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Matrices et Diagonalisation en Algèbre

Ce document traite de l'algèbre linéaire et plus précisément de la réduction des matrices carrées. Il présente les notions de vecteurs et valeurs propres d'un endomorphisme ainsi que le polynôme caractéristique.

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HASSAN BELHBIB
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ALGEBRE - 2ème Année

A. MARHFOUR
Chapitre 1

Réduction des matrices carrées

E est un espace vectoriel de dimension finie n sur K, avec


K = IR ou C.
I

Objectif :

Soit f un endomorphisme de E. Notre objectif est de


trouver une base de E relativement à laquelle la matrice
de f est la plus ”simple” possible.

1.1 Vecteurs propres et valeurs propres d’un


endomorphisme

Définition 1 Soit f un endomorphisme de E. Un


vecteur non nul x est appelé vecteur propre de f
s’il existe un scalaire λ ∈ K tel que :

f (x) = λx
1
2 CHAPITRE 1. RÉDUCTION DES MATRICES CARRÉES

Remarques :
1. 0E n’est pas un vecteur propre (bien que f (0E ) =
λ0E = 0E , ∀λ ∈ K).
2. Si x est un vecteur propre, la valeur λ associée est
unique. En effet, si x est un vecteur propre associé à
λ1 et λ2, on a :
f (x) = λ1x = λ2x =⇒ (λ1 − λ2)x = 0E
Comme x 6= 0E , on a donc λ1 − λ2 = 0
Définition 2 λ ∈ K est une valeur propre de
l’endomorphisme f s’il existe un vecteur x non nul
tel que :
f (x) = λx
Remarques :
1. Soit λ ∈ K une valeur propre. L’ensemble Eλ =
{x ∈ E : f (x) = λx} contient le vecteur nul 0E et
tous les vecteurs propres associés à λ. Eλ est un sous
espace vectoriel distinct de {0E }. En effet,
(a) Eλ 6= ∅, car 0E ∈ Eλ (f (0E ) = λ0E = 0E ).
D’autre part, il existe x 6= 0E :f (x) = λx, on a
donc Eλ 6= {0E }.
(b) Soient x et x0 deux vecteurs de Eλ, on a :
f (x+x0) = f (x)+f (x0) = λx+λx0 = λ(x+x0),
par conséquent, x + x0 ∈ Eλ
1.1. VECTEURS PROPRES ET VALEURS PROPRES 3

(c) Soient x ∈ Eλ et α ∈ K. On a :
f (αx) = αf (x) = α(λx) = λ(αx)),
par conséquent, αx ∈ Eλ. Eλ est bien un sous
espace vectoriel.
2. Eλ est stable par f : f (Eλ) ⊂ Eλ (si x ∈ Eλ, alors
f (x) = λx ∈ Eλ).
3. Eλ = Ker(f − λIdE ). En effet,
x ∈ Eλ ⇐⇒ f (x) = λx
⇐⇒ f (x) − λx = 0E
⇐⇒ f (x) − λIdE (x) = 0E
⇐⇒ (f − λIdE )(x) = 0E
⇐⇒ x ∈ Ker(f − λIdE )
4. λ ∈ K est une valeur propre si et seulement si
l’endomorphisme f − λIdE est non inversible. En
particulier 0 est une valeur propre si et seulement si
f est non inversible. En effet,
λ est une valeur propre ⇐⇒ ∃x 6= 0E : f (x) = λx
⇐⇒ ∃x 6= 0E : x ∈ Eλ
⇐⇒ ∃x 6= 0E : x ∈ Ker(f −λIdE )
⇐⇒ Ker(f −λIdE ) 6= {0E }
⇐⇒ f est non inversible
4 CHAPITRE 1. RÉDUCTION DES MATRICES CARRÉES

5. Si λ1 et λ2 sont deux valeurs propres distinctes, alors


Eλ1 ∩ Eλ2 = {0E }
En effet, si x ∈ Eλ1 ∩ Eλ2 , on a :
f (x) = λ1x = λ2x ⇒ (λ1 − λ2)x = 0E .
Comme λ1 − λ2 6= 0, on a donc x = 0E .
Définition 3 Eλ est appelé le sous espace propre
associé à la valeur propre λ.
Théorème 1 Soit λ1, λ2, ..., λm, m valeurs propres
deux à deux distinctes. Pour chaque λi, choisissons
vi ∈ Eλi \ {0E }, alors la famille (v1, v2, ..., vm) est libre
(donc m ≤ n).
Démonstration (par récurrence sur m):
Pour m = 1, il n’y a rien démontrer.
Supposons le résultat vrai pour m − 1 et démontrons le
pour m.
Soient α1, α2, · · · , αm tels que
α1v1 + α2v2 + · · · + αmvm = 0E (I)
En multipliant cette égalité par λm, on obtient :
α1λmv1 + α2λmv2 + · · · + αmλmvm = 0E (II)
D’autre part, on a
f (α1v1 + α2v2 + · · · + αmvm) = 0E
1.2. POLYNÔME CARACTÉRISTIQUE 5

Ce qui donne
α1λ1v1 + α2λ2v2 + · · · + αmλmvm = 0E (III)
En faisant la différence entre (III) et (II), on obtient :
α1(λ1−λm)v1+α2(λ2−λm)v2+· · ·+αm−1(λm−1−λm)vm−1 = 0E
Les λi étant deux à deux distinctes, on a donc par l’hypothèse
de récurrence
α1 = α2 = · · · = αm−1 = 0,
et par (I), on a αm = 0. Par suite, (v1, v2, ..., vm) est une
famille libre.
Corollaire 1 - Tout endomorphisme a au plus n valeurs
propres distinctes.
- Le sous espace vectoriel Eλ1 + Eλ2 + ... + Eλm est
une somme directe des sous espaces Eλ1 , Eλ2 , ..., Eλm .

1.2 Polynôme caractéristique d’un endomor-


phisme

Soit (ei)1≤i≤n une base de E. Pour chaque x ∈ E, il


existe x1, x2, · · · , xn ∈ K tels que :
n
x= xi e i .
X

i=1
Cette écriture est unique. On note
 
 x1 
 x2 
 
 
X=  ... 
 

 
 
xn
6 CHAPITRE 1. RÉDUCTION DES MATRICES CARRÉES

On note aussi


 x1 
 x2 
 
 
x  et on lit x de coordonnées x , x , · · · , x .
 ... 
1 2 n


 
 
xn
La matrice de f relativement à (ei)1≤i≤n est notée A =
(aij )1≤i,j≤n.
Définition 4 Les valeurs propres et les vecteurs pro-
pres de f sont également appelés les valeurs propres
et les vecteurs propres de A.
Il est à noter que
f (x) = λx ⇔ AX = λX
et que
AX = λX ⇔ (A − λIn)X = 0n,
où
     
1 0 ··· 0
 x1 
 0

0 1 ··· 0 x2  0
     
  
In = .. .. . . ..  , ,
X = ..  .
0n = .. 
     
  


. . . .
 . 


 


.
     
0 0 ··· 1 xn 0
1.2. POLYNÔME CARACTÉRISTIQUE 7

Théorème 2 Les assertions suivantes sont


équivalentes :
1. λ est une valeur propre de A.
2. La matrice A − λIn est non inversible.
3. det(A − λIn) = 0.

det(A − λIn) peut s’écrire



a11 − λ a12


··· a1n
a21 a22 − λ ··· a2n


det(A − λIn) =



... ... ... ...



an1

an2 · · · ann − λ

= (−1)nλn + (−1)n−1tr(A)λn−1 + · · · + detA


L’application λ 7→ det(A−λIn) est un plynôme de degré
n en λ. On note Pf (λ) = PA(λ) = det(A − λIn). Ce
polynôme ne dépend pas de la base choisie (voir la re-
marque ci-dessous)

Définition 5 Pf (ou PA) est appelé le polynôme


caratéristique de f (ou de A).
Remarque :
Deux matrices carrées semblables A et B ont le même
polynôme caractéristique.

Démonstration
A et B sont semblables s’il existe une matrice inversible
8 CHAPITRE 1. RÉDUCTION DES MATRICES CARRÉES

P telle que
B = P −1AP.
On a donc

PB (λ) = det(B − λIn) = det(P −1AP − λP −1InP )

= det(P −1[A − λIn]P )


= det(P −1) × det(A − λIn) × det(P )
= det(A − λIn) = PA(λ)
Théorème 3 Les valeurs propres de f (ou de A) sont
les racines de son polynôme caractéristique.

Définition 6 On appelle spectre de f (ou de A)


l’ensemble des valeurs propres de f (ou de A), que
l’on note Sp(f ) (ou Sp(A)).

1.3 Diagonalisation

Définition 7 Un endomorphisme f de E est


diagonalisable s’il existe une base de E relativement
à laquelle la matrice de f est diagonale.
Une matrice carrée A d’ordre n est diagonalisable
s’il existe une matrice inversible P d’ordre n telle que
la matrice
D = P −1AP
soit diagonale.
1.3. DIAGONALISATION 9

Théorème 4 L’endomorphisme f est diagonalisable


si, et seulement si, on peut trouver une base de vecteurs
propres.

Théorème 5 (Condition suffisante de diagonalisation)


Si un endomorphisme f (resp. une matrice carrée
d’ordre n) admet n valeurs propres distinctes deux à
deux, alors f (resp. A) est diagonalisable.

Démonstration
Par les théorèmes 4 et 12, le résultat est immédiat.

Exemples

(a) Soient E = IR2 muni de sa base canonique (e1, e2) et


f l’endomorphisme de E dont la matrice est :
1 −1 
 

A=
3 −3
valeurs propres :
λ est une valeur propre de f si PA(λ) = det(A−λI2) = 0.
On a


1 − λ −1
= λ2 + 2λ

PA(λ) =
3 −3 − λ


D’où
Sp(A) = {0, −2}.
Par le théorème de la condition suffisante (CS), f est
diagonalisable.
10 CHAPITRE 1. RÉDUCTION DES MATRICES CARRÉES

Sous espaces propres


x x
   
1 1
E0 : x   ∈ E0 ⇔ AX = 02, avec X =  
x2 x2
1 −1   x1   0 
    

⇔ =
3 −3 x2 0
⇔ x1 − x2 = 0
1
 

Donc v1  engendre E0.


1
x
 
1
E−2 : x   ∈ E−2 ⇔ (A + 2I2)X = 02,
x2
3 −1   x1   0 
    

⇔ =
3 −1 x2 0
⇔ 3x1 − x2 = 0
1
 

Donc v2   engendre E−2.


3
(v1, v2) est une base de vecteurs propres.
La matrice de f relativement à (v1, v2) est
0 0 
 

D=
0 −2
La matrice de passage de (e1, e2) à (v1, v2) et
1 1
 

P =
1 3
et on a
D = P −1AP
1.3. DIAGONALISATION 11

(b) Soient E = IR3 muni de sa base canonique (e1, e2, e3)


et f l’endomorphisme de E dont la matrice est :
−1 1
 

1 
 1
B= −1 1
 


 
1 1 −1
Remarque : Toute matrice symétrique à coefficients
dans IR est diagonalisable dans IR.

valeurs propres :
λ est une valeur propre de f si PB (λ) = det(B−λI2) = 0.
On a

−1 − λ 1 1




PB (λ) =

1 −1 − λ 1


1 1 −1 − λ




1−λ 1 1




= 1 − λ −1 − λ


1 (C1 ← C1 +C2 +C3)



1−λ 1 −1 − λ




1 1 1




= (1 − λ) 1 −1 − λ


1


1 1 −1 − λ




1 1 1



(L2 ← L2 − L1)


= (1 − λ) 0 −2 − λ

0
(L3 ← L3 − L1)


0 0 −2 − λ


= (1 − λ)(−2 − λ)2
12 CHAPITRE 1. RÉDUCTION DES MATRICES CARRÉES

D’où
Sp(B) = {1, −2}.
On dit que λ = −2 est d’ordre de multiplicité égal à 2 ou
que λ = −2 est d’ordre 2.
Sous espaces
 
propres  
x
 1
x
 1
E1 : x  x  ∈ E1 ⇔ (A − I3 )X = 03 , avec X =  x2 
   
2
   
   
x3 x3
−2 1
    

1   x1   0 
⇔
 1 −2 1 x  = 0
    
 2  
    
1 1 −2 x3 0
⇔ x1 = x2 = x3
 
1
 
Donc v1   1  engendre E1 .
 

 


1 
x
 1
E−2 : x   x2  ∈ E−2 ⇔ (A + 2I2 )X = 02 ,
 

 
x3
    

1 1 1 
x 1 
0
 
⇔ 1 1 1   x2  =  0 
    
   
    
1 1 1 x3 0
⇔ x1 + x2 + x3 = 0
   

1  
1 
Donc v2  −1  et v3  0  engendrent E−2 .
   
   
   
0 −1
(v1, v2, v3) est une base de vecteurs propres.
1.3. DIAGONALISATION 13

La matrice de f relativement à (v1, v2, v3) est


 

1 0 0 
0
D= −2 0
 


 
0 0 −2
La matrice de passage de (e1, e2, e3) à (v1, v2, v3) et
 

1 1 1 
1
P = −1 0
 


 
1 0 −1
et on a
D = P −1AP

(c) On considère la matrice


1 −2 
 

C=
1 −1
valeurs propres :
λ est une valeur propre de C si PC (λ) = det(C − λI2) =
0. On a

1 − λ −2

= λ2 + 1

PC (λ) =
1 −1 − λ


C n’admet pas de valeurs propres dans IR :

Sp(C) = {−i, +i}.

Par le théorème CS, C est diagonalisable dans C.


I
14 CHAPITRE 1. RÉDUCTION DES MATRICES CARRÉES

Sous espaces propres


x x
  
1 1
Ei : x   ∈ Ei ⇔ (A − iI2)X = 02, avec X =  
x2 x2
1−i −2   x1   0 
    

⇔ =
1 −1 − i x2 0
⇔ (1 − i)x1 − 2x2 = 0
2
 

Donc v1   engendre E .
i
1−i
x
 
1
E−i : x   ∈ E−i ⇔ (A + iI2)X = 02,
x2
1 + i −2 x 0
    
1
⇔   =  
1 −1 + i x2 0
⇔ (1 + i)x1 − 2x2 = 0
2
 

Donc v2   engendre E .
−i
1+i
(v1, v2) est une base de vecteurs propres.
La matrice de f relativement à (v1, v2) est
i 0 
 

D=
0 −i
La matrice de passage de (e1, e2) à (v1, v2) et
2 2 
 

P =
1−i 1+i
et on a
D = P −1AP
A suivre ...

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