Craniopharyngiomes, Peogrès en Pathogénie Et Thérapeutique
Craniopharyngiomes, Peogrès en Pathogénie Et Thérapeutique
Résumé
Cette revue fait le point sur un certain nombre de données récentes concernant les craniopharyngiomes et particulièrement leur patho-
génie et les stratégies thérapeutiques présentées lors du dernier congrès de 2014 de l’Endocrine Society. Les craniopharyngiomes sont des
tumeurs épithéliales rares, prenant naissance au niveau de la tige pituitaire ou de l’hypophyse. Deux sous-types histologiques peuvent être
distingués : un type adamantinien, rencontré surtout chez l’enfant, et un second type, papillaire, survenant presque exclusivement chez les
adultes. En plus des différences histologiques, à ces deux sous-types correspondent des anomalies moléculaires spécifiques, récemment
identifiées et pouvant représenter de nouvelles cibles thérapeutiques. Malgré la bénignité de ces lésions, ces tumeurs s’accompagnent
d’une morbidité non négligeable, liée au développement de la tumeur elle-même et/ou à son traitement et d’une mortalité pouvant atteindre
neuf fois celle de la population générale. Parmi les complications, l’obésité hypothalamique en est la plus fréquente et sa physiopathologie
complexe complique sa prise en charge. Une exérèse tumorale extensive doit être tentée en cas de tumeur localisée, mais de plus en plus
d’arguments plaident pour une chirurgie partielle, respectant l’hypothalamus, associée ou non à une radiothérapie, en cas d’envahissement
de l’hypothalamus par le craniopharyngiome. Une prise en charge multidisciplinaire, incluant en particulier un neurochirurgien de référence
dans cette pathologie, adaptée à la présentation du craniopharyngiome doit être initiée dès le diagnostic pour améliorer le pronostic de ces
tumeurs.
© 2014 Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
Summary
This review focuses on new aspects in craniopharyngiomas with emphasis on pathogenic mechanisms and treatment strategies that were
presented at the joined Endocrine Society/International Society of Endocrinology meeting in Chicago in June 2014. Craniopharyngiomas
are benign epithelial tumors arising from the pituitary stalk or gland. Two subtypes could be distinguished: an adamatinomatous form that
is more common in children, and a papillary form that is observed almost exclusively in adults. Besides these histological differences, these
two variants differ in some molecular features that have been recently identified and could have important therapeutic implications. Despite
its histologically benign nature, the morbidities related to the tumor itself or its treatment raise many concerns and excess mortality rates
up to nine times higher than in the general population has been reported. Among the potential sequelae of craniopharyngiomas, obesity
seems the most frequent. The difficulty in the management of this obesity lies in its complex underlying pathophysiological mechanisms.
Complete resection of localized tumors should be attempted while a limited hypothalamus-sparing surgery followed or not by radiotherapy
should be adopted in tumors involving the hypothalamus. A multidisciplinary approach including, in particular, a dedicated neurosurgeon,
and a therapeutic strategy tailored to the individual presentation of the craniopharyngioma in any patient should be initiated at diagnosis for
improving the prognosis of these tumors.
© 2014 Published by Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
* Auteur correspondant.
Adresse e-mail : [Link]@[Link] (P. Chanson).
Tableau 1
Comparaison entre les craniopharyngiomes de type adamantin et de type papillaire.
Table 1
Comparison of adamantinomatous and papillary types of craniopharyngiomas.
Embryogenèse Provient des résidus embryologiques de la poche de Rathke Provient de la transformation métaplasique des cellules
ou du canal craniopharyngé épidermoïdes de l’antéhypophyse
Âge Plus fréquent chez les enfants Presque exclusivement à l’âge adulte
Aspect macroscopique Aspect lobulé, adhérent et invasif Aspect sphérique, peu adhérent
Prédominance kystique Prédominance solide
Mutations génétiques Mutation CTNNB1 dans 52-96 % Mutation BRAF dans 81-95 %
Mutation BRAF dans 12,5 % Mutation CTNNB1 dans 0 %
S48 M. Hage et al. / Annales d’Endocrinologie 75 (2014) S46-S54
Wnt
LRP
Axine
Dsh
APC GSK3-β
β-caténine Indométhacine
β-caténine Sulindac
β-caténine
β -caténine
LEF/
TCF Prolifération cellulaire
Différentiation cellulaire
Fig. 1. Voie de signalisation Wnt impliquée dans la régulation de la prolifération et la différenciation cellulaire et le développement. Une mutation activatrice de
CTNNB1 qui code pour la β-caténine est retrouvée dans la vaste majorité des craniopharyngiomes adamantiniens. Une suppression de la β-caténine par l’indomé-
thacine et le sulindac a été démontrée dans les cellules tumorales de craniopharyngiomes in vitro et in vivo. APC : adenomatous polyposis coli, Dsh : dishevelled,
GSK-3-β : glycogen synthase kinase 3, LEF/TCF : lymphoid enhancer binding factor 1 / T cell factor 1, LRP : lipoprotein receptor-related protein.
Fig. 1. Wnt signaling pathway implicated in the regulation of the proliferation and differentiation of cells and development. An activating mutation of
CTNNB1 that codes for β-catenin is found in the majority of adamantinomatous craniopharyngiomas. A suppression of β-catenin is observed in vitro in cells
treated with indomethacin or sulindac and in vivo.
La plupart des craniopharyngiomes sont localisés dans la 4. Prise en charge des craniopharyngiomes
région suprasellaire et ont une portion intrasellaire. La locali-
sation est exclusivement suprasellaire dans 20 % des cranio- La prise en charge initiale des craniopharyngiomes dépend
pharyngiomes et infrasellaire dans moins de 5 % des cas [17]. de la présentation clinique. Des signes d’hypertension intra-
Les craniopharyngiomes présentent une composante kystique crânienne ainsi qu’une atteinte visuelle progressive nécessitent
dans 46 à 64 % des cas, solide dans 18 à 39 % et mixte dans un traitement neurochirurgical urgent de l’hydrocéphalie et/
8 à 36 %. Des calcifications sont mises en évidence sur le ou une décompression de la portion kystique ou de la tumeur.
scanner de la région sellaire dans 45 à 57 % des cas et cela La résolution de l’hypertension intracrânienne entraîne une
plus fréquemment chez les enfants [18]. La densité du signal stabilisation, voire une amélioration des troubles visuels chez
à l’IRM est variable et dépend du contenu en protéines et en 2/3 des patients [19].
cholestérol des kystes. Deux voies d’abord sont possibles pour opérer les cranio-
pharyngiomes : une voie haute, transcrânienne, et une voie
basse, transphénoïdale. Le choix de la voie, d’abord, dépend
de la localisation, de l’aspect et de la taille de la tumeur ainsi
que de l’expérience et des préférences du neurochirurgien.
Fig. 3. Classification neuroradiologique préopératoire des craniopharyngiomes. Grade 0 : la lésion n’atteint pas l’hypothalamus qui est intact, grade 1 : la
tumeur est au contact de l’hypothalamus mais l’hypothalamus reste bien visible, grade 2 : destruction/envahissement de l’hypothalamus par la tumeur : l’hy-
pothalamus n’est plus distinguable. (Images gracieusement fournies par le Pr S. Puget)
Fig. 3. Preoperative neuroradiologic classification of craniopharyngiomas. Grade 0: No hypothalamic involvement, grade 1, contact between the tumor
and the hypothalamus but the hypothalamus remains visible, grade 2: destruction and/or invasion of the hypothalamus, the hypothalamus is no more distin-
guishable on MRI. (Courtesy of Pr. S. Puget)
S50 M. Hage et al. / Annales d’Endocrinologie 75 (2014) S46-S54
de 7,4 ans, durée de suivi moyen de 7 ans) traités chirurgica- d’effets secondaires neurocognitifs [29,30]. Une survie glo-
lement entre 1984 et 2001 pour un craniopharyngiome. Ils bale de 91 % et un taux de survie sans progression à 10 ans
montrent que le grade sur l’IRM hypophysaire en préopéra- de 53,8 % ont été démontrés dans une série de 107 patients
toire, l’atteinte clinique hypothalamique et l’expérience du atteints de craniopharyngiome et traités pour une tumeur rési-
chirurgien constituent des facteurs pronostiques significatifs duelle ou récidivante [31].
de morbidité ultérieure. La conclusion de cette analyse rétros- En ce qui concerne la protonthérapie, Bishop et al. ont
pective initiale est qu’une exérèse extensive doit certainement récemment démontré un effet comparable à celui de la radio-
être tentée dans les grades 0 et 1 mais qu’une chirurgie par- thérapie conformationnelle en termes de survie globale et
tielle respectant l’hypothalamus, associée on non à une radio- de contrôle local [32] tout en réduisant la dose d’irradiation
thérapie, semble plutôt indiquée dans le grade 2. La même délivrée aux tissus sains et le risque de toxicité [33,34]. Des
équipe a ensuite entamé une étude prospective et a comparé combinaisons de différentes techniques sont parfois néces-
cette cohorte prospective de 65 enfants traités par une chirur- saires : ainsi, un contrôle tumoral de 93 % à 5 ans et de 85 %
gie d’épargne de l’hypothalamus entre 2002 et 2010 à leur à 10 ans a été obtenu chez 15 patients traités par une asso-
cohorte historique (1985-2000) de 60 enfants atteints de cra- ciation de photons et une protonthérapie pour craniopharyn-
niopharyngiomes et traités par une chirurgie extensive, dont giome récidivant ou tumeur résiduelle [35].
les résultats, publiés en 2013, ont été présentés par S. Puget La question du bénéfice de l’irradiation précoce, en pos-
lors du congrès. Si le Z-score de l’indice de masse corporelle topératoire immédiat, plutôt que différée, au moment de
(IMC) et le degré d’atteinte hypothalamique avant l’opéra- la rechute, reste controversée. Lin et al. ont démontré un
tion étaient comparables dans les deux cohortes (prospective meilleur contrôle tumoral pour les craniopharyngiomes trai-
et historique) [21], en postopératoire, les choses apparais- tés par une radiothérapie précoce (100 % à 10 ans) en com-
sent bien différentes : le Z-score moyen de l’IMC dans la paraison au traitement par une radiothérapie réalisée après
cohorte prospective est significativement inférieur à celui de une récidive [36]. D’autres équipes n’ont pas mis en évidence
la cohorte historique, après chirurgie extensive tout au long de supériorité de la radiothérapie précoce en termes de sur-
du suivi. L’apparition d’une insuffisance somatotrope et thy- vie sans progression et de survie globale [37,38].
réotrope était comparable dans les deux cohortes. Néanmoins,
l’incidence des insuffisances corticotrope et gonadotrope et 4.3. Chimiothérapie et radiothérapie intrakystique
du diabète insipide était moindre dans la cohorte prospective
(p < 0,01). Une chirurgie épargnant l’hypothalamus dimi- L’instillation intrakystique de substances cytotoxiques
nue donc bien la survenue d’une obésité, d’une hyperpha- comme la bléomycine, l’interféron ou les produits radioac-
gie ainsi que certains déficits hormonaux sans augmenter le tifs, surtout dans les craniopharyngiomes kystiques récidi-
risque de récidive locale. vants est discutée. Ce type de traitement est limité par le
Van Gompel et al. avaient trouvé des résultats similaires risque de neurotoxicité en cas de fuite dans le parenchyme
en mettant en évidence une corrélation significative entre cérébral adjacent, particulièrement avec le bléomycine [39].
l’atteinte hypothalamique et le gain pondéral en postopéra- En revanche, le traitement par interféron α semble pré-
toire dans une cohorte de 296 adultes (p = 0,022) [22]. Ceci senter un meilleur rapport bénéfice/risque selon une revue
a été également démontré dans l’étude d’une cohorte mise systématique récente de Bartels et al. [40]. Compte tenu
en place par le Dr Muller (étude Kraniopharyngeom 2000), de l’absence d’argument formel quant à l’efficacité sur le
intéressant 120 enfants allemands avec craniopharyngiome contrôle tumoral et l’amélioration de la qualité de vie, cette
suivis entre 2001 et 2007 : il y a bien, là encore, une asso- thérapeutique reste secondaire dans le traitement du cra-
ciation entre la lésion de l’hypothalamus – particulièrement niopharyngiome.
l’hypothalamus postérieur – au cours de la chirurgie et l’aug-
mentation de l’IMC et l’altération de la qualité de vie obser-
vées en postopératoire [23]. 5. Mortalité et morbidité
confondues), exprimée en rapport de mortalité standardisée trope, le degré d’atteinte hypothalamique visible sur l’IRM
(RMS) (c’est-à-dire la mortalité observée rapportée à la mor- hypophysaire, l’extension de la chirurgie, la prise en charge
talité attendue dans la population générale appariée), est de chirurgicale dans des centres non experts et une dose d’irra-
3,8 (IC 95 % : 2,9-5) (elle est de 17 [IC 95 % : 6,3-37] chez diation dépassant les 51 grays [21,23].
l’enfant, et de 3,5 [IC 95 % : 2,6-4,6] chez adulte). Un cra- Des lésions des noyaux hypothalamiques intervenant dans la
niopharyngiome compliqué d’hypopituitarisme ou de dia- régulation de la prise alimentaire et un dérèglement de divers
bète insipide présente un risque accru de mortalité puisque signaux hormonaux sont impliqués dans le développement
le RMS est respectivement de 4,3 (IC 95 % : 3,1-5,8) et 6,1 de cette obésité. Les concentrations plasmatiques de leptine
(IC 95 % : 3,5-9,7) contre 2,7 (IC 95 % : 1,4-4,6) en l’ab- sont plus élevées chez les sujets ayant des craniopharyn-
sence d’hypopituitarisme et de diabète insipide [44]. giomes opérés en comparaison de témoins obèses impliquant
Un excès d’incidence (multipliée par 6 à 7), de diabète de donc peut-être un défaut du rétrocontrôle de la sécrétion de
type 2, d’accidents vasculaires cérébraux ainsi que d’infarc- leptine [50], qui pourrait être lié à une insensibilité « lésion-
tus du myocarde a été également observé en comparaison à la nelle » à la leptine. Par ailleurs, une diminution de la sécré-
population générale [45]. Une revue récente sur la mortalité tion de ghréline basale et postprandiale a été rapportée dans
et la morbidité dans les craniopharyngiomes confirme la sur- l’obésité hypothalamique, aboutissant ainsi à un dérèglement
mortalité globale, variant de 2,88 à 9,28 suivant les cohortes de l’appétit [51]. Les troubles du comportement alimentaire
étudiées, et la surmortalité cardiovasculaire, de 3 à 19 fois sont quasi constants. Il s’agit le plus souvent d’une hyperpha-
plus élevée que dans la population générale, le risque étant gie, d’une perte de la satiété et d’une sensibilité accrue aux
plus important chez les femmes [43]. stimuli externes tels que la vue et l’odorat [52].
Une atteinte du système nerveux autonome peut égale-
ment contribuer à la constitution de cette obésité hypothala-
6. Obésité et craniopharyngiome mique, par une diminution de la dépense énergétique et une
augmentation de l’insulinémie [53-55].
L’obésité hypothalamique est une complication fréquente
et grave du craniopharyngiome et de son traitement. La prise 6.1. Traitement pharmacologique
de poids est fréquente, surtout en postopératoire, et survient
chez 26 à 61 % des patients traités pour un craniopharyn- Étant donné la complexité de la physiopathologie de
giome [26,41,46]. La physiopathologie est complexe et la l’obésité dans le craniopharyngiome, l’impact des mesures
prise en charge reste difficile. Les mécanismes en cause et hygiéno-diététiques reste très médiocre. Il en est de même
les facteurs prédisposant à la prise pondérale sont résumés pour plusieurs traitements pharmacologiques tels que la dex-
dans le tableau 2. Parmi les facteurs de risque, un jeune âge tramphétamine, la sibutramine et l’octréotide. En revanche,
au diagnostic, un faible poids à la naissance et un IMC mater- les traitements par analogues de l’hormone incrétine gluca-
nel supérieur à 25 kg/m2 semblent jouer un rôle [47-49]. Les gon-like peptide-1 (GLP-1) semblent offrir des perspectives
autres facteurs de risque identifiés sont la présence d’un défi- thérapeutiques intéressantes.
cit antéhypophysaire, en particulier somatotrope et gonado- Thondam et al. ont été les premiers à mettre en évidence le
bénéfice pondéral et métabolique d’un traitement par analo-
gues du GLP-1 chez une patiente atteinte d’une obésité sévère
Tableau 2
Mécanismes et facteurs prédisposant à la prise de poids dans les liée à une tumeur hypothalamique. Ce traitement a permis une
craniopharyngiomes. réduction pondérale de 10 kg (6,7 %) sur 4 mois, maintenue à
Table 2 4 ans, une amélioration de son équilibre glycémique ainsi qu’une
Mechanisms and predisposing factors to weight gain in diminution de la faim et une augmentation de la satiété [56].
craniopharyngiomas.
Les bénéfices des analogues de la GLP-1 ont par la suite
Mécanismes Déficits antéhypophysaires été rapportés chez 9 sujets adultes atteints d’obésité hypotha-
Atteinte du système nerveux autonome lamique et suivis pendant 24,3 ± 19 mois en moyenne [57].
Diminution de la dépense énergétique
Hyperinsulinisme Une réduction pondérale de -13,1 ± 5,1 kg a été mise en évi-
Atteinte hypothalamique dence chez 8 des 9 patients traités par analogues de GLP-
Défauts de transduction des signaux hormonaux 1. Une augmentation de la satiété et une diminution de la
Troubles de comportement alimentaire (hyperphagie) résistance à l’insuline ont aussi été démontrées. Des effets
Hypersensibilité aux stimuli
indésirables de type gastro-intestinal ont motivé un arrêt du
Facteurs Jeune âge au diagnostic traitement chez 2 des patients.
de risque Faible poids à la naissance
IMC maternel supérieur à 25 kg/m2
Dose d’irradiation (> 51 grays) 6.2. Chirurgie bariatrique
Prise en charge dans des centres non experts
Degré d’atteinte hypothalamique visible sur IRM La chirurgie bariatrique, pour laquelle on émettait quelques
hypophysaire réserves initialement, du fait des troubles du comportement
Chirurgie extensive
alimentaire que peuvent présenter ces patients, est envisagée
S52 M. Hage et al. / Annales d’Endocrinologie 75 (2014) S46-S54
maintenant dans le cadre d’indications bien pesées et semble Le tamoxifène a également démontré des effets inhibiteurs
donner des résultats intéressants dans le traitement de l’obé- sur la prolifération tumorale des cellules de craniopharyn-
sité hypothalamique secondaire à un craniopharyngiome. giomes en réduisant l’expression de l’ADAMDEC1 (ADAM-
L’effet à 1 an de la chirurgie bariatrique sur l’obésité hypo- likedecysin 1) appartenant aux métalloprotéases de la famille
thalamique secondaire au traitement du craniopharyngiome ADAM. Celle-ci est exprimée dans les cellules de cultures
a été étudié par l’équipe de Sébastien Czernichow dans une de craniopharyngiomes mais pas dans le tissu cérébral nor-
revue systématique de la littérature et une méta-analyse mal [61].
récente, publiée en 2013 et dont les résultats ont été présen- L’expression faible ou nulle de MGMT (O6-Methyl-
tés au congrès [58]. Pour les 21 patients (6 avaient bénéfi- guanine-DNA methyltransferase) démontrée dans les cra-
cié d’un anneau gastrique, 8 d’une sleeve gastrectomie, 6 niopharyngiomes adamantiniens par Zuhur et al. suggère
d’un by-pass gastrique et 1 d’une dérivation bilio-pancréa- aussi l’intérêt potentiel d’un traitement par le témozolo-
tique), la perte de poids moyenne à 6 mois a atteint 20,9 kg mide [62].
(IC 95 % : -35,4 à -6,3) et 15,1 kg (IC 95 % : -31,7 à + 1,4)
à 12 mois ; la perte de poids la plus importante est observée
dans le groupe traité par by-pass avec une perte moyenne 8. Conclusion
de 31,0 kg (18,6 %) (IC 95 % : -77,5 à +15,5) à 6 mois et
de 33,7 kg (20,2 %) (IC 95 % : -80,7 à +13,3) à 12 mois. À Les données récentes publiées et rapportées lors du congrès
titre de comparaison, dans l’étude suédoise SOS, à 1 an de la conjoint de l’Endocrine Society et de l’ISE à Chicago, en
chirurgie, les patients souffrant d’obésité « commune » opé- 2014, ouvrent des perspectives de compréhension physio-
rés d’un by-pass ont perdu 37 % de leur poids et ceux opé- pathologique qui pourraient avoir une incidence thérapeu-
rés d’un anneau en ont perdu 20 % [59]. tique sur le craniopharyngiome. Les arguments s’accumulent
La chirurgie bariatrique représente donc une perspective thé- maintenant pour promouvoir des stratégies thérapeutiques
rapeutique intéressante dans l’obésité hypothalamique même adaptées à la présentation clinique et radiologique du cranio-
si la perte pondérale reste moins importante que celle obser- pharyngiome afin de minimiser les séquelles et d’améliorer
vée dans l’obésité commune. Néanmoins il s’agit de séries la qualité de vie. L’intervention chirurgicale doit tenter une
très courtes portant sur peu de patients et d’autres études sont réduction tumorale optimale tout en respectant l’intégrité
nécessaires pour définir avec précision le type de patients qui des structures optiques et hypothalamiques. Reste mainte-
pourront vraiment bénéficier de cette chirurgie. nant à en convaincre l’ensemble des neurochirurgiens et
des médecins (endocrinologues, pédiatres…) et à œuvrer
pour que cette chirurgie, difficile, soit concentrée entre les
7. Nouvelles perspectives mains de chirurgiens experts plutôt qu’éparpillée comme
c’est le cas actuellement. Grâce à l’identification de nou-
Malgré une survie globale élevée, les craniopharyngiomes veaux mécanismes impliqués dans la pathogénie des cranio-
sont caractérisés par un taux de récidive et de morbidité encore pharyngiomes, de nouvelles cibles thérapeutiques semblent
important. Grâce à une meilleure compréhension des méca- apparaître. Enfin la prise en charge de la morbidité liée au
nismes pathogéniques impliqués, de nouvelles cibles théra- craniopharyngiome ou à son traitement doit aussi s’amélio-
peutiques sont envisagées. rer. L’obésité est une complication grave et sérieuse dont la
L’inhibition de la voie de signalisation de la β-caténine pathophysiologie est complexe et la prise en charge diffi-
impliquée dans la pathogenèse des craniopharyngiomes est cile. Le traitement par les analogues de GLP-1 et la chirur-
une première approche thérapeutique intéressante. Dans un gie bariatrique représentent des options thérapeutiques
modèle de souris surexprimant la β-caténine au niveau hypo- intéressantes. Mais des études randomisées portant sur de
physaire mis au point par l’équipe de Martinez-Barbera, à plus grands effectifs sont nécessaires pour confirmer l’effi-
Londres, des tumeurs semblables aux craniopharyngiomes cacité de ces traitements.
ont été générées. Une surexpression de la cyclooxygénase de
type 2 (Cox 2) et une augmentation de la production des pros- Liens d’intérêts
taglandines ont été observées, tant dans les tumeurs humaines
que dans ce modèle murin. In vitro, sur les cellules issues du M. Hage, M. Lombès, P. Chanson : aucun.
modèle murin de craniopharyngiome, l’inhibition de la voie
Wnt/β-caténine par des composés comme l’indométacine et
le sulindac sulfone diminue la prolifération cellulaire. Lors Références
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