Qualité nutritionnelle en aviculture à Dakar
Qualité nutritionnelle en aviculture à Dakar
Année 2005
Par
Thierry Daniel Tamsir NESSEIM
Docteur Vétérinaire
Né le 22 juin 1966 à Dakar (Sénégal)
MEMBRES DU JURY
•
"i.-f.' •
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~ ~-:' ,
INTRODUCTION
CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS 26
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 28
LISTED,ES:TABLEAUX
Tableau VII: Valeurs des nutriments estimés à partir du taux d'incorporation des matières
premières
Figure 1 : Ingestion des aliments en fonction de la matière sèche par kg PV et par jour
Ca: Calcium
ET: Ecart-Type
Lys: Lysine
Mét: Méthionine
Proba: Probabilité
3
1-1- 3 - Mil
Le mil qui est une catégorie mal définie dans les tables occidentales est une
graminée qu'on trouve dan~ tous les pays sahéliens et qui occupe une place importante
dans l'alimentation humàine. Les valeurs de composition chimique fournies par la
littérature sous-estiment souvent la qualité du mil « souna » rencontré au Sénégal (9).
Ce dernier a une valeur énergétique quasi identique à celle du sorgho et une valeur
protéique légèrement supérieure.
1 - 1 - 4 - Sorgho
Le sorgho ressemble au maïs par sa composItIon chimique et sa valeur
nutritionnelle. Malgré sa richesse en énergie métabolisable, à cause de sa forte teneur
en amidon et de la présence non négligeable de matières grasses, le sorgho est pauvre
en protéines et la ,disponibilité du phosphore est faible (18). Son principal problème
réside dans le fait que les différentes variétés ont des taux de tanins très variables, ce
qui limite leur incorporation dans les formules alimentaires à 30 - 35% pour le sorgho·
rouge (9).
l-l-S-Riz
Le riz est une céréale essentiellement réservée à l'alimentation humaine (18). A
part l'absence de xanthophylles, le riz ne présente aucun défaut majeur et ne fait donc
l'objet d'aucune limitation d'emploi. Le riz «paddy», comme le riz « cargo» et le riz
poli, sont pauvres en protéines (moins de 10% de la matière sèche). Le son obtenu
après décorticage peut être utilisé en alimentation avicole. Cependant, le son est pauvre
en amidon, car correspondant au péricarpe du grain, qui lui renferme des glucides
pariétaux, il s'ensuit une faible valeur énergétique qui limite beaucoup l'emploi de cette
matière première en aviculture (16). Cela est d'autant plus vrai que le taux de cellulose,
mais surtout le taux de silice du son est relativement élevé à cause du tamisage qui
laisse passer de petits fragments de sable (15).
l - l - 6 - Tourteau d'arachide
Le tourteau d'arachide industriel commercialisé par la SONACOS (Société
Nationale de Commercialisation des Oléagineux du Sénégal) est un produit bien
standardisé qui renferme une proportion élevée en protéines. C'est ainsi ·que
l'utilisation de tourteau d'arachide s'impose comme principale source de protéines eu
égard à ses bonnes valeurs azotées et énergétiques. En effet sa teneur en protéines
brutes est supérieure à 45% et doit être utilisé à des doses réduites pour complémenter
des rations et assurer leur équilibre en couvrant les déficits azotés (34). Néanmoins, ses
teneurs en lysine et en méthionine sont très faibles comparativement aux protéines
animales (9). Le tourteau d'arachide issu de la technologie artisanale a une valeur
énergétique nettement supérieure mais présente une forte hétérogénéité. En outre, son
principal défaut est lié à la présence éventuelle d'aflatoxines qui proviennent de
champignons (Aspergillus {lavus) se développant lors d'un stockage défectueux de la
graine en région tropicale.
4
1 - 1 - 7 - Farine de poisson
La farine de poisson représente un excellent apport de matières azotées eu égard
à sa forte teneur en cet élément (9). Elle constitue un produit incontournable si on
considère un équilibre satisfaisant en acides aminés essentiels, surtout en lysine. Elle
est produite essentiellement par deux industriels de Dakar qui garantissent une quantité
minimale de protéines brutes de 58%. Il existe toutefois une forte variabilité due aux
poissons utilisés. Des farines artisanales de poisson, de qualité non maîtrisée, sont aussi
utilisées.
1 - 1 - 8 - Minéraux
Les sources de minéraux sont très nombreuses au Sénégal mais l'usage
inconsidéré notamment de poudre de coquillage et de matériaux de carrières naturelles
seraient à l'origine de nombreux déséquilibres phosphocalciques.
1 - 1 - 9 - Huiles végétales
Les huiles végétales riches en acides gras insaturés présentent pour toutes les
espèces monogastriques des valeurs énergétiques élevées (16). Il faut signaler en outre
chez les volailles, un effet «extra-calorique»- des graisses; les matières grasses
exercent donc un effet bénéfique sur la dig~stibilité des autres constituants de la ration.
Seulement leur apport ne doit pas dépasser 5% du mélange pour éviter la diarrhée (5).
En pratique, il y a lieu de ne pas entreposer un aliment supplémenté en graisse insaturée
pendant plusieurs mois à cause du risque de rancissement.
1 - 2 - Autres matières premières
)0- La mélasse de canne: c'est un produit essentiellement énergétique et très
pauvre en protéines mais qui ne peut être utilisé qu'à des taux très peu
élevés allant de 5 à 10% (34).
)0- Les graines de protéagineux : il s'agit essentiellement de l'arachide et du
niébé qui constituent les légumineuses les plus présentes dans le système
de culture traditionnel. La valeur énergétique est excellente et les fortes
teneurs en matières azotées à haute digestibilité en font des produits très
intéressants que l'on peut utiliser comme des tourteaux pour complémenter
des rations à base de céréales ou de tubercules (10). Notons cependant
qu'elles contiennent des facteurs inhibiteurs de trypsine qui altèrent la
digestibilité des protéines.
)0- Les tourteaux de coton et de sésame: ils pourraient être utilisés pour se
substituer partiellement au tourteau d'arachide, eu égard à la disponibilité
de ces produits (9). Ils présentent tous les deux une teneur en protéines
assez bonne; de l'ordre de 55% pour le tourteau de coton et de 45% pour
le tourteau de sésame (34). Le problème nutritionnel du tourteau de coton
est posé par la présence de gossypol qui a des effets néfastes sur la
croissance et la viabilité des jeunes oiseaux.
)0- Les drêches de brasserie et de tomate: les drèches de tomates sont
constituées des peaux et des graines et représentent 3% de la quantité de
tomate traitée (8). Les drèches de brasserie provenant du brassage du malt
5
par les industries de fabrication de bière auraient un effet bénéfique sur la
qualité des œufs. C'est en tout cas un produit riche en énergie et en
protéines.
~ Les tubercules: il s'agit principalement du manioc et éventuellement de
la patate douce. Riches en sucres assimilables, ils sont par contre pauvres
en protéines (16). Ce ne sont pas des denrées de très grande production au
Sénégal, mais les cossettes ou la farine qui en dérivent sont d'excellents
aliments pour les volailles (30).
La liste des matières premières énumérées plus haut n'est pas exhaustive compte
tenu du nombre de matières premières. A côté de ces matières premières, nous avons
voulu présenter celles, parmi les plus courantes, qui sont trouvées au Sénégal, et qui,
par rapport à leurs qualités nutritionnelles, peuvent être introduites dans une ration pour
volailles.
Le tableau qui suit va présenter la composition nutritionnelle des principales
matières premières que l'on retrouve sur le marché.
Tableau 1 : Table de composition des matières premières rapportées à la
matière sèche (18)
Matières MS EM PB Lys Mét Ca P disp Cell Brute
premières (kcal) (%) (%) (%) (%) (%) (%)
Maïs 86 3430 10,2 0;28 0,22 0,01 0,06 2,40
Blé 86 3470 13 0,37 0,22 0,07 0,21 2,60
Riz (brisé)* 89 3200 7,8 0,30 0,20 0,04 0,15 1,3
Son de blé 87 1740 19 0,70 0,26 0,16 0,69 Il
Son de riz 90 2775 14,6 0,64 0,25 0,09 0,20 16,8
Mil* 88 2860 Il,9 0,27 0,17 0,04 0,04 9,3
Sorgho* 86 3180 10 0,23 0,16 . 0,03 0,06 2,5
Tourteau 91 2910 54 1,87 0,54 0,18 0,07 12,1
arachide
Farine poisson 92 3185 77,5 5,89 2,25 4,56 2,55
Huile** 99 9250
Craie** 38
Ca1caire** 39 0,02
Coquillage* * 35 0,03
Lysine** 3870 95,6 99
Méthionine 4950 58,7 98,9
Prémix 4,2 3,4
CMV 37 19,7
Sel** 0,8
* : source: 16 ** : source: 5
MS : matière sèche Mét : méthionine
EM : énergie métabolisable Ca: calcium
PB : protéines brutes P disp : phosphore disponible
Lys: lysine Cell brute: cellulose brute
6
La composition en nutriments des matières premières ne trouve son importance
que dans la mesure où elle permet, par le biais d'un agencement, la satisfaction des
besoins des volailles, qui vont eux dépendre des productions envisagées.
CHAPITRE II - BESOINS DES VOLAILLES
Les problèmes liés à l'alimentation acquièrent un caractère primordial en
aviculture moderne. Ils conditionnent la rentabilité de l'exploitation et sont d'autant
plus importants que le nombre de sujets augmente (8). Les quantités d'éléments
nutritifs assimilables nécessaires pour compenser les dépenses des différentes cellules
de l'organisme tant pour l'entretien, la croissance que la ponte constituent les besoins
des volailles. Ils varient en fonction de l'état physiologique et sanitaire des animaux et
sont très dépendants de leur patrimoine génétique.
2 - 1 - Besoins des poulets de chair
Pour les poulets de chair, trois types d'alimentation sont utilisés (15) :
• un aliment démarrage de 0 à 15 jours; énergétique et riche en protéines, en
vitamines, en oligoéléments;
• un aliment croissance de 15 à 30 jours;
• un aliment finition de 30 jours à l'abattage.
Les volailles de chair règlent leur consommation en fonction du niveau
énergétique de l'aliment (19). L'accroissement de celui-ci conduit à l'amélioration de
l'indice de consommation. Des expériences réalisées au Département des Productions
Animales de l'ENSA de Thiès indiquent clairement qu'il convient d'employer dans
l'alimentation des poulets de chair un régime à haute concentration énergétique soit
3200 kcal/kg d'aliment, quelle que soit la saison (5). Cela est confirmé par l'IEMVT
(15) qui admet cependant que les recommandations concernant le niveau énergétique
de ces aliments sont assez souples. C'est en tenant compte de nombreux facteurs
(conservation des aliments riches en graisses, engraissement des carcasses,
augmentation du prix de la calorie et donc du poulet) que le formulateur est appelé à
fixer le niveau énergétique de l'aliment.
Le rapport Energie/protéine doit garder une valeur optimum dans les régimes de
volailles; on peut donner une fourchette de 125 à 150 qui permet des performances
optimales (17), en dehors de cette valeur l'indice de consommation augmente. Ce sont
les valeurs que nous présentons dans le tableau II.
Tableau II : Normes de variation du rapport énergie
métabolisable/protéines brutes pour poussins et poules (3)
Semaines EMlPB
0-4 138 - 142
4-7 147-152
7 -10 162 - 170
Dans le tableau qui suit, nous envisageons l'utilisation d'un aliment contenant le
maximum de 3200 kcal EM/kg ainsi que des teneurs en acides aminés exprimées en
fonction de cette teneur en énergie.
7
Tableau III : Apports recommandés pour poulets de chair (16)
Démarrage Croissance Finition
EM (kcal/kg) 3200 3200 3200
Protéines brutes 23,7 21,7 20,10
Lysine 1,24 1,08 0,93
Méthionine 0,52 0,47 0,41
Calcium 1,10 1 0,90
Phosphore 0,70 0,69 0,38
disponible
2 - 2 - Besoins des poulettes
Deux catégories d'âge sont différenciées: les poulettes en démarrage (0 à 8
semaines) et les poulettes en croissance (8 à 20 semaines, aux premiers œufs). Le
niveau énergétique destiné aux poulettes est fixé à 2800 kcal/kg. Les conditions
nutritionnelles subies au cours de la croissance des poulettes ont une influence sur les
performances de ponte (8). L'essentiel est bien entendu d'atteindre la maturité sexuelle
à un âge et à un poids fixé (utilisation de programme lumineux), avec un minimum de
dépenses alimentaires (12).
En pratique, comme le montre le tableau qui suit, on distribue des régimes à
concentration énergétique moyenne correspondant à la calorie la moins chère.
Tableau IV : Apports recommandés pour poulettes (16)
Démarrage Croissance
EM (kcallkg) 2800 2800
Protéines brutes 18 13
Lysine 0,85 0,55
Méthionine 0,33 0,26
Calcium 0,90 0,90
Phosphate disponible 0,42 0,30
2 - 3 - Besoins des poules en ponte
On utilise ici un aliment pour satisfaire leurs besoins d'entretien et leurs besoins
de production d' œufs (15). Les besoins des poules en protéines, acides aminés et
minéraux dépendent non seulement du poids vif des animaux mais sont également liés
à la production d'œufs.
Le besoin énergétique, comme le montre le tableau V, dépend du poids vif des
animaux à l'entretien mais aussi de l'intensité de ponte. Or en climat tropical où on a
des températures supérieures ou égales à 30°C, le besoin énergétique s'amenuise
considérablement, conduisant à une sous-consommation et une baisse de performances.
Des régimes à concentration énergétique modérée permettent de pallier à cela (16).
8
Tableau V : Apports recommandés pour pondeuses (16)
ponte
EM (kcal/kg) 2800
Protéines brutes 18,5
Lysine 0,93
Méthionine 0,41
Calcium 4
Phosphate disponible 0,35
Les besoins des volailles étant satisfaits par la fourniture des nutriments
indispensables pour des productions données, il est important de savoir comment se fait
la digestibilité de ces nutriments. C'est en effet, une notion très importante car il ne sert
à rien d'avoir un aliment théoriquement satisfaisant sur le plan des apports alimentaires
si les équilibres entre nutriments ne sont pas respectés.
CHAPITRE III - ELEMENTS DE DIGESTIBILITE
Les produits ingérés ne sont pas digérés en totalité. Une partie de ceux-ci se
retrouve dans les fèces. La fraction digestible des produits, la seule intéressante sur le
plan nutritionnel est la différence entre les éléments ingérés et les excréta (15). La
digestibilité d'un aliment est la propriété que possèdent ses divers constituants d'être
utilisés, digérés, en plus ou moins grande proportion par l'appareil digestif (lI). La
digestibilité apparente en particulier est exprimée par la différence entre les ingesta et
les excreta.
3 - 1 - Facteurs de variation de la digestibilité
La digestibilité varie selon divers facteurs parmi lesquels:
~ des facteurs intrinsèques: l'espèce, la race, l' individu, l'âge et l'état
physiologique;
~ des facteurs extrinsèques: la composition de la ration, l'état physique des
aliments et le climat.
Il convient ici de considérer l'existence d'un rapport entre le volume de la ration,
son encombrement et son efficacité alimentaire chez un même animal (lI). En effet, la
digestibilité diminue quand les apports d'aliments ingérés augmentent car le transit
intestinal s'accélère (25). Ce transit digestif varie en fonction de nombreux facteurs
mais nous ne retiendrons ici que ceux liés à l'alimentation en particulier la présentation
physique des aliments, la teneur de l'aliment en graisse ainsi que sa teneur en fibres. La
digestibilité est en outre inversement proportionnelle à la teneur en cellulose brute d'un
aliment.
On distingue selon LARBIER et LECLERCQ (18) la digestibilité apparente de la
digestibilité vraie. La première, objet de l'étude, est le rapport entre ce qui disparaît
dans l'intestin et ce que contenait la ration. La seconde, consiste à retrancher des
excréta la part d'origine endogène.
9
3 - 2 - Digestibilité des nutriments
La digestibilité est une variable de première importance pour la détermination par
exemple de la valeur nutritive des protéines (11). L'utilisation des acides aminés
fournis par la ration dépend avant tout de leur disponibilité au niveau de la muqueuse
intestinale. Les acides aminés doivent être apportés en quantité nécessaire, évitant à la
fois les excès et les carences.
L'étude de la digestibilité in vivo permet de mieux apprécier le pourcentage
d'acides aminés absorbé au niveau du tube digestif. La mesure repose sur la double
détermination de l'acide aminé: dans la matière première à tester et dans les matières
fécales (16).
En outre, au cours çles traitements thermiques et pendant la conservation des
protéines, des réactions multiples peuvent survenir au sein même de la matière
première, rendant les acides aminés concernés indisponibles pour la synthèse protéique.
La diminution de l'apport en protéines ou en acides aminés, produit une réduction des
quantités de protéines synthétisées et, dans une moindre mesure, de celles dégradées
(36).
Concernant la matière grasse, la fraction lipidique des aliments et les corps gras
ingérés par les animaux monogastriques, ont des répercussions importantes sur la
qualité diététique des produits animaux (31). Malheureusement, les lipides alimentaires
utilisés en alimentation animale, sont une fraction chimique assez peu analysée.
L'énergie métabolisable est obtenue par différence entre l'énergie brute ingérée
et l'énergie totale excrétée dans les fèces, l'urine et les gaz (16). Elle constitue la
fraction utilisable pour le métabolisme de l'animal.
3 - 3 - Ingestion des aliments
La capacité d'ingestion est la quantité maximale d'aliment qu'un animal est
capable d'ingérer. Elle est propre à chaque espèce et est exprimée en quantité de
matière sèche par kg de poids vif (25). Elie varie selon l'espèce et le stade
physiologique de l'animal.
Les animaux monogastriques règlent en grande partie leur consommation
d'aliment de façon à couvrir leurs dépenses énergétiques (16). En nutrition avicole, la
consommation d'aliments est un paramètre important à cause de ses implications
économiques mais surtout à cause de ses effets nutritionnels.
Tous les facteurs qui, selon LARBIER et LECLERCQ (16), diminuent ou
augmentent les dépenses énergétiques, retentissent sur l'appétit; il s'agit notamment de
la température ambiante, du niveau de production et de la taille de l'animal. La texture
de l'aliment mais également les facteurs antinutritionnels peuvent influencer la
consommation (20). C'est la raison pour laquelle, améliorer la productivité des
élevages avicoles a souvent conduit à utiliser des aliments complets granulés. La
vitesse de consommation ou les capacités d'adaptation à un changement d'aliment
dépendent en grande partie de ses caractéristiques granulométriques (32).
10
Il
CHAPITRE 1 - MATERIEL ET METHODES
La méthodologie utilisée a constituée, tout d'abord, à faire l'échantillonnage d'un
certain nombre d'exploitations avicoles représentatives de la zone d'étude. Ces
exploitations choisies ont pour caractéristique commune le fait de fabriquer leur propre
aliment à partir de fonnulations propres. Celle-ci ont fait l'objet d'enquêtes sur les
techniques d'exploitation et les sources d'approvisionnement en aliments de volailles.
Enfin des échantillons de matières premières et d'aliments finis ont été prélevés pour
des analyses bromatologiques et des tests de digestibilité. Ces prélèvements ont été
répétés plusieurs fois dans le temps, notamment à chaque fois qu'il y a .eu
renouvellement de stock..
1 - l - Constitution des échantillons d'aliment
Le choix des exploitations s'est fait sur la base des travaux de BOLEVANE
OUANTINAM (3). Compte tenu des objectifs visés, seules des unités avicoles situées
dans la zone péri-urbaine de Dakar ont été retenues. Sur l'ensemble des exploitations
visitées et qui avaient la particularité de fabriquer leur aliment, cinq (5) ont été retenues
sur un total de 17, soit 30%. L'enquête a également permis de détenniner au niveau des
exploitations visitées, la fréquence d'utilisation des aliments de type industriel. Il a été
choisi panni ces derniers, les deux aliments finition qui pendant la période de visite,
étaient les plus utilisés. Pour des raisons de discrétion, les finnes dont ils proviennent
ont été dénommées FIlet FI2. Ces aliments ont été comparés à ceux fabriqués dans les
exploitations. Le prélèvement de ces aliments s'est fait au niveau d'un grossiste se
trouvant dans la zone d'étude.
Dans les 5 exploitations retenues et dénommées « E », nous avons fait de
manière ponctuelle des prélèvements de matières premières et d'aliments finis en vue
d'analyses. Les aliments finis (surtout les aliments de type finition) ont, en outre, servi
aux des bilans alimentaires sur des volailles vivantes en vue de la détennination de la
digestibilité des nutriments. Ces aliments, de type finition, sont codés FE et numérotés
suivant l'exploitation d'origine.
Les principales matières premières recueillies dans les exploitations «E» et
objet d'analyses sont:
des grains de maïs jaune;
du tourteau d'arachide industriel;
du tourteau d'arachide artisanal ;
de la farine de poisson industrielle ;
de la farine de poisson artisanale;
du son de riz ;
du riz brisé;
du son de blé;
du blé tendre.
Seul le maïs jaune et le blé tendre sont importés par des grossistes ou des
industriels qui le revendent; les autres matières premières sont produites et achetées
localement.
12
1 - 2 - Détermination de la digestibilité
1 - 2 - 1 - Animaux
Pour réaliser les essais de digestibilité par la méthode des bilans alimentaires, 25
animaux ont été utilisés; ce sont des poulets de chair de souche « arbor ». Achetés le
16/1 0/01, ils sont au moment de commencer les expérimentations âgés de 55 jours.
Les volailles sont réparties en cinq lots de cinq individus chacun correspondant
aux aliments étudiés. Chaque lot contient donc cinq répétitions comme le montre le
tableau qui suit:
Tableau VI : Répartition des animaux par lot d'aliments
Lots Lot 1 Lot II Lot III Lot IV Lot V
Aliments FIl FI2 FE5 FE4 FE2
BI (M) o (F) N(M) BI (M) N (F)
N (F) V (F) BI (F) B (F) BI (F)
Poulets V (M) N (F) B (F) o (F) B (M)
B (M) B (M) V(M) N (F) V(M)
o (M) BI (M) O(M) V(M) o (F)
Pour être identifiés, les animaux ont reçu des bagues de couleur différente
désignées par les lettres BI (blanche), N (noire), V (verte), B (bleue) et 0 (orange).
Pour être précis dans l'identification nous avons déterminé le sexe des animaux désigné
par la lettre M (mâle) ou par la lettre F (femelle).
La répartition des animaux dans les lots s'est faite de manière aléatoire sans tenir
compte du sexe des individus. Les facteurs étudiés sont:
~ le type d'aliment donné;
~ la consommation de chaque aliment.
1 -2 - 2 - Cages à métabolisme
Pour faire les bilans alimentaires, les animaux sont placés dans des cages à
métabolisme disposés en série de box individuels (batterie). Les cages sont grillagées
dans Jeur partie antérieure et hermétiques sur les parties latérales et postérieures. La
cage s'ouvre par le haut; la partie inférieure de la cage est composée d'un plateau qui
permet la récolte des fientes (27). En outre, chaque box est constitué d'un abreuvoir et
d'une mangeoire permettant la distribution d'une quantité précise d'aliment et d'eau.
1 - 2 - 3 - Mode opératoire
L'expérimentation s'est déroulée dans les locaux du Centre d'Application des
Techniques d'Elevage de l'ENSA. Elle a pour but de déterminer la digestibilité de trois
aliments de type finition pris dans des exploitations avicoles et de deux aliments
fabriqués par des industriels cela par la méthode des bilans alimentaires. Deux phases
sont réalisées dont une d'adaptation et une autre de collecte.
1 - 2 - 3 - 1 - Phase d'adaptation
C'est une période qui dure 5 jours au cours de laquelle cinq types d'aliment sont
distribués à cinq lots de 5 poulets soit au total 25 poulets. Soulignons que les aliments
13
remplacent de manière progressIve la ration habituelle reçue au préalable par les
volailles.
1 - 2 - 3 - 2 - Phase de collecte
Pendant cette phase qui dure S jours, les opérations suivantes sont réalisées:
pesée des animaux en début et en fin d'expérimentation, pesée et distribution des
aliments tôt le matin, pesée des refus de la veille et enfin récolte des matières fécales.
Chaque échantillon (aliment distribué, aliment refusé, matières fécales) est divisé
en deux parties: une partie est mise à l'étuve 10SoC pendant 24 heures pour la
détermination de la matière sèche, l'autre partie est mise à l'étuve 60°C pour les
différentes analyses. A la fin des mesures, les échantillons placés à l'étuve 60°C sont
regroupés pour chaque groupe d'aliment en séparant les échantillons des deux premiers
jours des échantillons des trois derniers jours. C'est sur ces échantillons que
s'effectuent les analyses bromatologiques.
1 - 2 - 3 - 3 - Calcul du cœfficient de digestibilité
Les produits ingérés ne sont pas digérés en totalité, une partie de ceux ci se
retrouve dans les fèces. La fraction digestible des produits, la seule intéressante sur le
plan nutritionnel, est la différence entre les ingérés et les excrétas. Les variables
mesurées sont les quantités de matières sèches d'aliment distribué, de refus et de
matières fécales. Celles ci permettent de calculer les variables recherchées c'est à dire
les cœfficients de digestibilité des différents nutriments après analyse. Les cœfficients
de digestibilité (CD) sont calculés de la même manière pour chaque constituant de la
matière sèche.
CD = (Portion ingérée - Portion excrétée) x 100
Portion ingérée
C'est ainsi que l'on calcule le cœfficient de digestibilité de la matière sèche
(CDMS), le cœfficient de digestibilité de la matière organique (CDMO), le cœfficient
de digestibilité des protéines brutes (CDPB), le cœfficient de digestibilité de la matière
grasse (CDMG) et enfin le cœfficient de digestibilité de l'énergie brute. La digestibilité
de la cellulose n'a pas de grand intérêt pour la volaille.
1 - 3 - Analyses bromatologiques et détermination de l'énergie
métabolisable
Les différentes analyses à effectuer sur les matières premières concernent
essentiellement la matière sèche, les cendres totales, la matière organique, les protéines
brutes, la matière grasse et la cellulose brute (22) ; pour les aliments finis, l'énergie sera
déterminée par calcul ainsi que les teneurs en calcium et en phosphore par analyse.
1 - 3 - 1 - Préparation des échantillons
Les prélèvements de matières premières et d'aliment sont tout d'abord broyés
dans un moulin à marteau (grille de 3mm). Ils sont ensuite passés dans un cyc10tec
(maille de 1mm) et enfin codifiés et conservés dans des pots en plastiques hermétiques.
14
1 - 3 - 2 - Détermination de la matière sèche
On comprend par matière sèche, la partie d'aliment ne contenant pas d'eau. La
matière sèche est déterminée par séchage de 2,Sg d'un échantillon d'aliment riche en
eau à l'air puis dans une étuve réglée à 10S°e.
1 - 3 - 3 - Détermination des cendres et de la matière organique
Cette détermination se fait en pratique avec le résidu de séchage après
détermination de la matière sèche de 2,5 g d'un échantillon d'aliment. La teneur en
matière organique est obtenue en soustrayant, de la teneur en matière sèche, les cendres
totales. Les creusets contenant la matière sèche sont pesés puis placés au four à 550°C
pendant 16 heures. Lorsque la température du four descend à 100°C, les creusets sont
transférés dans un dessiccateur où ils sont laissés pendant 30 minutes avant d'être
pesés.
1 - 3 - 4 - Détermination des protéines brutes
On comprend par protéines brutes, l'ensemble des matières azotées d'un aliment.
Elles s'obtiennent par la méthode dite de KJELDHAL (22) qui consiste à la
minéralisation de 0,3 g l'échantillon d'aliment par 15 ml d'acide sulfurique concentré à
95% en présence de catalyseur de minéralisation.
1 - 3 - 5 - Détermination de la matière grasse
On comprend par matière grasse, la substance organique extraite par le solvant
(éther éthylique) par la méthode de FOLCH (22).
Environ 3 g de matière fraîche moulue sont pesés et introduits dans une
cartouche d'extraction. Le tout est monté sur l'appareil d'extraction de type
SOXHKLET en présence de 100 ml d'éther éthylique. Après 6 heures d'extraction, les
ballons contenant la matière grasse sont séchés dans une étuve à 105°C pendant une
heure et pesés.
1 - 3 - 6 - Détermination de la cellulose brute
La cellulose brute est le résidu de 1 g d'aliment obtenu après deux hydrolyses
successives: acide puis basique. Le résidu après séchage à l'étuve à 105°C est calciné;
la perte de poids résultant de la calcination est la cellulose brute de l'échantillon. La
méthode en place est celle de WEENDE (22). Les creusets utilisés sont de porosité P2.
1 - 3 - 7 - Détermination du taux de calcium
Le calcium est déterminé à partir des cendres obtenues par la calcination à 550°C
de la matière sèche de 2 g d'échantillon d'aliment. L'échanti llon est incinéré, les
cendres sont traitées par l'acide acétique à 20% et le calcium est précipité sous forme
d'oxalate de calcium. Après dissolution du précipité dans l'acide sulfurique à 20%,
l'acide oxalique formé est titré par une solution de permanganate de potassium O,IN.
1 - 3 - 8 - Détermination de la teneur en phosphore
A 1 g de prise d'essai, on ajoute 10 ml d'acide nitrique et 4 ml d'acide per
chlorique, le tout est porté à ébullition. Au bout de quelques minutes 2 ml de la solution
est transférée dans un tube en présence de réactif notamment du molybdate
15
d'ammonium. Les complexes sont transformés en bleu de molybdène dont l'intensité
de la coloration est proportionnelle à la quantité de phosphomolybdène réduit, et en
conséquence de phosphates présents dans le milieu. La lecture se fait au
spectrophotomètre à 430 nm.
1 - 3 - 9 - Détermination de l'énergie métabolisable
Connaissant la teneur de chaque échantillon en différents nutriments, grâce aux
analyses chimiques, il est possible de calculer l'énergie métabolisable (EM) par la
formule de SIBBALD (16) :
EM = 3951 + 54,4 MG - 88,7 PB - 40,8 CB
EM = Energie métabolisable (KcallkgMS) MG = Matière grasse (%)
PB = Protéines brutes (%) CB = Cellulose brute (%)
CHAPITRE II - RESULTATS ET DISCUSSION
2 - 1 - Apports estimés des nutriments par aliment étudié
Les visites effectuées dans les exploitations nous ont permis de disposer des taux
d'incorporation permettant la fabrication des aliments. Ainsi, grâce aux tableurs de type
Excel, nous avons déterminé pour chaque taux d'incorporation les apports en énergie
métabolisable, protéines brutes, lysine, méthionine, calcium et phosphore disponible.
Comme annoncé plus haut, les aliments de type finition des exploitations E2, E4
et ES feront ultérieurement l'objet de bilans alimentaires. Pour des raisons de protection
de leur formulation, les taux d'incorporation des matières premières n'ont pas pu être
disponibles au niveau des industriels. C'est la raison pour laquelle l'apport théorique en
nutriments des aliments FIlet FI2 ne figure pas sur le tableau qui suit.
16
Tableau VII: Valeurs des nutriments estimés à partir du taux
d'incorporation des matières premières
Exploitations et types EM Protéines Lysine Méthionine Calcium Phosphore
d'aliments (kcallkg) brutes (%) (%) (%) disponible
(%) (%)
Exploitation El
Aliment ponte 2954 23,06 1,15 0,47 4,08 0,54
Exploitation E2
Aliment démarrage 3157 25,61 1,07 0,44 1,22 0,71
Aliment finition (FE2) 3004 17,1 0,6 0,29 3,88 0,69
Exploitation E3
Aliment ponte 3004 20,08 0,96 0,45 3,5 0,49
Exploitation E4
Aliment démarrage 3254 31,75 1,93 0,78 1,48 0,80
Aliment finition (FE4) 3073 24,50 1,48 0,64 l,57 0,75
Aliment ponte 2928 20,87 0,95 0,45 4,26 0,47
Exploitation ES
Aliment démarrage 3068 25,97 1,38 0,59 1,47 0,90
Aliment finition (FE5) 3198 22,61 0,91 0,4 0,84 0,51
Quand on compare les valeurs estimées avec les besoins recommandés dans les
tableaux III et VIon observe des différences d'une exploitation à une autre! En effet
ces exploitations ne disposent pas toutes de la même formulation. Certaines s'appuient
sur des vétérinaires ou des zootechniciens consultants, d'autres sur des éléments de
littérature et enfin, il y a ceux qui confient la fabrication de l'aliment au CNA (Centre
National d'Aviculture) de Mbao.
Les aliments, pris dans leur ensemble au niveau de toutes les exploitations,
présentent d'une manière générale, des apports estimés en nutriments relativement
corrects compte tenu des besoins qui sont fixés à un taux maximum, à quelques
exceptions près. Seul compte, pour arriver à avoir de bonnes performances en terme de
production, l'équilibre entre les apports énergétiques et protéiques mais aussi entre les
protéines et les acides aminés indispensables et enfin entre les minéraux.
La connaissance des apports estimés nous pousse tout naturellement à nous
intéresser aux valeurs réelles données par l'analyse bromatologique des matières
premières et des aliments finis.
2 - 2 - Résultats d'analyses bromatologiques
Ces analyses sont effectuées dans le but de vérifier la teneur en nutriments des
matières premières et de voir dans quelle mesure les variations entre ce qui est obtenu
et ce qui est donné par la littérature peuvent être assez significatives. Les analyses des
aliments finis permettent de juger de l'apport réel en nutriments de ceux-ci et de le
comparer avec les valeurs estimées à partir des taux d'incorporation des matières
premières.
Les analyses permettent en outre d'estimer l'énergie métabolisable par la formule
de SIBBALD (16).
17
Enfin, le rapport entre l'énergie métabolisable estimée et l'apport en protéines
brutes permet de voir quelle est l'importance de cette variation d'une exploitation à une
autre. Ce rapport étant très important pour maintenir un indice de consommation
optimal.
L'ensemble des valeurs obtenues est présenté dans le tableau qui suit en tenant
compte des matières premières et du type d'aliment trouvé dans chaque exploitation
visitée. Nous y avons cependant ajouté les différents types d'aliments mis sur le marché
par les deux industriels ciblés.
18
Tableau VIII: Résultats des analyses bromatologiques des échantillons
d'aliment et de matières premières
Nature aliment MS MO PB MG CB Ca P EM EMlPB
Exploitation El
Farine poisson 91,84 75,65 58,58 12,62 0,78
(industrie) 89,5 98,53 10,33 3,7 2,64
Maïs 91,76 78,49 6,42 1,92 19,29
Son de riz 89,45 91,04 50,23 10,17 4,6
Tourteau arachide 92,27 80,54 19,9 3,92 2,19 3,32 0,93 3176 147
(artisanal)
Aliment ponte
Exploitation E2
Farine pOIsson 84,64 66,98 40,37 18,74 3,53
(artisanal) 89,18 98,59 9,25 3,52 2,41
Maïs 91,55 83,13 7,2 4,08 36,33
Son de riz 90,66 93,82 49,08 0,94 13,29
Tourteau arachide 91,08 92,13 20,77 3,64 6,26 0,55 0,85 3273 144
(industrie) 90,32 93,50 20,85 4,32 7,52 2,05 0,97 3254 141
Aliment démarrage
Aliment finition (FE2)
Exploitation E3
Aliment ponte 91,73 87,02 18,65 1,96 4,33 2,9 1,33 3144 155
Exploitation E4
Farine poisson 91,93 72,81 54,31 6,58 7,14
(industrie) 89,41 89,39 9,62 3,73 3,4
Maïs 88,9 95,98 10,65 0,33 2,3
Riz brisé 90,3 93,13 48,45 0,81 14,29
Tourteau arachide 91,01 92,8 22,52 2,36 5,83 0,61 0,82 3269 132
(industrie) 91,17 88,33 20,78 2,37 5,05 0,57 1,02 3155 138
Aliment démarrage 90,71 87,17 20,72 3,52 4,83 2,96 0,96 3191 140
Aliment finition (FE4)
Aliment ponte
Exploitation ES
Farine poisson 94,23 75,21 57,84 18,72 l,54
(industrie) 89,32 95,61 10,82 4,07 2,24
Maïs 90,15 94,8 17,48 3,91 12,16
Son de blé 90,78 92,73 55,15 0,26 13,36
Tourteau arachide 90,3 96,98 12,51 1,79 2,87
(industrie) 90,24 89,35 24,12 3,97 6,39 1,13 1,07 3166 118
Blé tendre 93,47 93,21 20,73 3,47 5,6 1,01 1 3366 152
Aliment démarrage
Aliment finition (FE5)
Industriell
Aliment démarrage 90,23 91,34 23,58 3,39 5,25 1,26 0,98 3316 127
Aliment croissance 90,24 93,54 24,54 5,45 5,12 2,7 1,46 3530 130
Aliment finition (FIl) 92,26 94,01 19,84 6,58 6,3 0,73 0,86 3506 163
Industriel 2
Aliment démarrage 90,75 89,98 23,56 4,02 4,5 1,01 1,19 3362 129
Aliment croissance 90,26 91,98 23,19 3,44 6,33 0,96 1,33 3249 126
Aliment finition (FI2) 91,65 92,15 19,92 4,35 4,22 0,84 1,61 3493 161
MS = Matière sèche (%) MG = Matières grasses (% MS)
MO = Matière organique (% MS) Ca = Calcium (% MS)
19
PB = Protéines brutes (% MS) P = Phosphore (% MS)
EM = Energie métabolisable (kcal/kg MS)
Ces résultats d'analyses bromatologiques sont très importants car ils montrent
souvent la disparité qui existe entre les apports théoriques estimés et les apports réels
obtenus. Pour ce qui est du maïs, du blé, du riz, du son de blé, et du son de riz mais
également pour le tourteau d'arachide les résultats d'analyse présentent une variation
d'une exploitation à l'autre et par rapport à ceux de la littérature (18). Cette variation
concerne la quantité de matière sèche, la quantité de protéines brutes, la matière grasse
et la cellulose brute. Pour ce qui est de la farine de poisson de type industriel, malgré un
taux de matière sèche comparable, les valeurs concernant les protéines brutes de la
littérature sont très élevées par rapport à celles observées au niveau des échantillons. Le
problème de l'origine des matières premières utilisées pour la fabrication de cette farine
est posé. La farine de poisson de type artisanal présente des valeurs. encore plus faibles
et cela n'est pas étonnant quand on sait que celle-ci ne fait, à priori, l'objet d'aucun
contrôle de qualité qui concerne les quantités minimales de nutriments apportés. Il en
va de même pour le tourteau d'arachide de type artisanal qui, bien que présentant des
valeurs similaires au tourteau de type industriel, a néanmoins un taux en matière grasse
très élevé. Cela lui donne l'avantage d'être très énergétique mais présente
l'inconvénient d'être soumis au risque de rancissement en cas de stockage prolongé.
Par contre, dans la plupart des tourteaux de type industriel, nous observons des valeurs
en cellulose brute élevées (supérieures à 10%MS) et qui pourraient être dues soit à la
présence de coques (utilisation d'arachide non décortiquée), soit à un défaut
technologique.
Concernant les aliments finis, l'estimation de l'énergie métabolisable à partir des
résultats d'analyses donnent des valeurs très bonnes, toutes supérieures à 3000 kcallkg
MS. L'essentiel est de respecter un certain équilibre entre cette énergie et les protéines
brutes. A propos justement du rapport EMlPB, on observe que pour les différents
aliments étudiés, le rapport est dans la plupart du temps assez faible.
La détermination du taux de cellulose est importante. En effet, le niveau de
cellulose dans une ration va d'une part tendre à abaisser la quantité d'énergie
métabolisable et d'autre part va jouer sur la digestibilité de l'aliment ainsi que sur sa
vitesse de transit dans le tube digestif de oiseaux. On obtient pour l'ensemble des
aliments étudiés des taux en cellulose brute relativement bas (compris entre 4 et 6%
MS) sauf pour l'aliment de type finition de E2 qui a la valeur la plus élevée (au delà de
7%MS).
Enfin la teneur en matières grasses tient une place non moins importante dans la
fourniture en énergie aux animaux. Son effet sur le transit digestif n'est pas significatif
(16) entre 0 et 12% d'incorporation dans l'aliment. Or les analyses montrent des taux se
situant entre 2 et 6% MS dans les aliments étudiés.
2 - 3 - Ingestion de la matière sèche
La première information livrée par les bilans concerne les quantités d'aliment
ingérées par les poules. L'ingestion est le résultat de la différence entre les quantltés
d'aliment données et les quantités d'aliment refusées. Les quantités d'aliment ingéré
sont montrées dans la figure qui suit.
20
80
E: 70
5: 60
~ 50
S 40
c:
g 30.
~ 20
E 10
1
oJ..Qll1~- 1
Aliment 1
_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _-.J
21
Tableau IX: Analyse de la variance de la consommation en fonction des
aliments
S.C.E. DDL Carrés TestF Proba KT. C.V.
moyens
Var. totale 11888,83 24 495,37
Var. facto 1 6697,21 4 1674,30 6,45 0,0017
Var. résid. 5191,62 20 259,58 16, Il 12,4%
1
Tableau X : Classification des aliments par groupes homogènes
Ft Libellés Moyennes Groupes homo2ènes
1 Fil 149,66 A
2 FI2 146,90 A
3 FE5 131,29 A B
4 FE2 115,98 B
5 FE4 108,31 B
Cette analyse de variance permet ainsi de confirmer les observations précédentes
à savoir que les consommations différentes sont liées à l'aliment.
2 - 4 - Etude de la digestibilité des nutriments
Les cœfficients de digestibilité sont représentés par rapport à chaque aliment.
Nous avons tenu compte de la digestibilité des deux premiers jours de mesure (CD 1),
puis des trois derniers jours de mesure (CD2) et enfin de la moyenne des deux (CD
moy). C'est pour nous permettre de mettre en évidence les variations qui peuvent
intervenir selon que l'on se situe au début ou à la fin des expérimentations et aussi
selon que l'on passe d'un aliment à un autre.
2 - 4 - 1 - Digestibilité de la matière sèche
La figure qui suit montre la variation du cœfficient de digestibilité en fonction de
la matière sèche des aliments étudiés.
78 ~r------------.,
-
76 +~------I ~=--
/",.~
- 74 1 - - 1'- , ~-I1iITII---j I[Link]JCD1(%) !
!C 72 r-
c
o 70 - - _ ii
_ L ii
68
66 - - W-L-
22
brute des aliments. En effet, la teneur en cellulose brute de l'aliment FE2 est la plus
élevée (7,52% de la MS) comme le montre le tableau VIII; ce qui ne manque pas de
jouer un rôle très important dans le transit digestif de l'aliment nonobstant d'autres
facteurs d'ordre physiologique. Pour les autres aliments où on' note un taux de cellulose
relativement plus faible, on note une même tendance mais les corrélations sont
mauvaises. ks aliments qui présentent des taux de cellulose élevés, ont une digestibilité
faible ce qui corrobore le observations de MISSOHOU et al. (29) Mais aussi celles de
CISSE et al. (6).
2 - 4 - 2 - Digestibilité de la matière organique
La figure qui suit montre la variation du cœfficient de digestibilité en fonction de
la matière organique des aliments étudiés.
c=:JCD1(%)
I,~""",I CD2(%)
-...-CD moy
80 , - - - - - - - - - - - - - - - ,
70 -f---- ~------___==_
..:...-,.;.;;
60 r- ~
~ 50 - c=:JCD1(%) i
~ 40 - !-"-""''''&,CD2(%) i
o
u 30 1-
-...-CDmoy!,
20 -- !
10 -- -
o - ~'-
23
jours de mesure. La digestibilité des protéines brutes ne dépend pas forcément de la
teneur de l'aliment en ce nutriment et cela explique l'allure de la courbe à la figure 4.
Ainsi l'aliment FE2 qui, malgré une teneur en protéines brutes de 20,85% de la MS (la
plus élevée), présente une digestibilité malgré tout importante mais dont le taux faible
par rapport à FE4 et FE5 s'explique sans doute par la teneur élevée en cellulose brute
qui fait que les protéines ne sont pas absorbées au mieux par la muqueuse digestive.
Cela montre que le taux protéique de la ration modifie le métabolisme protéique par des
effets propres dus aux quantités de protéines ingérées ainsi que par des effets liés aux
variations de ces niveaux d'apport. La meilleure efficacité protéique est obtenue avec la
ration titrant 14% de protéines; les meilleurs indices de consommation sont obtenus
avec un taux de protéines compris entre 17 et 20% (14).
2 - 4 - 4 - Digestibilité de la matière grasse
La figure qui suit montre la variation du cœfficient de digestibilité en fonction de
la matière grasse des aliments étudiés.
_ mm
- 1-
~ I~
Il>--,,1
l
CD2{%) !
I--+-CD moy
t
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1
1 i
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. il 1
FE4 FE2
Aliments
82 . , - - - - - - - - - - - - - ,
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~ 78· i[:::::::JC()1(%):Ili
~ 76·
o l' ., ICD2{%):'
i
u 74 !--+-~~~yi
72·
70·
FI1 FI2 FE5 FE4 FE2
Aliments
24
La digestibilité de l'énergie brute est plus élevée pour FI2 et FE4 que pour FE5,
FIl et FE2. Elle dépend fortement des aliments et varie suivant les jours de mesure.
D'une manière générale, l'ingestion en énergie brute est d'autant plus importante que le
cœfficient de digestibilité lié à ce nutriment est faible. Cependant cette ingestion n'est
pas nécessairement liée à la teneur de l'aliment considéré en ce nutriment.
D'une manière générale, l'analyse du cœfficient de digestibilité de chaque
aliment pour ce qui est de la plupart des nutriments est importante à plus d'un titre. Elle
penpet d'expliquer les performances réalisées par l'un ou l'autre aliment au niveau de
la production. D'autre part, la détermination de l'énergie métabolisable par les analyses
bromatologiques permet de vérifier si cette énergje estimée par le calcul de la ration
correspond à la réalité.
:Une analyse globale de l'ensemble des cœfficients de digestibilité et des courbes
de tendance montre: toute l'importance des nutriments dans les aliments pour volailles,
mais surtout la nécessité de bien les équilibrer. Il s'agit surtout de bien connaître
l'apport que l'on réalise par rapport à la cellulose brute qui a une importance majeure
dans la digestibilité des autres nutriments en ce sens qu'elle intervient dans la vitesse de
transit des aliments dans le tube digestif. De même que le taux de matière grasse de la
ration est important, car non seulement sa dig~stibilité est étroitement liée à son apport,
mais c'est un nutriment qui intervient fortement dans la fixation du niveau énergétique
de la ration.
Les différentes observations rejoignent celles faites par LARBIER et
LECLERCQ (18) qui constatent que les souches chair contrairement aux autres souches
de volailles, sont incapables de diminuer leur ingestion alimentaire quand la
consommation énergétique augmente. Ces animaux tendent à consommer une quantité
constante d'aliment quel que soit le taux énergétique. D'autre part, lorsque le besoin
énergétique est couvert, les excès de protéines réduisent modérément l'appétit et c'est
ce qui est observé chez les animaux nourris avec l'aliment FE2 dont l'apport théorique
est déficient en protéines brutes (17,1 %) alors que l'apport réel donné par les analyses
est supérieur à l'apport (20,85%).
L'augmentation du niveau énergétique de la ration et surtout du rapport calories
sur protéines accroît plus l'engraissement du poulet que la quantité de lipides ingérés
(lessire1995). En outre, les niveaux élevés d'apport en protéines brutes dans les
exploitations est souvent le fait d'une incorporation souvent importante acides aminés
essentiels (29) quand on sait le caractère notamment limitant de la lysine (19). Ces
incorporations importantes se retrouvent dans les aliments de type industriel et
concernent spécifiquement la cellulose, les acides aminés essentiels et le phosphore ce
qui peut avoir des répercussions (6). Les apports spécifiques en acides aminés doivent
tenir compte d'un ensemble de recommandations qu'il faudrait pouvoir adapter à des
objectifs pratiques tels que le profit économique ou la qualité (33).
Enfin la contamination des matières premières lors de la distribution, du stockage
ou pendant leur traitement thermique peut avoir des conséquences sur leur digestibilité
(2).
25
La détermination d'un référentiel sur la valeur alimentaire des matières premières
produites ou importées au Sénégal, en particulier et en Afrique, en général, est
importante à plus d'un titre. Elle permet d'établir un meilleur plan de rationnement
adapté aux besoins des souches de volailles produites sur place et à leur capacité
d'ingestion mais aussi à favoriser l'utilisation de matières premières non habituellement
prises en compte.
Sur le plan de la comparaison entre les aliments de type industriels et les aliments
fabriqués dans les exploitations, les premiers se présentent comme étant les meilleurs
sur le plan qualitatif. Les aliments de type industriels ont, en effet, un meilleur niveau
énergétique et un apport en protéines brutes un peu plus élevé. Sur le plan du gain de
poids moyen enregistré au cours de l'essai et sur des animaux alimentés avec des
rations différentes, nous avons observé de meilleures performances pondérales chez les
animaux nourris avec l'aliment de type industriel.
L'aliment de type industriel, à quelques exceptions près, est un aliment qui fait
l'objet d'un contrôle plus strict des matières premières utilisées. Il en va de la
crédibilité du fabriquant. Il présente pour le produit final de type farineux, une
meilleure homogénéisation des intrants. L'introduction de la granulation, qui est une
présentation industrielle, a pour but d'éviter l'effet de sédimentation de certaines
matières premières observé lors du stockage prolongé des aliments farineux, mais aussi
d'augmenter la consommation des animaux et d'éviter le gaspillage. A cela s'ajoute
l'introduction souvent de facteurs de croissance dans l'aliment industriel. Tous ces
éléments mis ensemble, vont jouer sur le prix de revient de l'aliment.
Sur le plan de la digestibilité des différents nutriments, il y a une meilleure
digestibilité des protéines brutes pour les aliments fabriqués en exploitation. Ils
présentent des teneurs en protéines brutes relativement plus importantes que les
aliments industriels. Mais à ce niveau, ce n'est pas seulement la quantité de protéines
mais la qualité des protéines présentes qui est importante. Pour les autres nutriments,
les taux de digestibilité sont quelque peu supérieurs quand on prend les aliments
industriels.
Si d'une manière théorique, les apports de matières premières peuvent être
ajustés correctement pour répondre aux besoins des volailles, il n'en demeure pas
moins que ces matières premières doivent régulièrement faire l'objet d'analyses
permettant un meilleur ajustement par rapport à la littérature disponible. Pour les pays
africains, qui doivent importer une grande partie des matières premières nécessaires, il
est très important de faire baisser l'indice de consommation de manière à éviter le
gaspillage qui pénalise fortement la rentabilité de l'aviculture. Une importance toute
particulière doit être accordée non seulement à l'équilibre des différents nutriments
dans la ration, mais à la présentation physique de l'aliment. Les conséquences
nutritionnelles seront envisagées en tenant compte à la fois de la destruction des
facteurs antinutritionnels, de l'amélioration de l'efficacité de certains nutriments en
26
même temps que de la perte de disponibilité des acides aminés et des vitamines
thermolabiles.
La principale leçon à tirer de cette étude, est la volonté affichée par les
exploitants de produire dans les meilleures conditions. Malgré l'encadrement dont ils
bénéficient, ils déplorent de manière unanime la non organisation de la filière. Cela va
de l'importation d'intrants (poussins d'un jour, matières premières, produits
vétérinaires), à la commercialisation des produits en passant par la mise sur le marché
d'aliments pour volailles dont la qualité minimale n'est pas contrôlée. C'est le rôle
dévolu à l'autorité publique en dehors de l'encadrement technique.
Encore une fois, ce travail, loin de vouloir fustiger le travail accompli par les,
exploitants avicoles qui recherchent une plus grande indépendance vis-à-vis des
industriels, doit les aider à comprendre qu'une simple formulation alimentaire ne
saurait leur permettre d'atteindre leurs objectifs de production. Ils doivent
nécessairement accompagner leur formulation d'analyses qualitatives des matières
premières utilisées, mais aussi du produit final, ce qui leur permettrait de procéder
régulièrement à des réajustements dans la préparation de leur ration.
27
1. ARBELOT B., DAYON J.F., MEROUANE N., KABORET Y., 1997
Etude des programmes vaccinaux réalisés en aviculture au Sénégal. Communication
aux 2 ème journées de la recherche avicole. Tours, France.
28
l'obtention du diplôme d'ingénieur agronome, Institut National de Développement
Rural - Thiès: 66 p.
14. GONGNET G. P., SAKANDE S., PARIGI-BINI R., HANE M. B., 1995
Influence des niveaux de protéines alimentaires sur les perfonnances de croissance
et le rendement carcasse de la pintade commune (Numida meleagris) et du poulet de
chair (Gallus domesticus) en milieu tropical sec. Rev. Méd.Vét., (146) : 199-208.
29
22. LEMAL D., 1989
Recueil des méthodes et techniques utilisées pour l'expérimentation en alimentation.
INDR - Thiès: 46 p.
25. LHOSTE P., DOLLE V., ROUSSEAU J., SOLTNER D., 1993
Zootechnie des régions chaudes: les systèmes d'élevage. Centre de Coopération
International en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD),
Ministère de la Coopération, République française: 288 p.
30
32. PICARD M., LE FUR C., MELCION J.P., BOUCHOT C., 2000
Caractéristiques granulométriques de l'aliment: le «point de vue» et de toucher des
volailles. INRA Prod. Anim., 13 : 117 - 130.
33. QUENTIN M., BOUYAREL 1., BASTIANELLI D., PICARD M., 2004
Quels «besoins» du poulet de chair en acides aminés essentiels? Une analyse
critique de leur détennination et de quelques outils pratique de modélisation. INRA
[Link]., 17,19-34.
31
CONTRIBUTION A L'ETUDE DE LA QUALITE NUTRITIONNELLE
DES ALIMENTS ET MATIERES PREMIERES UTILISES EN
AVICULTURE DANS LA ZONE PERI-URBAINE DE DAKAR
RESUME:
L'aviculture au Sénégal est, on le sait, très riche en potentialités. En zone
péri-urbaine de Dakar, son développement est plus que jamais à l'ordre du jour
pour faire face, notamment à l'urbanisation galopante. Parmi ces contraintes,
l'alimentation constitue la principale composante en intervenant pour environ
70% des coûts de production des poulets de chair et d' œufs de consommation.
Pour atteindre les objectifs escomptés, elle se base sur la formulation qui permet
une utilisation optimale des matières premières disponibles, en vue de la
satisfaction des besoins des volailles.
Sur la base d'enquêtes préalables, 5 d'exploitations avicoles sont
identifiées. Elles se caractérisent par le fait qu'elles fabriquent leur propre
aliment de type ponte ou chair. Des échantillons de matières premières et
d'aliment finis utilisées dans 3 exploitations ont été recueillis en vue d'analyses
bromatologiques et de bilans alimentaires comparatifs avec 2 aliments de type
industriel.
Les résultats montrent une ingestion plus importante des aliments de type
industriel (70,49 et 66,06 g1kg PV/j) par rapport à ceux des exploitations (60,81
55,22 et 51,91 g/kg PV/j) et des résultats de digestibilité dans l'ensemble plus
élevés pour ces mêmes aliments industriels. Cette étude a en outre montré toute
l'importance des analyses qui ont permis de mettre en évidence la disparité entre
les indications littéraires et les observations sur le terrain; d'où une
réactualisation nécessaire des tables de valeurs alimentaires. Il se pose de
manière toujours crucial, le problème de l'approvisionnement en matières
premières mais aussi la conservation et le maintien de la qualité des aliments.