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La France Et L'afrique Noire: Robert Cornevin

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Document généré le 15 août 2021 05:17

Études internationales

La France et l’Afrique noire


Robert Cornevin

L'Afrique noire : nouveau partenaire international


Volume 1, numéro 4, 1970

URI : https://id.erudit.org/iderudit/700063ar
DOI : https://doi.org/10.7202/700063ar

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Éditeur(s)
Institut québécois des hautes études internationales

ISSN
0014-2123 (imprimé)
1703-7891 (numérique)

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Citer cet article


Cornevin, R. (1970). La France et l’Afrique noire. Études internationales, 1(4),
88–101. https://doi.org/10.7202/700063ar

Tous droits réservés © Études internationales, 1970 Ce document est protégé par la loi sur le droit d’auteur. L’utilisation des
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Robert CORNEVIN

LA FRANCE ET L'AFRIQUE NOIRE

Traiter des relations de la France et de l'Afrique noire dans son ensemble


au cours des dix ou quinze dernières années est une tâche difficile. Tout d'abord
fonctionnaire français, je n'ai pas qualité pour parler au nom des services français
de la Présidence de la République (M. Foccart), du ministère des Affaires étran-
gères (M. Schumann), du secrétariat d'État aux Affaires extérieures chargé de la
Coopération (M. Yvon Bourges) ou de celui des départements et territoires d'outre-
mer compétent pour la Réunion et la Côte des Afar et des Issa (M. Rey). Rappe-
lons toutefois que l'usage veut qu'un fonctionnaire participant à un colloque parle
toujours en son nom personnel.
Le problème est différent suivant qu'il s'agisse de l'ancienne Afrique française,
de l'ancienne Afrique belge, de l'Ethiopie, du Libéria, des anciens territoires bri-
tanniques ou des colonies portugaises, de la Guinée équatoriale et du Rio de Oro.

Diversité des États d'Afrique noire

Us sont quinze à avoir hérité des structures administratives françaises auto-


ritaires et hiérarchisées, utilisées d'autant plus facilement par les nouveaux gou-
vernements africains qu'ils s'appuyaient presque toujours sur un parti unique ou
largement dominant.
Pour le Congo-Kinshasa, la rupture belgo-congolaise de juillet 1960 donne à
la France une position particulière. Le représentant de la France aux Nations-Unies,
certes, sera le seul à voter constamment aux côtés du représentant de la Belgique.
Mais, par ailleurs, la France peut aider le Congo sur divers plans, en particulier
administratifs et culturels. Dans cette perspective, reparler du vieux droit de
préemption de la France sur le Congo à la veille de l'indépendance (même sur le
conseil de l'abbé Fulbert Youlou) était une maladresse inutile.
Les hommes politiques du Rwanda et du Burundi évangélisés par des Pères
Blancs français avant les colonisateurs allemands étaient au début fort bien disposés

M, Robert CORNEVIN est attaché au Centre d'études et de documentation sur l'Afrique et l'Outre-
mer, de Paris.

88
4 ÉTUDES INTERNATIONALES
LA FRANCE ET L'AFRIQUE NOIRE 89

pour la France, la communauté de langue ouvrant d'intéressantes perspectives


culturelles.
L'Ethiopie, où l'influence française jusqu'en 1936 fut prépondérante, bénéfi-
ciait d'une sollicitude particulière d'autant mieux acceptée que les Anglais, en
aidant en 1941 l'Empereur à reprendre son trône, avaient commis des maladresses
qu'excusait à peine l'état de guerre.
Par ailleurs, la position de la Côte française des Somali, devenue Côte des
Afars et des Issas, revendiquée à la fois par la République de Somalie et l'Ethiopie
donnait à la France une position de force dont on appréciera la valeur lors de la
visite du Général de Gaulle.
En ce qui concerne les colonies anglophones, malgré certains écarts de lan-
gage au lendemain des indépendances, une rupture des relations diplomatiques
décrétée par le gouvernement de Nigeria après l'explosion de la première bombe
atomique française, les relations ont été bonnes dans l'ensemble et ont permis
d'importants investissements privés français, notamment au Nigeria et au Ghana.
Le Libéria a des relations anciennes et cordiales avec la France.
Avec l'Afrique orientale (Tanganyika, Kenya, Ouganda), la France n'était
guère représentée que par ses missionnaires : Pères Blancs de Monseigneur Lavigerie
en Ouganda et au Tanganyika, Spiritains au Tanganyika. De même, au Malawi,
Pères Blancs et Montfortains, en Zambie, Pères Blancs et protestants français de
la mission de Paris chez les Barotsé (depuis le pasteur Coillard).
Cette action missionnaire était encore plus importante au Lesotho où les pro-
testants français de la mission de Paris avaient été rejoints en 1860 par les Oblats
de Marie Immaculée, également français, puis belges et canadiens.
Certes, le Botswana et le Sud-Ouest africain avaient été évangélisés à la fin
du siècle dernier par les Oblats français de saint François de Sales. Mais c'était là
de l'histoire ancienne.
Quant à la République d'Afrique du Sud, sa santé financière, son rôle de
pilier métal de la Banque d'Angleterre (25% de la couverture or de la zone sterling)
en faisait un lieu d'investissement privilégié avant que ne soit renouée avec la
livraison d'un sous-marin une tradition commencée au temps de la guerre des Boers,
lorsque les ingénieurs de la maison Schneider du Creusot accompagnaient des
pièces d'artillerie (livrées au président Kruger); aider les Boers, à l'époque face à
l'impérialisme anglais triomphant au lendemain de Fachoda, c'était du courage,
alors que de nos jours c'est tout simplement une affaire, qui a été sévèrement jugée
en Afrique francophone par les hommes d'États instruits dans les principes des
Droits de l'homme et du citoyen. Même si les sous-marins sont difficilement utili-
sables dans la guerre subversive, ils constituent un renforcement de la contre-
révolution en Afrique. Avec les colonies portugaises (dont l'économie souffrait
parfois des diverses rébellions) les relations passaient le plus souvent par Lisbonne.
Les tensions se situaient au niveau de la Guinée portugaise et des incidents de
frontière avec le Sénégal, ce qui amenait la France à accroître son soutien logis-
tique à une armée sénégalaise obligée sur la frontière à prendre des dispositions
de combat. Par ailleurs, l'assistance sanitaire française assume forcément une
partie de l'aide allouée aux réfugiés malgré l'importance et la valeur de l'aide
internationale.
90 Robert CORNEVIN

Toutefois, il est certain que la présence d'entreprises françaises dans le barrage


de Cabora Bassa au Mozambique même (suivant une pittoresque expression afri-
caine), par l'entremise de consortium internationaux, risque de « gâter le nom >
de la France auprès des responsables politiques africains.

Les Afriques et la France

Parmi les États de Yancienne Afrique française où la décolonisation a laissé


en place des biens monétaires et administratifs dans une véritable armature de
coopération, il faut distinguer, sur le plan juridique, les six États de la Commu-
nauté: Sénégal, Madagascar, Gabon, République centrafricaine, Congo-Brazzaville
et Tchad, dont les ambassadeurs ont le titre de hauts-représentants bien que les
États de l'ancienne AOF (Mali, Niger, Dahomey, Haute-Volta, Côte d'Ivoire,
Mauritaine), le Togo et le Cameroun aient un statut pratiquement identique.
La Guinée a une position à part, cependant que les pays dont la langue offi-
cielle, la langue nationale ou la langue de culture est le français (République démo-
cratique du Congo, Rwanda, Burundi, Maurice) ont une position privilégiée du
fait des besoins universitaires de ces pays. L'Ethiopie, dont les liens avec la France
sont anciens et chaleureux, représente un cas particulier.
Pour la plupart des autres pays, la France, sauf le rayonnement missionnaire,
n'existait que par la vertu des automobiles Peugeot ou des pneus Michelin. Tou-
tefois, d'importants investissements étaient réalisés sous le régime Nkrumah au
Ghana (textile) et Nigeria (travaux publics). Il faut cependant signaler la demande
croissante en professeurs de français dans les pays anglophones, sauf bien sûr au
Sud-Ouest africain où les trois langues officielles (anglais, afrikaans, allemand)
relèguent notre langue au quatrième rang.
On peut donc distinguer en gros trois catégories d'États :
1) les États de l'ancienne Afrique française où la coopération française joue
un rôle prépondérant ;
2) les autres États francophones et l'Ethiopie qui ont des liens privilégiés
avec la France ;
3) le reste de l'Afrique où les relations industrielles et commerciales sont en
accroissement de même que l'enseignement du français.

Politique africaine de la France et position des États africains

Vis-à-vis des premiers, dont s'occupe plus particulièrement le secrétariat


d'État aux Affaires étrangères chargé de la coopération, les relations sont dans
l'ensemble cordiales et confiantes.
S'agit-il, comme certains des bienveillants observateurs anglo-saxons ont bien
voulu le laisser entendre, d'États marionnettes, d'États-clients qu'une indépendance
LA FRANCE ET L'AFRIQUE NOIRE 91

théorique laisserait à la merci des aumônes de l'ancienne métropole ? Ce n'est pas


tout à fait aussi simple et les relations entre la France et les divers États de l'an-
cienne Afrique française ont parfois connu de difficiles fluctuations.

L'aspect militaire : Cameroun, Gabon, Tchad

Si la coopération est assurée sur place par les MAC (Missions d'aide et de
coopération), l'aspect militaire mérite d'être envisagé.
Des accords de défense, conséquence des accords de communauté, existent
avec les six républiques de cette Communauté. Des accords de défense ont été
conclus également avec la Côte d'Ivoire, le Dahomey, le Niger, la Mauritanie et
le Togo.
Le Cameroun n'avait pas inclu les accords de défense dans le traité de coopé-
ration alors même que les forces françaises jouaient un rôle non négligeable dans
la lutte contre la rébellion bassa puis bamiléké. La Haute-Volta, en opposition
avec les États de l'Entente, exigea l'évacuation totale des bases françaises et refusa
l'accord de défense avec la France en lui accordant toutefois les droits de survol,
d'escale et de transit. Au Mali, l'évacuation des troupes françaises (achevée en
septembre 1961) fut demandée par le gouvernement de Bamako après l'éclatement
de la Fédération du Mali.
Le problème qui se pose est un problème concernant la défense intérieure,
le maintien et l'ordre. Il est certain qu'en août 1963, le gouvernement français
laissa renverser le gouvernement de l'abbé Fulbert Youlou alors que le 23 février
1964, le putsch militaire du Gabon était arrêté par l'intervention des parachutistes
français et le président Léon Mba rétabli. Rappelons que les élections du 12 avril
1964 permettaient à l'opposition de s'exprimer, ce qui donnait :

Inscrits 309 049


Votants 262 772 85,67%
Nuls 5 679

B.D.G. (parti gouvernemental) 125 367 48,76%


Apparentés 17 022 6,62%

TOTAL : 142 389 55,38%

Union démocratique et sociale


(partisans de M. Aubame) 66 362 25,42%
Autres opposants 48 342 19,15%
TOTAL (opposition) : 114 704 44,57%
92 Robert CORNEVIN

Au Tchad, l'intervention militaire française est la conséquence des accords


de coopération. La rébellion a pu se développer au nord dans le B. E. T. (Borkou,
Ennedi, Tibesti) à la suite du retrait des administrateurs et militaires français.
Dans ces régions islamisées, la relève, effectuée par des administrateurs Sara, abou-
tit à des frottements et tensions. Puis, ce fut le déclenchement de mouvements
d'insurrection par les anciens seigneurs du nord du Dar-el-lslam refusant l'autorité
des fonctionnaires et militaires du Dar-el-Abid (pays des esclaves).
Cette intervention a été montée en épingle en France par l'opposition, qui a
retrouvé le vocabulaire de la guerre d'Algérie et profite de la réorganisation admi-
nistrative effectuée par un gouverneur de la FOM, M. Lami, d'ailleurs rentré
aujourd'hui en France pour parler de recolonisation et de néo-colonialisme.
En fait, le Tchad, dans son immense majorité, aspire à la paix et la remise
en ordre administrative était vraiment nécessaire. Quant à la justification de l'in-
tervention militaire, la coopération forme un tout et la France se borne à honorer
sa signature.

L'aide publique française aux États africains et malgaches

— Les accords de coopération : le cadre contractuel

Si nous tenons à préciser certains points de l'aide militaire, c'est parce que
c'est l'une des plus controversées et l'une des moins connues. Elle s'intègre toute-
fois dans les accords de coopération : conclus avec des États souverains, ces accords
relèvent du droit international et peuvent être répartis sous cinq rubriques :
a) politique (accords de défense, accords pour les matières premières, accords
pour les produits stratégiques) ;
b) économie et finances (accord monétaire, postes et télécommunications»
transports) ;
c) juridique (accord dans le domaine judiciaire, conventions d'établissements^
conventions consulaires) ;
d) culturel et social (accords de coopération culturelle ; accords dans le do-
maine universitaire) ;
e) coopération technique (accord réglementant l'envoi de spécialistes et tech-
niciens français).
À l'intérieur de ces accords-cadres ont été conclus des accords précisant les
modalités de l'action entreprise. Le ministère de la Coopération créé en 1961 a
été remplacé en 1966 par un secrétariat d'État pour que la politique étrangère fran-
çaise conserve son unité. Le secrétariat d'État (20, rue Monsieur) dispose dans
chacun des États des MAC (Mission d'aide et de coopération) d'antennes destinées
à faciliter sur place la mise en œuvre du personnel mis à la disposition des États.
Le FIDES (Fonds d'investissements pour le développement économique et
social) avait dépensé, de 1946 à 1959, près de 8 milliards en investissements
publics. Le 25 mars 1959 est créé le FAC (Fonds d'aide et de coopération)
qui assure :
LA FRANCE ET L'AFRIQUE NOIRE 93

— les crédits nécessaires à un certain nombre d'actions permanentes ;


— les dépenses de personnels d'assistance technique français mis à la dispo-
position des États ;
— les concours financiers affectés à des équipements administratifs sociaux
et culturels (équilibre du budget) ;
— les crédits d'équipement économique et social.
La répartition des crédits FAC par secteurs s'établit de la façon suivante en
pourcentage :

1965 1966 1967 1968 1959-68

Études générales 2 3 4 3,22 4,20


Production agricole 28 33 37 33,46 33,12
Production industrielle 13 8 6 13,32 10,49
Infrastructure 17 17 17 14,90 20,13
Équipement sanitaire
et social 7 6 5 4,64 5,23

Équipement scolaire
et universitaire 16 16 13 12,56 12,69
Action culturelle —
formation technique 17 17 18 16,43 12,83

Dépenses générales 1,47 1,31

Ces pourcentages marquent bien l'importance de l'action culturelle et de


l'infrastructure comme aussi de la production agricole.
La Caisse centrale de coopération économique SL remplacé l'ancienne Caisse
centrale de la France d'Outre-mer (qui datait de 1946). Elle accorde des
prêts aux banques de développement. Il faut citer aussi des organismes comme
l'O. R. S. T. O. M. (Office de la recherche scientifique et technique d'outre-mer),
FASECNA (Agence pour la sécurité de la navigation aérienne), la COFACE
(Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur) qui garantit les
exportations de biens d'équipement.

Effectifs de l'assistance technique

1966 1967 1968 1969

Enseignement et formation 5 517 6 121 6 502 6 416


dont agents civils 4 630 5 160 5 420 5 466
volontaires du service national 887 961 1082 950
Coopération technique 4 372 4 248 4 167 3 345
dont agents civils 3 843 3 616 3 419 2 968
volontaires du service national 529 632 748 377

Total 9 889 10 369 10 669 9 827


94 Robert CORNEVIN

Il y a donc un effort important et qui se poursuit. Dans une intéressante


étude1 à laquelle sont empruntés la plupart des chiffres cités, Simone Malet-
Buisson attribue à l'aide française l'accroissement du produit intérieur brut signalé
dans chacun des États.

Accroissement de Accroissement de
P.I.B. P.LB.
Période État (taux annuel) (taux moyen)
% %

1959-1965/6 Cameroun 7,1 4,5


1961-1964 République centrafricaine 6,5 4,6
1960-1966 Côte d'Ivoire 9 7,7
1959-1963 Dahomey 5,3 3,3
1960-1967 Gabon 9,2 7,9
1959-1964 Haute-Volta 5,8 3,6
1960-1965 Madagascar 4,2 2,4
1959-1964/5 Mali 4,2 2,1
1959-1964 Mauritanie 18.6 15,9
1959-1965 Sénégal 5,2 3,5
1958-1963 Tchad 5,7 3,5
1958-1962 Togo 6 3,7

Sur le plan des dépenses consenties par la France, les chiffres sont impres-
sionnants. De 1959 à 1968, l'aide publique française aux États d'Afrique et de
Madagascar atteint 18 milliards de francs, soit environ 3 millions de dollars pour
les seuls FAC et CCE.
En 1969, l'aide a été la suivante :

Pourcentages
Millions de F %

Secrétariat d'État aux


Affaires étrangères 1 160,90 86
Éducation nationale 102,99 7,6
Transports 70,30 5
Équipement et logement 9,97
Intérieur 4,85 1
Postes et télécommunications 2,23 0,4
Services du Premier Ministre 0,19

i « L'aide publique française aux États africains et malgaches », Bulletin de liaison et d'in-
formation de l'administration centrale des Finances N° 48, juillet-septembre 1969.
LA FRANCE ET L'AFRIQUE NOIRE 95

Seule la France, parmi les États qui pratiquent la coopération, dans son aide
au Tiers-Monde atteint et dépasse la proportion de 1% du revenu national.

Les critiques

L'effort de coopération est donc important. Il l'est d'autant plus que la


coopération est peu populaire en France où la presse est fréquemment carriériste.
Faut-il préciser qu'il s'agit du journaliste français Raymond Cartier qui, à la suite
d'une retentissante série d'articles, a invité le gouvernement français à diminuer
les crédits de coopération (la Corrèze avant le Zambèze !) et où chaque visite de
« rois nègres » est considérée par une partie de la presse comme autant de fonc-
tions budgétaires au détriment de Français qui continuent d'ignorer superbement
la géographie.
En fait, les Français admettaient un peu la coopération comme une « fantaisie »
du général de Gaulle.
Les critiques officielles africaines sont très modérées. Elles s'expriment tou-
tefois discrètement lorsque, par exemple, le gouvernement français, subvention-
nant tel déficit particulièrement lourd d'une république du golfe du Bénin, veut
lui donner de trop près des conseils de gestion financière.
Mais les critiques viennent maintenant de plus en plus souvent d'étudiants
et de professeurs africains. Ceux-ci contestent Yimportance de l'effort financier
français puisque le phénomène du retour des flux privés rapatrie une partie notable
des salaires des coopérants, sans compter la tendance d'une certaine bourgeoisie
africaine à investir prudemment dans l'ancienne métropole.
Les salaires des coopérants paraissent excessifs : un enseignant français à
diplôme égal touche parfois trois ou quatre fois plus qu'un enseignant africain.
Ces coopérants viennent trop souvent « faire du CFA » et se désintéressent de la
région d'Afrique où ils servent. Ils sont dans l'ensemble mal préparés aux tâches
qu'ils doivent assumer.
Parfois le gouvernement africain préfère utiliser le coopérant (qui ne coûte
rien et est plus malléable) que le national. Ce qui justifie et aggrave la fuite des
cerveaux (Colloque à Tunis de l'AURELF, 1968).
Le coopérant français est extérieur à l'entreprise nationale. Il ne dépend que
de la MAC. Sous la IVe République, de nombreux fonctionnaires (en particulier
les enseignants) dépendaient bien davantage de l'Assemblée territoriale. À ces cri-
tiques s'ajoutent celles concernant les études confiées à des sociétés d'économie
mixte composées souvent de hauts fonctionnaires et d'ingénieurs retraités. Ces
études coûtent très cher et parfois leur coût empêche la réalisation du projet
concerné..., ce qui est un comble.
Des chercheurs et professeurs de tendances socialistes ont dénoncé plus vigou-
reusement la forme des investissements et contrats. Est-ce l'effet de ces critiques ?
96 Robert CORNEVIN

La formule, en tout cas, a été sensiblement amélioré et lors de notre visite à l'ex-
ploitation d'uranium d'Arlit (Niger), un journaliste canadien notait que la part
revenant à la République du Niger était très supérieure à ce que certaines sociétés
minières américaines laissaient à l'État du Québec.

Quelques exemples de coopération

La destinée des quatorze républiques africaines n'a pas été uniformément


favorable et certaines d'entre elles ont connu quelques à-coups.

— Le Mali : contre-coup de la rupture avec le Sénégal

On sait dans quelles conditions, en août 1960, fut consacré à Dakar l'éclate-
ment de la Fédération du Mali aboutissant, avec Modibo Keita, à la République
du Mali (ancien Soudan français) et à la République du Sénégal.
Le Mali, très proche de la Guinée sur le plan ethnique (importance du peu-
plement mandingue), prenait des options socialistes voisines et adhérait au groupe
dit de Casablanca, lequel rassemblait alors Egypte, GPRA, Maroc, Ghana, Guinée,
Mali, ce groupe correspondant à YAfrique révolutionnaire.
Par la suite, après avoir quitté la zone franc, le Mali y revenait en des condi-
tions qui furent facilitées par la valeur du ministre des Finances malien, M. Nègre.

— Sénégal

Le Sénégal retrouvait ses problèmes et ses frontières, problèmes économiques


de l'arachide et de la diversification des cultures, problème de l'agglomération
dakaroise bâtie pour être capitale de la fédération d'AOF avec une infrastructure
portuaire et industrielle disproportionnée pour une république de 3,200,000 habi-
tants. Par ailleurs, sur le plan frontalier, le Sénégal subit le redoutable handicap
de la Gambie vivant en parasitisme comme une sangsue enfoncée dans la chair
du Sénégal, alors que le problème des incursions portugaises et des réfugiés pro-
voque de graves remous.
Dans ces conditions, on comprend l'importance de la coopération française
dans tous les domaines, en particulier dans le secteur universitaire.

— Mauritanie

La Mauritanie, soutenue par la France, a eu pour objectif d'être un pont entre


l'Afrique septentrionale de culture arabe et l'Afrique noire dont elle dépendait.
L'affaire sera longue avec le Maroc, dont les revendications territoriales allaient
fort loin dans un Sahara dont les mines n'étaient plus des mirages mais des certi-
tudes sonnantes et trébuchantes. Il fallut, l'année dernière, le souci marocain
d'ouverture pour que le drapeau mauritanien flottât à Rabat lors de la visite offi-
cielle de Moktar Ould Daddah.
LA FRANCE ET L'AFRIQUE NOIRE 97

Dans ces conditions, le retard de l'admission de la Mauritanie à FO.N.U. en


1960 n'est plus qu'un mauvais souvenir, une difficulté surmontée grâce à l'appui
des États frères d'Afrique noire.

— Congo-Brazzaville

Au Congo-Brazzaville, la démission du président Youlou (13-16 août 1963),


sous la pression populaire, s'effectua sans l'intervention de la France. La personne
de Fulbert Youlou était très mal vue des catholiques, et lors de la visite officielle
à Paris de Fulbert Youlou, le protocole avait dû faire des prodiges d'équilibrisme
pour ne jamais prononcer le mot abbé. On préférait le président Fulbert Youlou
mais à aucun prix « l'abbé Youlou » ne devait être prononcé.

— En République centrafricaine

Le général Jean Bedel Bokassa se veut le soldat de la France-Libre qu'il fut


durant la guerre, d'où, sous la présidence du général de Gaulle, le recours à une
certaine fraternité d'armes en cas de tension.
Aussi lorsque, les 19 et 20 novembre dernier, une quarantaine de Français,
techniciens des sociétés minières, sont expulsés, la réaction de M. Yvon Bourges
est-elle vive. Des tensions sont encore sensibles entre certains ministres et certains
coopérants français.

— La Guinée

Dans les États de l'ancienne AOF, la Guinée occupe une position particulière.
On sait dans quelles conditions la Guinée, votant non au référendum de septembre
1958, se vit deux mois plus tard privée de son personnel administratif européen.
Sékou Touré, soupçonnant l'ancienne puissance coloniale de vouloir le renverser,
dénonça à plusieurs reprises des complots basés au Sénégal et en Côte d'Ivoire.
Après le non de 1958, la Guinée reçoit de nombreux intellectuels de gauche
africains, français, haïtiens... mais les relations s'améliorent et le 12-20 mai 1963,
des accords franco-guinéens sont paraphés entre M. Couve de Murville et Habib
Delond, d'une part, Diallo Saifonlaye, président de l'Assemblée nationale, Ismaël
Touré, ministre du Développement économique, Moussa Diakité, ministre des
Finances, d'autre part. Cette conférence appuie le contentieux. En 1960 la Guinée,
en effet, a constitué une zone monétaire autonome. Les nationalisations et saisies
de biens français ont représenté environ 9 millions d'anciens francs, alors que
les pensions non payées aux anciens militaires guinéens ou à leurs ayants droit
représentaient 12 milliards d'anciens francs. On repart sur des bases nouvelles et
une coopération confiante s'établit entre la France et la Guinée, mais le 19 novem-
bre 1965, les relations diplomatiques sont rompues, à l'initiative de Conakry, entre
la France et la Guinée. Elles n'ont pas été rétablies depuis.
Le complexe de Fria, entreprise française, utilise du personnel français en
98 Robert CORNEVIN

assez grand nombre, mais il n'y a pas de relations diplomatiques. Certes, la Guinée
a dénoncé avec vigueur l'entreprise francophone. Mais la Guinée est — d'après
le témoignage de certains éditeurs de livres scolaires — le pays qui importe le plus
de livres français. Le gouvernement guinéen s'est récemment rapproché du gou-
vernement du Sénégal, du Mali et de Côte d'Ivoire. À plusieurs reprises, les repré-
sentants guineens et français ont manifesté leur désir de voir rétablir des relations
diplomatiques.

— Le Congo-Kinshasa

La communauté de langue et une certaine impopularité des Flamands donnè-


rent à la France une place privilégiée dans le domaine culturel.
Ces relations ne se démentirent à peu près jamais, malgré la présence de
mercenaires français durant la « campagne du Katanga » contre les forces de
l'O. N. U. (1962), malgré la présence aussi de mercenaires français lors de la folle
équipée des mercenaires à Bukavu (juillet-novembre 1967).
Aux périodes de tensions avec la Belgique, le recours à la France apparaissait
comme très important, d'où parfois certains mouvements d'humeur des coopérants
belges à l'égard d'une ambassade de France qui paraissait trop dynamique.
Au Rwanda et au Burundi, l'aide française se limite à peu près exclusivement
au domaine culturel.

— Ethiopie

La visite du général de Gaulle en août 1966 renoue avec des relations fort
anciennes, puisque Ménélik avait été soutenu dans ses entreprises par M. Lagarde
et que le chemin de fer franco-éthiopien Djibouti-Addis Abeba fut longtemps la
seule voie d'approvisionnement. Après le triomphe de l'Anglais avec l'occupation
britannique, le français avait progressivement remonté. La majorité du Conseil
des ministres demeure francophone. Mais, hélas ! les jeunes générations et les
étudiants se sont mis à l'anglais...
Curieusement le rétablissement de la conduite à droite avait été considéré
comme une victoire des francophones.
La visite du général de Gaulle à Djibouti réveille les passions et les hostilités
entre les deux ethnies, les Afars et les Issas, dont l'une compte de nombreux par-
tisans d'une grande Somalie.
Mais les relations entre la Somalie (capitale : Mogadisque) et la France
s'étaient nettement améliorées. L'Empereur d'Ethiopie comme M. Ali Shermake
préférant l'un et l'autre le statu quo, qui est le plus favorable au développement
économique et social de ce qui va devenir la Côte des Afars et des Issas.
En Ethiopie, l'installation à Addis Abeba de l'OUA et de son secrétaire
général, le guinéen francophone Diallo Telli, avait considérablement relancé le
français. En août 1968, l'enseignement du français devient obligatoire dans les
quatre dernières années des cours secondaires alors que dans le lycée français
d'Addis Abeba et le collège catholique de Dire Daoua, il, est bien entendu, langue
LA FRANCE ET L'AFRIQUE NOIRE 99

d'enseignement. Outre cet effort spécifiquement culturel où il y aurait lieu de


noter la mission archéologique française, et sur le plan social, une mission de
médecine vétérinaire et d'épidémiologie animale, en février 1969, une mission pour
la mise en valeur de Wabi Shebele, est envoyée ; l'accord franco-éthiopien est
publié par le décret n° 69-1145 du 18 décembre 1969

— Afrique anglophone
Le Libéria est la plus ancienne république anglophone d'Afrique et la France,
à l'époque de la délimitation de la Guinée et de la Côte d'Ivoire notamment,
avait eu des relations avec cette étonnante république nègre que son président
Tuhman, en un quart de siècle de gestion, a fait sortir dans le monde moderne.
Le président Tuhman est venu du 30 juin au 4 juillet 1970 à Paris. Au cours
d'une conférence de presse, le 2 juillet, il a fait appel à des capitaux et à l'aide
française pour créer une industrie sidérurgique.

— Ex-British West Africa


Dans les quatre États ouest-africains de l'ancienne Afrique anglaise, les rela-
tions commerciales sont anciennes. Il faut noter également l'importance des mis-
sions catholiques françaises : Spiritains, Missions africaines de Lyon, Pères Blancs
dans les Northern Terrîtories du Ghana. Au lendemain des indépendances, des
investissements privés français vinrent au Ghana et des entreprises de travaux pu-
blics reçurent des commandes importantes en Nigeria.
L'affaire du Biafra fut la seule où le général de Gaulle prit publiquement
position pour le libre droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et en faveur des
Ibos. Mais l'aide fut surtout sanitaire et morale, le gouvernement du Biafra ne
fut pas reconnu et l'ambassade de France demeura à Lagos, tenant ferme contre
les manifestations de quelques jeunes gens excités portant pancartes.
L'affaire du Biafra représente dans la politique du général de Gaulle un cas
particulier. En effet, c'était Azigiwé, un Ibo, qui avait fait rompre les relations
diplomatiques au lendemain de la première bombe atomique française, c'étaient
des Nigérians (en majorité Ibos) qui avaient soutenu la rébellion bamiléké du
Cameroun alors que des éléments militaires français participaient au maintien de
l'ordre. Dans les affaires concernant la France, c'étaient plutôt les Yoruba et les
Peuls Haoussa du Nord qui soutenaient les positions françaises.
L'existence d'un important noyau catholique ibo, les souffrances supportées
par les enfants biafrais devaient attirer les sympathies du général de Gaulle contre —
il faut bien le dire — les intérêts économiques français des entrepreneurs de tra-
vaux publics et ceux de la majorité des pétroliers.

Afrique orientale et Afrique centrale ex-anglaise

Au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, au Malawi, en Zambie, des efforts


français ont été faits sur le plan culturel. Des experts français travaillent dans ces
régions mais à titre exceptionnel. En Rhodésie, lors de la proclamation de la
100 Robert CORNEV1N

République, la France, le 11 mars, ferme son consulat en même temps que les
États-Unis, l'Italie, l'Allemagne, les Pays-Bas ; le 7 avril, la France vote la réso-
lution du Conseil de sécurité sur la Rhodésie.

— Colonies portugaises: l'affaire de Cabora-Bassa

Le 19 septembre 1969 était signé à Lisbonne un accord entre le gouverne-


ment portugais et le consortium Zanico. Le complexe hydro-électrique (dont les
trois premiers groupes de 400 000 kwh doivent entrer en fonction en 1974) repré-
sente un investissement de 250 millions de dollars.
La centrale de CB pourra fournir 18 milliards de Kwh/an (Asssonan : 10 mil-
liards, Continent africain 70 milliards).
Le consortium Zanico (Zambeze Consorcio Hidroelectrico) comprend plusieurs
compagnies françaises CGEE, Alsthom, Fougerolle... entreprises allemandes,
suisses, italiennes... sud-africaines. Seules les entreprises suédoises se sont retirées
sous la pression de l'opinion publique.

Fourniture d'armes à la contre-révolution

Mais Cabora-Bassa, c'est le renforcement du potentiel économique par des


entreprises privées en un point qui se trouve à proximité du pays makondé, zone
contrôlée par le FRELIMO.
Plus grave est la fourniture d'armes au Portugal et à la République d'Afrique
du Sud. Pays industriel, riche, la République sud-africaine est un partenaire écono-
mique non négligeable. La vente par la France de sous-marins ne représente peut-
être pas un danger pour les opposants bantous. Elle renforce néanmoins le potentiel
militaire de la contre-révolution en Afrique.
Le Comité national de soutien de la lutte de libération dans les colonies por-
tugaises1, dans un communiqué du 18 juin 1960, disait: « Ce que nous voulons
c'est que la France cesse de fournir au Portugal des alouettes, des vedettes, des
chars, des camionnettes, et des armes de toutes sortes. Si la France fait cela, si la
France agit dans ce sens de sa politique de décolonisation, ce sera alors une grande
contribution à notre lutte. »
On peut faire confiance aux partis d'opposition français pour dénoncer les
ventes d'armes si elles doivent avoir lieu. Par ailleurs, le Gouvernement français
ne peut rester insensible à l'opinion publique des pays africains ou à une décision
de boycott de l'unité africaine si elle était vraiment suivie. Les cinq abstentions
enregistrées lors du vote de l'OUA devraient constituer un avertissement.
Au terme d'un exposé sur l'évolution des rapports entre la France et l'Afri-
que noire, il n'est pas inutile de rappeler que les représentants des États africains
et de la République malgache aux Nations Unies, dans les grands débats (celui
du Proche-Orient notamment) ne votent nullement de façon systématique avec la

i 6, rue Émile-Dubois, Paris, XlVe.


LA FRANCE ET L'AFRIQUE NOIRE 101

France. La vision stéréotypée d'une sorte de tirailleur sénégalais marchant au pas


cadencé sous les ordres de l'ancien maître français est un schéma commode pour
journalistes anglophones et paresseux.
Dix années d'indépendance ont modelé pour ces États africains de nouvelles
personnalités qui s'expriment aux Nations Unies, à Bruxelles lors des débats des Six
et des Dix-huit, à l'organisation de l'Unité africaine d'Addis Abeba.
Les États de l'ancienne Afrique française prennent leurs distances vis-à-vis
de l'ancienne métropole. Les États de l'ancienne Afrique anglaise se rapprochent
volontiers de la France pour faire contrepoids à Londres et chercher des inves-
tissements. Malgré les relations jugées trop étroites avec l'Afrique du Sud et le
Portugal, la France reste encore auréolée du prestige du général de Gaulle, cham-
pion de la décolonisation et du libre droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE

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