Par ailleurs à chaque nouvelle opération effectuée on définit une variable in-
termédiaire qui permet de n’effectuer qu’une fois un produit ou une addition sur-
venant à de nombreuses reprises ;
3.2. Modèle géométrique direct 20

– si l’on mène le calcul en effectuant le produit (3.2) à rebours (de droite à gauche)
on peut s’abstenir de calculer la seconde colonne des différentes matrices. En
effet, si l’on considère le produit de deux matrices de passage homogènes A et B,
avec B possédant une seconde colonne indéterminée donne :
    
a11 a12 a13 0 b11 ∗ b13 0 a11 b11 + a12 b21 + a13 b31 ∗ a11 b13 + a12 b23 + a13 b33 0
a21 a22 a23
 0 b21
  ∗ b23 0=
a21 b11 + a22 b21 + a23 b31
 ∗ a21 b13 + a22 b23 + a23 b33 0.
a31 a32 a33 0 b31 ∗ b33 0 a31 b11 + a32 b21 + a33 b31 ∗ a31 b13 + a32 b23 + a33 b33 0
0 0 0 1 0 0 0 1 0 0 0 1

– si deux transformations se composent aisément on effectue tout d’abord leur pro-


duit : c’est le cas en particulier de la transformation due à deux rotations succes-
sives d’axes parallèles. Par exemple si l’on considère deux rotations pures succes-
sives de −q1 et −q2 autour d’un même axe y 1 = y 2 :
    
C1 0 −S1 0 C2 0 −S2 0 C1+2 0 −S1+2 0
0 1 0 0  0
  1 0 0  0
  1 0 0

 S1 = 
0 C1 0  S2 0 C2 0  S1+2 0 C1+2 0
0 0 0 1 0 0 0 1 0 0 0 1

3.2.4 Exemple
On traite ici le cas du bras manipulateur de type 6R dont le paramétrage a été établi
précédemment à la figure 2.5 page 16. On calcule tout d’abord les matrices de passage
homogènes successives. D’après ( 2.1 page 17), on obtient :
   
C1 −S1 0 0 C2 −S2 0 0
 S1 C1 0 0 0 0 −1 0
T0, 1 =  0
 T1, 2 =  
0 1 0   S2 C2 0 0
0 0 0 1 0 0 0 1
   
C3 −S3 0 a2 C4 −S4 0 0
 S3 C3 0 0 0 0 −1 −r4 
T2, 3 = 
0
 T3, 4 =  
0 1 0  S4 C4 0 0 
0 0 0 1 0 0 0 1
   
C5 −S5 0 0 C6 −S6 0 0
 0 0 1 0 0 0 −1 0
T4, 5 = 
−S5 −C5
 T5, 6 =  
0 0  S6 C6 0 0
0 0 0 1 0 0 0 1
3.2. Modèle géométrique direct 21

La multiplication des matrices, selon les règles précédemment énoncées fait apparaı̂tre
les variables auxiliaires suivantes :
D1 = a2 C2
D2 = a2 S 2
D3 = C5 C6
D4 = −S5 C6
D5 = C4 D3 − S4 S6
D6 = C4 S5
D7 = S4 D3 + C4 S6
D8 = S 4 S5
D9 = C2+3 D5 + S2+3 D4
D10 = C2+3 D6 + S2+3 C5
D11 = r4 S2+3 + D1
px = C1 D11
py = S1 D11
pz = −r4 C2+3 + D2
xx = C1 D9 + S1 D7
xy = S1 D9 − C1 D7
xz = S2+3 D5 − C2+3 D4
zx = C1 D10 + S1 D8
zy = S1 D10 − C1 D8
zz = S2+3 D6 − C2+3 C5
yx = zy xz − zz xy
yz = zx xy − zy xx
x1 = px + r7 zx
x2 = py + r7 zy
x3 = pz + r7 zz

La situation est alors donnée par :


– position dans R0 :
x1 = px + r7 zx
x2 = py + r7 zy
x3 = pz + r7 zz
– orientation dans R0 , avec les cosinus directeurs incomplets :

x4 = xx
x5 = xy
x6 = xz
x7 = zx
x8 = zy
x9 = zz

– orientation dans R0 , avec les angles d’Euler :


3.3. Modèle géométrique inverse 22

• si zz 6= ±1 :

x4 = ψ = atan2(xz , −yz )
x5 = θ = acos zz
x6 = ϕ = atan2(xz , zy )
• si zz = 1 :

x5 = π(1 − zz )/2
x6 + zz x6 = atan2(yx , xx )

3.3 Modèle géométrique inverse


3.3.1 Définition
Le modèle géométrique inverse (MGI) d’un bras manipulateur permet d’obtenir la
ou les configurations correspondant à une situation de l’OT donnée. Un MGI est donc tel
que :
f −1 : M −→ N
(3.4)
x 7−→ q = f −1 (x).
La résolubilité du MGI, c’est-à-dire l’existence d’un nombre fini de solutions est
fondamentale en matière de conception. Supposons que la situation x d’un bras ma-
nipulateur à n liaisons soit exprimée par un nombre m minimal de paramètres (voir
section 1.2.7). Supposons par ailleurs que x soit une situation accessible par le bras ma-
nipulateur, c’est-à-dire que la situation appartient à l’ espace de travail 2 . Alors (dans la
majorité des cas) :
– si n < m, il n’existe pas de solution au MGI ;
– si n = m, il existe un nombre fini de solutions en dehors de certaines configura-
tions, appelées configurations singulières ;
– si n > m, il existe une infinité de solutions.
On sait que dans les cas où n < 6 les bras manipulateurs sont tous solubles, c’est-à-dire
qu’il existe une solution connue au MGI. C’est aussi le cas de la plupart des structures à
six liaisons, notamment celles possédant un poignet sphérique (trois dernières liaisons
rotoı̈des concourantes). Enfin, seul le calcul du MGI permet de connaı̂tre le nombre de
solutions.

3.3.2 Calcul
Il n’existe pas de méthode analytique systématique pour calculer le MGI. Le mieux
est de reprendre les équations du MGD, préalablement calculé et de mener le calcul à
l’envers. Le calcul se fait alors au cas par cas. Il est généralement aisé pour un bras
manipulateur à moins de six axes, comme les bras manipulateur de type SCARA. Dans
2
Il n’est pas toujours facile de savoir si c’est le cas.
3.4. Modèle cinématique direct 23

le cas où n = 6, l’existence d’un poignet sphérique permet de débuter la résolution par
l’inversion du système 3.3, soit :

px = x1 − an xx − rn+1 zx ,
py = x2 − an xy − rn+1 zy ,
pz = x3 − an xz − rn+1 zz .

On résout ensuite le système d’équations non-linéaires que constitue le MGD, pour ex-
primer les qi , pour i = 1, 2, . . . , n en fonction de px , py , pz et des cosinus directeurs.

3.3.3 Exemple : voir TD

3.4 Modèle cinématique direct


3.4.1 Définition
Le modèle cinématique direct (MCD) du bras manipulateur donne la relation entre
les vitesses opérationnelles ẋ et les vitesses généralisées q̇ du bras manipulateur :

ẋ = J q̇, (3.5)

où J = J(q) est la matrice jacobienne de la fonction f , de dimension m × n :

J : Tq N −→ Tx M
∂f
q̇ 7−→ ẋ = J q̇, où J = .
∂q
La matrice jacobienne représente l’application linéaire df entre les espaces Tq N et
Tx M, respectivement tangents à N en q et à M en x = f (q).
On peut alternativement définir le modèle différentiel direct (MDD) qui donne l’ac-
croissement infinitésimal dx de la situation en fonction d’un accroissement dq de la
configuration :
dx = Jdq.

3.4.2 Calcul
Le calcul du MCD, dans le cadre générique, ne sera pas vu dans ce cours. On remar-
quera simplement que pour des structures simples le MCD peut être obtenu par simple
dérivation du MGD. Ceci n’est évidemment plus valable pour des structures possédant
plus de quatre liaisons.

3.4.3 Intérêt et exemple : voir TP (si le temps le permet)


Annexe A

Modélisation d’un bras manipulateur


de type SCARE

A.1 Robot de type SCARA : présentation


On désigne communément sous l’appellation de robots de type SCARA des robots
à quatre axes dont la chaı̂ne cinématique est RRP R. La figure A.1 représente deux
modèles industriels de robots de type SCARA. Le second de ces robots, le Samsung
RSM-5, sera l’objet de notre étude.

(a) Robot EPSON EL-653M (b) Robot Samsung RSM-5


F IG . A.1 – Exemples de robots de type SCARA

A cause de leur cinématique, ces robots sont bien adaptés à tous les travaux de ma-
nipulation de palettes, de boı̂tes ou de cartouches, ou plus généralement d’objets devant
être saisis et déplacés soit parallèlement, soit perpendiculairement à l’horizontale. On
les rencontre notamment sur des chaı̂nes de production (voir figure A.2).
A.2. Robot Samsung RSM-5 : modélisation 25

A.2 Robot Samsung RSM-5 : modélisation


Les caractéristiques principales du robot Samsung RSM-5 sont données à la figure
A.3. Le schéma A.3(a) permet notamment de comprendre la cinématique de ce robot.
1. On rappelle que le robot est de type RRP R, les deux dernières articulations
concernant la montée–descente et la rotation de l’organe terminal autour de son
axe. Dessiner le schéma cinématique de ce robot.

A.2.1 Géométrie du robot


Espace de travail
On s’intéresse tout d’abord à l’espace de travail du robot. En l’absence d’obstacles
particuliers, le premier axe vertical, les butées articulaires du robot et bien évidemment
la longueur des différents axes constituent les seules limitations de l’espace de travail
du robot.
1. Relever les valeurs des butées articulaires du robot.
2. Le robot étant symétrique, ses butées ont été placées en respectant cette symétrie.
Représenter en vue de dessus (et en grand) les positions limites du robot, lorsque
celui-ci est en butée sur les articulations 1 et 2. Il est conseillé de respecter une
échelle cohérente.
3. Sur cette même figure, dessiner l’enveloppe de l’espace de travail, dans un plan
horizontal donné (les articulations 3 et 4 ne sont pas actionnées). Cela se fera
aisément à l’aide d’un compas et d’un rapporteur (à défaut, essayer d’être réaliste).
4. Donner les points particuliers de cette enveloppe.
5. Quelle est la dimension de l’espace opérationnel du robot ? Toutes les articulations
influent-elles de manière identique sur la position de l’organe terminal ? D’après
ces remarques, représenter sur un schéma en perspective l’allure du volume de
travail du robot, pour une orientation quelconque de son organe terminal.
6. Pour éviter la collision de l’organe terminal avec le premier corps vertical, l’or-
gane terminal ne peut s’approcher à moins de 155 mm cet de l’axe de ce corps.
Vérifier que cette condition est remplie. On se remémorera pour cela l’antique
théorème d’Al Kashi.

On souhaite maintenant établir le modèle géométrique direct du robot.

Paramétrage
1. Quelle précaution concernant la configuration du robot est préconisée dans le
cours pour placer les repères selon la convention de Denavit-Hartenberg ? Si nécessaire
refaire un schéma cinématique du robot dans une configuration adaptée.
A.2. Robot Samsung RSM-5 : modélisation 26

2. Placer les repères R0 à R5 sur le schéma, en respectant les conventions de pa-


ramétrage vues en cours (paramètres de Denavit-Hartenberg modifiés).
3. Rassembler dans un tableau les paramètres de Denavit-Hartenberg modifiés :
ai−1 , αi−1 , ri , θi , dont on rappellera brièvement la définition. On ajoutera à ce
tableau une ligne donnant la valeur des paramètres de configuration, notés qi , dans
la configuration du schéma cinématique.
4. Relever les valeurs numériques de ces paramètres. On continuera néanmoins les
calculs en conservant les notations symboliques. Les valeurs numériques seront
utilisés à des fins de vérification.

Modèle géométrique direct


1. Rappeler la définition du modèle géométrique direct. On notera q la configuration
du robot et x sa situation. Quelle sont les dimensions respectives de q et x ? Quel
est le degré de liberté de l’organe terminal du robot ?
2. Rappeler la formulation générale de la matrice de passage Ti−1, i d’un repère Ri−1
à un repère Ri , dans le cas où l’on respecte la convention des paramètres de
Denavit-Hartenberg modifiés.
3. Calculer les matrices de passage successives du robot Ti−1, i , pour i = 0, 1, . . . , 5.
On notera Ci = cos qi , Si = sin qi , Ci+j = cos qi+j et Si+j = sin qi+j , . . .
4. Multiplier les matrices de passage entre elles (dans le bon ordre) pour obtenir
le modèle géométrique direct du robot. On prendra là encore soin de respecter
les recommandations du cours concernant la méthode de calcul. En particulier,
on introduira des variables intermédiaires notées D1 , D2 , . . ., à chaque nouvelle
addition ou multiplication entre variables déjà définies.
5. Vérifier le modèle obtenu dans au moins deux configurations : la configuration du
schéma cinématique et une configuration plus quelconque, par exemple corres-
pondant à un des points particuliers relevés sur l’enveloppe de l’espace de travail.
6. Donner l’orientation de l’organe terminal exprimée par les angles d’Euler. Est-ce
la représentation de l’orientation de l’organe terminal adaptée au robot étudié ?
Proposer une alternative.

Modèle géométrique inverse


1. Rappeler la définition du modèle géométrique inverse. D’après la première ques-
tion de la section A.2.1, que peut-on dire sur le nombre de solutions admises par
ce modèle ?
2. Calculer le modèle géométrique inverse du robot.

Modèle cinématique direct


1. Rappeler la définition du modèle cinématique direct du robot et de sa matrice
jacobienne, notée J(q).
A.2. Robot Samsung RSM-5 : modélisation 27

2. Si l’on représente l’orientation de l’organe terminal du robot par l’angle de lacet


α = x4 , on a :      
ẋ1 vx q̇1
ẋ2   vy  q̇2 
  =   = J(q)   .
ẋ3   vz  q̇3 
ẋ4 ωz q̇4
Calculer la matrice jacobienne J(q) en dérivant les équations du modèle géomé-
trique direct.
3. Le rang de la matrice jacobienne, c’est-à-dire le nombre maximum de lignes ou
de colonnes indépendantes, donne le degré de liberté de l’organe terminal. En
effet, celui-ci correspond à la valeur maximale du rang de J(q), lorsque q balaie
l’espace des configurations. Pour le robot étudié, J(q) est de dimension 4 × 4 et
de rang maximum égal à 4. On en déduit que le rang de J(q) n’est plus maximal
lorsque son déterminant s’annule.
Calculer l’expression du déterminant de J(q). Pour quelles configurations ce dé-
terminant s’annule-t-il (on appelle ces valeurs les configurations singulières du
robot) ? Commenter.
F IG . A.2 – Exemples d’utilisation du robot Samsung RSM-5

(a) Schéma et dimensions (b) Spécifications constructeur


F IG . A.3 – Caractéristiques du robot Samsung RSM-5
Bibliographie

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Wesley, 1989.
[Gorla 01] B. Gorla et M. Renaud. Modelling of robot manipulators. Control and
applications. Communication personnelle, 2001.
[Khalil 86] W. Khalil et J. Kleinfinger. A New Geometric Notation for Open and
Closed Loop Robots. ICRA’86, pages 75–79, avril 1986.
[Khalil 99] W. Khalil et E. Dombre. Modélisation, identification et commande des
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[Renaud 96] M. Renaud. Calcul analytique itératif des modèles d’un robot manipula-
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