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IMAZIGHEN

Nous croyons avoir cité une série de faits qui prouvent


que les Berbères ont toujours été un peuple puissant,
redoutable et nombreux ; un vrai peuple comme
tant d’autres dans ce monde, tel que les Arabes,
les Persans, les Grecs et les Romains.

Ibn Khaldoun
Histoire des Berbères

■ ■ Qui sont-ils, tradition de résistance aux dominations étran-


combien sont-ils, où sont-ils ? gères : Phénicienne, Romaine, des Vandales,
Les Imazighen, nom qui signifie «hommes libres», de Byzance, de l’Espagnole, de l’Italie, de
(ils refusent le terme de berbère d’origine étran- l’Empire ottoman et de la France, qui se sont
gère qu’ils estiment péjoratif), sont des peuples succédé depuis le Xe siècle avant J.-C. De tou-
d’Afrique du Nord et d’Afrique Sahélienne. tes ces invasions, seules les invasions arabes
Disséminés en îlots linguistiques, ils occupent des VIIe et XIe siècles et la conquête française
aujourd’hui les reliefs montagneux du Rif et de des XIXe et XXe siècles influencèrent profondé-
l’Atlas (Maroc), du Djurdjura, des Bibans, des ment et durablement le destin amazigh.
Babors, du Chenoua et des Aurès (Algérie), de
1 Nefousa (Libye) et le désert. On estime actuelle- La constance de cette volonté d’indépendance,
ment de 15 à 20 millions le nombre de locuteurs de résistance aux incursions des représentants
de langue maternelle amazigh qui se répartissent de pouvoirs centralisateurs, incita les conqué-
inégalement entre les différents États du Maghreb. rants français de l’Algérie à mettre en œuvre
Les communautés les plus importantes sont les une politique de division ethnique et à tenter
Rifains et les Chleuhs du Maroc (qui représentent de jouer les « Berbères » contre les « Arabes »
plus de la moitié de la population locale), et les de façon à mieux asseoir leur pouvoir. Le
Kabyles, les Chaouias et les Mozabites d’Algérie général Bugeaud s’y employa en Algérie et
(le quart de la population). En Tunisie, il ne reste c’est aussi ce qui fut fait plus tard au Maroc, par
que quelques îlots berbérisants. le fameux « dahir berbère » qui prétendait
Éléments d’histoire appliquer aux Berbères marocains une juridic-
• Maxime Aït Kaki, 2004, tion différente de celle des Arabophones.
«Les Berbères à la ■ ■ Éléments d’histoire Depuis l’indépendance, le Maroc, l’Algérie, la
conquête de leur histoire», Tunisie et la Libye utilisent des méthodes auto-
De la question berbère au Les Imazighen d’aujourd’hui rappellent que ritaires, jacobines et bureaucratiques et ont mis
dilemme kabyle à l’aube leurs ancêtres furent des acteurs très dynami- en place une politique d’arabisation à outrance
du XXIe siècle, l’Harmattan. ques de la longue histoire du Maghreb. qui nie la composante amazigh de leur État.
• Salem Chaker, 2003,
Les grands empires berbères de l’« âge d’or »
«La question berbère dans
le Maghreb contemporain:
font encore la fierté des berbérophones d’au-
éléments de compréhension jourd’hui : ■ ■ Informations sur la langue
et de prospective», in • celui des Almoravides sahariens au XIe siècle qui et la culture
Diplomatie Magazine, contrôlait les routes de l’or du Sahara occidental,
3 mai-juin 2003, p. 75-77. • celui de la célèbre dynastie des Almohades, L’identité amazigh, l’« amazighité », bien qu’in-
• Dahir Berbère, texte montagnards du Haut-Atlas marocain, qui uni- fluencée par une succession de conquêtes,
intégral du Dahir fia tout le Maghreb, du Maroc jusqu’en s’est construite essentiellement autour d’une
sultanien du 16 mai 1930 Tripolitaine et l’Andalousie. langue commune. Cette langue, appelée
nommé «Dahir berbère». L’histoire de ce peuple est marquée par une Tamazight, n’est pas un parler unique, elle est
IMAZIGHEN

composée de multiples dialectes locaux, sym- ■ ■ Les problèmes


boles d’une identité rebelle à l’absorption. Les
et les revendications
grandes distances et les cloisonnements politi-
ques qui divisent ce peuple ont donné lieu à Les gouvernements coloniaux ou post-colo-
une série de mini-cultures locales, productrices niaux ont réprimé directement ou insidieuse-
de chants, danses, musiques, poésie et poterie. ment le peuple amazigh pendant des siècles.
L’ensemble des Imazighen ne parle pas tous Accusée de porter atteinte à l’unité nationale,
exactement la même langue : plusieurs nuances toute expression de l’amazighité fut niée par
linguistiques peuvent êtres observées selon les les gouvernements successifs qui usent encore
régions. Ceci est certainement dû au fait que aujourd’hui d’une politique d’arabisation, de
les berbérophones ne peuplent pas un terri- falsification de l’histoire et d’intimidation pour
toire continu. Ils habitent des zones isolées les faire taire et assimiler ce « séparatisme ber-
unes des autres, entourées, au Maghreb, de bère ». Face à cette discrimination, les
populations arabophones. Cependant, tous les Imazighen revendiquent une présence au
parlers berbères forment une branche de la Maghreb vieille de cinq mille ans, une pré-
famille chamito-sémitique et participent d’une sence qui passe tout d’abord par la reconnais-
unité structurelle incontestable. sance de la langue amazigh comme nationale
et officielle et de la culture amazigh.

■ ■ Organisation sociale
et politique ■ ■ Les conflits récents
Le peuple amazigh n’est jamais parvenu à se ➜ ALGÉRIE ➜
réunir au sein d’un État-nation. Il a cependant
développé des structures et des représenta- Printemps berbère 1980 • Durant plusieurs
tions sociales et politiques communes. En semaines se succédèrent en Kabylie, manifes-
effet, les Imazighen sont très attachés aux tations, meeting et grèves contre la politique
structures démocratiques et à une idéologie répressive du régime, en faveur d’une recon-
État du droit égalitariste qui s’exprime par leur soutien mas- naissance officielle de la langue et de la culture
les concernant sif aux formations politiques de cette obé- des Imazighen. Cette revendication déboucha
2 • Constitution algérienne dience. sur l’interdiction d’une conférence sur la poé-
du 28 novembre 1996 sie kabyle ancienne de l’écrivain Mouloud
• Constitution marocaine Mammeri à l’université de Tizi Uzou.
du 4 septembre 1992 ■ ■ État du droit les concernant 1990 et 1991 • Création des départements
de langue et culture berbères au sein des uni-
Les problèmes Les différents États dans lesquels vivent les versités de Tizi-Ouzou et Béjaïa en Kabylie.
et les
Imazighen font de l’arabe la langue unique et 1991 • Imposantes manifestations pour la
revendications
• Charte d’Agadir,
de l’islam la religion d’État. reconnaissance amazigh.
«relative aux droits En Algérie, la Constitution de 1996 – bien que 1994-1995 • Le Mouvement Culturel
linguistiques et culturels», faisant désormais référence dans son préam- Berbère (MCB) appelle au boycottage scolaire
5 août 1991. bule, contrairement à celle de 1989, à l’amazi- en Kabylie en vue d’appuyer la reconnaissance
• Le manifeste berbère, ghité comme « composante fondamentale de du tamazight comme langue nationale et offi-
1er mars 2000. son identité » avec « l’islam et l’arabité » – cielle.
• Déclaration consacre encore l’islam comme religion d’État 22 avril 1995 • « plate-forme de consensus »
de la délégation amazigh et l’arabe comme langue « nationale et offi- signée par toutes les tendances du mouve-
à Genève, 2 juillet 2002. cielle ». ment berbère demandant qu’un texte officiel
• Déclaration De même, la Constitution marocaine de 1996 du chef de l’État garantisse « le caractère légi-
de la délégation amazigh
ignore tout fondement amazigh au profit time de la revendication du tamazight comme
à Genève, 2 juillet 2003.
• Déclaration
d’une civilisation arabo-islamique exclusive. fondement de l’identité nationale », ainsi que
de la délégation amazigh Ces textes fondamentaux sont souvent com- sa prise en charge par les institutions de l’État.
à Genève, 2 juillet 2004 plétés par des lois d’orientation qui confir- 27 mai 1995 • Création d’un Haut-
• Joël Donnet, «Après ment cette exclusivité, comme la loi de 1991 Commissariat à l’Amazighité (HCA) qui a pour
deux milles ans de mépris, « portant généralisation de la langue arabe », mission « la réhabilitation et la promotion de
renaissance berbère au entrée en vigueur en 1998 en Algérie ou la loi l’amazighité en tant que l’un des fondements
Maroc», in le Monde sur l’interdiction des prénoms amazigh au de l’identité nationale, l’introduction de la lan-
Diplomatique, Maroc. gue amazigh dans les systèmes de l’enseigne-
janvier 1995. ment et de la communication » (art 4).
IMAZIGHEN

Juin 1998 • Explosion de colère populaire à la ■ ■ Organisations amazigh


suite de l’assassinat du chanteur Lounès 1967 • Mohand Arav Bessaoud et Mouloud
Matoub. Mammeri fondent l’Académie Berbère
5 juillet 1998 • Loi de généralisation de la (Agraw Imazighène) qui rassemble les artistes
langue arabe entraînant une réaction immé- et intellectuels berbères de tous horizons. Et
diate et violente en Kabylie. qui diffuse la culture berbère jusqu’en 1978.
21 mai 2001 • Marche noire de Tizi Ouzou, 1967 • Création au Maroc de l’Association
la plus grande manifestation organisée en Marocaine de Recherche et d’Échanges
Kakylie. Une centaine de morts. Une situation Culturels (AMREC) qui publie des travaux sur
de violence durable s’est installée dans la la culture amazigh du Maroc.
région. 1980 • Le Printemps berbère en Algérie
11 juin 2001 • Émission d’une plate-forme entraîne la création autour de Mouloud
de revendications : la plate-forme d’El Kseur. Mammeri, du Mouvement Culturel Berbère.
Mai 2002 • Modification constitutionnelle qui 1992 • Création dans le New Jersey de
reconnaît au berbère le statut de « langue l’Amazih Cultural Association in America
nationale » en Algérie (l’arabe restant « langue (ACAA) qui publie la revue The Amazigh Voice.
officielle et nationale »). 1993 • L’ANCAP change de nom pour adop-
ter une appellation dans laquelle l’amazighité
➜ MAROC ➜ est plus évidente et devient TAMAYNUT
1er mai 1994 • défilé organisé par la 1993 • Création à Paris par un groupe d’étu-
Confédération démocratique du travail (CDT) diants de l’INALCO de l’association TAMEZ-
et l’Union générale des travailleurs marocains GHA qui se propose de « promouvoir et de
(UGTM). Ils scandaient des slogans et des ban- développer la langue et la culture berbères
deroles en français et en tamazight qui insis- dans toute leur diversité » et publie la revue
taient tout particulièrement sur le statut offi- IMAZIGHEN ASS-A.
ciel du tamazight, criant : « L’hébreu est ensei- 1994 • À l’occasion du 17e festival de
gné, pas le tamazight » ; « Tamazight à l’école » ; Douarnenez consacré au «peuple amazigh» des
« Pas de démocratie sans tamazight ». artistes et des militants berbères décident la
3 mai 1994 • Sept enseignants de Goulmima création d’un «Congrès International Berbère»
et d’Errachidia, membres ou sympathisants de 1995 • À Saint-Rome-de-Dolan en Lozère, 36
3 Tilelli, furent interpellés, menottés et interro- délégations décident de la création d’une
gés. Trois d’entre eux furent condamnés à la structure permanente le Congrès Mondial
prison pour trouble à l’ordre public. Ils furent Amazigh dont le but est de « défendre et de
amnistiés peu de temps après par Hassan II au promouvoir l’identité » culturelle de la nation
même titre que 462 autres personnes. amazigh et de soutenir son « développement
Algérie
20 août 1994 • Le roi du Maroc, Hassan II, dans tous les domaines, à l’intérieur et à l’ex-
• Texte de la plate-forme
de revendications dite
promet d’introduire la langue berbère dans térieur de Tamazgha »
d’El-Kseur. l’enseignement. Il se déclare favorable « à l’en- 1996 • Création dans le sud du Maroc de l’as-
• Existe-t-il un projet seignement des dialectes berbères ». Le sociation AZAMAZIGH qui regroupe au
politique kabyle?, tamazight sera désormais enseigné « au moins départ des berbérophones du Sud marocain et
entretien avec Salem au niveau du primaire ». publie la revue Parimazigh et lance deux sites
Chaker. 24 août 1994 • La télévision présente un Internet : [Link], consacré à la
journal de douze minutes, reprenant trois fois musique berbère ; et [Link].
Maroc les mêmes informations avec un présentateur com qui informe sur l’histoire, la culture et la
• Quinze ans de militan- différent pour chacun des trois parlers imazi- mouvance militante berbères.
tisme amazigh au Maroc, ghen : tarifit du Rif (Nord), tamazight du 1998 • En marge du Groupe de Travail sur les
[Link], 2005. Centre-Est et tachlahit du Sud. Peuples Autochtones se crée à Genève la
• Texte du Dahir portant
Fin 2001 • Création de l’Institut Royal CAIDDH : Commission Amazigh Internatio-
création de l’Institut royal
de la culture amazigh.
pour la Culture Amazigh (IRCAM), qui a nale pour le Développement et les Droits de
pour mission, sous la protection de Sa l’Homme, dont le siège social est à Lausanne et
Organisations Majesté, « d’assurer la conception, la prépara- qui se consacre à la promotion du peuple ama-
Amazigh tion et le suivi du processus d’intégration de zigh en tant que peuple autochtone et vise « à
• Entretien avec l’amazigh dans le système de l’enseignement ». porter efficacement et durablement la légiti-
Belkacem Lounès, un bilan 2002 • Le roi établi la Commission Royale mité des revendications des Amazigh devant
de l’action du CMA depuis Amazigh qui a pour fonction de « développer les instances et organisations internationales ».
sa création, jeudi 7 juillet la culture et la langue amazigh ». 2000 • Création de la BRTV, la radio-télévi-
2005. sion berbère installée rue du Cherche-Midi.
IMAZIGHEN

2000 • Création de l’Association des Amazigh culture et civilisation) ; de défendre les droits
du Sud Marocain : TAMUNT N IFFUS de l’homme et des peuples autochtones ; de
(MAROC), association qui a pour objectifs : de vulgariser les sentiments de paix. ■
promouvoir la culture amazigh (langue,

■ ■ Sélection bibliographique

➜ ARTICLES ➜
Lacoste-Dujardin Camille, 4e trimestre 2001, « Géographie culturelle et géopolitique en
Kabylie, la révolte de la jeunesse kabyle pour une Algérie démocratique », in Hérodote, n° 103,
p. 57 à 91, La Découverte.
Chaker Salem, avril-septembre 1985, « Berbérité et émigration kabyle », in Peuples
Méditerranéens, n° 31-32, p. 217 à 225, numéro spécial Migration et Méditerranée, Paris.
Aït Harmed Mohand S., 2e trimestre 1995, « Le Berbérisme, de l’unité du mouvement cultu-
rel aux divisions politiques », in Hérodote, Paris.
Chaker Salem, 1987, « Berbère : une identité en construction », in Revue de l’Occident musul-
man et de la Méditerranée, n° 44.

➜ OUVRAGES ➜
Ait Kaki Maxime, 2004, De la question Berbère au dilemme kabyle à l’aube du XXIe siècle,
l’Harmattan.
Camps Gabriel, 1996, Les Berbères, mémoires et identités, Encyclopédie de la Méditerranée
Tunisie, ALIF-EDISUD-TOUBKAL, 80 pages.
Camps Gabriel, 1980, Berbères, aux marges de l’histoire, Hespérides.
Chafik Mohamed, 1989, Aperçu sur 33 siècles d’histoire des Imazigen.
Chaker Salem, 1998, Berbères aujourd’hui, L’Harmattan, 221 p.
Servier Jean, 1990, Les Berbères, PUF, coll. « Que sais-je ? », 127 pages.
4 Haddadou M. A., 1994, Guide de la culture et de la langue berbère, ENAL-ENAP, Alger.
Tassadit Yacine, 1987, « Identités occultées ? Identités usurpées ?», in Awal, Cahier d’études
Berbères, Maison des Sciences de l’Homme, Paris.
Grandguillaume Gilbert, 1983, Arabisation et politique linguistique au Maghreb, Maisonneuve et
Larose, Paris.
Ouerdane Amar, 1990, La question berbère dans le mouvement national algérien, Septentrion.
Bigi Céline, 2002, L’Identité Berbère est-elle transnationale ?, Mémoire de l’Institut Études
Politique de l’Université de Droits, d’Économie et des Sciences sociales.
Arezki Dalila, 2004, L’identité berbère, de la frustration berbère à la violence, la revendication en
Kabylie, Seguier, 191 p.
Ouerdane Amar, 2003, Les Berbères et l’arabo-islamisme en Algérie, KMSA, 259 p.
Encyclopédie berbère, 1992, Edisud, Aix-en-Provence.

➜ RAPPORT ➜
Groupement pour les Droits des Minorités, 1992, Les Kabyles : éléments pour la compréhen-
sion de l’identité berbère en Algérie.

➜ SITES INTERNET ➜
[Link]-mondial-amazigh-org (CMA : Congrès Mondial Amazigh)
[Link] (Berbères de Kabylie)
[Link] (Portail Berbériste)
[Link]/ (Monde Berbère)
[Link] (Berbères de France)
[Link] (Amazigh)
[Link]/ (Rif et Imazighen)
[Link]/ (Tamaynut)
[Link]/ (Réseau Amazigh pour la citoyenneté)
IMAZIGHEN

[Link]/[Link] (Berbères des Canaries)


[Link] (El Guanche Canarias)
[Link]/[Link]?lg=_fr (Tawalt Lybie)
[Link] (Chaouia des Aurès)
[Link] (Kabylie News)
[Link] (TASAFUT : revue de l’ONG Tamaynut)
[Link] (MAK Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie)

■ ■ Sélection discographique
Taos Amrouche, Chants berbères de Kabylie, ed Buda-Ades, 82506.
Idir, A vava inouva, Blue Silver, 035-2.
Houria Ai-chi, Chants de l’Aurès, Ethnic-auvidis, B6749.
Maroc : Moyen-Atlas, musiques sacrées et profanes, Ocora-Harmonia Mundi, Ocora C559 057.
Musique berbère du Haut-Atlas et de l’Anti-Atlas, Chant du Monde-Harmonia Mundi,
LDX274991.

3 rue de la Châtaigneraie, 92310 Sèvres


e-mail : [Link]@[Link]
Site Web : [Link]
IMAZIGHEN

Berbères en Afrique du Nord, in Le Monde Diplomatique.

Carte des aires dialectales berbères du Maroc, in Aménagement Linguistique.

3 rue de la Châtaigneraie, 92310 Sèvres


e-mail : [Link]@[Link]
Site Web : [Link]
IMAZIGHEN

« Plus de 20 millions de berbérophones disséminés en Afrique », in Aménagement linguistique.

3 rue de la Châtaigneraie, 92310 Sèvres


e-mail : [Link]@[Link]
Site Web : [Link]
A M É R I N D I E N S D E G U YA N E

■ ■ Qui sont-ils, (200-900 locuteurs) sont localisés dans le sud-


combien sont-ils, où sont-ils ? ouest sur le haut Maroni, fleuve frontière avec
le Surinam (Antécume-Pata, Elaé, Twenké) ;
La Guyane a des frontières communes avec le pour leur part, les Emerillon ou Teko (200-400
Brésil et le Surinam. C’est le plus vaste et le locuteurs) vivent au centre sud et les Wayampi
plus forestier des départements français : (400-600 locuteurs) sur le haut Oyapock au
94 % de son territoire sont recouverts par la sud-est ; ces deux dernières ethnies sont loca-
forêt équatoriale. La population de ce dépar- lisées au sud d’une ligne fictive, ouest-est,
tement français, équivalant à peu près à la entre Maripasoula et Camopi qui délimitait
superficie du Portugal, est concentrée à 80 % autrefois le « territoire de l’Inini » dans lequel
le long des 320 km de bande côtière bordée on ne pouvait pénétrer qu’avec une autorisa-
par l’océan Atlantique. Tout l’arrière-pays tion préfectorale. Les principales familles lin-
(90 % du territoire) est couvert de forêts guistiques autochtones de l’Amérique du sud
équatoriales denses et n’est accessible, hormis amazonienne sont représentées en Guyane :
la voie aérienne, qu’en bateau grâce aux fleu- tupi (Wayampi et Teko), arawak (Lokono et
ves Maroni (qui sépare le Surinam et la Palikour) et carib (Wayana, Kalinya).
Guyane), Mana, Sinnamary, Approuague et
Oyapok (qui sépare la Guyane et le Brésil).
En 2005, la population de la Guyane française ■ ■ Éléments d’histoire coloniale
1 dépassait 187 000 habitants. On y compte plus et post-coloniale
de 25 groupes ethniques différents parlant
chacun sa langue. Outre les Amérindiens, on XVIe et XVIIe siècles • Arrivée des premiers
distingue la population d’origine africaine Européens, la Guyane compte environ 30 000
(métis et descendants des anciens esclaves), Amérindiens.
européenne (métropolitains ou anciens 1637 • Fondation de la ville de Cayenne.
colons), les immigrants asiatiques (du début du 1673 • Création de la Compagnie du Sénégal
XXe siècle et des années soixante-dix) et des qui devait conduire des esclaves noirs aux
ethnies d’immigration plus récente (Brésiliens, Antilles et en Guyane.
Haïtiens, Saint-Luciens, Libanais, Surinamiens, 1763 • Le duc de Choiseul envoie 15 000
Guyanais – de la Guyana ex-britannique –, Européens pour la colonisation officielle de la
etc.). Guyane.
La Guyane compte plusieurs communautés 1848 • Suppression de l’esclavage, la Guyane
amérindiennes (environ 5 % de la population, compte 12 700 esclaves.
soit entre 6 000 et 9 000 personnes) considé- 1852 • Établissement des colonies péniten-
rées comme descendantes des plus anciens tiaires (bagnes) en Guyane.
habitants (probablement quelques milliers 1855 • Découverte de gisements aurifères.
d’années) du pays. Les Palikour (entre 600 et 1930 • Création du territoire de l’Inini.
1 000 locuteurs) habitent dans l’est de la 1939 • Suppression des colonies pénitentiai-
Guyane à Macouria et sur les bords de l’es- res.
tuaire du fleuve Oyapok, frontière avec le 1946 • La Guyane devient un Département
Brésil ; les Lokono (ou Arawak) (150-200 locu- français d’Outre-Mer (DOM).
teurs) et les Kalin’ia (appelés Galibi à l’époque 1964 • Création du Centre Spatial Guyanais
Où sont-ils ? coloniale) (entre 2 000 et 4 000 locuteurs) (CSG) à Kourou (sur un territoire kalin’ia).
Carte, 2005, Ethnies vivent près des zones côtières dans l’Ouest 1970 • Un arrêté préfectoral soumet l’accès
n° 31-32, «Guyane, le (Awala-Yalimapo, Paddock-et-Fatima, Saint- au sud d’une ligne Camopi-Elahé, à l’obtention
renouveau amérindien». Laurent-du-Maroni) alors que les Wayana d’une autorisation préfectorale.
A M É R I N D I E N S D E G U YA N E

■ ■ Activités et ressources l’alcool, aux chasses aux esclaves, aux guerres)


puis à la dislocation et la disparition de leurs
Qu’ils se situent dans l’une ou l’autre zone réseaux politiques inter-ethniques, clés de
géographique, les Amérindiens ont maintenu voûte de leurs structures sociales. Dans ces
un mode de vie basé sur les activités tradition- réseaux, les Kalin’ia semblent avoir eu une
nelles : chasse, pêche, essartage dit agriculture importance prépondérante en raison de leur
sur brûlis (défrichage par le brûlis de parcelles distribution dans tout le territoire guyanais, de
qu’on appelle « abattis » en Guyane) et cueil- l’Orénoque à l’Oyapock, de leur situation
lette. Ils cultivent, entre autres, du manioc côtière qui les mettait en contact avec tous les
dont les fins granulés, appelés « couac » en Européens et de leur grande mobilité. Leur
Guyane, accompagnent la nourriture de tous langue a servi de truchement ou de langue de
les Guyanais. La pratique de l’essartage sup- communication. C’est peut-être pour ces rai-
pose la rotation des parcelles, donc des terri- sons qu’aujourd’hui les Kalin’ia de Guyane sont
toires assez vastes par rapport au chiffre de la très actifs dans les organisations autochtones.
population. Cela pose le problème non résolu Avec ceux des pays voisins – Surinam (2 500),
de la sauvegarde et de la protection des terri- Guyana (475), Brésil (100), Venezuela (5 000)
toires autochtones de Guyane qui se trouvent – leur nombre atteindrait 10 000. Les
en zones forestières, menacées par l’orpail- Amérindiens côtiers sont, en général, bilingues
lage et des projets de « développement » éco- (français et langue maternelle) et presque
nomique mal adaptés. Mais tous les groupes tous, même ceux de l’intérieur, sont scolarisés
autochtones sont aussi aujourd’hui dépen- en français, du fait de la présence d’institu-
dants de l’économie de marché pour se pro- teurs dans certains villages.
curer ce qu’ils ne produisent pas (sucre, café,
vêtements, etc.). Ils touchent, pour certains,
des allocations familiales ou le RMI ce qui a ■ ■ État du droit les concernant
créé des difficultés d’ajustement de leur ges-
tion économique. Depuis quelques années, les peuples amérin-
diens de la Guyane cherchent à obtenir du gou-
vernement français des droits territoriaux ainsi
■ ■ Informations sur la langue que la reconnaissance de leurs identités comme
2 et la culture « peuples distincts ». La France ne reconnaissant
pas de droits territoriaux collectifs, les territoi-
Malgré les différences d’intensité et d’ancien- res amérindiens ont été classés comme domai-
neté des contacts entre les Amérindiens et les nes privés appartenant à l’État (ou propriétés
Européens (les populations côtières comme dites domiennes [DOM]). Pour les autorités
les Kalin’ia et les Lokono coexistent avec, françaises, il n’existe donc pas, juridiquement
notamment, les Français depuis le XVIIe siècle parlant, de « peuples distincts » en Guyane, mais
alors que celles de la forêt ont été plus long- plutôt des « populations primitives » (1952) ou
temps éloignées des envahisseurs) les cultures des « populations tribales » (1970), sinon des
amérindiennes sont demeurées vivantes en « Amérindiens de la Guyane française » (1984)
Guyane. Aucune, évidemment, ne s’est et des « Communautés tirant traditionnelle-
conservée telle qu’elle était il y a trois ou qua- ment leurs moyens de subsistance de la forêt »
tre siècles. Être vivante pour une culture veut (1987). La tradition jacobine et homogénéi-
partout dire bouger, changer, évoluer, s’adap- sante de la nation française récuse la notion de
ter. Les communications entre les groupes « peuples autochtones » telle que l’emploie le
autochtones (échanges de biens, de valeurs, droit international. Néanmoins, le décret fon-
de personnes) ont toujours été très importan- cier métropolitain du 14 avril 1987 accorde une
tes, facilitées par les nombreuses voies fluvia- certaine protection aux Amérindiens en per-
les de ce vaste territoire qui n’a pas de frontiè- mettant au préfet de Cayenne de prévoir « la
res naturelles entre l’embouchure de concession de zones de parcours aux commu-
l’Amazone et l’embouchure de l’Orénoque. nautés d’habitants tirant traditionnellement leur
Toutes les puissances de l’Europe de l’ouest subsistance de la forêt ».
s’y sont longtemps combattues et se le sont, Toutefois, ce timide engagement de la métro-
finalement, partagé. Toutes les sociétés amé- pole en faveur des Amérindiens irrite quelque
rindiennes en ont subi les conséquences, peu les Guyanais créoles qui craignent les
d’abord par une effroyable perte démographi- revendications spécifiques de la part de cha-
que (due à l’introduction des maladies et de cune des nombreuses autres minorités du ter-
A M É R I N D I E N S D E G U YA N E

ritoire. Dans leur ensemble, les Guyanes (fran- création du Parc de la Forêt Tropicale
çaise, ex-hollandaise (Surinam) et ex-anglaise Guyanaise.
(Guyana) sont assez rétrogrades en ce qui Novembre 1994 • La DIREN publie ses
concerne les droits des Amérindiens vivant sur « Premières propositions pour un projet de
leur sol : en effet, ces derniers sont démunis Parc de la Forêt tropicale Guyanaise ».
de tout pouvoir et ce même s’ils occupent 1995 • Définition des « Zones de Droits
l’essentiel du territoire. À défaut de structures d’Usage collectifs » (ZDU).
officielles (même consultatives) exprimant les Octobre 1995 • Rapport de Francis Hallé,
intérêts autochtones, il existe des associations professeur de botanique tropicale à l’univer-
amérindiennes vouées à la revendication de sité de Montpellier qui conteste le périmètre
leurs droits, notamment l’Union des Peuples envisagé et prend davantage en considération
Amérindiens de la Guyane (UPAG), l’Asso- les questions concernant la faune que celles de
ciation des Amérindiens de Guyane française la protection des territoires amérindiens.
(AAGF) et la Fédération des Organisations 1997 • Missions d’écoutes dans les villages
Amérindiennes de Guyane (FOAG). Wayana du Haut-Maroni.
1998 • Le président du Conseil Régional de
Guyane (Antoine Karan) annonce l’intention
■ ■ Les problèmes des Guyanais de « se réapproprier le parc » et
et les revendications demande une pause pour ce projet.
juin 2003 • Rapport de Jean-Pierre Giran
➜ ORPAILLAGE ➜ (député du Var) au Premier ministre « Les
parcs nationaux : une référence pour la France ;
1993 • Découverte de pépites d’or à Dorlin une chance pour ses territoires ».
(en amont de Maripasoula). 25 mars 2003 • Première réunion du
1996 • Averti des exactions, l’État gèle l’ex- « Comité de pilotage élargi ».
ploitation de l’or.
1999 • Deux rapports de l’INSERM sur la pol-
lution par le mercure. ■ ■ Les conflits récents
14 décembre 2000 • Publication du rapport
sur l’orpaillage de la députée (apparentée PS)
Christiane Taubira-Delanon (CTD).
➜ CAMPAGNE CAMBIOR CBJ-CAÏMAN ➜
3
Janvier 2001 • Mise en place du Comité de Il s’agit d’un projet d’exploitation de la mine
suivi des recommandations du rapport CTD. CBJ-Caïman, filiale de la multinationale cana-
ménagement Février 2001 • Dépôt par la FOAG (aux côtés dienne Cambior sur le territoire de la com-
????? des populations wayana et émerillon (teko) des mune de Roura. Les implantations de la
villages amérindiens du Haut-Maroni et du société Cambior ont déjà été la cause de
Tampoc) d’une plainte contre X devant le désastres écologiques et humains considéra-
doyen des juges d’instruction de Guyane. bles. Les accidents d’Omaï au Guyana (rupture
Février 2001 • Séminaire mercure organisé de digues d’un parc à résidus) et plus récem-
Les problèmes et par la préfecture. ment de Rosebel au Surinam rappellent les ris-
les revendications 18 avril 2001 • Remise d’un rapport par ques d’une telle exploitation.
Orpaillage l’IRD (Institut de Recherche sur le Dévelop- Même sans accident majeur, l’arsenic, les ris-
• Tiouka Alexis, pement à vérifier le nom exact, SDG), qui ques de pollution au cyanure et les éventuel-
mars 2006, minimise la responsabilité des orpailleurs. les fuites d’hydrocarbures pollueront de
Effet de l’industrie aurifère manière irrémédiable la prise d’eau de
en Guyane française:
la pollution par le mercure
➜ PARC NATIONAL DE LA GUYANE ➜ Comté, les cours d’eau et rendront les zones
Juin 1930 • Création du Territoire de l’Inini de pêche et de loisir inaccessibles. La Réserve
des ressources naturelles
(80 000 km2). naturelle de Kaw s’en trouvera également
des peuples autochtones.
17 mars 1969 • Suppression du territoire de contaminée.
Parc national l’Inini.
de la Guyane 14 septembre 1970 • Un arrêté préfectoral ■ ■ Organisations Amérindiennes
• Tiouka Alexis, soumet l’accès au sud d’une ligne Camopi-Elahe
février 2006, Droit à l’obtention d’une autorisation préfectorale. Décembre 1981 • Création de l’Association
des peuples autochtones et 1992 • Annonce au Sommet de la Terre, à Rio des Amérindiens de Guyane (AAGF) par les
création d’aires protégées: par François Mitterrand (et Ségolène Royal, minis- Kalinias.
le cas du Parc national de tre de l’Environnement) de la création du Parc. Décembre 1984 • L’Association des Amérindiens
la Guyane. Mai 1993 • Création de la Mission pour la de Guyane Française (AAGF) organise le pre-
A M É R I N D I E N S D E G U YA N E

mier rassemblement des Amérindiens de mental et national, de représenter ceux-ci au


Guyane à Awala-Yalimapo qui marque symbo- niveau européen, au niveau du bassin amazo-
liquement l’entrée des peuples amérindiens nien (COICA, acronyme espagnol de :
dans l’espace politique du département. Confédération des organisations indigènes du
1989 • Création de la commune amérin- bassin amazonien) et au niveau international.
dienne d’Awala-Yalimapo Décembre 1993 • Premier congrès des
Années 1990 • Le mouvement amérindien organisations amérindiennes de Guyane à
bénéficie d’une reconnaissance locale, natio- Awala-Yamlimapo.
nale et internationale. L’AAGF suscite la créa- Décembre 2001 • Organisation par les mai-
tion de nombreuses associations de villages res amérindiens d’Awala-Yalimapo et Camopi
qui se réapproprient localement les revendica- des 1er et 2e Forums des élus autochtones de
tions du mouvement amérindien, en particu- Guyane. À cette occasion l’Association
lier du point de vue foncier et culturel. « Villages de Guyane » s’est constituée à l’initia-
1992 • La FOAG (Fédération d’Organisations tive de B. Wyngaarde, cheffe coutumière de
Amérindiennes de Guyane) qui remplace Balaté, elle regroupe seize chef(fe)(s) coutu-
l’AAGF, fait désormais partie du paysage politi- mier(e)(s) du littoral et de la forêt.
que de la Guyane et a pour objectifs, outre des Janvier 2005 • Atelier à Twenké de formation
actions de reconnaissance des droits des de leaders et négociateurs autochtones. ■
Amérindiens de Guyane au niveau départe-

■ ■ Sélection bibliographique

➜ OUVRAGES ➜
Collomb Gérard et Tiouka Félix, 2000, Na’na Kali’na, une histoire des Kali’na en Guyane, Ibis
Rouge, 148 p.
Chérubini Gérard, 2002, Interculturalité et créolisation en Guyane française, l’Harmattan/univer-
sité de la Réunion, 267 p.
Hurault Jean-marcel, Grenand Françoise et Pierre, 1998, Indiens de Guyane, Wayana et
4 Wayampi de la forêt, 198 p.
Mam-Lam-Fouck Serge, 1997, L’Identité guyanaise en question. Les dynamiques interculturelles
en Guyane française, Ibis Rouge, 115 p.
Mam-Lam-Fouck Serge, 1996, Histoire générale de la Guyane française. Les grands problèmes
guyanais : permanences et évolutions, Ibis Rouge, 245 p.
Silberstein Jil, 2002, Kali’na, une famille indienne de Guyane française, coll. « Terre indienne »,
Albin Michel, 489 p.

➜ REVUES ➜
Cahiers des Amériques Latines, 2004, « La Guyane, une île en Amazonie », n° 43.
Ethnies, juin-septembre 1985, « La question amérindienne en Guyane française », vol. 1, n° 1-2.
Ethnies, printemps 2005, « Guyane : le renouveau amérindien », vol 31-32.
[Link], le bimestriel des actualités amérindiennes.

➜ ARTICLES ➜
Bellier Irène, Collomb Gérard, 2001, « “Nous sommes là pour parler d’égal à égal…”, entre-
tien avec Alexis Tiouka, coordinateur délégué de la FOAG de décembre 1996 à avril 2001 », in
Recherches Amérindiennes au Québec, vol. XXXI, n° 3, p. 19-23.
Chalifoux Jean-Jacques, 1992, « Ethnicité, pouvoir et développement politique chez les Galibis
de la Guyane française », in Anthropologie et sociétés, 16/3, p. 37-54.
Collomb Gérard, 1999, « Entre ethnicité et national : À propos de la Guyane », in Socio-
Anthropologie, n° 6.
Collomb Gérard, 1997, « La question amérindienne en Guyane. Formation d’un espace politi-
que », in Anthropologie du politique, p. 41-66, Armand Colin.
Collomb Gérard, 2001, « De l’indien à l’indigène. L’internationalisation des luttes amérindiennes
en Guyane et les enjeux de l’autochtonie », in Recherches Amérindiennes au Québec, vol. XXXI,
n° 3.
A M É R I N D I E N S D E G U YA N E

Collomb Gérard, 2001, « “Chassez le métissage…”, notes à partir de la Guyane », in Les


Paradoxes du métissages, actes du 123e congrès national des Sociétés historique et scientifiques,
édition du CTHS.
Dreyfus Simone, 1992, « Les réseaux politiques en Guyane occidentale et leurs transformations
aux XVIIe et XVIIIe siècles », in L’Homme n° 122-124, p. 75-98.
Tiouka Félix, 1985, « Adresse au gouvernement et au peuple français, 9 décembre 1984 », in « La
question amérindienne en Guyane française », Ethnies, n° 1-2.
Yacoub Joseph, 1998, « La région des trois Guyanes », in Les Minorités dans le monde, Decliée de
Brouwer, p. 807-813.
Thérèse Jocelyn Roger, 1998, « Témoignage des communautés amérindiennes », L’Accès au
droit de la Guyane, Ibis Rouge, p. 101-104.

➜ RAPPORTS ➜
Avenir des Peuples de la Forêt Tropicale (APFT), chapitre « Guyane », Université Libre de
Bruxelles, juillet 1999.

➜ ADRESSES INTERNET ➜
[Link]/ (AS : Association Solidarité – Guyane)
[Link]/solidariteguyane/[Link] (FOAG : Fédération des Organisations
Amérindiennes de Guyane française)
[Link] ([Link] : Premier magazine d’actuali-
tés amérindiennes en Guyane)

■ ■ Sélection filmographique
Jouve Arnaud, Gaymard Véronique, 1997, Wayana, entre deux rives, 40’.
Lafaix Philippe, 2003, La loi de la jungle, chronique d’une zone de non-droit : la Guyane française,
F Production, 53’.
Massot Claude, 1977, Une autre vie ou chronique de quelques indiens wayana, 60’.
5

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Carte, 2005, Ethnies n° 31-32, « Guyane, le renouveau amérindien ».


PEULS

■ ■ Qui sont-ils, ■ ■ Activités et ressources


combien sont-ils, où sont-ils ?
Les Peuls forment généralement une mino-
Les Peuls, appelés Fulani par les anglophones, se rité au milieu des autres populations africai-
dénomment eux-mêmes fulbe (sing: pullo); ils nes. Ils sont ainsi d’une grande diversité, les
représentent l’un des plus importants groupes uns sont pasteurs nomades, dont l’économie
ethniques d’Afrique occidentale sahélo-souda- est basée sur l’élevage qui leur fournit des
nienne. Le nombre de locuteurs peuls varie produits laitiers mais pas de viande, car ils ne
selon les estimations entre six et huit millions, tuent pas et ne vendent pas leurs animaux ;
disséminés en îlots d’importances très variables. les autres sont mélangés aux populations
Présents dans tous les États de l’Afrique de locales, sédentarisés dans des villages, forte-
l’Ouest ainsi qu’au Tchad, en République Centre ment islamisés.
Africaine et au Soudan, ils n’en constituent
cependant jamais le peuplement majoritaire,
bien que le nord du Nigeria, la Guinée, le ■ ■ Informations
Sénégal, le nord Cameroun et le Niger en comp- sur la langue et la culture
tent d’importantes communautés. Cet «archipel
peul» est divisé en un grand nombre de groupes, Le fulfulde, la langue peule, a subi de nom-
dont les principaux sont ceux du Fouta Djallon breux métissages qui ont donné naissance à
1 (les Foulbé Fouta), et ceux du Fouta Toro (vallée une grande diversité de dialectes. Des travaux
du fleuve Sénégal, les Alpoularhen). en cours tentent de standardiser la langue. Le
fulfulde est l’une des langues les plus écrites en
Afrique, en caractères arabes elle a joué un
■ ■ Éléments d’histoire rôle important dans l’islamisation du conti-
nent. Cependant en 1966, l’alphabet latin a été
L’origine des Peuls reste assez controversée, retenu officiellement pour écrire le fulfulde.
mais l’hypothèse la plus plausible serait l’ori- Le fulfulde, à la fois langue et manière de vivre
gine saharienne, celle des Hamites de la société et de penser, cache une réelle homogénéité
du bœuf. Il semble que l’« ethnie » se soit culturelle. On y trouve une valeur fondamen-
constituée au cours du haut Moyen Âge, dans tale, le pulaaku, qui enseigne le discernement
la vallée du Sénégal et les régions adjacentes de (hakiilo), la résignation (munyal) et la réserve
l’est et du nord-est puis se serait étendue vers (semteende).
le sud et vers l’est. Ces migrations ont permis
aux Peuls d’occuper dès le XVIIe siècle l’espace Les Peuls ont aussi conservé un sens esthéti-
actuel, mais sans imposer toutefois leur pré- que très développé qui s’exprime à travers
éminence politique. Ce ne sont qu’avec les l’élégance corporelle, la création de parures,
« guerre saintes » que les Peuls conquirent le l’art du discours et de la musique ou dans des
pouvoir politique au nom de l’islam et consti- traditions comme le Gerewol, un concours de
tuèrent de puissants empires au Fouta Diallon, beauté où les jeunes Bororo, maquillés, se
au Macina, au Nigeria (Sokoto) et en pavanent devant les jeunes filles.
Adamaoua. À partir de la fin du XIXe siècle, avec Bien que majoritairement islamisés et recon-
la colonisation française et anglaise, ces États nus comme les acteurs de l’islamisation de
furent vaincus et soumis mais continuèrent à toute la région de l’Ouest africain, certains
influencer la région à des degrés divers pen- Peuls, comme les Peuls Bororo du Niger, sont
dant la période coloniale et parfois au-delà. animistes.
PEULS

■ ■ Organisation sociale politiques officielles marginalisent leur mode


et politique de vie pastoral.

➜ STRUCTURES SOCIALES ➜
Les structures sociales présentent des variantes ■ ■ Les problèmes
dans les diverses communautés. L’endogamie, et les revendications
essentielle chez les nomades pour conserver le
plus de bétail, subit chez les sédentaires des Les Peuls se sédentarisent, s’urbanisent de
entorses apportées par l’islam ou la nécessité plus en plus, et la mémoire peule comme la
de s’adapter aux cultures voisines. langue disparaissent dangereusement. De
plus, le déficit du fourrage dû à la sécheresse
➜ INSTITUTIONS POLITIQUES ➜ décime les troupeaux et la malnutrition fait
Foncièrement individualistes et toujours prêts des ravages dans ces populations dispersées,
à fuir devant toute contrainte, les Peuls n’ont souvent éloignées des centres de secours.
longtemps connu que l’autorité politique du Au Cameroun, MBOSCUDA demande au
chef d’un fragment de lignage sur les siens. gouvernement camerounais :
– d’établir un cadre stratégique, institutionnel
et législatif pour parvenir à un équilibre entre
■ ■ Statut de la femme les terres pastorales et agricoles
– de créer des réserves de pâturage
La femme peule autochtone est prisonnière – de mettre en œuvre un processus de réso-
des us et coutumes et est défavorisée non lution pacifique des conflits
seulement dans son propre milieu mais aussi
par rapport aux autres groupes en général
Compte tenu de leur mode de vie nomade, ■ ■ Quelques organisations peuls
l’épouse et la fille peules échappent aux recen-
sements des populations et, en conséquence, MBOSCUDA (M’BOroro Social CUltural &
les programmes gouvernementaux tiennent Development Association), est une association
rarement compte d’elles. Ainsi elles ne bénéfi- crée en 1987. Elle a pour objectfs : le dévelop-
cient pas des droits les plus élémentaires en pement économique, social et culturel des
2 tant que citoyennes à part entière. M’Bororo, en particulier des femmes, en vue
de réduire la pauvreté l’amélioration du déve-
loppement agro-pastoral la protection de l’en-
■ ■ Les conflits récents vironnement et la bonne gestion des ressour-
ces naturelles
Les conflits entre éleveurs et agriculteurs se TPI (Tabital Pulaaku International) dont le nom
multiplient. L’installation de colons sur leurs signifie «pérenniser la culture peule», est une
pâturages communaux et l’intensification de association crée en 2002 sous l’impulsion de l’écri-
vain sénégalais Cheikh Amidou Kane. Son premier
leurs activités agricoles et pastorales génèrent
objectif est la sauvegarde de la langue peule. ■
de nombreux conflits territoriaux. De plus, les

■ ■ Sélection bibliographique

Statut de la femme
• Hindou Oumarou
➜ ARTICLES ➜
Henri Lhote, oct-nov 1959, « l’extraordinaire aventure des Peuls », in Présence africaine, revue
Ibrahim, 2006,
« la fille peule
culturelle du monde noir, Paris, p. 48 à 57.
autochtone Jean Schmitz, 1990, « Les peuls, islam, pastoralisme et fluctuations de peuplement », in Cahier
du Tchad », in des sciences humaines, p. 499 à 504.
Paroles de femmes Dupire Marguerite, 1981, « Réflexion sur l’ethnicité peule », in Itinérance en pays peul et ailleurs,
autochtones, Mémoire de la Société des Africanistes, p. 165-181.
coll. «Questions Guichard Martine, 1990, « L’ethnicisation de la société peule du Borgou (Bénin) », in Cahier
autochtones», d’Études Africaines, n° 117.
L’Harmattan, Seydou Christiane, 1997, « Bibliographie générale du monde peul », in Études Nigériennes, n° 43,
p. 25 à 31. IRSH, Niamey.
PEULS

➜ OUVRAGES ➜
Boubacar Hama Beïdi, 1993, Les Peuls du Dallol Bosso, coutumes et modes de vie, Sépia, 188 p.
Roger Botte, Jean Boutrais, Jean Schmitz, 1999, Figures peules, Karthala, 539 p.
Youssouf Diallo et Günther Schlee, 2000, L’Ethnicité peule dans des contextes nouveaux,
Karthala, 255 p.
Angelo Maliki, Roselyne François et Manuel Gomes, 1988, Nomades peuls, L’Harmattan
70 p.
Brigitte Thébaud, 1999, Gestion de l’espace et crise pastorale au Sahel ; étude comparative du
Niger orientale et du Yaga burkinabé, EHESS, 473 p.
Brigitte Thébaud, 2002, Foncier pastoral et gestion de l’espace au Sahel. Peuls du Niger oriental et
du Yagha burkinabé, Karthala, 318 p.
Mirjam de Bruÿn, Han van Dijk, 1997, Peuls et Mandingues : dialectique des constructions iden-
titaires, Karthala.
Jean-Marc Durou, Sandrine Loncke, 2000, Les Peuls Bororos nomades du Sahel, Vilo, 167 p.
Bocquené Henri, 1986, Moi, un Mbororo : autobiographie de Oumarou Ndoudi, Peul nomade du
Cameroun, Kathala, 387 p.
Dupire Marguerite, 1996, Peuls nomades, étude descriptive des Wodaabe du Sahel nigérien,
Karthala (Hommes et Sociétés).
Collectif sous la direction d’André Bourgeot, Horizons nomades en Afrique sahélienne. Sociétés,
développement et démocratie, Karthala, 488 p.
Cahiers d’Études Africaines, 1994, « L’archipel peul », n° 133-135.
Cahier des Sciences Humaines/IRD, 1990, « Sociétés pastorales et développement », vol. 26, n° 1-2.

■ ■ Sélection discographique
NikiProwetsky Tolia, Anthologie de la musique du Niger, OCORA, C559056.
Bois Pierre, Niger, Peuls Wodaabe, Chants du Worso, INEDIT (Maisons des Cultures du Monde),
W 260081.
Hamidou Moussa, Les nomades du Niger, Az, LD 5886.
3 François Roselyne, Gomes Manuel, Nomades du désert : les Peuls du Niger, Playasound, 65009.
Rabih Abou Khalil, 1997, La voix des Peuls, Harmonia Mundi.
Bele Ndëndi, 2005, Le chant des peuls du Sénégal.
Birame N’Diaye, 2005, Maître du chant peul, AIMP, LXV/VDE 1152.
Musique des Peuls, Unesco-Auvidis/Naïve

■ ■ Sélection filmographique
Brandt Henry, 1953, Nomades du Niger, 42’.
Herzog Werner, 1989, Wodaabe, les bergers du soleil, 52’.
Lambert Paul, 1972, Les hommes du dernier soleil, 62’.
Woodhead Leslie, 1989, Les Wodaabe, nomades du Nigeria, Granada, 50’.

■ ■ Manifestations culturelles et artistiques


Festival Tabilal Pulaaku, organisé par l’Association Tabilal Pulaaku, à Bamako. Festival peul à
caractère international qui se déroule tous les deux ans. Plusieurs activités sont possibles lors du
festival : colloques, conférences-débats, ateliers de formations, expositions, etc.

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PEULS

4
PYGMÉES
Pygmée, oui je suis pygmée
Né en Afrique centrale
Aîné de l’Afrique centrale,
Nain d’Afrique,
Oui je reste Pygmée.

Poème pygmée

■ ■ Qui sont-ils, furent contraints au travail forcé, aux réquisi-


combien sont-ils, où sont-ils ? tion, etc. Même si les Pygmées, en raison de
leur nomadisme, n’ont pas directement été
Le mot « pygmée » est utilisé dans un sens victimes du régime colonial, ils ont souffert
général pour désigner les peuples habitant tra- des dérèglements de l’économie villageoise.
ditionnellement les forêts d’Afrique centrale. La nécessité de main d’œuvre pygmée sur les
Toutefois, ce mot est la plupart du temps uti- plantations de rentes comerciales fit naître un
lisé de façon péjorative par d’autres groupes système social autoritaire voisin du servage qui
ethniques à des fins de dévalorisation et de se maintient encore aujourd’hui.
discrimination. Leur nombre est estimé entre
150 000 et 200 000 individus. Plusieurs grou-
1 pes sont disséminés de la côte Atlantique aux ■ ■ Activités et ressources
Grands Lacs. Les principaux sont, d’ouest en
est : les Bagyéli (ou Bakola) et les Medzan Les Pygmées mènent une vie nomade au sein
(Cameroun), les Baka et Bangombe des écosystèmes forestiers où ils se nourris-
(Cameroun, Gabon, Congo), les Bakola sent des produits de la chasse et de la cueil-
(Gabon, Congo), les BaAka et les BaMbenzele lette. Certains passent plusieurs mois de l’an-
(RCA, Congo), les BaTwa, BaCwa et BaMbuti née près des villages et travaillent dans les
(RDC), et les BaTwa (Rwanda, Burundi, potagers. Depuis toujours, les Pygmées entre-
Ouganda). tiennent des relations de complémentarité,
s’apparentant à une relation de type maître-
serviteur, avec les populations voisines d’agri-
■ ■ Éléments d’histoire culteurs, les « grands Noirs », échangeant des
produits de la chasse, de la cueillette et parfois
L’Antiquité les connaissait déjà, depuis leur des services contre de l’outillage métallique,
découverte par une expédition vers les sour- du sel ou des marmites. L’introduction de
ces du Nil, envoyée par un Pharaon de la VIe l’économie coloniale a toutefois bouleversé
dynastie. D’Égypte, la connaissance des cette relation et instauré un clientélisme très
Pygmées s’est répandue chez les Anciens, ils problématique aujourd’hui.
sont nommés par Homère et par Aristote et
représentés sur des mozaïques de Pompéi.
Ensuite, les Occidentaux en firent des mons- ■ ■ Informations sur la langue
tres infra-humains, jusqu’à ce que des explora- et la culture
teurs de la fin du XIXe siècle les rencontrent.
Pendant la période coloniale, toutes les pos- Les Pygmées ne possèdent pas de langue pro-
sessions européennes du bassin congolais pre, même si certains croient à une langue
Où sont-ils ? furent soumises au régime de l’économie de commune ancienne ou à une langue secrète. Ils
Carte de localisation. traite et du pacte colonial où les paysans ont adopté la langue de leurs voisins, le plus
PYGMÉES

Question de genre souvent Bantu. Ils considèrent la forêt comme ■ ■ Les problèmes
• «La place des droits leur mère et entretiennent avec elle une rela- et les revendications
des populations autochtones
dans la législation
tion intime par leur incomparable connaissance « Si la forêt meurt, nous mourrons aussi, car nous
congolaise», lettre à la des plantes mais aussi par la croyance en un sommes le peuple de la forêt », disait un
Présidente. grand esprit de la forêt nommé Zengi auquel ils BaMbuti.
• Dorothy Jackson, 2006, font appel quotidiennement par des chants • Les Pygmées sont tout d’abord confrontés à
«Les femmes Twa de la polyphoniques lors de la cérémonie ezengi. la violence politique. Les Batwa du Rwanda et
région des Grands Lacs»,
p. 33-49, in Paroles
du Burundi ont durement souffert du conflit
de femmes autochtones, ethnique et du génocide entre Hutu et Tutsi.
coll. «Questions ■ ■ Organisation sociale • Ils souffrent aussi de l’exploitation forestière
Autochtones» n° 2, qui a connu, dans les états d’Afrique Centrale,
L’Harmattan.
et politique
un essor considérable. Les plantations indus-
Les problèmes
Les différents groupes pygmées vivent dans trielles ont également contribué à l’accroisse-
et les revendications des campements comprenant trente à ment démographique des villes secondaires et
• «L’impact du conflit soixante-dix personnes, constitués d’une par conséquent au déboisement.
armé sur les Pygmées en dizaine de huttes hémisphériques. Ces unités • La sédentarisation, voulue par les gouverne-
RDC: un aperçu», socio-économiques n’ont traditionnellement ments et accentuée par la déforestation,
communication présentée
par Stephan Ilundu
pas de chef ou de gouvernement formel entraîne des problèmes de santé, d’équilibre
Bulambo à la 36e session même si trois personnalités ont une grande démographique et des conflits entre commu-
de la CDHA/UA, influence : l’aîné, le maître de chasse et le nautés.
décembre 2004. devin guérisseur. Chaque individu est indépen- • La création de parcs nationaux implique leur
• «Présentation sur dant et prend ses responsabilités. Il existe expulsion des aires de conservation.
la situation des droits
des autochtones au
cependant une grande coopération pour la • L’échec des politiques de scolarisation crée
Burundi, Rwanda et chasse, la musique ou les gardes d’enfants. également un problème de taille puisqu’il se
Cameroun», à la 37e session traduit par un fort taux d’analphabétisme.
de la CDHP/UA, mai 2005, • Le racisme est le lot quotidien des Pygmées
Forest Peoples Program.
• «Présentation sur
■ ■ État du droit les concernant qui souffrent de discriminations dans les servi-
la situation des droits des
ces publics comme les hôpitaux, la justice ou la
autochtones au Burundi, En droit, aucune des républiques d’Afrique scolarisation.
Rwanda, Cameroun et centrale n’établit de distinction entre Pygmées
2 Congo Brazzaville», à la et autres groupes ethniques. C’est ainsi que la
38e session de la CDHP/UA,
décembre 2005, Vital
constitution de la République Centre Africaine ■ ■ Quelques
Bambanze, IPACC.
indique dans son préambule : « il n’y a en organisations pygmées
• «Des communautés Baka Centrafrique ni sujet ni privilège de lieu et de
du Cameroun déplacées naissance, de personne ou de famille ». Un
par les parcs nationaux décret de 1966 précise qu’est interdite « toute ➜ CAMEROUN ➜
de Lobeke et de Boumba», mention dans les actes officiels ou sous seing OAPIDE est une Organisation non gouverne-
par le World rainforest
movement (WRM).
privé, imprimés, formulaires administratifs ou mentale d’Appui aux Initiatives de
• «Les Pygmées privés, de race, de tribu ou d’ethnie. La posi- Développement de d’Environnement qui
et l’exploitation forestière tion officielle des gouvernements va même apporte son appui aux communautés rurales
industrielle: le cas des jusqu’à nier leur existence en tant que tels : les situées en périphérie de la réserve de Dja à
Bagyeli du sud Cameroun», Pygmées s’effacent derrière les citoyens. travers une aide à la gestion des ressources
Jacques Ngoun.
• «Les Pygmées, grands
naturelles et à la lutte contre la pauvreté.
oubliés de la guerre comme CODEBABIK est un COmité de
de la paix» ■ ■ Questions de genre DEveloppement des BAkola/Bagyeli des
• «Kapupu Diwa arrondissements de BIpindi et Kribi à travers
Mutimanwa se fait le Chez les Pygmées, il n’y a pas de division lequel les Pygmées luttent pour faire entendre
porte-drapeau du peuple
pygmée», Michael Roy,
sexuelle stricte du travail. La règle est la leur voix afin d’accéder à un statut de citoyen
Le Courrier, 8 et 9 août monogamie même si la polygamie se répand. à part entière, d’obtenir un espace vital, de se
1998. [Link] Les problèmes auxquels sont confrontées les protéger, d’améliorer les relations avec les
• «Résumé du rapport de communautés pygmées, en particulier le déni Bantou, d’aider les populations qui se sédenta-
l’OCDH sur deux missions de leurs droits à la terre et la discrimination risent et de favoriser une prise de conscience
d’enquêtes menées sur
les violations des droits
ethnique, sont des problèmes que connaissent collective.
des minorités pygmées au les hommes aussi bien que les femmes. OCAPROCE, l’Organisation Camerounaise de
Congo Brazzaville», fait par Cependant les femmes pygmées souffrent PROmotion de la Coopération Économique
la Commission de Droits de d’une discrimination additionnelle, comme de internationale en faveur des Peuples autochto-
l’Hommes des Nations Unis. violences sexuelles. nes, a pour objectif la défense des Droits
PYGMÉES

Humains des enfants et des femmes des popu- travaille avec plus de 60 communautés de base
lations autochtones. actives dans les villages et villes du Kivu et de
RACOPY est un Réseau d’ACtions concertées la région des Grands Lacs d’Afrique.
Pygmées créé en 1996 pour promouvoir, entre RAPY, le Réseau des Associations
autres, l’autopromotion des Baka, Bagyeli- Autochtones PYgmées de la RDC, créé en
Bakola et Bedzan (BBB) et harmoniser les mars 2002 à Bukavu, a pour mission de déve-
approches des organisations de soutien, inter- lopper une dynamique de solidarité et de
venant dans la défense des intérêts des BBB. concertation entre les organisations autochto-
nes pygmées pour des actions en faveur de
➜ RDC ➜ leur promotion. Ils coordonnent entre autres,
PIDP, créé en 1991, encadre environ 6 000 les organisations suivantes : l’UEFA, AAPD-
Pygmées dans plus de 120 villages de trois MAC, CAMV, Héritiers de la Justice
provinces de RDC, est le Programme
d’Intégration et de Développement du peuple ➜ RWANDA ➜
Pygmées au Kivu, se donne pour mission d’as- CAURWA, le Comité des AUtochtones du
surer l’intégration totale des Pygmées dans la RWAnda, est une structure de coordination
société congolaise dans le plein respect de leur créée en 1995, entre l’ADBR, l’Association
identité. pour le Développement global des Batwa du
ACPROD, l’Action Chrétienne pour la Rwanda et l’APB, l’Association pour la
PROmotion des Défavorisés, créée en Promotion des Batwa. Il vise à aider les
avril 2000, est une organisation locale qui inter- autochtones et particulièrement les Batwa,
vient auprès des Pygmées Batwa défavorisés et suite aux ravages de la guerre, à améliorer
des marginalisés pour améliorer leurs condi- leurs conditions de vie et à participer plus acti-
tions de vie et les aider à défendre leurs droits. vement à la politique nationale.
CAMV, Centre d’Accompagnement des
autochtones pygmées et Minorités ➜ BURUNDI ➜
Vulnérables, créé en février 1995, a pour fina- UNIPROBA (UNIssons nous pour la
lité d’assurer l’intégration totale du peuple PROmotion des BAtwa) est une association
autochtone pygmée dans la société moderne. orientée vers la promotion des Pygmées
LINAPYCO, la Ligne nationale des associa- Batwa.
3 tions pygmées du Congo, créée en mars 2002,
se donne pour mission l’amélioration des ➜ GABON ➜
conditions de vie des autochtones MINAPYGA, le mouvement des MINorités
Bambuti/Batwa dans tous les secteurs de la vie Autochtones, indigènes et PYgmées du
politique, sociale, économique, culturelle, GAbon, est une ONG basée à Libreville qui
environnementale et religieuse. œuvre pour l’émancipation et le développe-
Héritiers de la Justice, créée en 1991, est une ment durable des Pygmées du Gabon.
organisation spécialisée dans le domaine de la PROCED, PROmotion et valorisation des
promotion et de la protection des droits de Cultures En voie de Disparition, est une ONG
l’homme dans la région des grands lacs. Elle basée à Libreville. ■

■ ■ Références bibliographiques

➜ ARTICLES ➜
Michael Roy, « L‘histoire des Pygmées selon eux », Le Courrier, 8 et 9 août 1998.
Serge Bahuchet, automne 1987, « Les Pygmées », in Ethnies, n° 6-7, p. 20-32.

➜ OUVRAGES ➜
Frantz Thille, Au cœur de la forêt vierge, avec les Pygmées Babinga, Albin Michel, 181 p.
Victor Bissengué, Contribution à l’histoire ancienne des Pygmées : l’exemple des Aka, L’Harmattan,
205 p.
Serge Bahuchet et Guy Philippart de Foy, 1991, Pygmées, peuple de la forêt, Planète, 119 p.
Robert Brisson, 1999, Mythologie des Pygmées Baka, Peeters SELAF, 375, 210 p.
Stephan Seitz, 1993, Pygmées d’Afrique centrale, Peeters SELAF 338, 253 p.
PYGMÉES

Serge Bahuchet, 1985, Les Pygmées Aka et la forêt centrafricaine, SELAF CNRS 638 p.
Noël Ballif, 1992, Les Pygmées de la Grande Forêt, L’Harmattan.
Michel Adam, 1987, « Touaregs, Pygmées, Bushmen », Ethnies, n° 6-7, Survival International
France.
Philippe Molins, 1993, Feux d’Afrique : chroniques du pays pygmée, Anako, Paris.
Philippe. Molins, 1986, Kapolé, Le Petit Pygmée, L’Harmattan.
Serge Bahuchet et Guy Philippart de Foy, 1991, Pygmées, Denoël.
Bernard Descamps, Serge Bahuchet, 1997, Pygmées, l’esprit de la forêt.
Guy Philippart de Foy, 1984, Les Pygmées d’Afrique Centrale, Parenthèses, 127 p.
Henri Guillaume, 2001, Du miel au café, de l’ivoire à l’acajou, Peeters SELAF 393, 784 p.
Séverin Cécile Abéga, 1998, Pygmées Baka, le droit à la différence, Inades-Formation Cameroun.
Nigel Barley, L’Anthropologue en déroute, le retour de l’anthropologue, Petite Bibliothèque Payot,
n° 176 et 267.
Jerome Lewis, Judy Knight, 1996, Les Twa du Rwanda, WRM/IWGIA/Survival International
France, 118 p.
Paul Schebesta, 1940, Les Pygmées, NRF Gallimard, 200 p.
Jerome Lewis, 2001, Les Pygmées Batwa de la région des Grands Lacs, MRG, 31 p.
Dr Albert K. Barume, 2005, Étude sur le cadre légal pour la projection des droits des peuples indi-
gènes et tribaux au Cameroun, OIT (Organisation Internationale du Travail), 68 p.
Serge Bahuchet, Pierre de Maret, Françoise et Pierre Grenand, Des Forêts et des Hommes,
programme de recherche « Avenir des Peuples de la Forêt Tropicale » (APFT), Université Libre
de Belgique (ULB), 2001.

➜ MUSICOLOGIE ➜
Medard Ntamaganya, 1997, Chants de cour à l’Inanga et chants populaires, Maison des Cultures
du Monde.
Simhra Arom, Anthologie de la musique des Pygmées Aka, OCORA, C559012-13.
Patrick Kersalé, Carnet de route, les Pygmées de Lobaye, Sunset/Playasound PS65175.
Patrick Kersalé, Musiques et chants polyphoniques de la sylve, VDE-Gallo collection » peoples »
CD776.
4 Didier Demolin, Pygmées du Haut Zaïre et chants de l’orée de la forêt, Ponti Musicali Fmd 190 et
Fmd 185.

➜ CD-ROM ➜
Simhra Arom, Les Pygmées, peuple et musique, Montparnasse

➜ FILMOGRAPHIE ➜
Phil Agland, Baka, peuple de la forêt, canal + vidéo EDV29.
Philippe Molins, Jour de miel chez les Pygmées, coll. « Mémoire de l’humanité », Anako.
Radu Mihaileanu, 2002, Les Pygmées de Carlo, Aux quatre coins du monde.
Raymond Adam, Jean Baronnet, Le peuple de la forêt.
Thierry Knauff, 1995, Baka, 55’.
Igor Barrère, Jean-Pierre Fleury, 1996, La forêt des Pygmées Baka, Cameroun, 60’.

3 rue de la Châtaigneraie, 92310 Sèvres


e-mail : [Link]@[Link]
Site Web : [Link]
PYGMÉES

Localisation des groupes pygmées

3 rue de la Châtaigneraie, 92310 Sèvres


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Site Web : [Link]
TOUAREGS

■ ■ Qui sont-ils, 1881 • La mission du colonel Flatters est mas-


combien sont-ils, où sont-ils ? sacrée par les Touaregs.
1894 • Prise de Tombouctou par Joffre.
Les Touaregs, qui se nomment eux même Kel 1916-1917 • Répression de grandes rébel-
Taggemoust (ceux qui portent le voile), Kel lions en 1916-1917, vaincus par les armes, les
Tamatcheq (ceux qui parlent le Tamacheq), ou Touaregs acceptent l’autorité des Français.
encore Imageren (hommes libres), constituent 1963-1964 • Révolte des Kel Adagh du Mali.
une branche très individualisée au sein du peu- 1970-1985 • Sécheresse, migrations vers le
ple Amazigh. Leur zone de peuplement tradi- nord (Algérie, Lybie), vers le sud et le sud-
tionnel s’étend sur près de 2,5 millions de km2 ouest.
dans les zones désertiques ou semi-déserti- 6 et 7 mai 1990 • Début de l’insurrection
ques du Sahara central et des bordures de la tamatcheq commandée par Iyad Ag Ghali.
région sahélienne. Les frontières politiques Violente répression militaire.
actuelles partagent leur territoire entre cinq Fin des années 1990 • Une longue suite d’in-
États : l’Algérie, la Libye, le Burkina-Faso, le cidents débouche en 1990, au Niger comme
Mali et le Niger. Leur nombre varie, selon les au Mali, sur une insurrection généralisée.
estimations, de 1 à 3 millions d’individus dont
la majorité (environ 85 %) se situe au Mali
(représentant 10 % de la population) et au ■ ■ Activités et ressources
1 Niger (20 % de la population).
La base de l’économie touarègue est fondée
sur le nomadisme pastoral. Étroitement lié aux
■ ■ Éléments d’histoire conditions climatiques, l’élevage rythme la vie
par l’alternance de la saison sèche et des
Début de l’ère chrétienne • Les Touaregs pluies, par un mouvement nord-sud-nord, à la
sont vraisemblablement issus de populations recherche de pâturages et de points d’eaux.
amazigh ayant migré vers le Sahara central dès L’élevage extensif était souvent complété par
avant le début de l’ère chrétienne. une importante horticulture confiée aux com-
À partir du VIIe siècle • les grands mouve- munautés d’affranchis et d’esclaves et par le
ments migratoires se sont accentués et se sont trafic caravanier (trafic de sel en particulier).
poursuivis jusqu’au XIXe siècle. Cet équilibre économique est actuellement
IX-XIe siècle • Les voyageurs arabes parlent remis en cause par les mutations récentes,
pour la première fois des Touaregs. Ils les comme la modernisation des moyens de
appellent : Ahl al-Lithâm/Al-Moûlathimine, litté- transport. Le développement du tourisme
ralement « les gens du voile », « les hommes saharien, malgré les risques de folklorisation,
voilés ». représente cependant une reconversion éco-
XIVe siècle • Les Kel Tamatcheq gagnent une nomique salutaire.
grande bataille face aux Haoussa.
XIV-XIXe siècle • En cinq siècles, les Touaregs rem-
portent la quasi totalité des guerres qui les oppo- ■ ■ Informations sur la langue
sent aux Songhaïs, aux Marocains et aux Peuls. et la culture
XIXe siècle • Premier contact avec les mis-
sionnaires et voyageurs européens. L’identité touarègue, temoust (ou temust), se
Nombreux accrochages. définit tout d’abord autour d’une langue, le
1827 • René Caillié, ancien forçat, entre à tamasheq, composante du tamazight, la langue
Tombouctou. amazigh. Le tamasheq n’est pas reconnu, ni
TOUAREGS

comme langue nationale, ni comme langue néaire. Les femmes sont gardiennes de la cul-
officielle, dans les États du Sahel. Les Touaregs ture et des traditions, ce sont elles qui trans-
sont pourtant les seuls à avoir préservé un mettent les savoirs aux générations futures.
alphabet, dérivé de l’antique alphabet libyque : Cependant les déséquilibres, dûs à la colonisa-
le tifinagh. La culture reste cependant essen- tion, ont remis en cause cette situation tradi-
tiellement orale, elle s’exprime aujourd’hui à tionnelle de la femme touarègue.
l’occasion des fêtes qui rythment la vie : nais-
sances, circoncisions, mariages.
Bien qu’ils soient majoritairement musulmans ■ ■ État du droit les concernant
sunnites, ayant adopté l’islam au VIIe siècle avec
l’invasion arabe, les Touaregs conservent dans Les différents régimes et les institutions qui se
leurs croyances et leurs comportements l’héri- sont succédées dans les différents états
tage d’un passé plus ancien et ne revendiquent concernés, ont toujours tenu les Touaregs à
pas la religion comme critère identitaire collec- l’écart de la vie politique et socio-économi-
tif. La tradition orale fait descendre les Touaregs que. Au nom d’un risque d’atteinte à la sécu-
de Tin Hinan, reine et ancêtre mythique. rité nationale, les Touaregs sont marginalisés
et opprimés, traités comme des citoyens de
seconde zone.
■ ■ Organisation sociale
et politique
■ ■ Les conflits récents
Traditionnellement, l’organisation politique
des Touaregs repose sur des confédérations ➜ NIGER ➜
dont chacune est placée sous la direction d’un
chef, nommé « amenokal », choisi pour son Fin 1987 • mort du général Kountché, le
charisme et sa bravoure au sein de la tribu la nouveaux Président général Ali Saïbou montre
plus noble, c’est lui qui perçoit les impôts, une volonté d’ouverture avec l’amnistie politi-
gère les terres de parcours et de culture et que et l’aide à la réinsertion à tous les exilés.
arbitre les conflits. Il existe traditionnellement Les Touaregs réfugiés acceptent de revenir au
neuf confédérations politiques qui s’identifient Niger.
2 aux régions dominées : Kel Ahaggar (ceux du Début 1990 • 18 000 Touaregs rentrent de
Hoggar), Kel Ajjer, Kel Aïr, Kel Adagh, Kel leur exil algérien et libyen et arrivent à Tchin
Tadamakkat, Kel Azawagh et Oudalan. Chacune Tarabaden selon les accords signés à
de ces confédérations est composée de plu- Tamanrasset entre Niger, Algérie et le FIDA
sieurs tribus subdivisées en plusieurs castes, (Fond International pour le Développement
constituées du haut vers le bas de nobles (ima- Agricole). Les autorités changent d’attitude,
jaghen) qui sont avant tout guerriers, partent les réfugiés sont cantonnés dans des camps.
en conquête et assurent la sécurité en Les 4 et 5 mai, plusieurs dizaines de personnes
échange d’un tribut versé par les vassaux sont arrêtées et interrogées à Tchin
(imghad). Viennent ensuite les religieux (inesli- Tarabaden. Le 7 mai, les jeunes Touaregs,
men) isolés dans des campements à l’écart, excédés, décident d’aller libérer leurs camara-
que l’on vient consulter pour leurs savoirs et des et provoquent la mort de deux policiers.
leurs pouvoirs de guérison. Tout en bas de la Les militaires bombardent alors la ville, tuent
hiérarchie sociale se trouvent les esclaves des dizaines de personnes, ont recours à des
(iklan) chargés des travaux manuels. arrestations massives, des exécutions publi-
ques. Cet épisode prend la forme d’un « net-
toyage ethnique ».
■ ■ Statut de la femme 15 avril 1995 • Les accords de Ouagadougou
entre le gouvernement de la République du Niger
Dans cette société, on fait beaucoup moins et les Organisations de la Résistance Armée
d’enfants que chez les sédentaires et la mono- (ORA) sont signés mais ne calment pas les hosti-
gamie est de règle, même si les remariages lités. Le problème des réfugiés reste présent.
sont fréquents. Les femmes jouissent tradi- Fin 1997 • Nouveau programme de rapatrie-
tionnellement d’un statut inégalé dans le reste ment
du monde musulman. Par leurs origines ama-
zigh, la filiation, la transmission des biens indi- ➜ MALI ➜
vis et des droits se tracent en ligne matrili- Avril 1990 • le Mali autorise le retour dans
TOUAREGS

l’Adrar de 300 familles exilées en Algérie. Elles • l’établissement d’un système éducatif adapté
sont parquées dans des camps contrôlés par au mode de vie nomade ;
l’armée qui pratique quotidiennement des • l’application de la discrimination positive
exactions et des arrestations. pour l’égalité des chances ;
Juin 1990 • une soixantaine de Touaregs atta- • la reconnaissance du tamatcheq comme lan-
quent le commissariat malien de Ménaka pour gue officielle ;
délivrer leurs compagnons puis prennent le • la possibilité d’exercer en toute liberté leur
maquis. L’Adrar de Iforas et l’Azaouad s’em- vie nomade et d’élever leurs enfants dans leur
brasent. Des massacres sont commis par les propre culture.
autorités maliennes… plus de 100 000 réfugiés
affluent en Algérie et en Mauritanie.
6 février 1991 • Signature de l’accord de ■ ■ Quelques
paix de cessez le feu de Tamanrasset entre le organisations touaregs
gouvernement malien et les rebelles. Accord
qui n’est pas respecté par les autorités, guer- Tin Hinan, association pour l’épanouissement
res et massacres de civils reprennent. de la femme touarègue dont le siège est à
11 avril 1992 • Le gouvernement malien de Ouagadougou, a pour objectif la défense d’un
transition et les représentants des développement durable qui soit compatible
Mouvements et Fronts Unifiés de l’Azawad avec le mode de vie touareg. Principalement
(MFUA) signent un pacte de paix, nommé basée au Burkina-Faso mais aussi active au
« pacte national » dans lequel est prévue la Mali et au Niger, cette ONG est confrontée au
création d’un statut particulier pour les trois double défi de défendre les aspirations des
régions du nord (de l’Azawad), l’intégration femmes et celles de la minorité saharienne ;
des combattants des MFUA dans les différents deux missions qui se renforcent mutuelle-
corps en uniforme, un programme de rapa- ment.
triement des réfugiés, une aide au développe- Nomades d’Afrique dont le siège est à
ment du nord… le seul résultat concret fut Agadez au Niger, a pour objectif d’aider au
l’intégration de 640 combattants. développement des communautés autochto-
Mai 1994 • Les activistes du Ganda Koy, mili- nes nomades qui sont marginalisées par le
taires et milices paramilitaires d’« auto- gouvernement nigérien et ses partenaires
3 défense » recrutant leurs membres dans la (Banque mondiale, FMI…), d’assurer leur
population songhay, accusent la MFUA de ban- défense du point de vue du droit et pérenniser
ditisme et développent une propagande leur culture et leurs savoirs traditionnels.
raciste contre les Touaregs. À Gao, suite à une L’association Survie Touarègue-Temoust,
attaque du Front Islamique Arabe de l’Azawad basée à Lyon, a pour objectif de faire connaî-
(FIAA), ils assassinent toute la population civile tre le peuple touareg et de favoriser les échan-
d’un campement touareg (60 à 3 000 morts). ges avec celui-ci.
L’armée reprend ses exactions et le conflit Tunfa, basée à Agadez, a pour objectif de par-
Mali prend l’allure d’un règlement de comptes ticiper à l’amélioration de la santé, de la pro-
• Accords de raciste, d’une guerre interethnique. tection sociale et à l’amélioration des condi-
Tamanrasset, 6 janvier 1996 • Pacification et décentralisation du tions de vie des autochtones de la région
1991 gouvernement malien. (Touaregs, Toubous et Peuls Bororo).
• Accords de Prodecap-Sadad est une association basée à
Ouagadougou, 15 avril Niamey au Niger pour la Promotion du
1995 ■ ■ Les problèmes Developpement Agro-Pastoral.
et les revendications Tagazt est une association basée à Djanet en
Les problèmes et Algérie qui a pour objectif, la protection, la sau-
les revendications
Face à la discrimination et aux violences dont vegarde et la promotion de la culture touarè-
• «Nous Touaregs»,
1990, texte écrit par un
ils font l’objet, à la négation de leurs traditions gue, en particulier son patrimoine oral, sa lan-
groupe d’intellectuels et de leur identité, les Touaregs ont développé gue et son écriture en caractères tifinagh. ■
Touaregs. des revendications telles que :
• Déclaration touareg à
l’ONU, Genève le 25 juillet
2003.
• Déclaration de la délé-
gation amazigh à l’ONU,
Genève en juin 2005.
TOUAREGS

■ ■ Sélection bibliographique

➜ ARTICLES ➜
Edmond Bernus, automne 1987, « Les Touaregs », in Ethnies, n° 6-7, p. 7 à 13.
Hélène Claudot-Hawad, automne 1987, « Les Touaregs » in Ethnies, n° 6-7, p. 15 à 19.
Paul Lorsignol, 1999, « Touaregs sans frontière ? », IKEWAN-ICRA, n° 41, p. 3 à 5.
Jean-Marc Balencie et Arnaud de La Grange, 1996, « La question touareg », in Monde rebelle,
Michalon, p. 230 à 237.
Saoudata Aboubacrine, 2006, « La femme tamatcheq au XXIe siècle », in Paroles de Femmes
Autochtones, collection « Questions Autochtones », L’Harmattan, p. 61 à 70.
Robin Edward Poulton, novembre 1996, « Vers la réintégration des Touaregs au Mali », Le
Monde diplomatique, p. 13.
Julien Brachet, avril-septembre 2004, « Le négoce caravanier au Sahara central : histoire, évolu-
tion des pratiques et enjeux chez les Touaregs Kel Aïr (Niger) », p. 117-136, in Les Cahiers d’ou-
tre-mer, n° 226-227, 57e année, revue de géographie de Bordeaux.
André Bourgeot, 1994, « L’agro-pastoralisme des Touaregs Kel Owey (Aïr) », p. 137-156, in « Au
contact Sahara-Sahel, Milieux et sociétés du Niger », Revue de géographie alpine, hors série, vol. 1,
coll. « Ascendances ».

➜ OUVRAGES ➜
Hélène Claudot-Hawad, 1996, Touaregs, voix solitaires sous l’horizon confisqué, Ethnies, n° 20-
21, Paris, 255 p.
Edmond Bernus, 1991, Touaregs, chronique de l’Azawad, Plume.
Pierre Boilley, 1999, Les Touaregs Kel Adagh, dépendances et révoltes : du Soudan français au Mali
contemporain, Karthala, 644 p.
Hélène Claudot-Hawad, 1993, Les Touaregs, Portrait en fragments, Edisud.
André Bourgeot, 1995, Les sociétés touarègues, nomadisme, identité, résistances, Karthala, 542 p.
Paul Pandolfi, 1998, Les Touaregs de l’Ahaggar, Sahara algérien, Parenté et résidence chez les Dag-
Ghâli, Karthala, 472 p.
Hélène Claudot-Hawad, 2001, Éperonner le monde, Nomadisme, cosmos et politique chez la
4 Touaregs, Edisud, 197 p.
Dominique Casajus, 2000, Gens de parole, langage, poésie et politique en pays Touareg, La
Découverte, 180 p.
Hélène Claudot-Hawad, 2002, Touaregs, apprivoiser le désert, La Découverte Gallimard, 143 p.
Jemia et J.-M. G. Le Clésio, 1997, Gens des nuages, Folio, 190 p.

■ ■ Sélection discographique
Tinariwen, octobre 2003, Amassakoul, Triban Union, 981 767-3.
Tartit, Ichichila, network medien frankfurt, 36-584.

■ ■ Manifestations culturelles et artistiques


Festival au Désert, organisé par EFES, a lieu à Essakane (Tombouctou). Événement culturel qui
regroupe les ethnies du Septentrion malien, particulièrement les Tamacheq et des groupes musi-
caux du Mali, de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique. Beaucoup d’activités sont programmées
tels que conférences-débats, séminaires sur l’écriture tifinar, etc. L’objectif est de promouvoir la
culture Tamatcheq, la langue et l’écriture tifinar et de favoriser le rapprochement entre le Nord
et le Sud à travers la dynamique de la culture et de la paix.

3 rue de la Châtaigneraie, 92310 Sèvres


e-mail : [Link]@[Link]
Site Web : [Link]
TOUAREGS

Localisation des Tamatcheq.

Conflits Touareg.

3 rue de la Châtaigneraie, 92310 Sèvres


e-mail : [Link]@[Link]
Site Web : [Link]
M A’ O H I

■ ■ Qui sont-ils, mières îles Tuamotu et des Marquises par


combien sont-ils, où sont-ils ? Magellan au début du XVIe siècle puis poursuite
des découvertes par les Européens.
La Polynésie française est un pays d’outre-mer 1767 • « Découverte » de Tahiti par le capi-
français (POM) situé dans le Pacifique Sud, taine Wallis.
entre la Nouvelle-Zélande et l’Amérique du Début XIXe • Règne de la dynastie polyné-
Sud. Ce territoire fait partie d’un ensemble plus sienne des Pomare.
vaste couvrant une grande partie du Pacifique 1842 • Annexion des îles Marquises et pro-
et formant un espace géographique appelé le tectorat français sur Tahiti et dépendances.
« triangle polynésien », dont les sommets sont 1880 • Annexion de Tahiti par la France,
Hawaï au nord, l’île de Pâques au sud-est et la création des Établissements Français
Nouvelle-Zélande au sud-ouest. d’Océanie (EFO).
La Polynésie française est constituée d’environ 1946 • Statut de territoire d’outre-mer
118 îles réparties en 5 archipels (Archipel de la (TOM).
Société composé des îles-du-Vent et Sous-le- 1949 • Pouvanaa a Oopa (le Metua, père de
Vent, archipel des Marquises, des Tuamotu, la Nation) devient député et création du
des Gambier et des Australes) couvrant une RDPT (Rassemblement Démocratique des
superficie émergée (incluant les lagons) de Populations Tahitiennes).
4 200 km, dispersée sur 2,5 millions de km2 1957 • Les EFO deviennent Polynésie fran-
1 équivalant à la surface de l’Europe (moins la çaise.
Russie). 1958 • Arrestation et procès de Pouvanaa a
Comme groupe ethnique, les Tahitiens for- Oopa, vice président du Conseil de gouverne-
maient en 2004 environ 44 % de la popula- ment.
tion. Viennent ensuite les métis d’Européens 1962 • Implantation du Centre d’Expérimen-
(les Euronésiens), des Français, des Chinois tation du Pacifique (CEP) [essais nucléaires].
hakka et des Tuamotu. Les autres groupes 1977 • Statut d’autonomie de gestion, mort
sont numériquement beaucoup moins impor- de Pouvanaa a Oopa et création du Parti indé-
tants. pendantiste Tavini Huiraatira (« serviteur du
Le nom polynésien désigne seulement les peuple » en Ma’ohi).
autochtones (appelés Ma’ohi) ou globalement 1980 • Le reo Ma’ohi est devenu, avec le fran-
tous les résidents, selon le contexte. Les çais, l’autre langue officielle de Polynésie.
Ma’ohi, autochtones des îles de la Société, 1884 • Statut d’autonomie interne, Gaston
habitent principalement l’île de Tahiti, mais Flosse devient président du gouvernement du
leur aire culturelle déborde au nord-est sur territoire.
l’archipel des Tuamotou, au sud-ouest et au 1996 • Arrêt définitif des essais nucléaires et
sud sur les îles australes ; les autochtones de nouveau statut d’autonomie du territoire.
Nouvelle-Zélande sont également des Ma’ohi. Signature par la France du traité de Rarotonga
sur la dénucléarisation du Pacifique sud.
1998 • Projet de réforme constitutionnelle
■ ■ Éléments d’histoire coloniale pour un statut de Pays d’outre-mer (POM).
et post-coloniale 2003 • Révision de la Constitution, la
Polynésie française devient une Collectivité
300-600 ap. J-C • Premier peuplement aux d’outre-mer (COM).
Où sont-ils ? îles Marquises et dans les îles de la Société en 2004 • Nouveau statut pour un Pays d’outre-
• Triangle polynésien, in provenance de la Polynésie occidentale. mer, Oscar Temaru devient président de la
Aménagement linguistique. XVIe-XVIIe siècle • « Découverte » des pre- Polynésie française.
Ma’ohi

■ ■ Activités et ressources Les usages, rites et croyances les plus men-


Les Ma’ohi pratiquent l’horticulture et la tionnés par les jeunes, représentatifs, selon
pêche traditionnelle, trouvent des emplois eux, de la culture Ma’ohi, sont tout d’abord
dans l’aquaculture et le tourisme. Ils sont lar- l’usage des langues vernaculaires (reo Ma’ohi),
gement confrontés au chômage, aggravé par la la technique du tatouage, la sculpture sur
crise de l’économie locale et l’accroissement pierre ou sur bois ; viennent ensuite les danses
démographique, et ils dépendent en grande « traditionnelles », les sports Ma’ohi, les rites
partie de l’aide sociale. pratiqués sur les marae – en particulier le
rituel de la marche sur le feu (umu ti) –, le
récit des généalogies et enfin, les voyages des
■ ■ Informations sur la langue grandes pirogues polynésiennes sillonnant le
Pacifique.
Les Polynésiens parlent des langues austroné-
siennes appartenant au groupe des langues ➜ RELIGIONS ➜
malayo-polynésiennes orientales : le tahitien, le Avant l’arrivée des missionnaires, les
marquisien, le tuamotu, le mangarévien (île de Polynésiens étaient polythéistes et possé-
Mangareva dans l’archipel des Gambier), le daient des systèmes de croyance originaux et
ruturu (îles Australes), le ra’ivavae (îles complexes. Les marae (plates-formes de pier-
Australes), le rapa (îles Australes), le wallisien et res rectangulaires à ciel ouvert, entourées
le futunien. Toutes ces langues sont désignées d’un mur d’enceinte de petite taille) étaient
par le terme générique (reo maohi). Le tahitien des lieux de culte et de cérémonie. Les
n’est la langue maternelle que de 44 % des Polynésiens ont été fortement soumis à la
Polynésiens, mais 80 % d’entre eux l’utilisent christianisation depuis les débuts de la coloni-
comme langue véhiculaire. Il est également sation et de nos jours, les deux confessions les
parlé par 73 % des « demis » polynésiens, 67 % plus importantes, pour des raisons histori-
des Chinois et 6 % des Européens locaux, à ques, sont les Églises protestantes (45 %) et
l’exception des îles Marquises où seulement catholiques (34 %). Viennent ensuite les
35 % des habitants le pratiquent. Le tahitien est Mormons (6 %), les Adventistes du 7e jour
divisé en dialectes très étroitement apparentés (4,8 %), les Sanitos (3,5 %) et les témoins de
et est couramment écrit depuis le premier Jéhovah (1,5 %).
2 quart du XIXe siècle, époque où les missionnai-
res anglais l’utilisaient comme outil d’enseigne-
ment et d’évangélisation. Dans la ville de ■ ■ Organisation sociale
Papeete, capitale de la Polynésie française, et et politique
dans plusieurs autres centres, les autochtones
polynésiens, ainsi que la minorité chinoise, L’organisation des Ma’ohi est très complexe et
emploient une forme de pidgin tahitien pour hiérarchisée, elle repose sur :
communiquer entre eux. Le tahitien reste fort • L’endogamie de lignage.
peu utilisé comme langue véhiculaire chez les • La parentèle.
populations non tahitiennes de Papeete, bien • La transmission de la terre d’un ancêtre à
que la plupart d’entre elles le comprennent. tous ces descendants par le père et par la
mère.
• Des groupes résidentiels fondés sur la
■ ■ Informations sur la culture parenté et organisés selon le principe de l’an-
et la religion cienneté relative.
• La hiérarchisation poussée des chefferies,
caractérisée par une gradation de positions
➜ CULTURE ➜ et/ou de titres qui ne sont normalement trans-
Informations
La culture Ma’ohi, longtemps dénigrée au pro- missibles que dans la descendance de leur
sur la culture fit de la seule culture occidentale, bénéficie détenteur originel.
et la religion actuellement d’un engouement qui ne cesse
• Alexandrine Brami de s’accroître. Les événements sportifs et cul-
Celentano, 2002, « La turels qui rythment chaque année le calendrier ■ ■ État du droit
jeunesse à Tahiti : renou- tahitien – comme les fêtes du Heiva en juillet,
veau identitaire et réveil les courses de pirogues en haute mer de Pays d’outre-mer (POM) : est un terme géné-
culturel », in Ethnologie Hawaïki Nui en octobre – sont l’occasion de rique qui permet de distinguer la Polynésie
française, n° 2002/4. grands rassemblements festifs. française d’un « territoire d’outre-mer ». Il ren-
Ma’ohi

voie, par ailleurs, à la notion de loi du pays, ■ ■ Organisations Autochtones


créée par l’accord de Nouméa. Les pays d’ou-
tre-mer constitueraient donc une collectivité ➜ DROITS DE L’HOMME ➜
publique à mi-chemin entre les territoires En 1991 a été créée la Ligue Polynésienne
d’outre-mer et les États associés dont les Indépendante des Droits de l’Homme, Te Hui
caractéristiques seraient les suivantes : Tiama (organisation de défense et de promo-
1) un statut constitutionnel complété par une tion des droits des peuples autochtones du
loi organique ; pays Ma’ohi). Après avoir pris des contacts
2) une large autonomie avec des compétences internationaux, la Ligue Indépendante a fait
transférées par l’État de manière définitive ou porter son effort, en 1992, sur la constitution
non ; d’un réseau en Polynésie même et la création
3) la possibilité de devenir membre d’organi- de liens qui l’inséreraient dans son « bassin
sations internationales et de négocier des naturel », le Pacifique. Ainsi est né le réseau
accords internationaux dans son domaine de Hiti Tau qui regroupe aujourd’hui une tren-
compétence ; taine d’associations (ONG) de tous les archi-
4) la possibilité d’adopter des actes de nature pels. Le réseau est partie prenante de
législative – les lois du pays – échappant au PIANGO (Pacific Islands Association of Non
contrôle du juge administratif, mais soumis, Governmental Organisations). Les deux thè-
avant publication, au contrôle du Conseil mes principaux et inséparables des objectifs
constitutionnel ; de la Ligue Polynésienne Indépendante
5) une citoyenneté fondée sur une condition des Droits de l’Homme et du réseau Hiti
de résidence ou l’existence de liens particu- Tau, sont le développement durable et les
liers avec le pays et entraînant, le cas échéant, droits des peuples autochtones, incluant le
des conséquences juridiques, différentes selon droit à l’autodétermination du peuple Ma’ohi.
les pays d’outre-mer. PIANGO est une association des Organisations
Non Gouvernementales des Îles du Pacifique,
➜ LES REVENDICATIONS ➜ basée dans 22 pays et territoires. PIANGO a
Malgré les mélanges ethniques qui se sont été créée en 1991 pour coordonner l’action col-
opérés au cours de l’histoire, la population des lective des membres et renforcer l’influence et
118 îles de la Polynésie française se réclame l’impact des ONG dans la région.
3 d’une appartenance à la culture polynésienne
et à une identité forgée sur le sentiment : ➜ DÉVELOPPEMENT LOCAL ➜
• d’une origine commune, Les ONG du réseau Hiti tau se sont enga-
• d’appartenance à une civilisation jadis vantée gées, avec le soutien financier d’organisations
par les sociétés occidentales, étrangères, dans des actions dites de dévelop-
• d’un attachement à une terre ; terre qui rap- pement durable. Il s’agit la plupart du temps
pelle à l’individu à quelle communauté il d’initiatives économiques limitées qui n’ont
appartient, pas la prétention de résoudre l’ensemble des
• d’un attachement à une langue ; langue qui problèmes économiques de l’après-CEP.
est garante de la cohésion de la communauté
et témoin de la résistance aux bouleverse- ➜ ASSOCIATIONS DE FEMMES ➜
ments de l’histoire. À Moorea, l’association des femmes Paruru
Moorea, a mis sur pied plusieurs activités arti-
sanales. L’objectif visé est de permettre à ces
■ ■ Les enjeux récents jeunes de créer leur propre structure artisa-
nale ou tout au moins de créer des possibilités
➜ TROIS ENJEUX PRINCIPAUX ➜ de revenu de complément pour les jeunes
femmes de l’île.
• l’arrêt du fonctionnement du Centre d’Expéri- Hiti Tau Tuahine est la coordination femmes
mentation du Pacifique (CEP) et la reconversion du réseau Hiti Tau. C’est un organisme non
des activités économiques qui en découlent. gouvernemental, non confessionnel et apoliti-
• Les conséquences des essais nucléaires. que, voué à la coopération internationale et
• l’alternance politique et l’arrivée au pouvoir qui appuie ses groupes-membres-femmes,
du Tavini Huiraatira (le parti politique indé- dans leur lutte pour la reconnaissance de leurs
État du droit pendantiste) d’Oscar Temaru. droits universels, pour le développement
• Article 78 de la durable, pour le droit à un environnement
Constitution française. dénucléarisé.
Ma’ohi

➜ CONSÉQUENCES soient reconnues les conséquences sanitaires


DES ESSAIS NUCLÉAIRES ➜ des expérimentations atomiques militaires et
Mururoa e Tatou est l’association des qu’un cadre législatif soit mis en place au pro-
anciens travailleurs des sites nucléaires fran- fit des vétérans malades. ■
çais dans le Pacifique. Ils militent pour que

■ ■ Références utiles

➜ OUVRAGES ➜
Chesneaux Jean (sous la direction de), 1995, Tahiti après la bombe, quel avenir pour la Polynésie ?,
L’Harmattan, 184 p.
Peltzer Louise, 2002, Chronologie des événements politiques, sociaux et culturels de Tahiti et des
archipels de la Polynésie française, Au Vent des Îles, 220 p.
Regnault Jean-Marc, 2005, Le pouvoir confisqué en Polynésie française, l’affrontement Temaru-
Flosse, Les Indes Savantes, 183 p.
Regnault Jean-Marc, 2003, Pouvanaa a Oopa, victime de la raison d’État, Les Éditions de Tahiti,
162 p.
Durban Jean-François, 2005, Les acteurs de la tradition en Polynésie française, L’Harmattan,
346 p.
Bensa A. et Rivierre J.-C., 1998, Le Pacifique, un monde épars, L’Harmattan, 214 p.
Al wardi Sémir, 1998, Tahiti et la France, le partage du pouvoir, L’Harmattan, 312 p.
Tessier Séverine, 2005, Polynésie, les copains d’abord, Le Bord de l’Eau, 160 p.
De Deckker P. et Lagayette P., 1987, État et pouvoirs dans les territoires français du Pacifique,
L’Harmattan, 184 p.
Saura Bruno, 1987, Pouvanas a Oopa, père de la culture politique tahitienne, Aux Vents de Îles,
476 p.
Saura Bruno, 1997, Des Tahitiens, des Français. Leurs représentations réciproques aujourd’hui,
4 Christian Gleizal, 111 p.
Tetiarahi Gabriel, 1983, Papeete : un exemple de croissance urbaine accélérée, CRET/CEGET,
29 p.
Takau-Pomaré (princesse), 1971, Mémoires de la reine Marau Taaroa, dernière reine de Tahiti,
Publication de la Société des Océanistes.
De Bovis Edmond, 1991, État de la société tahitienne à l’arrivée des Européens, Société des étu-
des océaniennes, 74 p.
Teuira Henry, 1968, Tahiti aux temps anciens, Société des Océanistes, 672 p.

Voir aussi le roman-récit de Segalen Victor, Les Immémoriaux, coll. « Terre humaine », Plon, Paris

➜ REVUES ➜
Ethnies, Printemps 1989, « Renaissance du Pacifique », n° 8-9-10.
Journal de la Société des Océanistes, 2004, Spécial Polynésie française, n° 119.

➜ ARTICLES ➜
Tetiarahi Gabriel, 1989, « Milieu urbain et compétition socioculturelle dans le Pacifique Sud : le
cas de la Polynésie française », in Ethnies, « Renaissance du pacifique », n° 8-9-10.
Saura Bruno, 2004, « Dire l’autochtonie à Tahiti. Le terme Ma’ohi : représentations, controver-
ses et données linguistiques », in Journal de la Société des Océanistes, n° 119, p. 119-153.
Brami-Celentano Alexendrine, 2003, « La jeunesse à Tahiti : renouveau identitaire et réveil cul-
turel », in « Outre-Mer : statuts, cultures, devenirs », Ethnologie française, 2002-4.
Ma’ohi

■ ■ Adresses internets
[Link]/ (TAVINI HUIRAATIRA : Front de libération de Polynésie)
[Link]/ (Assemblée de Polynésie Française)
[Link] (centre de l’observatoire des armes nucléaires françaises, à voir : le rapport
définitif de la commission d’enquête sur les conséquences des essais nucléaires aériens
(1966-1974)).

■ ■ Festivals de musiques et de danses traditionnelles


Tout au long du mois de juillet, se déroulent les festivités du Heiva I Tahiti. Elles s’organisent
autour de compétitions sportives (lancer de javelot et lever de pierres) et culturelles avec des
chants, des danses polynésiens et la foire artisanale.

5
Ma’ohi

Triangle polynésien, in Aménagement linguistique.

6
I N U I T D U N U N AV I K

■ ■ Qui sont-ils, 1867 • Le territoire du Nunavik – autrefois la


combien sont-ils, où sont-ils ? Terre de Rupert – a été cédé au Canada à
l’époque de la Confédération.
Le Nunavik (qui signifie en inuktitut « le grand 1912 • La loi sur l’extension des frontières
territoire habité ») fait partie du monde circum- transfère à la province de Québec la compé-
polaire, comprenant (d’est en ouest) le tence sur le territoire du Nunavik, à la condi-
Groenland, le Labrador, le Nunavut, la région tion de régler les revendications territoriales
des Inuvialuit des Territoires du Nord-Ouest, pendantes des autochtones.
l’Alaska et la Sibérie (en Russie). 1960 • Création de la Direction Générale du
Le Nunavik est peuplé de 9 400 Inuit, qui Nouveau Québec.
vivent dans 15 villages, répartis le long des 1975 • Signature de la Convention de la Baie-
côtes de la baie d’Ungava, du détroit et de la James et du Nord Québécois (CBJNQ) entre
baie d’Hudson. Situés de 1 000 à 1 900 kilo- les Inuit, les Cri et les gouvernements du
mètres au nord de Montréal, tous ces villages, Québec et du Canada.
sauf trois, comptent moins de 1 000 habitants. 1999 • Le Québec créé la Commission du
Les collectivités plus considérables sont celles Nunavik dont la mission est de proposer une
de Kuujjuaq, de Puvirnituq et d’Inukjuak. Le forme de gouvernement autonome pour
nom Inuit (Yuit en langue de Sibérie et gérer ce territoire.
d’Alaska) signifie « les Hommes ». Le nom
1 Eskimo, considéré par eux comme péjoratif,
signifiait « mangeur de viande crue ».
La population du Nunavik est jeune : les moins ■ ■ Activités et ressources
de 30 ans en représentent plus de 60 %, soit
le double de la proportion correspondante Adaptés aux rudes conditions de leur milieu, les
dans le Sud du Québec. Chez les Inuit, le taux Inuit, équipés d’arc, de kayak et de traîneaux à
de croissance naturelle de la population est de chien, vivaient exclusivement de chasse et de
trois à quatre fois supérieur à la moyenne qué- pêche. Le phoque était leur aliment de base. Ce
bécoise. Depuis les années 1950, l’espérance mode de vie semi-nomade a disparu avec la
de vie s’y est largement accrue, la moyenne sédentarisation des villages, dans les années 1950,
passant de 48 à 64 ans. qui bouleversa leur mode de vie. Cependant de
Le territoire inuit du Nunavik couvre quelque nombreuses personnes perpétuent un mode de
505 000 km2, ce qui correspond au tiers de la vie traditionnel en complément à d’autres activi-
province de Québec. Aucune route ne relie tés modernes citadines, même si le fusil a rem-
les collectivités du Nunavik entre elles, ni le placé le harpon et la motoneige le traîneau. Le
Nunavik au Sud de la province. mouvement coopératif joue un rôle de premier
plan dans l’évolution économique du Nunavik. La
Fédération des Coopératives du Nouveau-
■ ■ Éléments d’histoire Québec et la Société Makivik sont les principaux
acteurs économiques de la région.
Depuis plus de 4 000 ans • les Inuit du
Québec nordique occupent le territoire du
Nunavik. ■ ■ Informations sur la langue
Où sont-ils ? À partir du XVIIIe siècle • le contact entre et la religion
• Carte l’Europe et le Nunavik a surtout été assuré par
«Les communauté les missionnaires anglicans, les marchands de Leur langue maternelle, l’inuktitut, est parlée par
autochtones au Québec». fourrures et la Compagnie de la baie d’Hudson. 95% des Inuit. Elle demeure la principale langue
I N U I T D U N U N AV I K

parlée car elle est riche, souple et s’adapte aux prit en étant ouvert, accueillant et intégrateur
réalités contemporaines. La langue seconde de la • Pijitsirarniq : servir la famille et la commu-
majorité des Inuit reste l’anglais, mais l’emploi du nauté ;
français est en nette progression. • Aajiiqatigiingniq : discuter et développer des
Les croyances inuit traditionnelles sont une consensus pour la prise de décision ;
forme d’animisme, selon lequel tous les objets • Pilimmaksarniq/Pijariuqsarniq : le développe-
et les êtres vivants ont une âme. Tous les phé- ment des compétences par la pratique, l’effort
nomènes surviennent par l’action d’un esprit. et l’action ;
La personne pouvant le mieux maîtriser les • Piliriqatigiingniq/Ikajuqtigiinniq : travailler
esprits est le chaman que l’on consulte habi- ensemble dans un but commun ;
tuellement pour guérir des maladies et résou- • Qanuqtuurniq : innovation et ingéniosité dans
dre des problèmes graves. La plupart des rites la recherche de solutions ;
communautaires sont concentrés sur la prépa- • Avatimik Kamattiarniq : respect et soin de la
ration de la chasse et les mythes traitent sou- terre, de la faune et de l’environnement.
vent des relations qui existent entre les êtres
humains, les animaux et l’environnement.
Dans le Canada arctique, le Groenland, le ■ ■ Organisation sociale
Labrador et le sud de l’Alaska, un grand nom- et politique
bre d’Inuit se sont convertis au christianisme.
Les Inuit vivaient traditionnellement dans des La famille – qui comprend le noyau familial, les
iglous (Iglu en Inuktitut qui signifie « maison ») parents proches et les parents par alliance –
faits de peau ou de blocs de glace. est l’unité sociale la plus importante.
Aujourd’hui, la majorité des Inuit vivent dans La nourriture, comme le gibier et le poisson,
des habitations de style occidental construites est considérée comme la propriété de la com-
par les gouvernements. munauté. La loi sociale sous-jacente est l’obli-
gation d’aider son prochain. Les railleries de la
communauté sont le moyen de contrôle social
■ ■ Informations sur la culture le plus courant. Dans des cas extrêmes, après
d’interminables délibérations, un délinquant
L’Inuit Qaujimajatuqangit (IQ) est le savoir tra- peut être socialement banni ou même mis à
2 ditionnel inuit. mort. En l’absence de toute structure légale
Les Inuit ont un code de comportement établi communautaire, faire du mal à autrui met en
depuis longtemps qui repose sur des valeurs danger son propre groupe familial (qui est
et des pratiques consacrées. Ces valeurs sont tenu responsable du délit) et une vendetta par
communiquées aux jeunes Inuit dès leur plus le sang devient possible. Les manifestations
jeune âge par des contes, des chansons, des d’émotions trop vives sont fermement
modèles de comportement et des légendes condamnées. Certains groupes règlent les
qui parlent du succès associé au fait de les gar- conflits par des combats ou des duels de chan-
der en mémoire. sons, au cours desquels les protagonistes en
Valeurs relationnelles • Partage, généro- colère improvisent des chansons insultantes ;
sité, famille, respect, amour, écoute, égalité, le perdant peut alors être chassé de la com-
importance et confiance. munauté.
Valeurs liées au travail • Bénévolat, res- Les alliances entre personnes non parentes
pect, pratique, maîtrise de la situation, travail sont créées et entretenues par des cadeaux
d’équipe, coopération, unité, consensus et donnés en témoignage de respect. Le chef
conservation. d’une maisonnée offre même parfois la com-
Valeurs liées à la collaboration • Patience, pagnie de la femme la plus estimée, qui peut
endurance, improvisation, force, adaptabilité, toutefois refuser.
résilience, ingéniosité, capacité à aller de La vie sociale est très peu hiérarchisée et les
l’avant, vision, survie, interdépendance et hon- chefs, choisis uniquement en vue d’objectifs
Informations nêteté. provisoires, ne disposent que de peu d’autorité.
sur la culture Ces valeurs sont basées sur les huit principes
•Texte dans son directeurs du Pinasuaqtavut, ainsi :
intégralité sur le • Inuuqtigiitsiarniq : respect de l’autre, rap- ■ ■ Questions de genre
Qaujimajatuqangit (IQ) ports avec l’autre et compassion envers les
(site internet du ministère autres ; Dans la culture traditionnelle les mariages, bien
des Ressources humaines). • Tunnganarniq : promouvoir un bon état d’es- que parfois arrangés, sont généralement ouverts
I N U I T D U N U N AV I K

fectifs et l’attribution de marchés de services.


au choix individuel. La monogamie est d’usage,
mais la polygynie et la polyandrie existent aussi.
Le mariage, qui est une quasi-nécessité pour la ➜ ENTENTES CONCLUES AVEC LES INUIT ➜
survie physique, est fondé sur une division stricte Le 21 octobre 1998 • Entente cadre concer-
du travail. Chacun des époux conserve ses pro- nant la région Kativik.
pres outils, ses biens domestiques et d’autres Le 29 juin 1999 • Entente particulière
possessions personnelles. Les hommes construi- concernant l’enveloppe de financement pour
sent les maison, chassent et pêchent, tandis que le développement des communautés inuites.
les femmes font la cuisine, préparent les peaux Le 5 novembre 1999 • Création de la com-
d’animaux et fabriquent des vêtements. mission du Nunavik.
Le 5 novembre 1999 • Accord politique
entre la partie Nunavik, le gouvernement du
■ ■ État du droit les concernant Québec et le gouvernement fédéral pour
l’examen d’une forme de gouvernement au
➜ CITOYENNETÉ ➜ Nunavik par l’institution d’une Commission du
Citoyens canadiens, les Inuit sont assujettis Nunavik.
aux lois fédérales et provinciales sur la taxation Le 9 avril 2002 • Entente de partenariat sur
et la fiscalité. le développement économique et communau-
taire au Nunavik.
➜ AUTONOMIE GOUVERNEMENTALE Le 26 juin 2003 • Entente cadre de négocia-
DU NUNAVIK ➜ tion sur la fusion de certaines institutions et la
En 1989 • Les Inuit créent le comité consti- création d’une nouvelle forme de gouverne-
tutionnel du Nunavik et lui confient le mandat ment au Nunavik.
d’élaborer un projet de constitution axé sur Le 31 mars 2004 • Entente Sivunirmut
les structures d’un éventuel gouvernement concernant le financement global de l’adminis-
régional. tration régionale Kativik (ARK).
En 1999 • Les gouvernements du Québec et Le 24 novembre 2004 • Modification (n° 1)
du Canada concluent un accord politique avec à l’Entente concernant le financement global
les Inuit en vertu duquel le Québec crée la de l’administration régionale Kativik.
Commission du Nunavik, dont la mission est Le 16 août 2005 • Modification (n° 2) à
3 de proposer une forme de gouvernement l’Entente concernant le financement global de
autonome pour gérer ce territoire. l’administration régionale Kativik.
En 2002 • Le Québec et les Inuit concluent Le 31 mars 2006 • Modification (n° 3) à
l’Entente Sanarrutik en vue d’accélérer le l’Entente concernant le financement global de
développement économique et communau- l’administration régionale Kativik.
taire du Nunavik. Le 31 mars 2006 • Entente concernant le
En 2003 • Les trois parties signent une financement global de l’administration régio-
Entente cadre portant sur les négociations à nale Kativik, version administrative consolidée.
entreprendre pour former ce gouvernement.
En 2004 • Le gouvernement du Québec et
l’administration régionale Kativik signent ■ ■ Les problèmes
l’Entente Sivunirmut qui permet de regrouper et les revendications
une grande partie du financement provenant
de plusieurs ministères et organismes en une La sédentarisation a provoqué, comme pour la
seule enveloppe globale. majorité des Amérindiens du Québec, d’im-
portants bouleversements des modes de vie
➜ EXPLOITATIONS MINIÈRES ➜ et de nombreux problèmes comme le chô-
Au milieu des années 1990, l’ouverture des mage et le suicide. Le Nunavik est gravement
mines de Troilus et de Raglan, dans le nord du touché et a connu ces dernières années une
Québec, a marqué le début de la participation progression importante.
active des autochtones à l’industrie minière du Un problème écologique, celui du réchauffe-
Québec, grâce à des accords et des alliances ment de la planète, alarme particulièrement
État du droit avec les entreprises. L’entente Sanarrutik les Inuit qui craignent un amincissement de la
les concernant engage le gouvernement du Québec à faciliter couche de glace Ce qui les empêcherait de se
• Entente Sanarrutik. la conclusion d’ententes entre les Inuit déplacer, de chasser et de pêcher.
• Entente cadre. (Makivik corporation) et les sociétés minières La pollution est une autre préoccupation alar-
• Entente Sivunirmut. en ce qui concerne la remise en état des
mante. En effet, le taux de BPC (Biphenyls
mines, les accords financiers, l’embauche d’ef-
I N U I T D U N U N AV I K

Polychlorinés) chez les enfants inuit du loppement économique, et promouvoir la


Nunavik est quatre fois plus élevé que celui protection de l’environnement.
des enfants blancs du sud du Québec. Les Inuit La Société Makivik, constituée en 1978, est
du Québec peuvent ainsi revendiquer le triste le porte-parole des Inuit en ce qui concerne la
titre de population la plus contaminée du protection de leurs droits et de leurs intérêts
monde. liés à la CBJNQ. Société sans but lucratif,
appartenant aux Inuit du Nunavik, Makivik a
pour mission première de protéger l’intégrité
■ ■ Organisations autochtones de la Convention et concentre ses efforts sur
le développement politique, social et écono-
À la fin du XXe siècle, les Inuit ont créé des mique du Nunavik.
organismes chargés de représenter leurs inté- • Site internet : [Link]
rêts. De tels organismes ont, par exemple, L’Institut Culturel Avataq est un organisme
contribué à répondre aux revendications terri- sans but lucratif qui se consacre à la protection
toriales. L’International Inuit Circumpolar, et à la promotion de la langue et de la culture
Conférence (ICC) fondée en 1977, se réunit des Inuit du Nunavik. L’institut offre les pro-
tous les trois ans. Elle offre un forum aux Inuit grammes et services suivants : programme de
du Groenland et d’Amérique du Nord pour promotion de l’inuktituk, musées du Nunavik
discuter des problèmes courants, faire pres- et collection d’art inuit.
sion pour les intégrer dans les plans de déve- • Site internet : [Link] ■

■ ■ Sélection bibliographique

➜ OUVRAGES ➜
Therrien Michèle, 1999, Printemps inuit. Naissance du Nunavut, Montpellier, Indigènes, 143 p.
4 Bernard Saladin d’Anglure, 2006, Être et renaître inuit, homme, femme ou chamane, Gallimard,
429 p.

➜ ARTICLES ➜
Morin Françoise, Recherche amérindiennes au Québec, vol. XXXI, n° 3, p. 25-36.
Morin Françoise et Saladin d’Anglure Bernard, 1995, « L’ethnicité, un outil politique pour les
autochtones de l’Arctique et de l’Amazonie », Études/Inuit/Studies, 19 (1), p. 37-68.
Morin Françoise, 2001, « La construction de nouveaux espaces politiques inuit à l’heure de la
mondialisation », Recherche amérindienne au Québec, vol. XXXI, n° 3, p. 25-36.
Saladin d’Anglure Bernard, 1992, « La Conférence inuit circumpolaire et la protection des
droits collectifs des peuples », in H. Giordan, Les Minorités en Europe. Droits linguistiques et droits
de l’homme, Paris, Kimé.

3 rue de la Châtaigneraie, 92310 Sèvres


e-mail : [Link]@[Link]
Site Web : [Link]
KANAK

■ ■ Qui sont-ils, en français (« canaque »). Puis, considéré


combien sont-ils, où sont-ils ? comme brutal ou injurieux, ce mot (qui fait
partie du riche vocabulaire d’insultes du capi-
L’origine du peuplement de la Nouvelle- taine Haddock dans les albums de Tintin), a
Calédonie est mal connue. Les peuples longtemps été remplacé par « mélanésien »,
autochtones du Pacifique insulaire sont origi- d’une tonalité jugée moins agressive, mais au
naires d’Asie, selon certains de l’actuelle sens ambigu puisque Papous ou Fidjiens sont
Malaisie, selon d’autres du Sud de la Chine ou tout autant des « Mélanésiens » que les Kanak.
de Taïwan. Ces peuples se distinguent nette- Puis les Kanak eux-mêmes ne virent plus dans
ment des premiers habitants de l’Australie, les le mot une injure, mais plutôt une affirmation
ancêtres des Aborigènes. de leur singularité, fière, voire provocante.
La Nouvelle-Calédonie est un archipel du Dés qu’ils l’employèrent eux-mêmes, le mot
Pacifique Sud de 19 103 km2 (deux fois la fut perçu comme vaguement dangereux ; on
Corse), de 400 km de long et large de 42 km. voulut au moins conserver l’orthographe
Elle est composée, outre la Grande Terre, de « canaque ». Mais « kanak » l’emporta irrésisti-
trois grandes îles (dîtes de Loyauté) au large blement. Le débat s’est alors porté sur le point
de la côte est (Ouvéa, Lifou, Maré), d’une au de savoir si le mot s’accorderait en nombre
large du sud-est (l’île des Pins) et de deux (des Kanak), voire en genre (la communauté
archipels de petites îles qui prolongent la terre kanake). Les tenants de l’accord, au moins en
1 principale au nord-ouest (les îles Nénémas et nombre – qui paraît grammaticalement fondé
Bélémas). La Grande Terre est très escarpée, – ont semblé d’abord triompher, mais ils ont
constituée de massifs montagneux culminant à fini par céder lorsque les indépendantistes ont
près de 400 m. fait du caractère invariable du mot une vérita-
Les derniers chiffres concernant la population ble revendication. Pour souligner le caractère
de la Nouvelle-Calédonie sont très variables. Ils « non français » du mot et donc de la popula-
oscillent entre 220000 et 235000 habitants (soit tion ? Parce que, s’il est invariable, le mot
12 à 19% de plus qu’en 1996, date du dernier devient « symétrique », se disant dans les deux
recensement) se répartissant entre Kanak sens. Toujours est-il que si les accords de
(42,5%), résidents de souches européennes, Matignon de 1988 évoquent les
principalement française (37,1 %), Wallisiens « Mélanésiens », mais créent une « Agence de
(8,4%), Polynésiens (3,8%) et résidents d’au- Développement de la Culture kanak », l’ac-
tres origines, essentiellement des Indonésiens et cord de Nouméa, dix ans plus tard, ne cite
des Vietnamiens (8,2%). Près de la moitié de la plus que des « Kanak ».
population est âgée de moins de 25 ans. Source: Alain Chistnacht, p. 16-17.

■ ■ La dénomination du peuple ■ ■ Éléments d’histoire


autochtone
Où sont-ils ? 1 774 • Les Kanak découvrent James Cook de
• Carte, le Monde La dénomination de la population autochtone passage sur leur terre. Le capitaine britanni-
diplomatique, janvier de la Nouvelle-Calédonie a varié selon les que donne à l’île le nom de « Nouvelle-
1996. époques. L’évolution des pratiques n’est pas Calédonie ».
• Carte, le Monde sans lien avec les préoccupations politiques du 1853 • L’amiral Febvrier-Despointes prend
diplomatique, part de la moment. Le terme « kanak » a été utilisé rapi- possession au nom de la France de la
population mélanésienne dement. Il signifie « homme », à l’origine dans Nouvelle-Calédonie et de ses dépendances.
dans les 3 provinces. les langues polynésiennes. Il fut d’abord écrit 1863 • Création du bagne de Nouméa.
KANAK

1872 • Première déportation de Communards, à sucre, bananiers, arbres à pain, selon la tech-
parmi lesquels Louise Michel. nique de l’essartage (mise à feu de la végéta-
1878 • Grande rébellion menée sous l’impulsion tion, séchage pendant la saison sèche, mise en
du chef Ataï, des Kanak du centre de l’île. culture puis jachère qui permet la repousse et
L’insurrection dure un an, fera 200 victimes déplacement de la parcelle cultivée). Par
parmi les Blancs et plus de 1000 parmi les Kanak. endroits, la pêche joue aussi un rôle impor-
1917 • Seconde révolte kanak dans le Nord- tant. Avant la colonisation, qui débuta officiel-
est de l’île. lement en 1853, les Kanak se répartissaient en
1946 • Abolition du Code de l’Indigénat; les petits hameaux de taille variable dans les val-
Kanak deviennent citoyens français à part entière. lées et sur le bord de mer. Dans la seconde
1956 • Loi cadre Deferre permettant aux moitié du XIXe siècle, l’installation de colons
Kanak de participer aux affaires locales et à européens sur les terres des Mélanésiens obli-
l’économie. gea les populations autochtones à se regrou-
1969 • Début du boom du nickel et création per sur des territoires restreints, des réserves
des « foulards rouges » par des étudiants kanak appelées « tribus ». Ainsi, les colons européens
revenus de métropole. se constituèrent des « propriétés » dans l’inté-
1975 • Organisation du festival Mélanésia rieur et sur le littoral. S’adonnant essentielle-
2000. ment à l’élevage extensif puis à la caféiculture,
1979 • Constitution du Front Indépendantiste. ils s’appuyèrent sur le code de l’indigénat, les
1984 • Le FI se dissout pour laisser place au Mélanésiens devant payer un impôt qui les
FLNKS qui boycotte les élections territoriales. obligeait à travailler pour les colons. Certains
Dix militants indépendantistes sont assassinés s’engagèrent dans la culture du café sans pour
à Hienghène. autant abandonner leur ressource principale,
1985 • Edgar Pisani, envoyé comme média- l’agriculture d’autosubsistance.
teur, annonce ses propositions en vue d’une Source: Chronique kanak, p. 241.
Indépendance-Association avec la France. Eloi
Machoro et Marcel Nonaro sont abattus par le
GIGN. Mise en place du nouveau statut (dit ■ ■ Informations sur la langue,
Fabius-Pisani) qui permet aux indépendantis- la religion
tes kanak de prendre le contrôle de trois
2 régions sur quatre. Il existe aujourd’hui 28 langues kanak parlées
1986 • La Nouvelle-Calédonie est inscrite sur en Nouvelle-Calédonie. Le nombre de locu-
la liste des Nations Unies des territoires non- teurs varie de 11 338 pour le Drehu de Lifou à
autonomes ayants vocation à être décolonisé. 4 pour le Sîchë de Bourail. On peut les rassem-
1988 • Événements d’Ouvéa. Réélection de bler selon les huit aires linguistiques et coutu-
François Mitterrand. Envoi par Michel Rocard, mières, inscrites dans le droit depuis les
Premier Ministre, d’une « mission du dialogue ». accords de Matignon, cinq sur la Grande-Terre
Le 26 juin, signature des Accords de Matignon. ainsi que dans les trois îles Loyauté.
1989 • Le 5 mai, assassinat sur l’île d’Ouvéa L’intercompréhension est permise par le mul-
de Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné. tilinguisme et par l’usage aujourd’hui généra-
1990, Paul Néaoutyine est élu Président du lisé du français comme langue véhiculaire.
FLNKS. La plupart des Kanak sont catholiques ou pro-
1997 • Inauguration du centre culturel Jean- testants, souvent très pratiquants, mais la
Marie Tjibaou à Nouméa. croyance en des ancêtres et des êtres non
1998 • Accords de Nouméa. l’État, le RPCR et humains a encore une grande influence.
le FLNKS négocient et s’accordent sur un statut,
qui est censé amener le pays, par un processus
progressif et irréversible, à la pleine souveraineté ■ ■ Organisation sociale
dans 15-20 ans. Par ailleurs, ce processus doit et politique
construire une citoyenneté propre à la Calédonie
dont la base doit demeurer l’identité kanak. La terre, la parenté, la chefferie jouent un rôle
important dans l’organisation sociale kanak.
La terre est pour les Kanak un espace où les
■ ■ Activités et ressources signes abondent. Son utilisation économique est
inséparable de ses significations culturelles. Ainsi,
Traditionnellement, les Kanak cultivent des la culture des ignames et des taros est un acte
plantes à tubercules (ignames, taros) et cannes identitaire autant qu’économique. Aujourd’hui
KANAK

encore, les Kanak vivant en milieu urbain, même mes de cet accord, les parties néo-calédoniennes
les mieux intégrés dans la ville et leur métier, s’ef- ont opté pour une solution négociée et une auto-
forcent de revenir périodiquement sur leurs ter- nomie progressive vis-à-vis de la France et non
res pour s’occuper de la culture de leurs ignames. pour un référendum immédiat sur le statut politi-
Le « clan » est constitué de plusieurs familles que. Le transfert de compétence a commencé en
qui se rattachent, par les hommes, à un ancê- 2000 et doit prendre fin dans 15 à 20 ans lorsque
tre commun. le territoire se prononcera pour l’indépendance
Des clans, en nombre variable, se sont organi- totale ou pour un statut d’État associé.
sés en chefferies. Dans l’ensemble de clans
que la colonisation dénommera « tribu », les
fonctions sociales ont été distribuées une fois ■ ■ Les partis politiques
pour toutes selon la tradition. Ainsi, les maî-
tres de la terre ont la mémoire de l’espace La vie politique en Nouvelle-Calédonie s’orga-
foncier et donc des droits d’usage. Le chef, qui nise traditionnellement autour de partis locaux
jouit de grandes marques de respect – offran- qui n’ont pas tous des liens avec des partis
des, case marquée d’attributs – est la clef de politiques nationaux. Historique des forma-
voûte du système coutumier ; il incarne la tra- tions indépendantistes :
dition par sa présence et ses actes symboli- L’Union Calédonienne (UC) créée en
ques (il mange la première igname). mars 1956 est le plus ancien des partis politi-
Les « coutumes » que l’on « fait » (« faire la ques aujourd’hui présents en Nouvelle-
coutume ») aujourd’hui entre Européens et Calédonie. Bien implantée traditionnellement
Kanak – échange de billets de banque et de dans un grand nombre de tribus, l’UC dispose
paquets de tabac rangés dans une étoffe pliée de ressources politiques pour jouer un rôle
– généralement à l’occasion d’un passage dans dominant dans la coalition indépendantiste.
une tribu, sont une version appauvrie, au point Le Palika (Parti de Libération Kanak), créé en
d’en devenir parfois incompréhensible, des 1975 par de jeunes intellectuels influencés par le
« gestes coutumiers » prescrits par les coutu- marxisme et résolus à remettre en cause la
mes kanak pour certains événements sociaux. suprématie de l’UC. Il est marqué par la person-
nalité de Paul Néaoutyine proche de J.-M.
Tjibaou et président du FLNKS de 1989 à 1995.
3 ■ ■ Questions de genre Le LKS (Libération Kanak Socialiste) est issu
d’une scission du Palika en 1981. Le LKS est
Les relations entre hommes et femmes sont inséparable de la personnalité de N. Naisseline,
marquées par une forte division des tâches. grand chef dans l’île de Maré.
Les femmes jouent un rôle central dans l’en- Le FLNKS (Front de Libération Nationale
tretien quotidien de la famille : s’occuper des Kanak Socialiste), créé en septembre 1984 est
enfants, aller chercher la nourriture dans les composé aujourd’hui de l’UC, du Palika, de
champs, transporter le bois, puiser l’eau, faire l’UPM et du RDO (Rassemblement des
la cuisine. Les hommes travaillent aux champs Wallisiens et Futuniens qui se sont ralliés à l’in-
ou vont pêcher, mais se consacrent aussi beau- dépendance).
coup à la réflexion à l’érudition nécessaire au
bon fonctionnement de la vie sociale élargie. ■ ■ Les organisations autochtones
La société kanak a une nette idéologie de la
domination masculine. Notons toutefois que CNDPA (Conseil National des Droits du
Informations sur
certaines femmes kanak d’aujourd’hui contes- Peuples Autochtones de Nouvelle-Calédonie),
la langue,
tent cette situation et aspirent à d’autres for- créé le 25 avril 1995 par les grands chefs et des
la religion
• Site Internet: mes de reconnaissance sociale. chefs coutumiers représentant les huit aires
l’aménagement Source: chronique kanak, p. 47. coutumières du pays kanak, des représentants
linguistique du mouvement associatif, des représentants
des mouvements politiques et syndicaux.
État du droit ■ ■ État du droit les concernant Agence Kanak de Développement. Elle joue
les concernant le rôle d'organisation relais entre projets de
• Accords de Matignon, L’accord de Nouméa, signé en mai 1998, entre le développement économiques et culturels locaux
26 juin 1988. gouvernement français, le FLNKS et le RPCR, a et organisations non gouvernementales (études
• Accords de Nouméa, radicalement modifié le système politique et des projets, aide à la gestion, recherches des
5 mai 1998. administratif de la Nouvelle-Calédonie. Aux ter- soutiens techniques et financiers, rapports). ■
KANAK

■ ■ Sélection bibliographique

➜ OUVRAGES ➜
Alban Bensa, 1995, « Chronique kanak, l’ethnologie en marche », Ethnies, 349 p.
Michael Spencer, Alan Ward, John Connell, 1989, Nouvelle-Calédonie, Essais sur le nationalisme
et la dépendance, L’Harmattan, 304 p.
Paul Néaoutyine, 2006, L’indépendance au présent, Identité kanak et destin commun, Syllepse,
190 p.
Alain Christnacht, 2004, La Nouvelle-Calédonie, Les études de la Documentation française,
174 p.
Alban Bensa, 1990, Nouvelle-Calédonie, un paradis dans la tourmente, Gallimard.
Alban Bensa, 1982, Les Chemins de l’Alliance, l’organisation sociale et ses représentations en
Nouvelle-Calédonie, Selaf, 586 p.
Didier Daeninckx, Cannibale, Verdier, 96 p.
Patrick Paitel, 1985, L’enjeu kanak, France-Empire, 301 p.
Claude Gadriek, Vincent Kermel, 2003, Nouvelle-Calédonie, la révolte kanake, Payot, 238 p.
Alban Bensa, 1990, Nouvelle-Calédonie, Vers l’émancipation, Découverte Gallimard, 175 p.
Jean-Marie Tjibaou, 1996, La présence kanak, Odile Jacob, 326 p.

➜ ARTICLES ➜
Jean Guiart, automne 1985, « Les Kanak de Nouvelle-Calédonie », p. 6-14, in Ethnies, n° 3,
Papous Kanak Aborigènes.
J.-F. Dupon, printemps 1989, « Entretien avec André Gopea, L’éducation en Nouvelle-Calédonie »,
in Ethnies, nos 8-9-10, Renaissance du Pacifique.
Alban Bensa, Jean Freyss, 1994, « La société kanake est-elle soluble dans l’argent… ? », in
Terrain, n° 23, Les usages de l’argent.
Nicolas Guillemard, 1998, « Terre kanake et identité autochtone », in Recherches amérindiennes
au Québec, vol XXVIII, n° 1, p. 81-86.
Jean-Marie Tjibaou, 1981, « Être mélanésien aujourd’hui », Esprit, n° 57, p. 81-93.

4 ➜ RAPPORTS ➜
Assemblée générale des Nations Unies, mars 2005, « Comité spécial chargé d’étudier la
situation en ce qui concerne l’application de la déclaration sur l’octroie de l’indépendance aux
pays et peuples coloniaux : document de travail sur la Nouvelle-Calédonie », 18 p.

■ ■ Sélection discographique
Nouvelle-Calédonie, danses et musiques kanak, VDE/Concord
Jean-Michel Beaudet, Kaloonbat Tein et Lionel Weiri, 1990, Chants Kanak, cérémonies et
berceuses, CD CNRS-Musée de l’Homme, Le Chant du Monde, Paris, LDX 274 909.

■ ■ Sélection filmographique
Emillo Pacull, 1998, Emma, tribu kanak aujourd’hui, La sept Arte/Gaumont Télévision, 55 min.
Charles Belmont, 1997, Les Médiateurs du pacifique, MK2 prod, 1 h 55 min.
Gilles Dagneau, 1998, Jean-Marie Tjibaou, La Parole assassinée, RFO, 52 min.
Mehdi Lallaoui, 2000, Jean-Marie Tjibaou ou le rêve d’indépendance, La sept Arte, 1 h 04 min.
Jean-Louis Comolli, 2004, Les Esprits du Koniambo, Archipel 33/Arte France, 89 min.

3 rue de la Châtaigneraie, 92310 Sèvres


e-mail : [Link]@[Link]
Site Web : [Link]
KANAK

Le Monde diplomatique, janvier 1996.

Part de la population mélanésienne dans les trois provinces, Le Monde diplomatique, janvier 1996.

3 rue de la Châtaigneraie, 92310 Sèvres


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Site Web : [Link]
AMÉRINDIENS DU QUÉBEC

■ ■ Qui sont-ils, ront, par traités, plus de 2 millions de kilomè-


combien sont-ils, où sont-ils ? tres carrés.
1867 • Naissance de la Confédération
Les Amérindiens du Québec sont composés Canadienne.
de dix nations distinctes regroupées en deux 1874 • Le gouvernement du Canada crée des
familles linguistiques et culturelles : algonkine internats pour les enfants dans le but d’assimi-
et iroquoise. Ces deux familles représentent ler les autochtones.
72 000 Amérindiens inscrits soit environ 1 % 1876 • L’Acte des Sauvages (devenu ultérieu-
de la population du Québec. rement la Loi sur les Indiens) est promulgué et
Les Algonkins qui regroupent huit nations (les stipule « qu’un autochtone doit abandonner
Abénaquis, les Algonkins, les Attikameks, les son statut pour obtenir la citoyenneté cana-
Cris, les Malécites, les Micmacs, les Innus et les dienne », elle les dépouille ainsi de toute capa-
Naskapis) vivent sur des territoires qui s’éten- cité juridique en même temps qu’elle leur
dent à toute la forêt boréale, d’ouest en est, enlève toute autonomie économique.
depuis la baie James jusqu’à la pointe de la 1884 • La Loi sur les Indiens est amendée
Gaspésie. pour interdire de nombreuses coutumes tra-
Les Iroquois qui regroupent deux nations (les ditionnelles.
Huron-Wendat et les Mohawk) occupaient la 1951 • Adoption de nouvelles modifications à
plaine fertile du Saint-Laurent, là où se sont la Loi sur les Indiens. qui ont pour effet d’an-
1 développés les grands centres urbains qu’ils nuler l’interdiction empêchant ces derniers
côtoient aujourd’hui. d’accomplir des cérémonies traditionnelles.
À ces deux familles s’ajoutent les Inuit, issus 1960 • Les autochtones obtiennent le droit
d’une vague de peuplement différent qui for- de vote aux élections fédérales et provinciales.
ment un groupe ethnique distinct. 1966 • Un nouveau Ministère des Affaires
Indiennes est créé. Le Québec compte
soixante et onze mille Indiens et sept millions
■ ■ Éléments d’histoire coloniale de Blancs.
et post-coloniale 1973 • Adoption d’une nouvelle politique
fédérale sur les droits ancestraux (revendica-
1535-1536 • Voyages de Jacques Cartier tions territoriales globales).
1604 • Début de la colonisation. 1975 • La Convention de la Baie James
1608 • Champlain fonde « l’habitation de accorde à des groupes Cri et Inuit des droits
Québec » sur le Saint-Laurent. de propriété, de chasse et de piégeage et une
1637 • La première réserve amérindienne indemnité de 225 millions de dollars.
canadienne est établie à Sillery près de 1982 • La nouvelle Constitution canadienne
Québec. reconnaît les « droits ancestraux » des
1755 • Création d’un Ministère des Affaires « autochtones » (Indiens, Métis, Inuit), fondés
Indiennes, pour favoriser les alliances avec les sur l’occupation traditionnelle d’une terre.
groupes autochtones. 1983 • Reconnaissance des droits des nations
1763 • Signature du Traité de Paris par lequel autochtones par le gouvernement du Québec :
la France perd sa colonie du Canada, au profit « les peuples aborigènes du Québec sont des
de l’Angleterre. Le Québec compte soixante nations distinctes qui ont droit à leur culture,
mille Indiens et soixante mille Blancs. Les pre- leur langue, leurs coutumes et traditions ainsi
mières réserves sont créées et placées sous la que le droit d’orienter elles-mêmes le déve-
Où sont-ils ? protection de la couronne d’Angleterre ; loppement de cette identité propre ».
• Carte, Olivier Podevins. de 1763 à 1921, les Premières Nations céde- 1998 • Ottawa propose « une approche poli-
AMÉRINDIENS DU QUÉBEC

tique globale et à long terme » ; partage des des autochtones québécois (52,7 % des
recettes de l’exploitation des ressources, par- Amérindiens et 90,5 % des Inuit) sont de lan-
ticipation des autochtones aux décisions tou- gue maternelle autochtone.
chant l’environnement et promesse de négo- À Kahnawake, la « survival school », une école
cier l’autonomie gouvernementale. Le but privée ayant pour objectif d’enseigner la cul-
avoué des autorités est de définir « les droits ture et l’histoire mohawk, fonctionne presque
des groupes autochtones sur les terres et res- entièrement en mohawk.
sources » et de « promouvoir leur autosuffi- Selon la tradition religieuse des Algonkin, les
sance ». êtres et les choses sont habités par des esprits,
le plus important est le Kitch Manitou. Leur
cérémonie traditionnelle la plus connue est
■ ■ Activités et ressources celle de la « tente tremblante » où le chaman
entre en contact avec les esprits. Dans la tra-
Les dix nations amérindiennes du Québec dition iroquoise, on célébrait la fête des morts
sont différentes les unes des autres. De fait, à lorsqu’on déménageait le village. Ces mythes
l’intérieur d’une nation, voire d’une commu- sont encore très présents aujourd’hui et per-
nauté, le mode de vie et la situation économi- mettent aux valeurs ancestrales de se perpé-
que des membres peuvent varier beaucoup. tuer.
Le niveau économique d’une nation ou d’une
communauté change aussi en fonction de trois
facteurs principalement : la proximité des mar- ■ ■ Organisation sociale
chés, le lien avec le réseau routier et le niveau et politique
de scolarisation.
Quelques exemples : Aujourd’hui, les Amérindiens vivent majoritai-
Algonkin, l’activité économique gravite rement dans des réserves (territoire que le
autour de l’exploitation forestière, du tou- gouvernement fédéral réserve à l’utilisation et
risme, de l’artisanat. au profit d’une bande indienne, et qui est régi
Cri, l’activité traditionnelle de chasse et de par la loi sur les Indiens), ou des établisse-
pêche a été transformée par la Convention de ments administrés par un Conseil de Bande
la Baie James et du Nord-Québecois, signée composé d’un chef et de conseillers.
2 en 1975, entraînant la création de nombreuses Une bande est un groupe d’Indiens constituant
entreprises et de plusieurs organismes admi- une entité administrative au sens de la Loi sur
nistratifs. les Indiens. Une bande doit être reconnue par
Innu, les communautés innu sont très diffé- le gouverneur. Des terres appartenant à la
rentes par leur développement socio-écono- Couronne fédérale et des sommes d’argents
mique : commerces et entreprises, pourvoi- sont ordinairement réservées au profit et à
ries, chasse et pêche traditionnelles et com- l’usage de la bande.
merciales (rivières à saumon). Le Conseil de Bande est constituée du chef et
Micmac, la pêche au saumon fait toujours des conseillers élus ou nommés selon la pro-
partie de leur mode de vie. cédure de la Loi sur les Indiens ou selon la
coutume de la bande.
Le Conseil Tribal désigne un organisme
■ ■ Quelques informations regroupant et représentant plusieurs bandes
sur la langue et la culture indiennes ou Premières Nations à des fins de
services communs ou de représentation politi-
Une cinquantaine de langues autochtones que. Le conseil tribal correspond très souvent
(amérindiennes et inuit) sont encore parlées à une nation. Par exemple, la nation Cri du
au Canada (par rapport à une soixantaine il y a Québec s’est dotée du Grand Conseil des Cri
une petite génération), mais beaucoup le sont (du Québec).
par un petit nombre de personnes générale-
ment âgées. Neuf de ces langues – l’iuktitut, le
Éléments d’histoire cri, l’innu-montagnais, l’atikamekw, l’algonkin, ■ ■ État du droit les concernant
coloniale le naskapi, le micmac, le mohawk et l’abénaki
et post-coloniale – sont parlées au Québec où le huron-wendat La souveraineté de l’État canadien s’exerce à
Bilan du siècle, relations et le malécite ont disparu. Au Québec, la deux niveaux : le fédéral et le provincial. La
entre le Québec et les connaissance des langues autochtones est plus Constitution de 1867 a attribué au niveau
autochtones. répandue que dans le reste du Canada, 46,5 % fédéral la compétence exclusive relativement
AMÉRINDIENS DU QUÉBEC

aux autochtones et aux terres qui leurs sont réserves et autres biens des bandes indiennes
réservées. et sur le respect des dispositions des traités.
Avant 1982, la Constitution canadienne ne Habituellement, ces revendications ne sont
pouvait être modifiée que par la Grande négociées qu’avec le gouvernement du
Bretagne. Canada les gouvernements des provinces
Après le rapatriement de la Constitution au étant rarement touchés.
Canada en 1982, des Indiens se sont adressés
à la Reine (demeurée chef de l’État canadien) ➜ L’AUTONOMIE GOUVERNEMENTALE ➜
et aux tribunaux anglais afin d’obtenir une L’autonomie gouvernementale est au cœur
déclaration selon laquelle la Grande Bretagne des discussions entre les autochtones et les
avait toujours une responsabilité vis-à-vis gouvernements. Elle est définie comme une
d’eux. Les tribunaux ont conclu au contraire forme de gouvernement conçue, établie et
que les Indiens étaient sous l’autorité exclusive administrée par des autochtones aux termes
du Canada. de la Constitution canadienne, dans le cadre
La Constitution de 1982 présente des évolu- de négociations menées avec le gouverne-
tions marquantes : ment du Canada et, le cas échéant, avec le
• Les autochtones ont des droits particuliers du gouvernement de la province mise en cause.
fait qu’ils ont occupé le territoire canadien avant
les Européens. Ce sont des droits ancestraux. ➜ LES AUTRES DEMANDES ➜
• Les autochtones ont des droits découlant Bien d’autres sujets font l’objet de revendica-
des traités signés avec les Européens, qu’il tions par les autochtones. Certaines de leurs
s’agisse de traités anciens ou récents. requêtes concernent le développement éco-
Les Indiens, les Inuit et les Métis forment col- nomique, culturel et communautaire. D’autres
lectivement des « peuples autochtones » touchent notamment les secteurs de la santé
et des services sociaux, de la justice et de
l’énergie.
■ ■ Les problèmes
et les revendications
(source: Secrétariat aux affaires autochtones) ■ ■ La situation
et les conflits récents
3 Les revendications visent généralement trois
buts : obtenir plus d’autonomie, avoir des ter- Les communautés amérindiennes du Québec
ritoires plus grands et sauvegarder l’identité et sont les populations les plus défavorisées de la
la culture. Selon la politique fédérale établie en province :
1973, il existe deux formes de revendications : • L’espérance de vie dans l’ensemble des
les revendications territoriales globales et les Amérindiens est inférieure de 7-8 ans à la
revendications particulières. Il existe aussi moyenne canadienne,
d’autres demandes qui n’entrent pas dans ces • Le taux de suicide chez les jeunes est de 5 à
deux catégories. 6 fois supérieur à la moyenne nationale.
Il y a de 3 à 6 fois plus de cas de diabète dans
➜ LES REVENDICATIONS les communautés autochtones que dans les
TERRITORIALES GLOBALES ➜ populations non-autochtones.
Ces revendications s’appuient sur le fait qu’il
existe des droits ancestraux sur les terres et Chez les Innu • la vie en communauté est
les ressources naturelles. Elles sont présen- marquée par un haut niveau d’alcoolisme, de
tées dans des régions où les titres ancestraux drogue chez les enfants (reniflement d’es-
n’ont jamais fait l’objet de traités ou d’autres sence), de violences et un taux record de sui-
dispositions légales. Elles sont appelées « glo- cides. La sur anthropisation liée aux vols à
bales » en raison de leur vaste portée et com- basse altitude des avions militaires bombar-
prennent des éléments comme les titres fon- diers de l’OTAN dans la région de Goose Bay,
ciers, les droits de pêche et de piégeage, les menace l’équilibre de l’écosystème.
mesures d’indemnisation financière ainsi que Chez les Cri • en dépit de l’accord baptisé
l’autonomie gouvernementale. « la Paix des Braves », entre le Grand Conseil
des Cri et le gouvernement du Québec, plus
➜ LES REVENDICATIONS PARTICULIÈRES ➜ de la moitié des 13 000 Cri qui ont moins de
Les revendications particulières sont celles qui 25 ans sont gravement touchés par le chô-
portent sur l’administration des terres de mage.
AMÉRINDIENS DU QUÉBEC

■ ■ Organisations amérindiennes Conseil Tribal de la Nation Algonquine


du Québec Anishinabeg
Assemblée des Premières Nations-APN Conseil Tribal Mamuitun, créé en 1992,
(Assembly of First Nation-AFN) est l’organisa- regroupe les cinq communautés innu du bloc
tion représentant les Premières Nations du central de Nitassinan.
Canada qui comprennent plus de 630 commu- Conseil tribal Mamit Innuat, créé en 1988,
nautés. Le mandat de l’APN est de faire regroupe les quatre communautés innu de la
connaître l’opinion des diverses Premières Basse côte nord.
Nations par l’intermédiaire de leurs dirigeants Nation Innu représente les habitants de
dans divers domaines, dont les droits ances- Davis Inlet et de Sheshashiu au Labrador.
traux ou issus des traités, le développement Conseil Innu-Nitassinan, le CIN regroupe les
économique, l’éducation, la langue et l’alpha- organisations innu et a pour objectif d’affirmer
bétisation, la santé, le logement, le développe- leur représentation dans les instances interna-
ment social, la justice, la fiscalité, les revendi- tionales. Le CIN a obtenu un siège au Conseil
cations territoriales et l’environnement. Économique et Social de l’ONU en juin 1997.
Femmes Autochtones du Québec, fondée
➜ LES CONSEILS ET GRANDS CONSEILS ➜ en 1974, représente les femmes des
Grand Conseil de la Nation Waban-Aki Premières Nations du Québec ainsi que les
(Abenaquis) femmes autochtones qui vivent en milieu
Conseil de la Nation Atikamekw urbain. Elle aide les femmes des Premières
Grand Conseil des Cri – Eeyou Istchee, Nations à prendre leur place au sein de leurs
organe politique qui représente environ organisations en participant à l’élaboration et à
14 000 Cri de la Baie James orientale et de la la modification des lois les concernant ainsi
partie méridionale de la Baie d’Hudson au qu’en participant à la création et à la réalisa-
Nord Québec et dirige les relations des Cri tion de programmes qui favorisent l’égalité
avec le monde extérieur. Le Grand Conseil des chances des femmes autochtones. FAQ
compte neuf membres élus dont un Grand est membre de l’AFAC, l’Association des
Chef et un Grand Chef adjoint. Femmes Autochtones du Canada. ■

4
■ ■ Sélection bibliographique

➜ ARTICLES ➜
Pierre Trudel, « De la négation de l’autre dans les discours nationalistes des Québécois et des
autochtones », Recherches Amérindiennes au Québec, vol. XXV, n° 4, 1995.
Dossier spécial, 1994, « Le Québec et les Autochtones », in Recherches Amérindiennes au Québec,
vol. XXIV, n° 1-2.
R. Crépeau, 1995, « Entrevue avec l’anthropologue Rémi Savard, de la Nation à l’autonomie
gouvernementale », Recherches Amérindiennes au Québec, vol. XXV, n° 4.
IKEWAN, le journal des Peuples Premiers, n° 55 janvier février mars 2005, théma « Québec
autochtone ».
Louis Edmond Hamelin, 1995, « Le paradigme de l’interculturel appliqué aux relations avec les
autochtones », Revue Géographie et Culture, p. 119-136.

➜ OUVRAGES ➜
Jean-Paul Lacasse, 2004, Les Innu et le territoire, Septentrion, 274 p.
Colin Samson, James Wilson, Jonathan Mazower, 2000, « Un Tibet au Canada, la mort pro-
grammée des Innu », Survival, Ethnies, n° 26, 100 p.
Jil Silberstein, 1998, Innu, Albin Michel 457 p.
Béatrice Kasbarian-Bricout, 2004, Les Amérindiens du Québec, Les héritiers de la Terre Mère,
L’Harmattan.
Renée Dupuis, 2001, Quel Canada pour les Autochtones ? La Fin de l’exclusion, Boréal, 174 p.
Renée Dupuis, 1995, L’avenir du Québec et des peuples autochtones, Institut de Recherche en
Politique publique, choix, série Québec-Canada, vol. 1,n° 10.
Renée Dupuis, 1997, Tribus, Peuples et Nations, Les nouveaux enjeux des revendications autochto-
nes au Canada, Boréal, 170 p.
AMÉRINDIENS DU QUÉBEC

René Boudreault, 2003, Du mépris au respect mutuel, clefs d’interprétations des enjeux autochto-
nes au Québec et au Canada, Écosociété, Québec, 224 p.
Alain Beaulieu, 1997, Les autochtones du Québec, des premières alliances aux revendications
contemporaines, Fides/Musée de la Civilisation, 183 p.
Michel Morin, 1997, L’usurpation de la souveraineté autochtone, Boréal, 334 p.
Collectif sous la direction de Marc-Adélard Tremblay, 1976, Les facettes de l’identité amérin-
dienne, Presses de l’université de Laval, 316 p.

➜ RAPPORTS OFFICIELS ➜
Rapport de la Commission Royale sur les Peuples Autochtones, novembre 1996, Affaires
Indiennes et du Nord Canada, [Link].

■ ■ Sélection filmographique

Richard Desjardins, Robert Monderie, 1999, documentaire, L’erreur boréale, Office national
du film du Canada.
Jo Béranger, Doris Buttignol, 2003, documentaire, Voyage en mémoires indiennes.

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