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Assises Générales: Décentralisation Cameroun

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REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

Paix - Travail - Patrie Peace - Work - Fatherland


------------------------- -------------------------

MINISTERE DE LA DECENTRALISATION MINISTRY OF DECENTRALIZATION


ET DU DEVELOPPEMENT LOCAL AND LOCAL DEVELOPMENT

ACTES Extrême
Nord

DES ASSISES GÉNÉRALES


DE LA COMMUNE
Nord

Thème :
Approfondir la décentralisation
pour une commune camerounaise rénovée
Adamaoua

Nord-Ouest

Palais des Congrès de Yaoundé


6 et 7 Février 2019
Sud- Ouest
Ouest

Centre

Littoral
Est

Sud
Publié en Juillet 2019

Pour tout renseignement sur les Assises Générales de la Commune - édition 2019 - ou pour
obtenir des exemplaires de cette publication, veuillez contacter :

Ministère de la Décentralisation et du Développement Local (MINDDEVEL)


Site web : [Link]
Facebook : Ministère-de-la-Décentralisation-et-du-Développement-Local
Twitter : @minddevelcamer.1
Révision effectuée par : MINDDEVEL/PRADEC-GIZ

Ces actes ont été publiés avec le concours du Ministère fédéral allemand de la Coopération
économique et du Développement (BMZ) par l’intermédiaire de la Deutsche Gesellschaft
für internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, dans le cadre du Programme d’appui au
développement communal (PRADEC).
La GIZ ne partage pas forcément les opinions exprimées dans cet ouvrage.
Le Ministère de la Décentralisation et du Développement Local (MINDDEVEL) assure l’entière
responsabilité du présent contenu.
SOMMAIRE

Sommaire
Avant propos.........................................................................................................................................................................5

Première partie................................................................6
Mot de bienvenue de M. Gilbert TSIMI EVOUNA, Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté
Urbaine de Yaoundé.............................................................................................................................................................7

Conférence Inaugurale par M. Alioune BADIANE.......................................................................................................... 8

Discours de M. Georges ELANGA OBAM, Ministre de la Décentralisation et du Développement Local


(MINDDEVEL)......................................................................................................................................................................15

Allocution d’ouverture de M. Joseph DION NGUTE, Premier Ministre, Chef du Gouvernement........................19

Deuxième partie............................................................ 24
ATELIER N° 1 : Cadre normatif et institutionnel applicable à la commune...........................................................25
ATELIER N° 2 : Transfert des compétences................................................................................................................35
ATELIER N° 3 : Planification, coopération décentralisée et développement local...............................................41
ƒƒ Exposé 1 : Le Plan Communal de Développement (PCD)....................................................................................41
ƒƒ Exposé 2 : Planification Spatiale du Développement Local.................................................................................45
ATELIER N° 4 : Ressources de la Commune...............................................................................................................55
ƒƒ Exposé 1 : Des ressources humaines de qualité : une composante importante pour la réalisation des
missions assignées aux communes........................................................................................................................55
ƒƒ Exposé 2 : Les ressources financières de la commune.......................................................................................60
ƒƒ Exposé 3 : La gestion budgétaire et comptable des ressources financières des CTD...................................67
ATELIER N° 5 : Gouvernance locale...............................................................................................................................78
ƒƒ Exposé : La gouvernance locale : principes, enjeux et outils...............................................................................78

Troisième partie............................................................ 89
Déclaration des Maires et Délégués du Gouvernement ayant pris part aux premières Assises Générales de
la Commune........................................................................................................................................................................90

Rapport général des travaux............................................................................................................................................91

Discours de clôture du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, représenté par M. Bello BOUBA MAIGARI,
Ministre d’Etat, Ministre du tourisme et des loisirs.................................................................................................. 104

Liste des abréviations..................................................................................................................................................... 107

Annexes...................................................................... 108

|3
Actes des Assises
Générales de la
Commune
Avant-propos

Avant propos

Approfondir et accélérer la décentralisation, pour faire davantage des collectivités territoriales


décentralisées, des espaces de développement inclusif et durable à la base et des creusets de la
démocratie locale, tel est l’un des axes majeurs du Septennat des « Grandes Opportunités », du Chef de
l’État, Son Excellence Paul BIYA.

La tenue, sur ses très hautes instructions et sous la présidence effective du Premier Ministre, Chef du
Gouvernement, du 06 au 07 janvier 2019, des premières « Assises Générales de la Commune », après
la création d’un Ministère de la Décentralisation et du Développement Local, est apparue dès lors
comme la traduction concrète de la volonté politique de donner une nouvelle impulsion au processus de
décentralisation.

Placées sous le thème «approfondir la décentralisation pour une commune camerounaise rénovée »,
ces Assises avaient pour objectif d’améliorer l’organisation et le fonctionnement de la commune pour
renforcer la participation citoyenne et promouvoir le développement local.

Les travaux desdites Assises qui ont rassemblé les 374 collectivités territoriales décentralisées du
Cameroun et les autres acteurs clefs du processus de décentralisation, auront permis, dans une démarche
participative, de poser un diagnostic sans complaisance de l’organisation et du fonctionnement de la
commune et d’identifier des stratégies efficaces de nature à lui permettre de jouer pleinement son rôle
de moteur du développement local.

Au lendemain de ces toutes premières Assises, je me dois de m’acquitter de l’agréable devoir de saluer la
disponibilité et l’engagement de nos partenaires nationaux et internationaux pour une organisation sans
faille de nos travaux.

Je félicite les participants, et tout particulièrement les représentants des collectivités territoriales
décentralisées pour leur présence massive et leurs contributions enrichissantes et édifiantes. Les
résultats auxquels nous sommes parvenus seront, à n’en point douter, capitalisés pour la mise en place
des Régions annoncée par le Chef de l’Etat.

Il nous revient maintenant, ainsi que cela a été prescrit par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,
dans son discours de clôture des Assises, de transformer les recommandations issues de ces importants
moments de réflexion, en actions concrètes, dans une démarche synergique, afin de parvenir à l’édification
de la Commune rénovée que nous appelons de tous nos vœux. /-

Georges ELANGA OBAM


Ministre de la Décentralisation
et du Développement Local

|5
Première partie
La cérémonie
protocolaire d’ouverture

Les 6 et 7 février 2019, le Ministère de la Décentralisation et du Développement


Local a organisé, sur les Très Hautes Instructions de Monsieur le Président de
la République, les Premières Assises Générales de Commune, sous le thème
«approfondir la décentralisation pour une commune camerounaise rénovée».

Lesdites Assises étaient placées sous le Très Haut Patronage du Président de la


République, Son Excellence Monsieur Paul BIYA et sous la présidence effective de
Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement.

Les présents actes qui rendent compte du déroulement des Assises Générales de
la Commune Camerounaise s’articulent autour des trois parties ci-après :

ÔÔ La cérémonie protocolaire d’ouverture ;


ÔÔ Les travaux en ateliers ;
ÔÔ La cérémonie solennelle de clôture.
Cérémonie d’ouverture

Mot de bienvenue de M. Gilbert TSIMI EVOUNA,


Délégué du Gouvernement auprès de la
Communauté Urbaine de Yaoundé

Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Représentant personnel du Chef de l’Etat ;
Excellence Monsieur le Ministre de la Décentralisation et du Développement Local ;
Excellence Mesdames et Messieurs les Ministres;
Monsieur le Gouverneur de la Région du Centre ;
Monsieur le Préfet du Département du Mfoundi ;
Chers Collègues Délégués du Gouvernement ;
Messieurs les Directeurs Généraux ;
Mesdames et Messieurs les Maires ;
Chers Partenaires au Développement ;
Distingués Participants ;
Mesdames et Messieurs,

La ville de Yaoundé est heureuse d’accueillir en ce jour les premières « Assises Générales de la Commune»
placées sous le thème « Approfondir la Décentralisation pour une Commune Camerounaise rénovée ».

C’est pour moi, l’occasion, en tant que Premier Magistrat de la Cité Hôte, de souhaiter à toutes celles et tous
ceux d’entre vous venus d’ici et d’ailleurs, prendre part auxdites Assises, une chaleureuse bienvenue à Yaoundé,
la ville aux sept collines. Soyez à l’aise, vous êtes chez vous ! Chez nous !

Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;


Mesdames et Messieurs les Ministres ;
Chers participants,

Force est de reconnaître que la Commune Camerounaise dont le Chef de l’Etat, Son Excellence Paul BIYA,
magnifiait déjà ses vertus dès 1987, dans son ouvrage «Pour le libéralisme communautaire», que cette
commune dis-je, n’a pas encore, en raison de nombreuses pesanteurs, pris tout son envol.

Par ailleurs, le Chef de l’Etat, y revient, dans son discours de prestation de serment, le 06 novembre
2018, parlant des Collectivités Territoriales Décentralisées, en déclarant, je cite : «Dans les meilleurs délais
possibles, des mesures seront prises pour élargir le champ de compétence des Collectivités Territoriales
afin de leur donner les moyens d’une plus grande autonomie ». Les présentes assises visent donc à donner
corps à ces prescriptions présidentielles.

Dear participants, ladies and gentlemen,

I strongly believe the objective of the present forum is to draw up realistic proposals likely to improve on
the organization and functioning of communal institutions and local governance in our country.

I then wish you all success and good luck in our communal debates!
Long live Cameroonian Communal Institutions!
Long live His Excellency President Paul BIYA!
Long live the Republic of Cameroon!

Thank you for your kind attention./

|7
ACTES
Assises Générales de la Commune

Conférence Inaugurale
par M. Alioune BADIANE

«Tous les pays et toutes les parties prenantes, agissant en partenariat, mettront en œuvre les Objectifs de
développement durable. Nous avons résolu de libérer la race humaine de la tyrannie de la pauvreté et du
besoin et avons également résolu de guérir et sécuriser notre planète. Nous sommes déterminés à prendre les
mesures audacieuses et transformatrices qui s’imposent de toute urgence pour faire passer le monde sur une
voie durable et résiliente. Au moment où nous entamons ce voyage collectif, nous promettons que personne
ne sera laissé pour compte.

Les Objectifs de développement durable (ODD) et les 169 cibles que nous annonçons aujourd’hui démontrent
l’ampleur et l’ambition de ce nouvel Agenda universel. Les ODD cherchent à s’appuyer sur les Objectifs du
Millénaire pour le Développement et à compléter ce que ces derniers n’ont pas atteint. En outre, les ODD visent
à réaliser les droits humains pour tous et à réaliser l’égalité des sexes et l’autonomisation de toutes les femmes
et filles. Les ODD sont intégrés et indivisibles et équilibrent les trois dimensions du développement durable :
économique, social et environnemental».

(Transformer notre monde: l’Agenda 2030 pour le développement durable, septembre 2016)

Monsieur Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement et Représentant Son Excellence Monsieur le Président
de la République,
Monsieur le Ministre de la Décentralisation et du Développement Local,
M. le Délégué du Gouvernement de la Communauté Urbaine de Yaoundé,
Mesdames et Messieurs les Ministres et membres du Gouvernement,
Honorables Maires et Magistrats municipaux,
Honorables Députés et Sénateurs du Cameroun,
Mesdames et Messieurs les Conseillers Municipaux, Secrétaires généraux des Mairies et Receveurs
municipaux,
Mesdames et Messieurs les Autorités administratives et Chefs traditionnels,
Mesdames et Messieurs responsables des groupements patronaux, du secteur privé et des chambres
consulaires,
Mesdames et Messieurs représentants des organisations du Système des Nations Unies, de la coopération
multilatérale, bilatérale et des PTF,
M. le Directeur Général du FEICOM,
Mesdames et Messieurs les représentants des milieux académiques et de la Recherche,
Mesdames et Messieurs les représentants de la Société civile,
Mesdames et Messieurs,
Chers participants, en vos noms, grades et qualités,

1. Introduction
Qu’il me soit permis à l’entame de mon propos, d’adresser mes vifs remerciements et mes sincères
félicitations à Monsieur le Premier Ministre, Son Excellence Joseph Dion Nguté, Chef du Gouvernement
et représentant de Son Excellence, Monsieur le Président de la République, à Monsieur Georges ELANGA
OBAM, Ministre de la Décentralisation et du Développement Local et son équipe pour la conception et
l’organisation de ces Assises Générales de la Commune au Cameroun et d’avoir bien voulu me faire l’honneur,
de m’inviter à délivrer la Conférence Inaugurale, Keynote Address, sur le Thème: « Les enjeux et les défis de la
décentralisation et du développement local dans l’émergence des Etats africains ».

|8
Cérémonie d’ouverture

Il me plait toujours de revenir au Cameroun car, sénégalais mais camerounais de coeur pour avoir eu des
amis, des collègues et ayant étroitement collaboré avec plusieurs grands hommes de ce pays ; permettez-
moi d’en nommer quelques-uns comme feu Le grand ministre de l’Administration Territoriale, feu Andze
Tchoungui ou le Doyen Amadou Moustapha au Ministère de l’Habitat dans les années 90. Je voudrais aussi
citer mon ami feu Gilbert Biwolé premier directeur du FEICOM ou les Ministres Claude J Mbafou, Lékéné
Donfack, Boubakary Yerima Halilou, René Emmanuel Sadi au Ministère de l’Administration Territoriale et de
la Décentralisation ou Jean Claude Mbwentchou, récemment au Ministère de l’Habitat et du Développement
Urbain.

Aujourd’hui, en ma position de retraité des Nations Unies, après 25 ans de service des Nations Unies et
maintenant à la tête du The Urban Think Tank Africa -TUTTA, ma disponibilité est totale et entière pour
répondre et assister le Cameroun et les pays africains dans la résolution des questions relatives à l’habitat
au développement urbain, à la décentralisation et à la gouvernance locale.

Excellence Monsieur le Premier Ministre,


Mesdames et Messieurs les Ministres,
Chers participants,

Le Continent africain s’urbanise, irréversiblement et se décentralise progressivement. De 228 millions


d’habitants en 1950 et 808 millions en l’an 2000, il en compte aujourd’hui 1,4 milliard et devrait atteindre 2,4
milliards en 2050. Aujourd’hui, près de 480 millions sont des citadins et seront plus d’un milliard en 2050. Les
villes, les communes et les territoires, quelle que soit leur taille, offrent aux citoyens la possibilité de se loger,
de partager des espaces publics, d’exercer leurs droits et de trouver des emplois, de s’éduquer, se soigner se
divertir et protéger leur environnement et gérer leurs ressources naturelles.

Elles permettent aussi d’adopter des valeurs sociales communes et des modes démocratiques de
gouvernance à travers un processus de décentralisation dynamique qui aspire à construire un développement
local durable et partagé, base de l’émergence pour nos États.

Mais, les villes, les communes et les territoires africains sont loin d’offrir des conditions et des chances
équivalentes à tous les groupes sociaux. La majorité des populations communales est soumise à de
multiples contraintes d’ordre économique, social, culturel et environnemental. Dans de nombreuses villes
et communes africaines, la fracture sociale et spatiale entre riches et pauvres constitue un évident facteur
d’instabilité et d’insécurité et génère des coûts économiques et sociaux, non seulement pour les populations
déshéritées, mais également pour l’ensemble de la société. C’est dans ce contexte et pour contribuer de
façon effective à la mise en œuvre du Nouvel Agenda Urbain en Afrique et au Cameroun pour enclencher un
développement local durable et intégré, que nous délivrons cette Conférence introductive à l’occasion de ces
Assises Générales de la Commune, instruite par M. le Président de la République et exécutées par le Ministre
Georges ELANGA OBAM.

Dans un Continent africain affecté par la mondialisation, le local, le territoire, est au cœur de toutes les
réflexions et la recherche des solutions pour la construction d’un État émergent, démocratique et moderne.
Face aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux, l’approche locale présente une ébauche pour
un développement équitable et durable qui favorise l’inclusion sociale et permet, aussi bien la transformation
des modèles de production et de consommation, la gestion des ressources naturelles que la sauvegarde de
l’identité et de la pratique démocratique au quotidien du citoyen.

2. Approche conceptuelle et définition des concepts


Sur un plan conceptuel, on entend par décentralisation et développement local, le droit et la capacité
effective pour les collectivités territoriales de régler et gérer, sous leur propre responsabilité et au profit de
leurs populations, leurs affaires publiques en libre administration.

Parler de décentralisation et de gouvernance locale nécessite de clarifier le sens de ces concepts. La


compréhension que l’on peut en avoir, peut en effet influer sur l’analyse des enjeux qu’ils recouvrent, et de
l’état d’avancement des reformes et des processus de mise en œuvre.

En effet, si les définitions générales semblent être largement partagées, nous notons dans la pratique que
ces termes peuvent recouvrir des nuances parfois considérables. Ces nuances sont à mettre en relation
avec les systèmes politiques et administratifs de référence, l’histoire et les courants de pensée dominants,

|9
ACTES
Assises Générales de la Commune

en référence en particulier, au concept encore plus large et encore plus polysémique de démocratie, de
gouvernance, de décentralisation et de développement local.

A cet égard, la décentralisation consiste en un transfert de compétences de l’État aux élus des collectivités
territoriales, celles-ci, bénéficiant d’une personnalité morale propre et d’un pouvoir de libre administration.
Leurs actes sont soumis au contrôle de légalité de la part du représentant de l’État et peuvent faire l’objet de
recours devant le juge administratif. C’est donc une totale réorganisation à l’intérieur de la sphère publique.

De manière générale, le terme de décentralisation fait référence aux processus engageant des transferts
de pouvoir d’un niveau central à un niveau local, de l’État central à des institutions différentes et à un
niveau inférieur. Ce terme de décentralisation englobe de fait une variété de concepts qui amène à définir
plusieurs types de décentralisation, à savoir la décentralisation politique, la décentralisation administrative,
la décentralisation financière.

Ces différents types de décentralisation peuvent eux-mêmes revêtir plusieurs formes selon les pays et
leur histoire politique et sociale, au sein d’un même pays ou d’une même région. Enfin, la décentralisation
politique, pour pouvoir s’exercer, doit s’accompagner des décentralisations administrative et financière. On
sait que l’intensité de ces deux derniers types de décentralisation varie considérablement d’un pays à l’autre.

3. Enjeux, défis et opportunités de la décentralisation


En Afrique, selon le rapport mondial de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), si l’on s’intéresse aux
trente dernières années, la décentralisation a connu un essor considérable. En effet, de façon progressive,
ce mouvement a été adopté par la plupart des pays africains et s’est implanté comme choix politique,
économique et institutionnel. La Charte africaine des valeurs et des principes de la décentralisation, de la
gouvernance locale et du développement local adoptée lors de la 23ème session ordinaire de la Conférence
des Chefs d’Etat et de Gouvernements, tenue à Malabo, le 27 juin 2014 et en cours de ratification au sein
des pays de l’Union Africaine, est le témoignage vivant des progrès réalisés dans ce domaine. A cela s’ajoute
la création du Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT), en tant qu’organe consultatif de l’Union
Africaine basé à Dakar au Sénégal.

Toutefois, dans nos traditions administratives, une précision est de mise, il s’agit de la différence entre le
concept de la décentralisation basée sur le principe de la subsidiarité et celui de la déconcentration basée
sur l’implantation d’autorités locales administratives, représentantes du pouvoir central et sous son contrôle
direct.

Selon les études de CGLUA, la décentralisation connait certains obstacles dont particulièrement la diversité
de la définition du territoire, de ses compétences, de la taille de la population moyenne, des moyens humains
et financiers nécessaires à la gestion locale et de la pratique de la démocratie directe.

Ainsi, la notion du local parait comme différente d’un pays à un autre et elle n’est pas la même pour les
habitants et pour l’administration. C’est ainsi que le local vécu (habitation, travail...) ne correspond pas
nécessairement au local administratif (critères politiques, techniques et économiques). Si les pays européens
et américains ont essayé de réconcilier les deux approches, de nombreux pays Africains sont encore à la
recherche de solutions.

Les pays africains engagés dans la décentralisation ont procédé à des reformes législatives et/ ou
constitutionnelles afin de créer ou d’élargir le rôle, les compétences et la place des collectivités locales. Mais,
celles-ci se heurtent souvent au problème des financements, malgré la hausse sensible réalisée au cours
de ces dernières décennies, et qui reste très souvent insuffisante. Ces pays ont mis en place des autorités
locales, avec des assemblées locales élues au suffrage populaire et un exécutif qui, à différents degrés, ont
à répondre devant les citoyens.

La décentralisation et son mécanisme de subsidiarité telle qu’elle est pratiquée doit, in fine, permettre un
meilleur accès aux ressources financières, aux services collectifs, un développement durable, une gestion
plus appropriée des ressources locales et un exercice démocratique plus direct pour tous les citoyens.

Depuis la fin des années 80 et les échecs enregistrés par les modèles jacobins et les politiques d’ajustement
structurel, la décentralisation est devenue une priorité politique affichée par de nombreux pays africains. Elle
est présentée comme une nouvelle voie pour bon nombre d’entre eux, longtemps sous un régime centraliste,

| 10
Cérémonie d’ouverture

comme un nouveau chemin de la démocratie et du développement. Elle est aussi perçue par les Partenaires
Techniques et Financiers, qui ont souvent conditionné leurs aides à celle-ci, comme une réponse à la
nécessité d’une refondation de l’Etat, d’asseoir la démocratie sur des soubassements concrets et d’accroître
la participation des citoyens aux processus de développement et de décision. Il n’est en effet de programme
de réduction de la pauvreté, première priorité des programmes des gouvernements des pays africains, qui
ne fasse pas de la décentralisation et du développement local, un passage indispensable.

Par contre, pour la plupart des pays anglophones, le concept de décentralisation basé sur un système de
dévolution, recouvre la reconnaissance de compétences aux organisations de base et aux organisations non
gouvernementales, c’est-à-dire, à tout ce qui ne relève pas du gouvernement central ou local.

L’Afrique subsaharienne n’est pas en marge de ces réformes administratives inspirées des idées de la
gouvernance moderne. Cependant, les processus et les procédures différent selon les buts et les objectifs
recherchés, en fonction des arrangements institutionnels et des mécanismes de mise en œuvre, mais aussi,
en fonction des pratiques coutumières des autorités séculaires spécifiques à chaque pays.

Ainsi, la réussite de ces réformes ne peut dépendre que de leur intégration harmonieuse dans le contexte
politique et culturel, local et national. Avec la décentralisation en Afrique subsaharienne, les populations et
responsables en espèrent à la fois l’enracinement de la démocratie à la base, une meilleure mobilisation des
énergies pour le développement local, une meilleure satisfaction des besoins au niveau local et enfin une
plus grande participation des populations à la gestion des affaires publiques locales.

Néanmoins, il est impératif de s’arrêter sur l’aspect du financement local qui est basé sur le fait que la
décentralisation effective et le développement local, fondamentalement exigent une autonomie financière
appropriée. Ceci implique une correspondance entre les ressources financières des autorités locales et
les tâches et responsabilités qu’elles assument (viabilité financière et autonomie). A cet effet et c’est pour
cette raison que la fiscalité et les redevances locales devraient représenter une proportion importante dans
l’ensemble des ressources financières locales. Celles-ci doivent être complétées, par des subventions et/ou
des transferts de l’Etat.

Or, dans la pratique et dans la majorité de nos pays, le local a un pouvoir fiscal généralement faible et
la fixation des taux de fiscalisation reste centralisée au niveau des gouvernances intermédiaires hormis
quelques exceptions. Cette dépendance du pouvoir central touche à l’autonomie des décisions budgétaires
des collectivités territoriales et mérite toute notre attention pour assurer l’émergence harmonieuse de nos
Etats à travers le développement des territoires.

Quelques exemples de modèles de financement des collectivités en Afrique


Au Ghana les collectivités locales reçoivent 7,5 % du budget annuel ; au Kenya l’allocation constitutionnelle
est de 15% du budget annuel.

En Afrique du Sud, plus de la moitié des recettes du gouvernement national est transférée aux neuf provinces
et à 257 municipalités afin de leur permettre de s’acquitter de leurs missions. Le budget de 2017 avait établi un
équilibre entre la nécessité de procéder à des réductions pour tenir compte de l’abaissement du plafond des
dépenses et la nécessité d’assurer une croissance réelle des transferts aux provinces et aux municipalités,
afin qu’elles puissent fournir des services à des populations en croissance. Les gouvernements provinciaux
sont responsables de l’éducation de base, de la santé, des routes et des établissements humains, ainsi que
des services de développement social et d’agriculture.
Les gouvernements locaux fournissent des services de base tels que l’eau, l’assainissement, la distribution
de l’électricité, ainsi que des services routiers et communautaires. En moyenne les provinces reçoivent 43%
et les collectivités 9%, soit 52% du budget total.
Pour le Cameroun, la base de ressource principale du FEICOM est la collecte et la redistribution de la taxe
additionnelle appelée les Centimes Additionnels Communaux (CAC). Les CAC représentent un prélèvement de
10% sur certaines catégories d’impôts nationaux spécifiquement destinés au financement des communes.
Les taxes pour lesquelles cette taxe est appliquée comprennent l’impôt sur le revenu, la taxe professionnelle,
la taxe sur les spectacles et la taxe sur la valeur ajoutée. Les recettes des CAC sont collectées et affectées
comme suit :

| 11
ACTES
Assises Générales de la Commune

ÔÔ 10% au gouvernement central ;


ÔÔ 20% au FEICOM ;
ÔÔ 70% aux communes.

Sur le total qui va aux communes, 20% vont à Communauté Urbaine de Douala ; 40% à la Communauté
Urbaine de Yaoundé et 36% aux autres communes. La nature fragmentée de l’affectation des recettes et la
grande diversité des situations des différentes communes a conduit à des inégalités considérables dans les
ressources.

4. Effets des processus de décentralisation sur le développement local et


pour l’émergence
L’un des enjeux majeurs des processus de décentralisation en cours en Afrique subsaharienne est
l’instauration d’un système de représentation proche des populations. Ce processus favorise à la fois le
développement local et une meilleure prestation des services aux populations, créant ainsi de nouveaux
acteurs que sont les collectivités territoriales. Celles-ci sont en définitive, au cœur de ces enjeux pour
favoriser le développement territorial et l’émergence de nos Etats.
Le concept de développement local est aujourd’hui présent dans un bon nombre de discours sur le
développement, surtout sur l’éradication de la pauvreté par la création de richesses et pour l ‘émergence
en Afrique subsaharienne, que ce soit des acteurs locaux ou des acteurs internationaux partenaires au
développement.
Le développement local, d’une manière générale, « est avant tout une dynamique économique et sociale, voire
culturelle, plus ou moins concertée, impulsée par des acteurs individuels et collectifs sur un territoire donné ».
Plus précisément, c’est « un processus qui permet de faire mûrir des priorités, de choisir des actions à partir
de savoirs et propositions des groupes de populations habitant un territoire donné et de mettre en œuvre les
ressources disponibles pour satisfaire à auxdites propositions » émanant des acteurs locaux de tout bord. De
ce point de vue, le développement local « incite à privilégier les acteurs plus que les infrastructures, les réseaux
plus que les institutions établies, pour donner aux hommes, aux femmes et aux groupes directement intéressés
une fonction de décision sur les actions qu’ils mènent ». Bref, le développement local pour l’émergence «
est une pratique du développement, une méthode de travail, non une nouvelle théorie qui compléterait ou
se substituerait aux précédentes, au prétexte qu’elles auraient échoué. Il ne vise pas à identifier les divers
obstacles au développement, ni à rechercher la combinaison optimale des ressources, rares par définition, mais
à s’interroger sur les moyens de parvenir à leur combinaison pour l’émergence de nos Etats ».
La population africaine d’aujourd’hui est en moyenne composée de 42 % de citadins et l’autre partie, égale à
58 % de population, vit dans les zones rurales. La gouvernance locale, participative et directe présente une
opportunité économique et sociale pour une gestion plus démocratique et citoyenne aussi bien des villes,
des communes et territoires et des métropoles, avec toutes leurs complexités que des régions de l’intérieur
des pays généralement agricoles.
En réalité, c’est autour des villes des communes et dans les zones profondes des pays que se trouvent une
grande partie des ressources naturelles, des savoirs faire humains ancestraux, une culture de solidarité
humaine ancrée et des opportunités de création de richesses, mais également l’accumulation des inégalités
les plus prononcées, les taux de chômage les plus élevés surtout pour les jeunes et les femmes. Ces facteurs
négatifs présentent un blocage pour la marche vers le progrès et vers le développement local des territoires.
Ces définitions font ressortir quelques caractéristiques fortes sur lesquelles je voudrais conclure en sus de
recommandations pour l’action que je voudrais vous faire.

a. Le développement local pour l’émergence est un processus décisionnel qui fait référence à un espace,
c’est-à-dire, à un territoire qui se définit comme un espace géographique, économique, social (sentiment
d’appartenance), historique et culturel auquel les populations reconnaissent appartenir. Je voudrais donc ici,
réaffirmer avec force qu’il n’y a pas de développement local sans l’existence d’une communauté territoriale.
b. Le territoire de référence pour soutenir une dynamique de développement local et d’émergence est articulé à
des espaces plus vastes. Ainsi, le contexte national, et même international doit être pris en compte dans la
conception et la mise en œuvre de projets de développement local. Les ressources disponibles, techniques,
financières ou humaines sont prioritairement celles qui sont mobilisables sur ce territoire ou acquises de
l’extérieur par les acteurs et les leaders territoriaux.

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Cérémonie d’ouverture

c. Une pratique de développement, une méthode de travail, une démarche permettant de mobiliser l’ensemble
des ressources humaines, physiques et techniques d’un territoire public, privé ou de la société civile, pour en
favoriser l’émergence et le développement socio-économique local.
d. Le développement local devrait valoriser les ressources existantes et potentielles, favoriser la diversification et
l’enrichissement des activités par une multiplication des échanges entre les unités de production. Ce faisant, il
rend possible la création d’un tissu d’activités économiques et sociales interactives, visant à :
ƒƒ Créer, revitaliser ou vivifier les solidarités réelles ou présumées pour organiser un débat autour d’un projet
d’avenir ;
ƒƒ Considérer les groupes de population de l’espace de développement comme des ensembles multi-acteurs,
capables de s’organiser entre eux ;
ƒƒ Susciter la mise en place de structures de médiation, de concertation et de négociation entre ces groupes
pour permettre à chacun d’exprimer son point de vue et de participer à la définition des priorités de
développement.

En conclusion
Pour conclure, nous disons que la Décentralisation et le développement local induisent donc la participation
des populations concernées à la conception et à la mise en œuvre des projets qui engagent leur futur et dans
la durabilité pour la production de richesses et l’amélioration de la qualité de vie.

Cette participation pourrait s’appuyer utilement sur des collectivités locales responsables, aux représentants
élus – à la fois opérateurs et interfaces entre les partenaires et les populations - dans le contexte de la
décentralisation. Une meilleure synergie entre les collectivités territoriales, leurs populations et la société
civile pourrait donner plus de dynamique, de participation et de légitimité à des pratiques de coopération
pour le développement et pour l’émergence de nos États.

Je vous remercie pour votre bien aimable attention !

Recommandations pour l’action (7)


1. Contribuer à mettre en œuvre avec succès au Cameroun les Objectifs de Développement Durable (ODD) et
surtout l’objectif 11 qui engage à faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts
à tous, sûrs, résilients et durables.
2. Engager les villes et communes du Cameroun à apporter une contribution significative à la Planification et
à la mise en œuvre de la Politique nationale d’urbanisation initiée au Cameroun par l’ONUHabitat
3. Le rôle des villes et des collectivités territoriales, en se référant au local a été mentionné 109 fois sur un
document de 72 page et 176 articles du Nouvel Agenda Urbain (NAU). A la suite de la conférence Habitat
III à Quito l’émergence du local dans la scène internationale est une réalité. Les États africains sont ainsi
appelés à jouer leur partition dans la mise en œuvre du NAU.
4. Je voudrais inviter l’État et les communes du Cameroun, à gérer la vulnérabilité et à augmenter leurs
capacités de résilience à contribue à mettre en œuvre les Recommandations du Cadre d’action de Sendaï
pour la réduction des risques de catastrophes (2015-2030).
5. J’invite le ministère en charge de la décentralisation et ses différents établissements sous tutelle
notamment à renforcer les outils de formation et de renforcement des capacités humaines financières et
techniques des collectivités territoriales. Dans ce contexte, la généralisation d’un outil performant tel que
le BP est fortement recommandée.
6. Je félicite le Cameroun pour l’initiative du Prix National du FEICOM des meilleures pratiques communales de
développement local mise en place depuis 2011. Je recommande fortement sa régularité et sa continuité
pour primer l’excellence, la recherche continue de performance, l’émulation et la saine compétition pour le
développement local au Cameroun.
7. Enfin, je recommande de concevoir, tester et généraliser au niveau des communes et communautés
urbaines, des Observatoires des Données Communales (ODC), pour une meilleure planification du
développement local, créer un outil efficace d’aide a la décision et pour faciliter les missions d’évaluation
de performance à conduire de façon régulière.

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ACTES
Assises Générales de la Commune

Références
1. Sites web consultés 2. Brochures, livres et Articles
[Link] Website on Partnership for Council ALLOU, S. et DI LORETO, P., (Coordinators) Coopération
Development (PDM). décentralisée au développement local urbain en Afrique:
[Link] Website of the Inter-network Pratiques en débat, Paris, Volume 1, Les Editions du GRET,
Working Group: Local Development and Decentralization. 2000.
[Link] Website of the Groupe de Recherche BADIANE, A.,L’Approche bonne pratique dans les stratégies
et d’Echanges Technologiques (Research and Technology internationales de développement et sa promotion dans
Exchange Group)(GRET). les villes par l’ONU Habitat in 6e sommet de Africités
Session spéciale du Feicom. 4-8 dec. 2012.
[Link] Website of House of the Elected
Representatives of Senegal. BADIANE, A., Le Nouvel Agenda urbain pour la construction
d’un développement urbain intelligent et inclusive en
[Link] Website of the International Centre
[Link] Congrès de Metropolis. Metropoles en Action
for Local Development Studies.
Montréal, Quebec Canada.12-17 juin 2017.
[Link] Website of the European Centre for
BOURREAU, J–M., Décentralisation et développement
Development Policy Management (ECDPM).
local : une contribution a laréflexion de l’AFVP, Paris, AFVP,
[Link] Website of the German Agency for 1996, 46 p.
Technical Cooperation.
GUEYE, C. et MBAYE, A., Décentralisation, développement
[Link] Website of the local et droits humains au Sénégal, Gene ve, International
Organisation Cités Unies France. Council on Human Rights Policy, Review Seminar, Local
[Link] FAO/World Bank website. Government, Effectiveness and Humans Rights, 27-28 juin
http;//[Link]: UN Habitat Nairobi/Kenya 2004.
website.

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Cérémonie d’ouverture

Discours de M. Georges ELANGA OBAM, Ministre


de la Décentralisation et du Développement Local
(MINDDEVEL)

The Right Honourable Prime Minister, Head of Government, personal representative of the Head of State at
the First General Conference of Local Councils;
Let me, first of all, reiterate to you, on behalf of the extended family of decentralization and local development,
and on my own behalf, our warm and hearty congratulations on your appointment, last 4 January, to the
prestigious post of Prime Minister, Head of Government, and as such Chair of the National Decentralization
Board.
Undoubtedly, this is a well-deserved promotion, considering your great human and professional qualities,
considering your competence and experience of high-level administration of the State; also considering your
perfect mastery of the workings of the State and your great knowledge of our society. On behalf of this big
family, I wish you every success in the accomplishment of your high and exalting missions.
The Right Honourable Prime Minister, Head of Government, personal representative of the Head of State;
Members of Government;
Your Excellencies, Members of the Diplomatic Corps;
Honourable Members of Parliament;
The Government Delegate to the Yaoundé City Council;
The President of the United Councils and Cities of Cameroon;
Mayors and Government Delegates;
Distinguished Participants;
Ladies and Gentlemen;
After these words of congratulations to the Prime Minister, Head of Government, I would like, at the beginning
of my speech, to join my voice to that of the Government Delegate to the Yaoundé City Council to wish a
warm welcome, in the capital city, to all the delegates from localities sometimes distant and from very
different horizons to take part in the proceedings of the first General Conference of Local Councils.
This remarkable presence, this mobilization of great moments is proof, without any doubt, of the importance
we give and the interest we all have in the council institution and its contribution to the building of a stable,
democratic and prosperous Cameroon.
In the same vein, I would like to extend my support to the very relevant reflections and judicious arguments
developed by M. ALIOUNE BADIANE whose brilliant paper clearly underlines the stakes of decentralization
regarded, and rightly so, as a powerful driver of development at the grassroots, or development per se.
In the course of my appreciations, I spare a particular thought for our municipal councillors and wish to say
bluntly here, Prime Minister, Head of Government, that despite the difficulties they encounter, in spite of the
not always favourable conditions, many of them assume their responsibilities and exercise their missions
with a lot of selflessness and determination, with a high sense of duty and sacrifice and with, at the end of
the day, positive results that I found on the ground myself.
Having said that, Excellencies, Distinguished Participants, Ladies and Gentlemen, I would like to discuss with
you, as part of my occasional remarks, the stakes of the Conference which is opening today; a Conference
placed, as you well know, under the highly distinguished patronage of the President of the Republic who
ordered its holding and is expecting its conclusions in order to take appropriate decisions to deepen and
accelerate the decentralization process in our country.
Mais avant cette évocation, vous voudrez bien me permettre de décliner quelques jalons historiques du
processus de décentralisation en cours au Cameroun en vue, d’une part, de présenter le chemin parcouru
et, d’autre part, d’esquisser les pistes d’avenir pour un processus encore plus dynamique, plus efficient, et
mieux à même de répondre aux attentes qui s’y rapportent.

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ACTES
Assises Générales de la Commune

Sous ce rapport, et sans chercher à remonter très loin dans le cours du temps, je souhaite rappeler que la
décentralisation, tout comme la démocratisation et la libéralisation de la vie publique nationale, est inscrite,
au tout début du Renouveau, dans le projet de société de Monsieur le Président de la République, Son
Excellence Paul BIYA qui, au fil des ans, œuvre avec méthode et détermination à son enracinement et à son
approfondissement.

A cet égard, et après la publication, en 1987, de son ouvrage programme intitulé Pour le Libéralisme
Communautaire, 1996 constitue, sans conteste, l’un des jalons historiques importants dudit processus, avec
la promulgation de la loi n° 96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la constitution du 2 juin 1972.

La loi fondamentale indique clairement que le Cameroun est un « État unitaire décentralisé ». Elle fixe deux
niveaux des collectivités territoriales décentralisées ; à savoir, la Commune, niveau de base et de proximité,
chargée des missions générales de promotion du développement à la base ; puis la Région, deuxième échelon
de la décentralisation, investie des compétences et des prérogatives importantes et dotées des ressources
et des moyens conséquents pour impulser le développement au niveau intermédiaire. Bien plus, cette loi
crée le Sénat, chambre haute du Parlement investie des missions constitutionnelles de représentation, en
son sein, des collectivités territoriales décentralisées.

La mise en œuvre des dispositions de cette loi constitutionnelle a été marquée, entre autres, par la
promulgation, en 2004, des premières lois dites de décentralisation, à savoir :

ÔÔ La loi n° 2004/016 du 22 juillet 2004 d’orientation de la décentralisation ;


ÔÔ La loi n° 2004/017 du 22 juillet 2004 fixant les règles applicables aux communes ;
ÔÔ La loi n° 2004/018 du 22 juillet 2004 fixant les règles applicables aux Régions.

Ces lois sont complétées, en 2009, par deux importantes lois de portée budgétaire et fiscale, à savoir :

ÔÔ La loi n° 2009/011 du 10 juillet 2009 portant régime financier des collectivités territoriales décentralisées;
ÔÔ La loi n° 2009/019 du 15 décembre 2009 portant fiscalité locale.
Comme nous le savons, cet encadrement juridique a ouvert, dès le 1er janvier 2010, la voie aux premiers
transferts des compétences, ainsi que des ressources correspondantes, aux communes et communautés
urbaines. De ce point de vue, il y a fort lieu d’indiquer que, suivant un chronogramme arrêté par le Premier
Ministre, Chef du Gouvernement, Président du Conseil National de la Décentralisation, les compétences
prévues par la loi ont fait l’objet, de 2010 à 2015, de transferts complets aux communes et communautés
urbaines qui les exercent avec, disons-le, des fortunes diverses, pour des raisons bien identifiées.

En effet, de nombreuses faiblesses ont, au fil des ans, émaillé tant le processus même de transfert, par
les services centraux, des compétences et des ressources ; que l’exercice, par les collectivités territoriales
décentralisées, desdits transferts. Ces faiblesses sont de plusieurs ordres. Elles tiennent à des causes
multiples et à des responsabilités plurielles. Mais elles ont, toutes, pour conséquence évidente la conduite
non optimale des projets destinés à la promotion du développement local et à l’amélioration des conditions
et du cadre de vie des populations à la base.

Sous ce registre, j’évoquerai de manière non limitative :


ÔÔ Le cadre normatif qui, non seulement mérite d’être complété, mais comprend des dispositions ne faisant pas
toujours l’objet d’application intégrale ;
ÔÔ La fiscalité locale, dont le faible rendement, en raison notamment du déficit qualitatif et quantitatif des services
municipaux d’assiette, constitue un frein à l’autonomie financière des collectivités territoriales décentralisées ;
ÔÔ L’important déficit des ressources communales, qu’elles soient humaines, financières, matérielles ou
logistiques ;
ÔÔ L’insuffisante offre des services sociaux de base, dont ont besoin les populations pour leur plein
épanouissement;
ÔÔ La faible participation des citoyens à la définition des priorités et à la gestion des affaires publiques locales
créant ainsi un déficit du contrôle de proximité, nécessaire à la pertinence des projets et à leur réalisation
effective ;
ÔÔ L’absence de transparence dans la gestion des affaires publiques locales et le non-respect, par un grand
nombre d’édiles et leurs comptables, de l’exigence de reddition des comptes.

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Cérémonie d’ouverture

Il s’agit là, me semble-t-il, d’autant de problématiques, d’autant de thématiques, voire d’autant de sources de
préoccupations qui, à l’évidence, méritent une attention soutenue de notre part, au cours des deux jours que
dureront nos travaux, en vue des réponses appropriées. A ces thématiques et problématiques, il conviendrait
d’ajouter celles liées :
ÔÔ A la tutelle de l’État sur les collectivités territoriales décentralisées ;
ÔÔ A la collaboration entre les collectivités territoriales décentralisées et les services déconcentrés de l’État ;
ÔÔ Au statut des élus et des techniciens locaux ;
ÔÔ A la question des ressources humaines des collectivités territoriales décentralisées et à la mise en place
d’une fonction publique locale ;
ÔÔ Aux critères de répartition des impôts communaux soumis à péréquation ;
ÔÔ Aux lenteurs observées dans le processus de virement des certains centimes additionnels communaux et,
d’une manière plus large, de mise à disposition des ressources communales ;
ÔÔ A l’impact de certaines réformes sur les principes connus et reconnus d’autonomie et de libre administration
des collectivités territoriales décentralisées ;
ÔÔ A la nécessaire prise en compte des plans communaux de développement dans le processus de transfert
des compétences ;
ÔÔ A la faible mutualisation des ressources communales dans le cadre de l’intercommunalité ; et surtout
ÔÔ A l’élargissement prescrit du champ des compétences à transférer aux collectivités territoriales
décentralisées.
Toutes ces problématiques, toutes ces thématiques, toutes ces préoccupations méritent, je l’ai dit, une réflexion
approfondie en vue des propositions de solutions pertinentes, pragmatiques, réalistes et réalisables à brève
échéance.
Il s’agit, ni plus ni moins, d’œuvrer à l’amélioration substantielle de l’organisation et du fonctionnement de la
commune camerounaise, en vue de lui permettre de jouer pleinement son rôle de promotrice du développement
local.
C’est d’ailleurs conscient de ce rôle que le Président de la République a pris, en 2018, un important train de
mesures allant dans le sens de l’approfondissement et de l’accélération du processus de décentralisation dans
notre pays.
Sous ce rapport, vous convenez avec moi que 2018 constitue une année décisive, voire une année déterminante
dans le chantier de construction de la décentralisation au Cameroun. Son importance, en effet, se mesure à
l’aune d’un certain nombre d’actes du Chef de l’État qu’il sied du reste de rappeler ici.
Déjà dans son adresse à la Nation du 31 décembre 2017, le Président de la République déclare, et je cite: « les
consultations que j’ai menées, mais aussi les multiples avis et suggestions que j’ai recueillis, m’ont conforté dans
l’idée que nos concitoyens souhaitent participer davantage à la gestion de leurs affaires, notamment au niveau
local (——). Je crois fermement à cet égard que l’accélération de notre processus de décentralisation va permettre
de renforcer le développement de nos régions (—-). J’ai, dans cette optique, prescrit la mise en œuvre des mesures
nécessaires pour concrétiser rapidement cette réforme majeure. » Fin de citation.
Joignant l’acte à la parole, le Président de la République va procéder à la création, par décret n° 2018/190 du 2
mars 2018 modifiant et complétant certaines dispositions du décret n° 2011/408 du 9 décembre 2011 portant
organisation du gouvernement, du Ministère de la Décentralisation et du Développement Local.
Dans sa communication spéciale à l’occasion du Conseil ministériel du 15 mars 2018, le Président de la
République dira, s’agissant de ce département ministériel, et je le cite encore : « Nos populations, à travers le
pays, n’ont cessé d’exprimer leur volonté d’être associées plus étroitement à la gestion des affaires qui influencent
directement leur quotidien. La création du Ministère de la Décentralisation et du Développement Local s’inscrit
dans l’optique d’apporter une réponse rapide à ces demandes récurrentes. J’attends à brève échéance des
propositions détaillées et un chronogramme relatif à l’accélération du processus de décentralisation en cours. »
Fin de citation.
L’on pourrait ajouter qu’entre 2018 et 2019, le Président de la République est revenu, de manière itérative,
sur l’impérieuse nécessité de donner un coup d’accélérateur à la décentralisation, en vue de la promotion du
développement local, notamment dans son discours d’investiture du 6 novembre 2018, dans son adresse à la
Nation du 31 décembre 2018, de même que dans sa communication spéciale au Conseil des Ministres du 16
janvier 2019.

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ACTES
Assises Générales de la Commune

Les Assises Générales de la Commune sont dès lors organisées en exécution de ces très hautes prescriptions
de Monsieur le Président de la République.
Articulées autour de cinq ateliers thématiques, ces Assises ambitionnent de servir de cadre à une réflexion
concertée et à une analyse approfondie sur l’institution communale avec, pour finalité, la formulation des
propositions pertinentes et des solutions concrètes dont la mise en œuvre devra contribuer à donner une
impulsion nouvelle à l’action communale.
Pour l’essentiel, il sera question, au cours des deux prochains jours, de réfléchir sur des problématiques et des
thématiques liées au cadre juridique et institutionnel applicable à la commune ; aux transferts des compétences;
à la planification et au développement local ; aux ressources communales et, enfin, à la gouvernance locale.
L’importance de toutes ces matières sur l’accélération du processus de décentralisation et la promotion du
développement local n’échappe guère à personne ici.
Aussi, au regard des compétences et des intelligences rassemblées en ce lieu, au regard de la présence, dans
le panel des présentes Assises, des hommes et des femmes de terrain et des théoriciens de la décentralisation
et du développement local ; des administratifs et des universitaires ; je ne doute pas un seul instant de la qualité
des débats qui auront cours, de même que de l’utilité des propositions qui en découleront ; toutes choses qui,
je présume, contribueront à l’atteinte effective des objectifs que nous nous sommes fixés.
En somme, il nous incombe, au cours des deux prochains jours, d’œuvrer à l’identification de l’ensemble
des faiblesses qui entravent encore la bonne organisation et le fonctionnement optimal de la commune
camerounaise et de formuler, sur la base d’un état des lieux exhaustif, des propositions de rénovation de
l’institution communale. En clair, il s’agit d’œuvrer à l’amélioration de la gouvernance communale et à la
promotion du développement local, notamment dans les domaines de l’enracinement de la participation
des citoyens à la gestion des affaires publiques locales ; du renforcement de la transparence dans la gestion
des ressources publiques communales ; de la consolidation de l’autonomie des communes ; de la maîtrise
d’ouvrage communal et de la densification des équipements sociaux communaux.
Je me félicite dès lors de la mise ensemble de toutes ces intelligences et de toutes ces compétences :
magistrats municipaux, parlementaires, techniciens locaux, hauts responsables des administrations publiques,
autorités administratives, chefs traditionnels, chefs de cours, groupements patronaux, chambres consulaires,
partenaires techniques et financiers, leaders d’opinion, responsables des formations politiques membres des
organisations de la société civile, universitaires et responsables des syndicats des personnels communaux.
Je me félicite, dis-je, de la mise ensemble de cet important panel de personnalités de haut vol pour réfléchir à
l’avenir et au devenir de la commune camerounaise, de cette institution à laquelle le Président de la République
a bien voulu assigner le rôle de moteur du développement local, de promoteur de l’émergence nationale.
Aussi, je tiens à remercier très sincèrement chacun et chacune d’entre vous pour votre participation à ces
assises, mais aussi pour votre contribution, dont je suis d’ores et déjà convaincu de la qualité et de l’utilité.

Dans la même veine, je voudrais exprimer ma gratitude, une gratitude profonde et sincère, à l’ensemble des
partenaires dont l’accompagnement multiforme aura été à la fois déterminant et décisif pour la tenue des
travaux qui s’ouvrent ce jour. A cet égard, je pense particulièrement à la coopération allemande, à travers le
Programme d’Appui au Développement Communal, le PRADEC ; je pense aux Communes et Villes Unies du
Cameroun, les CVUC ; je pense au Fonds Spécial d’Équipement et d’Intervention Intercommunale, le FEICOM;
ainsi qu’au Programme National pour le Développement Participatif, le PNDP; et au Bureau National de l’Etat
Civil, le BUNEC.

Finally, and thanking you once again for your participation in this Conference, I hope that this will be
successful and that it will give rise to useful conclusions and recommendations, all aiming at making our
common living spaces that contribute to the full development of citizens, that is to say of each and every one
of us; territories whose collective development contributes to the development of the entire Cameroonian
nation and the progress of the national community.
The Right Honourable Prime Minister, Ladies and Gentlemen,
Those are the stakes of the Conference that opens today. That is the challenge we must take. That is the bet
we must win.

Thank you for your kind attention.

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Cérémonie d’ouverture

Allocution d’ouverture de M. Joseph DION NGUTE,


Premier Ministre, Chef du Gouvernement

Monsieur le Président du Sénat ;


Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ;
Monsieur le Président du Conseil Économique et Social ;
Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel ;
Monsieur le Premier président de la Cour Suprême et Monsieur le Procureur Général près ladite Cour ;
Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
Mesdames et Messieurs les chefs de missions diplomatiques et représentants des Organisations
internationales ;
Monsieur le Président des Communes et Villes Unies du Cameroun ;
Mesdames et Messieurs les magistrats municipaux ;
Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux ;
Mesdames et Messieurs les partenaires des communes ;
Distingués participants aux Assises Générales de la Commune ;
Mesdames et Messieurs ;

Permettez-moi, avant toute autre considération, d’exprimer mon appréciation au Délégué du Gouvernement
auprès de la Communauté Urbaine de Yaoundé pour les paroles chaleureuses qu’il a adressées à l’endroit de
tous les participants aux premières « Assises Générales de la Commune ».

La gratitude du Gouvernement s’exprime également à l’endroit de Monsieur Alioune BADIANE, grand ami
du mouvement municipal camerounais, qui a répondu promptement à l’invitation des organisateurs. Sa
présentation magistrale, qui a mis en lumière l’apport de la décentralisation dans les processus d’émergence
des États africains, démontre que la thématique qui nous réunit est partagée par les autres pays du continent
et surtout que notre pays est dans le peloton de tête lorsqu’on évoque la décentralisation en Afrique.

Mesdames et Messieurs,

Il m’incombe de présider, en qualité de représentant du Président de la République les premières « Assises


Générales de la Commune », placées sous son très haut patronage. C’est bien sûr, pour le Président du
Conseil National de la Décentralisation que je suis, une agréable occasion de me retrouver en présence
de nos 374 chefs d’exécutifs communaux, des autres acteurs et des partenaires de la vie des communes.
Le Gouvernement de la République est très sensible aux efforts que vous déployez au quotidien pour
matérialiser le principe constitutionnel de libre administration des collectivités territoriales décentralisées.

Les « Assises Générales de la Commune » ont été prescrites par le Président de la République à l’effet d’explorer
les voies et moyens d’approfondir la décentralisation à l’échelon communal. Leur tenue à l’entame de ce
nouveau septennat présidentiel, et après la création d’un Ministère dédié à la décentralisation, n’est pas le
fruit du hasard. Il s’agit de préparer la Commune à prendre toute sa place et de jouer pleinement son rôle dans
les chantiers du « septennat des grandes opportunités ». Elle doit mieux catalyser les opportunités créées ou
à créer par l’État central ; davantage, chaque commune devra être à même de générer dans son écosystème
local des opportunités décisives pour le développement local. L’ambition affichée du Gouvernement est de
faire des communes des territoires d’opportunités multiformes pour les populations et le tissu économique,
en droite ligne des objectifs de la Stratégie Nationale de Décentralisation.

Il s’agit, à travers ces deux jours de réflexion et d’autocritique, de renforcer les fondations de l’institution
communale, de donner un souffle nouveau au développement local et, en fin de compte, de donner du sens
à une politique publique fondamentale, à savoir la politique de décentralisation.

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ACTES
Assises Générales de la Commune

La trajectoire de la commune camerounaise, faut-il le rappeler, est longue et presque centenaire. En effet,
l’historiographie de cette institution enseigne que les « native courts » et « native authorities » en vigueur dès
1922 étaient des embryons d’une gestion décentralisée des affaires locales.

Il est donc compréhensible que l’impulsion donnée à notre politique de décentralisation à partir de 1996,
avec la constitutionnalisation de l’État unitaire décentralisé, ait consisté à renforcer d’abord significativement
l’échelon communal. En effet, sous la très haute impulsion du Président de la République, le paysage
communal a été quantitativement et qualitativement modifié.

La carte communale, qui affichait 192 communes en 1982, soit 22 communes urbaines et 170 communes
rurales, s’est significativement densifiée au fil des ans. Elle comprend aujourd’hui 374 collectivités territoriales
décentralisées, soit 360 communes et 14 communautés urbaines, dont les chefs d’exécutif sont tous ici
représentés. Cette carte communale n’est pas figée, car les territoires pertinents des communes sont une
construction permanente. Et, si la nécessité se fait sentir, si la prise en charge des intérêts locaux le justifie,
ladite carte pourrait connaître à l’avenir d’autres mutations, dans l’intérêt bien compris des populations.

Dans le même temps, l’option de démocratisation dans la désignation des organes dirigeants de la
commune n’a jamais été démentie. Ainsi, il n’existe plus dans le paysage de la décentralisation au Cameroun
d’administrateurs municipaux nommés. Des scrutins municipaux sont organisés régulièrement, faisant de
nos communes de véritables écoles d’apprentissage de la démocratie, de l’engagement citoyen et politique,
ainsi que l’entrevoyait déjà le Président de la République en 1987 dans son ouvrage Pour le Libéralisme
Communautaire.

Au-delà de ces avancées institutionnelles, le cap a été résolument mis sur les transferts de compétences et
des ressources au courant des huit dernières années. Ainsi, de 2010 à 2018 vingt départements ministériels
ont transféré 63 compétences, avec des ressources correspondantes chiffrées à plus de 350 milliards de F
CFA pour la période 2010-2018. Un pas supplémentaire a été franchi pour cet exercice budgétaire, à la faveur
de la décision unanimement saluée du Président de la République d’octroyer une enveloppe de 100 millions
de F CFA à chacune des 360 communes, destinée à l’investissement, soit un total de 36 milliards de F CFA,
en lieu et place des 5 milliards habituels représentant la composante investissement de la Dotation Générale
de Décentralisation.

Mesdames et Messieurs les magistrats municipaux,

L’utilisation de cette ressource est un test grandeur nature de vos capacités de maîtrise d’ouvrage et de votre
détermination à conduire des projets de développement au bénéfice de vos concitoyens. C’est à l’aune des
résultats que vous obtiendrez en cette matière que sera prise la décision d’augmenter encore davantage vos
crédits d’investissements et atteindre un jour la barre fatidique 10% de l’investissement publique exécutés
dans les Communes.

Les grandes lignes du tableau ainsi dressé, démontrent à suffisance qu’en dépit des difficultés conjoncturelles,
la Commune camerounaise est demeurée et demeure une priorité de premier plan pour les pouvoirs publics.
Sur les acquis ci-dessus brièvement décrits, nous devons bâtir la Commune camerounaise de demain, en
jetant un regard lucide sur chacun de ses compartiments. Je m’appesantirai sur quelques-uns.

La commune est d’abord un instrument politique ; politique entendue dans son sens le plus noble, c’est-à-
dire un lieu par excellence du service de la collectivité. Sur le champ politique, nos communes sont à l’avant-
garde de la promotion démocratie locale et de la construction permanente du vivre ensemble, et doivent le
demeurer. Comme je le disais déjà plus haut ce sont également des précieuses écoles d’apprentissage de
la démocratie. Les joutes électorales de proximité lors des élections municipales et les débats au sein d’un
conseil municipal forgent utilement l’esprit démocratique. La tolérance mutuelle, contradiction assumée, et
le pluralisme d’opinions méritent de continuer de s’enraciner dans le cadre communal.

Bien plus, la gestion des affaires communales ne saurait être l’apanage des seuls organes institués. Le
renforcement de la démocratie locale à l’ère du numérique ne peut faire l’économie d’une participation
citoyenne plus effective, facilitée par les moyens de communication moderne.

Les communes doivent relever le défi de la participation. La participation est le canal d’implication de l’élite
désireuse de se connecter ou se reconnecter avec les terroirs. La participation est également le moyen le
plus susceptible de permettre à l’écosystème local de bénéficier de la force de proposition de la société
civile. Or, comme le soulignait le Président de la République, (je cite) « la pleine participation démocratique
des citoyens à la gestion de leurs communes respectives est garantie tant par l’élection compétitive et libre des

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Cérémonie d’ouverture

responsables que par des consultations régulières des populations sur leur propre initiative ou sur celle des
dirigeants » (fin de citation). (Pour le Libéralisme Communautaire, 2ème édition, 2018, p. 57).

La force d’attraction de nos communes sur la jeunesse est encore insuffisante. Le dynamisme de la
jeunesse camerounaise trouvera dans la commune un terrain d’expression privilégié, si nous parvenons
à dépoussiérer l’institution communale, à la rendre avenante, à l’impliquer davantage dans les activités
sociales, sportives et culturelles. Il nous appartient de faire de la commune une vraie « maison commune »,
par définition inclusive, avec des conseils municipaux représentatifs de l’extrême jeunesse de nos sociétés.
Nous donnerons également du sens et une âme à nos communes en y installant progressivement ces
compartiments qui attirent la jeunesse, à l’instar des bibliothèques, des aires de jeu, des parcs de loisirs, des
salles multimédia, des maisons de la culture, des piscines municipales, et j’en passe.

Mesdames et Messieurs,

La revitalisation de la démocratie locale est indispensable. Elle est indissociable de la rénovation de la


gouvernance communale. Les présentes « Assises » y contribueront effectivement. Il y va du devenir de notre
processus de décentralisation. A cet égard, il importe de rappeler le principe cardinal de la décentralisation
consacré par l’article 55 de la Constitution, à savoir la libre administration par des conseils élus. Il s’ensuit que
les organes pivot de la Commune et de la Communauté urbaine sont respectivement le conseil municipal,
élu ; et le Conseil de communauté, élu.
Les conseils élus sont investis de pouvoirs importants, mais encore insuffisamment utilisés. La loi fixant
les règles applicables aux Communes contient une clause générale de compétences au profit du conseil
municipal.

Elle dispose que (je cite) « le conseil municipal règle, par délibérations, les affaires de la commune » (fin de
citation). Il en découle que c’est à la fois un organe d’impulsion, d’orientation et de contrôle.

L’amélioration de la gouvernance communale passe indubitablement par la revalorisation du rôle des organes
délibérants, responsables à titre principal de l’administration des collectivités territoriales décentralisées.

Le statut de l’élu local en cours de finalisation devrait y contribuer. Celui-ci pose les jalons d’une déontologie
des conseillers municipaux, fondée sur leur engagement en faveur de la défense des affaires locales et devra
conférer à l’élu local des droits, tout en lui imposant des obligations. Il devrait en résulter un engagement plus
fort dans l’exercice du mandat des conseillers municipaux.

Le Gouvernement est par ailleurs sensible aux demandes d’accroissement du nombre de conseillers
municipaux dans certaines communes, demandes motivées par le désir d’une représentation adéquate des
différentes composantes sociologiques. Elles seront examinées dans le respect des prescriptions légales
contenues dans la loi fixant les règles applicables aux communes.

L’exécutif municipal ne saurait être en reste dans cet important chantier de rénovation de la gouvernance
municipale. Il est le visage et la voix de la commune. Qu’il s’agisse du maire ou délégué du Gouvernement,
nos villes ont besoin d’avoir à leur tête des leaders capables de formuler une vision et de la traduire dans les
faits, des serviteurs infatigables de la cause du développement local, des bâtisseurs soucieux de laisser une
empreinte positive et durable.

Être maire dans le contexte de villes et campagnes camerounaises, où quasiment tout est à imaginer et
à faire pour améliorer le cadre et les conditions de vie de nos populations n’est pas une sinécure, mais
un sacerdoce, une mission qu’on doit accomplir avec engagement, passion et abnégation. Parce que la
décentralisation va de pair avec le développement local, le maire est avant toute chose le principal agent de
développement de son territoire.

Il est dès lors de la responsabilité des formations politiques d’investir à cette fonction des hommes et femmes
dont le profil correspond aux exigences de plus en plus élevées de cette fonction, à la fois visionnaires et
managers, pénétrés d’un sens élevé du service rendu aux citoyens.

L’État quant à lui continuera de favoriser les conditions d’un exercice efficace de la fonction exécutive au sein
de nos communes. C’est ainsi qu’il faut comprendre le renforcement des incompatibilités et du respect de
l’exigence légale de résidence. Au Cameroun, l’on est plus maire à mi-temps ou à temps partiel, mais à plein
temps, avec une rémunération à la clé.

| 21
ACTES
Assises Générales de la Commune

C’est le lieu de rappeler que l’un des acquis irréversibles de la mandature municipale en cours est l’effectivité
de la rémunération des magistrats municipaux, décidée par le Président de la République, avec une charge
annuelle pour le budget de l’État de plus de 2 milliards de F CFA. Les dispositifs de contrôle de l’obligation de
résidence seront renforcés en conséquence.

Je tiens à souligner que le législateur a voulu que l’exécutif municipal soit collégial, composé du maire et
ses adjoints ou du délégué du Gouvernement et ses adjoints, comme une authentique équipe d’ouvriers du
développement local. Lorsque l’esprit d’équipe n’est pas au rendez-vous, la performance de l’exécutif s’en
ressent. La saine gouvernance dans la fonction exécutive communale est une gouvernance partagée, où le
chef de l’exécutif assigne des missions à ses adjoints, et leur délègue, ainsi que le prévoit la loi, une partie de
ses attributions. L’accaparement et la monopolisation, par une seule personne, de la fonction exécutive dans
certaines de nos communes et communautés urbaines est par conséquent un travers qu’il faut corriger,
aucune énergie n’étant de trop dans l’exécution des missions de développement local.

La nouvelle gouvernance communale, que nous devons bâtir sur la base des recommandations des présentes
Assises, nécessite également de redéfinir l’équilibre entre deux exigences constitutionnelles: l’autonomie qui
fonde la décentralisation et la tutelle, qui en est le corollaire indispensable. L’option d’allègement de la tutelle
choisie en 2004 et la nouvelle architecture qui fait jouer un rôle prépondérant au juge administratif méritent
à cet égard d’être confortée.

Les représentants de l’État, les préfets dans le cas des communes et communautés urbaines, seront amenés
à jouer à la fois dans le registre strict de la tutelle, mais également dans celui de l’assistance-conseil et de
l’accompagnement. C’est d’ailleurs le sens du projet de décret sur les mécanismes de collaboration entre les
services déconcentrés de l’État et les collectivités territoriales décentralisées.

En effet, le déficit qualitatif et quantitatif criard de ressources humaines, constaté dans nos collectivités
territoriales décentralisées ne pouvant être résorbé du jour au lendemain, les solutions à imaginer sont de
plusieurs ordres. La mise à disposition temporaire de l’expertise disponible dans les services de l’État est
d’ores et déjà envisagée. Une affectation définitive de personnels étatiques, maintenus dans les registres de
la solde de l’État, constituerait un autre apport significatif. Il est entendu que la solution la plus satisfaisante,
à laquelle le Gouvernement travaille déjà, est la mise sur pied d’une fonction publique locale. Cette réforme
majeure sera couplée à une transformation suffisamment ambitieuse du Centre de Formation pour
l’Administration Municipale, (CEFAM) de Buea.

C’est au prix de l’aboutissement de ces chantiers portant sur le capital humain, c’est-à-dire la généralisation
de communes dotées de conseillers municipaux engagés, d’un exécutif volontariste et d’une administration
plus performante, que les impacts se feront ressentir sur les territoires. L’attractivité du territoire de la
commune est grandement tributaire de ces préalables.

Une commune attractive est doublement bénéfique au plan socioéconomique. D’une part, elle attire les
investissements publics et privés, nationaux et étrangers ; d’autre part, elle parvient à maintenir sur son sol les
forces productives, dont notamment les jeunes qui seraient autrement tentés par les sirènes de la migration
interne ou internationale. L’attractivité du territoire est un atout qui se traduira inéluctablement dans l’Indice
de Développement Local (IDL), outil de mesure du développement local finalisé par le Gouvernement.

Cela nécessitera une parfaite appropriation des agendas mondiaux comme les ODD, panafricains à l’instar
de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine et nationaux en matière de développement durable. L’existence de
plans communaux de développement dans 329 communes est un capital précieux sur lequel l’on peut
asseoir les évolutions souhaitées de nos collectivités territoriales décentralisées.

Les plans communaux de développement et les autres outils de planification urbaine n’ont pas une vocation
ornementale. Planifier c’est bien, faire respecter les prescriptions d’un plan et s’en servir comme boussole
au quotidien, c’est mieux. Comment comprendre que l’existence de documents de planification urbaine
n’enraye pas le développement exponentiel des quartiers d’habitats spontanés ? Comment expliquer que
la réglementation de la construction soit inopérante devant la prolifération des constructions anarchiques ?

Le maire camerounais de demain sera aussi évalué à sa capacité à faire respecter le droit de l’urbanisme et de
la construction, à prévenir le désordre urbain, à assainir le cadre de vie des populations. Les prérogatives qui
vous sont reconnues en la matière sont insuffisamment utilisées. L’aboutissement, dans les tout prochains

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Cérémonie d’ouverture

mois, du projet de texte précisant le cadre juridique applicable à la police municipale va conférer des marges
de manœuvre supplémentaires aux magistrats municipaux désireux de prévenir et réprimer efficacement
les atteintes au bon ordre.

Dans le même ordre d’idées de ces missions que vous accomplissez au nom et pour le compte de l’État,
figure l’enregistrement des faits d’état civil. En effet, la modernisation, en cours, de notre système d’état civil
requiert l’implication des magistrats municipaux, en leur qualité d’officier des centres principaux.

Mesdames et Messieurs,

Les présentes « Assises » ambitionnent de donner plus d’allant et de vitalité à la décentralisation, du moins
à la composante qu’est la commune. A l’évidence, les retombées bénéfiques se feront ressentir même à
l’échelon régional, puisque comme vous le savez, le collège électoral pour l’élection des conseillers régionaux
est constitué pour une large part de conseillers municipaux.

A la suite de l’engagement maintes fois réitéré du Président de la République en faveur de la décentralisation,


un consensus, de plus en plus large en faveur de cette politique publique se fait dans notre société. Cependant,
quelques poches de scepticisme subsistent, notamment chez ceux de nos compatriotes qui pensent que
la centralisation est irrévocablement inscrite dans l’ADN de l’État au Cameroun. Croyez-moi, il n’en est rien.
Le centre n’a pas vocation d’être à l’alpha et l’oméga des politiques publiques. La périphérie, issue de la
décentralisation ou de la déconcentration, celle qui est au contact quotidien de nos concitoyens, va avoir
un rôle de plus en plus croissant à jouer. En effet, pour atténuer effectivement le sentiment très répandu
d’extrême centralisation, la décentralisation doit s’accompagner d’un supplément de déconcentration
horizontale et verticale.

La décentralisation, comme la déconcentration, est une interpellation adressée principalement aux ministères,
aux administrations centrales, appelés à transférer effectivement des compétences et des ressources.
C’est ça ce que décentraliser veut dire, pour l’essentiel. Les détenteurs de compétences et ressources à
transférer se doivent de jouer pleinement le jeu avec les communes, et davantage demain avec les régions,
dont le périmètre d’attributions sera plus substantiel. Le cap fixé par le Président de la République dans son
discours de prestation de serment est suffisamment clair, lorsqu’il dit (Je cite) « dans les meilleurs délais
possibles, des mesures seront prises pour élargir le champ de compétences des collectivités territoriales afin
de leur donner les moyens d’une plus grande autonomie » (fin de citation).

En contrepartie, il est de la responsabilité des collectivités territoriales décentralisées de démontrer que la


gestion de proximité répond plus efficacement aux aspirations de nos concitoyens à des services de base
de qualité.

Pour ce faire nous devons bien évidemment résoudre la question préjudicielle de l’architecture financière
optimale de notre décentralisation, basée sur une fiscalité locale profondément rénovée depuis 2009 et des
transferts de ressources de l’État, sous la forme de dotations notamment. Ce modèle, qui intègre l’exigence
de solidarité entre les communes, à travers des mécanismes de péréquation financière et un organisme
financier pivot, le Fonds Spécial d’Équipement et d’Intervention Intercommunale (FEICOM), a démontré sa
robustesse et fait des émules ailleurs en Afrique. Cette architecture est néanmoins à parfaire dans l’optique
de l’amélioration du rendement des impôts locaux et de la prise en compte du financement des régions
notamment. La trop grande dépendance des communes aux centimes additionnels communaux et le
délaissement des autres sources de recettes potentielles doit nous interpeller. Tout comme l’on ne saurait
éluder la question des recettes non-fiscales, pouvant découlées des activités économiques génératrices de
revenus que peuvent conduire les communes, en fonction de leurs atouts respectifs.

Le chantier de la rénovation qui nous réunit ces deux jours à Yaoundé est déterminant pour les impacts
positifs qu’il aura sur le fonctionnement de la Commune camerounaise, mais également pour les leçons à
tirer dans la mise en service annoncée des Régions.

Je vous exhorte par conséquent, dans vos ateliers respectifs à procéder à un état des lieux lucide et
clairvoyant, avant de faire des propositions d’amélioration réalistes, concrètes et pragmatiques.

Sur ce, je déclare ouvertes les premières « Assises Générales de la Commune camerounaise ».
Vive la décentralisation et son infatigable promoteur, Son Excellence Monsieur le Président de la République.

Merci de votre bienveillante attention./-

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Deuxième partie
Les travaux en
atelier
ATELIER N° 1

ATELIER N° 1

Cadre normatif et institutionnel applicable à la commune

Thème : Cadre institutionnel et juridique applicable à la décentralisation au Cameroun


Pr. Bernard MOMO, Coordonnateur du Programme National de Gouvernance (PNG)

La décentralisation au Cameroun est un processus dont les origines se situent avant même l’indépendance
du pays. Ce processus est, intimement lié à l’évolution politique et institutionnelle du Cameroun, à travers
des étapes successives, à savoir : les prémices de la décentralisation sous les régimes du mandat et de
la tutelle (1920-1959) ; son appropriation difficile après l’indépendance (1959-1974) ; l’harmonisation des
systèmes de gestion des affaires locales à la suite de l’unification (1974-1996).

La Constitution du 18 janvier 1996 marque un tournant majeur en consacrant l’avènement d’un « Etat Unitaire
Décentralisé ». Depuis lors, la décentralisation connaît un nouvel essor et une évolution significative, à la
suite notamment des trois lois fondatrices du 22 juillet 2004, sur la base desquelles des compétences et des
ressources ont été transférées aux communautés urbaines à partir de l’année 2010.

Depuis lors, le processus de la décentralisation a connu une avancée considérable traduisant l’engagement
des pouvoirs publics à poursuivre et à consolider davantage cette politique publique qui constitue une option
majeure du Gouvernement.

Cette dynamique concerne à la fois, le cadre juridique applicable à la décentralisation qui s’est étoffé à un
rythme soutenu au cours des années, notamment depuis 2011. Elle s’est particulièrement révélée avec un
dispositif institutionnel relativement cohérent et fonctionnel. Mais, je me dois de relever qu’elle s’est aussi
observée dans l’opérationnalisation des transferts de compétences par les départements ministériels,
concrétisés sur le terrain par d’importantes réalisations. Aussi, d’importantes dotations financières ont-
elles été mobilisées pour soutenir les transferts, l’amélioration des conditions de vie des populations et les
actions de développement local.

Peut-on alors dire que la décentralisation au Cameroun, aux plans juridique et institutionnel, satisfait toutes
les attentes placées en elle ?

Nous répondons sans détours que des jalons essentiels ont été posés, mais il reste à faire aboutir nombre
de textes en cours d’élaboration, à compléter l’arsenal juridique disponible par de nouveaux textes à élaborer
puis à réviser certains textes existants. Au regard des développements qui précèdent, nous pouvons axer
notre exposé sur les deux temps qui suivent : Un cadre juridique et institutionnel impressionnant…Qui doit
être amélioré et complété.

I. Un cadre juridique et institutionnel impressionnant …


La mise en œuvre de la décentralisation au Cameroun est rentrée dans sa phase active à partir de 2010,
avec les transferts de compétences et de ressources de l’Etat aux Communes et Communautés Urbaines,
et surtout avec comme principales avancées : un cadre juridique étoffé et un dispositif institutionnel
relativement fonctionnel.

A. Un cadre juridique étoffé


A la suite de la Constitution de 1996 qui consacre une triple évolution (amélioration de la représentation
des CTD au plan institutionnel, création d’un échelon supplémentaire des CTD (les régions), et consécration
des principes directeurs de la décentralisation), le processus de décentralisation s’appuie aujourd’hui sur un
dispositif juridique étoffé constitué :

ÔÔ Des trois lois dites de décentralisation promulguées le 22 juillet 2004 (loi nº 2004/017 d’orientation de la
décentralisation, loi nº 2004/018 fixant les règles applicables aux Communes et loi nº 2004/019 fixant les
règles applicables aux Régions) ;

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ACTES
Assises Générales de la Commune

ÔÔ De deux lois à caractère financier et fiscal à savoir, d’une part, la loi portant régime fi nancier des CTD du 10
juillet 2009 et, d’autre part, la loi portant fiscalité locale du 15 décembre 2009 ;
ÔÔ D’autres lois couvrant des domaines variés : urbanisme, aménagement du territoire, état civil, élections… ;
ÔÔ De plusieurs textes réglementaires, notamment ceux pris pour préciser les modalités d’exercice des différentes
compétences transférées par l’Etat aux Communes et aux Communautés Urbaines, notamment dans les
domaines du développement économique, sanitaire, social, éducatif, sportif et culturel, ainsi que ceux qui
portent répartition de la dotation générale de décentralisation ;
ÔÔ De nombreux arrêtés et circulaires qui encadrent le processus de la décentralisation.

Par ailleurs, la réforme juridique issue des lois 2006, avec la création des Tribunaux Administratifs Régionaux,
d’ores et déjà fonctionnels, a offert des perspectives nouvelles permettant de mieux encadrer le contentieux
de la tutelle. De même, l’institution d’une Chambre des Comptes au sein de la Cour Suprême, participe du
souci d’assainir la gestion des CTD dont les comptes doivent lui être soumis.

L’organisation administrative ainsi que l’organisation et le fonctionnement des services des Chefs de
Circonscriptions Administratives ont été adaptés à la décentralisation à la faveur des décrets nº 2008/376 du
12 novembre 2008 portant organisation administrative du Cameroun et nº 2008/377 de la même date fixant
les attributions des Chefs de Circonscriptions Administratives. La création du Service de Développement
Local au sein des préfectures et de la Division du Développement Régional dans les services du Gouverneur,
participent de cette mouvance, confortée par la mise en place en cours des services du Ministère de la
Décentralisation et du Développement Local créé par décret nº 2018/449 du 1er août 2018.

Ainsi, au Cameroun la décentralisation repose sur un cadre juridique particulièrement riche et étoffé comme
l’illustre le recensement des textes, des lois et de décrets annexés au présent exposé, encore que nous n’y
avons pas inclus les nombreux arrêtés et circulaires pris en applications des lois et décrets.

B. Un dispositif institutionnel relativement cohérent et fonctionnel


Le dispositif institutionnel de la décentralisation est organisé autour des acteurs principaux du pilotage du
processus, des organes de suivi fonctionnels et des acteurs d’accompagnement progressivement mis en
place depuis une décennie.

1 - Les principaux acteurs du pilotage


Il s’agit :
ÔÔ Du Président de la République qui définit la politique de la Nation et à ce titre, arrête les grandes orientations
en matière de décentralisation ;
ÔÔ Du Premier Ministre, Chef du Gouvernement qui, par ailleurs, préside le Conseil National de la Décentralisation
(CND). Les services placés sous son autorité, dans le cadre de la coordination de l’action gouvernementale,
veillent à la prise en compte de la décentralisation dans la politique sectorielle ;
ÔÔ Du Ministre de la Décentralisation et du Développement Local qui est chargé de l’élaboration de la politique,
du suivi et de l’évaluation de la décentralisation et du développement local. Il préside, par ailleurs, le Comité
Interministériel des Services Locaux (CISL), le Comité National des Finances Locales (CONAFIL) et la
Commission Interministérielle de la Coopération Décentralisée (CICOD).

2 - Les acteurs opérationnels de mise en œuvre


On en distingue deux types : les organes exécutifs que sont les Présidents des Conseils Régionaux (au
niveau de la Région) ; les Maires (au niveau des Communes), les Délégués du Gouvernement (au niveau des
Communautés Urbaines) d’une part, ainsi que les organes délibérants : les Conseils Régionaux (au niveau
des Régions), les Conseils Municipaux (au niveau des Communes) ; les Conseils de Communautés (au
niveau des Communautés Urbaines) d’autre part.

3 - Les organes de suivi


Pour la mise en œuvre du processus de décentralisation, les organismes ci-après ont été mis en place :
ÔÔ Le Conseil National de la Décentralisation (CND) : créé par le loi nº 2004/017 et organisé par le décret nº
2008/013 du 17 janvier 2008, il est chargé du suivi et de l’évaluation de la mise en œuvre de la décentralisation. Le
CND émet des avis et formule des recommandations sur le programme annuel des transferts de compétences

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ATELIER N° 1

et de ressources aux CTD, ainsi que sur les modalités desdits transferts qui sont précisées à chaque étape par
des décrets du Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;
ÔÔ Le Comité Interministériel des Services Locaux (CISL) : créé par la loi nº 2004/017 et organisé par le décret nº
2008/014 du 17 janvier 2008, le CISL est un organe de concertation ayant pour mission d’assurer la préparation
et le suivi des transferts de compétences et des ressources aux CTD ;
ÔÔ Le Comité National des Finances Locales (CONAFIL) : créé par la loi nº 2009/011 du 10 juillet 2009 portant
régime financier des CTD, il est chargé de la mobilisation des recettes des collectivités territoriales ainsi que
de la bonne gestion des finances locales. Il dispose de relais tant au niveau régional (Comités Régionaux des
Finances Locales –COREFIL) que départemental (Comités Départementaux des Finances Locales-CODEFIL).
Son organisation et son fonctionnement sont fixés par le décret nº 2011/1732/PM du 18 juillet 2011 ;
ÔÔ La Commission Interministérielle de Coopération Décentralisée (CICOD) : créé par décret nº 2011/1116/PM
du 26 avril 2011 fixant les modalités de la coopération décentralisée, le CICOD a pour objectif de permettre au
Gouvernement d’encadrer, de suivre et d’évaluer la coopération entre les CTD camerounaises et les Communes
étrangères.

4 - Les acteurs d’accompagnement diversifiés


La mise en œuvre du processus de décentralisation bénéficie aussi du concours des institutions d’appui et
des partenaires, ainsi que du dynamisme du mouvement municipal.

a) En termes d’appui financier et technique, les deux principales institutions d’appui sont le Fonds Spécial
d’Equipement et d’Investissement Intercommunale (FEICOM) et le Programme National de Développement
Participatif (PNDP).

Créé par la loi du 05 décembre 1974 portant organisation communale et réorganisé en 2000, 2006 et 2018,
le FEICOM a entre autres missions :

ÔÔ L’entraide entre les communes par les contributions de solidarités et les avances de trésorerie ;
ÔÔ Le financement des travaux d’investissements communaux ou intercommunaux ;
ÔÔ La couverture des frais relatifs à la formation du personnel communal et du personnel d’état civil ;
ÔÔ Le paiement de la rémunération des présidents et membres des bureaux des conseils régionaux, ainsi que des
magistrats municipaux ;
ÔÔ La centralisation et la redistribution des centimes additionnels communaux (cac) et autres impôts communaux
soumis à péréquation notamment, la redevance forestière annuelle, les droits de timbre automobile et la taxe
de développement local, à la mise à disposition des communes, communautés urbaines et syndicats de
communes des fonds issus de la dotation générale de décentralisation ;
ÔÔ La participation aux opérations financières visant à promouvoir le développement économique local, en
liaison avec les autres administrations et structures concernés, et notamment à travers : la mobilisation des
ressources nationales et internationales, ainsi que l’intermédiation financière dans la recherche et la gestion
des ressources provenant de la coopération décentralisée en faveur des CTD.

Financé par plusieurs bailleurs de fonds dont notamment la Banque Mondiale, après les deux premières
phases qui ont duré huit (08) ans, le PNDP en est à sa troisième phase avec des interventions tendant
à couvrir l’ensemble des Communes. Il apporte des concours dans le financement des microprojets, la
réalisation des études et l’élaboration des PCD.

b) Dans le domaine de la formation, deux institutions complémentaires fonctionnent, à savoir le Centre de


Formation pour l’Administration Municipale (CEFAM) et le Programme National de Formation aux Métiers
de la Ville (PNFMV).

Le CEFAM, créé par décret nº 077/494 du 07 décembre 1977, a pour missions d’assurer la formation, le
perfectionnement et le recyclage des personnels administratifs et techniques des communes, des syndicats
de communes et établissement communaux, des personnels chargés de la tutelle des communes et ceux
chargés de l’état-civil. Sa réforme en cours lui permettra d’assurer les mêmes prestations à l’égard des
acteurs qui seront chargés d’animer le fonctionnement des Régions.

Issu d’une convention entre le Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain (MINDHU), le Ministère de
la Décentralisation et du Développement Local (MINDDL), le Fonds Spécial d’Equipement et d’Intervention

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ACTES
Assises Générales de la Commune

Intercommunales (FEICOM) et les Communes et Villes Unies du Cameroun (CVUC), avec le concours de la
coopération française, le PNFMV est un outil de formation et de renforcement/développement des capacités
des magistrats municipaux, des employés communaux et des personnels des services déconcentrés de
l’Etat, notamment dans les domaines de la maîtrise d’ouvrage, de l’urbanisme et de l’assainissement.

c) Le processus de la décentralisation bénéficie aussi de l’action des partenariats fructueux. Il en est ainsi :

ÔÔ Des programmes soutenus par la coopération technique allemande, notamment d’une part, du Programme
d’Appui à la Décentralisation et au Développement Local (PADDL), le Programme d’Appui au Développement
Communal (PRADEC) et, d’autre part, du Programme Décentralisation FEICOM Villes Moyenne (PDFVM) ;
ÔÔ Des programmes relevant de la Coopération française à travers le Contrat de Désendettement et de
Développement (C2D) : le C2D, dont le Cameroun est l’un des premiers bénéficiaires, est une initiative
multilatérale d’allègement de la dette des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) sous forme de remboursement, à
travers des financements sur cinq secteurs jugés prioritaires que sont : éducation de base, santé, agriculture et
développement rural, environnement et infrastructures urbaines (villes de Douala, Yaoundé et autres capitales
régionales) et routières ;
ÔÔ De la coopération avec les Banque Africaine de Développement (BAD) : Dans ce cadre, l’Etat camerounais
a bénéficié d’un financement sous forme de don pour la mise en œuvre du Programme d’Alimentation en
Eau Potable et d’Assainissement en Milieu Rural (PAEPA-M.U) dont le coût total s’élève à 3,5 milliards. Ce
programme touche 116 Communes des Régions du Sud, de l’Est, de l’Ouest et du Nord-Ouest. Pour la mise en
œuvre de ce programme, l’Etat a décidé de rétrocéder au FEICOM, lesdites ressources.

d) De la coopération décentralisée : La coopération constitue un acte d’entente mutuelle au plan national


et international à travers lequel les CTD peuvent non seulement dégager des ressources additionnelles,
mais également et surtout partager un ensemble de valeurs, d’expériences et de bonnes pratiques.

Les lois 2004/018 et 2004/019 (article 16 et 18) en ont cette vision large, à la différence du décret nº
2011/116 PM du 26 avril 2011 fixant les modalités de la coopération décentralisée qui exclut de son champ
tout contrat de partenariat ainsi que toutes les relations de solidarité que les CTD peuvent entretenir dans le
cadre des syndicats de communes ; d’un mouvement municipal structuré et dynamique Comme structure
faitière, l’association « Communes et Villes Unies du Cameroun » (CVUC), créée en 2016, constitue une force
de proposition, représentée dans diverses instance et régulièrement consultée dans le cadre de la mise
en œuvre de la décentralisation. Les CVUC contribuent à la représentation et à la défense des intérêts des
Communes, tant au plan national qu’international.

Le dynamisme du mouvement municipal se caractérise aussi par le regroupement thématique ou


géographique de Communes (l’Association des Communes Forestières, l’Association des Communes des
Montagnes, l’Association des Communes du Littoral et l’Association des Communes Minières).

II. Un cadre juridique et institutionnel qui peut être amélioré et complété


Dans l’optique d’améliorer le dispositif juridique nécessaire à la mise en œuvre effective et efficiente de la
décentralisation au Cameroun à l’horizon 2023, les acteurs institutionnels doivent prendre conscience de
l’urgence qu’il y a quant à l’aboutissement et l’élaboration d’un certain nombre de textes qui demeurent
attendus.

A. Les projets de textes dont l’aboutissement reste attendu


De nombreux textes juridiques importants ont déjà été élaborés, parfois depuis des années et leur
aboutissement reste attendu. Ils viendront compléter le cadre juridique existant en vue de garantir une
meilleure opérationnalisation de la décentralisation. L’urgence de l’aboutissement de ces projets de textes
est avérée au regard des difficultés auxquelles sont confrontées les communes dans l’accomplissement de
certaines de leurs missions au quotidien.

Ces textes permettront pour les uns, de formaliser les rapports entre l’Etat et les collectivités territoriales
décentralisées, ou entre celles-ci, et pour d’autres d’adapter l’institution communale aux exigences de la
décentralisation en vue de les doter d’un personnel au statut bien défini et dont les besoins en formation
sont satisfaits. De manière spécifique, il sera question de résoudre la problématique du statut de l’élu local,
ainsi que la réforme du CEFAM qui permettra d’améliorer et de relever l’offre de formation au regard des
besoins en ressources humaines qualifiées que requiert l’approfondissement de la décentralisation.

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ATELIER N° 1

Ainsi, des projets de textes réglementaires, déjà élaborés et ayant fait l’objet d’un consensus entre les
différents acteurs concernés, mais non aboutis, sont notamment ceux relatifs :

ÔÔ A l’adoption de la Stratégie Nationale de la Décentralisation ;


ÔÔ A la charte de la déconcentration pour un meilleur attelage entre la déconcentration et la décentralisation;
ÔÔ Aux modalités d’exercice des pouvoirs de tutelle de l’Etat sur les collectivités territoriales décentralisées et
leurs établissements ;
ÔÔ Aux modalités de collaboration entre les collectivités territoriales décentralisées et les services déconcentrés
de l’Etat ;
ÔÔ A la création, à l’organisation et au fonctionnement du Centre de Formation pour l’Administration Locale;
ÔÔ A une répartition satisfaisante des compétences et des ressources entre les Communautés Urbaines et les
Communes d’Arrondissement ;
ÔÔ Aux indemnités et autres avantages alloués aux magistrats et conseillers municipaux ;
ÔÔ Au statut de l’élu local ;
ÔÔ A la création à terme d’une véritable fonction publique locale ;
ÔÔ A l’opérationnalisation de l’indice de développement local ;
ÔÔ A la mutualisation, par diverses formules, de certaines ressources humaines pour une synergie agissante
entre CTD.

B. Les projets de textes à élaborer


Dans le but de compléter, voire de parachever le cadre juridique applicable à la décentralisation, le Ministère
compétents avec le concours d’autres acteurs de mise en œuvre effective du processus, poursuit le chantier
de production des textes juridiques. C’est dans ce sillage que de nombreux textes sont en cours d’élaboration,
à savoir entre autres les projets de textes relatifs :

au code des marchés publics spécifique aux collectivités territoriales décentralisées ; à l’organisation et au
fonctionnement de la police municipale ; à la détermination des services susceptibles d’être assurés par les
collectivités territoriales décentralisées, soumis au contrôle de l’Etat ; aux modalités de reversement de la
dotation générale de fonctionnement par les communautés urbaines aux communes d’arrondissement; aux
modalités de règlement des indemnités servies aux conseillers régionaux ; au règlement intérieur du Conseil
Régional ; aux conventions-types relatives à l’utilisation par les régions des services déconcentrés de l’Etat;
aux modèles de conventions passées entre le représentant de l’Etat et le Président du Conseil Régional ou
le Maire ; aux cahiers de charges-types et aux règlements-types concernant les services publics locaux;
aux modalités d’approbation des contrats portant concession de services publics à caractère industriel et
commercial ; aux modalités de participation des groupements mixtes dans les sociétés ou organismes
mixtes à participation publique majoritaire; à l’organisation et au fonctionnement des postes comptables
des collectivités territoriales décentralisées ; aux modalités d’ouverture et de gestion des caisses d’avances
des collectivités territoriales décentralisées ; aux conditions et aux modalités d’usage de la procédure
simplifiée d’engagement de dépenses ; aux modalités d’indexation de reversement de la Dotation Générale
de Fonctionnement aux communes d’Arrondissement ; au règlement de la comptabilité des collectivités
territoriales décentralisées ; à la définition et aux modalités de gestion des services publics des collectivités
territoriales décentralisées ; aux infractions en matière d’hygiène et de salubrité ; aux modalités de commande
des valeurs des collectivités territoriales décentralisées ; aux modalités de répartition, de centralisation et de
renversement des recettes fiscales dues aux régions.

C. La révision de certains textes fondateurs de la décentralisation


Les enjeux du processus de la décentralisation au Cameroun sont perçus sous plusieurs prismes. Au-
delà des enjeux récurrents politiques, économiques, sociaux et financiers, des enjeux institutionnels et
de gouvernance majeurs doivent être pris en compte pour mettre en place des collectivités territoriales
rénovées et efficientes à terme.

Au niveau institutionnel, quels mécanismes doivent être mis en place par les pouvoirs publics pour favoriser
la cohérence des actions publiques locales entre les CTD ? La cohérence permet d’éviter les conflits de
compétences et d’intérêt. Cette préoccupation doit nous conduire à procéder à la relecture des textes
fondateurs de la décentralisation, notamment les lois de 2004, d’orientation et de fixation des règles
applicables aux communes, de ceux de 2009 fixant régime financier des CTD et portant fiscalité locale.

| 29
ACTES
Assises Générales de la Commune

En effet, le caractère peu opérationnel de certaines compétences transférées aux communes par la loi
nº 2004/018 du 22 juillet fixant les règles applicables aux communes, les écarts et l’inadéquation entre
les ressources des CTD, les compétences transférées et leurs missions de développement, nonobstant la
multitude des sources de financement (dotation de l’Etat, fiscalité locale, produit d’exploitation du domaine
communal, ressources issues des organismes d’appui et des partenariats), la conception étroite et ambigüe
de la notion de coopération décentralisée, constituent des faiblesses qu’il importe de corriger. Au-delà
des préconisations relatives au rendement de la fiscalité locale et de l’étroitesse de l’assiette des impôts
locaux, ou devra mettre en place un système informatique intégré de recouvrement des taxes et impôts des
communes.

Relèvent également de nos préoccupations les réformes majeures futures concernant les marchés publics
des CTD, la réforme foncière, le régime spécial applicable aux grandes agglomérations, la politique de la
déconcentration.

Au niveau de la gouvernance locale, les pouvoirs publics doivent prioritairement veiller à une gestion
efficace et efficiente de l’ensemble des ressources disponibles, et ce dans le respect scrupuleux des lois et
règlements en vigueur, notamment la mise en conformité de l’organisation des services des CTD avec leurs
organigrammes-types, la gestion prévisionnelle des effectifs dans les CTD, l’adoption des documents de
gestion dans les délais prescrits, la redevabilité et la reddition des comptes, l’implication du secteur privé,
des ONG et des populations à la gestion des affaires locales.

Moyennant l’amélioration et l’enrichissement du cadre juridique et institutionnel tel que nous l’avons esquissé,
on peut s’attendre à l’horizon 2023 aux résultats qui suivent :

ÔÔ Le cadre juridique et institutionnel est cohérent et fonctionnel ;


ÔÔ Les textes législatifs et réglementaires de mise en œuvre des régions sont adaptés ;
ÔÔ Les conseillers régionaux sont élus et en fonction ;
ÔÔ Les organes d’impulsion, de mise en œuvre et du suivi-évaluation de la décentralisation fonctionnent
harmonieusement.

Après les échanges, les recommandations suivantes ont été formulées :

1. Capitaliser les acquis du cadre normatif et institutionnel, tout en l’améliorant le pour l’adapter aux nouvelles
exigences de la démocratie locale et du développement local ;
2. Prioriser les textes à élaborer et à faire aboutir pour l’atteinte de l’objectif escompté ;
3. Assurer l’encadrement juridique du contrôle citoyen en vue d’une meilleure gouvernance locale ;
4. Prendre en compte les préoccupations des CTD dans la législation foncière en cours de modification;
5. Mener une réflexion sur le fonctionnement des communes concernées par des préoccupations spécifiques
(communes insulaires, frontalières, sinistrées) pour leur permettre de mieux adresser ces spécificités ;
6. Préciser les dispositions relatives à la dévolution du patrimoine mobilier et immobilier issu du transfert des
compétences ;
7. Renforcer le pouvoir de police administrative du maire, notamment en matière d’urbanisme.
8. Mener une réflexion pour la prise en compte dans la fiscalité locale de la taxe agricole ;
9. Réécrire les dispositions légales relatives à l’obligation de résidence des exécutifs municipaux, dans le sens
du renforcement de son effectivité ;
10. Engager une réflexion sur le mode de désignation de l’exécutif municipal, en insistant sur les compétences
managériales, les exigences en termes de profil et de vision portée ;
11. Accélérer l’étude en cours au MINAT en matière de soutien par les départements ministériels aux missions de
coordination de l’autorité administrative ;
12. Engager une réflexion quant au rôle du Sous-préfet qui en tant que dépositaire de l’autorité de l’Etat dans
l’arrondissement coordonne les services déconcentrés de l’Etat ;
13. Engager une réflexion visant à clarifier les mécanismes de fonctionnement, à renforcer les cadres de
concertation, à procéder à une répartition claire des compétences et des ressources entre les communes
d’arrondissement et les communautés urbaines.

| 30
ATELIER N° 1

Annexe : Réglementation de la décentralisation

LOIS : ÔÔ Décret n°2010/1735/PM du 1erjuin 2010 fixant la


nomenclature budgétaire des collectivités territoriales
ÔÔ Loi n° 96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la décentralisées ;
constitution du 2 juin 1972 ; ÔÔ Décret n°2011/1116/PM du 26 avril 2011 fixant les
ÔÔ Loi n°2004/017 du 22 juillet 2004 d’orientation de la modalités de la coopération décentralisée ;
décentralisation ; ÔÔ Décret n°2011/1731/PM du 18 juillet 2011fixant
ÔÔ Loi n°2004/018 du 22 juillet 2004 fixant les règles les modalités de centralisation, de répartition et de
applicables aux communes ; reversement du produit des impôts communaux soumis
ÔÔ Loi n°2004/019 du 22 juillet 2004 fixant les règles à péréquation ;
applicables aux régions ; ÔÔ Décret n°2011/1732/PM du 18 juillet 2011 portant
ÔÔ Loi n°004/003 du 21 avril 2004 régissant le régime organisation et fonctionnement du Comité National des
d’urbanisme au Cameroun ; Finances Locales ;
ÔÔ Loi n°2007/006 du 28 décembre 2007 portant régime ÔÔ Décret n°2011/2583/PM du 23 août 2011 portant
financier de l’Etat ; réglementation des nuisances sonores et objectives ;
ÔÔ Loi n°2009/011 du 10 juillet 2009 portant régime ÔÔ Décret n°2012/189 du 15 mars 2012 portant ouverture
financier des CTD ; des Tribunaux Administratifs Régionaux ;
ÔÔ Loi n°74/23 du 5 décembre 1974 portant organisation ÔÔ Décret n°2012/0709/PM du 20 mars 2012 fixant le
communale et (créant les Fonds Spécial d’Equipement et régime général des contrats plans Etat/Communes;
d’Intervention Intercommunale FEICOM) ; ÔÔ Décret n°2012/173 du 29 mars 2012 modifiant et
ÔÔ Loi n°2009/019 du 15 décembre 2009 portant fiscalité complétant certaines dispositions du décret N°2005/239
locale ; du 24 juin 2005 portant organisation et fixant modalités
de fonctionnement du Fond Routier ;
ÔÔ Loi n°2011/011 du 6 mai 2011 modifiant et complétant
certaines dispositions de l’Ordonnance N°81-02 du 29 ÔÔ Décret n°2013/271 du 5 août 2013 modifiant et
juin 1981 portant organisation de l’état civil et diverses complétant certaines dispositions du décret N02012/074
dispositions relatives à l’état des personnes; du 8 mars 2012 portant création, organisation et
fonctionnement des Commissions de Passation des
ÔÔ Loi n°2011/012 du 6 mai 2011 d’orientation pour Marchés Publics ;
l’aménagement et le développement durable du territoire
au Cameroun ; ÔÔ Décret n°2015/405 du 16 septembre 2015 fixant
les modalités de rémunération des Délégués du
ÔÔ Loi n°2012/017 du 21 décembre 2012 modifiant et Gouvernement, des Maires et de leurs Adjoints ;
complétant certaines dispositions de la loi n° 2012/001
du 19 avril 2012 portant code électoral ; ÔÔ Décret n°2018/293/PM du 10 avril 2018 fixant la
répartition de la Dotation Générale de la Décentralisation
ÔÔ Loi n°2018/022 du 11 décembre 2018portant loi des au titre de l’exercice budgétaire 2018 ;
finances de la République du Cameroun pour l’exercice
2019 ; ÔÔ Décret n°2018/449 du 1er août 2018 portant organisation
du Ministère de la Décentralisation et du Développement
ÔÔ Loi n°2003/005 DU 21 avril 2003 fixant les attributions, Local ;
l’organisation et le fonctionnement de la Chambre des
Comptes de la Cour Suprême ; ÔÔ Décret n°2018/635 du 31 octobre 2018 portant
organisation du Fonds Spécial d’équipement et
DECRETS : d’Intervention Intercommunale ;
ÔÔ Décret n°2008/376 du 12 novembre 2008 portant
ÔÔ Décret n°077/494 du 7 décembre 1977 portant création, organisation administrative de la République du
organisation et fonctionnement du Centre de Formation Cameroun ;
pour l’Administration Municipale (CEFAM) ;
ÔÔ Décret n°2008/377 du 12 novembre 2008 fixant
ÔÔ Décret n°2007/117 du 24 avril 2007 portant création des les attributions des chefs des circonscriptions
communes ; administratives et portant organisation et fonctionnement
ÔÔ Décret n°2007/118 du 25 avril 2007 fixant le nombre des de leurs services ;
Conseillers Municipaux par commune ; ÔÔ Décret n°2008/0752/PM du 28 avril 2008 précisant
ÔÔ Décret n°2008/013 du 17 janvier 2008 portant certaines modalités d’organisation et de fonctionnement
organisation et fonctionnement du Conseil National de des organes délibérants et des exécutifs de la Commune,
la Décentralisation ; de la Communauté Urbaine et du Syndicat des
ÔÔ Décret n°2008/014 du 17 janvier 2008 portant Communes ;
organisation et fonctionnement du Comité Interministériel
des Services Locaux ; ARRETE :
ÔÔ Décret n°2009/248 du 05 août 2009 fixant les modalités ÔÔ Arrêté n°00136/A/MINATD du 24 avril 2009 rendant
d’évaluation et de répartition de la Dotation Générale de exécutoire les tableaux types des emplois communaux.
la Décentralisation ;

| 31
ACTES
Assises Générales de la Commune

Tableau des compétences transférées par l’ Etat aux Communes et Communautés Urbaines depuis 2010

N° Ministère Compétences transférées Décret

Décret N° 201/245/PM du 26 Février 2010 fixant les


Organisation de journées culturelles et
modalités d’exercice de certaines compétences transférées
appui aux associations culturelles
par l’Etat aux communes en matière de culture

Réhabilitation et promotion des musées


Décret N° 2015/1372/PM de Juin 2015
d’intérêt local
MINAC
Organisation au niveau local des concours
Décret du 16 Décembre 2016
littéraires et artistiques

Création et gestion des bibliothèques


Décret N° 201/245/PM du 26 Février 2010
municipales ou de lecture publique

Promotion des activités de production


MINADER Décret N° 2010/242/PM du 26 Février 2010
Agricole et de développement rural

Attribution des aides et des secours aux


Décret N° 2010/243/PM du 26 Février 2010
indigents et aux nécessiteux

MINAS Réinsertion sociale (participation à


l’entretien et à la gestion des centres
Décret N° 2015/10/PM du 9 Janvier 2015
de réinsertion sociale et assistance aux
établissements sociaux)

Construction, équipement, entretien et


gestion des marchés Décret N° 2015/1375/PM du 8 Juin 2015 fixant les
MINCOM-
modalités d’exercice de certaines compétences transférées
MERCE
Organisation d’expositions commerciales par l’Etat aux communes en matière de commerce
locales

Construction, équipement, entretien et


maintenance des écoles maternelles,
primaires, et des établissements Décret N° 2010/247/PM du 26 Février 2010 fixant les
préscolaires de la commune modalités d’exercice de certaines compétences transférées
par l’Etat aux communes en matière en matière de
Participation à l’acquisition du des commerce
MINEDUB
matériels et fournitures scolaires (paquet
minimum)

Décret N° 2016/1247/PM du 23 Mai 2016 fixant les


Alphabétisation (lutte contre
modalités d’exercice de certaines compétences transférées
l’analphabétisme)
par l’Etat aux communes en matière d’alphabétisation

Décret N° 2010/239/PM du 26 Février 2010 fixant les


modalités d’exercice de certaines compétences transférées
Alimentation en eau potable par l’Etat aux communes en matière d’alimentation en eau
potable dans les zones non couvertes par le réseau public
MINEE
de distribution de l’eau concédé par l’Etat

Contribution à l’électrification des zones


Décret N° 2016/6602/PM du 16 Décembre 2016
nécessiteuses

Décret N° 2011/2/PM du 13 Janvier 2011 fixant les


Participation à la mise en place, à l’
modalités d’exercice de certaines compétences transférées
entretien et à l’administration des Centres
par l’Etat aux communes en matière de formation
de formation professionnelle
professionnelle
MINEFOP
Formation, insertion ou réinsertion
professionnelle (élaboration et mise en
Décret N° 2015/11/PM du 9 Janvier 2015
œuvre d’un plan prévisionnel local de
formation

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ATELIER N° 1

Lutte contre l’insalubrité, les pollutions et


les nuisances Décret N° 2012/882/PM du 27 Mars 2012 fixant les
modalités d’exercice de certaines compétences transférées
Elaboration de plans d’action pour par l’Etat aux communes en matière d’environnement
l’environnement
MINEPDED
Suivi et contrôle de la gestion des déchets
industriels Décret N° 2015/1373/PM du 8 Juin 2015 fixant les
modalités d’exercice de certaines compétences transférées
par l’Etat aux communes en matière d’environnement
Lutte contre la jacinthe d’eau

Promotion des activités de production


MINEPIA Décret N° 2010/244/PM du 26 Février 2010
pastorale

Promotion des activités de reboisement


MINFOF dans les périmètres urbains et les réserves Décret N° 2012/878/PM du 27 Mars 2012
forestières concédées

Planification urbaine Décret N° 2011/006/PM du 13 Janvier 2011 fixant les


modalités d’exercice de certaines compétences transférées
par l’Etat aux communes en matière de planification urbaine
Création et entretien des voiries en terre
et d‘entretien des voiries en terre
MINDHU
Création, aménagement d’espaces publics
Décret N° 2012/879/PM du 27 Mars 2012
urbains

Aménagement foncier Décret N° 2016/1246/PM du 23 Mai 2016

Promotion des activités de production


Décret N° 2011/3/PM du 13 Janvier 2011
artisanale d’intérêt communal
MINPMEESA
Appui aux micro-projets générateurs de
Décret N° 2012/877/PM du 27 Mars 2012
revenus et d’emplois

Entretien en gestion des Centres de


MINPROFF Décret N° 2010/241/PM du 26 Février 2010
Promotion de la Femme et de la Famille

Décret N° 2010/246/PM du 26 Février 2010 fixant les


modalités d’exercice de certaines compétences transférées
par l’Etat aux communes en matière de santé publique
Construction, équipement, entretien et
gestion des Centres de Santé Intégrés et
Décret N° 2011/4/PM du 13 Janvier 2011 fixant les
Centres Médicaux d’Arrondissement
modalités d’exercice de certaines compétences transférées
par l’Etat aux communes en matière de construction,
d’équipement et de gestion
MINSANTE
Contrôle sanitaire dans les établissements
de fabrication de conditionnement de
stockage et de distribution des produits
alimentaires, ainsi que des installations Décret N° 2016/1248/PM du 23 Mai 2016
de traitement des déchets solides et
liquides produits par des particuliers et
des entreprises

Appui aux associations sportives

Promotion et animation des activités


sportives

Création et gestion des stades Décret N° 2012/0881/PM du 27 Mars 2012 fixant les
municipaux, centres et parcours sportifs, modalités d’exercice de certaines compétences transférées
MINSEP
piscines, aires de jeux et arènes par l’Etat aux communes en matière de sport et d’éducation
physique
Recensement et participation à
l’équipement des associations sportives

Participation à l’organisation de
compétitions

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ACTES
Assises Générales de la Commune

Décret N° 2011/5/PM du 13 Janvier 2011 fixant les


Mise en valeur de sites touristiques modalités d’exercice de certaines compétences transférées
communaux par l’Etat aux communes en matière de mise en valeur des
sites touristiques d’intérêt local
MINTOUL
Décret N°2012/880/PM du 27 Mars 2012 fixant les
Promotion et animation des activités de modalités d’exercice de certaines compétences transférées
jeunesse (œuvres de vacances) par l’Etat aux communes en matière d’organisation des
œuvres de vacances

Décret N° 2012/880/PM du 8 Juin 2015 fixant les modalités


Construction et équipement des Centres
d’exercice de certaines compétences transférées par l’Etat
MINJEC Multifonctionnels de Promotion des
aux communes en matière de construction et d’équipement
Jeunes
des centres multifonctionnels de promotion des jeunes

Création, aménagement et gestion des


MINMIDT Décret N° 2015/1370/PM du 2 Juin 2015
zones d’activités industrielles

Organisation et gestion des transports


MINT Décret N° 2015/4209/PM du 24 Novembre 2015
publics urbains

Création et entretien des routes Rurales


non classes, construction et gestion des Décret N° 2010/240/PM du 26 Février 2010
bacs de franchissement
MINTP

Cantonnage routier Décret N°2012/2324/PM du 13 Août 2012

| 34
ATELIER N° 2

ATELIER N°2
Transfert des compétences

Thème : Le transfert des compétences (de l’Etat) aux Collectivités Territoriales Décentralisées
Par OWONO OWONO Etienne, Administrateur Civil Principal Hors Echelle, ancien Directeur des Collectivités
Territoriales Décentralisées au MINATD

Introduction

Pour le législateur, « la décentralisation consiste en un transfert par l’Etat aux CTD de compétences particulières
et de moyens appropriés ». Article 2 de la loi n°2004/017 du 22 juillet 2004 d’orientation de la décentralisation.

Cette définition ne fait nullement mention des autres éléments constitutifs qui caractérisent la décentralisation
territoriale, notamment : la reconnaissance des affaires locales ; la reconnaissance de la personnalité
juridique, de l’autonomie administrative, financière et de gestion ; et l’élection des organes dirigeants de la
collectivité territoriale.

Aussi, partant de la définition donnée à la décentralisation par le législateur camerounais et en rapport avec
la thématique de notre atelier, le présent exposé s’articule en cinq (05) parties qui traitent respectivement : de
la définition de certains concepts utiles à la compréhension du thème de l’exposé (I), du rappel des principes
régissant le transfert des compétences (II) ; des compétences transférées et des modalités de leur exercice
(III) ; du transfert des compétences: constats et limites(IV) ; des perspectives (V).

I. Définition des concepts


1. Le transfert des compétences

a. Le transfert : le transfert renvoie à la dévolution d’un pouvoir, d’une matière. Il s’agit de la transmission
d’une matière, d’une personne à une autre en observant les formalités requises et les principes
établis.
b. La compétence : nous ne connaissons pas de définition juridique de compétence. Transfert de
compétences se traduirait en anglais par devolution of powers. L’on pourrait partir de cette traduction
pour dire que la compétence renvoie à la capacité de faire ou de poser les actions dans le temps et
dans l’espace, dans des domaines ou matières définies.
Dans le cadre de cet exposé, l’on peut retenir que la compétence renvoie aux missions, aux attributions,
aux rôles, aux pouvoirs, aux fonctions, aux responsabilités et aux domaines d’intervention d’une
collectivité territoriale.
c. Affaires locales : Le concept d’affaires locales fait partie des éléments constitutifs de la définition
de la décentralisation que nous avons rappelée ci-dessus. « L’existence des Collectivités Territoriales
procède de la considération que l’Etat n’est pas seul représentant des intérêts qui sont en présence
dans la société. Certains d’entre eux, géographiquement localisés, peuvent être regardés comme
suffisamment distincts de ceux de l’Etat en général. Il s’en suit que ces intérêts particuliers peuvent
être gérés par les représentants exclusifs des habitants qu’ils concernent directement » (Professeur
Bertrand Faure dans Droit des CT).

Aussi, la raison d’être d’une CT suppose ainsi des intérêts communaux et régionaux propres et distincts
d’une part, et la remise du pouvoir de les gérer à leurs représentants élus d’autre part : La gestion de l’eau
est ainsi une affaire locale à considérer la localisation des besoins et des sources d’approvisionnement;
L’enlèvement et le traitement des ordures ménagères, à considérer leur production, leur traitement et leur
transformation.

| 35
ACTES
Assises Générales de la Commune

II. Les principes régissant le transfert des compétences


La loi d’orientation de la décentralisation dénombre en son article 9 alinéa 2 les trois (03) principes régissant
les transferts de compétences : « le transfert et la répartition des compétences …obéissent ainsi aux principes
de subsidiarité, de progressivité et de complémentarité ».

Toutefois et pour des raisons de méthodologie, le transfert de compétences tel que prévu par la loi fixant les
règles applicables aux communes repose principalement sur les six (06) principes ci-après :

a. Le principe de subsidiarité : au-delà de toutes autres considérations notamment politiques, le principe de


subsidiarité qui veut que les compétences soient transférées et exercées au niveau de l’échelon territorial
le plus approprié et le plus proche des populations concernées, semble suffisant pour justifier toute
politique de décentralisation territoriale.

En effet, « la subsidiarité se présente comme un principe général d’organisation institutionnelle qui privilégie la
base par rapport au sommet tout en révélant un autre aspect non moins important à savoir: que l’autorité supérieure
ou centrale a l’obligation ou le devoir d’aider ou d’assister l’autorité inférieure (périphérique, décentralisée ou
de base), à accomplir sa tâche en vue de garantir l’efficacité de l’autonomie» (Charte européenne de l’autorité
locale). Le principe de subsidiarité est donc dans le contexte de notre décentralisation un principe d’efficacité
et un principe politique. : Principe d’efficacité d’abord, dès lors que les compétences sont exercées au plus
près des intérêts concernés, les décisions sont d’autant mieux acceptées qu’elles sont supposées émaner
de la base par les élus locaux et qu’elles ne sont point imposées d’ailleurs ; Principe politique ensuite, parce
qu’il procède à une répartition des pouvoirs entre le pouvoir central et les administrations décentralisées,
et parce qu’un système fonctionnant selon le principe de subsidiarité s’oppose à la gestion centralisée des
affaires publiques.

Ainsi, le Cameroun, Etat unitaire décentralisé combine les deux (02) instruments lui permettant d’assouplir
son organisation : la décentralisation et la déconcentration.

b. Le principe de concomitance, énoncé à l’article 7 de la loi d’orientation et suivant lequel tout transfert de
compétences à une CTD s’accompagne du transfert à celle-ci des ressources et des moyens nécessaires
à l’exercice normal de la compétence transférée.

c. Le principe de l’égalité des CTD : objet de l’article 7 de la loi d’orientation et suivant lequel le transfert de
compétences ne saurait autoriser une CTD à établir ou à exercer une tutelle sur une autre.

d. Le principe de la spécificité de l’exercice des compétences : repris à l’article 9 alinéa 1er par lequel la
répartition des compétences entre les CTD s’effectue en distinguant celles qui sont dévolues aux Régions
de celles dévolues aux Communes.

e. Le principe de complémentarité ou de non exclusivité de l’exercice des compétences entre l’Etat et


les CTD : principe repris à l’article 15 selon lequel les compétences transférées aux CTD ne sont pas
exclusives. Elles sont exercées de manière concurrente par l’Etat et celle-ci. En clair ce principe signifie
que le transfert par l’Etat des compétences aux CTD n’exclut pas ce dernier de continuer de les exercer
lui-même.

f. Le principe de progressivité enfin, pour lequel le transfert des compétences est étalé dans le temps et
s’effectue par paliers, afin de répondre aux diverses contraintes de leur exercice efficient.

III. Les compétences transférées et les modalités de leur exercice


a. Des compétences transférées

La loi d’orientation de la décentralisation stipule en son article 15 que « l’Etat transfère aux CTD dans les
conditions fixées par la loi des compétences dans les matières nécessaires à leur développement économique,
social, sanitaire, éducatif, culturel et sportif ».

Les domaines de même que les diverses compétences transférées aux communes et aux communautés
urbaines figurent au titre III de la loi d’orientation de la décentralisation, articles 16 à 22.

| 36
ATELIER N° 2

b. Des modalités d’exercice des compétences transférées

On distingue :

ÔÔ L’exercice par l’Etat des compétences transférées sur le fondement du principe de complémentarité sus-évoqué,
suivant lequel, le transfert par l’Etat aux CTD de compétences n’exclut pas l’Etat de continuer à les exercer lui-
même (exercice concurrent des compétences). Ce principe fait objet de débats, du fait de la définition même
du transfert d’une part, du principe de concomitance d’autre part qui induit le transfert des ressources et
moyens nécessaires à l’exercice normal de la compétence transférée et enfin du principe de subsidiarité qui
fait obligation à l’Etat d’assister et d’accompagner l’autorité locale décentralisée par ses services déconcentrés.
ÔÔ L’exercice par une CTD de l’ensemble des compétences à elles transférées par l’Etat.
ÔÔ Le regroupement des CTD pour l’exercice d’une ou de plusieurs compétences. Cette modalité est prévue à
l’article 16 de la loi d’orientation de la décentralisation qui dispose que « les CT peuvent se regrouper pour
l’exercice des compétences d’intérêt commun, en créant des organismes publics de coopération par voie
conventionnelle. »

IV. Le transfert des compétences : Constats et limites


Commencé en 2010 et achevé en 2015, échéance arrêtée par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,
Président du Conseil National de la Décentralisation, le transfert de compétences de l’Etat aux Communes
et communautés urbaines présente un bilan flatteur en termes de nombre de compétences (63) et des
ministères sectoriels concernés (20).

A l’analyse, ce bilan mérite toutefois d’être nuancé, du fait de la nature et de la qualité des compétences
transférées, de leurs contenus, de leur impact sur l’amélioration du cadre et des conditions de vie des
populations. Bref, en termes de développement local.

Depuis 2010, le nombre de salles de classe construites devrait avoir augmenté, avec les contributions issues
du transfert du MINEDUB.

Les interventions des communes et communautés urbaines visant la promotion du développement local
ont augmenté dans divers domaines d’intervention de la vie économique nationale.

ÔÔ Il y a toutefois lieu de s’interroger sur la valeur ajoutée du paradigme nouveau, si le maire est tenu par les
prescriptions techniques imposées par l’Etat et ne dispose pas de marges de manœuvre et d’initiatives.
ÔÔ Ainsi, le montant transféré par l’Etat pour la construction d’une salle de classe pourrait en construire deux ou
trois, si le maire pouvait décider d’utiliser les matériaux locaux (une convention a du reste été signée avec la
MIPROMALO).
ÔÔ Certaines compétences ont été transférées aux communes : sans contenu concret (l’aide aux nécessiteux par
exemple) ; sans ressources suffisantes pour leur exercice normal.
ÔÔ L’absence d’équité dans l’exercice de certaines compétences transférées, dans la mesure où certaines
communes ne les exercent pas (lutte contre la jacinthe d’eau,)
ÔÔ Certaines compétences supposées transférées ne sont pas exercées. C’est notamment le cas du cantonnage.
ÔÔ Certaines compétences ne sont pas encore transférées. C’est le cas de « l’aménagement des zones
industrielles» au profit des communautés urbaines notamment.
ÔÔ L’accompagnement par les départements ministériels n’est pas optimal en absence d’un cadre juridique
régissant les modalités de coopération entre les communes et les services déconcentrés de l’Etat (SDE).

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ACTES
Assises Générales de la Commune

V. Des perspectives
Avant 2010, les communes intervenaient déjà dans tous les secteurs du développement économique, social,
sanitaire, éducatif, culturel et sportif sur financement de leur budget et/ou avec le concours des institutions
d’appui et d’accompagnement (le FEICOM, PNDP) ou des partenaires au développement : Construction des
écoles, puits et forages ; Centres de santé ; Electrification rurale ; Entretien routier ; Etc...

L’approfondissement ou la dynamique nouvelle à donner au processus de décentralisation suppose de :

1. Rénover la méthodologie et les modalités du transfert des compétences


Il s’agit du passage des compétences d’attribution (énumération des tâches) aux grands domaines de
l’action publique ou bloc des compétences.

ÔÔ La loi n°2004/018 fixant les règles applicables aux communes en procédant à une énumération des tâches ou
des activités et/ou à des compétences que devaient exercer les communes, n’a-t-on pas assisté à un recul de
l’action publique et des missions dévolues aux communes, qui disposaient jusqu’alors d’une clause générale
de compétence ?
ÔÔ L’énumération détaillée des tâches par la loi tend à les diluer et à les assimiler aux tâches qu’effectuaient
naguère les agents de l’Etat sans incitatives propres et soumis à l’exécution des directives du pouvoir central
ou des maîtres d’œuvre.

Ne pourrait-on pas parler de la compétence « protection de l’environnement » que les communes déclineraient
en rapport avec le contexte local aux plans industriel, minier, forestier...et donc la lutte contre la jacinthe
d’eau ne serait qu’une action ou une activité.

La réflexion pourrait par conséquent porter sur le transfert de blocs de compétences constituant les grands
domaines de l’action publique locale

2. Opter pour les dotations comme mode de financement de l’exercice des compétences transférées
a. En inscrivant les ressources transférées aux communes en contrepartie des compétences transférées
dans les budgets des départements ministériels, l’on croirait que ce sont ces derniers qui transfèrent
les compétences en rapport avec leurs dotations budgétaires (cas du MINAS et du MINCULT dont les
montants des dotations sont dérisoires). Or, c’est l’Etat qui transfère et les compétences ou attributions
d’un ministère ne sont pas incompatibles. Hier on avait le MINATD, aujourd’hui autre ministère a hérité de
la décentralisation.

L’on peut proposer l’ouverture d’une ligne budgétaire indépendante de celles des ministères et exclusivement
réservées à la décentralisation.

b. La ligne ouverte au budget du MINDDEVEL constitue une avancée pour les projets retenus dans les PCD.
Une nouvelle ligne budgétaire où le renforcement de celle déjà existante pourrait servir à alimenter la mise
en œuvre des politiques non jugées prioritaires pas les PCD mais stratégiques pour l’Etat.

c. Les compétences ou les blocs de compétences à transférer pourraient correspondre aux programmes
ou sous-programmes des départements ministériels, le rôle de maître d’ouvrage et d’acteur principal du
développement local du maire étant désormais connu et renforcé.

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ATELIER N° 2

A titre d’illustration, les programmes ci-après relevant de certains départements ministériels pourraient
constituer des compétences à transférer aux communes.

N° Domaines Programmes Objectifs

199 Education de base Alphabétisation (MINEDUB) Accroitre la population alphabète

Education civique et intégration


346 Promouvoir la culture et la citoyenneté
nationale
Insertion de la
jeunesse
Insertion socio-économique des Contribuer à l’insertion sociale et économique des
347
jeunes jeunes

Réduire la dégradation des terres et promouvoir les


Lutte contre la désertification et les
361 mesures de résilience, d’atténuation et d’ adaptation
changements climatiques
aux changements climatiques

Protection de Restaurer les écosystèmes de mangroves et des plans


362 Gestion durable de la biodiversité
l’environnement d’eau dégradés
et gestion des
ressources naturelles Améliorer le taux d’ accès à l’ eau potable et aux
Accès à l’eau potable et à
423 infrastructures de base de l’ assainissement liquide des
l’assainissement liquide
ménages et des opérateurs économiques

Aménagement et renouvellement
961 Gérer durablement les forêts
de la ressource forestière

Rehabilitation, maintenance et
468 Planification, entretien des routes et autres Améliorer l’état des infrastructures
aménagement du infrastructures
territoire, urbanisme
et habitat Amélioration de l’environnement Assainir et embellir l’espace urbain et asseoir une
497
urbain bonne gouvernance urbaine

Promotion de l’économie sociale et Organiser les secteurs de l’économie sociale et de


513
de l’artisanat l’artisanat et améliorer leur performance
Economie sociale
Solidarité nationale et justice Assurer la réinsertion sociale et économique des
559
sociale personnes socialement vulnérables

3. Identifier ou reformuler des compétences nouvelles pour les communes


Monsieur le Président de la République, dans son discours de prestation de serment le 6 novembre 2018, a
préfiguré un nouveau chantier visant l’amélioration de l’efficacité de l’institution communale en ces termes:
«dans les meilleurs délais possibles, des mesures seront prises pour élargir le champ des compétences des
collectivités territoriales afin de leur donner les moyens d’une plus grande autonomie».

Il est dès lors de la responsabilité du MINDDEVEL :

ÔÔ De repérer des compétences nouvelles et/ou de donner un meilleur contenu (densifier le contenu) aux
compétences déjà transférées afin de contribuer à l’élargissement du champ d’action des communes.
ÔÔ D’appliquer jusqu’au bout le principe de subsidiarité, en tenant compte de la vocation des communes dont la
mission principale vise l’amélioration du cadre et des conditions de vie de leurs populations.
ÔÔ D’aménager les modalités de coopération entre les communes et les services déconcentrés de l’Etat.

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ACTES
Assises Générales de la Commune

Conclusion
Les réponses aux préoccupations et autres interrogations soulevées relèvent à titre principal des magistrats
municipaux en termes de propositions concrètes et réalistes à faire sous forme de modifications ou de
compléments à apporter à la loi et aux textes organiques en vigueur à faire au Chef du département
ministériel concerné pour validation et soumission aux plus hautes autorités de l’Etat le cas échéant.

Le transfert des compétences tel qu’issu de la loi n°2004/018 fixant les règles applicables aux communes a
l’avantage d’exister. Elle pourrait néanmoins être réaménagée pour tenir compte des limites constatées, des
exigences et prescriptions du Chef de l’Etat instruisant de renforcer les missions et compétences dévolues
aux communes.

Il revient aux participants au présent atelier de baliser le champ des compétences susceptibles de faire
l’objet de nouveaux transferts, d’en déterminer les modalités de leur gestion en partenariat avec l’Etat et
d’autres acteurs du processus et de déterminer l’ensemble des moyens et ressources humaines, financières
et matérielles sans lesquelles le transfert de compétences serait une utopie, dans le contexte actuel de notre
processus de décentralisation./-

Je vous remercie de votre bien aimable attention./-

A la suite des échanges sur les points suscités, les participants de l’atelier 2 ont formulé les
recommandations ci-après :

1. Procéder à une rationalisation dans la répartition des compétences entre l’Etat et les communes en tenant
compte de la vocation de la commune comme collectivité territoriale décentralisée de base, conformément à
la loi n°2004/017 du 22 juillet 2004 d’orientation de la décentralisation ;
2. Infléchir les principes de complémentarité et de non exclusivité en procédant à un transfert par grands blocs
de compétences ;
3. Relire et réécrire en conséquence les lois du 22 juillet 2004 d’orientation de la décentralisation et fixant les
règles applicables aux communes ;
4. Procéder à un élargissement des compétences transférées aux communes notamment dans les domaines
liées à la fourniture des services sociaux de base à savoir : l’eau, l’énergie, l’assainissement;
5. Donner à la commune la responsabilité de la planification opérationnelle des services sociaux essentiels, du
foncier, de l’habitat et des infrastructures économiques, urbaines et rurales ;
6. Conférer aux communes les compétences en matière foncière et domaniale en vue de répondre à la nécessité
de disponibilité des terres pour la réalisation des projets de développement local
7. Envisager une réforme des textes sur la gestion domaniale et foncière en vue de l’adapter à la décentralisation ;
8. Etendre les compétences transférées en matière de santé et d’éducation, au recrutement et à la gestion des
personnels ;
9. Clarifier les lignes de partage de compétences entre la commune d’arrondissement et la communauté urbaine
à travers une énumération précise des compétences dévolues à chaque entité ;
10. Etendre les compétences des communes en matière de recouvrement des impôts locaux notamment
l’impôt libératoire, la taxe foncière, la patente, et la taxe d’abattage des produits forestiers pour les forêts
communautaires et communales ;
11. Privilégier, en compensation des charges inhérentes au transfert des compétences et de l’ineffectivité du
principe de concomitance, le mécanisme de dotation globale ;
12. Mettre en place une charte de la déconcentration et définir de manière claire les attributions des services
déconcentrés de l’Etat et des agents de l’Etat exerçant une compétence lorsque l’Etat en est titulaire ;
13. Eriger les compétences transférées en base d’évaluation des ressources à transférer par l’Etat à la commune
afin d’assurer une plus grande autonomie de celle-ci ;
14. Conférer à la commune la prérogative, à titre prioritaire, d’exploitation des substances minérales non
concessibles (sables, pierres, pouzzolanes, …) sur le territoire communal ;
15. Transférer à la commune l’émission et le recouvrement de la taxe d’extraction des substances non concessibles
susvisées.

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ATELIER N° 3

ATELIER N° 3

Planification, coopération décentralisée et


développement local

Exposé 1 : Le Plan Communal de Développement (PCD)


Par EKEME Isaac, Directeur de la Formation, Programme National de Développement Participatif

Dans le cadre de la poursuite de la dynamique sociopolitique marquée par le processus de la décentralisation


et du développement économique et social harmonieux, durable et équitable, la loi N°2004/017 du 22 Juillet
2004 portant orientation de la décentralisation confère aux communes et aux régions la compétence
d’élaborer et d’exécuter leurs politiques et plans de développement dans le respect des grandes orientations
de l’Etat.
Dans cette perspective, la planification locale s’impose de plus en plus comme une modalité efficace pour
les décideurs, les gestionnaires des programmes de développement et tous les acteurs de développement
en général. Elle vise à garantir une meilleure prise en compte des contraintes de développement au niveau
communal, une implication efficace des populations dans le processus de définition des besoins et de prise
de décisions et aussi, une appropriation efficace des investissements par les populations.
L’approfondissement ainsi engagé de la décentralisation nécessite un accompagnement important de l’Etat
notamment en matière de développement et de planification surtout pour des Collectivités Territoriales
Décentralisées (CTD). C’est donc pour contribuer à cet accompagnement qu’est élaboré un guide en vue
d’accompagner les Communes à sa bonne élaboration.
Le guide méthodologique de planification communale vise à aider les communes et tous les acteurs de leur
territoire à construire une vision partagée de leur développement. Elaboré dans la mouvance de l’arrimage
des communes au budget programme, il préconise une démarche participative, méthodique, efficace et
professionnelle qui mobilise tous les acteurs du territoire à travers six étapes essentielles.

1. La préparation
L’étape de préparation du processus de planification vise à informer, sensibiliser et mobiliser les parties
prenantes au processus afin de susciter leur participation.
La préparation du processus de planification est articulée autour de la réalisation des activités préalables
dont la mise en place du dispositif institutionnel, la prise de contact avec l’exécutif municipal, l’information et
la sensibilisation des autorités locales et des autres parties prenantes y compris les organismes humanitaires
et d’appui la tenue de l’atelier de lancement, la collecte des données de base y compris cartographiques
auprès des sectoriels et partenaires et, la recherche et l’exploitation du PCD et produits relatifs à la dernière
planification.

2. Le diagnostic participatif
Le diagnostic participatif permet de dresser, avec l’implication de tous les acteurs concernés, un état des
lieux au sein d’une commune. La structure d’appui technique accompagne la commune et les populations
résidentes à l’identification, à l’analyse de leurs problèmes/contraintes, mais aussi leurs atouts/potentialités,
la recherche des solutions et la formulation d’actions à entreprendre selon leurs priorités.
Le diagnostic participatif vise non seulement la préparation de la mise en place d’actions, mais aussi la
consolidation du cadre institutionnel et le renforcement des capacités locales. Il considère l’ensemble des
acteurs locaux dans leur diversité d’intérêts et cherche à les mobiliser dans le cadre d’une concertation et
d’une négociation entre groupes d’intérêts. Il initie un processus d’autopromotion.
Le diagnostic participatif vise à identifier tout ce qui existe et fonctionne, tout ce qui existe et ne fonctionne
pas, tout ce qui manque et constitue un besoin en conformité avec les politiques, les stratégies, les normes/
cartes sectorielles.

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ACTES
Assises Générales de la Commune

Le Diagnostic Participatif est composé de trois phases essentielles :


ÔÔ Le Diagnostic de l’Institution Communale (DIC) ;
ÔÔ Le Diagnostic de l’Espace Urbain Communal (DEUC) ;
ÔÔ Le Diagnostic Participatif Niveau Village (DPNV).
Au terme de ces trois séquences, la structure d’appui technique d’appui devra procéder à la consolidation des
données du diagnostic et des cartographies avant leur validation par le comité de pilotage.
Les résultats des différents diagnostics sont consignés par secteur dans un document de synthèse appelé
le cadre logique sectoriel qui est une matrice qui prescrit dans le domaine considéré toutes les interventions
permettant de traiter les différentes problématiques.

3. Mobilisation des ressources


L’élaboration, la mise en œuvre et la gestion d’un plan communal de développement nécessitent des ressources
importantes qu’il faut identifier et mobiliser. Il est à cet effet conseillé à l’organe délibérant, dans la recherche
de financement de ce plan, d’explorer toutes les possibilités et opportunités offertes par les textes légaux et
réglementaires. La mobilisation des ressources s’avère donc être un exercice indispensable.
L’objectif de la mobilisation des ressources est d’aboutir à un cadrage budgétaire à partir duquel seront
identifiés les projets qui définiront les programmes. Ledit cadrage se fera sur la base de l’historique financier
de la commune des trois (03) à cinq (05) dernières années, et d’autres sources certaines de financements
(conventions, accords, contrats, etc.).
On distingue trois types de ressources indispensables pour la mise en œuvre et la gestion d’un plan communal
de développement. Ce sont : Les ressources humaines ; Les ressources financières; Les ressources matérielles.

4. La planification
L’étape du diagnostic participatif a permis d’établir une situation de base ou de référence aussi exhaustive que
possible des atouts de l’institution communale, de l’espace urbain communal et des différents villages/quartiers
de la commune, de répertorier les dynamiques existantes, les problèmes et les contraintes de développement.
Les problèmes ont été analysés et des précisions ont été apportées sur les projets prioritaires de l’espace
urbain communal et de toutes les communautés par secteur d’une part, et sur les quinze (15) microprojets
prioritaires de chacun des villages dont cinq (05) du domaine social, quatre (04) du domaine économique et
deux (02) du domaine écologique, deux (2) d’appui à la jeunesse ; un (1) culturel ; un (1) sportif.
En outre, les cadres logiques sectoriels ont été élaborés et résument, à la lumière des différentes politiques
sectorielles, les projets qui seront contenus dans les programmes de la commune.
Par ailleurs, les huit (08) cartes caractéristiques des spécificités de l’espace communal à savoir: la carte de
localisation, la carte de population, la carte de l’espace urbain, le draft du PUGDT, la carte sanitaire, la carte
hydraulique, la carte solaire et, la carte d’électrification ont été exploitées.
La planification se basera sur ces éléments pour élaborer les programmes du PCD, articulé autour de quatre
(04) programmes dont trois (03) programmes opérationnels/techniques et un (01) programme support.
Les trois programmes opérationnels adresseront les problématiques relevant du secteur social ; économique
et environnemental ; culturels sportif et appui à la jeunesse. Les programmes support quant à eux adresseront
les questions de coordination de la mise en œuvre des programmes opérationnels.
Le conseil municipal est le premier responsable de la phase de planification destinée à l’élaboration des
programmes du PCD. Cependant, il est appuyé dans cette démarche par le comité de pilotage et la structure
d’appui technique. Cette dernière est chargée de conduire et d’animer les diverses étapes de planification et de
rédiger les programmes de la commune.
Avant la phase planification conduite en tenant compte des Objectifs de Développement Durable (ODD), de
l’IDL, des orientations nationales telles le DSCE, la vision et des résultats du diagnostic, le conseil municipal
élaborera sa vision de développement. Celle-ci sera disponible dans un document qui sera utilisé pour les
projections futures. Les résultats de l’étape du diagnostic participatif seront capitalisés à chaque phase du
processus de planification.

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ATELIER N° 3

De manière opérationnelle, un atelier est nécessaire pour restituer et s’approprier les cadres logiques et valider
les programmes. Cet atelier requiert une préparation spécifique.

5. Programmation
L’étape de programmation conduit à l’élaboration du Programme d’Investissement Prioritaire (PIP). Ce PIP se
décline en deux programmes : le Programme d’Investissement Annuel (PIA) et le Programme d’Investissement
Triennal ou encore le Cadre de Dépenses à Moyen Terme (CDMT) de la commune.
Il importe cependant de relever que le Programme d’Investissement Triennal dont il est question dans le cadre
de cette étape de planification se réfère uniquement à la partie investissement du Cadre de Dépense à Moyen
Terme (CDMT) de la commune.
Pour rester dans l’esprit du DSCE et du développement durable, la priorité des investissements devrait
être orientée vers la création des richesses et des emplois de manière notamment à renforcer l’autonomie
financière des communes. Pour ce faire et au cas où l’on note un déséquilibre substantiel entre les différents
programmes techniques/opérationnels, la structure d’appui technique a pour rôle d’expliquer le bien-fondé qu’il
y aurait à choisir un investissement productif et négocier un réajustement.
Tous les projets figurant dans le PIP doivent préalablement faire l’objet d’une maturation. Dans le cadre de la
préparation du budget communal, les idées de projets inscrites dans les PCD devront être programmées en
année à la maturation en vue de leur inscription en année.
En pratique, l’étape de programmation se déroulera au cours d’un atelier de programmation qui se tient au
même moment que se tient l’atelier de planification à la seule différence que la séquence de préparation de
l’atelier de programmation est mise à profit pour la maturation des projets des quatre (04) programmes de la
commune.
Au cours de cette maturation, les parties prenantes doivent s’assurer que tous les projets soumis au cadrage
budgétaire de la commune sont matures.
L’atelier de programmation abouti à l’élaboration du programme d’investissement annuel (PIA) et à la partie
investissement du Cadre de Dépense à Moyens Termes (CDMT) de la commune. Cet atelier de programmation
a vocation à assurer l’appropriation effective par les parties prenantes des instruments de cadrage budgétaire
de la commune.

6. Mise en œuvre
Dans les étapes précédentes de celle relative à la mise en œuvre, les instruments de cadrage budgétaire en
l’occurrence le Plan d’Investissement Annuel et le Cadre de Dépenses à Moyen Terme ainsi que le plan de
mobilisation des ressources de la commune ont été élaborés.
Il revient à l’institution communale, après élaboration d’un plan de gestion environnementale et sociale du
CDMT et d’un plan de passation des marchés d’assurer leur mise en œuvre. Elle doit également bénéficier d’un
accompagnement spécifique en vue de la mise en œuvre des solutions endogènes.
Le concept de mise en œuvre des mesures endogènes découle de la volonté pour les acteurs de la planification,
d’implémenter dorénavant les objectifs d’appropriation et de pérennité des projets dans les circonscriptions
communales, les solutions endogènes étant celles dont les populations ont pris la responsabilité de la mise en
œuvre selon leurs propres moyens.
Il importe de noter que les solutions endogènes favorisent l’exercice de la planification participative et
permettent la participation active de la population aux décisions et à l’exécution des projets qui la concernent.
Les solutions endogènes sont en effet au cœur de la planification participative et permettent à la population de
s’impliquer activement aux décisions et à leur exécution.
Les informations et autres données relatives aux mesures endogènes sont certes collectées pendant l’étape
du diagnostic participatif mais les avantages différentiels identifiés dans les villages, au sein de l’espace urbain
communal et au niveau de la commune n’ont pas été analysés de sorte à formuler des mesures endogènes
qui permettraient de les capitaliser.
Les instruments de cadrage budgétaires susmentionnés permettent à la commune, dans le cadre de cette
étape dédiée à la mise en œuvre, de mener aisément ses activités de passation de marchés, de suivi de

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ACTES
Assises Générales de la Commune

l’exécution desdits marchés par les prestataires de service recrutés, de réception des marchés et de gestion
des réalisations.
Cette étape a pour objectif de traduire en réalisations, les actions contenues dans les trois (03) programmes
opérationnels/techniques de la commune, déclinées dans le Plan d’Investissement Annuel (PIA) et le Cadre de
Dépenses à Moyen Terme (CDMT).
La mise en œuvre du PCD comprend cinq (05) phases :
a. La mise en place du dispositif institutionnel de mise en œuvre ;
b. L’analyse des avantages différentiels identifiés dans les villages, au sein de l’espace urbain communal
et au niveau de la commune ;
c. L’élaboration du plan de gestion environnemental et social du CDMT ;
d. L’élaboration du plan de passation des marchés ;
e. La mise en œuvre proprement dite du plan de passation des marchés (sélection des prestataires de
service, passation des marchés, réalisation physique et, contrôle).

En rapport avec les points à débattre, les observations ci-après peuvent être faites :
1. Les PCD ont été élaborés dans 329 Communes essentiellement en milieu rural avec quelques Communes
d’Arrondissement couvertes, à savoir : Bafoussam 2ème ; Yaoundé 7ème ; Garoua 1er et 2ème ; Ebolowa 1er et 2ème …;
2. Les PCD sont actualisés légèrement chaque année en vue de corriger les programmations pluriannuelles. Ils subissent
une actualisation lourde après cinq ans. Toutefois une actualisation à grande échelle est actuellement en cours en vue
de l‘arrimage des Communes au Budget Programme ;
3. La diffusion des PCD est effective au niveau local, mais pour le moment n’est pas systématique au niveau central ;
4. Les PCD sont chiffrés pour ce qui est des projets matures ou pour lesquels les coûts sont connus (salles de classes ;
forages…) ; Les autres sont des idées de projet à maturer ;
5. Les PCD sont élaborés de manière participative à travers des consultations en groupe socio-spécifiques afin de
permettre à tout le monde de s’exprimer mais aussi d’avoir le classement de leurs besoins par ordre de priorité ;
6. Des comités et études sont actuellement en cours afin de proposer des pistes permettant d’améliorer la prise en
compte des projets inscrits dans les PCD dans le BIP ;
7. L’exercice efficace de la maitrise d’ouvrage locale à toutes les étapes du cycle des projets souffre encore de la non
effectivité de la charte de la déconcentration. Cette charte devrait préciser les conditions de mise à disposition de
l’expertise locale des services déconcentrés de l’état aux collectivités et les ressources permettant de mobiliser ces
compétences ;
8. Les besoins des communes en matière d’investissement sont proportionnels à leur capacité de mobilisation des
financements. Les communes ne peuvent fixer leurs investissements que par rapport aux fonds mobilisables dans
leur budget. Les autres besoins supérieurs aux capacités de financement de la Commune sont pris en charge par le
BIP ;
9. Les PCD sont actuellement élaborés dans le cadre de la Gestion Axée sur les Résultats (GAR) et du budget programme.
Les PCD organisent les projets à l’intérieur de trois programmes techniques ; (i) Faciliter l’accès aux besoins sociaux
de base ; (ii) promouvoir le développement économique et environnemental ; (iii) promouvoir la culture, le sport et
appui à la jeunesse. L’accompagnement ici consistera à expliquer aux CTD le bien-fondé ou l’avantage qu’ils auraient
à financer en priorité des projets économiques ;
10. Les communes sont concurrentes les unes des autres et ce sont les conditions d’attractivités mises en place par les
collectivités qui les rendent attractives vis-à-vis des investisseurs. Ceci se traduit par des facilités fiscales, des facilités
à l’installation, la maitrise des tracasseries de toute sorte… ;
11. Des instruments tel l’IDL au Cameroun et les ODD au niveau global peuvent permettre de mesurer le développement
local sur la base d’indicateurs formulés, des situations de références captées en début de période qui peuvent être au
début du mandat de l’exécutif. La mise en place des mécanismes de mesure permettra d’apprécier, mesurer ou évaluer
le développement et la progression au niveau des différentes actions (sous-secteurs qui peuvent être l’éducation, la
santé, l’accès à l’eau potable, les routes, les ponts, les lignes électriques) et des activités qui sont des projets issus de
ces actions inscrites dans les différents programmes techniques ;
12. Pour réussir une coopération décentralisée, les communes devront rentrer dans un processus de coopération gagnant-
gagnant. Les communes doivent identifier dans leurs territoires des niches à développer qui rendraient attractifs leurs
territoires. Les partenaires consentent plus facilement à rentrer en coopération ou en jumelage avec vous quand vous
présentez clairement ce que vous avez à offrir.

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ATELIER N° 3

Exposé 2 : Planification Spatiale du Développement Local


Par Mme FOUDA OWOUNDI Anne Marguerite, Chef de la Division des Etudes, de la Planification et de la
Coopération - Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain

Introduction
La planification urbaine et territoriale est au cœur du Nouveau Programme pour les Villes adopté à HABITAT
III. Dans le contexte mondial d’une population majoritairement urbaine (plus d’un camerounais sur deux
vit aujourd’hui en ville et trois (3) camerounais sur quatre (4) vivront en ville en 2035), ce sont avant tout
dans les villes que les principaux défis seront à relever, en termes de stratégies urbaines mieux articulées
aux politiques nationales et locales, de décentralisation efficiente, de gouvernance locale participative et de
réduction de la fracture urbaine (c’est-à-dire des inégalités sociales en milieu urbain).

Instrument incontournable des politiques nationales pour la mise en place de stratégies urbaines maîtrisées,
« la planification urbaine et territoriale se définit comme un processus de prise de décision qui vise à atteindre
des objectifs économiques, sociaux, culturels et environnementaux par l’intermédiaire de l’élaboration de
visions, stratégies et plans spatiaux et de l’application d’un ensemble de principes et d’outils politiques, mais
aussi de mécanismes institutionnels et participatifs et de procédures réglementaires… Il s’agit d’un puissant
instrument de redéfinition des formes et des fonctions des villes et des régions en vue de générer croissance
économique, prospérité et emploi de manière endogène, tout en répondant aux besoins des groupes les plus
vulnérables»1.

Au Cameroun, la loi 2004 régissant l’urbanisme précise que « les documents de planification urbaines (DPU)
déterminent les conditions permettant de:

ÔÔ Limiter l’utilisation de l’espace;


ÔÔ Maîtriser les besoins de déplacements ;
ÔÔ Préserver les activités agricoles;
ÔÔ Protéger les espaces forestiers, le patrimoine culturel, les sites et paysages naturels ou urbains;
ÔÔ Prévenir les risques naturels et les risques technologiques, les pollutions et nuisances de toute nature ;
ÔÔ Prévoir suffisamment d’espaces constructibles pour les activités économiques et d’intérêt général, ainsi que
pour la satisfaction des besoins présents et futurs en matière d’habitat et d’équipements publics».

La planification urbaine est donc aujourd’hui, plus que par le passé, stratégique, car elle vise à relier
des perspectives de développement économique et des choix d’affectation des sols et de réalisation
d’infrastructures et d’équipements. C’est pourquoi le Nouveau Programme pour les Villes (communément
appelé Nouvel Agenda Urbain) recommande que la planification urbaine soit considérée comme la priorité
absolue des pays et de toute ville, quel que soit sa taille et son niveau de développement.

C’est donc à juste titre que depuis près d’une décennie, la question de la planification urbaine est au centre
des activités du Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain, pour aider les municipalités à passer
d’un urbanisme de rattrapage à un urbanisme d’objectifs, c’est-à-dire planifié.

Le présent exposé, qui se veut plus pratique que théorique, fait un rappel des enjeux de la planification
urbaine et du cadre juridique qui encadre cette activité au Cameroun, s’appesantit sur le bilan de la mise
en œuvre de cette compétence transférée aux Collectivités Territoriales Décentralisées depuis 2011, les
difficultés rencontrées et fait des propositions permettant de garantir l’efficacité de sa poursuite pour faire
des DPU de véritables outils de développement.

En d’autres termes, il s’agira pour nous de répondre aux questions suivantes : les DPU sont –ils élaborés
régulièrement et quel est le taux de couverture du territoire national ? Quel est le contenu des DPU ? Comment
sont-ils mis en œuvre ; Comment financer les projets contenus dans les PIP qui en sont issus ? Comment
mettre en cohérence DPU et PCD ?
1
Lignes directrices internationales sur la planification urbaine et territoriale, ONU-HABITAT, 2015.

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ACTES
Assises Générales de la Commune

Les enjeux de la planification urbaine


ÔÔ Plus d’un camerounais sur deux vit aujourd’hui en ville et 3 camerounais sur 4 vivront en ville en 2035;
ÔÔ La grande majorité des communes sont des villes (sur les 374 communes qui existent au Cameroun, plus de
312 sont des villes) ;
ÔÔ L’occupation de l’espace dans les villes camerounaises se fait de manière anarchique, avec pour conséquence
la dégradation progressive de l’environnement urbain ;
ÔÔ Ce mode de développement spontané de la ville n’est pas rationnel et est à l’origine de la prolifération des
quartiers d’habitat précaires (bidonvilles), siège de la pauvreté, créant ainsi une fracture urbaine ;
ÔÔ L’Etat et les communes ont besoin de construire des villes viables, attrayantes inclusives et durables ;

A quoi sert la planification urbaine ?


ÔÔ Prévoir et encadrer l’urbanisation des territoires dans un objectif de développement économique et social;
ÔÔ Proposer des formes de gestion urbaine à travers la définition d’objectifs, de principes de développement et de
projets d’aménagement ;
ÔÔ Aménager rationnellement les villes pour leur permettre de jouer pleinement leur rôle de moteur développement
où le gros du PIB est produit ;
ÔÔ Maîtriser les enjeux qui caractérisent les villes (menaces et opportunités);
ÔÔ Minimiser les risques et maximiser les opportunités.

Le cadre juridique en matière de planification urbaine


Depuis l’année 2004, la loi 2004/003 du 21 avril 2004 régissant l’urbanisme au Cameroun encadre l’activité
de planification urbaine. Cinq (05) décrets d’application de cette loi ont été pris en 2008 :
ÔÔ Le décret 2008/0736/PM du 23 avril 2008 fixant les modalités d’élaboration et de révision des documents de
planification urbaine ;
ÔÔ Le décret 2008/0737/PM du 23 avril 2008 fixant les règles de sécurité, d’hygiène et d’assainissement en
matière de construction ;
ÔÔ Le décret 2008/0738/PM du 23 avril 2008 portant organisation des procédures et modalités de l’aménagement
foncier ;
ÔÔ Le décret 2008/0739/PM du 23 avril 2008 fixant les règles d’utilisation du sol et de la construction abrogé et
remplacé par le décret 2016/3058/PM du 28 juillet 2016 fixant les règles d’utilisation du sol et de la construction
a abrogé celui de 2008 ;
ÔÔ Le décret 2008/0740/PM du 23 avril 2008 fixant le régime des sanctions applicables aux infractions aux règles
d’urbanisme ;
ÔÔ La loi 2004/018 du 22 juillet 2004 fixant les règles applicables aux communes qui attribue un certain nombre
de compétences aux communes en matière d’aménagement du territoire, d’habitat et de développement
urbain, notamment:
zz l’élaboration et l’approbation des documents de planification urbaine (PDU, POS, PS, PSU) ;
zz la délivrance des actes administratifs relatifs à l’utilisation du sol et à la construction encore appelés actes
d’urbanisme (certificat d’urbanisme, autorisation de lotir, permis d’implanter, permis de construire, permis
de démolir, certificat de conformité).
Ces deux activités constituent la compétence de planification urbaine telle que définie dans l’arrêté n°0001/
E/2/A/MINDUH du 29 mars 2011 portant cahier de charges précisant les modalités techniques d’exercice
des compétences transférées par l’Etat en matière de planification urbaine, de création et d’entretien des
voiries en terre. Cet arrêté précise le rôle des communes et celui de l’Etat dans le processus d’élaboration
des DPU et de délivrance des actes d’urbanisme. Il précise les différentes étapes d’élaboration d’un DPU.
En son article 12, il stipule que l’État prend en compte les plans de campagne élaborés par les communes
dans la programmation des projets à inscrire dans le budget d’investissement public, et dans la limite de
ses ressources. Et à l’article 13 : il dispose que l’État doit prévoir annuellement, dans le budget du Ministère
en charge du développement urbain, des ressources financières à transférer aux communes en vue de
l’exercice des compétences transférées. C’est donc en application de ces dispositions que depuis 2012,
le MINHDU a intensifié le transfert des ressources aux communes pour l’élaboration des DPU (environ 1
milliard de FCFA/an).

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ATELIER N° 3

Quels sont les outils de planification urbaine au Cameroun ?


La loi du 21 avril 2004 régissant l’urbanisme institue quatre types de documents de planification urbaine
encore appelés documents d’urbanisme :

ÔÔ Le Plan Directeur d’Urbanisme (PDU) ;


ÔÔ Le Plan d’Occupation des Sols (POS);
ÔÔ Le Plan de Secteur (PS) ;
ÔÔ Le Plan Sommaire d’Urbanisme (PSU).
Ils sont tous « opposables aux tiers ».

Ces documents ont trois horizons chronologiques :


ÔÔ Le PDU, outil d’orientation stratégique à long terme, fixe les orientations fondamentales de l’aménagement
d’un territoire urbain, la destination générale des sols et la programmation des équipements. Il est élaboré pour
les Communautés Urbaines ou groupements de communes nécessitant une action concertée.
ÔÔ Le POS, outil règlementaire, fixe les zones d’affectation des sols et édicte pour chacune d’elle les règles,
restrictions et servitudes particulières d’utilisation pour le moyen terme (10 à 15 ans). Il est exigé pour chaque
commune.
ÔÔ Le PSU, Outil d’orientation stratégique à l’échelle d’une commune, fixe sommairement l’affectation des sols
et définit le périmètre de chacune des zones d’affectation. Il édicte de façon sommaire, pour chacune d’entre
elles, les règles, restrictions et servitudes particulières d’utilisation du sol. Document de planification simplifié,
élaboré dans l’attente pour les communes de se doter d’un POS.
ÔÔ Le PS, Document « pré opérationnel », se positionne entre le POS et le lotissement. Il couvre une partie du
territoire et règlemente dans le détail et à court terme : l’organisation et les modalités techniques de l’utilisation
du sol; la nature et l’emplacement des équipements sociocollectifs; les caractéristiques techniques et
financières des différents travaux d’infrastructures.

Le contenu des documents de planification urbaine


Les DPU, tels que définis par la loi régissant l’urbanisme (2004) sont constitués :

ÔÔ D’un rapport justificatif qui regroupe les éléments : du diagnostic territorial, du scénario d’aménagement adopté
de manière participative, des prévisions et perspectives de développement, une programmation prévisionnelle
des besoins pour répondre aux enjeux futurs de développement, un Plan d’Investissement Prioritaire (PIP)
chiffré dans tous les domaines (infrastructures, équipements socio-collectifs, social, logements, etc.), ’une
Stratégies de mise en œuvre du Plan et des projets ;
ÔÔ D’un règlement d’urbanisme qui décline les règles d’utilisation du sol sur tout le territoire de la commune, à
cet effet, il précise pour chaque zone (le quartier pour le PDU et le PSU, l’ilot pour le POS et la parcelle pour
le PS): les limites d’utilisation des zones constructibles, les reculs par rapport aux voies publiques et aux
constructions voisines, la volumétrie, les formes et les couleurs des constructions, etc.
ÔÔ Des pièces graphiques : plan de zonage, schéma de structure, plan d’épannelage, plan parcellaire, etc.;
ÔÔ Des annexes : plans des réseaux techniques (eau, électricité, gaz, etc.), plans d’évacuation des eaux de
ruissellement et des eaux usées, etc.

Comment sont-ils élaborés ?


L’élaboration des DPU est conduite dans le cadre d’une approche participative et de concertation avec les
acteurs concernés et les populations pour intégrer, dans une première étape, leurs préoccupations et leurs
besoins et identifier, dans une seconde étape, les perspectives de développement et les choix d’orientations
les plus pertinents pour le devenir de la commune. Tout le long du processus d’élaboration du DPU, et
plus précisément à chaque étape clé, des ateliers sont programmés pour l’évaluation, l’identification et la
validation des perspectives de développement, des options d’aménagement et les choix d’orientation les
plus pertinents pour le devenir de la commune.

La démarche participative et de concertation ne se limite pas aux acteurs désignés dans le cadre du
Comité Technique de pilotage (composé des représentants locaux des administrations, les représentants
des populations, les autorités traditionnelles, la société civile…), mais doit être élargie, lors de la phase du
diagnostic (lors des enquêtes de terrain), pour intégrer les représentants des populations locales (les chefs

| 47
ACTES
Assises Générales de la Commune

de quartiers) afin d’identifier leurs problèmes et leurs besoins. Ce processus consensuel se poursuit, d’une
manière plus élargie encore, à l’occasion des enquêtes publiques (d’une durée d’un mois) qui sont exigées
lorsque le parti d’aménagement est arrêté.

Au cours de ces enquêtes publiques, le plan d’aménagement et le règlement d’urbanisme sont affichés à
la mairie pendant un mois. Une campagne de sensibilisation des populations doit alors être conduite par
le maire et le consultant pour emmener chaque citoyen à venir donner son point de vue sur le futur plan.
Toutes les doléances sont recueillies dans un registre et transmis au consultant pour prise en compte avant
la production du rapport final.

Sont-ils régulièrement élaborés ?


Le MINHDU a transféré depuis 2012 plus de 3 milliards de francs CFA aux communes pour l’appui à
l’élaboration des DPU. De 2004 à ce jour, près de 127 DPU ont été élaborés ou sont en cours d’élaboration,
sous divers financements. Il s’agit de:

ÔÔ 14 Plans Directeurs d’Urbanisme (PDU) dont 11 financés par le Ministère en charge de l’urbanisme, 01 (Douala)
par la Communauté Urbaine concernée achevés et 02 (Maroua et Garoua) élaborés dans le cadre du PAMOCCA;
ÔÔ 71 Plans d’Occupation des Sols (POS) financés par l’Etat ;
ÔÔ 34 Plans Sommaires d’Urbanisme (PSU) financés par l’Etat ;
ÔÔ 08 Plans de Secteur (PS) à savoir le Plan de Secteur du Noyau Central de la ville de Yaoundé achevé et les
Plans de Secteur du noyau central de Douala 3è, Molyko et Banekane déjà achevés, puis Ngeme, Mbengue et
Nkouekong en cours de lancement.

Soit un taux de couverture en DPU d’environ 30%, ce qui reste très faible.

Comment mettre en œuvre les DPU pour en faire des outils de


développement local ?
La mise en œuvre d’un DPU est la transformation des objectifs (sociaux, environnementaux, économiques,
etc.) consignés dans celui-ci en réalisations concrètes, afin de réaliser un impact positif sur la qualité et les
conditions de vie des populations (amélioration de la salubrité, réduction de la pauvreté, création d’emplois,
augmentation de l’offre en logements décents et d’une manière générale, en équipements sociaux de base
dont la santé, l’eau, l’éducation, l’électricité, la facilitation de l’accès au logement décent et aux équipements
divers). Elle se fait à cinq (05) niveaux :

ÔÔ La préservation des emprises réservées pour les équipements publics;


ÔÔ La régulation de l’utilisation du sol des différents domaines (national, public, privé, etc.) à travers la délivrance
des actes d’urbanisme;
ÔÔ La réalisation des équipements publics conformément au PIP;
ÔÔ La réalisation ou l’incitation de la réalisation des programmes économiques projetées (création d’activités
socio-économique: commerce, industrie, agriculture, artisanat, etc.) afin de garantir l’attrait et la compétitivité ;
ÔÔ L’incitation et la coordination des opérations d’aménagement projetées (restructuration, rénovation,
aménagement concerté, lotissements, etc.). C’est le lieu ici de préciser que les outils d’aménagement foncier
que sont les plans de restructuration/rénovation, les lotissements et les zones d’aménagement concertés sont
des documents de planification opérationnelle, qui sont chacun assortis d’un règlement d’urbanisme, d’un
cahier de charges et d’un PIP chiffré ;
ÔÔ Dès l’approbation du DPU, il est souhaitable d’instituer au sein de la commune un Comité de suivi de sa mise en
œuvre placé sous l’Autorité du Maire et coordonné par le responsable des services techniques. A partir de ce
moment, le Comité de suivi devient la cheville ouvrière de la planification et de la programmation opérationnelle
des projets de développement: :
ƒƒ Il veille (en premier acte) à la matérialisation et la sécurisation des emprises réservées aux équipements
publics (levées topographiques, constat et évaluation des biens affectés, déclaration d’utilité publique,
indemnisation des ayants droits, etc.) ;
ƒƒ Il anime (localement), pour chaque exercice budgétaire, les concertations avec les différents partenaires
(Etat, bailleurs de fonds, etc.) en vue de définir le programme d’action qu’il soumet à la délibération en
Conseil municipal ou de Communauté selon le cas ;

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ATELIER N° 3

ƒƒ Il procède au montage des projets relatifs à la réalisation des programmes économiques et des opérations
d’aménagement et recherche les partenaires pour leur financement et leur réalisation ;
ƒƒ Il évalue périodiquement (cinq ans) la mise en œuvre du DPU et propose, le cas échéant, les mesures de
rattrapage, la révision ou l’actualisation, conformément à la réglementation en vigueur ;
ƒƒ Il suit l’activité de la Commission d’examen des dossiers de demande d’actes d’urbanisme et veille à la
conformité des actes délivrés au DPU.

Les outils pouvant être utilisés pour la mise en œuvre des DPU

La mise en œuvre des DPU se fait à travers des outils ci-après :

ÔÔ Le contrat de Ville, considéré comme un instrument de la mise en œuvre de la politique urbaine à court terme,
est défini comme un document cadre dont l’exécution limitée dans le temps, engage les acteurs sociaux
que sont l’Etat, les Collectivités Territoriales Décentralisées, la Société Civile dans son acception large, en
vue (i) d’impulser un développement global et cohérent d’une ville/ d’une commune à travers la mobilisation
des énergies et des moyens financiers; (ii) de créer les conditions favorables à l’amélioration des conditions
de vie des populations; et (iii) de favoriser le recul de la pauvreté à travers la création d’emplois massifs.
Chaque partenaire ici s’engage sur la nature, le contenu et le financement partiel des différentes opérations
programmées.
ÔÔ Le Protocole de Partenariat, qui est une forme allégée du contrat de ville et en diffère au plan du volume des
financements mobilisés. Il vise en tous points les mêmes objectifs que le contrat de ville ;
ÔÔ Le Contrat Communautaire, qui permet aux communes de faire participer les organisations de la société civile
(associations de quartier, ONG locales) à la vie de la municipalité (i) en favorisant leur accès à la commande
publique à travers la réalisation des petits ouvrages et leur prise en charge par les populations; (ii) en mettant
en place un dispositif de communication sur les projets à réaliser au profit des populations; (iii) en suscitant
des expertises et l’utilisation de la main d’œuvre locale dans un but d’insertion sociale.

Bref la mise en œuvre des DPU se fait à travers:


ÔÔ La sensibilisation de tous les acteurs et des populations sur les prescriptions du DPU;
ÔÔ La réalisation des projets contenus dans le programme d’actions ou d’investissement à court et moyen terme ;
ÔÔ Le respect des prescriptions d’urbanisme contenues dans le règlement d’urbanisme à travers la délivrance des
actes d’urbanisme et le Contrôle des constructions;
ÔÔ L’intégration des emprises des infrastructures et équipements projetés dans le patrimoine de la commune à
travers une DUP;
ÔÔ L’appropriation des réserves foncières domaniales et communales;
ÔÔ La mise à la disposition (via le Préfet) de chaque service public, parapublic et privé ainsi qu’à la société civile, le
règlement d’urbanisme du DPU ainsi que la liste des projets contenus dans le PIP et relevant de sa compétence,
pour programmation dans son budget;
ÔÔ L’appropriation le PIP du DPU par le maire pour en faire son « Projet de Ville » et s’en servir comme document
de plaidoyer pour la levée des financements auprès des guichets de financement au niveau national (FEICOM,
PNDP, etc.) et international (PTF);
ÔÔ L’initiation et la signature d’un contrat de ville avec l’Etat et ses démembrements, pour la réalisation du projet
de ville issu du DPU.

S’agissant particulièrement de la délivrance des autorisations administratives d’utilisation du sol (actes


d’urbanisme), on sait que la réglementation en matière de construction a été réformée par la loi n°2004/003
du 21 avril 2004 régissant l’urbanisme au Cameroun et le décret d’application N° 2008/0739/PM du 23 avril
2008 fixant les règles d’utilisation du sol et de la construction abrogé et remplacé par le décret 2016/3058/
PM du 28 juillet 2016 fixant les règles d’utilisation du sol et de la construction.

Malgré les innovations introduites par ces textes, de nombreuses contraintes en matière de construction
subsistent et pèsent sur les populations et les investisseurs, ce qui a pour effet de maintenir l’illégalité dans
la construction et le développement des constructions anarchiques et hasardeuses, elles-mêmes sources
de risques pour la sécurité de ces populations.

Dans le classement du rapport « Doing Business » de la Banque Mondiale sur le climat des affaires, le
Cameroun n’occupe pas de manière générale un bon rang, en raison des lourdeurs des procédures et des
problèmes de gouvernance. Et de manière particulière, si notre pays a amélioré son rang au classement

| 49
ACTES
Assises Générales de la Commune

général, son classement en ce qui concerne l’obtention du Permis de Construire (un des indicateurs
permettant de rendre compte du climat des affaires dans un pays), enregistre toujours une régression. On
comprend donc pourquoi le Gouvernement est engagé dans une série de réformes en vue de simplifier les
délais et les procédures en matière de construction et aller vers l’amélioration des classements, de manière
à améliorer ce classement et attirer les investisseurs.

De là découle l’idée de dématérialisation des procédures d’obtention des actes d’urbanisme, notamment
du permis de construire, c’est-à-dire en termes simples: l’informatisation de la procédure; et la création des
guichets uniques pour la délivrance des PC et de toutes les autres autorisations administratifs en matière de
construction. C’est l’objet du décret N° 2018/9704/PM du 10 décembre 2018 instituant des guichets uniques
de facilitation de la délivrance des actes administratifs relatifs à l’utilisation du sol et à la construction auprès
des communautés Urbaines.

Pour les autres communes, il est recommandé de mettre en place les commissions prévues par la loi et de
prendre les arrêtés déterminant les coûts des autres actes d’urbanisme autres que le Permis de construire
et le permis d’implanter (dont les coûts sont indiqués dans la loi portant fiscalité locale).

Difficultés rencontrées
En ce qui concerne l’élaboration des DPU
Si une attention particulière a été portée dans les textes sur la simplification des documents à produire et
des procédures d’élaboration, force est de constater, au regard de nombreux dysfonctionnements relevés,
que le transfert de compétence en matière de planification urbaine s’est fait sans être suivi des compétences
techniques nécessaires à la réalisation de cette importante activité.

C’est ainsi qu’on décèle de nombreuses insuffisances dans le contenu de la plupart des DPU élaborés ces
dernières années, à quoi s’ajoutent un laxisme et une cacophonie dans le processus d’élaboration, de suivi
de l’élaboration et même de mise en œuvre desdits documents. Les règles prescrites par les textes et dans
les DPU sont peu ou pas appliquées et bon nombre de DPU élaborés nous interpellent quant à leur contenu.
Les problèmes/difficultés rencontrés dans l’élaboration des DPU sont, sans être exhaustif:

ÔÔ L’insuffisance de moyens financiers pour couvrir les 374 municipalités du pays ;


ÔÔ L’insuffisance quantitative et qualitative des ressources humaines dans les CTD et dans les services
déconcentrés du MINHDU ;
ÔÔ L’insuffisance de firmes qualifiées et agréées pour la conduite des études d’urbanisme et la faible capacité
technique et financière de celles existantes ;
ÔÔ La faible appropriation de la loi et de ses décrets d’application par les acteurs, notamment les CTD ;
ÔÔ Le laxisme dans le suivi des études au niveau local, entrainant un très grand retard dans l’exécution des
prestations et la forclusion des crédits ;
ÔÔ Les lourdeurs dans les procédures de passation des marchés.

Toutes choses qui ont emmené le MINHDU à suspendre l’appui à l’élaboration des documents de planification
urbaine de 2016 à 2018, afin de pouvoir faire le bilan et identifier les mesures à implémenter pour améliorer
le processus.

En ce qui concerne la mise en œuvre des DPU

Les difficultés que rencontre la mise en œuvre des DPU sont, sans être exhaustif:

ÔÔ L’insuffisance de moyens financiers pour faire fonctionner les commissions de délivrance des actes
d’urbanisme ;
ÔÔ La non maîtrise des coûts de délivrance des actes d’urbanisme ;
ÔÔ Les délais de traitement des demandes d’actes d’urbanisme assez longs ;
ÔÔ L’insuffisance quantitative et qualitative des ressources humaines dans les CTD et dans les services
déconcentrés du MINHDU ;
ÔÔ L’absence d’instances de suivi-évaluation de la mise en œuvre des DPU élaborés : les documents sont élaborés
et personne ne se préoccupe de leur mise en œuvre ;

| 50
ATELIER N° 3

ÔÔ La faible appropriation de la loi et de ses décrets d’application par les CTD : celles-ci n’explorent pas toutes les
voies prévues pour la mise en œuvre des DPU ;
ÔÔ La faible, voire la non appropriation des documents élaborés par les CTD concernés et les acteurs du secteur
urbain en général.

Par ailleurs, l’arrêté n°0001/E/2/A/MINDUH du 29 mars 2011 portant cahier de charges précisant les
modalités techniques d’exercice des compétences transférées par l’Etat en matière de planification urbaine,
de création et d’entretien des voiries en terre définit le cahier de charges pour ce qui est de l’élaboration des
DPU et de la délivrance des actes d’urbanisme ne précise ni les modalités, ni les conditions de mise en œuvre
des DPU (en dehors de la délivrance des actes d’urbanisme), laissant place naturellement à la cacophonie.

Plusieurs communes peinent à mettre en place les commissions d’examen des dossiers de demande
d’actes d’urbanisme ; celles qui sont mises en place ne fonctionnent pas dans la plupart des cas; et enfin,
les communes n’ont pas une main mise complète dans la création des lotissements tels que voulu par la
loi régissant l’urbanisme (or c’est le lotissement qui structure un territoire !); ces lotissements se créent en
marge de la réglementation en vigueur, s’appuyant sur les textes obsolètes, faisant ainsi le lit à l’anarchie.

Les mesures implémentées pour l’amélioration du processus


Plusieurs actions ont été entreprises pour améliorer le processus d’élaboration et de mise en œuvre des
DPU. Il s’agit notamment :

ÔÔ De l’élaboration d’un guide de référence en matière d’urbanisme (VADEMECUM) ;


ÔÔ De l’élaboration d’un guide technique d’élaboration des DPU;
ÔÔ De l’élaboration d’un manuel de procédures de suivi administratif et financier de l’élaboration des DPU;
ÔÔ De l’amélioration des TDR et la production de TDR types (meilleure maîtrise des coûts et délais de réalisation
de ces études dont la complexité n’est plus à démontrer);
ÔÔ De la finalisation de la grille nationale des équipements ;
ÔÔ Du coaching des cabinets locaux par des BET internationaux afin de permettre un transfert de technologie.
ÔÔ De la sensibilisation des acteurs à travers les lettres circulaires et les missions sur le terrain (deux lettres
circulaires sur l’élaboration des documents de planification urbaine et la mise en place des commissions
d’examen des dossiers de demande d’actes d’urbanisme);
ÔÔ De la formation des maires et responsables des services municipaux et déconcentrés dans le montage et le
suivi des études d’urbanisme et la délivrance des actes d’urbanisme à travers le PNFMV ;
ÔÔ De l’organisation des réunions trimestrielles de suivi-évaluation des études d’élaboration des DPU avec les
différents acteurs concernées (CTD, Délégués régionaux et départementaux du MINHDU et BET adjudicataires
des marchés) ;
ÔÔ Des missions de terrain au courant de l’année 2017 pour s’assurer de la mise en place effective et du
fonctionnement des commissions d’examen des dossiers de demande d’actes d’urbanisme dans les villes
planifiées et sensibiliser les acteurs sur la mise en œuvre des DPU;
ÔÔ De la réalisation, en 2015, d’une étude sur l’analyse des besoins en renforcement des capacités des acteurs en
matière d’élaboration et de suivi de l’élaboration des DPU;
ÔÔ Du renforcement des capacités des BET en matière de cartographie (en 2016) ;
ÔÔ De la réalisation d’une étude en vue de la détermination des coûts de délivrance des actes d’urbanisme (2015-
2016) ;
ÔÔ De la prise du décret 2016/3058/PM du 28 juillet 2016 fixant les règles d’utilisation du sol et de la construction
qui a abrogé le décret de 2008 relatif au même objet: ce décret réduit à 10 jours le délai de délivrance du
certificat de conformité tout en allégeant d’une manière générale l’ensemble des procédures.
ÔÔ De la signature du décret N° 2018/9704/PM du 10 décembre 2018 instituant des guichets uniques de
facilitation de la délivrance des actes administratifs relatifs à l’utilisation du sol et à la construction auprès des
communautés Urbaines.

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ACTES
Assises Générales de la Commune

Recommandations pour booster et maîtriser la planification urbaine au


Cameroun, pour des villes durables (inclusives, compétitives et résilientes)
Au niveau national :

ÔÔ La mise en place d’un mécanisme performant de financement de l’élaboration et de mise en œuvre des
documents de planification urbaine, avec l’appui des PTF (il pourrait s’agir d’un vaste programme à l’image du
PNDP qui permettrait à toute les communes de se doter d’un DPU) ;
ÔÔ Une meilleure coordination gouvernementale en matière de planification urbaine à travers la complémentarité
entre les DPU et le PCD, la gestion foncière et cadastrale et la planification urbaine afin de réduire les confusions
et impulser un développement harmonieux et durable des territoires ;
ÔÔ La nécessiter de compléter la loi portant fiscalité locale afin de préciser et harmoniser les coûts de tous les
actes d’urbanisme ;
ÔÔ Le renforcement du pouvoir des maires en matière de gestion foncière ;
ÔÔ La lise en places des agences locales pour accompagner les communes dans la maitrise d’ouvrage locale;
ÔÔ L’impérieuse nécessité de faire du DPU l’outil de base pour la budgétisation et le financement des projets dans
la commune.

Au niveau local :

ÔÔ Une meilleure implication des services déconcentrés du MINHDU à travers le coaching du personnel communal
et l’organisation de réunions bimensuelles de suivi de l’élaboration des DPU, tant au niveau régional qu’au
niveau départemental ;
ÔÔ L’exigence d’un service technique qualifié dans les CTD avec au moins un ingénieur et un urbaniste ;
ÔÔ La formation des personnels des CTD et du MINHDU à travers URAMDEUR de l’Université de Yaoundé
I, l’EAMAU, le Programme National de Formation aux Métiers de la Ville (PNFMV) qui vise le renforcement
des capacités des techniciens de l’Etat et des CTD aux métiers de la ville et à l’urbanisme, l’Ecole Nationale
Supérieure des Travaux Publics (ENSTP) dans le cadre de la formation en Urbanisme, etc.
ÔÔ La mise en place de guichets uniques de délivrance des actes d’urbanisme dans les grandes villes ;
ÔÔ L’institutionnalisation de l’outil contrat de ville pour la mise en cohérence des actions de programmation et de
réalisation des projets dans les villes disposant de documents de planification et des PCD ;
ÔÔ L’institution dans chaque commune planifiée d’un comité de suivi de la mise en œuvre des DPU ;
ÔÔ La formation des CTD et des services déconcentrés du MINHDU à la mise en œuvre des DPU;
ÔÔ L’instauration des conférences communales de programmation des investissements (regroupant tous les
services locaux de l’Etat) pour la préparation des plans d’actions des communes en conformité avec les DPU.

Conclusion
La mise en œuvre des compétences transférées en matière de planification urbaine connaît aujourd’hui de
nombreuses lacunes. Ces lacunes concernent les limites du cadre réglementaire, les déficits en quantité
et qualité de ressources humaines, le laxisme ou l’ignorance des exécutifs communaux, l’insuffisance des
moyens, une absence de coordination gouvernementale et Etat-commune pour la mise en œuvre des DPU,
etc.

L’amélioration de ce processus nécessite non seulement la mise en œuvre des mesures énumérées ici,
mais également une prise de conscience certaine de tous les acteurs, notamment ceux des services
déconcentrés de l’Etat qui ont la charge d’accompagner les CTD dans l’exercice des compétences qui leurs
sont transférées.

La transformation de la physionomie de nos villes en dépend./-

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ATELIER N° 3

Les débats consécutifs aux deux exposés ont porté sur :

ÔÔ Les plans communaux de développement sont-ils régulièrement élaborés, mis à jour et diffusés au
niveau local et central ?
ÔÔ Les plans communaux de développement sont-ils chiffrés et traduits dans les budgets annuels des
communes?
ÔÔ L’élaboration des plans communaux de développement est-elle faite de manière participative ?
ÔÔ Comment prendre en compte les projets inscrits dans les PCD dans les BIP dans le cadre de la
planification locale et de la planification nationale ?
ÔÔ Comment exercer de manière efficace la maîtrise d’ouvrage locale à tous les cycles d’un projet ?
ÔÔ Comment faire des documents de planification spatiale (plan directeur d’urbanisme, plan de secteur,
plan d’occupation des sols, plan sommaire d’urbanisme) des outils de développement ?
ÔÔ Comment faciliter la délivrance des documents d’urbanisme dans les communes ?
ÔÔ Comment évaluer les besoins des communes en matière d’investissement ?
ÔÔ Les plans communaux de développement dans leur contenu mettent ils l’emphase sur les projets à
caractère économique au-delà des projets sociaux de base ?
ÔÔ Comment rendre les péréquations équitables et efficaces ?
ÔÔ Comment rendre attractive la commune ?
ÔÔ Comment vendre la commune et susciter la prise de risque chez l’opérateur économique?
ÔÔ Comment mesure et évaluer le développement local ?
ÔÔ Comment faire de la coopération décentralisée un levier de développement local ?

A l’issue des échanges, les recommandations ci-après ont été formulées :

1. Mettre en cohérence les documents de planification communale en veillant au respect de la hiérarchie entre
lesdits documents ;
2. Associer les élus locaux à l’élaboration des documents de planification au niveau régional et national, afin
de veiller à la cohérence entre les différents niveaux ;
3. Créer et/ou redynamiser les comités/commissions chargés du suivi, de la diffusion et de la mise en œuvre
des documents de planification communale ;
4. Redynamiser les commissions chargées de la délivrance des actes d’urbanisme ;
5. Assurer le financement adéquat de ces comités et commissions en revoyant en particulier la no-menclature
budgétaire communale pour permettre la prise en charge de leur fonctionnement et à travers la fixation par
le MINDDEVEL d’un barème de rémunération de leurs membres ;
6. Exiger systématiquement le certificat d’urbanisme comme préalable à la délivrance des permis d’occupation
temporaire du domaine public;
7. Mettre en place un programme d’élaboration des PSU et examiner la possibilité de son financement par le
FEICOM et éventuellement par les bailleurs de fonds;
8. Arrimer les Communes aux principes du budget programme ;
9. Veiller à l’application stricte de l’opposabilité légale aux tiers des documents de planification communale;
10. Harmoniser l’appellation des différents instruments de planification existants ;
11. Prendre en compte les projets issus des PDU et des PCD dans le BIP ;
12. Mettre en œuvre rapidement la promesse de la Hiérarchie de porter à 10 pourcent du budget national les
fonds alloués à la décentralisation ;

| 53
ACTES
Assises Générales de la Commune

13. Créer un guichet unique pour le financement de la décentralisation ;


14. Mettre la Commune au centre de l’économie sociale et solidaire ;
15. Les Maires devraient mieux capitaliser l’apport du Sous-préfet et du Chef traditionnel dans la gestion des
affaires foncières ;
16. Aider les Maires à constituer des réserves foncières en finançant les indemnisations ;
17. Intégrer les Maires dans les commissions consultatives ;
18. Encourager l’intercommunalité au plan national ;
19. Prendre en compte l’IDL, ainsi que les critères additionnels tels que la superficie, l’éloignement des
principaux centres de décision, l’enclavement, et les besoins globaux tels que chiffrés et évalués par les
plans, pour la répartition équitable des ressources sur le territoire national ;
20. Permettre aux Maires de recruter eux-mêmes, à partir des profils bien déterminés et sur appel à candidatures
les SG et RM de leurs municipalités ;
21. Donner aux Maires un droit de regard sur la gestion des Centres d’Etat Civil Secondaires ;
22. Veiller à la disponibilité à temps des ressources allouées aux communes ou à défaut revenir à l’autonomie
financière du FEICOM;
23. Organiser des audiences foraines sur l’ensemble du territoire national en vue de l’établissement des actes
d’état civil conformes.

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ATELIER N° 4

ATELIER N° 4
Ressources de la Commune

Exposé 1 : Des ressources humaines de qualité : une composante


importante pour la réalisation des missions assignées aux communes
Par Mme NDI Elisabeth NJIE epse Jarreth, Directeur Adjoint, CEFAM

Contexte
«…notre choix de valoriser les ressources humaines, sachant que le Capital Humain est le levier du développement
et la source des richesses. Il est également le vecteur de transformation et de gestion des autres ressources
et de leur intégration dans le processus de développement ». (Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Maroc, 2000)

Il est généralement admis que les ressources humaines sont la première et la plus importante ressource pour
la croissance et le développement de toute organisation. Une organisation peut avoir besoin de bâtiments,
d’équipement et d’argent pour son fonctionnement, mais sans le personnel, ces éléments ne servent à rien.
C’est à cause du personnel qu’ils sont nécessaires à l’organisation.

Pouvez-vous imaginer une commune sans le personnel ? Cela paraît impossible, non ?

C’est pourquoi il est reconnu que c’est le personnel, et non les bâtiments ou l’équipement, qui fait une
organisation. Comment faire face aux défis de l’urbanisation rampante, des mouvements migratoires, de
l’insécurité, du changement climatique, de la rareté des ressources, du chômage et du désespoir des jeunes,
de la fuite des cerveaux et des talents, de la fracture numérique et des demandes pressantes des citoyens
et des communautés qui sont de plus en plus conscients de leur réalité et dont les droits et les besoins
sont davantage complexes, si les collectivités locales continuent d’être gérées par l’administration centrale?
Comment permettre au processus de décentralisation d’avancer si les communes continuent de gérer leur
personnel de manière archaïque, faisant fi des normes minimales en matière de gestion des ressources
humaines ? Le capital humain est la ressource la plus critique indispensable à toutes les initiatives de
développement. Cette assertion est vraie pour la mise en œuvre accélérée du processus de décentralisation
au Cameroun.

Mobilisation pour le développement du capital humain des collectivités locales: un facteur clé pour l’atteinte
des objectifs de développement durable.

Les capacités des collectivités locales en ressources humaines sont évaluées simultanément par rapport au
nombre de ressources humaines dont elles disposent. Le principal problème au niveau local est le manque
de ressources humaines disponibles au sein des collectivités locales. Il y aurait manque de personnel en
général et plus particulièrement le personnel hautement qualifié dans certaines professions techniques
essentielles pour la gouvernance locale. Comparativement au gouvernement central et au secteur privé, les
capacités des communes en ressources humaines restent relativement faibles et doivent être renforcées en
quantité et en qualité.

Le Ministre Délégué à la Présidence chargé de la bonne gouvernance au Burundi a déclaré que: «Dans notre
pays, comme ailleurs en Afrique, le principal défi des ressources humaines est lié au manque de qualification du
personnel pour mener à bien la mission assignée aux municipalités.»

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ACTES
Assises Générales de la Commune

I - Situation des ressources humaines au Cameroun


La gestion des ressources humaines est le maillon le plus faible de la gouvernance locale et par conséquent
la cause principale de faibles performances des communes au Cameroun. Curieusement, dans leurs
efforts de plaidoyer pour accélérer le processus de décentralisation et améliorer la gouvernance locale, les
autorités municipales mettent l’accent et accordent la priorité à l’amélioration de leurs ressources et de
leurs capacités financières et fiscales pour mieux assumer leurs responsabilités et faire face à ces défis,
évoquant rarement les problèmes, les défis et les capacités de leurs ressources humaines. Les principes
de décentralisation consacrés dans la constitution de 1996 et matérialisés par les réformes de 2004 et de
nombreux autres textes ultérieurs ne peuvent se concrétiser comme prévu par le Président de la République,
Son Excellence Paul Biya, que si nos collectivités territoriales décentralisées disposent de la main-d’œuvre
compétente requise.

L’article 4 (1) de la Loi N° 2004/17 du 22 juillet 2004 sur l’orientation de la décentralisation stipule que les
collectivités territoriales décentralisées sont des personnes morales de droit public. Elles jouissent d’une
autonomie administrative et financière pour la gestion des intérêts régionaux et locaux. À ce titre, leurs
conseils ont pour mission de promouvoir le développement économique, social, sanitaire, éducatif, culturel
et sportif dans leurs domaines de compétence respectifs.

L’article 19, paragraphe 1, de la même loi dispose que les collectivités territoriales décentralisées recrutent
et gèrent librement le personnel nécessaire à l’accomplissement de leurs missions, conformément à la
législation en vigueur.

Le succès d’une organisation dépend dans une large mesure de la qualité de ses employés qui se mesure à
l’aune de leurs performances. Les commues auront besoin de personnes compétentes et d’autres facteurs
pour mener à bien leur mission de développement.

En outre, les emplois à pourvoir dans les services des Communautés urbaines, des Communes
d’arrondissement et des Communes sont organisés suivant les indications générales définies par les
tableaux-type annexés à l’Arrêté N°. 00136/A/MINATD /DCTD du 24 août 2009.

I.1 Dotation en personnel - recrutement et déploiement

La gestion des ressources humaines est une discipline qui concerne la gestion des personnes au travail.
Elle a pour rôle de déterminer le meilleur moyen d’encadrer les employés d’une organisation pour qu’ils
soient mieux en mesure d’atteindre leurs objectifs. Il s’agit du processus de planification, d’organisation, de
recrutement, de renforcement des capacités, de délégation et d’évaluation des ressources humaines en vue
de l’atteinte des objectifs fixés.

I.I.a. Recrutement du personnel

Le recrutement est le processus permettant d’obtenir un nombre suffisant de candidats les plus qualifiés
afin de sélectionner les meilleurs. Ce processus devrait suivre les étapes prévues par le Code du travail. Une
pratique transparente et responsable pour nos communes exigerait que le besoin (poste vacant) soit identifié
et que le profil du personnel requis soit établi et publié avant l’entretien de l’embauche, conformément à la
réglementation en vigueur.

Les profils sont déjà définis par l’Arrêté N° 00136/A/MINATD/DCTD du 24 août 2009 susvisé. Cependant,
dans nos communes, le processus de recrutement est à peine respecté, chaque Maire ou Délégué
de Gouvernement successif recrutant le personnel sans définir clairement les besoins ni les profils
correspondants. Ce recrutement se fait souvent sous le fallacieux prétexte d’Employés Temporaires,
dont certains travaillent plusieurs années sans contrat et occupent parfois des postes de responsabilité
importants et sensibles. Par conséquent, les communes se retrouvent avec une main-d’œuvre abondante,
des contraintes sur la masse salariale et tous les autres maux liés à la mauvaise gestion des ressources
humaines. C’est sans doute la raison pour laquelle le ministre de la Décentralisation a récemment, par la
Circulaire No. 000398/L/MINDDEVE / NG /DAJ du 22 janvier 2019, appelé les Maires et les Délégués du
Gouvernement à mettre de l’ordre.

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ATELIER N° 4

I.I.b. Déploiement du personnel

Le déploiement du personnel doit être conforme à l’aspect poste-profil. Le personnel appelé à occuper un
poste spécifique doit avoir le profil (qualifications, expérience) correspondant à la description de la tâche
à accomplir par ce personnel. Plusieurs études réalisées par les stagiaires du Centre de Formation pour
l’Administration Municipale (CEFAM) ont révélé que le déploiement médiocre et discrétionnaire du personnel
était une des raisons du faible rendement et de la démotivation sur le lieu de travail. Dans une étude de
suivi post-formation réalisée par le CEFAM, un nombre important d’ex-stagiaires (42,3%) a déclaré qu’ils
ne travaillent pas du tout dans leur domaine de formation; 23,7% ne travaillent que partiellement dans ledit
domaine alors que 18,6% travaillent dans leur domaine de formation. Il faudrait également tenir compte du
fait que les nominations du personnel communal aux postes de responsabilité, par le ministère de tutelle,
éloignent souvent l’employé de sa municipalité d’origine qui l’a soutenu financièrement. Dans de telles
circonstances, comment les communes peuvent-elles récupérer les investissements financiers réalisés
dans le personnel et le temps perdu en matière de formation (lorsqu’il s’agit d’un stagiaire du CEFAM)?

En outre, plusieurs études diagnostiques sur les institutions communales réalisées lors de l’élaboration de
plans de développement communal et de renforcement des capacités communales révèlent que certains
services sont en sous-effectifs tandis que d’autres abondent de personnel oisif.

I.2. Opportunités de formation et incitations à la formation

Il est généralement admis que la formation est essentielle au rendement du personnel. Elle améliore
également l’estime de soi du personnel. Alors que le personnel est censé être recruté sur la base de ses
qualifications, c’est l’expérience professionnelle et le recyclage régulier qui le rendent plus apte au travail. De
nombreux employés communaux n’ont malheureusement jamais eu l’occasion de se perfectionner à travers
des formations de courte durée. La question est également de savoir s’il existe une incitation suffisante à
la formation, compte tenu du fait que cette formation n’est presque pas suivie d’une promotion ou d’une
valorisation du salaire, comme le révèle l’étude du CEFAM: En termes de rapport recyclage- promotion, 26,3%
des ex-stagiaires ont suivi une formation de recyclage et ont été promus au même moment, 19,3% n’ont eu
aucune des deux, 8,8% ont été promus mais sans valorisation du salaire, 22,8% ont suivi un recyclage mais
n’ont pas été promus (Etude CEFAM Tracer, 2011).

I.3. Rendement et évaluation du personnel

Le rendement du personnel dépend de plusieurs facteurs, notamment le cadre du travail, les incitations,
les capacités, etc. Pour évaluer le rendement du personnel, il faut fixer des objectifs de rendement, évaluer
régulièrement le taux de réalisation et en informer le personnel. Dans les communes, la planification des
travaux devrait être coordonnée par le Secrétaire Général et le Trésorier Municipal, chacun agissant dans
son domaine de compétence. Dans de nombreuses communes, il n’existe aucune preuve écrite de cette
pratique et presqu’aucune coordination entre le Trésorier et le Secrétaire Général en matière de gestion
du personnel. Il est clair que lorsque la planification n’est pas documentée, il est difficile de suivre les
performances et l’évaluation objective devient donc problématique. L’absence de manuels de procédures
aggrave cette situation.

I.4. Organigramme standard et définition de l’emploi, mise en œuvre et défis

Par Arrêté N° 00136/A/MINATD/DCTD du 24 août 2009, le ministère de tutelle de l’époque a fourni un


organigramme générique et une définition complexe de l’emploi pour les communes. Celles-ci pourraient les
adapter à leurs contextes spécifiques. Les études et les visites de terrain effectuées dans les communes,
par exemple de récentes études menées dans les communes de Bafang, Banganté, Tiko et Mbalmayo
(Programme de décentralisation FEICOM Villes Moyennes 2018), ainsi qu’un échantillon du diagnostic
institutionnel communal effectué pour les municipalités lors de la préparation de plans communaux, tendent
à affirmer qu’il existe des organigrammes mais le personnel n’en a pas connaissance et ne dispose pas de
document écrit sur la description de l’emploi. Les voies hiérarchiques et la structure hiérarchique risquent
donc de ne pas être respectées.

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ACTES
Assises Générales de la Commune

II. Manque de ressources humaines


En règle générale, on constate que dans les petites municipalités, le personnel a tendance à être insuffisant
en nombre et en qualifications. Des domaines tels que la promotion du développement économique local et
les services techniques manquent souvent de personnel, bien que des agents de développement communal
aient été recrutés et formés par le Programme National de Développement Participatif (PNDP) au cours de
ces dernières années. Même à ce moment-là, la plupart d’entre eux sont devenus des hommes à tout faire
et des secrétaires quasi privés des maires.

II. 1. Besoins de formation (nombre et compétences)

On estime que sur les 12 000 employés municipaux du pays, seuls 30% environ ont la formation requise
pour correspondre aux profils des tableaux-types des emplois communaux. Il existe donc un déficit énorme
de compétences pour faire face aux défis croissants de la décentralisation. Avec les élections prévues des
conseillers régionaux, ce besoin s’avère davantage critique.

Bien que les besoins en formation du personnel soient identifiés par le biais des évaluations des besoins
en formation, les domaines couramment cités sont les suivants: gestion des ressources humaines,
compétences en applications informatiques (EXCEL, traitement de texte, logiciel de comptabilité), gestion
des archives, gestion des déchets, gestion du cycle de projet, gestion financière et comptabilité, processus
d’attribution des contrats, supervision des travaux, contexte juridique, urbanisme et gestion urbaine, gestion
des compétences et des ressources transférées.

II.2. Besoins non liés à la formation

Bien que le rendement du personnel dépende fortement des qualifications et de l’expérience, il est également
admis que le cadre de travail contribue de manière significative aux performances du personnel. L’existence
d’un cadre de travail et d’outils appropriés - bureaux, papeterie, mobilier, ordinateurs, véhicules, vélos, etc.,
d’un environnement propice et harmonieux ; d’une culture institutionnelle favorable, par exemple : séminaires
d’imprégnation, réunions de services et de directions régulières, communication fluide et ouverte, leadership
inclusif – tout ceci concoure à l’amélioration des performances du personnel.

Tout ce qui précède doit être renforcé avec le respect et la mise en œuvre de la promotion et d’autres
mécanismes d’incitation, par exemple: la mise en application du décret présidentiel de 2014 portant
augmentation des salaires de 5%.

Il va sans dire que le paiement régulier des salaires et des indemnités éventuellement dues est essentiel pour
le rendement du personnel.

III. Lacunes des politiques


La réglementation en vigueur en matière de décentralisation et le Code du travail sont assez exhaustifs.
Cependant, l’employé communal continue de réclamer un statut particulier, défini par un texte réglementaire
qui énonce clairement sa situation en tant que corps de la fonction publique et définit son profil de carrière. Il
est clair qu’il faut de toute urgence répondre à cette question étant donné la situation actuelle dans laquelle
les membres du personnel restent dans l’incertitude après la perte de leurs postes de responsabilité tout
en siégeant dans des communes autres que celles auxquelles ils appartiennent; et le fait que les employés
communaux qui partent à la retraite passent des années sans toucher leurs prestations de retraite ne sont
pas de nature à attirer et de retenir un personnel de qualité.

En interne, dans les communes, l’absence de manuels de procédures entraîne l’improvisation, la négligence,
l’évaluation et la promotion irrégulières et arbitraires du personnel et favorise d’autres abus.

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ATELIER N° 4

IV. Offres de formation


Les communes devraient adopter et mettre en œuvre des plans de formation annuels pour leur personnel. Il
existe des possibilités de formation, en commençant par les formations par les pairs au sein de la commune,
ainsi que les formations de courtes durée, le coaching et des cours de certification au CEFAM.

Bien qu’il soit reconnu que certaines universités offrent des qualifications académiques en décentralisation
et que, occasionnellement, d’autres programmes et partenaires au développement en proposent des
formations de courte durée, le CEFAM a pour mission officielle de fournir une formation professionnelle au
personnel communal, aux élus et aux autorités publiques de tutelle. Alors que le terrain est progressivement
envahi par des acteurs en quête de positionnement, il est nécessaire de souligner cette mission du CEFAM
et de lui donner les moyens de garantir la qualité des formations fournies aux communes.

V. Recommandations
Les recommandations suivantes peuvent être formulées au vu de ce qui précède :

ÔÔ Achever la réforme du CEFAM afin de renforcer son autonomie et d’augmenter son financement pour
qu’il puisse, entre autres, introduire la formation à distance en faveur du personnel des communes à
l’aide des TIC.
ÔÔ Mettre l’accent sur la formation dans les communes au moyen d’instruments réglementaires
ÔÔ Augmenter le financement pour la formation de tous les acteurs du processus de décentralisation
ÔÔ Investir dans la formation régulière des formateurs
ÔÔ Reconnaître et récompenser le mérite des Délégués du Gouvernement et des Maires qui œuvrent
activement pour le perfectionnement de leur personnel par le biais de formations transparentes et
régulières

Références
Circulaire NO. 000398/ L/MINDDEVEL/ NG / DAJ du 22 Enko, Wawoh Mary ( 2018) Factors Affecting Personnel
janvier 2019, situation professionnelle des travailleurs Performance in Kumba City Council, Dissertation
temporaires et des communautés urbaines presented and defended in partial fulfilment of the
requirements for the award of a General Administration
Décret n ° 93/577 / PM du 15 juillet 1993, fixant les Diploma
conditions d’emploi des travailleurs temporaires,
occasionnels ou saisonniers Phininyare, Molefe B: Human Resource Management and
Decentralisation in Botswana and South Africa,(2009)
Arrêté N°. 00136 / A / MINATD / DCTD du 24 août 2009 [Link]
portant application des tableaux-types des employés Human_resource_management_and_decentralization_in_
communaux Botswana_and_South_AfricaConsulted on the 29th January
2019
Loi n ° 92/007 du 14 août 1992 sur le Code du travail du
Cameroun KFW&FEICOM (2018): Inédit. Projets de plans de
renforcement de capacités des communes de Bafang,
CEFAM &GIZ (2011) Report on the Tracer Study for the
Bangangté, Mbalmayo et Tiko
CEFAM Graduates of 2009

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ACTES
Assises Générales de la Commune

Exposé 2 : Les ressources financières de la commune


ALIOU ISSA, Directeur de la Mobilisation des Ressources Financières, de la Comptabilité et du Patrimoine
au FEICOM

Introduction
Depuis une dizaine d’années, les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) sont au centre de nombreuses
réformes qui tendent à modifier profondément leur physionomie. L’année 2004 a marqué en effet une étape
décisive dans cette évolution, avec le transfert des nouvelles compétences à ces entités. Cette option s’est
accompagnée de transfert de ressources qui en est la contrepartie. Le financement des CTD constitue donc
la clé de voûte du processus de décentralisation.

Dans le cadre du présent exposé, il s’agira dans un premier temps de faire un tour d’horizon des généralités
sur les sources de financement et le mécanisme de redistribution des ressources financières des CTD.
Ce développement permettra de comprendre que la question de financement du développement local est
une problématique essentielle qui comporte des enjeux certains et de contraintes réelles. Cette approche
permettra également d’éclairer les préconisations utiles envisageables, en vue d’améliorer le système
camerounais de financement et de redistribution des ressources aux CTD.

I - Généralités sur les sources de financement de la décentralisation au


Cameroun
A- Le cadre légal et règlementaire de mobilisation des ressources financières des CTD

Pour l’essentiel, la mobilisation et la mise à disposition des ressources des CTD sont encadrées par :
ÔÔ La Loi fondamentale de la République du Cameroun qui pose les principes de solidarité et de développement
harmonieux de l’ensemble des CTD ;
ÔÔ La Loi N°2004/017 du 22 juillet 2004 d’Orientation de la Décentralisation ;
ÔÔ La Loi N°2009/011 du 10 juillet 2009 portant Régime Financier des CTD ;
ÔÔ Le Code Général des Impôts ;
ÔÔ La Loi 2009/019 du 15 décembre 2009 Portant Fiscalité Locale (LPFL) ;
ÔÔ Le décret N° 2009/248 du 05 aout 2009 fixant les modalités d’évaluation et de répartition de la Dotation
Générale de Décentralisation ;
ÔÔ Le décret n°2011/1731/PM du 18 juillet 2011 fixant les modalités de centralisation, de répartition et de
reversement du produit des ICSP, modifié et complété par celui N°2018/3633/PM du 09 mai 2018 ;
ÔÔ Les circulaires (du MINFI, du DGI et du DGD) précisant les modalités d’application des dispositions des lois de
finances ;
ÔÔ La Circulaire Conjointe n°2935/MINATD/MINFI du 20 octobre 2010 précisant les modalités d’application de la
LPFL ;
ÔÔ L’Instruction n°18/001/MINFI/SG/DGTCFM/CLC du 08 janvier 2018 portant nomenclature des comptes du
trésor de l’exercice 2018.
ÔÔ L’Instruction n°13/0017/I/MINFI/SG/DGTCFM/CLC du 28 mai 2013 définissant les modalités de répartition et
de comptabilisation du produit du timbre sur la publicité (DTP) ;
ÔÔ L’Instruction n°2011/002/I/MINFI/SG/DGTCFM/CLC du 28 février 2011 portant création des comptes et
institution de la procédure comptabilisation des impôts communaux perçus centralisation, de répartition et de
reversement du produit des ICSP ;
ÔÔ L’Instruction n°060/MINFI/SG/DGTCFM/DT/DER du 08 avril 2010 portant procédure de comptabilisation des
vignettes automobiles (DTA).

B - Les ressources financières des CTD

L’article 22 de la Loi de 2004 d’Orientation de la Décentralisation dispose que : « les ressources nécessaires
à l’exercice par les collectivités territoriales décentralisées de leurs compétences leur sont dévolues soit par le
transfert de fiscalité, soit dotation, soit par les deux à la fois ».

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ATELIER N° 4

Ainsi, les recettes des CTD proviennent de deux principales sources : la fiscalité et les dotations.

1- Le transfert de la fiscalité

Le régime juridique de la fiscalité locale au Cameroun est déterminé par la loi n°2009/019 du 15 décembre
2009 Portant Fiscalité Locale. Il est important de relever que la fiscalité locale représente l’essentiel de
ressources des collectivités. Elle se subdivise en trois groupes : les impôts communaux, les taxes
communales et les impôts et taxes des régions.

a) Les impôts communaux

Les impôts communaux sont les ressources d’origine fiscale émises et recouvrées au profit des CTD par
les services fiscaux de l’Etat. Les impôts communaux affectés aux CTD sont constitués : Des contributions
des patentes ; Des droits de licences; De la taxe foncière sur la propriété immobilière. Des droits de
mutations immobilières (bail); Des droits de mutations immobilières (propriété) ; Des centimes additionnels
communaux (CAC); De la taxe de stationnement ; De la Redevance Forestière Annuelle (RFA) ; De la Taxe de
Développement local (TDL) ; Des Droits de Timbre Automobiles (DTA) ; Du Droit de Timbre sur la Publicité
(DTP)

Les clés de répartition de ces recettes en partage, sont fixées par les textes législatifs et règlementaires.

b) Les taxes communales

Les taxes communales sont des ressources issues généralement des services communaux et qui, bien
qu’encadrées par la Loi fiscale, sont directement levées par les CTD elles-mêmes. Elles regroupent : la taxe
de développement local, la taxe d’abattage du bétail, la taxe sur les armes à feu, la taxe d’hygiène et de
salubrité, les droits de place sur les marchés, les droits sur le permis de bâtir ou d’implanter, les droits
d’occupation temporaire de la voie publique, la taxe de stationnement, les droits d’occupation des parcs de
stationnement, les tickets de quai, la taxe sur les spectacles, les droits de stade, le droit de timbre communal,
la redevance pour la dégradation de la chaussée, la taxe communale de transit ou de transhumance, la taxe
sur le transport des produits de carrières, les droits d’occupation des parkings, la taxe sur les produits de
récupération.

c) Les impôts et taxes des régions

Ce sont les impôts et taxes affectés aux régions. Il s’agit des produits des impôts et taxes suivants : les
droits de timbre sur les cartes grises ; le droit de timbre d’aéroport ; la taxe à l’essieu ; les redevances sur les
ressources de la forêt, de la faune et de la pêche ; les redevances sur les ressources en eau ; les redevances
sur les ressources pétrolières ; les taxes ou redevances sur les ressources minières ; la redevance sur les
ressources halieutiques et d’élevage ; les taxes et/ou redevances sur les ressources énergétiques ; les taxes
et/ou redevances sur les ressources touristiques ; les taxes et/ou redevances aérospatiales ; les taxes et/ ou
redevances sur les ressources du secteur gazier ; la redevance d’usage de la route ; les droits d’exploitation
des établissements classés dangereux, insalubres ou incommodes ; tout autre impôt, droit ou redevance
affecté par l’Etat.

2- Les dotations

Depuis l’effectivité de transfert de compétences aux communes et aux communautés urbaines en 2010, ces
dernières reçoivent de l’Etat deux types de dotations : la Dotation Générale de la Décentralisation (DGD) et
les crédits transférés.

a) La Dotation Générale de Décentralisation (DGD)

La DGD a été instituée par la loi n°2004/017 du 22 juillet 2004 d’Orientation de la Décentralisation. Son
article 33 alinéa 1indique qu’elle est destinée « au financement partiel de la décentralisation » ; tandis que
l’alinéa 2 précise que : « la Loi de finances fixe chaque année sur proposition du Gouvernement, la fraction de
recettes de l’Etat affectée à la dotation générale de décentralisation ».

Ce dispositif légal est complété par le décret n° 2009/248 du 5 août 2009 fixant les modalités d’évaluation et
de répartition de Dotation Générale d’Investissement. Il convient de préciser en effet que la DGD est repartie
en deux groupes : la Dotation Générale de Fonctionnement(DGF) et la Dotation Générale d’Investissement
(DGI).

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ACTES
Assises Générales de la Commune

C’est pourquoi, depuis 2010 jusqu’à ce jour un décret du Premier Ministre est publié à cet effet. L’opérationnalité
de ces décrets est accompagnée pour chaque exercice par les arrêtés-conjoints MINATD-MINFI pour la DGF
et MINATD-MINEPAT pour la DGI portant affectation et mise à disposition des différentes quotes-parts de
la DGD.

b) Les ressources issues des crédits transférés (ou des transferts budgétaires)

Outre la DGD, certains départements ministériels opèrent annuellement au profit des CTD des transferts
des crédits correspondants aux compétences transférées. L’article 25 alinéa 1 de la Loi d’Orientation de
la Décentralisation dispose que : « les charges résultant pour chaque Région ou Commune, des transferts
de compétences, font l’objet d’une attribution par l’Etat de ressources d’un montant au moins équivalent
auxdites charges ». C’est dire que ces ressources ne sauraient être inférieures aux charges liées à la
compétence transférée. L’alinéa 2 du même article précise qu’elles doivent être « au moins équivalentes aux
dépenses effectuées par l’Etat, pendant l’exercice budgétaire précédent immédiatement la date du transfert de
compétences ». Ces ressources sont appelées crédits transférés ou crédits budgétaires.

Dans le but de renforcer le processus de décentralisation et promouvoir le développement local, le


Gouvernement s’est résolu d’augmenter de manière substantielle le volume des ressources transférées du
BIP dès 2019.

Ces ressources ont désormais deux composantes :

ÔÔ Les transferts des administrations sectorielles aux CTD. Ces dotations sont destinées à la mise en œuvre des
stratégies sectorielles des administrations dont les compétences sont transférées aux CTD ;
ÔÔ Les transferts de l’Etat au profit des CTD inscrits dans le BIP du MINDDEVEL. Cette dotation sera allouée
à toutes les 360 communes du Cameroun, contrairement aux dotations sectorielles qui sont le reflet de la
mise en œuvre de leur stratégie. Elle servira à la réalisation des projets multisectoriels issus de leurs plans
communaux de développement.
ÔÔ Cette option est une nouvelle forme de répartition et d’exécution de la dotation générale à l’investissement, en
la renforçant.

3 - Les autres ressources financières des CTD

Elles sont constituées :

ÔÔ Des produits de l’exploitation du domaine et des services communaux (loyers des immeubles communaux,
produits des services affermés ou concédés), ;
ÔÔ Des emprunts, dons et legs ;
ÔÔ Des subventions ;
ÔÔ Des ressources issues des activités génératrices de revenus.

C - Le mécanisme de financement et de redistribution des ressources aux CTD

Pour la mise à disposition des ressources financières aux CTD, notamment celles issues du transfert
de la fiscalité, la Loi Portant Fiscalité Locale susvisée fait une distinction entre les ressources dites
d’intercommunalité et les ressources dites de péréquation.

- Les ressources d’intercommunalité

Les recettes d’intercommunalité sont celles d’origine fiscale, centralisées au FEICOM pour l’activité des
concours financiers accordés aux CTD, dans le strict respect des principes constitutionnels de développement
harmonieux et de l’équilibre entre ces entités. Les textes consacrent deux tiers (2/3) de ces recettes au
financement des investissements communaux et un tiers (1/3) au fonctionnement de l’organisme.

- Les ressources de péréquation

Les recettes de péréquation sont des ressources d’origine fiscale, centralisées au FEICOM pour redistribution
directe aux CTD à l’échéance trimestrielle, sur la base de l’unique critère démographique. Par ailleurs, les textes,
pour atténuer les disparités entre les CTD, ont prévu une retenue minimale de 20% repartie équitablement à
toutes les CTD, avant application du critère de la population sur le reste de l’enveloppe des ICSP.

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ATELIER N° 4

Le texte de base qui encadre cette activité est le décret n° 2011/1731/PM du 18 juillet 2011 fixant les
modalités de centralisation, de répartition et de reversement du produit des impôts communaux soumis à
péréquation, modifié et complété par le décret n° 2018/3633/PM du 09 mai 2018.

L’article 55 alinéa 4 de la constitution prévoit que « l’Etat veille au développement de toutes les collectivités
territoriales décentralisées sur la base de la solidarité nationale, des potentialités régionales et de l’équilibre
interrégional ».

Comme dans la plupart des pays, le Cameroun s’appuie sur la péréquation pour mettre en œuvre ces
valeurs constitutionnelles, afin de faire régner un climat de justice sociale entre toutes ses composantes.
Un aménagement spécial en faveur des communes frontalières et/ou sinistrées a été fait par le décret sus
évoqué.

D- Quelques chiffres sur les ressources des CTD centralisées et redistribuées par le FEICOM
1) Les ressources issues de la fiscalité transférées

Tableau 1 : Evolution des CAC et autres ICSP reversés aux CTD depuis 2008
Année CAC + ICSP Retenue de base Total
2008 20 501 599 569 3 548 482 668 24 050 082 237
2009 22 697 354 194 3 263 719 069 25 961 073 263
2010 40 136 499 006 5 871 239 069 46 007 738 945
2011 56 147 590 915 8 096 867 033 64 244 457 948
2012 45 981 690 283 7 255 307 964 53 236 998 247
2013 52 568 487 526 9 204 551 880 61 773 039 406
2014 66 632 036 645 8 245 658 982 74 877 695 627
2015 75 155 756 269 9 144 575 104 84 300 331373
2016 68 591 786 381 7 716 445 258 76 308 231 639

2017 73 995 388 223 7 755 633 179 81 751 021 402

2018 78 613 431 774 9 533 980 261 88 147 412 035


Cumul 2008-2018 581 821 620 785 77 836 461 337 680 658 082 122
Source : Observatoire de Développement Local du FEICOM

Tableau 2 : Evolution du nombre d’ accords de financement délivrés par le CCFF et le DG de 2006 à 2018

Année Nombre de financements Montant en FCFA


2006 249 7 263 937 188
2007 71 1 424 351 343
2008 255 14 733 652 079
2009 352 29 629 479 234
2010 224 20 399 851 535
2011 444 31 879 070 136
2012 220 10 177 692 842
2013 61 502 4 644 877 076
2014 118 10 867 699 975
2015 287 20 463 989 100
2016 472 396 36 387 400 183
2017 308 13 145 671 816
2018 333 31 902 21 759
Cumul 2006-2018 3 277 232 919 893 266

Source: Observatoire de développement Local, FEICOM

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ACTES
Assises Générales de la Commune

Pour la période allant de 2008 à 2018, le FEICOM a centralisé et redistribué aux CTD la somme 680 658 082
122 FCFA. Dans le cadre de son activité de financement des investissements communaux, cet organisme
a apporté les concours financiers aux CTD pour un montant de 232 919 893 266 FCFA de 2006 à 2018,
pour la réalisation de 3277 projets communaux. Ces chiffres visiblement faramineux, sont loin de couvrir les
besoins sans cesse croissants des CTD.

2) Montants des ressources affectées à la DGD de 2010 à 2016


Les montants des ressources affectées à la DGD pour les exercices 2010 à 2016, se présentent comme suit :

Tableau 3 : Ressources allouées dans le cadre de la DGD

Exercice Montant alloué

2010 9 694 000 000

2011 7 000 000 000

2012 7 500 000 000

2013 7 500 000 000

2014 10 000 000 000

2015 10 500 000 000

2016 10 000 000 000

Cumul 2010-2016 62 294 000 000

A l’analyse des données disponibles, on remarque que pour la période de 2010 à 2016, la Dotation Générale
d’Investissement représente moins de 1% du Budget Général d’Investissement Public. Il en est de même
de la Dotation Générale de Fonctionnement ramenée au Budget Général de Fonctionnement. En pratique,
l’affectation et le paiement de la DGF ne se font pas concomitamment avec les modalités de répartition.

II- Les contraintes relatives a la mobilisation et à la mise à disposition des


ressources financières aux CTD
Des contraintes de tous ordres (institutionnel, normatif, matériel, technique, notamment), mettent à mal
la mobilisation et la mise à disposition des ressources des CTD. Elles concernent toutes les ressources
financières desdites entités : ressources issues du transfert de la fiscalité, ressources issues des dotations
et les autres ressources fiscales.

A - Concernant les ressources issues du transfert de la fiscalité, les principales contraintes sont les
suivantes :

ÔÔ L’insuffisance des ressources issues de la fiscalité transférée au regard des nouvelles compétences des CTD,
en dépit de nombreux efforts déployés par le pouvoir central pour renforcer l’autonomie financière de ces
entités ;
ÔÔ Le faible rendement des impôts transférés aux CTD. La LPFL du 15 décembre 2009 a élargi le champ des
impôts communaux soumis à péréquation ; mais force est de constater que les CAC représentent environ 84%
des ICSP redistribués aux CTD, suivis du produit de de droit de timbre automobile (8%), du RFA (4%), de la TDL
(3%) et du DTP (0,01%). Ce constat amène à s’interroger sur le choix des impôts transférés aux CTD. Cette
question est d’autant plus importante au moment où l’opérationnalisation des Régions est annoncée ;
ÔÔ D’énormes déperditions des recettes observées dans le circuit de la mobilisation des ressources des CTD pour
des raisons diverses (erreurs d’affectation, mauvaise comptabilisation, dysfonctionnements informatiques,
notamment).
ÔÔ En effet, une étude réalisée par le FEICOM a permis de relever que les ressources mobilisées pour le compte
des CTD représentent moins de 40 % du potentiel des recettes générées par l’assiette ;
ÔÔ La très faible implication des acteurs locaux lors des aménagements des textes législatifs et règlementaires
impactant leurs ressources. L’exemple type est la mesure visant le cantonnement du produit du Droit de Timbre
Automobile à 07 milliards de FCFA. Cette mesure est non seulement à rebours de l’objectif de renforcement

| 64
ATELIER N° 4

des ressources des CTD, mais également est inappropriée étant donné qu’avant la réforme des modalités du
recouvrement de la vignette automobile, les ressources affectées aux CTD se situaient à plus de 8,5 milliards
de FCFA ;
ÔÔ Le retard dans la mise à disposition des ressources aux CTD, du fait du fonctionnement non rationnel du compte
unique du trésor. Pourtant, il est constamment recommandé lors des différentes assises du CND de veiller à la
mise à disposition effective et diligente des ressources allouées aux communes et aux communautés urbaines.
Il convient de rappeler utilement que la LPFL en son article127 (2) prescrit le reversement des ressources
des CTD dans un délai de 72 heures. Une mission d’assistance technique du FMI réalisée au Cameroun en
décembre 2017, avait prescrit la mise en place d’une gestion active de trésorerie et l’aménagement de certaines
procédures et outils pour gérer les cas particuliers et les besoins. C’est certainement dans cette logique que
relativement au problème constant du retard dans la mise à disposition des ressources des CTD, le MINFI
a récemment requis l’ouverture d’un compte séquestre à la BEAC, pour loger les virements mensuels de 05
milliards de FCFA au profit des CTD. Il est vivement souhaité que cette mesure prenne effectivement corps ;
ÔÔ Le système camerounais de péréquation demeure perfectible. Ce constat avait été fait lors des assises du
Conseil National de la Décentralisation tenues en novembre 2017. Il avait été recommandé en son temps de
formuler des propositions intégrant de nouveaux critères de répartition du produit des ICSP sur la base des
simulations de leur incidence sur les communes les plus démunies ;
ÔÔ La faible mobilisation des taxes communales par les CTD. Cette situation s’explique entre autres par la faible
capacité technique des services fiscaux des CTD à asseoir et à recouvrer lesdites taxes communales et par la
faible sécurisation de ces recettes dans le circuit de collecte ;
ÔÔ Le problème de lisibilité des ressources des CTD comptabilisées dans le compte 421 logé au trésor. C’est un
problème récurrent, constamment posé mais resté jusqu’ici sans solution ;
ÔÔ La faible collaboration entre les services fiscaux de l’Etat et ceux des CTD. Cette insuffisance impacte
négativement à la fois la mobilisation des impôts communaux et les taxes communales.

B - Concernant les ressources issues des dotations, les principales difficultés sont les suivantes :

ÔÔ La DGD est fixée par l’Etat de manière unilatérale, sans aucune adéquation avec les besoins réels des CTD.
En effet, la DGD est déterminée chaque année sur une base forfaitaire, en fonction du volume de l’enveloppe
globale disponible ;
ÔÔ Les critères de répartition et d’affectation de la Dotation Générale de Fonctionnement (DGF) et de la Dotation
Générale d’Investissement (DGI) ne sont pas connus ;
ÔÔ La DGD est insuffisante pour favoriser le développement des communes. Pourtant, les circulaires présidentielles
relatives à la préparation des budgets de l’Etat, précisent clairement depuis 2010, au niveau de l’évaluation des
dépenses d’investissement public qu’au titre des transferts aux communes, les opérations inscrites dans le
journal de projet du BIP devront refléter à suffisance les aspirations des populations à la base, contenues dans
les Plans Communaux de Développement ;
ÔÔ On observe une longue durée entre les décrets de répartition, les arrêtés conjoints d’affectation et le moment
de leur paiement ;
ÔÔ Une faible prévisibilité de ces ressources par les CTD au moment de l’élaboration de leurs budgets ;
ÔÔ La longueur et la complexité de la procédure de gestion de fonds relatifs aux crédits transférés en direction
des CTD.

C - Concernant les autres ressources, les contraintes les plus importantes sont les suivantes :

ÔÔ Une faible capacité opérationnelle des CTD à développer les ressources propres, à travers la valorisation de
leurs potentialités et à développer des projets générateurs des revenus techniquement et économiquement
viables ;
ÔÔ Une faible culture de coopération décentralisée des CTD ;
ÔÔ Une faible capacité à saisir les opportunités offertes par les financements innovants du développement
durable.

| 65
ACTES
Assises Générales de la Commune

III - Les propositions visant le renforcement de l’autonomie financière des CTD


Plusieurs propositions d’amélioration, au regard des contraintes sus évoquées sont envisageables.

A - Pour les ressources issues du transfert de la fiscalité

ÔÔ Renforcer la fiscalité locale par l’affectation aux CTD des impôts plus dynamiques et à fort rendement;
ÔÔ Procéder à l’évaluation de l’impact de la LPFL du 15 décembre 2009 sur les ressources des CTD ;
ÔÔ Améliorer le système actuel de péréquation, par l’introduction des nouveaux critères susceptibles de réduire
les inégalités entre les CTD ;
ÔÔ Faire aboutir le projet d’interfaçage des applications de gestion des impôts et comptable en instance au
niveau du MINFI. La plupart des problèmes opérationnels (erreurs d’affectations des recettes, mauvaise
comptabilisation et dysfonctionnements informatiques), sources des déperditions des recettes, trouveraient
des solutions avec l’aboutissement du projet d’interfaçage ;
ÔÔ Mettre sur pied, au niveau national, un dispositif efficace de suivi évaluation des ressources des CTD ;
ÔÔ Améliorer la collaboration entre les services fiscaux de l’Etat et ceux des CTD, à travers la mise sur pied d’un
manuel de collaboration définissant les prérogatives et les obligations de chaque partie ;
ÔÔ Impliquer les acteurs locaux dans toutes les réformes ayant un impact sur les ressources des CTD ;
ÔÔ Résoudre le problème de lisibilité des recettes imputées dans le compte 421 « service financier » des CTD;
ÔÔ Suivre étroitement la mise en œuvre de la nouvelle mesure visant la rationalisation du fonctionnement du
compte unique de trésor en faveur des CTD.

B - Pour les ressources issues des dotations

ÔÔ Définir des critères clairs d’affectation de la DGD (volet fonctionnement et volet investissement) ;
ÔÔ Simplifier le mécanisme de gestion des fonds relatifs aux crédits transférés en direction des CTD ;
ÔÔ Augmenter l’enveloppe des dotations budgétaires en direction des CTD.

C- Pour les autres ressources

ÔÔ Engager une réflexion collective sur les conditions de pérennisation et de diversification des ressources des
CTD;
ÔÔ Encourager les CTD à développer la coopération financière internationale pour les aider à capter d’autres
sources de financements, notamment les financements innovants (Fonds Vert Climat, prêts non souverains
de l’AFD, Finances Islamiques, etc.) ;
ÔÔ Encourager les CTD à aller sur le marché financier des obligations municipales. Il est à relever que l’emprunt
par le marché obligatoire a été identifié comme un moyen innovant de financement à meilleur marché des
infrastructures. C’est donc un puissant levier de développement des collectivités locales ;
ÔÔ Renforcer le dialogue Etat / collectivités locales, pour parvenir à une responsabilisation et une autonomisation
complètes des collectivités locales ;
ÔÔ Les collectivités locales doivent, avec l’appui des pouvoirs publics, faire des efforts pour présenter les conditions
favorables d’accès au marché financier et à certains financements innovants, notamment par l’amélioration de
la gouvernance financière, budgétaire et comptable.

Conclusion
En somme, il est à observer que l’Etat a transféré d’importantes ressources financières aux CTD. D’année
en année en effet, ces ressources, prises globalement sont évolutives. Mais au regard des missions
de plus en plus accrues des CTD, les ressources financières affectées aux collectivités locales sont
manifestement insuffisantes. Les contraintes de tous ordres qui mettent à mal la mobilisation et la mise
à disposition des ressources des CTD, traduisent les marges de progression encore énormes, aussi bien
pour relever le rendement des ressources actuelles, que pour engager les CTD à plus d’efforts, en vue de
développer les ressources propres et capter les opportunités offertes par les financements innovants et
alternatifs. Le renforcement de l’autonomie financière des CTD, de l’avis des experts, est le moyen le plus
efficace pour parvenir à une véritable décentralisation et au développement local qui en est la finalité. Avec
l’opérationnalisation annoncée des Régions, un autre défi autrement plus important est à relever dans le
cadre du financement de la décentralisation.

| 66
ATELIER N° 4

Exposé 3 : La gestion budgétaire et comptable des ressources financières des CTD


Par MBARGA Jean Claude, Inspecteur principal du Trésor de Classe Exceptionnelle

Introduction
La gestion budgétaire et comptable des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) est encadrée au
Cameroun par une série de lois et règlements dont :

ÔÔ La loi 2009/11 du 10 juillet 2009 portant Régime financier des collectivités territoriales décentralisées;
ÔÔ La loi 2009/019 du 15 décembre 2009 portant Fiscalité locale ;
ÔÔ Le décret 2013/160 du 15 mai 2013 portant Règlement général de la comptabilité publique;
ÔÔ L’arrêté 00000083/MINFI du 21 mars 2013 portant Création, organisation et fonctionnement des postes
comptables des collectivités territoriales décentralisées ;
ÔÔ L’instruction 00214/MINFI du 17 septembre 2010 sur la Reddition des comptes de gestion des collectivités
territoriales décentralisées ;
ÔÔ L’instruction conjointe 0000079/IC/MINATD/MINFI du 10 janvier 2012 relative à la tenue de la comptabilité
des collectivités territoriales décentralisées ;
ÔÔ Les circulaires annuelles portant instructions relatives à l’exécution, au suivi et au contrôle du budget de l’Etat,
des Etablissements Publics Administratifs, des collectivités territoriales décentralisées et autres organismes
subventionnés.

Ressources financières : Les ressources financières peuvent se définir comme l’ensemble de financements
dont dispose une collectivité territoriale pour ses missions et ses activités. Les ressources des CTD sont de
trois types :

ÔÔ Les Impôts et taxes ;


ÔÔ Les dotations et transferts ;
ÔÔ Les emprunts.

Parler de gestion des ressources d’une collectivité territoriale décentralisée sous-entend quelques préalables
à savoir :

1. La préparation du budget par l’exécutif communal ou communautaire, en conformité d’avec l’esprit et la


lettre du Ministre en charge des collectivités, relative à la préparation et à l’exécution des budgets des
collectivités territoriales. A travers cette lettre circulaire, le Ministre en charge des collectivités énonce
les dispositions légales et règlementaires devant encadrer la préparation et l’exécution desdits budgets;
la lettre circulaire met l’accent sur le réalisme dans les prévisions budgétaires et l’amélioration de la
gouvernance;
2. Le vote du budget par le conseil municipal ou communautaire ;
3. L’approbation du budget par l’autorité de tutelle.

| 67
ACTES
Assises Générales de la Commune

I - Les acteurs et leurs prérogatives


La gestion budgétaire et comptable des ressources financières des CTD implique deux (02) acteurs
principaux : L’ordonnateur et le comptable.
Schéma 1

L’ordonnateur Le comptable

Toute personne ayant qualité, au nom de l’Etat ou de


ses organismes publics, pour l’exercice et l’exécution Agent public régulièrement préposé aux
des recettes et des dépenses inscrites au budget de comptes et/ou chargé du recouvrement,
l’Etat ou de ses démembrements. de la garde et du maniement des fonds
et des valeurs.
Il s’agira dans le cadre de notre exposé du Maire pour
la commune ou du Délégué du Gouvernement pour la Il s’agira ici du Receveur municipal
Communauté Urbaine

A ces acteurs se greffent les démembrements de l’Etat :

ÔÔ La Direction Générale des Impôts (DGI) ;


ÔÔ La Direction Générale Douanes (DGD) ;
ÔÔ La Direction Générale du Trésor de la Coopération Financière et Monétaire (DGTCFM) ;
ÔÔ Le Fonds Spécial d’Equipement et d’Intervention Intercommunale (FEICOM).

A- En matière de recettes

a) L’ordonnateur

Schéma 2

L’ordonnateur

Emission

Avant le recouvrement: Après recouvrement :


Admission en non valeur des
émission a priori des orders de émission a posteriori des
créances irrecouvrables
recettes ordres de recettes

| 68
ATELIER N° 4

b) Le comptable

Schéma 3

Le comptable

Recouvrement

Avant émission de l’ordre de recette


Après émission de l’ordre de recette
• Encaissement de la recette
• Réception de l’ordre
• Demande d’émission de l’ordre de recette à
• Prise en charge
l’ordonnateur
• Recouvrement et encaissement de la recette
• Réception de l’ordre de recette émis par
• Extinction des droits et déversement en
l’ordonnateur
comptabilité budgétaire
• Prise en charge de l’ordre de recette
Exemple : Permis de bâtir
Exemple : CAC- TVA/Douane

c) Les autres acteurs

Schéma 4

Conseil municipal/communautaire
(vote le budget, évalue le budget en cours
d’année, vote les délibérations à caractère FEICOM
financier en cours d’année (autorisation (centralisation des recettes à répartir)
spéciale), vote le compte administratif et
le compte de gestion)

DGTCFM: RF+TG+PGT
Tutelle
(approuve le budget et les
Les autres (comptabilisation,

délibérations à caractère
acteurs reversement)

financier)

DGI: CDI+CIME+DGE DGD


(émission, recouvrement) (émission, recouvrement)

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ACTES
Assises Générales de la Commune

B – En matière de dépenses

a) L’ordonnateur

Schéma 5

L’ordonnateur (juge de l’opportunité)

Engagement Liquidation Ordonnancement


Acte par lequel l’Etat ou un Acte par lequel l’ordonnateur constate
Est du point de vue
autre organisme public crée ou les droits des créanciers de la
matériel, la confection
constate à son encontre une Collectivité Territoriale Décentralisée
des titres de paiement
obligation de laquelle résultera au vu des pièces justificatives dûment
et règlement à l’ordre du
une charge. arrêtées. On retient ici deux phases :
créancier
• La constatation du service fait
• La détermination de la dette

L’ordonnateur du budget d’une collectivité territoriale ne peut exécuter une dépense qu’après s’être rassuré
de ce que :

ÔÔ La dépense correspond à l’imputation budgétaire correcte;


ÔÔ Le montant de la dépense entre dans la limite des crédits votés;
ÔÔ La dépense peut être couverte par les fonds disponibles;
ÔÔ Les pièces justificatives sont complètes
ÔÔ Le service ou la fourniture a été fait (e);
ÔÔ Les formalités requises par les lois et règlements en vigueur ont été préalablement respectées.

b) Le comptable

Schéma 6

Le comptable (juge de la régularité)

Liquidation

Agit en qualité de

Payeur Caissier

| 70
ATELIER N° 4

En sa qualité de payeur, le comptable procède au contrôle de la régularité. Celui-ci porte sur :

1. L’accréditation de l’ordonnateur ou de son délégué ;


2. L’exacte imputation budgétaire ;
3. La disponibilité des crédits ;
4. La validité de la créance ;
5. La certification par l’ordonnateur du service fait ;
6. La production des pièces justificatives prévues par la réglementation ;
7. L’exactitude des calculs de la liquidation de la créance ;
8. L’existence du visa du Contrôleur Financier Spécialisé ;
9. La production de justificatifs et le cas échéant, du certificat de prise en charge à l’inventaire ;
10. L’application des règles de prescription de la déchéance de la créance.

En sa qualité de caissier :

1) Il s’assure du caractère libératoire du paiement ;

2) Il procède au règlement effectif au profit des tiers créanciers dûment identifiés, après les contrôles ci-
après :

ÔÔ Le suivi et le traitement des oppositions ;


ÔÔ Le suivi et le traitement des retenues de garantie ;
ÔÔ La mise en œuvre de la compensation ;

3) Il procède au règlement effectif au profit des tiers créanciers dûment identifiés, après les contrôles de
vérification des droits et qualités de parties prenantes et de leur acquit.

c) Les autres acteurs


Schéma 7

DGTCFM : ACCT (règlement de la dépense)

Les autres
DGB (Contrôleur financier), visa de régularité
acteurs

DGB : le comptable-matières
- Est responsable des la régularité des écritures de prise en charge
- Assure la garde et la conservation du mobilier et du matériel de comptabilité
- Procède à la certification de la dépense

C- En matière de tenue de la comptabilité

a) L’ordonnateur

1) Rend compte de l’exécution des programmes et projets.

2) Produit un compte administratif retraçant les actes de sa gestion.

ÔÔ Le compte administratif est adopté par l’organe délibérant au plus tard le 31 mars de l’année suivant l’exercice
budgétaire auquel il se rattache. Il est approuvé au plus tard le 30 avril. Le compte administratif adopté par
l’organe délibérant est accompagné des pièces annexes suivantes :
ÔÔ Le procès-verbal de séance ;
ÔÔ La délibération portant vote du compte administratif ;
ÔÔ L’état des restes à recouvrer ;

| 71
ACTES
Assises Générales de la Commune

ÔÔ L’état des restes à payer ;


ÔÔ L’état des dépenses engagées non liquidées ;
ÔÔ Le rapport d’exécution des projets ;
ÔÔ L’état du matériel et immeubles acquis au cours de l’exécution du budget correspondant;
ÔÔ Le compte de gestion patrimoniale de l’ordonnateur-matières.

ÔÔ L’organe délibérant ne peut modifier le chiffre du compte administratif ;


ÔÔ Le compte administratif et le budget ne peuvent être votés au cours de la même session ;
ÔÔ La forme du compte administratif est déterminée par voie réglementaire ;

b) Le comptable

Tient la comptabilité du poste dont il a la charge. Il s’agit ici d’une technique d’observation, d’analyse,
d’enregistrement, de classement, de traitement des informations financières et de présentation des états
financiers qui reflètent l’image fidèle du patrimoine, la situation financière et le résultat de la gestion de la
Collectivité Territoriale Décentralisée.

Cette tenue de la comptabilité est journalière, décadaire, mensuelle et annuelle. Cette activité de tenue de la
comptabilité par le receveur municipal génère un flux d’informations contenues dans:
ÔÔ Les livres de premières écritures ;
ÔÔ Les arrêtés périodiques ;
ÔÔ Les certificats de recettes et de dépenses ;
ÔÔ Les procès-verbaux de contrôle mensuel ;
ÔÔ Les états de concordances bancaires ;
ÔÔ Les balances mensuelles des comptes ;
ÔÔ Les états d’exécution du budget ;
ÔÔ Le compte de gestion sur chiffres et sur pièces ;

NB :

ÔÔ Le compte administratif et le compte de gestion sont présentés en fin d’exercice au conseil municipal pour
adoption ;
ÔÔ Le compte administratif et le compte de gestion doivent être « concordants » ;
ÔÔ Leur adoption donne lieu à l’établissement d’un certificat de concordance qui fait l’objet d’une délibération;
ÔÔ Ledit certificat de concordance est signé du comptable, de l’ordonnateur et de la tutelle.

II - Difficultés rencontrées dans la gestion des ressources financières de CTD


En matière de :

A) Production des comptes de gestion

La difficulté première rencontrée dans la gestion des ressources financières des collectivités territoriales
décentralisées est le non achèvement du processus de tenue de la comptabilité, matérialisé par la non
production des comptes de gestion par les receveurs municipaux.

En effet, voici comment se présente le dernier rapport 2018 de la chambre des comptes de la Cour Suprême
relativement à la production des comptes de gestion de 2014 à 2016.

| 72
ATELIER N° 4

Production des comptes de gestion des collectivités territoriales décentralisées de 2014 à 2016

2014 2015 2016

Comptes
88 88 88
produits

Comptes
374 374 374
attendus

Comptes
non 286 286 333
produits

Taux de
23,52% 23,52% 10,96%
production

Le rapport révèle que 3832 comptes sont en attente de production pour la période allant de 2004 à 2016.

Quelles peuvent en être les causes ?

Le receveur municipal, comptable principal, ne semble pas bénéficier du même accompagnement et


encadrement que le trésorier payeur général, comptable principal comme lui.

En effet, la non intégration des recettes municipales dans le réseau Trésor tout comme leur non intégration
dans les organigrammes du MINFI et du MINATD d’alors les laisse sans repères.

ÔÔ La seule structure susceptible de recevoir la comptabilité du RM est le juge des comptes;


ÔÔ Pas de contrôle préalable ou intermédiaire au dépôt desdits comptes ;
ÔÔ L’architecture des recettes municipales n’offre pas toujours de structures en conformité avec les prescriptions
de l’instruction 00000083 /MINFI du 21 mars 2013 portant création, organisation et fonctionnement des
postes comptables des collectivités territoriales décentralisées ;
ÔÔ La règlementation qui encadre la confection et le dépôt des comptes de gestion ne paraît pas très contraignante
au regard des sanctions qui n’existent pas pour le non dépôt mais existent pour le dépôt tardif ;
ÔÔ Sanctions adossées sur les indemnités qui elles-mêmes ne sont pas de montant élevé

Ces difficultés induisent des questionnements sur la réalité de l’activité comptable en matière de jugement
de régularité, la régularité s’entendant comme la conformité aux règles et procédures qui renvoient à :

ÔÔ La réalité qui suppose une comptabilité qui décrit les opérations réelles ;
ÔÔ La justification qui induit une comptabilité appuyée sur les pièces justificatives probantes;
ÔÔ Une présentation et une bonne information qui supposent une comptabilité présentée selon les règles
rigoureuses ;
ÔÔ La sincérité qui induit l’application de bonne foi des règles et procédures comptables ;
ÔÔ La bonne imputation qui emporte enregistrement à la bonne subdivision du plan comptable.

S’il reste constant que les receveurs municipaux soumettent leur compte au vote du conseil municipal, il
reste vrai qu’il ne s’agit ici que du compte sur chiffres. C’est dire qu’ils sont à mi-parcours de leur trajet dont
le point d’arrivée reste la chambre des comptes. Et si on y ajoute qu’entre autres documents et pièces devant
accompagner le compte de gestion se trouve le compte administratif, l’inquiétude persiste.

B) En matière de recettes

a) Cas des recettes fiscales

Reversement tardif des recettes collectées par les services fiscaux de l’ Etat soit par la BEAC, soit par les
guichets du Trésor.

| 73
ACTES
Assises Générales de la Commune

b) Cas des taxes communales (spécifiques)

Schéma 8
Maîtrise approximative du Montant élevé des restes à recouvrer et
potentiel de certaines recettes susceptibles d’admission en non valeur

Faible taux d’émission Prévisions budgétaires de certaines


recettes peu réalistes

Constructions anarchiques Immixtion des tiers dans la


manipulation des deniers
Les lenteurs et lourdeurs observées
dans les circuit administratif de Délais de reversement
gestion de certaines recettes. relativement longs des droits de
CAS DES TAXES
Exemple : Délivrance du permis de certaines recettes.
COMMUNALES
bâtir Exemple : Droit d’occupation des
parcs de stationnement

Taux d’éxonération trop élevé (cas


des écoles privées) Conflits de compétences entre
communautés urbaines et
communes d’arrondissement.
Absence de mercuriale des prix
applicable à la location d’engins
Difficultés de géolocalisation
de certains contribuables et
redevables

C) En matière de dépenses (spécifique)

Délais relativement longs dans le traitement des dépenses ; Rejets multiples ; Difficultés d’implémentation
et d’appropriation du budget programme ; Persistance des restes à payer de montant élevé dans les postes
comptables ; Délais relativement longs dans l’exécution des ordres de virement ; Budgets peu réalistes
(sous consommation) ; Aménager les parcs de stationnement ; Organiser des missions de contrôle mixtes ;
Renforcer la lutte contre la publicité illégale.

D) Suggestions

ÔÔ Améliorer les conditions de travail des postes comptables à travers le compte 670129, dont il faut encadrer
l’amplitude de la provision et revisiter le fonctionnement ;
ÔÔ Fixer par délibération les tarifs journaliers applicables à certaines taxes (location d’engins);
ÔÔ Revisiter le circuit de mobilisation des ressources des CTD (émission recouvrement-reversement);
ÔÔ Organiser régulièrement des ventes aux enchères publiques ;
ÔÔ Aménager et sécuriser les fourrières ;
ÔÔ Renforcer la collaboration entre les services d’assiette et les CTD par la création des groupes de travail et des
concertations périodiques;
ÔÔ Renforcer les capacités des personnels des CTD en matière de budget programme (gestion des AE-CP
planification stratégique et opérationnelle; programmation contrôle et pilotage de l’exécution) ;
ÔÔ Pourvoir les postes vacants dans les postes comptables;
ÔÔ Maîtriser le potentiel fiscal des CTD;
ÔÔ Actualiser les fichiers du contribuable (boutiques, kiosques et étals par marché) ;
ÔÔ Systématiser l’élaboration et le respect des plans de trésorerie, des plans d’engagement mensuels et annuels
pour une gestion optimale des ressources ;
ÔÔ Aménager les équipements marchants ;
ÔÔ Produire une information comptable de qualité à travers la réduction des anomalies;

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ATELIER N° 4

ÔÔ Allier le métier de comptable à l’activité comptable;


ÔÔ Questionner le fonctionnement du compte unique du Trésor en proposant la création de sous comptes dédiés
aux CTD;
ÔÔ Alléger le circuit de traitement de dépenses par la refonte de la règlementation budgétaire et comptable;
ÔÔ Raccourcir les délais de règlement des dépenses;
ÔÔ Encadrer la destination et l’exploitation du compte administratif après son vote;
ÔÔ Inscrire dans la feuille de route des collectivités, le dépôt des comptes de gestion;
ÔÔ Proposer des délibérations relatives au dépôt des comptes de gestion avant la fin de l’année suivant la clôture
des opérations.

Que retenir ?
Une bonne préparation du budget induit une bonne exécution dudit budget avec à la clé la production d’une
information budgétaire et comptable de bonne qualité gage d’une gouvernance budgétaire et comptable
certaines.

A la suite des trois exposés présentés, les participants ont échangé :

S’agissant des ressources humaines, sur :


ÔÔ Le statut du personnel communal ;
ÔÔ La faisabilité juridique technique et financière d’une fonction publique locale ;
ÔÔ La problématique de la formation initiale et continue du personnel communal et réforme du CEFAM ;
ÔÔ La formation des élus locaux (maires et conseillers municipaux) ;
ÔÔ La problématique de l’adoption des organigrammes type pour la Commune : quelle perspective pour
l’organisation des services de la commune ?
ÔÔ Les enjeux du transfert des ressources humaines de l’Etat à la commune pour l’exercice des compétences
transférées ;
ÔÔ Le rôle des syndicats de commune dans le recrutement et la gestion des ressources humaines
mutualisées ;
ÔÔ Le statut de l’élu local.

Sur les ressources financières, les débats ont notamment porté sur :
ÔÔ Le dispositif législatif régissant les impôts locaux affectés à la commune est-il satisfaisant ?
ÔÔ L’élargissement optimum de l’assiette fiscale de la commune ?
ÔÔ La sécurisation des recettes fiscales de la commune ?
ÔÔ Le pouvoir fiscale de la commune ;
ÔÔ Le potentiel fiscal de la commune et le rendement de la fiscalité locale ;
ÔÔ Le renforcement des capacités des ressources humaines préposées à la gestion des impôts affectés à
la commune ;
ÔÔ Les outils technologiques des impôts affectés à la commune ;
ÔÔ La rationalisation du mécanisme de péréquation et des recettes d’intercommunalité ;
ÔÔ L’adéquation entre les ressources transférées à la commune et les charges correspondant à l’exercice
des compétences transférées ;
ÔÔ Les financements innovants ;
ÔÔ L’emprunt et prise de participation de la commune ;
ÔÔ Le suivi et l’exploitation des budgets et des comptes de la commune ;
ÔÔ Le contrôle de la délibération à caractère financier de la commune ;
ÔÔ La tutelle en matière budgétaire et comptable de la commune ;
ÔÔ La problématique de la production de la statistique sur la situation financière de la commune ;
ÔÔ L’arrimage à la budgétisation par programme ;

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ACTES
Assises Générales de la Commune

ÔÔ Le régime financier et le plan comptable sectoriel de la commune ;


ÔÔ Les mécanismes de mise à disposition des ressources financières de la commune ;
ÔÔ La problématique de la commande publique locale.

Sur les ressources matérielles et logistiques, les débats ont porté sur :
ÔÔ L’adéquation du patrimoine de la commune aux missions de développement local ;
ÔÔ L’allègement des modalités de mise à disposition à la commune des biens meubles et immeubles dans
le cadre de l’exercice des compétences transférées ;
ÔÔ Le rôle des syndicats de communes dans l’acquisition et la gestion des ressources matérielles et
logistiques.
ÔÔ Le rôle de l’autorité de tutelle dans les mécanismes de mise à disposition des biens à la commune ;
ÔÔ La constitution du parc d’engins.

A - Synthèse des recommandations relatives à la gestion des ressources humaines


1. Trouver le moyen de renforcer les capacités des personnels existants dans les CTD ;
2. Faire un état des lieux des personnels en services dans les CTD ;
3. Elaborer un programme social et accompagner les communes en vue de se séparer des personnels au
rendement insuffisant ;
4. Rationnaliser les recrutements dans les CTD ;
5. Nommer prioritairement les personnels diplômés du CEFAM aux postes de SG et de RM dans le respect de
leur filière de formation ;
6. Formaliser la possibilité pour les communes de recruter en leur sein les agents de l’Etat ayant atteint l’âge
limite de départ à la retraite ;
7. Pourvoir aux postes vacants des SG et RM ;
8. Utilisation optimale par les Maires des ressources humaines qualifiées dont il dispose ;
9. Uniformiser la grille salariale ;
10. Publication impérieuse du statut du personnel communal
11. Définition des facteurs des éléments de motivation du personnel communal
12. Renforcer et encadrer juridique du rôle et des compétences administratives du SGE ;
13. Élaborer une politique publique de ressources humaines des CTD sur la base d’un l’état des lieux exhaustif ;
14. Accélérer la réforme du CEFAM ;
15. Création des annexes du CEFAM dans les Régions ;
16. Aménager une passerelle pour permettre aux personnels techniques de l’Etat d’apporter leur appui aux CTD ;
17. Adaptation des curricula de formation du CEFEAM aux nouveaux défis de la commune ;
18. Recours aux principes de l’équilibre régional dans la sélection des personnels à former au CEFAM ;
19. Ouvrir les possibilités d’accès au CEFAM sur titre ;
20. Associer les Magistrats Municipaux aux sessions de formation des RM ;
21. Organiser des sessions de formation aux nouveaux élus et assurer permanemment leur recyclage ;
22. Explorer les pistes de convention avec les grandes écoles et instituts de formation, à l’instar de l’ISMP ;
23. Réviser les textes sur les organigrammes types en vigueur ;
24. Mutualiser par le biais des syndicats de communes le recrutement et la gestion des ressources humaines les
ressources en vue de la prise en charge de tels personnels ;
25. Amener le mandat des élus locaux à sept (07) ans ;
26. Définir les conditions de l’attribution d’une pension retraite aux Maires ;
27. Définir les avantages à accorder aux Maires sur la base du nombre de mandats effectués;
28. Définir le statut du conseiller municipal et l’impliquer davantage dans la gestion communale;

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ATELIER N° 4

29. Doter les magistrats municipaux d’une plus grande autonomie dans le recrutement du personnel ;
30. Réviser et appliquer les conditions d’accès aux fonctions d’élu local ;
31. Prise en charge, par l’Etat, des dépenses salariales des personnels communaux et procéder à la retenue des
sommes correspondantes à l’occasion du reversement des ICSP ;
32. Apurer les arriérés de paiement des salaires des magistrats municipaux ;
33. Accorder au Maire la compétence de désignation du receveur municipal ;
34. Procéder à la désignation, pour chaque commune, des receveurs municipaux afin d’éviter l’impact négatif du
cumul de responsabilité ;
35. Définir une stratégie de stabilisation du personnel communal ayant bénéficié de formation spécifique ;
36. Mettre en place les commissions internes de passation des marchés et désigner les responsables desdites
commission ;
37. Désigner des responsables, au profil adéquat, en charge de la comptabilité matière.

B - Synthèse des recommandations relatives à la gestion des ressources financières


1. Evaluer la loi du 15 décembre 2009 portant fiscalité locale en vue de sa relecture ;
2. Renforcer le pouvoir fiscal des communes, notamment dans le sens de leur confier l’administration de l’impôt
libératoire ;
3. Déplafonner le produit du droit de timbre automobile affecté aux communes et évaluer la réforme des modalités
de recouvrement dudit droit ;
4. Instituer une allocation constitutionnelle des ressources affectées aux communes à hauteur minimale de 10%
du budget de l’Etat ;
5. Mettre en place un groupe de travail réunissant les magistrats municipaux, les parlementaires, les responsables
de la DGI pour statuer sur les pistes de création de nouveaux impôts et taxes au profit des communes tenant
compte des spécificités de celles-ci ;
6. Engager une réflexion pour améliorer la rentabilité de la TPF en mettant à contribution les opérateurs dans le
domaine de l’eau ou de l’électricité pour ce qui est du recouvrement de la taxe foncière ;
7. Le reversement aux communes concernées de la taxe d’abattage tirée de leurs forêts communales;
8. Mettre directement à la disposition des communes les recettes minières collectées par le CAPAM sans plus
les faire passer par le Trésor ;
9. Reverser aux communes concernées une partie des ressources fiscales générées par les projets structurant
établis sur leur territoire ;
10. Réaliser un audit du compte 421 du Trésor afin de clarifier les situations des soldes débiteurs de certaines
communes ;
11. Redynamiser le fonctionnement des CODEFIL ;
12. Améliorer le système de péréquation pour tenir compte des spécificités et contraintes des communes ;
13. Réorganiser et développer les capacités des services d’assiette et de recouvrement ;
14. Procéder à la rétrocession de la taxe d’abattage aux communes bénéficiaire.

C - Synthèse des recommandations relatives à la gestion budgétaire et comptable


1. Au nom du principe constitutionnel de libre gestion administrative et financière des communes :
a. Explorer toutes les pistes de solution conduisant à la gestion efficace du Compte Unique du Trésor et
permettant d’en d’atténuation les rigueurs ;
b. Etudier les possibilités de sortie des flux financiers du FEICOM et des Communes du réseau du Trésor ;
2. Mettre à la disposition des ordonnateurs, chaque trimestre, les historiques du compte 421 accompagnés des
pièces justificatives y relatives ;
3. Réaliser un audit du compte 421 du Trésor afin de clarifier les situations des soldes débiteurs de certaines
communes ;
4. Prendre l’arrêté prévu par l’article 68 al 2 pour l’amélioration de la production du compte de gestion ;
5. Inscrire au budget des communes les provisions pour frais de participation au fonctionnement des services
d’appui au recouvrement des créances et à la production des comptes.

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ACTES
Assises Générales de la Commune

ATELIER N° 5

Gouvernance locale

Exposé : La gouvernance locale : principes, enjeux et outils


Par Mme Suzanne NGANE, Directeur des projets et programmes de partenariat - FEICOM

Contexte
En application de la réforme constitutionnelle du 18 janvier 1996 qui fait du Cameroun un « l’État unitaire
décentralisé », trois (3) importantes lois posant les règles générales et le principe du transfert des compétences
et des ressources de l’Etat aux Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD), ont été promulguées en 2004.
Pour ce qui est des ressources financières nécessaires à l’exercice desdites compétences, deux (2) lois
organisant l’autonomie financière des collectivités territoriales ont été votées en 2009.

Depuis 2010, plus de 60 compétences (63) et des ressources financières significatives ont été transférées
aux communes et communautés urbaines par 20 départements ministériels.

Bien que le Maire soit généralement le principal interlocuteur du Gouvernement et des Partenaires Techniques
et Financiers (PTF) dans la réalisation des projets de développement découlant des compétences transférées,
la mise en œuvre réussie de ce processus au niveau local est une action collective qui a souvent nécessité
la prise en compte de tous les groupes, la gestion des interactions tant avec les autorités de tutelle, les
Services Déconcentrés de l’Etat (SDE), qu’au sein de l’exécutif, de l’organe délibérant en passant par les
autres acteurs participant à l’amélioration du cadre et des conditions de vie des populations.

La mobilisation de ces acteurs institutionnels et non étatiques, devenue une exigence dans un contexte
d’obligation de rendre compte de la gestion des ressources allouées, de recherche de l’efficacité et de l’équité
dans la délivrance des services de qualité aux populations, découle souvent de décisions prises et mises
en œuvre dans un cadre organisé. Ce cadre participe de la régulation des modes de gestion des affaires
publiques locales dans ce qui est aujourd’hui appelé la Gouvernance locale.
Terme à la mode, la gouvernance locale est éminemment liée à la décentralisation et considérée comme une
des conditions de succès de sa mise en œuvre et à la promotion du développement local. Elle est au cœur
du débat, tant il est vrai que sa qualité préfigure la maîtrise ou non des dispositifs techniques et légaux, la
compréhension des rôles des uns et des autres, l’accès à l’information et les besoins de capacitation des
différents acteurs.

En plus de se faire une idée affinée sur le concept de gouvernance en général et de gouvernance locale en
particulier (à travers ses principes), cet atelier va permettre aux participants d’avoir un échange structuré
sur cette problématique. Un partage sera alors fait sur les enjeux, caractéristiques (constances) et outils
de la gouvernance locale. A partir d’éléments concrets, un accent sera mis sur la pratique camerounaise
de la gouvernance locale avec en toile de fond cette question centrale : Comment promouvoir et renforcer
la participation citoyenne et le principe de redevabilité à l’échelle locale ? Il sera aussi question de voir les
améliorations qui pourraient être apportées à nos textes pour que la gouvernance locale soit un outil au
service du développement local durable. Les participants seront ainsi mis en situation dans des travaux de
groupes pour ainsi formuler les recommandations appropriées.

I. Généralités sur la gouvernance locale


Définir la notion de « gouvernance locale » revient à définir avant tout la « gouvernance » du moins dans son
assertion la plus récente et la plus courante. Cela revient aussi à interroger ses rapports avec les termes
«bonne gouvernance » et en à présenter la typologie.

Il conviendrait aussi de relever avec Olivier de Sardan (2009) qu’il existe à cet effet deux types de définition
de la gouvernance, une définition normative tendant à diffuser la perception que son auteur a du monde, elle

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ATELIER N° 5

est quelque peu idéologique. A côté de ces définitions nombreuses, il existe des définitions non normatives.
Les acceptions que la Banque Mondiale donne de la gouvernance sont assurément du premier groupe.

1. De la Gouvernance à la Gouvernance locale : cheminement et construction d’un concept

Le terme gouvernance est polysémique. Il est en effet défini et interprété de manière très diverse et parfois
contradictoire. Jean-Pierre Olivier de Sardan1 relève que la plupart des définitions de la gouvernance restent
trop générales et/ou révèlent des arrière-plans idéologiques. La Gouvernance interpelle à la fois les sciences
économique et politique, tant en terme disciplinaire que sur le plan des champs théoriques investis. Derrière
le concept, il y a également deux philosophies de redistribution du pouvoir dont l’une est anglo-saxonne et
l’autre francophone2.

Historiquement, le terme Gouvernance a été utilisé pour la première fois en 1937 par Ronald Coase, un
économiste américain, dans un article intitulé: “the nature of the firm”. C’est un terme qui vient donc du
monde de l’entreprise. Certains reprochent à ce concept cette origine “suspecte”.

Au même moment le terme de “good governance” a été employé au niveau international par les organismes de
financement, notamment la Banque Mondiale, dès 1989, pour définir les critères d’une bonne administration
publique dans les pays soumis à des programmes d’ajustement structurel. Il porte alors autant sur
l’efficacité de la gestion que sur la transparence pour lutter contre la corruption. Pour cette institution
financière internationale, le concept de gouvernance fait appel à la transparence et à la bonne gestion des
deniers publics ou mis à la disposition des Etats. Il s’agit donc d’une approche essentiellement financière et
comptable qui réduit la gouvernance à une dimension technique et une recherche de l’efficacité3. Le concept
a ré-émergé en Angleterre dans les mêmes années 1980 dans le contexte de la gestion des collectivités
locales.

C’est dans ce sens qu’il convient de situer l’approche française du concept qui rattache la bonne
gouvernance à la décentralisation. Elle vise à réorganiser les relations entre le centre et les périphéries et
offre une nouvelle géographie de la répartition des pouvoirs, une architecture renouvelée des attributions
dévolues aux pouvoirs centraux et locaux en particulier par la redistribution des compétences financières. La
gouvernance française est donc d’abord politique, l’américaine davantage économique. Malgré cela, il existe
une dynamique commune à l’usage de ce concept qui est très relatif, propre aux spécificités de chaque pays
et organisation.

Dans tous les cas, il est constant de relever que malgré la polysémie du terme, les écoles et les courants de
pensée, la notion opérationnelle de la gouvernance, selon Cartier BRESSON, peut être scindée en trois (03)
catégories :

ÔÔ Le processus sur lequel les acteurs publics sont sélectionnés, contrôlés et remplacés ;
ÔÔ La capacité des pouvoirs publics à mettre en œuvre des politiques publiques appropriées;
ÔÔ Le respect par les citoyens, et par les détenteurs du pouvoir, des règles qui organisent leurs interactions.

Selon Bernard Pecqueur la gouvernance est : «le processus de structuration d’une mise en compatibilité de
différentes modalités de coordination entre les acteurs géographiquement proches, en vue de résoudre un
problème productif ou, plus largement, de réaliser un projet collectif de développement ».

En somme, la gouvernance serait donc la façon d’organiser les rapports, notamment la distribution des
pouvoirs, des rôles et des responsabilités, entre des acteurs (groupes, individus, institutions) qui sont
amenés à travailler ensemble vers l’atteinte de buts communs. Le concept de gouvernance locale apparaît
alors comme une forme de régulation territoriale et d’interdépendance dynamique entre agents notamment
productifs et institutions locales.

2. La gouvernance locale : définition, principes et enjeux

a. Essai de définition de la Gouvernance locale


La gouvernance locale est étroitement à l’émergence du concept du développement local qui permet de
redéfinir les rôles des acteurs participant à l’amélioration du cadre de vie des populations. La coordination
des projets entre les différents acteurs privés et publics, afin d’assurer leur pertinence et leur cohérence
1
In, The Eight Modes of Local Governance in West Africa,
2
Professeur Joseph Vincent NTUDA EBODE dans « Gouvernance : concept et enjeux »
3
Ibid

| 79
ACTES
Assises Générales de la Commune

dans le temps et dans l’espace, nécessite des mécanismes complexes qui ne peuvent être appréhendés qu’à
travers une gouvernance transversale. Capable d’assurer le bien-être des populations tout en valorisant les
ressources territoriales.

Selon le PNUD (2004), la gouvernance locale consiste en un ensemble d’institutions, de mécanismes et de


processus qui permettent aux citoyens et groupes de citoyens d’exprimer leurs intérêts et leurs besoins, de
régler leurs différends et d’exprimer leurs droits et leurs obligations au niveau local.

Elle est aussi «L’ensemble des règles et des processus collectifs, formalisés ou non, par lequel les acteurs
concernés participent à la décision et à la mise en œuvre des actions publiques. […] En plus d’orienter les
décisions et les actions, facilite le partage de la responsabilité entre l’ensemble des acteurs impliqués,
possédant chacun une certaine forme de pouvoir » (Lacroix et St-Arnaud, 2012; p.26).

La charte Africaine sur les valeurs et les principes de la décentralisation, de la gouvernance locale et du
développement local adoptée par les Chefs d’Etat et de Gouvernement en 2014 à Malabo, établit le lien
entre les trois notions. Elle définit la décentralisation comme «le transfert des pouvoirs, des responsabilités,
des capacités et des ressources du niveau national à tous les niveaux sous-nationaux (infra-étatiques) de
Gouvernement, afin de renforcer la capacité des gouvernements sous-nationaux à promouvoir la participation
des populations et la fourniture des services de qualité ».

Le développement local quant à lui est considéré comme « la mobilisation de l’ensemble des ressources
humaines, économiques, socioculturelles, politiques et naturelles locales, nationales et globales pour
l’amélioration et la transformation des conditions de vie des communautés et des collectivités locales».

La gouvernance locale quant à elle renvoie à l’ensemble «des processus et institutions de gouvernance au
niveau sous-national (infra133 étatique) y compris la gouvernance par et avec les gouvernements locaux ou les
autorités locales, la société civile et les autres acteurs concernés au niveau local ».

Il apparaît clairement que la gouvernance locale renvoie à la décentralisation avec les populations placées
au coeur de l’élaboration des politiques. La gouvernance locale apparaît donc comme un sous-produit de la
gouvernance politique et de la gouvernance administrative au niveau national.

Elle implique la participation des populations, des ONG et des organisations de base au processus de prise
de décisions.

b. Les principes de la gouvernance locale

Les principes de la Gouvernance locale ont été énoncés par ONU-Habitat, l’organisme des Nations Unies
chargé des villes dans les Lignes directrices internationales sur la décentralisation et l’accès aux services
de base au début des années 2000 et validées en 2009 par les Etats membres des Nations Unies. Ces
directives affirment que :

ÔÔ Le processus de décentralisation exige des efforts concertés visant à des réformes institutionnelles et au
renforcement des capacités et devrait par conséquent être associé au renforcement de pouvoirs des autorités
locales.
ÔÔ La participation par le biais d’une approche inclusive et d’une dévolution de pouvoirs aux citoyens doit être le
principe qui sous-tend la prise de décision, la mise en œuvre et le suivi au niveau local.
ÔÔ Les autorités locales devraient tenir compte des différents groupes qui cohabitent au sein de la société civile
et veiller à ce qu’ils soient tous impliqués dans le développement progressif de leur communauté ou de leur
quartier.
ÔÔ Le principe de non-discrimination doit s’appliquer à tous les partenaires ainsi qu’à la collaboration entre
administrations nationales et régionales, autorités locales et organisations de la société civile. Une participation
à tous les stades du processus politique devrait renforcer la représentation citoyenne dans la gestion des
affaires publiques locales, partout où c’est réalisable.
ÔÔ Dans le but de renforcer la mobilisation citoyenne, les autorités locales devraient s’efforcer d’introduire de
nouvelles formes de participation telles que des conseils de quartier ou communautaires, la cyberdémocratie,
la budgétisation participative, les initiatives citoyennes et les référendums, dans la mesure où c’est possible
dans leur contexte spécifique.
ÔÔ Les informations et dossiers devraient être archivés et mis à la disposition du public, non seulement pour
améliorer les performances des autorités locales, mais aussi pour que les citoyens puissent jouir pleinement
de leurs droits et pour garantir leur participation dans le processus décisionnel local.

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ATELIER N° 5

ÔÔ Tout accroissement des fonctions dévolues aux autorités locales devrait s’accompagner de mesures de
renforcement de leurs capacités pour qu’elles puissent s’acquitter correctement de leurs tâches.

Au vu de ces éléments, il ressort que la gouvernance, qu’elle soit urbaine, nationale ou locale, se caractérise
notamment par la participation, la transparence et la responsabilité, mais aussi la recherche permanente
de l’efficacité et l’équité. Elle assure la primauté du droit. La bonne gouvernance veille à ce que les priorités
politiques, sociales et économiques soient fondées sur un large consensus au niveau de la société et à ce
que les voix des plus démunis et des plus vulnérables puissent se faire entendre dans le cadre des prises de
décision relatives à l’allocation des ressources nécessaires au développement.

c. Enjeux de la Gouvernance locale

La Gouvernance locale participe à une meilleure communication entre les acteurs locaux dans le cadre
de la réalisation d’un développement local durable. Elle peut avoir une dimension sociale, économico-
financière et politique. Elle apparait comme un levier pour la coordination et l’encadrement du processus de
développement local. Aussi ses enjeux pourrait-il être dès lors :
ÔÔ Le renforcement de la démocratie représentative qui semble être plus adaptée au regard du changement de
l’environnement externe ;
ÔÔ L’exercice de renforcement de la démocratie locale ;
ÔÔ L’expérimentation des nouveaux modes de management au sein de la CTD (délégation, management par
projet etc.)
ÔÔ La redevabilité vis-à-vis de l’usager contribuable-citoyen-client de la CTD ;
ÔÔ La responsabilité vis-à-vis des instances de contrôle et juridictionnelles ;
ÔÔ Le développement de compétences des élus locaux afin de faire face aux exigences de la décentralisation;
ÔÔ L’adaptation des dispositifs législatifs et règlementaires au niveau des standards internationaux ;
ÔÔ Le développement durable des territoires grâce à la concertation et le partenariat ;
ÔÔ L’efficacité de l’action publique locale au regard des multiples attentes des citoyens.

II. La pratique de la gouvernance locale au Cameroun


1. Cadre normatif et institutionnel de la gouvernance locale au Cameroun
En partant des éléments constitutifs de la gouvernance locale, en l’occurrence : la participation, la
transparence, la redevabilité et l’efficacité de l’action publique, il est possible de dresser une cartographie de
ses acteurs clés.

a. L’Etat, catalyseur de la gouvernance locale au travers de la décentralisation : rôle et outils

Comme le souligne Olivier de Sardan (2009 : 2), la gouvernance locale est constitutive de la décentralisation
qui elle-même est l’exemple type de la subsidiarisation, en ceci qu’elle rapproche la délivrance de biens et
services publics ou collectifs de ceux qui en sont les bénéficiaires. Aussi, la décentralisation se présente-t-elle
depuis la promulgation des lois dites de décentralisation comme le véritable catalyseur de la gouvernance
locale (la loi N°2004-17 du 22 juillet 2004 et loi N°2004/18 du 22 juillet 2004), en ceci que le transfert de
compétences et moyens au niveau local traduit la recherche de l’efficacité de l’action publique. De même, le
législateur a fait des CTD, les lieux par excellence de la gestion participative et inclusive.

Concomitamment, la production législative et règlementaire en matière de gouvernance est fortement liée


aux principes de « transparence » et de « redevabilité », notamment :

ÔÔ La Loi n° 74/18 du 5 Décembre 1974 relative au contrôle des ordonnateurs, gestionnaires et gérants de crédits
publics et des entreprises d’Etat telle que modifiée par la Loi n° 76/4 du 8 juillet 1976 ;
ÔÔ Le Décret n° 78/470 du 3 novembre 1978 relatif à l’apurement des comptes et à la sanction des responsabilités
des comptables ;
ÔÔ Le Décret n° 97/49 du 5 mars 1997 portant organisation et fonctionnement du Conseil de Discipline Budgétaire
et Financière (CDBF).

Au regard de ce corpus législatif et réglementaire, il peut être relevé que l’action de l’Etat dans ce domaine
peut prendre la forme d’une part, de contrôle et/ou de jugement a priori ou a postériori et, d’autre part, de
promotion.

| 81
ACTES
Assises Générales de la Commune

Ainsi, au titre du contrôle a priori du respect des principes de gouvernance, l’Etat s’appuie pour l’essentiel
sur les Préfets qui exercent la tutelle de l’Etat sur les CTD. Ce représentant de l’Etat s’appuie notamment
sur de nombreux outils comme des fiches d’appui conseil, de fiches de suivi, des Plans d’action conjoints,
de Rapports conjoints trimestriels, semestriels ou annuels, de Journaux de programmation des projets
d’investissement des communes (MOUNGO et BEKONO, 2012 :15)

Pour ce qui est du contrôle a posteriori, il conviendrait de relever la Loi n° 96/06 du 18 janvier 1996 portant
révision de la Constitution du 02 juin 1972 en son article 38 a créé une Chambre des Comptes au sein de
la Cour Suprême dont les missions sont définies en l’article 41. Cet article dispose que « la Chambre des
Comptes est compétente pour contrôler et statuer sur les comptes publics et ceux des entreprises publiques
et parapubliques. Elle statue souverainement sur les décisions rendues en dernier ressort par les juridictions
inférieures des comptes. Elle connaît de toute autre matière qui lui est expressément attribuée par la Loi ».

Pour ce qui est de la promotion de la gouvernance locale, il est opportun d’indiquer que le Gouvernement a
mis en place en 1998, le Programme National de Gouvernance (PNG) avec pour mandat : la mise en place
d’une administration publique efficace, la consolidation de l’État de droit, à travers notamment la mise en
place d’un environnement juridique et judiciaire garantissant la sécurité des personnes, des biens et des
investissements, la promotion des principes de redevabilité dans les domaines économique, financier et
social, la lutte contre la corruption, la mise en place de la décentralisation pour une participation renforcée
des populations à la gestion des affaires publiques.

Les autres institutions républicaines mises en place par l’Etat pour assurer ce qu’il y a lieu d’appeler une
gouvernance financière sont le Conseil de Discipline Budgétaire et Financière, le Contrôle Supérieur de l’Etat
et le Comité National de Lutte contre la Corruption. Il existe aussi des programmes formulés en collaboration
avec les partenaires techniques et financiers à l’exemple du Programme National de Développement
Participatif qui est notamment chargé d’accompagner les CTD à la planification locale par la production de
Plans Communaux de Développement.

Il faudrait également ajouter que des initiatives sont prises par d’autres acteurs de la décentralisation et du
développement local pour que les CTD adoptent les us qui siéent à l’amélioration du cadre et des conditions
de vie des populations. Parmi ces initiatives, il peut être relevé l’existence du Prix National FEICOM des
Meilleures Pratiques Communales de Développement Local. Initié par le Fonds Spécial d’Equipement et
d’Intervention Intercommunale avec l’appui technique d’ONU-HABITAT, cette compétition, ouverte aux
Communes et Communautés Urbaines, vise à identifier, évaluer, récompenser et promouvoir des initiatives
de développement ayant transformé un territoire.

Parmi les domaines en compétition la gouvernance locale tient une place particulière. Elle y est par ailleurs
définie comme « un mode d’exercice du pouvoir par une autorité locale caractérisé par la participation, la
transparence le partenariat, l’obligation de rendre compte pour la satisfaction des besoins des populations». Les
thématiques qui y sont associées ont trait à : (i) Budget participatif, (ii) Transparence budgétaire, (iii) Réforme
institutionnelle, (iv) Planification participative, (v) Partenariat public/privé, (vi) Coopération décentralisée, (vii)
Amélioration de la qualité des services rendus aux citoyens, (viii) Égalité d’accès aux services sociaux de
base (femmes, personnes handicapées, etc.).

b. Les Collectivités Territoriales Décentralisées : acteur de mise œuvre de la gouvernance locale

Les CTD sont les acteurs de mise en œuvre de la gouvernance locale entendu qu’elles sont les institutions
en première ligne pour satisfaire aux besoins des populations qui est la finalité de toute action publique.
Les différentes dispositions législatives et règlementaires lui confèrent ainsi des droits et des devoirs en la
matière comme suit :

ÔÔ Le choix de l’exécutif municipal par les conseillers municipaux ;


ÔÔ La libre administration de la CTD par ces conseils élus ;
ÔÔ Les délégations de pouvoir du Maire aux adjoints ;
ÔÔ La création des commissions au sein du conseil municipal pour débattre, évaluer et faire des propositions sur
les affaires locales ;
ÔÔ La garantie pour les conseillers municipaux de faire des propositions et des amendements des délibérations
lors des sessions du conseil ;
ÔÔ L’obligation d’ouvrir au public les sessions des conseils municipaux ;
ÔÔ L’obligation d’affichage des actes de l’exécutif communal ;

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ATELIER N° 5

ÔÔ L’obligation de publier les documents budgétaires et comptables de la CTD ;


ÔÔ La possibilité pour les administrés de formuler des propositions à l’exécutif pour impulser le développement ;
ÔÔ L’approbation préalable de certains actes de la CTD par la tutelle ;
ÔÔ La mise en place d’un contrôle juridictionnel par la chambre des comptes des actes de l’exécutif et du
comptable ;
ÔÔ Le droit de saisine du juge administratif aux fins de contestation de certains actes par toute personne physique
ou morale ;
ÔÔ L’obligation de contrôle de la gestion financière de la CTD par l’organe délibérant, par l’Etat, la juridiction des
comptes et les audits indépendants.

Afin de mettre en œuvre ces prescriptions légales, les Collectivités locales disposent d’importants instruments
comme les Plans Communaux de Développement ou le processus budgétisation participative.

c) Les populations : juges de la qualité de l’action publique

Les populations qui peuvent prendre la forme de groupes organisés ou d’individus, sont les bénéficiaires de
la gouvernance locale. Les groupes organisés peuvent prendre l’appellation de « société civile », terme qui
rassemble les Organisations non gouvernementales, les associations, les syndicats etc.

Les populations ont le droit de veiller à ce que les produits et les services qui leur sont offerts soient
conformes à leurs besoins et remplissent de ce fait une fonction de veille et de sanction de l’action publique.
C’est pourquoi les autorités publiques locales veillent par différent processus à les impliquer tout au long
du cycle de décision sur le devenir du territoire. Parler de populations dans le cadre la gouvernance locale
revient donc à parler de la PARTICIPATION. Ceci d’autant plus qu’un certain nombre de cadre normatif l’exige
désormais pour ce qui est de la planification locale.

Les acteurs marginalisés sont habilités à


contribuer également avec les principales parties
Habilitation et contrôle du partage prenantes pour la participation et la prise de
décisions conjointes et le partage du contrôle de
la mise en œuvre, des résultats et du S/E
Degrés de participation

Toutes les parties prenantes participant et


Partage de la prise de décision
influencent les processus de prise de décision

Négociations et engagement dans les


Partenariat
compromise faits avec les acteurs concernés

Les parties prenantes incitent, écoutent et


Consultation intègrent les commentaires des autres parties
prenantes

L’information est partagée entre les parties


prenantes, et les acteurs principaux
Information
communiquent les décisions et les résultats aux
autres parties prenantes

Manipulation La non-participation: manipulation des parties


prenantes marginales pour le bénéfice des
principales parties prenantes

Légende : les différents degrés de participation

| 83
ACTES
Assises Générales de la Commune

Les populations sont également le métronome de l’efficacité de l’action publique locale. Ce sont elles qui
jugent au final de la qualité des actions entreprises en ceci que celles-ci doivent avoir force de transformation
de leur cadre et de leurs conditions de vie.

2. Outils de la Gouvernance locale à l’échelle communale

Les outils de la Gouvernance locale au Cameroun découlent de ses éléments constitutifs que sont: la
participation/concertation/consultation, la transparence, la redevabilité et l’efficacité de l’action publique.

Les outils développés sont les suivants :

a. En matière de participation dans la planification : PDC, PDU, POS, PSU, etc.

Le Plan Communal de Développement (PCD), outil de planification et de coordination des actions de


développement, traduit la vision partagée du développement. Il a été mis en place dans plus de 300
communes grâce à l’appui du Programme National de Développement Participatif.

Dans le domaine de la gouvernance urbaine, des outils de planification relevant des attributions dévolues
aux communes et communautés urbaines sous l’accompagnement technique du Ministère en charge du
développement urbain, existent également. Il s’agit du : Plan Directeur d’Urbanisme, Plan d’Occupation des
Sols, Plan Sommaire d’Urbanisme et Plan de Secteur. Leur élaboration devrait également se faire de façon
participative.

Le Budget Participatif est un processus par lequel les communautés participent au débat sur les politiques
publiques et décident des ressources publiques disponibles ou alors sont associées aux décisions relatives à
leur affectation et en assurent le suivi. Il apparaît donc comme une rénovation des pratiques d’administration
municipale propre à promouvoir les principes de bonne gouvernance locale. C’est une démarche qui n’est pas
encore généralisée au Cameroun. Mais de nombreuses collectivités y ont recours depuis quelques années.

b. Tenue régulière des sessions du Conseil municipal, gage de transparence

Selon l’article 30, alinéa 1 de la loi fixant les règles applicables aux communes, le conseil municipal se réunit
en session ordinaire une fois par trimestre, pendant une durée maximale de sept jours. L’article 31 prévoit
le cas de sessions extraordinaires convoquées à l’initiative du maire ou du représentant de l’Etat. Au cours
e ces sessions, le conseil municipal ne peut traiter que des matières qui rentrent dans ses attributions. La
tenue régulière des sessions du Conseil est un gage de bonne gouvernance et participe de la transparence
dans la gestion.

c. Pour ce qui est de la redevabilité et du contrôle citoyen

Le dispositif légal et réglementaire prévoit :

ÔÔ L’approbation préalable de certains actes de la CTD par la tutelle ;


ÔÔ La mise en place d’un contrôle juridictionnel par la Chambre des Comptes des actes de l’exécutif et du
comptable ;
ÔÔ Le droit de saisine du juge administratif aux fins de contestation de certains actes par toute per-sonne physique
ou morale ;
ÔÔ Le contrôle de la gestion financière de la CTD par l’organe délibérant, par l’Etat, la juridiction des comptes et
les audits indépendants.

3. La gestion municipale à l’épreuve de la gouvernance


La gouvernance se traduit dans la séparation des pouvoirs entre d’une part, les deux organes (délibérant
et exécutif) et d’autre part, l’administration de la commune qui est assurée par le Secrétaire Général
(Coordination au plan Technique), le Receveur municipal et le Chef de poste de la comptabilités-matières (au
plan financier et du patrimoine).

| 84
ATELIER N° 5

a. Organe délibérant : Conseil municipal

Le Conseil Municipal délibère sur toutes les matières prévues par la loi, exceptées sur les attributions propres
au Maire, notamment dans les domaines de l’état civil et de ses pouvoirs de police; contrôle l’action du chef
de l’exécutif ;il peut déléguer par délibération l’exercice d’une partie de ses attributions au chef de l’exécutif,
à l’exception de celles confiées à des commissions, etc. Il travaille souvent en commission. Chaque Conseil
Municipal devrait disposer en principe d’au moins trois commissions :
ÔÔ la commission des finances ;
ÔÔ la commission des travaux et infrastructures ;
ÔÔ la commission des affaires économiques, sociales, culturelles.

Les travaux préparatoires se font au sein des commissions et particulièrement à la commission des
finances qui étudie les propositions et donne son avis avant l’adoption du budget en conseil. L’institution des
commissions au sein du Conseil vise à garantir toute dérive.

b. L’exécutif : Maire ou délégué du Gouvernement

C’est le Délégué du Gouvernement ou le Maire sauf en cas de substitution pour défaillance notoire dûment
constatée, qui incarne l’exécutif au quotidien. A ce titre, il représente la collectivité territoriale dans tous les
actes de la vie civile et en justice, exécute les délibérations du conseil municipal, etc.

c. Les Adjoints au Maire

Les adjoints assistent le maire dans l’exercice de ses missions, suivant trois modalités ::
1. Les attributions tirées d’une délégation : Le Maire a l’obligation, sous sa surveillance et sa responsabilité,
de déléguer par arrêté, une partie de ses attributions à un ou plusieurs adjoints. Article 72 de la loi
2004/18. Les délégations prennent fin quand le Maire le décide.
2. La suppléance du maire en cas d’absence ou d’empêchement.
3. Les attributions des adjoints spéciaux (institués par délibération motivée du conseil municipal).

d. Le Secrétaire Général

L’article 80 de la loi n° 2004/018 du 22 juillet 2004 fixant les règles applicables aux communes dispose
que l’exécutif communal est assisté du secrétaire général de mairie. Le secrétaire général de mairie est le
principal animateur des services de l’administration municipale. Il bénéficie à cet effet des délégations de
signature pour l’accomplissement de ses fonctions. Le secrétaire général assiste aux réunions de l’exécutif
communal dont il assure le secrétariat.

e. Le receveur municipal

Le receveur municipal est le comptable de la collectivité nommé par acte conjoint du Ministre en chargé des
CTD et du Ministre des Finances. Il devrait garantir la gestion prévisionnelle des recettes et les données sur
la situation financière et patrimoniale de la commune.

En somme, les responsabilités sont clairement définies pour chaque acteur sous l’encadrement de l’autorité
de tutelle. Mais cela est-il pour autant mis en œuvre et respecté ?

4. Les performances de la Gouvernance locale au Cameroun


La 4ème Enquête Camerounaise des Ménages (EC-ECAM 4, 2016) permet de se faire une idée sur certaines
dimensions de la gouvernance locale.

Il apparait que 83,3% des Communes déclarent avoir associé les populations à l’élaboration d’un des outils de
planification suivants : Plan Directeur d’Urbanisme (PDU), Plan d’Occupation des Sols (POS), Plan Sommaire
d’Urbanisme (PSU), Plan de Secteur, Plan Communal de Développement ou Plan de Développement Local
(PCD/PDL), Plan d’Investissement Annuel (PIA).

Les Communes de Douala (33,3%) et Yaoundé (42,9%) sont celles où la proportion est la plus faible.
L’enquête révèle aussi 82,7% des comptes administratifs attendus de 2011 à 2015 pour approbation ont été
effectivement approuvés selon les déclarations des Magistrats Municipaux. Cependant, le taux d’approbation

| 85
ACTES
Assises Générales de la Commune

est plus faible que la moyenne nationale les Régions du Nord-Ouest (52,9%) et de l’Est (74,4%), ainsi que
dans la ville de Douala (63,3%). Par contre, 96,9% des comptes administratifs attendus dans la Région du
Sud ont été approuvés.

En ce qui concerne la tenue des sessions ordinaires du Conseil Municipal qui est un baromètre de l’implication
par les exécutifs municipaux des conseillers municipaux à la gestion de la cité, il apparait que seules 46,0%
des sessions prévues de 2011 à 2015 se sont effectivement tenues avec des proportions particulièrement
faibles pour les Régions de l’Est (34,1%) Nord-Ouest (35,6%), le Sud-Ouest (40,7%).

Cependant, ces performances quelque peu reluisantes, ne doivent pas faire oublier que l’enquête EC-ECAM
4 a une base essentiellement déclarative. Il n’est donc pas exclu que certaines données aient été manipulés
par les répondants. En effet, de nombreux problèmes persistent, notamment :

ÔÔ L’insuffisance de la transparence dans la gestion financière avec des phénomènes de corruption et de


détournements de fonds qui sont observés ;
ÔÔ La non-inscription dans la loi des fonctions des adjoints aux Maires et des Délégués de Gouvernement ;
ÔÔ La non-maitrise des problématiques de management public local par certains élus locaux;
ÔÔ L’insuffisance d’une garantie d’expression des administrés en dehors de la désignation de l’assemblée
délibérante ;
ÔÔ La non-tenue régulière des sessions des conseils municipaux pour examiner la gestion de l’exécutif ;
ÔÔ L’absence d’enquêtes commandées par l’organe délibérant ;
ÔÔ L’insuffisance des partenariats pour le développement avec les autres acteurs locaux à cause du vide juridique
encadrant ce processus ;
ÔÔ L’obsolescence de certains besoins des populations contenus dans les PCD ;
ÔÔ La faible prise en compte des besoins exprimés dans les PCD par les élus locaux et le pouvoir central.

Au plan de la démocratie locale :

ÔÔ L’élection de l’organe délibérant au suffrage universel direct ;


ÔÔ Le choix de l’exécutif municipal par les conseillers municipaux ;
ÔÔ La liberté que disposent les CTD de s’auto-administrer librement par ces conseils élus ;
ÔÔ Les délégations de pouvoir du Maire aux Adjoints ;
ÔÔ La création des commissions au sein du conseil municipal pour débattre, évaluer et faire des propositions sur
les affaires locales ;
ÔÔ La garantie pour les élus de faire des propositions et des amendements des délibérations lors des sessions
du conseil ;
ÔÔ Le caractère public des conseils municipaux et l’obligation d’affichage des actes de la CTD ;
ÔÔ L’accès à l’information des administrés par le droit à la communication de tous les documents budgétaires et
comptables de la CTD ;
ÔÔ La possibilité pour les administrés de formuler des propositions à l’exécutif pour impulser le développement de
la CTD ou à améliorer son fonctionnement ;
ÔÔ L’obligation de rendre public les actes pris par l’exécutif ;
ÔÔ L’assouplissement du contrôle à priori de la tutelle ;

| 86
ATELIER N° 5

Au plan de la participation/concertation/implication du citoyen :

ÔÔ Le dialogue élus-électeurs qui est permanent ;


ÔÔ L’implication des populations dans le choix des projets prioritaires notamment l’élaboration des PCD ;
ÔÔ Les partenariats que noue la CTD avec d’autres acteurs locaux dans l’exécution des projets de développement.

Ces insuffisances appellent des changements des conditions de mise en œuvre de la gouvernance locale.

III. Conclusion et perspectives : de la gouvernance locale à une


gouvernance territoriale
Pour passer à une véritable gouvernance locale, il serait impératif de renforcer deux axes majeurs : (i) le
processus de décentralisation en octroyant une large autonomie aux CTD et (ii) la garantie d’information et
d’expression des administrés qui pourront participer à l’exercice des compétences attachés à la collectivité.

1. Le renforcement de l’autonomie des CTD

Améliorer le cadre institutionnel, organisationnel et renforcer les ressources humaines

ÔÔ Il sera question d’améliorer tous les freins au plein exercice d’une véritable gouvernance locale notamment
les rapports avec la tutelle, la célérité dans la saisine et la réaction du juge administratif, la spécialisation des
adjoints aux Maires etc. la question de la formation des élus et leur niveau d’études devraient être examinés.

Améliorer les instruments de planification du développement territorial (local)

ÔÔ La prise en compte du secteur privé comme acteurs de développement d’un territoire en donnant des leviers
aux CTD pour les mettre dans cette synergie d’actions est fondamentale. Les instruments de coordination
au niveau communal et régional devraient être renforcés avec une forte implication des populations. Le
partenariat et la concertation devront être introduits au centre du processus de développement.

Améliorer les finances locales

ÔÔ Il s’agit de donner plus de pouvoir financier aux CTD en modernisant les impôts et taxes locaux ainsi que les
instruments de leur mobilisation et en levant les contraintes de la forte dépendance financière à l’Etat. Cela
renforcerait, à coup sûr la redevabilité dans les CTD.

2. Garanties pour l’accès à l’information et l’expression du citoyen

Le contrôle du citoyen sur l’action des élus est une composante essentielle qui concourt à une bonne
gouvernance démocratique locale. Ce qui viendrait compléter l’action des tutelles et des juges des comptes.

La loi pourrait également ajouter des instruments de concertation et de consultation à la disposition des
citoyens. En plus de ce qui est dans les lois actuelles, il pourrait être inclus l’obligation qui serait faite aux élus
de chercher une remontée d’informations de leurs administrés. Nous pourrions nous inspirer des modèles
occidentaux ci-après :

ÔÔ l’enquête publique : elle est une procédure préalable à certaines opérations projetées par une CTD et destinée
à recueillir les positions des administrés intéressés. Par ce biais, ceux-ci peuvent être amenés à participer à
l’élaboration des décisions consécutives, à tout au moins, à s’informer pour protéger leurs intérêts, contrôler
l’administration et préparer leurs recours éventuels. Cette enquête serait qu’à titre consultatif sans que le
résultat s’oppose aux élus.
ƒƒ La mise en place des conseils des quartiers dans les grands centres urbains qui pourraient être consultés
sur des questions les concernant ;
ƒƒ L’association des usagers des services publiques locaux pourrait être inscrite dans la loi aux fins de
consultation sur la qualité de service offerte ;
ƒƒ La prise en compte de la pétition de certains citoyens au cours des sessions des conseils municipaux, la
loi pourrait, à terme, aller plus loin en consacrant les référendums locaux dans notre démocratie locale. Ils
peuvent être consultatifs ou décisionnels.

| 87
ACTES
Assises Générales de la Commune

A l’issue des échanges et débats, les participants ont formulé de nombreuses recommandations
notamment celles portant sur :

1. La conduite d’enquêtes de moralité pour tout candidat à un poste de gestionnaire ou comptable public ;
2. La proposition, à la nomination aux postes de comptable public, des personnes qualifiées, notamment celles
ayant suivi des formations en la matière dans les institutions dédiées ;
3. L’organisation régulière, par la chambre des comptes de la Cour Suprême, des séminaires à l’intention des
comptables communaux, en vue de démystifier cette haute juridiction.
4. La systématisation de la pratique des certificats de recette ;
5. L’optimisation du fonctionnement des Comités Départementaux des Finances Locales
6. La programmation des paiements par ordre chronologique de dépôt des mandats ;
7. La création d’une structure technique, à rattacher aux syndicats des communes, dont la mission consisterait
à appuyer et à accompagner les commissions créées au sein des organes délibérants ;
8. L’institutionnalisation de la participation des différents corps de métiers aux travaux des commissions qui
traitent des questions liées à leurs activités ;
9. Le renforcement des capacités des élus locaux en vue de l’optimisation du fonctionnement des organes
délibérants.
10. Le renforcement de la communication institutionnelle au niveau communal, à travers notamment les radios
communautaires, les journaux muraux, les bulletins mensuels, les média sociaux et les relations de presse ;
11. L’instauration de la transparence dans la gestion des affaires publiques locales, en vue d’une meilleure
participation et adhésion des populations ;
12. L’institutionnalisation de la participation des chefs de communautés aux sessions des conseils municipaux et
la mise en place des conseils de quartiers ou de villages, avec voix consultative auprès des conseils municipaux.

Liste de références
BOURDIEU Pierre, 2002 : Les structures sociales de PAYE Olivier, 2005 :«La gouvernance: D’une notion
l’économie, Paris, Seuil polysémique à un concept politologique» In Études
internationales 361 (2005): P 13–40
Centre d’analyse et de recherche sur les politiques
PNUD : Guide de l’utilisateur pour mesurer la gouvernance
économiques et sociales du Cameroun, 2015: Country
locale
Policy and Institutions Assessment (CPIA)
RAWLS John, 1971 : Théorie de la justice
DIARRA Gaoussou et Patrick PLANE 2012 : «La Banque
Mondiale et la genèse de la notion de bonne gouvernance » SEN Armatya, 1999 : L’économie est une science morale,
: In Monde en développement, n°152, P 51-70 Paris la découverte

ENDA ECOPOP ET ONU-HABITAT, 2008: Le budget Olivier de Sardan Jean Pierre, 2009: Les huit modes de
participatif en Afrique. Manuel de formation gouvernance locale en Afrique

Professeur Joseph Vincent NTUDA EBODE dans 2005 «


ONU-HABITAT, 2009 : Lignes directrices internationales
Gouvernance : Concept et Enjeux », Séminaire organisé par
sur la décentralisation et l’accès aux services de base
l’ENAM
pour tous

| 88
Troisième partie
La cérémonie
solennelle de clôture

Elle s’est articulée autour de trois points, à savoir :

ÔÔ La déclaration des maires ayant pris part aux premières Assises Générales
de la Commune ;
ÔÔ La lecture du rapport général des assises ;
ÔÔ Le discours de clôture du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, lu par le
Ministre d’Etat, Ministre du Tourisme et des Loisirs.
ACTES
Assises Générales de la Commune

Déclaration des Maires et Délégués du


Gouvernement ayant pris part aux premières
Assises Générales de la Commune

Nous, Chefs des exécutifs municipaux représentant les 374 communes et communautés urbaines du
Cameroun,

ÔÔ Considérant la Constitution du 18 janvier 1996 qui consacre l’avènement de l’Etat unitaire décentralisé;
ÔÔ Considérant les lois fondatrices de la décentralisation du 22 juillet 2004, notamment la loi numéro 2004/017
d’orientation de la décentralisation, la loi numéro 2004/018 fixant les règles applicables aux communes et la
loi n 2004/019 fixant les règles applicables aux régions ;
ÔÔ Considérant les deux lois à caractère financier et fiscal dont la loi portant régime financier des collectivités
territoriales décentralisées du 10 juillet 2009 et celle portant fiscalité locale du 15 décembre 2009 ;
ÔÔ Considérant la création du ministère de la décentralisation et du développement local par décret n 2018/190
du 02 mars 2018 modifiant et complétant certaines dispositions du décret n 2011/408 du 09 décembre 2011
portant organisation du gouvernement ;

Remercions le Président de le République, Chef de l’Etat, Son Excellence Paul Biya, pour les hautes instructions
données au Ministre de la Décentralisation et du Développement Local en vue de l’organisation des premières
assises générales de la commune et pour avoir accepté de parrainer ledit événement auquel il s’est fait
représenter au plus haut niveau par le Premier Ministre Chef de Gouvernement, Président du Conseil National
de la Décentralisation.

Exprimons notre gratitude au Ministre de la Décentralisation et du Développement et du Local, doublée de nos


vives et chaleureuses félicitations pour la parfaite organisation desdites assises qui ont permis aux maires
et délégués du gouvernement :

1. De valoriser la commune camerounaise, collectivité territoriale décentralisée de base ;


2. D’avoir un cadre de libre expression su les enjeux majeurs de la décentralisation.

Recommandons la tenue régulière de ces assises selon une périodicité biennale en vue d’un meilleur suivi-
évaluation du processus de décentralisation et des principales décisions prises.
Encourageons le Ministre de la Décentralisation et du Développement Local à continuer sur cette lancée et lui
promettons notre disponibilité sans faille et notre soutien pour la réussite de ses délicates missions. /-

Fait à Yaoundé, le 07 février 2019

Ont signé :

Tous les Maires et Délégués du Gouvernement

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Rapport général des travaux

Rapport général des travaux

Les 6 et 7 février 2019, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, a personnellement présidé, au Palais
des Congrès de Yaoundé, les premières Assises Générales de la Commune, sous le thème « approfondir la
décentralisation pour une commune camerounaise rénovée ». Lesdites Assises étaient placées sous le Très
Haut Patronage du Président de la République, Son Excellence Monsieur Paul BIYA.

Y prenaient part, outre les chefs des exécutifs des 374 communes et communautés urbaines, 10 adjoints
aux maires, 10 conseillers municipaux, 12 secrétaires généraux de communes, 11 receveurs municipaux,
02 contrôleurs financiers de communautés urbaines, 04 officiers des centres d’état civil secondaires, ainsi
que 180 participants composés des représentants des administrations, des autorités administratives,
du parlement, des juridictions, des groupements patronaux, des chambres consulaires, des partenaires
financiers et techniques, des établissement sous tutelle du MINDDEVEL, des organisations de la société
civile

Les travaux étaient articulés autour de trois grandes phases, à savoir :

ÔÔ La cérémonie solennelle d’ouverture ;


ÔÔ Les travaux en ateliers ;
ÔÔ La cérémonie solennelle de clôture.

I. De la cérémonie solennelle d’ouverture


Elle a été ponctuée par trois allocutions et une conférence inaugurale :

a) Du mot de bienvenue du DG/CUY

A la suite des civilités d’usage, le Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Yaoundé
a souhaité à tous les participants la bienvenue dans la cité hôte et a dit le plaisir qui est le sien d’accueillir
en sa qualité de magistrat municipal, les toutes premières Assises Générales de la Commune, devant
planché sur le thème «Approfondir la décentralisation pour une Commune Camerounaise rénovée». Au terme
de son propos, il a souligné que l’objectif desdites Assises vise à formuler les propositions concrètes pour
l’amélioration de l’institution communale et la gouvernance locale.

b) De l’intervention du Keynote Speaker

Introduisant son exposé sur « Les enjeux et les défis de la décentralisation et du développement local dans
l’émergence des Etats africains », M. Alioune BADIANE, President de The Urban Think Tank Africa-TUTTA, a
indiqué que le continent africain s’urbanise irréversiblement et se décentralise progressivement.

Abordant le premier point de son exposé sur l’approche conceptuelle, il a indiqué que la décentralisation et
le développement local s’entendent comme le droit et la capacité effective pour les collectivités territoriales
de régler et gérer, sous leur propre responsabilité et au profit de leurs populations, leurs affaires publiques
en libre administration.

S’agissant du second point portant sur les enjeux, défis et opportunités de la décentralisation, il a indiqué
qu’en Afrique, selon le rapport mondial de Cités et Gouvernements locaux Unis (CGLU), si l’on s’intéresse aux
trente dernières années, la décentralisation a connu un essor considérable. En effet, de façon progressive,
ce mouvement a été adopté par la plupart des pays africains et s’est implanté comme choix politique,
économique et institutionnel.

Examinant les modèles de financement des collectivités en Afrique, il a fourni les exemples du Ghana, du
Kenya et de l’Afrique du Sud.

Sur le quatrième point de son exposé portant sur les effets des processus de décentralisation sur le
développement local et pour l’émergence, il a souligné que l’un des enjeux majeurs des processus de

| 91
ACTES
Assises Générales de la Commune

décentralisation en cours en Afrique subsaharienne est l’instauration d’un système de représentation proche
des populations.

Concluant son propos, Monsieur Alioune BADIANE a formulé quelques recommandations, à savoir
notamment :

1. Contribuer à mettre en œuvre avec succès au Cameroun les Objectifs de Développement Durable (ODD) et
surtout l’objectif 11 qui engage à faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à
tous, sûrs, résilients et durables.
2. Engager les villes et communes du Cameroun à apporter une contribution significative à la Planification et à la
mise en œuvre de la Politique nationale d’urbanisation initiée au Cameroun par l’ONU-Habitat
3. Le rôle dévolu aux villes et aux collectivités territoriales, le Cameroun doit jouer sa partition dans la mise en
œuvre du Nouvel Agenda Urbain (NAU)
4. L’Etat et les communes du Cameroun, doivent gérer la vulnérabilité et augmenter leurs capacités de résilience
à contribuer à mettre en œuvre les Recommandations du Cadre d’action de Sendaï pour la réduction des
risques de catastrophes (2015-2030).
5. Le Ministère en charge de la décentralisation et ses différents établissements sous tutelle notamment doivent
travailler au renforcement des outils de formation et de renforcement des capacités humaines financières et
techniques des collectivités territoriales.
6. Conforter et soutenir le Prix National du FEICOM des meilleures pratiques communales de développement
local.
7. Concevoir, tester et généraliser au niveau des communes et communautés urbaines, des Observatoires des
Données Communales (ODC), pour une meilleure planification du développement local.

c) Du discours du MINDDEVEL

Après avoir félicité le Premier Ministre, Chef du Gouvernement et Président, ex-qualité, du Conseil National de
la Décentralisation, le Ministre de la Décentralisation et du Développement Local a centré sa communication
d’ouverture sur deux articulations principales à savoir, d’une part, l’évocation des importants jalons de la
décentralisation au Cameroun et, d’autre part, la déclinaison des enjeux des premières Assises Générales
de la Commune.

S’agissant des jalons historiques, et sans vouloir remonter très loin dans le cours du temps, le Ministre a
situé le curseur à 1987, date de la publication de la première édition de l’ouvrage intitulé Pour le Libéralisme
Communautaire, ouvrage programmatique qui présente clairement la vision politique de son auteur, à savoir
le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA et dans lequel celui-ci indique, fort à propos, que la
décentralisation constitue, pour lui, le mode de gestion le plus approprié des affaires publiques locales.

A la suite de ce rappel historique des principaux jalons du processus, le Ministre a décliné les enjeux des
Assises. Ces enjeux, a-t-il indiqué, sont articulés autour des cinq ateliers thématiques qui structurent les
travaux des premières Assises Générales de la Commune.

Il s’agit en effet pour les participants aux travaux de formuler, sur la base d’un diagnostic exhaustif, des
propositions conséquentes, visant l’amélioration du cadre juridique et institutionnel applicable à la commune;
de proposer des champs nouveaux de compétences à transférer aux communes et aux communautés
urbaines, ainsi que les modalités novatrices de leur exercice par ces derniers, à la suite de l’évaluation de
celles transférées depuis 2010 ; de permettre une parfaite maitrise des outils de planification communale et
urbaine ; d’assurer un bon niveau des ressources aux Communes ; et d’œuvrer à une gestion optimale de ces
ressources, à travers le respect scrupuleux des exigences de gouvernance locale.

d) De l’allocution d’ouverture du Premier Ministre, Chef du Gouvernement

Dans son allocution d’ouverture, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement a, d’entrée de jeu, souligné
l’importance de la décentralisation dans les processus d’émergence des États africains, et du Cameroun
en particulier, exemple en la matière sur le continent. Il revient sur les objectifs fixés par le Président de
la République auxdites Assisses, dont l’exploration des voies et moyens d’approfondir la décentralisation
à l’échelon communal, afin de préparer les Communes à prendre toute leur place dans les chantiers du «
septennat des grandes opportunités », en faisant d’elles des territoires d’opportunités multiformes pour les

| 92
Rapport général des travaux

populations et le tissu économique. Ces Assises, qui se tiendront pendant deux jours, viseront à renforcer
les fondations de l’institution communale, à donner un souffle nouveau au développement local, et à donner
du sens à la politique de décentralisation.

Après un bref rappel de l’évolution historique de l’institution communale au Cameroun, le discours présente
la carte communale actuelle, en mettant l’accent sur la possibilité de la modifier, compte principalement
tenu des intérêts locaux et de celui des populations. Il a fait un rappel les acquis en matière de transferts
de compétences, notamment les 63 compétences transférées entre 2010 et 2018, ainsi que les ressources
y afférentes. Il a souligné la dotation de 100 millions décidée par le Chef de l’Etat pour l’année 2019, dont
l’utilisation constituera un test sur les capacités des magistrats municipaux dans la maîtrise d’ouvrage et la
conduite des projets de développement.

Ces constats posés, le Premier Ministre a jeté un regard sur certains compartiments de l’édifice municipal
qu’il convient de ravaler pour en faire un lieu d’excellence du service de la collectivité, et l’avant-garde de la
promotion de la démocratie locale et de la construction permanente du vivre ensemble. Il a appelé à relever
le défi de la participation citoyenne en renforçant la démocratie locale à l’ère du numérique, notamment par
l’implication de l’élite et de la jeunesse désireuse de se connecter ou se reconnecter avec les terroirs.

Le Chef du Gouvernement a fait un vibrant plaidoyer pour la revitalisation de la démocratie locale,


indispensable et indissociable de la rénovation de la gouvernance communale. Elle suggère la revalorisation
du rôle des organes de gestion de la Commune. Le Conseil municipal, organe d’impulsion, d’orientation et de
contrôle, mérite une attention particulière. Il sera question, en dehors de conférer des droits et obligations
aux élus, d’envisager l’examen des demandes d’accroissement du nombre de conseillers municipaux dans
certaines communes motivées par le désir d’une représentation adéquate des différentes composantes
sociologiques.

L’exécutif municipal quant à lui, appelle des réformes visant à faire du Maire ou Délégué du Gouvernement
des leaders capables de formuler une vision et de la traduire dans les faits, des serviteurs infatigables de la
cause du développement local. Dans ce sens, les formations politiques ont un rôle majeur à jouer dans le
choix des candidats à investir à cette fonction. Pour sa part, l’Etat devra continuer à favoriser les conditions
d’un exercice efficient de la fonction exécutive. Elles se traduisent par le renforcement des incompatibilités
et le respect de l’exigence légale de résidence. La prise en charge effective de la rémunération des magistrats
municipaux justifie le renforcement du contrôle de l’obligation de résidence.

Le chef de l’exécutif municipal a été doté par le législateur d’adjoints, en vue d’une répartition du travail pour
plus d’efficacité et de performance. Dans cette optique, la tendance à l’accaparement et la monopolisation,
par une seule personne, de la fonction exécutive est un travers qu’il faut rectifier. Ce nécessaire recadrage
pourrait se faire avec le concours de la tutelle, principe constitutionnellement consacré et pour lequel un
équilibre avec le principe de l’autonomie est à parfaire. A cet égard, les autorités en charge de la tutelle
devront la mettre en œuvre, au même titre que les prérogatives d’assistance-conseil et d’accompagnement,
dont les mécanismes sont décrits par un projet de décret en cours de finalisation.

Face aux difficultés liées au déficit qualitatif et quantitatif criard de ressources humaines, des solutions
pratiques sont proposées, notamment la mise à disposition temporaire de l’expertise disponible dans les
services de l’État, l’affectation définitive de personnels étatiques pris en solde par l’Etat, ainsi que de manière
plus durable, la mise sur pied d’une fonction publique locale dont la construction passe par la transformation
suffisamment ambitieuse du CEFAM.

L’amélioration du fonctionnement de la commune passe aussi par la planification. L’existence des plans
communaux de développement et les autres outils de planification urbaine est une aubaine à saisir.
Cependant, les faiblesses liées à leur mise en œuvre doivent être corrigées, particulièrement en matière
d’urbanisme, de construction, de désordre urbain et d’assainissement du cadre de vie des populations. Sous
ce registre, l’aboutissement du projet de texte précisant le cadre juridique applicable à la police municipale
apportera des éléments de réponse à ces préoccupations.

Un sentiment d’extrême centralisation semble très répandu et nécessite d’être effacé. La réponse se trouverait
dans la décentralisation et la déconcentration tant horizontale que verticale. Celles-ci interpellent au premier
chef les administrations centrales appelées à transférer effectivement des compétences et des ressources.
Cette problématique du transfert des ressources soulève la question préjudicielle de l’architecture financière

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ACTES
Assises Générales de la Commune

optimale de la décentralisation au Cameroun, basée sur une fiscalité locale profondément rénovée depuis
2009 et des transferts de ressources de l’État, sous la forme de dotations. La trop grande dépendance
des communes aux centimes additionnels communaux et le délaissement des autres sources de recettes
potentielles doit interpeller les acteurs de la décentralisation. Une emphase devrait être portée sur les
recettes non-fiscales, pouvant découlées des activités génératrices de revenus que peuvent conduire les
communes, en fonction de leurs atouts respectifs.

II. Des travaux en atelier


Les travaux proprement dits étaient organisés autour des cinq ateliers ci-après :
ÔÔ Cadre normatif et institutionnel applicable à la commune ;
ÔÔ Transfert des compétences ;
ÔÔ Planification, coopération décentralisée et développement local ;
ÔÔ Ressources de la commune ;
ÔÔ Gouvernance locale.

A- De l’atelier n° 1 portant sur la cadre juridique et institutionnel applicable à la commune


Dans son exposé de cadrage, le Pr MOMO Bernard a rappelé les différentes étapes de la décentralisation au
Cameroun, avec le tournant décisif de la loi constitutionnelle du 18 janvier 1996 qui consacre l’avènement
d’un «Etat Unitaire Décentralisé» et donne une nouvelle dynamique impulsée.

L’intervenant a ainsi fait l’état des lieux du cadre juridique et institutionnel, tout en relevant ses insuffisances
et ses incohérences, en proposant des pistes d’amélioration.

A la suite de la Constitution de 1996 qui consacre une triple évolution (amélioration de la représentation
des CTD au plan institutionnel, création d’un échelon supplémentaire des CTD (les régions), et consécration
des principes directeurs de la décentralisation), le dispositif juridique encadrant la décentralisation s’étoffé
à un rythme soutenu, avec notamment l’adoption des trois lois dites de décentralisation promulguées le 22
juillet 2004. Ces textes, ont été suivies des deux lois de 2009 à caractère financier et fiscal et d’autres textes
législatifs couvrant des domaines variés comme l’urbanisme, l’aménagement du territoire, l’état civil, les
élections.

Ce cadre légal a été enrichi d’un dispositif réglementaire constitué de plusieurs textes, pris, entre autres pour
préciser les modalités d’exercice des différentes compétences transférées par l’Etat aux Communes et aux
Communautés Urbaines, ainsi que ceux portant répartition de la dotation générale de la décentralisation et en
encadrant le processus. Par ailleurs, la réforme juridique issue des lois 2006, avec la création des Tribunaux
Administratifs Régionaux, d’ores et déjà fonctionnels, a offert des perspectives nouvelles permettant de
mieux encadrer le contentieux de la tutelle. De même, l’institution d’une Chambre des Comptes au sein de
la Cour Suprême, participe du souci d’assainir la gestion des CTD dont les comptes doivent lui être soumis.

Les débats consécutifs à cet exposé ont notamment porté sur :


ÔÔ Quel est l’état de la législation et de la réglementation applicable à la commune ?
ÔÔ Le cadre normatif applicable à la commune est-il complet et satisfaisant ?
ÔÔ Quels textes d’applications doivent être élaborés pour un fonctionnement optimal des communes ?
ÔÔ Quelles évolutions normatives et institutionnelles seraient souhaitables pour une rénovation du fonctionnement
de la commune ?
ÔÔ Les établissements publics communaux, les syndicats et les regroupements communaux, la coopération
décentralisée : une opportunité ?
ÔÔ Quelle relation entre Etat et Commune en matière de tutelle, de police municipale et d’état civil ?
ÔÔ Quelle collaboration entre la commune et les services déconcentrés de l’Etat dans l’exercice des compétences
transférées ?

Après les échanges les recommandations suivantes ont été formulées :

1. Capitaliser les acquis du cadre normatif et institutionnel, tout en l’améliorant le pour l’adapter aux nouvelles
exigences de la démocratie locale et du développement local ;
2. Prioriser les textes à élaborer et à faire aboutir ;

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Rapport général des travaux

3. Assurer l’encadrement juridique du contrôle citoyen ;


4. Prendre en compte les préoccupations des CTD dans la législation foncière ;
5. Mener une réflexion sur le fonctionnement des communes concernées par des préoccupations spécifiques
(communes insulaires, frontalières, sinistrées) pour leur permettre de mieux adresser ces spécificités ;
6. Préciser les dispositions relatives à la dévolution du patrimoine mobilier et immobilier issu du transfert des
compétences ;
7. Renforcer le pouvoir de police administrative du maire, notamment en matière d’urbanisme.
8. Mener une réflexion pour la prise en compte dans la fiscalité locale de la taxe agricole ;
9. Réécrire les dispositions légales relatives à l’obligation de résidence des exécutifs municipaux, dans le sens
du renforcement de son effectivité ;
10. Engager une réflexion sur le mode de désignation de l’exécutif municipal, en insistant sur les compétences
managériales, les exigences en termes de profil et de vision portée ;
11. Accélérer l’étude en cours au MINAT en matière de soutien par les départements ministériels aux missions de
coordination de l’autorité administrative ;
12. Engager une réflexion quant au rôle du Sous-préfet qui en tant que dépositaire de l’autorité de l’Etat dans
l’arrondissement coordonne les services déconcentrés de l’Etat
13. Engager une réflexion visant à clarifier les mécanismes de fonctionnement, à renforcer les cadres de
concertation, à procéder à une répartition claire des compétences et des ressources entre les communes
d’arrondissement et les communautés urbaines

B- De l’atelier n° 2 portant sur le transfert des compétences


L’atelier n°2 s’est focalisé sur le transfert de compétences et les principes qui le régissent, notamment
les principes de subsidiarité, de concomitance, d’égalité des collectivités territoriales décentralisées, de
spécificité de l’exercice des compétences, de complémentarité ou de non-exclusivité dans l’exercice des
compétences entre l’État et les collectivités territoriales ainsi que la progressivité. L’accent a été mis sur le
principe de subsidiarité présenté à la fois comme un principe d’efficacité de l’action publique dû à l’exercice
des compétences locales par les élus locaux et comme un principe politique résultant du partage des
prérogatives entre le gouvernement central et les collectivités territoriales décentralisées.
S’agissant des réalisations relevant du transfert de compétences au Cameroun et des défaillances y
afférentes, il a été relevé que le volume des investissements publics au sein des communes connait une
augmentation et des progrès ont été enregistrés en matière de renforcement de capacités des maires ou
des délégués du gouvernement ainsi que des initiateurs de projets sélectionnés en vue du transfert de
compétences.
Parmi les lacunes observées, figuraient le transfert de compétences sans réel contenu, sans transfert
de ressources aux fins de leur exercice, le manque d’équité, les compétences juridiquement transférées,
mais non exercées par les communes (le défrichage manuel des routes), les compétences non transférées
(le cas du développement des zones industrielles sous la responsabilité du Ministère de l’Industrie et du
Développement technologique), le manque d’appui de l’État aux collectivités territoriales par le biais de ses
services décentralisés en raison de l’absence d’un cadre juridique approprié.
Pour ce qui est des perspectives, il a été souligné le besoin de mettre en œuvre les prescriptions du Président
de la République énoncées dans son discours d’investiture du 6 novembre 2018 en prenant de nouvelles
initiatives destinées à l’amélioration de l’efficacité des communes par le biais de l’élargissement de l’étendue
des compétences transférées aux collectivités territoriales visant à leur fournir les moyens nécessaires pour
parvenir à une plus grande autonomie.
Dans cet Atelier, il a été demandé aux participants de proposer des réponses aux questions suivantes :
ÔÔ La méthodologie du transfert de compétences aux communes est-elle appropriée ?
ÔÔ Existe-t-il davantage de compétences dévolues pour stimuler le développement local et qui devraient être
transférées aux communes ?
ÔÔ Les compétences transférées sont-elles bien identifiées ?
ÔÔ Quel type de collaboration existe-t-il entre les communes et les services publics déconcentrés en matière
d’exercice des compétences transférées ?
ÔÔ Comment éviter les disparités qui surviennent entre les communes pendant l’exercice des compétences
transférées en raison de moyens insuffisants ?

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ACTES
Assises Générales de la Commune

ÔÔ Les mécanismes et les conditions de transfert de compétences sont-ils propices à l’autonomisation des
communes et au développement local ?
ÔÔ Comment améliorer le partage des compétences entre les communes d’arrondissement et les conseils
municipaux ?
ÔÔ Que devrait-on faire pour que les compétences transférées soient effectivement exercées par toutes les
communes ?

A la suite des échanges sur ces points, l’atelier 2 a formulé les propositions ci-après :

1. Procéder à une rationalisation dans la répartition des compétences entre l’Etat et les communes en tenant
compte de la vocation de la commune comme collectivité territoriale décentralisée de base, conformément à
la loi n°2004/017 du 22 juillet 2004 d’orientation de la décentralisation ;
2. Infléchir les principes de complémentarité et de non exclusivité en procédant à un transfert par grands blocs
de compétences ;
3. Relire et réécrire en conséquence les lois du 22 juillet 2004 d’orientation de la décentralisation et fixant les
règles applicables aux communes ;
4. Procéder à un élargissement des compétences transférées aux communes notamment dans les domaines
liés à la fourniture des services sociaux de base à savoir : l’eau, l’énergie, l’assainissement ;
5. Donner à la commune la responsabilité de la planification opérationnelle des services sociaux essentiels, du
foncier, de l’habitat et des infrastructures économiques, urbaines et rurales ;
6. Conférer aux communes les compétences en matière foncière et domaniale en vue de répondre à la nécessité
de disponibilité des terres pour la réalisation des projets de développement local
7. Envisager une réforme des textes sur la gestion domaniale et foncière en vue de l’adapter à la décentralisation ;
8. Étendre les compétences transférées en matière de santé et d’éducation, au recrutement et à la gestion des
personnels ;
9. Clarifier les lignes de partage de compétences entre la commune d’arrondissement et la communauté urbaine
à travers une énumération précise des compétences dévolues à chaque entité ;
10. Étendre les compétences des communes en matière de recouvrement des impôts locaux notamment
l’impôt libératoire, la taxe foncière, la patente, et la taxe d’abattage des produits forestiers pour les forêts
communautaires et communales ;
11. Privilégier, en compensation des charges inhérentes au transfert des compétences et de l’ineffectivité du
principe de concomitance, le mécanisme de dotation globale ;
12. Mettre en place une charte de la déconcentration et définir de manière claire les attributions des services
déconcentrés de l’Etat et des agents de l’Etat exerçant une compétence lorsque l’Etat en est titulaire ;
13. Ériger les compétences transférées en base d’évaluation des ressources à transférer par l’Etat à la commune
afin d’assurer une plus grande autonomie de celle-ci ;
14. Conférer à la commune la prérogative, à titre prioritaire, d’exploitation des substances minérales non
concessibles (sables, pierres, pouzzolanes, …) sur le territoire communal ;
15. Transférer à la commune l’émission et le recouvrement de la taxe d’extraction des substances non concessibles
susvisées.

C- De l’atelier n° 3 portant sur la planification, la coopération décentralisée et le développement local

Les participants à l’atelier n° 3 ont eu droit à deux exposés de cadrage, l’un présenté par Monsieur EKEME
Isaac du PNDP, portant sur le Plan Communal de Développement (PCD) et l’autre présenté par Madame
FOUDA OWOUNDI Anne Marguerite du MINDHU, relatif à la planification spatiale du développement local.

Dans le premier exposé, M. EKEME a, rappelé que la loi N°2004/017 du 22 Juillet 2004 portant orientation
de la décentralisation confère aux communes et aux régions la compétence d’élaborer et d’exécuter leurs
politiques et plans de développement dans le respect des grandes orientations de l’Etat. Il a indiqué que
la planification vise à garantir une meilleure prise en compte des contraintes de développement au niveau
communal, une implication efficace des populations dans le processus de définition des besoins et de
prise de décisions, ainsi qu’une appropriation efficace des investissements par les populations. En ce sens,
c’est ou un outil majeur de développement local. C’est donc pour contribuer à cet accompagnement des
communes que le PNDP a élaboré un guide.

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Rapport général des travaux

L’exposant a par la suite déroulé les étapes du processus de planification, à savoir :


ÔÔ La préparation qui vise à informer, sensibiliser et mobiliser les parties prenantes au processus, afin de susciter
leur participation ;
ÔÔ Le diagnostic participatif qui permet de dresser, avec l’implication de tous les acteurs concernés, un état des
lieux au sein d’une commune ;
ÔÔ La mobilisation des ressources, qui doit soutenir l’élaboration, la mise en œuvre et la gestion d’un plan
communal de développement. Elle doit aboutir à un cadrage budgétaire à partir duquel seront identifiés les
projets qui définiront les programmes.
ÔÔ La Planification qui se base sur le diagnostic participatif établi, les cadres logiques sectoriels élaborés et les huit
(08) cartes caractéristiques des spécificités de l’espace communal. Elle permet l’élaboration des programmes
du PCD, articulé autour de quatre (04) programmes dont trois (03) programmes opérationnels/techniques et
un (01) programme support.
ÔÔ La programmation qui est l’étape conduisant à l’élaboration du Programme d’Investissement Prioritaire (PIP).
Faisant le point sur le processus en cours de la planification locale, l’intervenant a souligné que les PCD ont été
élaborés dans 329 Communes essentiellement en milieu rural avec quelques Communes d’Arrondissement
couvertes. Ils sont élaborés de manière participative à travers des consultations en groupe socio-spécifiques.
Ils sont chiffrés pour ce qui est des projets matures ou pour lesquels les coûts sont connus. De même, les
besoins des communes en matière d’investissement sont proportionnels à leur capacité de mobilisation des
financements. Les PCD sont actualisés légèrement chaque année en vue de corriger les programmations
pluriannuelles et subissent une actualisation lourde après cinq ans.
Dans le deuxième exposé de cet atelier, Mme FOUDA OWOUNDI Anne, a rappelé que la planification urbaine
et territoriale est au cœur du Nouveau Programme pour les Villes adopté à HABITAT III.
Instrument incontournable des politiques nationales pour la mise en place de stratégies urbaines maîtrisées,
elle a défini la planification urbaine et territoriale comme un processus de prise de décision qui vise à atteindre
des objectifs économiques, sociaux, culturels et environnementaux par l’intermédiaire de l’élaboration de
visions, stratégies et plans spatiaux et de l’application d’un ensemble de principes et d’outils politiques, mais
aussi de mécanismes institutionnels et participatifs et de procédures réglementaires.
Elle vise ainsi à relier des perspectives de développement économique et des choix d’affectation des sols et
de réalisation d’infrastructures et d’équipements. Il s’agit dès lors de passer d’un urbanisme de rattrapage à
un urbanisme d’objectifs, c’est-à-dire planifié.
L’intervenante a rappelé le cadre juridique depuis la loi 2004/003 du 21 avril 2004 régissant l’urbanisme
au Cameroun suivie de cinq (05) décrets d’application. Cette loi institue quatre types de documents de
planification urbaine encore appelés documents d’urbanisme : le Plan Directeur d’Urbanisme (PDU), le Plan
d’Occupation des Sols (POS), le Plan de Secteur (PS) et le Plan Sommaire d’Urbanisme (PSU).
La loi 2004/018 du 22 juillet 2004 fixant les règles applicables aux communes quant à elle attribue un
certain nombre de compétences aux communes en matière d’aménagement du territoire, d’habitat et de
développement urbain, notamment, l’élaboration et l’approbation des documents de planification urbaine
(PDU, POS, PS, PSU),la délivrance des actes administratifs relatifs à l’utilisation du sol et à la construction
encore appelés actes d’urbanisme (certificat d’urbanisme, autorisation de lotir, permis d’implanter, permis de
construire, permis de démolir, certificat de conformité). La méthodologie d’élaboration de ces outils doit ainsi
mettre l’accent sur l’approche participative et de concertation avec les acteurs concernés et les populations
locales. Mme FOUDA a indiqué que le MINHDU a transféré depuis 2012 plus de 3 milliards de francs CFA aux
communes pour l’appui à l’élaboration des DPU. De 2004 fin 2018, près de 127 DPU ont été élaborés ou sont
en cours d’élaboration, sous divers financements.
L’autre défi souligné par l’exposant est la mise en œuvre des DPU pour en faire des outils de développement
local. Il s’agit de respecter les niveaux de mise en œuvre (préservation des emprises réservées pour les
équipements publics, régulation de l’utilisation du sol des différents domaines, réalisation des équipements
publics conformément au PIP, réalisation ou l’incitation de la réalisation des programmes économiques
projetées, incitation et la coordination des opérations d’aménagement projetées.
L’exposant a relevé les nombreuses difficultés émaillant le processus d’élaboration et de mise en œuvre
des DPU. Ces lacunes concernent les limites du cadre réglementaire, les déficits en quantité et qualité de
ressources humaines, le laxisme ou l’ignorance des exécutifs communaux, l’insuffisance des moyens, une
absence de coordination gouvernementale et Etat-commune pour la mise en œuvre des DPU, etc.

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ACTES
Assises Générales de la Commune

Il s’agit dès lors pour tous les acteurs de s’impliquer pour l’amélioration de ce processus. Les débats
consécutifs aux deux exposés ont porté sur :
ÔÔ Les plans communaux de développement sont-ils régulièrement élaborés, mis à jour et diffusés au niveau local
et central ?
ÔÔ Les plans communaux de développement sont-ils chiffrés et traduits dans les budgets annuels des communes?
ÔÔ L’élaboration des plans communaux de développement est-elle faite de manière participative ?
ÔÔ Comment prendre en compte les projets inscrits dans les PCD dans les BIP dans le cadre de la planification
locale et de la planification nationale ?
ÔÔ Comment exercer de manière efficace la maîtrise d’ouvrage locale à tous les cycles d’un projet ?
ÔÔ Comment faire des documents de planification spatiale (plan directeur d’urbanisme, plan de secteur, plan
d’occupation des sols, plan sommaire d’urbanisme) des outils de développement ?
ÔÔ Comment faciliter la délivrance des documents d’urbanisme dans les communes ?
ÔÔ Comment évaluer les besoins des communes en matière d’investissement ?
ÔÔ Les plans communaux de développement dans leur contenu mettent ils l’emphase sur les projets à caractère
économique au-delà des projets sociaux de base ?
ÔÔ Comment rendre les péréquations équitables et efficaces ?
ÔÔ Comment rendre attractive la commune ?
ÔÔ Comment vendre la commune et susciter la prise de risque chez l’opérateur économique ?
ÔÔ Comment mesure et évaluer le développement local ?
ÔÔ Comment faire de la coopération décentralisée un levier de développement local ?

A l’issue des échanges, les recommandations ci-après ont été formulées :

1. Les différents documents de planification communale ont été passés en revue par les participants qui les
ont hiérarchisés de la manière suivante : PDU, POS /PSU, PCD, PS. Pour leur mise en cohérence le principe
retenu est que les documents de planification du niveau inférieur doivent s’arrimer à ceux de niveau supérieur.
Pour leur mise en œuvre, les participants ont identifié les instruments de programmation suivants : CDMT,
PIP, PIA, Contrat de ville. Pour veiller à la cohérence de la planification communale avec les autres niveaux
de planification : associer les élus locaux à l’élaboration des documents de planification au niveau régional et
national;
2. Créer et/ou redynamiser les comités/commissions chargés du suivi, de la diffusion et de la mise en œuvre des
documents de planification communale. Redynamiser les commissions chargées de la délivrance des actes
d’urbanisme. Assurer le financement adéquat de ces comités et commissions en revoyant en particulier la
nomenclature budgétaire communale pour permettre la prise en charge de leur fonctionnement et à travers la
fixation par le MINDDEVEL d’un barème de rémunération de leurs membres ;
3. Exiger systématiquement le certificat d’urbanisme comme préalable à la délivrance des permis d’occupation
temporaire du domaine public ;
4. Mettre en place un programme d’élaboration des PSU et examiner la possibilité de son financement par le
FEICOM et éventuellement par les bailleurs de fonds ;
5. Arrimer les Communes aux principes du budget programme ;
6. Veiller à l’application stricte de l’opposabilité légale aux tiers des documents de planification communale ;
7. Harmoniser l’appellation des différents instruments de planification existants ;
8. Prendre en compte les projets issus des PDU et des PCD dans le BIP ;
9. Mettre en œuvre rapidement la promesse de la Hiérarchie de porter à 10 pourcent du budget national les fonds
alloués à la décentralisation ;
10. Créer un guichet unique pour le financement de la décentralisation ;
11. Mettre la Commune au centre de l’économie sociale et solidaire ;
12. Les Maires devraient mieux capitaliser l’apport du Sous-préfet et du Chef traditionnel dans la gestion des
affaires foncières ;
13. Aider les Maires à constituer des réserves foncières en finançant les indemnisations ;
14. Intégrer les Maires dans les commissions consultatives ;
15. Encourager l’intercommunalité au plan national ;

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Rapport général des travaux

16. Pour la répartition équitable des ressources sur le territoire national prendre en compte l’IDL ainsi que les
critères additionnels tels que la superficie, l’éloignement des principaux centres de décision (capitale politique,
économique et régionale), l’enclavement, et les besoins globaux tels que chiffrés et évalués par les plans ;
17. Permettre aux Maires de recruter eux-mêmes, à partir des profils bien déterminés et sur appel à candidatures
les SG et RM de leurs municipalités ;
18. Donner aux Maires un droit de regard sur la gestion des Centres d’Etat Civil Secondaires ;
19. Veiller à la disponibilité à temps des ressources allouées aux communes ou à défaut revenir à l’autonomie
financière du FEICOM ;
20. Organiser des audiences foraines sur l’ensemble du territoire national en vue de l’établissement des actes
d’état civil conformes.

D- De l’atelier n° 4 portant sur les ressources de la commune


Le cadrage de l’atelier n° 4 s’est fait autour de trois importants exposés. Le premier présenté par M. ALIOU
ISSA portait sur la mobilisation des ressources des CTD. Le deuxième présenté par Mme NDI Elisabeth
NJIE Ep. JARRETH portait sur les ressources humaines de qualité : une composante importante pour la
réalisation des missions assignées aux communes. Le troisième enfin portait sur la gestion budgétaire et
comptable des CTD, présenté par M. MBARGA Jean Claude.

A la suite des trois exposés présentés, les participants ont échangé :


S’agissant des ressources humaines, sur :

ÔÔ Le statut du personnel communal ;


ÔÔ La faisabilité juridique technique et financière d’une fonction publique locale ;
ÔÔ La problématique de la formation initiale et continue du personnel communal et réforme du CEFAM ;
ÔÔ La formation des élus locaux (maires et conseillers municipaux) ;
ÔÔ La problématique de l’adoption des organigrammes type pour la commune : quelle perspective pour
l’organisation des services de la commune ?
ÔÔ Les enjeux du transfert des ressources humaines de l’Etat à la commune pour l’exercice des compétences
transférées ;
ÔÔ Le rôle des syndicats de commune dans le recrutement et la gestion des ressources humaines mutualisées ;
ÔÔ Le statut de l’élu local.

Sur les ressources financières, les débats ont notamment porté sur :

ÔÔ Le dispositif législatif régissant les impôts locaux affectés à la commune est-il satisfaisant ?
ÔÔ L’élargissement optimum de l’assiette fiscale de la commune ?
ÔÔ La sécurisation des recettes fiscales de la commune ?
ÔÔ Le pouvoir fiscal de la commune ;
ÔÔ Le potentiel fiscal de la commune et le rendement de la fiscalité locale ;
ÔÔ Le renforcement des capacités des ressources humaines préposées à la gestion des impôts affectés à la
commune ;
ÔÔ Les outils technologiques des impôts affectés à la commune ;
ÔÔ La rationalisation du mécanisme de péréquation et des recettes d’intercommunalité ;
ÔÔ L’adéquation entre les ressources transférées à la commune et les charges correspondant à l’exercice des
compétences transférées ;
ÔÔ Les financements innovants ;
ÔÔ L’emprunt et prise de participation de la commune ;
ÔÔ Le suivi et l’exploitation des budgets et des comptes de la commune ;
ÔÔ Le contrôle de la délibération à caractère financier de la commune ;
ÔÔ La tutelle en matière budgétaire et comptable de la commune ;
ÔÔ La problématique de la production de la statistique sur la situation financière de la commune ;
ÔÔ L’arrimage à la budgétisation par programme ;
ÔÔ Le régime financier et le plan comptable sectoriel de la commune ;

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ACTES
Assises Générales de la Commune

ÔÔ Les mécanismes de mise à disposition des ressources financières de la commune ;


ÔÔ La problématique de la commande publique locale.

Sur les ressources matérielles et logistiques, les débats ont porté sur :

ÔÔ L’adéquation du patrimoine de la commune aux missions de développement local ;


ÔÔ L’allègement des modalités de mise à disposition à la commune des biens meubles et immeubles dans le
cadre de l’exercice des compétences transférées ;
ÔÔ Le rôle des syndicats de communes dans l’acquisition et la gestion des ressources matérielles et logistiques.
ÔÔ Le rôle de l’autorité de tutelle dans les mécanismes de mise à disposition des biens à la commune ;
ÔÔ La constitution du parc d’engin.

A - Synthèse des recommandations relatives à la gestion des ressources humaines


1. Trouver le moyen de renforcer les capacités des personnels existants dans les CTD ;
2. Faire un état des lieux des personnels en services dans les CTD ;
3. Elaborer un programme social et accompagner les communes en vue de se séparer des personnels au
rendement insuffisant ;
4. Rationnaliser les recrutements dans les CTD ;
5. Nommer prioritairement les personnels diplômés du CEFAM aux postes de SG et de RM dans le respect de
leur filière de formation ;
6. Formaliser la possibilité pour les communes de recruter en leur sein les agents de l’Etat ayant atteint l’âge de
limite départ à la retraite ;
7. Pourvoir aux postes vacants des SG et RM ;
8. Utilisation optimale par les Maires des ressources humaines qualifiées dont ils disposent ;
9. Uniformiser la grille salariale ;
10. Publication impérieuse du statut du personnel communal ;
11. Définition des facteurs des éléments de motivation du personnel communal ;
12. Renforcer et encadrer juridique du rôle et des compétences administratives du SGE ;
13. Élaborer une politique publique de ressources humaines des CTD sur la base d’un l’état des lieux exhaustif;
14. Accélérer la réforme du CEFAM ;
15. Création des annexes du CEFAM dans les Régions ;
16. Aménager une passerelle pour permettre aux personnels techniques de l’Etat d’apporter leur appui aux CTD ;
17. Adaptation des curricula de formation du CEFAM aux nouveaux défis de la commune ;
18. Recours aux principes de l’équilibre régional dans la sélection des personnels à former au CEFAM ;
19. Ouvrir les possibilités d’accès au CEFAM sur titre ;
20. Associer les Magistrats Municipaux aux sessions de formation des RM ;
21. Organiser des sessions de formation aux nouveaux élus et assurer permanemment leur recyclage ;
22. Explorer les pistes de convention avec les grandes écoles et instituts de formation, à l’instar de l’ISMP ;
23. Réviser les textes sur les organigrammes types en vigueur ;
24. Mutualiser par le biais des syndicats de communes le recrutement et la gestion des ressources humaines les
ressources en vue de la prise en charge de tels personnels ;
25. Amener le mandat des élus locaux à sept (07) ans ;
26. Définir les conditions de l’attribution d’une pension retraite aux Maires ;
27. Définir les avantages à accorder aux Maires sur la base du nombre de mandats effectués ;
28. Définir le statut du conseiller municipal et l’impliquer davantage dans la gestion communale ;
29. Doter les magistrats municipaux d’une plus grande autonomie dans le recrutement du personnel ;
30. Réviser et appliquer les conditions d’accès aux fonctions d’élu local ;
31. Prise en charge, par l’Etat, des dépenses salariales des personnels communaux et procédé à la retenu des
sommes correspondantes à l’occasion du reversement des ICSP ;

| 100
Rapport général des travaux

32. Apurer les arriérés de paiement des salaires des magistrats municipaux ;
33. Accorder au Maire la compétence de désignation du receveur municipal ;
34. Procéder à la désignation, pour chaque commune, des receveurs municipaux afin d’éviter l’impact négatif du
cumul de responsabilité ;
35. Définir une stratégie de stabilisation du personnel communal ayant bénéficié de formation spécifique ;
36. Mettre en place les commissions internes de passation des marchés et désigner les responsables desdites
commissions ;
37. Désigner des responsables, au profil adéquat, en charge de la comptabilité matière.

B - Synthèse des recommandations relatives à la gestion des ressources financières


1. Evaluer la loi du 15 décembre 2009 portant fiscalité locale en vue de sa relecture ;
2. Renforcer le pouvoir fiscal des communes, notamment dans le sens de leur confier l’administration de l’impôt
libératoire ;
3. Déplafonner le produit du droit de timbre automobile affecté aux communes et évaluer la réforme des modalités
de recouvrement dudit droit ;
4. Instituer une allocation constitutionnelle des ressources affectées aux communes à hauteur minimale de 10%
du budget de l’Etat ;
5. Mettre en place un groupe de travail réunissant les magistrats municipaux, les parlementaires, les responsables
de la DGI pour statuer sur les pistes de création de nouveaux impôts et taxes au profit des communes tenant
compte des spécificités de celles-ci ;
6. Engager une réflexion pour améliorer la rentabilité de la TPF en mettant à contribution les opérateurs dans le
domaine de l’eau ou de l’électricité pour ce qui est du recouvrement de la taxe foncière ;
7. Le reversement aux communes concernées de la taxe d’abattage tirée de leurs forêts communales ;
8. Mettre directement à la disposition des communes les recettes minières collectées par le CAPAM sans plus
les faire passer par le Trésor ;
9. Reverser aux communes concernées une partie des ressources fiscales générées par les projets structurant
établis sur leur territoire ;
10. Réaliser un audit du compte 421 du Trésor afin de clarifier les situations des soldes débiteurs de certaines
communes ;
11. Redynamiser le fonctionnement des CODEFIL ;
12. Améliorer le système de péréquation pour tenir compte des spécificités et contraintes des communes ;
13. Réorganiser et développer les capacités des services d’assiette et de recouvrement ;
14. Procéder à la rétrocession de la taxe d’abattage aux communes bénéficiaire.

C - Synthèse des recommandations relatives à la gestion budgétaire et comptable


1. Au nom du principe constitutionnel de libre gestion administrative et financière des communes :
a. Explorer toutes les pistes de solution conduisant à la gestion efficace du Compte Unique du Trésor et
permettant d’en d’atténuation les rigueurs ;
b. Etudier les possibilités de sortie des flux financiers du FEICOM et des Communes du réseau du Trésor
3. Mettre à la disposition des ordonnateurs, chaque trimestre, les historiques du compte 421 accompagnés des
pièces justificatives y relatives
4. Réaliser un audit du compte 421 du Trésor afin de clarifier les situations des soldes débiteurs de certaines
communes
5. Prendre l’arrêté prévu par l’article 68 al 2 pour l’amélioration de la production du compte de gestion
6. Inscrire au budget des communes les provisions pour frais de participation au fonctionnement des services
d’appui au recouvrement des créances et à la production des comptes

| 101
ACTES
Assises Générales de la Commune

E- De l’atelier n°5 portant sur la gouvernance locale


L’atelier n° 5 avait pour exposé de cadrage, la gouvernance locale : principes, enjeux et outils, présenté par
Madame NGANE Suzanne qui, d’entrée de jeu, a indiqué qu’en application de la réforme constitutionnelle du
18 janvier 1996 qui fait du Cameroun un « l’État unitaire décentralisé », trois (3) importantes lois posant les
règles générales et le principe du transfert des compétences et des ressources de l’Etat aux collectivités
territoriales décentralisées (CTD), ont été promulguées en 2004.
Bien que le Maire soit généralement le principal interlocuteur du Gouvernement et des Partenaires Techniques
et Financiers (PTF) dans la réalisation des projets de développement découlant des compétences transférées,
la mise en œuvreréussie de ce processus au niveau local, a souvent nécessité la prise en compte de tous
les groupes, la gestion des interactions tant avec les autorités de tutelle, les Services Déconcentrés de
l’Etat (SDE), qu’au sein de l’exécutif, de l’organe délibérant en passant par les autres acteurs participant à
l’amélioration du cadre et des conditions de vie des populations. La mobilisation de ces acteurs institutionnels
et non étatiques devenue une exigence dans un contexte de l’obligation de rendre compte de la gestion des
ressources allouées, de recherche de l’efficacité et de l’équité dans la délivrance des services de qualité
aux populations découle souvent de décisions prises et mises en œuvre dans un cadre organisé. Ce cadre
participe de la régulation des modes de gestion des affaires publiques locales dans ce qui est aujourd’hui
appelé la Gouvernance locale.
Terme à la mode, la gouvernance locale consiste selon le PNUD (2004), en un ensemble d’institutions, de
mécanismes et de processus qui permettent aux citoyens et groupes de citoyens d’exprimer leurs intérêts et
leurs besoins, de régler leurs différends et d’exprimer leurs droits et leurs obligations au niveau local.
Au Cameroun, en vue de favoriser une bonne administration, d’accroître l’accountability des dirigeants et
des agents de l’Etat vis-à-vis des citoyens, de garantir la transparence et d’asseoir la primauté de l’Etat de
droit, dans le sillage de la réforme constitutionnelle de janvier 1996, l’appropriation de la gouvernance dans
la gestion des affaires publiques s’est traduite par le mise en place du Programme National de Gouvernance
(PNG)annoncé par le Chef de l’Etat, dans son discours à la Nation le 31 décembre 1995.
La gouvernance locale renvoie à la décentralisation et apparaît comme un sous-produit de la gouvernance
politique et de la gouvernance administrative au niveau national. Elle implique la participation des populations,
des ONG et des organisations de base au processus de prise de décisions. Elle doit contribuer de façon
significative à la décentralisation démocratique, à la réduction de la pauvreté et à la gestion durable des
ressources naturelles locales.
Avec la gouvernance locale, les populations se voient placées au cœur de l’élaboration des politiques.
Outre la participation citoyenne, les partenariats entre les acteurs clés de l’échelon local, la compétence
transdisciplinaire des acteurs locaux, la gouvernance locale implique aussi l’obligation de rendre compte qui
renvoie à la fois à l’idée de transparence, entendue comme la libre circulation de l’information et l’accessibilité
aux procédures, et à celle de la responsabilité de l’autorité.
En plus du rôle catalyseur de l’Etat qui s’est doté d’un corpus législatif et réglementaire approprié, au Cameroun,
les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) sont considérées comme les acteurs principaux de mise
œuvre de la gouvernance locale. Afin de mettre en œuvre les prescriptions légales et réglementaires édictées
par l’Etat, les Collectivités locales disposent d’importants instruments qui garantissent la participation
comme les Plans Communaux de Développement (PCD), le processus budgétisation participative, etc.
Dès lors, pour passer de la gouvernance locale à une véritable gouvernance territoriale, il pourrait être
envisagé de revoir le cadre institutionnel, organisationnel ainsi que les ressources humaines des CTD en
vue de renforcer l’autonomie leur autonomie. Il conviendrait par ailleurs d’améliorer les instruments de
planification du développement territorial (local) et les finances locales. De même, en vue de garantir la
participation des citoyens, il faudrait envisager de rendre l’accès à l’information et l’expression citoyenne à
travers des outils comme l’enquête publique, l’institution des comités de village ou de quartier, la prise en
compte de la pétition de certains citoyens au cours des sessions des conseils municipaux, etc.
En plus de se faire une idée affinée sur le concept de gouvernance en général et de gouvernance locale en
particulier (à travers ses principes), cet atelier va permettre aux participants d’avoir un échange structuré
sur cette problématique. Un partage sera alors fait sur les enjeux, caractéristiques (constances) et outils de
la gouvernance locale. A partir d’éléments concrets, des cas pratiques de gouvernance locale malmenée, un
accent sera mis sur la pratique camerounaise de la gouvernance locale avec en toile de fond cette question
centrale : Comment promouvoir et renforcer la participation citoyenne et le principe de redevabilité à l’échelle

| 102
Rapport général des travaux

locale ? Il sera aussi question de voir les améliorations qui pourraient être apportées à nos textes pour que
la gouvernance locale soit un outil au service du développement local durable. Les participants seront ainsi
mis en situation dans des travaux de groupes pour ainsi formuler les recommandations appropriées.

A la suite de l’exposé, les participants ont échangé sur les questionnements ci-après :
ÔÔ Comment promouvoir et renforcer la participation citoyenne ?
ÔÔ Comment renforcer le principe de reddition des comptes à l’échelle locale ?
ÔÔ Comment assurer la régularité des conseils municipaux, notamment ceux à indice financière ?
ÔÔ En quoi consiste la transparence dans la gestion des affaires publiques et locales ?
ÔÔ Quels devraient être l’objet et la fréquence des contrôles effectués par les institutions spécialisées ?
ÔÔ Pourquoi la répartition des rôles au sein des exécutifs communaux n’est-elle pas effective ?
ÔÔ Faut-il évolué vers la spécialisation des adjoints ? et selon quelles modalités ?
ÔÔ Comment optimiser le fonctionnement des organes délibérants et les commissions créées en leur sein ?
ÔÔ Comment sécuriser les recettes communales et combattre les détournements des deniers publics communaux,
les malversations financières et Les plans communaux de développement sont-ils régulièrement élaborés, mis à
jour et diffusés la corruption au niveau communale ?
ÔÔ Comment adapter les règles de la commande publique locale aux spécificités de la Comment rendre attractive
la commune ?
ÔÔ Comment assurer la régularité des sessions des conseils communaux consacrés au vote du budget et des comptes ?
ÔÔ Faut-il adopter des critères d’éligibilité des maires pour une gouvernance améliorée ?
ÔÔ Comment renforcer efficacement les capacités des élus locaux ?

A l’issue des échanges et débats, les participants ont formulé de nombreuses recommandations notamment
celles portant sur :
1. La conduite d’enquêtes de moralité pour tout candidat à un poste de gestionnaire ou comptable public ;
2. La proposition, à la nomination aux postes de comptable public, des personnes qualifiées, notamment celles
ayant suivi des formations en la matière dans les institutions dédiées ;
3. L’organisation régulière, par la chambre des comptes de la Cour Suprême, des séminaires à l’intention des
comptables communaux, en vue de démystifier cette haute juridiction.
4. La systématisation de la pratique des certificats de recette ;
5. L’optimisation du fonctionnement des Comités Départementaux des Finances Locales
6. La programmation des paiements par ordre chronologique de dépôt des mandats ;
7. La création d’une structure technique, à rattacher aux syndicats des communes, dont la mission consisterait à
appuyer et à accompagner les commissions créées au sein des organes délibérants ;
8. L’institutionnalisation de la participation des différents corps de métiers aux travaux des commissions qui traitent
des questions liées à leurs activités ;
9. Le renforcement des capacités des élus locaux en vue de l’optimisation du fonctionnement des organes
délibérants.
10. Le renforcement de la communication institutionnelle au niveau communal, à travers notamment les radios
communautaires, les journaux muraux, les bulletins mensuels, les média sociaux et les relations de presse ;
11. L’instauration de la transparence dans la gestion des affaires publiques locales, en vue d’une meilleure participation
et adhésion des populations ;
12. L’institutionnalisation de la participation des chefs de communautés aux sessions des conseils municipaux et la
mise en place des conseils de quartiers ou de villages, avec voix consultative auprès des conseils municipaux.

III. De la cérémonie solennelle de clôture


Elle s’est articulée autour de trois points, à savoir :
ÔÔ La lecture du rapport général des assises ;
ÔÔ La déclaration des maires ayant pris part aux premières Assises Générales de la Commune ;
ÔÔ Le discours de clôture du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, lu par le Ministre d’Etat, Ministre du Tourisme
et des Loisirs.

| 103
ACTES
Assises Générales de la Commune

Discours de clôture du Premier Ministre, Chef du


Gouvernement, représenté par M. Bello BOUBA MAIGARI,
Ministre d’Etat, Ministre du tourisme et des loisirs

Monsieur le Président du Sénat ;


Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ;
Monsieur le Président du Conseil Économique et Social ;
Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel ;
Monsieur le Premier Président de la Cour Suprême et Monsieur le Procureur Général près ladite Cour ;
Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
Mesdames et Messieurs les Chefs de Missions diplomatiques et les Représentants des Organisations
internationales ;
Monsieur le Président des Communes et Villes Unies du Cameroun ;
Mesdames et Messieurs les magistrats municipaux ;
Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux ;
Mesdames et Messieurs les partenaires des communes ;
Distingués participants aux Assises Générales de la Commune ;

Mesdames et Messieurs ;

«Améliorer l’organisation et le fonctionnement de la commune pour renforcer la participation citoyenne


et promouvoir le développement local », tel était l’objectif assigné aux premières «Assises Générales de la
Commune » organisées sur les hautes instructions du Président de la République, qui s’achèvent ce jour.

Il s’agissait au cours de ces deux jours de réflexion et d’autocritique, de renforcer les fondations de l’institution
communale, de donner un souffle nouveau au développement local et, en fin de compte, de donner du sens
à une politique publique fondamentale, à savoir la politique de décentralisation.

Ainsi que le Chef du Gouvernement l’a indiqué à l’ouverture des travaux hier, la tenue de ces Assises à l’aube
du septennat présidentiel, renseigne sur le rôle majeur que le Chef de l’État entend faire jouer aux collectivités
territoriales décentralisées dans le « septennat des grandes opportunités ».

Mesdames et Messieurs,

Au terme de ces deux jours de travaux, il est légitime de se demander si l’objectif fixé a été atteint.
En effet, dans ce chantier de la rénovation de la commune, les réponses aux questionnements ci-après
doivent permettre de mesurer la plus-value de ces Assises : quels sont les acquis à capitaliser ? Quelles
leçons peuvent être tirées ? Quelles propositions d’amélioration réalistes, concrètes et pragmatiques pour
l’organisation et le fonctionnement de la commune ?

Pour répondre à ces questionnements, permettez-moi de me référer au Rapport Général des travaux qui
vient de nous être lu et qui a mis un accent particulier sur les recommandations et résolutions formulées par
les participants. Il en ressort clairement que ces assises auront été un grand moment de réflexion concertée
et d’analyse approfondie sur l’institution communale.

Les résultats de ces travaux, vous vous en doutez bien, serviront de levier à des actions et initiatives
correctrices, visant à donner à la décentralisation et au développement local, les moyens d’un saut qualitatif,
susceptibles d’améliorer les conditions de vie de nos populations à la base et de renforcer leur participation
à la gestion des affaires publiques.

| 104
Cérémonie de clôture

Par ailleurs, la présence de tous les chefs des exécutifs municipaux, leurs contributions denses et le partage
de leur riche expérience, ont démontré leur engagement à assumer leur rôle en tant qu’acteurs clefs du
processus d’accélération et d’approfondissement de la décentralisation. Cet engagement conforte la
démarche du Chef de l’État d’accorder aux collectivités territoriales décentralisées une place de choix dans
la marche du Cameroun vers l’émergence à l’horizon 2035. Il ne saurait d’ailleurs en être autrement, si l’on
considère qu’elles sont des instruments de la lutte contre la pauvreté à la base, des espaces d’opportunités
économiques et des creusets de la démocratie locale.

Mesdames et Messieurs,

Au cours de vos travaux, vous avez adopté une démarche méthodologique qu’il faut apprécier à sa juste
valeur. Je note que l’organisation des ateliers thématiques, a permis de traiter en profondeur des questions
et thématiques essentielles de la vie de la Commune.

Pour ce qui est du cadre juridique et institutionnel vous avez relevé les acquis, depuis l’impulsion de la loi
constitutionnelle du 18 janvier 1996 et les lois de décentralisation de 2004. Vous avez également identifié
les insuffisances et incohérences dudit cadre. Ce travail fondamental appelle, dès lors la prise de mesures
urgentes pour la relecture, et le cas échéant, la révision de textes existants afin de parvenir à la commune
rénovée. Il sera en outre question de légiférer dans les matières encore dépourvues d’un encadrement
normatif.
En ce qui concerne le cadre institutionnel, si l’on doit se réjouir de la densification continue de la carte
communale, du fonctionnement satisfaisant du dispositif existant, vous avez néanmoins indiqué la
persistance de plusieurs contraintes qui ne permettent pas toujours d’atteindre l’objectif recherché de
cohérence et d’efficacité. Au regard des enjeux nouveaux du développement local, les pistes de solutions
innovantes proposées feront l’objet d’un examen attentif pour leur opérationnalisation.

S’agissant du transfert des compétences, je me réjouis des avancées importantes que vous avez relevées,
acquis qu’il s’agira de capitaliser.

Je prends toutefois note des nombreuses difficultés qu’il nous faut encore adresser, qui concernent
notamment une meilleure clarification des compétences transférées, l’adéquation entre les compétences
transférées et les ressources d’accompagnement, ainsi que la définition des modalités de collaboration
entre les collectivités territoriales décentralisées et les Services

Déconcentrés de l’État. La performance dans ce domaine est capitale pour donner sa crédibilité à la
Commune et partant au processus de décentralisation. Le Conseil National de la Décentralisation aura à
cœur de s’assurer que les pistes de solutions proposées par les participants, de manière concertée, sont
examinées et traduites en actions concrètes.

Mesdames et Messieurs,

Ainsi que le Premier Ministre l’a rappelé à l’ouverture des Assises hier, les communes sont le moteur du
développement local. Dans l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) et les autres agendas
mondiaux, tels que le Nouvel Agenda Urbain et les agendas panafricains à l’instar de l’Agenda 2063 de l’Union
Africaine, elles ont un rôle fondamental à jouer. Certes il faut saluer l’élaboration devenue systématiques
des plans communaux de développement, cependant, les questions de cohérence, de faible ancrage de
la planification locale dans celle faite au niveau central et surtout au problème de suivi-évaluation, doivent
être adressées. L’opérationnalisation des suggestions proposées devrait permettre de parvenir à un
développement plus harmonieux et plus équilibré de notre territoire.

Les points cruciaux relatifs aux ressources financières, matérielles et logistiques sont au cœur de l’enjeu
de l’autonomie des communes si on veut qu’elles exercent convenablement leurs compétences. Vous
avez identifié des pistes de mobilisation optimale des ressources, mais surtout de renforcement du capital
humain et partant de mise en place de la fonction publique locale tant attendue. A cet effet, le Gouvernement
veillera à la synergie d’action entre les départements ministériels concernés, mais aussi à une meilleure
coordination entre les pouvoirs publics et nos partenaires techniques et financiers, pour un meilleur ancrage
des programmes et projets conduits ou soutenus sur les priorités nationales et les besoins réels des
communes.

| 105
ACTES
Assises Générales de la Commune

Naturellement sans une gouvernance locale forte, les efforts de rénovation sus décrits resteront vains.
Rapprocher l’administration des administrés à travers la décentralisation appelle en effet une relation
de confiance entre les citoyens et les magistrats municipaux. Au de-là des schémas traditionnels, les
propositions relatives au renforcement du contrôle citoyen et les exigences de redevabilité, sont autant de
pistes à creuser davantage.

Les questions transversales comme la place de la jeunesse et la prise en compte de l’aspect genre devront
davantage être adressées au niveau local.

Mesdames et Messieurs,

A l’issue de vos échanges, force est de constater que des fondations ont été posées pour une Commune
rénovée. Il s’agit maintenant pour tous les acteurs de s’approprier les solutions proposées et de les
transformer plans d’actions, en ayant constamment présent à l’esprit l’exigence de cohérence, d’efficacité
et d’efficience.

Les résultats de ces « Assises Générales de la commune » seront par ailleurs capitalisés dans le cadre du
processus, annoncé par le Chef de l’État, de mise en place des Régions.

En réitérant mes félicitations à tous les participants pour leur investissement et leur engagement, pour
l’atteinte des objectifs de ces travaux, je déclare closes les premières « Assises Générales de la Commune
camerounaise».

Vive la décentralisation et son infatigable promoteur, Son Excellence Monsieur le Président de la République !

Merci de votre bienveillante attention./-

| 106
Liste des abréviations

Liste des abréviations

AGC : Assises Générales de la Commune


CAPAM : Centre d’Appui et de Promotion des Activités Minières
CDMT : Cadre des Dépenses à Moyen Terme
CEFAM : Centre de Formation pour l’Administration Municipale
CODEFIL : Comité Départemental des Finances Locales
CTD : Collectivité Territoriale Décentralisée
CVUC : Communes et Villes Unies du Cameroun
DG/CUY : Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Yaoundé
DGI : Direction Générale des Impôts
DPU : Document de Planification Urbaine
ICSP : Impôts Communaux Soumis à Péréquation
IDL : Indice de Développement Local
ISMP : Institut Supérieur de Management Public
FEICOM : Fonds Spécial d’Equipement et d’Intervention Intercommunale
MINAT : Ministère de l’Administration Territoriale
MINDDEVEL : Ministère de la Décentralisation et du Développement Local
MINHDU : Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain
RM : Receveur Municipal
ODC : Observatoire des Données Commandes
ODD : Objectif de Développement Durable
PCD : Plan Communal de Développement
PDU : Plan Directeur d’Urbanisme
PIP : Programme d’Investissement Prioritaire
PM/CG : Premier Ministre, Chef du Gouvernement
PNDP : Programme National de Développement Participatif
PNG : Programme National de Gouvernance
PTF : Partenaires Techniques et Financiers
PNFMV : Programme National de Formation aux Métiers de la Ville
PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement
POS : Plan d’Occupation des Sols
PS : Plan de Secteur
PSU : Plan Sommaire d’Urbanisme
SDE : Services Déconcentrés de l’Etat
SG : Secrétaire Général
TUTTA : The Urban Think Tank Africa

| 107
Annexes
Termes de référence
Fiches techniques des ateliers
Liste des participants
Annexes

Assises Générales de la Commune


*********
TERMES DE RÉFÉRENCE

I. Contexte et justification ÔÔ La faible participation citoyenne et l’absence de


transparence dans la gestion des affaires publiques
L’institution communale au Cameroun est presque locales.
centenaire et trouve son ancrage historique bien
avant l’indépendance. Depuis lors, l’on a assisté C’est fort de ce constat que le Président de la
à la « municipalisation» progressive du territoire République, Son Excellence Monsieur Paul BIYA,
camerounais, consolidée par la réforme de 1974. dans son adresse à la Nation du 31 décembre
2017, a déclaré : « Les consultations que j’ai menées,
La révision constitutionnelle du 18 janvier mais aussi les multiples avis et suggestions que
1996 a consacré l’avènement de «l’État unitaire j’ai recueillis, m’ont conforté dans l’idée que nos
décentralisé», matérialisé, d’une part, par le
concitoyens souhaitent participer davantage à la
renforcement de la commune, et d’autre part, par
gestion de leurs affaires, notamment au niveau local
la création de la région comme deuxième échelon
(…) Je crois fermement à cet égard, que l’accélération
de l’architecture décentralisée. Le raffermissement
de notre processus de décentralisation va permettre
de la décentralisation dont il est question concerne
de renforcer le développement de nos régions (…)
essentiellement la commune et doit se comprendre
J’ai dans cette optique, prescrit la mise en œuvre des
comme un véritable processus de développement
mesures nécessaires pour concrétiser rapidement
local, caractérisé essentiellement ces dernières
cette réforme majeure».
années, par l’enrichissement et la consolidation
du cadre juridique et institutionnel, d’une part, et C’est dans ce sillage qu’il convient également de
l’opérationnalisation des premiers transferts de situer la création du Ministère de la Décentralisation
compétences et de ressources aux communes, dès et du Développement Local, par décret n°2018/190
2010, d’autre part. du 02 mars 2018 modifiant et complétant certaines
Vingt-deux (22) ans après la constitutionnalisation dispositions du décret n°2011/408 du 09 décembre
de la décentralisation, force est de reconnaître que 2011 portant organisation du Gouvernement.
la commune camerounaise, dont le Président de A ce nouveau département ministériel, le Président
la République magnifiait déjà les vertus dès 1987 de la République a formulé des orientations précises
dans Pour le libéralisme communautaire, n’a pas lors du conseil ministériel du 15 mars 2018, en
encore déployé pleinement son potentiel, en raison
indiquant : « Nos populations à travers le pays n’ont
de diverses pesanteurs. En effet, aux termes des
cessé d’exprimer leur volonté d’être associées plus
dispositions de la loi n°2004/018 du 22 juillet 2004
étroitement à la gestion des affaires qui influencent
fixant les règles applicables aux communes, «la
directement leur quotidien. La création du Ministère
commune est la collectivité territoriale décentralisée
de la Décentralisation et du Développement Local
de base» (article 2(1)), exerçant une «mission générale
s’inscrit dans l’optique d’apporter une réponse
de développement local et d’amélioration du cadre et
rapide à ces demandes récurrentes. J’attends à
des conditions de vie de ses habitants»(article 3(1)).
brève échéance des propositions détaillées et un
En effet, les améliorations à apporter concernent chronogramme relatif à l’accélération du processus
notamment les faiblesses et les insuffisances ci- de décentralisation en cours. »
après :
Dans son discours de prestation de serment le 6
ÔÔ La non-application intégrale du cadre normatif novembre 2018, le Chef de l’État a préfiguré un
existant, et le fonctionnement peu optimal de nouveau chantier visant l’amélioration de l’efficacité
certains organes et instances ; de l’institution communale en ces termes : « dans les
ÔÔ Le faible rendement de la fiscalité locale, qui meilleurs délais possibles, des mesures seront prises
constitue un frein à l’autonomie financière des pour élargir le champ de compétences des collectivités
communes ; territoriales afin de leur donner les moyens d’une plus
ÔÔ L’insuffisance en quantité et en qualité des grande autonomie ».
ressources humaines;
Les Assises Générales de la Commune sont
ÔÔ Le déficit en infrastructures et en équipements ;
organisées en exécution de ces très hautes directives
ÔÔ L’insuffisance de l’offre et de l’accès aux services présidentielles. Elles offriront, au lendemain de la
sociaux de base ;

| 109
ACTES
Assises Générales de la Commune

prorogation du mandat en cours des conseillers socio-politiques ci-après : les magistrats municipaux
municipaux, un cadre de réflexion concertée et (maires, délégués du gouvernement et quelques
d’analyse approfondie sur l’institution communale, adjoints) ; les députés et sénateurs; des conseillers
portant sur des thématiques spécifiques devant municipaux ; des secrétaires généraux de mairie;
déboucher sur des propositions et des solutions des receveurs municipaux ; les administrations
concrètes, dans le but de donner un nouvel élan à la (PRC, SPM, SP-CND, MINDDEVEL, CONSUPE, MINFI-
commune. DGI, MINFI-DGTCFM, MINFI-DGB, MINEPAT-DPI,
MINEPAT-DGPAT, MINHDU, MINEDUB, MINMAP,
Les assises sont placées sous le très haut patronage MINEE, MINTP, MINSANTE, MINADER, DGSN) ; les
du Président de la République. autorités administratives; les chefs traditionnels;
les présidents des tribunaux administratifs ; les
II. Objectifs
groupements patronaux ; les chambres consulaires;
A. Objectif général : les partenaires techniques et financiers (la GIZ, la
KFW, UNICEF, la Coopération française, la Banque
Améliorer l’organisation et le fonctionnement de la Mondiale, le PNUD, la SNV, l’UE, la BAD) ; le PNDP,
commune, pour renforcer la participation citoyenne le FEICOM, le BUNEC, le CEFAM, le PNFMV ; le
et promouvoir le développement local. CARPA; l’Institut National de la Statistique ; les
partis politiques représentés au sein des conseils
B. Objectifs spécifiques :
municipaux; les organisations de la société civile;
ÔÔ Partager et mutualiser l’état des lieux de les universitaires ; les syndicats des personnels
l’organisation et du fonctionnement de la commune; communaux ; des officiers d’état civil des centres
secondaires.
ÔÔ Susciter une réflexion impliquant divers acteurs,
sur les pistes de rénovation de la commune ; V. Lieu et date
ÔÔ Formuler des propositions réalistes, susceptibles
d’améliorer l’organisation et le fonctionnement de Les « assises générales de la commune » se dérouleront
l’institution communale, ainsi que la gouvernance à Yaoundé, pendant deux (02) jours (6 et 7 février 2019).
locale et partant, le cadre et les conditions de vie Lieu : Palais des Congrès
des populations ; VI. Méthodologie de travail
ÔÔ Compléter et améliorer le cadre normatif et
institutionnel avant les prochaines élections Le programme desdites assises s’articulerait autour
municipales. de trois (02) séances plénières (ouverture et clôture)
et des ateliers thématiques.
III. Résultats attendus : A. Des séances plénières
Au plan pratique, les résultats ci-après sont ÔÔ Une plénière d’ouverture (DG/CUY, keynote speaker,
escomptés : MINDDEVEL et allocution solennelle d’ouverture du
PMCG );
ÔÔ L’état des lieux de l’organisation et du
ÔÔ Une plénière de clôture.
fonctionnement de la commune est partagé ;
ÔÔ Les participants adhèrent aux propositions de B. Un side event sous la forme d’une foire-exposition
rénovation de l’institution communale ; des acteurs et partenaires de la Commune
ÔÔ Des propositions sont formulées en vue : d’une ÔÔ Douze à quinze stands autour de la thématique
part, d’améliorer la gouvernance locale, s’agissant de la Commune camerounaise, animés par : le
notamment de la gestion des deniers publics MINDDEVEL, le FEICOM, le BUNEC, le PNDP, le
communaux, de l’enracinement de la participation CEFAM, les CVUC, la CUY, la CUD et la SMID, la
citoyenne, de la promotion de la transparence; GIZ, le CARPA, le MATGENIE, les syndicats de
d’autre part, de rénover l’organisation et le communes, etc.
fonctionnement de l’institution communale ;
C. Des ateliers thématiques
ÔÔ Les textes juridiques à élaborer, en rapport avec la
rénovation attendue de la commune, sont identifiés. Les ateliers seront organisés autour de cinq (05)
principales thématiques, à savoir : le cadre juridique
IV. Participants et institutionnel applicable à la commune, les
transferts de compétences, la planification et le
Prendront part aux Assises générales de la
développement local, les ressources communales,
commune, six cents (600) personnes, dont 2/3
et enfin, la gouvernance locale.
relevant des communes, réparties parmi les acteurs

| 110
Annexes

1. Format des ateliers ÔÔ Les mécanismes et modalités de transfert des


compétences sont-t-ils propices à l’autonomisation
Chaque atelier thématique sera constitué de : des communes et au développement local ?
un président (modérateur) ; deux vice-présidents
ÔÔ Comment améliorer le partage de compétences
désignés par CVUC ; deux rapporteurs ; un exposant;
entre les communes d’arrondissement et les
une équipe de secrétariat ; deux (02) interprètes ; un
communautés urbaines?
(01) traducteur ; 120 participants.
ÔÔ Que faire pour que les compétences transférées
2. Extrants de chaque atelier soient effectivement exercées par toutes les
communes ?
Au terme de chaque atelier, l’équipe du secrétariat
et le rapporteur désigné produisent les documents ÔÔ Quels critères pour la détermination des communes
ci-après : l’exposé liminaire sur la thématique; devant bénéficier de transferts en ressources pour
le rapport des travaux en atelier ; le relevé des l’exercice d’une compétence ?
recommandations et propositions ; la liste des Atelier n°3 : planification et développement local
participants ou feuille de présence.
Les plans communaux de développement sont-ils
3. Contenu des ateliers thématiques régulièrement élaborés, mis à jour et diffusés au
niveau local et central ?
Atelier n°1 : Cadre normatif et institutionnel
applicable à la commune. ÔÔ Les plans communaux de développement sont-ils
ÔÔ Quel est l’état de la législation et de la réglementation chiffrés et traduits dans les budgets annuels des
applicable à la commune ? communes ?
ÔÔ Quel cadre organique pour un fonctionnement ÔÔ Comment prendre en compte les projets inscrits
optimal de la Commune ? dans les PCD dans le budget d’investissement
public dans le cadre de la planification locale et de
ÔÔ Le cadre normatif applicable à la commune est-il
la planification nationale ?
complet et satisfaisant ?
ÔÔ Comment exercer de manière efficace la maîtrise
ÔÔ Quels textes d’application doivent être élaborés
d’ouvrage locale à tous les cycles d’un projet ?
pour un fonctionnement optimal des communes?
ÔÔ Comment faire des documents de planification
ÔÔ Quelles évolutions normatives et institutionnelles
spatiale (plan de directeur d’urbanisme, plan de
seraient souhaitables pour une rénovation du
secteur, plan d’occupation des sols, plan sommaire
fonctionnement de la commune ?
d’urbanisme) des outils de développement ?
ÔÔ Les établissements publics communaux, les
ÔÔ Comment faciliter la délivrance des documents
syndicats, les regroupements communaux et la
coopération décentralisée: une opportunité ? d’urbanisme par les communes ?
ÔÔ Quelles relations entre l’État et la commune en ÔÔ Comment évaluer les besoins des Communes en
matière de tutelle, de police municipale et d’état matière d’investissement ?
civil ? ÔÔ Comment rendre les péréquations équitables et
ÔÔ Quelle collaboration entre la commune et les efficaces ?
services déconcentrés de l’État dans l’exercice des ÔÔ Comment mesurer et évaluer le développement
compétences transférées ? local ?
ÔÔ La coopération décentralisée comme levier de
Atelier n°2 : Transferts de compétences développement local ?
ÔÔ La méthodologie du transfert des compétences
aux communes est-elle appropriée ? Atelier n°4 : Ressources de la commune
ÔÔ Existe-t-il des compétences plus pertinentes à Ressources humaines
même d’impulser le développement local, qui ÔÔ Les ressources humaines dont dispose la commune
mériteraient d’être transférées aux communes ? sont-elles en adéquation (quantitativement et
ÔÔ Les compétences transférées ont-t-elles été bien qualitativement) avec ses missions en général, et
identifiées? en particulier avec les compétences transférées ?
ÔÔ Quelle collaboration entre la commune et les ÔÔ Quel statut pour le personnel communal ?
services déconcentrés de l’État dans la mise en ÔÔ Vers une fonction publique locale ?
œuvre des compétences transférées ?
ÔÔ Comment renforcer la formation initiale et continue
ÔÔ Comment éviter les disparités entre communes du personnel communal ?
dans l’exercice des compétences transférées du
ÔÔ Quels sont les problèmes posés par les
fait de l’insuffisance des moyens ?

| 111
ACTES
Assises Générales de la Commune

organigrammes types ? ces organigrammes Atelier n°5 : Gouvernance locale


permettent-ils à la Commune d’accomplir ses ÔÔ Comment promouvoir et renforcer la participation
missions de développement ? citoyenne et le principe de redevabilité à l’échelle
ÔÔ Quels axes pour la réforme du Centre de Formation locale ?
pour l’Administration Municipale (CEFAM) ? ÔÔ Comment assurer la régularité des conseils
ÔÔ Quelles ressources humaines de l’État faut-il municipaux notamment ceux à incidence financière
transférer pour l’exercice des compétences? (adoption des Comptes et budgets) ?
ÔÔ Quel rôle pour les syndicats de communes dans le ÔÔ En quoi consiste la transparence dans la gestion
recrutement et la gestion de ressources humaines des affaires locales?
mutualisées ? ÔÔ Quel est l’objet et la fréquence des contrôles
effectués par les institutions spécialisées ?
Ressources financières
ÔÔ Pourquoi la répartition des rôles au sein des
ÔÔ Le rendement de la fiscalité locale est-il à même de exécutifs communaux n’est pas effective ?
conforter l’autonomie financière de la commune ?
ÔÔ Comment améliorer les rapports entre le maire et le
ÔÔ Le régime financier des CTD est-il appliqué de secrétaire général ?
manière satisfaisante dans la commune ? ÔÔ Faut-il évoluer vers la spécialisation des adjoints?
ÔÔ Quelle place pour les financements innovants dans Selon quelles modalités ?
la mobilisation des ressources par la commune ? ÔÔ Comment améliorer la collaboration entre le maire
ÔÔ Les ressources transférées et les dotations de et le receveur municipal ?
l’Etat sont-elles à un niveau suffisant pour soutenir ÔÔ Comment optimiser le fonctionnement des organes
le développement local ? délibérants et des commissions créées en leur sein
ÔÔ Dans quel sens améliorer les systèmes de ?
péréquation actuels ? ÔÔ Comment combattre les détournements des
ÔÔ Quelles perspectives pour la réforme du deniers publics, les malversations financières et la
Fonds Spécial d’Équipement et d’Intervention corruption au niveau communal ?
Intercommunale (FEICOM) ? ÔÔ Comment adapter les règles de la commande
ÔÔ Quelles améliorations faut-il apporter au publique aux spécificités de la Commune?
fonctionnement du Compte unique du Trésor en ce ÔÔ Comment assurer la régularité des sessions des
qui concerne les Communes? conseils communaux consacrés au vote des
ÔÔ Comment améliorer les mécanismes de mise à budgets et des comptes?
disposition des ressources aux communes pour ÔÔ Faut-il adopter des critères d’éligibilité des maires
l’exercice des compétences transférées ? pour une gouvernance améliorée? Comment
ÔÔ Quelle fraction des recettes de l’État qui pourrait renforcer efficacement les capacités des élus ?
être affectée à la dotation générale de la VII. Livrables avant, pendant et à l’issue des
décentralisation (DGD) ? assises (en version bilingue)
ÔÔ Quelles opportunités et contraintes induites par
l’arrimage des communes au budget-programme? 1. Le discours de bienvenue du DG/CUY ;
2. Le discours du MINDDEVEL ;
Ressources matérielles et logistiques
3. L’allocution solennelle d’ouverture ;
ÔÔ Le patrimoine de la commune est-il en adéquation
4. L’allocution solennelle de clôture
avec ses missions ?
5. La keynote address ou exposé de cadrage ;
ÔÔ Comment alléger les modalités de mise à
disposition aux communes des biens meubles 6. Les exposés thématiques ;
et immeubles dans le cadre de l’exercice des 7. Les fiches techniques de cadrage des travaux de
compétences transférées par l’Etat ? chaque atelier ;
ÔÔ Quel rôle pour les syndicats de communes dans 8. La liste des participants et leur répartition dans les
l’acquisition et la gestion de ressources matérielles ateliers;
mutualisées pour l’atteinte de résultats plus 9. Les rapports d’atelier ;
probants ? 10. Le rapport général des assises ;
ÔÔ Quel rôle pour l’autorité de tutelle dans ces 11. Le relevé des recommandations et propositions ;
mécanismes ?
12. Les actes des «Assises générales de la Commune».

| 112
Annexes

FICHES TECHNIQUES
Atelier n°1 : Cadre normatif et institutionnel applicable à la Commune

1. Etat des lieux ÔÔ Identifier les insuffisances et les incohérences du


dispositif juridique et institutionnel en matière de
La loi constitutionnelle n°96/06 du 18 janvier décentralisation ;
1996 a, par son contenu ambitieux et la densité
ÔÔ Proposer des pistes d’amélioration du dispositif
des dispositions sur cette thématique, donné une
juridique et institutionnel, pour lui permettre de
nouvelle impulsion à la décentralisation, option
mieux répondre aux enjeux de l’approfondissement
confortée par la promulgation d’un cadre législatif
et de l’accélération de la décentralisation.
qui embrasse l’essentiel des questions posées en ce
domaine. 3. Résultats attendus
Aux lois d’orientation et de mise en œuvre promulguées A l’issue des travaux de l’atelier les résultats ci-après
en 2004, il convient, en effet, de mentionner les deux sont escomptés :
lois à caractère financier et fiscal de 2009 ainsi
que celles couvrant des domaines aussi variés ÔÔ L’état des lieux du cadre juridique et institutionnel
que l’urbanisme, l’aménagement du territoire, l’état- est effectué ;
civil, les élections, la réforme judiciaire, auxquelles ÔÔ Les insuffisances et les incohérences sont relevées;
il faut adjoindre plusieurs textes réglementaires, ÔÔ Les pistes d’amélioration du dispositif juridique et
dont, notamment, ceux déterminant les modalités institutionnel sont identifiées.
d’exercice des compétences transférées aux
communes. 4. Méthodologie
Au plan institutionnel, on note un dispositif organisé Les travaux seront menés selon une approche
autour des acteurs principaux de pilotage que sont le participative, avec un exposé introductif (cadre
Président de la République, le Premier Ministre, Chef juridique et institutionnel) à la thématique dont
du Gouvernement, par ailleurs Président du Conseil l’ambition est de donner un aperçu général des
National de la Décentralisation, et le Ministère de la problématiques soulevées. Cet exposé sera suivi
Décentralisation et du Développement Local dont la d’échanges et la formulation de recommandations.
création, toute récente traduit dans les faits l’option
de la nation pour un « Etat unitaire décentralisé ». 5. Les principaux points à débattre
A ces acteurs stratégiques s’ajoutent des organes
Au regard des objectifs sus fixés, l’exposant devra
opérationnels et de suivi.
examiner les questions ci-dessous, qui feront l’objet
Malgré cet important dispositif, l’approfondissement d’échanges :
de la décentralisation reste buté à des défis d’ordre
ÔÔ Quel est l’état de la législation et de la réglementation
juridique et institutionnel. L’on note, en effet, des
applicable à la commune ?
insuffisances et des incohérences qui ne permettent
pas au processus en cours d’être en conformité ÔÔ Le cadre normatif applicable à la commune est-il
avec le prescrit constitutionnel en matière de complet et satisfaisant ?
décentralisation, ni de rendre opérationnelles les ÔÔ Quels textes d’application doivent être élaborés
orientations stratégiques du Chef de l’Etat dans ce pour un fonctionnement optimal des communes?
secteur. ÔÔ Quel cadre organique pour un fonctionnement
optimal de la commune ?
2. Objectifs de l’atelier
ÔÔ Quelles évolutions normatives et institutionnelles
Cet atelier a pour objectif général d’évaluer le cadre seraient souhaitables pour une rénovation du
juridique et le dispositif institutionnel existant. fonctionnement de la commune ?
De manière spécifique, il est question de : ÔÔ Les établissements publics communaux, les
syndicats et regroupements communaux, la
ÔÔ Faire l’état des lieux du cadre juridique et coopération décentralisée : une opportunité ?
institutionnel en matière de décentralisation;

| 113
ACTES
Assises Générales de la Commune

ÔÔ Quelle relation entre Etat et Commune en matière FEICOM ; Autorités administratives ; Magistrats
de tutelle, de police municipale et d’état civil ? municipaux ; Secrétaires généraux de mairie;
ÔÔ Quelle collaboration entre la commune et les Receveurs municipaux ; Représentant de syndicats
services déconcentrés de l’Etat dans l’exercice des des personnels communaux; Présidents de tribunaux
compétences transférées ? administratifs ; Universitaires et experts en question
de droit de la décentralisation; Représentants des
ÔÔ Quelle serait la sanction la plus efficace pour une
PTF ; Représentants d’organisations de la société
meilleure gouvernance ?
civile.
6. Participants
Président : IG/MINDDEVEL
L’atelier sera constitué d’une soixantaine de Exposant : Pr. MOMO Bernard
participants : Représentant de la PRC ; Représentant Rapporteurs : DAJ- DESPC
des SPM ; Sénateurs et Députés ; Représentants
Equipe du secrétariat : MM. OYONO ESSOMBA-
du MINDDEVEL ; Représentant du MINMAP ;
ONANA ESSOMBA Pierre
Représentant du MINDHU ; Représentant du
MINEPAT ; Représentant du MINFI ; Représentants

Atelier n°2 : Transferts de compétences

I. ETAT DES LIEUX III. OBJECTIFS SPECIFIQUES


Depuis l’exercice 2010, l’Etat a transféré aux ÔÔ Améliorer les mécanismes et les modalités du
communes et communautés urbaines soixante-trois transfert des compétences aux communes;
(63) compétences dans les matières nécessaires à
ÔÔ Elargir le champ de compétence des Communes;
leur développement économique, social, sanitaire,
éducatif, culturel et sportif. En contrepartie de ce ÔÔ Identifier de nouvelles compétences ayant un
transfert et sur la base du principe de concomitance, impact sur le vécu des populations à transférer aux
d’importantes ressources leur ont été allouées, à communes.
travers le budget de vingt (20) ministères sectoriels
dont lesdites compétences relèvent. IV. RESULTATS ATTENDUS

Si dans l’ensemble, l’on peut se réjouir de l’effectivité ÔÔ Mécanisme du transfert des compétences
de ces transferts, il convient cependant de relever amélioré;
que lesdites compétences posent un certain nombre ÔÔ Champ des compétences des communes élargi ;
de problèmes notamment :
ÔÔ Collaboration entre les CTD et les SDE dans la mise
ÔÔ Le contenu vague et peu opérationnel de certaines
compétences transférées aux communes par la en œuvre des compétences transférées encadrée
loi n° 2004/018 du 22 juillet 2004 fixant les règles et effective ;
applicables aux communes ; ÔÔ Critères pour la détermination des communes
ÔÔ L’absence de définition des modalités de devant bénéficier de transfert en ressources pour
collaboration entre les Services Déconcentrés de l’exercice d’une compétence arrêtés.
l’Etat et les communes ;
ÔÔ La répartition peu satisfaisante des compétences V. METHODOLOGIE
et des ressources entre les communautés urbaines
Après un exposé introductif, les travaux seront suivis
et les communes d’arrondissement.
par des échanges sur la thématique et la formulation
II. OBJECTIF GENERAL des recommandations à présenter en plénière.

Avoir une compréhension partagée par tous les VI. POINTS A DEBATTRE
acteurs du champ des compétences transférées aux
communes. ÔÔ La méthodologie du transfert des compétences
aux communes est-elle appropriée ?

| 114
Annexes

ÔÔ Existe-t-il des compétences plus pertinentes à ÔÔ Que faire pour que les compétences transférées
même d’impulser le développement local, qui soient effectivement exercées par toutes les
mériteraient d’être transférées aux communes ? communes ?
ÔÔ Les compétences transférées ont-elles été bien
VII. PROFIL DES PARTICIPANTS
identifiées ?
ÔÔ Quelle collaboration entre la commune et les MINDDEVEL ; MINEPIA ; MINHDU ; MINEDUB ; MINEE;
Services Déconcentrés de l’Etat dans la mise en MINTP; MINSANTE ; MINADER ; MINAS; MINEFOP;
œuvre des compétences transférées ? Magistrats Municipaux ; Députés et Sénateurs ;
ÔÔ Comment éviter les disparités entre communes Conseillers Municipaux; Secrétaires Généraux ;
dans l’exercice des compétences transférées du Receveurs Municipaux ; Autorités Administratives. /-
fait de l’insuffisance des moyens ?
Président : SG/MINAT
ÔÔ Les mécanismes et modalités de transfert des
Exposant : M. OWONO OWONO Etienne
compétences sont-ils propices à l’autonomisation
des communes et au développement local ? Rapporteurs : CT2- DSL
ÔÔ Comment améliorer le partage de compétences Equipe secrétariat : M. KAMDEM KOUAM Brice –
entre les communes d’arrondissement et les Mme EKESSI Amanda
communautés urbaines?

Atelier n°3 : Planification, coopération décentralisée et développement local

I. ETAT DES LIEUX Ces instruments mis en place commandent aussi


la participation des communautés, appelées à se
Avec la réforme constitutionnelle du 18 janvier 1996 et prendre en charge, et à contribuer au développement
la promulgation des lois sur la décentralisation, suivi de leurs localités.
de la signature des décrets y relatifs, le Cameroun a
fait de la Commune le socle de son développement II. OBJECTIFS
socio-économique. Il s’est, du fait de ces lois, engagé
dans une dynamique de capitalisation du potentiel A. Objectif général
local, à travers une planification qui se veut à la fois Faire des outils de planification des moteurs de
stratégique et spatiale. développement local.

Les planifications régionale et locale deviennent les B. Objectifs spécifiques


leviers sur lesquels les acteurs de développement ÔÔ Mettre en cohérence les différents outils de
doivent agir pour apporter des solutions aux planification ;
problèmes liés à l’amélioration des conditions de vie ÔÔ Définir les mécanismes d’une meilleure prise en
des populations. compte des projets issus des PCD dans le BIP ;
L’action de ces acteurs devrait s’inscrire dans un ÔÔ Permettre un développement harmonieux et
cadre légal, fait d’outils de planification stratégique équilibré des territoires sur la base de l’Indice du
et pluriannuelle (Plan Communal Développement) et Développement Local (IDL) ;
autres outils de planification spatiale (Plan Directeur ÔÔ Disposer d’un tableau de bord de suivi évaluation
d’urbanisme, Plan d’Occupation des Sols, Plan de du développement local ;
Secteur, Plan Sommaire d’Urbanisme). ÔÔ Promouvoir le développement socio-économique
Parmi ceux-ci le Plan Communal de Développement des territoires ;
semble être, d’une part, l’instrument d’expression ÔÔ Présenter la coopération décentralisée comme une
des besoins et des priorités de la politique opportunité pour le développement local.
communale et, d’autre part, de cadrage des actions
de développement à court et moyen terme avec la III. RESULTATS ATTENDUS
participation des populations et autres acteurs de ÔÔ Les axes de mise en cohérence des différents outils
développement. de planification sont connus ;

| 115
ACTES
Assises Générales de la Commune

ÔÔ Les méthodes d’élaboration, d’actualisation et de ÔÔ Comment faire des documents de planification


diffusion des PCD sont partagées ; spatiale (plan directeur d’urbanisme, plan de
ÔÔ Les mécanismes de prise en compte des projets secteur, plan d’occupation des sols, plan sommaire
issus des PCD sont définis ; d’urbanisme) des outils de développement ?
ÔÔ Les modalités de suivi de la maîtrise d’ouvrage des ÔÔ Comment faciliter la délivrance des documents
projets locaux sont définies ; d’urbanisme par les Communes ?
ÔÔ Les critères de répartition équitable des ÔÔ Comment évaluer les besoins des Communes en
investissements dans les communes sont définis ; matière d’investissement ?
ÔÔ Les modalités de facilitation de la délivrance des ÔÔ Les Plans Communaux de Développement dans
documents d’urbanisme sont définies ; leur contenu mettent ils l’emphase sur les projets à
caractère économique au-delà des projets sociaux
ÔÔ Un tableau de bord suivi évaluation du
de base ?
développement local est disponible ;
ÔÔ Comment rendre les péréquations équitables et
ÔÔ Les axes et mesures permettant le développement
efficaces ?
socio-économique des territoires sont proposés ;
ÔÔ Comment rendre attractive la Commune ?
ÔÔ La coopération décentralisée comme opportunité
de développement est présentée. ÔÔ Comment vendre la Commune et susciter la prise
de risque chez l’opérateur économique ?
IV. METHODOLOGIE DE TRAVAIL ÔÔ Comment mesurer et évaluer le développement
local ?
La méthodologie de travail sera participative à
travers des échanges suite à deux exposés présentés ÔÔ Comment faire de la coopération décentralisée un
sur la problématique (planification stratégique et levier de développement local ?
planification urbaine) ;
VI. PROFIL DES PARTICIPANTS
V. POINTS A DEBATTRE
Les Magistrats municipaux (maires, délégués du
ÔÔ Les Plans Communaux de Développement sont-ils gouvernement et leurs adjoints) ; Les députés
régulièrement élaborés, mis à jour et diffusés au et sénateurs ; Les conseillers municipaux ; Les
niveau local et central ? administrations (MINEPAT/DGPAT, MINHDU,
ÔÔ Les Plans Communaux de Développement sont-ils MINADER) ; Les autorités administratives ;
chiffrés et traduits dans les budgets annuels des Les groupements patronaux ; Les Partenaires
communes ? Techniques et Financiers (GIZ, FEICOM, PNDP); Les
OSC ; L’Ordre National des Ingénieurs Urbanistes ;
ÔÔ L’élaboration des plans Communaux de Les universitaires.
Développement est-elle faite de manière
participative ? Président : M. MBASSA NDINE Roger
ÔÔ Comment prendre en compte les projets inscrits Exposants : M. EKEME Isaac et Mme FOUDA
dans les PCD dans le BIP dans le cadre de la pla- OWOUNDI
nification locale et de la planification nationale ? Rapporteurs : DPDL- DPDS
ÔÔ Comment exercer de manière efficace la maîtrise Equipe du secrétariat : Mmes FOUAPON Rikiatou–
d’ouvrage locale à tous les cycles d’un projet ? EDIMA Esther Mireille

| 116
Annexes

Atelier n°4 : Ressources de la Commune

I – Etat des lieux IV – Les résultats attendus

La qualité et le niveau des ressources humaines, ÔÔ L’état des lieux du système de gestion de l’ensemble
financières, matérielles et logistiques de la commune des ressources de la commune est partagé ;
sont au cœur de l’enjeu de l’autonomie de celle-ci. En ÔÔ Des propositions en vue de l’amélioration de la
effet, pour exercer convenablement les compétences gestion des ressources humaines de la commune
qui lui sont transférées, et donc remplir sa mission de sont formulées ;
développement local, elle doit disposer de ressources
ÔÔ Des propositions visant à accroître la mobilisation
suffisantes.
des ressources financières de la commune et à en
Pour chacune des dimensions susmentionnées des faciliter la mise à disposition sont identifiées ;
ressources de la commune camerounaise, il semble ÔÔ Des axes précis de modernisation du système de
se dégager une insuffisance tant sur le plan quantitatif gestion budgétaire et comptable de la commune
que qualitatif des moyens dont elle dispose. sont définis ;
ÔÔ Des propositions d’optimisation de la gestion des
II – Objectif général
ressources matérielles et logistiques sont formulées;
Formuler des propositions permettant : ÔÔ Les textes juridiques à élaborer ou à améliorer, en
ÔÔ De pourvoir la commune en ressources humaines de rapport avec les propositions formulées pour chaque
qualité et en quantité suffisante ; type de ressources de la commune, sont identifiés
ÔÔ D’accroître la mobilisation des ressources financières V - Méthodologie de travail
et de moderniser le système de gestion budgétaire
et comptable de la commune ; ÔÔ Approche participative ;
ÔÔ De doter la commune d’infrastructures et ÔÔ Deux exposés introductifs à la thématique pour
d’équipements en adéquation avec sa mission de éclairer les problématiques soulevés ;
développement local. ÔÔ Échanges ;
III - Objectifs spécifiques ÔÔ Formulation des recommandations.

ÔÔ Partager et mutualiser l’état des lieux de chacune des VI – Principaux points à débattre
dimensions «RH», «gestion financière, budgétaire
A – Axe « Ressources humaines »
et comptable », ainsi « gestion matérielle et
patrimoniale » de la commune ; ÔÔ Examen de l’adéquation ressources humaines
disponibles / exercice des compétences transférées
ÔÔ Identifier et spécifier le rôle de chacun des acteurs
/ réalisation des missions de la commune ;
intervenant dans le processus de gestion des
ressources humaines de la commune ; ÔÔ Statut du personnel communal ;
ÔÔ Formuler des propositions réalistes pour ÔÔ Faisabilité juridique, technique et financière d’une
l’amélioration du niveau de mobilisation des fonction publique locale ;
ressources financières de la commune, notamment ÔÔ Problématique de la formation initiale et continue du
en ce qui concerne la rentabilité de la fiscalité locale ; personnel communal et réforme du CEFAM ;
ÔÔ Formuler des propositions visant à accroître la ÔÔ Formation des élus locaux (Maires et Conseillers
qualité de la gestion budgétaire et des comptes Municipaux);
publics locaux ; ÔÔ Problématique de l’adoption des organigrammes
ÔÔ Partager les propositions en vue de l’arrimage types pour la commune – quelle perspective pour
de la gestion des finances publiques locales à la l’organisation des services de la commune ?
budgétisation par programme ; ÔÔ Enjeux du transfert des ressources humaines de
ÔÔ Formuler des propositions pour une mise à l’Etat à la commune pour l’exercice des compétences
disposition efficace à la commune des moyens transférées ;
matériels et logistiques en adéquation avec l’exercice ÔÔ Rôle des syndicats de communes dans le
des compétences transférées ; recrutement et la gestion des ressources humaines
ÔÔ Susciter une réflexion sur le rôle des syndicats mutualisées ;
de communes dans l’acquisition et la gestion des ÔÔ Statut de l’élu local.
ressources matérielles mutualisées.

| 117
ACTES
Assises Générales de la Commune

B – Axe « Ressources financières » ÔÔ La tutelle en matière budgétaire et comptable de la


B.1 – Composante « Fiscalité locale » commune
B.1.1 – Politique fiscale locale ÔÔ La problématique de la production des statistiques
sur la situation financière de la commune
ÔÔ Le dispositif législatif régissant les impôts locaux
affectés à la commune est-il suffisant ? ÔÔ L’arrimage à la budgétisation par programme
ÔÔ Permet-il l’élargissement optimum de l’assiette ÔÔ Le régime financier et le plan comptable sectoriel de
fiscale de la commune ? la commune
ÔÔ Permet-il la sécurisation des recettes fiscales de la ÔÔ Les mécanismes de mise à disposition des
commune? ressources financières de la commune
ÔÔ Mérite-t-il d’être améliorer ? Si oui quels sont les axes ÔÔ La problématique de la commande publique locale
d’amélioration ?
C – Axes «Ressources matérielles et logistiques »
ÔÔ Questionner le pouvoir fiscal de la commune
ÔÔ L’adéquation du patrimoine de la commune aux
ÔÔ Questionner le potentiel fiscal de la commune et le missions de développement local ;
rendement de la fiscalité locale
ÔÔ L’allègement des modalités de mise à disposition à
B.1.2 – Administration locale de l’impôt la commune des biens meubles et immeubles dans
le cadre de l’exercice des compétences transférées ;
ÔÔ Quelle organisation des services fiscaux au niveau
de la commune pour une gestion optimale des ÔÔ Rôle des syndicats de communes dans l’acquisition
impôts locaux ? et la gestion des ressources matérielles et
logistiques;
ÔÔ Quelle organisation des services fiscaux d’Etat
et quels mécanismes pour une collecte et un ÔÔ Le rôle de l’autorité de tutelle dans les mécanismes
reversement efficace à la commune des recettes de mise à disposition des biens à la commune ;
fiscales locales recouvrées par l’Etat ? ÔÔ La constitution du parc d’engin.
ÔÔ Quelles mesures pour la rationalisation des
VII – Profil des participants
mécanismes de recouvrement des recettes
fiscales de la commune (autant par l’Etat que par Les magistrats municipaux ; CVUC ; Députés et
les services de la commune) ? sénateurs; Conseillers municipaux ; Secrétaires
ÔÔ Le renforcement des capacités des ressources généraux de mairies et de communautés urbaines;
humaines préposées à la gestion des impôts Receveurs municipaux ; Les administrations
affectés à la commune (MINDDEVEL, CONSUPE, MINFI (DGTCFM, DGB,
ÔÔ Les outils technologiques de gestion des impôts DGI, DGD,DNCM), MINEPAT (DPIP-DPPPP), MINMAP,
affectés à la commune MINTP, MINFOPRA) ; Les autorités administratives;
Les partenaires techniques et financiers tels que
ÔÔ Rationalisation du mécanisme de péréquation et des
retenus dans les TDR ; FEICOM, CEFAM, PNDP,
recettes d’intercommunalité
CARPA, PNFMV ; Institut National de la Statistique;
B.2 – Composante «Dotation et autres ressources» Représentants des syndicats de communes ;
Représentants des syndicats des personnels
ÔÔ Adéquation entre les ressources transférées à la
communaux ; Universitaires.
commune et les charges correspondant à l’exercice
des compétences transférées Président : DG-FEICOM
ÔÔ Financements innovants Exposants : MM. ALIOU ISSA, MBARGA Jean-Claude et
ÔÔ Emprunt et prises de participations de la commune Mme JARRETH Elisabeth NDI
Rapporteurs : DRH-CTD, DFL
B.3 – Composante «Gestion budgétaire et comptable »
Equipe du secrétariat : M. BILOA Armand –
ÔÔ Le suivi et l’exploitation des budgets et des comptes
Mme MOUT NYAMBARA Estelle-M. TOKTY ; M. BOADE
de la commune
ÔÔ Le contrôle des délibérations à caractère financier de
la commune

| 118
Annexes

Atelier n° 5 : Gouvernance locale

I -ETAT DES LIEUX solutions aux problèmes identifiés. Bien plus, les
différents comptes ne sont pas soumis aux autorités
Dans son Document de Stratégie pour la Croissance compétentes.
et de l’Emploi (DSCE), le Gouvernement camerounais
définit la décentralisation comme un élément clé de II - OBJECTIFS DE L’ATELIER
promotion de la démocratie et de réduction de la
pauvreté à la base. La décentralisation est en effet a) Objectif global
ancrée dans la constitution du Cameroun, depuis L’objectif global des travaux de l’atelier V consiste à
1996, et sa mise en œuvre a évolué de manière ouvrir une réflexion, sur la question de la gouvernance
graduelle. Depuis lors, plusieurs faits majeurs ont locale, afin de parvenir à un diagnostic complet de la
rythmé le processus y afférent. question et de rechercher, de manière concertée, les
voies et moyens en vue de l’adresser correctement.
A titre d’illustration, on peut citer les lois dites de Il s’agit, au total, d’œuvrer au renforcement de la
décentralisation de 2004, ainsi que le transfert gouvernance au sein des Collectivités Territoriales
effectif des compétences et des ressources aux Décentralisées.
communes et communautés urbaines de 2010
à [Link] note également la promulgation de b) Objectifs spécifiques
plusieurs lois essentielles au rang desquelles, la loi ÔÔ Partager et mutualiser l’état des lieux sur la gestion
portant régime financier des collectivités territoriales des communes, aussi bien dans son organisation
décentralisées, la loi portant fiscalité locale. Les que dans son fonctionnement.
deux lois prévoient des dispositions pertinentes ÔÔ Susciter une réflexion animée par les différents
susceptibles de favoriser la mobilisation accrue des acteurs et experts invités ;
recettes fiscales directes par les communes. ÔÔ Formuler des propositions réalistes de nature à
améliorer la gouvernance au sein des Communes.
Parmi les évolutions les plus récentes, il faut relever
la mise en place du SENAT qui vient de commencer III- RESULTATS ATTENDUS
sa deuxième mandature ; l’élaboration de la stratégie
nationale de la décentralisation ; la création, à travers Au terme de l’atelier, il est notamment attendu des
le décret n°2018/190 du 02 mars 2018, du Ministère participants:
de la Décentralisation et du Développement Local. ÔÔ Un bilan diagnostic complet des problèmes de
gouvernance dans les communes et communautés
Malgré ces avancées certaines, il reste cependant à urbaines;
relever que de nombreux défis obèrent de manière
significative le processus, de même que la portée et ÔÔ Des propositions concrètes en vue d’améliorer la
l’intérêt de cette importante politique publique, défis gouvernance communale, notamment en matière
liés notamment à la gouvernance locale. Il s’agit des de gestion des deniers publics communaux,
défis à la fois endogènes et exogènes. d’amélioration de la participation citoyenne,
d’amélioration de la communication au sein de
Sur le plan endogène, les rapports entre les différentes l’institution communale, de respect des exigences
composantes dirigeantes des Communes ne de reddition des comptes.
favorisent pas toujours la bonne gouvernance dans
la gestion des Communes. IV- METHODOLOGIE DES TRAVAUX

Sur le plan exogène, la collaboration entre les Les travaux seront conduits selon une approche
Communes et les SDE ne sont pas toujours de nature participative, avec un exposé de cadrage, introductif
à favoriser la bonne gouvernance au niveau local. Il de la thématique dont l’ambition est de donner un
en est ainsi des rapports entre les Communes et la aperçu général des problématiques soulevées.
tutelle, des Communes et les OSC, mais surtout des Cet exposé sera suivi d’échanges, assortis de la
Communes et de leurs clients que sont les citoyens formulation des recommandations.
électeurs, membres de la circonscription. V- PRINCIPAUX POINTS A DEBATTRE
Bien plus, les Communes ne brillent pas par la Autant que faire se peut, les l’experts désignés pour
transparence dans la gestion des affaires locales. présenter la communication, devront largement
Les populations ne sont pas généralement associées s’inspirer des questionnements ci-après.
ni à l’identification des besoins ni à la recherche des

| 119
ACTES
Assises Générales de la Commune

ÔÔ Comment promouvoir et renforcer la participation ÔÔ Comment assurer la régularité des sessions des
citoyenne? conseils communaux consacrés au vote du budget
ÔÔ Comment renforcer le principe de reddition des et des comptes ?
comptes à l’échelle locale ? ÔÔ Faut-il adopter des critères d’éligibilité des maires
ÔÔ Comment assurer la régularité des conseils pour une gouvernance améliorée ?
municipaux, notamment ceux à incidence ÔÔ Comment renforcer efficacement les capacités des
financière ? élus locaux ?
ÔÔ En quoi consiste la transparence dans la gestion
VI- PARTICIPANTS
des affaires publiques locales ?
ÔÔ Quel devraient être l’objet et la fréquence des Outre le Président, les modérateurs et les rapporteurs,
contrôles effectués par les institutions spécialisées? le public cible de cet atelier est constitué : des
ÔÔ Pourquoi la répartition des rôles au sein des Maires et des Délégués du Gouvernement ; des
exécutifs communaux n’est-elle pas effective ? Secrétaires Généraux de Communes ; des Receveurs
Municipaux ; des représentants des populations ; des
ÔÔ Faut- il évoluer vers la spécialisation des adjoints ?
représentants de la société civile ; des représentants
et selon quelles modalités ?
des Partenaires Techniques et Financiers.
ÔÔ Comment optimiser le fonctionnement des
organes délibérants et des commissions créées en
Président : M. NGOLE Philip NGWESE
leur sein?
Exposant : Mme NGANE Suzanne (FEICOM)
ÔÔ Comment sécuriser les recettes communales et
combattre les détournements des deniers publics Rapporteurs : CT1- INSP1
communaux, les malversations financières et la Equipe secrétariat : Mme NGA NGWA Léonnelle –
corruption au niveau communal ? M. MOHAMADOU Adamou
ÔÔ Comment adapter les règles de la commande
publique locale aux spécificités de la commune ?

| 120
Liste des
participants /
Participants’ list
ACTES
Assises Générales de la Commune

ATELIER N°1 : Cadre normatif et institutionnel applicable à la commune


Workshop N° 1 : Normative and institutional framework applicable to councils

N° Noms et prénoms/ Full name Structure / Institution Fonction / Function

Inspecteur général /
1. Pr. TCHEUWA Jean Claude MINDDEVEL
Inspector General

2. Abel N. LANGSI Bafut Council / Commune de Bafut Mayor / Maire

Commune de Ngaoundal /
3. BAKARI Aboubakar Maire / Mayor
Ngaoundal Council

4. Pr. Bernard MOMO PNG Coordonnateur / Coordinator

5. LIMBOUYE Christian MINDDEVEL Directeur des Affaires Juridiques

6. ELLA MEYE Lydie épse ESSISSIMA MINDDEVEL DESPC

7. OYONO ESSOMBA MINAT CER / DAJ

8. ONANA ESSOMBA Pierre MINDDEVEL Cadre / Staff DAJ - MINDDEVEL

9. TEINGNI DETIO Jean Sénat / Senate Sénateur / Senator

Préfecture de Mbouda / Représentant Préfet / SDO’s


10. KONLACK Boniface
Senior Divisional Office Mbouda representative

11. FON CHAFAH Sénat/Senate Sénateur/Senator

Communauté Urbaine Maroua / Délégué du Gouvernement /


12. BAKARI Robert
Maroua City Council Government Delegate

Commune d’Arrondissement Garoua Ier /


13. MOHAMMADOU KAOU Maire / Mayor
Garoua I Council

14. TSALA MANI Francis FEICOM C/CAJ

Commune de Ndoukoula /
15. ABDOULAYE SIDDI Maire / Mayor
Ndoukoula Council

Expert Environnement MINMAP /


16. OWONA Daniel Robert Consultant
Environment expert MINMAP

17. TANKEU Gwladys PNG CE

18. MANGA Théodore Commune de Touloum / Touloum Council Maire

19. AFANE FONO Jean Didier MINFI TPG Bafoussam

Commune Mbangassina /
20. MBOENE Bernard Maire / Mayor
Mbangassina Council

Commune de Blangoua /
21. MAHAMAT ABDOULKARIM Maire / Mayor
Blangoua Council

22. IBRAHIM MOHAMED Commune de Waza / Waza Council Maire / Mayor

23. NTETOM ABIAYA’A Commune d’Oveng / Oveng Council Maire / Mayor

24. MYAH Boniface M Maire / Mayor

25. AMINOU DIDDI ZOUHAIRA Commune de Tignere / Tignere Council Maire / Mayor

Services du 1er Ministre /


26. MESSI ATANGANA Luc SP/CND
Prime Minister’s Office

Chefferie traditionnelle /
27. NKEUMBENG TSOBZE Chef traditionnel / Traditional ruler
Traditional Chieftaincy

28. YOUDOM Gustave Commune de Batié / Batie Council Maire / Mayor

29. DJIMGOU Barthélémy Commune de Bandja / Bandja Council Maire / Mayor

30. IREMA HONROU Commune de Bibemi / Bibemi Council Maire / Mayor

| 122
Annexes

N° Noms et prénoms/ Full name Structure / Institution Fonction / Function

Tribunal Administratif Ebolowa/


31. MENDO Lucie Presidente / President
Administrative Court Ebolowa

Limbe City Council / Délégué du Gouvernement /


32. MOTANGA Andrew MORIJIMBA
Communauté Urbaine de Limbé Government Delegate

Région du Nord- Ouest /


33. LELE Lafrique Gouverneur / Governor
North West Region

34. EBELA Jean Hyacinthe BUNEC DNCC

35. BELL Luc René Sénat / Senate Sénateur / Senator

Représentant Maire / Mayor’s


36. NDJENG Alexis Commune de Pouma / Pouma Council
representative

Représentant Maire / Mayor’s


37. HEMLE Marguerite Commune de Pouma / Pouma Council
representative

38. EYENGA Félicité Commune de Mengang / Mengang Council A1 Maire / 1st Deputy Mayor

39. DOSEMBE Gilbert Commune de Tchatibali / Tchatibali Council Maire / Mayor

40. AWONO Hilaire Commune de Batchenga / Batschenga Council Maire / Mayor

Commissaire principal. sous-


41. EDJIMBI Guy Prosper DGSN directeur / Police Superintendent.
Subdirector

42. LOUMBOUA Emmanuel Maire / Mayor

43. NGANKO Firmin Daniel PRC Chargé de missions

44. MAYANG Alexis UNICEF SPE

45. TEM Peter CHEGHE Zhoa Council / Commune de Zhoa Mayor / Maire

46. ISAH BUBA Babessi Council / Commune de Babessi Mayor / Maire

47. AMBASSA Théodore Commune de Mvengue / Mvengue Council Maire / Mayor

Commune de Massangam /
48. MFOPOU ABOUBAKAR Maire / Mayor
Massangam Council

49. Chief Daniel MATTA MOKAMBE Mbonge Council / Commune de Mbonge Mayor / Maire

50. ISELE Elisabeth Mundemba Council / Commune de Mudemba Mayor / Mayor

51. KEYO David Commune de Messok / Messok Council Maire / Mayor

52. EBWEA Pierre Commune Mouanko / Mouanko Council Maire / Mayor

53. MBOMA Benjamin Commune Mouanko / Mouanko Council A1 Maire / 1st Deputy Mayor

54. BINDZI EBODE François Commune Lobo / Lobo Council Maire / Mayor

55. BESSONG Denis Centre d’état civil / Civil status registration Office Officier d’état civil / Civil status registrar

56. MBOCK MIOUMNDE Commune de Nguibassal / Nguibassal Council Maire / Mayor

57. FOUMENA André Commune d’Olanguina / Olanguina Council Maire / Mayor

58. ATOBO Benjamin Commune d’Endom / Endom Council Maire / Mayor

59. HAMAWA WASSITE - Maire / Mayor

60. BOUKARTIKIRE Commune de Tokombere / Tokombere Council Maire / Mayor

61. NDJIDDA BAKIM - Maire / Mayor

62. EDIMO Ernest Commune de Douala 6 / Douala 6 Council Maire / Mayor

63. OYONO OYONO Bruno - Maire / Mayor

64. MOLINDO Duncam Limbe 2 Council / Commune de Limbe 2 Mayor / Maire

| 123
ACTES
Assises Générales de la Commune

N° Noms et prénoms/ Full name Structure / Institution Fonction / Function

Kombo Abedimo Council /


65. ABOKO Patrick Mayor / Maire
Commune de Kombo Abedimo

Commune de Ngoulemakong /
66. AKOA Anicet Maire / Mayor
Ngoulemakong Council

Commune de Nguibassal / Conseiller municipal /


67. NDOUGA LISSOUCK
Nguibassal Council Municipal Councillor

Commune de Nanga- Eboko / Représentant Maire /


68. YANA Xavier Biaise
Nanga-Eboko Council Mayor’s representative

Département Sanaga-maritime /
69. DIKOSSO SEME Fritz Préfet / SDO
Sanaga Maritime Division

Secrétaire Général /
70. NKAN JOUSSE Commune de Manjo / Manjo Council
Secretary general

71. NANA MISSA Commune de Nganha / Nganha Council Maire / Mayor

72. ASSIEMSYA Gérémie Commune de Kaikai / Kaikai Council Maire / Mayor

73. YACTCHOUA TOUNOUKEM Commune de Bazou / Bazou Council Maire / Mayor

Secretaire Excécutif /
74. ETOUNDI ESSOMBA CVUC / UCCC
Executive Secretary

75. TONYE UPC Cadre / Staff

Commune de Nkongsamba 3ème /


76. ESSAME [Link] Maire / Mayor
Nkongsamba 3 Council

Commune de Messamena /
77. AMBAH Emmanuel Maire / Mayor
Messamena Council

Receveur municipal /
78. BELINGA II Théophile CU Kribi / Kribi City Council
Council treasurer

Conseiller Technique /
79. KAMDEM Jean Baptiste GIZ-PRADEC/ PROMUD-GIZ
Technical Advisor

Secretary General /
80. CHENG Edickson B. Wum Council / Commune de Wum
Secrétaire Général

81. VICHE YATAHAD Commune de Mozogo /Mozogo Council Maire / Mayor

82. DJOMOU KOUOTIP Herman Commune de Bangangté / Bangangte Council —

83. LITASSOU MAKAINI. M Lamidat de Yagoua-Vele / Yagoua-Vele Lamidat Lamido

84. NANA SOUAIBOU Commune de Nyambaka / Nyambaka Council A1 Maire / 1st Deputy Mayor

85. NKEMI Prosper Commune de Kon- Yambetta / Kon-Yambetta Council A1 maire / 1st Deputy Mayor

86. Mme ARROYE BETOU Commune de Kon- Yambetta/ Kon-Yambetta Council Maire / Mayor

87. MANTAP Dieudonné Commune Ndobian / Ndobian Council Maire / Mayor

88. MGBATA SAMMY .N. Misaje Council / Commune de Misaje Mayor / Maire

Commune Fongo- Tongo / Fongo Tongo


89. NKENFACK Maire / Mayor
Council

Commune d’arrondissement de Garoua 1er / Secrétaire Général /


90. MAHDI ABDOULKARIM
Garoua 1 Council Secretary General

91. NJOWE Philippe Commune de Bankim / Bankim Council Maire / Mayor

92. John Kennedy ESSONO MVOA SPM / PMO Attache

93. NGUINI Thibaut DC —

94. CHENYI Patience OHKIN Commune de Ndop / Ndop Council —

95. NYECK Mathias — Consultant

| 124
Annexes

N° Noms et prénoms/ Full name Structure / Institution Fonction / Function

Receveur Municipal /
96. NJOUNDIYIMOUN YOUBA —
Council Treasurer

97. BANG KOMBA Delor Commune de Ndobian / Ndobian Council Conseiller municipal / Councillor

Receveur Municipal / Council


98. DEKE BETARA —
Treasurer

99. DEZO Isaac Commune de Bakou – Bakou Council Secrétaire Général / Secretary General

100. TONG George E. Nguti Council / Commune de Nguti Mayor / Maire

101. AYISSI ELOUNDOU Yannick Commune de Yaoundé 2 / Yaoundé 2 Council Maire / Mayor

102. MBAH-MBOLE Pius CEFAM Lecturer / Enseignant

103. WASSOU DASSI — Maire / Mayor

104. Elise MEKA MBALLA Commune d’Akom II / Akom 2 Council Maire / Mayor

105. NKOM MKJOT Eyumojock Council / Commune d’Eyumojock Mayor / Maire

106. OLLO Jean Richard Commune de Moloundou / Moloundou Council Maire / Mayor

107. LEBOGO Jean Commune d’Okola / Okola Council Conseiller municipal / Councillor

Secrétaire Général /
108. LIBONG Patience Commune de Bokito / Bokito Council
Secretary General

109. KONDA SAMELEU Silvère — —

110. HAYATOU Commune de Dembo / Dembo Council Maire / Mayor

111. BILOA Commune de Messondo / Messondo Council Maire / Mayor

112. NGUM Jerome Elak Oku Council / Commune d’Elat Oku Mayor / Maire

113. LINGOK Emmanuel CERESS-Cameroun Expert

114. DONA Benjamin Commune de Nsem / Nsem Council Mayor / Maire

115. TSHOUONGANG Elie Saker Commune de Galim / Galim Council Maire / Mayor

116. DE WA MOHAMAN — Maire / Mayor

117. NTONGA EPOUA née NGUTA MINDDEVEL —

118. NJIMBA Hannah Meme Council / Commune de Meme Councillor / Conseiller municipal

119. NKENG Clément Neville OASET —

120. BELINGA MVO Léopold UY II-Soa Etudiant / Student

121. NJIFON Philippe FENTEDCAM Président national / National Chair

122. MACHE Joseph Préfecture du Wouri / Wouri SD Office Préfet / SDO

Receveur municipal /
123. TEMESSE Albertine Commune de Dschang / Dschang Council
Council Treasurer

124. Cécile EPONDO FOUDA Assemblée Nationale / National Assembly Député / MP

125. EMEDEC Charles Commune de Bakou / Bakou Council Maire / Mayor

126. Ignatius A. CEFAM Sous-Directeur / Sub Director

Commune de Fongo-Tongo / Secrétaire Général /


127. ANANTIA Marina
Fongo-Tongo Council Secretary General

128. KAPTUE Lazare Commune de Demdeng / Demdeng Council Maire / Mayor

| 125
ACTES
Assises Générales de la Commune

N° Noms et prénoms/ Full name Structure / Institution Fonction / Function

Ingénieur des eaux et forêts /


129. ESSONO KINZOH T. MINFOF
Water and forestry Ingeneer

Receveur Municipal /
130. EPANE KOUA Pierre Calvin Commune de Douala 6 / Douala 6 Council
Council Treasurer

Secretaire Général /
131. NKEGA Martin Commune de Douala 6 / Douala 6 Council
Secretary General

132. ZO’OBO BELINGA FEICOM AT/DG

Secretaire Général /
133. DJOUKA KAMGA Commune de Galim / Galim Council
Secretary General

134. MBALA TOGOLO Joseph State Audit —

Commune de Rey-Bouba /
135. DEWA MOHAMAN Maire / Mayor
Rey Bouba Council

ATELIER N°2 : Transfert des compétences


Workshop N° 2 : Devolution of powers

N° Noms et Prénoms / Full Names Structure / Institution Fonction / Status

1. M. ESSOMBA Pierre MINAT Secrétaire Général / Secretary General

2. M. OWONO OWONO Etienne — Expert

3. M. APALA MOIFFO Cyrille MINDDEVEL CT2 / 2nd TA

4. M. HAMAD ABBO Roger MINDDEVEL DSL

5. M. AWA FONKA Augustine MINAT Gouverneur / Governor

6. FUVA Rigobert Commune de Bassamba / Bassamba Council Maire / Mayor

7. AFIANJOH Bridget Andek Council / Commune d’ Andek Mayor / Maire

Mme NGONO Yvette épse Commune d’arrondissement de Yaoundé 5 /


8. Maire / Mayor
ETOUNDI Yaoundé 5 Council

9. NGUIME Frédéric EKOLLO Commune de Dibombari / Dibombari Council Maire / Mayor

10. GAUMNGONG Department du Moungo / Moungo Division Préfet / SDO

Commune de Nguelemendouka /
11. NGUELE Jean-Marie Maire / Mayor
Ngelemendouka Council

12. ALKA DJIDDA Commune de Goulfey / Goulfey Council Maire / Mayor

13. DAHIROU AMADOU Commune de Tibati / Tibati Council Maire / Mayor

Communauté Urbaine de Ngaoundéré / Secrétaire Général / Secretary


14. HAMADOU DAWA
Ngaoundéré City Council General

Enseignant-Chercheur /
15. DONGMO Beaudelin UIDS
Researcher

16. SONGAMBONGUI Etienne Commune de Dibombari / Dibombari Council Al / 1st Deputy Mayor

17. NTAM Victor CHIA Commune de Bamenda 1 / Bamenda 1 Council Mayor / Maire

18. ESSO Suzanne Commune de Dibombari / Dibombari Council A3 / 3rd Deputy Mayor

19. OTTI KOULLE Ferdinand Commune de Dibombari / Dibombari Council A2 / 2nd Deputy Mayor

Représentant Maire / Mayor


20. AMADOU HAYAM Commune de Djohong / Djohong
representative

Mme ABDOUL OUMOUL Secrétaire Général / Secretary


21. Commune Ngaoundal / Ngaoundal Council
KOULSOUMI general

| 126
Annexes

N° Noms et Prénoms / Full Names Structure / Institution Fonction / Status

Secrétaire Général /
22. ISMAILA Commune de Tibati / Tibati Council
Secretary general

23. NJIFEN ADAMOU Commune de Njimom / Njimom Council Maire / Mayor

24. NDOUYOU MOKOU ZOULIATOU Commune de Njimom / Njimom Council S.P Maire / Mayor’s Assistant

Commune de Ngambe Tikar /


25. BELINGA IYAWA Mathieu Maire / Mayor
Ngambe Tikar Council

Commune d’Arrondissement de Douala 5 /


26. EBANDA Gustave Maire / Mayor
Douala 5 Council

27. BENA ZANGA Michel Commune de Ngoyla / Ngoyla Council [Link]

28. OTTOU FOUDA Clovis PNFMV RP

29. NGA NOAH Ronald ONG FONDED Président / Chairperson

Secrétaire Général /
30. TANKEU Etienne Lejeune Commune de Mintom / Mintom Council
Secretary General

Receveur Municipal /
31. NIAPELA DJONI Frédéric Commune de Ngoyla / Ngoyla Council
Council Treasurer

32. Tl MBA Frédéric — Officier d’état civil

Secrétaire Général /
33. ZE SANGONO Commune de Dzeng / Dzeng Council
Secretary General

34. ADAMA FANA Commune de Gazawa / Gazawa Council Maire / Mayor

35. AKONO ZE Jean Marie Commune d’Awae / Awae Council Maire / Mayor

36. BANMOU David Commune de Guidiguis / Guidiguis Council Maire / Mayor

37. TCHIKOUA Commune de Bourha / Bourha Council Maire / Mayor

38. MOULIOM IBRAHIM Commune de Foumban / Foumban Council Maire / Mayor

39. DJOMOU KOUOTIP Herman FEICOM [Link]

40. NJOBAM Cyril AYORI Nkum Council / Commune de Nkum Mayor / Maire

Représentant /
41. ZENGUELE Jonas MINT
Representative DTR

42. GONONDO BLADI TA Douala / Administrative Court Douala Juge / Judge

43. ONDOBO MONO Jérôme Commune de Ntui / Ntui Council Maire / Mayor

44. NGOCKNGOCK Commune de Ngwei / Ngwei Council Maire / Mayor

45. ABGASSIADOUM Commune de Makary / Makary Council Maire / Mayor

46. IYA IBRAHIMA Commune de Nyambaka / Nyambaka Council Maire / Mayor

47. HAMADOU AHIWA Commune de Ngong / Ngong Council Maire / Mayor

Commune de Garoua- Boulaï /


48. YAFFO NDOE Esther Maire / Mayor
Garoua Boulai Council

49. BIND BOKALLY KARLSTERLE - —

50. NAMBOUA Paulette Commune de Lokoundje / Lokoundje Council Maire / Mayor

51. AHMADOU TIDJANI M. Commune de Banyo / Banyo Council Conseiller Municipal

52. KONDA Silvère Commune Yokadouma / Yokadouma Council Al / 1st Deputy Mayor

53. EYEBE NDONGO Denis Commune de Dzeng / Dzeng Council Receveur Municipal

54. KOME Christophe Commune de Tombel / Tombel Council Conseiller municipal

55. NGASSA Rose Commune de Tombel / Tombel Council Maire / Mayor

| 127
ACTES
Assises Générales de la Commune

N° Noms et Prénoms / Full Names Structure / Institution Fonction / Status

56. ATEBA NGAH épse ELOUNDOU Commune d’Okola / Okola Council A3 / 3rd Deputy Mayor

57. NDOCK WALTER Commune de Nyanon / Nyanon Council Al / 1st Deputy Mayor

ABOUDI Marie rose épse


58. Commune d’Okola / Okola Council Conseiller Municipal / Councillor
ELOUNDOU

59. MANGAJean Marie Commune de Nkonjock / Nkondjock Council Maire / Mayor

Commune de Njombe Penja /


60. NKAHACK Jean pierre Maire / Mayor
Njombe Penja Council

61. NGUEMA Françoise FEICOM Cadre / Staff

62. MANI EBODE Timothée Commune de Sa’a / Sa’a Council Secrétaire Général / Secretary General

63. NGALE Pascal Commune de Melong / Melong Council Secrétaire Général / Secretary General

64. TCHOUAFFI Alice ARRDEL —

65. SOUAIBOU Commune de Bascheo / Bascheo Council Maire / Mayor

66. YMELE Sonia ARRDEL —

67. EKWALE Martin EKWALE Akwaya Council / Commune d’Akwaya Maire / Mayor

68. NDZOUEBENG Commune de Nkong-Zem / Nkong Zem Council Maire / Mayor

69. NKOU Guy Raymond MINEPAT SAPBIP

70. EKESSI Amanda MINDDEVEL CA/DSL

71. FADIMATOU MAIMOUNA MINDDEVEL Cadre / Staff DPDS

72. BIMOGA NDZANGA Louis Oscar BUNEC C/CAJC

73. KANDEM KOUAM Brice Gabin MINDDEVEL DAJ

74. EBELLE Ernest Préfecture de Maroua / SD Office Maroua Préfet / SDO

75. AYIA Gabriel Commune de Mengang / Mengang Council Maire / Mayor

76. ELANGA AMBELA Moïse Commune de Mengang / Mengang Council Conseiller Municipal / Councillor

77. NGUIAMBA NLOUTSIRI Commune de Lolodorf / Lolodorf Council Maire / Mayor

78. WANDUM 8. Ernest Commune de Bali / Bali Council Maire / Mayor

Enseignant - chercheur /
79. ALIYOU SALI Université de Dschang / Dschang University
Researcher

80. Dr NUM Elias Benakuma Council / Commune de Benakouma Maire / Mayor

81. KALLAH Simon Commune de Garigombo / Garigombo Council Maire / Mayor

82. Mme AYI Monique Commune de Dzeng / Dzeng Council Maire / Mayort

83. HAMADOU HAMIDOU Commune de Maroua 1 / Maroua 1 Council


er
Maire / Mayor

84. MVONDO Henriette Commune de Bikok / Bikok Council Maire / Mayor

85. ANGOUING Ange Nelson MINDDEVEL Cadre / Staff

86. ENDEZOUMOU Stéphanie MINDDEVEL Cadre / Staff

MENGUE MBALA épse NGUELE


87. MINDDEVEL Cadre / Staff
Yvette Lucie

88. F. Rigobert Commune de Bassamba / Bassamba Council Maire / Mayor

89. NGOA Marie hélène Commune d’Akono / Akono Council Maire / Mayor

90. BIWOLE J. FEICOM DIPDL

91. Charles NANGA MINEDUB IGS

92. NJECACAL Manfred Commune de Dibamba / Dibamba Council Maire / Mayor

| 128
Annexes

N° Noms et Prénoms / Full Names Structure / Institution Fonction / Status

93. ZOKADJA Emilienne Commune de Mindourou / Mindourou Council SP

94. LOMIE MABIA Gérard Commune de Lomie / Lomie Council Maire / Mayor

Secrétaire Général /
95. KOUM Francis Commune de Lomie / Lomie Council
Secretary general

96. EVINA Ambroise Commune d’Esse / Esse Council Maire / Mayor

97. NYECK NYECK Sylvestre Commune de Makak / Makak Council Maire / Mayor

98. MOAMBOK Mike Rocheteau Commune de Dimako / Dimako Council Al / 1st Deputy mayor

99. M. Walter UNDP —

100. BANMOU David Commune de Guidiguis / Guidiguis Council Maire / Mayor

101. NYAMBIIII DIKOSSO HENRI MINAS DSNDS

102. SALA Edith Melanie Commune de Bengbis / Bengbis Council Maire / Mayor

103. S.M ZENGLENTOUH Commune de Mindourou / Mindourou Council Maire / Mayor

104. Dr KAMGA SIMO C. MINSANTE SDOS

Commune D’Abong- Mbang / Abong Mbang Receveur Municipal /


105. BEND Charles Noël
Council Council Treasurer

106. FADIMATOU TIKELA Commune de Kaele / Kaele Council A2 / 2nd Deputy Mayor

Secrétaire Général /
107. Georges WANGUE Liberté C.U Nkongsamba / Nkongsamba City Council
Secretary general

108. CHEMO Alice SHEJU Ako Council / Commune d’ Ako Mayor / 2nd Deputy Mayor

109. OSONG Juliena MBUOH Akwaya Council / Commune d’ Akwaya A2 / 2nd Deputy Mayor

110. DONGMO DEMANOU 1 Préfecture de Dschang / SDO Office Dschang Chef SDL / LSD Officer

111. Guy EFON Commune Santchou / Santchou Council Maire / Mayor

112. R. MBUA LIMBE 1 Council / Commune de Limbé I Mayor / Maire

113. NDENBIYENE IVAN FEICOM Chef de service / Service head

114. NGUENA Françoise FEICOM Cadre / Staff

115. MEKINDA B Eric FEICOM —

Secrétaire Général /
116. MESSINANOAH J.B Commune de Saa / Saa Council
Secretary general

TG - Nkongsamba / General Treasury


117. KOMETA Emmanuel TPG
Nkongsamba

118. HOUWE Jacques F. MINEPIA DDPIA

119. ETOUNDI NGA Olivier MINFI/DGB CEA

120. HEI DJOB Pascal Commune de Datcheka / Datcheka Council Consultant

121. MUSUMA George LOBE Konye Council / Commune de Konye Mayor / Maire

122. SEINI BOUKAR LAMINE Commune Kolofata / Kolofata Council Maire / Mayor

Secrétaire Général /
123. AVAMEKONGO —
Secretary general

Chargé reg. Formation /


124. MOUSTAFA CAPEF
regional Trainig Officer

125. ASSOUMOU ESSONO Roger Commune d’Olambe / Olambe Council Maire / Mayor

126. BOUBA HAMADOU Commune de Bogo / Bogo Council Al / 1st Deputy Mayor

| 129
ACTES
Assises Générales de la Commune

N° Noms et Prénoms / Full Names Structure / Institution Fonction / Status

Resp. planification / Planning


127. OKENYE MAMBO GIZ-PADER
Officer

128. EKESSI Amanda MINDDEVEL CA

129. NYOBE NYOBE Commune de Matomb / Matomb Council Maire / Mayor

130. NZOUEMBENG Commune de Nkong-Zem / Nkong Zem Council Maire / Mayor

131. MAIWALNE Rosalie MINDDEVEL Secrétaire / Assistant

132. N. ABOUBAKAR Conseiller Conseiller / Councillor

133. BIETEKE Georges Commune de Nitoukou / Nitoukou Council Maire / Mayor

134. Mme SAMBA OWONA Commune de Ngoyla / Ngoyla Council Maire / Mayor

Atelier N° 3 : Planification, coopération décentralisée et développement local


Workshop 3 : Planning, Regional and Local Authorities’ Cooperation and local development

N° Noms et prénoms / Full names Structure / Institution Fonction / Function

1. MBASSA NDINE Roger Sénat / Senate Sénateur / Senator

2. EKEME Isaac PNDP RFDC

3. DONFACK Baudelaire Commune de Dschang / Dschang Council Maire / Mayor

4. KUETE Jean Commune de Melong / Melong Council Maire / Mayor

5. SEIBOU François Xavier Commune de Kaélé / Kaele Council Maire / Mayor

Commune de Pete Bandjoun /


6. MAPTUE F. Nicky Love Adjointe au Maire / Deputy Mayor
Pete Bandjoun Council

7. SABIKANDA Guy Emmanuel Commune de Kribi 2 / Kribi 2 Council Maire / Mayor

8. NGUE NGUE Paul Henri Commune de Biyouha / Biyouha Council Maire / Mayor

Inspector of services /
9. FOWANG Ignatius INS
Inspecteur des services

10. MVOGO Guy Marie Roger ONUC/ONAC Conseiller / Advisor

11. NDJIDDA BAKARI Commune de Dargala / Dargala Council Maire / Mayor

12. MBIDI Jean Commune de Moutourwa / Moutourwa Council Maire / Mayor

13. ABBA BOUKAR Commune de Mora / Mora Council Maire / Mayor

Expert en développement /
14. BIEND A. Gabriel —
Development expert

15. OLINGA Rodolphe S. Commune de Yaoundé 1er / Yaoundé 1 Council Secrétaire Général

Contractuel de Mairie /
16. WAMY MVEE Brigitte —
Council contract employee

Lom and Djerem Division /


17. AWOUNFAC ALIENOU Yves B. Préfet / SDO
Département du Lom et Djerem

18. MABOULA MBOYA Jacques Commune de Yabassi / Yabassi Council Maire / Mayor

19. KALLAH Simon — Maire / Mayor

20. JAFF Romanus Jakiri Council / Commune de Jakiri Mayor / Maire

21. AWONO Syrinus Commune d’Ebebda / Ebebda Council Maire / Mayor

22. TSALA MESSI André Commune de Monatele / Monatele Council Maire / Mayor

| 130
Annexes

N° Noms et prénoms / Full names Structure / Institution Fonction / Function

23. SAME DIKONGUE H. Tribunal Administratif / Administrative Court Président / President

24. ËKENUE Samuel OSANG Mundemba Council / Commune de Mundemba Municipal councilor

25. ALI RAMAT Commune de Darak / Darak Council Maire / Mayor

26. HAMIDOU LAIMANOU Commune de Garoua 3 Garoua 3 Council Maire / Mayor

27. TSAFACK Christophe Achille Commune de Banyo / Banyo Council CCD

Secrétaire Particulier Maire /


28. KOUBOUL René Garcîn Commune d’Eseka / Eseka Council
Mayor’s PS

29. KAZI RALAI Josué Commune de Kaele / Kaele Council Conseiller Municipal / Councillor

Secrétariat Général /
30. BIMBAI Jean Pierre Commune de Nyanon / Nyanon Council
Secretary General

1er Adjoint au Maire /


31. NDOCK Walter Commune de Nyanon / Nyanon Council
1st Deputy Mayor

32. ADAMOU KOULAGNA Commune de Meiganga / Meiganga Council CCD/AGA

Communauté Urbaine Bafoussam/ Receveur Municipal / Council


33. BENGA Colette Grâce
Bafoussam CC Treasurer

Receveur Municipal /
34. TAGNE SIMO Léopold Commune de Bangan / Bangan Council
Council Treasurer

35. KOH HEN Michel Commune de Yaoundé 6 / Yaoundé 6 Council Conseiller Municipal / Councillor

36. NDOBO KUNTZ Placide Sous-préfecture Zoetele / SDO Zoetele Sous-préfet / SDO

MOTAPAM épse NDJOCK


37. Commune Edea 1er / Edea 1 Council Adjoint au Maire / Deputy mayor
Jacqueline

38. David SOSSO NJANGUI Université de Douala / Douala University Chercheur / Researcher

Expert planification et suivi-


39. ZOMBOU NGOUNE Marcel — évaluation /
Planning. M and E Expert

40. MEFIRE CHETOU Commune de Foumban / Foumban Council Chef / Head SAG

Représentant Maire /
41. NGNOTCHOUBA Jean Commune de Makenene / Makenene Council
Mayor’s representative

Secrétaire Général /
42. ADJIA Norbert Commune de Dir / Dir Council
Secretary General

43. KAREN MBOMOZOMO FEICOM CPS

44. NTAMACK Emelie FEICOM CUEOP

45. TSALA Moïse Commune d’Ambam / Ambam Council Cadre / Staff

46. LINZO Huguette Linda Commune d’Ambam / Ambam Council Conseiller Municipal / Councillor

47. BOUKONG Raïssa Sandie L. PNFMV A. P

48. MVOEKOUNOU Sophie Aurélie BUNEC CEA1-CPPC BUNEC

49. ZIBI SAMBA Francis Commune d’ayos / Ayos Council Maire / Mayor

50. MANKONGO PNDP/CNC ARFDC

51. ONGON Thomas PNDP/CNC ATNSE

52. LIBOG Liliom Jean René Commune d’Eseka / Eseka Council Maire / Mayor

53. ATANGANA Jean B. Commune de Mbankomo / Mbankomo Council Maire / Mayor

Secrétaire Général /
54. NDO Alvine Commune Ebolowa 1er / Ebolowa 1 Council
Secretary general

| 131
ACTES
Assises Générales de la Commune

N° Noms et prénoms / Full names Structure / Institution Fonction / Function

55. MBESSA AYISSI Esther V. MINEPAT CCAPR

Commune Nkongsamba 1er /


56. ELHADJ OUMAROU Maire / Mayor
Nkongsamba 1 Council

57. NONGA Jean Pierre TAO/BFM Président / President

Consultant associé /
58. KALDIE YABONOKA Thomas 3D Conseil
Associate Consultant

59. KAMTO Donatien Commune de BAHAM / Baham Council Maire / Mayor

Commune Pète-Bandjoun /
60. NGASSOP F. Nicole CSAGE
Pete Bandjoun Council

61. TOULOU Philomène B. Commune de Mbandjock / Mbandjock Council Maire / Mayor

Secrétaire General /
62. NGAMNCLAMIE WUSENI Ndop Council / Ndop Council
Secretary General

63. NGIMBRES Jean E. Commune de Biyouha / Biyouha Council Conseiller Municipal / Councillor

Adjoint au Maire /
Commune de Ngomedzap /
64. NGANKOA Bertille épse AYISSI
Ngomedzap Council
Deputy Mayor

65. FOUDA Théodore Commune de Yokadouma / Yokadouma Council ASCORYLE

Commune de Meyomessala / 1er Adjoint au Maire /


66. SABENG Régine épse EFANDENE
Meyomessala Council 1st Deputy mayor

67. FOUDA OWOUNDI MINHDU DEPC

68. EDIMA Esther Mireille MINDDEVEL Cadre / Staff

69. FOUAPON RIKIATOU MINDDEVEL Cadre / Staff

70. ONGOLO Lidwine MINDDEVEL DPDL

71. DATHOU Patrick MINDDEVEL DPDS

Municipal Treasurer /
72. AKISSEH Pierre Misaje Council / Commune de Misaje
Receveur Municipal

73. BITOUMOU Joël Emmanuel Commune d’Ebolowa / Ebolowa Council Maire / Mayor

74. MKA MKA Grégoire Sénat / Senate Sénateur / Senator

75. Rev. RABBIN Jean de la croix MUSEC PCA

76. MBIDI Jean Commune de Moutourwa / Moutourwa Council Maire / Mayor

77. DJEUGA Bernard Commune de Banka / Banka Council Maire / Mayor

78. MAMADOU SANDA Commune de Touroua / Touroua Council Maire / Mayor

79. TSALON Jean Pierre Commune de Bertoua 2ème / Bertoua 2 Council Maire / Mayor

80. TAMEN FOTSO Virginie Commune de Bangangte / Bangangte Council Adjoint au Maire / Deputy mayor

81. ABOUBAKAR KOMBO Commune de Meiganga / Meiganga Council Maire / Mayor

82. SOUARESSAM Denis Commune de Dziguilao / Dziguilao Council Maire / Mayor

83. MBOMBO ABEL Chenyi Ndop Council / Commune de Ndop Mayor / Maire

84. LIRA WA Pierre Commune de Yagoua / Yagoua Council Maire / Mayor

85. YETE MBOTE Jacques Commune d’Edea 1 / Edea 1 Council Maire / Mayor

Université de Dschang, MINAC /


86. Pr. SIETCHOUA DJ Augustin Directeur / Director MINAC
University of Dschang, MINAC

87. ZO’O OLOUMAN Guy Roger Communauté urbaine d’Ebolowa / Ebolowa CC

| 132
Annexes

N° Noms et prénoms / Full names Structure / Institution Fonction / Function

88. LENGUE MALAPA Commune Douala 1er / Douala 1 Council Maire / Mayor

89. TEBE Béatrice Mbengwi Council / Commune de Mbengwi Mayor / Maire

Délégué du Gouvernement /
90. NTONE NTONE FRITZ Communauté Urbaine de Douala / Douala CC
Government Delegate

91. NGUEMBANE Daniel EKOLE Sous-préfecture Koutaba / SD Office Koutaba Sous-préfet / SDO

92. YAMA Gilbert Commune de Mogode / Mogode Council Maire / Mayor

93. MANDENGUE Louis Lucien Communauté Urbaine de Douala / Douala CC DLG/A4

94. NJAPNDOUNKE Jeanne Aimée Communauté Urbaine de Douala / Douala CC STCC

Représentant Maire / Mayor’s


95. NGON A NWANTCHOCK Billy Commune de Makenene / Makenene Council
representative

96. FONGUE Cletus T. Bamenda 3 Council / Commune de Bamenda 3 Mayor / Maire

Représentant TPG /
97. YOUPOUO SEIDOU Trésorerie Générale Garoua / Garoua TPG
TPG’s Representative

Attaché des Affaires Etrangères /


98. ACHU WONDJIGHE Pride MINREX
Foreign Affairs Attache

99. CHARTE HASSANA Commune de Kousseri / Kousseri Council Représentant Maire

100. Colette NGATCHA Commune de Douala 2ème / Douala 2 Council Receveur Municipal

101. EDIBA Simon Pierre Commune d’Obala / Obala Council Maire / Mayor

102. RINA TAGNE MBIDA GIZ- PRADEC CT / Technical Advisor

Délégué du Gouvernement /
103. Vincent NJI NDUMU Bamenda City Council / Bamenda CC
Government Delegate

104. ABDOU LAYE YERIMA Commune de Maroua 2eme / Maroua 2 Council Maire / Mayor

105. MBASSI Thérèse Commune de Douala 1er / Douala 1 Council SG

Commune de Ngaoundere 1er /


106. BOBBO SALIHOU Maire / Mayor
Ngaoundere 1 Council

107. BEBOHI MOUNET P.S Communauté Urbaine Kribi / Kribi CC Chef de cabinet / head of Cabinet

108. YAMAISSA BOUBA Commune de Guider / Guider Council Maire / Mayor

109. EBONGUE EBONGUE ONESIME Commune de Dimako / Dimako Council Maire / Mayor

Programme Director/
110. Arnim Fischer GIZ-PRADEC
Directeur du programme

111. NUBER UTE GIZ PROPFE CTS/ Senior Technical Advisor

112. EBALE ADJOMO Richard Commune d’Efoulan / Efoulan Council Maire / Mayor

113. NSEKE LUMA Limbe 3 Council / Limbe 3 Council Mayor / Maire

114. ABELNDOH Kumba Council / Kumba Council Mayor / Maire

115. Charles NKONGHO ARREY Limbe City Council / Limbe CC SG

Délégué du Gouvernement /
116. MAZO Louis Jacques Communauté Urbaine Kribi / Kribi CC
Government Delegate

Commune de Meyomessala /
117. MEBIAME MFOU’OU Christian Maire / Mayor
Meyomessala Council

118. DEMANOU Patrick Association IDEE-AFRIQUE Président

| 133
ACTES
Assises Générales de la Commune

N° Noms et prénoms / Full names Structure / Institution Fonction / Function

119. NGALA NGA Jacob Nkambe Council / Commune de Nkambe 3rd deputy Mayor / A3

120. DIMBAGOMBO Pierre Commune de Batouri / Batouri Council Maire / Mayor

121. NGWA NGONDI Paul Commune de Melong / Melong Council Conseiller Municipal / Councillor

122. EOHE Oscar Commune de Douala 2 / Douala 2 Council SG

123. TSOUGOU Joseph P. CVUC RA/SE

Commune de Nkolafamba / Chef Service Technique adjoint /


124. EBOGO Nicole Félicité
Nkolafamba Council Deputy Technical Service Head

Commune de Salapoumbe /
125. MOSSADIKOU Norbert Maire / Mayor
Salapoumbe Council

126. OUSMANOU AMAN SA’ALY Commune de Pitoa / Pitoa Council Maire / Mayor

127. BELINGA Roger Commune de Mfou / Mfou Council Maire / Mayor

ATELIER N°4 : Ressources de la commune


Workshop N° 4 : Council Resources

N° Noms et prénoms / Full names Structure / Institution Fonction / Function

Directeur Général/
1. AKOA Philippe Camille FEICOM
General Director

2. EDOU Olivier David MINDDEVEL DFL

3. ALIOU ISSA FEICOM [Link]

4. BOSSOKO PIERRE FEICOM [Link]

5. MAMA ABAKAI Commune de Lagdo / Lagdo Council Maire / Mayor

OLOUAH ANGOUAN’D Patrick


6. SP/CND (SPM) Cadre/ Staff SP/CND
Bertrand

7. ZOKOM Damien Commune de Mokolo / Mokolo Council Maire / Mayor

Translation and interpretation /


8. DOHJOSHUA NONGMESE MINDDEVEL
Traduction et interprétariat

9. MOUT Estelle DFL/MINDDEVEL Cadre / Staff

10. SAMKIT Elvis GAHNYAM II Santa Council / Coommune de Santa Mayor / Maire

Commission nationale pour la promotion du


bilinguisme et du multiculturalisme / national
11. NGAMBO FONDJO Pierre Vincent Membre / Member
Commission on the Promotion of Bilingualism
and multiculturalism

12. SHU Gideon FUSI MINDDEVEL Cadre / Staff

13. MOUHAMADOU Awal MINFI/ DGI SDS RA/ DGI

14 MBARGA Jean Claude — Expert

15. TOKTY KANME. B MINDDEVEL Cadre / Staff

16. DJAFSIA André Commune de Gueme / Gueme Council Maire / Mayor

17. SADJO HAMAWA Commune de Mindif / Mindif Council Maire / Mayor

18. TON MANGUELE Commune de Bonjock / Bonjock Council Maire / Mayor

19. ADAMOU IYA Justin Commune de Betare - Oya / Betare - Oya Council Maire / Mayor

20. ETOUNDI Christian J. FEICOM DRH / HRD

| 134
Annexes

N° Noms et prénoms / Full names Structure / Institution Fonction / Function

Commune de Mayo- Hourna /


21. AHMADOUABOUBAKAR Maire / Mayor
Mayo Hourna Council

22. ISSA HAMADJOULDE Commune de Mayo- Baleo / Mayo Baleo Council Maire / Mayor

23. MBOUEN Dieudonné Commune de Magba / Magba Council Maire / Mayor

24. YEDE Gilbert Commune de Ngambe / Ngambe Council Maire / Mayor

Commune du Logone-Birni / Representant du Maire / Mayor’s


25. MOHAMADOU DANNA
Logone Birni Council representative

26. TOUMBA MOULYAKAYANG Commune de Figuil / Figuil Council Maire / Mayor par interim

27. DIGHAMBONG Anthony MVO Wum council / Wum Council Mayor / Maire

28. BABIRNG Joseph SAMGWA Balikumbat Council / Commune de Balikumbat Mayor / Maire

29. ONDIGUI OWONA Commune de Nfolafamba / Nkolafamba Council Maire / Mayor

Commune de Nkongsamba 2eme /


30. WANDJI Thomas Maire / Mayor
Nkonsamba 2 Council

Commune de Ngaoundere 2 /
31. IDRISSOU ABANA Maire / Mayor
Ngaoundéré 2 Council

32. MINONG Etienne DIADEM (AGE) President

33. JARRETH NDI Elisabeth N. CEFAM Directeur adjoint / Deputy Director

Tribunal Administratif Ngaoundere /


34. MVELLE MENDO’O Martin J. President
Ngaoundéré Administrative Court

35. ETOUNDI NGA Olivier MINFI/DGB/DPC CCTD CEA/CCTD

36. NYAM à MAMBA Achille Commune de Kiiki / Kiiki Council Maire / Mayor

Commune de Penka Michel /


37. TSIAZE FOZANGJ.P. Maire / Mayor
Penka Michel Council

38. FONGUH Joseph NGU Commune de Bamenda 2 / Bamenda 2 Council 1st deputy mayor / A1

39. MANON Félicité SIDIKI Commune d’Ebone / Ebone Council Maire / Mayor

40. Jean Pierre BIBOUM Commune de Bot Makak / Bot Makak Council Maire / Mayor

41. ABOUZARI MAHAMAT Commune de Fotokol / Fotokol Council Maire / Mayor

Representant Maire /
42. TAKOE NAH Valère Commune de Deuk / Deuk Council
Mayor’s representative

Délégué du gouvernement /
43. NZETE Emmanuel CU Bafoussam / Bafoussam CC
Government Delegate

44. KOUTAPTOU Ibrahim Commune de Koutaba / Koutaba Council Maire / Mayor

Contrôleur financier /
45. NSANGOU Idrissou CU Yaounde / Yaounde CC
Finance Controller

Departement du Haut Nyong /


46. MBOKE Godlive NTUA Préfet / SDO
Upper Nyong Division

47. MBAK MBOURI Emmanuel Commune de Bibey / Bibey Council A1 Maire / 1st Deputy Mayor

Receveur Municipal /
48. MALMAMOUDOU Commune de Djohong / Djohong Council
Council Treasurer

49. ENI Emmaculate T. PRADEC-GIZ / PROMUD-GIZ TL/CL

Secrétaire Général /
50. Chief George Michael MWAFISE Isangele Council / Commune d’Isangele
Secretary General

President National /
51. NJIFON Philippe FENTEDCAM
National Chairperson

| 135
ACTES
Assises Générales de la Commune

N° Noms et prénoms / Full names Structure / Institution Fonction / Function

52. Angèle MEYANGA Commune d’Afanloum / Afanloum Council Maire / Mayor

53. AYISSI Stanislas Commune d’Elig- Mfomo / Elig Mfomo Council Maire / Mayor

54. NGOUDAM SEDINA. J Commune de Koutaba / Koutaba Council CCF

55. SANGA Jean Baptiste Commune de Bana / Bana Council Maire / Mayor

56. KOUTA Faustin Commune de Ngoro / Ngoro Council Maire / Mayor

57. DAN RA Raymond Commune Kar-Hay / Kar-Hay Council Maire / Mayor

58. ONANA Théophile Commune de Bertoua 1er / Bertoua 1 Council Conseiller Municipal/ Councillor

59. DJABOU Commune de Koza / Koza Council Maire / Mayor

60. MENYONG Lawrence Nwa Council / Commune de Nwa Mayor / Maire

61. TANKOU Martial FEICOM ROD

62. NTIMI Oliver AKAW Idabato Council / Commune d’Idabato Mayor / Maire

63. EVINI AVANG Commune Yaounde 4 / yaoundé 4 Council Conseiller Municipal / Councillor

64. HOULCAOU Edouard Commune de Belel / Belel Council A1 Maire / 1st Deputy Mayor

65. AMOUGOU NOMA Reqine Commune Yaounde 4 / Yaoundé 4 Council Maire / Mayor

67. ELAZE Marie Louise Commune Biwong Bulu / Biwong Bulu Council Maire / Mayor

68. NDAPEYOUENE Ibrahim Commune de Malantouen / Malantouen Council Maire / Mayor

69. Ibrahima BJALALLAHOU Commune Tcholliré / Tcholliré Council Maire / Mayor

70. IPOUA Robert Olivier Commune de Campo / Campo Council Maire / Mayor

71. NKOUDOU BENGONO Jean Raoul BUNEC DAF

72. IYA SOULEYMANOU Commune de Martap / Martap Council Maire / Mayor

Commune de Moulvoudaye /
73. WAMENE KAISSALA Maire / Mayor
Moulvoudaye Council

74. TATAH Peter NTAIMAH BUNEC DAS

75. ETONGO Grâce MENG Bamusso Council / Commune de Bamusso Mayor / Maire

76. KOUYAM ALASSA Commune de Kouoptamo / Kouoptamo Council Conseiller Municipal

77. BATE EPEY Robert Tinto Council / Commune de Tinto Mayor / Maire

78. MBU-EWANE LULU V. Kumba III Council / Commune de Kumba 3 Treasury Staff

79. ABEH Hyacinth TALA Njinikom Council / Commune de Njinikom 2nd Deputy Mayor / A2 Maire

80. MENGANAS Alain Wilfried Commune de Diang / Djang Council Maire / Mayor

81. BELLE TITI Commune de Bonalea / Bonalea Council Maire / Mayor

Receveur Municipal / Council


82. TElV ESSE Albertine Commune de Dschang / Dschang Council
Treasurer

Receveur Municipal /
83. DOUNAH MVETOR Fabrice Commune de Bafia / Bafia Council
Council Treasurer

Délégué du Gouvernement /
84. AHMADOU ELHADJI BOUBA CU Garoua / Garoua CC
Government Delegate

Secrétaire Général /
85. MFOUAPON ALASSA Commune de Banwa / Banwa Council
Secretary General

86. BITJOKA Albert CU Edea / Edea CC Grand Conseiller

87. O N KAN EVAGLE Commune Nyanon / Nyanon Council Maire / Mayor

88. GAMANAN LAOBOL Commune Madingring / Madingring Council Conseiller Municipal / Councillor

| 136
Annexes

N° Noms et prénoms / Full names Structure / Institution Fonction / Function

89. NKENG Michael Muyuka Council / Commune de Muyuka Mayor / Maire

Receveur municipal /
90. TSANGA NKOMO B. Commune Deuk / Deuk Council
Council treasurer

Receveur municipal /
91. MUSONGUI W. Roméo Commune Bafoussam 3 / Bafoussam 3 Council
Council treasurer

Vice- President Executif /


92. MEKA Patrice Olivier Organisme d’appui au Developpement
Vice-President

93. OUM Amos Commune Ngog Mapubi Maire / Mayor

94. ZOALANG FEICOM Media

Secrétaire Général /
95. NDONG EKANJE Martin Kumba 3 Council / Commune de Kumba 3
Secretary general

Presidente Nationale /
96. JUIMO Odette SONAFAAC
National Chairperson

97. Dr NANKAM Appolinaire MINFOF

98. NDEFONKOU Daniel Commune de Bafoussam 3eme Bafoussam 3 Council Maire / Mayor

Chambre des Comptes/


99. MIKONE Martin Bienvenu Conseiller Maitre / Counsel Lawyer
Cour Suprême / Audit Bench. Supreme Court

100. ABAH Lévy Commune de Ouli / Ouli Council Maire / Mayor

101. MBA MBO Hyacinthe Commune d’Ambam / Ambam Council Maire / Mayor

Syndicat des Industries extractives /


102. ABOUEM Bertin Président / Chairperson
Renewable Energies’ Trade Union

103. BEUTCHOM TALOM Huguette CU/ Bafoussam / Bafoussam CC DAEF

104. Ibrahim BOUKAR Commune de Maga / Maga Council Maire / Mayor

105. NDJANKOUM Félix J.P Commune de Somalomo / Somalomo Council Maire / Mayor

AKETE ENDAMANE DIBOL Epse


106. Commune de Mintom / Mintom Council Maire / Mayor
BEKONO

107. NTYE Françoise Virginie — Secrétaire Général / Secretary general

108. FOUDA FOUDA Frédéric Commune de Mboma / Mboma Council Maire / Mayor

Chargé de la Coopération/
109. COUMAYE Claude Céleste Commune de Koza / Koza Council
Cooperation Officer

110. LEMBE MBAPPE Commune de Mbanga / Mbanga Council Maire / Mayor

111. NKOYOCK Gustave Commune de Massok / Massok Council Maire / Mayor

112. MBALA TOGOLO J.M AFG/CONSUPE

113. BEKADA Patrice Commune d’Ambam / Ambam Council Consultant

114. BOSSI Raymond Commune de Ndelele / Ndelele Council Maire / Mayor

115. LANKE Olivier — PAINTFOUL

116. Dr ASSUM ENS —

117. FONYUY Fidelis BERNSAH Mbiame Council / Commune de Mbiame Mayor / Maire

Coordonnateur National /
118. Etienne Didier ONANA Société Civile
National Coordinator

119. NGO SANA H. LAJDDHD/ Société Civile Secrétaire Général / Secretary general

120. NDJOWE Dominique Commune Dschang / Commune de Dschang Secrétaire Général / Secretary general

121. TAM LIKENG Richard Sous-Prefecture Ngoro / SDO Ngoro Sous-Prefet / SDO

| 137
ACTES
Assises Générales de la Commune

N° Noms et prénoms / Full names Structure / Institution Fonction / Function

122. MULUH Alfred ELECAM Ancien Prefet / Former SDO

123. HOUSSEINI ISSA Commune Dir / Dir Council Maire / Mayor

124. ENGBWANG Jean Claude La Plume Hebdo Journaliste / Journalist

125. Jonas NLEMALE Flux Infos Directeur de Publication / Publisher

126. AKEFAC Philip Commune de Mbouda / Mbouda Council Secrétaire Général / Secretary general

127. LIBONG Patience Commune de Bokito / Bokito Council Secrétaire Général / Secretary general

128. MESSANGA BESSALA Simon Commune d’Ayos / Ayos Council Receveur municipal / Council treasurer

129. ESSONO Bertrand Commune d’Ayos / Ayos Council Secrétaire Général / Secretary general

130. FANKAM Ulrich Commune de Bangou / Bangou Council Conseiller Municipal / Councillor

131. TOUNDE Eugène MINFI/ DGD CEA/ DGD

132. NFOR Catherine épse ESSOH MINDDEVEL DRH/ CTD

133. BANU ADU Odi Njikwa Council / Commune de Njikwa Mayor / Maire

134. NANA Charly Commune de Bangou / Bangou Council Maire / Mayor

135. SADJO HAMAWA Commune de Mindif / Mindif Council Maire / Mayor

136. Ruben Etienne MPOCK Agricnews Journaliste

137. NGOYEH Paul — Receveur Municipal / Council Treasurer

138. ETAKA OKALI Jean Commune d’Elig- Mfomo / Elig Mfomo Council Receveur municipal / Council treasurer

139. BILONG Elias Commune de Bipindi / Bopindi Council Maire / Mayor

140. TCHOUMGUINEE BAD Charge des Décaissements / Cashier

141. NANA ALIM Commune Tchollire / Tcholliré Council Officier d’etat Civil

142. ESSOMBA Guy Mathurin Commune de Melong / Melong Council Receveur municipal / Council treasurer

143. NDZINA BASILIE MINDDEVEL Cadre / Staff

144. ASSEMBE Henri Séverin HEGTD Directeur / Director

145. ELA ELA Valère Commune Meyomessi / Meyomessi Council Conseiller Municipal / Councillor

146. MBUH Judith Ndop Council / Commune de Ndop Municipal Councellor

147. SANCHO née Martha GHOGONU Ndop Council / Commune de Ndop Municipal Councellor

148. SANANGBIAMB ZANIRI Furu-Awa Council / Commune de Furu Awa Mayor / Maire

Ancien Prefet, Enseignant /


149. Jean Bienvenu ABANDA ENAM
Former SDO, Lecturer

Ancien CT au MINATD/ Former TA


150. KUATE Jean Pierre
at MINATD, Expert

151. POUOMEGNE Carine IMUCASTY Enseignante / Lecturer

152. ONDOUA Armand Le Regional Directeur de Publication

153. KENYE Dieudonné Regions Directeur / Director

154. Eric AZOMBO Commune D’Akom 2 / Akom 2 Council CELCOM

155. MASSAM Jean Edouard — Secrétaire Général / Secretary general

156. SIMO Paul Commune de Banwa / Banwa Council Conseiller Municipal

157. KEEDI Gabriel Commune de Deuk / Deuk Council Maire / Mayor

158. TANKOU Martial FEICOM S/D

159. MOUEN WALLY Anne Chantal TGY CSCTD

| 138
Annexes

N° Noms et prénoms / Full names Structure / Institution Fonction / Function

160. MVOGO SYLYAC Marie Département du Mbere / Mbéré Division Préfet / SDO

161. BILOA Armand Pierre MINDDEVEL Cadre / Staff

162. BOADE Hervé Constant MINDDEVEL Cadre/ Staff

163. NOUTCHA Parfait CCIMA Chef / Head SID

164. BOUBA HAMADOU Commune de Pete / Pete Council Maire / Mayor

165. ALIOUM MOUSTAPHA Commune de Gaschiga / Gaschiga Council Maire / Mayor

166. NKOU Guy Raymond MINEPAT Cadre / Staff

167. THYONG epse NDONGO MINEPAT Cadre / Staff

Chef Supérieur Bafoussam /


168. S.M. Njitack Ngompe —
Bafoussam Paramount Chief

ATELIER N°5 : Gouvernance Locale


Workshop N° 5 : Local Governance

N° Noms et prénoms / Full names Structure / Institution Fonction / Function

1. NGOLE Philip NGWESE — Président de l’atelier / Workshop Chair

2. NNOKE NGWESE Anthony MINDDEVEL CT1

3. NGANE Suzanne FEICOM DPPP

4. NDONGO ETAME David Chambre des Comptes / Audit Bench Conseiller Maitre/ Counsel. Lawyer

5. BOBO GOUNOKO Sous-Prefecture / SD Office Sous-Préfet / SDO

6. BARKINDO Ibrahima Commune de Garoua 2 / Garoua 2 Council Maire / Mayor

Délégué du Gouvernement /
7. NZOKE DIEUDONNE CU Edea / Edea CC
Government Delegate

8. WELEME VENE Commune de Yagoua / Yagoua Council Secrétaire Général / Secretary general

9. NSANE BESSALA Commune de Nkoteng / Nkoteng Council Secrétaire Général / Secretary general

10. BIHINA Richard Commune de Roua / Roua Council Maire / Mayor

11. Dr OSSIMA Gilles André Commune de Lolodorf / Lolodorf Council A1 Maire / 1st Deputy Mayor

12. MENGUE ESSONO Gervais Commune de Ma’an / Ma’an Council Maire / Mayor

Commune de Bafoussam I / er
13. MEFIRE Jules Conseiller Municipal / Councillor
Bafoussam 1 Council

14. TANDJONG Martin MESHONGONG Tubah Council / Commune de Toubah Mayor / Maire

15. ABDOURAMANOU LABI Commune de Ngaoui / gaoui Council Maire / Mayor

16. BEUBOUM Roger Commune de Ngaoui / Ngaoui Council Secrétaire Général / Secretary general

17. Dimanche DAIROU Commune de Ngaoui / Ngaoui Council Receveur municipal / Council treasurer

18. Monseigneur EMILIANOS Eglise Orthodoxe / Orthodox Church Archevêque / Archbishop

Commune de Ngoumou /
19. AMIE ASSOUH Antoine Maire / Mayor
Ngoumou Council

Commune de Bamougoum /
20. MAKOU Lydie Conseiller Municipal / Councillor
Bamougoum Council

21. TSINDA Bedel Presse Business Echos Directeur de Publication / Publisher

22. MENGACK KHUM Cyprien Commune de Mbang / Mbang Council Maire / Mayor

| 139
ACTES
Assises Générales de la Commune

N° Noms et prénoms / Full names Structure / Institution Fonction / Function

Commune de Bafoussam Ier /


23. FOKA FOCKA Jules Hilaire Maire / Mayor
Bafoussam 1 Council

Commune de Sangmelima / Agent Communal / Council


24. NGANGMAIH
Sangmelima Council employee

Commune de Mengong /
25. ENGOLO ETO Gervais Maire / Mayor
Mengong Council

Commune de Mvangan / Mvangan


26. MINSILI EBA Thomas Maire / Mayor
Council

27. Chief ATEM EBAKO Nguti Chief / Chef traditionnel

28. IVAHA DIBOUA Samuel Region du Littoral Gouverneur / Governor

29. PONMONI Jean Marie Senat / Senate Sénateur / Senator

Banguem Council /
30. EKUH OJEH Simon Mayor / Maire
Commune de Banguem

31. Dr DJONGO TAZO B. Commune de Fokoue / Fokoue Council CCD

Kumba 2 Council /
32. FORCHA NDOBEGANG Martin Mayor / Maire
Commune de Kumba 2

33. Chief AKANANGZRANY — Chief / Chef Traditionnel

Kumbo Itindi Council /


34. EDONDE Cornegum Mayor / Maire
Commune de Kumbo Itindi

35. ARREY Victor A. Tinto Council / Commune de Tinto Councillor / Conseiller Municipal

Tribunal Administratif / Président du Tribunal /


36. KOUE KAOKAMLA
Administrative Court Court President

Commune de Bayangam /
37. GHEDO Pierre Conseiller Municipal / Councillor
Bayangam Council

38. KONGA George AJO PANORAMA Journaliste / Journalist

39. YOUSSOUFA TERDE MOUSSA Commune de Hina / Hina Council Maire / Mayor

Commune de Hile- Alifa /


40. ALI CHEICK Djibrilla Maire / Mayor
Hile-Alifa Council

41. ABBA MALOUM MAMA Commune de Zina / Zina Council Maire / Mayor

42. MASSA MEDANG. S CUD / Douala CC CFS

43. BATI Luc Ndom Council / Commune de Ndom Maire / Mayor

44. MADA Michel Commune de Ngoura / Ngoura Council Maire / Mayor

45. ESSAMA EMBOLO Commune de Soa / Soa Council Maire / Mayor

46. BITCHEBE Désiré Raphaël Commune de Tonga / Tonga Council Maire / Mayor

Commune de Mayo- Oulo /


47. HAOUA TIRI Maire / Mayor
Mayo Oulo Council

48. S.M SADOU YAOUBA Commune de Poli / Poli Council Maire / Mayor

Bamenda 2 Council /
49. BALICK AWA Fidelis Mayor / Maire
Commune de Bamenda 2

50. ANNIR Dieudonné Commune de Yoko / Yoko Council Maire / Mayor

51. LAKA KOMPELI Commune de Guere / Guere Council Maire / Mayor

Commune de Maroua 3e /
52. BOUBAKARI BELLO Maire / Mayor
Maroua 3 Council

53. SOUAIBOU SALI FEICOM Cadre / Staff

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Annexes

N° Noms et prénoms / Full names Structure / Institution Fonction / Function

54. NLOLO Roger FEICOM Cadre / Staff

55. Blaise Testelin NANA RJ CD President / Chairperson

56. GBANGA Emmanuel Commune de Kette / Kette Council Maire / Mayor

Commune de Minta / Minta


57. MOUT ABALANG Maire / Mayor
Council

Expert Décentralisation /
58. KON TCHUENTE Barthélémy ONECCA
Decentralisation expert

Senateur. Presidente Fondatrice /


59. Dr NDJOLE. A épse TOKPANOU FCR2SM
Senator. Founding President

60. MENYE DWINE NEKENOA Toko Council / Commune de Toko Mayor / Maire

61. ITOE Benjamin Dikome Council / Commune de Dikome Mayor / Maire

62. Olivier NKOUNGA Banque Mondiale / World Bank STC

63. Sylvestre CHEGUE PNDP CC

Commune de Nkongsamba 2e / RECEVEUR MUNICIPAL /


64. NZOMENE Marthe Pascal épse TSANANG
Nkongsamba 2 Council COUNCIL TREASURER

65. NJONKAM Anne Commune de Bafang / Bafang Council A1 Maire / 1st Deputy Mayor

Commune de Bamendjou /
66. KAMDOUM Maire / Mayor
Bamendjou Council

Directeur des marchés des autres


67. NGOUH SALIFOU MINMAP Infrastructures / Contract Director of
other infrastructure

Commune d’ Angossas /
68. KAKOUAND EBA épse TSITSOL Anne Marie Maire / Mayor
Angossas Council

69. MPANS Gisèle Rose Commune de Doumé / Doume Council Maire / Mayor

70. PENKA Michel MINMAP Chef / Head CRU DAJ

71. NGAZANG AKONO Département de la Mvila / Mvila Division Préfet / SDO

72. MOLGOM Commune de Wina / Wina Council Maire / Mayor

73. MENDEN Robert Commune de Gobo / Gobo Council Maire / Mayor

Widikum Boffe Council /


74. TAYO Denis AGHEN Mayor / Maire
Commune de Widikum Boffe

75. BUNYUI NYUGAB Emmanuel Ndu Council / Commune de Ndu Mayor / Maire

76. NYEMECK Marc Commune de Dibang / Dibang Council Maire / Mayor

77. MINTYA René Daniel MINDDEVEL Cadre / Staff

78. HAGBE Mathieu CEFAM Directeur / Director

79. LOBE Joseph MINDDEVEL Inspecteur N°1 / Inspoector 1

80. DEMENOU TAPAMO Adrienne Paule Commune de Fokoue / Fokoue Council Maire / Mayor

81. Dieudonné DAY ZAL Commune d’Atok / Atok Council Maire / Mayor

Commune de Mayo-Darle /
82. GBEUNGBA TOULALE Maire / Mayor
Mayo Darle Council

Verificateur Assistant /
83. LOGA Eric CONSUPE
Assistant Verifier

Verificateur Assistant. Chef de Brigade


84. Lea MPONDO Jean Paul CONSUPE
/ Assistant Verifier. Squad leader

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ACTES
Assises Générales de la Commune

N° Noms et prénoms / Full names Structure / Institution Fonction / Function

85. ONGOLO ELOUNDOU Commune d’Evodoula / Evodoula Council Maire / Mayor

Commune d’Edzendouan /
86. ZING Serges Dieudonné Maire / Mayor
Edzendouan Conbcil

87. TSIMI ABOMO Rémy Préfecture de la Lekie SDL / LDS Head

Expert Developpement Local /


88. Ignace Bertin NKIENE Commune d’Obala / Obala Council
Local development expert

89. NGBWA née BIKIE Odile Commune de Zoetele / Zoetele Council Maire / Mayor

90. NKAM Georges PNDP SSE

91. EZO’O BIZEME Chambre des Comptes Conseiller-Maitre

Commune Kouoptamo /
92. NJOYA OUSMANOU Maire / Mayor
Kouoptamo Council

93. NGA NGBWA Leonelle MINDDEVEL Cadre / Staff

94. EYOUM Suzanne MINDDEVEL Cadre / Staff

95. MOHAMADOU ADAMOU MINDDEVEL Cadre / Staff

96. EWANG Martin Commune de Mambo / Mambo Council Maire / Mayor

97. ESSAM Paul Joël PNFMV Gestionnaire Des Projets

Délégué du Gouvernement /
98. WOUAMANE MBELE CU Bertoua / Bertoua CC
Government Delegate

99. NJONG FONYUY Donatus Kumbo Council / Commune de Kumbo Mayor / Maire

Commune de Ngoumou / Secrétaire Général /


100. ABENA Julien
Ngoumou Council Secretary general

101. NGOURANG Etienne Commune Nkoteng / Nkoteng Council Maire / Mayor

Chef d’équipe AMBERO /


102. GATCHO Aude PRADEC-GIZ / PROMUD- GIZ
Ambero Team Lead

Commune de Yaounde 3 /
103. AKAMESSE Michel Adjoint au Maire / Deputy Mayor
Yaounde 3 Council

Commune de Madingring /
104. DJENABOU MAFING Marie Maire / Mayor
Madingring Council

Trésorerie Générale Douala /


105. NDZODO TIBIDI Trésorier Payeur N°1
Douala General Treasury

Commune de Kobdombo / Secrétaire Général / Secretary


106. AMBASSA BESSALA
Kobdombo Council General

Commune de Kobdombo /
107. ELOUNDOU Maurice CCF
Kobdombo Council

Commune de Kobdombo /
108. ASSOMO AKONO épse AYE A2 Maire / 2nd Deputy Mayor
Kobdombo Council

Conseiller Technique
109. Mireille ATANGANA GIZ-PRADEC / PROMUD -GIZ Communication / Technical Advisor
Communication

110. ESSOA ONDOUA Martial Commune de Kribi Ier / Kribi 1 Council Agent communal /

111. ETOUNDI François Commune de Minta / Minta Council Receveur Municipal

112. AKWA Stephen T. CPDM Section President / Président de section

113. MBULLE MBULLE Valentine Trésorerie Générale Bertoua TPG Bertoua

114. YOMSI Edouard RIDEV Chef Projet

115. IPOULE MOUKEKE Prince Organisation Société Civile / CSO —

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Annexes

N° Noms et prénoms / Full names Structure / Institution Fonction / Function

116. AMBARA Charles Francis Organisation Société Civile / CSO —

117. ADAMOU Joseph Commune de Mbe / Mbe Council Maire / Mayor

Coordonnateur National /
118. Marie Madeleine NGA PNDP
National Coodinator

119. AGBOR Victor NSO MINDDEVEL Cadre / Staff

120. BONYOMO Donatien Departement du Noun / Noun Division Préfet / SDO

121. DJONSE DJONWANG Commune de Kalfou / Kalfou Council Maire / Mayor

122. Lover Commune de Yingui / Yingui Council Maire / Mayor

123. NGO NDENHA NDENHA Joséphine Eliane PNDP-IRIC Chercheur / Researcher

124. Emmanuel PENDA WOKONYI Idenau Council / Commune de Idenau 1st Deputy Mayor / 1er Adjoint Maire

Chef Service Technique /


125. BAWADI VOUSSOU Wilfried Commune de Tonga / Tonga Council
Technical Service head

126. NGOME EBENE Jean Commune de Manto / Manto Council A2 Maire / 2nd deputy Mayor

Commune de Galim- Tignere /


127. IBRAHIM YAYA Maire / Mayor
Galim Tignere Council

128. TEBOU Barthélémy MINMAP Directeur / Director

129. MBAMA Fils II Village Ndimi / Ndimi Village Chef Traditionnel / Traditional ruler

Commune de Ndikinimeki /
130. OBIEGNI Thomas Maire / Mayor
Ndikinimeki Council

131. MEUNDEU Robert Commune de Gobo / Gobo Council Maire / Mayor

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