Redresseur de puissance pour hydrogène vert
Redresseur de puissance pour hydrogène vert
La production d’hydrogène
«vert »
LE BOULZEC Hugo
juin-16
L’hydrogène ne figure pas au rang des énergies vertes, puisque les procédés actuels
de production utilisent majoritairement des hydrocarbures (gaz naturel, pétrole, charbon).
Dans une perspective de remplacement des énergies fossiles par l’hydrogène, cette
dépendance doit être reconsidérée en vue d'une refonte complète de l’industrie de
production d’hydrogène.
1
Voir Thierry Alleau. L'hydrogène, [Link].
2
Voir FinerGreen Insight, numéro 2, 2015.
3
Voir Jean-Marie Martin-Amouroux, Captage et Stockage du CO2. [Link]. Les procédés sont
le reformage du gaz naturel, la gazéification du charbon ou de la biomasse, ainsi que la fermentation (voir aussi
dark fermentation, sans dépendance avec l’oxygène).
2
1.1. Principales filières de production
4
Pour plus d’informations sur les procédés actuels, voir Société Chimique de France et Fiche 3.1.1 : Production
d’hydrogène à partir des énergies fossiles, AFHYPAC, 2014.
5
88% en 2011 selon une étude du SBC Energy Institute, 2014, page 13. Voir aussi Fiche 1.3 : Production et
consommation d’hydrogène aujourd’hui, AFHYPAC, 2015.
6
Synonyme d’énergie secondaire (par exemple l’électricité ou l’essence), obtenue par conversion d’une énergie
primaire (disponible dans l’environnement : eau, pétrole, vent).
7
Voir [Link]
3
Il constitue ainsi un élément essentiel dans différents procédés chimiques (Tableau
2). Le premier poste de consommation est la fabrication d’ammoniac, composant de base
dans l’industrie des engrais8. Si, en comparaison avec cet usage, la fabrication d’autres
produits chimiques est minoritaire (amines, méthanol, eau oxygénée), son utilisation dans
l’élaboration de matériaux (métaux, verres), la soudure ou l’industrie alimentaire tend à
augmenter9.
8
Pour une description des procédés, voir la Société Chimique de France, données sur l’hydrogène, 2014.
9
Voir fiche 1.3 : Production et consommation d’hydrogène aujourd’hui - AFHYPAC, 2015.
10
Celui-ci est responsable de maladies respiratoires. Voir une illustration sur Planète Énergies.
11
Voir Agence Internationale de l’Énergie, Technology roadmap – Hydrogen and fuel cells, 2015, page 30.
4
2. Le bilan carbone de l'hydrogène
Selon l’origine de l’énergie utilisée pour la production d’hydrogène, le bilan carbone est
plus ou moins élevé. Le procédé le plus largement répandu, le vapore formage du méthane,
présente un bilan carbone excédentaire, avec 10 kg de dioxyde de carbone (CO2) par
kilogramme d’hydrogène produit. La teneur élevée en CO2 des gaz émis par ce procédé
permet cependant la mise en place de systèmes de captage et stockage du CO212. À l’inverse,
l’utilisation d’énergie électrique d’origine renouvelable permet d’obtenir une empreinte
carbone nulle au procédé de fabrication de la source et des composants, donc un hydrogène
que l’on qualifie de « vert ». Les fortes émissions de gaz à effet de serre des procédés de
production actuels expliquent le faible intérêt des véhicules à hydrogène en termes de
réduction des émissions13.
12
Assortie de plusieurs difficultés : techniques et économiques(augmentation des coûts). Voir fiche 3.1.2 :
Captage et stockage géologique du CO2 - AFHYPAC, 2014. Possibilité future d’utiliser le CO2 ?
13
Voir Air Liquide, sur les performances environnementales de la voiture à hydrogène, 2008.
14
Seules quelques milliers de personnes ont un lien avec la filière hydrogène en France selon McPhy. Voir
[Link]
15
[Link]
5
Fig. 1: Différentes chaînes de production d'hydrogène "vert"
3.1. L'électrolyse
1
𝐻2 𝑂 + é𝑛𝑒𝑟𝑔𝑖𝑒 é𝑙𝑒𝑐𝑡𝑟𝑖𝑞𝑢𝑒 → 𝐻2 + [𝑂]2 + 𝑐ℎ𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟
2
6
Fig. 2 : Schéma de fonctionnement d'une cellule. Source: SBC Energy Institute 2014, Hydrogen-basedenergy
conversion.
Les cellules sont disposées en série électrique au sein des technologies actuelles, grâce à
des électrodes bipolaires (anode d’un côté et cathode de l’autre), permettant une meilleure
compacité et une densité de courant plus élevée. Ce dernier point constitue un aspect
important dans le fonctionnement nominal d’un électrolyseur. En effet, le taux de
production d’hydrogène de la cellule augmente avec la tension aux bornes des cellules
(d’une valeur minimale de 1,23V pour engager la réaction), tandis que l’efficacité des cellules
diminue. Le producteur doit ainsi effectuer un compromis entre ces deux critères.
16
Regroupant jusqu’à une centaine de cellules. Leur nombre est limité par des contraintes de fabrication et de
tension. Pour plus de détails sur le système, voir l’étude du SBC Energy Institute, 2014.
7
3.1.2. Rendement et consommation du système
Ainsi, 4 à 5 kWh et 1 litre d’eau sont consommés par normo-mètre cube produitdans les
électrolyseurs industriels 18 . Finalement, la production d’un kilogramme d’hydrogène,
permettant un déplacement de 100 kilomètres pour tout véhicule léger à pile à combustible,
nécessite de 44 à 55 kWh d’électricité et 11 litres d’eau.
L’électrolyse alcaline
Cette première technologie utilise une solution d’hydroxyde de potassium (KOH) comme
électrolyte19. L’électrolyse alcaline constitue la solution de production d’hydrogène la plus
utilisée de nos jours, et propose un coût d’investissement faible en comparaison avec les
autres technologies d’électrolyse, notamment grâce à la simplicité des matériaux.
17
Voir la fiche 3.2.1 : Production d’hydrogène par électrolyse de l’eau – AFHYPAC, 2015.
18
L’énergie consommée correspondant à la différence entre les énergies de décomposition et de recomposition
des molécules. Un normo-mètres cube (Nm3) correspond à un mètre cube de gaz aux conditions normales de
pression et de température. Un normo-mètre cube d’hydrogène contient environ 90grammes d’hydrogène.
19
C’est la seule technologie utilisant un électrolyte liquide.
8
aspect est problématique pour un couplage avec des énergies intermittentes, il présente peu
d’inconvénients pour la production d’hydrogène à partir de l’hydroélectricité.
L’électrolyse PEM
Une seconde technologie d’électrolyseur utilise une membrane en polymère (PEM pour
Proton Exchange Membrane) comme électrolyte. Cette évolution d’un électrolyte liquide à
un électrolyte solide permet de considérablement réduire les coûts de maintenance,
d’entretien, dus aux effets de l’électrolyte liquide sur l’installation, ainsi que de compression
de l’hydrogène en sortie. De plus, l’électrolyse PEM propose une excellente solution de
production décentralisée, grâce à une meilleure réactivité aux variations de puissance ainsi
qu’une grande compacité du système21.
Avec des rendements de 62 à 77%, cette technologie est utilisée dans certains marchés
de niche, notamment dans les sous-marins, mais elle reste encore en phase de
développement pour une utilisation de masse. Le recours à des matériaux nobles,
notamment le platine, la durée de vie des membranes ainsi que les limitations de taille des
assemblages constituent les principaux obstacles rencontrés.
Les coûts actuels des électrolyseurs PEM sont de l’ordre du double de ceux des
technologies alcalines. Toutefois, cette technologie profite de la forte recherche sur les piles
à combustible PEM22, et dispose de caractéristiques prometteuses (forte densité de courant
acceptée, pression élevée). Les perspectives d’amélioration identifiées se situent
principalement au niveau de la capacité des empilements, de la diminution de l’utilisation
des matériaux nobles ainsi que d’une augmentation de la durée de vie des membranes.
Enfin, la recherche en laboratoire expérimente cette technologie à haute température (130-
180°C, contre 70 à 80°C pour les électrolyseurs actuels).
20
Voir la fiche 3.2.1 : Production d’hydrogène par électrolyse de l’eau – AFHYPAC, 2015.
21
Pour plus d’informations sur son fonctionnement, consulter l’étude de France Stratégie : Y a-t-il une place
pour l’hydrogène dans la transition énergétique. La compacité atteinte est jusqu’à 30 fois supérieure à celle des
électrolyseurs alcalins.
22
La plus utilisée pour la mobilité, par exemple sur la Toyota Mirai.
9
augmente23. Cela conduit à la suppression de catalyseurs nobles (platine ou iridium) ainsi
que l’énergie électrique à fournir pour atteindre le seuil de décomposition, ce qui diminue
fortement les coûts d’investissement et de fonctionnement.
Avec des rendements pouvant dépasser 90%, l’électrolyse SOEC se situe dans la phase de
recherche en laboratoire. Si les rendements actuels sont prometteurs, la dégradation
accélérée des cellules constitue le principal frein à un développement rapide.
Au delà des facteurs propres à chaque technologie, la diminution des coûts dans
l’optique d’un développement de masse de l’électrolyse s’appuie sur des aspects communs
aux différents électrolyseurs. Ainsi, afin d’optimiser l’utilisation des dispositifs de conversion
d’électricité ou de purification de l’eau, il est nécessaire d’augmenter la puissance disponible
par une mise en parallèle d’un plus grand nombre de stacks par électrolyseur26.
D’autre part, une réduction des coûts nécessite à la fois un accroissement de la capacité
de production par installation, via une amélioration de la capacité des cellules, ainsi que la
mise en place d’une production en série.
23
Voir Quentin Cacciuttolo. Apport de la pression sur les performances d’une cellule d´électrolyse de la vapeur
d’eau à haute température. Chimie théorique et/ou physique. Université Pierre et Marie Curie - Paris VI, 2014.
Français.
24
Avec cependant un électrolyte conduisant des ions O2- à la place d’ions H+. Pour observer les schémas des
dispositifs, se reporter à l’étude du SBC Energy Institute, 2014.
25
L’électrolyse PEM aussi mais avec des performances insuffisantes. De plus, l’électrolyse SOEC permet aussi
la coélectrolyse de l’eau et du dioxyde de carbone afin de produire un carburant appelé « syngas ». Cette
technologie pourrait donc utiliser le CO2 stocké pour la mobilité.
26
Le pourcentage du coût d’investissement de l’ensemble de ces dispositifs passe ainsi de 45% pour un
empilement à 35% pour 50 empilements.
10
Un des enjeux majeurs en vue de rendre ce procédé économiquement viable est
donc d’atteindre un coût de l’électricité d’origine renouvelable concurrentiel avec le prix du
gaz utilisé pour le reformage. L’amélioration des électrolyseurs (rendement, matériaux
diminuant la maintenance) constitue un autre facteur décisif, auquel s’ajoute la nécessité de
la mise en place d’une production d’électrolyseurs en série afin de diminuer leur part dans le
coût d’investissement. Enfin, une augmentation du nombre d’heures de fonctionnement
permet de réduire la part représentée par l’investissement, et finalement le coût de
l’hydrogène. La Erreur ! Source du renvoi introuvable. illustre l’évolution du coût du
kilogramme d’hydrogène en fonction de ces différents facteurs, et la Erreur ! Source du renvoi
introuvable. permet d’en observer la part du coût final27.
27
Étude du SBC Energy Instituteen 2014 d’une centrale de 85MW, avec une durée de vie estimée à 30 ans, un
coût d’investissement de 563€/kWh et un rendement de 79%. Le prix de l’électricité est fixé à 50€/MWh. Voir
p59.
Sur la Figure 3, SMR signifie SteamMethane Reforming (Reformage du méthane).
11
Fig. 4 : Coût de l'hydrogène en fonction de l'utilisation. Source : SBC Energy Institute.
28
Sur la base de 1 euro=1,3 US $. Voir l’étude Hydrogen Production Technical Team Roadmap, 2013.
12
L’utilisation de semi-conducteurs comme photo-catalyseurs au sein d’un électrolyte
aqueux permet de capter les photons afin de fournir l’énergie nécessaire à la migration des
électrons de la bande de valence à la bande de conduction au sein du matériau semi-
conducteur. Cette illumination aboutit à la réaction des électrons avec l’eau à la surface des
photo-catalyseurs29, dissociant l’eau en oxygène et hydrogène (voir Erreur ! Source du
renvoi introuvable.).
29
Catalyseur dont l'activité est déterminée par son exposition à un rayonnement lumineux. Source : CNRTL.
30
De 20°C à 60°C. Source : Hydrogen Production Technical Team Roadmap, 2013.
31
Voir : Un champ électrique interne pour booster la production d’hydrogène lors de la photoélectrolyse de
l’eau , CNRS, 2015
13
Encore au stade de développement, la recherche se focalise sur l’amélioration des
performances des matériaux semi-conducteurs utilisés ainsi que sur la compréhension des
phénomènes, notamment la durée de vie des trous électroniques. En effet, ceux-ci
représentent une part significative du coût du dispositif et n’atteignent pas les performances
nécessaires à une viabilité économique du procédé, particulièrement en termes d’absorption
lumineuse, de durée de vie et de coût. Par exemple, l’activité de l’un des photo-catalyseurs
le plus utilisé, le dioxyde de titane, est limitée à 4% du spectre solaire32. Ensuite, les semi-
conducteurs doivent être protégés, en raison de la corrosion induite par les électrolytes
aqueux utilisés33.
Ces contraintes augmentent la part déjà élevée du capital dans le coût total imputable
aux semi-conducteurs. En effet, si la simplicité du procédé réduit les coûts d’investissement
et de maintenance, les matériaux actuellement utilisés pour les électrodes ne permettent
pas d’aboutir à un prix de production de l’hydrogène concurrentiel.
32
Pour plus de détails sur les recherches actuelles, voir : Une nouvelle classe de photocatalyseurs activés par la
lumière visible , ainsi que De la rouille, du soleil et de l’eau pour produire de l’hydrogène , CNRS, 2015.
33
Un système d’enrobage des électrodes a été mis au point par Hypersolar. Cela permet en outre d’effectuer les
procédés sans contraintes de puretés de l’eau (eau de mer, eaux usées)
34
Highly efficient water splitting by a dual-absorber tandem cell, publiédans la revue Nature, 2012.
35
Voir solaire thermodynamique à concentration, Connaissance des énergies.
14
3.3.1. Le procédé et ses avantages
Fig. 6 : Cycle cérium-oxyde couplé à un système solaire thermodynamique à concentration. Source : USDRIVE -
Hydrogen Production Team Roadmap
De nouveaux réacteurs nucléaires à très haute température pourraient être consacrés à la cogénération
d’électricité et d’hydrogène, par un cycle iode/soufre de dissociation thermochimique de l’eau.
36
Plus de 3000 Kelvin pour une réaction irréversible. Voir fiche 3.2.2 : Production d’hydrogène par dissociation
thermochimique de l’eau - AFHYPAC, 2016.
37
De nombreux cycles sont possibles. Une étude du Département de l’Énergie américain (DOE) se concentre sur
les 9 cycles les plus prometteurs, parmi plus de 350 disponibles. Le couple qui a été le plus étudié est le couple
iode-soufre. Toutefois ce mode de fabrication est aujourd'hui en voie d'abandon.
15
les cycles actuels les plus prometteurs ont des rendements de l’ordre de20%38. Si le potentiel
de cette technologie est considérable, de nombreux freins ont été identifiés par le Sandia
National Laboratories (Département de l'Energie des Etats-Unis) :
Le Département de l’Énergie des Etats-Unis a mené une étude d’évolution des coûts de
l’hydrogène en fonction de différents facteurs39. La simulation se base sur une centrale
solaire thermodynamique à concentration de 13km² possédant une capacité de production
de 100 tonnes d’hydrogène par jour (Tableau 3).
Facteurs Rendement Durée de vie Baisse du coût Coût du solaire Coût en Coût en
des matériaux du réacteur concentré $/kg €/kg
2015 6,2% 1 an - 140$/m² 35,22 27,1
30% par rapport
2020 16,7% 5 ans 75$/m² 8,56 6,6
à 2015
30% par rapport
Au-delà 34,3% 10 ans - 3,84 2,95
à 2020
Chacun de ces facteurs a aussi un potentiel de diminution de coût dont il ressort que le
rendement de la dissociation thermochimique de l’eau constitue l’élément le plus décisif.
38
Rapport de l’énergie contenue dans l’hydrogène produit sur l’énergie solaire consommée. Ce résultat est lié au
taux de conversion de l’énergie thermique en énergie chimique, dépendant du cycle thermochimique utilisé. Pour
plus de détails, voir Hydrogen Production Technical Team Roadmap, 2013. Un recensement des efficacités des
différents cycles est disponible ici. Pour une meilleure compréhension des chiffres, se reporter à la table de
conversion du DOE.
39
Solar Hydrogen Production with a Metal Oxide Based Thermochemical Cycle, Anthony McDaniel et Ivan
Ermanoski, 2013.
16
Son augmentation de 6,2% à 34,3% permet de réduire le coût du kilogramme d’hydrogène
de plus de 87%.
L’eau et le soleil constituent les deux seules sources d’énergie de ce procédé. Il autorise
donc une production d’hydrogène en dissociation complète avec les infrastructures
actuelles. De plus, l’absence de recours à des électrodes ou à des semi-conducteurs permet
d’éliminer toute contrainte sur la qualité de l’eau ce qui diminue le coût des dispositifs
habituellement couplés et offre plus de possibilités d’implantation.
40
L’ATP et le NADPH. Le mécanisme de la photosynthèse est détaillé ici.
17
3.4.2. Les obstacles
41
Voir fiche 3.3.2 : Production de biohydrogène par des microorganismes photosynthétiques - AFHYPAC, 2014.
42
Hydrogen Production Technical Team Roadmap, 2013.
18
4.1. Recherche et pôles de compétitivité
Une initiative publique de grande ampleur appelée Horizon Hydrogène Énergie (H2E) a
été lancée en 200844. Ce projet a été cofinancé par l’État, et coordonné par Air Liquide, pour
une durée de 7 ans45. Il a rassemblé 17 partenaires (entreprises, instituts, laboratoires) dont
deux intervenants sur la phase de production d’hydrogène : Areva Stockage d’Énergie
(électrolyseurs PEM) et le CEA. Parmi les projets lancés, le projet MYRTE s'est focalisé sur le
couplage avec les énergies renouvelables46. Il a étudié un couplage entre des panneaux
43
Pour un montant de 76 millions d’euros, voir Tenerrdis, hydrogène énergie.
44
Site internet d’Horizon Hydrogène Énergie.
45
Air liquide prévoit de produire la moitié de son hydrogène à partir de sources renouvelables.
46
Projets H2E.
19
photovoltaïques, un électrolyseur, deux installations de stockage (solide et sous pression) et
une pile à combustible afin de tester la viabilité de l’écrêtage par stockage hydrogène. Il
pourrait aussi contribuer au stockage d'énergie sur sites isolés.
20
production d’hydrogène, son stockage puis sa restitution sous forme d’électricité. Enfin,
McPhy constitue un autre exemple d’entreprise développant une forte présence sur le
marché de l’hydrogène. Cette société conçoit des électrolyseurs alcalins, des solutions
complètes de production, stockage et distribution d’hydrogène. De plus, McPhy est l’un des
précurseurs dans le domaine du stockage solide de l’hydrogène à l’aide de galettes à base
d’hydrures de magnésium49.
49
Benoit Amiot. Stockage de l'hydrogène solide. [Link]
50
Voir le site internet du projet. Le dispositif décrit ici constitue le dispositif final, après plusieurs phases
d’évolution. Initialement, un électrolyseur alcalin était utilisé. Afin d’obtenir plus de détails, se reporter au
compte-rendu intermédiaire de l’expérimentation, septembre 2015.
21
4.2.4. Structure de financement de projets : Partenariat public/privé FCH JU
Le Fuel Cells and Hydrogen Joint Undertaking (FCH JU) est un partenariat à l’échelle
européenne entre la Commission Européenne, Hydrogen Europe (représentant 80
industriels) et le groupe de recherche [Link] (regroupant 59 laboratoires et instituts).
Cette concentration d’acteurs privés et publics permet d’agir à la fois au niveau de la
stratégie d’intégration des technologies, du déploiement industriel ainsi que de la recherche.
Après une première phase convaincante (2008-2014), le Conseil de l’Union Européenne a
renouvelé le partenariat pour une seconde phase, de 2014 à 2020, la dotant d’un budget de
1,33 milliards d’euros51.
Cette initiative européenne s’organise autour de deux pôles : transport et énergie. Elle
procède alors, selon les orientations de développement décidées au sein des pôles, à des
appels à projets afin de stimuler les innovations ou l’amélioration des technologies. Un appel
à projets structuré autour de 24 sujets a ainsi été lancé en janvier 2016, représentant un
investissement de 117,5 millions d’euros. Au sein de ce troisième appel, 11 projets
appartiennent au pôle énergie52. On y trouve par exemple le développement de procédés de
production d’hydrogène à partir de l’énergie solaire ou d’un électrolyseur de grande
capacité possédant un temps de réponse faible.
51
Site internet du FCH JU et détails de cette seconde phase au sein du plan d’action 2014-2020.
52
Pour un investissement de 56 millions d’euros. La liste de l’appel est disponible dans AnnualWork Plan and
Budget, FCH, 2016.
22
5.1. Évolution de la production et de la réglementation
À l'horizon plus lointain de 2050, les visions possibles du marché de l’hydrogène sont
portées par le développement des usages industriels et la volonté de construire des
systèmes énergétiques peu carbonés.
Les premières sont les moins incertaines puisque l'injection d'l’hydrogène directement
dans le réseau de gaz naturel permet d’éviter le coût de nouvelles infrastructures, mais elles
nécessitent un accompagnement de la part des industriels consommateurs d’hydrogène54.
Les secondes, axées sur une intégration locale de l’hydrogène, sont plus ambitieuses et
semées de nombreux verrous car, outre la maturité des technologies concernées,
l’intégration des systèmes hydrogène au sein des réseaux énergétiques en place constitue
un défi de taille. Elle passe par une « gestion sociétale » et une « volonté politique forte,
tant au niveau national que local »55.
53
L’hydrogène et les piles à combustible, ADEME, 2011.
54
L’AFHYPAC propose la mise en place de garanties d’origine hydrogène renouvelable.
55
Voir L’hydrogène et les piles à combustible, ADEME, 2011.
56
Voir le rapport L’hydrogène en France, AFHYPAC, 2015, page 12.
57
Voir le projet de texte réglementaire du 22/09/2015.
23
Article 121 de la Loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte en
vigueur au 25 mars 2016 :
58
On considère ici une consommation de 11 litres d’eau et 44,5 kWh par kilogramme d’hydrogène produit, puis
une consommation d’un kilogramme pour 100 kilomètres parcourus.
59
Voir Comité des constructeurs français d'automobiles et INSEE, 2014.
24
Tableau 4 : Simulation de consommation de la production d'hydrogène pour la mobilité
Conclusion
La filière hydrogène actuelle est mature, mais limitée. En effet, les moyens de
production par hydrocarbures sont majoritairement associés aux réseaux de sites industriels,
au sein desquels l’hydrogène est valorisé sous forme de matière première. Toutefois, ce
marché ne répond pas à l'émergence attendue d’un nouveau vecteur énergétique, tant en
termes de capacité de production que de faibles impacts environnementaux.
D'autres procédés démontrent une grande flexibilité par rapport aux conditions
d’entrée, tant en ce qui concerne les sources d'énergie que les qualités d'eau. Cette diversité
est l’un des atouts de l’hydrogène, puisque elle permet une approchedouble,centralisée et
décentralisée, selon la proximité du réseau électrique ou le taux d’ensoleillement. Une
60
En ne considérant que l’électrolyseur (800 €/kWh espérés en 2020, selon CGSP).
61
Hors stockage, transport, et distribution.
62
En rapide amélioration. Voir par exemple l’installation d’électrolyse de 6MW installée à Mayence
(Allemagne) par Siemens.
25
démultiplication de la production pourrait être possible qui permettrait, à terme, d’espérer
une réduction de la dépendance énergétique extérieure63.
63
Les importations d’énergie représentaient 70% du déficit commercial de la France sur le 1er semestre 2015.
26