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Cours D'enzymologie Et Biochimie Métabolique: Secion: SVI-S4

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Université Mohammed Premier

Faculté des Sciences


Département de Biologie
Oujda-Maroc

Secion: SVI—S4

Cours d’Enzymologie et Biochimie


Métabolique

Pr. Hicham Harnaf

2019-2020
Chapitre 1 : Rappels de Cinétique Chimique

1. Vitesse de réacion
A ----------------> P

Une réaction chimique est un processus dynamique qui parte d’un


état initial et transforme des réactifs en produits pour aboutir à un
état final. Ce processus se déroule avec une certaine vitesse qu’on
appelle vitesse de réaction et qu’on note:

-dA dP
V= =
dt dt

dA étant la concentration initiale du réactif transformée et


dP la concentration du produit formée pendant l’unité de
temps dt.
A température constante, la vitesse de la réaction est proportionnelle au
produit des concentrations des réactifs où chacune des concentrations est
élevée à une puissance égale au coefficient stœchiométrique du réactif
dans l'équation chimique de la réaction.

Ainsi:

pour la réaction : A ---------> P, l’équation de vitesse est donnée par :

v = k.[A]

pour la réaction : 2 A ----------> P, l’équation de vitesse est donnée par :

v = k.[A]2

Où k est un coefficient de proportionnalité appelé constante de vitesse de


la réaction.
2. Ordre d'une réaction

L'ordre est une description de la cinétique de réaction;


il définit le nombre de termes de concentrations qui doivent
être multipliés pour obtenir l'équation de vitesse de la
réaction.

Ainsi, dans une réaction du premier ordre, la vitesse est


proportionnelle à la concentration d'un seul réactif, dans une
réaction de second ordre, elle est proportionnelle au produit
de deux concentrations, et ainsi de suite.
2.1. Réactions d’ordre zéro
A -----------> P

La vitesse d’une réaction d'ordre zéro est constante et ne dépend


pas des concentrations des réactifs. On dit que la cinétique est
linéaire, c’est-à-dire que la concentration des réactifs diminue
linéairement et celle des produits augmente linéairement en
fonction du temps.
L’équation de vitesse est notée :

d[A]
V= - =k
dt
Après intégration, on obtient :

[A] =– k.t + [A]0

Y=– a.x +b

La représentation de [A] = f(t) est donc une droite de pente –k


et d’ordonnée à l’origine [A]0
[A] en mol/l

[A]0

Pente = -k

Temps en secondes
Notas :
•Pour une réaction d'ordre zéro, l’unité de la constante de vitesse k est le
M/s.
•On peut calculer la demi-vie d’une réaction dont le symbole est t1/2.
•La demi-vie correspond au laps de temps au bout duquel la concentration
initiale d’un réactif diminue de moitié :
Selon cette définition, lorsque t est égal à t1/2, [A] est égale à 0,5[A]0.

On peut donc calculer la valeur de t1/2 à partir de l’équation de vitesse

intégrée en remplaçant [A] par 0,5[A]0:

[A] = [A]0 - kt
0.5[A]0 = [A]0 – kt1/2

[A]0
t1/2 =
2k
Donc, dans une réaction d’ordre zéro, la demi-vie dépend de la
concentration initiale du réactif.
2.1. Réactions d’ordre 1
A -----------> P

La vitesse d’une réaction d'ordre 1 par rapport à un réactif dépend


de la concentration de ce réactif. On dit que la cinétique est
exponentielle, c’est-à-dire que la concentration des réactifs diminue
exponentiellement et celle des produits augmente exponentiellement
en fonction du temps.
Son équation de vitesse est notée :

d[A]
v=
dt
- = k.[A]
Après intégration de cette équation, on obtient :

Ln [A] = Ln [A]0 – k.t

Où [A]0 est la concentration de A à l'instant t0= 0.

La représentation graphique de Ln [A] = f(t) est une droite de


pente –k et d’ordonnée à l’origine Ln [A]0.
Ln [A]

Ln [A]0

Pente = -k

Temps en
secondes
•Pour une réaction d'ordre 1, l’unité de la constante de vitesse k
est le s-1 .ou min-1 (temps -1).

•La demi-vie d’une réaction d’ordre 1 est calculée selon l’équation


de vitesse intégrée :

[A]
Ln = -kt
[A]0

0,5[A]0
Ln = -k t½
[A]0

Ln0,5 = -k t½ = -0,693

0,693
t½ =
k

Donc, pour une réacion d’ordre 1, la demi-vie est indépendante de la


concentraion du réacif.
2.3. Réactions d’ordre 2

On considère la réaction suivante : A+A ------------> P


La vitesse de la réaction est proportionnelle au carré de la
concentration. La concentration des réactifs diminue
hyperboliquement et celle des produits augmente
hyperboliquement en fonction du temps.
Son équation de vitesse est notée :

d[A]
v= - = k.[A].[A] =
dt
k.[A]²
Après intégration de cette équation, on obtient :

1 1
= + k.t
[A] [A]0

Où [A]0 est la concentration de A à l'instant t0= 0.

La représentation de 1/[A]= f(t) est donc une droite de pente k.


La représentation de 1/[A]= f(t) est une droite de pente k.

1/[A] en M-1

Pente = k

1/[A]0

Temps en
secondes
Notas :
•Pour une réaction d'ordre 2, l’unité de la constante de vitesse k
est le M-1.s-1.

•La demi-vie d’une réaction d’ordre 2 est calculée selon


l’équation de vitesse intégrée :

1 1
= +k. t½
0.5 [A]0 [A]0

1
t½ =
k.[A]0

•Donc, La demi-vie des réactions d’ordre 2 dépend de la


concentration initiale de A.
En résumé :

•Si le graphique de [A] en fonction de t donne une droite, la réaction est


d’ordre zéro.

•Si le graphique de Ln [A] en fonction de t donne une droite, la réaction


est d’ordre 1.

•Si le graphique de 1/[A] en fonction de t donne une droite, la réaction est


d’ordre 2.

ordre Equation de Equation de Graphique d’une k Unités Demi-vie


vitesse vitesse intégrée droite de k

0 V=k [A] = [A]0-kt [A] fonction de t - M.s-1 [A]0/2k


1 V= k.[A] Ln [A] = Ln[A]0-kt Ln [A] fonction de t - s-1 0,693/k
2 V= k.[A]2 1/[A] = 1/[A]0+kt 1/[A] fonction de t + M-1.s-1 1/k[A]0
3. Loi d’action des masses et constante d’équilibre
Soit la réaction conduisant à l’équilibre suivant :

k1
A+B C+D
k2

L’équilibre de la réaction sera atteint lorsque les deux vitesses des


réactions opposées V1 et V2 seront égales. Les vitesses de réaction

sont proportionnelles aux concentrations des réactifs :

 V1 = k1.[A].[B]
 V2 = k2.[C].[D]

k1 et k2 sont les constantes de vitesses des réactions dans les sens 1 et


2, respectivement.
A l’équilibre, on aura V1 = V2, soit :

k1 [A].[B] = k2 [C].[D]

k1 [C]. [D]
Keq = =
k2 [A] . [B]

Keq est appelée constante d’équilibre de la réaction.


4. Energie libre d’une réaction

On considère la réacion :
k1
A+B C+D
k2

Avec K la constante d’équilibre

•A l’état iniial, les composés A et B possèdent un poteniel


énergéique noté P1 ;

•De même, à l’état inal, les composés C et D possèdent un


poteniel énergéique qu’on note P2.
Ainsi, la réacion n’est thermodynamiquement possible dans le sens 1
que si :

P1 > P2

La variaion d’énergie dans le sens 1 est notée :

ΔG = P2-P1

Cete variaion d’énergie ΔG est l’énergie libre de Gibbs du


système réacionnel c’est-à-dire l’énergie uilisable pour
efectuer un travail (une réacion).
Notas :
•Lorsque une réaction correspond à une diminution d’énergie libre entre

l’état initial et l’état final (P2<P1), son exécution est spontanément réalisable

et elle est dite réaction exergonique ou bien exothermique c-à-d elle libère de
l’énergie. Son ΔG est affectée du signe (-) ;

•Lorsque une réaction correspond à une augmentation d’énergie libre entre

l’état initial et l’état final (P2>P1), son exécution n’est pas spontanément

réalisable, elle est dite endergonique ou bien endothermique c'est-à-dire elle


demande un apport d’énergie. Son ΔG est affectée du signe (+);

•Il faut noter que l’énergie libre ne nous renseigne que sur le sens dans
lequel la réaction peut se faire et pas sur sa vitesse.
5. Energie d’activation

Lorsqu’une réaction est thermodynamiquement réalisable dans un


sens donné, cela signifie qu’il existe un passage possible entre
l’état initial (M) et l’état final (M’). Mais, pour que la réaction se
fasse effectivement il faut qu’un certains nombre de chocs efficaces
ait lieu entre les réactifs. Ces chocs ne sont efficaces que si les
réactifs qui les subissent sont dans un état particulier qu’on
appelle état activé ou état de transition (M*).

L’énergie nécessaire pour faire passer les réactifs de l’état normal


(M) à l’état activé (M*) s’appelle énergie d’activation (Ea).
Energie

État de transition (M*)


-----------------------------------------------------------

Energie d’activation (Ea)

A+B
P1
-------------------------------------------------------------
État initial (M)

Energie libre ΔG

C+D
P2 -----------------------------------------------------------------------
État final (M’)

Décours de la réaction
Notas:

•Plus l’énergie d’activation est faible plus la réaction a


de chance de se faire rapidement et spontanément;

•L’énergie d’activation à fournir pour une réaction


varie selon les conditions expérimentales; sa valeur
peut notablement abaisser en présence de
catalyseurs.
6. Catalyse

La catalyse est l'augmentation de la vitesse d'une réaction due à


la présence de substances particulières qui sont inchangées à la
fin de la réaction. On dit que la catalyse est homogène si le
catalyseur fait partie de la même phase que le système
réactionnel, et dans le cas contraire on parle de catalyse
hétérogène. Les catalyseurs agissent en diminuant l’énergie
d’activation (Ea) des réactions chimiques (voir figure page
suivante). Ils peuvent être sous forme de métaux, acides, bases
ou de protéines qu’on appelle enzymes.
Energie

--------------------------------------------------------------------------
Energie d’activation en absence
d’enzyme

---------------------------------------------------------------------------

Energie d’activation en présence


d’enzyme

--------------------------------------------------------------------------------------
Réactifs
Energie libre ΔG

--------------------------------------------------------------------------------------
Produits

Décours de la réaction
Chapitre 2 : Cinétique Enzymatique

1. Généralités

Les enzymes sont des macromolécules de nature protéique,


elles jouent le rôle de catalyseurs biologiques qui ont la
capacité d'accélérer les réactions chimiques dans les cellules
vivantes sans être transformés, eux-mêmes, d'une façon
permanente. Les enzymes ont donc un rôle vital qui se
manifeste par la catalyse de l’ensemble des réactions
constituant le métabolisme c’est-à-dire l’anabolisme et le
catabolisme d’un grand nombre de molécules biologiques.
Chaque réaction chimique dans une cellule possède son
propre catalyseur enzymatique. Donc, il existe un grand
nombre d'enzymes dans une cellule vivante.

On note par exemple :


•chez E. coli, il y a environ 4485 gènes, dont 33.5 % codent pour
des enzymes distinctes;
•chez l’Homme, on estime ~ 23000 gènes dont ~ 3000 (13%)
codent pour des enzymes intervenant dans presque 140 voies
métaboliques.
En l'absence d'enzymes, plusieurs réactions biochimiques ne sont
pas possibles même si on attend des années et la vie, comme on la
connaît, n'existerait pas.

L’activité catalytique de nombreuses enzymes nécessite la présence


de petites molécules qu’on appelle cofacteurs. Ainsi, une enzyme
sans cofacteur est appelée apoenzyme et l’enzyme complète
catalytiquement active est dénommée holoenzyme :

Apoenzyme + Cofacteur = holoenzyme.


On note aussi que l'activité catalytique peut exister de façon
limitée dans d'autres molécules biologiques c’est le cas des ARN et
des anticorps :

•Ribozymes : fragments d’ARN qui possèdent la capacité à


hydrolyser d'autres séquences d'ARN.

•Abzymes : anticorps doués d’activité catalytique.


2 .Nomenclature et classification des enzymes

2.1. Nomenclature des enzymes

Les enzymes peuvent être désignées par :


• un nom commun ou usuel;
• un nom systémaique ;
• un numéro de classiicaion EC (Enzyme Commission). Ce numéro, qui est
spéciique pour chaque enzyme, est iré d'un tableau qui donne les 6
principales classes de réacions que les enzymes peuvent efectuer, puis les
sous-classes et les sous-sous-classes. Ainsi chaque enzyme possède un numéro
de code, précédé des letres E.C et comportant quatre chifres séparés par des
points.
Exemple :

L-Lactate déshydrogénase : nom commun ;


L-lactate : NAD. Oxydoréductase : nom systémaique,
numéro de code : EC 1.1.1.27.

L’appellaion la plus uilisée est celle tenant compte du


nom de substrat sur lequel l’enzyme agit suivi du suixe
"ase". Exemple : amidon : amylase, urée : uréase, glucose :
glucosidase…etc.
2.2. Différentes classes d’enzymes

Les enzymes sont réparies en 6 classes majeures en foncion des réacions


qu’elles catalysent.

Oxydoréductases

Transférases

Hydrolases

Lyases

Isomérases

Ligases
a) Oxydoréductases

Elles catalysent des réacions dans lesquelles sont transférés des


électrons accompagnés ou non de protons. Ces enzymes
foncionnent avec des coenzymes divers (NAD+, FAD…) qui se
comportent comme des accepteurs intermédiaires des électrons. La
plupart de ces enzymes sont des déshydrogénases, d’autres sont
des oxydases, des peroxydases, des réductases.

Exemple : Lactate déshydrogénase (LDH):

LDH
Lactate + NAD +
---------------------> Pyruvate + NADH, H+
b) Transférases

Les transférases catalysent des transferts de groupes d’atomes d’une

molécule donneuse à une molécule receveuse.

Exemple : la glucokinase:

glucokinase
D-glucose + ATP ---------------------> D-glucose-6-phosphate + ADP
c) Hydrolases

Elles catalysent l’hydrolyse de divers types de liaisons. Elles sont


classées en diférentes sous-classes en foncion de la nature de leur
substrat : esters phosphoriques (phosphatases), glucides (osidases),
lipides (lipases), acides nucléiques (nucléases).

Exemple : la β-galactosidase:

β-galactosidase
Lactose + H2O -------------------------------> Galactose + Glucose
d) Lyases

Ce sont des enzymes qui catalysent le départ d’un


groupement à parir d’un substrat, avec appariion d’une
double liaison.

Exemples : Aldolase, enolase:


e) Isomérases

Les isomérases catalysent le changement de place de

groupes d’atomes à l’intérieur d’une même molécule.

Exemple : la phosphoglucomutase

phosphoglucomutase
D-glucose-1-phosphate -------------------------> D-glucose-6-phosphate
f) Ligases (synthétases)

Elles catalysent les réacions de synthèse de liaisons. Ces


réacions nécessitent de l’énergie qui est fournie
souvent sous forme d’ATP.

Exemple : la glutamine synthétase

Glutamine synthétase
L-glutamate + ATP + NH4 +
------------------------------> L-glutamine + ADP + Pi
En résumé :

Classes d’enzymes Type de réacions catalysées Exemples


Oxydoréductases Réacions d’oxydoréducion Lactate déshydrogénase
Transférases Transfert de groupes foncionnels Glucokinase
Hydrolases Réacions d’hydrolyse Osidases, protéases,
phosphatases
Lyases Eliminaion de groupes pour former des Fructose bisphosphate aldolase
doubles liaisons
Isomérases Transfert de groupe dans la même phosphoglucomutase
molécule
Ligases Formaion de liaisons Glutamine synthétase
(synthétases)
3. Propriétés des enzymes

3.1. Efficacité

Les enzymes accélèrent les réacions biochimiques en diminuant


leurs énergies d’acivaion et ne sont pas consommées au cours de
la réacion, elles sont acives en faibles concentraions. Les
réacions catalysées par des enzymes sont 106 à 1012 fois plus
rapides que les réacions non catalysées.
3.2. Spécificité

Les enzymes présentent une spéciicité pour leur substrat et pour la


réacion qu’elles catalysent. Ainsi, certaines enzymes ne reconnaissent
qu’un seul substrat (exemple la glucokinase), d’autres ont une
spéciicité moins restreinte et reconnaissent plus d’un substrat
(exemple : hexokinase, pepidases : trypsine, chymotrypsine).
On note aussi que les enzymes peuvent avoir une
spéciicité liée à l’anomérie, c’est le cas des osidases qui
catalysent des réacions d’hydrolyse des oses. Ces osidases
sont spéciiques à un anomère et non pas à l’autre.

Exemple une β-fructosidase hydrolyse une liaison osidique


impliquant le β-fructose et pas celle impliquant
l’α-fructose.
En outre, certaines enzymes peuvent être spéciiques à un
isomère et pas à l’autre.

par exemple les enzymes qui hydrolysent les liaisons


pepidiques des acides aminés de la série L ne peuvent pas
hydrolyser celles impliquant des acides aminés de la série D.

De même, les osidases qui hydrolysent des liaisons


osidiques entre des oses de la série D ne peuvent pas
hydrolyser celles des oses de la série L et vice-versa.

On parle de l’énaniosélecivité ou stéréosélecivité des


enzymes.
3.3. Site actif

Le grand pouvoir catalyique des enzymes vient du fait que


les substrats y sont liés sous forme d’un complexe enzyme-
substrat.
Les substrats sont liés à une région spéciique de l’enzyme
appelée site acif (site de ixaion + site catalyique). Les
résidus d’acides aminés du site acif s’appellent des groupes
catalyiques (généralement : sérine, cystéine, hisidine,
tyrosine).
Le site acif est une enité tridimensionnelle qui occupe
une part relaivement réduite de la protéine enzymaique.

Les acides aminés du site acif peuvent provenir de


diférentes régions de la séquence linéaire. La liaison
enzyme-substrat s’efectue par des liaisons relaivement
faibles (interacions électrostaiques, liaisons hydrogène et
interacions hydrophobes).
Les sites acifs se présentent le plus souvent sous forme de
issures ou de crevasses dont l’eau est habituellement exclue (sauf
si l’eau intervient dans la réacion catalysée).

La spéciicité de la liaison dépond de la disposiion des atomes


dans le site acif (modèle clé serrure). La plasicité de la
conformaion tridimensionnelle du site acif lui permet de
s’ajuster à la géométrie du substrat pendant que la réacion
s’efectue (processus d’ajustement induit).
Substrat

Substrat

Complexe Complexe
enzyme-substrat enzyme-substrat
Enzyme Enzyme

Modèle clé-serrure Ajustement induit


4. Cinétique enzymatique Michaëlienne

4.1. Vitesse initiale d’une réaction enzymatique

Lorsqu’une enzyme (E) est mise en présence de son substrat (S), la


formaion du complexe enzyme-substrat (ES) est très rapide.

k1 kcat
E+S ES P+E
k2

V = kcat . [ES]
Cete étape iniiale, appelée phase pré-staionnaire est généralement
de l’ordre de milliseconde. A la in de cete étape commence la phase
staionnaire, pendant laquelle l’enzyme est saturée par son substrat et
le complexe enzyme-substrat est à concentraion maximale et
constante, et durant laquelle la vitesse de la réacion est constante et
répond à une cinéique d’ordre zéro. Cete vitesse est dite vitesse
iniiale (Vi). Dès que la concentraion du substrat diminue
signiicaivement, la vitesse de la réacion diminue et l’on entre dans
la phase post-staionnaire.

Vi = kcat . [ES]
[Concentrations]

[S] [P]

t0-----> t1 : phase pré-stationnaire


t1-----> t2 : phase stationnaire
t2-----> t∞ : phase post-
stationnaire

[ES]

t1
t0 t1 t2 t∞
Finalement, la vitesse
P devient nulle

La vitesse d'appariion du produit diminue :


- il y a moins de substrat (car il est
consommé par la réacion).

La vitesse est maximale et


l'enzyme
vient juste d'entrer en contact constante (vi)
avec le substrat. il faut que le
substrat se ixe sur l'enzyme,
(quelques μs ou ms).
La vitesse initiale (Vi ou bien V0) d’une enzyme peut être

déterminée graphiquement à partir de la courbe de variation de la

concentration du produit [P] ou du substrat [S] en fonction du

temps. Elle est calculée comme étant la pente de la tangente à la

courbe au point t=0 (voir figure ci-dessous).

Pour mesurer la Vi d’une enzyme, il faut se mettre dans les

conditions initiales:

[S]0 >>> [E]0

 Formation du produit négligeable (ES <--X---- P)


[P]

[P2]

Vi = [P2]- [P1]
[P1] t2 - t1

t0 t1 t2 t

[S]

[S2]
Vi = - [S2]- [S1]
t1 - t2

[S1]

t0 t1 t2 t
4.2. Effet de la concentration en enzyme sur Vi

Si on fait varier la concentraion en enzyme pour une


concentraion de substrat ixe, la formaion du produit en
foncion du temps reste linéaire, plus il y a d’enzyme, plus
la réacion est rapide. La cinéique est d’ordre 1 par
rapport à l’enzyme.
[P]

Vi3
[E3]

Vi2 [E2]

Vi1 [E1]

Vi

Vi3

Vi2

Vi1

E1 E2 E3 [E]
4.3. Effet de la concentration en substrat sur Vi

Si on augmente la concentraion du substrat et on mainient la concentraion


en enzyme constante, on constate que la vitesse iniiale augmente
progressivement avec une allure hyperbolique pour ateindre une valeur
maximale et constante qu’on appelle vitesse maximale (Vmax ou bien Vm). La

concentraion en substrat qui donne la moiié de la vitesse maximale de


l’enzyme est appelée constante de Michaelis (Km). C’est la constante de

dissociaion du complexe ES.


[P] Vi
ES3 Vmax
3

S2
Vi3

Vi2
S1
Vi1

t S1 S2 S3 [S]

Vi

Vmax

Vmax = kcat. [E]totale

Vmax
2
k2 + kcat
Km = k1

Km [S]
V

Ordre 0

Ordre 1 et Ordre 0

Ordre 1

Aux faibles concentrations de substrat, la vitesse de la réaction est


proportionnelle à celle du substrat (réaction d’ordre 1).

-Lorsque la concentration de S augmente, la vitesse ne s’accroît plus dans


les mêmes conditions (réaction d’ordre mixte).

- Aux fortes concentrations de S la vitesse devient constante, indépendante


de cette concentration (réaction d’ordre 0): l’enzyme est saturée par son
substrat. Ce phénomène est particulier à la cinétique enzymatique.
4.4. Equation de Michaëlis-Menten
Victor Henri en 1905, puis Leonor Michaëlis et Maud Menten en 1913, ont établi
l’équaion d’une réacion enzymaique :

k1 kcat
E+S ES E+P
k2

Vassociaion du complexe ES = k1. [E].[S]

Vdissociaion du complexe ES = k2. [ES] + kcat.[ES]

A l’équilibre et selon la loi d’acion des masses :

Vassociaion = Vdissociaion
k1. [E].[S] = k2. [ES] + kcat.[ES]

k1. [E].[S] = (k2 + kcat) [ES]

k2 + kcat [E] . [S]


=
k1 [ES]

[E] . [S]
Km =
[ES]
Donc,
[Km]
[E] = .[ES]
[S]

On sait que :
[E]totale = [E] + [ES]

On remplace [E] par sa valeur :

[Km]
[E]totale = .[ES] + [ES]
[S]

[E]totale . [S]
[ES] =
Km+ [S]
V = kcat . [ES]

V = kcat
[E]totale . [S]
Km+ [S]

On sait que :

Vmax = kcat . [E]totale

Donc, l’équaion de Michaëlis devient :

Vmax . [S]
V =
Km+ [S]
4.5. Signification de Km, Vmax et kcat

•Km ou constante de Michaëlis correspond à la concentraion en substrat

qui donne la moiié de la vitesse maximale d’une enzyme. C’est la


constante de dissociaion du complexe ES et donc c’est l’inverse de
l’ainité de l’enzyme pour son substrat. Ainsi, plus Km est faible plus

l’ainité est grande et vice-versa.

•Vmax : est une vitesse iniiale théorique pour une concentraion


ininie de substrat.
•kcat : la constante catalyique, c’est le nombre de molécules de

substrat transformés par molécule d’enzyme et par unité de


temps.

•Kcat/Km : mesure la spéciicité et l’eicacité de l’enzyme ; plus

kcat/km est élevé plus l’enzyme est eicace.


4.6. Détermination de Km et Vmax

a) Représentaion de Lineweaver et Burk

C’est la représentaion la plus simple et la plus uilisée pour déterminer

graphiquement Km et Vm. Il s’agit d’une représentaion en double

inverse; c’est-à-dire 1/V en foncion de 1/[S]. On obient une droite

dont l’équaion est démontrée à parir de celle de Michaëlis.

1 Km . 1 1
= +
V Vm [S] Vm
Vi 1
V

Vmax

Km
Vm
Vm
2
1
Vm

Km 1 1
[S] -
Km [S]

Equation : Vmax . [S] Equation :


Vmax . [S] 1 Km 1 1
V V= = = . +
KmK + [S]
+m[S] V Vm [S] Vm
b) Représentation d’Eadie-Hofstee

C’est une linéarisaion de la courbe de Michaëlis qui fût publiée


par George Eadie en 1942 et Baren Hofstee en 1959. Il s’agit aussi
d’une droite qui représente V en foncion de V/[S]dont l’équaion
est démontrée à parir de celle de Michaëlis.

V = - Km . V + Vm
[S]
V

Vm

Pente =-Km

V
[S]

V = - Km . V + Vm
[S]
5.6. Activité enzymatique
a) Activité enzymatique

L’acivité enzymaique, appelée aussi acivité catalyique correspond à la vitesse


maximale d’une enzyme. Une unité d’acivité enzymaique (UI : unité
internaionale) correspond à la quanité d’enzyme qui catalyse la
transformaion d’une micromole de substrat par minute à 25°C (µmol/min).

Dans le système internaional (S.I.), l'unité oicielle de l’acivité enzymaique


est le katal (kat) qui correspond à la quanité d'enzyme qui catalyse la
transformaion d’une mole de substrat par seconde.

En résumé:

•1UI = µmol/min ;
•1kat = mole/s ;
•1UI = 0,0166 µkat = 16,6 nkat
b) Activité spécifique (AS)

C’est l’acivité catalyique par rapport à la quanité de protéines d’une

préparaion enzymaique non pure. Elle est exprimée en UI par mg de

protéines.
c) Activité molaire spécifique (AMS)

C’est l’acivité catalyique par rapport au nombre de moles d’une


enzyme pure. Elle est exprimée en UI par mole d’enzyme. On note ainsi
que l’acivité molaire spéciique a comme unité la min -1. Il s’agit de la
constante catalyique de l’enzyme (kcat). On l’appelle aussi le "turnover

number" de l’enzyme. Plus l’acivité spéciique est grande plus l’enzyme


est eicace.
5.7. Effecteurs de l’activité enzymatique

Un efecteur est un produit chimique qui par sa liaison


avec l’enzyme modiie la vitesse de la réacion
enzymaique. Ainsi, lorsque l’efecteur augmente la
vitesse de la réacion catalysée, on parle d’un acivateur
et lorsqu’il la diminue, il s’agit d’un inhibiteur.
a) Cofacteurs

Ce sont souvent des ions minéraux, nécessaires à


l’activité enzymatique. C’est le cas du Mg2+ pour
certaines kinases, de Zn2+ pour les phosphatases
alcalines ou de Na+ pour la galactosidase. Ces
enzymes sont dites à cofacteurs métalliques.
Inhibiteurs
b) Inhibiteurs compétitifs
Un inhibiteur compéiif présente une structure qui ressemble à celle
du substrat,

il se ixe ainsi sur le même site acif que le substrat et peut donc
prendre sa place dans la réacion.

L’enzyme peut se lier au substrat ou à l’inhibiteur (I) pour donner


deux complexes ES et EI mais seul le complexe ES donne un produit.

Un inhibiteur compéiif diminue donc l’ainité de l’enzyme pour le


substrat (Km augmente) mais ne change pas la vitesse maximale de la
réacion enzymaique (voir igure page suivante).
Substrat
S

I Inhibiteur compétitif qui a


une structure semblable à
Enzyme celle du substrat

k1 kcat
E + S+ I ES E+P
k2

ki2 ki1

EI

Pas de produits
On note que plus la concentration en
Vi inhibiteur [I] augmente plus Km
augmente donc l’affinité E-S diminue,
mais Vm reste inchangée. Cela se voit
Vmax clairement dans la représentation de
Linweaver-Burk (voir figure en
dessous).

[I]1

[I]2

Vmax
2 [I]2 > [I]1

Km K’m1 K’m2 [S]


1 K’m . 1 1
= +
1 V Vm [S] Vm
[I]2
V

[I]1

Sans inhibiteur
1 Km . 1 1
= +
V Vm [S] Vm
Km
Pente =
Vm
1
Vm

1 1 1 1
- -
Km K’m1 - K’m2 [S]

K’m appelée aussi Km apparente est la constante de Mickaelis en présence d’inhibiteur:

[I]
K’m = Km (1+ )
[KI]

[I] est la concentration de l’inhibiteur, KI est la constante de dissociation du complexe EI.

kI2
KI = [E].[I]/[EI] =
kI1
C) Inhibiteurs non compétitifs

Un inhibiteur non compétitif présente une structure totalement

différente de celle du substrat, il se fixe sur l’enzyme à un site

différent du site catalytique. Il peut se fixer sur l’enzyme libre et

aussi sur le complexe enzyme-substrat. Ainsi un inhibiteur non

compétitif ne gêne pas la fixation du substrat mais empêche la

formation des produits. Il ne modifie donc pas Km mais diminue Vm

(voir figure page suivante).


Substrat

Enzyme

Inhibiteur non compétitif I


qui se fixe sur l’enzyme
à un site différent du site
actif

P+E

ES

E + S+ I E SI Pas de produits

EI
On note que plus la concentration en
Vi
inhibiteur [I] augmente plus Vm
diminue, mais Km reste inchangée.
Vmax Cela se voit clairement dans la
[I]1 représentation de Linweaver-Burk
(voir figure en dessous).

[I]2
Vmax
2
[I]2 > [I]1

Km [S]
1 Km . 1 1
1 = +
[I]2 V V’m [S] V’m
V

[I]1

Sans inhibiteur

1 1 Km . 1 1
= +
V’m V Vm [S] Vm

1
Vm

1 1
-
Km [S]

V’m appelée aussi Vm apparente est la vitesse maximale en présence


d’inhibiteur:

Vm
V’m = [I]
(1+ )
[KI]
d) Inhibiteurs incompétitifs

Ce sont des inhibiteurs qui ne se lient que sur le complexe ES.

Ainsi, une partie de ES reste bloquée sous forme de ESI inactif

qui ne donne pas de produits. Ce type d’inhibiteurs diminue

Km et Vm (voir figure page suivante).


Substrat
Enzyme

Inhibiteur incompétitif qui


se fixe sur l’enzyme
déjà liée à son substrat

k1 kcat
E + S+ I ES E+P
k2

ESI

Pas de produits
[I] augmente : Km diminue et Vm diminue
Vi
[I]2 > [I]1

Vmax
Sans inhibiteur

[I]1
[I]2

[S]
1
V 1 Km . 1 1
= +
V Vm [S] V’m
[I]2
[I]1
Sans inhibiteur
1
V’m2 1 Km . 1 1
= +
V Vm [S] Vm

1
Vm

1 1 1 1
- - -
K’m2 K’m1 Km [S]

Vm
Km V’m =
K’m = [I]
[I] (1+ )
(1+ ) [KI]
[KI]
En résumé :

•Un inhibiteur compétitif augmente Km;


•Un inhibiteur non compétitif diminue Vm;
•Un inhibiteur incompétitif diminue Km et Vm.

•Le facteur d’augmentation ou de diminution de ces deux paramètres est de :

[I]
: (1+ ).
[KI]

Km Vm pente

Inhibiteur compétitif ---

Inhibiteur non compétitif ---

Inhibiteur incompétitif ---


K’m V’m Pente

Inhibiteur compétitif Vm (Km/Vm).(1+[I]/KI)


Km(1+[I]/KI)

Inhibiteur non compétitif Vm/(1+[I]/KI) (Km/Vm).(1+[I]/KI)


Km

Inhibiteur incompétitif Vm/ (1+[I]/KI) ---


Km/(1+[I]/KI)
5.8. Effet des paramètres physicochimiques sur l’activité
enzymatique

a) Effet du pH

Le pH intervient de deux manières dans l’activité enzymatique:

 soit en modifiant la structure secondaire ou tertiaire de


l’enzyme,

 soit en modifiant les charges électriques des chaînes latérales


des acides aminés du site actif.
A pH voisin de la neutralité, la plupart des radicaux ionisables
sont chargés, ce qui facilite les liaisons enzyme-substrat de type
électrostatique. Il existe donc un pH du milieu réactionnel où les
charges électriques des radicaux du site actif de l’enzyme seront
les plus favorables à la liaison enzyme-substrat, on appelle ce pH
le pH optimum de la réaction enzymatique.

il est donc impossible d’envisager une étude cinétique sans contrôle


adéquat du pH c’est pour cela l’utilisation des solutions tampons est
nécessaire.
Activité
enzymatique

Optimum pH
b) Effet de la température

L’augmentation de la température fournit de l’énergie au système


réactionnel et donc favorise les chocs efficaces entre réactifs.
Ainsi, la vitesse de la réaction enzymatique augmente à des
températures non dénaturantes, elle est reliée à la température par la
loi d’Arrhénius:
A : Constante ;
Ea : Energie d’activation ;
-Ea/RT
k = A.e R= Constante des gaz parfaits ;
T : Température en degré
Kelvin (K).

Ea
Ln(k) = Ln(A) - R.T

-Ea 1 + Ln(A)
Ln(k) =
R T
-
La représentation graphique de Ln (k) en fonction de 1/T est une droite
dont la pente est égale à –Ea/R ce qui permet de déterminer

graphiquement l’énergie d’activation Ea d’une réaction enzymatique.

Ln (k)
-Ea 1 + Ln(A)
Ln(k) =
R T

Pente = -Ea/R

1/T
Pour étudier l’effet de la température sur l’activité enzymatique, on
compare l’activité de l’enzyme à une température T avec son activité à
une température T+10°C. Cette différence d’activité appelée Q10 est le

paramètre permettant de mesurer l’activation de l’enzyme par la


chaleur.

Ea
. 10
LnQ10 =
R . T1 . T2

Ou bien: Q10 = V (T°+10) / V (T°)


Au-delà d’une certaine température, la chaleur dénature les
structures secondaires et tertiaires de l’enzyme et l’activité tend
rapidement vers zéro.

Activité
enzymatique

T°C
Optimum
Bioénergétique

La bioénergéique est l’étude des variaions d’énergie associées au


foncionnement des êtres vivants.

Tous les systèmes biologiques répondent aux lois de la


thermodynamique chimique classique mais avec des contraintes
spéciiques : limite de pression, limite de températures précises, limite
de pH = 7.
Les cellules vivantes doivent se régénérer en permanence, pour cela elles
vont uiliser l’énergie produite par l’oxydaion des nutriments.

Cete énergie produite au cours des réacions exergoniques va donc


permetre aux réacions endergoniques de se faire et va servir aux
diférentes foncions cellulaires :

•Les réacions de synthèse biochimiques ;


•Le travail mécanique : contracion musculaire ;
•Le transport acif .
•Travail électrique : inlux nerveux…
1. Energie libre ou enthalpie libre d’une réaction

Lorsque un composé organique (Glucose, acides gras…) est enièrement


bruler (oxyder), il libère de la chaleur (énergie). Cete chaleur correspond à
l’énergie totale contenue dans le composé qui représente l’enthalpie (H).

Cete énergie n’est pas enièrement uilisable pour fournir un travail, la


quanité maximale d’énergie uilisable pour le travail correspond à
l’enthalpie libre (Energie libre) G.
La variation d’enthalpie libre correspond donc à l’énergie chimique
libérée par une réaction et qui est directement utilisable pour effectuer
un travail.

Équation de Gibbs : ∆G = ∆H - T∆S

•G : variation d’enthalpie libre (J/ mol ou bien cal/mol);


•H : variation d’enthalpie, énergie globale (J/ mol ou bien cal/mol);
•S : variation d’entropie (J/degré ou bien cal/°K).
•T : température absolue (°K)
• Si G < 0 : la réaction est exergonique ;

• Si G > 0 : la réaction est endergonique ;

• Si G = 0 : la réaction à l’équilibre.
2. Enthalpie libre et constante d’équilibre

On considère le système réacionnel : A + B  C + D

• Ce système va évoluer constamment par changement des


concentraions des réacifs et produits jusqu’à ce qu’il ateigne un
état d’équilibre.

• La réacion pourra se faire spontanément jusqu’à l’équilibre, par


contre, il faudra de l’énergie pour aller de l’équilibre jusqu’à
transformaion totale.
Le G d’une réaction nous indique donc si l’énergie

libre disponible lorsqu’on va de A+B vers l’équilibre

est supérieure ou inférieure à l’énergie libre nécessaire

pour aller de l’équilibre à C+D.


Exemple :

Si nous partons de A+B (sens 1):

- 8 kcal/mol +5 kcal/mol
A+B A+B+C+D C+D
Etat initial Etat d’équilibre Etat final

G net = -8+5 = - 3 kcal/mol : la réaction est exergonique et donc spontanée.

On note que: de l’état initial (A+B) à l’équilibre la réaction fournit de


l’énergie G = - 8 kcal/mol et de l’équilibre à l’état final la réaction
demande de l’énergie G = +5 kcal/mol, il est donc clair que la première
étape fournit l’énergie nécessaire à la deuxième avec un Gnet = - 3kcal/mol.
Si nous partons de C+D (sens 2):

+8 kcal/mol - 5 kcal/mol
A+B A+B+C+D C+D
Etat final Etat d’équilibre Etat initial

G net = + 3 kcal/mol : la réaction est endergonique et donc non


spontanée.

On note que de l’état initial (C+D) à l’équilibre la réaction fournit de


l’énergie G = -5 kcal/mol et de l’équilibre à l’état final la réaction
demande de l’énergie G = +8kcal/mol.

L’énergie fournit et donc insuffisante pour aller de l’équilibre à l’état


final. Le Gnet = + 3kcal/mol.
L’énergie libre est reliée à la constante d’équilibre par la relation
suivante :

G = G° + RT LnKe

[C]. [D]
G = G° + RT Ln
[A] . [B]

À l’équilibre, G = 0, donc :

G° = - RT LnKe
À l’équilibre, G = 0, donc :

G° = - RT LnKe

•G° : énergie libre standard (obtenue dans les conditions chimiques standard : pH= 0, T° =
25°C, la concentration des réactifs = 1M, P= 1atm)
•R : constante des gaz parfaits= 1,987 cal/°K/mol ou 8,3j/°K/mol.
•K : température en °K.
•Ke : constante d’équilibre de la réaction.
Nota : En biologie, on ne travaille pas à pH=0 et T°=25°C mais à pH =
7 et T°= 30°C, ces conditions sont appelées conditions standards
physiologiques, et là on parle de G standard physiologique notée
G’°.

L’énergie libre d’une réaction biochimique est notée donc :

[C]. [D]
G’ = G’° + RT Ln
[A] . [B]

G’ = G’° + RT LnKe


3. Couplage énergétique

Dans le métabolisme cellulaire les réactions endergoniques sont


rendues thermodynamiquement possibles grâce aux couplages
énergétiques avec des réactions exergoniques qui fournissent
l’énergie nécessaire à leur exécution.

G°’totale = G°’endergonique + G°’exergonique


Exemple : La phosphorylation du glucose :

Cette réaction est endergonique, non spontanée :

Glc + Pi --------- Glc – 6P+ H2O: G°’ = + 13,1 kJ/mol

Elle doit être couplée avec une réaction exergonique spontanée qui fournit
l’énergie nécessaire :

ATP + H2O  ADP + Pi : G°’ =  30,5 kJ/mol

La réaction globale assurée par l’enzyme hexokinase est donc:

Glc + ATP  Glc – 6P + ADP : G°’ =  17,4 kJ/mol.


4. Energie libre et potentiel d’oxydoréduction

Les réactions d’oxydation sont exergoniques, l’énergie ainsi


produite peut être mesurée électriquement puisque les oxydo-
réductions sont des mouvements d’électrons.

Le potentiel d’oxydoréduction (qui caractérise le pouvoir oxydant d’un


système) est relié à l’énergie libre par la relation suivante :

G’ = - nF x E’

G°’ = - nF x E°’

n : nombre d’électrons transférés (dans les conditions


physiologiques généralement n=2) ;
F : constante de Faraday = 23 kcal/mol = 96500 coulomb.
Notas :

•Plus un système d’oxydoréduction a un potentiel faible plus il est réducteur ;


•Plus un système d’oxydoréduction a un potentiel élevé plus il est oxydant ;
•Un composé ne peut céder ces électrons qu’à un composé appartenant à un
système de potentiel plus élevé.
5. ATP et Energie de liaison

L’ATP se trouve dans la cellule à un pH voisin de 7 et porte 4 charges


négatives, c’est une molécule très anionique.
•L’hydrolyse de la liaison pyrophosphate entre les phosphates  et  a un G0’ =  30, 5 kJ/mol
(-7,3 kcal/mol) :

ATP + H2O  ADP + Pi

•L’hydrolyse de la liaison pyrophosphate entre les phosphates α et 


a un G0’ =  30, 5 kJ/mol (-7,3 kcal/mol) :

ADP + H2O  AMP + Pi

•L’hydrolyse de la liaison pyrophosphate entre le phosphate α et le ribose a un


G0’ =  14, 2 kJ/mol (-3.4kcal/mol) :
6. La charge énergétique de la cellule

La charge énergétique d’une cellule est un indice de son niveau


énergétique à un moment donné, selon les conditions
physiologiques, la cellule sera plus ou moins chargée en énergie
chimique, on définie la charge énergétique par le rapport :

Charge énergétique = [ATP] + 0.5 [ADP]/ [ADP] + [ATP] + [AMP]

La valeur de ce rapport est généralement élevée, elle est comprise


entre 0,7 et 0,9.
Chapitre 2: Métabolisme des glucides

Métabolisme du glycogène
Le glycogène est un homopolysaccharide synthétisé et stocké
par la cellule animale. Il s’agit d’un sucre de réserve chez les
animaux. C’est une source endogène de glucose. Il est formé
par des molécules de glucose unies par des liaisons α-1,4 avec
des branchements α-1,6 à peu près tous les 10 glucoses.
Le glycogène constitue une réserve de glucose facilement
mobilisable.

Ses deux principaux sites de stockage chez l’homme sont le


foie et le muscle squelettique.

La concentration de glycogène est plus élevée dans le foie


mais la masse musculaire étant plus importante, il ya au
total davantage de glycogène stocké dans le muscle.

Synthèse et dégradation du glycogène sont deux processus


qui régulent le taux de glucose sanguin et fournissent un
réservoir de glucose pour l’activité musculaire.
Glycogénogenèse

1. Etapes et réacions

Le glucose est d’abord phosphorylé en glucose 6-phosphate par


l’hexokinase ou la glucokinase en présence d’ATP et de Mg 2+.
Cette réaction est commune avec la glycolyse :

Glucose + ATP -----------> Glucose 6-phosphate + ADP


Le glucose 6-phosphate est ensuite converti en glucose 1-phosphate dans
une réaction catalysée par la phosphoglucomutase :

Glucose 6-phosphate <---------------> glucose 1-phosphate


Le glucose 1-phosphate réagit ensuite avec l’uridine
triphosphate (UTP) pour former un nucléotide activé l’uridine
diphosphate glucose (UDPG) et du pyrophosphate inorganique
(PPi) :
Glucose 1-phosphate + UTP -----------------> UDPG + PPi
Par action de la glycogène synthétase le C1 du glucose activé de l’UDPG
forme un pont oxydique avec le C4 d’un résidu terminal du glycogène
préexistant conduisant à l’addition d’un résidu glycosyle.

UDPG + glycogène(n résidus) ----------------------> UDP + Glycogène(n+1 résidus)


L’addition de résidus glycosyle à une chaîne de glycogène
préexistante a lieu à l’extrémité non réductrice de la molécule.

 La glycogène synthétase ne catalyse que la synthèse des liaisons


1,4.

 Quand une chaîne de glycogène comprend entre 6 et 11 résidus


glucose, une seconde enzyme, l’α-amylo-1,4---1,6 transglucosidase
(ou enzyme branchante), transfère une partie de la chaîne à une
chaîne voisine plus interne en créant un point de ramification.
Glycogénolyse

1. Etapes et réacions

une glycogène phosphorylase catalyse la coupure


phosphorolytique des liaisons α-1,4 du glycogène en glucose
1-phosphate à partir de l’extrémité non réductrice pour
donner un glycogène raccourci de 1 résidu glucose.

Cette enzyme catalyse l’enlèvement des résidus glycosyl


1,4 de la chaîne la plus externe de la molécule jusqu’à ce
qu’il reste 4 résidus glucose sur l’une des 2 branches
d’une ramification.
 Une autre enzyme, l’α-1,4---1,4 transférase, transfère une unité
trisaccharidique d’une branche à l’autre, exposant ainsi le point de
ramification 1,6 à l’action d’une troisième enzyme spécifique : l’amylo
1,6-glucosidase ou enzyme débranchante.

 La transférase et l’enzyme débranchante transforment la structure


ramifiée en structure linéaire qui sera à nouveau coupée par la
phosphorylase.
Le glucose 1-phosphate, issu de l’action de la glycogène
phosphorylase, est converti en glucose 6-phosphate par la
phosphoglucomutase.

Glucose 1P <---------------> Glucose 6P

glucose 6-phosphate

Glucose 6-phosphatase

Glycolyse Voie des pentoses Glucose

Sang
Chapitre 3: Glycolyse
Introduction

La glycolyse ou voie D'Embden-Meyeroff-Parnas est une voie


métabolique permettant le catabolisme du glucose avec production
d’ATP et de métabolites intermédiaires qui peuvent être repris dans
d’autres voies métaboliques.

La glycolyse se déroule entièrement dans le cytosol de la cellule en


absence d’oxygène et fait intervenir uniquement des enzymes
solubles.

En présence d’oxygène, la glycolyse produit 2 ATP, 2 NADH,H+ et 2


pyruvates. Dans ce cas, la régénération de NAD+ nécessite
l’oxydation de NADH,H+ par l’oxygène dans la chaîne respiratoire
mitochondriale.
En absence d’oxygène, La glycolyse produit aussi 2 ATP, 2
NADH,H+ et 2 pyruvates. La réoxydation du NADH,H+ se fait dans le
cytosol avec production soit du lactate (fermentation lactique) soit
de l’éthanol (fermentation alcoolique).

La fermentation lactique fournit de l’ATP aux cellules qui ne


possèdent pas de mitochondries comme les globules rouges et aux
cellules en hypoxie comme le muscle strié en contraction rapide.

La fermentation alcoolique fournit de l’ATP aux microorganismes


comme les levures.
2. Etapes enzymatiques de la glycolyse

La glycolyse évolue jusqu’à la formation de pyruvate en


dix réactions successives catalysées par dix enzymes.

2 grandes étapes:

Etape consommatrice d’énergie allant du glucose au


glycéraldéhyde-3-phosphate .

Etape productrice d’énergie allant du glycéraldéhyde-3-


phosphate au pyruvate.
Glucose
ATP
Hexokinase
Glucokinase
ADP

Glucose 6-phosphate

Phosphoglucoisomérase

Fructose 6-phosphate
ATP
Phosphofructokinase 1
ADP

Fructose 1,6 -bisphosphate

Aldolase

Phosphotriose
Dihydroxyacétone phosphate Glycéraldéhyde 3-phosphate
isomérase Pi
NAD+
Glycéraldéhyde 3-P
Deshydrogénase
NADH,H+

1,3-Biphosphoglycérate
ADP
Phosphoglycérate kinase
ATP
3-phosphoglycérate
Glycérate mutase

2-phosphoglycérate
Enolase

phosphoénolpyruvate
ADP
Pyruvate kinase
ATP
Pyruvate
Tous les oses intermédiaires de la glycolyse entre le glucose et le pyruvate sont
phosphorylés. Leurs groupements phosphate assurent trois principales
fonctions:

•Ils affectent chaque intermédiaire d'un groupement phosphate polaire chargé


négativement, qui le rend incapable de traverser la membrane cellulaire, à pH
7.

•Ils interviennent comme un groupe de liaison et de reconnaissance pour


faciliter la formation des complexes enzyme-substrat.

•Ils interviennent dans la conservation de l'énergie pour produire les deux


molécules d’ATP de la glycolyse.
Etape consommatrice d’ATP

1. Phosphorylation du glucose en glucose 6-phosphate

Hexokinase
+ ATP
Glucokinase
------------------ >

Réacion irréversible et intervient dans la régulaion de la glycolyse


Consomme une mole d’ATP
Nécessite Mg++ comme cofacteur enzymaique
2. Isomérisation du G6P en F6P

phosphoglucoisomérase
<----------------------->

 Réaction réversible.

 Catalysée par la phosphoglucoisomérase (PGI).


3. Phosphorylation du F6P en F1,6 bisP

Phosphofructokinase 1

+ ATP -----------------------> + ADP


2+
Mg

Réaction irréversible
Consomme une mole d’ATP;
Catalysée par la PFK 1 qui nécessite Mg++
4. Clivage du F1,6 bisP

Aldolase DHAP
< ------------------------ >

GA 3-P

Réaction réversible;
Catalysée par la F1,6 bisP aldolase (aldolase 1);
5. Interconversion des trioses phosphate

Réaction réversible;

Catalysée par la triose phosphate isomérase.


Etape productrice d’ATP

 Permet la production de l’ATP et du pyruvate.

 Elle contient la seule réaction d'oxydoréduction de la glycolyse qui


conduira à la formation du NADH,H+.

 Les deux molécules de glycéraldéhyde 3-phosphate obtenues


pendant la première phase vont subir une séquence de réactions
jusqu’au pyruvate.
1. Oxydation du GA3P en 1,3 biphosphoglycérate

GA 3-P Déshydrogénase

 Réaction réversible;

 Catalysée par la GA3P déshydrogénase

 Le groupement carboxylique formé par oxydation est lié


au phosphate par une liaison riche en énergie
2. Transformation du1,3 biphosphoglycérate en 3-P-glycérate

Glycérate
kinase

 Réaction réversible;
 Catalysée par la glycérate kinase
 Produit une mole d’ATP;
3. Isomérisation du 3-P-glycérate en 2-P-glycérate

Phosphoglycérate
mutase

Réaction réversible: transfert intramoléculaire du groupement P.

Catalysée par la phosphoglycérate mutase

 Nécessite l’ion Mg2+ comme cofacteur


4. Déshydratation du 2-P-glycérate en PEP

Enolase

Réaction de déshydratation catalysée par une énolase


donne naissance à la formation d’une liaison phosphate
riche en énergie.
4. Transformation du PEP en pyruvate

Pyruvate
kinase

 La réaction est irréversible et catalysée par la pyruvate kinase


qui nécessite le Mg2+ ou le Mn2+ comme cofacteurs

 Le groupement phosphate est récupéré par l’ADP pour


synthétiser une molécule d’ATP
Glucose
ATP
Hexokinase
Glucokinase
ADP

Glucose 6-phosphate

Phosphoglucoisomérase

Fructose 6-phosphate
ATP
Phosphofructokinase 1
ADP

Fructose 1,6 -bisphosphate

Aldolase

Phosphotriose
Dihydroxyacétone phosphate Glycéraldéhyde 3-phosphate
isomérase Pi
NAD+
Glycéraldéhyde 3-P
Deshydrogénase
NADH,H+

1,3-Biphosphoglycérate
ADP
Phosphoglycérate kinase
ATP
3-phosphoglycérate
Glycérate mutase

2-phosphoglycérate
Enolase

phosphoénolpyruvate
ADP
Pyruvate kinase
ATP
Pyruvate
Bilan énergétique de la glycolyse

La transformation d’une molécule de glucose en deux molécules de


pyruvate:

 Consomme 2 molécules d’ATP lors de la première étape

 Régénère 4 molécules d’ATP et 2 molécules de NADH,H + dans la


seconde étape.

Le bilan énergétique global est donc positif pour la cellule : une mole de
glucose fournit 2 moles d’ATP et 2 moles de NADH,H+.

Glucose + 2 ATP + 2NAD+ ------------> 2 Pyruvate + 4 ATP + 2 NADH, H+

Glucose -------------> 2 pyruvate + 2 ATP + 2 NADH,H+


Entrée des autres glucides dans la voie
glycolytique

Polysaccharides (amidon, glycogène)


Glucose, fructose, galactose
Oligosaccharides: saccharose, lactose, maltose..

Glycolyse
1. Entrée du fructose dans la glycolyse

1.1. Phosphorylation du fructose en fructose 1P

Fructose + ATP -----------> Fructose 1-P + ADP

Réacion catalysée par la fructokinase


1.2. Clivage du fructose 1-P

Aldolase 2
Fructose 1-P ---------------> dihydroxyacétone-P + glycéraldehyde

Glycéraldehyde + ATP ---------------- > Glycéraldehyde 3-P + ADP


GA kinase

Le glycéraldéhyde 3-P et la dihydroxyacétone-P vont ensuite rejoindre


la glycolyse.
2. Entrée du galactose

Le galactose est d’abord phosphorylé par une galactokinase en galactose 1-


phosphate.

Le gal-1-P acquiert un groupement uridyle à partir d’un uridine


diphosphoglucose (UDP-glucose) dans une réaction catalysée par la galactose 1-
phosphate uridyle transférase.

glycolyse
2. Entrée du Mannose

Cet ose apporté par les fruits est dans un premier temps
phosphorylé par l’ATP en mannose 6-phosphate. Ce dernier est
ensuite isomérisé par une mannose 6-phosphate isomérase en
fructose 6-phosphate qui rejoint la glycolyse.

Mannose ----------------- > Mannose 6-P ------------------ > Fructose 6-phosphate

Glycolyse
Destinées du pyruvate

Le pyruvate issu de la glycolyse est métabolisé selon trois voies en


fonction des tissus et des situations physiologiques de la cellule

Pyruvate

CK Lactate Ethanol
1. Fermentation lactique

 C’est la réduction du pyruvate en lactate.

 Ce phénomène se déroule dans les globules rouges, dans le muscle


strié en effort intense et chez les bactéries lactiques.

LDH
CH3-CO-COO- + NADH,H+ <------------> CH3-CHOH-COO- + NAD+
pyruvate Lactate
Le lactate produit par le glucose au niveau du muscle et des globules
rouges est transporté au foie où il redonne le pyruvate sous l’action
de la LDH. C’est le cycle des Cori.

Lactate + NAD+ ---------- > Pyruvate + NADH, H+


2. Fermentation alcoolique

La fermentation alcoolique correspond à la transformation du pyruvate


produit par la glycolyse en éthanol.

le pyruvate est d’abord décarboxylé en acétaldéhyde sous


l’action de la pyruvate décarboxylase selon la réaction
suivante :

CH3-CO-COO- --------- > CH3-CHO + CO2


pyruvate acétaldéhyde

L’acétaldéhyde ainsi formé est ensuite réduit en éthanol par l’alcool


déshydrogénase:

CH3-CHO + NADH,H+ ---------- > CH3-CH2OH + NAD+


acétaldéhyde Ethanol
Chap 4: Cycle de Krebs

Le CK appelé cycle de l’acide citrique ou des acides


tricarboxyliques, est la voie finale commune de dégradation
de l’acétyl CoA provenant du catabolisme des glucides, des
lipides et des acides aminés.

C’est une séquence cyclique universellement répandue


chez les organismes aérobies.
 Les réactions du cycle de Krebs se produisent dans la
matrice mitochondriale au voisinage de la membrane
interne

 En tant que voie catabolique, le cycle tricarboxylique


fournit de l’énergie (en faible quantité sous forme de GTP) des
cofacteurs réduits riches en énergie (NADH,H+ et FADH2) et

aussi des précurseurs pour les biosynthèses.


Pyruvate Acéé tyl -CoA
H2O

CoASH
Citrate synthase
Oxaloacétate Citrate
NADH,H+
H2O
Malate Aconitase
H2O
déshydrogénase
NAD+

Iso-Citrate
Malate
NAD+
Cycle de Krebs isocitrate
déshydrogénase
fumarase NADH,H+
H2O
CO2

α-Cétoglutarate
Fumarate CoASH
Succinate
déshydrogénase α-Cétoglutarate NAD+
FADH2 déshydrogénase

FAD Succinyl CoA NADH,H+


synthase CO2
Succinyl-CoA
Succinate
CoASH Pi

GDP
GTP
Etapes et réactions du CK

Décarboxylation oxydative du pyruvate en Acétyl-CoA

Le pyruvate issu de la glycolyse est oxydé en acétyl-CoA. Cette


réaction est catalysée par le complexe multi-enzymatique de la
pyruvate déshydrogénase

CH3-CO-COOH + HSCoA + NAD+ ----------> CH3-CO~SCoA + CO2 + NADH,H+


Formation du citrate

Le cycle débute par la condensation de l’oxaloacétate (en C4) avec


l’acétyl-CoA (en C2) pour former le citroyl-CoA (en C6) qui, en
présence de l'eau, est hydrolysé en citrate. L'enzyme qui intervient est
la citrate synthase.

Citroyl-CoA Citrate
Isomérisation du citrate en isocitrate

Cette isomérisation est le résultat d’une déshydratation suivie d'une


réhydratation effectuées par une enzyme appelée la cis-aconitase.
Déshydrogénation et décarboxylation de l’isocitrate

C’est la première des 4 réactions d’oxydoréduction du cycle de Krebs.


 La décarboxylation est consécutive à la déshydrogénation de
l’isocitrate.
Il se forme l’oxalosuccinate (intermédiaire instable) qui se
décarboxyle spontanément en formant l’α-cétoglutarate.
La réaction est catalysée par l’isocitrate déshydrogénase à NAD.
Déshydrogénation de l’α cétoglutarate

C’est la deuxième réaction d’oxydoréduction. Elle est catalysée


par l’α-cétoglutarate déshydrogénase

Il se forme du succinyl-CoA. La déshydrogénation de ce


composé est exergonique et fournit une énergie suffisante pour
la formation d’une liaison thioester riche en énergie.
Transformation du succinyl-CoA en succinate et synthèse du
GTP

La liaison thioester est très riche en énergie. En présence du phosphate et


du GDP, elle est utilisée pour la synthèse du GTP. La réaction est catalysée
par une succinyl-CoA synthétase qui forme le succinate.
Déshydrogénation du succinate en fumarate

La réaction est catalysée par la succinate déshydrogénase à FAD comme


accepteur des électrons et des protons. C’est la 3eme réaction de
déshydrogénation. Elle conduit à la formation d’une double liaison. Le
succinate est oxydé en fumarate.

HOOC-CH2-CH2-COOH + FAD <---------> HOOC-CH=CH-COOH + FADH2

Succinate Fumarate
Hydratation du fumarate en malate

La réaction est catalysée par la fumarase ou fumarate hydratase (lyase)

HOOC-CH=CH-COOH + H2O <------> HOOC-CHOH-CH2-COOH

Fumarate Malate
Déshydrogénation du malate en oxaloacétate

C’est la 4eme déshydrogénation catalysée par la malate déshydrogénase à


NAD+. Cette réaction termine le cycle:

HOOC-CHOH-CH2-COOH + NAD+ <----> HOOC-CO-CH2-COOH + NADH, H+

Malate OA
Acéé tyl -CoA
H2O

CoASH
Citrate synthase
Oxaloacétate Citrate
NADH,H+
H2O
Malate Aconitase
H2O
déshydrogénase
NAD+

Iso-Citrate
Malate
NAD+
Cycle de Krebs isocitrate
déshydrogénase
fumarase NADH,H+
H2O
CO2

α-Cétoglutarate
Fumarate CoASH
Succinate
déshydrogénase α-Cétoglutarate NAD+
FADH2 déshydrogénase

FAD Succinyl CoA NADH,H+


synthase CO2
Succinyl-CoA
Succinate
CoASH Pi

GDP
GTP
Bilan du cycle de Krebs

Les réactions du cycle de Krebs produisent 3NADH, H+ et 1FADH2.

Le bilan moléculaire du cycle de Krebs peut être résumé ainsi :

Acétyl-CoA + 3NAD+ + FAD+GDP + Pi----> 3NADH,H+ + FADH2+GTP +2CO2+ CoASH

Ce cycle produit une seule molécule d’ATP à partir du GTP directement
utilisable.

Les coenzymes réduits sont réoxydés par la chaîne respiratoire avec


récupération de 3 ATP par mole de NADH,H+ et 2 ATP par mole de FADH2.
Au total :ce sont donc 12 moles d’ATP qui sont obtenues par mole d’acéty-CoA
dégradée.
Chapitre 5 : Chaîne respiratoire
et phosphorylation oxydative

La source universelle d’énergie pour la cellule est l’ATP. Cette molécule


est synthétisée après le catabolisme des glucides, des lipides et
accessoirement des acides aminés et des protéines. Il s’agit d’une
oxydation par l’oxygène de l’air.

La cellule va récupérer une partie de l’énergie des liaisons entre les différents
atomes des composés dégradés. Ainsi, les organismes vivants sont le siège de
réactions chimiques au cours desquelles varie l'énergie libre susceptible d’être
utilisée pour la formation de l’ATP. En fait, il existe deux modalités de
formation d’ATP dans la cellule :
•Par transfert de groupement phosphate et d’énergie à partir de composés
phosphorylés riches en énergie (exemple :1,3 biphosphoglycérate et PEP, c’est
ce qu’on vu au cours de la glycolyse).

•A l’aide d’un ensemble de processus de dégradations pendant lesquels les


glucides, lipides (parfois les protéines) sont oxydés par l’oxygène moléculaire
en CO2 avec production de cofacteurs réduits riches en énergie (NADH,H+ et

FADH2). Ces derniers alimentent la chaîne respiratoire mitochondriale à

laquelle est couplée la formation de l’ATP. Il s’agit de la phosphorylation


oxydative.
Substrat oxydable glycolyse
Pyruvate Acétyl-CoA
(exemple :glucose)

C.K

Chaîne respiratoire
H2O + ATP ½ O2 NADH,H+
2 e- et 2H+
FADH2
Localisation et structure de la chaîne respiratoire

Chez les organismes eucaryotes la chaîne respiratoire


(phosphorylaion oxydaive) a lieu dans les mitochondries.

Les mitochondries possèdent deux membranes, une membrane externe


et une membrane interne. Elles présentent donc deux compariments,
l’espace intermembranaire et la matrice limitée par la membrane
interne.

La membrane mitochondriale externe est perméable à la plupart des


ions et des peites molécules tandis que la membrane interne est
imperméable aux ions, en pariculier aux protons.
La membrane interne est très riche en protéines, dont la
plupart sont des enzymes formant la chaîne respiratoire. On
trouve aussi des coenzymes, c’est pourquoi on dit que la
chaîne respiratoire est un complexe multi-enzymatique. Ces
enzymes agissent successivement pour oxyder le substrat, elles
catalysent des transferts de protons et d’électrons c’est pour
cela la chaîne respiratoire est nommée aussi chaîne de
transport d’électrons.
Les premières enzymes à intervenir dans la chaîne de transfert des
électrons sont des déshydrogénases (enzyme qui catalysent
l’enlèvement de protons) dont il existe 2 familles en fonction de
leurs coenzymes. On distingue :

•les déshydrogénases nicotinamidiques : utilisant le NAD


(nicotinamide dinucléotide) comme coenzyme.

•Les déshydrogénases flaviniques : utilisant le FMN (flavine


mononucléotide) ou FAD (flavine adénine dinucléotide) comme
coenzymes.
On trouve aussi :

•des protéines à centre fer-soufre (Fe-S) de plusieurs types: Fe2S2, Fe4S4, Fe8S8.

•L’ubiquinone ou coenzyme Q

•Les cytochromes : Cyt a, Cyt a3, Cyt c, Cyt b et Cyt c1


1. 1. Nicotine amide Adénine Dinucléotide (NAD)

Ce transporteur de protons est formé de 2 nucléoides l’un a comme


base l’adénine et l’autre la nicoine amide liés par leur groupements
phosphoryls. Le système NAD+/NADH,H+ a un poteniel E°’ = -0.32 V.
Structure du NAD
1. 2. Flavine Mononucléotide (FMN) et Flavine Adénine Dinucléotide (FAD)

Ces transporteurs de protons sont des coenzymes des


déshydrogénases appelées flavoprotéines. Ils dérivent de la
riboflavine ou vitamine B2. Le potentiel d’oxydoréduction du
système FAD/FADH2 E°’= -0.06 V.
1.3. Complexes Fer-Soufre (FeS)

On trouve une série de ces complexes sur la chaîne respiratoire.


Ils contiennent du fer sous forme de Fe2+ et Fe3+ et le soufre sous
forme de cystéine et de sulfure. Ces complexes participent au
transfert des électrons provenant des flavoprotéines.
1.4. Ubiquinone ou coenzyme Q

Il existe sous 2 formes oxydée et réduite, c’est un transporteur d’électrons


et de protons entre les complexes (FMN-FeS) et les cytochromes au niveau
de la chaîne respiratoire. Le système CoQ/CoQH2 a un potentiel

d’oxydoréduction E°’ = +0.10V.

Ubiquinone
(forme oxydée)

Ubiquinol
(forme réduite)
1.5. Les cytochromes

Ce sont des hétéroprotéines capables de transporter les


électrons grâce à la présence des ions en particulier le fer qui
existe sous forme Fe2+ et Fe3+.

Ils constituent une chaîne de transport des électrons située


entre l’ubiquinone et l’oxygène au niveau de la chaîne
respiratoire. Le cytochrome c possède un potentiel E°’ =
+0.26V et le cytochrome a son E°’ = +0.29V.
2. Complexes de la chaîne respiratoire

La chaîne respiratoire est formée par la succession de 4 groupes


qui sont des complexes multi-enzymatiques :

•Complexe I : NADH,H+-CoQ Réductase (FP1);


•Complexe II : Succinate-CoQ Réductase (FP2);

•Complexe III : CoQH2 - Cytochrome c réductase;


•Complexe IV : Cytochrome c oxydase.
1. Complexe I : NADH,H+ - CoQ Réductase (FP1 )

C'est un complexe multi-enzymatique qui transporte les électrons de


NADH,H+ au coenzyme Q (Ubiquinone) à travers une séquence où
apparaissent des protéines Fer-Soufre (FeS): La circulation des électrons
est spontanée et se fait dans le sens d’une augmentation du potentiel.

NADH,H+ ----->FMN------>Fe-S------>CoQ.

L’enzyme principale de ce complexe I est la NADH,H+ déshydrogénase

Cette enzyme est inhibée par l'Amytal, la roténone et la ptéricidine.

Ces composés inhibent donc le transport des élections dans le complexe I.


2. Complexe II : Succinate - CoQ réductase (FP2 )

Ce complexe enzymatique transporte les électrons du succinate


jusqu'au coenzyme Q.
L’enzyme principale du complexe est la succinate déshydroogénase à
FAD. C’est la flavoprotéine FP2. Ici encore les protéines FeS
interviennent pour donner la séquence suivante :
Succinate---->FAD------>(Fe-S)----->CoQ.
3. Complexe III : CoQH2 - Cytochrome c réductase

Ce complexe multi-enzymatique transporte les électrons entre le coenzyme Q réduit


(CoQH2) et le cytochrome c selon la séquence suivante :

CoQH2 -----> Cyt b ----->Fe-S -------> Cyt c1 -----> Cyt c

Le transport des électrons est inhibé entre le cyt b et le cyt c1 par l'Antimycine A.
4. Complexe IV : Cytochrome c oxydase

Il transporte les électrons jusqu'à l'oxygène. On obtient :


Cyt c -----> Cyt a ------> Cyt a3 ------> O2

Le transfert des électrons entre le cyt a3 et l'oxygène est inhibé par l’azide, par le
monoxyde de carbone CO et par les cyanures (CN) qui constituent des poisons
respiratoires violents.
Il est important de noter que le coenzyme Q et le cytochrome c ne sont pas fixés
aux membranes. Ce sont donc deux transporteurs d’électrons mobiles.
4H+ 2H+ 4H+ H+
pH bas Espace

intermembranaire

CoQ Cyt c Membrane


Complexe I 2e- Complexe III Complexe IV Complexe V
2e- 2e- interne
Complexe 2e-
II 1/2O2+2H+ H2O Matrice
NADH,H+ NAD+ +2H+
FADH2 FAD+2H+
4H+
2H+ 4H+

pH élevé
ADP+Pi ATP

H+
3. Variation d’énergie libre d’oxydation des coenzymes réduits

Les deux principaux coenzymes, donneurs d'électrons dans la chaîne


respiratoire, sont le NADH,H+ et le FADH2 .

Les électrons sont transportés jusqu'à l'oxygène. L'énergie libre


d'oxydation de NADH,H+ et de FADH2 peut être calculée à partir de la
formule liant ∆E°’ et ∆G°' :
∆G°'= -nF∆E°’

Le NADH, : E°’ = – 0,32 V,


le FADH2 : E°’ = -0,06 V,

peuvent céder deux électrons à l’O2, dont le potentiel de réduction


standard E°’ est de + 0,82 V
Ainsi, lorsque les deux électrons de haut potentiel du NADH sont transférés à
l’O2, les deux demi-réactions sont :

NADH, H+ —--> NAD+ + 2H+ + 2e– : E°’ = – 0,32 V


1/2 O2 + 2H+ + 2e– ——> H2O : E°’ = 0,82 V.

La réaction globale d’échange des électrons entre les couples rédox est :
NADH,H+ + 1/2O2------->NAD+ + H2O : ∆E°’ = +1,14 V;

Elle s’accompagne d’une variation d’énergie libre standard de – 220 kJ/mol :

∆G°’ = – nF ∆E°’ = – (2) (96,5) (1,14) = – 220 kJ/mol


La réaction est donc très exergonique et l’énergie libérée par l’oxydation
d’une molécule de NADH,H+ est largement suffisante pour permettre la
formation endergonique de 7 molécules d’ATP, étant donné que la variation
d’énergie libre standard pour la formation d’une molécule d’ATP à partir
d’ADP et de Pi n’est que de +30 kJ/mol.

Mais le rendement réel (40%) est tel que ne se forment que 3 molécules
d’ATP par mole de NADH,H+, le reste d’énergie est utilisé pour le pompage
des protons.
Concernant l’oxydation du FADH2, la réaction globale est :

FADH2 + 1/2 O2 --------> FAD + H2O : ∆E°’ =+0,88 V ; (∆Go’ = - 170 kJ/mol)

L’énergie libérée est suffisante pour la synthèse de 6 ATP mais réellement ils
se forment seulement 2 ATP
4. Créaion de gradient de densité de protons

Lors du transport des électrons, un gradient de densité de protons


(gradient électrochimique) est créé à travers la membrane
mitochondriale interne.
Des protons sont pompés de façon unidirectionnelle de la matrice
vers l'espace intermembranaire au niveau des complexes I, III et IV.

Il existe, dans la membrane mitochondriale interne, des complexes


protéiques qui se comportent comme des pompes à protons,
alimentées par l’énergie libre fournie par le transport des électrons.
Le pH à l'intérieur de la matrice augmente et devient supérieur à celui
de l'espace intermembranaire. Il se crée un ∆pH négatif. Le passage
des électrons à chaque site crée un ∆E°’.

Le ∆G°’ correspondant sera utilisé pour la synthèse de l'ATP

Ainsi l'oxydation de NADH,H+, dont les électrons circulent à travers


les 3 sites, provoque la formation de 3 ATP celle de FADH2, dont les
électrons entrent au niveau du site 2 provoque la formation de 2 ATP.
Les électrons qui entrent au niveau du site 3 permettent la formation
de 1 ATP.
5. Mécanisme de la synthèse de l'ATP - Théorie de Mitchell

Les étapes de la synthèse de l’ATP par phosphorylation


oxydative selon la théorie chimio-osmotique de Mitchell sont
les suivantes :

Pour assurer la synthèse de l’ATP, le transport des électrons à


travers la chaîne respiratoire est nécessaire. Ainsi :

 La formation de l'ATP exige la création de gradient de densité de


protons entre la matrice et l'espace inter-membranaire. C’est le
potentiel électrochimique créé qui fournit l’énergie nécessaire à la
synthèse de l'ATP.
Une fois le gradient créé, la synthèse de l'ATP est effectuée par une
enzyme contenue dans des protubérances sphériques situées sur le côté
matriciel de la membrane mitochondriale interne. Ces sphères sont
connues sous le nom de facteur de couplage 1 ou F1. Son rôle
physiologique est de catalyser la synthèse de l'ATP par l'ATPase ou
l'ATP synthétase
A la base de F1, du côté de la membrane interne, il existe une autre unité
protéique essentielle appelée Fo ou canal protonique qui constitue le
pédoncule membranaire de F1.

La liaison entre Fo et F1 est assurée par plusieurs autres protéines dont


l'ensemble constitue le complexe Fo-F1. Le facteur Fo assure le reflux des
protons de l’espace intermembranaire vers la matrice à travers la
membrane interne et permet la libération de l’énergie nécessaire à la
synthèse de l'ATP. La synthèse de l’ATP est déclenchée grâce à l'action
directe du flux de protons à travers Fo sur F1. Le Pi est activé et,
simultanément, est attaqué par l'ADP pour donner l'ATP.
4H+ 2H+ 4H+ H+
pH bas Espace

intermembranaire

CoQ Cyt c Membrane


Complexe I 2e- Complexe III Complexe IV Complexe V
2e- 2e- interne
Complexe 2e-
II 1/2O2+2H+ H2O Matrice
NADH,H+ NAD+ +2H+
F0
FADH2 FAD+2H+
4H+
2H+ 4H+

F1
pH élevé
ADP+Pi ATP

H+
6. Inhibiteurs de la synthèse d’ATP

6.1. Oligomycine

C’est un anibioique qui se ixe sur le canal protonique (Fo) et le


bloque, empêchant ainsi le relux des protons vers la matrice.

l’oligomycine bloque le transport des électrons et la phosphorylaion de


l’ADP en ATP d’où inhibiion de la phosphorylaion oxydaive
6.2. Agents découplants

Ce sont souvent des transporteurs lipophiles de protons. On trouve


principalement le 2,4-dinitrophénol (DNP).

Il difuse à travers la membrane mitochondriale interne et peut ainsi


transporter les protons de l’espace intermembranaire vers la matrice
et annule donc le gradient de densité de protons associé au
transport des électrons.

Les découplants inhibent la phosphorylaion sans perturber le


transport des électrons.

L’énergie libre fournie par le transport des électrons est, dans ce


cas, enièrement dissipée sous forme de chaleur: c’est la
thermogenèse.
Les animaux et les humains développent un issu adipeux spécial,
appelé graisse brune. Ce dernier est très riche en mitochondries qui
possèdent, dans leur membrane interne, une protéine découplante
appelée thermogénine.

Après la créaion du gradient, les protons, au lieu de retourner à la


matrice par le canal protonique (Fo), sont acheminés par la
thermogénine pour produire de la chaleur plutôt que de l’ATP. Ce
processus est sollicité pour la lute contre le froid et pour le mainien
de la température corporelle des animaux en hibernaion.
7. Transport de molécules à travers la membrane
mitochondriale interne

7.1. Système ADP/ATP translocase

L’ATP est synthéisée dans la mitochondrie qui n’est pas le lieu


d’uilisaion. Elle doit donc être transportée hors de la mitochondrie
après formaion.

Le transport de l’ATP est assuré par le système Adénine nucléoide


translocase (ADP/ATP translocase) qui couple la sorie d’une molécule
d’ATP matriciel à l’entrée d’une molécule d’ADP cytosolique.

Ce système évite l’engorgement de la mitochondrie et règle le lux d'ATP


et d'ADP.

Cete translocase est localisée dans la membrane mitochondriale interne


et inhibée par l’atractyloside.
7.2. Entrée des NADH,H+ cytosoliques de la glycolyse : les navetes

Le NADH,H+ a deux origines principales

Glycolyse: cytosol
CK: mitochondrie NADH,H+

NADH,H+ ---- NAD+


par la chaîne respiratoire Mitochondrie

NADH,H+ ---- NAD+


par la chaîne respiratoire
le NADH,H+ ne peut pas traverser la membrane mitochondriale interne qui ne
dispose pas de transporteur pour les coenzymes nicoiniques (NADH,H + et
NAD+). Ainsi, des navetes assurées par des composés qui peuvent être
transportés grâce à des transporteurs spéciiques, sous forme oxydée ou
réduite, permetent le transport des électrons et des protons du cytosol
(provenant du NADH,H+) vers la matrice à travers la membrane mitochondriale

 Navete Glycérol-P/dihydroxyacétone-P: dans le muscle et le cerveau.

 Navete Aspartate/malate: dans le foie, le cœur, et le rein


Navete Glycérol-P/dihydroxyacétone-P: dans le muscle strié et cerveau.
 Navete Aspartate/malate: dans le foie, cœur et le rein
Bilan énergétique global
de la dégradation du glucose par voie
resporatoire

Foie, rein, cœur: 1glucose --------> 38 ATP

Muscle et cerveau : 1glucose --------> 36 ATP


Néoglucogenèse

C’est la synthèse du glucose à partir de substrats non glucidiques


comme le pyruvate, le lactate, le glycérol et des acides aminés
glucoformateurs.

Certains tissus comme le cerveau, les globules rouges, la région


médullaire du rein, le cristallin, la cornée de l’œil, et le muscle en
contraction rapide ont besoin d’un approvisionnement continu en
glucose.

Les réserves du foie en glycogène sont estimés à 190 g. Les besoins


journaliers en glucose sont estimés à 120 g pour le cerveau, 40 g pour
le reste de l'organisme, 20 g dans les fluides. On en déduit que les
réserves en glucose ne couvrent que les besoins d'un jour en l’absence
d’alimentation glucidique.
La majeure partie du glucose néoformé (90 %) est synthétisée dans le foie
et les 10 % restants dans les reins. Les reins jouent ainsi un rôle mineur
sauf dans le cas de jeûne prolongé où leur contribution devient très
importante.

Bien que la néoglucogenèse soit habituellement définie comme la


transformation du pyruvate en glucose et que la glycolyse soit la
dégradation du glucose en pyruvate, la néoglucogenèse n'est pas l'inverse
de la glycolyse.

En effet, trois réactions de la glycolyse sont irréversibles et pour contourner


ces 3 difficultés, la cellule fait appel à d’autres réactions
thermodynamiquement plus favorables avec la coopération des
mitochondries.
Etapes enzymatiques de la néoglucogenèse

Le démarrage de la néoglucogenèse exige la conversion du pyruvate en


phosphoénolpyruvate. Deux pyruvates sont nécessaires pour faire un glucose.

1.Transformation du pyruvate en phosphoenolpyruvate

Cette première étape ne peut pas être réalisée par l'action de la pyruvate
kinase. Pour obtenir cette phosphorylation du pyruvate il y a coopération
entre la mitochondrie et le cytosol.
a) Phase mitochondriale

Le pyruvate, exporté dans la mitochondrie, est d'abord carboxylé par


la pyruvate carboxylase, située dans la matrice. L’enzyme est une
ligase à biotine. L’ATP est nécessaire. La pyruvate carboxylase se
rencontre dans les mitochondries du foie et des reins mais pas dans
celles des muscles.

2 Pyruvate + 2 CO2+ 2 ATP -----> 2 oxaloacétate + 2 ADP + 2 Pi

L’oxaloacétate formé est réduit en malate par la malate déshydrogenase


mitochondriale. Le malate est ensuite transporté de la mitochondrie dans le
cytosol.

2 Oxaloacétate + 2 NADH,H+ --------> 2 malate + 2 NAD+


a) Phase cytosolique

Le malate est réoxydé en oxaloacétate par la malate déshydrogénase


cytosolique

2 Malate + 2 NAD+ -------->2 Oxaloacétate + 2 NADH,H+ (Malate DH)

Enfin l'oxaloacétate est transformé en phosphoénolpyruvate, suivant


une réaction réversible en présence du GTP par la
phosphoénolpyruvate carboxykinase (PEP carboxykinase), enzyme
spécifique de la néoglucogenèse

2 Oxaloacétate + 2 GTP ---->2 PEP + 2 GDP + 2 CO2


la réaction globale de la transformation du pyruvate en
phosphoénolpyruvate est :

2 Pyruvate + 2 ATP + 2 GTP -----> 2 PEP + 2 ADP + 2 GDP + 2 Pi


2. Transformation du PEP en fructose-1,6- bisP

La séquence des réactions qui vont conduire du PEP au glucose est


cytosolique.

La transformation du phosphoénolpyruvate en furctose-1,6-bisP


est réalisée par la séquence des réactions glycolytiques réversibles,
fonctionnant en sens inverse

Le bilan global de la séquence est le suivant :

2PEP + 2H2O + 2 ATP + 2NADH,H+ ---------> Fru-1,6-bisP + 2 ADP + 2Pi + 2NAD+


3. Transformation du fructose 1-6 bisphosphate en glucose

Une séquence de 3 réactions, dont une réversible, conduit au glucose

a) Déphosphorylation du fructose-1,6-bisP en fructose 6-P

La réaction inverse qui enlève le groupement phosphate est catalysée par la


fructose-1,6 bisphosphatase (FBP1), enzyme clé et site de régulation
principal de la voie de néoglucogenèse.

Fructose-1,6-bisP + H2O --------> fructose 6-P + Pi


b) Isomérisation du fructose 6-P en glucose 6-P

La réaction réversible est catalysée par la phosphogluco-isomérase (PGI)

Fructose 6-P -------> glucose 6-P

c) Déphosphorylation du glucose 6-P en glucose

Cette déphosphorylation est assurée par la Glucose 6-phosphatase


présente dans le foie, le rein et pas dans le muscle strié.

glucose 6-P + H2O -----------> glucose + Pi


Néoglucogenèse
4. Synthèse du glucose à partir des acides aminés, du glycérol
et du lactate

Dix-huit acides aminés parmi les vingt qui existent dans les
protéines sont des précurseurs de glucose et sont dits
glucoformateurs, (sauf la leucine et la Lysine)

Leurs squelettes carbonés rejoignent le cycle de Krebs à des


niveaux différents (pyruvate, oxaloacétate) et donc participent à la
néoglucogenèse.

Le glycérol peut aussi rejoindre la glycolyse et donc la


néoglucogenèse au niveau du dihydroxyacétone phosphate.

Le lactate est transformé dans le foie en pyruvate qui peut régénérer


le glucose.
Bilan de la néoglucogenèse

Le bilan de la formation du glucose à partir de 2 pyruvate est le suivant :

2pyruvate + 4ATP+ 2 GTP + 2NADH,H+ -----> Glucose + 4ADP + 2GDP + 6Pi +2 NAD+

Sur le plan énergétique la synthèse du glucose consomme 4 ATP + 2 GTP soit


l’équivalent de 6 liaisons phosphates riches en énergie.
β-oxydation des acides gras

La β-oxydation est la transformation des acides gras en acétyl-CoA qui


alimente ensuite le cycle de Krebs. Il s’agit de la voie de dégradation
enzymatique complète des acides gras en CO2 et H2O en présence d’oxygène.

Les enzymes impliquées dans cette voie sont mitochondriales. Elle se fait dans
le foie, le cœur, les muscles au repos, les tissus adipeux et les reins. La
dégradation des acides gras saturés ou β-oxydation se fait suivant un cycle
décrit par Lynen en 1954
1. Acivaion des acides gras
Pour être oxydés, les acides gras à longue chaîne (nombre de carbones
supérieur à 10) doivent d'abord être activés sous forme d’acyl-CoA.
La réaction est catalysée par une acyl-CoA synthétase (thiokinase).

Dans la mitochondrie l’acyle est transféré sur le coenzyme A dans


l’espace inter-membranaire, puis transporté dans la matrice par la
navette carnitine à travers la membrane mitochondriale interne. Les
acides gras à courte chaîne peuvent être transportés directement dans
la matrice mitochondriale pour y être activés

R-CH2-COOH + ATP + CoASH+ H2O ¾ R-CH2-CO~SCoA + AMP + PPi
L’ATP est hydrolysé en libérant de l'AMP et du pyrophosphate
(PPi). Ce dernier est hydrolysé par une pyrophosphatase pour
apporter l’énergie complémentaire à la formation de la liaison
thioester. L’activation des acides gras nécessite donc 1 mole d’ATP
dont 2 liaisons riches en énergie sont hydrolysées
2. Transfert de l’acyl-CoA dans la matrice mitochondriale

La membrane mitochondriale interne étant imperméable à


l’acyl-CoA, il doit être transporté dans la matrice à l’aide
d’un transporteur, c’est la navette carnitine.
2.1. Transfert de l’acyl-CoA sur la carniine
Le passage des acides gras à longue chaîne acivés sous la forme
d’acyl-CoA est facilité par la carniine. Le radical acyle est pris en
charge par la carniine. La réacion est catalysée par l'acyl-
carniine transférase 1 (ACT 1) située sur la face externe de la
membrane interne de la mitochondrie. L'acyl-carniine et le
CoASH sont libérés dans l’espace intermembranaire

Acyl-CoA + Carnitine ----------> Acyl-carnitine + CoASH

L'acyl-carniine traverse la membrane mitochondriale interne grâce à


l’acion d’une acyl-carniine translocase
2.2. Transfert du radical acyle sur le CoASH matriciel

Dans la matrice mitochondriale le radical acyle est


retransféré sur le CoASH. La réaction est catalysée par
l'acyl-carnitine transférase 2 (ACT 2), située sur la face
matricielle de la membrane interne.

L’acyl-CoA ainsi reconstitué est le substrat des réactions


du cycle de Lynen qui vont se dérouler dans la matrice
mitochondriale
3. Oxydaion mitochondriale: hélice de Lynen

La voie de la β-oxydaion comporte 4 réacions récurrentes


permetant l’oxydaion du carbone β des acyl-CoA et la
libéraion d’acétyl-CoA.

Cete voie est cyclique car chaque étape de 4 réacions:


oxydaion, hydrataion, oxydaion et thiolyse, part d’un acyl-
CoA à n carbones et abouit à la formaion d’un acyl-CoA
raccourci de 2C (n-2 carbones) c’est l’hélice de Lynen.
3.1. Première déshydrogénaion

Réacion de déshydrogénaion (oxydaion) donnant un trans


enoyl-CoA. Produit une molécule de FADH2. L’enzyme acyl-CoA
déshydrogénase est liée à la membrane mitochondriale interne.

FAD FADH2
O H O
R-CH2-CH2-CH2-CH2-C ~SCoA R-CH2-CH2-C=C-C ~SCoA
H

Acyl-CoA Enoyl-CoA
3.2. Hydrataion

L’hydrataion de la double liaison se fait par l’enzyme énoyl-CoA


hydratase

H O H2O OH H O
R-CH2-CH2-C=C-C ~SCoA R-CH2-CH2-C-C-C ~SCoA
H H H
Enoyl-CoA Hydroxyacyl-CoA
3.3. Deuxième déshydrogénaion

Réacion d’oxydaion catalysée par l’hydroxyacyl-CoA


déshydrogénase. Elle produit une molécule de NADH, H+

NAD+ NADH,H+
OH H O O H O

R-CH2-CH2-C-C-C ~SCoA R-CH2-CH2-C-C-C ~SCoA


H H H

Hydroxyacyl-CoA Cétoacyl-CoA
3.4. Thiolyse
C’est un clivage entre les carbone α et β sous l’acion de l’acyl
CoA-thiolase. Il y a producion d’acétyl-CoA et d’acyl-CoA
raccourci de 2 carbones.
Ce dernier repart pour un autre cycle de 4 réacions et ainsi de
suite jusqu’à la dégradaion complète de l’acide gras en acétyl-
CoA. Ainsi après (n/2)-1 tours, l’acyl CoA est enièrement
catabolisé en n/2 acétyl-CoA.

CoA-SH Acétyl-CoA
O H O O
R-CH2-CH2-C-C-C
α
~SCoA R-CH2-CH2-C ~SCoA
β
H acyl-CoA ayant perdu 2
Cétoacyl-CoA carbones sous forme
d’acétyl-CoA
4. Bilan énergéique de la β-oxydaion des acides
gras saturés à nombre pair d’atomes de carbone

Pour un acide gras saturé à n atomes de carbone on aura:


•Nombre de tours d’hélice de Lynen = (n/2)-1 tours;

•Nombre de moles de FADH2= (n/2)-1;


•Nombre de moles de NADH,H+= (n/2)-1;
•Nombre de moles d’acétyl-CoA = n/2 
Exemple : Acide stéarique est un acide gras saturé à 18 atomes
de carbones :
•Nombre de tours d’hélice de Lynen = (18/2)-1 = 8 tours;

•Nombre de moles de FADH2= (18/2)-1= 8;


•Nombre de moles de NADH,H+= (18/2)-1 = 8;
•Nombre de moles d’acétyl-CoA = n/2 = 9 
L’acétyl-CoA rejoint le cycle de Krebs et produit 12 ATP donc on
aura :

•9 acétyl-CoA x12 ATP = 108 ATP.

Les NADH,H+ et FADH2 seront réoxydés dans la chaîne respiratoire


et produisent :

•8 NADH,H+x 3 ATP = 24 ATP;


•8 FADH2 x 2ATP = 16 ATP.

Le bilan en moles d’ATP est de : 108 + 24 + 16 – 1 ATP (activation) =


147 moles ATP par mole d’acide stéarique 
On peut le calculer directement par la formule suivante : 17n – 6

Dans cet exemple on a un acide gras 2n = 18 donc n = 9.

Bilan en ATP = 17x9 – 6 = 147 moles d’ATP


NB : pour calculer le bilan énergétique en kJ/mol, on aura :

(108 + 24 + 16) x -30,5kJ – (2 x -30,5 KJ) : on a soustrait 2 car une mole


d’ATP est hydrolysée en AMP et pas en ADP. Donc 2 liaisons riches en
énergie (2 x-30,5 kJ).
(148 x -30,5) – (-61) = - 4453 kJ/mol.

On peut calculer ce bilan selon la formule : (17n -7) x -30,5 kJ


Dans l’exemple précédent on a un acide gras 2n = 18 donc n = 9.
Bilan énergétique en kJ/mol = (17x9 – 7) x -30,5= - 4453 kJ/mol 
5. Bilan énérgéique de la β-oxydaion des acides
gras saturés à nombre impair d’atomes de carbone.

Pour un acide gras saturé à n atomes de carbone on aura:

•Nombre de tours d’hélice de Lynen = (n/2)-1,5 tours;


•Nombre de moles de FADH2= (n/2)-1,5;
•Nombre de moles de NADH,H+= (n/2)-1,5;
•Nombre de moles d’acétyl-CoA = (n/2)-1,5.
•Nombre de moles de propionyl CoA = 1 

Exemple en TD

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