Cours Chimie II
Cours Chimie II
Chapitre 03
Thermodynamique Appliquée aux réactions chimiques
3.1. Introduction
3.2. Principes de la thermodynamique
3.3. Définitions et Terminologie
3.3.1. Définition d’un système
3.3.2. Energie interne d’un système
3.4. Etude d’échange de travail W et de chaleur Q :
3.4.1. Premier principe de la thermodynamique
3.4.2. Enthalpie de formation
3.4.3. Loi de HESS
3.4.4. Loi de Kirchhoff
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Chapitre 01 : Les équilibres ioniques
Auto-ionisation de l’eau
L’eau est très utilisée comme solvant. La structure de sa molécule lui confère un caractère
amphotère (capable de se comporter comme acide en présence d’une base et comme base en
présence d’un acide) :
L’équilibre de l’auto-ionisation s’écrit :
2H2O ====== H3O+ + OH-
A l’équilibre les concentrations en H3O+ et OH- sont liées par la constante d’équilibre dite : produit
ionique de l’eau : Ke = [H3O+ ]x[OH-] = 10-14 à 25 °C (1.1)
1.3. Force des acides et des bases
La force des acides et des bases est directement à leur constante d’équilibre Ka et Kb. En effet, la
mise en solution d’un acide faible AH ou d’une base faible BOH conduira aux équilibres suivants :
Acide + H2O =========== base + H3O+ et Base + H2O ====== acide + OH-
A l’équilibre : Ka = [H3O+ ]x[base] / [Acide] et Kb = [acide ]x[OH-]/ [Base]
Ou bien pKa = - Log Ka et pKb = - log Kb
Pour toute constante d’équilibre Ka < à 1 donc un pKa > 0 l’acide est faible
Le coefficient de dissociation d’un acide faible (ou d’une base faible) représente le rapport entre la
proportion de l’acide dissocié et non dissocié :
0≤α≤ 1
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L’équilibre de dissociation de l’acide s’écrit:
HA A- + H3O+
A t= 0 C0 0 0
A t= t équilibre C0 (1-α) C0 α C0α
Ka ͌ C0 α2 d’où α = (Ka/C0)1/2
En conclusion
Si α= 1 : la dissociation est totale (complète) et l’acide (ou la base) est fort (e),
Si 0 < α < 1 : la dissociation est partielle (incomplète) et l’acide (ou la base) est faible.
Remarque :
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Plus le milieu est concentré en ions, moins la formule 1.2 est exacte. Si on veut calculer le pH avec
une précision de l’ordre de quelques centièmes d’unité pH, notamment aux concentrations
supérieures à 10–2 mol.L–1, il faut tenir compte des interactions entre ions. Seule la formule
définissant le pH sans restriction de concentrations convient alors : pH = –log10 aH3O+ (1.4)
où aH3O+ est l’activité des ions H3O+. Cette grandeur sans dimension est le produit de la
concentration normalisée des ions H3O+ par un coefficient d’activité. Ce dernier prend en compte
les déviations à l’idéalité et peut être calculé de façon assez satisfaisante grâce au modèle de Debye
et Hückel jusqu’aux concentrations de 0,1 mol.L–1.
Important : la mesure du pH grâce à une électrode de verre fournit la valeur exacte du pH, telle
qu’il est défini par la formule (1.4).
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2. pH d’un mélange de deux acides forts A1H et A2H :
pH = - Log (C01 +C02)
Remarque : en solution concentrée, il est possible de négliger la quantité d’ions H3O+ provenant
de la dissociation de l’eau devant celle provenant de la dissociation de l’acide.
Ce qui revient en définitive à négliger le terme [OH-] ce qui donne la concentration des ions [H3O+]=
C01 +C02
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8.3 Base faible + base faible : pH = 7 –1/2 Log (C1/ Ka1 + C2 / Ka2)
ou
pH = pKa + Log([base]/[acide])
Qui ne dépend pas de la dilution c'est-à-dire si on ajoute de l’eau à une solution tampon son
pH ne varie pas : le rapport ([acide]/[base]) reste le même.
Qui ne varie pas ou varie peu par addition modérée d’un acide ou d’une base :
L’acide ajouté réagit avec la base, et la convertit en acide :
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Exemple 01 :
La constante d’acidité de l’acide benzoïque C6H5COOH est Ka = 6.5 10-5.
1. Calculer le pH de la solution obtenue en dissolvant 0,61 g d’acide benzoïque dans 500 ml
d’eau.
2. On dissout dans la solution précédente 0,72 g de Benzoate de Sodium C6H5COONa.
Qu’appelle t- on cette solution ?. Calculer son pH.
On donne : 612C 1
1 H
23
11 Na 8
16
O
Corrigé
1. L’acide benzoïque est un acide faible car son Ka est faible :
pour calculer le pH on applique la formule: pH = ½ (PKa –Log C0)
avec C0 = m/Mm x V = 0.61/122x0.5 = 0.01 mol/l car Mm (C6H5COOH)= (7x12+2x16+6x1)= 122
g/mol
Donc pH= ½ (-Log 6.5.10-5 – Log 0.01)=3.09
2. L’ajout de 0.72 g de Benzoate de sodium C6H5COONa (sel qui donne en solution la base
conjuguée de l’acide benzoïque) à la solution précédente donne un mélange d’un acide faible
C6H5COOH et sa base conjuguée sous forme d’un sel qu’on appelle Solution Tampon
L’expression qui donne le pH pour un mélange tampon s’écrit :
pH = pKa – Log ([Acide]/ [Base]) Où encore : pH = pKa – Log ([C6H5COOH]/ [C6H5COONa])
Avec [C6H5COOH] = 0.01 mol/l (voir calcul question 1)
et [C6H5COONa]= m/Mm x V= 0.72/0.5x144= 0.01 mol/l
Car Mm (C6H5COONa)= (7x12+2x16+5x1+ 1x23)= 144 g/mol
Le mélange est à concentrations égales (équimolaires) donc pH=pKa= -LogKa=- Log 6.5.10-5=4.18
Exemple 02
On considère une solution aqueuse contenant 0,1 mole/l de CH3COOH (pKa = 4,75) et 0,1 mole/l
d’acétate de sodium CH3COO-Na+.
1. Qu’appelle- t-on cette solution ?
2. Déduire son pH
3. A un (1) litre de de cette solution, on ajoute 10 ml d’une solution 0.1 M d’acide Chlorhydrique
HCl. Quelle variation du pH de la solution observe-t-on ?
Corrigé
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-
1. La solution est constituée d’un acide faible CH3COOH et de sa base conjuguée CH3COO
sous forme d’un sel CH3COO- Na+ : Il s’agit d’une solution tampon acétique.
2. pH= ?
pH = pKa – Log ([CH3COOH]/ [CH3COONa])
Une réaction d’oxydoréduction est une transformation qui se caractérise par un transfert
d’électron d’un réducteur vers un oxydant.
Le nombre d’électrons cédés par les espèces réductrices est exactement égal au nombre d’électrons
captés par les espèces oxydantes.
Cela conduit à multiplier les demi-équations par les coefficients adéquats :
n2 [ Ox 1 + n1 e– = Red 1 ]
n1 [ Red 2 = Ox 2 + n2 e– ]
La réaction globale est alors écrite : n2 Ox 1 + n1 Red 2 ====== n1 Ox 2 + n2 Red 1
Un oxydant est une espèce chimique susceptible de gagner un ou plusieurs électrons, lors
d’une réaction durant laquelle il est réduit.
La demi-équation d’une réduction s’écrit :
Oxydant + n e- réducteur
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La demi-équation d’une oxydation s’écrit :
réducteur oxydant + n e-
Les espèces chimiques intervenants dans une demi-réaction forment un couple rédox, qui se
note Ox/red . Par exemple Cu2+/Cu ; MnO4-/Mn2+
Corrigé :
Espèces I2 IO3- I- IO4- IO2- I2O32-
n.o (I) 0 +5 -1 +7 +3 +2
Ion complexe : Ion complexe : Ion complexe :
Ion complexe :
Molécule neutre : ion simple no(I)+4no(O)=- no(I)+2no(O)=- 2 n.o(I)+ 3
explication 2 no(I)=0
no(I)+3no(O)= -1
1 1 n.o(O)=
-2
Principe : Pour équilibrer une réaction d’oxydo-réduction dans un milieu acide (en présence des
ions H+) ou basique (en présence des ions OH-), il faut suivre la démarche suivante :
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Déterminer les éléments dont le nombre d’oxydation est différent entre l’état
initial et l’état final : (déduire le nombre d’électron transféré),
La somme des charges doit-être la même dans l’équation : pour établir l’équilibre
des charges on ajoute du côté déficitaire :
En milieu acide des ions H+,
En milieu basique des ions OH-
Le nombre d’atomes d’Hydrogène H est équilibré en ajoutant le nombre qu’il
faut de H2O,
A la fin on vérifié la conservation des atomes d’oxygènes.
Exemple 01
Ecrire la demi-réaction des couples IO3- /I2 , HOI /I- et MnO4-/Mn2+en milieu acide.
Corrigé :
IO3- + 5 e- + 6H+-------------- I2 + 3 H2O
HOI + 2 e-+ H+ ------------- I- + H2O
MnO4- +5 e- + 8 H+ ----------Mn2+ + 4 H2O
Exemple 02
Corrigé :
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MnSO4 en solution donne Mn2+ et SO42- (ion ne participe pas dans la réaction) : no (Mn) = +2
1. Les équations partielles d’oxydation et de réduction :
Gain d’électrons
8H+ + MnO4- + 5 e- Mn2+ + 4 H2O (1/2 équation n°02)
no (Mn)= +7 Réduction no (Mn)= +2
MnO4- : Oxydant et Mn2+ : Réducteur : (MnO4- /Mn2+)
2. La réaction globale : (1/2 équation n°01) + (1/2 équation n°02)
CH3OH + MnO4- + 3H+ ======== HCOOH + Mn2+ + 3 H2O
2.3.1. Définition
Une pile est un générateur électrochimique dont le fonctionnement est associé à un phénomène
d’oxydoréduction. La pile comporte deux compartiments (demi-piles) dans chacun plonge une
plaque métallique (électrode) :
L’une est le siège de l’oxydation, l’autre le siège de la réduction ;
L’électrode où se produit l’oxydation est appelée anode (-) et constitué le pôle négatif de la pile.
Les électrons sont conduits du réducteur à l’oxydant par un fil métallique extérieur.
L’électrode où se produit la réduction est appelée cathode (+) : C’est le pôle positif de la pile :
A ou
V
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Au niveau de chaque électrode se développe un potentiel : Potentiel d’électrode calculé par
l’équation de NERNST :
Exemple
Une demi-pile est constituée d’une électrode de cuivre immergée dans 50 mL d’une solution de
sulfate de cuivre à 8.10–3 mol.L–1.
Quel est le potentiel de cette électrode à 25 °C ? On donne E° Cu2+/Cu = + 0.34 V.
Corrigé :
Au niveau de cette demi –pile s’effectué la demi réaction suivante :
E Cu2+/Cu = E° Cu2+/Cu + 0,06/2 Log [Cu2+]= +0.34 + 0.06/2 Log 8.10-3 = + 0.27 V
2.32. Force électromotrice (fem) d’une pile : La force électromotrice d’une pile est la valeur
maximale de la différence de potentiel entre la cathode et l’anode:
∆E= f.e.m = EC – EA
Réactions d’oxydo-réduction :
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1. Calcul de la f.e.m de la pile
3. Equilibres de solubilité
2. Les équilibres de Solubilité :
Exemple 01:
Ag2CrO4 === 2 Ag+ + CrO42–
A l’équilibre S0 2 S0 1 S0
Ks= [Ag ] x [CrO4 ] avec S0 = [Ag ] /2 = [CrO42-]
+ 2 2- +
Ks = 4 S03 et S0 =
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Exemple 02:
Pb(IO3)2 === Pb2+ + 2 IO3 –
Ks= [Pb2+ ] x [IO3 – ]2 avec S0 = [Pb2+ ] = [IO3 – ]/ 2
En présence d’un ion commun : l’équilibre 01 sera déplacer dans le sens inverse de la
dissociation donc la solubilité du sel diminue et le produit de solubilité Ks reste
constant.
d’où S =
NB : dans le cas où l’ion commun c’est l’ion Bx- avec une concentration égale à C :
[Ay+]= x S + 0 et [Bx-]= y S+ C donc Ks = [Ay+]x.[Bx-]y = (xS+0)x.(yS+C)y
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d’où S =
Exemple 01
3. Il s’agit d’un calcul de la présence d’un ion commun qui est dans ce cas l’ion Ag+
Pour rappel en présence d’un ion commun la nouvelle solubilité S sera inférieure à celle dans
l’eau S0 (S< S0) et Ks reste constant :
Donc les nouvelles concentrations seront égales à :
[Ag+]= S + 0.118 et [NO2-]= S+0 donc Ks = [Ag+][NO2-]= (S+0.118)*S = 0.118 S
D’où S= Ks/0.118 AN S= 61.27 .10-4 mol/l < à S0
Exemple 02
Sachant que la solubilité du cyanure d’argent AgCN, dans l’eau, est de 1,7 10-6 g pour 100 cm3
1. Calculer la masse nécessaire de ce sel pour préparer une solution saturée de volume 700 cm3.
2. Calculer le produit de solubilité de ce sel.
3. A cette solution on ajoute 15 g de cyanure de potassium KCN. Quelle est la nouvelle solubilité.
Corrigé :
1. il suffit de faire une règle de trois :
100 cm3 de solution saturée de AgCN contient une quantité maximale de 1.7.10-6 g
700 cm3 de solution saturée de AgCN contient une quantité maximale de m g
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d’où m = (700 x 1.7.10-6)/100 = 1.19.10-5 g
2.A la limite de solubilité nous avons l’équilibre suivant:
AgCN ======================= Ag+ + CN-
A l’équilibre S0 S0 S0
Ks = [Ag+][ CN-] = S0 x S0 = S02
avec S0 = 1.7.10-6/0.1= 1.7.10-5 g/l = (1.7.10-5 )/Mm (AgCN)= 1.27.10-7 mol/l
Car Mm (AgCN) =107.9+12+14= 133.9 g/mol d’où Ks = (1.27.10-7)2= 1.61.10-14
3. L’ajout du KCN à la solution saturée de AgCN provoque une diminution de la solubilité de
AgCN : c’est l’effet d’un ion commun : CN- ; Le Ks reste constant :
Et les nouvelles concentrations seront : [Ag+]= S +0 et [CN-]= S + C
avec C = 15/Mm(KCN)=15/(39+12+14)=0.23 mol/l
Ks = S (S+0.23) ͌ 0.23x S d’où S = Ks/0.23 AN S = (1.61.10-14)/0.23= 7.01.10-14 mol/l < S0
Exemple 03
2.Effet du pH :
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En présence des ions H+: l’équilibre 01 sera déplacer dans le sens de la dissociation donc la
solubilité du sel augmente et le produit de solubilité Ks reste constant.
Chapitre 02
La Cinétique Chimique
2.1. Définitions
La cinétique chimique est une branche de la chimie qui s’intéresse à l’étude des vitesses des
réactions chimiques. La connaissance de cette vitesse est d’une grande importance sur le plan
pratique, elle permet de déterminer le degré d’avancement, la durée et le rendement d’une réaction.
2.1.1. Vitesse de réaction
La vitesse d’une réaction est définie par la variation de la concentration d’un réactif ou d’un
produit par rapport au temps : (il s’agit d’une grandeur expérimentale)
La vitesse peut –être exprimée par rapport aux réactifs ou par rapport aux produits selon l’équation
suivante :
V = - 1/a d[A]/dt =- 1/b d[B]/dt = 1/c d[C]/dt = 1/d d[D]/dt
Cette vitesse est proportionnelle aux concentrations des réactifs : V = k [A]α × [B]β
Où k représente la constante de vitesse, caractéristique d’une réaction chimique. Elle dépend de la
température = f(T),
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α: ordre partiel par rapport à A, β: ordre partiel par rapport à B et (α +β) ordre global de la réaction.
L’évolution de de la vitesse d’une réaction est fonction de la concentration de l’un des réactifs
et aussi dépendante de l’ordre.
Pour des réactions ne comportent qu’une seule étape, l’ordre de la réaction est généralement égal à
la molécularité.
La molécularité d’une réaction est le nombre de molécules de réactifs impliquées dans une étape
élémentaire. Une réaction peut-être unimoléculaire (A B ou A B + C ), bimoléculaire ( A
+B AB ou A+B C+D) ou trimoléculaire ( A+B+C P)
Il est à déduire que pour une réaction d’ordre zéro la variation de la concentration du réactif
A est une droite linéaire de pente negative:
Figure 2.1. Variation de la concentration du réactif A en function du temps pour l’ordre zéro
Chimie des solutions et thermodynamique : L’essentiel du cours avec exercices d’application Page 19
Vérification de l’ordre zéro :
* On trace [R] = f (t), si la relation correspond à une droite de pente négative, la réaction est
d’ordre zéro.
Ou
* On calcule la constante de vitesse k à différents instants en utilisant l’Eq 01 : Si le rapport est
constant, la réaction est d’ordre zéro.
Exemple : L’étude cinétique d’une réaction chimique a donné les résultats suivants :
A---------------------- P où A est le réactif et P est le produit formé
Méthode n°01 : Représentation graphique de [A] = f (t) donne une droite de pente négative
Figure 2.2. Variation de la concentration du réactif A en fonction du temps pour l’ordre zéro
k = ([A]0 - [A])/t
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k (mol.l-1/ s) - = (0.16- 0.13)/50 = = (0.16- 0.10)/100 = (0.16- 0.04)/200
0.0006 =0.0006 =0.0006
Conclusion : la constante de vitesse k est la même quelque soit l’instant considére ce qui
correspond à une réaction d’ordre zéro.
2. Réaction d’ordre un
k s’exprime en temps-1
a
b
k = (1/a.t) x ln ([A]0/[A])
Unité : t-1 comme s-1
Vérification de l’ordre 1 :
1. On trace ln ([A]/ [A]0) = f (t), si la courbe est une droite de pente négative, la réaction est
d’ordre 1
2.On calcule 1/a. t (ln ([A]0/[A]) pour différents instants t, si le rapport est constant alors la
réaction est d’ordre1.
Chimie des solutions et thermodynamique : L’essentiel du cours avec exercices d’application Page 21
Exemple :
La cinétique de l’hydrolyse du saccharose (S) a été étudiée à 25°C et un pH = 5 :
Saccharose (S) ----------------- glucose (G) + fructose (F)
La concentration du saccharose (S) en fonction de temps est regroupée dans le tableau suivant :
temps (min) 0 100 250 500
[S] (mol/l) 0,400 0,346 0,278 0,194
Corrigé :
b
b
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2.2. Calcul de la constante de vitesse k
Une réaction d’ordre 2 est bimoléculaire et peut s’écrire sous sa forme la plus simple :
2 A ======= P + P*
P et P* sont des produits et A c’est un réactif.
La courbe 1/ [A]= f( t ) est une droite de pente positive égale à la constant de vitesse k
k= 1/t x (1/[A]-1/[A]0)
Unité : t-1.mol-1 .L
Exemple
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L’étude cinétique de la reaction de décomposition du bromure de nitrosyle NOBr en phase gazeuse:
NOBr (g) → NO (g) + ½ Br2 (g)
A donné les résultats suivants :
Temps (sec) 0 6 11 15 20 25
[NOBr] mol/l 0.025 0.020 0.016 0.014 0.0125 0.010
Vérifier que la réaction est du deuxième ordre par rapport au bromure de nitrosyle puis déterminer
la constante de vitesse de la réaction.
Corrigé : Pour que la cinétique de la réaction soit d’ordre 2, il faut que la courbe 1/[NOBr]= f( t )
soit est une droite de pente positive :
Pour le verifier on complete tout d’abord le tableau par les rapports 1/[NOBr] :
Temps (sec) 0 6 11 15 20 25
[NOBr] mol/l 0.025 0.020 0.016 0.014 0.0125 0.010
1/[NOBr] 40 50 62.5 71.43 80 100
La pente de cette droite est égale à k =1/t x (1/[A]-1/[A]0) = 1/25 x (100-50)= 2 s-1.mol-1 .L
L’ordre d’une reaction chimique peut –être determiné à partir des données expériementales
exprimants la variation de la concentration du réactif A en fonction de temps. En effet, des
Chimie des solutions et thermodynamique : L’essentiel du cours avec exercices d’application Page 24
reactions chimiques sont réalisées à différentes concentrations en réactif A, à partir de
chaque courbe la vitesse initiale est déterminée: cette vitesse est égale à la pente de la
tangente à la courbe [A] = f(temps) au point t=0 (figure 2.6)
Δ[A]
Δt
Figure 2.6. Détermination de la vitesse initiale d’une reaction chimique (VA= - Δ[A]/Δt)
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Pente de la droite = α
Ln k
Le temps de demi vie d’une reaction chimique est le temps necessaire t1/2 pour que la
concentration du réactif soit réduite de 50%.
L’expression de t1/2 est fonction de l’ordre de la reaction chimique:
Remarque:
Les équations établis pour chaque ordre de reaction chimique sont exprimées à partir
des concentrations des réactifs. Dans le cas où les réactifs sont des gaz il est plus facile de
mésurer la pression plutôt que la concentration:
A partir de la loi des gaz parfait: P.V= n.R.T on écrit: n/V = [ A] = P/R.T
À t=0 on a [ A]0 = P0/R.T et à t= t on a [ A] = P/R.T
Tableau 02: expressions de la concentration et de la pression du réactif en fonction de
temps
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Ordre de la réaction Expression de la concentration du Expression de la Pression du
réactif en fonction de temps réactif en fonction de temps
zéro [A] = - a k t + [A]0 P = - a k RT t + P0
un [A] = [A]0 x exp (-k t) P = P0 x exp (-k t)
deux 1/ [A]= 1/ [A]0 + k x t 1/P = 1/P0 + ( k/RT) x t
Exemple:
L’étude cinétique de la reaction de décomposition de l’azométhane à 327 °C:
CH3N2CH3 (g) ============ CH3CH3 (g) + N2 (g)
A donné les résultats suivants :
Vérifier que la réaction est du premier ordre par rapport à l’azométhane puis déterminer la
constante de vitesse de la réaction.
Corrigé : Pour que la cinétique de la réaction soit d’ordre 2, il faut que la courbe Ln (PA/P0) = f(t)
soit une droite de pente négative égale à la constante k :
A partir des résultats donnés on constate que P0 est égale à 8.21 mmHg.
Temps (sec) 0 10-3 2.10-3 3.10-3 4.10-3
PA (mmHg) 8.21 5.74 4.00 2.80 1.96
Ln (PA/P0) 0 -0.35 -0.72 -1.076 -1.43
Chimie des solutions et thermodynamique : L’essentiel du cours avec exercices d’application Page 27
Figure 2.8. Variation de la pression du réactif A en fonction du temps
La pente de cette droite est égale à k =1/t x Ln PA/P0 = 0.358 10-3 s-1
La vitesse des réactions chimiques dépend de la température. Les études expérimentales sont donc
généralement conduites à température constante. Généralement, la forme de la loi de vitesse ne
change pas avec la température, seule la valeur de la constante de vitesse varie.
6.1.Loi d’Arrhénius
Principe :
Dans une première étape, la réaction chimique doit être réalisée à différentes températures, les
données expérimentales serviront à la détermination des constantes de vitesses correspondantes.
Après cette étape, il convient de s'assurer que la réaction considérée a bien un comportement
d'Arrhenius (la courbe Ln k en fonction de l’inverse de la température doit être une droite de pente
négative) : ln k = ln k0 – Ea/RT (la forme linéaire). La pente de cette droite représente le rapport –
Ea/R.
Cette même grandeur Ea peut-être calculée à partir de deux valeurs des constantes de vitesse (k1, k2)
déterminées à deux températures T1 et T2 respectivement :
Température (°C) 25 35 55 65
k (s-1) x 10+5 1.72 6.65 75 240
Température (°C) 25 35 55 65
T (K) = T(°C)+273 298 308 328 338
1/T 3.35.10-3 3.25.10-3 3.05.10-3 2.96.10-3
k (s ) x 10+5
-1
1.72 6.65 75 240
Ln k -10.97 -9.62 -7.19 -6.03
Chimie des solutions et thermodynamique : L’essentiel du cours avec exercices d’application Page 29
Pente = -Ea/R
Chapitre 03
La thermodynamique Appliquée
La thermodynamique est une filière de la chimie physique qui traite les transferts d’énergie (chaleur
et travail) qui accompagnent :
Les changements d’état physique de la matière : solidification, vaporisation, fusion etc…
Les réactions chimiques.
La thermodynamique est un outil indispensable pour :
Evaluer l’énergie mise en jeu lors d’une réaction chimique,
Connaître les conditions indispensables à la réalisation d’une transformation chimique,
Distinguer ce qui est possible de ce qui ne l’est pas : prévoir l’évolution des systèmes
chimiques (réversibles ou non).
Ce chapitre traitera les transferts d’énergie pendant les transformations chimiques, on parle donc de
la thermochimie.
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3.1 Définitions et Terminologie
Un système thermodynamique est une partie, qui va faire l’objet de l’étude thermodynamique,
définie par une frontière qui le sépare du milieu extérieur.
En chimie le système est constitué par la ou les réactions chimiques. Hors système considéré
constitué le milieu extérieur (entourage ou environnement). En effet, entre le système et son
environnement peut avoir un échange (transfert) d’énergie (sous forme d’un travail W « implique
une force » ou sous forme de chaleur Q « Température).
Les organismes vivants qui échangent d’énergie et de matière avec l’environnement sont
typiquement un système thermodynamique.
Le Système thermodynamique peut-être :
Isolé : aucun n’échange « ni énergie ni matière ».
Fermé : échange de chaleur seulement (pas d’échange de matière),
Ouvert : Echange de chaleur et de matière avec le milieu extérieur,
Système Système
Système
isolé Fermé
ouvert
Bouteille d’eau minérale: système fermé ; Verre d’eau : Ouvert et la thermo à café :
système isolé
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Equilibre thermique : Pas de différence de température à l’intérieur du système et la
température du système est la même que celle du milieu extérieur.
Equilibre chimique : pas de réaction chimique à l’intérieur du système et pas de transfert
de matière d’une partie du système vers une autre.
L’état d’équilibre thermodynamique d’un système est défini par des variables. Par exemple si le
système est un fluide (liquide ou gaz) son état d’équilibre sera caractérisé par trois variables :
Pression (P) ; Volume (V) et la température (T).
Ces variables sont souvent reliées par une équation comme celle des gaz parfaits :
PV = n R T
Où n est le nombre de mole ; R : constante des gaz parfaits (8.31 KJ/mol.K)
Les variables d’état ne sont pas toutes indépendantes, mais liées entre elles par des équations dites
équations d’état. Dans l’équation des gaz parfaits chaque variable d’état dépend des autres
variables :
P= f (T, V)= n R T/V ; V = f (T, P) = n R T/P et T = f (P,V) = PV/n R
Chaque système (solide, liquide ou gazeux) est un ensemble de constituants tels des atomes,
des molécules etc…. Ces particules à l’échelle microscopique sont toujours animées de
mouvements incessants et aléatoires (agitation moléculaire); dite vibration pour les solides et
agitation thermique pour les liquides et les gaz. A ces mouvements microscopiques est associé de
l’énergie cinétique Eci pour chaque particule. De plus, entre ces atomes peuvent exister des forces
d’interaction (attraction et répulsion) aux quelles on associe une énergie potentielles Epi pour
chaque particule. A l’échelle microscopique, l’énergie interne (U) du système est définie comme la
somme algébriques des énergies cinétiques Eci et potentielles Epi, de toutes les particules formant
le système.
Un système dans un état donné est caractérisé par une certaine énergie dite interne U :
Par convention dans tous les calculs de thermodynamique, toute énergie (travail w ou chaleur
Q) reçue par un système est comptabilisée positivement et toute énergie donnée par le système
sera comptabilisée négativement :
W et Q > 0 W et Q <0
Système
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3.2. Etude d’échange de travail W et de chaleur Q :
3.2.1. Premier principe de la thermodynamique (conservation d’énergie interne)
Enoncé du 1er Principe : Ce principe précise que lorsqu’un système passe d’un état initial A à un
état final B la variation d’énergie interne UB-UA est égale à l’énergie échangée avec le milieu
extérieur sous forme de chaleur ou de travail :
ΔU= UB-UA = W + Q
W : travail échangé par le système avec le milieu extérieur = -
Où p : Représente la pression et dV= variation de volume
Convention de signe
Qp= ΔH
Remarques:
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* Lorsque les constituants (réactifs et produits) sont pris à pression atmosphérique (P = 1 atm) et à
la température T = 25 °C, on est dans les conditions standards :
ΔHr = [c. ΔHf (C) + d ΔHf (D)] – [a ΔHf (A) + b ΔHf (B)]
ΔH°f (CO2(g)) = - -393,51 KJ/mol; ΔH°f (H2O(g)) = -241.8 KJ/mol et ΔH°f (C2H4(g)) = 52.49
KJ/mol.
Corrigé:
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Δn = ⅀ nf (Produits) - ⅀ ni (Réactifs)
Le Δn représente la variation du nombre de moles constituant la phase gazeuse uniquement :
Exemple :
Exemple
On donne les enthalpies standard de formation des composés à 25 °C et les chaleurs spécifiques
molaires à pression constante des mêmes composés :
Corrigé
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Avec T2 = 97 +273 = 370 K et T1= 25 +273 = 298 K
Et
Où encore
ΔCp = [(113.6 +0.270 T) + 2 (72.54 +9.10-3 T) ]- [(81.78 +0.308 T) + 3 (27.60+3.3.10-3 T)]
ΔHT1 = ?
La loi de Hess donne : ΔHT1 = [ ΔH°f (C6H4NH2)+ 2 ΔH°f (H2O)]- [ΔH°f (C6H5NO2)+ 0]
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