INTOSAI-P 10
Déclaration de Mexico
sur l’indépendance des
ISC
Les Normes internationales des
institutions supérieures de
contrôle des finances
publiques (ISSAI) sont publiées
par l’Organisation
internationale des institutions
supérieures de contrôle des
finances publiques (INTOSAI).
Pour plus de renseignements
INTOSAI visitez le site [Link]
INTOSAI
INTOSAI, 2019
1) Formellement connu comme ISSAI 10 : La Déclaration du Mexique
concernant l´indépendance des dirigeants des ISC et des membres des
institutions collégiales
2) Déclaration approuvée en 2007
3) Préambule modifié en 2008
4) Avec la réalisation du Cadre des prises de position professionnelles
de l´INTOSAI (IFPP), renommé comme INTOSAI-P 10 avec des changements
d´édition faits en 2019.
INTOSAI-P 10 est disponible dans toutes les langues officielles de l´INTOSAI :
Arabe, Anglais, Français, Allemand et Espagnol.
INTOSAI-P 10 - DÉCLARATION DE MEXICO SUR L’INDÉPENDANCE DES ISC
Avant-propos
La Déclaration de Lima de 1977 était le premier document de l’INTOSAI à décrire
de façon exhaustive l’importance de l’indépendance des Institutions supérieures de
contrôle des finances publiques (ISC), en rappelant aux membres de l’INTOSAI que
les ISC ne peuvent être objectives et efficaces que si elles sont indépendantes de
l’entité vérifiée et si elles sont protégées de toute influence extérieure. La voie était
tracée et, au cours des années qui ont suivi, le sujet de l’indépendance a été discuté
à diverses tribunes de l’INTOSAI.
À la 44e réunion du Comité directeur de l’INTOSAI, à Montevideo, en Uruguay, un
groupe de travail a été formé et dirigé au début par mon prédécesseur. Le mandat
de ce groupe de travail consistait à se pencher sur la question de l’indépendance
des ISC et à recommander des moyens d’apporter des améliorations réalistes dans
ce secteur.
À l’issue de ses travaux, le groupe de travail pour l’indépendance des ISC a publié son
rapport final le 31 mars 2001. Dans ce rapport, il présentait les huit principes de base
de l’indépendance des ISC. Dans le préambule du rapport, le président rappelait le
rôle fondamental que jouent les ISC en demandant aux gouvernements de rendre
compte de l’utilisation des fonds publics et en exprimant des vues indépendantes
sur la qualité de la gestion du secteur public. En tant que présidente actuelle de
la Sous-commission pour l’indépendance des ISC, je crois que c’est toujours vrai,
d’autant plus qu’aujourd’hui le public souhaite une surveillance et une reddition de
comptes accrues.
Le groupe de travail a fait diverses recommandations dont l’une consistait à mettre
sur pied une sous-commission chargée de promouvoir l’indépendance des ISC et
d’élaborer des directives à leur intention. En 2001, j’ai commencé à assumer la
présidence de cette sous-commission qui était composée des ISC membres du
groupe de travail, c’est-à-dire, Antigua-et-Barbuda, l’Arabie saoudite, l’Autriche,
le Cameroun, l’Égypte, le Portugal, la Suède, le Tonga et l’Uruguay. La première
tâche confiée à la Sous-commission consistait à faire le point sur les paramètres de
l’indépendance, tout en tenant compte des différents régimes et cadres légaux.
De 2001 à 2004, la Sous-commission a préparé des dispositions d’application
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INTOSAI-P 10 - DÉCLARATION DE MEXICO SUR L’INDÉPENDANCE DES ISC
(exemples) afin d’illustrer ce qu’on entendait par indépendance des ISC. Une enquête
a aussi été menée afin d’évaluer le degré de conformité des ISC aux huit principes
de base. À l’occasion du colloque des Nations Unies et de l’INTOSAI tenu en 2004 à
Vienne, en Autriche, les nombreux dirigeants des ISC présents ont eu des discussions
approfondies sur l’indépendance des ISC.
Depuis 2004, la Sous-commission a preparé une charte sur l’indépendance des ISC
et elle a conçu des lignes directrices pour l’application des huit principes de base,
en tenant compte des différents types d’ISC. Les nombreuses consultations menées
auprès des ISC ont beaucoup contribué à la qualité des documents.
J’ai l’honneur d’annoncer que la Sous-commission a terminé ses travaux. Je remercie
ses membres de leur travail et de leur dévouement, ainsi que toutes les ISC qui ont
contribué aux travaux de la Sous-commission.
La présidente de la Sous-commission pour l’indépendance,
Sheila Fraser, FCA
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TABLE DES MATIÈRES
DÉCLARATION DE MEXICO SUR L’INDÉPENDANCE DES ISC 6
Préambule 6
Généralités 8
PRINCIPE 1 8
PRINCIPE 2 8
PRINCIPE 3 9
PRINCIPE 4 11
PRINCIPE 5 11
PRINCIPE 6 11
PRINCIPE 7 12
PRINCIPE 8 13
1 Déclaration de
Mexico sur
l’indépendance des
ISC
Préambule
Par ses résolutions 66/209 de 2011 et 69/228 de 2014, l’Assemblée générale des
Nations Unies a reconnu le rôle important des institutions supérieures de contrôle
(ISC) dans la promotion de l’efficience, du respect du principe de responsabilité,
de l’efficacité et de la transparence dans les administrations publiques, autant de
facteurs propices à la réalisation des objectifs et des priorités de développement
des États ainsi que des buts arrêtés à l’échelle internationale en matière de
développement.
Dans le Programme d’action d’Addis-Ababa sur le financement du développement,
appuyé par l’Assemblée générale des Nations Unies (résolution 69/313 de 2015), les
États membres se sont engagés à resserrer les mécanismes de contrôle nationaux,
tels que les institutions supérieures de contrôle, et à favoriser la mobilisation et
l’utilisation efficace des ressources du pays.
Cette volonté vient de la reconnaissance clairement énoncée dans la résolution
69/228 du rôle des ISC dans la promotion de la responsabilité gouvernementale
au regard de l’utilisation des ressources et des résultats obtenus par rapport aux
objectifs de développement. Pour que les ISC soient en mesure d’y donner suite,
le document encourage les États membres à porter une attention particulière à
l’indépendance et au renforcement des capacités des ISC de manière cohérente
avec les structures institutionnelles.
Conscientes que l’indépendance devrait rester l’objectif primordial de toutes les
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INTOSAI-P 10 - DÉCLARATION DE MEXICO SUR L’INDÉPENDANCE DES ISC
ISC, les Nations Unies en tiennent compte dans leurs résolutions et encouragent
les États membres à appliquer la Déclaration de Lima de 1977 des directives sur les
principes de contrôle et la Déclaration de Mexico de 2007 sur l’indépendance des
ISC, qui suivent, d’une manière cohérente avec leurs structures institutionnelles :
Lors du XIXe INCOSAI (congrès de l’Organisation internationale des institutions
supérieures de contrôle des finances publiques) à Mexico :
Attendu que l’utilisation rationnelle et efficiente des ressources et des fonds publics
constitue l’une des conditions préalables essentielles à une saine gestion des finances
publiques et à l’efficacité des décisions prises par les autorités responsables;
Attendu que la Déclaration de Lima (INTOSAI-P 1) sur les lignes directrices du contrôle
des finances publiques (ci-après la Déclaration de Lima) stipule que les Institutions
supérieures de contrôle des finances publiques ne peuvent accomplir leurs tâches
que si elles sont indépendantes du service contrôlé et si elles sont soustraites aux
influences extérieures;
Attendu que pour atteindre cet objectif, il est indispensable pour contribuer à une
saine démocratie que chaque État possède une Institution supérieure de contrôle
des finances publiques dont l’indépendance est garantie par la loi;
Attendu que la Déclaration de Lima (INTOSAI-P 1) reconnaît que les institutions de
l’État ne peuvent être absolument indépendantes de celui-ci, mais ajoute que les
Institutions supérieures de contrôle des finances publiques doivent pouvoir jouir de
l’indépendance fonctionnelle et organisationnelle nécessaire à l’accomplissement
de leur mandat;
Attendu que pour appliquer les principes qui garantissent leur indépendance, les
Institutions supérieures de contrôle peuvent utiliser divers moyens et instaurer
divers garde-fous pour atteindre cette indépendance;
Attendu que les présentes dispositions d’application sont une illustration des principes
et qu’elles décrivent une situation d’indépendance idéale pour une Institution
supérieure de contrôle des finances publiques; il est admis qu’actuellement aucune
Institution supérieure de contrôle des finances publiques ne respecte toutes ces
dispositions d’application. C’est pourquoi les lignes directrices qui accompagnent
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INTOSAI-P 10 - DÉCLARATION DE MEXICO SUR L’INDÉPENDANCE DES ISC
cette charte présentent des pratiques exemplaires pour favoriser l’indépendance
des Institutions supérieures de contrôles des finances publiques.
» Décision
D’adopter, de publier et de distribuer le document intitulé « Déclaration de Mexico
sur l’indépendance des ISC (INTOSAI-P 10) ».
Généralités
Les Institutions supérieures de contrôle des finances publiques reconnaissent
généralement huit principes de base qui découlent de la Déclaration de Lima
(INTOSAI-P 1) et des décisions prises lors du XVIIe Congrès de l’Organisation
internationale des Institutions supérieures de contrôle des finances publiques (à
Séoul, en Corée) à titre d’exigences essentielles pour contrôler comme il se doit les
finances du secteur public.
Principe 1
L’existence d’un cadre constitutionnel/legislative/juridique approprié et efficace
et l’application de facto des dispositions de ce cadre
Il faut instaurer un texte législatif qui précise l’étendue de l’indépendance des
Institutions supérieures de contrôle des finances publiques.
Principe 2
L’indépendance des dirigeants des ISC et des « membres » (des institutions
collégiales), y compris l’inamovibilité et l’immunité dans l’exercice normal de leurs
fonctions
Le texte législatif applicable précise les conditions de la nomination, du renouvellement
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INTOSAI-P 10 - DÉCLARATION DE MEXICO SUR L’INDÉPENDANCE DES ISC
de la nomination, de l’emploi, de la retraite et de la destitution du dirigeant de
l’Institution supérieure de contrôle des finances publiques et des « membres » des
institutions collégiales.
• Ils sont nommés, reconduits dans leurs fonctions ou destitués dans
le cadre d’un processus qui garantit leur indépendance à l’égard des
pouvoirs exécutifs (voir GUID-9030 Lignes directrices et pratiques liées à
l’indépendance des ISC).
• Leur nomination est pour une période suffisamment longue et déterminée
afin qu’ils puissent remplir leur mandat sans crainte de représailles.
• Ils ne peuvent faire l’objet de poursuites judiciaires pour tout acte passé
ou present qui résulte de l’exercice normal de leurs fonctions.
Principe 3
Un mandat suffisamment large et une entière discrétion dans l’exercice des
fonctions de l’ISC.
Les Institutions supérieures de contrôle des finances publiques devraient être
habilitées à contrôler les éléments suivants :
• l’’utilisation de fonds, de ressources ou d’actifs publics par un bénéficiaire,
quelle qu’en soit la nature juridique;
• la perception des recettes publiques qui sont dues au gouvernement ou
aux entités publiques;
• la légalité et la régularité des comptes du gouvernement et des entités;
• la qualité de la gestion financière et des rapports financiers;
• l’économie, l’efficience et l’efficacité des activités du gouvernement et des
entités publiques.
Sauf lorsqu’un texte législatif l’exige expressément, les Institutions supérieures de
contrôle des finances publiques ne contrôlent pas les politiques gouvernementales
ou celles des entités publiques. Elles se limitent à contrôler la mise en oeuvre des
politiques.
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INTOSAI-P 10 - DÉCLARATION DE MEXICO SUR L’INDÉPENDANCE DES ISC
Les Institutions supérieures de contrôle des finances publiques sont respectueuses
des lois adoptées par le Parlement qui les concernent, mais ce dernier et l’organe
exécutif ne peuvent ni la diriger ni faire preuve d’ingérence :
• dans la sélection des questions à contrôler;
• dans la planification, la programmation, l’exécution de leurs travaux, la
communication des résultats, et le suivi de leurs contrôles;
• dans l’organisation et la gestion de leur bureau;
• dans la mise en application des sanctions imposes, le cas échéant.
Les Institutions supérieures de contrôle des finances publiques ne devraient pas
participer, ni être perçues comme participant, d’aucune façon à la gestion des
organisations qu’elles contrôlent.
Les Institutions supérieures de contrôle des finances publiques devraient veiller à ce
que leurs personnels n’entretiennent pas de relations trop étroites avec les entités
qu’elles contrôlent afin de demeurer objectives et d’être perçues comme telles.
Les Institutions supérieures de contrôle des finances publiques devraient avoir un
plein pouvoir discrétionnaire dans l’exercice de leurs responsabilités, mais elles
collaborent avec les gouvernements ou les entités publiques qui s’emploient à
améliorer l’utilisation et la gestion des fonds publics.
Les Institutions supérieures de contrôle des finances publiques devraient utiliser des
normes professionnelles et de contrôle appropriées et un code de déontologie, tous
fondés sur les documents officiels de l’INTOSAI, de la Fédération internationale des
comptables ou de tout autre organisme de normalisation reconnu.
Les Institutions supérieures de contrôle des finances publiques devraient soumettre
un rapport d’activité annuel au Parlement et à d’autres organismes publics, comme
l’exigent la constitution, les lois ou les textes législatifs, et elles devraient le rendre
public.
Principe 4
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INTOSAI-P 10 - DÉCLARATION DE MEXICO SUR L’INDÉPENDANCE DES ISC
Accès sans restriction à l’information
Les Institutions supérieures de contrôle des finances publiques doivent disposer des
pouvoirs nécessaires pour obtenir un accès inconditionnel, direct et libre, en temps
voulu à tous les documents et à l’information dont elles ont besoin pour s’acquitter
pleinement de leurs responsabilités légales.
Principe 5
Le droit et l’obligation de faire rapport sur leurs travaux
Les Institutions supérieures de contrôle des finances publiques doivent avoir
toute latitude pour faire rapport sur les résultats de leurs travaux. Elles devraient
être tenues en vertu de la loi de faire rapport au moins une fois par année sur les
constatations de leurs travaux de contrôle.
Principe 6
La liberté de decider du contenu et de la date de leurs rapports de contröle, de les
publier et de les diffuser
Les Institutions supérieures de contrôle des finances publiques peuvent décider du
contenu de leurs rapports de contrôle.
Les Institutions supérieures de contrôle des finances publiques peuvent formuler
des observations et des recommandations dans leurs rapports de contrôle, en tenant
compte, s’il y a lieu, des vues de l’entité contrôlée.
Un texte législatif prévoit des exigences minimales pour la communication de
rapports de contrôle préparés par les Institutions supérieures de contrôle des
finances publiques et, le cas échéant, certaines questions qui doivent faire l’objet
d’une opinion ou d’une attestation officielle.
Les Institutions supérieures de contrôle des finances publiques ont toute latitude
pour décider du moment où elles font leurs rapports de contrôle, sauf lorsque la loi
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INTOSAI-P 10 - DÉCLARATION DE MEXICO SUR L’INDÉPENDANCE DES ISC
établit des exigences particulières à cet égard.
Les Institutions supérieures de contrôle des finances publiques peuvent répondre à
des demandes particulières formulées par le Parlement dans son ensemble (ou une
de ses commissions) ou le gouvernement en vue d’effectuer des enquêtes ou des
contrôles.
Les Institutions supérieures de contrôle des finances publiques ont toute latitude
pour décider de publier et de diffuser leurs rapports lorsqu’ils ont été déposés
officiellement auprès des autorités compétentes ou remis officiellement à ces
dernières, comme l’exige la loi.
Principe 7
L’existence de mécanismes efficaces de suivi des recommandations des ISC
Les Institutions supérieures de contrôle des finances publiques soumettent leurs
rapports de contrôle au Parlement (ou à une de ses commissions) ou au conseil
d’administration de l’entité contrôlée, selon le cas, pour qu’il les examine et qu’il
effectue un suivi des recommandations exigeant des mesures correctives.
Les Institutions supérieures de contrôle des finances publiques possèdent leur propre
système interne de suivi pour veiller à ce que les entités contrôlées donnent suite de
façon satisfaisante à leurs observations et à leurs recommandations ou à celles du
Parlement (ou d’une de ses commissions) ou de leur conseil d’administration, selon
le cas.
Les Institutions supérieures de contrôle des finances publiques soumettent leurs
rapports de suivi au Parlement (ou à l’une de ses commissions) ou au conseil
d’administration de l’entité contrôlée, selon le cas, afin qu’il les examine et prenne
des mesures, et ce, même lorsqu’elles ont, en vertu de la loi, le pouvoir d’effectuer
des suivis et de prendre des sanctions.
Principe 8
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INTOSAI-P 10 - DÉCLARATION DE MEXICO SUR L’INDÉPENDANCE DES ISC
Autonomie financère et de gestion/d’administration et accès aux resources
humaines, matérielles et financières appropriées
Les Institutions supérieures de contrôle des finances publiques doivent disposer
des ressources humaines, matérielles et financières nécessaires et raisonnables.
Les pouvoirs exécutifs ne doivent pas contrôler ni encadrer l’accès à ces ressources.
Les Institutions supérieures de contrôle des finances publiques gèrent leur propre
budget et peuvent l’affecter de la manière qu’elles jugent appropriée.
Le Parlement (ou une de ses commissions) est chargé de veiller à ce que les
Institutions supérieures de contrôle des finances publiques disposent des ressources
nécessaires pour remplir leur mandat.
Les Institutions supérieures de contrôle des finances publiques ont le droit de faire
appel directement au Parlement lorsque les ressources fournies sont insuffisantes
pour leur permettre de remplir leur mandat.
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