Manuel de vente des fruits et légumes
Manuel de vente des fruits et légumes
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DES SERVICES
AGRICOLES
la préparation et DE LA FAO
Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes – Du champ au marché
Le secteur de la production de fruits et légumes de l'Amérique latine, des Caraïbes,
et des légumes
de l'Asie et de l'Europe de l'Est, fait face à une nouvelle situation où, d'une part,
les chaînes de supermarchés représentent un pourcentage croissant du marché de détail
Du champ au marché
national et où, dʼautre part, les producteurs de fruits et légumes non traditionnels et
hors saison sont en concurrence sur le marché mondial, de plus en plus exigeant.
Les producteurs qui ont les fonds nécessaires, les capacités de gestion et
les qualifications technologiques adéquates relèvent dʼores et déjà les nouveaux
défis, tandis que les petits fermiers se retrouvent de plus en plus marginalisés. Ces
derniers se heurteront à des conditions de marché inégales, à moins quʼils ne changent
leurs pratiques et satisfassent aux besoins d'un réseau de commercialisation
alimentaire moderne. Indépendamment du système de production, le défi technologique
vise à augmenter les revenus grâce à l'utilisation raisonnable des ressources disponibles,
en réduisant les coûts de production et les pertes après récolte, en augmentant
la compétitivité et la valeur ajoutée du produit fini. Cʼest sur la base de ces principes que
ce manuel analyse les techniques capables de réduire les pertes après récolte et
dʼassurer la qualité et la sécurité du produit, de la moisson à la consommation.
Le nouveau concept de la qualité implique de fournir à la fois un produit compétitif et
un produit qui réponde aux attentes des revendeurs et des consommateurs.
ISBN 978-92-5-204991-3
ISBN 978-92-5-204991-3 ISSN1020-4326
ISSN 1020-4326
9 9 77889922 55 2
2 0
0 44 99 991133
TC/M/Y4893F/1/11.07/1000
TC/M/Y4893F/1/11.07/1000
FAO
Manuel pour BULLETIN
DES SERVICES
AGRICOLES
la préparation et DE LA FAO
par
Andrés F. López Camelo, Ph.D.
Instituto Nacional de Tecnología Agropecuaria
Estación Experimental Agropecuaria Balcarce
Balcarce, Argentine
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Préface i
Préface
La production de fruits et légumes dans les pays en voie de développement s’est considérablement
accrue ces dernières années. Cependant, l’optimisation de leur utilisation dépend non seulement
de l’accroissement de la production mais aussi de l’amélioration, en parallèle, des infrastructures
nécessaires et des opérations après récolte pour chaque produit avant qu’il n’atteigne le consom-
mateur final.
Les techniques permettant d’accroître la valeur du produit et les aspects socio-économiques,
tels que la génération d’emploi, la qualité du produit final et sa salubrité sont des éléments cru-
ciaux pour l’augmentation de l’efficience de la filière fruits et légumes.
Depuis que le négoce des fruits et légumes a atteint des niveaux records aussi bien dans les
pays développés que dans les pays en voie de développement pour des raisons d’ordre socio-
économique, nutritionnel, culturel, il est nécessaire d’utiliser des techniques alternatives afin de
faciliter et de stimuler le développement de ces activités. Le présent manuel sur la préparation et
la vente des fruits et légumes met en évidence et explique clairement les différents éléments qui
doivent être pris en compte pour entreprendre une activité commerciale dans ce secteur.
Le manuel contient des éléments de base et utiles fondés sur des exemples pratiques portant
sur la récolte, la manutention et la commercialisation de produits frais, incluant les aspects de
qualité et de salubrité. L’annexe présente des rappels sur la réglementation à appliquer, fondée sur
le Codex Alimentarius, afin d’assurer la qualité et la salubrité des produits. En complément, un
glossaire est fourni permettant l’identification d’un grand nombre de fruits et légumes ayant un
gros potentiel commercial.
Même si le présent manuel se fonde sur une approche spécifique à l’Amérique latine et aux
Caraïbes, il pourra servir de guide pour les autres régions ou pays où cette expérience peut être
répétée.
Remerciements iii
Remerciements
Je tiens à remercier la FAO de m’avoir donné l’opportunité de partager le résultat de mes trente
années d’expérience professionnelle, de recherche et d’enseignement sur le vaste, difficile et chan-
geant sujet qu’est la commercialisation des fruits et légumes. Je voudrais tout particulièrement
remercier Danilo J. Mejia, fonctionnaire du Service des technologies d’ingénierie agricole et ali-
mentaire de la FAO non seulement pour m’avoir proposé cette tâche mais encore pour son aide
bénéfique et ses suggestions qui m’ont aidé à améliorer et enrichir ce travail. Des remerciements
particuliers vont aussi à Edward Seidler, fonctionnaire principal (commercialisation) du Service
de la gestion, de la commercialisation et des finances agricoles de la FAO, qui a édité la version
anglaise de ce manuel, originellement préparé en espagnol. Je remercie également François
Mazaud, fonctionnaire principal du Service des technologies d’ingénierie agricole et alimentaire
de la FAO, qui en a révisé la version française.
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Introduction v
Introduction
Selon les estimations de la FAO pour l’année 2000, environ 518 millions de personnes peuplaient
alors l’Amérique Latine et les Caraïbes, soit 8 pour cent de la population mondiale. Près de 80
pour cent d’entre elles vivaient dans des villes déroulant des activités sans rapport avec l’agricul-
ture, ce qui signifie qu’il incombait à environ 108 millions d’agriculteurs de nourrir la région. Pour
cette même année, la production de fruits et de légumes fut estimée respectivement à 93 et 32
millions de tonnes, soit 20 et 5 pour cent de la production mondiale totale de fruits et de légu-
mes. Le secteur des fruits et des légumes est formé par de petits agriculteurs, nombreux et dissé-
minés, dont ceux dits de subsistance et les petits producteurs de fruits et légumes du jardin, qui
ne sont habituellement pas détectés par les statistiques officielles. Si ces chiffres comportent une
marge d’incertitude, ils illustrent toutefois l’importance socioéconomique de ce secteur.
Dans les années 80, tous les pays, animés par la tendance mondiale, s’employèrent à une res-
tructuration de leurs politiques économiques intérieures, ouvrant progressivement celles-ci au
marché extérieur en supprimant les barrières protectrices, obéissant à une démarche globale de
réduction de la relative importance du secteur public et, en revanche, d’une implication grandis-
sante des secteurs privés dans les domaines traditionnellement contrôlés par le gouvernement.
Simultanément, dans les pays développés, on put observer l’expansion des systèmes de libre-
service, en particulier les chaînes de supermarchés, qui prédominent dans le secteur agro-alimen-
taire actuel. L’impact à long terme de ces profonds changements sur la croissance économique,
l’équité en matière de distribution ainsi que la viabilité est encore à ce jour impossible à prédire.
Ce nouveau scénario, qui se caractérise par une concentration intérieure de productions
agroalimentaires ainsi qu’une évidente volonté d’exporter les denrées agricoles, profita à ceux qui
étaient capables de s’adapter à cette nouvelle situation, à la fois en développant des aptitudes en
matière de gestion, en incorporant des technologies nouvelles et en investissant des fonds suffi-
sants. Toutefois, ce processus relégua à un moindre rang bon nombre de petits agriculteurs et
nous amena à la situation actuelle, où les systèmes agricoles à la fois de hautes et basses (ou tra-
ditionnelles) technologies coexistent. Les statistiques d’exportation de produits tropicaux, exo-
tiques et hors saison provenant d’Amérique Latine et des Caraïbes, ainsi que la très haute tech-
nologie mise en œuvre par les fournisseurs des systèmes de distribution agroalimentaire actuels
sont un aspect de cette structure bimodale, mais le revers de la médaille est le taux croissant de
pauvreté et de marginalité d’un grand nombre de petits agriculteurs.
S’inscrivant dans ce contexte, l’objectif qui sous-tend ce manuel pour la préparation et la
vente des fruits et légumes, est de présenter les technolgies existantes ainsi que les recommanda-
tions nécessaires afin de maintenir la qualité des produits, de la récolte à la consommation. Il
s’adresse à l’origine à la production commerciale de fruits et légumes et non aux fermiers de sub-
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vi Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
sistance, qui, seron nous, semblent avoir à gérer d’autres problèmes en plus de ceux de la pro-
duction. Il est très difficile de discerner quelle technologie est destinée aux grands agriculteurs et
laquelle est appropriée pour les plus petits. Et ce, en partie parce que les pays non seulement dif-
fèrent par leur niveau d’avancement en matière de technologies, mais aussi parce que nous nous
trouvons face à la difficulté d’avoir à gérer au moins 30 espèces de légumes et environ autant de
fruits. Pour ces raisons, nous avons mis un point d’honneur à présenter des principes qui pou-
vaient être plus ou moins appliqués et extrapolés à toute situation particulière.
Parce que les gros agriculteurs ont plus facilement accès à la technologie, notre intention ici
est d’orienter ce manuel aux petits et moyens agriculteurs qui, en un premier temps, se voient for-
cés d’augmenter leur productivité en utilisant à bon escient les ressources disponibles, en plus de
baisser les coûts de production et les pertes occasionnées à l’issue de la récolte, tout en favorisant
la concurrence en valorisant leur production par un contrôle accru des prix de vente.
La thèse centrale de cet ouvrage s’organise autour de l’idée que maintenir la qualité est la stra-
tégie de base pour augmenter la concurrence, et émane du point de vue de la gestion de la quali-
té totale. En d’autres termes, c’est un système en constante progression, visant à satisfaire les
consommateurs au-delà de leurs attentes. Cette approche part du principe que l’obtention d’un
produit de qualité commence bien avant que le grain soit semé, mais l’envergure de cet ouvrage
ne permet de prendre comme point de départ que la récolte, et supposera que les conditions adé-
quates pour la culture ont été respectées en amont.
Sont présentés, dans le chapitre 1, les indices de récolte, ainsi que ceux qui exposent les
aspects nécessaires pour préserver la qualité durant cette première étape. Le second est consacré
uniquement à la préparation du marché de produits frais dans le lieu, soit l’étape clé pour valori-
ser un produit tout en maintenant la qualité. Dans la mesure où tous les produits récoltés ne sont
pas immédiatement vendus, la conservation fait partire intégrante de tous les aspects de la mani-
pulation, puisqu’elle étend la période de réserve et réduit la perte de qualité du produit. Une com-
paraison des différents systèmes de conservation avec leurs avantages et leurs inconvénients est
menée dans le chapitre 3. Les conditions sanitaires et principes d’hygiène dans la manipulation
des produits, du champ au consommateur, sont présentées dans le chapitre 4, et les composan-
tes qualitatives requises du point de vue du consommateur dans le chapitre 5. Enfin, le chapitre
6 propose d’autres systèmes permettant aux petits agriculteurs la vente de fruits et de légumes.
En raison des différentes terminologies utilisées en Amérique latine et dans les pays des Caraïbes,
un glossaire inclut les noms de fruits et légumes en espagnol, français ainsi que leur nom scienti-
fique. Les sujets principaux sont illustrés par des photographies prises dans différents lieux de
culture du monde entier, mais plus particulièrement en Amérique latine et dans le Caraïbes. Les
tableaux et les graphiques contribuent encore à clarifier les points les plus importants de cet
ouvrage.
Le dernier paragraphe de cette introduction est dédié aux femmes qui, au delà de leur parti-
cipation à tous les aspects de la production, forment une composante essentielle de la prépara-
tion et de la vente des fruits et légumes, à la fois au niveau de subsistance qu’au niveau commer-
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Introduction vii
Préface . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . i
Remerciements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . iii
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . v
Chapitre 1. Récolte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.1 Systèmes de récolte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Maturité de la récolte et amorce de la moisson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Manipulation durant la récolte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.4 Recommandations pour la récolte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.5 Traitement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
Chapitre 3. Emmagasinage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
3.1 La nécessité d’emmagasiner . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
3.2 Caractéristiques générales requises pour un entrepôt d’emmagasinage 47
3.3 Systèmes d’emmagasinage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
3.3.1 Emmagasinage naturel ou dit «du champ» . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
3.3.2 Ventilation naturelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
3.3.3 Ventilation forcée de l’air . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
3.3.4 Réfrigération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
3.3.5 Combinaison de systèmes de stockage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
3.3.6 Atmosphères sous contrôle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
x Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Glossaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177
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Chapitre 1 – Récolte 1
Chapitre 1
Récolte
2 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
ment fragiles. Toutefois, une formation adéquate et une supervision étroite de l’équipe de
cueillette sont nécessaires. Dans la figure 1, il est démontré que des pommes récoltées par une
équipe non supervisée présentaient davantage de meurtrissures que celles ramassées par une équi-
pe étroitement surveillée.
400
300
Nombre de meurtrissures
légères
200 graves
100
0
Equipe A Equipe B
Figure 1: Nombre de meurtrissures légères et graves par 100 pommes selon le degré de supervision
de l’équipe de cueillette; A: supervision étroite; B: sans supervision (Adapté de Smith et al., 1949)
Le type de contrat passé avec les ouvriers de la moisson a aussi une répercussion sur la qua-
lité du produit récolté. Le paiement, basé sur le temps de travail (hebdomadaire, bimensuel ou
mensuel) produit une moisson soigneusement, mais lentement, récoltée tandis que le paiement
calculé en terme de boîtes, de mètres de sillons ou du nombre de plants récoltés engendrera une
moisson plus rapide mais quelquesfois plus brutale. La formation des équipes et la division du
travail ont également une influence sur la qualité de la récolte. De longues journées de travail
et/ou de brèves pauses, de même que des conditions climatiques défavorables (chaud ou froid
excessifs), peuvent entraîner un mauvais traitement du produit de la récolte. Il est enfin très
important de fournir une formation adéquate aux travailleurs agricoles, concernant la sélection
du produit parvenu au degré de maturité désiré ainsi que les techniques de séparation, de façon
à minimiser les dommages causés aux produits agricoles et aux plants.
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Chapitre 1 – Récolte 3
Figure 2: La maturité physiologique du poivron est atteinte lorsque les graines deviennent dures et
que la cavité interne se colore.
Le degré de maturation excessive ou de mûrissement excessif est l’étape qui suit la maturité
commerciale; à ce stade, généralement, le consommateur n’est plus intéressé, surtout parce que le
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4 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
fruit ramollit, perd son goût et sa saveur caractéristiques. Toutefois, le fruit est alors dans les
conditions idéales pour être préparé en confiture ou en sauce (figure 3). La maturité commercia-
le peut coïncider ou non avec la maturité physiologique. Dans la plupart des cas, la maturité com-
merciale est à son point culminant après la fin de la croissance; pour les concombres, les courget-
tes, les fèves sèches, les pois, les légumes miniatures et plusieurs autres légumes, la maturité
commerciale est atteinte bien avant la fin de la croissance.
MATURITÉ
QUALITÉ ORGANOLEPTIQUE
PHYSIOLOGIQUE
Figure 3: Qualité organoleptique d’un fruit en relation avec ses étapes de maturation: croissance
(non comestible); maturité commerciale; maturité excessive
Il est maintenant nécessaire de distinguer deux types de fruits: d’une part, les fruits à crois-
sance hormonale naturelle («climatériques») comme les tomates, les pêches et autre fruits, capa-
bles de générer l’éthylène, l’hormone requise pour le mûrissement même lorsque le fruit est déta-
ché de la plantemère; d’autre part, les fruits à croissance végétale directe («nonclimatériques»)
comme les poivrons, les citrons et autres légumes où la maturité commerciale est obtenue seule-
ment sur la plante (tableau 1). Les fruits de la première catégorie sont autonomes du point de vue
du mûrissement et les changements dans le goût, l’arôme, la couleur et la texture sont associés à
un sommet respiratoire transitoire et étroitement reliés à une production auto catalytique d’é-
thylène. Les figures 4 et 5 montrent ce fait: les fruits à croissance hormonale naturelle mûrissent
totalement même lorsqu’ils sont récoltés verts (figure 4, à gauche). Au contraire, pour les fruits à
croissance végétale directe comme les poivrons, peu de changements interviennent dans la cou-
leur après la récolte, et la coloration complète est obtenue seulement sur la plante
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Chapitre 1 – Récolte 5
(figure 5). Il s’agit de respecter la règle générale: la durée de vie du fruit après la moisson doit être
inversement proportionnelle à son degré de maturité, ce qui signifie que, pour des marchés loin-
tains, les fruits à croissance hormonale naturelle doivent être récoltés le plus tôt possible, mais
toujours après avoir atteint leur maturité physiologique.
Les changements de couleur sont les symptômes externes les plus évidents du mûrissement
et résultent de la dégradation de la chlorophylle (disparition de la couleur verte) et de la synthè-
se de pigments spécifiques. Pour certains fruits comme les citrons, la dégradation de la chloro-
phylle permet l’apparition de pigments jaunes, déjà présents mais masqués par la couleur verte.
D’autres fruits comme les pêches, les nectarines et certaines variétés de pommes ont plus d’une
couleur: la couleur de fond, qui est associée au mûrissement et la couleur superficielle qui, dans
plusieurs cas, est spécifique de la variété (figure 6). Pour déterminer la maturité, on utilise des
échelles de couleurs fondées sur le pourcentage de couleur désirée (figures 4 et 5) ou des mesures
objectives obtenues au moyen de colorimètres (figure 7).
«Le degré de croissance» est le terme le plus utilisé dans le vocabulaire de la moisson de légu-
mes et de certains fruits, particulièrement ceux qui sont récoltés immatures. Pour la fève de soja,
la luzerne et d’autres légumes à croissance en bourgeons, la récolte est effectuée avant le dévelop-
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6 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
pement du cotylédon; pour l’asperge, c’est lorsque la tige sortant du sol atteint une certaine lon-
gueur; pour les haricots et autres fèves sèches, c’est lorsqu’ils atteignent un certain diamètre
(figure 8); pour les petits pois et d’autres légumes de ce type, c’est avant que le développement de
la graine devienne évident (figure 9); pour la laitue, le choux et d’autres légumes de ce type, la
moisson est fondée sur le caractère compact du légume tandis que la largeur «d’épaules» déter-
Figure 4: Degrés de mûrissement de la tomate (de gauche à droite). 1, Vert mature; 2, Rupture; 3,
Tournant; 4, Rose; 5, Rouge pâle; 6, Rouge. Du fait de ses caractéristiques hormonales naturelles de
mûrissement, la tomate atteint la dernière étape de croissance même si elle est cueillie durant la
première étape.
Figure 5: Degré de mûrissement du poivron. Comme tous les fruits à croissance végétale directe, le
mûrissement s’arrête après la récolte.
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Chapitre 1 – Récolte 7
Figure 6: Quelques variétés de cerises ont une couleur de fond qui change lorsqu’elles atteignent
leur développement maximum. (Photographe: A. Yommi, INTA, EEA, Belcarce).
8 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
mine celle des betteraves, des carottes et d’autres racines comestibles. La taille de la plante peut
également servir d’indicateur de moisson pour de nombreux légumes comme l’épinard tandis que
pour les pommes de terre (figure 10), les patates douces et d’autres légumes à croissance souter-
Chapitre 1 – Récolte 9
Figure 10: Amorce de la récolte fondée sur le pourcentage de tubercules ayant la taille désirée.
raine, c’est le pourcentage de tubercules d’une certaine taille qui sert d’étalon de mesure.
De nombreuses récoltes révèlent par des symptômes externes évidents qu’elles sont prêtes
pour la moisson: la chute de la tête de l’oignon (figure 11), la croissance de couches d’excision
dans les pédicules de quelques melons, la dureté de l’épiderme de certaines citrouilles ou la fragi-
Figure 11: Chute de la tête de l’oignon qui indique qu’il est prêt pour la récolte.
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10 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
lité de la coquille pour certaines noix. Le degré de remplissage détermine la croissance des bana-
nes et des mangues tandis que le blé est moissonné lorsque la graine est dodue et non plus lai-
teuse.
La couleur, le degré de croissance ou les deux éléments à la fois sont les principaux critères
pour la récolte de la plupart des fruits et légumes, bien qu’il soit habituel de les combiner avec
d’autres indices objectifs comme la fermeté (pomme, poire, fruits de consistance dure)
(figure 12), tendresse (pois), contenu d’amidon (pomme, poire) (figure 13), contenu solide solu-
ble (melon, kiwi), contenu huileux (avocat), contenu juteux (citron), sucre/acidité (citron),
arôme (quelques melons), etc. Dans les récoltes faites en vue de la transformation, où la pro-
grammation de la moisson est importante pour conserver un flot constant de production, il est
d’usage de calculer le nombre de jours qui se sont écoulés depuis la floraison et/ou le nombre de
jours d’ensoleillement.
Chapitre 1 – Récolte 11
Figure 13: L’amidon s’assombrit lorsque le cœur du fruit est trempé dans une solution iodée. Le
pourcentage de disparition de l’amidon fournit une indication quant au degré de maturité des pom-
mes (source reproduite de CITFL, 1993).
Au cours de ces étapes successives, le produit est soumis à des quantités de meurtrissures qui
affectent sa qualité (figure 15).
Il existe différents types de lésions. Tout d’abord, il y a les blessures (coupures et perfora-
tions) qui abîment le tissu même du fruit. Ce type de dommage est fréquent durant la récolte et
est causé principalement par les outils de moisson mais aussi par les ongles des cueilleurs ou les
pédoncules des autres fruits (figure16). Ces blessures favorisent la pénétration dans le fruit de
champignons pourris et de bactéries. Ce type de dommage est aisément détectable et habituelle-
ment éliminé pendant le calibrage et l’empaquetage. Ensuite, il y a les meurtrissures qui sont
beaucoup plus fréquentes que les blessures; elles ne sont pas repérables et se manifestent plu-
sieurs jours plus tard, quand le produit est déjà entre les mains du consommateur. Il y a trois cau-
ses principales aux meurtrissures:
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12 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Figure 14: Fruits récoltés, prêts pour le transport vers le lieu d’empaquetage.
100
80
% Fruits meurtris
60
40
20
0
e e p ge lle
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Figure 15: Impact cumulatif des meurtrissures sur les poires Barlett durant les procédures post-récol-
te (adapté de Mitchel, 1985).
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Chapitre 1 – Récolte 13
Figure 16: Dommage provoqué par le pédoncule d’un autre fruit pendant
le transport.
1. Les chocs: meurtrissures causées soit par la chute du fruit (ou des fruits empaquetés) sur
une surface dure, soit par les heurts des fruits entre eux. Ces meurtrissures sont très fré-
quentes durant la récolte et l’empaquetage (figure 17).
2. Compression: déformation causée sous l’effet d’une pression. Elle est fréquente durant
l’entreposage et le transport en gros et elle est provoquée par le poids de la masse des
14 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
fruits sur les couches inférieures. Elle survient également lorsque la masse empaquetée
excède le volume du conteneur (figure 18) ou lorsque des paquets, insuffisamment résis-
tants, s’effondrent sous le poids de ceux placés au-dessus d’eux.
3. Abrasion: dommage superficiel produit par toute sorte de friction (autres fruits, matériel
d’emballage, cordes d’emballage, etc.) contre des fruits à pelure mince comme les poires.
Pour les oignons et l’ail, l’abrasion entraîne la destruction des couches protectrices
(figure 19).
Les symptômes des meurtrissures dépendent du tissu affecté, du degré de maturité du fruit,
du type et de la sévérité de la meurtrissure elle-même. Ils sont cumulatifs et, au-delà de leur effet
traumatique, ils déclenchent une série de réponses au stress provoqué, y compris des mécanismes
de cicatrisation. Cette réaction physiologique se caractérise par une augmentation momentanée
de la respiration associée à une détérioration du fruit, et par la consommation d’une partie des
réserves accompagnée d’une production passagère d’éthylène qui accélère la maturation et contri-
bue au ramollissement du fruit. Dans certains cas, le déchirement mécanique des membranes met
les enzymes au contact des substrats entraînant la synthèse d’éléments secondaires qui peuvent
affecter la texture, le goût, l’apparence, l’arôme ou la valeur nutritive du produit. La fermeté à
l’endroit de l’impact décroît rapidement du fait des dommages, de la mort de cellules et aussi de
la perte de l’intégrité du tissu. Plus le degré de maturité est avancé, plus sévère est le dommage et
ses effets sont exacerbés par de hautes températures et de longues périodes d’entreposage.
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Chapitre 1 – Récolte 15
Figure 19: Perte de couches protectrices d’oignons due au frottement contre une surface non lisse.
16 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Figure 20: Du feuillage peut être utilisé pour le rembourrage des caisses et la protection du chou-
fleur pendant le transport.
1.5 TRAITEMENT
Le traitement vient en complément de la récolte pour certains produits agricoles; il est essentiel
pour obtenir un produit de qualité. Il s’agit d’un processus entraînant une perte rapide de
l’humidité superficielle et, parallèlemen, des changements dans les tissus; il empêche la déshydra-
tation et le développement d’agents pathogènes. Pour l’oignon et l’ail, le traitement implique le
séchage des couches extérieures ainsi que la coloration et la fermeture de l’encolure; pour les raci-
nes comme la patate douce, l’igname et les tubercules tels que les pommes de terre, le traitement
entraîne un renforcement de la peau, ce qui les empêche de peler pendant la récolte et les mani-
pulations, puis le développement d’un périderme curatif (subérisation). Chez les citrouilles et
autres cucurbitacées, il provoque un durcissement de la peau et, chez les agrumes, la formation
naturelle d’une couche de cellules, ce qui empêche le développement d’agents pathogènes.
Le traitement est réalisé d’ordinaire dans le champ. Pour l’oignon et l’ail, il s’effectue en cou-
pant et en disposant les plants en rangs pour les protéger des rayons directs du soleil, ou en tas
dans des sacs de toile (figure 21) pendant au moins une semaine. Les pommes de terre doivent
rester dans le sol pendant 10 à 15 jours après que les feuillages aient été détruits au moyen d’her-
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Chapitre 1 – Récolte 17
Figure 21: Guérison des bulbes d’oignons dans des sacs de toile.
bicides. Les patates douces et autres racines sont habituellement traitées de la même manière,
bien que le traitement se fasse normalement sous abri. En cas de nécessité, le traitement peut être
effectué artificiellement dans des locaux de conservation au moyen de circulation d’air chaud et
humide (tableau 2). Après le traitement, les conditions de température et d’humidité sont éta-
blies pour la conservation à long terme.
Chapitre 2
Chaque procédé ou technique de travail qui permet de limiter la manipulation se traduira par
une réduction des coûts et une diminution des risques d’altération du produit. Pour cette raison,
il est souhaitable que la préparation à la vente sur le marché se fasse au niveau du champ de pro-
duction. Cependant, ceci n’est possible que dans le cas de produits particulièrement délicats et
périssables ou de volumes limités, destinés aux marchés situés à proximité. Pour des opérations
de grande envergure, des marchés éloignés ou exigeants ou pour les produits qui nécessitent des
opérations spéciales, telles que lavage, brossage, cirage, mûrissement contrôlé, réfrigération, stoc-
kage ou n’importe quel traitement ou emballage spécifiques, il sera nécessaire d’acheminer le pro-
duit vers une usine ou un hangar d’emballage.
Ces deux systèmes (préparation dans le champ ou en usine) ne s’excluent pas l’un l’autre et,
dans la plupart des cas, il y a une préparation partielle dans le champ, achevée par la suite dans le
hangar d’emballage. Etant donné que la manipulation d’unités non commercialisables constitue
une perte de temps et d’argent, la première sélection est toujours effectuée dans le champ de façon
à éliminer les éléments qui présentent des défauts majeurs, des lésions ou des maladies.
Le cas de la salade est un exemple de préparation dans le champ, où une équipe de trois
ouvriers coupe, prépare et emballe (figure 22). Pour les marchés éloignés, les boîtes sont prépa-
rées dans le champ et acheminées vers les usines d’emballage pour être mises en palettes, réfrigé-
rées et parfois stockées en chambre froide avant d’être envoyées à leur destination finale. Les uni-
tés d’emballage mobile sont des alternatives qui permettent de traiter des volumes plus
importants en moins de temps. Une équipe de moissonneurs approvisionne une ligne de calibra-
ge et d’emballage mobile (figure 23) et charge un camion qui se déplace en même temps que la
plateforme. Quand le chargement est complet, le camion est envoyé au marché de destination et
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20 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
remplacé par un camion vide. Dans le cas de récolte mécanisée, le produit est chargé dans l’usine
d’emballage (figure 24) où il est préparé pour le marché. Dans la plupart des cas, ces moisson-
neurs organisent une ligne d’inspection pour effectuer une première sélection dans le champ.
22 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
permettre une expansion éventuelle ou l’ajout de nouvelles unités. Elle doit également assurer une
bonne circulation autour des installations afin d’éviter le croisement des véhicules qui entrent et
qui sortent. Il faut que les bâtiments soient orientés de façon à ce que les zones de chargement et
de déchargement bénéficient de l’ombre pendant la majeure partie de la journée, de même qu’ils
doivent être bien ventilés en été et protégés en hiver.
Les usines d’emballage sont généralement construites avec des matériaux peu coûteux, mais
on doit garder à l’esprit qu’il est nécessaire de créer un environnement confortable à la fois pour
le produit et le personnel qui y travaille: l’exposition du produit à des conditions défavorables
accélère la détérioration de sa qualité, de même qu’un contexte inconfortable peut amener le
personnel à commettre des erreurs dans le maniement des produits.
Il est important qu’une usine d’emballage soit suffisamment spacieuse pour permettre une
circulation aisée et qu’elle comporte des rampes d’accès pour faciliter le chargement et le déchar-
gement des marchandises. Les portes et les ouvertures doivent être assez larges pour rendre pos-
sibles l’utilisation d’un chariot élévateur et une évacuation rapide en cas d’accident ou d’incendie.
La zone de réception doit être conçue de façon à pouvoir contenir un volume de produits équi-
valent à la production d’une journée de travail, afin de garder l’usine d’emballage en fonctionne-
ment en cas d’interruption du flux de la production venant du champ (pluie, problème méca-
nique, etc.).
L’électricité est capitale pour l’équipement, la réfrigération et l’éclairage car les usines d’em-
ballage travaillent habituellement avec des horaires chargés, voire même de façon continue pen-
dant la moisson. L’éclairage (à la fois son intensité et sa qualité) est un facteur clé de la détection
des défauts sur les tables de sélection. Il est essentiel qu’il soit situé sous le champ de vision de
façon à éviter l’éblouissement et la fatigue oculaire (figure 25). L’intensité de la lumière doit être
comprise entre 2 000 et 2 500 lx pour les produits colorés, mais entre 4 000 et 5 000 lx pour les
produits plus foncés. Outre la zone de travail, les infrastructures dans leur ensemble doivent être
éclairées de manière à éviter les contrastes avec les ombres qui produisent un aveuglement passa-
ger lorsqu’on relève les yeux. Les couleurs ternes et les surfaces mates sont préférables pour l’é-
quipement, les tapis roulants et les tenues de travail afin d’éviter les effets de masque, causés par
la réflexion de la lumière, et empêcher la fatigue visuelle.
Un bon approvisionnement en eau est indispensable pour le lavage des produits, des camions,
des poubelles et de l’équipement, de même que pour le trempage et, dans certains cas, le refroi-
dissement. Un système d’évacuation des eaux usées adéquat est aussi important qu’une bonne
source.
Il faut que les bureaux d’administration soient situés dans des zones propres et calmes et
conçus de façon à permettre de voir, dans la mesure du possible, le déroulement des opérations
dans son ensemble (figure 26). Les usines d’emballage devront être munies d’infrastructures ou
de laboratoires pour analyser la qualité des produits.
Une fois définie la conception du bâtiment, il est nécessaire de dessiner un diagramme pour
visualiser le flux des produits et toutes les opérations à effectuer. Le maniement doit se faire dans
un laps de temps très court et le produit doit toujours aller dans une direction, sans subir de
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Figure 25: L’éclairage au niveau des yeux est source d’éblouissement et de fatigue visuelle. De plus,
il est nécessaire de couvrir les sources lumineuses de façon à éviter, en cas de dommage, que les bris
de verre ne se déposent sur les produits.
24 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
détours. Des opérations parallèles seront possibles, comme travailler simultanément sur diffé-
rentes tailles ou degrés de mûrissement.
[Link] Réception
L’opération de préparation et d’emballage doit être organisée dans son intégralité de façon à mini-
miser le temps qui s’écoule entre la récolte et la livraison du produit emballé. La réception est une
opération qui connaît souvent des retards (figure 27) et, s’ils sont inévitables, le produit doit être
protégé des rayons du soleil. Normalement les produits sont pesés et comptés avant d’entrer dans
l’usine et des échantillons sont parfois prélevés pour des contrôles de qualité (analyses)
(figure 28). Un registre doit être tenu, particulièrement si une prestation de service est offerte aux
autres producteurs.
La préparation pour le marché des produits frais commence par le dépôt du produit sur les
lignes d’approvisionnement de l’usine d’emballage. On dépose le produit au sec (figure 29) ou
dans de l’eau (figure 30). Dans les deux cas, il est important d’avoir abaissé la vitesse pour mini-
miser les lésions et mieux contrôler le flux du produit. Le fait de plonger les fruits dans l’eau per-
met de limiter les heurts et de faire avancer les fruits qui flottent dans le courant ainsi créé; mais
tous les produits ne supportent pas d’être mouillés. Un produit d’une densité propre inférieure à
celle de l’eau flottera, mais pour d’autres produits il sera nécessaire de diluer des sels (sulfate de
sodium, par exemple) dans l’eau de façon à améliorer leur flottaison.
Figure 27: Les délais (retards) doivent être évités que ce soit à la réception des produits ou à leur
livraison et tout particulièrement quand le produit est exposé au soleil.
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Le fait de plonger le produit dans l’eau permet de le laver en le débarrassant d’une grande par-
tie de la saleté du champ. Pour nettoyer les fruits plus soigneusement, des lavages supplémentai-
res et une opération de brossage sont nécessaires. Le renouvellement de l’eau permet de la main-
Figure 29: Déchargement à sec de citrons (Photographie: P. A. Gómez, INTA E.E.A. Balcarce).
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26 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
tenir propre et de la débarrasser de la terre, des pesticides, des débris de plantes et d’éventuels
morceaux pourris qui y flotteraient. Cependant, dans certains cas, cette opération n’est pas pos-
sible, soit parce qu’il n’y a pas assez d’eau disponible, soit parce qu’il n’est pas possible d’en éva-
cuer une telle quantité. Si l’eau est réinjectée dans le circuit de fonctionnement, elle doit être fil-
trée et les particules qui s’y trouveraient doivent être retirées.
L’ajout de chlore dans les eaux de transport et de lavage des produits à un degré de concen-
tration de 50-200 ppm de chlore actif élimine les spores de champignons et les bactéries, présents
sur la surface des fruits et porteurs de maladies; on empêche ainsi la contamination de fruits sains.
De plus, les heurts doivent être évités car ils peuvent créer des foyers d’infection pour des orga-
nismes contaminants. Si elle est appliquée à plus de 30 cm du fruit ou pendant une durée supé-
rieure à 3 minutes, l’eau tend à s’infiltrer dans le fruit, particulièrement quand celui-ci est creux,
comme le poivron. La température de l’eau peut également favoriser cette infiltration, c’est pour-
quoi il est recommandé que la température du fruit soit en moyenne de 5 °C inférieure à celle du
liquide.
marché et elle vient en complément de la première sélection effectuée dans le champ. À ce stade,
on élimine aussi des éléments dont le mûrissement est trop avancé, ceux qui sont trop petits,
sérieusement abîmés, déformés ou pourris.
Les éléments trop petits sont le plus souvent éliminés de façon mécanique à l’aide de filets
(écrans maillés), de courroies ou, pour les éléments lésés, pourris, au moyen de chaînes de pré-
calibrage; les éléments dont la forme n’est pas standard, les feuilles séchées ou jaunies, sont géné-
ralement ôtés à la main. L’ail et les oignons sont renversés afin d’en retirer le feuillage séché à
l’aide d’un matériel spécifique (figure 31); pour beaucoup de récoltes, le brossage est utilisé pour
les débarasser de la terre et des déchets (figure 32). Pour les produits qui supportent l’immersion
dans l’eau, on peut pratiquer le système de flottaison différentiel pour séparer les parties indési-
rables, en complément des détergents et des brossages qui éliminent la terre, le latex, les insectes,
les pesticides et autres éléments. Les fruits frais doivent être séchés à l’aide d’éponges ou d’air
chaud.
Les fruits et légumes écartés, les résidus végétaux éliminés lors de la coupe, de l’épluchage, de
la préparation et les fruits abîmés ou gâtés peuvent être utilisés pour nourrir les animaux. Bien
qu’ils soient très savoureux et constituent une bonne source d’énergie, leur haute teneur en eau
les rend volumineux et leur transport est coûteux. D’autre part, leur faible teneur en protéines et
en masse sèche (en termes de volume) fait que leur raleur nutritive est inférieure à celle d’autres
types de nourriture et leur intégration dans l’alimentation doit se faire en proportion appropriée,
28 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Figure 32: Brossage et tri manuel des fruits endommagés avant calibrage.
(Photographie: S. Horvitz, INTA E.E.A. Balcarce).
de façon à éviter des problèmes digestifs. Ils présentent aussi l’inconvénient d’être, dans la plupart
des cas, très périssables et ils ne peuvent donc pas être stockés pour être introduits progressive-
ment dans le régime alimentaire de l’animal. S’ils ne sont pas utilisés pour faire du fourrage pour
les bêtes, ces éléments peuvent servir comme garniture sanitaire (litière) ou engrais biologique,
tout comme ils peuvent être brûlés ou produire une autre forme d’énergie, telle que l’alcool ou les
biogaz.
Figure 33: Calibrage des oignons par courroies divergentes. Les différentes vitesses des courroies
font tourner les bulbes et, dans le même temps, les font avancer vers un point où le diamètre du
bulbe est égal à l’écart entre les courroies.
30 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Figure 36: Triage en fonction du poids. Des plateaux individuels déposent les fruits sur le tapis rou-
lant correspondant.
Chapter_2.qxd 29-10-2007 10:45 Pagina 31
Figure 37: Système de triage de qualité statique. Les produits sont déposés sur une table où les élé-
ments défectueux sont enlevés.
automatiquement les produits sur d’autres courroies qui collectent les autres éléments qui pèsent
le même poids (figure 36).
[Link] Calibrage
C’est probablement la plus importante des quatre opérations de base et elle consiste à séparer les
produits en catégories en fonction de leur qualité ou de leur calibre. Il existe deux systèmes prin-
cipaux de calibrage: le système statique, employé communément pour les récoltes les plus délica-
tes et/ou à haute valeur, dans lequel le produit est placé sur une table de sélection où les trieurs
enlèvent les éléments qui ne répondent pas aux critères de calibre ou de qualité (figure 37). Le sys-
tème dynamique est probablement plus utilisé encore. Dans ce système, le produit se déplace sur
un tapis devant lequel se tiennent les ouvriers qui procèdent au tri en éliminant les éléments pré-
sentant un défaut (figure 38).
Le flux principal est celui qui a le degré de qualité le plus élevé, et les éléments de degré deux
et trois sur l’échelle de qualité sont retirés et placés sur d’autres tapis. Ce système est beaucoup
plus efficace en termes de volumes triés par unité de temps, mais le personnel doit être bien
entraîné car chaque élément ne reste que quelques secondes dans le champ de vision de l’ouvrier.
Deux types d’erreurs peuvent se produire: enlever des articles de bonne qualité du flux principal
et, plus fréquemment, ne pas retirer des éléments qui devraient l’être.
Les produits rejetés pour des raisons principalement esthétiques deviennent des éléments de
deuxième, voire de troisième choix (qualité); ils pourront être commercialisés chez des distribu-
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32 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Figure 38: Système de tri qualitatif dynamique. Les bulbes d’oignon triés par taille défilent en conti-
nu sur les tables de sélection d’où les éléments défectueux sont retirés. Une inspection finale est
effectuée avant l’emballage (sur la droite).
Figure 39: Les fruits sont récoltés une fois arrivés à mûrissement et ils doivent être séparés selon leur
couleur avant d’être emballés. (Photographie: S. Horvitz, INTA E.E.A. Balcarce).
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teurs moins exigeants ou utilisés comme matériau brut pour la transformation et, dans ce cas, on
réduit les risques de les voir périr tout en leur ajoutant de la valeur.
Cependant, la transformation à petite échelle doit être capable de fournir des produits de
qualité égale ou même supérieure à celle obtenue dans une filière industrielle à grande échelle. Or,
cela n’est pas toujours possible car l’industrie utilise des variétés et des procédés spécifiques. De
plus, les éléments invendus et défectueux du marché des produits frais ne constituent pas un
matériau brut uniforme; leur faible rendement industriel, et le manque de technologie de trans-
formation en manufacture, font que la qualité de ces produits est très variable et que, très sou-
vent, ils ne répondront pas aux exigences des autorités sanitaires. À ce stade il est nécessaire de
souligner que la qualité d’un produit industriel dépend à la fois de la qualité du produit brut et
du processus de transformation auquel il aura été soumis.
34 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
[Link] Le «déverdissement»
Certaines conditions climatiques avant la récolte font que les agrumes atteignent souvent leur
maturité commerciale avec des traces de couleur verte sur leur épiderme (flavedo). Bien qu’ils ne
soient pas différents de ceux à pigmentation uniforme, les consommateurs les considèrent sou-
vent comme pas encore mûrs et manquant d’arôme. Le déverdissement consiste en une dégrada-
tion de la chlorophylle pour permettre aux pigments naturels de s’exprimer alors qu’ils étaient
masqués par la couleur verte.
Pendant 24 à 72 heures, les agrumes sont exposés dans des chambres spécialement étudiées,
à une atmosphère contenant de l’éthylène (5-10 ppm), avec une ventilation contrôlée et un fort
taux d’humidité relative (90-95 pour cent). Les conditions requises pour le déverdissement sont
spécifiques à chaque zone de production. Artés Calero (2000) recommande des températures de
25-26 °C pour les oranges, 22-24 °C pour les pamplemousses et les citrons et 20-23 °C pour les
mandarines.
nation des spores, sans complètement supprimer la maladie. Très peu de produits chimiques ont
une réelle action antifongique. Le chlore et l’anhydride sulfureux sont les plus largement utilisés.
Le chlore est probablement le désinfectant le plus couramment employé, dans l’eau, à des
concentrations variant de 50 à 200 ppm, pour réduire le nombre de micro-organismes présents à
la surface du fruit, bien qu’il ne stoppe pas la croissance d’un élément pathogène déjà établi. Les
pamplemousses de table subissent généralement une fumigation à l’anhydride sulfureux concen-
tré à 0,5 pour cent pendant 20 minutes, puis sont ensuite ventilés. Pendant le stockage, des fumi-
gations périodiques (tous les sept à dix jours) à 0,25 pour cent sont effectuées et, durant le
transport il, est possible de déposer des tampons de métabisulfite de sodium dans les cartons; ils
vont progressivement dégager de l’anhydride sulfureux au contact de l’humidité dégagée par les
fruits.
La fumigation est la méthode la plus importante pour l’élimination des insectes, que ceux-ci
soient des adultes, des œufs, des larves ou des chrysalides. Le methyl bromide a probablement été
le fumigène le plus utilisé pendant de nombreuses années, mais son utilisation a depuis été inter-
dite dans de nombreux pays et remplacée par des traitements tels que l’exposition à une tempé-
rature donnée (haute ou basse), le passage en atmosphère contrôlée, d’autres fumigènes ou l’irra-
diation.
Il est également possible de prévenir certains troubles physiologiques post-récolte à l’aide de
traitements chimiques. Les bains de chlorure de calcium (4-6 pour cent) ou les brumisations
contre le ver de la pomme en sont un exemple. Le bain ou le trempage des fruits dans des solu-
tions chimiques permet d’éviter le coup de chaud du produit lors du stockage ou d’autres formes
de dommages. Dans le même esprit, l’addition de concentrés de 2, 4-D légèrement dosés aux cires
contribue à prévenir le citrus peduncles vert.
36 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
kiwis, raisin de table, etc.). et d’autres produits susceptibles d’être porteurs d’insectes nuisibles
et/ou de larves. Le tableau 4 reproduit les expositions à température recommandée ainsi que les
combinaisons de temps d’exposition.
Tableau 4: Combinaisons des températures et temps d’exposition pour les traitements de quarantai-
ne de la mouche du fruit.
10 0,0
11 0,6 0,0
12 1.1
13 0,6
14 1,7
15 1,1
16 2,2
17 1,7
Pendant des années, les traitements à la chaleur, tels que le trempage dans l’eau chaude ou
l’exposition à de l’air chaud ou à de la vapeur chaude, étaient connus comme étant capables de
détecter la présence d’insectes nuisibles (et de champignons dans certains cas). Les restrictions
croissantes des fumigations au brome, en revanche, ont entraîné une réévaluation des soins par la
chaleur comme traitements de quarantaine pour les fruits tels que mangues, papayes, agrumes,
bananes, caramboles et les légumes tels que poivrons, aubergines, tomates, concombres et cour-
gettes. Les méthodes d’utilisation de la température, d’exposition et d’application, sont spéci-
fiques aux produits de base et doivent être appliquées de manière précise pour éviter les meur-
trissures dues à la chaleur, surtout en ce qui concerne les produits hautement périssables. Une
fois le traitement terminé, il est très important de réduire la température aux niveaux recom-
mandés pour la conservation et/ou le transport du produit.
L’immersion dans l’eau chaude doit assurer à la pulpe du fruit une température située entre
43 et 46,7 °C pendant 35 à 90 minutes. Mais ceci dépend de la nature du produit de base, des
parasites à contrôler et de son degré de développement (U.S. E.P.A., 1996). Le trempage dans
l’eau chaude contribue également à réduire la masse microbienne dans la prune, la pêche, la
papaye, le melon, la patate douce et la tomate (Kitinoja et Kader, 1996) mais ne garantit pas tou-
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jours un contrôle fiable des parasites (U.S. E.P.A., 1996). Pour exporter les mangues du Brésil,
il est recommandé de les tremper à une profondeur de 12 cm dans une eau à 46,1 °C pendant
70-90 minutes (Gorgatti Neto et al., 1994).
Bon nombre de produits agricoles tropicaux sont exposés à de l’air humide et chaud
(40-50 °C jusqu’à heures de suite) ou à de la vapeur chaude afin que la température à l’intérieur
du produit entraîne la destruction des parasites. L’air chaud est bien toléré par la mangue, le pam-
plemousse, l’orange navel, la carambole, le kaki et la papaye. De la même manière, les traitements
à la vapeur ont été approuvés par le USDA-APHIS (Département de l’agriculture des
États-Unis, Service de l’inspection de la santé des plantes et des animaux) pour la clémentine, le
pamplemousse, l’orange, la mangue, le poivron, l’aubergine, la papaye, l’ananas, la tomate et les
courgettes (U.S. E.P.A., 1996).
38 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
ne (10-40 pour cent jusqu’à une semaine d’exposition) contribue à préserver la qualité des pam-
plemousses, clémentines, avocats, nectarines, pêches, brocolis et baies (Artes Calero, 2000). Une
lutte contre les insectes parasites est possible avec de plus grandes concentrations (60-100 pour
cent). On ne connaît pas encore tout à fait l’effet de ce gaz. On sait, par contre, qu’il a un effet
inhibiteur sur le métabolisme et sur l’action de l’éthylène avec un effet persistant après le traite-
ment. Une plus grande concentration (> 20 pour cent) inhibe aussi la germination des spores et
le développement d’organismes en détérioration.
De la même façon, une exposition à une atmosphère très pauvre en oxygène (<1 pour cent)
contribue à préserver la qualité et à assurer la régulation des parasites dans les oranges, nectari-
nes, papayes, pommes, patates douces, cerises et pêches (Artes Calero, 2000). Diminuer la
concentration d’oxygène reviert à entraîner une réduction du rythme de respiration et du méta-
bolisme en général, y compris les réactions enzymatiques et biochimiques qui ont besoin de cet
élément, telle la synthèse d’éthylène.
2.2.4 L’emballage
L’emballage revient à mettre le produit à l’intérieur d’un conteneur doté de matériaux d’emballa-
ge qui l’immobilisera (plateaux en plastique ou papier mâché moulé, pièces insérées, coussinets,
etc.) et le protègera (film plastique, doublures cirées, etc.). L’emballage vise à atteindre trois objec-
tifs de base:
1. Contenir le produit et faciliter sa manipulation et sa commercialisation en établissant des
standards quant au nombre ou au poids du contenu de chaque emballage.
2. Protéger le produit des meurtrissures (impacts, compression, frottement et lésions) et des
conditions extérieures défavorables (température, humidité) pendant le transport, le
stockage et la commercialisation.
3. Offrir des informations au client, concernant la variété, le poids, le nombre, la démarche de
sélection ou le niveau de qualité du produit, le nom du producteur, le pays, la région
d’origine, etc. Il est aussi tout à fait fréquent de joindre à l’emballage des recettes, la valeur
nutritive, les codes barres du produit ou toute autre information permettant de retracer
son origine.
Un paquet bien conçu sera forcément adapté aux conditions ou au traitement spécifique du
produit. Par exemple, si celui-ci doit être refroidi par eau ou par glace, il doit pouvoir tolérer
l’humidité sans perdre de son efficacité. Pour un produit au taux de respiration élevé, il faudra un
emballage disposant d’ouvertures assez grandes pour permettre un échange de gaz suffisant.
Lorsque le produit se déshydrate facilement, le paquet sera conçu de manière à offrir une barriè-
re efficace contre la perte d’eau, etc. L’utilisation de matériaux semi-perméables permet de créer
à l’intérieur des paquets une atmosphère spéciale propice au maintien de la fraîcheur du produit.
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Lorsque le produit pesé arrive au consommateur dans le même emballage que celui dans
lequel il a été préparé, on l’appelle unité consommateur ou pré-empaquetage. Habituellement, cet
emballage contient la quantité de produit qu’une famille consomme sur une certaine période
(300 g à 1,5 kg, selon le produit). Les matériaux utilisés comprennent les papiers mâchés ou les
plateaux de polystyrène enrobés de film rétractable (figure 40), les sacs plastique ou papier, les
coquilles, les plateaux en PVC thermoformé, etc. Les oignons, pommes de terre et patates dou-
ces sont commercialisés dans des filets pouvant contenir de 3 à 5 kg. La couleur, la forme et la
texture du matériau d’emballage sont des éléments importants pour l’amélioration de l’apparen-
ce du produit et son attrait pour le consommateur.
Les emballages pour le transport ou la vente sont en général des boîtes en panneau de fibre
ou de bois, pesant de 5 à 20 kg ou des sacs encore plus gros (figure 41). Ils doivent être de préfé-
rence assez faciles à manipuler ou à empiler par une seule personne et présenter des dimensions
permettant leur transport. Il est important qu’ils soient conçus en matière biodégradable, recy-
clable et non contaminante. Ceux qui sont destinés à être réutilisés doivent être de nettoyage aisé
et facilement dissociés de manière à occuper un volume moindre pour le transport du retour. Il
est essentiel qu’ils puissent résister au poids et aux maniements (figure 42) et aussi contenir le
poids ou le nombre de produits prévu sans déborder (figure 43).
40 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Figure 41: Emballage de conteneurs différents pour les fruits et les légumes.
Figure 42: Des conteneurs pas suffisamment solides ou un mode d’empilement inapproprié peut
faire s’écrouler les boîtes de produits, causant des lésions de compression.
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Figure 43: Le trop-plein des conteneurs est la raison principale des lésions dues à la compression.
Pour ce type d’emballage, il est d’usage d’utiliser des matériaux qui servent à isoler et/ou à
immobiliser le fruit, tels des encarts verticaux qui contribuent également à renforcer le conteneur,
en particulier quand il s’agit de produits de gros calibre comme les melons ou les pastèques. Les
plateaux ont le même but mais séparent les produits en différentes couches. On les emploie fré-
quemment pour les pommes, pêches, prunes, nectarines, etc. Les filets en plastique mousse sont
utilisés pour la protection individuelle des gros fruits comme la pastèque (figure 44), la mangue,
la papaye, etc. Il est aussi possible d’utiliser de la laine de verre ou de papier, des papiers ou d’au-
tres matériaux souples.
Dans de nombreux pays en développement, des conteneurs en fibre naturelle sont encore uti-
lisés pour l’emballage de fruits et légumes (figure 45) et, bien qu’ils soient très bon marché, ils ne
peuvent être ni nettoyés, ni désinfectés, ce qui représente un foyer de contamination par des
micro-organismes lorsqu’ils sont réutilisés. Par ailleurs, n’ayant pas été conçu pour être empilés,
ils risquent d’entraîner des lésions de compression. En outre la forte variabilité de leur poids
et/ou volume, ne facilite pas la commercialisation.
Les palettes, enfin, sont devenues le mode d’emballage des charges unitaires au niveau domes-
tique et international. Leurs dimensions correspondent à celles des conteneurs maritimes, des
camions, des chariots élévateurs, des entrepôts, etc. Comme la charge unitaire est identique à celle
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42 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
du transport et du stockage, on réduit ainsi la manipulation et uniformise toutes les étapes dans
la chaîne de distribution. Il existe différentes tailles de palettes, mais la plus utilisée dans le monde
est celle de 120 x 100 cm; elle est parfois constituée de matériaux en plastique. Suivant les dimen-
sions de l’emballage, une palette contiendra de 20 à 100 unités. Afin d’assurer leur stabilité, les
charges des palettes sont protégées par un filet en plastique à maille large (figure 46) ou par une
combinaison de systèmes de protection des angles et des sangles de plastique verticales et hori-
zontales (figure 47). Dans de nombreux cas, les emballages individuels sont collés les uns aux aut-
res avec une colle non forte qui permet de les séparer mais les empêche de glisser. Ils sont aussi
disposés en diagonale ou emboîtés les uns dans les autres afin d’assurer la stabilité de la charge.
Du fait de la grande variété de formes et de tailles des emballages pour les fruits et légumes,
on a tendance à standardiser les dimensions de manière à optimiser la surface de la palette: les
dimensions standard sont de 120 x 100 cm. Les dimensions horizontales de base imposées par la
norme ISO (l’Organisation internationale de normalisation) sont de 60 et 40 cm, divisées en
sous-unités de 40 x 30 cm et de 30 x 20 cm (figure 48). Il n’y a pas de règle quant à la hauteur des
emballages individuels, mais la charge de la palette ne doit pas excéder 2,05 m de manière à faci-
liter la manipulation. Le système MUM (normalisation, unités uniformes, conversion au systè-
me métrique) recommandé par l’USDA a aussi comme objectif la normalisation des conteneurs
sur la base d’une palette de 120 x 100 cm.
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44 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
L’utilisation de conteneurs non consignés est un défi en termes d’environnement. Afin d’en
réduite l’impact, les emballages doivent être conçus de manière à remplir les conditions d’utilisa-
tion mais sans entraîner de gaspillage de matériaux au niveau de leur fabrication. Ils doivent être
recyclables, mais aussi récupérables, c’est-à-dire qu’ils doivent pouvoir être réutilisés après leur
utilisation première.
Figure 47: Stabilisation de palette avec système de protection des angles et sangles.
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30x20
40x25
40x30
50x30
50x40
40x60
50x60
100 cm
cm 120
Figure 48: Différentes dimensions horizontales d’emballage, de façon à maximiser l’utilisation d’une
palette de 100 x 120 cm, selon les systèmes MUM et ISO (grisé).
Chapter_2.qxd 29-10-2007 10:46 Pagina 46
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Chapitre 3 – Emmagasinage 47
Chapitre 3
Emmagasinage
48 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Tableau 5: Température et humidité recommandées pour les fruits et légumes et temps de conser-
vation en fonction de ces conditions.
A-B-C
Abricot -0,5-0 90-95 7-21
Abricot de St Domingue 13-18 85-95 14-42
Ail 0 65-70 180-210
Airelle 2-4 90-95 60-120
Amarante 0-2 95-100 10-14
Ananas 7-13 85-90 14-28
Anone cœur de bœuf 5-7 85-90 28-42
Artichaut 0 95-100 14-21
Asperge 0-2 95-100 14-21
Atemoya 13 85-90 28-42
Aubergine 8-12 90-95 7
Avocat 3-13 85-90 14-56
Babaco 7 85-90 7-21
Banane Plantain 13-15 90-95 7-28
Basilic 7-10 85-95 7
Bette 0 95-100 10-14
Betterave 0 98-100 10-14
Betterave vert 0 98-100 120-180
Brocoli 0 95-100 14-21
Caïmitier 3 90 21
Calamondin 9-10 95 14
Cantaloup (moitié) 2-5 95 15
Cantalupo (entier) 0-2 85-90 5-14
Carambole 9-10 95-100 21-28
Carotte (à fanes) 0 85-90 210-270
Carotte (en grappes) 0 98-100 14
Céleri 0 97-99 30-90
Céleri-rave 0 90-95 180-240
Cerise 1-0,5 85-90 14-21
Cerise de la Barbade 0 90-95 49-56
Champignon 0-15 95 5-7
Chayotte 7 98-100 28-42
Chérimole 13 90-95 14-28
Chicorée 0 95-100 14-21
Chou 0 98-100 150-180
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Chapitre 3 – Emmagasinage 49
Tableau 5: (suite)
50 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Tableau 5: (suite)
Chapitre 3 – Emmagasinage 51
Tableau 5: (suite)
52 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Chapitre 3 – Emmagasinage 53
Figure 49: Stockage des oignons dans le champ, en tas, recouverts de paille.
système auquel on a souvent recours (figure 49). Il s’agit là d’un système réduisant les coûts pour
les produits volumineux tels les pommes de terre, les oignons, les citrouilles, les patates douces et
autres. L’emmagasinage au champ dans des huches, est une variante plus récente, pour laquelle
deux d’entre elles (l’une par-dessus l’autre, celle du dessus étant protégée du mauvais temps) sont
laissées dans le champ, présentant l’avantage supplémentaire de permettre plus tard la manipula-
tion plus facilement.
54 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
1. Les températures intérieures et les conditions d’humidité relative sont très proches de cel-
les de l’extérieur, ce qui implique que ce système ne peut être utilisé qu’avec des produits
agricoles qui se conservent bien face à l’environnement naturel comme les pommes de
terre, oignons, patates douces, ail, citrouilles, etc.
2. Comme ce système nécessite de grandes ouvertures pour une ventilation adéquate, celles-
ci doivent être conçues de manière à empêcher qu’entrent les animaux, les rongeurs et les
insectes nuisibles.
3. Comme n’importe quel autre fluide, l’air suit le chemin le plus simple et qui offre le moins
de résistance, ce qui implique que si le produit est conservé en une masse compacte, l’air
circulera autour et ne s’infiltrera pas pour évacuer la chaleur accumulée et les gaz dus à la
respiration.
4. L’air chaud et humide circule en circuit clos dans l’entrepôt s’il ne trouve pas les ouvertu-
res, et son accumulation engendre des zones chaudes et humides qui vont affecter la qua-
lité des produits conservés et présenter des conditions idéales pour le développement de
maladies.
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Chapitre 3 – Emmagasinage 55
Dans une certaine mesure, il est possible de profiter des changements de température et de
taux d’humidité naturels en alternant de manière sélective les moments d’ouverture et de ferme-
ture de la ventilation du local. La température ambiante et l’humidité relative sont respectivement
plus basse et plus haute ensuite pendant la journée, alors que l’opposé s’opère la nuit. Afin de
réduire la température des produits conservés, le bâtiment doit être ouvert lorsque les tempéra-
tures extérieures sont plus basses. L’humidité relative peut être gérée de la même manière.
Les conditions extérieures changent constamment, en l’espace d’une même journée, mais
contrairement à l’air, une masse conservée est plus lente à gagner et relâcher de la chaleur.
Implique que pour gérer cela le tout de manière efficace, il est nécessaire d’avoir des détecteurs
électroniques intérieurs et extérieurs pour la température et l’humidité relative. Enfin, bien que
les produits qui s’adaptent à ce genre d’emmagasinage ont des taux de respiration bas, ils pour-
raient exiger, dans certains cas, une ventilation supplémentaire en dehors des horaires d’ouvertu-
re et de fermeture automatiques.
Figure 51: Lieux de stockage à circulation d’air forcé. Le produit est empilé jusqu’à la ligne jaune.
L’air provenant des ouvertures au sol est forcé de passer au travers des masses stockées. Une allée
d’inspection est située en haut à droite, avec des échelles afin d’échantillonner le produit pendant le
stockage.
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56 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
court et offrant le moins de résistance, l’agencement de la charge ainsi que la capacité de ventila-
tion, et les dimensions des conduits, doivent être consciencieusement calculés afin d’assurer que
cet air passe uniformément à travers le produit.
Il est possible d’utiliser des conduits perforés amovibles pour rentabiliser et utiliser l’espace
de conservation quand aucun produit n’est emmagasiné (figure 52).
Figure 52: Intérieur d’un lieu de stockage à circulation d’air forcé. Les conduits d’air sont retirés et
les espaces vides sont utilisés afin d’abriter les machines agricoles et l’équipement si aucun produit
n’est stocké.
La sélection des ventilateurs est l’aspect le plus crucial et doit être prise en charge par un per-
sonnel spécialisé, qui la concevra en fonction du volume et du nombre d’échanges d’air opérés
dans l’unité de temps requise. Ce dernier aspect s’opère en fonction des taux de respiration du
produit à conserver. Il faudra prendre en considération la pression statique et la résistance à l’air
par les conduits et la masse conservée. Idéalement, le système devrait être contrôlé par des détec-
teurs régulateurs qui réagissent à la relation intérieur/extérieur. Si le système est fermé, il ne
s’opérera qu’une circulation d’air intérieure; s’il est ouvert, l’atmosphère interne sera remplacée
par la ventilation. Une ouverture partielle permettra un mélange d’air intérieur et extérieur afin
d’atteindre la combinaison désirée de température et d’humidité.
3.3.4 Réfrigération
Le contrôle de la température est l’un des outils principaux pour étendre la vie du produit après
la récolte: les basses températures ralentissent le métabolisme et l’activité des micro-organismes
responsables de la détérioration de la qualité. De cette manière, les réserves sont maintenues avec
un taux de respiration moindre, la maturité est retardée, et le déficit de pression par la vapeur
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Chapitre 3 – Emmagasinage 57
entre le produit et la température ambiante est minimisé, réduisant ainsi la perte d’eau. La somme
de tous ces facteurs contribue à maintenir la fraîcheur en réduisant la détérioration de la qualité
et en préservant la valeur nutritive du produit.
Une chambre réfrigérée est relativement hermétique et les bâtiments à isolation thermique
ainsi que l’équipement de réfrigération doivent être en mesure de laisser s’échapper vers l’extérieur
la chaleur générée par le produit. La capacité de réfrigération de l’équipement doit pouvoir extrai-
re la chaleur générée par les produits qui ont un taux de respiration élevé, y compris les autres
gains de chaleur. Il est aussi très important de contrôler précisément la température et les condi-
tions d’humidité à l’intérieur de l’environnement d’emmagasinage.
L’espace de réfrigération dépend du volume maximum à conserver, ainsi que les allées et pas-
sages nécessaires à la manipulation mécanique des produits et tout l’espace nécessaire à assurer la
distribution d’air froid. Il est tout à fait courant que l’espace total occupé par les produits ne soit
que de 75-80 pour cent de la surface totale. La hauteur de la chambre dépend des produits et de
l’agencement dans l’empilage: trois mètres suffisent à l’empilage à la main mais six mètres seront
peut-être nécessaires si l’on utilise des chariots élévateurs à fourche.
Les chambres réfrigérantes peuvent être faites de ciment, métal, bois ou autres matériaux.
Toutes les surfaces extérieures doivent offrir une isolation thermique, y compris les sols et les pla-
fonds. Le type et l’épaisseur du matériau utilisé pour l’isolation dépend des caractéristiques du
bâtiment, des produits qui vont y être emmagasinés et de la différence de température désirée
nécessaire entre les conditions externes et internes. Le polyuréthane, le polystyrène expansé, le
liège et autres matériaux peuvent être utilisés pour l’isolation. Une barrière pour la vapeur doit
être installée du côté tiède de l’isolation.
La réfrigération mécanique comprend deux composantes principales: l’évaporateur dans la
zone d’emmagasinage, et le condensateur à l’extérieur, connectés par des câbles remplis de réfri-
gérant. Normalement, les deux éléments sont des bobines à ailettes fabriquées dans des maté-
riaux à haute conductivité thermique et intégrées à un ventilateur, ce qui facilite l’échange de cha-
leur. L’évaporateur est placé dans la partie supérieure des murs (figure 53) forçant l’air froid à
circuler parallèlement au plafond. L’air qui revient est forcé de passer par l’évaporateur, transfé-
rant ainsi à la bobine la chaleur extraite du produit. Le produit réfrigérant absorbe cette chaleur
et la transforme en gaz, rafraîchissant l’air qui se retrouve forcé de circuler dans la pièce en tant
qu’air froid. Le réfrigérant est transporté vers le condensateur de gaz (situé en dehors du bâti-
ment) où, sous la pression exercée par un compresseur, il est de nouveau transformé en liquide,
rejetant ainsi à l’extérieur la chaleur transportée de l’intérieur. En répétant ce cycle, le système
réagit comme une pompe, extrayant de la chaleur du produit et la rejetant à l’extérieur. Un autre
élément clé du système de réfrigération mécanique est la valve à expansion, qui régule l’évapora-
tion et le flux de réfrigérant. L’ammoniac et le fréon sont les réfrigérants les plus utilisés, mais ils
sont en cours de substitution par des produits moins toxiques pour l’environnement.
Outre la conception et la prise en compte des matériaux choisis pour le bâtiment, le bénéfice
maximal provenant de la réfrigération est obtenu lorsque la capacité de réfrigération est adaptée
pour extraire non seulement la chaleur due à la respiration du produit mais aussi la chaleur
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58 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Figure 53: Intérieur d’une chambre froide. L’évaporateur est situé en haut de l’un des murs.
conductrice (à travers les sols, murs et plafonds) et les gains de chaleur convective (ouverture des
portes), ainsi que la chaleur dépensée par l’équipement (chariots élévateurs à fourche, lumières,
pompes, etc.).
Chaque produit jouit d’une combinaison optimale de température et d’humidité relative pour
la conservation et, dans de nombreux cas, il y a des différences entre les variétés mêmes
(figure 54). Il est toujours recommandé de ne pas stocker plus d’un produit par pièce, sauf pour
un laps de temps très limité (moins d’une semaine) ou pendant le transport. Partager l’espace
conduit à des incompatibilité au niveau de la température et des régimes d’humidité, de la sensi-
bilité au refroidissement et à l’éthylène, aux contaminations d’odeur et autres problèmes affectant
la viabilité sur étagère ainsi que la qualité. Des produits très incompatibles ne doivent normale-
ment pas être dans la même pièce pendant plus d’un ou deux jours.
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Chapitre 3 – Emmagasinage 59
[Link] La préréfrigération
L’équipement de réfrigération est conçu pour garder le produit rafraîchi, mais il ne peut réduire
rapidement la température acquise dans le champ. La température du champ est très proche de
la température ambiante et bien plus haute si le produit n’est pas protégé du soleil. S’il est expo-
sé à des conditions ambiantes très froides, le produit perd sa température de champ et peut
employer jusqu’à 24 ou 48 heures pour atteindre la nouvelle température ambiante. Le taux de
réduction thermique dépend de l’écart entre les différentes températures, du volume individuel et
de la masse totale à rafraîchir ainsi que de la capacité de réfrigération de l’équipement. L’activité
métabolique (respiration, production d’éthylène, réactions biochimiques et enzymatiques) dimi-
nue aussi avec la température et plus la température de conservation est atteinte tôt, moins les
pertes en énergie, en réserves conservées et en qualité seront importantes.
Le préréfrigération permet une réduction rapide de la température du champ avant le traite-
ment, l’emmagasinage, ou le transport réfrigéré. Généralement il s’agit d’une opération séparée
qui requiert des entrepôts spéciaux, mais complémentaire à l’emmagasinage au froid. Tout
comme la détérioration est proportionnelle au temps d’exposition à de hautes températures, la
préréfrigération est nécessaire aussi quand le produit reviendra plus tard à température ambian-
te. Il est absolument nécessaire de maintenir la qualité des fruits et les légumes, et optimiser la vie
après la récolte fait partie de la chaîne du froid.
La perte de température d’un produit n’est pas linéaire, car elle est rapide au début puis dimi-
nue quand elle approche la température moyenne de réfrigération. Les coûts de l’opération aug-
mentent pour chaque degré de perdu. Dans les opérations commerciales, le produit est prére-
froidi pour atteindre 7/8 de la différence entre champ et températures finales désirées. Le 1/8
restant est perdu pendant l’emmagasinage réfrigéré ou le transport. (figure 54). Par exemple,
prérefroidir un produit d’une température de champ de 30 °C et exposé à une moyenne de réfri-
gération de 10 °C, doit terminer quand 7/8 de l’amplitude thermique sont amoindris (températ-
ure finale = 12,5 °C).
Tfinale = 30 º - [ 7 × ( 30 º - 10 º ) ÷ 8 ] = 12,5 ºC
60 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
35
INITIALE
30
Température du produit
25
1/2
Température ºC
20
3/4
7/8
15 15/16
10
Température des moyens de refroidissement
5
0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Minutes de congélation
capacité de refroidissement. Les principes de refroidissement, ainsi que les avantages et inconvé-
nients des différents systèmes, sont indiqués comme suit:
a. Air froid: Refroidissement de la pièce
Refroidissement par air forcé
b. Eau froide: Hydro-refroidissement
c. Contact avec glace: Glace pilée
Glace liquide
Glace sèche
d. Evaporation de l’eau en surface: Evaporation
Refroidissement par aspiration
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Chapitre 3 – Emmagasinage 61
62 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Figure 55: Intérieur d’un lieu de circulation à air forcé. Les palettes sont arrangées de manière à
former une aile entre elles et le haut recouvert d’une toile, ce qui laisse les deux côtés exposés à l’air
froid. L’air du tunnel de répartition est rejeté, créant une pression négative forçant l’air à passer à
travers le chargement.
ner une déshydratation. Les ouvertures des paquets permettant la ventilation doivent être assez
larges pour permettre un mouvement d’air adéquat, en particulier s’ils sont empilés ou sur palet-
tes. Un flux d’air adéquat est nécessaire dans la mesure où les fruits qui se trouvent au centre des
paquets tendent à laisser échapper la chaleur à un moindre rythme que ceux qui se trouvent à l’ex-
térieur.
[Link].3 L’hydroréfrigération
L’eau froide agit comme réfrigérant, car grâce à sa capacité plus importante à absorber l’air chaud,
elle agit plus rapidement que le refroidissement par flux d’air forcé. L’hydrorefroidissement peut
se faire par immersion (figure 56) ou par une douche d’eau rafraîchie. Pour ce système, les pro-
duits doivent être rangés en couches fines pour un refroidissement uniforme. Tous les produits
ne peuvent pas subir l’hydrorefroidissement car ils doivent pouvoir tolérer d’être mouillés, le
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Chapitre 3 – Emmagasinage 63
64 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
chlore, et l’infiltration d’eau. La tomate, l’asperge et bon nombre d’autres légumes sont hydrore-
froidis (tableau 8). Il est important de chlorer l’eau pour éviter les accumulations de pathogènes
et leur dissémination sur les fruits sains.
[Link].5 Evaporation
Il s’agit là d’une des plus simples méthodes de refroidissement, consistant à forcer de l’air sec au
travers d’un produit mouillé. La chaleur est absorbée en même temps que l’air s’évapore. Cette
méthode est très peu coûteuse, mais l’efficacité du refroidissement est limitée par la faible capa-
cité de l’air à absorber l’humidité, ce qui implique que cette méthode est utile seulement dans les
zones d’humidité relative très basse.
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Chapitre 3 – Emmagasinage 65
Figure 57: Refroidissement par vide d’air. Chacun des deux côtés de la glaciaire sont soulevés afin de
pouvoir placer le produit à l’intérieur et ensuite refermés pour permettre un vide d’air à l’intérieur.
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66 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Chapitre 3 – Emmagasinage 67
Figure 58: Les symptômes des blessures dues au refroidissement sont habituellement des petites
zones de dépression à la surface du fruit qui plus tard seront colonisées par des micro-organismes
de détérioration.
L’éthylène est une phytohormone, qui régule de nombreux stades de culture, de développe-
ment et de sénescence dans les tissus des plantes. Il est produit en grande quantité par les fruits
climatères pendant le mûrissement. Il est également causé par certains stress, tels que des dom-
mages physiques, et fait partie du processus de guérison. L’éthylène est libéré en tant que gaz et
s’accumule à des niveaux physiologiques actifs si aucun moyen de ventilation ou chimique ne
l’élimine.
Quand des produits qui produisent de l’éthylène, et quil y sont sensibles (tableau 11), sont
placés dans la même pièce, il s’opère des réactions chez ces produits, telles qu’une augmentation
de leur rythme respiratoire, leur maturation et leur vieillissement, une perte de leur couleur verte,
un jaunissement, des zones nécrotiques sur les tissus des plantes, une formation de couches
d’excision, de la germination chez les pommes de terres, une altération du goût chez les racines,
68 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
et un durcissement des asperges, etc. Certains effets sont indirects, comme une augmentation de
la sensibilité au refroidissement, aux pathogènes, ou à la stimulation de certains organismes de
détérioration. Le niveau d’éthylène dans la zone d’emmagasinage doit être inférieur à 1 ppm afin
d’éviter ces problèmes.
L’arôme, les odeurs, et autres éléments volatils font également partie du métabolisme de la
plante et de la même manière que l’éthylène, il s’opère une contamination lorsque des espèces en
production et des produits sensibles partagent la même zone de stockage (tableau 11).
Chapitre 3 – Emmagasinage 69
Abricot X X
Ananas X
Anone X X
Asperge X
Atemoya X X
Aubergine X X
Avocat X X X X
Banane X X
Basilic X
Bette à cardes X
Brocoli X
Carotte X X X
Céleri X X
Cerise X
Champignon X X X
Chérimole X X
Chou X X
Chou vert frisé X
Chou-fleur X
Choux de Bruxelles X
Ciboulette X
Citron X
Cocombre X
Coing X X
Concombre X
Cresson de fontaine X
Date X
Endive belge X
Epinard X
Feijoa X
Feuilles de cactus X
Figue X X
Figue de Barbarie X
Fruit de la passion X X
Gombo X
Goyave X X
Haricot de Lima X
Haricot mange-tout X X
Igname X
Jaque X X
Kaki X X
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70 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Kiwano X
Kiwi X X
Laitue X
Lime X
Litchi X X
Maïs doux X
Mandarine X
Mangue X X
Melon X X
Navette X
Nectarine X X
Oignon X X
Oignon vert X X
Olive fraîche X
Orange X X
Panais X
Papaye X
Pastèque X
Patate douce X
Pâtisson X
Pêche X X
Persil X X
Poire X X X X
Poireau X
Pois X
Pois mange-tout X X
Poivron X X
Pomme X X X
Pomme de terre X X
Pomme-poire X X X
Prune X X X
Raisin X
Ramboutan X X
Sapote X X
Sapotille X X
Scarole X
Tomate X X
Topinambour X
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Chapitre 3 – Emmagasinage 71
comme garder le produit jusqu’à son traitement, empaquetage, ou transport, ainsi que les locaux
de refroidissement au niveau de la vente en gros ou au détail. La conservation par le froid est éga-
lement poursuivie dans l’enceinte familiale afin d’étendre la période de consommation.
Il est difficile de définir ce qu’on appelle conservation «à court terme» et conservation «à long
terme», car 7 jours sont beaucoup trop longs pour des framboises alors que c’est beaucoup trop
court pour des pommes de terre, des oignons, de l’ail, et d’autres produits à longue conservation.
Dans ce chapitre, on définit comme période «courte» une durée qui s’étend de deux heures envi-
ron à approximativement sept jours.
Stocker plusieurs produits en même temps, même si elle n’est pas des meilleures, reste une
pratique à laquelle on a souvent recours, et est même inévitable dans de nombreux cas, en parti-
culier au niveau du transport ou de la vente au détail. Si les conditions suboptimales ne sont pas
trop longues et qu’il n’y a pas d’accumulation d’éthylène, il n’y a généralement pas de problème
d’incompatibilité. Une stratégie habituelle consiste à installer des chambres froides à un régime
de 5 °C et à un taux d’humidité de 90-95.
Si possible, les charges d’espèces variées doivent être traitées sous différents régimes selon la
combinaison particulière des fruits et légumes, en partant toujours du principe que le taux
d’éthylène ne dépasse pas 1 ppm. L’Université de Californie (Thompson et al., 1999) recomman-
de trois combinaisons de température et d’humidité: 0-2 °C et 90-98 pour cent RH pour les légu-
mes à feuilles, les choux, les fruits tempérés et les baies; 2) 7-10 °C et 85-95 pour cent RH pour
les agrumes, les fruits subtropicaux et les légumes à fruits. 3) 13-18 °C et 85-95 pour cent RH
pour les fruits tropicaux, melons, citrouilles et les racines. Par ailleurs, Tan (1996) recommande
cinq régimes de stockage différents: 1) 0 °C et 90-100 pour cent RH; 2) 7-10 °C et 90-100 pour
cent RH 3) 13 °C et 85-90 pour cent RH; 4) 20 °C; et 5) conditions ambiantes. Avec les autres
espèces, dans le premier groupe il inclut les pommes, les abricots, les figues, le kiwi mûr, les
pêches, les poires, les légumes à feuilles, le raisin, les betteraves, les choux, le céleri, etc. Dans le
second, l’avocat, le melon cantaloup et le melon d’hiver, la goyave, le concombre, les haricots verts,
le poivron, la courgette, l’aubergine, les agrumes en général, etc. Dans le troisième groupe, il
englobe la banane, la pomme cannelle, la papaye, les pommes de terre, les citrouilles, etc. Dans le
quatrième groupe, l’ananas, tandis que dans le dernier, l’ail, les noix, l’oignon, les pommes de terre
et l’échalote.
Le transport est un exemple à part de stockage réfrigéré. Les chargements d’espèces variées
causent les problèmes énoncés ci-dessus, mais comme les dimensions des paquets sont différen-
tes, ceux-ci peuvent pas toujours être empilés de manière optimisée. Premièrement, les ouvertu-
res pour la ventilation de paquets de différents formats ne se combinent pas, inhibant la ventila-
tion et développant des micro-environnements où les conditions ne sont pas celles désirées.
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72 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Chapitre 3 – Emmagasinage 73
Figure 59: Noircissement dû à l’asphyxie des tissus d’une tête d’artichaut à cause d’un stockage dans
la mauvaise atmosphère. (Photographie: A. Yommi, INTA E.E.A. Balcarce).
Figure 60: Fenêtre d’inspection d’un lieu de stockage par atmosphère contrôlée.
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74 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
produits mais, en règle générale, les combinaisons les plus fréquentes sont 2-5 pour cent d’oxy-
gène et 3-10 pour cent de dioxyde de carbonne (Kader, 1985).
Tous les produits agricoles bénéficient de la modification d’atmosphère mais son utilisation
n’est pas très étendue. Le produit idéal à stocker sous atmosphère contrôlée est difficile à définir,
mais cela doit compenser les coûts d’investissement et d’opération. En premier lieu, le produit
doit être de saison mais jouir d’une demande constante pendant une longue période de commer-
cialisation. De plus, sous certains aspects, il doit être unique, du moins pas facilement remplaça-
ble par d’autres produits. En d’autres termes, la technologie de contrôle de l’atmosphère est inté-
ressante lorsqu’il n’y a pas d’autres produits compétitifs sur le marché. C’est probablement pour
cette raison qu’elle n’est utilisée que pour très peu de produits, particulièrement pour les pommes
et les poires. L’atmosphère modifiée, quant à elle, est très utilisée car elle s’adapte au pré-embal-
lage ou à l’emballage en sacs par les consommateurs ou à n’importe quels autres emballages en
films perméables.
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Chapitre 4
76 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
du goût, de la couleur, ou d’autres caractéristiques externes. Il a été démontré que certains patho-
gènes sont capables de survivre sur le produit assez longtemps pour représenter une menace et,
de fait, de nombreux cas de maladies associés à la consommation de produits ont été rapportés
(tableau 12).
Trois types d’organismes qui peuvent présenter un risque pour la santé humaine sont
susceptibles d’être véhiculés par les fruits et les légumes: les virus (hépatite A, par exemple), les
bactéries (Salmonella spp., Escherichia coli, Shigella spp., et autres) et les parasites (Giardia spp., par
exemple). Les mycotoxines ou celles non fongiques sont source d’inquiétude bien qu’elles ne
posent habituellement pas de problème, car le développement fongique est généralement détecté
et éliminé bien avant la formation de mycotoxines. Dans la plupart des cas, les bactéries sont
responsables de maladies associées à la consommation de fruits et légumes.
Les mécanismes par lesquels le produit peut être contaminé sont complexes (figure 61). La
meilleure stratégie pour obtenir un produit sain consiste à prévenir la contamination à chaque
étape de la chaîne, de la production à la consommation, et à mettre en œuvre certains traitements
sanitaires, de même que maintenir le produit dans certaines conditions (principalement en ce qui
concerne la température) défavorables aux micro-organismes. Cette approche est connue comme
«systems approach» (approche des systèmes) (Bracket, 1998), par laquelle chaque étape du proces-
sus est une partie d’un système intégré. Les données et/ou la documentation sur toutes les acti-
vités et les traitements sont nécessaires pour mettre en place un système de traçabilité qui permet
la détection des points faibles à l’intérieur du système, et de prendre les mesures de correction
nécessaires. Le fait de suivre des procédures écrites strictes pour de bonnes pratiques agricoles
(BPA) et/ou de bonnes pratiques de fabrication (BPF) (annexe 2) sont les éléments clés d’un
système qui s’accompagne de méthodes telles que l’analyse HACCP (Hazard Analysis Critical
Control Point, ou Analyse des risques-point critiques pour leur maîtrise) pour identifier les points
critiques auxquels les risques pour la sécurité alimentaire doivent être contrôlés.
Cette section décrit brièvement les principaux points (étapes) qui présentent un risque dans
la production et la distribution de fruits et légumes et où ces risques concernant la contamination
microbiologique affectant la sécurité sanitaire existent. De plus, certaines actions préventives
recommandées sont suggérées de même que d’autres considérations pour la rédaction de manuels
de BPA et de BPF spécifiques pour chaque récolte et chaque région de production.
Tableau 12: Eléments pathogènes isolés dans les fruits et les légumes et maladies rapportées
dans le sol, jusque dans les nappes phréatiques. S’il n’y a que de l’eau contaminée de disponible,
le pompage souterrain est le seul système d’irrigation recommandé pour éviter la contamination
des parties comestibles de la plante qui poussent sur la terre au dessus (tableau 13).
L’utilisation d’engrais d’origine animale (fumier) ou déchets d’égouts comme fertilisants ou la
présence d’animaux sur le champ de production est la principale cause de contamination. Le
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78 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
ORDURES
INSECTES
EGOUTS
HUMAINS
EAU
SOL
(terre)
PLANTES
VIANDE,
ENSILLAGE
LAIT, ŒUFS
ANIMAUX
Figure 61: Mécanismes au travers desquels les fruits et les légumes peuvent être contaminés par des
micro-organismes pathogènes. (Adapté de Harris, 1998).
fumier doit être composté en plein air pour atteindre 60-80 °C pendant au moins 15 jours. Les
tas statiques et le compostage par les vers de terre ne garantissent pas que les micro-organismes
sont inactivés. Les eaux usées du site et celles des municipalités ne doivent être utilisées que si un
système de désinfection efficace est disponible.
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Etape
Risques Prévention
de production
Champ Contamination Eviter l’accès des animaux, qu’il s’agisse
de production par matières fécales d’animaux sauvages, de production
animales ou même d’animaux domestiques.
80 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
La production et la récolte des fruits et légumes dépendent beaucoup du travail humain et les
conditions d’hygiène des travailleurs dans les champs sont une autre source de contamination. En
premier lieu, les champs de production sont généralement éloignés des toilettes et autres sanitai-
res pour l’hygiène du personnel. De plus, les équipes de travailleurs migrants vivent de façon tem-
poraire sur les lieux de production dans des conditions la plupart du temps inacceptables du
point de vue des pratiques sanitaires. En plus de leur fournir des toilettes portables, il est très
important de leur faire comprendre l’importance de pratiques hygiénistes propres à un travail
garantissant la sécurité alimentaire.
Le type de produit a également une importance: dans les matières à faible acidité, telles que
les légumes, les bactéries ont tendance à être prédominantes, alors que les fruits sont principale-
ment colonisés par les champignons. Les récoltes qui se développent près du sol, telles que les
fraises et les légumes feuillus d’une manière générale, sont plus susceptibles d’être contaminées
par l’eau, la terre, ou les animaux, en comparaison avec les récoltes sur les arbres. Enfin, quelques
composés chimiques des tissus naturels, tels que les acides organiques, les huiles essentielles, les
pigments, les phytoalexines et autres, ont des effets antagonistes et apportent une sorte de
protection pour l’établissement des micro-organismes.
Comme pour la plupart des opérations de manipulation, il existe de nombreuses occasions de
contamination durant la récolte. Les heurts et dommages peuvent libérer du latex et d’autres
liquides des tissus de la plante, fournissant par là même le substrat pour l’établissement des
micro-organismes portés par les mains, les outils, les vêtements, l’eau, ou les conteneurs. La
contamination à n’importe quel point de la chaîne et jusqu’à la consommation est exacerbée par
les conditions auxquelles le produit est exposé, et la température est l’élément le plus important
à prendre en compte.
ment hydraulique, en plus des autres utilisations qu’il en est fait, telles que l’hygiène personnelle,
ou comme transporteur pour les cires, produits chimiques, etc.
82 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
solution. Les kits de maintenance pour piscines peuvent être utilisés pour contrôler le PH. Le
chlore sous forme de gaz abaisse le PH de la solution alors que sous forme d’hypochlorite, que ce
soit de calcium ou de sodium, il l’augmentera.
La concentration en chlore actif s’exprime en parts par million (ppm). Le chlore libre, rési-
duel, actif ou disponible est la fraction capable de réagir avec des micro-organismes après qu’une
certaine proportion ait été neutralisée par les impuretés organiques et inorganiques présentes
dans l’eau. Bien que des concentrations de chlore dans une échelle de 0,2 à 5 ppm sont capables
de tuer la plupart des bactéries et des champignons présents dans l’eau, dans des opérations
commerciales des concentrations plus élevées sont utilisées (100-200 ppm) pour les opérations de
lavage et de refroidissement hydrauliques. Un litre de javel domestique (80 g de chlore actif/dm3)
dilué dans 400 litres d’eau représente environ 200 ppm, et dans 800 et 1 600 litres, environ 100
et 50 ppm, respectivement. Il est pratique de commencer les opérations quotidiennes avec de fai-
bles concentrations (100-150 ppm) pour augmenter la quantité de chlore dans la solution car
l’eau est contaminée par la saleté et les débris de plantes de même que par l’augmentation de la
charge en micro-organismes.
Une exposition courte (3-5 minutes) est suffisante pour permettre une désinfection, mais à
part le PH et les impuretés, la température est une solution qui est aussi importante car des
températures basses réduisent leurs activités. Le degré de développement des micro-organismes
est aussi important, car leurs spores sont de 10 à 1 000 fois plus difficiles à tuer que dans leur état
végétatif.
L’usage du chlore dans les fruits et légumes n’est pas autorisé dans certains pays parce qu’il
peut réagir avec des matériaux organiques pour générer des composés chlorés et des trihalomé-
thanes, soupçonnés d’être cancérigènes. Pour cette raison, des désinfectants alternatifs sont
recherchés par les industries.
L’ozone est un gaz à fort pouvoir d’oxydation à une concentration de 0,5-2 ppm. Son utilisa-
tion est approuvée pour la désinfection de l’eau, mais elle est difficile à appliquer, car il n’existe
pas de méthode fiable pour contrôler sa concentration. De plus, il est seulement efficace dans une
échelle de PH de 6-8 et doit être généré au même endroit où il est utilisé. Il est dangereux pour
les hommes à des concentrations de plus de 4 ppm et peut causer des dommages sur certains
tissus de plantes. Malgré ses limites, il est probablement le composé le plus prometteur pour
remplacer le chlore. La lumière ultraviolette à des radiations de 250-275 nm peut aussi être utili-
sée. La température de l’eau ou le PH n’affectent pas son efficacité, mais l’eau doit être filtrée car
la turbidité réduit son efficacité.
La gestion de l’eau est également importante, car des lavages séquentiels sont plus effectifs
qu’un lavage unique. Par exemple, une bonne opération de lavage est obtenue par un lavage initial
pour éliminer la saleté et les débris de plantes, suivi par un deuxième lavage avec de l’eau chlorée,
puis un rinçage final à l’eau claire. Le brossage ou l’agitation de l’eau augmentent l’efficacité du
lavage. La remise en circulation de l’eau doit être effectuée dans le sens inverse du mouvement du
produit, c’est-à-dire que les eaux de rinçage peuvent être réutilisées pour le lavage initial. Le
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refroidissement hydraulique est un des systèmes les plus efficaces pour le pré refroidissement
mais il est aussi le plus risqué en termes de contamination microbienne, que ce soit à la surface
ou par infiltration de l’eau à l’intérieur des fruits. Pour cette raison, il est important de garder à
l’esprit des méthodes alternatives de prérefroidissement telles que l’air forcé.
84 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
façon à éviter de nourrir et d’abriter des insectes, rongeurs, reptiles, et autres animaux. Les
poubelles et déchets doivent être ramassés quotidiennement.
4.2.4 Vente
La vente, le stockage et la préparation des produits à la maison sont des lieux où les fruits et
légumes peuvent être contaminés. Tout ce qui a été dit concernant l’hygiène personnelle et la
prévention de contacts avec les animaux restent valides. La pratique habituelle au niveau de la
vente au détail de débiter les grands fruits (potirons, melons d’eau, melons, etc.) doit être évitée,
et l’utilisation de la réfrigération est recommandée pour la plupart des articles périssables.
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86 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
organismes nuisibles. Pour ces raisons, la meilleure stratégie consiste à minimiser le risque, en
prévenant la contamination autant que possible.
Figure 62: Le comptage d’un plateau entier de colonies aérobies sur un support grandissant donne
une idée du degré de contamination.
Un système de traçage est un élément important dans tout programme de bonnes pratiques
agri-culturelles et de fabrication, car il permet une identification rapide et précise de n’importe
quel problème de contamination, aidant à mettre en œuvre les mesures correctives nécessaires
aussitôt que possible. La courte période de temps existant entre la récolte et la consommation des
fruits et légumes rend difficile une réaction dans les temps si une rupture de la chaîne est détec-
tée. Malgré ces limitations, le fait de tenir des registres peut aider à réduire la population à risque
et devrait venir en complément des mesures préventives décrites dans cette section.
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Chapitre 5
88 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
ple parmi tant d‘autres, illustrent bien cela puisqu’au moins quatre types sont proposés à l’ache-
teur: la tomate conventionnelle ou beef tomato, la tomate à longue durée de conservation, la tomate de
type cerise et celle issue de l’industrie agroalimentaire et vendue fraîche, se présentant sous des for-
mes, des emballages, voire même sous des couleurs, différents. Ces mêmes tomates sont aussi
commercialisées en grappes. Il convient également de noter l’approvisionnement croissant en
fruits et légumes exotiques et non conventionnels qui, en corrélation avec le point précédent,
contribue à élargir encore davantage l’éventail de choix proposé à l’acheteur. En 1981, par exem-
ple, dans un supermarché bien approvisionné des États-Unis, on comptait 133 variétés de fruits
et légumes, 282 en 1993 et enfin 340 en 1995 (Cook, 1997). Sans atteindre de telles proportions,
on observe également cette tendance dans les différents pays d’Amérique latine et des Caraïbes.
Enfin, il existe une demande croissante de produits de meilleure qualité, aussi bien interne
qu’externe. Les aspects externes (présentation, apparence, uniformité, maturité, fraîcheur)
rentrent en priorité dans la décision du consommateur à la vue du produit à l’étalage d’un maga-
sin (figure 63). Cela est particulièrement important dans les systèmes de self-service où le produit
doit «se vendre lui-même», dans la mesure où un produit non choisi représente une perte pour
le détaillant. La qualité interne (saveur, arôme, texture, valeur nutritionnelle, absence de conta-
minants biotiques ou non biotiques) est liée à des aspects qui ne sont en général pas perçus de
manière extérieure mais qui sont tout aussi importants pour le consommateur.
En résumé des paragraphes précédents, l’on peut affirmer que la tendance générale consiste à
consommer mieux et de manière plus diversifiée: le consommateur recherche la qualité à travers
l’apparence, la fraîcheur, la présentation, la valeur nutritive et l’innocuité du produit.
% de réponses
Aspect / conditionnement 97
Goût / saveur 96
Fraîcheur / maturité 96
Prix 70
Certifié sain après test des résidus 68
Valeur nutritive 66
Dureé de conservation 60
Pratique à manger / préparer 51
Taille 45
De saison 41
Affichage apparent 37
Teneur en calories 26
Organique croissance 22
Région productrice d’origine 19
Préemballage 11
Nom de la marque 10
Figure 63: Pourcentage des réponses par des consommateurs évaluant ces aspects évidents en tant
qu’extrêmement ou très important s(reproduit de Tronstad, 1995).
supplémentaires n’est pas rare pour circonscrire la notion de qualité selon un usage spécifique,
ainsi on peut-on parler de qualité industrielle, de qualité d’exportation, de qualité alimentaire, etc.
90 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
APPARENCE / CONDITION
Forme
Caractère compact
Uniformité Physiques
Défauts Morphologiques
Physiologiques
Pathologiques
Entomologiques
FRAÎCHEUR / MATURITÉ
Couleur (maturité)
Taille
Brillance
Texture Fermeté / dureté / MMollesse
Caractère croustillant
Caractère juteux / succulent
Fibrosité
Farinosité
confirmées. Si le résultat est satisfaisant, un lien de fidélité est créé. Par exemple, si on découvre
que je l’on préfère les pommes rouges aux pommes jaunes, je on continuera à acheter des pom-
mes rouges. Il est possible de générer cette fidèlité pour des marques, des formes de présentation,
des emballages, des lieux de vente, etc.
Les fruits et légumes sont principalement consommés pour leur valeur nutritive ainsi que
pour la variété de leurs formes, couleurs et saveurs, qui les rendent attractifs pour la préparation
des repas. S’il doit les consommer crus ou peu cuisinés, le consommateur sera sensible au fait
qu’ils sont sans substances biotiques ou non-biotiques susceptibles d’affecter sa santé.
[Link] L’apparence
L’apparence est la première impression que le consommateur reçoit et elle est la composante la
plus importante dans l’acceptation et la décision d’achat finale. Plusieurs études montrent que
c’est au supermarché que près de 40 pour cent des consommateurs décident de ce qu’ils vont
acheter. La forme constitue l’une des sous-composantes la plus aisément perçue, bien qu’en géné-
ral elle ne représente pas un aspect décisif de la qualité, excepté pour les déformations ou les
défauts morphologiques. Parfois, la forme est un indicateur de maturité et donc un indicateur de
saveur. Tel est le cas de la «joue charnue» d’une mangue ou de la courbure «en forme de doigt»
d’une banane.
Le caractère compact est la caractéristique la plus significative des espèces où l’inflorescence
constitue un organe commercialisable, comme le brocoli ou le chou-fleur ou de celles comportant
une «tête» comme la laitue, le chou ou l’endive. Il n’est en général pas associé à leurs caractéris-
tiques organoleptiques mais constitue davantage un indicateur du degré de développement à la
récolte, étant donné que l’inflorescence apparente révèle une récolte trop tardive, tandis que des
«têtes» non compactes indiquent une récolte prématurée. Dans une certaine mesure, c’est aussi
un indicateur de fraîcheur puisque le caractère compact diminue avec la déshydratation.
L’uniformité est un concept appliqué à toutes les composantes de la qualité (taille, forme,
maturité, caractère compact, etc.). Pour le consommateur, c’est une caractéristique significative
qui indique qu’une personne connaissant le produit l’a déjà sélectionné et classé dans des catégo-
ries définies selon les critères officiels de qualité. Cette caractéristique est si importante qu’assu-
rer l’uniformité d’un produit est l’opération principale effectuée avant sa commercialisation.
Dans la plupart des cas, les défauts internes ou externes n’altèrent pas l’excellence organolep-
tique du produit, mais le consommateur les rejette car l’absence de défauts est l’une des compo-
santes principales de l’apparence et donc, de la décision d’achat. Pendant la croissance du produit,
diverses raisons (climat, irrigation, sol, variété, fertilisation, etc.) peuvent entraîner des défauts
morphologiques ou physiologiques. Les cerises doubles, la ramification des racines de la carotte,
les tomates «tête de chat», les tuberculeux «en forme de pommeau» et les «cœurs creux» des
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92 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
cas de la courgette, du petit pois, du haricot vert et des légumes nains en général, pour lesquels
les consommateurs exigeants apprécieront plus particulièrement les petites tailles.
Le brillant met en valeur la couleur de la plupart des produits, mais il est plus particulière-
ment apprécié pour les espèces telles que la pomme, le poivron, l’aubergine, la tomate, le raisin,
les prunes, les cerises, etc., si bien qu’un bon nombre d’entre elles sont enrobées de cire et sont
polies pour améliorer leur aspect.
En ce qui concerne les légumes, le brillant est d’une certaine manière associé à la turgescence:
un vert brillant est l’un des indicateurs de la fraîcheur. Il peut aussi être utilisé comme indicateur
du moment de récolte pour les aubergines, les concombres, les courges et d’autres fruits récoltés
immatures; pour ceux-ci, la diminution du brillant indique un développement trop important et
une perte d’une partie de leurs caractéristiques en termes de saveur et de texture. S’agissant du
melon, de l’avocat et d’autres espèces, il est le signe, au contraire, que la maturité requise pour la
récolte a été atteinte.
Différentes sensations perçues par les êtres humains font partie de la définition de la texture.
Ainsi, la fermeté est perçue grâce aux mains; les lèvres et les mains discernent le type de surface
de l’aliment (poilue, cireuse, lisse, rugueuse, etc.) tandis que les dents permettent de déterminer
la rigidité de la structure qui est mastiquée. La langue et le reste de la cavité buccale détectent les
types de particules issues de la mastication (douces, crémeuses, sèches, juteuses, etc.). Les oreilles
interviennent elles aussi dans la perception de la texture: par exemple, grâce aux sons produits par
la mastication d’espèces, l’on peut savoir si un fruit est croquant (Wills et al., 1981).
La texture, associée à la saveur et à l’arôme, représente la comestibilité. Une tomate trop
mûre, par exemple, sera rejetée pour sa mollesse et non parce que d’importants changements de
goût ou d’arôme sont intervenus. Bien qu’elle ait une importance décisive en ce qui concerne la
qualité de certains fruits et légumes, la texture n’a qu’une importance relative pour d’autres.
Chaque produit est apprécié différemment en termes de texture: pour sa fermeté (tomate,
poivron), l’absence de fibres (asperge, artichaut), son moelleux (banane), parce qu’il est juteux
(prune, poire, agrume), croquant (céleri, carotte, pomme), etc.
La fermeté et la couleur sont les principaux paramètres utilisés pour l’estimation du degré de
maturité d’un fruit. La maturité améliore la texture du fruit et le rend plus moelleux et, associée
aux changements de saveur et de couleur, elle porte le fruit à sa qualité de consommation opti-
male. Pourtant, à mesure que ce processus se développe, un excès de maturité peut survenir qui
entraînera finalement une désorganisation des tissus et un pourrissement du produit.
La fermeté est utilisée principalement comme indice de récolte; elle est mesurée avec des
instruments (figure 12) qui enregistrent la force nécessaire pour provoquer une certaine défor-
mation ou la résistance à la pénétration d’un piston de dimension établie.
Un fruit est juteux lorqu’en le mangeant on a la sensation d’un écoulement de liquide dans la
bouche. La teneur en jus de nombreux fruits augmente à mesure qu’ils mûrissent. La teneur en
jus minimale des agrumes est règlementée: 30 pour cent pour les oranges navel, 35 pour cent pour
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94 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
les pamplemousses et les autres oranges, 25 pour cent pour les citrons, 33 pour cent pour les
mandarines et 40 pour cent pour les clémentines (Thompson, 1996).
[Link] La saveur
La saveur est la combinaison des sensations perçues par la langue (goût) et le nez (arôme) (Wills
et al., 1981). Bien que ces deux sensations puissent parfaitement être dissociées, les récepteurs
sensoriels sont si proches que la perception des arômes, et plus particulièrement de ceux qui sont
libérés à l’écrasement des tissus, se fait simultanément à celle du goût des aliments qui sont ame-
nés à la bouche, mordus, mastiqués et goûtés. Il est possible aussi de parler d’une saveur/arôme
visuel qui fait que certains aspects extérieurs (en particulier la maturité) permettent de connaître
la saveur/arôme d’un produit bien avant sa consommation. L’être humain a accumulé dans sa
mémoire une telle quantité de goûts et d’arômes différents qu’il est capable de reconnaître un
produit, sans le voir, uniquement d’après sa saveur ou son arôme; il suffit qu’il en ait déjà consom-
mé par le passé.
Le goût des fruits et légumes s’exprime habituellement sous forme d’une combinaison des
principes sucré et acide qui sont une indication du degré de maturité et de comestibilité. Le
contenu des éléments solides solubles permet une bonne estimation de la teneur totale en sucre
et de nombreux fruits devraient comporter un minimum de matières solides avant d’être récoltés
(tableau 14). Les acides organiques (citrique, malique, oxalique, tartarique) sont l’autre compo-
sante importante du goût, en particulier dans leur relation avec les extraits secs solubles. À mesu-
re que le fruit mûrit, le taux de ces acides a tendance à diminuer et ainsi le rapport entre ces aci-
des et les extraits secs solubles tend à augmenter. L’acidité titrable est la forme utilisée pour
exprimer l’acidité. Le rapport entre les extraits secs solubles et l’acidité titrable est appelé ratio et
il est utilisé principalement pour les agrumes, en fonction de l’espèce et de la variété. Sa valeur est
de 8 pour les mandarines, les oranges navel et les hybrides, de 7 pour les autres types d’orange et
de 5,5 pour les pamplemousses (Lacey et al., 2000).
L’astringence (sensation de perte de lubrification dans la bouche) et l’amertume sont dues à
différentes composantes. Elles ne sont pas fréquentes et, lorsqu’elles sont présentes, elles dimi-
nuent normalement avec la maturation. Dans ces cas où elles apparaissent naturellement et
présentent un désavantage, elles sont éliminés grâce à des programmes d’amélioration génétique.
Certaines espèces ou un groupe d’entre elles sont caractérisées par des corps composés spéci-
fiques; c’est le cas, par exemple, des piments dits «forts» dont le piquant provient en fait de la
teneur en capsaicine et de la présence de quatre autres corps composés similaires.
Il y a également des cas où les enzymes et les substrats responsables du goût sont isolés dans
les compartiments des tissus sains et ne rentrent en contact les uns avec les autres que lorsque les
fruits et légumes sont tranchés, mastiqués ou écrasés. Tel est le cas du piquant de l’ail et de l’oi-
gnon mais aussi du goût du concombre cru. La cuisson de ces légumes empêche ces réactions et
le goût obtenu est alors différent.
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Pomme 10,5-12,5
Abricot 10
Myrtille 10
Cerise 14-16
Raisin 14-17,5
Pamplemousse 8
Kiwi 14
Mangue 8
Mandarine 8
Melon 10-12
Nectarine 10
Orange 8
Papaye 11.5
Pêche 10
Poire 13
Kaki 18
Ananas 12
Prune 12
Grenade 17
Framboise 8
Fraise 7
Pastèque 10
Il y a une corrélation entre la teneur en matière sèche et les caractéristiques des principaux
organoleptiques utilisés dans l’industrie. En général, à une teneur en matière sèche élevée,
correspondent un rendement industriel et un goût meilleurs. Cela est particulièrement significa-
tif en ce qui concerne les produits déshydratés. Pour la pomme de terre, une teneur plus élevée
en matière sèche (mesurée en terme de densité) est associée à une meilleure qualité de cuisson.
Cependant, en ce qui concerne les produits frais, la teneur en matière sèche n’est pas utilisée
comme indicateur de la période de récolte et/ou de la qualité organoleptique, sauf pour l’avocat
où l’on observe une corrélation marquée avec la teneur en huile. En fonction de la variété consi-
dérée, les avocats dont la teneur en matière sèche est inférieure à 21-23 pour cent ne devraient pas
être mis sur le marché (McCarthy, 2000).
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96 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Riboflavine
Vitamine A
Vitamine C
Thiamine
Calcium
Niacine
Fibres
PRODUITS
Fer
Bette X *
Artichaut * XX
Ananas X
Céleri * X
Myrtille X *
Airelle * *
Petit pois XX * *
Banane X
Patate douce XX * *
Brocoli * *
Carambole * XX *
Oignon * X
Prune *
Chou-fleur XX
Chou-rave XX
Chou vert
Haricot mange-tout *
Chérimole XX * * XX
Panais * *
Maïs dous *
Abricot XX *
Date *
Endive belge *
Asperge * * XX
Épinard XX X *
Framboise XX XX
Fraise
Figue X * XX
Champignon *
Kiwi XX
Laitue iceberg *
Laitue romaine X X
Citron vert X
Citron XX
Mangue XX *
Pomme * X
Cantaloupe *
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98 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Riboflavine
Vitamine A
Vitamine C
Thiamine
Calcium
Niacine
Fibres
PRODUITS
Fer
Melon d’hiver XX *
Mûre X X
Navet *
Orange navel
Orange de Valence XX
Nectarine *
Gombo * *
Avocat * XX
Pomme de terre * XX * * * * X
Papaye * X
Concombre *
Poire * X
Poivron
Pamplemousse XX
Poireau *
Radis X
Betterave rouge *
Chou XX XX
Chou rouge XX
Chou de Milan à feuilles frisés * X
Chou de Bruxelles * *
Rutabaga X
Pastèque X XX X *
Tomate * XX
Tapinambour *
Carotte *
Citrouille X *
Courge poivrée X * *
Courge musquée XX *
Courge Hubbard * *
Source : The Parker, 1996; Association de vente de produits, 2000.
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Les aliments qui contiennent ces corps composés sont aussi dits «fonctionnels», bien que
d’autres appellations telles que «alicaments» ou «aliments à usage médicinal spécifié» et d’autres
encore aient été proposées. Étant donné que la plupart des ces corps composés sont d’origine
végétale, de nombreux auteurs les appellent les phytochimiques.
Les fruits et légumes sont riches en substances phytochimiques comme les terpènes (les caro-
ténoïdes contenus dans les fruits rouges, oranges et jaunes et les limonoïdes contenus dans les
agrumes), les phénols (couleur bleue, rouge et violette des cerises, du raisin, de l’aubergine, des
baies, des pommes et des prunes), les lignanes (brocoli), les thiols (composés sulfurés contenus
dans l’ail, l’oignon, le poireau et autres produits de la famille des alliums, les choux, les crucifères
et autres).
[Link] Sécurité
Les fruits et légumes doivent être attractifs, frais, nutritifs, avoir une belle apparence et être
bien présentés. Outres ces caractéristiques, leur consommation ne doit pas présenter de risque
pour la santé. Le consommateur n’a aucun moyen de détecter la présence de substances dange-
reuses dans les aliments et il dépend complètement du sérieux et de la responsabilité de tous les
membres de la chaîne de production et de distribution. Il doit donc nécessairement leur faire
confiance; à cela viennent s’ajouter les précautions habituelles qui consistent à peler, laver et/ou
cuire le produit avant de le consommer. Cependant, cette confiance a des limites et toute suspi-
cion quant à la sécurité d’un produit a des répercussions très importantes au niveau du consom-
mateur. Parmi les exemples les plus pertinents, il est intéressant de mentionner l’épidémie de
choléra qui a frappé l’Amérique latine dans les années 90, suite à laquelle la consommation de
légumes de plusieurs pays de cette région a fortement diminué pendant près d’une année. Autre
exemple, les exportations chiliennes furent sévèrement affectées dans les années 80, à la suite de
la découverte dans un port des États-Unis de deux plans de raisin comportant des résidus dan-
gereux. Durant cette même période, l’Alar (un daminozide, régulateur de croissance utilisé pour
contrôler la nouaison des fruits) a effrayé les populations et provoqué une diminution considéra-
ble de la consommation de pommes aux États-Unis.
La sécurité sanitaire des aliments est l’absence de toute substance dangereuse pour la santé.
En ce qui concerne plus particulièrement les fruits et légumes, la présence de résidus de pestici-
des sur les produits a été l’une des principales craintes des consommateurs. Cependant, il existe
bien d’autres contaminants potentiellement aussi, voire plus, dangereux, tels que les micro-orga-
nismes pathogènes, les mycotoxines, les métaux lourds et d’autres substances.
Étant donné que les fruits et légumes sont consommés frais et bien souvent non pelés, tous
les organismes pathogènes, présents sur la surface externe constituent un danger potentiel pour
l’être humain. Nous avons déjà décrit les mesures sanitaires d’hygiène destinées à réduire les
risques alimentaires dans le chapitre précédent. Les bactéries comme la shigella spp., la salmonell
spp., l’aeromonas spp., l’escherichia coli, les listeria monocytogenes et les toxines produites par le
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100 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
clostridium botulinum et autres, ont été reconnues responsables de maladies associées à la consom-
mation de fruits et légumes. Le virus de l’hépatite A a été détecté sur les produits ainsi que des
parasites tels que l’entamoeba histolyca et le giardia lamblia (tableau 12).
Les agrochimiques font partie des outils que l’homme a utilisé pour augmenter les rende-
ments et satisfaire ainsi le besoin en nourriture croissant d’une population en pleine expansion.
Ce sont les herbicides, les insecticides, les fongicides, les fumigènes, les rodenticides, les régula-
teurs de croissance, les cires, les désinfectants, les additifs et tout autre produit de nature
chimique utilisé pendant la production ou la manipulation post-récolte. Leurs résidus ont tou-
jours inspiré une grande crainte, bien que les avancées de la chimie et de la biochimie, une
meilleure compréhension de l’écologie, des maladies et des parasites, ainsi que l’utilisation crois-
sante de mesures de contrôle non chimiques, aient contribué à rendre le monde actuel plus sûr
par rapport à ce qu’il était aux débuts de la production intensive. Les agrochimiques d’aujourd’-
hui sont moins toxiques et persistants, leurs produits de dégradation sont généralement inoffen-
sifs et de meilleures méthodes de laboratoire ont été développées afin de les détecter. Plus gran-
de est également la conscience liée à leur usage, leur dosage et aux temps de pause à respecter
entre leur utilisation et la récolte.
Chaque pays a sa propre législation en termes de limite maximale de résidus (LMR) qui
correspond généralement aux règles fixées par la Commission du Codex Alimentarius ou par
d’autres organisations internationales (annexe 1). Un LMR ou tolérance est le taux maximum de
concentration autorisé en résidus de pesticides résultant d’une utilisation selon des pratiques
agricoles correctes.
L’utilisation d’agrochimiques devrait s’inscrire dans le cadre du code des bonnes pratiques
agricoles qui s’efforce de garantir une hygiène sanitaire maximale et de minimiser les risques pour
la santé du consommateur. Des produits spécifiques devraient être utilisés pour contrôler les
maladies ou les parasites, en suivant attentivement les indications du fabricant concernant les
récoltes pour lesquelles ils peuvent être utilisés ainsi que les délais à respecter entre leur applica-
tion et la récolte.
La présence de nitrates dans les légumes à feuilles, d’oxalates dans certaines espèces et l’accu-
mulation de métaux lourds provenant, en particulier, de l’utilisation des eaux d’égout comme
engrais ou les modifications organiques, représentent autant de risques pour la santé. Certains
corps composés issus du végétal lui-même ou des champignons qui colonisent sa surface, tels les
mycotoxines, peuvent présenter aussi une certaine toxicité.
tiques pendant la période de croissance, de l’irrigation, des fertilisations, du traitement contre les
maladies et les parasites et en fonction d’autres pratiques de culture. La récolte marque la fin de
la culture à proprement parler et le début de la post-récolte, période pendant laquelle se mettent
en place la préparation du produit pour le marché, sa distribution et sa vente avant qu’il n’arrive
enfin sur la table du consommateur.
Les fruits et les légumes sont en général des produits hautement périssables et, avant d’être
séparés de la plante mère, tous leurs besoins en eau et en nutriments leur sont fournis par le reste
de la plante, le tout se comportant comme une entité distincte. Cependant, une fois récoltés, leur
durée de vie dépend de leurs réserves. Après la récolte, ils continuent à vivre: ils respirent, transpi-
rent et sont sujets à des changements continuels qui entraînent l’altération de leur qualité inter-
ne et externe. Le degré d’altération dépend du type de produit, des conditions de croissance et
d’autres facteurs, mais surtout des conditions dans lesquelles il a été conservé après la récolte,
telles que la température, l’humidité relative, le mouvement et la composition de l’air, etc. Les
changements qui surviennent après la récolte peuvent être seulement retardés jusqu’à un certain
point et c’est pour cela que la préparation pour le marché des produits frais doit être mise en place
de manière rapide et efficace pour éviter toute perte de qualité.
Outre leur altération naturelle et les lésions physiologiques et mécaniques décrites dans les
chapitres précédents, les pourritures sont elles aussi responsables d’une perte de qualité du
produit. Les pertes postérieures à la récolte dues aux micro-organismes peuvent être très impor-
tantes, en particulier dans les climats chauds où le taux d’humidité relative est élevé. Les
produits en putréfaction contaminent le reste et, dans ces conditions, la production d’éthylène est
stimulée accélèrant d’autant plus le processus d’altération.
La plupart des champignons et des bactéries qui attaquent les fruits et légumes après la récol-
te sont des agents pathogènes faibles et ils pénètrent principalement les tissus par le biais des
lésions externes (Will et al., 1981). Les lésions causées pendant les manipulations sont autant de
voies d’accès pour ces agents pathogènes, même si certains peuvent infecter des produits sains.
Les fruits qui ne sont pas mûrs sont la plupart du temps plus résistants à l’attaque d’agents patho-
gènes. Il est aussi possible que l’infection ait lieu alors que le fruit n’est pas mûr et n’apparaisse
qu’à un stade ultérieur de la maturation, à un moment où les défenses naturelles sont affaiblies
(Dennis, 1987). Un bon programme de lutte contre les maladies au niveau du champ réduit les
sources d’inoculation et les risques d’infection ultérieurs à la récolte, ce qui facilite la lutte contre
lesmaladies après la récolte. De plus, une manipulation délicate pendant la récolte et durant les
opérations de conditionnement réduit les dommages physiques qui favorisent l’introduction de
micro-organismes. Le contrôle de la température est l’un des outils les plus utilisés parce qu’il
diminue l’activité métabolique des micro-organismes et maintient les défenses naturelles du
produit à un niveau élevé en réduisant la vitesse du processus de maturation. Le contrôle du taux
d’humidité relative, en particulier pour éviter la condensation d’eau sur le produit et créer ainsi
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102 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
des atmosphères protectrices, constitue également un outil utile pour la lutte contre les maladies
post-récolte.
Cette méthode ou système fournit essentiellement des outils d’analyse pour la surveillance du
processus de production et l’adoption de mesures lorsque la variabilité dépasse certaines limites
considérées comme normales. Son application permet d’améliorer la qualité du traitement et
donc celle du produit. Ces outils peuvent égalment être utilisés au niveau des usines de condi-
tionnement.
Ce système fut transféré au Japon après la Seconde Guerre mondiale où il évolua pour deve-
nir ce que l’on connaît désormais sous le nom de «gestion totale de la qualité» (GTQ) ou sim-
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104 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
plement «qualité totale». La qualité totale est aujourd’hui le cadre conceptuel le plus complet
permettant d’assurer la qualité du produit dont chaque personne ou chaque activité au sein du
processus de production est la garante; son objectif est l’absence de tout défaut et la complète
satisfaction du consommateur, au-delà même de ses attentes.
Parallèlement au développement de la GTQ, le concept d’«assurance qualité» a été inventé
en Europe. Sa portée est plus étroite que celle de la GTQ mais il est plus facile à mettre en place
et probablement plus adapté aux fruits et légumes. Il est défini comme l’ensemble des actions
programmées et systématisées nécessaires pour garantir que le produit ou le service satisfera aux
exigences de qualité. Cela implique habituellement l’application de certaines règles, protocoles ou
normes développés spécifiquement et l’obtention d’un certificat délivré par une entreprise indé-
pendante habilitée. Le système ISO est probablement le meilleur système connu, en particulier
celui issu de la série 9000.
L’HACCP (Analyse des risques - points critiques pour leur maîtrise) mérite une mention
spéciale; ce système a été conçu spécifiquement pour garantir que l’industrie alimentaire ne soit
exposée à aucun type de contamination susceptible de représenter un risque pour la santé.
Aujourd’hui, cette méthode est reconnue internationalement comme l’outil logique et scienti-
fique pour tous les systèmes de qualité des aliments. Il est également de nature préventive et sa
clé de voûte repose sur un système d’identification des points critiques, au sein de la production,
où la qualité doit être contrôlée pour éviter, éliminer ou ramener à un niveau acceptable tout
risque sanitaire potentiel. Le système d’HACCP est aujourd’hui utilisé aux États-Unis et dans
d’autres pays pour l’importation de poisson, de viande, d’œufs et d’autres aliments. Jusqu’à main-
tenant, il n’est pas exigé pour les fruits et légumes, bien que certains pays exportateurs soient en
train de le mettre en place pour garantir une qualité supérieure de leurs produits. La logique de
l’HACCP peut être appliquée à la détection d’autres défauts dans la qualité.
Bien que tous ces systèmes tirent leur origine de l’industrie, leur application s’est étendue à
d’autres secteurs. L’agriculture, en particulier la production de fruits et légumes, intègre de
nombreuses méthodes et idées conçues dans le secteur industriel car les principes fondamentaux
sont, non seulement applicables, mais également recommandables pour tous les produits haute-
ment périssables dont la qualité s’altère très rapidement. Plusieurs sociétés d’exportation ont mis
en place l’HACCP conjointement au certificat ISO 9002, ce qui garantit la sécurité alimentaire
au sein d’un système qui assure la qualité du produit. Un concept clé repose sur l’idée que les sys-
tèmes de qualité ne s’excluent pas mutuellement mais s’imbriquent plutôt, élargissant ainsi
l’approche d’application et dépassant le produit lui-même pour englober le processus de prépa-
ration, les entrées, les fournisseurs et les intermédiaires, tout en tenant compte des réactions et
commentaires du consommateur ou du client pour assurer une continuelle amélioration du
produit.
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Les principes fondamentaux de la qualité totale, tels qu’ils sont conçus au moment présent,
peuvent être résumés de la manière suivante:
• le consommateur est roi.
• toute opération fait partie intégrante d’un processus;
• la qualité d’un produit peut toujours être améliorée;
• la qualité doit être créée et non contrôlée;
• la planification permet de prévenir les problèmes de qualité;
• le produit voulu doit être obtenu au moment voulu. La manipulation post-récolte doit
être adaptée afin que le produit atteigne le marché voulu dans les conditions voulues.
Chapter_5.qxd 30-10-2007 11:22 Pagina 106
Chapter_6.qxd 29-10-2007 10:55 Pagina 107
Chapitre 6
108 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
ces aspects non tangibles que les cultivateurs de fruits et légumes ont une carte à jouer, c’est sur
ce plan qu’il peuvent tirer leur épingle du jeu, faire la différence, car leur production offre ces
aspects que le consommateur apprécie et que la grande distribution ne peut pas imiter.
La production atteint le consommateur essentiellement de deux façons: indirectement ou
directement. Dans le premier cas, les intermédiaires (détaillants, grossistes, courtiers, etc.) sont
ceux qui interprètent les préférences du consommateurs puis les fermiers sont supposées adapter
leur façon de cultiver à la demande. Dans le second cas, la vente directe permet d’explorer la com-
plexité du comportement du consommateur et, ainsi d’innover, de chercher de nouvelles alterna-
tives.
obtenir ailleurs. Les gros volumes exigés par les chaînes de supermarchés peuvent parfois exclure
les petits producteurs des marchés.
Une alternative pour accéder à un marché plus large peut être de combiner la production de
plusieurs producteurs de coopératives, des assemblages par municipalité, des marchés de village
ou même des emballeurs individuels. Ainsi, les bénéfices se font sur le plan de l’uniformité de la
qualité et de l’emballage, sans compter la réduction des coûts et la possibilité d’allouer les servi-
ces de spécialistes du marché de façon à étendre les domaines de vente et à accroître le profit.
Les petits producteurs de fruits et légumes n’ont pas d’atouts dans les négociations, de par les
petits volumes de production et la péremption des produits. Ils n’ont alors d’autre choix que d’ac-
cepter les conditions qui leur sont imposées. Voilà pourquoi le présent chapitre visera à considé-
rer le marketing direct comme un moyen alternatif de faire augmenter les profits de leurs récol-
tes, de deux façons: en baissant les frais et ce en augmentant la valeur des produits.
110 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Figure 65: Les intersections sont les meilleurs emplacements pour ouvrir un point de vente perma-
nent. Les étalages sur le trottoir augmentent le champ de visibilité et attirent les clients, à condition
qu’ils ne gênent pas le passage.
Après que les exigences des agences municipales de règlementation aient ont été satisfaites,
une autorisation d’ouverture pour un point de vente est octroyée. Les municipalités se réservent
le droit de révoquer ce permis à n’importe quel moment si les opérations ne se déroulent pas de
la manière voulue, surtout si les règles d’hygiène ou de sécurité publique ne sont pas respectées.
Le détenteur du permis ne pourra pas porter réclamation.
Ces permis sont délivrés exclusivement pour les fruits et légumes. Aucun autre produit ne
peut être vendu avec ce permis, à l’exception de sacs de charbon et de bois pour le feu, ou d’un
tout autre produit à condition qu’il soit mentionné sur la licence. Ceux qui auront cette licence
se verront dans l’obligation de rendre la dite licence aux autorités municipales une fois que le
point de vente ne sera plus en activité.
Les municipalités auront le droit d’imposer des amendes ou autres sanctions, et, pourront par
exemple, entamer une action en justice contre les détenteurs de la licence. L’avis des habitants des
environs est important et sera pris en compte dans le choix de la délivrance, le renouvellement, et
l’annulation des autorisations.
Les municipalités peuvent réglementer les caractéristiques de fabrication d’un point de vente,
comme par exemple le matériel de construction, les dimensions, et les arrangement extérieurs des
étalages. Les étalages extérieurs doivent être transportables, ils ne peuvent pas faire partie du
trottoir et on doit pouvoir les déplacer quand le commerce n’est pas ouvert.
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Les licences sont personnelles et non transférables. Le détenteur du permis doit toujours être
présent sur le point de vente, cependant, il peut se faire remplacer par d’autres personnes au cas
où il serait souffrant. L’idée de base derrière toutes ces règles est d’empêcher que la vente au détail
des fruits et légumes ne se trouve monopolisée.
En plus d’être établi en zone autorisée, le nouveau point de vente devra se tenir à une certai-
ne distance des commerces déjà établis. Pour des questions de sécurité et d’hygiène, la distance
minimum entre le point de vente au détail et les écoles, les hôpitaux et autres zones spécifiques
sera déterminée par les autorités municipales. Il en sera de même pour les zones où soit les
piétons soit les véhicules pourraient être gênés.
En accord avec la législation nationale ou régionale, les municipalités pourront réglementer
les ventes grâce à un système national pour les poids et mesures. Par exemple, la municipalité de
Gral. Pueyrredón (province de Buenos Aires, Argentine) a décrété que les ananas et l’ail seraient
vendus à l’unité; que les melons et les pastèques pourraient être vendus à l’unité ou au poids . Par
contre, elle a aussi décidé que les bananes, les pêches, les poivrons, les aubergines, les abricots, le
maïs, le fenouil, les raleis, les citrons, les mandarines, les coings, les pommes, les oranges, les
poires, les pamplemousses, les avocats, les nectarines, et les artichauts entre autres seraient ven-
dus à la douzaine, au kilo, ou une combinaison des deux. D’un autre côté, les cerises, les prunes,
les fraises, les framboises, les groseilles, les griottes, les figues, le raisin, le céleri, les petits pois, les
bettes, les brocolis, les patates douces, les oignons, les choux-fleurs, les asperges, les épinards, les
fèves, la laitue, le manioc, les navets, les concombres, les haricots, les poireaux, les pommes de ter-
res, les choux, les radis, les betteraves, les endives, les salsifis, les tomates, les citrouilles, les carot-
tes ne peuvent être vendues qu’au poids.
Le point de vente doit rester propre et net. Le personnel devra porter des vêtements et des
calots blancs.
Les détenteurs du permis seront réquisitionnés pour aider à délivrer la licence à de nouvelles
personnes. Les lois nationales et provinciales ainsi que les règlementations devront être appli-
quées même si elles ne sont pas spécifiquement incluses dans les règles établies par la municipa-
lité. Les taxes et autres obligations fiscales devront être payées en temps voulus.
Les produits peuvent être disposés sur des plateaux, empaquetés hors de l’emballage d’origi-
ne; mais il faudra dans tous les cas qu’ils soient protégés des insectes, de la saleté, et des bactéries
éventuelles, qui pourraient se développer à force d’être patinés par les clients. On ne doit rien
vendre à l’extérieur de la boutique.
Les départements de règlementation du gouvernement concernant les communautés locales
sont chargés de faire respecter les arrêtés. Un fichier sera créé pour les détenteurs de la licence; ce
dernier inclura un rapport socioéconomique personnalisé ainsi que des fiches relatives aux inspec-
tions et aux plaintes de même que d’autres informations relatives aux points de vente.
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112 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Figure 66: Une présentation désordonnée avec des articles difficiles à atteindre perturbe les clients
et leur donne l’impression qu’ils perdent leur temps.
Il est important d’avoir recours à différentes techniques pour disposer l’étalage de façon à
augmenter les ventes. Quand elle est à une distance de deux mètres, une personne standard voit
une zone qui s’élève à 80 centimètres du sol et va jusqu’à 2 mètres de haut, considérant aussi une
largeur de 2 ou 3 mètres. En dehors de cette zone, la visibilité décroît sensiblement. Une zone de
minimum 30 centimètres de largeur est nécessaire à une bonne perception visuelle (figure 67).
Des produits volumineux tels que les pastèques, les melons, les citrouilles etc. auront besoin de
plus de place. De, zones spéciales avec de larges étalages comme des îlots au milieu des allées,
peuvent être utilisées pour attirer l’attention lors de ventes éclair (figure 68). Des étagères
penchées (de 30°-45°) et des miroirs peuvent être utilisés pour mettre le produit en valeur
(figure 69). Pour les denrées à faible durée de conservation, on devra utiliser des étagères réfrigé-
rées (figure 70).
Ces deux systèmes de vente ne s’excluent pas l’un l’autre, pas plus que différentes possibilités
telles que celle d’avoir recours à des produits déjà emballés, comme les pommes de terre par exem-
ple (dans des sacs de 1 à 5 kg). Il en va de même pour les citrouilles, les agrumes et les oignons,
entre autres, qui sont vendus selon le système traditionnel.
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114 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Figure 67: Chaque article occupe une place précise sur le stand en fonction de sa taille et
de la stratégie de commercialisation adoptée.
Figure 68: Les articles volumineux nécessitent d’être placés dans des espaces plus larges. On peut
avoir recours à des zones particulières et souvent larges comme des îlots dans les allées, de façon à
attirer l’attention du client lors de ventes éclairs.
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Figure 69: Des miroirs mettent les produits en valeur, les plaçant ainsi plus en vue.
Figure 70: Les denrées hautement périssables devront être placées dans des endroits réfrigérés.
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116 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Figure 71: Une des stratégies employées pour faire augmenter les ventes consiste à grouper les pro-
duits qui se ressemblent, comme par exemple les tubercules et les betteraves.
d’hygiène, car cette activité génère de mauvaises odeurs et accroît le nombre d’insectes et de
vermines qui gravitent autour. La deuxième raison réside dans le fait qu’ils représentent une
forme de concurrence déloyale envers les points de vente déjà établis, qui sont eux périodique-
ment inspectés et paient des taxes pour pouvoir opérer.
La vente ambulante se fait dans les véhicules, par ailleurs tractés par des machines, des ani-
maux ou des hommes (figure 72), et dans lesquels les produits sont colportés de porte-à-porte. Il
est à noter qu’aucun remplacement des articles vendus n’est possible. La vente dans la rue répond
aux mêmes exigences et aux mêmes limites que la vente ambulante: aucune balance n’est admise,
les produits sont le plus souvent vendus à l’unité. (figure73).
118 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Figure 72: Le colportage se trouve limité eu égard au peu d’articles que l’on peut transporter,
d’autant qu’il n’est pas possible de substituer les articles vendus. Certaines communes n’autorisent
aucune forme de vente dans la rue.
Figure 73: La vente dans la rue est limitée pour les mêmes raisons que le colportage. Si l’on n’utilise
pas de balance, on devra se contenter de vendre à l’unité.
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Figure 74: L’environnement informel des marchés à la ferme est ce qui attire le plus la clientèle.
d’un environnement informel. Le marché de fermiers est couronné de succès quand il y a corro-
boration et interaction entre les trois groupes dominants:
Le groupe chargé des sponsors, de l’organisation et de la promotion peut être composé d’une
partie de la municipalité, d’un groupe de voisins, de la chambre de commerce locale, une associa-
tion de fermiers ou une quelconque autre association, un groupe organisé autour d’une église ou
une organisation charitative qui collecte des fonds pour ses activités.
Les marchands devront être de vrais fermiers - y compris les producteurs exploitant un lopin
de terre - qui en profitent ainsi pour augmenter leurs revenus. Cela revêt a une importance consi-
dérable parce que les clients posent des questions et aiment échanger leurs expériences de
fermiers et avoir d’autres types d’interaction avec eux.
Les acheteurs sont la partie essentielle des marchés. On estime qu’un marchand peut en
moyenne gérer 800 acheteurs potentiels. Ainsi, une commune de 8 000 habitants pourrait gérer
un marché fermier avec 10 vendeurs (Marr et Gast, 1991).
Le lieu du marché est un aspect clé et doit être pris en compte. Différentes études montrent
qu’il est plus facile de le situer près des clients que des marchands. Ils sont le plus souvent situés
près des places de village ou d’un autre lieu public ouvert où les vendeurs doivent amener leurs
propres tables, bacs, bâches et autre matériel nécessaire à l’environnement de la vente qui seront
facilement démontés quand la période de vente, est terminée. Les rues et les allées pavées sont
aussi avantageuses que les places de parking adéquates. Un endroit ombragé, protégé des intem-
péries est plus souhaitable, à la fois pour les vendeurs et pour les acheteurs.
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120 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Les organisations qui sont responsables des fonds devront réclamer une taxe d’installation
aux marchands pour couvrir des frais concernant la sécurité, une assurance, l’éclairage et les frais
de nettoyage. Elles auront la responsabilité d’établir une politique pour déterminer qui peut
vendre sur les marchés, pour règlementer les honoraires, les heures, les jours et les mois d’ouver-
ture, les sanctions, et autres questions concernant l’opération. Elles devront aussi arbitrer les pro-
blèmes et disputes éventuels. Elles devront également promouvoir le marché, voter des décrets
afin d’éviter les conflits, et préserver l’environnement du marché, qui est précisément ce qui rend
le marché fermier si attrayant.
Différents produits tels que les fruits, les légumes, le miel, les œufs, le bois pour le feu, les
fleurs, les plantes vertes, le matériel de jardin, peuvent être vendus sur les marchés fermiers. En
revanche pour d’autres produits tels que les articles de boulangerie, les confitures, les marmela-
des, le lait, les fromages faits maison, il faudra peut-être un permis spécifique. Quant à la vente
de viande ou autre produit similaire, elle est généralement interdite. On ne devra y vendre que
des articles produits à la ferme, et toute forme de revente devra être interdite. La vente de pro-
duits faits main devra être autorisée car elle attire beaucoup de monde, mais elle ne devra se faire
que dans une certaine mesure, de façon à préserver l’esprit du marché.
Les stratégies de commercialisation mentionnées dans la partie [Link] sont aussi valables
pour la vente sur les marchés fermiers mais on doit considérer certaines restrictions, car les mar-
chés fermiers n’ont lieu qu’une à deux fois par semaine. Avoir une image positive, des marchands
doués pour la vente, est aussi très utile à ce niveau, mais ce que les gens viennent vraiment cher-
cher, c’est l’environnement informel, familial, les échanges amicaux.
Il y a de nombreux avantages à faire du commerce dans ces marchés fermiers: les investisse-
ments de départ sont minimes; il n’est pas vraiment nécessaire de prêter attention à l’emballage
des produits; il n’est pas impérative de disposer d’un nombre important d’articles, ni d’un nomb-
re important de variétés différentes à proposer. Les inconvénients pourraient être les suivants: le
faible chiffre d’affaire réalisé par chacun, le fait d’avoir à traiter avec beaucoup les clients; et la pos-
sibilité qu’un temps défavorable ne décourage les clients potentiels de venir au marché.
Figure 75: Pour que la vente à la ferme soit profitable, les points de vente devront être situés près de
grandes routes, à proximité de grands parkings. On devra aussi pouvoit voir clairement les articles
proposés à la vente.
Des panneaux devront guider les clients vers le dépôt à la ferme il faudra par ailleurs et pré-
voir des instructions pour se déplacer à l’intérieur du marché. Ces panneaux devront être situés
de façon à être visibles (figure 76), et devront être placés à une distance de 100 à 2 000 mètres
avant la ferme pour permettre au conducteur de réduire sa vitesse. Plus la vitesse consentie sera
élevée, plus les panneaux devront être placés tôt, et moins ils devront comporter de mots.
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122 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Figure 76: Pour attirer l’attention des voyageurs, des panneaux devront être placés avant le point de
vente, et les lettres devront être suffisamment grosses pour être lues facilement, de façon à ce que
le conducteur puisse quitter la route sans risque.
Par exemple, pour être lisibles à 100 mètres, les lettres devront mesurer au moins 30 centi-
mètres de haut et 6 centimètres de large. Vingt-deux lettres de cette taille peuvent être lues à une
vitesse de 45 km/h, alors que l’on pourra seulement en lire dix à 90 km/h (Lloyd et al., 2001).
Il n’existe pas de formule toute faite pour désigner un dépôt à la ferme, ainsi on peut aussi
bien parler d’abri de grange ou de bâtiment spécialisé. Dans tous les cas, les locaux doivent être
absolument propres, suffisamment spacieux pour que l’on puisse y présenter les produits et que
s’y promener sans peine. Ils devront avoir une apparence rustique et simple (figure 77), car c’est
là que se situe la différence principale entre ces dépôts et les points de ventes plus classiques, ce
qui donne ce caractère spécial que les clients viennent chercher. De préférence, il faudra y
vendre des articles produits à la ferme, mais il est bien venu de compléter cette sélection avec des
articles qui viennent de chez les grossistes. Les recommandations pour faire progresser les ventes
(que nous avons mentionnées plus haut) s’appliquent aussi dans ce cas de figure.
La particularité de la ferme, c’est surtout le système de vente appelé «cueillez vous-même» ou
«cueillez il vous plaira» (figure 78). Il s’agit de laisser les clients récolter eux-mêmes les fruits et
les légumes. Dans certains points de vente à la ferme les produits ont déjà été récoltés et empa-
quetés. Ces derniers peuvent être mélangés à des produits que les clients auront récoltés eux-
mêmes. On pourra fournir aux clients des récipients ainsi que des outils et de la même manière,
on leur indiquera les endroits où les fruits et légumes sont prêts à être récoltés. Les ventes se
feront selon le poids, la quantité, ou à l’unité.
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Figure 77: Un point de vente à la ferme devra avoir une apparence rustique et simple. De plus,
il devra être bien propre et proposer une disposition agréable ainsi que des allées suffisamment
larges pour permettre aux clients d’y circuler aisément.
Figure 78: Des systèmes alternatifs peuvent être développés, selon le principe suivant: «cueillez
vous-même», ou «cueillez comme il vous plaira».
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124 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Le plus grand avantage de cette méthode, c’est que les fermiers ne sont pas tenus de récolter
et n’ont aucun frais d’emballage ou autre. Ainsi, les articles sont moins chers, ce qui les rend d’au-
tant plus intéressants aux yeux des clients. Le client a aussi la possibilité de passer une journée au
plein air, en contact avec la nature, et il peut cueillir les fruits et légumes au niveau de maturité
qu’il souhaite. Cela se transforme fréquemment en sortie familiale dépaysante que l’on termine
en faisant des confitures et des marmelades. Pour toutes ces raisons, les ventes individuelles sont
plus importantes que dans un quelconque autre système de commercialisation directe.
Cependant, il est important dans ce cas de figure de veiller à superviser les gens, car beaucoup
de ces clients n’ont aucune expérience de la vie à la ferme, ainsi il arrive fréquemment qu’ils abî-
ment les plantations, ou qu’ils utilisent le produit de façon inadéquate. De plus, la responsabilité
est plus importante, dans le sens où le nombre d’accidents avec les outils de jardinage, tels que les
échelles ou autre augmente; ainsi, il est important que la ferme dispose d’un bon système pour
parer aux problèmes urgents et d’un bon contrat assurance. Le fermier doit aussi prévoir un
moyen alternatif de récolter les produits au cas où peu de clients à cause de mauvaises conditions
climatiques par exemple. Les récoltes de fruits posent moins de se présenteraient problèmes que
les récoltes de légumes, de même que les produits dont la période de récolte est longue.
L’application des pesticides et les périodes de jachères devront être soigneusement planifiées de
façon à toujours disposer d’une parcelle prête à être récoltée.
La règle de base pour augmenter les ventes des fermes réside dans l’idée que «plus les clients
resteront longtemps, moins ils dépenseront d’argent». C’est pour cela que des programmes sup-
plémentaires tels que faire effectuer le tour de la ferme, les promenades en tracteur, les jeux et
activités pour les enfants, un chemin tracé pour découvrir la ferme, la possibilité de camper sur
place, les démonstrations de fabrication maison, les études sur la nature, un petit zoo avec des
animaux de la ferme, la possibilité de pêcher, etc., seront mis en place. Une autre méthode pour
augmenter les revenus peut être de vendre des confitures ou des marmelades faites maison, des
sauces, des recettes traditionnelles ou spécifiques, toute sorte de nourriture faite maison, etc. On
pourra réserver sa journée à la ferme et ainsi organiser un week-end au cours duquel on pourra
se livrer à différentes activités à la ferme.
davantage pour effectuer les commandes, et d’utiliser un véhicule régulièrement, ce qui augmen-
te le coût de l’opération.
Les restaurants de cuisine ethniques, ainsi que les grands restaurants sont à considérer à part,
car ils ont souvent besoin de produits rares et de qualité. On peut signer des contrats très inté-
ressants si les produits sont de qualité suffisante et s’ils sont livrés correctement, dans le respect
des limites de temps imposées. En outre, un chef qui se montrera créatif fera nettement
augmenter les ventes.
126 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Annexe I 127
Annexe I
Le Code alimentaire argentin (CAA) a été préparé par le Département d’État à la santé publique,
basé sur les règlementations alimentaires approuvées par le Décret 141/53, en plus de son amen-
dement et des normes complémentaires. Le CAA a été sanctionné en 1971 par la Loi 18284, mais
il est régulièrement mis à jour, en particulier grâce à l’incorporation de résolutions concernant la
nourriture du groupe de marché commun du Mercosur (GMC).
Le CAA règlemente les conditions hygiéniques et sanitaires et bromatologiques, et l’identifi-
cation commerciale de la nourriture destinée à la consommation humaine en République argen-
tine, en accord avec les normes proposées par le Codex Alimentarius. Il a une portée nationale,
et est extensif en ce qui concerne les importations et les exportations de denrées alimentaires. Les
instructions du Code alimentaire argentin doivent être suivies par/pour toute personne, société,
magasin, compagnie de transport, étalage, commerçant, importation et exportation de nourritu-
re, condiments, boissons, et matériaux crus, de même que pour tous les additifs alimentaires. Les
autorisations de vendre de la nourriture, fournies par les autorités municipales et provinciales
dans le cadre de leurs juridictions, doivent être formulées selon les critères prescrits par le CAA,
qui est divisé en 18 chapitres, dont les 5 premiers portent sur des considérations générales qui
doivent être appliquées à tout type de nourriture; le reste est spécifique aux différentes catégories
de nourriture. Le Chapitre XI fait référence aux fruits et légumes.
128 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Définitions et spécifications.
Annexe I 129
sont inclus. Les systèmes de conservation, incluant l’irradiation de ces espèces pour lesquelles elle
est autorisée (patate, ail, oignon, asperge, et fraise) sont très détaillés, les normes de régulations
pour les conteneurs, l’étiquetage, les conservateurs autorisés, etc. sont également abordés.
2.1.1 Introduction
Les principes généraux qui doivent être appliqués pour établir les critères et normes microbiolo-
giques relatifs aux aliments sont justifiés par des problèmes de santé publique et par la nécessité
de standardiser les critères pour le commerce inter États.
Pour cette raison, des organisations internationales telles que la FAO, l’OMS, l’OPS, ont
montré un intérêt grandissant sur la question.
Ainsi, le CODEX ALIMENTARIUS et le I.C.M.S.F. ont continuellement publié une
documentation normative qui règlemente le sujet.
Prenant en compte le fait que les pays qui forment le MERCOSUR participent activement
à l’élaboration des documents du CODEX ALIMENTARIUS et de l’I.C.M.S.F., ces derniers
peuvent être pris comme références.
130 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
qui ont une importance sur la santé publique et en accord avec les catégories/types d’aliments
dont il est question.
2. Critères complémentaires (à titre consultatif):
2.1 Critères relatifs à l’évaluation du processus technologique utilisés pour obtenir un
produit fini en fin de chaîne.
2.2 Critères pouvant guider le fabriquant, mais qui n’ont pas pour but une inspection
finale.
3. Buts des critères microbiologiques les aliments
3.1 Protection de la santé du consommateur.
3.2 Uniformité des critères pour les pratiques commerciales.
4. Considérations sur les principes pour l’établissement et l’application de normes et standards
microbiologiques.
4.1 Les principes sont ceux indiqués dans les documents élaborés par le CODEX ALI-
MENTARIUS.
Ces principes doivent respecter les dispositions des documents qui traitent de bonne pra-
tiques de fabrication, et leurs fiches d’évaluation, telles que le Système d’analyse des risques
aux point critiques.
4.2 Dans des situations où le risque épidémiologique justifie une alerte sanitaire, d’autres
déterminations microbiologiques non inclues dans la liste des normes et standards éta-
blie doivent être effectuées en fonction du problème
5. Composantes des normes et standards microbiologiques.
5.1 Les micro-organismes sélectionnés pour le produit considéré.
5.2 Les méthodes recommandées pour leur détermination.
5.3 Les seuils de tolérance liés aux micro-organismes sélectionnés et leur distribution dans
les échantillons analysés, en accord avec le plan d’échantillonnage.
5.4 Plans d’échantillonnage appropriés pour les différents types d’aliments considérés.
6. Plan d’échantillonnage et manipulation des échantillons.
6.1 En accord avec le CODEX ALIMENTARIUS, l’I.C.M.S.F. et d’autres organismes
internationalement reconnus.
Annexe I 131
Plats tout prêts, crèmes glacées, poissons et crustacés, légumes, glace, etc.
* Pâtes Fraîches (avec et sans garniture)
* Boissons sans alcool:
Eau, jus de fruit, etc.
* Condiments: sauces et assaisonnements
* Fruits secs: cacahuètes, etc.
* Conserves de produits à base de plantes ou d’origine animale
* Autres aliments jugés nécessaires
7. Déterminations analytiques
Les critères établis par le CODEX ALIMENTARIUS, l’I.C.M.S.F., et d’autres organismes
internationalement reconnus seront pris comme référence.
Note de l’éditeur: cette résolution GMC N° 062/92 a été révoquée par la résolution CMG
N° 014/95, à son tour adoptée par la résolution SAGPA N° 561/99.
Selon l’information obtenue, la résolution GMC N° 062/92 est toujours
effective, jusqu’à ce que la résolution GMC N° 014/95 soit adoptée par le
Ministère de la santé.
132 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Annexe I 133
Recommander une uniformité dans les exigences, les procédures, et les termes pour mener les
différentes inspections et/ou autorisations d’installation et/ou produits, leur industrialisa-
tion, élaboration, conservation, fractionnement, et commercialisation sur l’ensemble du ter-
ritoire national.
Encourager la mise en place, tout comme le CAA l’établit, du Registre unique des produits
et établissements (Unique National Register of Products and Establishments).
Encourager les contrôles alimentaires coordonnés dans les points de vente à travers les auto-
rités de santé qui intègrent le SYSTÈME NATIONAL DE CONTRÔLE ALIMEN-
TAIRE.
Recommander des systèmes d’Audit pour pouvoir répondre aux termes, procédures, et exi-
gences établis dans la sous-section c) de cet article.
Recommander aux autorités compétentes ceux qui intègrent le SYSTÈME NATIONAL
DE CONTRÔLE ALIMENTAIRE, l’unification des sanctions, amendes, et taxes dans le
pays entier.
Proposer aux politiques de santé et Secrétariat aux affaires alimentaires du Département de
l’agriculture, du bétail (élevage), de la pêche, et de la nourriture, la mise à jour de ce décret.
Proposer aux organismes compétents du SYSTÈME NATIONAL DE CONTRÔLE
ALIMENTAIRE la création de bureaux uniques affectés aux affaires sanitaires, et de recom-
mander aux bureaux des douanes aux frontières de les mettre en place.
Promouvoir la mise en œuvre de systèmes de coopération entre organismes publics et/ou
privés pour obtenir un contrôle sanitaire des aliments efficace.
Collaborer avec les délégations argentines aux congrès internationaux sur l’alimentation, aux
conventions, réunions, et évènements.
Promouvoir l’installation d’une base de données unique informatisée, avec une information
correspondant aux lois en vigueur adoptées par les organismes qui forment le SYSTÈME
NATIONAL DE CONTRÔLE ALIMENTAIRE; les établissements, produits, emballa-
ges, additifs, laboratoires autorisés à effectuer des analyses, les violations et sanctions impo-
sées, et une autre base de donnée considérée comme importante dans le futur.
Elaborer des jugements demandés par les organismes nationaux et provinciaux qui intègrent
le SYSTÈME NATIONAL DE CONTRÔLE ALIMENTAIRE.
Demander l’avis d’experts nationaux et internationaux, pour effectuer la meilleure observa-
tion des fonctions assignées par ce décret.
Conseiller, en tenant compte de la supposition vue précédemment dans l’article 37 de ce
décret, lequel sera l’organisme compétent qui effectuera la supervision qui correspond.
Faire en sorte principalement que les sociétés produisant de la nourriture et des boissons
adoptent et améliorent les systèmes internationaux pour leur propre contrôle et/ou obtien-
nent des certificats de qualité internationaux. De la même manière, un système de récom-
penses et de bénéfices pour les entreprises qui mettront en place de tels systèmes et/ou
obtiendront de tels certificats devra être considéré.
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134 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Annexe I 135
136 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
riture impropre à la consommation humaine, ne sont pas utilisés sur les lieux de production.
Pour effectuer des inspections sanitaires et d’hygiène des établissements de produits primai-
res d’origine végétale quand cette fabrication ne dépasse pas le stade de la transformation,
exprimé et établi dans l’annexe II de ce décret. Il effectuera la même action sur les produits
de l’annexe sus-nommée.
Pour effectuer des inspections sanitaires et d’hygiène des importations de tous les types de
troupeaux, viandes, poissons, et volaille, leurs produits et produits dérivés, préparés ou non
pour la vente au détail directe, et dont la fabrication assure ou non leur stabilité et qui
correspond à sa stricte juridiction, telle qu’elle est spécifiée dans l’Annexe I de ce décret. Ces
contrôles seront faits avant leur mise sur le marché.
Pour élaborer et exécuter les plans et programmes liés à la prévention, au contrôle, et à l’éra-
dication des nuisibles et maladies chez les plantes et animaux, établissant dans le territoire
national les barrières phyto-zoosanitaires considérées adéquates pour jouer ce rôle.
Pour accorder les certificats sanitaires nécessaires pour l’exportation des produits alimentai-
res d’origine végétale et/ou animale, comme établis par les accords internationaux, ou à la
demande de l’exportateur.
Pour établir la suspension des importations de matériaux bruts et de produits d’origine ani-
male et/ou végétale, quand l’entrée de ces derniers dans le pays constitue un danger avéré
pour la santé des animaux, ou un risque phytosanitaire. Il sera en mesure d’adopter la même
mesure quand il y a un risque pour la santé des personnes dans les produits sous sa juridic-
tion.
Emettre et recevoir des accusations concernant des violations des dispositions établies par le
CAA et imposer les sanctions correspondantes, selon les normes en vigueur.
Accorder avec les autorités provinciales, le Gouvernement autonome de la VILLE DE
BUENOS AIRES et les autorités municipales, quand elles correspondent, les inspections
des établissements qui produisent de la nourriture d’origine animale et/ou végétale à desti-
nation du public selon les juridictions établies dans les Annexes I et II de ce décret.
Formaliser les accords entre les organismes nationaux, provinciaux et les organismes publics
municipaux, et le Gouvernement autonome de la VILLE DE BUENOS AIRES, ou leurs
divisions indépendantes, de même qu’avec les organismes des institutions internationales,
nationales, ou étrangères privées, dans le but de s’assurer d’un meilleur respect des fonctions
de sa juridiction.
Demander l’assistance des forces de police et demander des mandats de perquisition de la
part des juges ayant autorité sur le strict respect de ses fonctions.
Communiquer à la base de données unique (UNIQUE DATABASE), toutes les informa-
tions concernant les résolutions édictées, les contrôles effectués, les autorisations, et les sanc-
tions ou les mesures préventives imposées.
Délivrer les certificats sanitaires et/ou phytosanitaires requis pour pouvoir exporter du miel
en masse, sans qu’il ait été préparé pour la vente directe au détail.
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Annexe I 137
Contrôler les transit fédéraux de miel en masse sur le territoire national. Dans les cas où des
pays tiers exigent des certificats sanitaires et/ou phytosanitaires pour le mil fractionné ou
préparé pour la vente directe au détail, les systèmes correspondants seront établis avec les
organismes compétents.
Contrôler les jus, pâtes de fruits et de légumes, le sucre, le malt, la fécule (l’amidon), le
gluten, et autres produits dérivés de céréales qui apparaissent dans l’Annexe II de ce décret,
exclusivement pour ce qui concerne l’importation, dans les cas où ils constituent un matériau
brut destiné à être ajouté lors de la phase industrielle.
ARTICLE 14°. – L’ ANMAT est un organisme décentralisé de L’administration publique
nationale (National Public Administration), dans la juridiction du DÉPARTEMENT
AUX POLITIQUES DE SANTÉ ET A L’ACTION SOCIALE, dépendant du
MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DE L’ACTION SOCIALE (MINISTRY OF
HEALTH AND SOCIAL ACTION), qui fonctionne en autarcie économique et financiè-
re; il sera en charge, par l’intermédiaire de l’INSTITUT ALIMENTAIRE NATIONAL
(NATIONAL FOOD INSTITUTE, INAL) de la mise en œuvre de la politique édictée
par le Gouvernement national concernant la sécurité et la qualité de ces produits qui se
trouvent sous sa responsabilité exclusive, et de s’assurer du strict respect du CAA.
Ses responsabilités principales sont:
Participer au contrôle et à l’inspection de l’innocuité, de la santé, et de la sécurité des produits
qui sont sous sa juridiction, en s’assurant du respect de la Loi 18.284 et de son amendement,
et des normes complémentaires, en particulier pour ce qui concerne la nourriture préparée
pour la vente au détail, y compris les ajouts sous sa juridiction, et les matériaux entrant en
contact avec la nourriture, les activités, procédures, et technologies, qui contrôlent et détec-
tent tous les effets dérivés de leur consommation qui peuvent être préjudiciables à la santé
humaine, aussi bien que la présence de résidus ou substances nocifs.
Ses responsabilités premières sont:
D’adopter les systèmes nécessaires pour promouvoir le fonctionnement et les produits
alimentaires, en maintenant à jour de façon permanente.
ARTICLE 15°. – L’ANMAT par l’intermédiaire de l’INSTITUT ALIMENTAIRE
NATIONAL (NATIONAL FOOD INSTITUTE, INAL) aura les moyens et obliga-
tions suivants en matière de nourriture, sans porter atteinte aux moyens et juridictions accor-
dés par la législation en vigueur:
Protéger la santé du public en s’assurant de l’innocuité, de la salubrité, et de la sécurité des
produits qui sont sous sa juridiction, des matériaux qui entrent en contact direct avec eux, les
matériaux bruts, matériaux d’emballage, additifs, ingrédients et étiquettes.
Contrôler et inspecter les établissements qui produisent, débitent, et stockent des produits
alimentaires destinés à la population, à l’exception de ceux mentionnés dans les Annexes I et
II selon les termes de la subdivision e) de l’Article 13 de ce décret.
Contrôler et inspecter la sécurité et la qualité de la nourriture préparée pour la vente au détail,
qu’elle soit importée ou produite au niveau national, destinée à être consommée sur les
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138 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
marchés locaux ou étrangers selon la loi en vigueur, et qui ne sont pas sous la juridiction
d’autres organismes du système.
Coordonner avec les autorités provinciales, le Gouvernement autonome de la VILLE DE
BUENOS AIRES, et les autorités municipales les actions nécessaires pour un respect de ce
décret dans leurs juridictions.
Etablir et renforcer, quand cela est nécessaire, les délégations régionales dans les provinces, ce
qui apportera une assistance technique aux autorités juridictionnelles.
Créer et tenir à jour, tel que le CAA l’établit, le Registre unique des produits et établisse-
ments sous sa juridiction (Unique Register of Products and Establishments).
Ajouter à la BASE DE DONNÉES UNIQUE toutes les informations sur les résolutions
édictées, les contrôles effectués, et les sanctions et mesures préventives imposées.
Etablir et mener à bien les procédures en matière de prévention et de protection de la santé
publique, dans son cadre ou par l’intermédiaire d’autres autorités compétentes, ou simulta-
nément en informant le public des dangers de consommer ou d’utiliser des aliments qui
peuvent affecter la santé humaine.
Adopter, en cas de détection du moindre facteur de risqué lié à la qualité et à la sécurité de la
nourriture, des mesures adéquates et dans un laps de temps approprié, de façon à protéger la
santé publique, selon celles établies dans le CAA et dans ce décret.
Emettre et recevoir des accusations concernant des violations des dispositions établies par le
CAA et imposer les sanctions correspondantes, selon les normes en vigueur.
Formaliser les accords avec les organismes nationaux, provinciaux, et municipaux, et le
Gouvernement autonome de la VILLE DE BUENOS AIRES ou de leurs divisions indé-
pendantes, de même qu’avec les organismes internationaux ou nationaux et les institutions
privées étrangères, dans le but d’assurer le respect et l’observation des fonctions de sa juridic-
tion.
Demander l’assistance des forces de police et demander des mandats de perquisition de la
part des juges ayant autorité sur le strict respect de ses fonctions.
ARTICLE 16°. – Les autorités de santé de chaque province, le Gouvernement Autonome de la
VILLE DE BUENOS AIRES, et les municipalités seront responsables de l’application du
CAA au sein de leurs juridictions respectives.
ARTICLE 17°. – Les autorités présentes dans les provinces et le Gouvernement Autonome de
la VILLE DE BUENOS AIRES collecteront les amendes payées par les établissements
pour les services effectués au sein de leurs juridictions.
ARTICLE 18°. – Les autorités de santé de chaque province et le Gouvernement autonome de la
VILLE DE BUENOS AIRES enregistreront les produits et les établissements qui ont
besoin d’une autorisation pour produire, stocker, fractionner, distribuer et vendre de la nour-
riture, en tenant compte des exceptions établies dans l’article 13 de ce décret. Les autorisa-
tions seront accordées en fonction de besoins uniformes qu’il faut établir.
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Annexe I 139
140 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
pour la santé publique, et pour la santé des animaux et des plantes. Cette suspension, en ce
qui concerne les animaux et les plantes, sera fondée sur les communications périodiques que
les organisations internationales maintiennent avec leurs pays membres pour ce qui touche
aux statuts epizootiologiques et epiphytologiques ou, quand elle est fondée sur des examens
et évaluations des informations scientifiques disponibles, la suspension de l’importation est
déterminée pour obtenir le niveau de protection sanitaire considéré comme nécessaire sur le
territoire national.
Annexe I 141
l’organisme qui a initié l’action. Cela ne devra pas impliquer l’augmentation ou la duplication
des niveaux, droits, ou autres taxes, ni une augmentation dans les termes établis administra-
tivement. Les visites d’inspection devront être organisées entre les différents organismes avec
assez de temps. La date déterminée, l’absence d’un des organismes compétents ne sera pas un
frein pour les agents officiels d’un autre organisme, afin qu’ils puissent effectuer l’inspection,
les résultats d’une telle inspection étant reconnus et acceptés.
La demande d’autorisation ayant été présentée, les autorités de l’ANMAT et de la SENA-
SA, ou celles correspondant au cas effectueront l’inspection des établissements dans un délai
maximum de TRENTE (30) jours, sujette à l’approbation des documents soumis.
ARTICLE 31°. – Le numéro du registre des usines de production (Register of the Processing
plant) incluts dans l’unité a.- de l’Article 28 sera unique et constitué par les initiales des orga-
nismes nationaux «SENASA No...ANMAT No...», suivi des chiffres qui doivent être
stipulés et correspondre. La mention «autorisé pour sa commercialisation sur l’ensemble du
territoire national» («Authorized for its commercialization in all the national territory») doit
être indiquée sur l’étiquette.
Un délai de deux ans est accordé pour modifier les étiquettes approuvées avant ce décret.
Le numéro du registre des producteurs inclus dans l’unité b.- de l’Art. 28 devra être unique
et devra, pour être établi, être constitué d’initiales et de chiffres, ce qui sera définira l’étendue
de commercialisation et identifiera l’établissement de production.
ARTICLE 32°. – Une fois que les établissements mentionnés dans les articles a et b de l’Article
28 ont été autorisés, ils seront assujettis au système des audits concurrents parmi les orga-
nismes nationaux, provinciaux, et municipaux, et le Gouvernement autonome de la VILLE
DE BUENOS AIRES selon la juridiction. Dans ce but, les manuels d’audit correspondants
seront préparés pour uniformiser les critères et les procédures.
ARTICLE 33°. – Les certifications d’exportation (Export Certifications) seront réalisées de
manière indépendante par la SENASA. Cet acte ne sera pas programmé ni ne nécessitera la
participation concurrente d’aucun autre organisme compétent.
ARTICLE 34°. – L’approbation et l’enregistrement des produits laitiers seront effectués en
accord avec ceux établis dans le CAA.
ARTÍCLE 35°. – Les contrôles des produits laitiers importés préparés pour la vente au détail
seront sous la juridiction de l’ANMAT, alors que les produits laitiers non préparés pour la
vente au détail seront sous la juridiction de la SENASA.
142 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
ARTICLE 37°. – Dans le cas où les contrôles de différents organismes nationaux se recoupent
dans un même établissement, les représentants du DÉPARTEMENT DES
POLITIQUES SANITAIRES ET DE L’INSPECTION SANITAIRE du
MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DE L’ACTION SOCIALE et du DÉPARTEMENT
DE L’AGRICULTURE, DE L’ÉLEVAGE, DE LA PÊCHE, ET DE LA
NOURRITURE dépendant du MINISTÈRE DE L’ÉCONOMIE ET DES
TRAVAUX ET SERVICES PUBLICS, membres de la COMMISSION
ALIMENTAIRE NATIONALE (NATIONAL FOOD COMMISSION), détermine-
ront l’organisme qui devra agir, en accord avec les décisions prises précédemment par la
Commission susmentionnée.
ARTICLE 38°. – Quand un établissement sous la juridiction de l’ANMAT transforme des
produits alimentaires avec des ingrédients qui sont sous la juridiction de la SENASA, ces
derniers doivent entrer accompagnés des certificats délivrés par la SENASA qui approuve
leur condition sanitaire, ce qui ne signifie pas que l’établissement de production est lui aussi
sous la juridiction de la SENASA. Les certificats seront conservés dans l’établissement de
manufacturation à la disposition de l’ANMAT. La même condition est établie pour le cas
inverse.
ARTICLE 39°. – Pour accorder l’autorisation des établissements, les autorités de santé nationa-
les et provinciales, le Gouvernement autonome de la VILLE DE BUENOS AIRES et les
autorités municipales doivent faire en sorte d’effectuer les inspections dans un délai n’excé-
dant pas TRENTE (30) jours, à dater de l’approbation des documents soumis.
ARTICLE 40°. – Les organismes nationaux devront tendre vers une décentralisation des contrô-
les alimentaires, en formalisant les accords avec les autorités provinciales et le Gouvernement
Autonome de la VILLE DE BUENOS AIRES, pour appliquer le SYSTÈME
NATIONAL DE CONTRÔLE ALIMENTAIRE sous les conditions minimales suivan-
tes:
Même droits à régler pour les mêmes services;
Sanction identique pour violation identique des règles;
Capacité de contrôle équivalente;
Stages de formation permanente.
Audits périodiques effectués par les autorités nationales.
ARTICLE 41°. – Dans le but d’améliorer le système de sécurité alimentaire, les organismes
nationaux intégrant le système devront organiser conjointement des campagnes pour préve-
nir et réduire les maladies véhiculées par la nourriture.
À cette fin, les provinces et le Gouvernement autonome de la VILLE DE BUENOS AIRES
sont invités à participer à ces actions de la COMMISSION ALIMENTAIRE
NATIONALE.
Avec cet objectif en vue, la création d’un système de communication informatisé doit être
promu pour un diagnostic rapide des pathogènes responsables et pour la transmission de
l’information à toutes les juridictions.
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Annexe I 143
3.7 ANNEXE I
l. VIANDES ET PRODUITS À BASE DE VIANDE
1. 1. VIANDE
1. 1.1 VIANDE FRAÎCHE
1.1. 2 VIANDE SURGELÉE
1.2 PRODUITS À BASE DE VIANDE
1.2.1 CHARCUTERIE
1.2..1.1 SAUCISSES FRAÎCHES
[Link] SAUCISSES SÈCHES
[Link] SAUCISSES CUITES
[Link] NON EMBALLÉ
1.2.2. AYANT SUBI UNE OPÉRATION DE SALAISON
[Link] VIANDES SALÉES
1.3 PRODUITS D’ORIGINE ANIMALE EN BOÎTES DE CONSERVE OU EN
BOCAUX
1.3.1 PRODUITS EN BOÎTES DE CONSERVE
1.3.2 PRODUITS VARIÉS EN CONSERVES (CONTENANT PLUS DE 60% DE
PRODUITS D’ORIGINE ANIMALE)
1.3.3 PRODUITS SEMI-CONSERVÉS
1.3.4 PRODUITS EN BOCAUX
1.4 PRÉPARATION CULINAIRE CONTENANT PLUS DE 80% DE VIANDE
1.4.1 FRAIS
1.4.2 SURGELÉ
1.5 PRODUITS DÉRIVES DE VIANDE
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144 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
Annexe I 145
3.8 ANNEXE II
1. PRODUITS À BASE DE PLANTES FRAIS, RÉRIGÉRÉS, GELÉS ET SURGELÉS.
1. 1. CÉRÉALES.
1.2. FRUITS FRAIS, SECS, ET DÉSHYDRATÉS
1.3. LÉGUMES FRAIS, SECS, ET DÉSHYDRATÉS
1.4. LÉGUMES À GOUSSES FRAIS ET SECS
1.5. GRAINES À HUILE.
1.6. HERBE, THÉ, CACAO, CAFÉ ET AUTRES INFUSIONS
1.7. AROMATES ET ÉPICES.
1.8. LEVURES VIVANTES OU MORTES NON PRÉPARÉES POUR LA VENTE
DIRECTE AU DÉTAIL.
1.9. CHAMPIGNONS.
2. PRODUITS À BASE DE PLANTES (NON PRÉPARÉS POUR LA VENTE DIREC-
TE AU DÉTAIL)
2.1. HUILES NON RAFFINÉES.
2.2. FARINES DE CÉRÉALES, FARINES DE GRAINES DE PLANTES À HUILE ET
FARINES DE LÉGUMES SECS
2.3. JUS ET PÂTES DE LÉGUMES ET DE FRUITS, EN ACCORD AVEC L’ART. 13
SUBDIVISION p).
2.4 MALT, AMIDONS (fécules), GLUTEN ET AUTRES DERIVÉS DE CÉRÉALES
DESTINÉS À ÊTRE UTILISÉS COMME MATÉRIAUX BRUTS, en accord avec l’article
13, subdivision p)
2.5 SUCRE, en accord avec l’article 13, subdivision p).
3. PRODUITS À BASE DE PLANTES RÉCOLTÉS EN MILIEU SAUVAGE
3.1.- POUR LES IMPORTATIONS DE PRODUITS À BASE DE PLANTES
RÉCOLTÉES EN MILIEU SAUVAGE QUI PEUVENT PRESENTER UN RISQUE
PHYTOSANITAIRE POUR LA SANTÉ, UN CERTIFICAT DE SANTÉ DE LA
SENASA SERA EXIGE
Incorporée au CAA par la résolution MSyAS N° 003 du 01.11.95
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Annexe II 147
Annexe II
1 OBJECTIFS
1.1 Identifier les principes d’hygiène essentiels pour la production primaire de fruits frais (champ
ouvert ou serre), l’emballage, le stockage, et le transport, afin d’obtenir un produit alimentaire
sain et adapté à la consommation humaine.
1.2 Formuler des recommandations spécifiques pour de bonnes pratiques hygiéniques dans la
production primaire (champ ouvert ou serre), l’emballage, le stockage, et le transport des fruits.
1.3 Faire des recommandations quant aux bonnes pratiques de production et de fabrication, qui
sont nécessaires pour maintenir les caractéristiques et la qualité du produit.
1.4 Etablir des règles de travail afin de préserver la sécurité et la santé des gens travaillant sur la
chaîne de production.
1.5 Préserver les ressources naturelles des zones de production et la santé humaine par l’applica-
tion d’un système de production durable.
1.6 Proposer une orientation pour des guides spécifiques.
2 PORTÉE
3 DÉFINITIONS
Eau agricole: Cela fait généralement référence à l’eau utilisée dans la culture (champ, verger, etc.)
pour l’irrigation, le contrôle du givre, et l’application d’agents phytothérapeutiques, etc.
Eau potable: L’eau qui respecte les conditions spécifiées par la loi en vigueur: Code Alimentaire
Argentin, Chapitre XII; Article 982.
Nourriture: Toute substance ou mixture de produits naturels ou traités, ingérée par l’être
humain et qui fournit à l’organisme les éléments et l’énergie nécessaires pour le développement
des processus biologiques. Le terme «nourriture» inclut également les substances ou mélanges de
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148 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
substances qui sont utilisés dans la préparation et le traitement d’aliments, ayant ou non une
valeur nutritionnelle.
Qualité: Combinaison d’aspects et de caractéristiques de denrées ou de services en relation avec
leur capacité à satisfaire les besoins du consommateur, explicites ou implicites, tout en suivant les
exigences légales, techniques et commerciales.
Compost: Processus de traitement organique qui, au travers de procédés de bioxydation contrô-
lés incluant une première étape thermophilique, stabilise la matière organique, éliminant les
odeurs et réduisant le niveau pathogène.
Consommateurs: Personnes achetant ou recevant la nourriture avec le but de satisfaire leurs
besoins.
Contamination: L’introduction ou la présence d’UN (1) contaminant dans la nourriture ou dans
l’environnement de celle-ci.
Contamination-croisée: Contamination de la nourriture par contact direct avec la source de
vecteurs d’une possible contamination dans le processus de production.
Contaminant: Tout agent biologique ou chimique, corps étranger ou autre substance introduite
non-intentionnellement dans les produits alimentaires et qui peut compromettre leurs bienfaits
ou leurs aptitudes.
Désinfection: La réduction, par des agents chimiques ou les méthodes physiques appropriées, du
nombre de micro-organismes dans les bâtiments, les locaux de stockage, les machines, et les
ustensiles, à un niveau empêchant la contamination de la nourriture en phase d’élaboration.
Effluent: Tout liquide dont on se débarrasse après utilisation pendant une quelconque opéra-
tion.
Emballage: Le conteneur, l’enveloppe ou le matériau d’emballage destiné à assurer la conserva-
tion et à faciliter le transport et la manipulation du produit.
Etablissement: L’environnement qui comprend la zone et/ou le bâtiment où sont menées les
opérations et les traitements afin de conditionner la matière première et/ou UN (1) aliment
transformé, ainsi que sa conservation.
Fruits frais: Ceux qui sont habituellement vendus au consommateur à l’état naturel ou avec un
minimum de traitement (naturel).
Innocuité de la nourriture: la garantie selon laquelle la nourriture ne causera aucun dégât
physique au consommateur lorsqu’elle est préparée et/ou consommée selon l’utilisation à laquel-
le elle est réservée.
Maturité adéquate: Etape du développement d’un produit à laquelle celui-ci peut être cueilli.
Manipulation du fruit: Toutes les opérations réalisées sur le fruit afin d’obtenir un produit fini,
quel que soit l’étape du traitement, de stockage, et de transport.
Organisme compétent: L’organisme officiel ou officiellement reconnu auquel l’États national
accorde des possibilités légales d’exercer certaines fonctions.
Pathogène: Micro-organisme capable de causer des dégâts ou une maladie.
Danger: L’expression qualitative d’un potentiel dégât.
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Annexe II 149
Fléau: Toute espèce, race ou biotype de plantes, d’animaux ou d’agents pathogènes nuisibles aux
plantes ou dérivés de plantes.
Produit phytosanitaire: Toute substance, tout agent biologique, mélange de substances ou
d’agents biologiques, destiné à prévenir, contrôler ou détruire tout organisme nuisible dont cer-
taines espèces de plantes, d’animaux ou de micro-organismes non désirés qui causent des dégâts
ou des interférences dans la production, l’élaboration ou le stockage des plantes et de leurs déri-
vés.
Traçabilité: Le groupe de procédure qui permet d’avoir une surveillance complète de la
marchandise de l’endroit, le terrain, l’établissement, etc., jusqu’à la destination finale.
Résidus agrochimiques: Toute substance ou agent biologique spécifique, présent dans ou sur
UN (1) produit agricole ou aliment pour la consommation humaine ou animale, résultant d’une
exposition à un produit phytosanitaire. Ce terme comprend les métabolites et les impuretés
considérées comme étant d’importance toxicologique.
Risque sanitaire: Expression quantitative de la probabilité d’une apparition de dégât.
Santé: Qualité des matières premières, produits alimentaires et/ou matériaux de propagation, de
ne pas contenir d’éléments nuisibles, au plus haut niveau possible.
Chef: Personne responsable de séquences d’observation afin d’évaluer si les procédures menées
concordent avec les exigences établies.
4 PRODUCTION PRIMAIRE
4.1 Objectif
Réduire la probabilité de contamination du produit qui peut compromettre le caractère inoffen-
sif du produit ou son aptitude à être consommé à d’autres étapes de la chaîne alimentaire.
4.2 Justification
Les facteurs environnementaux et les pratiques de gestion peuvent produire des contaminations
de toutes sortes pendant la culture de produits frais.
150 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
- Tout cela peut causer la contamination de ces aliments ou de leur dérivant à des niveaux sus-
ceptibles de constituer un risque pour la santé.
- Si les causes de la contamination peuvent être éliminées, appliquer un plan de correction ou un
plan d’action avant de procéder à la culture.
- Garder l’historique des activités menées sur ce sol et dans l’éventualité où il faudrait recom-
mencer, un historique de sa productivité.
4.3.4 Eau agricole (irrigation, nettoyage des équipements et des instruments, pour
les solutions des engrais et des produits phytosanitaires, etc.)
- Elle doit être dépourvue de contaminations fécales animales et/ou humaines, de micro-orga-
nismes dangereux et de substances (exemples: Escherichia coli, coliformes, parasites, Shigella spp.,
Listeria monocitogenes, métaux lourds, arsenic, cyanure, etc.)
- Evaluer la qualité de la source de l’eau agricole par des analyses régulières afin de déterminer la
contamination microbienne, ainsi que les résidus agrochimiques et autres substances nuisibles.
- La culture doit être faite dans des zones où l’eau utilisée dans les différents traitements de pro-
duction ne représente pas, à travers les aliments, un risque pour la santé du consommateur.
Annexe II 151
ainsi que l’utilisation passée et présente des champs adjacents sont des facteurs qui facilitent la
contamination. La présence de zones urbaines, d’industries, d’usines de traitement des eaux
usées, de monceaux d’excréments d’animaux domestiques ou de hautes concentrations en amont
de faune sauvage, sont des sources possibles de contamination.
4.3.6 Irrigation
L’eau d’irrigation peut être un facteur très important de la contamination du produit, et cette
caractéristique requiert une attention spéciale pour la qualité de l’eau et la méthode d’irrigation
utilisée, en particulier lorsque l’on s’approche de la récolte. Bien que la méthode d’irrigation soit
choisie en fonction de plusieurs facteurs, le contact de l’eau avec la partie comestible de la plante
doit être évité. Ainsi, l’irrigation par goutte à goutte offre moins de contact avec le produit que
l’irrigation par sillons ou arroseurs. Le système adopté doit permettre une distribution uniforme
et efficace de la distribution de l’eau afin d’assurer une utilisation optimale de la ressource et mini-
miser les effets négatifs sur l’environnement.
152 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
dus organiques urbains pour modifier le sol s’ils n’ont pas été compostés au préalable. Il devra être
pris en compte que la restriction par rapport à l’utilisation de ces modifications organiques sti-
pule qu’elles ne devront pas être utilisées pendant la période de cultivation.
- Les proportions de métaux lourds contenus dans les engrais organiques doivent respecter les
limites établies.
- Ne pas utiliser d’engrais organiques contaminés par des métaux lourds ou autres produits chi-
miques dont les teneurs maximales sont indéterminées.
- Les endroits où le compost se fabrique doivent être isolés des endroits où la culture se déroule
ou des endroits où l’on garde et manipule les produits récoltés.
- Dans les cas où sont utilisés des engrais inorganiques, ceux-ci doivent être enregistrés à la
SENASA, et utilisés selon les doses recommandées tout en observant les périodes établies de
mise en attente, afin d’éviter de laisser des résidus potentiellement toxiques pour la santé humai-
ne.
Annexe II 153
doit être conscient des normes et procédures en vue d’une utilisation sécurisée des pesticides.
- Maintenir les vaporisateurs en bon état et les calibrer convenablement avant toute utilisation.
- Laver convenablement le vaporisateur après chaque utilisation afin d’éliminer les résidus et
d’éviter la corrosion des équipements.
- Observer les périodes d’attente entre les applications et les récoltes.
- Les conteneurs de produits agrochimiques liquides doivent être lavés trois fois avant d’être
perforés ou détruits.
- L’élimination des conteneurs de produits agrochimiques doivent causer le moins d’impact
possible sur l’environnement. Utiliser les services officiels pour la récupération et l’élimination.
- Observer les instructions du fabriquant pour leur destruction. Ne pas les garder ou les réutili-
ser.
- Eviter l’exposition humaine ou animale aux conteneurs mis de côté.
4.3.11 Locaux.
- Chaque établissement doit être évalué individuellement afin d’identifier les exigences spéci-
fiques quant à l’hygiène. Bien que dans la plupart des exploitations agricoles les locaux perma-
nents (maisons, salles de bains, abris, réservoirs, moulins, pompes, serres, consignes, etc.) sont
déjà installés, il est important d’étudier la disposition générale afin d’éviter les contaminations par
croisement et de pouvoir définir les zones selon leur plus haut ou plus bas degré de contamina-
tion. Il est également important de déterminer le flux de produits allant toujours des zones les
plus contaminées aux moins contaminées. De la même manière, dans les locaux (abris, maisons,
serres, etc.), le passage de produits doit minimiser la possibilité de contamination croisée. Si la
disposition de l’exploitation peut être conçue dès le départ, le concept des techniques agricoles
adéquates doit être gardé à l’esprit.
- Les locaux et leurs extensions et/ou leurs améliorations (brise-vent, moulins, réservoirs, serres,
etc.) doivent:
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154 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
• être situés dans des endroits qui ne constituent pas une menace pour la santé ou l’aptitude
de l’aliment (environnement contaminé, activités industrielles proches, possibilités d’inon-
dation ou d’être infestés par les fléaux, zones à élimination des eaux limitée, etc.);
• être de construction solide et conçus de manière à éviter des espèces nuisibles cachées et
leur prolifération;
• permettre une maintenance, un nettoyage et une désinfection adéquats lorsque nécessaire.
- Disposer d’assez de place afin de mener toutes les opérations de manière satisfaisante.
- Quand les locaux sont utilisés à des fins diverses, comme en tant qu’abris pour les équipements
de l’exploitation, le rangement des conteneurs, de l’alimentation animale ou des grains, etc., il est
fondamental de séparer les opérations susceptibles de contaminer la nourriture en les mettant
dans des compartiments, des endroits spécialement définis ou par d’autres moyens tout aussi effi-
caces.
- Si l’exploitation permet l’hébergement permanent et/ou temporaire de personnel dans les limi-
tes de celle-ci, elle doit être de construction solide, maintenue dans les règles et conforme aux
règles d’hygiène, ainsi qu’effrir assez d’espace pour tout le monde.
- Les circuits électriques dans chaque local (hébergement, abris, bureaux, consignes, etc.) doivent
suivre les normes de sécurité et être protégés par des systèmes de sécurité tels que des disjonc-
teurs différentiels, prises de terre, interrupteurs thermiques, câbles doublement isolés, etc., afin
d’éviter les incidents par contact direct ou indirect.
Annexe II 155
- Les déchets peuvent être éliminés par des camions-citernes, avec un accès facile aux salles de
bains par des conduits qui vont vers des fosses septiques situées loin des zones agricoles, des
locaux d’emballage où la nourriture est manipulée, ou par tout autre système préservant l’hygiè-
ne di lieu.
- Un plan d’urgence doit être prévu en cas de fuite ou de débordement du système d’égout et le
personnel doit être entraîné pour ce genre d’urgence.
- Les salles de bains doivent être équipées de suffisamment de produits pour assurer l’hygiène du
personnel (papier toilette, savon, serviettes en papier, et poubelles).
- Les salles de bais et toilettes doivent être nettoyées et désinfectées quotidiennement ou régu-
lièrement selon la fréquence avec laquelle elles sont utilisées.
- Les réservoirs d’eau aux toilettes doivent être vidés, nettoyés, vidés, désinfectés et remplis avec
de l’eau potable régulièrement.
156 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
4.6 Personnel
Les personnes s’occupant de la production primaire doivent observer une hygiène personnelle
appropriée, se comporter en conséquence et connaître leurs rôles et responsabilités dans la
protection des aliments face à la contamination et à la détérioration. En règle générale, ils doivent
se conformer à ce qui est stipulé dans le paragraphe 4.7.4.
4.7 La récolte
4.7.1Objectif
Récolter le produit d’intérêt commercial de manière à préserver sa qualité et sa santé et à éviter
sa contamination pendant la récolte.
4.7.2 Justification
À cause de leurs propriétés, les fruits sont susceptibles d’être gâtés, meurtris et contaminés
pendant la récolte et le transport jusqu’à leur lieu d’emballage.
Pendant la récolte:
- Conserver l’endroit de la récolte bien organisé car cela contribue à l’hygiène, l’efficacité et la
vitesse des activités.
- Récolter au moment optimal de maturité pour chaque produit et utiliser les meilleures
méthodes pour détacher ceux-ci (tirer, couper, entortiller, etc.). Prendre un échantillon du
produit récolté présentant les degrés de maturité, de taille et de couleur désirés et l’utiliser comme
référence pour les chefs ou les responsables d’équipe de récolte. Donner des instructions claires
avant d’entamer le travail, en vérifiant que tous les employés les ont bien comprises.
- Eviter de travailler à des heures de grandes chaleurs, lorsque la rosée est présente sur le produit,
après la pluie ou avec une grande humidité environnante.
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Annexe II 157
- Ne laisser en aucun cas des résidus de la récolte sur le champ, des fruits tombés ou cueillis car
ils pourriront et contamineront le sol, augmentant le niveau de bactéries. Ils doivent être ramas-
sés et détruits comme il faut (brûlés, enterrés, etc.).
4.7.4 Personnel
- Le personnel doit recevoir le document faisant état des règles sanitaires émises par l’autorité
correspondante.
- Tous les travailleurs doivent contribuer par leur hygiène personnelle.
- Ceux qui manifesteront des symptômes de maladies (la jaunisse, la diarrhée, une toux, des
lésions de la peau, etc.) doivent en informer le responsable. Il/elle sera éloignée de la zone en
contact direct avec le produit et un médecin devra intervenir afin de vérifier son aptitude à retour-
ner sur le lieu de travail. Toute blessure sur les mains doit être recouverte de pansements adhé-
sifs, et des gants seront utilisés si besoin est.
- Il est interdit de porter des bijoux et objets personnels qui peuvent créer des dommages au
produit et au travailleur lui-même, les ongles doivent être courts et des gants seront utilisés si
besoin est.
- Les employés ne sont pas autorisés à posséder des animaux domestiques sur le lieu de travail,
qui pourraient contaminer le produits par leurs défécations, leur urine, et autres éléments conta-
minants se trouvant dans les pattes, les poils, etc.
- Ne pas manger dans le verger nine laisser des résidus qui pourraient pourrir et produire un
risque de contamination.
- Des conditions de travail confortables, un équipement sécurisé, et des outils adéquats doivent
être mis à disposition, ainsi que des instructions quant à leur manipulation et leur entretien.
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158 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
4.7.5 Conteneurs
- Les matériaux consistant en des caisses en bois, paniers, bennes, conteneurs définitifs ou tout
autre type de conteneurs de récolte, doivent être appropriés au contact avec les aliments et
permettre un nettoyage et une désinfection faciles. Leur conception doit être adapté au travail et
au poids du produit qu’il contiendra.
- Nettoyer et désinfecter les conteneurs au début de la saison et à chaque utilisation.
- Placer les dessus plastique ou les couvercles rembourrés à l’intérieur des bennes ou des boîtes
de récolte, afin d’éviter ou d’amortir la pression du produit contre les parois.
- Ne pas trop remplir les conteneurs afin d’éviter la détérioration du produit.
- Quand le conteneur est rempli dans le champ, il est recommandé de le couvrir afin de protéger
le produit du soleil.
5.1 Objectif
Faire en sorte que la préparation à la vente du produit (nettoyage, désinfection, sélection, etc.), la
présentation et l’emballage, soient menés de façon à maintenir la qualité et la santé du produit,
tout en évitant la contamination pendant ce processus.
5.2 Justification
Les fruits sont exposés à des dégâts ainsi qu’à une contamination chimique, physique, et
biologique pendant le traitement et l’emballage.
5.3 Site
Les locaux d’emballage, les abris ouverts ou tout autre endroit destiné au traitement et à l’embal-
lage des fruits doit être situé dans des endroits qui:
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Annexe II 159
- Ne présentent pas de contamination due à une activité industrielle ou d’une autre nature qui
serait néanmoins dangereuse pour l’hygiène du produit et pour la santé du consommateur.
- Ne présentent pas de risques d’inondation.
- Ne sont pas exposés à des fléaux (rongeurs ou autres animaux menaçant de transmettre des
maladies).
- Permettent une bonne évacuation des eaux usées du nettoyage et du traitement des produits,
du bâtiment, des locaux, et de l’équipement.
- Ont des chemins d’accès pavés, consolidés, compactés, ou autre, de manière, quoi qu’il en soit,
à permettre le passage des véhicules sans contaminer l’atmosphère avec la poussière soulevée et
une bonne évacuation des eaux de pluie. De plus, ils doivent également se trouver loin d’endroits
où l’on élève des animaux ou de ceux où vivent et prolifèrent bon nombre d’animaux sauvages.
5.5 Construction
- Le toit, le sol, les murs, les portes, et les fenêtres doivent être construites avec des matériaux
imperméables, non poreux, non toxiques, et aisément nettoyables et désinfectés.
- Le sol doit être non glissant et résister à un passage important, avec une pente suffisante pour
permettre le drainage, et sans fissures qui accumuleraient la poussière.
- Les fenêtres ne doivent pas laisser passer les insectes, et doivent être amovibles pour le
nettoyage, ainsi que pour éviter l’accumulation de poussière.
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160 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
- Les structures aériennes, les toits, les escaliers, et les ascenseurs doivent être conçus, construits
et entretenus afin d’empêcher la contamination et être sans risques pour le personnel.
5.6 Ventilation
- Assurer une ventilation correcte afin de réduite au minimum le risque de contamination des
produits par formation de gouttes dues à la condensation de l’eau, les poussières ou moisissures,
et régler la température environnante.
- Avoir suffisamment d’entrées de ventilation dont les filtres seront remplacés périodiquement.
- Le flux d’air ne doit jamais circuler d’un endroit insalubre à un endroit salubre.
5.7 Luminosité
- Il doit y avoir suffisamment de luminosité, naturelle ou artificielle, pour réaliser des opérations.
- La lumière ne doit pas altérer la couleur naturelle du produit.
- Les sources de lumière artificielle dans les endroits où le produit est manipulé doivent être
recouvertes afin d’éviter une pulvérisation de verre dans l’éventualité où une ampoule se briserait.
- Les installations électriques auront des dispositifs de sécurité (disjoncteurs différentiels, prises
de terre, interrupteurs thermiques, câbles doublement isolés) afin d’éviter les accidents par
contact direct ou indirect.
5.8 L’eau
- Il doit y avoir des dispositifs accessibles pour distribuer de l’eau potable.
- L’eau non potable (c’est-à-dire les systèmes anti-incendie, de réfrigération, etc.) doit circuler à
travers des tuyaux de couleurs différentes, afin d’être parfaitement distingués de ceux qui
véhiculent l’eau potable.
- Il ne doit pas exister de croisement possible entre les acheminements d’eau potable et non
potable.
- Le drainage ou autre possibilité de contamination doit être conçu afin d’éviter le reflux.
- Quand il est nécessaire de stocker l’eau, des réservoirs doivent être conçus et entretenus afin
d’empêcher une possible contamination.
5.9 Equipement
- Il est recommandé d’utiliser un équipement approprié pour le travail et le produit destiné à
l’emballage, afin de minimiser les risques de dégâts sur celui-ci (éliminer toutes les sortes de lames
pointues, les chutes abruptes, etc.)
- L’équipement, les outils, les machines utilisées pour les travaux de maintenance présenteront
les dispositifs de sécurité recommandés par le fabriquant.
- Tous les équipements et les instruments qui peuvent entrer en contact avec la nourriture
doivent être fabriqués avec des matériaux qui ne transmettent pas de substances toxiques, des
odeurs ou des saveurs, ne sont pas absorbants, et sont résistants à la corrosion et aux opérations
répétées de nettoyage et de désinfection.
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Annexe II 161
- L’équipement et les ustensiles utilisés pour les déchets et le nettoyage doivent porter mention
de leur rôle et de leur utilisation, et ne doivent pas être utilisés avec des produits comestibles.
162 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
5.12 Traitements
- La qualité, la santé, l’hygiène et l’innocuité du produit doivent être préservés après la récolte,
indépendamment du fait qu’il ait été préparé dans un hangar d’emballage, un abri ouvert ou dans
le champ.
- D’autres traitements sont spécifiques au produit, par exemple le nettoyage, la désinfection, la
protection, l’augmentation de la qualité, la sélection, et l’emballage.
5.12.2 Conditionnement
La saleté devra être éliminée (sol ou autres corps étrangers) par un moyen aqueux (de l’eau) ou
sec (vibration, brossage, etc.) selon le produit.
Lorsque la méthode aqueuse est utilisée, on devra prendre en considération que:
• L’eau de nettoyage doit être de l’eau potable contenant UN (1) produit désinfectant.
L’hypochlorite de sodium est le plus répandu, avec une concentration détruisant les patho-
gènes à la surface du produit mais sans abîmer celui-ci.
• Un renouvellement régulier de l’eau doit être réalisé afin d’éviter une accumulation exces-
sive de saleté et de champignons.
• L’efficacité du traitement de désinfection est le résultat de la concentration et du principe
actif, et du moment du traitement. Le pH et l’accumulation de matière organique altère la
concentration de ce principe actif. Pour cette raison, il est fondamental de surveiller le pH
et de remplacer la solution régulièrement.
• Si un hydrorefroidissement doit avoir lieu, on devra utiliser de l’eau potable contenant le
produit désinfectant. On gardera à l’esprit que si l’eau doit être recyclée, elle devra être
changée régulièrement afin d’empêcher l’accumulation de saletés avec les passages succes-
sifs opérés.
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Annexe II 163
• Des substances détergentes autorisées doivent être utilisées pour le nettoyage et doivent
être rincées ensuite afin qu’elles ne laissent pas de résidus non désirés.
- Si le produit est séché par air chaud, le temps de traitement et la température doivent être stric-
tement contrôlés.
- Pour le lustrage ou le contrôle des maladies post-récolte par fongicides:
N’utiliser que des substances approuvées par la SENASA.
Si elles sont appliquées simultanément, contrôler le bon déroulement de l’opération de mixage
dans le conteneur où la cire et le fongicide sont appliqués.
Contrôler les équipements d’application de la cire et/ou des fongicides, car les jets peuvent être
obstrués, couler ou couvrir de manière inégale le produit.
Une application inadéquate du fongicide ou de la cire peut affecter la santé du consommateur.
5.12.3 Emballage
Seuls des matériaux propres, neufs et inoffensifs pour le consommateur doivent être utilisés.
Lorsque l’on utilise des conteneurs en bois, il faut observer la législation en vigueur.
- Les conteneurs réutilisables doivent être nettoyés et désinfectés, et doivent être approuvés par
la SENASA.
- Si les matériaux d’emballages sont stockés, ils doivent l’être dans des endroits proches et à
l’abri des rongeurs et des parasites.
- Des personnes doivent être rendues responsables du contrôle, du débarras et de la destruction
des conteneurs en mauvais état et/ou sales.
- Afin d’éviter la contamination croisée, les produits emballés, prêts à être livrés au marché ou à
être stockés, ne doivent pas passer par des endroits insalubres correspondant aux étapes
précédentes de préparation.
5.13 Personnel
- Le personnel doit disposer du Règlement sanitaire édité par l’autorité correspondante.
- Il doit présenter les qualifications exigées pour les tâches auxquelles il est assigné.
- Il doit entretenir son hygiène personnelle, celle de ses vêtements et de l’équipement dont il est
responsable.
- Fumer, manger, boire, cracher, ou mâcher du chewing-gum est formellement interdit sur le lieu
de travail.
- Le personnel devra s’habiller en fonction du travail dont il est responsable.
- Il devra se laver les mains consciencieusement après chaque passage aux toilettes, avant de com-
mencer le travail ou après avoir manipulé des matériaux contaminants.
- On exigera des ongles courts et, si nécessaire, l’utilisation de gants. Les cosmétiques ne sont pas
autorisés sur les mains car ils peuvent tacher ou contaminer les produits avec des odeurs et/ou
des saveurs non désirées.
- Les blessures présentes sur les mains seront recouvertes par des pansements adhésifs.
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164 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
- Toute personne présentant des symptômes de maladies, comme la diarrhée, la toux, des lésions
cutanées notoires, doit en informer son supérieur, quitter le lieu de travail où il y a un contact
direct avec le produit et consulter un médecin. Avant de retourner au travail, son état de santé
devra être contrôlé.
- Les pauses ne doivent pas être prises sur le lieu de travail.
- Des pauses fréquentes sont recommandées afin d’éviter la fatigue causée par trop de routine.
- Les visiteurs, inspecteurs, acheteurs, et les personnes ne travaillant pas doivent observer les
règles d’hygiène établies lorsqu’elles inspectent et manipulent les produits.
6 STOCKAGE
6.1 Objectif
Maintenir la qualité, et l’innocuité du produit récolté.
6.2 Justification
Un bon stockage du produit prolonge sa vie post-récolte.
6.3 Généralités
- Etre conscient de l’environnement de stockage (température, humidité et atmosphère) requis
pour chaque produit.
- Si plusieurs produits sont stockés dans le même endroit, les conditions idéales d’environne-
ment doivent être similaires.
- Les lieux de stockage doivent être conçus et construits de manière à:
• permettre une maintenance et un nettoyage adéquats;
• empêcher l’accès et la nidation d’espèces nuisibles;
• permettre une protection efficace de la nourriture contre la contamination;
• réduire au maximum la détérioration (par exemple en contrôlant la température et
l’humidité).
- La nourriture ne doit pas être conservée dans le même endroit que le sont les produits qui
affectent son temps de conservation ou ses caractéristiques organoleptiques, comme par exemple
le poisson, les engrais, le gasoil et les huiles lubrifiantes.
- Les lieux de stockage doivent rester propres et correctement désinfectés.
- Les chariots élévateurs qui servent à soulever le produit ne doivent pas servir à soulever des
ordures, des déchets, de l’équipement, etc. Si c’est le cas, ils doivent être convenablement désin-
fectés.
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Annexe II 165
7 TRANSPORT
7.1 Objectifs
Aider à retenir l’innocuité et l’intégrité des produits récoltés.
7.2 Justification
Pendant le transport et la manipulation, il y a une grande possibilité de contamination.
7.3 Généralités
- Les produits doivent être protégés des conditions extérieures, et lorsque nécessaire, ils doivent
être réfrigérés pendant le transport afin d’éviter la contamination et la détérioration.
- Les véhicules destinés au transport doivent être complètement propres, désinfectés, et secs
avant la charge.
- Il est recommandé de charger et décharger pendant la journée (la nuit, les lumières artificielles
peuvent attirer des insectes qui s’infiltreront dans les emballages), dans des lieux différents de
ceux où le produit est traité, mais à l’abri protégé des conditions météorologiques et d’une possi-
ble contamination.
- Charger et décharger avec précaution les palettes ou les conteneurs individuels de manière à
éviter d’abîmer les produits.
- Sécuriser la charge dans le compartiment afin d’éviter un mouvement non désiré pendant le
transport, ce qui pourrait abîmer le produit, et d’éviter des dommages éventuels au personnel.
- Garder à l’esprit la compatibilité des conditions idéales de transport des produits pour les char-
ges mixtes (température, production d’éthylène et sensibilité du produit à celui-ci, humidité,
etc.).
- Les produits qui ne sont pas des fruits peuvent contaminer les fruits avec des odeurs étrangè-
res ou des résidus toxiques ou toute autre substance qui implique un risque pour la santé.
- Pour le transport réfrigéré, il est recommandé:
• que l’endroit de charge soit réfrigéré;
• de préréfrigérer le compartiment à la température désirée avant la charge;
• d’arranger les palettes ou les conteneurs individuels à l’intérieur du véhicule afin de
permettre une circulation de l’air froid autour et à travers de ceux-ci;
• devérifier le bon fonctionnement de l’équipement de réfrigération et qu’il est adapté aux
exigences du produit en particulier;
• d’inclure les thermographes dans la charge afin d’assurer que la bonne température a été
maintenue pendant le transport;
• de renforcer l’intégrité des murs, le sol, le toit, et les portes du compartiment contenant la
charge, puisqu’à travers toute ouverture ou toute fissure la chaleur, la saleté et les insectes
peuvent s’infiltrer, ou le froid et l’humidité peuvent être perdus. Vérifier les opération et les
fermetures des portes de ventilation ainsi que les ouvertures;
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166 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
• devérifier que l’équipement est nettoyé, car les odeurs de charges précédentes, les résidus
de substances toxiques, la présence d’insectes ou leurs nids, peuvent affecter la qualité du
chargement. De la même manière, la saleté ou les restes de produits peuvent affecter la
circulation de l’air.
- Eviter la contamination par gaz combustibles en garant les véhicules de transport dans des
endroits isolés des lieux où les produits sont manipulés.
- Les véhicules doivent disposer des dispositifs de sécurité établis par la législation en vigueur
(Loi nationale des transports).
- Les conducteurs doivent avoir l’autorisation correspondant à la conduite de ce type de
véhicule.
8 FORMATION
8.1 Objectif
Faire en sorte que le personnel qui travaille à chaque étape de la culture et de la préparation pour
le marché, aiet une connaissance parfaite des pratiques hygiéniques et agricoles et soiet conscient
de ses rôles et de ses responsabilités quant au maintien de l’hygiène, de la qualité, et de l’innocui-
té du produit pour la consommation humaine.
8.2 Justification
La formation est d’une importance fondamentale dans tout système d’hygiène alimentaire. Une
formation et/ou instruction et supervision insuffisantes de l’hygiène de toute personne qui par-
ticipe à la manipulation de la nourriture représentent une pous à l’innocuité des produits
alimentaires et leur aptitude à la consommation.
Annexe II 167
- Il est recommandé de proposer formation commune aux personnels travaillant aux différentes
étapes du processus de production.
- Les programmes de formation doivent faire l’objet de révisions régulières, et si nécessaire, être
réactualisées selon les exigences.
- Tous les employés manipulant des produits agrochimiques ainsi que ceux travaillant avec des
équipements dangereux ou complexes, doivent recevoir une instruction et une formation
spécifiques et doivent être qualifiés pour ce métier.
8.5 Surveillance
Le personnel formé doit être soumis à une surveillance régulière. Les responsables doivent avoir
une connaissance suffisante des principes de l’hygiène alimentaire, et être capables d’évaluer les
risques potentiels et d’adopter les mesures nécessaires afin de résoudre les problèmes auxquels ils
sont confrontés.
9 DOCUMENTS ET ARCHIVES
9.1 Objectifs
- Pouvoir détecter à temps à quelle étape du processus une erreur s’est produite et savoir la résou-
dre de manière adéquate.
- Etablir l’origine de la production.
- Connaître les procédures de production du produit.
- Réduire les risques d’erreurs inhérents à la seule communication.
9.2 Justification
La documentation favorise un repérage rapide des situations problématiques.
9.3 Généralitiés
- Documenter toutes les tâches qui constituent les différents processus. Dans ce but, garder des
documents d’information (détails et manipulations des équipements, procédures pour appliquer
des produits chimiques, etc.) et des bases de données (contrôle de la concentration microbiolo-
gique et des niveaux chimiques contenus dans l’eau, etc). Le minimum d’informations devant être
connues comprend des informations sur le producteur et les paramètres de production, les
employés, les usages en matière de production, les équipements et techniques, les matières
premières, les accessoires et les ingrédients, les conditions météorologiques, les traitements
phytosanitaires, le stockage, les transports, les résultats d’analyse, les incidents, les modifications,
etc.
- Assurer que le personnel est correctement instruit en ce qui concerne les connaissances requi-
ses pour chacune des étapes de production.
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168 Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
- Il sera nécessaire de fournir des informations quant à chaque lot de production sur la produc-
tion primaire (culture-récolte) les procédures d’emballage, les conditions de stockage et les
transport.
- Les documents de renseignements suivront la séquence logique des procédures ou des tâches,
et seront rédigés dans un langage impératif, précis, clair, et accessible. Ils devront être mis a jour.
- Les formulaires pour les bases de données seront faciles à remplir avec l’espace suffisant pour
contenir les informations.
- Enregister les données pertinentes cocernant les produits entrants, à savoir la quantité, les
conditions générales du produit, les indices de maturité, etc.
- Quand il est opportun, les programmes, procédures et tableaux devront être disponibles.
- Selon les régions de production et les espèces produites, certaines informations exigibles doi-
vent être collectées.
Glossaire
Glossaire
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Noms courants des fruits et légumes en Amérique latine et dans les caraïbes.
15:34
Cerise des Antilles Malpighia glabra Acerola, cereza de Barbados, cereza de las Antillas
Chayotte Sechium edule Alcayota, chayote, güisquil
Chérimole Annona cherimola Cherimoya, chirimoya, anona, anón
Chicorée Cichorium intybus Achicoria
Chou Brassica oleracea var. capitata Repollo, col
Chou de Bruxelles Brassica oleracea var. gemmifera Repollo de Bruselas, col de Bruselas, repollitos
Chou vert Brassica oleracea var. acephala Col rizada Col crespa
Chou-fleur Brassica oleracea var. botrytis Coliflor
Chou-rave Brassica oleracea var gongylodes Colinabo, colrábano
Choude Chine Brassica chinensis Bok Choy
Ciboulette Allium schoenoprasum Cebollino, ciboulette
Citron Citrus limon Limón, limón real
Coing Cydonia oblonga Membrillo
Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes: du champ au marché
[Link]
Glossaire
PRODUIT NOM SCIENTIFIQUE NOMS COURANTS EN AMÉRIQUE LATINE ET CARAÏBES
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Courgette Cucurbita spp. Zapallito, calabacita, calabacín, zuchinis, pipián, güicoy tierno
Cresson de fontaine Nasturtium officinale Berro
Date Phoenix dactylifera Dátiles
Durion Durio zibethinus Durión, durio
Endive belge Cichorium intybus Endivia, endivia belga, witloof
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Glossaire
PRODUIT NOM SCIENTIFIQUE NOMS COURANTS EN AMÉRIQUE LATINE ET CARAÏBES
29-10-2007
Glossaire
29-10-2007
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CAHIERS TECHNIQUES DE LA FAO
On peut se procurer les Cahiers techniques de la FAO auprès des points de vente
des publications de la FAO, ou en s’adressant directement au Groupe des ventes
et de la commercialisation, FAO, Viale delle Terme di Caracalla, 00153 Rome,
Italie.,
ISSN 1020-4326
151
DES SERVICES
AGRICOLES
la préparation et DE LA FAO
Manuel pour la préparation et la vente des fruits et des légumes – Du champ au marché
Le secteur de la production de fruits et légumes de l'Amérique latine, des Caraïbes,
et des légumes
de l'Asie et de l'Europe de l'Est, fait face à une nouvelle situation où, d'une part,
les chaînes de supermarchés représentent un pourcentage croissant du marché de détail
Du champ au marché
national et où, dʼautre part, les producteurs de fruits et légumes non traditionnels et
hors saison sont en concurrence sur le marché mondial, de plus en plus exigeant.
Les producteurs qui ont les fonds nécessaires, les capacités de gestion et
les qualifications technologiques adéquates relèvent dʼores et déjà les nouveaux
défis, tandis que les petits fermiers se retrouvent de plus en plus marginalisés. Ces
derniers se heurteront à des conditions de marché inégales, à moins quʼils ne changent
leurs pratiques et satisfassent aux besoins d'un réseau de commercialisation
alimentaire moderne. Indépendamment du système de production, le défi technologique
vise à augmenter les revenus grâce à l'utilisation raisonnable des ressources disponibles,
en réduisant les coûts de production et les pertes après récolte, en augmentant
la compétitivité et la valeur ajoutée du produit fini. Cʼest sur la base de ces principes que
ce manuel analyse les techniques capables de réduire les pertes après récolte et
dʼassurer la qualité et la sécurité du produit, de la moisson à la consommation.
Le nouveau concept de la qualité implique de fournir à la fois un produit compétitif et
un produit qui réponde aux attentes des revendeurs et des consommateurs.
ISBN 978-92-5-204991-3
ISBN 978-92-5-204991-3 ISSN1020-4326
ISSN 1020-4326
9 9 77889922 55 2
2 0
0 44 99 991133
TC/M/Y4893F/1/11.07/1000
TC/M/Y4893F/1/11.07/1000
FAO