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Germinal

Etienne Lantier, un chômeur, rencontre Bonnemort, un vieux charretier qui travaille dans une mine de charbon depuis 50 ans. Bonnemort lui explique qu'il n'y a pas de travail et que son surnom vient du fait qu'il a survécu à plusieurs accidents dans la mine.

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Germinal

Etienne Lantier, un chômeur, rencontre Bonnemort, un vieux charretier qui travaille dans une mine de charbon depuis 50 ans. Bonnemort lui explique qu'il n'y a pas de travail et que son surnom vient du fait qu'il a survécu à plusieurs accidents dans la mine.

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Texte 1

C'était Maheu qui souffrait le plus. En haut, la température montait jusqu'à trente-cinq degrés, l'air ne
circulait pas, l'étouffement à la longue devenait mortel. Il avait dû, pour voir clair, fixer sa lampe à un
clou, près de sa tête ; et cette lampe, qui chauffait son crâne, achevait de lui brûler le sang. Mais son
supplice s'aggravait surtout de l'humidité. La roche, au-dessus de lui, à quelques centimètres de son
visage, ruisselait d'eau, de grosses gouttes continues et rapides, tombant sur une sorte de rythme entêté,
toujours à la même place.
    Il avait beau tordre le cou, renverser la nuque : elles battaient sa face, s'écrasaient, claquaient sans
relâche. Au bout d'un quart d'heure, il était trempé, couvert de sueur lui-même, fumant d'une chaude buée
de lessive. Ce matin-là, une goutte, s'acharnant dans son oeil, le faisait jurer. Il ne voulait pas lâcher son
havage, il donnait de grands coups, qui le secouaient violemment entre les deux roches, ainsi qu'un
puceron pris entre deux feuillets d'un livre, sous la menace d'un aplatissement complet.    Pas une parole
n'était échangée. Ils tapaient tous, on n'entendait que ces coups irréguliers, voilés et comme lointains. Les
bruits prenaient une sonorité rauque, sans un écho dans l'air mort. Et il semblait que les ténèbres fussent
d'un noir inconnu, épaissi par les poussières volantes du charbon, alourdi par des gaz qui pesaient sur les
yeux. Les mèches des lampes, sous leurs chapeaux de toile métallique, n'y mettaient que des points
rougeâtres. On ne distinguait rien, la taille s'ouvrait, montait ainsi qu'une large cheminée, plate et oblique,
où la suie de dix hivers aurait amassé une nuit profonde. Des formes spectrales s'y agitaient, les lueurs
perdues laissaient entrevoir une rondeur de hanche, un bras noueux, une tête violente, barbouillée comme
pour un crime. Parfois, en se détachant, luisaient des blocs de houille, des pans et des arêtes, brusquement
allumés d'un reflet de cristal. Puis, tout retombait au noir, les rivelaines tapaient à grands coups sourds, il
n'y avait plus que le halètement des poitrines, le grognement de gêne et de fatigue, sous la pesanteur de
l'air et la pluie des sources. ( Germinal  - Zola - Extrait de la première partie chapitre 4)
Texte 2
 Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d'une obscurité et d'une épaisseur d'encre, un homme suivait
seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les
champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n'avait la sensation de l'immense
horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d'avoir
balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d'arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait
avec la rectitude d'une jetée, au milieu de l'embrun aveuglant des ténèbres.     L'homme était parti de
Marchiennes vers deux heures. Il marchait d'un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et
de son pantalon de velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait beaucoup ; et il
le serrait contre ses flancs, tantôt d'un coude, tantôt de l'autre, pour glisser au fond de ses poches les deux
mains à la fois, des mains gourdes que les lanières du vent d'est faisaient saigner. Une seule idée occupait
sa tête vide d'ouvrier sans travail et sans gîte, l'espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour.
Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsque sur la gauche à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des
feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus. D'abord, il hésita, pris de crainte ;
puis, il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains.    Un chemin creux
s'enfonçait. Tout disparut. L'homme avait à droite une palissade, quelque mur de grosses planches
fermant une voie ferrée ; tandis qu'un talus d'herbe s'élevait à gauche, surmonté de pignons confus, d'une
vision de village aux toitures basses et uniformes.    Il fit environ deux cents pas. Brusquement, à un
coude du chemin, les feux reparurent près de lui, sans qu'il comprît davantage comment ils brûlaient si
haut dans le ciel mort, pareils à des lunes fumeuses. Mais, au ras du sol, un autre spectacle venait de
l'arrêter. C'était une masse lourde, un tas écrasé de constructions, d'où se dressait la silhouette d'une
cheminée d'usine ; de rares lueurs sortaient des fenêtres encrassées, cinq ou six lanternes tristes étaient
pendues dehors, à des charpentes dont les bois noircis alignaient vaguement des profils de tréteaux
gigantesques ; et, de cette apparition fantastique, noyée de nuit et de fumée, une seule voix montait, la
respiration grosse et longue d'un échappement de vapeur, qu'on ne voyait point.
Germinal - Zola - Extrait de la première partie chapitre 1
Texte 3
Il ne comprenait bien qu'une chose : le puits avalait des hommes par bouchées de vingt et de trente, et
d'un coup de gosier si facile, qu'il semblait ne pas les sentir passer. Dès quatre heures, la descente des
ouvriers commençait. Ils arrivaient de la baraque, pieds nus, la lampe à la main, attendant par petits
groupes d'être en nombre suffisant. Sans un bruit, d'un jaillissement doux de bête nocturne, la cage de fer
montait du noir, se calait sur les verrous, avec ses quatre étages contenant chacun deux berlines pleines de
charbon. Des moulineurs, aux différents paliers, sortaient les berlines, les remplaçaient par d'autres, vides
ou chargées à l'avance des bois de taille. Et c'était dans les berlines vides que s'empilaient les ouvriers,
cinq par cinq, jusqu'à quarante d'un coup, lorsqu'ils tenaient toutes les cases. Un ordre partait du porte-
voix, un beuglement sourd et indistinct, pendant qu'on tirait quatre fois la corde du signal d'en bas,
"sonnant à la viande", pour prévenir de ce chargement de chair humaine. Puis, après un léger sursaut, la
cage plongeait silencieuse, tombait comme une pierre, ne laissait derrière elle que la fuite vibrante du
câble.

- C'est profond ? demanda Etienne à un mineur, qui attendait près de lui, l'air somnolent.

- Cinq cent cinquante-quatre mètres, répondit l'homme. Mais il y a quatre accrochages au-dessus, le
premier à trois cent vingt.

Tous deux se turent, les yeux sur le câble qui remontait. Etienne reprit :

- Et quand ça casse ?

- Ah! quand ça casse...

Le mineur acheva d'un geste. Son tour était arrivé, la cage avait reparu, de son mouvement aisé et sans
fatigue. Il s'y accroupit avec des camarades, elle replongea, puis jaillit de nouveau au bout de quatre
minutes à peine, pour engloutir une autre charge d'hommes. Pendant une demi-heure, le puits en dévora
de la sorte, d'une gueule plus ou moins gloutonne, selon la profondeur de l'accrochage où ils
descendaient, mais sans un arrêt, toujours affamé, de boyaux géants capables de digérer un peuple. Cela
s'emplissait, s'emplissait encore, et les ténèbres restaient mortes, la cage montait du vide dans le même
silence vorace.

Extrait du chapitre 3 de la première partie de  Germinal - Emile Zola


Evaluation
Texte :
Un mineur au XIXème siècle
Etienne Lantier est un chômeur qui cherche du travail. Dans ce passage, il s’adresse à
Bonnemort, un charretier qui travaille dans une mine de charbon.
- Je me nomme Etienne Lantier, je suis machineur…Il n’y a pas de travail ici? […]
Le charretier hochait la tête.
- Du travail pour un machineur, non, non…Il s’en est encore présenté deux hier. Il n’y a rien.
Une rafale (1) leur coupa la parole. […]
- Vous êtes peut-être de la Belgique ? reprit le charretier. […]
- Non je suis de Midi, répondit le jeune homme. […]
- Moi, dit-il, je suis de Montsou, je m’appelle Bonnemort.
- C’est un surnom ? demanda Etienne étonné.
Le vieux eut un ricanement (2) d’aise, et montrant le Voreux(3) :
- Oui, oui…On m’a retiré trois fois de là-dedans en morceaux…Alors, quand ils ont vu que je ne
voulais pas crever (4), ils m’ont appelé Bonnemort, pour rire. […]
- Il y a longtemps, reprit-il, que vous travaillez à la mine.
Bonnemort ouvrit tout grands les deux bras.
- Longtemps, ah ! Oui !Je n’avais que huit ans, lorsque je suis descendu, tenez ! Juste dans le
Voreux et j’en ai cinquante-huit à cette heure. Calculez un peu…J’ai tout fait là-dedans, galibot
d’abord, puis herscheur, quand j’ai eu la force de rouler, puis haveur  pendant dix-huit ans. […]
Alors, il y a cinq années de cela, ils m’ont fait charretier…Hein ? C’est joli cinquante ans de
mine, dont quarante-cinq au fond.
Emile Zola
Germinal
Lexique :
1/ Rafale : tir en série.
2/ Ricanement : rire d’une manière moqueuse.
3/ Voreux : nom donnée au puits par les mineurs.
4/ Crever : mourir.

I Questions de compréhension : 
1/ Réponds par « vrai » ou « faux ». (2 pts)
 Etienne Lantier se rend à la mine pour chercher un emploi
 Bonnemort a commencé le travail à l’âge de 8 an
 Il est devenu un charretier.
 Etienne est un belge

2/ Pourquoi ce travailleur est-il surnommé Bonnemort ? (1 pts)

3/ Depuis combien d’années ce charretier travaille t-il dans la mine ? Justifie ta réponse. (2 pts)
4/ Ce mineur a-t-il toujours exercé la même tâche ? Justifie ta réponse. (2 pts)

II Langue : 
 Vocabulaire : (1 pts)
Complète par l’expression qui convient : (révolte, prolétaire, mineurs, organisateur).
Etienne Lantier est un ………………..qui va devenir l’……………………d’une
…………………….de…………………….
 Syntaxe : (3pts)

1/ Complète par l’expression adéquate : « parce que », « à cause de », « par


conséquent ». (1pt)

Bonnemort est atteint d’une maladie grave…………………..son travail dans la mine.


Cet employé ne peut pas démissionner……………………il veut toucher sa retraite.
…………………..il continue de travailler en dépit de son état de santé périlleux.
2/ relie ces indépendantes d’exprimer la cause puis la conséquence : (2pts)
- Etienne est un chômeur. Il cherche un emploi.
- ………………………………………………………………………………………………
- …………………………………………………………………………………………..
- Bonnemort est epuisé. Il quitte la mine.
- …………………………………………………………………………………………..
- …………………………………………………………………………………………….
 Conjugaison : (1 pt)

1- Conjugue les verbes entre parenthèses aux temps et aux modes qui conviennent.

D’habitude, le travail à la mine (être) ……………………. très dangereux. Il faut que le mineur
(descendre)……………..dans une cavité souterraine creusée pour permettre l’extraction d’un
minerai. Je pense qu’il (devoir) ………………..supporter la chaleur et l’obscurité. Toutefois, je
ne considère pas qu’ il (prendre)……………………un bon salaire.
2- Conjugue au futur simple ou au futur antérieur (1pt)
Bonnemort (exercer) ………………………………le metier de charritier une fois qu’il ( quitter) …………………..la
mine.
Il (venir) ………………………………chercher un emploi après qu’il (parcourir ) ……………………….un long voyage.

Contre le travail à la mine :


- Ce métier est scabreux (périlleux) . Le travail dans les mines peut être exceptionnellement
dangereux. Il comporte multiples risques. Les conditions sont pénibles . L'exploitation dans des
mines présente des risques inhérents. les travailleurs humains pénètrent dans des zones
dangereuses de la mine pour extraire divers matériaux. Ils peuvent être piégés, tués
- Un mineur doit souvent travailler de longues heures et le travail peut être physiquement épuisant.
- Les matériaux explosifs sont également couramment utilisés, ce qui présente un autre danger pour
le bien-être des mineurs. 
-  le mineur peut également passer beaucoup de temps loin de sa famille, car les mineurs peuvent se
rendre dans diverses mines pour trouver du travail tout au long de l'année.
- La poussière de la silice cristalline, qui est le constituant majeur de la croûte terrestre, cause une
maladie professionnelle appelée la silicose. C’est la diminution de transfert de l’oxygène aux
poumons qui augmente le risque de tuberculose, d’infections et de cancer.
- Ce travail n’est plus rentable. On ne gagne pas vraiment suffisamment d’argent.
Exercices

1)Relevez les expansions de chaque nom souligné et indiquez leur classe grammaticale.
Elle porte un bracelet en or massif.
Je suis allé à Rouen, belle cité normande, je me suis promené dans les rues étroites de la vieille ville.
J'ai mis dans un vase en cristal les fleurs que tu m'as offertes.
2)Remplacez les subordonnées relatives par des adjectifs épithètes :
- un papillon qui vit la nuit
- une fleur qui n'a pas d'odeur.
- une revue qui paraît une fois par semaine.
- un discours qu'on ne peut comprendre
- une voix qu'on n'entend pas
- un plat qui n' a aucune saveur
- 3)Remplacez les adjectifs par des compléments du nom : un contrat annuel
- un temps estival
- un bus touristique
- une sortie équestre
- les eaux pluviales
- un bruit infernal
- la vie rurale.
- des talents culinaires
2. Réunissez les deux phrases simples en une phrase complexe. Ne répétez pas le mot souligné et faites
apparaître une proposition subordonnée relative.
 J'ai pris les clés d'une voiture. La voiture est rouge.
 Anna a acheté un logiciel. Le logiciel coûte cinq cents euros.
 Les ouvriers construisent cet immeuble. Les ouvriers sont très nombreux.
 J’avais fermé à clé l’appartement. Le voleur a surgi de l'appartement.
 J'aime les champs. Dans ces champs on entend les divers bruits des insectes
3- Classe les expansions de groupe nimnal dans un tableau( adjectif qualificatif epithète/ complement
du nom/ relative)
Les livres de Martine.
Il a acheté une voiture jaune.
Lyon a été une ville très importante à l’époque des Romains
La voiture de mes parents. 
Des chaussures sans lacets. 
La cheminée de la salle de séjour. 
Un exercice pour les élèves. 
Une photographie de Magalie. 

Le repas du soir. 

Ce moulin à vent est construit sur le sommet d’une jolie colline plantée de pins.
Nous apprécions sa joie de vivre.

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