Réforme des Horaires Lycéens
Réforme des Horaires Lycéens
1
Modernisation de l’État – le 17/01/06
2
Inspection générale Inspection générale de Inspection générale de
des Finances l’Administration de l'Éducation Nationale
l’Éducation Nationale
et de la Recherche
N°2006-M-017-02 N°2006-015 N°2006-015
Rapport
sur
Etabli par
Antonin BEURRIER
Inspecteur des Finances
- Octobre 2006 -
Synthèse
C
on
technologique
st
at
s
Audits de modernisation
1. Cadre de l’audit
¾ L’organisation horaire des enseignements au lycée général et technologique présente :
9 Un horaire hebdomadaire et un horaire annuel parmi les plus lourds de tous les pays de l’OCDE,
9 Une offre d’options lourde et très diversifiée qui nuit à la lisibilité de l’offre de formation,
9 Un mode d’organisation rigide qui constitue un frein à l’innovation pédagogique et à l’introduction de nouveaux modes d’apprentissage ou de
nouvelles façons d’enseigner et aussi un frein à l’efficacité pédagogique.
¾ L’audit avait donc pour objectif de :
9 Repérer les leviers permettant d’agir sur l’horaire de formation global du lycéen et évaluer les conséquences pédagogiques et financières,
9 Permettre une organisation différente de la semaine du lycéen et l’expression de l’autonomie pédagogique de l’établissement,
9 Dégager les marges de manœuvre budgétaires notamment pour financer les mesures de la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de
l’école.
2. Constat
¾ L’investissement massif dans le volume d’heures d’enseignement n’a amélioré ni la performance ni l’équité du lycée français.
9 L’horaire annuel du lycéen français est supérieur de 20 % à celui de ses homologues européens les plus performants. La charge
hebdomadaire de travail de l’élève dépasse 45 heures.
9 Dans la filière générale, forte inflation du volume d’heures d’enseignement liée aux dédoublements systématiques des classes. Dans la filière
technologique, les enseignements technologiques et les sciences physiques ont cédé du terrain face aux matières générales et aux options.
9 Difficultés rencontrées par le lycée français attestées par les indicateurs : taux d’accès au baccalauréat à 70 % depuis 10 ans, 80 000 élèves
redoublent leur classe de seconde, sortie sans diplôme du système éducatif de 10 % des jeunes de 15 à 19 ans. En outre, les tests
internationaux confirment les performances moyennes et l’inéquité du système éducatif national. La mission constate qu’un volume horaire
élevé et peu flexible aggrave les inégalités en limitant les possibilités de prise en charge des élèves en difficulté.
9 La dépense moyenne par lycéen a augmenté de 50 % entre 1990 et 2004 (en euros 2004), pour s’établir à environ 10 000 € par élève et par
an. Ce coût est très élevé par rapport à celui qu’enregistrent les autres pays de l’OCDE (+ 30 %) et procède d’un arbitrage d’allocation des
ressources budgétaires défavorable aux autres ordres d’enseignement, l’enseignement supérieur, notamment.
¾ L’inflation horaire est la conséquence d’insuffisances dans le pilotage du système éducatif.
9 Le système éducatif est soumis à de multiples sollicitations (politiques, sociales, syndicales, disciplinaires, diplomatiques). Il est en outre
fortement exposé à une forme de consumérisme de la part de ses usagers.
9 Or, son organisation ne lui permet pas d’assurer la cohérence entre les pressions de la demande, les objectifs de l’offre de formation et les
moyens mis en œuvre ; les sollicitations se transforment ainsi en ajouts d’heures d’enseignement.
9 Enfin, le pilotage est encore largement effectué par les moyens et non par les objectifs. En dépit d’une production abondante d’indicateurs et
Pr
op
La grille horaire des enseignements au lycée général et os
iti
technologique on
s
Audits de modernisation
3. Recommandations
¾ Des mesures peuvent être prises dès la rentrée 2007 pour réduire les coûts des enseignements et financer la loi d’orientation du 23 avril 2005.
9 Plan de rénovation des langues vivantes : renforcer l’équipe du projet « langues vivantes », en associant à la DGESCO et à l’IGEN des
compétences budgétaires et académiques. La mission propose que l’allègement des effectifs en classe de langues en première et en
terminale à 20 élèves en moyenne ne s’effectue qu’au rythme de la suppression des groupes inférieurs à 15 élèves.
9 Dédoublements de classe : limiter les dédoublements au profit d’une prise en compte personnalisée des besoins des élèves.
9 Séries technologiques : évaluer les premiers résultats pédagogiques et budgétaires de la réforme de la série Sciences et techniques de
gestion entrée en vigueur à la rentrée 2005. Mener à son terme la réforme des autres séries technologiques et veiller davantage à la qualité
du processus de réforme des filières, des séries, des enseignements et des grilles horaires associées.
9 Pilotage du système et mobilisation de ressources qualifiées pour réussir l’application de la LOLF : allouer les moyens aux
académies et aux établissements en fonction de leurs objectifs et mettre en place à brève échéance une première liste d’indicateurs et une
procédure d’évaluation des résultats obtenus par rapport aux objectifs fixés.
¾ Une réduction significative des horaires ne pourra être obtenue sans une réforme d’ensemble de l’organisation des enseignements et du
pilotage du système éducatif : l’orientation principale soutenue dans le rapport est de piloter le système éducatif par les objectifs en faisant
davantage confiance aux académies et aux établissements.
9 Amplitude effective de l’année scolaire : retrouver 36 semaines d’enseignement effectif en réformant l’organisation des examens de fin
d’année (cf. audit de modernisation de décembre 2005).
9 Plafonnement de l’horaire annuel de classe du lycéen : concevoir dans sa globalité et son annualité l’horaire de l’élève, en prenant en
considération non seulement les heures d’enseignement en classe, mais aussi les temps de préparation et d’approfondissement personnels.
Le lycée public devrait se réapproprier ce temps de travail personnel, sauf à renoncer à sa finalité sociale. Le choix des plafonds proposés
s’inspire directement des exemples étrangers les plus performants.
9 Référentiels horaires nationaux : fixer un seuil minimal annuel par discipline et confier les marges de manœuvre dégagées (15 à 20 % du
total) aux équipes déconcentrées (académies et EPLE) pour bâtir des offres adaptées aux besoins des élèves et donner un sens aux projets
des établissements.
9 Classe de seconde :
• aménagement du mécanisme actuel de redoublement,
• rétablissement, dès la rentrée 2006, d’une évaluation nationale à l’entrée en classe de seconde,
• classification de la seconde langue étrangère en enseignement obligatoire,
• réduction du nombre d’options de détermination en classe de seconde
9 Création d’un département de langues vivantes : un département unifié de langues vivantes devrait être mis en place dans chaque
établissement, avec un objectif ambitieux : 100 % des lycéens français doivent avoir obtenu leur certification B2 (utilisateur autonome) à
l’horizon 2010 dans au moins une langue vivante.
MINEFI - DGME - 2006
4. Impacts attendus
¾ L’organisation horaire des enseignements ne peut pas être abordée uniquement sous l’angle technique. L’amélioration des performances du
lycée général et technologique qui est attendue d’une réforme de la grille horaire de ses enseignements nécessite une réflexion approfondie
sur les objectifs assignés au système et sur ses modalités de régulation.
¾ Cette réflexion devra attacher une importance toute particulière à l’impact de la réforme sur les conditions du métier enseignant et éviter que
le pilotage par les objectifs et les résultats soit perçu uniquement sous l’angle de l’efficacité et des injonctions adressées aux agents pour les
amener à cette efficacité, et non sous l’angle du projet et de la liberté qu’il donne.
2
SYNTHÈSE DU RAPPORT
La mission d’audit avait pour objectif de repérer les leviers permettant d’agir sur
l’horaire global de formation du lycéen, jugé trop lourd, et de renforcer l’autonomie
pédagogique des établissements. L’orientation donnée visait une gestion plus souple de cet
horaire et une meilleure organisation du temps scolaire. La commande prévoyait également
d’évaluer les marges de manœuvre budgétaires dégagées par cette nouvelle organisation,
notamment pour financer les mesures de la loi d’orientation et de programme pour l’avenir
de l’Ecole du 23 avril 2005.
I. LES CONSTATS
Or, son organisation ne lui permet pas d’assurer la cohérence entre les pressions
de la demande, les objectifs de l’offre de formation et les moyens mis en œuvre. Faute de
foyer de cohérence au sein de l’administration centrale et en raison de la coexistence à tous
les niveaux de deux chaînes distinctes, « chaîne fonctionnelle pédagogique » et « chaîne
hiérarchique administrative », les sollicitations se transforment en ajouts d’heures
d’enseignement.
Enfin, le pilotage est encore largement effectué par les moyens et non par les
objectifs. En dépit d’une production abondante d’indicateurs et de l’entrée en vigueur de la
LOLF, le système éducatif peine à hiérarchiser ses priorités, à allouer ses ressources en
fonction d’objectifs pédagogiques et budgétaires clairs et à évaluer l’impact de ses choix.
3
II. PROPOSITIONS
A. Des mesures peuvent être prises dès la rentrée 2007 pour réduire les coûts
des enseignements et financer la loi d’orientation du 23 avril 2005.
Proposition relative aux séries technologiques : évaluer dès juillet 2006 les
premiers résultats pédagogiques et budgétaires de la réforme de la série Sciences et
techniques de gestion entrée en vigueur à la rentrée 2005. Lancer la réforme des séries
technologiques Sciences et technologies industrielles, Sciences et technologies de
laboratoire, Sciences médico-sociales qui modernise leurs enseignements tout en allégeant la
charge horaire d’ensemble. Veiller davantage à la qualité du processus de réforme des
filières, des séries, des enseignements et des grilles horaires associées.
B. Une réduction significative des horaires ne pourra être obtenue sans une
réforme d’ensemble de l’organisation des enseignements et du pilotage du
système éducatif.
4
Proposition relative au plafonnement de l’horaire annuel de classe du
lycéen : concevoir dans sa globalité et son annualité l’horaire de l’élève, en prenant en
considération non seulement les heures d’enseignement en classe, mais aussi les temps de
préparation et d’approfondissement personnels. Le lycée public devrait se réapproprier ce
temps de travail personnel, sauf à renoncer à sa finalité sociale. Le choix des plafonds
proposés (900 heures en seconde, 950 heures en première et terminale générale, 1 100 heures
en séries technologiques) est motivé par une reconstitution de ce que devrait être une charge
équilibrée du travail du lycéen en fonction des niveaux et des filières, soit environ
1 400 heures annuelles. Il permet de donner toute sa place aux études dirigées et au soutien
individuel. Il s’inspire directement des exemples étrangers les plus performants.
CONCLUSION
Encore faut-il pour cela que tous les partenaires du système éducatif acceptent de
sortir de leurs postures institutionnelles pour engager une réflexion dépassionnée sur les
objectifs et l’évaluation des résultats, en un mot, sur la performance du système.
5
SOMMAIRE
CONCLUSION......................................................................................................................... 43
ANNEXES................................................................................................................................. 53
6
INTRODUCTION
Cette organisation est ancienne. Elle structure le travail des enseignants et la vie
des élèves (et de leurs parents) depuis au moins deux siècles. L’enseignement secondaire
français a repris en partie l’organisation des études en vigueur dans les collèges des Jésuites,
telle qu’elle avait été fixée dès 1599 dans le Ratio studiorum1, conception reprise au
XIXème siècle pour l’organisation des temps de service des enseignants2 et consacrée par l’École
républicaine sous la plume de Ferdinand Buisson dans Le dictionnaire de pédagogie : « Parlant
de l’ordre dans la direction d’une école, on pourrait dire : une heure pour chaque exercice et
chaque exercice à son heure »3.
Cette organisation n’est pas propre à la France. Une étude effectuée dans 30 pays
européens par Eurydice, le réseau d’information sur l’éducation en Europe, souligne que
« traditionnellement, en Europe, le temps de travail des enseignants était établi en nombre
d’heures d’enseignement. Cela correspondait au profil des tâches de l’enseignant qui se
définissaient en deux activités principales : les cours d’une part, les préparations / corrections
d’autre part »4. Seuls quatre pays sur les trente analysés ont conservé ce « mode traditionnel »
d’évaluation du temps prescrit. Les autres cherchent à élargir ce mode de définition du temps de
travail, pour mieux prendre en compte, stimuler et réguler les autres activités des enseignants.
Mais en France, toutes les initiatives prises pour aménager les rythmes scolaires
n’ont pas entamé le principe de cette organisation traditionnelle de l’enseignement secondaire.
« Tout se passe comme si le temps scolaire, organisé autour d’unités fixes et de la répétition
hebdomadaire d’un même schéma, apparaissait comme une donnée immuable. »5
1
L’emploi du temps des élèves au lycée, rapport au ministre de l’éducation nationale de Dominique Borne et François
Perret, inspecteurs généraux de l’éducation nationale novembre 2001, sur [Link] .
2
Les temps de service individuels ont été définis en 1852 selon la fonction et le grade des professeurs. Les services
exigés des titulaires (c’est-à-dire des agrégés) ont convergé dès 1892 vers les 15 heures hebdomadaires (14 heures à
Paris) qui leur ont été conservées en 1950. Philippe Savoie, historien, cité dans Le Monde de l’Education du
1er octobre 2004.
3
Cité dans le rapport de MM. Borne et Perret ci-dessus.
4
Étude effectuée en 2002 dans les 15 pays de l’UE, 3 pays de l’AELE et 12 pays candidats à l’adhésion. La
profession enseignante en Europe : profil, métiers et enjeux, rapport III, page 33, Conditions de travail et salaires,
Eurydice, Bruxelles, 2003.
5
Cf. note 1.
7
L’inadaptation de l’organisation horaire est cependant régulièrement rappelée.
Outre le rapport précité sur l’emploi du temps des élèves au lycée, un ouvrage d’Aniko Husti,
chercheuse à l’INRP qui a consacré de nombreux travaux au temps scolaire, soulignait en 1999
qu’« une des dimensions les plus périmées de l’enseignement secondaire est certainement son
utilisation du temps puisque l’institution éducative a adopté et imposé tout au long de notre
siècle le même concept de temps, tout en fixant continuellement des objectifs nouveaux »6. Déjà
en 1989, le rapport annexé à la loi d’orientation sur l’éducation affirmait : « […] l’utilisation du
temps scolaire est mal adaptée aux objectifs actuels de la formation parce que les journées de
classe sont trop lourdes, les temps morts sont trop nombreux et la rigidité et l’uniformité dans la
gestion pédagogique du temps sont trop grandes7 ».
Cette stabilité dans l’organisation du temps scolaire s’est maintenue en dépit d’une
profonde évolution de la demande adressée au système éducatif depuis 25 ans, demande
multiple et parfois contradictoire. Le système éducatif a dû à la fois répondre à l’arrivée d’un
nombre croissant d’élèves avec des profils hétérogènes et apporter les nouvelles compétences
requises par l’évolution des technologies et par les exigences liées à l’insertion de la France
dans l’économie mondiale. Par ailleurs, comme le souligne le chercheur Christian Maroy, « les
évolutions culturelles de la société (individualisation accrue, transformation du rapport à la
norme et à l’autorité) ont favorisé l’éclosion d’une demande de diversification et
d’individualisation des parcours et des méthodes d’enseignement pour faire face à la diversité
des projets, des difficultés et des situations des jeunes» 8.
C’est ainsi que depuis la loi d’orientation de 1989 les notions de diversification de
l’offre, de parcours individualisé et d’autonomie des établissements oriente la réflexion. Les
réformes successives ont multiplié les options, les modules, les dédoublements, les systèmes
d’aide individualisée. Elles se sont traduites par une augmentation de la charge de travail du
lycéen sans que les objectifs du lycée tels qu’ils apparaissent dans les programmes et le
baccalauréat aient été revus et sans transformation des métiers et des organisations. En dépit des
nombreuses réflexions qui ont été menées depuis 20 ans sur les méthodes d’acquisition des
compétences, sur l’évaluation et sur le traitement de la difficulté et de l’échec scolaire, la
réponse du système éducatif aux nouvelles demandes a été strictement quantitative. Le système
a multiplié les disciplines, augmenté les heures de cours au point de devenir aujourd’hui
sélectif, discriminant socialement et excessivement coûteux.
« Les réformes n’ont pas été mises en œuvre comme relevant d’une autre manière
de se saisir du temps scolaire, mais comme une aggravation de la complexité existante. C’est en
tout cas ainsi qu’elles ont été comprises dans les établissements »9.
6
La dynamique du temps scolaire, Aniko Husti, Hachette Education 1999, page 11.
7
Rapport annexé à la loi d’orientation sur l’éducation du 10 juillet 1989.
8
Les évolutions du travail enseignant en Europe. Facteurs de changement, incidences et résistances. Christian
Maroy, Les Cahiers de Recherche en Education et Formation n°42, juillet 2005.
9
Cf. note 1.
8
Comme dans la plupart des pays industrialisés, le discours qui, en France, sous-
tend la politique éducative repose sur trois principes : autonomie des établissements, régulation
souple et projets pédagogiques portés par des équipes d’enseignants et centrés sur
l’apprentissage de l’élève. Mais ce discours ne s’est traduit que très partiellement dans les faits.
Le pilotage du système reste trop centralisé, l’autonomie des établissements trop faible et les
marges d’initiative des équipes pédagogiques pratiquement nulles. Les réformes initiées
impliquaient un changement en profondeur des organisations et des métiers (de l’enseignant, du
chef d’établissement, de l’inspecteur, de l’administrateur). Ces changements n’ont pas été
accompagnés et ils n’ont pas bénéficié d’une constance suffisante dans leur mise en œuvre.
Cette gestion du changement et cette constance ont d’autant plus fait défaut que les
résistances à toute évolution sont fortes. Le système éducatif doit en effet composer avec de
multiples partenaires qui ont chacun des représentations fortes sur ce que sont ses missions et
ce que doit être son organisation. Tout affaiblissement du pilotage centralisé et toute confiance
faite à des unités déconcentrées (académies, établissements, équipes pédagogiques), même
encadrées par des objectifs et un réel processus d’évaluation, sont perçus « comme un danger
pour le service public au sein duquel la concurrence et l’esprit de compétition pourraient finir
par l’emporter au détriment des usagers »10.
Les observations et les propositions du présent rapport s’appuient sur les constats
faits par la mission lors de ses entretiens, sur l’étude des données multiples, recueillies en
quelques semaines, grâce à la collaboration active de toutes les personnes sollicitées et, enfin et
surtout, sur les nombreux rapports de l’IGEN et de l’IGAENR qui ont analysé la plupart des
difficultés que rencontre le système éducatif et fait de nombreuses recommandations pour y
remédier. Ces observations et ces propositions s’inscrivent dans le mouvement de changement
des modes de régulation des systèmes d’éducation commencé en Europe depuis une quinzaine
d’années, mouvement cohérent, en ce qui concerne la situation française, avec les lois
d’orientation de 1989 et de 2005 et avec la loi organique sur les lois de finances.
10
Rapport au ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche n°2005-022,
L’expérimentation de la loi organique relative aux lois de finances dans les académies de Bordeaux et de Rennes,
avril 2005.
9
I. L’INVESTISSEMENT MASSIF DANS LE VOLUME D’HEURES
D’ENSEIGNEMENT N’A AMÉLIORÉ NI LA PERFORMANCE NI L’ÉQUITÉ
DU LYCÉE FRANÇAIS
A. Un constat préoccupant
a) Les grilles horaires des lycéens français sont parmi les plus chargées des pays
de l’OCDE
Maximum théorique
Moyenne observée FR
FR
Note : La moyenne observée tient compte des choix effectifs d’options des élèves et le maximum théorique
correspond à la somme des combinaisons autorisées réglementairement ; ils sont calculés sur une année de
36 semaines.
11
L’emploi du temps des élèves au lycée, IGEN, novembre 2001.
10
Tableau 2 : Descriptif synthétique de l’organisation horaire des enseignements au lycée
en Europe (synthèse des réponses reçues)
17 programmes nationaux,
e 2 500 points ou crédits à acquérir sur 3 ans, soit :
Suède 2 tiers 750 heures
2 200 heures sur 3 ans en voie générale
2 480 heures sur 3 ans en voie technologique
Enseignement modulaire, sur deux, trois ou quatre ans.
Finlande 1er tiers 713 heures Bac = 75 modules dont 47 obligatoires.
1 module = 3 séances de cours de 45 min
7 filières générales : lettres – langues / maths / économie /
Luxembourg 2e tiers 750 - 800 heures biologie/ sciences humaines / arts plastiques / musique
Nette spécialisation des enseignements
Le système estime le nombre total d’heures nécessaires
pour assimiler les matières du programme : heures de
Pays-Bas 1er tiers non comparable
classe, d’études personnelles à l’école, à la maison, en
groupe, au total 1 600 h ou 45 h par semaine.
Un tronc commun en classe de seconde
Chypre nd. 780 heures Un tronc commun partiel en 1e et terminale avec des
matières de spécialisation
Le second cycle du lycée distingue une filière scientifique
Italie 3e tiers 840 – 1 050 heures et classique
30 semaines de cours par an.
La seconde n’est pas incluse dans le lycée.
Le ministère de l’éducation définit entre 65 et 55 % des
Espagne 2e tiers 1 050 - 1 085 heures enseignements, le solde étant de la responsabilité des
Communautés Autonomes.
Année scolaire de 35 semaines
Horaires du lycée général
Danemark 1er / 2e tiers 774 h - 828 h Les variantes concernent les mathématiques et la langue
nationale.
Source : Enquête ad hoc effectuée en février 2006 auprès des postes diplomatiques ; rapport OCDE PISA 2003,
Apprendre aujourd’hui, réussir demain.
11
b) Alors que l’horaire du lycéen est resté stable, le nombre d’heures
d’enseignement a augmenté de façon importante
Les réformes des séries générales des lycées initiées entre 1990 et 2005 se sont
inscrites dans un environnement caractérisé par la complexification des épreuves terminales
du baccalauréat, la diversification de l’offre (notamment à travers la multiplication
d’options), la volonté affichée d’individualiser l’enseignement, le développement des temps
d’enseignement sur des objets pluridisciplinaires, et enfin par un abaissement du nombre
d’élèves par structures généré principalement par les dédoublements systématiques des
classes.
Tableau 3 : Évolution des horaires d’enseignement (élèves et professeur)
de la réforme des lycées en 1990 à la rentrée 2005
L’horaire élève, particulièrement chargé dès l’origine, a peu évolué en dépit d’une
croissance de l’offre d’options (+33% d’horaire d’enseignement proposé de 2000 à 2005). Cette
relative stabilité a été permise par des ajustements horaires principalement en défaveur des
langues vivantes (source : étude DEP sollicitée par la mission). Cette saturation horaire est
illustrée par le fait qu’en 2004 seulement 20% des élèves de première et 23% des élèves de
terminale choisissent une option facultative. Moins de 1% d’entre eux décident de suivre
deux options facultatives, malgré une prise en compte des seuls points supérieurs à la
moyenne au baccalauréat. (source : Repères et références statistiques, ministère de l’éducation
nationale, 2005).
12
La situation de l’enseignement technologique est différente dans la mesure où,
partant d’un volume horaire élevé, et ayant à faire face à la pression des options facultatives, des
arbitrages ont porté sur les enseignements technologiques et les sciences physiques. Des
réformes qui vont dans le sens des préconisations de ce rapport sont en cours de déploiement
pour la série Sciences et techniques de gestion (STG) ou en projet avancé, pour les Sciences et
technologies industrielles (STI), les Sciences et technologies de laboratoire (STL), et les
Sciences médico-sociales (SMS).
Tableau 4 : Évolution des horaires hebdomadaires du cycle terminal des filières technologiques
STI et SMS, de l’arrêté constitutif du 12 juillet 1982 à la rentrée 2005
12
Voir les rapports de l’IGEN, L’aménagement des rythmes scolaires à l’école primaire (janvier 2000) et
Organisation du temps scolaire dans le premier degré : les effets de la semaine de quatre jours (mai 2002).
13
A la notable exception près de l’expérience de « l’emploi du temps mobile » conduite, dans les années 1980, en
collaboration avec l’INRP, par certains collèges et lycées, expérience dont le caractère éphémère est révélateur.
14
L’emploi du temps des élèves au lycée, IGEN, novembre 2001, p. 3.
13
Dans le temps qui lui était imparti, il était impossible à la présente mission d’audit
de reproduire, à une échelle comparable, l’enquête de l’IGEN. Elle s’est toutefois entretenue
avec des panels d’élèves représentatifs de toutes les classes et filières de trois lycées de
catégories différentes, accueillant des publics aux profils scolaires et socioculturels divers et
contrastés. Les propos ainsi recueillis en 2006 ne diffèrent en rien de ceux sur lesquels
s’appuyait, il y a cinq ans, le rapport de l’IGEN. Les lycéens disent, toujours et encore, leur
impression de « saturation », leur sentiment de « pression ». En particulier, ils déplorent
l’incapacité de leurs professeurs à concevoir un calendrier qui répartirait de façon mieux
équilibrée la charge de travail personnel demandé, discipline par discipline. Ils évoquent le
problème récurrent des devoirs sur table et divers contrôles ou interrogations écrites qui
« tombent le même jour », tout particulièrement à l’approche des conseils de classe ou des
relevés de notes intermédiaires. Ils se plaignent des « trous d’emploi du temps », de la
concentration et de la juxtaposition des cours des matières dites « importantes » au sein des
mêmes plages horaires centrales de la journée et, de façon concomitante, ils regrettent la
relégation des enseignements « moins importants » en fin de journée, ou le mercredi, voire le
samedi matin.
Mérite d’être noté - comme l’ont noté en 2000-2001 les inspecteurs généraux de
l’éducation nationale - le fait que les lycéens soient pleinement conscients des facteurs de
tension qui pèsent sur l’organisation de leur semaine et la rendent incohérente et « pénible », ce
dernier adjectif revenant fréquemment dans leurs propos. Ils savent que les vœux personnels
d’emploi du temps de leurs professeurs sont une donnée déterminante qui, dans bien des cas,
passe avant le principe de répartition équitable tout au long de la semaine des heures de cours de
telle ou telle matière. Ils sont tout aussi conscients des répercussions de l’offre d’options et de
langues vivantes sur leur emploi du temps et identifient telle ou telle de ces options ou langues
vivantes comme la cause des « trous » induits pour ceux qui ne l’ont pas choisie.
Certes, la mission ne saurait prétendre tirer des entretiens qu’elle a eus avec un
échantillon d’une quarantaine de lycéens des conclusions d’ordre général. Elle a toutefois été
frappée, d’un établissement à l’autre et parfois au sein du même établissement, d’entendre ces
lycéens :
- décrire l’extrême diversité qui caractérise, selon les disciplines et les professeurs
concernés, l’organisation et l’utilisation des horaires d’enseignement en
« modules » ou en classes dédoublées ;
14
- décréter, pour certains, l’« inutilité » de l’éducation civique, juridique et sociale
(ECJS), pour d’autres, son caractère indispensable (cet écart résultant, de toute
évidence, des orientations et des objectifs fort différents que les professeurs
donnent à cet enseignement) ;
- révéler à quel point, en classe de seconde, l’utilisation faite des heures dites de
« soutien » (aide individualisée) est fluctuante et obéit à des critères et des
exigences difficilement identifiables par les bénéficiaires eux-mêmes.
Dans les trois établissements visités, c’est de façon unanime que les lycéens ont
condamné la présence – présence au demeurant fort aléatoire – à leur emploi du temps d’une
« heure de vie de classe » qu’ils jugent inutile, tant sa fonction et sa destination sont, elles aussi,
manifestement fort variables selon le professeur qui en est chargé.
Pour ce qui est de la classe de seconde, les élèves entendus par la mission ont
confirmé l’évidence du paradoxe selon lequel cette classe n’est pas une classe où l’on fait des
choix mais bel et bien un palier de préfiliarisation, les options dites « de détermination » étant
clairement, dans l’esprit des utilisateurs eux-mêmes, des options de prédestination : on demande
l’option « mesures physiques et informatique » (MPI) parce qu’on la perçoit comme la
condition pour être admis en première S ; on demande l’option « sciences économiques et
sociales » (SES) parce que l’on sait déjà que l’on n’est « pas assez bon en maths » pour
prétendre à la première S, etc. Se décline ainsi, dans le discours des lycéens, de haut en bas (de
la série S aux séries technologiques), toute l’échelle hiérarchique des représentations qui
s’attachent aux diverses filières. Telle qu’elle est actuellement organisée, la classe de seconde
est incontestablement le premier des verrous à forcer pour peu que l’on décide enfin de donner,
au-delà des formules incantatoires, une certaine réalité au principe de l’égale dignité des filières
d’enseignement.
Sur un plan plus général, se pose la question de ce vers quoi devrait tendre la
formation du lycéen en vue de sa poursuite d’études, au-delà du rite de passage et de l’horizon
obsessionnel du baccalauréat. Sur ce point, on pourrait reprendre mot pour mot ce qu’écrivait le
Conseil national des programmes dans ses Propositions sur l’évolution du lycée en novembre
1990 : « Outre les dangers qui en résultent pour l’équilibre de vie, une telle charge horaire ne
permet ni approfondissement réel, ni réflexion sérieuse. [...] C’est pourquoi, les élèves de
terminale, qui ne reçoivent pas de véritable éducation à l’autonomie, sont mal préparés à entrer
dans l’enseignement supérieur. »
15
« Une approche de la sélectivité et de l’attractivité des lycées généraux et technologiques à l’entrée en seconde »,
note Information DEP, n°05.36, décembre 2005. Voir également : « Les 390 façons d’être un lycée », note Évaluation
DEP, n°04.02, mars 2004.
15
Pour les lycées les plus prestigieux, les options semblent davantage faire partie
d’un acquis patrimonial ou d’un « standing d’établissement » que constituer les vecteurs d’un
véritable projet, porté de façon transversale et collective par l’ensemble de la communauté
pédagogique et éducative. Dans sa proposition de classification des 2 306 LEGT appartenant
aux secteurs public et privé, de France métropolitaine et des DOM, la DEP a identifié un
« groupe A » composé de 315 lycées particulièrement attractifs et/ou sélectifs. Faut-il s’étonner
que ce groupe de lycées se caractérise par « la sur-représentation des enseignements de langues
rares », un tiers [d’entre eux proposant] du russe et du chinois contre, respectivement, un
dixième et un vingtième pour l’ensemble des lycées, et par « une offre plus fréquente des
options spécifiques suivantes en seconde : latin, grec et options artistiques (96% des lycées de
ce groupe proposent du latin et 57% du grec contre 72% et 30% pour l’ensemble des
lycées) »16 ?
L’inégalité entre les usagers n’est pas moindre. Facteur d’opacité du système pour
les familles les plus démunies, le dispositif des options constitue au contraire un outil
stratégique pour les mieux informées, qui connaissent les codes et les règles du système. En
général urbaines, professionnellement et culturellement très favorisées, ces dernières savent
repérer, au moment crucial de l’entrée de leurs enfants en seconde, les enseignements optionnels
permettant de contourner la carte des sectorisations pour obtenir une inscription dans le
« meilleur » lycée, si possible et de préférence pour y intégrer la « bonne » classe et y préparer
l’accès à la série convoitée. C’est ainsi que certaines options en arrivent à être détournées de
leur vocation initiale.
16
Ibid.
16
Selon une récente étude de la DEP17, la pratique des cours particuliers payants
concerne bien davantage les lycéens (15%) que les collégiens (8,5%) et « reste très typée
socialement » : familles d’enseignants, de cadres, de chefs d’entreprise ou de commerçants. En
lycée, ces cours payants – qu’ils soient dispensés par des enseignants employés par des
organismes privés, par des enseignants travaillant à titre personnel ou par des étudiants –
dépassent nettement, en fréquence et en volume, la part de soutien offert au sein des
établissements scolaires ou pris en charge par des collectivités locales (environ 10%). Toujours
au niveau du lycée, près de 90% des usagers concernés déclarent avoir une appréciation positive
des effets des cours particuliers payants sur les résultats scolaires. Régulièrement, la presse fait
état du développement de ce marché du soutien scolaire18.
17
« Les aides aux devoirs en dehors de la classe », Note Information 06.04, février 2004, DEP, sur
[Link]
18
Au sein de ce marché, les succès commerciaux (et les stratégies publicitaires) des sociétés spécialisées sont
incontestablement portés par la mesure d’abattement fiscal de 50 % dont les contribuables peuvent bénéficier, sur la
base des rémunérations qu’ils versent et déclarent au titre des « emplois de services à la personne ».
19
« Le travail des élèves pour l’école, en dehors de l’école », Avis du HCéé n° 15, mai 2005, sur
[Link] . Voir, dans le rapport du même titre, rédigé par Dominique
Glasman en collaboration avec Leslie Besson, les pages 54 à 88, entièrement consacrées à une étude du phénomène
des cours particuliers, ses raisons, son histoire et sa sociologie :
[Link]
17
3. Les investissements consentis dans les volumes horaires n’ont pas permis
d’améliorer les performances des lycéens français
70
50
43,5
40
37,2 Baccalaureat
33,8 32,9 33,6 dont baccalaur eat général
32,2 32,6 32,6 32,3
30 29,4
27,9
25,9
20 20,1 19,8
18,6
16,7
10
0
1970 1980 1985 1990 1995 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004
Les performances réalisées sont moyennes dans l’ensemble : seizième rang sur
quarante en mathématiques, dix-septième rang en compréhension de l’écrit, treizième rang en
culture scientifique. Elles montrent une forte proportion d’élèves en situation de décrochage
(16,6% d’élèves dans les catégories -1 et 1 en mathématiques, 17,5% en compréhension de
l’écrit contre respectivement 6,8% et 5,7% en Finlande) et une faible proportion d’élèves au
niveau maximal (3,5% en France contre 6,7% pour le pays classé premier).
18
Tableau 5 : Performances* des élèves dans les pays de l’OCDE en mathématiques,
en compréhension de l’écrit et en sciences en fin de scolarité obligatoire
(classe de troisième et / ou classe de seconde, suivant les élèves)
Échelle de compétences ***
Rang**au
sein de -1 1 2 3 4 5 6 Score moyen
l’OCDE
Mathématiques : performance globale
3.5
France 5.6% 11% 20.2% 25.9% 22.1% 11.6% 511
16 %
6.7
Finlande 1.5% 5.3% 16% 27.7% 26.1% 16.7% 544
1 %
Compréhension de l’écrit
France 17 6.3% 11.2% 22.8% 29.7% 22.5% 7.4% 496
Finlande 1 1.1% 4.6% 14.6% 31.7% 33.4% 14.7% 543
Culture scientifique
France 13 - - - - - - - 511
Finlande 1 - - - - - - - 548
* Le rapport PISA traite également des méthodes et contextes d’apprentissage chez les élèves de 15 ans, d’après des
entretiens réalisés auprès de chefs d’établissement, mais les données françaises « ont été exclues à la demande du
pays concerné » (rapport, p.32).
** Le rang, sur un total de 40, est calculé d’après le pourcentage d’élèves de 15 -16 ans aux niveaux 2, 3, 4, 5 et 6.
*** Les six niveaux (cinq pour la compréhension de l’écrit) représentent une échelle des connaissances et
compétences exigibles chez les jeunes de 15-16 ans. Le premier niveau atteste qu’ils peuvent répondre à des
questions de cours et reproduire ce qu’ils viennent d’apprendre. Le niveau optimal est atteint lorsque les jeunes sont
en mesure de conceptualiser des notions complexes et de résoudre de véritables difficultés. Le niveau –1 indique que
les fondamentaux ne sont pas maîtrisés.
20
Évaluation des compétences en anglais des élèves de 15 à 16 ans dans sept pays européens, Réseau européen des
responsables des politiques d’évaluation des systèmes éducatifs, mars 2004.
19
c) Un investissement continu dans le volume horaire (multiplication d’options,
dédoublements de classe) alors que des études statistiques et pédagogiques
montrent les limites de ce levier
Sur le plan pédagogique, après avoir rappelé les efforts que le ministère de
l’éducation nationale a fait porter sur la réduction de la taille des classes à tous les niveaux du
système et notamment au lycée (divisions à plus faibles effectifs, lesquelles sont fréquemment
éclatées en sous-groupes), le premier avis rendu public par le Haut Conseil de l’évaluation de
l’école, en mars 2001, indiquait : « Il semble exister un effet positif – mais faible – sur les
progrès des élèves, effet observé presque uniquement dans les petites classes de l’enseignement
primaire ». En rappelant qu’il était important d’adapter en conséquence les pratiques
pédagogiques, le Haut Conseil concluait à l’invalidité de « la pratique de réduction de la
taille des classes au fil de l’eau ou délibérée, telle qu’elle a été réalisée ces dernières années
en mettant à profit la baisse démographique ».
Enfin, une étude du rectorat de Versailles réalisée en mars 2004, intitulée Options
en seconde et réussite scolaire, montre qu’il n’existe pas de corrélation entre le nombre
d’options offertes par un établissement et les résultats au baccalauréat de ses élèves. Au
contraire, dans les Hauts-de-Seine et l’Essonne, les établissements qui réussissent le mieux au
baccalauréat ont souvent un nombre d’options inférieur à la moyenne départementale.
21
Le terme structure désigne toutes les formations dans lesquelles sont dispensés les enseignements (classe, module,
groupes).
22
Marc Beudaert, 2001.
20
En intégrant le changement de méthode de calcul de la dépense intérieure
d’éducation intervenu en 1999, la dépense moyenne par lycéen a crû de 50% entre 1990 et
2004.
11000
10000
prix en euros 2004
9000
8000
7000
6000
5000
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
Légende : 1er cycle de l’enseignement secondaire (collège) : - - - - -
2nd cycle de l’enseignement secondaire général et technologique (lycée GT) : __ __ __
Ensemble du second degré (incluant le professionnel et l’apprentissage secondaire) : _______
Note : Un changement du périmètre du compte relatif à la dépense intérieure d’éducation est intervenu en 1999.
La mission aurait souhaité connaître l’évolution du coût moyen d’un lycéen par
niveau de formation et par série. Faute d’outil de comptabilité analytique, cette requête n’a pu
être honorée.
21
Tableau 7: Évolution de 1990 à 2005 du budget de l’enseignement scolaire, en M€
Note : En 1999, les crédits destinés à la rémunération de 60 000 emplois jeunes (162 M€) ont été inscrits sur le
chapitre des « crédits pédagogiques ». Le montant indiqué dans le tableau isole ce changement de périmètre.
En 2004, transfert des crédits destinés à la rémunération des 33 000 assistants d’éducation (492 M€) du
chapitre 31-97 (rémunération des enseignants) vers les crédits pédagogiques.
Tableau 8 : Dépense intérieure d’éducation (DIE) pour le second degré, en Md€ 2004
Contraint par une masse salariale particulièrement rigide, le ministère n’a que très
peu de marges de manœuvre pour accomplir ses missions nouvelles, porter et accompagner le
changement, moderniser les pratiques pédagogiques.
Une grille horaire du lycée lourde, coûteuse, rigide et peu performante : autant
d’enseignements qui se dégagent des constats établis. Les facteurs explicatifs de cette situation
sont tout aussi clairs : les défaillances du pilotage de l’offre laissent le champ libre aux
surenchères de la demande.
- et, pour les langues régionales, basque, breton, catalan, corse, créole, langues
d’Oc (auvergnat, gascon, languedocien, limousin, nissart, provençal, vivaro-
alpin), tahitien et langues mélanésiennes (4), mais aussi (en épreuves
facultatives), langues régionales d’Alsace, gallo, langues régionales des pays
mosellans.
23
b) La pression des usagers pousse à une extension maximale de l’offre
Dans les faits, le processus décisionnel n’est pas clairement défini et il n’existe pas
de foyer de cohérence ni d’instance de coordination bien identifiés. La mission pourrait
reprendre mot pour mot le constat établi par celle qui l’a précédée dans le cadre de l’audit de
modernisation sur l’organisation des examens lorsqu’elle signalait « un pilotage faible, marqué
par le cloisonnement entre “prescripteurs” et “gestionnaires” »23.
La réalité observée est celle d’un double réseau mal articulé : celui des pédagogues
d’une part, celui des gestionnaires de l’autre. La coexistence, à tous les niveaux, de ces deux
chaînes distinctes – la « chaîne fonctionnelle pédagogique » et la « chaîne hiérarchique
administrative » – empêche un véritable management et favorise les surenchères.
23
L’organisation des examens de l’éducation nationale, p.3, décembre 2005.
24
Dans ce champ mal maîtrisé en effet, un certain « patriotisme » disciplinaire peut
se donner libre cours. S’il est ouvertement porté par les associations de spécialistes, constituées
en groupes de pression et qui réclament une part toujours plus grande pour leur discipline, il
n’épargne pas les corps d’inspection, eux-mêmes organisés en groupes disciplinaires dont
chaque membre se montre, bien naturellement, soucieux de défendre et de promouvoir « sa »
discipline.
Sur le terrain, les innovations s’enlisent ou échouent dès lors qu’elles exigent un
minimum de mise en commun des enseignements et de souplesse dans l’organisation de ces
derniers. Ainsi en va-t-il de l’enseignement modulaire, des actions de soutien ou d’aide
individualisée, des travaux personnels encadrés (TPE)24 ou encore de l’enseignement par
« groupes de compétences » en langues vivantes. Ce dernier cas est intéressant. Préconisée
depuis cinq ans (circulaire d’août 2001), la nouvelle organisation, qui vise à faire entrer
l’enseignement des langues dans la logique du cadre européen commun de références pour les
langues (CECRL), en dépassant les notions de classe, de division, ainsi que le statut de LV1,
LV2, LV3, est l’exemple même d’une bonne réforme qui peine à se déployer.25
24
L’histoire récente des TPE, salués à leur apparition comme un réel progrès pédagogique, et désormais réservés à la
seule classe de première, montre d’ailleurs que les innovations sont les premières sacrifiées en situation de tension
budgétaire.
25
Seuls 52 lycées étaient, au 6 juin 2005, recensés par la DESCO comme étant engagés dans cette réforme. Voir liste
à l’adresse suivante : [Link]
25
Cette autorité reste à conforter. Le chef d’établissement, en particulier, doit pouvoir
s’appuyer sur le conseil pédagogique instauré par la loi d’orientation et de programme pour
l’avenir de l’école. Présidée par lui, cette instance « a pour mission de favoriser la
concertation entre les professeurs, notamment pour coordonner les enseignements, la
notation et l’évaluation des activités scolaires ». Or, elle tarde à se mettre en place26.
3. Le pilotage est effectué par les moyens et non par les objectifs et les résultats
- la démographie ;
- les caractéristiques territoriales telles que le poids des collèges accueillant moins
de 300 élèves implantés dans les communes rurales au sens de l’INSEE ;
- des critères de structure liés aux coûts différenciés des formations, aux taux de
remplissage des structures et à la fluidité des parcours.
Sur cette base est effectué un calcul des besoins théoriques d’enseignement qui
permet de déterminer l’écart par rapport à la situation réelle. La principale fonction de
l’administration centrale est donc de réduire les écarts entre la dotation théorique et la dotation
réelle (cf. annexe IV consacrée à l’analyse des dotations de base en 2004 et en 2005 et à la
situation relative des académies en moyens d’enseignement et de suppléance).
En premier lieu, elle est incompatible avec les dispositions de la loi organique sur
les lois de finances (LOLF) qui prévoient que sont associés aux crédits spécialisés par
programme « des objectifs précis, définis en fonction des finalités d’intérêt général, ainsi que
des résultats attendus et faisant l’objet d’une évaluation »28.
26
Cf. Le conseil pédagogique dans les EPLE, rapport de Ghislaine Matringe, IGEN, octobre 2005.
27
« Les principes de répartition des moyens dans le second degré public », note interne de la Direction de
l’enseignement scolaire (DESCO).
28
Article 7 de la LOLF.
26
Le programme d’action prioritaire du projet de loi de finances (PLF) 2006 sur
l’enseignement scolaire présente en apparence des objectifs et des indicateurs permettant de
mesurer la performance mais, par exemple, pour l’objectif n°1, « taux d’accès au
baccalauréat », les objectifs cibles et les indicateurs ne sont pas ou que partiellement renseignés
(7 indicateurs sur 15 n’ont ni objectif cible, ni information sur les performances passées ; 2 sont
incomplets et 1 ne comporte pas d’objectif cible) ; de même pour l’objectif n°2, « accroître la
réussite scolaire des élèves en zone difficile et des élèves à besoins éducatifs particuliers »,
3 indicateurs sur 4 ne comportent ni objectif cible, ni information sur les performances passées.
Pour certains indicateurs, le ministère signale que les informations seront disponibles pour le
PLF 2009 ou pour celui de 2010.
Ces objectifs et ces indicateurs n’ont pas été déclinés au niveau des académies et
des établissements de telle sorte que les moyens n’ont pu être affectés en fonction des objectifs
à atteindre par chaque responsable de budget opérationnel de programme (BOP).
L’administration centrale, et la DESCO en particulier, n’a pas tiré toutes les conséquences qui
s’imposaient de l’entrée en vigueur de la LOLF. Les décisions restent prises au niveau central,
des instructions d’emploi de moyens sont données en cours de gestion par la DESCO aux
académies. La marge d’initiative des recteurs reste faible en dépit des responsabilités
budgétaires qui leur ont été confiées. Les recteurs et les chefs d’établissement n’ont donc
aucune incitation à la performance, c’est-à-dire à l’optimisation de l’emploi des moyens en
fonction des résultats. Leurs principales préoccupations restent de gérer au mieux les moyens
dont ils disposent, moyens perçus comme de plus en plus rares compte tenu des rigidités qui
pèsent sur les conditions de leur emploi et des objectifs généraux de réduction de la dépense.
Une telle méthode a pour effet de perpétuer les défauts du système de gestion :
29
Avis sur le projet de programme « Enseignement scolaire public du second degré » du 11 juin 2004.
27
Enfin, et logiquement, l’évaluation des résultats demeure embryonnaire. Certes, la
DEP conduit des études macroscopiques. Dans les rectorats, divers indicateurs sont suivis
par les services statistiques et le service académique d’information et d’orientation (SAIO).
En outre, des évaluations sont réalisées par les inspections générales et les corps d’inspection
territoriaux, pour les premières, dans le cadre de l’évaluation de l’enseignement en
académies qu’elles mènent depuis 1998 (22 académies ont été étudiées à ce jour, 5 le sont
actuellement), pour les seconds, dans le cadre des évaluations d’EPLE qu’ils conduisent sur
initiative académique (inspections dites « croisées, globales, concertées, etc. »). Mais ces
évaluations prennent rarement en compte, faute d’indicateurs, la performance réelle de
l’établissement, des équipes et des individus.
Plus encore le système ne fait pas l’objet, comme par exemple au Royaume-Uni,
d’une évaluation externe portant sur sa structure, son fonctionnement et la performance de
ses acteurs. Cette insuffisance de l’évaluation du système éducatif a été très bien analysée
dans un rapport récent de l’IGEN et de l’IGAENR qui rappelait que :
Aujourd’hui, la mise en place de la LOLF et de la loi d’orientation a conduit la
DESCO à demander à la DEP de bâtir un dispositif d’évaluation des compétences de base
des élèves à la fin de l’école primaire. Travail délicat dès lors que les programmes
(notamment pour le second degré) ne sont pas systématiquement rédigés en termes de
compétences, que les compétences dites « de base » ne sont pas précisément définies et que
les contours du « socle » de fondamentaux demeurent encore flous […].
Les outils ne manquent pas ; ils sont au contraire pléthore. Mais certains sont trop
rudimentaires pour permettre d’apprécier les acquis des élèves. D’autres, plus pointus, et sans
doute plus adaptés, sont, en matière de pilotage, peu utilisés (et parfois ignorés) par une
administration plus préoccupée des évolutions structurelles que de l’évaluation des acquis dans
le système d’enseignement.
Par ailleurs, le comité interministériel d’audit des programmes avait déjà indiqué dans
son avis précité que : Au-delà de la mesure de l’activité des services qui est la mieux cernée, il
conviendra de progresser sur la mesure du résultat des élèves et sur les systèmes d’informations
‘ressources humaines’, notamment sur la mesure de la compétence professionnelle des
personnels enseignants et non enseignants. Là également, l’avis du CIAP ne semble pas avoir
été pris en compte par l’administration centrale du ministère de l’éducation nationale.
30
Les acquis des élèves, pierre de touche de la valeur de l’école ? rapport de l’ IGEN et de l’IGAENR, juillet 2005,
p. 29, sur [Link] .
28
II. UNE GESTION PLUS SOUPLE ET DECONCENTREE DE L’HORAIRE
PERMETTRAIT D’ATTEINDRE DES OBJECTIFS PEDAGOGIQUES ET
BUDGETAIRES PLUS EXIGEANTS
Les marges de manœuvre et les économies budgétaires dégagées par chacune des propositions
du rapport sont détaillées dans l’annexe III.
PRINCIPALES ORIENTATIONS
Allouer dès la rentrée 2007, les moyens d’enseignement aux académies et aux
établissements en fonction d’une première série d’objectifs pédagogiques et de gestion,
mesurés par une première liste d’indicateurs partagés et assujettis à une procédure
d’évaluation des résultats.
31
« Évaluation des compétences en anglais des élèves de 15 à 16 ans dans sept pays européens », Note Evaluation
04.01, mars 2004, DEP, sur [Link] .
29
La loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’Ecole fait de l’amélioration
de l’enseignement des langues vivantes une priorité nationale. La liste des mesures en cours de
réalisation et de celles qui sont envisagées et leur impact budgétaire sont présentés dans
l’annexe III.
L’un des axes majeurs du plan, l’allègement des effectifs par structure en
terminale et en première, a pour objectif de favoriser la pratique de l’oral en classe. Cette
mesure, présentée dans le rapport annexé à la loi, nécessite le recrutement de près de
6 000 enseignants ou assistants de langues supplémentaires entre 2006 et 2010. Le choix de ce
levier parmi d’autres possibles (effort sur la formation des professeurs, généralisation de la mise
en place de groupes de compétences linguistiques, modernisation des méthodes et des outils
pédagogiques) n’a pas fait l’objet d’études d’opportunité et de faisabilité. Il ne résulte pas d’une
préconisation du groupe des langues vivantes de l’IGEN, même si ce dernier se félicite de la
mesure. Dans le même temps, les modes d’évaluation des compétences linguistiques au
baccalauréat restent inchangés, à savoir, pour la quasi-totalité des candidats, des épreuves
écrites 32.
Faute d’un suivi en temps réel par le ministère de l’éducation nationale, la mission
n’est pas à même de dresser un bilan à mi-parcours de cette mesure d’allègement des effectifs
en terminale générale mise en œuvre à la rentrée 2005. Toutefois, une étude d’impact budgétaire
permet d’identifier les leviers à retenir pour financer les phases suivantes de ce dispositif
initialement prévu par la loi d’orientation.
Des discussions avec les équipes pédagogiques et avec le groupe des langues
vivantes de l’IGEN, d’une part, des simulations budgétaires réalisées par la mission, d’autre
part, il ressort qu’il serait nécessaire de redéfinir le seuil d’allègement des classes de
terminale et de première : l’application d’une mesure de ce type ne devrait pas avoir pour effet
de dédoubler automatiquement les classes au vingt-et-unième élève, mais devrait aboutir à la
composition de groupes de 20 élèves par structure, en moyenne.
32
La réforme de la série STG verra l’introduction, à compter de la session 2007 du baccalauréat correspondant, d’une
évaluation des candidats dans les domaines de la compréhension et de l’expression orales.
30
Il faudra veiller à ce que cette entreprise de réorganisation des enseignements de
langues soit en accord avec la réflexion qui devrait s’engager au plus vite au sein des
commissions académiques des langues vivantes : prévue pour octobre 2005, l’installation de ces
commissions n’est effective que pour quatre d’entre elles à la date de la rédaction du présent
rapport. Pour une mise en œuvre effective, durable et profonde des principes qui inspirent le
plan de rénovation de l’enseignement des langues, il y aurait intérêt, également, à tenir compte
des recommandations récemment formulées par l’IGEN et l’IGAENR en matière de pilotage, de
cohérence et de diversité de la carte des langues. On ne soulignera ici qu’une des conclusions
auxquelles les inspections générales sont parvenues en ce domaine : « [...] l’enseignement des
langues souffre globalement d’une absence d’évaluation, qu’il s’agisse de celle concernant les
compétences et les capacités des élèves ou de celle de l’ensemble des dispositifs particuliers
d’enseignement33».
La prise en compte des besoins particuliers des élèves a jusqu’à présent conduit le
ministère de l’éducation nationale à adopter des mesures générales, applicables sans
discrimination à tous les élèves. Ces mesures, comme on l’a vu précédemment, n’ont pas
apporté la preuve de leur efficacité. Sur la base du volontariat, des académies qui se sentent
prêtes à développer une approche qualitative innovante pourraient se voir dotées de moyens
globalisés permettant de financer des actions de soutien ou des études dirigées plus adaptées.
33
Pilotage et cohérence de la carte des langues, IGEN / IGAENR, avril 2005, sur
[Link]
31
3. Veiller à la qualité des processus de modification des grilles et des contenus
des enseignements : l’exemple de la réforme STG
Les économies de postes générées par la réforme (environ 400 ETP) devraient être
mesurables dès 2006 car elles concernent le niveau de première et faire l’objet d’un plan de
redéploiement et de recadrage des besoins de recrutement. Une évaluation de ces effets
budgétaires doit être faite à l’issue de l’année scolaire 2006, clôturant ainsi une première étape
de déploiement d’une réforme pertinente.
32
Cette démarche de qualité couvre le rôle du prescripteur, l’application d’une
méthodologie d’études d’opportunité et de faisabilité pédagogique et budgétaire, le respect de
jalons incluant des évaluations régulières de l’attractivité de la filière et de ses équilibres
financiers.
Les enjeux de cette réforme sont d’abord pédagogiques : élargir le champ des
possibilités de poursuite d’études supérieures, simplifier les séries en les rendant plus lisibles
par les élèves, actualiser les contenus et consolider l’approche de la voie technologique qui
valorise le caractère concret des enseignements.
Il semble que le point de blocage soit le financement des moyens matériels dans les
lycées, dont l’estimation par l’IGEN à 80 M€ sur trois, voire quatre années représente un effort
financier important. Une contre-expertise fine des besoins d’investissement par série et
spécialités pourrait être confiée, dans un délai très réduit, à un cabinet d’audit indépendant, afin
de valider les estimations du ministère de l’éducation. Sur cette base un plan de financement
pourrait être présenté dans le cadre du PLF 2008.
5. Engager le ministère, dès la rentrée 2007, dans un pilotage par les objectifs et
les résultats
33
Une fois cette démarche initiée, il reviendra aux directions centrales et aux
rectorats de l’enrichir par une réflexion partagée sur les objectifs nationaux et académiques à
retenir, sur le choix des indicateurs les plus pertinents et les méthodes d’évaluation les plus
robustes et les moins coûteuses. Une approche contractuelle pourrait alors être envisagée, avec
un horizon pluriannuel.
Dans son avis du 11 juin 2004 sur le projet de programme « enseignement scolaire
public du second degré », le comité interministériel d’audit des programmes avait consacré
d’importants développements aux questions du pilotage du programme (confié au Directeur de
l’enseignement scolaire) et à sa déclinaison dans la gestion interne des services chargés de sa
mise en œuvre.
Le fait d’allouer des moyens d’enseignement aux académies sur une base qui est
restée horaire, convertie en ETP, montre que la gestion déconcentrée de la masse salariale est
un chantier qui n’est pas encore maîtrisé par le responsable du programme.
B. Piloter le système éducatif par les objectifs en faisant davantage confiance aux
académies et aux établissements
PRINCIPALES ORIENTATIONS
34
Concevoir dans sa globalité et son annualité l’horaire de l’élève, en prenant en
considération non seulement les heures d’enseignement en classe, mais aussi les temps de
préparation et d’approfondissement personnels. Le lycée public devrait se réapproprier ce
temps de travail personnel, sauf à renoncer à sa finalité sociale.
Une approche plus flexible du temps autorise une gestion plus efficace et
moins coûteuse des difficultés scolaires et notamment du redoublement. La classe de
seconde, particulièrement affectée par ce dysfonctionnement, pourrait initier le
changement et bénéficier par ailleurs de mesures de rationalisation de son offre d’options.
L’année scolaire française est particulièrement réduite, notamment par la durée des
vacances estivales. Cette rupture, l’une des plus longues en Europe, introduit des pertes de
savoirs et de méthodes et oblige souvent les enseignants à reprendre une large partie du
programme du niveau précédent lors de la rentrée de septembre.
35
2. Redonner toute sa place au travail personnel de l’élève dans le cadre scolaire
en plafonnant l’horaire annuel de classe du lycéen
Pourtant, en posant cette contrainte sur l’horaire de classe, on redonne toute son
importance au travail personnel : aujourd’hui peu encadré ou structuré, très sensible à
l’environnement socio-économique de l’élève, il creuse les écarts au détriment des plus
défavorisés. Il semble important pour la mission que l’école se réapproprie cette
composante essentielle de la formation et ne l’externalise plus.
Cette gestion souple de l’horaire a été expérimentée dans les établissements publics
(cf. supra travaux d’Aniko Husti, ancien membre du conseil national des programmes) et donne
actuellement des résultats intéressants dans certains établissements pilotes privés qui pratiquent
l’horaire mobile ou aménagé.
Il est à cet égard intéressant de constater que les systèmes éducatifs les plus
performants assurent aux lycéens des plages horaires suffisantes pour un travail personnel
approfondi, souvent au sein de l’établissement et sous l’encadrement de l’équipe pédagogique et
que l’horaire de référence y est annuel. Aux Pays-Bas, par exemple, le dispositif appelé
« Maison d’études » se fonde sur un nombre d’heures dont l’élève a besoin pour assimiler une
matière, à travers des enseignements magistraux, des études personnelles (individuelles et en
groupe) dans l’établissement et à la maison.
36
Le choix de ces plafonds est motivé par une reconstitution de ce que devrait être
une charge équilibrée du travail du lycéen en fonction des niveaux et des filières, soit
1 400 heures annuelles (horaire annuel de classe + travail personnel estimé entre 400 et
500 heures en séries générales, à 300 heures en séries technologiques). Il permet de donner toute
sa place aux études dirigées et au soutien individuel. Il s’inspire directement des exemples
étrangers les plus performants.
Le rôle de l’Etat prescripteur doit se concentrer sur les définitions des filières, des
séries, des programmes d’enseignement. Il doit en outre renforcer et préciser son niveau
d’exigence sur les objectifs et les évaluer avec rigueur. Il doit savoir confier aux recteurs, aux
chefs d’établissements et aux équipes pédagogiques la responsabilité d’opérateurs et la gestion
de la contrainte coût / efficacité.
Dans cette perspective, ne réglant plus au quart d’heure près les volumes horaires
de l’ensemble des enseignements, le ministère de l’éducation nationale pourrait fixer, pour
chaque niveau et série, un seuil minimal obligatoire par discipline constitutive du parcours de
formation, que ces disciplines soient obligatoires ou optionnelles (option A). Ou bien fixer un
seuil minimal obligatoire pour les seules disciplines obligatoires et déléguer une enveloppe
globalisée de moyens aux équipes déconcentrées (option B) pour donner corps à leur projet
d’établissement (options facultatives choisies sur une liste nationale, allègements de structures,
soutien, études dirigées, ateliers de langues, etc.).
Le risque encouru est de voir certains projets d’établissement limiter leur ambition
à l’emploi des enseignants existants et solliciter des moyens supplémentaires pour développer
leurs innovations. Le rôle du conseil d’administration de l’établissement (où sont notamment
représentés les parents), celui du futur conseil pédagogique comme celui des services rectoraux
sera déterminant pour valoriser les projets équilibrés et empêcher les dérives. La forte contrainte
budgétaire centrale mettra, en toutes hypothèses, le système en mouvement.
Exemple d’un référentiel horaire de la classe de seconde générale et technologique
(Option A)
Rentrée 2007
Français 100 heures
Histoire et géographie 80 heures
2 langues vivantes 140 heures
Mathématiques 100 heures
Sciences physiques 70 heures
37
Sciences de la vie et de la Terre 40 heures
ECJS 10 heures
EPS 70 heures
1 option de détermination 70 heures
1 option facultative 70 heures
Sous-total 750 heures
Total 900 heures
Rentrée 2008
Sciences économiques et sociales 140 heures
Histoire et géographie 100 heures
2 langues vivantes 140 heures
Mathématiques 100 heures
Enseignement scientifique 40 heures
ECJS 10 heures
EPS 70 heures
1 enseignement obligatoire au choix 70 heures
Travaux personnels encadrés 70 heures
Sous-total enseignements
740 heures
obligatoires
Sous-total déconcentré 210 heures
Total 950 heures
Dans ce cas de figure, plus de 20% de l’horaire est laissé à l’appréciation des
équipes administratives et pédagogiques.
La mission ne peut que reprendre à son compte l’une des principales conclusions
du rapport de juillet 2005 de l’IGEN et de l’IGAENR intitulé Les acquis des élèves, pierre de
touche de la valeur de l’école ? :
La mission d’audit recommande donc que soient mises en œuvre sans délai les
propositions de ce rapport des inspections générales.
Une nouvelle approche des horaires permet de répondre, au moins en partie, aux
problèmes spécifiques de ce niveau.
Dans son avis n°14 de décembre 2004, le Haut Conseil de l’évaluation de l’école
(Hcée), se fondant sur des travaux d’experts et sur des comparaisons internationales, observait
que le redoublement est lié à une « conception rigide et uniforme du rythme des
apprentissages ». Selon lui, loin de représenter une chance pour les élèves, le redoublement
« leur est généralement nuisible du point de vue de leurs progrès cognitifs, de leur motivation à
l’égard de l’école et de leur orientation ». Il est en outre souvent inéquitable : si ce sont bien les
élèves les plus faibles d’une classe qui redoublent, cette « faiblesse » est relative au niveau
d’ensemble de la classe qu’ils fréquentent.
34
Voir Éducation et formation n° 70, décembre 2004.
39
Un ajustement des rythmes et des contenus d’enseignement doit pouvoir être
organisé, avant la « sanction » du conseil de classe du troisième trimestre. Une détection
précoce des situations fragiles permettra aux équipes enseignantes de s’adapter et de mettre en
place des solutions de soutien.
Ce problème est identifié au sein du ministère ; il existe (conçus par l’IGEN, par
exemple) des projets détaillés de simplification et de regroupement des options de détermination
qui prévoient un recentrage progressif sur 8 options au lieu de 16 actuellement. Cette
simplification touche notamment les options technologiques, qui pourraient être modernisées et
simplifiées dans le même mouvement de réforme concernant le cycle terminal mentionné supra.
40
6. Organiser en département, dans chaque établissement, l’enseignement des
langues vivantes
Pour ce qui est de la future mesure des acquis des élèves en langue étrangère, seul a
été fixé pour l’instant un niveau en fin de scolarité obligatoire, l’indicateur de performance
retenu étant le niveau B1 de l’échelle du CECRL35. Mais il est à noter qu’aucun objectif chiffré
n’a encore été arrêté. Quant à la fin de la scolarité en lycée, entré en vigueur à compter de la
présente année scolaire 2005-2006, le nouveau programme de l’enseignement des langues
vivantes en classe terminale des séries générales et technologiques36 propose, dans son « Cadre
général », un tableau de « niveaux attendus » – niveaux variables (A2, B1, B2, C1) selon la
compétence (compréhension de l’oral, interaction orale, expression orale, compréhension de
l’écrit, expression écrite) et selon la traditionnelle distinction entre LV1, LV2 et LV3 (une
distinction qui serait en passe de devenir obsolète dans l’organisation des apprentissages). Au
niveau du cycle terminal du lycée comme à celui de la fin de scolarité obligatoire, se posera à
très court terme la question des objectifs chiffrés. Se posera en outre celle du lien entre
certification et baccalauréat. Les deux référentiels peuvent-ils coexister ? Sont-ils
superposables ? L’un ne risque-t-il pas de l’emporter sur l’autre ? Faut-il davantage les faire
correspondre, au-delà du tableau à géométrie variable placé en exergue d’un programme tout
récemment rénové ?
35
A savoir « utilisateur indépendant, niveau seuil », capable de comprendre les points essentiels quand un langage
clair et standard est utilisé à propos de choses familières dans le travail, à l’école, dans la vie quotidienne.
36
BO hors-série n°5 du 9 septembre 2004.
41
Ce n’est pas seulement en allégeant les effectifs qu’un tel objectif sera atteint mais
en faisant porter l’effort sur les méthodes d’enseignement : constitution de groupes de
compétences linguistiques ; utilisation intensive et souple des laboratoires de langues, des salles
multimédia, des « espaces langues » ; organisation d’ateliers de pratique de la langue ; demi-
journées ou journées, voire semaines d’« immersion linguistique » ; collaboration entre les
différentes langues enseignées dans l’établissement autour de la gestion du temps, des
méthodes, des thèmes transculturels ; réflexion sur l’exposition des élèves aux langues et
cultures étrangères en dehors du temps et du cadre scolaire, etc.
42
CONCLUSION
L’organisation horaire des enseignements ne peut pas être abordée uniquement sous
l’angle technique. Certes, des améliorations peuvent être apportées à l’organisation actuelle. Ce
rapport en propose principalement deux, l’une, aller jusqu’au bout des logiques qui sous-tendent
le plan de rénovation de l’enseignement des langues (en particulier, création dans chaque lycée
d’un département des langues et organisation de la formation linguistique des lycéens par
groupes de compétences) et, l’autre, préférer au dédoublement systématique des classes une
allocation d’heures pour organiser les enseignements selon les formules les plus adaptées aux
besoins des élèves dans chaque établissement.
Le baccalauréat, dans sa forme actuelle, ne peut plus être considéré comme un outil
satisfaisant d’évaluation des acquis des élèves. Le taux d’échec dans les premières années
universitaires de ceux qui ont obtenu ce diplôme montre que les compétences acquises sont, au
moins dans certaines filières, insuffisantes. L’une des raisons de cet état de fait est que les
programmes d’enseignement ne définissent pas de façon suffisamment précise les objectifs à
atteindre en termes de compétences à maîtriser à la fin du second cycle et que l’examen
n’évalue pas les acquis réels, tels qu’un récent rapport des inspections générales de l’éducation
nationale les a clairement définis. 38
Ces difficultés sont bien identifiées tant en interne par les différents corps d’inspection
qu’en externe par les nombreux chercheurs qui s’intéressent aux politiques d’éducation mais
leurs propositions sont rarement mises en oeuvre en raison des résistances que rencontre toute
tentative de changement du mode de régulation du système éducatif.
37
Au collège, par exemple, un arrêté de 1984 organisant les classes de sixième et de cinquième avait introduit dans
l’horaire une marge de souplesse en créant, à côté des horaires fixés pour chaque discipline (pour un total de 22h30),
3h laissées à la libre affectation des établissements. Dans les faits, ces heures ont rapidement été reconquises, à
travers le choix même des collèges, par les trois disciplines jugées « majeures » (français, mathématiques, LV1).
38
Les acquis les élèves, pierre de touche de la valeur de l’école ? IGEN / IGAENR, juillet 2005.
43
Confrontés à la complexité croissante des demandes qui sont adressées à leur système
d’enseignement, de nombreux pays dans le monde en ont fait évoluer les modalités de pilotage.
Selon le chercheur Christian Maroy, « on assiste, depuis quinze ans dans les pays industrialisés,
à des changements de modes de régulation des systèmes d’éducation dans au moins trois
directions : le pilotage du système, la conception de l’établissement et la « professionnalité »
des enseignants »39.
Au pilotage par les normes et procédures qui était la règle jusqu’à la fin des années
1980, les pouvoirs publics ont décidé que devait être substitué un pilotage par les objectifs et les
résultats, orientation mise en œuvre dans la plupart des pays industrialisés mais qui reste
fortement contestée dans notre pays.
Il s’agit d’une contestation idéologique de la part de ceux qui assimilent un pilotage
par les objectifs et les résultats à des « méthodes et des valeurs surtout présentes dans l’univers
privé42 ». Dans un plaidoyer pour la confiance qu’il faudrait accorder aux enseignants, Jean-
Pierre Obin, inspecteur général de l’éducation nationale, écrit à propos du pilotage par les
résultats et les objectifs : « Nous visons-là l’hégémonie actuelle, notamment dans la fonction
publique, du paradigme systémique et d’une sociologie des organisations fascinée par le modèle
de l’entreprise ». Et, pour marquer la spécificité qu’aurait l’éducation au sein du service public,
Jean-Pierre Obin écrit par ailleurs : « La systématisation, dans la fonction publique, de la culture
d’objectifs et de résultats a sans doute été une bonne chose, mais s’est-on jamais interrogé sur la
pertinence de son transfert à l’éducation ? »
39
Les évolutions du travail enseignant en Europe. Facteurs de changement, incidences et résistances. Christian
Maroy, Les Cahiers de Recherche en Education et Formation n°42, juillet 2005.
40
Chronologie tirée de Enseigner, un métier pour demain, Jean-Pierre Obin, rapport au ministre de l’éducation
nationale, mars 2002.
41
Ibid.
42
Christian Maroy, [Link].
44
du service public, un service public qui garantisse à chacun un accès équitable à l’éducation –
enjeu d’autant plus important qu’il s’agit, pour les auteurs du présent rapport, de redonner sa
place au sein du service public d’éducation à ce temps de l’étude individuelle et à cet
accompagnement du travail personnel de l’élève qui sont de plus en plus abandonnés à une
sphère par nature bien mal partagée, la sphère privée du milieu familial et des entreprises de
soutien scolaire.
En dépit de ces évolutions, l’organisation du travail des enseignants n’a guère évolué
depuis deux siècles. Si certains aspects de ce métier sont demeurés stables, d’autres plus
nouveaux sont apparus : on n’attend plus uniquement des professeurs qu’ils s’adaptent à
l’évolution des connaissances dans les domaines techniques, psychologiques et pédagogiques
mais on leur demande de s’impliquer davantage dans des tâches administratives et de gestion
scolaire, d’utiliser les technologies de l’information et de la communication, de promouvoir les
droits humains et l’éducation civique et de former les élèves à apprendre tout au long de leur
vie. « Être un bon professeur n’est dès lors pas seulement un composé de connaissances et
d’habiletés professionnelles, mais aussi une capacité d’empathie et de relation 43 ». De plus, la
distinction entre établissements difficiles et établissements favorisés a amené plusieurs auteurs à
formuler l’hypothèse selon laquelle on assisterait à une différenciation des conditions d’exercice
du métier d’enseignant, voire à l’apparition de métiers pratiquement différents. Interrogés sur
les grandes évolutions qui ont marqué la profession depuis leurs débuts, les enseignants qui ont
quinze à vingt ans de métier citent de façon unanime des élèves plus difficiles, puis
l’accumulation des tâches, une image sociale dégradée et un défaut de reconnaissance par
l’institution44.
Par ailleurs, le pilotage par les objectifs et les résultats est perçu uniquement sous
l’angle de l’efficacité et des injonctions adressées aux agents pour les amener à cette efficacité,
non sous l’angle du projet et de la liberté qu’il donne. Ce nouveau mode de régulation, qui
accorde une plus large place à l’autonomie des établissements, est souvent vécu,
paradoxalement, comme une atteinte à la liberté de pratiques professionnelles individuelles,
remises en cause par la nécessité d’un plus grand travail en équipe et d’une redéfinition du rôle
d’encadrement des chefs d’établissement.
Les changements nécessaires pour obtenir une amélioration de la performance ne
pourront pas faire l’économie d’une prise en compte de ces objections. Créer les conditions de
ces changements en traitant les obstacles réels que constituent ces appréhensions est au moins
aussi important que de mettre au point telle ou telle nouvelle réforme qui se limiterait au champ
technique de l’organisation.
Ces considérations ne sont pas secondaires car la mission partage l’une des
conclusions du rapport Enseigner, un métier pour demain selon laquelle le principal gisement
de productivité de l’éducation nationale ne se situe sans doute pas dans des mesures politiques
ou techniques (réduction des dédoublements, réduction des heures enseignées, transfert des
emplois ou annualisation des services des enseignants) mais dans le degré de mobilisation des
établissements. Encore faut-il pour cela que tous les partenaires du système éducatif acceptent
de sortir de leurs postures institutionnelles pour avoir une réflexion dépassionnée sur les
objectifs et l’évaluation des résultats, en un mot sur la performance du système.
43
Is the effective compromising the affective?, E. Mc Ness, P. Broadfoot et M. Osborn, British Educational Research
Journal, 29, 2, 243-257, cité par Christian Maroy.
44
Enseigner, un métier pour demain, Jean-Pierre Obin, rapport au ministre de l’éducation nationale, mars 2002.
45
A Paris, le 10 avril 2006
46
RÉPONSE DU MINISTÈRE
ET OBSERVATIONS DE LA MISSION
47
Paris le 9 octobre 2006
Je vous prie de bien vouloir trouver, dans le document ci-joint, les observations que
les différentes propositions du rapport appellent de ma part. Ce document vous est
simultanément adressé sous forme électronique.
48
Observations du ministère de l’éducation nationale,
de l’enseignement supérieur et de la recherche
relatives au rapport d’audit sur la grille horaire des enseignements
2/7
au lycée général et technologique
Cette proposition, qui consiste à financer le nouveau besoin par la suppression des
groupes de moins de quinze élèves, risquerait de conduire à la disparition de
l’enseignement de toutes les langues, à l’exception de l’anglais et de l’espagnol.
Par ailleurs, la France, dans sa relation privilégiée avec l’Allemagne, s’est donné pour
objectif de développer l’apprentissage de l’allemand. Deux indicateurs de performance
ont été créés en ce sens dans les programmes du premier et du second degrés. La
décroissance de la demande des familles risquerait d’avoir un effet négatif pour
l’apprentissage de cette langue.
La fixation d’un seuil limite mérite un examen. Depuis plusieurs rentrées scolaires, les
recteurs d’académie, dans un souci de retour à l’équilibre budgétaire, se sont montrés
défavorables à la constitution de groupes d’élèves restreints, sans toutefois aller
jusqu’à définir un seuil limite.
1
Stratégie de Lisbonne 2000, Sommet de Barcelone 2002, notamment.
49
Proposition relative aux séries technologiques
Cette proposition, qui consiste à allouer les moyens aux académies et aux
établissements en fonction de leurs objectifs et non de leurs besoins, nécessite un
examen complémentaire.
1
Décret n° 2006-572 du 17 mai 2006 fixant l’organisation de l’administration centrale
du ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche
50
4/7
Proposition relative à l’amplitude effective de l’année scolaire
Les propositions formulées sont à l’étude. Elles s’intégreront dans une réflexion plus
générale conduite par le ministère sur le sujet.
*
* *
51
Observations de la mission en cours
52
ANNEXES
53
SOMMAIRE DES ANNEXES
54
ANNEXE I :
LETTRE DE CADRAGE
55
56
57
58
ANNEXE II :
59
Administration centrale du ministère de l’éducation nationale
Cabinet du ministre
60
Inspections générales
Rectorats
Rectorat de Limoges
M. le Recteur Patrick Hetzel
M. Jean-Marie Pelat, secrétaire général
M. Raymond Blanchon, chef de la division des moyens et de l’organisation scolaire (DIMOS)
Mme Gisèle Soleilhavoup, DIMOS 1 (organisation scolaire et moyens du 2nd degré public)
M. Joël Ravaille, chef du département d’analyse de gestion et d’administration de données
Mme Martine Linol, IA-IPR d’anglais, coordinatrice académique pour les langues vivantes
Rectorat de Versailles
M. le Recteur Alain Boissinot
M. Xavier Turion, secrétaire général
Mme Line Boursier, secrétaire générale adjointe
61
Rectorat de Rennes
M. Bernard Pouliquen, secrétaire général
Mme Marie-Claire Garçon, secrétaire générale adjointe
Mme Isabelle Amara, chef de la division de l’organisation scolaire (DOS)
M. Jean-Pierre Malenfant, DOS 1 (moyens d’enseignement des établissements publics)
Mme Marie-Jeanne Robin, DOS 2 (moyens des établissements scolaires privés sous contrat)
Mme Françoise Le Corvec, DOS 3 (structures pédagogiques des établissements publics et privés)
M. Philippe Ermenault, chef du service des études, de la prospective et du pilotage
Académie de Paris
Académie de Rennes
62
Académie de Créteil
PEEP
Mme Josette Daniel, présidente
M. Christophe Lambolez, secrétaire général adjoint
UNAPEL
M. Eric Raffin, président
M. Christophe Abraham, délégué national
Organisations syndicales
Mme BARBIER, déléguée nationale, SE-UNSA
Mme BRUNET, secrétaire générale, SN-FO-LC
M. FAYEMENDY, secrétaire national, SNEP-FSU
M. FOUQUET, secrétaire national, SNEP-FSU
M. FOURGEAUD, secrétaire national, SNUEP-FSU
M. GAUTHERON, secrétaire national, UNSEN-CGT
M. HUBERT, secrétaire national, SNES-FSU
Mme KREPPER, conseillère technique, SE-UNSA
M. LAGE, secrétaire national, SNETAA
M. PARIS, secrétaire national, SN-FO-LC
Mme PERRET, secrétaire nationale, UNSEN-CGT
Mme PIECUCH, SGEN-CFDT
M. PORTZER, secrétaire national, SNALC-CSEN
Mme ROLET, co-secrétaire générale, SNES-FSU
M. TRILLON, secrétaire national, SGEN-CFDT
63
ANNEXE III :
64
I. ESTIMATION DE L’IMPACT BUDGETAIRE DES MESURES NOUVELLES PREVUES PAR
LA LOI D’ORIENTATION ET DE PROGRAMME POUR L’AVENIR DE L’ECOLE DU
23 AVRIL 2005
A. Hypothèses initiales
1. La loi d’orientation affiche une mobilisation de moyens significative
La loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école du 23 avril 2005 contient en
elle-même peu de mesures ayant un impact direct sur les finances publiques ; elle renvoie à un rapport
annexé plus détaillé qui a fait l’objet d’une invalidation par le conseil constitutionnel (décision 2005-
512DC du 21 avril 2005). Même si ce rapport représente toujours un référentiel pluriannuel important
pour la mise en œuvre de la loi, il est triplement affecté par cette invalidation juridique, le principe
d’annualité budgétaire et le caractère macroscopique de ses chiffrages.
L’étude des documents de préparation de la loi d’orientation et des conférences
budgétaires permet néanmoins d’obtenir les ordres de grandeur suivants pour le programme couvrant
l’enseignement scolaire secondaire public et privé.
Tableau 1 : Estimation par le ministère de l’éducation nationale du coût en emplois
et en crédits des mesures de la loi d’orientation du 23 avril 2005
2006 2007 2008 2009 2010 2006-2010
Coût en ETP
Contrat individuel de 12 140
12 140 - - - -
réussite collège
Apprentissage 112 112 112 112 112 560
2e LV en 5e 3 220 - - - - 3 220
Allègement des groupes 2 505
2 166 339 - - -
LV en Term.
Allègement des groupes 4 522
- - 3 174 1 348 -
LV en 1ère
Total 17 638 451 3 286 1 460 112 22 947
Coût en crédits en M€
Contrat individuel de 400
400 - - - -
réussite
Apprentissage 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 1,5
2e LV en 5e 98 - - - - 98
Allègement des groupes 88
88 - - - -
en terminale
Allègement des groupes 137
- - 96 41 -
en 1ère
Bourses au mérite 24 17 17 0 0 58
Mesures catégorielles 430 62 0 0 0 492
Total 1 040,3 79,3 113,3 41,3 0,3 1274,5
Source : Direction des affaires financières du ministère de l’éducation nationale.
Note : Ces chiffrages n’incluent pas les mesures couvrant l’école primaire (10 000 ETP), le plan Technologies de
l’information (4 M€), le programme vie scolaire (1 520 ETP, 223 M€), les classes relais et UPI (3 500 ETP et 145 M€).
65
Dans le cadre des discussions budgétaires relatives au projet de loi de finances 2006, ont
été présentées par le ministère de l’éducation nationale les mesures suivantes :
Tableau 2 : Projet de budgétisation des mesures de la loi d’orientation
du 23 avril 2005 présenté par le ministère de l’éducation nationale
66
2. Retraitement de l’estimation des besoins budgétaires du plan de rénovation de
l’enseignement des langues vivantes
Partant du constat selon lequel les mesures de financement des programmes personnalisés
de réussite éducative devraient être couvertes par une réallocation de moyens déjà existants au sein du
système (RASED), assimilable à un changement de périmètre, et que le financement du plan
« Ambition Réussite » serait couvert par la reprise d’une heure d’enseignement non affectée aux
collèges (30 minutes en cinquième, 30 minutes en quatrième), la mission a concentré ses efforts sur les
conditions de financement du plan de rénovation de l’enseignement des langues vivantes.
Ce plan illustre les tensions au sein d’un système qui souhaite évoluer, sous la pression
des tests et référentiels internationaux, vers la performance et les dysfonctionnements chroniques de sa
structure :
a) Davantage de moyens, mais des jalons et des objectifs encore imprécis
Alors que sur l’ensemble de leur scolarité, les élèves français bénéficient de 882 à
972 heures de langue vivante 1 et de 450 heures de langue vivante 2 (source Repères et références
statistiques, 2005), les tests internationaux montrent que leurs compétences, notamment à l’oral, ne
sont pas satisfaisantes (voir rapport central tableau n°6).
Le plan de rénovation consacre des innovations majeures, comme l’adoption du cadre
européen commun de référence pour les langues (CECRL), mais bloque une nouvelle fois sur la
question de la pédagogie et des méthodes, comme l’atteste la lenteur avec laquelle se mettent en place
les enseignements par groupes de compétences, pourtant proposés dès 2001 et, depuis, régulièrement
encouragés par chaque circulaire de rentrée ; il met donc l’accent sur l’allègement des structures
(mesure coûteuse en heures professeurs), nécessaire en anglais et en espagnol (voir tableau infra), mais
dont l’efficacité dépendra surtout de la capacité des enseignants à saisir cette opportunité pour
développer les capacités des élèves à s’exprimer et à communiquer. Sans réformer les épreuves finales
du baccalauréat qui, pour l’immense majorité des candidats, évaluent uniquement des compétences
écrites, le système risque cependant de ne pas progresser au niveau espéré.
Tableau 3 : évolution du nombre d’élèves par structure en langue vivante :
France métropolitaine + DOM - Public
67
Pour les lycées, le calcul est effectué sur la base d’une photographie des compositions de
structures supérieures à 20 élèves sur l’année 2004.
Tableau 4 : Carte des langues en première et terminale générale et technologique
TERMINALE
Structures inf. à 15 élèves 9 696 6 142 3 454
De 15 à 20 élèves 4 396 4 137 2 472
Supérieures à 20 élèves 6 495 7 097 8 788
PREMIERE
Structures inf. à 15 élèves 9 409 6 097 3 700
De 15 à 20 élèves 5 027 4 010 2 388
Supérieures à 20 élèves 5 797 7 943 8 642
68
Les mesures d’accompagnement de la réforme paraissent sous-estimées à la mission
sur les sujets de la formation des enseignants, du financement des certifications offertes aux
élèves à partir de 2007 et des opérations « Ecole ouverte en langues ». Le recrutement des
assistants de langue se heurte à des contraintes matérielles d’organisation et de délais. 670 assistants
de langues devaient être recrutés en 2005, 830 à la rentrée 2006, soit une croissance en deux ans de
25 % de l’effectif total.
Un pilotage paraît insuffisamment exigeant comme l’attestent les deux exemples
suivants :
- en mars 2006, il n’est pas possible de connaître l’application de la circulaire de rentrée 2005 sur
l’allègement des groupes de première langue en terminale générale ;
- les commissions académiques des langues vivantes étrangères devaient en principe être toutes
installées en octobre 2005 ; au début de mars 2006, quatre le sont effectivement.
Plus fondamentalement, alors que l’Etat investit massivement sur le sujet des langues
étrangères (apprentissage dès le CE1 d’une langue étrangère en 2007, d’une seconde langue en 5e en
2007, allègement des structures en terminale en 2005-2006 et 2006-2007, puis en première à la rentrée
2007), le seul indicateur de performance retenu dans le projet de loi de finances est la proportion
d’élèves ayant atteint en langue étrangère le niveau B1 (utilisateur indépendant) du cadre de référence
en fin de collège. De surcroît, on prévoit que cet indicateur sera pleinement disponible en 2010.
Le décret du 22 août 2005, s’il fixe le niveau B2 (compréhension du contenu essentiel
de sujets concrets ou abstraits dans un texte complexe ou une discussion technique) en fin
d’études au lycée, n’indique pas la proportion d’élèves devant atteindre ce niveau, ni
d’échéances précises.
69
II. EVALUATION DES MESURES D’ECONOMIES PERMETTANT NOTAMMENT DE
FINANCER LA LOI D’ORIENTATION ET DE PROGRAMME POUR L’AVENIR DE L’ECOLE
A. Rappel des propositions du ministère de l’éducation nationale
Tableau 5 : Estimation par le ministère de l’éducation nationale des économies en emplois et en
crédits permettant de financer les mesures de la loi d’orientation du 23 avril 2005
70
Selon la mission il manque 5 400 ETP et il existe une incertitude sur le financement
des mesures d’accompagnement de la réforme (formation, certification).
B. Estimation des mesures d’économies mentionnées dans le rapport annexé à la loi
d’orientation et de programme
1. Un traitement des sujets mentionnés dans le rapport annexé à la loi d’orientation et de
programme permettrait au ministère non seulement de financer les mesures prévues mais
aussi de dégager des économies structurelles
Le rapport annexé à la loi d’orientation prévoit expressément l’étude et la mise en œuvre
d’adaptation de sa structure et de son offre d’enseignement. La mission d’audit sur la grille horaire des
lycées et celle sur les décharges de service des enseignants en ont retenu cinq, dont l’impact est
détaillé ci dessous :
a) Décharges spécifiques désormais non justifiées
Compte tenu des travaux qu’il implique, le plan de transformation proposé ne pourra
vraisemblablement pas entrer en vigueur avant la rentrée scolaire 2007.
La suppression du caractère automatique des décharges et leur recentrage sur les priorités
du système éducatif sont les vecteurs d’économies significatives. En tenant compte des grandes
masses que représentent les heures de première chaire et de pondération STS, il paraît possible
d’estimer les gains potentiels un peu au-dessus de 10 000 ETP.
Tableau : Gains potentiels
71
b) Plafonnement de l’horaire maximal de classe du lycéen
A condition que soit garanti un enseignement effectif sur 36 semaines par année scolaire
et non 33 ou 34 semaines (comme observé actuellement, notamment en raison de l’organisation des
examens), la mission préconise les plafonds suivants, permettant à l’élève d’approfondir sa formation
reçue en cours magistraux par un travail personnel plus régulier et plus conséquent, compris entre
10 et 15 heures par semaine dans la filière générale, entre 5 et 10 heures hebdomadaires dans la filière
technologique.
- 900 heures annuelles en classe de seconde, soit entre 35 et 40 heures par semaine.
- 950 heures annuelles en classes de premières et terminales générales.
- 1 100 heures annuelles en classes de premières et terminales technologiques.
Sur la base des données de la direction de l’évaluation et de la prospective ainsi que de la
direction de l’enseignement scolaire, permettant de calculer l’horaire moyen des élèves par niveaux et
séries en fonction des options suivies, on obtient pour les séries générales :
Tableau 6 : Périmètre public et privé, simulation d’économies en ETP
par un plafonnement de l’horaire annuel de l’élève sur la base de données 2004-2005
72
c) Réexamen des dédoublements de classe, dans les disciplines autres que les
langues vivantes, les sciences expérimentales et les enseignements technologiques
Le réexamen de ces dédoublements doit se faire au niveau déconcentré tout en s’appuyant
sur une réelle investigation pédagogique des corps d’inspection. Il est en effet étonnant de constater le
peu de suites données à l’avis rendu sur le sujet par le Haut Conseil de l’évaluation de l’école en
mars 2001, fondé sur un rapport scientifique du professeur Meuret.
Cet avis recommandait de n’envisager cette politique de réduction des tailles des classes
que de façon très sélective et uniquement après s’être posé la question de savoir si les sommes qui y
seraient consacrées ne pourraient pas être mieux utilisées autrement.
Dans un cadre horaire annuel plafonné, il paraît évident qu’une réévaluation des
dispositifs de dédoublement systématiques s’imposera, en particulier en français, en mathématiques, et
en histoire et géographie.
Suppression dédoublements effectifs divisions heures élèves Heures professeurs ETP mobilisés ETP économisés
Seconde générale et technologique 524 109 17 088 495 552 688 817 38 268
495 552 592 185 32 899 5 368
Première S 167 428 5 826 171 867 218 271 12 126
171 867 194 210 10 789 1 337
Première ES 96 355 3 599 105 451 120 214 6 679
105 451 112 833 6 268 410
Première L 55 420 2 364 66 192 72 811 4 045 0
66 192 69 502 3 861 184
73
e) Rénovation des séries technologiques
La rénovation des séries STG a permis d’alléger les horaires en classe de première :
441 ETP économisés à la rentrée 2005 (source DESCO).
La rénovation des séries technologiques STI, STL et SMS (note IGEN du 16 mai 2005)
permettrait d’économiser 565 ETP.
f) La mission a concentré ses préconisations de rénovation sur la classe de
seconde, sur les axes suivants :
Aménagement du dispositif de redoublement
Parmi les 524 109 élèves de seconde à la rentrée 2004, plus de 78 000 redoublaient ce
niveau. A la forme actuelle du redoublement couvrant à l’identique de l’année précédente l’ensemble
des enseignements, une gestion plus personnalisée et souple des parcours pourrait par exemple
permettre à l’élève de rattraper en première jusqu’à deux matières où ses compétences étaient
insuffisantes.
L’estimation du gain en emplois de cette mesure dépend du nombre d’élèves qualifiables
et de la nature des enseignements à rattraper. En retenant l’hypothèse que la moitié des redoublants
actuels pourraient bénéficier de cette réforme et qu’ils suivraient en première des crédits de 200 heures
(rattrapage de deux matières principales), l’économie nette en emploi serait de 2 282 ETP.
Simplification des options de détermination
La mission recommande de diminuer de moitié le nombre d’options de détermination en
classe de seconde (passage de 18 à 9 options). Avec des structures mieux remplies, des combinaisons
simplifiées d’autant que la seconde langue vivante serait intégrée dans le tronc commun, cette mesure
permettrait aux équipes pédagogiques et administratives de bâtir des emplois du temps plus
homogènes (moins d’heures de permanence) et moins coûteux.
Le chiffrage de l’impact de cette mesure nécessite des simulations académiques.
CONCLUSION
Au total, l’application des recommandations de la mission permettrait de dégager
près de 24 000 ETP, sans compter les économies générées par une révision du système des
décharges. Une partie de ces marges de manœuvre supporterait le coût de déploiement de la loi
d’orientation, une autre partie permettrait de piloter le système en redéployant des moyens en fonction
d’objectifs pédagogiques exigeants, et enfin une partie représenterait des gains de productivité qu’un
plan de gestion des ressources humaines adapté pourrait concrétiser pendant la période 2006-2010.
74
ANNEXE IV :
75
76
77
ANNEXE V :
78
Les temps d’enseignement dans les pays de l’UE
Contribution des postes diplomatiques français en Europe
Italie : charge horaire des élèves de l’enseignement secondaire général (en horaire annuel)
Seconde Première Terminale
classique scientifique classique scientifique classique scientifique
Italien 120 120 120 90 120 120
LV1 90 90 120
Histoire 90 60 90 60 90 90
Histoire de l'art 30 30 60
Mathématiques 90 90 60 90 60 90
Sciences nat., chimie, géographie 120 90 90 60 60 60
Physique 0 60 60 90 90 90
Education sportive 60 60 60 60 60 60
Enseignement rénové, optionnel 1 90 à 150 90 à 150 90 à 150 90 à 150 90 à 150 90 à 150
1
Fillière classique : il existe deux options au choix, l’option linguistique (l’on choisit une LV1,2 ou 3), l’option socio-psycho-
pédagogique (LV renforcée). Filière scientifique : l’on choisit entre un enseignement de mathématiques, de physique ou de
chimie.
La scolarité dans l’enseignement secondaire supérieur général dure en moyenne cinq ans.
Durant les deux premières années qui constituent en quelque sorte une période d’observation, les
élèves italiens sont invités à réfléchir à leur projet professionnel. Elles correspondent à la troisième et
à la seconde dans le système éducatif français. Ensuite, ils doivent choisir entre le lycée dit
« classique », filière orientée vers la culture et la formation humaniste et le lycée dit « scientifique »,
filière davantage tournée vers les mathématiques et les sciences de l’ingénieur. Pour l’année scolaire
2002-2003, 2 627 069 élèves fréquentaient l’école secondaire supérieure durant environ 30 semaines,
à raison de 28h à 35h de cours par semaine.
79
Finlande : charge horaire des élèves de l’enseignement secondaire général
80
Le Royaume-Uni, un système très souple
Le système éducatif britannique diffère radicalement de celui des autres pays européens. Les
élèves ont en effet toute latitude pour choisir les matières qu’ils vont étudier au cours de leur scolarité,
et aucune d’entre elles n’est obligatoire. En seconde, les seules matières obligatoires au programme de
l’examen du GCSE (General Certificate of Secondary Education) se limitent à l’anglais, aux
mathématiques et aux sciences. On ne compte pas en revanche, les matières optionnelles. Dans les
classes de première et de terminale, rien n’est imposé. Les élèves choisissent leurs cours, en vue de
l’obtention des A-Levels et en fonction de leur projet professionnel. Ces deux années sont donc
consacrées à la préparation de l’examen terminal : le GCE (General Certificate of Education). Les
élèves sont libres de ne choisir qu’un seul A-Level ou bien plusieurs, comme l’exigent certaines
universités prestigieuses.
Les matières
Le cursus des élèves allemands est particulièrement souple. Trois champs de matières forment
l’essentiel de la scolarité : le champ linguistique-littéraire-artistique, le champ des sciences humaines,
le champ des mathématiques, sciences naturelles et techniques. Chacun de ces trois champs doit être
suivi durant les trois années précédant l’examen de l’Abitur. La répartition des matières est
rigoureuse : en 11ème, l’équivalent de notre Seconde, l’élève doit suivre au minimum 9 Grundkurse,
« cours de base », de trois périodes hebdomadaires de 45 minutes chacun. En 12ème et en 13ème, l’élève
doit suivre au minimum 6 Grundkurse, et 2 Leistungskurse, « cours renforcés », de 5 périodes de
45 minutes chacun. En 11ème, l’emploi du temps hebdomadaire comprend en règle générale 30 heures
de cours. En 12ème et en 13ème, il comprend 28 à 31 heures.
81
En Suède : charge horaire des élèves de l’enseignement secondaire général
Pr. « Sciences naturelles » 1ère année 2ème année 3ème année
Langue nationale 100 100 0-50
Langue étrangère 100 100 0-100
Histoire Géographie 100 0-100 100-150
Mathématiques 150 200 0-50
Sciences Physiques 150 200 150-300
Education sportive 50 50 0-50
Activités artistiques 50
Education religieuse 50
82
ANNEXE VI :
SOURCES DOCUMENTAIRES
83
Page 2 - L’emploi du temps des élèves au lycée, rapport au ministre de l’éducation nationale de Dominique
Borne et François Perret, inspecteurs généraux de l’éducation nationale novembre 2001, sur
[Link] .
- La profession enseignante en Europe : profil, métiers et enjeux, rapport III, page 33, Conditions de
travail et salaires, Eurydice, Bruxelles, 2003.
3 - La dynamique du temps scolaire, Aniko Husti, Hachette Education 1999, page 11.
- Rapport annexé à la loi d’orientation sur l’éducation du 10 juillet 1989.
- Les évolutions du travail enseignant en Europe. Facteurs de changement, incidences et résistances.
Christian Maroy, Les Cahiers de Recherche en Education et Formation n°42, juillet 2005.
8 - Voir les rapports de l’IGEN, L’aménagement des rythmes scolaires à l’école primaire (janvier
2000) et Organisation du temps scolaire dans le premier degré : les effets de la semaine de quatre
jours (mai 2002).
12 - « Les aides aux devoirs en dehors de la classe », Note Information 06.04, février 2004, DEP, sur
[Link]
- « Le travail des élèves pour l’école, en dehors de l’école », Avis du HCéé n° 15, mai 2005, sur
[Link] Voir, dans le rapport du même titre, rédigé
par Dominique Glasman en collaboration avec Leslie Besson, les pages 54 à 88, entièrement
consacrées à une étude du phénomène des cours particuliers, ses raisons, son histoire et sa
sociologie : [Link]
14 - Évaluation des compétences en anglais des élèves de 15 à 16 ans dans sept pays européens, Réseau
européen des responsables des politiques d’évaluation des systèmes éducatifs, mars 2004.
21 - Le conseil pédagogique dans les EPLE, rapport de Ghislaine Matringe, IGEN, octobre 2005.
22 - Avis du comité interministériel d’audit des programmes (CIAP) sur le projet de programme
« Enseignement scolaire public du second degré » du 11 juin 2004.
23 - Les acquis des élèves, pierre de touche de la valeur de l’école ? rapport de l’IGEN et de l’IGAENR,
juillet 2005, p. 29, sur
[Link] .
24 - « Évaluation des compétences en anglais des élèves de 15 à 16 ans dans sept pays européens », Note
Evaluation 04.01, mars 2004, DEP, sur
[Link] .
84
25 - Pilotage et cohérence de la carte des langues, IGEN / IGAENR, avril 2005, sur
[Link]
37 -Les acquis les élèves, pierre de touche de la valeur de l’école ? IGEN / IGAENR, juillet 2005.
85