Préparation au CAPES Strasbourg, octobre 2008
Construction d’un cercle tangent à deux cercles donnés.
Le problème posé : On se donne deux cercles C et C ′ de centres O et O′ distincts et de rayons
R et R′ distincts. On suppose de plus que ces cercles ne sont pas tangents. On se donne un point
A sur C . Construire un cercle tangent à C ′ et tangent en A à C .
1. Rappel : Il existe exactement deux homothéties transformant le cercle C en le cercle C ′ .
Démonstration.
Si une telle homothétie existe son rapport est nécessairement égal à R′ /R (qui est distinct de
1 par hypothèse) et son centre K, qui appartient à la droite (OO’) (on a supposé O 6= O′ ) est
tel que
KO′ R′
= .
KO R
Comme O 6= O′ et R 6= R′ , il existe deux points I et J de la droite (OO′ ) vérifiant la relation
ci-dessus (le barycentre J de (O(R′ ), O′ (R)) et le barycentre I de (O(R′ ), O′ (−R))). Il y a
donc au plus deux homothéties transformant C en C ′ .
Notons hI (resp. hJ ) l’homothétie de centre I (resp. J) qui transforme O en O′ . L’image de
C par cette homothétie est un cercle (c’est toujours vrai) de centre O′ . Vu la définition de I
′ ′
(resp. J) son rapport est égal à RR (resp. − RR ) et par conséquent elle transforme C en le
cercle de centre O′ et de rayon R′ c’est-à-dire en C ′ .
Pour construire les points I et J, on utilise le fait qu’une homothétie transforme une droite
en une droite parallèle. En particulier si A est un point de C son image par hI (resp. hJ )
appartient à l’intersection de C ′ avec la parallèle à (OA) passant par O′ . Cette parallèle coupe
C ′ en deux points B1 et B2 . Les points I et J sont les intersections de la droite (OO′ ) avec
les droites (AB1 ) et (AB2 ). Nous avons démontré l’existence des homothéties hI et hJ . Ceci
implique l’existence de toutes les intersections utilisées pour la construction de I et J.
Remarque 1 : On peut noter que si la droite (IA) (resp. (JA)) est tangente à C en A alors
elle est aussi tangent à C ′ en B1 (resp. B2 )(conservation de l’orthogonalité par homothétie).
Remarque 2 : En particulier si les deux cercles sont tangents en A, l’un des deux points B1 ou
2 Nicole Bopp
B2 est confondu avec A qui est donc le centre de l’une des deux homothéties. Réciproquement
si le centre de l’une des deux homothéties, par exemple I, appartient à C , alors la tangente
en I à C est invariante par hI et est donc aussi tangente à C ′ . En conclusion les deux cercles
C et C ′ sont tangents si et seulement si l’un des centres d’homothéties appartient à C .
2. Analyse.
Supposons construit un cercle Γ de centre
Ω tangent en A à C et tangent à C ′ . On
note A′ le point de contact avec C ′ et on
désigne par ρ le rayon du cercle Γ.
Remarquons que le centre Ω de Γ appar-
tient aux droites (OA) et (OA′ ).
On considère les transformations suivantes :
l’homothétie HA de centre A transformant O en Ω et donc C en Γ ;
l’homothétie HA′ de centre A′ transformant Ω en O′ et donc Γ en C ′ .
La composée HA′ ◦ HA de ces deux homothéties admet pour application linéaire asociée λ.Id
où
ρ R′ R′
|λ| = × = 6= 1.
R ρ R
C’est donc une homothétie (et pas une translation) qui transforme le cercle C en cercle C ′ .
Nous avons démontré qu’il existe deux telles homothéties hI et hJ . On en conclut que
HA′ ◦ HA = hI ou HA′ ◦ HA = hJ .
Supposons que HA′ ◦ HA = hI . On a alors en particulier
HA′ (A) = hI (A) .
• A 6= I. En effet si A et I sont confondus, le point I appartient à C ce qui implique que
I, point fixe de l’homothétie hI , appartient aussi à C ′ . Ceci implique que les cercles
C et C ′ se coupent en I qui est un point appartenant à la droite (OO′ ) et donc que
ces cercles sont tangents en I. Or cette situation est exclue par hypothèse.
• A 6= hI (A). En effet si A est un point fixe de hI soit c’est le centre de hI mais c’est
impossible car A 6= I, soit hI est égale à l’identité ce qui est aussi impossible puisque
les cercles C et C ′ sont distincts.
• A′ ∈ (IA). Notons tout d’abord que la droite (IA) est bien définie puisque A 6= I.
Les points A, A′ et HA′ (A) sont alignés (un point, son image par une homothétie et
le centre de l’homotéhtie sont alignés). Puisque HA′ (A) = hI (A), on en déduit que A′
appartient à la droite (AhI (A)) (cette droite est bien définie car A 6= hI (A) ) qui est
aussi la droite (IA).
Par conséquent, dans le cas où HA′ ◦ HA = hI , le point A′ , contact de C ′ et Γ est déterminé
de manière unique par les trois conditions
A′ ∈ C ′ ; A′ ∈ (IA) ; A′ 6= hI (A) .
Cercles tangents 3
Il y a donc au plus un cercle Γ dont le centre est nécessairement un point de (OA) ∩ (O′ A′ )
équidistant de A et A′ .
Il y a de même au plus un cercle Γ dans le cas où HA′ ◦ HA = hJ déterminé par les conditions
analogues où on remplace I par J.
3. Synthèse. Étudions la construction qui fait intervenir le point I (ce sera analogue pour
le point J).
Comme A ∈ C la droite (IA) (nous avons démontré que I 6= A) coupe le cercle C ′ au point
hI (A).
Cas 1. La droite (IA) est tangente à C . Dans ce cas elle est aussi tangente à C ′ et il
n’existe pas de point A′ appartenant à (IA) ∩ C ′ , distinct de hI (A). Il n’y a pas de
cercle Γ tangent à C ′ et à C en A.
Cas 2. La droite (IA) n’est pas tangente à C . Dans ce cas elle coupe C en deux points
distincts et donc aussi C ′ en deux points distincts : l’un est hI (A) et nous notons A′
le second point.
Cas 2.1. Les droites (OA) et (O′ A′ ) sont parallèles.
Comme les droites (OA) et (O′ hI (A)) sont parallèles par définition de hI , ceci
implique que les points O′ , A′ et hI (A) sont alignés.
Comme la droite (A′ hI (A)) contient aussi
les points I et A (par définiton de A′ ),
on en déduit que A appartient à la droite
(IO′ ) = (OO′ ). Il en est de même pour A′
et le milieu Ω de AA′ est bien le centre d’un
cercle qui convient : en effet le cercle de
centre Ω passant par A contient A′ et est
tangent à C en A et à C ′ en A′ .
Cas 2.2. Les droites (OA) et (O′ A′ ) sont sécantes. Notons Ω leur point d’intersec-
tion. Démontrons que ΩA = ΩA′ . Les droites (OA) = (ΩA) et (O′ hI (A)) sont
parallèles, le point A appartient à la droite (A′ hI (A)) et le point Ω appartient à
la droite (OA).
On déduit du théorème de Thalès
que
A′ Ω AΩ
= .
A′ O′ hI (A)O′
Comme hI (A) et A′ sont sur le
cercle C ′ de centre O′ on en déduit
que
ΩA′ = ΩA .
Le cercle Γ de centre Ω passant par A, passe donc aussi par A′ . Il est tangent au
cercle C en A (mêmes tangentes en A) et au cercle C ′ en A′ .
4 Nicole Bopp
Remarque : Il est possible que les points A et A′ soient confondus. En effet si A
est un point d’intersection des deux cercles, nécessairement la droite (IA) coupe
C ′ en hI (A) et en A, d’où A = A′ . Dans ce cas le cercle Γ sera réduit à un point.
Pour écrire l’égalité des rapports déduite du théorème de Thalès nous avons choisi
pour dénominateurs des longueurs dont nous étions assurés qu’elles n’étaient pas
nulles. Les numérateurs par contre s’annulent dans le cas où A = A′ .
Conclusion. Si le point A n’appartient pas à l’une des tangentes communes aux deux cercles,
il existe deux cercles Γ et Γ′′ tangents en A à C et tangents à C ′ . Ces deux cercles sont réduits
à un point si A ∈ C ∩ C ′ . Si le point A appartient à l’une des tangentes communes, il n’en
existe plus qu’un..
Comme on l’a montré ci-dessus, pour construire ces cercles, on commence par déterminer
le point A′ (resp. A′′ ) du cercle C ′ appartenant à la droite (IA) (resp. (JA)) et différent
de hI (A) (resp. hJ (A)). Puis on construit le point Ω (resp. Ω′′ ) intersection de (OA) et
(O′ A′ ) (resp. (O′ A′′ ) si ces droites se coupent ou milieu de AA′ (resp. ((AA′′ )) si elles sont
confondues.
Construction avec cabri. La difficulté consiste à permettre au logiciel de choisir le point A′
différent de hI (A) et que ce choix persiste même lorsque A traverse une tangente commune.
Expérimentalement cela fonctionne bien si on construit les points I et J à partir du point A
que l’on va déplacer. Évidemment I et J ne dépendent pas du point A et auraient pu être
construits indépendamment de A, mais dans ce cas ”cabri” n’arrive plus à choisir A′ quand
A traverse une tangente commune.
Commentaires. C’est en rédigeant soigneusement les démonstrations que l’on voit apparaı̂tre
les cas particuliers. Dans la synthèse il faut vérifier à chaque étape que les objets dont on
parle (les droites définies par deux points, les intersections de droites, de cercles ou de cercles
et droites) sont bien définis.
L’utilisation d’ un logiciel de géométrie dynamique, permet aussi de voir apparaı̂tre certains
cas particuliers, mais pour implanter la construction il faut déjà savoir la faire dans le cas
général. On peut alors revenir à la démonstration pour comprendre les situations particulières.
Cercles tangents 5
Exemples de positions des cercles
Cas générique.
Cas où A est proche de la tan-
gent commune passant par J.
Cas où les deux cercles se
coupent et où A est proche
d’un de leur point d’intersec-
tion.