Comportement sismique des portiques en béton
Comportement sismique des portiques en béton
Mémoire de Magister
Spécialité : Génie Civil
Option : Structures et Matériaux
Présenté par :
AIT-RAMDANE Idir
Sujet :
Soutenu le : 28/12/2014
i
Remerciement
Je tiens à remercier d’abord mon promoteur Dr. ABED Ahmed, Maitre de conférence (A) au
Département de génie civil, faculté génie de la construction, U.M.M.T.O, qui m’a proposé ce sujet
et qui m’a encadrer et diriger avec beaucoup d’attention et de disponibilité tout au long de ce
travail.
Mes vifs remerciements vont également aux membres du jury pour l’intérêt qu’ils ont porté à
mon travail en acceptant de l’examiner et de l’enrichir avec leurs propositions.
je souhaiterai remercier mon ami OULD EL HAJD Mouhamed, doctorant en physique théo-
rique à l’université de Corse, pour m’avoir initier au logiciel LateX.
Mes remerciements s’étendent également à tous mes collègues et à tous mes amis pour leur
encouragement et leur soutien.
Qu’il me soit enfin permis de remercier toute ma famille pour son appui, spécialement mes
parents pour leur attention sans faille, pour leurs encouragements et leur amour inconditionnel
qui m’accompagnent depuis toujours ; qu’ils trouvent ici le témoignage de ma profonde gratitude.
Table des figures
iii
TABLE DES FIGURES iv
6.1 Caractéristiques générales du portique à l’état élastique limite avec différentes confi-
gurations. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
6.2 Caractéristiques générales du portique à l’état limite ultime avec différentes confi-
gurations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
6.3 Caractéristiques générales du portique à l’état élastique limite avec différentes confi-
gurations. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
6.4 Caractéristiques générales du portique à l’état limite ultime avec différentes confi-
gurations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
vi
Table des matières
1 Introduction 1
1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.1 Définition de la problématique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Objectif du mémoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Plan du mémoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2 Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les zones sis-
miques 5
2.1 Genèse d’un séisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.1.1 Tectonique des plaques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.1.1.1 Principe de la tectonique des plaques . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.1.1.2 Mouvements résultants de l’interaction entres les plaques tectoniques 7
2.1.1.3 Définition d’un séisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.1.1.4 Les ondes sismiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.1.5 Caractérisation des séismes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.1.1.6 L’aléa sismique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.1.1.7 Effets de séisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2 Principaux facteurs de vulnérabilité des structures en béton armé . . . . . . . . . 14
2.2.1 Influence des murs de remplissages dans les structures en portiques . . . . 14
2.2.2 Liquéfaction des sols . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.2.3 Niveaux " souples " . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2.4 Effet poteau court . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2.5 Irrégularité des Structures en béton armé avec des remplissages en maçon-
nerie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2.6 Résonance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
vii
Table des matières
4 Analyse Pushover 29
4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
4.2 Définition de la méthode pushover . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
4.3 Formulation analytique de la méthode pushover . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
4.3.1 Définition du système à un degré de liberté équivalent (SDOF) . . . . . . . 32
4.3.2 Idéalisation bi-linéaire de la courbe de capacité du système à un degré de
liberté (SDOF) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
4.3.3 Définition des propriétés du système à un degré de liberté équivalent . . . 34
4.4 Distribution verticale des charges horizontales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
4.4.1 Distribution uniforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
4.4.2 Distribution selon le premier mode de vibration . . . . . . . . . . . . . . . 35
4.4.3 Distribution proposée par FEMA 273 [15] . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
4.4.4 Distribution avec la combinaison modale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
4.4.4.1 Distribution Adaptative . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
4.5 Définition du déplacement cible de la structure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
viii
Table des matières
ix
Table des matières
6.5 Analyse comparative des résultats du portique en fonction de l’épaisseur des pan-
neaux de remplissage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
6.5.1 Analyse comparative des caractéristiques des portiques à l’état élastique
limite et à l’état limite ultime de résistance . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
6.5.2 Analyse comparative des déplacements latéraux inter-étages . . . . . . . . 75
6.5.3 Analyse comparative des ductilités globales . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
7 Conclusion générale 77
7.1 Rétrospective . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
7.2 Conclusions principales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
7.3 Recommandations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
7.4 Perspectives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
x
Chapitre 1
Introduction
1
Chapitre 1 : Introduction
1.1 Introduction
Pour ce type de structure, une grande partie des dommages causés par l’action sismique est
attribuée aux panneaux de remplissage [13]. L’interaction entre ces panneaux et les cadres en
béton armé du portique surcharge les nœuds poteaux-poutres et induit des effets locaux négatifs
qui pourront conduire à un endommagement sérieux des nœuds poteaux-poutres de la structure,
dimensionnée dans la plupart des cas, en ignorant la présence des murs de remplissage qui sont
considérés comme des éléments non structurels. Par conséquent cette simplification donne lieu à
dimensionnement non sécuritaire.
Au début d’un séisme, les murs en maçonnerie reprennent une grande partie des forces sis-
miques, mais avec l’accroissement du déplacement inter-étages sous l’effet des charges sismiques,
les murs de remplissages subissent les premières fissures et une séparation avec le cadre s’initie [5],
et l’influence des murs des remplissages sur le comportement global de la structure et leur contri-
bution à la résistance et à la raideur de cette dernière, restent dépendante des caractéristiques de
ces murs, à titre d’exemple, si on rempli le même bâtiment avec des panneaux de maçonnerie qui
possèdent des résistances et des épaisseurs différentes, face à un séisme, le comportement de cet
ouvrage sera différent d’un type de remplissage à un autre.
2
Chapitre 1 : Introduction
Le but d’un tel dimensionnement parasismique est d’établir une hiérarchie des plastifications
successives des divers éléments structuraux et d’atteindre un mécanisme de ruine de type plastique
global et ductile, conférant à la structure un comportement favorable et sécuritaire en situation
sismique [26].
Puisque une importante partie de la population mondiale s’abrite dans ces bâtisses en portiques
en béton armé avec des remplissages en maçonnerie, qui subissent à chaque événement sismique
majeur , des dommages important allant jusqu’à leur effondrement total ; connaitre quelles sont
les plus vulnérables et comprendre leur comportement face aux actions sismiques est plus qu’utile
pour imposer des lois plus strictes et envisager des actions de relogement et de renforcement pour
sauver ces vies humaines et éviter la pire des catastrophes.
Trois types de matériaux de remplissage à savoir, le parpaing creux en béton léger, la brique
creuse en terre cuite et la brique pleine en terre cuite sont considérés dans l’étude, le choix de
ces matériaux est effectué à partir de leurs résistances à la compression, respectivement, faible,
moyenne et forte. Pour étudier l’effet de l’épaisseur des murs de remplissages, on a considéré un
mur en briques creuses en terre cuite avec trois épaisseurs différentes (20 cm, 15 cm, 10 cm).
Après un dimensionnement du portique selon les codes de calcul en vigueur, à savoir le RPA
99/version 2003 [31] et le BAEL 91 [9], des analyses non-linéaire (pushover) sont effectuées sur
le portique avec différentes configurations. Au terme de ces analyses postélastique, une discussion
des résultats est effectuée en mettant l’accent sur la variation des paramètres, tels que l’effort
tranchant à la base du portique et les déplacements latéraux d’étages ainsi que les différents
mécanismes de ruines.
Au long du chapitre 2, on décrit l’évènement sismique dans son ensemble et on donne les notions
3
Chapitre 1 : Introduction
nécessaires pour la compréhension des mécanismes qui régissent son déclanchement, sa propaga-
tion jusqu’à son application sur les structures. A la fin de ce chapitre, on récapitule les différents
facteurs qui accroissent la vulnérabilité des bâtisses face aux séismes.
Dans le chapitre 3, on dimensionne le portique étudié selon le code du béton armé aux états
limites BAEL 91 [9] et le règlement parasismique Algérien RPA 99/version 2003 [31], sur la
base d’une analyse modale spectrale avec le logiciel ETABS [11]. Le portique est dimensionné en
considérant les combinaisons d’action sismique avec les charges permanentes et les charges d’ex-
ploitations en référence au RPA 99/version 2003.
Au chapitre 6, des analyses pushover sont exécutées à l’aide du logiciel de calcul ETABS pour
les portiques étudiés, d’abord en variant la résistance des murs de remplissages en utilisant les
configurations suivantes :
— Portique nu
— Portique avec un remplissage de faible résistance à la compression (3 Mpa), qui est la
maçonnerie en béton léger (parpaing creux)
— Portique avec remplissage en briques creuses en terre cuite qui possède une résistance
moyenne à la compression (10 Mpa).
— Portique avec remplissage en briques pleine en terre cuite dont la résistance à la compression
est relativement élevée (15 Mpa).
En suite en variant l’épaisseur des panneaux de remplissages comme suit :
— Portique avec remplissage en briques creuses en terre cuite avec une épaisseur de 20 cm.
— Portique avec remplissage en briques creuses en terre cuite avec une épaisseur de 15 cm.
— Portique avec remplissage en briques creuses en terre cuite avec une épaisseur de 10 cm.
Au cours de ce chapitre, on procède à une discussion des résultats obtenus et une comparaison
des différents paramètres comme, les raideurs initiales, les résistances ultimes, les déplacements
latéraux, les déplacements inter-étages et les mécanismes de ruines.
On termine notre travail par une synthèse des connaissances acquises et les différents enseignements
tirés.
4
Chapitre 2
Résumé
Ce chapitre a pour objet de présenter le phénomène sismique dans son ensemble.
Il s’agit de comprendre la théorie de la tectonique des plaques et les différents mou-
vements qui résultent de leur interaction, donnant naissance à des séismes. Ensuite,
on définit les différents types de séismes et leurs caractéristiques ainsi que les ondes
qu’ils génèrent et les effets qui peuvent être engendrés sur les ouvrages. La dernière
partie du chapitre est consacrée aux principaux facteurs de vulnérabilité des struc-
tures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les zones sismiques, comme
les étages souples, les murs de remplissages dans les bâtiments en portiques, les irré-
gularités géométriques, la liquéfaction des sols de fondation, la résonance. . . etc.
5
Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques
2.1 Genèse d’un séisme
La tectonique des plaques, dont le principe est connu depuis la seconde moitié du XXe siècle,
est à l’origine des chaînes de montagne et de phénomènes tels que les séismes et le volcanisme. La
lithosphère (croûte et manteau supérieur) est morcelée en plusieurs fragments, appelés plaques,
qui constituent la surface terrestre. En raison des mouvements de convection au sein du manteau,
ces plaques sont mobiles les unes par rapport aux autres, avec des vitesses de quelques centimètres
par an [48].
Figure 2.1 – Carte simplifiée des grandes plaques lithosphériques et de leurs limites
Il existe des grandes cellules de convection dans le manteau qui sont le résultat du flux de
chaleur qui va du centre vers l’extérieur de la terre, un flux de chaleur dû à la décomposition des
éléments radioactifs contenus dans les minéraux constitutifs de la terre. Ces cellules concentrent
de la chaleur dans leur partie ascendante, ce qui cause une fusion partielle du manteau supérieur et
une expansion des matériaux. C’est cette expansion qui produit une dorsale médio-océanique. Les
mouvements de l’asthénosphère sous la lithosphère rigide entraînent cette dernière ; ils provoquent
des tensions au niveau de la dorsale, causant la divergence et le magmatisme associé. Ainsi, il y a
formation continuelle de nouvelle lithosphère océanique au niveau de la dorsale et élargissement
6
Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques
progressif de l’océan.
En contrepartie, puisque le globe terrestre n’est pas en expansion, il faut détruire de la litho-
sphère, ce qui se fait par enfoncement de lithosphère océanique dans les zones de subduction qui
correspondent aux fosses océaniques profondes. Les dorsales sont recoupées par des failles dites
transformantes pour accommoder des différences de vitesses de divergence [49].
Figure 2.2 – Coupe schématique montrant plusieurs types de frontières possibles entre les
plaques
— La subduction : c’est-à-dire la plongée d’une plaque sous une autre (ce qui permet de
compenser l’augmentation de surface résultant de l’expansion des fonds océaniques), comme
celle de la plaque Nazca sous l’Amérique du Sud, ou de la plaque Philippines sous l’Eurasie
au niveau du Japon ;
— Le décrochement : c’est-à-dire le coulissage horizontal d’une plaque contre une autre
(failles transformantes), dont l’exemple le plus connu est la célèbre faille de San Andreas
en Californie (contact entre les plaques Pacifique et Amérique du Nord) ;
— La compression : c’est-à-dire la collision frontale sans subduction qui se traduit par la
formation de chaînes de montagnes, comme l’Himalaya, résultat de la collision des plaques
Inde et Eurasie
Figure 2.3 – Différents mouvements résultants de l’interaction entres les plaques tectoniques
7
Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques
Ces mouvements relatifs entre plaques ne se font pas, en général, de manière progressive, mais par
à-coups. Chacun de ces à-coups constitue un séisme, plus ou moins intense suivant l’amplitude et
la rapidité du mouvement, ainsi que l’étendue de la zone concernée.
Un séisme, terme synonyme de « tremblement de terre », est une secousse plus ou moins
violente du sol, due le plus souvent à la rupture d’une faille, activée par les lents mouvements
tectoniques qui animent en permanence la croûte terrestre. Cette rupture émet des ondes qui, en
se propageant, engendrent des secousses à composantes horizontale et verticale. L’intensité des
secousses verticales est en général plus faible que celle des secousses horizontales, mais ce n’est pas
toujours le cas. Les vibrations verticales sont importantes près de l’épicentre du séisme, qui est
le point de la surface terrestre à la verticale du « foyer », où la rupture de faille a été déclenchée
[46].
Figure 2.4 – Épicentre et foyer d’un séisme. L’importance des dommages diminue avec la
distance à l’épicentre
Les séismes violents n’ont donc pas une répartition aléatoire à la surface de la planète. Ils sont
localisés pour leur immense majorité sur les frontières des plaques, là où les contraintes sont les
plus élevées. Ce sont les régions sismiques. Les mécanismes de ces régions sont étudiés pour évaluer
l’aléa sismique [49].
La quasi-totalité de l’activité sismique corresponds aux séismes tectonique, il existe cependant
d’autres types de séismes, d’origine naturelle ou artificielle.
— Séismes volcaniques, associés à la montée du magma ou au dégazage avant et pendant
les éruptions. Ces séismes sont généralement faibles et localisés au voisinage des volcans
actifs ;
— Séismes artificiels, résultant des explosions souterraines (tirs de carrières et de mines,
essais nucléaires) ou de l’exploitation des mines (« coups de toit ») ;
8
Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques
— Séismes dits « induits », souvent associés à un apport massif d’eau dans les terrains
(mise en eau d’un grand barrage ou injection à grande échelle dans le sol). Ces séismes
induits, dont on connaît quelques exemples, paraissent devoir être attribués à la diminu-
tion de résistance à la rupture des roches lors de l’infiltration d’eau dans leur réseau de
microfractures.
Générées par la rupture sur la faille, des vibrations, ou ondes sismiques, se propagent dans
toutes les directions. Plusieurs types d’ondes, aux effets différents sur les sols et les structures,
sont produits par les séismes. La connaissance des caractéristiques des différents types d’ondes (et
de leurs conditions de propagation) permet de prévoir leur action sur les bâtiments en fonction
du site géologique où se situe chaque construction [49].
On distingue deux grands types d’ondes émises par un séisme :
Les ondes de fond, celles qui se propagent à l’intérieur de la terre et qui comprennent les ondes S
et les ondes P, et les ondes de surface, celles qui ne se propagent qu’en surface et qui comprennent
les ondes de Love et de Rayleigh.
— Les ondes P (primaires) sont des ondes de compression assimilables aux ondes sonores
et qui se propagent dans tous les états de la matière. Les particules se déplacent selon un
mouvement avant-arrière dans la direction de la propagation de l’onde.
— Les ondes S (secondaires) sont des ondes de cisaillement qui ne se propagent que dans
les solides. Les particules oscillent dans un plan vertical, à angle droit par rapport à la
direction de propagation de l’onde.
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Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques
— Les ondes de Love ou ondes L sont des ondes de cisaillement, comme les ondes S, mais
qui oscillent dans un plan horizontal. Elles impriment au sol un mouvement de vibration
latéral.
— Les ondes de Rayleigh ou ondes R sont assimilables à une vague ; les particules du sol
se déplacent selon une ellipse, créant une véritable vague qui affecte le sol lors des grands
tremblements de terre.
L’évaluation de l’aléa sismique sur un site donné consiste à déterminer les mouvements sis-
miques les plus agressifs dont on doit considérer l’occurrence sur ce site comme possible. Cette
définition est de nature probabiliste, car la notion d’une occurrence possible est en pratique tou-
jours liée à la fixation, explicite ou implicite, d’un seuil de probabilité au-dessous duquel l’aléa est
considéré comme négligeable [47].
1. Peak Ground Acceleration
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Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques
Cette évaluation se base sur la distribution temporelle et spatiale des séismes de la région étudiée,
c’est-à-dire sa sismicité. L’hypothèse principale qui régit l’évaluation de l’aléa sismique est celle
supposant que les séismes passés peuvent se reproduire dans la zone où ils sont apparus.
Lors d’un séisme, le glissement sur la faille génère des ondes sismiques qui vont se propager
dans la Terre depuis le foyer du séisme jusqu’à la surface. Au cours de ce trajet, elles traversent des
milieux géologiques aux propriétés mécaniques variées (densité, vitesse de propagation des ondes
sismiques,. . . ), ce qui va perturber leur propagation et accroître la complexité du signal sismique.
Certaines caractéristiques de site peuvent considérablement amplifier les oscillations du sol. Les
bâtiments qui y sont implantés peuvent parfois subir des charges sismiques jusqu’à cinq fois plus
élevées que les constructions similaires situées dans une zone moins dangereuse. Les destructions
y sont donc fréquentes [46].
a) Effets directs :
Action du sol sur les ouvrages, de type oscillatoire ou résultant d’un déplacement différentiel ; ces
phénomène peuvent être amplifiés par des effets de site dus à la topographie, à l’hétérogénéité des
sols ou à la présence des sols mous de forte épaisseur (plus de 15 cm)[39].
b) Effets de site :
parmi lesquels, on trouve
— Topographies amplifiant l’action sismique (Butte, crête, bord de falaise) : La
réflexion des ondes sismiques à l’intérieur de ces reliefs peut amplifier les secousses qui y
parviennent.
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Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques
Figure 2.8 – Amplification des ondes sismique par les sols alluvionnaires
Pour les constructions fondées sur des sols mous de forte épaisseur, il s’y produit en général une
amplification importante des amplitudes d’oscillation.
c) Effets induits
Les effets induits sont des grands mouvements de sols déclenchés par les secousses sismiques. Ils
peuvent provoquer la perte de toute construction, parasismique ou non. Il s’agit principalement
des phénomènes suivants :
— Liquéfactions et tassements des sols : Sous l’action des ondes P qui se propagent dans
les milieux liquides, la pression d’eau interstitielle entre les grains du sol augmente et leur
fait perdre leur cohésion. La couche devient localement et momentanément « liquide »
dans l’épaisseur de sol concernée qui peut être plus ou moins importante. Au-delà de 15 m
de profondeur, la masse des couches superficielles exerce une contrainte assez élevée pour
s’opposer à l’augmentation de pression d’eau [50].
Les phénomènes de liquéfaction et tassement se produisent dans les sols sableux fins saturés en
eau.
12
Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques
Enfoncement d’un bâtiment dans le sol sous l’effet d’un tassement localisé dû au phénomène
de liquéfaction du sol d’implantation. Un traitement de sol ou des fondations profondes auraient
pu prévenir le phénomène. Séisme de Caracas, 1967,) [50].
Sur les versants, les glissements de terrain et les éboulements rocheux déclenchés par un trem-
blement de terre sont assez fréquents. Ils peuvent entraîner la perte totale des ouvrages qui y
sont implantés. Même un séisme de faible intensité peut provoquer un glissement de terrain ou un
éboulement [46].
— Tsunami (raz-de-marée) : Lorsque le mouvement relatif des bords de la faille est de type
coulissage vertical et qu’il a lieu au fond de la mer, il provoque une formation d’onde en
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Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques
surface de l’eau (vague). Cette vague se propage depuis la zone épicentrale sur des centaines
de kilomètres. Aux abords de la côte, en raison de la remontée des fonds, la hauteur de la
vague peut dépasser la dizaine de mètres pour des séismes majeurs Le « tsunami » signifie
en japonais « vague du port » et le déferlement de cette vague peut emporter les bateaux
et détruire les constructions [47].
une combinaison extrêmement défavorable de deux méthodes de construction très différentes : les
cadres sont souples et plus ou moins ductiles, la maçonnerie est rigide et en même temps fragile
14
Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques
Lorsque c’est le cas, il est préférable de ne pas fonder la structure sur ce type de sol et essayer
d’atteindre d’autres profondeurs où le terrain sera plus avantageux [39].
Figure 2.13 – Effondrement sous l’effet d’un rez-de-chaussée " souple "
Un confinement dense du béton aux extrémités des poteaux, ainsi que la présence d’un gousset ou
d’un chapiteau, améliore leur comportement sans toutefois leur assurer une capacité de résister à
un séisme de forte magnitude. Les véritables solutions consistent à conférer au niveau concerné
une rigidité horizontale comparable à celle des autres niveaux.
15
Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques
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Chapitre 2 : Structures en béton armé avec remplissage en maçonnerie dans les
zones sismiques
2.2.6 Résonance
La résonance d’un bâtiment avec le sol est le principal facteur destructeur lors d’un tremblement
de terre. Dans le cas de la résonance, les constructions oscillent en phase avec le sol et les amplitudes
d’oscillation sont considérablement amplifiées, de même que les charges sismiques qui leur sont
proportionnelles. L’effondrement des ouvrages exposés à la résonance n’est pas rare.
Pour remédier au problème de résonance, il faut construire des ouvrages dont la période propre
est différente de celle du sol d’implantation.
17
Chapitre 3
Résumé
Ce chapitre est consacré à la présentation des caractéristiques géométriques en
plan et en élévation de la structure étudiée, et le dimensionnement des éléments
porteurs (poteaux, poutres) en respectant les critères et les exigences des règlements
en vigueur. En suite, on donne un aperçu sur les différentes charges appliquées sur
la structure notamment l’action sismique représenté par le spectre de réponse du
règlement parasismique Algérien ainsi que les masses sismiques et les caractéristiques
modales du bâtiment dans la direction de l’action sismique. A la fin du chapitre, on
procède au ferraillage du portique étudié et à la présentation des maçonneries utilisées
dans ce travail.
18
Chapitre 3 : Structure étudiée et matériaux de remplissages considérés
Le bâtiment est à usage d’habitation, à plancher en corps creux de type (16+4) cm, et représente
la vue en élévation montrée par la figure 3.1 et la vue en plan montrée par la figure 3.2.
Cette vue en plan comporte cinq travées de 4 m dans la direction longitudinale (direction X-X,
figure 3.2) et trois travées de 5 m dans la direction transversale (direction Y-Y, figure 3.2).
19
Chapitre 3 : Structure étudiée et matériaux de remplissages considérés
Le dimensionnement des sections des poutres et poteaux ainsi que leurs ferraillages sont obtenus
après un calcul de dimensionnement du portique étudié que nous présentons au paragraphe suivant.
L : La longueur de la poutre
b : La largeur de la poutre
N.B : les poutres secondaires de direction perpendiculaires au portique étudié sont aussi pré-
dimensionnées avec les mêmes relations (3.1) et (3.2), elles contribueront au calcul des masses
sismiques du bâtiment.
Nd
v= ≤ 0.3 (3.3)
Bc fc28
Bc : Section de béton du poteau
fc28 : Résistance caractéristique à la compression du béton à 28 jours ; dans notre cas fc28 = 25
Mpa.
Autrement dit la section du béton, Bc , doit satisfaire la condition suivante :
Nd
Bc ≥ (3.4)
0.3 fc28
Ainsi, au stade de prédimensionnement de la section de béton (Bc) des poteaux, Nd doit être au
moins égal à l’effort normal dans le poteau le plus chargé sous les charges gravitaires (permanentes
(G) et d’exploitation (Q) ) pondérées et combinées, 1.35 G+1.5 Q, obtenu par la descente de ces
charges.
20
Chapitre 3 : Structure étudiée et matériaux de remplissages considérés
La figure 3.3 illustre les différents moments résistant définit dans les relations (3.5) et (3.6)
Figure 3.4 – Dimensions des sections des poutres et des poteaux du portique étudié.
21
Chapitre 3 : Structure étudiée et matériaux de remplissages considérés
Les deux inéquations (3.5) et (3.6) tendent à faire en sorte que les rotules plastiques se forment
dans les poutres que dans les poteaux. Pour que ces deux inéquations soient vérifiées, nous avons
adopté les sections de béton des poutres et des poteaux présentées à la figure 3.4 pour le portique
étudié.
Les ossatures en portique constituant un système primaire de contreventement doivent être
conçues pour que les rotules plastiques se forment dans les poutres et non dans les poteaux,
sauf aux pieds des poteaux, à la base de l’ossature, en partie supérieure des poteaux sous plancher
supérieur (toiture) des bâtiments multi-étagés et dans les bâtiments à un seul étage. L’acceptation
des rotules plastiques dans les poteaux à la base de l’ossature correspond au fait qu’elles sont
inévitables dans le mécanisme global souhaité [7].
Figure 3.5 – Illustration schématique des forces sismiques appliquées aux différents niveaux du
portique.
22
Chapitre 3 : Structure étudiée et matériaux de remplissages considérés
Ces forces sismiques agissant sur le portique, représentent une fraction des forces sismiques
globales agissant sur l’ensemble du bâtiment comportant ce portique. Cette fraction des forces
sismiques globales est proportionnelle à la raideur globale de ce dernier.
Les forces sismiques globales agissant sur l’ensemble du bâtiment sont calculées sur la base de
l’analyse sismique modale spectrale de ce dernier à l’aide du logiciel ETABS [11] en utilisant
comme action sismique le spectre de calcul défini dans le RPA99/version 2003 [31] .
le bâtiment est supposé être localisé dans une zone de forte sismicité, à savoir la zone III selon le
code parasismique RPA99/version 2003 [31] .
a) Action sismique :
L’action sismique est représentée par le spectre de réponse de calcul donnée par le RPA99/
version 2003, qui est un spectre de réponse en accélération :
Avec :
Sa : Accélération spectrale associée au mode de vibration de période T du bâtiment.
A : Coefficient de l’accélération de zone Dans notre cas, le bâtiment est supposé être du groupe
d’usage 2, donc A = 0.25
η : Facteur de correction d’amortissement pour un taux d’amortissement ξ différent de 5 %
η est donné par la formule suivante
r
7
η= ≥ 0.7 (3.7)
2+η
6
X
Q= Pq (3.8)
1
23
Chapitre 3 : Structure étudiée et matériaux de remplissages considérés
Ou
Pq est la pénalité à retenir selon que le critère de qualité q est satisfait ou non. Dans notre cas,
le site et de type S3 (sol meuble), d’où : T1 = 0.15 s et T2 = 0.50 s
.
Figure 3.6 – Spectre de réponse de calcul [31]
24
Chapitre 3 : Structure étudiée et matériaux de remplissages considérés
3.1.2.3.1 Introduction :
Le calcul des armatures longitudinales et transversales dans les poutres et poteaux est effectué
en considérant les sollicitations dues aux charges gravitaires (charges permanentes et d’exploita-
tions) et sismiques selon les combinaisons d’actions définies dans les deux codes de calcul utilisés à
cet effet, à savoir le code de calcul en béton armé BAEL [11] et le règlement parasismique Algérien
RPA99/ version 2003 [31].
Les caractéristiques mécaniques des matériaux béton et acier utilisés sont :
Pour le béton : la contrainte caractéristique à la compression du béton à 28 jours est fc28 =
25 M pa
Pour l’acier : les aciers longitudinaux et transversaux utilisés sont de nuance FeE400 de contrainte
limite élastique fy = 400 M pa
a) Armatures longitudinales :
Les armatures longitudinales des poutres sont calculées en flexion simple en considérant les
combinaisons d’action définies dans les deux codes de calcul utilisés :
Pour le BAEL91 :
1.35 G+1.5 Q à l’état limite ultime (ELU)
25
Chapitre 3 : Structure étudiée et matériaux de remplissages considérés
b) Armatures transversales :
Les armatures transversales sont calculées à l’effort tranchant, lequel est calculé en considérant
les mêmes combinaisons d’actions que celles considérées pour les armatures longitudinales.
a) Armatures longitudinales :
Les armatures longitudinales des poteaux sont calculées en flexion composée en considérant
les combinaisons d’action définies dans les deux codes de calcul à savoir :
Pour le BAEL91 :
1.35 G+1.5 Q à l’état limite ultime (ELU)
G+Q à l’état limite de service (ELS)
G : Charge permanente
Q : Charge d’exploitation
Pour le RPA99/ version 2003 :
G + Q ± 1.2 E
0.8 G ± E
E : Action sismique
b) Armatures transversales :
Les armatures transversales sont calculées à l’effort tranchant, lequel est calculé en considérant
les mêmes combinaisons d’actions que celles considérées pour les armatures longitudinales.
26
Chapitre 3 : Structure étudiée et matériaux de remplissages considérés
— Les dimensions des sections de béton des poutres et des poteaux et leurs ferraillages pré-
sentés à la figure 3.9 satisfont l’article 7.6.2 du RPA99/ version 2003 [31], qui stipule que
les rotules plastiques doivent se former dans les poutres plutôt que dans les poteaux.
3.2.1 Introduction
Dans cette étude, on a considéré trois types de maçonnerie :
— Un matériau de faible résistance à la compression qui est une maçonnerie en brique de
béton léger (parpaing creux).
— Un matériau d’une résistance moyenne à la compression qui est une maçonnerie en brique
creuse en terre cuite.
— Un matériau d’une grande résistance à la compression qui est une maçonnerie en brique
pleine en terre cuite.
27
Chapitre 3 : Structure étudiée et matériaux de remplissages considérés
Il s’agit généralement de bloc creux, il possède un module d’élasticité assez grand, mais une
faible résistance caractéristique à la compression.
C’est le matériau le plus utilisé en Algérie, il est fait d’argile ou d’une matière argileuse, avec
ajout ou non de sable, combustible ou autre adjuvant, porté à une température suffisamment élevée
pour former une liaison céramique. C’est le matériau qui possède une résistance caractéristique
moyenne à la compression relativement aux deux autres.
Le procédé de fabrication est le même que celui de la brique creuse, sauf que cette maçonnerie
est en bloc et elle possède une résistance a la compression importante.
Le tableau ci-dessous résume les principales caractéristiques des trois types de maçonnerie
considérée.
28
Chapitre 4
Analyse Pushover
Résumé
Au cours de ce chapitre, on donne un aperçu général sur l’analyse pushover et son
utilité pour notre travail, on énumère également les différentes étapes de cette analyse
qui nous permettront d’obtenir la courbe de capacité de la structure. On expose
brièvement les deux variantes de cette analyse ainsi que les différentes distributions
verticales des charges horizontales ,et à la fin, on défini le déplacement cible.
29
Chapitre 4 : Analyse Pushover
4.1 Introduction
Lors d’un violent séisme, les structures ne demeurent pas dans l’état élastique. Par conséquent,
les systèmes linéaires ne représentent pas bien le comportement sismique réel des structures, donc
l’approche linéaire ne peut fournir qu’une compréhension limitée de ce comportement et la non-
linéarité est incontournable pour une évaluation correcte du comportement sismique des structures
[28].
30
Chapitre 4 : Analyse Pushover
Où :
{x(t)} : Vecteur du déplacement de chaque niveau.
[M ] : Matrice des masses.
[C] : Matrice d’amortissements.
[K] : Matrice des rigidités.
31
Chapitre 4 : Analyse Pushover
..
xg (t) : Accélération du sol.
Si on est capable de résoudre l’équation précédente , on obtiendra les déplacements {x(t)} pour
chaque niveau du bâtiment. Du point de vue de la conception, il est nécessaire de récupérer les
forces et les contraintes sur chaque élément de la structure. Ces forces peuvent être obtenues sur
chaque élément en introduisant des forces équivalentes statiques {F (t)} . A chaque instant t, ces
forces doivent produire les mêmes déplacements {x(t)} ; c’est-à-dire :
Avec :
{F (t)} : Vecteur des forces.
Considérant le déplacement relatif de la structure x = {φ}xt
Où :
{φ} : Premier mode de vibration
xt : Déplacement en tête de la structure.
L’équation différentielle qui régit le mouvement du système sera donc écrite comme suit :
.. . ..
[M ]{φ}xt + [C]{φ}xt + [K]{φ}xt = −[M ]{1}xg (t) (4.3)
{φ}t [M ]{φ}
x∗ = xt (4.4)
{φ}t [M ]{ 1}
Figure 4.2 – Réduction d’un système à plusieurs degrés de liberté à un système à un degré de
liberté équivalent
32
Chapitre 4 : Analyse Pushover
M ∗ = {φ}t [M ]{ 1} (4.6)
F ∗ = K ∗ x∗ = {φ}t {F } (4.8)
t
{φ} [M ]{1}
C ∗ = {φ}t [C]{φ} (4.9)
{φ}t [M ]{φ}
33
Chapitre 4 : Analyse Pushover
Pour une valeur de déformation maximale, l’aire sous le diagramme de capacité doit être égale
à celle sous la courbe bi-linéaire (énergie de déformation), autrement dit, les aires Ω1 et Ω2 sont
égales.[41]
A partir de la courbe idéalisée,on peut déterminer la raideur élastique effective Ke , la rigidité
plastique avec écrouissage αKe et les déplacements correspondants.
La distribution idéale est celle développée dans l’analyse temporelle élasto-plastique, qui varie
au cours du séisme selon le schéma de déformation plastique de la structure : ainsi, partant d’une
déformée de type «1er mode » et de la distribution correspondante, la distribution des forces
34
Chapitre 4 : Analyse Pushover
horizontales devient différente selon que la structure forme un mécanisme plastique global ou un
mécanisme d’étage.[7]
Nous essayons de présenter quelques distributions de chargements latéraux largement utilisés
par les chercheurs.
Fi = Wi φ1 (4.12)
Avec :
mi : masse de l’étage ”i”
35
Chapitre 4 : Analyse Pushover
Sa : Spectre d’accélération.
Tn : Période de vibration du mode n.
ξn : Taux d’amortissement du mode n.
αn : Facteur de modification, pour contrôler l’effet relatif de chaque mode de vibration, il peut
prendre une valeur positive ou bien négative.
[M ] : Matrice des masses.
Γn : Facteur de participation modale.
{φ}t [M ]{1}
Γn = (4.15)
{φ}t [M ]{φ}
Proposée pour la première fois par Bracci et al, ce type de chargement est adapté selon les pro-
priétés dynamiques instantanées de la structure considérée. on suppose un système de distribution
initial Fi , et on calcul la charge incrémentale selon l’équation suivante :
Fik−1
k k
k+1 k Fb k+1 Fb
∆Fi = Vb k
− k−1 ∆Vb (4.16)
Vb Vi Vbk
Ou :
∆Vb : Effort tranchant Incrémental à la base de la structure.
Vb : Effort tranchant à la base de la structure.
K : Numéro de l’incrémentation.
Dans notre travail, la structure étudiée présente une forme régulière en plan et en élévation et
sa réponse et pratiquement contrôlée par le premier mode de vibration avec une masse participante
qui dépasse les 75 % .Par conséquent, on a opté pour une distribution verticale des force latérales
selon le premier mode de vibration.
36
Chapitre 5
Résumé
Le présent chapitre est consacré à la modélisation post-élastique de la structure
avec les murs de remplissage. On commence d’abord par la définition des lois qui
régissent le comportement des rotules plastiques selon le code FEMA 273 et le code
ACI 318-95, par la suite on attribue ces rotules aux éléments du portique nu. On défini
également les critères d’acceptations et les niveaux de performance de la structure.
A la fin, on présente le modèle de Mainstone pour la modélisation des murs de
maçonnerie ainsi que la détermination des caractéristiques géométrique et mécaniques
de la bielle et aussi la loi de comportement de la rotule plastique affectée à la bielle.
37
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie
5.1 Introduction
Ce chapitre est consacré à la modélisation des éléments principaux, poutres et poteaux du
portique présenté, étudié et dimensionné au chapitre 3 ainsi que les murs de remplissages. Cette
modélisation est effectuée en tenant compte du comportement non-linéaire des poutres et poteaux
du portique en béton armé et des panneaux de remplissage en maçonnerie.
Figure 5.1 – Loi force-déplacement idéalisée pour les éléments béton armé
La courbe est composée d’un segment linéaire entre les points A et B. La pente entre les points
B et C est, en général, prise comme étant un faible pourcentage de la pente élastique (pente du
38
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie
segment AB). Ce pourcentage prend une valeur variant entre 0 et 10 % [15] ; dans notre cas, il
est pris égal à 5 %.
Le point C a une ordonnée qui présente la résistance limite ultime de l’élément structural et
une abscisse égale à la déformation à partir de laquelle la dégradation de la résistance de l’élément
s’initie (ligne CD). Au-delà du point D, l’élément structural répond avec une résistance réduite
jusqu’au point E où elle vaut c. Pour des déformations supérieures au point E, la résistance de
l’élément est considérée nulle.
La figure 5.1 montre également les déformations généralisées a et b en relation avec la courbe
non-linéaire idéalisée, qui sont jugées acceptables pour les différents niveaux de performance de la
structure, les quels sont désignés par les paramètres IO, LS et CP qui sont définis ci-après.
39
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie
Figure 5.2 – Diagramme moment-rotation associé à la rotule plastique de flexion pour les
poutres.
Les différents paramètres représentés dans la figure 5.2 sont définis comme suit :
— Kef f : Rigidité initiale à la flexion de la section de béton de la poutre. Elle est donnée par
la formule suivante [15]
Kef f = 0.5 Ec Ig (5.1)
Avec :
Ig : Moment d’inertie de la section de béton de la poutre.
Ec : Module d’élasticité du béton. Dans notre cas, il est pris égal à 32164.2 MPa
— My : Moment élastique limite de la section de béton armé de la poutre, et est donné par la
relation suivante [27].
0 kd 0
0
My = 0.5fc B k d −d + fy B d d−d ρ (5.2)
3
Où :
0
fc = fc28 = 25 M pa et fy = 400 M pa
0
ρ et ρ sont respectivement le pourcentage des armatures longitudinales tendues et comprimés.
K est le facteur de la hauteur de l’axe neutre correspondant à l’état élastique limite, qui est donné
par la formule suivante [23].
s 0
0 2 2
d 0
0
K= (ρ − ρ ) + ηsc +2 ρ+ρ ηsc + ρ−ρ ηsc (5.3)
d
Es
Dans laquelle ηsc = Ec
où Ec et Es sont respectivement, le module d’élasticité du béton et de
5
l’acier (Es = 2 10 M pa)
40
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie
— θy : rotation élastique limite de la section en béton armé de la poutre. Elle est calculée sur
la base d’une hypothèse utilisée par Saidi et Sozen [33]. Dans cette hypothèse, le moment
est supposé avoir une variation linéaire le long de la poutre avec un point d’inflexion à la
milongueur de cette dernière. θy est donnée par la formule suivante :
My L
θy = (5.4)
Ec Ig 6
Avec :
L : longueur de l’élément poutre.
— My :Moment plastique (moment résistant) de la section de béton armé de la poutre. Il est
calculé par la formule suivante, en référence à la figure 5.2.
Mp = My + 5% Kef f a (5.5)
Avec :
a : Est la portion de la partie plastique avec écrouissage de la rotule plastique.
41
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie
Figure 5.4 – Diagramme effort tranchant-rotation associé à la plastification des poutres par
cisaillement
Avec :
0.4 Ec : Module de cisaillement transversal de la section du béton.
Aw : Aire de la section droite de la poutre.
Vy : Effort tranchant élastique limite de la section de béton armé de la poutre. Il est donné par la
formule suivante [2]. √
A t fy d fc B d
Vy = + (5.7)
St 6
θy : Rotation élastique limite de la section de béton armé de la poutre :
Vy
θy = (5.8)
Kef f
— Vp : Effort tranchant plastique de la section de béton armé. Il est calculé par la relation
suivante, en référence à la figure 5.4 .
Vp = Vy + 5% Kef f a (5.9)
42
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie
Figure 5.5 – Diagramme moment-rotation associé à la plastification des poteaux par flexion [15]
— Kef f : Rigidité initiale à la flexion de la section de béton du poteau. Elle est donnée par la
formule suivante [15]
Kef f = 0.7 Ec Ig (5.10)
Avec :
Ig : Moment d’inertie de la section de béton du poteau.
Ec : Module d’élasticité du béton. Dans notre cas, il est pris égal à 32164.2 MPa.
— Mp : Moment élastique limite de la section de béton armé du poteau. Les valeurs des
moments élastiques limites des poteaux sont calculées par le programme ETABS [11].en
tenant compte de l’interaction moment de flexion (M) – effort normal (N).
— θy : Rotation élastique limite de la section en béton armé du poteau. Elle est calculée
comme dans le cas des poutres.
My L
θy = (5.11)
Ec Ig 6
L : Longueur du poteau.
43
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie
Figure 5.6 – Déformée d’un cadre avec remplissage sous chargement latéral
Pendant les tests, des fissures diagonales se développent au centre du panneau, et des espace-
ment se forment entre le cadre et le panneau de remplissage le long de la diagonale non chargée, ce
comportement, initialement observé par Polyakov [29], a conduit à une simplification de l’analyse
du cadre rempli en remplaçant le remplissage en maçonnerie par une bielle comprimée équivalente
en maçonnerie (figure 5.7)
44
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie
La bielle équivalente de largeur a (figure 5.8), avec la même épaisseur et les mêmes propriétés
mécaniques que le panneau de remplissage réel, est supposée être connecter aux extrémités du
cadre.
L’évaluation de la largeur a de la bielle équivalente varie d’un auteur à l’autre. L’approche
la plus simple a été présentée par Paulay et Priestley [27], en supposant que la largeur a est
constante sur toute la longueur de la diagonale et vaut entre 12.5 % et 25 % de la longueur de la
diagonale, sans prendre en compte les propriétés du cadre ou du remplissage.
L’expression définissant la largeur de la bielle équivalente définie par Mainstone [22] dépend
de la raideur flexionnelle relative du remplissage et des poteaux constituant le cadre :
Avec :
41
Em t sin2θ
λ1 = (5.14)
4 Ec Icol h
Ou :
Em : Module d’élasticité de la maçonnerie.
Ec : Module d’élasticité du béton du cadre
Icol : Inertie du poteau en béton armé.
t : Epaisseur de la maçonnerie.
h, D, H et θ sont définis sur la figure 5.8.
Dans notre cas, l’évaluation de la largeur de la bielle comprimée équivalente est effectuée selon
l’approche de Mainstone [22].
45
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie
0
est non-linéaire jusqu’à ce que la contrainte ultime de compression fm soit atteinte. Pour de plus
grandes déformations, la contrainte chute presque linéairement jusqu’à une petite fraction de la
contrainte ultime (de 10 à 20 % de selon les auteurs). Ensuite, la contrainte reste constante pour
une augmentation de déformation.
La résistance en traction des remplissages en maçonnerie a été négligée dans nos analyses.
Dans les analyses, le comportement non linéaire de la maçonnerie est représenté par une relation
force-déplacement représentée à la figure 5.10
46
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie
Les paramètres c et e (figure 5.10) ne sont pas disponibles. Le comportement sera bilinéaire.
La figure 5.11 exprime le fait que lorsque la maçonnerie atteint un déplacement relatif égal à d (%),
elle est considérée comme étant complètement ruinée, et n’offre plus de résistance. Le paramètre
ef fL
d figure dans le tableau 7-7 de FEMA 273, il est exprimé en %, et dépond du rapport hef f
(figure
Vinf
5.12), ainsi que le rapport β = Vine
Où :
Vinf : Est la résistance au cisaillement du cadre nu.
Vine : Est la résistance au cisaillement du panneau de remplissage.
∆ef f
Figure 5.12 – Définition du déplacement relatif hef f
47
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie
Où :
a : est la largeur de la bielle comprimée équivalente diagonale.
t : est l’épaisseur du panneau de remplissage en maçonnerie.
0
fm : est la résistance de la maçonnerie à la compression. Celle-ci est déterminée comme suit :
48
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie
[27].
0 0 0
0 fcb ( ftb + α fj )
fm = 0 0 (5.17)
Uu ( ftb + α fcb )
Où :
j
α= 4.1 hb
j : est l’épaisseur du joint du mortier, pris égal à 1.5 cm ;
hb : est la hauteur d’un élément de maçonnerie ;
0
fcb : est la résistance en compression d’un élément de maçonnerie ;
0 0
ftb : est la résistance en traction d’un élément de maçonnerie, prise égale à 0.1 fcb ;
Uu : est un coefficient de non uniformité de contrainte, égal à 1.5 ;
0
fj : est la résistance en compression du mortier, prise égale à 8 Mpa
Où :
τ0 : est la cohésion du lit de mortier ;
µ : est le coefficient de frottement le long du lit de mortier ;
σN : est la contrainte de compression le long du panneau de remplissage.
En appliquant cette relation au panneau entier de maçonnerie, on trouve la force de cisaillement
49
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie
V f = τ0 t l + µ N (5.19)
Où :
t : est l’épaisseur du mur de remplissage ;
l : est la longueur du mur ;
N : est la force verticale dans le mur.
L’effort N est la somme de l’effort vertical extérieur éventuel s’appliquant sur le mur et la compo-
sante verticale de la force de compression, Rc, dans la bielle équivalente diagonale figure (5.15).
Dans notre étude, on ne considère que cette dernière (pas d’interaction entre le mur de remplissage
et la poutre adjacente) [30].
Vf = τ0 t l + µ Rc sin θ (5.20)
Vf
La composante horizontale vaut Vf = Rc sin θ .En remplaçant Rc par sa valeur Rc = cos θ
dans
l’équation (5.20), on trouve :
τ0 t l
Vf =
(1 − µ tan θ)
On a alors :
τ0 t l
Rcisaillement = (5.21)
(1 − µ tan θ)
Les valeurs de τ0 varient généralement entre 0.1 et 1.5 Mpa. La contrainte de cohésion est évaluée
par la formule suivante [27] :
0
τ0 = 0.05 fm
Le coefficient de friction est déterminé par la relation suivante :
0
µ = 0.654 + 0.0000515 fj
0
ou : fj est la résistance en compression du mortier.
Le tableau 5.1 donne les propriétés des matériaux de remplissage considérés dans notre investiga-
tion.
50
Chapitre 5 : Modélisation des structures en portique en béton armé avec murs de
remplissage en maçonnerie
51
Chapitre 6
Résumé
Ce chapitre porte sur l’exploitation et la discussion des résultats des analyses
pushover, exécutées pour le portique avec différentes configurations. On s’intéresse
particulièrement à l’effet de deux paramètres, la résistance et l’épaisseur des panneaux
de remplissages, sur le comportement sismique du portique. Pendant les analyses
pushover, on commence d’abord par la variation de la résistance des panneaux de
remplissage et en suite en passe à la variation de l’épaisseur des ces panneaux, pour
ces différentes configurations, on montre les courbes de capacités, les déplacements
latéraux et les mécanismes de ruines et à la fin, on compare des différents résultats
relatifs à l’état élastique limite et l’état limite ultime de résistance
52
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
6.1 Introduction
Dans ce chapitre, on présente et discute les résultats des analyses pushover exécutées sur le
portique dimensionné au chapitre 3.
Les analyses pushover sont effectuées d’abord sur un portique nu, puis sur le même portique
en considérant un remplissage en Parpaing creux de béton léger de résistance caractéristique à la
0
compression fcb = 3 M pa ,en suite on passe à l’analyse avec un remplissage en briques creuse de
0
terre cuite d’une résistance caractéristique à la compression fcb = 10 M pa et à la fin ,on termine
avec l’analyse du portique avec un remplissage en briques pleines de terre cuite de résistance
0
caractéristique à la compression fcb = 15 M pa.
On montre les courbes de capacités qui relient l’effort tranchant à la base du portique au dé-
placement en tête du portique avec différents remplissages, les déplacements latéraux des niveaux,
les déplacements inter-étages ainsi que les mécanismes de ruine pour chaque portique.
En fin, on procède à une analyse comparative des comportements sismiques du portique avec
différents remplissages à l’état élastique limite et à l’état limite ultime de résistance.
6.2.1 Portique nu
a) Courbe de capacité :
La courbe de capacité (figure 6.2) est caractérisée par :
— Un état élastique correspondant au point 1 où l’on a une résistance élastique limite
Vy = 416.47 KN , un déplacement élastique limite dy = 4.1 cm et une raideur initiale
Vy 416.47
K0 = dy
= 0.041
= 10157.80 KN/m
— Un état limite ultime correspondant au point 2 où l’on a une résistance limite ultime
Vu = 584.1 KN , un déplacement ultime du = 19.84 cm
53
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
54
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
55
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
a) Courbe de capacité :
Figure 6.7 – Courbe de capacité du portique avec murs de remplissage en parpaing creux
Figure 6.8 – Distribution des rotules plastiques à la ruine du portique avec un remplissage en
parpaing creux
56
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
Les premières rotules plastiques sont apparues dans les murs de remplissages du RDC, 1er
et 2eme niveau, par la suite, il y a une plastification successive des murs des autres niveaux à
l’exception du dernier étage, puis les poutres du RDC, 1er , 2eme et 3eme niveau , les poteaux du
RDC commencent à se plastifier simultanément avec l’accroissement des déformations dans les
murs de remplissage.
Les murs de remplissages du 1er niveau et du RDC finissent par se ruiner, ce qui provoque des
pertes successives de la raideur et de la rigidité. A partir de la distribution des rotules plastiques
dans le portique à l’état limite ultime, on peut dire que le mécanisme de ruine est un mécanisme
d’étage.
c) Déplacements latéraux du portique
57
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
La figure ci-dessus montre clairement l’importante contribution des premiers niveaux dans le
déplacement total du portique.
On remarque à partir des figures (6.10) et (6.9), que les premiers niveaux (RDC, 1er et 2eme ) contri-
buent à plus de 85% au déplacement total du portique, et les déformations sont principalement
localisées dans ces niveaux.
La figure 6.12 montre le mécanisme de ruine du portique et la distribution des rotules plastiques.
Ces dernières se développent essentiellement dans les murs de remplissage des premiers niveaux
et dans les poutres de ces mêmes niveaux. Au fur et à mesure que la charge augmente les murs
de maçonnerie atteignent leur résistance ultime et finissent par s’écroulés au niveau du premier
étage, induisant une perte de raideur et une augmentation des sollicitations dans les poteaux qui
s’accompagne d’une formation de rotules plastique en tête et à la base de ces poteaux conduisant,
à la ruine du portique par un mécanisme d’étage.
58
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
Figure 6.12 – Distribution des rotules plastiques à la ruine du portique avec un remplissage en
briques creuse
59
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
60
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
La première rotule plastique se forme au niveau du RDC, au pied du poteau de rive, Par
la suite, il y a une plastification des poutres et poteaux au même temps que les panneaux de
remplissage qui finissent par se ruiner au niveau du 1er étage.
Figure 6.16 – Distribution des rotules plastiques dans le portique avec un remplissage en
briques pleine
Même constat que celui du portique en briques creuses, dans ce cas le RDC et le 1er niveau
contribuent avec plus de 69 % au déplacement total du portique.
61
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
Idem pour le portique en briques pleines, la participation du RDC et du 1er étage au déplace-
ment totale est très importante.
Dans cette partie, On effectue une comparaison des différents résultats obtenus lors des analyses
pushover.
62
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
A fin d’avoir une meilleur appréciation de l’apport structurel des panneaux de remplissage,
on reprend toutes les courbes de capacités dans le même graph figure (6.19) et on représente les
différents paramètres qui caractérisent l’état élastique limite dans le tableau (6.1) et ceux qui
caractérisent l’état limite ultime de résistance dans le tableau (6.2) .
On compare principalement les résultats relatifs à l’état élastique limite (Vy , dy et K0 ) et
ceux relatif à l’état limite ultime de résistance (Vu , du ) du portique nu et du même portique avec
différentes configurations.
a) A l’etat limite élastique
— On remarque une augmentation de l’effort tranchant élastique (Vy ) pour tous les portiques
avec remplissage par rapport au portique nu. L’augmentation est de 61 % pour le portique
avec remplissage en briques de béton léger (parpaing creux) et de 187 % pour le portique
avec remplissage en briques creuses et de 248 % pour le portique avec remplissage en briques
pleines (voir figure 6.20).
63
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
Table 6.1 – Caractéristiques générales du portique à l’état élastique limite avec différentes
configurations.
Pour le portique rempli avec la brique en béton léger (parpaing creux ) , l’augmentation de Vu
est de 128 % et la diminution du déplacement limite du est de 52% , concernant le portique rempli
avec la brique creuse l’augmentation de Vu est de 327 % et la diminution du déplacement limite
du est de 33 % et les plus grandes variations sont celles du portique avec remplissage en brique
pleine, pour lequel Vu augmente de 441 % et le déplacement limite ultime diminue de 60 % (voir
figure 6.22).
64
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
Table 6.2 – Caractéristiques générales du portique à l’état limite ultime avec différentes
configurations
A partir des courbes représentées dans la figure 6.23, on remarque que les déplacements les
plus élevés sont ceux du portique nu, tandis que les déplacements du portique avec remplissage
en briques pleines sont inferieurs par rapport aux autres portiques, les déplacements du portique
avec remplissage en briques creuses et le portique avec remplissage en briques de béton léger (
parpaing creux ) sont similaires et nettement inférieurs aux des déplacements du portique nu.
65
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
66
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
67
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
0
Pour le portique avec remplissage en briques de béton léger (parpaing creux,fc = 3 M pa), les
rotules se forment dans tous les panneaux de remplissage à l’exception des panneaux du dernier
étage, par la suite, elles se forment à la base des poteaux du RDC et aux poutres des quatre
premiers niveaux, tendis que pour le portique avec remplissage en briques creuses de terre cuite
0
(fc = 10 M pa), les rotules se forment simultanément dans les poutres et les poteaux ainsi que
dans les murs de remplissage, la ruine se produit dans les murs du premier étage. Concernant le
0
portique avec remplissage en briques pleines de terre cuite (fc = 15 M pa), les rotules apparaissent
d’abord dans les éléments poteaux et poutres au niveau du RDC et du 1er étage, en suite dans les
murs de maçonnerie des trois premiers niveaux, jusqu’à leur ruine dans le 1er étage.
Les deux paramètres qui régissent l’apparition et la succession des rotules plastiques dans les
portiques sont, la résistance des panneaux de remplissages et la résistance des sections transversales
des éléments poteaux et poutres.
On présente pour chaque portique la courbe de capacité, les déplacements latéraux et le schéma
de distribution des rotules plastiques (mécanisme de ruine).
68
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
69
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
La figure 6.27 montre l’importante participation du 1er étage au déplacement latéral total du
portique.
Figure 6.28 – Distribution des rotules plastiques dans le portique avec un remplissage en
briques creuse de 15 cm d’épaisseur
70
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
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Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
Figure 6.31 – Distribution des rotules plastiques dans le portique avec un remplissage en
briques creuses de 10 cm d’épaisseur.
72
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
Au terme des analyses non linéaire du portique avec différentes configurations, les critères de
comparaison sont définit comme suit :
— L’effort tranchant élastique et ultime à la base du portique.
— Les déplacements élastique et ultime.
— La raideur initiale
— La ductilité globale.
73
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
Table 6.3 – Caractéristiques générales du portique à l’état élastique limite avec différentes
configurations.
Pour l’état limite ultime de résistance, on constate l’augmentation de l’effort tranchant ultime
Vu et une diminution du déplacement limite ultime du pour tous les portiques remplis par rapport
au portique nu. Pour le portique rempli avec la brique de 10 cm d’épaisseur, l’augmentation de
l’effort tranchant ultime Vu est de 193 % et la diminution du déplacement limite du est de 28
% , concernant le portique rempli avec la brique de 15 cm d’épaisseur l’augmentation de l’effort
74
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
tranchant ultime Vu est de 288 % et la diminution du déplacement limite du est 29 % et les plus
grandes variations sont celles du portique avec remplissage en brique de 20 cm d’épaisseur, pour
lequel Vu augmente de 327 % et le déplacement limite ultime diminue de 33 %.(voir figure 6.35)
Table 6.4 – Caractéristiques générales du portique à l’état limite ultime avec différentes
configurations
Figure 6.36 – Comparaison des déplacements latéraux relatifs des différents portiques.
A partir de la figure ci-dessus, on constate qu’il y a réduction des déplacements relatifs de tous
75
Chapitre 6 : Présentation et discussion des résultats des analyses pushover
les portiques avec remplissage par rapport au portique nu, on remarque aussi que les déplacements
des portiques avec remplissage sont similaires.
La forte contribution du premier étage au déplacement latéral global s’explique par la ruine
des panneaux de remplissage à ce niveau, cette ruine rend l’étage souple et capable de se déformé
facilement.
76
Chapitre 7
Conclusion générale
77
Chapitre 7 : Conclusion générale
7.1 Rétrospective
L’objectif de notre travail était de comprendre le comportement sismique des structures en
portiques en béton armé en tenant compte de l’interaction murs de remplissage en maçonnerie-
cadres des portiques, notamment, l’influence de la résistance à la compression des panneaux de
remplissage ainsi que leurs épaisseurs sur la réponse sismique de la structure.
Les murs de maçonnerie, ont été modélisés par des bielles comprimées équivalentes diagonales
en utilisant le modèle de Mainstone [16].
78
Chapitre 7 : Conclusion générale
On constate également, la réduction de la ductilité globale dans les portiques avec remplissages
ce qui est provoqué par les panneaux de maçonnerie, qui associés une grandes rigidité à une faible
capacité de subir des déformations. La diminution de la ductilité est proportionnelle à la diminution
de l’épaisseur des murs de remplissage.
7.3 Recommandations
Vu les dommages subis par les structures en portiques avec remplissage en maçonnerie, et
leur vulnérabilités dans les zones sismiques ainsi que leur ruine avec des mécanismes d’étages non
ductiles, on préconise de passer à autre système structural comportant des voiles de contrevente-
ment en béton armé dans les deux directions orthogonales, comme le préconise le RPA99/version
2003.On recommande aussi, la limitation de l’interaction remplissage-cadres des portiques, par
l’introduction d’autre matériau, dont le but de supprimer le contact portique –maçonnerie et de
réduire les dommages des panneaux de remplissage et l’effort communiqué aux nœuds poteaux-
poutres et d’opter pour des remplissages de faible résistance à la compression qui s’écrasent faci-
lement sous l’effet d’un séisme avant d’induire des dommage dans la structure.
79
Chapitre 7 : Conclusion générale
7.4 Perspectives
En perspective, la considération de l’effet des ouvertures sur le comportement globale des
structures et la modélisation des murs de remplissage avec d’autres modèles plus élaborés à fin
d’approcher d’avantage le comportement réel de la structure, pourrait faire l’objet d’une recherche
future.
80
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84
Résumé
L’interaction entre les panneaux de remplissage en maçonnerie et les cadres en béton armé du
portique surcharge les nœuds poteaux-poutres et induit des effets locaux négatifs qui pourront
conduire à un endommagement sérieux de la structure, dimensionnée dans la plupart des cas, en
ignorant la présence des murs de remplissage qui sont considérés comme des éléments non struc-
turels. Par conséquent cette simplification donne lieu à un dimensionnement non sécuritaire. Pour
comprendre l’impact de ces panneaux de remplissage, notamment leurs caractéristiques (épaisseur
et résistance) sur le comportement sismique des structures, des analyses en poussée progressive
(pushover) sont effectuées sur un bâtiment en portique composé de 7 étages, en variant d’abord
la résistance (3 Mpa, 10 Mpa et 15 Mpa) en suite l’épaisseur (10 cm, 15 cm et 20 cm) des murs de
remplissage. Les résultats de ces analyses montrent clairement l’augmentation de la raideur et de
l’effort tranchant à la base ainsi que la réduction des déplacements latéraux des bâtiments remplis
par rapport au bâtiment nu (sans remplissage). On remarque également la diminution de la duc-
tilité ainsi que des nouvelles distributions des rotules plastiques sous l’influence des remplissages,
ce qui engendre des ruines par mécanismes d’étages.
Mots clés : Portique en béton armé, remplissage en maçonnerie, analyse pushover, ductilité,
ruine par mécanismes d’étage.
Abstract
The interaction between the masonry infill panels and reinforced concrete frame overload nodes
column-beam and induces negative local effects that can lead to serious damage in the structure,
designed in most cases, ignoring the presence of the infills that are considered as non-structural
elements. Therefore this simplification leads to unsafe design. To understand the impact of these
infill panels, including their characteristics (thickness and strength) on the seismic behavior of
structures. Pushover analyzes are performed on a 7 stories building, by first varying strength (3
MPa, 10 MPa and 15 MPa) then the thickness (10 cm, 15 cm and 20 cm) of infill walls. The
results of these analyzes clearly show the increase in stiffness and base shear and reducing the
lateral displacements of buildings with infill against the frame (without infill). We note also the
decrease in ductility and new distributions of plastic hinges under the influence of infill, which
leads to a story mechanisms failure.
Key words : Reinforced concrete frame, masonry infill, pushover analyze, ductility, story
mechanisms failure.