1 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof.
Kapajika Badibanga
L’objectif de ce cours est d’apprendre aux étudiants :
- la genèse et la nature des magmas
- les processus de différenciation dans la chambre magmatique
- le volcanisme et le contexte géodynamique
- le dynamisme éruptif
- les produits volcaniques
- les types d’éruption et la distribution des volcans dans le monde
- les méthodes d’étude du volcanisme
- le volcanisme et l’environnement
- le calcul de Mgv à partir des données chimiques roches totales, pour
déterminer la nature des magmas
- la détermination des conditions physico-chimiques de cristallisation des
magmas (T et P) à partir de la chimie des minéraux (calculs à l’aide des
géothermomètres)
- la détermination des roches volcaniques au microscope
Introduction générale
A. Définition :
Le magmatisme orogénique est situé dans les zones orogéniques à la surface
du globe terrestre. Ces zones comprennent les zones de convergence
compressives et les zones de convergence extensives des plaques.
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- Zones de convergence compressive
a) Zone de subduction : la croûte océanique sous une autre croûte
océanique donne un arc insulaire ; la croûte océanique sous une croûte
continentale donne naissance à une marge continentale active.
b) Zone de collision :
Zone de convergence extensive des plaques :
La seule zone de convergence extensive des plaques se situe à l’Ouest
de l’Amérique du Nord. Tout a commencé par la subduction de la croûte
océanique du Pacifique sous la croûte continentale Nord Américaine.
Cette subduction a été arrêtée lorsque la ride océanique est arrivée au
niveau de la zone de subduction. La ride étant une zone de rupture, la
subduction a cessé et les deux plaques se sont retrouvées dans un
mouvement de convergence extensive. Dans la lithosphère nous pouvons
distinguer 3 cas dont seulement 2 sont courants.
1. Croûte océanique-Manteau lithosphérique
2. Croûte continentale-Manteau lithosphérique
3. Croûte continentale-Croûte océanique-Manteau lithosphérique
B. Conséquences de la subduction
- Conséquence sismique : La subduction entraîne les séismes ou
tremblements de terre dont le foyer se localise le long de la zone de
subduction. Cette zone a été étudiée en 1935 par Wadatti. Elle a été
étudiée avec plus de détails en 1954-1955 par Benioff.
C. LES SERIES MAGMATIQUES
INTRODUCTION
Sous l’influence des idées des premiers théoriciens de la pétrologie, on a admis pendant
longtemps l’existence de deux séries des différenciations issues l’une d’un magma parent
tholéiitique et l’autre d’un magma parent ayant la composition des basaltes alcalins.
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La réalité est apparue beaucoup plus complexe d’une part parce que l’évolution
magmatique n’est pas contrôlée dans tout le cas par le seul processus de cristallisation
fractionnée et d’autre part parce que les magmas basaltiques n’appartiennent pas à deux
types chimiquement définis. Malgré la diversité des basaltes, le nombre de séries
magmatiques est limité.
Notons que de nombreux facteurs interviennent dans la formation, la montée
et la cristallisation des magmas. Il s’agit de la composition de la zone source, taux de
fusion, nombreuses possibilités de contamination ou d’hybridation, le fractionnement de
la cristallisation, mais surtout la position du magmatisme par rapport au contexte
tectonique. Toutes ces conditions sont à l’origine de certains nombres
de séries des roches. Les séries magmatiques sont caractéristiques des sites
géotectoniques. On peut définir ces séries magmatiques comme des ensembles de
roches magmatiques qui vont constituer sur le terrain des associations spatiales et
temporelles. Trois grands critères sont définissables :
- Critère spatial : les roches d’une même série appartiennent toutes dans un espace
géographique limité ;
- Critère temporel : la distribution des roches se fait dans un temps relativement
court donc dans quelques millions d’années ;
- Critère géologique : il existe entre diverses roches d’une même série une
communauté de caractères minéralogiques et surtout chimiques qui reflètent une
évolution régulière.
TYPES DES SERIES MAGMATIQUES
De nombreuses séries magmatiques, on a mis en évidence cinq principales qui sont :
1º) Série tholéiitique ;
2º) Série calco-alcaline ;
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3º) Série alcaline ;
4º) Série transitionnelle ;
5º) Série shoshonitique.
Dans une série magmatique, un même magma parent donne par la différenciation
plusieurs magmas fils.
Série tholéiitique
Le mot tholéiitique utilisé pour définir un type de basalte sert également à désigner
une série magmatique. Il y a donc dans la terminologie une ambiguïté, la série
tholéiitique la seule dont les termes basiques soient représentés dans les basaltes
tholéiitiques ; elle n’est pas non plus constituée uniquement de tholéiitique mais aussi
des laves intermédiaires appelées andésites mais qu’il est plus correct d’appeler
islandites et des laves acides de composition rhyolitique.
Dans la série tholéiitique, le rapport Na2O +K2O/SiO2 est faible et le magma est
saturé en silice (il n'y a pas de feldspathoïdes).
Le magma de départ est un basalte tholéitique (très pauvre en silice) et on le rencontre
généralement au niveau des dorsales océaniques, des arcs insulaires et dans le
volcanisme continental (trapps). Le basalte tholéiitique se forme à faible pression (donc
à faible profondeur) à partir du manteau. Par enrichissement progressif (contamination,
cristallisation fractionnée) de ce magma, il y a formation d'andésites (islandites), puis
de rhyolites. Le stade basalte est le plus courant.
La série tholéiitique comprend :
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- Pour le pôle basique, les basaltes tholéiitiques ou tholéiites (MORB : Mid
Oceanic Ridge Basalt) où peut apparaître, dans certains cas, une forme de
silice ;
Figure : Distinction des principales séries magmatiques à partir d’un
diagramme teneur en alcalins (Na2O + K2O) / teneur en silice.
En fait la limite séparant la série calco-alcaline et la série tholéiitique est
floue, les deux séries occupent à peu près le même domaine (voir figure 5)
et c’est l’évolution des séries (par exemple sur un diagramme AFM, figure
2) qui permet de distinguer réellement les deux séries.
- Pour les laves intermédiaires, des andésites particulières dont le
plagioclase est un labrador zoné pouvant passer à l’andésine et qui
contiennent un clinopyroxène pauvre en calcium: la pigeonite. Elles sont
aussi caractérisées par une teneur en fer plus forte que dans les
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andésites des chaînes péripacifiques, on leur donne le nom d’islandites
pour les différencier de celle-ci ;
- Pour le pôle acide, il peut avoir des rhyolites et des différenciations dites
« granophyres» dans les équivalents subvolcaniques (dolérites) et intrusifs
(gabbros).
Les tholéiites se rencontrent principalement au niveau des dorsales
océaniques (75% de la production totale de magma soit 3 km3/ an), elles
forment donc le fond des océans et des mers marginales. Elles
correspondent aussi à une partie importante des émissions volcaniques des
zones axiales des rifts continentaux en phase d’expansion.
Des produits de la série tholéiitique se rencontre aussi dans les arcs insulaires
(tholéiites d’arcs, voir tableau1), soit en début d’activité, soit sur la façade océanique du
système insulaire. Des tholéiites existent aussi dans le volcanisme intraplaque, au niveau
des certaines îles océaniques et volcans sous-marins.
On connait enfin des tholéiites continentaux formant des vastes étendues de
coulées superposées (plateaux et trapps). Elles se distinguent des tholéiites océaniques
par une plus forte teneur en silice, en potassium et en terres rares. Ces laves sont en
général soit contemporaines, soit légèrement antérieures à l’ouverture de l’océan qu’elles
bordent. On en trouve au Brésil et en Afrique du Sud, daté d’environ 120 M.a., de part
et d’autre de l’Atlantique Sud, en Amérique du Nord, au Maroc et en Mauritanie (150
M.a., Atlantique Nord). De même, on peut citer les séries du Deccan (Inde) et du Karroo
(Afrique du sud) pour l’océan Indien et celle de l’Ethiopie et des Afars pour la mer
Rouge. Il en existe également en Allemagne.
La faible valeur du rapport (Na2O+K2O)/SiO2 est l’un des caractères chimiques
principaux de la série tholéiitique. Ainsi, les laves de cette série sont plus pauvres en
Na2O et en K2O que les autres séries.
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Le calcul de la norme C.I.P.W. (Cross, Iddings, Pearson, Washington) montre l’excès de la
silice (SiO2), d’où c’est la série tholéiitique. Ce calcul fait apparaître pour toutes les
laves de cette série une sursaturation en SiO2 c'est-à-dire la présence du quartz et de
l’hypersthène normatifs.
L’existence d’un enrichissement marqué en Fer dans le terme intermédiaire
(Ferrobasaltes, islandites) est souvent considérée comme une particularité de cette
série. On peut la mettre en évidence à l’aide d’un diagramme AFM que voici :
Figure 2 : Diagramme AFM mettant en évidence deux séries magmatiques : la série
tholéiitique et calco-alcaline
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Outre ce diagramme, on la met aussi en évidence grâce à un diagramme de Harker (voir
diagramme de KUNO figure 4).
Le terme le plus basique de la série s’appelle picrite tholéiitique ou basalte
tholéiitique. Le premier basalte qui se différencie s’appelle islandite (andésite
tholéiitique) et le dernier terme est la rhyolite tholéiitique (on peut y trouver l’indice de
différenciation DI).
Basalte tholéiitique Islandite Rhyolite tholéiitique
Du point de vue minéralogique, la pigeonite (pyroxène pauvre en calcium) est le
minéral le plus caractéristique. La fugacité d’oxygène (PO2) est faible, donc le magma
est pauvre en eau. Les minéraux ferrotitanés (oxydes de Fe-Ti et les minéraux
hydroxylés : Biotite, Amphiboles, Muscovite) sont exclus dans ce magma.
Le plagioclase est au liquidus c'est-à-dire le premier minéral qui apparaît dans le
liquide magmatique. Il extrait Al2O3 et CaO donc les minéraux qui se forment vont être
pauvres en Al2O3 et CaO. D’où les phénocristaux du type Augite subcalcique.
L’olivine lorsqu’elle existe, apparaît essentiellement sous forme des phénocristaux,
elle est parfois en quantité importante dans les basaltes picritiques et elle présente
souvent une réaction avec le liquide sursaturés en silice et se transforme en
orthopyroxène (exemple : hypersthène). Le diagramme de KUNO permet de discriminer
les séries suivantes :
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Figure 4 : Les grandes séries volcaniques et leur position sur un diagramme alcalins-silice
(diagramme de Harker)
Il existe de nombreuses façons de mettre en évidence les relations génétiques qui
existent entre les roches d'une même série. Les diagrammes les plus utilisés sont les
diagrammes de Harker et en particulier le diagramme alcalins en fonction de SiO2
(diagramme ci-dessus), c'est à dire de Na et K en fonction de la saturation en silice (ou
acidité) de la roche:
- Les roches acides : SiO2 > 65 % (cas des granites).
- Les roches intermédiaires : 52 % < SiO2 < 65 % (cas des andésites).
- Les roches basiques : 45 % < SiO2 < 52 % (cas des basaltes).
- Les roches ultrabasiques : SiO2 < 45 % (cas des péridotites).
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Série calco-alcaline (ou série à hypersthène)
En théorie, le rapport alcalins/silice est plus élevé que dans la série tholéiitique,
de plus la teneur en Na2O est supérieure à celle en K2O. En fait, la limite séparant la
série calco-alcaline et la série tholéiitique est floue, les deux séries occupant à peu près
le même domaine (Figure 5) et c’est l’évolution des séries (par exemple sur un
diagramme AFM figure 1) qui permet de distinguer réellement les deux séries.
La série calco-alcaline contient comme la précédente des laves sursaturées en
silice, elle en diffère cependant sur des nombreux points. Les laves qui la caractérisent
sont celles basaltiques qui sont riches en Aluminium (Al2O3>>17%), les andésites (SiO2
entre 53et 62%), dacite (62%<SiO2<68% c'est-à-dire SiO2 est comprise entre 62 et
68%) et rhyolite (SiO2>68%). Les points représentatifs et leurs compositions se situent
dans un diagramme alcalins/silice dans un domaine particulier compris entre celui de la
série tholéiitique et de la série alcaline. Elles sont donc riches en alcalins (avec
Na2O>K2O) que celle de la série précédente. Dans la série calco-alcaline: le rapport
Na+K/SiO2 est plus fort. Na est dominant par rapport à K. Cette série se rencontre
dans les zones de subduction (Cordillères) et les arcs insulaires évolués. Elle commence
par des basaltes et va jusqu'aux rhyolites. Le stade intermédiaire andésitique est le
plus courant.
Cette série est caractéristique du volcanisme des arcs insulaires évolués et des
cordillères des marges actives. On observe souvent une augmentation de la teneur de
K2O des laves en fonction de l’éloignement par rapport à la fosse de subduction. Il
existe encore des laves sursaturées mais leur teneur en silice et plus faible que pour la
série précédente. Il s’agit de rhyolites, de dacites, d’andésites et de basaltes. Ces
derniers ont des teneurs en alumine plus élevées (17 à 19%) que celle des autres
basaltes.
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Les séries tholéiitiques d’arcs se rencontrent surtout sur la croûte océanique et
intermédiaire (croûte océanique épaissie par adjonctions successives des matériaux
magmatiques ou croûte continentale amincie) alors que les séries calco-alcaline
potassique et shoshonitique (série calco-alcaline très riche en potassium) se limitent
pratiquement aux marges à croûte continentale. Dans ce dernier cas, la composante
rhyolitique semble d’autant plus importante que la croûte est épaisse. Ces variations
sont liées à la contamination des magmas par la croûte continentale et il est aussi
possible que la différenciation magmatique s’effectue plus facilement dans une croûte
épaisse offrant plus des sites pour des réservoirs magmatiques, les rôles de la croûte
subductée sont de mieux en mieux évalués (figure 14). L’influence de libération des
fluides (par métamorphisme de la plaque subductée) est capitale car ils métasomatisent
le manteau et provoquent sa fusion partielle. Celui-ci s’appauvrit donc en éléments
incompatibles. Les laves, riches en éléments incompatibles, se caractérisent par des
anomalies négatives en niobium (Nb), en raison d’une affinité plus faible de cet élément
pour les fluides. La fusion directe de la plaque subductée est possible pour la
lithosphère plongeante jeune et encore relativement chaude (moins de 20 M.a.). Il en
résulte la libération des magmas silicatés de la plaque plongeante pouvant à leur tour
réagir avec le manteau. Ces magmas se caractérisent par des anomalies négatives des
teneurs de terres rares lourdes (Y, Er, Yb, compatibles) qui restent piégées dans les
réseaux non fondus dans le faciès métamorphique des éclogites, voire des amphiboles
(grenat, amphibole).
En plus, dans cette série, il n’y a pas ou il y a peu d’enrichissement en Fer dans le
terme intermédiaire, ce qui peut expliquer la cristallisation précoce des oxydes
ferrotitanés (ilménite et titanomagnétite principalement). Le minéral caractéristique de
cette série est l’orthopyroxène (Hypersthène) qui est présent parfois en phénocristaux
et dans la mésostase, la pigeonite ; elle est absente ou très rare, l’olivine apparaît
souvent en phénocristaux dans les termes basique et intermédiaire, mais elle est
instable et par suite d’une réaction avec le liquide, elle se transforme en orthopyroxène.
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Les laves basique et intermédiaire de cette série sont porphyriques et les
phénocristaux de plagioclase ainsi que de clinopyroxène sont fortement zonés. Par
rapport aux islandites, les laves intermédiaires andésite et dacite sont plus riches en
Al2O3 (>17%) mais plus pauvres en TiO2 et en Fer.
La présence très fréquente des minéraux hydroxylés (Hornblende, Biotite, Micas)
constitue également une des particularités de la série calco-alcaline.
Série alcaline
La série alcaline diffère de deux précédentes par l’ensemble des caractères
suivants :
- Valeur du rapport alcalins/SiO2 est élevé ;
- Présence d’olivine stable (phénocristaux et mésostase) et des feldspathoïdes
(Néphéline, Analcime, Leucite, Haüyne, Noséane).
- Il y a absence d’orthopyroxène et de clinopyroxène pauvre en Ca
Le déficit dans le calcul de la norme en silice entraîne l’apparition des
feldspathoïdes virtuels et de l’olivine. La série alcaline est caractérisée par un
fort rapport alcalins/ silice (figure 1). Aussi les minéraux principaux sont-ils
l’olivine et les feldspathoïdes parfois accompagnés d’un clinopyroxène riche en
calcium (augite titanifère). Le feldspath alcalin est la phase essentielle des laves
acides (trachyte, phonolite), mais il est aussi être présent dans la pâte des
autres termes de la série. Les laves basiques renferment des enclaves des
péridotites ou des minéraux de cristallisation précoce.
On distingue suivant la valeur du rapport alcalins / silice :
- Les roches moyennement alcalines : basaltes alcalins (sans feldspathoïdes
exprimés) et basanites (à feldspathoïdes) ;
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- Les roches fortement alcalines : néphélinites (roches sans feldspaths mais
très riches en feldspathoïdes).
Par différenciation, ces laves sous-saturées aboutissent à des termes
saturés voire sursaturés ; les basaltes alcalins peuvent conduire à des trachytes
et des rhyolithes, les basanites et les néphélinites à des phonolites.
Une autre distinction peut être faite d’après la vapeur du rapport
Na2O/K2O. On parle alors d’une sous séquence sodique (Na/K >1) et d’une sous
séquence potassique (Na /K < 1). Dans la série moyennement alcaline, les roches
de la séquence sodique sont surtout des roches basiques (basaltes alcalins et
basanites) mais il existe aussi des termes intermédiaires, plus rares, les
hawaïtes (basaltes alcalins à andésine) et les mugearites (roches à oligoclase et à
pyroxène calcique, on parle parfois, pour ces roches d’andésito-basaltes), les
benmoréites (anorthose, andésine ou oligoclase) et des termes plus acides
(trachytes et rhyolithes). Les néphélinites de la série fortement alcaline
appartiennent aussi à la séquence sodique (tableau 1).
Pour la séquence potassique, dans la série moyennement alcaline, des
basaltes, des trachy-andésite et des rhyolites ou des phonolites. Dans la
série fortement alcaline, les roches sont rares et présentent des
compositions particulières souvent interprétées comme résultante d’une
contamination du matériel crustal.
La série alcaline est caractéristique du volcanisme des domaines
continentaux stables mais on la rencontre aussi dans le volcanisme
intraplaque océanique et, de plus, elle peut être associée aux deux autres
séries dans les arcs insulaires et les cordillères (du côté continental).
Le tableau 2 et la figure 15 résument les différentes occurrences
possibles de chaque terme des différentes séries en fonction de
l’environnement géodynamique.
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Série transitionnelle
L’existence d’une série intermédiaire entre la série tholéiitique et la série
alcaline montre qu’on ne peut pas considérer les séries magmatiques comme des entités
indépendantes les unes des autres du point de vue minéralogique et chimique. La série
transitionnelle est représentée par les basaltes à hypersthène et l’olivine normative,
des laves intermédiaires (ferrobasaltes, basalte à andésine enrichie en fer comme celle
de la série tholéiitique et des roches acides sursaturées en silice dont l’hyperalcalinité
constitue la caractéristique essentielle. Il convient ici de préciser ce que l’on entend en
pétrologie par lave hyperalcaline, il s’agit des roches dans lesquelles la quantité
d’alcalins est supérieure à celle qui entre dans la composition des feldspaths (et le
cas échéant des feldspathoïdes). Autrement dit, pour qu’une lave soit hyperalcaline, il
faut qu’elle satisfasse à la condition suivante : Na + K >Al. C’est le cas de comendites et
pentellerites c'est-à-dire des laves rhyolitiques des séries alcaline et transitionnelle.
Du point de vue minéralogique, les termes basiques de la série
transitionnelle, contiennent dans leur mésostase soit de l’olivine, soit de la pigeonite
et de l’hypersthène selon leur degré de saturation en silice ; des traces d’olivine et
de clinopyroxène pauvre en calcium sont souvent tenues pour caractéristique.
L’hyperalcalinité des laves acides se traduit par la présence des minéraux sodiques
non alumineux tels que : l’ægyrine, arfredsonite. Un exemple le plus connu de la série
transitionnelle est de BOINA en AFARS (Quaternaire récent) lié au contexte
d’extension.
Série shoshonitique
Cette série est caractérisée par une teneur très élevée en potassium. Les caractères
minéralogiques les plus remarquables de la série shoshonitique sont :
- La présence des phénocristaux zonés d’olivine, de clinopyroxènes, de plagioclases
et parfois d’orthopyroxènes ;
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- L’abondance des feldspaths potassiques dans la mésostase et autour des
phénocristaux de plagioclases (aussi bien dans le terme basique que dans le terme
intermédiaire).
- Présence dans la mésostase d’olivine relativement riche en Fer. D’autres minéraux
peuvent également se rencontrer notamment : la phlogopite interstielle,
l’analcime, la leucite ainsi que les polymorphes de haute température de la silice
(quartz, opale, tridymite, calcédoine, cristobalite, coésite, stishovite).
Le diagramme ci-dessous, recommandé par les instances internationales, a
l'avantage de visualiser directement la suite des roches obtenues dans les deux grands
domaines : le domaine sub-alcalin qui comprend la série tholéiitique, la série calco-
alcaline et la série transitionnelle; et le domaine alcalin qui comprend la série alcaline et
la série shoshonitique.
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Figure : diagramme de Harker alcalins-silice,
permettant de visualiser les grands domaines magmatiques (Cox et al., )
Nous pouvons aussi utiliser le diagramme AFM pour mettre en évidence ces séries
magmatiques. A = Na2O + K2O, F = FeO + Fe2O3 et M = MgO. La série tholéiitique marque
un enrichissement en fer. Dans les séries calco-alcalines, les minéraux opaques
fractionnent très tôt (cristallisent et sont expulsés de la série), donc pas
d'enrichissement en fer.
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ZONATIONS SPATIALES DES SERIES MAGMATIQUES
Chacune des séries magmatiques est caractéristique d'un environnement
tectonique particulier :
- La série tholéiitique : typique des zones de divergence (dorsales), mais on la
rencontre également dans les zones intraplaques océaniques (points chauds) ou
continentales (trapps), dans les zones de subduction (coté fosse), et dans les bassins
arrière-arc (zone de subduction, coté externe).
- La série calco-alcaline : caractéristique des zones de subduction. On peut ajouter
qu'elle constitue un excellent marqueur des zones de subduction anciennes (île de la
Croix par exemple).
- La série transitionnelle : se rencontre dans les zones intraplaques continentales et
dans les cordillères des marges actives.
- La série alcaline : typique des zones intraplaques continentales, mais on la rencontre
également dans les océans (certains points chauds : Açores...) et dans les cordillères des
marges actives (Andes).
- La série shoshonitique : se rencontre dans les cordillères des marges actives,
parfois dans les arcs insulaires.
- Conséquence magmatique : Il faut noter que les zones de convergence des
plaques se caractérisent par une activité magmatique très importante. En
effet, plus de 90% des volcans actifs dans le monde se localisent au
dessus du plan de Benioff.
- Le volcanisme orogénique comprend deux principales séries : La série
Tholeiitique et la série Calco-alcaline. Dans les séries calco-alcalines, c’est
le volcanisme andésitique qui est le plus important. Ainsi une andésite
orogénique est une roche intermédiaire de la série calco-alcaline
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caractérisée par 53 à 63% de SIO2 et TIO2 ˂ 1,75. Par rapport aux
teneurs en K on a défini Medium-K Andésite et High-K Andésite. Le
volcanisme andésitique va donc comprendre toutes les andésites et toutes
les roches qui sont génétiquement liées. Série calco-alcaline :
. Roches plutoniques : gabbros SiO2˂52%, diorites SiO2 52-56%,
Tonalites SiO2 56-65%, granodorites SiO2 63-69%, monzogranites
SiO2˃70%.
. Roches volcaniques : basaltes-andésites basiques-andésites acides-
dacites-rhyolites.
Série tholeiitique :
. Roches plutoniques : gabbros-diorites-tonalites
. Roches volcaniques : basaltes-icelandites
Le volcanisme orogénique est différent suivant le cadre géodynamique :
Arcs insulaires jeunes ou immatures
Ces arcs ont beaucoup de laves tholeiitiques qui prédominent. On les appelle les
IAT (Island Arc Tholeites) ex : Les îles Tonga (Tonga-Kermadec), les îles
Sandwich, les îles Mariannes
Arcs insulaires murs ou matures
Ces arcs ont des laves calco-alcalines avec des andésites dominantes ex : les
Antilles.
Marges continentales actives
Elles contiennent des laves calco-alcalines prédominantes ex : les Andes (chaîne
de montagne à l’Ouest de l’Amérique latine)
D. Marqueurs géodynamiques
Parmi les séries magmatiques trouvées dans les zones orogéniques, le
magmatisme ou le volcanisme calco-alcalin est exclusivement rencontré dans les
zones de subduction et non ailleurs ; d’où il constitue un excellent marqueur
géodynamique.
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E. Intérêts de l’étude du volcanisme andésitique (orogénique)
a) Protection contre les séismes
Les limites des plaques convergentes où se trouvent les séries calco-alcalines
sont le siège d’une activité sismique importante. Ainsi l’étude du magmatisme
calco-alcalin permettra de réduire les risques présentés pour l’homme par les
séismes.
b) Protection contre les éruptions volcaniques
Le volcanisme andésitique par sa grande quantité de gaz est très explosif et
destructeur. Son étude permet donc d’effectuer des prévisions volcaniques et
prévenir des populations contre le danger. Ex : L’éruption du volcan de l’île Sainte
Hélène à l’Ouest des USA en 1980 a détruit tout un village et fait 30.000
victimes.
c) Sur le plan pétrologique
La composition chimique moyenne des andésites étant semblable à celle de la
croûte continentale, l’étude des andésites et celle des granitoïdes associés est
importante car ces roches contribuent au maintien de l’épaisseur de la croûte
continentale ainsi que de sa composition.
d) Sur le plan économique
Le volcanisme andésitique est lié à la formation des gîtes métallifères. En
neffet, les porphyry copper de la chaîne des Andes sont des granitoîdes
porphyriques calco-alcalins contenant du cuivre.
CHAP I : CONTEXTE STRUCTURAL DU MAGMATISME OROGENIQUE
I.1 Situation géodynamique
I.1.1 Distribution géographique
Le volcanisme orogénique est situé :
-sur les arcs insulaires immatures compris entre 15 et 25 Km d’épaisseur (Tonga
Kermadec, Sandwich…).
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-Sur les arcs insulaires établis sur la croûte intermédiaire d’épaisseur entre 25-
40 km (ex. les Antilles).
-Sur les marges continentales actives d’épaisseur supérieure à 35 km ex. les
Andes du Pérou et du Chili, Cascades Rangers à l’Ouest des USA, en Amérique
centrale.
-Sur les fragments des croûtes continentales détachées d’épaisseur de 25 à 40
km ex. japon, nlle zelande.( Kamtchaka à l’Est de l’URSS, l’Alaska à l’Ouest du
Canada.)
-Péninsules continentales : 25-40 km ex kamtchaka, alaska
-Sur les zones de collision d’épaisseur supérieure à 30 km ex. la chaîne de
l’Himalaya et les Alpes Mésogéennes au sud de l’Europe.
I.1.2 Les composantes géodynamiques d’une zone de subduction
a) cas de la subduction d’une C.O sous une C.O
1° Bassin marginal ou bassin arrière arc (back arc basin) (schéma)
2° Bassin avant arc : contient le triangle d’accrétion dans lequel s’accumulent les
sédiments non avalés par la zone de subduction.
3) Fosse océanique
b) Cas de la subduction d’une croûte océanique sous une croûte continentale : On
a pratiquement les mêmes composantes que pour le cas précédent.
I.1.3 Différents paramètres qui interviennent dans la production du volcanisme
andésitique.
- Angle d’inclinaison de la croûte subductée : Généralement il faut des angles
supérieurs à 25° pour produire du volcanisme.
- L’épaisseur et la nature de la croûte supérieure sur laquelle s’est édifiée la
chaîne volcanique : Une croûte continentale très épaisse va bloquer le volcanisme
et favoriser le plutonisme.
- La profondeur atteinte par la croûte subductée doit être supérieure ou égale à
70 km.
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- La vitesse de convergence de deux plaques : cette vitesse varie de 1 à 11 cm/an
suivant les zones orogéniques.
Lorsque l’angle de plongement de la croûte subductée est faible (cas général de
la subduction CO sous CC) il n’y a pas de volcanisme car le manteau se refroidit
rapidement, le couplage étroit entre la croûte océanique subductée et la croûte
continentale entraîne des contraintes tectoniques compressives qui bloquent le
volcanisme et favorisent le plutonisme.
I.2 Relation entre subduction et volcanisme
Le début de l’activité magmatique après le fonctionnement d’une subduction
dépend de la profondeur atteinte par la croûte subductée qui, elle-même est liée
à l’angle de plongement et à la vitesse de convergence de deux plaques. Cette
profondeur est de plus ou moins 70 km, mais généralement la profondeur de
genèse de magma ou de séismes est située entre 100 et 200 km avec la moyenne
de 124 plus ou moins 38 km.
Relation entre X et α (schéma)
X : distance entre fosse et arc volcanique.
α : angle de plongement. α ˃ α’→X˂X’.
A la fin de la subduction le volcanisme peut continuer pendant plusieurs millions
d’années. Ex1 : Au niveau de Cascades Ranger, il n y a plus de subduction, ni de
séisme mais le volcanisme continue jusqu’à nos jours. Ex2 : Le volcanisme de
Saint-Hélène continue alors que la subduction a cessé.
I.3 Modalités de la subduction
Selon Hyeda, il existe 2 principaux types de subduction :
1) Le type CHILI : Il s’agit de la subduction de la croûte océanique sous la
croûte continentale. Ce type est caractérisé par les faits suivants :
- Le continent avance vers la zone de subduction
- L’angle de subduction ou de plongement est généralement faible et c’est ce
qui fait que 2 croûtes ont tendance à se frotter l’une contre l’autre et cela
22 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
a pour conséquence la production des contraintes très fortes (régime
compressif assez accentué). A ces conséquences on peut ajouter :
- La production d’un magma à faible profondeur dans le manteau
- La durée du magmatisme est très courte car le manteau est refroidi
rapidement
- L’ascension du magma à la surface est difficile, d’où le plutonisme
abondant, ex. les Andes de Perou-Chili : Sur 20 km3 de produits
magmatiques émis, 18 km3 représentent les roches plutoniques et 2 km3
seulement sont représentés par les laves.
2) Le type MARIANNES
Dans ce type, le continent se retire généralement à la suite du
fonctionnement des cellules de convection thermiques qui créent le bassin
marginal. Le régime compressif est faible sans contraintes tectoniques
importantes et l’angle de subduction est généralement élevé. Le magma est
généré à grande profondeur et il monte à la surface, d’où il y a plus de
volcanisme que du plutonisme.
Remarque : On peut passer du type Chili au type Mariannes, ex. le Japon.
La plaque Pacifique s’enfonce sous la plaque Euro-asiatique et il y a
fonctionnement des cellules de convection qui ont fracturé la croûte car
épaisse de plus ou moins 11 km, et l’Asie se retire parce que la subduction
continue et nous avons des fragments de croûte continentale détachés et
le passage du type Chili au type Mariannes a lieu.
I.4 Facteurs qui contrôlent la géométrie de la zone de subduction et la
localisation des chaînes volcaniques
I.4.1 Vitesse relative de rapprochement de 2 plaques
Si cette vitesse est forte, l’angle de subduction est faible et la distance X
est grande. Si la vitesse de rapprochement de 2 plaques est faible, l’angle
de subduction α est grand et X est faible.
I.4.2 La subduction des rides océaniques, des seamounts et des plateaux
océaniques
23 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Les alignements océaniques sont asismiques qui évoluent avec la direction
de mouvement de la plaque en s’éloignant des points chauds jusqu’à la zone
de subduction après des milliers d’années, ex. les îles Hawaï. Les
seamounts sont des îles volcaniques sous-marines trouvées au niveau de la
plaque NAZCA. Les plateaux océaniques sont des îles sèches. Lorsque ces
structures sont entraînées dans la zone de subduction, généralement elles
font flotter la plaque lithosphérique subductante à cause de leur densité
légère, ce qui fait que l’angle de subduction va devenir faible et la
profondeur exigée ne sera pas atteinte ; ainsi il n’y aura pas de
magmatisme orogénique.
1.4.3 L’âge de la lithosphère subductée
Cet âge a une influence sur la subduction en contrôlant la densité de la
croûte océanique. Si cette croûte océanique est jeune, elle est chaude et
légère et elle aura tendance à faire flotter la croûte dans son ensemble et
l’angle sera faible. Si la croûte océanique est vieille, elle est froide et
dense et a tendance à s’enfoncer et l’angle sera grand. Les hypocentres
des séismes sont plus profonds quand la croûte océanique est vieille.
I.4.4 Facteurs qui contrôlent la fin d’une subduction
- Le changement de direction de la plaque subductée
- L’implication d’une dorsale océanique dans la subduction ex. à l’ouest de
l’Amérique du Nord.
- La collision de 2 plaques
Quand la subduction cesse, on observe généralement la mise en place du
magmatisme alcalin bimodal (persistance sur terrain des roches acides et
des roches basiques). Ce magmatisme bimodal marque la distension qui est
caractérisée par un magmatisme alcalin post orogénique.
I.4.5 La collision et le volcanisme
Il y a collision lorsque les deux plaques s’affrontent et aucune d’elles ne
s’enfonce sous l’autre à cause de la densité voisine.
Différents types de collision :
24 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
a) Type ARC-ATL : il s’agit d’une collision entre un arc insulaire avec une
marge continentale passive du type Atlantique. Ex. dans le futur
lorsque la croûte continentale Australienne entrera en collision avec
l’arc insulaire de l’Indonésie ; donc l’Australie va subducter l’Indonésie..
b) Type ARC-ARC : Il s’agit de la collision entre 2 croûtes d’arc insulaire.
Tout commence par une subduction de 2 côtés. Lorsque les 2 croûtes
océaniques seront détruites dans la zone de subduction, les deux
croûtes d’arc insulaire vont entrer en collision.
c) Type AND-ATL : La collision entre 2 croûtes continentales de marge
active et de marge passive, ex1. la collision qu’il y a eu entre la croûte
continentale Eurasienne et la croûte continentale Indienne avec la
formation de la chaîne Himalaya. Ex2. La collision entre la croûte
continentale Eurasienne avec la croûte continentale Africaine qui a
donné naissance à la chaîne des Alpes et des Pyrénées au sud de
l’Europe. Ex3. La collision entre la croûte continentale de la plaque
arabique avec la plaque Eurasiatique qui a donné naissance à la chaîne
de collision qui est située au niveau de la Turquie et de l’Iran.
Avant la collision, il se produit généralement ce qu’on appelle obduction.
Pendant le processus de subduction, il arrive que la croûte océanique ne
pouvant plus s’enfoncer, se casse et monte au dessus soit de la marge
continentale active, soit au dessus de la croûte d’arc insulaire, soit il
est associé au prisme d’accrétion. Pendant que les 2 croûtes
continentales se rapprochent l’une de l’autre et au moment de leur
affrontement, la croûte océanique qui a été obductée est broyée dans
la zone de contact entre les deux croûtes et elle est en même temps
métamorphisée et constitue ce qu’on appelle la suture ophiolitique. Les
ophiolites représentent donc la croûte océanique qui a été obductée,
broyée et métamorphisée dans la zone d’affrontement de 2 croûtes
continentales. Elles sont composées de basaltes, gabrros, péridotites
serpentinisées, diorites, etc.
I.5 Relation entre subduction-collision d’une part et tectonique-
métamorphisme d’autre part.
25 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
a) Cas de la subduction
Il se réalise le plissement des sédiments qui sont contenus dans le
prisme d’accrétion avec développement d’un métamorphisme de haute
pression près de la fosse ou au niveau de la fosse. Lorsqu’on s’éloigne de
la fosse, l’intensité du plissement diminue et on passe au
métamorphisme de basse pression.
b) Cas de la collision
Les 2 croûtes continentales étant entrées en collision, les sédiments
qui étaient plissés pendant la subduction sont plissés et charriés dans
les deux sens (chaîne à double déversement). Il en résulte un
télescopage total de 2 croûtes et un épaississement crustal
considérable. C’est pendant ce temps de collision que la croûte
océanique est obductée, écrasée, broyée et métamorphisée et forme la
suture ophiolitique qui est intégrée à la chaîne. C’est pendant la
collision que se sont formées la plupart des chaînes de montagnes
plissées et métamorphisées, ex : Himalaya, Alpes, Pyrénées..
CHAP II : LES SERIES MAGMATIQUES DES ZONES OROGENIQUES
On trouve principalement les tholeiites d’arc IAT, les séries calco-alcalines, les
séries shoshonitiques et les séries alcalines. Les séries magmatiques ne sont pas
distribuées au hasard ; on observe une zonation spatiale.
II.1 Zonation spatiale
II.1.1 Zonation spatiale transversale
a) Zonation spatiale transversale chimique : Elle a été mise en évidence par
Dickinson et Harterton (1971-1974). Ces auteurs ont observé au niveau de
la plupart d’arcs magmatiques que les teneurs de certains éléments
chimiques, particulièrement K, augmentent corrélativement avec
l’approfondissement de la zone de Benioff.
26 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Pour les K, on considère les 2 paramètre K55 et K60.
K55 c’est la teneur en K2O à 55% de SiO2 et les R qui
correspondent a cette teneur de SiO2 sont les diorites ( andésite ).
K60 c’est la teneur en K2O à 60% de SIO2 et les roches sont des andésites
acides. Zonation K-H
K : teneur en K
H : profondeur
Il n’existe pas une courbe d’évolution unique K-H pour tout arc magmatique
- pour chaque cas il ya une courbe particulière. Certains arcs
magmatiques très rares n’ont pas d’évolution K-h ensuite , d’autres
éléments tels que Rb, La, U sont également concernés par la zonation
transversale chimique.
b) zonation spatiale transversale minéralogique.
Près de la fosse, le magma qui cristallise donne le pyroxène du type pigeonite
(série tholeiitique). Quand on s’éloigne de la fosse, le pyroxène est
l’orthopyroxène (hyperstène) et les minéraux hydroxylés sont abondants (série
calco-alcaline).
II.1.2 Zonation spatiale longitudinale
On a observé des variations dans la composition chimique et minéralogique des
roches le long d’un même arc magmatique. Ces variations ou zonations sont dues
principalement à la nature de la croûte supérieure sur laquelle se mettent en
place les roches magmatiques orogéniques. Ex. au niveau de Tonga-Kermadec, on
a les séries tholeiitique et calco-alcaline. Au niveau de la nouvelle Zelande, on a la
série calco-alcaline. La différence est liée à l’influence de la nature de la croûte
supérieure qui supporte les arcs magmatiques.
II.2 Zonation temporelle
Dans beaucoup d’arcs magmatiques, on remarque que les séries magmatiques les
plus vieilles sont généralement basiques et se mettent en place près de la fosse.
II.3 Les tholéiites d’arc et les basaltes calco-alcalins
27 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Lorsque le manteau lithosphérique ou asthénosphérique entre en fusion
partielle à la suite de la subduction, les magmas produits sont de composition
basique et appartiennent soit aux séries tholéiitiques soit aux séries, calco-
alcalines. Les magmas des séries tholéiitiques d’arc ont la teneur en SiO2
˂ 52% et ceux de basaltes calco-alcalins ˂ 52% et riches en alumine. Les
IAT et les BCA présentent beaucoup de caractères chimiques communs,
même teneur en SiO2 et TiO2 ≤1,3% et le rapport Mg value
Mgv = Mg 55
Mg+ Fe2+
Cette faible valeur du paramètre Mg indique que la plupart de BCA et
des IAT ne sont pas primo-géniques c-à-d ne représentent pas le magma
produit directement en équilibre avec le manteau. Autrement dit, ce sont des
magmas différenciés à partir du magma primogénique.
Un magma primogénique remplit les condition suivantes :
- Il est basique avec SiO2 50 %
- Mgv 65%
- Teneur en Ni 150ppm
- Teneur en Cr 250 ppm
Exercice:
SiO2 : 44,65
Al2O3 : 15,59
Fe2O3:3,59
FeO : 8,85
MgO : 6.01
CaO : 11,65
Na2O: 3,69
K2O: 1,65
T2O2: 3,38
Mno: 0,20
P2O5: 0,59
28 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Calculez Mgv et donnez sa signification
Mgv=6,04/40
—
6,04 /40 + 8,85/72
Mgv = 55% d’où le magma est differencié.
NB : Ti = TiO2 (analyse) x 10000 (en ppm). Même procédure pour K et P .
80
II.4 Les andésites (magmas intermédiaires)
II. 4.1. Aspects volcanologiques
a) volcanisme andésitique est explosif
le caractère explosif est dû a une grande quantité de gaz et une
grande quantité d’eau dans le magma.
cette eau est a l’état gazeux au sous forme de vapeur à cause
de la température.
b) la présence des chambres magmatiques sous le volcan andésitique :
cette présence est vérifiée par les faits suivants :
- la présence des R- plutoniques en dessous du volcan
- la minéralisation de BP c-à-d de faible profondeur dans les roches
andésitiques.
- résultats de données sismiques : si les chambres sont
superficielles ( 10 km ) ce sont des produits magmatiques acides
qui sont émis et qui sont suivis par les produits magmatiques
basiques ou alors l’inverse.
c) d’autres caractéristiques :
- la T° d’émission c.à.d. la T° du magma quand il s’épanche à la
surface ( 1050 a 950°c)
- la teneur en eau ( 2 à 5%)
- la densité du magma andésitique (2,4 à 2,8)
- la vitesse d’ascension ou de montée (10 cm / an)
29 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
d) espacement des volcans andésitiques c.à.d. la distance entre
volcans varie d’un site a l’autre.
e) variation de la composition du magma pendant l’éruption :
- Lave acide au début
- Lave basique après ou l’inverse ; ceci est dû à la présence des
chambres magmatiques où s’est opérée une différenciation
magmatique par cristallisation fractionnée.
II.4.2. Minéralogie des andésites
Les andésites sont riches en phénocristaux ( plus de 60 % de
volume total de la roche ) parmi ces phénocristaux on peut citer
les plagioclases zonés, oxydes de fer et de Titane, amphibole ,
Biotite + olivine dans les andésite basique , clinopx et ortho px.
Dans la pâte ou mesostase, on a beaucoup d’autres px et beaucoup
de quartz de haute température tel que tridymite ( 890°c) et
cristobalite ( 1400°c).
La cristallisation des magmas andésitiques :
Les andésites cristallisent dans des condition de PH2O élevée,
dans des conditions de fugacité d’oxygène et sous des pression totale
PT allant de 7 à 10 Kbar. La richesse en eau est vérifiée par les
faits suivants :
- Le caractère explosif de magma
- Forte basicité de plagioclase
- Présence de l’amphibole et de la biotite
- Cristallisation précoce des oxydes de Fer et Titane ( Ilménite )
- Cristallisation d’orthopx dans la pâte.
Généralement dans les andésite , l’ordre de cristallisation des
cristaux est le suivant : oxyde Fe-Ti+Px+ olivine + amphibole et / ou
biotite + plagioclase + FK + quartz
- Les andésite d’arc insulaire sont pauvres en minéraux hydroxylés a
cause de la pression d’eau faible. Les andésites des marges
30 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
continentales actives sont riches en minéraux hydroxylés à cause de
pressions d’eau élevées dues à des fortes teneurs en eau qu’on
trouve dans la croûte continentale.
II.4.3 composition chimique des andésites basiques et acides
1. les éléments majeurs : Ces éléments majeurs sont exprimes sous
forme d’oxydes : SiO2, Al2 O3, TiO2,Fe2O3,
FeO,MnO,CaO,MgO,Na2O, k2O, P2O5.
Leurs proportions sont exprimées en % .
Les teneurs en SiO2 sont comprises entre 52 et 63%, Al2O3 17 %,
Mgv 55% , TiO2 1%
Au cours de la différenciation magmatique les andésites des séries
calco-alcalines montrent un appauvrissement en fer et Mg
corrélativement à l’augmentation de la teneur en alcalins pour les
séries des andésites tholéitiques.
D’autres éléments tels que Al2O3,CaO, TiO2, FeO total montrent une
diminution de teneur au fur et à mesure que SiO2 augmente.
2. éléments traces
Leurs concentrations dans les R sont très faibles, c’est pourquoi elles
sont exprimées en ppm. Il ya les alcalins et les alcalino-terreux tels
que Rb,Cs,Ca,Sr. Généralement Rb augmente avec SiO2 pendant la
différenciation. Le comportement de Rb est similaire avec celui de K ;
donc Rb est isomophe majeur de K et Sr est isomorphe de Ca.
Le rapport Th/Ta 10 c’est un paramètre discriminant par excellence
des séries magmatiques.
- Eléments de transition et éléments métalliques : Cr,Ni, Co,V,Sc ont de
faibles concentrations dans les andésites qui diminuent généralement
avec l’augmentation de SiO2.
31 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
- Eléments chalcophiles : Cu,Zn,Pb,Mo : leurs concentrations sont
totalement faibles dans les andésites et diminuent avec
l’augmentation de la silice.
- Les terres rares ( REE : Rare Earth Element) : les spectres des
T R dans les andésites sont caractérisés par un fort enrichissement en
TR légères ( LREE ) et un appauvrissement accentué en TR lourdes.
généralement on n’observe pas d’anomalie en Eu dans les andésites.
Comme L’Eu est fortement concentré dans les plagioclases, on
déduit que ces plagioclases ont cristallisé en équilibre avec le bain
magmatique.
- Si les spectre a une anomalie positive en Eu, cela implique qu’il ya eu
introduction d’une quantité supplémentaire de plagioclase venu d’un
autre magma, on dit que le plagioclase est cumulatif. S’il ya une anomalie
négative en Eu, Elle se traduit un déficit en plagioclase.
Les plagio pompent le Sr et les olivines pompent le Ni, les px
pompent le Cr.
3. les isotopes
La valeurs moyenne des isotopes dans les andésites ) 87 Sr/86Sr=
0,737 pour les andésites établies sur C.O ou sur CC de faible
épaisseur. Dans les andésites établies sur la CC épaisse ( 37km) le
rapport isotopique 87Sr/86Sr est de 0,704 -0,708
le rapport isotopique des andésites des arc insulaires confirme
l’origine mantellique du magma primaire des andésites le rapport
isotopique des andésites des marges continentales actives traduit en
plus des caractères liés au manteau l’influence de la contamination
par le CC.
II. 5 Genèse du magma orogénique
II.5.1. Différents facteurs qui interviennent sont les suivants :
32 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
- La croûte océanique
- Les sédiments
- La cristallisation fractionnée et mélange magmatique
- La croûte continentale
II.5.2. rôle de la croûte océanique
Elle est composée généralement de gabbros, basaltes, etc. Pendant la
subduction, la c. o est complètement métamorphisée dans le faciès
schistes verts ou schistes bleus, en amphibolite et éclogite au delà de
80 km de profondeur . Pendant cette transformation métamorphique, il
y a libération des fluides avec une grande quantité d’eau à haute
température. Sur base des expériences de laboratoire, différents
auteurs ont obtenu des liquides andésitiques par la fusion partielle des
amphibolites et des éclogites. Sur base de ces expériences on a
conclu que la c .o métamorphisée en profondeur pouvait fondre
partiellement et donner directement des andésites. Cependant
beaucoup d’arguments démontrent que la C.O ne peut pas directement
donner par fusion partielle des andésites pendant la subduction.
- Sur le plans volumétrique, la c. o a une faible épaisseur ( 10 km ) il
est donc impossible quel soit le taux de fusion partielle qu’elle
produise des quantités de magmas andésitiques observés à la
surface du globe.
- Sur le plan thermique, quand la C.O s’enfonce , il ya diminution de la
température le long de l’interface croûte-manteau. ce qui produit ce
qu’on appelle incurvation des isothermes. En ce moment-là les
températures sont faibles et ne peuvent pas fondre cette C.O.
- sur le plan chimique, certains caractère chimiques des andésites
expérimentales sont différents de ce qui l’on voit dans les andésites
naturelles. Dans les andésites expérimentales, CaO˃MgO+Na2O+K2O et
CaO˃MgO+FeO. Dans les andésites naturelles, CaO˂MgO+Na2O+K2O et
CaO˂MgO+FeO.
- sur le plan géodynamique ; la c. o n’a pas la même composition
partout et en conclusion, la c. o ne peut pas produire directement les
33 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
andésites par fusion partielle. toutefois, lors du métamorphisme,
cette croûte se déshydrate et les fluides libérés sont riches en
certains élément incompatibles qui vont enrichir le manteau sous-jacent
et favoriser sa fusion partielle.
- II.5.3 les sédiments
Il s’agit de sédiments qui sont piégés au dessus de la C.O. Comme ils
sont aussi riches en éléments incompatibles et qu’ils sont aussi
métamorphisés dans la zone de subduction , leur déshydratation va
libérer les fluides qui vont enrichir le manteau sous-jacent.
II.5.4 rôle du manteau
C’est un manteau enrichi géochimiquement par la déshydratation de
la c.o qui libère les fluides. Ces derniers percolent le manteau et favorisent
sa fusion partielle. Lors de cette fusion partielle, le magma produit est
basique et il est de nature IAT ou de nature BCA parce qu’il est produit en
équilibre avec le manteau il est aussi primogénique. Les arguments en
faveur de la genèse de magmas orogéniques à partir du manteau sont
les suivants :
- le volume important des magmas andésitiques à la surface du globe
est compatible avec les grandes épaisseurs du manteau.
- Il règne une température suffisante dans le manteau pour provoquer
la fusion.
II.5.5 cristallisation fractionnée et mélange magmatique ou
différenciation magmatique.
Le magma basique produit à partir de la fusion partielle va subir une
différenciation magmatique en 2 phases :
Cristallisation fonctionnée : lorsque le magma basique stationne à la
base de la CC ou au sein de celle-ci il va subir la C.F. en effet, le
fractionnement ou l’association olivine + cpx + opx + spinelle + plagio + (
magnétite , ilménite , titano- magnétite ) par la précipitation des éléments
Fe,Mg,Ca,Ni,Co, Cr, etc va enrichir et provoquer la stratification dans la
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chambre magmatiques qui aura à sa partie basale ( magma intermédiaire +
acide ) Ca,Na,Si,Al,K,Fe et Mg
- Différenciation magmatique par mélange magmatique :
Il s’agit du mélange de 2 magmas. Le premier est basique ou
intermédiaire et provient du manteau. Le deuxième est un magma acide qui
provient de la C.C. Le mélange va donner un magma hybride.
II. 5.6 Rôle de la croûte continentale
La c. c joue un rôle très important dans l’évolution pétrogénétique
des magmas andésitiques. Elle intervient par des effets chimiques et
effet physiques
a) Effets physiques : La CC a une influence sur le taux de fusion
potentiel du manteau.
L’auteur japonais SAKUYAN a démontré qu’en réalité, lors de la
subduction il y a une partie du manteau qui monte sous forme de
diapirs. Celui-ci peut s’arrêter soit a l’interface croûte -manteau soit
proche de celui-ci. Si la croûte continentale est épaisse, le diapir
mantelique s’arrête à grande profondeur,
en ce moment-là, le taux de fusion partielle sera faible et le magma
produit sera riche en éléments incompatibles.
Si la CC est moins épaisse, le clapir mantélique va s’arrêter à faible
profondeur, le taux de fusion partielle est élevé, en ce moment-là
le magma sera pauvre en éléments incompatibles.
- La présence d’une grande quantité d’eau au sein de la croûte va
augmenter la pression d’eau qui va influencer la cristallisation des
magmas andésitiques . La CC joue le rôle de filtre de densité ; les
différents types de magmas basique, intermédiaire, acide n’ont pas la
même densité. de l’autre côté, le manteau et la CC n’ont pas la
même densité : ce qui fait que lorsque le magma monte, la densité
va varier en f(x) de la nature du magma, elle - même conditionnée
par la CF.
35 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
b) effets chimique et minéralogiques de la CC.
les fluides qui circulent au sein de la croûte continentale sont
généralement riches en éléments incompatibles. Ces fluides
contaminent généralement les magmas andésitiques produits pendant
leur séjour dans la chambre magmatique. Cela a pour conséquence
l’augmentation de teneur en ces éléments. La présence des fortes
pression d’eau va favoriser la cristallisation des mix hydroxyles tels
que amphibole, biotite trouvés en grandes quantités dans les roches
andésitiques.
III.5.7. les granitoïdes
On appelle granitoïdes, toute roche magmatique plutonique ayant au
moins 5 % de quartz modal.
Parmi les granitoïdes on peut citer : diorite , tonalite , granite ; la
grande majorité des ces roches appartient à la série calco-
alcaline, tholéitique et alcaline.
Leurs caractères pétrologiques c.à.d. leurs compositions minéralogiques
et chimiques sont comparables à celles de leurs équivalents
volcaniques.
Les granitoïdes orogéniques sont rencontrés dans les zones de
convergence des plaques c-à-d dans les zones de subduction et de
collision et sont particulièrement au niveau des marges continentales
actives. On y trouve des séries calco-alcalines ( marge continentale
active ) et des séries tholéiitiques au niveau des arcs insulaires.
Les auteurs tels que Pearce et al ( 1984) et Harris et al (1986) ont
donné la classification suivante :
Granitoïdes GI : liés généralement à la subduction
GII : liés à la collision
GIII : liés à l’opération post-collision
GIV : liés à la distension post-orogénique
36 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Les granitoïdes GI sont appelés les VAG (Volcanic Arc Granite) ;
Les granitoïdes GIII post –collision ont les mêmes caractères
pétrologiques que ceux de GII car liés au même phénomène de
subduction. En effet , le magma parent ou originel qui les a produits
par CF est basique et d’origine mantélique, il possède la suite
complète qui va des diorites aux granites.
Les VAG et les granites post-collision ont une signature géochimique
très importante c-à-d Rb 200 ppn et Rb/Zr 1
L’évolution pétrogénétique des granitoïdes des VAG et post –collision
est la même que pour les R. volcanique équivalentes.
CHAP III : MAGMATISME ANOROGENIQUE
III. I séries volcaniques à l’intérieur des plaques
Dans la formulation initiale, le modèle de la tectonique des
plaques était incapable d’expliquer les phénomènes volcaniques qui se
produisent ailleurs qu’en bordure des plaques. Bien qu’il soit moins
abondant que celui des zones d’accrétion et de subduction, le
volcanisme intraplaque ne peut cependant être considéré comme un
phénomène accidentel ; il en existe de nombreux exemples actuels
et anciens aussi bien en domaine océanique que continental
a) Domaine océanique
le domaine d’extension géographique du volcanisme intra-
océanique ne peut être défini avec précision car un certain nombre
d’édifices volcaniques, même éloignés des dorsales sont liés au
mécanisme de sea floor spreading c.à.d. expansion des fonds
océaniques.
Les auteurs THORPE et SMITH ( 1965) admettent que les îles
volcaniques actuelles ou très récentes, de même que les édifices sous-
marins situés à plus de 2000 km de dorsale appartiennent
sûrement au volcanisme intra plaque.
37 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Les volcans océaniques aériens ou sous-marins ont tendance à
s’aligner sur des rides allongées caractérisées par l’absence de
séismicité, par une élévation importante de la topographie, par des
anomalies gravimétriques positives et par un flux de chaleur élevé.
Les rides aséismiques, grossièrement parallèlles les unes aux autres
dans une même portion d’océan se suivent sur plusieurs centaines de
km. Les laves intra-océaniques appartiennent pour la plupart à la série
alcaline ( basalte alcalin et produits de différenciation ) et sauf
exception satisfont à la relation Na k. le degré de sous saturation
en SiO2 est très variable d’une ride à l’autre et en différents
points d’une même ride.
le volcanisme tholeiitique existe à l’exemple de Hawaii réunion mais il
reste subordonné au volcanisme alcalin . de plus il diffère de celui
dans dorsale ou dans arcs insulaires par des teneurs plus élevées
en K et autres élément incompatibles , en Ti, en élément
radiogéniques et en TR légères. On a démontré que sur un même
alignement volcanique les laves montrent un variation régulière de
leurs âge - un exemple classique est celui de la rides empereur-Hawaï
dont l’âge varie de 75 millions d’années au niveau de la fosse des
Aléoutiennes jusqu’à 0 million d’années à Hawaï où le volcanisme est
actif.
Ex2 l’ensemble des îles de la Polynésie française constitue un autre
exemple d’alignements volcaniques dans lesquels l’âge des laves varie
régulièrement d’un produit à l’autre depuis le miocène jusqu'à la
période actuelle.
La migration du volcanisme s’effectue à une vitesse de 11 cm /an.
Pour expliquer ce phénomène , MORGAN a envisage l’existence sous la
lithosphère des points chauds ( panaches ou plumes ) fixes par
rapport au manteau ou se formerait pendant une période
relativement longue une quantité énorme de magma et puisque la
plaque lithosphérique se déplace sur l’asthénosphère , donc au dessus
du point chaud ( vers le NW dans le cas d’Hawaï) le magma qui
arrive à la surface de la plaque forme une traînée qui matérialise la
direction de déplacement.
b) Domaine continental
38 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
le volcanisme intra-continental plus accessible à l’observation que le
volcanisme intra-océanique est aussi difficile à délimiter
géographiquement. au niveau des marges continentales par exemple,
le problème se pose de savoir jusqu’à quelle distance de la fosse
s’exerce l’influence de la subduction sur le magmatisme. Cette
question se pose à fortiori dès que l’on considère les paléozones
de subduction. s’appuyant sur plusieurs exemple GILLILY ( 1971)
propose de fixer à 700 km de la fosse la limite supérieure
d’influence de la subduction sur le magmatisme.
Sur la partie continentale de la plaque africaine , le volcanisme
tertiaire et quaternaire est presqu’entièrement représenté par les
laves de la série alcaline . les laves calco-alcalines sont totalement
absentes. Les laves tholéiitiques existent mais en qualité subordonnée
et sont localisées sur le plateau éthiopien en bordure du proto-océan
de la mer rouge.
Malgré les apparences les districts volcaniques ne sont par
distribués de façon quelconque sur la plaque africaine. Ils sont
localisés non pas sur les vieux cratons mais sur les zones adjacentes à
flux thermique plus élevé.
L’existence des mouvements épirogéniques dans les zones volcaniques
récentes constitue l’une des caractéristiques de la plaque africaine.
Sous les massifs volcaniques tertiaires et quaternaires, le substratum
est surélèvé ( bombement de la lithosphère ). Le substratum est
élevé de 1 à 3 km. Les mouvements responsables de ce soulèvement
sont légèrement antérieurs ou contemporains des phénomène
volcaniques les vitesses de déplacement peuvent atteindre 1 à 2
cm/an. Les parties culminantes de bombement sont parfois
affectées des rifts. Ces dernièrs résultent des mouvements de
distension continentale.
Caractéristiques des laves des fonds océaniques.
Les basaltes des dorsales océaniques ont dans l’ensemble une
remarquable uniformité. La dispersion de composition étant plus
39 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
faible que celle de basaltes situés dans d’autres environnements.
ENGEL ( 1965) ont été les premiers à attirer l’attention sur le
caractère chimique des basaltes des dorsales océaniques le 1 ère de
ce caractère est la teneur exceptionnellement basse en éléments
lithophiles : K,Ba,Rb,Cs,P,Te,pB,Zr,U,et Th.
Le diagramme des TR normé aux chondrites montre un
appauvrissement en TR légères par rapport aux TR lourdes ; ce qui
permet de distinguer les basaltes des dorsales de ceux des iles intra
océanique qui sont enrichies en TR légères. Les basaltes des dorsal
tes se distinguent encore de basales des iles intra- océaniques et
des basaltes continentaux pour des valeurs faibles des rapport
isotopiques 87 Sr/ 86 et 206pb/204pb ces rapports isotopique sont
compris e 0,703
Quant aux iles intra-océanique , ce sont les diagrammes de distribution
des T-R qui constituent le critère de distinction le plus sur : les
basalte des iles enrichis en TR légères et ceux des fonds océaniques
sont pauvres en ces éléments.
Domaine continental
Les manifestations volcaniques sont beaucoup plus rares à l’intérieur
des plaques qu’a leur bordure. les proportions des volcans en activité
sont à cet égard significatives et trois % seulement sont situés en
domaines continental.
Les rifts africains :
Le système des rifts tertiaire et quaternaire d’Afrique orientale
constitue l’un des traits structuraux le plus marquant de la plaque
africaine parce que la fracturation de la lithosphère peut se
poursuivre sur plus de 3500 km de long.
Il est divisé en 2 branches : une branche orientale qui comprend les
rifts d’Ethiopie, du Kenya et de la Tanzanie et a l’ouest du lac
victoria une branche occidentale qui regroupe les provinces
volcaniques de Virunga , de toro-ankole et de Bukavu. Au sud de la
Tanzanie les 2 branches se rejoignent, les rifts ( Zambie, Malawi )
40 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
sont alors plus anciens ( l’âge mésozoïque ) et contiennent des
équivalents plutoniques et sub-volcaniques ( syénites néphéliniques,
carbonatites, etc) des laves des rifts plus récents situés au nord. La
chaîne de Virunga d’âge plio-quaternaire comprend 8 volcans principaux
parmi lesquels le NYAMULAGIRA et le NIRANGONGO sont encore
un activité. les laves sont basiques, sous-saturés en SiO2 et varient
de puis un pôle relativement sodique ( Na K) représenté par des
néphélinites et des ankaratrites, jusqu’à un pôle hyperpotassique
analogue à ce que l’on observe dans le Toro-ankole. Quant à la
nature des laves de Nyamulagira et Nyiragongo , il s’agit de
téphrites à leucite, des phonolites, des leucitites et des néphélinites
Le volcanisme de Tore-ankole est représenté par les roches basiques
sous-saturées, hyper potassiques, totalement dépourvues de feldspaths
Dynamisme éruptif
En fonction de la prédominance active de l’un ou de l’autre produit
volcanique et la composition du magma on distingue plusieurs types
de dynamisme éruptifs (voir le diagramme de GEZE)
Les éruptions laviques (hawaïennes) : Les laves sont fluides et
s’épanchent sous l’effet de la gravité sur les flanc volcaniques .
La lave est à très haute température (1200°C). La fluidité de ce
magma est due à la présence des gaz dessous. Une coulée transporte
souvent des blocs arrachés aux flancs du volcan après
refroidissement. Il s’agit des brèches qui l’on remarque à la base
des coulées.
Eruptions pyroclastiques ( strombolien et vulcanien) : Ces éruption
sont caractérisées par une grande explosivité à cause de la présence
d’eau et de gaz , la présence des chambres magmatique très
importantes qui sont aussi étagées ( volume important de magma ).
Dans ce type d’éruption le magma s’exprime en surface sans forme
de projection de pyroclastites de tailles variées, métrique,
décimétrique, mais souvent centimétrique et millimétrique.
41 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Ces projection sont rejetées en masse importante dans l’atmosphère
suivant des trajectoires paraboliques obéissant aux lois de la
balistique et retombent à quelques mètres ou quelques km autour du
cratère. Les particules de petite taille ( mm ou µm ) sont prises en
charge par les courants aériens jusqu’à des centaines de km avant
de retomber couvrant ainsi des superficies très importantes. D’une
façon générale, les dépôts de projection montrent un granoclassement
positif ( taille décroissante de la base vers le sommet) la présence de
gaz non dissous ou peu dissous dans le magma provoque d’énormes
explosions dans le volcanisme du type vulcanien, exemple : la montagne
Pélée en Martinique, l’île Ste Hélène aux USA.
VOLCANISME ET ENVIRONNEMENT
a. Conséquence du volcanisme sur l’histoire de la terre
Le volcanisme est né en même temps que la terre, lors de la phase
d’accrétion ; de sa formation il y a 4,6 milliards d’années. A partir d’une certaine
masse, les matériaux au centre de la terre subissent d’importantes pressions
créant ainsi de la chaleur, accentuée par dégradation des éléments radioactifs,
qui provoque la fusion de la terre qui dissipe vingt fois plus la chaleur
qu’aujourd’hui. Après quelques millions d’années, une pellicule solide se forme à la
surface de la terre. Elle est déchirée à de nombreux endroits par des flots des
laves, et par de grandes masses granitoïdes qui donneront des futurs continents.
Par la suite, les plaques lithosphériques nouvellement créées se
déchireront préférentiellement à des endroits précis où se formeront les
volcans. Pendant cent millions d’années les volcans rejetteront dans la maigre
atmosphère de l’époque de grandes quantités de gaz : diazote, dioxyde de
carbone, vapeur d’ eau, oxyde de soufre, acide chlorhydrique, acide
fluorhydrique,…Il y a 4,2 milliards d’années, malgré les 375°C et la pression 260
fois plus supérieure à celle d’aujourd’hui, la vapeur d’eau se condense et donne
42 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
naissance aux océans. Le rôle de la formation de premières molécules et de
l’apparition de la vie sur la terre peut être imputé au volcan.
En effet, les sources chaudes sous-marines ou les solfatares et autres
geysers offrent des conditions propices à l’apparition de la vie : de l’eau qui a
lessivé des molécules carbonées, des minéraux, de la chaleur et de l’énergie. Une
fois la vie répandue et diversifiée à la surface de la terre, les volcans auraient
pu provoquer à l’inverse de grandes extinctions : l’âge de grandes extinctions du
vivant coïncide avec l’âge des trapps. Ceux-ci auraient pu être provoqués par la
chute des météorites ou l’éruption exceptionnelle des points chauds. Les effets
combinés des gaz volcaniques et particules dispersées dans l’atmosphère
auraient provoqué la disparition de nombreuses espèces par un hiver volcanique
suivi d’une hausse de l’effet de serre par les changements dans la composition
gazeuse de l’atmosphère.
Une des théories les plus acceptées pour l’apparition de l’homme serait
l’ouverture du rift africain : uniformément humide au niveau de l’équateur, le
climat africain se serait asséché à l’est du rift qui arrêtait les nuages venant de
l’ouest. Les hominidés s’adaptant à ce nouveau milieu formé d’une savane, auraient
développé la bipédie pour échapper à leurs prédateurs.
Encore de nos jours, les volcans participent à l’évacuation de la
chaleur interne de la terre et au cycle biogéochimique mondial en libérant la
vapeur d’eau et les minéraux engloutis dans le manteau au niveau des fosses de
subduction.
b. Géomorphologie volcanique
Outre le volcan en lui-même, différentes formations géologiques sont
directement ou indirectement liées à l’activité volcanique. Certains reliefs ou
paysages résultent du produit direct des éruptions. Il s’agit des cônes
43 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
volcaniques en eux mêmes formant des montagnes ou des iles, des dômes et
coulées des laves solidifiées, des tunnels de lave, des pillow lavas et les guvots
des volcans sous marins, des trapps formant des plateaux, des accumulations des
tephras en tufs, des cratères laissés par la sortie des laves, …
D’autres reliefs résultent d’une érosion ou d’une évolution des produits
des éruptions. C’est le cas de dykes, necks, sills, roches intrusives, mesas et
planèzes dégagés par l’érosion, de caldeiras et cirques résultant de
l’effondrement d’une partie du volcan, des lacs de cratère ou formés en amont
d’un barrage constitués des produits de l’éruption, des atolls coralliens entourant
les vestiges d’un volcan sous marin effondré, etc.
LES MEFAITS D’UNE ERUPTION VOLCANIQUE
Les conséquences du volcanisme sont d'autant plus grandes que la plupart
des volcans sont situés dans des pays en voie de développement. Ces pays
n'ayant, en effet, pas les moyens de mettre en place une politique de prévision
des éruptions et de prévention systématique du risque volcanique.
a. Les dégâts humains
Pour l'homme, les principales menaces liées au volcanisme sont les
nuées ardentes, particulièrement meurtrières, les lahars, qui peuvent recouvrir
rapidement les terrains sous un mètre de boue, et les tsunamis, notamment
parce qu'ils peuvent frapper des populations situées sur un littoral loin d'un
volcan, donc non préparées à ce genre de situation. Les chutes de tephras, les
glissements de terrains, les émanations de gaz toxiques et les coulées de laves
sont des manifestations également dangereuses pour l’homme dans une moindre
mesure.
Jusqu'au début du XXe siècle, les éruptions volcaniques pouvaient être la
cause de grandes famines. En effet, lorsque les cultures étaient détruites par
44 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
les coulées ou les cendres, et que le bétail était décimé par les gaz et autres
éléments mortels produits par le volcan, l'absence de secours condamnait les
populations concernées à une mort certaine. Aujourd'hui, les aides extérieures,
nationales ou internationales, permettent de limiter ces effets secondaires.
Les gaz suffocants que transportent les nuées ardentes tuent les
victimes humaines en les asphyxiant ou en les brûlant tout simplement.
Les pluies acides provoquent des maladies chez les humains qui les
reçoivent ou qui les boivent. Elles sont à même de détruire certains vestiges du
patrimoine national ou mondial. D’où la chute du tourisme à court terme.
b. Les dégâts matériels
Les conséquences sur les biens sont également variables selon le type
de manifestation du volcanisme. Les dégâts matériels peuvent être très
importants même s'il n'y a pas de pertes humaines.
Les phénomènes volcaniques préjudiciables aux biens humains sont
nombreux. Les coulées de laves et de boue peuvent recouvrir, lentement pour la
première, plus rapidement pour la seconde, des villes entières. Les nuées
ardentes détruisent tout sur leur passage en raison de leur température et de
leur vitesse, tels que des habitats, de lieux peuplés, des routes, des ponts,…. Les
chutes de cendres peuvent se déposer sur plusieurs mètres d'épaisseur et ainsi
causer l'effondrement des bâtiments. Les glissements de terrain, selon leur
ampleur, peuvent frapper un village, un quartier ou toute une ville. Les tsunamis
peuvent remonter loin dans les terres tel est le cas à Hawaii où des traces du
passage d'un tsunami ont été découvertes à 300 m d'altitude…. De plus,
l'évacuation des populations peut engendrer des pertes de production et ainsi
affecter l'économie locale.
Le dépôt de matériaux réduit la profondeur des rivières et obstrue des
voies de passage importantes pour l’économie : « La perturbation du trafic
45 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
aérien est due à la nature des cendres volcaniques, différente de celles issues
d'une combustion. Ces cendres, à l'origine du "nuage", sont dures et saillantes,
car composées de pierre et de verre. Elles représentent donc un risque certain
pour le fonctionnement des moteurs d'avion ».
c. Dégâts environnementaux
Les conséquences négatives, celles touchant à la vie humaine, sont bien
évidemment valables pour la faune et la flore.
Destruction de la faune et de la flore par les projections des cendres
et des tephra qui recouvrent toute une région et provoquent ainsi la famine. Une
partie de cendres peut s'échapper dans l'atmosphère et faire plusieurs tours de
la terre. Ces même cendres vont causer des décharges des foudres qui
déclencheront des feux de forêt dans une région. Les projections des cendres
sont aussi à la base de la chute des températures atmosphériques les années
après l’éruption. Il peut y avoir aussi une perturbation du climat terrestre par
des nuages de cendres pendant plusieurs années puis création d’un hiver
nucléaire.
Les nuées ardentes qui peuvent être totales en présence du souffle
d'explosion dévastent totalement des zones environnantes et calcinent des
forêts. Ceci dans un laps de temps. Elles provoquent également l'évaporation
instantanée des eaux.
Le tsunami peut balayer une île et la dévaster à tel point que toute trace
de présence humaine soit éliminée. On peut ressentir des effets du tsunami
jusqu'à 18000 km où l'on peut observer des vagues de 9 m de hauteur. Il
provoque aussi la dévastation totale des zones environnantes.
Lorsqu’une éruption éjecte une grande quantité de SO2 dans la
stratosphère qui est transporté par le vent à des grandes distances du volcan,
une grande quantité d’acide sulfurique est alors emprisonnée par le nuage et
46 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
provoque ainsi les pluies acides qui refroidissent le climat et dévastent les
forêts entières.
INTERET DU VOLCANISME
Lorsqu'on sait que les éruptions volcaniques les plus meurtrières depuis
1700 ont fait environ 346000 victimes, on a le droit de penser que c'est très
dangereux d'habiter près d'un volcan.
Néanmoins, si les conséquences à court terme sont souvent désastreuses
pour l'environnement, elles peuvent se révéler bénéfiques à plus long terme. Ce
n'est pas par hasard que des centaines de millions de personnes vivent près des
volcans, c’est parce qu’ils y trouvent certains avantages. Eh bien, on estime que
sur la planète, 300 millions de personnes vivent grâce aux volcans malgré leurs
dangerosités.
a. Le volcanisme comme source de vie et de fertilité
Malgré la dangerosité apparente des volcans, ceux-ci ont différents intérêts.
D'abord, ils permettent à notre planète d'évacuer de la pression, car la Terre
est une planète vivante. On estime aussi que l'apparition de la vie sur Terre est
en partie due aux volcans qui ont relâché dans l'atmosphère naissante de
nombreux gaz qui se sont révélés fort utiles par la suite.
Durant la « naissance » de la Terre, les volcans ont rejeté des gaz (azote,
gaz carbonique et argon) dans l'atmosphère primitive. Cette dernière s'est
modifiée car elle s'est enrichie de ces gaz. En plus, la vapeur d'eau, en se
condensant, a donné naissance à des océans, puis les volcans sous-marins vont
changer la composition chimique pour donner naissances aux premières formes
de vie. On peut constater aujourd'hui que les volcans actifs restants témoignent
d’une planète Terre vivante par rapport à la lune, sans vie.
47 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Les premiers hommes ont vécu proches de volcans en Afrique de l'Est
grâce à la fertilité des terres. Les volcans permettent de renouveler
régulièrement la terre par leurs projections riches en soufre, magnésium,
potassium, calcium, sodium, phosphore,…, donnant un véritable engrais naturel. En
outre, les eaux des lacs qui sont riches en phosphores donnant vie à des poissons.
Grâce à cette fertilité de terres, certains pays ont trois récoltes par an au lieu
d'une ailleurs.
b. Le volcanisme comme source d’habitat naturel
Dans certaines régions, les coulées volcaniques, situées en relief,
s'effritent petit à petit à leur base par l'érosion donnant peu à peu un abri
naturel. Ces abris ont été aménagés par nos ancêtres de la préhistoire en des
abris préhistoriques tel est l’exemple des villes d'Auvergne en lave noire et
grise. Les avantages de ces abris sont d'une part dus à la matière volcanique
facile à creuser, imperméable et isotherme; et de l'autre une bonne protection
contre les ennemis à l’exemple du château fort naturel. Plus tard les pierres
volcaniques ont servi de matériaux de construction ou en cimenterie, comme des
pierres ponces et les pouzzolanes.
c. Le volcanisme comme source des richesses minérales
Le volcan contient aussi de la matière première appelé source de
richesse. A l'époque des romains, ces derniers utilisaient l'alun des grottes
volcaniques pour fixer les teintures pour les tissus.
Dans certains cratères, du dioxyde de soufre s'en échappe. Lorsque le
soufre liquide est cristallisé, les hommes peuvent l'exploiter pour la fabrication
de produits pharmaceutiques et d'allumettes.
De nombreux minerais sont liés à l'activité d'anciens volcans sur le globe
comme les importants gisements de cuivre, d'or, d'argent, de fer, de plomb, zinc,
étain, aluminium, uranium, etc. On constate que les lacs volcaniques peuvent être
48 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
exploités car ils contiennent des acides riches, du cuivre et du borax. On peut
utiliser les roches volcaniques et les minéraux gemmes pour fabriquer des bijoux.
Le diamant, entièrement constitué de carbone pur, est fabriqué dans les
profondeurs du globe sous des pressions énormes. Il est par la suite remonté le
long de cheminées volcaniques lors de phénomènes explosifs.
d. Le volcanisme comme source d’énergie et la géothermie
Pour l'homme, l'exploitation de la chaleur du sous-sol, est un rêve futur.
Cette énergie renouvelée en permanence, semble inépuisable à l'activité de notre
planète. Dans certaines villes, l'énergie souterraine est entièrement gérée par
géothermie. Pour que le système marche, d’une nappe souterraine en vapeur, on a
besoin de la chaleur. On distingue deux phénomènes : il est nécessaire d'avoir
une source de chaleur profonde. On la trouve généralement en région volcanique
dans un endroit où le volcan n'est pas trop actif pour ne pas risquer à
d'éventuelles destructions. L'eau souterraine se transforme en eau thermale,
source d’énergie de haute ou de basse température. Le premier cas est celui de
la « haute énergie » : la vapeur fait tourner des turbines pour produire de
l'électricité. Le deuxième est la « basse énergie » : l'eau pompée sort à une
température de quelques dizaines de degrés et est utilisée pour le chauffage.
Il existe des centrales géothermiques produisant de l'énergie
constamment sous forme de chaleur, dans quelques pays (Italie Islande, USA,
Russie,…). L'inconvénient de la géothermie est la pollution car les eaux captées,
après leurs passages souterrains, contiennent de nombreux sels minéraux
dissouts.
e. Autres conséquences positives:
• Attraction touristique par le spectacle grandiose et les activités
originales. Exemple: baignades en eaux thermales ;
49 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
• Sources de santé, les eaux thermales des régions volcaniques sont très
efficaces pour soigner certaines maladies, notamment l'asthme et les maladies
cutanées. Au Japon notamment, on soigne les rhumatismes avec du sable humide
chauffé par le sous-sol volcanique. Cette eau chaude produite par le volcan grâce
à sa chaleur peut être utilisée pour les besoins des hommes ;
• Les volcans produisent des nouvelles terres, notamment les îles
volcaniques comme Tahiti ou la Réunion ;
• Ils fournissent une exceptionnelle biodiversité comme aux Galápagos ;
• Aujourd'hui, la pierre ponce sert pour le polissage ;
• En chimie, elle constitue la base des cosmétiques ;
• Les roches volcaniques sont très utilisées pour tous usages chez
l'Homme, de la construction au dentifrice en passant par les allumettes ou les
pneus.
• L'activité tectonique et volcanique provoque une fissuration favorisant
le passage des fluides ;
• La circulation convective d'eau de mer qui se réchauffe et s'enrichit
en métaux à proximité de la chambre magmatique ;
• La décompression des solutions suite à la fissuration qui provoque
l'ébullition des fluides hydrothermaux et la précipitation des sulfures.
• Mais aussi un volcan nous donne du soufre, très utile pour certains
produits comme les allumettes, les pneus, la fabrication de l’acide sulfurique…. Le
soufre, ajouté au caoutchouc, augmente sa dureté de vie.
TP DE VOLCANOLOGIE :
-CALCUL DE LA COMPOSITION NORMATIVE DES
ROCHES VOLCANIQUES
50 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
-RAPPORT SUR LES TYPES DE MANIFESTATIONS
VOLCANIQUES
REGLES DE CALCUL DE LA NORME [Link]
1. Les quantités inférieures à 2mmol peuvent être négligées
2. MnO et NiO sont comptés avec FeO, de même BaO et SrO sont comptés avec
CaO
3. Joindre CaO à P2O5 dans le rapport 10/3 pour former l`apatite. P205=3,3 CaO
dans une molécule d`apatite.
4. Joindre Na2O à Cl2 dans le rapport 1/1 pour former l`Halite.
5. Joindre Na2O à SO2, dans le rapport 1/1 pour former la thenardite (le SO2 dosé
dans les analyses représente quelque fois le soufre de la pyrite).
6. joindre FeO à S (…SO2) dans le rapport ½ pour former la pyrite.
7. Joindre FeO à Cr2O3 dans le rapport 1/1 pour former la chromite.
8. a) Joindre FeO à TiO2 dans le rapport 1/1 pour former l`Ilménite,
b) S`il y a un excès de TiO2, le joindre à CaO dans le rapport 1/1 pour former le
sphène provisoire, mais seulement après avoir formé l`anorthite provisoire (Règle * 15).
S`il y a encore excès de TiO2, les compter comme Rutile.
9. joindre CaO à F2 dans le rapport 1/1 pour former la fluorine
10. a) Si la roche n`est pas altérée et si elle renferme de la cancrinite, joindre Na2O
à CO2 dans le rapport 1/1 pour former le carbonate de Na.
b) La si la roche contient de la calcite, joindre CaO à CO2 dans le rapport 1/1
pour former la calcite.
Si la calcite est primaire, elle est comptée comme Barylite.
Si elle est secondaire (produit d`altération) ou si elle résulte de l`assimilation
d`un calcaire, elle n`est comprise ni dans les Coophalites ni dans les Barylites et
doit être compté a part.
51 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
11. réserver ZnO2 pour le Zircon provisoire.
12. Joindre Al2O3 a K2O dans le rapport 1/1 pour former l`orthose provisoire
13. dans de cas très rare ou K2O est en excès sur Al2O3, le réserver pour le
metasilicate de potassium provisoire.
14. joindre l`excès de Al2O3 après (*12) au reste de Na2O après (*4), (*5) et (*10),
dans le rapport 1/1 pour former l`Albite provisoire.
S`il y a excès Na2O sur Al2O3 disponible, voir (*18)
15. a) Joindre l`excès de Al2O3 sur (K2O+Na2O) après (*12) et (*14) au reste de CaO
après (*3), (*8b), (*9) et (*10b) dans le rapport 1/1 pour l`Anorthite provisoire.
b) Joindre l`excès éventuel de TiO2 après (*8a) à CaO dans le rapport 1/1 pour le
sphère provisoire d`après la règle (*8b).
16. S`il y a excès de Al2O3 sur CaO après (*15), le compter comme corindon.
17. Si après (*15), il y a un excès de CaO sur Al2O3, voir la règle (*23) et (*24).
18. S`il y a un excès de Na2O après (*14), le joindre à Fe2O3 dans le rapport 1/1 pour
former l`Aegyrine provisoire.
19. Si après (*18), il y a encore un excès de Na2O, le reserver pour le méta silicate de
sodium provisoire.
20. Si comme d`ordinaire après (*18), Fe2O3 est en excès sur Na2O, le joindre au
reste de FeO après (*6), (*7) et (*8) dans le rapport 1/1 pour former la magnétite.
21. S`il y a un excès de Fe2O3 après (*20) le compter comme hématite.
22. Le reste de FeO après (*20) est additionné à MgO. On tiendra compte dans la
suite des proportions relatives de ces deux oxydes.
23. Joindre l’excès de CaO après (15) à la somme (MgO + FeO) de (22) dans le
rapport 1 à 1 pour former le diopside provisoire. Les proportions relatives de
MgO et FeO établies en (22) sont conservées.
24. s`il y a excès de CaO (*23), le réserver pour la Wollastonite.
25. s`il y a un excès de (Mg, Fe)O après (*23), le réserver pour l`hypersthène
provisoire.
52 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
26. tous les oxydes sauf le SiO2 ont été distribues entre les molécules définitives ou
provisoires des minéraux étalons. SiO2 doit être distribuée maintenant entre les
molécules provisoires dans les rapports suivants :
− SiO2.ZrO2 pour former le Zircon provisoire (1/1 voire *11)
− [Link].TiO2 pour former le sphère provisoire (1/1/1 voire *18)
− 4SiO2.Na2O.FeO3 pour former l`Aegyrine provisoire (4/1/1 voire *18)
− SiO2.K2O ou Na2O pour former les méta silicates de potassium ou sodium
(1/1 voire *13 et *19)
− 6SiO2.K2O.Al2O3 pour former l`orthose provisoire (6/1/1 voire *12).
− 6SiO2.Na2O3 pour l`Albite provisoire (6/1/1 voire *14)
− [Link].Al2O3 pour former l`Anorthite provisoire (6/1/1 voir *15)
− SiO2 (Mg,Fe)O CaO pour former le diopside provisoire (1/1/1 voir *23)
− SiO2. CaO pour former la wollastonite provisoire (1/1 voire *14)
− SiO2(Mg, Fe)O pour former l`hyperstène provisoire *25
27. Faire la somme des milli-molécules de SiO2 utilisées dans * 26 et la soustraire de
SiO2 totale.
La différence ou l`excès de SiO2 est compté comme quartz.
Dans ce cas, toutes les molécules provisoires deviennent définitives.
28. dans le cas contraire, c`est-à-dire s`il y a un déficit de SiO2 après *26
retrancher SiO2 attribuée a l`hypersthène de la somme de SiO2 utilisée en (*26).
La différence est soustraite de SiO2 totale. S`il y a alors un excès de SiO2
supérieur à la moitié de la quantité de (Mg, Fe)O de (*25), cet excès est
distribué entre les millimolécules de (Mg,Fe)O de l`hypersthene et d`olivine
d`après les équations suivantes :
Soient x le nombre de millimolécules de (Mg, Fe) O de l`hypersthène et y le
nombre de milli-molécules de (Mg, Fe)O d`olivine, on résout le système :
x + y = m, quantité de (Mg, Fe)O disponible
53 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
x + y/2 = S, quantité de SiO2 disponible.
D’où x = 2S – m et y = m – x.
Dans cette opération, MgO et FeO sont répartis dans les proportions établies
en (22) et utilisés en (*23). Après cette opération, toutes les molécules sont
définitives.
29. Si la quantité de SiO2 est inférieure à la moitié de (Mg, Fe)O, ces oxydes sont
comptés comme olivine dans le rapport 2(Mg, Fe)O :SiO2.
En ce cas, SiO2 attribué au sphène de (*15) est soustrait de SiO2 utilisé en (*26),
compte tenu de la transformation de l`hyperstène en olivine. CaO et TiO2 sont
alors comptés comme perovskite
30. Si le déficit de la silice persiste après (*29), retrancher SiO2, attribué a l`albite
provisoire de la quantité de SiO2 utilisée en (*26), compte tenu de
transformation de l`hypersthène en olivine et du sphène en perovskite (29).
Si la quantité de SiO2 devenue disponible est comprise entre 2 et 6 fois celle de
Na2O attribuée à l`albite provisoire de (*14), la distribuer entre l`Albite et
Néphéline d`après les équations suivantes :
Soit x, le nombre de milli-molécules d`albite et
y, le nombre de milli-molécules de néphéline.
x + y = n, n→ quantité de Na2O disponible
6 x + 2y = s, s→ quantité de SiO2 disponible
x+y=n
* y = n-x
54 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
6x + 2(n-x) = s
6x + 2n-2x = s
4x = s-2n
* x = (s-2n)/4
Après cette opération, toutes les molécules sont définitives.
31. Si la quantité de SiO2 disponible est inférieure à 2Na2O feldspathisable, calculer
toute la soude comme Néphéline. En ce cas retrancher SiO2 attribué à l’orthose
de la quantité de SiO2 utilisée en (26), l’hypersthène étant transformé en olivine,
le sphène en perovskite (29) et l’albite en néphéline. Si la quantité de SiO2
devenue disponible est comprise entre 4 et 6 fois celle de K2O attribuée à
l`Orthose provisoire (*12), la distribuer entre Orthose et la Leucite d`après
les équations suivantes :
Soit x, le nombre de milli-molécules d`Orthose et y le nombre de milli molécules de
Leucite.
On résout le système
x + y = K, quantité de K2O disponible
6 x + 4y = S, quantité de SiO2 disponible
S − 4K
D`où x = et y= K- x
2
Après cette opération, toutes les molécules sont définitives.
32. si la quantité de SiO2 disponible est inférieure à 4K2O feldspathisable, calculer
toute la potasse comme Leucite.
En ce cas, retrancher de SiO2 totale de la roche, somme de molécules SiO2
total de la roche, la somme des milli-molécules de SiO2 attribuées à la leucite, la
55 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
néphéline, l`anorthite, l`aégyrine, l`olivine et éventuellement au zircon et au
métasilicate de sodium. Suivant la quantité de SiO2 libérée, il faudra répartir CaO
de la wollastonite et du diopside entre le diopside et l`olivine.
Deux cas sont possibles :
1er. Ou bien il y a assez de wollastonite à transformer en orthosillicate de calcium
sans devoir entamer le diopside.
2e. Ou bien il n`y en a pas suffisamment.
Le deuxième cas est le plus fréquent.
Les équations suivantes permettent de résoudre :
Soient x le nombre de nouvelles milli-molécules du diopside
y le nombre de nouvelles milli-molécules d’olivine et z le nombre de milli-
molécules d’orthosilicate de calcium
x +2y = m [m = quantité du diopside provisoire
x + 2z = c [c= quantité du CaO du diopside et de la wollastonite provisoire
2 x + y+z = s [s = quantité de SiO2 disponible]
2s − m − c m−x c−x
D`où x = ,y= et z =
2 2 2
Après ces opérations toutes les molécules sont définitives.
Dans le premier cas, SiO2 total de la roche est retranché de SiO2 attribuée à
la leucite, néphéline, anorthite, Aégyrine, diopside, olivine et wollastonite provisoires.
Le déficit présente le nombre de milli-molécule d`orthosilicate de calcium, ainsi que la
quantité de SiO2 qui doit lui être attribuée dans le rapport 2CaO : SiO2.
56 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Le résidu du CaO reste à l`état de Wollastonite définitive et s`unità SiO2 dans le
rapport 1/1.
33. Dans les très rares cas où il n`y a pas assez de SiO2 pour former la leucite seule,
distribuer SiO2 disponible entre la leucite et Kaliophilite après avoir retranché de
SiO2 totale la somme de milli-molécules de SiO2 utilisées pour la formation de la
néphéline, d`anorthite, de l`aegyrine, du métasilicate de sodium, d’olivine, de l`ortho
silicate du calcium et du zircon.
Les proportions de Leucite et de Kaliophilite sont calculées d`après les équations
suivantes :
Soient : x, le nombre de milli-molécules de Leucite et
y, le nombre de milli molécules de Kaliophite.
x + y = K, quantité de K2O disponible
4 x + 2y = S quantité de SiO2 disponible.
S − 2K 4K − S
D`où x= et y = K- x ou y =
2 2
Etablir la composition virtuelle de la roche en multipliant les proportions
moléculaires des minéraux étalons par les masses moléculaires correspondantes.
Kaliophilite : K2O.Al2O3.2SiO2 (316 gr)
Métasilicate de sodium : Na20.SiO2 (122 gr)
Métasilicate de potassium : K2O.SiO2 (154 gr)
Carbonate de sodium : Na2O.CO2 (106 gr)
Halite : Na2Cl2 (117 gr)
57 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Thenardite : Na2SO3 (142 gr)
Orthosilicate de calcium: 2CaO.SiO2 (172 gr)
Chromite: FeO.Cr2O3 (224 gr)
Sphène: CaO.TiO2.SiO2 (196 gr)
Perowskite: CaO.TiO2 (136 gr)
Rutile : TiO2 (80)
Fluorite (CaF2): (78 gr)
Calcite: CaO.CO2 (100 gr)
Pyrite: FeS2 (120gr)
« EXERCICES D’APPLICATION HORS TEXTE »
TYPES D'ÉRUPTIONS VOLCANIQUES
58 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Thomas Jaggar a établi un observatoire volcanologique à Hawaï parce
que les éruptions pourraient être visualisées relativement sans risque.
Jaggar était au courant des caractéristiques violentes d'autres types
de volcans, ayant visité la Soufrière et la Montagne Pelee en
Martinique après les éruptions 1902. Il a espéré que la connaissance
gagnée des volcans hawaïens serait employée pour surveiller des
volcans plus dangereux et pour diminuer le risque des gens vivant près
d'eux.
Ce chapitre décrit différents types d'éruptions volcaniques.
Différents schémas de classification sont présentés parce que les
différents aspects d'une éruption sont intéressants. Les éruptions
peuvent se produire à différents emplacements sur un volcan et
peuvent montrer un éventail étonnant de caractéristiques. Le chapitre
commence par une description de l'emplacement des éruptions. Cette
section est suivie d'une description des éruptions liées à l'eau. Le
chapitre conclut avec une classification des éruptions basées sur leurs
caractéristiques. Les sources pour les classifications suivantes sont
MacDonald (1972), McClelland et d'autres (1989), et Williams et
McBirney (1979).
59 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Classifications basées sur la forme et l'emplacement de l'évent
Des éruptions peuvent être classées par l'ouverture par laquelle il y a
des écoulements de matière volcaniques ou des projections. De la lave
ou le matériel pyroclastique peuvent être éjectés d'une fissure ou d'un
évent central. Une fissure est une " zone de rupture ou une fente dans
la roche le long de laquelle il y a séparation de 2 blocs " (Bates et
Jackson, de 1980, du p. 232). Une éruption de fissure est une "
éruption qui a lieu le long d'une fissure allongée " (Bates et Jackson,
1980, le p. 232). Les éruptions de fissure sont communes le long des
arêtes médio-océaniques et produisent des basaltes d'oreiller. Les
éruptions de fissure sont également communes à Hawaï et produisent
souvent des rideaux du feu comme les fontaines de lave le long d'une
fissure. Vue montrant une éruption de fissure près de Halemaumau
avril, 30, 1982. Photographie par Norm Banks, enquête géologique des
États-Unis.
60 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
En revanche, un évent central est l'" ouverture sur la surface de la
terre d'un conduit volcanique de forme cylindrique ou de pipelike "
(Bates et Jackson, 1980, le p. 102). Une éruption centrale est l'"
éjection des débris et de lave qui coule d'un point central, et forme un
volcan plus ou moins symétrique " (Bates et Jackson, 1980, le p. 102).
L'éruption 1991 du Mont Pinatubo et les éruptions explosives de 1980
du Mont St Helens , après le souffle transversal, sont des exemples
des éruptions centrales. Une éruption centrale a continuée au Mont St
Helens pendant qu' un dôme volcanique croissait dans le cratère du
volcan. Les éruptions centrales se produisent également à Hawaï, telle
que l'éruption explosive de 1790 ou le lac de lave de 1967-1968 dans
Halemaumau. L'éruption de Mauna Ulu 1969-1974 a commencée comme
éruption de fissure et a évoluée vers un évent central. L'éruption de
1983 du volcan de Kilauea a commencée comme éruption de fissure et,
en plusieurs mois, est devenue localisée à un évent central. Une
configuration semblable, bien que de courte durée, s'est produite
pendant l'éruption de 1959 au cratère de Kilauea Iki. Cette photo
montre une éruption d'un évent central au Paricutin dans au Mexique.
Photographie par K. Segerstrom des États-Unis. Étude Géologique,
61 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Des éruptions peuvent également être classées par l'emplacement où le
matériel volcanique atteint la surface. Des éruptions centrales peuvent
également s'appeler les éruptions de sommet, si elles sont situées au
sommet du volcan. Les éruptions sommitales sont le type le plus
commun d'éruption volcanique. Les éruptions explosives du Mont St
Helens et du Mont Pinatubo sont des exemples des éruptions de
sommet. L'éruption de sommet la plus récente de Kilauea s'est
produite en 1982. Le matériel volcanique peut également être éjecté
sur le côté d'un volcan pour produire une éruption de flanc. Les
éruptions de flanc sont communes à Hawaï où le magma voyage dans des
zones de crevasse à travers le flanc du volcan. Depuis 1955, la plupart
des éruptions du volcan Kilauea ont été sur le flanc Est (zone de
crevasse) du volcan. L'éruption continue du volcan de Kilauea est la plus
longue et la plus volumineuse éruption de flanc dans le temps
historique.
Caractéristiques des éruptions liées à l'eau.
McClelland et d'autres (1989) ont étudiés 388 éruptions volcaniques
documentées de 1975 à 1985. Ils ont trouvé quatre modèles d'action
de l'eau sue la lave avec des éruptions: éruptions sous-marines,
formation de nouvelles îles, éruptions sous-glaiciaire, et lacs de
62 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
cratère.
Peu d'éruptions sous-marines ont été documentées en raison de la
difficulté de prévoir l'éruption des volcans sous-marins. Plusieurs
indices indiquent que les éruptions sous-marins se produisent. La
séismicité caractéristique des éruptions et des intrusions volcaniques a
été enregistrée à quelques seamounts (volcans sous-marins). Les
radeaux flottants de matériels volcaniques frais, de la ponce, indiquent
également les éruptions sous-marins. L'ébullition d'eau de mer est
également un indice des éruptions peu profondes. Une éruption sous-
marine a été enregistrée près de Necker Island en 1955. Les passagers
à bord d'un avion pour Honolulu en provenance de Tokyo ont observés
ce qui a semblé être une colonne de fumée s'élevant de l'eau. À une
distance plus proche, ils ont trouvé une zone de vapeur, l'eau
bouillonnait sur environ 1,5 kilomètres de diamètre. Était tout près
d'une zone de plusieurs km2 qui ressemblait à de la terre ferme.
MacDonald et d'autres ont interprété cette " terre ferme " comme
radeau de ponce qui est ultérieurement imbibée d'eau et fut engloutis.
Cette photographie montre l'eau décolorée par des pyroclastes et un
panache de vapeur se levant au-dessus d'une éruption sous-marin à
Kavachi. La photographie est du U.S. Geological Survey. En 1996,une
éruption de sous-marin s'est produite sur l'arête d'océan outre de la
côte de l'Orégon.
63 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Des éruptions peu profondes dans l'eau se caractérisent par des
explosions de vapeur qui produisent des îles faites en téphra. Dans la
plupart des cas, les îles sont érodées par les vagues de l'océan. Dans
certains cas de la lave est éjectée dans l'air et forme un chapeau
protecteur sur l'île. La formation d'une nouvelle île hawaïenne ne s'est
pas produite dans le passé géologique récent. Cependant, ce processus
est une étape dans l'évolution de tous les volcans hawaïens. on s'attend
à ce que Loihi , un volcan sous-marin au sud de l'île d'Hawaï , atteigne
cette étape dans deux cent mille ans. Photographie d'interaction
explosive de lave et de l'eau par Donna Donovan-O'Meara de Volcano
Watch International.
Seulement cinq éruptions sous-glaciaires ont été enregistrées dans
l'intervalle de dix ans par McClelland et d'autres (1989). Elles
64 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
dénotent que la plupart de ces éruptions se produisent dans des
régions lointaines. Étonnamment, on retrouve des dépôts volcaniques
sous-glaciaire en Hawaï. Il y a environ 10.000 ans, pendant l'âge
glaciaire, le sommet de Mauna Kea a été couvert par un glacier. Les
éruptions sous-glaciaires produisent des pillow-lavas (Porter, 1987). Il
n'y a aucune évidence d'éruptions sous-glaciaires au Mauna Loa.
Cependant, des éruptions plus récentes ont pu avoir enterré les dépôts
volcaniques sous-glaciaires plus anciens. Les glaciers ne se sont pas
formé sur Kilauea en raison de sa basse altitude, toutefois il faisait
assez froid pour neiger. Cette photographie montre la lave en oreiller
qui s'est formée sous la glace sur Mauna Kea il y a environ 170.000 ans.
Photographie de S.C. Porter, éruptions sous-glaciaire pléistocènes sur
Mauna Kea, U.S. Geological Survey Professional Paper 1350.
Les sommets de quelques volcans contiennent des lacs de cratère. La
proximité proche du magma sous le lac peut mener à une activité
explosive. Les lacs de cratère peuvent également produire des coulées
de boue dangereuses. McClelland et d'autres (1989) ont enregistré 24
éruptions qui se sont produites dans des lacs de cratère entre 1975 et
1985. La présence de seulement un petit lac sur le Mauna Kea rend une
éruption associée à un lac de cratère à Hawaï très peu probable.
L'éruption récente à Ruapehu en Nouvelle Zélande a montrée plusieurs
des caractéristiques communes de ce type d'éruption. phréatique au
Ruapehu en 1992. Photo par Christian Treber.
Analyses basées sur le caractère de l'éruption
65 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Des éruptions peuvent être classées par la façon dont se fait
l'explosion. Une éruption explosive est une " éruption... qui se
caractérise par l'éjection énergique du matériel pyroclastique " (Bates
et Jackson, 1980, p. 217). Cette photographie montre l'éruption
explosive du volcan de Augustine dans à l'Alaska mars 27, 1986.
Courtoisie de photographie du U.S. Geological Survey.
Une éruption effusive se caractérise par l'épanchement relativement
silencieux de la lave (MacDonald, 1972, p. 210). Une éruption mixte est
une éruption " qui comprend l'émission de la lave et l'éjection explosive
des pyroclasts " (Bates et Jackson, 1980, p. 403). Cette photo montre
66 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
l'émission doux de la lave d'un évent dans Halemaumau cratère.
Photographie par R. Fiske, U.S. Geological Survey, le 5 janvier 1968.
Depuis le début du 20e siècle, des éruptions ont été classées par leur
ressemblance à des volcans spécifiques, où certains types d'activité
sont communs. Ainsi, des éruptions hawaïennes , de Stromboliennes, de
Vulcaniennes , et de Peléennes sont nommées à partir des volcans
d'Hawaï, Stromboli (Italie), Vulcano (Italie), et Mt. Pelée (Martinique,
Antilles). Des analyses supplémentaires sont basées sur la nature et
l'échelle de l'activité, des éruptions basaltiques par exemple,
d'inondation et de gaz. des éruptions de Plinienne sont nommées pour
Pline l'aîné, un naturaliste de Roman qui est mort dans une éruption de
Vesuvius par année A.D. 79. MacDonald (1972) a noté qu'il y a des
gradations entre chaque type d'éruption et que quelques volcans
peuvent afficher plus d'un type d'activité.
Les éruptions hawaïennes se caractérisent par des éruptions
silencieuses et effusives qui résultent de la basse viscosité, de la
basse teneur de gaz, et des températures élevées d'éruption des
magmas hawaïens.
67 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Durant certaine éruptions, la pression hydrostatique (pression de
magma à des niveaux plus élevés dans le système) et l'expansion des
gaz éjecte la lave haut dans l'air. Ces fontaines de lave sont
généralement de dix à quelques centaines de mètres de haut. Moins
communes sont les fontaines qui atteignent plus de 300 m de hauteur.
La plus haute fontaine de lave de 1959 à Kilauea Iki a atteint 580 m de
hauteur.
La lave s'accumule près de l'évent pour produire un cône
d'éclaboussure ou de cendre. L'éruption 1959 de Kilauea Iki a fait le
Puu Puai, un cône d'éclaboussures (spatter) et de cendre de 38 m de
haut . Les éruptions hawaïennes commencent généralement comme des
éruptions de fissure avec un rideau du feu constituée par des fontaines
de lave proche ou espacées . Pendant cette étape d'une éruption, des
remparts d'éclaboussure peuvent se former. Si le niveau de lave dans
la fissure est assez haut, la lave peut déborder. En raison de leur
composition basaltique, les écoulements de lave sont minces, fluides, et
étendus. Les écoulements peuvent être pahoehoe ou aa.
Si l'éruption est d'un évent central, les débordements répétés peuvent
former un monticule doucement incliné de lave, tout comme un petit "
volcan bouclier " (Macdonald, 1972, p. 215). Mauna Ulu, sur la zone Est
du rift supérieur du Volcan Kilauea, est un exemple de ce type de
dispositif. Cette photo montre une haute fontaine de lave pendant la
phase 12 de l'éruption de Mauna Ulu. L'éruption continue du Volcan
Kilauea est typique des éruptions hawaïennes, excepté sa longue durée
et son grand volume. Courtoisie de photographie du U.S. Geological
Survey, le 30 décembre 1969.
68 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Les éruptions des plateaux de Basalte sont semblables aux éruptions
hawaïennes en général par l'aspect mais diffèrent par le très grand
volume de lave produit. Aux nord-ouest des Etats-Unis , les éruptions
basaltiques fluides ont produit des écoulements avec une épaisseur
moyenne de 25 m qui peuvent avoir plus de 100 kilomètres de long. Les
différents écoulements peuvent couvrir plus de 40.000 km2 (Swanson
et d'autres, 1975). L'accumulation épaisse des coulées basaltiques
étendus transversale de lave qui résultent de ces éruptions basaltiques
s'appellent basaltes des plateaux (Williams et McBirney, 1979). Cette
photo montre une pile de coulées de lave dans le Columbia River Flood
Basalt le long du sud de Snake River d'Asotin, Washington.
Photographie par Robert Wickman.
69 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Photographie d'une éruption strombolienne à Stromboli copyrighted
par Steve O'Meara de Volcano Watch International.
Les éruptions Stromboliennes sont nommées en référence au volcan
Stromboli sur la côte occidentale de l'Italie, où une éruption typique
comprend l'éjection rythmique de la cendre, du lapilli, et des bombes
incandescents aux tailles de quelques dizaines ou centaines de mètres.
L'effusion des écoulements de lave peut ou peut ne pas accompagner
l'éjection de matériel pyroclastique. Les écoulements de lave des
éruptions de Stromboliennes sont en général plus visqueux que des
écoulements hawaïens de lave et sont ainsi des quelque sorte plus
courts et plus épais (Macdonald, 1972 en ). Le tephra est rouge quand il
est éjecté de l'évent mais devient noir et presque solide avant de
frapper la terre.
La cendre est la plus commune avec les bombes et le lapilli est moins
abondant. La cendre peut être présente dans des quantités
relativement mineures. Le tephra s'accumule près de l'évent central et
construit un cône de cendre. Le magma associé à l'activité
Strombolienne est basaltique ou andésitique et a une viscosité plus
élevée que les magmas hawaïens. En raison de la viscosité plus élevée, le
gaz a plus de difficulté pour s'échapper. Les bulles de gaz ont éclatées
au dessus de la colonne de magma, produisant de petites explosions et
jetant des blocs de lave fondue dans l'air.
Les éruptions Stromboliennes peuvent durer de quelques heures ou
jours à quelques mois ou à quelques années. La longue durée de
l'activité de Strombolienne est une caractéristique commune. Le
Paricutin au Mexique a été en activité sans interruption de 1943 à
70 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
1952, produisant un cône fait de cendre, de bombes, de lapilli, et de
poussière. Izalco, au Salvador, a été construit par des éruptions de
Strombolienne.
Les éruptions de Vulcaniennes sont baptisées du nom du cône de
Vulcano dans les îles Eoliennes à l'ouest de l'Italie. les éruptions de
Vulcaniennes peuvent impliquer presque n'importe quel type de magma
mais le magma felsic, magma avec le contenu relativement élevé de
silice, est le plus commun (Williams et McBirney , 1979). Ce type
d'éruption commence habituellement par les explosions de vapeur qui
enlèvent le vieux matériel lithique (roche) de l'évent central.
La phase principale de l'éruption se caractérise par l'éruption du
magma visqueux et riche en gaz qui donne des cendres vitreuses. Un
nuage d'éruption, en forme de chou-fleur ou champignon, formé de
cendre, se développe au-dessus de l'évent.
Le nuage d'éruption peut être gris ou noir. La foudre dans le nuage
d'éruption est commune pendant les éruptions Vulcanienne.
Chute de cendre, écoulement pyroclastique, et dépôts de nuées
peuvent former un cône de cendre, surmontée par des couches de
cendre. Des dépôts de Tephra des éruptions Vulcaniennes sont plus
largement dispersés que les dépôts des éruptions hawaïennes ou
Stromboliennes. L'éruption des écoulements épais et visqueux de lave
indique la fin du cycle éruptif (Williams et McBirney, 1979).
71 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Les éruptions de Péléennes sont nommées pour Mont Pelée aux
Antilles, où ce type d'activité a été vu et décrit la première fois en
1902-1903. des éruptions Péléennes sont associées aux magmas
rhyolitiques ou andésitiques. Les deux caractéristiques des éruptions
Péléennes sont la formation des dômes et des avalanches rougeoyantes
(Macdonald, 1972).
Pendant les étapes initiales de l'éruption, les avalanches rougeoyantes
violentes de cendre chaude voyagent en bas des flancs du volcan. Ces
avalanches incandescentes peuvent allumer des incendies et sont assez
puissantes pour renverser des murs. Les dépôts de Tephra sont
généralement beaucoup moins répandus que la plupart des éruptions de
Vulcaniennes et de Pliniennes (Williams et McBirney, 1979).
72 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Après l'étape explosive initiale, le magma visqueux forme un dôme ou
une aiguille volcanique dans l'évent volcanique. La pesanteur ou la
pression interne peut faire effondrer le dôme, ayant pour résultat des
écoulements chauds de blocs et de cendre.
Les éruptions Péléennes terminent généralement leur cycle éruptif en
seulement quelques années (Williams et McBirney, 1979). Santiaguito,
au Guatemala, est un exemple d'une éruption de Péléennes qui a
continué pendant des décennies. La photo montre une aiguille volcanique
au sommet du Mt. Pelée. Photographie par Heilprin.
73 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Les éruptions pliniennes sont nommées pour le naturaliste célèbre
Pline l'ancien. Il est mort pendant une éruption du Vésuve en A.D. 79.
Pline le neveu de l'aîné a décrit l'éruption, qui est caractéristique des
éruptions de pliniennes.
Deux caractéristiques principales sont une éruption particulièrement
puissante et continue de souffle de gaz et l'éjection de grands volumes
de ponces (Walker et Crosdale, 1971). les éruptions pliniennes peuvent
durer moins d'un jour, telles les explosions de courte durée du magma
riche en gaz et siliceux avant l'éruption des écoulements basaltiques
liquides de lave en Islande.
Les éruptions pliniennes de longue durée et plus volumineuses durent
des semaines ou des mois. Les éruptions plus longues commencent par
des chutes de cendre suivies d' avalanches rougeoyantes.
Dans certains cas, l'explosion du magma est telle que le sommet du
volcan s'effondre pour produire une caldeira.
Les exemples classiques de l'effondrement pour produire une caldeira
sont Krakatau en 1883, Crater Lake environ 7.000 ans il y a, et S
Santorin en 1500 B.C.
Pendant les éruptions pliniennes la cendre fine peut être dispersée au-
dessus des zones très grandes. Le volume total de tephra éjecté
pendant la formation de Crater Lake était de 75 kilomètres cube.
L'éruption 1886 de Tarawera est un cas rare d'une éruption basaltique
74 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
pliniennes.
La photographie montre l'éruption pliniennes de Mount St. Helens le 18
mai 1980. Courtoisie de photographie de U.S. Geological Survey.
Les éruptions fluides de Rhyolitique se caractérisent par la
production des grands volumes de matériel rhyolitique qui parcourent
de grandes distances de leurs évents pour produire de plaines large,
presque plates (Macdonald,1972).
Les éruptions fluides de Rhyolitique sont issus de fissures. La fluidité
de ces éruptions est un résultat des écoulements chauds de cendre.
Macdonald cite l'éruption 1912 de Mt. Katmai en Alaska comme
exemple d'une éruption rhyolitique fluide. Cette éruption a produit une
caldeira de 7 kilomètres cube de cendre. La zone est maintenant une
partie de Katmai National Park.
75 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Les éruptions de Ultra-Vulcaniennes se caractérisent par l'éruption
de la roche solide et de la vapeur.
Les fragments peuvent aller des cendres aux blocs en la taille et de
froid à incandescent dans la température. Aucun nouveau magma n'est
impliqué. Ces éruptions s'appellent également phréatiques, fondé sur
l'hypothèse que la vapeur provient du contact des eaux souterraines
avec la roche chaude. Jaggar (1949) a appelé ce type d'éruptions d'un
Blast de vapeur ".
Les éruptions explosives de 1924 à Halemaumau sont un excellent
exemple d'une éruption ultravulcanian. L'éruption de 1963-1965 de
Surtsey en Islande et l'éruption 1965 de Taal aux Philippines sont des
exemples supplémentaires des éruptions ultravulcanian.
76 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Laves des Volcans d'Hawaii
Pahoehoe près de la côte de Kilauea. Photo par Steve Mattox, 1989.
Il y a trois types de lave et d'écoulements de lave: oreiller, pahoehoe, et aa. Les
lave en oreiller sont volumétriquement le type le plus abondant parce qu'elles
sont éjectées aux rides médio-océaniques et parce qu'elles composent la partie
immergée des seamounts et des grands volcans intraplaques, comme la chaîne de
seamount de Hawaii-Emperor. Pahoehoe est le deuxième type abondant
d'écoulement de lave.
77 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
PILLOW LAVA
Éruptions sous de l'eau ou de la glace
produit des pillow lava James Moore de
l'U.S. Geological Survey a fait les
premières observations sous-marines de
la formation des lave d'oreiller (Moore et
d'autres, 1973). Moore et ses collègues
ont étudié la lave de l'éruption de Mauna
Ulu . Ils ont décrit des laves en oreiller
en tant que lobes allongés et
interconnectés d'écoulement qui sont
elliptiques ou circulaire dans la section
transversale (Moore, 1975). Cette photo
montre la lave en oreiller formant la côte
du sud du volcan de Kilauea, Hawaï.
Photographie par Gordon Tribble
U.S. Geological Survey .
Pillow Lava U.S. Geological Survey .
78 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
ECOULEMENTS CÔTIERS
Les écoulements de lave près de la
côte tendent à s'étendre
latéralement et à entrer dans l'océan
sur un large front. Plusieurs tubes de
lave peuvent être en activité à travers
la coulée frontale. De plus grands
tubes de lave alimentent le bas de la
pente et maintiennent la pression dans
les coulées qui avancent dans l'eau.
Les lobes d'écoulement se
développent le plus aisément sur les
pentes raides et ont comme
conséquence la formation des pillow-
lavas (laves en coussins) en parallèle à
la pente de la côte qui plonge en mer.
Le contact de la lave et de l'eau
provoque un éclatement des pillows et
produit des lits de débris parallèles à
la pente en mer. Les géologues
appellent ces lits en forte pente des
dépôts deltaïques frontaux.
79 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Le 8 novembre 1992, la lave est entré
dans l'océan juste à l'est des sites
archéologiques à Kamoamoa sur le flanc
du sud du volcan de Kilauea. Vers la fin du
mois, presque tout le Kamoamoa a été
enterré sous la lave. En mai 1993, un delta
de lave avait étendu le littoral environ
1.600 pieds (500 m) au sud. Cette vue
aérienne donne vers l'ouest.
Photographie par Christina Heliker,
U.S. Geological Survey, mai 12, 1993.
Les lits de dépôts deltaïques font
partie d'un delta de lave qui croît vers
l'océan et fournit une plate-forme sur
laquelle les laves subaériennes
peuvent s'étendre, et ainsi ajouter
une nouvelle terre à l'île. Cependant,
quelques tubes ne sont pas continus et
se cassent pour former des oreiller
autonomes, séparés du tube, de ce
fait ajoutant des débris au flanc du
volcan. L'avant actif d'un delta de
lave s'appelle une plate-forme. Comme
le delta, la plate-forme est construite
sur des débris. Cependant, la plate-
forme est relativement instable et
peut s'effondrer, tombant dans
l'océan (Mattox, 1993).
80 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Une plate-forme s'est effondré à
l'entrée de Lae Apuki en avril 1993,
retirant un bloc de 210 m de large, 14 m
de long, et 8 m d'épaisseur de l'avant du
delta. Un visiteur, se tenant sur le banc
au moment de l'effondrement, a disparu
dans l'océan. Cette vue aérienne montre
une plate-forme active ajoutant de
nouveaux terrains au-delà de la vieille
falaise (bas de photo). Les zones foncées
sont du sable noir.
Photographie par Christina Heliker,
U.S. Geological Survey, août 25, 1994.
PILLOW LAVAS
Des lave en coussins sont également
trouvées près du sommet de Mauna Kea .
Ces lave en coussin ont été produites par
une éruption sub-glacial qui s'est produite
il y a 10.000 ans. Le coussin a environ1 m
de diamètre et a une bordure vitreuse.
Fig. 21,11 de Porter, 1987.
81 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Les lave en coussin peuvent également
se former quand les écoulements
entrent dans un fleuve ou un lac. Les
coussins de la photo se sont formés
dans le fleuve de Wailuku prés de
Hilo, à Hawaï il y a environ 3.500 ans.
Les galets ronds ont été transportés
par le fleuve.
Photographie par Jack Lockwood,
enquête géologique des États-Unis, juin
14, 1982.
Lave aa sur lave pahoehoe, Hilina Pali,
Kilauea. " Pahoehoe " et " aa " sont des
mots hawaïens d'abord présentés dans la
littérature géologique par Dutton (1884).
Photo par Steve Mattox, 1988
82 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Lave Pahoehoe, Kilauea, Hawaï. La lave
Pahoehoe se caractérise par une
surface douce, ondulée, ou cordée.
Une surface cordée se développe
quand une mince épaisseur de lave
refroidie sur la surface de
l'écoulement est poussée dans des plis
par de la lave juste sous la surface
plus fluide et rapide.
Photographie par J.D. Griggs, U.S.
Geological Survey, juin 15, 1989.
Tubes de lave
Les écoulements de Pahoehoe peuvent se
transformer en des tubes de lave. Les
tubes se forment par la formation d'une
croûte sur une coulée de lave chenalisée.
Lorsque la croûte sur l' écoulement
devient plus épais, elle isole la lave à
l'intérieur de l'écoulement. La lave
s'écoule selon la pente et alimente la zone
frontale ou les coulées avançant dans
l'océan. Quand l'éruption s'arrête ou
l'évent est abandonné, la lave s'écoule le
tube. Le tube de lave de Thurston est un
excellent exemple d'un tube de lave. La
Photo de volcanologue regardant par
roche entourant un tube de lave sert
une lucarne pour voir à l'intérieur d'un
d'isolateur pour maintenir la lave chaude
tube de lave. Photographie par J.D.
et liquide. Puisque la lave reste chaude,
Griggs, U.S. Geological Survey, février
elle peut voyager à de grandes distances
2, 1989.
de l'évent . Par exemple, le tube-alimenté
par la lave pahoehoe a voyagé 11,7
83 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
kilomètres de l'évent de Kupaianaha au
village de Kalapana (Mattox et d'autres,
1993).
Les écoulements de Pahoehoe tendent
à être relativement minces, de
quelques pouces à quelques pieds
épais. La route et les cratères coupe
les coulées de lave et expose les piles
qui font le volcan.
Coulées Aa et Pahoehoe
Depuis le milieu des années 1800s, les géologues ont essayé d'expliquer les
causes de la formation de pahoehoe et la lave de aa. Plusieurs facteurs ont été
avancés pour expliquer cette transition: empêchement d'écoulement par des
obstacles, écoulement pendant le refroidissement, quantité de lave, conditions
sous la coulée, et épaisseur du refroidissement. Dans les dernières décennies,
avec des observations précises de nombreux écoulements de lave, les géologues
sont parvenus à un meilleur compréhension de la transition du pahoehoe au aa.
Une influence importante est la viscosité de la lave. La viscosité est la résistance
d'un fluide à l'écoulement. Par exemple, la mélasse a une viscosité plus élevée
que l'eau. Les paragraphes suivants tracent les grandes lignes de certaines des
observations les plus importantes sur la transition du pahoehoe au aa.
84 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Photographie par R.B. Moore, U.S. Geological Survey, novembre 16, 1979.
Lave Pahoehoe croisant la route de la Chaîne des cratères. Une étude par
Macdonald (1953) a noté plusieurs généralisations au sujet de la transition
du pahoehoe au aa:
1. Pahoehoe et aa peuvent être trouvés comme parties du même
écoulement de lave, sans de différence significative en composition
chimique entre les deux formes.
2. Pahoehoe peut en changer aa, mais jamais l'inverse.
3. La plupart des écoulements actifs de pahoehoe sont moins
visqueux et ont les températures plus élevées que des écoulements
de aa.
4. Les vésicules dans le pahoehoe tendent à être des sphéroïdes,
tandis que ceux dans le aa tendent à être irrégulièrement formées,
suggérant la déformation provoquée par le mouvement continu
pendant les étapes finales de la solidification.
5. Quoique le aa tende à être plus visqueux, la lave fondue avec la
même viscosité initiale peut former du pahoehoe ou du aa.
6. En plus des effets liés à l'augmentation de la viscosité, la lave
tend à changer en aa au moment où elle est soumise à la turbulence
85 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
d'écoulement et de cisaillement interne, comme pendant les
fontaines de lave, circulant en bas des pentes raides ou sur des
précipices, ou pendant le l'écoulement prolongé sur de grandes
distances. Macdonald a conclu qu'un rapport critique entre la
viscosité et la quantité de perturbation interne due à l'écoulement
détermine si du pahoehoe ou du aa est formé.
Coulées Aa
Aa se caractérise par une surface
rugueuse, déchiquetée, aigue, et
généralement vitreuse. Les écoulements
de aa avancent tout comme la bande de
roulement d'un bulldozer. Cette photo
montre un canal de aa. Notez le caractère
du aa qui forme le mur du canal.
Photo par Steve Mattox, octobre 12,
1990
86 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Photo par Peter Lipman,
enquête géologique des États-
Unis, mars, 1984.
Front d'un écoulement avançant
de aa de l'éruption 1984 du
Mauna Loa . Le noyau fondu de
l'écoulement de aa est visible.
Intérieur d'un écoulement de lave de
aa. Notez l'intérieur dense et les
scories à la base et au sommet.
L'intérieur de l'écoulement est fondu
et a plusieurs métres d'épaisseur. On
va du noyau fondu au centre vers le
haut et le bas vers des scories
rugueuses. Pendant que l'écoulement
avance, des scories sur la surface
sont portées vers l'avant et à
l'intérieur fondu. Les scories
continuent à avancer jusqu'à ce
qu'elles roulent en bas du front raide.
Les scories sont alors absorbées par
le noyau fondu. Les écoulements de
lave de aa tendent à être relativement
épais comparés aux écoulements de
pahoehoe. La coulée Aa du Mauna Loa Photo par Steve Mattox, juillet 25,
de l'éruption de 1984 à une épaisseur 1995.
de 2 à 7 m.
87 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
À la différence du front avançant
d'un écoulement de pahoehoe, qui est Courtoisie de photographie d'enquête
alimenté par un tube de lave, un géologique des États-Unis, mars 25, 1984.
écoulement avançant de aa est
alimenté par un canal (Lipman et Le canal alimentant l'écoulement de lave
Banks, 1987). de aa, éruption 1984 de Mauna Loa
Pendant les épisodes précoces de
l'éruption actuelle, l'épaisseur des
coulées aa qui allaient jusqu'à 11 m,
avaient un débit au niveau de la zone des
Jardins Royaux allant jusqu'à 33 m/min
(Neal et Decker, 1983). Le noyau fondu
de l'écoulement est exposé. Notez les
Photographie par R.W.
véhicules pour l'échelle.
Decker, U.S. Geological Survey,
juillet 2, 1983.
88 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Pahoehoe
Un article récent de Peterson
et Tilling (1980) a inclus la
contrainte de cisaillement
comme mesure de cisaillement
interne de Macdonald. Des
facteurs influençant la
viscosité ou la contrainte de
cisaillement sont énumérés ci-
dessous:
Peterson et labourage (1980, p.
273) suggérèrent deux
conditions générales qui
déterminent si pahoehoe ou
formes de aa:
1. Si la lave ralentit, se
refroidit, et s'arrête en
réponse direct à
l'augmentation
correspondante de la
viscosité seulement, elle Lave de Pahoehoe la nuit. Steve Mattox,
maintient sa forme de Octobre, 1990.
pahoehoe.
2. Si de la lave est forcée
pour continuer de couler
entre après qu'un certain
rapport critique la
viscosité et la contrainte
de cisaillement soit
réalisé, la lave change en
le aa.
89 cours de volcanologie L1 Géologie / UNILI/ 2014-2015. Titulaire : Prof. Kapajika Badibanga
Peterson et Tilling (1980, p. 273)
suggérèrent deux conditions générales
qui déterminent si la forme est pahoehoe
ou aa:
1. Si la lave ralentit, se
refroidit, et s'arrête en
réponse direct à
l'augmentation
correspondante de la
viscosité seulement, elle
maintient sa forme de
pahoehoe.
2. Si de la lave est forcée
pour continuer de couler
entre après qu'un certain
rapport critique entre la
viscosité et la contrainte de
cisaillement soit réalisé, la
lave change en aa.
Peterson et Tilling ont appelé ce rapport
Pahoehoe sur le sable noir, Kamoamoa. critique le " seuil de transition. " Ils ont
Photo par constaté que si la contrainte de
Steve Mattox, novembre, 1992. cisaillement est haute, le seuil de
transition est atteint à une viscosité
inférieure que si la contrainte de
cisaillement est basse. L'inverse est
également vrai. Si la viscosité de la lave
est haute, une contrainte relativement
basse de cisaillement peut réaliser le
seuil de transition, et les changements de
lave en aa.