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Similitudes et Différences Amoureuses dans "Le Rouge et le Noir"

Ce résumé décrit deux relations amoureuses complexes entretenues par Julien Sorel dans le roman Le Rouge et le Noir de Stendhal. La première est avec Louise de Rênal, femme mariée conservatrice, et la seconde avec Mathilde de la Mole, femme marginale ne respectant pas les conventions. Bien que ces relations partagent des similarités comme l'ascension sociale de Julien, elles diffèrent grandement dans leur nature.

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Similitudes et Différences Amoureuses dans "Le Rouge et le Noir"

Ce résumé décrit deux relations amoureuses complexes entretenues par Julien Sorel dans le roman Le Rouge et le Noir de Stendhal. La première est avec Louise de Rênal, femme mariée conservatrice, et la seconde avec Mathilde de la Mole, femme marginale ne respectant pas les conventions. Bien que ces relations partagent des similarités comme l'ascension sociale de Julien, elles diffèrent grandement dans leur nature.

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Mathilde SALA

15 janvier 2021
107 Français, Le Rouge et le Noir de Stendhal

1. Question de lecture : Julien entretient une relation amoureuse avec Louise de Rênal, puis avec
Mathilde de La Mole. Quelles similitudes et quelles différences voyez-vous entre ces deux
relations ?

Nous avons face à nous deux relations amoureuses relativement complexes.


La première avec Louise de Rênal, femme mariée, mère de trois enfants, plutôt conservatrice, et la
seconde avec Mathilde de la Mole qui, au contraire, est ce qu’on pourrait décrire comme marginale,
ne souhaitant pas respecter les mœurs du siècle.

Les similitudes que nous pouvons observer dans ces deux relations sont que d’une certaine manière,
Julien profite à chaque fois du statut de ces deux femmes pour faire sa propre ascension sociale.
Pour ces deux relations, on pourrait se demander tout le long du romain s’il les a réellement aimés
ou non.
De plus, l’aspect « amants maudits » se retrouve dans les deux romances : avec Louise qui trompe
son mari pour Julien, et Mathilde, fille du marquis, pour qui ce serait mal vu d’avoir un lien avec un
homme tel que Sorel.

Nous avons beaucoup plus de différences entre ces 2 aventures :


Tout d’abord, Louise est le premier amour de Julien. Leur rencontre donne tout de suite une idée de
ce que va être leur aventure : douce, presque chaleureuse, et directement intense.
Louise de Rênal se livre passionnellement à Julien, elle l’admire et prend beaucoup de risques
comme tromper son mari pour lui, elle lui donne de l’argent que Julien refuse, elle dit le voir en
Pape tant elle le trouve fabuleux.
Cette relation donne beaucoup d’assurance à Julien, il la domine surtout par son orgueil.
Dans cette relation, il garde la tête sur les épaules et acquit tout le long de plus en plus de maturité.
Il gagnera grâce à Mme de Rênal, beaucoup de combats de vie.

Avec Mathilde, son second amour, cela est bien différent. La première fois que Julien a vu
Mathilde, elle ne lui a physiquement pas plu, du moins il la décrit ainsi : « il pensa qu’il n’avait
jamais vu des yeux aussi beaux ; mais ils annonçaient une grande froideur d’âme ».
Et leur relation sera bien différente que celle qu’entretien Julien avec Louise, le schéma est plus
complexe.
Premièrement Mathilde ne se donne pas aussi facilement que Louise à Julien, Il y a ici un jeu de
stratégies et de jalousie, comme un « je t’aime moi non plus » constant.
Le grand changement d’attitude de Mathilde vis-à-vis de Julien intervient dès qu’elle se rend
compte de sa grossesse. Dès ce moment-là elle commença à lui offrir beaucoup de biens.
Il évoluera socialement et financièrement grâce à elle, notamment en changeant de la classe sociale.

Au final nous pouvons dire que Louise et Mathilde ont toutes deux des figures presque caricaturales
de la société du XVIII ème siècle. L’une, Louise est conservatrice, tandis que l’autre, Mathilde, est
un symbole de révolte, presque de renouveau.

2. Question de réflexion : En lisant ce roman, on peut se demander, à plusieurs reprises, si Julien


« aime » vraiment Mathilde et Mme de Rênal.

Les définitions de l’amour sont multiples, selon Aristote par exemple il s’agit de l’union entre deux
personnes non par intérêt ou plaisir, mais comme recherche du bien de l'autre sans rien attendre en
retour.
Ou encore selon Schopenhauer, l'amour n'est qu'une illusion du « Vouloir-Vivre » qui est défini
comme le désir inconditionnel d'une espèce de subsister et de se perpétuer elle-même à travers la
reproduction.
Donc répondre à la question « est ce que Julien aime ?» semble complexe.
Cependant, nous en savons beaucoup sur lui :
Nous savons que l’ambition de Julien est démesurée, ayant comme idole Napoléon, beaucoup de ses
comportements semblent lui en être inspirés, cette presque « obsession » de l’Empereur et ce fort
sentiment d’appétence pourrait nous laisser penser qu’il ne peut éprouver autre chose, le rendant
peut-être à la limite du narcissisme.
En réalité, la stabilité psychologique de Julien remet question cette vision de l’amour qu’on peut
apercevoir de sa part. En effet, il est violent, impulsif, pense à de maintes reprises à tuer Mathilde,
ou va même jusqu’à tirer sur Madame de Rênal.

Nous voyons aussi lors du chapitre 19, quand Mathilde et lui sont dans la chambre de la damoiselle,
ses pensées de suicide lorsque De la Mole tente de lui faire un baisé sur la joue, il dit préférer
mourir que de l’embrasser. Nous savons aussi que Julien est orgueilleux, il se souci plus de sa
réputation que de son amour.
Pour essayer de réviser cette première impression que j’ai pu avoir envers Sorel d’homme instable
narcissique, nous allons essayer de trouver d’autres éléments qui pourraient nous prouver qu’il a pu
« aimer ».
Il est toujours fasciné par la beauté des deux femmes, si on pense que l’attirance physique est de
l’amour et bien Julien aime. Au fond nous pouvons peut-être trouver une certaine passion (qui
signifie souffrance en latin) avec Mathilde, il met en effet toute sa force pour la conquérir, mais ce
n’est-il pas justement pour satisfaire son égo car Mathilde le méprise ?
Nous savons aussi au début du livre 1 que Julien aurait préférer avoir une liaison avec la cousine de
Louise de Rênal, il est donc très vite difficile d’affirmer qu’il ait pu l’aimer.
Pour conclure, je pense que Sorel possède une fierté et un orgueil bien trop fort pour aimer ces
femmes.

3. Question de lecture : décrivez la personnalité de Mathilde.

Mathilde de la Mole est une jeune femme ennuyée, envieuse du XVI ème siècle, voulant vivre les
amours et aimer les hommes égaux à ceux de la cour de Henri III ou de Charles IX.
Cette fascination pour cette époque se retrouve par exemple dans cette phrase qu’elle dit à la page
518 « Pour trouver de tels sentiments, il faut remonter au temps des héros ; c’étaient des amours de
ce genre qui faisaient palpiter les cœurs du siècle de Charles IX et Henri III. »
Son père étant un grand seigneur de France, elle vient d’un monde complètement différent de celui
de Julien. Son ennui de la conventionalité et des mœurs de l’époque et de sa classe sociale la pousse
à chercher tout un tas de distraction et de coups à faire pour se sentir exister.
Julien en fait partie.
En effet elle le verra presque comme un « challenge », entre eux l’amour qu’ils vivront dépeindra
beaucoup le caractère capricieux et indécis de Mathilde.
Son courage peut même être confondu avec de la témérité voir de la totale inconscience, (cf. après
la décapitation de Julien, elle portera sa tête sur les genoux pour l’enterrer) mais la plupart de son
héroïsme vient surtout de son amour pour Sorel.
On peut aussi dire que Mathilde est malheureuse, entre l’ennui mortel de sa vie et l’amour que
Julien ne lui rend pas car il aime Madame de Rênal. Évidemment cette dernière va lui procurer
beaucoup de jalousie.
Pour finir, au de-là de tout ça, elle est surtout une insoumise autant de la société que des hommes,
elle est blessée dans son orgueil voir complètement révoltée quand elle réalise que Julien la voit
comme un prix, un triomphe. (cf. scène de la chambre citée plus haut chapitre 19) mais d’un autre
côté contradictoire, quand après cela Julien la menace avec une épée, elle est presque fière de l’idée
de se faire tuer par son homme.
En bref Mathilde est une femme difficile à cerner, singulière, ce qui attire la plupart des hommes,
elle est le symbole du renouveau, de la révolte, de la quête d’amour et d’aventures.

4. Question de réflexion : peut-on dire que Mathilde soit un personnage « sympathique » ?

Malgré l’incompréhension que Mathilde peut nous faire ressentir et qui peut créer une certaine
haine envers elle, on peut dire qu’elle est un personnage sympathique.
D’un point de vue personnelle son côté marginal m’a attiré, en effet être en marge de la société est
une qualité aujourd’hui pour la plupart des gens et notamment des jeunes, elle pourrait presque être
un exemple de rébellion face aux mœurs de l’époque.
Elle peut aussi représenter une force d’indépendance féminine.
Quand quelqu’un découvre le personnage de Mathilde, il peut l’apprécier et se retrouver dedans par
aussi son réalisme dans ses actions, c’est à dire parfois complètement dépourvus de sens, ce qui est
humain.
Mathilde fait des erreurs mais aussi de grandes actions d’amour et de courage, ce qui la rend
d’autant plus attachante.

5. Questions de lecture : Montrez, en vous appuyant sur des références précises au roman, que
l'histoire de Julien Sorel est, au fond, l'histoire d'un jeune homme qui a du mal à concilier ce qu'il
ressent au fond de lui, et les codes de la société où il est né.

Premièrement on pourrait dire que Julien est né dans la mauvaise famille (des charpentiers
relativement pauvres qui n’ont que faire de l’éducation et de la culture), alors que nous savons que
lui, aime profondément le latin, jusqu’à le parler couramment.
Nous savons qu’il a pour grand modèle Napoléon Bonaparte. Cette vision presque divine de
l’empereur lui apporte de grandes ambitions dans la vie. Il veut à son tour faire cette ascension
sociale, à vrai dire c’est l’un de ses seuls objectifs, l’amour reste presque une frivolité à côté de son
envie de grande réputation.

De ce qui est question de l’amour, on peut dire qu’il ne trouvera jamais la stabilité, son seul et vrai
amour est tiré d’un adultère, ici Julien va briser les codes bien établis d’une société ou la fidélité de
la femme pour son mari est primordiale.

6. Montrez que Mathilde, sur ce point, lui ressemble.

Mathilde lui ressemble sur le point de ne pas appartenir à sa classe « assignée », mais c’est au final
le total contraire de Julien. Lui monte dans la société, elle, veut s’en détacher.
L’autre point important est dans ses relations, dans le début du second livre Mathilde remet en
question toutes avances venant des hommes riches, en se demandant si son bonheur est possible
dans ces romances.
Elle ira comme Julien, à se lier d’un amour « impossible » car il était mal vu de sortir avec des
personnes d’une classe inférieure, son désir du risque peut être associé à celui de Julien avec la
relation qu’il entretient avec Louise de Rênal, et son envie de bonheur contre les mœurs d’une
époque où la femme subit plus son existence qu’elle ne la vit.
7. Question bonus : En quoi ce roman est-il encore d'actualité  ? Autrement dit, cette inadaptation
entre ce qu'on ressent, et le fonctionnement de la société où l'on vit, un jeune homme ou une jeune
femme peut-il/elle le ressentir aujourd'hui ? Sous quelle forme?

Nous pouvons clairement dire que Le rouge et le Noir de Stendhal est toujours d’actualité dans cette
quête du bonheur, d’amour et de conciliation entre nous et le monde dans lequel on vit.
Au-delà des problèmes sociétaux, l’Homme est pour lui-même une grande frontière entre lui et la
paix.
L’humain sera un éternel insatisfait parce qu'il tend à la perfection.
L’Homme cherche sans arrêt à atteindre la perfection, atteindre l’impossible, et pourtant, il est tout
aussi impossible d’ôter à l’être humain ce but du Parfait.
L’humain est un insatisfait parce qu'il n'est pas éternel, parce qu’il ne comprend pas sa vie.
L’Homme est insatisfait, car ses désirs ne seront jamais comblés.
Le lien que je trouve entre cela et les protagonistes de Stendhal, c’est leurs désirs qui s’entremêlent
qui finiront par leur retomber dessus.
Et la plupart, mourront au final d’amour ou de haine (exemple concret de Julien qui tente
d’assassiner Louise qui passera donc à la guillotine, et celle-ci qui meure de malheur après la
condamnation de l’homme qu’elle aimait).

L’insatisfaction de Mathilde ou bien de Madame de Rênal dans leur vie, l’une à cause de son ennui,
l’autre par manque d’amour, les poussent à prendre de grands risques.
Aujourd’hui cela pourrait se traduire par la prise de drogues, les excès, la recherche d’adrénaline en
contrant les règles imposées.
Je ne pense pas que le but du Rouge et le Noir soit de peindre un portrait désespéré de l’humanité,
seulement en l’analysant, c’est cet aspect de critique du comportement humain qui m’a frappé et qui
me parle bien plus que les autres problématiques de l’ouvrage.
Je pense aussi au personnage Mersault dans l’Étranger d’Albert Camus quand j’analyse Julien
Sorel, sur le plan de l’amour robotique, comme pour Mersault on se demande si Julien est capable
d’aimer tant ses actions sont démunies de compassion, on peut aussi penser à son coté éloigné de la
conformité de la société.

Je pourrais finir en citant le film de Gaspar Noé « Seul contre tous » qui est à mes yeux semblable à
la vie de Julien, une succession d’actions qui constituent « une vie misérable faite d’illusions,
d’illusions de jeunesse qu’on entretient pour cacher que tous les rapports humains ne sont que du
petit commerce. Parler d’amitié et d’amour, ça nous arrange, mais par calcul. La réalité, elle est
beaucoup plus vénale. »
(dans cet extrait en particulier le fait qu’il utilise les femmes pour son ascension sociale.)

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