Anesthésie 3
Anesthésie 3
12
Anesthésie locorégionale
(ALR)
S. VILLET, P. MONDRAGON, E. ALBRECHT
AVERTISSEMENT
Il existe plusieurs méthodes pour réaliser un bloc central, plexique ou
tronculaire. Le but de ce chapitre n’est pas de décrire de façon exhaustive
toutes ces méthodes mais de décrire précisément une des techniques
envisageables pour un bloc donné.
On distingue :
> l’anesthésie médullaire ou le bloc central :
• les anesthésiques locaux sont administrés à proximité de la moelle
épinière :
▲ rachianesthésie,
▲ anesthésie péridurale,
▲ anesthésie caudale ;
> l'anesthésie locorégionale périphérique :
• les anesthésiques locaux sont administrés à proximité des plexus
nerveux ou des nerfs, ou par voie endoveineuse sous couvert d’un
garrot :
▲ anesthésie intraveineuse ou bloc de Bier,
▲ bloc plexique,
▲ bloc tronculaire.
RAPPEL ANATOMIQUE
ANATOMIE MÉDULLAIRE
> La colonne vertébrale est composée de 33 vertèbres, séparées par des
disques ; il existe :
• 7 vertèbres cervicales,
• 12 vertèbres thoraciques,
• 5 vertèbres lombaires,
• 5 vertèbres sacrées fusionnées qui forment le sacrum,
149
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 150 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
l’arachnoïde ;
• l’espace sous-arachnoïdien est situé entre l’arachnoïde et la pie-
mère, et contient le LCR ;
> chez l’adulte, la moelle épinière (ou cordon médullaire) s'étend de la
vertèbre C1 à L2, et se termine par le cône terminal puis le filum termi-
nale. Elle présente un renflement cervical et lombaire, au niveau de la
sortie des nerfs destinés aux membres supérieurs et inférieurs. La moelle
épinière donne naissance à des racines spinales antérieures et posté-
rieures, qui se réunissent en 31 paires de nerfs rachidiens :
• 8 paires cervicales,
• 12 paires dorsales,
• 5 paires lombaires,
• 5 paires sacrées,
• 1 paire coccygienne.
PLEXUS BRACHIAL
> Le plexus brachial est issu des racines C5-T1 ;
> entouré par les fascias prévertébral et scalénique, il est formé de trois
troncs, et se situe derrière les muscles scalènes antérieur et moyen :
• tronc supérieur : C5-C6,
• tronc moyen : C7,
• tronc inférieur : C8-T1 ;
> chaque tronc se divise dans le creux axillaire en une branche antérieure
et une branche postérieure pour former des faisceaux, nommés d’après
leur position par rapport à l’artère axillaire :
• le faisceau latéral représente les divisions antérieures des troncs
supérieur et moyen, et donne naissance à :
▲ la branche latérale du nerf médian (C6-T1),
▲ le nerf musculocutané (C5-C7) ;
• le faisceau médian est formé par la division antérieure du tronc infé-
rieur, et donne naissance à :
▲ la branche médiale du nerf médian (C6-T1),
▲ le nerf ulnaire (C7-T1) ;
• le faisceau postérieur est constitué des divisions postérieures des trois
troncs, et donne naissance au :
▲ nerf axillaire (C5-C6),
▲ nerf radial (C5-C8) ;
150
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 151 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
> innervation :
• nerf musculocutané :
12
▲ innervation motrice des muscles fléchisseurs du bras (m. coracobra-
chial, m. biceps brachial, m. brachial),
▲ donne le nerf cutané latéral de l’avant-bras au niveau du coude,
responsable de l’innervation sensitive de la partie latérale de
l’avant-bras ;
• nerf médian :
▲ innervation motrice des muscles pronateurs et de la majeure partie
des muscles fléchisseurs du carpe,
▲ innervation sensitive de la peau de l’éminence thénar et de la face
palmaire des trois premiers doigts ainsi que de la face dorsale des
phalanges distales ;
• nerf ulnaire :
▲ innervation motrice des muscles de l’éminence hypothénar (m.
abducteur, m. fléchisseur, m. opposant du 5e doigt), du m. adduc-
teur du pouce, du m. court fléchisseur du pouce, du chef profond
et de la partie restante des fléchisseurs du carpe. Ce nerf est testé
en demandant au patient de faire une opposition du pouce et du
5e doigt,
▲ innervation sensitive de la partie interne du dos de la main et de
PLEXUS LOMBOSACRAL
> Le plexus lombosacral est issu des racines L1-S3 et donne naissance aux
nerfs suivants :
• nerf ilio-hypogastrique (T12-L1) :
▲ innervation des muscles larges de l’abdomen,
▲ innervation sensitive de la région fessière par un rameau latéral et
de la région pubienne et crurale par un rameau antérieur ;
• nerf ilio-inguinal (L1) :
▲ innervation des muscles larges de l’abdomen,
151
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 152 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
Anesthésie locorégionale (ALR)
Plexus brachial.
moyen
Figure 12.1
152
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 153 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
153
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 154 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
Anesthésie locorégionale (ALR)
154
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 155 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
155
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 156 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
Anesthésie locorégionale (ALR)
156
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 157 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
FIBRES NERVEUSES 12
▲ Les nerfs contiennent différents types de fibres nerveuses.
PRINCIPES GÉNÉRAUX
> La régression inhabituelle d’une ALR (persistance du bloc moteur,
dysesthésies) doit faire suspecter une complication (lésion neurologique
mécanique ou chimique) et nécessite une consultation neurologique ou
neurochirurgicale dans les plus brefs délais et le recours à une explora-
tion par imagerie (scanner, IRM) ;
> la réalisation d’une intervention sous ALR médullaire ou périphérique
ne dispense pas l’équipe d’anesthésie de la surveillance du patient et de
l’application des standards minimaux de sécurité ;
> l’apport d’oxygène durant une ALR est fortement recommandé.
157
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 158 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
Anesthésie locorégionale (ALR)
158
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 159 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
159
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 160 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12 CONTRE-INDICATIONS SPÉCIFIQUES
AUX RACHIANESTHÉSIES EN INJECTION UNIQUE
> Hypertension intracrânienne,
> sténose aortique,
> cardiomyopathie hypertrophique obstructive ;
• si la rachianesthésie en injection unique est clairement contre-indi-
quée en présence de sténose aortique ou de cardiomyopathie hyper-
trophique obstructive, la réalisation d’une rachianesthésie continue,
permettant l’installation plus lente du bloc médullaire, peut être une
alternative à l’anesthésie générale.
160
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 161 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
ANESTHÉSIE MÉDULLAIRE 12
RACHIANESTHÉSIE
> La rachianesthésie consiste à ponctionner l’espace intrathécal et à
injecter un anesthésique local afin d’obtenir une anesthésie de la partie
inférieure du corps ;
> lors d’une rachianesthésie, le bloc sympathique se fixe en moyenne 2
niveaux au-dessus du bloc sensitif, qui se situe lui-même 2 niveaux au-
dessus du bloc moteur ;
> la chronologie d’installation du bloc est la suivante :
• fibres B (système nerveux sympathique) fibres C et Aδ (sensibilité
thermoalgique) fibres Aβ (sensibilité épicritique) fibres Aα
(motricité),
• la régression du bloc se fait en sens inverse.
DÉFINITIONS
> rachianesthésie en selle :
INDICATIONS
> Chirurgie abdominale basse,
> césarienne,
> curetage,
> chirurgie des membres inférieurs.
161
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 162 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
PROCÉDURE
> Installer le patient en décubitus latéral ou en position assise ;
> repérer le niveau de ponction :
• la ligne qui relie les deux crêtes iliaques est appelée ligne de Tuffier
et coupe l’espace L3-L4 (4 %), l’épineuse L4 (48 %), l’espace L4-L5
Anesthésie locorégionale (ALR)
162
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 163 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
EFFETS SYSTÉMIQUES
■ Effets cardiovasculaires
> Bloc sympathique partiel ou complet (la chaîne sympathique s’étend
de T1 à L2), responsable :
• d'une veinodilatation, avec comme conséquence :
▲ une diminution importante du retour veineux, du DC et de la PAM
de l’ordre de 20 %,
▲ la diminution de la PAM diminue la postcharge, le travail
cardiaque et donc la consommation d’O2 ;
• d'une vasodilatation artérielle de moindre importance,
• en cas de bloc sympathique partiel (bloc à T8 par exemple), il existe
une vasoconstriction au-dessus du bloc qui est parfois visible (ligne
cutanée). En cas de cardiopathie ischémique, un syndrome corona-
rien aigu peut apparaître ;
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
163
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 164 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12 C2
C3
C4
C5
T1
C T2
5 T3
T T4
1 T5
T6
T7
Anesthésie locorégionale (ALR)
T8
T9
T10
T11
C6
T12
C L1
C 8
7
L2
S2
L3
L4
L5
S1
164
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 165 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
C2
C3
C4
C6 C5
C7
C8 2 T1
T
T3
T4
C T5
7 T6
C T7
T8
8 T9
T10 T11
T12
L1
L2
C C S2
7 8
S
S1 2
S
1 S
2
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
L4
L
S1 5
165
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 166 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
■ Effets respiratoires
> Diminution de la capacité inspiratoire de 20 % lors d’une rachianes-
thésie haute ;
> diminution de l’expiration active :
• surtout si tous les nerfs thoraciques sont bloqués,
• les patients souffrant d’une BPCO sévère utilisent les muscles acces-
soires thoraciques et abdominaux. Un bloc moteur est déconseillé au-
dessus de T7 chez ces patients ;
> conservation de la ventilation minute :
• sauf en cas d’anesthésie du nerf phrénique (C3-C5), ce qui est rare-
ment le cas en raison de son diamètre important ;
> apnée :
• provient généralement :
▲ d’une ischémie bulbaire secondaire à l’hypotension,
▲ d’un bloc du tronc cérébral,
Anesthésie locorégionale (ALR)
166
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 167 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
COMPLICATIONS
> Douleur à l’injection (lésion des racines nerveuses),
> hypotension artérielle,
> rétention urinaire,
> rachianesthésie totale,
> céphalées,
> méningite aseptique ou infectieuse,
> hématome péridural, sousdural,
> syndrome de la queue de cheval (surtout avec la lidocaïne, aban-
donnée depuis).
REMARQUES
> La lidocaïne (Xylocaïne®) n’est plus recommandée pour les rachianes-
thésies car il fallait des concentrations importantes de l’ordre de 2 à 5 %,
RACHIANESTHÉSIE CONTINUE
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
167
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 168 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
ANESTHÉSIE PÉRIDURALE
L’anesthésie péridurale consiste à administrer des anesthésiques locaux
Anesthésie locorégionale (ALR)
INDICATIONS
> Obstétrique :
• diminution des douleurs liées au travail et à l’accouchement,
• pré-éclampsie et contrôle de l’HTA, en l’absence de trouble de
l’hémostase,
• amélioration du score d’Apgar des nouveau-nés :
▲ le contrôle des douleurs maternelles diminue le stress et la libéra-
tion des catécholamines, ce qui améliore la perfusion
utéroplacentaire ;
> chirurgie vasculaire :
• amélioration de la perfusion des pontages vasculaires des membres
inférieurs,
> chirurgie orthopédique :
• diminution des thromboses et des embolies pulmonaires lors de la
chirurgie de la hanche ou du genou,
• diminution des complications respiratoires,
• diminution des pertes sanguines ;
> douleurs postopératoires :
• diminution de la stimulation sympathique secondaire à la douleur, et
donc probable diminution du risque d’ischémie myocardique, et
d’hyperglycémie,
• diminution de l’HTA,
• mobilisation et kinésithérapie précoce,
• meilleur contrôle de la douleur postopératoire chez les patients
présentant des douleurs chroniques.
PROCÉDURE
> Installer le patient en décubitus latéral ou en position assise ;
> repérer le niveau de ponction selon l’abord chirurgical (voir
tableau 12-3) :
• l’apophyse cervicale la plus protubérante correspond à C7,
168
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 169 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
■ Remarques
> L’espace péridural est le plus large au niveau L2 ;
> lors de la pose d’un cathéter thoracique, toute douleur intense doit
faire suspecter un contact direct de l’aiguille avec la moelle et impose un
retrait immédiat ;
> l’adjonction d’adrénaline permettrait de prolonger la durée du bloc
d’environ 50 % par :
• diminution de la vascularisation et donc de l’absorption,
• action sur des récepteurs présynaptiques α médullaires avec inhibi-
tion de la libération de substance P ;
> le retrait d’un cathéter à travers l’aiguille de péridurale (Tuohy) peut
entraîner la section du cathéter au niveau du biseau ;
> la migration secondaire d’un cathéter péridural dans l’espace intra-
thécal est possible, quoique rare ;
169
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 170 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
COMPLICATIONS
> Brèche dure-mérienne,
> injection sous-durale (rachianesthésie totale si le niveau de ponction
est haut),
> injection intravasculaire :
• dans le plexus veineux péridural,
• dans l’artère d’Adamkiewicz (exceptionnel) ;
> hypotension,
> abcès épidural,
> hématome épidural,
> lésions neurologiques.
PÉRIRACHIANESTHÉSIE COMBINÉE
> Dans certaines circonstances, il est intéressant de combiner une rachia-
nesthésie et une péridurale pour assurer l’analgésie postopératoire
(exemple : prothèse de genou, césarienne). Deux méthodes différentes
peuvent être utilisées :
• insertion du cathéter péridural puis rachianesthésie au niveau infé-
rieur,
• rachianesthésie à travers l’aiguille de Tuohy (selon le matériel utilisé)
placé dans l’espace péridural. L’insertion du cathéter fait suite à
l’injection d’anesthésique local dans l’espace intrathécal.
ANESTHÉSIE CAUDALE
> L’anesthésie caudale consiste à injecter l’anesthésique local dans
l’espace péridural par le hiatus sacré :
170
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 171 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
INDICATIONS
> Chirurgie anale,
> chirurgie de la verge,
> antalgie postopératoire chez les enfants pour :
• opération des membres inférieurs (exemple : cure chirurgicale de
pied-bot),
PROCÉDURE
> Installer le patient en décubitus latéral ou ventral ;
> Désinfecter la peau largement et dresser un champ stérile :
• éviter le contact du désinfectant avec les gants stériles et le matériel
en raison du risque de méningite aseptique chimique ;
> repérer le site de ponction :
• le hiatus sacré se trouve au sommet du triangle formé par les crêtes
iliaques postérosupérieures et les crêtes sacrées ;
> effectuer une injection sous-cutanée d’anesthésique local au point de
ponction ;
> introduire l’aiguille avec un angle de 60° en direction céphalique
jusqu’au franchissement de la membrane sacrococcygienne, ce qui se
traduit par un ressaut. L’aiguille est ensuite réorientée dans l’axe du
canal spinal, et introduite sur une longueur de 1-2 cm. En pédiatrie,
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
171
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 172 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
OPIACÉS
172
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 173 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
AGONISTES α-ADRÉNERGIQUES 12
> Les agonistes α-adénergiques augmentent la durée et la qualité du
bloc sensitif par le biais d’une vasoconstriction locale et par leur action
directe sur les récepteurs médullaires α2 :
• adrénaline, encore utilisée en anesthésie épidurale, mais de plus en
plus controversée en rachianesthésie,
• clonidine (Catapressan®) dose : 0,5-1 µg/kg.
MANIFESTATIONS CLINIQUES
> Les céphalées apparaissent 24 à 48 h après la ponction ; elles sont bilaté-
rales, à localisation frontale ou occipitale avec irradiation dans la nuque ;
> les douleurs sont aggravées par la position verticale et sont parfois
accompagnées de troubles auditifs (acouphènes), visuels (diplopie) ou de
paralysie faciale, qui témoignent d’une irritation des nerfs crâniens ;
> les symptômes associés sont des nausées et vomissements, une photo-
phobie et une raideur de nuque.
DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
> Céphalées secondaires à l’accouchement par voie basse (= céphalées de
tension) :
• associées à une phase 2 prolongée du travail,
• ces douleurs n’ont pas de composante posturale, sont reproductibles
à la palpation et cèdent à la physiothérapie ;
> migraine :
• pic entre le 3e et le 6e jour après l’accouchement (facteur déclenchant :
chute du taux sérique d’œstrogènes) ;
> thrombophlébite cérébrale :
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
• très rare,
• pic dès la 2e semaine postpartum ;
> hématome sous-dural.
FACTEURS DE RISQUE
> Jeune âge,
> femme,
> grossesse,
> obésité,
> pathologies du rachis,
> antécédents de brèche dure-mérienne,
> inexpérience de l’anesthésiste,
> association à la taille et au type de l’aiguille :
• préférer une aiguille de petit diamètre chez la parturiente (26-30 G)
pour les rachianesthésies,
173
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 174 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
TRAITEMENT
> Le traitement est d’abord symptomatique :
• repos au lit strict,
• hydratation maximale,
• antalgiques :
▲ anti-inflammatoires non stéroïdiens,
▲ paracétamol (1 g 4 fois par jour),
▲ codéine (0,5-1 mg/kg 6 fois par jour per os),
▲ caféine (150-300 mg, 3-4 fois par jour per os) ;
> un traitement curatif par blood patch est effectué en cas d’échec de
traitement symptomatique conduit pendant 24 à 48 h ou en cas
d’atteinte des nerfs crâniens ;
• la technique est identique à la péridurale avec mandrin liquide pour
Anesthésie locorégionale (ALR)
ANESTHÉSIE LOCORÉGIONALE
PÉRIPHÉRIQUE
ANESTHÉSIE LOCORÉGIONALE INTRAVEINEUSE
OU BLOC DE BIER
> Le bloc de Bier est une technique qui consiste à injecter un anesthé-
sique local dans une voie veineuse du membre supérieur (plus rarement
inférieur), après l’avoir « exsanguiné » puis garrotté ;
> cette technique est indiquée pour des opérations d’une durée maxi-
male de 60 à 90 min ;
> l’anesthésique local utilisé est la lidocaïne (Xylocaïne®) 0,5 % à une
dose de 3-4 mg/kg ou la chlorprocaïne (Nesacaïne®) 0,5 % à raison de
40 ml (200 mg) pour le membre supérieur et 60 ml (300 mg) pour le
membre inférieur :
• l’utilisation de produit anesthésique à haute toxicité cardiaque (bupi-
vacaïne = Marcaïne ®) est proscrite en raison des effets engendrés
lors de la levée du garrot ;
• l’adjonction de clonidine (Catapresan® 1 µg/kg) permet de prolonger
la tolérance au garrot.
174
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 175 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
PROCÉDURE 12
> Insertion d’un cathéter veineux à chaque bras ;
> pose d’un garrot pneumatique, équipé de deux manchettes distinctes,
l’une proximale, l’autre distale ;
> exsanguination du bras opéré au moyen d’une bande Biflex ou Velpeau ;
• la bande d’Esmarch n’est actuellement plus recommandée (hautes
pressions) ;
> gonflage de la manchette proximale à une pression de 100 mmHg au-
dessus de la pression artérielle systolique (maximum 300 mmHg) ou utilisation
d'un système permettant de mesurer la pression d'obstruction artérielle ;
> injection lente de l’agent anesthésique ;
> retrait du cathéter veineux qui a servi à l’injection de l’anesthésique ;
> le bloc anesthésique s’installe en quelques minutes (5-15 min) ;
> après 20 min, gonflement de la manchette distale, qui se trouve en
zone anesthésiée et relâchement de la manchette proximale.
CONTRE-INDICATIONS
> Fistule artérioveineuse,
> Artériopathie ou opération vasculaire sur le membre opéré,
> drépanocytose,
> sepsis, infection du membre opéré (efficacité anesthésique diminuée,
voire insuffisante).
COMPLICATIONS
> Passage d’anesthésique local dans la circulation systémique :
• le maintien du garrot pendant au moins 45 min permet de diminuer
ce risque ;
• en cas de symptômes d’intoxication : regonfler immédiatement le
garrot, resserrer la surveillance hémodynamique et neurologique, se
préparer à une éventuelle réanimation (voir « Traitement d’urgence de
l’intoxication aux anesthésiques locaux » dans le chapitre 11
« Anesthésiques locaux »). Lorsque les symptômes ont disparu et après
un nouveau délai de 10-15 min, lâcher à nouveau le garrot et observer.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
BLOCS PLEXIQUES
ET TRONCULAIRES
> Les avantages des blocs plexiques et tronculaires sont :
• l’absence de recours systématique à une anesthésie générale ou
spinale,
• la stabilité hémodynamique,
• la préservation des fonctions cognitives,
• une reprise rapide des boissons et de l’alimentation,
• une analgésie prolongée et puissante,
175
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 176 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12 •
•
une physiothérapie précoce,
une récupération fonctionnelle rapide,
• une autonomie, une mobilisation et un lever précoces,
• une diminution des nausées et vomissements par épargne d’une
administration d’opiacés ;
> les blocs plexiques et tronculaires se font par la technique de neurostimula-
tion ou, depuis peu, par échoguidage. La technique s’appuyant sur la
recherche de paresthésies devrait être définitivement abandonnée. La ponc-
tion échoguidée est probablement l'avancée thérapeutique la plus impor-
tante en anesthésie locorégionale périphérique au cours de ces dernières
années. Elle nécessite cependant un matériel coûteux et une phase d’appren-
tissage durant laquelle l’échoguidage est combinée à la neurostimulation ;
> les deux problèmes principaux de la neurostimulation sont d’une part
les douleurs liées aux stimulations électriques et d’autre part les échecs
de bloc secondaires aux variations anatomiques. Par exemple, au niveau
du plexus brachial, des variations anatomiques importantes sont
présentes chez 20 à 30 % des patients. Enfin, l’insertion intraneurale
d’une aiguille ne s’accompagne pas toujours de la douleur classiquement
décrite et n’est pas forcément associée à une réponse musculaire, même
avec des intensités de stimulation élevées ; or l’injection d’anesthésique
local intraneurale peut conduire à une neuropathie ;
Anesthésie locorégionale (ALR)
NEUROSTIMULATION
ASPECTS TECHNIQUES
> Le neurostimulateur émet des impulsions électriques à une fréquence de
1-2 Hz, d’une durée de 0,1 ms et d’une intensité initiale de 1 à 2 mA ; le
champ électrique induit une dépolarisation du nerf stimulé, qui va
produire à son tour une contraction musculaire. Une fois que la réponse
musculaire désirée est obtenue, l’objectif est de diminuer l’amplitude de la
stimulation dès l’obtention de la contraction musculaire souhaitée, tout en
affinant la recherche par la modification de la position de l’aiguille ;
176
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 177 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
TECHNIQUE ÉCHOGUIDÉE
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
BLOC INTERSCALÉNIQUE
> Indication :
• chirurgie de l’épaule ;
> installation du patient :
• décubitus dorsal, tête tournée légèrement du côté controlatéral ;
> repères anatomiques :
• défilé interscalénique formé par les muscles scalènes antérieur et
moyen,
• bord postérieur du chef claviculaire du muscle sternocléidomastoï-
dien,
• cartilage cricoïde ;
177
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 178 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
2 4
5
178
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 179 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
BLOC SUPRACLAVICULAIRE 12
> Indication :
• chirurgie du coude, de l’avant-bras et de la main ;
> installation du patient :
• décubitus dorsal avec la tête tournée du côté controlatéral ;
> repères anatomiques :
• bord postérieur du chef claviculaire du muscle sternocléidomastoï-
dien au niveau de son insertion claviculaire,
• artère sous-clavière,
• défilé interscalénique,
> insertion de l’aiguille :
• palpation de l’artère sous-clavière au-dessus du défilé,
• insertion de l’aiguille juste au-dessus du doigt afin de passer perpen-
diculairement (au plan de la table) au-dessus de la clavicule,
• injection de 25-30 ml ;
> réponses recherchées :
• nerf radial, nerf musculocutané, éventuellement nerf axillaire ;
> complications :
• injection intra-artérielle,
• pneumothorax,
1
2
3 4
5
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
BLOC INFRACLAVICULAIRE
■ Approche sous-coracoïdienne
> Indication :
• chirurgie du coude, de l’avant-bras et de la main,
• contrairement au bloc axillaire, la réalisation de ce bloc ne requiert
pas la mobilisation du membre supérieur ; il est donc préférable en
présence de traumatisme ;
179
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 180 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
■ Approche verticale
> Indication :
• chirurgie du coude, de l’avant-bras et de la main,
• contrairement au bloc axillaire, la réalisation de ce bloc ne requiert
pas la mobilisation du membre supérieur ; il est donc préférable en
présence de traumatisme ;
> installation du patient :
• décubitus dorsal avec la tête tournée légèrement du côté
controlatéral ;
> repères anatomiques :
• milieu d’une ligne tirée entre l’articulation acromioclaviculaire et le
creux sus-sternal,
• clavicule ;
> insertion de l’aiguille :
• au milieu de cette ligne, rasant le bord inférieur de la clavicule, stric-
tement perpendiculaire au plan de la table, positionnée horizontale-
ment (la position de la table est capitale, puisque de ce
positionnement correct dépend la diminution du risque de pneumo-
thorax),
180
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 181 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
BLOC SUPRASCAPULAIRE
> Indication :
• antalgie per- et postopératoire de l’épaule lorsqu’un bloc interscalé-
nique est contre-indiqué,
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
181
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 182 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
BLOC AXILLAIRE
Anesthésie locorégionale (ALR)
> Indication :
• chirurgie du coude, de l’avant-bras et de la main ;
> installation du patient :
• décubitus dorsal avec le bras en abduction à 90° et le coude plié à
90° ;
> repères anatomiques :
• artère axillaire ;
> insertion de l’aiguille :
• identification du pouls axillaire,
• insertion de l’aiguille au-dessus de l’artère dans une direction proxi-
male, presque parallèle à l’artère, avec un angle de 30 à 45° avec la
peau ;
> réponses recherchées :
• nerf médian : ponction juste au-dessus de l’artère axillaire parallèle-
ment à l’axe de l’artère,
• nerf ulnaire : ponction juste en dessous de l’artère axillaire (presque
au-devant de l’artère) parallèlement à l’axe de l’artère,
• nerf radial : ponction juste en dessous de l’artère axillaire en direc-
tion du creux axillaire en cherchant à passer derrière l’artère avec
l’extrémité de l’aiguille,
• nerf musculocutané (la recherche spécifique de ce nerf est nécessaire
puisqu’il quitte le plexus avant le creux axillaire) : ponction nette-
ment au-dessus de l’artère axillaire en direction du bord antérieur du
muscle deltoïde,
• séquence d’injection :
▲ 1) nerf musculocutané : injection de 8-10 ml,
▲ 2) nerf principal du territoire chirurgical : injection de 15 ml,
▲ 3) nerf tronculaire supplémentaire : injection de 5-10 ml ;
• les nerfs cutané médial du bras et de l’avant-bras nécessitent une
injection sous-cutanée, en direction de la ligne axillaire postérieure
pour être bloqués (l’utilisation d’un garrot impose le bloc de ces
2 nerfs) : injection de 5 ml ;
> complications :
• ponction et injection intra-artérielle,
• infection, hématome, lésion neurologique.
182
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 183 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
1
1
a b
1
1
c d
Figure 12.14 Bloc axillaire.
1 : Artère axillaire.
a. Nerf médian.
MC
V M
A
U
R
Figure 12.5 Rapport des nerfs et des vaisseaux dans le creux axillaire.
V = veine axillaire, A = artère axillaire, M = nerf médian, U = nerf ulnaire,
R = nerf radial, MC = nerf musculocutané.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
> Indication :
• chirurgie au niveau du coude ou en dessous ;
> installation du patient :
• décubitus dorsal avec le bras en abduction à 90°, coude en
extension ;
> repères anatomiques :
• jonction entre le tiers moyen et le tiers supérieur du bras,
• artère brachiale ;
> insertion de l’aiguille :
• nerf médian : tangentiellement à la peau et légèrement au-dessus de
l’artère,
183
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 184 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
184
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 185 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
1 1
a b
1 1
c d
Figure 12.17 Blocs tronculaires du canal huméral.
1 : Artère brachiale.
a. Nerf médian.
• nerf radial :
▲2 cm à l’extérieur du bord latéral du tendon du biceps, 2-3 cm au-
dessus du pli du coude en direction céphalique,
▲ injection de 5-7 ml,
▲ possibilité de bloquer le nerf musculocutané par une injection
sous-cutanée d’anesthésique local en direction du bord latéral de
l’avant-bras (seules les fibres sensitives sont ainsi bloquées) : injec-
tion de 4-6 ml ;
• nerf ulnaire :
▲ le coude est fléchi à 60°,
▲ 2 cm au-dessus d’une ligne entre l’olécrâne et l’épitrochlée, en
direction céphalique :
✓ attention : il ne faut pas injecter directement dans la gouttière
épitrochléenne en raison d’un risque de compression du nerf
par la solution ;
• injection de 5-8 ml ;
> complications :
• injection intra-artérielle,
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
185
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 186 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
> Indication :
• chirurgie distale des doigts,
• sans neurostimulateur ;
> installation du patient :
• décubitus dorsal et bras en supination ;
> repères anatomiques :
• articulation métacarpophalangienne ;
> insertion de l’aiguille :
• insertion au niveau de l’articulation métacarpophalangienne avec un
angle de 45° en direction distale,
• injection de 3-4 ml ;
• attention : injection d’AL sans adrénaline ;
> complications :
• infection, hématome, lésion neurologique.
186
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 187 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
2
2
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
187
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 188 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
2
3 1
1 1
a b
c d
Figure 12.20 Blocs tronculaires au niveau du poignet.
a. Nerf ulnaire, 1 : apophyse styloïde ; 2 : artère cubitale ; 3 : tendon du
muscle cubital antérieur.
Anesthésie locorégionale (ALR)
> Indication :
• chirurgie de la hanche et du genou ;
> installation du patient :
• décubitus latéral ;
> repères anatomiques :
• crête iliaque,
• épine iliaque postérosupérieure ;
> insertion de l’aiguille :
• au point d’intersection d’une droite parallèle aux apophyses
épineuses partant de l’épine iliaque postérosupérieure avec une
droite passant par les deux crêtes iliaques,
• insertion rigoureusement perpendiculaire,
• injection de 25-35 ml ;
> réponses recherchées :
• nerf fémoral : contraction du muscle quadriceps,
• nerf obturateur : adduction de la cuisse ;
> complications :
• ponction pôle inférieur du rein,
• diffusion péridurale,
• infection, hématome, lésion neurologique ;
> remarque :
• la réalisation de ce bloc est douloureuse pour le patient ; il ne doit
être envisagé que si une anesthésie médullaire est contre-indiquée,
• certains auteurs préconisent la combinaison de ce bloc avec l’AG afin
de réduire les pertes sanguines pendant les interventions de la
hanche.
188
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 189 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
189
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 190 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12 > complications :
• ponction du rectum,
• ponctions vasculaires ;
> remarque :
• cette technique présente une fréquence élevée de complications. Ce
bloc est à réserver aux contre-indications de la rachianesthésie.
2
1
Anesthésie locorégionale (ALR)
■ Approche postérieure
> Indications :
• chirurgie de la jambe et du pied,
• chirurgie de la totalité du membre inférieur, en association avec un
bloc fémoral ;
▲ attention : cet abord ne permet pas l’anesthésie du nerf cutané
postérieur de la cuisse qu’il faut bloquer au niveau de la cuisse lors
d’utilisation d’un garrot. Seul un abord dit parsacré pour le bloc
sciatique permet l’utilisation du garrot ;
> installation du patient :
• décubitus latéral avec flexion de la hanche et du genou de 90° ;
> repères anatomiques :
• épine iliaque postérosupérieure,
• grand trochanter,
• hiatus sacrococcygien ;
> insertion de l’aiguille :
• tracer la médiatrice de la ligne qui relie le grand trochanter à l’épine
iliaque postérosupérieure ;
• tracer la ligne entre le hiatus sacrococcygien et le grand trochanter ;
• insérer l’aiguille à l’intersection de la médiatrice et de la ligne reliant
le grand trochanter et le hiatus sacrococcygien, perpendiculairement
à la peau ;
• injecter 20-30 ml ;
> réponses recherchées :
• flexion plantaire ou dorsale du pied. Attention : ne pas se satisfaire
d’une réponse proximale (jambe ou cuisse) ;
• toute intervention comprenant une ostéotomie doit faire préférer la
recherche d’une réponse de type nerf tibial (flexion plantaire) ;
> complications :
• infection, hématome, lésion neurologique.
190
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 191 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
1 12
2 3
191
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 192 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
192
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 193 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
2
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
4
3
193
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 194 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12 BLOC 3-EN-1
Un bloc 3-en-1 est une infiltration large des nerfs fémoral, obturateur et
cutané latéral fémoral. La seule technique qui permette de réaliser un
bloc 3-en-1 est le bloc plexique lombaire postérieur. Une technique
presque identique à celle du bloc fémoral a été décrite, mais elle doit
être abandonnée en raison d’un taux d’échec élevé.
2
3
1
194
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 195 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
BLOC ILIOFASCIAL
> Indication :
• analgésie postopératoire ou en milieu extrahospitalier pour la
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
195
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 196 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12 > complications :
• infection, hématome, lésion neurologique (rare) ;
> remarque :
• ce bloc, qui se fait sans neurostimulateur, permet de bloquer par
inondation, quoique de manière inconstante, les nerfs cutané latéral
de la cuisse, obturateur et fémoral ;
• il est conseillé d’utiliser une aiguille non tranchante de type aiguille
de neurostimulation afin de bien ressentir les ressauts qui signalent
le franchissement des fascias lata et iliaca.
3
Anesthésie locorégionale (ALR)
196
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 197 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
Figure 12.30 Bloc du nerf sciatique au creux poplité : approche poplitée postérieure
du membre inférieur gauche.
1 : Bord médial du muscle biceps fémoral.
2 : Bord latéral du muscle semi-membraneux.
3 : Pli de flexion.
197
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 198 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
3
1
4
Figure 12.31 Bloc du nerf sciatique au creux poplité : approche poplitée latérale.
1 : Tendon muscle biceps fémoral.
2 : Pli articulaire.
3 : Dépression.
4 : Tête du péronée.
Anesthésie locorégionale (ALR)
1
3
198
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 199 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
1 2
199
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 200 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
2
1
1
2
200
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 201 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
201
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 202 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
5
3 4
1 2
a b
c d
e f
BLOC INTERCOSTAL
> Indications :
• analgésie postopératoire de la chirurgie thoracique et abdominale
haute,
• fractures de côtes,
• douleurs neurogènes thoraciques ;
> installation du patient :
• décubitus ventral ou latéral,
• sans neurostimulateur ;
> repères anatomiques :
• bord inférieur de la côte,
• ligne axillaire postérieure ;
> insertion de l’aiguille :
• direction oblique vers le haut jusqu’au contact osseux, au niveau de
la ligne axillaire postérieure,
• retrait et réinsertion pour raser le rebord costal inférieur qu’il ne faut
pas dépasser de plus de 3 mm,
• ne pas chercher de paresthésie,
• injection de 3-5 ml de solution anesthésique par espace intercostal ;
> complications :
• pneumothorax,
• toxicité systémique en raison de l’absorption importante,
• infection, hématome, lésion neurologique.
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 203 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
BLOC PARAVERTÉBRAL
203
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 204 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
204
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 205 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
205
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 206 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12 BLOC PARAOMBILICAL
> Indication :
• analgésie postopératoire lors de la chirurgie laparoscopique ;
> repères anatomiques :
• ombilic,
• bord latéral du muscle grand droit abdominal ;
> insertion de l'aiguille :
> l’utilisation d’une aiguille « mousse » ou à biseau court devrait être
systématique. En effet, elle permet une identification beaucoup plus
aisée des structures et diminue le taux de complications ;
> insertion de l'aiguille avec un angle de 30°, de part et d’autre de
l'ombilic, à 3-5 cm du bord latéral du muscle grand droit abdominal ;
> recherche du passage de l'aponévrose du muscle grand droit
abdominal ;
> injection d'un volume d'anesthésique local de 7-10 ml par côté ;
> complications :
• injection intravasculaire,
• pénétration intrapéritonéale.
Anesthésie locorégionale (ALR)
BLOC PÉNIEN
> Indication :
• anesthésie et analgésie postopératoire de la chirurgie du pénis ;
> installation du patient :
• décubitus dorsal ;
> repères anatomiques :
• symphyse pubienne,
• branches ischiopubiennes ;
> insertion de l’aiguille :
• l’utilisation d’une aiguille « mousse » ou à biseau court devrait être
systématique. En effet elle permet une identification beaucoup plus
aisée des structures et diminue ainsi le taux de complications rencon-
trées dans ce bloc. Une aiguille 23 G est utilisée chez l’enfant ;
• 0,5-1 cm de part et d’autre de la ligne médiane, définie par la
symphyse pubienne, au niveau du bord inférieur des branches
ischiopubiennes ; l’injection unique fait courir le risque d’une lésion
de l’artère dorsale du pénis et d’une nécrose du gland ;
• insertion presque verticale, légèrement incliner l’aiguille sous la
symphyse jusqu’à franchir le fascia de Buck ;
• attention : injection d’AL sans adrénaline ;
> complications :
• injection intracaverneuse,
• injection intravasculaire,
• infection, hématome.
TECHNIQUE ÉCHOGUIDÉE
ASPECTS TECHNIQUES
> L'élément de base de l'échographie est une céramique piézoélectrique,
située dans la sonde, qui vibre et génère des ondes lorsqu’elle est
soumise à des impulsions électriques. Les ondes traversent les tissus, sont
partiellement réfléchies, avant d’être réceptionnées par la sonde qui les
transforme en images. L’effet Doppler (lié à la variation de fréquence de
l’onde émise et de l’onde reçue) permet de confirmer le caractère vascu-
laire de certaines structures ;
> il existe plusieurs types de sonde :
206
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 207 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
• sonde linéaire à « haute fréquence » (entre 6-10 MHz pour les blocs
profonds et 10-15 MHz pour les blocs superficiels),
12
• sonde convexe à « basse fréquence » (entre 2 et 6 MHz pour des
blocs d’une profondeur > 7 cm) ;
> les images de la partie supérieure de l’écran sont issues des régions
superficielles, alors que les images de la partie inférieure proviennent des
régions profondes.
SÉMIOLOGIE
> Artère : anéchogène (« vide échographique »), non compressible, pulsatile,
> veine : anéchogène (« vide échographique »), compressible, non pulsa-
tile,
> nerf : structure hypoéchogène homogène au niveau radiculaire ; struc-
ture hypoéchogène hétérogène, « en nid d'abeille » au niveau tronculaire,
• les reflets hyperéchogènes sont dus à la présence de tissu conjonctif à
l’intérieur du nerf (périnèvre, épinèvre, tissu interfasciculaire) ;
> os : hyperéchogène avec cône d'ombre,
> muscle : hyperéchogène, hétérogène,
> tendon : hyperéchogène,
> graisse : hypoéchogène, hétérogène,
207
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 208 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
BLOCS ÉCHOGUIDÉS
> Arbitrairement, nous avons décidé de ne décrire que cinq blocs écho-
guidés dans les pages suivantes : bloc interscalénique, bloc axillaire, bloc
supraclaviculaire, bloc fémoral, bloc poplité ;
> les blocs échoguidés sont réalisés pour le même type d’opérations que
les blocs par neurostimulation. Les patients sont positionnés de manière
similaire.
208
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 209 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
la région supraclaviculaire.
1 : plexus brachial ; 2 : artère sous-clavière ; 3 : première côte ;
4 : plèvre ; 5 : poumon.
209
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 210 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
210
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 211 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12
211
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 212 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
12 ■ Lectures conseillées
Block BM, Liu SS, Rowlingson AJ et al. Efficacy of postoperative epidural
analgesia : a meta-analysis. JAMA 2003 ; 290 : 2455-63.
Boon JM, Abrahams PH, Meiring JH et al. Lumbar puncture : anatomical
review of a clinical skill. Clin Anat 2004 ; 17 : 544-53.
Franco CD, Rahman A, Voronov G et al. Gross anatomy of the brachial
plexus sheath in human cadavers. Reg Anesth Pain Med 2008 ; 33 : 64-9.
Koscielniak-Nielsen ZJ. Ultrasound-guided peripheral nerve blocks : what
are the benefits ? Acta Anaesthesiol Scand 2008 ; 52 : 727-37.
Anesthésie locorégionale (ALR)
212
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 213 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
13
Évaluation préopératoire
et prémédication
P.-G. CHASSOT, E. ALBRECHT
ÉVALUATION PRÉOPÉRATOIRE
> Avant chaque intervention, tout patient doit bénéficier d’un examen
préopératoire par un anesthésiste ;
> pour mener à bien son évaluation et définir une stratégie, l’anesthé-
siste doit connaître l’indication opératoire, le type d’intervention, la
durée opératoire prévue, ainsi que le nom de l’opérateur ;
> l’évaluation préopératoire comprend une anamnèse, un examen
clinique et la prescription d’éventuels examens complémentaires ou
consultation spécialisée. Les patients à risque sont identifiés ;
> la consultation permet également de répondre aux questions du
patient, de lui expliquer les diverses procédures, avec les risques et
complications potentielles, et d’obtenir un consentement éclairé lorsque
la loi l’exige ;
> l’ensemble des informations, dûment transcrites dans le dossier du
patient, permet ensuite d’établir une stratégie anesthésique, tout en
tenant compte des craintes et des souhaits du patient.
ANAMNÈSE
> L’anamnèse doit permettre de recueillir les informations suivantes.
ANAMNÈSE GÉNÉRALE
> Âge,
> perception du patient de son état de santé (symptomatologie),
> habitudes : tabagisme, consommation d’alcool, de drogue,
> facteurs de risque cardiovasculaire :
• majeurs : HTA, tabagisme, diabète, hypercholestérolémie,
• mineurs : sexe, anamnèse familiale positive ; sédentarité,
> liste des médicaments, allergies, réactions paradoxales,
> grossesse en cours.
213
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 214 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
• dysphagie,
• modification de la voix,
• dyspnée inspiratoire,
• antécédents de chirurgie laryngée,
• antécédents de radiothérapie cervicale,
• SAOS (syndrome d’apnées obstructives du sommeil) : rechercher les 3
symptômes cardinaux qui sont :
▲ le ronflement,
▲ les apnées nocturnes,
▲ la somnolence diurne ;
> système nerveux :
• malaise, perte de connaissance,
• faiblesses, sciatalgies,
• antécédents d’accident vasculaire cérébral, d’épilepsie,
• antécédents de chirurgie du rachis ;
> autres :
• infection VIH (virus de l'immunodéficience humaine), hépatite,
ictère,
• saignements muqueux (épistaxis, gengivorragies) saignement anor-
mal pour une lésion minime,
• dysthyroïdie.
■ Remarque
> De manière générale, un patient capable de monter 2 étages d’esca-
lier, qui ne souffre ni d’orthopnée, ni de dyspnée nocturne paroxystique
ni d’angine de poitrine, ne nécessite pas d’examen complémentaire
avant une intervention.
ANAMNÈSE ANESTHÉSIQUE
> Antécédents d’anesthésie générale ou locorégionale,
> antécédents d’intubation difficile, d’intubation prolongée, d’hyper-
thermie maligne (fièvre, myalgies sévères),
> antécédents de réveil prolongé, de réveil peropératoire, de réveil
« paralysé »,
> antécédents de nausées et vomissements postopératoires,
> anamnèse familiale de problèmes anesthésiques.
■ Remarque
> Il est toujours recommandé de consulter les anciens protocoles d’anes-
thésie, sur lesquels devraient systématiquement être consignés d’éven-
tuels événements particuliers ou complications ;
214
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 215 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
EXAMEN CLINIQUE
> Les éléments ci-dessous doivent être recherchés de manière systéma-
tique.
PARAMÈTRES GÉNÉRAUX
> Signes vitaux : FC, pression artérielle systolique et diastolique aux deux
bras, saturation en O2,
> taille, poids et BMI (Body Mass Index).
SYSTÈME CARDIOVASCULAIRE
SYSTÈME RESPIRATOIRE
> Observation, palpation, percussion,
> auscultation pulmonaire : murmure vésiculaire, râles crépitants fins,
râles crépitants grossiers, ronchus, sibilances,
> stridor.
STATUS ORL
> Apparence extérieure : cou et nuque, joues, moustache, barbe, micro-
ou macrognathisme, rétrognathisme,
> bouche : ouverture > 35 mm, déplacement antérieur de la mandibule,
taille de la langue, protrusion des incisives supérieures, état dentaire,
prothèses,
> score de Mallampati (figure 13.1),
> nez : taille, perméabilité des narines,
> mouvement de la nuque : flexion et extension de la nuque, position de
reniflement (Sniffing Position), mobilité latérale,
> palpation : position de la trachée, goitre, distance hyoïdomentonnière
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
■ Remarques
> Les facteurs prédictifs d’une ventilation difficile au masque sont :
• présence d’une barbe,
• obésité,
• grand âge,
• ronflements,
• absence de dents,
• radiothérapie du visage et du cou ;
> les facteurs prédictifs d’une intubation difficile sont :
• raideur de nuque,
• prognathisme, rétrognathisme,
• diminution de l’ouverture de bouche < 35 mm, macroglossie, inci-
sives proéminentes,
• classification de Mallampati > 2,
215
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 216 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
B1
> B1 représente la fermeture des valves mitrale et tricuspide ;
> augmentation du B1 lors de :
• sténose mitrale avec valve souple,
• cardiomyopathie obstructive hypertrophique (CMOH) ;
> diminution du B1 en présence d’une :
• sténose mitrale avec valve calcifiée,
• insuffisance mitrale,
• fonction du ventricule gauche (VG) diminuée.
B2
> B2 représente la fermeture des valves aortique (A2) et pulmonaire
(P2) ;
> la fermeture de A2 précède celle de P2 ;
> augmentation de A2, P2 :
• HTA,
216
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 217 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
B4
> B4 indique un remplissage actif d’un ventricule par la contraction auri-
culaire, lorsque la compliance de ce ventricule est diminuée ;
> B4 précède B1 ;
> les étiologies sont :
• sténose aortique,
• HTA,
• CMOH,
• insuffisance mitrale aiguë,
• syndrome coronarien aigu (SCA) : un B4 transitoire accompagné de
douleur thoracique doit faire suspecter une ischémie myocardique.
REMARQUES
> Les souffles irradient dans la direction du flux sanguin et le sens des
turbulences ;
> l’intensité d’un souffle est proportionnelle aux tourbillons qu’il
génère, mais pas avec la gravité de la lésion ; le souffle diminue d’inten-
sité en cas de bas débit cardiaque ;
> Les bruits générés au niveau des cavités droites augmentent avec
l’augmentation du retour veineux lors de l’inspiration ;
217
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 218 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
> Le son glottique est un son rude, intense, produit par le passage de
l'air à travers le larynx ; il est entendu le long du cou, de la trachée, du
sternum, et n’est normalement pas transmis à la cage thoracique.
RONFLEMENTS (RONCHUS)
> Ces bruits résultent de la vibration des sécrétions adhérentes aux
parois des grosses bronches ;
• exemples : bronchite aiguë, bronchite chronique.
SIBILANCES (WHEEZING)
> Les sibilances sont des sifflements de tonalité aiguë qui traduisent une
diminution du calibre des bronches et sont produites par les vibrations
des parois des voies aériennes sur le point de se fermer ;
• exemples : asthme, BPCO.
218
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 219 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
SOUFFLE PLEURAL 13
> Le souffle pleural est un bruit respiratoire pathologique de type glot-
tique, issu d’une meilleure transmission du bruit laryngotrachéal par le
parenchyme pulmonaire, refoulé par un épanchement pleural ;
• exemple : épanchement pleural.
FROTTEMENT PLEURAL
> Il s’agit d’un bruit sec, rugueux et superficiel, non modifié par la toux ;
il est généré par le frottement l’une contre l’autre des deux plèvres
enflammées ; son intensité peut être faible, « froissement de papier de
soie », ou forte, « bruit râpeux de cuir neuf » ; il est audible dès le début
de l’inspiration, ce qui permet de le distinguer des râles crépitants fins,
que l’on entend plutôt en fin d’inspiration ;
> le bruit du frottement pleural entendu à l’inspiration se retrouve habi-
tuellement en fin d’expiration ;
EXAMENS COMPLÉMENTAIRES
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
EXAMENS DE LABORATOIRE
> En principe, les examens de laboratoire ne sont recommandés que s’ils
modifient la stratégie anesthésique, quel que soit l’âge du patient. Néan-
moins, il est conseillé d’effectuer les examens suivants :
219
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 220 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
ECG
> Un ECG 12 dérivations doit être effectué chez tout patient qui présente
des facteurs de risque cardiovasculaires, une pathologie cardiaque ou
une maladie systémique (exemple : collagénose) ;
> sinon cet examen est conseillé chez l’homme dès 40 ans et chez la
femme dès 50 ans ;
> la validité d’un ECG est de 12 mois si aucun événement cardiovascu-
laire ne survient dans l’intervalle.
RADIOGRAPHIE DU THORAX
> Une radiographie du thorax est effectuée :
• chez le patient migrant sans contrôle sanitaire,
• lors de pathologie particulière :
▲ goitre,
▲ insuffisance cardiaque,
220
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 221 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
▲
▲
bronchopneumonie chronique obstructive,
processus néoplasique avec possibilité de métastases pulmonaires ;
13
> la validité d’une radiographie du thorax est de 12 mois si aucune affec-
tion respiratoire ne survient dans l’intervalle ;
> une radiographie du thorax est inutile en l’absence de signe d’appel
clinique, ou si l’anesthésiste dispose d’un scanner thoracique ou d’une
imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM).
GAZOMÉTRIE ARTÉRIELLE
> La gazométrie permet de connaître les pressions partielles en O2 et en
CO2, le pH sanguin et le taux d’hémoglobine ;
> cet examen est effectué sur la base de signes cliniques (BPCO sévère,
hypoxémie) ;
> l’interprétation détaillée de la gazométrie se trouve dans le chapitre
31 « Équilibre acidobasique ».
ÉCHOCARDIOGRAPHIE TRANSTHORACIQUE
> L’échocardiographie transthoracique permet de visualiser l’anatomie
fonctionnelle des structures cardiaques et d’évaluer entre autres :
• les volumes télédiastolique et télésystolique des ventricules,
• les fonctions systolique et diastolique (fraction d’éjection, contracti-
lité),
• les valvulopathies,
• les altérations de la cinétique segmentaire,
• le péricarde,
• la pression artérielle pulmonaire.
221
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 222 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
222
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
ECG d’effort Simple, non invasif, peu Non utilisable en cas d’incapacité 69 73 91-99
onéreux physique ou d’anomalies ECG (ex :
BBG)
Échographie de stress à Anatomie fonctionnelle Examen opérateur-dépendant 80 90 93-100
la dobutamine Fonction du VG Échogénicité variable (examen
impossible dans environ 40 % des
cas)
Scintigraphie Évaluation de la fonction du Traceur radioactif 85 80 96-100
myocardique VG Patient à jeun
Opérateur-indépendant
Évaluation du risque
périopératoire directement
liée à l’étendue d’un défaut
ALBRECHT2009.book Page 223 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
de perfusion
La valeur prédictive négative de ces tests est élevée, c’est-à-dire que le patient a une probabilité faible de développer un SCA ou de décéder sur une origine cardiaque en cas de test
négatif. Par contre, la valeur prédictive positive est basse (5-20 %) : en cas de test positif, il n’est pas certain que le patient souffrira d’un SCA, car l’événement est rare.
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
Évaluation préopératoire et prémédication
13
223
ALBRECHT2009.book Page 224 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
■ Spirométrie
> La spirométrie est une méthode de mesure des volumes pulmonaires
mobilisables et des débits ventilatoires. Cet examen permet de faire la
différence entre un syndrome obstructif et un syndrome restrictif, et de
diagnostiquer un piégeage gazeux (air trapping) ou une distension
(hyperinflation) ;
> les volumes pulmonaires dépendent de l’âge, du sexe, de la taille et de
la race du patient ; une fois mesurés, les volumes sont ensuite comparés à
des valeurs prédites ;
> le rapport de Tiffeneau est le rapport du volume expiré maximal
(VEMS) en 1 s sur la capacité vitale (CV) ;
> la spirométrie est un mauvais outil de prédiction d’éventuelles compli-
cations postopératoires, telles que bronchospasme, atélectasie, insuffi-
sance respiratoire, pneumonie ;
> la spirométrie est utile dans l’évaluation du patient devant bénéficier
d’une chirurgie pulmonaire de réduction, en association avec un test
d’effort et une DLCO : capacité de diffusion du monoxyde de carbone ;
> aucune donnée ne confirme l’utilité de cet examen de routine avant
une intervention dans le but de prévenir des complications pulmonaires
postopératoires ;
> cet examen est indiqué lors de :
• syndrome obstructif instable ou mal traité,
• chirurgie thoracique ou abdominale haute chez un patient qui
présente des symptômes respiratoires non expliqués,
• chirurgie de réduction pulmonaire.
Syndrome restrictif
> Définition :
• CPT < 80 % de la valeur prédite chez la femme,
224
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 225 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
13
VRI
CPI
CV
Vt
CPT
VRE
CRF
VR
• atteinte neuromusculaire,
• fibrose pulmonaire,
• obésité,
• déformation thoracique (scoliose),
• insuffisance cardiaque.
Piégeage gazeux (air trapping)
> Définition : VR/CPT > 130 % de la valeur prédite ;
> le piégeage gazeux est fréquent dans l’asthme grave ou la bronchop-
neumopathie chronique obstructive.
Distension (hyperinflation)
> Définition : CRF > 130 % de la valeur prédite, sauf en cas d’augmenta-
tion harmonieuse de tous les volumes ;
> l’hyperinflation est le plus souvent liée à l’emphysème.
225
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 226 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
13 Syndrome obstructif
> Définition
• Tiffeneau (VEMS/CV) (%) < [valeur prédite -11] chez la femme,
• Tiffeneau (VEMS/CV) (%) < [valeur prédite -12] chez l’homme ;
> degré de l’obstruction :
• léger si VEMS > 70 % de la valeur prédite,
• modéré si VEMS 60-69 % de la valeur prédite,
• moyennement sévère si VEMS 50-59 % de la valeur prédite,
• sévère si VEMS 35-49 % de la valeur prédite,
• très sévère si VEMS < 35 % de la valeur prédite ;
> test de réversibilité après bronchodilatation (exemple : salbutamol
= Ventoline®, Ventolin®) :
• réversibilité significative : augmentation du VEMS > 12 % ou de la
CVF (capacité vitale forcée) > 200 ml entre la valeur après le test et la
valeur avant le test,
• réversibilité forte : augmentation du VEMS > 15 % entre la valeur
après le test et la valeur avant le test ;
Évaluation préopératoire et prémédication
> étiologie :
• bronchopneumopathie chronique obstructive,
• asthme,
• mucoviscidose,
• bronchectasies.
Remarques
> Dans l’emphysème, la diminution du VEMS est la conséquence de la
diminution des forces de rappel élastiques pulmonaires ;
> dans l’asthme et la BPCO, la diminution du VEMS est secondaire à
l’augmentation des résistances expiratoires ;
> un VEMS < 800 ml est incompatible avec une qualité de vie correcte.
■ Capacité de diffusion du CO
> La diffusion des gaz peut être évaluée en mesurant la diffusion du
monoxyde de carbone (CO) au niveau pulmonaire (mesure des pressions
partielles inspiratoires et expiratoires du CO) ; la capacité de diffusion du
CO, appelé aussi facteur de transfert du CO, abrégée DLCO, est propor-
tionnelle à la capacité de diffusion de l’O2, plus difficile à mesurer ;
• DLO2 = diffusion O2/(PalvéolaireO2 – PpostcapillaireO2) ; mais la PpostcapillaireO2
est impossible à obtenir ; on a donc recours à la DLCO ;
• DLCO = diffusion CO/PalvéolaireCO ; la PpostcapillaireCO peut être consi-
dérée comme nulle, car le CO ne reste pas sous forme gazeuse (se lie
instantanément à l’Hb = hémoglobine) ; ce dernier paramètre
implique que la mesure du DLCO dépend peu du débit cardiaque ;
> trois méthodes sont utilisées dans la pratique clinique pour mesurer la
DLCO :
• méthode avec une inspiration unique,
• méthode à l’état d’équilibre,
• méthode de respiration en circuit fermé ;
> la DLCO dépend de la surface des capillaires. Elle n’évalue pas unique-
ment la capacité de diffusion à travers la membrane alvéolocapillaire,
mais également toutes les étapes des échanges gazeux :
• la diffusion en phase gazeuse,
• la diffusion en phase liquide, à travers la membrane alvéolocapillaire,
• la liaison à l’hémoglobine.
Valeur normale de la DLCO et classification
> Valeur normale : 75-125 % de la valeur prédite,
> trouble de la diffusion léger : 61-74 % de la valeur prédite,
> trouble de la diffusion modéré : 40-60 % de la valeur prédite,
> trouble de la diffusion sévère : < 40 % de la valeur prédite.
226
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 227 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
médiaires.
■ Facteurs majeurs
> Infarctus, syndrome coronarien aigu ou revascularisation [pontage
aortocoronarien (PAC) ou stents passifs] < 6 semaines,
> angor instable ou résiduel après infarctus,
> stents actifs < 12 mois,
> AVC < 6 semaines,
> IC décompensée,
> arythmies malignes,
> valvulopathies décompensées, sténose aortique serrée.
■ Facteurs intermédiaires
> Infarctus ou revascularisation (PAC ou stents passifs) entre 6 semaines
et 3 mois,
227
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 228 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
1-10 MET
Opération
myocardique
3) Coronographie selon indications de 1) et 2),
Investigations
■ Facteurs mineurs
> Infarctus ou revascularisation (PAC ou stents passifs) > 3 mois,
> rythme non sinusal, BBG,
> patient polyvasculaire,
> tabagisme, hypercholestérolémie, HTA.
228
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 229 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
RISQUE CHIRURGICAL
Le risque chirurgical dépend de l’importance de l’intervention : majeur,
intermédiaire et mineur.
■ Risque majeur
> Chirurgie aortique et vasculaire importante,
> interventions longues et hémorragiques.
■ Risque mineur
> Chirurgie endoscopique,
> chirurgie ambulatoire,
> chirurgie plastique et reconstructrice,
> chirurgie de paroi.
REVASCULARISATION CORONARIENNE
> Une revascularisation n’est pas indiquée à titre prophylactique en
préopératoire ; les indications à une revascularisation sont les mêmes
qu’en dehors du contexte chirurgical. La coronaropathie stable (angor
stade I et II) n’est pas une indication à la revascularisation ;
> une intervention coronarienne (dilatation, stent, pontage aortocoro-
narien) transforme une sténose serrée stable en zone ouverte instable
jusqu’à la réendothélialisation. Tant que la réendothélialisation n’est pas
achevée, le risque opératoire est beaucoup plus élevé (augmentation du
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
229
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 230 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
Coronarographie
Opération + bêta-bloquant
+ antiplaquettaires + statine
230
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 231 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
Après la bithérapie, seule l’AAS est maintenue à vie. La brachythérapie est l’irradiation
intracoronarienne par rayons alpha ou gamma lors d’une sténose récurrente des stents.
AAS : acide acétylsalicylique.
CARDIOPROTECTION
> La phase périopératoire est caractérisée par une stimulation sympa-
thique, un syndrome inflammatoire systémique, une activation plaquet-
taire et une baisse de la fibrinolyse ; le risque de thrombose
coronarienne est important ;
> le risque ischémique périopératoire est de :
• 0,2 % tous patients confondus,
• 4-6 % en chirurgie vasculaire,
• 1 % en cas d’infarctus ou revascularisation (PAC ou stents passifs)
> 3 mois,
• 4 % en cas d’infarctus ou revascularisation (PAC ou stents passifs)
entre 6 semaines et 3 mois,
• 25 % en cas d’infarctus ou revascularisation (PAC ou stents passifs)
< 6 semaines ;
> Le risque ischémique opératoire augmente avec :
• le nombre de facteurs de risque,
• l’instabilité de la coronaropathie,
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
• la dysfonction ventriculaire,
• l’importance de l’acte chirurgical,
• l’étendue des lésions.
> il est important de noter que 50 % des infarctus postopératoires appa-
raissent dans des territoires sans sténose majeure à la coronarographie ;
> de manière simplifiée, il existe deux types d’infarctus qui surviennent
avec une incidence égale :
• infarctus sur thrombose de plaque instable :
▲ il survient le plus souvent entre la 24e et la 36e heure postopéra-
toire dans des zones non symptomatiques aux tests d’effort et
caractérisées par des sténoses modérées (< 60 %) à
l’angiographie ;
▲ il est associé à une surélévation du segment ST et à une onde Q ;
▲ les antiplaquettaires, associés aux statines, sont efficaces dans sa
prévention ;
231
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 232 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
ANTIPLAQUETTAIRES
> Les antiplaquettaires sont l’acide acétylsalicylique (AAS, Aspirine®) et
le clopidogrel (Plavix®). Ils inhibent de manière irréversible l’activité
plaquettaire et réduisent le risque de thrombose ;
> s’il doit être interrompu, le traitement antiplaquettaire est arrêté 5 j
avant l’intervention. Les indications pour le maintien du traitement et les
Évaluation préopératoire et prémédication
232
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 233 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
Risque hémorragique
excessif****
233
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 234 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
13 BÊTABLOQUANTS
> Les bêtabloquants confèrent une protection myocardique par les
mécanismes suivants :
• diminution de la fréquence cardiaque et de la contractilité, et donc
de la consommation d’O2,
• effet antiarythmique,
• déplacement du métabolisme énergétique provenant des acides gras
libres vers le glucose,
• propriétés anti-rénine-angiotensine,
• propriétés anti-inflammatoires avec effet protecteur des plaques
coronariennes ;
> à la fin des années 1990, des études ont démontré qu'un traitement de
bêtabloquants dans la phase périopératoire permettait de diminuer
significativement la mortalité et la morbidité des patients à haut risque
cardiaque subissant une chirurgie non cardiaque ; par la suite, des
données plus mitigées ont été rapportées dans la littérature ;
> une récente étude portant sur plus de 8 000 patients (Poise, 2008) a
Évaluation préopératoire et prémédication
■ Recommandations de prescription
> La prescription formelle de bêtabloquants est indiquée pour :
• les patients nécessitant un traitement à vie (maladie coronarienne,
dysfonctionnement du VG, arythmie symptomatique et HTA),
• les patients devant subir une chirurgie vasculaire majeure et souf-
frant d’ischémie selon un test d’effort positif ;
> les indications raisonnables à la prescription de bêtabloquants concernent :
• les patients avec une maladie coronarienne identifiée à la consulta-
tion préopératoire,
• les patients à risque intermédiaire ou présentant de multiples FRCV
(facteurs de risque cardiovasculaire) avant une chirurgie vasculaire,
• les patients à haut risque lors d’intervention majeure ;
> il est inapproprié de traiter les patients à risque coronarien faible.
■ Posologie
> Les bêtabloquants, de type cardiosélectifs β1, doivent être prescrits par
voie orale une semaine avant l’opération et titrés jusqu’à l’obtention
d’une FC entre 60-65 b/min ;
• bisoprolol (Soprol®, Cardensiel®, Concor®) : 5-10 mg/j,
• métoprolol (Lopressor®, Loprésor®, Béloc ZOK®) : 25-100 mg/j,
• aténolol (Ténormine®) : 50-100 mg/j ;
> les bêtabloquants peuvent être poursuivis dans la phase
peropératoire par voie i.v. :
234
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 235 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
STATINES
> Outre leur effet hypolipémiant, les statines ont de nombreux autres
effets cardioprotecteurs :
• stabilisation de la plaque athéromateuse,
PRÉMÉDICATION ET JEÛNE
PRÉOPÉRATOIRE
> La prémédication se résume le plus souvent à l’administration orale
d’une benzodiazépine environ une heure avant le début de l’anesthésie ;
> l’atropine est surtout prescrite en pédiatrie pour les effets suivants :
diminution de la salivation, diminution des sécrétions gastriques, préven-
tion des troubles du rythme liés à une stimulation vagale.
OBJECTIFS DE LA PRÉMÉDICATION
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
OBJECTIFS PRINCIPAUX
> Action d’anxiolyse, de sédation et d’amnésie antérograde (benzodia-
zépines),
> maintien des médicaments cardioprotecteurs (bêtabloquants, antipla-
quettaires, statines), antihypertenseurs, antiarythmiques,
> maintien de l’hormonothérapie en cours (exemple : prévention d’une
insuffisance surrénalienne aiguë chez le patient sous corticothérapie),
> prévention des infections nosocomiales (antibioprophylaxie),
> prévention de l’hypoglycémie ou l’hyperglycémie chez le patient
diabétique (glucose + insuline).
OBJECTIFS SECONDAIRES
> Assurer une analgésie préopératoire en cas de douleurs,
235
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 236 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
ANXIOLYTIQUE
> BPCO sévère,
> SAOS,
> obstruction des voies aériennes supérieures,
> diminution de la vigilance (exemple : hypertension intracrânienne),
> hypovolémie.
236
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 237 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
JEÛNE PRÉOPÉRATOIRE
> Le jeûne préopératoire a pour objectif d’assurer la vidange gastrique
complète et de diminuer le risque d’inhalation bronchique lors des
opérations électives.
ADULTES
> 6 heures pour les solides,
> 2 heures pour les liquides clairs (eau, thé, café, jus de pomme, jus
d’orange sans pulpe).
237
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 238 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
238
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 239 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
14
Principes généraux de prise
en charge
CH. KERN, E. ALBRECHT
ÉQUIPEMENT
> Quelle que soit la stratégie anesthésique appliquée (anesthésie locoré-
gionale, anesthésie générale, sédation), l’équipement minimal d’un
patient inclut toujours :
• une voie veineuse périphérique,
• un ECG à 3 ou 5 dérivations,
• un brassard à pression,
• un oxymètre de pouls ou saturomètre ;
> en anesthésie générale, cet équipement est complété par :
• un thermomètre,
• un neurostimulateur pour l’évaluation du bloc neuromusculaire
(curarisation),
• éventuellement un moniteur de la profondeur d’anesthésie
(exemple : BIS® = index bispectral) ;
> selon les comorbidités du patient et le type d’intervention, cet équipe-
ment peut être complété par :
• une sonde urinaire,
• un cathéter artériel,
• une voie veineuse centrale,
239
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 240 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
MÉDICAMENTS
Principes généraux de prise en charge
APPAREIL D’ANESTHÉSIE
> Un appareil d’anesthésie en état de marche doit être présent dans la
salle d’intervention. Connecté à un système d’alimentation des gaz, il
doit être capable d’administrer de l’oxygène, de l’air, du protoxyde
d’azote ainsi que des halogénés. Il doit être muni d’un système d’alarmes
sonores et lumineuses. L’équipement de base de l’appareil inclut :
• un ventilateur,
• un rotamètre,
• un vaporisateur,
• un spiromètre,
• un analyseur des gaz sanguins inspirés et expirés,
• une capnométrie,
• un absorbeur de CO2,
• une valve de PEP,
• des alarmes de déconnexion et de surpression ;
> tout appareil d’anesthésie doit obligatoirement être accompagné de
sa « check-list », qui récapitule les contrôles à exécuter avant son
240
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 241 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
DÉROULEMENT D’UNE
ANESTHÉSIE GÉNÉRALE
> Ce paragraphe ne traite que du déroulement d’une anesthésie géné-
rale en situation élective chez l’adulte avec pose de sonde endotrachéale
INDUCTION
241
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 242 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
14 MAINTIEN
RÉVEIL
tion standards. Ces critères sont décrits dans le chapitre 15 « Contrôle des
voies aériennes supérieures » ;
> le patient est conduit en salle de surveillance postopératoire (ou salle
de réveil), sous surveillance médicale.
INDUCTION
MAINTIEN
RÉVEIL
242
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 243 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
15
Contrôle des voies
aériennes supérieures
CH. PERRUCHOUD, B. RUTSCHMANN, E. ALBRECHT
MATÉRIEL
LAMES DE LARYNGOSCOPE
> Il existe plusieurs types de lames de laryngoscope. Chaque type de
lame existe généralement dans 5 tailles (taille 0 – taille 4). Les plus
fréquentes sont :
• la lame courbe de Macintosh : couramment utilisée en pratique
clinique ;
• la lame droite de Miller : utilisée en présence d’une épiglotte longue
et flottante, qui cache la vue du larynx, ou en pédiatrie ;
• la lame de MacCoy : c’est une lame cintrée, dont la courbure distale
peut être accentuée pour faciliter l’exposition du larynx.
LARYNGOSCOPE OPTIQUE/VIDÉOLARYNGOSCOPE
> Des nouveaux outils sont apparus sur le marché et permettent de faci-
liter l’exposition ;
> l’Airtraq® est un laryngoscope optique, qui contient un jeu de miroirs ;
243
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 244 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
SONDE ENDOTRACHÉALE
> Seule la présence d’une sonde d’intubation endotrachéale permet de
sécuriser les VAS ;
> le matériau principal de la sonde endotrachéale est généralement le
chlorure de polyvinyle. Les autres matériaux existants sont le silicone, le
caoutchouc ou le polyuréthane ;
> la plupart des sondes contiennent :
• un système de gonflage, composé :
▲ d’une valve,
▲ d’un ballonnet témoin,
▲ d’un canal de gonflage,
▲ et d’un ballonnet distal, qui assure l’étanchéité des VAS ;
• l’œil de Murphy, orifice latéral situé près de l’extrémité distale de la
sonde a pour objectif de permettre le passage des gaz en cas
d’obstruction de la sonde d’intubation par le ballonnet distal ;
> il existe plusieurs types de sondes. En voici quelques exemples :
• la sonde Hi-ContourTM de Mallinckrodt® est la sonde orotrachéale
standard ;
• la sonde préformée (sonde de RAETM de Mallinckrodt®) présente une
courbure augmentée pour faciliter l’exposition lors de la chirurgie
ORL ;
• la sonde nasotrachéale est utilisée lors de chirurgie de la cavité
buccale ;
• la sonde armée contient des spires métalliques qui diminuent le
risque de compression ou de plicature de la sonde en ORL ou en
neurochirurgie ;
• la sonde ignifugée est utilisée dans la chirurgie au laser ;
244
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 245 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
245
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 246 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
MASQUE LARYNGÉ
> Le masque laryngé est une alternative à la sonde endotrachéale. Il
peut être inséré sans l’aide d’un curare ;
> le masque laryngé est en silicone ou en chlorure de polyvinyle. Il
comporte un système de gonflage, dont la valve peut contenir des
éléments ferromagnétiques. Certaines versions sont néanmoins compati-
bles avec l’IRM ;
> il s’insère entre la base de la langue, le sphincter œsophagien supé-
rieur et les récessus piriformes. Attention au risque d’obstruction lorsque
l’épiglotte est repliée vers le bas ;
> le masque laryngé protège le larynx des sécrétions pharyngées, mais
pas de la régurgitation du contenu gastrique et donc pas de l’inhalation
bronchique ;
> il vaut mieux utiliser un masque de grande taille et le gonfler avec un
volume plus faible qu’utiliser un masque de taille inférieure avec un
volume d’insufflation maximal ;
> l’usage du masque laryngé réutilisable est limité à 40 patients ; le
nettoyage du masque au glutaraldéhyde 2 % est contre-indiqué (risque
d’absorption par le masque et de toxicité locale par relargage chez le
patient). Il faut donc préférer des solutions aqueuses ou salines et se
référer aux instructions du fabricant. Par ailleurs, il existe également des
masques laryngés à usage unique ;
> l’anesthésie avec un masque laryngé est généralement une anesthésie
en ventilation spontanée. Toutefois, il est possible de contrôler la ventila-
tion si les pressions d’insufflation sont inférieures à 20 cmH2O. Supé-
rieures à cette valeur (augmentation des résistances des VAS, diminution
de la compliance pulmonaire), elles augmentent le risque d’insufflation
et de régurgitation gastrique, et par conséquent, le risque d’inhalation
bronchique devient important.
CONTRE-INDICATIONS
FASTRACHTM
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 247 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
FIBROSCOPE
> Le fibroscope souple est un instrument qui permet d’effectuer une
endoscopie de l’arbre trachéobronchique par voie orale ou nasale ;
> après le passage de la glotte, le fibroscope sert de guide pour la sonde
endotrachéale ;
> cette technique peut être appliquée chez un patient endormi ou
éveillé, par voie orale ou nasale ;
> la technique vigile est décrite ci-dessous.
MANDRINS
> Il existe différents types de mandrins : mandrin rigide, semi-rigide ou
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
247
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 248 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
15 CATHÉTER TRANSTRACHÉAL
> Le cathéter transtrachéal est inséré à travers la membrane cricothyroï-
dienne et permet une oxygénation (apport d’O2 sans élimination du
CO2) ;
> plusieurs modèles existent : aiguille de Ravussin®, aiguille de Patill®,
aiguille de Quicktrach® ;
> ce cathéter a sa place dans les algorithmes de contrôle difficile des VAS
et lors de certaines procédures endoscopiques ORL.
Contrôle des voies aériennes supérieures
248
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 249 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
INTUBATION
> L’intubation consiste à insérer une sonde dans la trachée à l’aide d’un
laryngoscope, d’un fibroscope ou à travers un masque laryngé ;
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
> une sonde d’intubation trachéale est mise en place après curarisation
complète du patient ou lorsque l’anesthésie est suffisamment profonde.
Pour s’assurer du positionnement correct de la sonde, le clinicien devrait
idéalement visualiser son passage entre les cordes vocales ;
> la position correcte est ensuite confirmée par :
• une ampliation et une auscultation thoraciques symétriques,
• la présence de buée dans la sonde d’intubation,
• la présence de CO2 à la capnométrie ;
> l’extubation accidentelle est évitée par la fixation méticuleuse de la
sonde (lacet ou ruban adhésif) ;
> il existe différentes techniques d’intubation :
• l’intubation orotrachéale avec laryngoscope (technique standard),
• l’intubation nasotrachéale,
• l’intubation au fibroscope, par voie orale ou nasale, chez un patient
endormi ou éveillé.
249
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 250 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
15 INTUBATION OROTRACHÉALE
> L’intubation orotrachéale est la procédure standard ;
> la sonde est insérée dans la trachée via l’oropharynx, à l’aide d’un
laryngoscope.
INTUBATION NASOTRACHÉALE
> L’intubation nasotrachéale est indiquée en ORL ou chez le petit
enfant en milieu de réanimation ;
> la sonde est introduite dans la narine la plus perméable, perpendiculai-
rement au plan des fosses nasales ; la sonde est ensuite insérée dans la
trachée sous laryngoscopie directe, à l’aide d’une pince de Magill ;
> l'intubation nasotrachéale est contre-indiquée en cas de trouble
majeur de l'hémostase ou de suspicion de fracture de la base de crâne.
EXTUBATION
> Les critères d’extubation sont :
• une ventilation spontanée efficace et régulière :
▲ volume courant : 5-8 ml/kg,
▲ fréquence respiratoire : 10-20 c/min,
▲ pression inspiratoire négative : -20 à -30 cmH2O ;
• une oxygénation efficace (SpO2 > 95 %, ET CO2 < 50 mmHg), ou
identique à l’état pré-anesthésique,
• une stabilité hémodynamique,
• une réponse du patient aux ordres simples ;
▲ dans certaines conditions (enfant, hyperréactivité bronchique),
l’extubation en stade 3 (anesthésie profonde) est possible si le
patient respire régulièrement ;
• une protection des VAS (récupération des réflexes de toux et de
déglutition),
• une température corporelle > 35,5 ˚C,
• une décurarisation complète (T1/T4 > 0,9).
250
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 251 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
VENTILATION DIFFICILE 15
> La ventilation est qualifiée de difficile lorsque :
• l’ampliation thoracique est insuffisante ;
• le volume courant administré est inférieur à 3 ml/kg ;
• la pression d’insufflation est supérieure à 25 cmH2O ;
• il n’y a pas d’ET CO2 à la capnographie ;
• la SpO2 est inférieure à 92 % ;
> les critères prédictifs d’une ventilation difficile sont énumérés dans le
tableau 15-3.
INTUBATION DIFFICILE
> L’intubation trachéale est difficile lorsqu’elle requiert plus de 2 laryn-
goscopies directes par un anesthésiste expérimenté ou lorsqu’elle néces-
site la mise en œuvre d’une technique alternative (utilisation d’un
mandrin ou d’un laryngoscope optique), avec ou sans manipulation
externe du larynx ;
> une laryngoscopie directe est difficile lorsque l’exposition de la glotte
est qualifiée grade 3 ou 4 selon Cormack et Lehane (voir chapitre 13
« Évaluation préopératoire ») ;
> l’incidence d’intubation difficile varie de 2 à 6 % dans la population
générale. Elle est néanmoins plus fréquente chez :
• la femme enceinte (incidence de 8 %), en raison de :
▲ l’œdème et de la friabilité des muqueuses des VAS, secondaires à
l’imprégnation par les œstrogènes,
▲ l’hypertrophie mammaire pouvant gêner les manœuvres d’intuba-
tion (préférer un laryngoscope à manche court),
• les patients avec une tumeur ORL qui peut faire obstruction (inci-
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
dence de 12-15 %) ;
> les critères prédictifs d’une intubation difficile sont :
• antécédents d'intubation difficile,
• facteurs associés,
▲ grossesse,
▲ obésité (BMI > 35 kg/m2) avec une circonférence du cou > 60 cm,
▲ SAOS ;
• extension cervicale limitée :
▲ raideur de nuque,
▲ polyarthrite rhumatoïde,
▲ lésion de la colonne cervicale ;
• facteurs anatomiques :
▲ prognathisme, rétrognathisme, micrognathisme,
▲ diminution de l’ouverture de bouche < 35 mm, macroglossie, inci-
sives proéminentes, classification de Mallampati > 2,
▲ distance thyromentonnière < 6,5 cm,
251
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 252 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
EXTUBATION À RISQUE
> Une extubation est risquée dans les situations suivantes :
• ventilation ou intubation difficile à l’induction,
• chirurgie prolongée (> 4 h) en position déclive,
• chirurgie maxillofaciale oncologique, fixation intermaxillaire,
• chirurgie ORL (chirurgie cervicale, chirurgie du larynx ou de la
trachée, chirurgie oncologique) ;
> dans ces situations, l’extubation doit se faire de manière contrôlée,
progressive et réversible. Les critères habituels d’extubation doivent êtres
respectés. Une extubation en stade 3 d’anesthésie (anesthésie profonde)
est proscrite ;
> le test de fuite, effectué au préalable, permet d’évaluer la présence
d’un œdème glottique qui contre-indiquerait l’extubation (risque
d’obstruction des VAS). Plusieurs tests de fuite ont été décrits :
• après aspiration des sécrétions buccopharyngées, le ballonnet est
dégonflé et la sonde d’intubation bouchée. Le patient doit être
capable de respirer spontanément ;
• après aspiration des sécrétions buccopharyngées, le ballonnet est
dégonflé et la ventilation est assistée manuellement. La valve APL est
progressivement fermée et on note à quelle pression apparaissent
des fuites. Cette pression doit être inférieure à 20-30 cmH2O ;
> après le test de fuite, on insère un guide échangeur creux (GEC) dans la
sonde endotrachéale. Le GEC sert de sonde d’oxygénation temporaire et
de guide pour une éventuelle ré-intubation ;
> si le test de fuite est négatif, le patient reste intubé et surveillé dans un
milieu de réanimation. La présence d’un œdème laryngé est confirmée
par fibroscopie et traitée par corticoïdes (méthylprednisolone 40-125 mg
= Solumédrol®, hydrocortisone 100 mg = Solucortef®, dexaméthasone 4-
8 mg = Méphamésone®) ;
> un nouvel examen est effectué 24 h plus tard. Si l’œdème a disparu, le
patient est extubé.
252
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 253 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
ALGORITHMES
> Les 3 algorithmes des figures 15-6 à 15-8 décrivent les différentes
manœuvres et étapes à suivre en cas de ventilation difficile, d’intubation
difficile ou d’extubation à risque ;
> un curare ne doit jamais être administré avant d’avoir vérifié que la
ventilation était possible ;
> quelle que soit l’étape de l’algorithme de ventilation ou d’intubation
difficile, le retour à la ventilation spontanée et le réveil du patient
doivent toujours êtres envisagés ;
253
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 254 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
15
Ventilation difficile au masque
MESURES SIMPLES
Subluxation de la mandibule
Canule oropharyngée ou nasopharyngée
Ventilation à 4 mains
Relâcher une éventuelle manoeuvre de Sellick
Appel à l’aide
TM
Masque laryngé / Fastrach
Contrôle des voies aériennes supérieures
Cricothyroïdotomie
■ Lectures conseillées
Benumof JL. Preoxygenation : best method for both efficacy and effi-
ciency. Anesthesiology 1999 ; 91 : 603-5.
Fan T, Wang G, Mao B et al. Prophylactic administration of parenteral
steroids for preventing airway complications after extubation in adults :
meta-analysis of randomised placebo controlled trials. BMJ 2008 ; 337 :
a1841.
Vanner RG, Asai T. Safe use of cricoid pressure. Anaesthesia 1999 ; 54 : 1-
3.
Baskett PJ, Baskett TF. Resuscitation great. Brian Sellick, cricoid pressure
and the Sellick Manoeuvre. Resuscitation 2004 ; 61 : 5-7.
254
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 255 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
15
IT difficile
Échec 1 er essai
255
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 256 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
Extubation
SpO2 ⭓ 90 % SpO2 ⬍ 90 %
Surveillance 60 min
Retrait GEC O2 2l/min par GEC
SpO2 ⬍ 90 %
Succès Échec
Jet oxygénation
manuelle sur HEC
SpO2 ⭓ 90 % SpO2 ⬍ 90 %
Trachéotomie
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 257 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
16
Ventilation artificielle
J.-P. REVELLY, E. ALBRECHT
DÉFINITION
> La ventilation artificielle consiste à suppléer la ventilation spontanée.
Elle se pratique au moyen d’une pression inspiratoire positive (ventila-
tion en pression positive intermittente, VPPI) par le biais d’une sonde
endotrachéale ou d’un masque facial, laryngé ;
> la VPPI génère une pression dans les voies aériennes au-dessus de la
pression ambiante durant la phase inspiratoire ; l’expiration est générale-
ment passive.
INDICATIONS
> Anesthésie générale :
• la VPPI durant l’anesthésie est nécessaire pour administrer l’oxygène
consommé par l’organisme (entre 200 et 350 ml/min) et éliminer le
gaz carbonique produit (entre 175 et 225 ml/min) ;
> réanimation cardiopulmonaire,
> réanimation autre (soins intensifs, lors d’insuffisance respiratoire
aiguë, état de choc, neuroréanimation),
> insuffisance respiratoire chronique.
INSUFFLATION
> Les forces qui s’opposent à l’expansion du système respiratoire sont :
• les force de rappel élastique des poumons, de la paroi thoracique et
de la paroi abdominale, représentées par l’élastance,
257
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 258 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
Élastance = 1/Compliance
Compliance = Volume courant/(pression de plateau - PEP)
Valeur normale : 50-80 ml/cmH2O
PEP = pression positive en fin d’expiration
Résistances inspiratoires =
(pression de crête – pression de plateau)/débit inspiratoire
Valeur normale : 6-10 cm H2O/l/s
Compliance × Résistance ;
> formulé autrement, Tau représente le temps qui serait nécessaire pour
que l’insufflation ou l’expiration soit complète si le débit initial restait
constant ; sa valeur normale se situe entre 0,03 et 0,8 s ;
> après un τ 63% de l'équilibre est atteint. D’un point de vue pratique,
on peut considérer que l’équilibre est atteint après 3 τ ou que 95 % de
l’expiration est accomplie en 1,5 s ;
> pour une distribution uniforme de la ventilation alvéolaire, il vaut
mieux que les différentes parties du poumon aient des τ similaires plutôt
que des résistances ou compliances similaires.
> Exemple : si la compliance pulmonaire d’un patient anesthésié est de
50 ml/cmH2O et la résistance de 10 cmH2O/L/s, est égal à 0,5 s.
PRESSIONS D’INSUFFLATION
> Les pressions d’insufflation sont composées des pressions de crête et de
plateau.
PRESSION DE CRÊTE
> La pression de crête permet de générer le flux d’air dans la sonde
endotrachéale dont le diamètre est la source principale des résistances à
vaincre ;
> elle représente les pressions dynamiques, et est fonction :
• du volume insufflé,
• de la résistance et du débit dans les voies respiratoires,
• de l’élastance du système respiratoire ;
> si le flux d’insufflation est constant, la pression de crête est directe-
ment proportionnelle à la résistance et à l’élastance :
• pression de crête ∼ résistance + élastance ;
258
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 259 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
PRESSION DE PLATEAU 16
> La pression de plateau représente les pressions statiques (équilibre),
soit les pressions dans les voies aériennes après une insufflation, à un
moment où le débit est nul ; la pression dans les voies aériennes est en
équilibre avec la pression du circuit et le débit de gaz est nul ;
> la pression de plateau ne doit pas dépasser 40 cmH2O ; idéalement, elle
devrait être inférieure à 25 cmH2O ;
> elle est directement proportionnelle à l’élastance des poumons et de la
paroi thoracique ;
• pression de plateau ∼ élastance.
Ventilation artificielle
néale, ascite),
• position de Trendelenburg ;
> augmentation du volume courant.
PARAMÈTRES VENTILATOIRES
> Les réglages cités ci-dessous sont les réglages courants qu’il convient de
modifier selon la PaCO2 et la saturation en O2 qui doit être > 90 %.
VOLUME COURANT
> 8-10 ml/kg du poids « idéal », prédit en fonction de la taille et du sexe ;
> 4-5 ml/kg en cas de compliance faible (syndrome de détresse respira-
toire aiguë, fibrose pulmonaire).
> diminution jusqu’à 2 ml/kg en jet-ventilation.
259
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 260 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
16 FRÉQUENCE RESPIRATOIRE
> 6-12 c/min,
> fréquence plus élevée en cas de jet-ventilation (voir ci-dessous).
DÉTECTEURS DE PRESSION
> Les détecteurs de pression détectent des pressions négatives ;
> habituellement, ce paramètre est réglé entre -2 et -5 cmH2O ;
> si le paramètre est réglé à une valeur inférieure, le patient devra faire
un effort plus important pour déclencher un cycle inspiratoire ;
> si le paramètre est réglé à une valeur supérieure, des cycles inspira-
toires risquent d’être déclenchés aux moindres modifications de pression.
PENTE INSPIRATOIRE
> Dans les modes en pression (ventilation en pression contrôlée ou aide
inspiratoire), le temps mis pour atteindre le niveau de pression réglé (en
ms) détermine la pente (ou « rampe ») ;
260
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 261 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
> un temps court (< 50 ms) permet une pressurisation rapide et une
bonne synchronisation chez les patients dyspnéiques ;
16
> une pressurisation trop rapide favorise un phénomène de surpression
(overshoot) en particulier si les résistances inspiratoires sont élevées.
MODES VENTILATOIRES
> Les principaux modes ventilatoires utilisés sont :
• en anesthésie :
▲ mode volume contrôlé,
▲ mode pression contrôlée,
▲ mode assisté contrôlé intermittent ;
▲ Jet-Ventilation
• en réanimation (soins intensifs) :
▲ mode aide inspiratoire,
▲ modes automatiques. Ces modes règlent automatiquement
certains paramètres ventilatoires, ou passent automatiquement
d’un mode de ventilation contrôlée en ventilation assistée (Adap-
tive Support Ventilation).
Ventilation artificielle
MODE VOLUME CONTRÔLÉ
> Administration d’un volume courant fixe (8-10 ml/kg) à une fréquence
déterminée (6-12 c/min) ;
> mode le plus fréquemment utilisé en anesthésie.
261
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 262 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
JET-VENTILATION
> Utilisation de petits volumes entre 1 et 3 ml/kg à des fréquences
élevées entre 60 et 400 cycles/min et des pressions élevées de 1-2 bar ;
> il existe deux méthodes principales de jet-ventilation :
• méthode manuelle par un injecteur de Sanders,
• utilisation d’un ventilateur à haute fréquence (Acutronic AMS
1 000) ;
> attention : l’utilisation de la jet-ventilation nécessite d’assurer une
sortie des gaz sinon un barotraumatisme apparaît en raison de la
fréquence et des pressions de ventilation élevées.
INDICATION
> Chirurgie laryngée et trachéale :
• permet de diminuer l’espace occupé par une sonde et de diminuer
les excursions ventilatoires ;
> contrôle des VAS en urgence :
Ventilation artificielle
INCONVÉNIENTS
> Importants volumes de gaz utilisés par le respirateur,
> difficulté de monitorer la ventilation,
> mauvaise humidification des gaz,
> barotraumatisme.
CONSÉQUENCES DE LA
VENTILATION EN PRESSION
POSITIVE
EFFETS HÉMODYNAMIQUES
> Ces effets se manifestent durant la phase inspiratoire lorsque la pres-
sion intrathoracique augmente :
• diminution de la précharge du VD (ventricule droit) :
▲ secondaire à la diminution du retour veineux vers l’OD (oreillette
droite) ;
• augmentation de la postcharge du VD :
▲ augmentation des résistances artérielles pulmonaires, qui sont
intrathoraciques et donc soumises à la pression positive
intermittente ;
• diminution de la précharge du VG :
262
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 263 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
RÉPERCUSSIONS CLINIQUES
> En état d’ hypovolémie :
• induit une hypotension artérielle,
• attitude : diminution de la PEP et remplissage vasculaire ;
> en cas d’ insuffisance du VD (embolie pulmonaire, asthme, BPCO,
infarctus) :
• choc cardiogénique par aggravation de la dysfonction du VD,
• attitude : diminution de la PEP ;
> en cas d’ insuffisance du VG :
Ventilation artificielle
• diminution de la postcharge, ce qui favorise une augmentation du
volume systolique,
• attitude : PEP à 8-10 mmHg ;
> en cas d’ hypertension intracrânienne :
• peu de répercussion, car il existe, en particulier dans les veines jugu-
laires des valves qui empêchent que la pression soit transmise,
• attitude : PEP à 3-5 mmHg, voire plus.
COMPLICATIONS
> Barotraumatisme :
• pneumothorax,
• pneumopéritoine,
• pneumomédiastin,
• emphysème sous-cutané ;
> biotraumatisme :
• induit une inflammation intrapulmonaire, voire systémique ;
> volotraumatisme :
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
263
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 264 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
264
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
CHAP 17.FM Page 1 Mardi, 8. septembre 2009 6:23 18
17
Positions peropératoires :
complications diverses et
lésions nerveuses associées
C. BLANC, E. ALBRECHT
POSITION ASSISE EN
NEUROCHIRURGIE
AVANTAGES PAR RAPPORT AU DÉCUBITUS VENTRAL
COMPLICATIONS POTENTIELLES
> Embolie gazeuse :
• lors de la chirurgie de la fosse postérieure, ces embolies se produisent
principalement au niveau des sinus transverses, sigmoïdes et sagit-
taux, car ces vaisseaux sont fixés à la dure-mère et donc ne se colla-
bent pas ;
• la présence d’embolies se détecte principalement au moyen d’un
Doppler précordial et de l’échographie transœsophagienne ; clini-
quement, elles se manifestent par une hypoxémie, une hypotension,
voire un arrêt cardiaque ; chez un patient intubé, l’ET CO2 va dimi-
nuer de 2-4 mmHg, voire plus, en raison d’une augmentation de
l’espace mort ;
• le traitement consiste à demander au chirurgien d’inonder le champ
opératoire, à arrêter toute administration de N2O au profit d’une
FIO2 de 100 %, à positionner le patient en Trendelenburg, et à
comprimer les jugulaires ; si un cathéter de Swan-Ganz a été mis en
place, une aspiration de l’air accumulé au niveau des cavités droites
peut être effectuée ;
> embolie paradoxale :
• la présence d’un foramen ovale perméable (20 à 25 % de la popula-
tion) majore le risque d’ischémie cérébrale ;
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
CHAP 17.FM Page 2 Mardi, 8. septembre 2009 6:23 18
DÉCUBITUS VENTRAL
INCONVÉNIENTS
> Diminution du débit cardiaque par compression abdominale et
obstruction de la veine cave inférieure,
> diminution du retour veineux par séquestration du volume sanguin au
niveau des extrémités,
> diminution de la compliance thoracopulmonaire secondaire à la
compression du thorax et de l’abdomen,
> risque de lésions des plexus brachiaux,
> risque de lésions de décubitus aux points d’appui de la tête, des seins
et des os (crêtes iliaques, genoux, chevilles, etc.),
> risque de lésions oculaires (abrasion de la cornée, compression du
globe oculaire, ischémie de la rétine),
> risque d’œdème pharyngé et des voies aériennes supérieures,
• effectuer un test de fuite avant d’extuber le patient (voir chapitre 38
« Orthopédie, traumatologie, rhumatologie et anesthésie »).
PRÉVENTION
> Pose d’alèses sous le thorax et les crêtes iliaques afin de dégager
l’abdomen,
> éviter la compression des yeux, du nez, des oreilles, de la trachée et de
tous les autres points de pression,
> éviter le passage des câbles et des tubulures entre le patient et la table
d’opération,
> disposer les électrodes d’ECG en dehors des zones de pression.
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
CHAP 17.FM Page 3 Mardi, 8. septembre 2009 6:23 18
DÉCUBITUS LATÉRAL 17
INCONVÉNIENTS
PRÉVENTION
> Disposer un support dans le creux axillaire qui supportera le poids du
corps,
> vérifier régulièrement les pouls radiaux,
> éviter toute traction de l’articulation scapulohumérale supérieure.
POSITION GYNÉCOLOGIQUE
OU DE LITHOTOMIE
INCONVÉNIENTS
> Augmentation de la précharge lors de l’élévation des jambes et dimi-
nution lors de la descente avec risque d’hypotension,
> diminution de la capacité vitale pulmonaire,
> augmentation du risque d’inhalation bronchique,
> risque de lésion du nerf sciatique, du nerf fémoral, du nerf saphène, et
du nerf fibulaire commun.
PRÉVENTION
> Mobiliser les deux jambes en même temps,
> éviter une flexion de la hanche supérieure à 90°.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
POINTS DE COMPRESSION
ET COMPLICATIONS
> Yeux : neuropathie optique ischémique antérieure ou postérieure,
occlusion de l’artère ou de la veine centrale de la rétine, abrasion de la
cornée ;
> Scalp : alopécie ;
> Extrémités osseuses : escarres de décubitus ;
> Sonde nasogastrique, sonde endotrachéale : nécrose de la lèvre ou des
narines ;
> Poitrine, mamelon, scrotum, pénis : ischémie cutanée, escarres,
nécrose ;
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
CHAP 17.FM Page 4 Mardi, 8. septembre 2009 6:23 18
LÉSIONS NERVEUSES
PEROPÉRATOIRES
Les lésions nerveuses peropératoires résultent d’un étirement excessif,
d’une mauvaise position sur la table d’opération ou d’une ischémie
secondaire à une compression neurovasculaire.
FACTEURS DE RISQUE
> Procédure sous garrot d’une durée supérieure à 2 heures :
> curarisation :
• la diminution du tonus musculaire permet une manipulation plus
ample des articulations et donc augmente le risque de lésion
nerveuse ;
> hypotension artérielle ;
> polyneuropathie périphérique préexistante,
> sexe (homme > femme),
> obésité,
> cachexie.
PLEXUS BRACHIAL
> Tronc nerveux le plus souvent atteint ;
> mécanisme :
• abduction du bras supérieure à 90°,
• rotation excessive de la tête ;
> en décubitus latéral, le poids du corps repose sur le plexus inférieur ; la
prévention se fait par la mise en place d’un support dans le creux axil-
laire, qui supportera ainsi le poids du corps ;
> la symptomatologie est une parésie, voire une plégie d’extension
variable, accompagnée de troubles sensitifs ; la localisation des troubles
sensitifs permet de déterminer la partie du plexus lésé :
• faisceau latéral : hypoesthésie, paresthésies de la pulpe de l’index,
• faisceau médian : hypoesthésie, paresthésies de la pulpe du 5e doigt,
• faisceau postérieur : hypoesthésie, paresthésies dorsales du 1er
espace interdigital.
NERF ULNAIRE
> Mécanisme :
• lésion par compression au niveau de la gouttière épitrochléenne où
le trajet du nerf est superficiel,
> en décubitus dorsal, les bras doivent être positionnés en supination. En
pronation, le nerf est comprimé dans la gouttière épitrochléenne ;
> symptomatologie :
• hypoesthésie, paresthésies du côté médial de la main,
• impossibilité d’opposer le 1er et le 5e doigt.
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
CHAP 17.FM Page 5 Mardi, 8. septembre 2009 6:23 18
NERF RADIAL 17
> Mécanisme :
• secondaire à la pose d’une voie veineuse périphérique, d’un cathéter
artériel radial,
NERF FÉMORAL
> Mécanisme :
• flexion excessive des cuisses sur le bassin (position gynécologique),
• compression directe du nerf par des écarteurs chirurgicaux mal posi-
tionnés lors d’une laparotomie ;
> symptomatologie :
• hypoesthésie, paresthésies de la partie supérieure de la cuisse,
• perte de la flexion des hanches (parésie du muscle psoas-iliaque) et
de l’extension du genou (parésie du muscle quadriceps) ;
NERF SCIATIQUE
> Mécanisme :
• flexion excessive des cuisses sur le bassin (position gynécologique),
• cuisses et jambes en rotation externe ;
> symptomatologie :
• hypoesthésie, paresthésies du bord latéral du mollet et du pied dans
son entier,
• parésie des muscles sous le genou.
pied.
NERF SAPHÈNE
> Mécanisme :
• compression de la partie médiale de la tête tibiale ;
> symptomatologie :
• hypoesthésie, paresthésies de la partie dorsale et interne du pied.
PRÉVENTION
> Installer, contrôler et surveiller attentivement la position du patient
durant toute la procédure chirurgicale,
> éviter et protéger les points de compression nerveux.
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
CHAP 17.FM Page 6 Mardi, 8. septembre 2009 6:23 18
■ Lecture conseillée
Edgcombe H, Carter K, Yarrow S. Anaesthesia in the prone position. Br J
Anaesth 2008 ; 100 : 165-83.
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 267 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
18
Prévention des infections
périopératoires
G. ZANETTI, E. ALBRECHT
ANTIBIOPROPHYLAXIE
PÉRIOPÉRATOIRE
BUT
> L'antibiothérapie prophylactique préopératoire a pour objectif de
contenir le nombre de germes en dessous d’un seuil critique, de manière
à limiter au maximum le risque infectieux au niveau du site opératoire.
Le choix des antibiotiques se porte sur ceux qui ne sont pas utilisés pour
un traitement curatif ;
> en général, la dose administrée est unique. Au-delà de 24 heures,
l'utilité d'une antibiothérapie n'est pas prouvée ; en cas d’administration
prolongée, on observe même une modification de la flore bactérienne
résidente avec un risque de sélection de bactéries résistantes.
267
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 268 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
INDICATIONS
> Documentées :
• chirurgie propre avec implantation de matériel prothétique :
▲ exemple : prothèse de hanche ;
• chirurgie propre avec enjeu critique en cas d’infection :
▲ exemple : chirurgie cardiaque ;
• chirurgie propre-contaminée :
▲ exemple : chirurgie viscérale élective sans accident d’asepsie ;
> débattues :
• chirurgie propre autre :
▲ exemple : chirurgie herniaire.
REMARQUE
> En cas de chirurgie contaminée ou de chirurgie sale, on ne parle pas
d’antibioprophylaxie mais d’antibiothérapie.
268
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 269 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
REMARQUE
Des protocoles écrits doivent être disponibles dans les services (en France
rôle du CLIN : Comité de lutte contre les infections nosocomiales).
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
PROPHYLAXIE DE L’ENDOCARDITE
> La période opératoire favorise des bactériémies qui peuvent entraîner
la fixation de bactéries sur l’endocarde, qui est le plus souvent lésé avant
l’intervention ;
> l’efficacité de la prophylaxie de l’endocardite n’a pas été démontrée ;
de plus, l’endocardite est une maladie rare, et donc il est difficile de
prouver le rôle préventif de l’antibiothérapie ;
> les indications de prophylaxie de l’endocardite ont été réactualisées ;
les indications présentées sont d’origine américaine.
269
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 270 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
■ Nature de l’intervention
> Interventions sur la gencive ou sur la région dentaire périapicale, ou
lors de la perforation de la muqueuse orale (exemples : extraction
dentaire, anesthésie intraligamentaire, traitement parodontal, détar-
trage, biopsie, mise en place d’appareil orthopédique dentaire),
> amygdalectomie, adénoïdectomie,
> incision de la muqueuse ou biopsie.
■ Antibioprophylaxie
> Amoxicilline (Clamoxyl®) :
• adulte : 2 g p.o. ou i.v.,
• enfant : 50 mg/kg p.o. ou i.v. (maximum 2 g) ;
270
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 271 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
■ Antibioprophylaxie
> Amoxicilline/acide clavulanique (Augmentin®) :
• adulte : 2/0,2 g i.v.,
• enfant : 50/12,5 mg/kg i.v. (maximum 2,2 g) ;
> en cas d’allergie à l’amoxicilline, les alternatives sont les suivantes :
• vancomycine (Vancocine®, Vancocin®), avec un antibiotique contre
les germes à Gram négatif (par exemple aminoglycoside) et les anaé-
robies (par exemple métronidazole) :
▲ adulte : 1 g i.v., en association avec amikacine (Amiklin®, Amikin®)
15 mg/kg i.v. et métronidazole (Flagyl®) 500 mg i.v.,
▲ enfant : 20 mg/kg i.v. (maximum 1 g), en association avec amika-
cine (Amiklin®, Amikin®) 15 mg/kg i.v. et métronidazole (Flagyl®)
15 mg/kg i.v. ;
• pipéracilline/tazobactame (Tazocilline®, Tazobac®) :
▲ adulte : 4/0,5 g i.v.,
▲ enfant : -
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
PEAU ET DIVERS
■ Nature de l’intervention
> Interventions sur des tissus infectés (exemple : abcès).
Dans ces interventions, l’antibiotique doit être efficace contre les staphy-
locoques dorés et les streptocoques.
■ Antibioprophylaxie
> Amoxicilline/acide clavulanique (Augmentin®) :
▲
adulte : 2/0,2 g p.o. ou i.v.,
▲
enfant : 50/12,5 mg/kg p.o. ou i.v. (maximum 2 g) ;
> en cas d’allergie à l’amoxicilline, les alternatives sont les suivantes :
• céfuroxime (Zinnat®, Zinat®, Zinacef®) :
▲ adulte : 1 g p.o.,
271
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 272 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
REMARQUE
ventions suivantes :
> œsogastroduodénoscopie,
> coloscopie.
Adaptation de la posologie des antibiotiques à la fonction
TABLEAU 18-2 rénale.
Antibiotique Dose i.v. Adaptation de la dose selon la
clairance (Cl)
Amoxicilline 2g 500 mg si Cl < 20 ml/min
Amoxicilline/acide 2/0,2 g 500/125 mg si Cl < 30 ml/min
clavulanique
Céfuroxime 1,5 g 750 mg si Cl < 20 ml/min
Clindamycine 600 mg 300 mg si Cl < 20 ml/min
Céfazoline 1g 0,5-1 g si Cl < 30 ml/min
Ceftriaxone 2g 2 g (dose identique)
Vancomycine 1g 500 mg si Cl < 20 ml/min
Métronidazole 500 mg 500 mg (dose identique)
Amikacine 15 mg/kg 7,5 mg/kg si Cl < 20 ml/min
Pipéracilline/tazobactame 4/0,5 g 4/0,5 g (dose identique)
Ces indications ne dispensent pas le clinicien de vérifier les posologies dans un ouvrage de
référence pharmacologique (Vidal français, Compendium suisse). De plus, en cas de
traitement, l’altération de la clairance dicte les intervalles d’administration.
■ Lectures conseillées
Mauermann WJ, Nemergut EC. The anesthesiologist's role in the preven-
tion of surgical site infections. Anesthesiology 2006 ; 105 : 413-21 ; quiz
39-40.
Wilson W, Taubert KA, Gewitz M et al. Prevention of infective
endocarditis : guidelines from the American Heart Association : a guide-
line from the American Heart Association Rheumatic Fever, Endocarditis,
and Kawasaki Disease Committee, Council on Cardiovascular Disease in
the Young, and the Council on Clinical Cardiology, Council on Cardiovas-
cular Surgery and Anesthesia, and the Quality of Care and Outcomes
Research Interdisciplinary Working Group. Circulation 2007 ; 116 : 1736-
54.
272
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 273 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
19
Hypovolémie peropératoire
et remplissage vasculaire
E. ALBRECHT
HYPOVOLÉMIE
GÉNÉRALITÉS
> L’hypovolémie est fréquente lors d’une intervention chirurgicale et
doit être reconnue ;
> elle est la conséquence logique :
• de l’absence d’absorption de liquides durant la période de jeûne,
• des besoins de base périopératoires,
• des pertes insensibles chirurgicales,
• et des pertes sanguines ;
> l’hypovolémie est également présente chez des patients qui doivent
être opérés en urgence (fracture du fémur, plaie hémorragique) ou qui
présentent un 3e secteur ;
> pour remédier à l’hypovolémie, l’anesthésiste dispose de solutions de
cristalloïdes, de colloïdes ou de produits sanguins ; les produits sanguins
sont administrés à partir d’une valeur prédéfinie de concentration
d’hémoglobine, qui dépend des antécédents du patient, ou à défaut,
selon le calcul des pertes sanguines maximales admissibles. Ils sont traités
en détail dans le chapitre 33 « Hématologie, produits sanguins et
anesthésie ».
MANIFESTATIONS DE L’HYPOVOLÉMIE
Les examens cliniques et paracliniques permettent de reconnaître une
hypovolémie.
SIGNES CLINIQUES
> Les signes cliniques de l’hypovolémie sont résumés dans le tableau 19-
1 ; l’hypovolémie est divisée en 4 stades de gravité croissante.
273
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 274 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
orthostatique
Pression pulsée Normale ↓ ↓ ↓
Temps de
recoloration Normal >5s >5s >5s
capillaire
Turgescence de
Normale Diminuée Diminuée Diminuée
la peau
Fréquence
respiratoire 14-20 20-30 30-40 30-40
(c/min)
Débit urinaire
> 30 20-30 5-15 <5
(ml/h)
État de
Normal Anxieux Confus Léthargique
conscience
Cristalloïdes Cristalloïdes
Remplissage Cristalloïdes
Cristalloïdes + colloïdes + colloïdes
vasculaire + colloïdes
+ sang + sang
EXAMENS PARACLINIQUES
REMPLACEMENT LIQUIDIEN
Le remplacement liquidien doit permettre de prévenir une hypovolémie
ou d’y remédier.
274
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 275 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
EXEMPLE
> Voici un exemple de calcul pour un patient de 70 kg subissant une
opération de chirurgie abdominale, qui débute à 8 h du matin et qui
dure 4 h :
• avec la règle des « 4 – 2 – 1 », les besoins de base sont de 110 ml (4 ml
× 10 kg + 2 ml × 10 kg + 1 ml × 50 kg). La période de jeûne est de 8 h.
La compensation liquidienne du jeûne est donc de 880 ml ;
• les pertes insensibles chirurgicales sont évaluées à 8 ml/kg/h, soit
560 ml/h ;
• les pertes sanguines sont estimées à 900 ml. Si la compensation ne se
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
fait que par des cristalloïdes, il faut multiplier ce dernier chiffre par 3.
Compensation
chirurgicales
liquidienne
liquidienne
insensibles
Besoins de
sanguines
horaire
Temps
Pertes
Pertes
Jeûne
totale
base
275
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 276 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
19 REMARQUES
> La tendance actuelle est d’administrer les liquides de manière plus
restrictive ; ainsi, certains cliniciens ne tiennent plus compte de la règle
des « 4 – 2 – 1 » et préfèrent donner des bolus de liquide uniquement
lorsque des signes d’hypovolémie se manifestent ;
> en chirurgie thoracique, lors d’intervention majeure (pneumectomie,
bilobectomie pulmonaire), la règle des « 4 – 2 – 1 » ne s’applique pas. En
effet, en raison de la pression hydrostatique, les liquides tendent à
s’accumuler et à produire un œdème du poumon inférieur non opéré, ce
qui produit une aggravation de l’effet shunt. L’administration de liquide
dans les premières 24 heures doit être inférieure à 3 l et le bilan liquidien
inférieur à 20 ml/kg (soit 1 500 ml pour un homme de 70 kg). Les cristal-
loïdes sont préférés aux colloïdes.
Hypovolémie peropératoire et remplissage vasculaire
EXEMPLE
> Voici un exemple de calcul pour un homme de 40 ans pesant 70 kg,
dont l’hémoglobine préopératoire est de 14 g/dl et dont l’hémoglobine
tolérée est de 7 g/dl (absence de comorbidités) :
• estimation des pertes sanguines = [(14 – 7) g/dl / 10,5 g/dl] × 4 900 ml
= 3 267 ml.
3E SECTEUR
> Le 3e secteur est la redistribution interne des liquides vers le secteur
interstitiel ou la lumière intestinale avec une déplétion du volume intra-
vasculaire, dans les contextes suivants :
• chirurgie abdominale majeure,
• inflammation importante,
• grand brûlé,
• traumatisme.
276
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 277 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
ÉPREUVE DE REMPLISSAGE 19
> Lorsque le diagnostic d’hypovolémie est incertain (hypotension sans
autre signe évocateur d’une hypovolémie), l’anesthésiste peut procéder à
un test de remplissage ou fluid challenge ;
> ce test consiste à administrer un bolus de 500 ml de cristalloïde ou de
colloïde en 20 min et à observer les variations de la pression artérielle :
• si la PAM augmente, il s’agit bien d’une hypovolémie ; il faut alors
envisager un remplissage plus important jusqu’à la normalisation des
paramètres cliniques ;
• si la PAM ne subit aucune variation, le diagnostic doit être orienté
dans une autre direction (hypotension secondaire à une dysfonction
cardiaque ou sur un état septique).
CRISTALLOÏDES
> Les cristalloïdes sont les solutés les plus utilisés en anesthésie-
réanimation ;
> ils ont tous un pH < 7,4 ;
> le soluté est soit du glucose, soit du NaCl.
TYPES DE CRISTALLOÏDES
■ Ringer-lactate
> Le Ringer-lactate est la solution la plus physiologique, raison pour
laquelle il est utilisé couramment ;
> cette solution contient entre autres du potassium et des lactates ;
• 70 % du lactate sont métabolisés en glucose dans le foie puis réuti-
lisé par l’organisme ; les 30 % restants sont éliminés par le rein. En
cas d’insuffisance hépatique ou rénale, une acidose lactique peut
apparaître ;
• de plus, la kaliémie augmente en cas d’insuffisance rénale impor-
tante (clairance rénale < 20 ml/min).
277
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 278 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
19 ■ NaCl 0,9 % et 3 %
> La solution de 0,9 % est isotonique ; elle est préférée en cas :
• d’insuffisance rénale avec hyperkaliémie,
• d’hyponatrémie,
• d’alcalose métabolique hypochlorémique,
• de lésion cérébrale ;
> la solution de 3,0 % est hyperosmolaire et améliore la performance
cardiaque, diminue la pression intracrânienne et le shunt
intrapulmonaire ; ses indications dans la pratique clinique doivent encore
être confirmées ;
> une acidose métabolique hyperchlorémique peut apparaître lorsque
de grandes quantités de NaCl 0,9 % ou 3 % sont administrées.
■ Glucose 5 %
Hypovolémie peropératoire et remplissage vasculaire
COLLOÏDES
> Il existe deux classes de colloïdes : les colloïdes naturels et les colloïdes
synthétiques ;
> en raison du risque infectieux, les indications à l’administration des
colloïdes naturels sont limitées aux patients hypovolémiques souffrant
d’une hypoprotéinémie (exemple : grand brûlé) ; les indications à l’admi-
nistration de fractions de protéines plasmatiques sont résumées dans le
chapitre 33 « Hématologie et anesthésie » ;
> les colloïdes synthétiques sont éliminés principalement par voie
urinaire dans les 24 heures.
278
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 279 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
■ Hydroxyéthylamidons (HEA)
> Les HEA sont des chaînes de glucose d’origine végétale, produites à
partir du maïs et du sorgho, obtenues par hydrolyse et oxydation par
fixation de radicaux éthylène ;
> la demi-vie est de 3 à 6 h ;
> le poids moléculaire varie entre 70 000 et 450 000 Da ;
> les HEA de haut poids moléculaire ne sont pas utilisés en Europe en
raison d’altération de l’hémostase ;
> la posologie recommandée est entre 20-30 ml/kg ; si nécessaire un
volume de 50 ml/kg/24 h de HEA de bas poids moléculaire peut être
administré ;
> exemple : Heafusine® 6 % ou 10 %, Voluven® 6 % :
• les poids moléculaires sont respectivement de 200 000 et 130 000 Da ;
• les petites molécules sont éliminées par le rein, mais les plus grosses
doivent être métabolisées par les amylases avant leur élimination
rénale.
279
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 280 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
CHOIX DU SOLUTÉ
> Il faut préférer en première intention un cristalloïde iso-osmolaire,
comme le Ringer-lactate ;
> si le patient souffre d’une insuffisance rénale ou d’une insuffisance
hépatique, le choix se porte sur du NaCl 0,9 % ;
> si une hypovolémie apparaît malgré l’administration de cristalloïdes,
un colloïde (gélatine ou hydroxyléthylamidon) est prescrit ;
> des concentrés globulaires de globules rouges ou des plasmas frais
congelés sont administrés si l’hypovolémie est accompagnée respective-
ment d’une anémie ou de troubles de l’hémostase.
■ Lectures conseillées
Bellamy MC. Wet, dry or something else ? Br J Anaesth 2006 ; 97 : 755-7.
Chappell D, Jacob M, Hofmann-Kiefer K et al. A rational approach to
perioperative fluid management. Anesthesiology 2008 ; 109 : 723-40.
280
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 281 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
20
Anesthésie intraveineuse
à objectif de concentration
(AIVOC)
T. LANGENBERGER, E. ALBRECHT
GÉNÉRALITÉS
> L'AIVOC (en anglais, TCI = Target Controlled Infusion) est un mode
d’administration d’un agent intraveineux qui permet au médecin anes-
thésiste de choisir une concentration cible (plasmatique ou au site
d’action) afin d’obtenir un effet pharmacodynamique donné. C’est le
dispositif utilisé qui détermine, en fonction d’un modèle pharmacociné-
tique, le bolus et la vitesse de perfusion pour atteindre et maintenir cette
concentration cible ;
> les concentrations cibles peuvent être déterminées au niveau plasma-
tique ou au niveau du site d'action ; on parle alors d’AIVOCiv (en anglais,
TCI) ou d’AIVOCsite d’action (en anglais, TCIe, e = effect site). Le site d’action
est le système nerveux central ;
> l'adaptation des doses et des débits de perfusion se fait grâce à un
dispositif de perfusion formé d’ :
• un pousse-seringue,
• un ordinateur intégrant des modèles pharmacocinétiques,
• une interface permettant une meilleure visualisation du procédé ;
> l'intérêt principal de l’AIVOC est de maintenir des concentrations
adaptées à la variabilité de l’intensité des stimuli et à l’état du patient,
quelle que soit la durée de l’intervention. La titration en fonction des
besoins des patients permet d’assurer une stabilité hémodynamique et
de diminuer les doses cumulées pour obtenir un réveil plus rapide.
L’AIVOC est une technique intéressante lors de l'utilisation d'un médica-
ment à fenêtre thérapeutique étroite ou dans certaines techniques où la
marge thérapeutique est restreinte (exemple : sédation profonde en
respiration spontanée) ;
> l’AIVOC est fondée sur le modèle pharmacocinétique multicomparti-
mental qui permet de prédire l'évolution des concentrations d'un agent
anesthésique. L'administration expérimentale d'un agent intraveineux a
permis d’établir des courbes de concentration en fonction du temps ;
> différents algorithmes de prédiction pharmacocinétique ont été déve-
loppés en fonction des médicaments et des populations testées. Ces algo-
281
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 282 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
20 rithmes ne tiennent pas tous compte des mêmes paramètres (âge, sexe,
poids, fonction rénale), ce qui rend chaque modèle pharmacocinétique
spécifique : modèles de Marsh et de Schnider pour le propofol, modèle
de Gepts pour le sufentanil, et modèle de Minto pour le rémifentanil. En
général, les appareils commerciaux sont conçus pour l’utilisation d’un
seul modèle pharmacocinétique. Des logiciels informatiques de simula-
tion permettent de comparer les différents algorithmes. Ils sont particu-
lièrement utiles à la compréhension et à l'enseignement de la
pharmacocinétique (exemple : Tivatrainer©, disponible sur www.euro-
siva.org).
Anesthésie intraveineuse à objectif de concentration (AIVOC)
CONCEPTS DE L’AIVOC
> La cinétique multicompartimentale des agents anesthésiques
provoque une répartition inégale des médicaments dans les différents
tissus de l'organisme avec notamment une accumulation dans les tissus
peu vascularisés comme le tissu adipeux ;
> l'effet d'un médicament est fonction de sa concentration au niveau du
site d'action ;
> les estimations des concentrations cibles reposent sur les résultats de
nombreuses études cliniques, ce qui explique la variabilité des modèles ;
certains modèles permettent de calculer les interactions entre le propofol
et divers opiacés ;
> la mesure des concentrations de propofol en temps réel est à l'étude
notamment par une mesure de concentration en fin d’expiration ;
> l'administration d'un médicament en perfusion continue atténue les
variations de concentration liées à l’administration de bolus successifs ;
> l'accumulation de médicaments comme le propofol dans le tissu
adipeux nécessite que les doses d'entretien diminuent au cours du temps.
Le schéma de Roberts, présenté en 1988, permet de tenir compte de cette
modification de façon empirique. Afin d’obtenir une concentration cible
de propofol de 3 µg/ml, ce schéma proposait une dose de charge de
1 mg/kg, suivi d'une perfusion de 10 mg/kg/h pendant 10 minutes, puis
8 mg/kg/h pendant 10 minutes, puis 6 mg/kg/h jusqu’à la fin de l’inter-
vention.
RAPPEL PHARMACOLOGIQUE
> Le délai d'action (time to peak effect) est le temps écoulé avant
l'obtention du pic d'effet pharmacologique ;
> la courbe concentration – effet est en général une courbe sigmoïde.
Au-delà de certaines concentrations, l'effet est maximal et ne varie plus ;
> les valeurs de l’EC50 et de l’EC95 (EC : effective concentration) dépen-
dent de l’intensité du stimulus appliqué et des médicaments associés. Par
exemple, les opiacés potentialisent l'effet du propofol et permettent la
réduction des doses administrées ;
• l’EC50 est la concentration associée à 50 % de l’effet maximum ;
• l’EC95 est la concentration associée à 95 % de l’effet maximum ;
> la demi-vie d'équilibration au niveau du site d'action (T1/2 Keo)
témoigne de la rapidité du changement d’équilibre après un bolus ou la
modification du débit de perfusion ;
282
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 283 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
APPLICATION PRATIQUE
283
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 284 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
20 ■ Lectures conseillées
Billard V, Cazalaa JB, Servin F, Viviand X. Anesthésie intraveineuse à
objectif de concentration. Ann Fr Anesth Reanim 1997 ; 16 : 250-73.
Takita A, Masui K, Kazama T. On-line monitoring of end-tidal propofol
concentration in anesthetized patients. Anesthesiology 2007 ; 106 : 659-
64.
www.eurosiva.org/tivatrainer.
Anesthésie intraveineuse à objectif de concentration (AIVOC)
284
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 285 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
21
Complications
anesthésiques
C. BLANC, D. FREYMOND, E. ALBRECHT
ALLERGIE ET ANAPHYLAXIE
GÉNÉRALITÉS
> L’incidence des réactions anaphylactiques peropératoires se situe entre
1/20 000 à 1/10 000 ;
> les médicaments les plus fréquemment incriminés sont les curares
(responsables de 50-70 % des réactions), le latex et les antibiotiques
(principalement pénicillines et céphalosporines) ;
> Les réactions anaphylactiques doivent être différenciées des réactions
anaphylactoïdes et de l’histaminolibération non spécifique ;
• réactions anaphylactoïdes : ces réactions sont médiées par les
systèmes du complément, de la coagulation, de la fibrinolyse, et par
les kinines ; elles provoquent une dégranulation des mastocytes ou
des cellules basophiles ; cliniquement, il est impossible de faire la
différence entre une réaction anaphylactique et une réaction
anaphylactoïde ; tant que l’agent causal n’est pas identifié, la réac-
tion sera qualifiée de réaction anaphylactoïde ;
• histaminolibération non spécifique : l’histamine est libérée par
l’action pharmacologique d’un médicament sur les mastocytes et les
cellules basophiles (mécanisme non immunologique) ; l’importance
de la réaction dépend de la vitesse d’injection du produit et de sa
concentration.
RÉACTIONS IMMUNES
> Il existe quatre types de réactions immunes médiées par les
immunoglobulines :
• réaction de type I ou immédiate : liaison d’IgE à des récepteurs sur les
mastocytes et les cellules basophiles, dégranulation et libération
d’histamine (exemple : réaction anaphylactique ou anaphylaxie) ;
• réaction de type II ou cytotoxique : des IgG ou des IgM (immunoglo-
bulines G et M) sont dirigées contre des constituants cellulaires et
produisent une lyse cellulaire (exemple : incompatibilité Rhésus) ;
285
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 286 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
MANIFESTATIONS CLINIQUES
> Ces manifestations sont classées en quatre grades de gravité
croissante :
• grade 1 : signes cutanéomuqueux (érythème, urticaire, prurit),
• grade 2 : signes cutanéomuqueux + atteinte multiviscérale modérée
(tachycardie, hypotension, dyspnée, toux, sibilances),
• grade 3 : signes cutanéomuqueux + atteinte multiviscérale sévère me-
naçant la vie,
• grade 4 : arrêt cardiorespiratoire.
> Thiopental,
> curares : en particulier suxaméthonium, rocuronium, atracurium, miva-
curium, vécuronium,
> opiacés,
> solutés de remplissage de type colloïdes,
> antibiotiques, en particulier pénicilline, céphalosporine, vancomycine,
> protamine,
> latex ; les patients présentent un risque élevé de sensibilisation au
latex :
• les enfants atteints de spina bifida, de lésion médullaire, ou de
malformations urogénitales, opérés à plusieurs reprises ou soumis à
des cathétérismes urinaires répétés,
• les patients présentant une allergie à certains fruits et végétaux
(avocat, kiwi, banane, châtaigne, sarrasin, noix, melon, ananas), en
raison de réactions croisées,
• les professionnels de la santé régulièrement exposés au latex.
IMPLICATIONS ANESTHÉSIQUES
> En cas de chirurgie programmée chez un patient qui a présenté une
réaction anaphylactique lors d’une anesthésie précédente, il faut :
• retrouver le protocole d’anesthésie,
• organiser une consultation d’allergologie et tester les produits
utilisés, le latex et tous les curares (prick-tests, intradermoréactions) ;
si le protocole d’anesthésie n’est pas disponible, les tests se feront
avec les curares et le latex ;
> en cas de chirurgie urgente, il faut :
• supprimer le latex de l’environnement opératoire,
• privilégier une anesthésie locorégionale,
• éviter les curares et les produits histaminolibérateurs en cas d’AG ;
> une prémédication comprenant des corticoïdes ou des antagonistes
des récepteurs H1 et H2 ne permet pas d’éviter une réaction anaphylac-
tique.
286
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 287 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
Complications anesthésiques
tion de vasopressine doit être prudente car, pour l’instant, la littéra-
ture ne rapporte que quelques cas où son utilisation a été bénéfique.
Les effets secondaires sont une vasoconstriction coronarienne et une
diminution du débit cardiaque ;
> mesures spécifiques :
• corticoïdes : prednisolone 125 mg (Hydrocortancyl®, Ultracorten®),
• antihistaminiques : prométhazine 50 mg = Phénergan®, clémastine
2 mg = Tavégyl®,
• dosage immédiat des tryptases plasmatiques (tube sec), des IgE (tube
EDTA) et de l’histamine (tube sec),
• surveillance 24 h, en raison de la possibilité d’une récidive,
• consultation allergologique 4 à 6 semaines après l’événement avec
dosage des IgE et tests cutanés (prick-tests, intradermoréactions).
■ Lectures conseillées
Dewachter P, Mouton-Faivre C. What investigation after an anaphylactic
reaction during anaesthesia ? Curr Opin Anaesthesiol 2008 ; 21 : 363-8.
Dewachter P, Trechot P, Mouton-Faivre C. « Allergie à l'iode » : le point
sur la question. Ann Fr Anesth Reanim 2005 ; 24 : 40-52.
Schummer C, Wirsing M, Schummer W. The pivotal role of vasopressin in
refractory anaphylactic shock. Anesth Analg 2008 ; 107 : 620-4.
287
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 288 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
21 ARYTHMIES PEROPÉRATOIRES
BRADYARYTHMIES PEROPÉRATOIRES
ÉTIOLOGIE
> Origine vagale : réponse réflexe par stimulation douloureuse de la
sphère ORL, des muscles extraoculaires, du péritoine, de l’intestin ou de
la vessie, particulièrement lors d’une anesthésie insuffisamment
profonde ;
> origine systémique : hypoxémie, hypercapnie importante, hyperten-
sion intracrânienne, hypothermie ;
> origine pharmacologique : bêtabloquants, anticalciques, opiacés, suxa-
méthonium, inhibiteurs de l’acétylcholinestérase ;
> origine cardiaque : maladie du sinus, rythme jonctionnel, bloc de
conduction, infarctus ;
> effets directs de l’anesthésie : anesthésie locale intraveineuse (bloc de
Bier) à la levée du garrot, anesthésie périmédullaire par inhibition des
nerfs sympathiques cardio-accélérateurs.
Complications anesthésiques
TRAITEMENT
> Identifier la cause,
> stopper la stimulation, approfondir l’anesthésie,
> corriger les paramètres ventilatoires et la température,
> administrer des médicaments :
• atropine 0,5-1 mg i.v. au besoin toutes les 1-5 minutes : dose totale
2,5-3 mg,
• dopamine 5 µg/kg/min i.v., à titrer selon la réponse,
• adrénaline 2-10 µg/min i.v., à titrer selon la réponse,
• isoprénaline (Isuprel®) 2-10 µg/min i.v., à titrer selon la réponse ;
> stimulateur cardiaque externe, en cas de bloc atrioventriculaire
complet.
TACHYARYTHMIES PEROPÉRATOIRES
ÉTIOLOGIE
> Douleur, anesthésie insuffisante ;
> systémique : hypoxémie, hypercapnie, hypoglycémie, acidose, hyper-
thermie maligne ;
> endocrinienne : hyperthyroïdie, phéochromocytome ;
> cardiaque : trouble de la conduction, faisceau accessoire, syndrome
coronarien aigu, etc.
TRAITEMENT
> Identifier la cause,
> arrêter la stimulation, approfondir l’anesthésie,
> corriger les paramètres ventilatoires et la glycémie,
> médicaments :
• esmolol (Brévibloc®) : bolus de 50-500 µg/kg/min,
• amiodarone (Cordarone®) : bolus de 150-300 mg en 30 min, à répéter
1 fois,
• adénosine (Adenoscan®, Krenosin®, Krénosine®) : bolus de 6 mg, puis
12 mg, puis 18 mg,
• lidocaïne (Xylocaïne®) : bolus de 1-1,5 mg/kg,
288
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 289 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
■ Lectures conseillées
Thompson A, Balser JR. Perioperative cardiac arrhythmias. Br J Anaesth
2004 ; 93 : 86-94.
Amar D. Strategies for perioperative arrhythmias. Best Pract Res Clin
Anaesthesiol 2004 ; 18 : 565-77.
BRONCHOSPASME
DÉFINITION
> Rétrécissement du diamètre des voies aériennes secondaire à la
contraction des fibres musculaires lisses des voies aériennes périphériques
(bronches).
Complications anesthésiques
ÉTIOLOGIE
> Irritation des voies aériennes :
• profondeur d’anesthésie insuffisante lors d’un stimulus douloureux,
intubation, incision chirurgicale,
• matériel endogène : sécrétions, sang, inhalation du contenu
gastrique,
• irritation chimique des voies aériennes : anesthésique volatil
(exemple : desflurane), fumées, chaux sodée ;
> médicaments :
• barbituriques (histaminolibération),
• atracurium (Tracrium®, histaminolibération),
• inhibiteurs de l’acétylcholinestérase,
• morphine (histaminolibération) ;
> maladie pulmonaire :
• maladie pulmonaire bronchospastique : BPCO, asthme, mucovisci-
dose,
• infection pulmonaire,
• œdème aigu du poumon,
> anaphylaxie et réactions anaphylactoïdes.
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
TRAITEMENT
> Ventiler manuellement avec FiO2 100 %,
> approfondir l’anesthésie à l’aide d’un anesthésique volatil,
289
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 290 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
21 >
>
vérifier la position du tube, aspiration endotrachéale,
lidocaïne (Xylocaïne®) : 1,5 mg/kg,
> agonistes β2 en aérosol ou i.v. : salbutamol (Ventoline®, Ventolin®),
> adrénaline en aérosol ou i.v. en cas de bronchospasme sévère et
d’hypoxémie persistante,
> aminophylline (Euphylline®, Euphyllin®) i.v. 6 mg/kg en 20 minutes puis
0,5 mg/kg/h (attention aux arythmies),
> hémisuccinate d’hydrocortisone 2 mg/kg (Hydrocortisone® Upjohn,
Solucortef®) ;
> en fin d’intervention, l’indication à la décurisation doit être évaluée
(néostigmine = Prostigmine®, Prostigmin®) en pondérant les risques
(aggravation du bronchospasme) et les bénéfices, et en envisageant
d’utiliser des doses d’atropine ou de glycopyrrolate plus élevées ;
> envisager la possibilité d’extuber le patient en anesthésie profonde.
DÉFINITION
> Augmentation de la pression artérielle préopératoire de 20-30 %,
> PA absolue > 140/90 mmHg.
ÉTIOLOGIE
> L’HTA périopératoire est fréquemment associée aux évènements
suivants :
• laryngoscopie et intubation,
• changement rapide de volémie,
• profondeur d’anesthésie ou analgésie insuffisante,
• temps de garrot prolongé (> 90-120 min),
• réveil,
• phase postopératoire immédiate,
• globe vésical ;
> les autres étiologies sont :
• hypoxémie, hypercapnie (par activation du système nerveux sympa-
thique),
• HTA préexistante, effet rebond après arrêt de certains antihyperten-
seurs,
• hypothermie avec vasoconstriction, frissons,
• injection de bolus de vasopresseurs ;
> plus rarement, l’HTA périopératoire est la conséquence des patholo-
gies suivantes :
• hypertension intracrânienne,
• hyperthermie maligne,
• hyperthyroïdie,
• phéochromocytome.
ATTITUDE
> Identifier la cause et y remédier : lâcher le garrot, poser une sonde vési-
cale, réchaufer le patient, améliorer les paramètres ventilatoires ; appro-
fondir l’anesthésie, administrer des analgésiques ;
> traitement médicamenteux :
• halogénés : augmentation de la fraction inspirée et/ou du débit de
gaz frais,
290
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 291 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
HYPERTHERMIE MALIGNE
Complications anesthésiques
DÉFINITION
GÉNÉRALITÉS
> L’hyperthermie maligne est une maladie génétique autosomique
dominante dont l’expression est variable ;
> l’incidence est de 1/12 000-15 000 chez l’enfant et de 1/50 000 chez
l’adulte ;
> la crise peut apparaître dès l’induction et jusqu’à 24 h après
l’anesthésie ;
> 21 % des patients qui présentent une crise ont eu une anesthésie anté-
rieure sans avoir développé d’hyperthermie.
PHYSIOPATHOLOGIE
> Les agents déclenchants sont les anesthésiques volatils (halogénés et
éther) et le suxaméthonium ;
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
MANIFESTATIONS CLINIQUES
> Les symptômes peuvent apparaître dès la première minute et jusqu’à la
24e heure postopératoire :
291
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 292 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
TRAITEMENT
> Stopper l’administration de l’anesthésique halogéné ; le remplacer par
du propofol ou du midazolam ;
> appeler à l’aide ;
> hyperventiler avec une FiO2 100 % et un débit de gaz frais élevé (10 l/
min) ; il est inutile de changer le circuit ventilatoire, car le patient va
continuer à éliminer des halogénés, qui contamineront le nouveau
circuit ;
> accélérer les perfusions pour un remplissage vasculaire approprié,
> administrer du dantrolène (Dantrium®) (blocage du récepteur à la
Complications anesthésiques
ryanodine et donc de la sortie du Ca2+) : 2,5 mg/kg i.v. jusqu’à une dose
totale de 10 mg/kg (1-2 bolus à quelques minutes d’intervalle suffisent
généralement à faire diminuer la tachycardie et l’ET CO2), puis 1 mg/kg
toutes les 6 heures pendant 24-48 heures ; un flacon contient 20 mg de
dantrolène et doit être dilué dans 60 ml d’eau stérile sans agent
conservateur ; la dilution se fait lentement (prévoir 10 minutes pour
l’obtention d’une substance prête à l’injection) ; en France chaque bloc
opératoire doit disposer d’une réserve de dantrolène ;
> en cas d’arythmie :
• corriger l’hyperkaliémie (glucose + insuline : 10 UI d’insuline dans
50 ml de glucose 30 %), administrer du CaCl2 2-5 mg/kg et un antia-
rythmique (exemple : amiodarone, lidocaïne) ;
• ne pas administrer d’anticalcique, en raison du risque aggravé
d’hyperkaliémie en présence de dantrolène ;
> administrer du NaHCO3 1-2 mmol/kg pour corriger l’acidose puis selon
l’excès de base ;
> refroidir jusqu’à une température corporelle de 38 ˚C : recouvrir le
patient de glace, laver les cavités internes avec une solution de NaCl
0,9 % à 4 ˚C (15 ml/kg, 3 fois de suite à 15 min d’intervalle) ;
> administrer des diurétiques au besoin (diurèse > 2 ml/kg/h),
> terminer rapidement l’opération et transférer le patient aux soins
intensifs ;
> contact spécialisé sur le site européen de l’hyperthermie maligne :
www.emhg.org.
DIAGNOSTIC
> Le diagnostic est établi sur la base d’une biopsie musculaire (générale-
ment effectuée sur le muscle vaste externe de la cuisse à distance de la
crise) sur laquelle un « test de contracture in vitro » est réalisé ; le test a
une spécificité de 94 % et une sensibilité de 99 % ; l’échantillon est mis
au contact d’une solution de caféine et d’halothane pendant qu’une
mesure de la force de contraction est effectuée : en présence de caféine
et d’halothane la force de contraction est anormalement élevée dans les
fibres musculaires. Les patients sont classés en trois catégories :
• patient positif (= susceptible patient) : réponse anormale de l’échan-
tillon musculaire à la caféine et à l’halothane (2 tests positifs),
• patient équivoque : réponse anormale de l’échantillon musculaire à
la caféine ou à l’halothane (1 test positif),
292
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 293 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
Complications anesthésiques
• antagonistes des curares, des morphiniques et des benzodiazépines,
• sympathomimétiques β,
• inhibiteurs calciques (surtout vérapamil, diltiazem),
• bases xanthiques (théophylline, caféine).
■ Lecture conseillée
Lunardi J, Monnier N. Génétique des pathologies associées à un dysfonc-
tionnement du complexe de mobilisation calcique du muscle squelet-
tique. Rev Neurol (Paris) 2004 ; 160 : S70-7.
HYPOTENSION ARTÉRIELLE
PEROPÉRATOIRE
DÉFINITION
> Diminution de la pression artérielle de 20-30 % au-dessous des valeurs
de base ;
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
ÉTIOLOGIE
> Diminution de la précharge :
• hypovolémie, hémorragie,
• vasodilatation,
• diminution du retour veineux (exemple : compression de la veine
cave inférieure),
• élévation des pressions intrathoraciques (exemple : pneumothorax),
• position du patient (exemple : anti-Trendelenburg),
• tamponnade,
• embolie pulmonaire,
• fibrillation auriculaire ;
> diminution de la contractilité myocardique :
• médicaments inotropes négatifs,
293
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 294 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
21 • cardiomyopathie,
• syndrome coronarien aigu,
• hypoxémie ;
> diminution des résistances vasculaires périphériques :
• surdosage en hypnotiques, opiacés,
• choc distributif : sepsis, réaction allergique,
• anesthésie médullaire.
TRAITEMENT
> Position de Trendelenburg,
> FIO2 100 %,
> remplissage intravasculaire par des cristalloïdes ou des colloïdes,
> vasopresseurs :
• éphédrine : bolus de 5-10 mg,
• néosynéphrine : bolus de 50-100 µg,
• dopamine : 2-3 µg/kg/min,
• noradrénaline : 0,05-0,5 µg/kg/min,
• adrénaline : 0,01-0,1 µg/kg/min.
Complications anesthésiques
HYPOTHERMIE PEROPÉRATOIRE
DÉFINITION
> Température corporelle centrale < 35,5 ˚C.
GÉNÉRALITÉS
> L’incidence augmente chez le petit enfant ou le patient âgé ;
> la température centrale est la température du « noyau » qui corres-
pond aux différents organes du tronc et de la tête ; elle est relativement
uniforme. La température périphérique est la température des membres
et de la surface cutanée ; elle est inhomogène et varie de manière impor-
tante au cours d’une période donnée ;
> physiologiquement il existe un gradient de température entre la
température centrale et la température périphérique ; en effet, cette
dernière est inférieure à la température centrale de 2 à 4 ˚C. Ce gradient
provient de la vasoconstriction périphérique et dépend de l’environne-
ment dans lequel se trouve le sujet ;
> les sites de mesure de la température centrale sont l’artère pulmo-
naire, l’œsophage distal, la membrane tympanique et le nasopharynx ;
> l’hypothermie diminue le métabolisme basal, et donc la consommation
d’O2 et la production de CO2 ; chaque diminution de 1 ˚C dans le compar-
timent central diminue le métabolisme basal de 10 %. Par contre, le
frisson postopératoire qui résulte de l’hypothermie modérée augmente
la consommation d’O2 jusqu’à 400 %, mettant à forte contribution le
myocarde ; en cas de coronaropathie, un angor peut survenir ; mais en
dessous de 32 ˚C, la capacité de l’organisme à frissonner et donc à
corriger l’hypothermie disparaît ;
> chez les enfants, l’hypothermie survient plus rapidement en raison
d’un rapport surface corporelle/masse corporelle plus important que chez
l’adulte.
294
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 295 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
Complications anesthésiques
proportionnelles à l’humidité ambiante ; elles se font par la
surface cutanée et la respiration ;
▲ conduction : les pertes de chaleur par conduction lors d’une anes-
thésie sont négligeables ;
> phase 3 de plateau :
• atteinte d’un état d’équilibre entre production et perte de chaleur.
CARDIOVASCULAIRES
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
295
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 296 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
21 NÉPHROLOGIQUES
HÉPATIQUES
HÉMATOLOGIQUES
PHARMACOLOGIQUES
AUTRES EFFETS
PRÉVENTION DE L’HYPOTHERMIE
> Monitorer la température,
> utiliser un circuit fermé avec un faible débit de gaz frais, humidifié et
réchauffé,
> maintenir le patient continuellement couvert,
> utiliser une couverture chauffante à air pulsé (type Bair Hugger), un
réchauffeur des solutés perfusés,
> augmenter la température de la salle.
■ Lectures conseillées
Sessler DI. Perioperative heat balance. Anesthesiology 2000 ; 92 : 578-96.
Sessler DI. Complications and treatment of mild hypothermia. Anesthe-
siology 2001 ; 95 : 531-43.
296
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 297 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
21
HYPOXÉMIE PEROPÉRATOIRE
Complications anesthésiques
DÉFINITION
> Saturation artérielle en O2 (SpO2) < 90 % ou diminution > 5 % de la
saturation artérielle en O2 par rapport à la valeur préopératoire ;
> pression partielle artérielle en O2 (PaO2) < 60 mmHg à l’air ambiant :
• une SpO2 de 90 % correspond sensiblement à une PaO2 de 60 mmHg.
MANIFESTATIONS CLINIQUES
> Agitation, anxiété, confusion, sudation,
> tachypnée avec respiration superficielle, ou bradypnée,
> tachycardie, hypertension, arythmies,
> bradycardie, hypotension et arrêt cardiaque si persistance et aggrava-
tion de l’hypoxémie.
ÉTIOLOGIE PEROPÉRATOIRE
> Erreur de la mesure de la saturation en oxygène avec l’oxymètre de
pouls :
• manchette à tension,
• pouls irrégulier (fibrillation auriculaire), rapide (TSV [tachycardie
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
297
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 298 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
ATTITUDE PEROPÉRATOIRE
> Rechercher activement la cause de l’hypoxémie,
> administrer une FIO2 de 100 %,
> vérifier le circuit (fuite, déconnexion, ballonnet dégonflé),
> ausculter et vérifier la position de la sonde endotrachéale (intubation
sélective, œsophagienne), contrôler la symétrie des mouvements thoraci-
ques (pneumothorax),
> aspirer dans la sonde endotrachéale,
> passer en ventilation manuelle et effectuer une manœuvre de recrute-
Complications anesthésiques
ment,
> effectuer une gazométrie,
> envisager une bronchofibroscopie.
298
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 299 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
LARYNGOSPASME
DÉFINITION
> Spasme des muscles du larynx causé par une stimulation du nerf
laryngé supérieur, pouvant provoquer la fermeture complète des cordes
vocales et une obstruction respiratoire complète.
FACTEURS DE RISQUE
Complications anesthésiques
Les FR peuvent être classés de la manière suivante :
> FR liés à l’anesthésie : irritation glottique ou sus-glottique par les
halogénés (surtout desflurane), des sécrétions, du sang, un corps
étranger, un stimulus douloureux ; le laryngospasme survient surtout si la
profondeur d’anesthésie est insuffisante ;
> FR liés au patient : nourrisson, enfant, infection des VAS, asthme ;
> FR liés à la chirurgie : amygdalectomie, adénoïdectomie.
MANIFESTATIONS CLINIQUES
> Stridor, utilisation des muscles respiratoires accessoires,
> absence de flux ventilatoire malgré des efforts respiratoires impor-
tants,
> incapacité de parler,
> hypersalivation,
> tachycardie, hypoxémie.
PRÉVENTION
> Profondeur d’anesthésie suffisante lors de la pose d’une voie veineuse,
de l’intubation ou de tout autre stimulus,
> extubation du patient profondément endormi ou totalement réveillé,
> aspiration des sécrétions endobuccales avant et après l’extubation,
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
TRAITEMENT
> FIO2 100 %,
> arrêt de tout stimulus,
> aspiration des sécrétions, du sang endobuccal,
> canule de ventilation orale (Guedel) ou nasale (Wendel),
> subluxation de la mâchoire, tête en extension,
> ventilation manuelle douce en pression positive,
> lidocaïne i.v. (Xylocaïne®) 1,0-1,5 mg/kg,
> propofol 0,25-0,5 mg/kg,
> si le spasme et l’hypoxémie persistent : suxaméthonium (Célocurine®,
Lysthénon®) 0,1-0,3 mg/kg permettant une paralysie des muscles laryngés
299
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 300 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
REMARQUES
> En l’absence de voie veineuse, l’administration de suxaméthonium en
vue d’une intubation endotrachéale peut se faire par la voie intramuscu-
laire (3-4 mg/kg), intra-osseuse (1-1,5 mg/kg) ou sublinguale (1-1,5 mg/
kg) ;
> l’hypoxémie ou l’hypercapnie importante font souvent céder le
laryngospasme ;
> un effort inspiratoire contre une glotte fermée peut produire des pres-
sions intrathoraciques très négatives (-50 à -100 cmH2O) alors que la pres-
sion pleurale se situe normalement entre -5 et -10 cmH2O ; le risque
encouru est un œdème aigu du poumon à pression négative (œdème de
Müller).
■ Lectures conseillées
Alalami AA, Ayoub CM, Baraka AS. Laryngospasm : review of different
prevention and treatment modalities. Paediatr Anaesth 2008 ; 18 : 281-8.
Walker RW, Sutton RS. Which port in a storm? Use of suxamethonium
Complications anesthésiques
MÉMORISATION PEROPÉRATOIRE
(OU AWARENESS)
INCIDENCE
> 0,1-0,4 % en chirurgie non cardiaque et non obstétricale,
> 1-1,5 % en chirurgie cardiaque,
> 0,4 % lors de césarienne,
> 11-43 % chez le polytraumatisé.
ÉTIOLOGIE
> La mémorisation peropératoire survient lorsque l’anesthésie n’est pas
assez profonde ; en présence de :
• besoins anesthésiques augmentés chez certains patients,
• dysfonction de l’appareil anesthésique responsable de l’administra-
tion inadéquate d’anesthésique volatil.
300
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 301 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
CONSÉQUENCES 21
> Peropératoire :
• intégration de la douleur chirurgicale,
• conscience des conversations en salle d’opération,
• sensation de faiblesse ou de paralysie,
• anxiété, panique, sensation de mort imminente ;
> postopératoire :
• perturbation du sommeil, cauchemars, anxiété diurne, syndrome de
stress post-traumatique.
ATTITUDE
> La prévention se fait par :
• l’identification des patients à risque (chirurgie cardiaque, polytrau-
matisé),
• une prémédication avec des substances amnésiantes (benzodiazé-
pines),
• l’absence de paralysie totale si la curarisation est nécessaire,
• l’utilisation d’halogéné (diminution du risque d’éveil peropératoire),
• un contrôle méticuleux et régulier du ventilateur et du système
Complications anesthésiques
d’administration des anesthésiques volatils (monitorage des concen-
trations),
• la surveillance régulière des signes cliniques,
• le monitorage de la profondeur d’anesthésie (BIS) (controversé) ;
> il faut faire attention aux conversations en salle d’opération, l’audition
étant le sens qui disparaît en dernier lors de l’induction et qui réapparaît
en premier au réveil ;
> si un état d’éveil peropératoire survient, il est nécessaire d’en discuter
honnêtement avec le patient, de le noter dans le dossier médical et
d’offrir une aide psychiatrique.
■ Lectures conseillées
Avidan MS, Zhang L, Burnside BA et al. Anesthesia awareness and the
bispectral index. N Engl J Med 2008 ; 358 : 1097-108.
Ghoneim MM. Awareness during anesthesia. Anesthesiology 2000 ; 92 :
597-602.
Myles PS, Leslie K, McNeil J et al. Bispectral index monitoring to prevent
awareness during anaesthesia : the B-Aware randomised controlled trial.
Lancet 2004 ; 363 : 1757-63.
Sebel PS, Bowdle TA, Ghoneim MM et al. The incidence of awareness
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
NAUSÉES ET VOMISSEMENTS
POST-OPÉRATOIRES
GÉNÉRALITÉS
> Le vomissement est l’expulsion active du contenu gastrique par
l’oropharynx ; il doit être distingué de la régurgitation, qui est un reflux
passif du contenu gastrique dans l’oropharynx ;
301
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 302 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
21 > l’incidence des NVPO est de 20-30 % chez l’adulte, de 40-70 % chez
l’enfant, notamment lors d’amygdalectomie ou de chirurgie du
strabisme ;
> les conséquences sont principalement un désagrément, plus rarement,
une inhalation bronchique, des hématomes, des ruptures de sutures ou
de l’œsophage ;
> les facteurs de risque sont de quatre types : les facteurs généraux, liés
au patient, à la chirurgie et à l’anesthésie. Ces facteurs sont décrits dans
le tableau 21-1 ;
> C. Apfel a décrit un score de prédiction des nausées et vomissements :
• 4 facteurs de risque (FR) ont été identifiés :
▲ sexe féminin,
▲ non-fumeur,
▲ antécédents de NVPO ou cinétose,
▲ administration postopératoire d’opiacés ;
• l’accumulation de ces FR entraîne une incidence croissante des
NVPO :
▲ 0 FR : incidence de 10 %,
▲ 1 FR : incidence de 20 %,
▲ 2 FR : incidence de 40 %,
▲ 3 FR : incidence de 60 %,
▲ 4 FR : incidence de 80 %.
Complications anesthésiques
> Chez l’enfant, les FR sont un âge > 2 ans, des antécédents de NVPO
chez l’enfant ou dans la famille, une chirurgie > 30 min, et une chirurgie
ORL ou du strabisme.
PHYSIOLOGIE
> Les stimuli habituels des vomissements comprennent les émotions, les
odeurs, l’alcool, les infections ; les afférences sont conduites par des
fibres sympathiques, des fibres parasympathiques et les nerfs crâniens V,
VII, IX, X et XII vers la zone gâchette ou trigger zone de l’area postrema,
localisée dans le plancher du IVe ventricule, qui contrôle le centre du
vomissement, situé dans le bulbe rachidien, à proximité des noyaux des
nerfs crâniens ; de là, les efférences sont conduites, d’une part, par les
nerfs thoraciques et abdominaux vers le diaphragme et les muscles abdo-
minaux, et d’autre part, par les nerfs V, VII, IX, X, XII vers le tractus
digestif ;
> un effort de vomissement requiert une manœuvre de Valsalva : le
diaphragme est bloqué en position inspiratoire, les sphincters œsopha-
giens se relâchent, le pylore se contracte, tout comme les muscles abdo-
minaux et thoraciques ; ainsi, une pression est exercée sur l’estomac,
dont le contenu est expulsé vers l’extérieur ;
> les NVPO peuvent être associés à une tachycardie, une bradycardie,
une hypotension , ou une hypertension artérielle.
PHARMACOLOGIE
> La zone gâchette contient des récepteurs dopaminergiques, sérotoni-
nergiques, histaminiques et muscariniques ; ainsi, plusieurs classes de
302
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 303 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
Complications anesthésiques
à l’induction ; elle est utilisée uniquement dans la prévention des NVPO
et son mécanisme d’action est peu clair (antagonisation des prostaglan-
dines, diminution du taux de sérotonine dans le tractus digestif et dans le
système nerveux central, libération d’endorphines) ; les effets secon-
daires comme les ulcères gastro-intestinaux, l’ostéoporose, l’inhibition de
l’axe hypothalamo-hypophysosurrénalien ou l’immunosuppression n’ap-
paraissent que lors d’utilisation prolongée ; à l’heure actuelle, il n’y a
aucun effet secondaire décrit avec une dose unique de dexaméthasone ;
> l’administration de dropéridol, d’ondansétron, de dexaméthasone et
l’utilisation de propofol au lieu des halogénés diminueraient chacun le
risque de NVPO de 20 % ; ces effets étant additifs, l’administration
conjointe de ces 4 médicaments diminuerait le risque de NVPO de 80 %.
ATTITUDE
> La prévention des NVPO repose sur trois recommandations :
• identifier les patients et la chirurgie,
• éviter les agents proémétiques (protoxyde d’azote, halogénés,
thiopental) ; préférer l’induction et le maintien de l’anesthésie au
propofol,
• administrer des antiémétiques (dexaméthasone 4-8 mg à l’induction,
ondansétron 4 mg ou dropéridol 0,5-1,25 mg 30 min avant la fin de
l’intervention, si PA > 100 mmHg) ;
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
REMARQUES
> Les nausées et vomissements lors de l’anesthésie périmédullaire
(rachianesthésie, anesthésie péridurale) sont généralement secondaires à
une hypotension due au bloc sympathique et sont corrigés par l’adminis-
303
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 304 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
■ Lectures conseillées
Apfel CC, Laara E, Koivuranta M et al. A simplified risk score for predict-
ing postoperative nausea and vomiting : conclusions from cross-valida-
tions between two centers. Anesthesiology 1999 ; 91 : 693-700.
Apfel CC, Korttila K, Abdalla M et al. A factorial trial of six interventions
for the prevention of postoperative nausea and vomiting. N Engl J Med
2004 ; 350 : 2441-51.
Gan TJ, Meyer T, Apfel CC et al. Consensus guidelines for managing
postoperative nausea and vomiting. Anesth Analg 2003 ; 97 : 62-71, table
of contents.
Nuttall GA, Eckerman KM, Jacob KA et al. Does low-dose droperidol
administration increase the risk of drug-induced QT prolongation and
torsade de pointes in the general surgical population ? Anesthesiology
2007 ; 107 : 531-6.
Kranke P, Schuster F, Eberhart LH. Recent advances, trends and economic
considerations in the risk assessment, prevention and treatment of posto-
Complications anesthésiques
RÉVEIL RETARDÉ
DÉFINITION
> Patient ne répondant pas à l’appel de son nom 10 min après l’arrêt de
l’administration de tout anesthésique.
ÉTIOLOGIES
> Pharmacologiques :
• surdosage médicamenteux (prémédication, opiacés, halogénés, anes-
thésiques intraveineux, curares),
• diminution du métabolisme ou de l’excrétion des agents anesthési-
ques (insuffisance hépatique, insuffisance rénale),
• diminution de la fraction liée aux protéines (diminution de l’albu-
mine plasmatique lors d’insuffisance cardiaque, d’insuffisance rénale,
d’insuffisance hépatique, de tumeur, de cachexie),
• augmentation de la sensibilité aux médicaments (âge, interactions
médicamenteuses, variabilité génétique, hypothermie) ;
> métaboliques :
• hypercapnie sévère (PaCO2 > 70 mmHg),
• hypoxémie,
• hypothermie, hyperthermie maligne,
• hypoglycémie, coma hyperglycémique,
• troubles électrolytiques (hyponatrémie, hypocalcémie, hypercal-
cémie, hypomagnésémie),
• urémie,
• troubles endocriniens : hypothyroïdie, insuffisance surrénalienne ;
> neurologiques :
• hypoperfusion cérébrale : débit cardiaque diminué (hémorragie,
hypotension artérielle, insuffisance cardiaque), sténose carotidienne,
304
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 305 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
ATTITUDE
> Vérifier la fonction de la jonction neuromusculaire (état de
décurarisation) ; en effet, il faut exclure une curarisation prolongée, par
exemple lors d’utilisation de suxaméthonium ou de mivacurium chez un
patient porteur de pseudocholinestérases atypiques ;
> corriger les troubles ventilatoires,
> corriger la température corporelle,
> corriger la glycémie et des troubles électrolytiques,
> améliorer le débit cardiaque,
> administrer des antagonistes des opiacés (bolus itératifs de 0,04 mg de
naloxone = Narcan®) ou des benzodiazépines (bolus itératifs de 0,1 mg
de flumazénil = Anexate®),
> effectuer un scanner cérébral.
Complications anesthésiques
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
305
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
CHAP 22.FM Page 7 Lundi, 7. septembre 2009 12:54 12
22
Salle de surveillance post-
interventionnnelle (SSPI)
C. BLANC, E. ALBRECHT
GÉNÉRALITÉS
> Tout patient ayant bénéficié d’une sédation, d’une anesthésie géné-
rale ou d’une anesthésie locorégionale doit séjourner de manière transi-
toire en SSPI pour la surveillance des fonctions vitales, de la stabilité
hémodynamique et le traitement des douleurs postopératoires. La SSPI
doit se trouver à proximité immédiate du bloc opératoire ;
> la surveillance est effectuée par du personnel infirmier (un infirmier
pour 3 patients), sous la responsabilité d’un médecin anesthésiste,
jusqu’à la disparition complète des effets médicamenteux ou des blocs
anesthésiques et jusqu’à l’obtention d’une analgésie acceptable ;
> l’administration d’oxygène est obligatoire ; le monitorage minimal
comprend un ECG, la mesure de la saturométrie et de la pression arté-
rielle non invasive ; une prise d’aspiration doit être à disposition derrière
chaque lit ; la SSPI doit disposer d’un défibrillateur et d’un ventilateur ;
> l’analgésie est généralement assurée par des doses intraveineuses de
morphine, du paracétamol ou un AINS ;
> les complications les plus fréquentes en SSPI comprennent les nausées
et vomissements, la rétention urinaire (globe vésical), l’agitation, l’hypo-
thermie, l’hypotension et l’hypertension artérielle. Des altérations de la
conscience, des troubles de la ventilation (hypoxémie, obstruction des
voies aériennes supérieures), des arythmies, un syndrome coronarien
aigu, ou des décompensations cardiaques peuvent également survenir.
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
CHAP 22.FM Page 8 Lundi, 7. septembre 2009 12:54 12
■ Lecture conseillée
Aldrete JA. The post-anesthesia recovery score revisited. J Clin Anesth
1995 ; 7 : 89-91.
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 309 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
23
Analgésie
E. BUCHSER, M. SUTER, I. DECOSTERD, E. ALBRECHT
SÉMIOLOGIE
> La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable,
associée à un dommage tissulaire présent ou potentiel, ou décrite en
termes d'un tel dommage (définition de l’International Association for
the Study of Pain, IASP) ;
> on définit quatre grands types de douleurs :
• les douleurs nociceptives, dues à une lésion ou à une atteinte tissu-
laire potentielle. Ce sont des douleurs aiguës, impliquant le système
de nociception, soit le processus neuronal qui code et traite les
stimuli douloureux ; ce système constitue le mécanisme physiolo-
gique de défense ;
• les douleurs inflammatoires (autrefois appelées douleurs par excès
de nociception). Ces douleurs sont liées à un processus inflamma-
toire, secondaire à une lésion tissulaire de nature diverse (exemple :
douleur aiguë postopératoire, douleur rhumatologique de l’arthrose
ou de l’arthrite) ;
• les douleurs neuropathiques, qui sont la conséquence d’une lésion
ou d’une maladie affectant le système somatosensoriel (exemple :
radiculopathie, douleur postzostérienne, neuropathie diabétique) ;
• les douleurs dysfonctionnelles, syndromes douloureux chroniques qui
ne résultent a priori ni d’une inflammation, ni d’une lésion nerveuse
évidente. Il s’agit d’un probable dysfonctionnement des contrôles
modulateurs de la douleur, d’origine centrale (exemple : fibro-
myalgie, côlon irritable, céphalée tensionnelle) ;
> la douleur mixte est une nouvelle entité, encore controversée, qui
apparie douleur inflammatoire et douleur neuropathique. En effet, ces
deux mécanismes peuvent coexister, notamment dans certaines patholo-
gies du rachis ;
> la douleur chronique est un symptôme, dénué d’utilité biologique,
persistant en l'absence de stimulus nociceptif, même après un délai
raisonnable qui aurait permis à la lésion tissulaire de guérir. Par conven-
tion, une douleur est dite chronique lorsqu'elle persiste plus de 3 à
6 mois ;
309
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 310 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
ANATOMIE
> Les informations nociceptives sont conduites principalement par les
voies spinothalamiques. Elles sont modulées à différents étages par des
voies descendantes, corticospinales, facilitatrices ou inhibitrices. Les
neurotransmetteurs sont principalement les opioïdes endogènes, la nora-
drénaline et la sérotonine.
diffuse ;
> la principale voie de conduction de la douleur est formée schématique-
ment de trois neurones (figure 23.1) :
• le neurone primaire est une fibre de type Aδ ou C, appelée aussi
neurone nociceptif, provenant de la périphérie. Son corps cellulaire
est situé dans le ganglion spinal et sa terminaison fait synapse dans la
corne dorsale de la moelle ;
• le neurone secondaire se situe dans les couches superficielles de la
corne dorsale. L’axone croise la ligne médiane et remonte le long des
voies spinothalamiques ou spinoréticulaires vers le thalamus ;
• le neurone tertiaire se projette du thalamus vers le cortex somato-
sensoriel (composante discriminative du stimulus) ou vers d’autres
structures centrales.
310
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 311 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
23
7
2
4
POSTÉRIEUR
1
ANTÉRIEUR
Analgésie
nent dans les couches profondes de la moelle ;
• le neurone secondaire, issu des noyaux gracile et cunéiforme, envoie
son axone vers le thalamus via le lemnisque médian ;
• le neurone tertiaire se projette du thalamus vers le cortex somato-
sensoriel.
8
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
6
7
2
5 4
POSTÉRIEUR
1
ANTÉRIEUR
311
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 312 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
ANALGÉSIE PRÉEMPTIVE
> L’analgésie préemptive consiste à administrer un traitement antal-
gique avant la survenue de la lésion (prévention de la sensibilisation par
inhibition des mécanismes de la douleur) ;
> ce concept, très attrayant d’un point de vue neurophysiologique, se
vérifie dans des études précliniques (animales). Sa signification clinique
n’est pas démontrée chez l’homme.
TRAITEMENT
> Le traitement de la douleur aiguë et chronique repose sur la combi-
naison de médicaments dont les modes d'action sont différents et
complémentaires, de blocs nerveux ou de techniques de
neuromodulation ; on parle alors d’analgésie multimodale. Le choix de la
stratégie dépend de :
312
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 313 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
Analgésie
moteur,
• doses quotidiennes utilisées,
• paramètres de la PCA ou de la péridurale,
• effets secondaires des médicaments (nausée, prurit, sédation, etc.),
• satisfaction du patient et des soignants,
• opportunité du passage à une antalgie plus simple, par exemple par
voie orale.
313
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 314 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
23 AINS classiques inhibent à la fois la COX-1 et la COX-2, alors que les AINS
COX-2 agissent de façon sélective sur la COX-2 (COXIB) ;
> contre-indications : ulcères gastro-intestinaux, insuffisance rénale,
> quelques AINS et leur posologie pour un patient de 70 kg (NB : la voie
rectale tend à être abandonnée, sauf chez l’enfant) :
• ibuprofène (Nurofen®, Brufen®) : 400-600 mg 3 ×/j par voie orale,
• méfénacide (Ponstyl®, Ponstan®) : 500 mg 3 ×/j par voie orale,
• diclofénac (Voltarène®, Voltaren®) : 50-75 mg 3 ×/j par voie orale,
• kétorolac (Acular®, Toradol®) : 30 mg 3 ×/j par voie orale ou i.v.
pendant 48 h maximum
OPIOÏDES
> Les opioïdes peuvent être prescrits par voie intraveineuse, sous-
cutanée, orale, sublinguale et spinale. La voie intramusculaire n’apporte
aucun avantage et ne devrait donc plus être utilisée (détails dans le
chapitre 7 « Opioïdes ») ;
> les opioïdes sont efficaces contre les douleurs somatiques et viscérales ;
ils tendent à être moins efficaces dans les douleurs neurogènes. Le traite-
ment est limité par l’apparition d’effets secondaires (prurit, constipation,
nausées, vomissements, etc.) ;
> lors de l’administration intraveineuse, il faut privilégier le mode PCA,
soit l’administration par le patient de bolus de médicaments selon des
paramètres définis par l’anesthésiste : dose de médicament, intervalle
entre les injections, dose maximale en une période définie (en général
4 h). La perfusion continue d’opioïdes n’est pas indiquée en dehors d’un
milieu de réanimation ;
Analgésie
MÉTAMIZOLE (MINALGINE®)
> Le mécanisme d’action du métamizole n’est pas élucidé, mais semble
impliquer l’inhibition des COX-3 au niveau périphérique ;
> la posologie habituelle est de 500 mg à 1 g 4 ×/j par voie orale ou i.v. ;
> le risque d’agranulocytose est élevé, raison pour laquelle l’administra-
tion de métamizole doit être prudente et ne pas dépasser une période de
2 semaines ;
> contre-indications : porphyrie, déficit en glucose-6-phosphate-déshy-
drogénase, leucopénie.
ANESTHÉSIE LOCORÉGIONALE
> Les techniques d’anesthésie locorégionale comprennent les blocs plexi-
ques et tronculaires, la péridurale et l’infiltration de l’incision chirurgi-
cale avec des anesthésiques locaux ;
> les anesthésiques locaux peuvent être administrés en injection unique
ou en continu par un cathéter. Une tachyphylaxie aux anesthésiques
locaux peut se développer après plusieurs jours, il faut alors augmenter
les doses d’AL pour assurer une analgésie satisfaisante ;
> l’adjonction de certains médicaments renforce l’analgésie (fentanyl,
sufentanil, adrénaline, clonidine) ;
> exemple de prescription pour l’analgésie péridurale postopératoire :
• solution de bupivacaïne 0,1 ou 0,2 % + fentanyl 2 µg/ml + adrénaline
2 µg/ml : débit de 4-10 ml/h, bolus de 4 ml/40 min,
314
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 315 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
AUTRES MÉDICAMENTS
> La kétamine (Kétalar®) à des doses de 0,1 à 0,5 mg/kg a des effets anal-
gésiques et permet de réduire les doses de morphine dans la phase
postopératoire. Elle est également utilisée en cas de tolérance à la
morphine. Aux doses analgésiques, les effets psychodysleptiques sont
rares. En raison de sa neurotoxicité, l’utilisation de kétamine par voie
périmédullaire est formellement contre-indiquée ;
> la gabapentine (Neurontin®) et la prégabaline (Lyrica®) sont des stabili-
sateurs de la membrane de type antiépileptique, fréquemment utilisés
dans le traitement des douleurs chroniques neuropathiques. Ils bloquent
les canaux calciques. Il semble que leur administration préopératoire,
suivie d’une prescription pendant les premières 24 à 48 heures postopé-
ratoires permettrait de diminuer la consommation d’opioïdes, mais les
études actuelles sont peu convaincantes. La posologie de gabapentine
est de 300 à 3 600 mg en 3 prises quotidiennes, celle de la prégabaline de
75 à 150 mg/j 1 ×/j. La somnolence est un effet secondaire majeur.
INSUFFISANCE RÉNALE
> Il faut privilégier les techniques locorégionales en combinaison avec le
Analgésie
paracétamol et le métamizole ;
> les AINS sont proscrits ;
> l’utilisation d’opioïdes et de tramadol doit être prudente en raison de
l’accumulation des métabolites actifs ;
> autres options : buprénorphine 0,2-0,6 mg 3-4 ×/j par voie i.v. ou
sublinguale ; PCA de fentanyl.
INSUFFISANCE HÉPATIQUE
> Il faut privilégier les techniques locorégionales et diminuer les doses
d’opioïdes. Les AINS sont contre-indiqués (risque d’hémorragie et de
syndrome hépatorénal), tout comme le paracétamol ;
> la prescription d’opioïdes est possible si le patient se trouve dans une
unité de surveillance continue.
315
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 316 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
23 DOULEUR CHRONIQUE
NOTIONS GÉNÉRALES
> Le diagnostic et le traitement des douleurs chroniques sont complexes
et celles-ci font généralement l’objet d’évaluations et d’interventions de
la part de divers spécialistes : anesthésistes, neurologues, rhumatologues,
psychiatres, etc. ;
> dans un grand nombre de cas et quel que soit le traitement, les
douleurs chroniques ne peuvent être totalement et durablement
supprimées ; améliorer la qualité de vie du patient constitue dès lors un
objectif raisonnable.
TRAITEMENT
ANTIDÉPRESSEURS ET ANTIÉPILEPTIQUES
> Les antidépresseurs (amitryptiline) et les antiépileptiques (carbamazé-
pine, clonazépam, gabapentine, prégabaline) sont utilisés principale-
ment dans les syndromes douloureux neuropathiques. Le traitement est
limité par les effets secondaires : somnolence, prise de poids par stimula-
tion de l'appétit, effets anticholinergiques (rétention urinaire, sécheresse
de bouche) ;
> les antidépresseurs potentialisent des voies inhibitrices corticospinales
par inhibition de la recapture de la noradrénaline et de la sérotonine
dans la synapse. Les SSRI (Selective Serotonin Reuptake Inhibitors) n’agis-
sent que sur la recapture de la sérotonine et n’ont pas d’effet ;
• exemple de prescription : amitriptyline (Laroxyl®, Saroten®) le soir à
une dose quotidienne initiale de 10 à 25 mg, et une dose maximale
de 150 mg ;
> les antiépileptiques stabilisent la membrane cellulaire et suppriment
les potentiels d'action spontanés par diminution de l'excitabilité neuro-
nale anormale. Exemples de prescription :
• carbamazépine (Tégrétol®) : dose quotidienne initiale 200 mg, maxi-
male selon la concentration plasmatique (utilisé principalement dans
le traitement des névralgies du trijumeau),
• clonazépam (Rivotril®) : dose quotidienne initiale 0,5 mg, maximale
3 mg,
• gabapentine (Neurontin®) : dose quotidienne initiale de 300 mg à
augmenter par palier de 100 mg tous les 2 à 3 jours jusqu’à dose
maximale de 3 600 mg. La dose moyenne est de 1 200 mg/j,
• prégabaline (Lyrica®) : dose quotidienne entre 150 mg et 600 mg en
deux prises.
316
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 317 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
ANESTHÉSIQUES LOCAUX 23
> Les anesthésiques locaux sont administrés principalement par voie
péridurale, Dans le cas d’une administration chronique par voie épidu-
rale, on privilégie l’implantation d’un système complet (pompe et
cathéter), essentiellement pour diminuer le risque infectieux (jusqu’à
10 % de méningites avec les sites d’injection externes) ;
> les anesthésiques locaux peuvent être injectés aussi occasionnellement
par voie intrathécale, lors de douleurs chroniques rebelles (mécaniques
ou neurogènes) ;
• l’administration intrathécale nécessite l'utilisation d'une pompe à
débit continu (externe ou implantée). Le traitement est limité par les
effets cardiovasculaires (hypotension) et le blocage des fibres
motrices ;
> l’utilisation de cette voie requiert une surveillance, ainsi que des
moyens cliniques coûteux qui en limitent l’application. La nécessité
d’administrer des volumes relativement importants oblige le patient à
transporter des poches de 500 à 1 000 ml ;
> l’administration spinale des opioïdes est plus efficace que la prescrip-
tion orale (conversion équianalgésique : 100 mg de morphine orale
= 10 mg épidural = 1 mg intrathécal) ;
> le profil des effets secondaires n’est pas significativement différent,
mais ceux-ci peuvent se manifester avec moins d’acuité, surtout en début
de traitement.
Analgésie
diffusion du médicament, laquelle est directement proportionnelle à sa
liposolubilité et inversement proportionnelle à son poids moléculaire ;
> en raison de la diffusion au travers du sac dural, des granulations
arachnoïdiennes et des artères radiculaires postérieures, la concentration
du médicament dans le liquide céphalorachidien (LCR) est en général
beaucoup plus élevée (50 à 250 fois) que dans le plasma ;
> le réseau veineux épidural (drainé dans la veine cave) est également
responsable d’une absorption significative, notamment lors de l’obstruc-
tion de la veine cave inférieure (grossesse) en raison de la dilatation des
veines épidurales.
BLOCS
> Lorsqu'une douleur chronique est difficile à traiter, il est possible de
recourir à des blocs nerveux périphériques. De façon générale, les études
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
qui démontrent l'utilité de ces procédures sont rares, et l'effet des blocs
nerveux périphériques est souvent passager, même si la durée de l'effet
clinique (analgésie) est très fréquemment supérieure à celle de l'effet de
la substance (anesthésique local). Les blocs des différentes structures
(facettes articulaires, racines nerveuses, etc.) sont utiles pour préciser un
diagnostic ;
> la destruction chirurgicale ou chimique d'un nerf périphérique, rhizo-
tomie comprise, est grevée d'un risque élevé de douleurs neuropathiques
de dénervation, souvent plus difficiles à traiter que ne l’étaient les symp-
tômes initiaux. Cette complication survient généralement quelques mois
après la lésion nerveuse. L'utilisation d'agents neurolytiques (alcool ou
phénol) est donc strictement contre-indiquée dans les blocs des nerfs
périphériques de malades dont l'espérance de vie n'est pas fortement
limitée. Cependant, certains nerfs peuvent être détruits ou lésés sans
qu’apparaissent des douleurs de dénervation ; il s’agit en particulier des
lésions de la chaîne sympathique ou de la destruction du rameau posté-
317
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 318 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
STIMULATION ÉLECTRIQUE
> La stimulation électrique du système nerveux regroupe des techniques
utilisées régulièrement dans la pratique clinique ;
> le mécanisme d'action repose sur l'inhibition des afférences doulou-
reuses (Aδ et C) par la stimulation de fibres non nociceptives des cordons
postérieurs (Aβ) issues du même territoire (théorie du portillon ou gate
control) ;
> toutefois, cette hypothèse ne permet pas de rendre compte de tous les
aspects de ces traitements dont le mécanisme d'action précis reste encore
inconnu.
318
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
ALBRECHT2009.book Page 319 Mardi, 4. août 2009 2:29 14
Analgésie
bipolaire ;
• générateurs et pompes programmables implantés devraient être
arrêtés pendant un examen IRM ou une intervention
chirurgicale pour éviter que les paramètres programmés ne soient
accidentellement modifiés par une interférence magnétique ou élec-
trique.
■ Lectures conseillées
D'Mello R, Dickenson AH. Spinal cord mechanisms of pain. Br J Anaesth
2008 ; 101 : 8-16.
Woolf CJ. Central sensitization : uncovering the relation between pain
and plasticity. Anesthesiology 2007 ; 106 : 864-7.
Woolf CJ, Ma Q. Nociceptors--noxious stimulus detectors. Neuron 2007 ;
55 : 353-64.
Kehlet H, Jensen TS, Woolf CJ. Persistent postsurgical pain : risk factors
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
319
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
CHAP 24.FM Page 9 Lundi, 7. septembre 2009 1:02 13
24
Chirurgie ambulatoire
V. MORET, E. ALBRECHT
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
CHAP 24.FM Page 10 Lundi, 7. septembre 2009 1:02 13
24 CRITÈRES CHIRURGICAUX
> Perturbations physiologiques ne nécessitant pas l’hospitalisation,
> pertes sanguines ne nécessitant pas de transfusion,
> absence de risque d’obstruction des voies aériennes supérieures,
> absence de complication pouvant entraîner une immobilisation,
> exemples d’interventions pouvant être programmées
ambulatoirement :
• endoscopie avec ou sans biopsie, tympanoplastie, amygdalectomie,
• laparoscopie simple, cure de hernie inguinale, cure de varices, cure
d’hémorroïdes,
• arthroscopie, cure de tunnel carpien, ablation de matériel d’ostéo-
synthèse,
• curetage, hystéroscopie, hystérectomie par voie vaginale,
• circoncision, résection prostatique transurétrale,
• chirurgie de la cataracte.
CRITÈRES ANESTHÉSIQUES
REMARQUE
Chirurgie ambulatoire
CRITÈRES SOCIAUX
> Le patient ne doit pas quitter l’hôpital et se rendre seul à son domicile ;
> le patient ne doit pas conduire de véhicule pendant 24 heures ;
> le patient ne doit pas travailler pendant 24 heures ;
> la première nuit, le patient doit être accompagné d’un adulte capable
de discernement ;
> un téléphone doit être à disposition du patient à son domicile ;
> le domicile ne doit pas être trop éloigné d’un centre d’urgence.
CRITÈRES DE SORTIE
> Après l’intervention, le patient peut regagner son domicile si les condi-
tions suivantes sont satisfaites :
• système cardiovasculaire :
▲ fréquence cardiaque et pression artérielle identiques à la période
préopératoire,
▲ normovolémie,
▲ absence de saignement postopératoire ;
• système respiratoire :
▲ perméabilité des voies aériennes supérieures sans assistance exté-
rieure,
▲ réflexes oropharyngés fonctionnels (déglutition, toux),
▲ absence d’œdème ou d’hématome au niveau des voies aériennes
supérieures ;
• système nerveux central :
▲ patient conscient,
10
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)
CHAP 24.FM Page 11 Lundi, 7. septembre 2009 1:02 13
▲
▲
orientation dans le temps et dans l’espace,
vision adéquate ;
24
• système digestif :
▲ absence de nausées et de vomissements importants ;
• système urinaire :
▲ miction rétablie (critère exigé surtout après les interventions
urologiques) ;
• température :
▲ normothermie ;
• mobilité :
▲ levée de tout bloc périmédullaire, plexique ou tronculaire,
▲ déambulation adéquate,
▲ absence de vertige,
▲ absence de tuméfaction d’un membre plâtré.
> avant de quitter l’hôpital, le patient doit comprendre les informations
données concernant les événements inattendus qui doivent le conduire à
consulter ; en cas de doute pour un retour à domicile sécurisé, le patient
doit être hospitalisé sans hésitation.
IMPLICATIONS ANESTHÉSIQUES
Chirurgie ambulatoire
> Les produits anesthésiques de courte durée d’action sont privilégiés :
desflurane, sévoflurane, propofol, alfentanil, rémifentanil ;
> si des techniques d’anesthésie locorégionale sont effectuées l’après-
midi, des anesthésiques locaux de courte durée d’action doivent être
utilisés, sinon le risque est important que le bloc ne soit pas levé en fin de
journée ;
> le traitement de la douleur doit être précoce :
• bloc nerveux périphérique,
• infiltration de la plaie par un anesthésique local,
• paracétamol en fin d’intervention,
• AINS en fin d’intervention ;
> enfin, une prophylaxie des nausées et vomissements est prescrite de
manière rigoureuse chez les patients qui présentent plusieurs facteurs de
risque (voir chapitre 21 « Complications »).
■ Lectures conseillées
Bryson GL, Chung F, Finegan BA et al. Patient selection in ambulatory
anesthesia - an evidence-based review : part I. Can J Anesth 2004 ; 51 :
768-81.
Bryson GL, Chung F, Cox RG et al. Patient selection in ambulatory
© MASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
11
© 2012 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 19/01/2012 par HENRARD DAMIEN (371986)