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Heureux
les
Martyrs
qui n'ont
rien vu
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MOHAND-AARAV B E S S A O U D
Ancien Officier de l'A.L.N.
Résistant de 1954
Heureux
les
Martyrs
qui n'ont
rien vu
La vérité sur la mort
du Colonel Amirouche et de Abbane Ramdane
ÉDITIONS BERBÈRES
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Du MÊME AUTEUR
Le FF S, espoir et trahison, Colombes,
Imp. Carry, 1966 (Réédition en cours).
L'Identité provisoire, roman, Paris, Aca-
démie Agraw Imazighène, 1977.
© Éditions Berbères, 1991
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Au colonel Ouamrane, à
qui l'Algérie doit tant.
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NOUVELLE INTRODUCTION
Lorsque ce livre parut - c'était en août
1963 - les berbéristes de « l'époque
héroïque » étaient ou morts - tués par
d'autres Kabyles - ou gagnés p a r le
mutisme ambiant. Car, à l'exception du
vieux KHELIFATI Mohand-Amokrane qui
vit en FRANCE, tous les chantres du ber-
bérisme avaient senti venir l'heure du
renoncement. Oui, il était moins dange-
reux de se dire berbériste à l'époque de
la présence française qu'à l'heure de
« l'Algérie arabe ». Car, ceux qui com-
battaient le berbérisme alors - toujours
au nom de l'arabisme - ont aujourd'hui
la possibilité de faire du mal. Et ils ne
s'en privent pas. Je ne pense pas
cependant que ce fut la peur qui
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poussa le docteur Aissani à abandonner
ses idéaux et par là même à cesser de
voir tous ses amis du bon vieux temps.
Quant au professeur Mohamed-Cherif
SAHLI, devenu soudain ambassadeur, il
écrivit - sans doute pour se dédouaner -
un livre dans lequel il fustigea les his-
toriens qui faisaient la distinction entre
le Berbère et l'Arabe, oubliant qu'il
publia un ouvrage brillant sur ce sujet2.
Les militants sans culture - les plus
nombreux - continuèrent en ce qui les
concerne à cultiver les vieux souvenirs,
à ressasser les occasions perdues, s'il en
fut. Mais la crainte imposa à tout ce
monde un silence complice. Seul le « ber-
bérisant » Mouloud MAMMERI persista
à frapper de l'aile contre la vitre close
de l'arabisme enveloppant. Mais il le fit
à sa manière, je veux dire sans faire de
vagues ni même de remous... jusqu'au
jour où naquit AGRAW IMAZIGHÈNE (Aca-
démie BERBÈRE ). Mais comme le disait
l'autre : this is an other story. Je disais
donc que, face à l'arabisme agressif et
1. Décoloniser l'histoire.
2. Le Message de Yougourtha, 1947.
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provocant de monsieur BEN BELLA,
toutes les voix, fortes ou faibles, du ber-
bérisme s'étaient bâillonnées. Il était
donc à prévoir que ce petit livre redonne-
rait l'espoir à ceux qui ne l'avaient plus et
par là même susciterait l'ire des arabis-
tes, surtout celle de notre B.B. Et cela ne
manqua pas, car dès sa parution en août
1963 un mandat d'arrêt fut lancé contre
moi et le livre interdit sur le territoire
national. Pourquoi BEN BELLA est-il aussi
bête au point de confondre « islamisme »
et « arabisme » ? Il devait savoir pourtant
que si le premier est d'inspiration divine,
le second est une création des chrétiens
libanais qui voulaient - avec l'aide de la
FRANCE et de l'ANGLETERRE - affaiblir l'Is-
lam. Il n'y a rien de plus contradictoire
que l'arabisme et l'islam. D'ailleurs si
l'arabisme avait du bon, le prophète
MOHAMED l'aurait adopté avant tout le
monde ? Au contraire, il disait : (la
khilaf ma bin aarabi oua aadjami illa
bi teqwa). Sans oublier que ce sont les
Arabes, les siens, qui l'ont combattu
toute sa vie durant.
Cette conduite de BEN BELLA irrita
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sérieusement le président BOURGUIBA au
point qu'il dit au commandant KACI, l'am-
bassadeur du G.P.R.A. à Tunis : ( inaal
ddin emmou : il ne connait pas l'histoire
de son pays et il a des prétentions à le
gouverner. Depuis quand, en effet, l'AL-
GÉRIE est-elle un pays arabe ? ). Cela
montre, à mon avis, combien la sagacité
du Président tunisien avait été prise en
défaut. Il ignorait en effet que c'était
le général DE GAULLE qui avait décidé de
faire de BEN BELLA le nouveau BEY d'AL-
GER. E t ce dernier lui en fut reconnais-
sant. Il le montra d'ailleurs lorsqu'ils se
rencontrèrent en 1964. Le président BEN
BELLA salua en effet militairement le
général DE GAULLE. Normal : il n'avait
pas oublié qu'il était adjudant-goumier.
Mais ce dessein gaullien eût été un vœu
pieux si BOUSSOUF n'avait décidé de lui
donner consistance. Comme quoi les
grands esprits se rencontrent toujours.
Oui, je mets sur le même plan l'intelli-
gence des deux hommes. Deux intelli-
gences qui agirent et s'exprimèrent
différemment, mais deux intelligences
égales quand même.
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DE GAULLE est un homme de théâtre,
il aime la scène. BOUSSOUF est un homme
des coulisses, un fabricant et, partant,
un manipulateur de marionnettes. Et ce
n'est pas KASDI MERBAH qui me contre-
dirait, lui qui a vécu à l'ombre du grand
homme, réalisant ses coups fourrés.
Curieusement, BOUSSOUF n'a jamais, à
ma connaissance, exprimé, du moins,
publiquement, sa préférence pour une
quelconque idéologie. Il avait cependant
la haine viscérale des Kabyles et tout
était bon pour les combattre et les affai-,
blir. Mais il savait jusqu'où il ne peut
aller ; ou alors associer les Kabyles pour,
au besoin, leur faire porter le chapeau,
quand l'action demande du sang.
Et quand, à la mort de BOUMEDIENNE,
BOUTEFLIKA voulait reprendre le flam-
beau, la S.M. fouilla dans ses tiroirs et
sortit tous ses ragots - vrais ou faux -
qu'elle utilisa en abondance. Il ne fallait
pas de fausses notes dans cette parti-
tion et BOUTEFLIKA - comme s'il ne
connaissait pas BOUSSOUF - en fut une
qu'il fallait éliminer. BENDJEDID élu, la
S.M. triompha. Pas pour longtemps ; car
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ayant subitement perdu son maître et
créateur, je veux encore nommer Bous-
SOUF, elle devint nue, comme son chef
le sieur KASDI MERBAH. Il paraît que ce
monsieur redécouvre ses ancêtres, oui, il
est devenu Kabyle. Il est vrai que BEN
BELLA s'était proclamé lui aussi d'ascen-
dance berbère : « Tout arrive pour celui
qui sait attendre. »
Montrons à monsieur MERBAH que
nous avons noté certaines des leçons
de BOUSSOUF. Il ne faisait jamais tuer
quelqu'un sans chercher d'abord à le
récupérer. « Bienvenue » parmi nous,
monsieur KASDI MERBAH... Si, bien enten-
du, vous êtes sincère avec vous-même...
« And it must follow as the night the
day, thou canst then be false to us. »
M.A. BESSAOUD
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AVANT-PROPOS
DE LA PREMIERE EDITION
Le canon tonnait à Birine et à Boghari
quand j'écrivais ce livre. Une Maison
d'édition parisienne ne me l'ayant pas
accepté, des amis se sont proposés de le
faire éditer à leurs frais. J'ai refusé, non
sans raison : j'attendais que le régime,
né du coup de force de juillet dernier,
prît une orientation définitive. Aujour-
d'hui, aucun doute n'est permis : le
Kabyle vit les mêmes heures que celles
que vivaient ses ancêtres face aux hordes
des Beni-Hillal. N'entendez pas par là que
je cherche à ressusciter la vieille querelle
berbéro-arabe, si savamment entretenue
par la France. Je le voudrais, d'ailleurs,
que je ne le pourrais pas car les Kabyles
sont si sensibles à l'unité de l'Algérie
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qu'ils vomiraient celui des leurs qui vou-
drait y attenter. Leur désir d'unité est
tel que, durant cette guerre, ils ont sup-
porté, de la part de leurs autres compa-
triotes, toutes les brimades, quand ce
n'étaient pas des crimes voulus, orga-
nisés. D'ailleurs, ne sont-ils pas les arti-
sans et les promoteurs de cette unité ?
Un exemple suffira à convaincre les
incrédules.
Lors qu'en 1924 un comité de treize
membres se créa et jeta les bases du Parti
Nationaliste Algérien, le seul « Arabe »
de ce comité se vit confier la présidence
et de ce même comité et du parti qui en
découla. Cet Arabe a pour nom Messali.
Ainsi, bien avant novembre 1954, des
Kabyles avaient déjà donné la preuve
de leur maturité politique et de leur
esprit de sacrifice. Au demeurant, la
Kabylie n' était-elle pas en rébellion
depuis de longues années ? A partir de
1940, des maquisards tels que Laimeche
Ali, Hocine Ait Ahmed, Omar Oussedik,
Si Ouali, Ould Hemouda Amar, Si Tahar,
Si Mehana, Si Moh Touil, Krim Belka-
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cem, Amar Ouamrane, pour ne citer que
les plus connus, la sillonnèrent de part
en part. Et n'oublions pas le plus illus-
tre d'entre eux tous, dont les vieux
Kabyles se souviennent encore, je veux
nommer Arezki El Bachir, premier ma-
quisard nationaliste assassiné par les
colonialistes en 1895.
La Révolution elle-même eût-elle été
couronnée de succès si les Kabyles ne
s'y étaient donnés corps et âme ? La
France, qui connaissait ses adversaires,
n'hésita pas à installer son premier qua-
drillage en Kabylie.
Ce fut ainsi qu'en 1956 il y avait, et
pour la Grande Kabylie seulement, 504
postes militaires français.
Pour illustrer mes propos, laissez-moi
vous conter l'anecdote suivante :
« — Je stationnais avec des camarades
français, me dit un de mes contribules,
ancien chauffeur de taxi à Paris, quand
survint un homme, vêtu avec recherche,
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