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Comportement sismique des portiques en béton

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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHES SCIENTIFIQUE


UNIVERSITE MOULOUD MAMMERI DE TIZI-OUZOU
FACULTE DU GENIE DE LA CONSTRUCTION
DEPARTEMENT DE GENIE CIVIL

Mémoire de Magister
Spécialité : Génie Civil
Option : Structures et Matériaux
Présenté par :
AIT-RAMDANE Idir

Sujet :

Comportement sismique d’ossatures en portiques en


béton armé en tenant compte de l’interaction murs
de remplissage en maçonnerie-cadres des portiques

Soutenu devant le jury d’examen suivant :

- M. HAMZA Ali Maître de conférences (A) UMMTO Président


- M. ABED Ahmed Maître de conférences (A) UMMTO Rapporteur
- M. BOUHERAOUA Ali Professeur UMMTO Examinateur
- M. DRIZI Said Maître de conférences (A) UMMTO Examinateur

Soutenu le : 28/12/2014
i

A la mémoire de mon père


ii

Remerciement

Je tiens à remercier d’abord mon promoteur Dr. ABED Ahmed, Maitre de conférence (A) au
Département de génie civil, faculté génie de la construction, U.M.M.T.O, qui m’a proposé ce sujet
et qui m’a encadrer et diriger avec beaucoup d’attention et de disponibilité tout au long de ce
travail.

Mes vifs remerciements vont également aux membres du jury pour l’intérêt qu’ils ont porté à
mon travail en acceptant de l’examiner et de l’enrichir avec leurs propositions.

Je tiens à remercier tout particulièrement M. LOUZAI Amar, enseignant au Département de


génie civil, faculté génie de la construction, U.M.M.T.O, pour sa précieuse aide au cours de ce
travail, spécialement pendant les modélisations non-linéaires.

je souhaiterai remercier mon ami OULD EL HAJD Mouhamed, doctorant en physique théo-
rique à l’université de Corse, pour m’avoir initier au logiciel LateX.

Mes remerciements s’étendent également à tous mes collègues et à tous mes amis pour leur
encouragement et leur soutien.

Qu’il me soit enfin permis de remercier toute ma famille pour son appui, spécialement mes
parents pour leur attention sans faille, pour leurs encouragements et leur amour inconditionnel
qui m’accompagnent depuis toujours ; qu’ils trouvent ici le témoignage de ma profonde gratitude.
Table des figures

1.1 Mécanisme de ruine du portique nu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2

2.1 Carte simplifiée des grandes plaques lithosphériques et de leurs limites . . . . . . . 6


2.2 Coupe schématique montrant plusieurs types de frontières possibles entre les plaques 7
2.3 Différents mouvements résultants de l’interaction entres les plaques tectoniques . . 7
2.4 Épicentre et foyer d’un séisme. L’importance des dommages diminue avec la distance
à l’épicentre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.5 Représentation schématique des ondes sismiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.6 Illustration des effets de séisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.7 Amplification des ondes sismique par la topographie du site . . . . . . . . . . . . 12
2.8 Amplification des ondes sismique par les sols alluvionnaires . . . . . . . . . . . . 12
2.9 Ruine du bâtiment après liquifaction du sol d’assise . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.10 Vaste éboulement de terrain sur un quartier résidentiel . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.11 Cisaillement des poteaux sous l’effet de la maçonnerie . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.12 Renversement de bâtiments suite à la liquéfaction du sol de fondation . . . . . . . 15
2.13 Effondrement sous l’effet d’un rez-de-chaussée " souple " . . . . . . . . . . . . . . 15
2.14 cisaillement des poteaux courts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.15 Dommages dus à la présence des décrochements. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16

3.1 portique étudié . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19


3.2 Vue en plan du bâtiment comportant le portique étudié. . . . . . . . . . . . . . . 19
3.3 Dimensionnement d’un nœud poteau-poutre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.4 Dimensions des sections des poutres et des poteaux du portique étudié. . . . . . . 21
3.5 Illustration schématique des forces sismiques appliquées aux différents niveaux du
portique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.6 Spectre de réponse de calcul [31] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.7 Masses sismiques du modèle brochette associées au bâtiment étudié . . . . . . . . 24
3.8 Propriétés modales du bâtiment dans la direction Y-Y . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.9 Ferraillage du portique étudié . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
3.10 Différents types de briques considérés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28

4.1 Courbe de capacité de la structure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

iii
TABLE DES FIGURES iv

4.2 Réduction d’un système à plusieurs degrés de liberté à un système à un degré de


liberté équivalent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
4.3 Conversion de la courbe de capacité de la structure en une courbe du système à un
degré de liberté équivalent. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
4.4 Idéalisation bi-linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33

5.1 Loi force-déplacement idéalisée pour les éléments béton armé . . . . . . . . . . . . 38


5.2 Diagramme moment-rotation associé à la rotule plastique de flexion pour les poutres. 40
5.3 Section doublement armé à son état élastique limite . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
5.4 Diagramme effort tranchant-rotation associé à la plastification des poutres par ci-
saillement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
5.5 Diagramme moment-rotation associé à la plastification des poteaux par flexion [15] 43
5.6 Déformée d’un cadre avec remplissage sous chargement latéral . . . . . . . . . . . 44
5.7 Bielle comprimée équivalente diagonale. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
5.8 Définition des paramètres caractérisant la bielle comprimée équivalente. . . . . . . 45
5.9 Loi de comportement de la maçonnerie [22] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
5.10 Loi force-déplacement pour la maçonnerie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
5.11 Rotule plastique de compression . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
∆ef f
5.12 Définition du déplacement relatif hef f
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
5.13 Mode de rupture typique des murs de maçonnerie . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
5.14 Rupture par cisaillement de la maçonnerie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
5.15 Illustration des paramètres permettant d’établir la résistance au cisaillement du
mur de remplissage en maçonnerie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
5.16 Attribution des rotules plastiques aux différents éléments . . . . . . . . . . . . . . 51

6.1 Portique nu et sa modélisation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53


6.2 Courbe de capacité du portique nu. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
6.3 Distribution des rotules plastiques à la ruine du portique nu . . . . . . . . . . . . 54
6.4 Déplacements latéraux des niveaux du portique nu . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
6.5 Déplacements inter-étages du portique nu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
6.6 Portique avec remplissage et sa modélisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
6.7 Courbe de capacité du portique avec murs de remplissage en parpaing creux . . . 56
6.8 Distribution des rotules plastiques à la ruine du portique avec un remplissage en
parpaing creux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
6.9 Déplacements latéraux du portique avec un remplissage en parpaing creux. . . . . 57
6.10 Déplacement inter-étages du portique avec un remplissage en parpaing creux . . . 57
6.11 Courbe de capacité du portique avec un remplissage en briques creuses . . . . . . 58
6.12 Distribution des rotules plastiques à la ruine du portique avec un remplissage en
briques creuse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
6.13 Déplacements latéraux du portique avec remplissage en briques creuses . . . . . . 59
TABLE DES FIGURES v

6.14 Déplacements inter-étages du portique avec remplissage en briques creuses . . . . 60


6.15 Courbe de capacité du portique avec un remplissage en briques pleines . . . . . . 60
6.16 Distribution des rotules plastiques dans le portique avec un remplissage en briques
pleine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
6.17 Déplacements latéraux du portique avec un remplissage en briques pleine . . . . . 61
6.18 Déplacements inter-étages du portique avec un remplissage en briques pleines . . . 62
6.19 Courbes de capacités du portique nu et avec différents remplissages . . . . . . . . 62
6.20 Comparaison des efforts tranchants élastique des portiques. . . . . . . . . . . . . . 63
6.21 Comparaison des raideurs initiales K0 des différents portiques . . . . . . . . . . . 63
6.22 Comparaison des résistances ultimes Vu des différents portiques . . . . . . . . . . 64
6.23 Comparaison des déplacements latéraux absolus des portiques . . . . . . . . . . . 65
6.24 Comparaison des déplacements inter-étages des portiques . . . . . . . . . . . . . . 66
6.25 Comparaison des mécanismes de ruine des différents portiques . . . . . . . . . . . 67
6.26 Courbe de capacité du portique avec un remplissage en briques creuses de 15 cm
d’épaisseur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
6.27 Déplacements latéraux inter-étages du portique avec un remplissage en briques
creuses de 15 cm d’épaisseur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
6.28 Distribution des rotules plastiques dans le portique avec un remplissage en briques
creuse de 15 cm d’épaisseur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
6.29 Courbe de capacité du portique avec un remplissage en briques creuses de 10 cm
d’épaisseur. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
6.30 Déplacements latéraux inter-étages du portique avec un remplissage en briques
creuses de 10 cm d’épaisseur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
6.31 Distribution des rotules plastiques dans le portique avec un remplissage en briques
creuses de 10 cm d’épaisseur. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
6.32 Courbes de capacités du portique avec différentes configurations. . . . . . . . . . . 72
6.33 Comparaison des efforts tranchants élastiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
6.34 Comparaison des raideurs initiales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
6.35 Comparaison des résistances ultimes Vu des différents portiques . . . . . . . . . . 74
6.36 Comparaison des déplacements latéraux relatifs des différents portiques. . . . . . . 75
6.37 Comparaison des ductilités globales des différents portiques. . . . . . . . . . . . . 76
Liste des tableaux

3.1 Caractéristique des matériaux de remplissage utilisés . . . . . . . . . . . . . . . . 28

5.1 Propriétés des maçonneries utilisées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51

6.1 Caractéristiques générales du portique à l’état élastique limite avec différentes confi-
gurations. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
6.2 Caractéristiques générales du portique à l’état limite ultime avec différentes confi-
gurations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
6.3 Caractéristiques générales du portique à l’état élastique limite avec différentes confi-
gurations. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
6.4 Caractéristiques générales du portique à l’état limite ultime avec différentes confi-
gurations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75

vi
Table des matières

1 Introduction 1
1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.1 Définition de la problématique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Objectif du mémoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Plan du mémoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

2 Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les zones sis-
miques 5
2.1 Genèse d’un séisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.1.1 Tectonique des plaques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.1.1.1 Principe de la tectonique des plaques . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.1.1.2 Mouvements résultants de l’interaction entres les plaques tectoniques 7
2.1.1.3 Définition d’un séisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.1.1.4 Les ondes sismiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.1.5 Caractérisation des séismes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.1.1.6 L’aléa sismique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.1.1.7 Effets de séisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2 Principaux facteurs de vulnérabilité des structures en béton armé . . . . . . . . . 14
2.2.1 Influence des murs de remplissages dans les structures en portiques . . . . 14
2.2.2 Liquéfaction des sols . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.2.3 Niveaux " souples " . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2.4 Effet poteau court . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2.5 Irrégularité des Structures en béton armé avec des remplissages en maçon-
nerie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2.6 Résonance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

3 Structure étudiée et matériaux de remplissages considérés 18


3.1 Structure en portique en béton armé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.1.1 Géométrie et configuration structurale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.1.2 Dimensionnement du portique étudié . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20

vii
Table des matières

3.1.2.1 Prédimensionnement des sections de béton des poutres et des po-


teaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3.1.2.1.1 Section des poutres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3.1.2.1.2 Section des poteaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3.1.2.1.3 Prédimensionnement vérifiant le critère de formation des
rotules plastique dans les poutres et pas dans les poteaux 21
3.1.2.2 Charges appliquées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.1.2.2.1 Charges gravitaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.1.2.2.2 Charges sismiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.1.2.3 Ferraillage du portique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.1.2.3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.1.2.3.2 Ferraillage des poutres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.1.2.3.3 Ferraillage des poteaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.1.2.3.4 Sections de béton et d’acier des poutres et des poteaux . 26
3.2 Matériaux de remplissage (maçonnerie) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
3.2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
3.2.2 Description des matériaux de remplissage utilisés . . . . . . . . . . . . . . 28
3.2.2.1 Bloc de béton léger (Parpaing creux) . . . . . . . . . . . . . . . . 28
3.2.2.2 Brique creuse en terre cuite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
3.2.2.3 Maçonnerie en brique pleine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28

4 Analyse Pushover 29
4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
4.2 Définition de la méthode pushover . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
4.3 Formulation analytique de la méthode pushover . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
4.3.1 Définition du système à un degré de liberté équivalent (SDOF) . . . . . . . 32
4.3.2 Idéalisation bi-linéaire de la courbe de capacité du système à un degré de
liberté (SDOF) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
4.3.3 Définition des propriétés du système à un degré de liberté équivalent . . . 34
4.4 Distribution verticale des charges horizontales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
4.4.1 Distribution uniforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
4.4.2 Distribution selon le premier mode de vibration . . . . . . . . . . . . . . . 35
4.4.3 Distribution proposée par FEMA 273 [15] . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
4.4.4 Distribution avec la combinaison modale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
4.4.4.1 Distribution Adaptative . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
4.5 Définition du déplacement cible de la structure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

5 Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de remplis-


sage en maçonnerie 37
5.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38

viii
Table des matières

5.2 Modélisation du portique nu en béton armé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38


5.2.1 Définition et attribution des rotules plastiques aux poutres et aux poteaux
du portique nu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
5.2.1.1 Loi Moment – Rotation associée aux poutres . . . . . . . . . . . . 39
5.2.1.1.1 Plastification par flexion : Rotule plastique . . . . . . . . 39
5.2.1.1.2 Plastification par cisaillement . . . . . . . . . . . . . . . 41
5.2.1.2 Loi Moment – Rotation associée aux poteaux . . . . . . . . . . . 42
5.2.1.2.1 Plastification par flexion : Rotule plastique . . . . . . . . 42
5.2.1.2.2 Plastification par cisaillement . . . . . . . . . . . . . . . 43
5.3 Modélisation de mur de remplissage en maçonnerie . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
5.3.1 Modèle de bielle comprimée équivalente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
5.3.2 Loi de comportement de la maçonnerie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
5.3.2.1 Rotule plastique pour la maçonnerie . . . . . . . . . . . . . . . . 46
5.3.2.1.1 Rotule de compression . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
5.3.3 Résistance ultime d’un mur de maçonnerie . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48

6 Présentation et discussion des résultats des analyses pushover 52


6.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
6.2 Résultats des analyses pushover des portiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
6.2.1 Portique nu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
6.2.2 Portique avec murs de remplissage en béton léger (parpaing creux) . . . . . 55
6.2.3 Portique avec murs de remplissage en briques creuses en terre cuite . . . . 58
6.2.4 Portique avec murs de remplissage en maçonnerie en bloc (briques pleine) 60
6.3 Analyse comparative des résultats du portique en fonction des matériaux de rem-
plissage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
6.3.1 Analyse comparative des caractéristiques des portiques à l’état élastique
limite et à l’état limite ultime de résistance . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
6.3.2 Analyse comparative des déplacements latéraux absolus d’étages . . . . . . 65
6.3.3 Analyse comparative des déplacements inter-étages . . . . . . . . . . . . . 66
6.3.4 Analyse comparative des mécanismes de ruines . . . . . . . . . . . . . . . . 66
6.4 Résultats des analyses pushover du portique en fonction de l’épaisseur des murs de
remplissage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
6.4.1 Résultats des analyses pushover du portique nu . . . . . . . . . . . . . . . 68
6.4.2 Résultats des analyses pushover du portique avec un remplissage de 20 cm
d’épaisseur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
6.4.3 Résultats des analyses pushover du portique avec un remplissage de 15 cm
d’épaisseur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
6.4.4 Résultats des analyses pushover du portique avec un remplissage de 10 cm
d’épaisseur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70

ix
Table des matières

6.5 Analyse comparative des résultats du portique en fonction de l’épaisseur des pan-
neaux de remplissage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
6.5.1 Analyse comparative des caractéristiques des portiques à l’état élastique
limite et à l’état limite ultime de résistance . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
6.5.2 Analyse comparative des déplacements latéraux inter-étages . . . . . . . . 75
6.5.3 Analyse comparative des ductilités globales . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76

7 Conclusion générale 77
7.1 Rétrospective . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
7.2 Conclusions principales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
7.3 Recommandations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
7.4 Perspectives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80

x
Chapitre 1

Introduction

1
Chapitre 1 : Introduction

1.1 Introduction

1.1.1 Définition de la problématique


Les structures en portiques en béton armé avec des remplissages en maçonnerie sont très
courantes dans beaucoup de pays, notamment dans ceux à haut risque sismique. Parmi ces pays,
on peut citer ceux du bassin méditerranéen dont l’Algérie [1].

Pour ce type de structure, une grande partie des dommages causés par l’action sismique est
attribuée aux panneaux de remplissage [13]. L’interaction entre ces panneaux et les cadres en
béton armé du portique surcharge les nœuds poteaux-poutres et induit des effets locaux négatifs
qui pourront conduire à un endommagement sérieux des nœuds poteaux-poutres de la structure,
dimensionnée dans la plupart des cas, en ignorant la présence des murs de remplissage qui sont
considérés comme des éléments non structurels. Par conséquent cette simplification donne lieu à
dimensionnement non sécuritaire.

Au début d’un séisme, les murs en maçonnerie reprennent une grande partie des forces sis-
miques, mais avec l’accroissement du déplacement inter-étages sous l’effet des charges sismiques,
les murs de remplissages subissent les premières fissures et une séparation avec le cadre s’initie [5],
et l’influence des murs des remplissages sur le comportement global de la structure et leur contri-
bution à la résistance et à la raideur de cette dernière, restent dépendante des caractéristiques de
ces murs, à titre d’exemple, si on rempli le même bâtiment avec des panneaux de maçonnerie qui
possèdent des résistances et des épaisseurs différentes, face à un séisme, le comportement de cet
ouvrage sera différent d’un type de remplissage à un autre.

La question qu’on se pose en général est de connaitre l’influence de la résistance de la maçon-


nerie et de son épaisseur sur la capacité de dissipation de l’énergie sismique par la structure, sur
sa manière de subir des déformations post-élastique, sur sa raideur initiale et sur les mécanismes
de ruine. Sachant que le mécanisme de ruine préconisé par le RPA est un mécanisme de ruine
globale (figure 1.1), obtenu par le dimensionnement de ces structures auto-stable de telle sorte
que les rotules plastiques se forment dans les poutres plutôt que dans les poteaux, afin de dissiper,
par déformations plastiques, un maximum d’énergie sismique sans s’effondrer.

Figure 1.1 – Mécanisme de ruine du portique nu

2
Chapitre 1 : Introduction

Le but d’un tel dimensionnement parasismique est d’établir une hiérarchie des plastifications
successives des divers éléments structuraux et d’atteindre un mécanisme de ruine de type plastique
global et ductile, conférant à la structure un comportement favorable et sécuritaire en situation
sismique [26].

Puisque une importante partie de la population mondiale s’abrite dans ces bâtisses en portiques
en béton armé avec des remplissages en maçonnerie, qui subissent à chaque événement sismique
majeur , des dommages important allant jusqu’à leur effondrement total ; connaitre quelles sont
les plus vulnérables et comprendre leur comportement face aux actions sismiques est plus qu’utile
pour imposer des lois plus strictes et envisager des actions de relogement et de renforcement pour
sauver ces vies humaines et éviter la pire des catastrophes.

1.2 Objectif du mémoire


Notre travail consiste en l’étude du comportement sismique des structures en portique en béton
armé en tenant compte de l’interaction murs de remplissage-cadres des portiques, notamment,
l’influence de l’épaisseur et de la résistance de ces murs de remplissage sur le comportement
sismique des structures en portiques en béton armé. Pour cela, on considère un portique en rez-
de-chaussée plus six étages avec trois travées de même longueur, égale à cinq mètres. Ce portique
fait partie d’un bâtiment supposé être implanter dans une zone de forte sismicité (zone III selon
le RPA 99/version 2003 [31]).

Trois types de matériaux de remplissage à savoir, le parpaing creux en béton léger, la brique
creuse en terre cuite et la brique pleine en terre cuite sont considérés dans l’étude, le choix de
ces matériaux est effectué à partir de leurs résistances à la compression, respectivement, faible,
moyenne et forte. Pour étudier l’effet de l’épaisseur des murs de remplissages, on a considéré un
mur en briques creuses en terre cuite avec trois épaisseurs différentes (20 cm, 15 cm, 10 cm).

Après un dimensionnement du portique selon les codes de calcul en vigueur, à savoir le RPA
99/version 2003 [31] et le BAEL 91 [9], des analyses non-linéaire (pushover) sont effectuées sur
le portique avec différentes configurations. Au terme de ces analyses postélastique, une discussion
des résultats est effectuée en mettant l’accent sur la variation des paramètres, tels que l’effort
tranchant à la base du portique et les déplacements latéraux d’étages ainsi que les différents
mécanismes de ruines.

1.3 Plan du mémoire


Le présent mémoire est organisé sous la forme suivante :

Le chapitre 1 est consacré à la présente introduction.

Au long du chapitre 2, on décrit l’évènement sismique dans son ensemble et on donne les notions

3
Chapitre 1 : Introduction

nécessaires pour la compréhension des mécanismes qui régissent son déclanchement, sa propaga-
tion jusqu’à son application sur les structures. A la fin de ce chapitre, on récapitule les différents
facteurs qui accroissent la vulnérabilité des bâtisses face aux séismes.

Dans le chapitre 3, on dimensionne le portique étudié selon le code du béton armé aux états
limites BAEL 91 [9] et le règlement parasismique Algérien RPA 99/version 2003 [31], sur la
base d’une analyse modale spectrale avec le logiciel ETABS [11]. Le portique est dimensionné en
considérant les combinaisons d’action sismique avec les charges permanentes et les charges d’ex-
ploitations en référence au RPA 99/version 2003.

Dans le chapitre 4, on donne un aperçu général sur l’analyse pushover.

On consacre le chapitre 5 à la modélisation de la structure en béton armé et aussi à la modé-


lisation des murs de remplissage avec la définition des différents types de rotules plastiques ainsi
que les lois qui régissent le comportement de ces rotules, et en suite, on les affecte aux éléments
poteaux, poutre et aux murs de maçonnerie.

Au chapitre 6, des analyses pushover sont exécutées à l’aide du logiciel de calcul ETABS pour
les portiques étudiés, d’abord en variant la résistance des murs de remplissages en utilisant les
configurations suivantes :
— Portique nu
— Portique avec un remplissage de faible résistance à la compression (3 Mpa), qui est la
maçonnerie en béton léger (parpaing creux)
— Portique avec remplissage en briques creuses en terre cuite qui possède une résistance
moyenne à la compression (10 Mpa).
— Portique avec remplissage en briques pleine en terre cuite dont la résistance à la compression
est relativement élevée (15 Mpa).
En suite en variant l’épaisseur des panneaux de remplissages comme suit :
— Portique avec remplissage en briques creuses en terre cuite avec une épaisseur de 20 cm.
— Portique avec remplissage en briques creuses en terre cuite avec une épaisseur de 15 cm.
— Portique avec remplissage en briques creuses en terre cuite avec une épaisseur de 10 cm.
Au cours de ce chapitre, on procède à une discussion des résultats obtenus et une comparaison
des différents paramètres comme, les raideurs initiales, les résistances ultimes, les déplacements
latéraux, les déplacements inter-étages et les mécanismes de ruines.

On termine notre travail par une synthèse des connaissances acquises et les différents enseignements
tirés.

4
Chapitre 2

Structures en béton armé avec remplissage


en maçonnerie dans les zones sismiques

Résumé
Ce chapitre a pour objet de présenter le phénomène sismique dans son ensemble.
Il s’agit de comprendre la théorie de la tectonique des plaques et les différents mou-
vements qui résultent de leur interaction, donnant naissance à des séismes. Ensuite,
on définit les différents types de séismes et leurs caractéristiques ainsi que les ondes
qu’ils génèrent et les effets qui peuvent être engendrés sur les ouvrages. La dernière
partie du chapitre est consacrée aux principaux facteurs de vulnérabilité des struc-
tures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les zones sismiques, comme
les étages souples, les murs de remplissages dans les bâtiments en portiques, les irré-
gularités géométriques, la liquéfaction des sols de fondation, la résonance. . . etc.

5
Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques
2.1 Genèse d’un séisme

2.1.1 Tectonique des plaques


La compréhension du mécanisme responsable de l’activité sismique du globe terrestre est ré-
cente. Ce n’est qu’en 1968 que J.Morgan, D. Mc Kenzie et X. Le Pichon ont formulé la théorie de
la tectonique des plaques qui fournit un modèle cinématique cohérent des déformations de l’écorce
terrestre [47].

2.1.1.1 Principe de la tectonique des plaques

La tectonique des plaques, dont le principe est connu depuis la seconde moitié du XXe siècle,
est à l’origine des chaînes de montagne et de phénomènes tels que les séismes et le volcanisme. La
lithosphère (croûte et manteau supérieur) est morcelée en plusieurs fragments, appelés plaques,
qui constituent la surface terrestre. En raison des mouvements de convection au sein du manteau,
ces plaques sont mobiles les unes par rapport aux autres, avec des vitesses de quelques centimètres
par an [48].

Figure 2.1 – Carte simplifiée des grandes plaques lithosphériques et de leurs limites

Il existe des grandes cellules de convection dans le manteau qui sont le résultat du flux de
chaleur qui va du centre vers l’extérieur de la terre, un flux de chaleur dû à la décomposition des
éléments radioactifs contenus dans les minéraux constitutifs de la terre. Ces cellules concentrent
de la chaleur dans leur partie ascendante, ce qui cause une fusion partielle du manteau supérieur et
une expansion des matériaux. C’est cette expansion qui produit une dorsale médio-océanique. Les
mouvements de l’asthénosphère sous la lithosphère rigide entraînent cette dernière ; ils provoquent
des tensions au niveau de la dorsale, causant la divergence et le magmatisme associé. Ainsi, il y a
formation continuelle de nouvelle lithosphère océanique au niveau de la dorsale et élargissement

6
Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques

progressif de l’océan.
En contrepartie, puisque le globe terrestre n’est pas en expansion, il faut détruire de la litho-
sphère, ce qui se fait par enfoncement de lithosphère océanique dans les zones de subduction qui
correspondent aux fosses océaniques profondes. Les dorsales sont recoupées par des failles dites
transformantes pour accommoder des différences de vitesses de divergence [49].

Figure 2.2 – Coupe schématique montrant plusieurs types de frontières possibles entre les
plaques

2.1.1.2 Mouvements résultants de l’interaction entres les plaques tectoniques

— La subduction : c’est-à-dire la plongée d’une plaque sous une autre (ce qui permet de
compenser l’augmentation de surface résultant de l’expansion des fonds océaniques), comme
celle de la plaque Nazca sous l’Amérique du Sud, ou de la plaque Philippines sous l’Eurasie
au niveau du Japon ;
— Le décrochement : c’est-à-dire le coulissage horizontal d’une plaque contre une autre
(failles transformantes), dont l’exemple le plus connu est la célèbre faille de San Andreas
en Californie (contact entre les plaques Pacifique et Amérique du Nord) ;
— La compression : c’est-à-dire la collision frontale sans subduction qui se traduit par la
formation de chaînes de montagnes, comme l’Himalaya, résultat de la collision des plaques
Inde et Eurasie

Figure 2.3 – Différents mouvements résultants de l’interaction entres les plaques tectoniques

7
Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques

Ces mouvements relatifs entre plaques ne se font pas, en général, de manière progressive, mais par
à-coups. Chacun de ces à-coups constitue un séisme, plus ou moins intense suivant l’amplitude et
la rapidité du mouvement, ainsi que l’étendue de la zone concernée.

2.1.1.3 Définition d’un séisme

Un séisme, terme synonyme de « tremblement de terre », est une secousse plus ou moins
violente du sol, due le plus souvent à la rupture d’une faille, activée par les lents mouvements
tectoniques qui animent en permanence la croûte terrestre. Cette rupture émet des ondes qui, en
se propageant, engendrent des secousses à composantes horizontale et verticale. L’intensité des
secousses verticales est en général plus faible que celle des secousses horizontales, mais ce n’est pas
toujours le cas. Les vibrations verticales sont importantes près de l’épicentre du séisme, qui est
le point de la surface terrestre à la verticale du « foyer », où la rupture de faille a été déclenchée
[46].

Figure 2.4 – Épicentre et foyer d’un séisme. L’importance des dommages diminue avec la
distance à l’épicentre

Les séismes violents n’ont donc pas une répartition aléatoire à la surface de la planète. Ils sont
localisés pour leur immense majorité sur les frontières des plaques, là où les contraintes sont les
plus élevées. Ce sont les régions sismiques. Les mécanismes de ces régions sont étudiés pour évaluer
l’aléa sismique [49].
La quasi-totalité de l’activité sismique corresponds aux séismes tectonique, il existe cependant
d’autres types de séismes, d’origine naturelle ou artificielle.
— Séismes volcaniques, associés à la montée du magma ou au dégazage avant et pendant
les éruptions. Ces séismes sont généralement faibles et localisés au voisinage des volcans
actifs ;
— Séismes artificiels, résultant des explosions souterraines (tirs de carrières et de mines,
essais nucléaires) ou de l’exploitation des mines (« coups de toit ») ;

8
Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques

— Séismes dits « induits », souvent associés à un apport massif d’eau dans les terrains
(mise en eau d’un grand barrage ou injection à grande échelle dans le sol). Ces séismes
induits, dont on connaît quelques exemples, paraissent devoir être attribués à la diminu-
tion de résistance à la rupture des roches lors de l’infiltration d’eau dans leur réseau de
microfractures.

2.1.1.4 Les ondes sismiques

Générées par la rupture sur la faille, des vibrations, ou ondes sismiques, se propagent dans
toutes les directions. Plusieurs types d’ondes, aux effets différents sur les sols et les structures,
sont produits par les séismes. La connaissance des caractéristiques des différents types d’ondes (et
de leurs conditions de propagation) permet de prévoir leur action sur les bâtiments en fonction
du site géologique où se situe chaque construction [49].
On distingue deux grands types d’ondes émises par un séisme :
Les ondes de fond, celles qui se propagent à l’intérieur de la terre et qui comprennent les ondes S
et les ondes P, et les ondes de surface, celles qui ne se propagent qu’en surface et qui comprennent
les ondes de Love et de Rayleigh.

Figure 2.5 – Représentation schématique des ondes sismiques

— Les ondes P (primaires) sont des ondes de compression assimilables aux ondes sonores
et qui se propagent dans tous les états de la matière. Les particules se déplacent selon un
mouvement avant-arrière dans la direction de la propagation de l’onde.
— Les ondes S (secondaires) sont des ondes de cisaillement qui ne se propagent que dans
les solides. Les particules oscillent dans un plan vertical, à angle droit par rapport à la
direction de propagation de l’onde.

9
Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques

— Les ondes de Love ou ondes L sont des ondes de cisaillement, comme les ondes S, mais
qui oscillent dans un plan horizontal. Elles impriment au sol un mouvement de vibration
latéral.
— Les ondes de Rayleigh ou ondes R sont assimilables à une vague ; les particules du sol
se déplacent selon une ellipse, créant une véritable vague qui affecte le sol lors des grands
tremblements de terre.

2.1.1.5 Caractérisation des séismes

On peut caractériser la "taille" du tremblement de terre par différents paramètres.


— La magnitude M (échelle de RICHTER) est une évaluation de l’énergie libérée
au foyer du tremblement de terre. Comme telle, cette quantité n’est pas utilisable par
l’ingénieur des constructions qui s’intéresse à un mouvement en surface et dans une zone
géographique donnée. Le foyer peut se trouver à plusieurs kilomètres sous la surface et à
plusieurs centaines de kilomètres de la zone donnée.
— L’intensité I (échelle de MERCALLI) est une caractérisation de l’importance des
effets matériels observés en surface et de la perception par la population. Cette description
vaut pour une zone géographique donnée, mais est assez qualitative. L’intensité en un point
dépend non seulement de la taille du séisme (magnitude) mais aussi de la distance au foyer,
de la géologie locale et de la topographie.
Un paramètre important pour l’évaluation des effets des séismes à un endroit donné est
l’accélération maximale du sol ou accélération de pointe, PGA 1 . Son ordre de grandeur
est de 0,4g à 0,6g en zone très sismique et de 0 à 0,1g en zone faiblement sismique .
L’amplitude de l’accélération maximale du sol permet de se faire une idée de la résultante
de force F appliquée à la construction. C’est en terme de d’accélération maximale au niveau
du bedrock qu’on exprime les cartes de zonage sismique quantifiant le niveau sismique à
prendre en compte pour l’application des règles de constructions parasismiques.
— La durée du tremblement de terre est un paramètre significatif dans les processus de
fissurations et dégradations progressives des éléments d’une construction. Elle est liée à la
magnitude du séisme. Cette durée est au maximum de l’ordre de 60 s en zone très sismique,
mais n’est que de quelques secondes en zone peu sismique.

2.1.1.6 L’aléa sismique

L’évaluation de l’aléa sismique sur un site donné consiste à déterminer les mouvements sis-
miques les plus agressifs dont on doit considérer l’occurrence sur ce site comme possible. Cette
définition est de nature probabiliste, car la notion d’une occurrence possible est en pratique tou-
jours liée à la fixation, explicite ou implicite, d’un seuil de probabilité au-dessous duquel l’aléa est
considéré comme négligeable [47].
1. Peak Ground Acceleration

10
Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques

Cette évaluation se base sur la distribution temporelle et spatiale des séismes de la région étudiée,
c’est-à-dire sa sismicité. L’hypothèse principale qui régit l’évaluation de l’aléa sismique est celle
supposant que les séismes passés peuvent se reproduire dans la zone où ils sont apparus.

2.1.1.7 Effets de séisme

Lors d’un séisme, le glissement sur la faille génère des ondes sismiques qui vont se propager
dans la Terre depuis le foyer du séisme jusqu’à la surface. Au cours de ce trajet, elles traversent des
milieux géologiques aux propriétés mécaniques variées (densité, vitesse de propagation des ondes
sismiques,. . . ), ce qui va perturber leur propagation et accroître la complexité du signal sismique.
Certaines caractéristiques de site peuvent considérablement amplifier les oscillations du sol. Les
bâtiments qui y sont implantés peuvent parfois subir des charges sismiques jusqu’à cinq fois plus
élevées que les constructions similaires situées dans une zone moins dangereuse. Les destructions
y sont donc fréquentes [46].

Figure 2.6 – Illustration des effets de séisme

a) Effets directs :
Action du sol sur les ouvrages, de type oscillatoire ou résultant d’un déplacement différentiel ; ces
phénomène peuvent être amplifiés par des effets de site dus à la topographie, à l’hétérogénéité des
sols ou à la présence des sols mous de forte épaisseur (plus de 15 cm)[39].
b) Effets de site :
parmi lesquels, on trouve
— Topographies amplifiant l’action sismique (Butte, crête, bord de falaise) : La
réflexion des ondes sismiques à l’intérieur de ces reliefs peut amplifier les secousses qui y
parviennent.

11
Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques

Figure 2.7 – Amplification des ondes sismique par la topographie du site

— Sols alluvionnaires de forte épaisseur amplifiant l’action sismique : La réflexion des


ondes sismiques " prisonnières " à l’intérieur d’une couche de sol meuble entre la surface et
le substratum rocheux a pour conséquence d’amplifier certaines composantes des secousses
sismiques qui y. Ces composantes peuvent être très sous-estimées par la réglementation.

Figure 2.8 – Amplification des ondes sismique par les sols alluvionnaires

Pour les constructions fondées sur des sols mous de forte épaisseur, il s’y produit en général une
amplification importante des amplitudes d’oscillation.
c) Effets induits
Les effets induits sont des grands mouvements de sols déclenchés par les secousses sismiques. Ils
peuvent provoquer la perte de toute construction, parasismique ou non. Il s’agit principalement
des phénomènes suivants :
— Liquéfactions et tassements des sols : Sous l’action des ondes P qui se propagent dans
les milieux liquides, la pression d’eau interstitielle entre les grains du sol augmente et leur
fait perdre leur cohésion. La couche devient localement et momentanément « liquide »
dans l’épaisseur de sol concernée qui peut être plus ou moins importante. Au-delà de 15 m
de profondeur, la masse des couches superficielles exerce une contrainte assez élevée pour
s’opposer à l’augmentation de pression d’eau [50].
Les phénomènes de liquéfaction et tassement se produisent dans les sols sableux fins saturés en
eau.

12
Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques

Figure 2.9 – Ruine du bâtiment après liquifaction du sol d’assise

Enfoncement d’un bâtiment dans le sol sous l’effet d’un tassement localisé dû au phénomène
de liquéfaction du sol d’implantation. Un traitement de sol ou des fondations profondes auraient
pu prévenir le phénomène. Séisme de Caracas, 1967,) [50].

— Eboulement rocheux et Glissement de terrain (chute de blocs) : Sous l’effet des


secousses, tout ce qui se trouve en situation d’instabilité sur les versants peut glisser vers
l’aval : la terre, les roches et les bâtiments situés sur les sols instables. La stabilité des
sols en pente se calcule en tenant compte de leur cohésion, de la saturation en eau, de
l’inclinaison de la pente et des intensités possibles des séismes régionaux [50].

Figure 2.10 – Vaste éboulement de terrain sur un quartier résidentiel

Sur les versants, les glissements de terrain et les éboulements rocheux déclenchés par un trem-
blement de terre sont assez fréquents. Ils peuvent entraîner la perte totale des ouvrages qui y
sont implantés. Même un séisme de faible intensité peut provoquer un glissement de terrain ou un
éboulement [46].
— Tsunami (raz-de-marée) : Lorsque le mouvement relatif des bords de la faille est de type
coulissage vertical et qu’il a lieu au fond de la mer, il provoque une formation d’onde en

13
Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques

surface de l’eau (vague). Cette vague se propage depuis la zone épicentrale sur des centaines
de kilomètres. Aux abords de la côte, en raison de la remontée des fonds, la hauteur de la
vague peut dépasser la dizaine de mètres pour des séismes majeurs Le « tsunami » signifie
en japonais « vague du port » et le déferlement de cette vague peut emporter les bateaux
et détruire les constructions [47].

2.2 Principaux facteurs de vulnérabilité des structures en


béton armé

2.2.1 Influence des murs de remplissages dans les structures en por-


tiques
Au début d’un tremblement de terre, la maçonnerie reprend presque toutes les forces sismiques,
mais après elle s’écroule souvent par compression oblique ou glissement (faible frottement suite à
un manque de compression). Il peut aussi arriver que la maçonnerie cisaille les piliers [44].

Figure 2.11 – Cisaillement des poteaux sous l’effet de la maçonnerie

une combinaison extrêmement défavorable de deux méthodes de construction très différentes : les
cadres sont souples et plus ou moins ductiles, la maçonnerie est rigide et en même temps fragile

2.2.2 Liquéfaction des sols


La liquéfaction des terrains résultant d’un tremblement de terre entraîne des désordres au
niveau de la composition du sol où reposent les fondations. Ceci provoque l’affaissement de la
couche non liquéfiée sur la couche liquéfiée, et a pour conséquence le mouvement ou la giration de
la structure [39].
Le rez-de-chaussée de cette structure (figure 2.12) est devenu quasiment souterrain, la liquéfaction
du sol a entraîné son enfoncement.
Pour remédier à ce problème, des essais sont réalisés en laboratoire par des géotechniciens afin
d’examiner si le sol de fondation de la future structure est liquéfiable. En général il s’agit de sable
fin à moyen à grains arrondis et saturé en eau, se trouvant entre deux couches d’argile imperméable.

14
Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques

Figure 2.12 – Renversement de bâtiments suite à la liquéfaction du sol de fondation

Lorsque c’est le cas, il est préférable de ne pas fonder la structure sur ce type de sol et essayer
d’atteindre d’autres profondeurs où le terrain sera plus avantageux [39].

2.2.3 Niveaux " souples "


De nombreux bâtiments comportent un ou plusieurs niveaux dont la rigidité horizontale est
sensiblement inférieure à celle des autres étages. Lors de séismes destructeurs, ces niveaux sont
fréquemment écrasés suite à la rupture de poteaux à leurs extrémités. Le cas se produit quand ces
poteaux assurent la résistance aux charges horizontales du niveau " souple ".
La rupture a habituellement lieu à leurs jonctions avec les planchers supérieur et inférieur, car le
rayon de courbure y est petit et le besoin de ductilité (de plasticité) très important, dépassant la
capacité de déformation des poteaux usuels.
D’une manière générale, les dommages sismiques se produisent de préférence au droit d’un chan-
gement de rigidité, à la jonction d’un élément " souple " et d’un élément rigide [25].

Figure 2.13 – Effondrement sous l’effet d’un rez-de-chaussée " souple "

Un confinement dense du béton aux extrémités des poteaux, ainsi que la présence d’un gousset ou
d’un chapiteau, améliore leur comportement sans toutefois leur assurer une capacité de résister à
un séisme de forte magnitude. Les véritables solutions consistent à conférer au niveau concerné
une rigidité horizontale comparable à celle des autres niveaux.

15
Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques

2.2.4 Effet poteau court


Dans le cas de colonnes courtes et massives, il se produit un énorme gradient de moment
et ainsi un grand effort tranchant, qui entraîne, avant même d’atteindre Mpl , une rupture par
cisaillement (une alternative pour éviter une telle rupture est de les dimensionner au cisaillement
et de les construire selon les règles du dimensionnement en capacité) [44].

Figure 2.14 – cisaillement des poteaux courts

2.2.5 Irrégularité des Structures en béton armé avec des remplissages


en maçonnerie
Les bâtiments avec des irrégularités en plan et en élévation ne se comportent pas d’une façon
sécuritaire sous l’action sismique, car ce type de bâtiments présente une irrégularité de résistance
et de la rigidité.
La partie dans laquelle se situe le décrochement présente une zone de concentration des contraintes
et des déformations c’est-à-dire une zone fortement sollicitée de la structure sous l’action sismique,
en raison de la réduction brusque de la résistance et de la raideur de cette dernière, ce qui va engen-
drer la ruine des panneaux de maçonnerie au niveau du décrochement et par la suite l’apparition
d’un étage transparent (souple), donnant naissance à une ruine par mécanisme d’étage.

Figure 2.15 – Dommages dus à la présence des décrochements.

16
Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques

2.2.6 Résonance
La résonance d’un bâtiment avec le sol est le principal facteur destructeur lors d’un tremblement
de terre. Dans le cas de la résonance, les constructions oscillent en phase avec le sol et les amplitudes
d’oscillation sont considérablement amplifiées, de même que les charges sismiques qui leur sont
proportionnelles. L’effondrement des ouvrages exposés à la résonance n’est pas rare.
Pour remédier au problème de résonance, il faut construire des ouvrages dont la période propre
est différente de celle du sol d’implantation.

17
Chapitre 3

Structure étudiée et matériaux de


remplissages considérés

Résumé
Ce chapitre est consacré à la présentation des caractéristiques géométriques en
plan et en élévation de la structure étudiée, et le dimensionnement des éléments
porteurs (poteaux, poutres) en respectant les critères et les exigences des règlements
en vigueur. En suite, on donne un aperçu sur les différentes charges appliquées sur
la structure notamment l’action sismique représenté par le spectre de réponse du
règlement parasismique Algérien ainsi que les masses sismiques et les caractéristiques
modales du bâtiment dans la direction de l’action sismique. A la fin du chapitre, on
procède au ferraillage du portique étudié et à la présentation des maçonneries utilisées
dans ce travail.

18
Chapitre 3 : Structure étudiée et matériaux de remplissages considérés

3.1 Structure en portique en béton armé

3.1.1 Géométrie et configuration structurale


Le portique étudié fait partie d’un bâtiment (R+6) d’une hauteur totale de 21 m, régulier en
plan et en élévation, implanté dans une zone de forte sismicité (Zone III). Le bâtiment est supposé
encastrer à sa base.

Figure 3.1 – portique étudié

Le bâtiment est à usage d’habitation, à plancher en corps creux de type (16+4) cm, et représente
la vue en élévation montrée par la figure 3.1 et la vue en plan montrée par la figure 3.2.

Figure 3.2 – Vue en plan du bâtiment comportant le portique étudié.

Cette vue en plan comporte cinq travées de 4 m dans la direction longitudinale (direction X-X,
figure 3.2) et trois travées de 5 m dans la direction transversale (direction Y-Y, figure 3.2).

19
Chapitre 3 : Structure étudiée et matériaux de remplissages considérés

Le dimensionnement des sections des poutres et poteaux ainsi que leurs ferraillages sont obtenus
après un calcul de dimensionnement du portique étudié que nous présentons au paragraphe suivant.

3.1.2 Dimensionnement du portique étudié


3.1.2.1 Prédimensionnement des sections de béton des poutres et des poteaux

3.1.2.1.1 Section des poutres :


Les poutres étudiées sont les poutres porteuses du bâtiment. Elles sont prédimensionnées selon
les formules suivantes :
L/15 ≤ h ≤ L/10 (3.1)

0.4 h ≤ b ≤ 0.7 h (3.2)

L : La longueur de la poutre
b : La largeur de la poutre
N.B : les poutres secondaires de direction perpendiculaires au portique étudié sont aussi pré-
dimensionnées avec les mêmes relations (3.1) et (3.2), elles contribueront au calcul des masses
sismiques du bâtiment.

3.1.2.1.2 Section des poteaux :


Les poteaux sont prédimensionnés en vérifiant la condition ci-après ou leur section de béton
Bc est déterminée comme suit :
A l’état limite ultime de résistance, le règlement RPA99/ version 2003 [31], § 7.4.31, stipule
que dans le but d’éviter ou de limiter le risque de rupture fragile d’un poteau en béton armé
(éclatement ou écrasement du béton) sous sollicitations d’ensemble dues aux séisme, l’effort normal
de compression de calcul, noté Nd , exprimé sous forme réduite (effort normal réduit υ), est limité
par la condition suivante :

Nd
v= ≤ 0.3 (3.3)
Bc fc28
Bc : Section de béton du poteau
fc28 : Résistance caractéristique à la compression du béton à 28 jours ; dans notre cas fc28 = 25
Mpa.
Autrement dit la section du béton, Bc , doit satisfaire la condition suivante :
Nd
Bc ≥ (3.4)
0.3 fc28

Ainsi, au stade de prédimensionnement de la section de béton (Bc) des poteaux, Nd doit être au
moins égal à l’effort normal dans le poteau le plus chargé sous les charges gravitaires (permanentes
(G) et d’exploitation (Q) ) pondérées et combinées, 1.35 G+1.5 Q, obtenu par la descente de ces
charges.

20
Chapitre 3 : Structure étudiée et matériaux de remplissages considérés

3.1.2.1.3 Prédimensionnement vérifiant le critère de formation des rotules plastique


dans les poutres et pas dans les poteaux :
Après un prédimensionnement des sections de béton des poutres et des poteaux d’une part
et après le calcul de leurs ferraillages d’une autre part, nous avons constaté que l’article 7.6.2
du RPA99/version 2003 [31] relatif au dimensionnement d’un nœud poutre-poteau vis-à-vis du
moment fléchissant, article qui se traduit par les relations (3.5) et (3.6) suivantes, n’est pas satisfait.
Ce critère conditionne la formation des rotules plastiques plutôt dans les poutres que dans les
poteaux, concept poteaux forts-poutres faibles.

|M n| + |M s| ≥ 1.25 (|M e| + |M w|) (3.5)


0 0 0 0
|M n| + |M s| ≥ 1.25 (|M e| + |M w|) (3.6)

La figure 3.3 illustre les différents moments résistant définit dans les relations (3.5) et (3.6)

Figure 3.3 – Dimensionnement d’un nœud poteau-poutre

Figure 3.4 – Dimensions des sections des poutres et des poteaux du portique étudié.

21
Chapitre 3 : Structure étudiée et matériaux de remplissages considérés

Les deux inéquations (3.5) et (3.6) tendent à faire en sorte que les rotules plastiques se forment
dans les poutres que dans les poteaux. Pour que ces deux inéquations soient vérifiées, nous avons
adopté les sections de béton des poutres et des poteaux présentées à la figure 3.4 pour le portique
étudié.
Les ossatures en portique constituant un système primaire de contreventement doivent être
conçues pour que les rotules plastiques se forment dans les poutres et non dans les poteaux,
sauf aux pieds des poteaux, à la base de l’ossature, en partie supérieure des poteaux sous plancher
supérieur (toiture) des bâtiments multi-étagés et dans les bâtiments à un seul étage. L’acceptation
des rotules plastiques dans les poteaux à la base de l’ossature correspond au fait qu’elles sont
inévitables dans le mécanisme global souhaité [7].

3.1.2.2 Charges appliquées

3.1.2.2.1 Charges gravitaires :


Le bâtiment étudié et à usage d’habitation avec un plancher en corps creux de type (16+4)
cm ; les charges gravitaires sont évaluées comme suit :
Les charges permanentes (G) du plancher courant sont égales à 5.20 KN/m2 et celles du plancher
terrasse de 5.8 KN/m2 .
Les charges d’exploitations (Q) du plancher courant sont évaluées à 1.5KN/m2 , celles du plancher
terrasse de 1 KN/m2 .

3.1.2.2.2 Charges sismiques :


Les charges sismiques agissant sur chaque portique étudié sont des forces latérales appliquées
aux différents niveaux du portique comme illustré à la figure 3.5.

Figure 3.5 – Illustration schématique des forces sismiques appliquées aux différents niveaux du
portique.

22
Chapitre 3 : Structure étudiée et matériaux de remplissages considérés

Ces forces sismiques agissant sur le portique, représentent une fraction des forces sismiques
globales agissant sur l’ensemble du bâtiment comportant ce portique. Cette fraction des forces
sismiques globales est proportionnelle à la raideur globale de ce dernier.
Les forces sismiques globales agissant sur l’ensemble du bâtiment sont calculées sur la base de
l’analyse sismique modale spectrale de ce dernier à l’aide du logiciel ETABS [11] en utilisant
comme action sismique le spectre de calcul défini dans le RPA99/version 2003 [31] .
le bâtiment est supposé être localisé dans une zone de forte sismicité, à savoir la zone III selon le
code parasismique RPA99/version 2003 [31] .

a) Action sismique :
L’action sismique est représentée par le spectre de réponse de calcul donnée par le RPA99/
version 2003, qui est un spectre de réponse en accélération :

Avec :
Sa : Accélération spectrale associée au mode de vibration de période T du bâtiment.
A : Coefficient de l’accélération de zone Dans notre cas, le bâtiment est supposé être du groupe
d’usage 2, donc A = 0.25
η : Facteur de correction d’amortissement pour un taux d’amortissement ξ différent de 5 %
η est donné par la formule suivante
r
7
η= ≥ 0.7 (3.7)
2+η

ξ est le pourcentage d’amortissement critique.


Pour un portique en béton armé avec un remplissage danse ξ = 7 % , d’où η est égal à :
r
7
η= = 0.88
2+7
Q : facteur de qualité, donné par la relation suivante

6
X
Q= Pq (3.8)
1

23
Chapitre 3 : Structure étudiée et matériaux de remplissages considérés

Ou
Pq est la pénalité à retenir selon que le critère de qualité q est satisfait ou non. Dans notre cas,
le site et de type S3 (sol meuble), d’où : T1 = 0.15 s et T2 = 0.50 s

.
Figure 3.6 – Spectre de réponse de calcul [31]

b) Masses sismiques concentrées du bâtiment considéré :


La masse sismique concentrée par niveau du bâtiment est calculée comme suit :
Au niveau i du bâtiment, cette masse est donnée par :

Mi = MGi + β MQi (3.9)


Avec :
MGi : Masse relative aux charges permanentes (G) ;
MQi : Masse relative aux charges d’exploitation (Q) ;
β : Coefficient de pondération des charges d’exploitation ; dans notre cas, le bâtiment considéré sont
à usage d’habitation, d’où β = 0.2 (RPA99/2003, Tableau 4.5) Les masses sismiques concentrées
aux différents niveaux du bâtiment sont donnée à la figure 3.7

Figure 3.7 – Masses sismiques du modèle brochette associées au bâtiment étudié

24
Chapitre 3 : Structure étudiée et matériaux de remplissages considérés

c) Périodes et modes propres de vibration du bâtiment : Les propriétés modales du


bâtiment sont résumées dans la figure 3.8 ci-après.

Figure 3.8 – Propriétés modales du bâtiment dans la direction Y-Y

3.1.2.3 Ferraillage du portique

3.1.2.3.1 Introduction :
Le calcul des armatures longitudinales et transversales dans les poutres et poteaux est effectué
en considérant les sollicitations dues aux charges gravitaires (charges permanentes et d’exploita-
tions) et sismiques selon les combinaisons d’actions définies dans les deux codes de calcul utilisés à
cet effet, à savoir le code de calcul en béton armé BAEL [11] et le règlement parasismique Algérien
RPA99/ version 2003 [31].
Les caractéristiques mécaniques des matériaux béton et acier utilisés sont :
Pour le béton : la contrainte caractéristique à la compression du béton à 28 jours est fc28 =
25 M pa
Pour l’acier : les aciers longitudinaux et transversaux utilisés sont de nuance FeE400 de contrainte
limite élastique fy = 400 M pa

3.1.2.3.2 Ferraillage des poutres

a) Armatures longitudinales :
Les armatures longitudinales des poutres sont calculées en flexion simple en considérant les
combinaisons d’action définies dans les deux codes de calcul utilisés :
Pour le BAEL91 :
1.35 G+1.5 Q à l’état limite ultime (ELU)

25
Chapitre 3 : Structure étudiée et matériaux de remplissages considérés

G+Q à l’état limite de service (ELS)


G : Charge permanente et Q : Charge d’exploitation
Pour le RPA99/ version 2003 :
G+Q±E
0.8 G ± E
E : Action sismique

b) Armatures transversales :
Les armatures transversales sont calculées à l’effort tranchant, lequel est calculé en considérant
les mêmes combinaisons d’actions que celles considérées pour les armatures longitudinales.

3.1.2.3.3 Ferraillage des poteaux

a) Armatures longitudinales :
Les armatures longitudinales des poteaux sont calculées en flexion composée en considérant
les combinaisons d’action définies dans les deux codes de calcul à savoir :
Pour le BAEL91 :
1.35 G+1.5 Q à l’état limite ultime (ELU)
G+Q à l’état limite de service (ELS)
G : Charge permanente
Q : Charge d’exploitation
Pour le RPA99/ version 2003 :
G + Q ± 1.2 E
0.8 G ± E
E : Action sismique

b) Armatures transversales :
Les armatures transversales sont calculées à l’effort tranchant, lequel est calculé en considérant
les mêmes combinaisons d’actions que celles considérées pour les armatures longitudinales.

3.1.2.3.4 Sections de béton et d’acier des poutres et des poteaux :


Les dimensions des sections des poutres et des poteaux ainsi que leurs ferraillages sont présentés
à la figures 3.9
— les sections d’acier des poutres présentées à la figure 3.9 représentent le ferraillage des
sections d’extrémités de ces éléments structuraux du portique étudié, car ces sections sont
les plus sollicitées sous séisme et aussi sous les combinaisons d’action les plus défavorables
utilisées pour les poutres (G + Q ± E et 0.8 G ± E). Étant données que ces sections
d’extrémités sont les plus sollicitées, elles constituent les zones de formation des rotules
plastiques.

26
Chapitre 3 : Structure étudiée et matériaux de remplissages considérés

— Les dimensions des sections de béton des poutres et des poteaux et leurs ferraillages pré-
sentés à la figure 3.9 satisfont l’article 7.6.2 du RPA99/ version 2003 [31], qui stipule que
les rotules plastiques doivent se former dans les poutres plutôt que dans les poteaux.

Figure 3.9 – Ferraillage du portique étudié

3.2 Matériaux de remplissage (maçonnerie)

3.2.1 Introduction
Dans cette étude, on a considéré trois types de maçonnerie :
— Un matériau de faible résistance à la compression qui est une maçonnerie en brique de
béton léger (parpaing creux).
— Un matériau d’une résistance moyenne à la compression qui est une maçonnerie en brique
creuse en terre cuite.
— Un matériau d’une grande résistance à la compression qui est une maçonnerie en brique
pleine en terre cuite.

27
Chapitre 3 : Structure étudiée et matériaux de remplissages considérés

3.2.2 Description des matériaux de remplissage utilisés


3.2.2.1 Bloc de béton léger (Parpaing creux)

Il s’agit généralement de bloc creux, il possède un module d’élasticité assez grand, mais une
faible résistance caractéristique à la compression.

3.2.2.2 Brique creuse en terre cuite

C’est le matériau le plus utilisé en Algérie, il est fait d’argile ou d’une matière argileuse, avec
ajout ou non de sable, combustible ou autre adjuvant, porté à une température suffisamment élevée
pour former une liaison céramique. C’est le matériau qui possède une résistance caractéristique
moyenne à la compression relativement aux deux autres.

3.2.2.3 Maçonnerie en brique pleine

Le procédé de fabrication est le même que celui de la brique creuse, sauf que cette maçonnerie
est en bloc et elle possède une résistance a la compression importante.

Figure 3.10 – Différents types de briques considérés .

Le tableau ci-dessous résume les principales caractéristiques des trois types de maçonnerie
considérée.

Caractéristiques Unités Parpaing creux Brique creuse Brique pleine


Masse vlumique Kg/m3 600 à 1900 1000 à 1600 /
Module d’élasticité Mpa 20000 3550 6285
Résistance Mpa 3 10 15
caractéristique à la
compression

Table 3.1 – Caractéristique des matériaux de remplissage utilisés

28
Chapitre 4

Analyse Pushover

Résumé
Au cours de ce chapitre, on donne un aperçu général sur l’analyse pushover et son
utilité pour notre travail, on énumère également les différentes étapes de cette analyse
qui nous permettront d’obtenir la courbe de capacité de la structure. On expose
brièvement les deux variantes de cette analyse ainsi que les différentes distributions
verticales des charges horizontales ,et à la fin, on défini le déplacement cible.

29
Chapitre 4 : Analyse Pushover

4.1 Introduction
Lors d’un violent séisme, les structures ne demeurent pas dans l’état élastique. Par conséquent,
les systèmes linéaires ne représentent pas bien le comportement sismique réel des structures, donc
l’approche linéaire ne peut fournir qu’une compréhension limitée de ce comportement et la non-
linéarité est incontournable pour une évaluation correcte du comportement sismique des structures
[28].

Pour la prise en compte du comportement non-linéaire, la procédure la plus répandue est


la méthode d’analyse non-linéaire statique développée originellement par Freeman et al, 1975 et
Freeman, 1978.

L’objectif de l’analyse est d’évaluer la performance de la structure à travers l’estimation des


efforts et des demandes en déplacement sous l’action d’un séisme. Cette méthode non-linéaire
statique prend en compte de façon approchée la redistribution des efforts internes dans la structure.
L’analyse est basée sur l’hypothèse que la réponse de la structure peut être reliée à celle d’un
système équivalent à un degré de liberté. Autrement dit, la réponse est contrôlée uniquement par
le mode fondamental de vibration, qu’on suppose constant pendant tout le chargement de façon
indépendante du niveau de déplacement [41].

4.2 Définition de la méthode pushover


L’analyse pushover est fondamentalement une analyse statique non linéaire approximative,
exécutée sous charges horizontales croissantes d’une façon monotone distribuées sur toute la hau-
teur de la structure selon un model prédéfini, jusqu’à ce que les modes de ruines commencent à
apparaitre. Durant cette analyse les charges gravitaires demeurent constantes.
Cette analyse nous permet :
— D’évaluer les mécanismes plastiques attendus et la distribution des dommages dans la
structure.
— De connaitre quels sont les modes de ruines possibles.
— D’approcher d’avantage le comportement réel de la structure.
— L’identification des zones critiques dans lesquelles les déformations sont supposées être
grandes.
— L’évaluation des différents paramètres en termes de déplacement et de sollicitations dans
les éléments de la structure.
— D’assurer que la séquence de formation des rotules plastiques est conforme à l’hypothèse
de conception.
— D’évaluer la performance sismique des structures existantes ou renforcées.
Le résultat de l’analyse pushover est une courbe qui nous donne l’effort tranchant à la base de
la structure en fonction du déplacement en tête de cette dernière, cette courbe est appelée courbe
de capacité ou bien courbe pushover. (Figure 4.1)

30
Chapitre 4 : Analyse Pushover

Figure 4.1 – Courbe de capacité de la structure

La courbe de capacité de la structure est déterminée en effectuant les étapes


suivantes :

1. Définition et attribution des rotules plastiques aux éléments de la structure ;


2. Définition de la distribution verticale des charges horizontales ;
3. Définition d’un déplacement cible comme référence pour un déplacement attendu de la
structure lors du séisme ;
4. Application des charges de gravité comme condition initiale pour l’analyse pushover, qui
doivent être maintenues constantes durant l’analyse ;
5. Application des charges horizontales représentant le séisme, que l’on fait croître d’une façon
monotone. [26]

4.3 Formulation analytique de la méthode pushover


La méthode statique non linaire est principalement basée sur l’hypothèse que la réponse de
la structure est contrôlée par le premier mode de vibration et que la forme de ce mode demeure
constante pendant la réponse élastique et inélastique de la structure, ce qui nous permettra de
réduire le système à plusieurs degrés de liberté (MDOF)2 à un système à un degré de liberté
équivalent (SDOF)3 , et de transformer un problème dynamique à un problème statique.[36]
Le mouvement de la structure induit par l’action sismique est contrôlé par l’équation différentielle
suivante :
.. . ..
[M ]{x(t)} + [C]{x(t)} + [K]{x(t)} = −[M ]{1}xg (t) (4.1)

Où :
{x(t)} : Vecteur du déplacement de chaque niveau.
[M ] : Matrice des masses.
[C] : Matrice d’amortissements.
[K] : Matrice des rigidités.

31
Chapitre 4 : Analyse Pushover

..
xg (t) : Accélération du sol.
Si on est capable de résoudre l’équation précédente , on obtiendra les déplacements {x(t)} pour
chaque niveau du bâtiment. Du point de vue de la conception, il est nécessaire de récupérer les
forces et les contraintes sur chaque élément de la structure. Ces forces peuvent être obtenues sur
chaque élément en introduisant des forces équivalentes statiques {F (t)} . A chaque instant t, ces
forces doivent produire les mêmes déplacements {x(t)} ; c’est-à-dire :

{F (t)} = [K]{x(t)} (4.2)

Avec :
{F (t)} : Vecteur des forces.
Considérant le déplacement relatif de la structure x = {φ}xt
Où :
{φ} : Premier mode de vibration
xt : Déplacement en tête de la structure.
L’équation différentielle qui régit le mouvement du système sera donc écrite comme suit :
.. . ..
[M ]{φ}xt + [C]{φ}xt + [K]{φ}xt = −[M ]{1}xg (t) (4.3)

4.3.1 Définition du système à un degré de liberté équivalent (SDOF)


Le déplacement du système à un degré de liberté équivalent est donné comme suit :

{φ}t [M ]{φ}
x∗ = xt (4.4)
{φ}t [M ]{ 1}

En multipliant l’équation (4.3) par {φ}t , elle devient :


.. ∗ .∗ ..
M ∗ x + C ∗ x + K ∗ x∗ = −M ∗ xg (4.5)

M ∗ , C ∗ etK ∗ sont les propriétés du système à un degré de liberté équivalent. Avec :

Figure 4.2 – Réduction d’un système à plusieurs degrés de liberté à un système à un degré de
liberté équivalent

2. Multi Degree Of Freedom


3. Single Degree Of Freedom

32
Chapitre 4 : Analyse Pushover

M ∗ = {φ}t [M ]{ 1} (4.6)

K ∗ = {φ}t [K] (4.7)

F ∗ = K ∗ x∗ = {φ}t {F } (4.8)
t
{φ} [M ]{1}
C ∗ = {φ}t [C]{φ} (4.9)
{φ}t [M ]{φ}

En se basant sur les résultats de l’analyse précédente de la structure ( système à plusieurs


degrés de liberté, MDOF) et en utilisant les différentes équations , il est possible de déterminer la
caractéristique force-déplacement du système à un degré de liberté équivalent (SDOF).

Figure 4.3 – Conversion de la courbe de capacité de la structure en une courbe du système à un


degré de liberté équivalent.

4.3.2 Idéalisation bi-linéaire de la courbe de capacité du système à un


degré de liberté (SDOF)
On commence par chercher une représentation bi-linéaire équivalente du diagramme de ca-
pacité. Cette idéalisation permet de calculer le rapport de ductilité ainsi que l’amortissement
équivalent qui comprend l’amortissement visqueux et l’amortissement hystérétique. La courbe
bilinéaire équivalente s’appuie sur un critère d’équivalence d’énergie. [38]

Figure 4.4 – Idéalisation bi-linéaire

33
Chapitre 4 : Analyse Pushover

Pour une valeur de déformation maximale, l’aire sous le diagramme de capacité doit être égale
à celle sous la courbe bi-linéaire (énergie de déformation), autrement dit, les aires Ω1 et Ω2 sont
égales.[41]
A partir de la courbe idéalisée,on peut déterminer la raideur élastique effective Ke , la rigidité
plastique avec écrouissage αKe et les déplacements correspondants.

4.3.3 Définition des propriétés du système à un degré de liberté équi-


valent
La courbe idéalisée peut être utilisée avec les équations (4.4) et (4.8) pour définir les propriétés
du système à un degré de liberté équivalent.
La période initiale équivalente (Teq ) du système à un degré de liberté est donnée par la relation
ci-dessous : r
M∗
Teq = 2π (4.10)
K∗
Avec M ∗ et K ∗ sont respectivement la masse et la rigidité du système équivalent à un degré de
liberté.

Analyse à force contrôlée :


Ce type de contrôle est employé lorsque les charges sont connues, et quand la structure est
supposée pouvoir supporter les charges. Ce type de contrôle est utilisé pour le contrôle de l’appli-
cation des charges gravitaires.

Analyse à déplacement contrôlé :


On contrôle un déplacement type d’un point de la structure. Dans ce cas l’amplitude de la
combinaison de charge est augmentée ou diminuée par le programme jusqu’à ce que le déplacement
atteigne la valeur spécifiée. On utilise le déplacement cible lorsque des déplacements spécifique
sont recherchés, et quand l’amplitude des charges n’est pas connue à l’avance. Ce type de contrôle
est utlisé pour l’application des forces sismiques.

4.4 Distribution verticale des charges horizontales


La sélection du mode de chargement incrémental est l’un des aspects les plus critique de la
méthode,car ce mode de chargement est censé représenter la distribution des forces d’inerties dans
le calcul sismique. Ces forces varient en fonction de la sévérité du séisme (déplacements inélastiques
induits), mais dans cette analyse, l’hypothèse de base est que la forme de la distribution des forces
latéral doit être invariante (pendant le séisme), et que les déformations obtenues doivent être
comparables avec celles données par un calcul dynamique.[44]

La distribution idéale est celle développée dans l’analyse temporelle élasto-plastique, qui varie
au cours du séisme selon le schéma de déformation plastique de la structure : ainsi, partant d’une
déformée de type «1er mode » et de la distribution correspondante, la distribution des forces

34
Chapitre 4 : Analyse Pushover

horizontales devient différente selon que la structure forme un mécanisme plastique global ou un
mécanisme d’étage.[7]
Nous essayons de présenter quelques distributions de chargements latéraux largement utilisés
par les chercheurs.

4.4.1 Distribution uniforme


Dans cette distribution, la force latérale Fi qui s’applique sur chaque étage ”i” est proportion-
nelle au poids Wi de ce dernier
Fi = Wi (4.11)

4.4.2 Distribution selon le premier mode de vibration


Ce type de chargement est utilisé dans le cas des structures dont la réponse est dominée par le
premier mode de vibration ∅1 et le taux de la masse participante à ce premier mode dépasse 75 %
de la masse totale de la structure.

Fi = Wi φ1 (4.12)

4.4.3 Distribution proposée par FEMA 273 [15]


Cette distribution proposée par le code FEMA273 est utilisée si le taux de la masse participante
au premier mode de vibration dépasse 75 % de la masse totale de la structure, dans la direction
considérée.
Wi hki
Fi = n
P k
Vb (4.13)
i=1 Wi hi
Avec :
Vb : Effort tranchant à la base de la structure.
hi : Hauteur de l’étage ”i”
k = 2 pour T≥ 2.5 s
k = 1 pour T≤ 0.5 s
pour les valeurs intermédiaires de T,on utilise l’interpolation linéaire.

4.4.4 Distribution avec la combinaison modale


Dans cette distribution, pour tenir compte de la contribution de n mode de vibration à la
réponse de la structure, on combine les distributions verticales des charges latérales de n modes
de vibration. n
X
Fi = αn Γn mi φn Sa (ξn , Tn ) (4.14)
i=1

Avec :
mi : masse de l’étage ”i”

35
Chapitre 4 : Analyse Pushover

Sa : Spectre d’accélération.
Tn : Période de vibration du mode n.
ξn : Taux d’amortissement du mode n.
αn : Facteur de modification, pour contrôler l’effet relatif de chaque mode de vibration, il peut
prendre une valeur positive ou bien négative.
[M ] : Matrice des masses.
Γn : Facteur de participation modale.

{φ}t [M ]{1}
Γn = (4.15)
{φ}t [M ]{φ}

4.4.4.1 Distribution Adaptative

Proposée pour la première fois par Bracci et al, ce type de chargement est adapté selon les pro-
priétés dynamiques instantanées de la structure considérée. on suppose un système de distribution
initial Fi , et on calcul la charge incrémentale selon l’équation suivante :

Fik−1
 k   k
k+1 k Fb k+1 Fb
∆Fi = Vb k
− k−1 ∆Vb (4.16)
Vb Vi Vbk

Ou :
∆Vb : Effort tranchant Incrémental à la base de la structure.
Vb : Effort tranchant à la base de la structure.
K : Numéro de l’incrémentation.

Dans notre travail, la structure étudiée présente une forme régulière en plan et en élévation et
sa réponse et pratiquement contrôlée par le premier mode de vibration avec une masse participante
qui dépasse les 75 % .Par conséquent, on a opté pour une distribution verticale des force latérales
selon le premier mode de vibration.

4.5 Définition du déplacement cible de la structure


On définit un déplacement cible comme référence du déplacement attendu de la structure lors
du séisme, de manière à associer les résultats de l’analyse pushover, qui caractérise la capacité de
déformation de la structure à la "demande de déformation" correspondant au déplacement cible.
Le point de contrôle du déplacement peut être pris au centre de gravité de la structure ou à son
point le plus haut. Dans notre analyse, il sera pris comme étant situé au niveau le plus haut du
portique, c’est-à-dire en tête de ce dernier.

36
Chapitre 5

Modélisation des structures en portique en


béton armé avec murs de remplissage en
maçonnerie

Résumé
Le présent chapitre est consacré à la modélisation post-élastique de la structure
avec les murs de remplissage. On commence d’abord par la définition des lois qui
régissent le comportement des rotules plastiques selon le code FEMA 273 et le code
ACI 318-95, par la suite on attribue ces rotules aux éléments du portique nu. On défini
également les critères d’acceptations et les niveaux de performance de la structure.
A la fin, on présente le modèle de Mainstone pour la modélisation des murs de
maçonnerie ainsi que la détermination des caractéristiques géométrique et mécaniques
de la bielle et aussi la loi de comportement de la rotule plastique affectée à la bielle.

37
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie

5.1 Introduction
Ce chapitre est consacré à la modélisation des éléments principaux, poutres et poteaux du
portique présenté, étudié et dimensionné au chapitre 3 ainsi que les murs de remplissages. Cette
modélisation est effectuée en tenant compte du comportement non-linéaire des poutres et poteaux
du portique en béton armé et des panneaux de remplissage en maçonnerie.

5.2 Modélisation du portique nu en béton armé


Les poutres et poteaux du portique en béton armé sont modélisés en tenant compte de leur
comportement non-linéaire en flexion et en cisaillement. Les poutres sont modélisées par des
éléments poutres élastiques avec des rotules plastiques concentrées à chacune de leurs extrémités.
Les poteaux sont modélisés de la même façon, en tenant compte de la loi de la variation du moment
résistant de la section droite du poteau en fonction de l’effort normal sollicitant ce dernier.
Les propriétés des rotules plastiques pour les poutres et les poteaux sont déterminées en utilisant
les codes FEMA 273 [15] et ACI 318-95 [2].

5.2.1 Définition et attribution des rotules plastiques aux poutres et aux


poteaux du portique nu
La figure 5.1 illustre la courbe non-linéaire typique idéalisée utilisée pour définir les paramètres
de modélisation des poutres et poteaux du portique ainsi que les critères d’acceptation liés aux
niveaux de performance de la structure [15]

Figure 5.1 – Loi force-déplacement idéalisée pour les éléments béton armé

La courbe est composée d’un segment linéaire entre les points A et B. La pente entre les points
B et C est, en général, prise comme étant un faible pourcentage de la pente élastique (pente du

38
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie

segment AB). Ce pourcentage prend une valeur variant entre 0 et 10 % [15] ; dans notre cas, il
est pris égal à 5 %.
Le point C a une ordonnée qui présente la résistance limite ultime de l’élément structural et
une abscisse égale à la déformation à partir de laquelle la dégradation de la résistance de l’élément
s’initie (ligne CD). Au-delà du point D, l’élément structural répond avec une résistance réduite
jusqu’au point E où elle vaut c. Pour des déformations supérieures au point E, la résistance de
l’élément est considérée nulle.
La figure 5.1 montre également les déformations généralisées a et b en relation avec la courbe
non-linéaire idéalisée, qui sont jugées acceptables pour les différents niveaux de performance de la
structure, les quels sont désignés par les paramètres IO, LS et CP qui sont définis ci-après.

Critères d’acceptation et niveaux de performance de la structure :

Pour différentes amplitudes de l’excitation sismique, il s’ensuit des niveaux de déformations


dans une structure, de sorte que des éléments de cette dernière vont atteindre et dépasser leur
limite élastique. Par conséquent, la structure va subir des dommages sous forme de fissurations,
d’instabilités, de ruptures de certains de ses éléments. Et lorsqu’un élément structural subit des
dommages, sa raideur diminue, et s’ensuit souvent une perte de sa résistance. Lorsque la réponse
d’une structure est dans le domaine post-élastique, cette dernière ne reviendra pas à sa condition
initiale, et des déformations permanentes subsisteront.
Dans les analyses effectuées dans le cadre de la présente investigation, trois points présentant
trois niveaux de dommages (appelés niveaux de performance) sont définis sur la courbe force-
déplacement de la figure 5.1 :
— Niveau IO = Immediate Occupancy (Occupation Immédiate)
— Niveau LS = Life Safety (Sécurité de la Vie)
— Niveau CP = Collapse Prevention (Prévention de la Ruine)

Au niveau Immediate Occupancy, les dommages sont relativement limités. La structure


garde une grande partie de sa raideur initiale et de sa résistance. Au niveau Life Safety, la
structure a subi des dommages importants, qui pourraient induire une perte significative de sa
raideur. Au niveau Collapse Prevention, la structure a subi des dommages extrêmes. Et si elle
est encore soumise à des déplacements latéraux, elle peut subir une instabilité et s’effondrer.

5.2.1.1 Loi Moment – Rotation associée aux poutres

5.2.1.1.1 Plastification par flexion : Rotule plastique :


La figure 5.2 présente le diagramme moment – rotation associé à la plastification par flexion
pour les poutres [15].

39
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie

Figure 5.2 – Diagramme moment-rotation associé à la rotule plastique de flexion pour les
poutres.

Les différents paramètres représentés dans la figure 5.2 sont définis comme suit :
— Kef f : Rigidité initiale à la flexion de la section de béton de la poutre. Elle est donnée par
la formule suivante [15]
Kef f = 0.5 Ec Ig (5.1)

Avec :
Ig : Moment d’inertie de la section de béton de la poutre.
Ec : Module d’élasticité du béton. Dans notre cas, il est pris égal à 32164.2 MPa
— My : Moment élastique limite de la section de béton armé de la poutre, et est donné par la
relation suivante [27].
 
0 kd 0
 0

My = 0.5fc B k d −d + fy B d d−d ρ (5.2)
3
Où :
0
fc = fc28 = 25 M pa et fy = 400 M pa
0
ρ et ρ sont respectivement le pourcentage des armatures longitudinales tendues et comprimés.
K est le facteur de la hauteur de l’axe neutre correspondant à l’état élastique limite, qui est donné
par la formule suivante [23].
s  0 
0 2 2
d 0
 0

K= (ρ − ρ ) + ηsc +2 ρ+ρ ηsc + ρ−ρ ηsc (5.3)
d

Es
Dans laquelle ηsc = Ec
où Ec et Es sont respectivement, le module d’élasticité du béton et de
5
l’acier (Es = 2 10 M pa)

40
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie

Figure 5.3 – Section doublement armé à son état élastique limite

— θy : rotation élastique limite de la section en béton armé de la poutre. Elle est calculée sur
la base d’une hypothèse utilisée par Saidi et Sozen [33]. Dans cette hypothèse, le moment
est supposé avoir une variation linéaire le long de la poutre avec un point d’inflexion à la
milongueur de cette dernière. θy est donnée par la formule suivante :

My L
θy = (5.4)
Ec Ig 6
Avec :
L : longueur de l’élément poutre.
— My :Moment plastique (moment résistant) de la section de béton armé de la poutre. Il est
calculé par la formule suivante, en référence à la figure 5.2.

Mp = My + 5% Kef f a (5.5)

Avec :
a : Est la portion de la partie plastique avec écrouissage de la rotule plastique.

Paramètres a, b et c et critères d’acceptation IO, LS et CP :


Les paramètres a et b représentent les valeurs de rotation plastique et c celui de la résistance
résiduelle (en flexion) de la poutre. Les critères d’acceptation et les niveaux de performance IO,
LS et CP sont définis précédemment au paragraphe 5.2.1. Les paramètres a, b et c ainsi que les
critères d’acceptation IO, LS et CP sont donnés par le code FEMA 273 [15].

5.2.1.1.2 Plastification par cisaillement :


La figure 5.4 présente le diagramme effort tranchant – rotation associé à la plastification par
cisaillement pour les poutres [15].
Les différents paramètres représentés dans la figure 5.4 sont définis comme suit :
— Kef f : Rigidité initiale au cisaillement de la section de béton de la poutre. Elle est donnée
par la formule suivante [15] :

41
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie

Figure 5.4 – Diagramme effort tranchant-rotation associé à la plastification des poutres par
cisaillement

Kef f = 0.4 Ec Aw (5.6)

Avec :
0.4 Ec : Module de cisaillement transversal de la section du béton.
Aw : Aire de la section droite de la poutre.
Vy : Effort tranchant élastique limite de la section de béton armé de la poutre. Il est donné par la
formule suivante [2]. √
A t fy d fc B d
Vy = + (5.7)
St 6
θy : Rotation élastique limite de la section de béton armé de la poutre :

Vy
θy = (5.8)
Kef f

— Vp : Effort tranchant plastique de la section de béton armé. Il est calculé par la relation
suivante, en référence à la figure 5.4 .
Vp = Vy + 5% Kef f a (5.9)

Avec a est la portion de la partie plastique avec écrouissage de la rotule plastique.


— Paramètres a, b et c et critères d’acceptation IO, LS et CP :
Les paramètres a et b représentent les valeurs de rotation plastique et c celui de la résistance
résiduelle (en cisaillement) de la poutre. Les paramètres a, b et c ainsi que les critères d’acceptation
IO, LS et CP sont donnés par le code FEMA 273 [15].

5.2.1.2 Loi Moment – Rotation associée aux poteaux

5.2.1.2.1 Plastification par flexion : Rotule plastique :


La figure 5.5 présente le diagramme moment – rotation associé à la plastification par flexion
pour les poteaux [15]

42
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie

Figure 5.5 – Diagramme moment-rotation associé à la plastification des poteaux par flexion [15]

— Kef f : Rigidité initiale à la flexion de la section de béton du poteau. Elle est donnée par la
formule suivante [15]
Kef f = 0.7 Ec Ig (5.10)

Avec :
Ig : Moment d’inertie de la section de béton du poteau.
Ec : Module d’élasticité du béton. Dans notre cas, il est pris égal à 32164.2 MPa.

— Mp : Moment élastique limite de la section de béton armé du poteau. Les valeurs des
moments élastiques limites des poteaux sont calculées par le programme ETABS [11].en
tenant compte de l’interaction moment de flexion (M) – effort normal (N).
— θy : Rotation élastique limite de la section en béton armé du poteau. Elle est calculée
comme dans le cas des poutres.
My L
θy = (5.11)
Ec Ig 6
L : Longueur du poteau.

— Mp : Moment plastique (moment résistant) de la section de béton armé du poteau. Il est


calculé par la formule suivante, en référence à la figure 5.5.
Mp = My + 5 Kef f a (5.12)

Avec a est la portion de la partie plastique avec écrouissage de la rotule plastique.

Paramètres a, b et c et critères d’acceptation IO, LS et CP :


Les paramètres a et b représentent les valeurs de rotation plastique et c celui de la résistance
résiduelle (en flexion) du poteau. Les paramètres a , b et c ainsi que les critères d’acceptation IO,
LS et CP sont donnés par le code FEMA 273 [15].

5.2.1.2.2 Plastification par cisaillement :


La modélisation de la plastification des poteaux par cisaillement est effectuée de la même
manière que pour les poutres (Paragraphe 5.2.1.1.2)

43
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie

5.3 Modélisation de mur de remplissage en maçonnerie

5.3.1 Modèle de bielle comprimée équivalente


Les prédictions de la résistance d’un cadre rempli de maçonnerie sont assez complexes. La
résistance du cadre rempli n’est pas simplement la somme des propriétés du remplissage et celle
du cadre [30]
Stafford-Smith (1963) [34], Mainstone (1971) [22], Klingner et Bertero (1976) [20] ont développé
des modèles afin de comprendre et prévoir le comportement des cadres remplis de maçonnerie.
Leurs tests expérimentaux sur les cadres remplis de maçonnerie soumis à des charges latérales ont
abouti à des déformations similaires à celles montrées à la figure 5.6.

Figure 5.6 – Déformée d’un cadre avec remplissage sous chargement latéral

Pendant les tests, des fissures diagonales se développent au centre du panneau, et des espace-
ment se forment entre le cadre et le panneau de remplissage le long de la diagonale non chargée, ce
comportement, initialement observé par Polyakov [29], a conduit à une simplification de l’analyse
du cadre rempli en remplaçant le remplissage en maçonnerie par une bielle comprimée équivalente
en maçonnerie (figure 5.7)

Figure 5.7 – Bielle comprimée équivalente diagonale.

44
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie

La bielle équivalente de largeur a (figure 5.8), avec la même épaisseur et les mêmes propriétés
mécaniques que le panneau de remplissage réel, est supposée être connecter aux extrémités du
cadre.
L’évaluation de la largeur a de la bielle équivalente varie d’un auteur à l’autre. L’approche
la plus simple a été présentée par Paulay et Priestley [27], en supposant que la largeur a est
constante sur toute la longueur de la diagonale et vaut entre 12.5 % et 25 % de la longueur de la
diagonale, sans prendre en compte les propriétés du cadre ou du remplissage.
L’expression définissant la largeur de la bielle équivalente définie par Mainstone [22] dépend
de la raideur flexionnelle relative du remplissage et des poteaux constituant le cadre :

a = 0.175 D (λ1 H)−0.4 (5.13)

Avec :

  41
Em t sin2θ
λ1 = (5.14)
4 Ec Icol h
Ou :
Em : Module d’élasticité de la maçonnerie.
Ec : Module d’élasticité du béton du cadre
Icol : Inertie du poteau en béton armé.
t : Epaisseur de la maçonnerie.
h, D, H et θ sont définis sur la figure 5.8.

Figure 5.8 – Définition des paramètres caractérisant la bielle comprimée équivalente.

Dans notre cas, l’évaluation de la largeur de la bielle comprimée équivalente est effectuée selon
l’approche de Mainstone [22].

5.3.2 Loi de comportement de la maçonnerie


Le comportement de la maçonnerie est en général non-linéaire de type fragile [2]. La figure 5.10
montre une loi contrainte-déformation (fm − ε ) , typique pour la maçonnerie. Le comportement

45
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie

0
est non-linéaire jusqu’à ce que la contrainte ultime de compression fm soit atteinte. Pour de plus
grandes déformations, la contrainte chute presque linéairement jusqu’à une petite fraction de la
contrainte ultime (de 10 à 20 % de selon les auteurs). Ensuite, la contrainte reste constante pour
une augmentation de déformation.
La résistance en traction des remplissages en maçonnerie a été négligée dans nos analyses.

Figure 5.9 – Loi de comportement de la maçonnerie [22]

Dans les analyses, le comportement non linéaire de la maçonnerie est représenté par une relation
force-déplacement représentée à la figure 5.10

Figure 5.10 – Loi force-déplacement pour la maçonnerie

Critères d’acceptations et niveaux de performances de la rotule plastique :


Pour la maçonnerie, le niveau immediate occupancy est atteint lorsque des fissurations ap-
paraissent dans les panneaux. Le niveau life safety est atteint lorsque la maçonnerie est fortement
fissurée, et qu’il y a risque pour le panneau, ou bien pour une partie de celui-ci, de tomber hors
du cadre.

5.3.2.1 Rotule plastique pour la maçonnerie

5.3.2.1.1 Rotule de compression :

46
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie

Figure 5.11 – Rotule plastique de compression

Les paramètres c et e (figure 5.10) ne sont pas disponibles. Le comportement sera bilinéaire.
La figure 5.11 exprime le fait que lorsque la maçonnerie atteint un déplacement relatif égal à d (%),
elle est considérée comme étant complètement ruinée, et n’offre plus de résistance. Le paramètre
ef fL
d figure dans le tableau 7-7 de FEMA 273, il est exprimé en %, et dépond du rapport hef f
(figure
Vinf
5.12), ainsi que le rapport β = Vine
Où :
Vinf : Est la résistance au cisaillement du cadre nu.
Vine : Est la résistance au cisaillement du panneau de remplissage.

∆ef f
Figure 5.12 – Définition du déplacement relatif hef f

Le code FEMA ne fournit de déplacement relatif que pour le niveau LS.

Résistance de la rotule plastique :


Il existe plusieurs modes de rupture pour le remplissage en maçonnerie, paulay, et priestley
(1992) [30], incluant :
1. Rupture par cisaillement de mur de remplissage, horizontalement.
2. Rupture par excès de compression (écrasement) dans la bielle.
3. Rupture par traction suite à une flexion trop importante du mur.
Ces modes de rupture sont illustrés dans la figure suivante :

47
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie

Figure 5.13 – Mode de rupture typique des murs de maçonnerie

a) Rupture par cisaillement


b) Rupture par compression
c) Rupture par traction
Seuls les deux premiers modes de ruptures ((a) et (b)) seront pris en compte dans notre étude.

5.3.3 Résistance ultime d’un mur de maçonnerie


La résistance de la bielle comprimée sera déterminée en calculant la force nécessaire pour
atteindre la résistance de la maçonnerie à l’écrasement et la force nécessaire pour atteindre la
résistance au cisaillement de la maçonnerie. Les composante de cette force , projetées dans la
direction de la bielle diagonale, sont utilisées pour attribuer à la bielle une résistance en compres-
sion.
Cette résistance en compression, notée Rbielle , contrôle la résistance de mur dans la bielle
comprimée équivalente diagonale :
 
Rcisaillement
Rbielle = min Recrasement , (5.15)
cosθ

Ou θ est l’angle formé par la bielle diagonale et l’horizontale.

Résistance de la maçonnerie à l’écrasement,Recrasement :


La résistance de la maçonnerie à l’écrasement correspond à l’effort de compression que la bielle
comprimée équivalente diagonale peut supporter avant que la maçonnerie ne se rompe par excès
de compression. Elle est déterminée comme suit [27]
0
Recrasement = a t fm (5.16)

Où :
a : est la largeur de la bielle comprimée équivalente diagonale.
t : est l’épaisseur du panneau de remplissage en maçonnerie.
0
fm : est la résistance de la maçonnerie à la compression. Celle-ci est déterminée comme suit :

48
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie

[27].
0 0 0
0 fcb ( ftb + α fj )
fm = 0 0 (5.17)
Uu ( ftb + α fcb )
Où :
j
α= 4.1 hb
j : est l’épaisseur du joint du mortier, pris égal à 1.5 cm ;
hb : est la hauteur d’un élément de maçonnerie ;
0
fcb : est la résistance en compression d’un élément de maçonnerie ;
0 0
ftb : est la résistance en traction d’un élément de maçonnerie, prise égale à 0.1 fcb ;
Uu : est un coefficient de non uniformité de contrainte, égal à 1.5 ;
0
fj : est la résistance en compression du mortier, prise égale à 8 Mpa

Résistance de la maçonnerie au cisaillement,Rcisaillement :


La capacité de la maçonnerie à résister au cisaillement dépond de la résistance du joint du
mortier entre les blocs de maçonnerie et le frottement entre les blocs de maçonnerie et le mortier.
La figure 5.14 illustre la résistance du joint. La fissure de cisaillement en escalier est remplacée
par une seule fissure de cisaillement horizontale à travers un lit de joints de mortier . Cette
simplification est valide, car les composantes verticales de la fissure en escalier sont en traction,
et leur contribution à la résistance au cisaillement peut être négligée.

Figure 5.14 – Rupture par cisaillement de la maçonnerie.

On applique le critère de Mohr-coulomb pour calculer la résistance maximum au cisaillement pour


ce type de ruine.
τf = τ0 + µ σN (5.18)

Où :
τ0 : est la cohésion du lit de mortier ;
µ : est le coefficient de frottement le long du lit de mortier ;
σN : est la contrainte de compression le long du panneau de remplissage.
En appliquant cette relation au panneau entier de maçonnerie, on trouve la force de cisaillement

49
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie

horizontale maximale que le panneau peut supporter :

V f = τ0 t l + µ N (5.19)

Où :
t : est l’épaisseur du mur de remplissage ;
l : est la longueur du mur ;
N : est la force verticale dans le mur.
L’effort N est la somme de l’effort vertical extérieur éventuel s’appliquant sur le mur et la compo-
sante verticale de la force de compression, Rc, dans la bielle équivalente diagonale figure (5.15).
Dans notre étude, on ne considère que cette dernière (pas d’interaction entre le mur de remplissage
et la poutre adjacente) [30].

Figure 5.15 – Illustration des paramètres permettant d’établir la résistance au cisaillement du


mur de remplissage en maçonnerie.

Dès lors la force de cisaillement est trouvée par :

Vf = τ0 t l + µ Rc sin θ (5.20)
Vf
La composante horizontale vaut Vf = Rc sin θ .En remplaçant Rc par sa valeur Rc = cos θ
dans
l’équation (5.20), on trouve :
τ0 t l
Vf =
(1 − µ tan θ)
On a alors :
τ0 t l
Rcisaillement = (5.21)
(1 − µ tan θ)
Les valeurs de τ0 varient généralement entre 0.1 et 1.5 Mpa. La contrainte de cohésion est évaluée
par la formule suivante [27] :
0
τ0 = 0.05 fm
Le coefficient de friction est déterminé par la relation suivante :
0
µ = 0.654 + 0.0000515 fj
0
ou : fj est la résistance en compression du mortier.
Le tableau 5.1 donne les propriétés des matériaux de remplissage considérés dans notre investiga-
tion.

50
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie

Propriétés Paramètres Unités Bloc de béton Brique creuse Brique pleine


léger parpaing de terre cuite de terre cuite
creux
0
Résistance à fcb Mpa 3 10 15
la compression
de la brique
0
Résistance à la ftb Mpa 0.3 1 1.5
traction de la
brique
Module Em Mpa 20000 3550 6285
d’élasticité
0
Résistance à fm Mpa 2.50 6.46 8.38
la compres-
sion de la
maçonnerie
Cohésion τ0 Mpa 0.1255 0.325 0.45
Epaisseur du t cm 20 20 20
mur

Table 5.1 – Propriétés des maçonneries utilisées

Figure 5.16 – Attribution des rotules plastiques aux différents éléments

51
Chapitre 6

Présentation et discussion des résultats des


analyses pushover

Résumé
Ce chapitre porte sur l’exploitation et la discussion des résultats des analyses
pushover, exécutées pour le portique avec différentes configurations. On s’intéresse
particulièrement à l’effet de deux paramètres, la résistance et l’épaisseur des panneaux
de remplissages, sur le comportement sismique du portique. Pendant les analyses
pushover, on commence d’abord par la variation de la résistance des panneaux de
remplissage et en suite en passe à la variation de l’épaisseur des ces panneaux, pour
ces différentes configurations, on montre les courbes de capacités, les déplacements
latéraux et les mécanismes de ruines et à la fin, on compare des différents résultats
relatifs à l’état élastique limite et l’état limite ultime de résistance

52
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

6.1 Introduction
Dans ce chapitre, on présente et discute les résultats des analyses pushover exécutées sur le
portique dimensionné au chapitre 3.
Les analyses pushover sont effectuées d’abord sur un portique nu, puis sur le même portique
en considérant un remplissage en Parpaing creux de béton léger de résistance caractéristique à la
0
compression fcb = 3 M pa ,en suite on passe à l’analyse avec un remplissage en briques creuse de
0
terre cuite d’une résistance caractéristique à la compression fcb = 10 M pa et à la fin ,on termine
avec l’analyse du portique avec un remplissage en briques pleines de terre cuite de résistance
0
caractéristique à la compression fcb = 15 M pa.
On montre les courbes de capacités qui relient l’effort tranchant à la base du portique au dé-
placement en tête du portique avec différents remplissages, les déplacements latéraux des niveaux,
les déplacements inter-étages ainsi que les mécanismes de ruine pour chaque portique.
En fin, on procède à une analyse comparative des comportements sismiques du portique avec
différents remplissages à l’état élastique limite et à l’état limite ultime de résistance.

6.2 Résultats des analyses pushover des portiques

6.2.1 Portique nu

Figure 6.1 – Portique nu et sa modélisation.

a) Courbe de capacité :
La courbe de capacité (figure 6.2) est caractérisée par :
— Un état élastique correspondant au point 1 où l’on a une résistance élastique limite
Vy = 416.47 KN , un déplacement élastique limite dy = 4.1 cm et une raideur initiale
Vy 416.47
K0 = dy
= 0.041
= 10157.80 KN/m
— Un état limite ultime correspondant au point 2 où l’on a une résistance limite ultime
Vu = 584.1 KN , un déplacement ultime du = 19.84 cm

53
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

Figure 6.2 – Courbe de capacité du portique nu.

b) Distribution des rotules plastiques dans le portique à la ruine :


La figure 6.3 montre le mécanisme de ruine du portique ainsi que la distribution des rotules
plastiques formées à ce stade. Le mécanisme de ruine est un mécanisme plastique global. Les rotules
plastiques se forment successivement dans les poutres et en pied des poteaux du rez-de-chaussée.

Figure 6.3 – Distribution des rotules plastiques à la ruine du portique nu

c) Déplacements latéraux du portique :


On remarque sur la figure 6.4 une distribution régulière des déplacements latéraux des différents
niveaux du portique.

54
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

Figure 6.4 – Déplacements latéraux des niveaux du portique nu

d) Déplacements inter-étages du portique :

Figure 6.5 – Déplacements inter-étages du portique nu

6.2.2 Portique avec murs de remplissage en béton léger (parpaing creux)

Figure 6.6 – Portique avec remplissage et sa modélisation

55
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

a) Courbe de capacité :

La courbe de capacité (figure 6.7) est caractérisée par :


— Un état élastique correspondant au point 1 où l’on a une résistance élastique limite
Vy = 672.35 KN , un déplacement élastique limite dy = 0.62 cm et une raideur initiale
Vy 672.35
K0 = dy
= 0.0062
= 108443.54 KN/m
— Un état limite ultime correspondant au point 2 où l’on a une résistance limite ultime
Vu = 1334.35 KN , un déplacement ultime du = 9.45 cm

Figure 6.7 – Courbe de capacité du portique avec murs de remplissage en parpaing creux

b) Distribution des rotules plastiques dans le portique à la ruine :

Figure 6.8 – Distribution des rotules plastiques à la ruine du portique avec un remplissage en
parpaing creux

56
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

Les premières rotules plastiques sont apparues dans les murs de remplissages du RDC, 1er
et 2eme niveau, par la suite, il y a une plastification successive des murs des autres niveaux à
l’exception du dernier étage, puis les poutres du RDC, 1er , 2eme et 3eme niveau , les poteaux du
RDC commencent à se plastifier simultanément avec l’accroissement des déformations dans les
murs de remplissage.

Les murs de remplissages du 1er niveau et du RDC finissent par se ruiner, ce qui provoque des
pertes successives de la raideur et de la rigidité. A partir de la distribution des rotules plastiques
dans le portique à l’état limite ultime, on peut dire que le mécanisme de ruine est un mécanisme
d’étage.
c) Déplacements latéraux du portique

Figure 6.9 – Déplacements latéraux du portique avec un remplissage en parpaing creux.

d) Déplacements inter-étages du portique :

Figure 6.10 – Déplacement inter-étages du portique avec un remplissage en parpaing creux

57
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

La figure ci-dessus montre clairement l’importante contribution des premiers niveaux dans le
déplacement total du portique.
On remarque à partir des figures (6.10) et (6.9), que les premiers niveaux (RDC, 1er et 2eme ) contri-
buent à plus de 85% au déplacement total du portique, et les déformations sont principalement
localisées dans ces niveaux.

6.2.3 Portique avec murs de remplissage en briques creuses en terre


cuite
a) Courbe de capacité :
La courbe de capacité (figure 6.11) est caractérisée par :
— Un état élastique correspondant au point 1 où l’on a une résistance élastique limite
Vy = 1199.27 KN , un déplacement élastique limite dy = 3.00 cm et une raideur initiale
Vy 1199.27
K0 = dy
= 0.03
= 39975.67 KN/m
— Un état limite ultime correspondant au point 2 où l’on a une résistance limite ultime
Vu = 2495.31 KN , un déplacement ultime du = 13.12 cm

Figure 6.11 – Courbe de capacité du portique avec un remplissage en briques creuses

b) Distribution des rotules plastiques dans le portique à la ruine :

La figure 6.12 montre le mécanisme de ruine du portique et la distribution des rotules plastiques.
Ces dernières se développent essentiellement dans les murs de remplissage des premiers niveaux
et dans les poutres de ces mêmes niveaux. Au fur et à mesure que la charge augmente les murs
de maçonnerie atteignent leur résistance ultime et finissent par s’écroulés au niveau du premier
étage, induisant une perte de raideur et une augmentation des sollicitations dans les poteaux qui
s’accompagne d’une formation de rotules plastique en tête et à la base de ces poteaux conduisant,
à la ruine du portique par un mécanisme d’étage.

58
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

Figure 6.12 – Distribution des rotules plastiques à la ruine du portique avec un remplissage en
briques creuse

c) Déplacements latéraux du portique


Les premiers niveaux (RDC, 1er et 2eme ) reprennent un taux de 90 % du déplacement total.

Figure 6.13 – Déplacements latéraux du portique avec remplissage en briques creuses

59
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

d) Déplacement inter-étage du portique

Figure 6.14 – Déplacements inter-étages du portique avec remplissage en briques creuses

6.2.4 Portique avec murs de remplissage en maçonnerie en bloc (briques


pleine)
a) Courbe de capacité :

La courbe de capacité (figure 6.15) est caractérisée par :


— Un état élastique correspondant au point 1 où l’on a une résistance élastique limite
Vy = 1452.85 KN , un déplacement élastique limite dy = 2.53 cm et une raideur initiale
Vy 1452.85
K0 = dy
= 0.0253
= 57424.90 KN/m
— Un état limite ultime correspondant au point 2 où l’on a une résistance limite ultime
Vu = 3169.20 KN , un déplacement ultime du = 7.84 cm

Figure 6.15 – Courbe de capacité du portique avec un remplissage en briques pleines

60
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

b) Distribution des rotules plastiques dans le portique à la ruine :

La première rotule plastique se forme au niveau du RDC, au pied du poteau de rive, Par
la suite, il y a une plastification des poutres et poteaux au même temps que les panneaux de
remplissage qui finissent par se ruiner au niveau du 1er étage.

Figure 6.16 – Distribution des rotules plastiques dans le portique avec un remplissage en
briques pleine

c) Déplacements latéraux du portique :

Figure 6.17 – Déplacements latéraux du portique avec un remplissage en briques pleine

Même constat que celui du portique en briques creuses, dans ce cas le RDC et le 1er niveau
contribuent avec plus de 69 % au déplacement total du portique.

61
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

d) Déplacements inter-étages du portique :

Figure 6.18 – Déplacements inter-étages du portique avec un remplissage en briques pleines

Idem pour le portique en briques pleines, la participation du RDC et du 1er étage au déplace-
ment totale est très importante.

6.3 Analyse comparative des résultats du portique en fonc-


tion des matériaux de remplissage

6.3.1 Analyse comparative des caractéristiques des portiques à l’état


élastique limite et à l’état limite ultime de résistance

Dans cette partie, On effectue une comparaison des différents résultats obtenus lors des analyses
pushover.

Figure 6.19 – Courbes de capacités du portique nu et avec différents remplissages

62
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

A fin d’avoir une meilleur appréciation de l’apport structurel des panneaux de remplissage,
on reprend toutes les courbes de capacités dans le même graph figure (6.19) et on représente les
différents paramètres qui caractérisent l’état élastique limite dans le tableau (6.1) et ceux qui
caractérisent l’état limite ultime de résistance dans le tableau (6.2) .
On compare principalement les résultats relatifs à l’état élastique limite (Vy , dy et K0 ) et
ceux relatif à l’état limite ultime de résistance (Vu , du ) du portique nu et du même portique avec
différentes configurations.
a) A l’etat limite élastique
— On remarque une augmentation de l’effort tranchant élastique (Vy ) pour tous les portiques
avec remplissage par rapport au portique nu. L’augmentation est de 61 % pour le portique
avec remplissage en briques de béton léger (parpaing creux) et de 187 % pour le portique
avec remplissage en briques creuses et de 248 % pour le portique avec remplissage en briques
pleines (voir figure 6.20).

Figure 6.20 – Comparaison des efforts tranchants élastique des portiques.

— Concernant la raideur initiale K0 , la plus grande croissance de la raideur, est celle du


portique avec remplissage en parpaing creux de béton léger qui égale à 967 % de la raideur
initiale du portique nu, et pour le portique avec remplissage en brique creuse, elle est de
293 % et la croissance de la raideur initiale du portique avec remplissage en briques pleines
est égale à 465 %. (voir figure 6.21)

Figure 6.21 – Comparaison des raideurs initiales K0 des différents portiques

63
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

Etat élastique limite K0 portique rempli Vy portique rempli


Portiques K0 portique nu Vy portique nu
Vy (KN ) dy (cm) K0 (KN/m)
Portique nu 416.47 4.10 10157.80 / /
Portique avec remplis- 672.35 0.62 108443.54 10.67 1.61
sage en briques de
béton léger (Parpaing
creux)
Portique avec rem- 1199.27 3.00 39975.67 3.93 2.87
plissage en briques
creuses en terre cuite
Portique avec remplis- 1452.85 2.53 57424.90 5.65 3.48
sage en briques pleines
en terre cuite

Table 6.1 – Caractéristiques générales du portique à l’état élastique limite avec différentes
configurations.

b) A l’état limite ultime de résistance


— Pour l’état limite ultime de résistance, on remarque l’augmentation de l’effort tranchant
ultime Vu et une diminution du déplacement limite ultime du pour tous les portiques remplis
par rapport au portique nu.

Figure 6.22 – Comparaison des résistances ultimes Vu des différents portiques

Pour le portique rempli avec la brique en béton léger (parpaing creux ) , l’augmentation de Vu
est de 128 % et la diminution du déplacement limite du est de 52% , concernant le portique rempli
avec la brique creuse l’augmentation de Vu est de 327 % et la diminution du déplacement limite
du est de 33 % et les plus grandes variations sont celles du portique avec remplissage en brique
pleine, pour lequel Vu augmente de 441 % et le déplacement limite ultime diminue de 60 % (voir
figure 6.22).

64
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

Etat limite de résistance Vu portique rempli


Portique Vu portique nu
Vu (KN ) du (cm)
Portique nu 584.10 19.84 /
Portique avec remplis- 1334.35 9.45 2.28
sage en brique de béton
léger ( Parpaing creux )
Portique avec remplis- 2497.31 13.12 4.27
sage en brique creuse en
terre cuite
Portique avec remplis- 3169.20 7.84 5.42
sage en briques pleines en
terre cuite

Table 6.2 – Caractéristiques générales du portique à l’état limite ultime avec différentes
configurations

6.3.2 Analyse comparative des déplacements latéraux absolus d’étages

Figure 6.23 – Comparaison des déplacements latéraux absolus des portiques

A partir des courbes représentées dans la figure 6.23, on remarque que les déplacements les
plus élevés sont ceux du portique nu, tandis que les déplacements du portique avec remplissage
en briques pleines sont inferieurs par rapport aux autres portiques, les déplacements du portique
avec remplissage en briques creuses et le portique avec remplissage en briques de béton léger (
parpaing creux ) sont similaires et nettement inférieurs aux des déplacements du portique nu.

65
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

6.3.3 Analyse comparative des déplacements inter-étages


On remarque la contribution de tous les étages au déplacement total du portique nu qui est
largement supérieurs aux déplacements d’autres portiques avec remplissages qui subissent des
déplacements plus au moins identiques, mais inférieurs à ceux du portique nu. Pour tous les
portiques avec remplissage, plus de la moitié des déplacements est reçue par les premiers niveaux
à savoir le RDC, niveau 1 et le niveau 2.

Figure 6.24 – Comparaison des déplacements inter-étages des portiques

6.3.4 Analyse comparative des mécanismes de ruines


La figure 6.25 présente les mécanismes de ruine des portiques avec différentes configurations,
à savoir portique nu, portique avec remplissage en briques de béton léger (parpaing creux) qui
possède une résistance caractéristique à la compression de 3 Mpa, portique avec remplissage en
briques creuses en terre cuite qui a une résistance caractéristique à la compression de 10 Mpa et
le portique avec un remplissage en briques pleines de terre cuite dont la résistance caractéristique
à la compression est de 15 Mpa.
A partir de la figure 6.25, on peut dire que le mécanisme de ruine du portique nu est un
mécanisme de ruine global, puisque les rotules plastiques sont réparties sur toutes les poutres et à
la base des poteaux du RDC. Contrairement au portique nu, dans les portiques avec remplissage,
les rotules plastiques se forment particulièrement dans les premiers niveaux, ce qui nous amène à
dire que les mécanismes de ruine de ces portiques sont des mécanismes d’étages.

66
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

Figure 6.25 – Comparaison des mécanismes de ruine des différents portiques

67
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

0
Pour le portique avec remplissage en briques de béton léger (parpaing creux,fc = 3 M pa), les
rotules se forment dans tous les panneaux de remplissage à l’exception des panneaux du dernier
étage, par la suite, elles se forment à la base des poteaux du RDC et aux poutres des quatre
premiers niveaux, tendis que pour le portique avec remplissage en briques creuses de terre cuite
0
(fc = 10 M pa), les rotules se forment simultanément dans les poutres et les poteaux ainsi que
dans les murs de remplissage, la ruine se produit dans les murs du premier étage. Concernant le
0
portique avec remplissage en briques pleines de terre cuite (fc = 15 M pa), les rotules apparaissent
d’abord dans les éléments poteaux et poutres au niveau du RDC et du 1er étage, en suite dans les
murs de maçonnerie des trois premiers niveaux, jusqu’à leur ruine dans le 1er étage.

Les deux paramètres qui régissent l’apparition et la succession des rotules plastiques dans les
portiques sont, la résistance des panneaux de remplissages et la résistance des sections transversales
des éléments poteaux et poutres.

6.4 Résultats des analyses pushover du portique en fonction


de l’épaisseur des murs de remplissage
Dans cette partie du travail, on s’intéresse à l’effet de la variation de l’épaisseur des murs de
remplissage sur le comportement sismique du bâtiment. Pour cela, on a effectué des analyses en
poussée progressive (pushover) sur le portique dimensionné au chapitre 3 avec un remplissage en
0
briques creuses de terre cuite de résistance caractéristique à la compression (fc = 10M pa), en
variant à chaque fois l’épaisseur des murs de remplissage, commençant d’abord par des murs de
20 cm, en suite 15 cm et en termine avec un remplissage de 10 cm d’épaisseur.

On présente pour chaque portique la courbe de capacité, les déplacements latéraux et le schéma
de distribution des rotules plastiques (mécanisme de ruine).

Pour mettre en évidence la différence du comportement d’un portique à l’autre, on représente


les courbes de capacités ainsi que les déplacements latéraux des étages dans les mêmes graphes et
on termine avec la comparaison des différents résultats.

6.4.1 Résultats des analyses pushover du portique nu


Les résultats de l’analyse pushover pour ce portique ont été déjà présentés précédemment, voir
figure 6.2 à 6.5.

6.4.2 Résultats des analyses pushover du portique avec un remplissage


de 20 cm d’épaisseur
Les résultats de l’analyse pushover pour ce portique ont été déjà présentés précédemment, voir
figure 6.11 à 6.14.

68
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

6.4.3 Résultats des analyses pushover du portique avec un remplissage


de 15 cm d’épaisseur
a) Courbe de capacité :
La courbe de capacité (figure 6.26) est caractérisée par :
— Un état élastique correspondant au point 1 où l’on a une résistance élastique limite
Vy = 1093.63 KN , un déplacement élastique limite dy = 3.25 cm et une raideur initiale
Vy 1093.63
K0 = dy
= 0.0325
= 33650.15 KN/m
— Un état limite ultime correspondant au point 2 où l’on a une résistance limite ultime
Vu = 2271.43 KN , un déplacement ultime du = 14.04 cm

Figure 6.26 – Courbe de capacité du portique avec un remplissage en briques creuses de 15 cm


d’épaisseur

b) Déplacements latéraux inter-étages du portique :

Figure 6.27 – Déplacements latéraux inter-étages du portique avec un remplissage en briques


creuses de 15 cm d’épaisseur

69
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

La figure 6.27 montre l’importante participation du 1er étage au déplacement latéral total du
portique.

c) Distribution des rotules plastiques dans le portique à la ruine :


Le panneau de remplissage du 1er niveau atteint sa résistance ultime et finit par s’écrouler .En
augmentant la charge, on remarque que la ruine se propage a tout les panneaux du 1er niveau.
Les poutres des derniers niveaux subissent des dommages très limités avec l’apparition des rotules
de types (B), la plastification des éléments poteaux et poutres des premiers niveaux est plus
importante avec l’apparition des rotules de type (IO-LS).

Figure 6.28 – Distribution des rotules plastiques dans le portique avec un remplissage en
briques creuse de 15 cm d’épaisseur

6.4.4 Résultats des analyses pushover du portique avec un remplissage


de 10 cm d’épaisseur
a) Courbe de capacité :
La courbe de capacité (figure 6.29) est caractérisée par :
— Un état élastique correspondant au point 1 où l’on a une résistance élastique limite
Vy = 961.44 KN , un déplacement élastique limite dy = 3.46 cm et une raideur initiale
Vy 961.44
K0 = dy
= 0.0346
= 27787.28 KN/m
— Un état limite ultime correspondant au point 2 où l’on a une résistance limite ultime
Vu = 1715.83 KN , un déplacement ultime du = 14.21 cm

70
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

Figure 6.29 – Courbe de capacité du portique avec un remplissage en briques creuses de 10 cm


d’épaisseur.

b) Déplacements latéraux inter-étages du portique :


La figure 6.30 montre l’importante contribution au déplacement total du 1er étage qui subit
le déplacement le plus important du portique, ce qui s’explique par la ruine des panneaux de
maçonnerie à ce niveau, qui permettra aux mailles du portique de se déformées librement.

Figure 6.30 – Déplacements latéraux inter-étages du portique avec un remplissage en briques


creuses de 10 cm d’épaisseur

c) Distribution des rotules plastiques dans le portique à la ruine :


On constate que la distribution et le degré de pénétration des rotules dans le domaine plastique
sont pratiquement similaires à celles du portique précédant (figure 6.28).

71
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

Figure 6.31 – Distribution des rotules plastiques dans le portique avec un remplissage en
briques creuses de 10 cm d’épaisseur.

6.5 Analyse comparative des résultats du portique en fonc-


tion de l’épaisseur des panneaux de remplissage

6.5.1 Analyse comparative des caractéristiques des portiques à l’état


élastique limite et à l’état limite ultime de résistance
Courbes de capacités des différents portiques :

Figure 6.32 – Courbes de capacités du portique avec différentes configurations.

72
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

Au terme des analyses non linéaire du portique avec différentes configurations, les critères de
comparaison sont définit comme suit :
— L’effort tranchant élastique et ultime à la base du portique.
— Les déplacements élastique et ultime.
— La raideur initiale
— La ductilité globale.

a) A l’état limite élastique :


— On remarque une augmentation de l’effort tranchant élastique pour tous les portiques avec
remplissage par rapport au portique nu. l’augmentation est de 130 % pour le portique avec
un remplissage de 10 cm d’épaisseur, de 162 % pour le portique avec un remplissage de 15
cm d’épaisseur et de 187 % pour le portique avec un remplissage de 20 cm d’épaisseur (voir
figure 6.33).

Figure 6.33 – Comparaison des efforts tranchants élastiques

— Concernant la raideur initiale K0 , la plus grande croissance de la raideur est celle du


portique avec remplissage de 20 cm d’épaisseur qui est égale à 293 % de la raideur initiale
du portique nu, pour le portique avec remplissage de 15 cm et de 10 cm d’épaisseur, la
croissance de la raideur initiale est respectivement égale à 231 % et 173 % par rapport au
portique nu (voir figure 6.34)

Figure 6.34 – Comparaison des raideurs initiales

73
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

Etat élastique limite K0 portique rempli Vy portique rempli


Portiques K0 portique nu Vy portique nu
Vy (KN ) dy (cm) K0 (KN/m)
Portique nu 416.47 4.10 10157.80 / /
Portique avec remplis- 961.44 3.46 27787.28 2.73 2.30
sage de 10 cm d’épais-
seur
Portique avec remplis- 1093.63 3.25 33650.15 3.31 2.62
sage de 15 cm d’épais-
seur
Portique avec remplis- 1199.27 3.00 39975.67 3.93 2.87
sage de 20 cm d’épais-
seur

Table 6.3 – Caractéristiques générales du portique à l’état élastique limite avec différentes
configurations.

A partir du tableau 6.3, on constate que l’augmentation de l’épaisseur du remplissage s’accom-


pagne à la fois d’une augmentation de l’effort tranchant élastique à la base du portique et d’une
augmentation de sa raideur initiale et aussi d’une diminution du déplacement élastique.

b) A l’état limite ultime de résistance :

Figure 6.35 – Comparaison des résistances ultimes Vu des différents portiques

Pour l’état limite ultime de résistance, on constate l’augmentation de l’effort tranchant ultime
Vu et une diminution du déplacement limite ultime du pour tous les portiques remplis par rapport
au portique nu. Pour le portique rempli avec la brique de 10 cm d’épaisseur, l’augmentation de
l’effort tranchant ultime Vu est de 193 % et la diminution du déplacement limite du est de 28
% , concernant le portique rempli avec la brique de 15 cm d’épaisseur l’augmentation de l’effort

74
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

tranchant ultime Vu est de 288 % et la diminution du déplacement limite du est 29 % et les plus
grandes variations sont celles du portique avec remplissage en brique de 20 cm d’épaisseur, pour
lequel Vu augmente de 327 % et le déplacement limite ultime diminue de 33 %.(voir figure 6.35)

Etat limite de résistance Vu portique rempli


Portiques Vu portique nu
Vu (KN ) du (cm)
Portique nu 584.10 19.84 /
Portique avec remplissage de 10 cm 1715.83 14.21 2.93
d’épaisseur
Portique avec remplissage de 15 cm 2271.43 14.04 3.88
d’épaisseur
Portique avec remplissage de 20 cm 2497.31 13.12 4.27
d’épaisseur

Table 6.4 – Caractéristiques générales du portique à l’état limite ultime avec différentes
configurations

6.5.2 Analyse comparative des déplacements latéraux inter-étages

Figure 6.36 – Comparaison des déplacements latéraux relatifs des différents portiques.

A partir de la figure ci-dessus, on constate qu’il y a réduction des déplacements relatifs de tous

75
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover

les portiques avec remplissage par rapport au portique nu, on remarque aussi que les déplacements
des portiques avec remplissage sont similaires.
La forte contribution du premier étage au déplacement latéral global s’explique par la ruine
des panneaux de remplissage à ce niveau, cette ruine rend l’étage souple et capable de se déformé
facilement.

6.5.3 Analyse comparative des ductilités globales


On constate que le remplissage affecte d’une manière notable la ductilité du portique et on re-
marque que cette ductilité diminue avec la diminution de l’épaisseur du remplissage.Le portique nu
présente la plus grande ductilité qui lui confère sa capacité de déformation sans perte significative
de la résistance (palier plastique de la courbe de capacité).

Figure 6.37 – Comparaison des ductilités globales des différents portiques.

76
Chapitre 7

Conclusion générale

77
Chapitre 7 : Conclusion générale

7.1 Rétrospective
L’objectif de notre travail était de comprendre le comportement sismique des structures en
portiques en béton armé en tenant compte de l’interaction murs de remplissage en maçonnerie-
cadres des portiques, notamment, l’influence de la résistance à la compression des panneaux de
remplissage ainsi que leurs épaisseurs sur la réponse sismique de la structure.

Pour cela, on a considéré un portique appartenant à un bâtiment en (R+6) de forme régulière


en plan et en élévation, dimensionné selon les règlements RPA99/Version 2003 et le BAEL91,
par la suite, on a mené des analyses statiques en poussées progressives (pushover), sous l’action
des forces sismiques horizontales croissantes d’une façon monotone sur ce portique, en prenant
en considération le comportement non-linéaire des éléments poteaux poutres, conformément aux
codes FEMA 273 [28] et ACI 318-95 [35].

Pour comprendre l’impact de la résistance à la compression des murs de maçonnerie, on a


effectué des analyses pushover sur les portiques suivants :
— Portique nu (sans remplissage)
— Portique avec un remplissage en briques en béton léger (parpaing creux)
— Portique avec un remplissage en brique creuse en terre cuite
— Portique avec un remplissage en brique pleine en terre cuite
Et pour mettre en évidence l’influence de l’épaisseur des murs de remplissage, on a mené des
analyses pushover sur le même portique et avec le même remplissage (brique creuse en terre cuite)
d’une épaisseur de 10 cm, 15 cm et 20 cm.

Les murs de maçonnerie, ont été modélisés par des bielles comprimées équivalentes diagonales
en utilisant le modèle de Mainstone [16].

7.2 Conclusions principales


Le remplissage des ossatures en portiques en béton armé par des murs de maçonnerie est
pratiquement dangereux, Le mode de ruine observé pour les portiques étudiés, particulièrement
pour les portiques avec des murs de remplissage en maçonnerie, est un mécanisme plastique d’étage
non ductile, et il n’a pas la même localisation dans le portique selon que ce dernier est rempli avec
les blocs de béton léger (parpaing creux), avec les briques creuses en terre cuite ou bien avec les
briques pleines en terre cuite.

En dépit de son dimensionnement au chapitre 3, en respectant le principe poteaux fort-poutre


faible, on constate que, les mécanismes de ruine des portiques remplis, sont des mécanismes de
ruine d’étages qui englobent pratiquement les premiers niveaux, généralement ces portiques sont
caractérises par :
— Une augmentation de la résistance ultime qui est due à l’apport des panneaux de ma-
çonnerie, puisque eux mêmes possèdent une importante résistance à la compression, cette

78
Chapitre 7 : Conclusion générale

résistance ultime croit avec l’accroissement de la rigidité des panneaux de maçonnerie.


— Une augmentation de la raideur latérale initiale des portiques remplis par rapport au por-
tique nu, qui est proportionnel à l’augmentation de la rigidité des panneaux de maçonnerie.
— Une augmentation de la résistance à l’état élastique amenée par la présence du remplissage.
— Une réduction des déplacements latéraux, à cause de la présence des murs de remplissages
qui empêchent les mailles du portique de se déformer librement.
— Des nouvelles distributions de rotules plastiques concentrées pour la plupart, au niveau
du RDC, 1er et 2eme étage, parce que les remplissages induisent dans l’ossature des efforts
différents de ceux qu’on obtiendrait dans le portique sans remplissage, ce qui peut entrainer
des ruptures fragiles et des réponses globales non maitrisées en créant un niveau transparent
à l’étage où ces remplissages sont ruinés en premier.
L’effet des remplissages sur les structures en portiques en béton armé, est toujours néfaste,
mais on peut conclure qu’un remplissage qui possède une faible résistance caractéristique à la
compression, qui s’écrase avant d’induire des dommages dans l’ossature, est moins défavorable
qu’un autre dont la résistance est plus élevée. A partir des mécanismes de ruines ,on peut constater
que, pour le portique rempli en briques de béton léger (parpaing creux), la plastification puis la
ruine des panneaux de remplissage se produisent avant celles des autres éléments en béton armé.
Pour les portiques avec remplissage en brique creuse et en brique pleine, les plastifications se
produisent simultanément à cause des efforts additionnels engendrés par la résistance des panneaux
de maçonnerie, du fait de leur importante rigidités.

On constate également, la réduction de la ductilité globale dans les portiques avec remplissages
ce qui est provoqué par les panneaux de maçonnerie, qui associés une grandes rigidité à une faible
capacité de subir des déformations. La diminution de la ductilité est proportionnelle à la diminution
de l’épaisseur des murs de remplissage.

7.3 Recommandations
Vu les dommages subis par les structures en portiques avec remplissage en maçonnerie, et
leur vulnérabilités dans les zones sismiques ainsi que leur ruine avec des mécanismes d’étages non
ductiles, on préconise de passer à autre système structural comportant des voiles de contrevente-
ment en béton armé dans les deux directions orthogonales, comme le préconise le RPA99/version
2003.On recommande aussi, la limitation de l’interaction remplissage-cadres des portiques, par
l’introduction d’autre matériau, dont le but de supprimer le contact portique –maçonnerie et de
réduire les dommages des panneaux de remplissage et l’effort communiqué aux nœuds poteaux-
poutres et d’opter pour des remplissages de faible résistance à la compression qui s’écrasent faci-
lement sous l’effet d’un séisme avant d’induire des dommage dans la structure.

79
Chapitre 7 : Conclusion générale

7.4 Perspectives
En perspective, la considération de l’effet des ouvertures sur le comportement globale des
structures et la modélisation des murs de remplissage avec d’autres modèles plus élaborés à fin
d’approcher d’avantage le comportement réel de la structure, pourrait faire l’objet d’une recherche
future.

80
Bibliographie

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avec remplissage en maçonnerie, Annales du bâtiment et des travaux publics, p 34-42.France.
[2] ACI, 1995, Building code requirements for reinforced Concrete (ACI 318- 95), Mand Design,
Third Edition American Concrete Institue, Detroit, Michigan, U.S.A.
[3] Alain Capra et Victor Davidivici, 1984, Calcul Dynamique des Structures en Zone Sismique
, Edition Eyrolles.
[4] Albert Fuentes, 2005, Béton Armé : Fissuration-Flèches, Redistribution d’efforts et Formation
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Chapitre 7 : Conclusion générale

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84
Résumé
L’interaction entre les panneaux de remplissage en maçonnerie et les cadres en béton armé du
portique surcharge les nœuds poteaux-poutres et induit des effets locaux négatifs qui pourront
conduire à un endommagement sérieux de la structure, dimensionnée dans la plupart des cas, en
ignorant la présence des murs de remplissage qui sont considérés comme des éléments non struc-
turels. Par conséquent cette simplification donne lieu à un dimensionnement non sécuritaire. Pour
comprendre l’impact de ces panneaux de remplissage, notamment leurs caractéristiques (épaisseur
et résistance) sur le comportement sismique des structures, des analyses en poussée progressive
(pushover) sont effectuées sur un bâtiment en portique composé de 7 étages, en variant d’abord
la résistance (3 Mpa, 10 Mpa et 15 Mpa) en suite l’épaisseur (10 cm, 15 cm et 20 cm) des murs de
remplissage. Les résultats de ces analyses montrent clairement l’augmentation de la raideur et de
l’effort tranchant à la base ainsi que la réduction des déplacements latéraux des bâtiments remplis
par rapport au bâtiment nu (sans remplissage). On remarque également la diminution de la duc-
tilité ainsi que des nouvelles distributions des rotules plastiques sous l’influence des remplissages,
ce qui engendre des ruines par mécanismes d’étages.

Mots clés : Portique en béton armé, remplissage en maçonnerie, analyse pushover, ductilité,
ruine par mécanismes d’étage.

Abstract
The interaction between the masonry infill panels and reinforced concrete frame overload nodes
column-beam and induces negative local effects that can lead to serious damage in the structure,
designed in most cases, ignoring the presence of the infills that are considered as non-structural
elements. Therefore this simplification leads to unsafe design. To understand the impact of these
infill panels, including their characteristics (thickness and strength) on the seismic behavior of
structures. Pushover analyzes are performed on a 7 stories building, by first varying strength (3
MPa, 10 MPa and 15 MPa) then the thickness (10 cm, 15 cm and 20 cm) of infill walls. The
results of these analyzes clearly show the increase in stiffness and base shear and reducing the
lateral displacements of buildings with infill against the frame (without infill). We note also the
decrease in ductility and new distributions of plastic hinges under the influence of infill, which
leads to a story mechanisms failure.

Key words : Reinforced concrete frame, masonry infill, pushover analyze, ductility, story
mechanisms failure.

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