Guide Irve
Guide Irve
pour la
conception et l’aménagement
des infrastructures de recharge
pour véhicules électriques
et hybrides rechargeables
Décembre 2014
AVANT- PROPOS
1 A l'exclusion des espaces privés non ouverts au public (garages de maisons individuelles, parkings de copropriétés, parkings de flottes).
2
Publiée au Journal officiel de l'Union européenne du 28 octobre 2014.
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 2 sur 36
Introduction
Synthèse
Annexes
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 3 sur 36
INTRODUCTION
3 Enquête IPSOS réalisée du 22 au 29 août 2014 pour le compte de L'AVERE-France et Mobivia Groupe
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 4 sur 36
autoroutiers, on retiendra les stations-service, les aires de repos, ou autres lieux adéquats
de stationnement de courte durée à proximité des routes et rocades.
La conception de l’infrastructure s’inscrit donc dans un changement culturel qu’implique
l'usage du véhicule électrique : il ne s’agit plus de « faire le plein à la station service » quand
la batterie est vide mais de le brancher autant que possible chaque fois que l’on s’arrête et
spécialement tous les soirs. La batterie n’étant ainsi déchargée que très partiellement, la
recharge reconstitue en un temps réduit l’autonomie du véhicule. Cet usage est en outre le
plus adéquat pour l’efficacité énergétique et favorable à la durée de vie des batteries de
nouvelle technologie. Seuls les trajets exceptionnels ou de longue distance nécessitent des
arrêts spécifiques pour recharger.
Cette approche doit s’intégrer plus globalement dans la conception politique des
déplacements sur le territoire, avec le développement de transports en commun et des
nouvelles mobilités (covoiturage, autopartage, véhicules en libre service etc.). Par ailleurs,
elle doit se conjuguer avec tous les aménageurs potentiels d’infrastructure accessible au
public: gestionnaires de parkings publics, grands et petits commerces, bailleurs sociaux, etc.
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 5 sur 36
SYNTHESE
• Charge normale
Afin d'assurer l’universalité de la charge, il est recommandé d’installer au minimum deux
types de socles de prise pour chaque point de charge d'une borne :
un type E (pour la prise E/F domestique usuelle en France) pour la recharge
en mode 1 ou 2;
un type 2 (ou type 2S) correspondant à la norme EN62196-2 pour la recharge
en mode 3,
ceux-ci étant les seuls compatibles sur la majorité des pays européens.
La préconisation d’un socle de prise de type 2 au lieu du type 3 est une évolution majeure
par rapport au Livre vert de 2011. Elle répond à l’exigence d’une harmonisation européenne
des socles de prises de charge en mode 3 portée par la directive adoptée le 22 octobre 2014
(voir chapitre II. 3. a.).
• Charge rapide
Il est recommandé d’avoir plusieurs câbles attachés à la borne pour proposer une solution
compatible avec les divers choix techniques développés par les constructeurs :
un câble pour courant alternatif avec un connecteur type 2;
un câble pour courant continu avec un connecteur type « CHAdeMO »
(configuration AA, comme décrit dans la norme EN62196-3);
un câble pour courant continu avec un connecteur type « Combo2 »
(configuration FF, comme décrit dans la norme EN62196-3).
Ce nouveau standard de charge rapide en courant continu (CCS ou « Combo 2 ») est
désormais recommandé en Europe et est inclus dans les spécifications de la directive
adoptée le 22 octobre 2014 (voir chapitre II. 3. b.).
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 6 sur 36
L’ensemble des bornes doit respecter:
• les normes d’installation IEC 60364 et NFC 15-100,
• les normes de communication et de prises IEC /EN 61851, 62196,
• le référentiel « EV Ready 1.4 » qui garantit robustesse et interopérabilité.
Configurations recommandées
Il est recommandé de retenir un nombre limité de configurations types, afin d’augmenter les
effets d’échelle, de réduire les coûts et de simplifier l’usage.
En l’état actuel du marché, trois configurations de bornes, qui devront toutes être
communicantes, sont recommandées:
• les bornes de recharge normale standard, à 3,7 ou 7 kVA, monophasé, avec 2 points
de charge simultanée, chaque point de charge disposant d’un socle pour prises
domestiques type E pour la recharge en mode 1 ou 2 et d’un socle de type 2 (en
voirie) ou type 2S pour la recharge en mode 3. Ces bornes pourront permettre une
gestion de l’énergie pour moduler la puissance appelée sur chaque point de charge
en mode 3, notamment en cas d’installations multi-bornes;
• les bornes de recharge normale accélérée, 22 kVA (en fait 3,7-22 kVa), triphasé,
avec 2 points de charge simultanée, chaque point de charge disposant d’un socle
pour prises domestiques de type E pour la recharge en mode 1 ou 2 et d’un socle de
type 2 (en voirie) ou type 2S pour la recharge en mode 3. Ces bornes devront
permettre une gestion de l’énergie pour moduler la puissance appelée en mode 3;
• les bornes de recharge rapide, avec un point de charge, 43 kVA triphasé alternatif
(AC), et 50 kVA en courant continu DC, disposant de cordons attachés avec des
connecteurs type 2 pour l’AC, d’un cordon CHAdeMO et d’un cordon Combo2 pour le
DC. Une variante 20kW plus économique de cette borne tri-standard, peut être
envisagée lorsque les usages le justifient (zones urbaines ou péri-urbaines par
opposition aux trajets de liaison qui nécessitent le 43kW).
La maintenance
Le maintien en bon état de fonctionnement du réseau de recharge est un impératif clé pour
la crédibilité de l’écosystème du véhicule électrique.
Il est donc fondamental que le gestionnaire d’un parc de points de recharge concrétise un
contrat de maintenance adapté. Celui-ci doit être basé sur une part de maintenance
préventive ainsi que sur des engagements liés à la criticité de la panne en fonction de la
configuration et s’appuyer sur une télésurveillance des bornes en lien avec leur télégestion
(voir chapitre IV.).
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 7 sur 36
La monétique
• L’ensemble des bornes doit être équipé a minima d’un moyen de lecture RFID
compatible ISO 14443-A de type Mifare et de l’indication d’un numéro ou d’une
adresse URL (avec QR code) permettant de joindre l’opérateur par GSM ou internet à
partir d'un smart phone. Cet équipement permet d’organiser l’autorisation d’accès au
plus simple pour un client équipé de la bonne carte RFID (opérateur de mobilité local
par exemple) et donne une solution à tous les autres.
• Ces solutions doivent être implantées sur la borne elle-même ou sur un totem de
gestion à proximité immédiate (voir chapitre VI.).
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 8 sur 36
I. État actualisé des véhicules électriques et hybrides
rechargeables et des enjeux relatifs à la batterie
4
kVA = kilo Volt Ampère – Unité de mesure pour la puissance de charge.
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 9 sur 36
3. Les enjeux liés à la batterie et à sa gestion
La grande majorité des constructeurs automobiles a choisi la technologie lithium-ion
(l’électrolyte pouvant être liquide ou solide, les électrodes pouvant être très variées) en
raison d’une plus forte densité d’énergie par rapport aux technologies précédentes (plomb
acide, nickel hydrure, nickel cadmium). Cette batterie a aussi l’avantage d’éviter les
problèmes de « mémoire » rencontrés sur la génération précédente, facilitant la gestion de la
recharge et permettant une plus grande autonomie pour une même masse. Les objectifs de
durée de vie sont de l’ordre de 10 ans au moins. La technologie lithium-métal-polymère
(LMP), avec une électrolyte solide, présente les mêmes avantages. On la retrouve
aujourd'hui particulièrement dans les usages de flottes partagées et dans l'architecture de
certains bus électriques.
4. La sécurité de la batterie et les autres enjeux de sécurité
Les constructeurs ont entrepris des recherches approfondies pour pouvoir aujourd’hui livrer
des produits fiables et sûrs. Les principaux risques liés à la batterie ont pour origine
d’éventuels problèmes de surcharge des cellules, des courts circuits internes. L’effet initial
de ces problèmes serait – dans des cas extrêmes - une augmentation importante de la
température pouvant entrainer l’émission de gaz toxiques et leur inflammation. Toutefois, à
l’issue des nombreux essais de choc effectués par les constructeurs, dont les résultats ont
été partagés avec l’INERIS et la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des
crises, il a été conclu que les risques d’inflammation des véhicules électriques ne sont pas
plus importants que ceux d’un véhicule thermique.
5. Le recyclage et la deuxième vie de la batterie
Le recyclage des batteries fait l'objet de la directive européenne n°2006/66 et du décret de
transposition en droit français n°2009-1139.
Cette directive concerne tous les types de piles et d'accumulateurs. Elle encourage un
niveau élevé de collecte et de recyclage des déchets issus des batteries ainsi qu’une
amélioration de la performance environnementale de tous les acteurs (producteurs,
distributeurs et utilisateurs finaux), en particulier ceux qui participent directement aux
activités de traitement et de recyclage des déchets. Aussi, cette directive distingue les
batteries par types d’utilisation et non par technologies (plomb, lithium, …).
La constitution d’une filière des batteries de technologie lithium avec les principaux
recycleurs et les constructeurs est en cours de consolidation.
Avec le vieillissement temporel et d’usage, les batteries Lithium perdent lentement et
progressivement leur capacité de stockage d’énergie. Au terme d’un certain nombre
d’années, elles pourront être jugées non adaptées à l’usage automobile (autonomie
insuffisante). Avant la phase de recyclage, il existe néanmoins une possibilité d’usage « en
statique » (pour lequel le volume de la batterie est moins critique) où elles garderont une
réelle valeur.
Des cas d’usage typiques sont des associations en « tampon » avec des dispositifs de
production d’énergie électrique renouvelable (éoliennes par exemple) ou de restitution
d’énergie temporisée (alimentant une borne de charge rapide par exemple). Cette filière, qui
fait d'ores et déjà l'objet de pilotes expérimentaux, est en cours de développement.
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 10 sur 36
II. L’infrastructure de recharge :
les recommandations techniques
2. La borne de recharge
Dans les lieux de stationnement ou de recharge ouverts au public, l’infrastructure de
recharge se présente sous la forme d’un ensemble de bornes de recharge, comportant les
fonctionnalités requises pour une utilisation partagée et un accès du public aux différents
points de charge.
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 11 sur 36
Les bornes de recharge aux paliers 3,7 et 22 kVA ont une enveloppe physique qui est
généralement peu différenciée. La principale différence concerne la section des conducteurs,
le calibre et les protections des appareillages électriques.
Un point de charge peut délivrer des puissances inférieures en fonction des caractéristiques
et du niveau de recharge du véhicule. En mode 3 cette puissance peut être contrôlée pour
s’adapter aux possibilités du réseau (capacité de puissance disponible) et de la production
d’électricité (gestion de la pointe carbonée par exemple).
• Le mode 2 est identique au mode 1, dont il ne se distingue que par l’intégration d’un
boitier de contrôle sur le câble d’alimentation fourni par le fabricant du véhicule,
vérifiant l’intégrité du branchement du véhicule. Les limitations propres au mode 1
sont applicables au mode 2. Le mode 2 est adapté aux véhicules à 4 roues en
complément du mode 3, afin de permettre une charge lente ou de secours à partir de
socles de prise non spécifiques.
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 12 sur 36
Afin d'assurer l’universalité de la charge, il est recommandé d’installer au minimum deux
types de socles de prise pour chaque point de charge 5 d'une borne :
• un type E (pour la prise E/F domestique usuelle) pour la recharge en mode 1 ou 2,
• un type 2 (ou type 2S) correspondant à la norme EN 62196-2 pour la recharge en
mode 3,
ceux-ci étant les seuls compatibles sur la majorité des pays européens.
Le socle de prise type E permet de répondre à l’ensemble des besoins des véhicules
d’ancienne génération, des quadricycles, de certains véhicules hybrides rechargeables ou
autres moyens de transport (deux-roues, etc.). Le choix d’une version adaptée à l’usage de
la recharge automobile est impératif (logo « véhicule électrique » présent).
La recommandation d’un socle de type 2 au lieu du type 3 est une évolution majeure par
rapport au Livre vert d’avril 2011.
La réglementation française impose, pour des raisons de sécurité, la présence d’obturateurs
pour un usage en environnement domestique, apportant une protection supplémentaire à
des manipulations malencontreuses par des personnes non averties. Le type 3 avait été
développé pour répondre à ce cahier des charges. La récente directive européenne sur le
déploiement d'une infrastructure pour carburants alternatifs retenant le socle de type 2 pour
permettre une interopérabilité européenne, il a été développé et normalisé un type 2S (S
pour sécurisé, avec un système d’obturateurs mécaniques), répondant à la totalité des
contraintes. Ce socle de type 2S, d'ores et déjà disponible, peut se substituer aux socles de
type 3 des points de charge situés dans les bâtiments et pourra équiper également les wall-
box domestiques à partir de janvier 2015.
Pour les prises situées en voirie publique le socle de type 2 est conforme à la directive
européenne et à la réglementation française. Il peut donc y être utilisé de même que le type
2S.
On considère en l'espèce qu'un espace extérieur, dont l’installation électrique n’est pas
raccordée au tableau de distribution (TGBT) d’un bâtiment, est assimilable à la voirie
publique pour le raccordement de points de charge pour véhicules électriques.
Il faut rappeler que la directive européenne n'exclut pas le maintien des prises de type 3 et
qu'il peut être envisagé de conserver un certain panachage afin de rester compatible avec la
majorité du parc des véhicules électriques en circulation. Il conviendra, dans ce cas, d'en
prévoir le remplacement à terme par un socle de type 2 dans le cadre du service de
maintenance contractuel.
Le remplacement des socles de type 3 en type 2 ou type 2S des bornes installées
antérieurement sera cadencé en fonction du parc de véhicules, du parc de bornes déployées
et des coûts spécifiques à chaque situation. Les bornes équipées de socles en type 3
resteront utilisables avec les cordons correspondants.
b. charge rapide
Concernant la recharge rapide ou à haute puissance (43 kVA), il est recommandé d’avoir
plusieurs câbles attachés à la borne pour proposer une solution compatible avec les divers
choix techniques développés par les constructeurs :
• un câble pour courant alternatif avec un connecteur type 2;
• un câble pour courant continu avec un connecteur type « CHAdeMO »
(Configuration AA, comme décrit dans la norme EN62196-3);
5
Un point de charge est le dispositif associé à un emplacement de stationnement permettant la charge d’un véhicule électrique ou hybride rechargeable.
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 13 sur 36
• un câble pour courant continu avec un connecteur type « Combo2 »
(Configuration FF, comme décrit dans la norme EN62196-3);
• un emplacement de stationnement spécifique limité à une durée de 30 mn.
c. la charge ultra-rapide
Le constructeur Tesla a développé une solution de charge ultra-rapide (100 kVA) nécessitant
une puissance installée supérieure, un câble et un connecteur dimensionnés en
conséquence. Cette solution est cohérente avec la puissance installée des batteries sur ses
véhicules. C’est aujourd’hui une solution propriétaire développée sur initiative d’autres
marques privées. Cette puissance n’est pas utilisable par les véhicules dont la connectique
n’est pas adaptée.
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 14 sur 36
4. La communication et la modulation de la charge par le câble
En l’état actuel de la technologie (norme CEI 61851), le câble reliant le véhicule à la borne
en mode 3 permet non seulement le transfert d’électricité pour la recharge de la batterie,
mais aussi la transmission de signaux entre le véhicule et la borne par un « fil pilote » pour
assurer la sécurité du déroulement de la recharge.
Ces signaux portent notamment sur :
• la puissance maximale disponible à la borne que le véhicule ne doit pas
dépasser;
• l’intensité maximale de courant admise;
• des éléments relatifs à la sécurité tels que la continuité de terre.
En conséquence, le mode 3 (courant alternatif) et les nouvelles versions du mode 4 (courant
continu), rendent possible la modulation de la puissance maximale d’un point de charge en
réglant la valeur de consigne, soit à la valeur maximale correspondant à la pleine puissance
nominale de la borne (22 kW par exemple), soit à des valeurs inférieures. Ce réglage peut se
faire à distance par télécommunication entre le superviseur de l’opérateur de recharge et ce
point de charge. Cette capacité ouvre la voie à une gestion efficace des appels de puissance
et de l’énergie, appelée « charge intelligente » ou « smart charging. En effet, cette
modulation de puissance peut être réalisée de manière dynamique en mode 3.
Cependant, cette modulation de puissance doit être mise en œuvre en assurant la
transparence du service pour le client. Les échanges de données par internet fourniront aux
clients une information dynamique adaptée sur les caractéristiques du service rendu par une
borne (cf. chapitre VIII. « Itinérance des recharges par l’interopérabilité des services»).
Les évolutions en cours (norme ISO/CEI 15118), prévoient d’introduire une capacité de
communication numérique de haut niveau entre le véhicule et la borne. Cette communication
renforcera les possibilités de gestion dynamique exposées ci-dessus et permettra aussi
l’automatisation de services tels que l’identification du client et le paiement.
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 15 sur 36
III. L’infrastructure de recharge :
les recommandations d'usage et de configuration
1. Les usages
Le retour d'expérience sur les usages montre qu'il existe en fait deux types de station de
recharge : celle vers laquelle on se dirige pour recharger la batterie rapidement et que l'on
quitte ensuite et celle associée à une place de stationnement de longue durée.
Ce deuxième type doit être envisagé, hors parkings publics, dans les zones résidentielles
pour permettre aux utilisateurs de véhicules électriques, ne disposant pas de garage
particulier, de pouvoir recharger la batterie pendant la nuit. De la même manière, une telle
configuration peut être retenue dans les zones d'activités pour permettre aux salariés de
recharger leur véhicule pendant les heures de travail, dans la mesure où chaque entreprise
ne dispose pas toujours des espaces nécessaires.
En fonction des usages, la recharge normale standard (3,7 kVA ou 7 kVA) est à considérer
pour tous les lieux de stationnement autorisés pour une durée longue (plusieurs heures),
notamment pour le stationnement de nuit. En effet, cette puissance est suffisante pour
regagner une autonomie compatible avec la très grande majorité des besoins (près de 20 km
regagnés par heure de recharge).
Inversement, la recharge rapide à courant continu ou alternatif (>43 kVA) doit être organisée
avec un stationnement limité à la durée maximale utile d’une borne rapide (ordre de
grandeur 30 minutes), afin notamment d’optimiser le taux de rotation des utilisateurs et
d’amortir ainsi plus efficacement un équipement par nature coûteux en investissement.
La recharge normale accélérée en courant alternatif (22 kVA, permettant de regagner plus
de 100 km par heure de recharge) doit être considérée comme une option alternative à la
recharge normale standard. Les bornes de ce type peuvent fournir toutes les puissances
entre 3,7 et 22 KVA, permettant de charger tous les véhicules qui se chargent en mode 3, à
la puissance dont est capable ce véhicule. Le surcoût d’une borne en courant alternatif 22
kVA par rapport à une borne 3,7 kVA tient au dimensionnement du réseau qui l’alimente, aux
travaux de raccordement ainsi qu’aux protections liées au courant triphasé.
Des offres de véhicules capables de se charger à des puissances intermédiaires (7 kVA par
exemple) apparaissent. Si le dimensionnement du réseau le permet, il peut être envisagé de
dimensionner tout ou partie des points de charge à 22 kVA (par exemple au moins 2 points
d’une station de 6 points de charge) sans nécessairement dimensionner le raccordement au
réseau pour la somme des puissances de toutes les bornes, en dotant l’installation d’une
gestion de la puissance appelée par chaque borne en fonction des besoins des véhicules
stationnés (voir chapitre II.2.). Cette souplesse dans la conception des stations permet ainsi
la meilleure couverture possible des besoins sur un territoire, à coût contenu.
2. Approche énergétique
La question énergétique est essentielle pour réussir la finalité éco-environnementale de la
mobilité électrique et faire le lien avec la transition énergétique, en visant :
• l’efficacité énergétique,
• la réduction de la production de CO2 et de la pollution,
• la minimisation des coûts et de l’impact environnemental du système
électrique.
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 16 sur 36
Le regroupement de plusieurs points de charge publics derrière un même point de
raccordement au réseau public de distribution et la mise en place d’une gestion de l'énergie
doivent être privilégiés. L'utilisation de la flexibilité de la puissance de chaque point de
charge, spécialement sur les bornes 3,7-22 kVA AC, permettra un pilotage intelligent des
recharges pour satisfaire le besoin de chaque utilisateur tout en prenant en compte les
contraintes économiques et environnementales de la production et de l’acheminement de
l’électricité.
Ces dispositions pourront être d’autant mieux exploitées si les utilisateurs s’inscrivent dans la
nouvelle pratique de brancher leur véhicule chaque fois qu’ils s’arrêtent un temps
significativement long pour réduire la durée de récupération de l’autonomie du véhicule
(parce que le véhicule n’est pas complètement déchargé) et favoriser l’utilisation d’électricité
produite et acheminée en heures creuses, avec un tarif moins cher.
3. Configurations recommandées
En fonction notamment de la disposition des places de stationnement, différentes
configurations de stations de recharge peuvent être envisagées pour l’installation et le
raccordement des bornes.
Les trois configurations généralement déployées sont les suivantes:
• configuration 1 : une seule borne avec deux points de charge pour un seul
point de livraison raccordé au réseau de distribution d’électricité;
• configuration 2 : un borne principale « totem » avec monétique intégrée, plus
deux bornes associées, offrant ainsi six points de charge pour un seul point de
livraison d’électricité;
• configuration 3 : une borne principale « totem », plus cinq bornes associées
offrant douze points de charge pour un seul point de livraison d’électricité.
En raison des coûts de raccordement pouvant devenir significatifs avec des niveaux de
puissance élevés, une configuration 1 pourrait être recommandée uniquement pour des lieux
très ciblés où la structure du parc de stationnement ne permet pas de mutualiser un point de
livraison sur plusieurs points de recharge, ainsi que les frais de génie civil.
La configuration 2 est plutôt recommandée en voirie, avec un nombre de places dédiées aux
véhicules rechargeables qui demeure limité (6) tout en optimisant les coûts de raccordement.
La configuration 3 est davantage adaptée au stationnement en parkings publics ou privés
(centre commerciaux, par exemple), compte tenu du nombre élevé de places de
stationnement impliquées.
Pour les stationnements en bâtiments et sous-sol, l’aménagement répond aux conditions
d’une installation électrique intérieure. Il est réalisé en partant du tableau de répartition qui
alimente le bâtiment. Dans tous les cas, il convient de déterminer la puissance de
raccordement (ou son augmentation pour un raccordement existant, si nécessaire) à
demander au Gestionnaire de Réseau public de Distribution (GRD).
De même, il convient de déterminer la puissance à souscrire pour le contrat de fourniture. La
puissance de raccordement et la puissance souscrite dépendent des possibilités de
foisonnement des différentes bornes installées derrière le point de livraison (entre les bornes
elles-mêmes et avec les autres usages de l’électricité). Dans ce cadre, un gestionnaire
d’énergie doit être installé pour réguler ces différents usages afin d’optimiser les coûts
énergétiques.
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 17 sur 36
4. Cas particulier d'une localisation en parking souterrain
Les essais réalisés sous la houlette de l’INERIS sur les principaux types de véhicules
électriques commercialisés en France ont montré un comportement comparable à celui d’un
véhicule thermique classique en cas d’incendie, notamment en ce qui concerne les produits
toxiques émis en nature et en quantité. Toutefois, compte tenu du caractère chimiquement
actif d'un véhicule électrique pendant sa charge, il est préconisé de localiser les points de
charge aux étages supérieurs (1er sous-sol et au-dessus), conformément aux dispositions du
Cahier des charges relatif a l'installation d'infrastructures de charge pour les véhicules
électriques ou véhicules hybrides rechargeables dans les parcs de stationnement couverts
recevant du public ou intégrés a un immeuble de grande hauteur adopté le 2 février 2012 par
la commission centrale de sécurité, qui est le texte de référence en la matière, applicable sur
l'ensemble du territoire (voir Annexe C.).
5. Signalisation
Par arrêté du 22 décembre 2014, une signalisation spécifique du service de recharge des
véhicules électriques a été créée. Il s'agit d'une série de panneaux de type CE indiquant la
présence ou la proximité d'un poste de recharge de véhicules électriques ainsi que deux
panneaux de type ID permettant l'indication de direction d'un poste de recharge de véhicules
électriques.
Afin de garantir la liberté d'accès des véhicules rechargeables aux points de charge, il est
recommandé de protéger chaque emplacement par une signalisation réglementaire telle que
définie aux articles 2-1 et 8 de l'arrêté du 24 novembre 1967 modifié, relatif à la signalisation
des routes et autoroutes. La signalisation verticale se compose d’un panneau (B6a1) qui
réglemente le stationnement et d’un panonceau (M6i) qui signale que le stationnement est
réservé aux véhicules électriques pendant la durée de recharge de leurs accumulateurs. La
signalisation horizontale est matérialisée par un pictogramme reproduit ci-dessous, peint en
blanc sur les limites de l'emplacement du stationnement.
B6a1 + M6i
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 18 sur 36
6. Installation des dispositifs de charge
L’AFNOR a publié un guide pour l’installation des dispositifs de charge. Ce guide, destiné
aux professionnels, décrit l’ensemble des recommandations nécessaires et a été établi sous
l’égide de l’Union Technique de l’Électricité. Il est disponible sur le site de l’AFNOR: Guide
UTE sur les installations de recharge des véhicules électriques par prise de courant
(référence UTE C 15-722/17-722) en cours de mise à jour avec référence au socle de prise
de type 2-2S au lieu du type 3.
Ce nouveau guide concerne les circuits à courant alternatif à basse tension destinés à
alimenter les socles de prise de courant ou bornes de charge de véhicules électriques ou
hybrides rechargeables lors de la création, de l'extension ou de la modification d'une
infrastructure de recharge de véhicules électriques dans une installation nouvelle ou
existante. Ces règles ne s'appliquent pas aux chargeurs externes (délivrant du courant
continu en mode de charge 4).
Ce guide pratique est organisé en trois parties :
• les règles communes, qui précisent notamment le domaine d'application et les
références normatives;
• les règles particulières aux circuits destinés à la charge des véhicules électriques à
l'intérieur des bâtiments, notamment:
pour une maison individuelle (intérieur et extérieur), issus du tableau de
répartition principal ou d'un tableau divisionnaire;
pour un bâtiment collectif d'habitation, issus:
- du tableau de répartition principal des parties communes (TGBT),
- ou d'un tableau divisionnaire des parties communes;
- ou d'un tableau de répartition d'un logement;
- ou d'un branchement suivant la NF C 14-100.
pour un bâtiment soumis à la législation du travail ou pour les Etablissements
recevant du Public (ERP), issus:
- du tableau de répartition principal des parties communes (TGBT);
- ou d'un tableau divisionnaire des parties communes;
- ou d'un branchement suivant la NF C 14-100.
• Les règles particulières aux installations extérieures, notamment les installations
situées sur les voies ou les parcs de stationnement publics ou privés en plein air.
IV. La maintenance
Le maintien en bon état de fonctionnement des réseaux de recharge est un impératif clé
pour la crédibilité de l’écosystème du véhicule électrique.
D’une part, une borne hors service est potentiellement synonyme de panne pour l’utilisateur,
voire de danger électrique, d’autre part, la présence de bornes hors d’usage contribue à
décrédibiliser tout le réseau, puisque celui-ci est fait pour garantir tout risque de « panne
sèche ».
Il est donc fondamental que le maître d’ouvrage d’un parc de points de recharge souscrive
un contrat de maintenance adapté, basé sur une part de maintenance préventive et sur des
engagements liés à la criticité de la panne en fonction de la configuration :
• le plus critique est un point de charge rapide isolé dont le choix par le conducteur est
généralement lié à une urgence de déplacement et dont l’isolement n’offre pas de
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 19 sur 36
solution de rechange au client. Une remise en état à très court terme est nécessaire
(ordre de grandeur à titre indicatif : 2 heures) avec un dépannage du client.
• le point de charge normale isolé vient en second avec une intervention souhaitée en
moins d’une journée
• les points de charge « en grappe » sont naturellement moins critiques, mais doivent
être remis en fonctionnement dans les délais les plus courts.
Dans tous les cas, la vérification de la sécurité électrique est un impératif absolu en cas
d’incident.
Cette maintenance doit s’appuyer sur une télésurveillance d’état des points de charge,
associée à leur télégestion. Le système d’itinérance des services en cours de
développement permettra à terme d'informer l'utilisateur en temps réel de l'indisponibilité
éventuelle d'un point de charge et de son rétablissement (voir chapitre VII.).
1. Le raccordement au réseau
Les bornes de recharge sont généralement groupées en îlots raccordés à un point de
livraison du réseau de distribution, ce point de livraison pouvant aussi alimenter d’autres
usages.
Dans le cadre d’un projet de déploiement d’infrastructures de recharge, ERDF et les
entreprises locales de distribution (ELD) qui ont la responsabilité du service public de la
distribution d’électricité, assument de ce fait les travaux de raccordement jusqu’au point de
livraison.
Les travaux (génie civil, câblage, etc.) relatifs à l’aval du point de raccordement/compteur
sont donc du ressort du maître d’ouvrage.
Afin d’assurer la disponibilité de la puissance requise aux points de livraison, le déploiement
de l’infrastructure de recharge peut nécessiter un renforcement des différents maillons du
réseau en amont (ligne à moyenne tension, lignes à basse tension, poste moyenne tension/
basse tension, etc.). L’ampleur et les coûts de ces renforcements varient en fonction de la
puissance requise, de la localisation des points de charge et de leur utilisation par les
véhicules (lieux et heures de recharge). Suivant la situation locale du réseau considéré pour
le déploiement de l’infrastructure de recharge et les puissances envisagées aux points de
livraison, le coût de renforcement peut varier considérablement de même que son délai de
réalisation. Le projet d’aménagement de l’infrastructure doit donc être conduit en
concertation avec le gestionnaire du réseau de distribution local pour trouver la meilleure
adéquation entre les besoins et les situations des réseaux et lui permettre de planifier les
renforcements en fonction d’une prévision raisonnable de l’utilisation des bornes.
2. La fourniture d’électricité
Afin de s’approvisionner en électricité, le gestionnaire/opérateur souscrit un contrat de
fourniture avec le fournisseur de son choix, au point de livraison auquel sont raccordées les
bornes. Le gestionnaire de réseau public de distribution (GRD) installe et gère le compteur
du point de livraison et transmet les données de consommation au fournisseur choisi pour
que celui-ci facture l’opérateur des points de charge. L’opérateur intègre le prix de l'électricité
dans le prix du service de recharge qu’il fait payer au client final. Ce prix peut être modulé en
fonction de différents paramètres : durée de stationnement, heure de la journée, niveau de
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 20 sur 36
puissance de charge, consommation d’électricité mesurée par un sous-comptage dans le
point de charge, abonnement, etc.
En ce sens, l’utilisateur final des points de charge ne souscrit pas, à cette occasion, un
contrat de fourniture d’électricité et n’achète pas de l’électricité (facturation au kWh) mais
rémunère un service de recharge qui inclut l’électricité.
6
Radio Frequency Identification
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 21 sur 36
Si les infrastructures de recharge électrique s’articulent autour de matériels existants
(horodateurs, caisse de parking ou de commerce, automate de distribution de titres de
transport ou autres) déjà équipés de moyens de paiement (pièces, cartes bancaires,
paiement par téléphone mobile etc.), ceux-ci pourront être utilisés pour payer la recharge.
Ces équipements sont généralement gérés par des opérateurs spécialisés.
Les kiosques sur voie publique pour le paiement du stationnement, dans leur version
moderne, sont télé-gérés par un opérateur, de telle sorte qu’il est possible d’organiser leur
utilisation pour autoriser l’accès à des bornes de recharge situées à proximité et ainsi leur
faire jouer le rôle du « totem » de la station de recharge.
A cet effet, l’opérateur de recharge s’associe à l’opérateur de ces kiosques pour que le
paiement au kiosque par l’utilisateur permette de déverrouiller le point de charge. Ceci
implique une communication en temps réel entre le kiosque et l’opérateur de paiement, entre
l’opérateur de paiement et l’opérateur de recharge et entre l’opérateur de recharge et les
points de charge.
Cette capacité de communication s’impose en toutes hypothèses pour ménager les options
d’avenir, spécialement l’interopérabilité entre tous les opérateurs de la mobilité électrique
(voir chapitre VIII.).
Enfin il convient de rappeler que la directive européenne approuvée le 22 octobre 2014,
stipule (art 4.9) que l’opérateur des bornes doit pouvoir autoriser la recharge et le paiement
par des utilisateurs n’ayant pas souscrit de contrat avec lui.
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 22 sur 36
VIII. Itinérance des recharges par l’interopérabilité des services
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 23 sur 36
minima, permettre l'usage de cartes RFID compatibles avec l'ISO 14443-A de type
Mifare (Ultralight, Classic, Desfire, d’autres normes pouvant être prises en compte,
telles que Calypso, NFC, EMVCo, à l’initiative de l’aménageur). De plus l’indication
d’un numéro d'appel ou d’une adresse URL (avec QR code) doit permettre de joindre
l’opérateur par téléphone ou internet via un téléphone mobile.
• l’exploitant et son opérateur doivent s'engager à ouvrir l'usage du service de recharge
aux personnes dépourvues de liens contractuels avec eux ou leurs éventuels
délégataires, y compris celles ayant souscrit un contrat avec d'autres opérateurs,
sans exclusive, selon des conditions commerciales et techniques à définir (itinérance
de la recharge). A cet effet, l’exploitant et son opérateur doivent s’engager à
implémenter les protocoles de communication ouverts permettant l’échange entre
opérateurs des données nécessaires à l’interopérabilité du service, directement ou
via une plateforme d’interopérabilité multi-opérateurs. Ce type de plateforme doit
permettre de traiter de manière neutre et non discriminatoire l'ensemble des
opérateurs souhaitant se connecter à ses services, en adoptant notamment une
communication transparente auprès de ceux-ci quant aux conditions techniques,
contractuelles et financières de connexion à la plateforme. Elle doit agir en tiers de
confiance dans les échanges inter-opérateurs.
• Les données de l’IRVE gérées par l’exploitant et son opérateur doivent s’inspirer en
structure et en contenu des descripteurs de stations (ou zones) de charge, bornes de
charge, points de charge, connecteurs etc.) tels que décrits en Annexe B.1.
• le système de supervision de l’IRVE déployée doit pouvoir communiquer des
identifiants tels que décrits en Annexe B.2.1 & B.2.2, pour :
les stations (ou zones) de charge
les points de charge
• si l’exploitant souhaite mettre en place pour ses usagers une offre de services
donnant accès à l’IRVE, son système doit pouvoir communiquer des identifiants tels
que décrits en Annexe B.2.3 & B.2.4 pour:
les contrats de service donnant accès au service de recharge sur son IRVE
les badges (et tous les dispositifs d’authentification physique utilisables)
associés à ces contrats.
Les bornes de recharge doivent être visibles pour en permettre un accès facile. Elles ont
vocation à être intégrées au système d’itinérance des services (« roaming ») en cours de
développement (voir chapitre précédent).
Tout porteur d'un projet d'IRVE ouverte au public se doit, au fur et à mesure de la mise en
service des stations, de transmettre systématiquement, sous forme d'un tableau mis à jour, à
la plateforme gouvernementale ouverte des données publiques (www.data.gouv.fr), les
informations statiques relatives aux caractéristiques des installations selon le schéma décrit
en Annexe A.
Par ailleurs, dès le premier aménagement des bornes de recharge, il convient de les doter
d’un moyen de contrôle d’accès et de paiement comme exposé au chapitre VI., même si
l’aménageur prévoit une phase de gratuité au démarrage compte tenu du faible nombre
d’utilisateurs. L’objectif est en effet de réussir l’envol du marché de l’électromobilité et donc
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 24 sur 36
de couvrir à terme les coûts par des recettes. De ce fait, il est recommandé d’adosser tout
système de bornes de recharge à un superviseur qui gèrera les paiements ainsi que les
informations relatives à la disponibilité et la réservation des bornes notamment.
La réglementation, les normes et les standards sont indispensables pour que les véhicules
électriques et hybrides rechargeables soient un succès, tant auprès des usagers qu’en
termes de réduction des coûts et des impacts environnementaux (gaz à effet de serre,
pollution aérienne et sonore, fluidité du trafic…). Ils doivent contribuer à :
• créer, et imposer si nécessaire, un langage et des métriques communes: termes et
définitions, identification, codification, méthodes de mesure et d’essais, d’autant que
les technologies mises en œuvre sont à la convergence d’industries aux histoires
différentes (mécanique, électrotechnique, informatique, télécoms);
• apprécier, encadrer et communiquer la sécurité, l’impact sur l’environnement et les
performances;
• assurer l’interopérabilité pour l’accès à l’infrastructure de recharge, tant du point de
vue physique que de l’optimisation énergétique et de la communication;
• réduire les coûts de l’industrialisation en créant d’emblée un marché de taille
internationale et favoriser des solutions initiales d’un coût acceptable par le marché et
la société, susceptibles d’évoluer pour épouser les progrès et les innovations;
• sécuriser l’utilisation, gage de confiance et de fidélisation de l’usager;
• soutenir les modèles d’affaire innovants qui vont être mis en œuvre;
• fournir les outils et les moyens de mesure et/ou de contrôle pour une politique
d’incitation et d’encadrement par les pouvoirs publics (soutien aux infrastructures,
régime préférentiel pour le véhicule électrique, taxation différenciée de l’électricité
consommée, flexibilité du réseau de production, de transport et de distribution de
l’électricité, achats publics…).
L' Annexe D. dresse un état des lieux et les perspectives à moyen terme pour l’ensemble
des aspects règlementaires et normatifs du véhicule électrique, les deux volets étant
étroitement liés.
•
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 25 sur 36
Annexes
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 26 sur 36
A. Données statiques de l’IRVE à transmettre à la plateforme
ouverte des données publiques (www.data.gouv.fr)
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 27 sur 36
B.1. Modèle indicatif de données pour la description des
infrastructures de recharge 7
7 Référentiel établi par GIREVE (www.gireve.com) sur la base d'une concertation européenne en cours dans le cadre de l'organisation eMI3 : il a vocation à
servir de futur modèle commun aux opérateurs européens d’interopérabilité.
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 28 sur 36
B.2. Codification des identifiants
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 29 sur 36
<ID ext Contrat> = <Code Pays> <S> <ID Opérateur mobilité> <S> <ID Type> <ID int contrat> <S>
<Check Digit> avec:
Nota : Alors que le < ID Opérateur mobilité > doit être défini par une autorité centrale ou sur accord
des différents opérateurs entre eux, chaque opérateur d’IRVE peut librement définir le <ID int Contrat
> dans le respect des quelques règles ci-dessus.
B.2.4 Codification de l’identifiant d’un badge d’accès au service associé à un contrat (ou tout
autre moyen d’authentification du service)
Exemple d’identifiant de média d’authentification valide: “01*B9AACA2B3C4D5NBGC5TY7”, avec:
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 30 sur 36
C. Cahier des charges relatif à l’installation d’infrastructures de
recharge pour les véhicules électriques dans les parcs de
stationnement couverts recevant du public ou intégrés à un
immeuble de grande hauteur.
Relevé des Avis de la réunion du 2 février 2012
de la sous‐commission permanente de la Commission Centrale de Sécurité
.../...
Les membres de la CCS valident le cahier des charges relatif à l’installation d’infrastructures de recharge pour les
véhicules électriques dans les parcs de stationnement couverts recevant du public ou intégrés à un immeuble de grande
hauteur, dans la rédaction suivante :
N.B :
Ce cahier des charges s’inscrit dans la procédure d’adaptation et d’amélioration des règles de sécurité conformément aux
dispositions de l’article GN 4 § 2 du règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique.
Conformément aux dispositions de l’article R122‐12 du Code de la construction et de l’habitation, la commission centrale
de sécurité a émis un avis favorable à l’application du cahier des charges aux parcs de stationnement d’immeubles de
grande hauteur.
SOMMAIRE
Chapitre premier – Généralités
Article 1er – Domaine d’application
Article 2 – Terminologie et définitions
Article 3 – Responsabilité du propriétaire et de l’exploitant
Article 4 – Nombre de véhicules et restrictions d’implantation
Article 5 – Configurations d’exploitation
Article 6 – Vérifications techniques des installations
Article 7 – Contrôle des établissements
Chapitre II – Installation des points de charge électrique
Section 1
Conception et desserte des bâtiments
Article 8 – Voies d’accès des secours à l’établissement
Section 2
Postes de charge électrique isolés
Article 9 – Règles d’implantation
Section 3
Postes de charge électrique regroupés
Article 10 – Règles d’implantation
Section 4
Surveillance et plan d’intervention
Article 11 – Surveillance
Article 12 – Plan intervention
•
Chapitre premier – Généralités
Article 1er
Domaine d’application
§ 1. Le présent cahier des charges est rédigé dans le cadre des dispositions de l’article GN 4, paragraphe 2 du règlement de
sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les établissements recevant du public (arrêté du 25 juin 1980
modifié) pour répondre à un nouveau risque qui est introduit dans les parcs de stationnement couverts (feux de batteries
de véhicules électriques ou hybrides rechargeables sur des emplacements dédiés à la recharge des batteries).
Ce cahier des charges est également applicable aux parcs de stationnement couverts intégrés aux immeubles de grande
hauteur (arrêtés du 18 octobre 1977 et du 30 décembre 2011).
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 31 sur 36
Sont exclus du champ d’application les parcs de stationnement couverts liés exclusivement à un bâtiment d’habitation ou à
un bâtiment relevant du code du travail.
§ 2. Les dispositions du présent cahier des charges viennent en aggravation de l’article PS 23 de l’arrêté du 9 mai 2006
modifié.
§ 3. Les dispositions du présent document sont applicables à tous les établissements de type parc de stationnement couvert
(type PS) à construire ou à modifier, qui engagent des travaux de réalisation d’infrastructures dédiées à la charge des
véhicules électriques ou hybrides rechargeables (application du GN 10). Les points de charge électrique existants, dont
l’implantation a été autorisée par l’administration, sont considérés conformes à la réglementation applicable au moment de
leur installation et ne sont pas concernés par les obligations du cahier des charges.
§°4: Toute modification du présent cahier des charges doit être validée par la commission centrale de sécurité.
§°5. Les demandes de dérogations aux règles édictées ci‐dessous sont étudiées par la commission de sécurité compétente.
Article 2
Terminologie et définitions
Pour l’application du présent cahier des charges, on appelle :
Point de charge : prise individuelle permettant la charge d’un véhicule électrique ou hybride rechargeable sur un
emplacement de stationnement.
Station de charge: ensemble d’emplacements de stationnement contigus permettant la charge de véhicules électriques ou
hybrides rechargeables.
Infrastructure de charge électrique : Ensemble de matériels tels que circuit d’alimentation électrique, socles des prises de
courant, bornes, grappes de bornes, point d’interface utilisateur, systèmes de supervision et de facturation destinés à la
charge des véhicules électriques ou hybrides rechargeables.
Charge normale (lente) : Action qui permet la pleine charge d'une batterie vide sur une durée de 8 à 10 heures environ pour
un véhicule électrique ou d’une durée de une ou deux heures pour un véhicule hydride rechargeable. Cette action est
réalisée sous une tension classique du réseau de 230V avec un ampérage variant de 8 à 16 ampères, soit une puissance
nominale du poste de charge de 3,7 kVA.
Charge accélérée ou semi‐rapide : Action qui permet la pleine charge d’une batterie vide de véhicule électrique en quelques
heures. La puissance nominale du poste de charge est de 20 à 23 kVA.
Charge rapide : Action qui permet de charger à 80 % une batterie vide de véhicule électrique en 30 minutes environ et
d'atteindre la pleine charge de la batterie par la charge normale en une ou deux heures. La puissance nominale du poste de
charge est de 43 kVA.
Niveau de référence : niveau de voirie desservant la construction et utilisable par les engins des services publics de secours
et de lutte contre l’incendie. (c§ article PS 3 de l’arrêté du 9 mai 2006).
Article 3
Responsabilité du propriétaire et de l’exploitant
En rappel des dispositions des articles R. 123‐43 et R122‐14 à R122‐18 du code de la construction et de l’habitation, les
infrastructures de charge électrique pour les véhicules électriques et hybrides rechargeables sont réalisées sous la
responsabilité du propriétaire et de l’exploitant.
Article 4
Nombre de prises, puissance de l’installation et restrictions d’implantation
§.1 ‐ Les emplacements isolés accueillant un point de charge ou les stations de charge électrique ne peuvent être installés
qu’au rez‐de‐chaussée du parc de stationnement défini par rapport au niveau de référence, au niveau en dessous et au
niveau au dessus, à l’exclusion des autres niveaux.
Toutefois, cette limitation ne s’applique pas lorsque les points de charge ou les stations de charge électrique sont installés
dans les cas suivants :
• dans les parcs de stationnement largement ventilés (PSLV) répondant aux dispositions de l’article PS 3;
• en toiture terrasse (à l’air libre) des parcs de stationnement si les infrastructures de charge de véhicules
électriques sont implantées à plus de huit mètres de tout bâtiment tiers, des dégagements, locaux ou
installations techniques;
• dans les parcs de stationnement disposant d’une installation d’extinction automatique à eau de type
sprinkleur ou par brouillard d’eau, qui couvre la totalité des points de charge ou station de charge électrique.
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 32 sur 36
Dans les cas d’atténuation ci‐dessus, des colonnes sèches sont installées à tous les niveaux dans les escaliers ou les sas
d’accès au compartiment concerné par les emplacements isolés ou les stations de charge électrique, pour une mise en
œuvre rapide de moyens d’extinction par les services d’incendie et de secours.
En aggravation des dispositions du présent paragraphe, pour les parcs de stationnement ne répondant pas aux exigences du
PS 5, l’installation de points de charge est limitée au rez‐de‐chaussée (niveau le plus proche du niveau voirie).
§.2 – La mise en place d’infrastructures de charge de véhicules électriques doit respecter simultanément les deux
conditions suivantes :
• 20 points de charge maximum par compartiment au sens de l’article PS 12;
• 125 kVA de puissance maximum simultanément délivrable par compartiment au sens de l’article PS 12.
§.3 – Les locaux regroupant les installations techniques et électriques sont conformes à l’article PS 9.
§.4 – Les points de charge rapide ne sont autorisés qu’aux emplacements non couverts.
Article 5
Conditions d’exploitation
L’exploitant détermine les conditions d’exploitation des installations d’infrastructures de charge électrique, validées par
l’autorité de police, après avis de la commission de sécurité compétente.
Les modalités d’exploitation des infrastructures de charge (ou des points de charge) sont annexées au registre de sécurité
de l’établissement.
Article 6
Vérifications techniques des infrastructures
Les infrastructures de charge électrique sont vérifiées dans le cadre des maintenance et vérifications prévues à l’article PS
32.
Article 7
Contrôle des infrastructures par les commissions de sécurité
L’installation est vérifiée dans le cadre des contrôles par les commissions de sécurité, prévus à l’article PS 33.
Chapitre II – Implantation de postes de charge électrique
Section 1
Conception et desserte des bâtiments
Article 8
Voie d’accès des secours à l’établissement
Le parc de stationnement est desservi, au niveau de référence, par au moins une voie utilisable en permanence par les
engins des services publics de lutte contre l’incendie et de secours conformément aux dispositions de l’article CO 2, §1 de
l’arrêté du 25 juin 1980 modifié.
Section 2
Point de charge électrique isolé
Article 9
Règles d’implantation
Lorsque les points de charge ne sont pas regroupés en un même lieu dans le parc de stationnement, ils doivent répondre
aux exigences minimales suivantes :
• être clairement identifiés comme emplacements de charge électrique;
• chaque emplacement accueillant un point de charge doit être séparé par au moins 6 emplacements non
dédiés à la charge électrique ou par une distance minimale de 15 mètres;
• un extincteur à eau de 6 kg doit être disposé à proximité de chaque emplacement accueillant un point de
charge;
• une coupure d’urgence générale de l’alimentation électrique des points de charge est obligatoire. Elle est
soit centralisée au poste d’exploitation du parc, soit implantée à proximité des commandes de désenfumage
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 33 sur 36
du parc (article PS 18 §4.4). Dans le cas d'une surveillance déportée prévue à l'article PS 25 §3, l'implantation
de la coupure d’urgence générale de l’alimentation électrique des points de charge fait l'objet d'un avis
préalable de la commission de sécurité compétente. Les organes de coupure sont identifiés et faciles d’accès.
Section 3
Station de charge électrique
Article 10
Règles d’implantation
§.1 ‐ Les stations de charge doivent répondre aux exigences minimales suivantes :
• les emplacements doivent être matérialisés ;
• 10 points de charge maximum par station ;
• la station de charge doit être séparée des autres emplacements contigus par des parois pare‐flammes de
degré une heure ou E 60 (RE 60 en cas de murs porteurs) ; cet aménagement ne doit pas nuire à l’efficacité
du système de désenfumage défini à l’article PS 18 paragraphe 1 ;
• deux extincteurs à eau de 6 kg doivent être disposés à proximité de l’emprise des postes de charge
électrique;
• une coupure d’urgence générale de l’alimentation électrique des points de charge est obligatoire. Elle est
soit centralisée au poste d’exploitation du parc, soit implantée à proximité des commandes de désenfumage
du parc (article PS 18 §4.4). Dans le cas d'une surveillance déportée prévue à l'article PS 25 §3, l'implantation
de la coupure d’urgence générale de l’alimentation électrique des points de charge fait l'objet d'un avis
préalable de la commission de sécurité compétente. Les organes de coupure sont identifiés et faciles d’accès.
En atténuation du présent paragraphe, si le parc de stationnement dispose d’un système d’extinction automatique à eau
couvrant la totalité de l’emprise des emplacements de la station de charge, les parois pare‐flammes une heure ou E 60 (RE
60 en cas de murs porteurs) ne sont pas exigibles.
En atténuation du présent paragraphe, si les points de charge sont installés dans les parties non couvertes d’un parc de
stationnement, les parois pare‐flammes une heure ou E 60 (RE 60 en cas de murs porteurs) ne sont pas exigibles.
§.2 – Lorsqu’un parc de stationnement ne respecte pas les conditions de l’article PS 6, les structures du parc de
stationnement situées dans l’emprise de la station de charge électrique et jusqu’à une distance de 8 mètres au‐delà de
cette emprise doivent être stables au feu de degré une heure ou R 60 au minimum par projection horizontale (volume de
protection).
Section 4
Surveillance et plan d’intervention
Article 11
Surveillance
La surveillance s’effectue dans les conditions mentionnées à l’article PS 25.
Pour les parcs qui ne font pas l’objet d’une surveillance humaine permanente sur site, un système de vidéosurveillance est
mis en place au niveau des stations et des points de charge.
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 34 sur 36
D. Réglementation, normes et standards: évaluation de la
conformité
1. Point sur les Normes
Les Normes sur VE et son interface (Normes CEI reprise en Normes EN)
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 35 sur 36
2. État de révision des normes
• CEI 60309: RAS
• CEI 62196-1 & -2: En révision intégrant la prise T2S (EN publiée en 2014)
• NF C 15-100 : Installation électrique : décembre 2013 nouvelle publication avec
intégration des amendements.
• ISO CEI 15-118-X : Communication entre véhicule et borne
Partie 1 : Information générale et définitions – Publiée en Avril 2014
Partie 2: Messagerie- Vote FDISJanv2014
Partie 3 : Protocole de communication – Vote FDIS Octobre 2014
Partie 4 ; Description couche physique – Vote DIS Juin 2014
Partie 5 : Conformité de la couche physique à la couche de protocole –
Vote DIS en Juin 2014
Partie 6 : Information générale et définition pour une communication
Wireless – Vote CD en Janvier 2014 (FDIS Juillet 2016)
Partie 7 : Protocole de communication en Wireless – Vote CD en
Janvier 2014 (FDIS Juillet 2016)
Partie 8 : Description couche physique en Wireless – Vote CD Janvier
2014 (FDIS en Juillet 2016).
• CEI 61851-X : Partie 1 en révision depuis 2013 – Prise en compte de corrections
de Fonctionnel par rapport aux VE déjà en circulation – Publication prévue en
2015
• Projet CEI 62752 : Cordon Mode Charge 2 – Publication Prévue en 2015
• Projet ISO 17409 Sécurité du VE en Charge – Publication Prévue en 2015
• Performance des Batteries : ISO 12405-3 Sécurité des Batteries – Publiée en
2014
• Maintenance NF 18550: publication prévue en début 2015 et Travaux Sous
Tension NF 18505-2-2 et 18505-2-3 Publiées en 2013.
•
Guide technique pour la conception et l’aménagement des IRVE - Décembre 2014 - Page 36 sur 36