Dennett E - Richesses Insondables - EBOOK
Dennett E - Richesses Insondables - EBOOK
Richesses insondables......................................................................................................... 1
Préface ............................................................................................................................ 1
Chapitre 1 - Christ notre Sauveur ................................................................................... 2
Chapitre 2 - Christ notre Rédempteur ............................................................................ 9
Chapitre 3 - Christ notre Seigneur ................................................................................ 18
Chapitre 4 - Christ, notre Berger .................................................................................. 25
Chapitre 5 - Christ, notre vie......................................................................................... 32
Chapitre 6 - Christ, notre nourriture ............................................................................ 40
Chapitre 7 - Christ, notre souverain Sacrificateur ........................................................ 47
Chapitre 8 - Christ, notre avocat................................................................................... 56
Chapitre 9 - Christ, notre objet ..................................................................................... 63
Chapitre 10 - Christ, notre modèle ............................................................................... 71
Chapitre 11 - Christ, notre paix..................................................................................... 78
Chapitre 12 - Christ, notre chef .................................................................................... 85
Chapitre 13 - Christ, notre espérance........................................................................... 93
Préface
Les différents sujets traités sous ce titre ne l'ont pas été dans des conférences; ce ne
son pas même des notes de méditations, quoiqu'il ait pu se faire que l'auteur ait
occasionnellement parlé sur ces matières. Ce sont plutôt des études ou des méditations
écrites. L'auteur en a retiré du profit, il ose espérer qu'elles contribueront aussi à
l'édification de ses lecteurs.
Elles sont très simples et à la portée des plus faibles parmi les saints. L'auteur n'a voulu
imposer ses convictions à personne, car lecteurs et auditeurs sont toujours dans
l'obligation d'examiner eux-mêmes le fondement sur lequel reposent les vérités exposées.
Chaque chapitre forme d'ailleurs un tout; c'est pourquoi les répétitions n'ont pas été
évitées, quand par là le sujet traité pouvait être rendu plus intelligible ou plus complet.
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L'unique sujet c'est Christ lui-même. Personne ne sent plus que l'auteur combien a été
faible son essai de développer quelques-uns des rapports de Christ avec les siens. Mais il y
a toujours profit à être occupé de Christ dans quelque mesure que ce soit. La prière de
l'auteur, c'est que le Seigneur veuille bien employer ces pages à augmenter la communion
des saints avec le Seigneur, et qu'Il se glorifie ainsi lui-même en les bénissant selon son
propre coeur. Qu'à son nom soit toute la gloire!
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La personne de Christ comme Sauveur, voilà ce qui doit d'abord attirer notre attention.
Dans les passages déjà cités, c'est la personne de Christ qui occupe le premier rang. Ainsi,
dans les Romains, «l'évangile de Dieu touchant son Fils (né de la semence de David, selon
la chair, déterminé Fils de Dieu en puissance, selon l'Esprit de sainteté, par la résurrection
des morts), Jésus Christ notre Seigneur» (Romains 1: 1-4). Dans Matthieu aussi, il est appelé
fils de David, fils d'Abraham (Matthieu 1: 1); il est présenté comme conçu du Saint Esprit
avant d'être annoncé comme le Sauveur. C'est sa personne qui attire les regards avant que
nous puissions considérer son oeuvre. Il en est autrement pour le pécheur, qui
généralement apprend à connaître la valeur de l'oeuvre de Christ avant de considérer sa
personne. Dans son entretien avec Nicodème, nous voyons d'abord annoncée la dignité de
sa personne et ensuite son rejet et sa mort. «Personne n'est monté au ciel, sinon celui qui
est descendu du ciel, le fils de l'homme qui est dans le ciel. Et comme Moïse éleva le serpent
au désert, ainsi il faut que le fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui, ne
périsse pas, mais ait la vie éternelle» (Jean 3: 13-15).
Il y a donc deux côtés dans la personne de Christ. Il était Dieu manifesté en chair: «La
Parole devint chair, et habita au milieu de nous (et nous vîmes sa gloire, une gloire comme
d'un fils unique de la part du Père) pleine de grâce et de vérité» (Jean 1: 14). La Parole était
le Fils éternel, et le Fils éternel devint homme. Il était ainsi Dieu et homme, union qui n'était
possible en aucun autre et qui rendait sa personne si insondable, si incompréhensible, que
lui-même dit: «Personne ne connaît le Fils, si ce n'est le Père» (Matthieu 11: 27). Il est
essentiel pour nous de retenir la pensée de sa parfaite divinité aussi bien que de sa vraie
humanité; car s'il n'avait pas été vrai homme, il n'aurait pas pu être victime pour le péché;
et s'il n'avait pas été Dieu, son sacrifice n'aurait pas pu s'étendre à tous les hommes. Satan
le sait bien, et c'est pourquoi, dans tous les temps, il a cherché à miner l'une ou l'autre de
ces vérités en suggérant des doutes tantôt au sujet de son humanité, tantôt au sujet de sa
divinité. Mais la gloire de la personne de Christ consiste en ceci qu'il est à la fois Dieu et
homme. Cette vérité est à la base de la rédemption et lui donne son caractère.
Quel vaste champ est ainsi ouvert à notre contemplation! En suivant Christ dans sa
carrière terrestre, depuis la crèche de Bethléem jusqu'à la croix du Calvaire, nous voyons
se manifester à la fois son humanité et sa divinité. En voyant son état d'abaissement, en
considérant combien il est défait de visage plus qu'aucun autre, et sans apparence plus que
pas un des enfants des hommes (Esaïe 52: 14); en le contemplant au milieu de ses disciples,
où nous le voyons fatigué, se reposant, mangeant et buvant, pleurant avec ceux qui
pleurent (Jean 11: 35), et dormant sur un oreiller (Marc 4: 38), nous ne pouvons douter
qu'il soit un homme. C'étaient précisément les preuves de son humanité qui, frappant leurs
yeux, étonnaient ses adversaires, et les aveuglaient sur ses caractères divins.
D'un autre côté, les preuves de sa divinité ne sont pas moins évidentes aux yeux de la
foi. Quel autre que Dieu pourrait guérir la lèpre, ouvrir les yeux des aveugles, rendre la vie
aux morts, commander aux vents et aux vagues? C'est ainsi qu'il dit à Philippe, qui lui
demandait de leur montrer le Père: «Ne crois-tu pas que moi, je suis dans le Père, et que
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le Père est en moi? Les paroles que moi je vous dis, je ne les dis pas de par moi-même; mais
le Père qui demeure en moi, c'est lui qui fait les oeuvres. Croyez-moi, que moi je suis dans
le Père, et que le Père est en moi; sinon, croyez-moi à cause des oeuvres elles-mêmes» (Jean
14: 10, 11). Et ce qu'il était, ce que l'Ecriture déclare qu'il était, est, si possible, encore plus
concluant. «Au commencement était la Parole; et la Parole était auprès de Dieu; et la Parole
était Dieu». «Personne ne vit jamais Dieu; le Fils unique qui est dans le sein du Père, lui, l'a
fait connaître» (Jean 1: 18). Il est appelé le resplendissement de sa gloire et l'empreinte de
sa substance (Hébreux 1: 3). Il est appelé encore dans une autre épître, «l'image du Dieu
invisible, le premier-né de toute la création; car par lui ont été créées toutes choses, les
choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre, les visibles et les invisibles,
soit trônes, ou seigneuries, ou principautés, ou autorités: toutes choses ont été crées par
lui et pour lui; et lui est avant toutes choses, et toutes choses subsistent par lui» (Colossiens
1: 15-17). Considérez encore ses propres paroles: «Celui qui m'a vu a vu le Père» (Jean 14:
9); «Moi et le Père, nous sommes un» (Jean 10: 30); «En vérité, en vérité, je vous dis: Avant
qu'Abraham fût, je suis» (Jean 8: 58); et qui peut douter qu'il ne revendiquât la divinité
pour lui-même? (*)
(*) En parlant des preuves de la divinité du Seigneur, il m'a toujours semblé que si nous consentons
à faire tout ce qu'il commande, nous devons le reconnaître comme Dieu. Par exemple, si nous
croyons en lui, si nous allons à lui, si nous l'aimons et le servons comme il le demande, nous
reconnaissons sa divinité; car s'il n'était qu'un homme, ce serait indigne de Dieu de demander, tout
comme de nous de donner, ce qu'il demande.
Nous ne pouvons trop bénir Dieu pour ces quatre évangiles dans lesquels se trouvent
réunis ces deux aspects de la personne de Christ. C'est pourquoi, ils sont ce qu'il y a de plus
profond dans toutes les Ecritures, parce qu'ils contiennent le développement d'une vie à la
fois divine et humaine. Sans doute, les récits paraissent bien simples au premier abord;
mais, conduits par l'Esprit de Dieu, nous commençons à découvrir qu'il y a des profondeurs
que nous n'avions pas soupçonnées, dans lesquelles nous devons plonger nos regards, et
continuer à le faire si nous voulons voir les trésors qui s'y trouvent. Or plus nous serons
familiarisés avec leur contenu, plus nous serons pénétrés de la majesté de la personne de
Christ, Dieu-Homme, Dieu manifesté en chair. Il ne faut pas oublier qu'il ne peut rien y avoir
de stable là où règne l'incertitude quant à la personne du Seigneur. Quelle force cela donne
à l'âme de pouvoir dire (pour emprunter les paroles d'un autre): «Les colonnes de la terre
reposent sur cet homme qui fut méprisé, conspué et crucifié». C'est la connaissance de ce
qu'il est, non moins (si ce n'est plus) que de ce qu'il a fait, qui inspire à nos coeurs la
confiance, l'adoration et la louange. Car, en vérité, il est sur toutes choses Dieu béni
éternellement. Amen! (Romains 9: 5).
Nous passons maintenant à l'oeuvre de Christ. Nous entendons généralement par là
ce qu'il a accompli sur la croix, — sa mort. D'une manière plus générale, il faudrait entendre
ici sa vie aussi bien que sa mort; mais il y a une distinction profonde et essentielle entre ces
deux choses. C'est dans sa mort seulement qu'il a porté les péchés de son peuple (*). (1
Pierre 2: 24).
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(*) Nous n'ignorons pas les discussions qui se sont élevées au sujet de ce passage. Pour justifier des
vues particulières, on a voulu traduire les mots ›p± tè xÀlon, en les liant au verbe: il a porté jusqu'à
la croix, au lieu de traduire sur la croix. Mais l'usage des mots eux-mêmes montre que cette idée
est sans fondement, et tout l'enseignement des Ecritures relativement à la doctrine de l'expiation
y est complètement opposé.
Sa vie révélait ce qu'il était, montrant, si nous pouvons ainsi dire, ses titres à être une
offrande pour le péché; elle a montré qu'il était l'agneau sans défaut et sans tache, —
l'Agneau de Dieu; mais c'est sur la croix seulement qu'il prit la place du pécheur pour
satisfaire à toutes les justes exigences de Dieu, et qu'il endura la colère due au péché. C'est
le sang qui a fait expiation (Lévitique 17: 11). C'est donc sur la croix seulement que Dieu
eut affaire avec Christ concernant la question du péché et des péchés. Pendant toute sa
vie, quoiqu'il fut l'homme de douleurs et qui savait ce que c'est que la langueur, il reposa
dans la conscience de l'amour et de la faveur du Père: jamais un nuage ne passa entre son
âme et Dieu. Mais sur la croix, comme tout change! car c'est là qu'il a été fait péché pour
nous, et que, dans l'angoisse ineffable de son âme, quand tous les flots passaient sur lui, il
s'écria: «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné!» (Matthieu 27: 46). Ainsi il
était abandonné de Dieu, abandonné à cause de la position de victime pour le péché, qu'il
avait prise volontairement. Dans ce moment solennel, Dieu avait donc affaire avec lui au
sujet de la question du péché, au lieu d'avoir affaire avec nous, bien qu'il ne fût jamais plus
précieux à Dieu qu'alors, car c'est sur la croix que se montra sa parfaite obéissance: «A
cause de ceci le Père m'aime, c'est que moi je laisse ma vie, afin que je la reprenne» (Jean
10: 17).
C'est donc sur la croix, — par l'effusion du sang, par tout ce qu'il a souffert là, par sa
mort, — que l'expiation fut accomplie. C'est pourquoi, avant de baisser la tête et de
remettre son esprit, il s'écria par anticipation (*): «C'est accompli» (Jean 19: 30). Alors
s'accomplit en effet l'oeuvre qui glorifia Dieu de telle manière que, sur ce fondement, Dieu
sauve et qu'il est juste, bien plus, qu'il est glorifié en sauvant tous ceux qui croient. Toutes
les bénédictions de tous les rachetés, la bénédiction milléniale de la terre, le rétablissement
de toutes choses, le bonheur éternel des saints de toutes les dispensations, la perfection
des nouveaux cieux et de la nouvelle terre, ces bénédictions si diverses et si glorieuses,
découlent de l'oeuvre parfaite de Christ.
(*) Nous employons ce mot par anticipation, parce que sa mort n'avait pas encore eu lieu. Mais
toutes choses s'accomplissaient alors (voyez les versets 28-30).
Cette oeuvre a deux aspects, le côté de Dieu et celui de l'homme. Celui de Dieu est le
premier, et, pouvons-nous ajouter, le côté essentiel. Ainsi, dans le grand jour des
expiations, le sang de la victime pour le péché était porté au dedans du voile et répandu
«sur le propitiatoire du côté de l'Orient; et il (Aaron) fera aspersion de ce sang-là sept fois
avec son doigt devant le propitiatoire» (Lévitique 16: 14). Cela se faisait soit avec le sang
du veau qui était l'offrande pour Aaron et sa maison (type de l'Eglise, en tant que famille
de sacrificateurs consacrés à Dieu), soit avec le sang du bouc de l'offrande pour le péché
qui était pour Israël. Sans m'occuper ici des différences caractéristiques et des détails de
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ces sacrifices, j'insiste sur ce point que le sang dans les deux cas était pour Dieu. Je ne dis
pas (car, ce serait oublier d'autres textes de l'Ecriture) que l'aspersion du sang n'ait pas lieu
pour nous, mais ici elle a lieu uniquement pour Dieu; car, en vérité, il était répandu devant
aussi bien que sur le propitiatoire, et répandu là sept fois, de sorte que quand l'adorateur
s'approchait, il trouvait un parfait témoignage rendu par le sang, en la présence de Dieu.
Le sang était encore pour Dieu en ce que l'expiation répondait aux exigences de la sainteté
de Dieu et de la justice de son trône. Il faisait propitiation pour les péchés du peuple. Il en
est ainsi de Christ. «Et lui est la propitiation pour nos péchés, et non pas seulement pour
les nôtres, mais aussi pour le monde entier» (1 Jean 2: 2). L'efficace du sang de Christ est
donc telle qu'est sa valeur aux yeux de Dieu, et cette valeur est infinie. Ainsi donc, si le sang
répandu sur le propitiatoire servait d'un côté à faire propitiation pour les péchés de son
peuple, de l'autre, à cause de sa valeur infinie devant Dieu, puisque Dieu a été glorifié par
ce sang précieux, il est devenu le fondement sur lequel Dieu peut agir en grâce envers le
monde entier, et envoyer ses serviteurs avec ce message pressant et solennel: «Soyez
réconciliés avec Dieu». «Car Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique, afin
que quiconque croit en lui, ne périsse pas, mais ait la vie éternelle» (Jean 3: 16).
L'autre côté dont nous avons parlé, est celui de la substitution figurée par le bouc
vivant. Quand l'aspersion du sang avait été faite selon le commandement de Dieu, il est dit:
«Et quand il aura achevé de faire propitiation pour le lieu saint, et pour la tente
d'assignation, et pour l'autel, il présentera le bouc vivant. Et Aaron posera ses deux mains
sur la tête du bouc vivant, et confessera sur lui toutes les iniquités des fils d'Israël et toutes
leurs transgressions, selon tous leurs péchés; il les mettra sur la tête du bouc, et l'enverra
au désert par un homme qui se tiendra prêt (pour cela); et le bouc portera sur lui toutes
leurs iniquités dans une terre inhabitée; et l'homme laissera aller le bouc dans le désert»
(Lévitique 16: 20-22). Ceci répond exactement à ce que nous avons dans l'épître aux
Romains. A la fin du chapitre 3, Christ nous est présenté comme le propitiatoire par la foi
en son sang (verset 25); et à la fin du 4e chapitre, nous lisons: «Lequel (Jésus) a été livré
pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification» (verset 25). Ainsi, non
seulement propitiation a été faite devant Dieu par le sang de Christ, mais si nous sommes
croyants, nous pouvons dire qu'il a été livré pour nos offenses, qu'il a porté nos péchés en
son corps sur le bois, et qu'il les a emportés dans un pays désert où il les a laissés à toujours,
car «il a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification».
Remarquons encore une chose. La question de notre péché, aussi bien que celle de
nos péchés, a été résolue à la croix. «Ce qui était impossible à la loi, en ce qu'elle était faible
par la chair, Dieu, ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour
le péché, a condamné le péché dans la chair» (Romains 8: 3). Ainsi, non seulement Dieu a
été glorifié, mais l'oeuvre de Christ répond à tout ce qui concerne le pécheur, ses besoins
et son état. Elle renferme la réalité de tous les holocaustes, aussi bien que de tous les
sacrifices pour le péché; l'agneau pascal, aussi bien que les sacrifices du jour des expiations.
Tous ces sacrifices étaient des images, des ombres de l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du
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monde, de ce sacrifice unique qui, dans la consommation des siècles, a été accompli sur le
Calvaire. Mais c'est seulement quand nous le connaissons comme notre Sauveur, que nous
apprenons toutes ces choses. Alors, en paix avec Dieu, nous jouissons, comme nous le
ferons pendant l'éternité, de contempler la mort de Christ, et, quoique nous ne puissions
le faire qu'en partie, d'étudier l'oeuvre merveilleuse qu'il a accomplie et ses différents
rapports avec Dieu et avec nous.
La résurrection de Christ a une signification particulière et spéciale. «Ayant été livré,
dit Pierre, par le conseil défini et par la préconnaissance de Dieu, vous l'avez cloué à une
croix et l'avez fait périr par la main d'hommes iniques, lequel Dieu a ressuscité, ayant délié
les douleurs de la mort, puisqu'il n'était pas possible qu'il fût retenu par elle» (Actes des
Apôtres 2: 23, 24). Et dans plusieurs autres endroits, il revient sur le fait que Dieu a
ressuscité et élevé à sa droite celui qu'ils avaient rejeté et crucifié (voyez Actes des Apôtres
3: 14, 15; 4: 10; 5: 30, 31). L'apôtre Paul aussi insiste sur cette même vérité (voyez Actes
des Apôtres 13: 27-31; 17: 31, etc.; et aussi Romains 4: 24, 25; 1 Corinthiens 15; Ephésiens
2, etc., pour la doctrine relative à la résurrection de Christ). Ce que je voudrais faire ressortir
ici, c'est que, par la résurrection de Christ, Dieu a déclaré qu'il était satisfait, et qu'en le
faisant asseoir à sa droite, il montrait le prix qu'il attachait à cette oeuvre. C'était comme
la réponse de son coeur à celui qui l'avait accomplie, et aux droits que Christ s'était acquis
auprès de lui en l'accomplissant. Notre bien-aimé Seigneur lui-même présente cette vérité.
Quand le disciple qui le trahissait s'en est allé pour accomplir son oeuvre diabolique, il dit:
«Maintenant le fils de l'homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en
lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même; et incontinent il le glorifiera» (Jean 13: 31, 32). En
conséquence, quand, dans le 17e chapitre, il se place en esprit au delà de la croix, il parle
de son oeuvre comme constituant le droit qu'il a devant le Père d'être glorifié par lui de la
gloire que lui Christ avait auprès du Père avant que le monde fût (Jean 17: 4, 5). Dieu
manifestait sa justice en plaçant à sa droite celui qui, pour le glorifier, était devenu
obéissant jusqu'à la mort et à la mort de la croix (Philippiens 2: 8-10).
Mais ce fait dit encore autre chose au croyant. Si Christ a porté nos péchés en son
corps sur le bois, s'il est descendu dans la mort en portant la malédiction et le jugement
qui nous étaient dus, le fait que Dieu l'a ressuscité montre, prouve sans réplique, que nos
péchés sont ôtés. En effet, où est notre substitut? Dans la gloire de Dieu. Si donc il est dans
la gloire de Dieu, nous savons non seulement que nos péchés sont effacés, mais aussi que
Dieu prend tout son plaisir en Celui qui les a expiés par sa mort, puisqu'il lui a donné la
place la plus élevée dans le ciel. Quelqu'un a dit: «Je ne puis voir la gloire de Christ
maintenant sans savoir que je suis sauvé. Comment est-il arrivé à cette haute position?
Comme homme, il s'est mêlé ici-bas avec les publicains et les gens de mauvaise vie, se
faisant leur ami, les choisissant pour ses compagnons. C'est un homme qui a porté la colère
de Dieu contre le péché; c'est un homme qui a porté mes péchés en son corps sur le bois
(c'est la foi qui parle ainsi); il est là-haut, parce qu'il a été ici-bas au milieu des circonstances
du péché et sous son imputation; et maintenant, je vois la gloire de Dieu resplendir dans sa
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face. Je le vois là en vertu du fait qu'il a accompli ma rédemption en ôtant mon péché. Je
ne verrais pas Christ dans la gloire si le moindre péché, la moindre souillure n'étaient pas
ôtés. Plus je vois sa gloire, plus je vois la perfection de l'oeuvre que Christ a accomplie, et
de la justice en vertu de laquelle je suis pleinement accepté. Tous les rayons de cette gloire
se voient en Celui qui a glorifié Dieu sur la terre et accompli l'oeuvre que le Père lui avait
donnée à faire. La gloire que je contemple est la gloire de la rédemption. Ayant glorifié Dieu
au sujet du péché, — «Je t'ai glorifié sur la terre, j'ai achevé l'oeuvre que tu m'as donnée à
faire», — Dieu l'a glorifié auprès de lui-même là-haut. Quand je le vois dans cette gloire, au
lieu de voir mes péchés, je vois qu'ils sont ôtés. J'ai vu mes péchés portés par le médiateur.
Je les ai vus confessés sur la tête du bouc émissaire qui les a emportés. Dieu a tellement
été glorifié au sujet de mon péché (c'est-à-dire au sujet de ce que Christ a fait pour mon
péché), que c'est le droit de Christ d'être là, à la droite de Dieu. Je ne crains pas de regarder
à Christ dans cette position. Où sont mes péchés maintenant? où les trouver au ciel oui sur
la terre? Je vois Christ dans la gloire. Une fois ils se sont trouvés sur la tête de notre bien-
aimé Sauveur; mais ils sont ôtés maintenant, ôtés pour toujours. Si c'est un Christ mort,
pour ainsi dire, que je vois, je pourrais craindre de voir reparaître mes péchés, mais c'est
impossible avec un Christ vivant dans la gloire. Celui qui les a portés tous est sur le trône
de Dieu où aucun péché ne peut subsister».
Comment donc, demanderons nous en terminant, sommes-nous mis en possession
des bénédictions du salut? C'est par la grâce de Dieu, par la foi. «Qui croit au Fils a la vie
éternelle» (Jean 3: 36). «Celui qui croit en moi, a la vie éternelle» (Jean 6: 47). «Crois au
Seigneur Jésus Christ, et tu seras sauvé, toi et ta maison» (Actes des Apôtres 16: 31). «Etant
justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ» (Romains
5: 1). Dieu, dans l'évangile, présente le Christ dont nous avons parlé comme étant le
Sauveur. C'est donc l'évangile de la gloire du Christ (2 Corinthiens 4: 4), aussi bien que de
la grâce de Dieu. Recevant son témoignage, nous inclinant devant lui en nous jugeant nous-
mêmes, dans la repentance envers Dieu et la foi en notre Seigneur Jésus Christ, nous
sommes sauvés, liés à Christ, amenés à Dieu et admis en sa présence comme Christ lui-
même. Tout croyant est ainsi lié à Christ devant Dieu, étant rendu participant de tout ce
que Christ est pour nous, aussi bien que de toutes les bénédictions qu'il nous a assurées
par sa mort méritoire et sa résurrection. Qu'il est précieux donc de pouvoir par l'Esprit de
Dieu appeler Christ notre Sauveur. Cher lecteur, pouvez-vous vous réclamer de Lui comme
tel? Si ce n'est pas le cas, que votre position est triste! Mais Dieu, dans les tendres
mouvements de sa grâce, vient au-devant de vous, dirige vos regards sur Christ à la droite
de Dieu, et déclare, par sa Parole, que celui qui croit au Fils a la vie éternelle. Si vous pouvez
l'appeler votre Sauveur, nous n'avons pas de mots pour exprimer votre bonheur; mais nous
pouvons vous rappeler l'obligation sous laquelle vous êtes placé par là, de montrer par vos
paroles et par votre vie, que vous êtes sauvé, et de rendre témoignage à la grâce qui vous
a appelé des ténèbres à la merveilleuse lumière de Dieu.
Attache, ô Sauveur, mon âme à tes pas,
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Pour marcher joyeux, et sans lassitude.
Que ta douce voix me parle tout bas;
Sois mon espérance et ma seule étude.
Tu prendras sur toi mon inquiétude;
Craintes et fardeaux ne te pèsent pas.
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seul mot (lutrow, ou ˆpolutrwsiv); mais il comprend les deux significations de l'hébreu,
c'est-à-dire, délivrer moyennant une rançon. Il y a ainsi deux idées dans le mot
«rédemption»: celle du payement d'une rançon, et celle de la délivrance qui en est la
conséquence; notre mise en liberté, et l'état dans lequel nous nous trouvons comme
résultat de notre rédemption.
Avant donc de pouvoir regarder à Christ comme à notre Rédempteur, nous devons
considérer d'abord l'état dans lequel nous étions, état qui a nécessité sa venue comme tel.
Non seulement nous étions pécheurs («par un seul homme le péché est entré dans le
monde, et par le péché la mort; et ainsi la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous
ont péché» (Romains 5: 12); en conséquence, par le péché la mort a régné sur le monde
entier), mais, quelque terrible que cela puisse être, il y avait plus encore. Par la chute, —
par le péché de l'homme, — Satan s'est acquis des droits sur lui; il a tenu en sa main le
pouvoir de la mort, comme le juste jugement de Dieu (Hébreux 2: 14). C'est ainsi que, par
le fait que tous ont péché, il est devenu le prince de ce monde (2 Corinthiens 4: 4); tenant
tous les hommes en son pouvoir et sous son esclavage (Actes des Apôtres 26: 18; Colossiens
1: 13). Nous étions donc dans un état de captivité sans espoir, vendus par notre péché à
Satan qui régnait sur nous, et tenait nos âmes dans une dure servitude. Nous étions dénués
de tout moyen de sortir de cet état, aussi bien que de tout espoir; car, étant sujets à la mort
par notre péché, étant ainsi tombés sous le pouvoir de Satan, n'ayant aucun moyen de
fournir une rançon, nous étions à jamais sans aucune ressource, à moins que ne survint
quelqu'un qui fût capable de nous délivrer pour toujours de notre captivité. C'est pourquoi
Paul dit: «Vous étiez morts dans vos fautes et dans vos péchés, dans lesquels vous avez
marché autrefois, selon le train de ce monde, selon le chef de l'autorité de l'air, de l'esprit
qui opère maintenant dans les fils de la désobéissance, etc.» (Ephésiens 2: 1, 2).
Telle était notre condition. Nous n'avions pas répondu aux justes exigences de Dieu
sur nous, et étions en conséquence tombés sous la pénalité qu'entraîne le péché; en même
temps que nous étions sous l'empire de Satan, qui régnait sur nous par la puissance de la
mort, qu'il tenait en main comme jugement de Dieu sur nous à cause de nos péchés. Alors
il arriva, quand non seulement nous n'avions aucun droit à faire valoir devant Dieu, mais
que nous étions sous la pénalité de nos péchés, il arriva, dis-je, que, suivant les conseils de
sa grâce, celui qui était riche en miséricorde et en amour nous racheta, — nous racheta
«non par des choses corruptibles, de l'argent ou de l'or, mais par le sang précieux de Christ,
comme d'un agneau sans défaut et sans tache» (1 Pierre 1: 18).
Voyons maintenant d'une manière plus particulière comment notre rédemption a été
opérée. Nous aurons à considérer deux choses: le prix payé et la délivrance opérée; les
droits de Dieu satisfaits et la délivrance du pouvoir de Satan; nous trouverons une
illustration de ces deux choses dans l'histoire de la rédemption d'Israël.
1° Le prix payé ou la rançon. Le Seigneur, parlant à ses disciples, leur dit: «Le Fils de
l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et pour donner sa vie en rançon
pour plusieurs» (Matthieu 20: 28). Dans un autre endroit, nous lisons que «Christ s'est
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donné lui-même en rançon pour tous, témoignage qui devait être rendu en son propre
temps» (1 Timothée 2: 6), c'est-à-dire qu'il s'est livré à la mort, ce qui correspond à
l'expression de l'autre passage: «il a donné sa vie». Un passage de l'Ancien Testament
montrera ce que signifient ces déclarations: «L'âme de la chair est dans le sang: et moi je
vous l'ai donné sur l'autel pour faire propitiation pour vos âmes; car c'est le sang qui fait
propitiation pour l'âme» (Lévitique 17: 11). C'est pourquoi il est dit aussi: «, Sans effusion
de sang, il n'y a point de rémission» (Hébreux 9: 22). C'était donc dans le sang de Christ (car
la vie est dans le sang) que consistait la rançon: c'était le prix payé pour notre rédemption.
C'est ainsi que Paul dit: «En qui nous avons la rédemption par son sang» (Ephésiens 1: 7);
et Pierre dit, dans le texte que nous avons déjà cité, que nous sommes rachetés par le
précieux sang de Christ. Il est naturel qu'il l'appelle précieux, puisque ce sang répond à
toutes les exigences du Dieu saint envers nous, en sorte que sur ce fondement il pouvait
annoncer le salut à tous. Car, en vérité, non seulement il satisfait à tous les droits de Dieu
sur nous, mais sa valeur est telle, que le Seigneur Jésus, en répandant son sang, a glorifié
Dieu dans tout ce qu'il était, dans tous ses attributs, et qu'ainsi il peut pleinement justifier
quiconque croit en Jésus. Bien plus encore, il se glorifie lui-même en amenant à lui tous
ceux qui croient, en en faisant ses enfants, «et si nous sommes enfants, nous sommes aussi
héritiers; héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ» (Romains 8: 17).
Le sang de Christ est donc la rançon, quiconque en est couvert est à l'abri du jugement
pour toujours. C'est ce qui était préfiguré dans le cas d'Israël en Egypte. Quand Dieu était
sur le point de frapper l'Egypte, de passer par le pays en juge, et qu'il avait ainsi soulevé la
question du péché, son peuple — Israël — était aussi bien que les Egyptiens exposé à être
frappé par le destructeur. Comment donc Israël pouvait-il être épargné avec autant de
justice que l'Egypte allait être jugée? Dans un de ses messages à Pharaon, Dieu dit: «Je
mettrai une séparation entre mon peuple et ton peuple» (Exode 8: 23), ce qui eut lieu d'une
manière bien remarquable quand, sur l'ordre de Jéhovah, «Moïse appela tous les anciens
d'Israël et leur dit: Tirez à part et prenez du menu bétail selon vos familles, et égorgez la
pâque. Et vous prendrez un bouquet d'hysope, et vous le tremperez dans le sang qui sera
dans le bassin; et du sang qui sera dans le bassin, vous aspergerez le linteau et les deux
poteaux; et nul d'entre vous ne sortira de la porte de sa maison, jusqu'au matin. Car
l'Eternel passera pour frapper les Egyptiens; et il verra le sang sur le linteau et sur les deux
poteaux, et l'Eternel passera par-dessus la porte, et ne permettra pas au destructeur
d'entrer dans vos maisons pour frapper» (Exode 12: 21-23). Le Seigneur ainsi racheta son
peuple par le sang, — figure du sang de l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde (Jean
1: 29). Mais remarquez ici une chose importante. Le commandement était donné à tous de
répandre le sang, il était pourvu au salut de tous, mais si, par manque de foi, ils
n'obéissaient pas aux ordres qu'ils recevaient, ils ne pouvaient être abrités. Ainsi,
maintenant, le sang de Christ est pleinement suffisant pour le salut du monde entier, mais,
sans la foi, il ne sert de rien. Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique, afin
que quiconque croit, et seulement celui qui croit, ne périsse pas, mais ait la vie éternelle
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(Jean 3: 16). «Lequel Dieu a présenté pour propitiatoire, par la foi en son sang» (Romains
3: 25).
2° La première partie de la rédemption était donc le payement de la rançon; c'est ce
qui a eu lieu par le sang de Christ, comme nous l'avons vu. Mais, quoique parfaitement en
sûreté à l'abri du sang, Israël n'était pas racheté tant qu'il demeurait eu Egypte. La seconde
partie donc, ou le complément de la rédemption, s'accomplit lorsque Dieu, à main forte et
à bras étendu, les conduisit hors du pays d'Egypte, en les faisant passer à travers la mer
Rouge, et qu'il détruisit Pharaon et toutes ses armées dans les eaux profondes. Sur le
principe du sang répandu, Dieu — qui a été satisfait comme juge — peut maintenant agir
en faveur de son peuple comme Libérateur; il les fait donc sortir d'Egypte par son bras
puissant. Alors ils purent chanter, ce qui ne leur était pas possible pendant qu'ils étaient en
Egypte: «L'Eternel est ma force et ma louange, et il a été mon libérateur… Tu as conduit par
ta miséricorde ce peuple que tu as racheté; tu l'as conduit par ta force à la demeure de ta
sainteté» (Exode 15: 1-13). Ils sont désormais à toujours un peuple racheté.
Il en est ainsi maintenant des croyants; on ne peut dire qu'ils soient rachetés tant qu'ils
ne savent pas, non seulement qu'ils sont protégés par le sang, mais encore qu'ils ont été
transportés sains et saufs hors du domaine de l'ennemi, à travers la mort et le jugement,
par la mort et la résurrection de Christ. Pour Israël, l'aspersion du sang et le passage de la
mer Rouge étaient deux faits historiques qui devaient nécessairement se passer
successivement. Mais l'oeuvre accomplie dans la mort et la résurrection de Christ les
renferme tous deux. Souvent, sans doute, les deux parties dont cette oeuvre se compose
ne sont saisies que successivement par la foi, mais il n'y a pas de raison pour qu'il en soit
ainsi, et que l'on n'entre pas immédiatement dans la jouissance de la pleine et complète
rédemption. Et il en serait bien plus fréquemment ainsi, si la plénitude de l'évangile était
plus souvent proclamée; tandis que cette prédication va rarement au delà du pardon des
péchés, et ainsi les âmes sont maintenues dans l'ignorance de la plénitude du salut que
Dieu leur a procuré en Christ.
Mais il peut être bon d'expliquer plus complètement comment notre délivrance est
opérée en Christ. Il est de la plus haute importance de savoir que Dieu en a fini, dans la
mort de Christ, non seulement avec nos péchés, — notre culpabilité, — mais avec le péché,
notre mauvaise nature. «Dieu, ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de
péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair» (Romains 8: 3). Il a donc jugé
le péché, la racine et les fruits; et Christ a brisé dans sa mort toute la puissance de Satan,
de même que Dieu a brisé toute la puissance de l'Egypte dans la mer Rouge. Il en résulte
que, par la foi en Christ, je suis, en vertu de sa mort, tiré de l'ancien état dans lequel je me
trouvais (je suis hors de l'Egypte), et par sa résurrection je suis placé dans une nouvelle
position, position (dans le Christ Jésus) où il n'y a pas de condamnation, mais où aussi la loi
de l'Esprit de vie dans le Christ Jésus, m'a affranchi de la loi du péché et de la mort (Romains
8: 1, 2). Dieu, parlant par la bouche de l'apôtre, peut donc dire maintenant aux croyants:
«Vous n'êtes pas dans la chair, mais dans l'Esprit, si du moins ]'Esprit de Dieu habite en
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vous» (Romains 8: 9). Notre rédemption est donc complète; Dieu a tout fait pour nous, tous
ses droits ayant été satisfaits par le sang de Christ, et il nous a fait sortir de notre ancienne
condition pour nous amener à lui. «Il nous a conduits par sa force à la demeure de sa
sainteté» (Exode 15: 13). Nous sommes déjà passés de la mort à la vie, la mort et le
jugement étant pour toujours derrière nous. Nous ne sommes plus dans la chair, considérés
comme enfants d'Adam; mais depuis que nous sommes morts avec Christ, tous les liens qui
nous enchaînent à cet état sont brisés, nous sommes maintenant en Christ, en Christ, là où
il est, et conséquemment un peuple racheté. Maintenant, nous savons que toutes choses
travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon
son propos, et assurés que, selon ce propos, nous sommes prédestinés à être conformes à
l'image de son Fils, pour qu'il soit premier-né entre plusieurs frères; car ceux qu'il a
prédestinés, il les a aussi appelés; et ceux qu'il a appelés, il les a aussi justifiés; et ceux qu'il
a justifiés, il les a aussi glorifiés; et ainsi nous pouvons adopter le langage triomphant de
l'apôtre: «Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous?» Oui, nous pouvons nous reposer
dans la pleine assurance que ni mort, ni vie, ni anges, ni principautés, ni choses présentes,
ni choses à venir, ni puissances, ni hauteur, ni profondeur, ni aucune autre créature ne
pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus» (Romains 8: 28-39).
3° Il y a une chose pourtant à remarquer. Tandis que la rédemption de nos âmes est
complète, nous avons encore à attendre celle de nos corps. Quoique hors de l'Egypte, dont
la mer Rouge nous sépare, et en possession de l'Esprit Saint, nous attendons encore la
rédemption de notre corps. Car en réalité nous sommes encore dans le désert, et liés par
nos corps avec une création qui soupire: «Nous donc qui avons les prémices de l'Esprit,
nous aussi, nous soupirons en nous-mêmes, attendant l'adoption, la délivrance de notre
corps» (Romains 8: 23).
Pauvre tente que j'habite
Mon corps s'use à tous moments;
Le monde même s'effrite
Jusque dans ses fondements.
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Abreuvés du beau, du bien,
Resplendissants de jeunesse,
En tout semblables au tien;
C'est pour cela que nous attendons la venue du Seigneur Jésus Christ, pour nous
prendre à lui (Philippiens 3: 20, 21); et alors, nous verrons combien est glorieuse et
complète la rédemption qu'il a opérée pour son peuple, si complète que rien ne sera laissé
entre les mains de l'ennemi, mais que l'esprit, l'âme et le corps seront également délivrés
et rendus siens.
En considérant cette oeuvre dans toute son étendue, nous pouvons reconnaître avec
des coeurs joyeux que Christ est notre Rédempteur, et nous ne devrions jamais oublier à
quel prix il nous a rachetés. Avec son sang, disons-nous tout naturellement, mais combien
peu nous saisissons la signification de ces paroles; combien peu nous comprenons ce fait
merveilleux, qu'il s'est livré à la mort, qu'il a subi la colère de Dieu que nous avions méritée,
qu'il a été fait péché pour nous, afin que nous devinssions justice de Dieu en lui. Sans doute,
si nous méditions sur ce fait, ce cri d'adoration s'échapperait plus constamment de nos
coeurs: «A Celui qui nous aime, et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang; — et il
nous a faits un royaume, des sacrificateurs pour son Dieu et Père; — à lui la gloire et la
force aux siècles des siècles! Amen» (*) (Apocalypse 1: 5, 6).
(*) Nous n'abordons pas ici le sens le plus étendu de la rédemption. Christ a aussi goûté la mort
pour tout (Hébreux 2: 9); toutes choses lui seront soumises (Ephésiens 1: 10; Hébreux 2: 8). Il nous
est positivement dit qu'il a acheté tout le champ (Matthieu 13: 44); et tous les hommes, (2 Pierre
2: 1).
Quelle est donc notre responsabilité comme peuple racheté? D'abord et avant tout de
reconnaître que nous appartenons à Celui qui nous a rachetés. Cette vérité est
continuellement présentée dans l'Ancien Testament. «Mais maintenant, ainsi dit l'Eternel,
qui t'a créé, ô Jacob, et qui t'a formé, ô Israël! ne crains point, car je t'ai racheté; je t'ai
appelé par ton nom, tu es à moi» (Esaïe 43: 1). De là vient que l'apôtre, comme nous
pouvons surtout le remarquer dans le chapitre suivant, s'appelle si souvent l'esclave
(doulov) de Jésus Christ. Car le Seigneur Jésus, dans sa grâce merveilleuse, ayant payé notre
rançon, s'est acquis pleinement tout droit sur tout ce que nous sommes et tout ce que nous
avons. Nous sommes désormais sa propriété. Mais il y a ici deux aspects à considérer: celui
du privilège et celui de la responsabilité. Nous avons le privilège d'appartenir à Christ, d'être
siens, d'être unis à lui par des liens particuliers (car il a aimé l'Eglise et s'est donné lui-même
pour elle), et d'être par conséquent les objets particuliers de ses soins, de sa tendresse, de
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son amour. Nous disons maintenant: «Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui;» bien plus:
«Je suis à mon bien-aimé, et son désir se porte vers moi» (Cantique des Cantiques 2: 16; 7:
10). Et qu'elle est douce et bénie la pensée qu'il nous a acquis comme sa possession, par
un titre que personne ne peut lui contester! Quel repos cela donne à nos âmes, de nous
souvenir que nous sommes siens! Dans le chagrin, le trouble ou les privations, dans les
veilles silencieuses de la nuit, dans l'isolement, quelle consolation ineffable d'élever nos
yeux jusqu'à lui, et de pouvoir lui dire: Tu nous as rachetés, nous sommes à toi, à toi pour
toujours!
Mais ce privilège entraîne la responsabilité que nous avons de montrer pratiquement
dans notre marche que nous sommes à lui, — de vivre, non pour nous-mêmes, mais pour
Celui qui est mort et ressuscité pour nous (2 Corinthiens 5: 15). Car, par notre rédemption,
nous sommes séparés de tous les peuples de la terre, et sommes par conséquent appelés
à témoigner par notre vie que nous appartenons à notre Rédempteur. Que chacun de nous
se demande devant le Seigneur jusqu'à quel point nous le faisons. Sommes-nous, comme
peuple racheté, aussi séparés de ceux qui sont autour de nous, qu'Israël, par exemple,
l'était des nations qui l'entouraient, quand il traversait le désert? Il est vrai que ce n'était
qu'une séparation extérieure; mais sûrement, ce devait être un type et une figure d'une
séparation plus réelle que la leur, — plus réelle, à cause du caractère même de notre
rédemption. La question cependant est celle-ci: Confessons-nous chaque jour dans notre
coeur, de nos lèvres, et par notre vie, que nous appartenons à Christ?
Et cette question nous conduit à considérer une responsabilité en rapport avec notre
rédemption, telle que l'apôtre Paul la formule. Il dit aux Corinthiens: «Ne savez-vous pas
que votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous, et que vous avez de Dieu?…»
Et: «Vous avez été achetés à prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps» (*) (1 Corinthiens
6: 19, 20). Le Seigneur donc réclame nos corps, parce qu'il les a achetés à prix; c'est
pourquoi il veut que nos corps soient ici-bas des instruments pour exprimer ce qu'il est lui-
même; aussi, après avoir pleinement établi la rédemption, dans l'épître aux Romains,
l'apôtre dit-il: «Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à présenter vos
corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est votre service intelligent»
(Romains 12: 1). Quel honneur pour nous, qu'il veuille prendre nos corps, qui étaient une
fois les instruments de Satan, et en faire des moyens de se manifester, afin que Dieu soit
glorifié! Ah! Satan savait bien peu ce qu'il faisait en poussant les Juifs à mettre Christ à
mort! Il réussit à le chasser de ce monde; mais quelle en a été la conséquence? C'est qu'il
y a des milliers de croyants dont la seule affaire est de refléter son image, de porter dans
leurs corps la mort de Jésus, afin que la vie aussi de Jésus soit manifestée dans leurs corps
(2 Corinthiens 4: 10). Jusqu'à quel point chacun de nous a-t-il compris que tout cela le
regarde?
(*) Je n'ajoute pas les mots: «et dans votre esprit qui appartiennent à Dieu», addition qui repose
sur un texte non suffisamment autorisé.
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Nous devons tous le reconnaître, et si nous le reconnaissons et qu'en même temps
nous ayons à confesser que nous avons manqué à cet égard, nous nous jetterons dans ses
bras pour demander la grâce et la force de nous livrer complètement à Dieu, comme
d'entre les morts étant faits vivants, et nos membres à Dieu, comme instruments de justice
(Romains 6: 13).
Paul enseigne aussi qu'étant rachetés, nous devons rejeter toute autorité qui est en
opposition avec celle de Christ. «Vous avez été achetés à prix; ne devenez pas esclaves des
hommes» (1 Corinthiens 7: 23). Cela ne signifie pas, il est à peine besoin de le dire, qu'il ne
doit pas exister dans le monde de maîtres et de serviteurs; et Paul, écrivant sous la direction
de l'Esprit de Dieu, a donné des directions spéciales à ceux qui sont dans cette position.
Mais ce qu'il veut établir ici, c'est la souveraine autorité de Christ, et que nous lui
appartenons quelle que soit notre position, puisqu'il nous a achetés à prix. Celui qui a été
appelé dans le Seigneur étant esclave, est l'affranchi du Seigneur; de même aussi l'homme
libre qui a été appelé, est l'esclave de Christ. Vous avez été achetés à prix; ne devenez pas
esclaves des hommes (1 Corinthiens 7: 22, 23). De même, insistant sur cette même vérité,
il rappelle aux serviteurs, dans une autre épître, qu'ils servent le Seigneur Jésus Christ
(Colossiens 3: 24). Quelle que soit donc notre occupation dans ce monde, quoique, peut-
être, dans une position subalterne, nous ne devons jamais oublier que nous appartenons à
Christ, qu'il nous a acquis par son propre sang; et, en conséquence, notre oeil doit toujours
être fixé sur lui, car il est notre Seigneur et Celui que nous servons.
Un autre texte nous parle encore d'un point au sujet duquel nous sommes
responsables: «Qui s'est donné lui-même pour nous, afin qu'il nous rachetât de toute
iniquité et qu'il purifiât pour lui-même un peuple acquis, zélé pour les bonnes oeuvres»
(Tite 2: 14). Nous avons déjà vu que le Seigneur nous a acquis par rédemption, et cette
pensée est exprimée par ces mots: «et qu'il purifiât pour lui-même un peuple acquis;» mais
il y a encore deux choses qui, selon sa volonté, doivent caractériser le peuple qu'il a racheté.
Son but était que nous fussions rachetés de toute iniquité, de son pouvoir (voyez Romains
6: 14), aussi bien que de ses actes, et que nous fussions zélés pour les bonnes oeuvres. La
séparation, la séparation pour Christ, voilà donc ce qui devrait nous caractériser comme
rachetés, comme peuple particulier lui appartenant en propre, et zélé pour les bonnes
oeuvres.
Il est bon de nous mettre souvent en face de pareils textes, afin que nous puissions
reconnaître nos manquements, et découvrir combien nous sommes loin de répondre à
cette pensée de Christ à notre égard, à ce qui est le but de notre rédemption. Considérons
en particulier ces mots: «zélés pour les bonnes oeuvres». Car, s'il n'y a pas de plus grand
piège que l'excessive activité du temps présent, activité dans laquelle l'âme perd souvent
toute communion, et par conséquent toute puissance, il y a des oeuvres qu'il ne faut pas
négliger, ce sont celles qui sont selon la pensée de Dieu. «Car nous sommes son ouvrage,
ayant été créés dans le Christ Jésus pour les bonnes oeuvres, que Dieu a préparées à
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l'avance, afin que nous marchions en elles» (Ephésiens 2: 10). Voilà les bonnes oeuvres
pour lesquelles nous devons être zélés.
Si nous en venons maintenant à la Ire épître de Pierre, nous trouverons que notre
responsabilité y est présentée sous une autre face, qui est en rapport avec notre
rédemption. «Si vous invoquez comme père celui qui, sans acception de personnes, juge
selon l'oeuvre de chacun, conduisez-vous avec crainte pendant le temps de votre séjour ici-
bas, sachant que vous avez été rachetés de votre vaine conduite qui vous avait été
enseignée par vos pères, non par des choses corruptibles, de l'argent ou de l'or, mais par
le sang précieux de Christ, comme d'un agneau sans défaut et sans tache» (1 Pierre 1: 17,
18). Pierre nous place ainsi en présence de Dieu le Père, et nous y place comme pèlerins,
afin que nous passions le temps de notre séjour ici-bas dans la crainte, cette sainte crainte
que produit sa sainteté, selon laquelle nos oeuvres sont jugées déjà maintenant. Il veut
que, dans notre passage à travers le désert, nous soyons des pèlerins délivrés de l'Egypte
pour vivre dans la sainteté, pour être saints parce que Dieu est saint (1 Pierre 1: 16). Car
c'est pour Dieu que nous sommes rachetés; et, en conséquence, il veut que notre marche
et toutes nos voies soient selon lui et conformes à son caractère. Combien nous devons
être vigilants pour nous tenir éloignés du mal, pour marcher d'une manière digne de notre
vocation, par laquelle nous sommes appelés, ayant la crainte de Dieu devant nos yeux,
sachant qu'il discerne toutes nos voies, et que sans la sainteté nul ne verra le Seigneur
(Hébreux 12: 14).
Enfin nous sommes toujours engagés à regarder en avant vers le jour de la rédemption.
C'est ainsi qu'il nous est dit que «l'Esprit est les arrhes de notre héritage, pour la
rédemption de la possession acquise» (Ephésiens 1: 14). C'est alors que nous entrerons
dans la pleine jouissance des fruits de la rédemption, quand le Seigneur prendra possession
en puissance de tout ce qui a été acquis par son sang précieux. Nous avons déjà parlé de
cela au sujet du corps. Mais il y a ici plus encore. Nous avons l'Esprit comme arrhes de
l'héritage qui appartient à Christ, héritage sur lequel il s'est acquis des droits par la
rédemption, par laquelle aussi il possède toutes choses; toutefois, il n'entrera en
possession de tout ce qu'il a acquis que quand il aura réuni tous ses cohéritiers qui doivent
en jouir avec lui. C'est pour cela que nous attendons, non seulement la venue de Christ, la
résurrection de nos corps, et la gloire que nous partagerons avec lui, mais aussi le temps
où, comme ses cohéritiers, nous entrerons en possession de toute la puissance et de la
bénédiction qu'il nous a acquises par sa mort, tout cela étant le fruit de son sang versé.
Chose merveilleuse, qu'il nous soit dit que tout cela s'accomplira à la louange de la gloire
de Dieu! Notre position actuelle de rachetés, rendus agréables dans le Bien-aimé, est à la
louange de la gloire de sa grâce; notre part avec Christ dans son héritage, sera à la louange
de sa gloire. Par la grâce de Dieu, cette souveraine bénédiction nous appartiendra bientôt.
Car, puisque nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers, héritiers de Dieu et
cohéritiers de Christ; et il attend le moment où sera accompli le désir de son coeur de nous
avoir avec lui, selon qu'il l'a dit dans sa prière: «Père, je veux, quant à ceux que tu m'as
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donnés, que là où moi je suis, ils y soient, aussi avec moi, afin qu'ils voient ma gloire, que
tu m'as donnée; car tu m'as aimé avant la fondation du monde» (Jean 17: 24). Puissions-
nous, par sa grâce, marcher maintenant comme attendant l'accomplissement d'une telle
bénédiction!
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(2 Corinthiens 5: 15). Et encore «Nul de nous ne vit ayant égard à lui-même et nul ne meurt
ayant égard à lui-même: mais soit que nous vivions, nous vivons ayant égard au Seigneur,
soit que nous mourions, nous mourons ayant égard au Seigneur; soit donc que nous vivions,
soit que nous mourions, nous sommes du Seigneur. Car c'est pour cela que Christ est mort
et qu'il a revécu, afin qu'il dominât et sur les morts et sur les vivants» (Romains 14: 7-9).
Nous reconnaissons donc, par la grâce de notre Dieu, non seulement que Christ est le
Seigneur de tous, — comme il l'est en vérité, — mais aussi qu'il est d'une manière plus
intime notre Seigneur. Il est notre Seigneur, non seulement en vertu d'un décret qui l'a
rendu tel, lui le Christ rejeté, maintenant homme glorifié, mais aussi parce qu'il a acquis
cette position au-dessus de nous par la rédemption. C'est donc notre joie de le confesser
comme notre Seigneur; même ceux qui le rejettent dans ce jour de grâce seront une fois
obligés, par le pouvoir qu'il déploiera pour la destruction, de confesser qu'il est Seigneur
(Philippiens 2: 10, 11). Quelle pensée solennelle! C'est une responsabilité d'autant plus
grande, pour nous croyants, de proclamer son autorité et de nous y soumettre, afin d'être
en quelque mesure ses témoins pendant le jour de sa réjection.
Puisque Christ occupe cette position, quels sont nos privilèges et notre responsabilité
à son égard, en tant que revêtus de ce caractère?
1° La première chose à mentionner est le culte, car c'est devant lui, comme Seigneur,
que nous nous prosternons pour l'adorer. C'est ce qui nous est enseigné en principe dans
un des Psaumes: «Car il est ton Seigneur: adore-le» (Psaumes 45: 11). Et encore, dans ce
passage déjà cité des Philippiens: «Que tout genou se ploie, et que toute langue confesse
qu'il est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père» (Philippiens 2: 10, 11). Les théologiens
s'efforcent de montrer que Christ doit être adoré au même degré que le Père, puisqu'il est
Dieu aussi bien qu'homme.; et c'est vrai, mais on laisse de côté l'enseignement de l'Ecriture
relativement à sa position actuelle et à l'adoration qui lui est due en vertu de cette position.
Il est Dieu; mais ce qui est merveilleux, et ce qui caractérise sa position actuelle, c'est qu'il
occupe cette place en tant qu'homme. C'est le même Jésus que les Juifs ont crucifié, qui
est maintenant Seigneur et Christ; et il a pris comme homme la gloire qu'il avait auprès du
Père avant que le monde fût. C'est une grande erreur de dire qu'il fut homme ici-bas et
Dieu dans le ciel, comme si les deux natures pouvaient ainsi être divisées. Si l'on peut faire
une distinction, nous dirions que quand il était ici-bas, quoiqu'il fût vraiment homme, il
était pour nous la représentation de la divinité; tandis que maintenant, quoiqu'il ne perde
jamais son caractère divin, il est assis à la droite de Dieu comme homme. En conséquence,
bien qu'il soit parfaitement vrai que nous l'adorons comme Dieu, — et sans doute, toute
adoration qui monte au trône de Dieu s'adresse nécessairement à Christ, puisque le terme
de Dieu comprend toutes les personnes de la divinité, — c'est plutôt devant l'homme qui
est dans la gloire de Dieu, Jésus notre Seigneur, que nous nous prosternons maintenant
pour lui offrir nos louanges et notre culte.
Et certainement, il est doux pour nous de penser que Celui qui ici-bas fut méprisé,
rejeté et crucifié, Celui que ses propres disciples mêmes abandonnaient, et cela à l'heure
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de sa plus grande angoisse, nous est maintenant présenté dans son exaltation, comme
l'objet de nos hommages. Oh! comme il doit être cher à Dieu son Père! et de quelle
inexprimable valeur doit être son oeuvre aux yeux de Dieu, pour qu'il l'ait mis dans cette
position élevée et en ait fait l'objet de l'adoration des anges et des saints! C'est ainsi que
Jean écrit: «Et ils chantent un cantique nouveau, disant: Tu es digne de prendre le livre, et
d'en ouvrir les sceaux: car tu as été immolé, et tu as acheté pour Dieu par ton sang, de
toute tribu, et langue, et peuple, et nation; et tu les as faits rois et sacrificateurs pour notre
Dieu; et ils régneront sur la terre. Et je vis: et j'entendis une voix de beaucoup d'anges à
l'entour du trône et des animaux et des anciens; et leur nombre était des myriades de
myriades, et des milliers de milliers, disant à haute voix: Digne est l'Agneau qui a été immolé
de recevoir la puissance, et richesse, et sagesse, et force, et honneur, et gloire, et
bénédiction. Et j'entendis toutes les créatures qui sont dans le ciel, et sur la terre et au-
dessous de la terre, et sur la mer, et toutes les choses qui y sont, disant: A celui qui est assis
sur le trône, et à l'Agneau, la bénédiction, et l'honneur, et la gloire, et la force, aux siècles
des siècles! Et les quatre animaux disaient: Amen! Et les anciens tombèrent sur leurs faces
et rendirent hommage» (Apocalypse 5: 9-14). Quelle grâce ineffable de savoir qu'il est
digne de nos louanges!
Père Saint, juste et sage,
Tu veux que, sans partage,
Tout être rende hommage
A ton Fils glorieux;
Dans la honte ou la joie,
Que tout genou se ploie,
Et que tout oeil le voie
Apparaissant des cieux.
2° Tout comme nous l'adorons, de même nous le prions comme Seigneur. C'est ce
dont l'Ecriture offre deux exemples frappants. Quand Etienne fut lapidé par les Juifs furieux,
il est dit: «Ils lapidaient Etienne qui priait, et disait: Seigneur Jésus, reçois mon esprit»
(Actes des Apôtres 7: 59). Paul aussi, parlant d'une écharde dans la chair, dit: «A ce sujet
j'ai supplié trois fois le Seigneur, afin qu'elle se retirât de moi; et il m'a dit: Ma grâce te
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suffit, car ma puissance s'accomplit dans l'infirmité» (2 Corinthiens 12: 8, 9). Or, que ce soit
à Christ qu'il s'adresse comme Seigneur, c'est ce qui est évident, car il ajoute: «Je me
glorifierai donc très volontiers plutôt dans mes infirmités, afin que la puissance du Christ
demeure sur moi» (2 Corinthiens 12: 9).
Ces exemples nous donnent un enseignement important, relativement au caractère
selon lequel nous devons nous adresser à lui dans la prière. Nous devons l'appeler Seigneur,
non Jésus ou Christ, comme on l'entend mal à propos quelquefois. Un moment de réflexion
nous fera comprendre ce qui vient d'être dit: Employer en nous prosternant devant lui le
nom de Jésus ou celui de Christ, c'est oublier notre position comme suppliants, aussi bien
que la sienne comme Seigneur. C'est de la familiarité, si ce n'est de l'irrévérence; quoiqu'il
n'y ait peut-être pas le moindre sentiment de cette nature. Quoiqu'il en soit, en nous
approchant de lui par la prière, n'oublions jamais son exaltation ni sa dignité. Le tact
spirituel d'un enfant de Dieu suffira pour lui enseigner que, dans ce moment-là, c'est le titre
de Seigneur qu'il faut toujours employer. C'est celui qui lui appartient, et il nous convient
de le lui donner; montrant ainsi, au moins en quelque faible mesure, le sentiment que nous
avons de ses droits et aussi de notre position en sa présence. C'est le mot que l'ange
emploie quand, près du sépulcre, le matin de la résurrection, il calme la crainte des
femmes, et cela est significatif. Il dit: «Pour vous, n'ayez point de peur car je sais que vous
cherchez Jésus le crucifié il n'est pas ici; car il est ressuscité, comme il l'avait dit. Venez,
voyez le lieu où le Seigneur gisait» (Matthieu 28: 5, 6). Il leur rappelle ainsi que Jésus,
qu'elles cherchaient, était le Seigneur. Le brigand aussi, sur la croix, parlant sans aucun
doute par l'Esprit de Dieu, s'adresse à lui comme tel. «Seigneur, dit-il, souviens-toi de moi,
quand tu viendras dans ton royaume» (Luc 23: 42). Rappelons-nous toujours qui est Celui
devant qui nous nous prosternons et duquel nous attendons grâce et bénédiction.
Si c'était ici le lieu, je pourrais vous montrer (ce qu'un examen attentif des Ecritures
justifierait sans doute) qu'il ne faut pas employer indifféremment toutes les expressions
dans les prières que l'on présente au Seigneur. Il y a, par exemple, comme nous pourrons
le voir encore plus loin, des rapports particuliers entre le serviteur et le Seigneur. C'est ce
qu'il a enseigné lui-même à ses disciples, en leur disant: «Suppliez donc le Seigneur de la
moisson, en sorte qu'il pousse des ouvriers dans sa moisson» (Matthieu 9: 38). C'est ainsi
encore que l'apôtre, comme nous l'avons dit à propos de l'écharde dans la chair qui
entravait son service, s'adresse à Christ en l'appelant Seigneur. Qu'il me suffise d'avoir
attiré l'attention là-dessus, c'est nécessaire, et nous avons besoin de recevoir de Dieu lui-
même l'intelligence pour être bien guidés à cet égard. Oui, prenons-y bien garde, car rien
n'est plus pénible dans les réunions de prière ou de culte, que d'entendre celui qui prie
employer indifféremment ces mots: Dieu, Père, ou Seigneur, sans que rien explique ce
changement d'appellation.
Mais, pour passer à un autre sujet, qu'il est doux, quand nous nous adressons à lui
dans la prière, de nous rappeler qu'il est notre Seigneur! Cela constitue un droit et une
assurance; un droit, à cause de la relation dans laquelle nous avons été placés, et une
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assurance, parce que cela nous rappelle ce qu'il est et ce qu'il a fait pour nous comme tel.
En vérité, il n'est pas un étranger pour nous; et s'il nous est précieux de prononcer ce nom,
quelle joie pour lui de nous entendre nous adresser à lui, comme à notre Seigneur! Conduits
par l'Esprit de Dieu, puissions-nous employer ce nom avec une hardiesse croissante, avec
la sainte hardiesse que peut seule inspirer la confiance en son amour!
3° Ces mots «notre Seigneur» nous rappellent que nous sommes ses serviteurs. Nous
le sommes, parce qu'il nous a achetés par son propre sang; et en conséquence nous
sommes sa propriété absolue. C'est pourquoi Paul se plaît à s'appeler un serviteur, un
esclave de Jésus Christ (doulov) (Romains 1: 1; Philippiens 1: 1, etc.). Nous parlons
naturellement ici de tous les croyants comme serviteurs, et non pas seulement d'une classe
spéciale qu'il a plu au Seigneur de revêtir de dons pour travailler au milieu des saints ou
pour évangéliser. Gardons-nous bien de n'appliquer qu'à cette classe le terme de
serviteurs; car, quelle que soit la position que nous occupons, nous sommes aussi
réellement serviteurs du Seigneur que si nous avions un service public à accomplir, comme
par exemple celui du ministère de la Parole.
Faisons observer en même temps que la volonté du Seigneur est notre seule loi. C'est
en effet ce qui caractérise le chrétien, c'est qu'il n'a pas de volonté; car, du moment que
cette dernière est active, la chair se montre. Ainsi il n'a, je veux dire il devrait n'avoir,
absolument aucune volonté. Il peut dire avec l'apôtre: «Je suis crucifié avec Christ; et je ne
vis plus, moi, mais Christ vit en moi» (Galates 2: 20). Le Seigneur nous a montré cette voie:
«Je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a
envoyé» (Jean 6: 38). C'est ainsi qu'il est dit qu'il a pris la forme d'un esclave (doulov)
(Philippiens 2: 7). De même donc qu'il n'avait pas de volonté, mais qu'il était gouverné par
celle de son Père dans toutes ses pensées, ses paroles et ses actions, de même en toutes
choses nous devrions regarder à sa volonté. Ce n'est plus nous qui vivons, mais Christ vit
en nous, et nos corps ne sont plus que des organes pour l'expression de sa volonté.
Comme serviteurs, nous sommes dans l'obligation d'obéir. Le Seigneur disait à
certaines gens: «Pourquoi m'appelez-vous Seigneur, Seigneur, et ne faites-vous pas ce que
je dis?» (Luc 6: 46). Il disait aussi à ses disciples: «Vous m'appelez Maître et Seigneur, et
vous dites bien, car je le suis; si donc moi, le Seigneur et le Maître, j'ai lavé vos pieds, vous
aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres» (Jean 13: 13, 14). Aussitôt donc
que Christ nous est révélé comme notre Sauveur et que nous le reconnaissons comme
notre Seigneur, nous devons être dans la même disposition que Paul quand il disait:
«Seigneur, que veux-tu que je fasse?», (Actes des Apôtres 9: 6; 22: 10). Dès ce moment,
notre place est celle de l'obéissance à sa volonté, nous devons non seulement l'accepter,
mais y trouver notre joie, car il disait lui-même que sa viande était de faire la volonté de
son Père et d'accomplir son oeuvre (Jean 4: 34). Or aucun croyant ne peut alléguer qu'il
ignore la volonté de Dieu. Il est vrai qu'il y a de l'ignorance chez un grand nombre; mais
puisqu'il lui a plu de nous donner dans les Ecritures la révélation de ses pensées à notre
égard, de nous tracer le chemin dans lequel il veut que nous marchions, de nous assurer
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que nous serons dirigés dans toutes nos difficultés, et puisqu'il nous a envoyé le
Consolateur pour nous conduire dans toute la vérité (Jean 16: 13), nous sommes sans
excuse si nous restons dans l'ignorance.
Comme notre sentier est simple alors! C'est à lui seul que nous avons à plaire. Il faut
seulement que nos yeux soient fixés sur lui. Comme les yeux des serviteurs regardent à la
main de leurs maîtres, et les yeux de la servante à ceux de sa maîtresse, ainsi nos yeux
devraient rester fixés sur le Seigneur pour saisir les premiers signes de sa volonté, afin que
nos pieds soient toujours prêts à exécuter ses commandements. Et quel honneur pour
nous! Christ, notre Seigneur, est le centre d'où rayonne la gloire. Les yeux de tous les
habitants du ciel sont dirigés sur lui, comme sur l'objet de tous leurs hommages et de leurs
délices. Que sommes-nous pour qu'il daigne faire de nous ses serviteurs? Rien, rien
absolument que ce que nous sommes devenus par la souveraine grâce de notre Dieu, en
vertu de l'oeuvre qu'il a accomplie. Assurément, nous devrions avoir un sentiment plus
profond de l'honneur insigne qui nous est accordé, en sorte que nos coeurs, débordant
d'amour et de reconnaissance, aient toujours plus de joie à les témoigner en gardant ses
commandements (Jean 14: 15).
4° La seigneurie de Jésus Christ implique encore pour nous une autre obligation.
Comme cela est dit: Il est Seigneur de tous (Actes des Apôtres 10: 36). Nous avons donc
non seulement comme chrétiens à prendre une position d'obéissance, mais nous avons
aussi à reconnaître son autorité sur tous ceux qui sont en rapport avec nous, sur nos
familles et nos maisons. Il est bien important de se demander si la doctrine de la seigneurie
universelle de Jésus Christ n'a pas été méconnue. C'est ce dont on n'est que trop convaincu,
en considérant l'état de bien des familles de chrétiens. C'est une erreur fatale dans laquelle
on tombe souvent, de supposer que les membres inconvertis de nos familles n'ont rien à
faire avec Christ. Il est Seigneur de tous; leur responsabilité, comme celle des croyants, est
de reconnaître cette seigneurie. La seigneurie de Christ doit être maintenue par les saints
dans tout le domaine de leur responsabilité, par anticipation du millénium. Les familles des
saints devraient présenter un contraste absolu à cet égard avec celles du monde, et ainsi
être un témoignage vivant rendu à l'autorité d'un Christ rejeté et absent, de Christ notre
Seigneur.
5° De plus, si nous nous souvenions que notre Seigneur est aussi le Seigneur universel,
cela nous donnerait une beaucoup plus grande puissance pour agir sur les âmes. Ceux qui
sont accusés du pécher de rejeter Christ, combien souvent n'arrive-t-il pas qu'ils cherchent
à échapper ou à éviter le coup en disant: Nous sommes complètement étrangers à ce
qu'ont fait les Juifs et les Romains il y a dix-huit siècles. Il n'est pas difficile de répondre à
cette objection, si elle est franchement présentée; mais si l'on insistait sur le fait de la
seigneurie actuelle de Christ, ce serait une épreuve à laquelle il n'y aurait pas moyen
d'échapper. Est-ce qu'ils reconnaissent la place que Dieu lui a donnée? Est-ce qu'ils le
confessent et se soumettent à son autorité? Alors, comme nous savons qu'ils ne le font
pas, ils sont convaincus eux aussi, et cela avec la dernière évidence, d'avoir rejeté Celui qui
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a été fait Seigneur et Christ. Cette arme bien maniée pourrait, avec la puissance du Saint
Esprit, atteindre bien des consciences et amener des âmes à la repentance devant Dieu;
surtout si cette vérité était présentée en relation avec ce fait que, s'ils persistent à ne pas
reconnaître Christ maintenant, au jour de la grâce, ils devront le reconnaître, devant le
grand trône blanc, et le faire alors pour leur éternelle condamnation. C'est une question
digne d'attention de savoir si, en prêchant l'évangile, nous ne donnons pas à l'homme
comme tel une trop grande place, en lui laissant trop largement la liberté de choisir ou de
refuser. Naturellement, on ne doit point méconnaître la responsabilité; car c'est sur ce
principe que la conscience est le plus promptement atteinte. Nous ne devons pas oublier
non plus de présenter la grâce, la miséricorde et l'amour de Dieu, et sûrement toute
prédication de l'évangile doit être celle de son grand amour. En accordant pleinement cela,
on peut cependant demander si on insiste assez sur les droits de Christ comme Seigneur.
Quel sujet pourrait fournir une mine plus riche pour des appels sérieux? L'homme partout
reconnu et Christ méconnu. Hélas! il est encore vrai qu'il n'y a pas de place pour Christ dans
l'hôtellerie (c'est-à-dire dans le monde). C'est la sagesse de l'homme, ses préceptes et son
autorité; et tous se réunissent pour dire: Nous ne voulons pas que Christ règne sur nous!
Et cependant, il est le Seigneur de tous. Il était dans le monde, et le monde a été fait par
lui, et le monde ne le connaissait pas. Il ne le connaît pas aujourd'hui non plus, et ainsi il va
à sa ruine. Car Dieu veut que son Christ soit universellement reconnu. En effet, le décret a
paru et ne peut être changé; et pourtant le monde poursuit sa voie en bannissant de ses
pensées Celui qui est le Seigneur de tous, se berçant de l'illusion que tout est bien et que
tout ira bien. Mais pendant que nous écrivons peut sonner l'heure où il quittera la place
qu'il occupe à la droite de Dieu, pour venir prendre son peuple, et alors ils seront toujours
avec lui (1 Thessaloniciens 4: 17). Alors commencera cette série de terribles jugements
annoncés dans les Ecritures, comme devant précéder son retour avec ses saints, «quand
sortira de sa bouche une épée aiguë à deux tranchants, afin qu'il en frappe les nations; et
lui les paîtra avec une verge de fer, et lui foulera la cuve du vin de la fureur de Dieu le Tout-
Puissant, et il a sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit: Roi des rois et Seigneur des
seigneurs» (Apocalypse 19: 15, 16). Alors il prendra possession de son royaume. «Il
dominera depuis une mer jusqu'à l'autre, et depuis le fleuve jusqu'aux extrémités de la
terre. Tous les rois aussi se prosterneront devant lui; toutes les nations le serviront»
(Psaumes 72: 8-11). Sois donc intelligent, cher lecteur, et maintenant, pendant que c'est le
temps favorable et le jour du salut, prosterne-toi devant Dieu, et reconnais Christ comme
Seigneur; «que si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur, et que tu croies dans
ton coeur que Dieu l'a ressuscité d'entre les morts, tu seras sauvé» (Romains 10: 9). Mais
si vous êtes, hélas! du nombre de ceux qui restent indifférents à ses droits et qui les
rejettent, non seulement vous devrez à la fin fléchir les genoux devant lui, quand il siégera
comme juge sur le grand trône blanc, mais vous entendrez en même temps la sentence
irrévocable de votre condamnation éternelle, de la mort seconde (Apocalypse 20). Oh!
baisez le Fils, — maintenant que c'est le jour de grâce et que dure encore la longue patience
de Dieu, — de peur qu'il ne se courrouce et que vous ne périssiez dans cette voie, quand
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sa colère s'embrasera tant soit peu (Psaumes 2: 12). Etant réconciliés avec lui, ce sera la
joie de votre coeur de le confesser et de le servir comme Seigneur.
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1° Considérons donc en premier lieu le Berger lui-même. Il dit aux Juifs: «Celui qui
entre par la porte, est le berger des brebis» (Jean 10: 2). Il se présentait à eux comme le
seul qui fût venu en Israël par le chemin voulu de Dieu, le seul qui répondît à tout ce qui
avait été dit de lui d'avance dans les Ecritures, le seul donc à qui Dieu ouvrît la porte pour
lui donner accès auprès de ses brebis. Mais le peuple comme tel ne le reçut pas; il devint
par là la porte des brebis (verset 7). «Tous, autant qu'il en est venu avant moi», dit-il, «sont
des voleurs et des larrons; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte: si
quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; et il entrera et il sortira, et il trouvera de la pâture.
Le voleur ne vient que pour voler, et tuer, et détruire: moi, je suis venu afin qu'elles aient
la vie, et qu'elles l'aient en abondance. Moi, je suis le bon berger: le bon berger met sa vie
pour les brebis» (Jean 10: 8-11).
Voici donc ce qui caractérise essentiellement le bon berger: il donne sa vie pour ses
brebis. Il est le Christ qui est mort; et s'il est mort pour tous, tous donc sont morts (2
Corinthiens 5: 14). Voilà tout le secret de la rédemption. Les brebis étaient égarées,
perdues, et auraient péri pour toujours, mais le bon berger est venu chercher ce qui était
perdu, il s'est même livré à la mort, à la mort de la croix, et les a cherchées jusqu'à ce qu'il
les eût trouvées. Cela nous explique ce nom de bon berger. Nous avons tous été errants
comme des brebis; nous nous sommes détournés pour suivre chacun son propre chemin,
mais le bon berger s'est offert pour nos péchés, a donné sa vie pour les brebis, et l'Eternel
a fait venir sur lui l'iniquité de nous tous (Esaïe 53: 6). Et comme le dit l'apôtre Paul, exaltant
l'amour de Dieu, amour dont rien ne peut donner une idée: «Christ, alors que nous étions
encore sans force, au temps convenable, est mort pour des impies. Car à peine, pour un
juste, quelqu'un mourra-t-il (car pour l'homme de bien, peut-être quelqu'un se résoudrait
même à mourir); mais Dieu constate son amour à lui envers nous, en ce que, lorsque nous
étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous» (Romains 5: 6-8). Tout le coeur de
Christ, aussi bien que celui de Dieu, nous a été révélé par sa mort; car il n'y avait rien en
nous pour attirer son affection, pour le porter à prendre notre place, et à nous racheter par
son sang précieux. La nuit même dans laquelle il fut livré, il prit du pain et rendit grâces, et
institua le mémorial du sacrifice qu'il allait accomplir. Ainsi, nous contemplons en même
temps sa parfaite bonté et la complète méchanceté de l'homme; mais la complète
révélation de ce que l'homme était, ne peut pas mettre obstacle à la manifestation de ce
qu'il était, lui. Bien plus, de même que la lumière du soleil brillant sur un sombre nuage,
paraît d'autant plus vive et intense, de même l'amour, la grâce et la bonté de Christ,
paraissent d'autant plus grands par l'absolue méchanceté de l'homme qui a amené Christ
à la croix. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis.
En donnant sa vie pour ses brebis, il s'est acquis des droits sur elles. Mais vient ensuite
un autre acte: il donne la vie à ses brebis. «Le voleur ne vient que pour voler, et tuer, et
détruire: moi, je suis venu afin qu'elles aient la vie, et qu'elles l'aient en abondance» (Jean
10: 10); et encore: «Je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais» (verset 28).
Nous pouvons rapprocher ceci de cette autre parole: «Moi, je suis la porte: si quelqu'un
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entre par moi il sera sauvé, etc.» (verset 9). Nous ajoutons ce passage, pour montrer le
moyen par lequel Christ donne la vie, moyen qui n'est jamais séparé de la foi en lui. Qui
croit au Fils, a la vie éternelle (Jean 3: 36). Ainsi, il est représenté ici comme la porte, et
quiconque entre par lui est sauvé — a la vie éternelle, Ce serait une fatale erreur de
supposer que cette vie, qui est un don de sa part, un don de sa grâce souveraine, on
pourrait la posséder sans une foi personnelle. Car c'est le moyen voulu de Dieu pour la
posséder, ce qui caractérise ses brebis comme étant à lui, ce qui les sépare ainsi du monde.
Il est encore dit: «Il appelle ses propres brebis par leur nom, et les mène dehors» (Jean
10: 3), et aussi qu'il connaît ses brebis (versets 14, 27). C'est ce que nous voyons dans
l'histoire de l'aveugle, dont le Seigneur a ouvert les yeux et dont il a fait un de ses disciples.
L'évangile rapporte encore bien d'autres exemples qui caractérisent le bon berger. Nous
en trouvons un dans le 1er chapitre de cet évangile de Jean: «Jésus vit Nathanaël venir vers
lui, et il dit de lui: Voici un vrai Israélite, en qui il n'y a pas de fraude. Nathanaël lui dit: D'où
me connais-tu? Jésus répondit et lui dit: Avant que Philippe t'eût appelé, quand tu étais
sous le figuier, je te voyais» (Jean 1: 48, 49). De toute éternité il connaît ses brebis, et au
temps convenable s'adresse à elles par leur nom, les appelle par sa parole puissante, et sa
voix pénétrant dans leurs âmes, il les fait sortir, les amenant à la connaître comme celle du
bon berger. Comme le matin de sa résurrection, quand il dit: Marie, et qu'elle répondit:
Rabboni; ainsi aujourd'hui, quand il parle, ses brebis entendent sa voix et le suivent
aussitôt. C'est ainsi qu'il a appelé toutes les brebis de son troupeau, et qu'il les réunira
encore, jusqu'à ce que la dernière qui erre sur les montagnes et dans les déserts soit
amenée sous sa houlette. «Je connais mes brebis». C'est là assurément une parole
profondément consolante pour les siens. Quoique nous soyons sous sa conduite en
traversant le désert, notre foi est souvent près de faiblir, la fatigue s'empare de nous, et
nous sommes tentés de douter de son amour. Combien alors ces paroles: «Je connais mes
brebis», sont précieuses pour calmer toute anxiété et dissiper toute crainte, en nous
rappelant que ses yeux sont sur nous, voyant toutes nos circonstances, tous nos besoins,
et qu'il a une pleine connaissance de tout ce qui nous concerne.
Nous avons déjà fait allusion à la composition de son troupeau, qui renferme
maintenant des Juifs et des gentils, comme il nous l'enseigne au verset 16, où nous voyons
comment s'est formé ce troupeau: «J'ai d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie;
il faut que je les amène, elles aussi; et elles écouteront ma voix, et il y aura un seul troupeau,
un seul berger». C'est là le trait spécial du troupeau pendant cette dispensation. Dans
l'ancienne alliance, Israël seul était son troupeau; aussi le 23 e Psaume commence par ces
mots: «L'Eternel est mon berger». Mais comme, quand il vint au milieu des siens, les siens
ne le reçurent point, il a renversé par sa mort le mur de clôture qui séparait les Juifs des
gentils, et a posé dans son sang le fondement de leur réunion par la foi en son amour.
Depuis la Pentecôte donc, il a appelé les brebis de son troupeau dans tous les lieux de la
terre: elles entendent sa voix, elles sont amenées, et une fois qu'elles sont réunies, il n'y a
plus ni Juifs, ni gentils, elles ne forment qu'un seul troupeau sous un seul Berger.
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Ce qui caractérise encore le Berger, c'est qu'il garde ses brebis: «Je leur donne la vie
éternelle, et elles ne périront jamais; et personne ne les ravira de ma main. Mon Père, qui
me les a données, est plus grand que tous, et personne ne peut les ravir de la main de mon
Père» (versets 28, 29). Il procure ainsi aux siens une absolue sécurité. Le loup peut ravir les
brebis de la main de celui qui est un mercenaire et n'est pas le Berger, mais personne ne
peut les ravir des mains de ce dernier. Quel repos cela donne à notre coeur de lire ces
précieuses paroles!
2° Arrêtons-nous encore un peu sur quelques-uns des traits qui caractérisent les
brebis.
«Elles entendent sa voix» (versets 4, 16, 27). Comme cela a été expliqué au
commencement, il distingue ses brebis, il les appelle par leur nom. Le Seigneur lui-même
fait sentir le contraste, quand il dit: «Mais vous (il parle aux Juifs), vous ne croyez pas, car
vous n'êtes pas de mes brebis, comme je vous l'ai dit. Mes brebis écoutent ma voix, etc.»
(versets 26, 27). Nous pouvons rapprocher de ceci un autre trait: «Elles ne connaissent pas
la voix des étrangers» (verset 5). C'est là ce qui fait la sécurité du troupeau. Elles
reconnaissent aussitôt la voix du Berger; mais un étranger a beau imiter à s'y méprendre la
voix du Berger, elles s'en aperçoivent, c'est-à-dire qu'elles découvrent que c'est celle d'un
étranger. C'est ce qu'enseigne l'apôtre Jean: «Vous avez l'onction de la part du Saint, et
vous connaissez toutes choses… Je vous ai écrit ces choses touchant ceux qui vous égarent;
et pour vous, l'onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n'avez pas
besoin que personne vous enseigne, mais comme la même onction vous enseigne à l'égard
de toutes choses, et qu'elle est vraie et n'est pas mensonge, — et selon qu'elle vous a
enseignés, vous demeurerez en lui» (1 Jean 2: 20-27). Il n'est donc pas nécessaire pour y
échapper, que nous cherchions à connaître toutes les erreurs qui abondent de tous les
côtés: il nous suffit de connaître la voix du Berger; et notre sûreté sera de l'écouter, de la
connaître toujours mieux et, comme Marie, de rester assis aux pieds de Jésus pour écouter
sa parole» (Luc 10: 39). C'est ainsi que nous serons tout à la fois mis à l'abri du danger,
gardés et bénis.
Les brebis entendent la voix du Berger, il en résulte naturellement qu'elles le suivent:
car elles reconnaissent sa voix (verset 4: 27). Les brebis n'ont d'autre volonté que celle du
Berger; et dès qu'elles cessent de le suivre, elles sont errantes. «Nous avons tous été
errants comme des brebis, dit le prophète, nous nous sommes détournés pour suivre
chacun son propre chemin» (Esaïe 53: 6). En Orient, et aussi dans quelques contrées de
l'Europe, le berger précède son troupeau; quand il marche, les brebis le suivent, et quand
il s'arrête, elles s'arrêtent également. C'est à cela que fait allusion notre Seigneur dans la
portion de l'Ecriture qui est devant nous; cet usage lui fournit l'occasion de donner une
instruction bien sérieuse. Pour suivre le berger, les brebis ont besoin d'avoir toujours les
yeux fixés sur lui, d'être toujours attentives pour savoir de quel côté il va, et où il veut
qu'elles le suivent. Tout est ainsi laissé entre les mains du berger: c'est à lui à reconnaître
le danger, à pourvoir à leur subsistance, à leur montrer le chemin. Leur responsabilité, c'est
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de le suivre, partout où il les conduira — de le suivre jusqu'à ce qu'il vienne pour les prendre
à lui.
Il est aussi dit que les brebis connaissent le Berger. Non seulement elles connaissent
sa voix; mais elles le connaissent lui-même: «Je suis le bon berger, et je connais mes brebis,
et je suis connu d'elles, comme le Père me connaît, et moi je connais le Père» (Jean 10: 14,
15). C'est là la bénédiction la plus élevée à laquelle les brebis puissent atteindre, car elle
suppose la connaissance de ses voies, de ses désirs et de ses pensées, la connaissance de
sa personne elle-même. C'est ainsi que nous entrons en communion avec lui. Nous pouvons
connaître sa voix, le suivre, et cependant ne pas connaître sa personne elle-même. Le
connaître, c'est ce qui, selon l'apôtre Jean, caractérise les pères dans la famille de Dieu: «Je
vous écris, pères, parce que vous connaissez Celui qui est dès le commencement» (1 Jean
2: 13). Voilà donc la souveraine bénédiction pour le croyant. Or le Seigneur veut qu'elle se
réalise, — et cela en abondante mesure, — «comme le Père me connaît, et que je connais
le Père». Il nous connaît, et il veut que nous le connaissions. Que nos relations avec lui
soient toujours plus intimes, qu'il soit tellement présent à nos âmes que nous puissions
croître de jour en jour dans sa connaissance, dans la connaissance de ce qu'il est, — aussi
bien de ce qu'il est pour nous, que de ce qu'il a fait pour nous par la puissance du Saint
Esprit.
3° Le Psaume 23ème nous aidera à comprendre ce qui a été dit sur les relations aussi
bien que sur les privilèges des brebis.
«Le Seigneur (Jéhovah) est mon Berger». Pouvons-nous véritablement adopter ce
langage? Tout dépend ici de la réalité de nos relations avec lui. Chacun peut dire que le
Seigneur est un Berger; toute la force de cette déclaration est donc dans ce petit mot: mon.
Dire mon Berger, c'est le langage de la foi: le mot mon est donc la clef de ce Psaume.
Heureux sommes-nous donc, si, nous appropriant ces paroles, nous pouvons dire qu'il est
notre Berger. Quelle en sera la conséquence? «Je n'aurai point de disette». Nous n'aurons
point de disette, non parce que nous sommes ses brebis, mais parce qu'il est notre Berger.
Il s'agit non de ce que nous sommes pour lui, mais de ce qu'il est pour nous. C'est ce qu'il
est très important de bien comprendre, car beaucoup de personnes parmi nous
commencent par elles-mêmes; et qu'arrive-t-il alors, quand elles découvrent qu'elles sont
de pauvres créatures faibles et pécheresses? Elles tombent dans le doute et l'anxiété. —
Mais quand nous commençons avec le Seigneur, que nous considérons ce qu'il est, ce qu'il
est en lui-même aussi bien que dans ses relations avec nous, nous avons l'assurance bien
fondée que «nous n'aurons pas de disette». Car assurément, c'est au berger à pourvoir aux
besoins de ses brebis. Combien seraient insensés des enfants demandant à leurs parents
comment ils pourvoiront aux besoins du lendemain! Nous serions bien plus insensés de
nous inquiéter, nous qui avons un tel Berger. C'est assez pour nos coeurs, sans doute, de
savoir qu'il est à nous, et dans cette douce confiance nous pouvons tout abandonner entre
ses mains, car il paîtra son troupeau, comme un berger (Esaïe 40: 11). Il est à nous et nous
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avons tout en lui; et ainsi, notre coeur peut se reposer dans une paix parfaite, dans la pleine
assurance de son amour constant, de sa toute-puissance, de ses soins continuels.
«Il me fait reposer dans de verts pâturages il me mène à des eaux paisibles», ou,
comme on peut traduire, dans des pâturages d'herbe tendre et à des eaux de repos. C'est
lui qui nous apporte toutes les bénédictions, qui pourvoit à tous nos besoins, qui nous
donne repos et rafraîchissement. Mais cela même ne peut exprimer toutes les richesses de
sa bonté pour son troupeau. Ce sont des pâturages d'herbe tendre, dans lesquels les brebis
peuvent se repaître avec délices jusqu'à ce qu'elles soient rassasiées; et quand elles sont
rassasiées comme de moelle et de graisse, elles se reposent près des eaux rafraîchissantes.
Comme il est dit, dans Jean 10: 9: «Moi, je suis la porte: si quelqu'un entre par moi, il sera
sauvé; et il entrera et il sortira, et il trouvera de la pâture». Voilà ce qu'est le coeur du
Berger. Il pourvoit, aux besoins des siens, il veille sur eux, afin que rien ne leur manque.
Heureuses les brebis qui sont ainsi placées sous les soins de son constant et fidèle amour!
«Il restaure mon âme; il me conduit dans des sentiers de justice à cause de son nom»
(Psaumes 23: 3). Voilà qui appartient aussi à son office de Berger. Nous n'avons pas besoin
de dire que le fondement sur lequel il agit, c'est l'oeuvre qu'il a accomplie, la propitiation
qu'il a faite pour nos péchés (1 Jean 2: 4, 12). Mais, dans le Psaume, celui qui restaure c'est
le Berger. Les brebis errent, s'égarent, et le Berger court après celle qui est perdue, et,
l'ayant trouvée, la rapporte saine et sauve. Chacune des brebis est ainsi sous ses yeux, et
ne peut s'égarer sans qu'il le sache; et quand quelqu'un de nous s'est égaré, il ne serait sans
doute jamais revenu si, dans son amour, le Berger ne l'avait suivi et ramené.
Et comme c'est à lui que nous devons d'être ramenés, c'est aussi à lui que nous devons
d'être guidés dans la droite voie, celle de la justice, qui est selon sa volonté. Remarquez de
plus qu'il nous conduit ainsi pour l'amour de sort nom.
C'est encore, et on ne peut trop le répéter, pour l'amour de son nom; c'est pourquoi
sa propre gloire est intéressée à ce que nous soyons conduits dans les sentiers de la justice.
C'est sur ce fondement que nous pouvons tout lui demander; et quand nous faisons ainsi,
il ne peut résister à notre prière. Il en fut ainsi de Josué. Quand les Israélites furent battus
devant Haï à cause du crime d'Acan, Josué déchira ses vêtements et se jeta le visage contre
terre, devant l'arche de l'Eternel, et intercéda auprès de Dieu: «Que feras-tu à ton grand
nom?» (Josué 7: 6-9). C'est ainsi que se termine et que se résume en quelque sorte ce cri
poussé par Josué. La réponse de Dieu à cette prière instante ne se fit pas attendre.
Souvenons-nous toujours que, pour l'amour de son nom, le Seigneur ne peut manquer de
nous conduire dans le chemin où il veut que nous marchions.
Le psalmiste maintenant va plus loin. Il nous a dit ce que Jéhovah est, et ce qu'il a fait.
Cela lui donne confiance et il peut dire: «Même, quand je marcherais par la vallée de
l'ombre de la mort, je ne craindrais aucun mal; car tu es avec moi; ta houlette et ton bâton,
ce sont ceux qui me consolent» (Psaumes 23: 4). La vallée de l'ombre de la mort est bien
moins le passage par la mort, que ce qui caractérise notre passage au milieu de la scène de
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ce monde. Nous sommes dans un monde qui est jugé. La mort le recouvre comme un
linceul; c'est pourquoi, pour le croyant, qui entre dans les pensées de Dieu à l'égard du
monde, c'est la vallée de l'ombre de la mort. Mais quel est l'antidote contre la crainte? Il
est dans cette pensée: «Tu es avec moi». Voilà la source de toute sérénité et de toute
bénédiction. Le Seigneur est avec nous. Et ainsi nous avons son bâton et sa houlette, son
bâton pour nous diriger, sa houlette pour trous rassurer. Comprenons-nous bien cela! Cette
pensée que le Seigneur est avec nous, que son bâton et sa houlette sont ceux qui nous
consolent, est-elle aussi constamment présente à nos âmes qu'elle le devrait? Quelque
sombre et désolée que soit la scène qui nous entoure, nous avons beau être faibles et
fatigués, nous avons des ressources infinies dans celui qui est notre Berger, sa présence
pour encourager nos âmes, son bâton et sa houlette pour nous conduire dans nos
perplexités, et pour nous soutenir dans notre faiblesse. Béni soit son nom!
Nous avons maintenant un autre trait, ou un autre caractère de la bénédiction, dont
parle ce Psaume. «Tu as dressé devant moi une table, en la présence de mes ennemis; tu
as oint ma tête d'huile, ma coupe est comble» (verset 5) Ce n'est pas seulement que le
sentier passe par la vallée de l'ombre de la mort: il y a des ennemis tout autour. Mais Celui
qui est avec nous est en état de faire face à cette difficulté. Ils peuvent faire rage et chercher
à détruire, dit David, tu as dressé la table devant moi, en la présence de mes ennemis. Il
fortifiera son peuple, et ses ennemis verront que le Seigneur soutient les siens et qu'il
pourvoit à tout pour eux. Comme nous le voyons dans l'épître aux Hébreux 13: 5, 6: «Je ne
te laisserai point et je ne t'abandonnerai point; en sorte que, pleins de confiance, nous
pouvons dire: Le Seigneur est mon aide, et je ne craindrai point: que me fera l'homme?»
Mais nous avons encore: «Tu as oint ma tête d'huile», — l'onction de Dieu, l'Esprit de
puissance, — c'est pourquoi il ajoute: «Ma coupe est comble». Rien ne manque; et même
au milieu de cette scène, la bonté et la miséricorde débordent en lui. L'avoir comme son
Berger, voilà la source de toute cette bénédiction; car elle découle de lui, de ce qu'il est
pour nous comme tel. Et n'oublions pas que c'est notre lot présentement. Ce ne sont pas
des bénédictions que nous aurons, mais que nous avons maintenant. Comme nous
rétrécissons le coeur de Dieu par notre incrédulité! Comme nous avons besoin d'apprendre
à connaître plus complètement l'immensité de sa grâce et les richesses de son amour pour
nous, pendant notre passage à travers le désert! Sûrement nous pouvons dire: «L'Eternel
est mon berger; je ne manquerai de rien».
La conclusion est aussi simple que belle. «Oui, la bonté et la gratuité (non pas m'ont
suivi, mais) me suivront tous les jours de ma vie». Comment le savons-nous? Parce que le
Seigneur est notre Berger. C'est la confiance en lui et la connaissance de ce qu'il est, qui
nous permettent de parler ainsi. Et qu'ajoute encore le psalmiste? «Et mon habitation sera
dans la maison de l'Eternel, pour de longs jours». Tout aboutit à cela. Quelque bénis que
nous soyons maintenant dans la jouissance de ce que Christ est pour nous comme notre
Berger, nous aurons des bénédictions plus grandes et plus de joie encore, quand il
reviendra pour nous prendre à lui, et que nous serons pour toujours avec lui. Mais nous ne
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devons pas oublier que ces paroles ont une application actuelle. L'effet de la grâce sur le
coeur est de nous rapprocher toujours plus de Celui dont elle découle, et de produire en
nous le désir d'habiter dans sa maison pour toujours; oui, d'habiter en sa présence
éternellement. «J'ai demandé une chose à l'Eternel, je la rechercherai: c'est que j'habite
dans la maison de l'Eternel tous les jours de ma vie, pour voir la beauté de l'Eternel et pour
m'enquérir diligemment de lui dans son temple» (Psaumes 27: 4). Le coeur ainsi attiré est
absorbé dans la contemplation de Celui dont la beauté a été manifestée dans ses voies de
grâce et d'amour, et ainsi ne peut trouver de satisfaction que dans la présence de son objet.
Toute bénédiction est concentrée en Lui, c'est pourquoi l'âme qui le suit désire d'être
toujours avec lui. Heureux sont ceux qui ont appris cet enseignement, qu'ils n'ont besoin
de rien hors de Christ, qu'il suffit à remplir leurs coeurs et leurs pensées!
Puisse le Seigneur lui-même nous faire connaître de plus en plus sa beauté, aussi bien
que le caractère ineffable des bénédictions qui nous appartiennent, parce que par la grâce
nous avons été en relation avec lui, comme notre Berger.
Ta voix forte, ta voix tendre,
Bon Berger, se fait entendre
Tu m'appelles, je te suis.
Ah! dans le troupeau sans nombre
Qui, pressé, marche à ton ombre,
Tu connais chaque brebis.
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la Parole était auprès de Dieu; et la Parole était Dieu. Elle était au commencement auprès
de Dieu. Toutes choses furent faites par elle, et sans elle pas une seule chose ne fut faite
de ce qui a été fait. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Et la lumière
luit dans les ténèbres; et les ténèbres ne l'ont pas comprise» (Jean 1: 1-5).
Christ est donc venu dans ce monde de ténèbres; et dès l'abord, il y eut deux sphères
morales distinctes. Autour de lui étaient les ténèbres, les ténèbres de la mort; en lui était
la vie, et la vie était la lumière des hommes. La lumière et les ténèbres étaient ainsi en
contact; car la lumière a lui dans les ténèbres, mais les ténèbres ne l'ont point reçue. Mais
Christ avait la vie en lui-même; il était la vraie lumière qui, venant dans le monde, éclaire
tout homme (Jean 1: 9). Il est vrai que bien peu la reçurent, mais la lumière était là, brillant
pour chacun, en sorte que si quelqu'un restait dans les ténèbres, c'était parce qu'il ne
voulait pas se tourner vers la lumière. «Il était dans le monde, et le monde fut fait par lui;
et le monde ne l'a pas connu. Il vint chez soi; et les siens ne l'ont pas reçu. Mais à tous ceux
qui l'ont reçu, il leur a donné le droit d'être enfants de Dieu, savoir à ceux qui croient en
son nom; lesquels sont nés, non pas de sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté
de l'homme, mais de Dieu» (Jean 1: 10-13). Ceux-là seulement, tous ceux qui l'ont reçu,
étaient éclairés, et étant éclairés, ils recevaient la vie, car ils étaient nés de Dieu.
Pendant son séjour sur cette terre, Christ avait la vie en lui-même comme Fils de Dieu:
«Comme le Père réveille les morts et les vivifie, de même aussi le Fils vivifie ceux qu'il veut»
(Jean 5: 21). Car, comme Jean nous le dit: «La vie a été manifestée; et nous avons vu, et
nous déclarons, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui
nous a été manifestée» (1 Jean 1: 2); et comme il le dit lui-même: «Je suis venu afin qu'elles
aient la vie, et qu'elles l'aient en abondance» (Jean 10: 10). Tous ceux donc qui croyaient
en lui étaient vivifiés, de la même manière aussi que les saints de l'ancienne économie —
ils étaient nés de nouveau; mais la vie en abondance ne pouvait être donnée qu'après sa
mort et sa résurrection; aussi le don de la vie éternelle, fait à ceux qui croient dans la
dispensation présente, est le fruit et la conséquence de l'oeuvre qu'il a accomplie. Lui-
même dit: «Père, l'heure est venue; glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie, comme tu
lui as donné autorité sur toute chair, afin que, quant à tous ceux que tu lui as donnés, il leur
donne la vie éternelle» (Jean 17: 1, 2).
Mais pourquoi était-il nécessaire que Christ mourût pour devenir le prince de la vie?
(Actes des Apôtres 3: 15). Nous avons vu que la mort était le fruit, les gages du péché
(Romains 6: 23); ainsi donc, aussi longtemps que la question du péché n'était pas réglée, et
qu'en conséquence les droits d'un Dieu juste sur l'homme n'étaient pas satisfaits, la mort
devait continuer à régner. L'homme a encouru la peine et les conséquences de ses actes,
et il doit les subir jusqu'à ce qu'il se trouve quelqu'un qui puisse et veuille se charger de sa
cause et la régler avec Dieu. Eh bien! c'est ce qu'a fait Christ, lui, l'agneau de Dieu qui ôte
le péché du monde (Jean 1: 29). Il est venu et, par sa mort, il a satisfait à toutes les exigences
de Dieu sur le pécheur, car il a encouru toute la malédiction qui était le juste salaire du
pécheur; et quant au péché de l'homme, il a opéré une pleine et parfaite expiation, et a
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glorifié Dieu de telle sorte, que Dieu, pour témoigner qu'il était satisfait de son oeuvre, l'a
ressuscité d'entre les morts et l'a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes. Maintenant
donc il est le Vivant, la mort n'a plus domination sur lui. «Ainsi donc, comme par une seule
faute, les conséquences de cette faute furent envers tous les hommes en condamnation,
ainsi aussi par une seule justice, les conséquences de cette justice furent envers tous les
hommes en justification de vie» (Romains 5: 18). C'est à cause de la sainteté de Dieu que
Christ, s'étant mis par grâce à notre place, a dû mourir sur la croit pour le péché, en sorte
que, sur le fondement de l'expiation que Christ a accomplie sur la croix, Dieu peut
maintenant, sans faire tort à sa justice, justifier tous les croyants et les faire passer de la
mort à la vie. Il n'y a donc point de vie qu'en Christ et par lui. Comme Jean le dit: «Qui croit
au Fils a la vie éternelle; mais qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu
demeure sur lui» (Jean 3: 36).
L'Ecriture nous indique aussi les moyens par lesquels la vie est reçue. C'est par la foi
seulement. Comme le dit notre Seigneur: «En vérité, en vérité, je vous dis, que celui qui
entend ma parole, et qui croit celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en
jugement (cr°sin); mais il est passé de la mort à la vie» (Jean 5: 24). C'est là qu'est
manifestée la grâce de Dieu. Nous avions récolté les gages du péché, la mort; nous étions
morts dans nos péchés, et serions restés à toujours sujets à la peine et aux conséquences
de cette condition, si Dieu qui est riche en miséricorde, agissant conformément à sa nature,
n'avait spontanément constaté son amour envers nous en ce que, lorsque nous étions
encore pécheurs, Christ est mort pour nous. Et maintenant, tandis que les gages du péché,
c'est la mort, le don de Dieu, c'est la vie éternelle par Jésus Christ, notre Seigneur. C'est le
don qu'il accorde librement et gratuitement à tous ceux qui reçoivent son témoignage à
l'égard du pécheur et touchant son Fils. Il a donné la vie, une vie hors de la mort, librement
à tous ceux qui croient. «C'est ici le témoignage: que Dieu nous a donné la vie éternelle; et
cette vie est dans son Fils: celui qui a le Fils a la vie, celui qui n'a pas le Fils de Dieu n'a pas
la vie» (1 Jean 5: 11, 12).
Nous voyons ainsi que tout croyant a la vie éternelle. Mais il faut bien le remarquer: il
n'est jamais dit qu'il l'a en lui-même, comme quelques personnes voudraient l'inférer de
deux déclarations négatives; mais ce qu'on infère n'est pas, même avec une apparence de
vérité, la parole de Dieu. Ainsi, notre Seigneur parlant aux Juifs dit: «Si vous ne mangez la
chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'avez pas la vie en vous-mêmes» (Jean
6: 53). Et Jean dit: «Vous savez qu'aucun meurtrier n'a la vie éternelle demeurant en lui»
(1 Jean 3: 15). Mais que conclure de ces passages? Que ceux dont il est question ne
possèdent pas la vie éternelle. On ne peut rien dire de plus. Dans le passage déjà cité,
l'Ecriture dit que cette vie est en son Fils. Puisque nous avons la vie éternelle, nous ne
l'avons qu'en Christ. Christ est en nous — mais ceci est un autre aspect de la vérité — et
ayant Christ, nous avons la vie éternelle; car c'est Christ qui est notre vie. Mais quand il est
question de la vie éternelle, il n'est jamais dit qu'elle est en nous, mais toujours dans «son
Fils». C'est ce fait qui nous la garantit, qui nous assure que nous ne pouvons la perdre, car
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qui voudrait nous l'ôter devrait d'abord nous arracher de ses mains; bien plus, devrait faire
descendre Christ de son siège à la droite de Dieu. Christ est notre vie. Arrêtons-nous encore
un peu sur cette vérité, et indiquons quelques-unes de ses conséquences.
1° Notre vie n'est pas ici. C'est là ce que déclare l'apôtre: «Car vous êtes morts, et
votre vie est cachée avec le Christ en Dieu» (Colossiens 3: 3).
Il a montré quelle responsabilité découle pour nous, du fait que nous sommes morts
et ressuscités avec Christ. Etant morts avec lui, nous ne devons pas nous conduire comme
vivants (xòntev) dans le monde (Colossiens 2: 20). Nous obéissons à l'ordre de Christ. Quant
à toute cette scène, il est mort et n'y a plus aucune place. Nous commençons donc notre
vie en prenant notre position comme morts. Nous sommes ensevelis avec lui dans le
baptême (Colossiens 2: 12), et Dieu nous tient pour morts. De là notre responsabilité de
marcher d'une manière conséquente à ce principe, de mortifier nos membres qui sont sur
la terre (Colossiens 3: 5). Dieu nous a complètement associés avec Christ, en sorte qu'il
nous voit morts avec lui au péché (Romains 6); morts à la loi (Romains 7), et morts au
monde (Galates 6); et la foi regarde comme vraie cette estimation que Dieu fait de nous.
Par la mort et la résurrection de Christ, nous sommes si complètement transportés hors de
la scène du monde dans une position nouvelle, qu'il peut être dit de nous: «Vous n'êtes pas
dans la chair, mais dans l'Esprit, si du moins l'Esprit de Dieu habite en vous» (Romains 8: 9).
Notre vie donc n'est pas ici-bas, — cela ne peut être, car nous sommes morts, — mais elle
est cachée avec Christ en Dieu.
Heureux sommes-nous si nous saisissons toutes les conséquences de cette vérité!
Quel gain immense si nous commencions la vie chrétienne en acceptant d'être morts à tout
ce que nous sommes par nature et à tout ce qui nous entoure! Comme cela nous élèverait
au-dessus de nos circonstances, si, détournant nos yeux de tout ce que nous voyons, nous
regardions invariablement là-haut, où est Christ, nous souvenant que c'est là qu'est notre
vie, qu'Il est notre vie! Quelle puissance cela nous donnerait sur la convoitise de la chair, la
convoitise des yeux et l'orgueil de la vie! Quel témoignage nous rendrions ainsi aux droits
de Christ, autrefois rejeté, mais maintenant glorifié! Nous avons besoin de nous juger sur
ces points, car nous trouverons que nos faiblesses et nos manquements viennent en grande
partie du fait que nous vivons dans les choses de ce monde. Mais comme l'apôtre
l'enseigne, si nous sommes ressuscités avec Christ, nous devons chercher les choses qui
sont en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu; nous devons penser aux choses qui sont
en haut, et non pas à celles qui sont sur la terre (Colossiens 3: 1, 2), c'est-à-dire que le lieu
auquel nous appartenons devrait être le centre de nos préoccupations habituelles et de
notre joie. De là l'extrême importance de connaître notre position, de savoir que nous
sommes morts et ressuscités avec Christ; car autrement, nous ne pouvons pas dire qu'ici
n'est pas le lieu de notre repos, que nous n'avons rien de commun avec la scène de ce
monde au milieu de laquelle nous passons; que notre vie est là-haut. Si nous vivons pour
quelque temps dans un pays étranger, nous ne nous intéressons pas à ce lieu de notre exil;
nos pensées, nos intérêts, nos relations, en d'autres termes toute notre vie, sont en rapport
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avec notre patrie. C'est ainsi qu'il en devrait être du croyant. Etant mort et ressuscité avec
Christ, toutes les relations de sa vie devraient se rapporter au lieu où il a été transporté;
comme Paul dit: «Notre bourgeoisie est dans les cieux, d'où aussi nous attendons comme
Sauveur le Seigneur Jésus Christ» (Philippiens 3: 20). C'est seulement lorsque nous aurons
reçu cette vérité, que nous connaîtrons la joie d'être continuellement occupés de Christ. Et
l'on peut ajouter que le but de toutes les voies de Dieu à notre égard maintenant, est de
nous mettre sous l'influence de cette vérité. Si nous voulons trouver notre vie dans les
choses d'ici-bas, il fera passer la mort sur elles, et ainsi nous aurons à traverser bien des
épreuves, à endurer bien des tourments, avant d'apprendre ce qu'il veut nous enseigner
pour sa gloire et notre propre bénédiction, que Christ et Christ seul est la vie de son peuple.
Comme le disait quelqu'un, Dieu répand souvent l'obscurité sur ce monde, afin que nous
puissions contempler la gloire qui est au delà; et la gloire qui est au delà, c'est où Christ est
assis à la droite de Dieu.
2° Christ étant notre vie, c'est cette vie, Christ, que nous devons manifester pendant
notre passage à travers la scène de ce monde. Nous n'avons rien d'autre à faire. Aussi Paul
dit: «Je suis crucifié avec Christ; et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi» (Galates 2:
20). On peut remarquer à ce sujet trois degrés que nous indique l'Ecriture: 1° «Vous êtes
morts», — c'est l'estimation de Dieu; 2° de même vous aussi, tenez-vous vous-mêmes pour
morts (Romains 6: 11); — par la foi nous devons nous tenir pour morts, selon l'estimation
de Dieu; 3° portant toujours, partout, dans le corps la mort de Jésus, afin que la vie aussi
de Jésus soit manifestée dans notre corps» (2 Corinthiens 4: 10). Nos corps, autrefois
instruments et serviteurs du péché, Dieu, dans sa grâce, les a pris pour qu'ils deviennent
un moyen par lequel Christ est manifesté.
Que l'on voie Christ dans tout ce que nous sommes et faisons, c'est à cela que nous
sommes donc appelés, puisqu'il est notre vie. Cela suppose que nous portons partout dans
notre corps la mort de Jésus, que nous appliquons constamment la croix, symbole de la
puissance de la mort, à tout ce que nous sommes comme hommes naturels, en sorte que
rien de ce qui vient de notre nature ne se montre en nous, mais seulement ce qui est de
Christ. Tous ceux qui ont compris que la chair est irrémédiablement corrompue,
comprennent qu'il ne doit pas lui être permis d'agir. Si nous nous sommes laissés aller à la
colère, nous convenons sans peine que nous avons manqué, et sommes prêts à nous juger
nous-mêmes devant Dieu. Mais tout le monde ne comprend pas que la vertu de la croix de
Christ doit s'appliquer à tout ce qui est nature en nous, aussi bien qu'à ces formes grossières
du mal. Et cependant, si c'est la vie de Jésus qui seule doit paraître en moi, il est évident
que rien de ce que je suis ne doit se montrer, autrement l'image de Christ en moi serait
confuse et obscure. Assurément, nous avons besoin d'être plus vigilants à cet égard; car
combien souvent n'arrive-t-il pas que, dans nos moments de loisir, dans nos rapports même
avec les saints, c'est bien plus notre nature que Christ, qui se montre en nous. Lorsque nous
nous rencontrons et que nous conversons, il peut arriver que, dans un entretien où tout
était plaisir, si nous nous examinons en pensant à notre responsabilité, nous avons à
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confesser, que c'est nous-mêmes qui avons été sur le premier plan et non Christ. Dans cette
gaieté, ces traits d'esprit, c'était le moi qui se retrouvait et non pas Lui; et ainsi nous
manquions — nous manquions en ce pour quoi seulement nous avons été rachetés et
amenés à Dieu.
Il est vrai qu'une telle responsabilité demande de notre côté une vigilance incessante
et une constante fidélité. C'est bien ce que l'apôtre dit: Portant TOUJOURS dans notre corps
la mort de Jésus. Nos temps de délassement sont toujours pour nous des temps
particulièrement dangereux. Nous oublions souvent que nos reins doivent être toujours
ceints, et qu'ayant pris toute l'armure de Dieu comme il le faut, nous avons encore à tenir
ferme. Et en même temps, ce que nous avons à apprendre, c'est de ne pas craindre de nous
juger nous-mêmes. Trop souvent, nous sommes comme Saül qui réservait le meilleur de
son bétail et de ses troupeaux, sous prétexte qu'ils étaient consacrés au service du
Seigneur. Non, rien ne doit être épargné; mais tout ce qui tient au moi comme homme
naturel, tout ce qui vient de la chair, tout ce que nous sommes (nous employons ces
expressions, afin qu'aucune méprise ne soit possible), doit être tenu sous la croix, et
comme mort. Alors, et seulement alors, Christ brillera en nous. C'est dans ce but que Dieu
doit souvent user de sévérité envers nous; car les vaisseaux de terre doivent être brisés,
pour que la lumière qu'ils renferment brille au dehors.
Où trouver, demandera-t-on peut-être, la force pour répondre à l'obligation sous
laquelle nous sommes? Nous ne la trouverons qu'en étant occupés de Christ dans la gloire.
«Nous tous, contemplant, à face découverte, la gloire du Seigneur, nous sommes
transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en esprit» (2
Corinthiens 3: 18). Etant ainsi transformés, l'image de Christ rayonnera en nous; et nous
refléterons la gloire par laquelle nous sommes changés.
Ce n'est donc pas seulement par figure de langage qu'il nous est dit que nous avons
été crucifiés avec Christ; que nous avons dépouillé le vieil homme et revêtu le nouveau,
etc. Toutes ces choses sont de solennelles réalités devant Dieu, tout comme notre position
bénie en Christ. Ce que nous étions par nature et dans la chair, tout cela a disparu dans la
croix de Christ. Christ seul reste, et il est notre vie, et c'est lui seul qui doit être manifesté
dans notre marche de tous les jours. Comment pourrons-nous jamais apprécier assez
l'honneur qui nous est fait! Et si nous nous associons en quelque mesure à l'affection de
Dieu pour Christ, comme nous le louerons d'avoir fait de nous, tels que nous sommes, des
instruments pour représenter son Christ au milieu des ténèbres de ce monde!
3° Christ est notre vie, et c'est ce qui sera manifesté bientôt. C'est à ce fait que se
rapporte cette déclaration de l'Ecriture: «Vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le
Christ en Dieu. Quand le Christ qui est votre vie, sera manifesté, alors vous aussi, vous serez
manifestés avec lui en gloire» (Colossiens 3: 3, 4). La vie est cachée maintenant, mais quand
Christ paraîtra, elle sera publiquement révélée, — et cela avec Christ en gloire. Nous
pouvons cependant remarquer ici deux degrés, sur chacun desquels nous dirons quelques
mots.
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Nous avons d'abord la résurrection ou la transmutation de nos corps. Car la puissance
de vie en Christ ressuscité est telle, que les corps des saints, soit vivants, soit couchés dans
le tombeau, seront changés de manière à perdre toute trace de leur mortalité. C'est
pourquoi l'apôtre, parlant de la résurrection des croyants, dit: «Il faut que ce corruptible
revête l'incorruptibilité, et que ce mortel revête l'immortalité. Or quand ce corruptible aura
revêtu l'incorruptibilité, et que ce mortel aura revêtu l'immortalité, alors s'accomplira la
parole qui est écrite. La mort a été engloutie en victoire» (1 Corinthiens 15: 53, 54). La vie
découlant de Christ régnera victorieusement; et ainsi sera consommée notre rédemption.
Notre Seigneur lui-même fut le premier à annoncer cette précieuse vérité. Il dit à Marthe:
«Moi, je suis la résurrection et la vie: celui qui croit en moi, encore qu'il soit mort, vivra; et
quiconque vit, et croit en moi, ne mourra point, à jamais» (Jean 11: 25, 26). Il distinguait
ainsi les deux classes de saints, ceux qui seraient morts avant, et ceux qui seraient vivants
à son retour. Les premiers ressusciteront, et les derniers ne mourront pas, selon cette
parole de l'apôtre: «Nous ne nous endormirons pas tous, mais nous serons tous changés»
(1 Corinthiens 15: 51; voyez aussi 1 Thessaloniciens 4: 13-18). C'était cette espérance qui
tenait l'apôtre au-dessus des circonstances qui l'entouraient. «C'est pourquoi nous ne nous
lassons point, mais si même notre homme extérieur dépérit, toutefois l'homme intérieur
est renouvelé de jour en jour;» et après avoir comparé notre légère tribulation d'un
moment avec le poids éternel de gloire qui est réservé à ceux qui regardent aux choses
éternelles, il dit: «Car nous savons que si notre maison terrestre, qui n'est qu'une tente, est
détruite, nous avons un édifice de la part de Dieu, une maison qui n'est pas faite de main,
éternelle, dans les cieux. Car aussi, dans cette tente, nous gémissons, désirant avec ardeur
d'avoir revêtu notre domicile qui est du ciel, si toutefois, même en étant vêtus, nous ne
sommes pas trouvés nus. Car aussi nous qui sommes dans la tente, nous gémissons, étant
chargés, non pas que nous désirions d'être dépouillés, mais nous désirons d'être revêtus,
afin que ce qui est mortel soit absorbé par la vie» (2 Corinthiens 5: 1-4). Comme quelqu'un
l'a très bien dit: «Il voyait en Christ glorifié une puissance de vie capable d'engloutir et de
détruire toute trace de mortalité, car l'élévation de Christ en gloire était en même temps
le résultat de cette puissance, et la manifestation de la part que posséderont dans le ciel
ceux qui sont à lui. C'est pourquoi l'apôtre désirait non d'être dépouillé, mais revêtu, afin
que ce qui était mortel en lui fût absorbé par la vie, que la mortalité qui caractérisait sa
nature terrestre disparût devant la puissance de vie qu'il voyait en Jésus, et qui était sa vie.
Cette puissance était telle qu'il n'était pas nécessaire qu'il mourût».
Cette consommation aura lieu quand le Seigneur viendra pour nous prendre à lui. Cela
est dit expressément: «Le Seigneur lui-même, avec un cri de commandement, avec une
voix d'archange, et avec la trompette de Dieu, descendra du ciel; et les morts en Christ
ressusciteront premièrement; puis nous, les vivants, qui demeurons, nous serons ravis
ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l'air; et ainsi nous serons
toujours avec le Seigneur» (1 Thessaloniciens 4: 16, 17). C'est alors qu'il «transformera le
corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire, selon l'opération de ce
pouvoir qu'il a de s'assujettir toutes choses» (Philippiens 3: 21).
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Christ donc est notre vie, mais ce fait ne sera pas pleinement consommé avant le matin
de la résurrection. Maintenant, nous pouvons nous réjouir en sachant que nous avons la
vie éternelle, et que, comme c'est en Christ que nous l'avons, elle est à nous pour toujours;
mais alors nous perdrons toute trace de mortalité et de corruption, car «Christ a fait luire
la vie et l'incorruptibilité par l'évangile» (2 Timothée 1: 10). Mais nous ne pouvons nous
faire qu'une idée bien faible de tout cela; et pourtant, il est permis d'élever les yeux vers
les lieux où est Christ pour le voir glorifié, pour nous rappeler que, s'il est mort, il ne meurt
plus, la mort n'a plus domination sur lui, et en le contemplant, nous sommes autorisés par
la parole de Dieu à dire: Nous serons comme lui, car Dieu nous a prédestinés à être
conformes à l'image de son Fils, afin qu'il soit le premier-né entre plusieurs frères. Et
comme tout est par grâce, à Dieu appartient toute louange.
En second lieu, il y aura, comme nous l'avons déjà dit, le déploiement de cette vie avec
Christ dans la gloire. C'est un complet contraste avec notre condition présente, contraste
qui est souvent présenté sous d'autres aspects dans les Ecritures. «Bien-aimés, écrit Jean,
nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n'a pas encore été
manifesté (ou: n'est pas encore manifesté); nous savons que quand il sera manifesté (ou:
quand il est manifesté), nous lui serons semblables, car nous le verrons tel qu'il est» (1 Jean
3: 2). Ce sera un contraste complet avec notre condition présente. Nous sommes dès
maintenant enfants de Dieu; mais alors sera manifesté ce que nous serons, en tant que
nous serons comme Christ. Ainsi encore, c'est la mort maintenant pour tout ce qui
concerne ce monde: Dieu dit que nous sommes morts, et nous nous tenons nous-mêmes
pour morts. Mais alors, quand nous paraîtrons avec Christ en gloire, il sera manifesté qu'il
est notre vie, et que nous sommes un avec lui dans cette vie éternelle. Alors nous régnerons
en vie par un seul (Romains 5: 17).
Or nos relations ne seront jamais changées. Comme Christ est notre vie maintenant, il
le sera dans toute l'éternité. Nous pourrons dire à toujours: «Par dévers toi est la source
de la vie; en ta lumière nous verrons la lumière» (Psaumes 36: 9). Alors toutes les larmes
seront essuyées, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni peine, car les
premières choses sont passées (Apocalypse 21: 4). Car la mort, le dernier ennemi, aura été
détruite avant cela. Il y aura donc pour tous les saints de Dieu une jouissance constante et
complète de cette vie plus abondante qu'ils reçoivent de Celui qui est mort, qui est
ressuscité, et qui est maintenant vivant à toujours. Quel contraste avec nos circonstances
actuelles! La mort plane sur toute la scène; et nous avons toujours à porter la mort de Jésus.
La mort plane donc sur nous aussi bien que sur tout ce qui nous entoure. Alors régnera la
vie et rien que la vie, la vie à jamais.
O Sauveur, ô vrai Dieu, toi la vie éternelle,
Fontaine qui jaillit, toujours fraîche et nouvelle,
Et qui, du roc frappé, déborde pour la foi,
L'âme trouve la vie en s'approchant de toi.
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Mais j'ai soif: du désert les sables me consument;
Chaque matin les cieux embrasés se rallument;
Ma vie est défaillante… Ah! pour l'entretenir,
A la source éternelle il me faut revenir.
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de Dieu comme Juge; et que, dès que nous avons obtenu la délivrance, nous cessons de
nous nourrir de lui de cette manière. S'il en était ainsi, pourquoi Israël a-t-il célébré la pâque
dans le désert et dans le pays? Je crois donc que nous ne cessons jamais de célébrer la
pâque; et, en outre, que l'endroit où nous nous nourrissons ainsi de Christ dépend de notre
état d'âme.
Tout croyant a expérimenté ce que c'est que de se nourrir en Egypte de l'agneau
pascal. Réveillés par l'Esprit de Dieu, alarmés par le jugement suspendu sur nous, à l'abri
de la condamnation à cause du sang répandu, avec quelle joie nous nous sommes nourris
de l'Agneau qui avait satisfait aux droits de la sainteté de Dieu, en portant nos péchés sur
le bois! Sans doute, nous l'avons mangé avec des herbes amères, car alors nos péchés se
présentaient à nous selon l'estimation de Dieu; nous avions les reins ceints, les souliers aux
pieds et le bâton à la main, car l'Egypte était déjà devenue moralement un désert pour
nous, et nous n'attendions qu'un mot du Seigneur pour commencer notre pèlerinage.
C'était un temps mémorable, car c'était pour nous le commencement des mois, le premier
mois de l'année de notre vie spirituelle.
Tout croyant a passé par cette expérience, mais il est à craindre que bien des
personnes ne mangent l'agneau rôti toute leur vie en Egypte. Ne connaissant pas la
délivrance par la mort et la résurrection de Christ, peut-être même pas la paix avec Dieu,
comme appartenant à tous ceux qui sont abrités par le sang, ils ne se nourrissent que d'un
Christ qui, par sa mort, leur a ouvert le chemin vers un Dieu juge; et par conséquent ne
connaissent pas Dieu comme leur Père dans le Christ Jésus. Un pareil état d'âme est bien
regrettable; car il est le résultat ou d'un faux enseignement, ou d'un manque de foi en la
plénitude de la grâce de Dieu.
Israël hors d'Egypte célébra ensuite la pâque dans le désert, et il lui fut ordonné de la
célébrer «selon tous ses statuts et selon toutes ses ordonnances» (Nombres 9: 3). Le désert
est le lieu où se trouve tout croyant considéré comme pèlerin. Le monde est devenu un
désert pour lui, il y passe comme n'en étant pas, parce qu'il attend le retour de son
Seigneur. Comment donc dans le désert se nourrit-il de Christ comme de l'agneau qui a été
égorgé? C'est par la participation en grâce à la puissance de la mort et de la résurrection
de Christ, que nous avons été retirés du pays ennemi, délivrés du pouvoir de Satan, et
rachetés pour Dieu. Dans le désert, nous célébrons la pâque comme un mémorial de notre
délivrance d'Egypte; nous y voyons Christ descendant jusque dans la mort: lui qui non
seulement a subi, en le traversant jusqu'au bout, le jugement que nous méritions, mais a
aussi anéanti toute la puissance de l'ennemi, en détruisant celui qui avait le pouvoir de la
mort, en nous délivrant de la maison de servitude, et en nous donnant la liberté des enfants
de Dieu et la capacité de le servir. Dans le désert donc, nous mangeons l'agneau pascal
comme des pèlerins et des étrangers qui connaissent la délivrance, mais qui ne sont pas
encore parvenus au pays dont le Seigneur a parlé. Ainsi, comme pèlerins, non seulement
nous apprécions (selon notre foi) ce sang précieux, trouvant nos délices à en contempler
l'efficace qui nous met à l'abri de toute accusation de la part de l'ennemi, mais de plus nous
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jouissons de la mort de Christ en elle-même, en vertu de notre mort (et de notre
résurrection) en lui, qui nous ont introduits dans une nouvelle position, d'où nous pouvons
considérer la mort et le jugement comme étant bien loin derrière nous.
Dans le pays de Canaan, la pâque prit encore un autre caractère, caractère qui
correspond aussi à la position du croyant actuel. Il est évident que, pour l'Israélite qui avait
passé le Jourdain, elle devait avoir une signification bien plus complète que lorsqu'il était
encore dans le désert. Ce devait être pour lui le souvenir non pas simplement de la
délivrance à la fois de l'Egypte et de son esclavage, mais d'un salut accompli. Car s'il était
dans le pays promis, c'était à cause de l'effusion du sang. Ce fait montrait d'ailleurs la
fidélité de Dieu qui avait accompli tout ce qu'il avait promis: «Car il ne tomba pas un seul
mot de toutes les bonnes paroles que l'Eternel avait dites à la maison d'Israël; mais tout ce
qu'il avait dit arriva» (Josué 21: 45). En d'autres termes, c'est sur le sang de l'agneau pascal
que repose l'accomplissement des desseins de Dieu; et pour ceux qui avaient passé le
Jourdain, le sang devait avoir bien plus de valeur, si du moins ils avaient les yeux ouverts,
que lorsqu'ils traversaient encore le triste désert.
Encore maintenant il en est ainsi. Notre position correspond tout à fait à celle d'Israël
dans le pays de la promesse; en effet, non seulement Dieu nous a vivifiés ensemble avec le
Christ, mais il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux
célestes dans le Christ Jésus (Ephésiens 2: 6). C'est la position de tout croyant devant Dieu;
l'occupons-nous? Cette question dépend d'une autre: Connaissons-nous la mort et la
résurrection avec Christ, aussi bien qu'en lui et par lui? Avons-nous traversé le Jourdain
aussi bien que la mer Rouge? C'est notre privilège; nous ne devrions nous donner aucun
repos jusqu'à ce que, par la grâce de Dieu, nous sachions que nous sommes assis en esprit
dans les lieux célestes. Mais si nous sommes là, nous ne pouvons pas nous passer de la
pâque. D'un autre côté, mieux nous saisissons le caractère de la position dans laquelle nous
sommes introduits, plus les richesses de la grâce de Dieu nous sont révélées, et plus nous
regardons avec joie à la croix, à la mort de Celui dont le sang précieux seul a pu nous donner
accès dans les lieux célestes, Mais nous nourrir maintenant de Christ aura surtout le
caractère de communion avec Dieu dans la mort de son Fils. Alors nos yeux seront ouverts,
non pas tant pour découvrir les bénédictions qui nous ont été acquises par cette mort, que
pour voir comment elle a pleinement glorifié Dieu dans tous ses attributs. Nous ferons la
fête avec Dieu (si nous pouvons parler ainsi) quand nous célébrerons la pâque dans les lieux
célestes; et nos âmes seront ainsi maintenues dans l'adoration et la louange; en un mot,
l'adoration des rachetés assis dans les lieux célestes, et se nourrissant de l'Agneau immolé,
est la plus haute expression du culte. Car nous sommes assis là en paix devant Dieu, déjà
en possession de notre place et en sa présence; c'est seulement alors que, nous pouvons
avoir communion avec ses pensées et avec sa joie dans la mort de son Fils.
Nous voyons donc que nous jouissons de Christ comme de l'agneau pascal, à tous les
degrés de notre expérience; mais le lieu dans lequel nous le faisons, que ce soit l'Egypte, le
désert, ou le pays de la promesse, dépendra de l'état de notre âme. Et sans doute, quand
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nous sommes réunis pour nous rappeler la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne, ceux
qui sont dans le désert et ceux qui sont arrivés dans le pays, peuvent se trouver l'un à côté
de l'autre. Ils se nourrissent également de la mort de Christ, se souviennent de lui comme
mort, quelle que soit la différence qui puisse exister dans la manière dont ils le saisissent,
l'apprécient, ou le connaissent. Dans le ciel, nous contemplerons cette mort avec une
adoration toujours croissante; car le sang de l'Agneau sera le sujet qui occupera les saints
glorifiés pendant l'éternité.
2° Christ, comme la Manne, est aussi la nourriture de son peuple. La manne diffère de
l'agneau pascal, en ce qu'il n'en est question que dans le désert. La manne ne fut donnée
que lorsque Israël eut été conduit au delà de la mer Rouge (voyez Exode 16); et elle cessa
dès le lendemain du jour où ils mangèrent du blé du pays: «Les enfants d'Israël n'eurent
plus de manne, mais ils mangèrent du crû de la terre de Canaan cette année-là» (Josué 5:
12). C'était donc la nourriture du désert pour Israël; de même Christ est la manne du
croyant, ou sa nourriture dans le désert. Mais il y a ici une distinction à faire. L'histoire
d'Israël voyageant à travers le désert, passant le Jourdain et s'emparant du pays, est
typique; nous savons qu'ils ne pouvaient être qu'à un endroit à la fois; le croyant, lui, est
en même temps dans le désert et dans les lieux célestes. Quant au service, quant au
témoignage à rendre à Christ ici-bas, et comme un pèlerin qui attend le retour du Seigneur,
il est dans le désert; mais sa position devant Dieu, comme uni à Christ glorifié, est toujours
dans les lieux célestes: s'il l'occupe, c'est une autre question. Supposant donc qu'il
connaisse sa place, il a besoin de la manne et du blé du pays en même temps. En d'autres
termes, il a besoin de se nourrir de Christ de deux manières différentes. Il n'est jamais en
Egypte, quelles que soient ses expériences; car ce serait nier la réalité de sa délivrance par
la mort et la résurrection de Christ. Une âme réveillée peut être en Egypte, mais un croyant
— j'entends celui qui a été amené dans la vraie position du chrétien par l'Esprit qui habite
en lui — en a fini pour toujours avec l'Egypte, car le monde est devenu pour lui un désert
moral; et c'est pendant qu'il est dans le désert qu'il se nourrit de Christ comme manne.
Qu'est-ce donc que la manne pour le chrétien? C'est Christ dans l'incarnation, un Christ
humilié. «Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous dis: Moïse ne vous a pas donné le pain
qui vient du ciel, mais mon Père vous donne le véritable pain qui vient du ciel. Car le pain
de Dieu est celui qui descend du ciel,… afin que quelqu'un en mange et ne meure point.
Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel: si quelqu'un mange de ce pain, il vivra
éternellement; or le pain aussi que moi, je donnerai, c'est ma chair, laquelle moi je donnerai
pour la vie du monde» (Jean 6: 32, 33, 50).
Christ était ainsi la manne en tout ce qu'il était dans la chair; elle exprimait ce qu'il
était, soit comme nous faisant connaître le Père, soit comme homme parfait. Sa grâce, sa
compassion, sa sympathie, sa tendresse et son amour, sa douceur et son humilité, sa
patience, son indulgence, son exemple, toutes ces choses se trouvent dans la manne que
Dieu nous a donnée pour nourriture pendant notre séjour dans le désert.
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Il nous est toujours présenté sous ce caractère de la manne, dans les épîtres qui
traitent spécialement du chemin que les saints ont à parcourir dans le désert: «C'est
pourquoi, nous aussi, ayant une si grande nuée de témoins qui nous entoure, rejetant tout
fardeau et le péché qui nous enveloppe si aisément, courons avec patience la course qui
est devant nous, fixant les yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, lequel, à
cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix, ayant méprisé la honte, et est assis à
la droite du trône de Dieu. Car considérez celui qui a enduré une telle contradiction de la
part des pécheurs contre lui-même, afin que vous ne soyez pas las, étant découragés dans
vos âmes» (Hébreux 12: 1-3). Nous sommes donc exhortés à nous nourrir de Christ comme
de la manne, pour nous soutenir au milieu des épreuves, des difficultés et des persécutions,
que nous rencontrons en traversant le désert. Pierre aussi, qui écrit à ceux de la dispersion
du Pont et de la Galatie, etc., nous présente toujours Christ sous cet aspect: «Car quelle
gloire y a-t-il, si, souffletés pour avoir mal fait, vous l'endurez; mais si, en faisant le bien,
vous souffrez, et que vous l'enduriez, cela est digne de louange devant Dieu, car c'est à cela
que vous avez été appelés; car aussi Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle
afin que vous suiviez ses traces, etc.» (1 Pierre 2: 20-24. Voyez aussi chapitre 3: 17, 18).
L'apôtre Paul aussi nourrit les saints de manne. Nous en avons un exemple dans Philippiens
2: 5-9 (quoiqu'il y ait bien plus encore dans ce passage); et c'est une manne bien précieuse:
«Etant trouvé en figure comme un homme, il s'est abaissé lui-même, étant devenu
obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix». Mais c'est dans les évangiles que la
manne se trouve surtout, et qu'on peut la recueillir pour les besoins de chaque jour; car
c'est là que nous voyons se développer cette vie merveilleuse, la vie de Celui qui fut
l'homme parfait et en même temps Dieu manifesté en chair.
Il y a deux choses à remarquer quant à la manière de recueillir la manne et à la manière
de l'employer. Les Israélites sortaient hors du camp pour en recueillir chaque jour une
certaine mesure (Exode 16: 4). Pour nous, il nous faut descendre dans le même but. Je veux
dire que, à moins que nous ne connaissions notre position dans les lieux célestes, et ce que
c'est en réalité que se nourrir du blé du pays, nous ne pourrons pas nous nourrir de la
manne. C'est ce qui est présenté d'une manière remarquable dans le ministère de l'apôtre
Paul: il commença avec Christ dans la gloire. Il en doit être de même pour nous. Si nous
connaissons notre union avec un Christ glorifié, notre position en lui devant Dieu, nous
pouvons trouver nos délices à nous nourrir de Christ comme manne. Dans l'ordre des
temps, la manne vient avant le blé du pays. Mais pour le croyant, c'est l'ordre inverse, par
la simple raison que Dieu l'a interverti dans la présentation de Christ aux âmes. Nous
prêchons comme Paul l'a fait un Christ dans la gloire, et quand nous le saisissons ainsi, alors,
et, pas avant, nous pouvons, en traversant le désert, trouver notre nourriture dans un
Christ humilié. Ils éprouvent une grande perte et, par conséquent, de la faiblesse, ceux qui
n'entendent jamais parler de Christ dans la gloire; qui ne savent rien de lui, sinon qu'il a
habité ici-bas en chair lorsqu'il fut fait à la ressemblance des hommes.
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La seconde remarque a été bien souvent répétée, c'est que l'on ne pouvait pas faire
provision de manne. «Que chacun en recueille autant qu'il lui en faut pour son manger»
(Exode 16: 16); et si quelqu'un en recueillait davantage, — à moins que ce ne fût pour le
jour du sabbat, — cette manne se gâtait. Chers amis, nous devons nous nourrir
continuellement de Christ, jour par jour, heure par heure; et nous ne recevons pas plus
qu'il ne faut pour le moment présent. C'est ainsi que nous restons dans une continuelle
dépendance, et que nos yeux sont constamment dirigés sur Christ. «Comme le Père qui est
vivant, m'a envoyé, et que moi je vis à cause du Père, de même celui qui me mangera, celui-
là aussi vivra à cause de moi» (Jean 6: 57).
3° Il nous reste à considérer Christ comme blé du pays. Dans le passage déjà cité de
Josué 5: 10-12, nous avons la pâque, la manne et le blé du pays mentionnés ensemble, et
ce fait rend l'interprétation simple et claire. Si donc la manne nous représente Christ dans
l'incarnation, le blé du pays, puisque le pays représente les lieux célestes, c'est Christ dans
la gloire. Et dans les épîtres, celles même où les croyants sont regardés comme vivant sur
la terre (Colossiens; Philippiens; 2 Corinthiens), et non pas comme assis dans les lieux
célestes en Christ (Ephésiens), le blé du pays nous est présenté comme la vie et la force de
nos âmes, comme la nourriture qui nous est propre; car, quoique encore ici-bas, nous
sommes unis à Christ là où il est.
Prenons d'abord les Colossiens: «Si donc vous avez été ressuscités avec le Christ,
cherchez les choses qui sont en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu; pensez aux
choses qui sont en haut, non pas à celles qui sont sur la terre; car vous êtes morts, et votre
vie est cachée avec le Christ en Dieu» (Colossiens 3: 1-3). A la vérité, nous trouvons ici «les
choses qui sont en haut», mais il est évident que ce terme signifie toute la sphère de
bénédictions dont Christ dans la gloire est le centre, — en un mot, les bénédictions
spirituelles dans les lieux célestes, dont nous sommes rendus participants, et qui sont
toutes résumées en Christ. Voilà donc ce qu'est le blé du pays, le fruit du pays de Canaan,
la nourriture proprement et l'aliment de ceux qui sont morts et ressuscités avec Christ.
La même vérité nous est présentée dans Philippiens 3. Que trouvons-nous là, si ce
n'est un Christ glorifié remplissant l'âme de l'apôtre, et suffisant pleinement à son coeur?
Ainsi, si nous avons la manne dans le chapitre 2, nous avons certainement le blé du pays
dans le chapitre 3. On peut citer encore 2 Corinthiens 3: 18. «Nous tous, contemplant, à
face découverte, la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de
gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit». Cela nous fait aussi comprendre de
quelle importance est pour nous l'attente constante de Christ. Elle nous attire à la personne
du Christ glorifié, elle unit nos coeurs à lui et remplit nos âmes du désir ardent de voir ce
temps où nous lui serons semblables, car nous le verrons tel qu'il est (1 Jean 3: 2).
Tous ces passages, et beaucoup d'autres, nous montrent Christ dans la gloire comme
le blé du pays; c'est la nourriture dont nous ne pouvons pas nous passer; elle donne plus
de force aux saints que toute autre. C'est un aliment céleste pour un peuple céleste; et
c'est seulement quand nous nous en nourrissons, que nous pouvons être fortifiés dans le
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Seigneur et dans la puissance de sa force (Ephésiens 6: 10), que nous pouvons combattre
avec l'ennemi pour la possession de notre héritage, pour nous en emparer, veux-je dire;
que nous pouvons nous soumettre volontairement à tout, en communion avec les
souffrances de Christ, étant rendus conformes à lui dans sa mort, si, en quelque manière
que ce soit, nous pouvons parvenir à la résurrection d'entre les morts (Philippiens 3), quand
nous serons glorifiés avec Celui qui a été la force et la nourriture de nos âmes.
Il faut remarquer aussi que nous n'avons pas de puissance pour manifester Christ ici-
bas si nous ne sommes pas occupés de lui en gloire (*). Nous devrions toujours l'avoir
devant nous dans cette position; et ce sera le cas si, enseignés par le Saint Esprit, nous
pouvons lui dire: «Toutes mes sources — les sources de ma joie — sont en toi». Et c'est ce
que lui-même désire, car il dit à ses disciples, en parlant de l'Esprit de vérité qui devait
venir: «Celui-là me glorifiera… Tout ce qu'a le Père est à moi; c'est pourquoi j'ai dit qu'il
prend du mien, et qu'il vous l'annoncera» (Jean 16: 14, 15).
(*) Voyez au chapitre 10, d'autres développements sur ce sujet.
Se nourrir de Christ, être occupé de lui, voilà donc l'alpha et l'oméga de la vie
chrétienne; être occupé de sa mort, — de cette mort qui est le fondement non seulement
de notre rédemption et de notre délivrance, mais aussi du rétablissement de toutes choses;
être occupé de lui dans son incarnation, quand, quoique Fils, il apprit l'obéissance par les
choses qu'il a souffertes, quand, comme homme obéissant et dépendant, il trouva sa
nourriture à faire la volonté du Père et à achever son oeuvre, et qu'ainsi il glorifia Dieu dans
tous les détails de cette vie sainte; et, surtout, être occupé de lui dans la gloire, comme
homme glorifié, de lui, le centre de tous les conseils de Dieu et qui fait l'objet de tous ses
délices, en qui son coeur prend plaisir. C'est ainsi, en étant occupés de Christ, en nous
nourrissant de lui, en le contemplant, que, dans la puissance de l'Esprit, nous jouissons de
la communion avec Dieu; étant ainsi rendus capables d'entrer dans ses pensées au sujet de
son Fils, et même de partager ses affections pour Celui qui est maintenant assis à sa droite.
En réalité, c'est là la source de tout progrès, de toute force et de toute bénédiction! Satan
le sait bien, aussi cherche-t-il toujours à nous occuper d'autre chose, à détourner nos
pensées pour les porter sur des objets terrestres. Il nous importe donc d'être vigilants, de
maintenir nos coeurs et nos consciences en éveil, afin que nous puissions découvrir et juger
tout à la fois sans ménagement tout ce qui pourrait séduire nos âmes et les détourner de
la contemplation de Christ.
Seigneur Jésus, précieux Sauveur! sois si constamment devant nos âmes, et manifeste-
toi de telle sorte à elles dans ta grâce et dans ta beauté, que, attirant toutes nos affections,
notre désir soit véritablement de n'avoir rien, de ne voir rien, et de ne connaître rien que
toi; car en toi habite corporellement toute la plénitude de la divinité, et nous sommes
parfaits en toi!
Et moi, Seigneur, face à face,
O dis, quand pourrai-je voir
Les merveilles de ta grâce,
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La clarté de ton pouvoir?
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qu'il attend jusqu'à ce que ses ennemis deviennent le marchepied de ses pieds (versets 10-
14). Dans le chapitre suivant, il est présenté comme Fils de l'homme — héritier de toutes
choses; comme un peu moindre que les anges à cause de la passion de la mort, et couronné
de gloire et d'honneur (Hébreux 2: 9); puis, parce que cela était convenable pour la gloire
de Dieu, il est présenté comme le chef du salut pour son peuple, consommé par les
souffrances (verset 10), participant au sang et à la chair (verset 14); rendu semblable à ses
frères, afin qu'il fût un miséricordieux et fidèle souverain sacrificateur dans les choses qui
concernent Dieu, pour faire propitiation pour les péchés du peuple (verset 17).
Voilà ce qui caractérise la personne de notre souverain Sacrificateur. Il est Dieu, et il
est homme; c'est pourquoi quand les anges, quand Moïse, ou Josué, ou Aaron, lui sont
comparés, ils pâlissent et disparaissent devant sa gloire. Et sans doute, ceci renferme un
enseignement pour nous. Nous ne pouvons trop penser à l'oeuvre et à l'office de notre
souverain Sacrificateur, mais la première chose que le Saint Esprit nous présente, c'est sa
personne. Car c'est le caractère de sa personne qui l'a qualifié pour son office, et l'a rendu
capable de l'accomplir. S'il n'avait pas été Dieu aussi bien qu'homme, il n'aurait pas fait
propitiation pour les péchés du peuple; et s'il n'avait pas été homme aussi bien que Dieu,
il n'aurait pu, par sa mort, rendre impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c'est-à-
dire le diable, ni délivrer ceux qui, par la crainte de la mort, étaient pendant toute leur vie
assujettis à la servitude; et il n'aurait pas pu être consommé par les souffrances (Hébreux
2: 10, 14). C'est sa personne donc qui donne toute assurance quant à son office; et c'est
pourquoi l'Esprit de Dieu a voulu assurer et fortifier nos coeurs, en nous faisant connaître
les gloires et les dignités qui le distinguent, avant de diriger notre attention sur les fonctions
de sa sacrificature.
Nous avons maintenant à considérer ceux pour lesquels il agit comme sacrificateur. Il
faut être bien précis sur ce point; d'abord, parce que c'est une question vitale; et
secondement, parce qu'il règne beaucoup de confusion là-dessus. Combien de cantiques,
par exemple, dans les recueils généralement répandus, parlent de Christ comme s'il était
un sacrificateur pour tous sans exception! En est-il ainsi? Rien n'est plus loin de la vérité.
L'analogie avec la sacrificature juive aurait dû prévenir une telle erreur, car Aaron
accomplissait son office de sacrificateur non pas pour tous les hommes, mais seulement
pour le peuple d'Israël, pour ceux qui se trouvaient dans une relation particulière et connue
avec Dieu. Il est vrai que, parmi ceux-ci, il s'en trouvait qui étaient nés de nouveau, et
d'autres qui ne l'étaient pas; mais ce n'est pas le point à considérer. Israël comme peuple
était racheté; tous également avaient été retirés de l'Egypte et conduits au travers de la
mer Rouge; et tous donc étaient sauvés en type. Ainsi Israël préfigure ceux qui sont
maintenant sauvés, — le peuple de Dieu sur la terre; et, en conséquence, Christ ne remplit
l'office de sacrificateur que pour les croyants, pour ceux qui sont siens, pour un peuple
racheté, bien que, traversant le désert comme Israël dans les anciens jours, ils soient
regardés comme des pèlerins et des étrangers en route vers le repos de Dieu. C'est ainsi
que, dans le premier chapitre des Hébreux, verset 3, il est dit: «Ayant fait par lui-même la
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purification des péchés». Il nous est encore dit «qu'il convenait pour lui, à cause de qui sont
toutes choses, et par qui sont toutes choses, que, amenant plusieurs fils à la gloire, il
consommât le chef de leur salut par des souffrances. Car et celui qui sanctifie et ceux qui
sont sanctifiés sont tous d'un; c'est pourquoi il n'a pas honte de les appeler ses frères, etc.»
(Hébreux 2: 10, 11). Les mots que nous avons soulignés désignent clairement ceux pour
lesquels il agit. Nous trouvons encore d'autres désignations, comme celles-ci par exemple:
«frères saints», «participants à l'appel céleste», «ceux qui s'approchent de Dieu par lui»
(Hébreux 7: 25), c'est-à-dire ceux qui s'approchent de Dieu pour le culte, ceux qui ont le
droit d'entrer à travers le voile dans les lieux saints, par le sang de Jésus (Hébreux 10: 19-
21). Il s'acquitte ainsi de son office seulement pour ceux qui ont été rachetés, qui ont été
sanctifiés par le sang, dont les péchés sont ôtés, et qui, en conséquence, n'ont plus
conscience de péchés; en un mot, pour les sanctifiés qui ont été rendus parfaits à
perpétuité par l'offrande de Christ (Hébreux 10: 14). Il ne peut pas y avoir de méprise là-
dessus; c'est se tromper soi-même — erreur fatale! — de penser, comme on l'enseigne
souvent, que nous allons auprès du souverain sacrificateur pour obtenir le pardon de nos
péchés. La parole de Dieu n'enseigne rien de semblable, la vérité est que nous n'allons pas
du tout au sacrificateur, mais que nous nous approchons de Dieu par le sacrificateur, sur le
fondement du pardon de nos péchés.
Voyons maintenant comment il est qualifié pour l'office qu'il accomplit. Nous avons vu
que, s'il n'avait pas été Dieu et homme, il n'aurait pas pu l'accomplir; et maintenant, nous
nous proposons de faire remarquer quelques autres traits qui nous sont présentés dans
cette épître. Nous lisons: «Nul ne s'arroge cet honneur; sinon en tant qu'il est appelé de
Dieu, ainsi que le fut aussi Aaron. De même aussi le Christ ne s'est pas glorifié lui-même
pour être fait souverain sacrificateur, mais celui-là l'a glorifié qui lui a dit: «Tu es mon Fils,
moi je t'ai aujourd'hui engendré» (Psaumes 2: 7). Comme il dit aussi dans un autre endroit:
«Tu es sacrificateur éternellement, selon l'ordre de Melchisédec» (Psaumes 110: 4); — qui,
durant les jours de sa chair, ayant offert avec de grands cris et avec larmes des prières et
des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa
piété, quoiqu'il fût Fils, a appris l'obéissance par les choses qu'il a souffertes; et ayant été
consommé, il est devenu l'auteur du salut éternel pour tous ceux qui lui obéissent, étant
salué par Dieu souverain sacrificateur selon l'ordre de Melchisédec» (Hébreux 5: 4-10).
Ce qui le distingue essentiellement d'après cette portion de l'Ecriture, c'est l'appel
divin. Nul homme ne s'arroge cet honneur; Christ ne le fait pas non plus. Et c'est ce qui
remplit le croyant de joie, que celui qui est notre Sacrificateur, celui par qui nous nous
approchons de Dieu, a reçu de Dieu lui-même son appel. Il est donc agréable à Dieu, oui,
infiniment agréable. C'est Dieu qui l'a ainsi qualifié pour son office, et cela détruit à jamais
les prétentions que pourrait élever tout sacerdoce humain. Il est vrai que tous ceux qui font
partie du peuple de Dieu sont sacrificateurs, — ils sont une sainte sacrificature (1 Pierre 2:
5). Mais si quelqu'un s'arroge le droit d'agir ainsi en faveur d'autres croyants, il doit pouvoir
prouver qu'il a reçu son office de Dieu lui-même. Le Seigneur Jésus l'a fait et dans des
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circonstances solennelles; car, dit l'auteur de l'épître aux Hébreux, en comparant le
sacerdoce de Jésus Christ avec le sacerdoce lévitique: «Ceux-là sont devenus sacrificateurs
sans serment, mais celui-ci l'est devenu avec serment, par celui qui a dit de lui: Le Seigneur
l'a juré, et ne s'en repentira pas: Tu es sacrificateur pour l'éternité, selon l'ordre de
Melchisédec» (Hébreux 7: 21). Au fond, il est question ici de trois choses: de sa gloire
personnelle, il était Fils de Dieu; de la gloire de son office, il était sacrificateur à toujours
selon l'ordre de Melchisédec; et enfin, il tenait son office de la volonté divine.
Mais nous passons maintenant à un autre ordre de qualifications qu'il acquit dans les
jours de sa chair, quand il a appris l'obéissance par les choses qu'il a souffertes. Quoiqu'il
fût Fils de Dieu, il était ici-bas comme homme; de là la souffrance à laquelle il est fait
allusion, quand il est dit qu'il offrit avec de grands cris et avec larmes des prières et des
supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort (Hébreux 5: 7). Dans un chapitre
précédent, il nous est dit qu'il a souffert lui-même, étant tenté (Hébreux 2: 18); et encore
qu'il fut semblable à nous en toutes choses, — si l'on en excepte le péché, et ainsi il apprit
par sa propre expérience ce que c'était que de souffrir; — étant tenté, il est à même de
secourir ceux qui sont tentés (Hébreux 2: 18). Il a appris l'obéissance par les choses qu'il a
souffertes (Hébreux 5: 8); car étant Fils de Dieu, il ne savait pas ce que c'est que d'obéir,
jusqu'à ce qu'il «prît la forme d'esclave, étant fait à la ressemblance des hommes; et étant
trouvé en figure comme un homme, il s'est abaissé lui-même, étant devenu obéissant
jusqu'à la mort, et à la mort de la croix» (Philippiens 2: 7, 8). Tout ce donc qu'il souffrit, il le
souffrit dans l'obéissance: il accomplissait la volonté de Dieu (Hébreux 10), et il l'a
accomplie parfaitement, selon la perfection des pensées de Dieu. C'est pourquoi, quand il
cria dans son angoisse à Celui qui pouvait le sauver de la mort, il fut exaucé à cause de sa
piété: Dieu répondit au cri de Celui qui le glorifiait ainsi dans sa parfaite obéissance.
Mais le point essentiel à remarquer ici, c'est que, passant par cette angoisse et cette
agonie amères par obéissance à la volonté de Dieu, «il fut consommé». Comment? Non pas
moralement, puisqu'il était toujours parfait, toujours Celui en qui Dieu prenait son bon
plaisir; mais il fut consommé quant à ce qui devait le qualifier pour son office, et ainsi il
devint l'auteur du salut éternel pour tous ceux qui lui obéissent, et Dieu le proclama
souverain sacrificateur selon l'ordre de Melchisédec. Qu'il est précieux pour nous de savoir
qu'il peut être touché par le sentiment de nos infirmités, sympathiser avec nous dans nos
faiblesses et nos peines, et que, par conséquent, connaissant parfaitement tous nos
besoins et tout ce qui nous concerne, il peut en parler à Dieu. Ceux qui nous entourent
peuvent ne pas nous comprendre, et nous affliger en nous refusant leur sympathie; mais
lui, jamais, car il a suivi le même chemin et connaît tous les pas que nous faisons. Béni soit
son nom!
D'autres points, comme la valeur du sacrifice qu'il a offert une fois et la perpétuité de
sa sacrificature (Hébreux 7: 23, 24, 26, 27; 9: 24-28), seront abordés ailleurs. Ce qui a été
dit est suffisant pour montrer combien notre souverain sacrificateur est admirablement
qualifié pour l'office qu'il remplit en notre faveur en la présence de Dieu.
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Ce qui va nous occuper maintenant, c'est le sacerdoce de Christ. Deux ou trois
remarques préliminaires serviront à éclaircir le sujet. D'abord, la scène où il l'exerce est le
ciel, et non la terre. C'est ce que nous avons déjà fait remarquer. Au commencement de
l'épître, il nous est présenté comme «assis à la droite de la majesté dans les lieux très-
hauts» (Hébreux 1: 3). Et encore: «. Nous avons un tel souverain sacrificateur qui s'est assis
à la droite du trône de la majesté dans les cieux, ministre des lieux saints et du vrai
tabernacle, que le Seigneur a dressé, non pas l'homme;… si donc il était sur la terre, il ne
serait pas sacrificateur, puisqu'il y a ceux qui offrent des dons selon la loi» (Hébreux 8: 1, 2,
4). On demande quelquefois si ce ne fut pas comme sacrificateur qu'il fit la propitiation
pour les péchés du peuple? C'était bien le sacrificateur qui la faisait, mais c'était seulement
parce que ce qu'il était en lui-même ne peut pas être séparé de ce qu'il faisait. Ce n'était
pas une partie des fonctions du sacrificateur d'égorger la victime, ainsi nous pouvons dire
que ce n'était pas un acte sacerdotal de la part de Christ, quoiqu'il fût le sacrificateur qui
l'accomplit. Les passages déjà cités montrent clairement qu'il ne commença réellement son
office de sacrificateur qu'après s'être assis dans les lieux très-hauts.
En second lieu, il est, comme nous l'avons vu, sacrificateur selon l'ordre de
Melchisédec. Mais la sacrificature de Melchisédec se rapporte au millénium, comme le nom
lui-même l'indique. «Premièrement, étant interprété roi de justice, et puis aussi roi de
Salem, c'est-à-dire roi de paix» (Hébreux 7: 2). Ce n'est donc qu'après avoir quitté la place
qu'il occupe maintenant à la droite de Dieu, — et il ne le fera qu'après être venu chercher
les siens avec lesquels il reviendra comme roi de justice (le vrai David) et roi de paix (le vrai
Salomon), — qu'il entrera dans les fonctions de sacrificateur selon l'ordre de Melchisédec.
L'ordre de sa sacrificature subsiste, mais, tant que dure la présente dispensation de grâce,
tant qu'il demeure en dedans du voile déchiré, son office, comme sacrificateur, répond
plutôt à celui d'Aaron.
Il reste encore à faire une remarque préliminaire. La base de sa sacrificature, c'est le
sacrifice qu'il a offert une fois: «Ayant fait par lui-même la purification des péchés, il s'est
assis, etc.» (Hébreux 1: 3). «Qui n'est pas journellement dans la nécessité, comme les
souverains sacrificateurs, d'offrir des sacrifices, d'abord pour ses propres péchés, ensuite
pour ceux du peuple; car cela, il l'a fait une fois pour toutes, s'étant offert lui-même»
(Hébreux 7: 27). «Et non avec le sang de boucs et de veaux, mais avec son propre sang, il
est entré une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption
éternelle» (Hébreux 9: 12). Son intercession comme sacrificateur est donc basée sur
l'éternelle valeur de cette seule oblation qu'il a offerte sur la croix. En conséquence, comme
sacrificateur, il n'a rien à faire avec nos péchés. C'est un point aussi important qu'il est
incontestable. Il est important, comme renversant le fondement sur lequel repose le
sacerdoce ecclésiastique et humain. Séparer le ministère des prêtres romains ou anglicans
de la question des péchés, ce serait le ruiner; et cependant, il ressort clairement de
l'enseignement de toute l'épître aux Hébreux, que CHRIST COMME SACRIFICATEUR N'A
PLUS RIEN A FAIRE AVEC NOS PECHES. Ainsi il a fait par lui-même la purification des péchés,
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avant de s'asseoir à la droite de la majesté dans les hauts lieux. Il a fait propitiation pour
les péchés du peuple, avant d'entrer dans son office de sacrificateur (Hébreux 2: 17). Il avait
obtenu une rédemption éternelle avant d'entrer dans les lieux saints (Hébreux 9: 12). Il fut
offert une fois, pour porter les péchés de plusieurs (Hébreux 9: 28). Ceux qui s'approchent
de Dieu par lui, sont regardés comme n'ayant plus aucune conscience de péchés
(remarquez qu'il n'est pas dit péché, mais péchés), comme ayant été rendus parfaits pour
toujours par une seule offrande; leurs péchés et leurs iniquités ne seront plus rappelés
(Hébreux 10: 1-18). C'est là assurément une vérité fondamentale du christianisme, que
puisque Christ a porté nos péchés, ayant souffert une fois, lui juste, pour les injustes, afin
qu'il nous amenât à Dieu (1 Pierre 3: 18), Dieu ne se souvient plus jamais des péchés des
croyants. Comme ils ont été expiés par le précieux sang de Christ, il ne peut plus en être
question; et ainsi seulement, nous pouvons nous présenter devant Dieu, nous avons la
liberté d'entrer dans les lieux saints par le sang de Jésus, d'être au dedans du voile déchiré
comme adorateurs (Hébreux 10: 19-22); et c'est pour nous comme tels, seulement comme
tels, que Christ exerce son office sacerdotal.
Nous en venons maintenant à considérer en quoi consiste cet office, et nous
remarquons:
1° Qu'il est là devant Dieu pour nous: «Car le Christ n'est pas entré dans des lieux
saints faits de mains, copies des vrais, mais dans le ciel même, afin de paraître maintenant
pour nous devant la face de Dieu» (Hébreux 9: 24). Il est notre représentant devant Dieu.
Il en était de même d'Aaron. Ainsi nous lisons: «Et tu prendras deux pierres d'onyx, et tu
graveras sur elles les noms des enfants d'Israël. Il y aura six de leurs noms sur une pierre,
et les six autres noms seront sur l'autre pierre, selon l'ordre de leur naissance…
Et tu mettras les deux pierres sur les épaulettes de l'éphod, afin qu'elles soient des
pierres de mémorial pour les enfants d'Israël; car Aaron portera leurs nom sur les deux
épaules devant l'Eternel pour servir de mémorial». Nous avons des directions semblables
relativement au pectoral, qui était orné de douze pierres, «et il y aura de ces pierres selon
les noms des enfants d'Israël, douze selon leurs noms… Et Aaron portera sur son coeur les
noms des enfants d'Israël au pectoral de jugement, quand il entrera dans le lieu saint, afin
qu'il serve continuellement de mémorial devant l'Eternel» (Exode 28: 9-29). C'est de la
même manière que le Seigneur Jésus nous porte sur son coeur et sur ses épaules en
présence de Dieu; il maintient là nos droits par son intercession. Le coeur est un emblème
des affections, et les épaules un emblème de la force. Nous apprenons donc, qu'en vertu
de la valeur infinie de son sacrifice, il peut et veut nous faire subsister en présence de Dieu,
et qu'ainsi son intercession pour nous a tant de puissance, que nous pouvons dire:
Notre cause ne peut manquer de triompher,
C'est toi qui la défends et tu dois l'emporter.
Quelle consolation pour nous qui traversons le désert, de regarder en haut et de voir
notre grand souverain sacrificateur nous portant devant Dieu; quelle grâce de pouvoir nous
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rappeler, dans toute notre faiblesse et notre tiédeur, que sa puissance et ses affections
sont en exercice en notre faveur par son intercession; et que, par conséquent, il s'agit là,
non pas de ce que nous sommes, mais de ce qu'il est, Lui.
Quelle confiance nous devrions avoir et aurons, en effet, lorsque nos yeux ne sont pas
dirigés sur nous-mêmes, mais sur notre souverain sacrificateur! Si un croyant pauvre, faible
et malade, est tourmenté par le doute et tenté par Satan, parce qu'il ne peut ni penser ni
prier, qu'il regarde en haut et qu'il se souvienne que, quoiqu'il ne puisse pas prier, Christ a
pris sa cause en main et qu'il intercède pour lui. Oh! quelle douceur inexprimable de savoir
que je suis porté sur le coeur et sur les épaules de Christ, — un coeur qui renferme tant
d'amour que beaucoup d'eaux ne pourraient l'éteindre, et que les fleuves mêmes ne le
pourraient noyer (Cantique de Salomon 8: 7), et des épaules si fortes qu'il est dit de lui qu'il
soutient toutes choses par la parole de sa puissance (Hébreux 1: 3). Et le fait même qu'il
est présent pour nous devant Dieu, est le témoignage éternel que nos péchés sont effacés
pour toujours.
2° C'est par Christ, notre souverain sacrificateur, que nous recevons miséricorde au
trône de la grâce, et que nous trouvons grâce pour avoir du secours au moment opportun
(Hébreux 4: 16). Le souverain sacrificateur, tel qu'il nous est présenté ici, est en relation
avec un peuple dans le désert (voyez Hébreux 3 et 4); et nous, de même, considérés dans
nos rapports avec la sacrificature, nous sommes en chemin pour le repos de Dieu, comme
Israël l'était pour Canaan. Pendant notre pèlerinage, Dieu emploie sa Parole pour juger tout
ce qui pourrait détourner nos coeurs du sentier de la foi, et nous pousser à chercher un lieu
de repos dans le désert. C'est pourquoi l'apôtre dit: «Appliquons-nous donc à entrer dans
ce repos-là, afin que personne ne tombe en imitant une semblable désobéissance. Car la
parole de Dieu est vivante et opérante, et plus pénétrante qu'aucune épée à deux
tranchants, et atteignant jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit, des jointures et des
moelles, et elle discerne les pensées et les intentions du coeur. Et il n'y a aucune créature
qui soit cachée devant lui, mais toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de celui
à qui nous avons affaire» (Hébreux 4: 11-13). Mais il y a un autre secours, un secours d'un
caractère différent, pour nous aider dans notre passage à travers le désert, c'est la
sacrificature… Nous avons un souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, comme Aaron
a passé par les diverses parties du tabernacle, — Jésus, le Fils de Dieu. Il a été tenté en
toutes choses comme nous, à part le péché; de sorte qu'il peut sympathiser avec nos
infirmités. La Parole met en lumière les intentions du coeur, juge la volonté, et tout ce qui
n'a pas Dieu pour son objet et sa source. Alors, quelle que soit notre faiblesse, nous avons
sa sympathie. Christ naturellement ne veut rien de mauvais. Il fut tenté en toutes choses,
à part le péché, qui n'était mêlé à rien dans sa vie. Mais je ne demande pas de la sympathie
pour le péché qui est en moi; je le déteste, je désire qu'il soit mortifié, jugé sans
miséricorde. C'est ce que fait la Parole. Je cherche de la sympathie pour ma faiblesse et
mes difficultés, et j'en trouve dans la sacrificature de Jésus. Ayant donc un tel souverain
sacrificateur qui a souffert lui-même, étant tenté, et qui ainsi connaît nos infirmités, nous
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sommes encouragés à nous approcher du trône de la grâce, «afin que nous recevions
miséricorde et que nous trouvions grâce pour avoir du secours au moment opportun»
(Hébreux 4: 16).
3° Nous avons accès auprès de Dieu par l'efficace toute puissante du sang de Christ,
et aussi parce qu'il est là comme notre souverain sacrificateur (Hébreux 10: 19-22). Nous
pouvons dire plus encore; notre place est au dedans du voile déchiré, en vertu du sacrifice
qui a effacé nos péchés pour toujours; et comme nous avons un souverain sacrificateur
établi sur la maison de Dieu, nous pouvons nous approcher de Dieu «avec un coeur vrai, en
pleine assurance de foi, ayant les coeurs par aspersion purifiés d'une mauvaise conscience,
et le corps lavé d'eau pure» (Hébreux 10: 21, 22). La place où est Christ est le lieu où nous
rendons culte, c'est-à-dire en dedans du voile déchiré; mais nous ne pourrions être là, s'il
n'y était pas comme notre souverain sacrificateur, ayant obtenu pour nous une rédemption
éternelle.
4° C'est par lui, en qualité de sacrificateur, que nos louanges et nos adorations
montent à Dieu: «Offrons donc, par lui, sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c'est-à-
dire le fruit des lèvres qui confessent son nom» (Hébreux 13: 15). Quelle grâce ineffable
que nous ayons un tel sacrificateur, qui sait distinguer ce qui a de la valeur de ce qui n'en a
pas et qui, en conséquence, ne permettra pas que rien de ce qui est étranger à sa sainteté
lui soit présenté. Les prêtres de l'ancienne alliance devaient examiner toutes les offrandes
et rejeter celles qui étaient défectueuses, afin que rien de ce qui ne répondait pas aux
conditions voulues de Dieu ne fût brûlé sur l'autel. Christ, notre souverain sacrificateur, fait
de même à l'égard de nos sacrifices de louanges. C'est une grande consolation pour nous,
quand nous pensons à notre ignorance et à notre faiblesse; sans doute, nous devrions
posséder nous-mêmes le discernement des sacrificateurs, et ne pas excuser nos
manquements quand nous offrons à Dieu nos louanges; mais cependant, c'est un grand
encouragement pour nous de savoir que rien ne sera présenté à Dieu, que ce qui aura été
reçu et offert pour nous par notre souverain sacrificateur. Il sait comment employer le
couteau du sacrificateur, pour retrancher tout ce qui ne pourrait être agréé de Dieu (voyez
Lévitique 1: 14-17).
5° Nous pouvons ajouter que sa continuelle présence devant Dieu, comme notre
souverain sacrificateur, nous donne l'assurance que nous serons portés dans toutes les
difficultés, et entièrement sauvés. «Il peut sauver entièrement (à tous égards,
complètement), ceux qui s'approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour
intercéder pour eux» (Hébreux 7: 25). Etant mort une fois, il ne meurt plus; il est vivant
pour toujours; et ainsi, il a une sacrificature immuable. Ayant donc pris en main notre
cause, il ne l'abandonnera jamais; et en conséquence le fait que son office ne finit point et
que rien n'interrompt sa puissante intercession, nous garantit d'une manière absolue que
nous ne périrons pas dans le désert; que si Josué n'a pas donné le repos à Israël (il reste un
repos pour le peuple de Dieu), le Seigneur Jésus nous y introduira sûrement en vertu de sa
sacrificature, puisqu'il a été victorieux de la mort et qu'il vit à toujours.
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Nous avons maintenant esquissé ce qui a trait à la sacrificature de Christ; et sûrement,
en méditant sur le caractère et l'office de Christ comme sacrificateur, nos coeurs seront
remplis d'adoration et de reconnaissance envers Dieu, de ce que, dans sa grâce, il a pourvu
si merveilleusement à tout ce qui nous était nécessaire pendant notre passage à travers le
désert. Il a donné à Israël un Moïse, un Aaron et un Josué, mais il nous a donné son Fils
bien-aimé, le Seigneur Jésus, le resplendissement de sa gloire et l'image empreinte de sa
personne, l'assurance pleine et absolue qu'il nous introduira dans toute la gloire qu'il a
réservée pour nous en Christ.
Quel effet devrait donc produire sur nous la contemplation de Christ comme notre
souverain sacrificateur? «Ayant donc un grand souverain sacrificateur qui a traversé les
cieux, dit l'apôtre, Jésus, le Fils de Dieu, tenons ferme notre confession» (Hébreux 4: 14). Il
dit encore: «Retenons la confession de notre espérance sans chanceler» (Hébreux 10: 23);
il parle aussi de Christ, notre espérance, qui est au dedans du voile comme une ancre sûre
et ferme (Hébreux 6: 18-20). Confiance, — confiance en lui, hardiesse et persévérance,
voilà donc quel devrait être en nous le résultat de la contemplation de Christ. Il est là devant
Dieu, comme notre souverain sacrificateur; c'est pourquoi tenons-nous fermes, sachant
que, en dépit de notre faiblesse et de nos infirmités, de la force, de l'activité et de la haine
de nos ennemis, à travers tous les dangers et toutes les difficultés du désert, nous entrerons
en possession et en jouissance du repos éternel de Dieu.
L'homme parfait qui sur la terre
A marché,
Suivant sa route solitaire
Sans péché,
Maintenant dans le sanctuaire
Est caché.
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Chapitre 8 - Christ, notre avocat
C'est la première épître de Jean qui nous donne tous les enseignements que nous
avons sur l'oeuvre de Christ comme avocat. Non qu'il n'y ait autre part des ombres et des
figures de cette oeuvre, mais nous n'avons pas ailleurs de déclarations directes à ce sujet.
Paul parle de Christ, comme étant à la droite de Dieu pour faire intercession en notre faveur
(Romains 8: 34); et, sans doute, le mot intercession renferme l'idée de l'oeuvre de Christ
comme avocat et sacrificateur; mais l'apôtre Paul ne mentionne pas directement cet office
de Christ. L'office d'avocat occupe donc beaucoup moins de place dans les Ecritures que la
sacrificature, sujet qui remplit la plus grande partie de l'épître aux Hébreux. Ce n'est pas
néanmoins un sujet de peu d'importance. Bien loin de là, il n'en est guère qui nous intéresse
davantage et qui réclame plus d'attention de la part des enfants de Dieu. Car l'oeuvre de
Christ comme avocat est ce dont nous avons besoin pour nos péchés de chaque jour. Ainsi,
après avoir exposé la réalité de notre position dans la lumière, puisque Dieu est dans la
lumière, — c'est la place de tout vrai croyant, — l'apôtre dit: «Si nous disons que nous
n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est pas en nous. Si
nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous
purifier de toute iniquité. Si nous disons que nous n'avons pas péché, nous le faisons
menteur et sa parole n'est pas en nous. Mes enfants, je vous écris ces choses afin que vous
ne péchiez pas; et si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ,
le juste; et lui est la propitiation pour nos péchés, et non pas seulement pour les nôtres,
mais aussi pour le monde entier» (1 Jean 1: 8-10; 2: 1, 2).
C'est donc pour les péchés des croyants que Christ exerce son office d'avocat, rien ne
pourrait être plus clair. Dans les versets 6 et 7 du chapitre 1, nous avons les deux classes
mises en opposition: ceux qui marchent dans les ténèbres, qui ne sont pas sauvés, qui n'ont
pas de communion avec Dieu, quels que soient leurs droits et leurs prétentions, car Dieu
est lumière, et il n'y a en lui aucunes ténèbres (verset 5); et ceux qui ont reçu le témoignage
des apôtres concernant la vie éternelle qui était auprès du Père et qui leur a été manifestée.
Par là, ils sont en communion avec ceux qui ont apporté le message, et leur communion
est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ (1 Jean 1: 1-3). Mais si nous avons communion
avec Dieu, nous marchons dans la lumière, comme lui-même est dans la lumière, c'est-à-
dire que notre place et notre sphère sont dans la lumière — ce qui est vrai de tous les
croyants; et nous avons communion l'un avec l'autre, car ce n'est que dans la communion
avec le Père et avec le Fils que nous pouvons avoir communion nous-mêmes l'un avec
l'autre, «et le sang de Jésus Christ, son Fils, nous purifie de tout péché» (1 Jean 1: 7).
Cette dernière déclaration a besoin d'être bien comprise, sinon nous ne pouvons saisir
la nature de l'intercession de Christ. Elle ne signifie pas, comme on l'a si souvent dit, que le
sang de Christ est constamment appliqué pour purifier continuellement le croyant; en un
mot, que c'est le sang qui nous purifie de nos péchés de tous les jours. S'il en était ainsi,
quel besoin aurions-nous de l'oeuvre de Christ comme avocat? En outre, ce serait une
contradiction absolue avec l'enseignement d'autres passages. Ainsi, dans Jean 13, le
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Seigneur dit positivement à Pierre qu'ayant été une fois lavé (plongé, leloum™nov), il n'a
plus besoin que de se laver (niyasdai) les pieds, et qu'ainsi il était tout net (Jean 13: 10).
Ainsi encore, dans l'épître aux Hébreux, il est dit: «Par une seule offrande, il a rendu parfaits
à perpétuité ceux qui sont sanctifiés» (Hébreux 10: 14). C'est une vérité fondamentale du
christianisme que tous ceux qui, par la foi, ont part à l'aspersion du sang de Christ, sont
pour toujours nettoyés de tout péché, et qu'en conséquence il n'y a pas lieu à une seconde
application du sang. C'est là le fond de l'argumentation dans Hébreux 9 et 10. Nous y lisons
que «Christ n'est pas entré dans des lieux saints faits de main, copies des vrais, mais dans
le ciel même, afin de paraître maintenant pour nous devant la face de Dieu, — ni, non plus,
afin de s'offrir lui-même plusieurs fois, ainsi que le souverain sacrificateur entre dans les
lieux saints chaque année avec un sang autre que le sien (puisque, dans ce cas, il aurait fallu
qu'il souffrit plusieurs fois depuis la fondation du monde); mais maintenant, en la
consommation des siècles, il a été manifesté une fois pour l'abolition du péché par son
sacrifice» (Hébreux 9: 24-26). Ce passage montre le contraste entre les sacrifices anciens,
qui devaient être répétés, et le sacrifice unique de Christ, entre la valeur temporaire des
premiers et la valeur éternelle du second. Il en résulte que les péchés de ceux qui sont au
bénéfice du sang de Christ sont pour toujours effacés devant Dieu; car Christ a été offert
une fois pour porter les péchés de plusieurs (Hébreux 9: 28). Aussi le chapitre suivant
prouve abondamment que les péchés du croyant sont effacés pour toujours; qu'il n'a plus
conscience des péchés, puisqu'il a été rendu parfait à perpétuité par une seule offrande de
Christ; et en conséquence, le Seigneur dit: «Je ne me souviendrai plus jamais de leurs
péchés, ni de leurs iniquités» (Hébreux 10: 1-17). Il est essentiel pour nous d'être au clair
là-dessus, car c'est assurément un des points fondamentaux de notre foi.
La vérité est donc que Jean ne parle pas de l'application du sang (ce qui ne s'accorderait
pas avec cette vérité que nous n'avons plus conscience des péchés), mais de son efficace.
Ce qui le caractérise, c'est qu'il purifie de tout péché, c'est-à-dire qu'il a cette propriété,
tout comme quelquefois nous disons, pour prendre un exemple, le poison tue, — c'est la
nature du poison de tuer. De la même manière, la qualité essentielle ou la propriété du
sang, c'est de purifier du péché.
Ainsi compris, le rapport est aussi beau qu'il est évident. «Dans la lumière, comme il
est dans la lumière». Comment, serions-nous tentés de nous écrier, est-il possible de
subsister là? Ayant conscience, comme nous l'avons, des souillures contractées chaque jour
et des péchés dans lesquels nous tombons souvent, nous pourrions redouter l'éblouissante
lumière de la sainteté de Dieu. Aussi avons-nous besoin de nous rappeler que, si nous
pouvons subsister devant Dieu, c'est uniquement et entièrement à cause de la valeur
purifiante du sang, et parce que ce sang est toujours là devant les yeux de Dieu pour
répondre à tout ce qui pourrait être exigé de nous.
Après avoir établi la vérité relativement à la place que nous occupons en présence de
Dieu, l'apôtre nous rappelle notre condition pratique. Nous ne pouvons pas dire que «nous
n'avons pas de péché», car ce serait nous séduire nous-mêmes et méconnaître le fait que
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le péché est en nous, mais non sur nous, jusqu'à ce que nous délogions pour être avec
Christ, ou qu'il vienne pour nous prendre avec lui; car la vieille nature est et demeure
incurablement mauvaise et corrompue. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste
pour nous pardonner nos péchés, etc. (ce passage sera expliqué plus loin). Nous ne pouvons
pas non plus dire que nous n'avons pas de péché; si nous le faisions, nous ferions Dieu
menteur, car il dit que tous ont péché, sa parole ne serait donc pas en nous. L'apôtre
continue en disant: «Mes enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez pas».
Il n'y a donc pas pour le croyant de nécessité de pécher. C'est une vérité à laquelle il faut
absolument tenir, et sur laquelle on ne saurait trop insister. «Mais si quelqu'un a péché,
nous avons un avocat», et par là l'apôtre montre, ainsi que nous l'avons déjà remarqué,
comment Dieu a pourvu à tout ce qui concerne les péchés quotidiens de ses enfants. En
avançant dans l'étude de notre sujet, nous verrons en quoi consiste l'oeuvre que Christ
accomplit comme avocat, et comment il l'applique à nos âmes.
Le nom d'avocat, donné au Seigneur Jésus, ne se trouve dans aucun autre passage de
l'Ecriture. Lui-même l'applique au Saint Esprit. «Je prierai le Père, et il vous donnera un
autre consolateur, pour être avec vous éternellement» (Jean 14: 16, 26; 15: 26; 16: 7). Le
mot traduit ici par consolateur est le même qui est rendu par «avocat», dans l'épître de
Jean. C'est par€cljtoz, mot difficile à traduire si l'on veut lui conserver toute sa signification.
Le mot «avocat» semble avoir été choisi pour faire ressortir le fait que Christ est chargé de
nos intérêts auprès du Père, et que notre cause lui a été confiée, comme à Celui qui a pris
la direction de tout ce qui nous concerne pour maintenir notre communion avec le Père;
c'est pourquoi, quand nous péchons, il plaide pour nous, et nous amène par le ministère
de la Parole et par le Saint Esprit à nous juger nous-mêmes et à confesser notre péché, en
sorte que, selon ce qui est dit dans 1 Jean 1: 9, notre péché peut être pardonné et notre
communion rétablie. Christ est notre Paraclet (avocat) en haut; et le Saint Esprit est notre
Paraclet (consolateur) en bas; il habite en nous, et ses actes sont en rapport avec ceux de
notre avocat auprès du Père; il est chargé de nos intérêts en bas, comme Christ l'est en
haut.
La différence entre l'intercession et la sacrificature se présente sous deux points de
vue. Le sacrificateur agit auprès de Dieu; l'avocat auprès du Père. L'avocat a affaire avec le
péché; le sacrificateur avec nos infirmités (Hébreux 4: 15), jamais avec les péchés. Il est vrai
qu'il a fait propitiation pour nos péchés (Hébreux 2: 17); et sans doute, c'était le
sacrificateur qui faisait cette propitiation, — mais ce n'était pas une fonction de son office,
c'était bien plutôt parce que ce caractère est inséparable de sa personne. La propitiation
qu'il a faite est le fondement sur lequel il commence à exercer l'office de sacrificateur, aussi
bien que celui d'avocat. C'est pourquoi, l'épître aux Hébreux commence par ces mots:
«Ayant fait par lui-même la purification des péchés, il s'est assis à la droite de la majesté
dans les hauts lieux» (Hébreux 1: 3). Ce n'est donc que quand il eut pris cette place, qu'il
commença ses fonctions comme sacrificateur. S'il était sur la terre, il ne serait pas
sacrificateur (Hébreux 8: 4).
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Il en est ainsi de Christ comme avocat. Il n'entre proprement dans son office que quand
il s'assied à la droite de Dieu; et cet office repose sur une double base: son oeuvre et sa
personne. Il est la propitiation pour nos péchés, — c'est là le fondement, la base sur laquelle
repose son office comme intercesseur auprès du Père. Et quel fondement que celui-là! Il
nous rappelle que Christ a fait pour toujours la purification de nos péchés, que le sang qu'il
a répandu, Dieu l'a accepté comme une pleine et complète expiation pour tous nos péchés;
que, par conséquent, basée sur ce fondement, son intercession est toujours efficace. Mais
il est Jésus Christ le juste; et ceci nous rappelle ce qu'il est personnellement en lui-même,
c'est-à-dire celui qui répond à tous les droits de Dieu, selon toutes les exigences de son
immuable sainteté, qui l'a glorifié dans tous les attributs de son être; celui qui, par
conséquent, répond complètement à la perfection de ce Dieu qui veut la vérité dans le
coeur, et qui l'a trouvée dans l'homme qui est assis à sa droite.
Christ donc, agissant comme notre intercesseur, a pour Dieu un droit irrésistible, soit
par sa personne, soit par son oeuvre. Mais ceci n'exprime pas complètement ce qui est
dans le coeur de Dieu lui-même. Ce n'est pas assez de dire qu'il ne peut pas récuser les
droits de notre avocat, car sûrement son coeur prend plaisir à entendre l'intercession de
Christ et à y répondre; car en vertu de ce que Christ est et de ce qu'il a fait, il est libre d'agir
en justice selon son coeur plein d'amour, et de pardonner quand nous confessons nos
péchés. Sans doute, en nous rappelant cela, nos âmes seront restaurées quand nous aurons
été vaincus par le tentateur.
Il y a deux aspects de l'oeuvre de Christ comme notre avocat. «Si quelqu'un a péché,
nous avons un avocat auprès du Père». C'est l'aspect de son oeuvre par rapport à Dieu;
nous y voyons que Christ, comme notre avocat, ainsi que cela a été expliqué plus haut,
prend notre cause en main, et intercède auprès du Père en notre faveur. Ce n'est donc pas
sa présence seule qui le constitue notre avocat, mais plutôt son active intercession pour
nous quand nous sommes tombés dans le péché. C'est ce qu'il nous a montré à propos de
Pierre, quand il lui dit: «Simon! Simon! voici Satan a demandé à vous avoir, pour vous cribler
comme le blé; mais moi, j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point» (Luc 22: 31, 32).
Je sais que ce passage est souvent cité comme se rapportant à la sacrificature et, dans un
sens, on peut l'admettre; mais, pour parler plus exactement, il se rapporte à l'oeuvre de
Christ comme avocat, puisque c'est à propos non d'une infirmité, mais du péché de Pierre
que Jésus parle ainsi. Quand nous disons: «Si quelqu'un a péché, nous avons un avocat
auprès du Père», nous parlons de Celui qui plaide activement pour nous, quand nous
sommes dans les circonstances qui réclament son intercession.
D'un côté donc, l'oeuvre de Christ comme avocat est relative au Père. D'un autre côté,
elle est un service à notre égard, ce service étant l'effet de son intercession. Pour
comprendre ce côté de l'oeuvre, ouvrons le chapitre 13 de Jean; car, tandis que 1 Jean 2
nous parle de l'avocat Lui-même, Jean 13 nous donne le résultat de son action, nous dit
comment elle s'applique à nos besoins aussi bien que l'objet en vue duquel elle s'exerce.
La première chose à remarquer, c'est que ce ministère de Christ découle de son coeur plein
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d'amour. «Or, avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue pour passer
de ce monde au Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'à la
fin» (Jean 13: 1). Ces mots: «il les aima jusqu'à la fin», ne signifient pas simplement, nous
avons à peine besoin de le dire, qu'il les aima jusqu'à la fin de son séjour ici-bas. Ils ont un
sens bien plus profond. Ils parlent de la perpétuité de son amour pour les siens; et ils sont
là pour montrer que son amour est la source du ministère qu'il exerce constamment en
notre faveur, maintenant qu'il est loin de nous dans la gloire.
Ensuite, nous voyons l'objet de son ministère symbolisé par le lavage des pieds de ses
disciples. «Et pendant qu'ils étaient à souper, le diable ayant déjà mis dans le coeur de
Judas Iscariote, fils de Simon, de le livrer, — Jésus, sachant que le Père lui avait mis toutes
choses entre les mains, et qu'il était venu de Dieu, et s'en allait à Dieu, se lève du souper et
met de côté ses vêtements; et ayant pris un linge, il s'en ceignit» (13: 2-4). Ainsi Jésus est
assis à table au milieu des siens; la pensée de son départ se présente à son âme, et la place
aussi qu'il occuperait après comme homme; car il savait que le Père lui avait remis toutes
choses entre les mains, et qu'il était venu de Dieu et s'en allait à Dieu (Jean 13: 3). Il se lève
du souper et il le fait pour enseigner à ses disciples qu'il ne pouvait pas rester plus
longtemps avec eux au lieu où ils étaient; et ayant mis de côté ses vêtements, il prit un
linge, et s'en ceignît — c'était l'oeuvre d'un serviteur. «Puis il verse de l'eau dans un bassin,
et se met à laver les pieds des disciples, et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. Il
vient donc à Simon Pierre; et celui-ci lui dit: Seigneur, me laves-tu, toi, les pieds? Jésus
répondit et lui dit: Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant, mais tu le sauras dans la
suite. Pierre lui dit: Tu ne me laveras jamais les pieds. Jésus lui répondit: Si je ne te lave, tu
n'as pas de part avec moi» (Jean 13: 5-8). Ces dernières paroles nous font connaître le but
de ce lavage des pieds. Nous avons vu qu'en se levant du souper, le Seigneur enseignait à
ses disciples qu'il ne pouvait pas demeurer plus longtemps avec eux dans le lieu où ils
étaient; et maintenant il leur montre comment il les rendrait propres à être avec lui dans
le lieu où il allait. Jean dit: «Notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ»
(1 Jean 1: 3). C'est ainsi que le Seigneur enseigne aux siens comment il les rendrait propres
pour cette communion et comment il les y maintiendrait. Le but du lavage des pieds est
donc de rendre les siens capables de jouir de cette communion avec lui, et aussi avec le
Père, dans le lieu où il allait entrer, c'est-à-dire dans la gloire.
Mais nous avons encore autre chose. Pierre ne comprend pas ces paroles: «Si je ne te
lave, tu n'as pas de part avec moi» (Jean 13: 8), c'est pourquoi il s'écrie: «Seigneur, non pas
mes pieds seulement, mais aussi mes mains et ma tête. Jésus lui dit: Celui qui a tout le corps
lavé, n'a besoin que de se laver les pieds; mais il est tout net» (Jean 13: 9, 10). Cette
déclaration est la clef pour l'intelligence du sujet, et demande en conséquence une sérieuse
attention.
1° Comme nous l'avons déjà remarqué, le Seigneur enseigne ici que, sauf les pieds, il
n'y avait pas besoin d'être lavé une seconde fois. Ils étaient lavés, et cela ne devait pas se
répéter, car ils étaient tout nets. C'est ce qui était préfiguré à la consécration des
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sacrificateurs. Aaron et ses fils étaient lavés avec de l'eau, — type de la nouvelle naissance
que produit la parole de Dieu par la puissance du Saint Esprit, — avant qu'ils fussent revêtus
de leurs vêtements sacerdotaux (Exode 29: 4); et cela ne se renouvelait pas pour eux; mais
il y avait une cuve d'airain dans laquelle ils lavaient leurs mains et leurs pieds, quand ils
entraient au tabernacle pour leur service sacerdotal (Exode 30: 17-21). Nous ne pouvons
trop insister sur ce point, que le croyant une fois lavé l'est pour toujours, qu'il demeure net
en tout point. Autrement, nous ne serions pas qualifiés pour nous présenter devant Dieu,
car s'il se trouvait une seule tache sur nous, nous ne pourrions entrer au dedans du voile
déchiré.
2° Ils étaient tout nets, et pourtant leurs pieds avaient besoin d'être continuellement
lavés. Les pieds signifient la marche, et la pensée est que, quoique par notre position nous
jouissions constamment de la faveur de Dieu, dans notre marche à travers la scène de ce
monde nous contractons constamment de la souillure. Elle ne peut en rien porter atteinte
à la position que nous avons en vertu de ce que Christ est et a fait; nous sommes dans la
lumière comme Dieu est dans la lumière; cependant, cette souillure trouble, interrompt
notre communion. C'est pourquoi nous avons besoin que nos pieds soient lavés pour que
notre communion soit rétablie, pour que nous puissions jouir de tout ce qui nous appartient
dans la position où nous sommes, par la grâce de notre Dieu.
On demandera peut-être en quoi consiste la souillure que nous pouvons ainsi
contracter. Rapprochant, comme nous l'avons fait, ce passage de celui que nous avons déjà
vu dans 1 Jean 2, nous ne pourrons que répondre: c'est le péché. «Si quelqu'un a péché,
nous avons un avocat» (1 Jean 2: 1). On a souvent soutenu, il est vrai, que ces souillures ne
sont pas nécessairement liées avec le péché; mais ne perd-on pas de vue ce que Dieu est
dans sa sainteté? En outre, quoi d'autre peut souiller que le péché? Nous n'oublions pas le
fait que, dans l'Ancien Testament, un nazaréen, par exemple, pouvait accidentellement
être souillé par le fait que quelqu'un venait à mourir subitement auprès de lui (Nombres 6:
9). Mais la mort est le fruit du péché, et le nazaréen venait en quelque sorte sous son
pouvoir, quoique son contact en pareil cas pût sembler entièrement fortuit. Et, de tous les
cas semblables, il ressort cet enseignement que la sainteté est en complète opposition avec
le péché et la mort. (Voyez d'autres cas où l'on pouvait contracter de la souillure, dans
Nombres 19). On se trompe souvent en considérant la souillure cérémonielle comme une
exacte illustration de la souillure morale, tandis que la première n'est qu'un type ou une
ombre de la seconde. On pourrait en venir à de dangereuses conséquences, en soutenant
que nous pouvons être souillés indépendamment du péché, car rien d'autre que le péché
ne peut priver le croyant de la présence de Dieu; et le fait même que nos pieds ont sans
cesse besoin d'être lavés, nous dit clairement que nous avons encouru une souillure, —
peut-être d'une manière inconsciente, mais aux yeux de Dieu elle ne peut venir que de la
source souillée du péché qui communique la souillure. Nous pouvons être sûrs que chaque
fois que notre communion est interrompue, nous avons contracté une souillure, et cela par
le péché dans quelqu'une de ses formes diverses. C'est là ce qui rend nécessaire pour nous
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l'activité incessante de notre Seigneur et Sauveur, agissant comme notre avocat auprès du
Père.
3° Nous avons maintenant à répondre à cette question: Comment le Seigneur lave-t-
il les pieds des siens? Il nous est dit dans le récit de l'évangile, qu'il versa de l'eau dans un
bassin et qu'il lava les pieds de ses disciples, etc. L'eau est un symbole bien connu de la
Parole. Ainsi, dans cet évangile même, le Seigneur dit qu'un homme doit être né d'eau et
d'esprit. Pierre parle de ceux qui sont régénérés «non par une semence corruptible, mais
par une semence incorruptible, par la vivante et permanente parole de Dieu» (1 Pierre 1:
23. Voyez aussi Jacques 1: 18). La Parole, voilà donc ce que le Seigneur a voulu dire en
parlant de l'eau. Le Psalmiste dit: «Par quel moyen un jeune homme rendra-t-il pure sa
conduite?» et il répond lui-même: «C'est en y prenant garde selon ta Parole» (Psaumes
119: 9). Paul parle même plus directement, quand il emploie ce terme: «le lavage d'eau par
la Parole», et cela en rapport avec la purification, — quoiqu'il soit ici question de l'Eglise et
non du croyant individuellement (Ephésiens 5: 26). Il est donc bien évident que, lorsque le
Seigneur employa l'eau, il voulait faire comprendre, qu'après son départ, il laverait les pieds
des siens par le moyen de la Parole; ce qui se rapporte à leur marche de tous les jours.
Comment donc la Parole opère-t-elle dans ce cas? Quand nous péchons, le Seigneur,
comme nous l'avons vu, prend notre cause en main devant le Père. Il s'acquitte de son
office d'avocat. Le résultat pour nous, c'est que l'Esprit de Dieu commence, au temps voulu
de Dieu, à agir en nous, pour nous rappeler le péché, pour appliquer la Parole à nos
consciences et produire en nous, par là, le jugement de nous-mêmes qui nous porte à
confesser notre péché; et Dieu est alors fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et
nous purifier de toute iniquité (1 Jean 1: 9); et ainsi notre communion est rétablie.
Voilà comment agit notre avocat; nous en avons un exemple frappant dans un des
évangiles; il s'agit encore de Pierre. Le Seigneur l'avait averti du danger qui le menaçait,
mais l'avertissement à peine entendu avait été bientôt oublié; et, à plusieurs reprises, ce
disciple dévoué nia qu'il eût jamais connu Christ. Quel horrible péché! S'en repentira-t-il?
Non, s'il est laissé à lui-même; et il ne se serait jamais repenti, si le Seigneur n'avait agi en
grâce à son égard. Le chant du coq même qui lui avait été donné comme un signe, ne lui
rappela pas son péché. Mais à ce moment, le Seigneur se tournant regarda Pierre. «Et
Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur, comme il lui avait dit: Avant que le coq chante,
tu me renieras trois fois. Et Pierre étant sorti dehors, pleura amèrement» (Luc 22: 61, 62).
Il en est ainsi encore maintenant. Quand nous tombons dans le péché, nous ne nous
repentirions jamais si Christ n'intervenait, dans sa grâce, comme notre avocat. Il veille par
son intercession, comme il le fit pour Pierre en le regardant, à ce que le Saint Esprit nous
rappelle notre péché par le moyen de la Parole, et que, réveillés dans notre conscience,
nous soyons amenés à nous juger nous-mêmes, à confesser notre péché pour qu'ainsi nous
rentrions en communion avec le Père et son Fils Jésus Christ. Et n'oublions jamais que s'il
peut agir ainsi, c'est à cause de la propitiation qu'il a faite de nos péchés par sa mort. Pierre
avait de la répugnance à laisser le Seigneur lui laver les pieds. Ah! oui, le Seigneur devait
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s'abaisser, — il devait en venir même à la mort de la croix, — il fallait qu'il subît toute la
colère de Dieu comme juge, pour qu'il pût faire propitiation pour nous, et sur ce fondement
nous garder tout le long de notre pèlerinage terrestre. Quel amour et quelle grâce! Nos
coeurs ne devraient-ils pas s'écrier continuellement: Béni soit son nom!
Il faut remarquer encore une fois, que Christ n'attend pas notre repentance pour agir
comme avocat. L'Ecriture dit: «Si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père»
(1 Jean 2: 1). Notre repentance, comme je l'ai déjà fait observer, est la conséquence de
l'oeuvre de notre avocat. Combien cette pensée élève notre conception de sa grâce, de sa
tendresse et de son amour. Quand quelqu'un a péché contre nous, nous attendons en
général des signes de repentir avant de faire des avances à l'offenseur. Il n'en est point ainsi
pour notre bien-aimé Seigneur. Aussitôt, — et même avant, comme dans le cas de Pierre,
— que nous avons péché, il nous porte sur son coeur devant le Père, il plaide pour nous
jusqu'à ce qu'il nous donne la grâce qui nous restaure.
Mais si, d'un côté, il nous est rappelé que nous sommes débiteurs de la grâce, gardons-
nous d'oublier, de l'autre, notre responsabilité à l'égard de notre prochain, responsabilité
qui a sa source dans l'oeuvre que Christ accomplit pour nous comme avocat. «Quand donc
il eut lavé leurs pieds, il reprit ses vêtements, et s'étant remis à table, il leur dit: Savez-vous
ce que je vous ai fait? Vous m'appelez maître et seigneur, et vous dites bien; car je le suis;
si donc moi, votre Seigneur et votre maître, j'ai lavé vos pieds, vous aussi vous devez vous
laver les pieds les uns aux autres. Car je vous ai donné un exemple, afin que, comme je vous
ai fait, moi, vous aussi, vous fassiez de même. En vérité, en vérité, je vous dis, que l'esclave
n'est pas plus grand que son seigneur, ni un envoyé plus grand que celui qui l'a envoyé. Si
vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites» (Jean 13: 12-17). Nous
devons imiter notre avocat; car si nous nous réjouissons du service qu'il accomplit pour
nous comme tel, il ne faut jamais oublier l'obligation que nous avons de nous servir les uns
les autres. N'avons-nous pas à nous adresser, à ce sujet, bien des questions propres à
atteindre nos consciences? Avons-nous autant la connaissance de nos obligations que celle
de la doctrine du service de Christ pour nous? Ah! si nous étions sincères, combien de fois
n'aurions-nous pas à confesser que nous avons failli en cela! Puisse le Seigneur, qui veut
que nous nous réjouissions de plus en plus dans la pensée qu'il nous lave les pieds, nous
donner l'humilité, la grâce et l'amour, pour nous laver les pieds les uns aux autres!
O divin Avocat, fondé sur ta personne,
Sur ta croix, proclamant mes péchés expiés,
Je trouve un libre accès au Père qui pardonne;
Et le Fils éternel que la gloire couronne
S'abaisse jusqu'à moi pour me laver les pieds.
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sous l'impression de ce qu'il avait entendu et des événements de cette nuit mémorable,
vint se jeter aux pieds de Paul et de Silas, et leur dit: «Seigneurs, que faut-il que je fasse
pour être sauvé?» — ils lui dirent: «Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta
maison» (Actes des Apôtres 16: 29-31). Ceci s'accorde avec les propres paroles du Seigneur:
«Comme Moïse éleva le serpent au désert, ainsi il faut que le Fils de l'homme soit élevé,
afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle» (Jean 3: 14, 15). Et
l'on en saisit la raison. Quand le pécheur arrive à comprendre sa culpabilité, Dieu apparaît
à son âme comme un juge, comme un Dieu saint, dont il n'a pas satisfait les droits, et sous
le juste jugement duquel il est par conséquent tombé. C'est pourquoi il n'a besoin que de
trouver un moyen d'échapper, soit à son état, soit à la condamnation sous laquelle il gémit;
et comme il ne le trouve qu'en Christ, Christ est le premier objet sur lequel se portent ses
yeux. Paul expose cette vérité en détail dans l'épître aux Romains. Il dit: «Tous ont péché
et n'atteignent pas à la gloire de Dieu, — étant justifiés gratuitement par sa grâce, par la
rédemption qui est dans le Christ Jésus, lequel Dieu a présenté pour propitiatoire, par la foi
en son sang, afin de montrer sa justice à cause du support des péchés précédents dans la
patience de Dieu, afin de montrer, dis-je, sa justice dans le temps présent, en sorte qu'il
soit juste et justifiant celui qui est de la foi de Jésus» (Romains 3: 23-26). Voyant ainsi Christ,
qui lui est présenté dans toute l'efficace de son oeuvre expiatoire, et croyant, — recevant
le témoignage de Dieu à son sujet, témoignage de ce que Christ est, et de ce qu'il a fait, —
le pécheur (désormais croyant) est justifié et affranchi de sa culpabilité, à l'abri de toute
accusation qui s'élevait contre lui, et «il a la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ»
(Romains 5: 1). Il a en outre beaucoup de choses; mais maintenant nous appelons
seulement l'attention sur le fait que, regardant avec foi à l'objet présenté à son âme au jour
du besoin, il est sauvé. En a-t-il fini alors avec Christ? Loin de nous cette pensée! car, en
étudiant les Ecritures, on verra que l'objet sur lequel ses yeux se dirigèrent, quand il n'était
qu'un pécheur coupable, est le même qui se présente à lui, après que, par la grâce de Dieu,
il a été sauvé. Oui, l'objet vers lequel se tourne le pécheur pour être délivré du fardeau de
ses péchés, est celui qui doit attirer les regards du saint dans sa marche et pendant toute
l'éternité.
Nous nous proposons donc de recueillir quelques exemples, pour montrer que les yeux
du croyant sont toujours dirigés sur Christ, comme seul objet digne de remplir nos coeurs.
1° Tout comme il est l'objet de la foi pour le salut du pécheur, il est pour les saints
l'objet de la vie de leur foi. Paul dit: «Je suis crucifié avec Christ; et je ne vis plus, moi, mais
Christ vit en moi; et ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils
de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi» (Galates 2: 20). C'est-à-dire, en
ne relevant que les mots soulignés, que l'apôtre ici-bas n'avait que le Fils de Dieu pour objet
de sa foi. C'est ainsi encore que le Seigneur lui-même, parlant à ses disciples affligés devant
la perspective de son prochain départ, leur dit: «Que votre coeur ne soit point troublé; vous
croyez en Dieu, croyez aussi en moi» (Jean 14: 1). Il leur enseigne ainsi que, quoique sur le
point de les quitter, et quand il serait hors de leur vue, ils devaient croire en lui, l'avoir pour
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objet de leur foi, comme déjà ils avaient cru en Dieu; et là-dessus il leur décrit le lieu où il
allait. C'était la maison du Père, une maison où se trouvaient plusieurs demeures dans
lesquelles il leur préparerait une place, anticipant ainsi le moment où il reviendrait les
prendre. En attendant, ils devaient être occupés de lui, l'avoir devant eux comme leur objet.
Combien il est doux et précieux d'avoir les yeux constamment fixés sur Christ, de le
savoir occupé de nous dans la maison du Père. Les nuages peuvent obscurcir notre horizon
et les épreuves abonder, mais Lui, lui dans tout son amour, lui dans tout ce qu'il est pour
nous devant Dieu, rien ne peut le dérober aux regards de notre foi; et la lumière, la joie et
la paix, découlent toujours de sa présence.
Mais il y a plus encore. Non seulement il est l'objet de notre foi, mais il la soutient;
nous vivons par lui en tant que notre objet. C'est ainsi qu'il dit: «Comme le Père qui est
vivant, m'a envoyé, et que moi, je vis à cause du Père, de même celui qui me mangera,
celui-là aussi vivra à cause de moi» (Jean 6: 57). Se nourrir de Christ, comme cela a été dit
dans un précédent chapitre, ce n'est autre chose que se l'approprier constamment par la
foi, lui et tout ce qu'il est; c'est dépendre entièrement de lui comme étant la source de la
vie; comme les aliments soutiennent et nourrissent nos corps, ainsi Christ soutient et
nourrit nos âmes. C'est ainsi qu'il est notre objet et que nous vivons par la foi, suivant cette
parole de l'épître aux Hébreux: «Le juste vivra de foi» (Hébreux 10: 38). En lui est la source
de la vie, et la foi est le canal qui nous relie à la source, et par lequel l'Esprit fait couler la
vie. Nous vivons donc par la foi en Christ, et par la dépendance de Christ.
2° Christ est aussi notre objet dans le service; il est la fin et le but de toute notre vie.
C'est ainsi que Paul dit: «L'amour du Christ nous étreint, en ce que nous avons jugé ceci,
que si un est mort pour tous, tous donc sont morts, et qu'il est mort pour tous, afin que
ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour Celui qui pour eux est mort et a
été ressuscité». Nous trouvons une expression plus forte encore dans une autre épître:
«Pour moi vivre, c'est Christ» (Philippiens 1: 21). Paul était en prison quand il disait cela, et
cependant il s'oubliait si complètement lui-même, qu'il pouvait se réjouir dans la vive
attente et dans l'espérance qu'il ne serait confus en rien, mais qu'avec toute hardiesse,
alors comme toujours, Christ serait magnifié dans son corps, soit par la vie, soit par la mort
(Philippiens 1: 20). Voilà le fondement de sa confiance: «Pour moi vivre, c'est Christ».
C'était le seul objet de sa vie; tout ce qu'il faisait dans le vaste champ de son activité se
rapportait à Christ. Personne peut-être ici-bas ne s'est approché plus que lui du modèle
que notre bien-aimé Sauveur nous a donné. Car Christ ne cherchait pas à se complaire à
lui-même, mais il faisait toujours ce qui plaisait au Père. Sa nourriture était de faire la
volonté de Celui qui l'avait envoyé, et d'accomplir son oeuvre (Jean 4: 34; 8: 29). L'apôtre
met d'une manière bien remarquable cette vérité en rapport avec la mort de Christ. «Soyez
donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants, et marchez dans l'amour, comme
aussi le Christ nous a aimés, et s'est livré lui-même pour nous comme offrande et sacrifice
à Dieu, en parfum de bonne odeur» (Ephésiens 5: 1, 2). Sans doute, il aimait l'Eglise et s'est
donné pour elle, mais c'est Dieu qui était l'objet toujours présent à son âme; c'est la gloire
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de Dieu qu'il recherchait, et qui fut le motif déterminant de sa mort; car il est devenu
obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix (Philippiens 2: 8).
Il devrait en être ainsi de nous. Christ seul devrait être l'objet de notre vie, de nos
pensées, de nos sentiments, de nos plans, de nos occupations, en un mot de toute notre
activité. Nous sommes siens, car il nous a rachetés par son précieux sang, et c'est parce
qu'il veut que nous soyons siens, que nous devons vivre non pour nous-mêmes, mais pour
Celui qui est mort et ressuscité pour nous. Quel moyen pratique de nous éprouver, cette
pensée nous fournit! Je me propose ceci ou cela. Est-ce pour Christ? Je désire quelque
chose. Est-ce pour Christ? J'ai quelque service à accomplir. Est-ce pour Christ? Puis-je
regarder tout ce qui est dans mon habitation et dire de tout ce que je vois: C'est pour
Christ? Ainsi: pour Christ, voilà un principe que nous pouvons appliquer à notre vie de tous
les jours, un principe qui devrait être pour nous le fil directeur, le mobile souverain de
toutes nos oeuvres et de tous nos actes, un principe qui compte pour rien le moi, l'homme,
et qui nous fait agir uniquement en vue de Christ.
3° Christ nous est encore présenté comme un objet à posséder. C'est ce qui est
développé dans Philippiens 3. Au commencement du chapitre, l'apôtre énumère les
avantages qu'il avait comme Juif, comme homme en la chair, et qui étaient le fondement
de sa confiance comme tel: «Si quelque autre s'imagine pouvoir se confier en la chair, moi
davantage: moi, circoncis le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin,
Hébreu des Hébreux; quant à la loi, pharisien; quant au zèle, persécutant l'assemblée;
quant à la justice qui est par la loi, étant sans reproche» (Philippiens 3: 4, 5, 6). Il avait ainsi
tout ce qui pouvait élever l'homme naturel à ses yeux, devant Dieu. Au point de vue moral,
religieux et ecclésiastique, il avait tout, humainement parlant. Bien plus. Lui qui écrivait
sous l'inspiration de l'Esprit de Dieu, peut dire que, quant à la justice qui est par la loi, il
était sans reproche. Comme le jeune homme qui demandait au Seigneur Jésus: «Quel bien
ferai-je pour avoir la vie éternelle?» et qui, renvoyé aux commandements, répliqua: «J'ai
gardé toutes ces choses», il pouvait aussi ajouter: «Que me manque-t-il encore?»
(Matthieu 19: 16-20). Mais quand ce même Saul, dans son zèle, persécutant l'Eglise, était
en chemin pour Damas, il vit le Seigneur, ce même Jésus que Saul avait rejeté avec toute
sa nation, mais qui était maintenant ressuscité d'entre les morts et glorifié; alors Saul, à la
lumière de la gloire qui brillait autour de lui, apprécia, à leur juste valeur, les choses qu'il
regardait jusque-là comme précieuses, — il vit qu'elles n'avaient aucune valeur, et put ainsi
dire, par la grâce de Dieu: «Les choses qui pour moi étaient un gain, je les ai regardées, à
cause du Christ, comme une perte. Et je regarde même aussi toutes choses comme étant
une perte à cause de l'excellence de la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur, à cause
duquel j'ai fait la perte de toutes, et je les estime comme des ordures, afin que je gagne
Christ» (Philippiens 3: 7, 8). Maintenant qu'il a découvert l'or fin, il ne voit en tout ce dont
il s'était orgueilleusement glorifié, qu'un clinquant de mauvais aloi; son seul désir est de
posséder Christ, c'est-à-dire de l'avoir pour son gain. Tout ce qui avait été précieux à ses
yeux disparaît, Christ seul reste, et c'est Christ seul qu'il désire maintenant posséder, non
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seulement comme fondement de sa confiance devant Dieu, mais aussi comme sa
possession à toujours. Car Christ avait gagné son coeur, et le coeur ne peut jamais avoir de
repos jusqu'à ce qu'il ait atteint l'objet de ses affections.
Mais comme c'était un Christ dans la gloire que Paul avait ainsi vu et désiré, c'était
seulement dans la gloire qu'il pouvait le posséder. Toute la carrière de l'apôtre dépendait
désormais de ce fait. Le coeur et les yeux fixés sur son objet, il dit: «Je poursuis le but,
cherchant à le saisir; vu aussi que j'ai été saisi par le Christ Jésus» (Philippiens 3: 12)
(cherchant à prendre possession de ce par quoi j'ai été possédé). Et, dans l'énergie de son
âme, brûlant d'ardeur, il ajoute: «Frères, pour moi, je ne pense pas moi-même l'avoir saisi;
mais je fais une chose: oubliant les choses qui sont derrière, et tendant avec effort vers
celles qui sont devant, je cours droit au but pour le prix de l'appel céleste de Dieu dans le
Christ Jésus» (Philippiens 3: 13, 14). C'était le prix vers lequel son coeur tendait maintenant,
et, comme un coureur, il hâtait ses pas vers le but, et les différents objets de la scène qui
l'entourait passaient devant lui sans qu'il y prit garde, ou n'étaient vus que confusément,
car ses yeux étaient fixés sur Christ glorifié, et il ne pouvait voir autre chose que cette
lumière glorieuse. C'était l'objet qui possédait son coeur qui dirigeait sa vie, et se présentait
à lui au bout de la carrière qu'il parcourait, tandis qu'il attendait le Sauveur, le Seigneur
Jésus Christ, qui transformerait le corps d'abaissement de son serviteur en la conformité
du corps de sa gloire; et alors Paul serait semblable à son objet et avec lui pour toujours.
Tel est aussi l'objet placé devant les yeux du croyant. Examinons-nous à la lumière de
ce passage qui nous montre l'énergie, l'ardent désir, la brûlante affection de l'apôtre.
Demandons-nous, en présence de Dieu, si Christ possède nos coeurs au point que nous ne
désirions aucun autre objet. Consentirions-nous à tout perdre plutôt que lui? On entend
souvent cette prière, et peut-être nous-mêmes l'avons-nous présentée, que nos coeurs
puissent être fixés sur Christ. Mais lui-même a dit: «Là où est votre trésor, là sera aussi
votre coeur» (Matthieu 6: 21). Si donc nos coeurs ne sont pas fixés sur lui, c'est parce qu'il
n'est pas suffisamment notre trésor. Si nous voulons que nos coeurs soient détachés du
monde et de ce qui y est, commençons par Christ. La contemplation de ses diverses
affections, de sa grâce ineffable et de son immuable amour, attirera nos coeurs et les
enflammera d'un saint amour pour lui; il s'emparera de toutes nos affections qui seront
concentrées sur lui. Nous disons souvent que Jésus suffit seul à remplir nos esprits et nos
coeurs, et rien n'est plus vrai; mais quand nous parlons ainsi, la question est de savoir si
nous réalisons la chose pratiquement. Est-ce que vraiment nous n'avons besoin de rien
d'autre que de Christ? Si nous étions privés de toute autre chose, pourrions-nous dire que
Christ nous suffit? Ce sont des questions auxquelles nous devons répondre. Si Christ nous
suffit, aucun objet ne viendra solliciter nos regards; et alors nous soupirerons après le
moment où, semblables à lui, nous le verrons tel qu'il est et serons avec lui pour toujours.
Nous verrons resplendir ta face
A toujours.
Toi seul auras toute la place
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A toujours,
Dans des coeurs ravis de ta grâce
A toujours.
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droits de sa sainteté, en sorte que Dieu pouvait maintenant, dans sa grâce et dans son
amour, aller au-devant du pécheur et l'amener à lui par la foi en Christ, pour habiter en sa
présence immédiate dans le lieu très saint. Telle est la position de tous les enfants de Dieu.
Cependant, faisons attention à une chose. C'est un fait incontestable que cette
position appartient à tous les croyants; mais c'est une autre question, question très
importante, de savoir si nous l'occupons. Nous sommes introduits dans cette position par
l'oeuvre de Christ, par sa mort et sa résurrection, et c'est ainsi notre précieux privilège
d'être toujours occupés de Christ comme notre objet. C'est ce que Dieu veut, car il désire
que nous partagions sa joie, en contemplant la face de Celui qui, pour le glorifier, est
devenu obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix. Occupons-nous donc
la place dans laquelle nous avons été introduits par la grâce de notre Dieu, et avons-nous
communion avec lui quant à l'objet qui remplit son coeur? Il n'y a peut-être pas aujourd'hui
de plus grand danger, que de savoir parfaitement ce qu'est notre position, sans chercher à
la réaliser pratiquement. Mais si nous nous glorifions de notre position en négligeant notre
marche, nous tombons dans le même piège que les Juifs au temps du Seigneur. Il y a donc
lieu de se demander bien sérieusement si nos yeux, comme ceux d'Etienne, sont toujours
tournés en haut, pour voir la gloire du Seigneur.
Mais ce qu'il y a de merveilleux, c'est que le Christ que nous contemplons comme notre
objet, est le modèle auquel nous devons être rendus conformes. Dieu, selon les desseins
de sa grâce infinie et pour montrer combien l'oeuvre de Christ lui est agréable, veut que
nous soyons semblables à Celui qu'il a glorifié. Déjà maintenant nous pouvons dire:
«Comme il est, lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde» (1 Jean 4: 17), c'est-à-dire
que nous sommes ici-bas déjà aussi agréables à Dieu que Christ qui est à sa droite. Mais le
temps vient où nous serons transformés à sa ressemblance, quand nos pauvres corps
seront rendus conformes à son corps glorieux. Quelle grâce, que tels que nous étions et
tels que nous sommes, nous puissions élever nos yeux à Christ en gloire en disant: Nous lui
serons semblables!
Comment, pouvons-nous demander, ce changement s'opère-t-il en nous? Ce même
passage nous donne la réponse: «Or, nous tous, contemplant, à face découverte, la gloire
du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par
le Seigneur en Esprit» (2 Corinthiens 3: 18). Christ dans la gloire est, d'une part, le modèle
auquel nous devons être rendus conformes et, d'autre part, en le contemplant, la puissance
du Saint Esprit est le moyen par lequel s'opère cette transformation. Que c'est simple! Nous
contemplons et sommes transformés — transformés en la même image de gloire en gloire,
— car il y a progrès, — comme par le Seigneur en Esprit. Nous recevons l'empreinte de celui
que nous regardons; les rayons de la gloire qui resplendit de sa face sur nous, pénètrent en
nous, et nous transforment moralement en l'image de notre Seigneur.
Mais nous avons une responsabilité. L'objet est devant nous; nous sommes devant lui
à face découverte, et c'est la puissance divine seule qui peut nous former à sa
ressemblance; mais il a plu au Seigneur de faire dépendre de notre contemplation, l'activité
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de cette puissance, par l'Esprit. Qui donc ne voudrait pas avoir les regards tournés en haut,
cherchant à saisir tous les rayons de gloire qui émanent de l'objet que nous contemplons,
désirant ardemment de croître dans la conformité avec lui? Et voilà le secret pour croître
dans la grâce, c'est la constante contemplation de Christ sur le trône du Père. Et n'oublions
pas que ce que nous obtenons ainsi, n'est autre chose qu'une ressemblance croissante avec
lui. Nous n'aurons la conformité complète, Jean nous l'apprend, que quand nous le verrons
comme il est. Il n'y à donc pas de perfection ici-bas, puisque la mesure de la sainteté, c'est
Christ dans la gloire, et qu'il ne se reposera pas jusqu'à ce que nous soyons parfaits comme
lui.
Puissions-nous, avoir toujours les yeux fixés sur notre objet, afin que nous puissions
croître chaque jour à la ressemblance de Celui auquel nous devons être rendus conformes!
5° Puisqu'il est l'objet de Dieu, il est aussi le nôtre; car notre communion est avec le
Père, aussi bien qu'avec le Fils (1 Jean 1: 3). Quand il était sur la terre, deux fois une voix
vint du ciel, disant: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé». Il était les délices de Dieu, et Dieu
trouvait en lui son bon plaisir. Avant de quitter ce monde, il dit: «A cause de ceci le Père
m'aime, c'est que moi je laisse ma vie, afin que je la reprenne» (Jean 10: 17). Par l'oeuvre
qu'il a accomplie sur la croix, y glorifiant Dieu quant à la question du péché, et posant le
fondement sur lequel Dieu pouvait, sans forfaire à la justice, sauver le croyant et réconcilier
toutes choses avec lui-même (Colossiens 1: 20), il s'est acquis, pour ainsi dire, un nouveau
droit sur Dieu. C'est pourquoi, avant de monter sur la croix, il dit, par anticipation:
«Maintenant le Fils de l'homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en
lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même; et incontinent il le glorifiera» (Jean 13: 31, 32). Or
Dieu l'a fait, et Christ, l'homme glorifié, est maintenant à la droite de Dieu, car Dieu prenait
plaisir à reconnaître ainsi le droit que son Fils avait sur lui, et, à marquer ainsi le prix qu'il
attachait à l'oeuvre accomplie. C'est là qu'est assis Celui qui est l'objet du coeur de Dieu,
aussi bien que le centre de la gloire, et Dieu se réjouit en Celui seul qui l'a honoré, qui l'a
glorifié dans tous ses attributs; et il nous invite à participer à sa joie. Nous sommes appelés
à partager avec Dieu ses pensées et ses affections au sujet de son Fils bien-aimé. Il suffit au
coeur de Dieu; certes, il suffit aussi au nôtre; et si les yeux de Dieu le contemplent, nos
regards peuvent bien aussi se concentrer sur lui.
Il est profitable pour tous, de considérer cet aspect de la vérité. Non seulement Christ
est un Sauveur qui répond à tous nos besoins, mais il répond aussi au coeur de Dieu, — lui,
l'homme selon le coeur de Dieu; et Dieu veut que nous estimions et que nous appréciions
comme lui, Celui qui a renoncé à tout pour la gloire de son Père. «C'est pourquoi aussi Dieu
l'a haut élevé, et lui a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus se
ploie tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux, et que toute langue confesse
que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père» (Philippiens 2: 9-11).
Or tout comme il est notre objet maintenant, il le sera durant l'éternité. Nous serons
toujours avec le Seigneur. Lui-même sera avec nous, lui, l'Agneau qui a été immolé; alors,
comme maintenant, cet Homme — car il ne déposera jamais l'humanité qu'il a une fois
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prise — remplira nos regards et nos coeurs sans partage. Quel immense champ pour l'étude
et la contemplation que ses vertus infiniment variées! Nous verrons sa face et ne serons
jamais las d'admirer sa beauté! Nous entendrons sa voix; oh! comme nous serons
suspendus à tout ce qui sortira de ses lèvres! Tout ce que nous verrons et entendrons
remplira nos coeurs de délices infinies, et notre joie à toujours sera de nous prosterner à
ses pieds dans l'adoration et la louange. Seigneur, en attendant ce jour, détourne nos yeux
de tout ce qui pourrait nous dérober ta vue, et que toi-même tu attires et occupes
complètement tout notre être!
De la Divinité plénitude ineffable!
De puissance et d'amour trésor inépuisable!
Fils éternel!
Gloire du ciel!
O Jésus, dans ta paix, ton Eglise chérie
T'adore et s'humilie!
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d'être soutenus en marchant sur ses traces. Notre Seigneur a souvent présenté la même
vérité. Elle est renfermée dans tous les passages où il parle de ce qui est requis des disciples.
Par exemple: «Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce soi-même, et qu'il prenne
sa croix, et me suive» (Matthieu 16: 24). Il est vrai que la pensée dominante ici, c'est la
condition pour être ses disciples; mais le suivre, qu'est-ce autre chose que, dans
l'obéissance à sa parole, le reconnaître comme son Seigneur et marcher sur ses traces?
Il est donc parfaitement clair que notre bien-aimé Seigneur, dans sa vie terrestre, est
pour nous un modèle; et nous désirons étudier ce sujet, non seulement pour en faire
comprendre l'importance, mais pour montrer sur quoi il repose et le moyen de le réaliser
dans la vie pratique.
Tout ceci repose sur le fait qu'il fut véritablement homme ici-bas. Avant son
incarnation, il s'était présenté à Dieu en disant: «Voici, je viens, ô Dieu, pour faire ta
volonté» (Hébreux 10: 7). Et c'est la note dominante dans toute sa vie, venant, non pas
pour faire sa volonté, mais la volonté de Celui qui l'a envoyé (Jean 6: 38). C'est ce qu'il a fait
parfaitement et sans interruption, de Bethléem au Calvaire. Ses pensées, ses sentiments,
ses actes, tout en lui était conforme à la volonté de Dieu. Pour la première fois, depuis la
chute, Dieu trouva la vérité au dedans d'un homme, de Celui qui seul répondit à tout ce
qu'il demandait, de sorte que Dieu pouvait se reposer en lui en faisant de lui ses délices.
Quelle joie pour le coeur de Dieu de pouvoir regarder en bas sur cette scène, où tous
avaient manqué et s'étaient fourvoyés, où nul n'était bon, non pas même un seul, de voir
Christ au milieu de difficultés inouïes, exposé à toute la malice des hommes et de Satan,
répondant toujours en perfection à ses désirs, et de le contempler, glorifiant Dieu sur la
terre dans toutes les circonstances et tout le long de sa vie! En lui donc, à la fin, Dieu a
trouvé l'homme qui fut absolument en toutes choses selon son coeur, qui seul a réalisé ses
propres pensées et répondu à l'idéal de son propre Esprit — L'HOMME PARFAIT. Dans
toutes les circonstances: dans ce qu'il fut à l'égard de Dieu et à l'égard de l'homme; dans
ce qu'il fut en présence des amis ou des ennemis; dans les peines, les persécutions, ou les
tentations; dans toutes les situations possibles, soit en particulier, soit en public, en toutes
choses en un mot, dans toutes les manifestations de sa vie ici-bas, il fut notre modèle; car
tout était pour lui une occasion de manifester ce qu'il était comme homme obéissant et
dépendant; c'est pourquoi il révéla ce que Dieu attend de tous ceux qui sont siens. Si donc
je désire savoir ce que Dieu veut que je sois, je dois regarder à Christ et suivre ses pas dans
son sentier à travers ce monde.
Admettant donc cette vérité que Christ est notre modèle, il est important de bien
distinguer à quelle classe il s'adresse. Une méprise ici serait fatale, et a été une cause de
naufrage pour bien des âmes. Les Unitairiens, par exemple, font consister tout le devoir de
l'homme dans l'imitation de la vie de Christ. La réaliser, disent-ils, c'est le sûr moyen
d'arriver dans une éternité bienheureuse; et bien des livres, l'Imitation de Jésus Christ, de
Thomas a Kempis, entre autres, reposent plus ou moins sur le même principe, qu'il est
possible à l'homme naturel de marcher sur les traces du Seigneur Jésus. Nous avons à peine
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besoin de dire qu'une pareille doctrine ignore tout ce qui concerne les relations de l'homme
avec Dieu, aussi bien que la question du péché et de la corruption de l'homme par la chute
d'Adam. Ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu (Romains 8: 8). Voilà la
déclaration que quelques-uns ignorent, ou à laquelle ils ne croient pas, et cela à leur propre
perdition. Quelle présomption pour un pêcheur sous la condamnation, éloigné de Dieu,
ennemi de Dieu par sa nature (Romains 8: 7), de se croire capable de marcher sur les traces
du Saint de Dieu! Cela nous montre le pouvoir de Satan, pour tromper et entraîner à leur
ruine les hommes qui lui prêtent l'oreille. C'est ainsi qu'il induisit Pharaon et ses armées à
croire qu'ils pourraient suivre Israël à travers la mer Rouge, et tous également tombèrent
comme du plomb dans les eaux profondes. Il en est de même maintenant: Satan pousse
les hommes à s'imaginer que, par leurs efforts, ils peuvent imiter Christ et arriver enfin à
une justice qui supporte la présence de Dieu, et trompés ainsi, ils périssent pour toujours.
Il est donc bien important d'indiquer exactement les caractères qui sont nécessaires pour
suivre l'exemple de Christ.
1° Avant tout, il faut que nous ayons la même nature. Christ est devenu homme; c'est
un dogme fondamental du christianisme. Quand l'accomplissement des temps est venu,
Dieu a envoyé son Fils, né de femme, etc. (Galates 4: 4). Il est né dans ce monde aussi bien
que nous; mais il ne faut jamais oublier les paroles que l'ange dit à Marie: «L'Esprit Saint
viendra sur toi, et la puissance du Très-haut te couvrira de son ombre; c'est pourquoi aussi
la sainte chose qui naîtra de toi sera appelée Fils de Dieu» (Luc 1: 35; voyez aussi Matthieu
1: 18-20). Christ, sans doute, a eu part à la chair et au sang (Hébreux 2: 14), et fut en
conséquence vrai homme aussi bien que vrai Dieu, mais on ne peut pas dire qu'il prit notre
nature, qu'il devint os de nos os et chair de notre chair. Ce serait dire qu'il avait une nature
pécheresse; comment ainsi pourrait-il être l'Agneau de Dieu, l'Agneau sans défaut et sans
tache? Ce serait miner les fondements de l'expiation et, en conséquence, du christianisme.
Non; il fut toujours saint, innocent, sans souillure, séparé des pécheurs (Hébreux 7: 26),
tandis que, par nature, nous étions enfants de colère.
Comment nous serait-il donc possible, à nous, dans la chair desquels il n'y a rien de
bon, d'imiter la vie de Celui qui fut absolument saint? Le léopard ne peut pas changer ses
taches ni l'Ethiopien sa peau, pas plus que l'homme naturel le caractère de la chair dans
laquelle il est né. Il faut donc, tout d'abord, être né de nouveau, comme le Seigneur lui-
même le dit à Nicodème: «En vérité, en vérité, je te dis: Si quelqu'un n'est né d'eau et de
l'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair, est chair; et ce
qui est né de l'Esprit, est esprit. Ne t'étonne pas de ce que je t'ai dit: Il vous faut être nés
de nouveau» (Jean 3: 5-7). Donc, jusqu'à ce que nous soyons nés de nouveau par la foi au
Seigneur Jésus, par la puissance du Saint Esprit, nous ne pouvons suivre Christ. Soyons bien
au clair sur ce point; car parler autrement, ce serait séduire les âmes et les mettre en péril.
Si nous n'avons pas la même nature, il ne peut y avoir de similitude dans la vie. Il peut
exister une ressemblance extérieure entre l'action d'un homme naturel et une action de
Christ; mais cela ne constitue pas aux yeux de Dieu une imitation de son exemple. Pour
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cela, il faut que la nature des deux actions dans leur motif, leur caractère et leur but, soit
la même. Nous pouvons attacher des roses à un groseillier, mais elles ne sont pas pour cela
produites par cet arbrisseau. Ainsi en est-il des actions; pour être celles de Christ, elles
doivent être produites (elles ne peuvent absolument pas l'être autrement) par ceux qui ont
une nouvelle nature, une nature comme la sienne. En d'autres termes, nous devons être
comme Christ (quant à la nature) avant de pouvoir l'imiter.
2° Ce n'est pas assez d'avoir la nature, il faut encore la puissance. La nouvelle nature
seule, considérée dans le croyant, a pour caractère la faiblesse même; c'est pourquoi je
puis réellement être né de nouveau, être un enfant de Dieu, et cependant être absolument
incapable de faire un seul pas pour suivre Christ. C'est ce que nous voyons en Romains 7.
Celui dont le cas y est dépeint, dit: «Ce n'est pas ce que je veux, que je fais; mais ce que je
hais, je le pratique» (Romains 7: 15). Quelle confession! Et cependant il nous est dit qu'il
prend plaisir à la loi de Dieu, selon l'homme intérieur (Romains 7: 22), montrant ainsi qu'il
avait une nouvelle nature, qu'il était né de nouveau. Ce qui lui manquait donc encore,
c'était la puissance. Et comment pouvait-il l'obtenir? La chose indispensable avant tout,
pour cela, c'était la délivrance, c'est-à-dire de savoir que le péché avait été jugé, que les
coupables étaient graciés aussi bien que la peine du péché ôtée, que, par la mort et la
résurrection de Christ, il était sorti de sa condition adamique pour entrer dans une nouvelle
position en Christ, de sorte que, ayant l'Esprit de Dieu demeurant en lui, il n'était plus dans
la chair mais dans l'Esprit (Romains 8: 9). L'Esprit demeurant en nous est la seule puissance
qui nous rende capables d'imiter Christ. Et c'était aussi la puissance de Christ. «Jésus étant
plein de l'Esprit Saint», lisons-nous dans Luc, «s'en retourna du Jourdain et fut mené par
l'Esprit dans le désert… Et il retourna en Galilée dans la puissance de l'Esprit» (Luc 4: 1-14).
Lui-même dit: «Si je chasse les démons par l'Esprit de Dieu…» (Matthieu 12: 28), et Pierre,
parlant du Seigneur, dit: «Comment Dieu a oint Jésus de l'Esprit Saint et de puissance, lui
qui a passé de lieu en lieu, faisant du bien, et guérissant tous ceux que le diable avait
asservis à sa puissance; car Dieu était avec lui» (Actes des Apôtres 10: 38). A moins donc
que nous n'ayons le Saint Esprit, nous sommes sans force pour marcher comme Christ a
marché; car la nature, comme nous l'avons vu, et même la nouvelle nature laissée à elle-
même, est incapable de le suivre.
3° Il y a une autre condition. Je puis être né de nouveau, avoir l'Esprit de Dieu, et
cependant n'être pas imitateur de Christ. J'ai tout ce qu'il faut pour cela, mais l'Esprit de
Dieu n'agit pas nécessairement par le fait qu'il habite en moi. Tout croyant porte avec lui
un grand obstacle, c'est la chair, la vieille nature; car, quoique elle ait été jugée dans la mort
de Christ, et que, par conséquent, judiciairement Dieu ne la voie plus, elle est encore en
nous, en opposition avec les désirs et les aspirations du nouvel homme. Satan le sait, et, si
nous ne sommes pas vigilants, trouve là le moyen d'empêcher nos progrès et même de
nous faire tomber. Paul dit à ce sujet: «Marchez par l'Esprit, et vous n'accomplirez point la
convoitise de la chair. Car la chair convoite contre l'Esprit, et l'Esprit contre la chair; et ces
choses sont opposées l'une à l'autre, afin que vous ne pratiquiez pas les choses que vous
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voudriez» (Galates 5: 16, 17). La chair et l'Esprit sont donc continuellement en opposition,
et l'un cherche toujours à empêcher l'autre. Quand la chair veut agir, l'Esprit fait opposition;
et quand l'Esprit voudrait agir, la chair entrave. Ainsi l'un cherche toujours à annuler la
volonté de l'autre, afin que soit l'un soit l'autre, n'obtienne pas ce qu'il désire. Il se peut
donc, quoique je sois qualifié, comme je l'ai déjà dit, pour imiter l'exemple de Jésus, que
j'en sois dans le fait empêché, et il en doit être ainsi si je permets à la chair de se montrer.
Une condition, c'est donc que nous ne laissions pas la chair agir, mais qu'elle soit tenue
à la place où Dieu l'a mise — sous le jugement, dans la mort de la croix. C'est pourquoi Paul
dit: «Si vous vivez selon la chair, vous mourrez; mais si, par l'Esprit, vous faites mourir les
actions du corps, vous vivrez. Car tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu, ceux-là
sont fils de Dieu» (Romains 8: 13, 14). Un autre passage achèvera de rendre le sujet
parfaitement clair: «Portant toujours, partout, dans le corps la mort de Jésus, afin que la
vie aussi de Jésus soit manifestée dans notre corps» (2 Corinthiens 4: 10). La chair donc,
c'est-à-dire tout ce qui est de la vieille nature, doit être maintenue sous le pouvoir de la
mort, sous la constante application de la croix, de la mort de Jésus. C'est l'Esprit de Dieu
qui nous donne l'énergie nécessaire, pour que rien de ce qui est nous-mêmes, la mauvaise
nature ou la chair, ne se montre, mais uniquement la vie de Jésus. Car c'est seulement
quand le moi est jugé, que nous pouvons manifester cette vie; et, dans la proportion où la
chair se montre, cette manifestation est perdue ou affaiblie. Il faut donc accepter de
mourir, si nous voulons imiter Christ. C'est ce qu'il dit lui-même: «Si quelqu'un veut venir
après moi, qu'il se renonce soi-même, et qu'il prenne sa croix, et me suive» (Matthieu 16:
24). Il faut que le moi soit abandonné, et la croix, la mort, acceptée, avant que nous
puissions suivre Jésus. Puissions-nous recevoir cet enseignement!
4° Nos yeux doivent aussi être fixés sur Christ, et sur Christ là où il est. Nous pourrions
avoir tous les caractères dont nous avons déjà parlé, et aller au-devant d'une chute
certaine, si nos yeux ne sont pas fixés sur Christ. Prenons l'exemple si connu de Pierre
marchant sur la mer. Quand il vit Jésus marchant sur l'eau: «Seigneur, lui dit-il, si c'est toi,
commande-moi d'aller à toi sur les eaux. Et il dit: Viens. Et Pierre, étant descendu de la
nacelle, marcha sur les eaux pour aller à Jésus. Mais voyant que le vent était fort, il eut
peur; et comme il commençait à enfoncer, il s'écria, disant: Seigneur sauve-moi» (Matthieu
14: 25-31). Au commencement, Pierre marchait sur l'eau, comme le Seigneur lui-même;
mais du moment où ses yeux cessèrent de regarder Christ, pour se porter sur les difficultés
au milieu desquelles il se trouvait, il commença à enfoncer.
Il en est ainsi de nous. Nous ne pouvons pas suivre l'exemple de Christ, si nos yeux ne
sont pas fixés sur Lui. Mais, nous l'avons dit, c'est à Christ, là où il est maintenant, que nous
devons regarder, et non là où il a été une fois. Pierre, naturellement, regardait à un Christ
vivant qui était devant ses yeux; et nous, c'est aussi à un Christ vivant que nous regardons,
mais à un Christ vivant, assis maintenant dans la gloire à la droite de Dieu. Expliquons-nous.
Paul dit: «Or nous tous, contemplant, à face découverte, la gloire du Seigneur, nous
sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en
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Esprit» (2 Corinthiens 3: 18). Nous recevons donc ici cet enseignement, comme nous
l'avons vu déjà dans le dernier chapitre, que pour croître et être transformés peu à peu à
l'image de Christ, il faut que nos yeux soient fixés sur lui, sur la gloire du Seigneur. Nous
regardons par la foi, et les rayons de cette gloire, tombant sur nos âmes, nous transforment
moralement et par l'oeuvre du Saint Esprit, en l'image de Celui que nous regardons. Ici se
présente un autre point à remarquer. C'est seulement en étant occupés ainsi, que nous
recevons la puissance pour porter toujours, partout, dans le corps la mort de Jésus (2
Corinthiens 4: 10). Nous atteignons par là deux choses: nous croissons à la ressemblance
de Christ, et nous tenons la chair sous la puissance de la mort. Christ est ainsi
nécessairement manifesté; en d'autres termes, nous suivons son exemple. Car l'imitation
de Christ doit venir du dedans et non du dehors. Suivant le principe établi plus haut, nous
devons être comme Christ, avant de pouvoir l'imiter; c'est pourquoi la conformité à sa
volonté dans notre marche, dépend du degré de notre ressemblance avec lui.
Si l'on se souvenait de cela, on s'éviterait bien des désappointements et des méprises.
Car on verrait alors que, marcher comme Christ a marché, n'est le résultat d'aucun effort
que nous puissions faire, mais que cette marche doit découler de ce que nous sommes.
Comme cela ressort admirablement de l'histoire du martyre d'Etienne! «Mais lui, étant
plein de l'Esprit Saint, et ayant les yeux attachés sur le ciel, vit la gloire de Dieu, et Jésus
debout à la droite de Dieu; et il dit: Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l'homme
debout à la droite de Dieu» (Actes des Apôtres 7: 55, 56). C'est ainsi que cette scène nous
est racontée; mais son témoignage ne fit qu'exciter la fureur de ses persécuteurs: «Et criant
à haute voix, ils bouchèrent leurs oreilles, et d'un commun accord ils se jetèrent sur lui. Et
l'ayant poussé hors de la ville, ils le lapidèrent… Et ils lapidaient Etienne qui priait et disait:
Seigneur Jésus, reçois mon esprit. Et s'étant mis à genoux, il cria à haute voix: Seigneur, ne
leur impute point ce péché. Et quand il eut dit cela, il s'endormit» (Actes des Apôtres 7: 57-
60). Maintenant, si nous comparons ce récit avec celui de la mort de Jésus tel qu'il nous est
fait dans Luc, nous trouverons de remarquables rapports entre ces deux scènes. Christ aussi
prononça deux invocations. Quand il était sur la croix, il s'écria: «Père, pardonne-leur, car
ils ne savent ce qu'ils font», et aussi: «Père, entre tes mains, je remets mon esprit» (Luc 23:
34, 46). A ne considérer même les choses que superficiellement, on est frappé de cette
ressemblance. Pourquoi Etienne marcha-t-il si exactement sur les traces de son Seigneur?
Etait-ce parce qu'il avait appris que le Seigneur avait prononcé de telles paroles, et qu'il
voulait suivre son exemple? Ç'aurait été une imitation de nulle valeur, ou plutôt une
véritable contrefaçon. Non; il était absorbé dans la contemplation de la gloire du Seigneur,
et il en résultait qu'il était transformé à son image, et ainsi il s'exprimait nécessairement de
la même manière. Voilà le secret de toute conformité à Christ dans notre marche. Si nous
regardons à ce que Christ fut ici-bas, et que nous disions: Il a fait ceci ou cela, et que nous
voulions en conséquence faire la même chose, nous nous exposerons à des chutes. Mais si
nous avons les yeux en haut, fixés sur Jésus là où il est maintenant, nous porterons partout
avec nous la mort de Jésus dans nos corps; l'Esprit de Dieu n'est pas contristé, et rien ne
l'empêche d'agir au dedans de nous comme puissance de transformation, et il nous
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conduira nécessairement sur les traces de notre grand Modèle, parce que son sentier a été
celui de l'homme parfait.
Il en est de même dans le domaine naturel. Supposez qu'un artiste veuille reproduire
un des grands chefs-d'oeuvre de la peinture, comment commencera-t-il? Ira-t-il se mettre
dès l'abord à copier le tableau? Point du tout; son premier soin sera de l'étudier pour en
imprégner son esprit; et alors, quand il a saisi la pensée, la forme et le coloris de son
modèle, il peut le reproduire. C'est ce qui faisait dire à Milton «Celui qui veut écrire un
poème héroïque, doit d'abord vivre comme un héros». Voilà le vrai principe pour réaliser
l'imitation de Christ; plus nous serons occupés de lui dans la gloire, plus nous reproduirons
fidèlement sa vie dans notre marche.
Mais on me dira: Ne devons-nous pas imiter la vie de Jésus ici-bas? Certainement; car
quelle plus grande joie pour le croyant que celle de le suivre dans sa carrière terrestre,
d'étudier tous les détails qui nous en sont rapportés, d'écouter ses paroles, de le suivre
dans toutes ses circonstances, de remarquer comment il se conduisait avec ses amis et ses
ennemis, de le voir dans la retraite, dans ses rapports avec ses disciples, surtout avec ceux
qu'il pouvait admettre dans son intimité, de nous trouver avec lui dans cette bienheureuse
famille de Béthanie! Voilà autant de choses auxquelles il nous sera toujours doux de penser,
peut-être même dans la gloire. Mais ce n'est pas ainsi que nous sommes rendus capables
de marcher sur ses traces; cela ne peut être obtenu qu'en le contemplant par la foi là où il
est maintenant, à la droite de Dieu. Nous nous nourrirons de lui (comme cela a été
développé dans un autre chapitre), tel qu'il fut ici-bas; car la manne représente un Christ
abaissé, un Christ au milieu de toutes les circonstances de sa vie terrestre. Il est infiniment
doux pour nous de faire descendre Christ dans notre vie de tous les jours, de jouir de sa
grâce, de sa tendresse, de sa sympathie, en suivant son exemple. Mais quelque précieux
que tout cela soit pour nous, nous répétons que, si nous voulons marcher comme il a
marché, nous ne le pouvons qu'en étant occupés de Lui dans la gloire.
Il ne faut pas oublier certains usages que nous pouvons apprendre de cette
contemplation de Christ comme notre modèle. Son exemple est notre mesure, et rien ne
peut donc être plus avantageux pour nous que de nous mesurer par ce modèle, pour
découvrir nos défauts et nos manquements. C'est à ce sujet que Pierre, exhortant les
serviteurs à endurer patiemment les souffrances qu'ils éprouvent en faisant le bien, ajoute
ces mots: «Vous avez été appelés à cela; car Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant
un modèle, afin que vous suiviez ses traces, lui qui n'a pas commis de péché, et dans la
bouche duquel il n'a pas été trouvé de fraude; qui, lorsqu'on lui disait des outrages, ne
rendait pas d'outrage, quand il souffrait, ne menaçait pas, mais se soumettait à celui qui
juge justement; lequel lui-même a porté nos péchés en son corps sur le bois, afin qu'étant
morts aux péchés, nous vivions à la justice, et par la meurtrissure duquel vous avez été
guéris» (1 Pierre 2: 21-24). L'apôtre leur présente ici Christ comme leur modèle, afin qu'ils
puissent voir à cette lumière en quoi ils manquent, et être encouragés à marcher sur ses
traces.
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L'auteur de l'épître aux Hébreux introduit de la même manière cette pensée, comme
un encouragement propre à soutenir ceux qui pouvaient avoir à souffrir de la persécution;
car, après les avoir exhortés à courir la course qui est devant eux, fixant les yeux sur Jésus,
le chef et le consommateur de la foi, lequel, à cause de la joie qui était devant lui, a enduré
la croix, ayant méprisé la honte, et s'est assis à la droite du trône de Dieu, il dit: «Car
considérez celui qui a enduré une telle contradiction de la part des pécheurs contre lui-
même, afin que vous ne soyez pas las, en étant découragés dans vos âmes. Car vous n'avez
pas encore résisté jusqu'au sang en combattant contre le péché» (Hébreux 12: 3, 4). Ce
mot considérez a une force particulière dans ce passage, il signifie établir une analogie, faire
une comparaison entre Christ et vous-mêmes. Vous pouvez être presque accablés sous le
poids de vos épreuves et des persécutions; mais comparez vos circonstances avec les
siennes; suivez-le dans sa course, et contemplez-le à la fin mourant comme un martyr (car
c'est bien là l'aspect de sa mort que ce passage nous présente) pour la cause de la justice.
Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang (comme il l'a fait); vous n'avez pas encore été
martyrs, en combattant contre le péché. Que son exemple vous encourage donc et vous
fortifie! apprenez de lui à souffrir et à être fidèles, même jusqu'à la mort.
Le Seigneur a donné le même genre d'instructions à ses disciples. Il leur rappelle que
si le monde les haïssait, il l'avait haï avant eux; «s'ils m'ont persécuté, leur dit-il, ils vous
persécuteront aussi; s'ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre» (Jean 15: 18-20).
Le sentier du disciple est celui de son Seigneur; c'est pourquoi son exemple doit être notre
modèle et notre mesure. Mais répétons une fois de plus que, si nous ne pouvons trop
souvent et avec trop de soin suivre notre bien-aimé Sauveur dans sa course à travers le
monde, pour apprendre ce que doit être notre marche, pour reconnaître nos
manquements, et pour y puiser encouragement et consolation, c'est seulement en ayant
les yeux fixés sur lui là où il est maintenant, que nous pourrons marcher sur ses traces.
Puisse-t-il toujours attirer et absorber nos regards, afin que nous puissions aussi refléter
son image dans notre marche et dans nos voies!
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comprendre tout le sens de cette déclaration, nous devons considérer ce qui caractérise
cette épître.
Dans le premier chapitre, versets 1-14, sont exposés les conseils de Dieu pour la
bénédiction des saints individuellement; et ensuite, relativement à la suprématie
universelle de Christ. Nous sommes bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux
célestes en Christ (en opposition avec Israël, dont les bénédictions étaient temporelles et
terrestres); «selon qu'il (le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ) nous a élus en lui
avant la fondation du monde, pour que nous fussions saints et irréprochables devant lui en
amour, nous ayant prédestinés pour nous adopter pour lui par Jésus Christ, selon le bon
plaisir de sa volonté, à la louange de la gloire de sa grâce, dans laquelle il nous a rendus
agréables dans le Bien-aimé» (Ephésiens 1: 3-6). Ensuite, il nous est dit que Dieu nous a
«fait connaître le mystère de sa volonté, selon son bon plaisir, lequel il s'est proposé en lui-
même, pour l'administration de la plénitude des temps, savoir de réunir en un toutes
choses dans le Christ, tant les choses qui sont dans les cieux que celles qui sont sur la terre»
(Ephésiens 1: 9, 10). Puis nous avons une distinction qui est souvent répétée dans la suite:
«En qui nous avons aussi été faits héritiers,… afin que nous soyons à la louange de sa gloire,
nous qui avons espéré à l'avance dans le Christ, en qui vous aussi vous avez espéré, etc.»
(Ephésiens 1: 11-13). Le nous et le vous sont caractéristiques; le premier se rapporte aux
Juifs qui avaient cru, et le dernier aux gentils. Car, après avoir rappelé aux gentils croyants
que, en Christ, après qu'ils avaient cru, ils étaient aussi scellés du Saint Esprit de la
promesse, il dit: (Le Saint Esprit) «qui est les arrhes de notre héritage» (ici Juifs et gentils
ensemble), etc.
Nous avons ici, dans ce passage, dans cette courte déclaration des conseils de Dieu,
les traits essentiels de la dispensation actuelle, — la réunion des Juifs et des gentils, —
toutes leurs distinctions nationales effacées en Christ. Cette vérité conduit l'apôtre à une
prière, dans laquelle il parle de Christ, comme exalté à la droite de Dieu dans les hauts lieux.
Il nous montre Christ ressuscité d'entre les morts, selon l'opération de la puissance de la
force de Dieu; «et il l'a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes, au-dessus de toute
principauté, et autorité, et puissance, et domination, et au-dessus de tout nom qui se
nomme, non seulement dans ce siècle, mais aussi dans celui qui est à venir. Et il a assujetti
toutes choses sous ses pieds, et l'a donné pour être chef sur toutes choses à l'Eglise, qui est
son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous» (Ephésiens 1: 19-23).
Si la première partie du chapitre nous a parlé des conseils de Dieu au sujet des croyants
individuellement, quant à la place qu'il veut leur faire occuper près de lui et avec lui, la
dernière traite de ses conseils, relativement à Christ comme chef du corps, et de la place
occupée par le corps uni avec lui. Car l'apôtre ne nous a pas plus tôt montré notre chef dans
les lieux très-hauts, que, dans le chapitre suivant, il nous enseigne comment les croyants
sont unis à Christ glorifié. Mais avant de le faire, parce que c'est le conseil souverain de
Dieu, et pour célébrer sa grâce et son amour, pour montrer que Dieu agissait selon son
propre coeur, selon ce qu'il est en lui-même, et selon sa volonté souveraine, il dépeint la
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condition passée des gentils et des Juifs. Rien de plus frappant que la manière dont il
commence cette partie de son sujet. Il venait de parler de l'Eglise comme corps de Christ,
la plénitude de Celui qui remplit tout en tous. Telle est l'Eglise, vue selon la perfection des
conseils de Dieu; mais elle est composée de ceux qui, une fois, étaient Juifs et gentils, et
elle existe à présent sur la terre. Aussi, descendant de la tête aux membres, il parle ainsi:
«Et vous (gentils), lorsque vous étiez morts dans vos fautes et dans vos péchés, dans
lesquels vous avez marché autrefois, selon le train de ce monde, selon le prince de l'autorité
de l'air, de l'esprit qui opère maintenant dans les fils de la désobéissance; parmi lesquels,
nous aussi, nous avons tous (Juifs aussi bien que gentils) conversé autrefois dans les
convoitises de notre chair, accomplissant les volontés de la chair et des pensées; et nous
étions par nature des enfants de colère comme aussi les autres» (Ephésiens 2: 1-3). Telle
est la peinture de la condition passée des membres du corps de Christ, — peinture si
sombre, qu'elle n'est pas relevée par un seul rayon de lumière. Morts dans vos fautes et
dans vos péchés, sans une seule pensée, un seul désir, un seul élan vers Dieu, car ce qui
régnait, c'était la solitude et le silence effrayant de la mort. Mais c'étaient des hommes
vivant sur la terre, et leur marche ici-bas est décrite en ces termes: «Vous avez marché
selon le train de ce monde, selon le chef de l'autorité de l'air,… accomplissant les volontés
de la chair» (Ephésiens 2: 2, 3). Tel est l'homme! Aussi est-il ajouté, — et comment nous en
étonner? — que nous étions par nature des enfants de colère. (Ephésiens 2: 3).
Certainement, il nous est bon d'étudier cette description pour apprendre ce que nous
étions, ce que l'homme est, et ce que nous méritions. Il n'y a pas une seule chose dont nous
puissions répondre devant Dieu. Nous étions entièrement corrompus et sous la puissance
du péché, de Satan et de la mort.
Mais que s'est-il passé pour que ceux dont la misérable condition est ainsi décrite, en
aient été tirés pour être associés à un Christ glorifié? Les versets suivants nous donnent la
réponse: «Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause de son grand amour dont il nous
a aimés, alors même que nous étions morts dans nos fautes, nous a vivifiés ensemble avec
le Christ (vous êtes sauvés par la grâce), et nous a ressuscités ensemble, et nous a fait
asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus, etc.» (Ephésiens 2: 4-6). C'était
Dieu qui agissait selon ce qu'il était, riche en miséricorde, qui intervenait au milieu de notre
condition misérable et sans ressource; et il intervenait, comme le montre le premier
chapitre, selon ses conseils éternels, et comme nous le lisons ici, à cause du grand amour
dont il nous a aimés. Nous voyons ainsi, que la source de toutes nos bénédictions est le
coeur de Dieu; et ce n'est que dans la rédemption que nous pouvons le voir pleinement
révélé. Dieu entra en scène à cause de ce qu'il était comme Dieu; et (remarquons le
contraste) «alors même que nous étions morts dans nos fautes», il a voulu nous rappeler
qu'il n'y avait rien que du mal en nous, et rien que du bien en lui.
Dieu donc, mû par son propre coeur, selon sa propre nature, quand nous étions dans
une telle condition, nous a vivifiés ensemble avec Christ. Christ, donc, a dû mourir. Et c'est
ce qui a fait que Dieu a pu agir en miséricorde et en amour envers nous; car, jusqu'à ce qu'il
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eût été glorifié sur la croix par la mort de Christ, dans tous ses attributs, il ne pouvait se
révéler comme un Dieu de grâce et d'amour. Mais il y a un trait particulier à remarquer, en
rapport avec Christ, tel qu'il nous est présenté ici. Ce n'est pas un Christ mourant, c'est un
Christ mort que nous avons devant nous. De même, dans le premier chapitre, le pouvoir
dont il est question était manifesté en Christ, quand Dieu le ressuscita d'entre les morts.
Nous ne le voyons pas, dans les Ephésiens, descendant dans la mort, mais nous le voyons
mort. Et c'est là un des caractères principaux de cette épître, Juifs et gentils, également,
sont vus, non pas vivant dans leurs pêchés, comme dans les Romains, mais morts; et alors
nous avons ce miracle de grâce, Christ descendant dans leur condition, couché parmi les
morts, au même rang qu'eux; car, puisque nous sommes ici sur le terrain de la nouvelle
création, tout recommencent c'est au moment où l'on voit Christ mort, et les gentils aussi
morts (mais dans leurs péchés), que Dieu, dans son infinie miséricorde et à cause de son
grand amour dont il nous a aimés, entre en scène et nous vivifie (Juifs et gentils) ensemble
avec Christ. L'excellente grandeur de sa puissance envers nous qui croyons, est, par
conséquent, «selon l'opération de la puissance de sa force qu'il a opérée dans le Christ, en
le ressuscitant d'entre les morts, et il l'a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes, etc.»
(Ephésiens 1: 19, 20). Car le corps est déjà regardé comme complet, parce qu'il est le fruit
des conseils de Dieu; c'est pourquoi, chaque membre du corps est considéré comme ayant
été vivifié avec Christ et en même temps que lui. Christ lui-même est venu d'abord, et est
entré dans notre condition mortelle. Sa mort a ôté toutes les barrières qui s'opposaient à
l'accomplissement des conseils de Dieu, en a posé, le fondement, a mis son coeur en
quelque sorte en liberté d'agir, et immédiatement eut lieu cette merveilleuse
manifestation du pouvoir divin, qui agit au milieu de la scène où Christ se trouvait avec les
membres de son corps, pour le tirer de la mort, et le faire asseoir à la droite de Dieu dans
les lieux célestes, au-dessus de toute principauté et autorité et puissance, et domination,
et de tout nom qui se nomme, non seulement dans ce siècle, mais aussi dans celui qui est
à venir; et ce même pouvoir nous a vivifiés ensemble avec Christ.
Mais il y a plus. L'apôtre, avant d'aller plus loin, nous rappelle que c'est par grâce que
nous sommes sauvés; par rien d'autre, assurément, que la pure et souveraine grâce; mais
il veut que cette connaissance produise dans nos coeurs des actions de grâce à Dieu. Il
ajoute alors: «Et il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble (Juifs et
gentils) dans les lieux célestes, dans le Christ Jésus». Ainsi, le pouvoir qui nous a vivifiés
ensemble avec Christ, nous a ressuscités ensemble, nous a transportés en haut, et nous a
fait asseoir dans le Christ Jésus, dans les lieux célestes, et cela maintenant, tandis que,
quant à nos corps, nous sommes encore sur la terre; tout cela, «afin qu'il montrât, dans les
siècles à venir, les immenses richesses de sa grâce, dans sa bonté envers nous dans le Christ
Jésus» (Ephésiens 2: 7). De pauvres pécheurs, d'entre les gentils et d'entre les Juifs,
désobéissants et contredisants, sont placés dans la position où est Christ, par le pouvoir qui
l'a ressuscité d'entre les morts, et l'a mis à la droite de Dieu, pour montrer dans les siècles
à venir les immenses richesses de sa grâce. Une Marie Madeleine, un brigand crucifié,
compagnons du Fils de Dieu dans la gloire, seront de vivants témoignages de cette grâce.
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Après nous avoir ainsi montré l'accomplissement des conseils de Dieu, et nous avoir
révélé les perfections de la nouvelle création, dans laquelle nous sommes introduits déjà
maintenant, en tant qu'unis à Christ, comme il écrit à des gentils, il leur rappelle leur
condition passée et les moyens par lesquels ils ont été amenés à la jouissance de leurs
magnifiques et précieux privilèges, aussi bien que de la position qu'ils occupent sur la terre
avec les croyants juifs. «C'est pourquoi, dit-il, souvenez-vous qu'autrefois vous, les nations
dans la chair, qui étiez appelés incirconcision, par ce qui est appelé la circoncision faite de
main dans la chair, vous étiez en ce temps-là sans Christ, sans droit de cité en Israël, et
étrangers aux alliances de la promesse, n'ayant pas d'espérance, et étant sans Dieu dans le
monde» (Ephésiens 2: 11, 12). Telle était leur condition comme gentils, en opposition avec
celle d'Israël; car tandis que, comme le montre le commencement du chapitre, ils étaient
par nature enfants de colère aussi bien que les gentils, cependant, comme peuple sur la
terre, élu selon la volonté souveraine de Dieu, ils avaient des avantages (voyez Romains 3:
2; 9: 4, 5), auxquels les gentils n'avaient ni titre, ni droit. «C'est pourquoi, vous (les gentils)
étiez sans Christ». Le Messie, comme tel, ne fut jamais promis aux gentils; ils étaient sans
droit de cité en Israël, et ainsi étrangers à ses privilèges et à ses bénédictions. «Mais
maintenant, continue Paul, dans le Christ Jésus, vous qui étiez autrefois loin (manière
ordinaire de désigner les gentils, voyez Actes des Apôtres 2: 39), vous avez été approchés
par le sang du Christ. Car c'est lui qui est NOTRE PAIX, qui des deux en a fait un, et a détruit
le mur mitoyen de clôture, ayant aboli dans sa chair l'inimitié, la loi des commandements
qui consiste en ordonnances, afin qu'il créât les deux (Juifs et gentils) en lui-même, pour
être un seul homme nouveau, en faisant la paix; et qu'il les réconciliât tous les deux en un
seul corps à Dieu par la croix, ayant tué par elle l'inimitié. Et il est venu, et a annoncé la
bonne nouvelle de la paix à vous, qui étiez loin (les gentils), et la bonne nouvelle de la paix
à ceux qui étaient près (les Juifs)» (Ephésiens 2: 13-17).
Avant tout, c'est une chose frappante de voir la place que l'Esprit de Dieu se plaît
toujours à donner au sang de Christ. Ici, comme partout ailleurs dans les Ecritures, il est le
fondement de tout, la base sur laquelle repose l'accomplissement de tout, selon le plan de
Dieu. Car, en vérité, c'était grâce au sang de Christ donnant sa vie (la vie est dans le sang),
que Dieu a été libre (si l'on ose employer cette expression) de laisser agir son coeur dans
l'oeuvre de la rédemption, parce qu'elle répondait à tous les droits de sa sainteté, et le
glorifiait dans tout ce qu'il est, de sorte que maintenant, il est glorifié dans le salut de tous
ceux qui croient en Jésus. Ainsi les pécheurs d'entre les gentils ont été rapprochés par le
sang de Christ; car, ayant fait la paix par le sang de sa croix (Colossiens 1: 20), il peut
réconcilier à Dieu ceux qui étaient autrefois étrangers et ennemis, quant à leur
entendement, dans les mauvaises oeuvres (Colossiens 1: 21).
Cette vérité fraie le chemin à cette autre: que Christ est notre paix. Il est notre paix,
non pas seulement avec Dieu maintenant, mais entre Juifs et gentils, et il le devient par
cette même mort sur la croix qui a été la base de la réconciliation des uns avec les autres;
car, par là, il a détruit le mur mitoyen de clôture qui séparait les Juifs de tous les autres
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peuples de la terre. C'était Dieu qui les avait ainsi mis à part pour lui-même, et placés sous
ses lois et son gouvernement; mais nous savons qu'aussitôt ils violèrent sa loi et
transgressèrent ses commandements, de sorte que la loi devint un ministère de
condamnation et de mort. La mort de Christ répond seule aux droits de Dieu sur les Juifs et
sur les gentils; car il a pris sur lui toute notre responsabilité et, par là, il a détruit le mur
mitoyen qui les séparait, puisque les uns et les autres doivent maintenant être sauvés, non
par des oeuvres de loi, mais sur le principe de la foi. «Ayant aboli dans sa chair l'inimitié, la
loi des commandements qui consiste en ordonnances, afin que des deux il fit un homme
nouveau en lui-même (les Juifs et les gentils étant, dans la même foi, unis par le Saint Esprit
envoyé du ciel), en faisant la paix; et qu'il les réconciliât tous les deux en un seul corps à
Dieu, par la croix, ayant tué par elle l'inimitié» (Ephésiens 2: 15, 16). C'est pourquoi, sur le
fondement de ce qu'il avait accompli sur la croix, il peut venir proclamer la paix aux Juifs et
aux gentils; car tous, étant justifiés par la foi, avaient la paix avec Dieu par notre Seigneur
Jésus Christ.
Le fait qu'il est notre paix, est donc en rapport avec le corps de Christ. Dans la
dispensation précédente, Israël était un peuple séparé; dans le millénium, Israël aura
encore une position distincte et prééminente, mais maintenant toutes les distinctions sont
abolies. «Il n'y a ni Juif, ni Grec; ni esclave, ni libre; il n'y a ni mâle, ni femelle; car vous tous,
vous êtes un dans le Christ Jésus» (Galates 3: 28; Colossiens 3: 11). Ceci était préfiguré déjà
dans la vocation de l'apôtre, à qui était spécialement confié le ministère du corps de Christ.
En racontant sa conversion devant Agrippa, il dit comment lui est apparu le Seigneur, qui
lui a dit: «Lève-toi et te tiens sur tes pieds: car je te suis apparu, afin de te désigner pour
serviteur et témoin des choses que tu as vues et de celles pour la révélation desquelles je
t'apparaîtrai, en te retirant du milieu du peuple (des Juifs) et des nations, vers lesquelles je
t'envoie maintenant» (Actes des Apôtres 26: 16, 17). Il est ainsi regardé comme n'ayant
aucune nationalité, ayant été pris du milieu des Juifs et des gentils, pour être comme une
sorte de type du ministère qu'il exerçait.
C'était la chose nouvelle qui, dans d'autres générations, n'avait pas été donnée à
connaître aux fils des hommes (Ephésiens 3: 5), et qui ne devait être communiquée —
quoiqu'elle fût l'objet des conseils de Dieu de toute éternité, — qu'après la réjection de
Christ. Les Juifs savaient par leurs prophètes que les gentils eux aussi seraient bénis par le
moyen du Messie; mais que les nations seraient cohéritières, d'un même corps, et
coparticipantes de la promesse de Dieu dans le Christ Jésus par l'évangile (Ephésiens 3: 6),
c'est ce qu'ils ne comprenaient pas; et quand la vérité leur fut annoncée, elle excita une
vive opposition de leur part. Mais tel était le dessein de Dieu, et son dessein fut accompli
en Christ; et c'est pourquoi nous pouvons dire: «C'est lui qui est notre paix, qui des deux
en a fait un, et a détruit le mur mitoyen de clôture». Il a d'abord fait la paix par le sang de
sa croix (Colossiens 1: 20); ensuite, il est venu et a prêché la paix tant aux gentils qu'aux
Juifs (Ephésiens 2: 17); puis il a réconcilié avec Dieu ceux qui croient (Ephésiens 2: 13;
Colossiens 1: 20, 21); et de plus, il a fait la paix entre Juifs et gentils, «en créant les deux en
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lui-même pour être un seul homme nouveau» (Ephésiens 2: 15). Nous pouvons donc dire
dans le sens le plus large, que Christ est NOTRE PAIX.
Cette vérité, dans son aspect spécial, a des conséquences qu'il faut indiquer pour
compléter le sujet.
Après avoir montré comment Juifs et gentils sont réunis pour ne faire plus qu'un corps
en Christ, l'apôtre parle d'autres positions et d'autres relations qui en découlent. La bonne
nouvelle de la paix est annoncée à ceux qui étaient loin et à ceux qui étaient près, «car par
lui nous avons, les uns et les autres, accès auprès du Père par un seul Esprit» (Ephésiens 2:
17, 18). Quel contraste avec ce qui existait auparavant! Dans la dispensation précédente et
jusqu'à la mort de Christ, les Juifs seuls, de tous les peuples de la terre, avaient accès, par
le moyen de leur souverain sacrificateur, auprès de Dieu. Mais maintenant que le voile est
déchiré, et que Christ est monté au ciel, tous ceux qui croient, soit Juifs, soit gentils, sont
scellés du Saint Esprit de la promesse qui est aussi l'Esprit d'adoption, par lequel ils crient:
Abba Père! (Romains 8: 15). Les uns et les autres ont donc accès auprès du Père par un seul
Esprit. Ils sont dans la même relation avec Christ; ils ont le même Esprit, ils sont également
enfants de Dieu; c'est pourquoi tous sont dans la même proximité de Dieu, et jouissent du
même privilège de s'approcher de Lui.
Cela conduit à d'autres bénédictions: «Ainsi donc vous n'êtes plus étrangers, ni forains,
mais concitoyens des saints et gens de la maison de Dieu, ayant été édifiés sur le fondement
des apôtres et prophètes, Jésus Christ lui-même étant la maîtresse pierre du coin; en qui
tout l'édifice, bien ajusté ensemble, croit pour être un temple saint dans le Seigneur; en qui
aussi vous êtes édifiés ensemble, pour être une habitation de Dieu par l'Esprit» (Ephésiens
2: 19-22). Comme toutes les distinctions et tous les privilèges sont abolis dans le corps de
Christ, il en est de même de leurs relations avec Dieu pendant leur carrière terrestre. Tous
sont sur le même pied, en sorte que l'un ne peut s'élever au-dessus de l'autre. Les gentils
ne sont plus «étrangers ni forains», mais ils sont, avec les Juifs, concitoyens des saints et
gens de la maison de Dieu.
L'apôtre indique ensuite deux traits qui caractérisent les saints comme corps et unis à
Christ sur la terre. Ces traits sont de la plus haute importance. D'abord, il est dit, qu'étant
édifiés ensemble sur le même fondement, tout l'édifice, bien ajusté ensemble, croît pour
être un temple saint dans le Seigneur (Ephésiens 2: 21). Remarquez cette expression: «croît
pour être un temple saint». Il n'est donc pas encore complet, mais il s'édifie, et se
continuera jusqu'au retour du Seigneur, quand toutes les pierres vivantes seront à la place
qui leur est destinée. Comme le temple de Salomon, qui était bâti de pierres qu'on avait
amenées toutes préparées, de sorte qu'en bâtissant la maison, on n'entendit ni marteau,
ni hache, ni aucun outil de fer (1 Rois 6: 7), l'érection de ce temple avance silencieusement;
chaque pierre préparée d'avance, est ensuite placée sur le fondement, à la place qui lui est
assignée. Car Dieu lui-même est l'architecte, et son oeuvre reste invisible aux hommes;
mais quand elle sera achevée, elle recevra de sa main le sceau de la perfection. Jean dit:
«Et un des sept anges qui avaient les sept coupes, qui avaient été pleines des sept dernières
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plaies, vint et me parla, disant: Viens, je te montrerai l'épouse de l'Agneau, la femme. Et il
m'emporta en esprit sur une grande et haute montagne, et il me montra la ville, la sainte
Jérusalem, descendant du ciel, d'auprès de Dieu, ayant la gloire de Dieu; et son luminaire
était semblable à une pierre très précieuse, comme à une pierre de jaspe cristallin»
(Apocalypse 21: 9-11). C'est le temple achevé et parfait; car, après avoir vu les nouveaux
cieux et la nouvelle terre, Jean vit cette même cité descendant du ciel, d'auprès de Dieu,
préparée comme une épouse ornée pour son mari. «Et j'ouïs une grande voix venant du
ciel, disant: Voici, l'habitation de Dieu est avec les hommes» (Apocalypse 21: 2, 3). Quel
merveilleux privilège d'être une pierre dans le temple de Dieu, ce temple dans lequel la
gloire de Dieu resplendira éternellement! C'était une bénédiction toute particulière pour
les Juifs d'avoir le temple de Jérusalem, la place où Dieu habitait entre les chérubins, où il
se manifestait à son peuple dans la nuée glorieuse. Mais ce sont les croyants qui
maintenant forment le temple, et qui sont ainsi le lieu où Dieu demeure éternellement.
Bien plus, dès maintenant sur la terre, ils forment l'habitation de Dieu par l'Esprit
(Ephésiens 2: 22). Nous ne parlons pas ici de ce qu'on pourrait appeler les différentes
phases de la maison de Dieu dans cette dispensation, et nous ne nous arrêterons pas sur la
différence entre la maison telle que Dieu la bâtit, et celle dont la construction est confiée à
la responsabilité, de l'homme (1 Corinthiens 3: 10-17). Ce qui est présenté dans cette
épître, c'est seulement le fait que les croyants de cette dispensation sont la maison de Dieu,
que Dieu habite réellement sur la terre, puisque nous sommes édifiés ensemble en Christ
pour être son habitation par l'Esprit. Il y a donc sur la terre un lieu de bénédiction, c'est la
sphère qu'occupe le Saint Esprit et où il habite. Tout ce qui est en dehors de cette sphère
est sous la puissance de Satan; et ainsi, c'est un bien grand privilège d'être dans l'habitation
de Dieu sur la terre.
Tels sont quelques-uns des traits distinctifs de la dispensation actuelle, quelques-unes
des conséquences qui découlent du fait que Christ est notre paix. Puisse-t-il nous donner
de comprendre plus complètement dans quelle position merveilleuse il nous a placés,
position qui repose sur la rédemption qu'il a accomplie, sur sa séance à la droite de Dieu,
et sur la présence du Saint Esprit sur la terre.
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de ces diverses dignités, comme homme, - l'homme qui, sur cette terre, fut une fois rejeté
et crucifié, mais qui est maintenant exalté à la droite de Dieu.
C'est ce qui est expliqué à un certain point de vue dans Hébreux 2. L'apôtre dit: «Car
ce n'est point aux anges qu'il a assujetti le monde habitable à venir, duquel nous parlons;
mais quelqu'un a rendu ce témoignage quelque part, disant: Qu'est-ce que l'homme que
tu te souviennes de lui, ou le fils de l'homme que tu le visites? Tu l'as fait un peu moindre
que les anges; tu l'as couronné de gloire et d'honneur, et l'as établi sur les oeuvres de tes
mains. Tu as assujetti toutes choses sous ses pieds. Car en ce qu'il lui a assujetti toutes
choses, il n'a rien laissé qui ne lui soit assujetti; mais maintenant, nous ne voyons pas
encore que toutes choses lui soient assujetties. Mais nous voyons Jésus, qui a été fait un
peu moindre que les anges, à cause de la passion de la mort, couronné de gloire et
d'honneur, en sorte que, par la grâce de Dieu, il goûtât la mort pour tout». C'est donc
comme Fils de l'homme que, d'après l'Ecriture, le Seigneur Jésus est appelé à dominer sur
toutes choses. «Car», dit Paul, «Dieu nous a fait connaître le mystère de sa volonté selon
son bon plaisir, lequel il s'est proposé en lui-même pour l'administration de la plénitude
des temps, savoir de réunir en un toutes choses dans le Christ, tant les choses qui sont dans
les cieux que celles qui sont sur la terre, en lui».
C'est aussi comme homme, comme l'homme glorifié assis à la droite de Dieu, que
Christ est le chef de son corps, l'Eglise. «Et il est le chef du corps, de l'assemblée, lui qui est
le commencement, le premier-né d'entre les morts, afin qu'en toutes choses il tienne, lui,
la première place» (Colossiens 1: 18). C'est donc comme le ressuscité, le premier-né d'entre
les morts, qu'il occupe cette place; car il est à peine nécessaire de faire remarquer que,
quand il est parlé de lui en rapport avec la résurrection, c'est toujours comme homme qu'il
est considéré. Il suit de là que l'Eglise ne pouvait exister avant qu'il eut pris sa place à la
droite de Dieu; car, avant que la tête fût dans le ciel, l'Eglise n'aurait pu se former ici-bas.
C'est ce qui paraît hors de doute, si nous lisons cet autre passage: «Car de même que le
corps est un, et a plusieurs membres, mais que tous les membres de ce seul corps,
quoiqu'ils soient plusieurs, sont un seul corps, ainsi aussi est le Christ. Car aussi nous avons
tous été baptisés d'un seul Esprit pour être un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves,
soit libres; et nous avons tous été abreuvés pour l'unité d'un seul Esprit» (1 Corinthiens 12:
12, 13). Il est bien intéressant de remarquer que, dans la comparaison du corps et des
membres, l'apôtre ne dit pas: ainsi aussi est l'Eglise, mais: ainsi aussi est le Christ. Le Christ,
c'est donc un terme qui comprend la tête dans le ciel et les membres sur la terre; et le
verset suivant nous en donne l'explication: «Car aussi nous avons tous été baptisés d'un
seul Esprit pour être un seul corps» (verset 13). Le corps ne pouvait donc être formé avant
que Christ fût monté au ciel et que le Saint Esprit fût descendu. C'est ainsi, qu'après sa
résurrection, notre Seigneur dit aux siens: «Vous serez baptisés de l'Esprit Saint dans peu
de jours» (Actes des Apôtres 1: 5). Cette promesse s'accomplit le jour de la Pentecôte; et
ce jour-là, quoique la vérité relative au corps n'eût pas encore été révélée, le corps de Christ
fut formé. Alors, par le baptême de l'Esprit, les croyants furent unis avec un Christ glorifié,
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pour ne faire avec lui qu'un seul corps, — pensée merveilleuse, et grâce plus merveilleuse
encore! C'est le caractère de la dispensation actuelle que les croyants, en qui le Saint Esprit
habite, sont membres du corps de Christ; il est la tête et eux les membres (voyez Romains
12: 4, 5; Ephésiens 4: 1-16, etc.).
Quand donc nous parlons de Christ comme de notre tête, il ne s'agit pas d'une relation
individuelle, mais d'une relation que nous partageons avec tous les croyants qui ont reçu
le Saint Esprit. Comme donc nous sommes tous ensemble unis à Christ, nous sommes aussi
unis les uns aux autres, membres de son corps et, par conséquent, membres l'un de l'autre.
Quelle pensée solennelle que celle-là! et cependant, quelle consolation, quelle force cela
donne, d'être réellement unis et d'une manière vivante, avec Christ à la droite de Dieu, et
d'être aussi unis d'une manière vivante avec tous les croyants! Et cette double pensée
caractérise nos deux responsabilités comme membres du corps de Christ, — notre
responsabilité envers Christ comme chef, et notre responsabilité envers tous les croyants
comme étant avec nous membres de ce corps. Il y aura profit pour nous à considérer l'une
et l'autre.
1° Christ est notre chef. L'Eglise donc est soumise à Christ (Ephésiens 5: 24). Sans
doute, il n'est pas nécessaire d'insister sur une vérité aussi évidente. Quelle joie c'était pour
le coeur de Dieu, de donner à Christ cette place élevée, en montrant ainsi quel cas il faisait
de l'oeuvre accomplie par son Fils dans sa vie et dans sa mort! «Il s'est abaissé lui-même,
étant devenu obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix. C'est pourquoi aussi Dieu
l'a haut élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus, se
ploie tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux» (Philippiens 2: 8-10). Si donc
nous avons communion avec le coeur de Dieu, quelle joie pour nous de reconnaître à Christ
cette position de suprématie! De plus, quand nous considérons de quel intérêt est pour
nous la place qu'il occupe; que toutes les bénédictions dont nous jouissons découlent de
lui, en tant qu'il est assis là-haut, et en vertu de l'oeuvre qu'il a accomplie; quand nous
considérons que c'est par son amour et par son ministère qu'il nous conserve les
bénédictions acquises par lui; comment, en un mot, nous lui devons tout ce que nous
sommes, tout ce que nous avons et espérons recevoir, nos coeurs pourraient-ils ne pas
trouver leur joie à reconnaître sa seigneurie et à se soumettre à sa volonté! Mais que
voyons-nous en réalité? Interrogeons les faits qui se passent autour de nous. Y a-t-il une
rivalité de zèle pour obéir au chef de l'Eglise? Non, mais, au contraire, la suprématie de
l'homme et de sa volonté dans l'Eglise. Prenez toutes les dénominations de la chrétienté
qui existent, vous verrez que plus ou moins elles reposent sur des constitutions d'hommes,
et qu'elles sont soumises à des lois d'hommes; que la seigneurie de Christ est au fond
pratiquement ignorée. C'est avec douleur que nous le disons; et nous avons la confiance
que les personnes pieuses de toutes les dénominations s'associeront à notre sentiment.
Mais s'il nous est si pénible de constater l'action de la volonté propre chez les membres de
son corps, que doit-il éprouver, Lui, qui est le chef du corps? Sans doute qu'il faut faire une
large part à l'ignorance, ignorance de la vérité relativement au corps, et ignorance des
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Ecritures. Le fait cependant demeure. Ah! si nous en comprenions toute la gravité, en
pensant à Christ et à son propre coeur, nous serions remplis de honte et portés à nous
humilier en nous condamnant nous-mêmes.
Si Christ est notre chef, notre responsabilité à son égard est celle d'une obéissance
complète et sans réserve. Car c'est la tête qui doit gouverner, diriger le corps, et non le
corps la tête. Comment peut-on connaître la volonté, du chef? Par la parole de Dieu, où un
simple coup d'oeil nous montrera quel soin il a pris à nous la communiquer. Non seulement
il nous a révélé sa volonté, mais, par le Saint Esprit, il nous a donné de la comprendre (Jean
14: 20; 16: 13, 14; 1 Corinthiens 2, etc.). Nous sommes donc sans excuse si nous restons
dans l'ignorance. Mais on entend quelquefois dire: N'a-t-il pas laissé complètement à notre
discernement le soin d'arranger pour le mieux tout ce qui concerne le culte et le
gouvernement de l'assemblée? Voilà ce que l'on avance continuellement pour justifier les
divisions qui existent dans l'Eglise de Dieu. Mais un moment de réflexion suffit pour
montrer la futilité de cette assertion. Considérez toutes les dispensations de Dieu à l'égard
de l'homme, que voyez-vous? Que l'homme a complètement manqué dans tout ce qui a
été confié à sa responsabilité. C'est ce qui a eu lieu avec Adam dans le paradis, avec Noé
dans la terre renouvelée, avec Israël sous la loi, avec la sacrificature, et même l'Eglise, et
cela malgré les directions et les commandements les plus précis. Et cependant, on soutient
gravement que le Seigneur nous a laissés libres d'agir à notre guise! La tête laisserait les
membres du corps agir indépendamment les uns des autres, à leur gré, comme il leur
semble bon? Impossible! Cherchez dans les Ecritures, et vous serez bientôt obligés de
confesser que le Seigneur n'a jamais rien laissé à notre sagesse, mais a pourvu à tout ce qui
peut se présenter, de sorte qu'en toute situation, dans toutes les circonstances, l'Eglise pût
avoir la direction assurée de sa volonté toujours infaillible. Voilà en quoi nous avons
manqué: nous avons négligé l'étude des Ecritures. Et, il ne faut jamais oublier que tout
croyant est responsable de connaître la volonté de son Seigneur. Il est vrai que, quand il
traitera avec ses serviteurs, il fera une distinction entre ceux qui sont volontairement
désobéissants et ceux qui le sont par ignorance (Luc 12: 47, 48). Toutefois, la responsabilité
subsiste; et toute âme pieuse, qui désire connaître la volonté du Seigneur, peut la trouver
dans la parole de Dieu. «Si quelqu'un veut faire sa volonté, il connaîtra de la doctrine si elle
est de Dieu, ou si je parle de par moi-même» (Jean 7: 17).
Toute notre responsabilité envers notre chef se résume ainsi en un seul mot:
obéissance. Tel donc il était, soumis à son Père, pendant son séjour sur la terre, tels nous
le sommes à son égard. Il ne faisait jamais sa volonté; car il est descendu du ciel non pour
faire sa volonté, mais la volonté de Celui qui l'a envoyé (Jean 6: 38); et il nous a laissé un
exemple, afin que nous suivions ses traces. Nous éviterions bien des difficultés et bien des
peines, si nous nous souvenions que ce qui caractérise un chrétien, c'est qu'il n'a pas de
volonté. La volonté est liée au vieil homme, et le croyant a rejeté le vieil homme qui a été
crucifié avec Christ (Colossiens 3: 9; Romains 6: 6). Il doit donc être gouverné par la volonté
d'un autre, savoir celle de Christ. C'est une responsabilité plutôt individuelle, mais quand
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nous parlons de la responsabilité des membres du corps de Christ, cela signifie qu'ils
doivent, comme assemblée, être soumis, c'est l'Eglise qui est soumise à Christ. Soit dans
l'assemblée, soit dans notre marche individuelle, nous devons être dans l'obéissance, c'est-
à-dire que tout doit être sanctionné et réglé par la parole de Dieu.
Et quel parfait repos de n'avoir pas de volonté, d'être dans l'obéissance! Il ne peut y
avoir de conflit là où il n'y a pas de volonté, la paix et l'harmonie en seront la conséquence
naturelle. L'obéissance ferait cesser toutes les divisions qui existent, ce serait une réponse
à la prière de notre bien-aimé Seigneur, qu'ils soient un (Jean 17: 21). Et quel est, parmi les
enfants de Dieu, celui qui ne le désirerait? Quel est celui qui ne soupire pas continuellement
d'être séparé ici sur la terre de tant de membres du corps de Christ? Gardons-nous donc
de l'accepter comme une triste nécessité, mais chacun pour soi-même, reconnaissons
notre responsabilité, et cherchons en toutes choses à être soumis à la volonté de notre
Chef, et ensuite, à en amener d'autres à la jouissance de ce même repos béni, afin qu'on
nous voie tous, ce que nous sommes réellement, un en Christ.
2° Notre responsabilité n'est pas moins grande par rapport à ceux qui sont membres
avec nous du corps de Christ. Car, comme nous l'avons vu, le même Esprit qui nous unit à
Christ comme à notre chef, unit aussi tous les membres en un tout vivant. Paul, écrivant
aux Ephésiens, et leur parlant des dons que Christ, séant à la droite de Dieu comme chef
de l'Eglise, répand sur les siens, ajoute: «Mais que, étant vrais dans l'amour, nous croissions
en toutes choses jusqu'à lui qui est le chef, le Christ; duquel tout le corps, bien ajusté et lié
ensemble par chaque jointure du fournissement, produit l'accroissement du corps pour
l'édification de lui-même, en amour, selon l'opération de chaque partie dans sa mesure»
(Ephésiens 4: 15, 16). La prospérité, la bénédiction, et l'accroissement de tout le corps,
dépendent ainsi de l'harmonie et de l'activité de chaque membre. Cependant c'est dans
une autre épître, qu'il est parlé spécialement de notre responsabilité vis-à-vis les uns des
autres. Il en a déjà été question à propos de la formation du corps par le baptême de l'Esprit
(1 Corinthiens 12: 13). Ensuite, l'apôtre insiste sur deux points: premièrement, que le corps
n'est pas un membre, mais plusieurs (verset 14); et secondement que, quoiqu'il y ait
plusieurs membres, il n'y a pourtant qu'un corps. D'un côté donc, nous devons maintenir
la diversité des membres, et, de l'autre, l'unité du tout. Ensuite, il entre dans quelques
détails sur les rapports des membres entre eux, et sur leur responsabilité réciproque.
Tout membre a besoin des autres membres: «L'oeil ne peut pas dire à la main: Je n'ai
pas besoin de toi; ni encore la tête, aux pieds: Je n'ai pas besoin de vous; mais bien plutôt
les membres du corps qui paraissent être les plus faibles, sont nécessaires» (1 Corinthiens
12: 21, 22). Tous sont donc nécessaires l'un à l'autre. Nous le savons bien pour ce qui
regarde le corps humain; si nous avons perdu, même pour un temps seulement, l'usage du
moindre de nos membres, que d'inconvénients il en est résulté aussitôt, et comme tout
notre corps en a été affecté! C'est de la même manière que l'Esprit de Dieu nous fait sentir
les besoins de chaque membre du corps de Christ. Et ce sentiment devrait régner dans tous
nos rapports fraternels. Nous ne pouvons être indépendants l'un de l'autre; et l'état actuel
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de l'Eglise n'est que la conséquence de l'oubli de cette vérité. Notre propre prospérité —
la prospérité de tous — demande que nous partagions les besoins les uns des autres, tandis
que souvent, hélas! nous nous accordons pour différer, et pour nous séparer les uns des
autres, par gain de paix. Ce que Dieu a uni, — nous pouvons bien le dire aussi du corps de
Christ, — que personne ne le sépare; et nous ne pouvons être trop reconnaissants que
cette unité ne puisse être détruite, quoique, extérieurement, elle ne soit pas maintenue.
Nous ne devons d'ailleurs jamais oublier notre responsabilité; et, sans doute, nous aurions
plus d'action sur les âmes encore ignorantes de cette précieuse vérité, si elles nous voyaient
plus affligés à leur sujet; ne sont-elles pas nécessaires à la gloire du Chef, pour maintenir
l'unité du corps sur la terre, et pour la bénédiction de tous ses membres? Comme les
membres d'une famille sont affligés de l'absence de quelques-uns d'entre eux, et ne
peuvent être heureux jusqu'à leur retour, ainsi devrions-nous être affectés à la pensée que
tant de saints s'en vont, suivant leur propre chemin, sans s'inquiéter de leur responsabilité
envers ceux qui sont avec eux membres du corps de Christ.
Et, qu'on le remarque bien, il n'est pas question ici de dons, mais de membres du corps.
Quelle responsabilité nous incombe à tous, quelque insignifiants que nous soyons, ou que
d'autres nous estiment! Quel que je sois, je suis nécessaire à tous les saints. Chacun a
besoin de moi, et j'ai besoin de tous. Nos besoins mêmes — pour ne rien dire de la pensée
de Christ — devraient donc nous rapprocher, et empêcher toutes les divisions sectaires,
que la volonté de l'homme et la malice de Satan ont introduites dans l'Eglise de Dieu.
Demandons à Dieu que cette vérité soit placée sur le coeur de tous les saints, et, avec une
telle puissance, qu'elle puisse les délivrer de tout ce qui est si diamétralement opposé à la
volonté du Seigneur, et les amener ensemble sur le terrain de l'unité du corps de Christ.
Secondement, — et ceci résulte de la communauté de nos besoins, — il faut qu'il y ait
des soins mutuels. L'apôtre dit: «Et ceux que nous estimons les membres les moins
honorables du corps, nous les environnons d'un honneur plus grand; et les moins honnêtes
sont les plus parés au dehors. Mais nos membres honnêtes n'en ont pas besoin; mais Dieu
a composé le corps de telle manière, qu'il a donné un plus grand honneur à ce qui en
manquait, afin qu'il n'y ait point de division dans le corps, mais que les membres aient un
égal soin les uns des autres» (1 Corinthiens 12: 23-25). On voit parfaitement ici, que notre
responsabilité découle de ce que Dieu a fait. Il a organisé le corps, en en faisant concourir
toutes les parties pour le bien de l'ensemble, et nous devons agir selon son but pour
conserver ce qu'il a fait, étant ainsi avec lui en communion de pensées et de désirs. Nos
propres corps, qui sont aussi l'oeuvre de ses mains, nous enseignent notre devoir en ceci.
Nous entourons de nos plus grands soins, les membres les plus faibles, et les autres
membres leur viennent en aide de toutes leurs forces. Tous sont intéressés aux soins des
plus faibles, et il en devrait être ainsi dans l'Eglise de Dieu. N'y a-t-il pas danger pour nous
d'oublier cette vérité, si nous faisons attention surtout aux membres du corps qui sont en
évidence, — aux dons brillants, — en négligeant les membres du corps que nous estimons
moins honorables? Et il n'est point du tout rare de voir, que les assemblées qui ont les dons
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les plus distingués sont spirituellement les plus faibles. Car elles sont en danger de perdre
le sentiment de leur dépendance du Chef, aussi bien que de leur dépendance mutuelle, et
de trop regarder aux dons qui attirent leur admiration. Les dons peuvent ainsi facilement
devenir un piège pour les enfants de Dieu, et ils le deviennent toujours, quand ils prennent
d'une manière indue la première place, voilant ainsi les principes sur lesquels repose
l'assemblée de Dieu, ou quand, en quelque mesure, ils se placent entre l'assemblée et le
Seigneur. Nous avons reconnu cette vérité, que les membres du corps qui semblent les plus
faibles sont aussi nécessaires que les autres; maintenant gardons-nous d'oublier que tous
les membres du corps ont droit aux mêmes égards de notre part.
Ce serait un avantage pour nous et pour les autres, de nous demander si, réellement
et pratiquement, nous reconnaissons notre devoir et notre responsabilité à cet égard. Une
tendance manifeste chez beaucoup d'entre nous, c'est de former de petits cercles dans
l'Eglise de Dieu, et il est à craindre que ces petits cercles ne soient une affaire de sympathie
humaine, plutôt que de communion spirituelle. On comprend que ceux qui sont le plus près
de Christ soient portés à se rapprocher aussi les uns des autres, comme le font d'ailleurs
ceux qui se trouvent éloignés de Christ. Cela est vrai, mais la responsabilité dont il est
question ici, repose sur le fait que tous sont également membres de Christ, en sorte que
j'ai à m'occuper des autres simplement parce qu'ils sont membres du corps comme moi.
C'est ce que nous enseignent les relations de famille. Les parents ont soin de leurs enfants
parce qu'ils sont leurs enfants, et non parce que ceux-ci répondent à des préférences
particulières. C'est ainsi que nous devons avoir le même soin les uns des autres, par le fait
que nous sommes tous également membres du corps. C'est pourquoi, notre responsabilité
s'étend bien au delà de ceux qui sont réunis sur le principe du corps. Il y aura, sans doute,
plus d'occasions de montrer notre amour à ceux avec lesquels nous servons le Seigneur,
mais le devoir n'en existe pas moins égal à l'égard de tous, car nous devons les reconnaître
comme membres de Christ, lors même qu'eux ne nous reconnaissent pas comme tels. Nous
devons reproduire les affections de Christ, et son coeur embrasse tous ceux qui sont siens.
Nous avons enfin des sympathies mutuelles. «Si un membre souffre, tous les membres
souffrent avec lui» (1 Corinthiens 12: 26). Nous pouvons souffrir avec les autres de deux
manières différentes. Nous le faisons, en quelque sorte, nécessairement, tout comme, par
exemple, tout notre corps souffre des souffrances du moindre de ses membres. Il en est
ainsi du corps de Christ, si un membre se laisse aller à la tiédeur, retourne en arrière, ou
tombe en tentation, tous les membres, quoique peut-être d'une manière inconsciente, en
seront affectés. L'état de l'ensemble est celui de chacun des membres en particulier. Si, par
exemple, vous versez quelques gouttes seulement d'eau froide dans un bassin d'eau
chaude, la température de la masse en sera aussitôt abaissée. Il en est ainsi de l'Eglise. Qu'il
y ait un membre seulement dans l'assemblée, dont le coeur soit froid, elle en sera tout
entière affectée; tous souffriront par le fait de sa présence.
Mais il y a encore une manière de souffrir, plus active et liée à notre responsabilité, à
ce titre nous nous devons les uns aux autres. Qu'il est précieux de voir, et, grâces à Dieu,
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ce n'est pas rare, la sympathie de toute l'assemblée entourer un de ses membres souffrant!
Et quant au résultat pratique, comme cette manifestation de sympathie lie les coeurs
ensemble! N'est-ce pas une manière aussi de manifester ce que Christ est, lui-même, car Il
n'est pas un sacrificateur qui ne puisse compatir à nos infirmités. Puissions-nous ne laisser
échapper aucune de ces occasion, non seulement parce que nous sommes appelés à
souffrir avec ceux qui souffrent, mais aussi parce que nous avons à manifester la grâce de
Christ, qui a pris nos infirmités et porté nos maladies.
L'autre côté de la responsabilité est plus difficile: «Si un membre est glorifié, tous les
membres se réjouissent avec lui». Le Seigneur a conféré un honneur spécial à quelque
membre du corps, en lui accordant quelque distinction particulière, ou en lui confiant
quelque service à accomplir. Tous doivent se réjouir de ce que l'un d'eux est honoré,
glorifié, et assurément, si l'unité du corps est pratiquement conservée, cette parfaite
sympathie existera. C'est ce que nous voyons se réaliser dans une famille. Si quelqu'un de
ses membre a obtenu quelque avancement, ou un témoignage spécial d'approbation du
Souverain, toute la famille en est honorée, et se réjouit avec celui de ses membres qui a
reçu la distinction. Il en devrait être ainsi dans l'Eglise de Dieu. Mais est-ce trop de dire que,
de ce côté-là, la sympathie est plus rare que quand il s'agit de compatir à des souffrances?
Nous sommes de si misérables créatures que, au lieu de nous réjouir avec le frère que le
Seigneur a honoré, nous trouvons dans ce choix du Seigneur matière à envie et à jalousie.
De tels sentiments ne devraient pas même être nommés parmi les saints, et cependant,
hélas! sont-ils rares au milieu de nous? Nous avons tous besoin de veiller sur nous-mêmes;
car nous savons ce qu'est la chair, — et elle est encore en nous, — afin que nous puissions
nous juger sans ménagement, quand nous tombons en faute. Oui, c'est un devoir pour nous
de nous réjouir avec le membre qui est honoré. Le Seigneur compte tellement sur l'unité
de nos sentiments, qu'il attend que nous la montrions. On pourrait citer ici Jean-Baptiste,
qui pourtant ne savait rien du corps de Christ. Ses disciples lui dirent: «Rabbi, celui qui était
avec toi au delà du Jourdain, à qui tu as toi-même rendu témoignage, voilà, il baptise, et
tous viennent à lui. Jean répondit et dit: Un homme ne peut rien recevoir, à moins qu'il ne
lui soit donné du ciel. Vous-mêmes, vous me rendez témoignage que j'ai dit: Ce n'est pas
moi qui suis le Christ, mais je suis envoyé devant lui. Celui qui a l'épouse, est l'époux; mais
l'ami de l'époux, qui assiste et l'entend, est tout réjoui à cause de la voix de l'époux; cette
joie-ci qui est la mienne, est accomplie. Il faut que lui croisse, et que moi je diminue» (Jean
3: 26-30). Quelle grâce de ne penser qu'à Christ, et pas à soi; d'entrer dans sa joie et de se
réjouir de sa joie! C'est là précisément la disposition que nous devons cultiver, et c'est en
l'exprimant que nous montrons à qui nous appartenons, c'est-à-dire à Christ, que nous
suivons dans le sentier de l'humilité et du renoncement qui caractérisa toute sa vie
terrestre. Alors, nous n'aurions pas de difficulté à nous réjouir quand un membre est
honoré.
Toutes les responsabilités que nous avons considérées, découlent de notre union avec
Christ, et du fait qu'il est notre chef. Puissions-nous nous réjouir de plus en plus des
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relations dans lesquelles nous avons été introduits, par la grâce de Dieu, et être toujours
trouvés dans la confession pratique que nous sommes membres du corps de Christ, et aussi
membres les uns des autres, tendant à garder l'unité de l'Esprit dans le lien de la paix!
En tant que membres de son corps, nous connaissons maintenant Christ comme notre
chef. Il reviendra bientôt pour nous prendre à lui. Et ceux qu'il réunira ainsi autour de lui,
ceux qui ont été ses membres sur la terre, seront alors l'épouse, l'Eglise qu'il a aimée, et
pour laquelle il s'est donné, «afin qu'il la sanctifiât, en la purifiant par le lavage d'eau par la
parole; afin qu'il se présentât l'assemblée glorieuse, n'ayant ni tache, ni ride, ni rien de
semblable, mais afin qu'elle fût sainte et irréprochable» (Ephésiens 5: 26, 27). C'est de cette
Eglise que Jean parle, quand il dit: «Et je vis la sainte cité, la nouvelle Jérusalem, descendant
du ciel d'auprès de Dieu, préparée comme une épouse ornée pour son mari» (Apocalypse
21: 2). Les mille ans sont passés, et elle possède encore la beauté impérissable de l'épouse;
car, en vérité, elle a été enveloppée dans la gloire de Dieu (Apocalypse 21: 10); elle est ainsi,
pendant toute l'éternité, la vraie compagne de l'Agneau. Quel honneur alors d'être
membre du corps de Christ! et quelle grâce précieuse qu'il nous ait mis dans cette position
si bénie! Quel sujet de reconnaissance et d'adoration pour nous, de reconnaître Christ
comme notre chef!
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est Celui qui est le tout de nos coeurs. Ainsi, en dehors de toute autre considération, Christ
est notre espérance, — Christ dans sa venue, — parce que nous désirons être avec l'objet
de nos affections. Nous entrons ainsi en communion de désirs avec lui; car si nous
l'attendons et si nous désirons être avec lui, il attend lui aussi le moment où le désir de son
coeur sera accompli, et où il nous aura avec lui (Jean 17: 24).
Nous verrons, si nous y faisons attention, que pendant sa vie au milieu de ses disciples,
il les préparait toujours pour ce retour, et les exhortait à veiller dans cette attente.
Quelquefois il présentait cette vérité, l'espérance de son retour, en leur rappelant leur
responsabilité comme serviteurs: «Bienheureux est cet esclave-là, que son maître, lorsqu'il
viendra, trouvera faisant ainsi» (Matthieu 24: 46); et encore: «Que vos reins soient ceints
et vos lampes allumées; et vous-mêmes soyez semblables à des serviteurs qui attendent
leur seigneur, quand il s'en reviendra des noces, afin que, quand il viendra et qu'il heurtera,
ils lui ouvrent aussitôt. Bienheureux sont ces esclaves-là que le maître, quand il viendra,
trouvera veillant» (Luc 12: 35-37). Quelquefois il présentait sa venue, comme introduisant
ceux qui l'attendaient dans la plénitude de la bénédiction, pour qu'ils fussent avec lui à
toujours. Par exemple, dans le passage déjà cité, quand ses disciples étaient plongés dans
le chagrin à la pensée de son prochain départ, il dit: «Que votre coeur ne soit pas troublé;
vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon
Père; s'il en était autrement, je vous l'eusse dit; je vais vous préparer une place. Et si je
m'en vais, et que je vous prépare une place, je reviendrai, et je vous prendrai auprès de
moi; afin que là où je suis, moi, vous, vous soyez aussi» (Jean 14: 1-3). Le Seigneur se
présente ici à ses disciples affligés qui l'entourent, non seulement comme l'objet de leur foi
pendant qu'il serait séparé d'eux, et comme celui qui les quittait pour leur bien, pour leur
préparer une place, mais aussi comme l'objet de leur espérance, car il devait revenir pour
les prendre à lui.
L'enseignement que nous donnent les épîtres est tout à fait le même. L'apôtre dit des
Thessaloniciens: qu'ils s'étaient «tournés des idoles vers Dieu, pour servir le Dieu vivant et
vrai, et pour attendre des cieux son Fils» (1 Thessaloniciens 1: 9, 10). Ce passage est
extrêmement important, puisqu'il montre, sans contredit, que la venue de Christ n'était
pas une vérité d'un ordre élevé communiquée seulement à ceux qui étaient
particulièrement spirituels, ni une vérité spéciale adoptée par une classe particulière, mais
une partie essentielle du christianisme de ces premiers croyants. Remarquons aussi que
c'était la première épître de Paul, et qu'elle était écrite par conséquent à de tout jeunes
croyants; et c'est à ces convertis qu'il rappelle que, par leur conversion, ils ne s'étaient pas
seulement tournés vers Dieu, mais qu'ils avaient aussi été amenés à attendre le Fils de Dieu.
Sa venue était leur espérance.
Nous trouvons le même langage dans les autres épîtres. Quelques citations suffiront.
Ecrivant aux Corinthiens, l'apôtre dit: «De sorte que vous ne manquez d'aucun don de
grâce, pendant que vous attendez la révélation de notre Seigneur Jésus Christ» (1
Corinthiens 1: 7); aux Philippiens: «Notre bourgeoisie est dans les cieux, d'où aussi nous
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attendons le Seigneur Jésus Christ» (Philippiens 3: 20). Jacques aussi dit: «Usez donc de
patience, frères, jusqu'à la venue du Seigneur» (Jacques 5: 7), et, dans le dernier chapitre
de la Bible, le Seigneur lui-même annonce trois fois son prochain retour, (Apocalypse 22: 7,
12, 20).
Mais c'était Paul spécialement, qui était chargé de révéler cette vérité comme
l'espérance de l'Eglise; et il le fait, en entrant dans des détails précis dans sa première épître
aux Thessaloniciens. Il dit: «Or, nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l'ignorance
à l'égard de ceux qui dorment, afin que vous ne soyez point attristés comme les autres qui
n'ont pas d'espérance. Car si nous croyons que Jésus mourut et qu'il est ressuscité, de
même aussi Dieu amènera ceux qui se sont endormis par Jésus avec lui» (1 Thessaloniciens
4: 13, 14). Il explique ensuite comment les saints reviendront avec Jésus, à son apparition;
car s'ils reviennent avec lui, il faut nécessairement qu'ils aient été avec lui auparavant, et
l'apôtre est spécialement chargé de développer ce mystère. Il ajoute donc: «Car nous vous
disons ceci par la parole du Seigneur: que nous les vivants, qui demeurons jusqu'à la venue
du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui se sont endormis. Car le Seigneur lui-même,
avec un cri de commandement, et une voix d'archange, et la trompette de Dieu, descendra
du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement; puis nous, les vivants qui
demeurons, serons ravis ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur en
l'air, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. Consolez-vous donc l'un l'autre par ces
paroles», (1 Thessaloniciens 4: 15-18). Deux choses ressortent évidemment de ce passage:
d'abord, que le Seigneur reviendra pour prendre les saints, aussi bien ceux qui se sont
endormis que ceux qui pourraient être vivants sur la terre, au moment de son apparition;
ensuite que, quand il reviendra sur la terre, ses saints seront avec lui (voyez aussi Colossiens
3: 4).
Il y a une autre classe de passages, dans lesquels nous sommes exhortés à attendre
plutôt l'apparition que la venue de Christ. Un de ces passages a déjà été cité (1 Corinthiens
1: 7). Nous en ajoutons un autre: «La grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous
les hommes, nous enseignant que, reniant l'impiété et les convoitises mondaines, nous
vivions dans ce présent siècle sobrement, et justement, et pieusement; attendant la
bienheureuse espérance et l'apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus
Christ, etc.» (Tite 2: 11-13). Il y a une raison pour cela. On trouvera que, quand les croyants
sont considérés comme responsables sur la terre, dans le service, par exemple, c'est
l'apparition qui est l'objet principal, plutôt que la venue. C'est ainsi que Paul dit à Timothée:
«Je t'ordonne de garder ce commandement sans tache et irrépréhensible jusqu'à
l'apparition de notre Seigneur Jésus Christ» (1 Timothée 6: 14). On a voulu conclure de ce
passage et d'autres semblables, que l'Eglise sera laissée ici-bas jusqu'à la venue du Seigneur
pour le jugement, et qu'elle aura à passer par la grande tribulation dont le Seigneur parle
dans Matthieu 24. C'est une complète erreur, comme on l'a vu par le passage déjà cité (1
Thessaloniciens 4: 13-18). Le fait est qu'il est parlé de l'apparition en rapport avec la
responsabilité, parce que, comme la terre a été le lieu où s'est accompli le service, la terre
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aussi doit être le témoin de la récompense. C'est pourquoi, dans la seconde épître aux
Thessaloniciens, nous voyons que l'apôtre, après avoir développé, dans la première, ce qui
fait proprement l'espérance de l'Eglise, savoir la venue de Christ, et parlant aux mêmes
saints des persécutions et des tribulations qu'ils enduraient, dirige leurs pensées vers le
temps où ils auraient du repos dans la révélation du Seigneur Jésus du ciel, avec les anges
de sa puissance, «quand il viendra pour être, dans ce jour-là, glorifié dans ses saints et
admiré dans tous ceux qui auront cru» (2 Thessaloniciens 1: 4-10). Ceci ne contredit pas
cette vérité, que la venue du Seigneur pour ses saints est l'objet de notre espérance. C'en
est plutôt le complément.
C'est ce qui sera plus évident encore si nous montrons que rien, d'après les Ecritures,
ne vient s'interposer entre nous et le retour du Seigneur, qu'il peut revenir à un moment
quelconque pour prendre les saints qui l'attendent. Si nous savions qu'un seul événement
dût nécessairement se passer avant que nous fussions réunis avec lui, sa venue ne serait
pas notre espérance immédiate. Dans ce cas, nous devrions regarder d'abord à
l'événement ou aux événements annoncés, et après cela seulement, nous pourrions
attendre la venue du Seigneur. Deux ou trois passages montreront que c'est notre privilège
d'attendre constamment et en tout temps le retour du Seigneur.
Après la résurrection de notre Seigneur et avant son ascension, dans une de ses
entrevues avec ses disciples, Pierre lui dit, en parlant du disciple que Jésus aimait:
«Seigneur, et celui-ci, que lui arrivera-t-il?» Jésus lui dit: «Si je veux qu'il demeure jusqu'à
ce que je vienne, que t'importe? Toi, suis-moi», (Jean 21: 21, 22). Maintenant, sans nous
arrêter sur la signification particulière de ces paroles relativement à Jean, il est clair que s'il
eût dû s'écouler entre le départ du Seigneur et son retour, un long espace de temps pour
que certains événements pussent s'accomplir, le Seigneur n'aurait pas pu parler ainsi.
Citons encore un passage de la première épître aux Corinthiens. L'apôtre dit au sujet de la
résurrection du corps: «Nous ne nous endormirons pas tous, mais nous serons tous
changés» (1 Corinthiens 15: 51); il dit aussi dans le passage de 1 Thessaloniciens 4: 15, dont
nous avons déjà parlé: «Nous les vivants, qui demeurons jusqu'à la venue du Seigneur». On
a fait beaucoup de raisonnements ingénieux sur ces passages, pour obscurcir cette vérité
que Paul ne voyait rien qui pût empêcher le retour du Seigneur durant sa vie. S'il avait su
qu'une longue suite d'événements prophétiques ou des jugements eussent dû s'accomplir
auparavant, il n'aurait pas pu se ranger, comme il le fait en disant nous, parmi ceux qui
pouvaient ne jamais mourir.
Mais on objecte que le Seigneur lui-même a, dans d'autres passages, annoncé à ses
disciples une longue suite d'événements avant son retour; et Matthieu 24 est volontiers
cité par ceux qui cherchent à obscurcir cette précieuse espérance de l'Eglise. Eh bien! que
trouvons-nous là? Après avoir décrit un temps de grande tribulation, le Seigneur dit ce qui
suit: «Et, aussitôt après l'affliction de ces jours-là, le soleil sera obscurci, et la lune ne
donnera pas sa lumière, et les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront
ébranlées. Et alors, paraîtra le signe du Fils de l'homme dans le ciel. Et alors, toutes les
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tribus de la terre se lamenteront et verront le Fils de l'homme venant sur les nuées du ciel,
avec puissance et une grande gloire. Et il enverra ses anges avec un grand son de trompette;
et ils assembleront ses élus, des quatre vents, depuis l'un des bouts du ciel jusqu'à l'autre
bout» (Matthieu 24: 29-31). Et l'on s'empresse de conclure que, si c'est une description du
retour du Seigneur pour son Eglise, il doit s'écouler jusque-là un temps peut-être
considérable. Mais, est-ce que vraiment il est question de l'Eglise dans ce passage? Ce
chapitre lui-même nous fournit plusieurs raisons qui nous empêchent de le croire. Dans le
quinzième verset, le Seigneur donne un signe: «Quand donc vous verrez l'abomination de
la désolation, dont il a été parlé par Daniel le prophète, établie dans le lieu saint (que celui
qui lit comprenne), alors, etc.». Ce signe, comme doivent le reconnaître tous ceux qui
prendront la peine de lire la prophétie de Daniel, se rapporte exclusivement au temple de
Jérusalem, temple qui devait être rebâti plus tard. Le Seigneur les engage à prier pour que
leur fuite n'arrive pas en hiver, ni un jour de sabbat, prière que ne pourrait guère présenter
un chrétien, puisque le sabbat, c'est-à-dire le septième jour, le samedi, est pour lui
absolument comme un autre jour de la semaine. De plus, si, selon qu'il est dit au verset 23,
quelqu'un venait dire à un croyant: Voici, le Christ est ici; ou: Il est là! comment celui-ci
pourrait-il le croire? Ne répondrait-il pas: «Christ est à la droite de Dieu?» Mais rien n'était
mieux calculé pour tromper les Juifs, qui attendaient avec impatience l'avènement du
Messie. En vérité, on ne peut se refuser à admettre que tout le chapitre s'applique aux Juifs
qui, en ce temps, seront à Jérusalem et en Judée. On peut le prouver d'une manière plus
évidente encore. Examinez l'ordre des événements racontés dans le passage cité. Après la
tribulation, le soleil sera obscurci, etc., et alors paraîtra le signe du Fils de l'homme dans le
ciel; et alors toutes les tribus de la terre se lamenteront et verront le Fils de l'homme venant
sur les nuées du ciel, etc., et ce n'est que quand tous ces événements auront eu lieu, qu'il
enverra ses anges avec un grand son de trompette pour rassembler ses élus, etc. Mais, si
cela s'applique à l'Eglise, elle ne serait donc rassemblée qu'après son apparition. Mais que
dit Paul? «Quand Christ, qui est votre vie, sera manifesté, alors vous aussi, vous serez
manifestés avec lui en gloire» (Colossiens 3: 4). Les deux passages ne peuvent donc pas
s'appliquer à la même chose, car ils se contrediraient. Ce qui est dit dans Matthieu 24, est
différent de ce que nous trouvons dans Colossiens 3, et ne peut donc évidemment
s'appliquer à l'Eglise, mais bien au résidu juif qui sera rassemblé de la manière décrite,
quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire.
En Apocalypse 19, nous trouverons encore une preuve à l'appui de cette vérité: «Et je
vis le ciel ouvert, et voici un cheval blanc; et celui qui était monté dessus appelé, fidèle et
véritable; il juge et combat en justice. Et ses yeux étaient comme une flamme de feu; et sur
sa tête, il y avait plusieurs diadèmes; et il portait un nom écrit que nul n'a connu que lui
seul. Et il était vêtu d'une robe teinte dans le sang; et son nom s'appelle la parole de Dieu»
(Apocalypse 19: 11-13). C'est une description de la venue du Seigneur en jugement, comme
le montre la suite; en d'autres termes, de son apparition. C'est à ce moment qu'il revient
avec ses saints. La Parole le dit d'ailleurs: «Et les armées qui sont dans le ciel le suivaient
sur des chevaux blancs, vêtues de fin lin, blanc et pur» (verset 14). Qui sont ceux-ci? Leur
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vêtement est distinctif et fournit la réponse: «Les noces de l'Agneau sont venues et sa
femme s'est préparée. Et il lui a été donné d'être vêtue de fin lin éclatant et pur, car le fin
lin, ce sont les justices des saints» (Apocalypse 19: 7, 8). Les armées donc qui suivaient sur
des chevaux blancs, sont les saints; mais si ce sont des saints, ils doivent avoir été avec
Christ, avant qu'il sorte pour exercer le jugement à son apparition. Ceci est en parfait accord
avec la déclaration de Paul: «Quand le Christ qui est votre vie sera manifesté, alors vous
aussi, vous serez manifestés avec lui en gloire» (Colossiens 3: 4).
Il est donc bien clair que le Seigneur revient pour prendre les siens avant de paraître
pour le jugement, et que, par conséquent, il n'y a pas d'événements qui doivent
nécessairement se placer entre nous et la venue du Seigneur. Cela pourrait déjà se conclure
de ses paroles: «Je suis la racine et la postérité de David, l'étoile brillante du matin»
(Apocalypse 22: 16), car l'étoile de l'espérance qui brille là-haut dans les cieux est le héraut
et l'avant-coureur de ce jour qui vient, l'étoile vers laquelle nous nous tournons dans les
heures sombres que nous traversons ici-bas, attendant d'être recueillis pour jouir avec lui
de ses gloires célestes. «Celui qui rend témoignage de ces choses, dit: Oui, je viens bientôt».
Heureux ceux qui peuvent répondre de tout leur coeur: «Amen! viens, Seigneur Jésus»
(Apocalypse 22: 20).
Tel est l'enseignement de la parole de Dieu, que beaucoup font profession de
reconnaître. Mais c'est une chose de maintenir une doctrine, et une autre de vivre dans la
puissance de cette doctrine, pour être possédé par la vérité qu'elle exprime et y conformer
notre vie. Retenir la doctrine que le Seigneur peut revenir d'un moment à l'autre, et vivre
comme si ce monde était notre patrie, être rempli de ses préoccupations et de ses plaisirs,
ou être engagé dans des choses qui ne conviennent pas à Celui que nous professons
d'attendre, c'est renier pratiquement notre espérance et même faire de la grâce de Dieu
une occasion de laisser agir la volonté propre et de se complaire à soi-même. Il convient
que tous ceux qui croient que le Seigneur est à la porte se jugent eux-mêmes, et leur coeur,
et leurs voies, à la lumière de la Parole, afin qu'ils puissent être dans un état conforme à
leur attente, et répondant à la présence de Celui que nous espérons bientôt voir face à
face, pour être avec lui à toujours. Voyons maintenant, par quelques exemples, quel effet
cette bienheureuse espérance doit produire sur notre marche et sur nos actes.
La parabole des dix vierges (Matthieu 25), montre que, quelle que soit la profession
que nous faisons, nous ne sommes pas prêts pour la rencontre du Seigneur, si nous n'avons
pas de l'huile dans nos vaisseaux; et l'effet du cri: «Voici l'époux», fut de réveiller les sages
et les folles, quant à leur condition et à leurs besoins. Mais chacun comprendra que ceux-
là seuls qui sont nés de nouveau par la Parole et le pouvoir du Saint Esprit, peuvent être
prêts pour la venue du Seigneur. Il y avait autre chose encore. Le cri était: Sortez à sa
rencontre. Ceci rappelle un autre passage. Après nous avoir dit que, quand Christ sera
manifesté, nous lui serons semblables, car nous le verrons tel qu'il est, Jean ajoute ceci: «Et
quiconque a cette espérance en lui, se purifie comme lui est pur» (1 Jean 3: 2, 3). L'effet
d'une attente de Christ, vivante et réelle, sera de nous mettre à part et de produire en nous
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une séparation croissante. Si nous l'avons présent à nos âmes, et si nous regardons à lui à
toute heure, notre désir sera vraiment d'être loin de tout ce qui déplaît à ses yeux, et d'être
occupés de ce qui réjouit ses regards. C'est pourquoi nous pouvons mesurer la réalité et
l'intensité de notre espérance, par l'action qu'elle exerce sur nos coeurs et sur nos vies,
pour les maintenir dans une atmosphère de séparation. Comment, si nous nous attendons
à tout moment à voir la face de Christ, pourrions-nous nous livrer à une chose innocente
en elle-même, mais qui ne serait pas positivement pour Christ? Non, si nous l'attendons,
nous n'aspirerons qu'à être trouvés tels qu'il veut que nous soyons, en sorte que, sevrés de
toutes les choses terrestres et de tout ce qui pourrait attacher nos coeurs à la scène par
laquelle nous passons, nous puissions n'avoir rien à quitter que le désert lui-même, quand
il descendra des cieux avec un cri de commandement, avec une voix d'archange et avec la
trompette de Dieu!
Nous pourrons ainsi tenir nos lampes prêtes et allumées. Toutes les vierges s'étaient
endormies, et quand elles se réveillèrent de leur coupable assoupissement, leur première
pensée fut pour leurs lampes. «Alors toutes les vierges se levèrent et apprêtèrent leurs
lampes». Elles ne s'en étaient pas inquiétées jusqu'alors, mais aussitôt qu'elles entendent
ce cri: «Sortez à sa rencontre», elles s'assurent si leurs lampes sont prêtes, pour aller au-
devant de lui. Mais ces lampes auraient dû être prêtes et briller au milieu des ténèbres
toute la nuit; et si les vierges avaient réellement attendu l'époux, il n'en aurait pas été
autrement. Qu'en est-il de nous qui faisons profession d'attendre le Seigneur? Notre
lumière brille-t-elle? Brille-t-elle d'une manière invariable au milieu des ténèbres qui nous
entourent? La lumière, c'est Christ. Est-ce que c'est lui que nous reflétons? «Une ville située
sur une montagne ne peut être cachée. Aussi n'allume-t-on pas une lampe pour la mettre
ensuite sous un boisseau, mais sur un pied de lampe; et elle luit pour tous ceux qui sont
dans la maison» (Matthieu 5: 14, 15). De la même manière si, par la grâce de Dieu, Christ
est en nous, c'est pour qu'il soit manifesté. «Car c'est le Dieu qui a dit à la lumière de
resplendir des ténèbres, qui a relui dans nos coeurs pour faire luire la connaissance de la
gloire de Dieu dans la face de Jésus Christ» (2 Corinthiens 4: 6).
Paul fait différentes applications de cette vérité: «Ne vous inquiétez de rien, le
Seigneur est près» (Philippiens 4: 5, 6). Il veut donc que nous soyons sans aucune
inquiétude, dans l'attente de sa venue. Il emploie la même vérité pour fortifier le coeur des
saints (1 Thessaloniciens 4: 18). Et qu'est-ce qui peut consoler le coeur de ceux qui ont
perdu quelqu'un des leurs, comme l'attente de Christ? Car, même pendant que le corps de
nos bien-aimés est là gisant dans la maison, ou pendant qu'on les porte au tombeau, le
Seigneur peut revenir; nous sommes autorisés à l'espérer; et alors ils seront réveillés du
sommeil de la mort, et nous-mêmes nous serons transmués; alors ensemble, avec eux,
nous serons ravis dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l'air; et ainsi nous serons
toujours avec le Seigneur (1 Thessaloniciens 4: 17).
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L'apôtre Jacques exhorte à la patience, en se fondant sur la même pensée (Jacques 5:
7, 8). L'attente du retour du Seigneur est ainsi un réconfort, pour la fatigue, les difficultés
et les épreuves de notre pèlerinage dans le désert.
Le Seigneur lui-même emploie continuellement cette pensée de l'incertitude du temps
de son retour, comme un motif à la fidélité. Il se représente lui-même dans la parabole,
comme s'en allant dans un pays éloigné pour recevoir un royaume et revenir, il donne les
talents à ses serviteurs et leur dit: «Trafiquez jusqu'à ce que je vienne» (Luc 19: 12, 13). Il
dit encore: «Qui est donc l'esclave fidèle et prudent, que son seigneur a établi sur les
domestiques de sa maison pour leur donner la nourriture dans le temps qu'il faut?
Bienheureux est cet esclave-là, que son maître, lorsqu'il viendra, trouvera faisant ainsi. En
vérité, je vous dis qu'il l'établira sur tous ses biens. Mais si ce méchant esclave-là dit en son
coeur: Mon maître tarde à venir; et qu'il se mette à battre ceux qui sont esclaves avec lui,
et qu'il mange et boive avec les ivrognes; le seigneur de cet esclave viendra au jour qu'il ne
l'attend pas et à l'heure qu'il ne sait pas, et il le coupera en deux, et lui donnera sa part avec
les hypocrites; là seront les pleurs et les grincements de dents» (Matthieu 24: 45-51).
Voilà quelques exemples de l'usage pratique de cette vérité que Christ viendra prendre
les siens. Un examen de tous les passages qui traitent de ce sujet, montrera que cette
pensée est mêlée à tous les détails de la vie et de la marche chrétienne.
Etre privé de cette espérance, c'est perdre un des plus puissants motifs à la sainteté
que nous donnent les Ecritures. Bien plus, c'est perdre, comme nous l'avons déjà remarqué,
une partie intégrante du christianisme; c'est pourquoi le chrétien qui n'a pas compris cette
vérité de la venue du Seigneur, ne sait pas ce qu'est la position dans laquelle il a été
introduit, non plus que la plénitude de la grâce de Dieu. Est-ce que la venue de Christ, —
Christ lui-même revenant, — est votre espérance, cher lecteur? Quelle autre perspective
pourrait, au même degré, réjouir le chrétien? Voir Celui que nous aimons sans l'avoir vu!
Etre comme lui et avec lui pour toujours! Sûrement, si nos coeurs répondent, même dans
la plus faible mesure, à ce qu'il est pour nous et à son amour; nous soupirons après le
moment où il aura la joie de prendre les siens à lui, et où notre joie sera consommée dans
la possession éternelle de l'objet de nos affections.
Puisse le Seigneur amener encore beaucoup de ses saints à la connaissance de cette
vérité; et quant à ceux qui l'attendent, puissent-ils, par sa grâce, la maintenir vivante et
forte en faisant, sous son influence sanctifiante, chacun de leurs pas à travers le désert!