Didier van HECKE, L’APOCALYPSE, GSA, 2015/2016.
14 LES SEPT COUPES
DE LA COLERE DE DIEU
Ap 15,1-16,21
INTRODUCTION
Le septénaire des trompettes semble avoir servi de modèle à celui des coupes. Dans les deux séries
sont successivement concernés la terre, la mer, les fleuves et sources, le soleil (astres), les ténèbres,
l'Euphrate, le ciel et l'air.
Les coupes reprennent ensuite le message des trompettes mais en en majorant l'importance. Ce n'est
plus le tiers des éléments qui est touché mais la totalité. Ce sont "les derniers fléaux, car en eux
s'accomplit la colère de Dieu" (15,1). Comme pour le septénaire des trompettes, on retrouve ici la
volonté de faire allusion aux plaies d'Egypte : les ulcères (Ex 9,10), l'eau changée en sang (Ex 7,17ss),
les ténèbres (Ex 10,21ss), les grenouilles (Ex 7,27)…
Dans le septénaire des coupes, les allusions à l'Exode sont plus conscientes, plus délibérées et plus
abondantes que dans celui des trompettes :
- les mots fléaux et plaies traduisent le même mot grec plêguê qui scande les deux chapitres : 15,1.6.8
et 16,9.21.
- les vainqueurs, debout sur la mer, chantent le cantique de Moïse : ils sortent de la mer (15,3).
- la triple mention du blasphème des hommes et de leur refus de se convertir (16,9.11.21) rappelle le
refrain de l'endurcissement de pharaon à la fin de chaque plaie.
- le mot merveilleux (thaumaston) employé aux vv. 1 et 3 (traduit par admirable) possède un sens fort :
dans l'Ancien Testament, il désigne les exploits opérés par Dieu pour le salut de son peuple.
- enfin, l'introduction des coupes, comme celle des trompettes est interrompue par une liturgie qui fait
intervenir la prière des saints et permet le déclenchement du septénaire.
Que conclure de cette comparaison des coupes et des trompettes avec les plaies d'Egypte ?
L'auteur parle un langage théologique. Il veut nous décrire non des événements historiques mais le
salut en train de se réaliser. Pour cela, il réutilise les signes conventionnels du jugement de Dieu.
Tout salut est pour lui à l'image de la sortie d'Egypte.
Eclairés par ceux de l'Exode, les fléaux ne procèdent pas d'une volonté de Dieu de détruire. Son
jugement ne cherche pas la mort de l'homme. Le nombre de plaies ou de fléaux est le signe de la
volonté patiente de Dieu d'amener Pharaon ou l'humanité à la conversion. Mais c'est l'homme qui, par
son refus, se condamne lui-même et éprouve comme actes de colère et de vengeance les initiatives de
Dieu.
Les croyants ont ainsi conscience que le jugement n'est qu'un aspect de la grâce et ils peuvent donner
aux catastrophes introduites par les coupes leur vrai sens : c'est le dernier moment de l'histoire du
salut et non une suite d'effondrements !
1 LES SEPT ANGES ET LES DERNIERS FLEAUX (AP 15,1-8)
11 La première vision (v. 1)
1
Et je vis dans le ciel un autre signe, grand et merveilleux :
Sept anges tenaient sept fléaux,
les derniers, car en eux s'accomplit la colère de Dieu.
Cet autre signe, "grand et merveilleux" rappelle le "grand signe" de la femme en Ap 12,1. Cette
notation oriente le regard et l'intelligence vers le caractère positif de la menace. Le signe du dragon
était un signe (12,3), celui de la femme, un grand signe (12,1). Ces deux signes ont permis de
découvrir ce qui se passe au-delà des apparences de l'histoire. Mais le 3ème signe, celui des anges aux
sept fléaux, est encore plus grand et merveilleux ! L'auteur biblique invite son lecteur à reconnaître
dans le chemin de détresse qui est le sien un authentique chemin de salut !
93
Didier van HECKE, L’APOCALYPSE, GSA, 2015/2016.
Le chapitre 15 est tout entier sous le signe de l'accomplissement. On retrouve ce thème du v. 1c "en
eux s'accomplit la colère de Dieu" au v. 8 : "Personne ne pouvait entrer dans le Temple jusqu'à
l'accomplissement des sept fléaux". Enfin, on en retrouvera l'équivalent à la fin du chapitre 16 : "c'en
est fait" (16,17). Le verbe utilisé téléô, accomplir, signifie achever, mener à son terme. Or, ce qui est
accompli, c'est la colère de Dieu dont on retrouve la mention aux vv. 1 et 7. La colère de Dieu n'est pas
un sentiment subjectif et capricieux, c'est la manifestation objective de l'écart et de l'incompatibilité
qui existe entre lui et le péché, entre la densité naturelle de son être et la pacotille évanescente de
l'idolâtrie !
Ces fléaux sont donc les derniers, c'est-à-dire l'ultime avertissement avant la rupture, la dernière
épreuve avant le salut. Ils sont à comprendre en termes de salut. Certes, le jugement a déjà été annoncé
auparavant comme accompli : Satan est déjà vaincu (11,18 ; 12,10-12 ; 14,6-12 ; 14,14-20). Les fidèles
le savent et le vivent dans la foi ! Mais le temps est venu de proclamer ouvertement cette révélation et
de le montrer en voie de réalisation. C'est la crise dernière, c'est le jugement dernier ! Ce qui se passera
après les sept coupes, ruine de Babylone (17-18) et règlement final (20) ne seront que des explications
détaillées de la septième coupe.
12 La seconde vision et chant des vainqueurs (vv. 2-4)
Nous avons ici une seconde vision et il y en aura une troisième au v. 5 où réapparaîtront les sept anges.
L'auteur vient ainsi introduire la louange au sein même de la présentation des fléaux.
121 La vision des vainqueurs (v. 2)
Et je vis comme une mer de cristal mêlée de feu.
Debout sur la mer de cristal, les vainqueurs de la bête, de son image et du chiffre de son nom. (v. 2)
Cette mer de cristal était mentionnée an 4,6 "Devant le trône, comme une mer limpide, semblable à du
cristal" et il s'agissait des eaux célestes entourant le trône. Elle est ici mêlée de feu. Le contexte
littéraire évoquant le passage de la mer rouge nous invite à voir dans ce feu l'épreuve à travers laquelle
doivent passer ceux qui seront sauvés.
Les vainqueurs sont les Chrétiens qui ont refusé d'entrer dans cette logique d'idolâtrie au risque de le
payer de leur vie. Ils sont debout sur la mer : ils ne l'ont pas traversé cette mer, ils sont en train de le
faire ; ils sont en train d'être vainqueurs (ce qu'indique le participe présent du verbe vaincre, nikôntas).
122 Le chant des vainqueurs (vv. 3-4)
Ils chantaient le cantique de Moïse, le serviteur de Dieu, et le cantique de l'agneau. Grandes et
admirables sont tes œuvres, Seigneur, Dieu souverain. Justes et véritables sont tes voies, Roi des
nations. 4Qui ne craindrait, Seigneur, et ne glorifierait ton nom ? Car toi seul es saint. Toutes les
nations viendront et se prosterneront devant toi, car tes jugements se sont manifestés. (vv. 3-4)
L'allusion au cantique chanté après le passage de la mer Rouge en Ex 15 est évidente. Comme Moïse,
les vainqueurs reconnaissent dans les fléaux qui frappent le monde les signes du salut des croyants et
le juste châtiment des habitants de la terre.
Ce poème est un hymne émerveillé devant Dieu. Les vainqueurs ne chantent pas leur propre victoire :
c'est celle de Dieu et de l'agneau et ils s'émerveillent d'y participer. Ils proclament une certitude : tout
ce que fait Dieu révèle sa volonté de sauver et est un appel à croire en lui. Enfin, ils appellent toutes les
nations à se rallier à cette certitude, en apprenant à lire dans l'histoire la juste action de Dieu en train de
se manifester.
13 La troisième vision : la remise des sept coupes d'or (vv. 5-8)
5
Ensuite je vis : Le temple qui abritait le tabernacle du témoignage s'ouvrit dans le ciel, 6et les sept
anges qui tenaient les sept fléaux sortirent du temple ; ils étaient vêtus d'un lin pur, resplendissant, la
taille serrée de ceintures d'or. 7L'un des quatre vivants donna aux sept anges sept coupes d'or,
remplies de la colère du Dieu qui vit aux siècles des siècles. 8Et le temple fut rempli de fumée à cause
de la gloire de Dieu et de sa puissance. Et personne ne pouvait entrer dans le temple jusqu'à
l'accomplissement des sept fléaux des sept anges.
Cette scène s'inspire d'Ez 9-10 où l'on voit sortir du temple les anges qui vont châtier Jérusalem :
94
Didier van HECKE, L’APOCALYPSE, GSA, 2015/2016.
1
Il cria à mes oreilles d'une voix forte : « Le châtiment de la ville est proche ; que chacun ait en main
son instrument d'extermination. » 2Voilà que six hommes venaient de la porte supérieure qui est
tournée vers le nord ; chacun avait en main son instrument d'extermination. Au milieu d'eux il y avait
un homme vêtu de lin, avec une écritoire de scribe à la ceinture. Ils vinrent et se tinrent à côté de
l'autel de bronze. (Ez 9,1-2)
Comme en Ez 9, leur vêtement marque leur caractère céleste : le lin pur resplendissant et leur dignité :
la taille serrée d'une ceinture d'or.
En Ez 10,7 c'est un des chérubins qui transmet le feu du jugement, ici, c'est un des quatre vivants qui
donne aux sept anges les sept coupes d'or remplies de la colère de Dieu. Ici, le mot grec phialê désigne
une coupe destinée à l'usage liturgique. Il faut aussi se souvenir que dans l'apocalypse, jusqu'à présent,
ces coupes représentaient la prière des saints : "chacun tenait… des coupes d'or… qui sont les prières
des saints" (5,8). C'est cette prière des saints qui hâte la venue du jugement final par lequel toute gloire
est rendue à Dieu. La colère de Dieu, ou sa fureur, contrairement à celle de l'homme, n'est pas
empreinte de violence, au contraire. Elle dit la conversion interne de toute violence en son contraire :
la vie du Vivant sur tous les lieux de mort.
Cette heure des derniers fléaux est l'heure de la puissance de Dieu et de son intense présence. Nuée et
fumée manifestent toujours dans la Bible la présence de Dieu tout en la voilant (v. 8).
C'est l'affirmation d'une présence qui veille et d'un mystère impénétrable de gloire (dont la fumée est,
avec la nuée et le feu, le signe).1
Quant au fait que personne ne peut entrer dans le Temple jusqu'à la fin des fléaux, c'est en effet
seulement après la totalité du jugement, après que tous et chacun auront passé par le feu, que sera
possible l'universalisation du temple, autrement dit la nouvelle création.
2 LES SIX PREMIERES COUPES (AP 16,1-16)
Ce septénaire ne reprend pas le schéma des deux septénaires des sceaux et des trompettes (1-4 puis 5-6
et 7). Ici, un cantique sépare les trois premières coupes de la quatrième. La quatrième et la cinquième
se ressemblent. Elles devraient déboucher sur la conversion des hommes mais cela ne se réalise pas. Et
enfin, les deux dernières préparent et annoncent ce qui va se déployer dans les chapitres suivants.
21 Les trois premières coupes (vv. 1-3)
1
Et j'entendis une grande voix qui, du temple, disait aux sept anges :
Allez et répandez sur la terre les sept coupes de la colère de Dieu.
2
Et le premier partit et répandit sa coupe sur la terre. Un ulcère malin et pernicieux frappa les
hommes qui portaient la marque de la bête et qui adoraient son image.
3
Le deuxième répandit sa coupe sur la mer : elle devint comme le sang d'un mort, et tout ce qui, dans
la mer, avait souffle de vie mourut.
4
Le troisième répandit sa coupe sur les fleuves et les sources des eaux : ils devinrent du sang.
La première coupe frappe la terre. Elle rappelle la 8 ème plaie d'Egypte (Ex 9,8ss). Elle n'est pas
mortelle mais frappe l'ensemble des hommes qui portent le nom de la bête et adorent son image. Sa
prétendue marque de vie se transforme en abcès et l'image qu'ils adoraient est impuissante à les guérir.
La seconde coupe frappe la mer (comme la 2ème trompette - Ap 8,8). Elle rappelle la 1ère plaie d'Egypte
(Ex 7,17ss). La mer devient comme le sang d'un mort et la conséquence en est que tout ce qui est dans
la mer meurt.
La troisième coupe, comme la 3ème trompette (Ap 8,10ss) frappe les eaux douces. Mais elles ne sont
plus changées en absinthe mais en sang comme la 1ère plaie d'Egypte.
22 Le cantique (vv. 5-7)
5
Et j'entendis l'ange des eaux qui disait : Tu es juste, toi qui es et qui étais, le Saint, car tu as ainsi
exercé ta justice. 6Puisqu'ils ont répandu le sang des saints et des prophètes, c'est également du sang
que tu leur as donné à boire. Ils le méritent ! (littéralement : ils en sont dignes) 7Et j'entendis l'autel
qui disait : Oui, Seigneur Dieu tout-puissant, tes jugements sont pleins de vérité et de justice.
1
Jean DELORME et Isabelle DONEGANI, L'Apocalypse de Jean, tome 2, LD 236, Cerf, Paris, 2010.
95
Didier van HECKE, L’APOCALYPSE, GSA, 2015/2016.
Ce cantique est parallèle à celui que chantaient les vainqueurs debout sur la mer de cristal (Ap 15,3-4).
Après les fidèles, c'est la création elle-même qui reconnaît que, malgré les apparences, le
comportement de Dieu est juste. Dieu est bien celui qui était et qui est (Ap 1,4.8 ; 4,8) mais plus celui
qui vient ! En effet, le juge est maintenant présent !
Au v. 7 l'autel prend la parole. C'est cet autel qui a porté vers Dieu toutes les prières des saints (8,3-5 ;
9,13 ; 14,18). Sa voix représente donc celle des martyrs et des saints. Ce sont les mots mêmes du
cantique de Moïse et de l'agneau qui sont repris (Ap 15,3). Les jugement du Père ne peuvent être que
de l'ordre de jugements de condamnation sur le mal en vue de jugements de salut en faveur des
pécheurs qui ont commis ce mal, fut-il le pire : la mort de son propre Fils et de ses témoins.
Le crime ne peut être simplement oublié et recommencer, comme dans l'histoire des terriens. Le cri
des victimes ne peut être réduit au silence. L'Apocalypse assure non seulement qu'il monte jusqu'au
ciel, mais qu'il a été entendu.2
23 La quatrième coupe (vv. 8-9)
8
Le quatrième répandit sa coupe sur le soleil : et il lui fut donné de brûler les hommes par son feu. 9Et
les hommes furent brûlés par une intense chaleur ; ils blasphémèrent le nom de Dieu qui a pouvoir sur
ces fléaux, mais ils ne se repentirent pas pour lui rendre gloire.
Cette quatrième coupe, comme la 4ème trompette (8,12) concerne le soleil, mais ici, le fléau n'est plus
l'obscurcissement mais un accroissement de la chaleur. Il pousse les hommes au blasphème et ne les
conduit pas au repentir. Cela veut dire qu'ils perçoivent bien que ces fléaux ont Dieu pour auteur mais
qu'ils ne perçoivent pas son intention. Ils ne se rendent pas compte que Dieu est juste et sauveur et ils
ne l'adorent pas.
24 La cinquième coupe (vv. 10-11)
10
Le cinquième répandit sa coupe sur le trône de la bête : son royaume en fut plongé dans les
ténèbres. Les hommes se mordaient la langue de douleur ; 11ils blasphémèrent le Dieu du ciel à cause
de leurs souffrances et de leurs ulcères, mais ils ne se repentirent pas de leurs œuvres.
Elle rappelle la 5ème trompette (9,1-12) malgré les apparences. Dans les deux cas, il est question d'un
obscurcissement, d'un royaume démoniaque et de douleurs humaines. Mais le texte se réfère plus
explicitement à la 9ème plaie d'Egypte : les ténèbres sur le royaume de Pharaon (Ex 10,21ss). Dans les
1ères coupes, c'est la création qui tendait aux hommes le miroir de leurs péchés, mais leur refus obstiné
ouvre la porte à l'émergence des forces démoniaques dans les 3 dernières coupes.
C'est le trône de la bête qui est frappé, c'est-à-dire l'autorité de l'empire lui-même et à travers elle
l'autorité du dragon.
Les hommes continuent de blasphémer : ils jugent Dieu, le Dieu du ciel, selon la façon de parler des
nations. Ils accusent Dieu sans reconnaître leur propre dévoiement.
25 La sixième coupe (v. 12-16)
12
Le sixième répandit sa coupe sur le grand fleuve Euphrate : l'eau en fut asséchée pour préparer la
voie aux rois qui viennent de l'orient.
Elle est apparentée à la 6ème trompette (9,13ss). Toutes deux sont relatives à l'Euphrate. Les scènes sont
différentes mais dans les deux cas, il s'agit de lever l'obstacle qui empêche le déferlement d'une armée
mondiale et démoniaque. Ici, l'Euphrate s'assèche, comme jadis la mer Rouge et le Jourdain, mais cette
fois, le miracle n'est pas relatif au salut d'Israël, il est en faveur des ennemis.
251 La trinité satanique (vv. 13-14)
13
Alors, de la bouche du dragon, de la bouche de la bête et de la bouche du faux prophète, je vis sortir
trois esprits impurs, tels des grenouilles. 14Ce sont, en effet, des esprits de démons. Ils accomplissent
des prodiges et s'en vont trouver les rois du monde entier, afin de les rassembler pour le combat du
grand jour du Dieu tout-puissant.
2
Ibid. 64.
96
Didier van HECKE, L’APOCALYPSE, GSA, 2015/2016.
Cette trinité satanique entre en scène de nouveau : le dragon, la bête et le faux-prophète. De leurs
bouches sortent des grenouilles. L'image évoque une des plaies d'Egypte (Ex 8,1ss). Ces grenouilles
symbolisent les esprits des démons et réalisent, comme jadis les magiciens d'Egypte, des prodiges (v.
14). De plus, elles vont tenir leurs discours aux rois du monde "afin de les rassembler pour le combat
du grand jour du Dieu Tout-Puissant !".
252 Un conseil au lecteur (v. 15)
15
Voici, je viens comme un voleur. Heureux celui qui veille et garde ses vêtements, pour ne pas aller
nu et laisser voir sa honte.
La suite naturelle du verset 14 est le v. 16. Ce v. 15 interrompt le cours du développement. On en
trouve des parallèles en 3,3 "Si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur" et en 3,18 "achète des
vêtements blancs pour te couvrir et que ne paraisse pas ta nudité".
Cette insertion correspond aux autres textes sur l'Eglise insérés entre le 6ème et le 7ème élément des deux
premiers septénaires : Ap 7 et Ap 10,1-11,14. C'est une clé brève mais fulgurante qui permet de
relire tout le chapitre 16 avec des yeux neufs. L'intention est claire : l'auteur veut empêcher son
lecteur chrétien de se laisser enfermer dans l'imaginaire apocalyptique et lui rappeler que tout cela
concerne sa vie de tous les jours. Mêlés avec tout le monde aux heures sombres du grand jour de Dieu,
les Chrétiens ont les moyens d'en discerner le sens. Ils doivent se réjouir parce que c'est aussi le jour
du Christ, le jour où le Christ survient comme un voleur. Ils sont invités à veiller, c'est-à-dire à se
garder de toute confiance excessive en eux-mêmes et persévérer dans l'accomplissement constant du
bien.
253 Le rassemblement à Harmaguedon (v. 16)
16
Ils les rassemblèrent au lieu qu'on appelle en hébreu Harmaguedôn.
Ce verset est le point d'orgue qui prépare le grand affrontement de 19,17-21 avec 17,14 comme relais.
Nous lirons à la fin de cette séance les passages qui évoquent cette bataille finale d'Harmaguedon.
3 LA SEPTIEME COUPE (AP 16,17-21)
31 La septième coupe et la voix venant du trône (v. 17)
17
Le septième répandit sa coupe dans les airs, et, du temple, sortit une voix forte venant du trône. Elle
dit : C'en est fait !
Comme pour le 7ème sceau ou la 7ème trompette, le contenu de la 7ème coupe ne se réduit pas aux vv. 17-
21, mais il englobe tout le reste du livre. Les vv. 17-21 ne constituent que l'introduction de tout le
développement suivant, qui n'est plus un septénaire, mais l'achèvement final du jugement : la
discrimination absolue entre les deux cités, Babylone la grande, qui est détruite (17-18) et la Jérusalem
céleste qui est manifestée en 21-22 après l'élimination totale des forces du mal.
Le "c'en est fait" de ce v. 17 conclut les sept coupes en faisant inclusion avec 15,8 : c'est
l'accomplissement des fléaux des sept anges. Il introduit également la suite immédiate, la ruine de
Babylone (16,19) que l'un des anges aux coupes montrera en détail en 17-18.
Et enfin, lui correspondra un autre "c'en est fait" qui conclura l'apparition de la Jérusalem céleste
(21,6) qu'un autre ange aux coupes fera visiter en 21,9-22,5. En effet, le dernier mot de Dieu sur
l'histoire, ce n'est pas la colère, c'est la Jérusalem céleste.
32 Les éléments théophaniques (v. 18.21)
18
Alors ce furent des éclairs, des voix et des tonnerres, et un tremblement de terre si violent qu'il n'en
fut jamais de pareil depuis que l'homme est sur la terre…
21
Des grêlons lourds comme des talents tombèrent du ciel sur les hommes, et les hommes
blasphémèrent Dieu à cause du fléau de la grêle, car ce fléau était particulièrement redoutable.
Ces éléments, éclairs, voix, tonnerre, tremblement de terre, grêle, sont portés à un maximum
insurpassable :
- le tremblement de terre est "si violent qu'il n'en fut jamais de pareil depuis que l'homme est sur la
terre" (v. 18). On retrouve là une expression qui revient 3 fois à la fin des plaies d'Egypte :
97
Didier van HECKE, L’APOCALYPSE, GSA, 2015/2016.
18
Demain à la même heure, je vais faire pleuvoir une grêle très violente, telle qu’il n’y en a jamais eu
en Egypte depuis le jour de sa fondation jusqu’à maintenant. (Ex 9,18)
Cf Ex 9,24 ; 10,14 ; 11,6 ; Dn 12,1 ; Mc 13,19.
- la grêle est particulièrement surnaturelle avec ses grêlons lourds comme des talents (v. 21). Or un
talent pèse de 26 à 36 kg. C'est le poids des boulets lancés par les romains lors du siège de Jérusalem
en 70 ap. J.C.
Ainsi ces signes théophaniques intenses, figure de la colère de Dieu, signalent le maximum de la
présence divine qui est possible en ce monde.
33 La chute de Babylone et le blasphème des hommes (vv. 19-20)
19
La grande cité se brisa en trois parties et les cités des nations s'écroulèrent. Alors Dieu se souvint de
Babylone la grande, pour lui donner la coupe où bouillonne le vin de sa colère. 20Toutes les îles
s'enfuirent et les montagnes disparurent.
Ce verset 19b nous dit le pourquoi de cette présence de Dieu. Dieu semble parfois laisser faire, mais sa
fidélité se souvient et instruit le procès du monde. La présence de Dieu se manifeste pour révéler
l'abîme qui existe entre elle et l'inconsistance de la ville impie.
La grande cité, c'est Babylone la grande, Rome et tout ce que l'empire symbolise, le chef d'œuvre du
dragon et des bêtes ; c'est elle la première visée. Elle est sous la colère, elle est coupée de Dieu.
La colère de Dieu affecte ce qui semble le mieux établi dans le monde (v. 20) : les montagnes et les
îles (sortes de montagnes dans la mer). Le monde présent disparaîtra totalement en 21,1 et Dieu sera
alors directement accessible dans un monde nouveau (21,3).
Mais face à Dieu lui-même, affrontés à leur néant, les hommes blasphémèrent Dieu à cause du fléau de
la grêle :
… les hommes blasphémèrent Dieu… (v. 21)
Ils reproduisent l'attitude de Pharaon, ils subissent le cataclysme sans en découvrir ni le sens, ni la
place dans l'histoire du salut.
Mystère de l'aveuglement, de l'incrédulité, de l'orgueil !!!! La débâcle du respect de l'homme et de la
vie, le désespoir devant l'absurde, les désillusions du matérialisme, la mort lente d'une partie de
l'humanité, la menace de guerres et de crises économique, tout ce qui manifeste que nous sommes à
côté de nos pompes, à côté de la vérité, dans une impasse (sous la colère de Dieu), tout cela, pourquoi
l'homme en tire-t-il argument pour attaquer Dieu, le convaincre de méchanceté. S'il y avait un Dieu !!!
Mais quelle difficulté à remettre fondamentalement nos vies et nos pratiques en cause ! Tout cela se
passe aujourd'hui sous nos yeux !
4 LA BATAILLE D’HARMAGUEDON (AP 16,16 ; 17,14 ; 19,11-15.19-21)
Le fondateur des Témoins de Jehovah, Charles Russel, avait prédit qu'en 1914 éclaterait une
épouvantable bataille au cours de laquelle Dieu détruirait tous les méchants de la terre : la fameuse
bataille d'Harmagedon (Ap 16,16) ! Selon lui, c'est avec cette bataille que commencerait la fin du
monde. Devant l'échec de sa prédiction, il reporta la date de la bataille à 1918. La prédiction ne se
réalisa pas non plus. Son successeur fixa finalement la date à 1925... nouveau démenti des faits. Les
témoins de Jéhovah prédirent finalement la bataille pour 1975... sans succès !!!
Malgré tous ces échecs, il y a toujours l'une ou l'autre secte qui se lève pour annoncer l'imminence de
la bataille de Harmagedon ! Et en effet, l'Apocalypse n'annonce-t-elle pas qu'à la fin des temps
adviendra un combat gigantesque dans lequel périront tous les mauvais et se sauveront uniquement les
justes ? Mais est-ce juste de penser cela ?
41 Le combat du Jour de YHWH dans la Bible
Longtemps avant le Christ, le peuple de Dieu eut à souffrir injustices et persécutions par fidélité à son
Dieu. Devant tant d'accablements, les prophètes ont annoncé que ce temps ne durerait pas indéfiniment
et que Dieu allait se lever pour châtier définitivement les coupables et les pêcheurs. Ils imaginèrent
cette intervention de Dieu sous la forme d'une action militaire. Dieu lui-même allait intervenir avec ses
armées célestes pour défaire ses ennemis. Ce jour futur, ils l'appelèrent "Jour de YHWH".
Le premier à annoncer l'arrivée de ce jour fut Amos :
98
Didier van HECKE, L’APOCALYPSE, GSA, 2015/2016.
18
Malheureux ceux qui misent sur le jour du SEIGNEUR ! A quoi bon ? que sera-t-il pour vous, le jour
du SEIGNEUR ? Il sera ténèbres et non lumière. (Am 5,18)
Plus tard suivirent d'autres prophètes : Ezéchiel (Ez 38-39), Sophonie (So 1,14-18), Joël (Jl 4,1-3.11-
16) et Zacharie (Za 12 et 14).
C'est ainsi que s'inscrivit peu à peu dans les mentalités l'idée d'un combat entre Dieu et les méchants de
ce monde qui adviendrait à la fin des temps et qui verrait la victoire de Dieu. Mais ce combat n'advint
jamais et les juifs continuèrent à attendre cette intervention militaire divine qui allait remettre de
l'ordre dans l'histoire.
42 Lés évocations de la bataille d’Harmaguedon
L'Apocalypse comprend trois évocations de la bataille d'Harmaguedon. Il faut donc lire ces trois
passages et les lire ensemble... Ce que ne font jamais les sectes !
421 La localisation (Ap 16,14.16)
14
Ce sont, en effet, des esprits de démons. Ils accomplissent des prodiges et s'en vont trouver les rois
du monde entier, afin de les rassembler pour le combat du grand jour du Dieu tout-puissant.
16
Ils les rassemblèrent au lieu qu'on appelle en hébreu Harmaguedôn.
Dans cette première allusion, le texte signale simplement le rassemblement d'une grande armée
mondiale sans dire qui la conduit, qui elle combattra et quand aura lieu l'affrontement. Elle indique
simplement le lieu de la bataille : Harmaguedon.
Ce nom qui n'est mentionné nulle part ailleurs dans la Bible est formé de deux parties : "Har", qui en
hébreu signifie mont et "Magedôn", nom de la fameuse cité de Meggido.
Cette localité fut dans toute l'histoire d'Israël la cité la plus stratégique de tout le pays. Par là passaient
toutes les armées et les commerçants allant du nord au sud et vice-versa. Au fil des siècles, elle fut le
lieu de batailles décisives :
- Victoire des Israélites contre le général Sisera en 1125 (Jg 4-5),
- Assassinat de Joram, roi d'Israël, par Jéhu en 841 (2 R 9,22-29),
- Mort de Josias en 609 et fin de sa réforme religieuse (2 Ch 35,19-25).
Ce ne sont pas moins de douze batailles décisives qui se déroulèrent à Meggido qui devint ainsi pour la
tradition juive un symbole des batailles décisives.
Ainsi, quand l'Apocalypse dit que la bataille de la fin des temps aura lieu à Harmaguedon, elle ne
prétend pas donner une localisation réelle. Elle veut simplement exprimer, symboliquement, que ce
sera une bataille décisive, qui transformera pour toujours la situation de l'histoire.
422 Le combat contre l'agneau (Ap 17,14)
Le second passage concernant la bataille d'Harmagedon se situe en 17,14 :
Ils combattront l'agneau et l'agneau les vaincra, car il est Seigneur des Seigneurs et Roi des Rois, et
avec lui, les appelés, les fidèles et les élus vaincront aussi.
Le sujet du verbe combattre renvoie bien aux rois de la terre de 16,14.16.
Dans cette bataille, Dieu n'interviendra pas directement, mais il le fera à travers l'Agneau. C'est lui qui
sera chargé de combattre. Mais l'Agneau n'ira pas au combat avec ses armées célestes ou avec ses
légions d'anges comme on le pensait peut-être. Il agira aidé par les siens, ceux qui l'accompagnent et
qui forment son armée : tous les Chrétiens qui persévèrent dans la foi et demeurent fidèles à sa Parole.
La victoire de l'Agneau sera possible grâce aux Chrétiens qui l'aideront et combattront avec lui.
423 Il se nomme la Parole de Dieu (Ap 19,11-15a.19-21)
11
Alors je vis le ciel ouvert : C'était un cheval blanc, celui qui le monte se nomme Fidèle et Véritable.
Il juge et il combat avec justice. 12Ses yeux sont une flamme ardente ; sur sa tête, de nombreux
diadèmes, et, inscrit sur lui, est un nom qu'il est seul à connaître. 13Il est revêtu d'un manteau trempé
de sang, et il se nomme : la Parole de Dieu. 14Les armées du ciel le suivaient sur des chevaux blancs,
vêtues d'un lin blanc et pur. 15De sa bouche sort un glaive acéré pour en frapper les nations…
19
Et je vis la bête, les rois de la terre et leurs armées, rassemblés pour combattre le cavalier et son
armée. 20La bête fut capturée, et avec elle le faux prophète qui, par les prodiges opérés devant elle,
99
Didier van HECKE, L’APOCALYPSE, GSA, 2015/2016.
avait séduit ceux qui avaient reçu la marque de la bête et adoré son image. Tous deux furent jetés
vivants dans l'étang de feu embrasé de soufre. 21Les autres périrent par le glaive qui sortait de la
bouche du cavalier, et tous les oiseaux se rassasièrent de leurs chairs.
Dans cette vision, Jean commence par voir s'ouvrir tout le ciel (19,11). Il contemple d'abord un
cavalier blanc qui vient pour juger et qui est présenté enveloppé d'un manteau trempé de sang (19,13).
Si le cavalier descend du ciel avec son manteau trempé de sang alors que la bataille n'a pas commencé,
c'est donc que ce sang est le sien. Par conséquent, Jésus qui apparaît ici sur son cheval blanc est celui
qui vient de mourir sur la croix, celui qui a donné sa vie pour les hommes et a ainsi sauvé l'humanité.
C'est ce Jésus qui est sur le point d'affronter ses ennemis.
Mais surprise !!! La bataille n'est pas relatée. Le texte rapporte simplement que le cavalier au manteau
trempé de sang a châtié les deux chefs principaux de la coalition : la Bête et le Faux-Prophète (19,20).
Puis ensuite, le texte présente la destruction totale des ennemis de l'agneau. Or cette victoire n'est pas
sanglante mais s'opère par "l'épée qui sort de la bouche du cavalier" (19,21).
Ainsi, apparaît ici clairement ce que l'auteur de l'Apocalypse a voulu transmettre : avec la mort et la
résurrection du Christ a eu lieu la bataille de la fin des temps attendue et annoncée par les
prophètes. Ce jour de Dieu est déjà arrivé et la mort du Fils fut le véritable combat contre les ennemis.
Par sa résurrection, il les a vaincus et engloutis dans l'abîme.
Il n'y a donc plus à attendre d'autre intervention de Dieu dans l'histoire, puisque au jour de la
résurrection du Christ, les forces du mal furent défaites et le monde entier passa sous le règne de Dieu
pour toujours !!!
43 Une bataille déjà advenue
Dans l'Apocalypse, Jean présente l'Agneau vainquant principalement les deux figures de l'empire
romain et des religions païennes parce que c'était pour lui ce qui à ce moment caractérisait le mieux
toutes les forces du mal.
Aux chrétiens de la fin du premier siècle qui se demandaient "Jusques à quand l'empire romain nous
persécutera-t-il ? Quand Dieu va-t-il intervenir ?" Jean répond qu'ils ne doivent pas désespérer. Avec
Jésus-Christ, s'est déroulée la bataille de la fin des temps et les premiers vaincus sont la Bête (l'empire
romain) et le Faux-Prophète (la religion païenne).
Mais pour qu'advienne la victoire définitive, il faut que les "siens", tous les Chrétiens, participent à la
lutte, en restant fidèles et en n'abandonnant pas la foi.
Alors que l'empire romain était au sommet de sa puissance, l'auteur de l'Apocalypse a eu l'audace et le
courage d'annoncer sa déroute totale. Tel fut le grand acte de foi de l'auteur qui sauva finalement la
communauté. Celle-ci crut et persévéra jusqu'à la fin des persécutions.
Jean annonce donc bien que la bataille d'Harmaguedon a déjà eu lieu. Ce fut le jour où Jésus-Christ,
par sa mort et sa résurrection, ressortit vainqueur de toutes les forces qui avaient comploté contre lui.
Conclusion
L'auteur de l'Apocalypse nous enseigne que contrairement aux apparences, le mal que nous voyons
partout redoubler de violence a déjà été vaincu. Le bien est déjà vainqueur. Si le Christ est déjà
vainqueur, les Chrétiens doivent continuer le combat. Pour ce combat, ils disposent d'une arme
redoutable : la Parole même de Dieu. Elle est comme une épée effilée capable de vaincre quelque mal
que ce soit. C'est avec cette seule arme qu'ils pourront rendre effective la victoire d'Harmaguedon !!!!
100
Didier van HECKE, L’APOCALYPSE, GSA, 2015/2016.
Table des matières
INTRODUCTION .............................................................................................................................................................. 93
1 LES SEPT ANGES ET LES DERNIERS FLEAUX (AP 15,1-8) ............................................................................. 93
11 LA PREMIERE VISION (V. 1) ...................................................................................................................................................... 93
12 LA SECONDE VISION ET CHANT DES VAINQUEURS (VV. 2-4) ............................................................................................... 94
121 La vision des vainqueurs (v. 2) ...........................................................................................................................................94
122 Le chant des vainqueurs (vv. 3-4) .....................................................................................................................................94
13 LA TROISIEME VISION : LA REMISE DES SEPT COUPES D'OR (VV. 5-8) ............................................................................... 94
2 LES SIX PREMIERES COUPES (AP 16,1-16) ........................................................................................................ 95
21 LES TROIS PREMIERES COUPES (VV. 1-3) ............................................................................................................................... 95
22 LE CANTIQUE (VV. 5-7) ............................................................................................................................................................. 95
23 LA QUATRIEME COUPE (VV. 8-9) ............................................................................................................................................. 96
24 LA CINQUIEME COUPE (VV. 10-11) ......................................................................................................................................... 96
25 LA SIXIEME COUPE (V. 12-16) ................................................................................................................................................. 96
251 La trinité satanique (vv. 13-14) .........................................................................................................................................96
252 Un conseil au lecteur (v. 15) ................................................................................................................................................97
253 Le rassemblement à Harmaguedon (v. 16) ..................................................................................................................97
3 LA SEPTIEME COUPE (AP 16,17-21) .................................................................................................................... 97
31 LA SEPTIEME COUPE ET LA VOIX VENANT DU TRONE (V. 17) ............................................................................................. 97
32 LES ELEMENTS THEOPHANIQUES (V. 18.21) ........................................................................................................................ 97
33 LA CHUTE DE BABYLONE ET LE BLASPHEME DES HOMMES (VV. 19-20).......................................................................... 98
4 LA BATAILLE D’HARMAGUEDON (AP 16,16 ; 17,14 ; 19,11-15.19-21) ................................................... 98
41 LE COMBAT DU JOUR DE YHWH DANS LA BIBLE .................................................................................................................. 98
42 LES EVOCATIONS DE LA BATAILLE D’HARMAGUEDON.......................................................................................................... 99
421 La localisation (Ap 16,14.16) ..............................................................................................................................................99
422 Le combat contre l'agneau (Ap 17,14) ...........................................................................................................................99
423 Il se nomme la Parole de Dieu (Ap 19,11-15a.19-21) ..............................................................................................99
43 UNE BATAILLE DEJA ADVENUE ...............................................................................................................................................100
CONCLUSION ....................................................................................................................................................................................100
101