Assises Générales: Décentralisation Cameroun
Assises Générales: Décentralisation Cameroun
ACTES Extrême
Nord
Thème :
Approfondir la décentralisation
pour une commune camerounaise rénovée
Adamaoua
Nord-Ouest
Centre
Littoral
Est
Sud
Publié en Juillet 2019
Pour tout renseignement sur les Assises Générales de la Commune - édition 2019 - ou pour
obtenir des exemplaires de cette publication, veuillez contacter :
Ces actes ont été publiés avec le concours du Ministère fédéral allemand de la Coopération
économique et du Développement (BMZ) par l’intermédiaire de la Deutsche Gesellschaft
für internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, dans le cadre du Programme d’appui au
développement communal (PRADEC).
La GIZ ne partage pas forcément les opinions exprimées dans cet ouvrage.
Le Ministère de la Décentralisation et du Développement Local (MINDDEVEL) assure l’entière
responsabilité du présent contenu.
SOMMAIRE
Sommaire
Avant propos.........................................................................................................................................................................5
Première partie................................................................6
Mot de bienvenue de M. Gilbert TSIMI EVOUNA, Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté
Urbaine de Yaoundé.............................................................................................................................................................7
Deuxième partie............................................................ 24
ATELIER N° 1 : Cadre normatif et institutionnel applicable à la commune...........................................................25
ATELIER N° 2 : Transfert des compétences................................................................................................................35
ATELIER N° 3 : Planification, coopération décentralisée et développement local...............................................41
Exposé 1 : Le Plan Communal de Développement (PCD)....................................................................................41
Exposé 2 : Planification Spatiale du Développement Local.................................................................................45
ATELIER N° 4 : Ressources de la Commune...............................................................................................................55
Exposé 1 : Des ressources humaines de qualité : une composante importante pour la réalisation des
missions assignées aux communes........................................................................................................................55
Exposé 2 : Les ressources financières de la commune.......................................................................................60
Exposé 3 : La gestion budgétaire et comptable des ressources financières des CTD...................................67
ATELIER N° 5 : Gouvernance locale...............................................................................................................................78
Exposé : La gouvernance locale : principes, enjeux et outils...............................................................................78
Troisième partie............................................................ 89
Déclaration des Maires et Délégués du Gouvernement ayant pris part aux premières Assises Générales de
la Commune........................................................................................................................................................................90
Discours de clôture du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, représenté par M. Bello BOUBA MAIGARI,
Ministre d’Etat, Ministre du tourisme et des loisirs.................................................................................................. 104
Annexes...................................................................... 108
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Actes des Assises
Générales de la
Commune
Avant-propos
Avant propos
La tenue, sur ses très hautes instructions et sous la présidence effective du Premier Ministre, Chef du
Gouvernement, du 06 au 07 janvier 2019, des premières « Assises Générales de la Commune », après
la création d’un Ministère de la Décentralisation et du Développement Local, est apparue dès lors
comme la traduction concrète de la volonté politique de donner une nouvelle impulsion au processus de
décentralisation.
Placées sous le thème «approfondir la décentralisation pour une commune camerounaise rénovée »,
ces Assises avaient pour objectif d’améliorer l’organisation et le fonctionnement de la commune pour
renforcer la participation citoyenne et promouvoir le développement local.
Les travaux desdites Assises qui ont rassemblé les 374 collectivités territoriales décentralisées du
Cameroun et les autres acteurs clefs du processus de décentralisation, auront permis, dans une démarche
participative, de poser un diagnostic sans complaisance de l’organisation et du fonctionnement de la
commune et d’identifier des stratégies efficaces de nature à lui permettre de jouer pleinement son rôle
de moteur du développement local.
Au lendemain de ces toutes premières Assises, je me dois de m’acquitter de l’agréable devoir de saluer la
disponibilité et l’engagement de nos partenaires nationaux et internationaux pour une organisation sans
faille de nos travaux.
Je félicite les participants, et tout particulièrement les représentants des collectivités territoriales
décentralisées pour leur présence massive et leurs contributions enrichissantes et édifiantes. Les
résultats auxquels nous sommes parvenus seront, à n’en point douter, capitalisés pour la mise en place
des Régions annoncée par le Chef de l’Etat.
Il nous revient maintenant, ainsi que cela a été prescrit par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,
dans son discours de clôture des Assises, de transformer les recommandations issues de ces importants
moments de réflexion, en actions concrètes, dans une démarche synergique, afin de parvenir à l’édification
de la Commune rénovée que nous appelons de tous nos vœux. /-
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Première partie
La cérémonie
protocolaire d’ouverture
Les présents actes qui rendent compte du déroulement des Assises Générales de
la Commune Camerounaise s’articulent autour des trois parties ci-après :
Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Représentant personnel du Chef de l’Etat ;
Excellence Monsieur le Ministre de la Décentralisation et du Développement Local ;
Excellence Mesdames et Messieurs les Ministres;
Monsieur le Gouverneur de la Région du Centre ;
Monsieur le Préfet du Département du Mfoundi ;
Chers Collègues Délégués du Gouvernement ;
Messieurs les Directeurs Généraux ;
Mesdames et Messieurs les Maires ;
Chers Partenaires au Développement ;
Distingués Participants ;
Mesdames et Messieurs,
La ville de Yaoundé est heureuse d’accueillir en ce jour les premières « Assises Générales de la Commune»
placées sous le thème « Approfondir la Décentralisation pour une Commune Camerounaise rénovée ».
C’est pour moi, l’occasion, en tant que Premier Magistrat de la Cité Hôte, de souhaiter à toutes celles et tous
ceux d’entre vous venus d’ici et d’ailleurs, prendre part auxdites Assises, une chaleureuse bienvenue à Yaoundé,
la ville aux sept collines. Soyez à l’aise, vous êtes chez vous ! Chez nous !
Force est de reconnaître que la Commune Camerounaise dont le Chef de l’Etat, Son Excellence Paul BIYA,
magnifiait déjà ses vertus dès 1987, dans son ouvrage «Pour le libéralisme communautaire», que cette
commune dis-je, n’a pas encore, en raison de nombreuses pesanteurs, pris tout son envol.
Par ailleurs, le Chef de l’Etat, y revient, dans son discours de prestation de serment, le 06 novembre
2018, parlant des Collectivités Territoriales Décentralisées, en déclarant, je cite : «Dans les meilleurs délais
possibles, des mesures seront prises pour élargir le champ de compétence des Collectivités Territoriales
afin de leur donner les moyens d’une plus grande autonomie ». Les présentes assises visent donc à donner
corps à ces prescriptions présidentielles.
I strongly believe the objective of the present forum is to draw up realistic proposals likely to improve on
the organization and functioning of communal institutions and local governance in our country.
I then wish you all success and good luck in our communal debates!
Long live Cameroonian Communal Institutions!
Long live His Excellency President Paul BIYA!
Long live the Republic of Cameroon!
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ACTES
Assises Générales de la Commune
Conférence Inaugurale
par M. Alioune BADIANE
«Tous les pays et toutes les parties prenantes, agissant en partenariat, mettront en œuvre les Objectifs de
développement durable. Nous avons résolu de libérer la race humaine de la tyrannie de la pauvreté et du
besoin et avons également résolu de guérir et sécuriser notre planète. Nous sommes déterminés à prendre les
mesures audacieuses et transformatrices qui s’imposent de toute urgence pour faire passer le monde sur une
voie durable et résiliente. Au moment où nous entamons ce voyage collectif, nous promettons que personne
ne sera laissé pour compte.
Les Objectifs de développement durable (ODD) et les 169 cibles que nous annonçons aujourd’hui démontrent
l’ampleur et l’ambition de ce nouvel Agenda universel. Les ODD cherchent à s’appuyer sur les Objectifs du
Millénaire pour le Développement et à compléter ce que ces derniers n’ont pas atteint. En outre, les ODD visent
à réaliser les droits humains pour tous et à réaliser l’égalité des sexes et l’autonomisation de toutes les femmes
et filles. Les ODD sont intégrés et indivisibles et équilibrent les trois dimensions du développement durable :
économique, social et environnemental».
(Transformer notre monde: l’Agenda 2030 pour le développement durable, septembre 2016)
Monsieur Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement et Représentant Son Excellence Monsieur le Président
de la République,
Monsieur le Ministre de la Décentralisation et du Développement Local,
M. le Délégué du Gouvernement de la Communauté Urbaine de Yaoundé,
Mesdames et Messieurs les Ministres et membres du Gouvernement,
Honorables Maires et Magistrats municipaux,
Honorables Députés et Sénateurs du Cameroun,
Mesdames et Messieurs les Conseillers Municipaux, Secrétaires généraux des Mairies et Receveurs
municipaux,
Mesdames et Messieurs les Autorités administratives et Chefs traditionnels,
Mesdames et Messieurs responsables des groupements patronaux, du secteur privé et des chambres
consulaires,
Mesdames et Messieurs représentants des organisations du Système des Nations Unies, de la coopération
multilatérale, bilatérale et des PTF,
M. le Directeur Général du FEICOM,
Mesdames et Messieurs les représentants des milieux académiques et de la Recherche,
Mesdames et Messieurs les représentants de la Société civile,
Mesdames et Messieurs,
Chers participants, en vos noms, grades et qualités,
1. Introduction
Qu’il me soit permis à l’entame de mon propos, d’adresser mes vifs remerciements et mes sincères
félicitations à Monsieur le Premier Ministre, Son Excellence Joseph Dion Nguté, Chef du Gouvernement
et représentant de Son Excellence, Monsieur le Président de la République, à Monsieur Georges ELANGA
OBAM, Ministre de la Décentralisation et du Développement Local et son équipe pour la conception et
l’organisation de ces Assises Générales de la Commune au Cameroun et d’avoir bien voulu me faire l’honneur,
de m’inviter à délivrer la Conférence Inaugurale, Keynote Address, sur le Thème: « Les enjeux et les défis de la
décentralisation et du développement local dans l’émergence des Etats africains ».
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Cérémonie d’ouverture
Il me plait toujours de revenir au Cameroun car, sénégalais mais camerounais de coeur pour avoir eu des
amis, des collègues et ayant étroitement collaboré avec plusieurs grands hommes de ce pays ; permettez-
moi d’en nommer quelques-uns comme feu Le grand ministre de l’Administration Territoriale, feu Andze
Tchoungui ou le Doyen Amadou Moustapha au Ministère de l’Habitat dans les années 90. Je voudrais aussi
citer mon ami feu Gilbert Biwolé premier directeur du FEICOM ou les Ministres Claude J Mbafou, Lékéné
Donfack, Boubakary Yerima Halilou, René Emmanuel Sadi au Ministère de l’Administration Territoriale et de
la Décentralisation ou Jean Claude Mbwentchou, récemment au Ministère de l’Habitat et du Développement
Urbain.
Aujourd’hui, en ma position de retraité des Nations Unies, après 25 ans de service des Nations Unies et
maintenant à la tête du The Urban Think Tank Africa -TUTTA, ma disponibilité est totale et entière pour
répondre et assister le Cameroun et les pays africains dans la résolution des questions relatives à l’habitat
au développement urbain, à la décentralisation et à la gouvernance locale.
Elles permettent aussi d’adopter des valeurs sociales communes et des modes démocratiques de
gouvernance à travers un processus de décentralisation dynamique qui aspire à construire un développement
local durable et partagé, base de l’émergence pour nos États.
Mais, les villes, les communes et les territoires africains sont loin d’offrir des conditions et des chances
équivalentes à tous les groupes sociaux. La majorité des populations communales est soumise à de
multiples contraintes d’ordre économique, social, culturel et environnemental. Dans de nombreuses villes
et communes africaines, la fracture sociale et spatiale entre riches et pauvres constitue un évident facteur
d’instabilité et d’insécurité et génère des coûts économiques et sociaux, non seulement pour les populations
déshéritées, mais également pour l’ensemble de la société. C’est dans ce contexte et pour contribuer de
façon effective à la mise en œuvre du Nouvel Agenda Urbain en Afrique et au Cameroun pour enclencher un
développement local durable et intégré, que nous délivrons cette Conférence introductive à l’occasion de ces
Assises Générales de la Commune, instruite par M. le Président de la République et exécutées par le Ministre
Georges ELANGA OBAM.
Dans un Continent africain affecté par la mondialisation, le local, le territoire, est au cœur de toutes les
réflexions et la recherche des solutions pour la construction d’un État émergent, démocratique et moderne.
Face aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux, l’approche locale présente une ébauche pour
un développement équitable et durable qui favorise l’inclusion sociale et permet, aussi bien la transformation
des modèles de production et de consommation, la gestion des ressources naturelles que la sauvegarde de
l’identité et de la pratique démocratique au quotidien du citoyen.
En effet, si les définitions générales semblent être largement partagées, nous notons dans la pratique que
ces termes peuvent recouvrir des nuances parfois considérables. Ces nuances sont à mettre en relation
avec les systèmes politiques et administratifs de référence, l’histoire et les courants de pensée dominants,
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ACTES
Assises Générales de la Commune
en référence en particulier, au concept encore plus large et encore plus polysémique de démocratie, de
gouvernance, de décentralisation et de développement local.
A cet égard, la décentralisation consiste en un transfert de compétences de l’État aux élus des collectivités
territoriales, celles-ci, bénéficiant d’une personnalité morale propre et d’un pouvoir de libre administration.
Leurs actes sont soumis au contrôle de légalité de la part du représentant de l’État et peuvent faire l’objet de
recours devant le juge administratif. C’est donc une totale réorganisation à l’intérieur de la sphère publique.
De manière générale, le terme de décentralisation fait référence aux processus engageant des transferts
de pouvoir d’un niveau central à un niveau local, de l’État central à des institutions différentes et à un
niveau inférieur. Ce terme de décentralisation englobe de fait une variété de concepts qui amène à définir
plusieurs types de décentralisation, à savoir la décentralisation politique, la décentralisation administrative,
la décentralisation financière.
Ces différents types de décentralisation peuvent eux-mêmes revêtir plusieurs formes selon les pays et
leur histoire politique et sociale, au sein d’un même pays ou d’une même région. Enfin, la décentralisation
politique, pour pouvoir s’exercer, doit s’accompagner des décentralisations administrative et financière. On
sait que l’intensité de ces deux derniers types de décentralisation varie considérablement d’un pays à l’autre.
Toutefois, dans nos traditions administratives, une précision est de mise, il s’agit de la différence entre le
concept de la décentralisation basée sur le principe de la subsidiarité et celui de la déconcentration basée
sur l’implantation d’autorités locales administratives, représentantes du pouvoir central et sous son contrôle
direct.
Selon les études de CGLUA, la décentralisation connait certains obstacles dont particulièrement la diversité
de la définition du territoire, de ses compétences, de la taille de la population moyenne, des moyens humains
et financiers nécessaires à la gestion locale et de la pratique de la démocratie directe.
Ainsi, la notion du local parait comme différente d’un pays à un autre et elle n’est pas la même pour les
habitants et pour l’administration. C’est ainsi que le local vécu (habitation, travail...) ne correspond pas
nécessairement au local administratif (critères politiques, techniques et économiques). Si les pays européens
et américains ont essayé de réconcilier les deux approches, de nombreux pays Africains sont encore à la
recherche de solutions.
Les pays africains engagés dans la décentralisation ont procédé à des reformes législatives et/ ou
constitutionnelles afin de créer ou d’élargir le rôle, les compétences et la place des collectivités locales. Mais,
celles-ci se heurtent souvent au problème des financements, malgré la hausse sensible réalisée au cours
de ces dernières décennies, et qui reste très souvent insuffisante. Ces pays ont mis en place des autorités
locales, avec des assemblées locales élues au suffrage populaire et un exécutif qui, à différents degrés, ont
à répondre devant les citoyens.
La décentralisation et son mécanisme de subsidiarité telle qu’elle est pratiquée doit, in fine, permettre un
meilleur accès aux ressources financières, aux services collectifs, un développement durable, une gestion
plus appropriée des ressources locales et un exercice démocratique plus direct pour tous les citoyens.
Depuis la fin des années 80 et les échecs enregistrés par les modèles jacobins et les politiques d’ajustement
structurel, la décentralisation est devenue une priorité politique affichée par de nombreux pays africains. Elle
est présentée comme une nouvelle voie pour bon nombre d’entre eux, longtemps sous un régime centraliste,
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Cérémonie d’ouverture
comme un nouveau chemin de la démocratie et du développement. Elle est aussi perçue par les Partenaires
Techniques et Financiers, qui ont souvent conditionné leurs aides à celle-ci, comme une réponse à la
nécessité d’une refondation de l’Etat, d’asseoir la démocratie sur des soubassements concrets et d’accroître
la participation des citoyens aux processus de développement et de décision. Il n’est en effet de programme
de réduction de la pauvreté, première priorité des programmes des gouvernements des pays africains, qui
ne fasse pas de la décentralisation et du développement local, un passage indispensable.
Par contre, pour la plupart des pays anglophones, le concept de décentralisation basé sur un système de
dévolution, recouvre la reconnaissance de compétences aux organisations de base et aux organisations non
gouvernementales, c’est-à-dire, à tout ce qui ne relève pas du gouvernement central ou local.
L’Afrique subsaharienne n’est pas en marge de ces réformes administratives inspirées des idées de la
gouvernance moderne. Cependant, les processus et les procédures différent selon les buts et les objectifs
recherchés, en fonction des arrangements institutionnels et des mécanismes de mise en œuvre, mais aussi,
en fonction des pratiques coutumières des autorités séculaires spécifiques à chaque pays.
Ainsi, la réussite de ces réformes ne peut dépendre que de leur intégration harmonieuse dans le contexte
politique et culturel, local et national. Avec la décentralisation en Afrique subsaharienne, les populations et
responsables en espèrent à la fois l’enracinement de la démocratie à la base, une meilleure mobilisation des
énergies pour le développement local, une meilleure satisfaction des besoins au niveau local et enfin une
plus grande participation des populations à la gestion des affaires publiques locales.
Néanmoins, il est impératif de s’arrêter sur l’aspect du financement local qui est basé sur le fait que la
décentralisation effective et le développement local, fondamentalement exigent une autonomie financière
appropriée. Ceci implique une correspondance entre les ressources financières des autorités locales et
les tâches et responsabilités qu’elles assument (viabilité financière et autonomie). A cet effet et c’est pour
cette raison que la fiscalité et les redevances locales devraient représenter une proportion importante dans
l’ensemble des ressources financières locales. Celles-ci doivent être complétées, par des subventions et/ou
des transferts de l’Etat.
Or, dans la pratique et dans la majorité de nos pays, le local a un pouvoir fiscal généralement faible et
la fixation des taux de fiscalisation reste centralisée au niveau des gouvernances intermédiaires hormis
quelques exceptions. Cette dépendance du pouvoir central touche à l’autonomie des décisions budgétaires
des collectivités territoriales et mérite toute notre attention pour assurer l’émergence harmonieuse de nos
Etats à travers le développement des territoires.
En Afrique du Sud, plus de la moitié des recettes du gouvernement national est transférée aux neuf provinces
et à 257 municipalités afin de leur permettre de s’acquitter de leurs missions. Le budget de 2017 avait établi un
équilibre entre la nécessité de procéder à des réductions pour tenir compte de l’abaissement du plafond des
dépenses et la nécessité d’assurer une croissance réelle des transferts aux provinces et aux municipalités,
afin qu’elles puissent fournir des services à des populations en croissance. Les gouvernements provinciaux
sont responsables de l’éducation de base, de la santé, des routes et des établissements humains, ainsi que
des services de développement social et d’agriculture.
Les gouvernements locaux fournissent des services de base tels que l’eau, l’assainissement, la distribution
de l’électricité, ainsi que des services routiers et communautaires. En moyenne les provinces reçoivent 43%
et les collectivités 9%, soit 52% du budget total.
Pour le Cameroun, la base de ressource principale du FEICOM est la collecte et la redistribution de la taxe
additionnelle appelée les Centimes Additionnels Communaux (CAC). Les CAC représentent un prélèvement de
10% sur certaines catégories d’impôts nationaux spécifiquement destinés au financement des communes.
Les taxes pour lesquelles cette taxe est appliquée comprennent l’impôt sur le revenu, la taxe professionnelle,
la taxe sur les spectacles et la taxe sur la valeur ajoutée. Les recettes des CAC sont collectées et affectées
comme suit :
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ACTES
Assises Générales de la Commune
Sur le total qui va aux communes, 20% vont à Communauté Urbaine de Douala ; 40% à la Communauté
Urbaine de Yaoundé et 36% aux autres communes. La nature fragmentée de l’affectation des recettes et la
grande diversité des situations des différentes communes a conduit à des inégalités considérables dans les
ressources.
a. Le développement local pour l’émergence est un processus décisionnel qui fait référence à un espace,
c’est-à-dire, à un territoire qui se définit comme un espace géographique, économique, social (sentiment
d’appartenance), historique et culturel auquel les populations reconnaissent appartenir. Je voudrais donc ici,
réaffirmer avec force qu’il n’y a pas de développement local sans l’existence d’une communauté territoriale.
b. Le territoire de référence pour soutenir une dynamique de développement local et d’émergence est articulé à
des espaces plus vastes. Ainsi, le contexte national, et même international doit être pris en compte dans la
conception et la mise en œuvre de projets de développement local. Les ressources disponibles, techniques,
financières ou humaines sont prioritairement celles qui sont mobilisables sur ce territoire ou acquises de
l’extérieur par les acteurs et les leaders territoriaux.
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Cérémonie d’ouverture
c. Une pratique de développement, une méthode de travail, une démarche permettant de mobiliser l’ensemble
des ressources humaines, physiques et techniques d’un territoire public, privé ou de la société civile, pour en
favoriser l’émergence et le développement socio-économique local.
d. Le développement local devrait valoriser les ressources existantes et potentielles, favoriser la diversification et
l’enrichissement des activités par une multiplication des échanges entre les unités de production. Ce faisant, il
rend possible la création d’un tissu d’activités économiques et sociales interactives, visant à :
Créer, revitaliser ou vivifier les solidarités réelles ou présumées pour organiser un débat autour d’un projet
d’avenir ;
Considérer les groupes de population de l’espace de développement comme des ensembles multi-acteurs,
capables de s’organiser entre eux ;
Susciter la mise en place de structures de médiation, de concertation et de négociation entre ces groupes
pour permettre à chacun d’exprimer son point de vue et de participer à la définition des priorités de
développement.
En conclusion
Pour conclure, nous disons que la Décentralisation et le développement local induisent donc la participation
des populations concernées à la conception et à la mise en œuvre des projets qui engagent leur futur et dans
la durabilité pour la production de richesses et l’amélioration de la qualité de vie.
Cette participation pourrait s’appuyer utilement sur des collectivités locales responsables, aux représentants
élus – à la fois opérateurs et interfaces entre les partenaires et les populations - dans le contexte de la
décentralisation. Une meilleure synergie entre les collectivités territoriales, leurs populations et la société
civile pourrait donner plus de dynamique, de participation et de légitimité à des pratiques de coopération
pour le développement et pour l’émergence de nos États.
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ACTES
Assises Générales de la Commune
Références
1. Sites web consultés 2. Brochures, livres et Articles
[Link] Website on Partnership for Council ALLOU, S. et DI LORETO, P., (Coordinators) Coopération
Development (PDM). décentralisée au développement local urbain en Afrique:
[Link] Website of the Inter-network Pratiques en débat, Paris, Volume 1, Les Editions du GRET,
Working Group: Local Development and Decentralization. 2000.
[Link] Website of the Groupe de Recherche BADIANE, A.,L’Approche bonne pratique dans les stratégies
et d’Echanges Technologiques (Research and Technology internationales de développement et sa promotion dans
Exchange Group)(GRET). les villes par l’ONU Habitat in 6e sommet de Africités
Session spéciale du Feicom. 4-8 dec. 2012.
[Link] Website of House of the Elected
Representatives of Senegal. BADIANE, A., Le Nouvel Agenda urbain pour la construction
d’un développement urbain intelligent et inclusive en
[Link] Website of the International Centre
[Link] Congrès de Metropolis. Metropoles en Action
for Local Development Studies.
Montréal, Quebec Canada.12-17 juin 2017.
[Link] Website of the European Centre for
BOURREAU, J–M., Décentralisation et développement
Development Policy Management (ECDPM).
local : une contribution a laréflexion de l’AFVP, Paris, AFVP,
[Link] Website of the German Agency for 1996, 46 p.
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GUEYE, C. et MBAYE, A., Décentralisation, développement
[Link] Website of the local et droits humains au Sénégal, Gene ve, International
Organisation Cités Unies France. Council on Human Rights Policy, Review Seminar, Local
[Link] FAO/World Bank website. Government, Effectiveness and Humans Rights, 27-28 juin
http;//[Link]: UN Habitat Nairobi/Kenya 2004.
website.
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Cérémonie d’ouverture
The Right Honourable Prime Minister, Head of Government, personal representative of the Head of State at
the First General Conference of Local Councils;
Let me, first of all, reiterate to you, on behalf of the extended family of decentralization and local development,
and on my own behalf, our warm and hearty congratulations on your appointment, last 4 January, to the
prestigious post of Prime Minister, Head of Government, and as such Chair of the National Decentralization
Board.
Undoubtedly, this is a well-deserved promotion, considering your great human and professional qualities,
considering your competence and experience of high-level administration of the State; also considering your
perfect mastery of the workings of the State and your great knowledge of our society. On behalf of this big
family, I wish you every success in the accomplishment of your high and exalting missions.
The Right Honourable Prime Minister, Head of Government, personal representative of the Head of State;
Members of Government;
Your Excellencies, Members of the Diplomatic Corps;
Honourable Members of Parliament;
The Government Delegate to the Yaoundé City Council;
The President of the United Councils and Cities of Cameroon;
Mayors and Government Delegates;
Distinguished Participants;
Ladies and Gentlemen;
After these words of congratulations to the Prime Minister, Head of Government, I would like, at the beginning
of my speech, to join my voice to that of the Government Delegate to the Yaoundé City Council to wish a
warm welcome, in the capital city, to all the delegates from localities sometimes distant and from very
different horizons to take part in the proceedings of the first General Conference of Local Councils.
This remarkable presence, this mobilization of great moments is proof, without any doubt, of the importance
we give and the interest we all have in the council institution and its contribution to the building of a stable,
democratic and prosperous Cameroon.
In the same vein, I would like to extend my support to the very relevant reflections and judicious arguments
developed by M. ALIOUNE BADIANE whose brilliant paper clearly underlines the stakes of decentralization
regarded, and rightly so, as a powerful driver of development at the grassroots, or development per se.
In the course of my appreciations, I spare a particular thought for our municipal councillors and wish to say
bluntly here, Prime Minister, Head of Government, that despite the difficulties they encounter, in spite of the
not always favourable conditions, many of them assume their responsibilities and exercise their missions
with a lot of selflessness and determination, with a high sense of duty and sacrifice and with, at the end of
the day, positive results that I found on the ground myself.
Having said that, Excellencies, Distinguished Participants, Ladies and Gentlemen, I would like to discuss with
you, as part of my occasional remarks, the stakes of the Conference which is opening today; a Conference
placed, as you well know, under the highly distinguished patronage of the President of the Republic who
ordered its holding and is expecting its conclusions in order to take appropriate decisions to deepen and
accelerate the decentralization process in our country.
Mais avant cette évocation, vous voudrez bien me permettre de décliner quelques jalons historiques du
processus de décentralisation en cours au Cameroun en vue, d’une part, de présenter le chemin parcouru
et, d’autre part, d’esquisser les pistes d’avenir pour un processus encore plus dynamique, plus efficient, et
mieux à même de répondre aux attentes qui s’y rapportent.
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ACTES
Assises Générales de la Commune
Sous ce rapport, et sans chercher à remonter très loin dans le cours du temps, je souhaite rappeler que la
décentralisation, tout comme la démocratisation et la libéralisation de la vie publique nationale, est inscrite,
au tout début du Renouveau, dans le projet de société de Monsieur le Président de la République, Son
Excellence Paul BIYA qui, au fil des ans, œuvre avec méthode et détermination à son enracinement et à son
approfondissement.
A cet égard, et après la publication, en 1987, de son ouvrage programme intitulé Pour le Libéralisme
Communautaire, 1996 constitue, sans conteste, l’un des jalons historiques importants dudit processus, avec
la promulgation de la loi n° 96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la constitution du 2 juin 1972.
La loi fondamentale indique clairement que le Cameroun est un « État unitaire décentralisé ». Elle fixe deux
niveaux des collectivités territoriales décentralisées ; à savoir, la Commune, niveau de base et de proximité,
chargée des missions générales de promotion du développement à la base ; puis la Région, deuxième échelon
de la décentralisation, investie des compétences et des prérogatives importantes et dotées des ressources
et des moyens conséquents pour impulser le développement au niveau intermédiaire. Bien plus, cette loi
crée le Sénat, chambre haute du Parlement investie des missions constitutionnelles de représentation, en
son sein, des collectivités territoriales décentralisées.
La mise en œuvre des dispositions de cette loi constitutionnelle a été marquée, entre autres, par la
promulgation, en 2004, des premières lois dites de décentralisation, à savoir :
Ces lois sont complétées, en 2009, par deux importantes lois de portée budgétaire et fiscale, à savoir :
ÔÔ La loi n° 2009/011 du 10 juillet 2009 portant régime financier des collectivités territoriales décentralisées;
ÔÔ La loi n° 2009/019 du 15 décembre 2009 portant fiscalité locale.
Comme nous le savons, cet encadrement juridique a ouvert, dès le 1er janvier 2010, la voie aux premiers
transferts des compétences, ainsi que des ressources correspondantes, aux communes et communautés
urbaines. De ce point de vue, il y a fort lieu d’indiquer que, suivant un chronogramme arrêté par le Premier
Ministre, Chef du Gouvernement, Président du Conseil National de la Décentralisation, les compétences
prévues par la loi ont fait l’objet, de 2010 à 2015, de transferts complets aux communes et communautés
urbaines qui les exercent avec, disons-le, des fortunes diverses, pour des raisons bien identifiées.
En effet, de nombreuses faiblesses ont, au fil des ans, émaillé tant le processus même de transfert, par
les services centraux, des compétences et des ressources ; que l’exercice, par les collectivités territoriales
décentralisées, desdits transferts. Ces faiblesses sont de plusieurs ordres. Elles tiennent à des causes
multiples et à des responsabilités plurielles. Mais elles ont, toutes, pour conséquence évidente la conduite
non optimale des projets destinés à la promotion du développement local et à l’amélioration des conditions
et du cadre de vie des populations à la base.
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Cérémonie d’ouverture
Il s’agit là, me semble-t-il, d’autant de problématiques, d’autant de thématiques, voire d’autant de sources de
préoccupations qui, à l’évidence, méritent une attention soutenue de notre part, au cours des deux jours que
dureront nos travaux, en vue des réponses appropriées. A ces thématiques et problématiques, il conviendrait
d’ajouter celles liées :
ÔÔ A la tutelle de l’État sur les collectivités territoriales décentralisées ;
ÔÔ A la collaboration entre les collectivités territoriales décentralisées et les services déconcentrés de l’État ;
ÔÔ Au statut des élus et des techniciens locaux ;
ÔÔ A la question des ressources humaines des collectivités territoriales décentralisées et à la mise en place
d’une fonction publique locale ;
ÔÔ Aux critères de répartition des impôts communaux soumis à péréquation ;
ÔÔ Aux lenteurs observées dans le processus de virement des certains centimes additionnels communaux et,
d’une manière plus large, de mise à disposition des ressources communales ;
ÔÔ A l’impact de certaines réformes sur les principes connus et reconnus d’autonomie et de libre administration
des collectivités territoriales décentralisées ;
ÔÔ A la nécessaire prise en compte des plans communaux de développement dans le processus de transfert
des compétences ;
ÔÔ A la faible mutualisation des ressources communales dans le cadre de l’intercommunalité ; et surtout
ÔÔ A l’élargissement prescrit du champ des compétences à transférer aux collectivités territoriales
décentralisées.
Toutes ces problématiques, toutes ces thématiques, toutes ces préoccupations méritent, je l’ai dit, une réflexion
approfondie en vue des propositions de solutions pertinentes, pragmatiques, réalistes et réalisables à brève
échéance.
Il s’agit, ni plus ni moins, d’œuvrer à l’amélioration substantielle de l’organisation et du fonctionnement de la
commune camerounaise, en vue de lui permettre de jouer pleinement son rôle de promotrice du développement
local.
C’est d’ailleurs conscient de ce rôle que le Président de la République a pris, en 2018, un important train de
mesures allant dans le sens de l’approfondissement et de l’accélération du processus de décentralisation dans
notre pays.
Sous ce rapport, vous convenez avec moi que 2018 constitue une année décisive, voire une année déterminante
dans le chantier de construction de la décentralisation au Cameroun. Son importance, en effet, se mesure à
l’aune d’un certain nombre d’actes du Chef de l’État qu’il sied du reste de rappeler ici.
Déjà dans son adresse à la Nation du 31 décembre 2017, le Président de la République déclare, et je cite: « les
consultations que j’ai menées, mais aussi les multiples avis et suggestions que j’ai recueillis, m’ont conforté dans
l’idée que nos concitoyens souhaitent participer davantage à la gestion de leurs affaires, notamment au niveau
local (——). Je crois fermement à cet égard que l’accélération de notre processus de décentralisation va permettre
de renforcer le développement de nos régions (—-). J’ai, dans cette optique, prescrit la mise en œuvre des mesures
nécessaires pour concrétiser rapidement cette réforme majeure. » Fin de citation.
Joignant l’acte à la parole, le Président de la République va procéder à la création, par décret n° 2018/190 du 2
mars 2018 modifiant et complétant certaines dispositions du décret n° 2011/408 du 9 décembre 2011 portant
organisation du gouvernement, du Ministère de la Décentralisation et du Développement Local.
Dans sa communication spéciale à l’occasion du Conseil ministériel du 15 mars 2018, le Président de la
République dira, s’agissant de ce département ministériel, et je le cite encore : « Nos populations, à travers le
pays, n’ont cessé d’exprimer leur volonté d’être associées plus étroitement à la gestion des affaires qui influencent
directement leur quotidien. La création du Ministère de la Décentralisation et du Développement Local s’inscrit
dans l’optique d’apporter une réponse rapide à ces demandes récurrentes. J’attends à brève échéance des
propositions détaillées et un chronogramme relatif à l’accélération du processus de décentralisation en cours. »
Fin de citation.
L’on pourrait ajouter qu’entre 2018 et 2019, le Président de la République est revenu, de manière itérative,
sur l’impérieuse nécessité de donner un coup d’accélérateur à la décentralisation, en vue de la promotion du
développement local, notamment dans son discours d’investiture du 6 novembre 2018, dans son adresse à la
Nation du 31 décembre 2018, de même que dans sa communication spéciale au Conseil des Ministres du 16
janvier 2019.
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ACTES
Assises Générales de la Commune
Les Assises Générales de la Commune sont dès lors organisées en exécution de ces très hautes prescriptions
de Monsieur le Président de la République.
Articulées autour de cinq ateliers thématiques, ces Assises ambitionnent de servir de cadre à une réflexion
concertée et à une analyse approfondie sur l’institution communale avec, pour finalité, la formulation des
propositions pertinentes et des solutions concrètes dont la mise en œuvre devra contribuer à donner une
impulsion nouvelle à l’action communale.
Pour l’essentiel, il sera question, au cours des deux prochains jours, de réfléchir sur des problématiques et des
thématiques liées au cadre juridique et institutionnel applicable à la commune ; aux transferts des compétences;
à la planification et au développement local ; aux ressources communales et, enfin, à la gouvernance locale.
L’importance de toutes ces matières sur l’accélération du processus de décentralisation et la promotion du
développement local n’échappe guère à personne ici.
Aussi, au regard des compétences et des intelligences rassemblées en ce lieu, au regard de la présence, dans
le panel des présentes Assises, des hommes et des femmes de terrain et des théoriciens de la décentralisation
et du développement local ; des administratifs et des universitaires ; je ne doute pas un seul instant de la qualité
des débats qui auront cours, de même que de l’utilité des propositions qui en découleront ; toutes choses qui,
je présume, contribueront à l’atteinte effective des objectifs que nous nous sommes fixés.
En somme, il nous incombe, au cours des deux prochains jours, d’œuvrer à l’identification de l’ensemble
des faiblesses qui entravent encore la bonne organisation et le fonctionnement optimal de la commune
camerounaise et de formuler, sur la base d’un état des lieux exhaustif, des propositions de rénovation de
l’institution communale. En clair, il s’agit d’œuvrer à l’amélioration de la gouvernance communale et à la
promotion du développement local, notamment dans les domaines de l’enracinement de la participation
des citoyens à la gestion des affaires publiques locales ; du renforcement de la transparence dans la gestion
des ressources publiques communales ; de la consolidation de l’autonomie des communes ; de la maîtrise
d’ouvrage communal et de la densification des équipements sociaux communaux.
Je me félicite dès lors de la mise ensemble de toutes ces intelligences et de toutes ces compétences :
magistrats municipaux, parlementaires, techniciens locaux, hauts responsables des administrations publiques,
autorités administratives, chefs traditionnels, chefs de cours, groupements patronaux, chambres consulaires,
partenaires techniques et financiers, leaders d’opinion, responsables des formations politiques membres des
organisations de la société civile, universitaires et responsables des syndicats des personnels communaux.
Je me félicite, dis-je, de la mise ensemble de cet important panel de personnalités de haut vol pour réfléchir à
l’avenir et au devenir de la commune camerounaise, de cette institution à laquelle le Président de la République
a bien voulu assigner le rôle de moteur du développement local, de promoteur de l’émergence nationale.
Aussi, je tiens à remercier très sincèrement chacun et chacune d’entre vous pour votre participation à ces
assises, mais aussi pour votre contribution, dont je suis d’ores et déjà convaincu de la qualité et de l’utilité.
Dans la même veine, je voudrais exprimer ma gratitude, une gratitude profonde et sincère, à l’ensemble des
partenaires dont l’accompagnement multiforme aura été à la fois déterminant et décisif pour la tenue des
travaux qui s’ouvrent ce jour. A cet égard, je pense particulièrement à la coopération allemande, à travers le
Programme d’Appui au Développement Communal, le PRADEC ; je pense aux Communes et Villes Unies du
Cameroun, les CVUC ; je pense au Fonds Spécial d’Équipement et d’Intervention Intercommunale, le FEICOM;
ainsi qu’au Programme National pour le Développement Participatif, le PNDP; et au Bureau National de l’Etat
Civil, le BUNEC.
Finally, and thanking you once again for your participation in this Conference, I hope that this will be
successful and that it will give rise to useful conclusions and recommendations, all aiming at making our
common living spaces that contribute to the full development of citizens, that is to say of each and every one
of us; territories whose collective development contributes to the development of the entire Cameroonian
nation and the progress of the national community.
The Right Honourable Prime Minister, Ladies and Gentlemen,
Those are the stakes of the Conference that opens today. That is the challenge we must take. That is the bet
we must win.
| 18
Cérémonie d’ouverture
Permettez-moi, avant toute autre considération, d’exprimer mon appréciation au Délégué du Gouvernement
auprès de la Communauté Urbaine de Yaoundé pour les paroles chaleureuses qu’il a adressées à l’endroit de
tous les participants aux premières « Assises Générales de la Commune ».
La gratitude du Gouvernement s’exprime également à l’endroit de Monsieur Alioune BADIANE, grand ami
du mouvement municipal camerounais, qui a répondu promptement à l’invitation des organisateurs. Sa
présentation magistrale, qui a mis en lumière l’apport de la décentralisation dans les processus d’émergence
des États africains, démontre que la thématique qui nous réunit est partagée par les autres pays du continent
et surtout que notre pays est dans le peloton de tête lorsqu’on évoque la décentralisation en Afrique.
Mesdames et Messieurs,
Les « Assises Générales de la Commune » ont été prescrites par le Président de la République à l’effet d’explorer
les voies et moyens d’approfondir la décentralisation à l’échelon communal. Leur tenue à l’entame de ce
nouveau septennat présidentiel, et après la création d’un Ministère dédié à la décentralisation, n’est pas le
fruit du hasard. Il s’agit de préparer la Commune à prendre toute sa place et de jouer pleinement son rôle dans
les chantiers du « septennat des grandes opportunités ». Elle doit mieux catalyser les opportunités créées ou
à créer par l’État central ; davantage, chaque commune devra être à même de générer dans son écosystème
local des opportunités décisives pour le développement local. L’ambition affichée du Gouvernement est de
faire des communes des territoires d’opportunités multiformes pour les populations et le tissu économique,
en droite ligne des objectifs de la Stratégie Nationale de Décentralisation.
Il s’agit, à travers ces deux jours de réflexion et d’autocritique, de renforcer les fondations de l’institution
communale, de donner un souffle nouveau au développement local et, en fin de compte, de donner du sens
à une politique publique fondamentale, à savoir la politique de décentralisation.
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ACTES
Assises Générales de la Commune
La trajectoire de la commune camerounaise, faut-il le rappeler, est longue et presque centenaire. En effet,
l’historiographie de cette institution enseigne que les « native courts » et « native authorities » en vigueur dès
1922 étaient des embryons d’une gestion décentralisée des affaires locales.
Il est donc compréhensible que l’impulsion donnée à notre politique de décentralisation à partir de 1996,
avec la constitutionnalisation de l’État unitaire décentralisé, ait consisté à renforcer d’abord significativement
l’échelon communal. En effet, sous la très haute impulsion du Président de la République, le paysage
communal a été quantitativement et qualitativement modifié.
La carte communale, qui affichait 192 communes en 1982, soit 22 communes urbaines et 170 communes
rurales, s’est significativement densifiée au fil des ans. Elle comprend aujourd’hui 374 collectivités territoriales
décentralisées, soit 360 communes et 14 communautés urbaines, dont les chefs d’exécutif sont tous ici
représentés. Cette carte communale n’est pas figée, car les territoires pertinents des communes sont une
construction permanente. Et, si la nécessité se fait sentir, si la prise en charge des intérêts locaux le justifie,
ladite carte pourrait connaître à l’avenir d’autres mutations, dans l’intérêt bien compris des populations.
Dans le même temps, l’option de démocratisation dans la désignation des organes dirigeants de la
commune n’a jamais été démentie. Ainsi, il n’existe plus dans le paysage de la décentralisation au Cameroun
d’administrateurs municipaux nommés. Des scrutins municipaux sont organisés régulièrement, faisant de
nos communes de véritables écoles d’apprentissage de la démocratie, de l’engagement citoyen et politique,
ainsi que l’entrevoyait déjà le Président de la République en 1987 dans son ouvrage Pour le Libéralisme
Communautaire.
Au-delà de ces avancées institutionnelles, le cap a été résolument mis sur les transferts de compétences et
des ressources au courant des huit dernières années. Ainsi, de 2010 à 2018 vingt départements ministériels
ont transféré 63 compétences, avec des ressources correspondantes chiffrées à plus de 350 milliards de F
CFA pour la période 2010-2018. Un pas supplémentaire a été franchi pour cet exercice budgétaire, à la faveur
de la décision unanimement saluée du Président de la République d’octroyer une enveloppe de 100 millions
de F CFA à chacune des 360 communes, destinée à l’investissement, soit un total de 36 milliards de F CFA,
en lieu et place des 5 milliards habituels représentant la composante investissement de la Dotation Générale
de Décentralisation.
L’utilisation de cette ressource est un test grandeur nature de vos capacités de maîtrise d’ouvrage et de votre
détermination à conduire des projets de développement au bénéfice de vos concitoyens. C’est à l’aune des
résultats que vous obtiendrez en cette matière que sera prise la décision d’augmenter encore davantage vos
crédits d’investissements et atteindre un jour la barre fatidique 10% de l’investissement publique exécutés
dans les Communes.
Les grandes lignes du tableau ainsi dressé, démontrent à suffisance qu’en dépit des difficultés conjoncturelles,
la Commune camerounaise est demeurée et demeure une priorité de premier plan pour les pouvoirs publics.
Sur les acquis ci-dessus brièvement décrits, nous devons bâtir la Commune camerounaise de demain, en
jetant un regard lucide sur chacun de ses compartiments. Je m’appesantirai sur quelques-uns.
La commune est d’abord un instrument politique ; politique entendue dans son sens le plus noble, c’est-à-
dire un lieu par excellence du service de la collectivité. Sur le champ politique, nos communes sont à l’avant-
garde de la promotion démocratie locale et de la construction permanente du vivre ensemble, et doivent le
demeurer. Comme je le disais déjà plus haut ce sont également des précieuses écoles d’apprentissage de
la démocratie. Les joutes électorales de proximité lors des élections municipales et les débats au sein d’un
conseil municipal forgent utilement l’esprit démocratique. La tolérance mutuelle, contradiction assumée, et
le pluralisme d’opinions méritent de continuer de s’enraciner dans le cadre communal.
Bien plus, la gestion des affaires communales ne saurait être l’apanage des seuls organes institués. Le
renforcement de la démocratie locale à l’ère du numérique ne peut faire l’économie d’une participation
citoyenne plus effective, facilitée par les moyens de communication moderne.
Les communes doivent relever le défi de la participation. La participation est le canal d’implication de l’élite
désireuse de se connecter ou se reconnecter avec les terroirs. La participation est également le moyen le
plus susceptible de permettre à l’écosystème local de bénéficier de la force de proposition de la société
civile. Or, comme le soulignait le Président de la République, (je cite) « la pleine participation démocratique
des citoyens à la gestion de leurs communes respectives est garantie tant par l’élection compétitive et libre des
| 20
Cérémonie d’ouverture
responsables que par des consultations régulières des populations sur leur propre initiative ou sur celle des
dirigeants » (fin de citation). (Pour le Libéralisme Communautaire, 2ème édition, 2018, p. 57).
La force d’attraction de nos communes sur la jeunesse est encore insuffisante. Le dynamisme de la
jeunesse camerounaise trouvera dans la commune un terrain d’expression privilégié, si nous parvenons
à dépoussiérer l’institution communale, à la rendre avenante, à l’impliquer davantage dans les activités
sociales, sportives et culturelles. Il nous appartient de faire de la commune une vraie « maison commune »,
par définition inclusive, avec des conseils municipaux représentatifs de l’extrême jeunesse de nos sociétés.
Nous donnerons également du sens et une âme à nos communes en y installant progressivement ces
compartiments qui attirent la jeunesse, à l’instar des bibliothèques, des aires de jeu, des parcs de loisirs, des
salles multimédia, des maisons de la culture, des piscines municipales, et j’en passe.
Mesdames et Messieurs,
Elle dispose que (je cite) « le conseil municipal règle, par délibérations, les affaires de la commune » (fin de
citation). Il en découle que c’est à la fois un organe d’impulsion, d’orientation et de contrôle.
L’amélioration de la gouvernance communale passe indubitablement par la revalorisation du rôle des organes
délibérants, responsables à titre principal de l’administration des collectivités territoriales décentralisées.
Le statut de l’élu local en cours de finalisation devrait y contribuer. Celui-ci pose les jalons d’une déontologie
des conseillers municipaux, fondée sur leur engagement en faveur de la défense des affaires locales et devra
conférer à l’élu local des droits, tout en lui imposant des obligations. Il devrait en résulter un engagement plus
fort dans l’exercice du mandat des conseillers municipaux.
Le Gouvernement est par ailleurs sensible aux demandes d’accroissement du nombre de conseillers
municipaux dans certaines communes, demandes motivées par le désir d’une représentation adéquate des
différentes composantes sociologiques. Elles seront examinées dans le respect des prescriptions légales
contenues dans la loi fixant les règles applicables aux communes.
L’exécutif municipal ne saurait être en reste dans cet important chantier de rénovation de la gouvernance
municipale. Il est le visage et la voix de la commune. Qu’il s’agisse du maire ou délégué du Gouvernement,
nos villes ont besoin d’avoir à leur tête des leaders capables de formuler une vision et de la traduire dans les
faits, des serviteurs infatigables de la cause du développement local, des bâtisseurs soucieux de laisser une
empreinte positive et durable.
Être maire dans le contexte de villes et campagnes camerounaises, où quasiment tout est à imaginer et
à faire pour améliorer le cadre et les conditions de vie de nos populations n’est pas une sinécure, mais
un sacerdoce, une mission qu’on doit accomplir avec engagement, passion et abnégation. Parce que la
décentralisation va de pair avec le développement local, le maire est avant toute chose le principal agent de
développement de son territoire.
Il est dès lors de la responsabilité des formations politiques d’investir à cette fonction des hommes et femmes
dont le profil correspond aux exigences de plus en plus élevées de cette fonction, à la fois visionnaires et
managers, pénétrés d’un sens élevé du service rendu aux citoyens.
L’État quant à lui continuera de favoriser les conditions d’un exercice efficace de la fonction exécutive au sein
de nos communes. C’est ainsi qu’il faut comprendre le renforcement des incompatibilités et du respect de
l’exigence légale de résidence. Au Cameroun, l’on est plus maire à mi-temps ou à temps partiel, mais à plein
temps, avec une rémunération à la clé.
| 21
ACTES
Assises Générales de la Commune
C’est le lieu de rappeler que l’un des acquis irréversibles de la mandature municipale en cours est l’effectivité
de la rémunération des magistrats municipaux, décidée par le Président de la République, avec une charge
annuelle pour le budget de l’État de plus de 2 milliards de F CFA. Les dispositifs de contrôle de l’obligation de
résidence seront renforcés en conséquence.
Je tiens à souligner que le législateur a voulu que l’exécutif municipal soit collégial, composé du maire et
ses adjoints ou du délégué du Gouvernement et ses adjoints, comme une authentique équipe d’ouvriers du
développement local. Lorsque l’esprit d’équipe n’est pas au rendez-vous, la performance de l’exécutif s’en
ressent. La saine gouvernance dans la fonction exécutive communale est une gouvernance partagée, où le
chef de l’exécutif assigne des missions à ses adjoints, et leur délègue, ainsi que le prévoit la loi, une partie de
ses attributions. L’accaparement et la monopolisation, par une seule personne, de la fonction exécutive dans
certaines de nos communes et communautés urbaines est par conséquent un travers qu’il faut corriger,
aucune énergie n’étant de trop dans l’exécution des missions de développement local.
La nouvelle gouvernance communale, que nous devons bâtir sur la base des recommandations des présentes
Assises, nécessite également de redéfinir l’équilibre entre deux exigences constitutionnelles: l’autonomie qui
fonde la décentralisation et la tutelle, qui en est le corollaire indispensable. L’option d’allègement de la tutelle
choisie en 2004 et la nouvelle architecture qui fait jouer un rôle prépondérant au juge administratif méritent
à cet égard d’être confortée.
Les représentants de l’État, les préfets dans le cas des communes et communautés urbaines, seront amenés
à jouer à la fois dans le registre strict de la tutelle, mais également dans celui de l’assistance-conseil et de
l’accompagnement. C’est d’ailleurs le sens du projet de décret sur les mécanismes de collaboration entre les
services déconcentrés de l’État et les collectivités territoriales décentralisées.
En effet, le déficit qualitatif et quantitatif criard de ressources humaines, constaté dans nos collectivités
territoriales décentralisées ne pouvant être résorbé du jour au lendemain, les solutions à imaginer sont de
plusieurs ordres. La mise à disposition temporaire de l’expertise disponible dans les services de l’État est
d’ores et déjà envisagée. Une affectation définitive de personnels étatiques, maintenus dans les registres de
la solde de l’État, constituerait un autre apport significatif. Il est entendu que la solution la plus satisfaisante,
à laquelle le Gouvernement travaille déjà, est la mise sur pied d’une fonction publique locale. Cette réforme
majeure sera couplée à une transformation suffisamment ambitieuse du Centre de Formation pour
l’Administration Municipale, (CEFAM) de Buea.
C’est au prix de l’aboutissement de ces chantiers portant sur le capital humain, c’est-à-dire la généralisation
de communes dotées de conseillers municipaux engagés, d’un exécutif volontariste et d’une administration
plus performante, que les impacts se feront ressentir sur les territoires. L’attractivité du territoire de la
commune est grandement tributaire de ces préalables.
Une commune attractive est doublement bénéfique au plan socioéconomique. D’une part, elle attire les
investissements publics et privés, nationaux et étrangers ; d’autre part, elle parvient à maintenir sur son sol les
forces productives, dont notamment les jeunes qui seraient autrement tentés par les sirènes de la migration
interne ou internationale. L’attractivité du territoire est un atout qui se traduira inéluctablement dans l’Indice
de Développement Local (IDL), outil de mesure du développement local finalisé par le Gouvernement.
Cela nécessitera une parfaite appropriation des agendas mondiaux comme les ODD, panafricains à l’instar
de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine et nationaux en matière de développement durable. L’existence de
plans communaux de développement dans 329 communes est un capital précieux sur lequel l’on peut
asseoir les évolutions souhaitées de nos collectivités territoriales décentralisées.
Les plans communaux de développement et les autres outils de planification urbaine n’ont pas une vocation
ornementale. Planifier c’est bien, faire respecter les prescriptions d’un plan et s’en servir comme boussole
au quotidien, c’est mieux. Comment comprendre que l’existence de documents de planification urbaine
n’enraye pas le développement exponentiel des quartiers d’habitats spontanés ? Comment expliquer que
la réglementation de la construction soit inopérante devant la prolifération des constructions anarchiques ?
Le maire camerounais de demain sera aussi évalué à sa capacité à faire respecter le droit de l’urbanisme et de
la construction, à prévenir le désordre urbain, à assainir le cadre de vie des populations. Les prérogatives qui
vous sont reconnues en la matière sont insuffisamment utilisées. L’aboutissement, dans les tout prochains
| 22
Cérémonie d’ouverture
mois, du projet de texte précisant le cadre juridique applicable à la police municipale va conférer des marges
de manœuvre supplémentaires aux magistrats municipaux désireux de prévenir et réprimer efficacement
les atteintes au bon ordre.
Dans le même ordre d’idées de ces missions que vous accomplissez au nom et pour le compte de l’État,
figure l’enregistrement des faits d’état civil. En effet, la modernisation, en cours, de notre système d’état civil
requiert l’implication des magistrats municipaux, en leur qualité d’officier des centres principaux.
Mesdames et Messieurs,
Les présentes « Assises » ambitionnent de donner plus d’allant et de vitalité à la décentralisation, du moins
à la composante qu’est la commune. A l’évidence, les retombées bénéfiques se feront ressentir même à
l’échelon régional, puisque comme vous le savez, le collège électoral pour l’élection des conseillers régionaux
est constitué pour une large part de conseillers municipaux.
La décentralisation, comme la déconcentration, est une interpellation adressée principalement aux ministères,
aux administrations centrales, appelés à transférer effectivement des compétences et des ressources.
C’est ça ce que décentraliser veut dire, pour l’essentiel. Les détenteurs de compétences et ressources à
transférer se doivent de jouer pleinement le jeu avec les communes, et davantage demain avec les régions,
dont le périmètre d’attributions sera plus substantiel. Le cap fixé par le Président de la République dans son
discours de prestation de serment est suffisamment clair, lorsqu’il dit (Je cite) « dans les meilleurs délais
possibles, des mesures seront prises pour élargir le champ de compétences des collectivités territoriales afin
de leur donner les moyens d’une plus grande autonomie » (fin de citation).
Pour ce faire nous devons bien évidemment résoudre la question préjudicielle de l’architecture financière
optimale de notre décentralisation, basée sur une fiscalité locale profondément rénovée depuis 2009 et des
transferts de ressources de l’État, sous la forme de dotations notamment. Ce modèle, qui intègre l’exigence
de solidarité entre les communes, à travers des mécanismes de péréquation financière et un organisme
financier pivot, le Fonds Spécial d’Équipement et d’Intervention Intercommunale (FEICOM), a démontré sa
robustesse et fait des émules ailleurs en Afrique. Cette architecture est néanmoins à parfaire dans l’optique
de l’amélioration du rendement des impôts locaux et de la prise en compte du financement des régions
notamment. La trop grande dépendance des communes aux centimes additionnels communaux et le
délaissement des autres sources de recettes potentielles doit nous interpeller. Tout comme l’on ne saurait
éluder la question des recettes non-fiscales, pouvant découlées des activités économiques génératrices de
revenus que peuvent conduire les communes, en fonction de leurs atouts respectifs.
Le chantier de la rénovation qui nous réunit ces deux jours à Yaoundé est déterminant pour les impacts
positifs qu’il aura sur le fonctionnement de la Commune camerounaise, mais également pour les leçons à
tirer dans la mise en service annoncée des Régions.
Je vous exhorte par conséquent, dans vos ateliers respectifs à procéder à un état des lieux lucide et
clairvoyant, avant de faire des propositions d’amélioration réalistes, concrètes et pragmatiques.
Sur ce, je déclare ouvertes les premières « Assises Générales de la Commune camerounaise ».
Vive la décentralisation et son infatigable promoteur, Son Excellence Monsieur le Président de la République.
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Deuxième partie
Les travaux en
atelier
ATELIER N° 1
ATELIER N° 1
La décentralisation au Cameroun est un processus dont les origines se situent avant même l’indépendance
du pays. Ce processus est, intimement lié à l’évolution politique et institutionnelle du Cameroun, à travers
des étapes successives, à savoir : les prémices de la décentralisation sous les régimes du mandat et de
la tutelle (1920-1959) ; son appropriation difficile après l’indépendance (1959-1974) ; l’harmonisation des
systèmes de gestion des affaires locales à la suite de l’unification (1974-1996).
La Constitution du 18 janvier 1996 marque un tournant majeur en consacrant l’avènement d’un « Etat Unitaire
Décentralisé ». Depuis lors, la décentralisation connaît un nouvel essor et une évolution significative, à la
suite notamment des trois lois fondatrices du 22 juillet 2004, sur la base desquelles des compétences et des
ressources ont été transférées aux communautés urbaines à partir de l’année 2010.
Depuis lors, le processus de la décentralisation a connu une avancée considérable traduisant l’engagement
des pouvoirs publics à poursuivre et à consolider davantage cette politique publique qui constitue une option
majeure du Gouvernement.
Cette dynamique concerne à la fois, le cadre juridique applicable à la décentralisation qui s’est étoffé à un
rythme soutenu au cours des années, notamment depuis 2011. Elle s’est particulièrement révélée avec un
dispositif institutionnel relativement cohérent et fonctionnel. Mais, je me dois de relever qu’elle s’est aussi
observée dans l’opérationnalisation des transferts de compétences par les départements ministériels,
concrétisés sur le terrain par d’importantes réalisations. Aussi, d’importantes dotations financières ont-
elles été mobilisées pour soutenir les transferts, l’amélioration des conditions de vie des populations et les
actions de développement local.
Peut-on alors dire que la décentralisation au Cameroun, aux plans juridique et institutionnel, satisfait toutes
les attentes placées en elle ?
Nous répondons sans détours que des jalons essentiels ont été posés, mais il reste à faire aboutir nombre
de textes en cours d’élaboration, à compléter l’arsenal juridique disponible par de nouveaux textes à élaborer
puis à réviser certains textes existants. Au regard des développements qui précèdent, nous pouvons axer
notre exposé sur les deux temps qui suivent : Un cadre juridique et institutionnel impressionnant…Qui doit
être amélioré et complété.
ÔÔ Des trois lois dites de décentralisation promulguées le 22 juillet 2004 (loi nº 2004/017 d’orientation de la
décentralisation, loi nº 2004/018 fixant les règles applicables aux Communes et loi nº 2004/019 fixant les
règles applicables aux Régions) ;
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ACTES
Assises Générales de la Commune
ÔÔ De deux lois à caractère financier et fiscal à savoir, d’une part, la loi portant régime fi nancier des CTD du 10
juillet 2009 et, d’autre part, la loi portant fiscalité locale du 15 décembre 2009 ;
ÔÔ D’autres lois couvrant des domaines variés : urbanisme, aménagement du territoire, état civil, élections… ;
ÔÔ De plusieurs textes réglementaires, notamment ceux pris pour préciser les modalités d’exercice des différentes
compétences transférées par l’Etat aux Communes et aux Communautés Urbaines, notamment dans les
domaines du développement économique, sanitaire, social, éducatif, sportif et culturel, ainsi que ceux qui
portent répartition de la dotation générale de décentralisation ;
ÔÔ De nombreux arrêtés et circulaires qui encadrent le processus de la décentralisation.
Par ailleurs, la réforme juridique issue des lois 2006, avec la création des Tribunaux Administratifs Régionaux,
d’ores et déjà fonctionnels, a offert des perspectives nouvelles permettant de mieux encadrer le contentieux
de la tutelle. De même, l’institution d’une Chambre des Comptes au sein de la Cour Suprême, participe du
souci d’assainir la gestion des CTD dont les comptes doivent lui être soumis.
L’organisation administrative ainsi que l’organisation et le fonctionnement des services des Chefs de
Circonscriptions Administratives ont été adaptés à la décentralisation à la faveur des décrets nº 2008/376 du
12 novembre 2008 portant organisation administrative du Cameroun et nº 2008/377 de la même date fixant
les attributions des Chefs de Circonscriptions Administratives. La création du Service de Développement
Local au sein des préfectures et de la Division du Développement Régional dans les services du Gouverneur,
participent de cette mouvance, confortée par la mise en place en cours des services du Ministère de la
Décentralisation et du Développement Local créé par décret nº 2018/449 du 1er août 2018.
Ainsi, au Cameroun la décentralisation repose sur un cadre juridique particulièrement riche et étoffé comme
l’illustre le recensement des textes, des lois et de décrets annexés au présent exposé, encore que nous n’y
avons pas inclus les nombreux arrêtés et circulaires pris en applications des lois et décrets.
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ATELIER N° 1
et de ressources aux CTD, ainsi que sur les modalités desdits transferts qui sont précisées à chaque étape par
des décrets du Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;
ÔÔ Le Comité Interministériel des Services Locaux (CISL) : créé par la loi nº 2004/017 et organisé par le décret nº
2008/014 du 17 janvier 2008, le CISL est un organe de concertation ayant pour mission d’assurer la préparation
et le suivi des transferts de compétences et des ressources aux CTD ;
ÔÔ Le Comité National des Finances Locales (CONAFIL) : créé par la loi nº 2009/011 du 10 juillet 2009 portant
régime financier des CTD, il est chargé de la mobilisation des recettes des collectivités territoriales ainsi que
de la bonne gestion des finances locales. Il dispose de relais tant au niveau régional (Comités Régionaux des
Finances Locales –COREFIL) que départemental (Comités Départementaux des Finances Locales-CODEFIL).
Son organisation et son fonctionnement sont fixés par le décret nº 2011/1732/PM du 18 juillet 2011 ;
ÔÔ La Commission Interministérielle de Coopération Décentralisée (CICOD) : créé par décret nº 2011/1116/PM
du 26 avril 2011 fixant les modalités de la coopération décentralisée, le CICOD a pour objectif de permettre au
Gouvernement d’encadrer, de suivre et d’évaluer la coopération entre les CTD camerounaises et les Communes
étrangères.
a) En termes d’appui financier et technique, les deux principales institutions d’appui sont le Fonds Spécial
d’Equipement et d’Investissement Intercommunale (FEICOM) et le Programme National de Développement
Participatif (PNDP).
Créé par la loi du 05 décembre 1974 portant organisation communale et réorganisé en 2000, 2006 et 2018,
le FEICOM a entre autres missions :
ÔÔ L’entraide entre les communes par les contributions de solidarités et les avances de trésorerie ;
ÔÔ Le financement des travaux d’investissements communaux ou intercommunaux ;
ÔÔ La couverture des frais relatifs à la formation du personnel communal et du personnel d’état civil ;
ÔÔ Le paiement de la rémunération des présidents et membres des bureaux des conseils régionaux, ainsi que des
magistrats municipaux ;
ÔÔ La centralisation et la redistribution des centimes additionnels communaux (cac) et autres impôts communaux
soumis à péréquation notamment, la redevance forestière annuelle, les droits de timbre automobile et la taxe
de développement local, à la mise à disposition des communes, communautés urbaines et syndicats de
communes des fonds issus de la dotation générale de décentralisation ;
ÔÔ La participation aux opérations financières visant à promouvoir le développement économique local, en
liaison avec les autres administrations et structures concernés, et notamment à travers : la mobilisation des
ressources nationales et internationales, ainsi que l’intermédiation financière dans la recherche et la gestion
des ressources provenant de la coopération décentralisée en faveur des CTD.
Financé par plusieurs bailleurs de fonds dont notamment la Banque Mondiale, après les deux premières
phases qui ont duré huit (08) ans, le PNDP en est à sa troisième phase avec des interventions tendant
à couvrir l’ensemble des Communes. Il apporte des concours dans le financement des microprojets, la
réalisation des études et l’élaboration des PCD.
Le CEFAM, créé par décret nº 077/494 du 07 décembre 1977, a pour missions d’assurer la formation, le
perfectionnement et le recyclage des personnels administratifs et techniques des communes, des syndicats
de communes et établissement communaux, des personnels chargés de la tutelle des communes et ceux
chargés de l’état-civil. Sa réforme en cours lui permettra d’assurer les mêmes prestations à l’égard des
acteurs qui seront chargés d’animer le fonctionnement des Régions.
Issu d’une convention entre le Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain (MINDHU), le Ministère de
la Décentralisation et du Développement Local (MINDDL), le Fonds Spécial d’Equipement et d’Intervention
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ACTES
Assises Générales de la Commune
Intercommunales (FEICOM) et les Communes et Villes Unies du Cameroun (CVUC), avec le concours de la
coopération française, le PNFMV est un outil de formation et de renforcement/développement des capacités
des magistrats municipaux, des employés communaux et des personnels des services déconcentrés de
l’Etat, notamment dans les domaines de la maîtrise d’ouvrage, de l’urbanisme et de l’assainissement.
c) Le processus de la décentralisation bénéficie aussi de l’action des partenariats fructueux. Il en est ainsi :
ÔÔ Des programmes soutenus par la coopération technique allemande, notamment d’une part, du Programme
d’Appui à la Décentralisation et au Développement Local (PADDL), le Programme d’Appui au Développement
Communal (PRADEC) et, d’autre part, du Programme Décentralisation FEICOM Villes Moyenne (PDFVM) ;
ÔÔ Des programmes relevant de la Coopération française à travers le Contrat de Désendettement et de
Développement (C2D) : le C2D, dont le Cameroun est l’un des premiers bénéficiaires, est une initiative
multilatérale d’allègement de la dette des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) sous forme de remboursement, à
travers des financements sur cinq secteurs jugés prioritaires que sont : éducation de base, santé, agriculture et
développement rural, environnement et infrastructures urbaines (villes de Douala, Yaoundé et autres capitales
régionales) et routières ;
ÔÔ De la coopération avec les Banque Africaine de Développement (BAD) : Dans ce cadre, l’Etat camerounais
a bénéficié d’un financement sous forme de don pour la mise en œuvre du Programme d’Alimentation en
Eau Potable et d’Assainissement en Milieu Rural (PAEPA-M.U) dont le coût total s’élève à 3,5 milliards. Ce
programme touche 116 Communes des Régions du Sud, de l’Est, de l’Ouest et du Nord-Ouest. Pour la mise en
œuvre de ce programme, l’Etat a décidé de rétrocéder au FEICOM, lesdites ressources.
Les lois 2004/018 et 2004/019 (article 16 et 18) en ont cette vision large, à la différence du décret nº
2011/116 PM du 26 avril 2011 fixant les modalités de la coopération décentralisée qui exclut de son champ
tout contrat de partenariat ainsi que toutes les relations de solidarité que les CTD peuvent entretenir dans le
cadre des syndicats de communes ; d’un mouvement municipal structuré et dynamique Comme structure
faitière, l’association « Communes et Villes Unies du Cameroun » (CVUC), créée en 2016, constitue une force
de proposition, représentée dans diverses instance et régulièrement consultée dans le cadre de la mise
en œuvre de la décentralisation. Les CVUC contribuent à la représentation et à la défense des intérêts des
Communes, tant au plan national qu’international.
Ces textes permettront pour les uns, de formaliser les rapports entre l’Etat et les collectivités territoriales
décentralisées, ou entre celles-ci, et pour d’autres d’adapter l’institution communale aux exigences de la
décentralisation en vue de les doter d’un personnel au statut bien défini et dont les besoins en formation
sont satisfaits. De manière spécifique, il sera question de résoudre la problématique du statut de l’élu local,
ainsi que la réforme du CEFAM qui permettra d’améliorer et de relever l’offre de formation au regard des
besoins en ressources humaines qualifiées que requiert l’approfondissement de la décentralisation.
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ATELIER N° 1
Ainsi, des projets de textes réglementaires, déjà élaborés et ayant fait l’objet d’un consensus entre les
différents acteurs concernés, mais non aboutis, sont notamment ceux relatifs :
au code des marchés publics spécifique aux collectivités territoriales décentralisées ; à l’organisation et au
fonctionnement de la police municipale ; à la détermination des services susceptibles d’être assurés par les
collectivités territoriales décentralisées, soumis au contrôle de l’Etat ; aux modalités de reversement de la
dotation générale de fonctionnement par les communautés urbaines aux communes d’arrondissement; aux
modalités de règlement des indemnités servies aux conseillers régionaux ; au règlement intérieur du Conseil
Régional ; aux conventions-types relatives à l’utilisation par les régions des services déconcentrés de l’Etat;
aux modèles de conventions passées entre le représentant de l’Etat et le Président du Conseil Régional ou
le Maire ; aux cahiers de charges-types et aux règlements-types concernant les services publics locaux;
aux modalités d’approbation des contrats portant concession de services publics à caractère industriel et
commercial ; aux modalités de participation des groupements mixtes dans les sociétés ou organismes
mixtes à participation publique majoritaire; à l’organisation et au fonctionnement des postes comptables
des collectivités territoriales décentralisées ; aux modalités d’ouverture et de gestion des caisses d’avances
des collectivités territoriales décentralisées ; aux conditions et aux modalités d’usage de la procédure
simplifiée d’engagement de dépenses ; aux modalités d’indexation de reversement de la Dotation Générale
de Fonctionnement aux communes d’Arrondissement ; au règlement de la comptabilité des collectivités
territoriales décentralisées ; à la définition et aux modalités de gestion des services publics des collectivités
territoriales décentralisées ; aux infractions en matière d’hygiène et de salubrité ; aux modalités de commande
des valeurs des collectivités territoriales décentralisées ; aux modalités de répartition, de centralisation et de
renversement des recettes fiscales dues aux régions.
Au niveau institutionnel, quels mécanismes doivent être mis en place par les pouvoirs publics pour favoriser
la cohérence des actions publiques locales entre les CTD ? La cohérence permet d’éviter les conflits de
compétences et d’intérêt. Cette préoccupation doit nous conduire à procéder à la relecture des textes
fondateurs de la décentralisation, notamment les lois de 2004, d’orientation et de fixation des règles
applicables aux communes, de ceux de 2009 fixant régime financier des CTD et portant fiscalité locale.
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ACTES
Assises Générales de la Commune
En effet, le caractère peu opérationnel de certaines compétences transférées aux communes par la loi
nº 2004/018 du 22 juillet fixant les règles applicables aux communes, les écarts et l’inadéquation entre
les ressources des CTD, les compétences transférées et leurs missions de développement, nonobstant la
multitude des sources de financement (dotation de l’Etat, fiscalité locale, produit d’exploitation du domaine
communal, ressources issues des organismes d’appui et des partenariats), la conception étroite et ambigüe
de la notion de coopération décentralisée, constituent des faiblesses qu’il importe de corriger. Au-delà
des préconisations relatives au rendement de la fiscalité locale et de l’étroitesse de l’assiette des impôts
locaux, ou devra mettre en place un système informatique intégré de recouvrement des taxes et impôts des
communes.
Relèvent également de nos préoccupations les réformes majeures futures concernant les marchés publics
des CTD, la réforme foncière, le régime spécial applicable aux grandes agglomérations, la politique de la
déconcentration.
Au niveau de la gouvernance locale, les pouvoirs publics doivent prioritairement veiller à une gestion
efficace et efficiente de l’ensemble des ressources disponibles, et ce dans le respect scrupuleux des lois et
règlements en vigueur, notamment la mise en conformité de l’organisation des services des CTD avec leurs
organigrammes-types, la gestion prévisionnelle des effectifs dans les CTD, l’adoption des documents de
gestion dans les délais prescrits, la redevabilité et la reddition des comptes, l’implication du secteur privé,
des ONG et des populations à la gestion des affaires locales.
Moyennant l’amélioration et l’enrichissement du cadre juridique et institutionnel tel que nous l’avons esquissé,
on peut s’attendre à l’horizon 2023 aux résultats qui suivent :
1. Capitaliser les acquis du cadre normatif et institutionnel, tout en l’améliorant le pour l’adapter aux nouvelles
exigences de la démocratie locale et du développement local ;
2. Prioriser les textes à élaborer et à faire aboutir pour l’atteinte de l’objectif escompté ;
3. Assurer l’encadrement juridique du contrôle citoyen en vue d’une meilleure gouvernance locale ;
4. Prendre en compte les préoccupations des CTD dans la législation foncière en cours de modification;
5. Mener une réflexion sur le fonctionnement des communes concernées par des préoccupations spécifiques
(communes insulaires, frontalières, sinistrées) pour leur permettre de mieux adresser ces spécificités ;
6. Préciser les dispositions relatives à la dévolution du patrimoine mobilier et immobilier issu du transfert des
compétences ;
7. Renforcer le pouvoir de police administrative du maire, notamment en matière d’urbanisme.
8. Mener une réflexion pour la prise en compte dans la fiscalité locale de la taxe agricole ;
9. Réécrire les dispositions légales relatives à l’obligation de résidence des exécutifs municipaux, dans le sens
du renforcement de son effectivité ;
10. Engager une réflexion sur le mode de désignation de l’exécutif municipal, en insistant sur les compétences
managériales, les exigences en termes de profil et de vision portée ;
11. Accélérer l’étude en cours au MINAT en matière de soutien par les départements ministériels aux missions de
coordination de l’autorité administrative ;
12. Engager une réflexion quant au rôle du Sous-préfet qui en tant que dépositaire de l’autorité de l’Etat dans
l’arrondissement coordonne les services déconcentrés de l’Etat ;
13. Engager une réflexion visant à clarifier les mécanismes de fonctionnement, à renforcer les cadres de
concertation, à procéder à une répartition claire des compétences et des ressources entre les communes
d’arrondissement et les communautés urbaines.
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ATELIER N° 1
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ACTES
Assises Générales de la Commune
Tableau des compétences transférées par l’ Etat aux Communes et Communautés Urbaines depuis 2010
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ATELIER N° 1
Création et gestion des stades Décret N° 2012/0881/PM du 27 Mars 2012 fixant les
municipaux, centres et parcours sportifs, modalités d’exercice de certaines compétences transférées
MINSEP
piscines, aires de jeux et arènes par l’Etat aux communes en matière de sport et d’éducation
physique
Recensement et participation à
l’équipement des associations sportives
Participation à l’organisation de
compétitions
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ACTES
Assises Générales de la Commune
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ATELIER N° 2
ATELIER N°2
Transfert des compétences
Thème : Le transfert des compétences (de l’Etat) aux Collectivités Territoriales Décentralisées
Par OWONO OWONO Etienne, Administrateur Civil Principal Hors Echelle, ancien Directeur des Collectivités
Territoriales Décentralisées au MINATD
Introduction
Pour le législateur, « la décentralisation consiste en un transfert par l’Etat aux CTD de compétences particulières
et de moyens appropriés ». Article 2 de la loi n°2004/017 du 22 juillet 2004 d’orientation de la décentralisation.
Cette définition ne fait nullement mention des autres éléments constitutifs qui caractérisent la décentralisation
territoriale, notamment : la reconnaissance des affaires locales ; la reconnaissance de la personnalité
juridique, de l’autonomie administrative, financière et de gestion ; et l’élection des organes dirigeants de la
collectivité territoriale.
Aussi, partant de la définition donnée à la décentralisation par le législateur camerounais et en rapport avec
la thématique de notre atelier, le présent exposé s’articule en cinq (05) parties qui traitent respectivement : de
la définition de certains concepts utiles à la compréhension du thème de l’exposé (I), du rappel des principes
régissant le transfert des compétences (II) ; des compétences transférées et des modalités de leur exercice
(III) ; du transfert des compétences: constats et limites(IV) ; des perspectives (V).
a. Le transfert : le transfert renvoie à la dévolution d’un pouvoir, d’une matière. Il s’agit de la transmission
d’une matière, d’une personne à une autre en observant les formalités requises et les principes
établis.
b. La compétence : nous ne connaissons pas de définition juridique de compétence. Transfert de
compétences se traduirait en anglais par devolution of powers. L’on pourrait partir de cette traduction
pour dire que la compétence renvoie à la capacité de faire ou de poser les actions dans le temps et
dans l’espace, dans des domaines ou matières définies.
Dans le cadre de cet exposé, l’on peut retenir que la compétence renvoie aux missions, aux attributions,
aux rôles, aux pouvoirs, aux fonctions, aux responsabilités et aux domaines d’intervention d’une
collectivité territoriale.
c. Affaires locales : Le concept d’affaires locales fait partie des éléments constitutifs de la définition
de la décentralisation que nous avons rappelée ci-dessus. « L’existence des Collectivités Territoriales
procède de la considération que l’Etat n’est pas seul représentant des intérêts qui sont en présence
dans la société. Certains d’entre eux, géographiquement localisés, peuvent être regardés comme
suffisamment distincts de ceux de l’Etat en général. Il s’en suit que ces intérêts particuliers peuvent
être gérés par les représentants exclusifs des habitants qu’ils concernent directement » (Professeur
Bertrand Faure dans Droit des CT).
Aussi, la raison d’être d’une CT suppose ainsi des intérêts communaux et régionaux propres et distincts
d’une part, et la remise du pouvoir de les gérer à leurs représentants élus d’autre part : La gestion de l’eau
est ainsi une affaire locale à considérer la localisation des besoins et des sources d’approvisionnement;
L’enlèvement et le traitement des ordures ménagères, à considérer leur production, leur traitement et leur
transformation.
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ACTES
Assises Générales de la Commune
Toutefois et pour des raisons de méthodologie, le transfert de compétences tel que prévu par la loi fixant les
règles applicables aux communes repose principalement sur les six (06) principes ci-après :
En effet, « la subsidiarité se présente comme un principe général d’organisation institutionnelle qui privilégie la
base par rapport au sommet tout en révélant un autre aspect non moins important à savoir: que l’autorité supérieure
ou centrale a l’obligation ou le devoir d’aider ou d’assister l’autorité inférieure (périphérique, décentralisée ou
de base), à accomplir sa tâche en vue de garantir l’efficacité de l’autonomie» (Charte européenne de l’autorité
locale). Le principe de subsidiarité est donc dans le contexte de notre décentralisation un principe d’efficacité
et un principe politique. : Principe d’efficacité d’abord, dès lors que les compétences sont exercées au plus
près des intérêts concernés, les décisions sont d’autant mieux acceptées qu’elles sont supposées émaner
de la base par les élus locaux et qu’elles ne sont point imposées d’ailleurs ; Principe politique ensuite, parce
qu’il procède à une répartition des pouvoirs entre le pouvoir central et les administrations décentralisées,
et parce qu’un système fonctionnant selon le principe de subsidiarité s’oppose à la gestion centralisée des
affaires publiques.
Ainsi, le Cameroun, Etat unitaire décentralisé combine les deux (02) instruments lui permettant d’assouplir
son organisation : la décentralisation et la déconcentration.
b. Le principe de concomitance, énoncé à l’article 7 de la loi d’orientation et suivant lequel tout transfert de
compétences à une CTD s’accompagne du transfert à celle-ci des ressources et des moyens nécessaires
à l’exercice normal de la compétence transférée.
c. Le principe de l’égalité des CTD : objet de l’article 7 de la loi d’orientation et suivant lequel le transfert de
compétences ne saurait autoriser une CTD à établir ou à exercer une tutelle sur une autre.
d. Le principe de la spécificité de l’exercice des compétences : repris à l’article 9 alinéa 1er par lequel la
répartition des compétences entre les CTD s’effectue en distinguant celles qui sont dévolues aux Régions
de celles dévolues aux Communes.
f. Le principe de progressivité enfin, pour lequel le transfert des compétences est étalé dans le temps et
s’effectue par paliers, afin de répondre aux diverses contraintes de leur exercice efficient.
La loi d’orientation de la décentralisation stipule en son article 15 que « l’Etat transfère aux CTD dans les
conditions fixées par la loi des compétences dans les matières nécessaires à leur développement économique,
social, sanitaire, éducatif, culturel et sportif ».
Les domaines de même que les diverses compétences transférées aux communes et aux communautés
urbaines figurent au titre III de la loi d’orientation de la décentralisation, articles 16 à 22.
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ATELIER N° 2
On distingue :
ÔÔ L’exercice par l’Etat des compétences transférées sur le fondement du principe de complémentarité sus-évoqué,
suivant lequel, le transfert par l’Etat aux CTD de compétences n’exclut pas l’Etat de continuer à les exercer lui-
même (exercice concurrent des compétences). Ce principe fait objet de débats, du fait de la définition même
du transfert d’une part, du principe de concomitance d’autre part qui induit le transfert des ressources et
moyens nécessaires à l’exercice normal de la compétence transférée et enfin du principe de subsidiarité qui
fait obligation à l’Etat d’assister et d’accompagner l’autorité locale décentralisée par ses services déconcentrés.
ÔÔ L’exercice par une CTD de l’ensemble des compétences à elles transférées par l’Etat.
ÔÔ Le regroupement des CTD pour l’exercice d’une ou de plusieurs compétences. Cette modalité est prévue à
l’article 16 de la loi d’orientation de la décentralisation qui dispose que « les CT peuvent se regrouper pour
l’exercice des compétences d’intérêt commun, en créant des organismes publics de coopération par voie
conventionnelle. »
A l’analyse, ce bilan mérite toutefois d’être nuancé, du fait de la nature et de la qualité des compétences
transférées, de leurs contenus, de leur impact sur l’amélioration du cadre et des conditions de vie des
populations. Bref, en termes de développement local.
Depuis 2010, le nombre de salles de classe construites devrait avoir augmenté, avec les contributions issues
du transfert du MINEDUB.
Les interventions des communes et communautés urbaines visant la promotion du développement local
ont augmenté dans divers domaines d’intervention de la vie économique nationale.
ÔÔ Il y a toutefois lieu de s’interroger sur la valeur ajoutée du paradigme nouveau, si le maire est tenu par les
prescriptions techniques imposées par l’Etat et ne dispose pas de marges de manœuvre et d’initiatives.
ÔÔ Ainsi, le montant transféré par l’Etat pour la construction d’une salle de classe pourrait en construire deux ou
trois, si le maire pouvait décider d’utiliser les matériaux locaux (une convention a du reste été signée avec la
MIPROMALO).
ÔÔ Certaines compétences ont été transférées aux communes : sans contenu concret (l’aide aux nécessiteux par
exemple) ; sans ressources suffisantes pour leur exercice normal.
ÔÔ L’absence d’équité dans l’exercice de certaines compétences transférées, dans la mesure où certaines
communes ne les exercent pas (lutte contre la jacinthe d’eau,)
ÔÔ Certaines compétences supposées transférées ne sont pas exercées. C’est notamment le cas du cantonnage.
ÔÔ Certaines compétences ne sont pas encore transférées. C’est le cas de « l’aménagement des zones
industrielles» au profit des communautés urbaines notamment.
ÔÔ L’accompagnement par les départements ministériels n’est pas optimal en absence d’un cadre juridique
régissant les modalités de coopération entre les communes et les services déconcentrés de l’Etat (SDE).
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ACTES
Assises Générales de la Commune
V. Des perspectives
Avant 2010, les communes intervenaient déjà dans tous les secteurs du développement économique, social,
sanitaire, éducatif, culturel et sportif sur financement de leur budget et/ou avec le concours des institutions
d’appui et d’accompagnement (le FEICOM, PNDP) ou des partenaires au développement : Construction des
écoles, puits et forages ; Centres de santé ; Electrification rurale ; Entretien routier ; Etc...
ÔÔ La loi n°2004/018 fixant les règles applicables aux communes en procédant à une énumération des tâches ou
des activités et/ou à des compétences que devaient exercer les communes, n’a-t-on pas assisté à un recul de
l’action publique et des missions dévolues aux communes, qui disposaient jusqu’alors d’une clause générale
de compétence ?
ÔÔ L’énumération détaillée des tâches par la loi tend à les diluer et à les assimiler aux tâches qu’effectuaient
naguère les agents de l’Etat sans incitatives propres et soumis à l’exécution des directives du pouvoir central
ou des maîtres d’œuvre.
Ne pourrait-on pas parler de la compétence « protection de l’environnement » que les communes déclineraient
en rapport avec le contexte local aux plans industriel, minier, forestier...et donc la lutte contre la jacinthe
d’eau ne serait qu’une action ou une activité.
La réflexion pourrait par conséquent porter sur le transfert de blocs de compétences constituant les grands
domaines de l’action publique locale
2. Opter pour les dotations comme mode de financement de l’exercice des compétences transférées
a. En inscrivant les ressources transférées aux communes en contrepartie des compétences transférées
dans les budgets des départements ministériels, l’on croirait que ce sont ces derniers qui transfèrent
les compétences en rapport avec leurs dotations budgétaires (cas du MINAS et du MINCULT dont les
montants des dotations sont dérisoires). Or, c’est l’Etat qui transfère et les compétences ou attributions
d’un ministère ne sont pas incompatibles. Hier on avait le MINATD, aujourd’hui autre ministère a hérité de
la décentralisation.
L’on peut proposer l’ouverture d’une ligne budgétaire indépendante de celles des ministères et exclusivement
réservées à la décentralisation.
b. La ligne ouverte au budget du MINDDEVEL constitue une avancée pour les projets retenus dans les PCD.
Une nouvelle ligne budgétaire où le renforcement de celle déjà existante pourrait servir à alimenter la mise
en œuvre des politiques non jugées prioritaires pas les PCD mais stratégiques pour l’Etat.
c. Les compétences ou les blocs de compétences à transférer pourraient correspondre aux programmes
ou sous-programmes des départements ministériels, le rôle de maître d’ouvrage et d’acteur principal du
développement local du maire étant désormais connu et renforcé.
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ATELIER N° 2
A titre d’illustration, les programmes ci-après relevant de certains départements ministériels pourraient
constituer des compétences à transférer aux communes.
Aménagement et renouvellement
961 Gérer durablement les forêts
de la ressource forestière
Rehabilitation, maintenance et
468 Planification, entretien des routes et autres Améliorer l’état des infrastructures
aménagement du infrastructures
territoire, urbanisme
et habitat Amélioration de l’environnement Assainir et embellir l’espace urbain et asseoir une
497
urbain bonne gouvernance urbaine
ÔÔ De repérer des compétences nouvelles et/ou de donner un meilleur contenu (densifier le contenu) aux
compétences déjà transférées afin de contribuer à l’élargissement du champ d’action des communes.
ÔÔ D’appliquer jusqu’au bout le principe de subsidiarité, en tenant compte de la vocation des communes dont la
mission principale vise l’amélioration du cadre et des conditions de vie de leurs populations.
ÔÔ D’aménager les modalités de coopération entre les communes et les services déconcentrés de l’Etat.
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ACTES
Assises Générales de la Commune
Conclusion
Les réponses aux préoccupations et autres interrogations soulevées relèvent à titre principal des magistrats
municipaux en termes de propositions concrètes et réalistes à faire sous forme de modifications ou de
compléments à apporter à la loi et aux textes organiques en vigueur à faire au Chef du département
ministériel concerné pour validation et soumission aux plus hautes autorités de l’Etat le cas échéant.
Le transfert des compétences tel qu’issu de la loi n°2004/018 fixant les règles applicables aux communes a
l’avantage d’exister. Elle pourrait néanmoins être réaménagée pour tenir compte des limites constatées, des
exigences et prescriptions du Chef de l’Etat instruisant de renforcer les missions et compétences dévolues
aux communes.
Il revient aux participants au présent atelier de baliser le champ des compétences susceptibles de faire
l’objet de nouveaux transferts, d’en déterminer les modalités de leur gestion en partenariat avec l’Etat et
d’autres acteurs du processus et de déterminer l’ensemble des moyens et ressources humaines, financières
et matérielles sans lesquelles le transfert de compétences serait une utopie, dans le contexte actuel de notre
processus de décentralisation./-
A la suite des échanges sur les points suscités, les participants de l’atelier 2 ont formulé les
recommandations ci-après :
1. Procéder à une rationalisation dans la répartition des compétences entre l’Etat et les communes en tenant
compte de la vocation de la commune comme collectivité territoriale décentralisée de base, conformément à
la loi n°2004/017 du 22 juillet 2004 d’orientation de la décentralisation ;
2. Infléchir les principes de complémentarité et de non exclusivité en procédant à un transfert par grands blocs
de compétences ;
3. Relire et réécrire en conséquence les lois du 22 juillet 2004 d’orientation de la décentralisation et fixant les
règles applicables aux communes ;
4. Procéder à un élargissement des compétences transférées aux communes notamment dans les domaines
liées à la fourniture des services sociaux de base à savoir : l’eau, l’énergie, l’assainissement;
5. Donner à la commune la responsabilité de la planification opérationnelle des services sociaux essentiels, du
foncier, de l’habitat et des infrastructures économiques, urbaines et rurales ;
6. Conférer aux communes les compétences en matière foncière et domaniale en vue de répondre à la nécessité
de disponibilité des terres pour la réalisation des projets de développement local
7. Envisager une réforme des textes sur la gestion domaniale et foncière en vue de l’adapter à la décentralisation ;
8. Etendre les compétences transférées en matière de santé et d’éducation, au recrutement et à la gestion des
personnels ;
9. Clarifier les lignes de partage de compétences entre la commune d’arrondissement et la communauté urbaine
à travers une énumération précise des compétences dévolues à chaque entité ;
10. Etendre les compétences des communes en matière de recouvrement des impôts locaux notamment
l’impôt libératoire, la taxe foncière, la patente, et la taxe d’abattage des produits forestiers pour les forêts
communautaires et communales ;
11. Privilégier, en compensation des charges inhérentes au transfert des compétences et de l’ineffectivité du
principe de concomitance, le mécanisme de dotation globale ;
12. Mettre en place une charte de la déconcentration et définir de manière claire les attributions des services
déconcentrés de l’Etat et des agents de l’Etat exerçant une compétence lorsque l’Etat en est titulaire ;
13. Eriger les compétences transférées en base d’évaluation des ressources à transférer par l’Etat à la commune
afin d’assurer une plus grande autonomie de celle-ci ;
14. Conférer à la commune la prérogative, à titre prioritaire, d’exploitation des substances minérales non
concessibles (sables, pierres, pouzzolanes, …) sur le territoire communal ;
15. Transférer à la commune l’émission et le recouvrement de la taxe d’extraction des substances non concessibles
susvisées.
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ATELIER N° 3
ATELIER N° 3
1. La préparation
L’étape de préparation du processus de planification vise à informer, sensibiliser et mobiliser les parties
prenantes au processus afin de susciter leur participation.
La préparation du processus de planification est articulée autour de la réalisation des activités préalables
dont la mise en place du dispositif institutionnel, la prise de contact avec l’exécutif municipal, l’information et
la sensibilisation des autorités locales et des autres parties prenantes y compris les organismes humanitaires
et d’appui la tenue de l’atelier de lancement, la collecte des données de base y compris cartographiques
auprès des sectoriels et partenaires et, la recherche et l’exploitation du PCD et produits relatifs à la dernière
planification.
2. Le diagnostic participatif
Le diagnostic participatif permet de dresser, avec l’implication de tous les acteurs concernés, un état des
lieux au sein d’une commune. La structure d’appui technique accompagne la commune et les populations
résidentes à l’identification, à l’analyse de leurs problèmes/contraintes, mais aussi leurs atouts/potentialités,
la recherche des solutions et la formulation d’actions à entreprendre selon leurs priorités.
Le diagnostic participatif vise non seulement la préparation de la mise en place d’actions, mais aussi la
consolidation du cadre institutionnel et le renforcement des capacités locales. Il considère l’ensemble des
acteurs locaux dans leur diversité d’intérêts et cherche à les mobiliser dans le cadre d’une concertation et
d’une négociation entre groupes d’intérêts. Il initie un processus d’autopromotion.
Le diagnostic participatif vise à identifier tout ce qui existe et fonctionne, tout ce qui existe et ne fonctionne
pas, tout ce qui manque et constitue un besoin en conformité avec les politiques, les stratégies, les normes/
cartes sectorielles.
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ACTES
Assises Générales de la Commune
4. La planification
L’étape du diagnostic participatif a permis d’établir une situation de base ou de référence aussi exhaustive que
possible des atouts de l’institution communale, de l’espace urbain communal et des différents villages/quartiers
de la commune, de répertorier les dynamiques existantes, les problèmes et les contraintes de développement.
Les problèmes ont été analysés et des précisions ont été apportées sur les projets prioritaires de l’espace
urbain communal et de toutes les communautés par secteur d’une part, et sur les quinze (15) microprojets
prioritaires de chacun des villages dont cinq (05) du domaine social, quatre (04) du domaine économique et
deux (02) du domaine écologique, deux (2) d’appui à la jeunesse ; un (1) culturel ; un (1) sportif.
En outre, les cadres logiques sectoriels ont été élaborés et résument, à la lumière des différentes politiques
sectorielles, les projets qui seront contenus dans les programmes de la commune.
Par ailleurs, les huit (08) cartes caractéristiques des spécificités de l’espace communal à savoir: la carte de
localisation, la carte de population, la carte de l’espace urbain, le draft du PUGDT, la carte sanitaire, la carte
hydraulique, la carte solaire et, la carte d’électrification ont été exploitées.
La planification se basera sur ces éléments pour élaborer les programmes du PCD, articulé autour de quatre
(04) programmes dont trois (03) programmes opérationnels/techniques et un (01) programme support.
Les trois programmes opérationnels adresseront les problématiques relevant du secteur social ; économique
et environnemental ; culturels sportif et appui à la jeunesse. Les programmes support quant à eux adresseront
les questions de coordination de la mise en œuvre des programmes opérationnels.
Le conseil municipal est le premier responsable de la phase de planification destinée à l’élaboration des
programmes du PCD. Cependant, il est appuyé dans cette démarche par le comité de pilotage et la structure
d’appui technique. Cette dernière est chargée de conduire et d’animer les diverses étapes de planification et de
rédiger les programmes de la commune.
Avant la phase planification conduite en tenant compte des Objectifs de Développement Durable (ODD), de
l’IDL, des orientations nationales telles le DSCE, la vision et des résultats du diagnostic, le conseil municipal
élaborera sa vision de développement. Celle-ci sera disponible dans un document qui sera utilisé pour les
projections futures. Les résultats de l’étape du diagnostic participatif seront capitalisés à chaque phase du
processus de planification.
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ATELIER N° 3
De manière opérationnelle, un atelier est nécessaire pour restituer et s’approprier les cadres logiques et valider
les programmes. Cet atelier requiert une préparation spécifique.
5. Programmation
L’étape de programmation conduit à l’élaboration du Programme d’Investissement Prioritaire (PIP). Ce PIP se
décline en deux programmes : le Programme d’Investissement Annuel (PIA) et le Programme d’Investissement
Triennal ou encore le Cadre de Dépenses à Moyen Terme (CDMT) de la commune.
Il importe cependant de relever que le Programme d’Investissement Triennal dont il est question dans le cadre
de cette étape de planification se réfère uniquement à la partie investissement du Cadre de Dépense à Moyen
Terme (CDMT) de la commune.
Pour rester dans l’esprit du DSCE et du développement durable, la priorité des investissements devrait
être orientée vers la création des richesses et des emplois de manière notamment à renforcer l’autonomie
financière des communes. Pour ce faire et au cas où l’on note un déséquilibre substantiel entre les différents
programmes techniques/opérationnels, la structure d’appui technique a pour rôle d’expliquer le bien-fondé qu’il
y aurait à choisir un investissement productif et négocier un réajustement.
Tous les projets figurant dans le PIP doivent préalablement faire l’objet d’une maturation. Dans le cadre de la
préparation du budget communal, les idées de projets inscrites dans les PCD devront être programmées en
année à la maturation en vue de leur inscription en année.
En pratique, l’étape de programmation se déroulera au cours d’un atelier de programmation qui se tient au
même moment que se tient l’atelier de planification à la seule différence que la séquence de préparation de
l’atelier de programmation est mise à profit pour la maturation des projets des quatre (04) programmes de la
commune.
Au cours de cette maturation, les parties prenantes doivent s’assurer que tous les projets soumis au cadrage
budgétaire de la commune sont matures.
L’atelier de programmation abouti à l’élaboration du programme d’investissement annuel (PIA) et à la partie
investissement du Cadre de Dépense à Moyens Termes (CDMT) de la commune. Cet atelier de programmation
a vocation à assurer l’appropriation effective par les parties prenantes des instruments de cadrage budgétaire
de la commune.
6. Mise en œuvre
Dans les étapes précédentes de celle relative à la mise en œuvre, les instruments de cadrage budgétaire en
l’occurrence le Plan d’Investissement Annuel et le Cadre de Dépenses à Moyen Terme ainsi que le plan de
mobilisation des ressources de la commune ont été élaborés.
Il revient à l’institution communale, après élaboration d’un plan de gestion environnementale et sociale du
CDMT et d’un plan de passation des marchés d’assurer leur mise en œuvre. Elle doit également bénéficier d’un
accompagnement spécifique en vue de la mise en œuvre des solutions endogènes.
Le concept de mise en œuvre des mesures endogènes découle de la volonté pour les acteurs de la planification,
d’implémenter dorénavant les objectifs d’appropriation et de pérennité des projets dans les circonscriptions
communales, les solutions endogènes étant celles dont les populations ont pris la responsabilité de la mise en
œuvre selon leurs propres moyens.
Il importe de noter que les solutions endogènes favorisent l’exercice de la planification participative et
permettent la participation active de la population aux décisions et à l’exécution des projets qui la concernent.
Les solutions endogènes sont en effet au cœur de la planification participative et permettent à la population de
s’impliquer activement aux décisions et à leur exécution.
Les informations et autres données relatives aux mesures endogènes sont certes collectées pendant l’étape
du diagnostic participatif mais les avantages différentiels identifiés dans les villages, au sein de l’espace urbain
communal et au niveau de la commune n’ont pas été analysés de sorte à formuler des mesures endogènes
qui permettraient de les capitaliser.
Les instruments de cadrage budgétaires susmentionnés permettent à la commune, dans le cadre de cette
étape dédiée à la mise en œuvre, de mener aisément ses activités de passation de marchés, de suivi de
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ACTES
Assises Générales de la Commune
l’exécution desdits marchés par les prestataires de service recrutés, de réception des marchés et de gestion
des réalisations.
Cette étape a pour objectif de traduire en réalisations, les actions contenues dans les trois (03) programmes
opérationnels/techniques de la commune, déclinées dans le Plan d’Investissement Annuel (PIA) et le Cadre de
Dépenses à Moyen Terme (CDMT).
La mise en œuvre du PCD comprend cinq (05) phases :
a. La mise en place du dispositif institutionnel de mise en œuvre ;
b. L’analyse des avantages différentiels identifiés dans les villages, au sein de l’espace urbain communal
et au niveau de la commune ;
c. L’élaboration du plan de gestion environnemental et social du CDMT ;
d. L’élaboration du plan de passation des marchés ;
e. La mise en œuvre proprement dite du plan de passation des marchés (sélection des prestataires de
service, passation des marchés, réalisation physique et, contrôle).
En rapport avec les points à débattre, les observations ci-après peuvent être faites :
1. Les PCD ont été élaborés dans 329 Communes essentiellement en milieu rural avec quelques Communes
d’Arrondissement couvertes, à savoir : Bafoussam 2ème ; Yaoundé 7ème ; Garoua 1er et 2ème ; Ebolowa 1er et 2ème …;
2. Les PCD sont actualisés légèrement chaque année en vue de corriger les programmations pluriannuelles. Ils subissent
une actualisation lourde après cinq ans. Toutefois une actualisation à grande échelle est actuellement en cours en vue
de l‘arrimage des Communes au Budget Programme ;
3. La diffusion des PCD est effective au niveau local, mais pour le moment n’est pas systématique au niveau central ;
4. Les PCD sont chiffrés pour ce qui est des projets matures ou pour lesquels les coûts sont connus (salles de classes ;
forages…) ; Les autres sont des idées de projet à maturer ;
5. Les PCD sont élaborés de manière participative à travers des consultations en groupe socio-spécifiques afin de
permettre à tout le monde de s’exprimer mais aussi d’avoir le classement de leurs besoins par ordre de priorité ;
6. Des comités et études sont actuellement en cours afin de proposer des pistes permettant d’améliorer la prise en
compte des projets inscrits dans les PCD dans le BIP ;
7. L’exercice efficace de la maitrise d’ouvrage locale à toutes les étapes du cycle des projets souffre encore de la non
effectivité de la charte de la déconcentration. Cette charte devrait préciser les conditions de mise à disposition de
l’expertise locale des services déconcentrés de l’état aux collectivités et les ressources permettant de mobiliser ces
compétences ;
8. Les besoins des communes en matière d’investissement sont proportionnels à leur capacité de mobilisation des
financements. Les communes ne peuvent fixer leurs investissements que par rapport aux fonds mobilisables dans
leur budget. Les autres besoins supérieurs aux capacités de financement de la Commune sont pris en charge par le
BIP ;
9. Les PCD sont actuellement élaborés dans le cadre de la Gestion Axée sur les Résultats (GAR) et du budget programme.
Les PCD organisent les projets à l’intérieur de trois programmes techniques ; (i) Faciliter l’accès aux besoins sociaux
de base ; (ii) promouvoir le développement économique et environnemental ; (iii) promouvoir la culture, le sport et
appui à la jeunesse. L’accompagnement ici consistera à expliquer aux CTD le bien-fondé ou l’avantage qu’ils auraient
à financer en priorité des projets économiques ;
10. Les communes sont concurrentes les unes des autres et ce sont les conditions d’attractivités mises en place par les
collectivités qui les rendent attractives vis-à-vis des investisseurs. Ceci se traduit par des facilités fiscales, des facilités
à l’installation, la maitrise des tracasseries de toute sorte… ;
11. Des instruments tel l’IDL au Cameroun et les ODD au niveau global peuvent permettre de mesurer le développement
local sur la base d’indicateurs formulés, des situations de références captées en début de période qui peuvent être au
début du mandat de l’exécutif. La mise en place des mécanismes de mesure permettra d’apprécier, mesurer ou évaluer
le développement et la progression au niveau des différentes actions (sous-secteurs qui peuvent être l’éducation, la
santé, l’accès à l’eau potable, les routes, les ponts, les lignes électriques) et des activités qui sont des projets issus de
ces actions inscrites dans les différents programmes techniques ;
12. Pour réussir une coopération décentralisée, les communes devront rentrer dans un processus de coopération gagnant-
gagnant. Les communes doivent identifier dans leurs territoires des niches à développer qui rendraient attractifs leurs
territoires. Les partenaires consentent plus facilement à rentrer en coopération ou en jumelage avec vous quand vous
présentez clairement ce que vous avez à offrir.
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ATELIER N° 3
Introduction
La planification urbaine et territoriale est au cœur du Nouveau Programme pour les Villes adopté à HABITAT
III. Dans le contexte mondial d’une population majoritairement urbaine (plus d’un camerounais sur deux
vit aujourd’hui en ville et trois (3) camerounais sur quatre (4) vivront en ville en 2035), ce sont avant tout
dans les villes que les principaux défis seront à relever, en termes de stratégies urbaines mieux articulées
aux politiques nationales et locales, de décentralisation efficiente, de gouvernance locale participative et de
réduction de la fracture urbaine (c’est-à-dire des inégalités sociales en milieu urbain).
Instrument incontournable des politiques nationales pour la mise en place de stratégies urbaines maîtrisées,
« la planification urbaine et territoriale se définit comme un processus de prise de décision qui vise à atteindre
des objectifs économiques, sociaux, culturels et environnementaux par l’intermédiaire de l’élaboration de
visions, stratégies et plans spatiaux et de l’application d’un ensemble de principes et d’outils politiques, mais
aussi de mécanismes institutionnels et participatifs et de procédures réglementaires… Il s’agit d’un puissant
instrument de redéfinition des formes et des fonctions des villes et des régions en vue de générer croissance
économique, prospérité et emploi de manière endogène, tout en répondant aux besoins des groupes les plus
vulnérables»1.
Au Cameroun, la loi 2004 régissant l’urbanisme précise que « les documents de planification urbaines (DPU)
déterminent les conditions permettant de:
La planification urbaine est donc aujourd’hui, plus que par le passé, stratégique, car elle vise à relier
des perspectives de développement économique et des choix d’affectation des sols et de réalisation
d’infrastructures et d’équipements. C’est pourquoi le Nouveau Programme pour les Villes (communément
appelé Nouvel Agenda Urbain) recommande que la planification urbaine soit considérée comme la priorité
absolue des pays et de toute ville, quel que soit sa taille et son niveau de développement.
C’est donc à juste titre que depuis près d’une décennie, la question de la planification urbaine est au centre
des activités du Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain, pour aider les municipalités à passer
d’un urbanisme de rattrapage à un urbanisme d’objectifs, c’est-à-dire planifié.
Le présent exposé, qui se veut plus pratique que théorique, fait un rappel des enjeux de la planification
urbaine et du cadre juridique qui encadre cette activité au Cameroun, s’appesantit sur le bilan de la mise
en œuvre de cette compétence transférée aux Collectivités Territoriales Décentralisées depuis 2011, les
difficultés rencontrées et fait des propositions permettant de garantir l’efficacité de sa poursuite pour faire
des DPU de véritables outils de développement.
En d’autres termes, il s’agira pour nous de répondre aux questions suivantes : les DPU sont –ils élaborés
régulièrement et quel est le taux de couverture du territoire national ? Quel est le contenu des DPU ? Comment
sont-ils mis en œuvre ; Comment financer les projets contenus dans les PIP qui en sont issus ? Comment
mettre en cohérence DPU et PCD ?
1
Lignes directrices internationales sur la planification urbaine et territoriale, ONU-HABITAT, 2015.
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ACTES
Assises Générales de la Commune
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ATELIER N° 3
ÔÔ D’un rapport justificatif qui regroupe les éléments : du diagnostic territorial, du scénario d’aménagement adopté
de manière participative, des prévisions et perspectives de développement, une programmation prévisionnelle
des besoins pour répondre aux enjeux futurs de développement, un Plan d’Investissement Prioritaire (PIP)
chiffré dans tous les domaines (infrastructures, équipements socio-collectifs, social, logements, etc.), ’une
Stratégies de mise en œuvre du Plan et des projets ;
ÔÔ D’un règlement d’urbanisme qui décline les règles d’utilisation du sol sur tout le territoire de la commune, à
cet effet, il précise pour chaque zone (le quartier pour le PDU et le PSU, l’ilot pour le POS et la parcelle pour
le PS): les limites d’utilisation des zones constructibles, les reculs par rapport aux voies publiques et aux
constructions voisines, la volumétrie, les formes et les couleurs des constructions, etc.
ÔÔ Des pièces graphiques : plan de zonage, schéma de structure, plan d’épannelage, plan parcellaire, etc.;
ÔÔ Des annexes : plans des réseaux techniques (eau, électricité, gaz, etc.), plans d’évacuation des eaux de
ruissellement et des eaux usées, etc.
La démarche participative et de concertation ne se limite pas aux acteurs désignés dans le cadre du
Comité Technique de pilotage (composé des représentants locaux des administrations, les représentants
des populations, les autorités traditionnelles, la société civile…), mais doit être élargie, lors de la phase du
diagnostic (lors des enquêtes de terrain), pour intégrer les représentants des populations locales (les chefs
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ACTES
Assises Générales de la Commune
de quartiers) afin d’identifier leurs problèmes et leurs besoins. Ce processus consensuel se poursuit, d’une
manière plus élargie encore, à l’occasion des enquêtes publiques (d’une durée d’un mois) qui sont exigées
lorsque le parti d’aménagement est arrêté.
Au cours de ces enquêtes publiques, le plan d’aménagement et le règlement d’urbanisme sont affichés à
la mairie pendant un mois. Une campagne de sensibilisation des populations doit alors être conduite par
le maire et le consultant pour emmener chaque citoyen à venir donner son point de vue sur le futur plan.
Toutes les doléances sont recueillies dans un registre et transmis au consultant pour prise en compte avant
la production du rapport final.
ÔÔ 14 Plans Directeurs d’Urbanisme (PDU) dont 11 financés par le Ministère en charge de l’urbanisme, 01 (Douala)
par la Communauté Urbaine concernée achevés et 02 (Maroua et Garoua) élaborés dans le cadre du PAMOCCA;
ÔÔ 71 Plans d’Occupation des Sols (POS) financés par l’Etat ;
ÔÔ 34 Plans Sommaires d’Urbanisme (PSU) financés par l’Etat ;
ÔÔ 08 Plans de Secteur (PS) à savoir le Plan de Secteur du Noyau Central de la ville de Yaoundé achevé et les
Plans de Secteur du noyau central de Douala 3è, Molyko et Banekane déjà achevés, puis Ngeme, Mbengue et
Nkouekong en cours de lancement.
Soit un taux de couverture en DPU d’environ 30%, ce qui reste très faible.
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ATELIER N° 3
Il procède au montage des projets relatifs à la réalisation des programmes économiques et des opérations
d’aménagement et recherche les partenaires pour leur financement et leur réalisation ;
Il évalue périodiquement (cinq ans) la mise en œuvre du DPU et propose, le cas échéant, les mesures de
rattrapage, la révision ou l’actualisation, conformément à la réglementation en vigueur ;
Il suit l’activité de la Commission d’examen des dossiers de demande d’actes d’urbanisme et veille à la
conformité des actes délivrés au DPU.
Les outils pouvant être utilisés pour la mise en œuvre des DPU
ÔÔ Le contrat de Ville, considéré comme un instrument de la mise en œuvre de la politique urbaine à court terme,
est défini comme un document cadre dont l’exécution limitée dans le temps, engage les acteurs sociaux
que sont l’Etat, les Collectivités Territoriales Décentralisées, la Société Civile dans son acception large, en
vue (i) d’impulser un développement global et cohérent d’une ville/ d’une commune à travers la mobilisation
des énergies et des moyens financiers; (ii) de créer les conditions favorables à l’amélioration des conditions
de vie des populations; et (iii) de favoriser le recul de la pauvreté à travers la création d’emplois massifs.
Chaque partenaire ici s’engage sur la nature, le contenu et le financement partiel des différentes opérations
programmées.
ÔÔ Le Protocole de Partenariat, qui est une forme allégée du contrat de ville et en diffère au plan du volume des
financements mobilisés. Il vise en tous points les mêmes objectifs que le contrat de ville ;
ÔÔ Le Contrat Communautaire, qui permet aux communes de faire participer les organisations de la société civile
(associations de quartier, ONG locales) à la vie de la municipalité (i) en favorisant leur accès à la commande
publique à travers la réalisation des petits ouvrages et leur prise en charge par les populations; (ii) en mettant
en place un dispositif de communication sur les projets à réaliser au profit des populations; (iii) en suscitant
des expertises et l’utilisation de la main d’œuvre locale dans un but d’insertion sociale.
Malgré les innovations introduites par ces textes, de nombreuses contraintes en matière de construction
subsistent et pèsent sur les populations et les investisseurs, ce qui a pour effet de maintenir l’illégalité dans
la construction et le développement des constructions anarchiques et hasardeuses, elles-mêmes sources
de risques pour la sécurité de ces populations.
Dans le classement du rapport « Doing Business » de la Banque Mondiale sur le climat des affaires, le
Cameroun n’occupe pas de manière générale un bon rang, en raison des lourdeurs des procédures et des
problèmes de gouvernance. Et de manière particulière, si notre pays a amélioré son rang au classement
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ACTES
Assises Générales de la Commune
général, son classement en ce qui concerne l’obtention du Permis de Construire (un des indicateurs
permettant de rendre compte du climat des affaires dans un pays), enregistre toujours une régression. On
comprend donc pourquoi le Gouvernement est engagé dans une série de réformes en vue de simplifier les
délais et les procédures en matière de construction et aller vers l’amélioration des classements, de manière
à améliorer ce classement et attirer les investisseurs.
De là découle l’idée de dématérialisation des procédures d’obtention des actes d’urbanisme, notamment
du permis de construire, c’est-à-dire en termes simples: l’informatisation de la procédure; et la création des
guichets uniques pour la délivrance des PC et de toutes les autres autorisations administratifs en matière de
construction. C’est l’objet du décret N° 2018/9704/PM du 10 décembre 2018 instituant des guichets uniques
de facilitation de la délivrance des actes administratifs relatifs à l’utilisation du sol et à la construction auprès
des communautés Urbaines.
Pour les autres communes, il est recommandé de mettre en place les commissions prévues par la loi et de
prendre les arrêtés déterminant les coûts des autres actes d’urbanisme autres que le Permis de construire
et le permis d’implanter (dont les coûts sont indiqués dans la loi portant fiscalité locale).
Difficultés rencontrées
En ce qui concerne l’élaboration des DPU
Si une attention particulière a été portée dans les textes sur la simplification des documents à produire et
des procédures d’élaboration, force est de constater, au regard de nombreux dysfonctionnements relevés,
que le transfert de compétence en matière de planification urbaine s’est fait sans être suivi des compétences
techniques nécessaires à la réalisation de cette importante activité.
C’est ainsi qu’on décèle de nombreuses insuffisances dans le contenu de la plupart des DPU élaborés ces
dernières années, à quoi s’ajoutent un laxisme et une cacophonie dans le processus d’élaboration, de suivi
de l’élaboration et même de mise en œuvre desdits documents. Les règles prescrites par les textes et dans
les DPU sont peu ou pas appliquées et bon nombre de DPU élaborés nous interpellent quant à leur contenu.
Les problèmes/difficultés rencontrés dans l’élaboration des DPU sont, sans être exhaustif:
Toutes choses qui ont emmené le MINHDU à suspendre l’appui à l’élaboration des documents de planification
urbaine de 2016 à 2018, afin de pouvoir faire le bilan et identifier les mesures à implémenter pour améliorer
le processus.
Les difficultés que rencontre la mise en œuvre des DPU sont, sans être exhaustif:
ÔÔ L’insuffisance de moyens financiers pour faire fonctionner les commissions de délivrance des actes
d’urbanisme ;
ÔÔ La non maîtrise des coûts de délivrance des actes d’urbanisme ;
ÔÔ Les délais de traitement des demandes d’actes d’urbanisme assez longs ;
ÔÔ L’insuffisance quantitative et qualitative des ressources humaines dans les CTD et dans les services
déconcentrés du MINHDU ;
ÔÔ L’absence d’instances de suivi-évaluation de la mise en œuvre des DPU élaborés : les documents sont élaborés
et personne ne se préoccupe de leur mise en œuvre ;
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ATELIER N° 3
ÔÔ La faible appropriation de la loi et de ses décrets d’application par les CTD : celles-ci n’explorent pas toutes les
voies prévues pour la mise en œuvre des DPU ;
ÔÔ La faible, voire la non appropriation des documents élaborés par les CTD concernés et les acteurs du secteur
urbain en général.
Par ailleurs, l’arrêté n°0001/E/2/A/MINDUH du 29 mars 2011 portant cahier de charges précisant les
modalités techniques d’exercice des compétences transférées par l’Etat en matière de planification urbaine,
de création et d’entretien des voiries en terre définit le cahier de charges pour ce qui est de l’élaboration des
DPU et de la délivrance des actes d’urbanisme ne précise ni les modalités, ni les conditions de mise en œuvre
des DPU (en dehors de la délivrance des actes d’urbanisme), laissant place naturellement à la cacophonie.
Plusieurs communes peinent à mettre en place les commissions d’examen des dossiers de demande
d’actes d’urbanisme ; celles qui sont mises en place ne fonctionnent pas dans la plupart des cas; et enfin,
les communes n’ont pas une main mise complète dans la création des lotissements tels que voulu par la
loi régissant l’urbanisme (or c’est le lotissement qui structure un territoire !); ces lotissements se créent en
marge de la réglementation en vigueur, s’appuyant sur les textes obsolètes, faisant ainsi le lit à l’anarchie.
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ACTES
Assises Générales de la Commune
ÔÔ La mise en place d’un mécanisme performant de financement de l’élaboration et de mise en œuvre des
documents de planification urbaine, avec l’appui des PTF (il pourrait s’agir d’un vaste programme à l’image du
PNDP qui permettrait à toute les communes de se doter d’un DPU) ;
ÔÔ Une meilleure coordination gouvernementale en matière de planification urbaine à travers la complémentarité
entre les DPU et le PCD, la gestion foncière et cadastrale et la planification urbaine afin de réduire les confusions
et impulser un développement harmonieux et durable des territoires ;
ÔÔ La nécessiter de compléter la loi portant fiscalité locale afin de préciser et harmoniser les coûts de tous les
actes d’urbanisme ;
ÔÔ Le renforcement du pouvoir des maires en matière de gestion foncière ;
ÔÔ La lise en places des agences locales pour accompagner les communes dans la maitrise d’ouvrage locale;
ÔÔ L’impérieuse nécessité de faire du DPU l’outil de base pour la budgétisation et le financement des projets dans
la commune.
Au niveau local :
ÔÔ Une meilleure implication des services déconcentrés du MINHDU à travers le coaching du personnel communal
et l’organisation de réunions bimensuelles de suivi de l’élaboration des DPU, tant au niveau régional qu’au
niveau départemental ;
ÔÔ L’exigence d’un service technique qualifié dans les CTD avec au moins un ingénieur et un urbaniste ;
ÔÔ La formation des personnels des CTD et du MINHDU à travers URAMDEUR de l’Université de Yaoundé
I, l’EAMAU, le Programme National de Formation aux Métiers de la Ville (PNFMV) qui vise le renforcement
des capacités des techniciens de l’Etat et des CTD aux métiers de la ville et à l’urbanisme, l’Ecole Nationale
Supérieure des Travaux Publics (ENSTP) dans le cadre de la formation en Urbanisme, etc.
ÔÔ La mise en place de guichets uniques de délivrance des actes d’urbanisme dans les grandes villes ;
ÔÔ L’institutionnalisation de l’outil contrat de ville pour la mise en cohérence des actions de programmation et de
réalisation des projets dans les villes disposant de documents de planification et des PCD ;
ÔÔ L’institution dans chaque commune planifiée d’un comité de suivi de la mise en œuvre des DPU ;
ÔÔ La formation des CTD et des services déconcentrés du MINHDU à la mise en œuvre des DPU;
ÔÔ L’instauration des conférences communales de programmation des investissements (regroupant tous les
services locaux de l’Etat) pour la préparation des plans d’actions des communes en conformité avec les DPU.
Conclusion
La mise en œuvre des compétences transférées en matière de planification urbaine connaît aujourd’hui de
nombreuses lacunes. Ces lacunes concernent les limites du cadre réglementaire, les déficits en quantité
et qualité de ressources humaines, le laxisme ou l’ignorance des exécutifs communaux, l’insuffisance des
moyens, une absence de coordination gouvernementale et Etat-commune pour la mise en œuvre des DPU,
etc.
L’amélioration de ce processus nécessite non seulement la mise en œuvre des mesures énumérées ici,
mais également une prise de conscience certaine de tous les acteurs, notamment ceux des services
déconcentrés de l’Etat qui ont la charge d’accompagner les CTD dans l’exercice des compétences qui leurs
sont transférées.
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ATELIER N° 3
ÔÔ Les plans communaux de développement sont-ils régulièrement élaborés, mis à jour et diffusés au
niveau local et central ?
ÔÔ Les plans communaux de développement sont-ils chiffrés et traduits dans les budgets annuels des
communes?
ÔÔ L’élaboration des plans communaux de développement est-elle faite de manière participative ?
ÔÔ Comment prendre en compte les projets inscrits dans les PCD dans les BIP dans le cadre de la
planification locale et de la planification nationale ?
ÔÔ Comment exercer de manière efficace la maîtrise d’ouvrage locale à tous les cycles d’un projet ?
ÔÔ Comment faire des documents de planification spatiale (plan directeur d’urbanisme, plan de secteur,
plan d’occupation des sols, plan sommaire d’urbanisme) des outils de développement ?
ÔÔ Comment faciliter la délivrance des documents d’urbanisme dans les communes ?
ÔÔ Comment évaluer les besoins des communes en matière d’investissement ?
ÔÔ Les plans communaux de développement dans leur contenu mettent ils l’emphase sur les projets à
caractère économique au-delà des projets sociaux de base ?
ÔÔ Comment rendre les péréquations équitables et efficaces ?
ÔÔ Comment rendre attractive la commune ?
ÔÔ Comment vendre la commune et susciter la prise de risque chez l’opérateur économique?
ÔÔ Comment mesure et évaluer le développement local ?
ÔÔ Comment faire de la coopération décentralisée un levier de développement local ?
1. Mettre en cohérence les documents de planification communale en veillant au respect de la hiérarchie entre
lesdits documents ;
2. Associer les élus locaux à l’élaboration des documents de planification au niveau régional et national, afin
de veiller à la cohérence entre les différents niveaux ;
3. Créer et/ou redynamiser les comités/commissions chargés du suivi, de la diffusion et de la mise en œuvre
des documents de planification communale ;
4. Redynamiser les commissions chargées de la délivrance des actes d’urbanisme ;
5. Assurer le financement adéquat de ces comités et commissions en revoyant en particulier la no-menclature
budgétaire communale pour permettre la prise en charge de leur fonctionnement et à travers la fixation par
le MINDDEVEL d’un barème de rémunération de leurs membres ;
6. Exiger systématiquement le certificat d’urbanisme comme préalable à la délivrance des permis d’occupation
temporaire du domaine public;
7. Mettre en place un programme d’élaboration des PSU et examiner la possibilité de son financement par le
FEICOM et éventuellement par les bailleurs de fonds;
8. Arrimer les Communes aux principes du budget programme ;
9. Veiller à l’application stricte de l’opposabilité légale aux tiers des documents de planification communale;
10. Harmoniser l’appellation des différents instruments de planification existants ;
11. Prendre en compte les projets issus des PDU et des PCD dans le BIP ;
12. Mettre en œuvre rapidement la promesse de la Hiérarchie de porter à 10 pourcent du budget national les
fonds alloués à la décentralisation ;
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ACTES
Assises Générales de la Commune
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ATELIER N° 4
ATELIER N° 4
Ressources de la Commune
Contexte
«…notre choix de valoriser les ressources humaines, sachant que le Capital Humain est le levier du développement
et la source des richesses. Il est également le vecteur de transformation et de gestion des autres ressources
et de leur intégration dans le processus de développement ». (Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Maroc, 2000)
Il est généralement admis que les ressources humaines sont la première et la plus importante ressource pour
la croissance et le développement de toute organisation. Une organisation peut avoir besoin de bâtiments,
d’équipement et d’argent pour son fonctionnement, mais sans le personnel, ces éléments ne servent à rien.
C’est à cause du personnel qu’ils sont nécessaires à l’organisation.
Pouvez-vous imaginer une commune sans le personnel ? Cela paraît impossible, non ?
C’est pourquoi il est reconnu que c’est le personnel, et non les bâtiments ou l’équipement, qui fait une
organisation. Comment faire face aux défis de l’urbanisation rampante, des mouvements migratoires, de
l’insécurité, du changement climatique, de la rareté des ressources, du chômage et du désespoir des jeunes,
de la fuite des cerveaux et des talents, de la fracture numérique et des demandes pressantes des citoyens
et des communautés qui sont de plus en plus conscients de leur réalité et dont les droits et les besoins
sont davantage complexes, si les collectivités locales continuent d’être gérées par l’administration centrale?
Comment permettre au processus de décentralisation d’avancer si les communes continuent de gérer leur
personnel de manière archaïque, faisant fi des normes minimales en matière de gestion des ressources
humaines ? Le capital humain est la ressource la plus critique indispensable à toutes les initiatives de
développement. Cette assertion est vraie pour la mise en œuvre accélérée du processus de décentralisation
au Cameroun.
Mobilisation pour le développement du capital humain des collectivités locales: un facteur clé pour l’atteinte
des objectifs de développement durable.
Les capacités des collectivités locales en ressources humaines sont évaluées simultanément par rapport au
nombre de ressources humaines dont elles disposent. Le principal problème au niveau local est le manque
de ressources humaines disponibles au sein des collectivités locales. Il y aurait manque de personnel en
général et plus particulièrement le personnel hautement qualifié dans certaines professions techniques
essentielles pour la gouvernance locale. Comparativement au gouvernement central et au secteur privé, les
capacités des communes en ressources humaines restent relativement faibles et doivent être renforcées en
quantité et en qualité.
Le Ministre Délégué à la Présidence chargé de la bonne gouvernance au Burundi a déclaré que: «Dans notre
pays, comme ailleurs en Afrique, le principal défi des ressources humaines est lié au manque de qualification du
personnel pour mener à bien la mission assignée aux municipalités.»
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ACTES
Assises Générales de la Commune
L’article 4 (1) de la Loi N° 2004/17 du 22 juillet 2004 sur l’orientation de la décentralisation stipule que les
collectivités territoriales décentralisées sont des personnes morales de droit public. Elles jouissent d’une
autonomie administrative et financière pour la gestion des intérêts régionaux et locaux. À ce titre, leurs
conseils ont pour mission de promouvoir le développement économique, social, sanitaire, éducatif, culturel
et sportif dans leurs domaines de compétence respectifs.
L’article 19, paragraphe 1, de la même loi dispose que les collectivités territoriales décentralisées recrutent
et gèrent librement le personnel nécessaire à l’accomplissement de leurs missions, conformément à la
législation en vigueur.
Le succès d’une organisation dépend dans une large mesure de la qualité de ses employés qui se mesure à
l’aune de leurs performances. Les commues auront besoin de personnes compétentes et d’autres facteurs
pour mener à bien leur mission de développement.
En outre, les emplois à pourvoir dans les services des Communautés urbaines, des Communes
d’arrondissement et des Communes sont organisés suivant les indications générales définies par les
tableaux-type annexés à l’Arrêté N°. 00136/A/MINATD /DCTD du 24 août 2009.
La gestion des ressources humaines est une discipline qui concerne la gestion des personnes au travail.
Elle a pour rôle de déterminer le meilleur moyen d’encadrer les employés d’une organisation pour qu’ils
soient mieux en mesure d’atteindre leurs objectifs. Il s’agit du processus de planification, d’organisation, de
recrutement, de renforcement des capacités, de délégation et d’évaluation des ressources humaines en vue
de l’atteinte des objectifs fixés.
Le recrutement est le processus permettant d’obtenir un nombre suffisant de candidats les plus qualifiés
afin de sélectionner les meilleurs. Ce processus devrait suivre les étapes prévues par le Code du travail. Une
pratique transparente et responsable pour nos communes exigerait que le besoin (poste vacant) soit identifié
et que le profil du personnel requis soit établi et publié avant l’entretien de l’embauche, conformément à la
réglementation en vigueur.
Les profils sont déjà définis par l’Arrêté N° 00136/A/MINATD/DCTD du 24 août 2009 susvisé. Cependant,
dans nos communes, le processus de recrutement est à peine respecté, chaque Maire ou Délégué
de Gouvernement successif recrutant le personnel sans définir clairement les besoins ni les profils
correspondants. Ce recrutement se fait souvent sous le fallacieux prétexte d’Employés Temporaires,
dont certains travaillent plusieurs années sans contrat et occupent parfois des postes de responsabilité
importants et sensibles. Par conséquent, les communes se retrouvent avec une main-d’œuvre abondante,
des contraintes sur la masse salariale et tous les autres maux liés à la mauvaise gestion des ressources
humaines. C’est sans doute la raison pour laquelle le ministre de la Décentralisation a récemment, par la
Circulaire No. 000398/L/MINDDEVE / NG /DAJ du 22 janvier 2019, appelé les Maires et les Délégués du
Gouvernement à mettre de l’ordre.
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ATELIER N° 4
Le déploiement du personnel doit être conforme à l’aspect poste-profil. Le personnel appelé à occuper un
poste spécifique doit avoir le profil (qualifications, expérience) correspondant à la description de la tâche
à accomplir par ce personnel. Plusieurs études réalisées par les stagiaires du Centre de Formation pour
l’Administration Municipale (CEFAM) ont révélé que le déploiement médiocre et discrétionnaire du personnel
était une des raisons du faible rendement et de la démotivation sur le lieu de travail. Dans une étude de
suivi post-formation réalisée par le CEFAM, un nombre important d’ex-stagiaires (42,3%) a déclaré qu’ils
ne travaillent pas du tout dans leur domaine de formation; 23,7% ne travaillent que partiellement dans ledit
domaine alors que 18,6% travaillent dans leur domaine de formation. Il faudrait également tenir compte du
fait que les nominations du personnel communal aux postes de responsabilité, par le ministère de tutelle,
éloignent souvent l’employé de sa municipalité d’origine qui l’a soutenu financièrement. Dans de telles
circonstances, comment les communes peuvent-elles récupérer les investissements financiers réalisés
dans le personnel et le temps perdu en matière de formation (lorsqu’il s’agit d’un stagiaire du CEFAM)?
En outre, plusieurs études diagnostiques sur les institutions communales réalisées lors de l’élaboration de
plans de développement communal et de renforcement des capacités communales révèlent que certains
services sont en sous-effectifs tandis que d’autres abondent de personnel oisif.
Il est généralement admis que la formation est essentielle au rendement du personnel. Elle améliore
également l’estime de soi du personnel. Alors que le personnel est censé être recruté sur la base de ses
qualifications, c’est l’expérience professionnelle et le recyclage régulier qui le rendent plus apte au travail. De
nombreux employés communaux n’ont malheureusement jamais eu l’occasion de se perfectionner à travers
des formations de courte durée. La question est également de savoir s’il existe une incitation suffisante à
la formation, compte tenu du fait que cette formation n’est presque pas suivie d’une promotion ou d’une
valorisation du salaire, comme le révèle l’étude du CEFAM: En termes de rapport recyclage- promotion, 26,3%
des ex-stagiaires ont suivi une formation de recyclage et ont été promus au même moment, 19,3% n’ont eu
aucune des deux, 8,8% ont été promus mais sans valorisation du salaire, 22,8% ont suivi un recyclage mais
n’ont pas été promus (Etude CEFAM Tracer, 2011).
Le rendement du personnel dépend de plusieurs facteurs, notamment le cadre du travail, les incitations,
les capacités, etc. Pour évaluer le rendement du personnel, il faut fixer des objectifs de rendement, évaluer
régulièrement le taux de réalisation et en informer le personnel. Dans les communes, la planification des
travaux devrait être coordonnée par le Secrétaire Général et le Trésorier Municipal, chacun agissant dans
son domaine de compétence. Dans de nombreuses communes, il n’existe aucune preuve écrite de cette
pratique et presqu’aucune coordination entre le Trésorier et le Secrétaire Général en matière de gestion
du personnel. Il est clair que lorsque la planification n’est pas documentée, il est difficile de suivre les
performances et l’évaluation objective devient donc problématique. L’absence de manuels de procédures
aggrave cette situation.
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ACTES
Assises Générales de la Commune
On estime que sur les 12 000 employés municipaux du pays, seuls 30% environ ont la formation requise
pour correspondre aux profils des tableaux-types des emplois communaux. Il existe donc un déficit énorme
de compétences pour faire face aux défis croissants de la décentralisation. Avec les élections prévues des
conseillers régionaux, ce besoin s’avère davantage critique.
Bien que les besoins en formation du personnel soient identifiés par le biais des évaluations des besoins
en formation, les domaines couramment cités sont les suivants: gestion des ressources humaines,
compétences en applications informatiques (EXCEL, traitement de texte, logiciel de comptabilité), gestion
des archives, gestion des déchets, gestion du cycle de projet, gestion financière et comptabilité, processus
d’attribution des contrats, supervision des travaux, contexte juridique, urbanisme et gestion urbaine, gestion
des compétences et des ressources transférées.
Bien que le rendement du personnel dépende fortement des qualifications et de l’expérience, il est également
admis que le cadre de travail contribue de manière significative aux performances du personnel. L’existence
d’un cadre de travail et d’outils appropriés - bureaux, papeterie, mobilier, ordinateurs, véhicules, vélos, etc.,
d’un environnement propice et harmonieux ; d’une culture institutionnelle favorable, par exemple : séminaires
d’imprégnation, réunions de services et de directions régulières, communication fluide et ouverte, leadership
inclusif – tout ceci concoure à l’amélioration des performances du personnel.
Tout ce qui précède doit être renforcé avec le respect et la mise en œuvre de la promotion et d’autres
mécanismes d’incitation, par exemple: la mise en application du décret présidentiel de 2014 portant
augmentation des salaires de 5%.
Il va sans dire que le paiement régulier des salaires et des indemnités éventuellement dues est essentiel pour
le rendement du personnel.
En interne, dans les communes, l’absence de manuels de procédures entraîne l’improvisation, la négligence,
l’évaluation et la promotion irrégulières et arbitraires du personnel et favorise d’autres abus.
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ATELIER N° 4
Bien qu’il soit reconnu que certaines universités offrent des qualifications académiques en décentralisation
et que, occasionnellement, d’autres programmes et partenaires au développement en proposent des
formations de courte durée, le CEFAM a pour mission officielle de fournir une formation professionnelle au
personnel communal, aux élus et aux autorités publiques de tutelle. Alors que le terrain est progressivement
envahi par des acteurs en quête de positionnement, il est nécessaire de souligner cette mission du CEFAM
et de lui donner les moyens de garantir la qualité des formations fournies aux communes.
V. Recommandations
Les recommandations suivantes peuvent être formulées au vu de ce qui précède :
ÔÔ Achever la réforme du CEFAM afin de renforcer son autonomie et d’augmenter son financement pour
qu’il puisse, entre autres, introduire la formation à distance en faveur du personnel des communes à
l’aide des TIC.
ÔÔ Mettre l’accent sur la formation dans les communes au moyen d’instruments réglementaires
ÔÔ Augmenter le financement pour la formation de tous les acteurs du processus de décentralisation
ÔÔ Investir dans la formation régulière des formateurs
ÔÔ Reconnaître et récompenser le mérite des Délégués du Gouvernement et des Maires qui œuvrent
activement pour le perfectionnement de leur personnel par le biais de formations transparentes et
régulières
Références
Circulaire NO. 000398/ L/MINDDEVEL/ NG / DAJ du 22 Enko, Wawoh Mary ( 2018) Factors Affecting Personnel
janvier 2019, situation professionnelle des travailleurs Performance in Kumba City Council, Dissertation
temporaires et des communautés urbaines presented and defended in partial fulfilment of the
requirements for the award of a General Administration
Décret n ° 93/577 / PM du 15 juillet 1993, fixant les Diploma
conditions d’emploi des travailleurs temporaires,
occasionnels ou saisonniers Phininyare, Molefe B: Human Resource Management and
Decentralisation in Botswana and South Africa,(2009)
Arrêté N°. 00136 / A / MINATD / DCTD du 24 août 2009 [Link]
portant application des tableaux-types des employés Human_resource_management_and_decentralization_in_
communaux Botswana_and_South_AfricaConsulted on the 29th January
2019
Loi n ° 92/007 du 14 août 1992 sur le Code du travail du
Cameroun KFW&FEICOM (2018): Inédit. Projets de plans de
renforcement de capacités des communes de Bafang,
CEFAM &GIZ (2011) Report on the Tracer Study for the
Bangangté, Mbalmayo et Tiko
CEFAM Graduates of 2009
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ACTES
Assises Générales de la Commune
Introduction
Depuis une dizaine d’années, les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) sont au centre de nombreuses
réformes qui tendent à modifier profondément leur physionomie. L’année 2004 a marqué en effet une étape
décisive dans cette évolution, avec le transfert des nouvelles compétences à ces entités. Cette option s’est
accompagnée de transfert de ressources qui en est la contrepartie. Le financement des CTD constitue donc
la clé de voûte du processus de décentralisation.
Dans le cadre du présent exposé, il s’agira dans un premier temps de faire un tour d’horizon des généralités
sur les sources de financement et le mécanisme de redistribution des ressources financières des CTD.
Ce développement permettra de comprendre que la question de financement du développement local est
une problématique essentielle qui comporte des enjeux certains et de contraintes réelles. Cette approche
permettra également d’éclairer les préconisations utiles envisageables, en vue d’améliorer le système
camerounais de financement et de redistribution des ressources aux CTD.
Pour l’essentiel, la mobilisation et la mise à disposition des ressources des CTD sont encadrées par :
ÔÔ La Loi fondamentale de la République du Cameroun qui pose les principes de solidarité et de développement
harmonieux de l’ensemble des CTD ;
ÔÔ La Loi N°2004/017 du 22 juillet 2004 d’Orientation de la Décentralisation ;
ÔÔ La Loi N°2009/011 du 10 juillet 2009 portant Régime Financier des CTD ;
ÔÔ Le Code Général des Impôts ;
ÔÔ La Loi 2009/019 du 15 décembre 2009 Portant Fiscalité Locale (LPFL) ;
ÔÔ Le décret N° 2009/248 du 05 aout 2009 fixant les modalités d’évaluation et de répartition de la Dotation
Générale de Décentralisation ;
ÔÔ Le décret n°2011/1731/PM du 18 juillet 2011 fixant les modalités de centralisation, de répartition et de
reversement du produit des ICSP, modifié et complété par celui N°2018/3633/PM du 09 mai 2018 ;
ÔÔ Les circulaires (du MINFI, du DGI et du DGD) précisant les modalités d’application des dispositions des lois de
finances ;
ÔÔ La Circulaire Conjointe n°2935/MINATD/MINFI du 20 octobre 2010 précisant les modalités d’application de la
LPFL ;
ÔÔ L’Instruction n°18/001/MINFI/SG/DGTCFM/CLC du 08 janvier 2018 portant nomenclature des comptes du
trésor de l’exercice 2018.
ÔÔ L’Instruction n°13/0017/I/MINFI/SG/DGTCFM/CLC du 28 mai 2013 définissant les modalités de répartition et
de comptabilisation du produit du timbre sur la publicité (DTP) ;
ÔÔ L’Instruction n°2011/002/I/MINFI/SG/DGTCFM/CLC du 28 février 2011 portant création des comptes et
institution de la procédure comptabilisation des impôts communaux perçus centralisation, de répartition et de
reversement du produit des ICSP ;
ÔÔ L’Instruction n°060/MINFI/SG/DGTCFM/DT/DER du 08 avril 2010 portant procédure de comptabilisation des
vignettes automobiles (DTA).
L’article 22 de la Loi de 2004 d’Orientation de la Décentralisation dispose que : « les ressources nécessaires
à l’exercice par les collectivités territoriales décentralisées de leurs compétences leur sont dévolues soit par le
transfert de fiscalité, soit dotation, soit par les deux à la fois ».
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ATELIER N° 4
Ainsi, les recettes des CTD proviennent de deux principales sources : la fiscalité et les dotations.
1- Le transfert de la fiscalité
Le régime juridique de la fiscalité locale au Cameroun est déterminé par la loi n°2009/019 du 15 décembre
2009 Portant Fiscalité Locale. Il est important de relever que la fiscalité locale représente l’essentiel de
ressources des collectivités. Elle se subdivise en trois groupes : les impôts communaux, les taxes
communales et les impôts et taxes des régions.
Les impôts communaux sont les ressources d’origine fiscale émises et recouvrées au profit des CTD par
les services fiscaux de l’Etat. Les impôts communaux affectés aux CTD sont constitués : Des contributions
des patentes ; Des droits de licences; De la taxe foncière sur la propriété immobilière. Des droits de
mutations immobilières (bail); Des droits de mutations immobilières (propriété) ; Des centimes additionnels
communaux (CAC); De la taxe de stationnement ; De la Redevance Forestière Annuelle (RFA) ; De la Taxe de
Développement local (TDL) ; Des Droits de Timbre Automobiles (DTA) ; Du Droit de Timbre sur la Publicité
(DTP)
Les clés de répartition de ces recettes en partage, sont fixées par les textes législatifs et règlementaires.
Les taxes communales sont des ressources issues généralement des services communaux et qui, bien
qu’encadrées par la Loi fiscale, sont directement levées par les CTD elles-mêmes. Elles regroupent : la taxe
de développement local, la taxe d’abattage du bétail, la taxe sur les armes à feu, la taxe d’hygiène et de
salubrité, les droits de place sur les marchés, les droits sur le permis de bâtir ou d’implanter, les droits
d’occupation temporaire de la voie publique, la taxe de stationnement, les droits d’occupation des parcs de
stationnement, les tickets de quai, la taxe sur les spectacles, les droits de stade, le droit de timbre communal,
la redevance pour la dégradation de la chaussée, la taxe communale de transit ou de transhumance, la taxe
sur le transport des produits de carrières, les droits d’occupation des parkings, la taxe sur les produits de
récupération.
Ce sont les impôts et taxes affectés aux régions. Il s’agit des produits des impôts et taxes suivants : les
droits de timbre sur les cartes grises ; le droit de timbre d’aéroport ; la taxe à l’essieu ; les redevances sur les
ressources de la forêt, de la faune et de la pêche ; les redevances sur les ressources en eau ; les redevances
sur les ressources pétrolières ; les taxes ou redevances sur les ressources minières ; la redevance sur les
ressources halieutiques et d’élevage ; les taxes et/ou redevances sur les ressources énergétiques ; les taxes
et/ou redevances sur les ressources touristiques ; les taxes et/ou redevances aérospatiales ; les taxes et/ ou
redevances sur les ressources du secteur gazier ; la redevance d’usage de la route ; les droits d’exploitation
des établissements classés dangereux, insalubres ou incommodes ; tout autre impôt, droit ou redevance
affecté par l’Etat.
2- Les dotations
Depuis l’effectivité de transfert de compétences aux communes et aux communautés urbaines en 2010, ces
dernières reçoivent de l’Etat deux types de dotations : la Dotation Générale de la Décentralisation (DGD) et
les crédits transférés.
La DGD a été instituée par la loi n°2004/017 du 22 juillet 2004 d’Orientation de la Décentralisation. Son
article 33 alinéa 1indique qu’elle est destinée « au financement partiel de la décentralisation » ; tandis que
l’alinéa 2 précise que : « la Loi de finances fixe chaque année sur proposition du Gouvernement, la fraction de
recettes de l’Etat affectée à la dotation générale de décentralisation ».
Ce dispositif légal est complété par le décret n° 2009/248 du 5 août 2009 fixant les modalités d’évaluation et
de répartition de Dotation Générale d’Investissement. Il convient de préciser en effet que la DGD est repartie
en deux groupes : la Dotation Générale de Fonctionnement(DGF) et la Dotation Générale d’Investissement
(DGI).
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ACTES
Assises Générales de la Commune
C’est pourquoi, depuis 2010 jusqu’à ce jour un décret du Premier Ministre est publié à cet effet. L’opérationnalité
de ces décrets est accompagnée pour chaque exercice par les arrêtés-conjoints MINATD-MINFI pour la DGF
et MINATD-MINEPAT pour la DGI portant affectation et mise à disposition des différentes quotes-parts de
la DGD.
b) Les ressources issues des crédits transférés (ou des transferts budgétaires)
Outre la DGD, certains départements ministériels opèrent annuellement au profit des CTD des transferts
des crédits correspondants aux compétences transférées. L’article 25 alinéa 1 de la Loi d’Orientation de
la Décentralisation dispose que : « les charges résultant pour chaque Région ou Commune, des transferts
de compétences, font l’objet d’une attribution par l’Etat de ressources d’un montant au moins équivalent
auxdites charges ». C’est dire que ces ressources ne sauraient être inférieures aux charges liées à la
compétence transférée. L’alinéa 2 du même article précise qu’elles doivent être « au moins équivalentes aux
dépenses effectuées par l’Etat, pendant l’exercice budgétaire précédent immédiatement la date du transfert de
compétences ». Ces ressources sont appelées crédits transférés ou crédits budgétaires.
ÔÔ Les transferts des administrations sectorielles aux CTD. Ces dotations sont destinées à la mise en œuvre des
stratégies sectorielles des administrations dont les compétences sont transférées aux CTD ;
ÔÔ Les transferts de l’Etat au profit des CTD inscrits dans le BIP du MINDDEVEL. Cette dotation sera allouée
à toutes les 360 communes du Cameroun, contrairement aux dotations sectorielles qui sont le reflet de la
mise en œuvre de leur stratégie. Elle servira à la réalisation des projets multisectoriels issus de leurs plans
communaux de développement.
ÔÔ Cette option est une nouvelle forme de répartition et d’exécution de la dotation générale à l’investissement, en
la renforçant.
ÔÔ Des produits de l’exploitation du domaine et des services communaux (loyers des immeubles communaux,
produits des services affermés ou concédés), ;
ÔÔ Des emprunts, dons et legs ;
ÔÔ Des subventions ;
ÔÔ Des ressources issues des activités génératrices de revenus.
Pour la mise à disposition des ressources financières aux CTD, notamment celles issues du transfert
de la fiscalité, la Loi Portant Fiscalité Locale susvisée fait une distinction entre les ressources dites
d’intercommunalité et les ressources dites de péréquation.
Les recettes d’intercommunalité sont celles d’origine fiscale, centralisées au FEICOM pour l’activité des
concours financiers accordés aux CTD, dans le strict respect des principes constitutionnels de développement
harmonieux et de l’équilibre entre ces entités. Les textes consacrent deux tiers (2/3) de ces recettes au
financement des investissements communaux et un tiers (1/3) au fonctionnement de l’organisme.
Les recettes de péréquation sont des ressources d’origine fiscale, centralisées au FEICOM pour redistribution
directe aux CTD à l’échéance trimestrielle, sur la base de l’unique critère démographique. Par ailleurs, les textes,
pour atténuer les disparités entre les CTD, ont prévu une retenue minimale de 20% repartie équitablement à
toutes les CTD, avant application du critère de la population sur le reste de l’enveloppe des ICSP.
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ATELIER N° 4
Le texte de base qui encadre cette activité est le décret n° 2011/1731/PM du 18 juillet 2011 fixant les
modalités de centralisation, de répartition et de reversement du produit des impôts communaux soumis à
péréquation, modifié et complété par le décret n° 2018/3633/PM du 09 mai 2018.
L’article 55 alinéa 4 de la constitution prévoit que « l’Etat veille au développement de toutes les collectivités
territoriales décentralisées sur la base de la solidarité nationale, des potentialités régionales et de l’équilibre
interrégional ».
Comme dans la plupart des pays, le Cameroun s’appuie sur la péréquation pour mettre en œuvre ces
valeurs constitutionnelles, afin de faire régner un climat de justice sociale entre toutes ses composantes.
Un aménagement spécial en faveur des communes frontalières et/ou sinistrées a été fait par le décret sus
évoqué.
D- Quelques chiffres sur les ressources des CTD centralisées et redistribuées par le FEICOM
1) Les ressources issues de la fiscalité transférées
Tableau 1 : Evolution des CAC et autres ICSP reversés aux CTD depuis 2008
Année CAC + ICSP Retenue de base Total
2008 20 501 599 569 3 548 482 668 24 050 082 237
2009 22 697 354 194 3 263 719 069 25 961 073 263
2010 40 136 499 006 5 871 239 069 46 007 738 945
2011 56 147 590 915 8 096 867 033 64 244 457 948
2012 45 981 690 283 7 255 307 964 53 236 998 247
2013 52 568 487 526 9 204 551 880 61 773 039 406
2014 66 632 036 645 8 245 658 982 74 877 695 627
2015 75 155 756 269 9 144 575 104 84 300 331373
2016 68 591 786 381 7 716 445 258 76 308 231 639
Tableau 2 : Evolution du nombre d’ accords de financement délivrés par le CCFF et le DG de 2006 à 2018
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ACTES
Assises Générales de la Commune
Pour la période allant de 2008 à 2018, le FEICOM a centralisé et redistribué aux CTD la somme 680 658 082
122 FCFA. Dans le cadre de son activité de financement des investissements communaux, cet organisme
a apporté les concours financiers aux CTD pour un montant de 232 919 893 266 FCFA de 2006 à 2018,
pour la réalisation de 3277 projets communaux. Ces chiffres visiblement faramineux, sont loin de couvrir les
besoins sans cesse croissants des CTD.
A l’analyse des données disponibles, on remarque que pour la période de 2010 à 2016, la Dotation Générale
d’Investissement représente moins de 1% du Budget Général d’Investissement Public. Il en est de même
de la Dotation Générale de Fonctionnement ramenée au Budget Général de Fonctionnement. En pratique,
l’affectation et le paiement de la DGF ne se font pas concomitamment avec les modalités de répartition.
A - Concernant les ressources issues du transfert de la fiscalité, les principales contraintes sont les
suivantes :
ÔÔ L’insuffisance des ressources issues de la fiscalité transférée au regard des nouvelles compétences des CTD,
en dépit de nombreux efforts déployés par le pouvoir central pour renforcer l’autonomie financière de ces
entités ;
ÔÔ Le faible rendement des impôts transférés aux CTD. La LPFL du 15 décembre 2009 a élargi le champ des
impôts communaux soumis à péréquation ; mais force est de constater que les CAC représentent environ 84%
des ICSP redistribués aux CTD, suivis du produit de de droit de timbre automobile (8%), du RFA (4%), de la TDL
(3%) et du DTP (0,01%). Ce constat amène à s’interroger sur le choix des impôts transférés aux CTD. Cette
question est d’autant plus importante au moment où l’opérationnalisation des Régions est annoncée ;
ÔÔ D’énormes déperditions des recettes observées dans le circuit de la mobilisation des ressources des CTD pour
des raisons diverses (erreurs d’affectation, mauvaise comptabilisation, dysfonctionnements informatiques,
notamment).
ÔÔ En effet, une étude réalisée par le FEICOM a permis de relever que les ressources mobilisées pour le compte
des CTD représentent moins de 40 % du potentiel des recettes générées par l’assiette ;
ÔÔ La très faible implication des acteurs locaux lors des aménagements des textes législatifs et règlementaires
impactant leurs ressources. L’exemple type est la mesure visant le cantonnement du produit du Droit de Timbre
Automobile à 07 milliards de FCFA. Cette mesure est non seulement à rebours de l’objectif de renforcement
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ATELIER N° 4
des ressources des CTD, mais également est inappropriée étant donné qu’avant la réforme des modalités du
recouvrement de la vignette automobile, les ressources affectées aux CTD se situaient à plus de 8,5 milliards
de FCFA ;
ÔÔ Le retard dans la mise à disposition des ressources aux CTD, du fait du fonctionnement non rationnel du compte
unique du trésor. Pourtant, il est constamment recommandé lors des différentes assises du CND de veiller à la
mise à disposition effective et diligente des ressources allouées aux communes et aux communautés urbaines.
Il convient de rappeler utilement que la LPFL en son article127 (2) prescrit le reversement des ressources
des CTD dans un délai de 72 heures. Une mission d’assistance technique du FMI réalisée au Cameroun en
décembre 2017, avait prescrit la mise en place d’une gestion active de trésorerie et l’aménagement de certaines
procédures et outils pour gérer les cas particuliers et les besoins. C’est certainement dans cette logique que
relativement au problème constant du retard dans la mise à disposition des ressources des CTD, le MINFI
a récemment requis l’ouverture d’un compte séquestre à la BEAC, pour loger les virements mensuels de 05
milliards de FCFA au profit des CTD. Il est vivement souhaité que cette mesure prenne effectivement corps ;
ÔÔ Le système camerounais de péréquation demeure perfectible. Ce constat avait été fait lors des assises du
Conseil National de la Décentralisation tenues en novembre 2017. Il avait été recommandé en son temps de
formuler des propositions intégrant de nouveaux critères de répartition du produit des ICSP sur la base des
simulations de leur incidence sur les communes les plus démunies ;
ÔÔ La faible mobilisation des taxes communales par les CTD. Cette situation s’explique entre autres par la faible
capacité technique des services fiscaux des CTD à asseoir et à recouvrer lesdites taxes communales et par la
faible sécurisation de ces recettes dans le circuit de collecte ;
ÔÔ Le problème de lisibilité des ressources des CTD comptabilisées dans le compte 421 logé au trésor. C’est un
problème récurrent, constamment posé mais resté jusqu’ici sans solution ;
ÔÔ La faible collaboration entre les services fiscaux de l’Etat et ceux des CTD. Cette insuffisance impacte
négativement à la fois la mobilisation des impôts communaux et les taxes communales.
B - Concernant les ressources issues des dotations, les principales difficultés sont les suivantes :
ÔÔ La DGD est fixée par l’Etat de manière unilatérale, sans aucune adéquation avec les besoins réels des CTD.
En effet, la DGD est déterminée chaque année sur une base forfaitaire, en fonction du volume de l’enveloppe
globale disponible ;
ÔÔ Les critères de répartition et d’affectation de la Dotation Générale de Fonctionnement (DGF) et de la Dotation
Générale d’Investissement (DGI) ne sont pas connus ;
ÔÔ La DGD est insuffisante pour favoriser le développement des communes. Pourtant, les circulaires présidentielles
relatives à la préparation des budgets de l’Etat, précisent clairement depuis 2010, au niveau de l’évaluation des
dépenses d’investissement public qu’au titre des transferts aux communes, les opérations inscrites dans le
journal de projet du BIP devront refléter à suffisance les aspirations des populations à la base, contenues dans
les Plans Communaux de Développement ;
ÔÔ On observe une longue durée entre les décrets de répartition, les arrêtés conjoints d’affectation et le moment
de leur paiement ;
ÔÔ Une faible prévisibilité de ces ressources par les CTD au moment de l’élaboration de leurs budgets ;
ÔÔ La longueur et la complexité de la procédure de gestion de fonds relatifs aux crédits transférés en direction
des CTD.
C - Concernant les autres ressources, les contraintes les plus importantes sont les suivantes :
ÔÔ Une faible capacité opérationnelle des CTD à développer les ressources propres, à travers la valorisation de
leurs potentialités et à développer des projets générateurs des revenus techniquement et économiquement
viables ;
ÔÔ Une faible culture de coopération décentralisée des CTD ;
ÔÔ Une faible capacité à saisir les opportunités offertes par les financements innovants du développement
durable.
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ACTES
Assises Générales de la Commune
ÔÔ Renforcer la fiscalité locale par l’affectation aux CTD des impôts plus dynamiques et à fort rendement;
ÔÔ Procéder à l’évaluation de l’impact de la LPFL du 15 décembre 2009 sur les ressources des CTD ;
ÔÔ Améliorer le système actuel de péréquation, par l’introduction des nouveaux critères susceptibles de réduire
les inégalités entre les CTD ;
ÔÔ Faire aboutir le projet d’interfaçage des applications de gestion des impôts et comptable en instance au
niveau du MINFI. La plupart des problèmes opérationnels (erreurs d’affectations des recettes, mauvaise
comptabilisation et dysfonctionnements informatiques), sources des déperditions des recettes, trouveraient
des solutions avec l’aboutissement du projet d’interfaçage ;
ÔÔ Mettre sur pied, au niveau national, un dispositif efficace de suivi évaluation des ressources des CTD ;
ÔÔ Améliorer la collaboration entre les services fiscaux de l’Etat et ceux des CTD, à travers la mise sur pied d’un
manuel de collaboration définissant les prérogatives et les obligations de chaque partie ;
ÔÔ Impliquer les acteurs locaux dans toutes les réformes ayant un impact sur les ressources des CTD ;
ÔÔ Résoudre le problème de lisibilité des recettes imputées dans le compte 421 « service financier » des CTD;
ÔÔ Suivre étroitement la mise en œuvre de la nouvelle mesure visant la rationalisation du fonctionnement du
compte unique de trésor en faveur des CTD.
ÔÔ Définir des critères clairs d’affectation de la DGD (volet fonctionnement et volet investissement) ;
ÔÔ Simplifier le mécanisme de gestion des fonds relatifs aux crédits transférés en direction des CTD ;
ÔÔ Augmenter l’enveloppe des dotations budgétaires en direction des CTD.
ÔÔ Engager une réflexion collective sur les conditions de pérennisation et de diversification des ressources des
CTD;
ÔÔ Encourager les CTD à développer la coopération financière internationale pour les aider à capter d’autres
sources de financements, notamment les financements innovants (Fonds Vert Climat, prêts non souverains
de l’AFD, Finances Islamiques, etc.) ;
ÔÔ Encourager les CTD à aller sur le marché financier des obligations municipales. Il est à relever que l’emprunt
par le marché obligatoire a été identifié comme un moyen innovant de financement à meilleur marché des
infrastructures. C’est donc un puissant levier de développement des collectivités locales ;
ÔÔ Renforcer le dialogue Etat / collectivités locales, pour parvenir à une responsabilisation et une autonomisation
complètes des collectivités locales ;
ÔÔ Les collectivités locales doivent, avec l’appui des pouvoirs publics, faire des efforts pour présenter les conditions
favorables d’accès au marché financier et à certains financements innovants, notamment par l’amélioration de
la gouvernance financière, budgétaire et comptable.
Conclusion
En somme, il est à observer que l’Etat a transféré d’importantes ressources financières aux CTD. D’année
en année en effet, ces ressources, prises globalement sont évolutives. Mais au regard des missions
de plus en plus accrues des CTD, les ressources financières affectées aux collectivités locales sont
manifestement insuffisantes. Les contraintes de tous ordres qui mettent à mal la mobilisation et la mise
à disposition des ressources des CTD, traduisent les marges de progression encore énormes, aussi bien
pour relever le rendement des ressources actuelles, que pour engager les CTD à plus d’efforts, en vue de
développer les ressources propres et capter les opportunités offertes par les financements innovants et
alternatifs. Le renforcement de l’autonomie financière des CTD, de l’avis des experts, est le moyen le plus
efficace pour parvenir à une véritable décentralisation et au développement local qui en est la finalité. Avec
l’opérationnalisation annoncée des Régions, un autre défi autrement plus important est à relever dans le
cadre du financement de la décentralisation.
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ATELIER N° 4
Introduction
La gestion budgétaire et comptable des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) est encadrée au
Cameroun par une série de lois et règlements dont :
ÔÔ La loi 2009/11 du 10 juillet 2009 portant Régime financier des collectivités territoriales décentralisées;
ÔÔ La loi 2009/019 du 15 décembre 2009 portant Fiscalité locale ;
ÔÔ Le décret 2013/160 du 15 mai 2013 portant Règlement général de la comptabilité publique;
ÔÔ L’arrêté 00000083/MINFI du 21 mars 2013 portant Création, organisation et fonctionnement des postes
comptables des collectivités territoriales décentralisées ;
ÔÔ L’instruction 00214/MINFI du 17 septembre 2010 sur la Reddition des comptes de gestion des collectivités
territoriales décentralisées ;
ÔÔ L’instruction conjointe 0000079/IC/MINATD/MINFI du 10 janvier 2012 relative à la tenue de la comptabilité
des collectivités territoriales décentralisées ;
ÔÔ Les circulaires annuelles portant instructions relatives à l’exécution, au suivi et au contrôle du budget de l’Etat,
des Etablissements Publics Administratifs, des collectivités territoriales décentralisées et autres organismes
subventionnés.
Ressources financières : Les ressources financières peuvent se définir comme l’ensemble de financements
dont dispose une collectivité territoriale pour ses missions et ses activités. Les ressources des CTD sont de
trois types :
Parler de gestion des ressources d’une collectivité territoriale décentralisée sous-entend quelques préalables
à savoir :
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ACTES
Assises Générales de la Commune
L’ordonnateur Le comptable
A- En matière de recettes
a) L’ordonnateur
Schéma 2
L’ordonnateur
Emission
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ATELIER N° 4
b) Le comptable
Schéma 3
Le comptable
Recouvrement
Schéma 4
Conseil municipal/communautaire
(vote le budget, évalue le budget en cours
d’année, vote les délibérations à caractère FEICOM
financier en cours d’année (autorisation (centralisation des recettes à répartir)
spéciale), vote le compte administratif et
le compte de gestion)
DGTCFM: RF+TG+PGT
Tutelle
(approuve le budget et les
Les autres (comptabilisation,
délibérations à caractère
acteurs reversement)
financier)
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ACTES
Assises Générales de la Commune
B – En matière de dépenses
a) L’ordonnateur
Schéma 5
L’ordonnateur du budget d’une collectivité territoriale ne peut exécuter une dépense qu’après s’être rassuré
de ce que :
b) Le comptable
Schéma 6
Liquidation
Agit en qualité de
Payeur Caissier
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ATELIER N° 4
En sa qualité de caissier :
2) Il procède au règlement effectif au profit des tiers créanciers dûment identifiés, après les contrôles ci-
après :
3) Il procède au règlement effectif au profit des tiers créanciers dûment identifiés, après les contrôles de
vérification des droits et qualités de parties prenantes et de leur acquit.
Les autres
DGB (Contrôleur financier), visa de régularité
acteurs
DGB : le comptable-matières
- Est responsable des la régularité des écritures de prise en charge
- Assure la garde et la conservation du mobilier et du matériel de comptabilité
- Procède à la certification de la dépense
a) L’ordonnateur
ÔÔ Le compte administratif est adopté par l’organe délibérant au plus tard le 31 mars de l’année suivant l’exercice
budgétaire auquel il se rattache. Il est approuvé au plus tard le 30 avril. Le compte administratif adopté par
l’organe délibérant est accompagné des pièces annexes suivantes :
ÔÔ Le procès-verbal de séance ;
ÔÔ La délibération portant vote du compte administratif ;
ÔÔ L’état des restes à recouvrer ;
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ACTES
Assises Générales de la Commune
b) Le comptable
Tient la comptabilité du poste dont il a la charge. Il s’agit ici d’une technique d’observation, d’analyse,
d’enregistrement, de classement, de traitement des informations financières et de présentation des états
financiers qui reflètent l’image fidèle du patrimoine, la situation financière et le résultat de la gestion de la
Collectivité Territoriale Décentralisée.
Cette tenue de la comptabilité est journalière, décadaire, mensuelle et annuelle. Cette activité de tenue de la
comptabilité par le receveur municipal génère un flux d’informations contenues dans:
ÔÔ Les livres de premières écritures ;
ÔÔ Les arrêtés périodiques ;
ÔÔ Les certificats de recettes et de dépenses ;
ÔÔ Les procès-verbaux de contrôle mensuel ;
ÔÔ Les états de concordances bancaires ;
ÔÔ Les balances mensuelles des comptes ;
ÔÔ Les états d’exécution du budget ;
ÔÔ Le compte de gestion sur chiffres et sur pièces ;
NB :
ÔÔ Le compte administratif et le compte de gestion sont présentés en fin d’exercice au conseil municipal pour
adoption ;
ÔÔ Le compte administratif et le compte de gestion doivent être « concordants » ;
ÔÔ Leur adoption donne lieu à l’établissement d’un certificat de concordance qui fait l’objet d’une délibération;
ÔÔ Ledit certificat de concordance est signé du comptable, de l’ordonnateur et de la tutelle.
La difficulté première rencontrée dans la gestion des ressources financières des collectivités territoriales
décentralisées est le non achèvement du processus de tenue de la comptabilité, matérialisé par la non
production des comptes de gestion par les receveurs municipaux.
En effet, voici comment se présente le dernier rapport 2018 de la chambre des comptes de la Cour Suprême
relativement à la production des comptes de gestion de 2014 à 2016.
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ATELIER N° 4
Production des comptes de gestion des collectivités territoriales décentralisées de 2014 à 2016
Comptes
88 88 88
produits
Comptes
374 374 374
attendus
Comptes
non 286 286 333
produits
Taux de
23,52% 23,52% 10,96%
production
Le rapport révèle que 3832 comptes sont en attente de production pour la période allant de 2004 à 2016.
En effet, la non intégration des recettes municipales dans le réseau Trésor tout comme leur non intégration
dans les organigrammes du MINFI et du MINATD d’alors les laisse sans repères.
Ces difficultés induisent des questionnements sur la réalité de l’activité comptable en matière de jugement
de régularité, la régularité s’entendant comme la conformité aux règles et procédures qui renvoient à :
ÔÔ La réalité qui suppose une comptabilité qui décrit les opérations réelles ;
ÔÔ La justification qui induit une comptabilité appuyée sur les pièces justificatives probantes;
ÔÔ Une présentation et une bonne information qui supposent une comptabilité présentée selon les règles
rigoureuses ;
ÔÔ La sincérité qui induit l’application de bonne foi des règles et procédures comptables ;
ÔÔ La bonne imputation qui emporte enregistrement à la bonne subdivision du plan comptable.
S’il reste constant que les receveurs municipaux soumettent leur compte au vote du conseil municipal, il
reste vrai qu’il ne s’agit ici que du compte sur chiffres. C’est dire qu’ils sont à mi-parcours de leur trajet dont
le point d’arrivée reste la chambre des comptes. Et si on y ajoute qu’entre autres documents et pièces devant
accompagner le compte de gestion se trouve le compte administratif, l’inquiétude persiste.
B) En matière de recettes
Reversement tardif des recettes collectées par les services fiscaux de l’ Etat soit par la BEAC, soit par les
guichets du Trésor.
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ACTES
Assises Générales de la Commune
Schéma 8
Maîtrise approximative du Montant élevé des restes à recouvrer et
potentiel de certaines recettes susceptibles d’admission en non valeur
Délais relativement longs dans le traitement des dépenses ; Rejets multiples ; Difficultés d’implémentation
et d’appropriation du budget programme ; Persistance des restes à payer de montant élevé dans les postes
comptables ; Délais relativement longs dans l’exécution des ordres de virement ; Budgets peu réalistes
(sous consommation) ; Aménager les parcs de stationnement ; Organiser des missions de contrôle mixtes ;
Renforcer la lutte contre la publicité illégale.
D) Suggestions
ÔÔ Améliorer les conditions de travail des postes comptables à travers le compte 670129, dont il faut encadrer
l’amplitude de la provision et revisiter le fonctionnement ;
ÔÔ Fixer par délibération les tarifs journaliers applicables à certaines taxes (location d’engins);
ÔÔ Revisiter le circuit de mobilisation des ressources des CTD (émission recouvrement-reversement);
ÔÔ Organiser régulièrement des ventes aux enchères publiques ;
ÔÔ Aménager et sécuriser les fourrières ;
ÔÔ Renforcer la collaboration entre les services d’assiette et les CTD par la création des groupes de travail et des
concertations périodiques;
ÔÔ Renforcer les capacités des personnels des CTD en matière de budget programme (gestion des AE-CP
planification stratégique et opérationnelle; programmation contrôle et pilotage de l’exécution) ;
ÔÔ Pourvoir les postes vacants dans les postes comptables;
ÔÔ Maîtriser le potentiel fiscal des CTD;
ÔÔ Actualiser les fichiers du contribuable (boutiques, kiosques et étals par marché) ;
ÔÔ Systématiser l’élaboration et le respect des plans de trésorerie, des plans d’engagement mensuels et annuels
pour une gestion optimale des ressources ;
ÔÔ Aménager les équipements marchants ;
ÔÔ Produire une information comptable de qualité à travers la réduction des anomalies;
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ATELIER N° 4
Que retenir ?
Une bonne préparation du budget induit une bonne exécution dudit budget avec à la clé la production d’une
information budgétaire et comptable de bonne qualité gage d’une gouvernance budgétaire et comptable
certaines.
Sur les ressources financières, les débats ont notamment porté sur :
ÔÔ Le dispositif législatif régissant les impôts locaux affectés à la commune est-il satisfaisant ?
ÔÔ L’élargissement optimum de l’assiette fiscale de la commune ?
ÔÔ La sécurisation des recettes fiscales de la commune ?
ÔÔ Le pouvoir fiscale de la commune ;
ÔÔ Le potentiel fiscal de la commune et le rendement de la fiscalité locale ;
ÔÔ Le renforcement des capacités des ressources humaines préposées à la gestion des impôts affectés à
la commune ;
ÔÔ Les outils technologiques des impôts affectés à la commune ;
ÔÔ La rationalisation du mécanisme de péréquation et des recettes d’intercommunalité ;
ÔÔ L’adéquation entre les ressources transférées à la commune et les charges correspondant à l’exercice
des compétences transférées ;
ÔÔ Les financements innovants ;
ÔÔ L’emprunt et prise de participation de la commune ;
ÔÔ Le suivi et l’exploitation des budgets et des comptes de la commune ;
ÔÔ Le contrôle de la délibération à caractère financier de la commune ;
ÔÔ La tutelle en matière budgétaire et comptable de la commune ;
ÔÔ La problématique de la production de la statistique sur la situation financière de la commune ;
ÔÔ L’arrimage à la budgétisation par programme ;
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ACTES
Assises Générales de la Commune
Sur les ressources matérielles et logistiques, les débats ont porté sur :
ÔÔ L’adéquation du patrimoine de la commune aux missions de développement local ;
ÔÔ L’allègement des modalités de mise à disposition à la commune des biens meubles et immeubles dans
le cadre de l’exercice des compétences transférées ;
ÔÔ Le rôle des syndicats de communes dans l’acquisition et la gestion des ressources matérielles et
logistiques.
ÔÔ Le rôle de l’autorité de tutelle dans les mécanismes de mise à disposition des biens à la commune ;
ÔÔ La constitution du parc d’engins.
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ATELIER N° 4
29. Doter les magistrats municipaux d’une plus grande autonomie dans le recrutement du personnel ;
30. Réviser et appliquer les conditions d’accès aux fonctions d’élu local ;
31. Prise en charge, par l’Etat, des dépenses salariales des personnels communaux et procéder à la retenue des
sommes correspondantes à l’occasion du reversement des ICSP ;
32. Apurer les arriérés de paiement des salaires des magistrats municipaux ;
33. Accorder au Maire la compétence de désignation du receveur municipal ;
34. Procéder à la désignation, pour chaque commune, des receveurs municipaux afin d’éviter l’impact négatif du
cumul de responsabilité ;
35. Définir une stratégie de stabilisation du personnel communal ayant bénéficié de formation spécifique ;
36. Mettre en place les commissions internes de passation des marchés et désigner les responsables desdites
commission ;
37. Désigner des responsables, au profil adéquat, en charge de la comptabilité matière.
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ACTES
Assises Générales de la Commune
ATELIER N° 5
Gouvernance locale
Contexte
En application de la réforme constitutionnelle du 18 janvier 1996 qui fait du Cameroun un « l’État unitaire
décentralisé », trois (3) importantes lois posant les règles générales et le principe du transfert des compétences
et des ressources de l’Etat aux Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD), ont été promulguées en 2004.
Pour ce qui est des ressources financières nécessaires à l’exercice desdites compétences, deux (2) lois
organisant l’autonomie financière des collectivités territoriales ont été votées en 2009.
Depuis 2010, plus de 60 compétences (63) et des ressources financières significatives ont été transférées
aux communes et communautés urbaines par 20 départements ministériels.
Bien que le Maire soit généralement le principal interlocuteur du Gouvernement et des Partenaires Techniques
et Financiers (PTF) dans la réalisation des projets de développement découlant des compétences transférées,
la mise en œuvre réussie de ce processus au niveau local est une action collective qui a souvent nécessité
la prise en compte de tous les groupes, la gestion des interactions tant avec les autorités de tutelle, les
Services Déconcentrés de l’Etat (SDE), qu’au sein de l’exécutif, de l’organe délibérant en passant par les
autres acteurs participant à l’amélioration du cadre et des conditions de vie des populations.
La mobilisation de ces acteurs institutionnels et non étatiques, devenue une exigence dans un contexte
d’obligation de rendre compte de la gestion des ressources allouées, de recherche de l’efficacité et de l’équité
dans la délivrance des services de qualité aux populations, découle souvent de décisions prises et mises
en œuvre dans un cadre organisé. Ce cadre participe de la régulation des modes de gestion des affaires
publiques locales dans ce qui est aujourd’hui appelé la Gouvernance locale.
Terme à la mode, la gouvernance locale est éminemment liée à la décentralisation et considérée comme une
des conditions de succès de sa mise en œuvre et à la promotion du développement local. Elle est au cœur
du débat, tant il est vrai que sa qualité préfigure la maîtrise ou non des dispositifs techniques et légaux, la
compréhension des rôles des uns et des autres, l’accès à l’information et les besoins de capacitation des
différents acteurs.
En plus de se faire une idée affinée sur le concept de gouvernance en général et de gouvernance locale en
particulier (à travers ses principes), cet atelier va permettre aux participants d’avoir un échange structuré
sur cette problématique. Un partage sera alors fait sur les enjeux, caractéristiques (constances) et outils
de la gouvernance locale. A partir d’éléments concrets, un accent sera mis sur la pratique camerounaise
de la gouvernance locale avec en toile de fond cette question centrale : Comment promouvoir et renforcer
la participation citoyenne et le principe de redevabilité à l’échelle locale ? Il sera aussi question de voir les
améliorations qui pourraient être apportées à nos textes pour que la gouvernance locale soit un outil au
service du développement local durable. Les participants seront ainsi mis en situation dans des travaux de
groupes pour ainsi formuler les recommandations appropriées.
Il conviendrait aussi de relever avec Olivier de Sardan (2009) qu’il existe à cet effet deux types de définition
de la gouvernance, une définition normative tendant à diffuser la perception que son auteur a du monde, elle
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ATELIER N° 5
est quelque peu idéologique. A côté de ces définitions nombreuses, il existe des définitions non normatives.
Les acceptions que la Banque Mondiale donne de la gouvernance sont assurément du premier groupe.
Le terme gouvernance est polysémique. Il est en effet défini et interprété de manière très diverse et parfois
contradictoire. Jean-Pierre Olivier de Sardan1 relève que la plupart des définitions de la gouvernance restent
trop générales et/ou révèlent des arrière-plans idéologiques. La Gouvernance interpelle à la fois les sciences
économique et politique, tant en terme disciplinaire que sur le plan des champs théoriques investis. Derrière
le concept, il y a également deux philosophies de redistribution du pouvoir dont l’une est anglo-saxonne et
l’autre francophone2.
Historiquement, le terme Gouvernance a été utilisé pour la première fois en 1937 par Ronald Coase, un
économiste américain, dans un article intitulé: “the nature of the firm”. C’est un terme qui vient donc du
monde de l’entreprise. Certains reprochent à ce concept cette origine “suspecte”.
Au même moment le terme de “good governance” a été employé au niveau international par les organismes de
financement, notamment la Banque Mondiale, dès 1989, pour définir les critères d’une bonne administration
publique dans les pays soumis à des programmes d’ajustement structurel. Il porte alors autant sur
l’efficacité de la gestion que sur la transparence pour lutter contre la corruption. Pour cette institution
financière internationale, le concept de gouvernance fait appel à la transparence et à la bonne gestion des
deniers publics ou mis à la disposition des Etats. Il s’agit donc d’une approche essentiellement financière et
comptable qui réduit la gouvernance à une dimension technique et une recherche de l’efficacité3. Le concept
a ré-émergé en Angleterre dans les mêmes années 1980 dans le contexte de la gestion des collectivités
locales.
C’est dans ce sens qu’il convient de situer l’approche française du concept qui rattache la bonne
gouvernance à la décentralisation. Elle vise à réorganiser les relations entre le centre et les périphéries et
offre une nouvelle géographie de la répartition des pouvoirs, une architecture renouvelée des attributions
dévolues aux pouvoirs centraux et locaux en particulier par la redistribution des compétences financières. La
gouvernance française est donc d’abord politique, l’américaine davantage économique. Malgré cela, il existe
une dynamique commune à l’usage de ce concept qui est très relatif, propre aux spécificités de chaque pays
et organisation.
Dans tous les cas, il est constant de relever que malgré la polysémie du terme, les écoles et les courants de
pensée, la notion opérationnelle de la gouvernance, selon Cartier BRESSON, peut être scindée en trois (03)
catégories :
ÔÔ Le processus sur lequel les acteurs publics sont sélectionnés, contrôlés et remplacés ;
ÔÔ La capacité des pouvoirs publics à mettre en œuvre des politiques publiques appropriées;
ÔÔ Le respect par les citoyens, et par les détenteurs du pouvoir, des règles qui organisent leurs interactions.
Selon Bernard Pecqueur la gouvernance est : «le processus de structuration d’une mise en compatibilité de
différentes modalités de coordination entre les acteurs géographiquement proches, en vue de résoudre un
problème productif ou, plus largement, de réaliser un projet collectif de développement ».
En somme, la gouvernance serait donc la façon d’organiser les rapports, notamment la distribution des
pouvoirs, des rôles et des responsabilités, entre des acteurs (groupes, individus, institutions) qui sont
amenés à travailler ensemble vers l’atteinte de buts communs. Le concept de gouvernance locale apparaît
alors comme une forme de régulation territoriale et d’interdépendance dynamique entre agents notamment
productifs et institutions locales.
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ACTES
Assises Générales de la Commune
dans le temps et dans l’espace, nécessite des mécanismes complexes qui ne peuvent être appréhendés qu’à
travers une gouvernance transversale. Capable d’assurer le bien-être des populations tout en valorisant les
ressources territoriales.
Elle est aussi «L’ensemble des règles et des processus collectifs, formalisés ou non, par lequel les acteurs
concernés participent à la décision et à la mise en œuvre des actions publiques. […] En plus d’orienter les
décisions et les actions, facilite le partage de la responsabilité entre l’ensemble des acteurs impliqués,
possédant chacun une certaine forme de pouvoir » (Lacroix et St-Arnaud, 2012; p.26).
La charte Africaine sur les valeurs et les principes de la décentralisation, de la gouvernance locale et du
développement local adoptée par les Chefs d’Etat et de Gouvernement en 2014 à Malabo, établit le lien
entre les trois notions. Elle définit la décentralisation comme «le transfert des pouvoirs, des responsabilités,
des capacités et des ressources du niveau national à tous les niveaux sous-nationaux (infra-étatiques) de
Gouvernement, afin de renforcer la capacité des gouvernements sous-nationaux à promouvoir la participation
des populations et la fourniture des services de qualité ».
Le développement local quant à lui est considéré comme « la mobilisation de l’ensemble des ressources
humaines, économiques, socioculturelles, politiques et naturelles locales, nationales et globales pour
l’amélioration et la transformation des conditions de vie des communautés et des collectivités locales».
La gouvernance locale quant à elle renvoie à l’ensemble «des processus et institutions de gouvernance au
niveau sous-national (infra133 étatique) y compris la gouvernance par et avec les gouvernements locaux ou les
autorités locales, la société civile et les autres acteurs concernés au niveau local ».
Il apparaît clairement que la gouvernance locale renvoie à la décentralisation avec les populations placées
au coeur de l’élaboration des politiques. La gouvernance locale apparaît donc comme un sous-produit de la
gouvernance politique et de la gouvernance administrative au niveau national.
Elle implique la participation des populations, des ONG et des organisations de base au processus de prise
de décisions.
Les principes de la Gouvernance locale ont été énoncés par ONU-Habitat, l’organisme des Nations Unies
chargé des villes dans les Lignes directrices internationales sur la décentralisation et l’accès aux services
de base au début des années 2000 et validées en 2009 par les Etats membres des Nations Unies. Ces
directives affirment que :
ÔÔ Le processus de décentralisation exige des efforts concertés visant à des réformes institutionnelles et au
renforcement des capacités et devrait par conséquent être associé au renforcement de pouvoirs des autorités
locales.
ÔÔ La participation par le biais d’une approche inclusive et d’une dévolution de pouvoirs aux citoyens doit être le
principe qui sous-tend la prise de décision, la mise en œuvre et le suivi au niveau local.
ÔÔ Les autorités locales devraient tenir compte des différents groupes qui cohabitent au sein de la société civile
et veiller à ce qu’ils soient tous impliqués dans le développement progressif de leur communauté ou de leur
quartier.
ÔÔ Le principe de non-discrimination doit s’appliquer à tous les partenaires ainsi qu’à la collaboration entre
administrations nationales et régionales, autorités locales et organisations de la société civile. Une participation
à tous les stades du processus politique devrait renforcer la représentation citoyenne dans la gestion des
affaires publiques locales, partout où c’est réalisable.
ÔÔ Dans le but de renforcer la mobilisation citoyenne, les autorités locales devraient s’efforcer d’introduire de
nouvelles formes de participation telles que des conseils de quartier ou communautaires, la cyberdémocratie,
la budgétisation participative, les initiatives citoyennes et les référendums, dans la mesure où c’est possible
dans leur contexte spécifique.
ÔÔ Les informations et dossiers devraient être archivés et mis à la disposition du public, non seulement pour
améliorer les performances des autorités locales, mais aussi pour que les citoyens puissent jouir pleinement
de leurs droits et pour garantir leur participation dans le processus décisionnel local.
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ATELIER N° 5
ÔÔ Tout accroissement des fonctions dévolues aux autorités locales devrait s’accompagner de mesures de
renforcement de leurs capacités pour qu’elles puissent s’acquitter correctement de leurs tâches.
Au vu de ces éléments, il ressort que la gouvernance, qu’elle soit urbaine, nationale ou locale, se caractérise
notamment par la participation, la transparence et la responsabilité, mais aussi la recherche permanente
de l’efficacité et l’équité. Elle assure la primauté du droit. La bonne gouvernance veille à ce que les priorités
politiques, sociales et économiques soient fondées sur un large consensus au niveau de la société et à ce
que les voix des plus démunis et des plus vulnérables puissent se faire entendre dans le cadre des prises de
décision relatives à l’allocation des ressources nécessaires au développement.
La Gouvernance locale participe à une meilleure communication entre les acteurs locaux dans le cadre
de la réalisation d’un développement local durable. Elle peut avoir une dimension sociale, économico-
financière et politique. Elle apparait comme un levier pour la coordination et l’encadrement du processus de
développement local. Aussi ses enjeux pourrait-il être dès lors :
ÔÔ Le renforcement de la démocratie représentative qui semble être plus adaptée au regard du changement de
l’environnement externe ;
ÔÔ L’exercice de renforcement de la démocratie locale ;
ÔÔ L’expérimentation des nouveaux modes de management au sein de la CTD (délégation, management par
projet etc.)
ÔÔ La redevabilité vis-à-vis de l’usager contribuable-citoyen-client de la CTD ;
ÔÔ La responsabilité vis-à-vis des instances de contrôle et juridictionnelles ;
ÔÔ Le développement de compétences des élus locaux afin de faire face aux exigences de la décentralisation;
ÔÔ L’adaptation des dispositifs législatifs et règlementaires au niveau des standards internationaux ;
ÔÔ Le développement durable des territoires grâce à la concertation et le partenariat ;
ÔÔ L’efficacité de l’action publique locale au regard des multiples attentes des citoyens.
Comme le souligne Olivier de Sardan (2009 : 2), la gouvernance locale est constitutive de la décentralisation
qui elle-même est l’exemple type de la subsidiarisation, en ceci qu’elle rapproche la délivrance de biens et
services publics ou collectifs de ceux qui en sont les bénéficiaires. Aussi, la décentralisation se présente-t-elle
depuis la promulgation des lois dites de décentralisation comme le véritable catalyseur de la gouvernance
locale (la loi N°2004-17 du 22 juillet 2004 et loi N°2004/18 du 22 juillet 2004), en ceci que le transfert de
compétences et moyens au niveau local traduit la recherche de l’efficacité de l’action publique. De même, le
législateur a fait des CTD, les lieux par excellence de la gestion participative et inclusive.
ÔÔ La Loi n° 74/18 du 5 Décembre 1974 relative au contrôle des ordonnateurs, gestionnaires et gérants de crédits
publics et des entreprises d’Etat telle que modifiée par la Loi n° 76/4 du 8 juillet 1976 ;
ÔÔ Le Décret n° 78/470 du 3 novembre 1978 relatif à l’apurement des comptes et à la sanction des responsabilités
des comptables ;
ÔÔ Le Décret n° 97/49 du 5 mars 1997 portant organisation et fonctionnement du Conseil de Discipline Budgétaire
et Financière (CDBF).
Au regard de ce corpus législatif et réglementaire, il peut être relevé que l’action de l’Etat dans ce domaine
peut prendre la forme d’une part, de contrôle et/ou de jugement a priori ou a postériori et, d’autre part, de
promotion.
| 81
ACTES
Assises Générales de la Commune
Ainsi, au titre du contrôle a priori du respect des principes de gouvernance, l’Etat s’appuie pour l’essentiel
sur les Préfets qui exercent la tutelle de l’Etat sur les CTD. Ce représentant de l’Etat s’appuie notamment
sur de nombreux outils comme des fiches d’appui conseil, de fiches de suivi, des Plans d’action conjoints,
de Rapports conjoints trimestriels, semestriels ou annuels, de Journaux de programmation des projets
d’investissement des communes (MOUNGO et BEKONO, 2012 :15)
Pour ce qui est du contrôle a posteriori, il conviendrait de relever la Loi n° 96/06 du 18 janvier 1996 portant
révision de la Constitution du 02 juin 1972 en son article 38 a créé une Chambre des Comptes au sein de
la Cour Suprême dont les missions sont définies en l’article 41. Cet article dispose que « la Chambre des
Comptes est compétente pour contrôler et statuer sur les comptes publics et ceux des entreprises publiques
et parapubliques. Elle statue souverainement sur les décisions rendues en dernier ressort par les juridictions
inférieures des comptes. Elle connaît de toute autre matière qui lui est expressément attribuée par la Loi ».
Pour ce qui est de la promotion de la gouvernance locale, il est opportun d’indiquer que le Gouvernement a
mis en place en 1998, le Programme National de Gouvernance (PNG) avec pour mandat : la mise en place
d’une administration publique efficace, la consolidation de l’État de droit, à travers notamment la mise en
place d’un environnement juridique et judiciaire garantissant la sécurité des personnes, des biens et des
investissements, la promotion des principes de redevabilité dans les domaines économique, financier et
social, la lutte contre la corruption, la mise en place de la décentralisation pour une participation renforcée
des populations à la gestion des affaires publiques.
Les autres institutions républicaines mises en place par l’Etat pour assurer ce qu’il y a lieu d’appeler une
gouvernance financière sont le Conseil de Discipline Budgétaire et Financière, le Contrôle Supérieur de l’Etat
et le Comité National de Lutte contre la Corruption. Il existe aussi des programmes formulés en collaboration
avec les partenaires techniques et financiers à l’exemple du Programme National de Développement
Participatif qui est notamment chargé d’accompagner les CTD à la planification locale par la production de
Plans Communaux de Développement.
Il faudrait également ajouter que des initiatives sont prises par d’autres acteurs de la décentralisation et du
développement local pour que les CTD adoptent les us qui siéent à l’amélioration du cadre et des conditions
de vie des populations. Parmi ces initiatives, il peut être relevé l’existence du Prix National FEICOM des
Meilleures Pratiques Communales de Développement Local. Initié par le Fonds Spécial d’Equipement et
d’Intervention Intercommunale avec l’appui technique d’ONU-HABITAT, cette compétition, ouverte aux
Communes et Communautés Urbaines, vise à identifier, évaluer, récompenser et promouvoir des initiatives
de développement ayant transformé un territoire.
Parmi les domaines en compétition la gouvernance locale tient une place particulière. Elle y est par ailleurs
définie comme « un mode d’exercice du pouvoir par une autorité locale caractérisé par la participation, la
transparence le partenariat, l’obligation de rendre compte pour la satisfaction des besoins des populations». Les
thématiques qui y sont associées ont trait à : (i) Budget participatif, (ii) Transparence budgétaire, (iii) Réforme
institutionnelle, (iv) Planification participative, (v) Partenariat public/privé, (vi) Coopération décentralisée, (vii)
Amélioration de la qualité des services rendus aux citoyens, (viii) Égalité d’accès aux services sociaux de
base (femmes, personnes handicapées, etc.).
Les CTD sont les acteurs de mise en œuvre de la gouvernance locale entendu qu’elles sont les institutions
en première ligne pour satisfaire aux besoins des populations qui est la finalité de toute action publique.
Les différentes dispositions législatives et règlementaires lui confèrent ainsi des droits et des devoirs en la
matière comme suit :
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ATELIER N° 5
Afin de mettre en œuvre ces prescriptions légales, les Collectivités locales disposent d’importants instruments
comme les Plans Communaux de Développement ou le processus budgétisation participative.
Les populations qui peuvent prendre la forme de groupes organisés ou d’individus, sont les bénéficiaires de
la gouvernance locale. Les groupes organisés peuvent prendre l’appellation de « société civile », terme qui
rassemble les Organisations non gouvernementales, les associations, les syndicats etc.
Les populations ont le droit de veiller à ce que les produits et les services qui leur sont offerts soient
conformes à leurs besoins et remplissent de ce fait une fonction de veille et de sanction de l’action publique.
C’est pourquoi les autorités publiques locales veillent par différent processus à les impliquer tout au long
du cycle de décision sur le devenir du territoire. Parler de populations dans le cadre la gouvernance locale
revient donc à parler de la PARTICIPATION. Ceci d’autant plus qu’un certain nombre de cadre normatif l’exige
désormais pour ce qui est de la planification locale.
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ACTES
Assises Générales de la Commune
Les populations sont également le métronome de l’efficacité de l’action publique locale. Ce sont elles qui
jugent au final de la qualité des actions entreprises en ceci que celles-ci doivent avoir force de transformation
de leur cadre et de leurs conditions de vie.
Les outils de la Gouvernance locale au Cameroun découlent de ses éléments constitutifs que sont: la
participation/concertation/consultation, la transparence, la redevabilité et l’efficacité de l’action publique.
Dans le domaine de la gouvernance urbaine, des outils de planification relevant des attributions dévolues
aux communes et communautés urbaines sous l’accompagnement technique du Ministère en charge du
développement urbain, existent également. Il s’agit du : Plan Directeur d’Urbanisme, Plan d’Occupation des
Sols, Plan Sommaire d’Urbanisme et Plan de Secteur. Leur élaboration devrait également se faire de façon
participative.
Le Budget Participatif est un processus par lequel les communautés participent au débat sur les politiques
publiques et décident des ressources publiques disponibles ou alors sont associées aux décisions relatives à
leur affectation et en assurent le suivi. Il apparaît donc comme une rénovation des pratiques d’administration
municipale propre à promouvoir les principes de bonne gouvernance locale. C’est une démarche qui n’est pas
encore généralisée au Cameroun. Mais de nombreuses collectivités y ont recours depuis quelques années.
Selon l’article 30, alinéa 1 de la loi fixant les règles applicables aux communes, le conseil municipal se réunit
en session ordinaire une fois par trimestre, pendant une durée maximale de sept jours. L’article 31 prévoit
le cas de sessions extraordinaires convoquées à l’initiative du maire ou du représentant de l’Etat. Au cours
e ces sessions, le conseil municipal ne peut traiter que des matières qui rentrent dans ses attributions. La
tenue régulière des sessions du Conseil est un gage de bonne gouvernance et participe de la transparence
dans la gestion.
| 84
ATELIER N° 5
Le Conseil Municipal délibère sur toutes les matières prévues par la loi, exceptées sur les attributions propres
au Maire, notamment dans les domaines de l’état civil et de ses pouvoirs de police; contrôle l’action du chef
de l’exécutif ;il peut déléguer par délibération l’exercice d’une partie de ses attributions au chef de l’exécutif,
à l’exception de celles confiées à des commissions, etc. Il travaille souvent en commission. Chaque Conseil
Municipal devrait disposer en principe d’au moins trois commissions :
ÔÔ la commission des finances ;
ÔÔ la commission des travaux et infrastructures ;
ÔÔ la commission des affaires économiques, sociales, culturelles.
Les travaux préparatoires se font au sein des commissions et particulièrement à la commission des
finances qui étudie les propositions et donne son avis avant l’adoption du budget en conseil. L’institution des
commissions au sein du Conseil vise à garantir toute dérive.
C’est le Délégué du Gouvernement ou le Maire sauf en cas de substitution pour défaillance notoire dûment
constatée, qui incarne l’exécutif au quotidien. A ce titre, il représente la collectivité territoriale dans tous les
actes de la vie civile et en justice, exécute les délibérations du conseil municipal, etc.
Les adjoints assistent le maire dans l’exercice de ses missions, suivant trois modalités ::
1. Les attributions tirées d’une délégation : Le Maire a l’obligation, sous sa surveillance et sa responsabilité,
de déléguer par arrêté, une partie de ses attributions à un ou plusieurs adjoints. Article 72 de la loi
2004/18. Les délégations prennent fin quand le Maire le décide.
2. La suppléance du maire en cas d’absence ou d’empêchement.
3. Les attributions des adjoints spéciaux (institués par délibération motivée du conseil municipal).
d. Le Secrétaire Général
L’article 80 de la loi n° 2004/018 du 22 juillet 2004 fixant les règles applicables aux communes dispose
que l’exécutif communal est assisté du secrétaire général de mairie. Le secrétaire général de mairie est le
principal animateur des services de l’administration municipale. Il bénéficie à cet effet des délégations de
signature pour l’accomplissement de ses fonctions. Le secrétaire général assiste aux réunions de l’exécutif
communal dont il assure le secrétariat.
e. Le receveur municipal
Le receveur municipal est le comptable de la collectivité nommé par acte conjoint du Ministre en chargé des
CTD et du Ministre des Finances. Il devrait garantir la gestion prévisionnelle des recettes et les données sur
la situation financière et patrimoniale de la commune.
En somme, les responsabilités sont clairement définies pour chaque acteur sous l’encadrement de l’autorité
de tutelle. Mais cela est-il pour autant mis en œuvre et respecté ?
Il apparait que 83,3% des Communes déclarent avoir associé les populations à l’élaboration d’un des outils de
planification suivants : Plan Directeur d’Urbanisme (PDU), Plan d’Occupation des Sols (POS), Plan Sommaire
d’Urbanisme (PSU), Plan de Secteur, Plan Communal de Développement ou Plan de Développement Local
(PCD/PDL), Plan d’Investissement Annuel (PIA).
Les Communes de Douala (33,3%) et Yaoundé (42,9%) sont celles où la proportion est la plus faible.
L’enquête révèle aussi 82,7% des comptes administratifs attendus de 2011 à 2015 pour approbation ont été
effectivement approuvés selon les déclarations des Magistrats Municipaux. Cependant, le taux d’approbation
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ACTES
Assises Générales de la Commune
est plus faible que la moyenne nationale les Régions du Nord-Ouest (52,9%) et de l’Est (74,4%), ainsi que
dans la ville de Douala (63,3%). Par contre, 96,9% des comptes administratifs attendus dans la Région du
Sud ont été approuvés.
En ce qui concerne la tenue des sessions ordinaires du Conseil Municipal qui est un baromètre de l’implication
par les exécutifs municipaux des conseillers municipaux à la gestion de la cité, il apparait que seules 46,0%
des sessions prévues de 2011 à 2015 se sont effectivement tenues avec des proportions particulièrement
faibles pour les Régions de l’Est (34,1%) Nord-Ouest (35,6%), le Sud-Ouest (40,7%).
Cependant, ces performances quelque peu reluisantes, ne doivent pas faire oublier que l’enquête EC-ECAM
4 a une base essentiellement déclarative. Il n’est donc pas exclu que certaines données aient été manipulés
par les répondants. En effet, de nombreux problèmes persistent, notamment :
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ATELIER N° 5
Ces insuffisances appellent des changements des conditions de mise en œuvre de la gouvernance locale.
ÔÔ Il sera question d’améliorer tous les freins au plein exercice d’une véritable gouvernance locale notamment
les rapports avec la tutelle, la célérité dans la saisine et la réaction du juge administratif, la spécialisation des
adjoints aux Maires etc. la question de la formation des élus et leur niveau d’études devraient être examinés.
ÔÔ La prise en compte du secteur privé comme acteurs de développement d’un territoire en donnant des leviers
aux CTD pour les mettre dans cette synergie d’actions est fondamentale. Les instruments de coordination
au niveau communal et régional devraient être renforcés avec une forte implication des populations. Le
partenariat et la concertation devront être introduits au centre du processus de développement.
ÔÔ Il s’agit de donner plus de pouvoir financier aux CTD en modernisant les impôts et taxes locaux ainsi que les
instruments de leur mobilisation et en levant les contraintes de la forte dépendance financière à l’Etat. Cela
renforcerait, à coup sûr la redevabilité dans les CTD.
Le contrôle du citoyen sur l’action des élus est une composante essentielle qui concourt à une bonne
gouvernance démocratique locale. Ce qui viendrait compléter l’action des tutelles et des juges des comptes.
La loi pourrait également ajouter des instruments de concertation et de consultation à la disposition des
citoyens. En plus de ce qui est dans les lois actuelles, il pourrait être inclus l’obligation qui serait faite aux élus
de chercher une remontée d’informations de leurs administrés. Nous pourrions nous inspirer des modèles
occidentaux ci-après :
ÔÔ l’enquête publique : elle est une procédure préalable à certaines opérations projetées par une CTD et destinée
à recueillir les positions des administrés intéressés. Par ce biais, ceux-ci peuvent être amenés à participer à
l’élaboration des décisions consécutives, à tout au moins, à s’informer pour protéger leurs intérêts, contrôler
l’administration et préparer leurs recours éventuels. Cette enquête serait qu’à titre consultatif sans que le
résultat s’oppose aux élus.
La mise en place des conseils des quartiers dans les grands centres urbains qui pourraient être consultés
sur des questions les concernant ;
L’association des usagers des services publiques locaux pourrait être inscrite dans la loi aux fins de
consultation sur la qualité de service offerte ;
La prise en compte de la pétition de certains citoyens au cours des sessions des conseils municipaux, la
loi pourrait, à terme, aller plus loin en consacrant les référendums locaux dans notre démocratie locale. Ils
peuvent être consultatifs ou décisionnels.
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ACTES
Assises Générales de la Commune
A l’issue des échanges et débats, les participants ont formulé de nombreuses recommandations
notamment celles portant sur :
1. La conduite d’enquêtes de moralité pour tout candidat à un poste de gestionnaire ou comptable public ;
2. La proposition, à la nomination aux postes de comptable public, des personnes qualifiées, notamment celles
ayant suivi des formations en la matière dans les institutions dédiées ;
3. L’organisation régulière, par la chambre des comptes de la Cour Suprême, des séminaires à l’intention des
comptables communaux, en vue de démystifier cette haute juridiction.
4. La systématisation de la pratique des certificats de recette ;
5. L’optimisation du fonctionnement des Comités Départementaux des Finances Locales
6. La programmation des paiements par ordre chronologique de dépôt des mandats ;
7. La création d’une structure technique, à rattacher aux syndicats des communes, dont la mission consisterait
à appuyer et à accompagner les commissions créées au sein des organes délibérants ;
8. L’institutionnalisation de la participation des différents corps de métiers aux travaux des commissions qui
traitent des questions liées à leurs activités ;
9. Le renforcement des capacités des élus locaux en vue de l’optimisation du fonctionnement des organes
délibérants.
10. Le renforcement de la communication institutionnelle au niveau communal, à travers notamment les radios
communautaires, les journaux muraux, les bulletins mensuels, les média sociaux et les relations de presse ;
11. L’instauration de la transparence dans la gestion des affaires publiques locales, en vue d’une meilleure
participation et adhésion des populations ;
12. L’institutionnalisation de la participation des chefs de communautés aux sessions des conseils municipaux et
la mise en place des conseils de quartiers ou de villages, avec voix consultative auprès des conseils municipaux.
Liste de références
BOURDIEU Pierre, 2002 : Les structures sociales de PAYE Olivier, 2005 :«La gouvernance: D’une notion
l’économie, Paris, Seuil polysémique à un concept politologique» In Études
internationales 361 (2005): P 13–40
Centre d’analyse et de recherche sur les politiques
PNUD : Guide de l’utilisateur pour mesurer la gouvernance
économiques et sociales du Cameroun, 2015: Country
locale
Policy and Institutions Assessment (CPIA)
RAWLS John, 1971 : Théorie de la justice
DIARRA Gaoussou et Patrick PLANE 2012 : «La Banque
Mondiale et la genèse de la notion de bonne gouvernance » SEN Armatya, 1999 : L’économie est une science morale,
: In Monde en développement, n°152, P 51-70 Paris la découverte
ENDA ECOPOP ET ONU-HABITAT, 2008: Le budget Olivier de Sardan Jean Pierre, 2009: Les huit modes de
participatif en Afrique. Manuel de formation gouvernance locale en Afrique
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Troisième partie
La cérémonie
solennelle de clôture
ÔÔ La déclaration des maires ayant pris part aux premières Assises Générales
de la Commune ;
ÔÔ La lecture du rapport général des assises ;
ÔÔ Le discours de clôture du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, lu par le
Ministre d’Etat, Ministre du Tourisme et des Loisirs.
ACTES
Assises Générales de la Commune
Nous, Chefs des exécutifs municipaux représentant les 374 communes et communautés urbaines du
Cameroun,
ÔÔ Considérant la Constitution du 18 janvier 1996 qui consacre l’avènement de l’Etat unitaire décentralisé;
ÔÔ Considérant les lois fondatrices de la décentralisation du 22 juillet 2004, notamment la loi numéro 2004/017
d’orientation de la décentralisation, la loi numéro 2004/018 fixant les règles applicables aux communes et la
loi n 2004/019 fixant les règles applicables aux régions ;
ÔÔ Considérant les deux lois à caractère financier et fiscal dont la loi portant régime financier des collectivités
territoriales décentralisées du 10 juillet 2009 et celle portant fiscalité locale du 15 décembre 2009 ;
ÔÔ Considérant la création du ministère de la décentralisation et du développement local par décret n 2018/190
du 02 mars 2018 modifiant et complétant certaines dispositions du décret n 2011/408 du 09 décembre 2011
portant organisation du gouvernement ;
Remercions le Président de le République, Chef de l’Etat, Son Excellence Paul Biya, pour les hautes instructions
données au Ministre de la Décentralisation et du Développement Local en vue de l’organisation des premières
assises générales de la commune et pour avoir accepté de parrainer ledit événement auquel il s’est fait
représenter au plus haut niveau par le Premier Ministre Chef de Gouvernement, Président du Conseil National
de la Décentralisation.
Recommandons la tenue régulière de ces assises selon une périodicité biennale en vue d’un meilleur suivi-
évaluation du processus de décentralisation et des principales décisions prises.
Encourageons le Ministre de la Décentralisation et du Développement Local à continuer sur cette lancée et lui
promettons notre disponibilité sans faille et notre soutien pour la réussite de ses délicates missions. /-
Ont signé :
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Rapport général des travaux
Les 6 et 7 février 2019, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, a personnellement présidé, au Palais
des Congrès de Yaoundé, les premières Assises Générales de la Commune, sous le thème « approfondir la
décentralisation pour une commune camerounaise rénovée ». Lesdites Assises étaient placées sous le Très
Haut Patronage du Président de la République, Son Excellence Monsieur Paul BIYA.
Y prenaient part, outre les chefs des exécutifs des 374 communes et communautés urbaines, 10 adjoints
aux maires, 10 conseillers municipaux, 12 secrétaires généraux de communes, 11 receveurs municipaux,
02 contrôleurs financiers de communautés urbaines, 04 officiers des centres d’état civil secondaires, ainsi
que 180 participants composés des représentants des administrations, des autorités administratives,
du parlement, des juridictions, des groupements patronaux, des chambres consulaires, des partenaires
financiers et techniques, des établissement sous tutelle du MINDDEVEL, des organisations de la société
civile
A la suite des civilités d’usage, le Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Yaoundé
a souhaité à tous les participants la bienvenue dans la cité hôte et a dit le plaisir qui est le sien d’accueillir
en sa qualité de magistrat municipal, les toutes premières Assises Générales de la Commune, devant
planché sur le thème «Approfondir la décentralisation pour une Commune Camerounaise rénovée». Au terme
de son propos, il a souligné que l’objectif desdites Assises vise à formuler les propositions concrètes pour
l’amélioration de l’institution communale et la gouvernance locale.
Introduisant son exposé sur « Les enjeux et les défis de la décentralisation et du développement local dans
l’émergence des Etats africains », M. Alioune BADIANE, President de The Urban Think Tank Africa-TUTTA, a
indiqué que le continent africain s’urbanise irréversiblement et se décentralise progressivement.
Abordant le premier point de son exposé sur l’approche conceptuelle, il a indiqué que la décentralisation et
le développement local s’entendent comme le droit et la capacité effective pour les collectivités territoriales
de régler et gérer, sous leur propre responsabilité et au profit de leurs populations, leurs affaires publiques
en libre administration.
S’agissant du second point portant sur les enjeux, défis et opportunités de la décentralisation, il a indiqué
qu’en Afrique, selon le rapport mondial de Cités et Gouvernements locaux Unis (CGLU), si l’on s’intéresse aux
trente dernières années, la décentralisation a connu un essor considérable. En effet, de façon progressive,
ce mouvement a été adopté par la plupart des pays africains et s’est implanté comme choix politique,
économique et institutionnel.
Examinant les modèles de financement des collectivités en Afrique, il a fourni les exemples du Ghana, du
Kenya et de l’Afrique du Sud.
Sur le quatrième point de son exposé portant sur les effets des processus de décentralisation sur le
développement local et pour l’émergence, il a souligné que l’un des enjeux majeurs des processus de
| 91
ACTES
Assises Générales de la Commune
décentralisation en cours en Afrique subsaharienne est l’instauration d’un système de représentation proche
des populations.
Concluant son propos, Monsieur Alioune BADIANE a formulé quelques recommandations, à savoir
notamment :
1. Contribuer à mettre en œuvre avec succès au Cameroun les Objectifs de Développement Durable (ODD) et
surtout l’objectif 11 qui engage à faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à
tous, sûrs, résilients et durables.
2. Engager les villes et communes du Cameroun à apporter une contribution significative à la Planification et à la
mise en œuvre de la Politique nationale d’urbanisation initiée au Cameroun par l’ONU-Habitat
3. Le rôle dévolu aux villes et aux collectivités territoriales, le Cameroun doit jouer sa partition dans la mise en
œuvre du Nouvel Agenda Urbain (NAU)
4. L’Etat et les communes du Cameroun, doivent gérer la vulnérabilité et augmenter leurs capacités de résilience
à contribuer à mettre en œuvre les Recommandations du Cadre d’action de Sendaï pour la réduction des
risques de catastrophes (2015-2030).
5. Le Ministère en charge de la décentralisation et ses différents établissements sous tutelle notamment doivent
travailler au renforcement des outils de formation et de renforcement des capacités humaines financières et
techniques des collectivités territoriales.
6. Conforter et soutenir le Prix National du FEICOM des meilleures pratiques communales de développement
local.
7. Concevoir, tester et généraliser au niveau des communes et communautés urbaines, des Observatoires des
Données Communales (ODC), pour une meilleure planification du développement local.
c) Du discours du MINDDEVEL
Après avoir félicité le Premier Ministre, Chef du Gouvernement et Président, ex-qualité, du Conseil National de
la Décentralisation, le Ministre de la Décentralisation et du Développement Local a centré sa communication
d’ouverture sur deux articulations principales à savoir, d’une part, l’évocation des importants jalons de la
décentralisation au Cameroun et, d’autre part, la déclinaison des enjeux des premières Assises Générales
de la Commune.
S’agissant des jalons historiques, et sans vouloir remonter très loin dans le cours du temps, le Ministre a
situé le curseur à 1987, date de la publication de la première édition de l’ouvrage intitulé Pour le Libéralisme
Communautaire, ouvrage programmatique qui présente clairement la vision politique de son auteur, à savoir
le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA et dans lequel celui-ci indique, fort à propos, que la
décentralisation constitue, pour lui, le mode de gestion le plus approprié des affaires publiques locales.
A la suite de ce rappel historique des principaux jalons du processus, le Ministre a décliné les enjeux des
Assises. Ces enjeux, a-t-il indiqué, sont articulés autour des cinq ateliers thématiques qui structurent les
travaux des premières Assises Générales de la Commune.
Il s’agit en effet pour les participants aux travaux de formuler, sur la base d’un diagnostic exhaustif, des
propositions conséquentes, visant l’amélioration du cadre juridique et institutionnel applicable à la commune;
de proposer des champs nouveaux de compétences à transférer aux communes et aux communautés
urbaines, ainsi que les modalités novatrices de leur exercice par ces derniers, à la suite de l’évaluation de
celles transférées depuis 2010 ; de permettre une parfaite maitrise des outils de planification communale et
urbaine ; d’assurer un bon niveau des ressources aux Communes ; et d’œuvrer à une gestion optimale de ces
ressources, à travers le respect scrupuleux des exigences de gouvernance locale.
Dans son allocution d’ouverture, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement a, d’entrée de jeu, souligné
l’importance de la décentralisation dans les processus d’émergence des États africains, et du Cameroun
en particulier, exemple en la matière sur le continent. Il revient sur les objectifs fixés par le Président de
la République auxdites Assisses, dont l’exploration des voies et moyens d’approfondir la décentralisation
à l’échelon communal, afin de préparer les Communes à prendre toute leur place dans les chantiers du «
septennat des grandes opportunités », en faisant d’elles des territoires d’opportunités multiformes pour les
| 92
Rapport général des travaux
populations et le tissu économique. Ces Assises, qui se tiendront pendant deux jours, viseront à renforcer
les fondations de l’institution communale, à donner un souffle nouveau au développement local, et à donner
du sens à la politique de décentralisation.
Après un bref rappel de l’évolution historique de l’institution communale au Cameroun, le discours présente
la carte communale actuelle, en mettant l’accent sur la possibilité de la modifier, compte principalement
tenu des intérêts locaux et de celui des populations. Il a fait un rappel les acquis en matière de transferts
de compétences, notamment les 63 compétences transférées entre 2010 et 2018, ainsi que les ressources
y afférentes. Il a souligné la dotation de 100 millions décidée par le Chef de l’Etat pour l’année 2019, dont
l’utilisation constituera un test sur les capacités des magistrats municipaux dans la maîtrise d’ouvrage et la
conduite des projets de développement.
Ces constats posés, le Premier Ministre a jeté un regard sur certains compartiments de l’édifice municipal
qu’il convient de ravaler pour en faire un lieu d’excellence du service de la collectivité, et l’avant-garde de la
promotion de la démocratie locale et de la construction permanente du vivre ensemble. Il a appelé à relever
le défi de la participation citoyenne en renforçant la démocratie locale à l’ère du numérique, notamment par
l’implication de l’élite et de la jeunesse désireuse de se connecter ou se reconnecter avec les terroirs.
L’exécutif municipal quant à lui, appelle des réformes visant à faire du Maire ou Délégué du Gouvernement
des leaders capables de formuler une vision et de la traduire dans les faits, des serviteurs infatigables de la
cause du développement local. Dans ce sens, les formations politiques ont un rôle majeur à jouer dans le
choix des candidats à investir à cette fonction. Pour sa part, l’Etat devra continuer à favoriser les conditions
d’un exercice efficient de la fonction exécutive. Elles se traduisent par le renforcement des incompatibilités
et le respect de l’exigence légale de résidence. La prise en charge effective de la rémunération des magistrats
municipaux justifie le renforcement du contrôle de l’obligation de résidence.
Le chef de l’exécutif municipal a été doté par le législateur d’adjoints, en vue d’une répartition du travail pour
plus d’efficacité et de performance. Dans cette optique, la tendance à l’accaparement et la monopolisation,
par une seule personne, de la fonction exécutive est un travers qu’il faut rectifier. Ce nécessaire recadrage
pourrait se faire avec le concours de la tutelle, principe constitutionnellement consacré et pour lequel un
équilibre avec le principe de l’autonomie est à parfaire. A cet égard, les autorités en charge de la tutelle
devront la mettre en œuvre, au même titre que les prérogatives d’assistance-conseil et d’accompagnement,
dont les mécanismes sont décrits par un projet de décret en cours de finalisation.
Face aux difficultés liées au déficit qualitatif et quantitatif criard de ressources humaines, des solutions
pratiques sont proposées, notamment la mise à disposition temporaire de l’expertise disponible dans les
services de l’État, l’affectation définitive de personnels étatiques pris en solde par l’Etat, ainsi que de manière
plus durable, la mise sur pied d’une fonction publique locale dont la construction passe par la transformation
suffisamment ambitieuse du CEFAM.
L’amélioration du fonctionnement de la commune passe aussi par la planification. L’existence des plans
communaux de développement et les autres outils de planification urbaine est une aubaine à saisir.
Cependant, les faiblesses liées à leur mise en œuvre doivent être corrigées, particulièrement en matière
d’urbanisme, de construction, de désordre urbain et d’assainissement du cadre de vie des populations. Sous
ce registre, l’aboutissement du projet de texte précisant le cadre juridique applicable à la police municipale
apportera des éléments de réponse à ces préoccupations.
Un sentiment d’extrême centralisation semble très répandu et nécessite d’être effacé. La réponse se trouverait
dans la décentralisation et la déconcentration tant horizontale que verticale. Celles-ci interpellent au premier
chef les administrations centrales appelées à transférer effectivement des compétences et des ressources.
Cette problématique du transfert des ressources soulève la question préjudicielle de l’architecture financière
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ACTES
Assises Générales de la Commune
optimale de la décentralisation au Cameroun, basée sur une fiscalité locale profondément rénovée depuis
2009 et des transferts de ressources de l’État, sous la forme de dotations. La trop grande dépendance
des communes aux centimes additionnels communaux et le délaissement des autres sources de recettes
potentielles doit interpeller les acteurs de la décentralisation. Une emphase devrait être portée sur les
recettes non-fiscales, pouvant découlées des activités génératrices de revenus que peuvent conduire les
communes, en fonction de leurs atouts respectifs.
L’intervenant a ainsi fait l’état des lieux du cadre juridique et institutionnel, tout en relevant ses insuffisances
et ses incohérences, en proposant des pistes d’amélioration.
A la suite de la Constitution de 1996 qui consacre une triple évolution (amélioration de la représentation
des CTD au plan institutionnel, création d’un échelon supplémentaire des CTD (les régions), et consécration
des principes directeurs de la décentralisation), le dispositif juridique encadrant la décentralisation s’étoffé
à un rythme soutenu, avec notamment l’adoption des trois lois dites de décentralisation promulguées le 22
juillet 2004. Ces textes, ont été suivies des deux lois de 2009 à caractère financier et fiscal et d’autres textes
législatifs couvrant des domaines variés comme l’urbanisme, l’aménagement du territoire, l’état civil, les
élections.
Ce cadre légal a été enrichi d’un dispositif réglementaire constitué de plusieurs textes, pris, entre autres pour
préciser les modalités d’exercice des différentes compétences transférées par l’Etat aux Communes et aux
Communautés Urbaines, ainsi que ceux portant répartition de la dotation générale de la décentralisation et en
encadrant le processus. Par ailleurs, la réforme juridique issue des lois 2006, avec la création des Tribunaux
Administratifs Régionaux, d’ores et déjà fonctionnels, a offert des perspectives nouvelles permettant de
mieux encadrer le contentieux de la tutelle. De même, l’institution d’une Chambre des Comptes au sein de
la Cour Suprême, participe du souci d’assainir la gestion des CTD dont les comptes doivent lui être soumis.
1. Capitaliser les acquis du cadre normatif et institutionnel, tout en l’améliorant le pour l’adapter aux nouvelles
exigences de la démocratie locale et du développement local ;
2. Prioriser les textes à élaborer et à faire aboutir ;
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Rapport général des travaux
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ACTES
Assises Générales de la Commune
ÔÔ Les mécanismes et les conditions de transfert de compétences sont-ils propices à l’autonomisation des
communes et au développement local ?
ÔÔ Comment améliorer le partage des compétences entre les communes d’arrondissement et les conseils
municipaux ?
ÔÔ Que devrait-on faire pour que les compétences transférées soient effectivement exercées par toutes les
communes ?
A la suite des échanges sur ces points, l’atelier 2 a formulé les propositions ci-après :
1. Procéder à une rationalisation dans la répartition des compétences entre l’Etat et les communes en tenant
compte de la vocation de la commune comme collectivité territoriale décentralisée de base, conformément à
la loi n°2004/017 du 22 juillet 2004 d’orientation de la décentralisation ;
2. Infléchir les principes de complémentarité et de non exclusivité en procédant à un transfert par grands blocs
de compétences ;
3. Relire et réécrire en conséquence les lois du 22 juillet 2004 d’orientation de la décentralisation et fixant les
règles applicables aux communes ;
4. Procéder à un élargissement des compétences transférées aux communes notamment dans les domaines
liés à la fourniture des services sociaux de base à savoir : l’eau, l’énergie, l’assainissement ;
5. Donner à la commune la responsabilité de la planification opérationnelle des services sociaux essentiels, du
foncier, de l’habitat et des infrastructures économiques, urbaines et rurales ;
6. Conférer aux communes les compétences en matière foncière et domaniale en vue de répondre à la nécessité
de disponibilité des terres pour la réalisation des projets de développement local
7. Envisager une réforme des textes sur la gestion domaniale et foncière en vue de l’adapter à la décentralisation ;
8. Étendre les compétences transférées en matière de santé et d’éducation, au recrutement et à la gestion des
personnels ;
9. Clarifier les lignes de partage de compétences entre la commune d’arrondissement et la communauté urbaine
à travers une énumération précise des compétences dévolues à chaque entité ;
10. Étendre les compétences des communes en matière de recouvrement des impôts locaux notamment
l’impôt libératoire, la taxe foncière, la patente, et la taxe d’abattage des produits forestiers pour les forêts
communautaires et communales ;
11. Privilégier, en compensation des charges inhérentes au transfert des compétences et de l’ineffectivité du
principe de concomitance, le mécanisme de dotation globale ;
12. Mettre en place une charte de la déconcentration et définir de manière claire les attributions des services
déconcentrés de l’Etat et des agents de l’Etat exerçant une compétence lorsque l’Etat en est titulaire ;
13. Ériger les compétences transférées en base d’évaluation des ressources à transférer par l’Etat à la commune
afin d’assurer une plus grande autonomie de celle-ci ;
14. Conférer à la commune la prérogative, à titre prioritaire, d’exploitation des substances minérales non
concessibles (sables, pierres, pouzzolanes, …) sur le territoire communal ;
15. Transférer à la commune l’émission et le recouvrement de la taxe d’extraction des substances non concessibles
susvisées.
Les participants à l’atelier n° 3 ont eu droit à deux exposés de cadrage, l’un présenté par Monsieur EKEME
Isaac du PNDP, portant sur le Plan Communal de Développement (PCD) et l’autre présenté par Madame
FOUDA OWOUNDI Anne Marguerite du MINDHU, relatif à la planification spatiale du développement local.
Dans le premier exposé, M. EKEME a, rappelé que la loi N°2004/017 du 22 Juillet 2004 portant orientation
de la décentralisation confère aux communes et aux régions la compétence d’élaborer et d’exécuter leurs
politiques et plans de développement dans le respect des grandes orientations de l’Etat. Il a indiqué que
la planification vise à garantir une meilleure prise en compte des contraintes de développement au niveau
communal, une implication efficace des populations dans le processus de définition des besoins et de
prise de décisions, ainsi qu’une appropriation efficace des investissements par les populations. En ce sens,
c’est ou un outil majeur de développement local. C’est donc pour contribuer à cet accompagnement des
communes que le PNDP a élaboré un guide.
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Rapport général des travaux
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ACTES
Assises Générales de la Commune
Il s’agit dès lors pour tous les acteurs de s’impliquer pour l’amélioration de ce processus. Les débats
consécutifs aux deux exposés ont porté sur :
ÔÔ Les plans communaux de développement sont-ils régulièrement élaborés, mis à jour et diffusés au niveau local
et central ?
ÔÔ Les plans communaux de développement sont-ils chiffrés et traduits dans les budgets annuels des communes?
ÔÔ L’élaboration des plans communaux de développement est-elle faite de manière participative ?
ÔÔ Comment prendre en compte les projets inscrits dans les PCD dans les BIP dans le cadre de la planification
locale et de la planification nationale ?
ÔÔ Comment exercer de manière efficace la maîtrise d’ouvrage locale à tous les cycles d’un projet ?
ÔÔ Comment faire des documents de planification spatiale (plan directeur d’urbanisme, plan de secteur, plan
d’occupation des sols, plan sommaire d’urbanisme) des outils de développement ?
ÔÔ Comment faciliter la délivrance des documents d’urbanisme dans les communes ?
ÔÔ Comment évaluer les besoins des communes en matière d’investissement ?
ÔÔ Les plans communaux de développement dans leur contenu mettent ils l’emphase sur les projets à caractère
économique au-delà des projets sociaux de base ?
ÔÔ Comment rendre les péréquations équitables et efficaces ?
ÔÔ Comment rendre attractive la commune ?
ÔÔ Comment vendre la commune et susciter la prise de risque chez l’opérateur économique ?
ÔÔ Comment mesure et évaluer le développement local ?
ÔÔ Comment faire de la coopération décentralisée un levier de développement local ?
1. Les différents documents de planification communale ont été passés en revue par les participants qui les
ont hiérarchisés de la manière suivante : PDU, POS /PSU, PCD, PS. Pour leur mise en cohérence le principe
retenu est que les documents de planification du niveau inférieur doivent s’arrimer à ceux de niveau supérieur.
Pour leur mise en œuvre, les participants ont identifié les instruments de programmation suivants : CDMT,
PIP, PIA, Contrat de ville. Pour veiller à la cohérence de la planification communale avec les autres niveaux
de planification : associer les élus locaux à l’élaboration des documents de planification au niveau régional et
national;
2. Créer et/ou redynamiser les comités/commissions chargés du suivi, de la diffusion et de la mise en œuvre des
documents de planification communale. Redynamiser les commissions chargées de la délivrance des actes
d’urbanisme. Assurer le financement adéquat de ces comités et commissions en revoyant en particulier la
nomenclature budgétaire communale pour permettre la prise en charge de leur fonctionnement et à travers la
fixation par le MINDDEVEL d’un barème de rémunération de leurs membres ;
3. Exiger systématiquement le certificat d’urbanisme comme préalable à la délivrance des permis d’occupation
temporaire du domaine public ;
4. Mettre en place un programme d’élaboration des PSU et examiner la possibilité de son financement par le
FEICOM et éventuellement par les bailleurs de fonds ;
5. Arrimer les Communes aux principes du budget programme ;
6. Veiller à l’application stricte de l’opposabilité légale aux tiers des documents de planification communale ;
7. Harmoniser l’appellation des différents instruments de planification existants ;
8. Prendre en compte les projets issus des PDU et des PCD dans le BIP ;
9. Mettre en œuvre rapidement la promesse de la Hiérarchie de porter à 10 pourcent du budget national les fonds
alloués à la décentralisation ;
10. Créer un guichet unique pour le financement de la décentralisation ;
11. Mettre la Commune au centre de l’économie sociale et solidaire ;
12. Les Maires devraient mieux capitaliser l’apport du Sous-préfet et du Chef traditionnel dans la gestion des
affaires foncières ;
13. Aider les Maires à constituer des réserves foncières en finançant les indemnisations ;
14. Intégrer les Maires dans les commissions consultatives ;
15. Encourager l’intercommunalité au plan national ;
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Rapport général des travaux
16. Pour la répartition équitable des ressources sur le territoire national prendre en compte l’IDL ainsi que les
critères additionnels tels que la superficie, l’éloignement des principaux centres de décision (capitale politique,
économique et régionale), l’enclavement, et les besoins globaux tels que chiffrés et évalués par les plans ;
17. Permettre aux Maires de recruter eux-mêmes, à partir des profils bien déterminés et sur appel à candidatures
les SG et RM de leurs municipalités ;
18. Donner aux Maires un droit de regard sur la gestion des Centres d’Etat Civil Secondaires ;
19. Veiller à la disponibilité à temps des ressources allouées aux communes ou à défaut revenir à l’autonomie
financière du FEICOM ;
20. Organiser des audiences foraines sur l’ensemble du territoire national en vue de l’établissement des actes
d’état civil conformes.
Sur les ressources financières, les débats ont notamment porté sur :
ÔÔ Le dispositif législatif régissant les impôts locaux affectés à la commune est-il satisfaisant ?
ÔÔ L’élargissement optimum de l’assiette fiscale de la commune ?
ÔÔ La sécurisation des recettes fiscales de la commune ?
ÔÔ Le pouvoir fiscal de la commune ;
ÔÔ Le potentiel fiscal de la commune et le rendement de la fiscalité locale ;
ÔÔ Le renforcement des capacités des ressources humaines préposées à la gestion des impôts affectés à la
commune ;
ÔÔ Les outils technologiques des impôts affectés à la commune ;
ÔÔ La rationalisation du mécanisme de péréquation et des recettes d’intercommunalité ;
ÔÔ L’adéquation entre les ressources transférées à la commune et les charges correspondant à l’exercice des
compétences transférées ;
ÔÔ Les financements innovants ;
ÔÔ L’emprunt et prise de participation de la commune ;
ÔÔ Le suivi et l’exploitation des budgets et des comptes de la commune ;
ÔÔ Le contrôle de la délibération à caractère financier de la commune ;
ÔÔ La tutelle en matière budgétaire et comptable de la commune ;
ÔÔ La problématique de la production de la statistique sur la situation financière de la commune ;
ÔÔ L’arrimage à la budgétisation par programme ;
ÔÔ Le régime financier et le plan comptable sectoriel de la commune ;
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ACTES
Assises Générales de la Commune
Sur les ressources matérielles et logistiques, les débats ont porté sur :
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Rapport général des travaux
32. Apurer les arriérés de paiement des salaires des magistrats municipaux ;
33. Accorder au Maire la compétence de désignation du receveur municipal ;
34. Procéder à la désignation, pour chaque commune, des receveurs municipaux afin d’éviter l’impact négatif du
cumul de responsabilité ;
35. Définir une stratégie de stabilisation du personnel communal ayant bénéficié de formation spécifique ;
36. Mettre en place les commissions internes de passation des marchés et désigner les responsables desdites
commissions ;
37. Désigner des responsables, au profil adéquat, en charge de la comptabilité matière.
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ACTES
Assises Générales de la Commune
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Rapport général des travaux
locale ? Il sera aussi question de voir les améliorations qui pourraient être apportées à nos textes pour que
la gouvernance locale soit un outil au service du développement local durable. Les participants seront ainsi
mis en situation dans des travaux de groupes pour ainsi formuler les recommandations appropriées.
A la suite de l’exposé, les participants ont échangé sur les questionnements ci-après :
ÔÔ Comment promouvoir et renforcer la participation citoyenne ?
ÔÔ Comment renforcer le principe de reddition des comptes à l’échelle locale ?
ÔÔ Comment assurer la régularité des conseils municipaux, notamment ceux à indice financière ?
ÔÔ En quoi consiste la transparence dans la gestion des affaires publiques et locales ?
ÔÔ Quels devraient être l’objet et la fréquence des contrôles effectués par les institutions spécialisées ?
ÔÔ Pourquoi la répartition des rôles au sein des exécutifs communaux n’est-elle pas effective ?
ÔÔ Faut-il évolué vers la spécialisation des adjoints ? et selon quelles modalités ?
ÔÔ Comment optimiser le fonctionnement des organes délibérants et les commissions créées en leur sein ?
ÔÔ Comment sécuriser les recettes communales et combattre les détournements des deniers publics communaux,
les malversations financières et Les plans communaux de développement sont-ils régulièrement élaborés, mis à
jour et diffusés la corruption au niveau communale ?
ÔÔ Comment adapter les règles de la commande publique locale aux spécificités de la Comment rendre attractive
la commune ?
ÔÔ Comment assurer la régularité des sessions des conseils communaux consacrés au vote du budget et des comptes ?
ÔÔ Faut-il adopter des critères d’éligibilité des maires pour une gouvernance améliorée ?
ÔÔ Comment renforcer efficacement les capacités des élus locaux ?
A l’issue des échanges et débats, les participants ont formulé de nombreuses recommandations notamment
celles portant sur :
1. La conduite d’enquêtes de moralité pour tout candidat à un poste de gestionnaire ou comptable public ;
2. La proposition, à la nomination aux postes de comptable public, des personnes qualifiées, notamment celles
ayant suivi des formations en la matière dans les institutions dédiées ;
3. L’organisation régulière, par la chambre des comptes de la Cour Suprême, des séminaires à l’intention des
comptables communaux, en vue de démystifier cette haute juridiction.
4. La systématisation de la pratique des certificats de recette ;
5. L’optimisation du fonctionnement des Comités Départementaux des Finances Locales
6. La programmation des paiements par ordre chronologique de dépôt des mandats ;
7. La création d’une structure technique, à rattacher aux syndicats des communes, dont la mission consisterait à
appuyer et à accompagner les commissions créées au sein des organes délibérants ;
8. L’institutionnalisation de la participation des différents corps de métiers aux travaux des commissions qui traitent
des questions liées à leurs activités ;
9. Le renforcement des capacités des élus locaux en vue de l’optimisation du fonctionnement des organes
délibérants.
10. Le renforcement de la communication institutionnelle au niveau communal, à travers notamment les radios
communautaires, les journaux muraux, les bulletins mensuels, les média sociaux et les relations de presse ;
11. L’instauration de la transparence dans la gestion des affaires publiques locales, en vue d’une meilleure participation
et adhésion des populations ;
12. L’institutionnalisation de la participation des chefs de communautés aux sessions des conseils municipaux et la
mise en place des conseils de quartiers ou de villages, avec voix consultative auprès des conseils municipaux.
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ACTES
Assises Générales de la Commune
Mesdames et Messieurs ;
Il s’agissait au cours de ces deux jours de réflexion et d’autocritique, de renforcer les fondations de l’institution
communale, de donner un souffle nouveau au développement local et, en fin de compte, de donner du sens
à une politique publique fondamentale, à savoir la politique de décentralisation.
Ainsi que le Chef du Gouvernement l’a indiqué à l’ouverture des travaux hier, la tenue de ces Assises à l’aube
du septennat présidentiel, renseigne sur le rôle majeur que le Chef de l’État entend faire jouer aux collectivités
territoriales décentralisées dans le « septennat des grandes opportunités ».
Mesdames et Messieurs,
Au terme de ces deux jours de travaux, il est légitime de se demander si l’objectif fixé a été atteint.
En effet, dans ce chantier de la rénovation de la commune, les réponses aux questionnements ci-après
doivent permettre de mesurer la plus-value de ces Assises : quels sont les acquis à capitaliser ? Quelles
leçons peuvent être tirées ? Quelles propositions d’amélioration réalistes, concrètes et pragmatiques pour
l’organisation et le fonctionnement de la commune ?
Pour répondre à ces questionnements, permettez-moi de me référer au Rapport Général des travaux qui
vient de nous être lu et qui a mis un accent particulier sur les recommandations et résolutions formulées par
les participants. Il en ressort clairement que ces assises auront été un grand moment de réflexion concertée
et d’analyse approfondie sur l’institution communale.
Les résultats de ces travaux, vous vous en doutez bien, serviront de levier à des actions et initiatives
correctrices, visant à donner à la décentralisation et au développement local, les moyens d’un saut qualitatif,
susceptibles d’améliorer les conditions de vie de nos populations à la base et de renforcer leur participation
à la gestion des affaires publiques.
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Cérémonie de clôture
Par ailleurs, la présence de tous les chefs des exécutifs municipaux, leurs contributions denses et le partage
de leur riche expérience, ont démontré leur engagement à assumer leur rôle en tant qu’acteurs clefs du
processus d’accélération et d’approfondissement de la décentralisation. Cet engagement conforte la
démarche du Chef de l’État d’accorder aux collectivités territoriales décentralisées une place de choix dans
la marche du Cameroun vers l’émergence à l’horizon 2035. Il ne saurait d’ailleurs en être autrement, si l’on
considère qu’elles sont des instruments de la lutte contre la pauvreté à la base, des espaces d’opportunités
économiques et des creusets de la démocratie locale.
Mesdames et Messieurs,
Au cours de vos travaux, vous avez adopté une démarche méthodologique qu’il faut apprécier à sa juste
valeur. Je note que l’organisation des ateliers thématiques, a permis de traiter en profondeur des questions
et thématiques essentielles de la vie de la Commune.
Pour ce qui est du cadre juridique et institutionnel vous avez relevé les acquis, depuis l’impulsion de la loi
constitutionnelle du 18 janvier 1996 et les lois de décentralisation de 2004. Vous avez également identifié
les insuffisances et incohérences dudit cadre. Ce travail fondamental appelle, dès lors la prise de mesures
urgentes pour la relecture, et le cas échéant, la révision de textes existants afin de parvenir à la commune
rénovée. Il sera en outre question de légiférer dans les matières encore dépourvues d’un encadrement
normatif.
En ce qui concerne le cadre institutionnel, si l’on doit se réjouir de la densification continue de la carte
communale, du fonctionnement satisfaisant du dispositif existant, vous avez néanmoins indiqué la
persistance de plusieurs contraintes qui ne permettent pas toujours d’atteindre l’objectif recherché de
cohérence et d’efficacité. Au regard des enjeux nouveaux du développement local, les pistes de solutions
innovantes proposées feront l’objet d’un examen attentif pour leur opérationnalisation.
S’agissant du transfert des compétences, je me réjouis des avancées importantes que vous avez relevées,
acquis qu’il s’agira de capitaliser.
Je prends toutefois note des nombreuses difficultés qu’il nous faut encore adresser, qui concernent
notamment une meilleure clarification des compétences transférées, l’adéquation entre les compétences
transférées et les ressources d’accompagnement, ainsi que la définition des modalités de collaboration
entre les collectivités territoriales décentralisées et les Services
Déconcentrés de l’État. La performance dans ce domaine est capitale pour donner sa crédibilité à la
Commune et partant au processus de décentralisation. Le Conseil National de la Décentralisation aura à
cœur de s’assurer que les pistes de solutions proposées par les participants, de manière concertée, sont
examinées et traduites en actions concrètes.
Mesdames et Messieurs,
Ainsi que le Premier Ministre l’a rappelé à l’ouverture des Assises hier, les communes sont le moteur du
développement local. Dans l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) et les autres agendas
mondiaux, tels que le Nouvel Agenda Urbain et les agendas panafricains à l’instar de l’Agenda 2063 de l’Union
Africaine, elles ont un rôle fondamental à jouer. Certes il faut saluer l’élaboration devenue systématiques
des plans communaux de développement, cependant, les questions de cohérence, de faible ancrage de
la planification locale dans celle faite au niveau central et surtout au problème de suivi-évaluation, doivent
être adressées. L’opérationnalisation des suggestions proposées devrait permettre de parvenir à un
développement plus harmonieux et plus équilibré de notre territoire.
Les points cruciaux relatifs aux ressources financières, matérielles et logistiques sont au cœur de l’enjeu
de l’autonomie des communes si on veut qu’elles exercent convenablement leurs compétences. Vous
avez identifié des pistes de mobilisation optimale des ressources, mais surtout de renforcement du capital
humain et partant de mise en place de la fonction publique locale tant attendue. A cet effet, le Gouvernement
veillera à la synergie d’action entre les départements ministériels concernés, mais aussi à une meilleure
coordination entre les pouvoirs publics et nos partenaires techniques et financiers, pour un meilleur ancrage
des programmes et projets conduits ou soutenus sur les priorités nationales et les besoins réels des
communes.
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ACTES
Assises Générales de la Commune
Naturellement sans une gouvernance locale forte, les efforts de rénovation sus décrits resteront vains.
Rapprocher l’administration des administrés à travers la décentralisation appelle en effet une relation
de confiance entre les citoyens et les magistrats municipaux. Au de-là des schémas traditionnels, les
propositions relatives au renforcement du contrôle citoyen et les exigences de redevabilité, sont autant de
pistes à creuser davantage.
Les questions transversales comme la place de la jeunesse et la prise en compte de l’aspect genre devront
davantage être adressées au niveau local.
Mesdames et Messieurs,
A l’issue de vos échanges, force est de constater que des fondations ont été posées pour une Commune
rénovée. Il s’agit maintenant pour tous les acteurs de s’approprier les solutions proposées et de les
transformer plans d’actions, en ayant constamment présent à l’esprit l’exigence de cohérence, d’efficacité
et d’efficience.
Les résultats de ces « Assises Générales de la commune » seront par ailleurs capitalisés dans le cadre du
processus, annoncé par le Chef de l’État, de mise en place des Régions.
En réitérant mes félicitations à tous les participants pour leur investissement et leur engagement, pour
l’atteinte des objectifs de ces travaux, je déclare closes les premières « Assises Générales de la Commune
camerounaise».
Vive la décentralisation et son infatigable promoteur, Son Excellence Monsieur le Président de la République !
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Liste des abréviations
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Annexes
Termes de référence
Fiches techniques des ateliers
Liste des participants
Annexes
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ACTES
Assises Générales de la Commune
prorogation du mandat en cours des conseillers socio-politiques ci-après : les magistrats municipaux
municipaux, un cadre de réflexion concertée et (maires, délégués du gouvernement et quelques
d’analyse approfondie sur l’institution communale, adjoints) ; les députés et sénateurs; des conseillers
portant sur des thématiques spécifiques devant municipaux ; des secrétaires généraux de mairie;
déboucher sur des propositions et des solutions des receveurs municipaux ; les administrations
concrètes, dans le but de donner un nouvel élan à la (PRC, SPM, SP-CND, MINDDEVEL, CONSUPE, MINFI-
commune. DGI, MINFI-DGTCFM, MINFI-DGB, MINEPAT-DPI,
MINEPAT-DGPAT, MINHDU, MINEDUB, MINMAP,
Les assises sont placées sous le très haut patronage MINEE, MINTP, MINSANTE, MINADER, DGSN) ; les
du Président de la République. autorités administratives; les chefs traditionnels;
les présidents des tribunaux administratifs ; les
II. Objectifs
groupements patronaux ; les chambres consulaires;
A. Objectif général : les partenaires techniques et financiers (la GIZ, la
KFW, UNICEF, la Coopération française, la Banque
Améliorer l’organisation et le fonctionnement de la Mondiale, le PNUD, la SNV, l’UE, la BAD) ; le PNDP,
commune, pour renforcer la participation citoyenne le FEICOM, le BUNEC, le CEFAM, le PNFMV ; le
et promouvoir le développement local. CARPA; l’Institut National de la Statistique ; les
partis politiques représentés au sein des conseils
B. Objectifs spécifiques :
municipaux; les organisations de la société civile;
ÔÔ Partager et mutualiser l’état des lieux de les universitaires ; les syndicats des personnels
l’organisation et du fonctionnement de la commune; communaux ; des officiers d’état civil des centres
secondaires.
ÔÔ Susciter une réflexion impliquant divers acteurs,
sur les pistes de rénovation de la commune ; V. Lieu et date
ÔÔ Formuler des propositions réalistes, susceptibles
d’améliorer l’organisation et le fonctionnement de Les « assises générales de la commune » se dérouleront
l’institution communale, ainsi que la gouvernance à Yaoundé, pendant deux (02) jours (6 et 7 février 2019).
locale et partant, le cadre et les conditions de vie Lieu : Palais des Congrès
des populations ; VI. Méthodologie de travail
ÔÔ Compléter et améliorer le cadre normatif et
institutionnel avant les prochaines élections Le programme desdites assises s’articulerait autour
municipales. de trois (02) séances plénières (ouverture et clôture)
et des ateliers thématiques.
III. Résultats attendus : A. Des séances plénières
Au plan pratique, les résultats ci-après sont ÔÔ Une plénière d’ouverture (DG/CUY, keynote speaker,
escomptés : MINDDEVEL et allocution solennelle d’ouverture du
PMCG );
ÔÔ L’état des lieux de l’organisation et du
ÔÔ Une plénière de clôture.
fonctionnement de la commune est partagé ;
ÔÔ Les participants adhèrent aux propositions de B. Un side event sous la forme d’une foire-exposition
rénovation de l’institution communale ; des acteurs et partenaires de la Commune
ÔÔ Des propositions sont formulées en vue : d’une ÔÔ Douze à quinze stands autour de la thématique
part, d’améliorer la gouvernance locale, s’agissant de la Commune camerounaise, animés par : le
notamment de la gestion des deniers publics MINDDEVEL, le FEICOM, le BUNEC, le PNDP, le
communaux, de l’enracinement de la participation CEFAM, les CVUC, la CUY, la CUD et la SMID, la
citoyenne, de la promotion de la transparence; GIZ, le CARPA, le MATGENIE, les syndicats de
d’autre part, de rénover l’organisation et le communes, etc.
fonctionnement de l’institution communale ;
C. Des ateliers thématiques
ÔÔ Les textes juridiques à élaborer, en rapport avec la
rénovation attendue de la commune, sont identifiés. Les ateliers seront organisés autour de cinq (05)
principales thématiques, à savoir : le cadre juridique
IV. Participants et institutionnel applicable à la commune, les
transferts de compétences, la planification et le
Prendront part aux Assises générales de la
développement local, les ressources communales,
commune, six cents (600) personnes, dont 2/3
et enfin, la gouvernance locale.
relevant des communes, réparties parmi les acteurs
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Annexes
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ACTES
Assises Générales de la Commune
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Annexes
FICHES TECHNIQUES
Atelier n°1 : Cadre normatif et institutionnel applicable à la Commune
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ACTES
Assises Générales de la Commune
ÔÔ Quelle relation entre Etat et Commune en matière FEICOM ; Autorités administratives ; Magistrats
de tutelle, de police municipale et d’état civil ? municipaux ; Secrétaires généraux de mairie;
ÔÔ Quelle collaboration entre la commune et les Receveurs municipaux ; Représentant de syndicats
services déconcentrés de l’Etat dans l’exercice des des personnels communaux; Présidents de tribunaux
compétences transférées ? administratifs ; Universitaires et experts en question
de droit de la décentralisation; Représentants des
ÔÔ Quelle serait la sanction la plus efficace pour une
PTF ; Représentants d’organisations de la société
meilleure gouvernance ?
civile.
6. Participants
Président : IG/MINDDEVEL
L’atelier sera constitué d’une soixantaine de Exposant : Pr. MOMO Bernard
participants : Représentant de la PRC ; Représentant Rapporteurs : DAJ- DESPC
des SPM ; Sénateurs et Députés ; Représentants
Equipe du secrétariat : MM. OYONO ESSOMBA-
du MINDDEVEL ; Représentant du MINMAP ;
ONANA ESSOMBA Pierre
Représentant du MINDHU ; Représentant du
MINEPAT ; Représentant du MINFI ; Représentants
Si dans l’ensemble, l’on peut se réjouir de l’effectivité ÔÔ Mécanisme du transfert des compétences
de ces transferts, il convient cependant de relever amélioré;
que lesdites compétences posent un certain nombre ÔÔ Champ des compétences des communes élargi ;
de problèmes notamment :
ÔÔ Collaboration entre les CTD et les SDE dans la mise
ÔÔ Le contenu vague et peu opérationnel de certaines
compétences transférées aux communes par la en œuvre des compétences transférées encadrée
loi n° 2004/018 du 22 juillet 2004 fixant les règles et effective ;
applicables aux communes ; ÔÔ Critères pour la détermination des communes
ÔÔ L’absence de définition des modalités de devant bénéficier de transfert en ressources pour
collaboration entre les Services Déconcentrés de l’exercice d’une compétence arrêtés.
l’Etat et les communes ;
ÔÔ La répartition peu satisfaisante des compétences V. METHODOLOGIE
et des ressources entre les communautés urbaines
Après un exposé introductif, les travaux seront suivis
et les communes d’arrondissement.
par des échanges sur la thématique et la formulation
II. OBJECTIF GENERAL des recommandations à présenter en plénière.
Avoir une compréhension partagée par tous les VI. POINTS A DEBATTRE
acteurs du champ des compétences transférées aux
communes. ÔÔ La méthodologie du transfert des compétences
aux communes est-elle appropriée ?
| 114
Annexes
ÔÔ Existe-t-il des compétences plus pertinentes à ÔÔ Que faire pour que les compétences transférées
même d’impulser le développement local, qui soient effectivement exercées par toutes les
mériteraient d’être transférées aux communes ? communes ?
ÔÔ Les compétences transférées ont-elles été bien
VII. PROFIL DES PARTICIPANTS
identifiées ?
ÔÔ Quelle collaboration entre la commune et les MINDDEVEL ; MINEPIA ; MINHDU ; MINEDUB ; MINEE;
Services Déconcentrés de l’Etat dans la mise en MINTP; MINSANTE ; MINADER ; MINAS; MINEFOP;
œuvre des compétences transférées ? Magistrats Municipaux ; Députés et Sénateurs ;
ÔÔ Comment éviter les disparités entre communes Conseillers Municipaux; Secrétaires Généraux ;
dans l’exercice des compétences transférées du Receveurs Municipaux ; Autorités Administratives. /-
fait de l’insuffisance des moyens ?
Président : SG/MINAT
ÔÔ Les mécanismes et modalités de transfert des
Exposant : M. OWONO OWONO Etienne
compétences sont-ils propices à l’autonomisation
des communes et au développement local ? Rapporteurs : CT2- DSL
ÔÔ Comment améliorer le partage de compétences Equipe secrétariat : M. KAMDEM KOUAM Brice –
entre les communes d’arrondissement et les Mme EKESSI Amanda
communautés urbaines?
| 115
ACTES
Assises Générales de la Commune
| 116
Annexes
La qualité et le niveau des ressources humaines, ÔÔ L’état des lieux du système de gestion de l’ensemble
financières, matérielles et logistiques de la commune des ressources de la commune est partagé ;
sont au cœur de l’enjeu de l’autonomie de celle-ci. En ÔÔ Des propositions en vue de l’amélioration de la
effet, pour exercer convenablement les compétences gestion des ressources humaines de la commune
qui lui sont transférées, et donc remplir sa mission de sont formulées ;
développement local, elle doit disposer de ressources
ÔÔ Des propositions visant à accroître la mobilisation
suffisantes.
des ressources financières de la commune et à en
Pour chacune des dimensions susmentionnées des faciliter la mise à disposition sont identifiées ;
ressources de la commune camerounaise, il semble ÔÔ Des axes précis de modernisation du système de
se dégager une insuffisance tant sur le plan quantitatif gestion budgétaire et comptable de la commune
que qualitatif des moyens dont elle dispose. sont définis ;
ÔÔ Des propositions d’optimisation de la gestion des
II – Objectif général
ressources matérielles et logistiques sont formulées;
Formuler des propositions permettant : ÔÔ Les textes juridiques à élaborer ou à améliorer, en
ÔÔ De pourvoir la commune en ressources humaines de rapport avec les propositions formulées pour chaque
qualité et en quantité suffisante ; type de ressources de la commune, sont identifiés
ÔÔ D’accroître la mobilisation des ressources financières V - Méthodologie de travail
et de moderniser le système de gestion budgétaire
et comptable de la commune ; ÔÔ Approche participative ;
ÔÔ De doter la commune d’infrastructures et ÔÔ Deux exposés introductifs à la thématique pour
d’équipements en adéquation avec sa mission de éclairer les problématiques soulevés ;
développement local. ÔÔ Échanges ;
III - Objectifs spécifiques ÔÔ Formulation des recommandations.
ÔÔ Partager et mutualiser l’état des lieux de chacune des VI – Principaux points à débattre
dimensions «RH», «gestion financière, budgétaire
A – Axe « Ressources humaines »
et comptable », ainsi « gestion matérielle et
patrimoniale » de la commune ; ÔÔ Examen de l’adéquation ressources humaines
disponibles / exercice des compétences transférées
ÔÔ Identifier et spécifier le rôle de chacun des acteurs
/ réalisation des missions de la commune ;
intervenant dans le processus de gestion des
ressources humaines de la commune ; ÔÔ Statut du personnel communal ;
ÔÔ Formuler des propositions réalistes pour ÔÔ Faisabilité juridique, technique et financière d’une
l’amélioration du niveau de mobilisation des fonction publique locale ;
ressources financières de la commune, notamment ÔÔ Problématique de la formation initiale et continue du
en ce qui concerne la rentabilité de la fiscalité locale ; personnel communal et réforme du CEFAM ;
ÔÔ Formuler des propositions visant à accroître la ÔÔ Formation des élus locaux (Maires et Conseillers
qualité de la gestion budgétaire et des comptes Municipaux);
publics locaux ; ÔÔ Problématique de l’adoption des organigrammes
ÔÔ Partager les propositions en vue de l’arrimage types pour la commune – quelle perspective pour
de la gestion des finances publiques locales à la l’organisation des services de la commune ?
budgétisation par programme ; ÔÔ Enjeux du transfert des ressources humaines de
ÔÔ Formuler des propositions pour une mise à l’Etat à la commune pour l’exercice des compétences
disposition efficace à la commune des moyens transférées ;
matériels et logistiques en adéquation avec l’exercice ÔÔ Rôle des syndicats de communes dans le
des compétences transférées ; recrutement et la gestion des ressources humaines
ÔÔ Susciter une réflexion sur le rôle des syndicats mutualisées ;
de communes dans l’acquisition et la gestion des ÔÔ Statut de l’élu local.
ressources matérielles mutualisées.
| 117
ACTES
Assises Générales de la Commune
| 118
Annexes
I -ETAT DES LIEUX solutions aux problèmes identifiés. Bien plus, les
différents comptes ne sont pas soumis aux autorités
Dans son Document de Stratégie pour la Croissance compétentes.
et de l’Emploi (DSCE), le Gouvernement camerounais
définit la décentralisation comme un élément clé de II - OBJECTIFS DE L’ATELIER
promotion de la démocratie et de réduction de la
pauvreté à la base. La décentralisation est en effet a) Objectif global
ancrée dans la constitution du Cameroun, depuis L’objectif global des travaux de l’atelier V consiste à
1996, et sa mise en œuvre a évolué de manière ouvrir une réflexion, sur la question de la gouvernance
graduelle. Depuis lors, plusieurs faits majeurs ont locale, afin de parvenir à un diagnostic complet de la
rythmé le processus y afférent. question et de rechercher, de manière concertée, les
voies et moyens en vue de l’adresser correctement.
A titre d’illustration, on peut citer les lois dites de Il s’agit, au total, d’œuvrer au renforcement de la
décentralisation de 2004, ainsi que le transfert gouvernance au sein des Collectivités Territoriales
effectif des compétences et des ressources aux Décentralisées.
communes et communautés urbaines de 2010
à [Link] note également la promulgation de b) Objectifs spécifiques
plusieurs lois essentielles au rang desquelles, la loi ÔÔ Partager et mutualiser l’état des lieux sur la gestion
portant régime financier des collectivités territoriales des communes, aussi bien dans son organisation
décentralisées, la loi portant fiscalité locale. Les que dans son fonctionnement.
deux lois prévoient des dispositions pertinentes ÔÔ Susciter une réflexion animée par les différents
susceptibles de favoriser la mobilisation accrue des acteurs et experts invités ;
recettes fiscales directes par les communes. ÔÔ Formuler des propositions réalistes de nature à
améliorer la gouvernance au sein des Communes.
Parmi les évolutions les plus récentes, il faut relever
la mise en place du SENAT qui vient de commencer III- RESULTATS ATTENDUS
sa deuxième mandature ; l’élaboration de la stratégie
nationale de la décentralisation ; la création, à travers Au terme de l’atelier, il est notamment attendu des
le décret n°2018/190 du 02 mars 2018, du Ministère participants:
de la Décentralisation et du Développement Local. ÔÔ Un bilan diagnostic complet des problèmes de
gouvernance dans les communes et communautés
Malgré ces avancées certaines, il reste cependant à urbaines;
relever que de nombreux défis obèrent de manière
significative le processus, de même que la portée et ÔÔ Des propositions concrètes en vue d’améliorer la
l’intérêt de cette importante politique publique, défis gouvernance communale, notamment en matière
liés notamment à la gouvernance locale. Il s’agit des de gestion des deniers publics communaux,
défis à la fois endogènes et exogènes. d’amélioration de la participation citoyenne,
d’amélioration de la communication au sein de
Sur le plan endogène, les rapports entre les différentes l’institution communale, de respect des exigences
composantes dirigeantes des Communes ne de reddition des comptes.
favorisent pas toujours la bonne gouvernance dans
la gestion des Communes. IV- METHODOLOGIE DES TRAVAUX
Sur le plan exogène, la collaboration entre les Les travaux seront conduits selon une approche
Communes et les SDE ne sont pas toujours de nature participative, avec un exposé de cadrage, introductif
à favoriser la bonne gouvernance au niveau local. Il de la thématique dont l’ambition est de donner un
en est ainsi des rapports entre les Communes et la aperçu général des problématiques soulevées.
tutelle, des Communes et les OSC, mais surtout des Cet exposé sera suivi d’échanges, assortis de la
Communes et de leurs clients que sont les citoyens formulation des recommandations.
électeurs, membres de la circonscription. V- PRINCIPAUX POINTS A DEBATTRE
Bien plus, les Communes ne brillent pas par la Autant que faire se peut, les l’experts désignés pour
transparence dans la gestion des affaires locales. présenter la communication, devront largement
Les populations ne sont pas généralement associées s’inspirer des questionnements ci-après.
ni à l’identification des besoins ni à la recherche des
| 119
ACTES
Assises Générales de la Commune
ÔÔ Comment promouvoir et renforcer la participation ÔÔ Comment assurer la régularité des sessions des
citoyenne? conseils communaux consacrés au vote du budget
ÔÔ Comment renforcer le principe de reddition des et des comptes ?
comptes à l’échelle locale ? ÔÔ Faut-il adopter des critères d’éligibilité des maires
ÔÔ Comment assurer la régularité des conseils pour une gouvernance améliorée ?
municipaux, notamment ceux à incidence ÔÔ Comment renforcer efficacement les capacités des
financière ? élus locaux ?
ÔÔ En quoi consiste la transparence dans la gestion
VI- PARTICIPANTS
des affaires publiques locales ?
ÔÔ Quel devraient être l’objet et la fréquence des Outre le Président, les modérateurs et les rapporteurs,
contrôles effectués par les institutions spécialisées? le public cible de cet atelier est constitué : des
ÔÔ Pourquoi la répartition des rôles au sein des Maires et des Délégués du Gouvernement ; des
exécutifs communaux n’est-elle pas effective ? Secrétaires Généraux de Communes ; des Receveurs
Municipaux ; des représentants des populations ; des
ÔÔ Faut- il évoluer vers la spécialisation des adjoints ?
représentants de la société civile ; des représentants
et selon quelles modalités ?
des Partenaires Techniques et Financiers.
ÔÔ Comment optimiser le fonctionnement des
organes délibérants et des commissions créées en
Président : M. NGOLE Philip NGWESE
leur sein?
Exposant : Mme NGANE Suzanne (FEICOM)
ÔÔ Comment sécuriser les recettes communales et
combattre les détournements des deniers publics Rapporteurs : CT1- INSP1
communaux, les malversations financières et la Equipe secrétariat : Mme NGA NGWA Léonnelle –
corruption au niveau communal ? M. MOHAMADOU Adamou
ÔÔ Comment adapter les règles de la commande
publique locale aux spécificités de la commune ?
| 120
Liste des
participants /
Participants’ list
ACTES
Assises Générales de la Commune
Inspecteur général /
1. Pr. TCHEUWA Jean Claude MINDDEVEL
Inspector General
Commune de Ngaoundal /
3. BAKARI Aboubakar Maire / Mayor
Ngaoundal Council
Commune de Ndoukoula /
15. ABDOULAYE SIDDI Maire / Mayor
Ndoukoula Council
Commune Mbangassina /
20. MBOENE Bernard Maire / Mayor
Mbangassina Council
Commune de Blangoua /
21. MAHAMAT ABDOULKARIM Maire / Mayor
Blangoua Council
25. AMINOU DIDDI ZOUHAIRA Commune de Tignere / Tignere Council Maire / Mayor
Chefferie traditionnelle /
27. NKEUMBENG TSOBZE Chef traditionnel / Traditional ruler
Traditional Chieftaincy
| 122
Annexes
38. EYENGA Félicité Commune de Mengang / Mengang Council A1 Maire / 1st Deputy Mayor
45. TEM Peter CHEGHE Zhoa Council / Commune de Zhoa Mayor / Maire
Commune de Massangam /
48. MFOPOU ABOUBAKAR Maire / Mayor
Massangam Council
49. Chief Daniel MATTA MOKAMBE Mbonge Council / Commune de Mbonge Mayor / Maire
53. MBOMA Benjamin Commune Mouanko / Mouanko Council A1 Maire / 1st Deputy Mayor
54. BINDZI EBODE François Commune Lobo / Lobo Council Maire / Mayor
55. BESSONG Denis Centre d’état civil / Civil status registration Office Officier d’état civil / Civil status registrar
| 123
ACTES
Assises Générales de la Commune
Commune de Ngoulemakong /
66. AKOA Anicet Maire / Mayor
Ngoulemakong Council
Département Sanaga-maritime /
69. DIKOSSO SEME Fritz Préfet / SDO
Sanaga Maritime Division
Secrétaire Général /
70. NKAN JOUSSE Commune de Manjo / Manjo Council
Secretary general
Secretaire Excécutif /
74. ETOUNDI ESSOMBA CVUC / UCCC
Executive Secretary
Commune de Messamena /
77. AMBAH Emmanuel Maire / Mayor
Messamena Council
Receveur municipal /
78. BELINGA II Théophile CU Kribi / Kribi City Council
Council treasurer
Conseiller Technique /
79. KAMDEM Jean Baptiste GIZ-PRADEC/ PROMUD-GIZ
Technical Advisor
Secretary General /
80. CHENG Edickson B. Wum Council / Commune de Wum
Secrétaire Général
84. NANA SOUAIBOU Commune de Nyambaka / Nyambaka Council A1 Maire / 1st Deputy Mayor
85. NKEMI Prosper Commune de Kon- Yambetta / Kon-Yambetta Council A1 maire / 1st Deputy Mayor
86. Mme ARROYE BETOU Commune de Kon- Yambetta/ Kon-Yambetta Council Maire / Mayor
88. MGBATA SAMMY .N. Misaje Council / Commune de Misaje Mayor / Maire
| 124
Annexes
Receveur Municipal /
96. NJOUNDIYIMOUN YOUBA —
Council Treasurer
97. BANG KOMBA Delor Commune de Ndobian / Ndobian Council Conseiller municipal / Councillor
99. DEZO Isaac Commune de Bakou – Bakou Council Secrétaire Général / Secretary General
101. AYISSI ELOUNDOU Yannick Commune de Yaoundé 2 / Yaoundé 2 Council Maire / Mayor
104. Elise MEKA MBALLA Commune d’Akom II / Akom 2 Council Maire / Mayor
106. OLLO Jean Richard Commune de Moloundou / Moloundou Council Maire / Mayor
107. LEBOGO Jean Commune d’Okola / Okola Council Conseiller municipal / Councillor
Secrétaire Général /
108. LIBONG Patience Commune de Bokito / Bokito Council
Secretary General
112. NGUM Jerome Elak Oku Council / Commune d’Elat Oku Mayor / Maire
115. TSHOUONGANG Elie Saker Commune de Galim / Galim Council Maire / Mayor
118. NJIMBA Hannah Meme Council / Commune de Meme Councillor / Conseiller municipal
Receveur municipal /
123. TEMESSE Albertine Commune de Dschang / Dschang Council
Council Treasurer
| 125
ACTES
Assises Générales de la Commune
Receveur Municipal /
130. EPANE KOUA Pierre Calvin Commune de Douala 6 / Douala 6 Council
Council Treasurer
Secretaire Général /
131. NKEGA Martin Commune de Douala 6 / Douala 6 Council
Secretary General
Secretaire Général /
133. DJOUKA KAMGA Commune de Galim / Galim Council
Secretary General
Commune de Rey-Bouba /
135. DEWA MOHAMAN Maire / Mayor
Rey Bouba Council
Commune de Nguelemendouka /
11. NGUELE Jean-Marie Maire / Mayor
Ngelemendouka Council
Enseignant-Chercheur /
15. DONGMO Beaudelin UIDS
Researcher
16. SONGAMBONGUI Etienne Commune de Dibombari / Dibombari Council Al / 1st Deputy Mayor
17. NTAM Victor CHIA Commune de Bamenda 1 / Bamenda 1 Council Mayor / Maire
18. ESSO Suzanne Commune de Dibombari / Dibombari Council A3 / 3rd Deputy Mayor
19. OTTI KOULLE Ferdinand Commune de Dibombari / Dibombari Council A2 / 2nd Deputy Mayor
| 126
Annexes
Secrétaire Général /
22. ISMAILA Commune de Tibati / Tibati Council
Secretary general
24. NDOUYOU MOKOU ZOULIATOU Commune de Njimom / Njimom Council S.P Maire / Mayor’s Assistant
Secrétaire Général /
30. TANKEU Etienne Lejeune Commune de Mintom / Mintom Council
Secretary General
Receveur Municipal /
31. NIAPELA DJONI Frédéric Commune de Ngoyla / Ngoyla Council
Council Treasurer
Secrétaire Général /
33. ZE SANGONO Commune de Dzeng / Dzeng Council
Secretary General
35. AKONO ZE Jean Marie Commune d’Awae / Awae Council Maire / Mayor
40. NJOBAM Cyril AYORI Nkum Council / Commune de Nkum Mayor / Maire
Représentant /
41. ZENGUELE Jonas MINT
Representative DTR
43. ONDOBO MONO Jérôme Commune de Ntui / Ntui Council Maire / Mayor
52. KONDA Silvère Commune Yokadouma / Yokadouma Council Al / 1st Deputy Mayor
53. EYEBE NDONGO Denis Commune de Dzeng / Dzeng Council Receveur Municipal
| 127
ACTES
Assises Générales de la Commune
56. ATEBA NGAH épse ELOUNDOU Commune d’Okola / Okola Council A3 / 3rd Deputy Mayor
57. NDOCK WALTER Commune de Nyanon / Nyanon Council Al / 1st Deputy Mayor
62. MANI EBODE Timothée Commune de Sa’a / Sa’a Council Secrétaire Général / Secretary General
63. NGALE Pascal Commune de Melong / Melong Council Secrétaire Général / Secretary General
67. EKWALE Martin EKWALE Akwaya Council / Commune d’Akwaya Maire / Mayor
76. ELANGA AMBELA Moïse Commune de Mengang / Mengang Council Conseiller Municipal / Councillor
Enseignant - chercheur /
79. ALIYOU SALI Université de Dschang / Dschang University
Researcher
82. Mme AYI Monique Commune de Dzeng / Dzeng Council Maire / Mayort
89. NGOA Marie hélène Commune d’Akono / Akono Council Maire / Mayor
| 128
Annexes
94. LOMIE MABIA Gérard Commune de Lomie / Lomie Council Maire / Mayor
Secrétaire Général /
95. KOUM Francis Commune de Lomie / Lomie Council
Secretary general
97. NYECK NYECK Sylvestre Commune de Makak / Makak Council Maire / Mayor
98. MOAMBOK Mike Rocheteau Commune de Dimako / Dimako Council Al / 1st Deputy mayor
102. SALA Edith Melanie Commune de Bengbis / Bengbis Council Maire / Mayor
106. FADIMATOU TIKELA Commune de Kaele / Kaele Council A2 / 2nd Deputy Mayor
Secrétaire Général /
107. Georges WANGUE Liberté C.U Nkongsamba / Nkongsamba City Council
Secretary general
108. CHEMO Alice SHEJU Ako Council / Commune d’ Ako Mayor / 2nd Deputy Mayor
109. OSONG Juliena MBUOH Akwaya Council / Commune d’ Akwaya A2 / 2nd Deputy Mayor
110. DONGMO DEMANOU 1 Préfecture de Dschang / SDO Office Dschang Chef SDL / LSD Officer
Secrétaire Général /
116. MESSINANOAH J.B Commune de Saa / Saa Council
Secretary general
121. MUSUMA George LOBE Konye Council / Commune de Konye Mayor / Maire
122. SEINI BOUKAR LAMINE Commune Kolofata / Kolofata Council Maire / Mayor
Secrétaire Général /
123. AVAMEKONGO —
Secretary general
125. ASSOUMOU ESSONO Roger Commune d’Olambe / Olambe Council Maire / Mayor
126. BOUBA HAMADOU Commune de Bogo / Bogo Council Al / 1st Deputy Mayor
| 129
ACTES
Assises Générales de la Commune
134. Mme SAMBA OWONA Commune de Ngoyla / Ngoyla Council Maire / Mayor
8. NGUE NGUE Paul Henri Commune de Biyouha / Biyouha Council Maire / Mayor
Inspector of services /
9. FOWANG Ignatius INS
Inspecteur des services
Expert en développement /
14. BIEND A. Gabriel —
Development expert
15. OLINGA Rodolphe S. Commune de Yaoundé 1er / Yaoundé 1 Council Secrétaire Général
Contractuel de Mairie /
16. WAMY MVEE Brigitte —
Council contract employee
18. MABOULA MBOYA Jacques Commune de Yabassi / Yabassi Council Maire / Mayor
22. TSALA MESSI André Commune de Monatele / Monatele Council Maire / Mayor
| 130
Annexes
24. ËKENUE Samuel OSANG Mundemba Council / Commune de Mundemba Municipal councilor
29. KAZI RALAI Josué Commune de Kaele / Kaele Council Conseiller Municipal / Councillor
Secrétariat Général /
30. BIMBAI Jean Pierre Commune de Nyanon / Nyanon Council
Secretary General
Receveur Municipal /
34. TAGNE SIMO Léopold Commune de Bangan / Bangan Council
Council Treasurer
35. KOH HEN Michel Commune de Yaoundé 6 / Yaoundé 6 Council Conseiller Municipal / Councillor
36. NDOBO KUNTZ Placide Sous-préfecture Zoetele / SDO Zoetele Sous-préfet / SDO
38. David SOSSO NJANGUI Université de Douala / Douala University Chercheur / Researcher
40. MEFIRE CHETOU Commune de Foumban / Foumban Council Chef / Head SAG
Représentant Maire /
41. NGNOTCHOUBA Jean Commune de Makenene / Makenene Council
Mayor’s representative
Secrétaire Général /
42. ADJIA Norbert Commune de Dir / Dir Council
Secretary General
46. LINZO Huguette Linda Commune d’Ambam / Ambam Council Conseiller Municipal / Councillor
49. ZIBI SAMBA Francis Commune d’ayos / Ayos Council Maire / Mayor
52. LIBOG Liliom Jean René Commune d’Eseka / Eseka Council Maire / Mayor
Secrétaire Général /
54. NDO Alvine Commune Ebolowa 1er / Ebolowa 1 Council
Secretary general
| 131
ACTES
Assises Générales de la Commune
Consultant associé /
58. KALDIE YABONOKA Thomas 3D Conseil
Associate Consultant
Commune Pète-Bandjoun /
60. NGASSOP F. Nicole CSAGE
Pete Bandjoun Council
Secrétaire General /
62. NGAMNCLAMIE WUSENI Ndop Council / Ndop Council
Secretary General
63. NGIMBRES Jean E. Commune de Biyouha / Biyouha Council Conseiller Municipal / Councillor
Adjoint au Maire /
Commune de Ngomedzap /
64. NGANKOA Bertille épse AYISSI
Ngomedzap Council
Deputy Mayor
Municipal Treasurer /
72. AKISSEH Pierre Misaje Council / Commune de Misaje
Receveur Municipal
73. BITOUMOU Joël Emmanuel Commune d’Ebolowa / Ebolowa Council Maire / Mayor
79. TSALON Jean Pierre Commune de Bertoua 2ème / Bertoua 2 Council Maire / Mayor
80. TAMEN FOTSO Virginie Commune de Bangangte / Bangangte Council Adjoint au Maire / Deputy mayor
83. MBOMBO ABEL Chenyi Ndop Council / Commune de Ndop Mayor / Maire
85. YETE MBOTE Jacques Commune d’Edea 1 / Edea 1 Council Maire / Mayor
| 132
Annexes
88. LENGUE MALAPA Commune Douala 1er / Douala 1 Council Maire / Mayor
Délégué du Gouvernement /
90. NTONE NTONE FRITZ Communauté Urbaine de Douala / Douala CC
Government Delegate
91. NGUEMBANE Daniel EKOLE Sous-préfecture Koutaba / SD Office Koutaba Sous-préfet / SDO
Représentant TPG /
97. YOUPOUO SEIDOU Trésorerie Générale Garoua / Garoua TPG
TPG’s Representative
100. Colette NGATCHA Commune de Douala 2ème / Douala 2 Council Receveur Municipal
101. EDIBA Simon Pierre Commune d’Obala / Obala Council Maire / Mayor
Délégué du Gouvernement /
103. Vincent NJI NDUMU Bamenda City Council / Bamenda CC
Government Delegate
104. ABDOU LAYE YERIMA Commune de Maroua 2eme / Maroua 2 Council Maire / Mayor
107. BEBOHI MOUNET P.S Communauté Urbaine Kribi / Kribi CC Chef de cabinet / head of Cabinet
109. EBONGUE EBONGUE ONESIME Commune de Dimako / Dimako Council Maire / Mayor
Programme Director/
110. Arnim Fischer GIZ-PRADEC
Directeur du programme
112. EBALE ADJOMO Richard Commune d’Efoulan / Efoulan Council Maire / Mayor
Délégué du Gouvernement /
116. MAZO Louis Jacques Communauté Urbaine Kribi / Kribi CC
Government Delegate
Commune de Meyomessala /
117. MEBIAME MFOU’OU Christian Maire / Mayor
Meyomessala Council
| 133
ACTES
Assises Générales de la Commune
119. NGALA NGA Jacob Nkambe Council / Commune de Nkambe 3rd deputy Mayor / A3
121. NGWA NGONDI Paul Commune de Melong / Melong Council Conseiller Municipal / Councillor
Commune de Salapoumbe /
125. MOSSADIKOU Norbert Maire / Mayor
Salapoumbe Council
126. OUSMANOU AMAN SA’ALY Commune de Pitoa / Pitoa Council Maire / Mayor
Directeur Général/
1. AKOA Philippe Camille FEICOM
General Director
10. SAMKIT Elvis GAHNYAM II Santa Council / Coommune de Santa Mayor / Maire
19. ADAMOU IYA Justin Commune de Betare - Oya / Betare - Oya Council Maire / Mayor
| 134
Annexes
22. ISSA HAMADJOULDE Commune de Mayo- Baleo / Mayo Baleo Council Maire / Mayor
26. TOUMBA MOULYAKAYANG Commune de Figuil / Figuil Council Maire / Mayor par interim
27. DIGHAMBONG Anthony MVO Wum council / Wum Council Mayor / Maire
28. BABIRNG Joseph SAMGWA Balikumbat Council / Commune de Balikumbat Mayor / Maire
Commune de Ngaoundere 2 /
31. IDRISSOU ABANA Maire / Mayor
Ngaoundéré 2 Council
36. NYAM à MAMBA Achille Commune de Kiiki / Kiiki Council Maire / Mayor
38. FONGUH Joseph NGU Commune de Bamenda 2 / Bamenda 2 Council 1st deputy mayor / A1
39. MANON Félicité SIDIKI Commune d’Ebone / Ebone Council Maire / Mayor
40. Jean Pierre BIBOUM Commune de Bot Makak / Bot Makak Council Maire / Mayor
Representant Maire /
42. TAKOE NAH Valère Commune de Deuk / Deuk Council
Mayor’s representative
Délégué du gouvernement /
43. NZETE Emmanuel CU Bafoussam / Bafoussam CC
Government Delegate
Contrôleur financier /
45. NSANGOU Idrissou CU Yaounde / Yaounde CC
Finance Controller
47. MBAK MBOURI Emmanuel Commune de Bibey / Bibey Council A1 Maire / 1st Deputy Mayor
Receveur Municipal /
48. MALMAMOUDOU Commune de Djohong / Djohong Council
Council Treasurer
Secrétaire Général /
50. Chief George Michael MWAFISE Isangele Council / Commune d’Isangele
Secretary General
President National /
51. NJIFON Philippe FENTEDCAM
National Chairperson
| 135
ACTES
Assises Générales de la Commune
53. AYISSI Stanislas Commune d’Elig- Mfomo / Elig Mfomo Council Maire / Mayor
55. SANGA Jean Baptiste Commune de Bana / Bana Council Maire / Mayor
58. ONANA Théophile Commune de Bertoua 1er / Bertoua 1 Council Conseiller Municipal/ Councillor
62. NTIMI Oliver AKAW Idabato Council / Commune d’Idabato Mayor / Maire
63. EVINI AVANG Commune Yaounde 4 / yaoundé 4 Council Conseiller Municipal / Councillor
64. HOULCAOU Edouard Commune de Belel / Belel Council A1 Maire / 1st Deputy Mayor
65. AMOUGOU NOMA Reqine Commune Yaounde 4 / Yaoundé 4 Council Maire / Mayor
67. ELAZE Marie Louise Commune Biwong Bulu / Biwong Bulu Council Maire / Mayor
70. IPOUA Robert Olivier Commune de Campo / Campo Council Maire / Mayor
Commune de Moulvoudaye /
73. WAMENE KAISSALA Maire / Mayor
Moulvoudaye Council
75. ETONGO Grâce MENG Bamusso Council / Commune de Bamusso Mayor / Maire
77. BATE EPEY Robert Tinto Council / Commune de Tinto Mayor / Maire
78. MBU-EWANE LULU V. Kumba III Council / Commune de Kumba 3 Treasury Staff
79. ABEH Hyacinth TALA Njinikom Council / Commune de Njinikom 2nd Deputy Mayor / A2 Maire
80. MENGANAS Alain Wilfried Commune de Diang / Djang Council Maire / Mayor
Receveur Municipal /
83. DOUNAH MVETOR Fabrice Commune de Bafia / Bafia Council
Council Treasurer
Délégué du Gouvernement /
84. AHMADOU ELHADJI BOUBA CU Garoua / Garoua CC
Government Delegate
Secrétaire Général /
85. MFOUAPON ALASSA Commune de Banwa / Banwa Council
Secretary General
88. GAMANAN LAOBOL Commune Madingring / Madingring Council Conseiller Municipal / Councillor
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Annexes
Receveur municipal /
90. TSANGA NKOMO B. Commune Deuk / Deuk Council
Council treasurer
Receveur municipal /
91. MUSONGUI W. Roméo Commune Bafoussam 3 / Bafoussam 3 Council
Council treasurer
Secrétaire Général /
95. NDONG EKANJE Martin Kumba 3 Council / Commune de Kumba 3
Secretary general
Presidente Nationale /
96. JUIMO Odette SONAFAAC
National Chairperson
98. NDEFONKOU Daniel Commune de Bafoussam 3eme Bafoussam 3 Council Maire / Mayor
101. MBA MBO Hyacinthe Commune d’Ambam / Ambam Council Maire / Mayor
105. NDJANKOUM Félix J.P Commune de Somalomo / Somalomo Council Maire / Mayor
108. FOUDA FOUDA Frédéric Commune de Mboma / Mboma Council Maire / Mayor
Chargé de la Coopération/
109. COUMAYE Claude Céleste Commune de Koza / Koza Council
Cooperation Officer
117. FONYUY Fidelis BERNSAH Mbiame Council / Commune de Mbiame Mayor / Maire
Coordonnateur National /
118. Etienne Didier ONANA Société Civile
National Coordinator
119. NGO SANA H. LAJDDHD/ Société Civile Secrétaire Général / Secretary general
120. NDJOWE Dominique Commune Dschang / Commune de Dschang Secrétaire Général / Secretary general
121. TAM LIKENG Richard Sous-Prefecture Ngoro / SDO Ngoro Sous-Prefet / SDO
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ACTES
Assises Générales de la Commune
126. AKEFAC Philip Commune de Mbouda / Mbouda Council Secrétaire Général / Secretary general
127. LIBONG Patience Commune de Bokito / Bokito Council Secrétaire Général / Secretary general
128. MESSANGA BESSALA Simon Commune d’Ayos / Ayos Council Receveur municipal / Council treasurer
129. ESSONO Bertrand Commune d’Ayos / Ayos Council Secrétaire Général / Secretary general
130. FANKAM Ulrich Commune de Bangou / Bangou Council Conseiller Municipal / Councillor
133. BANU ADU Odi Njikwa Council / Commune de Njikwa Mayor / Maire
138. ETAKA OKALI Jean Commune d’Elig- Mfomo / Elig Mfomo Council Receveur municipal / Council treasurer
141. NANA ALIM Commune Tchollire / Tcholliré Council Officier d’etat Civil
142. ESSOMBA Guy Mathurin Commune de Melong / Melong Council Receveur municipal / Council treasurer
145. ELA ELA Valère Commune Meyomessi / Meyomessi Council Conseiller Municipal / Councillor
147. SANCHO née Martha GHOGONU Ndop Council / Commune de Ndop Municipal Councellor
148. SANANGBIAMB ZANIRI Furu-Awa Council / Commune de Furu Awa Mayor / Maire
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Annexes
160. MVOGO SYLYAC Marie Département du Mbere / Mbéré Division Préfet / SDO
4. NDONGO ETAME David Chambre des Comptes / Audit Bench Conseiller Maitre/ Counsel. Lawyer
Délégué du Gouvernement /
7. NZOKE DIEUDONNE CU Edea / Edea CC
Government Delegate
8. WELEME VENE Commune de Yagoua / Yagoua Council Secrétaire Général / Secretary general
9. NSANE BESSALA Commune de Nkoteng / Nkoteng Council Secrétaire Général / Secretary general
11. Dr OSSIMA Gilles André Commune de Lolodorf / Lolodorf Council A1 Maire / 1st Deputy Mayor
12. MENGUE ESSONO Gervais Commune de Ma’an / Ma’an Council Maire / Mayor
Commune de Bafoussam I / er
13. MEFIRE Jules Conseiller Municipal / Councillor
Bafoussam 1 Council
14. TANDJONG Martin MESHONGONG Tubah Council / Commune de Toubah Mayor / Maire
16. BEUBOUM Roger Commune de Ngaoui / Ngaoui Council Secrétaire Général / Secretary general
17. Dimanche DAIROU Commune de Ngaoui / Ngaoui Council Receveur municipal / Council treasurer
Commune de Ngoumou /
19. AMIE ASSOUH Antoine Maire / Mayor
Ngoumou Council
Commune de Bamougoum /
20. MAKOU Lydie Conseiller Municipal / Councillor
Bamougoum Council
22. MENGACK KHUM Cyprien Commune de Mbang / Mbang Council Maire / Mayor
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ACTES
Assises Générales de la Commune
Commune de Mengong /
25. ENGOLO ETO Gervais Maire / Mayor
Mengong Council
Banguem Council /
30. EKUH OJEH Simon Mayor / Maire
Commune de Banguem
Kumba 2 Council /
32. FORCHA NDOBEGANG Martin Mayor / Maire
Commune de Kumba 2
35. ARREY Victor A. Tinto Council / Commune de Tinto Councillor / Conseiller Municipal
Commune de Bayangam /
37. GHEDO Pierre Conseiller Municipal / Councillor
Bayangam Council
39. YOUSSOUFA TERDE MOUSSA Commune de Hina / Hina Council Maire / Mayor
41. ABBA MALOUM MAMA Commune de Zina / Zina Council Maire / Mayor
46. BITCHEBE Désiré Raphaël Commune de Tonga / Tonga Council Maire / Mayor
48. S.M SADOU YAOUBA Commune de Poli / Poli Council Maire / Mayor
Bamenda 2 Council /
49. BALICK AWA Fidelis Mayor / Maire
Commune de Bamenda 2
Commune de Maroua 3e /
52. BOUBAKARI BELLO Maire / Mayor
Maroua 3 Council
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Annexes
Expert Décentralisation /
58. KON TCHUENTE Barthélémy ONECCA
Decentralisation expert
60. MENYE DWINE NEKENOA Toko Council / Commune de Toko Mayor / Maire
65. NJONKAM Anne Commune de Bafang / Bafang Council A1 Maire / 1st Deputy Mayor
Commune de Bamendjou /
66. KAMDOUM Maire / Mayor
Bamendjou Council
Commune d’ Angossas /
68. KAKOUAND EBA épse TSITSOL Anne Marie Maire / Mayor
Angossas Council
69. MPANS Gisèle Rose Commune de Doumé / Doume Council Maire / Mayor
75. BUNYUI NYUGAB Emmanuel Ndu Council / Commune de Ndu Mayor / Maire
80. DEMENOU TAPAMO Adrienne Paule Commune de Fokoue / Fokoue Council Maire / Mayor
81. Dieudonné DAY ZAL Commune d’Atok / Atok Council Maire / Mayor
Commune de Mayo-Darle /
82. GBEUNGBA TOULALE Maire / Mayor
Mayo Darle Council
Verificateur Assistant /
83. LOGA Eric CONSUPE
Assistant Verifier
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ACTES
Assises Générales de la Commune
Commune d’Edzendouan /
86. ZING Serges Dieudonné Maire / Mayor
Edzendouan Conbcil
89. NGBWA née BIKIE Odile Commune de Zoetele / Zoetele Council Maire / Mayor
Commune Kouoptamo /
92. NJOYA OUSMANOU Maire / Mayor
Kouoptamo Council
Délégué du Gouvernement /
98. WOUAMANE MBELE CU Bertoua / Bertoua CC
Government Delegate
99. NJONG FONYUY Donatus Kumbo Council / Commune de Kumbo Mayor / Maire
Commune de Yaounde 3 /
103. AKAMESSE Michel Adjoint au Maire / Deputy Mayor
Yaounde 3 Council
Commune de Madingring /
104. DJENABOU MAFING Marie Maire / Mayor
Madingring Council
Commune de Kobdombo /
107. ELOUNDOU Maurice CCF
Kobdombo Council
Commune de Kobdombo /
108. ASSOMO AKONO épse AYE A2 Maire / 2nd Deputy Mayor
Kobdombo Council
Conseiller Technique
109. Mireille ATANGANA GIZ-PRADEC / PROMUD -GIZ Communication / Technical Advisor
Communication
110. ESSOA ONDOUA Martial Commune de Kribi Ier / Kribi 1 Council Agent communal /
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Annexes
Coordonnateur National /
118. Marie Madeleine NGA PNDP
National Coodinator
124. Emmanuel PENDA WOKONYI Idenau Council / Commune de Idenau 1st Deputy Mayor / 1er Adjoint Maire
126. NGOME EBENE Jean Commune de Manto / Manto Council A2 Maire / 2nd deputy Mayor
129. MBAMA Fils II Village Ndimi / Ndimi Village Chef Traditionnel / Traditional ruler
Commune de Ndikinimeki /
130. OBIEGNI Thomas Maire / Mayor
Ndikinimeki Council
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