Application Des Exigences Techniques de La Norme NF en Iso 15189 Au Secteur de Parasitologie Directe Du C.H.U. de Limoges
Application Des Exigences Techniques de La Norme NF en Iso 15189 Au Secteur de Parasitologie Directe Du C.H.U. de Limoges
FACULTE DE MEDECINE
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THESE
POUR LE DIPLOME D’ETAT DE DOCTEUR EN MEDECINE
obtenu après soutenance du
MEMOIRE
du Diplôme d’Etudes Spécialisées de Biologie Médicale
PAR
Jean-Philippe COLLET
EXAMINATEURS DE LA THESE
Mme le Professeur ALAIN Sophie ....................................................... Président
Mme le Professeur DARDÉ Marie-Laure ............................................. Juge
M. le Professeur DREYFUSS Gilles .................................................... Juge
M. le Docteur BOUTEILLE Bernard .................................................. Juge
Mme le Docteur ROQUES Christine .................................................... Membre invité
DOYEN DE LA FACULTE: Monsieur le Professeur VALLEIX Denis
2
MONTEIL Jacques (C.S) BIOPHYSIQUE ET MEDECINE NUCLEAIRE
MOREAU Jean-Jacques (C.S) NEUROCHIRURGIE
MOULIES Dominique (C.S) (Sur. 31.08.2013) CHIRURGIE INFANTILE
MOUNAYER Charbel RADIOLOGIE ET IMAGERIE MEDICALE
NATHAN-DENIZOT Nathalie (C.S) ANESTHESIOLOGIE ET REANIMATION CHIRURGICALE
PARAF François ANATOMIE ET CYTOLOGIE PATHOLOGIQUE
PLOY Marie-Cécile (C.S) BACTERIOLOGIE-VIROLOGIE
PREUX Pierre-Marie EPIDEMIOLOGIE, ECONOMIE DE LA SANTE ET PREVENTION
ROBERT Pierre-Yves OPHTALMOLOGIE
SALLE Jean-Yves (C.S) MEDECINE PHYSIQUE ET READAPTATION
SAUTEREAU Denis (C.S) GASTRO-ENTEROLOGIE, HEPATOLOGIE
SAUVAGE Jean-Pierre (Sur 31/08/2011) OTO-RHINO-LARYNGOLOGIE
STURTZ Franck (C.S) BIOCHIMIE ET BIOLOGIE MOLECULAIRE
TEISSIER-CLEMENT Marie-Pierre ENDOCRINOLOGIE, DIABETE ET MALADIES METABOLIQUES
TREVES Richard RHUMATOLOGIE
TUBIANA-MATHIEU Nicole (C.S) CANCEROLOGIE
VALLAT Jean-Michel (C.S) NEUROLOGIE
VALLEIX Denis (C.S) ANATOMIE – CHIRURGIE GENERALE
VANDROUX Jean-Claude (Sur 31/08/2011) BIOPHYSIQUE ET MEDECINE NUCLEAIRE
VERGNENEGRE Alain (C.S) EPIDEMIOLOGIE-ECONOMIE DE LA SANTE et PREVENTION
VIDAL Elisabeth (C.S) MEDECINE INTERNE
VIGNON Philippe REANIMATION MEDICALE
VIROT Patrice (C.S) CARDIOLOGIE
WEINBRECK Pierre (C.S) MALADIES INFECTIEUSES
YARDIN Catherine (C.S) CYTOLOGIE ET HISTOLOGIE
P.R.A.G.
3
REMERCIEMENTS
Je vous remercie pour toute l’attention que vous savez porter aux internes en
Biologie Médicale.
4
Au Professeur Gilles DREYFUSS,
5
Au Professeur Marie-Laure DARDÉ,
6
Au Docteur Bernard BOUTEILLE,
7
Au Docteur Christine ROQUES,
BIOQUALITICIENNE
SERVICE DE PARASITOLOGIE-MYCOLOGIE DU CHU TOULOUSE RANGUEIL
Merci infiniment.
8
Au Docteur Daniel AJZENBERG,
A Christine et Martine,
9
A mes parents,
Pour m’avoir permis d’être ce que je suis et m’avoir donné les armes
nécessaires à mon épanouissement. Vous êtes un exemple quotidien de
tolérance et de bonté. De simples mots ne peuvent suffire à vous témoigner la
profondeur de mon amour.
Merci d’exister.
A ma sœur Nathalie,
Merci ma sœur pour ta générosité et ton sourire qui ont illuminé mon
enfance.
A René,
10
A mes beaux-parents Guy et Marie-Rafaëlla,
A Aldric,
A Alalia,
A Vincent et Chloé,
11
A Lydia,
Pour ton amour, ta présence et ton soutien permanents depuis le premier jour
de notre rencontre.
Je suis fier que tu sois la mère de mes enfants et d’être uni à une aussi belle
personne que toi.
A Giovanni,
12
LISTE DES ABREVIATIONS
13
SOMMAIRE
REMERCIEMENTS ................................................................................................................... 4
SOMMAIRE ............................................................................................................................. 14
INTRODUCTION .................................................................................................................... 16
GENERALITES ....................................................................................................................... 19
1. LA NORME NF EN ISO 15189 ET LES GUIDES D’ACCREDITATION .............................................. 20
14
4.1 Les documents Cofrac ................................................................................................... 38
4.2 Un modèle d’accréditation ............................................................................................. 38
4.3 Les ouvrages de référence .............................................................................................. 38
RESULTATS............................................................................................................................ 40
1. PRESTATIONS DE CONSEILS ................................................................................................... 41
1.1 Les exigences de la Norme ............................................................................................ 41
1.2 Des aides à la prescription pour répondre à cette exigence ............................................. 41
1.3 Avis et interprétations .................................................................................................... 46
2. EXIGENCES LIEES AU PERSONNEL .......................................................................................... 47
2.1 Pré-analytique ............................................................................................................... 47
2.2 Analytique ..................................................................................................................... 56
2.3 Post-analytique .............................................................................................................. 61
3. PROCEDURES TECHNIQUES .................................................................................................... 61
3.1 Le prélèvement est réalisé au laboratoire ....................................................................... 61
3.2 Le prélèvement n’est pas réalisé au laboratoire .............................................................. 75
DISCUSSION......................................................................................................................... 163
1. LES AVANCEES ................................................................................................................... 164
2. LES LIMITES ET LES PERSPECTIVES ....................................................................................... 165
2.1 Les mesures restant à mettre en place .......................................................................... 165
2.2 Le futur bâtiment de Biologie Médicale ....................................................................... 168
CONCLUSION....................................................................................................................... 171
15
INTRODUCTION
16
Le 23 septembre 2008, Michel Ballereau, conseiller général des établissements de santé,
propose au ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, un rapport pour un projet de
réforme de la Biologie Médicale. La réforme proposée prône la qualité de l’analyse tout en
considérant que le plus important est la réponse apportée à une question clinique, par un
examen approprié réalisé dans les meilleures conditions de qualité et de coût possibles. Il s’agit
de passer d’un système de « normes » réglementaires telles que la taille des locaux ou les
quotas de personnels, à un système qui repose sur l’accréditation vérifiant notamment la qualité
des résultats, la qualification permanente du personnel et la prise en compte des erreurs
constatées.
17
- De la qualité de l’ensemble de la phase pré-analytique incluant notamment la prescription
médicale, les conditions de prélèvement ainsi que la pertinence des informations cliniques
et épidémiologiques recueillies au lit du patient ; un effort tout particulier doit alors être
fait pour perfectionner cette étape.
18
GENERALITES
19
1. LA NORME NF EN ISO 15189 ET LES GUIDES D’ACCREDITATION
Cette Norme internationale, fondée sur l’ISO/CEI 17025 et sur l’ISO 9001, fournit les
exigences de compétence et de qualité propres aux laboratoires d’analyses de Biologie
Médicale (1).
Elle est destinée à être utilisée par les laboratoires d’analyses de Biologie Médicale qui
élaborent leur système de management de la qualité et évaluent leur propre compétence ainsi
que par les organismes d’accréditation engagés dans des activités de confirmation ou de
reconnaissance de la compétence des laboratoires d’analyses de Biologie Médicale (1).
- Une partie qui intègre les exigences relatives au management et souvent appelée « partie
qualité ».
- Une partie « exigences techniques » correspondant au cœur du métier, c’est entre autre sur
elle que se fonde l’aptitude technique du laboratoire.
20
1.2 LES GUIDES D’ACCREDITATION DU COFRAC
L’application des exigences de cette Norme peut poser des problèmes pratiques surtout
pour un laboratoire qui débute une démarche de qualité et qui doit se familiariser avec un
« nouveau » vocabulaire. Les documents Cofrac LAB LABM Ref 02 : Exigences pour
l’accréditation des laboratoires d’analyses de biologie médicale selon la Norme NF EN ISO
15189 (2) et SH Ref 02 : Recueil des exigences spécifiques pour l’accréditation des
laboratoires de biologie médicale (3) sont destinés à faciliter l’application de cette Norme et à
en faire ressortir des exigences prioritaires de manière concrète. La satisfaction des exigences
normatives et des dispositions législatives et réglementaires citées dans le document SH Ref 02
est la condition de l’accréditation ; leur non respect constitue un écart (3).
La définition des responsabilités est une priorité avec la nomination d’un responsable
d’assurance qualité qui doit avoir des compétences par une formation aux normes ISO et à
l’assurance qualité (1). Il doit être épaulé par l’ensemble du personnel ; des référents peuvent
être désignés dans chaque secteur et des réunions de concertations doivent être instituées pour
faire le point régulièrement sur les démarches mises en place et évaluer leur efficacité.
21
2.2 LE PERSONNEL
Un système qualité ne peut fonctionner que s’il repose sur du personnel impliqué et
motivé. La nécessité de formalisation de la qualification du personnel doit inciter à définir des
modalités d’habilitation à un poste déterminé et à mettre en place un parcours de formation. Le
laboratoire peut s’appuyer sur les formations externes (formation continue, congrès,
fournisseurs) ou internes (1) (2) (3).
« Le laboratoire doit définir, documenter et mettre à jour les procédures de maîtrise de tous
les documents et informations (de sources internes et externes) qui constituent sa
documentation de la qualité [...] »
Le laboratoire doit donc établir et tenir à jour des procédures visant à maîtriser tous les
documents faisant partie de son système de management (produits en interne ou provenant de
sources externes). Un exemplaire de chacun de ces documents est archivé pour toute
consultation ultérieure et le directeur du laboratoire définit sa période de conservation.
Tout document est révisé et approuvé, par les personnes habilitées à le faire, avant sa
diffusion au personnel de laboratoire (Illustration 1) ; seules les versions autorisées des
documents appropriés doivent être disponibles sur les lieux où elles sont utilisées (1) (2).
Illustration 1 : Schéma du circuit classique d’un document produit en interne (d’après C. ROQUES)
22
Le Manuel Qualité (MQ) décrit le système de management de la qualité dans le laboratoire
et la structure de la documentation de celui-ci. Il inclut ou fait référence aux procédures de
soutien, incluant les procédures techniques. Il met en relief la structure de la documentation du
système de management de la qualité (1). L’ensemble du personnel doit être formé à
l’utilisation et à l’application du Manuel Qualité et de tous les documents référencés (1).
Toutes ces procédures doivent se référer aux différents modes opératoires utilisés, ceux-ci
répondent aux questions : Où ? Selon quel procédé ?
Le Manuel Qualité, les procédures et les modes opératoires constituent des documents
descriptifs du laboratoire.
23
2.4 TRAÇABILITE
Le laboratoire doit mettre en place une politique et une procédure en cas de non-
conformité quelconque de ses analyses par rapport à ses procédures et aux exigences
convenues dans le cadre de son système de management de la qualité (1).
Le document LAB GTA 04 (5) a pour but d’expliciter ce qui est entendu par les aspects de
« validation de méthodes », il constitue un guide pratique pour les laboratoires d’analyse de
Biologie Médicale.
Il en ressort que la vérification initiale d’une méthode est souvent la plus compliquée, elle
s’effectue en plusieurs étapes :
24
- Une vérification bibliographique est également indispensable, elle consiste à réaliser
l’étude des données du fournisseur ainsi qu’une synthèse des lectures bibliographiques
concernant la méthode à valider. Une synthèse critique de ces données devra être abordée
(5).
- Une étape de vérification sur site permettra ensuite d’évaluer, dans les conditions du
laboratoire, les critères de performance initialement fixés. La méthodologie et la
profondeur de cette vérification dépendront du type d’analyse et des possibilités
matérielles du laboratoire (5).
Pour les analyses quantitatives, fournissant un résultat chiffré en relation directe avec une
quantité ou une activité de l’analyte à mesurer, la vérification sur site devra couvrir de
nombreux paramètres : fidélité, justesse, corrélation, sensibilité entre autres, en se basant sur le
traitement statistique du suivi de contrôles de qualité internes et externes (5) (6).
Concernant les analyses qualitatives qui apportent une information sur la présence ou
l’absence de l’analyte, le nombre souvent insuffisant d’échantillons positifs disponibles rend
très compliquée l’évaluation de la méthode (5). La vérification sur site est alors plus réduite et
devra explorer principalement la sensibilité diagnostique et la corrélation avec une ou plusieurs
autres méthodes du laboratoire (Tableau 2) (5).
Le récent guide d’accréditation pour la validation des méthodes : SH GTA 04 (7) apporte
quelques précisions supplémentaires en distinguant les méthodes « fournisseurs » (portée
flexible standard A) dites adoptées, avec uniquement la nécessité d’une vérification réduite des
performances sur site et les méthodes adaptées ou développées en internes (portée flexible
étendue B) pour lesquelles la validation sur site de nombreux paramètres sera nécessaire.
25
Tableau 2 : Vérification initiale d’une technique qualitative, d’après LAB GTA 04 (5)
Paramètres à
Vérification
vérifier et/ou à Bibliographie
sur site
connaitre
Sensibilité
Oui Oui
diagnostique
Contamination
entre
Oui Oui
échantillons (s’il
y a lieu)
Corrélation avec
méthode de Oui Non
référence
Corrélation avec Oui Oui
méthode utilisée
au laboratoire (Si existe) (si possible)
Les résultats de la vérification doivent faire l’objet d’un document cohérent et clair, avec
une acceptation formelle de la validité opérationnelle des techniques. Ce document doit
comporter la présentation de la technique, la détermination des paramètres à vérifier, la
détermination des objectifs à atteindre, la compilation et le traitement statistique des données
obtenues et la décision quant à la validité opérationnelle de la technique (5) (7). Les
formulaires SH FORM 43 et SH FORM 44 prévus par le Cofrac peuvent servir de modèle de
présentation des résultats.
26
Pour chaque analyse, une vérification continue doit également être mise en place et
s’appuie notamment sur l’utilisation, la gestion et le suivi de contrôles de qualité internes et
externes (5) (7).
L’étude de la criticité permet d’évaluer l’influence des différents facteurs d’incertitude mis
en évidence. Des mesures prioritaires pourront alors être instaurées pour minimiser le risque
d’erreur. Pour les analyses quantitatives, les données de validation de méthode, en particulier
celles relatives à la fidélité (répétabilité et reproductibilité) et à la justesse (biais), permettent,
grâce et des formules mathématiques, une approche de l’incertitude associée au résultat de
l’analyse (5).
27
Tableau 3 : Identification des facteurs d’incertitude grâce à la règle des « 5M »
Pré-analytique Criticité
Main
Préleveur Préleveur externe 1/3/9
d’œuvre
Conditions du
Milieu Type de tube Durée du transport Conservation 1/3/9
transport
Analytique Criticité
Main
Technicien Interne Biologiste 1/3/9
d’œuvre
Méthode Mode opératoire 1/3/9
Post-analytique Criticité
Main
Opérateur réalisant les calculs 1/3/9
d’œuvre
Méthode Calculs, algorithmes, arrondis… 1/3/9
Milieu 1/3/9
Matière 1/3/9
Pour justifier son entrée effective dans une démarche d’accréditation, le laboratoire de
Biologie Médicale peut avoir recours, selon son choix, à deux options (A ou B) définies par
l’arrêté du 14 décembre 2010 (9).
3.1.1 Option A
En choisissant cette option, le laboratoire doit adresser au Cofrac, au plus tard le 31
octobre 2012, une demande d’accréditation partielle sur un ou plusieurs examens, de la phase
pré-analytique à la phase post-analytique. Cette demande est accompagnée d’un dossier
comprenant le formulaire de renseignements et le questionnaire d’autoévaluation (sur la
conformité du laboratoire vis-à-vis de la Norme). Ces documents sont disponibles sur le site
internet du Cofrac (10).
Une fois titulaire de cette accréditation partielle et au plus tard le 31 mai 2013, le
laboratoire fait sa demande d’entrée effective dans la démarche d’accréditation en adressant au
Cofrac un dossier comportant obligatoirement:
- Une description de l’activité du laboratoire qui n’entre pas dans sa portée d’accréditation
partielle.
29
La notification au laboratoire (par le Cofrac) de la décision constatant l’entrée effective dans la
démarche d’accréditation en constitue la preuve.
3.1.2 Option B
Cette option permet au laboratoire d’éviter la demande au Cofrac d’une accréditation
partielle. La demande de vérification d’entrée dans la démarche se fera donc au plus tard le 31
mai 2013, mais le dossier devra comporter en plus une attestation en cours de validité émanant
d’un organisme agréé, reconnu par la Haute Autorité de Santé pour l’évaluation des pratiques
en Biologie Médicale, avant le 1er janvier 2010 (9).
L’auditeur technique vérifie quant à lui le respect des exigences de la partie technique de
la Norme en contrôlant les phases pré-analytique, analytique et post-analytique.
Une réunion de clôture permet aux auditeurs de faire le bilan de la visite et de notifier les
écarts critiques ou non critiques. Un écart critique correspond à un dysfonctionnement qui peut
avoir un risque ou une conséquence sur la qualité du système par rapport à la Norme et devra
être corrigé avant la prochaine visite. Trop d’écarts critiques empêchent l’accréditation d’un
laboratoire. A la fin de cette réunion, les fiches d’écart sont signées par les deux parties (11).
30
3.2.3 Après la visite d’audit
Le laboratoire dispose de 15 jours pour proposer un plan d’amélioration aux auditeurs qui
devront à leur tour donner ou non leur accord sur les actions proposées.
Le laboratoire accrédité sera soumis à une surveillance régulière avec une première visite 1
an après puis tous les 15 mois, l’accréditation étant valable 4 ans (11).
31
APPLICATION DE LA NORME A LA
PARASITOLOGIE DIRECTE DU CHU DE LIMOGES
32
1. UN TRAVAIL QUI S’INSCRIT DANS UN PROJET HOSPITALIER
La Norme NF EN ISO 15189 constitue le référentiel d’accréditation. Nous avons donc
choisi d’identifier, à partir de la lecture de ce document, toutes les exigences techniques pour
lesquelles le secteur de parasitologie directe du CHU de Limoges pouvait présenter des écarts,
en cherchant à cibler les éléments prioritaires.
Ce travail, bien que réalisé au sein d’un unique secteur, ne peut être productif que s’il
s’inscrit dans une dynamique de groupe et que les procédures mises en place sont connues et
appliquées par l’ensemble du personnel du service. A l’échelle du centre hospitalier
universitaire, la notion de travail d’équipe est également essentielle puisque l’ensemble des
laboratoires actuels de Biochimie, Hématologie, Immunologie, Bactériologie-Virologie-
Hygiène, Parasitologie-Mycologie et de Pharmacologie-Toxicologie seront considérés dans
l’avenir comme un unique et même laboratoire devant répondre aux attentes du Cofrac. Une
structure qualité a donc été mise en place pour fédérer les initiatives et donner un sens à
l’ensemble des démarches avec pour objectif d’atteindre un niveau « qualité » homogène sans
négliger les pratiques spécifiques de chaque site. La mise en place d’un système informatique
de gestion de la qualité est prévue pour septembre 2011 et chacun des sites devra disposer de
procédures et modes opératoires actualisés et approuvés pour que ce système de gestion
documentaire soit exploitable. La création d’un dossier d’accréditation du Pôle est fixée à
octobre 2012 ; l’objectif étant que le processus d’accréditation soit initié avant 2013, année du
déménagement des laboratoires dans un nouveau bâtiment du Pôle Biologie-Hygiène.
33
place de contrôles de qualité ainsi que la validation des méthodes à partir d’échantillons
positifs.
Pour établir un plan d’action global des mesures à mettre en place au sein du secteur, nous
avons commencé par faire le bilan général de l’influence que peuvent avoir les différents
facteurs d’incertitude sur le résultat. Cette analyse du risque d’erreur, appliquée à la
parasitologie directe, nous a permis de cibler des actions prioritaires à mettre en place.
34
Tableau 4 : Influence des facteurs d’incertitude en parasitologie directe
Pré-analytique Criticité
Main Prescripteur
Préleveur externe 3
d’œuvre Préleveur
Analytique Criticité
Main
Technicien Interne Biologiste 9
d’œuvre
Méthode Mode opératoire 9
Conditions de
Conditions
Milieu
ambiantes
stockage des Conditions de stockage des réactifs 1 29
prélèvements
Matériel Pipette Automate Informatique 1
Post-analytique Criticité
Main
Opérateur réalisant les calculs 9
d’œuvre
Méthode Calculs, algorithmes, arrondis… 1
Milieu 1 13
Matériel Système informatique de laboratoire 1
Matière 1
35
3.2 L’INTERET DU PATIENT : UNE PRIORITE DE NOTRE DEMARCHE
- Les résultats ne sont interprétables que si la recherche est prescrite à plusieurs reprises et
en respectant certaines conditions.
36
- Certains parasites comme les cryptosporidies sont recherchés et identifiés grâce à des
techniques spécifiques à réaliser en fonction des renseignements cliniques et/ou de l’aspect
des selles.
- En cas de suspicion clinique d’amoebose intestinale, l’acheminement des selles doit être
très rapide en raison de la fragilité des formes végétatives du protozoaire.
Le rôle du laboratoire est, au contraire, primordial car leur diagnostic souvent difficile
permet au clinicien de débuter un traitement curatif adapté. Le diagnostic de phase dans la
trypanosomose humaine africaine est d’une importance pronostique et thérapeutique capitale.
Pour ces parasitoses, nous nous sommes attachés à améliorer au maximum la prise en
charge pré-analytique et la qualité des procédures appliquées. La vérification sur site des
performances des méthodes étant peu applicable, leur validation s’appuie essentiellement sur
une vérification bibliographique.
La maîtrise de la documentation étant une des exigences majeures de la Norme et une des
priorités de la cellule qualité du Pôle Biologie-Hygiène, un effort tout particulier a été fait au
cours de ce travail pour établir une architecture documentaire structurée. L’utilisation de
méthodes de coloration et de concentration des parasites souvent historiques a nécessité une
revue de littérature importante et une mise à jour des modes opératoires.
37
4. LES MOYENS UTILISES
Pour parvenir à satisfaire au maximum aux exigences de la Norme ISO EN 15189, nous
avons dans un premier temps cherché à identifier les exigences techniques pour lesquelles le
secteur de parasitologie directe présentait des écarts, en cherchant à cibler les éléments
prioritaires. Les documents LAB LABM Ref 02 et SH Ref 02 destinés à faciliter l’application
de la Norme et son utilisation par les évaluateurs (2) nous ont été d’une aide précieuse.
D’autres documents Cofrac comme le guide technique d’accréditation en parasitologie et
mycologie médicale (4) et le GTA 04 (5) nous ont ensuite permis de mettre en place des
mesures efficaces en tenant compte des spécificités de la discipline.
Grâce à des avis éclairés et le contrôle de certains de nos échantillons par une PCR à
Toulouse, nous avons pu procéder à la validation de nos méthodes de recherche du paludisme
par une vérification sur site approfondie.
38
Nous avons sélectionné les références suivantes :
- Anofel, Parasitoses et mycoses des régions tempérées et tropicales, Elsevier Masson, 2007.
En fonction des parasitoses recherchées et des techniques utilisées, nous avons élargi nos
références bibliographiques à des publications récentes et aux recommandations spécifiques.
39
RESULTATS
40
1. PRESTATIONS DE CONSEILS
Le chapitre 4.7 de la Norme porte sur la manière dont le laboratoire de Biologie Médicale
est amené à conseiller les prescripteurs :
« Les professionnels qualifiés pour cette tâche doivent conseiller en matière de choix des
analyses et d’utilisation des prestations du laboratoire, y compris la fréquence de prescription
et le type d’échantillon requis. Le cas échéant, l’interprétation des résultats des analyses doit
être fournie. »
Cette exigence de prestation de conseil est reformulée dans le chapitre 5.4.3. de la Norme,
relatif aux informations que le laboratoire doit mettre à disposition du prescripteur dans son
manuel de prélèvement :
Pour orienter le choix du prescripteur de la manière la plus pratique possible nous avons
donc décidé d’élaborer des fiches d’aide à la prescription destinées à être mises à disposition
du prescripteur sur Hermès et à servir de base documentaire au personnel du laboratoire
(interne et biologiste) lors d’un conseil formulé aux cliniciens.
D’après le document LAB GTA 12 (4), les procédures analytiques adoptées peuvent être
celles préconisées par le collège des enseignants et des praticiens hospitaliers titulaires de
41
Parasitologie et Mycologie médicale, c’est donc en référence à la 7° édition du livre ANOFEL
(12) que nous avons crée ces logigrammes décisionnels.
Des aides à la prescription ont été mises au point pour orienter le prescripteur devant une
situation fréquente en parasitologie : l’hyperéosinophilie sanguine.
La mise en route d’un traitement adapté au(x) parasite(s) permet d’avoir une efficacité
ciblée ; contrairement à certaines idées reçues, les helminthes ne répondent pas tous de la
même façon à un traitement d’épreuve par le flubendazole et certaines molécules sont
spécifiquement recommandées dans certaines parasitoses (triclabendazole dans la distomatose,
praziquantel dans la schistosomose et la taeniase, ivermectine dans la loase et l’anguillulose)
(12).
Habituellement, l’éosinophilie est plus élevée pour les parasites effectuant un cycle
complexe dans l’organisme (toxocarose, trichine, douve…) que chez ceux restant dans le tube
42
digestif. Cependant, dans ce dernier cas, il peut y avoir des hyperéosinophilies élevées mais
fugaces (Taenia). Dans certains cas, comme l’anguillulose, où il existe un cycle d’auto-
infestation, l’éosinophilie est fluctuante, une remontée correspondant à un nouveau cycle
interne de migration tissulaire (13). Dans les parasitoses anciennes, l’éosinophilie peut revenir
à un taux subnormal, comme par exemple au cours des schistosomoses où le parasite se
recouvre de protéines de l’hôte et se « camoufle » sur le plan immunologique (13).
L’enquête étiologique commence par un interrogatoire sur les pays visités par le patient,
même remontant à plusieurs années, certains parasites comme les anguillules persistant dans
l’organisme plusieurs dizaines d’années, et sur son mode vie (bain en eau douce,
consommation de crudités, poisson ou viande peu cuite…). En effet si certains parasites sont
cosmopolites, d’autres sont plus fréquents dans certaines régions, qu’il s’agisse de l’Europe
(échinococcose alvéolaire) ou des zones tropicales d’Afrique (schistosomose urinaire, loase…),
d’Amérique (cysticercose) ou d’Asie (distomatoses asiatiques) (13).
Les étiologies à rechercher en cas d’hyperéosinophilie ne sont donc pas les mêmes chez un
patient n’ayant jamais quitté la France métropolitaine que chez un patient ayant séjourné ou
vécu en zone intertropicale. De nombreuses analyses sont disponibles (recherche directe dans
les selles, dans les urines et dans le sang, sérologies), il parait alors indispensable que le
prescripteur puisse adopter au moment de la prescription, une démarche logique, reproductible
et orientée tout en respectant certaines conditions d’application.
C’est dans cette optique que nous avons établi des fiches d’aide à la prescription
intitulées :
43
Illustration 3 : Aide à la prescription devant une hyperéosinophilie chez un autochtone
+
SELON LE MODE DE VIE ET/OU LE CONTEXTE CLINIQUE
Consommation
Consommation Consommation Consommation Vie en zone de végétaux
régulière de de viande de cresson d’élevage extensif forestiers
poisson d’océan crue/braisée de sauvage (berger), (Corse…) potentiellement
cru sanglier/cheval souillés par des
(chasseur…) déjections de
+/- troubles +/- signes +/- images renards (Est,
digestifs hépatobiliaires kystiques massif central)
+ CPK élevées
hépatiques
+/- tableau de
tumeur
hépatique
HYDATIDOSE ?
DISTOMATOSE
ANISAKIASE ? TRICHINELLOSE ? HEPATIQUE ? ECHINOCOCCOSE
KYSTE ALVEOLAIRE ?
44
Illustration 4 : Aide à la prescription devant une hyperéosinophilie après séjour à l’étranger
Anguillulose, Ascaridiose,
Ankylostosomose ou autres
helminthoses intestinales
(oxyure, tenia…)
Distomatoses hépatiques
Cysticercose,Toxocarose, Hydatidose,
Trichinose, Anisakiase
DEMANDER :
Si baignade en -Parasitologie des selles X3 à 3 j d’intervalle
eau douce (acheminer rapidement au laboratoire) à renouveler
3 semaines après si négatives
-Scotch test anal
-Sérologies (en fonction du contexte) : distomatose,
cysticercose, toxocarose, hydatidose, trichinose,
+/- hématurie anisakiase
Schistomose intestinale
Schistosomose urinaire
DEMANDER:
DEMANDER: -Parasitologie des selles X3 à 3 j d’intervalle,
-Parasitologie des urines après à renouveler 3 semaines après si négative
effort physique renouveler 3
semaines après si négative -Sérologie: schistosomose
Des fiches d’aide à la prescription spécifiques aux parasitoses tropicales majeures ont donc
été établies et sont présentées dans les chapitres correspondants :
Les avis et interprétations sont une partie intégrante du rapport d’analyse. Ils ne s’imposent
que s’ils apportent un éclairage particulier au client sur la signification et l’exploitation des
résultats communiqués sur le compte-rendu d’analyse (2).
Nous avons donc programmé, dans le logiciel GLIMS, des commentaires adaptés aux
différentes situations rencontrées en pratique lors d’une recherche de parasites dans les selles et
46
permettant au clinicien d’exploiter le résultat rendu. Ils sont présentés dans le Tableau 14 du
chapître post-analytique 3.2.6.3.
2.1 PRE-ANALYTIQUE
- Le prélèvement est réalisé par du personnel n’appartenant pas au laboratoire qui ne sera
pas évalué mais qui devra avoir pris connaissance du manuel de prélèvement.
Il est donc indispensable que les internes (en charge des prélèvements pour une période de
6 mois) reçoivent une formation pratique et théorique adaptée à chaque type de prélèvement et
que cette formation puisse être documentée et prouvée.
La formation initiale est assurée à Limoges par un biologiste du service ou un interne déjà
habilité. La durée de cette formation ne peut être définie au préalable puisque le nombre et le
47
type de prélèvements à réaliser au laboratoire sont très variables. L’acquisition des
compétences nécessaires demande une formation théorique basée sur la maîtrise des modes
opératoires (connaissance du matériel, informations à recueillir, gestes techniques…) et une
expérience pratique : 1 prélèvement sera réalisé avec un formateur pour chaque type de
prélèvement. Cette fiche sera remplie (date et signature) par le biologiste ou l’interne habilité
en charge de la formation. La cellule qualité du Pôle a également prévu la mise en place de
documents d’habilitation; notre fiche d’habilitation sera donc amenée à évoluer afin d’être
intégrée dans la procédure générale du Pôle.
48
Illustration 5 : Fiche d’habilitation des internes aux prélèvements réalisés au laboratoire
HABILITATION DES
INTERNES aux Date d’application:
prélèvements réalisés au
laboratoire
Cette fiche décrit les compétences nécessaires pour qu’un interne en biologie soit habilité
à réaliser seul les prélèvements réalisés au laboratoire de parasitologie-mycologie.
Elle sera remplie pour chaque nouvel interne présent dans le service au fur et à mesure de
l’acquisition des compétences. En fin de formation, elle fera office de certificat de
qualification de l’interne.
I.FORMATION
Elle est assurée sous la responsabilité d’un biologiste du service ou d’un interne habilité.
Durée minimum de formation : 1 prélèvement effectué avec le formateur pour chaque type
de prélèvement (gale, demodex, recherche de teigne...) après le début de la prise de
fonction. Cette fiche sera remplie par un biologiste ou un interne habilité.
II.COMPETENCES EXIGEES
49
HABILITATION DES
INTERNES aux Date d’application:
prélèvements réalisés au
laboratoire
50
HABILITATION DES
INTERNES aux Date d’application:
prélèvements réalisés au
laboratoire
-Vérification du respect par le patient des conditions de réalisation (pas de toilette anale...)
-Réalisation du prélèvement
-Archivage :
-Cahier de prélèvement correctement rempli:
-Obtention de la qualification :
Oui □ Non □
validée par : Le :
51
2.1.2 Personnel préleveur n’appartenant pas au laboratoire : manuel de
prélèvements et catalogue des analyses
Lorsque le prélèvement est réalisé par du personnel n’appartenant pas au laboratoire, il
convient que le laboratoire dispose d’une liste de diffusion exhaustive, démontrant que
l’ensemble des personnes concernées par le prélèvement, a pris connaissance du Manuel de
Prélèvement des échantillons primaires (spécimens) (1) (2).
52
Il semble indispensable, au regard de ces textes, de diffuser des informations concernant la
préparation du patient avant un prélèvement. La cellule qualité a prévu un
«espace laboratoire» sur Hermès afin que toutes ces instructions puissent être diffusées aux
cliniciens. Nous avons mis en place des fiches d’instructions destinées aux préleveurs
(infirmiers, médecins) et destinées aux patients (Illustrations 6 et 7). Concernant le secteur de
parasitologie directe, le seul prélèvement qui nécessite une préparation spécifique du patient est
le Scotch®-test anal réalisé lors d’une recherche d’oxyurose; pour cet examen, la mise en
évidence d’éléments parasitaires dépend directement du respect par le patient de certaines
conditions de prélèvement.
Pour les conditions de prélèvement, le document LAB GTA 12 conseille de se reporter aux
références d’ANOFEL (12) ou au livre d’Ambroise-Thomas et Golvan (14).
53
Illustration 6 : Instructions destinées aux cliniciens, préparation au Scotch®-test anal
PREPARATION DU
PATIENT AU SCOTCH®-
Date d’application:
TEST ANAL
(Test à la cellophane
adhésive)
INDICATIONS :
CONDITIONS DE REALISATION :
Cet examen est la méthode de choix pour mettre en évidence les œufs d’oxyures, cependant
sa sensibilité dépend directement des conditions de réalisation du prélèvement.
-Le patient devra effectuer sa toilette anale la veille du prélèvement (le soir de préférence).
-Le prélèvement sera pratiqué le matin avant la toilette anale du patient et avant défécation.
IMPOSSIBILITE DE REALISATION :
54
Illustration 7 : Instructions destinées aux patients, préparation au Scotch®-test anal
Instructions destinées
au patient concernant Date d’application:
le
®
SCOTCH -TEST ANAL
1. Description du geste
La recherche d’oxyures (petits vers blancs souvent à l’origine de démangeaisons anales
nocturnes) ou de Tænia nécessite un prélèvement : le Scotch®-test anal.
La veille au soir :
prendre une douche avec toilette anale
éviter toute prise de suppositoire
le matin :
ne pas aller à la selle
ne pas faire de toilette anale
venir au laboratoire le plus tôt possible à partir de 9h (sauf si le prélèvement est
réalisé par l’infirmière)
S’il s’agit d’un enfant n’ayant pas encore atteint l’âge de la propreté, essayez dans la
mesure du possible de respecter les mêmes règles.
55
2.2 ANALYTIQUE
« un programme de formation continue doit être disponible pour toute les catégories de
personnel. »
« La compétence de chaque membre du personnel pour remplir les tâches imparties doit être
évaluée à l’issue de la formation, puis périodiquement par la suite (…) »
Le document LAB GTA 12 (4) précise que le personnel peut utiliser, pour maintenir sa
qualification et sa compétence, des spécimens témoins, faire référence à des ouvrages
bibliographiques et démontrer sa formation continue (interne ou externe). Il appartient au
laboratoire de démontrer la manière dont il maintient la compétence de son personnel
technique et qui peut être fondée sur l’autoévaluation.
Le secteur de parasitologie directe présente plusieurs particularités qui nous ont incitées à
mettre en place une procédure de contrôles internes de qualité:
Ceux-ci sont effectués à tour de rôle par chacun des techniciens pouvant être amenés à
prendre en charge un prélèvement dans le secteur de parasitologie directe.
Concernant la périodicité de ces contrôles, une fréquence trimestrielle a été prévue. Ils
associent à chaque fois un échantillon de selles négatif ou positif (aux principaux protozoaires
et helminthes) et un frottis sanguin, négatif ou positif (aux principaux parasites sanguins).
56
Comme pour tout prélèvement, ces contrôles sont enregistrés sur GLIMS et validés.
Nous avons donc mis en place en priorité une procédure d’habilitation des internes ou des
nouveaux techniciens affectés au secteur de parasitologie directe (Illustration 8).
57
Illustration 8 : Fiches d’habilitation au poste de parasitologie directe
HABILITATION EN
Date d’application:
PARASITOLOGIE
DIRECTE
Cette fiche décrit les compétences nécessaires pour qu’un interne en biologie soit habilité à
prendre de façon autonome des activités spécifiées au sein du secteur de parasitologie directe
dans le laboratoire de parasitologie-mycologie. Elle sera remplie pour chaque nouvel interne
présent dans ce secteur.
I. FORMATION
Elle est assurée sous la responsabilité d’un technicien(ne) référent du secteur et du biologiste
responsable du secteur.
Durée minimum de formation : 15 jours à 1 mois
Cette fiche sera remplie en concertation entre le technicien référent et le biologiste
responsable du secteur.
II.COMPETENCES EXIGEES
-PALUDISME
58
HABILITATION EN
Date d’application:
PARASITOLOGIE
DIRECTE
-FILARIOSE
-LEISHMANIOSE VISCERALE
59
HABILITATION EN
Date d’application:
PARASITOLOGIE
DIRECTE
-Recherche d’oxyurose :
-Archivage :
-Notions générales :
-Approche d’un Regard critique sur le prélèvement Oui □ Non □ validé par :
60
2.3 POST-ANALYTIQUE
Le document LAB GTA 12 (4) insiste sur le rôle fondamental du biologiste dans
l’interprétation du résultat en fonction du contexte épidémiologique et biologique du patient.
Ces renseignements sont recueillis en amont, au moment du prélèvement ou au moment de la
réception du prélèvement, par appel téléphonique (fiche de renseignement paludisme, cahier de
renseignements cliniques) et permettent ainsi une validation biologique éclairée.
3. PROCEDURES TECHNIQUES
Les Paragraphes 5.4, 5.5, 5.6, et 5.7 de la Norme abordent les exigences techniques
respectivement relatives aux procédures pré-analytiques, analytiques, à l’assurance qualité des
procédures analytiques et aux procédures post-analytiques.
61
cette analyse passe par l’identification des causes d’incertitude pouvant avoir une influence sur
le résultat et la mise en place d’actions destinées à limiter cette incertitude.
62
Illustration 9 : Mode opératoire de la recherche de gale
INDICATION :
Suspicion de gale
Recherche de Sarcoptes scabiei
MATERIEL ET REACTIFS :
Salle de prélèvement :
lame porte objet et lamelles de microscope
chloral-lactophénol
vaccinostyle stérilisé dans tube à hémolyse en verre :
ne pas jeter après utilisation,
mettre dans le réactif désinfectant de la salle de prélèvement,
compresses
lampe mobile
gants
papier de protection
INFORMATIONS PREALABLES :
Vérifier l’identité du patient et noter dans le cahier de prélèvement l’identité du patient, la
date de naissance, la date du prélèvement, le service prescripteur, le type de
prélèvement réalisé et l’identité du préleveur.
Rassurer le patient en lui expliquant le déroulement du prélèvement.
Rechercher des informations permettant d’argumenter la suspicion de gale :
Prurit, exacerbation nocturne
Antécédents ? si oui, y a-t-il eu un traitement et évaluer l’observance
contexte social : profession (personnel soignant à risque), vie en collectivité
personnes atteintes de gale dans l’entourage proche (famille) ou au travail, si oui,
depuis quand ?
63
PARA MO1 P PREA 004 A
Date d’application:
RECHERCHE 01/02/2011
DE GALE
TECHNIQUE DE PRELEVEMENT :
Mettre des gants.
Installer un papier de protection sur la table pour que le patient y dépose ses mains.
Préparer les lames.
Repérer des lésions caractéristiques (sillons, vésicules perlées) en s’aidant d’une lampe
à fort éclairage. Les lésions peuvent être excoriées, eczématisées.
Attention en cas de squames croûteuses : se méfier d’une gale norvégienne,
hypercontagieuse.
Regarder en priorité :
Sur la paume des mains, entre les doigts, le poignet, les avant-bras et le tronc.
Sur la plante des pieds, les jambes et les aisselles chez les nourrissons.
Soulever le toit de la vésicule ou du sillon à l’aide de la pointe du vaccinostyle, puis
gratter assez fortement le plancher de la lésion avec le côté du vaccinostyle. En cas de
squames croûteuses, gratter simplement de manière à les récupérer à l’aide du
vaccinostyle.
Le prélèvement est déposé dans une goutte de chloral-lactophénol sur une lame en verre
de microscope. Afin de récupérer la totalité du prélèvement, gratter le vaccinostyle sur le
bord de la lame puis ramener le prélèvement au centre de la lame à l’aide d’une lamelle.
Renouveler le prélèvement sur plusieurs lésions, après avoir essuyé le vaccinostyle à
l’aide d’une compresse (le chloral-lactophénol étant irritant pour la peau).
Lire aussitôt la lame au microscope en faisant attendre le patient.
LECTURE :
Rechercher un élément parasitaire (la forme adulte, la forme larvaire, ses œufs ou ses
déjections, voire un morceau de patte…).
Lire la totalité de la lame au microscope optique à objectif x 10.
Si le prélèvement est positif,
en informer le patient, le personnel de santé qui l’accompagne.
téléphoner au médecin.
indiquer sur le résultat les éléments observés de Sarcoptes scabiei (oeufs, larves,
adultes, déjections).
Si le prélèvement est négatif,
en refaire un autre sur des lésions différentes
téléphoner le résultat de la lecture au service demandeur
faire une 2ème lecture des prélèvements quelques heures plus tard (jusqu’à 24
heures) après éclaircissement d’un prélèvement trop épais, avant de rendre un
résultat négatif.
Attention : ne pas jeter les lames après une première lecture.
64
PARA MO1 P PREA 004 A
RECHERCHE Date d’application:
DE GALE 01/02/2011
2 œufs (150µm) contenant une larve+ multiples déjections Débris d’œufs + déjections
65
PARA MO1 P PREA 004 A
RECHERCHE Date d’application:
DE GALE 01/02/2011
Patte de Sarcopte
DOCUMENTS DE REFERENCE :
Anofel, Parasitoses et mycoses des régions tempérées et tropicales, Elsevier Masson,
2007
66
3.1.1.2 Incertitude de mesure et maîtrise du risque d’erreur
Les facteurs susceptibles d’influencer le résultat d’une recherche de sarcoptes peuvent être
ciblés grâce à la règle des 5M (Tableau 5) ; le niveau d’influence est ensuite évalué par
l’attribution d’un score (1 pour un faible niveau d’influence, 3 pour un niveau intermédiaire et
9 pour un niveau d’influence élevé). On observe alors que le niveau d’influence de la main
d’œuvre (personnel) est élevé à toutes les étapes de l’analyse, en effet nous avons vu
précédemment que la compétence du préleveur est déterminante dans la qualité du résultat.
Afin de minimiser au maximum le risque d’erreur, le laboratoire de parasitologie de Limoges a
mis en place des mesures d’habilitation de l’interne, celui-ci prend en charge la totalité de la
recherche de sarcopte (du prélèvement au rendu du résultat par appel téléphonique). Le mode
opératoire appliqué à Limoges décrit, en référence aux recommandations ANOFEL, les
modalités de prélèvement en précisant les informations cliniques et épidémiologiques qui
seront utiles à l’interne et au biologiste dans l’approche diagnostique. De plus, un second
prélèvement en cas négativité ainsi qu’une deuxième lecture différée des lames négatives
permettent de limiter les faux négatifs.
La validation initiale de cette méthode de recherche est avant tout basée sur le respect des
données bibliographiques. Certains indices statistiques permettent tout de même de procéder à
une évaluation continue de la recherche telle qu’elle est réalisée au laboratoire.
Le rendement théorique de l’examen direct est faible, même entre des mains
expérimentées, nous pouvons donc considérer la prise en charge au laboratoire comme
satisfaisante (18).
67
Tableau 5 : Recherche de sarcopte, facteurs d’incertitude et maîtrise du risque d’erreur
Prélèvement au
Compétence du préleveur : reconnaissance des lésions laboratoire, mode
Main d’œuvre 9
typiques, qualité de l’interrogatoire opératoire détaillé
Habilitation des internes
Matériel vaccinostyle 1 …
Matière Squames 1 …
Mode opératoire,
Méthode Lecture des lames au 10 3
habilitation
Milieu …
Matière …
Niveau
Post-analytique Mesures mises en place
d’influence
Le préleveur
Biologiste ou interne : connaissance des renseignements communique le résultat
Main d’œuvre 9
cliniques et épidémiologiques
interprété par téléphone
Méthode
Milieu
Matière
68
3.1.2 Test à la cellophane adhésive ou Scotch®-test anal
Ce prélèvement est réalisé pour la mise en évidence d’Enterobius vermicularis, nématode
intestinal cosmopolite, responsable de l’oxyurose. Il est plus rarement prescrit, pour la
recherche d’œufs de Ténias.
L’oxyurose est très répandue, surtout chez l’enfant, on estime que presque tous les enfants
sont à un moment donné touchés par cette parasitose (12). Les oxyures adultes vivent dans la
région caeco-appendiculaire et les femelles gravides migrent la nuit vers la marge anale pour y
pondre des milliers d’œufs. La contamination se fait ensuite par ingestion des œufs émis dans
le milieu extérieur.
La fixation des femelles au niveau de la marge anale peut provoquer un prurit anal
vespéral qui est le plus fréquent des symptômes et donc des motifs prescription. Cependant
cette parasitose est en général asymptomatique. Une hyperéosinophilie sanguine inexpliquée
associée ou non à des troubles digestifs peut aussi amener le clinicien à prescrire un test à la
cellophane adhésive (Illustration 3). Malheureusement, l’intérêt du Scotch®-test anal est
souvent oublié par le prescripteur qui se contente fréquemment de réaliser une recherche de
parasites dans les selles moins efficace pour mettre en évidence Enterobius vermicularis. Les
14 tests à la cellophane adhésive réalisés en 2009 à Limoges (un seul positif) illustrent la
méconnaissance de l’examen.
Afin de limiter cet oubli, nous avons rappelé au prescripteur l’importance du test par le
biais des aides à la prescription et de certains de nos commentaires pré-établis (Tableau 14).
La recherche des œufs caractéristiques pondus sur la marge anale permet une identification
de cette parasitose. La meilleure technique est le test à la cellophane adhésive de Graham (12)
qui consiste à appliquer contre les plis radiés de l’anus la face collante d’un ruban adhésif
transparent (Illustration 10). Celui-ci, une fois collé sur une lame porte objet est examiné au
microscope. La sensibilité de cette recherche dépend directement des conditions de réalisation
du prélèvement qui doit être effectué le matin avant toute toilette locale et toute défécation
(12).
69
Illustration 10 : Mode opératoire du Scotch®-test anal
INDICATIONS :
Diagnostic d’oxyurose (Enterobius vermicularis)
Diagnostic de cestodose à Taenia sp.
MATERIEL :
Gants
Table d’examen
Papier protecteur
Lame porte objet de microscope
Ruban adhésif transparent (Scotch®)
Ciseaux
INFORMATIONS PREALABLES :
Vérifier l’identité du patient et noter dans le cahier de prélèvement l’identité du patient,
la date de naissance, la date du prélèvement, le service prescripteur, le type de
prélèvement réalisé et l’identité du préleveur.
Vérifier que les informations relatives à la préparation de cet examen ont bien été
remises au patient et suivies par celui-ci.
Si le patient est mineur, ne réaliser le prélèvement qu’en présence d’un parent ou
d’une autre personne soignante.
Rassurer le patient en lui expliquant le déroulement du prélèvement.
TECHNIQUE DE PRELEVEMENT :
En cas de recherche d’oxyure, le prélèvement s’effectue le matin chez un patient n’ayant pas
eu de toilette anale et n’ayant pas encore émis de selles. Si ces conditions ne sont pas
réunies, faire revenir le patient un autre jour si possible.
Indiquer le nom du patient sur la lame.
Mettre le patient en position genu-pectorale sur la table d’examen protégée par un papier.
Pour les jeunes enfants, les installer en position de décubitus latéral, les genoux ramenés
sur le ventre.
Découper un morceau de Scotch® transparent d’une longueur légèrement inférieure à
celle d’une lame porte-objet et coiffer l’extrémité arrondie d’un tube de 10 cc en plaçant la
partie adhésive vers l’extérieur.
Mettre des gants.
Appliquer ce montage à la marge de l’anus après avoir déplissé les plis radiés de l’anus
puis déposer le scotch sur une lame en évitant au maximum les bulles d’air.
Oter les gants.
Aider le patient à se relever.
Le faire patienter le temps de la lecture.
70
PARA MO2 P PREA 004
SCOTCH®-TEST A
ANAL Date d’application:
(Test à la cellophane 01/02/2011
adhésive de Graham)
LECTURE :
Lire au microscope objectif x 10 de manière à repérer les oeufs d’oxyures (Enterobius
vermicularis) ou de Taenia sp.
Nombreux œufs d’oxyures sur Scotch® Œuf d’oxyure sur examen direct des selles
DOCUMENTS DE REFERENCE :
Y. J. Golvan, P. Ambroise-Thomas, LES NOUVELLES TECHNIQUES EN
PARASITOLOGIE, 1984, FLAMMARION
71
3.1.3 Recherche de Demodex folliculorum
3.1.3.1 Commensal ou pathogène ?
Si les demodex sont bien connus en pathologie vétérinaire, en revanche leur caractère
pathogène dans les dermatoses humaines est sujet à controverse. Des études ont montré que ce
parasite était présent dans 18 à 80% des cas d’acné rosacée, dans 45% des blépharites
inflammatoires et 42% des folliculites (19). Cependant, pour certains auteurs, la présence d’une
lésion cutanée constitue un terrain favorable au développement du parasite, initialement
présent sur la peau saine (20). Certains arguments ont alors été proposés pour établir son rôle
pathogène, comme la présence d’un nombre important de demodex intra-folliculaires, ou une
amélioration clinique rapide lors d’un traitement d’épreuve par un anti-acarien (19).
Pour la recherche en cas de blépharite, il est nécessaire d’arracher 4 ou 5 cils par paupière
au moyen d’une pince à épiler. Les cils et les débris adjacents doivent être observés dans une
goutte de sérum physiologique ou de chloral-lactophénol (permettant de conserver les
préparations) entre lame et lamelle au microscope à l’objectif 10 puis 40.
Le rôle du Demodex dans la blépharite doit être discuté en fonction de leur abondance à la
base des cils. En effet la présence de nombreux Demodex par cil (3 ou plus) suggère fortement
leur implication dans l’étiologie de la blépharite. En revanche, un nombre plus réduit doit faire
envisager une autre étiologie (21).
En cas de rosacée, le diagnostic de Demodex peut être fait par biopsie de la surface de la
peau ou par grattage des squames cutanées.
72
Illustration 11 : Mode opératoire de la recherche de Demodex
INDICATION :
Recherche de demodex folliculorum
Démodécie des cils (blépharite chronique)
Eruption papulo-pustuleuse du visage
MATERIEL :
Salle de prélèvements :
Pinces à épiler à extrémités plates
Compresses
Curettes
Lames porte-objets et lamelles de microscope
Chloral-lactophénol
Pièce de parasitologie :
Microscope à contraste de phase
INFORMATIONS PREALABLES :
Vérifier l’identité du patient et noter dans le cahier de prélèvement l’identité du patient, la
date de naissance, la date du prélèvement, le service prescripteur,le type de prélèvement
réalisé et l’identité du préleveur.
Rassurer le patient en lui expliquant le déroulement du prélèvement.
TECHNIQUE DE PRELEVEMENT :
En cas de blépharite (démodécie des cils)
Repérer des cils dont la base paraît engluée dans une substance jaunâtre (aspect
inflammatoire): ce sont ceux-là qui sont à prélever en priorité. Si les cils paraissent
normaux, prélever au hasard 4 cils par paupière (supérieure et inférieure) et par œil.
Les cils sont arrachés à l’aide de la pince à épiler, en maintenant la paupière à l’aide
de la compresse pour rendre le geste moins douloureux.
Déposer les cils prélevés dans une goutte de chloral-lactophénol sur une lame porte-
objet, en séparant sur 2 lames différentes les cils de l’œil droit et de l’œil gauche.
Recouvrir d’une lamelle.
Indiquer sur les lames : le nom du patient et oeil droit ou oeil gauche.
En cas d’éruption papulo-pustuleuse
Prélever la lésion à l’aide d’une curette ou d’un vaccinostyle.
Déposer le matériel prélevé dans une goutte de chloral-lactophénol sur une lame
porte-objet.
Recouvrir d’une lamelle.
73
PARA MO3 P PREA 004 A
RECHERCHE DE
Date d’application:
DEMODEX
FOLLICULORUM
LECTURE :
Lire immédiatement la totalité des lames au microscope objectif x 10 ou au contraste
de phase x 20.
Compter le nombre de Demodex folliculorum et le rapporter pour chaque oeil au
nombre de cils prélevés (Cette notion quantitative est importante car la présence de
Demodex est fréquente chez des personnes asymptomatiques et son rôle pathogène
n’est pas clairement démontré).
En cas de recherche négative et/ou de prélèvements épais, relire les lames après
avoir laissé s’éclaircir le prélèvement.
DOCUMENTS DE REFERENCE :
Y. J. Golvan, P. Ambroise-Thomas, LES NOUVELLES TECHNIQUES EN PARASITOLOGIE,
1984, FLAMMARION
74
3.1.4 Recherche d’onchocercose
La recherche de cette filariose cutanée concerne principalement des sujets ayant vécu
longtemps en zone rurale d’Afrique intertropicale où elle représente encore une cause
importante de cécité. Elle nécessite le prélèvement de fragments de peau ellipsoïdes (biopsie
cutanée exsangue) déposés dans un verre de montre qui contient du sérum physiologique (12).
L’observation à la loupe binoculaire permet ensuite de mettre en évidence les microfilaires.
Ce prélèvement invasif et technique n’est réalisé que par les biologistes du service. Son
mode opératoire a également été créé et intégré dans notre système de documentation.
La Norme précise dans le chapitre 4.9 la nécessité de mettre en place une politique
d’identification et de maîtrise des non-conformités :
« La direction du laboratoire doit mettre en place une politique et une procédure à mettre en
œuvre en cas de non-conformité quelconque de ses analyses par rapport à ses propres
procédures (…) cette politique et cette procédure doivent garantir que (…) le personnel chargé
de résoudre le problème est identifié, les mesures à prendre sont définies, (…) les analyses
sont interrompues, (…) les actions correctives sont immédiatement entreprises, (…) la
responsabilité pour autoriser la reprise des analyses est définie et, chaque non-conformité est
documentée et enregistrée (…) »
Chaque prélèvement non conforme est enregistré sur le logiciel GLIMS par le personnel,
le compte-rendu précise la non-conformité et le prescripteur est contacté pour correction de
75
l’erreur. Si l’analyse est malgré tout réalisée (après accord du biologiste), le résultat est rendu
sous réserve avec un commentaire adapté du biologiste.
Par ailleurs, une donnée épidémiologique récente doit être prise en compte ; une cinquième
espèce : Plasmodium knowlesi a été reconnue comme responsable d’accès palustres
potentiellement graves chez l’Homme (22) (23). Ce Plasmodium simien, présent en Asie du
Sud-est a été mis en cause, depuis les années 2000, dans de nombreuses infections humaines
aux Philippines, en Thaïlande, au Laos, en Chine et à Singapour. En 2008, trois cas de
paludisme d’importation à P.knowlesi ont été diagnostiqués en Suède, Grande-Bretagne et aux
Etats-Unis (23). En 2010, le CHU de Toulouse a mis en évidence le premier cas d’importation
en France. A ce jour, seule la PCR permet de faire le diagnostic de cette espèce
cytologiquement proche de P. malariae (23).
76
3.2.2.1 Pré-analytique
C’est pourquoi, devant un accès palustre potentiel, tous les moyens possibles doivent être
mis en œuvre pour que le laboratoire rende au clinicien un résultat optimal dans les plus brefs
délais.
Pour accompagner le médecin, nous avons établi une fiche d’aide à la prescription
(Illustration 12) où les informations épidémiologiques données ne se veulent pas exhaustives
mais ont pour but de mettre en évidence les principales situations au cours desquelles une
recherche est indispensable.
L’autre intérêt de cette fiche est de préciser au prescripteur les modalités pré-analytiques à
respecter afin que l’échantillon de sang parvienne dans les mains de la personne effectuant la
recherche dans les plus brefs délais tout en respectant les conditions de conformité.
77
Illustration 12 : Aide à la prescription recherche directe de paludisme
Demander :
- « paludisme recherche directe » (frottis, goutte épaisse, antigénémie)
(prélever 2 tubes EDTA)
La sérologie paludisme est inutile (souvent négative lors d’un accès palustre) sauf
suspicion de paludisme viscéral évolutif ou pour le diagnostic rétrospectif d’une
fièvre.
Le signe clinique majeur lors d’un accès palustre est la fièvre, elle est isolée dans 20% des
cas (24) ou associée à d’autres symptômes peu spécifiques tels que des troubles digestifs
(nausées, vomissements, diarrhées) ou un syndrome grippal (asthénie, céphalées, myalgie,
toux). L’absence de fièvre est rare mais possible chez certains patients (24). De ce fait, devant
tout symptôme chez un patient de retour d’un séjour en zone d’endémie, une recherche de
paludisme devra être réalisée en urgence (12) (24).
La thrombopénie, présente dans 60 à 85% des accès, est un argument diagnostique de taille
à rechercher systématiquement.
Tous ces renseignements sont collectés dans une fiche (Illustration 13) remplie lors de
chaque recherche de paludisme et qui sera conservée 18 mois.
79
Illustration 13 : Fiche de renseignements lors d’une recherche de paludisme
Lors de toute demande de recherche de paludisme, téléphoner pour obtenir les renseignements
indiqués sur la feuille jointe.
Départ : …./…./….
Retour : …./…./….
CHIMIOPROPHYLAXIE :
Médicament : ……………………………
Posologie : ………………………………
COMMENTAIRES :
80
3.2.2.2 Analytique
L’avènement des techniques récentes de biologie moléculaire permet d’avoir une nouvelle
approche diagnostique du paludisme grâce à un gain de sensibilité (seuil de 0,005 à 0,5
parasites/µL) et de spécificité (23) (26). Néanmoins, les techniques microscopiques avec
concentration (goutte épaisse ou QBC®) restent les méthodes de choix pour le diagnostic
d’urgence du paludisme de par leur rapidité d’exécution.
Pour chacune de ces méthodes nous avons réactualisé, référencé les modes opératoires
(Illustrations 17, 18, 19) puis procédé à leur évaluation en vue d’une validation.
81
Illustration 14 : Photographie d’un frottis mince avec 3 trophozoïtes de Plasmodium falciparum
Illustration 15 : Photographie d’une goutte épaisse avec nombreux trophozoïtes de Plasmodium falciparum
82
Illustration 16 : Procédure de recherche de paludisme (logigramme)
-ENREGISTREMENT INFORMATIQUE DE LA
-PAS D’ENREGISTREMENT INFORMATIQUE
DEMANDE PARA P PREA 001.doc
-identifier lames et Binax now® par le nom, prénom, date
-coller une étiquette sur les tubes
de naissance
-identifier lames et Binax now® par le numéro
d’échantillon
PHASE ANALYTIQUE :
-lancer la recherche d’antigènes PARA MO2 P APAR 004 .doc
-pendant la révélation de l’ICT : réaliser les frottis, les GE et lancer leurs colorations PARA MO1 P APAR 004 .doc
/ PARA MO3 P APAR 003 .doc
-commencer la lecture du frottis durant la fin de la coloration des GE
-lire le résultat de la recherche d’antigènes
-Poursuivre la lecture du frottis et lire la GE
-Si présence de Plasmodium, faire le diagnostic d’espèce PARA MO3 P APAR 004 .docx
-En cas de positivité à P. falciparum : estimer la parasitémie PARA MO4 P APAR 004 .doc
VALIDATION DU RESULTAT
APPELER LE BIOLOGISTE D’ASTREINTE POUR
PAR UN BIOLOGISTE OU UN INTERNE HABILITE CONFIRMATION DU RESULTAT
(cf. Procédure de validation biologique PARA P POSTA 010 .doc)
Pour tout diagnostic d’accès palustre, déclaration VALIDATION DU RESULTAT PAR UN BIOLOGISTE OU
au CNR par un biologiste PARA MO5 P APAR 004 .doc UN INTERNE HABILITE dans les heures ouvrable du labo
(cf. Procédure de validation biologique PARA P POSTA 010 .doc)
83
Illustration 17 : Mode opératoire frottis sanguin et coloration courte au May-Grünwald-Giemsa
INDICATIONS :
Recherche de paludisme
Prélèvement apporté rapidement au laboratoire du fait de l’urgence de l’examen,
remis en main propre à un personnel du laboratoire,
accompagné d’une demande avec renseignements épidémiologiques et cliniques
(voyage, date du retour, chimioprophylaxie, fièvre ...)
MATERIEL :
Pour la réalisation du frottis mince :
Lames à bords rodés et plage dépolie
Lamelles 22X32
Micropipette réglable de 0 à 20 µL et embouts adaptés
Gants en latex
Pour la réalisation de la coloration de MGG :
Boîtes de pétri avec chevalets pour support de lames
Dispositif d’aspiration de 3mL et de 1mL
Tube plastique 15mL pour réaliser la dilution
REACTIFS :
May-Grünwald à température ambiante au dessus de la paillasse de parasitologie
Giemsa à température ambiante au dessus de la paillasse de parasitologie
PBS conservé dans le réfrigérateur du secteur de parasitologie
Alcool ménager
TECHNIQUE :
84
FROTTIS SANGUIN PARA MO1 P APAR 004 A
ET COLORATION Date d’application:
COURTE AU MAY 01/02/2011
GRÜNWALD GIEMSA
(MGG)
Faire glisser la lamelle vers la goutte de sang, à son contact il se répartit régulièrement
par capillarité le long du bord de la lamelle (C)
Faire glisser alors la lamelle vers la gauche, jusqu'au bout, d’un mouvement assez lent et
régulier en maintenant le contact et la pression nécessaire pour que le sang s’étale en
une couche mince, uniforme derrière la lamelle (D). Un bon frottis est contenu
entièrement dans la lame (bords et franges) (E)
85
FROTTIS SANGUIN PARA MO1 P APAR 004 A
ET COLORATION Date d’application:
COURTE AU MAY 01/02/2011
GRÜNWALD GIEMSA
(MGG)
Coloration du frottis :
La coloration MGG longue (cf. PARA MO2 P APAR 003 A) s’effectue de la même façon,
mais le temps de pose du Giemsa dilué est de 20 mn.
Cette méthode est utilisée pour les parasites plus difficilement colorables (recherche de
filariose, recherche de leishmaniose viscérale, recherche de Trypanosomoses…) ou pour des
recherches mycologiques.
LECTURE :
Vérifier la qualité de la coloration: absence de tâches, couleur rose/orangée des
hématies, coloration en violet des noyaux des polynucléaires et des lymphocytes, petites
granulations violettes des neutrophiles, grosses granulations roses des éosinophiles.
En cas de mauvaise qualité, réaliser un nouveau frottis mince coloré.
En cas de recherche de paludisme et/ou de babésiose, lire le frottis avec une goutte
d’huile à immersion au grossissement 100 (200 champs minimum). Cette lecture doit se
faire en priorité dans une zone ou les hématies sont bien étalées et séparées afin de
mettre en évidence les trophozoïtes et/ou gamétocytes et/ou schizontes.
En cas de recherche de microfilaires, lire la totalité du frottis au grossissement 10 (sans
oublier les franges).
REFERENCES :
Cahier de formation biologie médicale BIOFORMA N°23, parasites sanguins, Décembre 2001
Y. J. Golvan, P. Ambroise-Thomas, LES NOUVELLES TECHNIQUES EN PARASITOLOGIE,
1984, FLAMMARION
86
Illustration 18 : Mode opératoire réalisation et coloration d’une goutte épaisse
INDICATIONS :
Recherche de paludisme
Recherche de filariose
Recherche de babésiose
Recherche réalisée sur tube de sang total EDTA
MATERIEL :
Lames à bords rodés et plage dépolie
Boîtes de Pétri avec chevalets pour support de lame
Dispositifs d’aspiration de 3mL et de 1mL
Micropipette réglable de 0 à 20µL et embouts adaptés
Tubes Plastique 15mL
Tubes à hémolyse
Bécher
Sèche cheveux
Platine chauffante (pièce de parasitologie)
Gants
REACTIFS :
Giemsa à température ambiante au dessus de la paillasse de parasitologie
PBS conservé dans le réfrigérateur du secteur de parasitologie
Saponine à 2% dans de l’eau physiologique. Des aliquotes de 500 µL en tubes à hémolyse
sont stockés à 4°C (conservation 1 an). Une réserve est au congélateur (même
réfrigérateur à -20°C (tiroir n°2) (conservation : 2 ans).
TECHNIQUE :
87
PARA MO3 P APAR 003 A
REALISATION ET
Date d’application:
COLORATION DE 01/02/2011
GOUTTE EPAISSE Page 88 sur 187
LECTURE :
La goutte doit être bien sèche.
Lire au microscope optique au grossissement x10 (recherche de microfilaires) et x100
avec une goutte d’huile à immersion (recherche de protozoaires sanguicoles).
Vérifier la qualité de la coloration par la présence de lymphocytes et de polynucléaires
colorés en violet et l’absence de tâches, le fond doit être rose pale.
Rechercher la présence de trophozoïtes et/ou gamétocytes et/ou schizontes ou de
microfilaires selon la recherche.
Lire au minimum 200 champs.
REFERENCES :
Brenier-Pinchart MP, Pinel C, Grillot R et Ambroise-Thomas P. Le diagnostic du paludisme
dans les régions non endémiques : valeurs, limites et complémentarité des méthodes
actuelles. Ann Biol Clin 2000 ;58 :310-15
Y. J. Golvan, P. Ambroise-Thomas, « LES NOUVELLES TECHNIQUES EN
PARASITOLOGIE », 1984, FLAMMARION.
88
Illustration 19 : Mode opératoire recherche d’antigènes de Plasmodium
INDICATIONS :
Diagnostic du paludisme
La recherche s’effectue à partir de sang sur tube EDTA (bouchon violet)
MATERIEL :
micropipette réglable de 0 à 20 µL et embouts adaptés (secteur de parasitologie)
REACTIFS :
coffret Binax now® Malariae (conservé à température ambiante au dessus de la paillasse de
parasitologie)
TECHNIQUE :
Sortir la carte test de sa pochette juste avant de l’utiliser.
Ouvrir la carte et la poser à plat sur la surface de travail.
Mélanger le tube de sang par retournements successifs (6 fois).
A l’aide de la pipette, déposer lentement 15 µL de sang total EDTA au niveau de la zone
violette du buvard (coté droit du dispositif).
Mettre ensuite 2 gouttes du réactif contenu dans le petit flacon A sous la zone violette
(laisser la première goutte pénétrer avant d’ajouter la deuxième). Ne pas ajouter de réactif A
directement sur le tampon violet.
Laisser migrer le sang lysé rouge le long de la bandelette de test jusqu’à sa limite
supérieure. Remarque : Si la migration du sang est bloquée à mi-chemin après 1 minute,
ajouter une goutte de réactif A sous la zone violette de dépôt du sang.
Juste avant que le sang n’atteigne la base du tampon blanc sur le haut de la bandelette,
laisser tomber lentement 4 gouttes du réactif A sur le haut du coté gauche du dispositif.
Retirer la protection adhésive du bord droit du dispositif quand le sang arrive en haut de la
bandelette test.
Refermer la carte et bien appuyer le long du bord droit de la fenêtre de résultats.
LECTURE :
La notice recommande la lecture du kit à 15 mn, cependant les bandes peuvent apparaître
plus rapidement voire après 15 mn. Il est donc préférable de surveiller régulièrement la
révélation du test (avant et après la lecture des lames).
Le résultat ne sera valide que si la bande C apparaît (bande contrôle).
L’interprétation se fera en fonction des résultats du frottis, de la goutte épaisse et du
contexte épidémiologique PARA P POSTA 010 .doc
89
PARA MO2 P APAR 004 A
RECHERCHE
Date d’application:
D’ANTIGENES 01/02/2011
BinaxNow Malaria®
C C C C C
T1 T1 T1 T1 T1
T2 T2 T2 T2 T2
C : bande contrôle
T1 : met en évidence l’antigène HRP-2 spécifique de P. falciparum
T2 : met en évidence un antigène pan-plasmodique (aldolase)
REFERENCES :
Gabriella A. Farcas et Al., Evaluation of the Binax Now® ICT Test versus PCR and
microscopy for the detection of Malaria in return travellers, Am. J. Trop. Med. Hyg., 69(6),
2003, pp. 589-592
ANNEXE :
Notice du coffret BinaxNow Malariae®
90
3.2.2.2.2 Validation des méthodes
Pour ces techniques qualitatives dont l’utilisation est recommandée par les sociétés
savantes, une validation basée essentiellement sur la vérification bibliographique de leurs
performances était envisageable (5). Les résultats de nos contrôles de qualité externes
(AFSSAPS) pouvant suffire à prouver la compétence du laboratoire.
Cependant, nous avons estimé que ces contrôles externes de qualité (frottis sanguins
colorés) permettaient de rendre compte du niveau d’expertise du microscopiste (élément
déterminant dans la recherche du paludisme), mais ne prenaient pas en compte la sensibilité
propre des techniques utilisées au laboratoire. Cette notion ne pouvant satisfaire notre volonté
d’assurer au patient et au prescripteur la concordance de nos résultats avec les données de la
littérature, nous avons décidé de procéder à une vérification initiale sur site plus approfondie.
" Les validations doivent être aussi approfondies que nécessaire pour répondre aux besoins de
l'application ou du domaine d'application concerné(e).
La vérification continue sera basée sur la mise en place de contrôles internes de qualité
(chapitre 3.2.2.2.3) et sur le suivi des contrôles externes AFSSAPS.
Notre vérification sur site a été réalisée à partir des 47 échantillons adressés au laboratoire
pour recherche de paludisme du 01/01/2010 au 27/09/2010 et sur lesquelles ont été effectuées
simultanément les 3 techniques (frottis mince, goutte épaisse, BinaxNow Malaria®).
D’autre part, 34 échantillons avaient été rendus négatifs et 1 échantillon avait présenté
des résultats discordants avec des recherches microscopiques sur frottis et goutte épaisse
91
négatives mais une recherche d’antigènes positive. La sensibilité de la recherche d’antigènes
étant inférieure à celle de la goutte épaisse, cette situation correspond à 2 hypothèses :
- Faux positif BinaxNow Malaria® possible en cas de présence de facteur rhumatoïde (23)
(28).
- Patient traité pour accès palustre avec persistance d’antigènes dans le sang (jusqu’à 15
jours après) (23).
- Une méthode prospective basée sur le suivi des résultats d’autres examens biologiques
réalisés en parallèle (hémoculture, ponction lombaire…) et prouvant l’implication d’un
autre agent infectieux ou d’une autre étiologie dans la fièvre ; l’évolution clinique
favorable du patient permettant ensuite d’éliminer l’hypothèse d’un accès palustre occulte
associé et donc de considérer ces échantillons comme de vrais négatifs.
- Pour les échantillons n’ayant pu bénéficier de cette confirmation (absence d’autre examen
biologique demandé par le clinicien, absence d’étiologie retrouvée), la congélation à -80°C
des échantillons négatifs et de l’échantillon discordant a permis de procéder à leur envoi
différé au laboratoire de parasitologie du CHU de Rangueil à Toulouse pour un contrôle
par biologie moléculaire. Ce laboratoire est accrédité selon la Norme NF EN ISO 15189 et
92
la technique utilisée est la PCR LightCycler Roche® dont les performances sont optimales
(23) (26).
Sur les 34 échantillons négatifs et l’échantillon discordant, un seul n’a pu être vérifié par
aucune de ces 2 méthodes : le patient concerné, perdu de vue, n’ayant pas eu d’autre examen
microbiologique et l’échantillon sanguin n’ayant pas été congelé. Il a donc été exclu de l’étude.
Tous nos envois au CNR du paludisme de La Pitié-Salpêtrière à Paris ont été confirmés
avec un diagnostic d’espèce correct.
Sur ces 12 échantillons, les frottis et les gouttes épaisses ont été rendus tous positifs (d=12
vrais positifs) alors que la recherche d’antigènes était faussement négative (b=1) lors d’un
accès à P. malariae.
93
Tableau 6 : Recherches de paludisme positives du 1erjanvier au 27 septembre 2010
94
Recherches négatives et recherche discordante (Tableaux 7 et 8):
- 1 était discordant (positif à Plasmodium sp. mais négatif avec les amorces spécifiques), il a
été retenu comme positif ; il s’agissait de l’échantillon initialement discordant
(frottis/goutte épaisse négatives/recherche d’antigènes positive). Un nouvel interrogatoire
de ce patient a permis de révéler que les symptômes (fièvre…) avaient débuté avant son
retour de Guinée et donné lieu à un traitement par un médicament local à base
d’Artemisine expliquant ainsi la négativité de nos examens microscopiques.
95
Tableau 7 : Recherches de paludisme négatives du 1er janvier au 27 septembre 2010
96
Au total, on disposait réellement de 33 échantillons non infectés (M- =33) et 13
échantillons infectés (M+ =13).
Concernant le frottis mince et la goutte épaisse, nous avons rendu 33 vrais négatifs (a=33)
et 1 faux négatif (b=1 faux négatif dû au traitement). Pour le BinaxNow Malaria®, nous avons
rendu 33 vrais négatifs (a=33) et 1 faux négatif (b=1 faux négatif à P. malariae).
Le seuil de détection ne fait pas partie des éléments à évaluer pour la validation d’une
méthode qualitative (5). Nous avons cependant choisi de l’aborder pour la recherche du
paludisme où cette notion peut s’avérer importante au moment de la validation biologique d’un
résultat.
Au cours de faibles parasitémies, il est possible que le frottis et/ou le test de diagnostic
rapide soit négatifs. La goutte épaisse permet alors de rendre une parasitémie (souvent très
faible) à partir du décompte du nombre de trophozoïtes pour 500 leucocytes et, par
extrapolation, un nombre de trophozoïtes / µL de sang.
En travaillant à partir d’échantillons faiblement parasités, il est donc possible d’obtenir des
valeurs seuils de positivité (en trophozoïtes /µL) pour chaque technique qui pourront ensuite
être comparées aux données bibliographiques.
97
Sur nos 12 échantillons positifs à Plasmodium, 2 étaient faiblement parasités (48/µL et
288/µL). La surveillance biologique à J3 des patients traités pour accès à P. falciparum nous a
permis d’obtenir d’autres échantillons faiblement parasités (48/µL, 77/µL, 13/µL et 160/µL).
L’analyse supplémentaire des résultats des échantillons faiblement parasités (suivi après 3
jours de traitement) met en évidence 3 frottis négatifs mais qui correspondent à des taux
inférieurs au seuil de détection décrit dans la littérature (48, 77 et 13 parasites/µL pour un seuil
de 100-300/µL) (23) ; on s’aperçoit de plus que 2 frottis ont permis de détecter des
trophozoïtes pour des valeurs inférieures ou à la limite du seuil (48 et 160 parasites/µL). On
remarque également que les gouttes épaisses sont positives alors que la densité parasitaire est
proche du seuil de détection décrit dans la littérature (48, 77 et 13 parasites/µL pour un seuil de
98
10 à 20/µL) (23) (29) (30) (31) et que le frottis mince se négative. Nos techniques du frottis
mince et de goutte épaisse présentent donc un seuil de détection satisfaisant.
BinaxNow Malaria® :
La sensibilité diagnostique du test BinaxNow Malaria® est de 92% ce qui est satisfaisant
au regard des données de la littérature car le seul faux négatif observé correspond à un accès à
P. malariae, espèce pour laquelle le test est connu pour être peu performant (30). La spécificité
diagnostique s’élève à 100% ce qui est excellent.
99
D’après le guide GTA 04 (5), les résultats de la vérification doivent faire l’objet d’un
document cohérent et clair, avec une acceptation formelle de la validité opérationnelle des
techniques. Ce document doit comporter la présentation de la technique, la détermination des
paramètres à vérifier, la détermination des objectifs à atteindre, la compilation et le traitement
statistique des données obtenues et la décision quant à la validité opérationnelle de la
technique.
Le document SH FORM 44, disponible sur le site du Cofrac, est destiné à servir de
formulaire de présentation des résultats de validation de méthode qualitative (7).
Les illustrations suivantes (Illustrations 20, 21 et 22) ont donc été élaborées à partir des
résultats obtenus, sur le modèle de ce formulaire.
100
Illustration 20 : Validation du frottis mince coloré au MGG dans la recherche de paludisme
Note : le laboratoire se réfèrera au tableau du § 9.2.1 du Document Cofrac SH GTA 04 pour connaître les
paramètres à déterminer dans le cadre d'une vérification sur site (portée A) ou d’une validation (portée B)
et complétera une fiche par examen de biologie médicale.
DESCRIPTION DE LA METHODE
101
FICHE DE VALIDATION Référence : SH FORM 44
du frottis sanguin mince coloré au May-
LOGO Grünwald-Giemsa pour la recherche de Indice de révision : 00
Cofrac paludisme
Date d’application :
(portée B étendue) 15/04/11
MISE EN OEUVRE
102
FICHE DE VALIDATION Référence : SH FORM 44
LOGO du frottis sanguin mince coloré au May-
Cofrac Grünwald-Giemsa pour la recherche de Indice de révision : 00
paludisme
Date d’application :
(portée B étendue) 15/04/11
Prétraitement de l'échantillon
Confection d’un frottis sanguin mince Mode opératoire, habilitation
(centrifugation, dilution, …) :
Main d'œuvre (habilitation du
personnel) : Préciser les
Techniciens, internes, biologistes Procédures d’habilitation
références des procédures et
enregistrements.
-Respect des temps de
Conditions ambiantes
fixation/coloration -Fixation/coloration chronométrées
requises (ex : température,
-Conditions de coloration : pH 7,2 à -Utilisation de tampon PBS
organisation des locaux,
7,4 -Aménagement des locaux
éclairage,…) :
-Zone de lecture au calme
Référence du réactif Marqués CE
-May-Grünwald Biolyon® FR09766
(référence fournisseur, ® Contrôle interne (témoin positif)
-Giemsa Biolyon FR09265
version) : PARA MO1 P QUA 011 A
Matériau de références Coloration des hématies et leucocytes
Qualité de la coloration
(témoins) : Contrôles internes positifs
Equipements :
Exigences métrologiques*
(définir les paramètres Micropipette réglable (0 à 20µL)
Maintenance
critiques) Microscopes
Exigences informatiques*
spécifiques
* item à renseigner si nécessaire
103
FICHE DE VALIDATION Référence : SH FORM 44
LOGO du frottis sanguin mince coloré au May-
Cofrac Grünwald-Giemsa pour la recherche de Indice de révision : 00
paludisme
Date d’application :
(portée B étendue) 15/04/11
33M- 13M+
S- a=33 b=1
S+ c=0 d=12
CONTAMINATION
104
FICHE DE VALIDATION Référence : SH FORM 44
LOGO du frottis sanguin mince coloré au May-
Cofrac Grünwald-Giemsa pour la recherche de Indice de révision : 00
paludisme
Date d’application :
(portée B étendue) 15/04/11
COMPARAISON DE METHODES
ROBUSTESSE
STABILITE
Commentaires éventuels :
A partir du suivi post-thérapeutique à J3 de certains patients nous avons également tenté d’évaluer le seuil de
détection (parasites/µL) en comparaison avec la goutte épaisse (voir résultats).
105
Illustration 21 : Validation de la goutte épaisse dans la recherche de paludisme
Référence : SH FORM 44
FICHE DE VALIDATION
LOGO de la goutte épaisse pour la recherche
Cofrac Indice de révision : 00
de paludisme
(portée B étendue) Date d’application :
15/04/11
Note : le laboratoire se réfèrera au tableau du § 9.2.1 du Document Cofrac SH GTA 04 pour connaître les
paramètres à déterminer dans le cadre d'une vérification sur site (portée A) ou d’une validation (portée B)
et complétera une fiche par examen de biologie médicale.
DESCRIPTION DE LA METHODE
Marquage CE (Oui/Non)
Non (oui pour les réactifs)
Codage C.N.Q. (s’il existe) :
106
Référence : SH FORM 44
FICHE DE VALIDATION
LOGO de la goutte épaisse pour la recherche
Cofrac Indice de révision : 00
de paludisme
(portée B étendue) Date d’application :
15/04/11
MISE EN OEUVRE
107
Référence : SH FORM 44
FICHE DE VALIDATION
LOGO de la goutte épaisse pour la recherche
Cofrac Indice de révision : 00
de paludisme
(portée B étendue) Date d’application :
15/04/11
Prétraitement de l'échantillon
Confection de la goutte Mode opératoire, habilitation
(centrifugation, dilution, …) :
Main d'œuvre (habilitation du
personnel) : Préciser les
Techniciens ou internes Procédures d’habilitation
références des procédures et
enregistrements.
Conditions ambiantes
-Respect du temps de coloration -Coloration chronométrées
requises (ex : température,
-Rinçage -Rinçage dans un bécher adapté
organisation des locaux,
-Zone de lecture au calme -Aménagement des locaux
éclairage,…) :
Référence du réactif Marqués CE
-Giemsa Biolyon® FR09265
(référence fournisseur, Contrôle interne (témoin positif)
-Saponine S 2149
version) : PARA MO1 P QUA 011 A
Matériau de références Contrôle de l’absence de tâches
Qualité de la coloration
(témoins) : Contrôle des leucocytes
Equipements :
Exigences métrologiques*
(définir les paramètres Micropipette réglable (0 à 20µL)
Maintenance
critiques) Microscopes
Exigences informatiques*
spécifiques
* item à renseigner si nécessaire
108
Référence : SH FORM 44
FICHE DE VALIDATION
LOGO de la goutte épaisse pour la recherche
Cofrac Indice de révision : 00
de paludisme
(portée B étendue) Date d’application :
15/04/11
33M- 13M+
S- a=33 b=1
S+ c=0 d=12
CONTAMINATION
109
Référence : SH FORM 44
FICHE DE VALIDATION
LOGO de la goutte épaisse pour la recherche
Cofrac Indice de révision : 00
de paludisme
(portée B étendue) Date d’application :
15/04/11
COMPARAISON DE METHODES
ROBUSTESSE
STABILITE
Commentaires éventuels :
A partir du suivi post-thérapeutique à J3 de certains patients nous avons également tenté d’évaluer le seuil de
détection (nombre de parasites/µL) (voir résultats) ces résultats confirment la sensibilité supérieure de la goutte
épaisse.
110
Illustration 22 : Validation du BinaxNow Malaria® dans la recherche de paludisme
Référence : SH FORM 44
FICHE DE VALIDATION
LOGO du BinaxNow Malaria® pour la recherche
Cofrac Indice de révision : 00
de paludisme
(portée A standard) Date d’application :
15/04/11
Note : le laboratoire se réfèrera au tableau du § 9.2.1 du Document Cofrac SH GTA 04 pour connaître les
paramètres à déterminer dans le cadre d'une vérification sur site (portée A) ou d’une validation (portée B)
et complétera une fiche par examen de biologie médicale.
DESCRIPTION DE LA METHODE
111
Référence : SH FORM 44
FICHE DE VALIDATION
LOGO du BinaxNow Malaria® pour la recherche Indice de révision : 00
Cofrac de paludisme
(portée A standard) Date d’application :
15/04/11
MISE EN OEUVRE
112
Référence : SH FORM 44
FICHE DE VALIDATION
LOGO du BinaxNow Malaria® pour la recherche
Cofrac Indice de révision : 00
de paludisme
(portée A standard) Date d’application :
15/04/11
Prétraitement de l'échantillon
Mode opératoire, habilitation
(centrifugation, dilution, …) :
Main d'œuvre (habilitation du
personnel) : Préciser les
Techniciens ou internes Procédures d’habilitation
références des procédures et
enregistrements.
Conditions ambiantes -Conservation à température
-Conservation à température ambiante
requises (ex : température, ambiante
-Révélation chronométrées
organisation des locaux, -Respect du délai de 15 mn
éclairage,…) : -Bon éclairage lors de la lecture
Référence du réactif
REF 660-000
(référence fournisseur, Marqué CE
version) :
Matériau de références
Ligne de contrôle Si absente, test non valide
(témoins) :
Equipements :
Exigences métrologiques*
(définir les paramètres Micropipette réglable (0 à 20µL)
Maintenance
critiques) Microscopes
Exigences informatiques*
spécifiques
* item à renseigner si nécessaire
113
Référence : SH FORM 44
FICHE DE VALIDATION
LOGO du BinaxNow Malaria® pour la recherche
Cofrac Indice de révision : 00
de paludisme
(portée A standard) Date d’application :
15/04/11
33M- 13M+
S- a=33 b=1
S+ c=0 d=12
CONTAMINATION
114
Référence : SH FORM 44
FICHE DE VALIDATION
LOGO du BinaxNow Malaria® pour la recherche
Cofrac Indice de révision : 00
de paludisme
(portée A standard) Date d’application :
15/04/11
COMPARAISON DE METHODES
ROBUSTESSE
STABILITE
115
3.2.2.2.3 Contrôles internes de qualité
Deux problèmes majeurs étaient à prendre en compte ; tout d’abord la faible incidence des
accès palustres à Limoges et la durée de vie limitée des trophozoïtes dans les échantillons de
sang total.
Le seul moyen de conserver des contrôles positifs non colorés est de fixer au méthanol des
frottis de sang impaludé puis de les stocker à -80°C. Cette méthode est directement accessible
sur le site du CDC Dpdx (15) à partir duquel nous avons mis en place un mode opératoire de
préparation des contrôles internes (Illustration 23). Il parait logique de réaliser un contrôle
interne lors de chaque changement de flacon de MGG ou pour tout problème remettant en
cause la qualité de la coloration. Le suivi de ces contrôles est notifié dans la fiche du réactif.
116
Illustration 23 : Préparation des contrôles internes pour coloration M.G.G.
INDICATIONS :
Contrôle qualité de chaque nouveau flacon de colorant dans le cadre de la vérification
continue des méthodes de recherche directe de paludisme.
Vérification technique décidée par le biologiste.
Ce mode opératoire décrit la réalisation et la conservation de frottis sanguins positifs aux
différentes espèces de Plasmodium.
MATERIEL :
sang EDTA d’un patient positif à Plasmodium
lames à bord dépoli
lamelles
REACTIFS :
méthanol pur
TECHNIQUE :
Sélectionner le sang EDTA (prélèvement < 1h) d’un patient positif à une espèce
de Plasmodium ; la recherche de paludisme devra avoir permis de mettre en évidence au
moins 1 trophozoïte tous les 2 à 3 champs.
Noter l’espèce plasmodiale et la parasitémie sur chaque lame.
Faire autant de frottis sanguins que nécessaires cf PARA MO1 P APAR 004 A.doc
Faire sécher les frottis à température ambiante en les aérant (comme un éventail).
Fixer les frottis par trempage dans du méthanol à 100% et laisser sécher.
Conserver les lames à -80°Cdans la boite réservée à cet effet (située dans le congélateur
1BHFR 08 :3 porte en partant du haut, tiroir du milieu à droite).
Avant utilisation, sortir une lame et laisser évaporer la condensation.
LECTURE :
Vérifier, après coloration cf PARA MO1 P APAR 004 A.doc, la positivité de la lame pour
valider les colorants et remplir la fiche réactif MGG.
REFERENCES :
http://www.dpd.cdc.gov/dpdx/HTML/PDF_Files/malaria_staining_benchaid.pdf
117
3.2.2.2.4 Evaluation externe de la qualité
Par le biais de frottis minces colorés, le paludisme est la parasitose sanguine la plus
souvent abordée au cours de ces contrôles. C’est alors la capacité du personnel à mettre en
évidence le parasite au microscope, à faire un diagnostic d’espèce et à estimer une parasitémie
qui est évaluée. L’exploitation des résultats depuis 2000 n’a révélé aucune erreur concernant la
mise en évidence de Plasmodium et le diagnostic d’espèce.
118
3.2.2.3 Post-analytique
Les résultats discordants observés pour un échantillon au cours de la vérification sur site
illustrent l’importance du contexte épidémiologique, de la clinique et des informations
recueillies lors de la phase pré-analytique.
P. falciparum P. falciparum
ou
P.P.malariae
malariae P. ovale P. vivax
infection mixte
Ag POSITIF Ag NEGATIF
GE - GE + GE -
*En cas de recherche négative avec forte suspicion épidémio-clinique, une surveillance clinique rapprochée et un
deuxième prélèvement seront proposés au prescripteur
120
3.2.3 Recherche de leishmaniose viscérale
Les leishmanioses sont des affections dues à des protozoaires flagellés du genre
Leishmania, elles sont transmises à l’Homme par des petits moucherons : les phlébotomes.
3.2.3.1 Pré-analytique
C’est la ponction de moelle osseuse qui est la plus souvent contributive (12). Néanmoins la
recherche peut aussi être réalisée à partir du sang veineux, des ganglions, du foie, des
muqueuses digestives ou de liquide bronchiolo-alvéolaire (12).
121
Illustration 26 : Aide à la prescription recherche de leishmaniose viscérale
+
SEJOUR EN ZONE D’ENDEMIE
-BASSIN MEDITERRANEEN (France : Corse, PACA, Cévennes l’été)
-ASIE (Chine, Inde, Bangladesh…)
-EST AFRICAIN
-AMERIQUE DU SUD (Brésil …)
Pour plus de renseignements, appeler le laboratoire au 53916
Demander :
122
3.2.3.2 Analytique
La sensibilité approche 100% chez l’immunocompétent par les techniques les plus
performantes, elle est moindre en cas de SIDA mais reste supérieure à 80% (35).
124
Illustration 28 : Procédure de recherche de leishmanioses (logigramme)
RECHERCHE DE RECHERCHE DE
LEISHMANIOSE CUTANEE LEISHMANIOSE
OU CUTANEO-MUQUEUSE VISCERALE
Secteur de Secteur
Secteur de parasitologie directe de
parasitologie directe sérologie
125
Illustration 29 : Mode opératoire leucocytocentrifugation
INDICATIONS :
Cette technique est notamment utilisée pour la recherche de leishmanies.
Elle s’effectue sur :
Sang prélevé sur EDTA (5mL) (ou citrate)
Moelle osseuse en cas de prélèvement dilué : sur anticoagulant (EDTA ou citrate)
MATERIEL :
Boîtes de Pétri avec chevalets pour support de lame (pièce parasitologie)
Filtre Sartorius® (0,2µm) et seringue stérile de 2mL
Cytocentrifugeuse cytospin 3 SHANDON (pièce mycologie)
Matériel cytospin (cytoclips, carte filtrante, chambres jetables) dans le placard D de la
pièce mycologie
Tube à hémolyse
Dispositif d’aspiration 1mL
Micropipette réglable 200 à 1000µL (pièce de sérologie)
Lames à bords rodés et plage dépolie (pièce parasitologie)
Microscope optique
REACTIFS :
Solution hémolysante pour leucocytocentrifugation filtrée (cf. fiche réactif)
May Grunwald à température ambiante au dessus de la paillasse de parasitologie
Giemsa à température ambiante au dessus de la paillasse de parasitologie
PBS conservé dans le réfrigérateur du secteur de parasitologie (95 00 106)
Solution stérile NaCl à 0,9% flacon de 250mL
TECHNIQUE :
Dans un tube à hémolyse, récupérer 1mL de la solution hémolysante filtrée (0,2µm).
Ajouter 500µL de sang (100µL si recherche effectuée sur moelle).
Mélanger doucement par retournements jusqu’à hémolyse complète (1mn).
Prélever, avec la micropipette réglable, un volume de ce mélange qui sera fonction du
nombre de leucocytes (à récupérer sur cyberlab) :
126
PARA MO7 P APAR 003 B
LEUCOCYTO Date d’application:
CENTRIFUGATION 01/02/2011
Page 127 sur 187
Déposer ce volume dans deux chambres jetables de la cytospin, puis fermer avec le
bouchon
Monter 2 dispositifs pour centrifugation : inclure une lame de microscope et la carte
filtrante entre le cytoclip et la chambre jetable.
Placer les dispositifs dans la cuve de la cytospin.
Refermer la cuve.
Centrifuger 12 minutes à 2000tours/minute.
Retirer précautionneusement les lames.
Sécher les lames à température ambiante et colorer au May-Grünwald-Giemsa (cf MO
MGG).
Observer longuement (30 minutes) au microscope, avec l’objectif x100 à immersion en
recherchant les formes amastigotes intra ou extra cellulaires.
REFERENCES :
Cahier de formation biologie médicale BIOFORMA N°23, parasites sanguins, Décembre 2001
127
3.2.3.2.2 Validation des méthodes
Cependant, l’analyse rétrospective des résultats obtenus au laboratoire au cours des années
2008, 2009 et 2010 nous permet d’étudier la corrélation de nos méthodes. De plus, en
considérant l’association : examen direct de la moelle osseuse et cultures comme la méthode de
référence (36), nous pouvons calculer la sensibilité des autres techniques.
Pendant ces trois années, sur les 28 recherches réalisées, seulement 15 ont respecté
l’association de l’examen direct de la moelle osseuse et de la culture. Sur ces 15 recherches, un
cas de leishmaniose viscérale infantile autochtone a été authentifié en 2009. La positivité de la
PCR et de l’immunofluorescence indirecte permettent de conclure à une sensibilité de 100%
pour ces deux techniques. La corrélation de nos 4 méthodes est de 100%.
Dans le suivi post-thérapeutique, la PCR sur sang périphérique a été la seule réalisée en
raison de sa plus grande sensibilité reconnue dans la littérature.
3.2.3.3 Post-analytique
Le résultat est validé par un biologiste qui, en fonction des éléments pré-analytiques et
analytiques, interprétera le résultat sur le compte-rendu.
128
3.2.4 Recherche de trypanosomose humaine africaine
La trypanosomose humaine africaine, aussi appelée « maladie du sommeil », est due à un
protozoaire flagellé sanguicole Trypanosoma brucei dont il existe 2 sous-espèces de répartition
géographique différente (T. b. gambiense en Afrique de l’Ouest et T. b. rhodesiense en Afrique
de l’Est) (12). Les vecteurs sont des diptères du genre Glossina plus connus sous le nom de
mouches tsé-tsé. Cette parasitose est strictement africaine et ne peut être contractée qu’en
Africaine subsaharienne principalement dans les zones rurales reculées.
En France, son diagnostic est exceptionnel, une étude rétrospective portant sur 50
laboratoires de parasitologie durant les années 1980-2004 révèle que seuls 24 cas ont été
recensés (39).
La rareté de la maladie en France ne justifie en aucun cas une prise en charge diagnostique
de seconde ligne. En effet, cette pathologie qui a une présentation clinique peu spécifique
(fièvre, asthénie, prurit, adénopathies…) évolue constamment, en l’absence de traitement, vers
une phase méningo-encéphalitique aboutissant à un état grabataire et un coma d’évolution
fatale. De plus, au début du XXI siècle, de nombreux pays d’Afrique centrale et de l’Ouest
connaissent des flambées épidémiques d’infections à T. b. gambiense (40).
3.2.4.1 Pré-analytique
Il est très difficile pour un médecin de France métropolitaine d’évoquer une parasitose
aussi exceptionnelle. C’est l’association de plusieurs arguments cliniques, épidémiologiques et
biologiques qui doit mener le clinicien à la suspecter.
Les diverses études conduites sur les signes cliniques de la trypanosomose humaine
africaine, leur fréquence et leur proportion sont encore aujourd’hui peu fiables (41).
129
Pendant la phase lymphatico-sanguine, la fièvre est le symptôme le plus constant (12),
l’apparition de ganglions cervicaux mobiles, indolores et élastiques est un signe évocateur,
l’hépatosplénomégalie est modérée. Des manifestations cutanées sont observables, parmi elles,
le prurit est la plus fréquente (12) ; des œdèmes de la face et des trypanides (éruptions
polycycliques) sont inconstants mais évocateurs. Au cours de cette phase, il est possible
d’isoler le parasite dans le sang et/ou les ganglions.
130
Illustration 30 : Aide à la prescription recherche de trypanosomose humaine africaine
+
des cas)
-Afrique de l’Est pour T. b. rhodesiense
+
Signes de phase 1
Signes de phase 2
lymphatico-sanguine :
méningo-
Mali
encéphalitique:
-FIEVRE -TROUBLES
Tchad
« anarchique » Soudan NEURO-
Guinée
(éliminer avant tout un Nigeria ENDOCRINIENS
Togo
Ghana
CIV R.Centre-Afrique
paludisme) Cameroun Ethiopie
-TROUBLES DU
Congo Ouganda
Gabon Kenya SOMMEIL
et/ou manifestations RD Congo T. b.
cutanées : T. b. gambiense CCONGO Tanzanie
rhodesiense -TROUBLES
-PRURIT SENSITIVO-
Zambie
Angola
Mozambique
-œdèmes MOTEURS
-érythèmes fugaces Namibie Zimbabwe
-TROUBLES DU
(tronc, racine des Très forte endémie
COMPORTEMENT
membres) Forte endémie
A risque -SYNDROME
Des adénopathies sont CONFUSIONNEL
également possibles
-CONVULSIONS
Demander :
- une « trypanosomose africaine recherche directe » sur sang pour T. b. gambiense et
rhodesiense (voire ponction ganglionnaire)
- une « trypanosomose africaine sérologie » (CATT et IFI), uniquement en cas de suspicion de T.
b. gambiense (cf carte)
En cas de positivité ou de forte suspicion clinique de phase 2, il est impératif de réaliser une
recherche dans le LCR :
- du parasite à l’examen direct
- d’anticorps spécifiques (IFI) « trypanosomose africaine sérologie »
- d’une cytorachie (LCR en Hématologie pour recherche de plasmocytes) et d’une protéinorachie 131 et
dosage des IgM (LCR en immunologie)
3.2.4.2 Analytique
Le diagnostic ne peut être affirmé que si les signes de suspicion sont confirmés par la mise
en évidence de trypanosomes dans le sang ou dans la lymphe. La recherche directe de parasites
dans le sang au cours de dépistages de masse est souvent décevante, en raison de faux négatifs
dus aux vagues de parasitémie (41). Il est alors nécessaire d’employer des méthodes de
concentration des trypanosomes. Les méthodes indirectes telles que la détection d’anticorps
sont utiles pour établir une suspicion et, dans les dépistages de masse, pour la présélection de
sujets susceptibles d’être infectés.
132
Illustration 31 : Procédure de recherche de trypanosomose humaine africaine (logigramme)
Recherche directe
sur sang total EDTA Recherche indirecte
+/-ponction ganglionnaire (réalisée par l’interne du secteur
+/- Moelle osseuse de sérologie)
T+ T-
LCR et/ou cellules et cellules
≥5/µL <5/µL
et/ou et protéines
T- T+ protéines <0.4g/L
≥0.4g/L
T.H.A. stade 1
Surveillance T.H.A. stade 2 lymphatico-
voire contrôle neurologique sanguine
133
3.2.4.2.2 Techniques réalisées au laboratoire et leur vérification bibliographique
Sur le LCR la technique de la double centrifugation est utilisée considérée par l’OMS
comme la technique la plus sensible (41). Les modes opératoires de ces techniques de
concentration ont été rédigés en référence au cahier BIOFORMA N°23 (37), vérifiés puis
approuvés.
Ce test, effectué sur sang total ou sérum, repose sur la détection sérologique d’anticorps
dirigés contre un type dominant d’antigène variant (variant antigen type, VAT) de la
glycoprotéine variante de surface (VSG). L’antigène du CATT est constitué de T. b. gambiense
LiTat 1.3 purifiés (il n’est pas efficace dans la maladie à T. b. rhodesiense).
Initialement validé chez 155 patients infectés par T. b. gambiense, comparés à 247 sujets
sains et 54 patients porteurs d’une autre parasitose, ce test est fourni par l’Institut de médecine
tropicale Prince Léopold d’Anvers. La sensibilité du CATT (de 92 à 100%), sa spécificité (de
90 à 95%) et la stabilité des réactifs sont constamment améliorés. Cependant, des faux positifs
peuvent être dus à une infection par des trypanosomes animaux ou des Leishmanies et des faux
négatifs sont possibles lors d’infections trop récentes. Il doit donc être complété par des tests
parasitologiques de confirmation avant d’entreprendre un traitement (41).
135
La méthode peut être utilisée sur du sérum ou du LCR. Elle a été améliorée par Magnus et
al. (1978) en utilisant l’antigène lyophilisé LiTat 1.3 préparé à l’Institut de médecine tropicale
Prince Léopold d’Anvers ainsi que le conjugué d’anticorps anti-IgG humain gamma spécifique
marqué à la fluorescéine et produit par Pasteur Diagnostics.
L’évaluation sur site des méthodes directes n’est pas envisageable du fait de l’impossibilité
de disposer au laboratoire d’échantillons contenant des trypanosomes vivants. Concernant les
méthodes indirectes, une évaluation sur site ne pourrait se faire qu’avec des échantillons
prélevés sur des patients séropositifs.
La validation de nos méthodes repose donc avant tout sur la vérification bibliographique.
3.2.4.3 Post-analytique
La loase est transmise par piqûre du chrysops en Afrique centrale forestière. Elle se
manifeste par du prurit, un sillon cutané érythémateux, des œdèmes fugaces et migrateurs et le
passage de la filaire adulte sous la conjonctive ou la peau (12) (17).
136
3.2.5.1 Pré-analytique
Les signes cliniques sont peu spécifiques, ils peuvent être absents ou au contraire
spectaculaires ; les renseignements épidémiologiques ont donc une importance majeure dans
l’approche diagnostique et donc lors de la phase pré-analytique.
Concernant les filarioses sanguicoles, les microfilaires apparaissent dans le sang selon une
périodicité qu’il faut respecter au moment du prélèvement pour optimiser le rendement
diagnostique de l’examen parasitologique :
- en cas de suspicion de loase (Loa loa), le prélèvement sanguin devra être réalisé vers 12h
(37).
Nous avons élaboré une aide à la prescription (Illustration 33) destinée à orienter le
prescripteur dans le choix des analyses disponibles, en fonction du contexte clinico-
épidémiologique.
137
Illustration 33 : Aide à la prescription recherche de filariose
Demander :
- Une « filariose sérologie » (une sérologie négative n’exclut pas le diagnostic)
- Une recherche directe de microfilaires
138
3.2.5.2 Analytique
Dans certains cas, il sera utile de pratiquer une numération des microfilaires. Quant au
diagnostic sérologique, il ne peut être qu’un élément d’appoint, utile dans les formes pauci-
parasitaires.
La recherche de microfilaires à Limoges associe l’examen du sang à l’état frais, entre lame
et lamelle à la technique de leucoconcentration (lyse par la saponine) permettant de sensibiliser
la recherche (12). La réalisation d’un frottis mince et d’une goutte épaisse colorés permettent le
diagnostic d’espèce.
Dans le cadre de notre politique de maîtrise documentaire, nous avons révisé le mode
opératoire de notre technique de leucoconcentration (Illustration 34) en vérifiant sa conformité
au cahier BIOFORMA (37).
Nous avons également établi un document illustré permettant d’adopter une démarche
pratique pour le diagnostic d’espèce des trois principales filaires sanguicoles pathogènes chez
l’Homme : Loa loa, Wuchereria bancrofti et Brugia malayi.
139
Illustration 34 : Mode opératoire concentration des microfilaires par hémolyse à la saponine
INDICATIONS :
Ce mode opératoire est utilisé pour la recherche de microfilaires sanguicoles et conserve les
microfilaires vivantes :
Loa loa (Afrique)
Wuchereria bancrofti (Afrique, Inde…)
Wuchereria bancrofti (var Pacifica)
Brugia malayi
Mansonella perstans
MATERIEL :
Tube plastique de 50mL
Pipettes graduées de 15mL
Poires d’aspiration 3mL
Centrifugeuse (secteur de parasitologie)
Lames porte-objets de 76x26 mm, bords non rodés et rodés
lamelles 22 x 22 mm
REACTIFS :
Eau physiologique
PBS conservé dans le réfrigérateur du secteur de parasitologie (95 00 106)
Saponine à 2% dans de l’eau physiologique. Des aliquotes de 500 µL en tubes à
hémolyse sont stockés à 4°C (conservation 1 an). Une réserve est au congélateur
(même réfrigérateur à -20°C (tiroir n°2) (conservation : 2 ans).
May-Grünwald à température ambiante au dessus de la paillasse de parasitologie
Giemsa à température ambiante au dessus de la paillasse de parasitologie
TECHNIQUE :
Dans un tube plastique de 50mL, mettre :
140
CONCENTRATION PARA MO5 P APAR 003 A
DES FILAIRES Date d’application:
PAR HEMOLYSE 01/02/2011
A LA SAPONINE Page 141 sur 187
LECTURE :
Le culot ne comporte que des leucocytes et des microfilaires.
Les microfilaires restent vivantes et bien mobiles.
En cas de résultat positif :
Faire à partir du culot une goutte épaisse calibrée colorée au Giemsa pour
différenciation d’espèce.
Compter le nombre de microfilaires par mL de sang (compter la totalité du culot)
Le résultat devra être rendu en nombre de microfilaires par mL et par µL.
DOCUMENTS DE REFERENCE :
cahier de formation biologie médicale (BIOFORMA) N°23 :PARASITES SANGUINS 2001
141
3.2.6 Recherche de parasites dans les selles
3.2.6.1 Pré-analytique
142
Illustration 35 : Aide à la prescription devant une suspicion de parasitose digestive
Demander :
- « Scotch®-test anal » : oxyures ou Taenia saginata (les causes les plus fréquentes en France)
EN CAS DE NEGATIVITE
Si hyperéosinophilie : Si hyperéosinophilie :
* Recherche systématique avant tout traitement immunosuppresseur chez un patient à risque d’anguillulose
143
3.2.6.2 Analytique
Comme conseillé par l’ensemble des données de la littérature (14) (44) (45) (46) (47) un
examen parasitologique des selles standard doit combiner :
En 1962, J.Bailenger met au point une méthode susceptible de donner satisfaction dans la
majorité des analyses à effectuer. Suite à de nombreuses expériences, il s’aperçoit que
plusieurs facteurs ont une influence sur la concentration des œufs, des larves et des kystes, le
principal étant le pH.
Cette méthode fait partie, avec celle du MIF des méthodes diphasiques utilisées en routine
au laboratoire depuis plusieurs années, sa rapidité et sa simplicité de réalisation étant très
avantageuses.
Nous avons donc évalué nos techniques du Bailenger et du MIF au cours de notre
évaluation sur site.
144
Illustration 36 : Concentration parasitaire : méthode diphasique, aspect du tube après centrifugation
Phase aqueuse
Les techniques de concentration par flottation ont recours à une solution de densité élevée
pour parvenir à récupérer les œufs d’helminthes ou certaines formes de protozoaires (kystes de
Giardia, oocystes de coccidies) sur une lamelle déposée à la surface du mélange selle/solution
de densité élevée.
145
Illustration 37 : Concentration parasitaire : méthode de flottation
Notre procédure de recherche de parasites dans les selles a été adaptée aux résultats de
notre évaluation sur site et les modes opératoires des différentes techniques ont été révisés.
146
3.2.6.2.2 Evaluation sur site
3.2.6.2.2.1 Méthode
Bien qu’il s’agisse d’une méthode qualitative, nous avons également intégré des données
quantitatives en décomptant le nombre de kystes ou oocystes présents pour 50 champs à
l’objectif 40 et en décomptant le nombre d’œufs ou oocystes présents pour 50 champs à
l’objectif 10 (une différence d’au moins 30% étant retenue comme significative).
Les techniques ont été réalisées à partir de 45 échantillons positifs du CHU de Limoges et
du CHU de Nice conservés à 4°C. La majorité des protozoaires et helminthes potentiellement
rencontrés dans les selles en parasitologie était représentée (voir les Tableaux 11 et 12).
Les échantillons ont été techniqués en suivant les instructions de nos modes opératoires,
dans les conditions du laboratoire.
La lecture des lames a été réalisée à l’aveugle en respectant également les modes
opératoires du laboratoire.
147
Tableau 11 : Protozoaires et coccidie inclus dans la vérification
148
3.2.6.2.2.2 Résultats
Cependant des différences significatives en faveur du Bailenger par rapport au MIF sont à
remarquer concernant certaines espèces : Endolimax nana (n°1 à 5 sur le graphique) et
Entamoeba coli (n°6 à 17), un échantillon de Iodamoeba butschlii (n°18), un de Chilomastix
mesnilii (n°24) et un de Cyclospora (n°26).
500
Bailenger MIF ED
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26
149
Concernant les helminthes/Cyclospora, les sensibilités de l’examen direct, de la méthode
du MIF, et du Bailenger sont respectivement de 45%, de 50% et de 70% (les faux négatifs
pour le Bailenger correspondent à 2 Ascaris, 2 H. nana, 1 Trichuris et 1 Schistosoma).
Les sensibilités des méthodes de flottation sont de 60% pour l’Otto-Hewitt, 75% pour le
Willis (2 faux négatifs à Dicrocoelium, 1 à Trichuris, 1 à H. nana, 1 à Schistosoma) et 90%
pour la méthode de Janeckso-Urbanyi (faux négatifs: 1 H. nana et 1 Dicrocoelium)
La méthode de Willis est nettement supérieure à celle d’Otto-Hewitt pour les œufs de
trichocéphale (n°1 ,2 ,4), d’ankylostome (n°8, 9) et les oocystes de Cyclospora.
160
140
120
100
Janeckso
80
Willis
60 Otto
40
20
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
150
Ces résultats sont en phase avec les données de la littérature (14) (44) (46), en effet la
technique de Janeckso-Urbanyi est la plus sensible pour mettre en évidence les helminthes et
les différentes techniques de flottation ont une sensibilité qui dépend des espèces
d’helminthes : le Janeckso met particulièrement bien en évidence les gros œufs (notamment
Schistosoma mansoni) et les œufs de trichocéphale. Le Willis est efficace pour les œufs
d’Hymenolepis nana (un faux négatif mais très faiblement parasité). L’association
Bailenger/Willis permet d’avoir une sensibilité identique à celle du Janeckso isolé.
Pour assurer une évaluation continue de nos méthodes, nous effectuons un contrôle interne
après chaque régénération de réactif (Bailenger, Janeckso-Urbanyi, Willis, MIF). Cette mesure
nécessite la conservation d’échantillons de selles positives à 4°C dans de l’azide de sodium. La
toxicité de nombreux de ces réactifs nous a incité, au regard des exigences du chapitre 5.2. de
la Norme concernant la sécurité du personnel, à mettre à jour les fiches réactifs ainsi que les
fiches de sécurité des substances chimiques utilisées.
151
3.2.6.2.4 Evaluation externe
L’évaluation externe de la qualité de notre recherche de parasites dans les selles s’appuie
sur la réalisation et le suivi des contrôles AFSSAPS.
L’exploitation des résultats depuis 2000 n’a révélé aucune erreur majeure concernant la
mise en évidence de parasites dans les selles et le diagnostic d’espèce lorsqu’il était possible.
On note un seul oubli qui concernait la selle de 2003 PAR1 et la mise en évidence de
Blastocystis hominis secondaire dans cet échantillon parasité par Entamoeba histolytica/dispar.
152
3.2.6.3 Post-analytique
Lors d’une recherche de parasites dans les selles, l’étape post-analytique est décisive dans
la qualité de la prise en charge ultérieure du patient. En effet, il est important que le clinicien
connaisse les limites du résultat rendu par le laboratoire et qu’il soit en mesure de l’interpréter
correctement.
- L’émission intermittente des éléments parasitaires dans les selles (kystes, œufs, formes
végétatives…) ne permet pas d’exclure formellement une parasitose digestive à partir d’un
unique examen négatif. De même, la mise en évidence d’un ou plusieurs parasites sur un
seul échantillon de selles n’élimine d’autres parasitoses associées. Il est donc recommandé
d’effectuer au moins 3 examens parasitologiques des selles espacés de quelques jours (43)
(45).
- Le laboratoire peut être amené à mettre en évidence des protozoaires, des flagellés ou
autres parasites peu connus du médecin prescripteur et pour lesquels le rôle pathogène
n’est pas démontré.
Nous avons donc mis en place une procédure de validation biologique destinée à assurer la
présence sur le compte-rendu de commentaires adaptés aux différentes situations possibles et
permettant au clinicien d’adapter la conduite à tenir. Chaque commentaire est associé à un code
dans le logiciel GLIMS permettant une saisie rapide.
153
Tableau 14 : Commentaires codifiés des résultats d’examens parasitologiques des selles
154
3.2.7 Recherche de schistosomose urinaire
La schistosomose ou bilharziose est une parasitose très répandue en zone tropicale. Elle est
relativement fréquente parmi les voyageurs qui se rendent en Afrique.
La découverte d’une hématurie chez un patient ayant séjourné en zone d’endémie doit
faire suspecter une bilharziose urinaire à Schistosoma haematobium. Après un bain en eau
douce infestée, le parasite pénètre à travers la peau en une dizaine de minutes. Les
schistosomules gagnent le foie et deviennent des vers adultes. Après copulation, les vers
migrent vers leur lieu d’élection, en particulier les veines péri-vésicales pour Schistosoma
haematobium. Les femelles pondent des œufs qui tombent dans la vessie et sont éliminés dans
les urines. Dans l’eau douce, les œufs éclosent et libèrent les embryons ciliés ou miracidium.
Ceux-ci nagent dans l’eau et pénètrent dans un mollusque, le bulin, où ils se multiplient. Ils en
ressortent sous forme de larves aquatiques ou furcocercaires qui doivent pénétrer dans un
organisme vivant, Homme ou animal pour poursuivre le cycle. Il s’écoule deux mois entre
l’infestation et l’élimination des œufs dans les urines (12).
155
3.2.7.1 Pré-analytique
Pour qu’une recherche de schistosomose urinaire soit rentable et que le résultat rendu soit
interprétable, il est indispensable que la prescription associe la recherche directe du parasite
(dans les urines voire dans les selles) à une recherche indirecte moins spécifique mais positive
à un stade plus précoce.
Une action préventive doit absolument être mise en place pour réduire ces erreurs au
moment de la prescription.
Si la recherche directe est négative malgré une sérologie positive ou une forte suspicion, il
sera indispensable que le prescripteur demande une nouvelle série d’examens directs à distance
(1 mois). La première ayant potentiellement été réalisée pendant la phase d’invasion au cours
de laquelle il n’y a pas encore de ver adulte et, par conséquent, pas d’œuf émis. Ces modalités
de prescription ne sont pas toujours respectées en pratique.
Afin d’améliorer la qualité de la prescription, nous avons donc établi une aide à la
prescription (Illustration 40). Le rôle du laboratoire étant également indispensable dans le suivi
du traitement, nous y avons intégré des informations concernant la périodicité et les modalités
de cette surveillance post-thérapeutique.
La recherche directe du parasite dans les urines devra être réalisée sur les urines des 24
heures ou en cas d’impossibilité sur miction complète matinale après effort physique pré-
mictionnel (montée d’escalier, sautillements…). Celui-ci permet de détacher les œufs
enchassés dans la muqueuse vésicale (12). Ces conditions de prélèvement sont précisées dans
le catalogue des analyses du CHU.
156
Illustration 40 : Aide à la prescription recherche de schistosomose urinaire
- Afrique
- Madagascar
- Proche Orient
+
BAINS EN EAU DOUCE
+ +
HYPEREOSINOPHILIE HEMATURIE
avec séjour récent <2 mois Avec séjour il y a plus de
± fièvre, urticaire 2 mois
+/- hyperéosinophilie
Demander :
- une « schistosomose sérologie »
- une parasitologie directe des urines X3
- une parasitologie des selles X3
Le diagnostic de certitude est porté par la mise en évidence des oeufs dans les urines, dans
les selles ou sur biopsie de muqueuse rectale, d’œufs ovoïdes de 150 sur 60 micromètres
pourvus d’un éperon terminal caractéristique (12) (48).
Illustration 41 : Photographie d’un œuf de S. haematobium (140µm) avec son éperon terminal
Le personnel doit être sensibilisé à la difficulté de reconnaître les œufs lorsqu’ils sont
recouverts de débris cellulaires (Illustration 42).
Nous associons à cette recherche la réalisation d’un test sérologique par hémagglutination
indirecte (BILHARZIOSE FUMOUZE®) permettant d’optimiser notre sensibilité diagnostique.
158
Illustration 42 : Mode opératoire recherche de Schistosoma haematobium dans les urines
INDICATIONS :
Cf. Aide à la prescription PARA F9 P PREA 001 .doc
La recherche s’effectue à partir des urines de fin de miction émises après effort (monter les
escaliers) ou bien la totalité des urines de 24 heures.
MATERIEL :
Seringue stérile de 20mL
Porte filtre
Filtre polycarbonate Wathmann ® 12µm (réf :7060-2516)
Pince
Centrifugeuse
Microscope
Lame et lamelles
Pipette Pasteur ou dispositif d’aspiration
Tube plastique de 30mL
REACTIFS :
Acide acétique 3%
TECHNIQUE :
Si les urines sont claires : réaliser la technique du filtre
Dévisser le porte filtre
Sur la partie inférieure du porte filtre, installer le filtre en polycarbonate face
brillante vers le haut
Revisser soigneusement le porte filtre
Remplir la seringue avec l’urine à analyser
Insérer la seringue sur le porte filtre
Filtrer la totalité des urines
Dévisser et mettre la membrane à l’aide d’une pince sur une lame porte objet
Ajouter une goutte d’eau physiologique
Recouvrir d’une lamelle
Lors d’urines chargées en cristaux ou hématies :
Prendre un tube plastique, le remplir d’urines avec quelques gouttes d’acide
acétique à 3% et centrifuger à 2000 t/min pendant 10 minutes
Jeter le surnageant et lire au microscope jusqu’à épuisement, la totalité du culot.
Urines de 24 heures :
Laisser décanter pendant une nuit
Aspirer la partie supérieure en ne laissant qu’environ 20mL dans le fond
Centrifuger la totalité du reste d’urines
Lire le culot en entier au microscope grossissement x10 et x20
Ou le filtrer à l’aide du filtre de la même manière que précédemment
159
RECHERCHE DE PARA MO1 P APAR 002 A
SCHISTOSOMA Date d’application:
HAEMATOBIUM 01/02/2011
DANS LES URINES Page 160 sur 187
LECTURE :
Lire au microscope x10 et x20
Rechercher des œufs de S. haematobium (150µm de long avec éperon terminal)
Apprécier leur viabilité par la recherche de miracidium (dans l’œuf ou après éclosion)
et la mobilité de leurs nombreux cils périphériques
Œuf de S. haematobium avec son éperon terminal A une échelle inférieure, miracidium hors de son
(et son miracidium) retenu par les pores du filtre. œuf avec ses nombreux cils vibratiles.
DOCUMENTS DE REFERENCE :
Y. J. Golvan, P. Ambroise-Thomas, LES NOUVELLES TECHNIQUES EN
PARASITOLOGIE, 1984, FLAMMARION
160
3.2.7.2.2 Evaluation des méthodes : corrélation entre recherche directe et sérologie
La mise en évidence des œufs de Schistosoma haematobium dans les urines est considérée
comme la méthode de référence puisqu’elle permet le diagnostic de certitude de schistosomose
urinaire (12).
Sur les 15 recherches directes dans les urines, 2 ont permis de mettre en évidence
Schistosoma haematobium, la sérologie était à chaque fois positive avec une réaction
significative d’une infection évolutive (titre ≥ 160). La sensibilité diagnostique du test
sérologique est alors de 100%.
Par contre, 2 recherches sérologiques supplémentaires étaient positives (titres à 320 et 80)
malgré la négativité de la recherche dans les urines. Si on les considére comme des faux
positifs, la spécificité est alors de 84%. En réalité, la sérologie titrée à 320 correspondait à une
infection à S. haematobium en phase d’invasion confirmée ultérieurement par un autre examen
des urines et la sérologie titrée à 80 correspondait à une schistosomose urinaire récemment
traitée. La spécificité diagnostique réelle de l’hémagglutination indirecte est donc de 100%
dans cette évaluation.
Sur l’ensemble des 15 recherches, la corrélation de nos deux méthodes est de 87%. Les
deux discordances correspondent à 2 recherches directes négatives (une pendant la phase
d’invasion et une après traitement) illustrant en fait la complémentarité des deux techniques.
161
Tableau 15 : Recherches de schistosomose urinaire à Limoges retenues pour l’évaluation
3.2.7.3 Post-analytique
Le résultat est validé par un biologiste qui, en fonction des éléments pré-analytiques et
analytiques, interprétera le résultat sur le compte-rendu.
162
DISCUSSION
163
1. LES AVANCEES
L’objectif de la Biologie Médicale est de contribuer à la prévention, au dépistage, au
diagnostic, à la décision thérapeutique et au suivi de l’état de santé des patients. Elle est
construite pour les patients et non pour les professionnels, tout en sachant qu’il est de l’intérêt
des patients d’avoir des professionnels compétents, aux connaissances régulièrement
actualisées. Au-delà de l’analyse biologique, le plus important est la réponse apportée à une
question clinique par un examen approprié, réalisé dans les meilleures conditions de coût et de
qualité possible. C’est en essayant d’adhérer à cette politique prônée par le Rapport Ballereau
que nous avons élaboré ce travail.
Nous avons progressé dans la gestion de toute notre documentation par la mise en place
d’une architecture documentaire structurée, la création de nouveaux documents indispensables
et la révision/approbation des documents relatifs à la parasitologie directe. La mise au point de
fiches d’habilitation permet une meilleure traçabilité de la formation initiale du personnel.
Les exigences techniques ne concernent pas que la phase analytique de l’examen et nous
avons essayé d’améliorer la coopération du laboratoire avec le personnel médical en proposant
164
des conseils quant à la pertinence des analyses demandées que ce soit lors de la phase pré-
analytique par l’amélioration du manuel de prélèvement et la mise en place d’aides à la
prescription ou lors de la phase post-analytique par des commentaires adaptés.
165
2.1.3 L’environnement : Hygiène et Sécurité
2.1.3.1 Séparation des produits chimiques
Dans le chapitre 5.2, la Norme met l’accent sur la sécurité du personnel, la sécurité des
locaux et également sur le traitement et l’élimination des déchets.
2.1.3.2 Sorbonne
- La sorbonne à caisson est prévue pour les manipulations d’acides, bases et vapeurs
lourdes, à froid. Un caisson étanche permet la récupération des condensas.
2.1.3.3 Remplacement des réactifs utilisés pour la recherche dans les selles
Chambre de mélange
Mailles
Tridimensio-
nnelles
Pelle de prélèvement
Trappe à débris
Cône de sédimentation
167
2.1.4 Les contrôles externes de qualité
La mise en place et le suivi de contrôles externes de qualité font partie des éléments
essentiels de la Norme. Ils permettent de participer à la formation continue du personnel et à
l’évaluation continue des méthodes utilisées.
Le suivi des contrôles AFSSAPS en parasitologie ne peut constituer, à lui seul, une mesure
suffisante d’évaluation externe de la qualité. La participation à des contrôles inter-laboratoires
devra donc être envisagée.
2.1.5 La maintenance
Des procédures concernant la maintenance du matériel du laboratoire sont indispensables.
Une traçabilité de cette maintenance (microscopes, centrifugeuse, balances…) est requise.
Il est donc important que chacun participe à cette démarche qualité. Ceci passera à l’avenir
par des réunions plus régulières au sein du service et la mise en place de groupes de travail.
Des audits internes réguliers doivent également être appliqués afin de faire progresser
continuellement le système.
168
justifier les aménagements à prévoir en fonction des exigences de la Norme et des différentes
spécialités.
Dans ce contexte, nous avons difficilement pu aborder les exigences relatives aux locaux
et conditions environnementales actuelles, telles que l’absence de sorbonne pour la réalisation
des examens parasitologiques des selles.
Pour le futur bâtiment, des questions restent en suspend concernant l’organisation liée à
l’activité de prélèvement. Une procédure générale, commune aux différents services, devrait
être mise en place. Cependant, nous l’avons vu précédemment, les prélèvements de
parasitologie et de mycologie sont très spécifiques et nécessitent une prise en charge adaptée,
parfois longue (second prélèvement de gale en cas de premier examen direct négatif) qui devra
donc être prise en compte. Les recommandations de l’Institut National de Recherche et de
Sécurité précisent que le laboratoire doit disposer d’au moins une salle de prélèvement située à
proximité de la salle d’attente et de la salle de tri des échantillons (50). La salle de prélèvement
doit également répondre à des exigences spécifiques de conception (superficie, conditions de
luminosité et de température, respect de l’intimité du patient…).
- Une zone contenant un poste de sécurité microbiologique (PSM) à l’abri des courants d’air
ambiant. Ce PSM est destiné à effectuer les manipulations pouvant générer des bio-
aérosols potentiellement contaminants.
169
Illustration 44 : Schéma fonctionnel d’une salle de microbiologie selon l’INRS (50)
170
CONCLUSION
171
L’intérêt du patient doit être au cœur des préoccupations du système de santé. C’est un des
principes de base du Rapport Ballereau à l’origine de la réforme de la Biologie Médicale. Pour
permettre à chacun d’avoir accès à une biologie de qualité prouvée, l’ensemble des laboratoires
français doit repenser et adapter son mode de fonctionnement. Les laboratoires du secteur privé
sont, en général, bien avancés dans leur démarche d’accréditation alors que ceux du secteur
hospitalier ne sont, pour la plupart, que dans une phase d’initiation à la qualité.
C’est dans cette direction que nous avons mené ce travail au sein du secteur de
parasitologie directe de Limoges. L’évaluation de nos méthodes qualitatives a notamment été
basée sur l’évolution clinique et biologique du malade. L’importance du contexte
épidémiologique et des renseignements cliniques dans cette discipline a nécessité la mise en
place de procédures orientées vers le dialogue clinico-biologique et la prestation de conseils.
Le travail de management initié par la cellule qualité au sein de l’hôpital doit être relayé
par les différents services du futur laboratoire afin de pouvoir envisager une entrée effective
dans la démarche d’accréditation avant 2013. Nous avons donc proposé à l’ensemble de la
cellule, notre dossier de validation des méthodes qualitatives de recherche de paludisme pour
qu’il fasse partie des méthodes présentées en 2012 au comité français d’accréditation.
172
BIBLIOGRAPHIE
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45. Bourée P, Bisaro F. Diarrhées parasitaires. La Presse Medicale. 2007 Avr;36(4, Part 2):706-
716.
176
TABLE DES MATIERES
REMERCIEMENTS ................................................................................................................... 4
SOMMAIRE ............................................................................................................................. 14
INTRODUCTION .................................................................................................................... 14
GENERALITES ....................................................................................................................... 19
1. LA NORME NF EN ISO 15189 ET LES GUIDES D’ACCREDITATION .............................................. 20
RESULTATS............................................................................................................................ 40
1. PRESTATIONS DE CONSEILS ................................................................................................... 41
1.1 Les exigences de la Norme ............................................................................................ 41
1.2 Des aides à la prescription pour répondre à cette exigence ............................................. 41
1.2.1 L’hyperéosinophilie sanguine : un motif fréquent de recherche parasitaire .............. 42
1.2.2 Parasitoses tropicales nécessitant une prestation de conseils .................................... 46
1.3 Avis et interprétations .................................................................................................... 46
2. EXIGENCES LIEES AU PERSONNEL .......................................................................................... 47
2.1 Pré-analytique ............................................................................................................... 47
2.1.1 Personnel préleveur du laboratoire : habilitation des internes ................................... 47
2.1.2 Personnel préleveur n’appartenant pas au laboratoire : manuel de prélèvements et
catalogue des analyses ......................................................................................................... 52
2.2 Analytique ..................................................................................................................... 56
2.2.1 Des contrôles internes de qualité pour une formation continue ................................ 56
2.2.2 Autres mesures de formation ................................................................................... 57
2.2.3 Habilitation au secteur de parasitologie directe ........................................................ 57
2.3 Post-analytique .............................................................................................................. 61
3. PROCEDURES TECHNIQUES .................................................................................................... 61
3.1 Le prélèvement est réalisé au laboratoire ....................................................................... 61
3.1.1 Recherche de sarcoptes ........................................................................................... 62
3.1.1.1 Mode opératoire ..................................................................................................... 62
3.1.1.2 Incertitude de mesure et maîtrise du risque d’erreur ................................................ 67
3.1.2 Test à la cellophane adhésive ou Scotch®-test anal .................................................. 69
178
3.1.2.1 Conditions de réalisation ........................................................................................ 69
3.1.2.2 Mode opératoire ..................................................................................................... 69
3.1.3 Recherche de Demodex folliculorum ....................................................................... 72
3.1.3.1 Commensal ou pathogène ? .................................................................................... 72
3.1.3.2 Mode opératoire ..................................................................................................... 72
3.1.4 Recherche d’onchocercose ...................................................................................... 75
3.2 Le prélèvement n’est pas réalisé au laboratoire .............................................................. 75
3.2.1 Gestion des non-conformités ................................................................................... 75
3.2.2 Recherche de paludisme .......................................................................................... 76
3.2.2.1 Pré-analytique ........................................................................................................ 77
3.2.2.1.1 Aide à la prescription ................................................................................ 77
3.2.2.1.2 Fiche de renseignements............................................................................ 79
3.2.2.2 Analytique.............................................................................................................. 81
3.2.2.2.1 Procédure et modes opératoires ................................................................. 81
3.2.2.2.2 Validation des méthodes............................................................................ 91
3.2.2.2.3 Contrôles internes de qualité ................................................................... 116
3.2.2.2.4 Evaluation externe de la qualité ............................................................... 118
3.2.2.3 Post-analytique..................................................................................................... 119
3.2.3 Recherche de leishmaniose viscérale ..................................................................... 121
3.2.3.1 Pré-analytique ...................................................................................................... 121
3.2.3.1.1 Aide à la prescription .............................................................................. 121
3.2.3.2 Analytique............................................................................................................ 123
3.2.3.2.1 Procédure diagnostique du laboratoire ..................................................... 123
3.2.3.2.2 Validation des méthodes.......................................................................... 128
3.2.3.3 Post-analytique ..................................................................................................... 128
3.2.4 Recherche de trypanosomose humaine africaine .................................................... 129
3.2.4.1 Pré-analytique ...................................................................................................... 129
3.2.4.1.1 Motifs de la recherche ............................................................................. 129
3.2.4.1.2 Rôle fondamental du biologiste ............................................................... 130
3.2.4.2 Analytique............................................................................................................ 132
3.2.4.2.1 Procédure du laboratoire.......................................................................... 132
3.2.4.2.2 Techniques réalisées au laboratoire et leur vérification bibliographique ... 134
3.2.4.3 Post-analytique ..................................................................................................... 136
3.2.5 Recherche de filarioses.......................................................................................... 136
3.2.5.1 Pré-analytique ...................................................................................................... 137
3.2.5.1.1 Aide à la prescription .............................................................................. 137
179
3.2.5.2 Analytique............................................................................................................ 139
3.2.5.2.1 Procédure du laboratoire.......................................................................... 139
3.2.6 Recherche de parasites dans les selles ................................................................... 142
3.2.6.1 Pré-analytique ...................................................................................................... 142
3.2.6.2 Analytique ........................................................................................................... 144
3.2.6.2.1 Procédure du laboratoire.......................................................................... 144
3.2.6.2.2 Evaluation sur site ................................................................................... 147
3.2.6.2.3 Contrôles internes ................................................................................... 151
3.2.6.2.4 Evaluation externe ................................................................................... 152
3.2.6.3 Post-analytique..................................................................................................... 153
3.2.7 Recherche de schistosomose urinaire .................................................................... 155
3.2.7.1 Pré-analytique ...................................................................................................... 156
3.2.7.1.1 Aide à la prescription .............................................................................. 156
3.2.7.1.2 Importance des conditions de prélèvement .............................................. 156
3.2.7.2 Analytique............................................................................................................ 158
3.2.7.2.1 Procédure du laboratoire.......................................................................... 158
3.2.7.2.2 Evaluation des méthodes : corrélation entre recherche directe et sérologie161
3.2.7.3 Post-analytique..................................................................................................... 162
DISCUSSION......................................................................................................................... 163
1. LES AVANCEES ................................................................................................................... 164
2. LES LIMITES ET LES PERSPECTIVES ....................................................................................... 165
2.1 Les mesures restant à mettre en place .......................................................................... 165
2.1.1 Recherche d’amibes libres ..................................................................................... 165
2.1.2 Recherche de cryptosporidies et de microsporidies ................................................ 165
2.1.3 L’environnement : Hygiène et Sécurité ................................................................. 166
2.1.3.1 Séparation des produits chimiques ........................................................................ 166
2.1.3.2 Sorbonne .............................................................................................................. 166
2.1.3.3 Remplacement des réactifs utilisés pour la recherche dans les selles ..................... 166
2.1.4 Les contrôles externes de qualité ........................................................................... 168
2.1.5 La maintenance ..................................................................................................... 168
2.1.6 Gestion des non-conformités ................................................................................. 168
2.1.7 Un travail à inclure dans une démarche collective ................................................. 168
2.2 Le futur bâtiment de Biologie Médicale ....................................................................... 168
CONCLUSION....................................................................................................................... 171
180
TABLE DES MATIERES....................................................................................................... 177
181
TABLE DES ILLUSTRATIONS
182
Illustration 29 : Mode opératoire leucocytocentrifugation .............................................................. 126
Illustration 30 : Aide à la prescription recherche de trypanosomose humaine africaine .................. 131
Illustration 31 : Procédure de recherche de trypanosomose humaine africaine (logigramme) ........ 133
Illustration 32 : Photographie de Trypanosoma brucei sur frottis mince coloré au May-Grünwald-
Giemsa ................................................................................................................................... 134
Illustration 33 : Aide à la prescription recherche de filariose ......................................................... 138
Illustration 34 : Mode opératoire concentration des microfilaires par hémolyse à la saponine ....... 140
Illustration 35 : Aide à la prescription devant une suspicion de parasitose digestive ...................... 143
Illustration 36 : Concentration parasitaire : méthode diphasique, aspect du tube après
centrifugation ......................................................................................................................... 145
Illustration 37 : Concentration parasitaire : méthode de flottation ................................................. 146
Illustration 38 : Nombre de kystes/oocystes pour 50 champs à l’objectif 40 .................................... 149
Illustration 39 : Nombre d’œufs/oocystes pour 50 champs à l’objectif 10........................................ 150
Illustration 40 : Aide à la prescription recherche de schistosomose urinaire .................................. 157
Illustration 41 : Photographie d’un œuf de S. haematobium (140µm) avec son éperon terminal ..... 158
Illustration 42 : Mode opératoire recherche de Schistosoma haematobium dans les urines............. 159
Illustration 43 : Principe de la méthode Parasep® SF ..................................................................... 167
Illustration 44 : Schéma fonctionnel d’une salle de microbiologie selon l’INRS (50) ...................... 170
183
TABLE DES TABLEAUX
184
SERMENT D’HIPPOCRATE
Admis à l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s’y
passe, ma langue taira les secrets qui me seront confiés et mon état ne servira pas
à corrompre les mœurs ni à favoriser les crimes.
185
186
L’Ordonnance du 13 janvier 2010, propre à la réforme de la Biologie Médicale, impose
aux laboratoires français l’accréditation selon la Norme NF EN ISO 15189. L’objectif est
d’améliorer et d’uniformiser le niveau de qualité de la Biologie Médicale française. Chaque
laboratoire doit alors prouver au comité français d’accréditation (Cofrac) qu’il maîtrise toutes les
phases de l’analyse, du prélèvement jusqu’au rendu du résultat. Une cellule qualité a donc été
mise en place au sein du Pôle Biologie-Hygiène du CHU de Limoges dans le but de fédérer les
initiatives et les démarches Qualité de chacun des sites du futur laboratoire hospitalier.
Dans ce contexte, le service de Parasitologie-Mycologie a initié un ensemble d’actions
destinées à répondre aux exigences de la Norme. Les spécificités propres à la parasitologie directe
rendent parfois difficile l’application des exigences techniques. En effet, les méthodes
analytiques, basées sur la mise en évidence d’éléments parasitaires au microscope, sont
qualitatives et la faible incidence des parasitoses en France métropolitaine rend difficilement
applicable la vérification de leurs performances sur site. Un important travail de réflexion et une
collaboration inter-laboratoires sont alors nécessaires.
Le service de Parasitologie-Mycologie du CHU de Rangueil à Toulouse est accrédité selon
la Norme NF EN ISO 15189. Nous nous sommes appuyés sur leur savoir-faire afin de constituer
le dossier de validation des méthodes de recherche de paludisme et d’évaluer les performances sur
site d’autres techniques.
Afin de favoriser le dialogue clinico-biologique, nous nous sommes efforcés d’établir des
prestations de conseils (aide à la prescription, proposition d’une démarche diagnostique,
interprétation des résultats…). Nous avons également mis en place des mesures destinées à
prouver et à optimiser la qualité de la formation du personnel du secteur de parasitologie directe.
La réactualisation de nos procédures techniques et leur approbation nous ont aussi permis de
progresser dans la maîtrise de notre documentation.
Les actions, ainsi mises en place, participent à l’amélioration de la qualité du résultat rendu
mais ne peuvent être jugées comme suffisantes. Elles doivent s’inscrire dans un processus
d’amélioration continue compris et adopté par tous les acteurs de santé.
Mots clés : Accréditation, norme NF EN ISO 15189, parasitologie directe, validation des
méthodes, habilitation, prescription.
Pôle Biologie-Hygiène.
Service de Parasitologie-Mycologie, CHU de Limoges.
187