Rapport Environnemental Bénin
Rapport Environnemental Bénin
VOLUME III
Le présent volume ne fait pas partie des obligations contractuelles. Les collaborateurs
nationaux de l’Alliance ont cependant collecté un important corps d’information dans la
collecte des matériaux de base et dans les interactions avec la partie nationale. L’ensemble de
cette information est recueillie ici comme un thesaurus pouvant servir dans la bibliographie à
la disposition des pays sur les questions relatives à l’environnement.
Les documents présentés ici couvrent 8 pays de l’UEMOA et 2 pays de la CEDEAO. Seul le
rapport sur le Nigeria n’a pu être présenté, ce pays n’ayant pu être traité dans la première série
des visites de pays. Il s’agit :
L’information confirme l’engagement certain des pays de la sous région dans la ratification et la mise
en œuvre des nombreuses conventions relatives à l’environnement et la gestion des ressources
naturelles. Elle constitue une documentation de référence sur les problèmes d’environnement et de
gestion de l’environnement après avoir largement contribué au matériel supportant l’écriture de la
Politique sur l’Amélioration de l’Environnement.
Sigles et Acronymes.................................................................................................................. 6
1. Introduction sur le pays ....................................................................................................... 7
1.1. Le cadre physique.......................................................................................................... 7
1.2. Population et caractéristiques démographiques......................................................... 8
1.3. Moyens de subsistance : rôle des différents secteurs ................................................. 9
1.3.1. Les secteurs et leur dynamisme ........................................................................................................................ 9
1.3.2. Évaluation des pressions exercées sur l'environnement et les ressources naturelles ............................. 10
1.4. Situation économique générale et éléments socio-économiques.............................. 13
1.5. L’évolution politique, juridique et institutionnelle .................................................. 15
2. Ressources naturelles ......................................................................................................... 16
2.1. Les terres : mise en valeur et problèmes ................................................................... 16
2.1.1. L’appréciation générale du patrimoine .......................................................................................................... 16
2.1.2 .Les zones agro-écologiques et qualité des terres ......................................................................................... 17
2.2. Les ressources en eau .................................................................................................. 19
2.3. La zone côtière et les zones humides nationales ....................................................... 21
2.3.1. Typologie des zones humides du Bénin : caractéristiques et distribution ............................................... 21
Les zones humides marines/côtières ................................................................................. 21
2.3.2. Etat actuel des zones humides nationales : des écosystèmes proches de la rupture d’équilibre .......... 22
2.4. Les ressources végétales .............................................................................................. 25
2.4.1. Le potentiel floristique du Bénin .................................................................................................................... 25
2.4.2. Utilisation des ressources forestières ............................................................................................................. 29
3. Systèmes urbains et industriels : résumé succinct de situation...................................... 32
3.1. L'état de l'environnement urbain .............................................................................. 32
3.2. Les déchets solides....................................................................................................... 33
3.3. Les déchets liquides et les boues de vidanges............................................................ 34
3.4. L'état de l'air................................................................................................................ 34
3.5. Les atteintes aux écosystèmes, au foncier et à l'habitat. .......................................... 35
4. Gestion de l’environnement et Conservation................................................................... 35
4.1. Les politiques en matière de gestion de l’environnement au Bénin........................ 36
4.1.1. Avant Rio : objectifs, stratégies et mise en oeuvre..................................................................................... 36
4.1.2. Les politiques en matière de gestion de l’Environnement : Après RIO................................................... 37
4.2. L’impact des politiques de gestion de l’environnement ........................................... 38
4.3. L’environnement dans les relations actuelles entre le Bénin et les autres ............. 38
5. Perception de la coopération internationale, régionale et sous -régionale ..................... 38
5.1. Principes directeurs importants pour le pays ........................................................... 40
5.2. Rôle attendu dans l’interface coopération régionale et protection de
l’environnement .................................................................................................................. 40
5.3. Pe rception de la ou des priorités sous régionales du point de vue du pays............ 40
5.4. Eléments d’orientation majeurs de la politique ....................................................... 40
6. Points de vue sur la mise en œuvre régionale d’une politique de l’environnement ..... 41
Bibliographie........................................................................................................................... 42
Annexes ................................................................................................................................... 43
La République du Bénin est un pays de l'Afrique Occidentale situé entre 6° 30 et 12° 30 de latitude
Nord et 1° et 3° 40 de longitude Est. Elle est limitée au Nord par le fleuve Niger sur 120 km, au
Nord-Est par le Burkina-Faso sur 270 km, au Sud par l'Océan Atlantique sur 125 km à l'Est par la
République Fédérale du Nigeria sur 750 km et à l'Ouest par le Togo sur 620 km.
D'une superficie de 114722 km2 , le Bénin s'étend de l'Océan Atlantique sur 700 km, sa largeur
est de 125 km au Sud entre Hillacondji et Kraké, de 325 km à la latitude de Korontière et de
120 km à l'extrême Nord.
Le relief du Bénin est constitué de plaines au Sud et à l'extrême Nord. Les plateaux se
retrouvent au centre comme au Nord. Il s'agit, entre autres des plateaux qui font suite à la
plaine côtière constituée de la terre de barre de ceux d'Aplahoué, d'Abomey et du plateau
près de Kandi. En dehors de ces types de relief, il y a la pénéplaine cristalline qui s'étend entre
le Mono, Kétou et Bassila. Ce sont des reliefs résiduels de gneiss, de granite et de quartzite
qui se trouvent à Bembèrèké, Kalalé, Maro, Bantè, Savalou, Dassa- Zoumè. Enfin, le Nord-
Ouest est traversé par la chaîne de l'Atacora qui est formé de deux bourrelets parallèles
séparés par une dépression. C'est la seule partie accidentée du pays.
L'hydrographie est dépendante du relief, des domaines climatiques et des types de sol. En
effet, la chaîne de l'Atacora apparaît comme le château d'eau du Bénin où les principaux cours
d'eau prennent leur source. Ainsi l'Ouémé, la Penjari et la Mékrou partent de cette zone. Entre
le littoral et les plateaux du sud du Bénin s'étendent des lacs et des lagunes qui communiquent
avec l'océan atlantique. Les cours d'eau et les plans d'eau constituent d'importants atouts pour
l'agriculture, l'élevage, la pêche, les transports, le tourisme et la production de l'énergie
électrique.
Le Bénin est un pays pourvu de ressources minières. Les minerais existants sont le fer, l'or, le
chromite, l'uranium (au Nord) ; le calcaire, le marbre, le kaolin, l'argile, le sable, le phosphate
et les eaux minérales (au Sud). Certains des minerais du Sud sont en exploitation et peuvent
être une source de richesse du pays. Les ressources énergétiques se limitent au pétrole de
Sèmè et au Bois.
Selon les données de l’Enquête Statistique Agricole 96-97, la population agricole du Bénin est
estimée à un peu plus de 3,5 Millions de personnes réparties assez également entre les
hommes et les femmes. La population agricole est particulièrement concentrée dans les
Départements du Mono, du Borgou et du Zou qui comptent à eux seuls 60% de la population
agricole totale.
L'ensemble de la population connaît une situation matrimoniale très instable avec des taux
non négligeables de divorcés, de veufs, de séparés et d'unions libres. Cette population a dans
l'ensemble, une propension au mariage. Les mouvements des populations sont de deux types
internes et externes.
Au plan interne, il s'agit de l'exode rural et de l'exode agricole. Les migrations externes
concernent les déplacements des jeunes ruraux qui vont vers les pays limitrophes pour vendre
leur force de travail. Aussi, des ouvriers, des intellectuels, des hommes d'affaires migrent-ils
vers des pays africains et européens.
La population du Bénin vit en ville ou en milieu rural. Dans ce dernier milieu, l'habitat est
tantôt groupé, tant dispersé. La population dans sa majorité a aujourd'hui tendance à vivre en
ville. Ce qui pose des problèmes de la main d’œuvre, de la sécurité, de l'assainissement des
centres urbains et de la production agricole car les villages se vident de plus en plus de leurs
bras valides.
Par ailleurs, le Bénin est composé de plusieurs groupes socioculturels qu'on regroupe en trois
grands groupes : le groupe GBE, le groupe EDE et le groupe GUR. Ces différents groupes ont
des formes d'organisation sociale variées allant des systèmes de pouvoir centralisés à des
systèmes de pouvoir "sans chef". A ces différents groupes, s’associent plusieurs langues.
Malgré ces diversités l'organisation sociale se fait autour de la cellule familiale qui est l’unité
de production, de consommation et d'intégration sociale. La société s'appuie sur le
développement de l'individu et du groupe social en harmonie avec le milieu naturel. La
société a été de tout temps le cercle dans lequel l'individu a vécu. Mais les difficultés
économiques du pays et l'urbanisation vont changer sérieusement les comportements des
hommes. Cela donnera un début d'individuation. Malgré cela, les béninois restent
profondément religieux. Ils se partagent trois grandes religions l'animisme, l'Islam et le
christianisme.
L’analyse des aspirations des populations béninoises dans le cadre des Etudes Nationales de
Perspectives à Long Termes : Bénin 2025 révèle que l’environnement national n’est pas
Le secteur primaire
Le secteur secondaire
La contribution des diverses branches de l’industrie se présentait comme suit : 1,7% et 0,6% pour la branche des industries extractives
respectivement de 1985 à 1990 et sur la période 1990-97 ; 4,90% et 4,74% pour la branches des industries alimentaires. La contribution
des autres industries à la création de la richesse nationale oscillait autour de 2,5% du PIB.
Le secteur tertiaire
En 1970 le secteur tertiaire représentait 40% du PIB, mais depuis le début des années 80 ses
contributions dépassent la moitié du PIB. L’évolution du secteur tertiaire dépend de la
politique économique conjoncturelle des pays de la sous région. Depuis 1990 son rythme
d’accroissement est soutenu. Les principales activités du secteur sont : le commerce (17% du
PIB et plus d’un actif béninois sur quatre (21,1%) ; les transports (en moyenne 8% du PIB
sur la période 1985 – 1997 avec 2,6% d’actifs) ; les autres services marchands (environ 11%
de contribution à la création de la richesse intérieure) avec des activités comme les services
bancaires et les assurances, l’hôtellerie et la restauration, la location sous toutes ses formes,
les services de réparation, etc.
1.3.2. Évaluation des pressions exe rcées sur l'environnement et les ressources naturelles
L'une des caractéristiques du Bénin est d'avoir une économie basée en grande partie sur
l'agriculture. Elle occupe 56% de la population active. Les principales cultures vivrières
pratiquées sont le maïs, l'igname, le manioc, le haricot, le mil et sorgho. Comme produits
agricoles destinés à l'exportation, on peut citer le coton, l'arachide, le café, les noix palmistes,
l'huile de palme, etc.
En général, les produits et les biens fournis par la nature sont directement exploités par les
acteurs de ces différents secteurs que sont en grande majorité les populations. A l'analyse, les
activités développées à travers ces différents secteurs s'appuient sur les fonctions de support
telles que les conditions naturelles favorables à la culture et à l'élevage. Toutefois, les modes
de développement de ces activités peuvent, dans bien de cas, conduire à des perturbations
dangereuses voire irréversibles des fonctions de régulation telles que la maintenance de la
fertilité des sols, la capture de l'eau et la recharge de la nappe. De la même manière, les
fonctions de production, c'est-à-dire les biens produits par la nature et pour lesquels il suffit
aux hommes d'investir du temps et de l'énergie pour les récolter, peuvent être compromises
sous l'effet de prélèvements abusifs et anarchiques.
Au Bénin, l'expression de ces pressions sur les fonctions de l'environnement est généralement
traduite sous l'utilisation de l' environnement qui pourrait déboucher sur une dégradation des
ressources. Cette dégradation est accentuée par la croissance démographique rapide et sa
répartition initiale, accompagnée d’une expansion incontrôlée des villes côtières, générant
ainsi de graves problèmes environnementaux. L’insécurité foncière observée dans plusieurs
parties du pays accentue également les pressions exercées par les populations d’éleveurs et
d’agriculteurs qui initient rarement des efforts dans le sens de l’amélioration ou de la
protection du patrimoine naturel.
Conséquences écologiques
L’élevage, représentant 10% du Produit Intérieur Brut (PIB), regroupe un cheptel important
de bovin, d’ovins-caprins. L’élevage des porcins qui se trouve concentré dans le sud du pays a
été très perturbé en 1996 par une épidémie de peste porcine africaine a pratiquement décimé
la totalité de l'élevage porcin. Ce secteur est confronté à un certain nombre de problèmes tels
le surpâturage, les feux et la transhumance pouvant donner lieu à des manifestations de
dégradation importante de l’environnement. Le développement d’un élevage «moderne», en
particulier porcin, susceptible d’avoir un fort impact négatif sur l’Environnement, n’est
actuellement qu’embryonnaire.
Le Bénin ne dispose plus que de quelques restes de forêts secondaires denses, trop morcelés.
L’exploitation forestière proprement dite n’a qu’une importance relative sur le plan des
transactions commerciales. La majorité du bois d’œuvre provient des teckeraies qui
représentent en superficie une infime partie des espaces forestiers existants. Le Bénin ne
connaît pas encore de graves problèmes environnementaux liés directement à l’exploitation
forestière pour le bois d’œuvre. Le danger vient plutôt de la sous-valorisation des produits
forestiers, du braconnage et surtout d’une exploitation des produits ligneux utilisés comme
combustible.
Le secteur de l'industrie contribue seulement pour 13% au PIB contre 35% pour l'ensemble du
secteur primaire. Toutefois le Bénin possède de nombreuses ressources minières insuffisamment
exploitées. Le calcaire, l’argile, les galets et le sable lagunaire constituent une partie des ressources
mobilisables. Une partie de ces ressources est déjà exploitée dans des conditions pouvant générer
des problèmes environnementaux. L’industrie manufacturière est peu développée (8% du PIB). Son
impact sur l’Environnement est peu important. Toutefois on note des problèmes d’installations et
de pollutions ponctuelles dont les impacts sur l’environnement restent à évaluer.
Conséquences économiques
Les données disponibles aujourd’hui sont insuffisantes pour évaluer de façon conséquente le
coût de ce que l’on pourrait qualifier aujourd’hui de dégradation environnementale. Certaines
tentatives d’estimation du coût de la dégradation environnementale ont été menées pendant la
préparation du PAE sur la base d’une sélection des impacts économiques majeurs de la
dégradation environnementale. Ces impacts touchent essentiellement à l’érosion et à
l’appauvrissement des sols, au recul du couvert forestier et de la biodiversité, à la pollution de
l’eau et à la diminution des ressources halieutiques, en particulier dans les lagunes.
Les coûts totaux correspondants ont été estimés au début des années 90 dans une fourchette
comprise entre 10 et 20 milliards de francs CFA.
Conséquences sociales
La majorité des populations rurales du Bénin vivent de produits et de biens fournis par la
nature exploités directement sans grande transaction monétaire (les fruits, la faune sauvage,
les bois de construction et de chauffe…). De la même façon, ces populations utilisent les
fonctions de support telles les conditions naturelles favorables à la culture et à l’élevage à tel
point que ces activités relèvent des valeurs sociales. La disparition ou une forte perturbation
de ces fonctions peuvent menacer l’existence et l’équilibre des sociétés dont l’essence réside
dans les fonctions environnementales.
Au cours de la décennie 80, l’économie béninoise a traversé une crise aiguë ayant entraîné
l’aggravation des déséquilibres intérieurs et extérieurs, la dégradation des infrastructures
économiques et sociales, le ralentissement de la croissance et de la production.
Ainsi, le taux de croissance du PIB qui était en moyenne de 5% sur la période 1977-1980 est
tombé à 3% de 1981 à 1985 et à 1,2% seulement sur la période 1988-1990 suite à la crise
économique et financière que le Bénin a connue pendant la deuxième moitié des années 80.
Ces mauvaises performances sont le fait des résultats enregistrés dans le secteur primaire
(4,79%), dans le secteur secondaire (1,17%) et dans le secteur tertiaire (0,60%) qui ont souffert
du centralisme d’Etat.
Le Bénin a opté depuis 1990 pour une économie de type libéral et a poursuivi les politiques
d’ajus tement amorcées depuis la signature du premier PAS en 1989. Pour l'essentiel, ces
politiques ont visé l'assainissement des finances publiques, la restructuration des entreprises
publiques et la mobilisation de ressources pour appuyer l'Etat dans ses fonctions régaliennes.
Ainsi, le pays a renoué, et ce depuis 1991, avec la croissance économique dont le taux moyen
actuel est de 5,5% sur la période 1991-2002 sauf pour l’année 1998. Cette année – là le taux
est tombé à 4,5% à cause des effets de la crise énergétique. Mais cette tendance haussière s’est
estompée ramenant le taux de croissance à un niveau de 4,4% en 2003 à cause de la mauvaise
campagne agricole et de la faible performance enregistrée au niveau du secteur secondaire.
Les différentes réformes et mesures mises en œuvre dans le cadre des mesures d’ajustement
structurel ont permis le rétablissement progressif des équilibres macro-financiers
indispensables à une meilleure allocation des ressources publiques.
Les recettes fiscales ont connu une augmentation régulière tout au long de la décennie 90.
Entre 1998 et 2002, elles sont passées de 211,3 milliards à 318,2 milliards de francs CFA, soit
un taux d’accroissement non négligeable de 50,6%. Les résultats satisfaisants observés au
niveau des recettes fiscales masquent cependant la fragilité de la fiscalité au Bénin. En effet,
le taux élevé de pression fiscale (environ 14% entre 1998 –2002) et les impôts intérieurs (BIC
Le ratio dépenses publiques / PIB qui était de 16-17% dans la première moitié des années 90
se situe en 2002 autour de 20,2%, indiquant ainsi que ces dépenses ont subi une pression à la
hausse.
En plus, l’économie béninoise est caractérisée par une maîtrise de son inflation (3 à 4% l’an),
une amélioration progressive de sa balance commerciale et une meilleure gestion de sa dette
extérieure dont le ratio encours / PIB a été de 56% en 2001, ratio inférieur à la norme de 60%
fixée dans l’espace UEMOA.
En dépit des améliorations constatées, la reprise économique du Bénin reste fondée sur des bases
fragiles caractérisées essentiellement par la monoculture d'exportation du coton qui demeurera
encore pendant longtemps assujettie aux aléas climatiques, aux coûts de production élevés et
surtout aux fluctuations des cours sur les marchés mondiaux. On note une aggravation du déficit
structurel de la balance commerciale : 105,2 milliards de francs CFA en 1992 contre 334,
milliards de francs CFA en 2002. Les causes à cette situation sont : la mauvaise performance des
exportations due à l’absence de diversité de produits exportés et la faiblesse des industries de
transformation des produits agricoles
Les performances sont aussi confrontées à une forte croissance démographique et ne font
apparaître qu'un rythme très modeste de croissance annuelle moyen du PIB/ habitant de moins
de 1%. Il convient aussi de souligner que, comp te tenu de la dynamique démographique
actuelle, même si les performances de ces dernières années se maintiennent, il faudra environ
un demi-siècle pour doubler le revenu moyen par habitant qui est aujourd'hui d'environ 380
dollars US 1 .
Malgré tous les effo rts consentis, le Bénin fait partie des pays les plus pauvres du monde et
l’accroissement de la pauvreté dans le pays signalé dans les années 90, est préoccupante.
L’indicateur de développement humain pour le Bénin en 2003 le classe à la 159ème place sur
les 173 pays évalués par le PNUD. Selon les données officielles, l’indice de la pauvreté
rurale, estimé à partir du niveau des dépenses, est passé de 25,2% au milieu des années 90 à
33% en 2000 tandis que l’indice de pauvreté en milieu urbain a baissé, passant de 28,5% à
1
Forum sur l’accélération de la croissance, mai 2001
Le Bénin souffre toutefois d’un certain nombre de handicaps qui peuvent constituer des freins
à l’investissement et particulièrement à l’investissement étranger car, aujourd’hui, le taux de
l’épargne locale et les investissements d’origine nationale voire Ouest Africaine ne peuvent
constituer un moteur suffisant pour financer les besoins gigantesques en infrastructures et en
industries dont le pays a cruellement besoin.
Sur le plan financier, le Bénin souffre d’une faible contribution du système bancaire au
financement de l’investissement et une insuffisance des outils d’intervention en fonds propres.
Cette situation pouvait être supportable dans une optique de croissance moyenne de
l’ensemble de l’économie, mais elle est insuffisante dans une approche volontariste d’un
gouvernement qui souhaite et qui a besoin d’investir dans l’industrie des montants de
plusieurs centaines de milliards de F CFA en quelques années.
En 2000, le ratio de stocks d’IED représentait 28,8% du PIB 4 . Ce niveau demeure dans la
moyenne des pays africains et des pays en développement, mais inférieur par rapport à
certains des voisins du Bénin comme le Togo et le Nigeria. Force est de reconnaître que seul
le secteur qui a bénéficié de manière substantielle demeure le secondaire. Cependant sa
contribution à la formation du PIB n’est que de l’ordre de 14%.
2
Source : DSRP
3
Centre de Promotion des Investissements (CPI), 2003
4
Source CNUCED, base de données FDI/TNC
Cette situation politique a permis la tenue des états généraux de la fonction publique et du
système juridique, la prise en compte de plusieurs décrets dans le cadre de l'environnement.
Malgré ces dispositions, le droit sur l'environnement n'est pas toujours respecté dans le pays.
La population méconnaît ses droits et ses devoirs en matière de la protection et de la
sauvegarde de l'environnement. Les infractions sur l'environnement sont toujours restées
impunies.
2. Ressources naturelles
2.1. Les terres : mise en valeur et problèmes
Les terres productives constituent l’ensemble des couches meubles à la surface du sol, dans
lesquelles il est possible de faire pousser des végétaux. Elles représentent une importante
ressource pour l’agriculture béninoise et dérivent d’un système dynamique où interagissent
monde minéral, atmosphère, hydrosphère, et biosphère. Ce sont les terres de culture, c’est à
dire l’ensemble des terres mises en valeur à des fins agricoles mis à part les zones
d’affleurement, les forêts classées, les parcs nationaux et les zones d’habitation. La terre n’est
pas un capital immuable dont la valeur est maintenue et définie une fois pour toute. C’est un
capital dont l’état peut vite évoluer sous l’interférence des facteurs physiques et anthropiques.
Source essentielle de la vie de la majorité des populations béninoises, la terre ne vit que par
l’eau qu’elle peut recevoir soit du sous-sol, soit de la surface (plan d’eau) soit surtout de la
pluie. A cela, il faut ajouter les facteurs d’ensoleillement, de température, d’hygrométrie qui
définissent l’influence du climat. Au Bénin, la situation des terres productives est une
question relativement sensible et délicate qui présente des spécificités suivant les régions du
pays.
Le Bénin dispose de quelques 8 300 000 ha de surface agricole cultivable mis à part les
affleurement rocheux, les forêts classées et les parcs nationaux, les zones d'habitat et les plans
d'eau, soit 72,3% du territoire national. Seulement 23% du disponible exploitable est emblavé
La zone côtière
Elle se caractérise par sa bande sableuse où la contrainte foncière s’exprime à un double point
de vue par la disponibilité et la qualité des terres et y rend presque impossible toute activité
agricole. En effet, des 500 km2 que couvre cette zone, seuls 100 km2, de qualité médiocre,
peuvent servir à la production végétale. Le cocotier et quelques productions maraîchères à
faible rendement constituent les activités agricoles qui s’y mènent. La concentration des
infrastructures et équipements ainsi que le développeme nt des activités des secteurs
secondaire et tertiaire constituent des paramètres d’amenuisement pour l’exploitation à des
fins agricoles. L’érosion côtière se manifeste de manières diverses selon les emplacements.
Des études réalisées par NEDECO dans le cadre de l’extension du port et le projet FAC, ont
permis de constater plusieurs manifestations liées au transit littoral de sable estimé à 1 200
000 m3 par an.
La vallée du Niger
Globalement, elle regroupe les sous-préfectures de Malanville et Karimama et couvre une
superficie d’environ 6000 km2. Elle dispose d’une superficie cultivable assez faible (3,1 à 5
ha par exploitation agricole), surtout à Karimama où la parcelle disponible par tête est de 0,20
Le potentiel en eau des cours d’eau non compris les eaux du fleuve Niger est estimé en
moyenne à 13,106 milliards de mètres cubes par an. Les lacs et lagunes forment au Sud du
pays un chapelet de plans d’eau composé du lac Ahémé (entre 78 et 100 km² avec un marnage
de 80 cm), de lac Nokoué (entre 160 et 180 km² à l’étiage et en crue annuelle stockant
respectivement 147 millions de mètres cubes et 325 millions de mètres cubes pour un
marnage de l’ordre de 1,5 m), de trois systèmes lagunaires (occidental, central et oriental) et
de la lagune de Porto-Novo.
Les zones humides du sud – Bénin se composent des parties avales des bassins des fleuves
Mono, Couffo et Ouémé qui dans la plaine côtière s’associent à un système hydrographique
complexe composé d’un chapelet de lacs (Nokoué, Ahémé, Toho, Togbadji, etc) et lagunes
(Gbaga, Lagune côtière, Lagunes anciennes, Lagune Djonou, Chenal de Cotonou, Lagune de
Porto-Novo). S’ouvrant sur l’Océan Atlantique à travers deux embouchures ( chenal de
Cotonou et la "Bouche du Roy"), ces cours et plans d’eau sont sous l’influence d’une ma rée
semi-diurne. Tout le système se caractérise ainsi par un balancement semi saisonnier d’eau
douce et d’eau salée avec une salinité variant de 0 à 33 ‰. On rencontre également des
écosystèmes humides associés aux lagunes, lacs et rivières d'eau saumâtre. Il s'agit des
mangroves dans le complexe Ahémé-Chenal Aho- lagune côtière et bas-Mono, les vasières,
marécages et forêts marécageuses et les cordons littoraux sableux.
A ces rivières et cours d’eau permanents et intermittents sont plus ou moins associées des
mares dont les plus importantes se rencontrent dans le Parc National de la Pendjari (Réserve
de Biosphère de l’UNESCO): mares Bali, Yengouali et Bori .
2.3.2. Etat actuel des zones humides nationales : des écosystèmes proches de la rupture
d’équilibre
Très peu de travaux ont porté réellement sur les écosystèmes humides continentaux et
artificiels du Bénin. Il en découle une absence presque totale de données d’analyse et
informations pertinentes pour appréhender leurs évolutions.
Les dégradations concernent tous les milieux humides et sont d'ordre naturel et humain.
Comblement des plans - Dépôt des sédiments au fond - déboisement des berges et des bassins
d'eau des cours d'eau versants
- Apports détritiques des cours - modification des conditions
d'eau hydrodynamiques
- encombrement des plans par l'installation
des matériaux précaires comme les "acadja"
Erosion côtière - facteurs morphologiques et - Perturbations sédimentaires et
sédimentaires(plaine côtière sédimentologiques causées par le barrage
basse et plate, cordons de 2,5 de Nangbéto
Km séparant la mer au lacs, - Blocage du transit littoral par les ouvrages
lagunes, marais et marécages) portuaires de Cotonou et la stabilisation du
- facteurs océanographiques (la littoral entre le PAC et l'hôtel PLM.
houle, le transit littoral, le - L'exploitation des carrières de sables sur le
trait de côte instable et des littoral stricto sensu.
points de concentration des
vagues et forte érosion).
La pêche dans les écosystèmes aquatiques du sud-Bénin est une activité de "cueillette" qui,
malgré son caractère artisanal, revêt une grande importance socio-économique. En effet, elle
contribue pour 75 % à la production halieutique nationale et participe pour près de 40 % à la
consommation nationale de protéines animales.
La pêche lagunaire est pratiquée par environ 40.000 pêcheurs professionnels auxquels
s'ajoutent 13 000 saisonniers. Elle fait vivre, en amont et en aval, plus 300 000 personnes
(mareyeuses, fabricants de pirogues, vendeurs de divers matériels et équipements de pêche).
La production halieutique nationale est de l'ordre de 40 000 tonnes.
Bien que très productives, les pêcheries installées dans les zones humides côtières du Bénin
sont soumises à de multiples contraintes qui concourent toutes à leur dégradation.
Au nombre des problèmes qui affectent les plans d'eau côtiers ainsi que les ressources
naturelles qu'ils contiennent, on pourrait citer l'accroissement continu de l'effort de pêche, la
destruction des frayères naturelles (mangrove), le comblement des plans d'eau, la prolifération
des végétaux envahissants (la jacinthe d'eau) et la dégradation des conditions physico-
chimiques de l'eau.
Les besoins en énergie domestique des communautés riveraines des pêcheries provoquent la
destruction de la mangrove et du couvert végétal entraînant ainsi la disparition des frayères et
le comblement des lacs et lagunes. Ce phénomène auquel participe l'invasion massive de la
Sur la base d’un suivi des paramètres physico – chimiques et bactériologiques réalisé pendant
l’année 2000 dans les zones humides du sud – Bénin dans le cadre du Programme
d’Aménagement des Zones Humides (PAZH), le laboratoire d’écotoxicologie a mis en
évidence une très forte pollution bactériologique d’origine fécale. Ce laboratoire conclut à une
menace hydro – fécale généralisée dans tous les plans d’eau avec une exagération dans la
lagune de Cotonou. Cette conclusion est d’autant plus inquiétante qu’elle indexe directement
la qualité des poissons et autres ressources halieutiques consommées par les populations
locales.
Selon la même source scientifique, dans la lagune de Porto – Novo, l’ammoniac mesuré est
supérieur aux valeurs admissibles pour la vie de certains poissons et autres êtres vivants.
Même si en général le rapport conclut à la faiblesse relative des va leurs des paramètres
physico – chimiques dans les eaux des zones humides du sud – Bénin, le fait que certains
éléments potentiellement dangereux comme les pesticides, les produits pétroliers et les
métaux puissent se retrouver, même en faible quantité, dans la chair de poisson (Ayadokoun,
1992) constitue un indicateur sérieux de la dégradation de la qualité des milieux concernés.
Il apparaît donc nécessaire et vital de renforcer la capacité nationale de suivi de ces milieux
notamment des pêcheries afin de mieux prendre des dispositions pour freiner les tendances
négatives qui s’observent déjà à travers l’évolution des tendances d’importance des poissons
congelés et de diminution des revenus des pêcheurs.
Selon les résultats des recherches et travaux réalisés dans le cadre du PAZH, il y existe une
ichtyofaune riche de 122 espèces de poissons réparties en 48 familles. Les espèces les plus
importantes sont les Cichlidés (10 espèces dont 07 espèces de Tilapia) et les Mormyridés (11
espèces).
La faune aviaire est composée d’environ ‘’233 espèces dont 84 oiseaux d’eau appartenant à
21 familles selon la nomenclature de Sibey et Monroe’’ (Adjakpa, 2001). On dénombre parmi
ces oiseaux des Hérons, des Limicoles, des Rapaces, des Dendrocygnes et des Sternes. Mais,
les habitats de la lagune côtière, du Chenal Aho et de la basse vallée du Couffo abritent des
espèces d'oiseaux autochtones et des migrateurs composés d'espèces afrotropicales ou
paléarctiques.
Les différentes sources citées ci – dessus s’accordent sur les menaces graves qui pèsent sur les
ressources biologiques notamment la faune terrestre et aviaire et l’ichtyofaune. Elles ont pour
nom :
• le braconnage pour la satisfaction des besoins en protéines ;
• l’exploitation directe par les populations pour satisfaire la demande en bois énergie et
en bois de chauffe des mangroves, des typhas et autres formations caractéristiques des
habitats des espèces fauniques des zones humides ;
• les défrichements à des fins agricoles : la croissance du ratio agro - démographique,
explique la diminution de la végétation naturelle et donc la perte de diversité
génétique. Cette perte floristique est très importante au niveau des zones humides du
centre et du Nord Bénin parce que les forêts galeries/rupicoles sont détruites pour faire
place aux cultures.
• la perte de la biodiversité est aussi due à l'urbanisation très rapide du pays. Les espaces
humides (marécages, bas fonds, les berges/rives des cours d'eau) sont pris d'asseau par
les citadins. Ainsi, plusieurs zones humides de Cotonou, Porto-Novo, Abomey-Calavi
sont comblées par les acquéreurs de parcelles qui établissent leur maison en ces lieux.
Les matériaux utilisés pour le comblement de ces milieux ont une grande
responsabilité dans la dégradation de la diversité biologique et de la qualité de l'eau de
la nappe phréatique.
• la surpêche et l' utilisation des poisons tels que les insecticides (DDT) et autres
produits dévastateurs de la faune aquatique, pour la pêche continentale².
Sur le cordon récent (sable quaternaire récent, appelé plage), la végétation est une pelouse
littorale caractérisée par : Ipomoea brasiliensis, Remirea maritima, Ipomoea asarifolia,
Au niveau du cordon littoral ancien (sable quaternaire ancien, jaune ocre), on note :
Sur la lagune de Porto-Novo, Eichomia Crassipes, Jacynthe d’eau et Pistia stratiotes forment
des colonies saisonnières qui flottent à la surface de l’eau. Neptunia oleracea, Nymphea spp,
Ipomoea aquatica sont fixés dans la vase au bord de la lagune.
Le lac Aziri porte une luxuriante raphiale actuellement trop exploitée, menacée de
disparition.
La terre de barre au sol ferralitique est la bande de terre comprise entre le cordon littoral et la
latitude de 7°N. Elle est divisée en deux par la dépression argileuse et comprend sept (07)
plateaux : abomey-Calavi - Allada ; Sakété - Pobè, Bopa au sud de la dépression - Aplahoué ;
Zogbodomè - Abomey - Zangnanado ; Kétou au Nord de la dépression.
La formation originelle de ces plateaux est la forêt dense humide semi-décidue dont on trouve
des vestiges sous forme de lambeaux : forêt de réserve botanique de la station de recherche
sur le palmier à huile à Pobè, forêts fétiches ou forêts reliques de toutes tailles et de toutes
formes disséminées dans cette bande.
Cette forêt a été détruite sous la poussée démographique et remplacée par des cultures
pérennes (Cocoteraies, Palmeraies, Teckeraies) ou par des cultures vivrières. On rencontre par
endroits des jachères à Dialium guineense, Albizia ferruginea, Albizia zygia, Antiaris
Dans les réserves botaniques et dans les reliques forestières, on observe : Holoptelea grandis,
Milicia excelsa, danielia ogea, Triplochiton scleroxylon, Piptadenia african, Anthostema
spp ; Pentachletra macrphylla. Dans les sous-bois, on remarque : Cucasia spp,
Rhektophyllum mirabile, Panicum brefifolium, Geophila obvoallata etc.
A l’Est du Bénin, sur le plateau de Kétou, existe une forêt-relique très riche en espèces
forestières. On y relève : Mansonia altissima, Nesogordonia papaverifera, Ceiba pentandra,
Triplochiton scleroxylon, Milicia excelsa, Afzelia africana, Hildegardia bartei, Madjidea
forsteri, Hexalobus monopetalus var. Parvifolius, Dennettia tripetala, Lasodiscus
mildbraedii, Atroxima afzeliana, Antaris african, Celtis adolfi-fridrerici pennata, Acacia
ataxacantha, etc. (Hougnon, 1997).
En 1946, lorsqu’elle fut constituée en forêt classée, elle couvrait 16.250 ha dont près de
11.000 ha de forêt dense. Cinquante ans plus tard, seuls 1.900 ha de cette forêt subsiste
encore, dans la partie désormais protégée intégralement appelée noyau central. On y retrouve
de grands arbres entourés de lianes fortes, qui constituent la charpente de la forêt : le lingué
(Afzelia africana), le fromager (Ceiba petandra), le Samba (Triplochiton scleroxylon), l’Iroko
(Milicia excelsa), le dialium (Dialium guineense), le faux Ebène (Disospyros mespiliformis)
et plus rare, le Mimousops (Mimousops adongensis) et l’Anogeissus (Anogeissus leiocarpus).
Le sous-bois particulièrement dense, est constitué de nombreuses essences dures telles que le
Drypetes (Drypetes floribunda), le cremaspora triflora, le Chassalia koly et le Gardenia
triacantha. (Wagner, 1996).
La partie cultivée, laissée en jachère, est occupée soit par Chromolaena, soit par Panicum
maximum ou Brachiara repens. La jachère ligneuse est composée essentiellement de Acacia
polycantha subs. Campylacantha (Hougnon, 1997). Un bio-climat, particulièrement sec (900
à 1000 mm/an) règne à l’extrême Ouest du pays où l’on remarque une savane à Adansonia
digitada.
La zone dite de transition est la zone de la savane guinéenne entre les 7° et 9° parallèles Nord.
On y rencontre la savane arborée arbustive composée de Vitellaria paradoxa, Parkia
bioglobosa, peuplement de Isoberlinia doka et Itomentosa, Combretum hypopilinun,
Combretum ghasalense. Combretum nigricans est une espèce pionnière permettant
l’extension des forêts galeries et des îlots forestiers. On note la présence dans la savane
graminéenne de : Monotes kerstingii, Terminalia avicennioides, Terminalia glaucescens,
Terminalia macroptera, Pseudocedrela kotshyi. On remarque Daniellia oliveri en
peuplements et Lophira lanceolata disséminés dans la savane.
Dans les îlots forestiers et les galeries, on observe des essences telles que : Terminalia sperba,
milicia excelsa, Antiaris toxicaria, Nothospondias staudtii, Parinari robusta, Parinari
congensis, Cola laurifolia, Upaca heudelotii, etc.
Dans cette zone, on rencontre des cultures vivrières, la culture du Coton et l’arachide. Au
sommet des élévations granitiques, existent : Afrotripelis pilosa, Ficus populifolia dans les
anfractuosités, accrochés aux flancs des collines et dans la savane, on rencontre Costus
spectabilis, Ophioglosum.
Au delà du 9° parallèle N et jusqu'au 12°30 N marqué par le fleuve Niger, c’est le domaine de
la savane soudanienne.
q Les forêts denses sèches qui se développent entre Savalou et Djougou, région où il tombe
entre 1200 et 1300 mm par an. On remarque de nombreux petits îlots de forêts. Ce sont
des formations denses pluralistes, à couvert fermé, souvent dégradées par les cultures et
les feux de brousse chaque année. On y note la présence d’essences telles que : Isoberlinia
doka, Isoberlinia tomentosa, Pterocarpus erinaceus, Afzelia africana, Erythropleum
guineense, Amblygonocarpus andogensis, Swartia madagascariensis. La végétation
herbacée est grande dans les parties arbustives où l’on observe Cymbopogon giganteus,
Lantana trifolia, Anfromomum spp, Antiaris africana, Celtis senkéri, Holoptela grandis,
Chloptelea grandis, Chlorophora excelsa et Cola gigantea auxquelles s’ajoutent parfois le
Ceiba petandra et la Triplochiton scleroxylon.
q La forêt claire qui est une forme de dégradation de la forêt dense sèche. Elle se rencontre
dans la zone centrale du Bénin où la pluviométrie annuelle est entre 1000 mm et 1200
mm. Les espèces qu’on y retrouve sont : Anogeissus leiocarpus, Butytrospermum
paradoxum, Daniellia oliveri, Isoberlinia doka et Parkia biglobosa. Elle présente un sous-
bois d’arbustes enchevêtrés et d’herbacées.
q Les forêts-galeries qui se rencontrent sur l’ensemble du territoire national. Elles sont
assez régulièrement réparties le long des cours d’eau permanents. Leur composition
ressemble à celle de la forêt décidue de la zone Sud (forêt de la Lama). C’est une forêt à
trois étages où dominent les essences à gros diamètres telles que : Ceiba petandra,
Chlorophora excelsa, Khaya senegalensis, Diospgros mespiliformis et Vitex donania.
q la savane arborée comprend une strate herbacée continue d’où percent les arbres et
arbustes ne dépassant pas 7 m de ha uteur. Elle est dispersée dans la zone nord et est
caractérisée par les espèces suivantes : Anogeissu leiocarpus, Butyrospermum paradoxum,
Daniellia oliveri et Combretum micranthum, Guiera senegalensis, Combretum
glutinosum, Combretum nigricans, Boscia salicifolia, Boscia senegalensis. On signale
dans cette bande Sclerocarya birrea, Hematostaphis barteri, Albizia chevaleri ;
q la savane arbustive, dans l’extrême nord du Bénin dans le bassin du Niger, est constituée
d’un tapis herbacé continu avec des arbustes en général nombreux et quelques arbres
disséminés. Les espèces rencontrées sont : Lophira lanceolata et Acacia ataxacantha,
Acacia gourmansi, Acacia hebeclaoides, Acacia hockii. Acacia sieberiana constitue un
arbre en peuplement clairsemé au bord des dépressions. Dans les mares, on trouve en
temps de crue Sebasnia crassifolia suspendu par les flotteurs à la surface de l’eau.
q la mangrove, localisée en bordure du lac Ahémé, le long des rivières de l’Ouest (Mono et
Sazué) et au niveau des lagunes côtières (Djègbadji, Togbin, Djondji) ;
q les forêts marécageuses à Mitragyna inermis et à Raphia hookeri et Andropogon gayanus
var squamulatus qui occupent les basses vallées du Mono, du Couffo et de l’Ouémé ;
q les forêts périodiquement inondées à Berlina grandiflora et Dialium guineense, localisées
à Baha (Zinvié) et Avagbodji ;
q la forêt communautaire Gbêvozoun du bas-plateau à Bonou qui est une variante des forêts
occasionnellement inondées ;
q les forêts riveraines à Pterocarpus santalinoïdes et Manikara multinerus ;
q les savanes herbeuses littorales, formées des groupements à Schzachyrium sanguineum,
Ctenium necottonu et Anadalphia afseliana ;
q la végétation herbacée des milieux saumâtres et des lagunes en communication
temporaires avec l’océan composée des prairies à Paspalum vaginatum, prairies à Thypha
australis, prairies à Echinichlora pyramidalis ;
q la végétation herbacée des zones argileuses basses, régulièrement inondées de la vallée de
l’Ouémé communément appelée le Tigbodji ;
q les formations artificielles des zones humides formées des cocoteraies (Cocos nucifera) ;
des plantations de Filao (Casuarina equisetifolia), de Niaouli (Malaleuca leucadendron),
de Acacia auriculiformis, d’anarcadiers (Anacardium occidentale) et du teck (Tectona
grandis).
Le potentiel forestier
Les forêts classées : au nombre d’une trentaine, elles sont réparties sur toute l’étendue du
territoire. Elles sont de superficie variable, allant de 50 ha à 265 595 ha dont 26 ont plus de
700 ha.
Les périmètres de reboisement : Ces périmètres sont les suivants : Sèmé, Pahou et Toffo.
Pour ce qui est des efforts de reboisement entrepris dans ces périmètres en termes d’essences
forestières telles que l’eucalyptus, le filao et l’acacia, avec un taux de réalisation sur 5 ans
(1985-1990) de 75% soit 2535ha plantés sur un objectif de 3400.
Les plantations : Les plantations domaniales de teck sont réalisées dans les forêts d’Agrimey,
de Djigbé, de la Lama, de Setto, d’Atchérigbé et de Logozohè. Ces plantations de teck sont
assez anciennes, ce qui permet aujourd’hui au Bénin d’avoir du bois d’œuvre. Le teck étant
une espèce adaptée aux conditions naturelles du Bénin et très apprécié tant à l’intérieur qu’à
l’extérieur du pays, sa production connaît un essor non négligeable.
En dehors des plantations de teck, le service forestier du Bénin a, également, réalisé des
plantations d’anacardiers sur plusieurs sites forestiers à savoir : Agoua, N’dali, Tchatchou et
Mékrou.
UEMOA
L'analyse du couple ville-environnement a fait ressortir depuis des années l'impérieuse nécessité
d'adopter de manière systématique une approche environnementale dans la recherche des solutions
aux problèmes posés par l'urbanisation quasi incontrôlée de nos agglomérations.
L’environnement urbain est sujette à plusieurs données dont le plus important est lié à la dynamique
de la ville.
La définition de la ville a toujours été un gros problème. Les uns l'opposent à la campagne. D'autres
tentent d'établir des normes qui ne rencontrent pas toujours l'adhésion des autres. De part le monde,
la ville est l'un des concepts dont la définition varie le plus. Quand on veut s'entendre sur des
critères telles que taille la population, la fonction, on se heurte aux Américains pour qui la présence
d'un carrefour est importante.
Dans ces conditions, une définition permettant de traduire au mieux le fait urbain au Bénin se fonde
sur le respect d'au moins deux des trois critères suivants à savoir la taille (supérieure ou égale à
5000 habitants), la distance entre les écarts et le centre aggloméré principal (inférieur à 2 km) et
enfin la part de population active travaillant dans le secteur agricole (inférieur à 55%). Cette
définition, assez large, permet de retenir toutes les communes urbaines actuelles (chefs- lieux de
sous préfecture) comme villes. On dénombre ainsi au moins 77 villes au Bénin qui font que les taux
de croissance de la population urbaine actuelle avoisine 3,2% par an. Mais il faut remarquer que
Octobre 2005
l'urbanisation du Bénin a été intense entre 1980 et 1990 et qu'elle a considérablement ralenti durant
ces dix dernières années avec un taux d'environ 4% contre les 6% voire 8% la décennie précédente.
Dans la réalité, environ la moitié des villes dont les plus importants comme Cotonou, Porto-Novo,
Parakou, Bohicon, etc. ont continué d'avoir un taux de croissance supérieur à la croissance
naturelle. Avec le maintient de cette tendance, la population urbaine sera de 43% en 2004. La
population urbaine est beaucoup plus concentrée dans la zone côtière qui comporte environ 80% de
la population urbaine sur 10% du territoire nationale.
L'armature urbaine du Bénin s'organise autour des grandes métropoles de Cotonou, Porto-Novo,
Abomey-Calavi, Abomey, Bohicon et Parakou avec une succession de petites et moyennes villes.
Le tableau 4 fait ressortir l'ensemble des villes secondaires et les petites villes sur le territoire
national.
Les villes béninoises connaissent des problèmes environnementaux qui vont des déchets solides à la
pollution de l'air en passant par les eaux usées, les boues de vidanges, l'habitat et l'écosystème.
D'une façon générale les villes ont assez de polluants (tout facteur provoquant une altération
physique, chimique ou biologique qui entraîne des gênes ou des nuisances à l'environnement) qui
agissent de manières dangereuses sur la santé des hommes.
La production nationale de déchets solides était d'environ 342000 tonnes en 1998 dont 60% pour la
seule ville de Cotonou. Les ordures ménagères, les déchets des marchés, des gares, des hôpitaux,
des industries, des déchets de l'économie informelle dont les épaves de voitures sont autant de
sources de nuisances dans les villes. La production de déchets n'est pas suivie d'un système
d'évaluation de traitement. Les populations ont plusieurs moyens de se débarrasser de ces déchets.
Certains les jettent dans les rues, d'autres les enfouissent dans des trous ou des puits perdus d'autres
encore les brûlent en divers endroits et les derniers les font ramasser par les structures de pré-
collecte des ordures.
A Cotonou, on les utilise pour le remblai des zones marécageuses. Aussi toutes les villes ne
disposent pas d'un système de ramassage. Quelques sociétés et associations disposent des véhicules,
33
pour le ramassage des ordures dans des quartiers résidentiels. A cause du faible taux du ramassage
des ordures solides par les opérateurs privés et des ONG, on trouve des tas d'immondices dans
toutes les villes l'un des freins de la gestion des ordures est l'inexistence ou l'insuffisance de
décharges publiques spécialement aménagées. Ainsi la plupart des villes ont des difficultés pour
gérer les déchets solides.
Les déchets liquides, notamment les eaux usées restent un problème d'actualité dans les centres
urbains du Bénin. Mis à part les réseaux internes de l'hôtel Marina et du CNHU, il n'existe pas de
système d'égout dans le pays. Les dispositifs d'assainissement sont essentiellement de type
individuel variant énormément d'une ville à l'autre et même à l'intérieur des villes, d'un quotient à
l'autre. Ainsi en milieu urbain, suivant le standing du quartier on rencontre les latrines composées
d'une fosse en maçonnerie plus ou moins étanche surmontée d'un abri et en zone périurbaine, le
système communément utilisé est les latrines traditionnelles composées généralement d'un simple
trou surmonté ou non d'un abri.
Les fosses à Cotonou ont une profondeur de l m à 2m et vidées assez souvent 2 fois l'an par des
camions des sociétés privées et certaines structures publiques. La société la mieux équipée pour la
collecte et le traitement des boues de vidanges est SIBEAU dont la capacité est aujourd'hui
dépassée.
Les eaux usées industrielles ne sont pas négligeables même si elles se concentrent pour l'essentiel à
Cotonou. Plusieurs établissements produisent 80000m3 d'eaux usées dont les plus importantes sont
la SOBEBRA, la SOBEPEC, la SOBETEX, la SONICOG (SHB), l'abattoir etc. Les eaux de lavage
de voitures, les huiles à moteur issues de la vidange, les eaux usées domestiques (eaux de cuisines,
vaisselles, lessive, douche) constituent autant de gênes pour les citadins. Même s'il semble difficile
de faire la collecte des eaux usées domestiques, il faut dire que la gestion des boues de vidange pose
d'énormes problèmes eus égard à l'inexistence générale d'un dispositif approprié d'élimination et le
déversement sauvage dans les marécages et les bas- fonds voire des cours d'eau des matières
collectées. Seule la station d'Ekpè de SIBEAU bénéficie depuis 1992 d'un équipement de
traitement. Cette station est aujourd'hui dépassée parce qu'elle était prévue pour traiter 120m3 /jour
alors qu'elle fait 300m3 /jour. Les négociations sont entreprises pour l'extension de la station de
même que la création des stations de traitement des boues de vidanges à Porto-Novo et à Parakou. Il
faut noter que dans plusieurs quartiers de villes les toilettes se font toujours dans la nature et
contribuent à la pollution atmosphérique. Les eaux usées industrielles sont simplement déversées
dans la mer. Les eaux de ruissellements constituent aussi un gros problème surtout pour Cotonou où
les caniveaux se bouchent annuellement du sable. Dans les autres villes ces caniveaux n'existent pas
en nombre suffisant si bien qu'on trouve de flaques d'eau sur les voies urbaines et cela concourent à
la reproduction des anophèles et d'autres odeurs nuisibles.
La qualité de l'air dans les principales villes du Bénin est conditionnée par les moyens de transport,
les déchets solides et liquides et aux activités économiques. Elle s'est surtout dégradée depuis
l'importation massive des véhicules d'occasion vétustes à deux et à quatre roues. La pollution
atmosphérique est liée aux "2 roues" motorisées qui étaient estimé à 80.000 en 1998 ; aux voitures
particulières estimées à 75.000 en 1995 dont 50% sont utilisées pour la seule ville de Cotonou ; les
taxis motos sont estimés à plus de 80000 pour la seule ville de Cotonou ; les taxis villes en 1998
34
étaient de 743527 auxquels il faut ajouter des bus et des camions en très mauvais état pour le
transport respectif des personnes et du sable.
Selon une étude menée à Cotonou au niveau de certains carrefours, la valeur obtenue est de 33 PPM
(partie par milliers) à l'église Notre Dame soit 3 fois supérieures au seuil de tolérance et 99 PPM au
carrefour St Michel. Cette situation s'aggrave d'année en année avec l'augmentation des véhicules.
Cela pose des problèmes de santé comme les maladies respiratoires, ophtalmologiques,
dermatologiques et cardio- vasculaires.
Le mauvais état de ces véhicules mal entretenus, mal réglés utilisant des carburants frelatés, le
mauvais état et l' exiguïté des routes qui occasionnent des embouteillages contribuent à accroître la
pollution de l'air. A cela s'ajoutent les fumées et autres poussières dues au fonctionnement des
usines comme les cimenteries, la SOBEBRA, les moulins à grains, le dépôt du souffre en plein air à
Parakou, les feux de végétation et l'épandage des insecticides sont autant de facteurs qui provoquent
une mauvaise qualité de l'air en milieu urbain.
La seule action entreprise jusqu'aujourd'hui est le réglage et la répression des engins à moteur dans
la ville de Cotonou.
L'extension urbaine se fait sur des espaces immédiats. Le citadin agresse la nature quelque soit son
état. Il modifie la montagne de Natitingou, les bas-fonds de Cotonou, la lagune de Porto-Novo et les
plateaux d'Abomey-Calavi, de Kétou, d'Abomey-Bohicon, d'Athiémé etc. Il provoque ainsi la
dynamique de tout le milieu. Les espaces boisées, les zones humides, les terres sont attaquées pour
ses besoins sans souci de la protection de l'environnement. La consommation extensive, mal
maîtrisée, du foncier pour des besoins d'habitations entraîne la destruction de la végétation naturelle
ou artificielle. De ce fait, plusieurs villes n'ont plus de végétaux sauf à Parakou (forêt de tecks) et à
Porto-Novo où il existe encore le jardin botanique.
La végétation est presque inexistante dans tous les centres urbains du pays. Les eaux ont aussi
connu des modifications et constituent une menace pour la biodiversité. Le projet GEM (contrôle de
la pollution de l'eau et conservation de la biodiversité dans le grand écosystème marin du Golfe de
Guinée) lutte contre la pollution de l'eau par le contrôle des effluents des industries et la
surveillance des eaux lagunaires et marines. C'est aussi la préservation de la diversité biologique.
Le projet est opérationnel au Bénin depuis 1995 et plusieurs groupements féminins ont bénéficié de
son soutien pour restaurer la mangrove et la qualité de l'eau est également suivi. Le GEM est
financé par le Fonds Mondial pour l'Environnement avec la participation des pays initiateurs.
35
4.1. Les politiques en matière de gestion de l’environnement au Bénin
4.1.1. Avant Rio : objectifs, stratégies et mise en oeuvre
Face à la pression démographique et à une utilisation accrue des ressources naturelles, le Bénin, dès
les années 1974 et en application des résolutions de la Conférence des Nations unies sur
l’environnement tenu à Stockholm en 1972, a mis en place et organisé des manifestations en vue de
sensibiliser l’opinion nationale sur les problèmes de l’environnement. Ainsi furent créés
successivement :
- la Commission Nationale chargée de la lutte contre la pollution de la nature et pour
l’amélioration de l’environnement ;
- le Comité National du Programme de l’UNESCO sur l’homme et la Biosphère ;
- le Comité National de l’Eau potable et de l’assainissement chargé de l’élaboration et du suivi de
l’exécution des programmes dans les secteurs de l’assainissement.
Par Décret n° 85-291 du 23 juillet 1985 une Journée Nationale de l’arbre a été instituée. Le souci
de promouvoir un environnement sain s’est également manifesté par la création de nombreuses
institutions chargées de la gestion de l’environnement, l’adoption de nombreux textes
réglementaires, la préparation et la mise en œuvre de nombreux projets en matière d’environnement
(PAE 1993). En 1991, un rapport du gouvernement reconnaît que beaucoup de programmes liés à
l’environnement souffraient de l’absence d’une structure nationale capable d’en coordonner les
actions et d’en évaluer les résultats.
Dans sa politique de lutte contre la dégradation de l’environnement l’Etat s’appuie également sur
des structures ou des programmes et projets autonomes comme, l’Agence Béninoise pour
l’Environnement (ABE), le Programme Nationale de gestion Environnementale (PNGE), le Plan de
Gestion Urbaine Décentralisée (PGUD)
Les ONG
36
Il s’agit essentiellement de :
- l’Association Béninoise des Professionnels en Evaluation Environnementale (ABPEE)
- l’Association des Ecologiste du Bénin (AEB)
- l’Association pour la Sauvegarder de l’Environnement et le Développement (ASED)
- Club Excellence et Développement
- Centre Panafricain de Prospective Sociale (CPPS)
- Forum 3 Homme, Développement et Environnement
- Groupe d’Experts en Projets d’Education et de développement ( GEPED)
- Bénin Nature
- Centre de recherche International pour le Développement Economique, Social et Culturel (
CIRDESC)
- Centre d’Etudes pour la Recherche d’Action pour la protection de l’Environne ment
- Les Associations de Développement dont le rôle est de promouvoir le développement local.
Les options prises par le gouvernement montrent deux grands objectifs nationaux :
- changer les comportements, notamment par une conscientisation de tous les Béninois ;
- acquérir la capacité de suivre avec précision l’évolution des ressources naturelles et de la
biodiversité et optimiser leur gestion.
La stratégie adoptée se définit par les principes mise en œuvre et par son contenu. Les principes mis
en œuvre dans cette stratégie prennent en compte, entre autres, une approche participative à tous les
niveaux, l’importance fondamentale de la qualification et de la conscience environnementale des
citoyens, l’approche intégrée des problèmes et de la mise en œuvre de leurs solutions (op cit). La
stratégie d’ensemble adoptée et qui s’étalerait sur 15 ans devra, entre autres :
- développer et diffuser des technologies et pratiques appropriées en particulier mais pas
uniquement dans les secteurs productifs ;
- réglementer les excès dans l’exploitation des ressources naturelles et la biodiversité ;
- favoriser l’accès des femmes et des jeunes à une meilleure éducation et élever leur état sanitaire
pour faciliter l’adoption de mesures appropriées et volontaires de planning familial ;
Par ailleurs, les structures à mettre en place et à développer ne devront pas opérer de duplications
dans leurs activités. Elles devront avoir des domaines d’intervention et des cahiers de charges
assurant cette indépendance des champs et modes d’intervention.
D’une manière générale, il est recommandé de rechercher la cohérence entre les politiques
sectorielles de la manière suivante :
- dans la planification en amont des programmes et des projets notamment en introduisant des
critères environnementaux dans les choix de localisation de ces projets dans une optique
d’aménagement du territoire ;
- dans la formulation des projets d’investissement notamment par une meilleure participation,
un meilleur suivi et des précautions environnementales accrues, et un filtrage des investissements
sur la base de leurs impacts probables sur l’environnement ;
- dans le choix des technologies utilisées dans les projets en donnant la prio rité au
technologies les plus efficaces et les plus propres possibles conciliant environnement et économie.
37
4.2. L’impact des politiques de gestion de l’environnement
Des années après la mise en œuvre du Plan d’Action Environnementale (PAE), la question de la
dégradation de l’environnement se pose encore avec acuité. Les préoccupations environnementales
ne semblent pas encore être appropriées au niveau stratégique. Très peu de projets et programmes
inscrits au Programme d’Investissements Publics sont assujettis à la procédure d’évaluation
environnementale. Même le DSRP 1, référentiel unique pour les financements extérieurs n’a pas
intégré l’environnement comme une dimension transversale. De même, les pratiques quotidiennes
sont encore à la dégradation de l’environnement : les plans d’eau ne sont pas entretenus ; en matière
agricole, la méthode culturale la plus répandue est l’agriculture itinérante sur brûlis. Elle a plusieurs
conséquences parmi lesquelles on peut rappeler la disparition de la savane naturelle, les jachères de
plus en plus courtes, les feux de brousse.
4.3. L’environnement dans les relations actuelles entre le Bénin et les autres pays
Le Bénin est signataire de plusieurs traités, accords et conventions internationaux (voir liste en
annexe) sur l’environnement, notamment :
- la Convention Africaine sur la Conservation de la Nature et des Ressources Naturelles de l’OUA
(Alger, 15 septembre 1989) ;
- la Convention 45-CE-FONDS-CA 76 sur les formalités de chasse applicables aux touristes entrant
dans les Pays de l’Entente ;
- la convention protégeant les zones humides, dites Convention de Ramsar ;
- la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification ;
- la Convention sur la protection du Patrimoine Mondial culturel et naturel
38
L’Union Européenne intervient principalement dans le financement des programmes structurels avec un
accent particulier sur les infrastructures, et dans la promotion d’une aide basée sur l’appui budgétaire.
La coopération Française concentre ses activités sur la promotio n des organisations paysannes et la
professionnalisation dans le secteur rural et s’efforce aussi de développer la coopération
décentralisée. Elle est également présente dans la gestion et la conservatio n des ressources
naturelles (Aires protégées de la Pendjari, Programme de Gestion du Terroir et des Ressources
Naturelles). Il en est de même des coopérations danoise et allemande qui inscrivent leurs actions
dans la durée. La coopération belge développe une intervention régionale dans les départements de
l’Ouest (Mono, Couffo, Donga et Atacora) , combinant les principales orientations prioritaires,
renforcement des structures rurales, amélioration de la productivité, diversification et appui à la
décentralisation .
Les interventions du PNUD ont été regroupées sur trois axes prioritaires i) la lutte contre la pauvreté ; ii) la
bonne gouvernance ; et iii) la promotion des nouvelles technologies de l’information. Le FENU, suite à une
réorientation de sa stratégie, concentre ses activités dans les régions du nord ; il y finance un projet d’appui
au développement communal et aux initiatives locales, avec une importante composante d’appui au
développement d’activités génératrices de revenus.
L’analyse de la coopération internationale fait poser quelques questions. Il serait intéressant de savoir si
l’orientation des financements est le résultat d’un choix délibéré du gouvernement ou si celui-ci a tout
simplement profité des offres de financements qui se sont présentés sans avoir la rigueur ou la possibilité de
les orienter vers des sous-secteurs ou des programmes de son choix. Si c’était le cas, l’une des leçons à tirer
serait de dire que la simple définition de stratégie de développement sectoriel ne suffit pas à promouvoir des
investissements conséquents et équilibrés susceptibles d’induire les résultats ambitionnés. D’où la nécessité
d’une planification consensuelle menée avec les différents partenaires intérieurs et extérieurs pour fixer des
priorités d’investissement avec des échéances sur le moyen et le long terme. Et pour cause.
Les principaux bailleurs de fonds ont financé au Bénin, plusieurs programmes dont l’analyse permet
aujourd’hui de tirer quelques conclusions. Les nombreux projets et réformes mis en œuvre depuis la
décennie 1990 par le gouvernement et les partenaires au développement, bien qu’ayant soutenu une
croissance économique annuelle moyenne de 5% et contribué à l’amélioration des indicateurs de
performance macro-économiques, n’ont pas permis un véritable essor des secteurs à forte potentialité de
valeur ajoutée comme le secteur agricole. De nombreuses contraintes doivent encore être levées pour un
développement réel de ce secteur.
Jusqu’aux années fin 1980/début 1990 la plupart des projets ont eu des impacts décevants en termes
d’augmentation des revenus ruraux et de contribution au développement économique du pays. Les
principales causes identifiées peuvent se résumer comme suit i) l’insuffisance des démarches participatives
entraînant une faible implication des bénéficiaires qui très souvent se désintéressaient de l’avenir des
“acquis” du projet et de la maintenance des infrastructures en particulier; c’était là une des causes du manque
de durabilité des investissements consentis (cas des infrastructures hydro-agricoles et des pistes rurales par
exemple); ii) le manque de coordination entre les différentes interventions bénéficiant de financements
extérieurs a démontré certaines difficultés du côté du Gouvernement à piloter cette coordination et a
engendré des gaspillages de ressources; la prise de conscience d’une telle situation a abouti entre autres à
“l’approche programme”; iii) la mise en oeuvre des projets par des services de l’administration technique
s’est souvent révélée inefficace, ce qui a donné lieu à de nouvelles approches liées aux réformes structurelles
mises en oeuvre au début des années 90; iv) plus généralement, au niveau de la conception des projets, une
lacune apparaissait dans la mise en place très insuffisante d’instruments destinés à pérenniser (ou à “assurer
la relève” en fin de projet) les acquis, s’agissant par exemple de l’appropriation de certains investissements
(privatisation) ou de la formation des ressources adéquates; de même la surestimation des résultats
escomptés est fréquemment soulignée par les évaluateurs; et enfin v) au niveau de la mise en oeuvre
proprement dite des projets on peut souligner de longs retards dans l’entrée en vigueur, la lenteur des
processus de décaissement (partout déplorée) et l’insuffisante professionnalisation des dispositifs de
39
suivi/évaluation, qui ont souvent nui aux performances des interventions et engendré une sous-utilisation des
ressources mises à disposition.
Le bilan de plus d’une décennie d’ajustement structurel au Bénin a montré que nonobstant le
rétablissement des grands équilibres macro-économiques et les progrès réalisés sur le plan social, le
phénomène de pauvreté persiste et s’aggrave dans le milieu rural. Pour lutter efficacement contre
cette pauvreté, le Bénin a élaboré le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP).
Référentiel unique pour la concentration des financements pour le développement, il est apparu que
l’on ne peut atteindre ses objectifs de lutte contre la pauvreté sans une attention particulière à
l’intégration en amont de l’environnement. D’où aujourd’hui le processus du verdissement du
DSRP béninois qui se fonde sur les principes de précaution, de transparence et de participation à
tous les niveaux. A cela, il faut ajouter le principe de coopération dans la gestion des ressources
partagées.
Compte tenu de l’ampleur des problèmes transfrontières (pho sphate togolais et pollution de la côte
béninoise, disparition des villages en aval du barrage de Nangbéto, etc.), les rôles attendus sont,
entre autre, un appui à la formulation de positions communes sur les discussions concernant la
gestion de ces ressources naturelles, la contribution à la consolidation de la position des associations
nationales (notamment en évaluation environnementales comme l’ABPEE au Bénin),
l’encouragement de l’harmonisation des règlementations et procédures en matière d’environneme nt
comme c’était dans le cas des projets régionaux comme le gazoduc ouest africain.
Du point de vue du Bénin, la priorité devrait être mise sur la préservation de la biodiversité surtout
dans les régions littorales fragiles qui concentrent au Bénin, par exemple, toute l’armature
industrielle du pays. Les efforts de la politique communautaire devront être orientées vers une
meilleure connaissance de la biodiversité, son évaluation régulière et la définition de stratégie de sa
préservation. Cette stratégie devra être accompagné d’un renforcement des capacités des pays qui
permette, à l’échelle de l’espace communautaire pour les pays côtiers, d’appliquer les principes
d’intercommunalité comme à l’échelle locale dans les pays engagés dans le processus de
décentralisation.
40
6. Points de vue sur la mise en œuvre régionale d’une politique de
l’environnement
• Nécessité aujourd’hui d’une politique communautaire soutenue par la volonté des plus
dirigeants de l’espace UEMOA. Une politique qui tienne compte des questions émergentes
(OGM par exemple) au niveau de la sous région.
• La création à travers cette politique de mécanismes et de cadres adéquats de gestion des
ressources partagées et les questions transfrontières, notamment, les parcs entre le Burkina
Faso, le Niger, le Togo et le Bénin, les cours et plans d’eau, etc.
• Les questions de coopération régionale et sous régionale par rapport à la gestion de la
transhumance, à l’utilisation et au commerce des intrants.
• La mise en place de mécanismes de communication qui soutienne la politique
communautaire et crée des conditions de feed-back sur la mise en œuvre de la politique et le
niveau d’engagement des dirigeants.
41
Bibliographie
MPP, BM, Etude sur les sources de croissance de l’économie béninoise, rapport provisoire ,
septembre 2005
42
Annexes
Date d’entrée en
Date et lieu
Traités, conventions et accords Dépositaire vigueur pour le
d’adoption
Bénin
Convention concernant l’emploi de la céruse dans la peinture 25.10.1921 GENEVE O.I.T 12.12.1960
Convention sur le criquet migrateur Africain 25.05.1962 KANO MALI 13.04.1963
URSS, Royaume- Uni,
Traité interdisant les essais d’armes nucléaires dans
05.08.1963 MOSCOU Irlande du Nord, Etats- 22.04.1965
l’atmosphère, dans l’espace extra-atmosphérique et sous l’eau
Unis d’Amérique
Convention de internationale pour la conservation des thonidés 14.05.1968 Rio de
FAO 02.07.1968
de l’Atlantique Janeiro
Traité sur les principes régissant les activités des Etats en Etats-Unis d’Amérique,
27.01.1967 Londres,
matière d’exploration et d’utilisation de l’espace extra- Royaume-Uni, Irlande 02.07.1986
Moscou, Washington
atmosphérique, y compris la une et les autres corps célestes du Nord URSS
Convention phytosanitaire pour l’Afrique 13.09.1967 OUA Kinshasa 01.04.1974
Convention relative à l’étude économique et commerciale des
possibilités de création d’une société d’économie mixte de 02.04.1969 Cotonou Dahomey, France 02.04.1969
pêche côtière au Dahomey
Convention internationale sur la responsabilité civile pour les
dommages dus à la pollution par les hydrocarbures (et 29.11.1969 Bruxelles O.M.I 30.01.1986/
amendements)
Convention internationale sur l’intervention en haute mer en
cas d’accident entraînant ou pouvant en traîner une pollution 29.11.1969 Bruxelles O.M.I 30.01.1986/
par les hydrocarbures
Traités interdisant de placer des armes nucléaires et d’autres Etats-Unis d’Amérique,
11.01.1971 Londres,
armes de destruction massive sur le fond des mers et des Royaume-Uni, Irlande 07.07.1986
Moscou, Washington
océans ainsi que dans leur sous-sol du Nord URSS
Convention internationale portant création d’un fonds
international d’indemnisation pour les dommages dus à la 18.12.1971 Bruxelles O.M.I 30.01.1986
pollution par les hydrocarbures (et amendements)
Convention sur l’interdiction de la mise au point de la Etats-Unis d’Amérique,
10.04.1972 Londres,
fabrication et du stockage des armes bactériologies Royaume-Uni, Irlande 25.04.1975
Moscou, Washington
(biologiques) et à toxine et sur leur destruction du Nord URSS
Convention concernant la protection du patrimoine mondial,
16.11.1972 Paris UNESCO 14.09.1982
culturel et naturel
Convention sur le commerce international des espèces de
03.03.1973 Washington Suisse 28.05.1984
faune et de flore sauvages menacées d’extinction
Convention internationale pour la prévention de la pollution
02.11.1973 Londres O.M.I 01.11.1985
par les navires
Accord entre le Gouvernement de la République du Dahomey
et le Gouvernement de l’URSS sur la coopération dans le Mars 1975 Moscou Dahomey/URSS Mars 1975
domaine de la pêche
Convention sur l’interdiction d’utiliser des techniques de
modifications de l’environnement à des fins mi litaires ou toutes 10.12.1976 New-York ONU 30.06.1986
fins hostiles
Convention relative à la conservation des espèces migratrices République Fédérale
23.06.1979 Bonn 01.04.1986
appartenant à la faune sauvage d’Allemagne
Convention portant création de l’autorité du Bassin du Niger et
protocole relatif au fonds de développement du Bassin du 21.11.1980 Faranah Niger 21.11.1980
Niger
Convention relative à la coopération en matière de protection
et de mise en valeur du milieu marin et des zones côtières de 23.03.1981 Abidjan Côte d’Ivoire -
l’Afrique de l’Ouest et du Centre
Protocole relatif à la coopération en matière de lutte contre la
23.03.1981 Abidjan Côte d’Ivoire -
pollution en cas de situation critique
10.12.1982 Montego-
Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer ONU 30.08.1983
Bay
Convention de vienne - - 16.03.1993
Protocole de Montréal - - 16.03.1983
Convention de Bamako sur les déchets dangereux 11.01.1991 Bamako - -
13.06.1962 Rio de
Convention sur la diversité écologique - -
Janeiro
13.06.1962 Rio de
Convention sur la désertification et la sécheresse - -
Janeiro
Convention sur les changements climatiques 13.06.1962 Rio de Jan. - -
43
44
LE BURKINA FASO
45
Politique Commune pour l’Amélioration
De l’Environnement
(PCAE)
46
Informations sur le Burkina Faso
1. Milieu physique
Le Burkina Faso est un pays sahélien, entièrement continental. Situé au cœur de l’Afrique
occidentale, il couvre une superficie de 274 000 km². Il est limité au Nord et à l’Ouest par le Mali, au Nord-
Est par le Niger, au Sud-Est par le Bénin, au Sud par le Togo, le Ghana et la Côte d’Ivoire.
La pluviométrie annuelle est caractérisée par une grande variabilité interannuelle, marquée par une
migration des isohyètes du Nord au Sud traduisant la régression des pluies. Cette tendance fait apparaître
dans le Nord, l’isohyète 400 mm au lieu de 600 mm tandis que l’isohyète 1 200 mm disparaît dans la zone
soudanienne. Ce qui fait dire que si la tendance se maintient, on assistera à la disparition totale de la zone
soudanienne et à l’apparition dans l’extrême nord du pays, d’une zone climatique de type saharo sahélien
avec une pluviométrie annuelle inférieure à 300 mm.
47
Zones climatiques du Burkina Faso (1971 – 2000)
Longitude (en°)
-6 -5 -4 -3 -2 -1 0 1 2 3
L IENDORI
14 MALI HE 14
SA NIGER
60 AT
0 OUAHIGOUYA IM
CL
600
BOGANDE
13 13
Latitude (en°)
IEN
Latitude (en°)
EL
AH
-S
DEDOUGOU
N O OUAGADOUGOU
UDA
S O
90 FADA NGOURMA
0 AT
12 IM 12
CL
BOROMO
BOBO-DIOULASSO PO
900
11 IE
N 900 900 11
DAN
OU TOGO BENIN
S
AT GAOUA GHANA
IM
CL
10 10
48
Migration des isohyètes 600 mm et 900 mm pour les périodes
1931-1960, 1961-1900, 1971-2000.
Longitude (en°)
-6 -5 -4 -3 -2 -1 0 1 2 3
Migration des isohyètes 600 mm et 900 mm pour les périodes 1931-1960 ; 1961-1990 ; 1971-2000
15 15
60
0
DORI
14 0 14
60
600 600
OUAHIGOUYA
0
60
BOGANDE
13 13
Latitude (en°)
Latitude (en°)
90
0
90 DEDOUGOU
0 OUAGADOUGOU
90 FADA NGOURMA
0
12 12
BOROMO
900
BOBO-DIOULASSO PO
900
11 11
Légende
GAOUA
1931-1960
10 1961-1990 10
1971-2000
BURKINA FASO
DIRECTION METEOROLOGIE NATIONALE
9 9
-6 -5 -4 -3 -2 -1 0 1 2 3
Longitude (en°)
(Source : REEB-2002)
49
2. Données démographiques
La population du Burkina Faso est estimée à 10 312 609 habitants selon le recensement général de la
population et de l’habitation de 1996, avec un taux de croissance de 2,4%.
La densité moyenne, variable d’une zone à l’autre, est de 37,6 hab/km².
La population est à 86% rurale.
Taux de scolarisation : 40,9% (1998).
Taux d’alphabétisation : 26% (1997).
Les femmes représentent 51,1% de la population et les hommes 48,9%.
Cette population est je une, 49% de la population ayant moins de 15 ans (estimation en 1991).
Le taux d’urbanisation, en constante hausse (15,5% en 1996 contre 12,7% en 1985), est marqué par une
concentration de la population dans les principales villes, particulièrement dans les deux grandes villes que
sont Bobo-Dioulasso et Ouagadougou. L’augmentation de la population urbaine est essentiellement due à
l’exode rural.
Les statistiques des données socio-économiques ci-dessous décrites sont tirées du Rapport sur l’Etat de
l’Environnement au Burkina Faso (2002).
• Le secteur primaire
Ce secteur regroupe l’agriculture (25% du PIB), l’élevage (12%), la foresterie et la pêche (3%).
L’économie du Burkina Faso repose principalement sur le secteur primaire, dominé par une agriculture
céréalière à faibles rendements, très sensibles aux aléas.
L’élevage, quoique de type traditionnel, extensif, est la deuxième source de devise de l’Etat après le coton.
Ainsi en 1998, il a constitué 24% des recettes d’exportation du pays.
La pêche connaît un essor grâce à l’exploitation des retenues d’eau et des barrages créés ces dernières
années. La production de poisson a fortement augmenté et on estime que la consommation moyenne de
poisson par habitant et par an est passée de 1,3 kg dans les années 80 à 2 kg dans les années 90 (FAO, 1990).
L’exploitation forestière se résume à celle du bois utilisé essentiellement comme source d’énergie. Depuis la
dévaluation du franc CFA, on accorde de plus en plus une grande importance aux produits forestiers non
ligneux.
• Le secteur secondaire
Regroupant les industries, les mines et l’énergie, le secteur secondaire reste encore embryonnaire et peu
dynamique.
L’activité industrielle est très peu développée au Burkina Faso et se concentre essentiellement dans les deux
grandes villes que sont Bobo-Dioulasso et Ouagadougou.
L’industrie manufacturière est dominée par l’industrie agro-alimentaire et constitue 10% des exportations
totales.
L’exploitation minière est très active, essentiellement basée sur l’orpaillage traditionnel.
50
En ce qui concerne l’énergie, le bois de feu demeure la source d’énergie domestique la plus utilisée.
L’électricité est produite à partir des centrales thermiques. Il existe deux grandes centrales hydro-électriques.
Les projets d’interconnexion avec le Ghana et la Côte d’Ivoire devraient entraîner une réduction des coûts de
production et de consommation et une amélioration de la balance énergétique du Burkina.
Depuis quelques années, le Burkina Faso développe une politique d’électrification rurale par l’énergie
solaire.
• Le secteur tertiaire
Egalement embryonnaire, le secteur tertiaire s'est beaucoup développé depuis quelques années. Il est
constitué d'activités pour la majorité relevant du secteur informel et centré sur le transport, le tourisme,
l’artisanat et le petit commerce.
- Le transport
Le Burkina Faso est un pays enclavé, sans accès direct à la mer. Son réseau routier est estimé à 13 117 km
dont 16 % en bitume en 1997.
Le pays dispose d’un chemin de fer qui le relie à la Côte d’Ivoire, de deux aéroports internationaux
(Ouagadougou et Bobo-Dioulasso) et de quelques aérodromes nationaux. La pollution atmosphérique des
centres urbains au Burkina Faso est imputable aux engins à deux roues et aux véhicules.
- Le tourisme.
Le Tourisme est essentiellement tourné vers l’extérieur d’où provient l’essentiel de sa clientèle. Le pays
regorge d’immenses potentialités touristiques représentées par les sites naturels, les sites culturels, les aires
de faune pour la chasse et le safari, l’artisanat, etc.
On dénombrait 109 établissements hôteliers enregistrés en 1999 avec un total de 2 620 chambres.
- L’artisanat
Les activités artisanales sont pratiquées aussi bien en milieu urbain que rural avec toutefois des
spécialisations suivant les régions.
C’est ainsi qu’on rencontre la vannerie et la poterie dans le Houet, la Comoé et le Kénédougou, la tannerie et
la cordonnerie au Sanmatenga, au Soum, au Séno et à l’Oudalan, la poterie dans le Kouritenga, le Poni, etc.
Les principaux ateliers de couture et de maroquinerie sont concentrés dans les grandes villes comme
Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.
- Le commerce
Le commerce concerne essentiellement les produits de l’agriculture, de l’élevage ainsi que les produits des
activités industrielles et artisanales. La distribution interne se fait par le truchement des commerçants
grossistes et en grande partie par le secteur informel.
Malgré la vulnérabilité due aux aléas climatiques et à la faible productivité agricole, l’économie du
Burkina Faso enregistre une croissance moyenne du PIB de 5% par an durant la période de 1994 à 2002.
4. Ressources naturelles
4.1 Les sols, les terres, leur mise en valeur et les problèmes y afférents.
Le Burkina Faso est caractérisé par une hétérogénéité pédologique due à la longue évolution
géomorphologique et à la diversité de la couverture géologique. Les études réalisées par l’ORSTOM (actuel
IRD), l’IRAT (actuel CIRAD), SOGREAH, SOGETHA et BUNASOLS recensent neuf (9) classes de sols :
51
des sols minéraux bruts, des sols peu évolués, des verstisols, des sols brunifiés, des sols isohumiques, des
sols à sesquioxydes de fer et de manganèse, des sols ferrallitiques, des sols sodiques, des sols hydromorphes
(REEB, 2002).
D’une manière générale, le Burkina Faso dispose d’un potentiel de terres à vocation agricole estimé
à environ 9 000 000 ha et dont 39% sont annuellement cultivées. Elles se caractérisent, dans leur grande
majorité, par une carence marquée en phosphore qui limite leur productivité. Toutefois un certain nombre de
types de sol affichent des potentialités agro-sylvo-pastorales assez appréciables :
- les vertisols, les sols bruns eutrophes tropicaux, les sols bruns subarides vertiques : leurs
caractéristiques morphologiques et analytiques leur confèrent une bonne capacité de rétention en
eau et une richesse minérale élevée ;
- les sols ferrugineux tropicaux largement répandus, offrent des potentialités moyennes pour les
sous-groupes lessivés ou appauvris à concrétions et à tâches, lessivés ou appauvris sans
concrétions et lessivés hydromorphes. Ils présentent dans l’ensemble une structure massive, de
faibles teneurs en matière organique, en azote et en bases échangeables. La capacité d’échange
cationique est également faible avec un pH fortement à faiblement acide ;
- les sols ferralitiques, de par leur profondeur appréciable, ont une bonne aptitude pour
l’arboriculture mais ils sont chimiquement pauvres ;
- les sols hydromorphes, localisés dans les parties basses du relief, ont des teneurs moyennes en
matière organique et azote. Ils sont aptes à la riziculture pluviale et irriguée et au maraîchage.
- Le secteur sahélien strict au nord du 14ème parallèle est caractérisé par des steppes herbeuses faisant place
vers le sud à une steppe arbustive à fourrés ( brousse tigrée) plus ou moins denses. Sur le plan floristique, on
note la présence d’espèces sahariennes et sahéliennes typiques dominées par le genre Acacia.
- Le secte ur sub-sahélien situé entre les 13ème et 14ème parallèle, est caractérisé par des steppes arbustives
évoluant vers le sud en steppes arborées. C’est une zone d’interférence de nombreuses espèces sahéliennes et
soudaniennes ubiquistes comme Acacia laeta, Bauhinia rufescens, Comniphora africana, Pterocarpus
lucens, Combretum glutinosum, etc.
- Le secteur Nord soudanien situé entre les 13ème et 12ème parallèles, correspond à la zone la plus
intensément cultivée du pays du fait de la forte poussée démographique. La végétation présente l’allure de
paysages agricoles dominés par des espèces protégées comme Vitellatia paradoxa (karité), Parkia biglobosa
(néré), Tamarindus indica (tamarinier), Adansonia digitata (baobab) etc. On y rencontre également, proche
52
des habitations, des «bois sacrés» protégés par des pratiques coutumières qui témoignent de l’existence d’une
végétation quasi climatique constituée de forêts claires.
- Le secteur sud soudanien situé entre les 5è me et 11ème parallèles, bénéficie des climats les moins xériques
du pays et des formations forestières les moins perturbées en raison de la faible densité de population. La
végétation dans son ensemble est constituée de savanes boisées et de forêts claires entrecoupées de galeries
forestières particulièrement nombreuses du fait de la densité du réseau hydrographique.
On distingue quatre districts situés de part et d’autre de l’axe nord-sud du fleuve Mouhoun.
Le secteur sud soudanien constitue pratiquement depuis deux décennies, la zone d’immigration par
excellence des éleveurs et des agriculteurs venant de la partie nord du pays en quête de meilleures conditions
de vie (meilleurs pâturages et meilleures terres agricoles). Cette migration interne se traduit notamment par
de considérables défrichements agricoles anarchiques qui réduisent les superficies boisées d’année en année
et partant le disponible en bois.
• Le potentiel ligneux
Les formations forestières naturelles (forêts galeries, forêts claires, savanes arborées, savanes
arbustives, brousse tigrées) étaient estimées au début des années 1980 à 15 420 000 ha et se répartissaient
entre le domaine protégé (non classé) (75%) et le domaine classé (25%).
Le domaine classé comprend les parcs nationaux (390 000 ha), les réserves de faune (2 545 500 ha), les
forêts classées (880 000 ha).
Selon les résultats de l’Inventaire Forestier National réalisé en 1980, le s formations végétales
couvrent 254 100 km² soit 92% du territoire national. Cet inventaire a estimé le potentiel ligneux sur pied du
pays à 502 millions de mètres cube dont 349 millions mètres cube pour les forêts naturelles et 153 millions
de mètres cube pour les jachères et les champs cultivés. Une dizaine d’année plus tard, un autre inventaire
(Fontès et Guinko, 1995) a estimé la quantité de bois au-delà de 177 millions de mètre cube. On constate que
le résultat du premier inventaire est presque trois fois supérieur à celui du deuxième à cause des approches
53
méthodologiques utilisées et certainement de la dynamique de la formation. Ce qui pose un problème réel de
connaissance de la ressource.
Répartition des types de formations végétales et volume moyen de bois sur pied
D’une manière générale, le potentiel ligneux est largement entamé à cause des sécheresses répétitives et des
facteurs anthropiques très défavorables.
Les eaux de surface du Burkina Faso sont drainées par 3 bassins versants internationaux que sont : la Volta,
le Niger et la Comoé. Les trois bassins internationaux sont divisés sur l’ensemble du territoire en 4 bassins
versants nationaux : le Nakanbé, le Mouhoun, le Niger, et la Comoé. Les 4 bassins versants nationaux
comportent à leur tour 17 sous bassins versants nationaux. Tous les cours d`eau de surface du Burkina ont un
régime d’écoulement temporaire à l’exception de la Comoé, de la Léraba et du Mouhoun. Compte tenu des
barrages de Bagré et de la Kompienga, le régime du Nakanbé est devenu également pérenne à l’aval de ces
barrages.
Sur la base des mesures effectuées de 1970 à 1999 ainsi que les tentatives de modélisation (MEE, 2001), le
potentiel annuel moyen des écoulements de surface du Burkina Faso a été estimé 8,79 milliards de m3/an. En
année très sèche ce potentiel tombe à 4,29 milliards m3/an. Les apports à la confluence ou à la sortie du
territoire du Burkina Faso sont estimés à 7,5 milliards de m3/an et fait dire que l’essentiel des eaux du
Burkina Faso sont drainées vers les pays voisions.
54
Débits moyens interannuels des bassins nationaux
Depuis les années 70, la tendance observée est à la baisse des aquifères avec une faible remontée de la nappe
entre 1985 et 1995. La géologie du sous-sol détermine largement les réserves en eau souterraine du Burkina
Faso. La dominance des roches cristallines (plus de 80% du territoire) qui ne sont pas aptes aux aquifère
profonds, continus et productifs limitent les disponibilités en eau souterraines. Dans ces formations du socle
cristallin, l’eau est emmagasinée dans les altérites qui surplombent la roche ainsi que dans les zones fissurées
de la roche. Dans les altérites sous forme d’arènes et de fortes épaisseurs, les réserves peuvent être
appréciables car elles se présentent souvent sous forme continue. Si les altérites sont par contre argileuses,
leur débit exploitable est faible, Dans le socle par contre, en fonction de la densité de la fracturation et de
leur localisation et état (colmatage ou ouverture) les débits sont variables. Dans tous les cas, en zone de socle
les débits de forages sont rela tivement bas et de l’ordre de 2 m3/h. Dans les zones sédimentaires, les
aquifères sont plus épais et continus. Par exemple au nord de Bobo Dioulasso, des roches à dominance
gréseuse atteignent des centaines de mètres d’épaisseur. Ces zones comportent des aquifères superposés. Les
forages peuvent y débiter des centaines de m3/h et certains sont artésiens.
Selon les calculs du projet GIRE, les réserves totales en eau souterraines du Burkina Faso sont estimées à
402 milliards de m3. La recharge (infiltrations renouvelables annuelle) est estimée à 32,4 milliards de m3
(voir tableau ci-dessous).
Globalement selon les informations disponibles, la qualité des eaux tant de surface que souterraines est
bonne au Burkina Faso. Cependant, cette affirmation est à relativiser car des pollutions localisées se sont
manifestées ça et là dans les centres urbains et dans les zones industrielles. La turbidité des eaux est souvent
mauvaise et entraîne des coûts importants pour le traitement des eaux de boisson. Dans quelques grands
centres en milieu rural, du fait des systèmes quasi inexistants d’assainissement, des taux de nitrates nettement
au-dessus des seuils OMS ont été signalés.
55
Le suivi des eaux souterraines et de la qualité des eaux connaissent des insuffisances sérieuses. Les données
disponibles sont très limitées et beaucoup d’efforts sont à faire.
Les disponibilités des ressources en eau au Burkina Faso sont donc très limitées et appellent à la rigueur.
Chaque année les pénuries sont nombreuses sur l’étendue du territoire. C’est pour faire face à cette situation
et pour répondre à ses engagements régionaux et internationaux que le Burkina Faso a décidé de mettre en
place une gestion intégrée des ressources en eau (GIRE). La GIRE est également la concrétisation de la
volonté de mettre fin à la gestion sectorielle des ressources en eau à travers des actions isolées. Les acquis
sont à présent nombreux :
• Une Loi d’orientation relative à la gestion de l’eau, adoptée par le Parlement en février 2001 ;
• Un État des lieux des ressources en eau du Burkina Faso et de leur cadre de gestion, réalisé en mai
2001, et qui identifie et analyse les problèmes de toute nature qui constituent des handicaps pour une
gestion durable des ressources en eau ;
• Un Plan d’action pour la gestion intégrée des ressources en eau (PAGIRE). Le PAGIRE adopté en
mars 2003 est basé sur les conclusions de « l’État des lieux » et propose les actions à mettre en
œuvre pour conduire la GIRE au Burkina Faso ;
• La création en juillet 2002 de la Direction Générale de l’Inventaire des Ressources Hydrauliques qui
a pour mission la gestion des ressources en eau ;
• La mise en place du SP/PAGIRE en septembre 2003.
Au Burkina Faso, on distingue trois principaux types d'écosystèmes forestiers qui se répartissent comme
suit :
Répartition des écosystèmes
Le reste du territoire est couvert par d’autres types de milieux, notamment les dunes, les habitations, les
rochers, les routes, etc.
Parmi les écosystèmes terrestres, les forêts occupent une place importante. Le tapis herbacé présente des
caractéristiques liées aux zones phytogéographiques dans lesquelles il se trouve. Dans l'ensemble, les
familles les plus représentatives sont dans l'ordre décroissant : les gramineae (monocotylédones à tige
creuse), les légumineuses (dicotylédones à gousse), et les cypéraceae (monocotylédones apétales à tige
pleine).
Les causes principales de la dégradation des ressources naturelles sont d’ordre climatique et anthropique.
L’action conjuguée de ces deux facteurs maintient le processus de dégradation des ressources naturelles dans
un cercle vicieux à tel point que l’on ne puisse définir la principale cause du processus.
La sécheresse est l’élément climatique majeur de la dégradation des ressources naturelles. Quant aux facteurs
anthropiques, ils sont de divers ordres : outre les feux de brousses, le caractère extensif de l’agriculture et de
56
l’élevage exerce une forte pression sur les ressources naturelles déjà fragiles en particulier dans les zones
densément peuplées et la zone sahélienne. La réduction des temps de jachère, le surpâturage et la coupe
abusive du bois de chauffe pour approvisionner les centres urbains ont un effet direct sur la déforestation et
la disparition du couvert végétal.
Les pollutions et nuisances sont des faits nouveaux, corollaire au taux accéléré de l’urbanisation et des
activités industrielles. Les sources principales de pollutions et nuisances sont :
- La pollution par les déchets domestiques : il existe une déficience de la gestion des déchets
domestiques dans le s villes, posant ainsi un problème de santé publique ;
CHUYO : Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouedraogo : produit annuellement 147 tonnes de
déchets biomédicaux avec une capacité d’accueil de 724 lits d’hospitalisation.
Clinique NDP : Clinique Notre Dame de la Paix : produit 5, 345 tonnes par an avec une capacité d’accueil
de 32 lits d’hospitalisation.
57
- La pollution atmosphérique
La pollution de l’air est surtout observée dans les deux grandes villes que sont Bobo et Ouaga. Elles
représentent à elles seules plus de 80% du parc automobile et 90 % du tissu industriel. Près de 70% de la
population urbaine est concentrée dans ces villes.
La pollution atmosphérique est essentiellement due au transport urbain. Les émissions de gaz (CO,
Nox,HC,SO2, PM10) par le trafic urbain ont un impact négatif sur la qualité de l’air. Les récentes études
confirment une dégradation de la situation avec pour causes principales : l’augmentation de la population
urbaine, l’accroissement du taux de possession de cyclomoteurs et de véhicules, la vétusté des engins,
l’absence de mesure de gestion du trafic.
Les récentes études (2005) sur la qualité de l’air à Ouagadougou, confirment une tendance à la hausse des
estimations du volume de gaz émis en 1999 qui étaient de 63 735 tonnes de CO, 2 218 tonnes de NOx,
33 348 tonnes de HC, 469 tonnes de CO2.
Il n’existe malheureusement pas de dispositifs de mesure de l’air dans les villes. Le Burkina Faso a
cependant adopté en 2001, ses propres normes d’émissions tolérées des moteurs de véhicules et de qualité
résultante de l’air.
Tableau présentant les normes de qualité de l’OMS et les normes adoptées au Burkina.
Avec le processus de décentralisation, les collectivités territoriales jouent un rôle de plus en plus important
dans le domaine de l’environnement.
La gestion de l’Environnement et des ressources naturelles est régie par des textes législatifs dont les plus
importants sont les suivants :
- La constitution du Burkina Faso. ;
- La Réorganisation Agraire et Foncière (RAF) ;
- Le code de l'environnement ;
- Le Code Forestier ;
- La loi d'orientation relative à la gestion de l'eau ;
- Le Code minier ;
- La loi sur le contrôle des pesticides ;
- Le Code de Santé ;
- Le Code des Investissements ;
- Le Code Pastoral ;
- Le Code de l’Urbanisme.
58
6.2. Environnement international et mise en œuvre des conventions
Le Burkina Faso a adopté et ratifié un certain nombre de conventions qui contiennent des dispositions de
principe concernant l'environnement (voir tableau ci-dessous).
59
CONVENTIONS RATIFIEES PAR LE BURKINA FASO
60
TITRE DE LA CONVENTION LIEU ET DATE DATE D’ENTREE DATE ET DECRET DE RATIFICATION
D’ADOPTION EN VIGUEUR
Kiti AN VII bis du 23-09-1989
Convention relative à la conservation de la vie Berne 01-06-1982 01-10-1990
sauvage et du milieu naturel 19-09-1979 Zatu AN VII 2 du 23-08-1989
Kiti AN VII 3 bis du 23-09-1989.
Convention portant création de l’autorité du Bassin Faranah 03-12-1982 03-12-1982
du Niger. 21-11-1980
Protocole relatif au fonds de développement du Faranah 03-12-1982 03-12-1982
Bassin du Niger. 21-11-1980
Convention des Nation-Unies sur le droit de la mer. Montego-Bay 10-12-1982
10-12-1982
Convention pour la protection de la couche d’ozone Vienne 22-09-1988 28-06-1988
22-03-1985 Zatu 86-16 du 05-03-1986
Kiti 86-70 du 05-03-1986
Protocole de Montréal relatif à des substances qui Montréal 01-01-1989 18-10-1989
appauvrissent la couche d’ozone. 16-09-1987 Zatu AN VI 21 du 13-01-1989
Kiti AN VI 164 du 20-01-1989
Amendement au Protocole de Montréal relatif à des Londres
substances qui appauvrissent la couche d’ozone. 29-06-1990
Amendement au Protocole de Montréal relatif à des Copenhague 1992 Loi N° 11/95/ADP du 27-04-1995.
substances qui appauvrissent la couche d’ozone. Déc.N° 95-380 du 27-09-1995
Convention sur l’interdiction d’importer en Afrique Bamako Loi N°19/93/ADP du 24-05-1993. Prom. déc.
des déchets dangereux et sur le contrôle des 30-01-1991 N° 93-191 du 16-06-1993.
mouvements transfrontières. Déc.N° 93-284 du 20-09-1993.
Convention-cadre sur les changements climatiques. Rio 21-03-1994 Loi N° 22/93/ADP du 24-05-1993. Prom.
12–06–1992 Déc.N° 93-194 du 16-06-1993.
Déc. N° 93-287 du 20-09-1993.
Convention sur la diversité biologique. Rio de Janeïro 29-12-1996 Loi N° 17/93/ADP du 24-05-1993.Prom.
05-06-1992 déc.N° 93-194 du 16-06-1993.
Déc. N° 93-292 du 20-09-1993.
Accord relatif à l’application de la partie XI de la New-York
Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer. 1994 NA NA
Convention internationale sur la lutte contre la Paris 26-12-1996 Loi N°33/95 du 29-12-1995. Prom. déc.N° 95-500
désertification dans les pays gravement touchés par la 17-06-1994 du 01-12-1995.
sécheresse et/ou la désertification. Déc. 95-569 du 29-12-1995.
Convention concernant l’emploi de la Céruse dans la Genève 31-08-1923 21-11-1960
61
TITRE DE LA CONVENTION LIEU ET DATE DATE D’ENTREE DATE ET DECRET DE RATIFICATION
D’ADOPTION EN VIGUEUR
Peinture. 25-10-1921
Convention internationale pour la protection des Rome Loi N°61/94ADP/ du 22-12-1994. Prom. déc.
végétaux. 06-12-1951 N° 95-16 du 18-01-1995.
Déc. 95-93 du 07 mars 1995.
Traité sur la zone exempte d’armes nucléaires en Pélindaba Loi N° 27/96/ADP du 17 juillet 1996.
Afrique (Traité de PELINDABA) Déc. N° 96-449 du 18 décembre 1996.
Convention portant Statut de l’Autorité de 03-06-1971 19-03-1974
Développement Intégré du Liptako Gourma
Convention portant création du centre international Abidjan 05-06-1992
de recherche développement sur l’élevage en zone 12-12-1991
sub-humide (CIRDES)
Convention révisée relative à la création de l’autorité 29-10-1987 18-01-1995 03-08-1988
du bassin du Niger.
Traité sur les principes régissant les activités des 27-1-1967 10-10-1967 18-06-1968
Etats en matière d’exploration de l’espace extra
atmosphérique y compris la lune et les autres corps
célestes.
Traité de l’UEMOA (Protocole Additionnel N°II Dakar Août 1994
relatif aux politiques sectorielles) 10 –01- 94
Protocole de Carthagena sur la prévention des risques Nairobi 24 Mai 2000
biotechnologiques.
Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements Bâle Décret n° 98-424/ PRES/PM/MAET/MEE du
transfrontières de déchets dangereux et de leur 5 Octobre 1998 portant ratification de la
élimination. Convention de Bâle.
Convention de Stockholm sur les polluants
organiques persistants (p o p).
Convention de Rotterdam sur la procédure de
consentement préalable en connaissance de cause
applicable à certains produits chimiques et pesticides
dangereux qui font l’objet d’un commerce
international
62
6.3. Liens régionaux et internationaux
Le Burkina Faso bénéficie de l’appui d’organismes de coopération, au niveau sous régional, bilatéral et
multilatéral. Leurs interventions se situent en général au niveau de l’appui financier, de l’expertise technique et
de la formation.
Le Comité Inter Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS), l’Union Economique et Monétaire
Ouest Africaine (UEMOA), la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la
Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), l’Autorité de développement intégré de la région du
Liptako Gourma, la Communauté Economique du Bétail et de la Viande (CEBEV), le Conseil de l’Entente,
l’Institut Panafricain pour le Développement - Afrique de l’Ouest/ Sahel (IPD-AOS), l’Ecole Inter Etat de
l’Equipement Rural (EIER), l’Ecole des Techniciens Supérieurs de l’Hydraulique et l’Equipement Rural
(ETSHER), etc.
Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Programme des Nations Unies pour
l’Environnement (PNUE), l’Organisation des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), le Fonds des Nations
Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), l’Organisation des Nations Unies pour l’Education et la
Culture (UNESCO), l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI),
l’Organisation des Nations Unies pour la Santé (OMS), etc. ;
7. Perception de la coopération internationale, régionale et sous régionale et points de vue sur la mise
en œuvre d’une politique régionale de l’environnement
Le Burkina Faso a une perception très favorable de la coopération internationale, régionale et sous-régionale,
en témoigne son implication dans les différents organes de coopération aux niveaux régional, sous régio nal et
international. Dans ce cadre, il développe plusieurs programmes et projets de développement à différents
niveaux de coopération.
- Au niveau international, suite au Sommet de Rio en 1992, le Burkina Faso a fait siens les
instruments clés (portant entre autres sur la lutte contre la désertification, la diversité biologique et
les changements climatiques) que la communauté internationale a adoptés en vue d’enclencher un
réel processus de préservation de l’environnement et de développement durable ;
63
- Le Burkina Faso a également adhéré à la déclaration des Nations Unies en 2002 dite Déclaration du
Millénaire, qui définit des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) ;
- Au niveau continental, le Burkina Faso est partie prenante du concept de Nouveau Partenariat pour
le Développement de l’Afrique (NEPAD) adopté par les Chefs d’Etat au sein de l’Union Africaine
(UA) ;
- Au niveau régional et sous-régional, les Chefs d’Etat membres de l’Union Economique et Monétaire
Ouest Africaine (UEMOA) ont adopté une Politique Agricole de l’Union (PAU) couvrant
l’ensemble des activités de l’agriculture, de la foresterie, de l’élevage et de la pêche ;
- De même, les états membres du Comité Inter Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS)
ont adopté une déclaration qui définit leur vision de l’avenir au 21 ème siècle ;
Les différents partenaires rencontrés ont unanimement témoigné le dynamisme de la coopération internationale,
régionale et sous régionale entretenue par le Burkina Faso.
7.2 Perception des priorités du point de vue du Burkina Faso et Eléments d’orientations majeurs
pour l’amélioration de l’environnement perçus à la suite des entretiens et interactions.
Le Burkina Faso adhère à l’idée d’une Politique commune en matière d’environnement et de développement
durable aussi bien pour les pays de l’UEMOA que les pays de la CEDEAO. C’est dans ce sens qu’il s’est lui-
même engagé dans le processus d’élaboration de sa politique nationale en matière d’environnement. L’avant
projet du document a déjà été élaboré et est soumis à amendement à travers une série de concertation au niveau
régional et national.
La mise en œuvre d’une politique régionale de l’environnement se traduit au Burkina Faso d’une part à travers la
signature et la ratification de conventions ou traités et d’autre part à travers une concertation dans des cadres
formels ou informels. Ainsi, le Burkina Faso est membre de plusieurs organisations sous régionales spécialisées
au sein desquelles les Etats Membres développent des stratégies et des actions communes de gestion de
l’environnement. On peut citer : le Comité Inter Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS),
l’Autorité de développement intégré de la région du Liptako Gourma, l’Institut Panafricain pour le
Développement - Afrique de l’Ouest/ Sahel (IPD-AOS).
Sur le plan environnemental, l’élaboration d’une politique environnementale au niveau régional permettra de
gérer un certain nombre de problèmes environnementaux communs aux différents pays de l’espace UEMOA. A
ce titre, les préoccupations du Burkina Faso ont trait essentiellement à :
En matière d’Environnement :
- La prolifération de sachets plastiques dans l’espace UEMOA, nécessite une réglementation régionale
pour la gestion des déchets plastiques, en particulier les sachets, mais également la promotion d’unités
de recyclage de ces déchets ;
64
- L’élaboration de Stratégie Nationale d’Assainissement dans chaque Etat. (Le Burkina Faso a adopté sa
Stratégie Nationale en Janvier 1996) ;
- La promotion de l’écocitoyenneté pour responsabiliser davantage les populations dans la gestion de leur
environnement. L’UEMOA devrait prendre une directive pour systématiser l’éducation
environnementale dans tous ses Etats membres ;
- En plus de l’essence sans plomb vulgarisé sur l’initiative de la Banque Mondiale en 1998, il s’agira de
promouvoir les pots catalytiques qui réduiront de 80 à 90% les autres polluants ;
- Nécessité d’élaborer une directive commune sur le problème de l’amiante dans le cadre de la
Convention de Bâle en rapport avec les véhicules importés ;
- Encourager les pays membres de l’UEMOA à ratifier la Convention de Stockholm sur les pesticides ;
- La gestion des menaces à caractères transfrontaliers : cas des plantes envahissantes et des espèces
animales envahissantes ;
- La prise en compte des programmes transversaux des différentes Conventions dans la formulation de la
politique régionale environnementale, de même que les programmes du NEPAD ;
- La valorisation des connaissances traditionnelles dans la gestion des ressources naturelles dans l’espace
UEMOA.
- Large campagne d’information et de sensibilisation sur la biotechnologie et la biosécurité dans les Etats
membres. Un accent devrait être mis sur la biosécurité afin que les Etats membres de l’UEMOA ne
soient pas des champs d’expérimentation des pays développés. L’accent devrait également être mis sur
65
la formation des chercheurs, et la mise en place de laboratoires performants, afin que nos chercheurs ne
soient pas que des «chercheurs au champ» ;
- Nécessité d’une réglementation sériée et harmonisée dans les pays membres de l’UEMOA et ratification
par tous les Etats membres de la CEDEAO du protocole de CARTHEGEMA ;
Le Burkina Faso est très avancé par rapport aux autres pays dans le domaine. Un projet de loi vient
d’être adopté en Conseil des Ministres et sera soumis à l’Assemblée Nationale pour approbation.
- L’idée de la création d’une Fondation Africaine sur la Biotechnologie, qui bénéficierait des gènes des
différentes firmes étrangères n’est pas une bonne chose pour les pays africains, qui seraient
indirectement responsables de la diffusion de gènes dont les conséquences ne sont pas maîtrisées ;
- Nécessité d’appuyer les Etats sur le plan financier pour l’organisation d’ateliers d’informations sur les
OGM, au profit des popula tions et des couches les plus vulnérables.
Depuis 2001, le Burkina Faso a élaboré l’état des lieux des ressources en eau et adopté une rapproche qui prend
en compte la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE). Un plan d’action a été élaboré à cet effet. Il existe
également une politique de gestion participative et concertée des ressources en eau avec la mise en place d’un
conseil national de l’eau, d’un comité Interministériel, des comités de gestion des bassins hydrographiques et des
comités locaux de gestion de la ressource au niveau communautaire.
En outre, la CEDEAO a mis en place une unité de coordination des ressources en eau basée à Ouagadougou.
Les principales préoccupations du Burkina Faso en matière de gestion des ressources en eau, à considérer dans la
formulation de la politique régionale environnementale sont :
- La prise en compte de la protection des ressources en eau dans toute politique à élaborer ;
- L’élaboration dans chaque pays membre de la CEDEAO de son plan d’action «GIRE » ;
66
ANNEXE 1 : LISTE DES PERSONNES RENCONTREES
67
ANNEXE 2 : BIBLIOGRAPHIE
Ministère de l’Economie et des Finances (2000) ; Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté . Burkina Faso.
73 pages et annexes.
Ministère de l’Environnement et de l’Eau (2002) ; rapport sur l’état de l’environnement au Burkina Faso.
174 pages.
68
69
LA COTE D’IVOIRE
69
70
Projet de
Décembre 2005
70
71
71
72
Sigles et Acronymes
72
73
73
74
74
75
Le pays et sa superficie
La Côte d'Ivoire est située en Afrique de l’Ouest (Carte 1). Le territoire d’une superficie de
322.500 Km2 est limité, au Nord par le Mali et le Burkina Faso, à l'Est par le Ghana, à l'Ouest, par le
Libéria et la Guinée, au Sud par l'Océan Atlantique. Le littoral, s’étend du Cap des palmes à l’Ouest au
Cap des Trois Pointes à l’Est. Long de 566 km, il se décompose en deux ensembles de part et d’autre de la
ville de Sassandra. A l’Ouest, se développent une côte rocheuse où alternent plages sableuses et falaises. A
l’Est, on distingue une côte sableuse dont les cordons barrières isolent des systèmes lagunaires.
Relief :
Trois types de relief peuvent être individualisés (Avenard, 1971). Le Sud du pays présente l’allure
générale d’une plaine constituée, en fait, d’un moutonnement de petites collines de très faible hauteur. Au
Nord, on observe une succession de plusieurs plateaux de 200 à 500 mètres d’altitude. Ces deux types
d’horizons voient leur relative monotonie rompue par la présence de reliefs isolés, les inselbergs, prenant
la forme d’alignements de collines, de buttes tabulaires ou de dômes granitiques. L’Ouest et le Nord-Ouest
du pays, constituent l’extrémité orientale d’une région montagneuse, la « dorsale guinéenne » ; le relief y
est plus élevé, les sommets dépassent 1.000 mètres d’altitude (Mont Nimba, Mont Péko).
Sol :
Climat :
Les climats font la transition entre les climats équatoriaux humides et les climats tropicaux secs.
L’uniformité des températures moyennes annuelles sur l’ensemble du territoire (24 à 27° c) est à souligner,
de même que les faibles variations des températures moyennes mensuelles, d’une saison à l’autre. Comme
dans toute l’Afrique de l’Ouest, le rythme des précipitations est réglé par le déplacement du Front
Intertropical (FIT), au cours de l’année (Rougerie, 1960). Ces déplacements déterminent plusieurs
grandes zones dont les climats se répartissent selon un gradient à saison sèche croissant du Sud au Nord.
Ce sont donc la pluviométrie et, surtout, la répartition des pluies, qui déterminent les zones climatiques de
Côte d’Ivoire, avec le passage progressif d’un climat tropical subhumide à quatre saisons, au Sud, à un
climat tropical plus sec à deux saisons au Nord (Monnier Y., 1974). L’on a identifié les faciès suivant :
climat soudanais, climat baouléen, climat attiéen, climat de montagne (Tableau 1).
75
76
La population de la Côte d’Ivoire estimée à 6 709 000 habitants en 1975, s’élevait à 15.366.672
habitants en 1998. Avant la crise, en 2002, on l’évaluait à 17 millions. Le taux de croissance de 3,3 sur la
période 1988 – 1998, fait planer la menace d’un doublement de la population en 23 ans. Les principales
caractéristiques de la population sont :
- une structure par âge très jeune avec 43% de la population de moins de 15 ans ;
- une densité moyenne de 48 habitants/Km2 , toutefois, l’on relève une inégale répartition de la
population sur le territoire national : 78% de la population occupe 47% du territoire national dans le
sud forestier contre 22% de la population sur 53% de la superficie du territoire national dans la zone
de savane ;
- un taux de mortalité générale relativement élevé de 15‰ en 1998 contre 12‰ en 1988 : cette hausse
est liée en partie au taux de prévalence élevé du VIH/SIDA (10 à 12%) et à la recrudescence de
certaines épidémies ;
- un taux de mortalité infantile en hausse de 112‰ en 1998 contre 89‰ en 1994 ;
- une mortalité maternelle élevée de 597 décès pour 100.000 naissances vivantes.
Pendant, longtemps la population rurale a excédé le nombre d’individus vivants dans les villes.
Aujourd’hui, à la suite d’un exode rural massif conjugué avec une importante immigration internationale,
la population urbaine représente 51% de la population totale contre 49% en zone rurale. La région côtière
concentre à elle seule 44,1% de la population urbaine traduisant son dynamisme démographique et l’attrait
de son potentiel économique.
L’analyse sectorielle de l’activité économique sur la période 1998-2003, indiq ue une contribution
prépondérante du secteur tertiaire dans la création de la richesse avec en moyenne plus de 49% du PIB. Le
secteur primaire traditionnellement en hausse, représente depuis 1998 en moyenne 27% du PIB. Le secteur
secondaire quant à lui enregistre une baisse continue depuis 1999 pour se situer en moyenne autour de
24% sur la même période.
L’agriculture est la base de l’économie. Elle emploie les 2/3 de la population active et contribue au
PIB total pour 34% et au revenu d’exportation pour 66%. La superficie cultivée est d’environ 9 500 000 ha
soit 30% du territoire national. La petite exploitation familiale constitue l’unité de base de l’agriculture.
L’exploitation agricole moyenne couvre 4ha et emploie une main d’œuvre familiale. Les principales
cultures de rente sont : le café, le cacao, l’ananas, la banane, le palmier à huile, le cocotier, la canne à
sucre, le coton, l’hévéa, le tabac, la cola, le karité. Les agrumes à essence son également des sources de
revenus importantes.
Les principaux produits vivriers cultivés en Côte d’Ivoire sont l’igname, le manioc, le taro, la
banane plantain, le maïs, le paddy, le fonio, le sorgho, le mil et l’arachide.
76
77
Les principales utilisations des ressources forestières en Côte d’Ivoire sont : l’exploitation des bois
d’œuvre ; le bois de chauffe et le charbon ; les produits de la pharmacopée traditionnelle. Ainsi, environ
1.500 espèces sont utilisées comme plantes médicinales, tandis que moins de 800 espèces sont exploitées
pour tous les autres usages confondus, y compris l’exploitation de bois d’œuvre. Cependant, l’utilisation et
le commerce de ces plantes s’opéraient dans un cadre informel. Il n’est alors pas possible d’en donner une
valeur économique chiffrée. En fait, seule la valeur des essences forestières commercialisées peut être
chiffrée. Mais il est certain que ces essences représentent peu dans la valeur économique totale des
produits forestiers.
Environ 66 essences forestières sont exploitées à des fins commerciales comme bois d’œuvre et de
service avant ou après transformation. En 1995, 2,3 millions de mètres cubes de bois d’œuvre ont été
exploités sur l’ensemble du territoire ivoirien. Environ 2 millions de m3 ont été transformés par les usines
locales et 300.000 m3 , exportés. La valeur FOB des exportations dépassait 23,7 milliards de F CFA.
L’estimation de la valeur commerciale de la production totale, à partir des prix à l’exportation, serait
erronée dans la mesure où plusieurs essences transformées localement sont interdites à l’exportation sous
la forme de grumes.
Les activités des flottes de pêche basées à Abidjan sont en général axées sur l’exploitation des
espèces démersales et pélagiques destinées à la consommation locale, et sur la crevette qui est exportée.
En 1995, les navires ivoiriens avaient réalisé des débarquements de 26.196 tonnes de captures pour une
valeur de 7,83 milliards de F CFA. Il est indiqué que Sardinella représente environ 63% des captures au
niveau de la pêche sardinière soit, 13.228 tonnes en 1995. Ces captures ont représenté une valeur
commerciale de 3,03 milliards de F CFA soit 39% de la valeur totale des captures effectuées au niveau de
la pêche industrielle au cours de cette année.
La pêche artisanale constitue la seconde forme d’exploitation halieutique en Côte d’Ivoire. Elle
comprend la pêche maritime, la pêche lagunaire et la pêche continentale. Cette pêche est pratiquée sur 500
km de bordure maritime, 1.200 km de la lagune, 5.000 km de fleuve et 1,2 km de retenues artificielles.
Faute de couverture statistique de l’ensemble des points de débarquements, les statistiques données dans
cette section sont basées sur des estimations des services compétents du Ministère de l’Agriculture et des
Ressources Animales.
La production totale de la pêche artisanale était estimée à 45.122 tonnes en 1994 pour une valeur
de 53,26 milliards de F CFA. Ces captures étaient composées de 30.019 tonnes de prises en mer et lagune
et de 15.103 tonnes de prises en eau continentale. Les effectifs employés directement au niveau de la
pêche artisanale étaient de 16.961 personnes, dont 13.497 au niveau de la pêche lagunaire et maritime.
Les captures pour l’année 1995 étaient de 43.998 tonnes pour une valeur de 1,86 milliards de F
CFA. Les quantités pêchées se répartissaient comme suit :
Les effectifs employés directement étaient 18.290 personnes dont 14.802 en mer et sur la lagune.
Après une forte croissance enregistrée de 1995 à 1998 (avec un rythme moyen de 5%)
consécutive à la dévaluation du franc CFA en 1994, et la mise en œuvre de réformes structurelles conjuguées
77
78
au relèvement des cours des matières premières, le pays est entré dans une période d’instabilité politique et
de déclin économique sans précédent depuis le coup d’état de 1999 et qui a culminé avec la crise de 2002.
Tous les secteurs d’activité ont enregistrés des niveaux d’activités négatifs : -0,7% pour le primaire, -5,8%
pour le secondaire et -1,6% pour le tertiaire.
Les Enquêtes sur les Conditions de Vie des Ménages (ECVM) réalisées par l’INS, ont permis
d’établir que le taux de pauvreté 5 qui était de 10% en 1985 est passé à 32,3% en 1993, puis à 36,8%
en 1995 pour s’établir à 33,6% en 1998.
L’extrême pauvreté concerne 10% de la population surtout dans les villages des régions de la
Savane rurale (21,6%) et de la Forêt Est (15,1%). La Savane Rurale contribue à l’extrême pauvreté
nationale de 27% en 1995.
Les groupes socio-économiques les plus touchés par cette pauvreté sont :
La pauvreté est inégalement repartie du point de vue spatiale. Son ampleur est plus marquée dans
les milieux ruraux (42% en 1998) que dans les milieux urbains (23% en 1998). Toutefois, le phénomène
s’est rapidement développé dans ces derniers milieux en passant d’environ 5% en 1985 à 19% en 1993.
Cette tendance observée dans les milieux urbains, est plus marquée à Abidjan où le ratio de pauvreté était
de 11,1% en 1998.
2. Ressources naturelles
Avant 1960, la forêt ivoirienne s’étendait sur tout le sud, l’ouest et la partie médiane de la Côte
d’Ivoire. Le taux d’occupation se chiffrait à 46 % du territoire (12 millions d’hectares, 148 350 km2 ), avec
un taux de reboisement de 37,6 %. Au cours des années subséquentes, l’exploitation forestière à des fins
de production de bois d’œuvre, la coupe intensive pour le bois de chauffe et la fabrication de charbon de
bois, et le défrichement pour la mise en culture des terres ont eu pour conséquence de causer la disparition
de 3/4 de la couverture forestière du pays. Il ne reste plus que 3 millions d’hectares de forêts et le taux de
reboisement a chuté, dans le même ordre, pour se situer à 9,3 %. Devant ces faits alarmants, une seule
constatation peut être faite : la disparition des espèces végétales et la dégradation des sols en Côte d’Ivoire
sont considérables. Toutefois, dans le contexte de la sauvegarde du patrimoine forestier, l’Etat a confié en
gestion à la SODEFOR, 202 forêts classées représentant une superficie totale de 3,8 millions d’hectares
(Tidjane Thiam, 1999).
Les forêts, pâturages et paysages naturels
L'un des éléments les plus caractéristiques des écosystèmes ivoiriens est constitué par la
végétation. C'est elle qui imprime au territoire sa physionomie la plus concrète. Ainsi, du manteau
forestier, qui recouvre le Sud du pays, aux savanes du Nord, la Côte d'Ivoire présente, dans le détail, une
5
Seuil de pauvreté : 75 000 f cfa en 1985, 101.340 fcfa en 1993, 162.880 en 1998
78
79
vaste gamme de paysages végétaux. Les auteurs distinguent deux domaines (guinéens et soudanais) en se
fondant sur les formations végétales.
Le domaine guinéen s’étend dans la moitié sud du pays et correspond globalement aux grands
ensembles climatiques (climat attiéen, climat baouléen, climat de montagne) de la région. Les formations
végétales que l’on y reconnaît sont : les forêts denses (hygrophiles ou ombrophiles, mésophiles), les forêts
marécageuses, savanes diverses (côtières, prélagunaires, guinéennes).
Le domaine soudanais comprend des forêts claires, des boisements denses (îlots forestiers, forêts
galeries), différentes savanes. Ces savanes reçoivent des appellations différentes suivant l'importance ou
l'absence de peuplement forestier : savanes boisée ; arborée ou savane herbeuse. Les groupements
végétaux qu'elles comportent sont presque analogues à ceux qui ont été examinés dans les savanes
guinéennes. La différence essentielle doit être recherchée dans la richesse floristique des savanes
soudanaises et subsoudanaises. Ici, les différentes strates sont floristiquement plus variées et plus riches,
mais les physionomies ne changent pas fondamentalement. Cependant, il importe de noter l'absence quasi
totale de savanes à rôniers (Borassus aethiopum).
Les forêts de montagne et les prairies altimontaines ou savanes de montagnes sont des formations
particulières présentes dans l’ouest montagneux.
Les forêts marécageuses sont une mosaïque de groupements végétaux comprenant des forêts
périodiquement inondées, des forêts et fourrés marécageux, des marais herbeux, des trous d’eau libre, etc.,
répartis selon la topographie du terrain. Elles présentent une composition floristique variant du caractère
ombrophile au caractère mésophile jusqu’à ce que l’intégration au deuxième soit totale.
La Côte d’Ivoire dispose, sur 90% du territoire, d’un réseau hydrographique dense comprenant
des fleuves, des rivières, des ruisseaux, des lacs et des réservoirs artificiels.
Le réseau hydrographique de Côte d'Ivoire peut être regroupé en trois sous-ensembles d'importance
inégale : quatre fleuves principaux, des petits fleuves côtiers et les affluents des fleuves étrangers au
territoire ivoirien (le Niger au Nord-ouest et la Volta-Noire au Nord-est). Les quatre fleuves ont une
orientation Nord sud, ce sont : le Cavally, le Bandaman, le Sassandra, le Comoé. Plusieurs fleuves côtiers
se déversent directement dans la mer, il s’agit de : la Bia, l’Agnéby, la Mé, la Boubo.
Par ailleurs, Plus de cinq cents retenues d’eau existent sur l’ensemble du territoire et sont classées
en cinq catégories par Traoré et Yté (1996) : barrages hydroélectriques, barrages hydro-agricoles,
barrages agro-pastoraux, barrages à usage domestique, les dix lacs artificiels de Yamoussoukro.
Superficie Longueur
Cours d’eau du bassin versant du cours d’eau
(km²) (km)
Bandama 97.000 1.050
N’Zi 35.500 725
Marahoué 23.000 550
Comoé 78.000 1.160
Sassandra 66.000 840
Cavally 28.800 700
Bia 9.650 290
Agnéby 8.900 200
Boubo 5.100 130
Mé 4.300 140
San Pedro 3.310 112
79
80
Brimary 1.070 65
Nero 985 80
Tabou 800 70
(source : monographie de la diversité biologique)
Milieux marins et écosystèmes côtiers
Plusieurs types de paysages se suivent sur le littoral ivoirien. Ainsi, de Tiapoum à Tabou, l’on
rencontre des cordons dunaires, des zones rocheuses, des zones lagunaires, des forêts … Ces paysages
variés constituent un patrimoine de grande valeur écologique, mais aussi culturelle et touristique. Au-delà
de cette grande variété de paysages, on peut distinguer deux grands ensembles en fonction de leur origine.
Le premier ensemble, véritablement d’origine anthropique, est un paysage agraire, marqué par
d’immenses plantations industrielles. L’homogénéité de ces plantations d’hévéa et de palmier à huile est le
trait dominant du paysage, le long de la route côtière, entre Dabou et Grand-Lahou puis de Grand-Béréby à
Tabou. D’Abidjan à Tiapoum, se succèdent des cocoteraies, des ananeraies et également des plantations
d’hévéa et de palmier à huile.
Le deuxième ensemble est encore composé de formations naturelles, cependant fortement mitées
par les défrichements agricoles « itinérants » et les plantations industrielles. Dans cet ensemble, on
distingue des paysages et écosystèmes de type «continental » (forêts littorales, boisements littoraux,
savanes littorales) et ceux caractéristiques des milieux humides (forêts marécageuses, mangroves), qui
abritent une biodiversité importante.
80
81
Photo 2. : Aperçu de la végétation du Parc national de Taî depuis le Mont Niénokoué dans le
secteur de Guiroutou. (Photo extraite de Poorter et al., 2004)
Les activités humaines sont les sources de pression sur l’environnement et les ressources
naturelles. Les causes de la dégradation de l’environnement sont à rechercher dans les pratiques culturales
81
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incompatibles avec la gestion durable des sols, l’exploitation forestière, les insuffisances des outils de
gestion.
• Les outils traditionnels plus adaptés aux sols (daba très inclinée) sont délaissés pour un outillage
inadapté (daba peu inclinée qui retourne le sol en profondeur et décape les couches superficielles plus
riches et ramène en surface les concrétions ferrugineuses ce qui enclenche le processus de formation
des cuirasses du même nom) ;
• le mauvais usage des engrais et des pesticides pollue les sols et milieux aquatiques adjacents ;
• l’utilisation courante des feux de brousse provoqués par les populations dans le cadre des pratiques de
chasse, de renouvellement des pâturages ou de préparation de terrain de culture a accentué
l’appauvrissement des terres au Nord et au centre de la Côte d’ivoire ainsi que les conflits entre les
agriculteurs et les éleveurs. Le bilan des dégâts causés par les feux de brousse entre 1983 et 2002, est
le suivant : 122 pertes en vies humaines, 246 villages et campements incendiés, 110 000 ha de forêts
détruites, 46 ha de cultures brûlées.
• Environ 66 essences forestières sont exploitées à des fins commerciales comme bois-d’œuvre et de
services avant ou après transformation (Monographie de la diversité biologique, 1997). Cette ressource
renouvelable est exploitée de manière « minière », en prenant en compte la seule valeur d’usage direct
du bois d’œuvre (valeur commerciale). Les valeurs d’usage indirect (valeur écologique), valeurs
d’option et les valeurs intrinsèques ne sont pas prises en compte par les exploitants forestiers. La
conséquence est l’exploitation abusive, conduite hors cadre d’aménagement avec pour corollaire la
destruction des forêts ;
• Aucune évaluation récente fiable de la valeur économique du bois de chauffe et du charbon n’est
disponible au niveau de la Côte d’Ivoire. Toutefois, le plan national, l’énergie élaborée en 1991, fait
état de la consommation de ces deux produits. Le bois de chauffe est utilisé par plus de 90% des
ménages en zone rurale essentiellement pour des besoins culinaires. La consommation journalière
moyenne par habitant est estimée 1,20 kg, soit envir on 440 kg de bois par an. La consommation de
bois par les populations de l’intérieur du pays pour l’année 1985 est de 3.275.000 tonnes. En 1985, le
charbon de bois était le combustible le plus utilisé par les ménages de la ville d’Abidjan. En effet, 67%
des familles l’utilisaient comme combustible principal essentiellement pour la cuisson. Au niveau de
ces ménages, la consommation moyenne était de 180 kg par an. A l’intérieur du pays le charbon est
surtout utilisé pour le repassage et très peu pour la cuisson. Ainsi, la consommation journalière
moyenne par habitant était inférieure à 20 g en 1985 ;
• Environ 1500 espèces de la flore sont utilisées à des fins médicinales et 120 taxons comme plantes
alimentaires de cueillette (Monographie de la diversité biologique, 1997). Avec la pression
démographique, le prélèvement de ces ressources excède leur capacité propre de se régénérer ;
82
83
• L’approvisionnement en bois- énergie pour les besoins domestiques est une menace permanente pour
l’environnement tant elle contribue à la destruction des espèces ligneuses. Le bois de chauffe est
utilisé par plus de 90% des ménages en milieu rural, essentiellement pour les besoins culinaires. La
consommation annuelle de bois de chauffe par habitant est évaluée à 440 kg. A Abidjan, seulement
6% de la population a recours au bois de chauffe, mais la demande individuelle est élevée : 650
kg/habitant. Dans les centres urbains, il existe un marché de consommation professionnelle de bois de
chauffe. Le bois- énergie y est notamment utilisé pour : fumer le poisson, cuire les matières entrant
dans la fabrication des boissons traditionnelles, cuire des aliments dans de nombreux restaurants
traditionnels.
Années Millions
d’hectares
1960 12
1965 11
1976 6
1985 5,8
1994 3
Source : SODEFOR
• Le braconnage est l’un des fléaux (sinon le plus important) qui déciment la faune ivoirienne. Il
constitue également un obstacle majeur à toute étude sérieuse de suivi des différentes populations
animales. Ce fléau concerne les grands mammifères dans leur ensemble. La chasse est fermée en Côte
d’Ivoire depuis 1974. Malgré cette interdiction générale, le trafic de via nde de gibier et celui de
l’ivoire restent florissants. Paradoxalement, les cartoucheries sont autorisées dans le pays et il est
facile de trouver de la viande de gibier dans de nombreuses gargotes (maquis) du pays ;
• La demande en animaux sauvages exotiques est croissante. Certaines espèces sont plus demandées que
d’autres : singes ; céphalophes ; etc. Le commerce de la faune sauvage étant réglementé par la
convention de Washington (CITES), des réseaux clandestins illégaux se sont développés. Les
utilisateurs de la faune sauvage sont très nombreux, que ce soit en Côte d’Ivoire ou à l’extérieur : les
laboratoires de recherche biomédicale ; nucléaire ou militaire ; les acheteurs particuliers ; amateurs ou
collectionneurs et les parcs zoologiques ;
• Il existe très peu de références bibliographiques faisant état, avec une certitude incontestable, de
l’impact de la surpêche sur l’érosion de la diversité biologique aquatique. Toutefois, l’analyse des
captures de la pêche industrielle depuis 1986 révèle une tendance à la baisse en particulier pour les
chalutiers et les sardiniers. Ainsi, les captures qui étaient évaluées à 11 tonnes et 20 tonnes par marées
pour les chalutiers et les sardiniers sont respectivement de 7 tonnes en 1995. En outre, les captures de
crevettes ont atteint des niveaux si bas que les crevettières pêchent désormais plus de poissons que de
crevettes (Tableau 4).
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Types de pêches
Chalutière Sardinière Crevettière Total
Années Poissons
Crevettes
1987 11 20 8 * 17
1988 8 13 6 * 12
1989 8 14 4 * 12
1990 9 16 5 11 15
1991 8 13 4 13 12
1992 8 13 6 12 12
1993 8 10 3 6 9
1994 8 9 3 5 9
1995 7 7 5 10 7
Source : monographie de la diversité bio logique
Au cours des années 1980 à 90 de gros investissements ont été consentis pour des aménagements
en milieu rural, notamment création et extension du réseau routier, construction de barrages
(hydroélectriques, irrigation, plantations et complexes industriels). La prise en compte de l’environnement
à travers les études d’impact n’avait pas cours, ce qui a généré des impacts importants et irréversibles sur
les composantes de l’environnement.
Dans l’ensemble les écosystèmes localisés au voisinage des fortes densités et activités humaines
sont parmi les plus menacés. Ainsi, des habitats exceptionnels subissent des pressions énormes au point
d’affecter leurs capacités de s’auto régénérer.
• Ecosystèmes de lagunes. les analyses effectuées régulièrement à Abidjan et sa région révèlent que
l’état général des eaux lagunaires est préoccupant, sinon critique dans certaines baies. Haskoning
(1999) a mis en évidence que la baie de Bietry présente régulièrement des pollutions bactériennes
(60.000 coliformes fécaux et 110.000 streptocoques fécaux par 100 ml alors que l’OMS fixe le taux
maximum de baignade à 200 coliformes fécaux par 100 ml). Ces eaux contiennent également des
métaux lourds tels que le zinc, le plomb, le mercure.;
• Forêts de mangroves. Les mangroves se rencontrent le long des lagunes, dans les bas cours des
principaux fleuves et des rivières côtières. Elles constituent un milieu tampon entre les eaux
lagunaires directement en contact avec la mer et le continent. la dégradation des mangroves atteint
des proportions alarmantes (lagune Ebrié plus ou moins 50% de conservation, lagune Aby supérieur
à 50 % de conservation, lagune de Grand-Lahou plus de 80% de conservation et lagune de Fresco
moins de 50 % de conservation). Cela s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs : la
dynamique de l’urbanisation, l’extraction de sable dans les baies, l’exploitation forestière, les
prélèvements de bois pour la construction, la pêche, le tannage, la cuisson des aliments, le fumage
de poissons ou de crustacés ;
84
85
• Destruction des forêts. Avant 1960, la forêt ivoirienne s’étendait sur tout le sud, l’ouest et la partie
médiane de la Côte d’Ivoire. Le taux d’occupation se chiffrait à 46 % du territoire (12 millions
d’hectares, 148 350 km2 ), avec un taux de reboisement de 37,6 %. Aujourd’hui, il ne reste plus que 3
millions d’hectares de forêts et le taux de reboisement a chuté, dans le même ordre, pour se situer à
9,3 %. Devant ces faits alarmants, une seule constatation peut être faite : la disparition des espèces
végétales et la dégradation des sols en Côte d’Ivoire sont considérables.
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Depuis trente ans l’on assiste, en Côte d’Ivoire, au passage progressif d’une société rurale à une
population vivant en majorité dans les villes. L’on assiste à une densification du réseau de petites villes et
au développement des villes moyennes. Cette croissance urbaine explosive a des conséquences négatives.
Les effets constatés sont les suivants :
• le problème des ordures ménagères est crucial pour la quasi-totalité des villes. Mêmes à Abidjan et
Yamoussoukro où des efforts financiers et techniques exceptionnels sont déployés par le
gouvernement, le taux de collecte est peu satisfaisant. La mise en décharge, quand la décharge
existe, est aléatoire ;
• différentes études estiment que la pollution industrielle est marginale dans l’ensemble des villes.
Cependant, à San pédro, Bouaké et Abidjan où se situe le parc industriel les niveaux de pollution
prennent des proportions alarmantes. A Abidjan particulièrement, ou le secteur est très diversifié
l’on relève :
- les pollutions atmosphériques telles que le dioxyde de soufre (SO 2 ) et les oxydes d’azote
(NOx), les unités de production émettent des poussières toxiques ;
- en 1980, les auteurs (Broche et Peschet) évaluaient le rejet journalier des industries en
pollution organique à 12.000 m3 , soit 23 tonnes de matière organique ;
- les milieux aquatiques, sont polluées par des produits divers dont les métaux lourds (le
cadmium, le mercure, le plomb, le zinc, le manganèse, le nickel, etc.), les organochlorés, les
organophosphorés, les carbamates et les pyréthrinoïdes de synthèse. Marchand et Martin
(1985) et Kaba (1991) ont estimé les concentrations en DDT et ses dérivés, en lindane et en
PCB du sédiment du système lagunaire Ebrié. Les résultats montrent que les valeurs varient
entre 0,5 à 19 ng/g de poids sec pour le lindane, 0,2 à 803 ng/g de poids sec pour le DDD, 0,2
à 149 ng/g de poids sec pour le DDE, 0,2 et 354 ng/g de poids sec pour le DDT et 2 à 213 ng/g
de poids sec pour le PCB.
Les émissions de gaz à effet de serre ont directement et indirectement des effets négatifs sur la
biodiversité. Jusqu'en 1992, les atteintes à l'environnement n'étaient pas analysées sous l'angle de la
contribution de la Côte d'Ivoire à la dégradation de l'environnement global, notamment les émissions de
gaz à effet de serre. Ce n’est que récemment que des évaluations ont été faites. Ainsi, les études ont révélé
que, avec une consommation en énergie finale atteignant 3,4 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole)
en 1990, la Côte d'Ivoire a émis l'équivalent de 25 Mte CO2 (millions de tonnes équivalent CO2 ), soit
environ 2,1 te CO2 par habitant et par an.
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disposent pas d’émissions allant dans ce sens. Seuls quelques journaux de la place ont des rubriq ues
environnement qui traitent de l’actualité sur la question. Cette sous information et éducation
environnementale favorise la dégradation du milieu de vie et l’insalubrité. En effet, il est courant de voir
les populations faire leurs besoins en plein air , le long des rues et des routes, sur les plages. Jeter les bouts
de papier et autres petites ordures par dessus les vitres d’une voiture ou dans la rue est un geste banal pour
bon nombre de gens. L’inexistence de poubelles le long des rues et de latrines publiques concourt
certainement à cette situation.
Dispositifs institutionnels
L’analyse du cadre institutionnel de l’environnement, conduite par Touré Moussa (1999) révèle
que de nombreuses structures sont impliquées à divers niveaux dans la gestion de ce secteur. L’auteur les
repartit en trois groupes, à savoir : les structures de définition des politiques (37 direction et commissions
interministérielles), les structures d’exécution (15), les structures d’évaluation.
Un examen différent des informations communiquées, permet d’identifier quatre types d’acteurs,
notamment :
• les Ministères techniques. Certains, parmi eux sont étroitement impliqués dans la problématique (eg.
ministère des Eaux et Forêts), tandis que d’autres abordent les questions d’environnement sans les
cibler directement au départ (eg les gros aménageurs tels que le Ministère des infrastructures
économiques, le Ministère de l’Urbanisme et le Ministère de l’Agric ulture) ;
• le secteur privé, tantôt organe de pression, tantôt chargé de la mise en œuvre de la politique à travers
le respect de la réglementation et des normes, tantôt partenaire financier ;
• les Organisations Non Gouvernementales en tant que organe de pression, mais également comme
acteur d’appui aux populations locales et aux couches vulnérables. N’GORAN Cyriaque (2000)
signale que environ une centaine d’ONG est affiliée au CONGACI.
Le pays est étroitement impliqué aux différents processus internationaux destinés à développer des
mécanismes d’intervention dont la finalité est d’apporter des solutions viables aux problèmes
environnementaux globaux. Dans ce cadre, le pays a été représenté lors de la tenue des rencontres qui ont
fait date dans la prise de conscience et la prise de décision d’envergure pour la sauvegarde de l’humanité
(Conférence de Stockholm, Sommet de Rio et de Johannesburg). Aujourd’hui le pays a ratifié ou adhéré
aux principaux accords multilatéraux sur l’environnement, notamment ceux concernant les changements
climatiques y compris le protocole de Kyoto, la diversité biologique, la lutte contre la désertification, la
protection de la couche d’ozone et son protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la
couche d’ozone (cf. liste en annexe).
88
89
La Côte d’Ivoire veille à respecter les engagements résultants de ces accords. A cet égard et
compte tenu des moyens limités de la nation, les acteurs institutionnels privilégient la mobilisation des
moyens techniques et financiers concessionnels disponibles au niveau international.
Par ailleurs, la mise œuvre des mesures dans un cadre sous régional concerté apparaît comme un
moyen de permettre des économies d’échelle dans l’usage des ressources, mais également de consolider
les acquis des mesures prises au niveau national.
Sur la période 1992-1995, la Côte d’Ivoire a élaboré son Plan National d’Action pour
l’Environnement. La préparation de ce plan a été marquée, d’abord, par celles du « livre blanc » conçu sur
la base d’une approche à la fois participative et régionale, approuver par le gouvernement le 24 mai 1995.
Ensuite le Plan d’action proprement dit a été élaboré et publié en juin 1995. Il se compose de dix
programmes-cadres, notamment :
Certains projets proposés par le PNAE ont été effectivement réalisés, mais le constat d’ensemble
est celui d’une mise en œuvre peu significative dudit plan. Le Ministère à initié cette année un processus
visant la formulation d’une politique de l’environnement. Dans ce cadre, et avant la finalisation de la
politique nationale de l’environnement, une Vision du Département a été exprimée par les acteurs, à
savoirs : " Le MINEME, institution d’avant-garde de coordination des actions environnementales en
partenariat, pour un développement durable ".
- réaliser des ouvrages d’assainissement en milieux urbain, en prenant compte également les
infrastructures sensibles tels que les hôpitaux ;
- améliorer la collecte des ordures ménagères et dans toutes les villes et assurer une mise en
décharge appropriée ;
- amélioration de la gestion des déchets biomédicaux ;
- lutte contre la pollution atmosphérique due aux gaz d’échappement des véhicules
automobiles dans l’agglomération d’Abidjan et certaines villes de l’intérieur .
Espace littoral :
89
90
Ressources biologiques :
Thèmes transversaux :
90
91
• la gestion commune durable des ressources partagées en particulier à travers des arrangements
institutionnels adéquats devant intéresser entre autres les bassins du Niger, de la Volta, du Sassandra,
de la Comoé, de la Bia … etc. ;
• la gestion durable et la bonne gouvernance des ressources en arbres et forêts de la sous région avec
une coopération systématique avec les autres pays de la CEDEAO ;
• harmonisation des dispositifs nationaux relatifs à l’utilisation des organismes vivants modifiés ;
• établissement d’une académie ou d’un partenariat sur l’eau et l’assainissement sont essentiels à
l’instar du groupe naguère créé en 1997 par la banque mondiale, le Groupe Régional de l’Eau Potable
et de l’Assainissement ;
• les problèmes d’utilisation et de manipulation des intrants peuvent avoir des conséquences sur la
coopération Régionale ; celle-ci doit en tenir compte dans les domaines des techniques culturales,
l’épandage des produits, le défrichement des bassins versants ; la protection des sols et des eaux dans
les espaces agricoles ;
• les pollutions et les nuisances évoluent de manière exponentielle. Toutes les villes Africaines sont
dangereusement affectées et les problèmes nodaux liés à cette situation ont été passés en revue :
insalubrité urbaine du fait d’une gestion lamentable des déchets ménagers, d’un manque de contrôle
de la gestion des eaux usées ; de la négligence des paysages en général et des paysages urbains en
particulier : espaces verts absents ou mal aménagés – il faut favoriser les espaces verts dans les villes ;
l’hygiène urbaine totalement absente de nos cités … etc. La dimension des ordures biomédicales est
évoquée et constitue également un autre problème très sérieux ;
• la détérioration des paysages et la dégradation des terres aboutissant à la désertification dans les
territoires du nord, l’érosion côtière.
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18. Convention internationale portant création d’un fonds 18 décembre 1971, 3 janvier 1988
international d’indemnisation pour le s dommages dus à la Bruxelles
pollution par les hydrocarbures
19. Convention de Vienne pour la protection de la couche 23 mars 1985, Vienne 30 novembre 1992
d’ozone
20. Protocole de Montréal relatif à des substances qui 16 septembre 1987, 30 novembre 1992
appauvrissent la couche d’ozone Montréal
21. Convention relative aux zones humides d’importance 2 février 1971, Ramsar 3 février 1993
internationale, particulièrement comme habitats des
oiseaux d’eau
22. Convention sur le Commerce International des espèces de 3 mars 1973, 3 février 1993
faune et de flore sauvages menacées d’extinction Washington
23. Amendement du Protocole de Montréal relatif à des 29 juin 1990, Londres 26 octobre 1993
substances qui appauvrissent la couche d’ozone
24. Convention de Bamako sur l’interdiction d’importer en 31 janvier 1991, 9 juin 1994
Afrique des déchets dangereux et sur le contrôle des Bamako
mouvements transfrontières et la gestion des déchets
dangereux produits en Afrique
25. Convention sur le contrôle des mouvements 22 mars 1989, Bâle 9 juin 1994
transfrontières des déchets dangereux et de leur
élimination
26. Convention sur la diversité biologique 5 juin 1992, Rio de 14 novembre 1994
Janeiro
27. Convention sur les changements climatiques 9 juin 1992, New York 14 novembre 1994
28. Convention des Nations Unies sur la lutte contre la 17 juin 1994, Paris 6 mars 1997
désertification, en particulier en Afrique
93
94
Bibliographie
94
95
LA GUNEE-BISSAU
95
96
UEMOA-ETUDE ENVIRONNEMENTALE
GUINEE-BISSAU
96
97
Ø Le pays et sa superficie 4
Ø Situation géographique et caractéristiques liées concernant
les ressources et l’environnement 4
Ø Population et caractéristiques démographiques 6
Ø Moyens de subsistance : rôle des différents secteurs
(agriculture, industrie et mines ; tertiaire et nouveaux services) 8
Ø Situation économique générale et éléments socio-économiques 11
II Ressources Naturelles 12
Ø Dispositifs institutionnels 33
Ø Environnement international et mise en œuvre des conventions 38
Ø Politique environnementale et de développement durable 38
Ø Priorités nationales majeures 40
Ø Liens régionaux et internationaux 41
97
98
Référence bibliographique 51
98
99
Le pays et sa superficie
La Guinée-Bissau est située sur la côte occidentale d’Afrique. Elle est bordée au Nord par le
Sénégal, à l’Est et au Sud par la Guinée et à l’Ouest par l’Océan Atlantique. L’ensemble du
pays, formé par le territoire continental et par l’archipel des Bijagos couvre une superficie de
36.125 km2 . Les estuaires et leurs multiples affluents découpent de nombreuses îles côtières
couvertes de mangrove. La superficie de terre ferme est évaluée à 28.000 km2 environ, dont
14.200 km2 à vocation agricole.
ð Relief
Le relief est très peu accentué. On distingue deux régions avec une topographie différente:
une plaine côtière marquée profondément par de nombreux fleuves et rivières dont les plus
importants décrivent de nombreux et vastes méandres et, à l´est de cette plaine, des plateaux
(Bafata, Gabú) de faible altitude. Il faut atteindre l´extrême sud-est du pays pour rencontrer
les premiers contreforts du Fouta-Djalon (collines de Boé) avec le point culminant du pays
(moins de 300 m). Le continent est profondément pénétré par les eaux maritimes grâce à de
nombreux estuaires qui découpent de nombreuses îles côtières couvertes de mangroves.
ð Climat
La température moyenne varie entre 26,5 et 28,1°C avec de faibles amplitudes thermiques
entre les minima et les maxima. On distingue trois types de vents : la mousson, correspondant
à l’anticyclone de Sainte Hélène qui vient avec la saison des pluies; les alizés maritimes
correspondant à la saison froide et de l’anticyclone des Açores; l’harmattan correspondant aux
périodes de l’extrême chaleur ; elle correspond à l’anticyclone de Libye.
L'hygrométrie reste assez forte en raison de l'influence maritime et de l'importance des plans
d'eau. L´observation des données météorologiques depuis 1919 (fournie par le plan céréalier
de 1991) permet de mettre en évidence des périodes successives humides et sèches comme
l’indique le tableau 1.
99
100
ð Les sols
Au plan pédologique, les sols sont généralement argilo-sableux et hydromorphes dérivés des
alluvions maritimes dans les vallées et dans les zones basses inondées (bas- fonds, zones
côtières) avec des grandes potentialités agricoles (mangrove). La plupart des sols sont
suffisamment profonds pour le développement des cultures annuelles et pérennes. Par ailleurs,
les sols hydromorphes ou de bas-fonds offrent d´excellentes conditions pour le riz, le
maraîchage, alors que les sols de mangrove doivent être bien exploités pour conserver leur
fertilité courante, sinon, il y a un risque d´acidification. On estime que les sols à vocation
agricole couvrent une superficie de 1.100.000 ha, soit 32% de la superficie totale du pays.
Du point de vue agro-écologique, le pays est divisé en 4 zones comprenant au total 8 régions
administratives, auxquelles il faut ajouter le secteur autonome de Bissau. Ce sont:
100
101
• La zone nord (zone I), formée par de nombreux estuaires ramifiés avec un climat et
une végétation de type guinéen et une population très dense. L´agriculture pratiquée
est essentiellement basée sur la riziculture de mangrove et de plateau. Dans le
domaine de l´élevage, l’élevage de porcins est dominant.
• La zone est (zone II), a un climat et une végétation de type soudanais. Les sols sont
ferrugineux et litholitiques et la population est très dispersée. L´agriculture est
essentiellement pluviale avec une forte proportion de bétail bovin, caprin et ovin.
• La zone sud (zo ne III), également formée par de nombreux estuaires a un climat et
une végétation de type guinéen mais avec une pluviométrie très importante.
L´agriculture est basée sur la riziculture de mangrove et l’arboriculture fruitière.
• Les Iles Bijagos (zone IV partie insulaire), constituent la quatrième partie naturelle
du pays, ses ressources sont essentiellement le tourisme, la pêche et l´exploitation
de palmeraies naturelles.
La population Bissau-Guinéenne est inégalement répartie sur le territoire nationale avec une
forte densité dans les zones urbaines et péri- urbaines et une densité faible dans les zones
rurales. La population est estimée actuellement à 1.257.000 habitants d´après les projections
du 2º recensement général réalisé en décembre 1991 (979.203 en 1991) et une densité de 30
habts/km2 . Cette dernière qui était de 14 habitants au km2 en 1950 et de 21 hab/km2 en 1979,
est estimée aujourd’hui à 34 hab/km².
Les groupes ethniques présents (environ 17 au total) constituent une véritable mosaïque
composée principalement de Balantes et Manjaques sur la côte, Mandingues et Fulas à
l´intérieur du pays. La répartition ethnique est comme ci-après indiqué dans un ordre
décroissant : les balantes (30%), les fulas (21%), les manjacques (15%), les mandingues
(12%), les pepels (8%), les mancagnes (3%), les beafadas (3%) et les bijagos (3%).
Le taux de croissance démographique corrigé est estimé aujourd’hui à 2,1% 6. Ce qui laisse
supposer une population totale de près de 1,7 million d´habitants à l´an 2015 (soit 42
habts/km2 ).
Ratio population urbaine/rurale
6
Données corrigées de la Direction Générale du Plan à partir des projections de l’INEC de 1991. De manière générale, les
données statistiques nationales varient d’une source à une autre; d’où la nécessité d’une harmonisation.
101
102
Toutefois, si l’on en croit l’INEC, cette répartition de la population diffère suivant les zones.
La répartition en classes d'âge met en évidence la jeunesse de la population ; 50% de celle-ci a
moins de 15 ans. Les jeunes se trouvent davantage dans les zones urbaines compte tenu d’un
exode rural juvénile caractérisé par une migration familiale, ce qui contribue aussi au faible
pourcentage de la population rurale des 50 et 60 ans. Il est bon de signaler l’importance des
hommes et des femmes en milieu rural.
Aussi, l’essentiel de la population urbaine est concentré sur Bissau avec plus de 350.000
habitants, abritant ainsi environ 20 à 25% de la populatio n totale (Rapport du WFP-VAM,
2005). Les autres centres urbains sont beaucoup moins peuplés. Après Bissau viennent par
ordre d´importance décroissante, Oio (165.000 habts), Bafata (159.000 habts), Cacheu et
Gabu (154.000 habts). Les résultats de l’enquête du (WFP-VAM, 2005) montrent que la taille
moyenne des ménages en Guinée-Bissau est de 8 personnes. Il n’existe pas une différence
significative suivant les régions.
Moyens de subsistance : rôle des différents secteurs (agriculture, industrie et mines ; tertiaires
et nouveau services)
Avec un secteur primaire qui concentre 67% du PIB et 80% des emplois (UEMOA-BCEAO,
2005), la Guinée-Bissau demeure pour l’essentiel, une économie de subsistance. Le potentiel
agricole du pays est donc important, en raison de la pluviométrie et de la variété des terres qui
permettent tous les types de culture. Toutefois, le secteur souffre d’insuffisances structurelles
qui nuisent à la valorisation de ces atouts : le manque d’infrastructures et la pauvreté des
milieux ruraux sont des freins à la diversification de la production primaire. De ce fait, le
secteur reste concentré sur la production de noix de cajou, qui représente 93% des recettes
d’exportation du pays et 12% de la production mondiale, UEMOA-BCEAO, 2005.
D’après la LPDA, 2002, l'agriculture, au sens large (agriculture, élevage et forêts) reste
l'activité économique dominante contribuant pour plus de 50% du PIB et pour plus de 80%
des exportations et employant 82% de la population active. Elle relève de deux catégories:
• les petits producteurs des villages (tabancas) estimés à près de 90.000 exploitants
constituent l’essentiel de la population rurale et réalisent 90% de la production,
• les producteurs modernes appelés « ponteiros » (2 200 concessions dont 1.200
réellement installées), généralement des exploitants agricoles modernes disposant de
concessions foncières importantes (de taille moyenne de 136 ha, variant de 20 à 2 500
ha) fournies par l'État, couvrant 27% des terres labourables (soit 9% de la superficie
totale du pays) et occupant les meilleures terres agricoles du pays.
La production de noix de cajou constitue l’un des objectifs essentiels des producteurs
d’anacarde, sans oublier aussi l’importance de l’utilisation de la pomme pour la
consommation en nature et surtout pour la fabrication de jus, de vin et d’eau de vie, qui joue
un rôle déterminant au plan économique et social. La filière cajou a connu donc un essor à
partir des années 1980 et particulièrement les années 90, puisque les exportations sont passées de
57.000 tonnes en 1997 et à plus de 93.000 tonnes en 2004 comme le montre le tableau 3.
102
103
Année 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004
Quantités 30.961 28.383 38.580 57.870 24.818 62.224 66.000 72.000 68.000 72.000 93.210
exportées
Source : Direction Générale de la douane cité par le rapport de International Trade Centre, UNCTAD/WTO, février, 2005
Il est important de signaler qu’à côté de l’anacardier, il existe un potentiel naturel pour la
production d'autres fruits destinés à l’exportation, en particulier les mangues estimés à
environ 4 à 5.000 ha, soit 450.000 arbres, les limes, la noix de cola, les citrons, les bananes,
les papayes, les ananas et la goyave, car le pays dispose de conditions agro climatiques très
favorables. En cumulant les petites parcelles et les plantations, il y a actuellement près de 500
ha de manguiers greffés plantés pour l’exportation et, actuellement, 50 % de ces surfaces sont
productives.
Le développement des filières de production fruitière à forte valeur ajoutée à l’exportation a
été soutenu par des activités de formation des promoteurs (techniques de greffage,
amélioration de la qualité de présentation, de l’homogénéité des produits, de l’emballage,...).
Le secteur de la pêche représente une richesse naturelle importante pour la Guinée Bissau
dont les eaux comptent parmi les plus poissonneuses du monde et très riche en ressources
halieutiques diverses : poissons, crustacés et mollusques. Cependant, elle est cantonnée au
stade artisanal, dans les "îles Bijagos" ou sur la frange côtière. Cette activité participe très
fortement, aux recettes courantes du budget de l'État, environ 40%. Aujourd’hui, les recettes
générées par ce sous secteur sont estimées à plus de 141 millions de $ US par an, d’après une
étude du projet du secteur privé, sur les filières de pêches, juin, 2004. 7 .
D’autres informations fournies par le Ministère des Pêches indiquent que ce secteur emploie
environ 10.000 personnes et dispose d’une capacité moyenne d'exploitation estimée à environ
275. 000 tonnes/an. Ce qui permet l'occupation d'environ 3360 pêcheurs artisanaux (recensés
en 2001), dont au moins 50 % sont des ressortissants des pays voisins (Sénégal, Guinée-
Conakry, Gambie). La capture annuelle de poisson par les pêcheurs artisanaux est estimée à
135.000 tonnes, dont 24.000 tonnes sont destinées au marché local. La consommation
annuelle de poisson par habitant est de 20 kg d’après la FAO, (2004).
Ainsi, la pêche est l’un des principaux secteurs qui offrent des possibilités de développement
rapide, de création d’emplois et de revenus pour les populations pauvres des communautés
rurales et des grands centres urbains côtiers.
7
Analyse dos constrangimentos na fileira do sector das pescas, Grupo de consultores AMS; Projecto de reabilitação e
Desenvolvimento do sector privado, junho de 2004, 63 P
103
104
Note : Les captures de la pêche continentale ne sont pas mentionnées ici en raison de l’absence d’estimation
D’après le document du PINMT, (2004), les revenus de la pêche pourraient atteindre 130
millions de dollars par an, environ, sur la base d'une exploitation rationnelle, alors qu'ils ne
correspondent qu'à 13% de ce montant actuellement. Cette exploitation rationnelle qui
n’entamera pas le capital halieutique devra passer par une formation des pêcheurs et
l’utilisation de mailles ou matériels de pêche qui permettent une pêche sélective tout en
évitant des zones de conservation et de reproduction des poissons.
Par rapport au secteur secondaire , le tissu industriel présentait à l’indépendance 105 unités,
parmi lesquelles 67 sont installées à Bissau. La plupart de ces industries était orientée vers la
production d´aliments (boulangeries) et de boissons (distilleries d´eau de vie). L´unité digne
de ce nom est celle de boissons alcoolisées, CICER, entrée en fonctionnement en 1974. Le
8
IVC : sole, maigre, céphalopodes, crevettes
9
FVC : mulet, ethmalose, requin, chinchard, maquereau, arrache/sardinelle, autres
10
MVC : sompat, machoiron, carangue
104
105
secteur industriel contribuait avec à peine 0,5% à la formation du PIB et employait près de
2% de la population active du pays. En 1982, le tissu industriel se présentait comme suit: 12
nouvelles unités employant près de 2.500 personnes et contribuant avec 16% aux recettes
d´exportation (y compris le coton) et 14% au volume d´investissement. Le secteur industriel
est passé ainsi au second rang en termes de contribution au PIB. Aujourd´hui, sa contribution
se situe à 9,4% et emploie plus de 4% de la population active.
Afin de relancer l’industrie et d’améliorer sa situation financière, la priorité est donnée aux
privatisations, en particulier dans le secteur agroalimentaire. La Banque mondiale finance le
programme de soutien au secteur privé, qui prévoit le transfert de l’activité de plus de 30
entreprises publiques d’ici 2005, principalement dans les secteurs du tourisme, de la pêche,
des télécommunications et de l’énergie. La société d’Électricité et d’Eau de Guinée–Bissau
(EAGB), en particulier, est l’objet de l’attention des bailleurs de fonds, qui accompagnent sa
privatisation.
Par rapport au secteur tertiaire , il est dominé par le commerce, domaine d’activité d’une
grande partie des entreprises privées du pays. Sa contribution au PIB se contracte
régulièrement; elle a diminué de 10 points en 10 ans. L´informalisation croissante de l´activité
commerciale aggravée par l´insuffisance de certains services administratifs a fait perdre à
l´État des recettes considérables. D´une administration coloniale structurée et disciplinée, l´on
est passé progressivement à une administration peu organisée et démotivée. La conjugaison
de tous ces facteurs, liés à un contexte macro-économique défavorable, a amené l´État à
libérer l´activité commerciale en 1986.
Aussi, l’année 2003 a été marquée selon l’UEMOA, par une baisse de l’indice des prix à la
consommation (3,5 % en moyenne annuelle), imputable à la réduction de la consommation
résultant de la chute du revenu des ménages urbains provoquée par le non paiement des
fonctionnaires.
Les résultats économiques enregistrés ces dernières années montrent que la situation ne s’est
pas considérablement améliorée, malgré les programmes d’ajustements structurels
contraignants et des choix économiques volontaristes. En effet, 'lIndice de Développement
Humain (IDH) de la Guinée-Bissau place le pays à la position de 172ième rang sur 177 pays
(Rapport sur le Développement Humain Durable du PNUD, 2004) avec un revenu par tête de
230 $ EU (estimation année 2005 de l’UEMOA), soit l’équivalent de 138.200 francs cfa.
105
106
La dégradation constante des conditions de vie des populations due à la faible performance du
pays en a rendu les habitants plus pauvres. Cette situation fait que les populations, pour
survivre, exercent une pression de plus en plus forte sur les ressources naturelles, en abattant
des arbres pour le bois de chauffe et le charbon vendus dans les centres urbains. Les forêts se
sont transformées en sources privilégiées de revenus pour les populations.
Donc, la Guinée-Bissau appartient au groupe des pays les plus pauvres du monde et le niveau
actuel de croissance de la pauvreté est très préoccupant. Les résultats de l’Enquête légère pour
l’évaluation de la pauvreté en Guinée Bissau réalisée en 2002, indiquent qu’environ 65% de
la population vivent dans la pauvreté, c'est-à-dire avec un revenu de moins de 2 $EU (environ
1070 fcfa) par jour et 21% dans l’extrême pauvreté, c'est-à-dire avec moins de 1 $EU (environ
535 fcfa) par jour. La pauvreté est très importante, surtout en zone rurale où se concentrent
84,5% des pauvres.
Pratiquement tous les indicateurs socio-économiques sont inférieurs à la moyenne des pays de
l’Afrique sub-saharienne. Il n´existe pas d´informations récentes sur le taux de chômage. Mais
des donnés de 1991 indiquaient déjà un taux élevé de chômage parmi les hommes (de 15 à 29
ans). La situation ayant évolué depuis lors et en raison de la détérioration de quelques
indicateurs macro-économiques.
Les efforts fournis dans le sens du respect des critères de convergence comme pays membre
de l´UEMOA, expliquent, en grande partie, les résultats positifs obtenus en 2004. Le taux de
croissance du PIB durant cette année de plus de 5% a été largement supérieur au taux de
croissance démographique de 2,1%.
En ce qui concerne le secteur de la santé, il est confronté non seulement à des problèmes
d’insuffisance en termes d’équipements, de personnels spécialisés mais aussi et surtout du
dysfonctionnement des services. Des conditions précaires d’hygiène et
d’alimentation/nutrition sont à la base en grande partie des maladies telles que la diarrhée, le
choléra, le paludisme, la lèpre, la tuberculose, etc…
Aussi, la mortalité infantile et infanto-juvénile sont élevées. Néanmoins une relative réduction
du taux de mortalité infantile (TMI) a été enregistrée, passant de 142% en 1990 à 124% en
1999, selon le DENARP (2004). Pendant la même période, la mortalité des enfants de moins
de 5 ans (TMM5) a aussi diminué de 246 pour mille 203 pour mille.
La mortalité maternelle en 1990 a été estimée à 914/100.000 nés vivants (n.v.) et dans la
période de 1990-1996 à 822/100.000 (n.v.). Actuellement des chiffres officiels indiquent
700/100.000 n.v. Le MICS 2000, a rapporté 348 par 100.000 n.v.;
L'accès aux infrastructures de santé est encore faible, surtout dans les régions d'Oio et Gabú,
et de loin au-dessous de la moyenne (35% en 2001). Le secteur autonome de Bissau, avec
plus de 300.000 habitants, a un faible réseau de centres de santé, ce qui provoque la surcharge
du HNSM, seule structure de référence nationale, qui manque grandement d'équipements et
de matériels. Les hôpitaux régionaux (4) se trouvent dans la même situation de carence.
106
107
10% des établissements scolaires dans les régions ont la possibilité de dispenser un
enseignement de qualité et des collèges.
Le tableau ci-dessous donne une lecture synthétique des principaux indicateurs économiques
et sociaux du pays :
Source : Compilation de diverses sources dont le Rapport National sur le Développement Humain, PNUD, 2004
II Ressources Naturelles
107
108
La LPDA de 2002 estime que les sols à vocation agricole couvrent une superficie de
1.110.000 ha, soit 32% de la superficie totale. La superficie des sols aptes à la riziculture
irriguée (riziculture de mangrove et de bas- fonds) est de 305.000 ha, en 2001, seulement
50.000 ha ont été cultivés, soit à peine plus de 16%. Les terres présentant des caractéristiques
favorables au développement hydro-agricole et pastoral sont situées dans les zones irriguées
par les fleuves Géba et Corubal, auxquelles s’ajoutent de nombreux bas fonds présents sur
l’ensemble du pays.
Dans le détail, les potentialités selon les types de riziculture se situent dans la fourchette
suivante : riziculture irriguée: riz de mangrove avec 106 000 ha dont 51 000 ha cultivés et riz
de bas-fonds avec 150 000 ha dont 11 000 ha cultivés. Le riz occupe donc la première place
dans les priorités du Gouvernement à moyen et à long terme, de par sa place dans
l’alimentation et dans l’économie de la Guinée-Bissau.
En matière de mise en valeur, l’agriculture est aujourd’hui occupée essentiellement par deux
cultures prédominantes : l’anacardier et le riz. On estime ainsi, le nombre d’exploitations
traditionnelles à 96.700 pour 1.200 entreprises agricoles. Les superficies cultivées sont
estimées à 400.000 ha (soit 11% de la superficie du pays) dont 220.000 ha en cultures
annuelles et 120.000 ha en cultures pérennes.
Il convient cependant de pondérer ces chiffres bruts car ils recouvrent des formations très
disparates et masquent l’état de dégradation réel, actuel du couvert arboré de Guinée-Bissau et
son évolution. Les surfaces aptes à la riziculture pluviale par exemple sont très importantes
avec un ordre de grandeur de 300.000 ha, mais il est à noter que la majeure partie des
meilleures terres rizicoles sont déjà mises en cultures.
a) Au plan physique : On a
108
109
b) Au plan institutionnel : On a
c) Au niveau humain : On a
d) Au niveau financier
- aucun crédit n’est dégagé par l’Etat pour la gestion des terres, voire pour l’élaboration
du PAN/LCD
- la plupart des projets ne faisant pas référence à la GDS n’ont donc pas prévu de
rubrique GDS dans leurs budgets/activités
L’impact de ce cortège d’actions néfastes sur l’environnement se traduit par une disparition et
une absence de reconstitution des ressources végétales. La déforestation se poursuit alors que
les efforts de reboisement et de régénération restent compromis certes par le feu, mais surtout
par l’absence de maîtrise de données techniques.
En 1992, sur environ 400.000 ha de terres considérées comme des concessions rurales, moins
de 10.000 ha – exception faite de terres occupées par des plantations d’anacardiers - étaient
mis en valeur à des fins agricoles. Et les paysans, dépourvus de terres agricoles défrichent les
forêts secondaires, ce qui provoque aussi des conflits fonciers.
Selon les estimations les plus fiables 300.000 ha ont d’ores et déjà été cédés aux ponteiros
(10% de la superficie totale du pays; dont environ 8.000 seraient cultivés et 22.000 plantés en
anacardiers) alors que la population rurale des villages avec près de 700.000 habitants cultive
sur 80 à 90.000 exploitations (de moins d’un ha cultivé en moyenne par famille de 5 – 6
personnes) moins de 3% de la surface totale du pays soit de 100 à 150.000 ha.
109
110
Les surfaces arborées représenteraient en 1985, selon l´inventaire d´Atlanta Consult, environ
2,034 millions ha, soit 56% du territoire national et qui se divise en forêt dense, semi dense,
humide et subhumide au Sud-Ouest du pays et en forêt sèche au Nord-Est. Il faut ajouter à
cette superficie, celle des mangroves, environ 8% du territoire.
110
111
Les estimations réalisées en 1990 pour les besoins de l’élaboration du Plan d’Action Forestier
de Guinée Bissau chiffraient exactement les superficies forestières à 2.284.000 ha, soit 63%
de la superficie du pays. Ces superficies se répartissaient ainsi qu’il suit :
- Mangroves : 248.000 ha
- Forêts sub- humides : 172.800 ha
- Forêts sèches : 936.800 ha
- Savanes : 926.000 ha
Les ressources forestières jouent donc un rôle primordial dans la satisfaction des besoins de
base des populations de Guinée Bissau. En effet, elles contribuent pour plus de 85% à la
satisfaction des besoins en énergie domestique, de même qu’elles constituent la source
d’approvisionnement quasi exclusive pour l’approvisionnement en bois de construction. En
outre, elles contribuent à la satisfaction de certains besoins alimentaires (produits de
cueillette, chasse), ainsi que de produits médicinaux (pharmacopée traditionnelle) ; elles
servent, éga lement de support à d’autres activités productives, en particulier l’apiculture qui
commence à connaître un bon développement en milieu rural.
Aucun aménagement n’est réellement pratiqué, tout au plus des mesures de gestion au moyen
de taxes sont appliquées plus ou moins rigoureusement et dans certains cas des restrictions
d’exploitation (400 tiges de roniers maximum par exploitation et interdiction de son
exportation, restriction de la coupe du Schrebera arborea, diamètre minimum pour le bois
d’œuvre en fonction de l’espèce, volume limité par permis de coupe mais sans critère objectif
de décision.
Certaines actions pilotes sont menées, cependant au niveau des projets de développement.
L’exemple le plus achevé est celui du projet agro-sylvo-pastoral avec les communautés
rurales de l’Est du pays (Madina Djalocunda, Munhini etc…) environ 1.000 ha. Avec le
projet de foresterie communautaire de Cacheu, il est prévu de créer et de tester les conditions
légales, administratives, socio-économiques et techniques nécessaires afin d’assurer
l’aménagement de 5.000 ha de forêts naturelles par au moins 10 villages. On peut prévoir que
l’impact du projet entrainera ultérieurement d’autres communautés villageoises à gérer les
15.000 ha restants dans la zone d’intervention
111
112
D´une façon générale, la forêt n´est pas valorisée en proportion de ses possibilités quantitative
et qualitative c’est-à-dire en fonction des types de produits qu´elle renferme.
3
Le volume total commercial de bois sur pied est estimé à 48,3 millions de m dont 18,8
million de m3 de bois de sciage. On note également une prédominance d´environ 16,3
millions de m3 de bois secondaires. Le stock total des espèces utilisées est de l´ordre de 12,8
millions de m3 , soit 26,6% du volume total de bois se répartissant sur les 9 principales espèces
forestières. La mangrove s’étend sur toute la zone côtière, représentant ainsi 12,38% de la
végétation. Compte tenu de l´accroissement moyen annuel de la forêt de l’ordre de 0,26
m3 /ha/an, le niveau potentiel de productivité théorique se situerait aux environs de 550.000
m3 /an. C’est-à-dire, la limite conseillée quant à l’exploitation annuelle.
112
113
Concernant précisément l´exploitation forestière nationale, elle est réglementée par le décret-
loi nº 4-A/91 du 29/01/91 portant régime des forêts et de la chasse. Toutefois, l´essentiel de la
régulation repose sur des interdictions ou limitations d´usage que l´importance même de la
pression sur les ressources forestières rend de plus en plus inefficaces. Les besoins sont d´une
part ceux de l´agriculture itinérante qui devient de plus en plus forte et d´autre part les besoins
en bois énergie en milieu rural et urbain d´autant que l´exploitation du charbon de bois est
source de revenus considérables. On assiste alors à un relâchement des règles, facilité par une
insuffisance des moyens et par un dénuement de l´administration.
Tab. 8 Diminution des surfaces entre 1978 et 1990 (sans les jachères forestières)
Ce sont les régions nord-est du pays (Cacheu-Biombo) et au sud la région de Tombali qui sont
proportionnellement les plus touchées par le déboisement. Par contre, en considérant les
superficies brutes qui ont disparu, la région de Gabú a été la plus touchée, suivie par Cacheu
et par Tombali.
113
114
Donc, les systèmes de production où l’élevage prend vraiment une place importante, sont
situés dans les zones de l’est (Bafata) et du nord (Bissorão et Farim) qui comptent environ
95% de la charge animale constituée de ruminants. La grande majorité du bétail est gérée par
les agro pasteurs peuhls.
Les 88 îles de l’archipel des Bijagos recèlent en réalité une grande variété d’habitats et de
paysages : grandes étendues de mangrove, des savanes arbustives aux champs cultivés sous
palmiers, des bois sacrés aux bancs de sable, des falaises ocre aux plages de sable blanc.
Les îles abritent aussi une grande variété d’animaux sauvages. L’intérêt touristique de ces
espèces relèvera de plusieurs critères comme la facilité d’observation, l’absence d’impact de
cette observation sur les espèces ou encore leur statut. Parmi ces espèces, on peut citer les
hippopotames, les tortues marines, les lamantins, les loutres, les singes, les dauphins, et des
centaines d’espèces d’oiseaux, migrateurs ou non. De fait, la faune aviaire et les tortues
marines sont les plus aisément observables. Les parcs nationaux et les zones centrales de la
réserve de biosphère sont des sanctuaires pour nombre de ces espèces terrestres et marines;
certains milieux relèvent d’un intérêt international pour la conservation d’espèces.
La couverture nationale en approvisionnement en eau est estimée à 68% dans les zones
rurales, 36% dans les centres semi- urbains et 34% dans les zones urbaines. Ce niveau de
couverture rend compte de l’effort accompli ces dernières années au niveau de ce secteur.
Malgré les progrès enregistrés, à peine 49% de la population totale de la Guinée-Bissau ont
accès à l’eau potable, selon le rapport sur le Développement Humain du PNUD en 2002 alors
que ce taux était de l’ordre de 43% en 1998 (schéma directeur de l’eau, 1998).
114
115
Le schéma directeur de l’eau et assainissement de 1998, estime les besoins théoriques en eaux
comme suit :
En ce qui concerne le rio Geba et ses affluents, on enregistre quelques pertes d’eau dans son
parcours comme c’est le cas du Bidigor. L’approvisionnement en eau sur tout le territoire est
conditionné par un régime pluviométrique (diminution et irrégularité des pluies) et de la
profondeur des aquifères.
Le Sénégal et la Guinée-Bissau ont conclu récemment un accord visant à assurer des lâchers
d'eau intermittents à partir du barrage d’Anambé pour limiter les dommages produits aux
aménagements hydro-agricoles guinéens en aval d'Anambé et préserver l'écologie de la vallée.
Des mesures hydrométriques à réaliser sur le fleuve devraient confirmer l'impact positif de
ces lâchers. Aussi, les ressources renouvelables des aquifères ont été évalué comme suit:
Source : Schéma directeur pour le secteur Eau et Assainissement 1997-2006, MDRRNA, Mai 1998
115
116
1 - Les zones humides continentales ou intérieures sont en majorité des écosystèmes d’eaux
douce, alimentés autant par des fleuves intérieurs que les fleuves Geba et Corubal, mais aussi
par les eaux de pluie et souterraines.
La productivité biologique de cette zone pourra être mise en cause par une exploitation non
contrôlée, comme certaines pratiques en témoignent déjà dans la zone côtière. Devant les
menaces qui pèsent sur les ressources naturelles et sur les principaux habitats et dans l’optique
de rétablir l’équilibre socio-écologique dans la zone, la Guinée-Bissau s’est lancée dans un
processus de planification et gestion participative de sa zone côtière. L’application du
processus a permis d’entamer des actions en vue de la création de la Réserve de Biosphère de
Bolama-Bijagós, des 4 aires protégées et de la mise en place de modèles de gestion appropriés
et adaptés au contexte socio culturel.
116
117
La faune marine et aquatique est tributaire des conditions de l’environnement dans lequel elle
vit, notamment par l’existence d’estuaires, de grandes étendues de mangrove et des zones de
faible profondeur et de températures optimales.
D’après l’inventaire de la faune, il existe en Guinée-Bissau environ 230 espèces réparties sur
87 familles. La richesse faunis tique comprend encore 374 espèces d’oiseaux réparties sur
environ 31 familles. L’Archipel des Bijagós, peut-être considéré une zone humide
d’importance internationale car il abrite plus de 1% de la population mondiale d’oiseaux. Les
résultats de cet inventaire font état de l’existence de : 11 espèces de primates, 21 espèces de
carnivores, 19 espèces d’ongulés, 8 espèces de reptiles, 10 espèces de chiroptères, 85 espèces de
reptiles et 31 d’amphibies répertoriées dans l’Archipel des Bijagós.
Par rapport aux parcs et aires protégées, 20 sites sont déjà identifiés et pourraient voir le jour:
il s’agit de 6 monuments nationaux; 5 réserves forestières; 2 réserves fauniques; 5 parcs
nationaux; 1 réserve intégrale; 1 zone de conservation de la vallée du Corubal et 14 zones
d’exploitation contrôlée. Ces aires protégées représentent 12% du territoire national et
incluent 3% d’îlots refuges totalement protégés. Elles sont réparties de la manière suivante:
Toutes les 5 aires protégées 11 qui ont été créées ces dix dernières années en Guinée-Bissau
avec l’appui technique et scientifique de l’UICN se trouvent dans cette zone.
L’analyse de la situation actuelle en Guinée-Bissau indique que le milieu naturel pour des
raisons diverses, est soumis à un processus de dégradation multiforme, continue plus ou
moins intense selon les lieux et qui risque de compromettre à moyen et long terme le
11
Parc Naturel des Mangroves du fleuve Cacheu
Parc Naturel des Lacs de Cufada
Parc National d’Orango
Parc National Marin João Vieira-Poilão
Réserve de biosphère de l’archipel des Bijagós
117
118
Par ailleurs, le patrimoine forestier bissau-guinéen fait l’objet d’une forte dégradation, sous
les effets combinés de la récession climatique et des actions néfastes de l’homme parmi
lesquelles l’on peut citer :
Ø Les mauvaises pratiques culturales, en particulier l’agriculture extensive sur brûlis qui
a par ailleurs des effets dépressifs sur la fertilité des sols ;
Ø Les feux de brousse récurrents qui ravagent annuellement l’essentiel des forêts;
Ø Les défrichements agricoles qui convertissent de vastes zones forestières en terres
cultures ou en plantations d'anacardiers (gérées par les ponteiros);
Ø la production clandestine de charbon pour l’exportation vers la sous région ;
Ø l’exploitation commerciale des forêts qui s’exercent de manière sélective sur certaines
espèces (Khaya senegalensis, Pterocarpus erinaceus, etc.)
Ø la pression de l’exploitation forestière pour les produits largement consommés au plan
national (bois de feu, lattes de rônier, etc.) ou exportés.
C’est ainsi que le Plan d’Action Forestier de Guinée Bissau estime que dans la période 1978-
1990, 29.000 ha de superficies forestières sont perdus chaque année, entraînant une baisse des
réserves ligneuses de l’ordre de 625.000 m3 par an. Alors que, les pertes réelles de surfaces
entre 1978 et 1985 sont estimées par différents auteurs entre 50.000 et 60.000 ha par an
(PAFT, 1992). Cette dégradation se traduit notamment par des réductions des surfaces
forestières :
Ø baisse de 30% (38.600 ha) des surfaces de forêts sub- humides denses, en particulier
dans la région de Tombali,
Ø baisse de 57% (247.000 ha) des surfaces des forêts de savane de Bafata, Oio et Gabù,
Ø et de 19% des surfaces de forêts de mangrove.
Les formations forestières, (y compris les mangroves) subissent donc de fortes pressions pour
l´exploitation industrielle, la production de bois d´énergie. Si les causes de la dégradation
forestière sont bien connue s, la part de chacune d´entre elles n´est pas clairement quantifiée
pour autant. La part due aux défrichements et celles occasionnées par les feux de brousse sont
mal appréhendées, leur déterminisme et leur compréhension technique et sociologique sont
encore insuffisamment étayées par des enquêtes et des études.
La synthèse des informations disponibles permet d´établir une analyse comparative des 2
inventaires de 1978 et 1985 telle qu´elle suit:
118
119
Au total, le milieu naturel est soumis à des agressions de divers types et subit de ce fait un
processus de dégradation plus ou moins rapide en fonction de la zone écologique considérée.
Pour l’ensemble des formations ligneuses, la comparaison des 2 inventaires forestiers fait
apparaître une disparition de 187.600 ha, soit environ 7,1% de la surface de 1978.
Année Surface
1978 2.452.200 ha
1985 * 2.317.284 ha
1987/1990 2.284.000 ha
• Palmeraies et forêts rupicoles non inventoriées
c’est-à-dire “jachère forestière et autres terres
boisées”
Les actions entreprises pour lutter contre la dégradation des forêts ne sont pas suffisantes : les
actions de reboisement sont absentes ou inefficaces en raison de la non application dans le
secteur public et le secteur privé des obligations de reboisement compensatrices de
l’exploitation forestière. En principe, la loi stipule que pour chaque 100 m3 de bois coupés,
l’exploitant doit reboiser 4 ha. Cette mesure n’est pas du tout appliquée par faute de moyens
suffisant de contrôle du service forestier. L'action des gardes forestiers, généralement issus de
l’armée, est limitée en la matière.
Il est tout naturel de constater une forte pression sur les formations naturelles dans un pays à
forte densité de population rurale qui a conservé les techniques extensives d’utilisation de
l’espace (agriculture - itinérante, jachère de longue durée, élevage extensif, cueillette minière
119
120
La plus importante pression est exercée par la culture du caju qui est devenue depuis les
années 80 la principale culture d’exportation du pays. De nouveaux planteurs, les citadins
pour la plupart (hommes politiques et fonctionnaires), ont acquis des propriétés pour
développer cette culture. Etant donné les revenus que procure cette activité, beaucoup de
ruraux ont à leur tour créé des plantations. Il s’en est suivi un défrichement incontrôlé des
formations forestières. La taille moyenne des exploitations serait de l’ordre de 136 ha. La
production qui était seulement de 200 t en 1978, est passée à 16.400 t en 1990, 29.600 t en
1995 et à 93.000 t en 2004, une croissance qui se fait au détriment des superficies
actuellement occupées par la forêt.
Destruction de la mangrove
La coupe abusive de la mangrove en vue d’installer les rizières, son exploitation pour le bois
de construction ou pour le fumage du poisson se traduisent aujourd’hui par une réduction très
significative des superficies. Le danger est que cette exploitation risque de provoquer une plus
grande pénétration des eaux salées marines dans le continent. Ainsi les terres les plus aptes à
la production agricole pourraient être perdues pour cette activité à cause de la salinité.
Il faut rappeler que la Guinée Bissau est un pays très peut accidenté, parcouru par de
nombreux cours d’eau qui serpentent dans un relief presque plat permettant à la marée de
pénétrer sur plusieurs dizaines de km à l’intérieur du continent. La zone littorale couvre à peu
près 350 km linéaire de côtes. Les forêts galeries denses qui bordent les rivières ainsi que les
mangroves constituent non seulement des écrans naturels contre cette pénétration, mais sont
des lieux de reproduction pour de nombreuses espèces animales et végétales.
Leur destruction pourrait avoir des conséquences graves sur la production agricole, la
diversité biologique et la diversité culturelle d’autant que la vie de certaines ethnies dépend de
l’existence de ces écosystèmes.
La consommation primaire brute (production nette) serait d’environ 866.000 tonnes (soit 1,3
millions de m3 . Cela représente 666 kg/ht/an dont 550 kg pour le bois et 116 kg pour le
120
121
charbon. Ce niveau de consommation, de loin supérieur à celui des autres pays de la sous-
région (450 kg en moyenne), dénote le gaspillage qui prévaut. Les rendements pour la
production de charbon varient de 17 à 20%, contre 30 à 35 voire 40% dans certains pays de la
sous-région. Les résidus d’exploitation de bois d’œuvre et les arbres coupés suite à
l’installation de nouveau champ ne sont pas valorisés.
Le secteur des industries forestières reste limité par l’inefficacité et l’inadéquation de ses
structures, sa capacité nationale et le marché interne. La capacité théorique est de l’ordre de
17.000 m3 de bois sciés/an, soit à peu près 35.000 m3 de bois bruts. Alors la quantité de bois
scié annuellement se situe autour de 7.000 à 9.000 m3 , soit approximativement 50% de la
capacité installée.
Naturelleme nt sont transformés (3) trois essences forestières: Khaya senegalensis Afzelia
africana Pterocarpus erinaceus. De manière générale, le Khaya est l’essence la plus
exploitée.
La plupart de ces scieries sinon toutes connaissent régulièrement des arrêts ou ralentissements
d’activité qui expliquent que ce secteur ne dépasse généralement pas 50% de sa capacité
théorique de production. Les raisons invoquées tiennent à des pannes de machines et surtout
de véhicule; un personnel peu qualifié; au manque de moyens financiers en raison du coût
élevé de l’énergie et de la matière première; aux difficultés d’approvisionnement en matière
première de qualité loyale marchande; aux machines obsolètes etc... Toutes ces difficultés
entraînent une productivité catastrophique de 9 m3 de bois scié par travailleur et expliquent le
121
122
prix élevé du bois débité environ 178.000 FCFA/m3 de bissilão = khaya senegalensis scié en
planches de 2,5 cm d’épaisseur.
Ce sont quelque 170 bâteaux, composés de chalutiers congélateurs, thoniers et palangriers qui
ont opéré en 2003 dans les eaux maritimes de la Guinée-Bissau, note le CIPA, 2004. Plus de
90% sont des navires étrangers et leurs captures sont des espèces à forte valeur commerciale
(céphalopodes, crevettes, démersaux nobles, thonidés). Ces navires exportent sans
débarquement la quasi-totalité de leurs captures vers l’Europe et l’Asie. La flotte chinoise, les
navires affrétés et les navires nationaux débarquent à Bissau essentiellement des espèces de
faible valeur commerciale pour l’approvisionnement du marché national.
En résumé, l’état de détérioration pour chaque zone agro écologique du pays se présentent
comme suit:
- zone I: Au nord-ouest, climat guinéen maritime, pluviosité inférieure à 2.000 mm, densité
de population élevée, disparition de la couverture végétale et pression foncière importante.
Très haut degré de détérioration du milieu.
- zone III: Au sud-ouest, climat guinéen maritime, pluviosité supérieure à 2.500 mm, densité
de population faible, couverture forestière importante, grenier à riz du pays, faible
détérioration du milieu mais risques comparativement plus élevés.
- zone IV: Au sud-ouest, archipel des Bijagos, Bolama et San Joâo, densité de population
faible, caractéristiques écologiques proches de la zone III, dégradation faible à moyenne du
milieu et risques élevés.
L’analyse de la situation actuelle en Guinée-Bissau indique que le milieu naturel est soumis à
des agressions de divers types et subit de ce fait un processus de dégradation plus ou moins
rapide en fonction de la zone écologique considérée, mais particulièrement inquiétante dans
les parties sud, nord et est du pays, qui risque à moyen et long terme de compromettre les
objectifs de développement économique et social du pays, basé essentiellement et pour
longtemps encore sur le secteur rural, en particulier sur l’exploitation des produits naturels.
Deux menaces ont été identifiées au niveau des milieux critiques et menacés:
122
123
Le nombre et les méthodes intensives de la pêche artisanale, dominée par des armateurs en
majorité, Sénégalais, posent problème aux populations locales et occasionnent souvent des
conflits inter-communautaires. Ce type de pêche se pratique essentiellement dans les
estuaires, la mer intérieure ainsi que l’archipel des bijagos. Quant à la pêche industrielle, elle
est l’objet des armateurs asiatiques, européens et dans une moindre mesure africains. Ils
opèrent dans la ZEE et risquent de modifier profondément l’équilibre bio-écologique et
l’équilibre milieu/société. Dans un contexte sous régional évolutif où les ressources naturelles
des pays voisins s’appauvrissent, un report d’exploitation est à l’œuvre en Guinée-Bissau et
vise la réserve de biosphère de l’Archipel bolama bijagos qui représente un potentiel
d’exploitation très attractif.
L’archipel est aujourd’hui confronté à des petites unités de pêche industrielles battant pavillon
étranger qui viennent pêcher frauduleusement de nuit dans les chenaux. Ces pratiques ont un
impact certain sur les stocks de plusieurs espèces et surtout sur la population des tortues
marines. On note également une tendance à la baisse des captures comme le montre le
graphique ci-dessous, certainement liée à des méthodes de pêche abusives des pêcheurs
étrangers, de même que des conflits d’usage des ressources et d’occupation des terres
destinées à des campements et hôtels de pêche sportive. Cette baisse est estimée à 18% entre
1993 et 2003 et semble refléter également des problèmes d’épuisement des stocks en place et
aussi du faible contrôle des quantités pêchées et des conditions d’exploitation.
Il est important de faire remarquer que la diminution des stocks par une pêche incontrôlée
induit un déséquilibre de la chaîne alimentaire, un problème de valorisation du produit, une
pollution par les carcasses laissées à la décomposition.
123
124
occasionnée par les sondages disperse les sédiments dans l’eau. Les sédiments remis en
suspension risquent de contenir des métaux lourds ainsi que d’autres polluants. Le sondage
des fonds, le raclement par les ancres, les forages entrepris par les navires de forage peuvent
perturber les fonds marins. L’accumulation de boue et de déblais de forage mène à
l’ensevelissement ou à la contamination des organismes benthiques (Banque Mondiale et
AIEI, 1999).
S’il y a rupture au niveau des puits forés, ils peuvent provoquer des catastrophes que
représentent les marées noires détruisant ainsi les régions côtières, la faune marine et côtière
ainsi que les oiseaux marins et côtiers. Par ailleurs, les opérations de forage et de production
près des côtes, du trafic portuaire et des usines de traitement représente des problèmes, voire
d’ordre esthétique.
Cette richesse est fragile et vulnérable car essentiellement liée à des apports externes ; elle est donc exposée aux facteurs exogènes, comme
aux pratiques d’exploitation non durables (surexploitation halieutique, coupe de mangrove pour le fumage du poisson, bois de feu,
techniques douces méconnues…).
Parmi ces îles, seules 21 sont habitées en permanence par une population d’environ 25.000 personnes principalement d’ethnie
Bijagó. La société Bijagó a longtemps vécu pratiquement en autarcie, tirant ses moyens de subsistance des ressources
naturelles abondantes de l’archipel, gérées suivant un mode ancestral et clanique (religieux), comprenant l’alternance de
l’exploitation de certaines îles, l’agroforesterie, la pêche de subsistance, et aussi la sacralisation de forêts et d’îlots qui
préfigurait déjà une forme de conservation.
L’enjeu majeur pour la réserve de biosphère consiste en la recherche d’un équilibre, d’une
alliance entre les nécessités de conservation de la nature et de ses ressources et les besoins
légitimes de développement.
124
125
Ces enjeux environnementaux pourraient être liés à l’exploitation du pétrole. Car tout le block
3 couvre l’ensemble de l’archipel des bijagos et s’étend jusqu’à la frontière avec le Sénégal et
la Guinée-Conakry.
Aussi, les questions d’environnement deviennent de plus en plus un sujet d’actualité. Cette
situation liée à la démographie urbaine et tributaire d’un mouvement migratoire au niveau des
grands centres urbains, notamment au niveau du secteur autonome de Bissau mais aussi à
Bafata, Gabu en termes de création de conditions de vie, d´offre en biens et d’infrastructures,
d’assainissement ou de recyclage des déchets et ordures. Car les indicateurs actuels sont en
dessous du niveau requis ou souhaité.
Conformément aux résultats de l'enquête ILAP cité par le DENARP (2004), plus de 95% des
personnes font un parcours en moyenne d’environ 30 minutes pour avoir accès à l'eau potable.
Au niveau national, seulement 54,6% de la population a accès à l'eau potable (canalisée,
robinet ou fontaine publique, puits protégé et citerne) contre 45,5% qui utilisent l'eau non
protégée provenant des puits, fleuves, rivières etc.
Concernant l'assainissement, environ 35% des ménages au niveau national n'ont pas de
toilettes, et il y a une utilisation massive de latrines/fosses mal conçues qui représentent un
grand danger pour la santé publique. Il n’existe aucun système organisé d'évacuation et
traitement des déchets urbains. Aujourd´hui, encore, l’indéfinition des responsabilités de
chaque institution, le manque de concertation aussi bien la participation des municipalités ne
contribue pas pour l’amélioration de l’assainissement urbain. La situation des municipalités
ne permet pas de garantir le nettoyage et l’assainissement urbain par manque d’une stratégie
et d’un plan d’action d’assainissement en dehors des instruments légaux et des équipements.
Actuellement, Bissau ne dispose que d’un seul et unique déversoir de déchets publics à 7 km
où 30.733 tonnes/an sont déversées d’un total de 61.157 tonnes en 1994 pour la capitale.
Donc, le problème des ordures ménagères demeure un casse-tête pour les autorités
municipales de la ville de Bissau principalement.
125
126
En ce qui concerne les eaux résiduelles, l’unique système d’évacuation est situé dans le
quartier 24 septembre qui fonctionne mal et ne couvre à peine que 1,5% de la population de la
capitale. Tout le drainage pluvial existant débouche sur le rio Geba où il n’existe aucun
système de traitement des égouts et des eaux usées.
Les installations sanitaires sont en général, des fosses septiques dans les principales villes du
pays avec un taux de couverture de 30%. Alors qu’en milieu rural, ce sont des latrines qui
dominent avec un taux de couverture de 20%.
Pour le secteur industriel, la priorité repose sur la réalisation des études d’impact sur
l’environnement des industries nationales afin d’être cataloguer.
Alors que dans le secteur de l’énergie, les priorités sont centrées sur l’électrification urbaines
et en zones rurales à l’aide des énergies nouvelles et renouvelables (éolienne et solaire) et la
promotion des énergies domestiques dans le but de réduire l’utilisation du bois de feu et du
charbon.
Donc, entre autres facteurs contribuant à l’altération du cycle du carbone dans l’atmosphère,
on note la déforestation et la combustion des combustibles fossiles. Selon Brown & al, cité
par le projet GBS/G32/GEF/PNUD (2003), on estime que durant la période 1981-1990, le
changement de la couverture forestière dans les tropiques est lié principalement aux feux
aboutissant à une émission de 1,6 millions de tonne de carbone vers l’atmosphère.
Les émissions de gaz des résidus solides et des eaux usées sont de l’ordre pour le métha ne
(CH4) de 2,1164 et de l’hémyoxide d’azote (N2O) de 0,0026327. L’émission totale de
méthane liée à la fermentation entérique des élevages (bovins, ovins, caprins) durant l’année
1994 est de 16,995803 giga. En raison du système de production extensive des animaux, il est
126
127
difficile de calculer les déchets ou excréments. Alors que les émissions totales de N2 O à partir
des sols cultivés sont de 2,62 Gg, soit 2,61 provenant des émissions directes et représentant
99,6% des émission totales. A peine, 0,38% proviennent des émissions indirectes soit 0,0029
Gg.
On peut aussi en déduire que du total des gaz émis en 1994, 74,1% soit 104,343 giga sont du
monoxyde de carbone (CO) et proviennent essentiellement de feux dirigés en savanes et feux
in situ des restes ou résidus agricoles. Les autres gaz émis sont : méthane (29,707 Gg),
l’hémioxyde d’azote (2,722 Gg) et l’oxyde d’azote (3,865 Gg).
En définitif, le dioxyde de carbone (CO2 ) est de loin, l’élément le plus émis en Guinée-Bissau
(85,95%) et le secteur de l’énergie est le principal responsable de cette émission qui est
répartie entre l’utilisation de combustibles de biomasse – bois de chauffe et charbon (86,82%)
e des combustibles fossiles (13,18%). Le monoxyde de carbone (CO) provient du secteur
agro-pastoral (66,18%) suivi du secteur énergétique (25,59%) et résulte des feux pratiqués ou
de la combustion des forêts de savanes, des restes agricoles et de l’utilisation du bois de
chauffe et charbon dans la cuisine, et des combustibles fossiles dans les transports.
Ces émissions pourraient atteindre des proportions alarmantes et incontrôlables si des mesures
idoines ne sont prises rapidement contre les pratiques néfastes des feux de brousse, la coupe
abusive des arbres et l’agriculture itinérante.
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128
Dispositifs institutionnels
Il faut dire ici que le volet Environnement était, du point de vue institutionnel, réduit à une
Direction Générale avec en perspective la création d’un Institut National de l’Environnement
(INA) qui sera rattaché au Cabinet du Premier Ministre, en raison de son horizontalité. Ce
processus devrait aboutir durant cette année 2005. Quant à l’Institut National de la
Biodiversité et des Aires Protégées (IBAP), il a été créé au mois de mars 2005 et rattaché au
Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural.
128
129
A l’heure actuelle, dans la structure du nouveau Gouvernement issu des législatives de Mars
2004, les ministères qui sont directement concernés par l’environnement et la gestion des
ressources naturelles sont:
Dans une moindre mesure le Ministère des Travaux Publics, Construction et Urbanisme et
celui du Commerce, Industrie, Tourisme et de l’Artisanat.
Pour ce qui concerne les ONG et associations de base, il existe des expériences telles celles de
l’AD, Tiniguena, Alternag, Nantinyan, Totokan, et Swissaid, dans divers endroits de la zone
côtière et au sein des aires protégées, notamment dans l’archipel des Bijagós.
129
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L’IBAP (Institut de la Biodiversité et des Aires Protégées), placé sous tutelle du Ministère de
l’Agriculture, des Forets et de l’Elevage, est chargé de la gestion des aires protégées et la
conservation de la biodiversité au niveau national. Les attributions de l’IBAP sont :
130
131
Plusieurs textes encore en vigueur sont effectivement susceptibles d’apporter une contribution
à la protection des espaces naturels. Le cadre législatif et juridique qui existe est relatif à la
pêche, forêt, chasse et aux droits fonciers. Toutefois certains domaines de la protection de
l’environnement restent à couvrir, il s’agit notamment de l’absence des études d’impacts
environnementaux (EIE), des normes et du code de l’Environnement.
Législation de la pêche : la pêche a fait l’objet en 1986 d’un Décret- loi (decreto-lei N° 2/86
du 29 mars) et d’un Décret d’application decreto N° 10/86 du 26 avril). Ces textes sont
fortement marqués par le souci d’organiser et de rentabiliser la pêche industrielle des navires
étrangers dans les zones maritimes sous juridiction Bissau-Guinéenne et de protéger les
ressources halieutiques. Elles ne permettent pas d’agir sur des atteintes résultantes par
exemple du défrichement des mangroves ou de pollutions des frayères.
Législation forestière : un décret-loi sur la forêt a été adopté en 1991 (decreto- lei N° 4-A du
29 octobre 1991). Il n’a pas encore de textes d’application, si ce n’est une proposition
d’établissement de contrat de gestion des forêts communautaires signé le 26 décembre 1996.
Aussi, le Décret-loi comporte 2 éléments intéressants pour notre propos.
Ce texte peut être une bonne base de réglementation des activités de l’administration
forestière et de tous ceux qui animent la filière en amont comme en aval. Toutefois, il reste
limité du fait d’une part des besoins d’une agriculture itinérante consommatrice d’espace et
qui devient de plus en plus forte et d’autre part les besoins en bois-énergie (donc
défrichement) en milieu rural comme urbain d’autant que l’exploitation du charbon de bois
est source de revenus considérables.
131
132
La loi cadre sur les aires protégées a été élaborée en 1998 ; un instrument qui vise avant tout
la création d’un cadre légal et propice à la conservation des écosystèmes fragiles en Guinée-
Bissau. Elle réglemente aussi le système de classement et déclassement des aires protégées au
niveau national.
Le code de l’eau est conçu comme un ensemble de principes et normes qui encadrent/balisent
les actes de l’Etat dans la gestion des ressources en eaux, avec comme objectif l’exploitation,
la planification, la conservation et l’optimisation de cette gestion.
La Guinée-Bissau dispose d’une loi sur les mines et minéraux. Cette loi balise les
différentes formes d’exploitation des ressources minérales du pays. La plupart de ces
minéraux se trouvent localisés dans les zones forestières susceptibles de dégradation en cas de
mauvaise gestion. Il existe au niveau de cette loi, des préoccupations de protection de
132
133
Donc, pour avoir signé et ratifié les conventions de la génération de Rio (UNCCD, UNCCC et
CBD), la Guinée-Bissau est éligible à l’assistance du FEM. Elle s’est engagée comme
beaucoup d’autres pays signataires de la Convention des Nations Unies sur la Désertification
(CCD), notamment dans l’espace des pays membres du CILSS et de l’UEMOA à élaborer les
différents Programmes d’Action Nationaux à travers un processus participatif impliquant
l’ensemble des acteurs. Plusieurs accords gouvernementaux ont été également signés: CITES,
RAMSAR
Pour la mise en œuvre de cette politique, les actions suivantes seront développées : (i)
promouvoir l'aménagement du territoire national ; (ii) garantir la sécurité alimentaire et
fournir des produits excédentaires au marché, en qualité et quantités suffisantes, à travers une
gestion durable et soutenable des ressources naturelles ; (iii) protéger, préserver et améliorer
la qualité de vie de la population à travers la lutte contre la faim, les maladies et
l'analphabétisme ; (iv) développer la capacité nationale d'intervention technique, scientifique
et financière à des différents niveaux - local, national, régional et interna tional ; (v)
promouvoir la participation de toutes les composantes et organisations de la société dans la
gestion et protection de l'environnement ; (vi) promouvoir la création d'emplois alternatifs
dans le domaine de la protection de l'environnement et de la sauvegarde des ressources
133
134
La politique forestière nationale énoncée aussi bien dans le Plan Directeur Forestier National
(1992) que dans la Lettre de Politique de Développement Agricole (1997) et actualisée en
2002 identifie sept axes prioritaires.
- la maîtrise foncière définition légale des espaces forestiers quelque soit leur statut
foncier, leur délimitation,
- la mise en place d’un schéma directeur de développement forestier communautaire
participative, décentralisée pour et par les communautés,
- la diminution de la pression sur les forêts par l’intensification de l’agriculture et de
l’élevage, par l’incitation à planter sur de bons sols et par la réglementation de
l’exploitation forestière,
- une meilleure gestion des forêts en assurant leur conservation, leur mise valeur, leur
régénération,
- l’application des dispositions fiscales et douanières,
- la formation forestière, pastorale à divers niveaux,
- un programme pragmatique de recherche à long terme sur les écosystèmes
tropicaux fragiles en mettant l’accent sur la conservation des noyaux de
biodiversité.
Cette politique devra être mise en œuvre dans le cadre d’une stratégie du secteur forestier au
niveau de laquelle quatorze projets ont été proposés. Sur les 14 projets la moitié a été
considérée comme prioritaire, il s’agit de :
Le profil du pays présenté ici montre à suffisance, l’importance des ressources naturelles dans
le développement économique et sociale de la Guinée-Bissau. Leur gestion rationnelle et
durable pourrait améliorer de façon significative la production nationale et réduire la pauvreté
devenue endémique. Pour ce faire, il est proposé de:
134
135
- faire participer ou renforcer la participation des paysans et autres acteurs y compris les
femmes et les jeunes dans les discussions sur la définition et/ou la reformulation de
politiques relatives à la GRN;
- mettre en œuvre la Lettre de Politique de Déve loppement Agricole, en particulier en ce
qui concerne la privatisation de certains services et l’appui conséquent au secteur privé
et ONG;
- promouvoir et renforcer la sensibilisation et la formation des acteurs,
- Le renforcement des capacités techniques et organisationnelles et des institutions
chargées de la formulation des plans d’actions environnementaux liés aux conventions
(CCD, CBD, CCC) et de leur suivi-évaluation,
- Renforcer les disponibilités en eau de qualité pour la consommation humaine,
l’irrigation et l’industrie,
- Lutter contre le faible assainissement de base en réduisant ses effets sur la santé
publique et le développement du tourisme,
- Lutter contre la perte de la biodiversité marine et terrestre
La gestion des ressources naturelles est en général encore fortement liée aux intérêts des
exploitants de ces ressources. L'impact du cadre juridique est très limité en raison de la
capacité réduite des autorités à appliquer la législation et de la nécessité de faire accéder les
12
Ces quatre objectifs prioritaires étaient déjà ceux affirmés dans la LPDA de 1997.
135
136
populations rurales pauvres aux ressources pour satisfaire leurs besoins immédiats de survie.
C’est ainsi que tous les systèmes d’aménagement des ressources n’ont pas conduit à une
conservation des ressources.
Les modes de gestion appropriés seraient par conséquent ceux qui permettent une
responsabilisation effective des populations rurales dans la gestion des ressources forestières :
foresterie communautaire, décentralisation, gestion participative des ressources, etc.
Cette initiative est encouragée par six pays de la sous région ouest africaine (Cap-vert,
Gambie, Guinée-Conakry, Guinée-Bissau, Mauritanie et Sénégal) dans le cadre du
programme PRCM (Programme Régional de Conservation Marine) appuyée par quatre
organisations qui interviennent dans le domaine de l’environnemental, notamment l’UICN,
WWF, FIBA, et Wetlands International.
Ce document décrit les orientations stratégiques destinées aux interventions dans la zone
côtière en ce qui concerne les aires protégées marines des pays de la sous région pour les
prochaines 20 années. La Guinée-Bissau a signé la déclaration de politique générale qui
engage l’ensemble des pays à participer d’une manière concertée dans la gestion des aires
protégées et des ressources partagées. Trois domaines principaux d’intervention ont été
identifiés dans la stratégie régionale des aires protégées (PRCM-2003) :
Donc, le PRCM (Programme Régional de Conservation des Zones Côtières et Marines) est un
exemple concret de coopération sous régionale en partenariat avec la Commission sous-
Régional des Pêches (CSRP) et l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’Education,
la Science et la Culture), afin d’élaborer une stratégie d’intervention commune depuis la
Mauritanie jusqu’en Guinée.
Ce programme est mis en œuvre en collaboration avec plus de 40 institutions nationales et des
ONG’s des 6 pays de la sous-région dont la priorité est axée, tant sur l’échange d’expériences
et d’informations, que sur la synergie au niveau des stratégies et des politiques des parties
engagés dans ce partenariat. Le programme vise également la construction d’une stratégie et
d’un programme d’action pouvant contribuer au renforcement des aires protégées marines au
bénéfice de la société, de la promotion de la citoyenneté et de la bonne gouvernance des
ressources naturelles transfrontalières. En tant que vision commune, cette stratégie renforcera
136
137
le rôle des aires protégées marines au bénéfice de la pêche et de la protection des patrimoines
naturels et culturels.
137
138
- l’échelle régionale est considérée dans la majorité des cas comme étant la plus
pertinente par rapport aux réalités socio-économiques et écologiques ;
- les orientations de la politique environnementale commune sont définies selon une
vision partagée. Les constituants majeurs de cette vision sont soutenus par une volonté
politique forte ;
- l’encadrement stratégique s’effectuera en adéquation avec les priorités nationales et
sous régionales ;
- le regroupement et la valorisation des compétences techniques et scientifiques de la
sous région notamment au travers d’un réseau de planification et de gestion des
ressources naturelles ;
- organiser les activités en commun dans un souci d’économie d’échelle, en particulier
dans les domaines de l’information, de la communication, de la formation et de la
recherche. Cette mise en commun permettra en outre de renforcer l’impact des
messages destinés à influer sur les sociétés ;
- les appuis techniques et financiers seront réalisés dans le cadre d’une coalition de
partenaires intervenant dans l’espace UEMOA ainsi que des bailleurs de fonds
partenaires traditionnels des projets de conservation et de développement durable.
138
139
139
140
Les différentes études et entretiens réalisés montrent que les phénomènes de dégradation du
milieu sont importants et qu’ils méritent d’être étudiés d’une façon approfondie. Les éléments
d’orientation majeurs d’une politique environnementale commune sont les suivants:
- protection de l’environnement,
- développement et amélioration des pratiques agro-pastorales,
- méthodologie nationale à suivre pour intégrer les préoccupations de lutte
contre la désertification et de protection de l’environnement,
- augmentation du potentiel humain pour mener à bien toutes les activités de
lutte contre la désertification et la dégradation des ressources naturelles.
Pour améliorer l’environnement, au nombre des orientations on peut retenir également que:
140
141
Par ailleurs, il est important de noter que la Guinée-Bissau a pris part à différentes rencontres
sous régionales et internationales (CNUED, Conférence d’Helsinki, etc…) en faveur de la
promotion du développement durable et du dialogue sur l’environnement. Elle a ainsi souscrit
à plusieurs plans sous régionaux tels que OMVG, CILSS, etc... pour ne citer que ceux- là.
L’adhésion à l’UEMOA vise entre autres objectifs à assurer une meilleure stabilité et
protection contre les pressions spéculatives en vue de procéder à certaines corrections d’ordre
macro-économique perme ttant au pays de mieux anticiper les investissements (actuels et
potentiels). En effet, les objectifs de développement à travers la valorisation de ses avantages
comparatifs et l’entrée dans la zone UEMOA, CEDEAO va permettre sans doute la
réactivation du secteur privé dans la commercialisation des cultures de rente et par conséquent
de stimuler la production nationale.
Par ailleurs, les principaux enjeux et défis futurs montrent que la sécurité alimentaire étant
indissociable d'une stratégie de lutte contre la pauvreté et l’environnement, elle constitue une
opportunité de développement local et d'intégration régionale. Cette intégration implique une
approche convergente de la relation de la sous région avec le monde extérieur à travers une
meilleure cohérence recherchée des politiques environnementales nationales.
C’est pourquoi, il est utile de rappeler que la lutte contre la dégradation de l’environnement
doit se faire principalement dans le cadre d’un programme global de mise en valeur
rationnelle des ressources. C’est à travers des méthodes d’exploitation, à la fois performantes
et restauratrices de la capacité productive de la ressource exploitée, qu’on assurera (mieux
qu’à travers la mise en défens ou la récupération a posteriori) la capacité productive des sols,
des prairies, des forêts et des “bolanhas”.
Aussi, il ne s’agit pas pour nous, d’une énumération exhaustive, mais bien d’une illustration
de la manière dont l’aspect environnemental est traité ou pris en compte dans différents
programmes. Dans l’optique d’une politique concertée de préservation de l’environnement et
des ressources naturelles, le pays s’est engagé dans les actions sous régionales suivantes.
Ce projet sous régional vise au niveau local, l’aménagement des espaces forestiers villageois,
le développement des revenus paysans de la forêt et l’amélioration des techniques de
valorisation de façon à obtenir de meilleurs rendements au niveau de la première
transformation des produits forestiers, charbon de bois et de contribuer à limiter le gaspillage.
Au niveau régional, les objectifs visent la clarification des droits fonciers pour une
141
142
Les aires de mangroves dans le Delta du Sine-Saloum, la région de Ziguinchor (au Sénégal),
le Lower Gambia River District (en Gambie et le Rio Cacheu (en Guinée-Bissau) sont à
conserver pour leurs valeurs écosystémiques et leurs diversités biologiques. Les actions
envisagées dans une première phase de deux ans sont: la conception et mise en oeuvre d’une
approche participative impliquant toutes les personnes concernées par la création des comités
de gestion, la mobilisation des connaissances régionales disponibles et l’acquisition de
nouvelles connaissances; l’ensemble conduisant au développement des plans de gestion
participative, la vulgarisation des techniques pour une meilleure utilisation des ressources et
la protection des zones éco-stratégiques. Il s’agit notamment de réaliser des travaux
d’inventaire et des études des caractéristiques écosystémiques et socio-économiques de la
mangrove. Dans la seconde phase de 2 ans, les travaux stipulés dans les plans de gestion sont
à mettre en oeuvre sur les 4 sites, les actions de démarrage d’une première phase sont à
organiser pour 2 autres sites comprenant les aires de mangrove s’étendant entre le Rio Cacine
(en Guinée-Bissau) et le Rio Nunez (en Guinée-Conakry).
Dans le cadre de ce programme, les échanges sont donc indispensables pour que l’expérience
de chacun serve au plus grand nombre et que émerge non pas un seul modèle mais un
ensemble de méthodes dont les conditions de mise en oeuvre et des limites d’efficacité auront
142
143
été testées en divers lieux ou endroits éco- géographiques (par approche éco-systémique ou
éco-fonctionnelle) et fait l’objet ici d’analyses conjointes.
Le projet s’inscrit dans la continuité et le renforcement des initiatives antérieures prises pour
la formulation et la mise en oeuvre du programme de gestion intégré du MFD et contribuera
au: (i) Renforcement des capacités des acteurs parties prenantes par le développement d’un
cadre juridique et institutionnel de coopération régionale et d’organisation à la base, (ii) la
mise en place d’un Observatoire régional opérationnel des écosystèmes et des ressources
naturelles du MFD qui valorise les valeurs et savoir-faire des communautés locales et
promeut la recherche -action en matière de gestion durable des ressources
naturelles (GDRN); (iii) actualisation des inventaires de toutes les ressources naturelles et
l’élaboration d’un plan de convergence régional décrivant les différents programmes
nationaux et régionaux à mettre en œuvre au regard des résultats des inventaires ; (iv)
Développement et application de modèles de gestion intégrée des ressources naturelles et de
conservation et d’utilisation de la biodiversité, fondés sur une restauration des terres
dégradées et une gestion intégrée des eaux partagées ; (v) Renforcement des capacités
techniques des acteurs parties prenantes en matière de GDRN.
Au niveau bilatéral, les objectifs définis visent la clarification et la consolidation des droits
fonciers traditionnels pour une amélioration globale de l’état forestier et la définition des
espaces de production afin d’organiser au mieux les capacités locales de production. Il s’agit
par ailleurs, du renforcement de la coopération entre le Sénégal et la Guinée-Bissau afin de
répondre à la volonté d’intégration des deux pays. Le programme ainsi envisagé s’inscrit donc
dans une perspective transfrontalière de gestion des ressources forestières. En aménageant
leurs ressources sur de vastes étendues, les deux Etats voudraient se donner les moyens d’agir
143
144
sur une surface critique suffisante qui permet de maximiser l’efficacité écologique et sociale
des interventions.
Enfin, au plan national, le projet vise la promotion et l’inter-action entre le secteur forestier et
les autres secteurs notamment l’énergie, les transports, le développement rural, la
planification globale du développement, l’environnement, le commerce et les finances.
Un programme opérationnel commun pourrait être développé et être bâti sur les
programmes/projets cités précédemment, en concertation avec l’ensemble des acteurs de la
sous région et pourrait être caractérisé par :
- une approche régionale : les ressources partagées, les espèces migratrices, ou les
problématiques communes doivent être gérées à l’échelle de la sous région,
- un regroupement des moyens : l’importance des enjeux et la nécessité d’une approche
à la fois forte et cohérente implique un regroupement des moyens, des compétences et
des ressources financières,
- une vision partagée : ce regroupement des moyens doit s’exercer en direction
d’objectifs communs définis par la stratégie régionale, et avec la participation de tous
les acteurs,
L’analyse de la situation en Guinée-Bissau éclairée par les défis qui se profilent, montre que
pour atteindre l’objectif général d’un programme opérationnel commun les interventions
doivent tourner autour des axes suivants
Cette intégration et cette synergie ne sont possibles que si elles relèvent de stratégies claires,
largement débattues et faisant l’objet d’un consensus large au sein des communautés
nationales et en concertation avec la communauté internationale.
Moyens de contrôle
144
145
Ce comité devra être réuni au niveau ministériel ou des chefs de gouvernement. Ses
concertations seront fondées sur la base de travaux réalisés par un comité préparatoire
d'experts, constitué au niveau des directeurs nationaux des secteurs de l'environnement et/ou
des forêts et d'un secrétariat désigné par le comité;
Toutefois, pour qu’une telle proposition soit opérationnelle et qu’elle fasse ressortir la
régionalité que nous recherchons, nous pensons qu’une Cellule d’Appui Technique pourrait
être créée et contenir un représentant de chacun des pays membres de l’UEMOA ou un corps
d’inspecteurs de l’environnement.
Par ailleurs, à l’image de ce qui se fait en matière de planification côtière, il serait intéressant
de penser à la création d’un réseau régional de gestion de l’environnement regroupant
l’ensemble des acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux, partenaires de
coopération. Ce réseau permettra de façon participative, de gérer les ressources naturelles et
de l’environnement pour un développement durable de la région UEMOA à travers un
système régional de télédétection et du suivi de l’évolution des couvertures végétales (SIG).
Tout manquement ou incohérence dans une politique régionale harmonisée pourrait entraîner
des conséquences et des coûts économiques énormes liés à la restauration des écosystèmes
naturels, terrains forestiers, agricoles, pastoraux, etc…..
C’est pourquoi, dans la perspective de réintégration des espaces ruraux et forestiers dans
l'économie rurale, c´est-à-dire de gestion et d'exploitation des ressources naturelles – la
Guinée-Bissau doit basé son action, essentiellement de régulateur socio-économique et de
structuration, d´encadrement des filières de production et de protection de l’environnement en
harmonie avec les autres pays membres de l’UEMOA. Il lui reviendra en effet d'assurer la
planification d'ensemble et la surveillance a posteriori du fonctionnement du système.
Les problèmes environnementaux rencontrés sont le plus souvent tributaires d’un déficit
notoire d’information du public, d’éducation et de différences culturelles au niveau des
populations, principalement dans les villes. Dans ce domaine, les lacunes sont
particulièrement graves. C’est pourquoi, toute politique ou programme environnemental
devrait mettre avant tout la sensibilisation des acteurs sur des thèmes variés, l’éducation,
l’information et la vulgarisation de techniques de conservation qui permettent une meilleure
gestion des ressources naturelles et de protection de l’environnement. Au même titre que la
vulgarisation, la formation des paysans et des autres opérateurs du monde rural est une
fonction essentielle et permettrait de combler les faiblesses constatées.
.
145
146
146
147
Références Bibliographiques
147
148
LE MALI
148
149
UEMOA-ETUDE ENVIRONNEMENTALE
A. Maiga
149
150
Le pays et sa superficie
Enclavé au coeur de l'Afrique occidentale à environ 1.000 Km de la mer, le Mali couvre une
superficie de 1.241.000 Km². Il se situe entre 11 et 25 degrés de latitude Nord; 0 et 14 degrés de
longitude Ouest et 0 et 50 degrés de longitude Est et partage ses frontières avec sept pays voisins :
l'Algérie, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal
- la zone subsaharienne ou désertique, avec une pluviométrie inférieure à 150-200 mm/an. Elle
couvre 56-57 % du territoire. Elle est caractérisée par des steppes à Acacia raddiana ;
- la zone sahélienne, avec une pluviométrie inférieure à 550 mm/an. Elle couvre 18 % du territoire.
Zone de prédilection de l'élevage transhumant, elle comprend également le delta intérieur du
Niger, avec d'importantes zones inondables propices aux pâturages et cultures irriguées et/ou de
décrue. La végétation est caractérisée par Acacia seyal, Acacia senegal, Boscia senegalensis,
Comniphora, Hyphaene thebaica (palmier doum) et par des steppes à Euphorbia balsamifera et
Balanites aegyptiaca ;
- la zone soudano-sahélienne, où la pluviométrie est comprise entre 500 et 1100 mm/an. Elle couvre
14 % du territoire et est caractérisée par des savanes arbustives et arborées à Acacia albida,
Borassus aethiopum, Bombax costatum, Guirea senegalensis, Balanites aegyptiaca ;
- la zone soudano-guinéenne à guinéenne, où la pluviométrie est supérieure à 1100 mm/an. Elle
couvre environ 11 % du territoire au Sud du pays. Le couvert végétal est caractérisé entre autres
par Anogneissus leiocarpus, Daniela oliveri, Isoberlinia doka, Pterocarpus ericaneu.
Les données concernant la dynamique de population au Mali se basent sur les résultats du
dernier recensement de 1987. Selon les diverses estimations, la population s'élèverait en 1997 à
9.320.000 habitants, avec un taux de croissance annuel de 2,7%. Sur ce total, on compte près de 50%
de moins de 15 ans et une population active (15-54 ans) de 43%. En 2022, la population pourrait
presque doubler et atteindre 17,5 millions.
Le taux de la population vivant en milieu rural est estimé à environ 80 %, mais varie d'une
région à l'autre, avec des taux supérieurs ou égaux à 90% à Kayes et Sikasso et Koulikoro et de 80% à
86% à Ségou, Mopti et Tombouctou. Ce taux chute respectivement à 13,7 et 5 % pour les régions de
Gao/Kidal et Bamako district (Bilan du Développement Humain Durable, 1990). La densité de
population varie également fortement d'une région à l'autre: 1 hab/km² à Gao/Kidal, 10 - 10,5 hab/Km²
à Kayes et Tombouctou, 15,7 hab/km² à Koulikoro, 18,4 hab/km² à Mopti, 21,9 hab/km²à Sikasso,
26,1 hab/km² à Ségou et enfin 560 hab/km² à Bamako (Coulibaly, 1998).
150
151
- des "zones de vide démographique" qui affecteraient 65% du territoire national : il s'agit de la
partie du territoire située au Nord de l'isohyète 200 mm et d'une partie de la zone Sud
(anciennement zone à onchocercose) ;
- des "îlots de peuplement dense" dans la partie Ouest et Nord-Est du territoire, où les densités
varient entre 25 et 30 habitants/Km² ;
- des "zones peuplées" au Sud, abritant une population estimée à plus de 7 millions d'habitants,
soit 84% de la population totale concentrée sur 36% du territoire. Dans ces zones, la densité
moyenne autour des centres urbains serait de 45 à 50 hab/Km². A lui seul, le "triangle Mopti-
Bamako-Sikasso" abriterait environ 5 millions d'habitants pour une superficie de 100.000
Km², soit une densité de 50 hab/Km².
Si le taux d'urbanisation est encore faible par rapport à d'autre pays africains, son rythme
d'accroissement est rapide avec plus de 5% par an en moyenne. Cette forte croissance urbaine est
soutenue en partie par un important exode rural en provenance du Nord de Kayes, de Mopti, de
Tombouctou, Gao et Kidal. Les zones de destination sont Bamako, mais également certaines capitales
régionales
Année
Moyens de subsistance : rôle des différents secteurs (agriculture, industrie et mines ; tertiaire et
nouveaux services)
Agriculture :
L'économie du Mali repose essentiellement sur le secteur rural, qui contribue en moyenne
pour 45 % au PIB (1994-1998), avec un taux de croissance moyen de 3,6 % par an. Cette
augmentation est due essentiellement aux céréales (et plus particulièrement au riz), dont la production
a atteint globalement près de 2 millions de T en 1998, au coton, dont la production a doublé depuis
1994 pour atteindre environ 526.000 T et aux produits d'élevage, dont l'activité a fortement bénéficié
du regain de compétitivité et de la reconstitution du cheptel.
La contribution globale des cultures vivrières à la valeur ajoutée du secteur agricole a été en
moyenne de 52 % et le seul taux de croissance du riz a atteint 12,7 % en moyenne. Le coton a eu quant
à lui un impact de 1,1 % sur la croissance du secteur, avec une contribution à la valeur ajoutée agricole
d’environ 30 % et un taux de croissance moyen de 9 %. Par contre, les autres sous-secteurs ont eu un
impact relativement faible.
Les importations de céréales ont connu une forte baisse ces dernières années, sauf pour le blé,
dont la production nationale est insuffisante et pour lequel il existe une forte demande. Cette
diminution est due à l'amélioration sensible des conditions climatiques et aux performances du secteur
151
152
rizicole malien. Le niveau des importations reste cependant fonction des aléas climatiques et du niveau
de production global des céréales (importations de céréales de 87.000 T en 1998 contre 42.000 T en
1997).
Les exportations agricoles (coton, élevage, céréales, fruits et légumes) produisent environ 75%
des recettes d'exportation. Le coton (526.000 T en 1998), qui est fortement dépendant des cours
mondiaux et des facteurs extérieurs, intervient à lui seul pour 40 à 50 %. Les exportations de bétail
(viande , cuirs et peaux), soit 20 à 30% du total, qui ont bénéficié dans un premier temps d'un certain
regain après la dévaluation de 1994, sont freinées actuellement par les mesures de protection prises par
les pays voisins.
En ce qui concerne les débouchés pour les produits agricoles, les flux des exportations des
produits alimentaires (céréales, fruits et légumes, viande, etc.) du Mali indiquent que les pays voisins
(Burkina Faso, Côte Ivoire, Mauritanie, Niger, Sénégal) sont les principaux importateurs des produits
alimentaires maliens.
Le Burkina Faso et le Sénégal reçoivent environ 70% des exportations de mil, 80% de sorgho ; la
Côte d’Ivoire achète 63% du maïs exporté et presque toutes les exportations de riz sont dirigées vers le
Sénégal et la Mauritanie.
Industries :
Le Mali est un pays essentiellement rural et peu industrialisé. En effet, à l’orée du 3ème
millénaire, force est de reconnaître que l’industrialisation du Mali reste dans sa phase embryonnaire
selon les données de la comptabilité nationale. L’industrie contribue pour moins de 15% au Produit
Intérieur Brut (PIB) et fournit actuellement du travail à moins de 15.000 personnes.
Elle se caractérise par une concentration de plus de 60-% des unités industrielles dans le
District de Bamako et ses environs et de plus de 70 % des unités dans les activités agroalimentaires.
Les dix grosses entreprises industrielles produisent plus de 90 % de la valeur ajoutée industrielle.
Malgré le désengagement de l’Etat des activités de production marchande, les plus grosses
entreprises restent mixtes. L’émergence d’opérateurs privés industriels est devenue effective à partir
des années 1970. Le nombre d’industriels privés maliens augmente rapidement. Cependant, ceux-ci
prédominent dans des activités où les investissements sont de faible niveau.
Branches d’activités :
152
153
Au Mali, l’activité industrielle la plus répandue est la fabrication. Sur les 243 entreprises
industrielles recensées 229, soir 94,2% s’adonnent à la fabrication. Les entreprises de fabrication se
rencontre davantage dans les branches d’activités suivantes :
On constate que 49,1% des industries travaillants dans la production alimentaire sont des
entreprises individuelles. Par contre, dans la même branche 23,1 % et 15,7 % des industries sont
respectivement des sociétés à responsabilité limitée et des sociétés anonymes. Selon le régime de
propriété, on observe que 45,9% des industries privées sont dans la fabrication de produits
alimentaires et de boissons.
Edition/imprimerie ::
Cette activité est dominée par les entreprises individuelles qui représentent 45,7% des acteurs
industriels. Elle absorbe 14,7% des entreprises industrielles sous forme de sociétés à responsabilité
limitée. Elles est dominée par les entreprises privées : 94,4% des entreprises de cette branche sont
privées. Toutes ces entreprises appartiennent à des nationaux. En 2002, 74,3% des entreprises de
l’édition/imprimerie ont réalisé moins de 500 millions de francs CFA de chiffe d’affaires. Pourtant
17,8% des industries de cette classe de chiffre d’affaires sont dans l’édition/imprimerie.
En classant les entreprises selon les critères de résidence du siège, on constate que le District
de Bamako regroupe 69,6% du parc industriel du Mali ; soit 169 des 243 entreprises recensées. La
région de Sikasso vient en deuxième position avec 12,4%.
Les industries lourdes et les technologies de pointe sont presque absentes. Il y a un déficit
d’infrastructures de base telle que les zones d’aménagement industriel pour accueillir des investisseurs
potentiels. La gamme des industries existantes est essentiellement composée d’industries légères :
153
154
Mines :
Les travaux de recherche ont mis en évidence la diversité des formations et l'existence
d'importantes ressources minières et gisements, dont: or, diamant, cuivre, plomb, zinc, fer, phosphate,
bauxite, manganèse, uranium, calcaire, gypse, schistes bitumineux. L'exploitation de l'or dans les
régions de Kayes et de Sikasso et des phosphates au Nord sont les plus importants. Les principaux
sites mis en exploitation sont :
L'industrie minière représente environ 2% du PIB. Cette proportion qui est constante depuis
plus d'une décennie devrait sensiblement augmenter dans les années à venir notamment avec
l'exploitation de nouvelles mines d'or. Depuis 1992 le secteur minier au Mali a enregistré une forte
progression. Grâce aux investissements des sociétés minières internationales, trois mines industrielles
sont actuellement en opération (Sadiola, Morila, Yatéla), deux mines sont en phase de développement
et de certification (Loulo et Tabakoto), la mine de Kalana vient d’être reprise et celle de Syama est à
l’étude pour une reprise d’exploitation. La production aurifère a atteint 63,685 tonnes d’or métal en
2002 et le Mali se positionne au troisième rang de producteur d’or sur le continent Africain, après
l’Afrique du Sud et le Ghana. En plus de la production industrielle, on note une contribution
appréciable de l’exploitation artisanale et à petite échelle, dont la production est évaluée à environ 3
tonnes d’or métal par an.
L’exploitation minière artisanale a été menée durant des siècles et de nombreux témoignages
révèlent son rôle dans l'épanouissement des grands empires qui se sont succédé dans la région depuis
le 7ème siècle. L'orpaillage traditionnel occupe une place importante au Mali et constitue une source
de revenus complémentaires pour plus de 200.000 paysans dans les zones du sud, et à l'ouest du pays.
Dans ces régions, on compte plus de 350 sites aurifères et la production officielle est évaluée à près de
trois tonnes d'or qui s'ajoutent à une production nationale annuelle croissante.
En dépit d’un environnement peu favorable, le Mali a enregistré ces dernières années des
progrès importants au plan politique, social et économique. La situation politique et sociale s’est
fortement améliorée depuis l’avènement de la démocratie. Au plan institutionnel, le Mali s’est engagé
depuis 1992 dans un vaste processus de décentralisation et de déconcentration qui a permis de
remodeler le paysage administratif en 703 communes.
Au niveau des finances publiques, en reconnaissance des progrès satisfaisants accomplis dans
la mise en œuvre des réformes, le Mali a atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE en février
2003.
Au niveau des secteurs sociaux, parmi el s améliorations enregistrées, on peut noter une
évolution nettement favorable des allocutions budgétaires des secteurs sociaux. Ces efforts financiers
154
155
ont permis au niveau de l’éducation une augmentation sensible du taux brut de l’éducation, une
augmentation du taux brut de scolarisation d’ensemble du premier cycle qui est passée de 62,5% en
2001 à 64,3% en 2002 avec un objectif de 83% en 2006. Pour la santé, on note une amélioration de la
couverture sanitaire qui est passée de 41% en 2001 à 44% en 2002 avec un objectif de 50% à l’horizon
2006.
L’économie nationale reste dépendante des facteurs endogènes et exogènes qui impriment un
rythme erratique à la croissance nationale. Durant la dernière décennie, les principaux produits
déterminant la croissance de l’économie ont été les céréales, le coton et l’or. Au niveau des
importations, l’augmentation des cours du pétrole se poursuit et alourdit les coûts de production des
différentes entreprises.
Ressources Naturelles
Selon les études du Projet Inventaire des Ressources Terrestres, la superficie des terres
possédant une aptitude même limitée pour l'agriculture (très apte à peu apte) au Sud de la zone
saharienne couvre 23,8% des terres, soit environ 30 millions d'ha, dont 1 million d'ha irrigables. Sur ce
total, les terres cultivées (cultures et jachères) représentent 37%, soit 11,4 millions d'ha (PIRL, 1991).
Selon la DNSI, la superficie mise sous culture chaque année couvre actuellement entre 3 et 3,5
millions d'ha.
La production céréalière (riz, mil, sorgho, maïs, fonio, blé) est de l'ordre de 2,4 millions de
tonnes en bonne année pluviométrique (1,9 million de tonnes en 1995/96). La superficie des cultures
de riz irrigué (Office du Niger) est d'environ 50.000 ha, pour une production globale de 245.000
tonnes en 1996/1997, à laquelle il faut ajouter environ 50.000 tonnes de riz produits en submersion
libre dans la région de Mopti et 20.000 tonnes en zone ORS (submersion libre et/ou PPIV).
Par ailleurs, la pression agricole sur les ressources a progressivement augmenté. Selon la
DNSI, la superficie des terres cultivées chaque année est passée de 1.967.000 ha en 1970/71 à
3.472.000 ha en 1994/95, ce qui représente une augmentation de 15%. Cette augmentation des
superficies n'a pas été accompagnée d'une augmentation des rendements des cultures vivrières qui sont
restés faibles, avec une moyenne 750 kg/ha toutes productions confondues (Coulibaly, 1998).
155
156
Selon plusieurs études, cette pression s'est traduite globalement par une dégradation
importante des ressources naturelles (sol, couvert végétal), qui se marque entre autres par
l'augmentation des superficies défrichées et dans plusieurs régions où la pression démographique est
forte sur des terres marginales et/ou forestières, une diminution conjointe de la durée des jachères, une
diminution de la fertilité et une accentuation du phénomène de l'érosion.
Les résultats de l'inventaire des ressources ligneuses (réalisé dans le cadre du PIRL entre 1985
et 1991), qui exclut les zones pastorales et désertiques montre que l'essentiel des ressources ligneuses
du domaine forestier national, généralement estimé à 100 millions d'ha ,concerne 32,4 millions d'ha,
soit environ 26% de la superficie du pays, dont 1,3 millions d'ha de forêts classées et 3,9 millions
d'aires protégées (1,5 million d'ha à Mopti et 1,75 à Gao), auquel il faut ajouter les formations
végétales agricoles ou anthropiques (cultures et jachères), estimées à 15,7 millions d'ha (DNRFFH,
1995). Les peuplements naturels productifs se localisent principalement au Sud du pays dans les zones
humides soudano-guinéennes et guinéennes. Ils se composent de forêts claires et savanes arborées à
arbustives, où dominent Isoberlina doka, Daniela oliveri, Vitellaria paradoxa, Detarium, Parinari
curatellifolia, Afzelia africana, Pterocarpus erinaceus, Khaya senegalensis.
Le volume sur pied est estimé globalement à 520 millions m³, avec de fortes variations du Nord au
Sud et par zone éco-climatique: moins de 10 m³/ha pour les savanes arbustives du Nord, 20 à 40 m³/ha
pour la brousse tigrée, de 50 à 80 m³/ha pour les forêts de la zone soudano-guinéenne, plus de
100 m³/ha pour certaines forêts galeries et forêts du Sud-Ouest du pays. La productivité moyenne est
de 0,86 m³/ha/an. Elle varie de 1 à 1,5 m³/ha/an en zone Soudano-guinéenne à 0,3 et 0,05 m³/ha/an en
zone sahélienne et en zone saharienne. Dans de nombreuses zones, on peut déjà observer une
surexploitation du potentiel ligneux sur pied (Direction Nationale des Ressources Forestières,
Fauniques et Halieutiques, 1995).
Le Mali recèle d'importantes réserves pastorales réparties de manière irrégulière sur l'ensemble du
territoire en fonction des zones éco-climatiques. Du Nord au Sud, on peut distinguer plusieurs zones
de pâturages (Maïga, 1994) :
- Zone sahélo-saharienne à sahélienne Nord (moins de 300 mm/an): steppes à tapis herbacé à base
de Panicum tergidum, Cenchrus biflora, Aristida mutabilis et ligneux à Acacia raddiana, Acacia
ehrenbergiana. Ils sont le domaine de l'élevage nomade. La capacité fourragère par ha est
relativement basse (moins de 0,1 tonne de matière sèche par ha et par an en moyenne). La capacité
de charge est particulièrement faible (44 ha par UBT). Toutefois, en raison de leur étendue,
l'apport fourrager de cette zone est néanmoins important à l'échelle nationale ;
- Zone des pâturages inondables (zone la custre, zone inondable du Niger et Sénégal, zone du delta,
Boucle du Niger,...), composés de riches prairies aquatiques à Echinochloa stagnina
(bourgoutières), associés à des pâturages à base de Cynodon dactylon, Brachiaria nutica. Les
espèces ligneuses sont représentées notamment par Guirea senegalensis, Combretum glutinosum,
Acacia seyal, Boscia senegalensis. Les pâturages naturels de ces zones polarisent saisonnièrement
un cheptel de plus en plus important. La capacité de charge en période de transhumance est
estimée à 2,5 ha/UBT ;
- Zone sahélo-soudanienne et soudanienne (zone Sud), les pâturages sont à base d'Andropogon
gayanus et d'herbacées annuelles comme Andropogon pseudapicus, Diheteropogon hagerupri,
Loudaetia togoensis. Ils fournissent en saison sèche un potentiel fourrager important estimé à
environ 1 tonne de matière sèche/ha (fourrage herbacé). Les formations forestières (y compris les
jachères) à Pterocarpus erinaceus, Bombax costatum, Boscia senegalensis, Guirea senegalensis,
Combretum sp.,... offrent de vastes espaces de pacage à base de graminées présentant de bonnes
potentialités fourragères (0,5 à plus d'1 tonne de matière sèche par ha et par an).
156
157
Le potentiel en terres irrigables est estimé quant à lui à environ 1 million d'ha, dont seulement
180.000 ha ont été aménagés (dont 50.000 ha sont gérés par l'Office du Niger) ou sont utilisés en
submersion naturelle ou contrôlée pour la culture de riz. Toutefois, les phénomènes liés à la sécheresse
ont considérablement affecté les surfaces traditionnellement inondables du delta (30.000 Km² en 1960,
5.000 Km² en 1980); par ailleurs, la dégradation progressive du couvert végétal a contribué à
l'ensablement progressif des berges des cours d'eau et des mares, limitant ainsi les possibilités de
culture et d'alimentation en eau des hommes et du bétail. Plusieurs grands barrages hydro-électriques
ou pour l’irrigation (Manantali, Sélingué, Markala) ont été construits ou devraient être construits
(Tossaye, seuil de Talo), pour lesquels des études de faisabilité technico-économique et études
d'impact ont été réalisées.
157
158
d'irrigation tels que l'Office du Niger), par la sédimentation et/ou l'ensablement des cours d'eau, des
lacs et des mares et/ou les pollutions diverses.
La dégradation des ressources naturelles se remarque entre autres par une perte de fertilité des
terres de culture (diminution des jachères, forte érosion éolienne et/ou hydrique), une diminution des
pâturages naturels (diminution de la durée de la transhumance et concentration forte autour des points
d'eau, concurrence croissante entre agriculture et élevage particulièrement dans les zones inondées et
vers le Sud), forte pression sur les ressources forestières, avec défrichements agricoles, surpâturage,
prélèvements importants pour le bois-énergie, principale source d'énergie domestique, feux de brousse.
Cette forte pression se traduit par la disparition de 100.000 ha de forêts chaque année, la destruction
des écosystèmes et habitats naturels et une perte importante de la biodiversité.
158
159
D'une manière générale, on observe une détérioration constante du cadre de vie des
populations, que l'on soit en milieu urbain ou rural. Dans les conditions de croissance démographique,
de pauvreté et de faible pouvoir d'achat des populations, cette tendance devrait se poursuivre avec des
conséquences négatives sur la santé et le bien-être des populations.
La zone aride constitue en Afrique de l’Ouest une zone de transition instable entre le désert
saharien et les savanes soudaniennes. Les précipitations annuelles se situent entre 150 et 600 mm Elle
est caractérisée par l’alternance d’une courte saison de pluies et d’une logue saison sèche. Dans cette
zone, l’activation du phénomène d’érosion est due à la proximité du Sahara. Les dunes anciennes
mises à nue sous l’effet de l’harmattan se sont remises en mouvement menaçant d’ensablement les
villes, les aménagements hydro-agricoles, les routes et les plans d’eau. Il n’y a pas dans la région
d’expérience concernant la mise en œuvre de projets relatifs à la gestion partagée des ressources de ces
zones en dehors des pâturages et des aires protégés. Par contre il existe beaucoup de projet du domaine
par pays (cf. le Sahel en lutte contre la désertification) Ces projets préconisent essentiellement la CES-
159
160
DRS et les techniques de lutte contre l’ensablement. Ces expériences viendront consolider les projets
de gestion des ressources végétales et animales partagées et/ou transfrontalières.
D'une manière générale, l’assainissement du cadre de vie des populations tant en milieu rural
et urbain est rarement pris en compte dans les projets de développement. Les pollutions et le manque
d'infrastructures d'assainissement sont à l'origine de plusieurs maladies graves et épidémies, comme
les maladies respiratoires aiguës, la tuberculose, la dysenterie, l'hépatite, la typhoïde, le paludisme, etc.
Les maladies sont surtout liées à l'insalubrité, à la précarité et la pauvreté. Elles constituent l'une des
principales causes de décès en milieu urbain et touchent plus particulièrement les enfants.
En milieu urbain, malgré les efforts entrepris il y a une insuffisance notoire d'ouvrages
d'assainissement de base, en particulier dans les grands centres urbains, la multiplication des dépotoirs
sauvages et l'insuffisance dans la collecte et le traitement des déchets ménagers. Des initiatives se
multiplient pour la collecte, le traitement des déchets et l'assainissement, domaines dans lesquels les
GIE et certains privés sont très actifs. Enfin, on note des carences dans les politiques d'urbanisme et
13
Pollutions et Nuisances
160
161
d'habitat (insuffisance d'une politique cohérente en matière d'établissements humains et non -respect
des SDAU [en toutes lettres] élaborés,...).
Par ailleurs, les activités artisanales et industrielles en plein essor constituent une source très
importante de pollution non contrôlée: le rejet de nombreux produits particulièrement toxiques
(chlorures, cyanure, mercure, huiles de vidange...) dans les milieux récepteurs et sans traitement
préalable - contribuent à la pollution des sols et des nappes phréatiques et à l'aggravation des
problèmes de santé. Ce phénomène est particulièrement flagrant à Bamako et dans les grands centres
urbains.
Impact environnemental de l’économie active : Industrie ; Secteur Agricole au sens large ; secteur
tertiaire :
161
162
L’insuffisance et/ou le manque d’entretien, le manque total d’infrastructures d’assainissement dans les
zones d’implantation des industries sont les raisons d’une situation environnementale déplorable.
Bien que la qualité de l’eau dans le fleuve Niger et la nappe aquifère profonde restent acceptable grâce
à la réserve importante des volumes de ces ressources naturelles, le fleuve Niger risque à court terme
d’être pollué si aucune mesure n’est prise pour traiter les eaux usées qui y sont déversés.
Unités agro-industrielles :
L’agro-industrie comprend toutes les industries de transformation des produits agricoles bruts,
d’agriculture, d’horticulture, de la sylviculture, de la pèche, des usines de patte alimentaire, des
laiteries, des brasseries, des huileries et l’industrie sucrière. Les problèmes environnementaux posés
par ces unités sont les risques de pollution de l’eau, du sol et de l’atmosphère, par la mauvaise gestion
des déchets et le défrichage des terres pour la production de la matière première.
De façon générale les effluents de ces usines ont une DBO et DCO très élevé aboutissant à
une dégradation des organismes et de leur habitat. Cette situation à terme se traduit par une
162
163
eutrophisation des milieux récepteurs (fleuve et cours d’eaux) dès que leur pouvoir auto épurateur
n’est plus en mesure d’absorber toute la matière organique déversée.
Abattoirs et Tanneries :
Les effluents liquides et les divers déchets solides représentent l’essentiel des polluants que
génèrent les abattoirs. Les odeurs émises par la putréfaction des abats constituent une source
continuelle de désagréments. Les eaux usées générées par les abattoirs ont une demande biologique en
oxygène élevée et généralement on note la présence de matières en suspension, et de germes
pathogènes (coliformes fécaux, bactéries…etc.).
Les déchets solides sont généralement stockés et évacués sur les décharges sans précautio ns et sans
traitement final. Les eaux usées en quantité importante générées dans les tanneries renferment de
fortes concentrations de chrome et des substances organiques toxiques qui sont rejetées dans le fleuve
sans traitement adéquat. Les opérations de tannage génèrent un débit d’eau usée de 150 m3/j.
Les effluents provenant des industries textiles (COMATEX, ITEMA) renferment des graisses,
et autres impuretés, qui ont une demande biochimique en oxygène (DBO) très élevée. En outre, ces
effluents, à l’état brut, contiennent d’importantes quantités d’huiles et de graisses et parfois même du
soufre, des phénols et des pesticides.
Industries chimiques :
Les industries chimiques fabriquent des savons, des détergents, des insecticides, des
médicaments, des pesticides, piles, gaz, vinaigre, peintures, tuyaux PVC etc.
Les problèmes environnementaux posés par ces unités sont surtout la mauvaise gestion des déchets
(liquides et solides) issus des processus de transformation.
Les pesticides utilisés au Mali appartiennent à la famille des organophosphorés, des
carbamates et des pyréthrinoïdes. Cependant, une grande quantité de produits phytosanitaires périmés
(11 555 kg pour les poudres et granulés et 130 635 litres pour les produits liquides) sont stockés dans
les entrepôts. Parmi les produits obsolètes et périmés figurent des polluants organiques persistants
(POP) tel que la dieldrine.
Industries minières :
Dans le secteur minier, l’utilisation du cyanure est la pratique courante pour le traitement de
l’or. Les eaux résiduaires sont rejetées après un prétraitement au niveau de l’usine dans un bassin à
boue. Cependant, le danger est permanent, et les principales victimes sont les oiseaux et le petit gibier,
et, à travers eux, la population.
Les mines engendrent aussi des pollutions atmosphérique et sonore à l’intérieur et autour dans
les villages environnants par le passage fréquent des engins et des camions sur les voies non bitumées.
Les mines provoquent la déforestation à cause de leurs étendues sur de grandes superficies réduisant
ainsi l’habitat faunique.
Dans le cas des productions artisanales basées sur le traitement des minerais par dragage et
l’orpaillage traditionnel, l’usage du mercure est assez fréquent. Le danger est d’autant plus grand que,
souvent les utilisateurs de dragues et les orpailleurs traditionnels n’ont ni la formation, ni les
technologies appropriées pour contrôler ou éviter une éventuelle pollution des nappes par le mercure.
163
164
Le Mali s’est engagé depuis juin 2000 dans l’organisation et la tenue chaque année d’une
quinzaine de l’environnement pour célébrer l’ensemble de ces événements afin d’encourager la prise
de conscience et d’élever le sens de responsabilité des citoyens. La quinzaine de l’environnement est
une série de manifestations visant à donner un cachet particulier aux comportements des populations
dans la prise en compte de la dimension environnementale dans le développement économique, social
et culturel. Elle vise également à inciter chaque citoyen et chaque citoyenne à revisiter son
comportement quotidien afin de renforcer son sens civique vis à vis des actions de salubrité,
d’assainissement et de protection de l’environnement.
D’autres actions non moins importantes sont entreprises en faveur du changement de comportement
des citoyens :
Ø Dispositifs institutionnels :
ü Ministère de l’Agriculture ;
ü Ministère de l’Elevage et de la Pêche ;
ü Ministère des Mines, de l’Energie et de l’Eau ;
ü Ministère des Domaines de l’Etat, des Affaires Foncières et de l’Habitat ;
ü Ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales ;
ü Ministère de l’Equipement et des Transports ;
ü Ministère de l’Education Nationale ;
ü L’EDM (Energie du Mali) ;
ü Les Groupements d’Intérêt Economique comme la COFESFA et le COGIAM ;
ü Les bureaux d’études comme le BEAGGES et AGEFORE.
164
165
Pour illustrer son engagement dans la protection l’environnement, le Mali a adhéré à plusieurs
conventions internationales ayant trait à l'environnement, ce qui traduisait l’acceptation du pays de
mettre en place des instruments juridiques nationaux afin de traduire dans sa propre législation l’esprit
et les principes fondamentaux de ces conventions.
Les conventions internationales auxquelles a souscrit le Mali et qui pourraient avoir un impact
sur l’environnement sont les suivantes :
Certaines de ces conventions ont fait l’objet de stratégie nationale (CDB, PAN) et une
communication nationale a été élaborée en matière de changement climatique .En plus, le pays a
régulièrement produit un rapport national sur la mise en œuvre de la CCD. Le second rapport de mise
en œuvre de la CDB est en cours de préparation. Dans le cadre du protocole de Cartagena, le pays est
engagé avec le PNUE dans la mise en place d’un Cadre National de Biosécurité.
En ce qui concerne les zones humides, une politique nationale assortie d’un plan d’action a été
élaborée.
Sur le terrain quelques projets participent à l’application des dispositions de certaines conventions
dont notamment celles de la génération de Rio et des efforts ont été engagées dans le développement
des synergies entre convention (atelier national avec le CILSS, élaboration de projet phare,
concertation trimestrielle entre les points focaux nationaux).
165
166
Avec la mise en œuvre effective de la décentralisation, il s’est avéré nécessaire de donner aux
gestionnaires locaux de l’environnement un outil de référence adapté au nouveau contexte en lieu et
place du PAL. C’est pour répondre à ce souci que le MEA, a produit un guide pour l’élaboration des
programmes communaux d’action environnementale afin que les gestionnaires du développement à
tous les niveaux prennent en compte les préoccupations environnementales dans la planification de
leurs actions.
Le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) formulé en 2002 a pour objectif
général de réduire d'un tiers l’incidence de la pauvreté actuelle (63.8%) en quatre ans, en s'appuyant
sur une conjonction d'interventions cohérentes orientées vers i) une croissance forte et mieux répartie
au profit des pauvres ; ii) une amélioration significative de l'emploi et des revenus des pauvres ; iii) le
renforcement de la gouvernance démocratique. La gestion durable des ressources naturelles constitue
l'une des priorités d'action pour le développement du secteur rural. Dans ce domaine, la priorité est
double: d'une part rechercher la sécurité alimentaire, en particulier à travers la diversification et la
valorisation maximale des productions, y compris du domaine forestier, et, d'autre part, améliorer la
productivité et la protection de l’environnement dans le cadre d’une gestion durable des ressources
naturelles.
14
Le document comporte 3 volumes : Diagnostic environnemental (Volume I) ; Politique Nationale de
protection de l’Environnement (Volume II) ; Résumé des Programmes d’action régionaux/PAR (Volume III).
15
Ces 9 programmes sont : Programme d’aménagement du territoire ; Programme de gestion des ressources
naturelles ; Programme de maîtrise des ressources en eau ; Programme d’amélioration du cadre de vie ;
Programme de développement des ressources en énergies nouvelles et renouvelables ; Programme de gestion de
l’information sur l’environnement ; Programme d’information, d’éducation et de communication en
environnement ; Programme de suivi de la mise en œuvre des conventions internationales ; Programme de
recherche sur la lutte contre la désertification et la protection de l’environnement.
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167
Le Mali s'est engagé, avec les autres Etats membres des Nations Unies, à atteindre
d'ici 2015 les objectifs millénaires du développement. L'objectif 7 vis e le développement d'un
environnement durable, en particulier en intégrant les principes du développement durable
dans les politiques nationales et en inversant la tendance actuelle à la déperdition des
ressources environnementales (cible 11). L'un des principaux indicateurs retenus à cet effet
est la proportion de zones forestières. Le dernier rapport de suivi de la mise en œuvre des
OMD (2004) indique que les données partielles dont l'on dispose montrent que, sous l'effet
conjugué de la pression démographique et de la désertification, la tendance nationale est
plutôt à la baisse: entre 1990 et 2000, la couverture forestière est passée de 11,6% à 10,8% de
la superficie totale du pays.
La pauvreté et la stagnation sont en Afrique la plus grande tragédie de notre temps. En effet
sur ce continent, la pauvreté est telle qu’elle appelle une réponse des plus énergiques et ceci au niveau
national, régional et continental. Certes la croissance économique et la gouvernance se sont quelque
peu améliorées ces dernières années mais bien des efforts restent à déployer pour réellement
progresser sur ces deux fronts afin de faire reculer la pauvreté. Pour y parvenir, il faut un partenariat
entre l’Afrique et le monde développé qui tienne compte de la diversité et des particularités de
l’Afrique. Ceci suppose que l’Afrique accélère sa propre réforme et que le monde développé augmente
la quantité et la qualité de l’aide et cesse de faire obstacle au progrès de celle -ci.
1. Equité et égalité, qui rendent obligatoire le devoir pour tous ceux qui entreprennent des activités
ayant un impact sur l'environnement d'appliquer et/ou de se soumettre aux règles et lois
environnementales du pays. Ce principe renvoie à l'article 15 de la Constitution du Mali ;
2. Implication/responsabilisation et participation de tous les acteurs dans les actions de protection, de
restauration et de conservation des ressources naturelles et de l'environnement. Ce principe est
conforme au processus de décentralisation en cours qui vise à créer les conditions d'une implication
des populations et de la société civile dans les activités de développement social et économique au
niveau régional et au niveau local ;
3. Prévention et précaution, en facilitant notamment la mise en oeuvre des mesures de contrôle et de
préservation/protection des écosystèmes et de l’environnement, qui doit permettre de prévenir les
problèmes pouvant entraîner des conséquences néfastes pour l’environnement, en développant
l'information et l'éducation environnementale, en définissant les normes de rejets autorisés et en
167
168
systématisant les études d'impacts environnementaux. Ce principe appuie égale ment les
orientations du schéma d’aménagement du territoire (ESAT/AP-SRAD), qui facilite la prise en
compte de la dimension protection de l’environnement aux différents niveaux de planification ;
4. Internalisation des coûts de protection de l'environnement, qui conduit à la prise en compte des
coûts des nuisances dans les coûts de production ou de l'activité pouvant être à l'origine d'une
dégradation, y compris les études d'impact. Ce principe permet de ne pas faire payer par la
collectivité des dépenses dues à des dégradations occasionnées par un ou des individu(s) et/ou des
activités de développement socio-économique. Il se base lui-même sur le principe du "pollueur -
payeur", qui responsabilise celui qui pollue ou dégrade l'environnement dans la réhabilitation des
ressources dégradées.
- Au niveau sous-régional le CILSS contribue à l'ensemble des réflexions visant la lutte contre
la désertification au Sahel ;
- Concernant le programme d'action sous-régional (PASR)
Huit programmes prioritaires sont retenus. Ce sont :
- la gestion durable des ressources hydrauliques transfrontalières,
- la gestion durable des ressources végétales et animales frontalières,
- la coopération scientifique et technique,
- le développement et la gestion des ressources énergétiques,
- la lutte contre les ennemis des cultures des essences forestières et des animaux,
- l’alerte précoce et l’atténuation des effets de la sécheresse,
- l’information la formation et la communication.
En dehors de ces programmes prioritaires il y a des projets transfrontaliers entre certains pays de
la sous-région, il s’agit de :
- le programme d’aménagement intégré du massif du Fouta Djallon,
- le programme d’appui à la gestion intégrée des ressources (AGIR),
- le projet Mali-Algérie (Tamanarasset en Algérie et Kidal au Mali),
- le projet Mali-Mauritanie -Sénégal (Gadiaga au Mali, Djawling et Labéired en Mauritanie,
Djoudj au Sénégal.
168
169
Une mise en oeuvre pertinente d’une réglementation commune permettra de consolider cette
opportunité. Dans ce cadre, il s'agira entre autres de/d’:
Les évènements des 30 dernières années prouvent que les pays africains se sont montrés à la
hauteur des problèmes de dégradation de l’environnement. Une volonté collective de s’attaquer aux
problèmes liés à l’environnement a vu le jour et des institutions chargées de traduire cette volonté en
résultats concrets ont été créées. L’on peut citer :
- en 1968, les pays africains signent la Convention d’Alger sur la conservation de la nature
et des ressources naturelles ;
- Les efforts en faveur d’une utilisation et d’une gestion durable des ressources naturelles
après la conférence de Stockholm sur l’environnement humain organisée en 1972 par les
Nations Unies ;
- En 1980 sous l’égide de l‘OUA, un sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de
Gouvernement africains conduit à l’adoption du plan d’action de Lagos, projet de
développement économique de l’Afrique qui contribuera à mettre en lumière, les défis
auxquels est confrontée la région ;
169
170
- En 1985, les pays d’Afrique créent la CMAE qui au cours des 15 années suivantes
permettra des réalisations concrètes en fournissant un leadership à l’échelle de la région en
favorisant la sensibilisation et le consensus sur les questions environnementales de portée
mondiale et régionale et en apportant aux gouvernement africains les compétences
nécessaires pour gérer leur environnement et participer aux négociations internationales ;
- En 2001, les Chefs d’Etat africains décident de transformer l’OUA en Union Africains. Ils
se mettent également d’accord sur la nouvelle initiative africaine, plan de redressement
s’inscrivant dans le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique 5NEPAD) ;
- Durant la 55ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies (septembre 2000) les
gouvernements africains souscrivent aux 6 valeurs fondamentales qui doivent sous-tendre
les relations internationales aux XXième siècle : liberté, égalité des nations, solidarité,
tolérance, respect de la nature et partage des responsabilités.
Les actions urgentes et nécessaires suivantes ont été identifié par l’AEO (l’avenir de
l’environnement en Afrique) pour inverser les processus actuels de dégradation de l’environnement, il
s’agit de :
- la réduction de la pauvreté ;
- la lutte directe contre la dégradation de l’environnement ;
- la promotion d’actions transversales.
Ø Moyens de contrôle :
Une large participation du public associée à une obligation de rendre des comptes est un élément
important dans les prises de décision relatives à la protection de l’environnement et constitue le
fondement du concept de développement durable. Il existe une méconnaissance des interactions entre
les activités et l’environnement due à des informations inexactes ou insuffisantes. La sensibilisation du
public est donc une condition préalable à toute action et un élément essentiel de tout effort
pédagogique destiné à stimuler ou renforcer les attitudes, les valeurs et les actions relatives à la
conception ou la mise en œuvre d’une politique de gestion de l’environnement.
170
171
LE NIGER
171
172
REPUBLIQUE DU NIGER
_______
Version Provisoire
Novembre 2005
172
173
SOMMAIRE
Ressources naturelles 5
NB : Ce « country Profile » a été rédigé tenant compte du plan fourni par Hylea
International. L’auteur souhaite que le commanditaire y trouve les éléments essentiels,
nécessaires à son travail de synthèse régionale.
173
174
Situation géographique
Situé en marge sud du Sahara et au cœur du Sahel
Ouest Africain, le Niger s’étend sur 1 267 000
Km2.
Il est limité à l'Ouest par le Mali et le Burkina
Faso, au Sud par le Nigeria et le Bénin, à l'Est par
le Tchad, au Nord par l'Algérie et la Libye.
Ses frontières les plus proches sont éloignées de
700 km du golfe de Guinée, 1900 de la côte
atlantique ouest et 1200 km de la Méditerranée.
18
Zone
AGADEZ
16
Sahélienne
de pluie. Elle est caractérisée par une végétation de
TAHOUA Zone Sahélo
Saharienne
steppes herbacées et arbustives dominées par les
TILLABERY
14
NIAMEY
DOSSO
MARADI
ZINDER
DIFFA graminées, qui lui confère une vocation
Zone
12
Saharienne essentiellement pastorale.
La zone sahélo-saharienne,
0 2 4 6 8 10 12 14 16
Sahélienne : Environ 10% de la superficie du pays,
Longitude reçoit de 350 à 600 mm de pluie . Caractérisée par
une végétation de steppes arborées et arbustives,
c’est une zone à vocation agricole. Elle est de ce
fait soumise à une intense pression démographique.
Saharie nne : Couvre 77% du pays, reçoit moins de
100-150 mm par an. La végétation rare se concentre
dans les vallées et les oasis de l’Aïr et du Kawar.
1.2 - Population
174
175
Le Niger compte 12 500 000 habitants en 2005, selon les estimations faites sur la base des
données du recensement général de 2001(RGP/H, 11 060 291 habts en 2001). Le taux d’accroissement
démographique moyen annuel est de 3,3% et la densité moyenne de la population 8,7 hab./km2 . En
majorité (85%), les Nigériens vivent dans la bande sud du pays, favorable aux activités agricoles
d’hivernage.
Aussi, Les régions les plus densément peuplées sont Maradi (53,5 hab/km2) et Dosso (44,5
hab/km2). Celles faiblement peuplées correspondent aux deux départements les plus vastes (Agade z
avec 0,5 hab/km² et Diffa avec 2,2 hab/km²)..
La structure par sexe se caractérise par un équilibre entre les deux sexes, avec 49,88%
d’hommes et 50,12% de femmes. La structure par groupes d’âges fait ressortir la jeunesse de la
population qui est à 48,4% de moins de 15 ans.
Urbanisation
La population rurale croit sensiblement plus vite que celle urbaine. Le nord a connu une forte
sédentarisation des populations nomades, avec un taux d’urbanisation souvent plus fort que celui de
Niamey la capitale (Agadez par exemple).
Administration et gouvernance
175
176
Le pays est subdivisé en huit (8) régions (Agadez, Diffa, Dosso, Maradi, Tahoua, Tillabéri et
Zinder), quatre (4) Communautés Urbaines (Villes de Niamey, Maradi, Tahoua et Zinder); trente six
départements et 265 Communes dont 52 urbaines et 213 rurales.
Le secteur secondaire est crédité d’une contribution d’environ 33% au PIB, devant le secteur
tertiaire constitué d’industries minières et manufacturières très peu développées.
L’économie fragile, est lourdement pénalisée par l’enclavement du pays. Le contexte socio-
économique reste encore marqué par les séquelles de dix années d’instabilités politiques, qui ont
considérablement déstabilisé un cadre macro-économique déjà précaire. En 2003, le taux de
croissance économique réel a été estimé à 5,3% contre 3% en 2002.
Cette performance est essentiellement due aux campagnes agricoles favorables, la croissance
de la production agricole étant estimée à 3,2% en 2003 contre 2% en 2002. Cependant en 2004, suite à
l’arrêt précoce des pluies et aux attaques acridiennes, une baisse de la croissance (qui est retombée à
0,9%) a été observée.
Selon les études les plus récentes (19951 ), les terres exploitées pour les productions rurales
représentent 15% du territoire, soit 6% pour l’agriculture, et 9% pour le sylvo-pastoralisme.
3% de terres
terrains cultivables,
labourables
Pourcentages d'ccupation du sol
Occupation des terres en 1995
productions agricoles
3% de terres de production
permanents
3% 3% 7%
2% agricole permanente,
pâturages permanents
7% Pâturages permanents,
forets et bois
2% Forêts et bois villageois
85%
autres
85% autres.
Selon les zones agro-écologiques, les sols ont généralement les caractéristiques suivantes :
1
Cesia : Bureau d’Etude Italien
176
177
Le gradient d’aridité décroissant du nord au sud détermine quatre grands types de milieux
naturels qui matérialisent des bandes orientées est-ouest. Il s’agit :
§ des milieux sahariens caractérisés par une steppe arbustive discontinue. Des boisements
particulièrement denses à acacia et palmier doum Hyphaene thebaica se rencontrent le long
des cours d’eau (koris) et dans les zones d’épandage ;
§ des milieux nord sahéliens (sahélo-sahariens) dominés par des pseudo-steppes. Acacia
raddiana, Acacia senegal, et Commiphora africana se rencontrent sur les substrats sableux qui
recouvrent la plus grande partie du sahel nigérien, tandis que Acacia nilotica, Balanites
aegyptiaca, Maerua crassifolia etc.. s’accommodent plus des sols limono- argileux des
dépressions ;
§ des milieux sahéliens où la végétation prend la forme d’une savane arbustive dominée par
Acacia albida, Acacia senegal, Borassus aethiopium, Hyphaene thebaica, Combretum
glutinosum etc…Ces milieux sont à vocation agro-pastorale et se caractérisent par une forte
densité de population ;
§ Enfin, des milieux de la zone soudano- sahéliens qui comportent une couverture forestière de
savanes arborées. Dans ces milieux dominent les combretacées ainsi que d’autres espèces à
valeur économique relativement plus importante : Butyrospermum parkii, Parkia biglobosa
etc..
Les forêts :
Estimé à environ 12 000 000 d’hectares dans les années quatre vingt dix, le potentiel forestier
(espaces sylvo-pastoraux et parcs agroforestiers compris) demeure relativement peu connu, en
l’absence d’inventaires fiables. De par leur structure, leur composition floristique et leur
fonctionnement, plusieurs types de formations forestières sont distingués il s’agit des :
Brousses tigrées et formations diffuses sont rencontrées, particulièrement dans l’ouest nigérien
(Tillabéri, Dosso). On les retrouve également sur les plateaux du centre et du sud-est du pays.
Localisées dans les dépressions, ces formations se rencontrent notamment dans les régions de
Zinder, Maradi,Tahoua et Tillabéri. Très sollicitées (bois d’œuvre et de service, zones de repli des
animaux en saison sèche), elles se caractérisent par une prédominance d’espèces épineuses comme
Acacia nilotica, ainsi que par leur grande capacité de régénération qui est très souvent annihilée par le
broutage des animaux ou la submersion des plantules.
177
178
Formations de savanes sèches sahélo-soudaniennes, elles sont généralement dominées par les
combretacées (baban raffi / Maradi, Takiéta (Zinder). A côté des combretacées, d’importants
peuplements à Acacia, (Acacia raddiana, Acacia senegal), Leptadenia pyrotechnica (particulièrement
dans les régions de Zinder et Diffa) ainsi que Piliostigma reticulatum, Prosopis africana, Pourpatia
birrea etc..s’y développement.
Les parcs agroforestiers se rencontrent principalement dans la bande sud agricole (zones
sahélienne et soudano-sahélienne). On retiendra en particulier :
Selon les études réalisées, la productivité moyenne de ces différentes formations forestières est
relativement faible (0,5 à 1 stère par ha et par an). Cependant, malgré leur état de dégradation,
souvent très avancé, elles couvrent l’essentiel des besoins en énergie domestique (Le bois est
consommé par plus de 90% des nigériens pour la cuisine à raison d’un stère (250 à 300Kg) par
personne et par an en moyenne).
En dehors du bois, les ressources forestières fournissent d’autres produits essentiels pour les
communautés locales. Dans ce contexte la cueillette des feuilles, fruits, exsudats etc.. de certaines
espèces d’arbres, contribue à la sécurité alimentaire et plus généralement à la lutte contre la pauvreté.
§ Plusieurs espèces offrent des produits consommés à grande échelle comme : Parkia biglobosa,
Adansonia digitata, Borassus aethiopium, Balanites aegyptiaca, Ziziphus mauritiana,
Moringa oleifera, Boscia senegalensis etc.. Ce rôle alimentaire est d'autant plus important
pendant les années déficitaires et les famines. Par ailleurs certains chercheurs estiment que les
sous-produits forestiers (fruits et feuilles) interviennent pour 25 % dans la ration alimentaire
des ruminants au Niger ;
§ Une diversité d’espèces végétales est utilisée à des fins médicinales. C’est ainsi que
les travaux de Adjanohoun et al. (1980) et de Saadou (1993) indiquent que la
catégorie des plantes médicinales au Niger renferme 245 espèces réparties en 65
familles ;
§ Parmi les Produits Forestiers Non Ligneux, la gomme arabique occupe une place sociale et
économique potentiellement importante pour le pays. Trois grandes zones de production font
du Niger l’un des pays phares de la « Ceinture Gommière Ouest Africaines ».
Enfin, l’arbre et les forêts constituent les seules armes contre les vents et autres agents de
dégradation, d’un environnement fragilisé par des pratiques de plus en plus inappropriées de gestion
des ressources et milieux naturels.
178
179
L’élevage constitue une activité économique essentielle. Il vient au second rang des
productions rurales et des exportations. Selon les statistiques officielles (MRA) il est pratiqué sur
environ 38 110 123 ha (30% du territoire). Cette superficie engloberait logiquement, 15% environ,
des terres considérées comme marginales par « l’étude Cesia » citées ci-dessus.
L’activité d’élevage est en effet pratiquée sur l’ensemble des terres, y compris celle agricole,
après les récoltes (les bilans fourragers en annexe accordent une place importante aux résidus de
récolte). Les pâturages permanents estimés à 9 000 000 d’ha sont ceux, steppiques de la zone nord –
sahélienne, où seuls le pastoralisme et la faune sont susceptible de valoriser raisonnablement l’espace
et ses ressources. C’est la zone des pâturages d’hivernage, qui commandent la remontée séculaire des
éleveurs vers le nord, pendant que le sud agricole devient momentanément inaccessible au bétail.
Le Niger dispose de 8,41millons d’hectares d’aires protégées soit 6.6% du territoire. Il s’agit :
§ du Parc National du W, Créé en 1954, sur une superficie de 220.000 hectares dans l’extrême
sud – ouest du pays en zone soudanienne, il abrite 70 espèces de mammifères, 312 espèces
d’oiseaux, 150 espèces de reptiles et amphibiens. Classé site du Patrimoine Mondial et
Réserve de Biosphère de l’UNESCO en 1996, il était site RAMSAR depuis 1987 ;
§ des Réserves adjacentes du parc national du W : Tamou (77.740 ha) et Dosso (306.000 ha)
en zone soudano-sahélienne ;
§ de la Réserve de Gadabégi créée en 1955, sur une superficie de 76.000 hectares, en zone
sahélienne, dans la Région de Maradi ;
§ et enfin de la Réserve de l’Aïr et du Ténéré, l’une des plus vaste du monde, créée en 1988, sur
une superficie de 7,8 millions ha en zone désertique, dans la Région d’Agadès. Elle a été
classée site du patrimoine mondial en 1991, puis inscrite sur la liste du patrimoine en péril en
1992, suite aux événements du nord. Elle a été classée réserve de biosphère en 1997.
A travers ce réseau transversal d’aires de conservation, le pays dispose d’une grande diversité
en matière de faune. Au stade actuel, 3.200 espèces animales dont 168 espèces de mammifères, 512
espèces d’oiseaux, 150 espèces de reptiles et amphibiens et 112 espèces de poissons ont été
dénombrées16 . Par ailleurs il est à signaler que le Niger est un pôle important de mouvements
migratoires des espèces aviaires et abrite à l’état naturel des espèces menacées ou en voie de
disparition telles que : l’Addax (Addax nasomaculatus), la Girafe (Girafa camelopardalis) etc...
Malgré son aridité, le Pays recèle d’importantes ressources en eaux de surface et souterraines.
16
Stratégie nationale et plan d’action en matière de biodiversité, 1998
179
180
• le fleuve Niger (seul cours d’eau permanent) qui traverse l’ouest du pays sur 550 Km dans
sa partie occidentale. Le fleuve Niger et ses affluents de la rive droite représentent
environ 30 milliards de m3 par an dont moins de 1% est exploité ;
• la Komadougou yobe à l’est prend sa source dans le plateau de Jos au Nigeria et se jette
dans le lac Tchad après un parcours de 150 Km en territoire nigérien ;
• au centre, des systèmes d’écoulement épisodique liés aux précipitations sont d’un apport
précieux en eaux pour les zones de l'Ader Doutchi, Maggia, de la Tarka, des Goulbis, des
Koramas et de l’Aïr ;
• à l’extrême Est du pays se trouve le lac Tchad, dont la partie nigérienne couvre une
superficie de 3100 Km2 ;
• de nombreuses mares permanentes et semi-permanentes et retenues d’eau permettent des
activités de production telles que la pêche, l’élevage et les cultures de décrue.
Enfin, sur un potentiel irrigable de 170 000 ha, seuls 13 500 ha sont aménagés dont 8000 dans
la vallée du fleuve.
Les principaux aquifères du Niger sont contenus dans les formations sédimentaires des
domaines du Niger occidental et du Niger oriental. Il faut néanmoins, relever l’existence dans le socle
cristallin, d’aquifères qui, malgré leur discontinuité, jouent un rôle important pour
l’approvisionnement en eau potable des centres ruraux (socles du Liptako, du Damagaram-Mounio, du
sud de Maradi, de l’Aïr etc.).
Le domaine du Niger oriental regroupe les bassins du Djado au Nord, de Bilma au centre,
d’Agadem au centre-est, et du Lac Tchad au sud. Ce domaine contient les systèmes aquifères du : (i)
Primaire et du Continental Intercalaire dans le bassin du Djado ; (ii) Continental
Intercalaire/Hamadien dans le bassin de Bilma ; (iii) Crétacé, du tertiaire et du Quaternaire, dans le
bassin d’Agadez ; (iv) Pilocène et du quaternaire dans le bassin du Lac Tchad.
Zones humides :
180
181
Ressources halieutiques :
Malgré sa continentalité, le Niger dispose d’un important potentiel piscicole. Estimé à 400.000
ha, les plans d’eau douce : (fleuve Niger et ses affluents, Komadougou Yobé, Lac Tchad, 970
mares naturelles et 69 retenues d’eau artificielles) offrent, à cet effet, des opportunités
largement sous exploitées.
Jusqu’à la fin des années quatre vingt dix, les captures dans les bassins du fleuve constituaient
plus de 80% de la production nationale. Après s'être retiré du territoire du Niger en 1976, le Lac
Tchad a commencé son retour en 1998 et occupe actuellement environ 70 % de son lit.
Ce retour est l’objet d’une relance spectaculaire de la pêche, qui constitue la première activité
économique génératrice de revenus et d'emplois dans la région de Diffa. Entre 1999 et 2003 l’apport
du Lac a représenté 78 % de la production nationale, qui est passée de 4.200 à 43.700 tonnes (soit le
double de la demande intérieure établie à 23 000 tonnes).
Enfin, depuis la fin des années soixante dix, le Niger dispose d’une longue et riche expérience
en matière de pisciculture en étangs et en cage.
Quelques atouts existent dans le secteur de l’énergie : (i) la présence d’une importante réserve
de charbon minéral (déjà utilisé dans la production électrique) ; (ii) l’existence de quelques sites
de barrages hydroélectriques (Kandadji : 125 MW ; Gambou :122,5 MW et Dyongdyonga : 26
MW) et de mini centrales hydroélectriques sur des rivières temporaires telles que la Sirba (4,4
GWh/an), le Gouroubi (2,2 GWh/an) et le Dargol (1,2 GWh/an) ; (iii) un gisement solaire très
important et un gisement éolien non négligeable.
Le Niger dispose d’un important gisement d’uranium qui est exploité depuis de longues
années (quatrième producteur mondial avec 260000 tonnes). Cette activité doit être considérer comme
une activité minière, car à l’évidence son utilisation à des fins énergétiques ne peut pas être
raisonnablement envisagée.
L’utilisation du charbon minéral au Niger comme combustible domestique est un sujet d’une
grande actualité. Le charbon minéral demeure la ressource nationale disponible en quantité suffisante
pour plusieurs générations. Plusieurs gisements du charbon minéral viennent d’être découverts et le
Niger possède l’expertise et le “know-how’’ technologiques pour la production à grande échelle du
charbon combustible à des fins domestiques.
L’analyse approfondie de la situation des ressources naturelles (terres, eaux, sols, végétations)
laisse apparaître que depuis la sécheresse de 1973 qui en a révélé l’acuité, la dégradation de
l’environnement s’est accélérée à un rythme sans précédent. Cette dégradation a provoqué non
seulement la réduction et la baisse du potentiel productif du « capital ressources naturelle s », mais
aussi, la désarticulation des systèmes séculaires de production et de gestion des milieux naturels.
La conséquence la plus dramatique de cette évolution est que : « la terre ne nourrit plus
son homme ». L’insécurité alimentaire, la baisse des revenus, en un mot la pauvreté, y
trouvent fondamentalement leur origine. Malheureusement, les projections
démographiques qui estiment le passage du nombre des ruraux de 9 millions en 2001, à
181
182
plus de 13 millions en 2015, laissent présager un avenir encore plus sombre, si les
tendances observées se maintiennent.
Chaque année, ce sont des milliers d’hectares de terres arables qui sont arrachés aux terroirs
agricoles et pastoraux, sous l’effet de l’érosion. Selon les études les plus récentes, les risques de
dégradation des terres sont plus ou moins effectifs sur l’ensemble du territoire. Ils sont très élevés dans
les zones soudano-sahéliennes et sahéliennes, particulièrement sur les sous-zones anciennement
exploitées et très peuplées.
§ Dans les régions d’Agadez, de Diffa, Zinder, Tillabery, Tahoua, et Maradi, l’érosion éolienne
est sans conteste le phénomène de dégradation de l’environnement le plus important par son
ampleur et ses effets ;
§ Dans les Régions de Tahoua, Tillabéry, Niamey, Dosso, Maradi et Zinder, le ruissellement dû
aux pluies violentes est à l’origine d’une érosion hydrique prononcée qui décape les sols, crée
des ravines, et envase les plans d’eau ;
§ Enfin, les terres dunaires agricoles des départements de Maradi et Zinder, zones de
céréaliculture par excellence, connaissent une baisse drastique de fertilité, due à une très faible
restitution de matière organique, au lessivage des sols, auxquels s’ajoutent une forte pression
démographique et des systèmes de production demeurés inchangés depuis des générations.
La zone nord sahélienne qui subit de plein fouet l’influence saharienne connaît depuis
plusieurs décennie la formation et le déplacement de véritables barkanes qui constituent de plus une
préoccupation légitime.
182
183
Dans leur mouvement inexorable, les sables menacent d’ensevelissement : les cours d’eau
comme le fleuve Niger ; la Komadougou, les Korama etc. ; les routes et autres infrastructures de
développement (route de l’unité Zinder-Diffa, par exemple).
Les dunes de sable ensevelissent les cuvettes maraîchères des terroirs de Zinder et Diffa. Elles
menacent les lacs et les mares, qui sont de surcroît soumis au phénomène d’envasement, par des
quantités énormes de particules charriées par les cours d’eau.
Enfin, dans les milieux de la bande nord-sahélienne du pays, l’ensablement des terres de
culture céréalière et des pâturages, consécutif à la dégradation de la couverture végétale, compromet
les semis et stérilise l’espace de production.
L’analyse de l’évolution des rendements des cultures de mil et de sorgho montre, qu’au cours
des quinze dernières années, ces derniers ont plutôt stagné ou baissé, passant de 406 Kg/ha pour le mil
à 388, et de 319 Kg/ha pour le sorgho à 206 Kg/ha. Cela veut dire que la relative croissance des
productions vivrières est le fait exclusif d’une extension sans précédent des surfaces cultivées.
Les superficies mises en culture de mil et de sorgho ont en effet augmenté de 65% en
moyenne au cours des quinze dernières années, passant de 4 361 813 à 6 659 930 ha (les superficies
emblavées en mil ont en moyenne augmenté de 68%). La réalité la plus préoccupante est qu’en fait,
l’extension des terres de céréaliculture ne se fait plus comme par le passé, sur les réserves agricoles,
mais plutôt sur les terres sylvo- pastorales et forestières.
183
184
En fait, sur les terroirs agricoles de la zone soudano-sahélienne, en dehors des plateaux de
l’ouest libéré de l’onchocercose, l’extension agricole n’est plus possible. L’accès à la terre pour les
nouveaux venus se fait par émiettement ou achat des champs cultivés (sans repos et le plus souvent
sans amendement, depuis plusieurs années).
Sur les terroirs de la zone sahélienne par contre, en raison de la saturation effective des terres
cultivables, le front agricole avance vers le nord, seule direction possible. Il avance sur les terres
fragiles, autrefois exclusivement vouées à l’élevage. Le concept de limite nord des cultures n’est plus
une réalité ; les terres agricoles empiètent largement sur la zone sahélo saharienne où les possibilités
de production sont illusoires.
Il en résulte d’une part, malgré la relative rémission des dernières années, des déficits fourragers
au moins trois années sur cinq.
Au cours des trois dernières décennies, des changements profonds ont été constatés en matière
d’élevage. L’espace pastoral s’est restreint, et son occupation s’est par voie de conséquence densifiée.
Les conflits entre agriculteurs et pasteurs sont permanents, traduisant la rupture de l’ancienne
complémentarité entre agriculture et élevage.
Réduction et dégradation des espaces pastoraux ont concouru à confiner les pasteurs sur des
terres marginales souvent inaptes à l’élevage. Outre les pertes animales que cette situation occasionne,
la productivité du bétail est sérieusement compromise. Cette situation explique pour une large part la
sédentarisation accélérée constatée dans les zones nomades (voir urbanisation) et l’abandon de
l’élevage de certaines espèces jugées trop sensibles (bovins et ovins par exemple).
184
185
Le « bilan bois -énergie » établi il y dix ans indiquait déjà que certaines régions du pays étaient
déficitaires. Le problème d’approvisionnement en bois se pose en effet de manière
particulièrement aiguë dans les régions de Tahoua, Maradi, Tillabéri et Zinder de sorte qu’en
l’absence d’alternative viable, une crise énergétique sans précédent menace le pays.
Un autre cercle vicieux est celui qui associe pauvreté rurale et déforestation. La « cueille du
bois » pour le marché fait partie des premiers réflexes des agriculteurs et éleveurs démunis qui, par ce
fait dégarnissent leurs terroirs agricoles, les livrant ainsi aux phénomènes d’érosion. Encore plus
pauvres, parce qu’incapables de produire sur leurs terres le minimum pour vivre, le déplacement est
généralement leur seul recours.
Les feux de brousse détruisent également des milliers d’hectares de végétation chaque année.
Les régions les plus touchées sont : Tahoua (Tchintabaraden, Abalack, Tahoua et Bouza), Diffa (Maïni
Soroa et N’guigmi), Zinder (Gouré, Tanout et Mirriah), Maradi (Dakoro, Mayayi et Tessaoua), Dosso
(Doutchi et Loga), Tillabéri (Ouallam et Filingué), Agadès (Tadress, Irhazer et Tamazalak). A titre
illustratif, l’on a noté: 1996, 75 cas, 15.330 ha ; 1997, 17.014 ha dont plus de 70% dans la région de
Tahoua ; 1998, 78 cas, 22.900 ha de pâturages ravagés et plusieurs pertes en vie animale et même
humaine ; 1999, plus de 300.000 ha.
Résultant des crises environnementales ou aggravées par leurs effets collatéraux, plusieurs
formes de catastrophes naturelles jalonnent l’histoire du Niger. Les plus significatives sont les
sécheresses et les famines. De triste mémoire, quelques-unes de ces catastrophes vécues peuvent
être citées : sécheresses et famines des années 1931,1953-1955, 1966-1969, 1973-74, 1983-84,
1997-98 et 2004-2005.
Le Niger compte 40 centres urbains dont 3 grandes villes, 29 villes moyennes et 8 petites
villes. 57,1% de la population urbaine réside dans les 3 grandes villes, 40% dans les villes moyennes
et seulement 3% dans les petites villes. Niamey la capitale abrite 39,4% des citadins. Migrations et
urbanisation posent des problèmes environnementaux de plus en plus aigus qui se traduisent par
l’accentuation des pollutions et nuisances diverses à l’origine de maladies multiples.
Chaque habitant de Niamey produit en moyenne 0,65 kg par jour par exemple. En considérant
la même production pour les deux autres grandes villes (Maradi et Zinder) et 0,30 kg pour les petites
et moyennes villes, la quantité totale de déchets produite est d’environ 900 tonnes par jour soit
185
186
328 076 tonnes par an. 17 Aucune de ces villes ne dispose d’un système organisé de collecte et de mise
en décharge contrôlée de déchets solides.
Les déchets solides domestiques produits dans les villes sont, soit dispersés sur place ou
brûlés, soit transportés vers des décharges non contrôlées ou laissées sur les voies publiques et les
terrains vagues. Ils contiennent une grande proportion de la matière organique et des inertes dont la
décomposition produit des lixiviats fortement polluants et toxiques.
D’un point de vue environnemental, la pratique courante d’épandage directe des déchets dans
les champs et le long des voies publiques présente de nombreux risques de développement de
maladies, tout comme l’ingestion des déchets plastiques par les animaux constitue actuellement un
grand problème de santé animale.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et le Ministère de Santé Publique, 94% des
ménages nigériens ne disposent pas de toilette (MSP et MIAT, 2000) ; seulement 11% des ménages
utilisent des latrines. Par ailleurs d’après une enquête menée à Niamey, 89% des ménages déversent
leurs eaux usées directement dans les rues, dans la cour et dans les caniveaux d’eau pluviale, contre
11% qui utilisent des latrines, des puits perdus et des puisards (MAB Conseils Inc., 2000).
En ce qui concerne les excréta, la même source indique que 92,7% des adultes utilisent des
latrines pour déféquer, contre 85,9% pour les enfants et 90,1% pour les malades. Enfin, il n’existe
aucun réseau de collecte des eaux usées, ni de station de traitement de ces eaux. Les eaux de vidange
des latrines et fosses septiques sont directement déversées, sans traitement préalable, dans les champs,
les espaces verts, les cours d’eau.
Le contrôle des eaux usées a été longtemps entravé par l’absence d’un laboratoire national
d’analyse des prélèvements et des déchets. Les services de l’hygiène s’adressaient à l’office national
des produits pharmaceutiques et chimiques (ONPPC) qui disposait d’un laboratoire d’analyse. Les
recettes liées aux taxes semestrielles versées au Trésor national par toutes les unités industrielles pour
dommage à tierce personne auraient pu être affectées à l’installation d’un laboratoire d’analyse
autonome.
Principal pôle minier, malgré les difficultés que connaît la filière, l'exploitation de l’uranium
est faite par deux sociétés : la Société des Mines de l’AÏR (SOMAÏR) avec une production annuelle
de 2106 tonnes (mines à ciel ouvert) et la Compagnie Minière d’Akouta (COMINAK) avec une
production d’environ 2000 tonnes par an.
17
Cette estimation ne prend pas en compte les déchets solides produits par les activités commerciales
et artisanales, les industries, les centres hospitaliers et les administrations.
186
187
Le charbon minéral est également extrait à ciel ouvert par la Société Nigérienne de Charbon
(SONICHAR). L’essentiel du charbon exploité est utilisé dans la production de l' énergie
électrique destinée à l’exploitation uranifère notamment.
Une usine d’exploitation de l’or a été construite en 2001 à Tiawa dans la zone du Liptako sur
financement privé d’un consortium composé par ETRUSCAN et de la société «African Geomin
Mining Development Corporation (AGMDC)». La production actuelle est de 3 tonnes/an mais
l’objectif est d’assurer une production d'or métal supérieure à 10 tonnes par an. Plusieurs autres
sociétés mènent des activités d’exploration aurifère.
Secteur industriel :
Le tissu industriel nigérien est essentiellement dominé par les industries de transformation
(agroalimentaires, menuiseries métalliques et de bois, chimiques et para chimiques, textile, cuirs et
peaux). La production de ces unités est faible et essentie llement vendue sur le marché local.
Parmi les 739 établissements classés inventoriés dans la Communauté Urbaine de Niamey,
431 établissements sont classés comme dangereux, incommodes ou insalubres (PRIU18 , 2000). De ces
431 EDII, seuls 10 ont un caractère véritablement industriel. Il s’agit de :
- 3 industries agroalimentaires ;
- 3 industries d'industries chimiques et para-chimiques ;
- 2 industries énergétiques ;
- 2 industries textiles et cuir.
Les autres sont constitués de garages (161) et d’ateliers de menuiserie : métal, bois, tapisserie,
construction métallique, cuves château d'eau, tuyauteries (159), de stations services (33), de
boulangeries (87), d’imprimeries (17).
Les quelques industries qui existent produisent des déchets de nature très variée et n’ont pas
de systèmes de traitement des déchets (solides, liquides, gaz). L’ensemble de ces déchets est déversé
dans le fleuve, à même le sol et dans l’air. Les résultats de l’étude sur l’amélioration de
l’assainissement de la ville de Niamey réalisée par la JICA indique que la quantité des déchets
industriels produite s’élève à environ 3.432 m3 /an avec une quantité moyenne d’eaux usées de 3,020
m3 /j.
En dépit de toutes les mesures protectrices susmentionnées, le fleuve Niger, principale source
d’approvisionnement en eau potable de la capitale, n’est pas à l’abri de pollutions occasionnées par le
rejet des eaux usées des unités industrielles et établissements classés dangereux. Peu d’unités
industrielles disposent d’installations adéquates pour le traitement des eaux usées, en dépit de
l’interdiction de rejeter les eaux usées industrielles dans la nature sans traitement préalable édictée par
l’article 88 de l’ordonnance 93-013 du 2 mars 1993 instituant un code d’hygiène publique.
18
Programme de Réhabilitation des Infrastructures Urbaines
187
188
ouvrages existent, les normes de traitement et de rejet des eaux usées ne sont pas toujours bien
respectées.
La tannerie de Gamkalé a été récemment réhabilitée mais elle ne dispose pas de station
d’épuration des eaux usées. Il en est de même de l’abattoir frigorifique de Niamey qui déverse ses
eaux usées directement dans le fleuve 19 . Par contre la Société laitière du Niger (SOLANI) et l’Hôpital
national de Niamey sont dotés de telles stations qui fonctionnent de manière satisfaisante.
Malgré les efforts fournis, prévenir, réduire ou traiter leurs déchets ne constituent pas encore
une préoccupation prioritaire, un réflexe chez les industriels. Cela se manifeste notamment par la
poursuite des rejets dans le fleuve Niger des eaux usées industrielles et de déchets solides, la mise en
décharge de tous les déchets, même les plus dangereux.
Quand ils existent, les systèmes de collecte et de traitement des déchets industriels sont
déficients. Même les industries qui traitent leurs déchets ne vont pas jusqu’au bout de la chaîne de
traitement. Des déchets industriels sont encore brûlés ou enfouis dans les enceintes des établissements
ou en dehors de la ville.
Enfin, dans la pratique, les conditions de manipulation ne sont pas toujours conformes aux
normes prescrites s’agissant des déchets toxiques ou dangereux, leur stockage, leur transport et leur
traitement. Ainsi, une étude commandée en 1991 par l’organisme allemand GTZ sur le cycle de vie
des pesticides dans quatre départements du pays a mis en évidence les insuffisances liées au transport
des pesticides, à l’absence d’équipement de protection et de sécurité, au défaut de surveillance ainsi
qu’à l’inadéquation des conditions de stockage des produits.
Longtemps limitées aux aspects de lutte contre la désertification et gestion des ressources
naturelles, les questions d’environnement recouvrent de plus en plus leur sens le plus large. En effet,
c’est à partir de 1992 que le droit à l’environnement est consacré de façon explicite par la loi
fondamentale du Niger. Depuis lors, ce droit a été réaffirmé par les Constitutions de 1996 et de 1999.
D’autre part, en consacrant non pas une responsabilité générale, abstraite, de l’indiv idu en
matière de protection de l’environnement, mais plutôt une responsabilité concrète, immédiate, vis-à-
vis de l’environnement dans lequel il vit, les textes précités visent à encourager les initiatives
individuelles et collectives, notamment à travers les organisations de la société civile.
Aspects juridiques :
19
Cf. Le Sahel du 17 janvier 2002
188
189
Ce code fait obligation à toute personne produisant ou détenant des déchets nocifs pour le sol,
la flore ou la faune et susceptibles de porter atteinte à la santé de l’homme et à l’environnement d’en
assurer ou d’en faire assurer l’élimination de manière à en éviter les effets nocifs (article 4 al. 1). Les
normes de rejet des déchets dans le milieu naturel sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé
publique en collaboration avec les autres ministères concernés.
Pour assurer plus d’effectivité aux dispositions du code d’hygiène publique en matière de
gestion des déchets urbains le Décret n° 99-433/PCRN/MSP du 1er novembre 1999 fixant la structure,
la composition et le fonctionnement de la police sanitaire a été adopté.
Elle édicte un certain nombre de mesures destinées à assurer la protection des ressources en
eau, et assigne à l’Etat l’objectif primordial de mettre à la disposition de chacun, de l’eau en quantité
suffisante et de bonne qualité.
S’agissant de l’assainissement des eaux usées, elle prévoit des mesures de sauvegarde. Ainsi,
il est interdit de laisser couler des eaux infectées ou nuisibles dans le lit ou sur les bords des cours
d’eau, lacs, étangs et canaux du domaine public (article 27). De même, sont interdits les déversements,
dépôts et enfouissements de déchets, de corps, d’objet ou de liquide usés, et d’une manière générale
tout fait susceptible d’altérer la qualité des eaux souterraines.
• L’ordonnance n° 93-015 du 2 mars 1993 fixant les principes d’orientation du code rural
• L’ordonnance n° 97-001 du 10 janvier 1997 portant institutionnalisation des études d’impact sur
l’environnement
L’ordonnance rela tive aux EIE a fait l’objet d’un certain nombre de textes d’application. Trois
décrets ont été adoptés dans ce cadre : décret n° 2000-369/PRN/ME/LCD du 12 octobre 2000 portant
attributions, organisation et fonctionnement du Bureau d’évaluation environnementale et des études
d’impacts ; décret n° 2000-397/PRN/ME/LCD du 20 octobre 2000 portant sur la procédure
administrative d’évaluation environnementale et d’examen des impacts sur l’environnement ; décret n°
2000-398/PRN/ME/LCD du 20 octobre 2000 déterminant la liste des activités, travaux et documents
de planification assujettis aux études d’impact sur l’environnement.
189
190
Par son caractère général et unificateur, la loi-cadre adoptée en 1998 constitue un texte de
référence et un instrument d’harmonisation destiné à assurer la cohérence des interventions en matière
d’environnement. Elle énonce les principes fondamentaux devant inspirer la gestion de
l’environnement et des ressources naturelles : principes de précaution, de prévention, de
responsabilité, de participation, de subsidiarité, du pollueur-payeur (article 3).
190
191
- La loi 2002-013 du 11 juin 2002 portant transfert de compétences aux régions, départements
et communes, consacre la section IV de son titre II aux compétences exercées par la région, le
département et la commune en matière d’environnement et de gestion des ressources
naturelles ;
- Enfin, la loi 98-32 du 14 septembre 1998 déterminant le statut des communautés urbaines
définit celles-ci comme étant des associations de coopération inter-communale (article 2). Le
Conseil de la communauté urbaine a pouvoir de décision notamment en matière de
construction et de gestion des équipements de traitement des ordures ménagères et des eaux
usées (article 30).
• Loi n° 2004-040 du 8 juin 2004 portant régime forestier au Niger la protection des ressources
forestières
La protection des ressources forestières a connu une importante évolution avec l’adoption de
cette loi qui remplace la loi n° 74-7 du 4 mars 1974 fixant le régime forestier.
La nouvelle loi forestière traduit le souci de l’Etat, d’associer désormais de manière plus
étroite les communautés de base à la gestion de leurs ressources naturelles. Ainsi, le domaine forestier
des collectivités territoriales est constitué des forêts légalement acquises selon les moyens du droit
écrit ou par voie de concessions octroyées sur le domaine forestier protégé de l’Etat (article 18).
Les forêts des collectivités territoriales peuvent faire l’objet d’un classement au nom de ces
collectivités (article 19). Le classement vise à assurer la protection des ressources forestières et à
favoriser le développement de leur potentiel productif.
Les forêts privées sont celles légalement acquises par les personnes physiques ou morales de
droit privé, cette acquisition pouvant se faire selon les moyens du droit écrit ou par voie coutumière.
Les particuliers peuvent accéder à la propriété des forêts domaniales à travers la concession
individuelle qui donne lie u à inscription au dossier rural et à immatriculation au livre foncier.
Le texte d’application de cette loi est en cours de préparation. En attendant ce texte et pour
répondre au besoin urgent de protection de la ceinture verte de Niamey notamment, le Décret n°
2004-200/PRN/MHE/LCD du 9 juillet 2004 portant protection des espaces verts et ceintures
vertes a été adopté.
Ce texte interdit à toute personne morale ou physique, sous réserve de l’autorisation préalable
et conjointe des Ministres chargés des forêts et de l’urbanisme de :
• procéder ou de faire procéder au morcellement des espaces verts, ceintures vertes et arboreta ;
• déverser, d’enfouir ou d’épandre aux abords et dans les ceintures vertes et espaces verts, des
déchets solides ou liquides ;
• couper les arbres dans les espaces verts, les ceintures vertes et les arboreta ;
• épandre le contenu des fosses septiques dans les espaces verts, les ceintures vertes et les
arboreta ;
• utiliser les espaces verts, ceintures vertes et arboreta comme lieu d’habitation, d’installation de
marchés.
191
192
§ Faune et pêche
La loi n° 98-042 du 7 décembre 1998 porte régime de la pêche. Aux termes de cette loi, le
droit de pêche appartient à l’Etat dans les eaux du domaine public, qu’elles soient ou non navigables
ou flottables : fleuves, rivières, lacs, étangs, mares, barrages, réservoirs et ouvrages annexes (article 3
al. 1).
§ Mines et carrières
L’exploitation des installations minières et des carrières entraîne un épuisement des ressources
naturelles et perturbe souvent l’équilibre de l’écosystème en portant atteinte à des éléments aussi
essentiels que le sol, le régime hydrique, le paysage, la faune et la flore.
L’ordonnance n° 92-45 du 16 septembre 1992 portant code pétrolier fait de l’Etat le propriétaire des
substances et des ressources en hydrocarbures découvertes ou non découvertes situées dans le sol et le
sous-sol du territoire national (article 2), et soumet les travaux de prospection, de recherche et
d’exploitation à des autorisations administratives.
Enfin, l’article 61 institue l’obligation d’une étude d’impact pour toute demande de permis de
recherche et de concession ou de projet de canalisation.
D’une manière générale, l’ordonnance n° 93-16 soumet les opérations minières ou de carrières
à une obligation d’exploitation rationnelle des ressources naturelles et de protection de
l’environnement (article 99, al. 1).
A cet effet, les entreprises sont tenues d’utiliser des techniques confirmées de l’industrie
minière et de prendre les mesures nécessaires à la prévention de la pollution de l’environnement, au
traitement des déchets et à la préservation du patrimoine forestier et des ressources en eau. La coupe
de bois et l’utilisation des chutes d’eau par le titulaire d’un titre minier ou de carrière est subordonnée
à une autorisation conjointe du ministre chargé de l’environnement et du ministre chargé des mines.
Des périmètres de protection à l’intérieur desquels les activités minières peuvent être soumises
à certaines conditions ou interdites peuvent être établis pour la protection des édifices et
agglomérations, lieux culturels ou de sépulture, points d’eau, voies de communication, ouvrages d’art
et travaux d’utilité publique, etc.
192
193
Enfin, la loi minière prévoit la possibilité de prononcer la déchéance des titres miniers
notamment pour non-respect des obligations relatives à la préservation de l’environnement (article 60,
al. 5).
Cette loi définit notamment les règles applicables en matière de protection des monuments,
des biens culturels, des ensembles et des sites, leur identification, leur classement, leur mise en valeur
et leur réanimation. Les biens culturels, ensembles et sites font l’objet d’un inventaire pouvant
entraîner pour les propriétaires des servitudes et obligations prescrites par voie réglementaire.
Aspects institutionnels
Organisation
193
194
Le BEEEI comprend trois services et une régie des recettes : Service des Etudes, Service
Communication, et Service Suivi et Contrôle.
(i) Elaboration et mise en oeuvre des stratégies et programmes de développement des ressources
minérales et énergétiques ; (ii) Elaboration, mise en œuvre et contrôle de l’application de la
législation dans les domaines miniers et énergétiques etc.
1
pollutions et nuisances
194
195
Conformément au Décret 2005- 040/ PRN/ MUH/C du 18 février 2005 ses principales
attributions sont :
Ministère de l’Equipement
195
196
§ Comité National de Suivi du Portefeuille des Projets et Programmes financés par le Fonds
pour l’Environnement Mondial ;
§ Comité National de Pilotage du Programme des Petites Subventions du FEM ;
§ Comité National de Pilotage du Fonds Italie Sahel/ Lutte contre la désertification.
• Institutions Parapubliques
196
197
L'ABN est une organisation internationale regroupant neuf pays, dont une partie du territoire
est située sur le bassin du fleuve Niger : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d'Ivoire, Guinée, Mali,
Niger, Nigeria et Tchad. Elle a succédé en 1980 à la Commission du Fleuve Niger créée en 1964. Le
but de l'ABN est de promouvoir la Coopération entre les pays membres et d'assurer un développement
intégré du bassin du Niger par la mise en valeur de ses ressources, en particulier dans les domaines de
l'énergie, de l'hydraulique, de l'agriculture, de l'élevage, de la pêche et de la pisciculture. La structure
actuelle de l'ABN comprend quatre organes : Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement, Conseil
des Ministres, Comité Technique des Experts et Secrétariat Exécutif.
Programmes en cours
1- Inversion de la tendance à la dégradation des terres et des eaux dans le Bassin du Niger
2- Modernisation du Réseau de collecte de Données
3- Élaboration d’outils de Prévention et Gestion des Conflits relatifs aux eaux transfrontalières
4 - Renforcement des capacités de l’ABN pour le suivi et la gestion des ressources en eau
5- Vulgarisation de la méthode de lutte contre les plantes aquatiques flottantes par la production du
biogaz et d’engrais à partir de ces plantes
6- Programme de Lutte Contre l’Ensablement dans le Bassin du Niger
7- Processus d’une Vision partagée pour l’élaboration d’un Programme d’Actions pour le
Développement Durable
8- Appui à la GIRE, etc...
ROLE DE LA CBLT
• Rassembler, examiner et diffuser des informations sur les projets préparés par les Etats et recommander une planification
des travaux communs et de programmes conjoints de recherche dans le Bassin ;
• Maintenir la liaison entre les parties contractantes en vue de l ’utilisation la plus efficace des eaux du Bassin ;
• Suivre l ’exécution des études et travaux dans le Bassin et d ’en tenir informés les Etats membres ;
• Elaborer des règlements communs relatifs à la navigation ;
• Examiner les plaintes et contribuer à la solution des différends ;
• Promouvoir la coopération régionale et la coordination des programmes régionaux ;
• Planifier, mobiliser, et assurer le suivi des projets nationaux ayant des implications régionales.
• Assurer une utilisation équitable et efficiente des ressources en eau pour un développement durable
PROBLÈMES DU BASSIN DU LAC TCHAD
• Dégradation de l’environnement, périodes successives de très fortes sécheresse, Vents forts du fait de la déforestation,
températures excessives/forte évapotranspiration, pollution, méthodes inappropriées d’exploitation des ressources disponibles.
Conséquences :
• Diminution Drastique du Lac Tchad, perte de la Biodiversité, avancée du désert vers le sud, diminution des productions en
agriculture, élevage et pêche, pauvreté, faminee exposition aux problèmes de santé (malnutrition), exode rural, baisse du
niveau socio-économique des millions de gens dans la région.
PROJETS EN COURS
MEGA CHAD PROJECT (Financé par la Belgique à travers le PNUE, exécuté par l’ Univ. de
Maïd. Sous la coordination de la CBLT ).
Objectif : Promouvoir l’utilisation des ressources d’énergie renouvelables et conservation des espèces florales sur les terres
arides du Mega Chad.
Projet CBLT/FEM Inversion des tendances à la dégradation des terres et eaux dans les
écosystèmes du bassin du Lac Tchad financé par le FEM/PNUD/BM de US $ 18 M
Objectifs:
• Court terme : Briser les barrières pour une gestion concertée du bassin grâce à une gestion bien orchestrée et renforcée et un
renforcement des capacités des parties prenantes et les riverains ;
• Long terme : Réaliser des bénéfices environnementaux au niveau régional et mondial grâce à une gestion concertée et
intégrée des ressources en terres et en eau du Bassin du Lac Tchad.
198
199
Le Centre Régional AGRHYMET est une institution spécialisée du CILSS (Comité permanent
Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel), dont le siège est à Niamey. C'est un
établissement public inter-étatique doté de la personnalité juridique et de l'autonomie financière. Créé
en 1974, sa mission, redéfinie en 1994, est d'être "un outil, à vocation régionale, spécialisé dans les
sciences et techniques applicables aux secteurs de développement agricole, d'aménagement de l'espace
rural et de gestion des ressources naturelles, chargé de promouvoir l'information et la formation dans
le domaine de l'agro-écologie (convention révisée du CILSS, signée par les Chefs d'Etats et de
Gouvernement du CILSS).
La CMNNC a été créée par les deux pays depuis près de trente (30) ans. Elle dispose d'un
Secrétariat permanent implanté à Niamey. Un des domaines importants de coopération est la gestion
équitable des ressources en eau communes. Par le biais de la CMNNC, les états du Niger et du Nigéria
sont liés, depuis 1990, par un accord cadre de coopération pour la gestion de quatre bassins
hydrographiques partagés : la Komadougou Yobé, le Ffadama, lire El fadama le Goulbi de Maradi et
la Maggia.
L'ACMAD a pour objectif de contribuer au développement durable de ses cinquante trois (53)
états membres (les 53 pays du continent africain) à travers ses domaines d’investigation : la
météorologie et le climat.
Ses activités principales sont la prévision du temps à courte et moyenne échéances, la veille
climatique, la prévision saisonnière et la formation des météorologues africains aux nouvelles
techniques et technologies. Chaque année, une cinquantaine de météorologues africains reçoivent ainsi
une formation de trois (3) mois. Implanté à Niamey, son bureau compte en permanence une trentaine
de chercheurs, ingénieurs et techniciens.
199
200
Le Niger est partie à de nombreux accords internationaux généraux et dans les domaines
spécifiques de l’environnement. Certains de ces accords ont une portée régionale, alors que d’autres
couvrent un champ géographique plus large. Parmi les accords régionaux, on peut citer notamment :
Titres Commentaires
Convention relative aux zones humides Signé à RAMSAR (IRAN) le 12 février 1971 et ratifié par
d’importance internationale dite le Niger en 1987.
« Convention de RAMSAR » ;
Convention sur le commerce Elle a été signée et ratifiée par le Niger respectivement le
international des espèces de faune et de 06 mars 1973 et le 30 avril 1983. Elle est entrée en vigueur
flore sauvages menacées d’extinction le 1er juillet 1975. Dans le cadre de sa mise en œuvre, un
dite convention « CITES » ; projet de législation national « CITES » est déjà élaboré et
le processus de son adoption suit son cours.
La convention sur la conservation des Adoptée le 23 juin 1979 à Bonn et mise en vigueur le 1er
espèces migratrices appartenant à la novembre 1983, ratifiée par le Niger le 7 juillet 1980
faune sauvage (CMS) dite convention de
Bonn ;
Convention du patrimoine mondial ; Elle a été adoptée par la 17ème session de l’UNESCO le 16
novembre 1972, entrée en vigueur en 1975 .
Convention-cadre des Nations Unies sur
les changements climatiques ; et 25 juillet 1995.
Convention internationale sur la lutte Signé le 14 octobre 1994 et ratifié le 19 janvier 1996.
contre la désertification (CCD) ;
La Convention des Nations Unies sur la
Diversité Biologique ;
Le protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques, signé le 24 Mai 2000 et
ratifié par le 30 Septembre 2004 ;
La Convention internationale pour la protection des végétaux signée à Rome le 6 décembre 1951
révisé par la résolution 14/79 de la conférence de la FAO, tenue du 10 au 29 novembre 1979 ;
La Loi africaine modèle sur la sécurité en biotechnologie et la législation modèle africaine pour la
protection des communautés locales, des agriculteurs et des obtenteurs et pour les règles d’accès aux
ressources biologiques, constituent une législation référentielle pour l’élaboration de la législation
nationale ;
L’accord sur la conservation des oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique Eurasie, adopté le 1er novembre
1999 à Cap town en Afrique du Sud.
Dans le cadre de la mise en oeuvre des trois conventions post RIO, le Niger a adopté, pris
d’importantes mesures aux plans normatif et institutionnel. Un Conseil National de l’Environnement
pour un Développement Durable (CNEDD) a été créé. Cet organe a pour mission d’élaborer, de faire
mettre en oeuvre, de suivre et d’évaluer la mise en oeuvre des activités contenues dans l’agenda 21
local, le Plan National de l’Environnement pour un Développement Durable (PNEDD).
200
201
Confirmant que les ruraux qui constituent l’essentie l de la population nigérienne (83%) sont
les plus touchés par la pauvreté (60% vivent en dessous du seuil de pauvreté), le processus de SRP a
aussi mis en évidence, le rôle moteur que peut/doit jouer le secteur rural pour l’économie nationale, au
regard des potentialités largement sous exploitées.
C’est afin de préciser les orientations de la SRP en matière de développement rural, qu’une
stratégie spécifique a été adoptée (SDR) en 2003. Favoriser l’accès des ruraux aux opportunités
économiques pour créer les conditions d’une croissance économique durable en milieu rural, prévenir
les risques, améliorer la sécurité alimentaire et gérer durablement les ressources naturelles pour
sécuriser les conditions de vie des populations, renforcer les capacités des institutions publiques et des
organisations rurales pour améliorer la gestion du secteur rural, sont les axes stratégiques majeurs
identifiés.
Autres stratégies
La SDR est considérée par le gouvernement comme « l’unique cadre de référence en matière
de planification et d’action concernant le secteur rural ».
201
202
Dans le cadre de la consultation sectorielle sur l’environnement qui vient de se tenir les 17 et
18 novembre à Niamey un Plan d’Action à Moyen terme (PAMT) a été adopté. Ce PAMT synthétise
les visions et ambitions du Niger en matière d’Environnement pour les prochaines années.
Conçu autour des programmes de la SDR (tableau ci- dessous) le PAM comporte sept sous
programmes qui abordent l’ensemble des domaines de préoccupation en matière d’Environnement et
de gestion des ressources naturelles.
Les priorités nationales traduites par ces sept sous- programmes sont les suivantes :
En l’absence de nouveaux espaces pour se déployer, l’agriculture nigérienne n’a plus d’autres
choix que l’intensification. Cependant, intensifier les productions rurales dans le contexte présent
suppose des actions vigoureuses et complémentaires :
o Sur le capital terre : réhabiliter les terres dégradées, protéger et améliorer ce qui reste ;
o Sur le capital eau : valoriser le potentiel existant ;
o Sur les pratiques d’exploitation et de gestion des ressources et milieux naturels.
202
203
1- Mieux connaître et planifier les ressources naturelles en vue de les valoriser et les gérer
durablement :
3- Créer les conditions de valorisation des filières sectorielles en vue d’une meilleure gestion des
ressources naturelles :
Ø Préserver l’environnement
De façon générale, ce cadre opérationnel met en première ligne le renforcement des capacités
de gouvernance locale des ressources et des milieux naturels. Sa mise en oeuvre privilégie le principe
de subsidiarité, la promotion de l’initiative privée et de l’équité en étant les règles.
Son approche globale et intégrée découlant d’une lecture environnementale de la lutte contre
la pauvreté, prend en compte à la fois les dimensions sociales, économique et écologique du
203
204
développement. Enfin, il privilégie la cohérence dans les interventions, la participation active des
populations, en particulier celle des femmes, des jeunes, et le partenariat.
Le Niger est partenaires à la majorité des institutions internationales relevant des Nations
Unies, qui s’intéressent aux questions environnementales : PNUD, PNUE, UNESCO, FAO, FIDA,
Banque Mondiale, OMM etc., et d’autres : UE, GEF, UICN, WWF etc.
Il est membre de plusieurs organisations africaines telles que : UA, CEDEAO, UEMOA,
CILSS, CBLT, ABN, ALG, OCBN, CENSAD, Conseil de l’Entente, OHADA, NEPAD etc.. La BAD
et la BOAD appuient plusieurs projets dans le secteur.
Les coopérations bilatérales suivantes sont particulièrement intéressées par les questions
d’environnement au niveau local : Allemande, Danoise, Française, Italienne, Suisse etc.
Enfin, dans le cadre de la coopération inter-état, les commissions mixtes (de bon voisinage)
mettent de plus en plus l’accent sur les questions environnementales (Niger-Nigeria , Niger-Mali,
Niger-Algérie , Niger-Bénin etc.).
A l’analyse, les priorités déclinées dans le Plan à Moyen Terme s’accordent avec celles
« mondiales/ globales » de lutte contre : la désertification, le recul de la diversité biologique, le s
changements et variabilités climatiques etc.. d’une part, et celle d’un développement harmonieux et
durable des nations qu’ambitionnent les organisations régionales et sous- régionales sus-énumérées.
Dans son dynamisme particulièrement reconnu au cours des vingt dernières années, le CILSS
a particulièrement influencé les approches nationales en matière d’environnement et de lutte contre la
désertification. Aussi, dans ces domaines, l’intérêt croissant des organisations comme la CDEAO, le
NEPAD, l’ABN, la CENSAD etc. pour l’environnement dans ses relations avec le développement,
ouvre des perspectives nouvelles, sans doute beaucoup plus larges, en raison de l’avancée qualitative
des perceptions et surtout du débat environnemental actuel.
204
205
§ Le Niger partage avec plusieurs pays de la sous - région, des ressources naturelles comme
les cours et plans d’eau (fleuve Niger, lac Tchad, Goulbi etc.), des aquifères
(Oullimenden), la faune (parc du W), dont la protection et la gestion, pour être efficace
et durable, ne peut relever des seuls efforts nationaux. L’exemple simple de la lutte
contre la jacinthe d’eau sur le « joliba » est très illustratif ;
§ Avec ses 1500 km de frontière avec le Nigeria, et presque le double dans les déserts
algérien, Libyen, et Tchadien, le Niger comme ses voisins ne peut assurer efficacement,
sans le concours de la coopération internationale, un contrôle de ce qui entre et peut être
déposé dans ses vastes espaces désertiques par exemples ;
§ Des institutions régionale s, ou sous -régionales, des pays voisins ou même lointains
partageant les mêmes conditions écologiques et subissant les mêmes fléaux
environnementaux, peuvent présenter des avantages comparatifs en de nombreux
domaine, dont l’exploitation commune serait de nature à générer des économies d’efforts
à travers une bonne coopération ;
Bref, nombreux sont les situations et exemples qui justifient le rôle extrêmement
important accordé à la coopération internationale en matière d’environnement au Niger.
205
206
§ la prise en compte des politiques et approches nationales dont l’un des credo est le
renforcement des capacités, et le respect du principe de subsidiarité, là où des
institutions nationales où des communautés locales sont en mesure de traiter localement
des questions de portée régionale ;
Au plan institutionnel
§ Des espoirs sont fondés sur la création possible d’une dynamique nouvelle de progrès,
basée sur un « dialogue de haut niveau », pour une lecture régionale des questions
environnementales cruciales. A cet égard, l’opportunité offerte par le parlement de
l’UEMOA, pour traiter à un niveau plus élevé les questions environnementales, rendre
exécutoires et contrôlables les décisions prises est particulièrement soulignée ;
§ L’espoir serait permis, de pouvoir bâtir des points de vue harmonisés et des positions
communes régionales sur les questions fondamentales du débat environnemental actuel
(OGM par exemple). Des processus de formation bien ciblés, la promotion des échanges
entre les experts, la création/renforcement de réseaux thématiques régionaux etc.
peuvent contribuer à l’atteinte d’un tel résultat ;
§ L’espoir y est permis, de voir se concrétiser les desseins régionaux d’une approche
hardie d’aménagement du territoire, à l’échelle régionale, comme el s problèmes de
développement et d’environnement à long terme l’exigent (migrations vers les zones
côtières ; avantages comparatifs de certaines activités économiques comme l’élevage par
rapport à d’autres, qui dégraderaie nt plus l’environnement qu’elles ne procurent de
richesse etc.) ;
206
207
§ Enfin, l’espoir d’une plus grande mobilisatio n de la société civile et d’un soutien accru à
sa contribution en matière d’environnement est enfin souligné.
Au plan opérationnel
Si aucun intérêt ne semble accordé au rôle écologique hypothétique d’une muraille verte,
telle qu’en parleraient certains journaux, des axes significatifs d’actions régionales possibles
sont évoqués, pour traduire la nécessaire solidarité régionale sur le terrain, face aux problèmes
environnementaux. Parmi ces axes, les principaux suivants peuvent être retenus :
Les efforts fournis par les états avec l’appui de certaines organisations (comme la FAO)
sont encore largement insuffisants, pour avoir une connaissance acceptable des ressources
naturelles régionale s. Certaines ressources plus que d’autres, sont relativement mieux
maîtrisées. C’est le cas des ressources en eau. Le besoin demeure crucial s’agissant des
ressources végétales.
Les efforts fournis dans le cadre de l’ABN (Projets Fouta Dlallon, Vision partagée, et
Lutte contre l’ensablement) constituent un premier courant d’effort pour sauver le fleuve Niger,
et garantir durablement les énormes potentialités de développement économique et social qu’il
offre généreusement aux états de la région traversés, ou situés dans son vaste bassin.
Ces efforts doivent être poursuivis , mieux articulés et coordonnés avec les autres projets
existants ainsi qu’avec les politiques nationales dans le bassin.
L’initiative commune Mali – Niger – Nigeria, appuyée par le OSS, l’AIEA et la FAO est
citée comme exemple de coopération régionale pour la gestion des ressources eaux souterraines
partagées.
207
208
Mentions spéciales sont faites s’agissant des aspects suivants : lutte contre les plantes
envahissantes, qualité des eaux, suivi des pesticides, gestion des déchets plastiques, à l’échelle
régionale. Au plan global, l’appréciation régionale de certaines questions comme la
séquestration du carbone pourraient ouvrir des perspectives beaucoup plus intéressantes.
L’idée de mise en place d’un observatoire régional de la biodiversité est émise, de même
qu’un effort intégré de promotion de la conservation ex-situ est cité au rang des priorités.
Certaines organisations internationales et nationales présentent à cet effet des avantages
comparatifs (ICRISAT, Centre des semences forestières du Burkina Faso etc.).
Paix, stabilité, et démocratie, sont les fondements essentiels pour consolider la coopération
entre les états de l’union, et promouvoir le développement économique et social,
indissociable de la préservation de l’environnement.
208
209
1. Améliorer et protéger le potentiel en ressources naturelles (terre, eau, sols, végétation, faune)
pour un développement économique et social durable dans l’espace UEMOA.
Objectifs généraux :
2. Créer les conditions d’un contrôle efficace et de lutte contre toutes les formes de pollutions
préjudiciables à la santé et au bien être des communautés humaines, des animaux et à
l’environnement.
Objectifs généraux :
Objectifs généraux :
209
210
L’implic ation effective et régulière du parlement de l’union dans le débat environnemental est
un moyen de contrôle et d’incitation pour les manquements à la mise en œuvre des mesures adoptées
pour l’amélioration de l’environnement dans l’espace UEMOA. Celui-ci devra bien entendu se doter
des moyens institutionnels et juridiques d’un tel mandat.
________________
210
211
211
212
LE SENEGAL
212
213
REPUBLIQUE DU SENEGAL
Rapport final
§ Babacar DIOUF
213
214
ACRONYMES
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215
216
B- RESSOURCES NATURELLES……………………………………………………….221
1- Dispositifs institutionnels…………………………………………………………….…..234
1.1.1- Décentralisation………………………………………………………………...…….234
1.1.2- Planification nationale et régionale………………………………………………..…234
1.1.3- Cadre institutionnel du Ministère chargé de l’Environnement en l’occurrence le
MEPN…………………………………………………………………………………………235
1.1.4- Partenariat…………………………………………………………………………….236
1.1.5- Intégration de l’environnement dans les autres secteurs……………………………..236
216
217
4.4 Prise en charge de l’initiative environnementale du NEPAD et des objectifs du Millénaire pour le
développement (OMD)………………………………………………...…240
ANNEXES
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218
Le Sénégal qui s’étend sur une superficie de 196.722 km² est situé dans la partie Nord-Ouest
de l’Afrique, à la pointe avancée du continent dans l’océan atlantique. Compris entre les degrés 12 et
16,30 de latitude Nord et 11,3 et 17,3 de longitude Ouest, il est limité au Nord par la République de
Mauritanie, à l’Est par celle du Mali, à l’ouest par l’océan atlantique et au sud par les Républiques de
Guinée et de Guinée Bissau. Il enclave la République de Gambie dans sa partie Centre - Sud.
(Annexes 1-2)
La géographie du Sénégal révèle des plateaux, des plaines et des vallées alluviales dont l’
altitude ne dépasse jamais 200 mètres. Ce n’est que dans l’extrême sud-est (Département de
Kédougou) que l’on rencontre des monts d’altitudes d’environ 400 mètres et qui sont les premiers
contreforts gréseux du massif du Fouta Djallon. Il dispose de 700 km de côtes océanes alternant des
secteurs sableux (de Saint- Louis à Cambérène), de secteurs rocheux à falaises (Cap-Vert, Cap de
Naze, etc.) et des estuaires alluviales (Saloum, Casamance).
Le Sénégal a un climat tropical de type Soudano - Sahélien avec alternance de deux saisons :
une saison sèche de 8 à 9 mois et une saison pluvieuse de 3 à 4 mois. Durant la saison sèche soufflent
l’alizé continental ou harmattan (vent chaud et sec) à l’intérieur du pays et l’alizé maritime (vent doux
et relativement humide) sur le littoral. La saison pluvieuse est marquée par la prédominance de la
mousson de juin à octobre. Les pluies sont irrégulières et mal réparties dans l’espace et dans le temps.
Elles augmentent en volume et en fréquence du Nord (300 mm en ± 45 jours) au sud (1.000 à 1400
mm en ± 120 jours). Les écarts de température sont sensibles d’Ouest en Est : amplitude thermique
faible sur le littoral et forte à l’intérieur du pays.
Les sols sont variés et n’offrent pas les mêmes possibilités agricoles. Les principaux sont les
sols sub-arides (bruns et rouges) dans les parties sahéliennes, les sols ferrugineux lessivés ou non (sols
Dior) qui occupent une grande partie du bassin arachidier, les sols ferralitiques souvent argileux dans
le sud-est, les sols hydromorphes le long des vallées alluviales (culture du riz), les sols de mangrove et
sols salés dans les régions d’estuaires, les sols calcaires (Rufisque, Bargny, Joal etc.).
- le domaine sahélien compris entre 200 et 550 mm et dont la végétation est caractérisée par des
formations ouvertes dominées par Acacia senegal, Acacia tortilis, Balanites aegyptiaca, zizyphus
mauritiaca, commiphora africana et par des graminées annuelles comme Aristida mutabilis,
Eragrostis tremula, Cenchrus biflorus etc. formant un tapis plus ou moins continu ;
- le domaine soudanien compris entre les isohyètes 550 et 900 mm. Il est caractérisé par une
végétation de type savane boisée à forêt sèche dominée par Stérculia setigera, Parkia biglobosa,
Cordyla pinnata, Bombax costatum, Pterocarpus erinaceus, Daniellia oliverii et par un tapis de
graminées vivaces ;
- le domaine guinéen dont la limite Nord correspond à l’isohyète 900 mm. La végétation de type
forêt demi – sèche à dense est caractérisée par Parinari excelsa, Erytrophleum guineense, Khaya
senegalensis, Elaeis guineensis, Afzelia africana etc. et par un sous bois dense formé
d’arbrisseaux sarmenteux, de lianes et de plantes herbacées.
Outre ces trois domaines, on distingue le domaine fluviomarin caractéristique des deltas et
estuaires des fleuves (Sénégal, Sine -Saloum, Casamance et Gambie) où l’on rencontre les mangroves.
Sur la base des caractéristiques du milieu physique (climat – sol – végétation) et humain, le
Sénégal présente six grandes zones éco-géographiques relativement homogènes des points de vue
potentialités et problèmes liés au développement rural. (Annexes 3-4).
218
219
Le Sénégal dispose d’un réseau hydrographique comprenant des fleuves : Sénégal (1.750 km
de long, bassin versant de 350.000 km²), Gambie (1.150 km de long, bassin versant de 80.000 km ²),
Casamance (300 km de long, bassin versant de 37.000 km²), des lacs dont le plus important est le lac
de Guiers. Il possède un grand nombre d’aquifères exploitables : les nappes phréatiques dans les grès
du continental terminal et la nappe maestrichtienne dans les grès et sables du maestrichtien. Le
Sénégal dispose aussi de vallées fossiles (hautes vallées du Sine, du Saloum et du Ferlo) qui sont
susceptibles d’être aménagées à partir des eaux de ruissellement (Annexe 5).
La population est estimée à dix millions d’habitants avec un taux de croissance moyen annuel
de l’ordre de 3% (4% en milieu urbain et 2,1 en zone rurale). Cette population est très jeune, 47 % ont
moins de 15 ans. Elle est inégalement répartie dans l’espace. Elle est surtout concentrée à l’ouest et au
centre au détriment de l’Est et du Nord faiblement peuplés : 65% de la population vivent sur
seulement 14% de l’espace national. La région de Dakar regroupe le quart de la population sur une
superficie de 0,3% du territoire. La densité est très variable d’une zone à l’autre : 6,8 habitants au km²
dans la région de Tamba contre 2.700 dans l’agglomération dakaroise. Le potentiel d’accroissement de
la population reste important du fait d’une fécondité qui demeure forte et d’une mortalité élevée
quoiqu’en baisse constante : l’indice synthétique de fécondité est à 5,7 enfants par femme en 1997
(EDS III). L’intervalle entre deux naissances est actuellement de 33 mois, la mortalité générale n’est
pas connue avec précision contrairement à la mortalité infanto-juvénile qui reste à 140 pour mille en
1999. La mortalité juvénile varie de 68 à 80 pour mille accusant une détérioration de la santé des
enfants. La mortalité maternelle est estimée à 510 décès pour 100.000 naissances (EDS 92/93). Si la
tendance évolutive se maintient, la population atteindra à l’horizon 2015, 13,6 millions d’habitants
avec une plus forte concentration dans la région de Dakar.
4- Moyens de subsistance : rôles des différents secteurs (primaire, secondaire, tertiaire, et nouveaux
services)
L’agriculture tient un rôle primordial dans la vie quotidienne des sénégalais comme dans
l’économie générale du pays. Les ¾ des sénégalais vivent directement des produits de la terre dans le
cadre de petites exploitations paysannes, familiales d’où ils tirent à la fois leur alimentation
quotidienne et leurs revenus monétaires. Deux campagnes agricoles sont pratiquées : une campagne
hivernale pour le s cultures pluviales (Arachide, mil, sorgho, coton…) et une campagne de contre
saison pour les cultures irriguées (riz, canne à sucre, cultures maraîchères,…). Au niveau national,
l’économie toute entière y compris une grande partie du secteur industriel et des échanges extérieurs a
pour base essentielle la production agricole. La contribution de l’agriculture au PIB national est de
10%.
L’élevage est une activité importante qui fait vivre des populations spécialisées et alimente un
actif circuit d’échange, notamment sur le marché intérieur. Il participe à la couverture de la demande
alimentaire en viande et en lait et influe fortement sur le niveau de vie du monde rural. Il contribue
pour 6,5% au PIB national.
219
220
(Annexe 6) et par des actions de foresterie rurale. Par ailleurs, les forêts produisent pour les
populations de multiples biens et services dont certains font l’objet de commerce et d’autres, en
quantités plus importantes sont destinées à la subsistance (produits forestiers ligneux et non ligneux).
(Annexes 7-8-9).
L’hydraulique rurale vise la satisfaction des besoins en eau des populations, du cheptel et des
cultures. Son niveau de production est à près de 270.000 m3/jour soit un taux de desserte per capita de
28 litres/ jour et un taux de couverture des besoins en eau des populations de 54%. Mais ces taux
cachent une disparité entre les régions. Les zones irriguées représentent moins de 4% des surfaces
agricoles cultivées (Projet 10ème PODES, 2002 – 2007).
- les OGM résistent certes aux herbicides et pesticides mais peuvent provoquer l’évolution de super
mauvaises herbes et de super prédateurs. Ils peuvent provoquer une pollution environnementale
irréversible. Le protocole de Carthagène sur la biosécurité oblige les pays exportateurs d’OGM à
fournir des informations sur ces produits et les pays importateurs à évaluer les risques avant de les
autoriser. Un comité biosécurité est déjà mis en place au Sénégal ;
- les mécanismes du protocole de Kyoto sont conçus pour donner un prix à la tonne de carbone :
l’atmosphère cesse d’être gratuite. Elle est échangeable sur un marché international. Reste à
garantir que ce prix reflète la rareté et la fragilité de ce bien commun. Le mécanisme de
développement propre est le seul instrument de coopération Nord/Sud par le protocole de Kyoto.
Par son biais, on peut financer des projets de séquestration de carbone entre autres, dans des pays
tiers en particulier. Dans ce sens, le Canada finance un projet de ce type (PREFER) au Sénégal ;
- la culture de plantes médicinales rapporte des revenus substantiels aux populations locales et
contribue au maintien de la biodiversité. Les plantes médicales sont utilisées dans plusieurs
220
221
pathologies, jouant ainsi un rôle non négligeable dans la santé des populations. Un projet
dénommé « Importance économique et conservation des plantes médicales au Sénégal » est
exécuté depuis deux ans par le laboratoire pharmacognosie et botanique de la faculté de médecine
de l’UCAD de Dakar.
La croissance économique est marquée par une crise aigue de 1990 à 1994, suivie d’une forte
reprise à la faveur de la dévaluation et de la conduite avec efficacité, de réformes (structurelles et
sectorielles). Le taux de croissance observé depuis n’a cessé de dépasser 5% par an. Il a certes permis
d’améliorer le revenu par tête d’habitant mais demeure insuffisant pour réduire la pauvreté. L’Enquête
Sur les Priorités (ESP) 1991/1992 a révélé que 32% des ménages vivaient en dessous du seuil de
pauvreté : niveau de consommation minimal de 2400 calories /jour/ adulte. L’enquête auprès des
ménages (ESAM) de 1994 fait ressortir un taux de pauvreté de 58 % des ménages.
Les contre performances du secteur primaire sont consécutives à la lenteur de la mise en œuvre des
mesures et réformes dans les principaux sous-secteurs surtout de l’agriculture. Ainsi le secteur
continue d’être sensible aux conditions climatiques et aux fluctuations des marchés extérieurs.
Au niveau du secteur secondaire, les réformes ont surtout porté sur la promotion du privé et de
l’énergie. Du côté des mines et de l’artisanat, un effort de renforcement de la capacité de gestion et
pilotage est en cours pour mieux redynamiser les activités.
S’agissant du tertiaire, l’importance des infrastructures dans le renforcement des capacités productives
a amené les pouvoirs publics à engager des actions vigoureuses au niveau du transport et des
télécommunications. Des résultats positifs sont enregistrés même si des faiblesses persistent au niveau
du transport. Bien que le secteur touristique soit dominé par le privé, l’Etat du Sénégal a aidé au
décollage du secteur par la réalisation de plans d’aménagement (petite côte, basse Casamance).
Cependant, le secteur touristique souffre de certaines difficultés : caractère coûteux, peu diversifié de
la destination Sénégal, insécurité dans la zone SUD.
B- RESSOURCES NATURELLES
Les terres du Sénégal sont réparties en trois ensembles domaniaux : le domaine de l’Etat, le
domaine des particuliers (propriété privée) et le domaine national.
Le domaine de l’Etat couvre 3% des terres du pays. Il est subdivisé en domaine public et en domaine
privé. Le domaine public est naturel ou artificiel. Le domaine public naturel comprend : mer et
rivages, eaux continentales (cours d’eau, lacs, mares permanentes …), eaux de surface et nappes
aquifères, sous sol et espace aérien. Le domaine artificiel rassemble emprises des routes, des chemins
de fer, des voies de communication de toute nature, ports maritimes et pluviaux avec dépendances,
aérodromes et aéroports avec dépendances forages et puits, canaux d’irrigation, de drainage, de
navigation, conduites d’eau et d’égouts, lignes téléphoniques et électriques.
Le domaine privé est constitué par les biens et droits mobiliers acquis par l’Etat à titre gratuit ou
onéreux, par voie d’expropriation, par confiscation prononcée au nom de l’Etat, par incorporation
prononcée en application des dispositions du régime de la propriété foncière et par constatation du
statut de biens vacants et sans maîtres.
Le domaine des particuliers (propriété privée) est constitué de 2% des terres. Il est la propriété de
personnes physiques, de personnes morales de droit privé.
221
222
• les zones de terroirs qui regroupent les terres agricoles (cultivées ou en jachères), les terres
d’élevage et des terrains occupés par les habitations. Elles sont gérées par les conseils ruraux, et
affectées aux membres des communautés rurales qui en assurent la mise en valeur ;
• les zones pionnières qui sont constituées des terres que l’Etat se réserve pour une mise en valeur
suivant les plans de développement et les programmes d’aménagement. Elles peuvent être
reversées selon les besoins dans les zones de terroirs ;
• les zones classées qui comprennent les zones à vocation forestière ou de protection ayant fait
l’objet de classement. Elles sont administrées par l’Etat (Services chargés des forêts) à travers la
réglementation forestière ;
• Les zones urbaines qui regroupent les terres du domaine national, situées dans les communes. Les
conditions d’administration des terres agricoles situées dans ces zones sont fixées par décret.
Depuis 1964, le Sénégal s’est doté d’un régime foncier d’une grande originalité. Cette
originalité du régime juridique du sol sénégalais provient de l’existence d’un vaste domaine national
en coexistence avec les autres ensembles domaniaux. La loi de 1964 relative au domaine national
(95% du territoire) reflète la volonté de garantir l’accès à la terre à tous ceux qui peuvent la mettre en
valeur. Cependant, le domaine national est inaliénable (personne ne peut l’acquérir) et imprescriptible
(personne ne peut en devenir propriétaire pour occupation prolongée). L’Etat est détenteur des terres
du domaine national pour assurer leur utilisation et leur mise en valeur rationnelles. Ces terres ne
peuvent être immatriculées qu’à son nom. Toutefois, le droit de requérir l’immatriculation est reconnu
aux occupants du domaine qui, à la date d’entrée de la loi avaient réalisé une mise en valeur à
caractère permanent (construction). Par ailleurs, une mise en œuvre dont les conditions minimales sont
fixées par arrêté préfectoral est prévue par la loi. Hélas à l’application de cette loi, on relève les
problèmes suivants : accès à la terre (réservé uniquement aux membres des communautés rurales) ;
caractère inaliénable et imprescriptible des terres du domaine, insécurité des investissements ;
persistance de la gestion coutumière des terres, exclusion des parcours dans les conditions de mise en
valeur provoquant ainsi des conflits entre agriculteurs et éleveurs ; etc.
Les forêts s’étendent des terrains recouverts d’une formation à base d’arbre, d’arbustes ou de
broussailles d’une superficie minimale d’un seul tenant d’un hectare, dont les produits exclusifs ou
principaux sont le bois, les écorces, les racines, les fruits, les résines, les gommes, les exsudats et
l’huile, les fleurs et les feuilles. (Article 1- alinéa 1 du décret n°98/164 du 20 février 1998 du code
forestier en vigueur).
Les forêts sénégalaises sont réparties dans les différents domaines phytogéographiques du pays
(sahélien, soudanien, guinéen). Elles sont regroupées dans le domaine classé et protégé.
• le domaine classé ou domaine forestier de l’Etat comprend les forêts classées, les ressources
sylvo-pastorales délimitées, les périmètres de reboisement ou de restauration, les réserves
naturelles intégrales, les réserves spéciales et les parcs nationaux. Le système des aires protégées
couvre six parcs nationaux, quatre réserves de faune pour un taux de 8% contre 12% taux
recherché.
L’exploitation des ressources de ce domaine nécessite un plan d’aménagement et de gestion pour
la production des ressources végétales, la protection des sols et la conservation de la biodiversité.
La superficie du domaine qui couvre les 31,7 % du pays (P.F.S, 2005) varie selon qu’il s’agisse de
classement de nouvelles zones ou de déclassement de certaines parties. Par ailleurs, selon le statut
des éléments qui constituent ce domaine, quelques droits d’usage sont accordés ou non aux
populations riveraines. L’exclusion des droits d’usage des populations riveraines de certaines aires
protégées du fait du caractère intangible de celles-ci (réserves naturelles intégrales, parcs
nationaux) entraîne diverses pratiques illicites (braconnage, exploitations frauduleuses, etc.). La
222
223
gestion du domaine classé relève des compétences des services des Eaux et Forêts et des Parcs
Nationaux.
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224
Réserve Naturelle de N° 86 604 du 24/05/86 Mise en défens d’une formation rocheuse et côtière à
Popenguine (RNP) 1009 ha végétation d’épineux, avec un prolongement marin. Région de
Thiès
Réserve de Faune du Sous tutelle DPN 31/12/96 Vaste domaine sahélien, avec paysages, flore et faune
Ferlo Nord (RFFN) 487.000 ha caractéristiques. Région de Matam
Source : DPN, 2003
• Le domaine protégé correspond aux formations forestières non classées et non comprises dans les
zones de terroirs aménagées à des fins agricoles et pastorales. Sa gestion est du ressort des
collectivités locales. L’exploitation forestière (flore, faune) y est autorisée sur base d’une
réglementation précise dans les côtes et arrêtés (codes forestier, de la chasse, arrêtés portant
campagnes annuelles d’exploitation forestière et cynégétique). Les forêts d’intérêt régional (forêts
communales, forêts communautaires et les plantations individuelles en plein, d’alignement et
d’abris implantées dans le domaine national qui sont la propriété des personnes privées physiques
ou morales qui les ont réalisées) sont toutes incluses dans les formations forestières constituant ce
domaine protégé qui couvre 33 % de la superficie du pays (P.F.S, 2005).
Il faut noter la présence aussi bien dans le domaine classé que dans le domaine protégé de
formations particulières aux conditions édaphiques : les mangroves (140.000 ha), formations fragiles
de marais halophytes ; les palmeraies (50.000 ha) sont des formations de palmiers à huile (Elaeis
guineensis) ou de rôniers (borassus aethiopum) ; les bambouseraies localisées dans les régions de
Tamba et Kolda et sporadiquement dans la région de Kaolack ; les forêts galeries situées le long des
principaux cours d’eau ; les formations halophytes des tannes (tamarix senegalensis). Par ailleurs, il
faut signaler la création de réserves par les communautés locales et réserves de faune privées. Le taux
des superficies boisées est estimé à 64,5% (PFS, 2005). La régression du couvert végétal qui était de
80.000 ha /an en 1990 (PAFS, 1993) s’est ralentie pour descendre à 45.000 ha/an selon la FAO
Constitue les pâturages, l’ensemble des espaces libres utilisés pour l’alimentation des animaux
ou susceptibles de l’être (décret n°80.268/MDR/DSPA au 10 mars 1980, alinéa 1).
• Les pâturages naturels ou parcours du bétail qui constituent l’ensemble des espaces libres
traditionnellement destinés à la pâture des animaux. Ils concernent le pâturage en forêt, les
réserves sylvo-patorales du Ferlo où les éleveurs sont même autorisés à établir les campements
provisoires pour une vie de famille et à pratiquer des cultures vivrières ;
• Les jachères ou espaces cultivables laissées au repos, non exploitées ;
• Les pâturages artificiels ou prairies artificielles aménagés pour la production de fourrages ou
réservés à cet effet ;
• Les pâturages post-culturaux ou ensembles des surfaces cultivées, libérées des récoltes, constitués
par les restes des sous produits agricoles (paille, foin etc.), les repousses de plantes et les herbes
non récoltées ainsi que les espaces herbeux séparant des champs.
Dans les régions déclarées zones pastorales ou sylvo-pastorales par le plan d’aménagement du
territoire, l’émondage et l’ébranchage des arbres sont autorisés à titre de droit d’usage selon les
normes définies par l’autorité compétente. Par ailleurs, il est interdit de procéder à tout défrichement
aux abords des forages pastoraux, des marchés à bétail et des parcs à vaccination.
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- La vallée du fleuve Sénégal qui se subdivise en trois parties : delta, moyenne et haute vallée. Elle
concerne toute la rive gauche du fleuve. Elle est essentiellement agricole mais toutes ses possibilités
ne sont pas exploitées. La vallée du fleuve Sénégal se trouve dans la cuvette sénégalo-mauritanienne.
Elle est surtout formée de sable et d’argile à forte hydromorphie et s’inscrit presque entièrement dans
le climat sahélien. On y distingue deux unités morphologiques : « le Walo » où l’ensemble des terres
du lit majeur qui sont in ondées par des crues annuelles, le « Diéri », l’ensemble argileux qui n’est
jamais atteint par les crues, la couverture végétale est principalement composée de gonakiers (Acacia
nilotica vartomentosa) ;
- la zone sylvo-pastorale ou ferlo qui se subdivise en ferlo sableux et ferlo cuirassé ou en ferlo
septentrional et en ferlo méridional. C’est une région à climat sahélien avec une tendance soudanienne
dans la partie méridionale (sahélo-soudanien). Essentiellement zone d’élevage, elle regroupe
l’ensemble des réserves sylvo-pastorale s et la majorité des forages pastoraux. La couverture végétale
se caractérise par :
• une savane arborée sahélienne avec des peuplements d’acacias (gommier verek surtout) ;
• une steppe à épineux ;
• une savane arbustive ou buissonnante.
On note la présence d’un modelé dunaire assez émoussé et entiè rement fixé par la végétation.
- Le bassin arachidier ou centre Ouest qui comprend les régions administratives de Fatick, de Kaolack,
de Diourbel, de Thiès et de Louga. C’est un bas plateau monotone recouvert par des sols « Dior »
propices à la culture de l’arachide et par des sols gris argileux (sols « Dek ») adaptés à la culture du
sorgho. Près de la mer, on a des sols salés appelés tannes. Le bassin arachidier couvre trois régions
climatiques : sahélienne, sahélo-soudanienne et océanique. Il est occupé pour l’ensemble par la steppe
au Nord et la savane arborée au Sud. Les activités économiques du bassin arachidier sont dominées
par l’agriculture qui est caractérisée par les cultures céréalières et l’arachide. En effet, cette région
renferme 80 à 85% de la production arachidière et environ 70% de la production céréalière du pays ;
- Le Centre–Est correspond à la région administrative de Tamba. C’est la région la plus vaste du pays
mais aussi la moins peuplée. Il s’étend sur des formations physiques, complexes et diverses : plateaux
cuirassés, creusés par des vallées encaissés au Nord ; un relief plus accidenté et compartimenté par un
réseau hydrographique important au Sud (Mont Assirik chutes de Dindifélo…) ; plaines dans la partie
ouest. La végétation est diversifiée : savane arbustive, savane boisée entrecoupée de forêts galeries,
forêt claire sèche et forêt dense au sud de Kédougou. L’économie est essentiellement agro-pastorale
mais cette région dispose cependant de richesses naturelles considérables (ressources forestières,
minières…) ;
- La Casamance : qui correspond aux régions administratives de Ziguinchor et de Kolda. Elle offre un
paysage de plateaux formés essentiellement d’argiles et de marnes. Ces plateaux baissent
progressivement d’Est en Ouest où sont cloisonnés par un réseau de vallées alluviales et de marigots.
La Casamance se subdivise en trois unités géographiques :
• la basse Casamance où les plateaux s’abaissent et sont entaillés dans un réseau hydrographique
très dense. La végétation est caractérisée par un rideau de palétuviers sur les sols salés ;
• la moyenne Casamance à relief ressemblant à celui de la haute Casamance ; mais la végétation
prend de plus en plus un aspect forestier ;
• la haute Casamance à plateaux recouverts par une savane arborée.
La végétation plus dense que partout ailleurs dans le pays, est composée d’Est en Ouest de
savane arborée, de forêt sèche, de forêt galerie, (le long des rivières), d’une couverture de palétuviers
(mangrove) au bord des marigots et de la mer. L’agriculture occupe une place importante dans cette
région naturelle où l’élevage, la pêche et le tourisme jouent aussi un rôle d’importance ;
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226
• la grande côte (ou littoral Nord) : de Saint Louis à la presqu’île du Cap Vert ;
• la petite côte, du Cap- Vert à l’estuaire du Saloum ;
• le littoral sud, constitué des estuaires du Saloum et de la basse Casamance.
La grande côte est basse, sablonneuse et rectiligne. Elle est constituée par un ensemble de
cordons dunaires qui s’étend de Saint Louis à Cambérène. Ces dunes sont séparées par des
dépressions interdunaires inondées par la nappe phréatique : ce sont les Niayes dont la végétation est
principalement composée de palmiers à huile.
La petite côte a un relief assez contrasté. Elle est rocheuse et découpée, et est dominée de
falaises dans la presqu’île du Cap-Vert et entre Yenne et le Cap de Naze à Popenguine. Au delà, elle
est basse, rectiligne, sablonneuse et marquée par une dépression qui favorise la formation d’une série
de baies (Ngaparou – Saly) et de marigots (Somone, M’balling…). Elle se termine à la pointe de
Sangomar par un ensemble de cordons littoraux sableux.
Le littoral sud est caractérisé par deux ensembles : celui de la zone sableuse et celui des
estuaires qui comprend des vasières à mangrove. Il abrite de nombreuses îles (Carabane, Diogué, la
Goélette…) et plusieurs plans d’eau comme les marigots de Diembéring, Baila, Diouloulou etc. La
végétation est constituée de mangroves, de palmeraies, de steppe arbustive et de forêt claire.
226
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Les ressources en eau du Sénégal sont réparties de façon inégale dans l’espace et dans le
temps. On peut les décomposer en deux catégories principales :
• les eaux de surface qui sont essentiellement formées par les eaux d’écoulement des principaux
bassins versants du pays. La maîtrise des écoulements de ces bassins grâce à la réalisation de
barrages par des Organisations telles que l’OMVS, l’OMVG, etc. est un atout considérable dans
le maintien de ce potentiel. Le lac de Guiers qui est un défluent du fleuve Sénégal est la principale
réserve d’eau douce du pays. Par ailleurs, les petits bassins aménagés ou bassins de rétention
participent à l’augmentation du potentiel hydrique ;
- des nappes phréatiques des grès du continental terminal qui sont superficielles et affleurantes
même dans certaines parties du Sénégal (Niayes) ;
- de la nappe maestrichtienne des grès et sables du maestrichtien qui couvre la plus grande partie du
territoire national. Son potentiel est de 350 milliards de mètres cubes pour une consommation de 250
millions de mètres cubes par an. Sa capacité de renouvellement est en cours d’étude (Annexes 10 -11).
- les vallées fossiles (hautes vallées du Sine, du Saloum et du Ferlo) qui sont susceptibles d’être
aménagées à partir des eaux de ruisselle ment ;
- les vallées alluviales des fleuves et cours d’eau (Sénégal, Gambie, Casamance, Lampsar, Doué,
Galanka, Niokolo, Koulountou, Kayanga, Soungrougrou, etc.) qui couvrent des prairies
marécageuses, des forêts galeries, des mares, etc. Elles font l’objet de plusieurs types
d’aménagements exécutés par les sociétés d’Etat ou des sociétés privées (SAED, SODAGRI,
SNTI, SOCAS, SODEFITEX, CSS …) ;
- les régions littorales où se localisent les Niayes, dépressions interdunaires inondées par la nappe
phréatique ; des lacs aujourd’hui salés (Retba, Tanma, Mboro…) sur la grande côte, une série de
baies (Ngaparou, Saly) et des marigots (Somone, Mballing…) dans la petite côte ;
- les estuaires du Saloum et de la Casamance qui sont des plaines basses recouvertes par
d’importants dépôts de vases. Ils sont occupés par la mangrove. On y rencontre également les
tannes, platières compactées formant des étendues salées et dénudées.
Au Sénégal, les milieux marins comprennent le littoral, la mer et les îles qu’elle abrite ou
qu’elle ceinture avec d’autres cours d’eau (fleuve, bras de mer,…).
Le littoral avec sa grande côte, sa petite côte et sa partie sud recèle des plages, des falaises, des
baies, des lagunes, des estuaires, etc.
La mer, ici l’Océan atlantique, comprend le plateau continental pouvant inclure des aires marines
protégées et les zones pélagiques. Elle abrite des îles et îlots (île de la madeleine, îles du Saloum, île
de Carabane, île de Gorée, île de Saint-Louis formée avec le fleuve Sénégal, etc.).
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228
Les écosystèmes côtiers sont constitués de zones deltaïques et estuariennes des fleuves Sénégal,
Casamance, Saloum et des Niayes. Ce sont des vasières à mangroves et des dépressions interdunaires
abritant des espèces à affinité sub-guinéenne.
• l’insalubrité qui a trait aux déchets de toutes sortes : ménagers, industriels et hospitaliers. Ces
déchets sont à la fois solides et liquides (ordures ménagères, produits industriels divers dont les
sachets plastiques, une nuisance majeure en ville comme en campagne, la gestion des eaux usées
et surtout la propension à les utiliser frauduleusement dans la production alimentaire, les eaux
stagnantes, les restes de produits biomédicaux mal gérés par les formations sanitaires, etc.). Cette
insalubrité est causée par une mauvaise gestion ou une absence de plans de gestion des déchets. En
effet, faute d’un enlèvement régulier des ordures ménagères, les capacités de stockage des dépôts
d’ordures sont vite dépassées, ce qui amène une certaine partie de la population à déposer les
ordures de la façon la plus anarchique dans les places publiques, les rues, les canaux d’évacuation
des eaux usées, etc.
Par ailleurs :
• les pollutions qui peuvent être d’origine ménagère, industrielle et naturelle. Ici, elles ont pour
principales causes les industries (cimenteries, usines de transformation….), les mines et carrières,
les laboratoires divers, les intrusions salines dans les eaux et les sols dues aux sécheresses. Elles
agissent sur l’air, les eaux et les sols. Elles sont classées en :
- pollutions chimiques provoquées par les usines, par les véhicules, surtout les véhicules
vétustes utilisant du gas-oil, par les engins de toutes catégories. Elles sont constituées de
gaz nocifs, de substances corrosives, etc. qui agissent sur l’air, sur la santé des
populations, sur leur cadre de vie, etc. La pollution de la baie de Hann qui jadis faisait
partie des plus belles baies du monde et le cas de l’accident de l’usine de la SONACOS de
Dakar (explosion de citernes d’azote) est encore vivace dans les esprits ;
- pollutions sonores causées par des bruits assourdissants provenant de véhicules et
d’engins, de hauts parleurs, etc. qui provoquent des maladies psychiques dont le stress
autrefois méconnu dans le pays ;
- pollutions physiques dues aux ordures domestiques, aux déchets agricoles, aux déchets
biomédicaux, aux gravats, etc. qui sont jetés de façon anarchique, jonchant parfois même
les belles corniches, les artères de nos villes, etc.
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produit durant l’hivernage 2005 dans plusieurs villes du pays, surtout à Dakar et banlieues. Cette
situation a amené le Gouvernement à mettre en place le plan « Jaxaay » qui va permettre aux
populations sinistrées de disposer à l’avenir d’habitations saines dans des sites bien assainis.
• une exploitation excessive des ressources naturelles contribuant à la destruction des différentes
zones : sèches et humides et du potentiel de leur diversité biologique ; (flore, faune). On peut citer
parmi les facteurs péjoratifs :
• des déficits hydriques résultant de sécheresses répétées entraînant une modification de la structure
de la végétation, une régression voire une disparition de certaines espèces de flore et de faune :
Pterocarpus erinaceace, Pterocarpus luscens, Borassus aethiopium surtout dans la vallée du
fleuve Sénégal Cordyla pinnata, Khaya senegalensis, Dalbergra melanoxylon, Oxythenanthera
abyssinica, etc. ; Damalisque, Elan de Derby, Autruche, Eléphant, Chimpanzé, Potamochère, etc. ;
• l’avancée de la mer dans certains endroits comme Dakar, Rufisque, Bargny, Diakhanor, Djiffère
dans tout le littoral accentuée par l’exploitation du sable marin, les occupations anarchiques du
domaine public maritime, la déforestation du littoral, provoquant la dégradation continue des
zones côtoières, la destruction d’habitats à Rufisque, à Sendou, etc., des villages entiers dans le
terroir de Diakhanor, Djiffère, etc. ;
• l’avancée des dunes maritimes (littoral Nord en particulier) et continentales (Nord du pays surtout)
renforcée par le déboisement des Niayes au profit du béton et de l’asphalte provoquant ainsi
l’ensablement des cuvettes maraîchères et même des voies de communication ;
• les invasions acridiennes surtout de criquets pélerins dont la dernière date de 2005 ;
• les inondations provoquées par les pluies diluviennes surtout celles de l’année 2005 avec des
dégâts considérables dans le pays, particulièrement à Dakar ; par le débordement de la mer ou des
eaux des fleuves surtout du fleuve Sénégal (Saint-Louis, Matam).
Les milieux les plus sensibles et les plus vulnérables : deltas et estuaires, Niayes, zones
côtières et marines (zones humides continentales et littorales, milieu marin) connaissent des mutations
mettant en jeu leur survie. Ainsi, ils sont exposés selon la nature du milieu :
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230
- à la salinisation des eaux du fleuve Sénégal et des terres situées dans la zone du delta, à l’invasion
des plantes aquatiques dans différents cours d’eau de la zone deltaïque (Djoudj, Lampsar…) et du
lac de Guiers, participant ainsi au rétrécissement de leur surface. En effet, la remontée des langues
salées et le mauvais drainage des eaux d’irrigation des casiers des périmètres irrigués agricoles
favorisent la salinisation des eaux du fleuve Sénégal et des terres du delta qui sont situées en
amont du barrage de Diama. Par ailleurs, les plantes envahissantes dont les plus déterminantes
sont les typhas et la salvinia molesta, obstruent les voies d’eau du delta, empêchent ou réduisent
les pratiques de pêche dans les différents cours d’eau du delta, particulièrement dans ceux cités
(Lampsar, Djoudji, lac de Guiers). Cette situation agit négativement sur la santé des populations
locales (cas de bilarzhiose) et sur leurs moyens de subsistance car la pêche est une des principales
activités du delta et du lac de Guiers.
• à la réduction des mangroves due aux mauvaises pratiques d’exploitation et à des techniques de
récolte des huîtres inappropriées dans les estuaires du Saloum et de la Casamance. Les forêts de
mangrove sont cruellement atteintes du fait des actions anthropiques. Elles font l’objet de mise en
valeur à des fins agricoles, pastorale s, piscicoles, touristiques, d’exploitation forestière,
d’habitation ou d’urbanisme, etc. Cette mise en valeur et les fréquentes sécheresses qui sévissent,
posant les problèmes de la dégradation et de la déforestation des mangroves qui se réduisent
inexorablement. Leur superficie totale ne couvre plus que 450 000 hectares. Elles sont plus
présentes dans les deltas ou estuaires du Saloum et de la Casamance. Cependant, quelques
lambeaux subsistent encore dans le Nord du pays, aux environs de Saint-Louis.
• à l’ensablement des cuvettes maraîchères et à la remontée des nappes salées dans la zone des
Niayes. Cette sitaution est surtout favorisée par l’avancée des dunes maritimes qui est provoquée
par l’exploitation clandestine des plantations artificielles (filaos, Eucalyptus, …), la forte mortalité
par pied des peuplements de filaos et par la baisse et la salinisation des nappes.
• aux érosions des côtes marines et à la pollution des eaux réduisant la productivité du milieu marin.
Cela a conduit :
- à la destruction de campements de pêcheurs, d’habitations permanentes, réduisant ou
annihilant les mouvements migratoires saisonniers ou temporaires de pêcheurs entre autres, le
long de la petite côte et du littoral Sud (Diakhanor, Djiffère, …) ;
- à l’appauvrissement du pla teau continental qui ne peut plus jouer son rôle nourricière des
espèces halieutiques.
Le Sénégal est un des pays les plus urbanisés d’Afrique. Il compte une soixantaine de villes
dont Dakar, la grande métropole, le centre nerveux de l’économie Sénégalaise. C’est le pôle de
distribution des marchandises. Tous les moyens de communication (routes, voies ferrées, voies
aériennes, voies maritimes) convergent vers cette ville, cette mégapole où se concentre l’essentiel des
activités industrielles, commerciales et touristiques.
Outre la macrocéphalie de Dakar, la situation urbaine est marquée par une explosion démographique
due en majorité à l’exode rural.
- une mauvaise occupation de l’espace, une occupation anarchique faisant apparaître des quartiers
spontanés, installés même dans les lits des cours d’eau asséchés à la suite des sécheresses
répétées ;
- la mise en place d’infrastructures de desserte et d’habitats (routes, bâtiments…) dans les espaces
réservés à la verdure ou dans des milieux sensibles comme les dunes, les Niayes, les tannes, etc. ;
- des ventes de terre parfois sans base légale par les populations, les collectivités, etc. ;
- une pénurie de réserves foncières dans certaines grandes villes ;
- une paupérisation croissante de larges couches sociales.
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A cela, s’ajoutent des activités industrielles, commerciales et des services de base (transport, santé,
éducation…).
2- Impact environneme ntal de l’économie active (industrie, secteur agricole, tertiaire, etc.)
- impact écologique ;
- impact économique ;
- impact social.
Impact écologique : c’est l’impact sur les écosystèmes terrestres et aquatiques. Les activités qui
peuvent modifier ces écosystèmes sont celles :
• de l’industrie dont les différents éléments : industries alimentaires, chimiques, extractives, etc.,
utilisent des produits divers nocifs et rejettent des déchets qui polluent les eaux, les sols et l’air,
menaçant ainsi le fonctionnement des écosystèmes et partant, constituent un facteur de
dégradation ;
• du secteur primaire dont les composantes (agriculture, élevage, pêche, forêt…) jouent un rôle
important dans la dégradation des écosystèmes. En effet, elles exercent de fortes pressions sur les
ressources naturelles à travers :
- les défrichements pour de nouvelles terres de culture consécutifs à la détérioration des
sols, à la pratique d’une agriculture extensive, etc. ;
- la surexploitation des produits forestiers ligneux et non ligneux, une des causes principales
de déforestation ;
- les feux de brousse qui contribuent à la dégradation de la végétation, à la disparition de la
faune et à l’improductivité des sols ;
- le mauvais système de drainage des eaux d’irrigation qui entraîne la salinisation,
l’acidification ou l’alcalinisation des terres (formation de tannes) ;
- l’utilisation inconsidérée d’engrais et de pesticides entraînant la pollution de certains
zones dont les zones humides (vallées, Niayes) ;
- le surpâturage (surcharge du bétail, émondage abusif, piétinement) qui dégrade les
parcours ;
- la baisse généralisée de certaines nappes phréatiques due à un déficit de réalimentation
entraînant une salinisation par remontée de langue salée dans certaines régions du pays ;
- la dégradation continue des zones côtières et la surexploitation des ressources
halieutiques, surtout dans des ressources démersales côtières.
• du secteur tertiaire dont :
- le transport routier qui provoque des pollutions atmosphériques (gaz, poussières)
entraînant le dépérissement de la végétation et qui occasionne des feux de brousse et sont
à la base des constructions de routes qui ont des effets négatifs sur les ressources
naturelles (destruction de forêts, de Niayes…) ;
- le transport maritime et/ou fluvial avec les pollutions qui perturbent le milieu aquatique,
entrave la végétation et la productivité des milieux marins et fluviaux.
Impact économique :
Il s’agit :
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232
• au niveau de l’industrie :
- des différentes productions dont plus de 50% sont exportées consolidant la promotion des
exportations ;
- des plus-values apportées aux productions du secteur primaire grâce aux usines de
transformation ;
- de la création d’emplois permanents et temporaires. Le secteur industriel mobilise 12% de la
population active.
• au niveau du secteur primaire :
- les différentes productions de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, des forêts dans la
production intérieure (autoconsommation et commercialisation) et exportation (pêche
surtout) ;
- des revenus tirés par les producteurs ;
- de la création d’emplois (permanents, saisonniers) ;
- etc.
• au niveau du tertiaire :
- du flux du commerce intérieur : produits échangés entre Dakar et l’intérieur du pays ;
- du commerce extérieur : exportations et importations de produits (nature de produits,
quantités) ;
- de la création d’emplois au niveau du commerce structuré (temporaires, permanents) ;
- du développement de l’économie informelle : pourcentage de participants par rapport à la
population active ;
- du tourisme : quantité de devises apportées, nombre d’emplois générés (directs et indirects).
Impact social :
• au niveau de l’industrie :
- pollution et déchets industriels agissant sur la santé des populations ;
- exode rural vers les centres industriels accélérant la croissance démographique urbaine.
• au niveau du secteur primaire :
- désertion des zones rurales vers les centres urbains surtout les jeunes : migrations internes
(saisonnières ou permanentes) ; migrations externes vers les pays d’Afrique, d’Europe,
d’Amérique etc. ;
- organisation des producteurs pour leur promotion (CNCR, FONGS, ….).
• au niveau du secteur tertiaire :
- organisation des populations pour développer le tourisme intégré, l’écotourisme afin de
faciliter la cohabitation entre touristes et populations, d’associer les populations aux activités
touristiques ;
- création d’associations de consuméristes pour la défense des intérêts des consommateurs.
Jadis adulé de par ses vertus telles que « jom et kersa », sens de la citoyenneté et du savoir-
faire, le citoyen sénégalais est de nos jours en train de perdre ces valeurs. Son comportement actuel
frise l’indiscipline. On constate que :
§ Le péril excrétique est toujours présent même dans des villes comme Dakar (non utilisation des
vespasiennes d’ailleurs rares hélas, terrains vagues souillés … etc.) ;
• des ordures de toutes sortes et des eaux usées sont jetées et déversées dans les rues, dans les
espaces vides, en brousse, etc. provoquant des épidémies (choléra entre autres), des dégâts sur les
animaux domestiques (sachets en plastique) sur la végétation, etc. ;
• le barrage de certaines artères de Dakar et d’autres villes du pays par des citoyens qui ne disposent
d’aucune autorisation, prétextant simplement l’organisation de manifestations familiales ou
religieuses ;
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233
• la pollution sonore diurne et nocturne présente dans les quartiers et faubourgs empêchant ainsi
certains citoyens de se reposer après une dure journée de travail.
L’encombrement des centres urbains est de nos jours un phénomène naturel. Les gens
s’installent sur la plus petite aire de dégagement. Ils occupent les places publiques, les trottoirs
réservés aux piétons au profit d’un commerce à la sauvette, squatte des immeubles publics et même
privés (rez-de-chaussée), et construisent dans des zones non aedificandi (domaine public maritime,
vallées, …) ou non aménagées provoquant ainsi une urbanisation sauvage.
Les comportements cités ne sont que quelques exemples. Ils sont peut-être dus à une crise de
l’éducation de base ou de la morale ou à des manques de repères dans un vécu qui évolue trop
rapidement. Il y a alors un grand besoin d’éveil d’une conscience environnementale des populations.
Cet éveil de conscience environnementale qui résulte de la sensibilisation et de l’éducation
environnementale est un bon atout, un excellent élément, un pilier de la participation des populations
que prônent toutes les politiques liées à la gestion des ressources naturelles et à la protection de
l’environnement. Il permet, dans le cadre d’une dynamique organisationnelle des populations et de
leur responsabilisation dans la gestion des ressources naturelles et de ’lenvironnement de leurs
terroirs :
- de lutter contre l’insalubrité, les pollutions et nuisances en enrayant l’anarchie qui règne au
niveau de la collecte des déchets, surtout des déchets domestiques qui sont très souvent jetés
hors des points de collecte fixés, dans les rues, dans les canaux d’évacuation des eaux, bref
n’importe où ;
- d’occuper les espaces urbains et ruraux suivant les plans directeurs d’urbanisme et les
schémas régionaux d’aménagement du territoire dans le but de respecter leur vocation, le urs
aptitudes ;
- d’exploiter rationnellement les ressources naturelles pour une meilleure conservation des
zones humides et de la diversité biologique de ces zones et des autres zones du pays ;
- de contribuer à l’amélioration de la mobilité aussi bien dans les villes que dans les campagnes
en facilitant la circulation des personnes et des biens dans les différentes voies de
communication (routes, rues, voies ferrées, etc.) grâce au respect des fonctions dévolues aux
unités comprises dans leurs emprises (trottoirs, accotements, balise, plantations routières, etc.)
et des affectations d’utiliser ces voies et emprises par catégories d’usagers (véhicules, engins,
hippomobiles, piétons, etc.).
Cet éveil de conscience environnementale qui doit être périodiquement vivifié par le renforcement des
capacités des populations doit aussi être consolidé par :
- l’approche participative qui est le meilleur moyen pour impulser la participation qui peut se
faire à trois niveaux :
o au niveau des collectivités locales (communes, communautés rurales) ;
o au niveau collectif (associations, groupements, comités, etc.) ;
o au niveau individuel ou familial ;
- la prise en compte des aspects traditionnels de protection des ressources naturelles et de
gestion des ordures dont les pratiques ont fait leurs preuves.
Enfin, il doit être renforcé par le respect du cadre juridique et réglementaire mis en place.
233
234
1- Dispositifs institutionnels
Ils concernent les aspects politiques et les aspects légaux qui ont une incidence sur la gestion
de l’environnement et des ressources naturelles.
- à la décentralisation ;
- à la planification nationale et régionale ;
- au cadre institutionnel du Ministère chargé de l’environnement ;
- au partenariat ;
- à l’intégration de l’environnement dans les autres secteurs.
1.1.1- Décentralisation
Depuis son accession à la souveraineté internationale, le Sénégal a opté pour une politique de
décentralisation progressive et prudente, mais désormais irréversible. L’évolution de cette politique est
illustrée ainsi qu’il suit :
• en 1960, le statut de commune de plein exercice est élargi à toutes les communes ;
• en 1966, le code de l’administration communale est promulgué par la loi n° 66-64 du 30 juin 1966,
réunissant en un texte de référence unique, les différentes lois qui régissaient l’institution
communale ;
• en 1972, la loi n° 72-25 du 25 avril 1972 crée les Communautés Rurales ;
• en 1990, la loi n° 90-35 du 08 octobre 1990 modifie le code de l’administration communale et
verse des communes à statut spécial dans le droit commun ; la loi n° 90-37 du 08 octobre 1990
retire la gestion des Communautés Rurales aux Sous-préfet et la remet entre les mains des
Présidents de Conseils Ruraux. Les Présidents de Conseils Ruraux deviennent des ordonnateurs de
budgets tandis que les Conseils ruraux gèrent les terres et les budgets ;
• depuis 1196, le Sénégal a entrepris une nouvelle étape de la décentralisation marquée par la
régionalisation et par le transfert de compétences aux collectivités locales dont celles relatives à
l’environnement et aux ressources naturelles. Cette nouvelle étape de la décentralisation s’appuie
sur un réseau de 11 régions, 110 communes dont 43 Communes d’Arrondissement et 320
Communautés Rurales, portant ainsi le nombre de collectivités locales couvrant l’ensemble du
pays à 441.
Cette nouvelle phase de la décentralisation permet à l’Etat de réaliser le principe de libre
administration des collectivités locales en leur reconnaissant l’autonomie financière et l’existence
d’affaires propres locales gérées par les autorités locales élues au suffrage universel et réunies au
sein de Conseils régionaux, communaux et ruraux. L’enjeu principal de la régionalisation est
l’implication et la responsabilisation des acteurs à la base. A cet effet, les collectivités locales, qui
sont des acteurs incontournables dans le développement local, sont dotées d’instruments pouvant
leur permettre de promouvoir des politiques de développement durable à partir d’une gestion de
proximité. Elles sont appuyées dans la conduite de leurs missions de développement par les
Agences Régionales de Développement (ARD).
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235
En tant que plan de développement sectoriel et opérationnel, la PFS s’inscrit dans le cadre
global de la lutte contre la désertification tout en étant en parfaite harmonie avec les politiques définies
dans le PNAT et les PODES. Le 10ième PODES (2002-2007) réaffirme dans un de ses objectifs
stratégiques, la nécessité de « renforcer l’éducation environnementale pour mieux gérer et préserver
les ressources naturelles et l’environnement ». La PFS doit également contribuer à la lutte contre la
pauvreté dont s’attelle le document Stratégique de Réduction de la pauvreté (DRSP).
Les objectifs du DRSP et de la PFS concourent à une meilleure prise en charge de l’Initiative
Environnementale du NEPAD qui consiste à assister les pays africains à intégrer les considérations
environnementales dans leurs stratégies politiques pour la réduction de la pauvreté. Par ailleurs la PFS
prend en compte aussi les objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) notamment l’objectif
qui vise un développement environnemental durable et une inversion de la tendance à la dégradation
des ressources naturelles.
Pour la réalisation d’une telle mission, il s’est doté d’un cadre institutionnel permettant
d’améliorer les capacités de planification des actions de préservation de l’environnement dans un
contexte de plus grande responsabilité des acteurs.
Les services rattachés au MEPN sont: i) la Direction des Eaux et Forets, Chasses et de la Conservation
des Sols (DEFCCS) ; ii) la Direction des Parcs Nationaux (DPN) et iii) la Direction de
l’Environnement et des Etablissements Classés (DEEC). Outre ces services, le MEPN a sous sa
tutelle,
§ le Centre de Suivi Ecologique (CSE), outil précieux dans la gestion des ressources naturelles ;
§ le Programme de Formation, Information pour l’Environnement (PFIE) ;
§ le Centre de Formation des Techniciens des Eaux et Forets et des Parcs Nationaux ;
§ des projets d’envergure nationale dont le Projet de Gestion Durable et Participative des
Energies Traditionnelles et de Substitution (PROGEDE) pour une gestion durable des
ressources ; le Projet Intégré de Conservation Communautaire de la Biodiversité (PICCB )
pour conserver la biodiversité des aires protégées ; etc.
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236
CEPS doit jouer un rôle de pré-évaluation des projets et programmes devant être exécutés,
d’animation de la coopération et de gestion de l’assistance extérieure.
1.1.4- Partenariat
Pour intégrer l’environnement dans toutes les activités de développement, les stratégies,
programmes et activités, les autres secteurs tels que l’Urbanisme, l’Industrie, les Mines, l’Energie,
l’Hydraulique, la santé, l’agriculture, l’élevage, etc. doivent prendre en compte les questions et les
principes de gestion environnementale. En effet, ces secteurs doivent inscrire dans leur politique
sectorielle, les problèmes environnementaux. Mais pour l’efficacité de ces inscriptions, le Ministère
chargé de l’Environnement doit renforcer sa position et son action d’impulsion de la réflexion
intersectorielle et de l’insertion de principes stratégiques de l’environnement et du développement
durable dans le processus de développement au niveau national. Il doit en outre collaborer avec
d’autres organisations d’éducation et instituts de recherche ayant des activités liées à l’environnement
et aux ressources naturelles.
C’est le cadre juridique qui permet d’appliquer les instruments juridiques de gestion de
l’environnement et des ressources naturelles. Il s’agit :
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- du code forestier (loi n° 98. 03 du 08 janvier 1998 et décret n° 98 164 du 20 février 1998 du
20 février 1998) qui vise entre autres à consacrer le pouvoir de gestion des collectivités locales
sur des forêts situées hors du doma ine forestier de l’Etat, à permettre à l’Etat sur base de
protocole d’accord, de confier aux collectivités locales la gestion d’une partie de son domaine
forestier. Parallèlement, le code reconnaît aux personnes privées, un droit de propriété sur
leurs formations forestières ;
- du code de la chasse et de la faune (loi n° 86. 04 du 24 janvier 1986 et décret n° 86. 844 du 14
juillet 1986, toujours en vigueur) qui vise à allier la conservation de la faune, de la diversité
biologique et de la chasse. Il est en cours de révision pour être en phase avec les nouvelles
dispositions de la CITES ;
- des textes de lois de la décentralisation de 1996 qui répartissent les compétences jusqu’ici
exercées par l’Etat, entre régions, communes et communautés rurales dans la perspective
d’une meilleure harmonisation du développement local ;
- du code de l’urbanisme (loi n° 88. 05 du 20 juin 1988) qui fait face à la complexité des
problèmes urbains due en grande partie à l’urbanisation galopante de la plupart des villes du
Sénégal. Il est en révision pour l’harmonisation de certaines de ses dispositions avec celles de
la loi n° 96. 07 du 22 Mars 1996 portant transfert de compétences aux collectivités locales. Il
s’agit notamment de l’approbation des schémas d’aménagement et d’urbanisme par la région,
de l’élaboration des plans et schémas d’urbanisme par la commune qui à également l’initiative
d’entreprendre des opérations d’urbanisme tels que la rénovation urbaine, le remembrement
urbain, les zones d’aménagements concertés. Dans cette perspective, l’autorisation de lotir,
l’autorisation de construire sont délivrées par le Maire et le Président du Conseil rural dans le
cadre de leur ressort. Il est également permis aux collectivités locales d’élaborer un document
de planification urbaine et d’un plan d’urbanisme de référence ;
- du code de l’eau (loi n° 81.13 du 04 Mars 1981 et décrets d’application). Le principe essentiel
de ce code est la domanialité publique des eaux (réserves souterraines et de surface en eau
douce). Grâce à la domanialité publique, toute utilisation anarchique, tout gaspillage, tout acte
pouvant entraîner la pollution des ressources hydrauliques est réprimé par les agents chargés
de la police des eaux. Ceci est couplé au fait que les collectivités locales ont reçu compétence
pour la gestion des points d’eau ;
- du code minier (loi n° 2003. 36 du 24 Novembre 2003) qui est conçu dans un souci
d’allègement des procédures administratives et de sécurisation des investisseurs. Les
dispositions du présent code prennent en compte les orientations et les politiques minières en
vigueur dans les pays de la sous- région, principalement ceux de l’UEMOA. Parmi les
innovations de ce nouveau code, on peut noter la création d’un fonds de péréquation et
d’appui aux collectivités locales et l’ouverture d’un compte judiciaire dans une banque
commerciale au Sénégal destiné à la constitution d’un fonds de restauration de sites miniers
par les titulaires de titres ou d’autorisations d’exploitation ;
- du code de l’hygiène (loi n° 83. 71 du 05 Juillet 1983) qui définit des règles d’hygiène et de la
politique d’hygiène ;
- du code de la pêche maritime (loi n° 87-27 du 18 Août 1987) qui permet la conciliation de
l’aménagement de la côte et l’exploitation des ressources biologiques et minérales dans une
zone économique exclusive ;
- etc.
Pour être en phase avec la dynamique impulsée par les différentes conférences internationales
sur la gestion des ressources naturelles, sur l’environnement et le développement durable, etc., le
Sénégal a adopté une démarche intégrée et cohérente dans l’optique de résoudre ses problèmes
environnementaux en particulier la dégradation des ressources naturelles, pollution de l’air, la
dégradation des ressources en eaux et des sols, les risques industriels etc. C’est ainsi qu’il a adhéré à
plusieurs traités et conventions internationaux dont les plus importants incluent :
237
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L’engagement pris au sommet de Rio en 1992 était de mener le combat pour la protection de
l’environnent et l’élimination de la pauvreté. Deux objectifs complémentaires car la défense de
l’environnement doit être mise au service de la qualité de vie des populations. Il faut donc que nos
modes de production ne détruisent pas le s ressources naturelles. Cela exige de mettre en œuvre le
processus de développement qui concilie l’environnement, l’économique et le social. Ce
développement doit reposer sur la coordination des politiques sectorielles par le biais d’une politique
globale en matière de gestion des ressources naturelles et de l’environnent qui doit privilégier :
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On peut citer :
- la poursuite de la gestion des ressources naturelles et de l’environnement pour un
développement durable ;
- le renforcement du développement local par l’approfondissement de la décentralisation et
la bonne gouvernance ;
- la contribution à la lutte contre la pauvreté ;
- la prise en charge de l’initiative environnementale du NEPAD et des objectifs du
Millénaire pour le développement (OMD). Ainsi donc, le Sénégal s’investit entre autres
dans :
o l’aménagement et la gestion rationnelle des ressources naturelles ;
o le développement de la foresterie urbaine et de la foresterie privée ;
o la promotion des modes de production et de consommation durables en insistant
sur l’efficacité énergétique dans les bâtiments (réduction ou stabilisation des
émissions de GES), sur la protection de la couche d’ozone, et en surveillant les
changements climatiques ;
o la protection de l’environnement urbain par le traitement des eaux résiduaires et
des matières de vidange, la lutte contre les pollutions et nuisances et la gestion des
déchets et des produits chimiques.
De ce fait, toutes les priorités ci-dessus ciblent également les objectifs généraux et pourtant pressants
de lutte contre la pauvreté, l’insécurité alimentaire, la préservation des ressources en terres, la
conservation de la diversité biologique et la lutte contre la désertification.
Il s’agit de donner aux collectivités locales les moyens (ressources financières, ressources
humaines) pour qu’elles puissent exercer la plénitude des compétences que leur ont transférées les lois
de la décentralisation notamment les compétences relatives a la gestion de l’environnement et des
ressources naturelles. En plus, il faut doter ces collectivités locales surtout les communautés rurales
d’une administration propre (fonction publique locale) dont la qualité des prestations contribuera
fortement à la bonne gestion de l’environnement et au développement.
239
240
Les biens et services fournis par les ressources naturelles, surtout les ressources forestières
contribuent très largement à la satisfaction des besoins essentiels (alimentaires, médicaux) des
populations les plus démunies. En outre, ils leur procurent des revenus par le biais de la
commercialisation.
Ainsi les produits tirés de ces ressources et une bonne gestion de l’environnement permettent
d’améliorer le cadre de vie et aussi les conditions de vie des populations notamment les couches les
plus défavorisées.
L’initiative environnementale du NEPAD consiste à assister les pays africains à intégrer les
considérations environnementales dans leurs stratégies et politiques pour la réduction de la pauvreté.
C’est dans ce sens que les politiques sectorielles liées à la gestion de l’environnement et des ressources
naturelles du pays ont pris en charge les ambitions du plan d’action de l’initiative environnementale du
NEPAD. Dans le même ordre d’idée, ces politiques ont pris en compte les objectifs du Millénaire pour
le développement , précisément son objectif n° 7, cible 9 qui vise un développement environnemental
durable et une inversion de la tendance à la dégradation des ressources naturelles.
Il a créé des structures institutionnelles chargées de suivre, d’encadrer les activités que lui
imposent ces adhésions : Commission Nationale pour le Développement Durable (CNDD), Comité
National de suivi du CILSS (CONACILSS), Comité National de Biosécurité, etc.
Il a également désigné des points focaux pour la CITES, la biodiversité, les Changements
Climatiques, etc.
En plus, il entretient des relations de coopération avec l’Union Européenne et des pays
d’Afrique, d’Europe, d’Amérique, d’Asie, etc.
Ces différents liens sont matérialisés par une coopération bilatérale et multilatérale qui ont
ainsi permis au Sénégal de bénéficier de plusieurs projets et programmes parmi lesquels :
240
241
On peut citer :
C’est :
- de favoriser le partenariat entre les pays limitrophes pour la mise en œuvre de projets et
programmes liés aux ressources transfrontalières (massifs forestiers, faune et habitations
241
242
naturels, pâturages, fleuves, océan, etc.) comme c’est le cas pour les parcs transfrontaliers
suivant :
o Niokolo- Badiar (Sénégal et Guinée) ;
o Delta du Saloum- Niumi (Sénégal et Gambie) ;
o Djoudji- Diawling (Sénégal et Mauritanie) ;
- d’aider ou d’identifier, de formuler, de financer ou de rechercher le financement et d’exécuter
des projets transnationaux comme le reverdissement du Sahara entres autres ;
- d’harmoniser entre les pays riverains et pays membres de l’UEMOA, les politiques et les
stratégies en matière de gestion de l’environnement et des ressources naturelles, par exemple :
o Harmonisation des politiques en matière de pêche dans le cadre de la Commission
Sous- Régionale des Pêches regroupant le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée, la
Guinée Bissau et le Cap-Vert. L’instrument mis en place a permis à ces pays de
procéder à l’évaluation des ressources halieutiques ;
o Harmonisation du plan d’action pour l’initiative environnementale du NEPAD avec
les politiques environnementales et les stratégies de lutte contre la pauvreté des pays
de l’UEMOA ;
- de gérer de manière concertée l’environnement marin pour lutter contre la pollution critique
(cf. Convention d’Abidja n et Protocole) ;
- d’organiser la transhumance transfrontalière entre pays limitrophes pour s’assurer que le
cheptel est indemne de peste bovine par exemple et pour gérer les conflits transfrontaliers liés
au déplacement du cheptel ;
- de prendre en charge le pastoralisme, le sylvo-pastoralisme et l’agrosylvo-pastoralisme et de
veiller aussi à l’harmonisation des systèmes pastoraux traditionnels ;
- de mettre en place les observatoires dans les bassins versants aménagés comme l’observatoire
pour le suivi de l’environnement dans le bassin du fleuve Sénégal ;
- d’impliquer de manière effective par le renforcement de capacités les collectivités locales nées
de la décentralisation (communautés rurales, communes rurales…) dans la lutte contre la
désertification, l’insalubrité, etc. pour améliorer les résultats obtenus ;
- d’initier des séries de formation pour rendre plus performants les acteurs de la gestion et de la
préservation de l’environnement et des ressources naturelles de l’espace UEMOA ;
- de coordonner le suivi et l’exécution de l’agenda 21 dans les pays membres de l’UEMOA ;
- de favoriser des prises de positions communes pour les pays de l’UEMOA, de la CEDEAO,
bref de l’Afrique dans les rencontres internationales sur l’environnement et/ou les ressources
naturelles.
3- Perception de la (des) priorité (s) sous - régionale (s) du point de vue de pays
- du caractère transfrontalier des ressources (fleuves, mer, faune, massifs forestiers, pâturages,
etc.), en préconisant des actions concertées de gestion de ces ressources, qui pourraient être
déclinées dans des protocoles ou des directives ou faire l’objet de recommandations ;
- de mouvements transfrontaliers : transhumance du cheptel entre états, braconnage hors
frontières, migration des personnes, commerce de produits surtout des produits forestiers,
transport, pour la mise en place de mécanismes de facilitation de ces mouvements
242
243
o appuyer les pays de l’Union qui n’auraient pas élaboré de politique environnementale
à le faire conformément aux nouvelles dispositions ;
o inviter chaque pays membre à harmoniser les textes législatifs et réglementaires
relatifs à l’environnement et aux ressources naturelles avec ceux relatifs aux autres
secteurs : code minier, code de l’urbanisme, code de l’hygiène, code de l’eau, loi
agrosylvopastorale, etc.
- de la promotion de la concertation grâce à la création de cadres de concertation (des pays de
l’UEMOA, des pays riverains) pour la mise en œuvre et le suivi de projets transfrontaliers, la
gestion des ressources, au développement de l’information, de l’éducation et de la
communication, etc. ;
- du renforcement des capacités en insistant particulièrement sur la formation qui peut être de
type académique ou continu. Pour les centres de formation existant au sein de l’UEMOA
comme le centre forêt de Thiès, centre Niokolo- Badiar au Sénégal et d’autres centres, établir
des projets d’établissement et dégager une vocation pour chaque centre ;
- de la bonne gouvernance en facilitant l’accès aux ressources naturelles (terres, arbres,
forêt,…), en accordant des pouvoirs aux collectivités décentralisées pour qu’elles prennent les
décisions dans le cadre de la gestion de l’environnement et des ressources naturelles au niveau
de leurs terroirs ;
- des études d’impact environnemental et du suivi-évaluation des projets et programmes à
mettre en œuvre ;
- etc.
Les institutions sous régionales (UEMOA – CEDEAO – CILSS ….) devraient avoir une
politique environnementale harmonisée afin d’éviter les incohérences observées dans les politiques
nationales de gestion de l’environnement et des ressources naturelles des pays de la sous région ; Cette
politique sous régionale sera articulée au plan d’actions de l’initiative environnementale du NEPAD.
Elle devra comporter les politiques communes et le s stratégies de leur mise en œuvre ainsi que les
législations condamnant certaines pratiques pour une meilleure gestion de l’environnement et des
ressources naturelles dans les pays membres de l’UEMOA. Cela devra concerner :
- la gestion commune durable et décentralisée des ressources partagées, des espèces endémiques,
des pesticides, des OGM, etc. S’agissant de la gestion des ressources partagées :
243
244
S’agissant de la gestion :
• des espèces endémiques : insister sur leur conservation et confier leur gestion à une
institution sous régionale comme l’UEMOA, ou la CEDEAO, etc. ;
• des pesticides : créer un comité unique d’approbation au niveau sous régional ;
• des OGM : prévoir un protocole au niveau Afrique à l’image du protocole Nord/Sud,
créer un comité intra régional par la fusion des comités nationaux de biosécurité ;
- la coordination entre les pays de la sous région pour un respect, une meilleure application des
conventions sous régionales, régionales et internationales. A ce sujet, créer une structure
supranationale de coordination des conventions. Cette structure se chargerait également
d’harmoniser les positions des pays de la sous région, de la région, lors des rencontres
internationales ;
- la mise en place de cadre juridique devant favoriser la gestion et la préservation de
l’environnement et des ressources naturelles tout en insistant sur les ressources partagées
(barrages, lignes électriques, voies de communication, fleuves, océan, etc.) ; s’accorder sur une
stratégie permettant l’harmonisation des textes relatifs au commerce transfrontalier des produits,
surtout des produits forestiers entre autres, et une bonne application des règlements ;
- l’adoption des stratégies de mise en en œuvre de la politique environnementale privilégiant
l’approche participative basée sur :
Cette approche favorisera la réalisation d’actions comme la gestion des ordures, la prévention des
pollutions (développement de technologies et soutien à l’industrie), l’établissement de normes
adaptées pour la gestion de l’eau par exemple, l’élaboration de schémas directeurs (urbanisme,
aménagement de territoire), les études d’impact environnemental, etc.
A l’instar du Sénégal, beaucoup de pays de la sous région sont déjà impliqués dans des actions
communes relatives à l’environnement et aux ressources naturelles.
Certains pays riverains se sont engagés à mettre en valeur des ressources partagées à travers des
institutions communes (OMVS, OMVG …) pour les pays riverains des fleuves Sénégal et Gambie, à
gérer des aires protégées transfrontalières, des zones côtières communes, etc. D’autres pays se sont
investis dans l’organisation d’ateliers sous régionaux et/ou dans la réalisation de programmes et
244
245
- l’atelier relatif au commerce transfrontalier des produits forestiers et à la gestion décentralisée des
ressources, tenu en 2002 à Kolda au Sénégal avec la participation de pays frontaliers : Gambie,
Guinée Bissau, Guinée Conakry, Mali, Sénégal ;
- l’atelier sur la réglementation forestière au Sahel, tenu à Dakar au Sénégal avec la participation de
délégués du Mali, du Niger, du Sénégal. Il s’est agi de faire l’état des lieux sur la réglementation et
la législation forestières dans les pays du Sahel et de s’accorder une stratégie pour leur meilleure
application ;
- l’atelier sur l’accélération du processus d’intégration sous régionale en Sénégambie méridionale
tenu en Gambie en 2005 dont l’objectif premier est de proposer les formes et modalités de
fonctionnement d’un cadre de concertation et le deuxième objectif est de promouvoir la mise en
œuvre de projets transfrontaliers concrets dans l’espace de la Sénégambie méridionale. Cet atelier
co- organisé par Enda – perspectives dialogues politiques et le club du Sahel et de l’Afrique de
l’ouest sous l’égide de la CEDEAO a réuni personnalités de la société civile, élus locaux,
décideurs, etc. de la Gambie, de la Guinée Bissau et du Sénégal ;
- l’atelier sur le développement rural et les changements climatiques : rôle de l’agriculture, de l’eau
et de la biomasse, tenu au Sénégal en 2005 à l’initiative d’Enda Tiers Monde. Cet atelier a traité
de l’anticipation sur les conséquences néfastes des changements climatiques ;
- etc.
Outre les engagements précités, le Sénégal entend participer aux actions sous-régionales
suivantes :
• Aménagement et développement intégré des bassins des fleuves Gambie, Kayanga dans le
cadre de la phase III de l’OMVG. Le projet initié dans ce sens est un projet agro-
sylvopastoral. Il concerne les deux Guinées (Bissau et Conakry), la Gambie et le Sénégal.
Ces objectifs visent :
o au niveau régional, la clarification des droits fonciers et la définition des
espaces de production pour une meilleure organisation des capacités locales de
production ;
o au niveau interrégional, le renforcement de la cohabitation entre pays dans le
but de répondre à la volonté d’intégration. En bref, il s’agit d’harmoniser les
actions de part et d’autre des frontières pour limiter les dégradations
(rapprochement des législations, échanges d’informations sur les mouvements
des produits, etc.).
• Conservation des écosystèmes de mangrove en Afrique de l’Ouest. Le projet s’y afférant
concerne le Sénégal, la Gambie, la Guinée et la Guinée Bissau avec l’assistance de la
FAO. Il vise dans un premier temps à une conservation des ressources en mangroves des
quatre zones prioritaires dans trois pays en Afrique de l’Ouest à travers l’élaboration et la
mise en œuvre des plans de gestion : delta du Sine-Saloum, basse Casamance au Sénégal,
Rio Cacheu en Guinée Bissau, Lower Gambia River District en Gambie. Ces interventions
dans ces zones toucheront à la fois l’agriculture, la pêche et la foresterie et sont
susceptibles d’avoir un impact positif sur la sécurité alimentaire. Ensuite, deux autres
sites, Rio Cacine (Guinée Bissau) et Rio Nunez (Guinée) feront l’objet de plans de gestion
à partir de la troisième phase d’exécution du projet ;
• Gestion intégrée des ressources naturelles du Fouta Djallon. Le programme s’y rapportant
regroupe huit Etats d’Afrique de l’Ouest dont le Sénégal et concerne la restauration et la
préservation de la biodiversité, la gestion des terres dégradées et des eaux partagées en
vue d’une amélioration du cadre de vie des populations riveraines du massif et des Etats
tributaires des cours d’eau prenant leur source au Fouta Djallon ;
• Etc.
245
246
- La promotion du partenariat : identifier les partenaires, élargir le nombre au besoin afin de susciter
la mobilisation des ressources et de faciliter la réalisation du programme commun au niveau des
pays membres. Les partenaires pourraient être les pays membres, les bailleurs de fonds, les
collectivités décentralisées ainsi que les populations de préférence celles qui sont organisées
(organisations de producteurs, organisations communes de base, etc.) ;
- La mise en place de cadre de concertation devant favoriser l’accès à l’information, le dialogue
entre les différents partenaires, les échanges d’expériences, de savoirs, l’intégration du programme
dans les autres secteurs du développement, etc. ;
- La bonne gouvernance en dotant les collectivités décentralisées de pouvoirs réels leur permettant
de prendre des décisions qu’il faut pour la réalisation du programme dans leurs terroirs et partant
dans les pays membres ;
- La réalisation et la gestion du programme : choix des partenaires devant exécuter les actions du
programmes dans chaque pays concerné (services spécialisés, cellules nationales du programme,
points focaux du programme, …), établir un protocole d’accord avec la structure nationale chargée
d’exécuter les actions prévues dans le programme, planification annuelle des réalisations par
élaboration de plan de travail annuel (PTA), formation des différents acteurs ;
- Le suivi évaluation du programme pas une structure supra nationale mais en rapport avec la
structure nationale d’exécution du programme et/ou le point focal du programme dans chaque
pays.
3- Moyens de contrôle
Il s’agit de mettre en place des structures de suivi et de contrôle de la mise en œuvre régionale
de la politique de l’environnement. Ces structures pourraient être les suivantes :
- une cellule régionale basée au siège de l’UEMOA avec pour mandat de veiller au respect des
engagements et des recommandations de l’assemblée de l’union concernant l’environnement, de
suivre l’application de la politique commune dans les pays membres, de procéder au contrôle sur
le terrain des activités relatives à cette politique et de servir de relais aux différentes structures de
soutien ;
- une commission nationale de suivi et de contrôle de la mise en œuvre de la politique commune
d’amélioration de l’environnement dotée d’un secrétariat permanent ;
Dans chaque pays, la commission sera placée sous l’autorité du chef de gouvernement et le
secrétariat permanent basé au ministère chargé de l’environnement et des ressources naturelles. Cette
commission sera représentée au niveau local par des comités.
En plus de cela, on pourrait s’appuyer sur des structures existantes comme l’observatoire de
l’OMVS entre autres, ou réhabiliter et élargir les compétences de certaines structures déjà existantes
mais mises en veilleuse comme le secrétariat permanent Sénégalo-Gambien qui intervenaient entre
autres sur la protection des ressources naturelles le long des frontières communes, le conseil supérieur
des ressources naturelles et de l’environnement (CONSERE) du Sénégal dont le but était d’améliorer
la cohérence et la complémentarité des actions des différents ministères impliqués dans la gestion des
ressources naturelles et de l’environnement, etc.
246
247
Les conflits armés qui existent ça et là dans la sous - région, le climat social non apaisé qui
prévaut dans certains pays de la sous région, les perturbations climatiques pouvant entraîner
sécheresses ou inondations, le manque de moyens financiers, de synergies entre le s différents
partenaires, d’implication et de responsabilisation des collectivités décentralisés, des populations et de
formation des partenaires, etc., peuvent engendrer des manquements dans la mise en œuvre régionale
de la politique de l’environnement. Cela va se traduire par :
- la réduction des productions primaires et de la nappe phréatique dans certaines zones diminuant
ainsi la consommation d’eau des populations concernées ;
- la précarité de la santé des populations exposées à toutes sortes de pollutions et de nuisances ;
- une urbanisation non contrôlée débouchant sur une mauvaise occupation de l’espace, une
mobilité mal maîtrisée favorisant des pertes de temps considérables, en conséquence le non
respect des horaires de travail ce qui est un lourd handicap pour tous les secteurs de l’économie ;
- etc.
La sensibilisation est une étape de l’approche participative qui permet de régler plusieurs
problèmes environnementaux importants. Elle devrait déboucher sur la prise de conscience par les
partenaires, les populations surtout de leurs rôles et responsabilités dans la mise en œuvre de la
politique commune de l’environnement.
2) au niveau des pays membres, des commissions nationales créées pour le suivi et le contrôle de
la politique commune de l’environnement, on pourrait utiliser :
247
248
Une fois validée par les décideurs après soumission à plusieurs stades de conformation, la
politique commune d’amélioration, de l’environnement doit être comprise et partagée par tous les pays
membres de l’UEMOA, par tous les acteurs chargés de sa mise en œuvre. Ainsi seront organisés des
rencontres au niveau sous - régional et au niveau national. Chaque pays membre devra à son tour,
organiser des rencontres d’information au niveau régional et local avec l’ensemble des partenaires
(secteur public, privé ou associatif).
La mise en œuvre de cette politique devra reposer également sur des préalables qui pourraient
être des réformes institutionnelles et des mesures d’accompagnement concernant : la concertation
entre les bailleurs de fonds pour harmoniser leurs appuis, la mise en place de mécanismes de
financement de l’environnement, etc.
Par ailleurs, il serait judicieux d’élaborer des stratégies de communication au niveau sous
régional, national, des projets et programmes sous - régionaux. Chaque stratégie de communication
devra être conçu en étroite collaboration avec des partenaires concernés et se fonder sur une
méthodologie d’approche commune définie par le siège.
Des actions populaires de salubrité et d’assainissement comme le « Set Setal » propre et rendre
propre qui a eu lieu au Sénégal vers la fin des années 80 est une opération à réhabiliter et à encourager
dans ses aspects qui cadrent parfaitement avec la coutume, la gestion traditionnelle de la propreté des
cités qui va jusqu'à imposer aux riverains la propreté des emplacements publics (avenues, rues, places
publiques, etc.). De telles actions pourraient faire des émules dans d’autre pays de la sous - région
mais à condition qu’elles cadrent avec leurs traditions. Par contre des concours d’actions de propreté
ou dans d’autre domaines d’activités pourraient être organisés dans les pays de la sous-région ou par
l’UEMOA même. Ces compétitions saines seraient dotées de prix, de primes, de récompenses de
toutes sortes pour stimuler la concurrence entre les différents acteurs.
Par ailleurs des incitations positives financières ou matérielles pourraient être accordées à ceux
qui auront réalisé ou poursuivi des activités d’intérêt général. Cela se ferait sous forme de prêts
financiers, de subventions, d’indemnisations, etc. Les incitations matérielles pourraient quant a elles
concerner l’acquisition d’infrastructure pour le ramassage, la collecte et le traitement des ordures,
d’ouvrages d’assainissement collectifs, la mise au point de technologies de réduction de gaz dans les
usines, de transformation des produits forestiers, etc.
Dans tous les cas, des modalités d’octroi de prêts, de subventions, d’indemnisations ou
d’acquisition de matériels seront précisées. La répartition d’avantages financiers comme les recettes
forestières entre les différents acteurs de la gestion des ressources naturelles, (Etat, collectivités
locales, populations) suivant des taux définis par les textes réglementaires, constitue une autre forme
d’incitation positive.
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249
LE TOGO
249
250
RAPPORT DU TOGO
Présenté par
M. TCHAKEI Essowavana Ousmane
Docteur en Droit International de l’Environnement
et du Développement
Administrateur Civil Principal, Chargé du DSRP
Ministère du Développement et de l’Aménagement du Territoire
Enseignant associé aux Facultés de Droit (UL et UK) et à l’ENA
Consultant Indépendant en Environnement et Développement
I - PRESENTATION DU TOGO
Le Togo est une étroite bande de terre dont la largeur varie de 50 à 150 km entre le Bénin à
l’Est et le Ghana à l’Ouest. Il s’étire sur une longueur d’environ 600 km entre l’Océan
Atlantique au Sud et le Burkina Faso au Nord et couvre une superficie de 56 600 km2.
250
251
Deux grandes zones de relief subdivisent le Togo. L’une formée de montagnes orientées
NNE- SSW et rattachant l’Akwapim du Sud Ghana à l’Atakora du Nord-Bénin, et l’autre
formée de plaines constituées par les bassins hydrographiques de l’Oti au Nord et du Mono au
Sud. Le mont Agou (986 m) est le point culminant du pays.
Deux climats prévalent au Togo : le climat subéquatorial caractérisé par deux saisons sèches
et deux saisons pluvieuses règne sur la moitié sud du pays, tandis que la moitié nord du pays
est couverte par le climat tropical humide caractérisé par une seule saison des pluies et une
saison sèche. La pluviométrie moyenne annuelle se situe entre 700 et 1600 mm.
La végétation est de type soudano-guinéen comprenant la forêt sur les montagnes et le long
des cours d’eau et la savane plus ou moins arborée dans les plaines.
Le Togo n’est pas un pays naturellement pourvu de ressources forestières. Il existe néanmoins
des îlots plus ou moins vastes de forêts semi décidues au Sud-Est et au Centre du pays, des
galeries forestières le long des cours d’eau et quelques formations forestières denses dans le
moyen Sud-Ouest. Malheureusement, la plupart de ces formations végétales sont fortement
dégradées.
Le pays abrite diverses espèces fauniques : une faune typique de savane et une faune typique
de forêt et de galeries forestières, des espèces de montagnes, des espèces aquatiques et
lagunaires. Les espèces sauvages peuplent surtout les parcs nationaux (Kéran, Malfakassa-
Fazao et la Fosse aux Lions), les réserves de faune, les forêts-galeries et les formations
forestières naturelles des zones montagneuses.
Les systèmes lacustre et lagunaire des zones côtières s’épuisent progressivement du fait des
pollutions urbaines et industrielles et de l’eutrophisation. Le milieu marin togolais est, par
nature, pauvr e en ressources biologiques.
Afin de mieux préserver les ressources naturelles et réduire les pressions anthropiques sur la
végétation et la biodiversité du pays, 14 % du territoire ont été classées depuis 1939. Au
nombre de 83 pour une superficie d’environ 789.888 ha, certaines forêts classées à partir de
1974, vu leur importance et caractéristiques écologiques, sont converties soit en parcs
nationaux ou en réserves de faune. La gestion rigoureuse de ces parcs et réserves de faune,
ainsi que celle des forêts classées ont permis de conserver les ressources naturelles jusqu’à la
fin des années 80.
Malheureusement, les troubles sociopolitiques que le pays a connus au cours des années 90
ont remis en cause les acquis de la politique de gestion de la faune et de la flore. Ceci s’est
traduit par l’envahissement des aires protégées, la recrudescence des feux de brousse tardifs,
la coupe anarchique de bois, etc.
Le Togo dispose de 36.300 km² de terres arables soit 64 % du territoire national, répartis en
10.200 km² de forêts dont 4.167 km² de forêts classées ; 2.000 km² de pâturages ; 15.000 km²
de jachères et 9.100 km² de terres cultivées.
251
252
Sur la base du taux d’accroissement annuel estimé à 2,4 % en 2003, la population totale du
pays évaluée en 2005 à 5.212.000 habitants atteindra 6.850.000 habitants en 2010. La
population est inégalement répartie avec une densité de 92,08 habitants/km2 en 2005.
Aux termes de l’article 141 de la constitution de la IVè République, «la République Togolaise
est organisée en collectivités territoriales sur la base du principe de décentralisation dans le
respect de l’unité nationale. Ces collectivités territoriales sont : les communes, les préfectures
et les régions.
Les collectivités territoriales s’administrent librement par des conseils élus au suffrage
universel, dans les conditions prévues par la loi ».
La loi n° 98-006 du 11 février 1998 portant décentralisation est venue compléter les
dispositions constitutionnelles. Elle confie d’importantes attributions environnementales aux
collectivités territoriales. En effet, aux termes de son article 6 "la commune, la préfecture et la
région ont compétence pour promouvoir avec l’Etat, le développement économique, social,
technologique, scientifique, environnemental et culturel dans leur ressort territorial".
Sur le plan administratif, le pays est divisé en cinq régions (Maritime, Plateaux, Centrale,
Kara et Savanes) subdivisées en trente préfectures. Les chefs- lieux des préfectures sont
considérés comme des communes urbaines. Les autres localités forment les zones rurales.
252
253
En effet, le secteur primaire occupe une place importante dans l'économie togolaise : environ
72% de la population active est employée par l'agriculture. Il a contribué pour 40,6 % à la
production nationale en 2003. Sa part a même atteint 51% en 1993 du fait du fléchissement
des autres secteurs d'activité. Les autres sous-secteurs sont : l’élevage et la pêche.
Le Togo dispose, depuis 1967, d’un port franc à caractère industriel, minéralier et
commercial, qui couvre une superficie de 800 ha, et est doté de grands magasins de stockage
et un parc pour véhicules. Un wharf minéralier, pour les phosphates, long de 1.200 m situé à
Kpémé, à 35 km à l’Est de Lomé, se consacre aux activités marchandes de l’OTP devenu
IFG-TG.
Consacrant les engagements du pays en matière de lutte contre la pauvreté, les grandes
orientations retenues dans l’avant-projet de Document Intérimaire de Stratégie de Réduction
de la Pauvreté (DSRP), qui visent à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le
développement (OMD) adoptés par la Communauté internationale, dont le Togo, à l’occasion
du Sommet du Millénaire en septembre 2000, reposent sur les axes suivants : (i) accélération
de la croissance économique dans une optique de réduction de la pauvreté ; (ii)
développement des secteurs sociaux, des ressources humaines et de l’emploi ; (iii) gestion
efficace des ressources naturelles et de l’environnement ; (iv) promotion de la bonne
gouvernance.
253
254
- une pollution de l’eau et de l’air par divers effluents chimiques ou autres d’origine
domestique, agricole et industriel ;
- une dégradation de la santé environnementale ;
- une dégradation du cadre de vie entraînant celle de la santé humaine ;
- des perturbations climatiques qui se manifestent par l’irrégularité, l’arrivée tardive, la
fin précoce des pluies avec un dessèchement des cours d’eau ;
- une dégradation et un appauvrissement des sols ;
- des pollutions et nuisances dues aux transports et aux activités industrielles.
- la constitution du 14 octobre 1992 qui dispose en son article 41 que "toute personne a droit à
un environnement sain. L’Etat veille à la protection de l’environnement";
- la loi n° 88-14 du 3 novembre 1988 instituant code de l’environnement qui constitue le texte
de base en matière de gestion et de protection de l’environnement. Le processus de révision
de cette loi est très avancé aux fins d’internaliser les dispositions des conventions et accords
internationaux relatifs à l’environnement de la génération de Rio.
- le décret du 05 février 1938 et le décret n° 55-582 du 20 mai 1955 relatifs à la protection des
forêts ;
- le décret n°2000 – 089 / PR portant du 08 novembre 2000 portant définition des modalités
d’exercice des activités réglementées conformément à la loi n°2000 – 012 du 18 juillet 2000
relative au secteur de l’électricité ;
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En effet, le Togo a signé ou ratifié plusieurs conventions, traités et accords relatifs à la protection de l’environnement au nombre
desquels l’on peut citer : la Convention concernant l’emploi de la céruse dans la peinture ( Genève, 1921), la Convention relative à la
conservation de la faune et de la flore à l’état naturel (Londres, 08 novembre 1933), la Convention internationale pour la protection
des végétaux (Rome, 06 décembre 1951), la Convention phytosanitaire pour l’Afrique (Kinshasa, 1967), la Convention africaine sur
la conservation de la nature et des ressources naturelles (Alger, 15 septembre 1968), la Convention relative aux zones humides
d’importance internationale (Ramsar, 02 février 1971), la Convention concernant la conservation du patrimoine culturel et naturel
mondial (Paris, 23 novembre 1972), la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées
d’extinction (CITES, Washington, 03 mars 1973), la Convention internationale sur la prévention de la pollution par les navires (
Londres, 1973), la Convention sur la prévention de la pollution des mers résultant de l’immersion des déchets et d’autres matières
(Londres, 1973), la Convention relative à la coopération en matière de protection de l’environnement marin et côtier dans les régions
de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (Abidjan, 23 mars 1981), la convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer (Montego-Bay,
10 décembre 1982), la Convention de Vienne pour la Protection de la Couche d’Ozone (Vienne, 1985), le Protocole de Montréal
relatif à des substances qui appauvrissent la couche d’ozone (Montréal, 16 septembre 1987) et son amendement ( Copenhague, 1992),
la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières des déchets dangereux et de leur élimination (Bâle, 22 mars
1989) et son Protocole, la Convention sur l’interdiction d’importer en Afrique des déchets dangereux et sur le contrôle de
mouvements transfrontières ( Bamako, 30 janvier 1991), la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques et
la Convention sur la Diversité Biologique (Rio de Janeiro, 1992), la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la
désertification ( Paris, 17 juin 1994), la Convention de Stockholm sur les Polluants Organiques Persistants (Stockholm, 23 mai 2001),
la Convention de Rotterdam sur la procédure de consentement préalable en connaissance de cause applicable à certains produits
chimiques et pesticides dangereux qui font l’objet d’un commerce international (Rotterdam, septembre 1998), le Protocole de
Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques relatif à la Convention sur la Diversité Biologique (Montréal, 29 janvier
2000).
Des structures ont été créées aux fins de suivi et de mise en œuvre de ces dispositions conventionnelles. Celles-ci ne fonctionnent pas
efficacement étant donné que la plupart des engagements internationaux sont postérieurs aux textes en vigueur au Togo et ne sont
pas internalisés dans le corpus juridique national.
l’ordonnancement juridique interne relève des mêmes difficultés que celles qui
Il reste que la Constitution du 14 octobre 1992 dispose que « les traités ou accords
régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle
des lois sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l’autre partie » (art.
140). Ceci suppose donc que ces normes, une fois internalisées, devraient renforcer le corpus
juridique relatif à la gestion de l’environnement au Togo
255
256
Ce Ministère a été créé en 1987 par le décret n° 87-24 du 12 mars 1987. Son organisation et
ses attributions ont été redéfinies par le décret n° 2001-203/PR du 19 novembre 2001 qui
consacre les dispositions des articles 1 et 2 du code de l’environnement.
Aux termes des dispositions de ces deux textes, ce Ministère veille, entre autres, à la
prévention ou la limitation des activités susceptibles de dégrader et d’entraîner des atteintes à
la santé des personnes ou à l’environnement. Il adopte seul ou avec les autres Ministères
concernés et propose au Gouvernement les orientations et les mesures nécessaires en matière
de gestion environnementale. Par ailleurs, il coordonne la mise en œuvre de la politique
gouvernementale dans le domaine de l’environnement et assure le suivi des résultats.
256
257
Ø Ministère de la Santé
Il joue un rôle important à travers la Société d’Administration des Zones Franches (SAZOF)
en matière de production en zones franches.
Ce Ministère est chargé, entre autres, de l’économie et veille en principe à la prise en compte
de la protection de l’environnement ;
l’Ecole Supérieure d’Agronomie (ESA) qui s’occupe principalement des recherches relatives
aux variétés, aux méthodes culturales, à la biotechnologie, à la protection des cultures et des
récoltes avec accent particulier sur les alternatives écologiques aux pesticides chimiques de
synthèse ;
l’Ecole Nationale Supérieure d’Ingénieurs (ENSI) impliquée dans les recherches sur le secteur
de l’énergie et des ressources en eau;
257
258
la Faculté des Sciences (FDS) qui s’occupe des problèmes de la qualité de l’eau, de la
pollution atmosphérique, des alternatives écologiques aux pesticides chimiques de synthèse,
des changements climatiques, de l’étude des impacts sur la santé humaine avec la Faculté
Mixte de Médecine et de Pharmacie, etc.
l’Ecole des Assistants Médicaux (EAM) à travers la filière Génie Sanitaire qui forme des
techniciens de génie sanitaire intervenant dans l’hygiène du milieu ;
la Faculté Mixte de Médecine et de Pharmacie (FMMP) qui forme les médecins et les
pharmaciens ;
l’Ecole Supérieure des Techniques Biologiques et Alimentaires (ESTBA) qui forme des
Ingénieurs de travaux pour les analyses chimiques et biologiques, l’industrie et
l’environnement ;
Ce ministère est impliqué à travers les installations militaires, les opérations d’urgence et de
secours.
258
259
Des ONG jouent un rôle important dans l’éducation et la sensibilisation du public notamment
dans la lutte contre la dégradation de l’environnement. Il s’agit, entre autres, de : INADES
Formation, Les Amis de la Terre- Togo, Association Togolaise des Consommateurs (ATC),
Groupe de Recherche et d’Action pour le Développement Social et Economique (GRADSE),
RAFIA , Consortium des ONG en Matière d’Environnement au Togo (COMET), Union des
ONG du Togo (UONGTO), Jeunes volontaires pour l’environnement (JVE).
Néanmoins, il faut noter que toutes ces organisations ne disposent pas d’informations
suffisantes sur la gestion des produits chimiques et qu’elles ouffrent par ailleurs
d’insuffisances en ressources humaines, matérielles et financières.
Les Organes de coordination et de concertation
Des organes ont été mis en place pour faciliter la coordination et la concertation des actions
de gestion de l’environnement. Il s’agit essentiellement de :
- la Commission Interministérielle de l’Environnement instituée par le code de
l’environnement en son article 3 et organisée par décret n° 96-161/PR du 2 décembre 1996.
Elle a pour mission de faciliter la coordination des actions en matière d’environnement par
l’étude de solutions administratives, techniques et juridiques. Malgré son importance pour la
coordination effective des actions, elle reste peu opérationnelle depuis sa création. Ses
membres viennent d’être installés, ce qui augure une certaine redynamisation ;
- le Comité National de l’Environnement institué aussi par le code de l’environnement et
restructuré par arrêté n° 008/MERF du 19 no vembre 1997, qui est un organe structuré en
plusieurs sous-comités dont les désignations définissent les domaines respectifs de
concertation. Il est composé de représentants des structures publiques et privées, des ONG,
des organisations syndicales et des collectivités locales traitant des questions relatives à
l’environnement et à la gestion des ressources naturelles. Ce Comité est resté peu
fonctionnel ;
- le Comité National sur les Changements Climatiques mis en place pour suivre la mise en
œuvre de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, regroupe
les représentants des principales institutions compétentes et/ou concernées par les questions
relatives aux changements climatiques, à l’évolution des gaz à effet de serre (GES) et à la
définition et la mise en oeuvre des mesures d’adaptation. Ce Comité, qui comprend toutes les
catégories d’acteurs (secteurs public et privé, ONG), a joué un rôle fondamental dans la mise
en œuvre du projet Changements Climatiques ;
259
260
- le comité national de mise en œuvre du processus d’élimination du plomb dans l’essence qui
est un cadre d’information, de concertation et de suivi de la mise en œuvre du processus
d’élimination du plomb dans l’essence.
- les Comités de Protection et de Gestion de l’Environnement créés par arrêté
n° 02/MDMET-DPNRFC-DPCEF du 18 janvier 1995 au niveau des préfectures, sous-
préfectures, cantons et villages, qui sont chargés de l’information, l’éducation et la
sensibilisation des populations en matière de protection et de gestion de l’environnement et de
lutte contre les feux de brousse;
-les Comités Régionaux et Locaux de Planification créés par ordonnance n° 75-26 du
28 juillet 1975 afin de faciliter la participation de toutes les catégories d’acteurs de
développement aux actions de développement aux niveaux régional et préfectoral. Ils sont
relayés au niveau local par les Comités Villageois de Développement (CVD).
- le Comité national des produits phytopharmaceutiques chargé de l’homologation des
produits phytopharmaceutiques. Il propose aux Ministres concernés le projet d’agrément à
délivrer à toute personne physique ou morale qui procède à la mise sur le marché les produits
phytopharmaceutiques
- le Conseil supérieur de la normalisation qui est chargé, entre autres, de définir pour le
compte de l’Etat une politique générale de la normalisation et du contrôle de la qualité et de
veiller à son application, de fixer les directives d’ordre général et scientifique qui devront être
suivies dans l’établissement des diverses normes et de veiller au processus de leur
homologation
- le Comité national pour la sécurité chimique qui est relativement opérationnel. C’est le
cadre de concertation et de suivi de la mise en œuvre des conventions et accords
internationaux relatifs aux produits chimiques.
Elle vise une gestion durable des ressources naturelles et de l’environnement et consacre le
principe d’utilisation durable de ces ressources à des fins de solidarités et d’équité entre les
générations présentes et futures. Ses orientations qui intègrent les aspects environnementaux
dans les stratégies, programmes et projets de tous les secteurs de développement du pays
sont :
260
261
Ces orientations stratégiques transversales qui visent, entre autres, ’intégration des
préoccupations environnementales dans tous les secteurs d’activités supposent :
• l’intégration progressive des questions d’environnement dans les politiq ues et stratégies
de développement sectorielles ;
• le renforcement des capacités des institutions sectorielles pour l’intégration des questions
environnementales dans la planification et le cycle des programmes et projets ;
• l’élaboration et la mise en œuvre des procédures et directives d’évaluation
environnementale dans les différents secteurs d’activités avec internalisation des coûts de
protection de l’environnement ;
• la promotion des technologies moins dommageables à l’environnement par des mesures
incitatives ;
• le développement d’un système d’information et de suivi de l’environnement.
Cette politique est complétée par le Plan National d’Action pour l’Environnement (PNAE),
adopté en juillet 2001, dont le but est de servir de cadre d’orientation nationale pour la
promotion d’une gestion rationnelle des ressources naturelles et de l’environnement dans tous
les domaines d’activités du développement. Les axes d’orientations stratégiques consacrés par
le PNAE mettent l’accent sur la nécessité de :
- renforcer les capacités nationales en matière de gestion de l’environnement ;
- assurer la prise en compte effective des préoccupations environnementales dans la
planification et la gestion de l’économie ;
- promouvoir une gestion saine et durable des ressources naturelles et de l’environnement ;
- apporter une contribution déterminante à la dynamique d’intégration sous-régionale et de
coopération internationale pour une gestion concertée des ressources partagées ou
transfrontalières.
- la Stratégie Nationale de mise en œuvre de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les
Changements Climatiques ;
- le Cadre National de Biosécurité ;
- le Programme national de pays relatif aux substances qui appauvrissent la couche d’ozone ;
- le Plan National de Mise en œuvre de la Convention de Stockholm sur les polluants
organiques persistants (POPs) .
261
262
Il faudrait établir une synergie dans la mise en œuvre des conventions concernées par les
différentes stratégies.
L’objectif poursuivi par ce renforcement de capacités nationales est de doter le pays d’outils
de gestion de l’environnement et des ressources naturelles par approche participative des
différents acteurs concernés aux fins d’une gestion durable et décentralisée de
l’environnement et des ressources naturelles. Pour ce faire, il faudra :
262
263
263
264
264
265
- l’appui à une implication plus accrue du Togo dans la préparation des conventions et
accords internationaux.
Le Programme d’Action National de lutte contre la désertification (PAN) à pour objectif une
gestion durable des ressources naturelles au Togo et une atténuation des effets de la
sécheresse dans les zones sèches et sub-humides du pays menacées par la désertification à
travers l’identification des facteurs qui y contribuent et des mesures concrètes de lutte. Le
processus du PAN se traduira par :
265
266
La lutte contre la désertification repose sur cinq (5) grands principes : l’approche
participative, la décentralisation, l’approche intégrée et multisectorielle, l’approche
écosystémique ascendante des actions d’initiative locale et le partenariat.
Le programme d’action de lutte contre la désertification est décomposé en sept (7) sous-
programmes :
266
267
A l’instar du PAN de lutte contre la désertification, cette stratégie repose sur les principes de
partenariat, de décentralisation, d’approche par écosystème et d’approche intégrée et
multisectorielle et a pour objectif général de conserver et d’exploiter rationnellement la
biodiversité en vue d’améliorer les conditions et le cadre de vie des populations et garantir
aux générations futures, des ressources naturelles suffisantes dans la perspective d’un
développement durable du pays ;
Cet objectif global sera atteint à travers trois objectifs spécifiques à savoir :
- développer les capacités de tous les acteurs impliqués dans la gestion de la diversité
biologique ;
- préserver de façon participative des aires représentatives des différents écosystèmes
pour garantir leur pérennité et conserver leurs éléments constitutifs,
- assurer l’utilisation durable de la biodiversité et le partage des rôles, des
responsables et des bénéfices découlant de la gestion de la diversité biologique.
- la préservation des aires représentatives des différents écosystèmes pour garantir leur
pérennité et conserver leurs éléments constitutifs à travers :
267
268
3.4 - Stratégie nationale et plan d’actions de mise en œuvre de la Convention- Cadre des
Nations Unies pour les Changements Climatiques (CCNUCC)
La stratégie nationale de mise en œuvre de la Convention Cadre des Nations Unies pour les
Changements Climatiques (CCNUCC) est articulée autour des composantes ci-après :
- à atténuer les gaz à effet de serre émis en agissant sur les causes anthropiques ayant
généré lesdits gaz ;
- à permettre au Togo d’honorer les engagements qu’il a pris à travers la ratification de la
CCNUCC le 8 mars 1995 ;
- à amender les politiques sectorielles et pour lesquelles, il a été noté des insuffisances dans
la prise en compte des mesures spécifiques à l’atténuation des GES.
Un plan d’actions contenant les différents objectifs visés, les actions à mener, les
268
269
269
270
Le plan d’action de mise en oeuvre de cette stratégie est conçu par synergie avec les plans,
programmes et projets de mise en oeuvre de la stratégie nationale de conservation et
d’utilisation durables de la dive rsité biologique, du PNAE et du PNGE et vise
fondamentalement :
- la conservation in situ ;
- la validité de l’effort de conservation ;
- la valorisation durable de l’effort de conservation..
270
271
3.8 - Programme des gouvernements des pays du bassin du fleuve Volta, avec l’appui du
fonds pour l’environnement mondial (Programme des Nations Unies pour l’Environnement).
Ce programme préconise des actions nationales et régionales prioritaires pour aborder les
causes de la dégradation environnementales et les menaces sur l’environnement du Bassin du
Fleuve Volta.
• élaborer un plan d’action régional pour la gestion des ressources en eau du bassin ;
• préparer un document régional sur la biodiversité y compris une analyse des écarts et
obtenir son endossement par les Etats riverains ;
• harmoniser les politiques environnementales et économiques des Etats concernés en
rapport avec l’utilisation de l’eau ;
• créer une commission régionale doter de moyens juridiques appropriés pour surveiller la
dégradation des sols de la région
271
272
• interdire, par accord des pays riverains, les feux de brousse pour l’agriculture, le pâturage
et la chasse ;
• développer des régimes fonciers et réduire la tendance des migrations à la recherche de
nouvelles terres tout en encourageant les « investissements » dans les terres (ex. irrigation
efficace, cultures améliorées) ;
• élaborer des lignes directrices pour les méthodes de surveillance et d’évaluation de l’eau,
des sédiments et du biote, (y compris analyse des échantillons et évaluation des risques) ;
• convenir à l’échelle régionale de l’extraction de l’eau fluviale et du contrôle des régimes
des débits fluviaux ;
• gérer la décharge des barrages hydroélectriques en conformité avec les exigences de la
nature ;
• réaliser des projets régionaux EIE pour la gestion de l’eau, peut être à travers la
Convention ESPO, afin de favoriser une participation étendue des acteurs aux principaux
projets ;
• revoir, harmoniser, et renforcer les législations nationales et les conventions régionales et
internationales relatives à la conservation et gestion des zones humides ;
• revoir et renforcer les conventions régionales existantes en rapport avec le système
hydrique et initier de nouvelles conventions ;
• rédiger et adopter une méthodologie harmonisée de processus d’EIE régionale ;
• développer et renforcer les codes sur l’utilisation des terres pour l’agriculture et l’élevage ;
• établir une législation pour réduire les taux de déforestation, basée sur les incitations et les
démotivations économiques ;
• améliorer le cadre juridique de chaque pays en matière de lutte contre la désertification, y
compris : les critères de définition de la dégradation des sols ; la sylviculture, les
ressources en eau et les sols ; et mécanismes juridiques renforcés tels que les procédures
d’EIE et de planification ;
• renforcer la capacité des groupes de conservation locaux pour leur permettre de mieux
conserver les zones humides ;
• créer un groupe de travail régional sur les zones protégées : protection et gestion,
arrangements financiers, nouvelles zones protégées et mise en charge des zones protégées
situées le long des frontières internationales ;
272
273
• mettre en application la stratégie sur la biodiversité, y compris des plans d’action pour des
espèces spécifiques ;
• mettre en œuvre des alternatives à l’expansion agricole, au pâturage incontrôlé et aux
mauvaises pratiques de la chasse, y compris les feux de brousse et le braconnage, en vue
de conserver la biodiversité ;
• réaliser une première évaluation périodique (intervalle de 3 ans) de qualité et des
tendances des rivières ;
• préparer des évaluations d’impacts environnementaux (EIE) pour les principaux
investissements susceptibles d’affecter la quantité ou la qualité de l’eau
• soutenir les droits de propriété et l’évaluation des ressources en eau douce ;
• conduire une première évaluation périodique de la qualité et tendances des eaux
souterraines ;
• instituer une structure de tarification de l’utilisation de l’eau pour tous les utilisateurs de
l’eau ;
• reboiser le bassin de drainage afin d’augmenter les processus naturels
évapotranspiration ;
• développer des institutions régionales et nationales pour conduite en cours de la
surveillance de la dégradation des sols y, compris les zones géographiques, les causes et
les taux ;
• créer un réseau à base communautaire pour éduquer et conseiller les acteurs sur les
alternatives aux activités traditionnelles nuisibles causant la dégradation des sols ;
• établir des capacités régionales et nationales pour surveiller, examiner les causes, et établir
les cartes (en utilisant SIG) des situations géographiques de l’agriculture et de l’élevage,
y compris les objectifs de protection. Disséminer largement les résultats aux populations
rurales ;
• établir des programmes de reboisement et commencer leur mise en œuvre dans les zones
affectées aux niveaux villageois, communautaire, national, et régional ;
• établir des capacités régionales et nationales pour surveiller, examiner les causes, et établir
les cartes (en utilisant SIG) des taux et des situations géographiques de la déforestation et
du reboisement, y compris les objectifs de protection. Disséminer largement les résultats
aux populations rurales ;
• démontrer les moyens permettant d’arrêter la désertification.
*conduire une évaluation régionale des activités terrestres prioritaires, des sources des
contaminants, et des niveaux pollution dans l’eau et les sédiments ;
* identifier les principaux polluants affectant la qualité de l’eau et les niveaux
réglementaires pour ces polluants ;
* mettre en application la stratégie sur la biodiversité, y compris des plans d’action
ciblés vers des espèces spécifiques ;
273
274
* évaluer la sensibilité des zones et des habitats dans le Bassin du Fleuve Volta et
évaluer les niveaux d’impacts humains sur eux ;
* conduire une investigation sur la base de politique, juridique et culturelle des
politiques sur les régimes fonciers dans le Bassin du Fleuve Volta ;
Elaborée pour une durée de dix ans, cette stratégie a pour but d’assurer la conservation des
éléphants et de leurs habitats en Afrique Occidentale à travers trois objectifs tirés des
principaux problèmes rencontrés :
- Il existe peu de données fiables sur les effectifs des éléphants, et aucune information
n’est disponible sur la distribution par tranche d’âge, la proportion de mâles par
rapport aux femelles, les taux de natalités ou de mortalité pour l’ensemble des
populations. IL n’ y a pratiquement pas de renseignement sur le commerce national
et international de l’ivoire et leurs effets sur les populations d’éléphants. Il est donc
essentiel de commencer des études afin d’évaluer le statut des éléphants dans cette
sous région.
- La population d’éléphants qui était largement étendue s’est maintenant fragmentée
en de nombreuses populations de taille réduite, et les effectifs sont en diminution
depuis plusieurs siècles. Les petites populations ayant de plus fortes chances
d’extinction, il est donc essentiel de maintenir ces éléphants et d’accroître leur
nombre là où cela est possible.
- Une des causes principales du déclin des éléphants est la perte dramatique de leurs
zones de distribution et la dégradation de l’habitat restant. En conséquence, il faut
investir dans l’aménagement et la réhabilitation de l’habitat, particulièrement la
protection des parcs et des réserves pour améliorer l’habitat des éléphants.
Cette stratégie identifie sept résultats ou produits devant lui permettre d’atteindre ses
objectifs : informations nécessaires pour l’aménagement ; meilleur contrôle et compréhension
du commerce d’ivoire ; accroissement des capacités institutionnelles pour l’aménagement des
éléphants ; réduction du taux de perte des aires de répartition des éléphants ; maîtrise du
nombre des abattages illégaux des éléphants ; meilleure compréhension des questions de
préservation des éléphants à tous les niveaux ; et renforcement de la compréhension et de la
coopération sous-régionales. Pour chacun de ces résultats ou produits, certain nombre
d’activités est spécifié.
Etant donné le large éventail d’activités nécessaires et le manque de ressources, les activités
doivent être classées par ordre de priorité. Les efforts se concentreront d’abord sur les
populatio ns qui comptent plus de 100 éléphants. Plus tard, au fur et à mesure que les
renseignements deviendront disponibles, d’autres critères reflétant la viabilité à long terme de
chaque population sera utilisée.
274
275
Les sols sont fragiles, les risques de pollution sont récurrents car tous les agriculteurs utilisent
les engrais et les pesticides surtout les maraîchers et producteurs de coton. Se pose ainsi le
problème de toxicité des produits maraîchers traités pour la vente avec beaucoup de produits
chimiques. Beaucoup d’acteurs ne sont pas informés des dangers surtout pour les pesticides ;
d’où la nécessité d’IEC.
Les parcours de transhumance ne sont pas respectés par les pasteurs car les problèmes de
transhumance ne sont pas connus des transhumants et l’on devra les sensibiliser pour que les
zones de culture ne soient pas des zones de transhumance.
Le taux et l’intensité de déboisement ne sont pas maîtrisés pour avoir une idée précise sur la
dégradation des ressources naturelles. Il faut alors élaborer des indicateurs vérifiables pour
informer les décideurs, des outils pour quantifier et actualiser les données en la matière.
275
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Transports et télécommunications
En matière de transport, les préoccupations environnementales sont récentes car les textes ne
prennent pas en compte la protection de l’environnement. Néanmoins, des sanctions
ponctuelles sont prises, notamment en matière de transport des déchets, de bruit des véhicules,
de fumées dégagées par les véhicules. L’utilisation de l’essence sans plomb a été rendue
obligatoire à partir de juillet 2005. Un projet de création d’un centre de contrôle technique
pour les gaz qui salissent est en cours d’élaboration.
Contrairement au passé, les aspects environnementaux sont pris en compte à travers des
études d’impact environnementales (EIE) dans les projets de transport routier. Il en set de
même pour la réhabilitation du réseau existant. C’est ainsi que pour l’axe Lomé- Notsé, par
exemple, des comités environnementaux ont été formés auxquels des cadres du ministère, les
riverains et la Cellule de Coordination du PNAE. Néanmoins, il faudra créer une cellule
environnement au niveau de l’institution en charge pour une gestion écologiquement
rationnelle.
Pour les routes et pistes rurales, l’EIE est suivie de recommandations pour atténuer les
impacts Un audit environnemental à mi-parcours est aussi diligenté.
Le secteur des mines est couvert par un code minier révisé en 2003 et dont le chapitre 5 est
consacré à la protection de l’environnement. Pour l’obtention du titre minier, il est fait
obligation de respecter le code de l’environnement et de reconstituer l’environnement, le cas
échéant. Malheureusement, l’OTP (IFG) n’a pas été restauré l’environnement dégradé par
son mode d’exploitation malgré le cahier des charges qui l’y oblige.
Il faudrait créer une police minière à la Direction des Mines pour mieux faire respecter la loi.
Les projets de textes instituant l’EIE prennent en compte l’exploitation des carrières.
276
277
Depuis 2000, tous les projets tiennent compte des aspects environnementaux avant
financement. Aussi, sur la base de loi de juillet 2000 relative au secteur de l’énergie et le
décret créant l’autorité de réglementation, un permis d’installation est signé par l’Autorité
est requis pour tout promoteur dans ce secteur.
Les projets sous-régionaux tels que celui du Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest (GAO), et de
l’interconnexion électrique Nord -Togo et Nord Bénin ont été soumis à EIE.
L’objectif actuel est de développer le secteur en se basant sur les énergies renouvelables telles
que le gaz par la réduction des prix du kg pour inciter la consommation.
Quant au secteur de l’eau, il n’est pas réglementé. Aussi, se développent des kiosques à eau
et des forages privés sans aucun contrôle pour analyser les prélèvements aux fins de respect
de la santé humaine et de l’environnement. L’autorisation est souvent sollicitée pour
s’assurer de l’indifférence de la ressource, sans aucune référence aux problèmes
environnementaux D’où la nécessité de prendre des textes pour réglementer.
Un projet est initié pour une gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) et une stratégie
d’alimentation en eau potable et d’assainissement des centres semi- urbains (AEPA/CSU)
est en cours d’élaboration. Cette stratégie consacre les principes suivants :
Dans le secteur de la ville, les problèmes fonciers et de voirie sont récurrents. Des
construction sont érigées dans des zones inondables et réserves administratives. Bien que le
décret de 1967 prescrit les lotissements et les permis de construire, les populations érigent des
bâtiments de façon anarchique et surtout dans des zones inadaptées.
277
278
Des textes ont été élaborés, qui devront être approuvés par un forum national. La stratégie
nationale du logement préconise l’aménagement des terrains à bâtir et l’utilisation des
matériaux locaux.
En matière d’assainissement, la politique du secteur urbain, devra tenir compte de la
décentralisation, des eaux pluviales , de la mobilité urbaine, les transports, les pollutions des
maladies, etc. Aussi, un projet de texte pour réglementer ce secteur a-t-il été élaboré pour
améliorer le cadre de vie, mais n’est pas encore adopté. Des police municipale et sanitaire
pourraient être créées pour aider à l’application des textes. Le texte document adopté en 2002
sur l’assainissement et l’hygiène au Togo devrait être respecté en zones urbaines et rurales.
Pour la mobilité urbaine, les compétences devront être partagées avec le ministère chargé des
transports. Des gares routières devront être créées avec des emplacements spécifiques pour
les conducteurs de taxis- motos.
Artisanat et industrie
L’artisanat occupe une place importante dans l’économie nationale et l’Etat entend le
promouvoir pour un développement durable. Aussi, le Gouvernement l’a-t-il institutionnalisé
car il relevait de l’informel. Il a ainsi été créé des corps de métiers et 6 chambres régionales
de métiers regroupant les artisans, qui sont des intermédiaires entre le Gouvernement et les
artisans.
Le développement du secteur devra tenir compte de l’environnement. Des formations ont été
données aux corporations artisanales en relation avec l’introduction de nouvelles
technologies : artisans du froid, réfrigérateurs, etc.. La réglementation forestière et
environnementale leur est aussi expliquée pour se conformer à la législation en vigueur, à
travers l’IEC en environnement pour le choix des sites des ateliers frigoristes, en étroite
collaboration avec le ministère en charge de l’environnement.
Une autorisation des services forestiers est requise pour les bois particuliers et des réflexions
sont en cours pour le recyclage des déchets par les artisans non encore organisés et qui
relèvent de l’informel.
En matière d’industrie, l’on distingue les industries relevant du territoire douanier de celles de
la zone franche.
Les textes réglementant les industries relevant du territoire douanier, code des
investissements notamment, ne contiennent pas de dispositions relatives à l’environnement.
Toutefois, les autorisations d’installation sont soumises à des études et visites des sites. En cas
de pollution, un engagement par écrit est pris par le promoteur pour l’éliminer.
- Il est préconisé une gestion rationnelle des déchets et une valorisation des ressources
naturelles. Avec l’adoption des textes relatifs à l’EIE, les entreprises auront un délai pour
s’y conformer. Des textes interministériels doivent être pris créer une synergie entre les
acteurs et éviter des conflits de compétences.
278
279
construction des routes, des bâtiments et travaux publics, les industries, les déchets et les
gaz à effet de serre.
L’IEC et des mesures incitatives à l’endroit des opérateurs économiques sont nécessaires pour
une bonne application des textes de protection de l’environnement. Aussi, faudra-t-il une
évaluation stratégique par secteur peut-elle s’avérer efficace au lieu d’une EIE dans toutes les
zones, créer des cellules environnementales dans les entreprises à l’instar de comités
d’hygiène et de santé et les former.
Un plan stratégique du secteur doit être développé par le patrona t en matière d’environnement
consacrant le but et les objectifs stratégiques pour les attendre.
Le secteur privé occupe une place très importante dans le développement du Togo. Aussi, sa
promotion devra-t-elle prendre en compte la protection de l’environnement. Pour ce faire, des
mesures qui sont entrain d’être prises car le secteur informel très actif a contribué à la
pollution de l’environnement.
Une collaboration est donc nécessaire entre le ministère en charge du secteur privé et celui
en charge de l’environnement et une démarche participative aussi avec les acteurs du secteur.
La zone franche occupe une place de plus en plus prépondérante, tous les investissements s’ y
réalisent, 65 entreprises avec une typologie un peu variée :
La loi n° 89-14 de 1989 qui l’a instituée et son décret d’application prennent en compte
l’environnement, notamment la pollution industrielle. C’est ainsi qu’en 1999, la SAZOF a
commandé une étude qui fait l’état de lieux des sociétés en matière environnementale. La
SAZOF collabore avec le ministère en charge de l’environnement et a mis sur pied une
cellule environnementaliste.
Erosion côtière
En matière d’érosion côtière, les problèmes transfrontières doivent être réglés au niveau
régional. Le Ghana est la passerelle car encadré par les pays de l’UEMOA.
Une étude a été menée sur la faisabilité de la lutte contre l’érosion côtière en 2001 dans le
cadre du PNAE et une autre sur l’érosion côtière dans le cadre du PNGE. Néanmoins, une
étude est nécessaire pour mieux cerner le phénomène d’érosion côtière due à l’échec du plan
d’assainissement de la ville de Lomé ; une action régionale étant nécessaire et aux problèmes
créés par le Port autonome de Lomé et l’IFG.
279
280
- Au plan social
- Au plan réglementaire
- Au plan institutionnel
• faible capacité en moyens humains matériels et financiers des ministères impliqués dans la
lutte contre la désertification (Ministère de l’Environnement et des Ressources
Forestières, Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche) ;
• non fonctionnalité du Comité National de l’Environnement à cause de son effectif
pléthorique et du manque de moyens,
• manque de recyclage des cadres des ministères techniques dans le domaine de la lutte
contre la désertification,
• faible qualification du personnel des collectivités locales et des ONG et leur faible
implication et responsabilisation dans la lutte contre la désertification ;
• non opérationnalité des comités préfectoraux, cantonaux et villageois de gestion et de
protection de l’environnement ;
• inexistence d’un cadre de concertation dans le domaine ;
• lenteur dans le processus de décentralisation ;
• absence d’intégration des préoccupations de lutte contre la désertification dans les
politiques et stratégies sectorielles ;
• absence d’un dispositif de suivi évaluation des initiatives de lutte contre la désertification ;
• état embryonnaire de la recherche de lutte contre la désertification.
280
281
- Au plan du financement
Ces contraintes ne sont pas insurmontables. Elles peuvent être levées par la mise en ouvre
d’un programme d’actions conséquent à partir des nombreux atouts identifié de la volonté
politique clairement manifestée de la part des autorités compétentes. C’est dans cette optique
que le Gouvernement à élaboré un programme d’Action National de lutte contre la
désertification (PAN), cadre d’orientation de la politique nationale en la matière, après avoir
ratifié la Convention contre la désertification (CCD) le 4 octobre 1994.
V – PROPOSITIONS
281
282
282
283
- Union Mondiale pour la Nature (UICN), Plan d’Action pour la Gestion des Eléphants
des Corridors Transfrontaliers d’Action de l’Ouest, juin 2003.
283
284
- Ministère des Mines, Energie et Eau, Séminaire National sur l’Economie Togolaise,
20 septembre 2005.
- Ministère des Mines, Energie et Eau, Loi N°2003- 012/PR du 14 octobre 2003
modifiant et complétant la loi N°96-004/PR du 26 février 1996, portant Code minier
de la République Togolaise.
- Ministère des Mines, Energie et Eau, Politique et Stratégies pour la Gestions des
Ressources en Eau (GIRE), 14 décembre 2004.
284
285
285
286
40 928 28 11
ABIYOU Tcharabalo Direction Générale Energie
de@togo- ime.com
41 930 11 61
DAKPUI Kossi Kaleti DGE/MMEE
de@togo- imet.com
42 911 69 6
MARFA Aye Santé- Division de l’Hygiène
« [email protected] »
43 223 14 19
AMETSIAGBE Adzewoda Chargé d’Etude 905 84 83
[email protected]
44 907 26 90
KODJO Afeleté Elemawusi Conseiller Technique
222 56 25
45 AKAKPO Ese Delali DA / MCIA 221 44 89
46 DAMPAROU Bemali DA / MCIA 221 44 89
47 KOUGNIMA Tilena DA / MCIA 221 44 89
48 920 20 20
AFFO- WALOH Bansabi Attaché de cabinet
[email protected]
49 OURO SAMA Mohamed Sad Directeur de cabinet 222 14 65
286
287
[email protected]
50 220 08 56
ASSIONGBON Kuessan MMEE
[email protected]
51 221 08 30
900 88
EDEH Kodjovi PATRONAT
[email protected]
[email protected]
52 222 08 30
MONDEDJI Komlan Jacob PATRONAT
912 7
53 226 13 74
SITTI Anani Conseiller Juridique/ SAZOF 905 74 63
54 226 13 74
ATOUTE Kayéra Secrétaire/ SAZOF sazof@togo- imet.com
[email protected]
56 TODJRO Kossi K DA/ MCIA 221 44 89
ABIYOU Tcharabalo D [email protected]
TCHAMDJA MALAKI [email protected]
287
288
La Guinée
Le Ghana
288
289
LA GUINEE
289
290
I- INTRODUCTION 292
1.1- La Guinée : Superficie, situation géographique et caractéristiques liées concernant les
ressources et l’environnement 292
1.2- Population et caractéristiques démographiques 294
1.3- Ratio population urbaine/rurale 295
1.4- Situation économique générale et éléments socio-économiques 295
1.4.1- Résultats macro-économiques ...................................................................................................................... 295
1.4.2- Identification des contraintes ........................................................................................................................ 299
1.4.3- Perspectives...................................................................................................................................................... 300
II- RESSOURCES NATURELLES 304
2.1- Les Terres, leur mise en valeur et les problèmes liés 304
2.1.1- Les Potentialités hydro-agricoles ................................................................................................................. 304
2.1.2- Les Systèmes de cultures et production ...................................................................................................... 304
2.1.3- Les exploitations agricoles ............................................................................................................................ 305
2.1.4- Les équipements .............................................................................................................................................. 305
2.1.5- L’élevage:......................................................................................................................................................... 305
2.1.6- Le crédit agricole: ........................................................................................................................................... 305
2.2- Les forêts, pâturages et paysages naturels 305
2.2.1- Les écosystèmes de forêt dense humide...................................................................................................... 306
2.2.2- Les écosystèmes de forêts denses sèches .................................................................................................... 306
2.2.3- les écosystèmes des savanes.......................................................................................................................... 306
2.2.4- Les écosystèmes de montagne ...................................................................................................................... 307
2.2.5- Les écosystèmes agricoles ............................................................................................................................. 307
2.2.6- Les écosystèmes insulaires ............................................................................................................................ 307
2.2.7- Les plantations forestières ............................................................................................................................. 307
2.3- Les Ressources en eau 308
2.4 –Les milieux marins et côtiers 310
2.4.1 - Les milieux côtiers......................................................................................................................................... 310
2.4.2- les écosystèmes marins .................................................................................................................................. 310
III- SYSTEMES URBAINS ET INDUSTRIELS 310
3.1- Situation urbaine et pollusances 310
3.2- Impact environnemental de l’économie active 311
• Les feux de brousse : 312
• La carbonisation 312
• Les fours à brique 312
• L’exploitation forestière 312
• L’introduction de nouvelles espèces forestières 313
• Le fumage du poisson 313
• L’extraction du sel dans la mangrove : 313
• L'élevage 314
• La pêche 314
• La chasse : 314
• L’industrie minière 315
• Les infrastructures de transports 317
3.4- Comportements des Citoyens et Environnement 317
IV- GESTION DE L’ENVIRONNEMENT ET CONSERVATION 318
4.1- Dispositifs institutionnels 318
4.1.1- Le Plan National d'Action pour l'Environnement (PNAE) ...................................................................... 318
4.1.2- La Lettre de Politique de Développement Agricole (LPDA) .................................................................. 319
4.1.3- Le plan d'action forestier national ................................................................................................................ 319
4.1.4-. La stratégie nationale sur la diversité biologique 319
290
291
291
292
I- INTRODUCTION
La Guinée est un pays côtier de l’Afrique de l’ouest (voir figure 1) couvrant une superficie de 245 857
km². Elle est située entre 7°05’ et 12°51’ de latitude nord et 7°30’ et 15°10’ de longitude ouest. Elle
est limitée à l’est par la Côte d’Ivoire et le Mali, au sud par le Libéria et le Sierra-Léone, à l’ouest par
l’Océan Atlantique et la Guinée Bissau et au nord par le Sénégal et le Mali. Elle est habitée par une
population de près 9 012 000 habitants avec une densité moyenne d’environ 37 habitants au km². Le
taux de croissance démographique est estimé à 3,1%.
Le réseau hydrographique est dense en Basse et en Moyenne Guinée, moyen en Haute Guinée
et assez moye n en Guinée Forestière. Tous les cours d’eau internationaux de la région
(fleuves Niger, Sénégal, Gambie, Korubal, Diani, etc.), prennent leur source en Guinée, d’où
son nom de « Château d’eau » de l’Afrique de l’Ouest. Le massif du Fouta Djallon et la
292
293
dorsale guinéenne sont la ligne de partage de ces cours d’eau qui coulent vers le nord et le
nord-est ou vers le sud et l’ouest.
BASSE
herbeuses, de savanes arborées, de savanes boisées, de forêts claires, de forêts denses sèches
et de forêts denses humides. Cette diversité de types de végétation est due à l’existence des
différentes.
La Guinée jouit d’un climat tropical soudano-guinéen caractérisé par l’alternance de deux
saisons de durée variant selon les régions naturelles: la saison sèche pendant laquelle sévit
293
294
La saison pluvieuse dure de 5 à 9 mois du nord vers le sud ; il tombe en moyenne 1 988 mm
d’eau. C’est dire que la répartition de cette pluviométrie est inégale aussi bien dans l’espace
Les maxima sont situés dans les régions de Conakry (4 000 mm) et Macenta (2 000 mm) et
les minima sont observés dans les régions du nord du pays (Koundara, Gaoual).
La Guinée est en général un pays chaud et humide. La plus forte température (supérieure à
30°C) est enregistrée en mars/avril dans la zone nord, aux frontières guinéo-sénégalaise et
élevée (plus de 90%). L’air est plus sec en Moyenne Guinée et en Haute Guinée, surtout en
saison sèche, lorsque l’harmattan souffle sur le pays (moins de 20% en janvier- février- mars).
L’ensoleillement est en général important en Guinée et dépasse 2 000 heures par an. Les plus
faibles valeurs mensuelles sont enregistrées en saison pluvieuse lorsque la nébulosité est
La population totale de la Guinée est estimée en 2004 à 9 012 000 habitants (voir tableau 1)
avec un taux de croissance démographique de 3,1% par an.
294
295
l’accroissement du poids des investissements sociaux notamment dans les secteurs de la santé,
de l’éducation et de la protection de l’environnement.
Description Années
2000 2001 2002 2003 2004
Population totale 7 976 8 223 8 478 8 741 9 012
Population totale masculine 3 860 3 970 4 084 4 203 4 327
Population totale urbaine 2 417 2 492 2 569 2 649 2 731
Population totale urbaine masculine 2 699 2 783 2 869 2 958 3 050
Résidents étrangers 295 304 314
Dont Citoyens CEDEAO 286 295 304
Source : Ministère du Plan
Le ratio population urbaine/rurale est de 43,48%, ce qui représente une faible urbanisation. Ce
taux est pourtant relativement constant depuis l’année 2000. Plus de 50% de la population
urbaine totale est concentrée dans la seule ville de Conakry. Dans les autres régions
naturelles, il n’existe pas de métropole d’équilibre face à la capitale capable de concentrer
d’importantes unités industrielles, de centres d’affaires, de l’administration, avec des emplois
tertiaires et des services sociaux.
La Basse Guinée et la Guinée Forestière constituent des zones de forte concentration due à
l’exode rural; ce qui se traduit par un écart marqué entre les besoins de la population et les
due à la surexploitation par des méthodes traditionnelles déjà inadaptées aux conditions de
conservation de la biodiversité.
La présente analyse de l’évolution récente de l’économie guinéenne porte sur des résultats
macro-économiques annuels et infra annuels, des contraintes et des perspectives pour le
second semestre de 2005.
Au plan annuel, la croissance économique a été relativement faible entre 2003 et 2004. En
moyenne, le taux de croissance du PIB réel a été de 2% contre une croissance démographique
295
296
de 3,1%, pour se situer à 2,7% en 2004, avec une baisse de plus d’un point du revenu par tête
d’habitant.
En termes de valeurs ajoutées sectorielles, le taux de croissance du secteur rural a été de 3,3%
contre 3,6% en 2003. Il apparaît que c’est le sous-secteur de l’agriculture qui a le plus
contribué à la croissance de ce secteur avec 3,5%, comparé aux sous-secteurs de l’élevage et
de la pêche qui ont enregistré respectivement 2,7% et 2,4%. En pourcentage du PIB, le
secteur rural a représenté 19,5% en 2004 contre 19,4% en 2003 (voir tableau 2)
Le secteur secondaire s’est également accru de 3,1% en 2004 contre 0,6% en 2003, grâce
essentiellement à l’amélioration des sous-secteurs manufacturier, énergie et BTP.
Le taux de croissance du secteur tertiaire a été de 2,6% en 2004 contre 1,2% en 2003, du fait
de l’accroissement des activités du commerce et des transports, malgré l’augmentation du prix
du carburant à la pompe et la dépréciation plus forte que prévue du franc guinéen par rapport
au dollar américain.
Sur le plan budgétaire, on note que la pression fiscale a été de 10,4% en 2004 contre 10,5% en
2003. Soit un recul de 0,1% du PIB, du fait de la faible diversification de l’économie.
Parallèlement, les dépenses courantes sont passées de 12,5% du PIB en 2003 à 10,2% en
2004. Soit une baisse de 2,3% du PIB, imputable essentiellement au non paiement de toutes
les dépenses non prévues par le budget de l’Etat.
Ainsi, le solde primaire est passé de –1,3% du PIB en 2003 à 1% en 2004, soit un
accroissement annuel de 2,3 points. Ceci s’est traduit par un déficit budgétaire hors dons (base
engagements) de 4% du PIB en 2004 contre 9,4% en 2003.
296
297
Par ailleurs, au 31 décembre 2004, la masse monétaire a atteint 16,5% du PIB contre 15,1%
en 2003. Soit une expansion de 1,4% du PIB, imputable, en partie, à la hausse des créances
nettes sur l’Etat de plus de 31%.
Il s’en est suivi, en glissement annuel un taux d’inflation de 27,6% en 2004 contre 11,8% en
2003, soit une hausse des prix de 15,8%. Et en moyenne annuelle, ce taux est passé de 10,8%
en 2003 à 17,5% en 2004, soit une hausse de l’indice global des prix de 6,7%. Cette inflation
résulte, en partie, de la dépréciation respective de 14,8% et 28,3% du franc guinéen par
rapport au dollar américain et à l’euro. En moyenne, le dollar américain a été négocié à
2279,2 GNF en 2004 contre 1986,0 en 2003. Sur la période, l’euro s’est échangé à un taux
moyen de 2852,9% en 2004 contre 2448,08 GNF en 2003.
Au regard de ce qui précède, le taux de satisfecit lié à l’exécution des critères de convergence
des pays membres de la 2ème zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO), a été
relativement stable à 20% entre 2003 et 2004.
En effet, au titre des critères de premier rang, le déficit budgétaire hors dons a été satisfaisant
en 2004, soit 4% contre 9,4% en 2003. Les autres critères n’ont pas été remplis : le taux
d’inflation en glissement est resté strictement supérieur à 5%, soit 11,8% en 2003 contre
27,6% en 2004, le ratio du déficit fiscal financé par la Banque Centrale rapporté aux recettes
fiscales de l’exercice antérieur, a été strictement supérieur à 10%, soit 18,9% en 2003 contre
27,3% en 2004, et le niveau des réserves de change a été moins de 3 mois d’importation, soit
1,7 mois en 2003 contre 1,5 mois en 2004.
Pour les critères de second rang, la variation des arriérés de paiements intérieurs a été remplie
en 2003, soit –0,4 milliard de francs guinéens contre 4,7 milliards en 2004, le taux de pression
fiscale a été moins de 20%, soit 10,5% en 2003 contre 10,4% en 2004, le ratio masse salariale
sur recettes fiscales a été moins de 35% en 2004, soit 29,4% contre 36,7% en 2003, le taux de
dépréciation du franc guinéen par rapport au dollar américain a été mo ins de 15% en 2003,
soit 0,2% contre 27,5% en 2004, le taux d’intérêt réel a été strictement négatif, soit –8,3% en
2003 contre –19,2% en 2004, et le ratio des investissements financés sur les ressources
propres, rapportés aux recettes fiscales, a été moins de 20%, soit 12,9% en 2003 contre 16,1%
en 2004.
Au plan infra annuel, les données du premier semestre 2005 comparées à celles de la même
période de 2004, indiquent une évolution erratique de l’activité économique.
En effet, certaines productions du secteur réel ont enregistré des augmentations de : 98% pour
l’huile de palme de SOGUIPAH, 16% pour l’eau potable, 15% pour le café, 3% pour l’or et
2% pour le poisson et la pêche industrielle.
En revanche, à cause des difficultés d’ordre structurel et financier, d’autres productions ont
enregistré des baisses de : 4% pour la bauxite, 8% pour la boisson sucrée, 11% pour
297
298
l’alumine, 13% pour à la fois le gaz et l’électricité, 16% pour le ciment, 29% pour la farine,
32% pour la peinture de TOPAZ, 36% pour le diamant, 81% pour le cacao et 95% pour le
coton.
Dans le cadre de l’exécution du budget, la pression fiscale est passée de 4,8% du PIB à fin
juin 2004 à 6,4% à fin juin 2005, du fait des efforts de recouvrement des impôts et taxes dus à
l’Etat.
En revanche, l’exécution des dépenses courantes a été relativement stable à 4,6% du PIB à
cause de la mise en œuvre de l’approche base caisse. Il s’en est suivi un recul du déficit
budgétaire hors dons de 1,7% du PIB à fin juin 2004 à 0,3% à fin juin 2005.
Sur le plan de la monnaie, la masse monétaire a été de 16% du PIB à fin juin 2005 contre
14,% à fin juin 2004. Soit une expansion de 1,4% du PIB, imputable à l’augmentation
simultanée des réserves de change de 37,3% et de l’endettement de l’Etat vis-à vis de la
Banque Centrale de 25,5%.
En moyenne, au taux officiel, le franc guinéen s’est respectivement déprécié de 64,1% et 58%
par rapport à l’euro et au dollar américain. Sur le marché parallèle, cette dépréciation a été
respectivement de 53% et 45,6%. Ainsi, par rapport au dollar américain, la prime de change
est passée de 23,8% à fin juin 2004 à 13,9% à fin juin 2005. Et par rapport à l’euro cette
prime de change a été de 12,7% à fin juin 2005 contre 20,8% à fin juin 2004.
Par ailleurs, le taux d’inflation en glissement a été de 40,6% en juin 2005 contre 9,8% en juin
2004. Soit une hausse des prix de 30,8 points, du fait, entre autres, de la faible diversification
de l’économie, de la hausse des cours mondiaux (hydrocarbures raffinés, produits de première
nécessité), du renchérissement des produits importés de la zone euro où les recettes minières
sont libellées en dollars américains.
A titre d’exemple : le prix d’un litre d’essence à la pompe est passé de 1500 GNF en juin
2004 à 3800 GNF en juin 2005, soit une hausse de 153,3%. Celui d’un litre de gas-oil ou de
pétrole lampant a enregistré une hausse de 166,7%, atteignant 3600 GNF en juin 2005. Cette
situation reste préoccupante face à la réduction de la pauvreté.
298
299
En effet, pour les critères de premier rang, le déficit budgétaire hors dons a été satisfaisant,
c’est-à-dire moins de 4% du PIB, soit 0,3% en juin 2005 et 1,7% en juin 2004 ; le ratio du
déficit fiscal financé par la Banque Centrale rapporté aux recettes fiscales de l’exercice
antérieur, a été strictement inférieur à 10%, soit 7,7% en juin 2004 et 1,1% en juin 2005. En
revanche, les autres critères n’ont pas été remplis : le taux d’inflation en glissement est resté
strictement supérieur à 5%, soit 9,8% en juin 2004 contre 40,6% en juin 2005, et le niveau des
réserves de change a été moins de 3 mois d’importation, soit 2,9 mois en juin 2004 contre 1,0
mois en juin 2005.
Pour les critères de second rang, la variation des arriérés de paiements intérieurs a été remplie
à fin juin 2004, soit zéro contre 4,7 milliards à fin juin 2005, le taux de pression fiscale a été
moins de 20%, soit 6,4% à fin juin 2005 contre 4,8% à fin juin 2004, le ratio masse salariale
sur recettes fiscales a été moins de 35%, soit 30,5% à fin juin 2004 et 20,4% en 2005, le taux
de dépréciation du franc guinéen par rapport au dollar américain a été moins de 15%, soit
1,1% à fin juin 2004 contre 58,2% en 2005, le taux d’intérêt réel strictement négatif, soit –
7,1% en juin 2004 et –23% en juin 2005, et le ratio des investissements financés sur les
ressources propres, rapportés aux recettes fiscales, a été moins de 20%, soit 13,9 à fin juin
2004 contre 10,9% à fin juin 2005.
Les résultats ci-dessus indiquent que l’économie guinéenne est confrontée à un ensemble de
contraintes d’ordre structurel et conjoncturel.
Au plan social, on peut relever la dégradation du marché du travail dans les centres urbains et
l’aggravation du chômage dans les régions frontalières enregistrant des flux de réfugiés.
Les prestations et les offres de service dans les secteurs sociaux restent relativement faibles.
Ceci s’explique par le niveau élevé du taux brut de mortalité infantile (136 pour mille), la
faible espérance de vie à la naissance (50 ans) et le taux d’accès à l’eau potable à 55%. On
pourrait citer d’autres contraintes parmi lesquelles on relève :
299
300
1.4.3- Perspectives
Par ailleurs, l’exécution des mesures structurelles devrait entraîner un taux de croissance du
PIB réel de 3% au 31 décembre 2005. Ce taux de croissance se répartirait par secteur comme
suit :
En effet, avec une hypothèse de bonne répartition spatiale de la pluviométrie, la valeur ajoutée
du secteur primaire devrait augmenter de 3% en 2005, grâce à la contribution de tous les sous
secteurs.
De même, au regard de la contribution des sous secteurs mines, BTP et manufacturier, la
valeur ajoutée du secteur secondaire devrait enregistrer un taux de croissance de 3,9% en
2005.
Et à cause du renforcement des capacités de contrôle fiscal, la valeur ajoutée des DTI devrait
considérablement augmenter de 11,7% en 2005 contre une baisse de 0,8% en 2004.
300
301
Au plan budgétaire, le second semestre 2005 devrait enregistrer une pression fiscale de 5,7%
contre 6,4% au premier semestre. Le niveau d’exécution des dépenses courantes serait de
5,1% du PIB au second semestre contre 4,6% au semestre précédent.
Le déficit budgétaire hors dons devrait être de 4% du PIB et le solde primaire serait de 0,8%
du PIB au second semestre 2005.
301
302
1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005
PIB EN FRANCS CONSTANTS 1996 (en milliards FG)
Secteur primaire 675,88 709,45 749,35 808,72 844,86 897,75 943,87 976,99 1 009,10 1 039,80
Agriculture, chasse 438,47 460,71 493,93 535,91 550,92 587,76 623,09 647,13 669,92 692,31
Sylviculture et Forêt 82,50 84,56 86,84 93,18 99,99 107,29 110,50 111,61 115,18 118,06
Pêche 28,52 30,84 27,63 29,95 32,60 35,76 37,06 38,18 39,08 39,69
Elevage 126,39 133,34 140,95 149,68 161,34 166,94 173,21 180,07 184,93 189,73
Secteur secondaire 1 153,66 1 203,69 1 261,11 1 339,06 1 394,52 1 464,82 1 533,79 1 540,84 1 589,13 1 651,23
Mines 657,84 679,55 703,33 737,38 751,66 778,57 801,18 822,88 835,01 856,91
Secteur manufacturier 143,46 149,91 157,71 167,96 179,71 189,60 200,78 192,75 198,61 201,59
Eau, Electricité, Gaz 21,64 23,01 24,96 26,53 27,46 28,29 29,14 27,53 27,78 28,06
BTP 330,73 351,23 375,11 407,19 435,69 468,37 502,70 497,67 527,73 564,67
Secteur tertiaire 1 920,59 2 007,98 2 097,48 2 151,23 2 193,27 2 238,68 2 282,79 2 310,00 2 366,94 2 403,35
Commerce 1 039,25 1 092,25 1 143,04 1 179,62 1 201,73 1 226,97 1 249,55 1 262,67 1 298,53 1 315,93
Transport 228,37 239,33 257,28 266,29 270,28 275,28 281,06 283,87 288,28 292,31
Administrations 250,18 254,26 250,97 245,75 249,27 250,75 257,03 260,89 267,52 270,19
Autres 402,79 422,13 446,19 459,58 471,98 485,67 495,14 502,57 512,62 524,92
DTI 133,90 164,16 164,65 166,30 161,48 166,16 207,53 201,76 200,20 223,65
PIB aux prix du marché 2805,089255 3 884,04 4 085,28 4 272,59 4 465,31 4 594,13 4 767,40 4 967,99 5 029,58 5 165,37 5 318,03
302
303
Agriculture, chasse 0,05 0,05 0,07 0,08 0,03 0,07 0,06 0,04 0,04 0,03
Elevage 0,05 0,05 0,06 0,06 0,08 0,03 0,04 0,04 0,03 0,03
Pêche 0,05 0,08 -0,10 0,08 0,09 0,10 0,04 0,03 0,02 0,02
Sylviculture et Forêt 0,02 0,02 0,03 0,07 0,07 0,07 0,03 0,01 0,03 0,02
Secteur secondaire 0,09 0,04 0,05 0,06 0,04 0,05 0,05 0,00 0,03 0,04
Mines 0,12 0,03 0,03 0,05 0,02 0,04 0,03 0,03 0,01 0,03
Secteur manufacturier 0,02 0,05 0,05 0,07 0,07 0,06 0,06 -0,04 0,03 0,02
Eau, Electricité, Gaz 0,05 0,06 0,09 0,06 0,04 0,03 0,03 -0,06 0,01 0,01
BTP 0,06 0,06 0,07 0,09 0,07 0,08 0,07 -0,01 0,06 0,07
Secteur tertiaire 0,03 0,05 0,04 0,03 0,02 0,02 0,02 0,01 0,02 0,02
Commerce 0,03 0,05 0,05 0,03 0,02 0,02 0,02 0,01 0,03 0,01
Transport 0,06 0,05 0,08 0,04 0,02 0,02 0,02 0,01 0,02 0,01
Administrations -0,02 0,02 -0,01 -0,02 0,01 0,01 0,03 0,02 0,03 0,01
Autres 0,06 0,05 0,06 0,03 0,03 0,03 0,02 0,02 0,02 0,02
DTI 0,12 0,23 0,00 0,01 -0,03 0,03 0,25 -0,03 -0,01 0,12
PIB aux prix du marché 0,05 0,05 0,05 0,05 0,03 0,04 0,04 0,01 0,03 0,03
303
304
On estime à 6 millions d’hectares, la superficie cultivable, soit environ 25% du territoire national (voir
tableau 4). Les superficies effectivement cultivées représentent un peu moins d’un million d’hectares,
le reste étant occupé par de la jachère. Dans les régions les plus peuplées, la fertilité des sols a tendance
à se dégrader du fait d’une exploitation non compensée par des apports minéraux ou d’une réduction de
la durée des jachères ou de feux de brousse incontrôlés.
La situation la plus grave est celle de la Moyenne Guinée. Viennent ensuite les régions côtières et
forestières où on assiste à une augmentation sensible des superficies cultivées. La Haute Guinée
dispose de réserves foncières importantes mais souvent de qualité médiocre (faible profondeur des sols
et faible pouvoir de rétention d’eau).
Dans l’ensemble, les rendements obtenus sont ceux d’une agriculture encore largement extensive. Les
productions sont nettement dominées par les céréales avec 900.000 tonnes dont 600.000 tonnes pour le
riz paddy. Les cultures d’exportation sont dominées par le coton, le café, les fruits et légumes dont les
304
305
niveaux de production restent encore très modestes. Il convient de mentionner également les
exportations traditionnelles vers les pays de la sous-région (cola, huile de palme, banane, etc.).
2.1.5- L’élevage:
La Guinée est un pays de vieille tradition pastorale où l’élevage bovin a de tout temps joué un rôle
économique et social important. Le caractère trypanotolérant de la majorité des races guinéennes est un
atout essentiel. Par ailleurs, le potentiel fourrager et hydraulique est considérable.
Le cheptel bovin est important, environ 2,2 millions de têtes, suivi par les caprins (751.000 têtes), les
ovins (610.000 têtes) et les porcins représentés par 44.000 têtes (voir tableau 3).
305
306
- les écosystèmes de savanes;
- les écosystèmes de montagnes;
- les écosystèmes agricoles;
- les écosystèmes insulaires ;
- les plantations forestières.
Les espèces végétales caractéristiques de ces types d’écosystème sont : Picnantus angolensis,
Piptadenia africana, Alstonia congensis, Antiaris spp, Khaya grandifoliola etc.
Les essences forestières les plus caractéristiques de ces forêts sont : Milicia excelsa, Antiaris africana,
Khaya senegalensis, Afzelia africana, Sterculia tragacantha, Cola cordifolia, Daniellia oliverii, Parkia
biglobosa, Pterocarpus erinaceus, Terminalia spp, Combretum spp. etc.
Ces écosystèmes renferment une faune riche et variée dont les espèces les plus rencontrées sont : Guib
harnaché (Tragelaphus scriptus), Potamochère (Potamocherus porcus), Lion (Panthera leo), Babouin
de Guinée (Papio papio ), Sitatunga (Tragelaphus speckii), Colobes divers (Colobus spp.)
Ø La savane arborée : elle est caractérisée par la présence d'arbres et d'arbustes épars. Ce type
est rencontré sur les plateaux et les pentes des collines. Les espèces comme Pterocarpus
erinaceus, Erythrophleum guineense, Parkia biglobosa, Cussonia djallonensis sont
caractéristiques de ce type de végétation.
306
307
Ø La savane arbustive : elle se distingue par la présence d'arbustes et d'un tapis herbacé continu
et l'absence ou la rareté des arbres. On y remarque surtout Hymenocardia acida, Andropogon
gayanus. Ce type de savane est rencontré surtout au Fouta Djallon, sur les plateaux.
307
308
La réalisation d’autres plantations a été poursuivie jusqu’en 1994. Ces plantations se retrouvent un peu
partout dans le pays et particulièrement en Moyenne Guinée et en Guinée Forestière . Il s'agit
notamment:
Les formations forestières de la Guinée couvrent au total 14.383.260 ha (soit près de 59% du territoire
national), répartis comme l’indique le tableau ci-dessous :
La Guinée est dotée d’un réseau hydrographique relativement dense avec 1161 cours d’eau inventoriés
et dont la superficie des bassins varie de 5 km2 à 99.168 km2 (Niger). Ce réseau se caractérise par
l’irrégularité du régime et le caractère international de 13 de ces fleuves qui irriguent la plupart des
territoires Ouest Africains.
Cours d’eau des régions plates : constitués de méandres, de lacs, d’étangs, de mares (Haute Guinée )
et de deltas ( Basse Guinée ). Ces cours d’eau sont plus profonds que ceux des régions montagneuses et
présentent un lit majeur plus grand. Ils sont plus riches en faune et flore aquatiques.
308
309
Ø En Basse Guinée
Les écosystèmes lentiques : dans les zones côtières, les plaines inondables et les mares sont en général
associées aux estuaires et aux mangroves. Ces écosystèmes font l’objet d’intenses activités
économiques.
Les écosystèmes lotiques : ils sont pour la plupart des cours d’eau à régime régulier en raison des
fortes précipitations et de la topographie très plane de la région côtière. Cependant, dans la partie qui
jouxte le Fouta Djallon dans ses contreforts, les cours d’eau ont un régime quelquefois torrentiel en
raison de la forte déclivité et des fonds rocheux.
Les fleuves les plus importants sont : le Coliba, le Kogon, le Tinguilinta, la Fatala, le Konkouré, la
Soumba, la Kolenté, et la Forécariah.
Ø En Moyenne Guinée
Les écosystèmes lentiques : ils sont constitués de plaines hydromorphes assez rares à l’exception de
celles situées dans le bassin du Koliba au nord-ouest de la préfecture de Koundara. Il existe quelques
lacs et mares pérennes dans la Préfecture de Tougué. Ces sites constituent des lieux de pêche
traditionnelle par excellence et des zones d’attraction des animaux.
Ø En Haute Guinée
Les écosystèmes lentiques : le relief peu accidenté de la région et son hydrographie en font une vaste
plaine alluviale au milieu de laquelle serpentent de grands cours d’eau. Les nombreuses et grandes
mares et les plaines inondables qui longent les cours d’eau, s’étendent en moyenne sur des surfaces de
2 à 4 km2 .
Les écosystèmes lotiques : ils sont constitués du Bafing, du Bakoye et du bassin du Niger dont les
principaux affluents sont Mafou, Niandan, Milo, Tinkisso, Dion, Sankarani et Fié. Ils totalisent
ensemble environ 2 500 km de cours d’eau.
Ø En Guinée forestière
Les écosystèmes lentiques : ils sont constitués de nombreuses et très petites mares de moins d’un
hectare (mare d’hivernage à 1400 m d’altitude au Mont Nimba, étang de Samoe à N’zérékoré )
Les écosystèmes lotiques : ils sont constitués du Cavally, du Mano, du Diani, de la Loffa et de la
Makona.
309
310
2.4 –Les milieux marins et côtiers
Le plateau continental guinéen long de 300 km de côte environ a une superficie totale de 47400 km2 .
Par son étendue, il est le plus vaste de toute l’Afrique de l'Ouest.
Les vasières : elles couvrent une superficie de 305 km² et constituent des aires de repos , des zones
d’alimentation, des lieux de reproduction potentiels, des zones de nidation et d’hivernage pour un très
grand nombre d’espèces d’oiseaux rares
Les estuaires : ce sont : l'estuaire du Kogon, l'estuaire du Tinguilinta, l'estuaire de la Fatala, l'estuaire
du Konkouré, l'estuaire du Bofon et l'estuaire de la Mellakoré.
Les récifs coralliens : Les connaissances en écologie des récifs coralliens sont encore très limitées, ils
se rencontrent dans les îles de Loos, notamment au niveau des îles Corail, Blanche et Capri.
Marqué par une forte croissance démographique, due à un taux de natalité élevé et à une migration des
campagnes vers les villes, et par l’afflux de réfugiés libériens et sierra-léonais depuis le début des
années 90, le milieu urbain en Guinée, particulièrement la capitale Conakry, connaît un environnement
critique caractérisé par la promiscuité et l’insalubrité de l’habitat de la plupart des quartiers, lesquels
connaissent des problèmes d’accès à l’eau potable, de protection contre les risques naturels ou
provoqués, de contrôle et de traitement des eaux usées, de collecte et d’évacuation des ordures
ménagères.
Le développement urbain qui a pris un essor considérable ces vingt dernières années est dominé par les
constructions anarchiques individuelles qui ne tiennent aucun compte de l’assainissement préalable et
des équipements de base indispensables à la sécurisation de l’habitat. L’effort du Ministère de
310
311
l’Urbanisme et de l’Habitat est constamment confronté à des pressions de toutes sortes qui empêchent,
sinon retardent la mise en œuvre du schéma directeur d’aménagement nécessaire aux villes.
Cette situation tend à s’aggraver du fait de la faiblesse notoire des initiatives et des moyens autonomes
au niveau des collectivités urbaines pour faire face aux problèmes signalés. Cependant, le manque
d’une politique et d’une stratégie d’ensemble d’amélioration de l’environnement urbain qui soient
fondées sur la participation des populations à une gestion décentralisée de la cité constitue le défi
majeur à relever.
Cependant, en plus des menaces et pressions anthropiques, des facteurs naturels causent également des
dégradations importantes bien que rares, heureusement, en Guinée. Le pays est tributaire de ses forêts,
de sa faune, de ses pâturages et terres de culture, ressources qui sont cependant menacées de
dégradation et se trouvent au seuil de la limite de leurs capacités.
Cette dégradation se manifeste par la perte massive de sol, la chute des rendements, le déboisement, la
perturbation de l’approvisionnement en eau, la destruction des pâturages naturels….
La durabilité de la production est tributaire des systèmes d’utilisation des terres qui puissent permettre
de maintenir la fertilité, de réduire l’érosion, de fixer les populations et sauver les écosystèmes et leurs
ressources tout en les utilisant à leur plein potentiel. L’utilisation durable doit satisfaire les besoins sans
hypothéquer la part des générations futures.
A propos des processus majeurs de dégradation environnementale et des ressources naturelles, on peut
citer :
311
312
• Les insectes ravageurs, les maladies cryptogamiques : introduits par les échanges mal suivis
et mal contrôlés sont aujourd’hui une grande menace pour les plantes cultivées et apparentées
sauvages.
• La mécanisation tout azimut sans précautions a contribué à l'appauvrissement des sols par le
retournement en profondeur de la couche arable.
Sur le sol , les feux favorisent l’érosion du fait de la destruction de la strate herbacée laissant le sol
sans protection lors de l’arrivée des premières pluies.
Sur la flore, les essences des forêts denses sèches, savanes herbeuses, arbustives, arborées, de même
que les îlots forestiers et galeries disparaissent du fait de l’élimination des semis et arbrisseaux mais
aussi par la destruction des grands semenciers.
Sur la faune, beaucoup d’animaux ne pouvant s’échapper périssent dans les flammes.
• La carbonisation
C’est une pratique très répandue et souvent dommageable surtout dans les Préfectures qui avoisinent
Conakry. Longtemps axée sur les espèces forestières, la carbonisation porte à présent sur certaines
espèces fruitières comme le manguier.
• L’exploitation forestière
Partout dans le pays, des Sociétés nationales et étrangères, des groupements forestiers, des scieurs
individuels et des coopératives, opèrent dans les différentes formations forestières du pays. Ces
exploitations se font pour du bois d'œuvre, de service, de chauffe et du charbon de bois.
La situation actuelle du pays en matière forestière est assez grave et mérite une réflexion approfondie.
L’approvisionnement en bois et charbon de bois de Conakry et de quelques grandes agglomérations de
l’intérieur devient critique. Les hauts bassins versants des principaux fleuves de l’Afrique de l’Ouest
sont de plus en plus dégradés, ce qui a des conséquences graves sur les régimes hydrauliques locaux et
régionaux.
312
313
La coupe du bois de mangrove se pratique pour la production du bois d'énergie et de service. Il existe
une réelle inadéquation entre les prélèvements de bois et les potentialités des secteurs de coupe, d’où
l’amenuisement des ressources ligneuses. Les bûcherons prélèvent plus de 70000 to nnes de bois de feu
et de service par an dans 9 principaux sites.
Les produits secondaires forestiers sont principalement le vin de palme, de raphia, de ronier; des
tubercules; des cure-dents, des racines, des écorces et des feuilles de certaines plantes. Ces produits
sont utilisés localement mais aussi alimentent tous les marchés de la Guinée particulièrement les grands
centres urbains. Au rythme actuel de l'exploitation , les espèces qui fournissent ces produits secondaires
risquent de disparaître à court terme.
La cueillette est d'un apport considérable dans la consommation humaine et animale, dans la
consolidation de l’économie familiale et pour la santé humaine et animale. Elle concerne les produits
tels : les fruits, les feuilles, les écorces, les racines, la sève, le latex, les fibres, les lianes, les tiges, les
fleurs, les bourgeons, à des fins alimentaires, médicinales, tinctoriales, ornementales, scientifiques et
commerciales. On estime qu'au moins 1200 espèces de plantes ont une valeur médicinale traditionnelle
en Guinée, mais seulement une petite poignée a été étudiée. Les pratiques traditionnelles d’exploitation
constituent en soi un danger voire une menace de destruction réelle des espèces cibles et des formations
qu’elles constituent.
La destruction des habitats, les feux de brousse répétés et la chasse incontrôlée aux alentours des
grandes agglomérations, dans certains endroits névralgiques à l’intérieur du pays ont provoqué la
migration des grandes et moyennes faunes vers les zones les plus reculées, moins accessibles et peu
peuplées. Ces zones qui constituent aujourd’hui les derniers grands refuges des animaux devraient être
érigées en parcs et réserves pour la sauvegarde de la diversité biologique.
• Le fumage du poisson
Il emplo ie des techniques traditionnelles avec utilisation d’une quantité importante de bois de
Rizophora (Kinsi), environ 530 t/an. Cette activité est souvent prise en charge par les femmes.
313
314
• L'élevage
Partout dans les 4 régions naturelles, plusieurs espèces domestiques sont élevées. L’importance et la
variété de ces élevages tiennent compte principalement des conditions éco-climatiques, des traditions
des populations des régions concernées, de l’importance socio -économique que revêt cet élevage.
Les principaux groupes d’animaux élevés en Guinée sont: le gros bétail (bovins, équins et asins) ; le
petit bétail (ovins, caprins et porcins) ; la basse cour (volailles, lapins etc...) ; les animaux de
compagnie (chiens, chats, etc...) ; les abeilles. Il existe trois principaux systèmes d’élevage du gros
bétail : l’élevage familial traditionnel de petite dimension, l’élevage semi-pastoral de moyenne
dimension et l’élevage pastoral de grande dimension. Ces systèmes se distinguent en fonction de la
taille des troupeaux et d'autres facteurs tels le degré d’intégration des activités pastorales et agricoles, la
pratique de la transhumance, le degré de monétisation des activités. Dans le système d'élevage de
grande dimension les troupeaux sont dans la majorité des cas contraints à une véritable transhumance
provoquant des dégâts sur les espèces végétales et sur le sol.
• La pêche
La biomasse totale des ressources démersales était estimée à près de 135 000 tonnes en 1990. Elle est
descendue aux environs de 80 000 voire 60 000 tonnes en 1993. L’indice d’abondance toutes espèces
confondues était de 93 kg en novembre 1992, par trait de chalut de 30 minutes. En février 1993 l’indice
était descendu à 68 Kg. Les indices d’abondance obtenus lors des campagnes de chalutage
expérimental depuis 1985, indiquent une diminution sensible des ressources halieutiques démersales.
Dans la pêche maritime traditionnelle, l’utilisation des filets à mailles fines, l’incursion des bateaux de
pêche industrielle dans la zone de reproduction et de croissance, la pollution, la croissance du parc
piroguier qui avait augmenté de 23 % entre 1989 et 1992, sont les principales menaces qui pèsent sur la
diversité biologique des zones côtières et estuariennes.
La pêche maritime industrielle elle, est beaucoup orientée vers l’exploitation à outrance des espèces
démersales et sans la moindre précaution. La récolte des huîtres par la coupe des pneumatophores, le
piratage des ressources halieutiques par la pêche industrielle l’utilisation d’engins inappropriés et les
rejets importants de poissons en mer, contribuent à l’appauvrissement des ressources côtières et
marines.
En pêche continentale, l’usage d’engins de pêche pro hibés tels que les filets à petites mailles, les
plantes ichtyotoxiques, l’assèchement des lacs, le barrage des lits de cours d’eau, l’utilisation
d’explosifs, occasionnent la destruction massive de la faune dans les eaux douces.
Il y a lieu de noter aussi le braconnage qui est un système préjudiciable à la faune aquatique des eaux
douces. Il est pratiqué par les Bozos sur les hippopotames, les crocodiles et les varans.
• La chasse :
Elle constitue pour de nombreux guinéens le principal moyen de se procurer des protéines.
L’exploitation de la faune sauvage dépasse largement par endroits, l’accroissement naturel, ce qui
menace de disparition un bon nombre d’espèces.
La Guinée est sévèrement menacée par la chasse commerciale, encouragée par la demande nationa le en
viande de brousse et la demande internationale d’animaux vivants, de dépouilles et de trophées. De
nombreux citoyens se sont convertis en oiseleurs et en chasseurs professionnels qui capturent même les
serpents et les petits de certains mammifères. Ce braconnage qui n’épargne ni les femelles en gestation,
314
315
encore moins les petits des animaux, entraîne la disparition du gibier sur la majeure partie du territoire
national.
La chasse est pratiquée à l'aide d'armes traditionnelles, modernes ou avec des pièges et cela presque à
toute saison. Parfois on organise des battues collectives pour récolter le maximum de gibier surtout
pendant la saison sèche.
• L’industrie minière
Le paysage guinéen est déjà marqué par des vastes saignées de mines à ciel ouvert dont les effluents
sont insuffisamment contrôlés et les parties exploitées n’ont toujours pas été réhabilitées. Les activités
minières ont aussi d’importantes incidences sur le couvert végétal, les sols et la faune. Elles entraînent
non seulement une modification des paysages, mais elles provoquent de graves pollutions par les rejets
dans l’atmosphère, dans les eaux et dans les sols.
L’exploitation des mines et des carrières axée sur l’extraction de la bauxite et des granites,
l’exploitation artisanale et in dustrielle de l’or et du diamant et l’extraction des matériaux de
construction (sable, gravier, bloc, argile) a des impacts négatifs sur la biodiversité des eaux douces.
C’est cependant un important poste économique dont certains éléments sont rappelés ici.
- Les industries minières: plus de 77% de recettes d'exportation, 29% de recettes propres de l'Etat
et 40.000 emplois.
- L’exploitation de la bauxite qui se fonde sur des réserves estimées à 18 milliards de tonnes
dont :
o FRIGUIA, 1960 - Société mixte, productrice de bauxite et d'alumine. Elle produit en
moyenne 2.269.000 tonnes de bauxite en 1994 contre 2.400.000 tonnes en 1997.
o CBG, 1968 - Compagnie des Bauxites de Guinée, exploite la bauxite. Sa production est
de 11.379.000 tonnes en 1994 pour 14.350.000 tonnes en 1997.
o SBK, (ex OBK), 1968 - exporte la bauxite. En 1994 : 1.192.449 tonnes pour 2.500.000 tonnes
en 1997.
• Les manufactures
Les industries ont généralement un impact significatif sur l’environnement avec les déchets qu’ils
produisent et un effet considérable sur les ressources naturelles qu’elles exploitent. Le tissu des
industries manufacturières se compose des quelques rares industries de transformation (notamment
l’agro- industrie) et de substitution d’importation (fabrique de savon, de tôles, de plastique, etc.). La
branche agro- industrielle est dominée par la fabrique de boissons gazeuses, de jus de fruits, de bière, la
production d’eau minérale, d’huile de palme et le conditionnement de bouillons de cubes Maggi. Le
secteur des matériaux de construction est représenté par Ciment de Guinée, à côté duquel se profilent
quelques fabriques de fer à béton et de tuyaux métalliques.
315
316
La Guinée n’est pas encore un pays véritablement industriel au regard du peu d’activités d’envergure
dans ce domaine à l’exception des exploitations minières. Celles-ci méritent une attention particulière
tant il est évident qu’elles font subir aux sols, au couvert végétal et aux milieux aquatiques des
dégradations très marquées.
- La production de boissons :
o SOBRAGUI : production des boissons Fanta, Sprite, Guinini... BONAGUI : Production
de la boisson Coca Cola.
o SALGUIDIA : production de jus et conserves d'ananas.
o Usine de Jus de Kankan: Production de conserves et concentré de tomate.
- La production d'Emballage :
o SOGEPAC : production d'emballage en carton et en styrène.
• Energie
La grande majorité de la population vit en milieu rural et fait usage de sources d’eénergie domestique à
partir de l’exploitation des ressources ligneuses. Le bois et le charbon de bois sont également utilisés en
quantité considérable en milieu urbain comme source d’énergie de cuisine. La demande en bois-énergie
des villes guinéennes est sans cesse croissante, entraînant un impact très significatif sur les ressources
ligneuses qui diminuent considérablement.
La production d’énergie électrique est nettement déficitaire par rapport aux besoins de plus en plus
croissants du pays à la fois en énergie domestique et en énergie industrielle. Le Gouvernement poursuit
inlassablement ses efforts en vue d’accroître la capacité nationale de production énergétique par la
construction de barrages.
Au plan environnemental, il est reconnu que la construction de grand s barrages et de retenues d’eau
comporte des risques tels que les maladies liées à l’eau, la déforestation, la sédimentation, l’érosion des
316
317
sols, les crues, les déplacements de population et les pertes de revenus. Cependant, les projets de ce
type, comme le barrage hydroélectrique de Garafiri, ont tous été soumis à une étude d’impact
environnemental qui a permis d’intégrer dans ces projets les mesures d’atténuation et de compensation
des impacts négatifs.
Le survol des actions réalisées et envisagées dans le développement des transports montre combien
l’envergure sera progressivement grande et en quoi il est important de porter une attention particulière
aux impacts que ce développement pourrait avoir sur l’environnement et les ressources naturelles.
• L’urbanisation
Les villes guinéennes et en particulier l’agglomération de Conakry, s’étendent à un rythme effréné. Ces
extensions s font aux dépens des espaces naturels provoquent la réduction de la végétation et des pertes
considérables de la diversité biologique.
Ces diverses dégradations engendrées par les activités humaines peuvent être sériées en trois types :
a- La dégradation biotique : qui est une réduction de la densité et de la diversité végétale et animale.
b- La dégradation des conditions du sol : elle se manifeste par la perte de l’horizon superficiel
(érosion), la perte des éléments nutritifs (baisse de fertilité, réduction de la productivité), la perte de la
matière organique, la salinisation, l’acidification, la diminution de l’infiltration, etc.
c- La dégradation des terres boisées : il s’agit de la rédustion des superficies forestières. Les causes
de cette dégradation sont nombreuses et sont fonction des multiples services que rendent les
communautés de végétaux et les terres qu’elles occupent.
Les milieux critiques et les plus menacés actuellement par les processus de dégradation sont :
L’importance de la protection de l’environnement n’est pas encore bien perçue par une très grande
majorité de la population guinéenne. Cela tient certainement au fait que 71,20% de cette population est
encore analphabète.
317
318
Dans les grandes villes, et particulièrement à Conakry, des tas d’immondices jonchent les rues. Les
déchets sont souvent jetés n’importe où, sans tenir aucun compte des principes d’hygiène les plus
élémentaires et encore moins de l’esthétique de la ville. On pourrait justifier ce comportement par la
rareté des poubelles. Pourtant, bien que celles-ci soient peu nombreuses, l’insalubrité dans les grandes
villes pourrait être évitée si les citoyens avaient conscience de la nécessité de rendre propres leurs
agglomérations. Il y a quelques prises de conscience concrétisées par l’existence dans la plupart des
grandes villes du pays, d’organisations de jeunes et même d’adultes, qui procèdent périodiquement à
des opérations collectives de nettoyage des rues.
A la campagne, la situation n’est pas bien meilleure. En effet, pour l’acquisition des produits
nécessaires à leur subsistance et à leur équipement, les paysans font souvent, de façon délibérée, des
atteintes graves à l’état de l’environnement : feux de brousse, chasse par la battue, pêche au poison
végétal, culture sur des pentes très fortes, récolte du miel à l’aide du feu ou par abattage des arbres
porteurs des essaims d’abeilles, barrage dans les lits des rivières et marigots pour capturer les poissons,
etc.
Pour le cas particulier des feux de brousse, la loi autorise le feu agricole circonscrit aux limites des
champs afin d’en éviter la propagation. Mais les agriculteurs ne se donnent pas la peine de circonscrire
le champ par des pare- feux. Ils permettent alors au feu allumé de se propager jusqu’à des centaines de
kilomètres de son point de départ, dans des savanes où l’herbe haute d’un à deux mètres constitue,
asséchée, un excellent combustible pour le feu. Il arrive même que de simples voyageurs soient à
l’origine de feux sauvages quand ils jettent des mégots de cigarette non éteints dans la brousse.
Les eaux continentales et marines sont parfois considérées comme des dépotoirs de déchets de toutes
natures : huiles usées, ordures ménagères, eaux usées, objets divers, etc.
La sensibilisation et l’éducation environnementales sont très nécessaires pour amener les citoyens à
améliorer leur comportement vis-à-vis de l’environnement.
318
319
4.1.2- La Lettre de Politique de Développement Agricole (LPDA)
Conscient des défis qui se posent continuellement au développement de l'économie guinéenne, le
Gouvernement a initié des réflexions sur un certain nombre de secteurs jugés stratégiques dont le
développement rural, considéré à juste titre comme le principal moteur de la croissance de l'économie
nationale avec un taux de croissance moyen annuel de 4,1% contre 4% pour l'ensemble de l'économie
(1995-1997).
La vo lonté du Gouvernement de doter le secteur agricole d'un instrument de politique agricole a été
concrétisée par l'élaboration et l'adoption en 1991, d'une Lettre de Politique de Développement
Agricole appelée LPDA 1, puis la LPDA 2 ; la LPDA 3 est en voie d’élaboration.
319
320
Les objectifs spécifiques qui sous -tendent cette réduction de la pauvreté ressortent de principales
préoccupations exprimées lors des consultations à la base. Il s’agit d’augmenter les revenus,
d’améliorer l’état de santé, le niveau d’éducation et, plus généralement, les conditions de vie et
d’épanouissement des populations et particulièrement les plus pauvres.
Cette stratégie globale qui cherche à bâtir une cohérence entre les politiques sectorielles/régionales et la
stratégie globale, vise à promouvoir une croissance économique forte et créatrice d’emplois, durable et
équitable en vue d’améliorer les conditions de vie des populations.
320
321
4.2. Analyse du cadre juridique et institutionnel
Le droit Guinéen portant entre autres, sur les ressources naturelles et l'environnement s'est notablement
enrichi par l'adoption de toute une série de textes législatifs et réglementaires de portée globale et
sectorielle. Ce mouvement de production normatif, quoique déclenché pratiquement en 1986, s'est
poursuivi à un rythme soutenu et a rapidement abouti à la promulgation de plusieurs lois complétées
dans certains cas par leurs textes d'application. Il s'agit entre autres de :
• l’Ordonnance O/92/019/PRG/SGG/92 du 30 mars 1992, portant code foncier domanial et
de la politique foncière ;
• l’Ordonnance N° 045/PRG/87 du 28 mai 1987, portant code de l'environnement ;
• l’Ordonnance N° L/99/013/AN, portant code forestier ;
• l’Ordonnance No 091/PRG/SGG/90 du 22 octobre 1990, portant Régime financier et
fiscal des Communautés rurales de Développement ( CRD) ;
• l’Ordonnance No 022/PRG/SGG/90 du 21 avril 1990, cette ordonnance traite
exclusivement de l’hygiène et de l’inspection des denrées alimentaires et d’origine
animale ;
• l’Ordonnance No 076/PRG/SGG/89 portant réglementation de la pharmacie vétérinaire ;
• la Loi L/94/005/CTRN du 14 février 1994, portant Code de l'eau ;
• la Loi L/95/036/CTRN du 30 juin 1995, portant Code minier ;
• la Loi /95/046/CTRN du 29 août 1995, portant Code de l'Elevage et des produits animaux
;
• la Loi L/95/13/CTRN du 15 mai 1995, portant Code de la pêche maritime ;
• la Loi L/96/007/An du 22 juillet 1996, portant Organisation de la pêche continentale en
République de Guinée ;
• la Loi /95/51/CTRN du 29 août 1995, portant Code pastoral ;
• la Loi L/97/038/AN, adoptant et promulguant le Code de protection de la faune
Les textes qui composent la législation guinéenne et qui sont applicables à la conservation et à
l’utilisation des ressources naturelles peuvent être distingués, en fonction de leur portée générale (le
321
322
code forestier, le code de l’environnement, le code de la pêche, le code foncier...), ou particulière
(dispositions réglementaires).
322
323
Adoptée à Washington (USA) le 3 mars 1973, la République de Guinée est devenue membre le 20
décembre 1981.Sa mise en œuvre est assurée par le Ministère de l'Agriculture et de l’Elevage.
g) La Convention concernant la Protection du Patrimoine Mondial, Culturel et Naturel
Adoptée à Paris (France), le 3 novembre 1972, elle est entrée vigueur le 17 décembre 1975. La
République de Guinée en est devenue membre le 18 juin 1979. La mise en œuvre des dispositions de
cette Convention est assurée par le Ministère en charge de la culture.
h) La Convention sur la Pêche et la Conservation des Ressources Biologiques de la Haute Mer
Adoptée à Genève le 29 Avril 1958, elle est entrée en vigueur le 20 mars 1966. La mise en œuvre de
cette Convention est assurée par le Ministère de la pêche et de l’Aquaculture.
i) La Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer
Adoptée à Montego Bay le 10 Décembre 1982, la République de Guinée en est devenue membre le 10
décembre 1982. La mise en œuvre de cette Convention est assurée par le Ministère en charge de la
Marine Marchande.
j) La Convention relative aux Zones Humides d'importance Internationale Particulièrement
comme Habitat des oiseaux d’eau
Adoptée à Ramsar (IRAN) en 1971, elle est entrée en vigueur en 1975 et amendée par le protocole de
Paris, le 3 décembre 1982. La République de Guinée a ratifié l’instrument d’adhésion depuis le 24
septembre 1992. L’organisme responsable de sa mise en œuvre est le Ministère en charge des Forêts et
Chasse (Point focal national), en rapport avec le Ministère en charge de l’Environnement.
k) La Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification dans les Pays
gravement touchés par la sécheresse et/ou la désertification en particulier en Afrique
Elle a été adoptée à Paris (France), le 17 juin 1994. La République de Guinée est devenue membre le
19 Avril 1997. Sa mise en œuvre est assurée par le Ministère chargé de l'Environnement.
l) La Convention Cadre sur les changements climatiques
Signée en Juin 1992 à Rio, elle est entrée en vigueur le 21 Mars 1994. La Guinée l’a ratifiée le 7 mars
1994. En observation de l’article 12 de la Convention, la Guinée a communiqué dans un document
scientifique officiel appelé « Communication Nationale sur les Changements climatiques » les éléments
d’information en la matière. Le protocole de Kyoto a récemment été ratifié par le Gouvernement
Guinéen.
m) Le protocole de Carthagène sur la Biosécurité.
323
324
- la lutte contre la déforestation, l’aménagement et la gestion durable des bassins versants en général,
et des aires protégées en particulier
- la promotion des forêts communautaires et privée et le transfert de leur gestion aux communautés
locales ;
- la lutte contre la surexploitation des ressources de la mangrove et le développement intégré des
zones côtières ;
- l’inventaire des technologies améliorées pour leur vulgarisation au niveau des activités
traditionnelles rémunératrices de revenus et consommatrices des ressources naturelles ;
- la lutte contre la pollution
La sonnette d’alarme sur l’état critique de l’environnement guinéen a été entendue pour la première
fois en 1959 lors de la conférence internationale des sols à Dalaba (Guinée) qui avait mentionné la
gravité de l’érosion des sols du massif du Fouta Djallon. Cette conférence avait souligné la nécessité
d’entreprendre des actions urgentes en vue d’enrayer le processus compte tenu du fait que c’est au
Fouta Djallon que prennent sources les principaux fleuves qui drainent l’Afrique de l’Ouest.
Mais c’est seulement 20 ans plus tard que l’OUA est parvenue, dans le cadre de son « plan d’action à
moyen et long termes de lutte contre la sècheresse, la désertification et autres calamités naturelles en
Afrique », à initier un projet de restauration et d’aménagement intégré du massif du Fouta Djallon.
En 1980, le PNUE accepte d’inscrire ce projet dans son plan d’action de lutte contre la désertification
et à la fin de cette année là se réalise la formulation conjointe OUA/GUINEE/PNUD/FAO/UNSO du
« Programme Régional d’aménagement Intégré du Massif du Fouta Djallon »
La première étape de ce programme a été financée par le PNUD et mise en œuvre par la FAO en
association avec l’UNESCO et l’OMM. Elle consistait à définir une stratégie de restauration et
d’aménagement intégré qui s’appuie sur une expérimentation à l’échelle des petits bassins versants
représentatifs des grandes zones agro-écologiques composant le massif du Fouta Djallon.
C’est sur la base des résultats positifs de cette première étape que s’est consolidée l’assistance
technique du PNUD/FAO, de la Coopération française, de l’Union Européenne et de l’USAID pour la
réalisation de projets expérimentaux pilotes d’aménagement de bassins versants situés en Moyenne et
Haute Guinée) qui ont mobilisé et utilisé un total de près de 60 millions de dollars et dont les résultats
les plus significatifs ont été :
• le renforcement du cadre institutionnel et juridique de la gestion des ressources naturelles et de
l’environnement ;
• le développement des ressources humaines ;
• la formulation d’approches, de méthodes et d’outils de gestion participative des ressources
naturelles ;
• la sensibilisation : éducation du public et des décideurs sur l’environnement ;
• la création et l’aménagement des deux premiers parcs nationaux de Guinée (le Parc National de
Badiar et le Parc National du Haut Niger) ;
324
325
• le classement et la protection d’aires humides sensibles ;
• la restauration ou l’aménagement de zones dégradées comme les têtes de sources et les berges
des rivières ;
• la lutte anti-érosive mécanique et biologique.
Parallèlement aux actions de ce programme centré sur la Moyenne et la Haute Guinée, d’autres
initiatives étaient engagées en Guinée Maritime et en Guinée Forestière.
En Guinée maritime, l’une des ces initiatives concernait l’étude de l’érosion côtière, avec un appui de
la Coopération française tandis que l’autre portait sur la protection de la mangrove avec un appui de
l’Union Européenne pour préparer un schéma d’aménagement de la mangrove dont la mise en œuvre
est testée avec un projet pilote localisé dans la baie de Sangaréah (Préfecture de Dubréka).
En Guinée Forestière, le Projet de Gestion des Ressources Forestières (PROGERFOR) appuyé par la
Coopération Allemande et la Banque Mondiale, s’est particulièrement intéressé aux massifs de Ziama
et de Diécké qui sont classés comme réserves mondiales de biosphère, pour promouvoir une stratégie
de gestion des ressources forestières qui fasse participer les populations riveraines.
Un autre centre d’intérêt dans la région forestière a été les monts Nimba dont une partie classée comme
site de la Convention sur le patrimoine mondial culturel et naturel a fait l’objet d’un projet conjoint
PNUD/UNESCO.
Tirant les leçons de toutes ces actions, les autorités gouvernementales guinéennes ont entrepris en
1989, avec le concours de quelques partenaires au développement de la Guinée, la préparation d’un
Plan National d’Action pour l’Environnement (PNAE). L’objectif visé était de parvenir à mettre en
place un cadre de référence adéquat pour faciliter la mise en œuvre efficace d’une politique
participative de gestion des ressources naturelles et de l’environnement.
325
326
naturelles et de l’environnement devrait pouvoir contribuer au bien-être des populations guinéennes et
celles des pays voisins arrosés par les nombreux grands cours d’eau prenant leur source en Guinée.
Pour cela, elle a besoin de l’appui de la communauté internationale compte tenu de la dimension des
problèmes à résoudre dans un contexte de développement humain très faible fragilisé par l’impact
négatif sur l’environnement de centaines de milliers de réfugiés et de personnes déplacées qui, suite
aux conflits armés, se sont installés sur tout en Guinée Forestière dans le sud du pays, en région
maritime et dans la capitale Conakry. En effet, le nombre très élevé de réfugiés augmente la densité de
population dans les sites d’accueil et entraîne des problèmes d’environnement tels que le déboisement,
le surpâturage, l’érosion des sols et la pollution des milieux récepteurs. L’accès à l’eau potable,
l’assainissement et les soins de santé qui étaient déjà critiques avant l’arrivée des réfugiés prennent des
contours plus graves.
Ce sont donc les actions anthropiques qui sont principalement en cause dans les problèmes
environnementaux mettant en péril l’existence humaine même : changements climatiques, destruction
de la couche d’ozone, diminution drastique des ressources naturelles vitales, maladies graves diverses,
etc. Paradoxalement, les activités humaines à l’origine de ces problèmes ont pour objectif d’améliorer
les conditions d’existence de l’homme. Car, les ressources naturelles constituent le soutien de la vie, le
socle du développement socio-économique.
Donc l’exploitation des ressources naturelles en particulier, et l’ensemble des activités socio-
économiques en général, sont indispensables à l’existence humaine. Cependant, ces activités doivent
être menées dans la perspective d’un développement durable. Et c’est là que ressort l’importance d’une
politique environnementale nationale, et mieux encore, d’une politique environnementale sous-
régionale, comme celle prévue par l’UEMOA.
Une politique environnementale nationale intègre les considérations écologiques propres d’un pays
dans les plans et programmes de développement socio-économiques dudit pays et constitue forcément
des contraintes pour les activités humaines. A fortiori, une politique environnementale sous-régionale,
qui tient compte non plus de considérations écologiques nationales, mais plutôt sous-régionales,
constitue des contraintes plus larges et peut-être plus fortes pour les activités humaines dans l’espace
concerné. Ces décisions opposables à l’ensemble des pays de cet espace, seront certes bénéfiques à
l’environnement de la sous-région, mais pourront être diversement ressenties comme contraintes au
niveau des différents pays. En d’autres termes, une politique environnementale commune, en limitant
certaines activités humaines, pourrait réduire diversement la croissance économique dans les différents
pays concernés.
326
327
Le rôle qu’on pourrait légitimement attendre d’une telle politique, n’est pas seulement d’édicter un
ensemble de lignes de conduite opposables à tous dans le cadre de la préservation de l’environnement,
mais elle devra aussi :
• évaluer la contrainte que constitue pour les différents pays, chacune des grandes mesures ;
• traduire cette contrainte en termes de manque à gagner dans la croissance économique ;
• apporter des compensations aux pays les pus touchés par la mesure ;
• aider les différents pays dans l’application de certaines décisions.
Des couloirs de migration de la faune sauvage sont identifiés entre le Nord-Ouest de la Guinée et le
Sénégal, entre l’Est de la Guinée et le Mali et entre le centre de la Guinée et la Sierra- Léone. Ces
couloirs sont les voies suivies par la faune sauvage pour passer d’un pays à l’autre, pendant les
différentes saisons.
Par ailleurs, au cours de leur parcours les eaux sont capables de charrier d’énormes quantités de
matériaux solides. L’air également « voyage » beaucoup en transportant souvent des quantités
importantes de particules solides, de produits chimiques et de vapeur d’eau. Dans un article intitulé
« L’état des lieux », publié dans le n°20 du journal «Le Courrier de la Planète » (décembre 1993 -
janvier 1994), Jean-François SOUSSANA écrit : L’érosion éolienne, très importante dans les pays des
steppes dont les sols sont sablonneux ou constitués de fines alluvions appelées loess, a ravagé de vastes
territoires en Asie, dans les savanes sahéliennes ou dans l’ouest des Etats Unis… Chaque année, des
tempêtes arrachent 200 millions de tonnes d’argiles et de limons aux terres africaines. Selon la NASA,
ces poussières mises en suspension dans l’atmosphère enrichissent l’océan Atlantique (plancton…) et
l’Amérique latine, apportant en Amazonie l’équivalent de 2,5 kg de phosphate/ha.
L’auteur affirme également : A distance des océans la plupart des précipitations ont pour origine l’eau
évaporée localement. Ainsi, l’eau qui parvient au Sahel, provient en partie de l’évaporation dans des
régions plus humides, au terme généralement de plusieurs cycles d’évaporation et de précipitations.
Ces cycles dépendent eux- mêmes du pouvoir évaporant de la végétation qui est alimentée par le sol.
Dans ce contexte, la mise en œuvre d’une politique environnementale commune est très appréciable.
Les principes directeurs d’une telle politique devraient être :
• le maintien d’un taux convenable de couverture végétale dans les zones les plus humides pour
améliorer la pluviométrie dans les parties sahéliennes de la sous -région ;
• l’aménagement des bassins versants dans les pays (comme la Guinée) où de nombreux cours
d’eau de la sous-région prennent leurs sources respectives ;
• l’amélioration des pratiques agricoles dans l’espace sous-régional
• et la proposition, si possible, d’un plan d’aménagement approprié du territoire de l’ensemble de
la sous-région (zones industrielles, zones agricoles, zones forestières, etc.).
327
328
5.4- Eléments d’orientation majeurs de la politique pour l’amélioration de
l’environnement
La politique environnementale commune pour l’espace considéré devrait porter sur :
• la protection et la mise en valeur des milieux récepteurs :
- le sol et le sous-sol ;
- les eaux continentales et leurs ressources ;
- les eaux maritimes et leurs ressources ;
- l’air ;
• la protection et la mise en valeur du milieu naturel et des établissements humains :
- les établissements humains ;
- la faune et la flore ;
• la lutte contre les pollutions et nuisances :
- les déchets ;
- les bruits et les odeurs ;
- les installations et les établissements classés ;
- les substances chimiques nocives et/ou dangereuses ;
• les procédures administratives, incitations et dispositions financières :
- la procédure d’étude d’impact environnemental ;
- les plans d’urgence ;
- les compensations et incitations positives ;
• le régime juridique des infractions :
- le régime de responsabilité ;
- la compétence et la procédure ;
- les pénalités.
Une politique environnementale commune à l’ensemble des pays de la sous -région ouest africaine, plus
précisément pour la zone UEMOA plus la Guinée, le Ghana et le Nigéria, pourrait être profitable à tous
les pays concernés et même au-delà, compte tenu du fait que l’environnement ne connaît pas nos
frontières conventionnelles. Mais, l’élaboration et la mise en œuvre d’une telle politique ne sont pas
des tâches de tout repos.
En effet, les pays concernés par cette politique connaissent des conditions écologiques très diverses,
certaines étant humides et d’autres semi arides ou arides. Les pays humides, aux richesses biologiques
abondantes et diverses, pourraient être plus « pénalisées » que les autres par une politique
environnementale commune. Ces richesses naturelles qui constituent pour eux une base importante de
développement socio -économique, un moteur pour leur économie, jouent parfois un rôle écologique (et
peut-être même économique aussi) non moins important pour d’autres pays de la sous-région. Ainsi,
pour l’élaboration d’une politique environnementale commune, il sera nécessaire de tracer des lignes de
conduite pour l’exploitation de ces ressources naturelles économiquement importantes pour les uns et
écologiquement vitales pour les autres. Dans ces conditions, l’application d’une telle politique pourrait
être plus contraignante pour certains pays que pour d’autres. Il y a donc lieu d’examiner très
attentivement tous ces aspects. Des mesures de compensation, par exemple, peuvent s’avérer
nécessaires.
328
329
Par ailleurs, en dépit des inconvénients précités, il est nécessaire que chacun consente à faire quelques
sacrifices, quelques concessions pour l’intérêt commun des populations concernées. L’engagement de
tous les pays est indispensable pour la mise en œuvre de la politique commune.
Cette mise en œuvre pourrait être assurée par la formation et l’affectation dans chacun des pays de
l’espace sous-régional, de fonctionnaires chargés de veiller et peut-être d’aider à l’application des
mesures prescrites dans la politique environnementale commune.
Au niveau des populations concernées, lesquelles sont en grande majorité analphabètes, des actions
d’information, d’éducation et de communication sont indispensables pour les amener à comprendre
l’importance du respect de l’environnement. Leur participation à la mise en œuvre de la politique est
indispensable. Or, l’on ne peut résolument s’engager dans une voie que si l’on en perçoit bien l’intérêt.
La perception de l’importance de la préservation de l’environnement manque encore dans la plupart de
nos milieux ruraux, à part ceux où les problèmes environnementaux prennent les populations jusqu’à la
gorge. En général, dans nos zones rurales, les habitants ne cherchent qu’à parer au plus urgent, c’est-à-
dire la résolution des problèmes quotidiens.
Le travail de sensibilisation et d’éducation des populations sera donc d’une nécessité impérieuse pour
la réussite de la politique commune environnementale de la sous-région ouest-africaine.
329
330
LE GHANA
330
331
TABLE OF CONTENT
331
332
Introduction:
Ghana is the first country south of the Sahara to gain independence in 1957. After several years of
political instability and economic stagnation it was returned to democratic pluralistic governance
through the 1992 constitution.
The government has made serious efforts since 1974 to put the environment on the national agenda
through the establishment of the Environmental Protection Council to advise and regulate the activities
of the environment. In 1994 it established the Ministry of Environment, Science and Technology to
provide policy direction.
Some of the main activities done by the government, the Ministry and other regulatory bodies to
enhance sustainable development of the environment include:
• The National Environmental Policy (NEP) and the National Environmental Action Plan
(NEAP) were developed and implemented
• The incorporation of Environmental Education into the social science curriculum of basic
schools
• Setting up of a Mine Reclamation Bond as a financial guarantee reclamation of mine sites
• Development of guidelines and standards on air, water and noise by EPA for the regulation of
developmental activities
• The provision of Environmental Assessment Regulations, 1999 (LI 1652) to promote
environmentally sustainable development.
Geographical location
Ghana, located in West Africa, lies between latitudes 4044’ and 11015’N and longitudes 3015’W and
1012’E. Ghana is bordered on the east by the Republic of Togo, to the west by La Cote d’Ivoire,
Burkina Faso to the north and to the south by the Gulf of Guinea. Please refer to Map.
332
333
The agricultural products are made of traditional export (cocoa and oil palm) and traditional staple
crops (plantain, cassava, rice) and recently non-traditional export crops (fruits, vegetables and root
crops).
The agricultural sector grew at 6.0% in 2004 as compared with 4.0% in 2001. The higher growth rate
of the agricultural sector in 2001 was due to special attention being given to production of cocoa,
cassava starch, rice and cotton.
The contribution of the industry sector to GDP stands at 24.9% as at 2001. The manufacturing sub-
sector is the dominant in the industry sector with a GDP contribution of 36.7%. The other sub-sectors
include construction (31.9%), electricity and water (10.3%), mining and quarrying (21.1%). The
industrial sector grew at 2.9% in 2001 as compared with 3.8% in 2000.
The se rvice sector is made up of a number of tertiary activities. They include economic services such as
wholesale trade, retail; tourism and infrastructure services such as communication, transportation by
road, rail, air and water and social services such as education and health. Other services are finance,
insurance, real estate and business; government; community, social and personal as well as producers
of private non-profit services at the household level.
The Sector contributes about 30% of GDP. The services sector is dominated by government services
that contribute over 10% of GDP annually.
333
334
Land Resources
Ghana is gently undulating and generally below 600 metres above sea level. The highest level is around
397metres. The lowest area occurs in the middle of Volta basin and along the coast.
Surface water covers 5% of total area of the country. The three major river systems are Volta River
System, South Western River System and Coastal River System. The quality of freshwater in the three
major systems is generally good for multipurpose use. The total annual runoff is 54 billion m3 with
37.8 billion m3 originating from within the country and 16.2 billion m3 from outside. National per
capita availability of freshwater is 6,181m3 per annum.
Agricultural land is about 146,810km2 or 61.5% of the total land area. Only 0.2% is irrigated and
0.16% is organic cropland. The major forms of land degradation include soil erosion, desertification,
salinization, acidification and plinthite formation. Large tracts of land have been destroyed by water
erosion. The gross annual economic loss due to erosion ranged from 2 to 5% of Agricultural Gross
Domestic Product. The estimated percentage of total land area of Ghana prone to desertification is
64.97 percent, which is about 165,000 km2 .
Originally forests cover about 36 % (84,000 km2 ) of the country. This reduced to 23 % by 1972, 13.3%
in 1990, and 10.2% in 2000. There is so much pressure on forests that estimates indicate that the rate of
depletion of forests as at 2002 was 65,000 hectares per annum. Deforestation has resulted in adverse
effects on the integrity of our environment. Prime timber species including Melicia excelsa (odum) that
were common in forest reserves have drastically reduced. Species such as Triplochiton sclceroxylem
(wawa), Ceiba pentandra (silk cotton), Terminalia superba (Ofram), are becoming extinct.
About 60% of the geology of Ghana is composed of metamorphosed Precambrian rocks while
sediments of the Volta basin underlie the rest of the country. The major soil groups within forest zones
are oxisols and ochrosols. Within the Semi-deciduous forest zone, the forest ochrosols are the most
extensive and very important.
Agro-ecological zones
The country can be divided into six major agro-ecological zones. These consist of Sudan, Guinea and
Coastal Savanna zones, the forest-savanna transitional zone, the Semi-deciduous forest zone and the
High Rain forest zone. The table below shows the main agro-ecological zones with their land suitability
to major crop types.
334
335
Land cover
The term land cover defines the vegetation and artificial construction covering the land surface. Land
cover therefore designates both vegetational and non-vegetational features. Please refer to table 2 on
land cover for vegetation.
335
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Moist Evergreen ME 17,770 7.45
Upland Evergreen UE 292 0.12
Moist Semi-deciduous MS 32,890 13.79
Dry Semi-deciduous DS 21,440 8.99
Southern Marginal SM 2,360 0.99
Southern Outlier SO 20 0.0083
Total Forest 155,488 65.19
Tall-grass Savanna TGS 144,948 60.77
Short-grass Savanna SGS 10,540 4.42
Total Savanna 155,488 65.19
Mangrove forest* MA 1,670 0.7
Total Ghana 238,500 99.99
*Include open water areas; actual area of mangrove vegetation in unknown but is now very limited
Source: Ministry of Environmental and Science 2002
Land use on the other hand defines the use to which land is being put. These include grazing, forestry,
mineral extraction, settlement and recreation. The general pattern of land use is presented in Table 3
Agricultural land use types include bush fallow, unimproved pasture, tree crops and annual crops. The
main system of farming is traditional with the use of the hoe and cutlass. Agriculture is predominantly
on small holding basis, of which 85% is on small sizes less than 2 ha. in the forest zone and less than 5
ha in the savanna zone. The major types of farming systems are cash tree cropping, bush fallow, mixed
cropping, horticulture and commercial farming. Large scale plantation for crops like rice, pineapples,
cotton, oil palm and cassava have been given special attention in a form of marketing or planting
materials to enhance their production and processing for export. Sheep, goats and cattle are widely
distributed in the country but are largely concentrated in the northern section of the country particularly
in the Upper East.
336
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Forest land use includes forest reserves, wildlife reserves, unreserved closed forest, unreserved savanna
lands. About 66.6% of the forest reserves are located in the forest zone constituting about 10.2% of the
total area of the zone while 90% of the wildlife reserves are found in the savanna zone. Other land use
classes include grazing, mineral extraction, settlement, mining and institutional uses.
The land tenure systems are the customary, stool land, individual ownership, shared tenancy and direct
government acquisition.
Freshwater Resources
Ghana’s freshwater resources are founding three major river systems and numerous aquifers, of which
two are shared with Togo in the southeast and Cote D’ivoire in the southwest. Total area covered by
surface water bodies is about 11800km2 representing about 55 of total land area of the country. Total
runoff was estimated at about 54.4 billion cubic meters, of which 39.4 billion originate from within the
country and 17.3 billion from outside the country. Total runoff has however declined in several places
by between 30 – 40% over the last 30 years as a result of declining rainfall.
National per capita freshwater availability is estimated at about 2893.6 cubic meters per year. This
suggests that the country is generally not under water stress. However, unevenness in spatial and
temporal distribution and inadequate service facilities has lead to perennial water shortage in certain
places, while other places experience periodic flooding.
Mean groundwater yield varies from 4.5 m3/hr in the voltaian geological formation to about 18m3/hr.
in the limestone aquifers in the southwest and southeast. Estimated mean aquifer recharge is currently
between 13.4 -16.2% of mean annual rainfall.
The quality of most large surface water resources is generally good for multipurpose usage. Rivers
draining urban areas are however, degraded by the introduction of large quantit ies of urban domestic
wastes which are carried by runoffs.
Wetlands
Wetland ecosystems constitute about 10% of the country’s total land area. Three categories of
wetlands are recognised, namely; conserved wetlands(this includes Ramsar sites and wetlands in forest
and wildlife reserves), coastal wetlands (some are conserved) and inland wetlands(include irrigated
lands, salt pans, reservoirs, lakes and river flood plains).
Coastal wetlands including a number of lagoons close to large population centres tend to be degraded
by the input of urban domestic and industrial wastes including untreated or partially treated sewage. In
such water systems, heavy bacteriological contamination is very common. Heavy metal pollution also
occur in wetlands near industrial towns and mining communities where artisanal mining commonly
called ‘galamsay’ is undertaken.
Aquatic weed infestation involving alien invasive species such as water hyacinth, salvinia and coontail
have become very pervasive in inland wetlands. These weeds tend to block waterways and threaten
water supply systems.
337
338
Marine and Coastal ecosystems
Ghana has a coastline of about 550km. The coastal and marine territorial waters extend from the high
tide mark to the limit of the 30-metre contour or 10km on the landward side and up to the 200 nautical
miles exclusive economic zone on the seaward side.
The marine and coastal ecosystems have been classified into offshore ecosystems and coastal
ecosystems.
Two distinct coastal upwelling, which extend between Cote D’ivoire to the coast of Benin, occur. The
major one takes place between late June and August and lasts for about six weeks. The minor one
which, lasts for about three weeks, occur between late January and February. The two upwellings are
separated by periods of hydrographic stability when the thermocline is pronounced. These periods are
characterised by low productivity and fish landings are low.
Sandy Shores
The sandy shores are the dominant coast type and constitutes more than 60% of the cost type. This
coast type is important for beach tourism. Species diversity on sandy beaches with steep slopes is
generally low, with the ghost crab, Ocypoda cursa as a common species. Species diversity is however
relatively higher on fine-grained flat beaches. Commonly encountered fauna include isopods,
amphipods, mysids and polychaetes. The sandy shores from Pampram near Accra to Keta in the east
are important nesting grounds for marine turtles.
Rocky Shores
Rocky shores occur as rocky out-cropings alternating with sandy bays. They support a wide variety of
macroalgae, barnacles and littorinid snails. Algae on rocky shores serve as important microhabitat for
epifauna and fish.
Coastal Lagoons
More than 90 lagoons are found in the coastal area of Ghana. They habour a wide variety of fish,
crabs, molluscs and polychaetes. When they occur as open lagoons, they serve as nursery grounds for
juvenile marine fish. Some of the lagoons support large populations of roosting waterfowls and
Palaearctic birds, which over winter in Ghana. Five important coastal lagoons and adjoining wetlands
have been designated as Ramsar sites.
Mangrove/Tidal Forests
338
339
Mangroves are associated with lagoons and river deltas. Mangrove ecosystems have been very much
encroached upon and significantly degraded through over-cutting for fuel wood and conversion to
saltpans. Significant mangrove areas are now limited to the Volta delta in the east, Iture wetlands in
the central region and a few stands in the west. Mangrove ecosystems support oysters, crabs, and
gastropods. They also provide nursery grounds for juvenile marine and brackish water fish.
Estuarine Wetlands
Estuarine wetlands comprise coastal floodplains and marshland areas.. The Volta estuary constitutes
the dominant estuarine wetland and supports very extensive stands of mangrove. Due to the
construction of the Akosombo and the Kpong dams on the Volta River, seasonal inundation of a large
portion of the floodplains, which support fishery and agriculture has been significantly reduced.
Depression Wetlands
Depression wetlands are small mash lands that are not linked to any significant watercourse. They are
mostly found in the western part of the coastline and are recharged mainly by direct rainfall. Species
diversity is very low in depression wetlands due to the high temperature ranges.
Mangrove habitats are also threatened by severe encroachment by urban expansion and creation of
saltpans. Over cutting of mangrove for fuel wood has also decimated significant stands of mangrove.
Untreated municipal and industrial wastes have also degraded a number of coastal lagoons such as the
Korle, Kpeshie and Chemu lagoons.
Agricultural inputs such as use of chemical fertilizer are very low in the country and are not expected to
cause any serious pollution.
The problem of overgrazing, bush burning as a means of land clearing and continuous cultivation on
the same piece of land are accelerating the deteriorating of the soil. The most seriously threatened are
soils outside forest and wildlife reserves. Major forms of land degradation are therefore indiscriminate
destruction of vegetation, soil erosion and decline in fertility, which is common to all the ecological
zones in Ghana.
Dumping of refuse, discharges of treated and untreated sewage; industrial effluents, livestock waste
and agricultural run-off into water bodies are major sources of water pollution. These result in increase
in Biochemical Oxygen Demand (BOD) causing eutrophication and killing of aquatic life. The
consequence is ecological change and destruction of aquatic habitat. Also discharge of untreated toxic
materials, such as heavy metal, organic chemicals from industrial and mining waste pose a threats to
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340
major rivers like Pra, Offin, Ankobra, Densu, Sakumo and the Korle lagoons. Other major effluents
from industries are the breweries, chemical, plastics and rubber industries.
On climate change, the country is net sink with net carbon dioxide (Co2 ) equivalent removals by sink of
about -5,411 Gg according to Ghana’s Initial National Communication studies in 1994 by EPA.
However, the trend of total Co 2 equivalent removal showed a significant decline of about 49% from
1990 to 1996. The reduction in Co 2 sequestration was principally due to deforestation and other land
use changes including increase in agricultural lands and high increase in fuelwood and charcoal
production. Major Green House Gases (GHGs) are carbon dioxide (Co2 ), methane (CH4 ) and nitrous
dioxide (N2 O)
The economic sector of GHGs sources of emission and removals by sink are energy, industrial
processes, agriculture, land use, land use change and forestry and waste. Ghana’s greatest potential for
reducing anthropogenic GHG emissions and expanding carbon sinks would appear to lie in the forest
and land use sector.
The most common degradation process in Ghana that is affecting natural resources are deforestation,
bushfires, drought and soil erosion.
Deforestation
Ghana was once renowned for its extensive forest, woodland and water resources, but that has changed
drastically. Today deforestation, loss of land cover and biodiversity loss is widespread in Ghana.
Increase in population and its attendant demand for land for subsistence cultivation has resulted in
deforestation, soil erosion and decline in soil fertility, increased drought frequency, bushfires and
desertification.
Forests for the past three decades, have suffered much decline, according to land use/land cover trend
analysis conducted by EPA using historical Landsat satellite imagery (1972/3, 1985/6, 200/01) in 2005,
Ghana tropical forests have decline moderately from 1972 to 2000. In 1972, forest covered about 23
percent of the country. However in 1990, the area reduced to 13.3 percent, and in 2000 it was 10.2
percent. Thus, over the years the high forest has reduced from the previous 8.2 million hectares to an
estimated 0.836 million hectares in 2000 representing 70 percent loss with average rate of deforestation
of 4.5%
Incidence of fire
Bush fires are considered as the most important agent responsible for reducing biodiversity and
depleting the genetic diversity of various land and other land resources. In Ghana most bushfires occur
in the forest and savanna zones mostly between the month of January and April (during the dry season).
Until 1982, fires in forests were relatively uncommon. However, from 1982 and 1983 serious fire
outbreaks have also been reported in 1989, 1993 and 1996 razing thousand of hectares of the nations
crops and natural resources. Food and Agriculture Organisation (FAO) in 1983 estimated over 50% of
the country’s vegetation cover with an annual loss of 4% of GDP. In addition to this, major crops such
as cocoa, coffee, cola nuts, food crops, vegetables as well as timber and animals were destroyed at an
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341
estimated cost of ¢784.3 million. Also about four (4) people were trapped and killed and ten (10)
seriously injured as a results of these fires.
Causes of bush fires have been primarily anthropogenic in origin than natural. These include: farming,
hunting, palm wine tapping, honey extracting, logging among other cultural activities.
Major legislation promulgated include the PNDCL 46 (1983) and PNDCL 229 which prohibited setting
of fires for any purpose other than agricultural, forestry and game management purposes and
establishment of bushfire control sub-committee in each District Assembly with responsibilities and
duties to effectively minimize fire incidence from the district level.
In spite of these policies, outbreaks of fires are still prominent. The ineffectiveness of the programme
has been attributed to lack of coordination among stakeholders, inadequate logistics, limited financial
resources, attitudinal problems of those who set up fires and lack of capacity of the district assemblies
to work effectively.
Drought
Drought is a major factor enhancing desertification in Ghana. It is very prevalent in the northern
regions of the country. However, records available for the last two decades had indicated a general
increase in drought frequency especially in high rainfall zones of southern Ghana.
The major drought periods recorded in Ghana were 1968-1972, 1982-1985 and particularly that of
1983 that caused serious hydrological imbalances that affected land resources production systems
especially soil quality, fresh water supplies and vegetation and crops. The 1982/83 droughts is also
attributed to the genesis of bushfires in Ghana.
Soil erosion
The impact of soil erosion is not dramatic but widespread in all areas of the country with increasing
rate of deforestation. Line squalls occur during the start of rains between March and July each year.
Soil erosion, for the past three decades became an important contributor in land degradation. This
occurs in the form of sheet erosion through surface run-off, rill erosion in shifting micro-channels and
gully erosion into permanent channel. The Soil Research Institute has interpreted the major soil erosion
in terms of the ir severity and type of erosion hazard posed. It showed that:
• Slight to very slight sheet erosion affect less than 1% of Ghana
• Slight to moderate sheet erosion affect 31% of Ghana
• Moderate to severe sheet and gully erosion but more of the former
affects 25% of the total of Ghana. Thus, over 70% of the country is subject to moderate to severe sheet
or gully erosion and about 40% of this land is in the savanna.
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Threatened or Critically affected ecosystem
The following tables present the major environmentally affected areas in Ghana.
Land-related constraints
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Water-related constraints
Problem Hot spots Main causes
Pollution Ankobra, Pra, Subin, Chemical spillage, acid drainage
Densu, Odaw and Chemu from surface mining, urban and
basins industrial waste discharge
Flooding White, Subin, Densu and Haphazard urban development and
Odaw river basins overflow of dams and reservoirs
Water shortage White Volta, Tano and Low dry season run off, low
Densu basins recharge of underground water, high
deforestation
Salinization of fresh water Geological conditions and
resources Keta basin unregulated abstraction of
underground water
High Iron/Fluoride in Pra, Ankobra and White Geological conditions and acid
groundwater Volta basin drainage from mines
Water Weed infestation Oti river basin, Afram arm Introduction of exotic weeds (e.g.
of Volta lake, Tano water hyacinth & salvinia)
lagoon, water supply hydrological change arising from
reservoirs countrywide impoundment of water at
Akosombo, high level of
nitrification from urban and
agricultural activities
Noise nuisance is becoming an emerging problem in many urban centres. The noise emanates from
religious houses and recorded music vendors. Although municipal authorities have enacted byelaws to
check excessive noise making, efforts to control noise by municipal authorities is severely constrained
by inadequate personnel and equipments.
Among those of greatest concern is the phenomenon of littering. People throw litter ind iscriminately
around. Most disturbing ones are those thrown from moving vehicles and at lorry parks. Although
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344
Municipal and Urban Councils have byelaws that prohibit these activities the sanctions are not
deterrent enough. Lack of enforcement of the byelaws has worsened the situation.
Waste generated from markets are not properly disposed off and thereby blocking the drains and
causing floods. Most of the solid waste generated from markets and other selling points mostly put in
plastic waste are left on the road or nearby corners. Very few collection points are maintained and
creates an eye saw.
There is constant traffic in the Accra Tema area because of the high vehicular movement. The roads
have few passenger stops so some vehicles even stop on the road which create traffic jams. These
increase the release of carbon dioxide and carbon monoxide from the vehicles thus polluting the air.
§ The Ministry of Environment and Science is responsible for the formulation of policies related
to the environment.
§ The Environmental Protection Agency (EPA) is the technical wing of the Ministry of
Environment & Science and therefore implements environmental policies ema nating from the
ministry.
These are the two institutions directly responsible for the environment.
The EPA however collaborates with certain institutions like the Food and Drugs Board, Standards
Board, Factories Inspectorate, Ministry of Lands and Forestry (under which we have the Forestry
Commission and its departments), Ministry of Local Government and Rural Development (under
which we have the Metropolitan/Municipal and District Assemblies).
Ghana has ratified a number of conventions, which are at various stages of implementation
Convention on Biological diversity (CBD).
Ghana has prepared its National Biodiversity Strategic Plan but the action plan is yet to be finalized.
The National Biodiversity Strategic Plan (NBSP) is being implemented somewhat by the various
stakeholders. The real problem is that, it has not been mainstreamed into sectoral policies and therefore
difficult to state the extent of implementation of the NBSP.
Ghana has just submitted its maiden national reports (the Second and Third National Reports) to the
CBD.
344
345
Desertification has long been recognized as a major environmental hazard with adverse impacts on the
livelihoods of people in the three northern regions of Ghana.
Ghana in fulfilment of its obligations under the United Nations Convention to combat Desertification,
has finalized its National Action Plan (NAP) to combat drought and mitigate desertification. She has
been able to prioritise projects within the 3 northern regions for implementation under the global
mechanism of the UNCCD. Some of their projects are woodlot establishment, integrated water
management and livelihood enhancement. These projects will serve the dual purpose of alleviating
poverty and arresting the rapid rate of desertification.
There are other conventions, which are being implemented such as climate change etc.
Objectives
The ultimate aim of the National Environmental Policy of Ghana is to improve the surroundings, living
conditions and the quality of life of the entire citizenry, both present and future. It seeks to ensure
reconciliation between economic development and natural resource conservation, to make a high
quality environment a key element supporting the country’s economic and social development.
• maintain ecosystems and ecological processes essential for the functioning of the biosphere;
• ensure sound management of natural resources and the environment;
• adequately protect humans, animals and plants, their biological communities and habitats against
harmful impacts and destructive practices, and preserve biological diversity;
• guide development in accordance with quality requirements to prevent, reduce, and as far as
possible, eliminate pollution and nuisances;
• integrate environmental considerations in sectoral, structural and socio-economic planning at the
national, regional, district and grassroots levels;
• seek common solutions to environmental problems in West Africa, Africa and the world at large.
The National Environmental Policy puts emphasis on preventio n and sustainable development.
Principles
For the effective implementation of the National Environmental Policy the following principles will be
applied:
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• delegation of decision- making and action to the most appropriate level of government;
• polluter pays for the cost of preventing and eliminating pollution and nuisance caused by him;
• public participation in environmental decision- making;
• international co-operation.
Environmental protection in Ghana should be guided by the prevention approach, that is, with the
recognition that socio-economic developments must be undertaken in such a way as to avoid the
creation of environmental problems.
a. commit itself to the environmentally sound use of both renewable and non-renewable resources
in the process of national development:
b. create awareness among all sections of the community of the environment and its relationship to
socio-economic development, and of the necessity for rational resource use among all sectors of
the country.
c. develop procedures for the utilisation of land resources in a manner that will ensure the
maximum degree of economy in the use of land and avoid or minimise conflicts;
e. take the appropriate measures, irrespective of the existing levels of environmental pollution and
extent of degradation, to control pollution and the importation and use of potentially toxic
chemicals.
f. take appropriate measures to protect critical eco-systems, including the flora and fauna they
contain harmful effects, nuisance, or destruction practices;
g. develop and maintain a professional cadre within the country to supervise, co-ordinate,
implement and enforce procedures and legislation essential for safeguarding the environment
and maintenance of sound ecological systems;
h. oblige all concerned to provide the appropriate agencies with the relevant information needed
for environmental protection and for the enforcement of relevant environmental regulations and
legislation;
i. promote and support research programmes aimed at better understanding of the different
ecozones and the factor affecting them, as well as health-related environmental problems, and
local resources, including renewable energy resources;
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j. establish an adequate legislative and institutional framework for monitoring, co-ordinating and
enforcing environmental matters.
The country puts a lot of priority on the following desired environmental outcomes and has therefore
put in measure to achieve them.
• Clean Air
• Clean Surface Water
• Significantly Reduced Rates of Desertification
• Significant Reduction in all Forms of Land Degradation
• Prevention and mitigation of Climate Change
• Ozone Layer Protection
• Safe Drinking Water
The Strategies put in place by the EPA and its collaborating agencies to
achieve these outcomes include:
• Awareness creation
• Effective Coastal Zone Management
• Effective and consistent Compliance and Enforcement
• Ecologically Sound Management
• Environmental Education (Formal and Non- formal)
• Reduced generation of Hazardous Wastes and Proper Management of Residual Waste
• Effective Pollution Prevention/Control
• Effective Sanitation Infrastructure and Practices
• Sound Chemicals Management
The Ghana Environmental Policy was adopted to provide the broad framework for the formulation and
implementation of the National Environmental Action Plan 1991. The aim of the national
environmental policy of Ghana is to improve the surroundings, living conditions and the quality of life
of the entire citizenry, both present and future. It seeks to ensure reconciliation between economic
347
348
development and natural resource conservation, to make a high quality environment a key element
supporting the country’s economic and social development. The policy seeks specifically to:
• To maintain ecosystems and ecological processes essential for the functioning of the biosphere.
• Ensure sound management of natural resources and the environment.
• Adequately protect humans , plants and animals, their biological communities and habitats against
harmful impacts and destructive practice, and preserve biological diversity.
• Guide development in accordance with quality requirements to prevent, reduce
and as far as possible, eliminate pollution and nuisances.
• Integrate environmental considerations in sectoral, structural and socio -economic planning at the
national, regional district and grassroots levels.
The policy states that environmental protection in Ghana should be guided by the preventive approach, that
is, with the recognition that socio-economic developments must be undertaken in such a way as to avoid
the creation of environmental problems.
• Commit itself to environmentally sound use of both renewable and non-renewable resources in the
process of national development.
• Develop procedures for the utilisation of land resources in a manner that will ensure the maximum
degree of economy in the use of land and avoid or minimise conflicts.
• Take appropriate measures to protect critical ecosystems, including the flora and fauna they contain
against harmful effects, nuisance, or destructive practices.
• To promote and support research programmes aimed at better understanding of the different
ecozones and the factors affecting them, as well as health-related environmental problems and the
development of appropriate technologies for environmentally sound management and use of local
resources, including renewable energy resources.
The Ghana Forest and Wildlife policy was developed and adopted in 1994 to guide the development of
both forest and wildlife resources of the country wit h the primary aim of conservation and sustainable
development; maintaining environmental quality and perpetual flow of optimum benefits to all
segments of the society. The policy seeks to bring the forest and wildlife sectors together for purposes
of conservation through sustainable use.
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349
The guiding principles of the policy are based on national convictions as embodied in the constitution
of the Fourth Republic, the current development policies, the Environmental Action Plan (1991); and
on international principles endorsed by Ghana, including those contained in the Guidelines for Tropical
Forest Management by the ITO, the Rio Declaration (1992), the African Convention on Wildlife
Conservation and the Convention on International Trade in Endangered Species. These principles
include the rights of the people to have access to natural resources for maintaining a basic standard of
living, the concomitant responsibility to ensure the sustainable use of such resources; and the
dependence of the nation’s viability on the wise use of the forest and wildlife resources in view of their
contribution to the economy in maintaining vital ecological and life sustaining processes, the
conservation of pools of genetic materials that offer development options and opportunities and the
need to incorporate traditional methods of resource management in national strategies where
appropriate.
The strategies envisaged include the maintenance of a permanent forest and wildlife estate. Outside the
gazetted 282 reserved forest areas and 15 wildlife protected areas together covering about 16% of the
country’s land area, an estimated 4,000km2 forests exist in the country supplying the bulk of the timber.
Emphasis is placed on reforestation to restore a significant proportion of the original forest cover. Other
strategies include public education and participation and the development of domestic markets.
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• Provide support for integrated planning at district and community levels to ensure the
participation of stakeholders in natural resource management.
• Establishment and maintenance of geo-spatial framework database
Desertification policy
The objective of the Convention is to combat desertification and mitigate the effects of drought in
countries experiencing serious drought and/or desertification, particularly in Africa, through effective
action at all levels, supported by international co-operation and partnership arrangements, in the
framework of an integrated approach which is consistent with Agenda 21, with a view to contributing
to the achievement of sustainable development in affected areas.
The severe drought of 1981 to 1983 caused the Government of Ghana to apply for assistance to the
United Nations Sudano-Sahelian Office (UNSO) to combat desertification, which application was
subsequently approved in December 1984. The implication was that parts of Ghana, particularly the
semi-arid areas of the northern parts and the south-east, qualified to be classified as desertification-
prone and could receive assistance from the UNSO to combat desertification. The sector agency
responsible for environmental protection and management Environmental Protection Council (EPC)
(now Environmental Protection Agency (EPA).
The most important obligation of the affected developing country Parties under the Convention is the
preparation of a National Action Programme (NAP) to combat desertification and mitigate the effects
of drought.
What role should Ghana play in the regional cooperation and protection of the
environment?
(This section is a compilation of inputs from an opinion pull exercise carried out among experts in the
sector.)
The most crucial role that Ghana has to play is that the country should be a catalyst to increase peace
and stability in the sub-region. Where there is peace and good governance there is productive use of the
natural resources for the benefit of the people. Regional peace and security remain a daunting task for
any sub-regional body in the wake of crises in Sierra Leone, Liberia, Guinea Bissau and Côte d'Ivoire.
As a member or signatory of most of the protocols and conventions on the environment Ghana should
gives priority to promoting laws and legislative instruments that will give meaning to these conventions
at the national level. These laws could be models for other countries in the sub-regions, which will like
to follow suit. Some of these conventions are on Kyoto Protocol, non-transportation and deposition of
hazardous waste on the coast.
Particular emphasis must be given to the implementation of the UN Convention to Combat
Desertification and to the sustainable use of scarce water and soil, the UN Framework Convention on
Climate Change, the Convention on Biological Diversity, Agenda 21, the Kyoto Protocol and the
African Common Position on Environment and Development.
The country can be a leader in calling forums and workshops for the discussion and implementation of
agreements, which will bring about the preservation of the environment. The working groups on the
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351
Millennium Development Goals and other related groups could be formed and invite the other regional
participants to brainstorm and compare notes.
The West Africa sub-region has many similarities such as climatic conditions, vegetation, and
biodiversity. Some differences also exist in terms of availability of natural resources (minerals) and
amount of water resources available for use.
There must be the adoption of policies to protect, preserve and enhance the natural environment of the
sub-region and co-operation in the event of natural disasters; for example, strategies and programmes at
national and regional levels and the establishment of appropriate institutions to protect, conserve and
enhance the environment, control erosion, deforestation, locusts and other pests.
There must be the harmonization and co-ordination of national policies and programmes in the field of
natural resources conservation by the countries in the sub-region. This is necessary since a number of
countries have embarked on structural adjustment and trade liberalization programmes with serious
environmental and socio -economic problems.
The current priorities shall be on mining, desertification, energy (petroleum and gas)
Mining is crucial because it leads to environmental degradation. Mining and environmental issues are
the major sources of conflicts on the African continent. The conflicts of Sierra Leone, Liberia and
Guinea are examples where the exploitation of diamond and gold for their intrinsic value is the
underlying factor of the conflicts.
Cross border pasturage activities led to two wars between Somalia and Ethiopia. In West Africa the
transhumance of cattle rustlers are a conflict between Burkina Faso and Ghana. Refugees are also
hazards to the environment. Refuges from Togo and those from Liberia who come to Ghana over the
years create environmental hazards. It is the same in most countries. Health problems also emerged
with displaced persons.
Many rivers in West Africa such as the River Volta, River Niger and
Water pollution is another area of concern and worry. Inadequate compensation for land use also leads
to dissatisfaction of the communities. Some communities also suffer from military attacks because
there is no peace between the communities and the mining companies.
Waste disposal is one of the environmental problems urban centres have to grapple with in the wake of
rapid urban population growth vis-à-vis services (health, water, transport, housing, education).
In West Africa, desertification is a key issue. There is erratic rainfall, periodic drought, water
shortages, uncontrolled land clearing and reduction of fuel wood stocks, wind and water erosion and
declining soil fertility. The outcome is that the majority of these countries suffer from desertification.
Natural disasters have severe impact on many African countries, which adversely affects the
prospect of economic growth and sustainable development. This is because these countries have
low coping capacities because they are poor. Ways must be found to combat and reduce the
351
352
severity of the imp act on the population. These could best be done through sensitization of the
people and types of building put up to conform with laid down procedures and plans.
An equally important issue is the protection of the marine coastline. The Gulf of Guinea is very rich in
natural, mining and human resources. In piscatorial potential, the abundance of rivers and the presence
of mangrove swamps on the coastline make the Gulf one of the most fish-rich zones on the globe.
There are about 1.2 million hectares of ma ngrove swamps in the region. They are mostly situated on
the Nigerian coast and are a vital habitat for many crustaceans, mollusks, species of fish and birds. The
great marine ecosystem of the Gulf of Guinea is rich in many living marine resources and in fishes of
high commercial value (pelagic and coastal species). It is also the largest reservoir of humpback
whales. Most species of fish in the Gulf of Guinea, that are caught live in waters, lagoons and inshore
mangrove swamps where they hide and spawn their eggs. The special ecosystem must be protected and
used responsible for posterity.
3. Main issues
• Land: issues of land degradation and desertification be tackled
• Water: issues of water availability and use including quality must be covered
• Sanitation: issues of plastic waste, waste disposal and who pays the cost mustcovered.
• Forestry: issues of forest regeneration and preservation of rain forest ecosystem must
receive attention..
• Biodiversity- preservation of endangered species and rehabilitation of habitats
• Cross border grazing of animals and respect for the territorial integrity of each country
should also be included.
• Energy: exploitation of natural resources such as petroleum, handling of gas flaring by
Nigeria as CO2 emission can cross boarders. Cooperation in energy such as in West
African Gas Pipeline project is very important.
View points regarding options for the regional implementation of the common policy
on the environment.
Each of the participating countries should be made to sign the policy document and pledge to work on
the domestication and its implementation.
352
353
As mentioned earlier, there shall be an action plan drawn by the body that will be the guiding principles
and this will be the yardstick for implementation.
The tools for the implementation will be in line with the NEPAD and AMCEN protocols of
cooperation and coordination. Some background work has already been done by the AMCEN group
and this could be the starting point of the understanding. Heads of States could ratify the policy at
meetings held for that purpose. Financial assistance will be forth coming from the funds made available
from multinational environmental organizations.
The potential failures for most of the West Africa sub-regions begin from sub-regional groups into the
Anglophone and Francophone sector. It is simply not an issue of language but more of a question of
trust. English speaking countries are more closer to each other and the same with French speaking
countries.
Another potential for failure is the poverty levels of our countries and the importance the leadership of
the countries attach to issues of the environment. Most of the countries who wrote the poverty
reduction strategy did not include environmental issues in the initial drafts. It was only after the World
Bank stressed the issue that it was gradually incorporated later.
Most of the countries in the sub -regions have Ministry of Environment, Environmental Protection
Agency or its semblance regulating agency or environmental NGOs. These could be the vehicles of the
sensitization programmes. The local, MDAs must also incorporate the agreed policy instruments into
the work of the assemblies. This will form the ground level implementation. Once there is a bottom to
top approach to the implementation there is high degree of success.
Conclusion
Every policy, no matter how good, must be implemented in a human manner. If there is no political
support or if the political will is not available, then the policies remain on paper.
In the case of a sub-regional policy, the situation is even greater because all the governments should
show interest and commitment. Once the commitment is available a lot could be achieved. The main
handicap may be the issue of different governments with the same country may not follow the agenda
of their predecessor.
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