1121AS0413
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2013-2014
Application 4
Séances 7 à 12
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112 – Droit des sociétés 2013/2014
Partie 1
La constitution de la SA
La direction de la SA
Les conventions conclues entre la SA et l’un de ses dirigeants ou l’un de ses actionnaires
I - Cas pratiques :
Cas 1
Après avoir acquis une longue expérience dans la construction et la rénovation de maisons individuelles,
Lucien décide de créer avec 6 amis une SA « Bat Plus » ayant son siège social à Reims. Une clause
statutaire fixe le nombre d’administrateurs à 5. Conformément aux dispositions de cette clause statutaire,
cinq administrateurs ont été désignés.
Lucien apporte à la société un bien immobilier qu’il estime à 100 000 €. C’est dans ce local que la société
aura son siège social. Pierre apporte 20 000 € et les 5 autres actionnaires 2 000 € chacun.
Lucien a chargé un avocat de procéder aux formalités de constitution de la société sans en demander
l’autorisation aux autres actionnaires. Après l’immatriculation de la SA au RCS, l’avocat réclame ses
honoraires à Lucien.
Edouard, un administrateur, décède au cours de son mandat. Lucien (50 ans), administrateur, est nommé
PCA ; il est actuellement gérant d’une SARL à Amiens et d’une SARL à l’Ile de la Réunion.
Travail à faire :
Cas 2
La SA de type moniste « Répare pare-brise » vient de modifier son mode d’organisation en SA à directoire
et conseil de surveillance. Elle a un capital de 100 000 €. Au cours des prochaines années, elle envisage
d’augmenter le capital à 200 000 € et ensuite d’être cotée en bourse.
David, membre du directoire en désaccord avec la gestion de la société, est révoqué par le conseil de
surveillance. David est aussi titulaire d’un contrat de travail en qualité de technicien.
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112 – Droit des sociétés 2013/2014
Travail à faire :
Cas 3
La SA « Décore étoffes » a pour objet la vente de rideaux, voilages, tentures et objets de décoration de luxe
à Paris (16ème arrondissement). Anne est présidente du conseil d’administration et directrice générale de
cette société. Jérémy, David et Marc sont les 3 autres administrateurs. Le mandat d’administrateur d’Anne
prend fin dans 6 mois et elle souhaite conserver son poste de PCA.
Anne n’a pas convoqué le CA depuis 3 mois et les autres administrateurs souhaitent une réunion pour
déterminer de nouvelles orientations. David, absent pour 2 mois, donne mandat à Marc pour le représenter
au CA.
La SA connaît un développement important et Anne se demande si elle peut prendre seule les décisions
suivantes :
c. Engager la société comme caution au profit d’une banque, pour garantir le prêt que cette banque octroie
à un fournisseur de longue date dont dépend beaucoup la SA.
Travail à faire :
Cas 4
La SA « Alarm System » a pour objet la vente, l’installation et la maintenance de systèmes d’alarmes aux
particuliers et aux entreprises.
a. Daniel, le PCA, achète pour sa propriété champenoise un système d’alarme auprès de la société et le
fait installer par cette dernière pour un montant de 15 000 € avec une remise de 10 %.
b. 3 des administrateurs possèdent une alarme à leur domicile respectif et concluent chaque année avec la
société un contrat de maintenance d’un montant de 200 €.
c. La SA accorde sa caution à une banque pour garantir le prêt octroyé à une filiale de la SA.
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112 – Droit des sociétés 2013/2014
d. La SA accorde un emprunt à une SARL qui vend des systèmes d’alarmes et dont Paul, administrateur
de la SA, détient 60 % du capital.
e. Marc, administrateur et DG, vend un immeuble appartenant à la SA pour un montant de 250 000 € à
une autre SA dont il est administrateur.
f. David, administrateur, contracte un emprunt auprès de la SA pour l’acquisition personnelle d’un voilier.
Travail à faire :
Qualifiez ces actes et déterminez leur régime juridique.
Cas 5
La SA « Réception sans soucis » a pour objet la location de mobilier et de vaisselle aux collectivités et
particuliers pour leurs réceptions. Deux actionnaires minoritaires, l’un détenant 2 % du capital et l’autre 3 %,
s’inquiètent de la gestion à propos des faits suivants :
- le président du conseil d’administration, cumulant ses fonctions avec celles de directeur général de la
société, a conclu un contrat d’approvisionnement de mobilier d’un montant de 100 000 euros sans
demander l’autorisation du conseil d’administration (CA) alors que les statuts exigent l’autorisation du
CA pour tous les actes supérieurs à 70 000 euros ;
Travail à faire :
2. Quelle est la conséquence, pour la société, des deux contrats conclus par le président directeur général ?
3. Pour quels types de fautes le président du conseil d’administration et directeur général de la société
engage-t-il sa responsabilité civile ? Quel est le délai de prescription de l’action en responsabilité ?
Cas 6
La SA « Isol’Baie » a pour objet la vente de fenêtres en PVC et aluminium aux particuliers. Pierre en est le
commissaire aux comptes. Cette société était initialement organisée sous forme moniste. Le conseil
d’administration était composé de 3 administrateurs. Suite à un développement important, un nouvel
actionnaire, la SA « Recherche Mat », ayant pour objet le développement de nouveaux matériaux d’isolation
pour les fenêtres, a exigé la modification de l’organisation de la SA « Isol’Baie » de type moniste en type
dualiste et envisage maintenant de devenir membre du conseil de surveillance (CS).
Le directoire est actuellement composé de 2 membres. Quatre autres postulants envisagent un mandat de
membre du directoire :
1. Déterminez si les postulants au directoire réunissent les conditions exigées par la loi.
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112 – Droit des sociétés 2013/2014
Quelques mois plus tard, la SA de type dualiste envisage, pour des raisons économiques, de changer une
nouvelle fois de forme d’organisation et de revenir à la forme moniste ; dans cette perspective, la dernière
AGO a mis fin aux fonctions de membre du directoire d’Anne.
3. Déterminez les conséquences du changement d’organisation de la SA sur les mandats des membres du
directoire et du conseil de surveillance ainsi que sur le mandat du CAC.
5. Anne peut-elle demander des dommages-intérêts à la société pour le préjudice subi du fait de sa
révocation de membre du directoire ?
II - Vérification des connaissances (répondre par VRAI ou FAUX à chaque affirmation suivante) :
5. A défaut de disposition statutaire, le nombre d’administrateurs ayant dépassé l’âge de 70 ans ne peut
être supérieur au tiers des administrateurs en fonctions.
6. Le nombre d’administrateurs liés à la société par un contrat de travail peut dépasser le tiers du nombre
des administrateurs en fonctions.
11. Les administrateurs et les membres du conseil de surveillance sont révocables ad nutum par l’AGO.
12. Les membres du directoire sont révocables pour justes motifs par l’AGO.
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112 – Droit des sociétés 2013/2014
20. La cooptation d’un administrateur est possible quand le nombre d’administrateur est devenu inférieur
au minimum légal suite à un décès ou une démission de l’un d’eux.
21. Les décisions au sein du CA sont prises à la majorité des membres présents ou représentés.
22. L’âge limite du PCA est de 65 ans, sauf stipulation contraire des statuts.
25. Une caution donnée par une SA au profit de la fille d’un administrateur est une convention
réglementée.
26. Un contrat de location d’un terrain, appartenant à une SA, entre cette société et une autre SA
(l’administrateur est commun aux 2 sociétés) constitue une convention réglementée.
27. Le CAC présente un rapport spécial ne mentionnant que les conventions autorisées par le CA.
28. La cession, à un prix normal, d’un brevet par une SA à une SARL, dont l’un des dirigeants est
commun aux 2 sociétés, constitue une convention réglementée.
35. Un membre du directoire peut cumuler un contrat de travail uniquement si celui-ci est antérieur à son
mandat.
36. Le président du directoire (ou le directeur général unique) représente la société dans ses rapports
avec les tiers.
37. Les fonctions des membres du directoire ne prennent pas fin lorsque l’AGE décide de modifier
l’organisation de la SA de type dualiste en type moniste.
38. Les membres du directoire et du CS peuvent être cooptés en cas de vacance suite à une démission ou
un décès.
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Partie 2
Remarque liminaire sur l’importance des règles encadrant la tenue et le déroulement des AG
Un certain nombre de règles sont communes à toutes les Assemblées Générales : Qui convoque ? Quels sont
les délais à respecter ? Quelles sont les informations à donner aux actionnaires ? Comment s’organisent les
débats, les votes ?
Des règles spécifiques s’appliquent, en plus des règles générales, suivant le type d’assemblées générales :
AGO, AGE, AG mixte…
De nombreuses questions d’études de cas concernent les décisions prises en assemblée générale (par exemple,
la révocation d’un administrateur, l’approbation annuelle des comptes, la ratification d’une convention
réglementée, la décision d’augmenter le capital social…).
I – Eléments de réflexion
1) Les auteurs de la convocation de l’AG sont énumérés par la loi. Ce pouvoir revient au conseil
d’administration (et non à son président), au directoire ou au conseil de surveillance. Cependant, ces
organes peuvent, pour des raisons diverses (ex : crainte de révocations) ne pas souhaiter convoquer les
actionnaires.
Qui est donc habilité à convoquer l’AG en cas de carence des dirigeants ou des membres du
conseil de surveillance ?
2) Les actionnaires sont appelés à voter en AG sur les points portés à l’ordre du jour. La loi leur
reconnaît, de plus, le droit d’être actifs sur le choix des thèmes à débattre.
3) Le droit de participer aux décisions collectives est une conséquence du principe d’affectio societatis.
4) Rappelez les règles de compétence, de quorum et de majorité des AGO, AGE et AG mixtes
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II – Cas pratiques
Cas 1
Monsieur ARTHUR : 4 000, Madame ARTHUR : 800, Madame CAROLINE : 80, Monsieur DENIS : 80,
Monsieur FRANCOIS : 15, Monsieur GEORGES : 15, Madame THERESE : 10.
a) Le CA a régulièrement convoqué l’AGO de fin d’exercice, afin de faire approuver les comptes du
dernier exercice (clos au 31 décembre dernier). Le jour de la réunion, Monsieur ARTHUR était seul
présent. Son épouse, Madame ARTHUR, lui avait donné procuration pour voter à sa place. Il a voté et
a signé le procès-verbal de l’assemblée générale. Madame THERESE vous consulte pour savoir si elle
peut obtenir en justice la nullité de l’AG au motif qu’une AG ne peut valablement se réunir que si 3
actionnaires au moins sont présents.
b) La SA REMILLON a une participation dans la société VERLAINE. Cette dernière a convoqué une
AGE dont l’ordre du jour était la modification de son objet. Les actionnaires ont été prévenus 2 jours
avant, par téléphone, et sont tous venus. Le président a expliqué les raisons de cette convocation
tardive et son désir d’étendre l’objet pour se porter acquéreur d’un fonds de commerce à céder. Le
commissaire aux comptes a lu son rapport et les actionnaires ont voté la modification des statuts.
Quelque temps plus tard, Monsieur ARTHUR s’aperçoit que cette opération peut être dangereuse pour
l’avenir de la société VERLAINE. Il souhaite obtenir en justice la nullité de l’AG pour irrégularité de
convocation.
c) Monsieur ARTHUR a convoqué une AGE afin d’insérer dans les statuts une clause imposant aux
actionnaires de posséder 20 actions pour participer aux différentes assemblées générales. Cette
proposition a été adoptée. Monsieur GEORGES vous consulte pour savoir s’il peut faire annuler l’AG
et la clause.
Cas 2
SA PERLIN
Société au capital de 1 million d’euros
15 avenue de la République
75011 PARIS
Vous êtes convoqués à l’Assemblée Générale qui se tiendra à Saint-Denis-de-la-Réunion, le 10 avril 2013
à 14 heures à l’Hôtel Juliette Dodu, 31 rue Juliette Dodu.
Ordre du jour :
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Cas 3
Monsieur ANATOLE vient de décéder en laissant 3 héritiers. Ses actions seront, au moins dans un premier
temps, détenues en indivision par ses trois héritiers.
b) Comment seront exercés les droits de vote des actions transmises aux héritiers ?
Cas 4
Au sein de la société anonyme VIDAL, trois actionnaires ont signé un pacte par lequel les deux premiers
se sont engagés à voter en faveur du troisième lors de sa désignation en tant qu’administrateur au sein de
la prochaine AGO.
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Partie 3
I – Eléments de réflexion
A) Analysez le rôle du commissaire aux comptes dans les opérations de modification du capital social.
3) Les actionnaires minoritaires peuvent-ils invoquer un abus de majorité à l’occasion d’une décision
d’augmentation de capital ?
5) Quelle est l’utilité du droit préférentiel de souscription ? Quel est le régime du droit préférentiel de
souscription à titre irréductible et à titre réductible ?
6) Que se passe-t-il en cas d’insuffisance des souscriptions dans le cadre d’une augmentation de capital ?
II – Cas pratiques
Cas 1
La société anonyme « BLANCHE NEIGE » a un capital de 50 000 euros divisé en 500 actions de
100 euros. Les réserves s’élèvent à 10 000 euros. Elle décide d’augmenter son capital, par apports
nouveaux en numéraire, pour le porter à 75 000 euros en émettant 250 actions nouvelles.
Les 7 actionnaires réunis en AG ont approuvé le projet et 5 d’entre eux souhaitent souscrire.
L’assemblée générale a prévu la possibilité de souscrire à titre réductible.
C 70 50
D 80 80
E 100 100
F 20 0
G 80 0
Question
Quel est le nombre d’actions qui sera souscrit par les actionnaires demandeurs ?
Cas 2
- Le bilan fait apparaître un capital de 300 000 euros, une réserve légale de 30 000 euros et d’autres
réserves pour 70 000 euros.
- La SA est composée de 10 actionnaires qui se répartissent comme suit les 30 000 actions :
- Sachant que le Président du Conseil d’Administration souhaite que l’augmentation se traduise par
une augmentation du nombre d’actions, comment seront attribuées les actions nouvelles et
comment sera traité le problème des rompus ?
Cas 3
- Faut-il attendre que le capital de la SA soit entièrement libéré pour réaliser cette augmentation de
capital ?
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- Pourra-t-il faire jouer la minorité de blocage dont il dispose en assemblée générale afin de
s’opposer à une éventuelle réduction de la valeur de son apport ?
Cas 4
Les actionnaires, malgré les mauvais résultats, ont confiance dans l’avenir et souhaitent ne pas dissoudre
la société.
- Que peut-il se passer ? Une réduction de capital pourra-t-elle être envisagée ? Quel sera le niveau de
la réduction ?
Louis MILAN est Président du Conseil d’administration d’une société anonyme dénommée
« IMPRIMERIE D’ARMOR » dont le siège social est situé à RENNES. Le capital de la société, qui
s’élève à 800 000 €, est divisé en 8 000 actions de 100 € de nominal, entièrement libérées et réparties
comme suit :
La société connaît actuellement des difficultés ainsi qu’en témoignent, au bilan, les pertes subies au
cours des derniers exercices.
Jean ROITELET a travaillé de nombreuses années en qualité de directeur commercial dans une importante
imprimerie de la région. Cette imprimerie ayant été rachetée et réorganisée, Jean ROITELET a fait l’objet
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d’une mesure de licenciement et se retrouve aujourd’hui au chômage. Il dispose de 300 000 € qu’il serait prêt
à apporter à la société « IMPRIMERIE D’ARMOR » pour lui permettre de restaurer ses capitaux propres. Il
participerait par ailleurs à la relance de l’activité de cette société, d’une part, au niveau de la direction
générale aux côtés de Louis MILAN, d’autre part, à la tête du service commercial.
Questions
1) Jean ROITELET pose comme condition de son apport, le partage préalable, entre les actionnaires,
des pertes qui ne peuvent être imputées sur les réserves.
2) Au sujet de la procédure à mettre en œuvre pour accéder à la demande de Jean ROITELET, Louis
MILAN se pose les questions suivantes :
- Ses cousins, qui assistent à toutes les assemblées d’actionnaires, où ils s’opposent fréquemment à
lui et à ses frères, peuvent-ils bloquer la réalisation du projet ?
3) Jean ROITELET demande qu’à l’occasion du partage des pertes, le bilan soit « nettoyé » de celles
qui peuvent être imputées sur les réserves.
- Cet organe pourra-t-il statuer dans le même temps que l’organe appelé à décider du partage des
pertes ?
4) Au sujet de la procédure devant permettre à Jean ROITELET de réaliser son apport, Louis MILAN
se pose les questions suivantes :
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Partie 4
Cas 1
M. Jean Donnemoi, administrateur de la S.A Bondos, connaît de grandes difficultés financières. Son épouse vient
de le quitter et réclame une forte pension alimentaire au motif qu’elle a travaillé à ses côtés pendant plus de 25 ans.
De plus, sa fille aînée vient de se marier et les factures s’amoncèlent.
Pour tenter d’éponger ses dettes, il demande au conseil d’administration la possibilité de contracter un emprunt de
40 000 € auprès de la société.
Sa demande est acceptée le 19 septembre 2013. Les fonds lui seront versés au 1er février 2014. Les remboursements
s’échelonneront sur 40 mois à partir du 1er février 2014, le tout sans intérêts.
M. Vérif, le commissaire aux comptes, a entendu parler de cette convention mais n’y a pas prêté attention, les prêts
accordés par la société aux administrateurs étant une pratique courante dans la S.A. Bondos.
1) A quelles obligations le commissaire aux comptes est-il normalement soumis face à cette situation ?
2) Les actionnaires minoritaires bénéficient-ils d’un droit de contrôle sur les actes des administrateurs ?
Comment peuvent-ils l’exercer ?
Cas 2
La S.A. Loripeau est spécialisée dans la création de robes de soirée. Son capital est de 37 000 €. Son conseil
d’administration est composé des 4 actionnaires suivants :
Les autres actionnaires de la S.A. sont M. Soie (70 actions), Mme Coton (55 actions) et Mme Acrylique (50
actions).
La S.A. existe depuis bientôt 30 ans et fonctionne bien. Le carnet de commandes est rempli, fournisseurs et clients
sont satisfaits.
Cependant, M. et Mme Taffetas souhaitent modifier la forme juridique de la société pour en faire une société en
commandite par actions (S.C.A.). Cela leur permettrait notamment de faire nommer leur fille Mélanie, 24 ans,
inspectrice des Impôts à Neuilly sur Seine, en qualité de commandité. Leur fils Simon, 17 ans, serait
commanditaire.
Pour imposer la transformation de la S.A. en S.C.A., ils invoquent l’article 18 des statuts selon lequel « Les
décisions de modification des statuts appartiennent à l’AGE qui statue selon les règles de quorum et de majorité
définies par la loi. En cas de transformation de la S.A. en une autre forme juridique, le quorum sera d’un tiers des
présents ou représentés sur 1ère convocation, et d’un quart sur 2ème convocation. La majorité requise pour valider
la transformation est de deux tiers des voix des actionnaires présents ou représentés. ».
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M. Tulle est d’accord pour procéder à la transformation. Les autres actionnaires, ne voyant pas l’intérêt d’une telle
procédure, vont s’opposer au projet.
Cas 3
Suite aux différents emprunts accordés et à des procédés de gestion très discutables, la SA Liquidtout va mal. Elle
constate des pertes de plus de la moitié du capital social. Le conseil d’administration convoque l’AGE qui décide
de poursuivre l’activité sans pour autant réduire le montant du capital social qui est actuellement de 42 000 €.
Trois ans plus tard, les pertes se sont aggravées et atteignent désormais les ¾ du capital social. Un des créanciers
demande la dissolution de la société.
2) En a-t-il le droit ?
M. Jaitoufaux, un des administrateurs, soutient que la dissolution produit ses effets à compter de la décision du
tribunal.
5) A-t-il raison ?
Une fois le passif social apuré, la société dispose encore de quelques subsides. M. Boulgomme, directeur général et
actionnaire majoritaire (il détient 56 % des actions), invoque sa situation de premier plan pour réclamer que les ¾
de l’actif restant lui soient reversés. Il rappelle à cet effet l’article 8 des statuts selon lequel : « En cas de liquidation
et suite à l’apurement du passif social, tout actionnaire détenteur de plus de 51 % du capital social se verra
attribuer les ¾ de l’actif restant, le reste étant partagé entre les autres actionnaires au prorata de leur
participation dans le capital social ».
7) Qu’en pensez-vous ?
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112 – Droit des sociétés 2013/2014
Partie 5
I - CAS PRATIQUES
Cas 1
La S.A. Loripeau, spécialisée dans la création de robes de soirée, s’est transformée en SCA le 20 septembre
2013. Les commandités sont les anciens membres du conseil d’administration ainsi que Mélanie. Son capital
est de 37 000 €. Les associés commanditaires sont M. Soie et Mme Coton.
Lorsqu’elle était constituée sous forme de SA, son conseil d’administration était composé des 4 actionnaires
suivants :
- M. Taffetas ;
- Mme Taffetas ;
- M. Tulle ;
- M. Organdi.
Mélanie est la fille de Monsieur et Madame Taffetas. Elle a 24 ans et est inspectrice des Impôts à Neuilly sur
Seine depuis 6 mois.
Mme Acrylique a, pour sa part, quitté la société et revendu la totalité de ses titres à Mélanie.
4) Mme Coton a-t-elle raison ? Rappelez les conditions nécessaires pour être nommé gérant de S.C.A.
Finalement, c’est Mme Taffetas qui est nommée gérante statutaire de la S.C.A. Elle souhaite élever la société
au rang d’une grande maison de couture, ce qui a toujours été son ambition. Elle décide donc d’organiser un
défilé de mode et engage des frais de location de salle de réception ainsi que de frais de traiteur. Les dépenses
atteignent 34 600 €. M. Soie estime que c’est une folie et que les rêves de grandeur de Mme Taffetas ne
cadrent pas avec l’objet de la société qui est la confection de robes de soirée.
5) M. Soie peut-il demander la révocation de Mme Taffetas ? Cette révocation a-t-elle des chances
d’aboutir ?
Cas 2
La société en commandite par actions Firenze, créée le 11 mars 2004, envisage de développer de nouvelles
activités liées à la construction de bâtiments à basse consommation énergétique. Ces activités nouvelles
exigent des capitaux importants qui manquent cruellement à cette société. Aucun des associés ne dispose de
fonds immédiatement mobilisables pour réaliser un nouvel apport en numéraire. Par ailleurs, les associés ne
veulent pas ouvrir le capital social à un tiers. L’idée d’une augmentation de capital social étant donc exclue,
il convient de privilégier un financement externe qui ne donnerait aux investisseurs aucune action de la
SCA. Les associés ont donc décidé d’émettre des obligations ordinaires.
1) La SCA Firenze peut-elle émettre des obligations ordinaires ? A quelles conditions l’émission peut-elle
être réalisée ?
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112 – Droit des sociétés 2013/2014
Pour bénéficier d’une facilité de trésorerie au plus vite, M. Raymond, gérant de la SCA, prend seul la
décision d’émettre les obligations le 14 mai 2013. Cette décision est ratifiée par le Conseil de surveillance
le 29 mai 2013.
2) Qu’en pensez-vous ?
3) Quels sont les droits individuels des obligataires face à cette situation ?
Cas 3
Mme Bouée est associée de la société par actions simplifiée CLV. Elle se pose beaucoup de questions. En
effet, la SAS est composée de 17 associés. Elle compte parmi eux deux établissements publics ayant une
activité industrielle et commerciale.
De plus, le capital social n’a pas été entièrement libéré alors que la société existe depuis 3 ans.
L’objet social de la société est la création et la vente d’articles en osier. Le siège social de la SAS se situe à
Antibes (Alpes-Maritimes).
Le président de la SAS, M. Valentin, engage par ailleurs beaucoup de frais. Il a récemment conclu un
contrat de bail à usage d’habitation, pour un appartement situé dans le 11 ème arrondissement de Paris.
L’appartement est occupé par son fils qui finit ses études à Paris.
Mme Bouée, inquiète, vous demande si tout cela est bien légal.
Elle a peur de s’être trop engagée et souhaite quitter la société. M. Valentin lui oppose la clause
d’inaliénabilité des actions qui est de 8 ans. Conseillez Mme Bouée.
Mme Fonvy, elle aussi associée, a l’impression que la SAS CLV veut l’exclure sous prétexte qu’elle n’a
pas assisté à la dernière assemblée générale. Est-ce possible ?
Créée en 1986 par Michel Combes, la société à responsabilité limitée « Aménagement Des Espaces
Environnementaux » (SARL ADEE) propose et réalise des constructions à ossature bois avec des matériaux de
haute qualité environnementale. Le développement de cette société a nécessité l’ouverture du capital à des
partenaires. Les parts sociales sont réparties entre 4 associés. La gérance est actuellement assurée par Michel
Combes.
(…)
La SARL ADEE est associée de la SAS Loisirs Bois. Le président de cette SAS, Francis Jouve, détient près du
1/3 du capital social. En mars 2008, il a arrêté les comptes annuels alors qu’un rapport d’audit constatait la
présence de plusieurs créances fictives ainsi que la nécessité de constituer des provisions et des amortissements
exigés par la situation de la SAS.
Le 30 mai dernier, Francis Jouve a présenté les comptes à l’AGOA, sans tenir compte des conclusions de l’audit.
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112 – Droit des sociétés 2013/2014
(…)
Face aux agissements de Francis Jouve évoqués dans le dossier précédent, certains associés de la SAS Loisirs
Bois envisagent son exclusion.
1. Présentez les conditions de validité d’une clause d’exclusion dans la SAS.
L’article 16 des statuts de la SAS,
présenté en annexe 2, peut-il être appliqué aux agissements de Francis Jouve ?
2. Les mêmes associés souhaiteraient s’assurer de la présence de la SARL ADEE dans le capital de la SAS
Loisirs Bois jusqu’en 2012. A cette fin, ils envisagent d’insérer une clause d’inaliénabilité dans les statuts de la
SAS. Quelles sont les conditions de validité d’une telle clause ?
(…)
Article 16 Exclusion
Est exclu de plein droit tout associé faisant l'objet d'une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire.
Par ailleurs, l'exclusion du président associé peut être prononcée dans les cas suivants :
- faute de gestion ;
- faits ou actes de nature à porter atteinte aux intérêts ou à l'image de marque de la société.
L'exclusion est décidée par l'assemblée générale des associés statuant à la majorité des voix des membres
présents. La décision d'exclusion ne peut intervenir que sous réserve du respect des formalités préalables prévues
à l’article 17 des présents statuts. L'associé exclu doit céder la totalité de ses actions dans un délai de 40 jours à
compter de l'exclusion aux autres associés au prorata de leur participation au capital.
Pour chacun des deux arrêts reproduits ci-après, vous répondrez aux questions suivantes :
1) Résumez les faits
2) Identifiez les différentes étapes de la procédure judiciaire antérieure
3) Formulez le problème de droit
4) Analysez la solution retenue par la Cour de cassation
A) Arrêt n°1
Cass.com., 23 octobre 2007
LA COUR –
Vu l’article 1844, alinéa 1er, du Code civil, ensemble l’article L. 227-16 du Code de commerce ;
Attendu qu’il résulte du premier de ces textes que tout associé a le droit de participer aux décisions
collectives et de voter, et que les statuts ne peuvent déroger à ces dispositions que dans les cas prévus par la loi ;
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que si, au terme du second, les statuts d’une société par actions simplifiée peuvent, dans les conditions qu’ils
déterminent, prévoir qu’un associé peut être tenu de céder ses actions, ce texte n’autorise pas les statuts, lorsqu’ils
subordonnent cette mesure à une décision collective des associés, à priver l’associé dont l’exclusion est proposée
de son droit de participer à cette décision et de voter sur la proposition ;
Attendu, selon l’arrêt confirmatif attaqué, que la société par actions simplifiée Arts et entreprises a été
constituée entre Monsieur X., son épouse Mme Y. et M. Z., lequel détenait près des deux tiers des actions
composant le capital social ; que la société, faisant application de l’article 16 des statuts, a décidé l’exclusion de
M. Z sans que celui-ci ait été appelé à voter sur cette décision ; que M. Z., soutenant que cette clause portait
atteinte au droit de vote reconnu à tout associé, a demandé l’annulation de la décision d’exclusion ;
Attendu que pour rejeter cette demande, l’arrêt retient, par motifs adoptés, que dans le contexte de liberté
contractuelle qui caractérise la société par actions simplifiée, il est possible de prévoir que l’associé susceptible
d’être exclu ne participe pas au vote sur cette décision, que compte tenu de la répartition du capital entre les
associés, cette stipulation a manifestement pour objectif d’empêcher que l’associé majoritaire ne puisse jamais
être exclu ou qu’il puisse à lui seul exclure un associé minoritaire, que la suppression du droit de vote est donc
nécessaire pour régler certaines situations de conflit d’intérêts entre la société et les associés, que tous les associés
y ont consenti librement lors de la signature des statuts et qu’elle n’est en outre prévue que dans cette seule
hypothèse ; que l’arrêt relève encore, par motifs propres, que si, par application de l’article 1844, alinéa 1 er , du
Code civil, tout associé a le droit de participer aux décisions collectives, ce principe n’est pas absolu et peut
connaître des dérogations législatives expresses ou implicites, que précisément, la société par actions simplifiée
repose sur la dissociation du pouvoir financier et du pouvoir décisionnel, qu’ainsi en dispose l’article L. 227-9 du
code de commerces qui en son premier alinéa fait de la décision collective une valeur supplétive selon une
énumération limitative des cas dans les statuts, qu’il résulte du second alinéa du même texte qu’à l’exception des
modifications du capital, du sort de la société et du contrôle des comptes, toute la vie d’une société de ce type
peut obéir aux décisions d’une minorité en capital et que l’article L. 227-16 du même code, qui évoque
l’exclusion d’un associé, n’en dispose pas autrement ;
Attendu qu’en statuant ainsi, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;
Par ces motifs, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur les autres griefs ;
Mme Favre, prés., MM. Petit, rapp., Jobard, av. gén. ; Me Foussard, Me Bouthors, av.
B) Arrêt n°2
Cass.com., 3 juin 2008, SAS Design Sportswears c/ Société Kesslord Paris
LA COUR –
Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 21 mars 2007), que la société par actions simplifiée Design
Sportswears (la société), représentée par son directeur général, M. X., a été autorisée par ordonnance du président
du tribunal de grande instance à procéder à une saisie-contrefaçon dans les locaux de la société Kesslord Paris ;
que, le 14 novembre 2005, la société, représentée dans les mêmes conditions, et Mme X., en qualité de titulaire du
droit moral sur le modèle d’article, objet de la contrefaçon alléguée, ont assigné la société Kesslord Paris devant
le tribunal de commerce ; que la requête en saisie-contrefaçon et l’assignation ont été annulées au motif que M. X.
n’avait pas le pouvoir d’agir au nom de la société ;
Attendu que la société fait grief à l’arrêt d’avoir confirmé le jugement, alors, selon le moyen :
1°/ que si l’article 13-2 des statuts de la société par actions simplifiée Design Sportswears stipule que «
seul le président représente la société à l’égard des tiers », l’article 14 précise que « sur la proposition du
président, les associés, par décision ordinaire, peuvent nommer un ou plusieurs directeurs généraux, personne
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physique » et que « l’étendue et la durée des pouvoirs délégués au directeur général sont déterminées par les
associés en accord avec le président » ; qu’ainsi, il est loisible aux associés d’attribuer au directeur général les
mêmes pouvoirs que ceux du président, notamment la représentation de la société à l’égard des tiers, ce qu’ils ont
fait en l’espèce en adoptant la huitième résolution de l’assemblée générale du 24 décembre 2001 ; en affirmant
néanmoins le contraire, la cour d’appel a violé l’article 1134 du Code civil ;
2°/ que les statuts d’une société par actions simplifiées peuvent prévoir la possibilité de nommer un
directeur général par décision ordinaire des associés ; qu’une telle nomination, lorsqu’elle intervient, n’a pas à
être inscrite dans les statuts ; qu’il suffit, pour qu’elle soit opposable aux tiers, que la décision de nomination soit
publiée au registre du commerce et des sociétés ; qu’en affirmant cependant que la huitième résolution de
l’assemblée générale de la société par actions simplifiée Design Sportswears du 24 décembre 2001, publiée le 28
juin 2002, nommant M. X. en qualité de directeur général et lui attribuant « les mêmes pouvoirs que le président
tels qu’ils lui sont dévolus et selon les modalités prévues par l’article 13 des statuts » devait être reprise dans la
mise à jour des statuts du 27 septembre 2002, publiée le 9 août 2004, pour être opposable aux tiers, la cour
d’appel a violé les articles L. 227-6, alinéa 3, et L. 227-9 du code de commerce, ainsi que les articles 15-A-10° et
22 du décret numéro 84-406 du 30 mai 1984 ;
Mais attendu qu’après avoir relevé qu’il ressortait respectivement des articles 13-2 et 14 des statuts mis à
jour de la société, adoptés le 27 septembre 2002, et déposés aux greffes du tribunal de commerce le 9 octobre
2004, que seul le président représente la société à l’égard des tiers et que l’étendue et la durée des pouvoirs
délégués au directeur général sont déterminées par les associés en accord avec le président, l’arrêt retient que, si
le procès-verbal de l’assemblée générale extraordinaire de la société, en date du 24 décembre 2001, mentionnait
l’adoption d’une résolution prévoyant d’attribuer à M. X., en qualité de directeur général, les mêmes pouvoirs que
le président tels qu’ils lui sont dévolus et selon les modalités prévues par l’article 13 des statuts, cette disposition
n’était pas reprise dans la mise à jour des statuts du 27 septembre 2002, comme l’exige l’alinéa 3 de l’article L.
227-6 du code de commerce, de sorte que la société ne justifiait pas, à l’égard des tiers, d’une délégation à son
directeur général du pouvoir de la représenter ; que par ses seuls motifs, la cour d’appel a déduit à bon droit que le
défaut de pouvoir de M. X à représenter la société constituait une irrégularité de fond affectant la validité de la
requête en saisie-contrefaçon et de l’assignation ; que le moyen n’est pas fondé ;
Rejette le pourvoi.
Mme Favre, prés. ; SCP Baraduc et Duhamel, SCP Laugier et Caston, av.
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