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Vade Mecum Kab

La Kabbale s'est développée sur plusieurs siècles à travers diverses écoles et courants, en commençant par la période de la merkavah entre le 1er siècle av. J.-C. et le 10e siècle. Le Zohar du 13e siècle a constitué une synthèse majeure, puis l'école de Safed au 16e siècle avec Cordovero et Luria a développé des concepts clés comme le tsimtsum et le tikkun.

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Vade Mecum Kab

La Kabbale s'est développée sur plusieurs siècles à travers diverses écoles et courants, en commençant par la période de la merkavah entre le 1er siècle av. J.-C. et le 10e siècle. Le Zohar du 13e siècle a constitué une synthèse majeure, puis l'école de Safed au 16e siècle avec Cordovero et Luria a développé des concepts clés comme le tsimtsum et le tikkun.

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Petite chronologie de la Kabbale :

La Kabbale fait partie de ce que nous nommons la Tradition Primordiale, et


serait apparue il y a plusieurs milliers d'années, d'abord sous forme orale, transmise
par des petits groupes d'initiés de maître à disciple.1

Mais rien n'est moins sûr sur ce point car ce mode de transmission (sans
support écrit) ne laisse par définition aucune preuve formelle quant à son contenu et
résiste à toute tentative sérieuse de datation.

Quoi qu'il en soit, la Kabbale recèle diverses influences extérieures au


judaïsme, tant de la part de l' Egypte antique, que du néo-platonisme, mais aussi du
yoga indien, du christianisme initial et même du catharisme (pour les apports
évidents).

La Kabbale ou Kabbalah s'est développée à travers l'histoire du judaïsme


par des apports successifs, de courants et l'influence de diverses "écoles", et cela sur
plusieurs siècles.

Il est bien entendu ici hors de question de se livrer à une étude détaillée de ces
diverses branches, car il faudrait peut être deux mille pages, sans pour autant
atteindre l'exhaustivité.

Par ailleurs, d'excellents ouvrages ont été publiés sur le sujet, dont certains
figurent en bibliographie de ce livre ; je renvoie donc les lecteurs qui désireraient
approfondir leur connaissance "théorique" sur ce point précis à aller s'y référer.

Tous les kabbalistes partent cependant d'un même constat : les textes sacrés
possèdent de multiples sens.

Le premier courant historique certain est celui de la merkavah.

La période de développement de la merkavah se situe environ entre le premier


siècle avant J-C et le Xeme siècle.2

Les textes les plus importants sur cette période sont la Génèse3 et la vision d'
Ezechiel, les livres d'Enoch puis le Sefer Yetzirah.

Le trône est alors considéré comme le coeur de la mystique et concerne des


expérience de voyages ascensionnels dans les "Cieux" (à travers 7
"palais"successifs).

1 Certains ainsi la font remonter jusqu' à Moïse.


2 Avant cette période il n'existe que des suppositions, difficiles à vérifier en l'absence de textes (car tradition orale).
3 Et plus largement le Pentateuque ou 5 premiers livres de la Torah
C'est la "littérature des palais", prélude à la littérature mystique du moyen-age,
avec la compilation des visions des "yordey merkabah", les accédants au char.

Pratiques ascétiques, prières, hymnes, voyages, qualités divines, noms et mots


de passe, protections et état extatique reviennent couramment.

La magie est donc présente, et Rabi Akiba ainsi que Rabi Ismaël exercèrent
une grande influence sur ce mouvement.

Il s'agit alors d'un mélange de mystique et de Théurgie dont le but est


toujours d'accompagner les voyages et de procurer l'extase.

L'influence chrétienne, néo-platonicienne, et égyptienne 4 transparaissent,


notamment en ce qui concerne les noms, l'élevation d'Enoch en Metatron et plus tard
le Sepher Yetsira (livre de la création).

Avec ce dernier apparaissent clairement le rôle majeur des sephiroth et des 22


lettres de l'alphabet hébreu5 , les 32 sentiers (que complètent les 50 portes).

Dans cette petite chronologie, mentionnons la naissance du Hassidisme au


XIIème siècle6, bien que sa notoriété fut limitée à la communauté ashkenaze, avec les
écrits de Eléazar de Worms, sans oublier bien sûr le livre des dévots de Yehuda le
Hassid.

Il s'agit d'un ascètisme éthique, basé sur la justice et l'altruisme et menant à


un état mystique, une union avec le divin.

L'aspect magique y est sous-jacent car l'utilisation des noms de Dieu, de


mots, la maîtrise des Elements notamment transparaissent (en plus de la prière).

Un apport important est l'utilisation des outils de la Guematria, Notarika et


Temoura, techniques qui seront reprises bientôt par d'autres écoles kabbalistes.

La Guematria est la technique consistant à considérer comme éclairant le fait


de rapprocher des mots de même valeur numérique.

La Temoura est une technique de permutation des lettres d'un mot pour former
d'autres mots.

La Notarika est une technique d'abréviation, ou encore l'utilisation de lettres

4 Symbolique de Metatron, noms YHWH et "Yaho" par exemple. (Cf aussi "IAAOU" dans mon livre sur la sagesse
égyptienne).
5 32 "sentiers"
6 Il connaîtra un renouveau ou "cousinage" au XVIIIeme siècle, toujours en europe de l'Est.
d'un mot pour en former d'autres.

Dieu, Source de Vie, Conscience-Energie, reste inconnu à l'homme ordinaire


mais sa gloire ou Kavod peut l'être pour les mystiques, par la Chekhina.

Au XIIème siècle apparait un autre courant, cette fois en Europe du sud, avec
l'Ecole extatique d'Abraham Abulafia en Espagne.

Sa Kabbale pratique est influencée par le Sépher Yetsira ainsi que par le guide
des égarés de Maimonide et aussi le yoga.

Pour lui, il convient de détacher les noeuds des sceaux de l'âme, afin que
l'individu puisse accéder au plan divin.

Pour cela il choisit de méditer sur les 22 lettres, leur forme, couleur et
combinaison.7

Abulafia utilise par ailleurs des postures et des techniques de respiration,


comme cela se pratique dans le yoga, mais aussi les techniques hassidim de
Gematria, Notarikon et Temura, tout comme les sephiroth et les couleurs.

Le but est toujours de parvenir à un état d'extase et d'acquérir la Connaissance


(interne) par union, communion avec la Source.

Le nom de Dieu en 72 lettres (tiré de l'Exode) fait aussi l'objet de


combinaisons.

Le plus grand disciple d'Abulafia fut Gikatila, mais aujourd'hui mentionnons


le remarquable Georges Lahy (dit Vyria) qui le fait connaitre à un large public.

A partir du XIIIème siècle, toujours dans la prolifique Espagne, apparait un


ouvrage, le sepher ha Zohar ou livre de la splendeur, écrit en langue araméenne par
Moïse de Léon.

Cet ouvrage est empreint de gnosticisme 8, avec aussi des influences dues au
renouveau néo-platonicien9, et plus largement constitue une synthèse de différents
apports, dont notamment Maïmonide et Gikatila10.

Nous assistons aussi à un nouveau développement par rapport aux sephiroth


du livre de la création, car de nombres celles-ci se voient clairement attribuer un
rôle de puissances et émanations divines.

7 Hokhmath ha tseruf
8 Tout comme le Sefer ha Bahir, apparemment rédigé en France vers la même époque (XIIIème).
9 Plotin, Ennéades
10 Le jardin du noyer, les portes de la justice, les portes de la lumière.
Ainsi le Zohar distingue le monde caché et le monde des attributs , inférieur
au premier, bien qu'ils ne fassent finalement qu'un, en réalité.

La Source de Vie circule à travers dix phases qui s'enchainent l'une à l'autre,
avec des noms et attributs particuliers, mais sont conservées continuité et unicité.

Kether, Hokhma, Bina, Hesed, Gevurah (ou Din), Tifereth (ou Rahamim),
Netsa, Hod, Yesod, Malkhut, squelette de l'univers, ADN divin, matrices,
réceptacles, miroirs dont chaque attribut existe par la seule volonté du Dieu caché.

Mais la création exprime "à l'extérieur" ce qui est dans l' Ein Sof rux iht tout
d'abord dans le point primordial, Rechith, commencement, qui émerge à partir de
Lui.

Les sephiroth forment des combinaisons, ont une attitude dynamique et


continue permettant que subsiste la création.

Puisque tout élément de la création en porte les signatures , l'homme n'est


pas une exception à cette règle.

Le mal dans la création peut donc être plutôt considéré comme une
conséquence de l'expression de la dualité, comme une épreuve à surmonter pour
l'homme, résultat du libre choix.

Avec le Zohar, la Nechama (partie "sainte" de l'âme) n'est active que par la
réalisation mystique de l'individu.11

L'ouvrage reprend aussi la doctrine du Gilgul ou transmigration des âmes


(réincarnation), empruntant en cela au Bahir de Provence (et aux Cathares).

Au XVIème siècle la Kabbale se renouvelle et se popularise avec l' Ecole de


Safed, du nom d'une ville de haute Galilée, représentée par Moïse Cordovero et
Isaac Luria.

Pour Cordovero, Ein sof est synonyme de pensée divine, sa substance est
dans les Séphiroth ou émanations, permettant la circluation du processus de lumière
descendante et ascendante.

Cordovero a laissé des manuscrits (comme le verger des âmes, le palmier de


Déborah), tandis que Isaac Luria est surtout connu à travers les écrits de deux de ses
disciples, Hayim Vital et Joseph Tabul.

11 Sinon la place peut être prise par une "entité" du sitra ahra ("l'autre côté")
Luria développe le concept de Tsimtsum (ou contraction, retrait), pourtant
introduit auparavant par Nahmanide (dans son commentaire du Sépher Yetsira).

Dieu a besoin de faire une place en lui-même pour créer le monde , il en


résulte un acte premier de limitation, précédant celui d'expansion.

Ce double mouvement est universel, il crée le monde et le perpétue dans un


processus d'inspir et d'expir.12

Luria développe aussi le concept de la brisure des vases, ou chevirath ha


kelim et aussi celui du tikkun, ou réparation.

L'espace résultant du tsimsum permet l' émanation de la lumière à travers les


10 vases dont les 7 derniers "se brisent" et diffusent la lumière, comme une
semence cosmique et font connaître chacun un aspect du Créateur (Partsuf 13) ;
en même temps se diffuse aussi le mal (par les kelipoth ou "coquilles").

Le tikkun a pour but la réintégration, et Luria met en avant le rôle de la


prière "quasi magique".

La Shekhinah vbhfa14 est en exil, "Rachel" doit être réunie de nouveau ;


l'âme est en exil aussi et des parcelles ont été mélangées aux kelipoth.

Enfin la métempsychose ou transmigration (gilgul), n'est pas absente de la


pensée de Luria, notamment reprise par son disciple Vital15, qui a exposé sa doctrine.

Avant d'aborder la cabale chrétienne, il convient de mentionner dans cette


chronologie de la Kabbale une sorte de renouveau du Hassidisme dans la Kabbale
hébraïque, mais seulement encore en europe de l'est (à partir du XVIIIème siècle)
sous l'impulsion d'Israël Baal Shem16, puis de Baer de Mezeritz, et, pour la branche
Habad, de Shneur Zalman de Ladi.

Il s'agit d'une forme de kabbale pratique et "éthique" au service de la


connaissance de Soi avec une volonté de diffusion publique la plus large possible
des enseignements (différente donc des cercles restreints d'initiés).

12 Dans la pure continuité donc de la Tradition primordiale (cf. Sagesse égyptienne, Yoga, Tao,...)
13 Au pluriel partsufim
14 De "shaken", le voisin
15 Sepher ha gilgulim
16 Qui avait une grande foi dans le pouvoir des noms divins
Petite chronologie de la Cabale chrétienne :

Tout d'abord, il convient de préciser que la Cabale chrétienne sera envisagée ici
comme une interprétation spécifique des textes Sacrés (avec les outils et les
méthodes de la Kabbale).

C'est pourquoi nous faisons le choix dans cet ouvrage de la considérer comme
une branche, une école, parmi d'autres, et donc authentique.

Cela ne fera pas (bien entendu) l'unanimité des Kabbalistes, mais nous ne sont
pas unanimes entre nous sur divers autres points.

Dès lors, et de notre point de vue, les spécificités de la Cabale doivent être
respectées par tous, dans la mesure où leurs résultats sont obtenus par stricte
application de la Tradition, libre à l'étudiant ensuite de suivre tel ou tel courant ou
telle ou telle école, en fonction de son parcours personnel et du programme qu'il s'est
librement fixé.

Quand et comment est apparu le courant de la cabale ?

Même s'il existe quelques précurseurs, la cabale apparaît en europe à la fin


du XVème siècle, au moment où les grands textes de la Kabbale ont été fixés par
écrit et abondamment diffusés et traduits, sur fond d'effervessence de la Renaissance
et de guerres de religions.

Tout d'abord en Italie, puis en Allemagne avant de gagner la France.

Dans ses 900 conclusions parues en 1486, l'italien Jean Pic de la Mirandole
cherche à démontrer, par ce qui va bientôt s'appeler la Cabale 17, les relations
étroites, les prolongements, la continuité et même en fin de compte l'identité entre
christianisme et judaïsme.

La novation est qu'il s'inspire d'interprétations des textes , largement


acceptées au départ par la communauté Kabbaliste, pour en tirer de nouvelles
interprétations inédites et conclure de façon originale au caractère chrétien du
judaïsme.

C'est ce qui fait sa force et c'est pourquoi, à nos yeux, la Cabale chrétienne fait
partie des sources authentiques, une école, un courant parmi les autres, qui, bien sûr,
17 Cf supra pour les définitions (en particulier la différence entre Kabbale et Cabale).
comme les autres (mais peut être encore plus en raison de son originalité), ne fait pas
l'unanimité.

En 1489, dans l'heptaplus, commentaires de la Génèse, Pic dévoile son


interprètation du bereshit dont il déduit que le Fils est le commencement et la fin
de toute chose (après avoir indiqué dans les 900 conclusions notamment avoir trouvé
dans la Kabbale le mystère de la Trinité, de l'incarnation du Verbe et pourquoi
Christ a envoyé après Lui le Paraclet, l'importance du Shin au milieu du nom de
Jésus).
Pour Pic, le Tetragramme YHWH permet de vérifier que l'envoyé du Père, le
Fils devient homme par le Saint Esprit et qu'après lui le Paraclet descendra sur terre.

En Allemagne, Jean Reuchlin écrit en 1494 De verbo mirifico "le verbe


merveilleux" et déclare que les trinité sont courantes dans toutes les religions pour
représenter l'essence de Dieu mais que l'on ne peut s'en faire une idée que par les
séphiroth ou attributs.

Il insiste sur Proverbes III, 13 : " Heureux l'homme qui a trouvé la sagesse et
l'homme qui possède l'intelligence". [Hokmah et Binah].

Il identifie le Iod comme commencement et fin de toute chose, l'unité


première, tandis que la décade est le déployement de toutes les numérations.

Il explique le Tétragramme imprononçable par le nom en 72 lettres ordonnées


par l'échelle de Jacob et par le nom du Fils (YHSWH).

Il développe ensuite tout ceci en 1517 dans un autre livre De arte cabalistica
"de l'art de la cabale".

Il qualifie le Raziel et la magie des grimoires Salomoniques comme étant des


"fictions magiques".

Parmi les commentaires, références et citations :

Shem le nom contient Shin et Mem

Le nom plein du Tétragramme mène aux 72.

Ehiéh a pour sceau Emeth (la vérité).

Josué III,10 : Le "Dieu Vivant est au milieu de vous".

Sefer Yetsirah : "Replace le potier sur sa base" (le Créateur sur son trône
dans le microcosme).
Proverbes XX-27 : "L'âme de l'homme est une lampe de Dieu".

Psaumes CXVIII -22 : "La pierre rejetée par ceux qui bâtissent est
devenue pierre angulaire."

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