Personnages et Symbolique dans Maïssa Bey
Personnages et Symbolique dans Maïssa Bey
Personnages transhistorique :
Passerelle entre transparence et symbolique
Dans « entendez vous dans les montagnes » de Maissa Bey
Année Universitaire
2014/2015
1
Dédicace
Je dédie ce modeste travail comme un signe d’amour de, sentiments
profonds de gratitude et de reconnaissance à tous ceux qui me son
chers :
2
Remerciement
Mes remerciements vont également à tous ceux qui nous ont aides de près
ou de loin dans notre parcours d’apprentissage surtout les Prs Bensalah
Bachir et Djaber Nacer –Eddine qui n’a ménagé aucun effort pour me venir
en aide et me soutenir moralement dans les moments difficiles et via ses
documents si précieux et qui m’ont été d’une utilité sans égale.
3
Table des Matières
Dédicace
Remerciements
Table des matières
Introduction :………………………………………………………….....06
Chapitre I : Personnage entre rôle et action ……………..........10
1- schéma actanciel de Greimas……………………………………12
2 - Représentation des actants……………………………………...13
3 - Concept de personnage ……………………………………........14
4- Présentation actancielle du récit………………………………...15
5 - La transparence des Personnages……………………………….19
5-1-Personnages transhistorique …………………………………21
5- 2-Quête identitaire…………………………………………......22
5-3-Evolution des Personnages…………………………………...24
Chapitre II : Personnages Symboliques…………………………30
1- Notion de symbolique………………………………………….30
2- Symbolique du père……………………………………………33
3- Symbolique de « Elle »………………………………………...38
4- Symbolique du Médecin……………………………………….41
5- Symbolique du prénom Marie…………………………………45
Conclusion ………………………………………………………..51
Références bibliographiques……………………………………...56
Annexes…………………………………………………………..60
4
Introduction
5
L’écriture féminine qui se veut universelle n’a pas cessé de faire apparaitre
des œuvres littéraires de qualité. Prendre la parole, dénoncer, s’imposer ou
revendiquer sont des actes créateurs menés par l’écriture à travers lesquels
la femme, veut pénétrer dans un univers secret tissé entre les lignes non
seulement avec des intrigues romanesques mais aussi avec un brin de réel
historique et de témoignage.
A travers cette écriture, la femme, cet être « de l’ombre »veut assumer sa
prise de parole vers une liberté , une réalité longtemps falsifiée , détournée
et oubliée c’est une arme contre le silence et la violence ,c’est un
dévoilement et un dénoncement de la vérité longtemps cachée.
Dans l’œuvre « Entendez -vous dans les montagnes … » c’est un pan
collectif de l’histoire commune de l’Algérie et de la France ; mêlées comme
le titre qui n’ est autre qu’ un brassage entre « la Marseillaise » et « Min
djibalina ». Les montagnes algériennes ne surpassent-elles pas en beauté ,
en courage et en tenacité les campagnes françaises ?!!.Maïssa Bey
,pseudonyme adopté par l’écrivaine pour échapper aux conditions de
l’insécurité de son pays pendant la période de l’instabilité de la décennie
noire .
C’est une œuvre qui parle de deux époques différentes et, qui nous mène
vers différents et divers lieux. C’est en quelque sorte un voyage dans le
temps et dans l’histoire, où trois personnages partagent le même
compartiment d’un train filant dans la nuit vers une ville du littoral.
La narratrice :que l’auteur lui a attribué le pronom « Elle » est une
algérienne, fille d’un martyr .Elle s’est réfugiée en France pour respirer et
fuir les massacres et l’instabilité dans lesquels se débat son pays vers
6
d’autres horizons où règnent : la paix ,la modernité, la beauté et la liberté
.Lorsqu’’ on aborde un sujet évoquant la situation actuelle de son pays , on
ne retient notamment que le côté sanglant,fratricide,lugubre alors que
l’illustre et glorieux passé n’est jamais remémoré .
Dans le même compartiment, est assis en face d’ « elle », un vieil homme
de soixante ans, qui a passé son service militaire en Algérie sous l’occupation
française. En le regardant elle n’a pas cessé de penser à son père . Il y ‘a aussi
Marie, cette jeune fille qui ne connait de L’Algérie que très peu de choses
racontées par son grand-père « pied noir ». Tous les trois en un point
commun : l’Algérie.
De tout ce qui vient d’être cité ; nous pouvons dire que le personnage est
la pierre angulaire qui permet de mettre en lumière l’importance de l’œuvre
littéraire, c’est le procédé privilégié pour la création du roman ou du récit ou
de toute œuvre d’art et par la suite comprendre le monde qui nous entoure
afin de le faire revivre au lecteur.
Les personnages dans l’œuvre de Maissa Bey sont une panoplie
d’individus de notre quotidien, certains sont en quête identitaire, qui
souffrent d’instabilité morale ou plutôt psychique, d’autres, ont un rapport
avec le passé et l’histoire falsifiée et mal transmise avec un présent
douloureux.
Nous pouvons trouver d’autres, nostalgiques ne pensant qu’à revivre la
beauté des temps révolus. Les personnages sont tantôt anonymes , tantôt
connus. Nous pouvons trouver aussi, dans cet assortiment : celui qui ne fait
seulement qu’acte de présence et celui, au contraire, qui insiste pour
comprendre la vérité.
D’après Vincent Jouve le personnage est une synthèse entre unités statique
« l’être » et unités dynamiques « le faire » autrement dit tout acteur se
construit à travers certaines qualifications et au moins une fonction.
7
Le personnage est donc structurellement le lieu d’un pouvoir faire et d’un
vouloir faire.
A travers ces personnages, nous allons essayer par le biais du
questionnement central qui serait comme suit : Quel aveu cherche les
protagonistes à tirer d’un rapport mouvant entre ce qui est dit est ce qui est
réellement vécu ?
Et pour pouvoir répondre à cette problématique, nous allons essayer
d’adopter deux hypothèses qui pourraient nous orienter vers la bonne
interprétation de l’œuvre :
- La reconnaissance des crimes commis contre l’humanité par le
colonisateur
Afin que nous puissions bien analyser notre corpus, et pour pouvoir aborder
de près les rapports entre les différents personnages nous allons adopter
l’approche du schéma actanciel de Greimas et une méthode analytique du
personnage centrée sur le roman lui-même.
8
Chapitre I
9
L’œuvre littéraire est le lieu par excellence où le personnage a cette aptitude
de se trouver dans de différentes situations ,de se rencontrer ,de tracer un
parcours de vie d’homme et de se placer dans un contexte historique et social
bien déterminé , c’est un document mémorial qui permet de sauvegarder la
mémoire contre l’oubli .
Cette citation atteste que l’œuvre littéraire est le lieu par excellence pour
faire émerger ce qui se trouve sous les plis de l’oubli , et reconstruire un
avenir meilleur loin des erreurs du passé. Le roman ,c’est le genre littéraire
le plus répandu dans l’univers artistique comme le définit Marthe Robert:
1 10
DEBLAINE,Dominique Cité dans : GUINOUN, Anne Marie. Autobiographie Francophonie[en
ligne]disponible sur : [Link] consulté le 30/04/2015 à 09 :50.
2
[Link] le 05/05/2015 à 14 :35.
I. Le personnage entre rôle et action :
En psychologie sociale la théorie des rôles : un rôle peut être défini comme
« les fonctions remplies par une personne lorsqu’elle occupe une position
particulière à l’intérieur d’un contexte social donné »3ce qui explique que
l’individu a cette aptitude de jouer plusieurs rôles à la fois selon le contexte
social dans lequel il se trouve. Comme c’est le cas dans notre œuvre où les
personnages jouent le rôle de simples passagers mais par la suite ,le
déroulement des événements nous fait découvrir d’autres rôles qu’ils ont
déjà occupé comme le cas du vieil homme qui pendant la guerre de l’Algérie,
était un soldat de l’armée française mais qui est présentement , médecin en
France.
3 11
BENZAKOUR ,[Link] [Link] : edisoft,Casablanca,2011. p27.
1 - Schéma actanciel de Greimas :
Inspiré des travaux de V. Propp sur le conte russe et du livre d'E. Souriau
sur le théâtre, A.J. Greimas, a suggéré le modèle actanciel, qui est une
méthode qui permet l’analyse de l’action en six composants qui ont pour
nom : actant.
Objet(O)
Sujet(S)
Adjuvant(A) Opposant(Op)
Un actant : est un rôle dans l'action, c'est une réalité abstraite ,différente
d'un personnage : ainsi un seul personnage peut incarner différentes
fonctions et un actant ne renvoie pas forcément à un être humain ou à un
personnage unique. Les actants ont ainsi un aspect abstrait et collectif : il ne
faut généralement pas associer un actant à un seul personnage ou être animé.
12
Personnages référentiels : c’est une catégorie qui contient le personnage
historique, le personnage mythique ou sociaux. Revoit un sens fixe il a une
fonction d’ancrage réaliste.
Personnages anaphores : ne se présente que dans le texte c’est selon
Nathalie Sarraute et Robbe-Grillet un être de papier qui est loin d’être
idéal comme dans le roman traditionnel mais il vie sans entrailles.
Personnages embrayeurs :marque de la présence en texte ,du lecteur , de
l’auteur .
5- L'adjuvant et 6-l'opposant : sont ceux qui aident le sujet, ceux qui lui
nuisent, ou plutôt l'ensemble des forces qui participent au jeu des rapports :
des objets, des réalités matérielles (objet magique, or ou argent...), des
qualités ou défauts "moraux" (naïveté, avidité...) peuvent intervenir dans un
sens ou un autre et se combiner.
13
Deux remarques importantes à faire :
- Les actants apparaissent ainsi comme des couples positionnels (sujet/ objet
; destinateur/ destinataire) ou des couples oppositionnels (adjuvant/
opposant).
- Les rôles ne sont pas fixes, déterminés de façon définitive, mais ils peuvent
être dynamiques .
3- Le Concept du personnage :
14
entre dans des rapports d'opposition ou d'identité avec eux, c’est
un« Etre de fiction, crée par le romancier ou le dramaturge, que
l'illusion nous porte abusivement à considérer comme une personne
réelle »4
Dans le récit « Entendez vous dans… les montagnes » de Maissa Bey ,les
événements se déroulent dans un compartiment de train. La rencontre entre
les trois personnages où la protagoniste « elle », Algérienne ,fille d’un
4 15
MONTALBETTI,[Link] personnage ,édition Flammarion2003,Paris p159.
5
Ibid p153.
glorieux martyr torturé et tué pendant la guerre ,fuit son pays pour trouver la
sécurité et la tranquillité dans le pays d’accueil ,qui est la France .
Tous les trois cherchent le calme , mais le destin prend une autre tournure
, un événement déclenche entre eux une conversation qui va nous conduire
vers d’autres lieux et d’autres temps, appartenant à un passé lointain qui
remonte en surface.
En sortant ,elle laisse derrière elle une gêne embarrassante, « lui » essaye
de s’excuser et de là une conversation commence :« Il se lève ,s’approche d’elle ,
se penche :-Je suis médecin. Peut être que je pourrais…Elle secoue la tête non ,non ça va » (E
D L M,p 28) [Link] 6
6 16
BEY,Maissa « entendez vous … dans les montagnes » , Ed l’aube ,Paris ,2010. p28.
faut qu’elle aussi aille jusqu’au bout. Rien ne semble plus important
cet instant »(E D L M,p 50) [Link]
« Elle » prend tout son courage pour pousser ce Veil homme à tout dire
,puisqu’ il n’a pas citer seulement le lieu de son passage qui est son village
natal et celui de son père ,il a donné également des dates prouvant sa
présence sur le lieu du crime, donc il doit non seulement parler mais
s’expliquer et aller jusqu’au bout de l’histoire.
l’Objet recherché ; le bien souhaité n’est autre que l’histoire véridique d’une
grande et terrible guerre qui s’est déroulée pendant la période coloniale mais
non pas seulement d’événements comme ils le prétendent.
17
qu’une vision collective pour incriminer le colonisateur, et il veut
clamer haut et fort que ces crimes ne sont pas uniquement des actes
d’auto –défense contre les révoltés mais au contraire des actes de
barbarie et de dominance .
Sphère de l’échange
glorifier l’Algérie
Le père Destinataire( D2)
Destinateur (D1)
Objet ( O) l’Histoire
Quête
de la
Axe de
vérité vouloir
Sujet ( S) Elle faire
A travers cette lecture analytique des personnages, nous pouvons dire que
le seul personnage qui a le pouvoir de faire une passerelle entre le passé et le
présent, c’est celui qui possède des souvenirs enfouis dans la mémoire mais
qui permet au présent de créer un rapprochement ,un lieu de rencontre avec
un passé jusqu'à nos jours oublié ,une histoire qui pèse sur eux qui donne un
sens à leur existence dans le temps et leur passage d’une époque à une autre
,d’une culture à une autre et d’un lieu à un autre.
18
5- La transparence des personnages :
-La femme : qui entre dans le compartiment du train pour fuir des voleurs
arabes et déclenche la discussion entre « elle » et le vieil homme.
7
ZENITTI, Marie-Jeanne. transparence, opacité, matité dans l'œuvre de Roland Barthes, du Degré zéro 19
de l'écriture à L'Empire des [Link] sur [Link] Consulté:le
03/08/2014 à21:41
-ELLE : la protagoniste, une femme d’un certain âge, intellectuelle a entre
les mains le liseur, un roman qui parle d’une autre guerre de la honte nazie.
Calme, fille de martyr, fuit son pays natal sous les menaces du terrorisme,
cherche un abri en France.
Cependant, elle ressent que cette terre est mouvante sous ses pieds. Triste,
elle cherche l’image de son père dans les visages des hommes qu’elle
rencontre. Elle ne supporte aucune allusion à la violence, et ne veut parler de
son pays, ni d’ avant les événements, ni maintenant.
-Marie : le seul prénom mentionné par l’auteur, c’est la petite fille d’un
ancien pied noir, qui a vécu en Algérie pendant la colonisation française
C’est une jeune fille française blonde et lisse. Elle esquisse un vague sourire,
sûre d’elle, bien dans sa peau ,détendue, confiante ,tranquille ,veut entendre
20
parler de ce pays qu’elle ne connait pas mais, qui fait partie de son histoire
familiale.
5.1-Personnages transhistoriques :
« Les personnages transhistoriques incarnent en effet un lien généalogique.
Ils se remémorent leurs vies successives à la manière d'une anamnèse, qui
relient différentes générations au sein d'un paradigme temporel original. La
réouverture du passé revêt alors une vocation identitaire. En se
réappropriant le passé, les hommes du présent s'autorisent un avenir ; les
récits explorent les différentes strates de la mémoire collective et fondent, à
travers cette anamnèse, une identité riche de potentialités, au sein de
laquelle cohabitent temporalités, cultures et espaces multiples. »8
8 21
BARRET Cécilia. le personnage transhistorique [En ligne]. Thèse de doctorat : Littérature Comparée. Limoges : Université de
Limoges, 2008. Disponible sur <[Link] consulté le
16/05/2014à18 :45
5.2-Quête Identitaire
22
9
[Link] .
10
MUCCHILLI ,Alex. L'identité, édition Presse Universitaire, collection. Que sais-je, Paris, 1986.
C’est donc , montrer sa différence des autres et son attachement à ses aïeux
et à son pays d’origine. Nous pouvons dire que l’identité a une dimension
historique qui préserve la mémoire collective contre l’oubli.
Il y’a aussi un autre indice sur l’identité : c’est sa seule véritable adresse
qui est encore écrite sur l’étiquette accrochée à la poignée de la valise, bien
visible. Le lieu a donc son importance puisque c’est le signe de la stabilité
qui veille pour protéger son histoire. Même si le temps et les individus
changent ou fassent de leur mieux pour le détruire soit par la violence des
intégristes ou par toute autre chose ,il garde la même place malgré tout,
même si d’autres éléments qui ce sont déroulés vraiment pendant la période
coloniale sont non seulement des événements comme ils le disent.
11 23
Note de lecture
Cette présentation des personnages nous permet de démontrer leurs
importances dans le déroulement des événements du récit ; une rencontre a
permis à « lui », d’un simple regard de la passagère en face de lui, pour faire
revivre des souvenirs lointains d’un pays de l’autre rive. Son passé comme
un soldat, les cris et les tortures commis contre un peuple sous la dominance
coloniale.
au fond de lui, il est conscient de ce qui s’est réellement passé mais rien n’est
encore dit .
24
Cet événement a donné la possibilité à l’échange de parole entre l’un et
l’autre. « lui » a voulu s’excuser pour ce qui vient d’être dit ; en abordant le
sujet de son passage en Algérie, son pays à « elle », plus précisément son
village natal. La conversation prend un autre tournant, au début, c’est elle
qui hésite puisqu’elle ne voulait pas aborder le sujet de son pays qui n’a été
beau à leurs yeux que pendant la période coloniale, et ce sentiment la dérange
beaucoup.
La mort de son père est l’exemple concret de ce qui s’est réellement passé.
Selon la version officielle française, il a été tué puisqu’ il a essayé de s’enfuir
de prison, mais ce qui s’est vraiment passé c’est tout à fait autre.
C’est une mémoire individuelle qui mène vers une mémoire collective.
C’est une histoire de la disparition de son père certes, mais elle représente
aussi l’histoire d’un peuple longtemps soumis à la violence, la torture et
même au génocide.
25
Mais la réalité historique indique toute autre chose. En 1956 se déroula
au Soummam en Aout le premier congrès du FLN. A la fin de l’année, on
comptait plus d’un demi-million de soldats français en Algérie et en 1957
quand la bataille d’Alger se déclencha, c’est l’arrivée de 8000
parachutistes pour éliminer les révolutionnaires rebelles et la généralisation
de l’usage de la torture par l’armée française .
Selon lui, c’est la belle époque puisque ce sont les colonisateurs qui
profitent des biens de ce pays sous l’hégémonie française et, aussi de la
beauté naturelle de ses paysages sous différentes situations telles que : les
belles soirées dansantes, la beauté des plages
26
Marie, aussi, n’a pas compris ce silence qui entoure le passé de la France
en Algérie .
« elle se tourne vers l’homme et le fixe ,droit dans les yeux ,elle
désigne la jeune fille vous devez savoir ce que c’est non ? explique lui
à elle ce qu’était la corvée de bois ,expliquez lui à elle qui ne sait rien
de cette guerre ,elle à qui son grand père n’a rien raconté d’autre que
ses palpitantes parties de pêche » (E D L M,p73) [Link]
Rien n’est clair dans ses pré- requis, des lacunes à combler et des vides à
remplir. Son grand- père ne parle que de la belle époque : les parties de pêche
à la mer et rien de plus. Il ne parle que des événements heureux vécus en
Algérie.
Maissa Bey , a mis dans un lieu mouvant et instable qui est un train
,des personnages qui tissent un lien de rapprochement sur l’histoire de la
mort de son père ,en apparence une mémoire individuelle mais qui n'est autre
que l’histoire de l’Algérie dans un passé lointain qui présente alors une
mémoire collective.
Maissa Bey n’est pas la seule à avoir du mal à ce qui s’est passé en
Algérie pendant la guerre, aussi dans son livre de témoignage « la Question »
Henri Alleg parle de la torture commise sur lui par les parachutistes, a
commencé son livre par la phrase suivante : « En attaquant les Français
corrompus, c’est la France que je défends. »12.
12 27
Note de lecture.
C’est une révolte contre les pratiques de la torture ,de la barbarie et de
l’injustice pour sauver l’image de la France ,de la mauvaise réputation d’une
nation auparavant connue par sa justice contre celle de l’humiliation qui lui
a été attribuée après sa défaite et son comportement vis-à-vis des peuples
soumis à sa domination.
Il ne sert à rien d’avancer des fables et des sornettes qui font dormir debout.
Maissa Bey dans son œuvre clame haut et fort une dénonciation et une
révélation de la présence de l’hégémonie française qui n’est autre que la
source de la souffrance et de l’humiliation de tout un peuple pendant plus
d’un siècle d’occupation.
13 28
Note de lecture.
Chapitre II
29
Personnages symboliques :
«Ce que nous appelons symbole est un terme, un nom, une image, qui même
lorsqu’ils nous sont familiers dans la vie quotidienne, possèdent néanmoins des
implications qui s’ajoutent à leur signification conventionnelle et évidente. Le
symbole implique quelque chose de vague, d’inconnu ou de caché pour nous »14
1 - Notion de la symbolique :
Pour Freud la symbolique est l’ensemble des symboles qui peut avoir un
sens immutable qui peuvent être retrouvés dans divers activité de
14 30
[Link] Consulté le 07/03/2015 à 15:46.
l’inconscient .Freud persiste encore sur la liaison entre symbolisant est
symbolisé, alors que pour Lacan , la formation et l’arrangement du symbole
,à savoir la présence d’un agencement symbolique structurant la réalité
interhumaine .
15
CHEVALIER, Jean , GHEERBRANT, Alain. Dictionnaire des 31
[Link] :Bouquins,Normandie,2012.p xix
16
ANGELE, Christian, DELCROIX, Maurice, F. Hallyn, BATHES,Roland in
Introduction aux études littéraires, disponible sur
[Link] consulté le 07/08/2014.
Donc le texte littéraire exige du lecteur de mettre en exergue ses
connaissances pour pouvoir accéder à une interprétation adéquate.
Elle reconstitue son image à travers les visages des hommes qu’elle
rencontre dans sa vie de tous les jours. Séparée de lui pendant son enfance,
le deuil reste donc inachevé .Maissa Bey dans une interview a déclaré :
« Il m’a fallu deux ans pour écrire un texte de 80 pages environ. Toute une vie de femme
avant de pouvoir affronter mes blessures d’enfant. Le temps de la résilience , C’est
32
surtout un retour sur un événement sur lequel j’avais essayé de faire l’impasse pour
pouvoir vivre avec cette absence. Celle du père qui est une rupture pour tout enfant »17
Notre écrivaine considère que l’écriture de cette œuvre est une forme
d’échappatoire, certes elle ne guérit pas mais elle ouvre l’esprit vers
d’autres horizons et elle sauve de la déraison.
« il se lève, s’approche d’elle, se penche : je suis médecin. Peut -être que je pourrais…
- Non, non ça va …
Il insiste peut être qu’il vous faudrait un café bien fort, bien sucré. vous voulez
-Non ,ce n’est pas la peine, je vous assure, tout va bien» (E D L M,p 28) [Link] .
17
Synergies Algérie n°16- 2012 p65 « stratégies énonciative dans Entendez vous dans les montagnes » de 33
« un père absent ou mort ne disparait pas nécessairement sur la scène sur la scène
psychique il peut être présent dans le discours de la mère ou de l’entourage de
l’enfant .il continue d’exister symboliquement parce qu’il est investi, pensé,
attendu ou regretté ».20
Dans notre projet de travail Maissa Bey essaye de nous montrer que le père
existe toujours au fond d’ elle-même et essaie de se le rappeler à travers les
autres, s’interroge sur sa vie autant qu’instituteur, à quoi il ressemble ,sa
physionomie, son regard ,ses comportements affectifs et émotionnels avec
sa famille et aussi son geste de bravoure vis-à-vis de son pays l’Algérie .
Dans « Entendez- vous …dans les montagnes » le dialogue entre ces deux
personnes vise divers objectifs. D’abord et avant tout pour faire avancer le
récit « lui » questionne et « elle » répond , ensuite c’est « elle » qui pose des
questions à « lui » pour lui forcer la mémoire afin qu’il lui raconte les
événements avec des données et des informations fragmentées ensuite, le
dialogue permet à « elle » de réagir à ce qui vient de se passer « Il faut continuer
la conversation , et surtout ,revenir au passé, coûte que coû[Link] est trop facile de s’apitoyer sur
le présent .De tirer son épingle du jeu » (E D L M,p 50) [Link] .
Une autre présence du silence ,celle là est très visible dans le récit c’est la
présence des points de suspension qui inspire de transcrire l’impossibilité de
dire et d’ avouer ce qui s’est passé réellement
20 34
[Link]. p.25
« il fallait …croire, obéir et …combattre…tout simplement …c’est ça bien sur
…en fin…non ,je ne crois pas .On nous demandait seulement de servir et obéir,
mais…croire… non »p58 « ceux qui étaient amenées chez nous étaient des
suspects .il fallait prendre le temps de les…de les interroger…pour les besoins de
l’enquête, il fallait les faire parler. Personne n’est sorti indemne de cette
guerre !personne !vous entendez ! » (E D L M,p 70) [Link] .
Si on commence par se dévoiler c’est très dangereux aussi bien pour soi
que pour les autres comme si « lui » dit voilà ,ce que je ne peux pas vous dire
, vous pouvez imaginer la suite ; ce silence vise à séduire en jouant sur
l’attraction qu’exerce le mystère du flou « elle » ne peut pas avoir un contact
direct avec son père pour construire son image.
Retrouver la figure du père, c’est le rendre présent non seulement par les
mots et les gestes mais aussi par les objets intimes lui ayant appartenu « elle
n’a jamais compris pourquoi et comment ses lunettes restées intactes. C’est,
le seul effet personnel qu’il avaient pu récupérer, avec l’alliance que
quelqu’un –mis qui ?-lui avait retirée du doigt » (E D L M,p 21) [Link] .
Prendre contact avec le père par des traces matérielles ne suffit pas , elle
va jusqu'à la mémoire de son bourreau pour que la reconstruction de son
image soit la plus vraie possible,
35
C’est un conflit entre ou parler ou se taire, elle semble avoir accepté
la mort de son père par le biais d’une certaine révélation de son interlocuteur
et aussi à travers la lecture de son livre , l’injustice et la fatalité de la guerre
dans des différents endroits à travers le monde.
La double absence, et de souvenirs et de son père qui est mort trop tôt par
la violence et l’injustice coloniale . Et aussi l’absence de la parole qui
culpabilise les crimes commis par le colonisateur elle a essayé d’imaginer
ses derniers moments
36
destination dans son aspect, mais qui se dirige vers des lieux bien déterminés
représentant la vie de notre héroïne , le rapprochement, la solitude, l’attente,
la mort et même l’espoir d’arriver à une destination où règnent la liberté ,la
loyauté et la tranquillité .
3 - La symbolique de « elle » :
21 37
[Link] consulté le 20/05/2014 à 06:45.
parler d’eux‐mêmes, les auteurs maghrébins utilisent un ‘je ‘ apocryphe ou
ils sont plus à l’aise derrière une troisième personne »22.
« Oui ,peut être ,certainement, mais c’est surtout le fait de n’avoir pas trouvé de
réponses, sur les violences, les tortures, en écoutant tous ces gens ,à l’image
d’Aussaresses ou ceux qui avaient ,dans le camps de concentration nazis,usé de
violences extrême ,parles de torture qu’il ont pratiquée sur des hommes, je me
demandais comment il ont pu être amenés à cela. Le problème c’est que personne
n’arrive à comprendre a cette part de l’inhumain dans l’humain et cela me fait
très peur.c’est une colère générale. »23 .
Au début, « elle » se caractérise par son silence et son malaise vis à vis de
la culpabilisation commise par la femme lors de l’agression, cet acte nuisible
qui provoque l’échange de parole et rend notre protagoniste dans un état
embarrassant.
22
LE ROUZIC, Maurice,Autobiographie et francophonie :cache cahe entre ‘nous’ et’je’ [en 38
ligne],disponible sur [Link] Consulté le 17/04/2015 à 10 :40.
23
Synergies Algérie n°16- 2012 p63« stratégies énonciative dans Entendez vous dans les montagnes » de
Maissa bey :L’écriture impersonnelle doctorante Leila Kerboubi.
élaborer et maintenir l’image de soi à travers la vision de l’autre qui est en
face d’elle « lui » et aussi la vision de la société française envers l’arabe ,un
étranger qui n’ est autre qu’ une source de menace.
« elle se laisse porter d’exils en exils ;d’abord la bas étrangère dans son propre
pays parce quelle refusait d’abdiquer ,de se laisser emporter par cette énorme
vague qui submergeait les uns après les autres tant d’hommes et des femmes .elle
ne sait pas ,non elle ne sait pas sur quel rivage elle doit accoster pour se sentir
enfin libérée de l’angoisse solidement ancrée qui la poursuit jusqu’ ici .elle ne
veut pas ,elle ne veut plus parler de ce qu’elle a laissé derrière elle :sa maison
,son travail, ses repères quotidiens .Ne pas penser aux [Link] soleil. A la lumière
et à l’odeur des jours, a cette souffrance intolérable autour d’elle » (E D L M,p
33) [Link].
Dans cette douce France où elle est confrontée non seulement à des
différences culturelles et comportementales mais aussi à ce sentiment
d’infériorité « de telles situations peuvent conduire à une confusion voire à
une crise identitaire, alors que « elle » tente d’appréhender la manière de
s’intégrer dans un environnement où sa personne et sa culture ne sont ni
compris ni respectés selon ce qu’Irving Fleitscher a appelé « le droit de
rester soi-même » . cuirassée de défenses, elle porte sa différence comme une armure .Elle
n’est pas d’ici » (E D L M,p 33) [Link].
39
l’histoire tourmentée de ce pays qui a subit une succession de violences
par : des invasions ,la colonisation et en dernier lieu le terrorisme des années
90 .Vivre sans père, dans un pays en construction, pour qui il est mort et
pour que l’Algérie devienne un pays libre .Mais cette mort et cette absence
sont vaines ,car « elle » observe ce qu’est devenu son pays, pour lequel elle
a été privée de son père ,un passé historique réveillé et un présent qui pèse
sur elle .
« il y’a aussi cette curiosité de ceux qui compatissent …comment c’est la bas ?
.Mines apitoyées ou inquiètes .Et on ajoute tout de suite ,inévitablement avec ce
qui se passe …certains parlent même des événements d’Algérie expression
consacré ,comme autre fois » (E D L M,p 32) [Link].
une vision de l’Algérie par les français recouverts par les préjugés et le
mépris une dégradation de l’Algérie qui coïncide avec celle de la décennie
noire .
La symbolique du médecin :
Le personnage qui représente la clé de voûte de l’œuvre, symbolise la
guérison, le remède et la prescription curative des blessures non soignées
depuis des dizaines d’années. Le personnage du médecin, ce maître des
secrets de la vie, ce déchiffreur des énigmes du corps va éclaircir quelques
vérités non déclarées jusqu’à nos jours par la force coloniale, les malheurs,
l’injustice les génocides et les déclarations mensongères coloniales causées
par la France.
« Lui », assis en face d’« elle », dès qu’il a aperçu son visage quelques
souvenirs lui reviennent en mémoire
« dans ce visage tourné vers la nuit, s’esquisse soudain le reflet de nuits lointaines
qui se bousculent dans un charivari de cris et de supplications. Les mains tendues
de ces hommes qui ne croient plus ,qui n’espèrent plus en homme ». (E D L M,p
16) [Link].
40
Cette histoire se présente sous forme de souvenirs à travers lesquels peu à
peu se dessine la scène de la mort du père de la protagoniste, passé et présent
se rejoignent, mais rien n’est encore révélé qu’après l’agression commise
contre la femme. Cet événement déclenche une conversation entre « lui » le
médecin et « elle », puisque la femme culpabilise les arabes est plus
précisément les Algériens derrière cette attaque, lui trouve l’occasion
d’entretenir avec« elle » une discussion :« il la regarde avec étonnement -
vous ne vous sentez pas bien ?Elle secoue la tête :- non ça va c’est le bruit »
(E D L M,p 24) [Link].
« il se lève s’approche d’elle ,se penche :-je suis médecin. Peut être que
je pourrais…-elle secoue la tête
41
non reconnus par l’hégémonie française « elle se retourne vers l’homme et
le fixe droit dans les yeux » (E D L M,p 73) [Link].
C’est un regard qui ressemble à celui de son père devant le bourreau mais
la différence est que son regard à elle c’est pour libérer une parole longtemps
étouffée ,briser le mur de silence qui s’est bâti depuis longtemps dans les
esprits .
« j’ai fini mes études après la guerre là-bas j’étais affecté à l’infirmerie du
camp .Occasionnellement…je croyais vraiment qu’on avait besoin d’infirmier
pour soigner des hommes» (E D L M,p 41) [Link] » « j’y ai passé toute la période
d’instruction. (E D L M,p 44) M.Bey4 « -Votre père était instituteur à Boghari,
c’est ça ?
- Oui
-Et il…il est mort…
-Pendant la guerre
-Ah !
Il se tait quelque secondes avant d’ajouter :
- Je ne suis pas resté longtemps là-bas .
- Mais vous vous souvenez de ce que vous avez vu dans le camp , non ? les quelques
mois passés là-bas ,vous vous en souvenez bien, je crois …c’est ce que vous avez
dit .Vous étiez là-bas en Février ?février 1957 .Pendant la grève décrétée par le
FLN…
- Vous l’avez peut-être même rencontré…Vous auriez pu… […]-Vous savez …il
ya eu tellement d’arrestations pendant tout le temps que j’étais là-bas. Je le sais
…j’étais chargé d’enregistrer les entrée
-Seulement ça ?Alors vous n’avez rien vu, jamais ?Jamais rien
entendu ?Comptabiliser les entrées et surveiller ceux qui gardaient assez de forces
pour essayer de s’enfuir après les séances de torture, c’était votre travail ,rien que
ça ,n’est ce pas… ?eh oui…parmi ceux qu’on arrêtait, il n’y a en avait pas
beaucoup qui ressortaient ,ou alors…
-Ceux qui étaient amenés chez nous étaient des suspects. Il fallait prendre le temps
de les…de les interroger…pour les besoins de l’enquête » (E D L M,p 70)
[Link]. « il y avait des sections spéciales dans les services de renseignement
.c’était la guerre… »p71
« Il s’interrompt juste avant de dire …il allait dire… mater la rébellion Ainsi , les
mots sont encore imprimés dans sa mémoire. Il a retrouvé sans effort, au bout de
tant d’années, les mêmes arguments : refus de collaborer, rébellion, pacification
42
,interrogatoires, recherche prioritaire de renseignements, prévention protection
des civils Européens..ainsi rien n’est effacé.
Mais ce mot la …jamais !On ne parlait jamais de tortures, de services …non.
C’était des interrogatoires…poussés,certaines disaient…musclés.
Obtenir le maximum de renseignements. C’était ça la formule consacré
.Interrogatoires poussés parfois jusqu'à… » (E D L M,p 72) [Link].
« expliquez lui ce qu’était la corvée de bois »p73 elle désigne la jeune fille Marie.
« IL n’entend pas[…]il ne peut même plus parler…
Les attitudes et les distances que nous prenons prouvent qu’il existe d’autres
déclarations non prononcées. Cette communication est irréversible ;nous
souhaiterions parfois pouvoir faire marche arrière dans le temps pour effacer
des paroles ou des actes et les remplacer par des manifestations plus
heureuses plus gaies.
Une vérité non déclarée par son grand père qui est né en Algérie, pendant
la période coloniale et qui ne raconte que les parties de pêche et les bons
moments d’avant ,c’est a dire avant les événements. Ce mot événement flou
24
RULLER - THEURET , Françoise in . Les personnages : être et devenir,l’iscription du lecteur 44
dans "A quoi rêvent les loups" de Yassmina Khadra,Mémoire de Magistère Benzid,Aziza,Université
Mohamed Kheider Biskra Algérie,2008. p70
25
[Link]
,vague ,profond reste pour Marie sans aucune explication puisque le grand
père ne donne aucun détail de ce vocable .
« Mon grand père m’en a parlé …mais lui ,il dit les événements et j’ai souvent
l’impression qu’il n’aime pas trop qu’on lui pose des questions .Il dit que c’était
très dur ,oui…et…il n’aime pas trop en parler » (E D L M,p 52) [Link].
C’est une Algérie bien à eux, belle pendant leur domination, le temps
d’avant représente l’âge d’or d’une Algérie française .Marie symbolise la
génération française et les jeunes de nos jours qui ne connaissent de
l’histoire de la France qu’ un passé glorieux ,un pays qui a dominé presque
tous les pays du Maghreb une puissance européenne, une république
d’égalité de fraternité et surtout de liberté.
Ce qui s’est passé réellement pendant la guerre reste énigmatique pour les
simples citoyens français d’avant et d’aujourd’hui . Le médecin essaye de
répondre mais d’une manière très prudente pour éviter de dire l’important et
l’essentiel de son vécu en Algérie pendant la guerre et surtout pendant la
période 1956-1957.
45
« C’était … C’était…une guerre comme toutes les guerres. Beaucoup d’injustices,
de souffrance .Il y avait ceux qui …donnaient des ordres …et ceux qui exécutaient.
C’est toujours comme ça que sa ce passe .
Il se tait un instant et poursuit ,à voix basse, comme s’l se parlait a lui-même .-
Inutile de se poser des questions …de chercher à discuter les ordres .Il fallait
servir et obéir .Même si…et parfois…
Il ne termine pas la phrase .Il a à présent les yeux fixés sur le sol .Il semble
chercher ses mots. » (E D L M,p 57) [Link].
46
La même période où l’homme était présent dans le village lors de son
passage pour le service militaire, la femme insiste pour qu’il explique à cette
fille pleine de vivacité et de courage la réalité de ce rituel ,cependant la
femme prend l’initiative de raconter la vraie version de ce qui s’est passé ;
elle commence l’histoire ainsi :
Marie annonce l’arrivée bientôt à sa destination ;c’est elle Marie peut être
qui prendra en charge la responsabilité de compenser et faire face à ce qui
reconnait les crimes contre un peuple dominé par eux mais qui a su comment
se révolter contre une grande puissance comme la [Link] envisage à
apprendre comment apprendre la vérité et la transmettre à son tour aux
générations futures
« Là-bas .la mémoire aussi est tronquée, une part est cachée derrière des
légendes aveuglantes. Cette réflexion du personnage montre d’ailleurs ,en
47
Algérie , l’évolution du discours sur la guerre d’indépendance et du travail
historique en œuvre » 26.
Cette déclaration illustre bien ce que l’histoire réelle est vraiment sous le
joug du nihilisme même si l’oubli règne ,la mémoire ne s’efface pas par les
silences et les tabous , c’est une histoire imposée et notre écrivaine désire
que l’histoire de son pays soit comprise et connue .
26 48
[Link] consulté le 21/05/2014 à 22:20.
Conclusion
« Le passé n’est pas libre. Aucune société ne le laisse à lui-même. Il
est régi, géré, conservé, expliqué, raconté, commémoré ou haï. Qu’il
soit célébré ou occulté, il reste un enjeu fondamental du présent.
Pour ce passé souvent lointain, plus ou moins imaginaire, on est prêt
à se battre, à étriper son voisin au nom de l’ancienneté de ses ancêtres.
Que survienne une nouvelle conjoncture, un nouvel horizon d’attente,
une nouvelle soif de fondation, et on l’efface, on oublie, on remet en
avant d’autres épisodes, on retrouve, on réécrit l’histoire, on invente,
en fonction des exigences du moment, d’anciennes légendes. »
Régine ROBIN
49
Nous vivons dans une époque de violence, d’agression et de malaise,
où la conscience humaine est incapable d’assimiler les circonstances
et ces événements, alors les individus choisissent l’illusion de vivre
dans un monde où règne la justice et la liberté.
50
Jean Paul Sartre en 1961 dans sa préface « les damnés de la terre »
de Frantz Fanon avait refusé lui aussi cette guerre féroce contre un peuple où
sa seule force est son aptitude à résister contre tous les malheurs .
27 51
Sartre, Jean-Paul .« les damnés de la terre ». édition : François Maspero ,1961.p26.
a compris que la révolte est le seul moyen pour acquérir son
indépendance et sa dignité d’ où son slogan « vaincre ou mourir ».
Cette rencontre certes imaginaire ,mais elle nous laisse réfléchir sur
le sort de cette histoire qui n’est reconnue que par une minorité ,une
histoire qui n’a pas était écrite jusqu’à nos jours .
Elle veut que les générations renouent avec leur histoire ,leurs
origines et leurs ancêtres, mais les relations avec la France
actuellement ne doivent demeurer qu’une relation d’entraide , de
coopération et d’échange parce qu’elle reste un pays de civilisation
de savoir et de puissance malgré tout .
53
Œuvre du corpus :
Œuvre littéraire :
Ouvrages critiques :
54
Articles et périodiques :
Dictionnares :
1-ARON,Paul,SAINT-JACQUES,Denis,VIALA,Alain. Le dictionnaire du
littéraire, édition Quadrige,Presses Universitaire de France,Paris,2002.
3- AZIZ,Claude,OLIVIER,Claud,SCTRICK,[Link] des
symboles et des thèmes littéraire,édition Fernand Nathan, , Paris 1978.
4 -CHEVALIER,[Link],[Link] des
symboles,édition ,bouquins , Paris, 2012.
55
Thèses et mémoires
Sites Web :
1-[Link]
2- [Link]
3- [Link]
5-[Link]
6-[Link]
7-[Link]
8-[Link]
9-[Link]
12 - [Link]
56
Annexes
57