Gitpa500 3 IMAZIGHENfiche
Gitpa500 3 IMAZIGHENfiche
Ibn Khaldoun
Histoire des Berbères
■ ■ Organisation sociale
et politique ■ ■ Les conflits récents
Le peuple amazigh n’est jamais parvenu à se ➜ ALGÉRIE ➜
réunir au sein d’un État-nation. Il a cependant
développé des structures et des représenta- Printemps berbère 1980 • Durant plusieurs
tions sociales et politiques communes. En semaines se succédèrent en Kabylie, manifes-
effet, les Imazighen sont très attachés aux tations, meeting et grèves contre la politique
structures démocratiques et à une idéologie répressive du régime, en faveur d’une recon-
État du droit égalitariste qui s’exprime par leur soutien mas- naissance officielle de la langue et de la culture
les concernant sif aux formations politiques de cette obé- des Imazighen. Cette revendication déboucha
2 • Constitution algérienne dience. sur l’interdiction d’une conférence sur la poé-
du 28 novembre 1996 sie kabyle ancienne de l’écrivain Mouloud
• Constitution marocaine Mammeri à l’université de Tizi Uzou.
du 4 septembre 1992 ■ ■ État du droit les concernant 1990 et 1991 • Création des départements
de langue et culture berbères au sein des uni-
Les problèmes Les différents États dans lesquels vivent les versités de Tizi-Ouzou et Béjaïa en Kabylie.
et les
Imazighen font de l’arabe la langue unique et 1991 • Imposantes manifestations pour la
revendications
• Charte d’Agadir,
de l’islam la religion d’État. reconnaissance amazigh.
«relative aux droits En Algérie, la Constitution de 1996 – bien que 1994-1995 • Le Mouvement Culturel
linguistiques et culturels», faisant désormais référence dans son préam- Berbère (MCB) appelle au boycottage scolaire
5 août 1991. bule, contrairement à celle de 1989, à l’amazi- en Kabylie en vue d’appuyer la reconnaissance
• Le manifeste berbère, ghité comme « composante fondamentale de du tamazight comme langue nationale et offi-
1er mars 2000. son identité » avec « l’islam et l’arabité » – cielle.
• Déclaration consacre encore l’islam comme religion d’État 22 avril 1995 • « plate-forme de consensus »
de la délégation amazigh et l’arabe comme langue « nationale et offi- signée par toutes les tendances du mouve-
à Genève, 2 juillet 2002. cielle ». ment berbère demandant qu’un texte officiel
• Déclaration De même, la Constitution marocaine de 1996 du chef de l’État garantisse « le caractère légi-
de la délégation amazigh
ignore tout fondement amazigh au profit time de la revendication du tamazight comme
à Genève, 2 juillet 2003.
• Déclaration
d’une civilisation arabo-islamique exclusive. fondement de l’identité nationale », ainsi que
de la délégation amazigh Ces textes fondamentaux sont souvent com- sa prise en charge par les institutions de l’État.
à Genève, 2 juillet 2004 plétés par des lois d’orientation qui confir- 27 mai 1995 • Création d’un Haut-
• Joël Donnet, «Après ment cette exclusivité, comme la loi de 1991 Commissariat à l’Amazighité (HCA) qui a pour
deux milles ans de mépris, « portant généralisation de la langue arabe », mission « la réhabilitation et la promotion de
renaissance berbère au entrée en vigueur en 1998 en Algérie ou la loi l’amazighité en tant que l’un des fondements
Maroc», in le Monde sur l’interdiction des prénoms amazigh au de l’identité nationale, l’introduction de la lan-
Diplomatique, Maroc. gue amazigh dans les systèmes de l’enseigne-
janvier 1995. ment et de la communication » (art 4).
IMAZIGHEN
2000 • Création de l’Association des Amazigh culture et civilisation) ; de défendre les droits
du Sud Marocain : TAMUNT N IFFUS de l’homme et des peuples autochtones ; de
(MAROC), association qui a pour objectifs : de vulgariser les sentiments de paix. ■
promouvoir la culture amazigh (langue,
■ ■ Sélection bibliographique
➜ ARTICLES ➜
Lacoste-Dujardin Camille, 4e trimestre 2001, « Géographie culturelle et géopolitique en
Kabylie, la révolte de la jeunesse kabyle pour une Algérie démocratique », in Hérodote, n° 103,
p. 57 à 91, La Découverte.
Chaker Salem, avril-septembre 1985, « Berbérité et émigration kabyle », in Peuples
Méditerranéens, n° 31-32, p. 217 à 225, numéro spécial Migration et Méditerranée, Paris.
Aït Harmed Mohand S., 2e trimestre 1995, « Le Berbérisme, de l’unité du mouvement cultu-
rel aux divisions politiques », in Hérodote, Paris.
Chaker Salem, 1987, « Berbère : une identité en construction », in Revue de l’Occident musul-
man et de la Méditerranée, n° 44.
➜ OUVRAGES ➜
Ait Kaki Maxime, 2004, De la question Berbère au dilemme kabyle à l’aube du XXIe siècle,
l’Harmattan.
Camps Gabriel, 1996, Les Berbères, mémoires et identités, Encyclopédie de la Méditerranée
Tunisie, ALIF-EDISUD-TOUBKAL, 80 pages.
Camps Gabriel, 1980, Berbères, aux marges de l’histoire, Hespérides.
Chafik Mohamed, 1989, Aperçu sur 33 siècles d’histoire des Imazigen.
Chaker Salem, 1998, Berbères aujourd’hui, L’Harmattan, 221 p.
Servier Jean, 1990, Les Berbères, PUF, coll. « Que sais-je ? », 127 pages.
4 Haddadou M. A., 1994, Guide de la culture et de la langue berbère, ENAL-ENAP, Alger.
Tassadit Yacine, 1987, « Identités occultées ? Identités usurpées ?», in Awal, Cahier d’études
Berbères, Maison des Sciences de l’Homme, Paris.
Grandguillaume Gilbert, 1983, Arabisation et politique linguistique au Maghreb, Maisonneuve et
Larose, Paris.
Ouerdane Amar, 1990, La question berbère dans le mouvement national algérien, Septentrion.
Bigi Céline, 2002, L’Identité Berbère est-elle transnationale ?, Mémoire de l’Institut Études
Politique de l’Université de Droits, d’Économie et des Sciences sociales.
Arezki Dalila, 2004, L’identité berbère, de la frustration berbère à la violence, la revendication en
Kabylie, Seguier, 191 p.
Ouerdane Amar, 2003, Les Berbères et l’arabo-islamisme en Algérie, KMSA, 259 p.
Encyclopédie berbère, 1992, Edisud, Aix-en-Provence.
➜ RAPPORT ➜
Groupement pour les Droits des Minorités, 1992, Les Kabyles : éléments pour la compréhen-
sion de l’identité berbère en Algérie.
➜ SITES INTERNET ➜
[Link]-mondial-amazigh-org (CMA : Congrès Mondial Amazigh)
[Link] (Berbères de Kabylie)
[Link] (Portail Berbériste)
[Link]/ (Monde Berbère)
[Link] (Berbères de France)
[Link] (Amazigh)
[Link]/ (Rif et Imazighen)
[Link]/ (Tamaynut)
[Link]/ (Réseau Amazigh pour la citoyenneté)
IMAZIGHEN
■ ■ Sélection discographique
Taos Amrouche, Chants berbères de Kabylie, ed Buda-Ades, 82506.
Idir, A vava inouva, Blue Silver, 035-2.
Houria Ai-chi, Chants de l’Aurès, Ethnic-auvidis, B6749.
Maroc : Moyen-Atlas, musiques sacrées et profanes, Ocora-Harmonia Mundi, Ocora C559 057.
Musique berbère du Haut-Atlas et de l’Anti-Atlas, Chant du Monde-Harmonia Mundi,
LDX274991.
ritoire. Dans leur ensemble, les Guyanes (fran- création du Parc de la Forêt Tropicale
çaise, ex-hollandaise (Surinam) et ex-anglaise Guyanaise.
(Guyana) sont assez rétrogrades en ce qui Novembre 1994 • La DIREN publie ses
concerne les droits des Amérindiens vivant sur « Premières propositions pour un projet de
leur sol : en effet, ces derniers sont démunis Parc de la Forêt tropicale Guyanaise ».
de tout pouvoir et ce même s’ils occupent 1995 • Définition des « Zones de Droits
l’essentiel du territoire. À défaut de structures d’Usage collectifs » (ZDU).
officielles (même consultatives) exprimant les Octobre 1995 • Rapport de Francis Hallé,
intérêts autochtones, il existe des associations professeur de botanique tropicale à l’univer-
amérindiennes vouées à la revendication de sité de Montpellier qui conteste le périmètre
leurs droits, notamment l’Union des Peuples envisagé et prend davantage en considération
Amérindiens de la Guyane (UPAG), l’Asso- les questions concernant la faune que celles de
ciation des Amérindiens de Guyane française la protection des territoires amérindiens.
(AAGF) et la Fédération des Organisations 1997 • Missions d’écoutes dans les villages
Amérindiennes de Guyane (FOAG). Wayana du Haut-Maroni.
1998 • Le président du Conseil Régional de
Guyane (Antoine Karan) annonce l’intention
■ ■ Les problèmes des Guyanais de « se réapproprier le parc » et
et les revendications demande une pause pour ce projet.
juin 2003 • Rapport de Jean-Pierre Giran
➜ ORPAILLAGE ➜ (député du Var) au Premier ministre « Les
parcs nationaux : une référence pour la France ;
1993 • Découverte de pépites d’or à Dorlin une chance pour ses territoires ».
(en amont de Maripasoula). 25 mars 2003 • Première réunion du
1996 • Averti des exactions, l’État gèle l’ex- « Comité de pilotage élargi ».
ploitation de l’or.
1999 • Deux rapports de l’INSERM sur la pol-
lution par le mercure. ■ ■ Les conflits récents
14 décembre 2000 • Publication du rapport
sur l’orpaillage de la députée (apparentée PS)
Christiane Taubira-Delanon (CTD).
➜ CAMPAGNE CAMBIOR CBJ-CAÏMAN ➜
3
Janvier 2001 • Mise en place du Comité de Il s’agit d’un projet d’exploitation de la mine
suivi des recommandations du rapport CTD. CBJ-Caïman, filiale de la multinationale cana-
ménagement Février 2001 • Dépôt par la FOAG (aux côtés dienne Cambior sur le territoire de la com-
????? des populations wayana et émerillon (teko) des mune de Roura. Les implantations de la
villages amérindiens du Haut-Maroni et du société Cambior ont déjà été la cause de
Tampoc) d’une plainte contre X devant le désastres écologiques et humains considéra-
doyen des juges d’instruction de Guyane. bles. Les accidents d’Omaï au Guyana (rupture
Février 2001 • Séminaire mercure organisé de digues d’un parc à résidus) et plus récem-
Les problèmes et par la préfecture. ment de Rosebel au Surinam rappellent les ris-
les revendications 18 avril 2001 • Remise d’un rapport par ques d’une telle exploitation.
Orpaillage l’IRD (Institut de Recherche sur le Dévelop- Même sans accident majeur, l’arsenic, les ris-
• Tiouka Alexis, pement à vérifier le nom exact, SDG), qui ques de pollution au cyanure et les éventuel-
mars 2006, minimise la responsabilité des orpailleurs. les fuites d’hydrocarbures pollueront de
Effet de l’industrie aurifère manière irrémédiable la prise d’eau de
en Guyane française:
la pollution par le mercure
➜ PARC NATIONAL DE LA GUYANE ➜ Comté, les cours d’eau et rendront les zones
Juin 1930 • Création du Territoire de l’Inini de pêche et de loisir inaccessibles. La Réserve
des ressources naturelles
(80 000 km2). naturelle de Kaw s’en trouvera également
des peuples autochtones.
17 mars 1969 • Suppression du territoire de contaminée.
Parc national l’Inini.
de la Guyane 14 septembre 1970 • Un arrêté préfectoral ■ ■ Organisations Amérindiennes
• Tiouka Alexis, soumet l’accès au sud d’une ligne Camopi-Elahe
février 2006, Droit à l’obtention d’une autorisation préfectorale. Décembre 1981 • Création de l’Association
des peuples autochtones et 1992 • Annonce au Sommet de la Terre, à Rio des Amérindiens de Guyane (AAGF) par les
création d’aires protégées: par François Mitterrand (et Ségolène Royal, minis- Kalinias.
le cas du Parc national de tre de l’Environnement) de la création du Parc. Décembre 1984 • L’Association des Amérindiens
la Guyane. Mai 1993 • Création de la Mission pour la de Guyane Française (AAGF) organise le pre-
A M É R I N D I E N S D E G U YA N E
■ ■ Sélection bibliographique
➜ OUVRAGES ➜
Collomb Gérard et Tiouka Félix, 2000, Na’na Kali’na, une histoire des Kali’na en Guyane, Ibis
Rouge, 148 p.
Chérubini Gérard, 2002, Interculturalité et créolisation en Guyane française, l’Harmattan/univer-
sité de la Réunion, 267 p.
Hurault Jean-marcel, Grenand Françoise et Pierre, 1998, Indiens de Guyane, Wayana et
4 Wayampi de la forêt, 198 p.
Mam-Lam-Fouck Serge, 1997, L’Identité guyanaise en question. Les dynamiques interculturelles
en Guyane française, Ibis Rouge, 115 p.
Mam-Lam-Fouck Serge, 1996, Histoire générale de la Guyane française. Les grands problèmes
guyanais : permanences et évolutions, Ibis Rouge, 245 p.
Silberstein Jil, 2002, Kali’na, une famille indienne de Guyane française, coll. « Terre indienne »,
Albin Michel, 489 p.
➜ REVUES ➜
Cahiers des Amériques Latines, 2004, « La Guyane, une île en Amazonie », n° 43.
Ethnies, juin-septembre 1985, « La question amérindienne en Guyane française », vol. 1, n° 1-2.
Ethnies, printemps 2005, « Guyane : le renouveau amérindien », vol 31-32.
[Link], le bimestriel des actualités amérindiennes.
➜ ARTICLES ➜
Bellier Irène, Collomb Gérard, 2001, « “Nous sommes là pour parler d’égal à égal…”, entre-
tien avec Alexis Tiouka, coordinateur délégué de la FOAG de décembre 1996 à avril 2001 », in
Recherches Amérindiennes au Québec, vol. XXXI, n° 3, p. 19-23.
Chalifoux Jean-Jacques, 1992, « Ethnicité, pouvoir et développement politique chez les Galibis
de la Guyane française », in Anthropologie et sociétés, 16/3, p. 37-54.
Collomb Gérard, 1999, « Entre ethnicité et national : À propos de la Guyane », in Socio-
Anthropologie, n° 6.
Collomb Gérard, 1997, « La question amérindienne en Guyane. Formation d’un espace politi-
que », in Anthropologie du politique, p. 41-66, Armand Colin.
Collomb Gérard, 2001, « De l’indien à l’indigène. L’internationalisation des luttes amérindiennes
en Guyane et les enjeux de l’autochtonie », in Recherches Amérindiennes au Québec, vol. XXXI,
n° 3.
A M É R I N D I E N S D E G U YA N E
➜ RAPPORTS ➜
Avenir des Peuples de la Forêt Tropicale (APFT), chapitre « Guyane », Université Libre de
Bruxelles, juillet 1999.
➜ ADRESSES INTERNET ➜
[Link]/ (AS : Association Solidarité – Guyane)
[Link]/solidariteguyane/[Link] (FOAG : Fédération des Organisations
Amérindiennes de Guyane française)
[Link] ([Link] : Premier magazine d’actuali-
tés amérindiennes en Guyane)
■ ■ Sélection filmographique
Jouve Arnaud, Gaymard Véronique, 1997, Wayana, entre deux rives, 40’.
Lafaix Philippe, 2003, La loi de la jungle, chronique d’une zone de non-droit : la Guyane française,
F Production, 53’.
Massot Claude, 1977, Une autre vie ou chronique de quelques indiens wayana, 60’.
5
➜ STRUCTURES SOCIALES ➜
Les structures sociales présentent des variantes ■ ■ Les problèmes
dans les diverses communautés. L’endogamie, et les revendications
essentielle chez les nomades pour conserver le
plus de bétail, subit chez les sédentaires des Les Peuls se sédentarisent, s’urbanisent de
entorses apportées par l’islam ou la nécessité plus en plus, et la mémoire peule comme la
de s’adapter aux cultures voisines. langue disparaissent dangereusement. De
plus, le déficit du fourrage dû à la sécheresse
➜ INSTITUTIONS POLITIQUES ➜ décime les troupeaux et la malnutrition fait
Foncièrement individualistes et toujours prêts des ravages dans ces populations dispersées,
à fuir devant toute contrainte, les Peuls n’ont souvent éloignées des centres de secours.
longtemps connu que l’autorité politique du Au Cameroun, MBOSCUDA demande au
chef d’un fragment de lignage sur les siens. gouvernement camerounais :
– d’établir un cadre stratégique, institutionnel
et législatif pour parvenir à un équilibre entre
■ ■ Statut de la femme les terres pastorales et agricoles
– de créer des réserves de pâturage
La femme peule autochtone est prisonnière – de mettre en œuvre un processus de réso-
des us et coutumes et est défavorisée non lution pacifique des conflits
seulement dans son propre milieu mais aussi
par rapport aux autres groupes en général
Compte tenu de leur mode de vie nomade, ■ ■ Quelques organisations peuls
l’épouse et la fille peules échappent aux recen-
sements des populations et, en conséquence, MBOSCUDA (M’BOroro Social CUltural &
les programmes gouvernementaux tiennent Development Association), est une association
rarement compte d’elles. Ainsi elles ne bénéfi- crée en 1987. Elle a pour objectfs : le dévelop-
cient pas des droits les plus élémentaires en pement économique, social et culturel des
2 tant que citoyennes à part entière. M’Bororo, en particulier des femmes, en vue
de réduire la pauvreté l’amélioration du déve-
loppement agro-pastoral la protection de l’en-
■ ■ Les conflits récents vironnement et la bonne gestion des ressour-
ces naturelles
Les conflits entre éleveurs et agriculteurs se TPI (Tabital Pulaaku International) dont le nom
multiplient. L’installation de colons sur leurs signifie «pérenniser la culture peule», est une
pâturages communaux et l’intensification de association crée en 2002 sous l’impulsion de l’écri-
vain sénégalais Cheikh Amidou Kane. Son premier
leurs activités agricoles et pastorales génèrent
objectif est la sauvegarde de la langue peule. ■
de nombreux conflits territoriaux. De plus, les
■ ■ Sélection bibliographique
Statut de la femme
• Hindou Oumarou
➜ ARTICLES ➜
Henri Lhote, oct-nov 1959, « l’extraordinaire aventure des Peuls », in Présence africaine, revue
Ibrahim, 2006,
« la fille peule
culturelle du monde noir, Paris, p. 48 à 57.
autochtone Jean Schmitz, 1990, « Les peuls, islam, pastoralisme et fluctuations de peuplement », in Cahier
du Tchad », in des sciences humaines, p. 499 à 504.
Paroles de femmes Dupire Marguerite, 1981, « Réflexion sur l’ethnicité peule », in Itinérance en pays peul et ailleurs,
autochtones, Mémoire de la Société des Africanistes, p. 165-181.
coll. «Questions Guichard Martine, 1990, « L’ethnicisation de la société peule du Borgou (Bénin) », in Cahier
autochtones», d’Études Africaines, n° 117.
L’Harmattan, Seydou Christiane, 1997, « Bibliographie générale du monde peul », in Études Nigériennes, n° 43,
p. 25 à 31. IRSH, Niamey.
PEULS
➜ OUVRAGES ➜
Boubacar Hama Beïdi, 1993, Les Peuls du Dallol Bosso, coutumes et modes de vie, Sépia, 188 p.
Roger Botte, Jean Boutrais, Jean Schmitz, 1999, Figures peules, Karthala, 539 p.
Youssouf Diallo et Günther Schlee, 2000, L’Ethnicité peule dans des contextes nouveaux,
Karthala, 255 p.
Angelo Maliki, Roselyne François et Manuel Gomes, 1988, Nomades peuls, L’Harmattan
70 p.
Brigitte Thébaud, 1999, Gestion de l’espace et crise pastorale au Sahel ; étude comparative du
Niger orientale et du Yaga burkinabé, EHESS, 473 p.
Brigitte Thébaud, 2002, Foncier pastoral et gestion de l’espace au Sahel. Peuls du Niger oriental et
du Yagha burkinabé, Karthala, 318 p.
Mirjam de Bruÿn, Han van Dijk, 1997, Peuls et Mandingues : dialectique des constructions iden-
titaires, Karthala.
Jean-Marc Durou, Sandrine Loncke, 2000, Les Peuls Bororos nomades du Sahel, Vilo, 167 p.
Bocquené Henri, 1986, Moi, un Mbororo : autobiographie de Oumarou Ndoudi, Peul nomade du
Cameroun, Kathala, 387 p.
Dupire Marguerite, 1996, Peuls nomades, étude descriptive des Wodaabe du Sahel nigérien,
Karthala (Hommes et Sociétés).
Collectif sous la direction d’André Bourgeot, Horizons nomades en Afrique sahélienne. Sociétés,
développement et démocratie, Karthala, 488 p.
Cahiers d’Études Africaines, 1994, « L’archipel peul », n° 133-135.
Cahier des Sciences Humaines/IRD, 1990, « Sociétés pastorales et développement », vol. 26, n° 1-2.
■ ■ Sélection discographique
NikiProwetsky Tolia, Anthologie de la musique du Niger, OCORA, C559056.
Bois Pierre, Niger, Peuls Wodaabe, Chants du Worso, INEDIT (Maisons des Cultures du Monde),
W 260081.
Hamidou Moussa, Les nomades du Niger, Az, LD 5886.
3 François Roselyne, Gomes Manuel, Nomades du désert : les Peuls du Niger, Playasound, 65009.
Rabih Abou Khalil, 1997, La voix des Peuls, Harmonia Mundi.
Bele Ndëndi, 2005, Le chant des peuls du Sénégal.
Birame N’Diaye, 2005, Maître du chant peul, AIMP, LXV/VDE 1152.
Musique des Peuls, Unesco-Auvidis/Naïve
■ ■ Sélection filmographique
Brandt Henry, 1953, Nomades du Niger, 42’.
Herzog Werner, 1989, Wodaabe, les bergers du soleil, 52’.
Lambert Paul, 1972, Les hommes du dernier soleil, 62’.
Woodhead Leslie, 1989, Les Wodaabe, nomades du Nigeria, Granada, 50’.
4
PYGMÉES
Pygmée, oui je suis pygmée
Né en Afrique centrale
Aîné de l’Afrique centrale,
Nain d’Afrique,
Oui je reste Pygmée.
Poème pygmée
Question de genre souvent Bantu. Ils considèrent la forêt comme ■ ■ Les problèmes
• «La place des droits leur mère et entretiennent avec elle une rela- et les revendications
des populations autochtones
dans la législation
tion intime par leur incomparable connaissance « Si la forêt meurt, nous mourrons aussi, car nous
congolaise», lettre à la des plantes mais aussi par la croyance en un sommes le peuple de la forêt », disait un
Présidente. grand esprit de la forêt nommé Zengi auquel ils BaMbuti.
• Dorothy Jackson, 2006, font appel quotidiennement par des chants • Les Pygmées sont tout d’abord confrontés à
«Les femmes Twa de la polyphoniques lors de la cérémonie ezengi. la violence politique. Les Batwa du Rwanda et
région des Grands Lacs»,
p. 33-49, in Paroles
du Burundi ont durement souffert du conflit
de femmes autochtones, ethnique et du génocide entre Hutu et Tutsi.
coll. «Questions ■ ■ Organisation sociale • Ils souffrent aussi de l’exploitation forestière
Autochtones» n° 2, qui a connu, dans les états d’Afrique Centrale,
L’Harmattan.
et politique
un essor considérable. Les plantations indus-
Les problèmes
Les différents groupes pygmées vivent dans trielles ont également contribué à l’accroisse-
et les revendications des campements comprenant trente à ment démographique des villes secondaires et
• «L’impact du conflit soixante-dix personnes, constitués d’une par conséquent au déboisement.
armé sur les Pygmées en dizaine de huttes hémisphériques. Ces unités • La sédentarisation, voulue par les gouverne-
RDC: un aperçu», socio-économiques n’ont traditionnellement ments et accentuée par la déforestation,
communication présentée
par Stephan Ilundu
pas de chef ou de gouvernement formel entraîne des problèmes de santé, d’équilibre
Bulambo à la 36e session même si trois personnalités ont une grande démographique et des conflits entre commu-
de la CDHA/UA, influence : l’aîné, le maître de chasse et le nautés.
décembre 2004. devin guérisseur. Chaque individu est indépen- • La création de parcs nationaux implique leur
• «Présentation sur dant et prend ses responsabilités. Il existe expulsion des aires de conservation.
la situation des droits
des autochtones au
cependant une grande coopération pour la • L’échec des politiques de scolarisation crée
Burundi, Rwanda et chasse, la musique ou les gardes d’enfants. également un problème de taille puisqu’il se
Cameroun», à la 37e session traduit par un fort taux d’analphabétisme.
de la CDHP/UA, mai 2005, • Le racisme est le lot quotidien des Pygmées
Forest Peoples Program.
• «Présentation sur
■ ■ État du droit les concernant qui souffrent de discriminations dans les servi-
la situation des droits des
ces publics comme les hôpitaux, la justice ou la
autochtones au Burundi, En droit, aucune des républiques d’Afrique scolarisation.
Rwanda, Cameroun et centrale n’établit de distinction entre Pygmées
2 Congo Brazzaville», à la et autres groupes ethniques. C’est ainsi que la
38e session de la CDHP/UA,
décembre 2005, Vital
constitution de la République Centre Africaine ■ ■ Quelques
Bambanze, IPACC.
indique dans son préambule : « il n’y a en organisations pygmées
• «Des communautés Baka Centrafrique ni sujet ni privilège de lieu et de
du Cameroun déplacées naissance, de personne ou de famille ». Un
par les parcs nationaux décret de 1966 précise qu’est interdite « toute ➜ CAMEROUN ➜
de Lobeke et de Boumba», mention dans les actes officiels ou sous seing OAPIDE est une Organisation non gouverne-
par le World rainforest
movement (WRM).
privé, imprimés, formulaires administratifs ou mentale d’Appui aux Initiatives de
• «Les Pygmées privés, de race, de tribu ou d’ethnie. La posi- Développement de d’Environnement qui
et l’exploitation forestière tion officielle des gouvernements va même apporte son appui aux communautés rurales
industrielle: le cas des jusqu’à nier leur existence en tant que tels : les situées en périphérie de la réserve de Dja à
Bagyeli du sud Cameroun», Pygmées s’effacent derrière les citoyens. travers une aide à la gestion des ressources
Jacques Ngoun.
• «Les Pygmées, grands
naturelles et à la lutte contre la pauvreté.
oubliés de la guerre comme CODEBABIK est un COmité de
de la paix» ■ ■ Questions de genre DEveloppement des BAkola/Bagyeli des
• «Kapupu Diwa arrondissements de BIpindi et Kribi à travers
Mutimanwa se fait le Chez les Pygmées, il n’y a pas de division lequel les Pygmées luttent pour faire entendre
porte-drapeau du peuple
pygmée», Michael Roy,
sexuelle stricte du travail. La règle est la leur voix afin d’accéder à un statut de citoyen
Le Courrier, 8 et 9 août monogamie même si la polygamie se répand. à part entière, d’obtenir un espace vital, de se
1998. [Link] Les problèmes auxquels sont confrontées les protéger, d’améliorer les relations avec les
• «Résumé du rapport de communautés pygmées, en particulier le déni Bantou, d’aider les populations qui se sédenta-
l’OCDH sur deux missions de leurs droits à la terre et la discrimination risent et de favoriser une prise de conscience
d’enquêtes menées sur
les violations des droits
ethnique, sont des problèmes que connaissent collective.
des minorités pygmées au les hommes aussi bien que les femmes. OCAPROCE, l’Organisation Camerounaise de
Congo Brazzaville», fait par Cependant les femmes pygmées souffrent PROmotion de la Coopération Économique
la Commission de Droits de d’une discrimination additionnelle, comme de internationale en faveur des Peuples autochto-
l’Hommes des Nations Unis. violences sexuelles. nes, a pour objectif la défense des Droits
PYGMÉES
Humains des enfants et des femmes des popu- travaille avec plus de 60 communautés de base
lations autochtones. actives dans les villages et villes du Kivu et de
RACOPY est un Réseau d’ACtions concertées la région des Grands Lacs d’Afrique.
Pygmées créé en 1996 pour promouvoir, entre RAPY, le Réseau des Associations
autres, l’autopromotion des Baka, Bagyeli- Autochtones PYgmées de la RDC, créé en
Bakola et Bedzan (BBB) et harmoniser les mars 2002 à Bukavu, a pour mission de déve-
approches des organisations de soutien, inter- lopper une dynamique de solidarité et de
venant dans la défense des intérêts des BBB. concertation entre les organisations autochto-
nes pygmées pour des actions en faveur de
➜ RDC ➜ leur promotion. Ils coordonnent entre autres,
PIDP, créé en 1991, encadre environ 6 000 les organisations suivantes : l’UEFA, AAPD-
Pygmées dans plus de 120 villages de trois MAC, CAMV, Héritiers de la Justice
provinces de RDC, est le Programme
d’Intégration et de Développement du peuple ➜ RWANDA ➜
Pygmées au Kivu, se donne pour mission d’as- CAURWA, le Comité des AUtochtones du
surer l’intégration totale des Pygmées dans la RWAnda, est une structure de coordination
société congolaise dans le plein respect de leur créée en 1995, entre l’ADBR, l’Association
identité. pour le Développement global des Batwa du
ACPROD, l’Action Chrétienne pour la Rwanda et l’APB, l’Association pour la
PROmotion des Défavorisés, créée en Promotion des Batwa. Il vise à aider les
avril 2000, est une organisation locale qui inter- autochtones et particulièrement les Batwa,
vient auprès des Pygmées Batwa défavorisés et suite aux ravages de la guerre, à améliorer
des marginalisés pour améliorer leurs condi- leurs conditions de vie et à participer plus acti-
tions de vie et les aider à défendre leurs droits. vement à la politique nationale.
CAMV, Centre d’Accompagnement des
autochtones pygmées et Minorités ➜ BURUNDI ➜
Vulnérables, créé en février 1995, a pour fina- UNIPROBA (UNIssons nous pour la
lité d’assurer l’intégration totale du peuple PROmotion des BAtwa) est une association
autochtone pygmée dans la société moderne. orientée vers la promotion des Pygmées
LINAPYCO, la Ligne nationale des associa- Batwa.
3 tions pygmées du Congo, créée en mars 2002,
se donne pour mission l’amélioration des ➜ GABON ➜
conditions de vie des autochtones MINAPYGA, le mouvement des MINorités
Bambuti/Batwa dans tous les secteurs de la vie Autochtones, indigènes et PYgmées du
politique, sociale, économique, culturelle, GAbon, est une ONG basée à Libreville qui
environnementale et religieuse. œuvre pour l’émancipation et le développe-
Héritiers de la Justice, créée en 1991, est une ment durable des Pygmées du Gabon.
organisation spécialisée dans le domaine de la PROCED, PROmotion et valorisation des
promotion et de la protection des droits de Cultures En voie de Disparition, est une ONG
l’homme dans la région des grands lacs. Elle basée à Libreville. ■
■ ■ Références bibliographiques
➜ ARTICLES ➜
Michael Roy, « L‘histoire des Pygmées selon eux », Le Courrier, 8 et 9 août 1998.
Serge Bahuchet, automne 1987, « Les Pygmées », in Ethnies, n° 6-7, p. 20-32.
➜ OUVRAGES ➜
Frantz Thille, Au cœur de la forêt vierge, avec les Pygmées Babinga, Albin Michel, 181 p.
Victor Bissengué, Contribution à l’histoire ancienne des Pygmées : l’exemple des Aka, L’Harmattan,
205 p.
Serge Bahuchet et Guy Philippart de Foy, 1991, Pygmées, peuple de la forêt, Planète, 119 p.
Robert Brisson, 1999, Mythologie des Pygmées Baka, Peeters SELAF, 375, 210 p.
Stephan Seitz, 1993, Pygmées d’Afrique centrale, Peeters SELAF 338, 253 p.
PYGMÉES
Serge Bahuchet, 1985, Les Pygmées Aka et la forêt centrafricaine, SELAF CNRS 638 p.
Noël Ballif, 1992, Les Pygmées de la Grande Forêt, L’Harmattan.
Michel Adam, 1987, « Touaregs, Pygmées, Bushmen », Ethnies, n° 6-7, Survival International
France.
Philippe Molins, 1993, Feux d’Afrique : chroniques du pays pygmée, Anako, Paris.
Philippe. Molins, 1986, Kapolé, Le Petit Pygmée, L’Harmattan.
Serge Bahuchet et Guy Philippart de Foy, 1991, Pygmées, Denoël.
Bernard Descamps, Serge Bahuchet, 1997, Pygmées, l’esprit de la forêt.
Guy Philippart de Foy, 1984, Les Pygmées d’Afrique Centrale, Parenthèses, 127 p.
Henri Guillaume, 2001, Du miel au café, de l’ivoire à l’acajou, Peeters SELAF 393, 784 p.
Séverin Cécile Abéga, 1998, Pygmées Baka, le droit à la différence, Inades-Formation Cameroun.
Nigel Barley, L’Anthropologue en déroute, le retour de l’anthropologue, Petite Bibliothèque Payot,
n° 176 et 267.
Jerome Lewis, Judy Knight, 1996, Les Twa du Rwanda, WRM/IWGIA/Survival International
France, 118 p.
Paul Schebesta, 1940, Les Pygmées, NRF Gallimard, 200 p.
Jerome Lewis, 2001, Les Pygmées Batwa de la région des Grands Lacs, MRG, 31 p.
Dr Albert K. Barume, 2005, Étude sur le cadre légal pour la projection des droits des peuples indi-
gènes et tribaux au Cameroun, OIT (Organisation Internationale du Travail), 68 p.
Serge Bahuchet, Pierre de Maret, Françoise et Pierre Grenand, Des Forêts et des Hommes,
programme de recherche « Avenir des Peuples de la Forêt Tropicale » (APFT), Université Libre
de Belgique (ULB), 2001.
➜ MUSICOLOGIE ➜
Medard Ntamaganya, 1997, Chants de cour à l’Inanga et chants populaires, Maison des Cultures
du Monde.
Simhra Arom, Anthologie de la musique des Pygmées Aka, OCORA, C559012-13.
Patrick Kersalé, Carnet de route, les Pygmées de Lobaye, Sunset/Playasound PS65175.
Patrick Kersalé, Musiques et chants polyphoniques de la sylve, VDE-Gallo collection » peoples »
CD776.
4 Didier Demolin, Pygmées du Haut Zaïre et chants de l’orée de la forêt, Ponti Musicali Fmd 190 et
Fmd 185.
➜ CD-ROM ➜
Simhra Arom, Les Pygmées, peuple et musique, Montparnasse
➜ FILMOGRAPHIE ➜
Phil Agland, Baka, peuple de la forêt, canal + vidéo EDV29.
Philippe Molins, Jour de miel chez les Pygmées, coll. « Mémoire de l’humanité », Anako.
Radu Mihaileanu, 2002, Les Pygmées de Carlo, Aux quatre coins du monde.
Raymond Adam, Jean Baronnet, Le peuple de la forêt.
Thierry Knauff, 1995, Baka, 55’.
Igor Barrère, Jean-Pierre Fleury, 1996, La forêt des Pygmées Baka, Cameroun, 60’.
comme langue nationale, ni comme langue néaire. Les femmes sont gardiennes de la cul-
officielle, dans les États du Sahel. Les Touaregs ture et des traditions, ce sont elles qui trans-
sont pourtant les seuls à avoir préservé un mettent les savoirs aux générations futures.
alphabet, dérivé de l’antique alphabet libyque : Cependant les déséquilibres, dûs à la colonisa-
le tifinagh. La culture reste cependant essen- tion, ont remis en cause cette situation tradi-
tiellement orale, elle s’exprime aujourd’hui à tionnelle de la femme touarègue.
l’occasion des fêtes qui rythment la vie : nais-
sances, circoncisions, mariages.
Bien qu’ils soient majoritairement musulmans ■ ■ État du droit les concernant
sunnites, ayant adopté l’islam au VIIe siècle avec
l’invasion arabe, les Touaregs conservent dans Les différents régimes et les institutions qui se
leurs croyances et leurs comportements l’héri- sont succédées dans les différents états
tage d’un passé plus ancien et ne revendiquent concernés, ont toujours tenu les Touaregs à
pas la religion comme critère identitaire collec- l’écart de la vie politique et socio-économi-
tif. La tradition orale fait descendre les Touaregs que. Au nom d’un risque d’atteinte à la sécu-
de Tin Hinan, reine et ancêtre mythique. rité nationale, les Touaregs sont marginalisés
et opprimés, traités comme des citoyens de
seconde zone.
■ ■ Organisation sociale
et politique
■ ■ Les conflits récents
Traditionnellement, l’organisation politique
des Touaregs repose sur des confédérations ➜ NIGER ➜
dont chacune est placée sous la direction d’un
chef, nommé « amenokal », choisi pour son Fin 1987 • mort du général Kountché, le
charisme et sa bravoure au sein de la tribu la nouveaux Président général Ali Saïbou montre
plus noble, c’est lui qui perçoit les impôts, une volonté d’ouverture avec l’amnistie politi-
gère les terres de parcours et de culture et que et l’aide à la réinsertion à tous les exilés.
arbitre les conflits. Il existe traditionnellement Les Touaregs réfugiés acceptent de revenir au
neuf confédérations politiques qui s’identifient Niger.
2 aux régions dominées : Kel Ahaggar (ceux du Début 1990 • 18 000 Touaregs rentrent de
Hoggar), Kel Ajjer, Kel Aïr, Kel Adagh, Kel leur exil algérien et libyen et arrivent à Tchin
Tadamakkat, Kel Azawagh et Oudalan. Chacune Tarabaden selon les accords signés à
de ces confédérations est composée de plu- Tamanrasset entre Niger, Algérie et le FIDA
sieurs tribus subdivisées en plusieurs castes, (Fond International pour le Développement
constituées du haut vers le bas de nobles (ima- Agricole). Les autorités changent d’attitude,
jaghen) qui sont avant tout guerriers, partent les réfugiés sont cantonnés dans des camps.
en conquête et assurent la sécurité en Les 4 et 5 mai, plusieurs dizaines de personnes
échange d’un tribut versé par les vassaux sont arrêtées et interrogées à Tchin
(imghad). Viennent ensuite les religieux (inesli- Tarabaden. Le 7 mai, les jeunes Touaregs,
men) isolés dans des campements à l’écart, excédés, décident d’aller libérer leurs camara-
que l’on vient consulter pour leurs savoirs et des et provoquent la mort de deux policiers.
leurs pouvoirs de guérison. Tout en bas de la Les militaires bombardent alors la ville, tuent
hiérarchie sociale se trouvent les esclaves des dizaines de personnes, ont recours à des
(iklan) chargés des travaux manuels. arrestations massives, des exécutions publi-
ques. Cet épisode prend la forme d’un « net-
toyage ethnique ».
■ ■ Statut de la femme 15 avril 1995 • Les accords de Ouagadougou
entre le gouvernement de la République du Niger
Dans cette société, on fait beaucoup moins et les Organisations de la Résistance Armée
d’enfants que chez les sédentaires et la mono- (ORA) sont signés mais ne calment pas les hosti-
gamie est de règle, même si les remariages lités. Le problème des réfugiés reste présent.
sont fréquents. Les femmes jouissent tradi- Fin 1997 • Nouveau programme de rapatrie-
tionnellement d’un statut inégalé dans le reste ment
du monde musulman. Par leurs origines ama-
zigh, la filiation, la transmission des biens indi- ➜ MALI ➜
vis et des droits se tracent en ligne matrili- Avril 1990 • le Mali autorise le retour dans
TOUAREGS
l’Adrar de 300 familles exilées en Algérie. Elles • l’établissement d’un système éducatif adapté
sont parquées dans des camps contrôlés par au mode de vie nomade ;
l’armée qui pratique quotidiennement des • l’application de la discrimination positive
exactions et des arrestations. pour l’égalité des chances ;
Juin 1990 • une soixantaine de Touaregs atta- • la reconnaissance du tamatcheq comme lan-
quent le commissariat malien de Ménaka pour gue officielle ;
délivrer leurs compagnons puis prennent le • la possibilité d’exercer en toute liberté leur
maquis. L’Adrar de Iforas et l’Azaouad s’em- vie nomade et d’élever leurs enfants dans leur
brasent. Des massacres sont commis par les propre culture.
autorités maliennes… plus de 100 000 réfugiés
affluent en Algérie et en Mauritanie.
6 février 1991 • Signature de l’accord de ■ ■ Quelques
paix de cessez le feu de Tamanrasset entre le organisations touaregs
gouvernement malien et les rebelles. Accord
qui n’est pas respecté par les autorités, guer- Tin Hinan, association pour l’épanouissement
res et massacres de civils reprennent. de la femme touarègue dont le siège est à
11 avril 1992 • Le gouvernement malien de Ouagadougou, a pour objectif la défense d’un
transition et les représentants des développement durable qui soit compatible
Mouvements et Fronts Unifiés de l’Azawad avec le mode de vie touareg. Principalement
(MFUA) signent un pacte de paix, nommé basée au Burkina-Faso mais aussi active au
« pacte national » dans lequel est prévue la Mali et au Niger, cette ONG est confrontée au
création d’un statut particulier pour les trois double défi de défendre les aspirations des
régions du nord (de l’Azawad), l’intégration femmes et celles de la minorité saharienne ;
des combattants des MFUA dans les différents deux missions qui se renforcent mutuelle-
corps en uniforme, un programme de rapa- ment.
triement des réfugiés, une aide au développe- Nomades d’Afrique dont le siège est à
ment du nord… le seul résultat concret fut Agadez au Niger, a pour objectif d’aider au
l’intégration de 640 combattants. développement des communautés autochto-
Mai 1994 • Les activistes du Ganda Koy, mili- nes nomades qui sont marginalisées par le
taires et milices paramilitaires d’« auto- gouvernement nigérien et ses partenaires
3 défense » recrutant leurs membres dans la (Banque mondiale, FMI…), d’assurer leur
population songhay, accusent la MFUA de ban- défense du point de vue du droit et pérenniser
ditisme et développent une propagande leur culture et leurs savoirs traditionnels.
raciste contre les Touaregs. À Gao, suite à une L’association Survie Touarègue-Temoust,
attaque du Front Islamique Arabe de l’Azawad basée à Lyon, a pour objectif de faire connaî-
(FIAA), ils assassinent toute la population civile tre le peuple touareg et de favoriser les échan-
d’un campement touareg (60 à 3 000 morts). ges avec celui-ci.
L’armée reprend ses exactions et le conflit Tunfa, basée à Agadez, a pour objectif de par-
Mali prend l’allure d’un règlement de comptes ticiper à l’amélioration de la santé, de la pro-
• Accords de raciste, d’une guerre interethnique. tection sociale et à l’amélioration des condi-
Tamanrasset, 6 janvier 1996 • Pacification et décentralisation du tions de vie des autochtones de la région
1991 gouvernement malien. (Touaregs, Toubous et Peuls Bororo).
• Accords de Prodecap-Sadad est une association basée à
Ouagadougou, 15 avril Niamey au Niger pour la Promotion du
1995 ■ ■ Les problèmes Developpement Agro-Pastoral.
et les revendications Tagazt est une association basée à Djanet en
Les problèmes et Algérie qui a pour objectif, la protection, la sau-
les revendications
Face à la discrimination et aux violences dont vegarde et la promotion de la culture touarè-
• «Nous Touaregs»,
1990, texte écrit par un
ils font l’objet, à la négation de leurs traditions gue, en particulier son patrimoine oral, sa lan-
groupe d’intellectuels et de leur identité, les Touaregs ont développé gue et son écriture en caractères tifinagh. ■
Touaregs. des revendications telles que :
• Déclaration touareg à
l’ONU, Genève le 25 juillet
2003.
• Déclaration de la délé-
gation amazigh à l’ONU,
Genève en juin 2005.
TOUAREGS
■ ■ Sélection bibliographique
➜ ARTICLES ➜
Edmond Bernus, automne 1987, « Les Touaregs », in Ethnies, n° 6-7, p. 7 à 13.
Hélène Claudot-Hawad, automne 1987, « Les Touaregs » in Ethnies, n° 6-7, p. 15 à 19.
Paul Lorsignol, 1999, « Touaregs sans frontière ? », IKEWAN-ICRA, n° 41, p. 3 à 5.
Jean-Marc Balencie et Arnaud de La Grange, 1996, « La question touareg », in Monde rebelle,
Michalon, p. 230 à 237.
Saoudata Aboubacrine, 2006, « La femme tamatcheq au XXIe siècle », in Paroles de Femmes
Autochtones, collection « Questions Autochtones », L’Harmattan, p. 61 à 70.
Robin Edward Poulton, novembre 1996, « Vers la réintégration des Touaregs au Mali », Le
Monde diplomatique, p. 13.
Julien Brachet, avril-septembre 2004, « Le négoce caravanier au Sahara central : histoire, évolu-
tion des pratiques et enjeux chez les Touaregs Kel Aïr (Niger) », p. 117-136, in Les Cahiers d’ou-
tre-mer, n° 226-227, 57e année, revue de géographie de Bordeaux.
André Bourgeot, 1994, « L’agro-pastoralisme des Touaregs Kel Owey (Aïr) », p. 137-156, in « Au
contact Sahara-Sahel, Milieux et sociétés du Niger », Revue de géographie alpine, hors série, vol. 1,
coll. « Ascendances ».
➜ OUVRAGES ➜
Hélène Claudot-Hawad, 1996, Touaregs, voix solitaires sous l’horizon confisqué, Ethnies, n° 20-
21, Paris, 255 p.
Edmond Bernus, 1991, Touaregs, chronique de l’Azawad, Plume.
Pierre Boilley, 1999, Les Touaregs Kel Adagh, dépendances et révoltes : du Soudan français au Mali
contemporain, Karthala, 644 p.
Hélène Claudot-Hawad, 1993, Les Touaregs, Portrait en fragments, Edisud.
André Bourgeot, 1995, Les sociétés touarègues, nomadisme, identité, résistances, Karthala, 542 p.
Paul Pandolfi, 1998, Les Touaregs de l’Ahaggar, Sahara algérien, Parenté et résidence chez les Dag-
Ghâli, Karthala, 472 p.
Hélène Claudot-Hawad, 2001, Éperonner le monde, Nomadisme, cosmos et politique chez la
4 Touaregs, Edisud, 197 p.
Dominique Casajus, 2000, Gens de parole, langage, poésie et politique en pays Touareg, La
Découverte, 180 p.
Hélène Claudot-Hawad, 2002, Touaregs, apprivoiser le désert, La Découverte Gallimard, 143 p.
Jemia et J.-M. G. Le Clésio, 1997, Gens des nuages, Folio, 190 p.
■ ■ Sélection discographique
Tinariwen, octobre 2003, Amassakoul, Triban Union, 981 767-3.
Tartit, Ichichila, network medien frankfurt, 36-584.
Conflits Touareg.
■ ■ Références utiles
➜ OUVRAGES ➜
Chesneaux Jean (sous la direction de), 1995, Tahiti après la bombe, quel avenir pour la Polynésie ?,
L’Harmattan, 184 p.
Peltzer Louise, 2002, Chronologie des événements politiques, sociaux et culturels de Tahiti et des
archipels de la Polynésie française, Au Vent des Îles, 220 p.
Regnault Jean-Marc, 2005, Le pouvoir confisqué en Polynésie française, l’affrontement Temaru-
Flosse, Les Indes Savantes, 183 p.
Regnault Jean-Marc, 2003, Pouvanaa a Oopa, victime de la raison d’État, Les Éditions de Tahiti,
162 p.
Durban Jean-François, 2005, Les acteurs de la tradition en Polynésie française, L’Harmattan,
346 p.
Bensa A. et Rivierre J.-C., 1998, Le Pacifique, un monde épars, L’Harmattan, 214 p.
Al wardi Sémir, 1998, Tahiti et la France, le partage du pouvoir, L’Harmattan, 312 p.
Tessier Séverine, 2005, Polynésie, les copains d’abord, Le Bord de l’Eau, 160 p.
De Deckker P. et Lagayette P., 1987, État et pouvoirs dans les territoires français du Pacifique,
L’Harmattan, 184 p.
Saura Bruno, 1987, Pouvanas a Oopa, père de la culture politique tahitienne, Aux Vents de Îles,
476 p.
Saura Bruno, 1997, Des Tahitiens, des Français. Leurs représentations réciproques aujourd’hui,
4 Christian Gleizal, 111 p.
Tetiarahi Gabriel, 1983, Papeete : un exemple de croissance urbaine accélérée, CRET/CEGET,
29 p.
Takau-Pomaré (princesse), 1971, Mémoires de la reine Marau Taaroa, dernière reine de Tahiti,
Publication de la Société des Océanistes.
De Bovis Edmond, 1991, État de la société tahitienne à l’arrivée des Européens, Société des étu-
des océaniennes, 74 p.
Teuira Henry, 1968, Tahiti aux temps anciens, Société des Océanistes, 672 p.
Voir aussi le roman-récit de Segalen Victor, Les Immémoriaux, coll. « Terre humaine », Plon, Paris
➜ REVUES ➜
Ethnies, Printemps 1989, « Renaissance du Pacifique », n° 8-9-10.
Journal de la Société des Océanistes, 2004, Spécial Polynésie française, n° 119.
➜ ARTICLES ➜
Tetiarahi Gabriel, 1989, « Milieu urbain et compétition socioculturelle dans le Pacifique Sud : le
cas de la Polynésie française », in Ethnies, « Renaissance du pacifique », n° 8-9-10.
Saura Bruno, 2004, « Dire l’autochtonie à Tahiti. Le terme Ma’ohi : représentations, controver-
ses et données linguistiques », in Journal de la Société des Océanistes, n° 119, p. 119-153.
Brami-Celentano Alexendrine, 2003, « La jeunesse à Tahiti : renouveau identitaire et réveil cul-
turel », in « Outre-Mer : statuts, cultures, devenirs », Ethnologie française, 2002-4.
Ma’ohi
■ ■ Adresses internets
[Link]/ (TAVINI HUIRAATIRA : Front de libération de Polynésie)
[Link]/ (Assemblée de Polynésie Française)
[Link] (centre de l’observatoire des armes nucléaires françaises, à voir : le rapport
définitif de la commission d’enquête sur les conséquences des essais nucléaires aériens
(1966-1974)).
5
Ma’ohi
6
I N U I T D U N U N AV I K
parlée car elle est riche, souple et s’adapte aux prit en étant ouvert, accueillant et intégrateur
réalités contemporaines. La langue seconde de la • Pijitsirarniq : servir la famille et la commu-
majorité des Inuit reste l’anglais, mais l’emploi du nauté ;
français est en nette progression. • Aajiiqatigiingniq : discuter et développer des
Les croyances inuit traditionnelles sont une consensus pour la prise de décision ;
forme d’animisme, selon lequel tous les objets • Pilimmaksarniq/Pijariuqsarniq : le développe-
et les êtres vivants ont une âme. Tous les phé- ment des compétences par la pratique, l’effort
nomènes surviennent par l’action d’un esprit. et l’action ;
La personne pouvant le mieux maîtriser les • Piliriqatigiingniq/Ikajuqtigiinniq : travailler
esprits est le chaman que l’on consulte habi- ensemble dans un but commun ;
tuellement pour guérir des maladies et résou- • Qanuqtuurniq : innovation et ingéniosité dans
dre des problèmes graves. La plupart des rites la recherche de solutions ;
communautaires sont concentrés sur la prépa- • Avatimik Kamattiarniq : respect et soin de la
ration de la chasse et les mythes traitent sou- terre, de la faune et de l’environnement.
vent des relations qui existent entre les êtres
humains, les animaux et l’environnement.
Dans le Canada arctique, le Groenland, le ■ ■ Organisation sociale
Labrador et le sud de l’Alaska, un grand nom- et politique
bre d’Inuit se sont convertis au christianisme.
Les Inuit vivaient traditionnellement dans des La famille – qui comprend le noyau familial, les
iglous (Iglu en Inuktitut qui signifie « maison ») parents proches et les parents par alliance –
faits de peau ou de blocs de glace. est l’unité sociale la plus importante.
Aujourd’hui, la majorité des Inuit vivent dans La nourriture, comme le gibier et le poisson,
des habitations de style occidental construites est considérée comme la propriété de la com-
par les gouvernements. munauté. La loi sociale sous-jacente est l’obli-
gation d’aider son prochain. Les railleries de la
communauté sont le moyen de contrôle social
■ ■ Informations sur la culture le plus courant. Dans des cas extrêmes, après
d’interminables délibérations, un délinquant
L’Inuit Qaujimajatuqangit (IQ) est le savoir tra- peut être socialement banni ou même mis à
2 ditionnel inuit. mort. En l’absence de toute structure légale
Les Inuit ont un code de comportement établi communautaire, faire du mal à autrui met en
depuis longtemps qui repose sur des valeurs danger son propre groupe familial (qui est
et des pratiques consacrées. Ces valeurs sont tenu responsable du délit) et une vendetta par
communiquées aux jeunes Inuit dès leur plus le sang devient possible. Les manifestations
jeune âge par des contes, des chansons, des d’émotions trop vives sont fermement
modèles de comportement et des légendes condamnées. Certains groupes règlent les
qui parlent du succès associé au fait de les gar- conflits par des combats ou des duels de chan-
der en mémoire. sons, au cours desquels les protagonistes en
Valeurs relationnelles • Partage, généro- colère improvisent des chansons insultantes ;
sité, famille, respect, amour, écoute, égalité, le perdant peut alors être chassé de la com-
importance et confiance. munauté.
Valeurs liées au travail • Bénévolat, res- Les alliances entre personnes non parentes
pect, pratique, maîtrise de la situation, travail sont créées et entretenues par des cadeaux
d’équipe, coopération, unité, consensus et donnés en témoignage de respect. Le chef
conservation. d’une maisonnée offre même parfois la com-
Valeurs liées à la collaboration • Patience, pagnie de la femme la plus estimée, qui peut
endurance, improvisation, force, adaptabilité, toutefois refuser.
résilience, ingéniosité, capacité à aller de La vie sociale est très peu hiérarchisée et les
l’avant, vision, survie, interdépendance et hon- chefs, choisis uniquement en vue d’objectifs
Informations nêteté. provisoires, ne disposent que de peu d’autorité.
sur la culture Ces valeurs sont basées sur les huit principes
•Texte dans son directeurs du Pinasuaqtavut, ainsi :
intégralité sur le • Inuuqtigiitsiarniq : respect de l’autre, rap- ■ ■ Questions de genre
Qaujimajatuqangit (IQ) ports avec l’autre et compassion envers les
(site internet du ministère autres ; Dans la culture traditionnelle les mariages, bien
des Ressources humaines). • Tunnganarniq : promouvoir un bon état d’es- que parfois arrangés, sont généralement ouverts
I N U I T D U N U N AV I K
■ ■ Sélection bibliographique
➜ OUVRAGES ➜
Therrien Michèle, 1999, Printemps inuit. Naissance du Nunavut, Montpellier, Indigènes, 143 p.
4 Bernard Saladin d’Anglure, 2006, Être et renaître inuit, homme, femme ou chamane, Gallimard,
429 p.
➜ ARTICLES ➜
Morin Françoise, Recherche amérindiennes au Québec, vol. XXXI, n° 3, p. 25-36.
Morin Françoise et Saladin d’Anglure Bernard, 1995, « L’ethnicité, un outil politique pour les
autochtones de l’Arctique et de l’Amazonie », Études/Inuit/Studies, 19 (1), p. 37-68.
Morin Françoise, 2001, « La construction de nouveaux espaces politiques inuit à l’heure de la
mondialisation », Recherche amérindienne au Québec, vol. XXXI, n° 3, p. 25-36.
Saladin d’Anglure Bernard, 1992, « La Conférence inuit circumpolaire et la protection des
droits collectifs des peuples », in H. Giordan, Les Minorités en Europe. Droits linguistiques et droits
de l’homme, Paris, Kimé.
1872 • Première déportation de Communards, à sucre, bananiers, arbres à pain, selon la tech-
parmi lesquels Louise Michel. nique de l’essartage (mise à feu de la végéta-
1878 • Grande rébellion menée sous l’impulsion tion, séchage pendant la saison sèche, mise en
du chef Ataï, des Kanak du centre de l’île. culture puis jachère qui permet la repousse et
L’insurrection dure un an, fera 200 victimes déplacement de la parcelle cultivée). Par
parmi les Blancs et plus de 1000 parmi les Kanak. endroits, la pêche joue aussi un rôle impor-
1917 • Seconde révolte kanak dans le Nord- tant. Avant la colonisation, qui débuta officiel-
est de l’île. lement en 1853, les Kanak se répartissaient en
1946 • Abolition du Code de l’Indigénat; les petits hameaux de taille variable dans les val-
Kanak deviennent citoyens français à part entière. lées et sur le bord de mer. Dans la seconde
1956 • Loi cadre Deferre permettant aux moitié du XIXe siècle, l’installation de colons
Kanak de participer aux affaires locales et à européens sur les terres des Mélanésiens obli-
l’économie. gea les populations autochtones à se regrou-
1969 • Début du boom du nickel et création per sur des territoires restreints, des réserves
des « foulards rouges » par des étudiants kanak appelées « tribus ». Ainsi, les colons européens
revenus de métropole. se constituèrent des « propriétés » dans l’inté-
1975 • Organisation du festival Mélanésia rieur et sur le littoral. S’adonnant essentielle-
2000. ment à l’élevage extensif puis à la caféiculture,
1979 • Constitution du Front Indépendantiste. ils s’appuyèrent sur le code de l’indigénat, les
1984 • Le FI se dissout pour laisser place au Mélanésiens devant payer un impôt qui les
FLNKS qui boycotte les élections territoriales. obligeait à travailler pour les colons. Certains
Dix militants indépendantistes sont assassinés s’engagèrent dans la culture du café sans pour
à Hienghène. autant abandonner leur ressource principale,
1985 • Edgar Pisani, envoyé comme média- l’agriculture d’autosubsistance.
teur, annonce ses propositions en vue d’une Source: Chronique kanak, p. 241.
Indépendance-Association avec la France. Eloi
Machoro et Marcel Nonaro sont abattus par le
GIGN. Mise en place du nouveau statut (dit ■ ■ Informations sur la langue,
Fabius-Pisani) qui permet aux indépendantis- la religion
tes kanak de prendre le contrôle de trois
2 régions sur quatre. Il existe aujourd’hui 28 langues kanak parlées
1986 • La Nouvelle-Calédonie est inscrite sur en Nouvelle-Calédonie. Le nombre de locu-
la liste des Nations Unies des territoires non- teurs varie de 11 338 pour le Drehu de Lifou à
autonomes ayants vocation à être décolonisé. 4 pour le Sîchë de Bourail. On peut les rassem-
1988 • Événements d’Ouvéa. Réélection de bler selon les huit aires linguistiques et coutu-
François Mitterrand. Envoi par Michel Rocard, mières, inscrites dans le droit depuis les
Premier Ministre, d’une « mission du dialogue ». accords de Matignon, cinq sur la Grande-Terre
Le 26 juin, signature des Accords de Matignon. ainsi que dans les trois îles Loyauté.
1989 • Le 5 mai, assassinat sur l’île d’Ouvéa L’intercompréhension est permise par le mul-
de Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné. tilinguisme et par l’usage aujourd’hui généra-
1990, Paul Néaoutyine est élu Président du lisé du français comme langue véhiculaire.
FLNKS. La plupart des Kanak sont catholiques ou pro-
1997 • Inauguration du centre culturel Jean- testants, souvent très pratiquants, mais la
Marie Tjibaou à Nouméa. croyance en des ancêtres et des êtres non
1998 • Accords de Nouméa. l’État, le RPCR et humains a encore une grande influence.
le FLNKS négocient et s’accordent sur un statut,
qui est censé amener le pays, par un processus
progressif et irréversible, à la pleine souveraineté ■ ■ Organisation sociale
dans 15-20 ans. Par ailleurs, ce processus doit et politique
construire une citoyenneté propre à la Calédonie
dont la base doit demeurer l’identité kanak. La terre, la parenté, la chefferie jouent un rôle
important dans l’organisation sociale kanak.
La terre est pour les Kanak un espace où les
■ ■ Activités et ressources signes abondent. Son utilisation économique est
inséparable de ses significations culturelles. Ainsi,
Traditionnellement, les Kanak cultivent des la culture des ignames et des taros est un acte
plantes à tubercules (ignames, taros) et cannes identitaire autant qu’économique. Aujourd’hui
KANAK
encore, les Kanak vivant en milieu urbain, même mes de cet accord, les parties néo-calédoniennes
les mieux intégrés dans la ville et leur métier, s’ef- ont opté pour une solution négociée et une auto-
forcent de revenir périodiquement sur leurs ter- nomie progressive vis-à-vis de la France et non
res pour s’occuper de la culture de leurs ignames. pour un référendum immédiat sur le statut politi-
Le « clan » est constitué de plusieurs familles que. Le transfert de compétence a commencé en
qui se rattachent, par les hommes, à un ancê- 2000 et doit prendre fin dans 15 à 20 ans lorsque
tre commun. le territoire se prononcera pour l’indépendance
Des clans, en nombre variable, se sont organi- totale ou pour un statut d’État associé.
sés en chefferies. Dans l’ensemble de clans
que la colonisation dénommera « tribu », les
fonctions sociales ont été distribuées une fois ■ ■ Les partis politiques
pour toutes selon la tradition. Ainsi, les maî-
tres de la terre ont la mémoire de l’espace La vie politique en Nouvelle-Calédonie s’orga-
foncier et donc des droits d’usage. Le chef, qui nise traditionnellement autour de partis locaux
jouit de grandes marques de respect – offran- qui n’ont pas tous des liens avec des partis
des, case marquée d’attributs – est la clef de politiques nationaux. Historique des forma-
voûte du système coutumier ; il incarne la tra- tions indépendantistes :
dition par sa présence et ses actes symboli- L’Union Calédonienne (UC) créée en
ques (il mange la première igname). mars 1956 est le plus ancien des partis politi-
Les « coutumes » que l’on « fait » (« faire la ques aujourd’hui présents en Nouvelle-
coutume ») aujourd’hui entre Européens et Calédonie. Bien implantée traditionnellement
Kanak – échange de billets de banque et de dans un grand nombre de tribus, l’UC dispose
paquets de tabac rangés dans une étoffe pliée de ressources politiques pour jouer un rôle
– généralement à l’occasion d’un passage dans dominant dans la coalition indépendantiste.
une tribu, sont une version appauvrie, au point Le Palika (Parti de Libération Kanak), créé en
d’en devenir parfois incompréhensible, des 1975 par de jeunes intellectuels influencés par le
« gestes coutumiers » prescrits par les coutu- marxisme et résolus à remettre en cause la
mes kanak pour certains événements sociaux. suprématie de l’UC. Il est marqué par la person-
nalité de Paul Néaoutyine proche de J.-M.
Tjibaou et président du FLNKS de 1989 à 1995.
3 ■ ■ Questions de genre Le LKS (Libération Kanak Socialiste) est issu
d’une scission du Palika en 1981. Le LKS est
Les relations entre hommes et femmes sont inséparable de la personnalité de N. Naisseline,
marquées par une forte division des tâches. grand chef dans l’île de Maré.
Les femmes jouent un rôle central dans l’en- Le FLNKS (Front de Libération Nationale
tretien quotidien de la famille : s’occuper des Kanak Socialiste), créé en septembre 1984 est
enfants, aller chercher la nourriture dans les composé aujourd’hui de l’UC, du Palika, de
champs, transporter le bois, puiser l’eau, faire l’UPM et du RDO (Rassemblement des
la cuisine. Les hommes travaillent aux champs Wallisiens et Futuniens qui se sont ralliés à l’in-
ou vont pêcher, mais se consacrent aussi beau- dépendance).
coup à la réflexion à l’érudition nécessaire au
bon fonctionnement de la vie sociale élargie. ■ ■ Les organisations autochtones
La société kanak a une nette idéologie de la
domination masculine. Notons toutefois que CNDPA (Conseil National des Droits du
Informations sur
certaines femmes kanak d’aujourd’hui contes- Peuples Autochtones de Nouvelle-Calédonie),
la langue,
tent cette situation et aspirent à d’autres for- créé le 25 avril 1995 par les grands chefs et des
la religion
• Site Internet: mes de reconnaissance sociale. chefs coutumiers représentant les huit aires
l’aménagement Source: chronique kanak, p. 47. coutumières du pays kanak, des représentants
linguistique du mouvement associatif, des représentants
des mouvements politiques et syndicaux.
État du droit ■ ■ État du droit les concernant Agence Kanak de Développement. Elle joue
les concernant le rôle d'organisation relais entre projets de
• Accords de Matignon, L’accord de Nouméa, signé en mai 1998, entre le développement économiques et culturels locaux
26 juin 1988. gouvernement français, le FLNKS et le RPCR, a et organisations non gouvernementales (études
• Accords de Nouméa, radicalement modifié le système politique et des projets, aide à la gestion, recherches des
5 mai 1998. administratif de la Nouvelle-Calédonie. Aux ter- soutiens techniques et financiers, rapports). ■
KANAK
■ ■ Sélection bibliographique
➜ OUVRAGES ➜
Alban Bensa, 1995, « Chronique kanak, l’ethnologie en marche », Ethnies, 349 p.
Michael Spencer, Alan Ward, John Connell, 1989, Nouvelle-Calédonie, Essais sur le nationalisme
et la dépendance, L’Harmattan, 304 p.
Paul Néaoutyine, 2006, L’indépendance au présent, Identité kanak et destin commun, Syllepse,
190 p.
Alain Christnacht, 2004, La Nouvelle-Calédonie, Les études de la Documentation française,
174 p.
Alban Bensa, 1990, Nouvelle-Calédonie, un paradis dans la tourmente, Gallimard.
Alban Bensa, 1982, Les Chemins de l’Alliance, l’organisation sociale et ses représentations en
Nouvelle-Calédonie, Selaf, 586 p.
Didier Daeninckx, Cannibale, Verdier, 96 p.
Patrick Paitel, 1985, L’enjeu kanak, France-Empire, 301 p.
Claude Gadriek, Vincent Kermel, 2003, Nouvelle-Calédonie, la révolte kanake, Payot, 238 p.
Alban Bensa, 1990, Nouvelle-Calédonie, Vers l’émancipation, Découverte Gallimard, 175 p.
Jean-Marie Tjibaou, 1996, La présence kanak, Odile Jacob, 326 p.
➜ ARTICLES ➜
Jean Guiart, automne 1985, « Les Kanak de Nouvelle-Calédonie », p. 6-14, in Ethnies, n° 3,
Papous Kanak Aborigènes.
J.-F. Dupon, printemps 1989, « Entretien avec André Gopea, L’éducation en Nouvelle-Calédonie »,
in Ethnies, nos 8-9-10, Renaissance du Pacifique.
Alban Bensa, Jean Freyss, 1994, « La société kanake est-elle soluble dans l’argent… ? », in
Terrain, n° 23, Les usages de l’argent.
Nicolas Guillemard, 1998, « Terre kanake et identité autochtone », in Recherches amérindiennes
au Québec, vol XXVIII, n° 1, p. 81-86.
Jean-Marie Tjibaou, 1981, « Être mélanésien aujourd’hui », Esprit, n° 57, p. 81-93.
4 ➜ RAPPORTS ➜
Assemblée générale des Nations Unies, mars 2005, « Comité spécial chargé d’étudier la
situation en ce qui concerne l’application de la déclaration sur l’octroie de l’indépendance aux
pays et peuples coloniaux : document de travail sur la Nouvelle-Calédonie », 18 p.
■ ■ Sélection discographique
Nouvelle-Calédonie, danses et musiques kanak, VDE/Concord
Jean-Michel Beaudet, Kaloonbat Tein et Lionel Weiri, 1990, Chants Kanak, cérémonies et
berceuses, CD CNRS-Musée de l’Homme, Le Chant du Monde, Paris, LDX 274 909.
■ ■ Sélection filmographique
Emillo Pacull, 1998, Emma, tribu kanak aujourd’hui, La sept Arte/Gaumont Télévision, 55 min.
Charles Belmont, 1997, Les Médiateurs du pacifique, MK2 prod, 1 h 55 min.
Gilles Dagneau, 1998, Jean-Marie Tjibaou, La Parole assassinée, RFO, 52 min.
Mehdi Lallaoui, 2000, Jean-Marie Tjibaou ou le rêve d’indépendance, La sept Arte, 1 h 04 min.
Jean-Louis Comolli, 2004, Les Esprits du Koniambo, Archipel 33/Arte France, 89 min.
Part de la population mélanésienne dans les trois provinces, Le Monde diplomatique, janvier 1996.
tique globale et à long terme » ; partage des des autochtones québécois (52,7 % des
recettes de l’exploitation des ressources, par- Amérindiens et 90,5 % des Inuit) sont de lan-
ticipation des autochtones aux décisions tou- gue maternelle autochtone.
chant l’environnement et promesse de négo- À Kahnawake, la « survival school », une école
cier l’autonomie gouvernementale. Le but privée ayant pour objectif d’enseigner la cul-
avoué des autorités est de définir « les droits ture et l’histoire mohawk, fonctionne presque
des groupes autochtones sur les terres et res- entièrement en mohawk.
sources » et de « promouvoir leur autosuffi- Selon la tradition religieuse des Algonkin, les
sance ». êtres et les choses sont habités par des esprits,
le plus important est le Kitch Manitou. Leur
cérémonie traditionnelle la plus connue est
■ ■ Activités et ressources celle de la « tente tremblante » où le chaman
entre en contact avec les esprits. Dans la tra-
Les dix nations amérindiennes du Québec dition iroquoise, on célébrait la fête des morts
sont différentes les unes des autres. De fait, à lorsqu’on déménageait le village. Ces mythes
l’intérieur d’une nation, voire d’une commu- sont encore très présents aujourd’hui et per-
nauté, le mode de vie et la situation économi- mettent aux valeurs ancestrales de se perpé-
que des membres peuvent varier beaucoup. tuer.
Le niveau économique d’une nation ou d’une
communauté change aussi en fonction de trois
facteurs principalement : la proximité des mar- ■ ■ Organisation sociale
chés, le lien avec le réseau routier et le niveau et politique
de scolarisation.
Quelques exemples : Aujourd’hui, les Amérindiens vivent majoritai-
Algonkin, l’activité économique gravite rement dans des réserves (territoire que le
autour de l’exploitation forestière, du tou- gouvernement fédéral réserve à l’utilisation et
risme, de l’artisanat. au profit d’une bande indienne, et qui est régi
Cri, l’activité traditionnelle de chasse et de par la loi sur les Indiens), ou des établisse-
pêche a été transformée par la Convention de ments administrés par un Conseil de Bande
la Baie James et du Nord-Québecois, signée composé d’un chef et de conseillers.
2 en 1975, entraînant la création de nombreuses Une bande est un groupe d’Indiens constituant
entreprises et de plusieurs organismes admi- une entité administrative au sens de la Loi sur
nistratifs. les Indiens. Une bande doit être reconnue par
Innu, les communautés innu sont très diffé- le gouverneur. Des terres appartenant à la
rentes par leur développement socio-écono- Couronne fédérale et des sommes d’argents
mique : commerces et entreprises, pourvoi- sont ordinairement réservées au profit et à
ries, chasse et pêche traditionnelles et com- l’usage de la bande.
merciales (rivières à saumon). Le Conseil de Bande est constituée du chef et
Micmac, la pêche au saumon fait toujours des conseillers élus ou nommés selon la pro-
partie de leur mode de vie. cédure de la Loi sur les Indiens ou selon la
coutume de la bande.
Le Conseil Tribal désigne un organisme
■ ■ Quelques informations regroupant et représentant plusieurs bandes
sur la langue et la culture indiennes ou Premières Nations à des fins de
services communs ou de représentation politi-
Une cinquantaine de langues autochtones que. Le conseil tribal correspond très souvent
(amérindiennes et inuit) sont encore parlées à une nation. Par exemple, la nation Cri du
au Canada (par rapport à une soixantaine il y a Québec s’est dotée du Grand Conseil des Cri
une petite génération), mais beaucoup le sont (du Québec).
par un petit nombre de personnes générale-
ment âgées. Neuf de ces langues – l’iuktitut, le
Éléments d’histoire cri, l’innu-montagnais, l’atikamekw, l’algonkin, ■ ■ État du droit les concernant
coloniale le naskapi, le micmac, le mohawk et l’abénaki
et post-coloniale – sont parlées au Québec où le huron-wendat La souveraineté de l’État canadien s’exerce à
Bilan du siècle, relations et le malécite ont disparu. Au Québec, la deux niveaux : le fédéral et le provincial. La
entre le Québec et les connaissance des langues autochtones est plus Constitution de 1867 a attribué au niveau
autochtones. répandue que dans le reste du Canada, 46,5 % fédéral la compétence exclusive relativement
AMÉRINDIENS DU QUÉBEC
aux autochtones et aux terres qui leurs sont réserves et autres biens des bandes indiennes
réservées. et sur le respect des dispositions des traités.
Avant 1982, la Constitution canadienne ne Habituellement, ces revendications ne sont
pouvait être modifiée que par la Grande négociées qu’avec le gouvernement du
Bretagne. Canada les gouvernements des provinces
Après le rapatriement de la Constitution au étant rarement touchés.
Canada en 1982, des Indiens se sont adressés
à la Reine (demeurée chef de l’État canadien) ➜ L’AUTONOMIE GOUVERNEMENTALE ➜
et aux tribunaux anglais afin d’obtenir une L’autonomie gouvernementale est au cœur
déclaration selon laquelle la Grande Bretagne des discussions entre les autochtones et les
avait toujours une responsabilité vis-à-vis gouvernements. Elle est définie comme une
d’eux. Les tribunaux ont conclu au contraire forme de gouvernement conçue, établie et
que les Indiens étaient sous l’autorité exclusive administrée par des autochtones aux termes
du Canada. de la Constitution canadienne, dans le cadre
La Constitution de 1982 présente des évolu- de négociations menées avec le gouverne-
tions marquantes : ment du Canada et, le cas échéant, avec le
• Les autochtones ont des droits particuliers du gouvernement de la province mise en cause.
fait qu’ils ont occupé le territoire canadien avant
les Européens. Ce sont des droits ancestraux. ➜ LES AUTRES DEMANDES ➜
• Les autochtones ont des droits découlant Bien d’autres sujets font l’objet de revendica-
des traités signés avec les Européens, qu’il tions par les autochtones. Certaines de leurs
s’agisse de traités anciens ou récents. requêtes concernent le développement éco-
Les Indiens, les Inuit et les Métis forment col- nomique, culturel et communautaire. D’autres
lectivement des « peuples autochtones » touchent notamment les secteurs de la santé
et des services sociaux, de la justice et de
l’énergie.
■ ■ Les problèmes
et les revendications
(source: Secrétariat aux affaires autochtones) ■ ■ La situation
et les conflits récents
3 Les revendications visent généralement trois
buts : obtenir plus d’autonomie, avoir des ter- Les communautés amérindiennes du Québec
ritoires plus grands et sauvegarder l’identité et sont les populations les plus défavorisées de la
la culture. Selon la politique fédérale établie en province :
1973, il existe deux formes de revendications : • L’espérance de vie dans l’ensemble des
les revendications territoriales globales et les Amérindiens est inférieure de 7-8 ans à la
revendications particulières. Il existe aussi moyenne canadienne,
d’autres demandes qui n’entrent pas dans ces • Le taux de suicide chez les jeunes est de 5 à
deux catégories. 6 fois supérieur à la moyenne nationale.
Il y a de 3 à 6 fois plus de cas de diabète dans
➜ LES REVENDICATIONS les communautés autochtones que dans les
TERRITORIALES GLOBALES ➜ populations non-autochtones.
Ces revendications s’appuient sur le fait qu’il
existe des droits ancestraux sur les terres et Chez les Innu • la vie en communauté est
les ressources naturelles. Elles sont présen- marquée par un haut niveau d’alcoolisme, de
tées dans des régions où les titres ancestraux drogue chez les enfants (reniflement d’es-
n’ont jamais fait l’objet de traités ou d’autres sence), de violences et un taux record de sui-
dispositions légales. Elles sont appelées « glo- cides. La sur anthropisation liée aux vols à
bales » en raison de leur vaste portée et com- basse altitude des avions militaires bombar-
prennent des éléments comme les titres fon- diers de l’OTAN dans la région de Goose Bay,
ciers, les droits de pêche et de piégeage, les menace l’équilibre de l’écosystème.
mesures d’indemnisation financière ainsi que Chez les Cri • en dépit de l’accord baptisé
l’autonomie gouvernementale. « la Paix des Braves », entre le Grand Conseil
des Cri et le gouvernement du Québec, plus
➜ LES REVENDICATIONS PARTICULIÈRES ➜ de la moitié des 13 000 Cri qui ont moins de
Les revendications particulières sont celles qui 25 ans sont gravement touchés par le chô-
portent sur l’administration des terres de mage.
AMÉRINDIENS DU QUÉBEC
4
■ ■ Sélection bibliographique
➜ ARTICLES ➜
Pierre Trudel, « De la négation de l’autre dans les discours nationalistes des Québécois et des
autochtones », Recherches Amérindiennes au Québec, vol. XXV, n° 4, 1995.
Dossier spécial, 1994, « Le Québec et les Autochtones », in Recherches Amérindiennes au Québec,
vol. XXIV, n° 1-2.
R. Crépeau, 1995, « Entrevue avec l’anthropologue Rémi Savard, de la Nation à l’autonomie
gouvernementale », Recherches Amérindiennes au Québec, vol. XXV, n° 4.
IKEWAN, le journal des Peuples Premiers, n° 55 janvier février mars 2005, théma « Québec
autochtone ».
Louis Edmond Hamelin, 1995, « Le paradigme de l’interculturel appliqué aux relations avec les
autochtones », Revue Géographie et Culture, p. 119-136.
➜ OUVRAGES ➜
Jean-Paul Lacasse, 2004, Les Innu et le territoire, Septentrion, 274 p.
Colin Samson, James Wilson, Jonathan Mazower, 2000, « Un Tibet au Canada, la mort pro-
grammée des Innu », Survival, Ethnies, n° 26, 100 p.
Jil Silberstein, 1998, Innu, Albin Michel 457 p.
Béatrice Kasbarian-Bricout, 2004, Les Amérindiens du Québec, Les héritiers de la Terre Mère,
L’Harmattan.
Renée Dupuis, 2001, Quel Canada pour les Autochtones ? La Fin de l’exclusion, Boréal, 174 p.
Renée Dupuis, 1995, L’avenir du Québec et des peuples autochtones, Institut de Recherche en
Politique publique, choix, série Québec-Canada, vol. 1,n° 10.
Renée Dupuis, 1997, Tribus, Peuples et Nations, Les nouveaux enjeux des revendications autochto-
nes au Canada, Boréal, 170 p.
AMÉRINDIENS DU QUÉBEC
René Boudreault, 2003, Du mépris au respect mutuel, clefs d’interprétations des enjeux autochto-
nes au Québec et au Canada, Écosociété, Québec, 224 p.
Alain Beaulieu, 1997, Les autochtones du Québec, des premières alliances aux revendications
contemporaines, Fides/Musée de la Civilisation, 183 p.
Michel Morin, 1997, L’usurpation de la souveraineté autochtone, Boréal, 334 p.
Collectif sous la direction de Marc-Adélard Tremblay, 1976, Les facettes de l’identité amérin-
dienne, Presses de l’université de Laval, 316 p.
➜ RAPPORTS OFFICIELS ➜
Rapport de la Commission Royale sur les Peuples Autochtones, novembre 1996, Affaires
Indiennes et du Nord Canada, [Link].
■ ■ Sélection filmographique
Richard Desjardins, Robert Monderie, 1999, documentaire, L’erreur boréale, Office national
du film du Canada.
Jo Béranger, Doris Buttignol, 2003, documentaire, Voyage en mémoires indiennes.