GASTRONOMIE
GASTRONOMIE
lieux
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
Le propriétaire vérifie aussi la qualité des services techniques et des services de préou-
verture : l’opérateur hôtelier doit pouvoir fournir des standards de design élevés,
conseiller les architectes et assister les décorateurs comme les spécialistes (lumière,
plomberie, électricité, etc.), ouvrir l’établissement en choisissant les meilleurs candi-
dats et en leur assurant les meilleures formations, proposer les meilleurs partenaires
(spa, restauration, etc.), et offrir les meilleures solutions de distribution commerciale.
40
Les principaux acteurs de la restauration en hôtellerie
Michiel Bakker
Michiel Bakker est directeur de la restaura- Mix™1. Je crois que notre industrie donne
tion du groupe américain Starwood — l’un de plus en plus d’importance aux chefs très
des plus importants groupes mondiaux connus et aux concepts qu’ils développent.
d’hôtellerie et de loisirs, qui regroupe des Au moins trois raisons justifient de
marques aussi diverses que St. Regis, The considérer ce type de partenariat, pour les
Luxury Collection, W ou Le Méridien — pour trois parties concernées. Tout d’abord, une
l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient. marque connue a davantage de chances
d’obtenir plus d’investissements de la part
Diplômé de l’école hôtelière de Maastricht,
du propriétaire qu’un concept inconnu,
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
d’un MBA en Grande-Bretagne et d’un aussi brillant soit-il. Un “chef célébrité” en
master en hospitalité réalisé à Las Vegas, ce direct ou via une marque est perçu comme
Néerlandais est entré il y a près de quinze moins risqué qu’un concept développé en
ans chez Starwood, où il a notamment géré interne. Par ailleurs, les développeurs sont
le développement de plusieurs concepts de également attirés par ce genre de modèle,
restauration. car ils en tirent davantage de communica-
tion autour de l’hôtel ; de plus, cela facilite
« Chez Starwood, vous faites parfois toute commercialisation éventuelle (rési-
appel à des « chefs célébrités » : comment les dences ou appartements servis par l’hôtel).
différentes parties (proprié-
«
Enfin, pour l’opérateur, une
taires, développeurs et Notre industrie marque connue avec son
opérateurs) abordent-elles donne de plus en plus cahier des charges permet
cette problématique ? d’être plus « protégé » en
d’importance aux
– Il faut distinguer tout
d’abord une expérience
“chefs célébrités” tant de crise ou pendant la
saison faible.
»
gastronomique qui est En revanche, avec un
fondée sur une personnalité ou un chef, concept « maison », on a plus tendance à
d’une expérience fondée sur un concept. réduire rapidement certains coûts, ce qui
C’est la différence entre un restaurant dirigé revient à baisser le niveau de service ou le
par le chef Jean-Georges Vongerichten et très haut standard des produits et services :
un concept comme Spice Market™, entre avoir un concept standardisé permet de
le chef Alain Ducasse et un concept comme protéger davantage le produit. »
De plus en plus, l’opérateur hôtelier signe avec un chef, dit « chef consultant », un
contrat de consulting, avec une licence. Ceci signifie qu’en général, contrairement à
ce que le grand public peut imaginer, le chef n’est propriétaire de rien. Avec ce type
de prestation, l’opérateur hôtelier bénéficie de conseils et parfois d’une marque ou
d’une signature du chef consultant. Commercialement, cette relation se traduit par
une rémunération fixe mensuelle par exemple, et de plus en plus par un variable qui
© Groupe Eyrolles
41
État des lieux
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
tion, propre à un grand chef ou à une marque de restauration, est la conception des
menus ou la formation de personnes clés (le chef, le sous-chef, le chef pâtissier, le
directeur de salle, le premier maître d’hôtel et le sommelier).
Outre les chefs consultants, de nombreux acteurs spécialisés apportent aussi leurs
conseils aux opérateurs hôteliers en matière de restauration en particulier.
Conception
42
Les principaux acteurs de la restauration en hôtellerie
Communication
Les enjeux liés aux marques et au marketing se développant fortement, des graphistes
internationaux et des conseillers en marque se sont spécialisés sur le segment de la
gastronomie. C’est le cas de Philippe David, graphiste et concepteur de logo, pour la
marque Spoon d’Alain Ducasse par exemple, qui a aussi requis les conseils de Publicis
pour ses communiqués de presse, ou de la société de conseil DiffWay pour sa stra-
tégie marketing. Sans oublier des groupes spécialistes du management de la relation
client, qui travaillent souvent sur une base Internet : c’est le cas de LaFourchette.com
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
par exemple. Enfin, en plus de profiter des services de relations publiques propres aux
hôtels, les restaurants gastronomiques recourent parfois aux services de spécialistes,
voire plusieurs en fonction des marchés sources des restaurants. Il est rare qu’une
seule personne gère l’ensemble des relations publiques dans le cas d’un développe-
ment à l’international. Il faut au contraire identifier un spécialiste par marché : un pour
New York, un pour Londres, un pour Hong Kong, etc.
Ressources humaines
Qualité
Nutrition
une valeur ajoutée grandissante. De nos jours, proposer des menus équilibrés, que la
communication se fasse ou pas sur cet aspect, revêt une grande importance.
43
État des lieux
Traçabilité
Enfin, pour tout ce qui est visible par le client, de la musique aux uniformes, en passant
par l’éclairage ou les arts de la table, sans oublier les avocats, un grand nombre de
spécialistes répondent aux besoins d’un métier en plein développement.
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
© Groupe Eyrolles
44
© Groupe Eyrolles
Chapitre 3
Gastronomie
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
a priori opposés…
et hôtellerie : deux métiers
État des lieux
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
Souvent, on entend des propriétaires d’hôtels ou opérateurs hôteliers déclarer que
la restauration d’hôtel, et la gastronomie en particulier, ne rapporte pas d’argent.
Tentons de sérier les trois points habituels qui sont à l’origine de ce sentiment de non-
rentabilité de la gastronomie.
Si le circuit logistique, en particulier dans les grandes villes, est très bien organisé et
permet au personnel de bénéficier d’effets de volume, même sur des produits rares,
il est beaucoup plus hasardeux pour les établissements situés en dehors des centres
urbains, en particulier dans des endroits difficiles d’accès (île, montagne, endroit isolé,
etc.).
Enfin, le contrôle de gestion des produits frais est plus difficile que pour des produits
© Groupe Eyrolles
46
Gastronomie et hôtellerie : deux métiers a priori opposés…
■■ Le personnel
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
Constituer sa brigade
47
État des lieux
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
Par ailleurs, un personnel parfois nombreux est nécessaire pour tout ce qui concerne
la cuisine principale, du saucier au rôtisseur, en passant par les amuse-bouches et
autres mignardises — tous ces détails qui font cette expérience unique.
Enfin, en salle, la brigade doit là aussi être constituée « au cordeau » pour assurer un
service rapide, efficace et présent, du voiturier à l’accueil, en passant par les services
des vins.
Gérer le personnel
On ne prévoit pas toujours les moments de faible activité, qui peuvent toujours se
produire, même chez les plus grands. Les éléments macroéconomiques extérieurs font
que le restaurant gastronomique sera souvent le premier budget que les entreprises
— qui représentent, selon notre estimation, une bonne moitié de la clientèle — vont
réduire, voire supprimer.
difficile à gérer, les charges sociales et patronales sont élevées, la flexibilité du travail relative,
le personnel qualifié difficile à fidéliser.
En Asie (Chine, Singapour, Thaïlande, Inde, etc.), le coût et la gestion du personnel ne consti-
tuent pas les principaux freins à l’ouverture d’un restaurant gastronomique dans un hôtel. Dans
cette région du monde, où le personnel qualifié est important et très fidèle à son employeur,
48
Gastronomie et hôtellerie : deux métiers a priori opposés…
le coût du personnel peut ne représenter que 25 % du chiffre d’affaires, y compris dans un
restaurant dit gastronomique, où parfois la brigade compte deux ou trois expatriés bénéficiant
de conditions de rémunérations des plus intéressantes.
Au Moyen-Orient, le personnel est constitué essentiellement d’expatriés originaires d’Europe ou
d’Australie d’une part, et d’expatriés à faible revenus venus essentiellement d’Inde, du Pakistan
et d’Indonésie d’autre part. Ceci rend le coût de la main-d’œuvre nettement plus faible qu’en
Europe par rapport au chiffre d’affaires. Le ratio va de 25 à 35 % typiquement, sachant que
les prix pratiqués pour la gastronomie ne se sont alignés que récemment sur l’Europe ou l’Amé-
rique du Nord. Traditionnellement, au Moyen-Orient, le coût principal est celui des matières
premières alimentaires, car beaucoup de produits sont importés. La main-d’œuvre étant habi-
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
tuellement faiblement payée, le ticket moyen était encore faible au milieu des années 2000,
compte tenu du type de produits utilisés.
En Amérique du Nord, enfin, les restaurants gastronomiques d’hôtels sont soumis à une
donnée supplémentaire : des syndicats fortement structurés et puissants. Dans des villes comme
New York, la présence d’un syndicat peut contribuer à augmenter fortement le coût de la main-
d’œuvre et bloquer la bonne marche du restaurant ; alors que dans les restaurants indépen-
dants, la rémunération du personnel est essentiellement indexée sur le chiffre d’affaires avec
une plus grande flexibilité dans la nature des tâches que peut accomplir chaque personne.
La salle
Bien que les critiques gastronomiques jugent l’établissement sur l’assiette avant tout et
pas le décor, ce dernier compte beaucoup aux yeux des clients. Il faut donc y porter une
attention particulière. Le recours à un grand designer et à des matériaux de grande qualité
pour créer la salle peut se traduire par un coût allant du simple au quintuple (de 1 500 à
6 000 euros le mètre carré) entre un bon restaurant et un établissement gastronomique.
La cuisine
La création d’une cuisine traditionnelle d’hôtel (le terme « hôtel » étant péjoratif et
réducteur) représente un budget de 150 000 euros environ pour une centaine de
© Groupe Eyrolles
mètres carrés. Ses meubles sont sur pieds, afin de pouvoir être déplacés pour être
nettoyés. Ils sont choisis sur catalogue ; rien n’est sur mesure. L’épaisseur et la finition
de l’Inox sont standards, tout comme la hotte aspirante ; le drainage et l’éclairage
restent basiques, etc. Les conditions de travail sont donc loin d’être optimales…
49
État des lieux
L’équipement opérationnel
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
Il s’agit des nappes et des serviettes qu’il faut acheter, puis dresser et repasser, sans
parler des sous-nappes matelassées, et enfin des coûts indirects (nettoyage, repassage,
entretien, pose sur la table, etc.) sur la masse salariale.
Cet équipement couvre également les arts de la table des grandes maisons (porcelaine
de Limoges, couverts en argent, verres en cristal). La dotation initiale (l’investissement
de départ réalisé par le propriétaire), qui s’élève raisonnablement à 30 000 euros pour
un restaurant de quatre-vingts couverts, peut passer ainsi à 150 000 euros pour un
restaurant gastronomique (le rapport est donc de un à cinq). Le renouvellement de la
vaisselle, le réargentage et le lustrage des couverts, le matériel spécifique et coûteux
pour le lavage des verres, le linge de table en coton et en lin — indispensable pour la
légèreté et le toucher, etc. —, tout ceci augmente sensiblement l’addition.
Pour leur part la décoration, le budget fleurs et les uniformes sur mesure ou demi-
mesure et d’excellente qualité, sont aussi des postes de dépenses importants. Quant à
la cave, si dans certains pays, comme le Japon, les hôteliers réussissent à faire financer
le stock par le distributeur, elle représente un investissement important dans la plupart
des pays, sans oublier son entretien.
« La gastronomie n’est pas mon métier ; et puis je ne veux plus gérer l’ego des chefs ! », esti-
ment certains directeurs d’établissements hôteliers. Ils n’ont pas toujours tort, sachant
qu’à une époque pas si lointaine, dans un lieu de villégiature de la Côte d’Azur (très
connu pour son casino et son rocher !), le chef du restaurant gastronomique d’un hôtel
avait l’habitude d’exiger que les informations importantes échangées avec l’entreprise
gérant l’hôtel (sise pourtant dans le même bâtiment que le restaurant…), devaient lui
© Groupe Eyrolles
parvenir par fax et être signées ! Dans un autre restaurant très prestigieux, cette fois à
Paris (pas si loin d’un certain obélisque…), un chef que le directeur général de l’hôtel
souhaitait rencontrer a demandé à ce dernier via sa secrétaire qu’il vienne le voir
directement dans ses cuisines s’il avait besoin de lui parler…
50
Gastronomie et hôtellerie : deux métiers a priori opposés…
Oui, certains chefs, en particulier à un très haut niveau, peuvent avoir un ego déme-
suré ou des réactions à fleur de peau, comme nous le verrons plus loin. Et quand ce
n’est pas l’ego du chef qui agace le directeur général de l’hôtel, c’est l’inverse ! Tous les
directeurs généraux d’hôtels ne savent pas gérer les états d’âme d’un chef talentueux,
ni même communiquer correctement avec lui, encore moins l’encadrer et collaborer
intelligemment. Pour certains, c’est là une autre raison valable pour refuser d’ouvrir un
restaurant haut de gamme.
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
■■ Une culture et un métier aux antipodes
Parallèlement, les restaurateurs et les chefs des Relais Gourmands (Pic, Côte Saint-
Jacques, Troisgros, Auberge de Noves, Oustau de Baumanière, etc.) ont construit
autour de leur table, souvent réputée, une offre hôtelière. En effet, sur la Nationale 7,
les étapes de la route du soleil étaient souvent plus conditionnées par la qualité de
la table que par celle des chambres. Si un hôtelier ne s’improvise pas restaurateur,
l’inverse est tout aussi vrai : les chefs ont eux aussi connu des difficultés pour déve-
lopper les compétences propres à l’hôtellerie. Après des années fastes, où les banques
prêtaient peut-être plus facilement, certains chefs ont même perdu leur établissement
en raison de grosses erreurs de gestion qu’ils n’ont pas su corriger.
La problématique des uns et des autres était donc « inversée ». Un jeu d’influences s’est
appliqué à tous les niveaux, jusqu’à la direction même de la chaîne. Dans l’association,
le principal pôle d’attraction reste la gastronomie. Environ 35 % des directeurs des
établissements sont issus de la restauration. Les 65 % restant sont essentiellement des
familles capables de bien gérer leur chef.
© Groupe Eyrolles
De nos jours, selon leur ancien directeur général Jacques-Olivier Chauvin, les tensions
entre les membres de Relais & Châteaux — notamment dans les réunions — se sont
cependant bien apaisées.
51
État des lieux
Au sein des grands groupes hôteliers, la culture gastronomique des dirigeants et des
propriétaires influence considérablement l’approche de la restauration dans l’établis-
sement. Il semble que leur parcours personnel (pays d’origine, relation de leur famille
à la gastronomie ou éducation) influence significativement leur image de la gastro-
nomie, au moins autant si ce n’est plus que leur parcours professionnel. On peut
presque parler ici d’« ADN gastronomique », concept qui semble définir un élément
constitutif de notre culture et approche de la gastronomie.
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
Aux États-Unis, en Suisse, aux Pays-Bas ou en Allemagne par exemple, l’approche
gastronomique pourrait être influencée par la religion. Ce frein culturel a sans doute
empêché en partie la gastronomie, péché de gourmandise, de se développer dans
ces pays. Dans ces régions, marquées par le pragmatisme et une certaine forme de
rigueur, l’appel à des « chefs célébrités » par des chaînes hôtelières s’apparente davan-
tage à une approche commerciale que culturelle. Cela se vérifie également au niveau
du management et des propriétaires.
Les groupes hôteliers nord-américains, ou dirigés par des Nord-Américains, n’ont pas
toujours su intégrer la dimension gastronomique à leur établissement, globalement
comme culturellement. On retrouve toujours « génétiquement » la pression du résultat,
du retour sur investissement, une forme de standardisation. Il existe une limite cultu-
relle à l’« explosion » de la gastronomie. Pourtant, ici ou là, des personnes hors normes
tentent d’inverser la tendance. Cependant, dès qu’elles quittent leurs fonctions, la
restauration redevient en général assez formatée, la qualité des matières premières
baisse et le personnel perd en motivation.
Ceci souligne toute l’importance du rôle d’un directeur général quand le siège de la
chaîne hôtelière n’est pas orienté vers une expérience « gastronomique ».
prétendument « tendance », donne des restaurants qui ne savent plus quoi faire de leur « cuisine
ouverte », parfois laissée à l’abandon…
52
Gastronomie et hôtellerie : deux métiers a priori opposés…
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
Mandarin Oriental, une marche avant forcée et ambitieuse
Lorsque le Mandarin Oriental a ouvert en 2005 à Tokyo, les propriétaires, le directeur général
et même le siège ont appuyé le développement d’une offre gastronomique personnalisée,
unique, de haut niveau.
En 2011, les trois restaurants de l’établissement — Le Signature (gastronomie française), Le
Sensation (spécialités cantonaises) et un bar à tapas moléculaires — avaient tous une étoile, rêvant
sans doute d’une deuxième, et proposaient trois expériences gastronomiques de grande qualité.
Le Mandarin Oriental de Londres, avec le Bar Boulud et Dinner by Heston Blumenthal, illustre
cette même volonté de faire appel aux meilleurs chefs, reconnus mondialement par une
certaine élite. Ouvert début 2011, Dinner by Heston Blumenthal ne désemplit pas, explosant
littéralement le budget initial.
Cela dit, les signatures ne sont pas toujours nécessaires. L’équipe « légendaire » du
Mandarin Oriental de Bangkok a créé l’une des offres les plus complètes et du niveau
le plus élevé de la ville, dont la plus belle carte des vins d’Asie, sans marque ou
signature extérieure. Dans ce restaurant, longtemps considéré comme offrant l’une
des meilleures gastronomies de la région, des professionnels de la restauration ont
connu une réussite remarquable, en développant en interne des compétences et en
proposant une offre restauration claire, aux concepts bien identifiés, sans flottement
ni confusion. Encore aujourd’hui, les tables du Mandarin Oriental de Bangkok contri-
buent efficacement à la réputation de l’hôtel.
pour un restaurant de quatre-vingts couverts, il faut donc prévoir une salle de près de
240 mètres carrés, soit un espace extrêmement confortable, qui laisse une grande place
aux éléments de services (consoles, accueil, etc.) et à la décoration. La cuisine, elle, doit
occuper environ 40 % de la surface totale, soit environ 160 mètres carrés si l’on reprend
53
État des lieux
notre exemple précédent (avec une salle de 240 mètres carrés, on a déjà un total de
400 mètres carrés…). Une telle cuisine répond à toutes les exigences en termes d’hy-
giène, permet de réaliser son propre pain et la pâtisserie, parfois son propre chocolat et
ses glaces. La viande, les poissons et les légumes sont travaillés à partir de la matière
brute dans la cuisine de production1. Chaque produit est donc transformé sur place.
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
50 mètres carrés maximum, dont une petite réserve et une cave de jour, et d’une salle
de soixante-dix places assises dans 120 mètres carrés, entrée et accueil compris.
Dans une configuration plus « brasserie », avec des banquettes, des tables plutôt carrées
et non rondes, des chaises légèrement moins encombrantes, un accueil résumé à un
stand doté d’un ordinateur portable miniature, etc., un restaurant de quatre-vingts
places assises peut tout à fait fonctionner avec un ratio de 1,5 mètre carré par personne,
voire 1,3. Dans ce dernier cas, la salle mesure à peine plus de 100 mètres carrés, soit une
économie de 140 mètres carrés par rapport à celle d’un restaurant gastronomique de
taille idéale. Concernant la cuisine, une partie des produits peut être livrée déjà taillés,
nettoyés, les filets des poissons être déjà levés, voire surgelés ou sous-vide. Les glaces
peuvent être fabriquées à l’extérieur, comme la plupart des bases de la pâtisserie, quand
ce n’est pas toute la pâtisserie (hormis le dressage de dernière minute). La carte peut
être structurée en fonction d’un nombre limité de méthodes de cuisson, un menu moins
exhaustif, voire imposé. Dans ce cas, la cuisine peut tenir dans 70 mètres carrés.
1. Schématiquement, dans la cuisine de production, on réalise les longues cuissons après avoir récep-
tionné et préparé les ingrédients et matières brutes, etc., tandis que dans la cuisine de finition, on
finit de cuire les aliments et dresse les assiettes juste avant de servir.
54
© Groupe Eyrolles
Chapitre 4
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
de collaboration
De nouveaux modèles
État des lieux
Les chefs français se sont toujours plutôt bien exportés ! Dans son ouvrage cité plus
haut, Anthony Rowley rappelle qu’aux yeux des princes, Paris et Versailles fournissaient
les meilleurs chefs. Grâce à leur « génie supérieur », ces cuisiniers savaient recréer l’air
de Paris à des centaines de lieues de distance. Clouet et La Chapelle à Londres, Noël à
la cour de Prusse deviendront plus célèbres et convoités que les musiciens royaux ! Les
hôtels allaient, eux aussi, très rapidement, rechercher les meilleurs chefs pour prendre
en charge leurs cuisines.
Si les hôtels ont toujours accueilli des chefs reconnus, ce n’est que relativement récem-
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
ment, depuis 1990, que ce phénomène s’est démocratisé, selon un modèle parfois très
différent du modèle traditionnel des chefs « à demeure ». En effet, un nombre croissant
de chefs ou de restaurateurs exerce leurs talents en dehors de leurs cuisines et établis-
sements d’origine, allant jusqu’à s’exporter et à constituer de véritables entreprises.
C’est ainsi que, de facto, à l’initiative des propriétaires ou des opérateurs hôteliers, les
chefs ont dû s’adapter et, pour les plus performants, relever de nouveaux défis, inventer
un nouveau métier : être un chef dans plusieurs cuisines, proposer un service assez
formalisé dans son application, sous forme de contrat de consulting ou de licence.
L’addition de tous ces services (établissement des menus, placement de personnel,
communication, etc.) a rapidement pris l’aspect d’un « contrat de management » dans
sa forme la plus aboutie et complète.
ments culinaires, les chefs se sont engagés dans des contrats de consulting toujours
plus élaborés, devenant de véritables « marques » avec une valeur financière et
construisant petit à petit de véritables entreprises. Certains sont ainsi passés du statut
de chef des cuisines à celui de chef d’entreprise.
56
De nouveaux modèles de collaboration
Déplacement ponctuel
et événement culinaire
Certains chefs collaborent parfois à un événement particulier de la vie culinaire de
l’hôtel. La restauration a toujours constitué un vecteur de communication très intéres-
sant pour faire parler d’un hôtel. En effet, une fois les chambres construites et déco-
rées, il reste peu d’éléments sur lesquels communiquer. En revanche, selon qu’elle
suive les saisons ou voie son menu changer, la restauration est assez créative pour
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
créer l’événement, le moment d’intérêt. Ce peut être un thème lié à la vie de l’hôtel
(l’arrivée d’un nouveau chef aux commandes), à la vie de la ville ou du quartier (la
« Fashion week » à Milan ou dans le « Triangle d’Or » à Paris), à un moment de l’année
(la saison de la truffe ou du gibier). Beaucoup d’hôtels, avec plus ou moins de réussite
d’ailleurs, éditent même des calendriers annuels pour présenter leurs événements.
Ce document est disponible dans les différents points de vente de l’hôtel et dans les
chambres.
Les hôtels ont donc toujours invité des chefs pour animer l’établissement. Dès la fin des
années 1970, les grands groupes hôteliers, les écoles de cuisine ou encore quelques
grands groupes industriels ou de services ont invité pratiquement tous les grands
chefs de la Nouvelle Cuisine française à s’exporter et à participer à de grands événe-
ments culinaires. Joël Robuchon, Pierre Gagnaire, Bernard Loiseau, Michel Guérard ou
encore Michel Bras ont ainsi exercé leurs talents, d’abord ponctuellement, avant de
nouer des relations plus profondes avec les hôtels, qui se sont traduites par la signa-
ture de contrats de consulting aux montants importants. À la fin des années 1990, les
meilleurs de ces contrats approchaient les 150 000 euros annuels.
■■ « Fou de France »
Un défi à relever
New York Times déclarant qu’« en France, pratiquement rien n’a changé depuis une vingtaine
d’années ». De nouveaux pays sont en effet venus sur le devant de la scène avec notam-
ment l’Espagnol Ferran Adrià Acosta, célèbre chef du restaurant El Bulli — récipiendaire
de trois étoiles au Guide Michelin à la fin des années 1990 —, sacré meilleur cuisinier
57
État des lieux
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
la salle de Werner Küchler, le directeur du Relais Plaza, sont ainsi devenues le lieu
d’expression de ces jeunes chefs. Les critères : avoir moins de quarante ans et venir
accompagné d’un produit ou d’un producteur de leur région. Présent physiquement le
lundi du lancement de son menu, chaque jeune chef est à l’honneur pendant quinze
jours, son menu restant présent dans un encart de la carte du Relais Plaza, jusqu’à ce
que le chef suivant prenne la relève.
Extension japonaise
De belles retombées
Les conséquences commerciales indirectes d’une telle opération sont bien réelles.
Peut-on les chiffrer ? Probablement pas, mais si « Fou de France » s’est tenu et a été
réitéré, c’est probablement que tous les acteurs, hôtels compris, y ont trouvé leur
compte. Ainsi, les retombées médiatiques sont également remarquables et durent
plusieurs années. En effet, un tel événement remplit le restaurant, même si certains
invités ne paient pas leur repas. Les journalistes conviés découvrent un chef fran-
çais venu spécialement, avec une histoire à raconter, pour valoriser une région et
© Groupe Eyrolles
un producteur. Cet investissement revient sans doute moins cher que de publier une
publicité en pleine page dans un journal à grand tirage. Quant au chef, il se constitue
une excellente couverture presse, fait un voyage ressourçant et des rencontres
passionnantes.
58
De nouveaux modèles de collaboration
Chaque année depuis 1997, le World Gourmet Summit (WGS) est l’occasion d’inviter
de grands chefs dans les grands hôtels de Singapour. La clientèle locale découvre ou
redécouvre ainsi un hôtel, associé à un événement culturel et culinaire.
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
Organisé avec le Singapour Tourism Board (STB), le WGS promeut Singapour comme
l’une des capitales touristiques et gastronomiques de la région. Il offre donc une
couverture non seulement régionale (face à la Chine, Hong Kong, la Malaisie, Macao,
etc.), mais aussi internationale. Les hôtels, qui sont habitués et surtout structurés pour
accueillir de tels événements, sont très vite devenus des partenaires privilégiés du
WGS. Ils s’offrent ainsi une couverture presse importante, attirent de nouveaux clients
et fidélisent les anciens. Quant aux hôtels qui « envoient » leurs chefs, ils en retirent
parfois une plus grande renommée. En effet, à défaut d’être reconnus et de venir d’un
restaurant indépendant, certains des chefs invités représentent un hôtel prestigieux et
connu du grand public.
Avec cette manifestation, les gourmets expérimentent pendant une semaine les plus
grandes cuisines, goûtent d’excellents vins, et parfois même prennent part à une
« master class », où les chefs venus de l’autre bout du monde donnent des leçons de
cuisine à de petits groupes de cuisiniers amateurs.
Pour les chefs invités, le WGS est souvent une formidable occasion de sortir de leurs
cuisines. Les conséquences concrètes en termes de notoriété s’avèrent cependant
décevantes. Il y a en effet peu d’élus et rares sont les événements de ce type ayant
révélé de grands chefs, ou contribué concrètement à une réelle notoriété. Pour la
grande majorité des chefs, l’intérêt se situe ailleurs : la possibilité de découvrir un
environnement inhabituel, comme un hôtel, une organisation particulière, une culture
et un pays différents. C’est une source d’inspiration extraordinaire ! Parfois, ils asso-
cient à l’expérience un membre de leur personnel (directeur de salle, sommelier ou un
second). Le véritable bénéfice se manifeste donc en général à leur retour au restau-
rant, car ils reviennent ressourcés et motivés. L’opération peut aussi être intéressante
© Groupe Eyrolles
d’un point de vue matériel, certains grands chefs monnayant des honoraires élevés
pour ce genre de prestation. Certains sont en effet très sollicités pour ce type d’évé-
nements, devenu un « business » à part entière. C’est enfin l’occasion de nouer des
contacts locaux, voire de négocier des contrats de consulting à terme.
59
État des lieux
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
de nouveaux enjeux. Les hôteliers ont ainsi permis aux chefs consultants de porter
un nouveau regard sur leur métier de base. Les nouvelles prestations qui leur sont
demandées portent notamment sur l’ouverture d’un restaurant, puis sur la période
suivant l’ouverture.
Qui dit cuisine, dit tout d’abord produits alimentaires. L’évolution de l’implication du
chef consultant a logiquement démarré dans le choix des produits alimentaires. Si
dans certains grands groupes hôteliers, le chef consultant doit travailler au sein d’une
gamme ou avec des fournisseurs déjà référencés, il apporte parfois un œil extérieur et
fait profiter l’hôtel de son expérience.
© Groupe Eyrolles
60
De nouveaux modèles de collaboration
Tableau 1 – Les différents niveaux d’implication d’un chef consultant dans la gestion
des achats de matières premières alimentaires d’un restaurant
Conseils sur la base
Responsabilité totale
de produits déjà Participation plus active
et indépendance
référencés et existants – à la sélection des produits
dans l’approvisionnement
Participation minimale
Le chef consultant ne choisit Le chef consultant a plus de Le chef consultant a une liberté
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
pas les fournisseurs ni ne choix quant aux fournisseurs, totale d’approvisionnement en
négocie les prix des produits en particulier lorsqu’il s’agit termes de produits alimentaires.
alimentaires. de produits différenciants (en Sa seule limite réelle est
Il choisit ou préconise des fonction du type de cuisine, l’enveloppe budgétaire et le
produits sur la base de ce qui des besoins d’importation, respect du coût des matières
est déjà référencé par le client etc.), rares (truffes, huiles, etc.), premières (voir le tableau 3).
ou l’hôtel. ou de manière générale non Il devient acheteur de fait et son
Il peut éventuellement participer génériques (type beurre, œufs, rôle de consultant évolue vers
au référencement de nouveaux farine, etc.). des fonctions de référenceur
produits. Il peut mettre au point avec et/ou de gestionnaire selon les
certains fournisseurs des cas.
produits semi-élaborés ou finis
(glaces à façon, pains spéciaux,
terrines, etc.). Ensemble, ils
élaborent la recette, négocient
les prix et les conditions
d’approvisionnement
(conditions minimales,
conditionnement, fréquence de
livraison, etc.).
Il peut participer aux
négociations tarifaires dans les
limites fixées par sa direction.
Désormais, les chefs consultants s’impliquent aussi dans le choix des produits non
alimentaires.
61
État des lieux
pour que les produits alimentaires, en particulier pour une ouverture, soient supervisés
par des professionnels, dont c’est le métier quotidien. Cela dit, même si une telle agence
est sollicitée, il faut toujours demander au chef du restaurant de l’hôtel de donner son
avis. En effet, c’est lui qui est l’expert technique et culinaire et qui utilise les produits au
final.
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
sur l’aspect opérationnel – indépendance dans le choix
avec plus de valeur ajoutée,
Participation minimale et l’approvisionnement
jusqu’à l’aspect esthétique
Le chef consultant ne choisit Le chef consultant peut Le chef consultant dispose
pas les fournisseurs. Il proposer des fournisseurs qui parfois d’un budget d’ouverture
peut éventuellement être n’ont pas été choisis. pour les investissements de
consulté sur les questions Il peut participer à la mise au départ, et toujours, pour ce
opérationnelles, rarement point ou à la sélection des dernier niveau d’intervention,
esthétiques ou décoratives. FF&F sur des critères plus d’un budget de gestion une fois
- Avant l’ouverture du uniquement opérationnels, mais le restaurant ouvert.
restaurant : aussi esthétiques. Pour la partie investissements,
Le chef consultant assiste Il peut intervenir pour la il participe à l’élaboration ou à
le décorateur, l’hôtelier ou sélection des uniformes, des l’achat des FF&F.
la personne en charge de arts de la table, des menus et Dans ces limites, il a la liberté
la sélection des produits plus généralement de tous les de choix des produits.
souvent classifiés en FF&F1 dérivés type menus, brochures, Il devient acheteur de fait et son
(chaises, tables, etc.) ou OS&E2 etc. (voir le tableau 5). rôle de consultant évolue vers
(ustensiles de cuisine ou arts de Dans le choix des arts de la des fonctions de décorateur,
la table). table, il peut proposer des de référenceur et/ou de
Le chef consultant conseille fournisseurs, sans devoir gestionnaire selon les cas.
sur l’aspect fonctionnel choisir dans les catalogues des
uniquement, comme la quantité fournisseurs déjà référencés
de produits à commander par l’hôtelier ou le client (le
(nombre d’assiettes, de propriétaire ou l’opérateur
fourchettes, etc.) ou le type hôtelier).
de produits à commander Il participe aux réunions au
(type de casseroles, de petits cours desquelles se prennent
équipements de cuisine, etc.). les décisions finales.
- Une fois le restaurant ouvert :
Les produits sont souvent
renouvelés, conformément au
choix initial.
1. « Furniture, furnishings and fixtures » : cela désigne l’ensemble du mobilier, l’éclairage et les panneaux constituant
l’enveloppe dans laquelle l’opérateur va travailler, une fois le gros œuvre et le second œuvre réalisés.
2. « Operating supplies and equipment » : il s’agit des outils dont l’opérateur a besoin pour travailler en salle (arts de
la table, nappage, etc.), comme en cuisine (ustensiles, petits équipements, etc.).
© Groupe Eyrolles
62
De nouveaux modèles de collaboration
■■ Les coûts
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
riques, en tenant compte du nombre de plats à réaliser, des pertes (gaspillage dû aux
morceaux non utilisables), de la marge d’erreur, des quantités (grammage, volume,
etc.). Le chef consultant propose donc un coût moyen en fonction de la quantité. Ce
coût peut être mis à jour manuellement ou automatiquement (systèmes de gestion où
le service des achats fournit les prix au jour le jour). Cette pratique généralisée permet
de participer à la fixation du prix de vente et de contrôler les coûts.
L’intervention du chef consultant peut aller jusqu’à la mise en place d’un système d’or-
ganisation du personnel, afin de répondre aux objectifs économiques et de prendre
en compte les contraintes (techniques, saisonnalité, etc.). Cette expertise est particuliè-
rement appréciable dans les grands établissements où l’analyse de la rentabilité par
points de vente est rendue difficile par des compétences « partagées » (boulangerie,
réception, traitement des matières brutes, pâtisserie de production, etc.).
Enfin, l’analyse des services transversaux est souvent un thème de discussion pour
isoler l’hôtel du restaurant. La prise de réservation, les toilettes, la conciergerie, le
parking, le nettoyage ou encore le vestiaire sont des services typiquement prévus
dans le budget de l’hôtel. Ce dernier peut donc en refacturer une partie au restaurant,
par exemple en fonction du chiffre d’affaires généré ou de la surface utilisée, quelle
que soit la clé de répartition de ces coûts.
© Groupe Eyrolles
63
État des lieux
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
« coût matière/revenu salariaux et des données fixées indirects.
nourriture » et « coût boisson/ par l’hôtel ou le client, le chef Les coûts directs sont
revenu boisson ». consultant intervient dans la liés à l’exploitation du
Une fois la fiche de coûts recherche de la maîtrise des restaurant : décoration florale,
réalisée, le chef consultant peut coûts du personnel. renouvellement de la vaisselle,
être impliqué dans la gestion L’indicateur clé de performance frais liés au paiement en
de l’écart entre le coût réel et le est le plus souvent le rapport carte bancaire, consultants
coût théorique. « frais de personnel/revenus ». intervenants spécifiquement,
Il peut participer à la recherche Il peut intervenir par exemple etc.
d’une solution en cas de au niveau de la constitution Les coûts indirects sont
problème (écart ou différence des brigades, l’établissement souvent liés à l’emplacement
par rapport au pourcentage des plannings, la participation du restaurant dans un hôtel :
budgété). aux négociations salariales, un concierge, services fonctionnels
Cette intervention est souvent conseil sur la répartition des de l’hôtel (ressources
couplée à la sélection des pourboires, la gestion de la humaines, finance, commercial,
produits alimentaires (voir le saisonnalité, etc. etc.).
tableau 1), voire à la gestion Une fois l’organisation du travail Lorsque le chef consultant
(voir le tableau 6). et des brigades mise en place, est sollicité pour contrôler
le chef consultant peut aider l’ensemble de ces coûts, ce
à la gestion de l’écart entre le peut être pour une mission
coût réel et le coût théorique. ponctuelle (problème de
Le chef consultant participe à la rentabilité, étude spécifique,
recherche d’une solution en cas exercice budgétaire, etc.) ou
de problème. plus large. Dans ce dernier
Son intervention est souvent cas, cette intervention peut
couplée à la gestion du dépasser le simple contrôle des
personnel (voir le tableau 4), coûts pour se muer en gestion
voire à la gestion (voir le pure (voir le tableau 6).
tableau 6).
Dans les tout premiers contrats de consulting, le chef consultant devait proposer une
formation initiale1, voire participer au choix du chef du restaurant. Puis très rapide-
ment, il a dû aller plus loin en proposant lui-même le futur chef. Cette obligation de
résultat s’est petit à petit étendue à d’autres fonctions clés du restaurant (second,
© Groupe Eyrolles
pâtissier, sommelier, directeur de salle et maître d’hôtel), qui sauraient mettre en place
1. Le chef consultant doit former le futur chef du restaurant qu’il conseille, surtout s’il n’appartient pas
à sa brigade actuelle, en partant des fondamentaux.
64
De nouveaux modèles de collaboration
Puis les opérateurs hôteliers ont demandé, dans les contrats de consulting, que le chef
consultant, à l’instar d’un chasseur de tête, anticipe tout accident de parcours : démis-
sion, renvoi, absence de performance. Le chef consultant gère donc aussi le rempla-
cement des personnes placées. Par ailleurs, outre pour mener la formation initiale, le
chef consultant est de plus en plus présent tout au long de l’année dans le restaurant
afin de suivre l’évolution des recettes, etc.
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
Le chef consultant est donc devenu un gérant de fait, comme ce que prévoit un contrat
de management. De nouvelles problématiques s’ensuivent : le contrôle de l’hôtel sur
le restaurant, la possibilité de se séparer du chef consultant, l’influence réelle sur le
positionnement, etc. Une fois les équipes en place, si le reporting fonctionnel (congés,
maladie, réunions, contrats, etc.) se fait toujours auprès de l’opérateur hôtelier, le
reporting opérationnel (validation d’une recette, proposition de recrutement ou de
licenciement, évolution du concept, etc.) se fait auprès du chef consultant…
65
État des lieux
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
décide de créer son premier restaurant, baptisé Rasoi, ce qui signifie « cuisine » en hindi. Deux
ans après, il obtient « sa » propre première étoile.
Très vite, les sollicitations d’opérateurs hôteliers se précisent. Vineet et Rashima y répondent
avec un sens aigu des affaires. Le couple ouvre en 2007 un restaurant, Rasoi by Vineet, dans
l’hôtel One&Only Le Saint-Géran, sur l’île Maurice. Il s’agit de la déclinaison contemporaine
de son adresse à Londres. Puis Vineet Bhatia signe des plats pour la British Airways, en classe
Affaires et First. Il crée Indego, à Dubai, une marque appartenant au Grosvenor House Hotel
de Dubai.
Dans cet exemple classique d’un contrat de consulting, la propriété intellectuelle liée au nom
du restaurant, comme le contenu (menus, décoration, cuisine, etc.) appartiennent à l’hôtel qui
a le droit, durant la durée du contrat, d’utiliser le nom de Vineet Bhatia, en particulier à des
fins de communication. Vineet y rédige les menus qu’il a créés, fait de la formation, assure la
promotion si nécessaire.
Le couple a ensuite ouvert un restaurant au concept plus « casual », Urban Turban, inspiré par
la « street-food » d’Inde, surfant sur la tendance des tapas. Le scénario se répète en 2008 à
Genève, au Rasoi de l’Hôtel Mandarin Oriental, où Vineet propose sa cuisine indienne revi-
sitée dans le somptueux décor du célèbre décorateur américain Adam Tihany. Vineet obtient à
Genève une deuxième étoile au Guide Michelin, après celle de Londres.
Ce contrat-là est plus complet que celui d’Indego. La marque Rasoi, déposée par Vineet Bhatia,
est de plus grande valeur ajoutée qu’Indego, car le patronyme du chef y est associé ; de plus,
ce dernier y vient plus souvent et s’implique davantage. En revanche, les exigences en termes
de formation, de suivi qualité et mise à jour des menus sont les mêmes que pour Indego.
Le concept et le positionnement de Rasoi permettent à Vineet de proposer une approche relati-
vement méthodique, dans la conception de la cuisine et l’organisation de la brigade, dans la
rédaction des menus, dans les spécifications du dressage des assiettes. Il s’agit de ne pas réin-
venter la roue à chaque fois. L’hôtel achète en effet un savoir-faire, une marque, quelque chose
qui marche et a fait ses preuves. Et si un hôtel souhaite préserver sa « valeur ajoutée », tout en
bénéficiant du savoir-faire plus technique de Vineet Bhatia, il peut signer plutôt un contrat de
consulting sans licence, c’est-à-dire sans les noms « Vineet » ou « Rasoi ».
© Groupe Eyrolles
66
De nouveaux modèles de collaboration
La création de marques
Désormais, certains chefs sont devenus des marques, des personnages publics très
recherchés, emboîtant ainsi le pas aux designers, mannequins, et autres sportifs. Ceci
est relayé par la recrudescence d’ouvrages et d’émissions télévisées consacrés à la
cuisine, de contrats de consulting, de produits dérivés, etc. Ce nom de chef devenu
marque s’accompagne donc d’une valeur marchande.
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
d’affaires (de 80 à 110 % de ses revenus annuels). Mais comment valoriser une
marque ? Si l’on part de ce principe de valorisation, que valent les contrats de consul-
ting et de licence d’un Robuchon à Hong Kong ou à Tokyo ? En effet, il ne possède pas
de fonds de commerce ; la valorisation financière d’un tel contrat est techniquement
une actualisation des flux de trésorerie à venir. Plus les royalties et les « consulting fees »
sont élevés, plus le contrat est de longue durée et donc valorisé.
Antoine Gauvin
Consultant en communication et identité de cher une définition complexe, je crois qu’il
marque pour l’industrie hôtelière, Antoine faut retenir une idée centrale : un chef parle
Gauvin a dirigé une agence de publicité et de de lui, une marque parle de nous.
design graphique avant de prendre en charge La cuisine d’un chef est son expression,
la communication et le « brand marketing » l’essence même de sa personnalité. Le chef
de la Société des bains de mer à Monaco. En invente, il n’est jamais là où on l’attend,
2006, il crée une société de conseil en stra- c’est sa fonction même de créatif. Un chef
qui fait ce que l’on attend de lui n’est plus
tégie de marque orientée vers les industries
un chef, car il ne crée plus.
du luxe et l’hôtellerie, basée à Nice. Il inter-
vient auprès de groupes hôteliers internatio- Une marque remplit exactement la fonc-
tion inverse, elle fait ce que nous attendons
naux à Paris ou à Genève, ainsi que de petites
d’elle ; le marketing a horreur de l’imprévu.
structures indépendantes. En 2010, son Là réside toute l’ambiguïté de la question.
agence est devenue Caudim Monaco. L’enjeu d’un marketing réussi et pérenne
« À quel moment un chef devient-il une devient alors de ne jamais transformer un
marque ? chef en marque, mais de comprendre que
– Personnalités médiatiques, people, la marque doit se bâtir autour de lui. Une
créateurs, les chefs ont pris la parole, marque est une construction imaginaire
s’affichent et prennent acte d’une évolu- qui est proposée aux consommateurs, une
tion profonde de nos sociétés qui consom- construction habile qui tire tout le parti de
ment de l’image avant de consommer des l’image du chef pour créer une véritable
produits. Mais célébrité signifie- valeur d’entreprise autour de
t-elle “marque” ? Je préfère « Un chef parle
parler d’icône pour qualifier ce de lui, une marque
lui.
J’aime bien l’image de la
phénomène lié à notre société
de l’image. La marque vient
parle de nous
source : le chef est la source qui
irrigue sa marque en perma- »
© Groupe Eyrolles
Si l’on investit dans un chef en pensant que sa marque vaut un certain prix, cet actif
immatériel vaudra la différence entre les flux financiers futurs et le prix que des action-
naires sont prêts à dépenser. Le groupe Bernard Loiseau a été le premier groupe
coté en bourse en France. Or, aujourd’hui, le nom de Loiseau a-t-il encore une valeur
« marchande » ? De même, le groupe Paul Bocuse a ouvert pour la première fois en
2010 le capital de ses quatre brasseries à un investisseur extérieur, Naxicap Partners,
une filiale du groupe bancaire Natixis-Banque Populaire. Le contrat, qui s’élèverait
à 4 millions d’euros, laisserait Paul Bocuse et son associé Jean Fleury majoritaires.
Juste avant cette prise de capital, ces brasseries représentaient un chiffre d’affaires
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
d’environ 20 millions d’euros. Cependant, que vaut la marque Paul Bocuse ? Pourra-
t‑elle survivre au décès du chef ?
68
De nouveaux modèles de collaboration
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
plus de contrats de consulting, mais de véritables contrats de management, toujours
à l’instar de ce qu’a connu la restauration collective, mais aussi l’hôtellerie en général.
Certains chefs ou restaurateurs ont ainsi construit de véritables entreprises à l’image
du groupe Wolfgang Puck, China Grill, d’Alain Ducasse ou encore des frères Pourcel :
développement dans l’édition, les produits dérivés, création de concepts de restau-
rants allant du fast-food au restaurant triplement étoilé, conseil à l’hôtellerie.
(du café à la pizza, en passant par les plats préparés à son nom, comme des robots ménagers
ou encore des ustensiles de cuisine), tout en s’engageant dans plusieurs causes charitables.
En 2011, il est enfin arrivé en Europe, ouvrant son premier restaurant à Londres, le « CUT at 45 Park
Lane », au sein de la Dorchester Collection, à quelques pas de l’hôtel icône Dorchester. Cet exemple
à l’américaine montre comment pousser le modèle jusqu’au bout, avec une certaine réussite.
69
État des lieux
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
Formation initiale. coûts du « personnel ». personnel.
Suivi de la qualité. Recrutement du chef, mais Transparence du compte de
Honoraires souvent fixes. aussi des deux ou trois autres résultat avec rémunération en
personnes clés. partie fondée sur le profit.
Participation à la gestion des Conseil allant vers une forme
ressources humaines et à la de management de fait pour le
formation continue. compte de l’hôtel (propriétaire
Participation active au ou opérateur hôtelier).
marketing du restaurant. Responsabilité accrue pour la
Honoraires fixes ou variables en promotion et le marketing de
fonction du chiffre d’affaires. l’établissement.
Honoraires souvent variables
en fonction du chiffre d’affaires
et du profit éventuel généré.
© Groupe Eyrolles
70
Chapitre 5
L’alliance intelligente
de la gastronomie
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
et de l’hôtellerie :
un formidable levier
de création de valeur
© Groupe Eyrolles
État des lieux
Nous allons voir dans ce chapitre comment le mariage entre la gastronomie et l’hôtel-
lerie peut finalement créer une grande valeur, pour tous les acteurs.
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
autres activités culinaires de l’établissement en général, et en particulier (dimension-
nement et productivité des cuisines, qualité du personnel). Cela influe donc sur la
qualité générale de l’établissement et enfin sur le « premium » ou « goodwill1 » dans le
cadre de la commercialisation des autres points de vente ou de services de restaura-
tion (room-service, banquet, coffee shop, bar, all day dining, etc.).
1. Le goodwill ou « survaleur » en français désigne typiquement l’écart d’acquisition (lors d’une transac-
tion) entre la valeur comptable des actifs et passifs et le prix payé au final. Cette « survaleur » est un
actif immatériel ou incorporel qui vise à rapprocher l’actif de la société à la valeur réelle de celle-ci
sur le marché.
72
L’alliance intelligente de la gastronomie et de l’hôtellerie : un formidable levier de création de valeur
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
La renommée d’un restaurant gastronomique permet aussi d’attirer les meilleures
recrues dans l’hôtel, car il est indéniable que, pour certains candidats, s’en rappro-
cher est très motivant. Avoir travaillé pour un établissement disposant d’une grande
table, même si c’est aux banquets, au room-service ou pour les petits déjeuners, est
toujours plus valorisant sur un CV qu’une expérience professionnelle dans un restau-
rant d’hôtel sans prestige particulier.
Des ventes plus diversifiées et un gain général de qualité ne valent que si le restaurant
gastronomique ne vit pas « en autarcie ». Cette dernière condition est sine qua non.
© Groupe Eyrolles
En effet, il se peut qu’un restaurant gastronomique, avec un chef dédié, soit géré de
manière quasi indépendante. Souvent récipiendaire de récompenses ou d’étoiles, il
subit une forme de pression qui l’empêche de « nourrir » les autres points de vente.
Dans ce cas-là se posent au moins deux problèmes essentiels : tout d’abord, une
73
État des lieux
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
complexe ou de prix trop élevés. Le chef exécutif peut aussi ne plus porter l’attention
nécessaire aux produits de tous les jours, en réaction au trop-plein d’égards dont
bénéficie le restaurant gastronomique.
Il existe toutefois une forme de « goodwill » pour l’hôtel qui dispose d’un restaurant
gastronomique. Plus il y a d’activités annexes en termes de lieux de restauration dans
un hôtel, plus le « goodwill » est important, à condition que la « personnalité » du restau-
rant gastronomique puisse rejaillir positivement sur le reste, comme nous l’avons déjà
souligné.
1. Restaurant ouvert toute la journée, où sont servis le petit déjeuner, le déjeuner et le dîner. Il s’agit
rarement du restaurant « gastronomique », mais cela peut arriver quand l’hôtel est « petit » ou qu’il
manque de place.
74
L’alliance intelligente de la gastronomie et de l’hôtellerie : un formidable levier de création de valeur
Les rapports avec les journalistes sont tout un art et représentent un certain coût,
qui se mue parfois en un coût certain : outre la classique invitation à un événement
conclu par l’offre d’un livre dédicacé en souvenir d’un bon repas, certains vont jusqu’à
donner des cadeaux de très grande valeur. Le travail de relations publiques représente
donc un coût et l’équilibre entre « faire découvrir » et « acheter » reste difficile à trouver.
La faible marge nette générée par le restaurant gastronomique, décrite plus haut,
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
prend ici une tout autre allure. Nous verrons plus loin (lire chapitre 4, partie II) combien
la communication peut apporter à un hôtel en termes financiers, bien davantage que
les canaux traditionnels de promotion comme la publicité.
tion des saisons, qui recourt à des produits frais, un chef créatif, un personnel de salle
parfaitement formé à reconnaître les clients et à connaître leurs goûts, etc., tout cela
contribue indéniablement à fidéliser une clientèle, résidente de l’hôtel comme exté-
rieure.
75
État des lieux
Ce facteur est particulièrement fort dans les établissements de resort ou non urbains,
isolés. Dans ce type d’endroit, les clients choisissent plus volontiers un hôtel dont
l’offre culinaire correspond à leurs goûts. C’est particulièrement important également
pour une clientèle de « foodies1 » qui se déplace pour le restaurant et dort à l’hôtel.
Ce dernier prolonge ici l’expérience gastronomique. Le restaurant, quel qu’il soit, crée
un lien privilégié entre le client et l’hôtel, d’autant plus s’il s’agit d’un établissement
gastronomique. Par conséquent, un restaurant qui apporte une expérience forte, très
différenciante, permet à l’hôtel qui l’héberge d’augmenter sensiblement son taux de
fidélisation, les clients choisissant cet établissement en raison de sa table.
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
■■ Le taux d’occupation
Tous les hôtels n’étant pas situés en centre-ville, leurs restaurants ont parfois permis
de garantir le taux d’occupation des chambres, à l’issue d’un bon repas. Couplé à la
fidélisation, le taux d’occupation de l’hôtel peut être directement lié à la mesure de la
qualité du restaurant. Par exemple, si le restaurant gastronomique d’un établissement
de l’association Relais & Châteaux, qui a fait de la notoriété de sa table son principal
argument de promotion, venait à perdre en qualité et en reconnaissance (pour ne pas
dire une ou deux étoiles au Guide Michelin…), le taux d’occupation de cet hôtel baisse-
rait sensiblement l’année suivante.
mique » (petits déjeuners, bar, etc.) qui baisserait également mécaniquement, mais dont nous
ne parlons pas ici.
1. Expression créée dans les années 1980 pour désigner une personne (un « foodie ») passionnée par
les arts culinaires, ce qui touche au palais et surtout les dernières tendances.
76
L’alliance intelligente de la gastronomie et de l’hôtellerie : un formidable levier de création de valeur
ofppt.scholarvox.com:OFPPT:1238765772:88812722:105.67.134.3:1627316491
Le montage d’un « package » pour un séminaire, incluant le logement et une presta-
tion alimentaire, diffère selon la réputation et la gestion du restaurant gastronomique
de l’hôtel. Ceci se répercute donc sur la marge nette de l’hôtel.
Au regard de tous ces éléments, les opérateurs hôteliers savent-ils formaliser le temps
et le budget consacrés au marketing et aux ventes de l’hébergement, par rapport à
la restauration en général ? Essayez de faire le calcul dans votre établissement. Nous
avons vu dans cet ouvrage que les revenus de la restauration pouvaient représenter
jusqu’à 50 % des revenus de l’ensemble de l’établissement, parfois plus.
■■ La durée de séjour
une chambre et dîné en ville choisissent de rester une nuit de plus pour profiter du
restaurant de l’hôtel. La réservation d’une table dans un restaurant gastronomique,
notamment lorsqu’il n’est pas l’objectif principal du séjour, peut devenir un facteur
d’extension de ce séjour.
77