1 - Généralités
1 - Généralités
GÉNÉRALITÉS
TABLE DES MATIÈRES
1.3 RÉFÉRENCES
Les organismes d'élaboration des normes (OEN) accrédités par le Conseil canadien des
normes (CCN) sont : l'Office des normes générales du Canada (ONGC), l'Association
canadienne de normalisation (ACNOR), les laboratoires des assureurs du Canada (ULC)
et le Bureau de normalisation du Québec (BNQ).
Le code d'identification des normes nationales du Canada est basé sur un code
alphanumérique divisé en 4 zones de codage, dont voici un exemple :
CAN/
(1) (2) (3) (4)
1-1
(4) Code numérique indiquant l'année d'approbation de la norme en tant que norme
nationale du Canada. La lettre M précédant l'année indique que la norme est
rédigée en utilisant le système international de normes.
De façon générale, la conception d'un ouvrage d'art doit tenir compte des exigences des
normes du MTQ du Tome III - Ouvrages d'art, de la norme CAN/CSA-S6-00 « Code
canadien sur le calcul des ponts routiers » et des instructions contenues dans le présent
manuel.
Voici la liste des principales normes CSA utilisées dans la conception des ouvrages d'art :
1-2
CAN/CSA-S6 : Code canadien sur le calcul des ponts routiers.
CAN/CSA-S16.1 : Règles de calcul aux états limites des charpentes en acier.
W47.1 : Certification des compagnies de soudage par fusion des
structures en acier.
W59-M : Construction soudée en acier (soudage à l'arc).
1.4 DESSIN
Normes CSA
Les articles suivants résument les principales règles de dessin en usage à la Direction
des structures.
Les règles qui suivent sont des règles générales de dessin technique. Elles reprennent
le texte de la norme CAN3-B78.1-M; les remarques ne faisant pas partie de la norme
sont identifiées par un astérisque.
1-3
c) Les plans doivent être dessinés suivant la même orientation si possible. Les plans
de localisation sont tracés avec le nord pointant vers le haut de la feuille de
préférence : l'indication du nord doit être claire.
d) Si une feuille comporte des dessins à différentes échelles, elles sont indiquées sous
chaque titre.
f)* Le codage des axes de référence des culées et piles d'un pont s'effectue au moyen
d'un cercle placé au bout de l'axe; on y inscrit le numéro de l'axe en commençant
par la gauche. Le codage d'axes longitudinaux s'effectue de la même façon et de
bas en haut au moyen de lettres.
g)* L'axe d'une culée ou d'un portique passe par la face avant du garde-grève de la
culée ou de la face avant de la béquille. Les dimensions principales du pont sont
cotées suivant ces axes, sans égard aux épaisseurs des joints, sur la ligne de
centre du pont.
j) Les lignes de cote servent de support à la dimension écrite entre deux lignes de
rappel.
k) Les lignes de rappel doivent être tracées perpendiculairement aux lignes de cote.
l)* On accepte parfois que les lignes de rappel soient de biais avec la distance à
mesurer, les lignes de cote demeurent cependant parallèles à cette distance.
m) Les points terminaux sont constitués d'une flèche, d'un trait oblique ou d'un point.
n) Les nombres indiquant les cotes sont inscrits au-dessus de la ligne de cote,
parallèlement à cette dernière.
o) On doit écrire les nombres de telle sorte que les dimensions horizontales soient
lisibles du bas de la feuille et que les dimensions verticales soient lisibles de la
marge de droite de la feuille.
1-4
q) Les dimensions s'écrivent sans symbole, à moins qu'une valeur ne risque de prêter
à confusion; les autres mesures sont suivies du symbole de leur unité.
s) Le chaînage et l'élévation sont exprimés en mètres sans symbole suivant une forme
standard :
CH. 123+456.789
ÉL. 765.432
t) On indique une élévation sur une ligne de rappel en faisant précéder le nombre de
l'abréviation ÉL.
Exemple :
pente douce d'un talus = 1:3 ou 1V:3H
pente d'une coupe de roc = 8:1 ou 8V:1H
angle d'une béquille en V = 60o
pente longitudinale = 3.50 %
pente transversale = 2%
En ce qui a trait au dessin assisté par ordinateur, les dessins d'ouvrages d'art doivent
être conformes aux exigences de la norme CSA B78.5 et aux procédures de dessin
assisté par ordinateur qui sont fournies en annexe au présent manuel.
Ces procédures ont pour buts d'uniformiser et de faciliter la production des plans sur
papier et sur fichier informatique.
Des dessins types complètent ces procédures de dessin; bien que la plupart de ces
dessins soient utilisables tels quels, certains doivent être adaptés pour les rendre
spécifiques à un projet donné.
1-5
1.4.2 Confection des plans
1.4.2.1 Généralités
c) Les trois vues les plus courantes d'une projection orthogonale sont l'élévation, le
plan et le profil (de droite). Quant au profil de droite, il est horizontalement en ligne
avec l'élévation, à droite. On omet généralement les lignes de rappel entre ces
vues.
d) Les répétitions montrant les détails de l'armature doivent être évitées, à moins
qu'elles ne soient nécessaires à la clarté du plan. Par exemple, l'armature de la
dalle de transition montrée en coupe est suffisante si cette dalle est rectangulaire;
on ne spécifie l'espacement des barres transversales en plan que sur une dalle en
biais.
e) La ligne de centre de la route projetée doit être clairement indiquée sur le plan
topographique.
f) Le plan de localisation figurant sur la page frontispice doit être lisible; la localisation
du projet doit y être indiquée d'une façon claire.
g) À moins qu'il soit assez éloigné pour ne pas être touché par les travaux de
construction, le pont existant devrait généralement être dessiné sur la vue en plan
montrant l'ouvrage projeté. Il peut aussi être montré en élévation et en section
transversale. Il est possible qu'une feuille de plan supplémentaire soit nécessaire.
i) Sur les assises des culées et des piles, on doit généralement donner l'élévation des
surépaisseurs situées sous les appareils d'appui. Pour que l'eau s'écoule, les
espaces entre ces surépaisseurs doivent avoir une pente de 5 % environ.
1-6
j) Sur le plan de la dalle, il faut ajouter une section de tablier montrant les goussets au-
dessus des poutres, sans toutefois en donner la hauteur, et un tableau des flèches
prévues des poutres au dixième de travée sous le poids du béton de la dalle et sous
le poids des chasse-roues, trottoirs ou glissières et de l'enrobé à chaud après l'effet
mixte. Il faut aussi indiquer les élévations au dixième de travée du dessus du béton
de la dalle sur la ligne de centre et, pour une structure ayant une courbe horizontale
ou un tablier de largeur variable, les élévations au dixième de travée sur les bords
extérieurs de la dalle ou partie de dalle pour le cas de travaux réalisés par phases.
k) Pour le dessin du profil schématique montré sur le plan d'ensemble du pont, il faut
indiquer le chaînage et l'élévation du début et de la fin de la courbe parabolique
verticale et, si possible, du point d'intersection des tangentes. Il faut également
donner la pente du début et de la fin de la courbe ainsi que l'équation de la
parabole sous la forme x2/8000 ou 125x2/106, puis indiquer que la courbe
représente le dessus de l'enrobé bitumineux sans mention d'épaisseur.
Tout projet de réfection d’un pont ou d’une partie de pont devrait normalement être
introduit par un plan d’ensemble qui, en plus de présenter le site en général, fournit aux
intervenants intéressés les informations de base concernant la nature et l’ampleur des
ouvrages à réaliser.
1-7
1.5 TOPOMÉTRIE ET TOPOGRAPHIE
1.5.1 Généralités
1.5.2 Procédure
Pour des ouvrages d’art d’envergure restreinte, particulièrement pour certains ponts
d’étagement et murs, un relevé topographique n’est pas toujours nécessaire. Un plan
topographique peut alors être établi à partir des lignes de contour fournies par certaines
cartes ou à partir de la géométrie, des sections et des profils fournis par l’unité
administrative responsable des projets. En terrain plat, la géométrie et les profils sont
quelquefois suffisants pour concevoir le plan d’ensemble de la structure. Dans ce cas, il
n’y a pas de plan topographique dans les documents d’appel d’offres.
Lorsqu’il n’y a pas de relevé topographique, une visite des lieux doit être effectuée afin
de vérifier si le plan topographique préparé à partir d’autres documents (ou le plan
d’ensemble selon le cas) correspond au relief du terrain.
Pour des arpentages particuliers, par exemple pour des expertises hydrauliques ou
pour la préparation de plans et devis d’un ouvrage de plus grande envergure, un devis
qui tient compte des besoins spécifiques du projet doit être rédigé. Ce devis est par la
suite transmis à l’unité administrative responsable de l’arpentage foncier accompagné
de la demande de levé.
1-8
1.7 GÉOMÉTRIE ET GABARIT
1.7.1 Généralités
La géométrie et le gabarit d'espace libre doit tenir compte des critères de conception
établis aux sections 2.4.1 et 2.4.2 du Tome III des normes du MTQ.
1.7.2.1 Dégagement
1.7.2.2 Approbation
L’Office des transports du Canada (OTC) peut agir comme médiateur entre le Ministère et
les compagnies ferroviaires pour établir un partage des coûts. À cette fin, cet organisme
élabore des lignes directrices au-delà desquelles les compagnies ferroviaires doivent
assumer une partie des frais. L’OTC n’a toutefois aucun pouvoir sur les chemins de fer
d’intérêt local. Le concepteur doit s’enquérir auprès de cet organisme des lignes directrices
en vigueur au moment où il prépare le projet.
1-9
CL
7010 (23')
dessus
du rail
CL
6401 (21')
Fondations 1
600
Roc 1
2591 2591
4 (8'-6'') (8'-6'')
dessus du rail
Bas de
l'excavation
Notes:
- les cotes sont en millimètres;
- les cotes entre parenthèses présentent l'équivalence en unités impériales.
Figure 1.7-1
Gabarit d'une voie ferrée
1-10
1.8 CHOIX D'UN TYPE DE PONT
1.8.1 Généralités
Afin de faire le choix du type de pont le plus approprié, il faut connaître l'ensemble des
contraintes à respecter et des types de ponts à envisager.
La solution retenue résulte de l'étude de ces deux ensembles. C'est une opération de
synthèse dans laquelle interviennent de nombreux paramètres et qui fait appel au
jugement et à l'expérience.
La page suivante énumère les différentes contraintes à respecter lors du choix d'un type
d'ouvrage. Le tableau 1.8-1 présente le domaine d'emploi des principaux types de
ponts suivant la portée principale. Le tableau 1.8-2 reprend certaines des contraintes
en fonction des types de ponts; cette grille de décision permet de cerner avec plus de
précision le type de pont à choisir face aux possibilités déjà connues.
Les indications fournies dans ces tableaux constituent des limites habituelles pour des
ouvrages courants, elles sont tirées de l'expérience et peuvent être modifiées dans
certains cas.
Ces tableaux ne couvrent pas le choix d'ouvrages d'art non courants ou de ponts de
grande envergure; ces cas nécessitent une étude comparative approfondie de quelques
types d'ouvrages en fonction de contraintes dont l'importance diffère également.
Le chapitre 4 - Ponceaux, du Tome III - Ouvrages d'art ainsi que le « Manuel des
ponceaux » publié par la Direction des structures, permettent de préciser le type de
ponceau satisfaisant à des contraintes particulières.
1.8.2.1 Hydraulique
− Ouverture
− Dégagement vertical
− Affouillement
− Érosion, glaces
1-11
1.8.2.2 Géotechnique
1.8.2.3 Géométrie
− Portée
− Largeur de la route
− Hauteur libre
− Épaisseur du tablier
− Biais
− Possibilité de remblai
− Surface de roulement
1.8.2.4 Construction
− Batardeaux
− Étaiement
− Disponibilité des matériaux
− Préfabrication
− Transport et montage des poutres
− Période et durée de construction
− Maintien de la circulation
− Coût
1.8.2.5 Entretien
1.8.2.6 Environnement
− Aire de travail
− Impact sur le cours d'eau
− Période de construction
1-12
Tableau 1.8-1
Types de pont selon la portée
1-13
Tableau 1.8-2
Types de pont en fonction des contraintes
CONTRAINTES
Type de ponts Portée Épaisseur du Biais Sol * Remblai Étaiement Préfabrication Délai de Entretien
L (m) tablier (kPa) construction
o
Ponceau 1à8 selon le type < 30 > 75 oui oui possible moyen à court faible
Ponceau en arc en béton 3 à 20 L/30 non > 150 oui oui possible moyen à court faible
o
Portique en béton 5 à 20 L/30 à L/15 < 20 > 150 possible oui non moyen faible
o
Dalle pleine en béton 6 à 15 L/30 à L/20 < 30 > 150 non oui non moyen faible
o
Pont acier-bois 6 à 25 L/25 < 20 > 75 non non oui court moyen
o
Poutre en béton 10 à 25 L/20 < 30 > 150 non oui possible long à moyen moyen
o
Poutre en acier, dalle en béton 15 à 45 L/25 < 20 > 150 non non oui moyen moyen
o
Poutre préfabriquée en béton 20 à 45 L/16 à L/22 < 30 > 300 non non oui moyen moyen
précontraint
o
Poutre en béton précontraint par 30 à 45 L/28 < 30 > 300 non oui non long moyen
post-tension
* L'utilisation de pieux rend possible la construction sur un sol de capacité inférieure à 150 kPa.
1-14
1.9 CARACTÉRISTIQUES DE CONCEPTION
Un diaphragme d'extrémité doit être calculé comme une poutre de rive et comme une
poutre de levage selon l'article 1.9.3.3 de la norme CAN/CSA-S6-00.
Pour le levage du tablier d'un pont, des vérins placés à environ 300 mm des faces des
poutres principales supportant la charge permanente doivent être prévus.
Les diaphragmes en acier doivent comporter des raidisseurs d'appuis aux endroits où
les vérins seront placés, soit à environ 300 mm des semelles des poutres principales.
Lorsqu'un tablier est construit par phase, une largeur de bande minimale de dalle de
béton doit être prévue entre chaque phase, de façon à ce que la phase en construction
soit désolidarisée structuralement de la phase déjà construite. Les contreventements ou
diaphragmes vis-à-vis cette bande doivent être installés après la réalisation de chacune
des phases adjacentes.
Pour procéder à l'inspection et aux travaux d'entretien courants d'un ouvrage d'art, les
inspecteurs et les ouvriers doivent pouvoir accéder facilement aux différentes parties de
cet ouvrage. À cette fin, l'ouvrage doit être muni d'échelles permanentes ou
temporaires, de passerelles fixes ou mobiles, de trappes d'accès, d'un éclairage
approprié et des autres accessoires de sécurité nécessaires aux personnes qui y ont
accès.
Voici quelques indications visant à aider le concepteur dans l'élaboration des facilités
d'accès aux différentes parties d'un ouvrage d'art.
− Prévoir des passerelles d'accès permanentes sous le tablier d'un pont de grande
envergure.
1-15
− Prévoir des ouvertures permettant d'accéder à l'intérieur des caissons : poutres,
piles, culées. Ces accès sont contrôlés par une porte, une trappe ou un grillage
fermé à clef et à l'épreuve du vandalisme. À l'intérieur des caissons, d'autres
ouvertures doivent permettre de traverser les diaphragmes et de passer d'un
caisson à l'autre. Les ouvertures doivent être assez grandes pour permettre un
accès facile aux personnes et à l'équipement nécessaire à l'entretien. L'accès aux
ouvertures est facilité par la pose de rampes ou d'échelles.
1.10.1 Généralités
C'est pourquoi le débat entre l'esthétique « objective », qui suppose l'existence de lois
immuables, et l'esthétique « subjective », qui dépendrait seulement de la sensibilité de
chacun, ne peut pas être tranché.
Il est donc difficile d'établir des règles permanentes et universelles d'esthétique, car
celles-ci sont fonction de la mode, de l'évolution de la technique et des impératifs
économiques, et ces règles ne sont pas toujours suffisantes pour créer un beau pont.
Mais le fait qu'il n'y ait pas de règles précises ni de recettes faciles pour obtenir
l'assentiment ou pour éviter les critiques touchant l'aspect des ponts, ne doit pas être un
prétexte pour s'en désintéresser.
Les critères de l'esthétique (proportion, ordre, unité, simplicité, équilibre, stabilité, etc.)
sont classifiés de différentes façons selon les auteurs; la méthode adoptée ici résume
ces sujets en s'inspirant de l'auteur Fritz Leonhardt.
1-16
1.10.2.1 Exigences fonctionnelles
Le pont doit d'abord être conçu de façon à atteindre son but, sa fonction, qui est de
supporter des charges au-dessus d'un obstacle. La fonction inclut la limitation des
déformations et des oscillations, et la durabilité. Il faut unifier la beauté et la qualité tout
en accordant la priorité à la qualité.
L'ouvrage doit présenter une forme pure et donner une apparence de stabilité
structurale. Cette forme correspondra au matériau utilisé.
1.10.2.2 Proportion
C'est dans les proportions harmonieuses entre les divers éléments qu'il faut rechercher
l'équilibre de l'ensemble d'un édifice. Pour un pont, cette recherche se traduit par l'étude
des rapports entre :
1.10.2.3 Ordre
Les composantes d'un pont doivent montrer de l'unité et de l'ordre, en même temps
qu'une certaine variation ou un contraste afin d'empêcher la monotonie. Les moyens
techniques pour obtenir cette expression visuelle artistique sont l'agencement et les
dimensions appropriées des membrures de la structure dans le but de procurer une
forme, une ligne, un espace, de l'ombre et de la lumière, ainsi qu'une texture et une
couleur.
1-17
Les lignes et les arêtes d'un ouvrage doivent être ordonnées, c'est-à-dire qu'il faut
limiter le nombre de directions de ces lignes et de ces arêtes.
Les lignes verticales donnent une structure à l'apparence statique, tandis que quelques
lignes inclinées ajoutent de l'intérêt, de la variété et du mouvement, surtout à un pont
d'étagement.
La symétrie est un élément d'ordre qu'il faut respecter par la répétition d'éléments
identiques, sans exagérer leur nombre. La proportion des éléments sera constante.
1.10.2.4 Complexité
La beauté peut être mise en valeur par l'opposition entre la variété et la similarité, entre
la complexité et l'ordre. Ce jeu de tensions peut être utilisé lors de la conception d'un
long pont à plusieurs travées en modifiant, par exemple, la forme de la travée
principale.
Il faut vérifier l'apparence d'un pont selon les différents points de vue qu'un observateur
pourrait avoir, donc l'étudier non seulement de profil mais aussi en le regardant de biais.
La structure doit être adaptée à son environnement rural, urbain et humain par ses
relations de dimensions et son échelle. Il faut retrouver une harmonie entre le pont, le
paysage et parfois d'autres ouvrages.
Il est important que le concepteur donne une forme et des proportions correctes à un
pont afin qu'il s'harmonise au site et constitue une entité agréable par elle-même.
Le caractère d'une structure a un effet sur les gens selon son but, sa situation, sa
localisation, le type de société, etc.
1-18
1.10.2.7 Finition des surfaces
1.10.2.8 Construction
Le concepteur doit considérer l'économie comme l'un des premiers buts à atteindre
avec les matériaux : une forme coûteuse ne conduira pas nécessairement à un ouvrage
d'une valeur durable ou d'apparence classique.
Les facteurs qui influencent le plus la conception sont la créativité et l'intuition; ils nous
permettent de trouver et de développer de nouvelles formes mieux adaptées aux
besoins et d'améliorer la fabrication et la construction.
L'esthétique consiste à regrouper ces facteurs d'une manière créatrice dans une
structure. Un beau pont ne coûte pas nécessairement plus cher.
1.10.3.1 Alignement
Tous les appuis d'un pont en biais assez large doivent être parallèles au cours d'eau ou
à la route inférieure; l'exception à cette règle concerne un long pont étroit reposant sur
des piles circulaires ou presque et sur des culées de faible hauteur (figures 1.10-1 et
1.10-2).
Toutes les lignes des rives et des poutres d'un pont courbe doivent suivre l'axe du pont.
Les piles seront radiales à la courbe à moins de traverser un obstacle en biais, dans ce
cas elles suivront le biais (figure 1.10-3).
1-19
Figure 1.10-1
Pont en biais
Figure 1.10-2
Pont droit sur piles circulaires
Figure 1.10-3
Pont courbe sur piles radiales
1-20
1.10.3.2 Profil longitudinal
Le bombement longitudinal d'un pont donne à l'extrados une pente qui facilite
l'écoulement de l'eau et permet de corriger une illusion d'optique qui fait qu'un pont
horizontal paraît affaissé en son milieu.
La courbe du profil longitudinal d'un pont d'étagement doit se prolonger sur une partie
des rampes d'approche. Dans le cas d'un pont sur rivière construit dans une plaine,
cette courbe doit être continue sur toute la longueur du pont.
1.10.3.3 Élévation
Pour traverser une vallée, le pont doit avoir un nombre impair de travées inégales,
proportionnées à la hauteur des piles; ce modèle de pont s'harmonise mieux avec le
paysage qu'un nombre pair de travées égales pour un pont à quelques travées. La
portée varie selon la hauteur des travées de sorte que les rectangles d'ouverture soient
proportionnels (figure 1.10-4). Un tablier à profondeur constante cache la face des
poutres par un large encorbellement de la dalle. Le cas d'un pont d'étagement
d'autoroute nécessite parfois un nombre pair de travées, ce qui convient mieux à sa
symétrie.
Si la vallée est large et basse, on peut utiliser des travées égales dont la portée mesure
au moins 1,5 fois la hauteur des piles, excepté près des culées où les travées seront
plus courtes (figure 1.10-5).
Pour des raisons d'esthétique, l'élancement d'une poutre de profondeur constante (L/d,
longueur/profondeur) peut varier de 5 à 30, et même à 50 si les travées sont continues.
Voici les rapports minimaux pour des cas particuliers :
– 5 pour un pont court ayant des culées massives, lorsque l'ouverture égale la
hauteur;
– 10 pour des culées massives et une ouverture rectangulaire;
– 20 pour des murs en retour de culées courts (figure 1.10-6).
Un pont continu aura un élancement d'au moins 20 et reposera sur des piles n'ayant
pas l'air trop minces.
1-21
La face extérieure de la dalle sera placée dans un plan vertical différent de celui de la
poutre de rive. Cette face extérieure inclut la dalle et le chasse-roue, le trottoir ou la
glissière en béton. La face extérieure d'une glissière en béton située dans le plan des
murs en retour donne un aspect de lourdeur à un pont d'étagement mais est acceptable
pour un ponceau.
1-22
Figure 1.10-4
Étude de portées
Figure 1.10-5
Étude du couronnement
Figure 1.10-6
Élancement d'une poutre
1-23
1.10.3.4 Coupe transversale du tablier
Pour faire paraître le tablier plus mince, on peut augmenter l'encorbellement de la dalle
(L) à partir de la poutre de rive. Cet encorbellement dépend de la profondeur de la
poutre, du type d'appui et de la largeur totale du pont. Un important encorbellement de
la dalle assombrit les poutres principales et les fait paraître plus légères.
Par rapport à la profondeur totale de la poutre (d), on retrouve aussi les rapports
suivants :
1-24
Figure 1.10-7
Étude de la coupe transversale du tablier
1.10.3.5 Goussets
Les goussets augmentent la résistance du tablier d'un pont continu aux appuis et
permettent de réduire l'épaisseur au centre (figure 1.10-8).
Sur un pont rectiligne, on peut utiliser des goussets droits de 0,20 fois la portée (L) avec
une pente maximale de 1:8. Les travées de rive mesurent 0,7 à 0,8 la portée (L), sans
gousset à l'extrémité libre. Si le profil vertical du pont est courbe, on utilise plutôt des
goussets courbes formés d'une parabole; la courbe inférieure des poutres doit être
tangente à une parallèle au profil vertical de la dalle aux extrémités du pont.
Une trop longue suite de travées avec goussets tend à briser la continuité du pont,
tandis que 3 travées avec goussets allongés créent du mouvement et un contraste.
1-25
Figure 1.10-8
Étude des goussets
1.10.3.6 Piles
Les travées courtes d'un pont élevé reposent sur de longues piles étroites et les travées
longues sur des piles effilées vers le haut dans le sens longitudinal. Ces hautes piles et
les pylônes doivent être construits avec des côtés non parallèles ou avec un fruit
parabolique dans le sens transversal (figure 1.10-9).
L'observateur qui regarde la vallée sous un pont avec un angle oblique ne doit pas avoir
la vue obstruée par les piles. La largeur de ces piles ne doit pas dépasser 1/8 de la
portée, et sera même moindre si la portée mesure plus de 10 m. On peut remplacer les
piles trop larges par deux poteaux, trois au maximum, excepté dans le cas de ponts très
larges; la distance hors tout des poteaux ne doit pas dépasser L/3 (figure 1.10-10).
1-26
Figure 1.10-9
Étude des piles d'un pont élevé
Figure 1.10-10
Vue en biais sous le pont
1-27
1.10.3.7 Pont à haubans
Puisque les câbles devront un jour être remplacés, il faut espacer leur point de
rencontre au sommet du pylône; on en arrive ainsi à un compromis entre ces deux
arrangements des haubans (figure 1.10-11).
Les travées de rive qui servent d'ancrage aux câbles doivent mesurer de 0,3 à 0,4 L.
Un pont à haubans peut être asymétrique, c'est-à-dire ne comporter qu'un seul pylône.
L'ancrage des câbles peut aussi être concentré au bout de la travée de rive ou être
distribué vis-à-vis les piles de plusieurs courtes travées.
1-28
Figure 1.10-11
Ponts à haubans
1-29
1.10.3.8 Pont suspendu
Les travées de rive mesureront moins de la moitié de la travée centrale (L), même
jusqu'à 0,2 ou 0,3 L. Le rectangle d'ouverture sous le pont sera assez plat. Le tablier
suspendu paraîtra léger et mince. L'ancrage des câbles aura une apparence solide
mais sans démesure.
L'élancement des pylônes ne doit pas être exagéré. Les contreventements et les
entretoises au-dessus du tablier peuvent être omis, la forme d'un portique semble
idéale.
Ce type de pont très courant demande une étude soignée de la proportion des portées
et des épaisseurs. Les piles et les culées sont éloignées des chaussées afin
d'augmenter l'ouverture et de respecter les normes de sécurité.
Les piles ne doivent pas être trop minces, car elles doivent résister au choc des
véhicules. Une pile épaisse fait paraître le tablier mince.
Si l'encorbellement du tablier est large, ce dernier repose sur un piédroit plus étroit que
le mur de front (figure 1.10-12).
Figure 1.10-12
Tablier sur le piédroit de la culée
1-30
1.10.3.10 Pont d'étagement en biais
Jusqu'à un biais de 30 degrés, toutes les faces des appuis et du tablier doivent être
parallèles à l'axe de la route à franchir. Si le biais dépasse 30 degrés et que le pont est
étroit, le plan du tablier sera rectangulaire et des culées de faible hauteur seront
placées près du sommet du remblai. Lorsque le pont est large (> 15 m), les appuis sont
construits en biais et l'appui central, sur le terre-plein de l'autoroute, est constitué de
quelques poteaux. Plusieurs autres solutions sont possibles suivant la largeur du pont
et de l'obstacle.
A) Béton
B) Acier
On doit éviter les endroits où la saleté peut s'accumuler car elle retient l'humidité qui
engendre la corrosion et occasionne des éclaboussures sur les surfaces inférieures.
La nécessité de protéger ce matériau contre la corrosion par l'utilisation d'acier résistant
à la corrosion atmosphérique ou au moyen de différents procédés de revêtement offre
la possibilité d'améliorer l'apparence du pont et d'intégrer la structure à son
environnement.
Il faut minimiser la finition des surfaces à la fin des travaux en s'appliquant au stade
préliminaire à concevoir une structure esthétique. Lors de la construction, il faut donner
priorité à la qualité des coffrages, à la mise en place et à la vibration du béton; la finition
des surfaces ne doit pas remplacer ces opérations.
1-31
Les plans verticaux extérieurs d'un pont, soit les poutres de rive, les faces des tabliers,
dalles, glissières, piles, murs, etc. ne sont retravaillés que s'il faut rehausser une ligne
ou une surface, ou leur donner une texture que l'aspect structural du pont ou les
coffrages n'ont pu leur procurer. Ce travail soigné s'applique davantage aux ponts les
plus visibles situés près des villes ou à ceux qui enjambent les autoroutes. Les parties
ombragées d'un pont, peu visibles des automobilistes ou des riverains, ne nécessitent
aucune finition particulière; c'est le cas des ponts en milieu rural ou sur routes
secondaires.
Les surfaces des appuis (piles et culées) doivent être plus rugueuses, celles des
poutres et des rives de la dalle doivent être douces, mates et non luisantes.
La finition des surfaces est obtenue au moyen de coffrages spéciaux, d'un travail en
surface, d'un recouvrement ou d'un enduit. Les méthodes de finition décrites ici
fournissent quelques façons de modifier l'apparence du béton. Elles ne sont pas
nécessairement ajoutées à toutes les surfaces apparentes d'un pont, mais employées
seulement pour modifier une surface qui nécessite un soin spécial.
Le polissage à la pierre s'utilise sur de petites surfaces entières, et non seulement sur
les joints de coffrage. Il permet d'obtenir une texture et une coloration uniformes.
Le jet de sable léger permet de varier la texture du béton et d'obtenir une surface
uniforme de tonalité différente; par contre il favorise l'adhérence des agents de
déglaçage, de la boue et d'autres saletés.
Quant aux murs, la monotonie de leur surface verticale peut être transformée en un
objet intéressant à l'aide d'une surface texturée ou de dessins en relief.
1-32