Robert 2017
Robert 2017
JURY
Président : HUBERSON Serge, Professeur des Universités, Université de Poitiers
Directeur de thèse : VISONNEAU Michel, Directeur de Recherche CNRS, Ecole Centrale de Nantes
Co-encadrants de thèse : LEROYER Alban, Maître de Conférences, Ecole Centrale de Nantes
COLLOUD Floren, Maître de Conférences, Université de Poitiers
Remerciements
Je tiens tout d’abord à remercier Pierre Ferrant, directeur du laboratoire, pour m’avoir accueilli
au LHEEA, la région Pays de la Loire pour avoir financé ma thèse par le biais du projet ANO-
PACy et le CINES/GENCI pour l’usage des centres nationaux de calcul intensif m’ayant permis
de réaliser un grand nombre de simulations numériques présentées dans ce manuscrit.
Pour filer la métaphore sportive que tu as initiée, je remercie chaleureusement mon coach, Al-
ban, pour cet entraînement au long cours qui a fait de moi un Docteur. J’ai pu bénéficier quotidien-
nement de ton expertise, en CFD comme en aviron, de ta rigueur scientifique, de ton implication
dans ce projet, de ton optimisme et de ta sympathie. Comme un rameur peut en rencontrer, cer-
taines difficultés techniques - et mêmes des blessures - m’ont ralenti dans cette progression mais tu
as toujours été présent pour m’aider. Je te remercie pour tout ce que tu m’as apporté, du début de
cette thèse jusqu’aux ultimes heures avant la soutenance, et sâche que je t’en serais éternellement
reconnaissant. Je remercie également mon directeur de thèse, Michel Visonneau, notamment pour
les relectures, corrections et éclaircissements pendant l’écriture de ce manuscrit, mais également
pour l’aide et le soutien en fin de thèse. Merci Floren pour ton aide pendant cette session expéri-
mentale à l’institut P’. Quel dommage que le procédé mise en place n’ait pu être validé, cela aurait
été prometteur pour de futurs essais in situ ! En tout cas, j’ai apprécié ton accueil et ta gentillesse.
J’exprime ma plus profonde gratitude à Jacques-André Astolfi, Professeur à l’Ecole navale et à
Abdellatif Ouahsine, Professeur à l’Université de Technologie de Compiègne, pour leur relecture
de ce manuscrit assez dense et pour leurs commentaires avisés. Je remercie également le reste
du jury composé de Serge Huberson, Professeur à l’Université de Poitiers, de Luca Formaggia,
Professeur à Politecnico di Milano, et de Sophie Barré, Ingénieur de Recherche au CREPS des
Pays de la Loire.
J’ai eu le plaisir de faire partie de l’équipe METHRIC, et je remercie chaleureusement ses
autres membres : Patrick Queutey, Emmanuel Guilmineau, Jeroen Wackers et Ganbo Deng. Ils
m’ont apporté une grande aide durant toutes ces années, qu’elle soit scientifique, informatique ou
tout simplement humaine, et ce fut un plaisir de travailler à leurs côtés et sur le très bel outil qu’ils
développent.
Merci à mes compagnons du bunker, doctorants ou maintenant docteurs. Merci Camille. Je sais
que je t’ai souvent dérangé pour te demander des coups de main et tu as toujours su y répondre
malgré un emploi du temps très chargé. Tes initiations à Python, TikZ ou MBDyn m’ont été très
utiles. Merci Patrick. C’est avec toi que j’ai passé le plus de temps. Merci pour le partage de ton
intérêt envers les objets flottants ou volants, les visionnages de films cultes, le travail de notre ser-
i
vice au ping-pong, ou encore nos heures perdues à tenter d’expliquer l’inexplicable. Bon courage
à toi pour ces derniers mois de galère ! Merci également à Kostas, maître des dernières normes en
Fortran, pour les remarques pertinentes sur le monde informatique. Bon vent à toi, à Brest ! Merci
Catherine, pour ta gentillesse et les partages de chocolats que nous avons eus. Merci également à
Dima et Sajad, formant la touche iranienne de l’équipe, pour votre sympathie et les discussions
instructives sur votre pays et votre culture, et merci aussi à Guangtao. J’ai croisé un bon paquet
de stagiaires, de divers horizons, dans notre « espace de travail » et il fut agréable d’échanger avec
eux. Je tiens en particulier à remercier Abdoulaye et Sajad pour leurs contributions dans ce tra-
vail. Merci à tous les autres, Florian, Nour, Aigerim, Mehdi, Doriane, Alvaro, Lin, Pablo, Hassen,
Amol, Gaurav, Sai, Mael, Marialuisa, Ginevra, Paolo, Harika, ... Vous étiez vraiment nombreux !
Nos mises en quarantaine quotidiennes étaient entrecoupées des sorties au RU et de quelques
pauses - à durées variables - où il était possible de voir la lumière du jour (la vraie) et de rencontrer
d’autres doctorants bien sympathiques, certes peu conscients du bonheur qu’ils avaient d’avoir des
fenêtres mais bien jaloux de notre clim’ (on échange quand vous voulez !). Merci à vous tous :
Marie C., Marie R., Maité, Vincent A., Boris, Corentin, Paul-Emile, Benjamin, Hélène, Camille,
Lucas, Pierre, Francesc, Louis, Pierre-Yves, Vincent L., Charles, Pedro, Laetitia, Nicolas, Jonas,
Zhaobin, Weijin, Chunmei, Youngmyung, Marco, Julien, Imad, Victor, Clément, Matthieu, Loïc,
et tous ceux que j’oublie (pardon).
J’aimerais remercier l’ensemble du LHEEA, formé de personnes compétentes et bienveillantes,
et où une bonne ambiance de travail règne. A ce titre, je tiens à remercier les personnes qui rendent
les tâches administratives plus faciles, Anne Lagatu, Elodie Lizé et Sonia Lambert. Merci aux
informaticiens, Adrien Grellier et Vincent Degat, pour votre réactivité et votre assistance. Merci à
Bruno Pettinotti, pour ta disponibilité et tes explications sur les essais de coups d’aviron effectués
en bassin. Merci également à Armelle pour les mots d’encouragement en me voyant arriver tôt tous
les matins durant les derniers mois de rédaction.
Je remercie le service de scolarité et le pôle doctoral pour leur aide. Merci donc à Françoise
Palvadeau, à qui je souhaite une excellente retraite, à Aurélia Tabary et à Edith Dauvé.
Finalement je remercie ma famille et mes amis pour leur soutien et je regrette de ne pas avoir
pu être présent à certaines occasions.
ii
Résumé
La thèse s’intéresse aux deux écoulements présents en aviron, autour du bateau et de la palette,
et aux interactions avec le système bateau-avirons-rameur. Le premier est inhabituel en hydrodyna-
mique, à cause du cavalement important et des mouvements secondaires. La complexité du second
provient de l’instationnarité et de la déformation de la surface libre. L’objectif consiste à mettre
en œuvre des méthodes numériques performantes et précises puis à les valider pour, à plus long
terme, les réutiliser à des fins d’analyse et d’optimisation de la performance en aviron.
Ces simulations instationnaires à surface libre sont coûteuses en ressources pour les codes
RANS. Un algorithme de sub-cycling a été développé et validé sur plusieurs cas test, diminuant
les temps CPU d’un facteur 3 à 4, sans perte de précision. Il est compatible avec la déformation et
le raffinement automatique de maillage.
Deux bases de données expérimentales sont exploitées pour chaque écoulement afin de valider
le cadre de simulation. Pour celui autour de la palette, une campagne in situ et une autre en labo-
ratoire sont utilisées. Dans les deux cas, les profils d’efforts sont bien capturés, compte tenu des
incertitudes cumulées liées à la mesure indirecte de la cinématique de la palette par rapport à l’eau.
Pour le skiff en configuration instationnaire, les efforts fluctuants sont bien capturés, en amplitude
et en phase, pour des fréquences typiques. Des écarts inattendus (de l’ordre de 10 %) sont constatés
sur la valeur moyenne et restent pour le moment sans réponse probante.
La structure d’une co-simulation entre les résolutions des écoulements et celle de la dynamique
du système multicorps est initiée.
iii
Abstract
The thesis focuses on the two flows occurring in rowing, around the boat and the blade, and
on interactions with the boat-oars-rower system. The first flow is unusual in hydrodynamics be-
cause of the large surge and secondary motions. The complexity of the second one comes from
the unsteadiness and the free surface deformation. The goal is to set up efficient and accurate nu-
merical methods to reproduce these flows and then to validate them for the purpose of analysis and
optimisation of the performance in rowing.
Those unsteady computations with free surface are costly in resources for RANS codes. A
sub-cycling algorithm was developed and validated on several test cases, allowing to decrease the
CPU time by a factor of 3 to 4, without loss of accuracy. It is compatible with mesh deformation
and automatic grid refinement.
Two experimental databases are exploited for each flow in order to validate the frame of sim-
ulation. For the flow around the blade, an in-situ campaign and a more controlled one conducted
in laboratory, are used. In both cases, the profiles of the efforts are well captured, considering
the cumulative uncertainties linked to the indirect measurement of the blade kinematics relative
to the water. For the skiff in unsteady state, the fluctuating forces are well captured, in terms of
amplitudes and phases, for typical frequencies. Unexpected errors (around 10 %) are observed for
the mean value and remain unexplained for now.
The structure of a co-simulation between the resolutions of the flows and the resolution of the
dynamics of the multibody system is initiated.
v
Table des matières
Introduction générale 1
vii
[Link] Le dégagé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
1.4.2 Phase de retour . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
1.4.3 Cadence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
1.4.4 Coordination inter-rameurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
1.5 Les compétitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
1.5.1 Les formats de course . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
1.5.2 La course en ligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
[Link] Le départ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
[Link] Le train . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
[Link] L’enlevage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2 Etude bibliographique 39
2.1 Contexte de l’étude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.2 Modélisation du système bateau-avirons-rameur(s) . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
2.2.1 Assimilation du rameur à une masse ponctuelle . . . . . . . . . . . . . . . 42
2.2.2 Décomposition du rameur en plusieurs corps . . . . . . . . . . . . . . . . 43
2.2.3 Degrés de liberté du bateau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
2.3 Modélisation des interactions fluide-structure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
2.3.1 Modélisation des efforts hydrodynamiques sur la palette . . . . . . . . . . 47
[Link] Des essais aux modèles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
[Link] Différentes configurations expérimentales . . . . . . . . . . . . 48
[Link] Simulation numérique de l’écoulement . . . . . . . . . . . . . . 50
2.3.2 Modélisation des efforts hydrodynamiques sur la carène . . . . . . . . . . 53
[Link] Modèles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
[Link] Essais expérimentaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
[Link] Simulations numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
2.3.3 Modélisation des efforts aérodynamiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
2.3.4 Modélisation de la flexibilité des avirons . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
[Link] Evaluation de la flexibilité dans les simulateurs . . . . . . . . . . 59
[Link] Couplage faible en IFS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
[Link] Couplage fort en IFS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
2.4 Bilan de l’étude bibliographique - Liens avec les objectifs de la thèse . . . . . . . . 62
viii
[Link] Localisation des variables, topologie des volumes de contrôle et
métriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
[Link] Discrétisation temporelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
[Link] Flux de vitesse de déplacement du maillage et loi de conserva-
tion géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
[Link] Traitement des équations de transport . . . . . . . . . . . . . . . 76
[Link] Reconstruction centrée sur les faces . . . . . . . . . . . . . . . . 76
[Link] Reconstructions décentrées sur les faces : schémas de convection 77
3.2.4 Algorithme de couplage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
[Link] Couplage vitesse-pression : de la contrainte d’incompressibilité
à l’équation de pression . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
[Link] Algorithme de résolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
3.2.5 Adaptation automatique de maillage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
3.2.6 Implémentation informatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
4 L’algorithme de sub-cycling 89
4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
4.2 L’algorithme de sub-cycling . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
4.2.1 Principe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
4.2.2 Estimation du facteur d’accélération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
4.2.3 Méthode d’intégration temporelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
4.2.4 Résolution de la fraction volumique sur un sous-cycle . . . . . . . . . . . 95
4.2.5 Boucle itérative interne à chaque sous-cycle . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
4.2.6 Reconstruction de la valeur interfaciale de fraction volumique . . . . . . . 96
4.3 Adaptation en vue de l’utilisation du raffinement automatique de maillage . . . . . 99
4.3.1 Raffinement de la fraction volumique aux faces . . . . . . . . . . . . . . . 99
4.3.2 Raffinement de Fc . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
4.3.3 Particularités de l’usage de l’AGR avec l’algorithme de sub-cycling . . . . 101
4.4 Adaptation pour la prise en compte de la déformation de maillage . . . . . . . . . 102
4.4.1 Définition du flux de vitesse de déplacement et réécriture de la LCG . . . . 103
4.4.2 Calcul des flux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
[Link] Interpolation des métriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
[Link] Calcul de la composante de déformation du flux de vitesse de
déplacement – Première version . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
[Link] Calcul de la composante de déformation du flux de vitesse de
déplacement – Deuxième version . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
[Link] Composante rigide du flux de vitesse de déplacement . . . . . . 105
4.4.3 Calcul des volumes intermédiaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
ix
5.2 Compatibilité avec l’AGR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
5.2.1 Description du cas test : chute d’une colonne d’eau avec obstacle . . . . . 116
[Link] Configuration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
[Link] Procédure numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
5.2.2 Simulations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
[Link] Maillages fixes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118
[Link] Maillages avec raffinement automatique . . . . . . . . . . . . . 119
5.2.3 Conclusion partielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
5.3 Compatibilité avec la déformation de maillage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
5.3.1 Description du cas test : profil NACA 0012 immergé . . . . . . . . . . . . 122
[Link] Configuration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
[Link] Procédure numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
5.3.2 Simulations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
[Link] Cas stationnaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
[Link] Cas instationnaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
5.3.3 Conlusion partielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
5.4 Cas tridimensionnel avec déformation de maillage . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130
5.4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130
5.4.2 Description du cas test : DTMB en embardée sinusoïdale . . . . . . . . . . 130
5.4.3 Simulations numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
[Link] Maillage grossier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
[Link] Maillage fin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
[Link] Temps de calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
5.4.4 Conclusion partielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
5.5 Bilan sur l’algorithme de sub-cycling . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139
x
7 Interaction fluide–structure (IFS) 151
7.1 Algorithmes de couplage pour l’IFS et stratégies de convergence des simulations . 151
7.1.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
7.1.2 Formulation du problème d’IFS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152
[Link] Le problème fluide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152
[Link] Le problème structure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152
[Link] Le problème couplé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152
7.1.3 Algorithmes de couplage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
[Link] Approche monolithique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
[Link] Approche partitionnée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154
[Link] Choix d’une méthode de couplage . . . . . . . . . . . . . . . . 157
7.1.4 La masse ajoutée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157
[Link] Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157
[Link] Calcul et approximation de l’opérateur de masse ajoutée . . . . . 157
7.1.5 Stabilisation des couplages partitionnés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 159
[Link] Influence des effets inertiels sur la stabilité du couplage IFS . . . 159
[Link] Utilisation d’un opérateur de masse ajoutée . . . . . . . . . . . . 160
[Link] Interprétation en terme de relaxation . . . . . . . . . . . . . . . 160
[Link] Lien entre Jacobien des efforts fluides et masse ajoutée . . . . . 161
7.2 Modèles de flexion de l’aviron . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 163
7.2.1 Approche idéalisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 163
[Link] Hypothèses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 163
[Link] Efforts sur la poutre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
[Link] Repère . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
[Link] Calcul des actions aux appuis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
[Link] Zones de la poutre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166
[Link] Choix d’une base locale dans chaque zone . . . . . . . . . . . . 166
[Link] Expression du torseur de cohésion dans chaque zone . . . . . . . 166
[Link] Calcul des déflexions linéaire et angulaire . . . . . . . . . . . . 167
7.2.2 Mise en défaut de l’approche idéalisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167
[Link] Recherche du centre de poussée hydrodynamique en 2D . . . . . 168
[Link] Recherche du centre de poussée hydrodynamique en 3D . . . . . 168
[Link] Recherche du centre de poussée hydrodynamique à l’aide de ré-
sultats de simulations numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
7.2.3 Modèle simplifié de flexion de l’aviron . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
7.2.4 Modèle complet de flexion de l’aviron . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170
7.2.5 Erreur commise dans le modèle simplifié . . . . . . . . . . . . . . . . . . 172
7.3 Evaluation de la flexibilité de l’aviron . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174
7.3.1 Description du banc de mesures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174
7.3.2 Mesures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174
7.3.3 Détermination des coefficients de flexibilité . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
7.4 Cinématique théorique de la palette . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177
7.4.1 Attitude de l’aviron par rapport au bateau . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177
7.4.2 Eléments de la cinématique de la palette . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177
7.4.3 Cinématique imposée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 178
[Link] Position et orientation initiales de la palette . . . . . . . . . . . . 178
xi
[Link] Lois de mouvement imposées au niveau de l’emplanture . . . . . 179
7.4.4 Prise en compte de l’IFS pour la cinématique de la palette . . . . . . . . . 181
[Link] Translation liée à la déflexion linéaire . . . . . . . . . . . . . . . 181
[Link] Rotation liée à la déflexion angulaire . . . . . . . . . . . . . . . 182
7.5 Relaxation de la cinématique de la palette par la masse ajoutée . . . . . . . . . . . 184
7.5.1 Stabilisation via la masse ajoutée du couplage IFS avec usage du modèle
simplifié de flexion de l’aviron . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 184
7.5.2 Stabilisation via la masse ajoutée du couplage IFS avec usage du modèle
complet de flexion de l’aviron – déflexions linéaire et angulaire découplées 186
7.5.3 Stabilisation via la masse ajoutée du couplage IFS avec usage du modèle
complet de flexion de l’aviron – déflexions linéaire et angulaire couplées . 186
xii
[Link] Portance nulle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 222
[Link] Essais utilisés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 223
9.2 Configuration numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224
9.2.1 Domaine de calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224
9.2.2 Maillages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224
9.2.3 Paramètres de simulation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 225
9.3 Simulations numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 229
9.3.1 Evaluation de l’angle de portance nulle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 229
[Link] Essais à basses vitesses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 229
[Link] Essais à vitesses nominales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 230
9.3.2 Visualisation d’un coup d’aviron . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 231
9.3.3 Principaux résultats et étude convergence en maillage . . . . . . . . . . . . 231
9.3.4 Influence des paramètres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 232
[Link] Influence de la vitesse du chariot . . . . . . . . . . . . . . . . . 232
[Link] Influence de l’angle d’immersion . . . . . . . . . . . . . . . . . 232
[Link] Influence de l’angle de coiffe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 232
9.3.5 Effet de l’utilisation de l’algorithme de sub-cycling . . . . . . . . . . . . . 232
9.3.6 Influence du modèle de flexion du manche . . . . . . . . . . . . . . . . . . 233
9.3.7 Stabilisation de la flexibilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 233
9.4 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 244
xiii
12.2 Simulations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 267
12.2.1 Cas stationnaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 267
12.2.2 Cas instationnaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 267
[Link] Simulations sans surface libre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 270
[Link] Simulations avec surface libre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 270
13 Discussions des résultats et bilan des simulations de l’écoulement autour du skiff 273
13.1 Discussions des résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 273
13.2 Bilan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 277
Annexes 285
A Notations, définitions mathématiques et rappels de mécanique générale 287
A.1 Bases . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 287
A.1.1 Bases et composantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 287
A.1.2 Repères et coordonnées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 287
A.1.3 Référentiels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 288
A.1.4 Changement de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 288
A.1.4.1 Changement de base des composantes d’un vecteur . . . . . . . 288
A.1.4.2 Changement de bases successifs . . . . . . . . . . . . . . . . . 288
A.1.4.3 Changement de base des composantes d’un opérateur . . . . . . 289
A.2 Matrices de rotation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 290
A.2.1 Matrices de passage d’une base à une autre . . . . . . . . . . . . . . . . . 290
A.2.2 Composition des rotations et rotations successives . . . . . . . . . . . . . 290
A.3 Angles de Cardan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 292
A.3.1 Matrices de rotation associée aux angle de Cardan . . . . . . . . . . . . . 292
A.3.2 Passage de la matrice de rotation aux angles de Cardan . . . . . . . . . . . 293
A.3.3 Vitesse de rotation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 293
A.3.4 Intérêt et limite des angles d’Euler–Cardan . . . . . . . . . . . . . . . . . 293
A.4 Quaternions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 294
A.4.1 Définitions et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 294
A.4.1.1 Espace des quaternions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 294
A.4.1.2 Notation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 294
A.4.1.3 Décomposition en partie réelle et partie pure . . . . . . . . . . . 294
A.4.1.4 Conjugué . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 294
A.4.1.5 Norme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 295
A.4.1.6 Quaternion unitaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 295
A.4.1.7 Quaternion inverse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 295
A.4.1.8 Dérivation temporelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 295
A.4.2 Lien entre quaternions et matrice de passage . . . . . . . . . . . . . . . . 295
A.4.3 Relation entre rotation instantanée et quaternions . . . . . . . . . . . . . . 296
A.4.4 Rotation avec des quaternions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 296
xiv
A.4.5 Avantages et inconvénients des quaternions . . . . . . . . . . . . . . . . . 296
A.5 Torseurs statiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 298
A.5.1 Torseurs d’actions mécaniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 298
A.5.1.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 298
A.5.1.2 Changement de point d’expression du torseur . . . . . . . . . . 298
A.5.1.3 Notations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 298
A.5.2 Torseurs particuliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 299
A.5.2.1 Torseur glisseur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 299
A.5.2.2 Torseur couple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 299
A.6 Théorie des poutres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 300
A.6.1 Hypothèses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 300
A.6.1.1 Notions de poutre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 300
A.6.1.2 Hypothèse sur les matériaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 300
A.6.1.3 Hypothèse de Barré de Saint-Venant . . . . . . . . . . . . . . . 301
A.6.1.4 Hypothèse sur les déformations . . . . . . . . . . . . . . . . . . 301
A.6.1.5 Hypothèse de Navier-Bernoulli . . . . . . . . . . . . . . . . . . 301
A.6.2 Actions extérieures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 301
A.6.2.1 Actions mécaniques connues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 301
A.6.2.2 Actions mécaniques inconnues . . . . . . . . . . . . . . . . . . 301
A.6.3 Actions intérieures – notion de sollicitations . . . . . . . . . . . . . . . . . 301
A.6.3.1 Mise en évidence des efforts intérieurs . . . . . . . . . . . . . . 301
A.6.3.2 Sollicitations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 302
A.6.3.3 Méthode de calcul du torseur de cohésion . . . . . . . . . . . . 302
A.6.4 Déformée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 302
xv
B.4.4 Comparaison des angles de Cardan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 318
B.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 323
Références 349
xvi
Introduction générale
1
Contexte général
La simulation numérique est un outil coûteux en ressources informatiques mais prenant néan-
moins une part de plus en plus importante dans l’industrie, et permet notamment une amélioration
des performances de nombreux produits. Cette tendance s’applique aussi à l’ingénierie du sport,
où une technologie de pointe est parfois primordiale. Dans ce contexte, la simulation numérique
peut intervenir à différents niveaux et dans plusieurs domaines scientifiques. Par exemple, il est
nécessaire de prévoir les conditions météorologiques en ski pour adapter au mieux le fartage par
rapport à la piste. Une voiture de course de type Formule 1 atteint des hauts niveaux de perfomance
grâce à une multitude d’optimisations (aérodynamisme, structure, combustion, choix stratégiques
en course, etc.)
Les sports nautiques s’intéressent aussi à cet outil. Son usage se limite essentiellement au do-
maine de la voile, où les moyens financiers sont plus importants et où les boucles de conception
sont les mêmes que celles utilisées en industrie. Les équipes participant à l’America’s Cup sont
entourées de véritables spécialistes et de ressources informatiques abondantes. Le coût des cata-
marans sont alors de plusieurs millions d’euros. En revanche, les clubs et les fédérations d’aviron
ne disposent pas des mêmes budgets. Pourtant, les écoulements apparaissant dans ce sport sont très
complexes et ont des spécificités qui les rendent intéressants d’un point de vue hydrodynamique.
Le rameur constitue le moteur du système et il génère la propulsion du bateau via des avirons (ou
des rames) au bout desquels se situent des palettes (la partie propulsive). Les différents éléments
constituant le système ont des fortes interactions entre eux. La propulsion se crée quand la palette
prend appui dans l’eau et l’écoulement engendré est de nature fortement instationnaire. La discon-
tinuité de la propulsion, combinée au déplacement du rameur dont la masse est plus importante
que le bateau, génère un mouvement de cavalement de l’embarcation, et des mouvements secon-
daires de tangage et pilonnement. Cela forme la véritable empreinte du bateau d’aviron car cette
forte variation de vitesse ne se retrouve pas dans les autres types de bateau, où cette dernière est
généralement constante en fonctionnement normal par nature des propulsions employées.
Envisager la simulation numérique de ces deux écoulements n’est pas une tâche aisée et im-
médiate. Il faut être capable d’interpréter ses résultats, d’avoir un regard critique sur les valeurs
obtenues et leurs précisions, ou encore de connaître ses limites vis-à-vis de la physique à capturer.
La maîtrise de l’erreur numérique requiert donc une bonne connaissance des problématiques de
génération de maillages, de convergence en maillage et, plus généralement, des méthodes numé-
riques utilisées. Afin d’éviter des erreurs de modélisation, il faut inévitablement passer par une
étape de validation consistant à comparer des bases de données expérimentales. Par ailleurs, une
modélisation très fine est nécessaire si l’objectif final consiste à améliorer le matériel ou le style
du rameur, ceux-ci étant probablement assez proches des points optimaux.
La thèse s’inscrit dans un projet financé par la région Pays de la Loire, dont l’intitulé est
ANOPACy pour « Analyse et Optimisation de la Performance en Aviron et Cyclisme ». Il vise
à analyser la performance sportive et les conditions de son optimisation dans deux sports très im-
plantés dans le territoire. L’impact et le potentiel des nouvelles technologies sont étudiés, d’une
part dans la recherche scientifique, d’autre part dans l’entraînement sportif. La thèse se situe dans
l’axe « caractérisation et modélisation de gestes cycliques » et, plus particulièrement, dans le thème
d’étude « Modélisation et simulation mécanique et biomécanique d’activités cycliques ». Dans ce
thème, il est partiellement question d’améliorer un simulateur existant, appelé Global Mechanical
Rowing Simulator (GMRS), développé au cours d’un projet précédent par François Rongère [153],
en particulier pour les modèles hydrodynamiques et biomécaniques.
3
Objectifs de la thèse
Les objectifs de la thèse sont les suivants :
• Le premier objectif de cette thèse est de mettre en place une modélisation fine permettant
la simulation numérique d’un coup d’aviron. Celle-ci doit prendre en compte toute la com-
plexité de la situation réelle, à savoir : les six degrés de liberté de la palette, la flexibilité du
manche de l’aviron, la proximité de la surface libre et la possibilité qu’elle soit en interac-
tion avec des poches d’air. Le travail consiste à valider cette modélisation sur deux bases
expérimentales de natures différentes : une première effectuée en conditions écologiques et
une deuxième en laboratoire où l’environnement est mieux maîtrisé.
• Le second objectif consiste à développer une procédure pour permettre la diminution des
temps CPU des simulations d’écoulements instationnaires, au sein du solveur ISIS-CFD,
développé par l’équipe METHRIC du LHEEA et utilisé pour toutes les simulations fluides
dans cette thèse. En effet, ces simulations sont très coûteuses en ressources informatiques,
en particulier celles requises pour le premier objectif. Cette procédure est une extension
pour les écoulements instationnaires d’une méthode déjà fonctionnelle pour les écoule-
ments stationnaires [116]. Cette baisse des temps CPU ne doit pas se faire au prix de la
précision générale des simulations.
• Le troisième objectif est similaire au premier mais il s’agit ici de l’écoulement autour du
skiff. La modélisation doit permettre, dans un premier temps, de s’assurer que les efforts
obtenus pour un bateau à vitesse constante soient dans une marge acceptable vis-à-vis de
celle obtenue usuellement dans ISIS-CFD. Ensuite, il faudra vérifier le bon fonctionnement
pour des vitesses variables. Ce travail s’appuie sur les données de deux campagnes d’essais
effectuées au bassin des carènes du LHEEA.
• Le quatrième objectif consiste à effectuer la simulation du système global. Le travail se
fait sur la base des modélisations mises en place dans les trois objectifs précédents et d’un
outil permettant de résoudre la dynamique du système bateau-avirons-rameur. Il s’agit alors
d’effectuer une co-simulation, c’est-à-dire un calcul ou les résolutions sont couplées, sauf
pour les deux écoulements fluides ayant une faible interaction l’un envers l’autre.
Plan du manuscrit
Le manuscrit est découpé en plusieurs parties, elles-mêmes composées de chapitres. Les vo-
lumes des contenus qui y sont donnés sont assez représentatifs du temps passé au cours de ce
travail de thèse.
La première partie donne une description de l’aviron et de l’état de l’art. Dans le chapitre 1, un
regard général sur ce sport est proposé, en commençant par son histoire, puis le matériel utilisé et
ses réglages, ensuite les aspects techniques et pour finir quelques détails sur les compétitions. Il a
principalement pour objectif d’éclairer le lecteur sur le vocabulaire et certains aspects techniques
pouvant être réutilisés dans le manuscrit. Le chapitre 2 fournit une revue bibliographique de la
recherche sur ce sport, en lien avec le sujet. L’attention est donc portée sur la modélisation du
système bateau-avirons-rameur et des interactions fluide-structure. Pour ce dernier point, l’accent
est mis sur la modélisation des efforts hydrodynamiques sur la palette et sur la carène, en détaillant
les volets théoriques, expérimentaux et numériques.
La seconde partie traite de la modélisation des écoulements incompressibles tridimensionnels
4
à surface libre et de l’algorithme de sub-cycling qui a été développé pour diminuer les temps CPU
des simulations. Le chapitre 3 décrit la résolution des équations fluides dans ISIS-CFD. Ensuite, le
chapitre 4 décrit la procédure de diminution des temps de calcul qui a été développée. Le chapitre 5
est alors consacré à la validation de l’algorithme sur plusieurs cas test bidimensionnels et sur un cas
tridimensionnel, à savoir une carène de DTMB 5415 avec un mouvement d’embardée sinusoïdale.
Les facteurs d’accélération des calculs sont donnés pour ces divers cas d’étude et un bilan est fait
à la fin de ce chapitre.
La troisième partie, la plus volumineuse de ce manuscrit et dans laquelle la majorité du temps
a été consacrée, concerne la modélisation et les simulations de l’écoulement autour de la palette.
Le chapitre 6 présente la démarche, les objectifs et la complexité de la physique du problème à
modéliser. Dans le chapitre 7, nous développons tous les aspects concernant l’interaction fluide-
structure (IFS). Il débute par l’explication des différents moyens possibles pour traiter les pro-
blèmes fluide et structurel et des moyens à mettre en œuvre pour stabiliser le couplage. Puis les
modèles structurels de flexion du manche de l’aviron sont développés, suivi d’une évaluation des
coefficients à donner à ces modèles pour évaluer la flexibilité des avirons utilisés lors des essais ex-
périmentaux reproduits par simulation. Ensuite, la cinématique théorique de la palette est décrite
et, pour finir, sa modification dans la boucle IFS pour assurer la stabilité du couplage. Les cha-
pitres 8 et 9 s’intéressent alors aux simulations reproduisant, respectivement, des essais en condi-
tions écologiques et en conditions de laboratoire. Finalement, le bilan de cette partie est donné au
chapitre 10. Il s’agit aussi à ce niveau de revisiter les sources d’erreurs potentielles et de quantifier
les incertitudes.
La quatrième partie, plus sommaire, concerne la modélisation et les simulations de l’écoule-
ment autour du skiff. Dans le chapitre 11, le cadre de l’étude est donné. Ensuite, dans le chapitre 12
les simulations effectuées pour des cas en stationnaire puis en instationnaire sont présentées. Une
conclusion de cette partie est donnée au chapitre 13.
La conclusion générale de cette thèse ponctue le corps principal de ce manuscrit, par le biais
d’un bilan et des perspectives potentielles pour la suite.
Pour compléter ce manuscrit, il a été décidé de mettre en annexe quelques éléments et le lecteur
pourra s’y référer au moment où des renvois explicatifs sont donnés dans le corps de texte principal.
En annexe A, plusieurs notions diverses sont détaillées, concernant principalement des notations,
des définitions mathématiques et des rappels de mécanique. En annexe B, un extrait de rapport
d’étude est inséré. Il concerne un travail d’évaluation de la précision des centrales inertielles pour
déterminer l’attitude de l’aviron et sa position par rapport à un référentiel galiléen. Finalement, en
annexe C, l’ébauche de la modélisation du système multicorps est présentée.
5
Première partie
7
Chapitre 1
Présentation de l’aviron
Ce chapitre a pour but d’éclairer le lecteur non spécialiste de l’aviron sur cette pratique. Nous
commençons par résumer l’histoire de ce sport, de sa naissance à aujourd’hui. Nous décrivons
ensuite le matériel utilisé, ainsi que les réglages nécessaires pour adapter celui-ci aux rameurs. Puis
une explication du geste, ou coup d’aviron, est donnée. Pour terminer, le format des compétitions
est également présenté.
9
CHAPITRE 1. PRÉSENTATION DE L’AVIRON
(a) Photographie d’un modèle en bois (b) Arrivée de la Doggett’s Coat and (c) Photographie des équipes des
de trière grecque. Deutsches Museum, Badge. Peinture de Thomas Row- USA et d’Australie en huit de
Munich, Allemagne. landson. pointe aux Jeux Olympiques de
Londres 2012. Crédits Steve El-
liott.
sur la Tamise entre le London Bridge et le Cadogan Pier à Chelsea. La peinture de Thomas Row-
landson (1756-1827) en Figure 1.1(b) représente une arrivée de cette course. De plus en plus de
courses d’aviron se tinrent au XVIIIème siècle puis ce sport se développa dans les pays anglo-
saxons (Angleterre, USA, Canada) au XIXème siècle, bien qu’il fût réservé à une élite. Il existe des
rivalités sportives entre écoles ou universités et des courses annuelles ont lieu : depuis 1829 entre
Cambridge et Oxford (Angleterre) et depuis 1852 entre Harvard et Yale (USA). En France, cette
pratique, tout d’abord appelée canotage, se popularisa dans les années 1830-1840. Cependant, elle
souffrait de l’antagonisme entre le canotage tape-à-l’oeil et le canotage élitiste, pratiqué par les
aristocrates et à l’origine du mouvement sportif. Pour se dissocier de cette première forme, des
sociétés sont créées dans plusieurs villes et ont pour but de réglementer divers aspects du sport :
nombre de rameurs par classe de bateau, matériaux ou principe des courses. Ces efforts ne sont pas
vains car ce sport est présent à l’Exposition Universelle de Paris en 1867 et fait de la ville la capitale
de l’aviron. En 1890, la Fédération Française des Sociétés d’Aviron (FFSA) vit le jour 1 . Puis, la
Belgique, l’Italie, la Suisse et la France fondèrent la Fédération Internationale des Sociétés d’Avi-
ron (FISA) en 1892 à Turin, en ayant notamment comme objectif de lutter contre la corruption qui
existait via un système de paris sportifs. L’aviron intègre les Jeux Olympiques (JO), rénovés par le
baron Pierre de Coubertin, également fondateur du Comité International Olympique (CIO), dès la
première édition en 1896 mais les épreuves doivent être annulées pour cause de tempête. Depuis
lors, l’aviron fut présent à tous les JO, comme à ceux de Londres en 2012 (cf. Figure 1.1(c)).
En 2017, la FISA rattache 151 fédérations nationales (une par pays) et régit la réglementation
de ce sport. Il existe 2 101 règles dans le code des courses [61]. La première de ces règles est la
suivante :
10
1.1. HISTOIRE ET PRATIQUES DE L’AVIRON
L’aviron consiste dans la propulsion d’un bateau à tirant d’eau, avec ou sans barreur, par la
force musculaire d’un ou de plusieurs rameurs utilisant des avirons comme leviers simples du
deuxième degré, assis le dos dans la direction du mouvement du bateau. L’aviron comprend
aussi la pratique d’un mouvement similaire sur une machine à ramer ou dans un tank à ramer.
Dans un bateau d’aviron, tous les éléments porteurs, y compris les axes des éléments mobiles,
doivent être fixés solidement au corps du bateau, mais le siège du rameur peut se déplacer dans
l’axe du bateau.
Une régate à l’aviron est une manifestation sportive consistant en une ou plusieurs épreuves,
si nécessaire elles-mêmes composées de manches, disputées dans une ou diverses classes de
bateaux par des rameurs répartis, en principe, en différentes catégories, selon leur sexe, leur âge
ou leur poids.
Cette règle définit les grandes lignes de ce sport. L’esprit semble être de le démarquer des
autres sports nautiques et d’exclure certains mécanismes. Le qualificatif à tirant d’eau indique que
les embarcations ont une masse bien inférieure aux rameurs et il est aussi indiqué que ces derniers
doivent constituer la seule source de propulsion du bateau, excluant ainsi une propulsion vélique
ou motorisée.
La règle montre bien la différence avec les sports de pagaie, comme le canoë ou le kayak. En
effet, il est spécifié que les avirons sont des leviers du second ordre, c’est-à-dire que la force ré-
sultante sur la dame de nage (force de sortie) se trouve entre la palette immergée (point d’appui)
et l’action du rameur sur l’aviron (force d’entrée). Pour les sports de pagaie, la force de sortie se
trouve en extrémité (cf. Tableau 1.1 page suivante). Par ailleurs, l’aviron a la particularité d’avoir
un équipage évoluant le dos tourné vers l’avant de l’embarcation. Les membres inférieurs ont une
grande part dans la cinématique et la transmission des efforts, celle-ci étant aidée par une assise
coulissante. Il est d’ailleurs indiqué que la coulisse est la seule partie portante à pouvoir être mobile
par rapport au bateau. En 1981, des portants mobiles ont été introduits et permettaient de compen-
ser la perte de vitesse induite par l’inertie du rameur. Ce dispositif a été interdit l’année suivante
car il était jugé trop onéreux et allait contre les valeurs d’universalité des sports olympiques. Dans
certaines classes, un barreur est présent et a pour rôle de diriger le bateau. Il coordonne aussi la
puissance et le rythme des rameurs. Les pagayeurs peuvent faire avancer le bateau avec une seule
pagaie tout en corrigeant sa direction en pagayant alternativement à babord et tribord. Cela est
impossible en aviron et il faut donc, quelle que soit l’embarcation, au moins un aviron de chaque
côté.
L’aviron se pratique en loisir ou en compétition, sous plusieurs formes et dans des conditions
très variées. Il est donc possible de ramer en eau calme (rivière ou lac) mais également en mer. Des
systèmes permettent de ramer en intérieur, comme l’ergomètre ou le tank à ramer, visibles sur la
Figure 1.2 page suivante, et décrits plus précisément en section [Link].
11
CHAPITRE 1. PRÉSENTATION DE L’AVIRON
(a) Aviron de rivière. (b) Aviron de mer. Photo- (c) Ergomètre. Pho- (d) Tank à ramer.
Photographie du rameur graphie de la première régate tographie de plusieurs Photographie d’un tank à
Lituanien Mindaugas St Ayles Skiff off Anstruther, rameur d’intérieur ramer de quatre places,
Griskonis. Crédits Augustas Ecosse. Crédits Peter Nisbet Concept2 Model C. Université d’Otago,
Didžgalvis. Crédits John T. E. Slade Nouvelle Zélande.
Crédits Yeti Hunter
12
1.2. LE MATÉRIEL
1.2 Le matériel
Bien qu’il fait grande part aux qualités physiques et techniques des rameurs, l’aviron est un
sport mécanique et, comme dans tous les sports du même type, la performance est inhérente de la
qualité du matériel utilisé et donc de l’innovation technologique. Cependant, ce critère n’est pas
le seul et dépend du niveau du rameur et du type de pratique qu’il souhaite faire. Ainsi un rameur
débutant cherche plutôt à apprendre le geste et a besoin d’une bateau offrant de la stabilité, alors
qu’un rameur élite préfère une coque très légère, rigide et fine.
Cette section présente le matériel utilisé en aviron selon quatre groupes. Les trois premiers se
retrouvent sur tous les bateaux, quel que soit le niveau de pratique. Il s’agit du bateau, de l’aviron
et de la dame de nage. Le dernier groupe est facultatif, tout du moins pour l’aviron de loisir, et
concerne les appareils d’aide à l’entraînement du sportif et au contrôle de la performance.
13
CHAPITRE 1. PRÉSENTATION DE L’AVIRON
F IGURE 1.3 – Vue en coupe d’un modèle CAO de coque de bateau d’aviron avec structure en
sandwich de couches de fibres de carbone avec cœur en nid d’abeille. Représentation originale
prise sur le site Internet de WinTech Racing et tronquée.
[Link] Classes
Il existe plusieurs configurations pour pratiquer l’aviron. Il est possible de ramer seul ou en
équipage, avec ou sans barreur. Dès lors qu’il y aura plusieurs rameurs, il est donc possible de
choisir entre deux armements : en couple ou en pointe (cf. Figure 1.4 page suivante). Dans le
premier cas, un rameur a un aviron par main. Dans le second, il rame avec ses deux mains avec
un aviron unique. Le lecteur peut aussi remarquer une caractéristique étonnante au premier abord.
Etant donné que le rameur évolue dos au sens du mouvement, l’aviron situé sur le côté tribord se
situe dans sa main gauche et l’aviron bâbord dans sa main droite. La FISA reconnaît huit classes
de bateaux pour les compétitions (cf. Figure 1.5 page ci-contre et Tableau 1.2 page suivante), dans
lesquelles il existe des sous-catégories en fonction du sexe ou du poids normées comme suit :
L W 4 x
armement en couple (x),
poids légers (L) ou
en pointe avec barreur (+)
sans de limite de poids (rien)
ou sans (-)
homme (M) ou femme (W)
nombre de rameurs (1, 2, 4 ou 8)
D’autres catégories existent pour différencier les participants selon l’âge (pour les catégories jeunes
ou seniors) ou le type de handicap (en aviron handisport). Les premières épreuves olympiques
féminines n’ont eu lieu qu’en 1976. Jusqu’au dernier JO de Rio de Janeiro en 2016, il y avait
plus d’épreuves masculines que féminines. Les exigences du CIO en matière d’équité entre les
sexes, et la contrainte de non augmentation du nombre d’épreuves, conduiront probablement à la
suppression de l’épreuve masculine de quatre sans barreur en poids légers et à l’introduction de
l’épreuve féminine de quatre sans barreur pour les prochains JO de Tokyo en 2020.
14
1.2. LE MATÉRIEL
Aviron de couple
Aviron de pointe
Bâbord Tribord
F IGURE 1.4 – Vue de la poupe vers la proue d’un rameur en aviron de couple et en aviron de pointe
Tableau 1.2 – Liste des classes de bateaux d’aviron reconnues par la FISA.
1x 2-
2x 2+
4x 4-
4+
8+
F IGURE 1.5 – Représentation des classes de bateaux d’aviron reconnues par la FISA.
15
CHAPITRE 1. PRÉSENTATION DE L’AVIRON
rails
coulisse
planche de pied
hiloire
boule de
coque protection
dame de nage portant
F IGURE 1.6 – Nomenclature d’un skiff en vues de dessus et de côté. Photographies originales
prises sur le site Internet de WinTech Racing et légendées.
[Link].1 Portants
Les portants servent à faire la liaison entre l’axe de dame de nage (cf. section 1.2.3) et la coque.
Pendant la phase de propulsion, les avirons sont en liaison pivot, au moyen d’une dame de nage, par
rapport à l’ensemble cinématique lié à la coque, suivant l’axe de dame de nage. Pour que l’effort
moteur soit efficace, il faut que l’axe des dames de nage soient repoussés assez loin de la coque.
Autrefois, les dames de nages étaient articulées directement dans la coque et le bras de levier était
donc bien plus court. Désormais, les portants ont souvent une forme d’aile et sont de plus en plus
profilés. Ils sont en aluminium ou en PRFC.
[Link].2 Dérive
La dérive est une plaque, ou un forme légèrement profilée, placée verticalement sous la coque et
dans l’axe longitudinal. Son but et de maintenir la direction du bateau. Elle peut être en aluminiumn
en matière plastique ou en PRFC.
[Link].4 Boule
Une boule de protection, ou d’étrave, est obligatoire. Elle doit avoir un diamètre minimal de
4 cm, être de couleur blanche et ne pas se dévier de manière significative en cas de force latérale.
[Link].5 Hiloire
L’hiloire est situé vers la proue du bateau, souvent de forme triangulaire, et permet d’éviter que
l’eau rentre dans le bateau
16
1.2. LE MATÉRIEL
poignée en pointe
poignée en couple
F IGURE 1.7 – Nomenclature des avirons de pointe (au-dessus) et de couple (au-dessous). Photo-
graphies originales prises sur le site Internet de Croker Oars et légendées.
Emplacement de barreur
Quand l’armement est en pointe, un barreur peut être présent. Deux positions sont possibles
pour le barreur : à la proue ou à la poupe du bateau. Quand il est à la poupe, il est en position
assise. Il est plutôt allongé quand il se situe à la proue, offrant une moindre traînée aérodynamique
et une meilleure répartition des masses. Cette position antérieure est interdite en 8+ car la vitesse
est plus importante qu’en 2+ ou 4+ et une collision serait dangereuse.
Safran
Dans certaines classes de bateau, un safran (ou gouvernail) est présent pour corriger la direc-
tion. Quand un barreur est présent, son rôle est en partie de l’actionner en tirant sur un des deux
câbles appelés tire-veilles. Dans le cas contraire, un rameur peut le faire au moyen d’un câble relié
à l’une de ses chaussures 3 .
17
CHAPITRE 1. PRÉSENTATION DE L’AVIRON
Carré (1847)
Mâcon (1959)
Hâchoir (1991)
[Link].2 Palette
La palette est la partie générant la propulsion quand celle-ci est immergée. Sa taille et sa forme
a bien évolué, en particulier au cours des dernières décennies. Auparavant, les palettes étaient
plates, de faible largeur et à bout carré (cf. Figure 1.8). Elles ont ensuite eu une forme incurvée.
En 1959, aux championnats du monde à Mâcon, des palettes plus courtes mais aussi plus larges
ont été introduites et ont permis d’améliorer les performances. Ces palettes, aussi dénommées
« en tulipe », sont toujours utilisées aujourd’hui pour le loisir et par les novices. En revanche, les
compétiteurs utilisent des palettes de type « Hâchoir ». Aux JO de Barcelone en 1992, première
fois où elles furent utilisées, 10 des 14 épreuves ont été remportées par ceux qui utilisaient ces
palettes.
La principale restriction réglementaire sur les palettes concerne leur épaisseur. Celle-ci ne peut
pas être inférieure à 5 mm pour les avirons de pointe et 3 mm pour les avirons de couple, où la
mesure est respectivement prise à 3 mm et 2 mm du bord extérieur de la palette. Par ailleurs, et ce
constat est globalement valable pour tous les éléments en aviron, toute innovation technologique
doit être soumise au comité exécutif de la FISA et validée avant le 1er janvier de l’année en cours.
Comme pour la longueur du manche, les palettes utilisées en aviron de pointe ont des dimensions
plus grandes qu’en couple, mais les formes sont presque identiques.
[Link].3 Poignée
Le nombre de poignées par aviron dépend de l’armement (pointe ou couple) et du fabricant. En
couple, il n’y a qu’une seule poignée alors qu’en pointe il peut y en avoir deux, une par main, ou
une seule suffisamment longue pour y placer les deux mains. La position de la poignée est réglable
pour certains modèles et cela permet d’allonger ou de raccourcir la longueur totale de l’aviron. Le
revêtement est en caoutchouc ou en microfibres.
[Link].4 Manchon
Le manchon est une pièce en matière plastique, solidaire du tube de l’aviron, et dont les bords
extérieurs d’une section sont adaptés à la forme quasi carrée de la dame de nage, dans laquelle
il vient s’insérer, assurant ainsi un blocage en rotation (selon l’axe du tube) pendant la phase
propulsive du coup d’aviron.
[Link].5 Collier
Le collier est lié au manchon par une bague de serrage. Il permet le réglage des leviers intérieurs
et extérieurs (cf. Figure 1.9 page suivante). La référence de ces paramètres est le bord extérieur du
collier, c’est-à-dire celui orienté vers la palette. Le levier intérieur Li est la distance entre cette
référence et l’extrémité de la poignée. Le levier extérieur Le est alors déduit par différence entre
18
1.2. LE MATÉRIEL
→
−
V palette
Grand rapport de transmission
levier intérieur
→
− levier extérieur
V poignée
réglage →
−
V palette
du collier
levier intérieur
→
− levier extérieur
V poignée
Petit rapport de transmission
la longueur totale de l’aviron et le levier intérieur, la longueur totale d’un aviron se mesurant
de la poignée à l’intersection entre l’axe du tube et l’arête externe de la palette. Le rapport de
transmission R est défini par
Vpalette Le
R= = . (1.1)
Vpoignée Li
A vitesse de poignée égale, un grand rapport de réduction donne une vitesse de palette plus élevée
qu’un petit rapport de réduction.
19
CHAPITRE 1. PRÉSENTATION DE L’AVIRON
barrette
paliers excentriques
axe
corps de dame de nage
rondelles de réglage
portant
F IGURE 1.10 – Nomenclature de la dame de nage. Crédits John T. E. Slade, photo de gauche, et
Michel Picard et Didier Lereboulet (FFA), photo de droite avec transparence du corps de dame de
nage.
au-dessus. A présent, elle est plutôt en forme de U et pivote de façon assymétrique autour d’un axe
traversant une branche du U (cf. Figure 1.10). Cet axe est déporté du bateau et situé à l’extrémité
du portant.
[Link].2 Axe
L’axe de dame de nage, en acier inoxydable, doit être parfaitement vertical par rapport au bateau
(cf. section 1.3.4.) Pour ce faire, il est possible d’utiliser des rondelles pentées pour modifier son
orientation par rapport à la surface d’appui sur les portants, ou bien d’utiliser une dame de nage de
plus haute gamme ayant un support orientable (cf. Figure 1.11 page ci-contre).
20
1.2. LE MATÉRIEL
F IGURE 1.11 – Possibilités pour le réglage de la verticalité de l’axe de dame de nage. Crédits
Michel Picard et Didier Lereboulet (FFA).
Afin de donner un certain angle d’attaque à la palette dans l’eau (cf. section 1.3.5), il est pos-
sible d’incliner l’axe réel de rotation du corps de dame de nage par rapport l’axe. Cette manœuvre
est réalisée en changeant les paliers excentriques. Les dames de nage sont généralement vendues
avec un jeu de paliers permettant de faire varier l’angle d’attaque, par exemple entre 1 et 7°.
[Link].5 Barrette
La barrette est un verrou en acier inoxydable fermant la forme en U de la dame de nage et
permettant d’éviter que l’aviron ne sorte de son logement. Elle s’ouvre en pivotant par une de ses
extrémités et se verrouille de l’autre côté par un serrage à l’aide d’une molette.
[Link] Installations
Les clubs peuvent disposer de moyens permettant aux rameurs d’effectuer des séances spéci-
fiques d’entraînement, de s’exercer quand il fait nuit, ou bien de remplacer une séance en extérieur
quand les conditions climatiques sont trop difficiles.
[Link].1 Ergomètre
Un ergomètre est une machine permettant à l’utilisateur de reproduire un mouvement qu’il
ferait s’il pratiquait la même activité en condition in situ. Dans le contexte de l’aviron, le terme
générique ergomètre désigne directement la machine permettant de reproduire le geste du coup
d’aviron (appareil visible sur la Figure 1.2(c) page 12). Il s’agit du même type d’appareil qui est
simplement appelé rameur dans le langage courant, le terme machine à ramer existant aussi. L’uti-
lisateur est installé dans une position quasi identique à celle qu’il aurait dans un bateau. La rame
est remplacée par une poignée reliée à un câble, dont la tension sur celui-ci actionne la rotation
21
CHAPITRE 1. PRÉSENTATION DE L’AVIRON
d’un volant d’inertie. Un mécanisme d’amortissement (ou de résistance) s’applique sur le volant
et permet de simuler les frottements fluides sur la coque. Il peut être généré par différentes façons
suivant les gammes et les choix des constructeurs. Il existe par exemple des freinages par pistons
hydrauliques (appareils sans volant d’inertie), magnétique, électromagnétiques, à air ou à eau (ou
autre liquide). Les ergomètres peuvent être dotés d’un ordinateur. En se basant sur des constantes
du système et des données mesurées, il fournit des résultats à l’utilisateur. Par exemple, la connais-
sance du moment d’inertie du volant et l’évaluation de l’amortissement permet de calculer l’éner-
gie mécanique et de remonter à la distance parcourue. Il est donc possible de simuler une course
sur une distance officielle de 2000 m, si bien que des compétitions et championnats existent. Les
plus importants d’entre eux sont les CRASH-B Sprints, connus de manière non officielle comme
les Championnats du Monde Indoor, et ont lieu tous les ans à Boston dans le Massachussetts.
22
1.2. LE MATÉRIEL
données sont toutefois autorisés par la FISA pendant les compétitions, à savoir : le temps, la ca-
dence (c’est-à-dire le nombre de coups d’aviron par minute), la vitesse/accélération du bateau, et
le rythme cardiaque des rameurs. De plus, aucune communication avec l’extérieur n’est autorisée
pendant une course. Le barreur peut être équipé d’un microphone, relayé par des enceintes à dif-
férents endroits du bateau, pour communiquer avec les rameurs. C’est d’autant plus utile quand il
est situé à la proue et dos-à-dos avec les rameurs.
L’équipement du rameur ou du barreur en course peut donc être composé de chronomètre,
cardiofréquencemètre, compteur de coups et compteur de vitesse, possiblement tous rassemblés sur
un même appareil de visualisation. A l’entraînement, d’autres données peuvent être enregistrées.
Il existe par exemple des dames de nage incluant une instrumentation permettant de mesurer les
puissances et les données angulaires de l’aviron. L’usage de caméscope aide à l’analyse du coup
d’aviron. En condition de laboratoire, certaines études ont déjà été menées avec le système Vicon
pour capturer la position de marqueurs placés sur le sportif, ramant sur ergomètre, à l’aide de
caméras infrarouges et d’un logiciel de post-traitement [11, 162]. Ce même type d’étude a été fait
pour le geste effectué en kayak [65].
23
CHAPITRE 1. PRÉSENTATION DE L’AVIRON
recouvrement
des mains
dépassement
position de la course de
planche de pied la coulisse
hauteur
de nage angle des rails
angle de
planche de pied profondeur des talons
angle d’attaque
1.3 Réglages
L’aviron est un sport mécanique et cyclique et demande, au même titre qu’un sport comme
le cyclisme, un geste optimal d’un point de vue biomécanique. Les réglages doivent conduire à
l’exécution d’un geste à la fois efficace et adapté à l’anthropométrie du sportif.
Dans cette section, nous listons les principaux réglages à effectuer, dans un ordre logique,
avec pour objectifs de donner leur influence sur le coup d’aviron et les moyens de les modifier.
Ces réglages sont tous représentés sur la Figure 1.12. Les descriptions s’inspirent en partie des
renseignements fournis dans les vidéos mises en ligne 5 par la FFA et du numéro 20 de la Revue
des Entraîneurs [60] publiée par sa DTN.
5. [Link]
24
1.3. RÉGLAGES
chandelles
niveaux à bulle
tréteaux
25
CHAPITRE 1. PRÉSENTATION DE L’AVIRON
F IGURE 1.14 – Réglage de l’entraxe des dames de nage. Crédits Michel Picard et Didier Lereboulet
(FFA).
niveau à bulle
axe de dame
de nage
elle peut être rétablie au moyen de rondelles pentées ou en orientant un support ad hoc (cf. Fi-
gure 1.11 page 21). Il est aussi possible de déformer les portants ou directement l’axe mais ces
méthodes sont à éviter.
26
1.3. RÉGLAGES
hauteur de travail
contact
×
×
fil à plomb distance
fil-palette
vue transversale vue longitudinale
7. En réalité, le réglage de la position verticale de la planche se fait en déplaçant celle-ci dans la direction imposée
par son angle. Il faut donc ensuite réajuster la position longitudinale, dont le réglage peut être fait indépendamment
des autres.
27
CHAPITRE 1. PRÉSENTATION DE L’AVIRON
1 2
3
F IGURE 1.17 – Réglage de la profondeur des talons et influence sur la position sur l’avant du
rameur
28
1.4. LE COUP D’AVIRON
Phase de propulsion
F IGURE 1.18 – Le geste du coup d’aviron. Crédits British Rowing (Fédération britannique d’avi-
ron).
[Link] L’attaque
Cette étape s’effectue au point maximum de la phase de retour. Elle consiste à immerger verti-
calement et rapidement la palette dans l’eau au moment où la composante horizontale de la vitesse
de la palette par rapport à l’eau s’annule. Quand le rameur s’approche de la position sur l’avant, il
tourne les avirons en position verticale, dite au carré, puis il lève les mains pour faire descendre
8. Cette description tient partiellement pour source le site Internet de l’Aviron Club de Lyon Caluire : https:
//[Link]/vie-du-club/f-i-l/le-geste-technique/.
29
CHAPITRE 1. PRÉSENTATION DE L’AVIRON
la palette (cf. Figure 1.19) et les écarte pour augmenter le débattement angulaire de l’aviron. En
pratique, il s’agit d’obtenir une parfaite synchronisation entre les mouvements pour éviter de créer
une gerbe d’eau provoquée par le différentiel de vitesse horizontale entre la palette et l’eau au
moment où la pelle s’immerge.
3
2
1
231
F IGURE 1.19 – Description de l’étape d’attaque dans la phase de propulsion du coup d’aviron
surpression dépression
1 2 3 création de l’appui
(a) action du rameur (b) trajectoire de la palette
F IGURE 1.20 – Description de l’étape de création d’appui dans la phase de propulsion du coup
d’aviron
30
1.4. LE COUP D’AVIRON
[Link] La transmission
La transmission est l’étape permettant d’augmenter la vitesse du bateau et est donc la phase
la plus consommatrice en énergie pour le rameur. Elle met en jeu l’addition et la coordination de
trois actions débutant globalement dans l’ordre suivant (cf. Figure 1.21(a)) : extension des jambes,
ouverture du tronc (c’est-à-dire basculement vers l’arrière) et traction sur les poignées par les bras.
Dans cette étape, les mains doivent se déplacer dans un plan horizontal pour que la palette en fasse
autant (cf. Figure 1.21(b)).
L’enchaînement des trois actions définit le style du rameur. En particulier, il est possible de
le caractériser en fonction de la synchronisation (ou désynchronisation) des actions des jambes
et du tronc et en fonction de l’importance de chacun de ces deux segments corporels sur le coup
d’aviron. Cette caractérisation est la classification de Kleshnev (Chapitre 9 de [138]), faite d’un
graphe où les axes représentent les deux facteurs cités ci-dessus. Chaque quadrant représente un
style de ramerie poussé à l’extrême. Ainsi, tout rameur trouvera probablement son style quelque
part entre ces quatre styles.
III
II
transmission
1 2 3 4 I
(a) action du rameur (b) trajectoire de la palette
F IGURE 1.21 – Description de l’étape de transmission dans la phase de propulsion du coup d’aviron
[Link] Le dégagé
Une fois arrivé en position sur l’arrière, le rameur doit sortir la palette de l’eau. Le dégagé est
la dernière étape de la phase de propulsion avant la phase de retour. En effet, bien que les pelles
soient hors de l’eau, le bateau continue de prendre de la vitesse. Afin de ne pas freiner le bateau, il
faut que cette action soit brève et équilibrée entre les bords pour ne pas perturber la phase suivante.
Elle est réalisée en effectuant une pression de haut en bas avec les avant-bras et les mains sur les
poignées (cf. Figure 1.23(a) page suivante). La palette sort verticalement de l’eau puis, une fois
cette action complètement terminée, elle est remise à plat (cf. Figure 1.23(b) page suivante).
31
CHAPITRE 1. PRÉSENTATION DE L’AVIRON
actions actions
simultanées consécutives
Style Adam Style Grinko
1
position des mains
3 2
F IGURE 1.23 – Description de l’étape de dégagé dans la phase de propulsion du coup d’aviron
32
1.4. LE COUP D’AVIRON
les frottements dans l’air. Ensuite, le rameur se penche en avant en maintenant le dos droit et en
l’inclinant depuis ses hanches. Finalement, quand les épaules arrivent en avant du bassin, il fléchit
les jambes et cela entraîne le retour de la coulisse sur l’avant. Le rameur est alors dans la position
pour l’étape d’attaque de la phase de propulsion, marquant la fin du cycle du coup d’aviron. Toutes
ces actions doivent se faire en souplesse afin de permettre au rameur de récupérer et de se préparer
à la prochaine phase de propulsion, mais aussi pour ne pas créer des déséquilibres.
La phase de retour a une durée, appelée « temps glisseur », plus longue que la phase de pro-
pulsion. Ceci est illustré sur la Figure 1.24 représentant les évolutions temporelles de la vitesse
du bateau et des angles de balayages des deux avirons sur un cycle de coup d’aviron complet.
La vitesse du bateau diminue progressivement pendant le retour à cause des frottement fluides,
tout en restant supérieure à sa valeur moyenne, puis elle chute brutalement quand le rameur trans-
fère sa masse vers la poupe, provoquant ainsi le mouvement de cavalement de la coque, véritable
empreinte de la navigation en aviron.
140
4
Vitesse du bateau Vb [m · s−1 ]
120
80
2
60
40
1
Phase de 20
propulsion Phase de retour
0 0
0 20 40 60 80 100
Temps adimensionnalisé du cycle [%]
F IGURE 1.24 – Cycle de coup d’aviron : vitesse du bateau et angles de balayage des avirons
(cadence 19 min−1 )
1.4.3 Cadence
La cadence est le nombre de coups d’aviron effectués en une minute et s’exprime en min−1 ,
ou plus communément en cpm (coups par minute). C’est généralement le paramètre prépondérant
pour qualifier l’intensité de l’effort fourni par les rameurs et donc la vitesse du bateau, bien que la
vitesse d’exécution doit aussi être associée à la force dans le geste. Plus l’effort physique est impor-
tant et plus la cadence sera grande. Par exemple, les cadences d’entraînement sur longues distances
peuvent être de 16 à 20 min−1 . Pendant les compétitions élites, elles se situent en moyenne entre
35 et 40 min−1 et varient suivant les classes, et dépassent souvent les 45 min−1 dans le sprint final.
33
CHAPITRE 1. PRÉSENTATION DE L’AVIRON
34
1.5. LES COMPÉTITIONS
10. Les compétitions d’aviron de mer, d’aviron handisport et d’aviron indoor ne sont pas développées ici.
11. L’absence de couloirs et les longues distances faites avec des virages font que ces courses sont plutôt des têtes
de rivières
12. Certaines fédérations nationales n’appliquent pas exactement les mêmes critères.
13. Il semble toutefois que les entraîneurs privilégient les qualités de barreur, d’encadrant et la capacité à motiver
l’équipage. La masse aurait donc un rôle mineur dans le choix d’un barreur.
35
CHAPITRE 1. PRÉSENTATION DE L’AVIRON
n’est pas respecté, une surcharge de 10 kg au maximum est placée dans le bateau au plus près du
barreur et aucune pièce d’équipement ne peut faire office de compensation.
[Link] Le départ
Le déroulement d’une course en ligne se fait en trois étapes : le départ, le train et l’enlevage.
Au départ, les bateaux sont placés chacun dans leur couloir et les étraves sont alignées sur la ligne
de départ. Les bateaux sont maintenus au niveau de la poupe par un système mécanique ou par
une personne placée sur un ponton flottant ou sur des plateformes individuelles (stake boats). Une
fois le départ donné par le juge, les concurrents s’élancent et cherchent à atteindre leur vitesse
« de croisière » le plus rapidement possible, souvent en moins de 10 s. Pour ce faire, il leur faut
être véloce et l’amplitude des coups d’aviron est diminuée et la cadence très élevée. Les rameurs
enchaînent par exemple une série de 4 ou 5 coups composée d’amplitudes en 3/4 de coulisse ou
1/2 coulisse dans une séquence bien définie à l’avance. Ils gardent ensuite une cadence très élevée,
10 à 15 % supérieure à celle qu’ils maintiennent dans la plupart de la course. Cette phase de la
course nécessite donc beaucoup de puissance mais aussi de précision. Elle s’étend sur environ
250 m, soit 30 coups d’aviron. Le départ est une vraie course dans la course car il est nécessaire
d’être bien placé dès le départ, étant donné que cela conditionne le reste de la course, d’un point
de vue tactique mais aussi mental. En effet, comme les rameurs évoluent dos au mouvement, il se
peut qu’ils ne revoient pas les autres concurrents s’ils s’élancent mal dans la course. De plus, cette
phase est très difficile physiquement car les athlètes produisent rapidement de l’acide lactique à
cause de l’effort violent qu’elle nécessite et une sensation d’inconfort apparaît très vite dans la
course.
[Link] Le train
Après le départ vient la phase de train. Il s’agit de la phase la plus longue et il est souvent dit
qu’une victoire se construit dans les 1000 m au milieu de la course. Pour illustrer ce propos, nous
pouvons prendre l’exemple du déroulement de la manche finale de M8+ aux JO de Rio en 2016.
Le Tableau 1.3 contient les temps à chaque intervalle de 500 m pour les différents bateaux, les
meilleurs temps étant indiqués en gras.
Tableau 1.3 – Temps par intervalle pour la manche finale de M8+ aux JO de Rio en 2016
Dans cette course, les Britanniques ont pris un léger avantage au départ, leur donnant un peu
plus d’une demi-seconde d’avance sur les Allemands. Ils ont ensuite augmenté l’écart sur les pour-
suivants pour avoir presque une longueur d’avance aux 1000 m. Cette avantage décisif leur a permis
de pouvoir gérer leur effort sur la deuxième partie de la course.
36
1.5. LES COMPÉTITIONS
Un moyen de combler un écart ou d’en prendre sur un adversaire est de réaliser des « séries ».
Cela désigne une suite de coups d’aviron plus intenses, par exemple au nombre de 10. En anglais,
les termes de power 10’s ou big 10’s ou simplement 10’s sont employés. Les séries sont ordonnées
par les barreurs et doivent être placées intelligemment pendant la course, en tenant compte du
déroulement de la course et de l’état de fatigue des rameurs. Cette stratégie n’est pas toujours mise
en œuvre car elle peut être trop violente et avoir un effet néfaste sur les performances pour la suite
de la course.
[Link] L’enlevage
L’enlevage est le sprint final et c’est en toute fin de course que les cadences sont les plus élevées,
les rameurs utilisant leurs dernières ressources pour terminer avec le meilleur classement possible.
Celui-ci est pris à partir de l’étrave des bateaux. Contrairement aux sprinteurs en athlétisme ou en
cyclisme, les athlètes ne peuvent pas « casser » la ligne car ils ne la voient pas arriver 14 et ils ne
peuvent pas moduler le cavalement du bateau. Il y a donc une part de chance au moment de couper
la ligne d’arrivée.
Le juge d’arrivée définit le classement final et il peut s’aider en cas d’arrivée serrée d’un sys-
tème de type photo-finish devant être capable d’enregistrer au moins 100 images par seconde. Les
concurrents peuvent être déclarés ex æquo si l’écart entre deux bateaux est inférieur à 5 millièmes
de seconde et cela entraîne des procédures différentes si la manche est préliminaire, intermédiaire
ou finale. Il est par exemple possible d’avoir plus de trois bateaux médaillés à la fin d’une régate.
37
Chapitre 2
Etude bibliographique
1. Pour être précis, il faudrait même dissocier la dame de nage, la coulisse et ses roues pour en former des en-
sembles cinématiques indépendants.
2. Ces rapports de masses sont estimés dans le cas où seul un rameur est présent et en prenant comme masse
du bateau la limite inférieure autorisée, c’est-à-dire 14 kg. Les valeurs basses des rapports correspondent à la masse
maximale autorisée pour les catégories « poids légers » (PL) et les valeurs hautes à la masse moyenne des athlètes
« toutes catégories » (TC).
39
CHAPITRE 2. ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
~z
lacet
pilonnement rameur
• multi-segmenté ~g
~y • •
• et polyarticulé
tangage • •••
• • •
•
dérive •
•
• •
• ••
~x cavalement
••
40
2.1. CONTEXTE DE L’ÉTUDE
du rameur par la modélisation et la simulation du coup d’aviron. Bien que ces domaines aient
un fort impact sur les résultats sportifs, le cadre de l’étude exclut les notions de physiologie, de
psychologie, de coaching, de stratégie sportive ou de méthodes d’entraînement.
Dans cette étude, nous recensons tout d’abord, en section 2.2, les différents types de modélisa-
tion du système bateau-avirons-rameur, en commençant par les modèles les plus simples assimilant
le couple bateau-rameur à une masse ponctuelle possédant un seul DDL, puis nous expliquons les
formulations avec plusieurs segments de corps pour le rameur, la prise en compte des inerties, la li-
bération de certains DDL, etc. Dans un second temps, en section 2.3, nous détaillons les recherches
concernant les interactions fluide-structure. Cette partie porte principalement sur la modélisation
des efforts hydrodynamiques sur la carène et sur la palette. Les modèles de flexibilité de l’aviron
sont aussi décrits. Finalement, nous résumons en 2.4 les enjeux et les difficultés répertoriés dans
cette étude et nous faisons les liens avec le sujet de thèse.
41
CHAPITRE 2. ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
où T est la période du cycle, F̂ la valeur maximale de l’effort fourni par le rameur, m un coefficient
de 0,5, 1 ou 2. Il étudie également l’influence du rapport cyclique 3 sur la vitesse moyenne.
F IGURE 2.2 – Modélisation par une masse ponctuelle unique du système bateau-avirons-rameur
selon Millward [130]. Bilan des forces sur le système.
42
2.2. MODÉLISATION DU SYSTÈME BATEAU-AVIRONS-RAMEUR(S)
Certains auteurs estiment qu’il est essentiel de prendre en compte l’interaction entre le rameur
et le bateau. Cette étape nécessite l’introduction de l’effort de poussée sur la planche de pied et
une loi de déplacement du rameur dans le bateau. Il est alors possible d’établir deux équations de
mouvement : une première pour le bateau et une seconde pour le rameur. Une combinaison des
deux permet d’obtenir une équation de mouvement du système global pour chaque phase du coup
d’aviron. Ainsi, Brearley [19] obtient, pour la phase de propulsion, l’équation
dv Li
(m + M) = P(t) − M ẍ1 (t) − D(v) , si 0 ≤ t ≤ τ1 , (2.2)
dt Lt
où v est la vitesse instantanée du bateau et la seule inconnue de (2.2), m la masse du bateau avec
le barreur, M la masse de tous les rameurs, Li le levier intérieur de l’aviron, Lt la longueur totale
de l’aviron, x1 la position du rameur par rapport au bateau définie par une loi sinusoïdale, ẍ1
l’accélération correspondante, P l’effort moteur au niveau de la dame de nage imposé par le même
type de loi que pour x1 , D la résistance hydrodynamique formulée par D = a + b v + c v2 , où a, b et
c sont des coefficients définis par Wellicome [182], et τ1 la durée de la phase de propulsion. Pour
la phase de retour, l’effort moteur est nul et Brearley obtient une équation similaire
dv
(m + M) = −M ẍ2 (t) − D(v) , si τ1 ≤ t ≤ τ2 , (2.3)
dt
où τ2 la durée de la phase de retour et x2 est la position du rameur dans cette phase. Les modélisa-
tions proposées par Pope [144], Sanderson et Martindale [156], Cabrera, Ruina et Kleshnev [22]
ou encore Caplan et Gardner [24], sont équivalentes et les différences sont liées aux types de lois
choisies pour les efforts moteurs et pour le déplacement du rameur par rapport au bateau.
43
CHAPITRE 2. ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
Dal-Monte, Komor et Leonardi [39] furent les premiers à effectuer une simulation numérique
avec une modélisation de rameur multicorps. En réalité, il s’agit d’un rameur décomposé en trois
segments (bras, jambes et tronc) pour décrire son évolution d’un point de vue cinématique, mais
sa dynamique est monocorps. En outre, il n’évolue pas sur un bateau mais sur un ergomètre. Ki-
noshita et Kobayashi [99] ajoutent dans leur modèle un bateau, dont le seul DDL est la translation
longitudinale, deux avirons, gérés de façon symétrique, et leur rameur possédant trois paramètres
de mouvement : la position de la coulisse, l’inclinaison du tronc et la position des mains, pouvant
se déplacer sur une ligne horizontale. Ces trois lois de mouvements sont connues par l’analyse
d’un enregistrement vidéo d’un rameur. Les déformations de l’aviron sont par ailleurs mesurées et
les efforts au niveau des poignées en sont déduits. Les auteurs se servent alors d’une équation de
fermeture leur permettant d’obtenir la vitesse du bateau et l’orientation des avirons. La résolution
se fait en tenant compte de la périodicité du coup d’aviron et des mouvements qui le composent. La
vitesse du bateau est obtenue par convergence et optimisation des conditions initiales sur celle-ci.
Ainsi, la simulation est terminée quand le cycle atteint un état stationnaire, c’est-à-dire quand la
vitesse en début de cycle est égale à celle à la fin du cycle.
Les premiers modèles où le rameur est lui-même un système multicorps du point de vue dyna-
mique sont apparus en 2007. Caplan et Gardner [25] utilisent un modèle de rameur à cinq segments
pour obtenir une meilleure vitesse instantanée que dans leur modèle de rameur mono-masse ponc-
tuelle [24]. Les cinq segments sont issus du modèle anthropométrique 5 de Winter [184] et sont
gérées comme des masses ponctuelles, donc sans inertie en rotation. Par ailleurs, cette décompo-
sition en plusieurs segments n’est qu’une étape de pré-traitement. En effet, les auteurs se servent
des longueurs de segment, de leur masse, des positions des centres de gravité de chaque segment,
et d’enregistrements des trajectoires des articulations pour recalculer le centre de gravité de l’en-
semble des rameurs. Il s’agit donc à nouveau d’un modèle de rameur mono-masse ponctuelle mais
avec une loi de mouvement des rameurs plus réaliste que dans [24]. Formaggia et coll. [66, 67] uti-
lisent un modèle similaire avec douze segments basé sur des tables anthropométriques de la NASA
[134].
Les modèles de Serveto et coll. [159], de Rongère [153, 154] et de Pettersson, Normark et
Eriksson [143] sont les plus aboutis en matière de modélisation de la dynamique du système
bateau-avirons-rameurs. En effet, ils sont les seuls à prendre en compte les inerties de rotation
des segments du rameur. Serveto utilise le logiciel Adams [132] de la société MSC Software
et le module d’extension LifeMOD de LifeModeler, Inc. [119] pour construire un modèle mus-
culosquelettique de rameur à 19 segments et 18 liaisons (cf. Figure 2.3 page suivante), dont le
modèle anthropométrique provient du programme GEBOD [29, 30] et nécessite 32 mesures sur
le sujet considéré. Rongère utilise le même modèle anthropométrique dans le programme qu’il a
développé et nommé GMRS. Il utilise des techniques de robotique pour décrire la mécanique du
système poly-articulé et pilote le système en dynamique inverse, c’est-à-dire que les mouvements
ont pour sources des lois cinématiques appliquées sur les articulations motrices. Ces dernières sont
générées par des B-splines paramétrables et ayant pour but de définir un style particulier au ra-
meur. Le modèle le plus récent est celui de Petterson, Normark et Eriksson [143]. Ils ne cherchent
pas à décrire aussi finement le rameur que Serveto et Rongère, c’est pourquoi ils ne prennent en
compte que six segments pour celui-ci et approximent les moments d’inertie des segments à celui
d’une barre. Leur objectif est de développer un modèle d’optimisation du geste pour analyser la
5. L’anthropométrie est une science utilisée par exemple en anthropologie, en criminologie et en ergonomie. Elle
vise à mettre en œuvre des techniques de mesure des proportions morphologiques du corps humain.
44
2.2. MODÉLISATION DU SYSTÈME BATEAU-AVIRONS-RAMEUR(S)
technique et les réglages. Ils utilisent un pilotage en dynamique directe, c’est-à-dire où des forces
et des couples génèrent les mouvements. Les capacités physiques et les limites du rameur sont
considérées et les auteurs cherchent à minimiser une fonction de coût pour obtenir les variables
articulaires. Ils comparent alors différentes fonctions de coût et observent les différences obtenues
pour, par exemple, les angles d’attaque et de dégagé, le rapport cyclique ou l’énergie dissipée.
45
CHAPITRE 2. ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
F IGURE 2.4 – Contrôles du roulis et du lacet effectués par Formaggia et coll. [68], par ajout de
forces de raideur fonction de l’angle à corriger.
46
2.3. MODÉLISATION DES INTERACTIONS FLUIDE-STRUCTURE
47
CHAPITRE 2. ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
FD FL
CD = 1
et CL = 1
, (2.5)
2 ρ A Vi 2 2 ρ A Vi 2
1
CD = CDmax (1 − cos(2 α)) et CL = CLmax sin(2 α) , (2.6)
2
où α est l’angle d’incidence, c’est-à-dire l’angle entre l’axe du manche de l’aviron et la vitesse
incidente.
Réaliser des mesures précises à bord d’un bateau d’aviron n’est pas une tâche aisée à réaliser
en condition écologique. En effet, plusieurs conditions sont à réunir. Il faut tout d’abord que le(s)
rameur(s) exécute(nt) un coup d’aviron propre et le répète(nt) un grand nombre de fois. Cela né-
cessite donc de disposer d’athlètes confirmés, ce qui est difficile pour des raisons multifactorielles
(équilibre déjà difficile pour les rameurs entre leurs programmes d’entraînement hebdomadaires et
leur vie professionnelle et personnelle, financements, volontés, etc.). A cette difficulté s’ajoutent
les conditions météorologiques (pluie, vent, température, etc.) qui doivent être favorables et, dans
le cas contraire, sont susceptibles de perturber la planification d’une session expérimentale. En
dernier point, mais pas le moindre, il faut noter que toutes les données enregistrées in situ par
les capteurs, aussi bons soient-ils, s’accompagnent d’incertitudes de mesure. Dans le cas du coup
d’aviron, cet aspect est particulièrement pénalisant car certaines grandeurs comme la vitesse inci-
dente de l’écoulement sur la palette sont importantes pour la caractérisation du geste. Elle n’est
toutefois pas directement mesurable et dépend de données dont l’ordre de grandeur est supérieur à
la sienne et, même si les incertitudes sur ces grandeurs sont faibles et maîtrisées, l’incertitude sur
cette grandeur d’intérêt est conséquente. Une évaluation des incertitudes est faite dans ce manuscrit
dans le chapitre 10.
Face à ces nombreux obstacles, la recherche s’est souvent effectuée en laboratoire. Cela a
permis de se soustraire des difficultés liées à la présence du rameur, à la répétabilité dans le geste,
à l’environnement parfois hostile aux mesures, et en partie aux incertitudes sur celles-ci. Il n’y a, a
priori, pas d’interaction entre l’écoulement autour de la palette et celui autour du bateau, de ce fait
il est possible d’étudier l’un ou l’autre individuellement. Des dispositifs spécifiques ont donc été
conçus et utilisés avec des moyens expérimentaux classiquement employés en hydrodynamique,
comme un bassin des carènes ou un canal de circulation.
48
2.3. MODÉLISATION DES INTERACTIONS FLUIDE-STRUCTURE
(a) Essais en bassin des carènes de (b) Essais avec canal de circulation de Ca- (c) Essais avec canal de
Barré et Kobus [7, 8] plan et Gardner [23, 26] circulation de Kobayashi
et coll. [102, 103]
F IGURE 2.5 – Exemples de moyens expérimentaux utilisés en laboratoire pour la mesure d’efforts
hydrodynamiques sur la palette d’aviron
49
CHAPITRE 2. ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
argumentant leur démarche par une conclusion de Berger [12] sur l’écoulement autour d’un na-
geur en crawl, disant qu’il n’y aurait qu’un écart de 5 % entre une simulation prenant en compte
le mouvement et des simulations faites avec des positions statiques. Les auteurs émettent toutefois
des réserves sur cette démarche en rappelant qu’une approche stationnaire ne tient pas compte des
tourbillons de nature très instationnaire se générant autour de la palette. Quelques années plus tard,
Leroyer et coll. ont confirmé [115] par la simulation numérique que l’instationnarité de l’écoule-
ment est à prendre en compte et que l’approche quasi-statique fait perdre environ 30 % de l’effort
de traînée et environ 20 % de l’effort de portance, pour les valeurs maximales. Toussaint [172]
confirme également l’importance travailler en configuration instationnaire pour la propulsion en
crawl d’un nageur. Doi et coll. [53] ont utilisé une configuration similaire (flux d’eau et incidence
constants) à celle de Caplan et Gardner. Kobayashi et Kinoshita [102, 103] utilisent également un
canal à circulation pour étudier l’écoulement autour de la palette. Cette fois, ces auteurs prennent
en compte la rotation de celle-ci mais elle tourne autour d’un axe vertical passant approximative-
ment à mi-corde (cf. Figure 2.5(c) page précédente). Ce n’est pas représentatif du mouvement réel
et cela ne prend pas en compte l’effet de levier ou de flexibilité de l’aviron. Ce choix de Kobayashi
et Kinoshita, ainsi que celui de Caplan et Gardner de ne pas générer un coup d’aviron, vient pro-
bablement aussi de la contrainte d’espace sur la largeur du canal de circulation dont ils disposent.
Cette contrainte est bien moins limitante pour Barré et Kobus car le bassin des carènes de l’ECN
fait 5 m de large.
50
2.3. MODÉLISATION DES INTERACTIONS FLUIDE-STRUCTURE
gré la simplicité de la modélisation. Les efforts hydrodynamiques sont interprétés en les formulant
avec le coefficient de force normal de Wellicome et les simulations sont visuellement analysées
par des instantanées des champs de vecteur vitesse et de lignes de courant pour différentes valeurs
d’angle de balayage de l’aviron. Ils concluent alors en premier point, et nous n’insistons que sur
cet élément de leurs conclusions, que le coup d’aviron est de nature hautement instationnaire, en
remarquant les changements violents dans l’incidence de l’écoulement sur la palette et les effets
d’« histoire », c’est-à-dire l’influence de l’antériorité de l’écoulement sur une position instantanée
de la palette dans le coup d’aviron.
51
CHAPITRE 2. ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
6. Cette période semble étonnamment courte et nous ne voyons pas comment l’écoulement est alors convergé avant
l’entrée de la palette dans l’eau, compte tenu de la vitesse de l’écoulement et des dimensions du domaine.
52
2.3. MODÉLISATION DES INTERACTIONS FLUIDE-STRUCTURE
53
CHAPITRE 2. ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
se retrouve pas ailleurs, la littérature sur ce sujet est assez restreinte. Les premières publications
visant à quantifier la résistance hydrodynamique sur ces bateaux sont récentes et datent d’une
dizaine d’années.
Dans cette section, nous introduisons tout d’abord les modèles possibles pour l’évaluation des
efforts hydrodynamiques sur la carène, en nous concentrant uniquement sur la résistance à l’avan-
cement. Après quoi nous citons les différentes études effectuées avec des moyens expérimentaux,
puis numériques.
[Link] Modèles
Nous définissons les modèles communément utilisés en hydrodynamique navale et définis pour
des configurations où la vitesse du bateau est uniforme. Nous donnons ensuite les pistes ayant été
étudiées pour étendre ces modèles dans le cas instationnaire.
Résistance hydrodynamique
La résistance totale Fx sur une carène peut se décomposer en distinguant les effets de la gravité
exprimés en fonction du nombre de Froude Fr = √gUL et les effets de viscosité représentés par
WL
le nombre de Reynolds Re = U LνW L , où U est la vitesse d’avance du bateau, LW L la longueur de
flottaison, g l’accélération de la pesanteur et ν la viscosité cinématique du fluide. Sur une eau
calme et en traction droite, Fx peut s’écrire en suivant l’hypothèse de Froude :
Fx = FW (Fr ) + FV (Re ) , (2.7)
où FW est la résistance de vagues et FV la résistance visqueuse. Cette dernière peut se décomposer
elle aussi en deux termes :
FV = FF + FPV , (2.8)
où FF est la résistance de frottement et FPV la résistance de pression visqueuse. FPV est faible et
s’exprime en l’approximant par une fraction k de FF , soit FPV = k FF . k est un coefficient appelé
facteur de forme et permet de tenir compte des autres effets de viscosité et fonction de la forme de
la carène.
Dans cette modélisation, certains types de résistance sont négligés comme la résistance au
déferlement, la résistance aux appendices et l’effet de rugosité sur le frottement.
Il est possible de réécrire la décomposition en terme de forces proposée dans l’équation (2.7)
par une formulation en terme de coefficient :
Cx = (1 + k) C f +CW , (2.9)
où Cx est le coefficient de traînée, C f le coefficient de frottement et CW le coefficient de résistance
de vagues.
Il est à noter que pour un skiff avançant à une vitesse moyenne de 5 m · s−1 (c’est-à-dire la
vitesse moyenne aux JO de Rio en 2017 chez les hommes), le nombre de Reynolds est alors de
40 · 106 et le nombre de Froude fond Frh (basé sur la profondeur du bassin) est proche de la valeur
unitaire et critique.
54
2.3. MODÉLISATION DES INTERACTIONS FLUIDE-STRUCTURE
Coefficient de frottement
Le coefficient de frottement est généralement calculé par la formule de l’International Towing
Tank Conference (ITTC) de 1957 [90] :
Cf 0
Cf = , avec C f 0 = 0,075 . (2.10)
(log Re − 2)2
Facteur de forme
Le coefficient k peut être évalué par des modèles empiriques, de manière expérimentale ou par
simulation numérique.
Parmi les modèles empiriques, nous avons celui de Holtrop [86], de Prohaska [91], de Granville
[75] et de Scragg et Nelson [157]. Berton [13] fait le calcul de k pour une coque de bateau d’aviron
et trouve des résultats très disparates. Le modèle le plus proche est le dernier cité, sans doute car il
a été calibré pour un bateau spécifique d’aviron : le huit. Il tient donc compte de la forme allongée
de ce type d’embarcation.
Les procédures expérimentales pour trouver k consistent à réaliser des essais à faibles vitesses,
où la résistance de frottement est prépondérante devant la résistance de vagues. Le rapport CCxf tend
alors vers 1 + k quand U tend vers 0.
Il est possible de suivre le même protocole par l’usage de simulation numérique via des codes
RANSE. Une autre méthodologie décrite par Berton permet de limiter le nombre de calculs à deux
seulement. Cela consiste à effectuer un premier calcul en fluide visqueux et un second en utilisant
un code potentiel. Dans un code RANSE, la décomposition de la résistance hydrodynamique est
différente de celle de l’équation (2.7) et ne peut se faire que sous la forme
où FFPX et FFFXL sont respectivement les résistances de pression et de frottement. Elles sont défi-
nies en fonction des résistances déjà introduites par les expressions
ce qui permet, après avoir identifié FW par le calcul en fluide parfait, de déduire le facteur de forme
par l’égalité suivante
FFPX + FFFXL − FW
k= −1 . (2.13)
FFFXL
Il faut noter que k dépend a priori de trois variables : le nombre de Froude, le déplacement
(c’est-à-dire le chargement sur le bateau) et l’assiette du bateau. Berton estime qu’il faut en général
14 simulations pour avoir une bonne estimation de k dans un plan d’expériences numériques.
55
CHAPITRE 2. ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
56
2.3. MODÉLISATION DES INTERACTIONS FLUIDE-STRUCTURE
(a) Chariot et catapulte de Barré et Kobus [13] (b) Sous-chariot de (c) Hexapode inversé (Essais au
Day et coll. [47, 48] LHEEA, non publiés)
F IGURE 2.6 – Exemples de dispositifs expérimentaux ajoutés au chariot de bassin des carènes pour
générer le cavalement du bateau d’aviron
d’eau égale à un quart de la longueur de carène, les signaux d’efforts peuvent ne pas converger
pour certains nombres de Froude et les modèles de régression ne permettent pas toujours de trou-
ver une valeur asymptotique. Cela s’explique par la longueur limitée du bassin et par la théorie sur
les effets de fond.
Dans deux autres articles [47, 48], Day et coll. étudient le comportement instationnaire du
bateau. Ils mesurent en condition écologique la vitesse et l’accélération d’un bateau instrumenté
et se servent de ces données pour établir une loi de commande pour imposer le déplacement d’un
bateau similaire testé en bassin de traction (cf. Figure 2.6). Ils montrent qu’une variation de vitesse
de 25 % autour de la vitesse moyenne du bateau entraîne une augmentation de 3 % de la résistance
hydrodynamique par rapport au cas stationnaire. Ils s’intéressent également à l’emplacement de la
transition laminaire–turbulent et son influence sur la résistance. Ils forcent la transition en collant
sur la coque de petits ergots placés sur une ligne circonférentielle à une certaine distance de la proue
et observent les variations sur la résistance hydrodynamique. Cette méthode ne peut cependant pas
être appliquée sur les bateaux de compétition car interdite par la règle 39 du code des courses de
la FISA [61], reproduite ci-dessous, bien qu’il puisse y avoir différents doutes ou interprétations
concernant cette règle.
4. Propriétés naturelles
Il est interdit d’utiliser des produits ou structures (y compris les films plastiques) susceptibles
de modifier les propriétés naturelles de l’eau ou de la couche d’interface entre l’eau et la coque.
57
CHAPITRE 2. ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
mouvement moyen sont exprimées par des formules (comme celle de l’ITTC 1957, cf. equation
(2.10)) alors que les mouvements secondaires sont résolus par le code potentiel en calculant les
forces de radiation.
Berton [13, 14] analyse les efforts hydrodynamiques s’exerçant sur des carènes animées des
mouvements de cavalement, pilonnement, tangage et lacet. Le code RANSE ICARE3D est utilisé
et validé sur une base de données expérimentales (cf. Figure 2.5(a) page 49). Nous notons que le
déphasage de l’effort instationnaire obtenu par rapport aux données expérimentales. Des Méthodes
de Plan d’Expériences (MPE) numériques et de krigeage sont mises en oeuvre de façon qualitative
afin de décrire les influences de différents facteurs comme la fréquence, l’amplitude, le déplace-
ment ou l’assiette sur le coefficient de traînée. Les calculs sont réalisés en bassin ou en milieu infini
afin de caractériser les effets du confinement. Un simulateur couplant la mécanique de l’aviron au
code de calcul ICARE3D est réalisé et utilisé dans le cadre d’un plan d’expériences. Un processus
d’optimisation de forme de carène est également développé, dans lequel des algorithmes stochas-
tiques sont couplés à des métamodèles afin d’accélérer la vitesse de convergence et réduire les
temps de calcul.
Miglio et coll. [129] étudient, à l’aide du code RANSE OpenFOAM [140], l’influence de la
profondeur de bassin de compétition sur les performances des bateaux. Ils concluent que les dif-
férentes profondeurs minimales autorisées, c’est-à-dire 2 m pour les anciens bassins et 3 m voire
3,5 m pour les nouveaux, n’affectent pas trop les valeurs de résistances hydrodynamiques. En ef-
fet, la résistance de frottement varie très peu en fonction de la profondeur et est responsable d’au
moins 92,5 % de la résistance totale. Les variations provenant du changement de profondeur in-
fluence la valeur de la résistance de vagues, mais cette composante reste très minoritaire dans la
résistance totale. Finalement, les variations de résistance totale, par rapport à une profondeur no-
minale et recommandée par la FISA de 3,5 m se tiennent dans un intervalle [−1,8 %; 2,7 %], ce qui
peut être relativement important. Les auteurs semblent plutôt concernés, vis-à-vis des visualisa-
tions de champs de vagues, par les interférences entre les différents couloirs, sans toutefois étudier
précisément le problème.
Rair = n C v2 (2.14)
58
2.3. MODÉLISATION DES INTERACTIONS FLUIDE-STRUCTURE
Kuyt et coll. [106] tentent de réduire la traînée aérodynamique sur les avirons en augmentant la
rugosité de leur surface. Ceci est inspiré de l’effet riblet, décrit par Coustols [36] pour une utilisa-
tion dans le secteur aéronautique. Ils obtiennent ainsi à réduire le coefficient de traînée des avirons
mais leur raisonnement est purement stationnaire. Une extension au cas réel et instationnaire reste
à prouver.
59
CHAPITRE 2. ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
cette modélisation semble suffisante et applicable dans les conditions de l’étude. En effet, si nous
souhaitons connaître la valeur de la déflexion linéaire ou angulaire en un point précis du manche,
par exemple la jonction manche–palette, alors il existe une relation linéaire entre cette déflexion et
l’effort appliqué en ce point, vérifiée par des mesures [7, 109].
Les mesures ne permettent toutefois pas d’identifier le module de Young E et le moment qua-
dratique I. Au mieux, il est possible de retrouver le produit des deux, EI, appelé rigidité en flexion.
Cependant, comme le montre Laschowski et coll. [109], la rigidité en flexion varie suivant la posi-
tion de la section de poutre considérée, selon la loi suivante
x2
EI(x) = (3 Le − x) , (2.15)
6 m(x)
où x est la position de la section (l’origine étant prise au niveau de l’axe de dame de nage et x
augmente en se dirigeant vers la palette) et m(x) le coefficient de la pente de la loi linéaire donnant
la flèche de la poutre en x en fonction de la charge imposée.
Sliasas et Tullis ont ajouté à leur modélisation de [164, 163] la flexibilité de l’aviron dans [166].
Leur réflexion se base sur la différence de vitesse angulaire ∆ω au niveau de la dame de nage ωddn ,
provenant de données expérimentales, et au niveau de la palette ω pal , qui est la donnée d’entrée
dans leur simulation. En effet, dans le cas d’un aviron rigide, ces deux vitesses seraient identiques.
Ici, la vitesse angulaire de la palette est évaluée par
Les auteurs font alors une série de simulations en réajustant ∆ω à chaque nouveau calcul en fonc-
tion des efforts obtenus dans le calcul précédent. La flèche f à la jonction manche–palette, ou
déflexion linéaire, est calculée en fonction du moment fléchissant M pal en ce point par
M pal (t) Le 2
f (t) = , (2.17)
3EI
et permet d’obtenir, en fonction d’une différence de flèche ∆ f avec le calcul précédent, la nouvelle
différence de vitesse angulaire
∆ f (t)
∆ω(t) = . (2.18)
Le ∆t
Sliasas et Tullis se servent de mesures expérimentales donnant les efforts sur la palette pour évaluer
la flèche au préalable et imposer un ∆ω non nul à la première simulation. Ils ont comme critère de
convergence une variation de flèche inférieure à 1 % par rapport au calcul précédent et ils disent
atteindre cette convergence en trois simulations.
Cette procédure semble coûteuse car il faut répéter un certain nombre de fois la totalité d’une
simulation CFD. Par ailleurs, les auteurs disent atteindre la convergence en seulement trois itéra-
tions mais ils se servent d’efforts expérimentaux comme point de départ. Ces données n’existent
pas toujours et sans elles il leur aurait probablement fallu une ou deux itérations supplémentaires.
60
2.3. MODÉLISATION DES INTERACTIONS FLUIDE-STRUCTURE
8. De plus amples explications sur cette méthode sont fournies dans le chapitre 7
61
CHAPITRE 2. ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
62
2.4. BILAN DE L’ÉTUDE BIBLIOGRAPHIQUE - LIENS AVEC LES OBJECTIFS DE LA THÈSE
d’évolution assez simples, fonction de l’angle d’incidence. Les recherches ont à nouveau mon-
tré l’importance de l’instationnarité présente dans cet écoulement, manifestée par les tourbillons
générés derrière la palette pendant le coup d’aviron, par des effets inertiels fluides et une forte
dynamique de la surface libre. Il est donc impossible, expérimentalement comme numériquement,
de décrire l’évolution des coefficients de traînée et de portance par une suite de valeurs obtenues
dans des configurations stationnaires. Pourtant, cette méthode est très souvent employée à tort.
Il est très difficile à l’heure actuelle d’effectuer des mesures précises de toutes les données utiles
à la compréhension et la caractérisation des deux écoulements dans des conditions réelles, c’est-
à-dire avec un rameur sur un plan d’eau. Par ailleurs, les mesures réalisées sont accompagnées de
niveaux d’incertitudes trop grands. Afin de bien maîtriser le coup d’aviron, les expérimentations
sont alors réalisées en laboratoire. Cependant, cela nécessite des approximations ou simplifications
sur le coup d’aviron alors généré par une machine. Les simulations numériques de cet écoulement
sont toutefois plus simples à mettre en place et la comparaison est moins polluée par des incer-
titudes. La validation des simulations numériques dépend donc des configurations choisies dans
les campagnes d’essais expérimentaux et cela montre la nécessité d’un travail coordonné entre
expérimentateurs et numériciens.
Il faut ajouter à ce bilan une notion n’ayant pas pu être développée dans ce chapitre mais qui en
découle des conclusions précédemment citées. Le caractère instationnaire des deux écoulements a
été clairement mis en évidence. Dans les simulations numériques d’écoulements instationnaires à
surface libre, certaines contraintes apparaissent. La résolution temporelle du taux de présence en
eau dans chaque cellule de calcul est limitée par le nombre de Courant. Les schémas utilisés pour
la description de la surface libre contraignent alors le pas de temps à ne pas dépasser une certaine
valeur pour éviter une trop grande diffusion de l’interface, ce qui rend les simulations numériques
très longues. Une réflexion a donc été menée pour permettre de trouver une stratégie d’accélération
de ces calculs. Elle est traitée dans la partie suivante de ce manuscrit.
63
Deuxième partie
65
Chapitre 3
Résolution des équations du fluide
67
CHAPITRE 3. RÉSOLUTION DES ÉQUATIONS DU FLUIDE
→
−
étant bijective, les coordonnées géométriques de l’espace →−
x sont donc des fonctions X d et du
→
−
temps : f (→
−x ( X d ,t),t).
Nous définissons alors une nouvelle dérivation appelée dérivation par rapport au temps, en
−
→
suivant un point ou un domaine animé du champ de vitesse Ud . Pour simplifier, nous parlerons de
−
→
dérivation temporelle selon le champ de vitesse Ud . Nous noterons cette dérivation par δ /δt sans
−
→
faire apparaître explicitement le symbole Ud ([32]), comme suit :
δ. ∂ .
= ( .)
δt ∂t − →
Xd
De manière plus condensée (avec des notations implicites), nous avons la relation ponctuelle :
δf ∂ f −−→ −
→
= + grad( f ) · Ud (3.2)
δt ∂t
−
→
Pour un domaine arbitraire Dd (t) de frontière ∂ Dd (t) animé du champ de vitesse Ud , nous
montrons (sous certaines hypothèses de régularité) que :
ˆˆˆ ˆˆˆ ˆˆˆ ˆˆ
δ ∂f −
→ ∂f −
→ −
f dv = + div ( f Ud ) dv = dv + f Ud · →
n dS (3.3)
δt Dd Dd ∂t Dd ∂t ∂ Dd
68
3.1. DES LOIS DE CONSERVATION À LA FORMULATION INTÉGRALE ALE DES ÉQUATIONS DE
NAVIER-STOKES
→
− →
−
où fv est la force volumique (dans notre cas, elle se limitera à la gravité) et T le vecteur contrainte
→
− ⇒ − ⇒
tel que T =σ → n , avec σ le tenseur des contraintes.
Remarque : la conservation de la quantité de mouvement n’a pas besoin d’être exprimée en mo-
ment car celle-ci est équivalente à la symétrie du tenseur des contraintes.
ˆˆˆ ˆˆ ˆˆˆ
δ →
− −h→
→ − − → → −
i −−→
ρ U dv + ρ U ( U − Ud ) · n dS = −grad(P) + ρ →
−
g dv
δt Dd ∂ Dd Dd
ˆˆˆ , (3.8)
−−→ 2µ →
− −
→
+ −grad( div ( U )) + div (2 µ D) dv
Dd 3
69
CHAPITRE 3. RÉSOLUTION DES ÉQUATIONS DU FLUIDE
et
ˆˆˆ ˆˆ
δ −
→ −
dv − Ud · →
n dS = 0 . (3.9)
δt Dd ∂ Dd
Les deux équations (3.7) et (3.8) consistuent les formes initiales continues des lois de conser-
vation de la masse et de la quantité de mouvement à partir desquels le processus de discrétisation
sur chaque volume de contrôle va être effectué. A cela vient s’ajouter l’équation (3.9) exprimant
la loi de conservation géométrique du domaine fluide qu’il faudra vérifier exactement au niveau
discret par une évaluation adéquate des flux de vitesse de déplacement.
N OTATIONS :
− →
→ − −
U = U +→
u P = P+ p
70
3.2. MODÉLISATION, DISCRÉTISATION ET RÉSOLUTION DE L’ÉCOULEMENT DANS ISIS-CFD
→
−
où U et P sont respectivement les valeurs moyennées de la vitesse et de la pression et où →
−
u et p
les parties fluctuantes de la vitesse et de la pression.
C ONSERVATION DE LA MASSE : →
−
div ( U ) = 0 (3.10)
D. ∂ . ∂. ⇒
avec = +Um et σ t = −ρui u j = −ρτi j ,
Dt ∂t ∂ xm ij
⇒
où σtest le tenseur des contraintes de Reynolds et τi j le tenseur des contraintes spécifiques de
Reynolds.
Les équations RANSE revêtent une forme identique aux lois de conservation exprimant l’évo-
⇒
lution instantanée des variables, mis à part l’apparition du tenseur de contraintes de Reynolds (σ t )
dans le bilan de quantité de mouvement moyenné (3.11). Celui-ci représente l’influence des fluc-
tuations de vitesse sur l’écoulement moyen. Nous pouvons montrer que celui-ci vérifie l’équation
suivante :
D τi j D ui u j
= = Pi j + Φi j − Ei j + Di j (3.12)
Dt Dt | {z } | {z } | {z } | {z }
production corrélation pression/taux de déformation (pseudo-)dissipation diffusion
avec
Pi j = − ui uk U j ,k + u j uk Ui ,k
1
Φi j = p (ui, j + u j,i )
ρ
(3.13)
Ei j = 2ν ui,k u j,k , ν : viscosité cinématique
1
Di j = −ui u j uk − ui p δ jk + u j p δik + ν (ui u j ),k
ρ ,k
71
CHAPITRE 3. RÉSOLUTION DES ÉQUATIONS DU FLUIDE
étant donné le grand nombre de variables à résoudre, l’utilisation de ce type de modèle [51, 52]
s’avère très coûteux et peu robuste. Un peu moins raffinés mais beaucoup plus robustes, les mo-
dèles de fermeture à deux équations sont à l’heure actuelle les modèles les plus répandus, car ils
présentent un bon compromis entre précision et temps de calcul.
Les simulations décrites dans ce manuscrit utilisent un seul et même modèle de turbulence -
pour celles nécessitant un modèle de turbulence - et il s’agit du modèle k − ω SST de Menter.
S’appuyant sur l’hypothèse de Boussinesq qui suppose un comportement analogue de la turbu-
lence à celui d’un fluide newtonien et donc une ⇒ relation linéaire entre le tenseur des contraintes de
Reynolds et le tenseur des taux de déformation S , les modèles k-ω sont basés sur la résolution de
l’énergie cinétique turbulente, ainsi que d’une variable ω caractérisant une fréquence caractéris-
tique de la turbulence pour évaluer la viscosité turbulente µt . Nous ne détaillerons pas davantage
ce modèle et le lecteur est invité à se reporter à la publication originale de Menter [128].
De plus, la conservation de la masse pour chacun des composants permet d’écrire les équa-
tions (3.16)
∂ ρl cl →
− ∂ ρa ca →
−
+ div (ρl cl U ) = 0 , + div (ρa ca U ) = 0 . (3.16)
∂t ∂t
ρl et ρa étant considérés constants dans l’approche poursuivie, nous en déduisons en utilisant
la relation (3.17) que la conservation de la masse se ramène au système d’équations (3.18).
db →
− ∂b →
−
+ b div ( U ) = + div (b U ) . (3.17)
dt ∂t
∂ cl →
−
+ div (cl U ) = 0 ,
∂t (3.18)
→
−
div ( U ) = 0 .
L’écoulement associé à ce fluide de caractéristiques physiques variables via la fonction cl reste
isovolume. Le traitement numérique des écoulements à surface libre n’est donc pas fondementale-
ment affecté par rapport à un écoulement mono-fluide. Les deux modifications majeures sont :
72
3.2. MODÉLISATION, DISCRÉTISATION ET RÉSOLUTION DE L’ÉCOULEMENT DANS ISIS-CFD
ρ = cl ρl + (1 − cl ) ρa , µ = cl µl + (1 − cl ) µa , (3.23)
73
CHAPITRE 3. RÉSOLUTION DES ÉQUATIONS DU FLUIDE
Pour les intégrales de surface, une approximation au second ordre est obtenu en évaluant l’in-
tégrale sur chaque face f comme la valeur de l’intégrant évalué au centre de la face multipliée par
→
−
le vecteur face S f , comme le montre les exemples ci-dessous :
ˆˆ ˆˆ
−
→ →
− →
− −
→
q dS ≈ q f S f avec Sf = dS , (3.28)
f f
ˆˆ ˆˆ
− −
→ → − −
→ →
q U · dS ≈ q f FVit avec FVit = U · dS . (3.29)
f f
74
3.2. MODÉLISATION, DISCRÉTISATION ET RÉSOLUTION DE L’ÉCOULEMENT DANS ISIS-CFD
∆t p ∆tc
| | | temps
tq tp tc
Les discrétisations des différents termes nécessitent le calcul des volumes, des centres de vo-
lumes, des centres de faces et des vecteurs faces. Dès lors que les faces possèdent plus de 3 nœuds,
la définition de ces éléments n’est pas aussi triviale que cela peut paraître, et nécessite un traitement
particulier, notamment pour le calcul des centres de volumes.
δA
u ec Ac + e p A p + eq Aq , (3.30)
δt
avec
2 ∆tc + ∆t p ∆tc + ∆t p ∆tc
ec = , ep = − et eq = .
∆tc (∆t p + ∆tc ) ∆tc ∆t p ∆t p (∆tc + ∆t p )
Notons que les pas de temps ne sont pas forcément uniformes. Cette propriété est principale-
ment utilisée pour les écoulements à surface libre qui nécessitent une approche instationnaire et
des schémas de discrétisation de la fraction volumique qui dépendent du nombre de Courant Co .
Nous pouvons alors utiliser une loi de pas de temps adaptative, mise en place par Leroyer [111],
qui permet de travailler à nombre de Courant constant tout au long de la simulation.
Pour des configurations à surface libre stationnaires, la méthode de capture d’interface néces-
site tout de même l’utilisation d’une approche instationnaire. Cependant, dans ce cas, le schéma
Euler implicite d’ordre 1 est utilisé puisque l’objectif est de tendre vers une solution stationnaire.
75
CHAPITRE 3. RÉSOLUTION DES ÉQUATIONS DU FLUIDE
δ δ
δτ
(ρC QCV ) +
δt
(ρC QCV ) + ∑ ρ f Q f FVit − FV dep = PQC V − DQC V
faces f
−−→ →
−
+ ∑ ΓQ f grad f Q · S f .
faces f
(3.31)
δ A Ai − Ai0
= (3.32)
δτ ∆τ
où Ai0 est l’estimation précédente de la quantité Ai , du point de vue du processus itératif non-
linéaire (c’est-à-dire le champ linéarisé de la méthode de Picard).
76
3.2. MODÉLISATION, DISCRÉTISATION ET RÉSOLUTION DE L’ÉCOULEMENT DANS ISIS-CFD
R
L
f ~n
L n R L n R
C D D C
U n >0 U n <0
F IGURE 3.3 – Définition des cellules C et D en fonction du flux de vitesse au travers de la face
A l’exception des termes de convection et des flux de masse, les grandeurs au centre d’une face
sont reconstruites par approximations centrées, reposant sur des interpolations linéaires entre les
centres des cellules et de la face. Nous ne décrivons pas les techniques utilisées pour la recons-
truction d’une grandeur générique Q, ainsi que son gradient dans la direction normale à la face,
nécessaire pour les termes diffusifs. Ces informations sont détaillées dans l’article de Queutey et
Visonneau [146].
77
CHAPITRE 3. RÉSOLUTION DES ÉQUATIONS DU FLUIDE
direction de QD
l’écoulement
(CD)
QC Qf
QU
(UD)
U C f D
Q̃ f Q̃ f Q̃ f
DDS
|
1 1 1 QUICK
CDS
1 − fx
fx
2 (1 + f x )
UDS
0 0 0
| | |
0 Q̃c 0 Q̃c 0 Q̃c
1 1 1
(a) Critères de monotonie (zone gri- (b) Schémas UDS, DDS et CDS (c) Schéma QUICK
sée)
78
3.2. MODÉLISATION, DISCRÉTISATION ET RÉSOLUTION DE L’ÉCOULEMENT DANS ISIS-CFD
D
C
U f ~n
aménagements doivent être mis en œuvre. Le point U étant inconnu, Jasak propose dans [94]
−→
d’évaluer la quantité QU par projection du gradient dans la direction CD (cf. Figure 3.6) :
−→ −−→ −→ −→
QU = QC − CU · grad(Q)|C avec CU , −CD . (3.34)
Beaucoup d’autres schémas ont été développés à partir de la formulation NVD. Dans le code
ISIS-CFD, le schéma AVLSMART [145, 135, 43] a été implémenté et est utilisé par défaut pour
les équations de la turbulence. Sa définition se base sur le schéma du troisième ordre QUICK et
elle est donnée dans le Tableau 3.1 page 82. Le schéma est représenté sur la Figure 3.7(b) page
suivante.
Les schémas précédemment décrits n’ont pas la propriété de maintenir une variation brusque
d’un champ, par exemple la discontinuité sur la fraction volumique c, car ils sont trop diffusifs.
79
CHAPITRE 3. RÉSOLUTION DES ÉQUATIONS DU FLUIDE
Des schémas spécifiques avec des propriétés compressives ont donc été spécifiquement dévelop-
pés pour la capture d’interface, en introduisant du décentrement aval (DDS) qui permet ainsi d’ac-
croître le caractère compressif. C’est notamment le cas du schéma nommé Inter-Gamma Differen-
cing Scheme (IGDS) [93] représenté en Figure 3.7(c).
Le principal inconvénient de ces schémas (comme tous ceux ayant des propriétés compres-
sives) concerne la limitation en nombre de Courant (Co < 0.3). Pour les utiliser dans des simula-
tions comportant des zones où Co > 0.3, Muzaferija et Perić ont apporté des modifications dégra-
dant le schéma vers un schéma classique UDS lorsque les nombres de Courant deviennent trop
élevés ([133]). Le même type de modification a été opérées entre le schéma IGDS et le shéma
GDS en utilisant une fonction de transition dépendante du nombre de Courant pour donner lieu
au schéma Blended Interface-Capturing Scheme (BICS), représenté Figure 3.8(a) page ci-contre
pour une valeur donnée de Co . Sur cette figure, le point blanc à Q̃C = β représente le point de ren-
contre entre les deux zones : pour Q̃C ≤ β , une évolution quadratique est retenue conformément
au schéma GDS, et pour Q̃C ≥ β une variation linéaire est imposée. La valeur de β dépend du
nombre de Courant : pour de faibles nombres de Courant, le point de rencontre tend vers le point
noir de droite (IGDS) tandis que pour de forts nombres de Courant, le point de rencontre tend vers
le point noir de gauche (GDS). Plus précisément, nous utilisons le nombre de Courant pour définir
la pente p de la partie linéaire de droite dans le diagramme NVD (3.38).
Q̃ f Q̃ f Q̃ f
|
1 1 AVLSMART 1 IGDS
GDS
1 − fx
fx
2 (1 + f x )
0 0 0
| | |
0 βm Q̃c 0 βm 1 βm 2 Q̃c 0 βm Q̃c
1 1 1
F IGURE 3.7 – Diagrammes NVD : schémas (a) GDS, (b) AVLSMART et (c) IGDS
80
3.2. MODÉLISATION, DISCRÉTISATION ET RÉSOLUTION DE L’ÉCOULEMENT DANS ISIS-CFD
Q̃ f P1 Q̃ f P1
IGDS
• •
|
|
1 1 BICS P
GDS
P2 P2
1 − fx • 1 − fx •
0 0
| |
0,1 0,5 Q̃c 0,1 0,5 Q̃c
1 1
(a) BICS comme mélange de GDS et IGDS (b) BICS avec Co = 0,5
Q̃ f P1 Q̃ f P1
• •
|
1 BICS 1
BICS
P
P2 P
1 − fx • 1 − fx •
P2
0 0
| |
0,1 0,5 Q̃c 0,1 0,5 Q̃c
1 1
F IGURE 3.8 – Diagramme NVD du schéma BICS pour plusieurs nombres de Courant
81
CHAPITRE 3. RÉSOLUTION DES ÉQUATIONS DU FLUIDE
DDS ] − ∞, +∞[ 1 -
] − ∞, 0[ Q̃C ≡ UDS
fx
]0, βm 1 [ 1 − fx 2 + (1 + fx ) Q̃C UDS vers QUICK
2 βm 1
AVLSMART 2 fx
[βm 1 , βm 2 [ (1 − fx ) Q̃C + (1 + fx ) ≡ QUICK
2
1 fx 1 fx
[βm 2 , 1[ (1 − fx 2 ) βm 2 + (1 + fx ) − 1 Q̃C + fx 2 βm 2 − − QUICK vers UDS
βm 2 − 1 2 2 2
]1, +∞[ Q̃C ≡ UDS
] − ∞, 0[ Q̃C ≡ UDS
] − ∞, 0[ Q̃C ≡ UDS
p−1 2 2/(1 − p)
]0, βm [ Q̃C + p + Q̃C transition quadratique (comme GDS)
BICS βm 2 βm
[βm , 1[ p Q̃C + 1 − p linéaire vers DDS
Le Tableau 3.1 résume les caractéristiques du schéma BICS. Une illustration de son comporte-
ment en fonction de Co est donnée sur la Figure 3.8 page précédente.
Pour tous les schémas compressifs, un traitement spécifique est appliquée lorsque l’interface
n’est pas parallèle à la face considérée. Dans ce cas, trop de compressivité doit être évitée, car cela
génère des oscillation numériques. Ainsi, une correction d’angle est appliquée, de telle sorte que
la discrétisation dépend de l’angle θ f entre la normale à l’interface et la normale à la face. Un
traitement similaire à celui présenté dans [133] est appliquée.
82
3.2. MODÉLISATION, DISCRÉTISATION ET RÉSOLUTION DE L’ÉCOULEMENT DANS ISIS-CFD
UUnb
f D
UUnb UU
UUnb
U
UUnb
Q f est ensuite calculé en utilisant la même procédure que le schéma BICS. Cette modifica-
tion permet une diminution significative des occurences des valeurs non-bornées pour c, ce qui se
traduit de meilleures propriétés de convergence et de robustesse dans les calculs.
83
CHAPITRE 3. RÉSOLUTION DES ÉQUATIONS DU FLUIDE
vérifie également la contrainte d’incompressibilité. Dans l’approche adoptée ici, les flux de vi-
tesse aux interfaces sont reconstruits par une approche pseudo-physique, à partir de la formulation
semi-discrétisée du bilan de quantité de mouvement, de manière à faire apparaître les variables
de pression. La méthode est basée sur un algorithme de type Semi-Implicit Method for Pressure-
Linked Equations (SIMPLE) [142, 27, 92] formulé en équation de pression avec une reconstruction
des flux inspirée par Rhie & Chow [149]. Elle fait l’objet d’attentions particulières pour la gestion
des discontinuités de gradient de pression lié aux discontinuités de densité aux faces, ainsi qu’au
traitement des termes pseudo-instationnaires pour avoir une reconstruction des flux de vitesse aux
faces qui soit indépendante du pas de temps fictif local.
Remarque : étant donné les applications envisagées par la suite, nous ne développerons ici que la
formulation utilisée par défaut dans le code pour les simulations instationnaires.
Pour les écoulements multi-phases incompressibles, les conditions de sauts à travers une in-
terface se déplaçant avec le fluide sont détaillées dans [97]. La méthode présentée ici est basée
sur l’hypothèse d’une discontinuité hydrostatique pour la pression et de continuité du champ de
vitesse (les effets visqueux et les effets de tensions superficielles sont supposées négligeables à
travers l’interface). Prendre en compte une telle discontinuité revient à écrire les deux conditions
suivantes aux faces : " −−→ #
grad(P).→
−n
[P] = 0 , =0 (3.41)
ρ
En utilisant les développements précédents, notamment [Link], l’équation de quantité de mou-
vement semi-discrétisée en instationnaire prend la forme :
→ − c0 c
c c→−c c p p→−p p q q→−q q c− c c0 →
e ρC U CVC + e ρC U CVC + e ρC U CVC + ρC U C − ρC U C VC
→
− →
− →
− −−→ →
− (3.42)
+ cC U Cc + ∑ cnb U cnb + S C − ρC →−g VCc + gradC P VCc = 0
nb
→
−
Le vecteur Û appelé pseudo-vitesse est homogène à une vitesse. Il contient les termes impli-
cites extra-diagonaux de convection, diffusion et le termes sources, ainsi que les termes instation-
naires (incluant la partie liée pas de temps fictif) :
" #
→
− CpC →
− →
− → − →
− →
− →
−
Û C = − c e p ρCp U Cp VCp + eq ρC U CVC + ρCc U Cc − ρCc0 U Cc0 VCc + ∑ cnb U cnb + S C (3.44)
q q q
VC nb
Dans l’esprit de la méthode de Rhie & Chow [149], nous supposons que les vitesses aux interfaces
peuvent s’exprimer selon une formule similaire à (3.43). Nous notons par un indice f˜ chaque
84
3.2. MODÉLISATION, DISCRÉTISATION ET RÉSOLUTION DE L’ÉCOULEMENT DANS ISIS-CFD
quantité ou groupement interpolé linéairement aux faces à partir des quantités disponibles de part
et d’autre de la face et par f les quantités rediscrétisées aux centres des faces. La notation chapeau
pour la masse volumique exprime la reconstruction particulière prenant en compte la discontinuité
hydrostatique. Nous avons alors :
−−→ !
−c →
→ − grad f P →
U f˜ = Û f˜ −Cp f˜ ρ̂ −−
g (3.45)
ρ̂
Cette reconstruction est pseudo-physique, dans le mesure où elle est formellement issue de l’équa-
tion de quantité de mouvement. Les termes hors gradient de pression sont simplement interpolés à
partir des cellules adjacentes, tandis que le gradient de pression est rediscrétisé au centre de la face
pour éviter les problèmes de découplage pair-impair.
Remarque : Dans le cas de simulation à surface libre avec une dynamique forte, les termes ins-
→
− →
−
tationnaires ne sont pas moyennés dans Û et nous modifions la reconstruction de Cp et Û pour
mieux prendre en compte le passage la discontinuité de contact liée à la surface libre et ainsi ré-
duire les sauts de pression lorsque l’interface traverse une face. Ces reconstructions particulières
(toujours notées par f˜ ici) sont explicitées par les relations (3.46) et (3.47).
1
Cp f˜ = c
(3.46)
cC /VC f˜ + ec ρ̂ c
" p p q q
#
→
− ρ V p ρ V q
Û f˜ = −Cp f˜ e p Cc Cp FVit + eq Cc Cc FVit
ρCVC f˜ ρCVC f˜
( " #) (3.47)
CpC c → −c →
− →
− →
−
− ρC U C − ρCc0 U Cc0 VCc + ∑ cnb U cnb + S C
VCc nb ˜ f
Quelles que soient les reconstructions utilisées, le flux de vitesse FVit à travers une face f est
alors évaluée par la relation (3.48).
− →
→ − →
− → − →
− −−→ →
−
FVit = U cf˜ · S f = Û f˜ · S f + Cp f˜ ρ̂ →
−
g · S f − Cp f˜ grad f P · S f (3.48)
Une équation de pression peut alors être obtenue en introduisant cette reconstruction dans
l’équation de continuité (3.25), nous obtenons alors :
−−→ →
− →
− → − −
→
∑ Cp f grad f P · S f = ∑ Û f · S f + Cp f˜ ρ̂ →
−
g · Sf (3.49)
faces f faces f
Le flux du gradient de pression à travers une face f est obtenu par une discrétisation centrée
comprenant un terme de correction explicite pour rester consistant dans le cas de maillages non-
orthogonaux. Par conséquent, la résolution de l’équation de pression assure par construction un
flux de vitesse à travers les faces conservatif et à divergence nulle.
85
CHAPITRE 3. RÉSOLUTION DES ÉQUATIONS DU FLUIDE
86
3.2. MODÉLISATION, DISCRÉTISATION ET RÉSOLUTION DE L’ÉCOULEMENT DANS ISIS-CFD
Début # étape
Initialisation 1
Modification de maillage 2
tq ← t p , →
−
t p ← tc , Prédiction de la vitesse U ? par la résolution
k ← k+1 6
tc ← tc + ∆tc de l’équation de quantité de mouvement
→
−
Calcul des grandeurs intermédiaires Û à partir 7
boucle temporelle
→
−
de U ? et formation de l’équation de pression
boucle non-linéaire
→
−
Correction du champ de vitesse U 10
non Convergence
11
des résidus ?
oui
non
t ≥ tmax ? 12
oui
Fin
F IGURE 3.10 – Boucle de résolution dans ISIS-CFD pour une configuration avec surface libre
(étape 4) et éventuelle déformation de maillage (étapes 2 et 3)
87
CHAPITRE 3. RÉSOLUTION DES ÉQUATIONS DU FLUIDE
ternes à un corps qui dépendent eux-mêmes de la position du corps. Cela est réalisé par la com-
pilation d’une procédure (au départ vide) dont les arguments sont détaillés et définis par une in-
terface écrite en langage C. Ce type de protocole est très intéressant dans le cadre de l’interaction
fluide-structure, car il permet de définir facilement des lois d’efforts ou de mouvement de corps en
fonction de paramètres qui évoluent durant la simulation (et qui ne sont donc pas connus a priori),
mais aussi pour coupler la résolution de l’écoulement fluide à des solveurs structures spécifiques.
Les matrices issues de la discrétisation des équations sont stockées en utilisant le format
Compressed Sparse Row (CSR). Concernant la résolution proprement dite, des méthodes itéra-
tives sont utilisées.
Toutes les équations de transport sont relativement faciles à résoudre, puisque dans ce cas, la
matrice du système dispose d’une dominance diagonale forte, grâce au terme instationnaire ou à
l’introduction du pas de temps fictif local dans le cas stationnaire. Par conséquent, une simple mé-
thode de type Gauss-Seidel est utilisée. Des conditions aux limites de type Dirichlet ou Neumann
peuvent être employées.
La résolution du système de l’équation de pression est autrement plus délicate. En effet, l’opé-
rateur correspondant est singulier par nature et la matrice du système souffre d’un mauvais condi-
tionnement pour des maillages à fort étirement. Pour que le système puisse être résolu, un critère de
compatibilité doit être vérifié, traduisant une condition d’incompressibilité globale sur l’ensemble
du domaine de calcul. Cette condition doit donc impérativement être vérifiée lorsque toutes les
conditions aux limites externes du domaines sont fixées pour la vitesse. Dans ce cas, le système
de l’équation de pression admet une infinité de solutions, identiques à une constante près. La ré-
solution est effectuée par la méthode GMRES ou BiCGSTAB avec un préconditionnement par
une méthode de type LU incomplet. Récemment, une méthode multigrille algébrique a aussi été
implémentée (solveur BoomerAMG [83]).
L’ensemble des procédures de discrétisation et de résolution peuvent être appliquée à des ma-
chines parallèles, en subdivisant le domaine de calcul en sous-domaines, chaque processeur effec-
tuant la résolution sur un sous-domaine. Les communications entre les sous-domaines sont réalisés
en utilisant les librairies MPI.
88
Chapitre 4
L’algorithme de résolution de l’équation
d’advection de la fraction volumique par
sub-cycling
4.1 Introduction
Les écoulements multifluides avec présence d’interface sont souvent rencontrés dans la nature
ou dans les procédés industriels. Ils sont particulièrement étudiés dans le domaine de l’hydrodyna-
mique navale, où l’interface air-eau, aussi appelée surface libre, joue un rôle prépondérant. Grâce à
la croissance des ressources informatiques disponibles, ces études sont faites de plus en plus par la
simulation numérique. Cela permet une utilisation intensive des codes de calcul, académiques ou
commerciaux, par les laboratoires et les industriels. Les écoulements hydrodynamiques visqueux
à surface libre sont bien maîtrisés par les codes actuels, comme ISIS-CFD. En effet, il est pos-
sible d’obtenir, par exemple, la résistance à l’avancement d’un navire à six degrés de liberté en eau
calme ou en présence de houle avec une marge d’erreur très restreinte. Dans certains écoulements
complexes, il peut y avoir apparition de phénomènes comme la formation ou la destruction d’in-
terface, le transport et la coalescence de bulles ou de gouttes, ou encore la création de jets. Un des
enjeux est alors d’obtenir une surface libre peu diffusée.
Différentes méthodes ont été introduites depuis les années 1960 afin de satisfaire au mieux
cette contrainte. Selon la classification donnée par Ubbink [173] (non détaillée ici, simplement
résumée), ces méthodes de calcul de l’interface peuvent se séparer en deux groupes : les méthodes
surfaciques et les méthodes volumiques. Elles être également appelées respectivement méthodes
par ajustement de surface (surface-fitting methods) et méthodes à capture de surface (surface-
capturing methods). Il est possible d’utiliser les termes de méthodes de suivi d’interface (Interface-
Tracking Methods, ITM) et méthodes de capture d’interface (Interface-Capturing Methods, ICM),
même si, comme Ubbink l’explique, certaines méthodes peuvent alors se situées dans ces deux
catégories. Pour les méthodes par ajustement de surface, la surface libre est suivie explicitement
soit en plaçant des marqueurs sur celle-ci, soit en lui attachant un maillage surfacique suivant son
mouvement. Nous pouvons citer les méthodes à particules sur interface (particles on interface)
[41], les méthodes par fonction de distance ou de hauteur (height functions) [136], les méthodes
des surface de niveau (level set methods) [141, 160], ou encore les méthodes des surfaces ajustées
(surface-fitted methods) [170]. Du côté des méthodes à capture de surface, il y a deux familles : les
89
CHAPITRE 4. L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
méthodes où des particules sont placées dans le(s) fluide(s) (particles in fluid) et celles basées sur
la fraction volumique (volume fraction), c’est-à-dire une fonction scalaire c indiquant la présence
d’un fluide (c = 0), de l’autre fluide (c = 1), ou la proximité de l’interface entre les deux fluides
(0 < c < 1). La méthode des marqueurs et cellules (MAC) [81] fut la première des méthodes
avec particules, puis des améliorations ont été apportées [40, 80]. Dans la famille des méthodes à
fraction volumique, trois sous-familles sont à distinguer : les techniques à ligne initiées par Noh
et Woodward avec la méthode SLIC [137] puis progressivement perfectionnées [31, 186, 6], les
schémas donneur-accepteur introduits par Rawshaw et Trapp [147] puis étendus par Hirt et Nichols
[84] avec leur méthode très utilisée de volume de fluide (Volume of Fluid, VOF) et les schémas
d’ordres élevés, souvent basés sur le diagramme des variables normalisées (Normalized Variable
Diagram, NVD) de [110], parmi lesquels nous retrouvons entre autres le STOIC de Darwish [42],
le CICSAM de Ubbink [173], et HRIC de Muzaferija et Perić [133], et le BICS de Queutey et
Visonneau [146], amélioré en BRICS [180].
Pour les applications marines, les codes de calcul les plus populaires utilisent des schémas de
capture d’interface basés sur la méthode VOF. C’est le cas pour les codes suivants : ReFRESCO
[148], Star-CCM+ [169], CFDShip-Iowa [28], OpenFOAM [140], Gerris [71], et ANSYS Fluent
[5]. ISIS-CFD fait aussi partie de cette famille de solveurs. Pour être plus précis, il faut dire
qu’il fait appel à un formalisme monofluide pour des écoulements multiphasiques de fluides non-
miscibles. Dans la littérature, nous retrouvons aussi le terme méthode VOF algébrique [185], où
les propriétés physiques, comme la masse volumique ou la viscosité, varient avec la fonction volu-
mique. Il n’y a jamais de reconstruction géométrique de l’interface, sauf pour des fins de visualisa-
tion en post-traitement où elle est obtenue par l’isosurface c = 0,5. Les méthodes de type VOF ont
l’avantage de ne pas faire d’hypothèse sur la topologie de la surface libre, donc celle-ci est libre de
se former ou se détruire. En revanche, il est nécessaire de faire appel à des schémas compressifs
comme BRICS afin de garder la discontinuité dans un nombre restreint de couches de cellules,
généralement entre 1 à 3. Ces schémas, construits sur la représentation NVD en imposant la mo-
notonicité locale [72] et en respectant le critère de convection bornée (Convection Boundedness
Criterion, CBC) [70], mélangent le schéma à décentrement aval d’ordre 1 (Downwind Differen-
cing Scheme, DDS) et d’autres schémas. Le schéma DDS permet de compresser l’interface par sa
contribution anti-diffusive réduisant aussi la stabilité du schéma. Un contrôle de cette anti-diffusion
est nécessaire et entraîne une contrainte forte sur le pas de temps utilisable pour limiter le nombre
de Courant. En pratique, les calculs en multi-dimensions sont limités à des nombre de Courant
Co < 0,3 pour utiliser pleinement les propriétés compressives des schémas ad hoc. Cette condition
a toutefois une importance moindre pour les cellules éloignées de la surface libre.
En bref, les simulations numériques utilisant des schémas de compression d’interface sont pé-
nalisées par une obligation d’utiliser de faibles pas de temps. Or, cette forte contrainte provient
d’exigences purement numériques pour la résolution de l’équation d’advection de la fraction vo-
lumique. En effet, les autres équations du système, c’est-à-dire les équations (3.19) à (3.25) sauf
(3.22), peuvent utiliser un pas de temps plus grand, tant que celui-ci permet de capturer correcte-
ment la physique de l’écoulement pour un schéma numérique donné 1 . De ce constat vient l’idée
d’une résolution du système en deux niveaux de discrétisation temporelle : un niveau inférieur
pour résoudre la fraction volumique avec un pas de temps petit, un niveau global pour le reste des
équations avec un pas de temps plus grand.
Nous avons choisi d’appeler notre stratégie pour accélérer les simulations numériques d’écou-
1. Dans ISIS-CFD, le schéma pour les simulations de nature instationnaire est le BDF2.
90
4.1. INTRODUCTION
91
CHAPITRE 4. L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
les adaptations faites pour la prise en compte du raffinement automatique de maillage, et, pour finir,
nous donnons les modifications apportées pour les situations avec maillage déformable.
Calcul des Calcul des Calcul des Calcul des Calcul des Calcul des
métriques métriques métriques métriques métriques métriques
| | | | | | t | | | | | | t
ti−3 ti−2 = tq ti−1 = t p ti = tc ti+1 ti+2 t j=0 t j−1 tj t j=Ns
∆tglobal = ∆t = ti−1 ∆tsous-cycle = ∆t = ti
= tp = tc
N · ∆t ∆tglobal = Ns · ∆t
F IGURE 4.1 – Schéma de principe de résolution de l’écoulement dans le solveur ISIS-CFD, pour
une simulation avec interaction fluide-structure, (a) dans le cas classique et (b) quand l’algorithme
de sub-cycling est utilisé.
92
4.2. L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
Pour simplifier, nous faisons l’hypothèse que le temps pour faire une opération donnée est
constant tout au long du calcul. Par exemple, la résolution de l’équation d’advection de la fraction
volumique au cours d’une itération non linéaire prend toujours une part α, 0 < α < 1, du temps
T0itnl . Le reste des opérations a une part de 1 − α. Ainsi, le temps CPU Ts d’une itération temporelle
d’un calcul effectué avec l’algorithme de sub-cycling avec Ns sous-cycles, comme celui de la figure
4.1(b), et dont le pas de temps est de Ns · ∆t, vaut
Le facteur d’accélération des calculs, fa , qu’il est possible d’atteindre avec l’algorithme de
sub-cycling s’obtient comme le rapport des deux temps obtenus, mais sur une échelle de temps
93
CHAPITRE 4. L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
Ns ·T0
identique. Il est donc de fa = Ts et, après remplacements et simplifications, il s’exprime comme
suit
Ns
fa = . (4.3)
1 + α · (Ns − 1)
Ce résultat est équivalent à la formulation obtenue par Manzke, Voss et Rung [125]. Une idée
importante dans la mise en place de cette procédure est que, certes la résolution de l’équation
d’advection de c impose des pas de temps rédhibitoires, mais son coût n’est pas prépondérant sur
la totalité des résolutions du système. Nous pouvons estimer que α se situe entre 10 % et 20 %, ce
qui permettrait d’obtenir, pour Ns = 10, un facteur d’accélération entre 3,6 et 5,3.
Ces valeurs intéressantes sont néanmoins à abaisser en raison de la boucle itérative interne à
chaque sous-cycle, nécessaire pour une bonne convergence (cf. section 4.2.5). Avec une résolution
supplémentaire par sous-cycle, le facteur d’accélération atteignable se situerait alors entre 2,1 et
3,4, en appliquant la formulation corrigée suivante, avec Ni = 2 :
Ns
fa = . (4.4)
1 + α · (Ni Ns − 1)
où V est le volume de contrôle limité par une surface fermée S f de vecteur normal →
−
n dirigé vers
−
→
l’extérieur. Ud est le champ de vitesse de déplacement du maillage. La dérivée temporelle suivant
δ
le maillage mobile est notée δt .
La discrétisation en volumes finis avec un schéma en temps décentré amont du premier ordre
(UDS ou BDF1) conduit à l’équation suivante :
94
4.2. L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
en temps décentré amont du second ordre (Backward Differentiation Formula of second order,
BDF2), discrétisant l’équation (4.5) par
Le schéma de Crank-Nicolson [37] a été choisi pour maintenir une précision en temps au
second ordre avec un stencil temporel à deux points pour la discrétisation temporelle sur chaque
sous-cycle. Ne disposant pas du champ de fraction volumique à l’instant ti+ 1 , celui-ci est obtenu
2
comme une moyenne des quantités aux instants ti−1 et ti . L’équation d’advection pour la fraction
volumique sur chaque sous-cycle s’écrit alors
95
CHAPITRE 4. L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
Cette boucle a pour effet de mieux résoudre chaque sous-cycle et donc de réduire l’accumulation
d’erreur, localement dans un premier temps (au sein d’un sous-cycle) puis globalement (sur la
résolution d’une itération non linéaire, puis d’une itération temporelle).
La nécessité de cette boucle est montrée dans le chapitre de validations, en section 5.1. Son
principe est illustré sur la Figure 4.2 page suivante, où Ni désigne le nombre d’itérations internes
à faire dans chaque sous-cycle. Par souci de simplicité dans la programmation, il a été décidé de
garder Ni constant pour tout le calcul. Il aurait aussi été possible de spécifier un gain cible mais
cette option n’a pas été mise en place. Le choix effectué est par ailleurs justifié par l’observation des
résultats obtenus. Ils ont montré que seules deux itérations suffisent pour obtenir le même niveau
de convergence qu’un calcul classique, c’est-à-dire sans utiliser l’algorithme de sub-cycling.
Ns (t p ) Ns (t p )
!
c(t p )V (t p ) − c(tq )V (tq ) 1
∆t(t p )
+ ∑ 2 Ns(t p) ∑ c f (ti ) F 0 (ti ) + ∑ c f (ti−1 ) F 0 (ti−1 ) = 0.
faces S i=1 i=1
| {z }
=Bf, tq →t p
(4.11)
A partir des équations (4.10) et (4.11), il est possible de retrouver un schéma BDF2 pour
(4.5). Avec ce schéma, la discrétisation de la dérivée temporelle d’une quantité φ à l’instant tc , en
fonction de ses valeurs aux instants tc , t p et tq , est tel que
δφ
= ec φc + e p φ p + eq φq , (4.12)
δt t=tc
avec
2 ∆t(tc ) + ∆t(t p ) ∆t(tc ) + ∆t(t p ) ∆t(tc )
ec = , ep = − et eq = . (4.13)
∆t(tc ) [∆t(tc ) + ∆t(t p )] ∆t(tc ) ∆t(t p ) ∆t(t p ) [∆t(tc ) + ∆t(t p )]
96
4.2. L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
Début
pré-traitements
i=1
non oui
i ≤ Ns
j=1 i ← i+1
oui non
j ≤ Ni
Boucle interne
Résoudre c
en partant de c0
c0 ← c
j ← j+1
Fin
97
CHAPITRE 4. L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
Appliquer la combinaison linéaire (4.14) ← (4.10) · ec · ∆t(tc ) − (4.11) · eq · ∆t(t p ) permet d’ob-
tenir une dérivée temporelle au second ordre
ec c(tc )V (tc ) + e p c(t p )V (t p ) + eq c(tq )V (tq ) + ∑ ec ∆t(tc ) B f , t p →tc − eq ∆t(t p ) B f , tq →t p = 0 ,
faces S
| {z }
F
(4.14)
où le terme F contient B f , tq →t p et B f , t p →tc , calculés respectivement dans les intervalles [tq ,t p ]
et [t p ,tc ]. Pour vérifier (4.7), F doit être écrit sous la forme (4.15) dans laquelle c̃ f est la valeur
reconstruite de c f .
F= ∑ c̃ f F 0 (tc ) (4.15)
faces S
Compte tenu de la formulation imposée dans (4.15), nous déduisons l’expression de c̃ f
1
c̃ f = ∆t(tc ) ec B f , t p →tc − ∆t(t p ) eq Btq →t p . (4.16)
F 0 (tc )
98
4.3. ADAPTATION EN VUE DE L’UTILISATION DU RAFFINEMENT AUTOMATIQUE DE MAILLAGE
4.3.2 Raffinement de Fc
Après résolution de l’équation (4.5) par l’algorithme de sub-cycling, l’équation (4.10) est vé-
rifiée et, en introduisant la variable B f ,t p →tc , nous obtenons :
En écrivant l’équation (4.17) sous cette forme, aucune loi de conservation de flux n’est vérifiée
pour B f ,t p →tc . Il faut donc faire intervenir une grandeur différente pouvant être raffinée simplement.
Dans une simulation numérique d’écoulements multifluides, le raffinement automatique de
maillage doit s’effectuer dans une zone voisine mais suffisamment éloignée de la surface libre.
En fait, la partie adjacente à la surface libre a déjà été raffinée dans les étapes précédentes et un
des objectifs de la procédure de raffinement automatique est de prédire par le biais de certains
critères une zone où la surface libre est susceptible d’être modifiée dans les pas de temps suivants.
Dans cette partie du maillage, la fraction volumique est quasi-constante (soit égale à l’unité, soit
nulle) à l’instant courant tc . L’astuce utilisée réside dans cette dernière affirmation. Grâce à elle,
il est possible de transformer puis simplifier l’écriture de l’équation discrétisée d’advection de la
fraction volumique (4.10).
3. Valeur de c f , et non celle de c̃ f , prise à sa valeur du dernier sous-cycle de la dernière itération non-linéaire,
c’est-à-dire la valeur convergée. Elle est utile pour calculer le terme source de l’équation (4.9) au premier sous-cycle
de l’itération temporelle suivante.
99
CHAPITRE 4. L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
Une première étape, sans simplification, consiste à réécrire le terme de dérivée temporelle
V (tc ) −V (t p ) c(tc ) − c(t p )
c(tc )
∆t(tc )
+ V (t p )
∆t(tc )
+ ∑ B f ,t p →tc = 0 . (4.18)
faces S
Maintenant nous pouvons appliquer l’idée énoncée ci-dessus, c’est-à-dire que la fraction volu-
mique à l’instant tc ne varie pas par rapport à celle à l’instant t p au niveau des cellules raffinées. Si
C désigne une cellule du domaine de calcul D et Draff la partie de D à raffiner, alors le deuxième
terme de l’équation (4.18) doit être nul. Il vient alors
V (tc ) −V (t p )
c(tc )
∆t(tc )
+ ∑ B f ,t p →tc = 0 pour C ∈ Draff . (4.19)
faces S
Afin de rassembler tous les termes du membre de gauche dans une somme sur les faces, il faut
transformer le premier terme de (4.19). En effet, le terme de dérivée temporelle ne contient que
des termes cellulaires. Nous allons donc introduire une valeur interfaciale cmf égale à la moyenne
des valeurs c au centre des cellules à gauche et à droite de la face S. Ceci va permettre de n’avoir
qu’une seule valeur cmf pour une même face pour les deux cellules concernées. De plus, cette
approximation découle de la simplification précédente, étant donné que le raffinement se produit
dans une zone où c ne varie pas temporellement et spatialement. Aucune erreur n’est donc rajoutée
dans cette étape. Il faut par ailleurs transformer la partie contenant les volumes des cellules. Dans
S(t+δt) S(t )
ISIS-CFD, il existe un tableau δVS(t) = δVS(t pc) (cf. page 100 de [111]) donnant le volume
algébrique balayé par la face S entre les instants t p et tc . Entre ces deux instants, la variation
S(t )
globale du volume V de la cellule considérée est égale à la somme sur les faces des δVS(t pc) :
∑
S(t )
V (tc ) −V (t p ) = δVS(t pc) . (4.20)
faces S
Compte tenu de ces deux dernières considérations, il est naturel de créer la variable Fc définie
par
S(t )
cmf (tc ) δVS(t pc)
Fc = + B f ,t p →tc , (4.21)
∆t(tc )
et, en considérant (4.19), l’équation suivante doit être vérifiée :
La quantité Fc , qu’il est difficile de nommer, est définie pour chaque face et, d’après le théo-
rème de Green-Ostrogradski, nous pouvons affirmer que c’est un champ à divergence nulle qui
peut donc être raffiné en vérifiant une loi de conservation. Fc est ainsi traité de la même manière
que les flux de vitesse dans la procédure AGR. Il est à noter qu’il n’y aura pas unicité de la solution
lors de la recherche de la valeur de Fc sur les nouvelles faces créées.
Après raffinement, l’équation (4.17) est ainsi vérifiée sur le maillage raffiné, avec une précision
identique à celle obtenue avant raffinement.
Pour le déraffinement, à l’instar de c f , il n’y a pas de difficulté. Les faces disparaissant voient
leurs valeurs correspondantes dans le tableau Fc être supprimées. Pour les faces agglomérées, les
valeurs seront sommées.
100
4.3. ADAPTATION EN VUE DE L’UTILISATION DU RAFFINEMENT AUTOMATIQUE DE MAILLAGE
(a) Calcul classique avec AGR (b) Calcul avec AGR et utilisation de l’algorithme de
sub-cycling
F IGURE 4.3 – Visualisation du nombre de couches de cellules raffinées autour de la surface libre
dans (a) le cas classique et (b) le cas d’un calcul utilisant l’algorithme de sub-cycling.
101
CHAPITRE 4. L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
0.2
0. 4
0. 6
0. 8
1
Dans la section 4.2, nous faisons l’hypothèse que le maillage n’est pas déformable. Il est alors
possible de gérer les flux de vitesse de déplacement de maillage FU
→ comme les flux de vitesse F→
− −.
U
d
Les valeurs de ces flux aux temps intermédiaires sont donc obtenues par une interpolation linéaire
de leurs valeurs aux instants t p et tc . En présence de maillage déformable, cette méthode viole
la Loi de Conservation Géométrique (LCG) adaptée au schéma de Crank-Nicolson pour chaque
sous-cycle, ce qui fausse les calculs.
Pour résoudre ce problème, il faut donc construire les flux de vitesse de déplacement de
maillage aux temps intermédiaires en respectant la LCG. Cette correction, à faire obligatoirement
et uniquement quand la déformation de maillage est activée 4 , nécessite quelques ajouts dans le
code qui sont expliqués juste après.
102
4.4. ADAPTATION POUR LA PRISE EN COMPTE DE LA DÉFORMATION DE MAILLAGE
→ = F−
FU
− →
U , sol
+ FU
−
→
, déf
(4.23)
d d d
où ec , e p et eq sont les coefficients pour la dérivée temporelle du schéma BDF2 donnés à l’équation
(4.13).
Ce type de loi doit aussi être respecté pour les temps intermédiaires sous une forme adaptée
au schéma de Crank-Nicolson, utilisé pour l’avancement en temps de la fraction volumique c. Si
le flux de vitesse de déplacement du maillage ne vérifie pas cette loi, au niveau global comme au
niveau intermédiaire, alors cela entraîne des erreurs sur l’équation de continuité et crée de la masse
artificielle. Cette nouvelle loi est donnée par
V (ti ) −V (ti−1 )
− ∑ FU → (t 1 ) = 0 ,
− (4.25)
∆t(ti ) d i− 2
faces S
V (ti ) −V (ti−1 )
− ∑ FU −
→ (t 1 ) − ∑ FU −
→ (t 1 ) = 0 , (4.26)
∆t(ti ) d , déf i− 2 d , sol i− 2
faces S faces S
| {z }
=0
V (ti ) −V (ti−1 )
− ∑ FU −
→ (t 1 ) = 0 . (4.27)
∆t(ti ) d , déf i− 2
faces S
103
CHAPITRE 4. L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
− . Par exemple,
aux instants t p et tc , en cohérence avec ce qui a été fait pour les flux de vitesse F→
U
la première coordonnée X d’un nœud à l’instant ti est donnée par
FU
−
→ (t ) + FU
, déf i−1
−
→ (t )
, déf i
d d
FU
−
→ (t ) =
, déf i− 1
, (4.29)
d 2 2
pour en déduire, à partir des valeurs connues de FU −
→ (ti−1 ) et FU−
→ (t 1 ), la valeur du flux
d , déf d , déf i− 2
FU
−→ (ti ) :
d , déf
FU−
→ (t ) = 2 FU
, déf i
−
→ (t ) − FU
, déf i− 1
−
→ (t ) .
, déf i−1
(4.30)
d d 2 d
104
4.4. ADAPTATION POUR LA PRISE EN COMPTE DE LA DÉFORMATION DE MAILLAGE
précédent. Ce n’est pas formellement gênant mais nous souhaitons avoir une grandeur intrinsèque
au pas de temps découpé.
A présent, nous approximons à chaque sous-cycle d’indice i les flux FU −→ en ti−1 et ti par la
d , déf
valeur en ti− 1 . Les termes explicite et implicite du schéma dépendent donc directement de ce flux.
2
Cette méthode est donc plus simple que la précédente, puisqu’il n’est pas nécessaire de recalculer
FU−
→ (ti ) par la relation (4.30). Les flux FU
−
→ et FU−→ sont dont gérés différemment : le
d , déf d , sol d , déf
premier sur les instants ti et le second sur les instants ti− 1 . Cette légère incohérence n’entraîne pas
2
de différence dans les résultats. Cela a été vérifié et comparé à la première méthode mais n’est pas
présenté dans le manuscrit.
et le tableau pour FU
−
→ (t ) permet aussi de recalculer FU
, sol p
−
→ (t ), comme mentionné en [Link].
, déf p
d d
De la même manière que pour les coordonnées des nœuds, les volumes calculés en ti sont
transférés dans un tableau représentant leurs valeurs en ti−1 au sous-cycle suivant. Pour le premier
sous-cycle, la valeur en ti−1 est égale à celle en t p .
105
Chapitre 5
Validations de l’algorithme de résolution de
l’équation d’advection de la fraction
volumique par sub-cycling
107
CHAPITRE 5. VALIDATIONS DE L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
Le domaine est uniformément discrétisé en 200 × 200 cellules, soit un total de Nc = 4,0 · 104 cel-
lules. L’interface air-eau se situe exactement sur les nœuds extérieurs et intérieurs du carré creux et
celui-ci a une taille maximale de 40 cellules entre chaque paire√de frontières extérieures opposées.
Le champ de fraction volumique est advecté à une vitesse v = 2 m · s−1 en diagonale du domaine
pendant une durée T = 0,6 s. Si l’advection est parfaite, le carré creux doit garder sa géométrie
initiale et sa position finale doit être (x2 = L − a ; y2 = L − a).
y2
Légende :
|
état final a = 0, 2 m
→
− t =T L=1m
v
L T = 0, 6 s
→
−v = (1; 1) m.s−1
état initial
t =0 x1 = y1 = a
x2 = y2 = L − a
y1
a/2
c=0
|
y
a c=1
| |
0 x x1 x2
Le schéma de discrétisation spatiale pour le scalaire c est le schéma BRICS [180]. Seule la
résolution de l’équation de transport de c intervient car les coefficients de relaxation des autres
variables (vitesse, pression et flux de vitesse) sont mises à 0. Les simulations présentées ont été
faites avec trois nombres de Courant Co parmi {0, 15 ; 0, 25 ; 0, 50}. Quand l’algorithme de sub-
cycling est utilisé, la valeur effective de Co (sur l’ensemble du pas de temps) est égal au produit
du Co initial par le nombre de sous-cycles Ns . Cela traduit que la valeur initiale de Co est atteinte
sur un sous-cycle. Nous utiliserons des nombres de sous-cycles Ns parmi {0 ; 1 ; 5 ; 10}. Ns = 0
signifie que l’algorithme de sub-cycling n’est pas choisi. Le solveur n’emploie pas le même schéma
d’intégration en temps si l’algorithme de sub-cycling n’est pas utilisé : il s’agit alors d’un schéma
à décentrement amont d’ordre 2 (Backward Differentiation Formula of second order, BDF2). Dans
l’algorithme de sub-cycling, le schéma de Crank-Nicolson est utilisé pour l’intégration en temps
dans chaque sous-cycle. Les deux algorithmes ne se rejoignent donc pas quand Ns = 1. Nous ferons
en sorte d’utiliser le même nombre d’opérations par simulation Nop , pour un nombre de Courant
donné, pour tous les calculs. La valeur de Nop est définie par
Nitt · Nitnl · Ns · Ni si Ns > 0
Nop = , (5.1)
Nitt · Nitnl si Ns = 0
où Nitt est le nombre d’itérations temporelles dépendant du nombre de Courant, Nitnl est le nombre
d’itérations non linéaires par itération temporelle et Ni le nombre d’itérations internes à chaque
sous-cycle de l’algorithme de sub-cycling.
108
5.1. VALIDATION DE LA PRÉCISION
Nous comparerons les simulations par la visualisation du champ cellulaire du scalaire c, ainsi
que son erreur Ec par rapport au champ théorique cth
Ec = c − cth , (5.2)
dont nous nous servirons, à la fin des simulations, pour calculer les résidus en norme L2 et Lmax
respectivement égaux à
s
Nc
∑ Ec (i)2
i=1 Nc
ResL2 (Ec ) = et ResLmax (Ec ) = max |Ec (i)| . (5.3)
Nc i=1
Les fenêtres de visualisation seront restreintes à la zone d’arrivée du carré creux, bornées entre
0,68 m et 0,92 m pour les deux coordonnées x et y.
Les simulations ont été faites avec sur une station de travail Dell Precision™ T5600 avec
16 GB de mémoire vive et 8 processeurs Intel® Xeon® E5-2609 cadencés à 2,40 GHz mais un
seul processeur a été utilisé pour chaque calcul car les temps de simulation sont faibles.
109
CHAPITRE 5. VALIDATIONS DE L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
Ns = 0 Ns = 1 Ns = 5 Ns = 10
Co = 0,15
Co = 0,25
Co = 0,50
0 5 · 10−2 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3 0.35 0.4 0.45 0.5 0.55 0.6 0.65 0.7 0.75 0.8 0.85 0.9 0.95 1
F IGURE 5.2 – Visualisation du champ cellulaire du scalaire c pour des nombres de Courant Co de
0,15, 0,25 et 0,50 et pour des nombres de sous-cycles Ns de 0, 1, 5 et 10. Simulations effectuées
avec 10 itérations non linéaires par pas de temps.
110
5.1. VALIDATION DE LA PRÉCISION
Ns = 0 Ns = 1 Ns = 5 Ns = 10
Co = 0,15
Co = 0,25
Co = 0,50
−1 −0.9 −0.8 −0.7 −0.6 −0.5 −0.4 −0.3 −0.2 −0.1 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
F IGURE 5.3 – Visualisation de l’erreur Ec sur le champ cellulaire du scalaire c pour des nombres de
Courant Co de 0,15, 0,25 et 0,50 et pour des nombres de sous-cycles Ns de 0, 1, 5 et 10. Simulations
effectuées avec 10 itérations non linéaires par pas de temps.
111
CHAPITRE 5. VALIDATIONS DE L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
Nitnl = 10 - Ni = 1
Ns 0 1 5 10
Co 0,15 0,25 0,50 0,15 0,25 0,50 0,15 0,25 0,50 0,15 0,25 0,50
Nop 8000 4800 2400 8000 4800 2400 8000 4800 2400 8000 4800 2400
ResL2 (Ec ) 7,244 · 10−5 1,826 · 10−4 6,367 · 10−4 6,967 · 10−5 7,202 · 10−5 1,296 · 10 −4 7,057 · 10−5 1,012 · 10−4 2,211 · 10−4 1,282 · 10−4 2,515 · 10−4 5,422 · 10−4
ResLmax (Ec ) 3,279 · 10−1 8,043 · 10−1 1,000 2,867 · 10−1 3,153 · 10−1 9,950 · 10−1 4,765 · 10−1 9,982 · 10−1 1,000 9,989 · 10−1 1,000 1,000
tCPU [s] 1421 843 432 1525 874 495 516 314 160 393 233 123
fa 1 1 1 0,932 0,965 0,873 2,754 2,685 2,700 3,616 3,618 3,512
Nitnl = 5 - Ni = 2
Ns 1 5 10
Co 0,15 0,25 0,50 0,15 0,25 0,50 0,15 0,25 0,50
Nop 8000 4800 2400 8000 4800 2400 8000 4800 2400
ResL2 (Ec ) 6,968 · 10−5 7,199 · 10−5 1,294 · 10 −4 6,968 · 10−5 7,202 · 10−5 1,607 · 10−4 6,968 · 10−5 7,214 · 10−5 1,883 · 10−4
ResLmax (Ec ) 2,867 · 10−1 3,067 · 10−1 9,953 · 10−1 2,869 · 10−1 3,310 · 10−1 9,947 · 10−1 2,868 · 10−1 3,681 · 10−1 9,970 · 10−1
tCPU [s] 876 493 257 333 199 102 269 162 86
fa 1,622 1,710 1,681 4,267 4,236 4,235 5,283 5,204 5,023
Nitnl = 10 - Ni = 2
Ns 1 5 10
Co 0,15 0,25 0,50 0,15 0,25 0,50 0,15 0,25 0,50
Nop 16 000 9600 4800 16 000 9600 4800 16 000 9600 4800
ResL2 (Ec ) 6,968 · 10−5 7,201 · 10−5 1,449 · 10−4 6,967 · 10−5 7,201 · 10−5 1,695 · 10−4 6,967 · 10−5 7,205 · 10−5 1,777 · 10−4
ResLmax (Ec ) 2,867 · 10−1 3,137 · 10−1 9,960 · 10−1 2,867 · 10−1 3,130 · 10−1 9,963 · 10−1 2,867 · 10−1 3,259 · 10−1 9,964 · 10−1
tCPU [s] 1629 986 509 678 402 217 559 320 177
fa 0,872 0,855 0,849 2,096 2,097 1,991 2,542 2,634 2,441
Nitnl = 5 - Ni = 4
Ns 1 5 10
Co 0,15 0,25 0,50 0,15 0,25 0,50 0,15 0,25 0,50
Nop 16 000 9600 4800 16 000 9600 4800 16 000 9600 4800
ResL2 (Ec ) 6,968 · 10−5 7,201 · 10−5 1,359 · 10−4 6,967 · 10−5 7,201 · 10−5 1,625 · 10−4 6,967 · 10−5 7,203 · 10−5 1,861 · 10−4
ResLmax (Ec ) 2,867 · 10−1 3,131 · 10−1 9,954 · 10−1 2,867 · 10−1 3,126 · 10−1 9,958 · 10−1 2,867 · 10−1 3,191 · 10−1 9,966 · 10−1
tCPU [s] 1034 622 340 513 292 175 469 255 143
fa 1,374 1,355 1,271 2,770 2,887 2,469 3,030 3,306 3,021
Tableau 5.1 – Résidus en normes L2 et Lmax, temps CPU et facteur d’accélération fa pour les
simulations d’advection d’un carré creux
Bien que la précision des résulats obtenus avec Ns = 5 ne soit pas parfaite, elle est néanmoins
similaire voire meilleure que celle de la résolution classique (Ns = 0), pour les trois nombres de
Courant. Nous remarquons alors que les simulations ont été environ 2,7 fois plus rapides.
Des simulations ont été effectuées avec des itérations internes dans l’algorithme de sub-cycling
au nombre de Ni = 2 puis Ni = 4. Nous avons tout d’abord gardé un nombre d’opérations Nop ,
identique à celui des simulations de la section [Link], mais avec Ni = 2. Cela permet d’observer
l’éventuelle prépondérance de Nitnl ou Ni , pour un produit constant des deux paramètres. Nous
avons ensuite effectué deux séries de calculs en doublant le nombre d’opérations.
Il apparaît clairement sur les figures 5.4 et 5.5 que l’ajout de la boucle itérative interne de
l’algorithme de sub-cycling permet d’améliorer la convergence de la solution. Ce constat se vérifie
par la baisse des résidus sur l’erreur (cf. Tableau 5.1). Nous pouvons également remarquer que
l’usage de deux itérations dans cette boucle interne suffit à atteindre la convergence. En effet, le
fait de doubler le nombre d’opérations n’entraîne pas une diminution supplémentaire des résidus,
ou de manière très infime. Cela se confirme visuellement sur les figures 5.4 et 5.5, où il n’y a pas
de différence entre la deuxième et la troisième colonne.
A Nop constant, l’ajout d’itération interne a un effet positif sur les temps de calcul. Pour Ns = 5
et Ns = 10, nous passons respectivement d’un facteur d’accélération fa de 2,7 à 4,2 et de 3,6 à 5,2.
A contrario, l’augmentation unique de Ni dégrade fa , comme le montre la première et la troisième
parties du tableau 5.1, où nous avons alors une évolution respective de 2,7 à 2,0 et de 3,6 à 2,5.
Même si nous prenons en compte uniquement la résolution de la fraction volumique, le problème
est traité en résolvant la vitesse et la pression avec des relaxations à 0, ce qui permet d’estimer
112
5.1. VALIDATION DE LA PRÉCISION
le facteur d’accélération que nous pourrions avoir dans une configuration plus réaliste, avec un
écoulement physique.
113
CHAPITRE 5. VALIDATIONS DE L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
Ni = 1 Ni = 2 Ni = 4
Ns = 5
Ns = 10
F IGURE 5.4 – Visualisation du champ cellulaire du scalaire c pour des nombres de sous-cycles de
Ns de 5 et 10 et pour des nombres d’itérations internes Ni à chaque sous-cycle de l’algorithme de
sub-cycling de 1, 2 et 4. Simulations effectuées avec un nombre de Courant Co = 0,25.
114
5.1. VALIDATION DE LA PRÉCISION
Ni = 1 Ni = 2 Ni = 4
Ns = 5
Ns = 10
F IGURE 5.5 – Visualisation de l’erreur Ec sur le champ cellulaire du scalaire c pour des nombres
de sous-cycles de Ns de 5 et 10 et pour des nombres d’itérations internes Ni à chaque sous-cycle
de l’algorithme de sub-cycling de 1, 2 et 4. Simulations effectuées avec un nombre de Courant
Co = 0,25.
115
CHAPITRE 5. VALIDATIONS DE L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
5.2.1 Description du cas test : chute d’une colonne d’eau avec obstacle
[Link] Configuration
4a
Légende :
eau
air
a = 0,146 m
d = 0,024 m
a
4a
2a
d
a 2d
116
5.2. COMPATIBILITÉ AVEC L’AGR
117
CHAPITRE 5. VALIDATIONS DE L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
issue de la colonne d’eau venant impacter l’obstacle. Une langue d’eau se forme au dessus de
l’obstacle, puis se dirige vers la droite et vient s’écraser sur la paroi opposée du domaine, em-
prisonnant de l’air en dessous d’elle. Une langue secondaire se forme alors en haut à droite de
l’obstacle, piégeant à son tour une zone d’air.
Nous regardons également la valeur maximale de la composante horizontale de l’effort hy-
drodynamique sur l’obstacle, Fx, max , pour chaque simulation. Aucune valeur expérimentale n’est
disponible pour cette donnée alors nous prenons par défaut celle du cas 4 comme référence.
Dans les sections suivantes, nous commentons aussi les temps de calcul tCPU . Une autre mé-
trique du calcul est regardée : il s’agit du coût C exprimant le temps CPU moyen par cellule sur la
totalité d’une simulation.
Les différents cas des simulations effectuées avec maillages fixes sont synthétisés dans le Fi-
gure 5.2. La Figure 5.7 page suivante permet de visualiser les trois iso-contours de la fraction
volumique, de valeurs 0,1, 0,5 et 0,9, pour un cas de calcul avec l’algorithme de sub-cycling et
un autre sans l’utiliser. Les résultats sont très similaires. Nous constatons toutefois que la langue
d’eau semble plus propice à se rompre dans le cas 3, c’est-à-dire avec l’algorithme de sub-cycling.
Son utilisation permet d’accélérer les calculs d’un facteur fa d’environ 3 avec l’usage de 10
sous-cycles et un seul processeur. Ce facteur a même tendance à augmenter quand le nombre de
processeurs utilisés croît. Il semble donc que la part du temps CPU pour les communications entre
les processeurs soit moindre à l’échelle de la résolution de la fraction volumique par rapport à
l’échelle globale du code. Le coût de calcul Ctot suit la même évolution étant donné que le nombre
de cellules Nc est constant.
Il faut noter une baisse dans la valeur de Fx, max quand l’algorithme de sub-cycling est utilisé.
Cela est peut-être dû à un choix de pas de temps trop grand par rapport à la physique de l’écoule-
ment. En effet, il est possible que de l’air soit piégé au moment de l’impact sur l’obstacle, réduisant
ainsi les efforts.
Cas tphys [s] N p Ns AGR Nl tCPU [s] fa Nc ratio Nc Ctot [ms/pt] ratio Ctot Fx, max [N] Erreur Fx, max [%]
1 0,2 1 0 × × 1905 - 20 210 - 94,3 - 183 −0,5
2 0,2 1 5 × × 824 2,31 20 210 1 40,8 2,31 179 −2,7
3 0,2 1 10 × × 646 2,95 20 210 1 32,0 2,95 175 −4,9
7 0,6 1 0 × × 6100 - 21 002 - 290,4 - 183 −0,5
8 0,6 1 10 × × 2054 2,97 21 002 1 97,8 2,97 175 −4,9
9 0,6 2 0 × × 3657 - 21 002 - 174,1 - 183 −0,5
10 0,6 2 10 × × 1181 3,10 21 002 1 56,2 3,10 175 −4,9
11 0,6 4 0 × × 2171 - 21 002 - 103,4 - 183 −0,5
12 0,6 4 10 × × 672 3,23 21 002 1 32,0 3,23 175 −4,9
13 0,6 8 0 × × 1443 - 21 002 - 68,7 - 183 −0,5
14 0,6 8 10 × × 355 4,07 21 002 1 16,9 4,07 175 −4,9
Tableau 5.2 – Résumé des résultats obtenus pour les simulations du d’une chute de colonne d’eau
avec obstacle sur maillage fixe
118
5.2. COMPATIBILITÉ AVEC L’AGR
F IGURE 5.7 – Iso-contours de la fraction volumique pour la simulation d’une chute de colonne
d’eau avec obstacle à t = 0,2 s (a) sans et (b) avec l’algorithme de sub-cycling
2. en se référant à chaque fois à deux configurations où la seule différence est l’usage de l’algorithme de sub-
cycling
119
CHAPITRE 5. VALIDATIONS DE L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
(a) t = 0,0 s
(b) t = 0,1 s
(c) t = 0,2 s
(d) t = 0,3 s
(e) t = 0,4 s
(f) t = 0,5 s
120
5.2. COMPATIBILITÉ AVEC L’AGR
Cas tphys [s] N p Ns AGR Nl tCPU [s] fa Nc ratio Nc Ctot [ms/pt] ratio Ctot Fx, max [N] Erreur Fx, max [%]
4 0,2 1 0 X 1 3514 - 5774 - 540,9 - 184 -
5 0,2 1 10 X 5 2545 1,38 8039 1,39 280,1 1,93 179 −2,7
6 0,2 1 10 X 10 3285 1,07 10 590 1,83 263,9 2,05 179 −2,7
15 0,6 1 0 X 1 28 840 - 11 082 - 1572,1 - 184 -
16 0,6 1 10 X 5 29 818 0,97 21 938 1,98 492,8 3,19 179 −2,7
17 0,6 2 0 X 1 15 576 - 11 251 - 899,4 - 184 -
18 0,6 2 10 X 5 13 311 1,17 22 061 1,96 246,2 3,65 179 −2,7
19 0,6 4 0 X 1 8025 - 10 993 - 491,8 - 184 -
20 0,6 4 10 X 5 5960 1,35 22 538 2,05 133,1 3,69 179 −2,7
21 0,6 8 0 X 1 5204 - 10 732 - 316,1 - 184 -
22 0,6 8 10 X 5 3380 1,54 22 485 2,10 88,2 3,58 179 −2,7
Tableau 5.3 – Résumé des résultats obtenus pour les simulations du d’une chute de colonne d’eau
avec obstacle sur maillage avec AGR
des couches de cellules tampon autour de la surface libre pour l’usage de l’AGR avec l’algorithme
de sub-cycling. Malgré une efficacité bien meilleure en terme de temps CPU moyen par cellule
sur la totalité d’une simulation, environ 3 fois supérieure 3 , les maillages des simulations utilisant
l’algorithme de sub-cycling ont en moyenne deux fois plus de cellules, même en ayant réduit le
nombre de couches tampon à Nl = 5.
Il en résulte que, bien que l’usage à la fois de l’AGR et de l’algorithme de sub-cycling puisse
apparaître très attrayant, l’efficacité brute sur le temps CPU, à moyen de calcul donné, est au final
un peu décevante. Cela est dû à l’augmentation importante du nombre de cellules au cours du
calcul. En revanche, nous pouvons imaginer que l’efficacité de ce binôme soit meilleure pour des
écoulements où la surface libre ne se brise pas, en particulier en une multitude de projections de
gouttes causant un surcoût important en génération de cellules.
121
CHAPITRE 5. VALIDATIONS DE L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
[Link] Configuration
La configuration du cas test est résumée sur la Figure 5.9. Un profil NACA 0012 de corde
c pro f il = 0,203 m est tracté dans un bassin rectangulaire à une vitesse constante de U = 0,8 m · s−1 ,
après une phase d’accélération en rampe de vitesse pendant tacc = 2 s. L’hydrofoil est incliné d’un
angle α = 5 °. La distance entre le fond du domaine et le profil (prise à mi-corde) est de H =
0,175 m et la distance entre la surface libre au repos et le profil est fixée à s = 0,236 m. Les nombres
adimensionnels pertinents sont Re = 1,53 · 105 pour le nombre de Reynolds et Fr = 0,567 pour le
nombre de Froude. Les simulations sont effectuées en considérant une envergure égale à 1 m.
c pro f il y
x
O
c pro f il
s
Ty
6 c pro f il
×
Rz α
H U
20 c pro f il
122
5.3. COMPATIBILITÉ AVEC LA DÉFORMATION DE MAILLAGE
avec HEXPRESS™ (cf. Figure 5.10(a)). Un autre maillage d’environ 11 000 cellules a été gé-
néré, sans raffinement autour de la surface libre, et il est utilisé pour des calculs avec AGR (cf.
Figure 5.10(b)). En entrée du domaine, la vitesse est définie à sa valeur en champ lointain, c’est-à-
dire à vitesse nulle. Le champ de pression en sortie et sur la face supérieure est imposé à la pression
hydrostatique. Une condition de glissement est paramétrée sur la face solide au fond du domaine
alors qu’une loi de paroi est appliquée sur le profil. Le modèle de turbulence k − ω SST de Menter
[128] est utilisé.
F IGURE 5.10 – Deux types de maillage utilisés pour les simulations de l’écoulement autour d’un
profil NACA 0012 immergé
5.3.2 Simulations
Deux types de simulations ont été menés. Dans le premier cas, que nous qualifions de cas
stationnaire, nous avons repris à l’identique une des conditions expérimentales définies par Duncan
et utilisée par Leroyer et coll. [116] pour valider l’algorithme de sub-cycling avec une intégration
en temps du premier ordre. Cette fois-ci, nous utilisons la méthode du second ordre. Ensuite, dans
un deuxième cas instationnaire, des simulations avec mouvements secondaires de l’hydrofoil sont
réalisées. Des mouvements de pilonnement Ty et de tangage Rz sinusoïdaux sont ajoutés dans le but
de valider l’intégration des capacités de déformation de maillage dans l’algorithme de sub-cycling.
Des calculs avec usage du raffinement automatique sont également réalisés pour les deux cas.
Les simulations ont été faites avec une station de travail Dell Precision™ T5600 avec 16 GB
de mémoire vive et 8 processeurs Intel® Xeon® E5-2609 cadencés à 2,40 GHz en utilisant 4
processeurs à chaque fois.
123
CHAPITRE 5. VALIDATIONS DE L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
avec les configurations et les résultats obtenus. Nous nous concentrons ici sur l’analyse des valeurs
convergées de la portance L du profil, son erreur E(L) par rapport aux cas de référence (cas 1 sans
total et à convergence t conv .
AGR et cas 4 avec AGR) et sur les temps de calcul total tCPU CPU
Tableau 5.4 – Résumé des configurations et des résultats obtenus pour les simulations en station-
naire d’un profil NACA 0012 immergé
Les signaux d’efforts présentant tous des ondulations d’amplitudes plus ou moins élevées (cf.
Figure 5.11 page suivante), il a été décidé de définir la valeur convergée de la portance comme
sa moyenne sur les dix dernières secondes de temps physique. Ensuite, nous définissons un temps
conv égal au dernier instant où le signal d’effort est égal à la valeur
physique de convergence t phys
convergée du calcul à 0,1 % près. Ce temps est bien sûr une donnée a posteriori de la simulation.
conv obtenu, nous déduisons le temps CPU t conv correspondant en regardant les fichiers de
Une fois t phys CPU
journal des simulations. Nous pouvons en déduire un nouveau ratio faconv , similaire à fa , mais dont
la définition s’applique quand la convergence est atteinte, et non sur la totalité de la simulation.
Il apparaît que, quelque soit Ns , les valeurs de portance obtenues avec l’algorithme de sub-
cycling sont très proches des valeurs de référence. Si nous omettons la valeur du cas 8, l’erreur
croît avec Ns et donc avec le pas de temps global, ce qui était attendu. L’erreur est alors maximale
avec Ns = 20 et vaut −0,06 % dans le calcul avec maillage fixe. En effet, même à un nombre de
Courant très faible Co s = 0,15, le pas de temps global est trop grand par rapport au cas de référence.
Cette faible différence semble être dûe à la légère dépendance de l’équation de pression au pas de
temps (cf. section [Link]). La Figure 5.12 page 126 montre le champ de pression pour le calcul de
référence à Ns = 0 et les écarts entre les pressions obtenues dans les simulations effectuées avec
Ns > 0 sous-cycles et celle du calcul de référence. Ces écarts sont d’environ ±5 Pa au maximum
et localisés au niveau de la surface libre. Ils sont tout de même faibles, relativement au champ de
pression, et expliquent par ailleurs que les valeurs de portance sont toutes très proches.
Comme dans les cas test précédents, nous pouvons constater que le facteur d’accélération des
calculs fa augmente avec Ns . Il vaut 3,9 pour Ns = 10 et quand le maillage est fixe, ce qui est
légèrement supérieur aux valeurs obtenues dans les autres cas test précédemment étudiés. Il est
légèrement plus faible ( fa = 3,6) quand l’AGR est utilisé mais bien plus élevé que ce qui est
obtenu pour le cas de la chute d’une colonne d’eau avec obstacle ( fa = 1,38) avec des paramètres
de raffinement similaires. En effet, le coût de l’AGR est nettement plus faible dans ces calculs
car les déformations de la surface libre sont moins complexes et celle-ci tend vers une position
stationnaire.
124
5.3. COMPATIBILITÉ AVEC LA DÉFORMATION DE MAILLAGE
Les temps physiques pour atteindre la convergence sont globalement inférieurs quand Ns > 0
par rapport au cas Ns = 0. L’utilisation de l’AGR a tendance à retarder la convergence des simu-
lations dans le cas général et en particulier quand l’algorithme de sub-cycling est utilisé. Cette
convergence plus lente se vérifie nettement en regardant la Figure 5.11, où les oscillations sont
longues à amortir. L’allure générale de la convergence de la portance ne dépend en revanche pas
de l’usage de l’AGR. Le facteur d’accélération à convergence faconv semble, comme fa mais à plus
forte mesure, être une fonction croissante de Ns . Pour Ns = 20, il atteint 9,3 sur maillage fixe et 7,1
avec AGR.
70 70
Fy [N]
Fy [N]
65 65
60 60
0 10 20 30 40 0 10 20 30 40
t [s] t [s]
(a) Simulations sur maillage fixe (b) Simulations avec AGR
F IGURE 5.11 – Evolution temporelle de la portance pour les simulations en stationnaire d’un profil
NACA 0012 immergé
125
CHAPITRE 5. VALIDATIONS DE L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
126
5.3. COMPATIBILITÉ AVEC LA DÉFORMATION DE MAILLAGE
soit 10 périodes. Nous regardons la valeur moyenne L de la portance, celle des maxima locaux
L+ et des minima L− permettant de définir une moyenne L+ − L− des amplitudes crête-à-creux.
A chaque fois, la référence est le calcul à Ns = 0 avec petit pas de temps. Nous définissons alors
l’écart moyen E(L+ − L− ) de chaque calcul par rapport à cette référence. Nous faisons de même
pour les déphasages moyens φ + et φ − , relevés respectivement au niveau des maxima et minima
locaux.
La Figure 5.13 illustre le bon fonctionnement de l’intégration des capacités de déformation de
maillage d’ISIS-CFD avec notre algorithme de sub-cycling. A gauche, la position du profil coïncide
avec sa position initale. Au centre et à droite, le maillage est au maximum de sa déformation, dans
des configurations opposées.
La Figure 5.14 page suivante et le Tableau 5.5 page 129 mettent en évidence des pertes en
amplitude quand l’algorithme de sub-cycling est utilisé. Elles sont d’environ 5 à 7 %, sur une
amplitude crête-à-creux moyenne, et sont similaires à celles obtenues avec Ns = 0 et un grand pas
de temps. Il existe aussi de légères désynchronisations (déphasages φ + et φ − ) sur la position des
extrema, toujours inférieures à la valeur du pas de temps soit 4,5°.
Le facteur d’accélération pour les simulations avec maillages fixes est d’environ 3 alors qu’il
était à 3,9 dans le cas stationnaire. Il descend à 2,2 quand l’AGR est utilisé alors qu’il était de 3,6
en stationnaire. Les instationnarités de l’écoulement ont donc généré un surcoût dans la génération
des cellules.
c pro f il c pro f il
(a) Ty = +0 m , Rz = 0 ° (b) Ty = 10 , Rz = 2 ° (c) Ty = − 10 , Rz = −2 °
F IGURE 5.13 – Evolution de la déformation du maillage autour du profil NACA 0012 immergé,
pour le cas 20 du tableau 5.5, où (a) est le cas sans déformation, (b) et (c) les cas avec déformations
maximales
127
CHAPITRE 5. VALIDATIONS DE L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
80 80
Fy [N]
Fy [N]
60 60
40 40
34 36 38 40 34 36 38 40
t [s] t [s]
(a) Ty seul, sans AGR (b) Ty seul, avec AGR
80 80
Fy [N]
Fy [N]
60 60
40 40
34 36 38 40 34 36 38 40
t [s] t [s]
(c) Ty et Rz combinés, sans AGR (d) Ty et Rz combinés, avec AGR
F IGURE 5.14 – Evolution temporelle de la portance pour les simulations en instationnaire d’un
profil NACA 0012 immergé
128
5.3. COMPATIBILITÉ AVEC LA DÉFORMATION DE MAILLAGE
Tableau 5.5 – Résumé des configurations et des résultats obtenus pour les simulations en instation-
naire d’un profil NACA 0012 immergé
sans perte de précision, ou le corollaire, l’utilisation d’un même pas de temps pour obtenir une
précision accrue.
Cet avantage n’est pas visible sur ce cas test car l’influence du nombre de Courant sur les
résultats est limité. En effet, le profil est complètement immergé et éloigné de la surface libre. Pour
s’apercevoir du réel avantage de l’algorithme de sub-cycling, il faut que le corps en interaction
avec un milieu fluide soit situé à proximité de la surface libre ou bien au niveau de celle-ci. Le cas
test présenté ci-après met en place un écoulement en interaction directe de la surface libre sur une
carène et permet de montrer pleinement les avantages de l’algorithme de sub-cycling.
129
CHAPITRE 5. VALIDATIONS DE L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
5.4.1 Introduction
L’estimation de la manœuvrabilité d’un bateau est conditionnée par la précision de l’estimation
des efforts hydrodynamiques agissant sur sa carène. L’approche classique pour la prévision du
comportement en manœuvrabilité consiste à réaliser des essais en bassin de traction avec un modèle
de bateau [38]. A l’aide d’enregistrements des efforts hydrodynamiques agissant sur la carène au
cours du temps, il est possible de déterminer des coefficients hydrodynamiques alimentant des
modèles mathématiques permettant en retour d’estimer les efforts hydrodnamiques pour un état
particulier de mouvement.
Ces méthodes ont donc pour objectif d’évaluer les efforts hydrodynamiques sans considération
des structures de l’écoulement, dépendant de la complexité des formes de la coque et de ses ap-
pendices. C’est pour cette raison que la CFD est utilisée, en particulier un code RANSE comme
ISIS-CFD, car cela permet de résoudre les détails de l’écoulement et de réaliser une conception
optimale de la carène. Des essais numériques en mouvements plans (Planar Motion Mechanism,
PMM) ont été effectués par Guilmineau et coll. [79, 77] et Deng et coll. [50] à cet effet pour dé-
montrer la capacité d’ISIS-CFD à simuler ce type de mouvement en profondeur infinie ou finie,
sur trois types de carènes, avec ou sans appendices : le DTMB 5415, le KVLCC2 et le DTC.
Pour notre validation, nous utilisons simplement le DTMB 5415 sans appendices.
130
5.4. CAS TRIDIMENSIONNEL AVEC DÉFORMATION DE MAILLAGE
les Figures 5.15 et 5.16, où il est possible de voir la distribution des cellules et les différences
de densité. Les domaines de calcul sont quasi-identiques, celui du maillage fin étant légèrement
plus grand. L’origine du domaine est dans le plan milieu du bateau, sur la surface libre (z = 0 m)
et sur la perpendiculaire avant du bateau. Le domaine associé au maillage grossier est tel que
−L pp ≤ x ≤ 2,5 L pp , −2 L pp ≤ y ≤ 2 L pp et − 43 L pp ≤ z ≤ 23 L pp . Celui associé au maillage fin est
tel que −1,3 L pp ≤ x ≤ 4,3 L pp , −2,6 L pp ≤ y ≤ 2,6 L pp et z dans le même intervalle que l’autre
domaine. Les nombres de cellules par L pp pour les maillage grossier et fin sont, respectivement,
d’environ 200 et 400. Les hauteurs des cellules proches de la surface libre sont de, respective-
ment, 7,9 mm et 1,9 mm. L’épaisseur des cellules sur la coque est tel que L∆ypp ≈ 3 · 10−4 , soit une
coordonnée adimensionnée y+ = 40 puisque une loi de paroi est choisie comme condition limite.
Comme dans le cas test précédent, pour chaque maillage nous effectuons une série de trois
simulations :
— une première simulation servant de référence, sans utiliser l’algorithme de sub-cycling et
avec un pas de temps petit de ∆t = 2 ms,
— une seconde simulation identique mais avec un pas de temps Ns = 10 fois plus grand,
— et une dernière en utilisant l’algorithme de sub-cycling avec Ns sous-cycles et avec un pas
de temps global de ∆t = 20 ms,
et les six configurations obtenues sont résumées dans le tableau Tableau 5.6.
Ns 0 10
∆t[ms] 2 20
maillage grossier G1 G2 G3
maillage fin F1 F2 F3
Tableau 5.6 – Désignation des six configurations de simulation sur le DTMB 5415 en embardée
sinusoïdale
Le modèle de turbulence k − ω SST de Menter [128] est choisi et une loi de paroi est utilisée
comme condition limite sur la carène. La convergence est obtenue à chaque itération temporelle
quand la résolution a atteint 15 itérations non linéaires ou 3 ordres. La pression est résolue avec le
solveur BoomerAMG [83] et la convergence est atteinte après 200 itérations ou 4 ordres, à chaque
itération non linéaire.
Les simulations sur le maillage grossier ont été faites sur un serveur de 40 cœurs constitué
de deux machines Supermicro X9DRH-7TF avec 256 GB de mémoire vive et deux bi-processeurs
Intel® Xeon® E5-2690 v2 cadencés à 3,00 GHz de 10 cœurs chacun. Nous appelons cette ma-
chine de calcul LHEEA10/17 et, pour ces simulations, nous avons utilisé 10 cœurs par calcul. Les
simulations sur le maillage fin ont été faites sur le serveur Occigen du CINES constitué de 2106
nœuds avec 64 GB de mémoire vive et deux bi-processeurs Intel® Xeon® E5-2690 v3 cadencés
à 2,60 GHz de 12 cœurs chacun. Nous résumons cette machine à son nom Occigen et, pour ces
simulations, 48 cœurs ont été utilisés par calcul.
131
CHAPITRE 5. VALIDATIONS DE L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
Tableau 5.7 – Caractéristiques des maillages utilisés pour les simulations du DTMB 5415 en em-
bardée sinusoïdale
L pp
(a) Coupe du maillage en y = 0 (b) Coupe du maillage en x = 2
(affichage sur la partie y ≤ 0)
F IGURE 5.15 – Maillage grossier utilisé pour les simulations du DTMB 5415 en embardée sinu-
soïdale
132
5.4. CAS TRIDIMENSIONNEL AVEC DÉFORMATION DE MAILLAGE
mais la vue est rapprochée de la zone derrière la vague d’étrave. Ces figures montrent peu de dif-
férences entre les simulations pour ce maillage grossier. Ce constat se confirme par la Figure 5.19
page 135 montrant les évolutions temporelles des efforts Fx et Fy . Pour Fx , les configurations G2
et G3 possèdent des minima quasi identiques à ceux de G1 et leurs maxima sont légèrement in-
férieurs. Pour Fy , les courbes se superposent. Il faut effectuer un zoom sur un minimum, comme
sur la Figure 5.20(a) page 135, pour voir les différences minimes entres les configurations. Des
écarts plus importants sont visibles sur l’évolution temporelle de surface mouillée de la carène (cf.
Figure 5.21(a) page 136). Il est alors à noter que la configuration G3 est plus proche G1 que ne
l’est G2, montrant un effet positif de l’algorithme de sub-cycling.
Ces trois premières simulations faites sur un maillage grossier ne sont pas assez discriminantes
pour montrer l’intérêt de l’utilisation de l’algorithme de sub-cycling. Cela tient pour cause les
grands nombres de Courant Co produits dans ces simulations, où le pas de temps est fixe durant
tous les calculs. Pour la configuration G1, Co (pris à proximité de la surface libre) oscille autour de
8 ± 1.5 et, pour les configurations G2 et G3, il se situe autour de 80 ± 15 (donc 10 fois moindre par
sous-cycle dans la configuration G3). Ces valeurs sont très élevées et l’utilisation d’un maillage
grossier atténue les différences entre les configurations. Voyons alors ce qu’il se passe sur un
maillage plus fin.
133
CHAPITRE 5. VALIDATIONS DE L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
L pp
(a) Coupe du maillage en y = 0 (b) Coupe du maillage en x = 2
(affichage sur la partie y ≤ 0)
F IGURE 5.16 – Maillage fin utilisé pour les simulations du DTMB 5415 en embardée sinusoïdale
F IGURE 5.17 – Affichage de l’élévation (en mètre) de la surface libre à t = 10 s autour du DTMB
5415 pour les simulations sur maillage grossier
F IGURE 5.18 – Zoom sur la vague d’étrave pour l’affichage de l’élévation (en mètre) de la surface
libre à t = 10 s autour du DTMB 5415 pour les simulations sur maillage grossier
134
5.4. CAS TRIDIMENSIONNEL AVEC DÉFORMATION DE MAILLAGE
G1 G2 G3 G1 G2 G3
18
16 100
14
Fx [N]
Fy [N]
0
12
10 −100
F IGURE 5.19 – Evolutions temporelles des efforts (a) Fx et (b) Fy pour le DTMB 5415 sur maillage
grossier
G1 G2 G3 F1 F2 F3
−128 −128
−130 −130
Fy [N]
Fy [N]
−132 −132
−134 −134
−136 −136
9.6 9.65 9.7 9.75 9.8 9.6 9.65 9.7 9.75 9.8
t [s] t [s]
(a) Maillage grossier (b) Maillage fin
F IGURE 5.20 – Zoom sur les évolutions temporelles de l’effort Fy pour le DTMB 5415 sur les
maillages (a) grossier et (b) fin
135
CHAPITRE 5. VALIDATIONS DE L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
G1 G2 G3 F1 F2 F3
1.42 1.42
1.4 1.4
Sw [m2 ]
Sw [m2 ]
1.38 1.38
1.36 1.36
1.34 1.34
F IGURE 5.21 – Evolutions temporelles de la surface mouillée Sw pour le DTMB 5415 sur les
maillages (a) grossier et (b) fin
F IGURE 5.22 – Affichage de l’élévation (en mètre) de la surface libre à t = 10 s autour du DTMB
5415 pour les simulations sur maillage fin
F IGURE 5.23 – Zoom sur la vague d’étrave pour l’affichage de l’élévation (en mètre) de la surface
libre à t = 10 s autour du DTMB 5415 pour les simulations sur maillage fin
136
5.4. CAS TRIDIMENSIONNEL AVEC DÉFORMATION DE MAILLAGE
F1 F2 F3 F1 F2 F3
18
16 100
14
Fx [N]
Fy [N]
0
12
10 −100
F IGURE 5.24 – Evolutions temporelles des efforts (a) Fx et (b) Fy pour le DTMB 5415 sur maillage
fin
Tableau 5.8 – Temps CPU pour les six configurations testées sur les simulations du DTMB 5415
en embardée sinusoïdale
137
CHAPITRE 5. VALIDATIONS DE L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
temps 10 fois plus petit. Bien que les temps de simulations soient différents (gain d’un facteur 3
avec notre procédure), les résultats obtenus étaient très proches les uns des autres. Ceci ne per-
met pas de montrer l’avantage de l’algorithme de sub-cycling. En revanche, pour les simulations
sur un maillage plus fin, d’environ quatre millions de cellules, les résultats obtenus sur les trois
configurations sont bien démarqués. En particulier, la configuration faisant usage de l’algorithme
de sub-cycling est très proche de celle avec petit pas de temps alors que la troisième (grand pas
de temps sans utiliser l’algorithme de sub-cycling) est très éloignée. Ces différences de résultats
se caractérisent par les écarts obtenus dans l’évolution de la surface mouillée de la carène. L’effort
transversal Fy est très bien représenté par la simulation avec l’algorithme de sub-cycling, avec une
marge d’erreur sur son amplitude crête-à-creux inférieure au pourcent par rapport à la référence.
Par ailleurs, le facteur d’accélération augmente à une valeur de 4 sur ce maillage plus dense, mais
il aurait fallu utiliser la même machine sur les deux types de calcul pour en tirer une conclusion.
138
5.5. BILAN SUR L’ALGORITHME DE SUB-CYCLING
Tableau 5.9 – Ordre de grandeur des facteurs d’accélération atteignables avec l’algorithme de sub-
cycling
Ces facteurs d’accélération sont dans l’intervalle estimé théoriquement en 4.2.2, ou s’en ap-
prochent. Les simulations sont, de manière assez constante sur l’ensemble des cas, environ 3 fois
plus rapides quand le maillage est fixe. L’ajout de Nl = 5 couches tampon autour de la surface libre
quand le raffinement automatique de maillage est activé génère un surcoût important et dégrade
les performances de l’algorithme de sub-cycling, à puissance de calcul constante. Cette marge de
sécurité peut-être réduite, et le surcoût amoindri, mais cela est à étudier au cas par cas.
L’ajout d’une itération interne (Ni = 2) a diminué les facteurs d’accélération mais a permis
d’obtenir satisfaction en terme de précision des solutions obtenues. Bien que le schéma de Crank-
Nicolson soit précis au second ordre en temps, il est utilisé pour avancer en temps dans la séquence
des sous-cyles. Sans cette itération interne supplémentaire, des erreurs se cumuleraient d’un sous-
cycle au suivant. La partie implicite sur le schéma de résolution de la fraction volumique est traité
en correction de défaut et nécessite donc d’itérer pour éviter d’accumuler des erreurs. Dans un cal-
cul classique, cette résolution n’est faite qu’une seule fois par le schéma BDF2 dans une itération
non linéaire et cela permet de diminuer l’erreur.
Une conséquence de l’usage de l’algorithme de sub-cycling est la légère sur- ou sous-estimation
des efforts, d’environ 3 % le deuxième et le troisième cas test, inférieur au pourcent pour le DTMB
5415. Cela provient de l’usage d’un pas de temps Ns fois plus grand, ayant une conséquence sur la
résolution des autres équations.
Finalement, l’algorithme de sub-cycling trouve son efficacité maximale vis-à-vis d’un calcul de
référence (sans sous-cyclage et avec un pas temps petit) quand la finesse des maillages augmente
et quand il est nécessaire d’utiliser un nombre de cœurs de calcul important.
139
Troisième partie
141
Chapitre 6
Présentation de la démarche
Une part importante du travail réalisé au cours de cette thèse se situe dans cette partie III du
manuscrit. Nous commençons ici par expliquer la démarche entreprise. Dans le chapitre 7, nous
détaillons la manière dont nous avons pris en compte la flexibilité du manche de l’aviron dans les
simulations numériques. Le chapitre 8 se concentre sur les simulations numériques reproduisant
un coup d’aviron réel effectué en condition écologique. Ensuite, dans le chapitre 9, il s’agit cette
fois d’un coup d’aviron simplifié réalisé dans un bassin de traction. Finalement, les conclusions
de ces simulations sont données au chapitre 10 et accompagnées d’une réflexion et d’une quanti-
fication des incertitudes expliquant partiellement les différences entre résultats expérimentaux et
numériques.
Dans ce chapitre, nous cadrons tout d’abord les objectifs de cette démarche de modélisation et
simulation des écoulements autour de la palette. Nous mettons également en avant les différences
entre les configurations d’essais.
6.1 Objectifs
6.1.1 Objectif principal
L’objectif principal des travaux présentés dans cette partie III est d’approndir la modélisation
de l’écoulement autour de la palette, initiée dans [113, 114, 115], et de la tester sur deux configu-
rations différentes représentant d’une part un essai en condition in situ et d’autre part un essai en
laboratoire. Le maître-mot du travail présenté est validation. En effet, avant d’établir des objectifs
plus audacieux, il est nécessaire de s’assurer que le code de calcul et les divers choix de modéli-
sation de l’écoulement permettent de réprésenter d’une manière la plus précise possible un coup
d’aviron. Cette étape préalable de validation des outils numériques est impossible à réaliser sans
une base de donnée expérimentale suffisamment sûre et riche.
143
CHAPITRE 6. PRÉSENTATION DE LA DÉMARCHE
A ce titre, il serait alors envisageable d’établir des modèles paramétriques assez complexes per-
mettant d’alimenter des simulateurs existants, comme le GMRS, qui sont basés sur des modèles
simples où l’effort hydrodynamique sur la palette est défini par deux coefficients de portance et de
traînée.
Il est tout à fait possible que l’objectif précité soit trop délicat voire impossible à atteindre.
En effet, le nombre de paramètres du problème est très élevé et la formulation d’un modèle para-
métrique assez général ne serait alors pas une tâche aisée. Un autre axe de recherche est alors de
réaliser un couplage entre un simulateur existant et le code ISIS-CFD.
144
6.1. OBJECTIFS
(a) Fin de la (b) Attaque. (c) Création de (d) Début, (e) milieu (f) et fin de la
phase retour. l’appui. transmission
F IGURE 6.1 – Instantanées d’une vidéo réalisée avec caméra GoPro placée sur la face postérieure
d’une palette d’aviron. Crédit Jim Dwyer [58].
fisamment de précision. Elles dépendent donc, avec toutes les incertitudes que cela comporte, de
paramètres, de réglages, de la cinématique du bateau dans le repère lié au bassin et de celle de
l’aviron par rapport au bateau, ou encore de la flexibilité du manche de l’aviron. Afin de reproduire
un mouvement réaliste, il est donc nécessaire de relever par exemple la vitesse ou l’accélération du
bateau et les positions angulaires des avirons, afin de pouvoir reconstruire la trajectoire et l’orien-
tation de la palette à imposer comme données d’entrée dans une simulation numérique. Ces deux
données sont alors tributaires des quantités non mesurées, en particulier les mouvements secon-
daires du bateau comme le roulis, certe faibles, mais suffisamment conséquents pour amoindrir la
précision.
Afin de simplifier les configurations, les premières études expérimentales ou numériques ont
été faites avec des palettes à géométrie simplifiée, comme une plaque rectangulaire plane ou in-
curvée, utilisées par Barré et Kobus [8] ou Sliasas et Tullis [164]. Certains auteurs comme Coppel
[33] utilisent une géométrie simplifiée de palette Hachoir et d’autres comme Leroyer et coll. [115]
et Nørstrud et Meese [139] choisissent une géométrie réelle. Ce dernier choix semble le plus cohé-
rent étant donné que l’objectif est de reproduire un coup d’aviron réaliste et contemporain, et que
les efforts hydrodynamiques dépendent de la géométrie de la palette.
145
CHAPITRE 6. PRÉSENTATION DE LA DÉMARCHE
[Link].1 Avantages
— aucune approximation
— coup d’aviron dépendant de la dynamique du bateau et du rameur
— prise en compte du style du rameur
— plan d’eau libre et calme la plupart du temps
— instrumentation du bateau relativement peu coûteuse
[Link].2 Inconvénients
— obligation de disponibilités simultanées du(des) rameur(s), chercheurs et techniciens
— environnement instable, conditions météorologiques incertaines et potentiellement défavo-
rables
— précision limitée des mesures, soumises à de fortes incertitudes
— données non mesurables
— reproductibilité du geste dépendant des qualités du rameur
— encombrement des moyens de mesures sur l’embarcation provoquant gêne mineure pour le
rameur
146
6.1. OBJECTIFS
[Link].1, permettant la génération d’un coup d’aviron simplifié par la combinaison d’un mouve-
ment de translation du chariot dans le bassin des carènes et d’un mouvement de rotation de l’aviron
par rapport à une plateforme solidaire du chariot. Ces essais ont été réalisés à l’ECN en 1999.
[Link].1 Avantages
— environnement stable
— confiance accrue dans la précision des mesures, incertitudes limitées
— présence du rameur inutile
— geste reproductible, répétable
— indépendance du geste par rapport à la dynamique du bateau et du rameur, étude cloisonnée
de l’écoulement autour de la palette vis-à-vis du reste
[Link].2 Inconvénients
— simplification du coup d’aviron, absence de certaines composantes du coup d’aviron (at-
taque et dégagé)
— espace limité dans les trois dimensions spatiales :
• confinement du bassin (largeur du bassin limitée)
• effets de fond (profondeur du bassin limitée)
• régime transitoire amoindri (longueur du bassin limitée)
— indépendance du geste par rapport à la dynamique du bateau et du rameur
— coûts élevés de la conception et fabrication du matériel dédié aux mesures, de l’utilisation
du bassin des carènes, etc.
— asservissement en position du coup d’aviron (différente réaction par rapport à celle d’un
rameur)
147
CHAPITRE 6. PRÉSENTATION DE LA DÉMARCHE
148
6.2. SCHÉMATISATION DES CONFIGURATIONS D’ESSAI
crée
système propulsif
écoulement–mouvement propulsion
humain auto-asservi
F IGURE 6.2 – Schématisation d’un coup d’aviron en condition in situ (sur plan d’eau)
crée
système bras–aviron
écoulement–mouvement propulsion
motorisé
F IGURE 6.3 – Schématisation d’un coup d’aviron en condition ex situ (en laboratoire)
149
Chapitre 7
Interaction fluide–structure (IFS)
Dans ce chapitre, nous expliquons comment la cinématique de la palette est modifiée. En effet,
les efforts hydrodynamiques sur la palette entraînent la flexion du manche de l’aviron, ce qui a
pour conséquence de changer la trajectoire et l’orientation de la palette.
7.1.1 Généralités
La mécanique des interactions fluide–structure s’intéresse aux actions s’exerçant de manière
bilatérale entre deux milieux continus, l’un fluide, l’autre solide. Dans cette discipline sont étudiées
les modifications de la cinématique (position, vitesse et accélération) d’un corps solide, rigide ou
déformable, par l’écoulement de fluide qui l’entoure ou contenu dans celui-ci, et, en retour, les
variations de l’écoulement dues au mouvement de l’interface fluide–structure.
Cette discipline inclut de facto notre problème d’écoulement autour d’une palette d’aviron,
mais également une vaste étendue d’autres domaines d’application très variés intervenant dans
plusieurs secteurs : génie civil, industries automobile, aéronautique et maritime, biomécanique,
biomédical, etc. L’IFS ne doit pas être écartée de la phase de conception d’ouvrages ou de pièces
mécaniques et un exemple historique le prouve. Il s’agit du pont suspendu du détroit de Tacoma
(Washington, USA), détruit en 1940, quelques mois après son inauguration, sous l’effet d’un vent
de 65 km · h−1 ayant entraîné une instabilité aéroélastique en torsion. Après un peu plus d’une
heure de fortes oscillations du tablier, les câbles cédèrent et le pont d’effondra.
Dans les applications hydrodynamiques, il est nécessaire de prendre en compte les couplages
inertiels car les masses volumiques du fluide et de la structure sont souvent proches. Cela peut être
également vrai dans des applications aérodynamiques, quand la structure étudiée est très légère.
C’est le cas par exemple pour une voile et a fait l’objet de la thèse de Mathieu Durand [57].
L’intensité de l’interaction entre fluide et structure est d’autant plus importante que le rapport des
forces inertielles l’est. Cela provient des effets de masse ajoutée, dont la définition est donnée en
7.1.4.
151
CHAPITRE 7. Interaction fluide–structure (IFS)
où ξm l’état du domaine mobile Ω f (t), ξ f l’état des variables fluides (vitesse, pression, fraction
volumique, etc.), M f l’opérateur de déformation du milieu fluide et O f l’opérateur fluide avec
formulation ALE.
où ξs représente la cinématique si le corps est rigide et, en plus, les contraintes internes si celui-ci
est déformable, et Os l’opérateur structure.
domaine fluide Ω f
domaine structure Ωs
interface fluide–structure Γ
152
7.1. ALGORITHMES DE COUPLAGE POUR L’IFS ET STRATÉGIES DE CONVERGENCE DES
SIMULATIONS
c’est-à-dire
δ f = δs = δΓ
sur Γ, ∀t, . (7.3)
σ f + σs = 0
Il est possible de formaliser le problème couplé en faisant appel aux opérateurs de Steklov-
Poincaré. Ce sont des opérateurs d’interface habituellement utilisés dans les méthodes de décom-
position de domaine.
Le premier opérateur, noté S f , dit de Steklov-Poincaré, lie pour un domaine Ω f le déplacement
δ f à la contrainte σ f par la définition suivante
sur Γ, S f (δ f ) = σ f . (7.4)
Le second, noté Ss−1 , dit de Poincaré-Steklov ou opérateur inverse, lie pour un domaine Ωs la
contrainte σs au déplacement δs par la définition suivante
Ces deux opérateurs sont donc des fonctions de transfert exprimant l’évolution d’un domaine
volumique régi par des équations aux dérivées partielles directement sur l’interface fluide-structure.
Le problème couplé peut donc être exprimé à l’aide de ces deux opérateurs par une formulation se
restreignant à l’interface :
L’équation (7.6) permet de montrer que le couplage est intrinsèquement parallélisable puisque
les deux opérateurs associés aux problèmes fluide et structure sont résolus indépendamment. Par
la suite, nous ne décrivons pas les détails de chaque résolution mais nous nous intéressons aux
algorithmes de couplage permettant de résoudre le problème couplé à partir des deux problèmes
élémentaires.
153
CHAPITRE 7. Interaction fluide–structure (IFS)
En revanche, elle peut être difficile à mettre en œuvre car elle demande des connaissances
pointues à la fois en fluide et en structure. Le code est à réaliser à partir de rien et le résultat est
très complexe et difficile à maintenir ou généraliser. Par ailleurs, les simulations peuvent être très
coûteuses en temps CPU car la matrice du système est souvent mal préconditionnée (beaucoup de
termes extra-diagonaux).
154
7.1. ALGORITHMES DE COUPLAGE POUR L’IFS ET STRATÉGIES DE CONVERGENCE DES
SIMULATIONS
oui
non
oui convergence boucle IFS ? oui
oui
non non non
t ← t + ∆t condition d’arrêt t ← t + ∆t condition d’arrêt t ← t + ∆t condition d’arrêt
(a) Couplage explicite (b) Couplage implicite externe (c) Couplage implicite interne
(choisi dans le couplage présenté)
F IGURE 7.2 – Représentation de différents algorithmes de couplage IFS basés sur une approche
partitionnée
155
CHAPITRE 7. Interaction fluide–structure (IFS)
Pour la formulation (7.7) utilisant comme variable itérative les efforts, les actions suivantes
sont réalisées successivement à chaque itération :
— résolution du problème structure en prenant comme chargement le résultat du solveur fluide
de l’itération précédente,
— résolution du problème fluide en prenant comme déplacement le résultat de la résolution
du problème structure de l’itération en cours.
Vice-versa pour la formulation (7.8) utilisant comme variable itérative le déplacement où les
actions sont effectuées dans l’ordre suivant :
— résolution du problème fluide en prenant comme déplacement le résultat de la résolution
du problème structure de l’itération précédente,
— résolution du problème structure en prenant comme chargement le résultat du solveur fluide
de l’itération en cours.
Il faut noter que, à chaque passage dans un solveur, une résolution complète est faite et cela
entraîne des coûts de calcul importants. Les propriétés de convergence d’un tel algorithme sont
moindres qu’avec une approche monolithique. Il n’est d’ailleurs pas certain d’atteindre la conver-
gence quand le couplage physique est fort entre les deux milieux, c’est-à-dire quand les effets de
masses ajoutées sont importants (définition en [Link]).
Méthode de Newton
Dans le même but d’améliorer la convergence, une méthode de Newton est parfois utilisée. Elle
possède une convergence quadratique, donc bien meilleure que celles présentées précédemment.
En revanche, elle nécessite l’évaluation de la matrice jacobienne du solveur fluide et donc un
travail conséquent et intrusif dans le solveur fluide.
156
7.1. ALGORITHMES DE COUPLAGE POUR L’IFS ET STRATÉGIES DE CONVERGENCE DES
SIMULATIONS
La résolution du problème structurel est très peu coûteuse donc, même si elle est faite de fa-
çon complète, le coût du problème de couplage est alors équivalent à un calcul purement fluide,
ce qui est un avantage considérable vis-à-vis des autres algorithmes présentés. De plus, la solu-
tion convergée obtenue est alors la même qu’avec une approche monolithique, si toutefois il y a
convergence.
L’inconvénient majeur de cet algorithme est qu’il est nécessaire d’intervenir dans le code fluide
pour effectuer les échanges de données avec le solveur fluide au sein d’une itération de couplage.
f = f¯ − ma γ (7.10)
1. La masse ajoutée est aussi appelée masse virtuelle, force de masse ajoutée, effort d’inertie du fluide ou encore
masse apparente.
157
CHAPITRE 7. Interaction fluide–structure (IFS)
L’opérateur de masse ajoutée physique, qui est basé sur une réponse instantanée du fluide à
une accélération impulsionnelle du corps considéré, généralise l’opérateur de masse ajoutée à fré-
quence infinie déduit des approches utilisées pour les codes potentiels linéaires. Pour éviter tout
recours à un code externe à ISIS-CFD, une méthode de calcul de l’opérateur de masse ajoutée a
été intégrée dans ce dernier. Elle est basée sur la résolution du champ de pression dûe à une accé-
lération unitaire du corps rigide. Comme cette accélération est brutale et met en jeu des échelles
de temps très petites, l’équation de Navier-Stokes se résume à l’équation
∂~ũ 1 −→
= − ∇ p̃ , (7.11)
∂t ρ
où ~ũ est le champ de vitesse brutalement généré et p̃ est le champ de pression additionnel répondant
à la perturbation ~ũ [167, 189].
En prenant la divergence de (7.11), en utilisant le théorème de Green-Ostrogradski, et en se
servant du fait que la vitesse ~ũ est à divergence nulle, il vient alors une relation ci-dessous, définie
sous la forme volumes finis : ‹
1 −→
− ∇ p̃ ·~n dS = 0 . (7.12)
S ρ
Cette dernière équation doit être résolue avec une condition aux limites de Neumann pour p̃
et avec une accélération unitaire γb imposée à la surface du corps considéré pour un certain DDL
(une équation pour chacun des six DDL), nulle sur les parois des éventuels autres corps :
1 −→ ∂ u~eb
− ∇ p̃ ·~n = ·~n = γb ·~n sur la paroi du corps considéré. (7.13)
ρ ∂t
Finalement, la matrice de masse ajoutée est définie par
‹
−
p̃/ j ~n dS ·~ei pour j = 1, 2, 3 (DDL en translation)
S
− MAi j = ‹ ,
− p̃/ j (~x −~xG ) ∧~n dS ·~ei−3 pour j = 4, 5, 6 (DDL en rotation)
S
(7.14)
où p̃/ j est le champ de pression artificiel obtenu lorsque le DDL j du corps rigide subit une accélé-
ration unitaire γb i .
L’équation (7.12) est assez similaire à l’équation de pression utilisée pour résoudre l’écoule-
ment avec l’écoulement réel. La forme de la surface libre est naturellement prise en compte par la
variation spatiale de la masse volumique ρ quand un écoulement multifluide est considéré. Aucune
équation supplémentaire n’a besoin d’être résolue pour prendre en compte la position de la surface
libre. Ce n’est pas le cas quand un solveur d’écoulement potentiel est utilisé parce que la cinéma-
tique et la dynamique des conditions aux limites sur la surface libre doivent aussi être respectée.
De plus, aucun maillage additionnel n’est requis.
Cette évaluation de l’opérateur de masse ajoutée est coûteuse car elle repose sur la résolution
d’un problème elliptique, très consommateur en ressources dans ISIS-CFD. Cependant, il n’est pas
nécessaire d’avoir une grande précision sur l’évaluation de cette opérateur, en particulier sur son
évolution temporelle. Il est utilisé pour stabiliser les couplages fluide-structure, comme indiqué en
7.1.5 et 7.5, et il suffit de l’évaluer par exemple une fois toutes les 10 ou 20 itérations temporelles,
quand l’écoulement varie de manière importante.
158
7.1. ALGORITHMES DE COUPLAGE POUR L’IFS ET STRATÉGIES DE CONVERGENCE DES
SIMULATIONS
m γ = fe + f (7.15)
où γ est l’accélération du corps, f les efforts exercés par le fluide et fe les efforts extérieurs suppo-
sés indépendants de l’accélération.
Avec la décomposition de f décrite dans l’équation (7.10), il est possible de réécrire (7.15)
comme
m γ = fe + f¯ − ma γ , (7.16)
où la masse ajoutée ma est supposée constante pour simplifier le raisonnement.
Dans un algorithme de couplage explicite comme décrit en [Link].1, la structure répond alors
à l’équation
m γ n+1 = fe n + f¯ − ma γ n , (7.17)
où n désigne l’instant convergé du pas de temps précédént et n + 1 l’instant sur lequel nous sou-
haitons calculer l’état des variables.
Nous étudions la stabilité en suivant l’évolution d’une perturbation εγ en accélération. L’équa-
tion (7.17) devient alors
n
m γ n+1 + εγ n+1 = fe n + f¯ − ma γ n + εγ n . (7.18)
159
CHAPITRE 7. Interaction fluide–structure (IFS)
n+1
m γ n+1 n+1
k+1, tmp = f e k + f¯ k − ma γ n+1
k (7.26)
et
γ n+1 n+1 n+1
k+1 = r γ k+1, tmp + (1 − r) γ k . (7.27)
La substitution de γ n+1
k+1, tmp dans (7.27) conduit à
m γ n+1 fe n+1 ¯ n+1 γ n+1
+ (1 − r) m γ n+1
k+1 = r k + f k − ma k k . (7.28)
160
7.1. ALGORITHMES DE COUPLAGE POUR L’IFS ET STRATÉGIES DE CONVERGENCE DES
SIMULATIONS
∂ Ff ∂ Ff ∂ x ∂ Ff ∂ ẋ ∂ Ff ∂ ẍ
= + + , (7.30)
∂d ∂x ∂d ∂ ẋ ∂ d ∂ ẍ ∂ d
où les trois termes représentent dans l’ordre la matrice de raideur fluide (dépendant de la posi-
tion x), la matrice d’amortissement fluide (dépendant de la vitesse ẋ) et la matrice d’inertie du
fluide ou de masse ajoutée (dépendant de l’accélération ẍ).
Les schémas en temps relient intrinsèquement position, vitesse et accélération et il en est de
même pour les incréments ou correction sur ces trois variables. Ainsi, pour le schéma BDF2 utilisé
dans ISIS-CFD, la vitesse et l’accélération à l’instant tc s’expriment respectivement en fonction
des deux instants précédents t p et tq par
ẋc = ec xc + e p x p + eq xq (7.31)
et
ẍc = ec ẋc + e p ẋ p + eq ẋq . (7.32)
Imposer un incrément de position δ x a alors pour conséquence deux incréments de vitesse et
d’accélération respectivement définis par
et
ẍc + δ ẍ = ec (ẋc + δ ẋ) + e p ẋ p + eq ẋq . (7.34)
Par soustractions, nous obtenons alors l’évolution des incréments de vitesse et d’accélération
en fonction de l’incrément de position, définis respectivement par
δ ẋ = ec δ x et δ ẍ = ec 2 δ x , (7.35)
3
en sachant que ec = 2 ∆t , en allégeant la notation pour le pas de temps avec ∆t = ∆t(tc ).
161
CHAPITRE 7. Interaction fluide–structure (IFS)
Pour un déplacement imposé par une variation d’incrément δ x sur un pas de temps ∆t très petit,
la variation d’efforts fluides vis-à-vis de la cinématique de l’interface répond donc essentiellement
par le terme d’accélération, d’où l’approximation suivante
2
∂ Ff 3 ∂ Ff
≈ , (7.37)
∂ d ∆t→0 2 ∆t ∂ ẍ
162
7.2. MODÈLES DE FLEXION DE L’AVIRON
[Link] Hypothèses
Nous confrontons ici la théorie des poutres que nous avons énoncée en A.6 et que nous utili-
sons, avec la réalité de notre configuration.
1. Problème quasi-statique : nous estimons que les phénomènes sont suffisamment lents
(c’est-à-dire avec des fréquences assez éloignées de la résonance du manche) et continus
pour aborder ce problème comme une suite de problèmes statiques.
2. Notions de poutre : le manche peut être considéré comme une poutre au sens des condi-
tions énoncées en A.6.1.1. La palette est considérée comme étant rigide car ses déforma-
tions sont suffisamment faibles dans les conditions d’utilisation usuelles, en particulier par
rapport à celles du manche.
3. Petites déformations : hypothèse vérifiée car la flèche maximale à l’emplanture ne dépasse
pas 10 % de la longueur totale du manche.
4. Matériau continu, homogène et isotrope : le dernier point n’est pas totalement vrai mais
nous faisons comme si c’était le cas, à défaut de pouvoir utiliser une meilleure modélisation.
En effet, les avirons sont fabriqués avec des matériaux composites (PRFC) ne vérifiant pas
ces propriétés.
5. Flexion plane : nous considérons uniquement la flexion dans le plan passant par l’axe
du manche et normal à la surface de poussée de la palette. Les autres sollicitations sont
négligées, comme la traction/compression, la torsion ou la flexion dans le plan passant par
l’axe du manche et parallèle à la surface de poussée de la palette.
6. Actions mécaniques : c’est sur ce point que la difficulté principale se situe et que les
modèles proposés par la suite se différencient. Dans l’approche idéalisée, nous considérons
que l’effort hydrodynamique est caractérisé par un torseur glisseur dont la force s’applique
en un point de la palette, situé approximativement à mi-corde.
163
CHAPITRE 7. Interaction fluide–structure (IFS)
y
~Fh
B (0, 0) D (Le , 0) x
A (−Li , 0)
E (Le + l, 0)
~j f
α
~k ~i
[Link] Repère
Le repère du problème a pour origine le point B. Le premier vecteur de base, ~i, est orienté
suivant l’axe du manche non déformé, dirigé de la poignée vers la palette. Le second vecteur, ~j, est
dans le plan de flexion, normal au premier vecteur et dirigé comme la normale sortante de la surface
de poussée de la palette. Le troisième vecteur ~k complète la base tridimensionnelle pour former
une base orthonormée directe. Nous nommons Rm ce repère (B,~i, ~j,~k) lié au manche (d’indice m).
164
7.2. MODÈLES DE FLEXION DE L’AVIRON
le symbole ∅ signifiant que les efforts sont nuls ou ne sont pas considérés car le problème est
bidimensionnel.
Nous appliquons le principe fondamental de la statique (PFS) sur la palette et nous avons alors
les équations
∑ F~ ext→p = ~0 (7.38)
et
∑ ~D F
M ~ ext→p = ~0 . (7.39)
La projection de l’équation (7.38) sur les vecteurs~i puis ~j et de l’équation (7.39) sur le vecteur
~k permettent d’obtenir respectivement les résultats suivants
— l’appui en B, symbolisant l’effort de la dame de nage (indice d) sur l’aviron, modélisé par
le torseur
0 ∅
{T (d → m)} = YB, d→m ∅ ,
∅ 0 B, R
m
Nous appliquons le PFS sur le manche et nous avons alors les équations
∑ F~ ext→m = ~0 (7.41)
et
∑M
~B F~ ext→m = ~0 . (7.42)
165
CHAPITRE 7. Interaction fluide–structure (IFS)
Le + l
YA, r→m = − Fh , (7.45)
Li
Zone [BD]
Nous isolons le tronçon S+ de la zone BD. Il n’est soumis qu’à l’action de encastrement en D.
Nous avons donc la relation suivante
166
7.2. MODÈLES DE FLEXION DE L’AVIRON
dy
et sa dérivée dx est donnée par
Fh Le +l 1 2 Li2
dy − E IG Li 2 x + L i x + 3 x ∈ [−Li , 0]
(x) = z . (7.53)
dx Fh 1 2 Li (Le +l)
E IG 2 x − (Le + l) x − 3 x ∈ [0, Le ]
z
et
dy Fh Le Li Li
α = (x = Le ) = − + Le + Le + l . (7.55)
dx E IGz 2 3 3
167
CHAPITRE 7. Interaction fluide–structure (IFS)
−→
Si ce torseur est un glisseur alors il existe un point Q, tel que DQ = (a, b, c)Rm , vérifiant la
relation suivante
~Q F
M ~ h→p = ~0 = M ~D F ~ h→p + − → ~
DQ ∧ F h→p . (7.57)
La projection sur l’axe~k0 de l’équation 7.57 donne alors un centre de poussée hydrodynamique
a une position telle que
ND, h→p
a= . (7.58)
YD, h→p
l’équation (7.57) projetée sur les trois axes de la base associée à Rm conduit au système suivant
ZD, h→p b −YD, h→p c = LD, h→p (7.60)
−ZD, h→p a + XD, h→p c = MD, h→p (7.61)
YD, h→p a − XD, h→p b = ND, h→p (7.62)
où a, b et c sont les inconnues. Le système peut être écrit sous forme matricielle par l’équation
A X = B comme suit
0 ZD, h→p −YD, h→p a LD, h→p
−ZD, h→p 0 XD, h→p b = MD, h→p . (7.63)
YD, h→p −XD, h→p 0 c ND, h→p
| {z } | {z } | {z }
A X B
La matrice A associée au système est antisymétrique et son déterminant est nul. Cela veut donc
dire que soit le système d’équations n’a pas de solution, soit il en a une infinité.
Après diverses manipulations des équations (7.60), (7.61) et (7.62), nous obtenons la relation
de compatibilité suivante
XD, h→p LD, h→p + YD, h→p MD, h→p + ZD, h→p ND, h→p = 0 . (7.64)
168
7.2. MODÈLES DE FLEXION DE L’AVIRON
signifiant que le moment au point D dû à la force hydrodynamique sur la palette doit être orthogonal
à la résultante associée. Si cette condition n’est pas vérifiée, alors il n’existe pas de solution au
système d’équations et le torseur associé aux efforts hydrodynamiques sur la palette n’est pas un
glisseur.
φ [°] −4 0
ψ [°] 1,100 1,138 2,420 1,700 1,800 1,835
Fy [N] −0,218 −0,030 6,468 −0,315 0,177 0,347
Mz [N · m] 5,254 5,323 7,697 5,121 5,299 5,362
~ h→p · M
F ~ h→p ) [N · m2 ]
~ D (F 17,856 18,037 18,063 17,799 17,953 17,978
Tableau 7.1 – Extrait des résultats de simulations numériques pour trouver la position de portance
nulle. Efforts exprimés dans la base associée à la palette.
Le tableau 7.1 donne les efforts obtenus à convergence et exprimés dans la base associée à la
palette, pour deux jeux de configuration différents, le premier avec un angle de roulis de φ = −4°
et le second avec avec φ = 0°. Dans chaque jeu, trois angles de balayage ψ sont utilisés. Pour ces
trois angles, un premier donne un effort Fy (normal à la palette) légèrement négatif, un autre donne
Fy légèrement positif et le dernier angle permet d’avoir Fy ≈ 0. Or, pour chaque jeu, le moment Mz
reste quasi-constant et, en particulier, ne change pas de signe.
Si nous cherchons un centre de poussée hydrodynamique sur l’axe de l’aviron, alors l’équation
(7.62) avec b = 0, est impossible à vérifier car Fy ≈ 0 et Mz > 0.
Par ailleurs, la résultante et le moment au point D ne sont pas orthogonaux, alors l’équation de
compatibilité (7.65), nécessaire pour trouver un centre de poussée, n’est pas vérifiée.
Il est donc impossible de trouver un point de réduction pour le torseur des efforts hydrodyna-
miques donnant un moment nul. Cela atteste de la présence d’un couple pur s’exerçant sur la
palette.
169
CHAPITRE 7. Interaction fluide–structure (IFS)
relier les déflexions au moment de flexion pris en un point particulier de la poutre. Ce point est
pris sur une section du levier extérieur, pour des raisons pratiques. Dans la configuration étudiée au
chapitre 8, ce point est à une distance Lc de l’emplanture et correspond à l’emplacement de jauges
de contraintes placées sur le manche. Dans la configuration du chapitre 9, il s’agit alors du point B.
Appelons alors C ce point et celui-ci sera à une distance Lc de l’emplanture différente suivant le
cas étudié.
Le modèle de flexion proposé, que nous notons
1 , est alors le suivant
M f z (C) = Klin f
, (7.66)
M f z (C) = Kang α
où les coefficients Klin et Kang sont évalués expérimentalement, pour une flèche f à la position
x = Le et une charge appliquée en Le + l. Ce modèle a l’avantage de lier les deux déflexions entre
elles par la relation α = KKang
lin
f . Cette caractéristique permet notamment d’obtenir un couplage
stable en utilisant uniquement une stabilisation par le coefficient de masse ajoutée MA22 .
Il est alors assez clair que, en présence d’un couple pur, le moment de flexion est modifié et
les coefficients de proportionnalité du modèle sont inadaptés à cette situation. Le modèle présenté
ci-après permet de tenir compte d’un éventuel couple pur.
y
~F
B (0, 0) D (Le , 0) x
A (−Li , 0) |
~
M E (Le + l, 0)
~j f
α
~k ~i
En toute rigueur, il faudrait effectuer les mêmes développements que ceux effectués pour l’ap-
proche idéalisée en 7.2.1 pour formuler les lois d’évolution des déflexions linéaire et angulaire.
170
7.2. MODÈLES DE FLEXION DE L’AVIRON
Etant donné que la démarche est quasi-identique, nous avons choisi de ne donner que les princi-
paux résultats, par soucis de concision.
Les efforts hydrodynamiques sont exprimés par le torseur
0 ∅
{T (h → p)} = −Fh ∅ . (7.67)
∅ −Mh D, R
m
et
Li2
dy − E IG 2 x + Li x + 3 Mh +L
1 1 2
L
e Fh
x ∈ [−Li , 0]
z h i i
(x) = . (7.73)
dx − 1 x + Li
Mh + − 1 2
x + Le x + Li Le
Fh x ∈ [0, Le ]
E IG z 3 2 3
et
dy 1 Li Le Li
α = (x = Le ) = − Le + Mh + + Le Fh . (7.75)
dx E IGz 3 2 3
171
CHAPITRE 7. Interaction fluide–structure (IFS)
Les déflexions obtenues sont donc des sommes de fonctions linéaires en Fh et Mh . Les coef-
ficients dépendent du produit E IGz . Celui-ci varie le long du manche de l’aviron parce que les
caractéristiques géométriques et mécaniques ne sont pas constantes. Laschowski et coll. [109] font
également mention de cette variation. Cependant, nous avons fait l’approximation que E IGz est
constant pour simplifier les développements. Nous avons alors défini sa valeur comme celle prise
au point D et nous l’avons déterminé avec les essais de flexibilité effectués sur banc de mesure (cf.
7.3.3). Toutefois, nous utiliserons une valeur spécifique (E I)lin à la déflexion linéaire et une autre
(E I)ang pour la déflexion angulaire car les valeurs obtenues par les mesures sont très différentes
(cf. section 7.3).
où a, b, c et d sont des paramètres dépendants des longueurs Le , Li et l et soit des coefficients Klin et
Kang soit des produits (E I)lin et (E I)ang . Nous mettons
1 ou
2 en exposant de chaque expression
de constante pour désigner le modèle correspondant.
Le modèle
1 s’écrit alors, d’après son expression (7.66), avec les coefficients suivants
1 1 1 Le 1 1 1 Le
a
= , b
= , c
= et d
= . (7.77)
Klin Klin Kang Kang
Le modèle
2 , d’après les équations (7.74) et (7.75), possèdent les coefficients ci-dessous
1 Le Li 1 L2
2
a = + Le , 2
b
= (Le + Li ) e ,
(E I)lin 2 3 (E I)lin 3
2
1 Li 2
1 Le Li
c = Le + et d = + Le . (7.78)
(E I)ang 3 (E I)ang 2 3
0 et K
Nous verrons en 7.3.3 que Klin = (Le + l) Klin 0
ang = (Le + l) Kang . Par ailleurs les produits
0 et K 0 , par
(E I)lin et (E I)ang peuvent respectivement s’écrire en fonction de Klin ang
0 Le Le Li
(E I)lin = Klin Le (Le + Li ) + + l , (7.79)
3 2 3
et
0 Le Li Li
(E I)ang = Kang + Le + Le + l . (7.80)
2 3 3
172
7.2. MODÈLES DE FLEXION DE L’AVIRON
Après introduction dans les expressions des coefficients de chaque modèle, nous obtenons,
après quelques manipulations, les résultats suivants
Le Li
+ (Le + l) Le +Li
2
1
2 3
1
2 1
3 (Le + l) 1
a =a > a , b = b Le +Li Le l
< b
,
Le Li Le2 (Le + l) + 6
2 + 3 (Le + l) − 6 3
Le + L3i (Le + l) + L3i (Le + l)
Le
2
2 1 1 2 1 1
c
= c
> c
et d
= d
< d
.
Li Le2 Le Li Le l
Le + 3 (Le + l) − 2 2 + 3 (Le + l) + 2
En utilisant les longueurs de la configuration proposée au chapitre 9, c’est-à-dire Le = 1,5575 m,
Li = 0,8 m et l = 0,2575 m, alors les modèles se différencient par les rapports de coefficients sui-
vants
2 2 2 2
a
b
c
d
= 1,271 , = 0,955 , = 1,578 , = 0,904 .
a
1 b
1 c
1 d
1
Ces rapports de coefficients traduisent le fait que, par exemple, si la palette n’est soumise à
aucun effort Fh mais qu’il existe un couple pur Mh 6= 0, alors la déflexion linéaire obtenue par le
modèle
2 sera 27,1 % plus élevée qu’avec le modèle
1 et la déflexion angulaire sera augmentée
de 57,8 %.
173
CHAPITRE 7. Interaction fluide–structure (IFS)
Sur la Figure 7.5, les mesures sont faites avec deux avirons de caractéristiques mécaniques
identiques, l’un bâbord, l’autre tribord, orientés tête-bêche et palettes à la verticale. Le chargement
exercé est alors dans un plan horizontal à une distance l de l’emplanture. La flèche est mesurée au
niveau de l’emplanture. Dans une autre configuration, la mesure est faite sur un seul aviron, dont
la palette est orientée horizontalement et avec une charge verticale. La Figure 7.6 page suivante
représente alors cette configuration.
7.3.2 Mesures
Deux types d’aviron ont été testés, chacun correspondant à une configuration expérimentale.
Les mesures concernant les avirons utilisés pour les essais en conditions in situ sont représentées
sur la Figure 7.7 page ci-contre et correspondent exactement à ce qui est fait sur la Figure 7.5, à
savoir qu’un chargement est imposé symétriquement à un couple d’aviron, générant un moment de
flexion mesuré sur une section du levier extérieur de l’aviron et des déflexions linéaire et angulaire
au niveau de l’emplanture. La Figure 7.7 donne les évolutions des deux déflexions en fonction du
moment de flexion. Celles-ci sont alors parfaitement linéaires, comme ce que nous avons obtenu
174
7.3. EVALUATION DE LA FLEXIBILITÉ DE L’AVIRON
y
~Fc = mc ~g
C (Le − Lc , 0)
B (0, 0) D (Le , 0) x
|
A (−Li , 0)
E (Le + l, 0)
~j f
α
~k ~i
pour l’expression du torseur de cohésion (7.50). Les hypothèses effectuées pour utiliser la théorie
des poutres sur le manche de l’aviron n’étaient alors pas certaines d’être vérifiées. A posteriori et
pour les chargements appliqués, elles le sont.
0.15
0.10
0.10
−α [rad]
− f [m]
0.05
0.05
0.00 0.00
0 100 200 300 400 0 100 200 300 400
−M f z (C) [N · m] −M f z (C) [N · m]
(a) déflexion linéaire en fonction du mo- (b) déflexion angulaire en fonction du mo-
ment de flexion en C ment de flexion en C
F IGURE 7.7 – Mesures des déflexions linéaire et angulaire à l’emplanture (point D) en fonction du
moment de flexion aux jauges (point C) pour l’aviron utilisé dans les conditions in situ
Les mesures de l’aviron utilisé pour les essais en bassin des carènes sont représentées sur la
Figure 7.8 page suivante. Dans ce cas, le moment de flexion au point B est lié au chargement Fc
imposé sur la palette par ajout d’une masse. Les deux graphes de la Figure 7.8 donne alors les lois
d’évolution des déflexions directement en fonction de Fc . Ces deux lois sont à nouveau linéaires.
Des régressions linéaires ont été effectuées pour les quatre mesures et les résultats sont pré-
0 et K 0 ainsi que le carré
sentés dans le Tableau 7.3 page suivante. Les coefficients des pentes Klin ang
2 2
des coefficients de corrélation rlin et rang sont donnés. Les ordonnées à l’origine des régressions
linéaires sont très faibles et nous avons décidé de ne pas les indiquer.
175
CHAPITRE 7. Interaction fluide–structure (IFS)
0.10
0.10
−α [rad]
− f [m]
0.05
0.05
0.00 0.00
0 50 100 150 200 0 50 100 150 200
−Fc (C) [N] −Fc (C) [N]
(a) déflexion linéaire en fonction du charge- (b) déflexion angulaire en fonction du char-
ment Fc gement Fc
F IGURE 7.8 – Mesures des déflexions linéaire et angulaire à l’emplanture (point D) en fonction du
chargement sur la palette (point E) pour l’aviron utilisé dans les essais en bassin des carènes
0
Klin 0
Kang 2
rlin 2
rang
aviron – essais in situ 3,1473 · 10−4 N−1 3,8521 · 10 N−1 · m−1
−4 0,999 962 0,999 994
aviron – essais en bassin 5,3007 · 10−4 m · N−1 6,1558 · 10−4 N−1 1 0,999 960
Tableau 7.2 – Résultats des régressions linéaires des mesures de flexibilité sur les avirons
Pour les essais en bassin, nous avons utilisé les deux modèles. Les mesures effectuées sur
l’aviron donne des évolutions linéaires des déflexions linéaire et angulaire par rapport au charge-
ment. Nous notons Klin 0 et K 0 les coefficients associés à ces lois linéaires, vérifiant F = K 0 f et
ang c lin
Fc = Kang α. Ils sont définis comme étant l’inverse des coefficients trouvés dans le Tableau 7.3 :
0
0 = (K 0 )−1 et K 0 = (K 0 )−1 . Le moment de flexion au point B, c’est-à-dire où les cap-
Klin lin ang ang
teurs sont placés dans les essais en bassin, est défini par M f z (B) = −(Le + l) Fc . Les coefficients
Klin et Kang liant M f z (B) à, respectivement, f et α sont donc définis par Klin = (Le + l) Klin 0 et
0
Kang = (Le + l) Kang . Les produits (E I)lin et (E I)ang sont calculés par les relations (7.79) et (7.80)
en utilisant les longueurs Le = 1,5575 m, Li = 0,8 m et l = 0,2575 m. Tous les résultats numériques
sont également dans le Tableau 7.3.
176
7.4. CINÉMATIQUE THÉORIQUE DE LA PALETTE
177
CHAPITRE 7. Interaction fluide–structure (IFS)
(a) Angle de balayage (b) Angle d’immersion (c) Angle de roulis (signe
contraire à l’angle de coiffe)
F IGURE 7.9 – Définition des angles de Cardan donnant l’attitude de l’aviron par rapport au bateau
2. Le blocage de Cardan ne risque pas d’arriver pour un coup d’aviron puisqu’il faudrait que le manche soit à la
verticale, ce qu’il ne représente pas une configuration souhaitable.
178
7.4. CINÉMATIQUE THÉORIQUE DE LA PALETTE
δsrelaxé
F IGURE 7.10 – Schéma du couplage IFS pour le coup d’aviron, où σ f est le chargement fluide et
δs le déplacement de la palette
référence. Le choix de placer le corps dans une configuration de référence pour le maillage, et
non dans une configuration dite primaire où les angles de Cardan sont nuls (cf. Figure 7.11 page
suivante), s’explique par le fait que nous utilisons une déformation de maillage pour certains DDL
de la palette. Or, le maillage peut être très dégradé si les déplacements sont trop importants. Se
rapprocher des position et orientation moyennes (pour les DDL posant problème, c’est-à-dire ceux
ne laissant pas invariant la surface libre), permet d’éviter la dégradation de la qualité du maillage.
En revanche, il est plus aisé d’exprimer les lois de mouvement (procédure expliquée en [Link])
dans la configuration primaire. Dans ISIS-CFD, une étape préalable à la définition de la posi-
tion consiste alors à replacer le corps dans sa configuration primaire. Il s’agit donc d’effectuer
une rotation Br vers la base B0 , c’est-à-dire la transformation RXY Z (−φ2r , −θ1r , −ψ0r ) inverse de
RZY X (ψ0r , θ1r , φ2r ). Cette rotation s’exprime par le quaternion ci-dessous, produit de quaternions
associés aux rotations intermédiaires et exprimés dans B0 :
r r
φ2r θ1 ψ0
cos − 2 cos − 2 cos − 2
r
φ
sin − 22 0 0
QBr B0 = . (7.82)
θ r
1
0 sin − 2 0
ψr
0 0 sin − 20
H0 H0 H0
Cette étape préalable ne concerne que l’orientation puisque cette rotation s’effectue autour du
point de référence qui n’est donc pas affecté. Par contre, la position initiale du point de référence
doit être prise en compte pour la génération des lois de mouvement, qui sont données en écart par
rapport à cette configuration de référence.
179
CHAPITRE 7. Interaction fluide–structure (IFS)
Bréférence Bprimaire
G configuration de référence
(position du corps
dans le maillage)
configuration
primaire
chapitre 8. Il faut alors, en fonction des différents paramètres et réglages, transformer les données
mesurées (angles de Cardan de l’aviron et vitesse ou accélération du bateau) en cinématique de
l’emplanture. Les lois peuvent être aussi des fonctions analytiques, comme dans la configuration
du chapitre 9.
Dans le cas général, la palette possède six DDL : les trois translations exprimées dans la base
B0 et les trois rotations permettant de passer de la base B0 à la base Ba . Comme nous nous
intéressons à la phase propulsive du coup d’aviron et que l’angle de roulis de la palette ne varie
pas ou très peu pendant cette phase, nous avons choisi de fixer ce DDL dans le chapitre 8. Pour les
simulations reproduisant la configuration en bassin (chapitre 9), il n’y a qu’une seule rotation d’axe
vertical. L’emplanture se déplace alors dans un plan horizontal, tout du moins pour son mouvement
imposé 3 .
[Link].1 Translations
Soit R0 (O, B0 ) le repère de la configuration primaire. Soit D = (x, y, z)B0 le point représentant
l’emplanture et D0 = (x0 , y0 , z0 )B0 ce même point au temps t = 0. Les lois de translations sont
−−→
donc l’expression du vecteur D0 D(t) dans la base B0 au cours du temps t.
−→
La position de la palette, avec manche rigide, est ainsi définie par le vecteur OD(t) tel que
x0 x(t) − x0
−→ y0
OD(t) = + y(t) − y0 . (7.83)
z0 R z(t) − z0 B
| {z 0 } | {z 0
}
position initiale lois de translation
[Link].2 Rotations
Comme dit précédemment, il est plus facile d’exprimer formellement les lois de rotation dans
la configuration primaire pour exprimer l’orientation des corps. Cependant, dans ISIS-CFD les
3. La flexibilité du manche crée une translation verticale et une rotation dans un plan non horizontal.
180
7.4. CINÉMATIQUE THÉORIQUE DE LA PALETTE
lois angulaires imposées sont données en écart par rapport à la configuration de référence. La
connaissance de ces écarts et des angles de Cardan de référence (ψ0r , θ1r , φ2r ) permet au solveur de
calculer les angles de Cardan par rapport à la configuration primaire (ψ0 , θ1 , φ2 ). Les trois rotations
à appliquer se résument par le produit de quaternions suivant
ψ0 θ1 φ2
cos 2 cos 2 cos 2
0 0 sin φ22
QB0 Ba = . (7.84)
θ
0 sin 1 0
2
ψ0
sin 2 0 0
H0 H0 H0
Etant donné que le maillage initial est dans la configuration de référence liée à la base Br , deux
rotations sont alors appliquées par le produit de quaternions suivant
Suivant les modèles de flexion du manche mis en place en 7.2, la déflexion linéaire est une
translation de l’emplanture suivant le second axe ~ja de la base Ba . Soit D f le point correspondant
−−→
à l’emplanture après fléchissement du manche. Le vecteur DD f (t) correspondant à la flexion de
valeur algébrique f est donné par
−−→
DD f (t) = f (t) ~ja , (7.86)
et le vecteur ~ja s’exprime dans B0 , en prenant la deuxième colonne de la matrice donnée à l’équa-
tion (A.30), par
cos ψ0 sin θ1 sin φ2 − sin ψ0 cos φ2
~ja = sin ψ0 sin θ1 sin φ2 + cos ψ0 cos φ2 . (7.87)
cos θ1 sin φ2 B 0
La position de l’emplanture avec manche fléchi, exprimée dans R0 , est donc donnée par le
−−→
vecteur OD f (t) défini par
x0 x(t) − x0 cos ψ0 sin θ1 sin φ2 − sin ψ0 cos φ2
−−→
OD f (t) = y0 + y(t) − y0 + f (t) sin ψ0 sin θ1 sin φ2 + cos ψ0 cos φ2 . (7.88)
z0 R z(t) − z0 B cos θ1 sin φ2 B0
| {z 0 } | {z 0
} | {z }
position initiale lois de translation déflexion linéaire
181
CHAPITRE 7. Interaction fluide–structure (IFS)
q q q
Notons (xcf , ycf , zcf ) les coordonnées D f dans R0 au temps courant tc . (x pf , y pf , z pf ) et (x f , y f , z f )
sont ces mêmes coordonnées au temps précédents t p et t p respectifs. La vitesse du point D f est
obtenue, suivant la dérivation avec le schéma BDF2, par la formule suivante
q
−−→ ! ẋc xc x pf xf
d OD f (t) f f p q
= c
ẏ f = ec c
y f + ep
y f
+ eq
y f , (7.89)
dt q
R0 żcf zcf z pf zf
R0 R0 R0 R0
Suivant les modèles de flexion du manche mis en place en 7.2, la déflexion angulaire est une
rotation d’un angle algébrique α de la palette suivant l’axe (D,~ka ), où ~ka est le troisième vecteur
de la base Ba , exprimé dans B0 par
cos ψ0 sin θ1 cos φ2 + sin ψ0 sin φ2
~ka = sin ψ0 sin θ1 cos φ2 − cos ψ0 sin φ2 . (7.91)
cos θ1 cos φ2 B 0
182
7.4. CINÉMATIQUE THÉORIQUE DE LA PALETTE
f
angles de Cardan (ψ0 c , θ1 cf , φ2 cf ), tenant compte de la déflexion angulaire, en fonction des coor-
données du quaternions Qcf :
ψ0 cf = arctan2 2 q f c1 q f c2 + q f c0 q f c3 , 2 (q f c0 )2 + (q f c1 )2 − 1
θ1 cf = − arcsin 2 q f c1 q f c3 − q f c0 q f c2 , θ1 cf ∈ − π2 , π2 . (7.94)
c c
φ2 cf = arctan2 2 q f 2 q f 3 + q f c0 q f c1 , 2 (q f c0 )2 + (q f c3 )2 − 1
Les dérivées première et seconde par rapport au temps des angles de Cardan sont obtenues
de façon similaires à la vitesse et à l’accélération linéaires, c’est-à-dire comme dans les équations
(7.89) et (7.90).
Le conjugué Q̄cf de Qcf est défini par la relation (A.35) et sa dérivée par rapport au temps
dQcf
dt = Q̇cf par la relation (A.41). Avec ces deux quaternions, nous déduisons le vecteur rotation ~Ωcf
en passant par son quaternion associé, Ω cf , défini comme suit
c c c
Ω f = ℑ 2 Q̇ f Q̄ f , (7.95)
183
CHAPITRE 7. Interaction fluide–structure (IFS)
7.5.1 Stabilisation via la masse ajoutée du couplage IFS avec usage du mo-
dèle simplifié de flexion de l’aviron
Pour le modèle simplifié de flexion du manche d’aviron, défini par la relation (7.66), nous
modifions la position de la palette sur deux DDL mais ceux-ci sont reliés entre eux. La stabilisation
de l’un entraîne alors la stabilisation de l’autre. Nous allons alors travailler sur un seul DDL, par
exemple la translation correspondant à la déflexion linéaire.
Nous écrivons la conservation du moment dynamique à la position du capteur (en C) sur la
palette dans le repère associé à celle-ci :
où I est le moment d’inertie en rotation suivant le troisième axe de la base, f et α les déflexions
linéaire et angulaire, Mz est le moment dû aux efforts hydrodynamiques au point D selon le troi-
sième axe de la base, Klin le coefficient reliant le moment de flexion à f , et Min le moment d’inertie
dû au caractère non galiléen du repère considéré. Par ailleurs, l’effort fluide se décompose en deux
parties, l’une indépendante de l’accélération, l’autre dépendante, comme vu en 7.1.4 :
Fx Fx MA11 MA12 MA13 MA14 MA15 MA16 ẍ
Fy Fy MA21 MA22 MA23 MA24 MA25 MA26 ÿ
Fz Fz MA31 MA32 MA33 MA34 MA35 MA36 z̈
= −
Mx Mx MA41 MA42 MA43 MA44 MA45 MA46 r̈x , (7.97)
My My MA51 MA52 MA53 MA54 MA55 MA56 r̈y
Mz Mz MA61 MA62 MA63 MA64 MA65 MA66 r̈z
Nous considérons ici que l’effort de masse ajoutée répond principalement à f¨ = ÿ, l’accéléra-
tion orthogonale à la palette, c’est-à-dire que nous négligeons a priori les termes de la matrice MA
autres que MA22 . Cette hypothèse est liée au modèle, basé principalement sur une déformation
du manche due à un effort orthogonal à la palette. Par ailleurs, ce modèle est exprimé en terme de
moment et nous choisissons donc une valeur MA62 = Le MA22 . L’équation (7.97) écrite seulement
pour Mz et tenant compte de ces considérations conduit à la relation suivante
Mz = Mz − MA22 Le f¨ . (7.98)
184
7.5. RELAXATION DE LA CINÉMATIQUE DE LA PALETTE PAR LA MASSE AJOUTÉE
Les efforts inertiels de la palette dans l’équation (7.96) sont négligeables donc le membre
de gauche de l’équation est mis à zéro, ainsi que Min . Avec cette hypothèse quasi-statique, nous
écrivons alors (7.96) pour l’itération temporelle n + 1 et l’itération k de la boucle non linéaire :
Mz n+1
k = Klin f n+1
k . (7.99)
Pour simplifier l’écriture, nous omettons dans la suite des développements l’indice n + 1. Les
grandeurs physiques sont toutes exprimées à l’itération temporelle correspondante.
Après un incrément de position, les efforts fluides répondent principalement par rapport au
terme lié à l’accélération, c’est-à-dire à la masse ajoutée. Ceci a été montré par la relation (7.37).
Nous ajoutons alors aux deux membres de cette dernière équation un terme de masse ajoutée
ces termes étant tous deux égaux à convergence et le but de cette manipulation étant de stabiliser
le couplage d’IFS.
Similairement à la relation (7.35), l’incrément de position δ fk+1 = fk+1 − fk et l’incrément
d’accélération δ f¨k+1 = f¨k+1 − f¨k sont liés par
Les deux déflexions sont reliées entre elles par la relation α = KKang
lin
f donc nous pouvons écrire
la valeur de la déflexion angulaire αk+1 à l’itération non linéaire par
Klin
αk+1 = αk + r δ αk+1 avec δ αk+1 = δ fk+1 (7.107)
Kang
185
CHAPITRE 7. Interaction fluide–structure (IFS)
Pour la première itération non linéaire (k = 1) de chaque pas de temps, les valeurs f0 et α0
proviennent d’une extrapolation au second ordre à partir des valeurs convergées aux deux instants
précédents t p et tq . De plus, nous n’appliquons pas la stratégie de stabilisation à cette itération et
nous imposons directement f1 = f0 et α1 = α0 . Ce choix est fait après constatation d’une meilleure
convergence des déflexions dans ce cas. Il semblerait que cela permet une meilleure continuité de
l’accélération et donc de la résolution des variables fluides.
7.5.2 Stabilisation via la masse ajoutée du couplage IFS avec usage du mo-
dèle complet de flexion de l’aviron – déflexions linéaire et angulaire
découplées
Une première approche simple pour tenter de stabiliser les simulations d’IFS basées sur le
modèle complet de flexion du manche est de faire une analogie directe avec les résultats obtenus
pour le modèle simplifié de flexion.
A l’image des relations (7.26) et (7.27), il est possible de chercher les déflexions linéaire et
angulaire à l’itération non linéaire k + 1 par le système suivant
2 2
f = a
Mz k + b
Fy k
k+1, tmp
αk+1, tmp = c Mz k + d Fy k
2
2
, (7.108)
fk+1 = r fk+1, tmp + (1 − r) fk
αk+1 = r fk+1, tmp + (1 − r) αk
où fk+1, tmp et αk+1, tmp sont les valeurs des déflexions directement issues du modèle et calculées
à partir des efforts à l’itération non linéaire précédente. Les deux dernières lignes du système
(7.108) peuvent être écrites avec des incréments de déflexions pris à δ fk+1 = fk+1, tmp − fk et à
δ αk+1 = αk+1, tmp − αk comme suit
fk+1 = fk + r δ fk+1
. (7.109)
αk+1 = αk + r δ αk+1
A partir de la relation (7.106) obtenue avec le modèle simplifié, nous choisissons alors un
coefficient de relaxation tel que
1
r = 2
. (7.110)
ec MA22 Le
1+
Klin
Nous verrons en 9.3.7 que ce choix de stabilisation du couplage d’IFS peut être insuffisant. En
effet, quand la palette est soumise à des accélérations importantes, les simulations divergent.
7.5.3 Stabilisation via la masse ajoutée du couplage IFS avec usage du mo-
dèle complet de flexion de l’aviron – déflexions linéaire et angulaire
couplées
Pour le modèle complet de flexion, les déflexions linéaire et angulaire sont formulées de ma-
nière indépendante l’une de l’autre, par les relations (7.74) et (7.75). A l’aide des coefficients
186
7.5. RELAXATION DE LA CINÉMATIQUE DE LA PALETTE PAR LA MASSE AJOUTÉE
donnés dans (7.78), pour lesquels nous allégeons l’écriture en enlevant les indices, le modèle est
décrit par
f = a Mz + b Fy
, (7.111)
α = c Mz + d Fy
ou, sous forme matricielle, par
f Mz a b
=B avec B= (7.112)
α Fy c d
Le bilan de forces, en négligeant les termes inertiels, revient à inverser le système d’équations
(7.111). Nous obtenons donc
k1 f + k3 α = Fy
, (7.113)
k3 f + k4 α = Mz
avec
d
k1 = ∆B , k2 = − ∆bB , k3 = − ∆cB , k4 = a
∆B et ∆B = det (B) = a d − b c < 0 . (7.114)
Nous considérons que chaque effort dépend du terme diagonal de la matrice de masse ajoutée
associé à celui-ci et d’un terme extradiagonal associé à l’autre effort. La relation (7.97), exprimée
seulement pour Fy et Mz , se résume alors à
Fy Fy MA22 MA26 f¨
= − . (7.115)
Mz Mz MA62 MA66 α̈
Comme en 7.5.1, nous ajoutons les termes de masse ajoutée dans le système (7.113) pour
stabiliser le couplage. Exprimées à l’itération non linéaire k + 1, les grandeurs cinématiques à
l’itération k + 1 sont alors calculées en fonction des efforts à l’itération précédente k et il vient
alors le système suivant
k1 fk+1 + k2 αk+1 + MA62 f¨k+1 + MA66 α̈k+1 = Mz k + MA62 f¨k + MA66 α̈k
,
k3 fk+1 + k4 αk+1 + MA22 f¨k+1 + MA26 α̈k+1 = Fy k + MA22 f¨k + MA26 α̈k
(7.116)
Nous pouvons compacter ce système en l’écrivant sous forme matricielle :
fk+1 Mz k 2 fk
A = + ec C , (7.117)
αk+1 Fy k αk
avec
k1 + e2c MA62 k2 + e2c MA66 MA62 MA66
A= et C= . (7.118)
k3 + e2c MA22 k4 + e2c MA26 MA22 MA26
Les déflexions linéaire et angulaire à l’itération k + 1 sont donc obtenues par la formulation
suivante
fk+1 −1 Mz k 2 −1 fk
=A + ec A C . (7.119)
αk+1 Fy k αk
Après développements, nous obtenons alors
e2
fk+1 = fk + c −(c MA66 + d MA26 ) fk + (a MA66 + b MA26 ) αk + ∆B (MA26 Mz k − MA66 Fy k )
∆A ∆B
, (7.120)
e2c
αk+1 = αk + (c MA62 + d MA22 ) fk − (a MA62 + b MA22 ) αk + ∆B (−MA22 Mz k + MA62 Fy k )
∆A ∆B
187
CHAPITRE 7. Interaction fluide–structure (IFS)
Lorsque la convergence est atteinte, c’est-à-dire quand fk+1 = fk et αk+1 = αk , alors le sys-
tème (7.120) retombe sur la formulation du modèle complet de flexion du manche (7.111). Cette
démonstration a été faite en dehors du manuscrit et nous ne l’incluons pas ici par soucis de conci-
sion.
Nous montrons en 9.3.7 que cette stratégie de stabilisation prenant en compte de manière plus
complète l’opérateur de masse ajoutée est opérationnelle et annule le problème de divergence des
simulations apparaissant avec la stratégie précédente.
188
Chapitre 8
Simulations de l’écoulement autour de la
palette en conditions écologiques
Les essais expérimentaux décrits dans ce chapitre et servant de base de validation pour nos
simulations ont été faits en conditions écologiques, c’est-à-dire en conditions réelles ou in situ.
Ils ont été effectués en mars 2003 par le LHEEA avec deux rameurs de niveau international sur
l’Erdre, en région Nantaise, et avec un bateau instrumenté permettant de relever la dynamique du
bateau, la cinématique de l’aviron et les moments de flexion et torsion sur celui-ci.
Dans ce chapitre, nous commençons par décrire la procédure expérimentale et les démarches
effectuées pour rendre utilisables les données obtenues dans les simulations numériques. Puis nous
détaillons la configuration numérique mise en œuvre. Cette section est suivie des simulations que
nous avons faites, comparées aux résultats obtenus expérimentalement. Finalement, nous donnons
les conclusions de cette première validation de l’approche couplée expérimental–numérique.
Les résultats présentés dans ce chapitre ont fait l’objet, pour partie, d’un article pour la confé-
rence de l’International Sports Engineering Association (ISEA) en 2014 [150].
189
CHAPITRE 8. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN CONDITIONS
ÉCOLOGIQUES
Deux moyens de mesure différents ont été utilisés pour mesurer le DDL du bateau en translation
suivant sa direction d’avancement. Le premier système est un anémomètre Schiltknecht. Il est
positionné sous la dérive, en dehors de la couche limite autour de la coque, comme indiqué sur la
Figure 8.1. Conçu pour mesurer le vent, il est utilisé dans notre cas dans l’eau. Il s’agit d’une hélice
mise en rotation par le passage du fluide. Son nombre de rotation par minute est corrélé à la vitesse
du fluide. Les techniciens du LHEEA ont perfectionné ce modèle pour quadrupler sa résolution.
Cela permet donc de passer d’une précision sur la vitesse de 2 % sur le dispositif original à 0,5 %
sur le dispositif modifié, pour une vitesse de bateau de 4,5 m · s−1 . La nouvelle marge d’erreur sur
la vitesse est alors de 2 cm · s−1 . La fréquence d’aquisition des données est alors de 750 Hz. Ce
système est plus adapté que ce qui était proposé à l’époque par la société Concept2, proposant un
appareil permettant d’effectuer une mesure de vitesse toutes les 2 s avec une précision à 5 %.
190
8.1. CONFIGURATION EXPÉRIMENTALE
5 10
4.5
8
vitesse du bateau [m · s−1 ]
3 4 Différence de vitesse
2.5 2
2
0
1.5
−2
1
0 1 2 3 4 5 6
temps [s]
191
CHAPITRE 8. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN CONDITIONS
ÉCOLOGIQUES
F IGURE 8.3 – Capteurs utilisés pour mesurer l’orientation de l’aviron. L’angle de balayage est me-
suré par le potentiomètre (1) fixé sur l’axe de dame de nage. Un bras oscillant (2) relié au manche
de l’aviron par une pièce clipsée (3) actionne le potentiomètre (4) et mesure l’angle d’immersion.
La roue (5) est reliée à une troisième potentiomètre et permet de mesurer la rotation de l’aviron
autour de son axe.
192
8.1. CONFIGURATION EXPÉRIMENTALE
contact inférieur
F IGURE 8.4 – Deux liaisons linéaires équivalentes à une rotation instantanée permettant l’immer-
sion de l’aviron
roulis du bateau
inconnu
Cette absence de mesure entraîne nécessairement une incertitude sur la position verticale de la
palette par rapport à celle de la surface libre, comme illustré sur la Figure 8.5. Par ailleurs, il faut
trouver une référence verticale pour caler la position de la palette. Pour ce faire, nous commençons
par observer les moments de flexion M f z et de torsion Mt de l’aviron sur un coup d’aviron particu-
lier. Pendant la phase de retour, ceux-ci sont quasi-nuls et ils augmentent brutalement au début de
la phase de propulsion, c’est-à-dire à la prise d’eau. Nous estimons alors l’instant correspondant
à cette variation brusque (cf. Figure 8.7 page suivante). A partir de celui-ci, nous trouvons une
valeur d’angle de balayage ψ0contact correspondant au contact palette–eau. Nous effectuons alors
une simulation numérique, avec une configuration similaire à ce qui est décrit en 8.2, basée sur
une cinématique de palette provenant d’un essai expérimental comme expliqué en 8.1.4, mais sans
aucune résolution fluide puisque l’objectif se situe sur la cinématique. Une subroutine est ajoutée
au code pour trouver, à chaque instant, le point d’altitude minimale de la palette et nous nommons
la coordonnée zmin, palette . Connaissant ψ0contact , nous en déduisons zcontact
min, palette correspondant à la
prise d’eau, comme montré en Figure 8.7 page suivante. Si zSL est la coordonnée verticale de la
193
CHAPITRE 8. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN CONDITIONS
ÉCOLOGIQUES
surface libre au repos, par exemple zSL = 0, alors il existe un décalage ∆zSL = zcontact
min, palette − zSL pour
la position verticale de la palette et, dans notre cas, ∆zSL < 0. Il faudra appliquer une translation
−∆zSL à la palette, ou bien, et c’est ce que nous avons choisi de faire par simplicité de mise en
œuvre, appliquer une translation +∆zSL à la position initiale de la surface libre, originalement à
zSL = 0.
100 140
120
0
moment [N · m]
100
angle [°]
−100
80
−200 60
moment de flexion M f z
ψ0contact 40 moment de torsion Mt [·102 ]
−300
t contact angle de balayage ψ0
20
35.5 35 36 36.5
temps [s]
F IGURE 8.6 – Démarche pour trouver l’angle de bayalage ψ0contact issu d’un essai in situ corres-
pondant à la prise d’eau
140
−0.3
120
zcontact
min, palette
100
−0.4
angle [°]
z [m]
t contact 80
−0.5
60
194
8.2. CONFIGURATION NUMÉRIQUE
zoom
zoom zoom
F IGURE 8.8 – Domaine de calcul pour les simulations d’écoulement autour de la palette reprodui-
sant les essais in situ
Nous expliquons dans cette section la configuration numérique sur laquelle les simulations ont
été effectuées. Comme dans l’ensemble de notre travail, les maillages sont générés avec HEXPRESS™
et les simulations sont faites avec le solveur ISIS-CFD.
La palette choisie a une longueur de référence de Lr = 0,455 m, prise suivant l’axe de l’aviron
entre l’emplanture et le bord externe. L’emplanture est confondue avec l’origine du domaine de
calcul. Comme expliqué en [Link], la palette est orientée dans une configuration de référence. Les
angles de Cardan définissant cette situation sont ψ0r = 0°, θ1r = 12° et φ2r = −2°, plusieurs valeurs
différentes de φ2r ayant été testées pour étudier la sensibilité de ce paramètre sur les résultats obte-
nus (cf. [Link]). La palette est placée dans un domaine de calcul parallélépipédique de dimensions
8 m × 8 m × 3 m, légèrement décentré dans le plan horizontal par rapport à l’origine. La Figure 8.8
illustre ce positionnement.
195
CHAPITRE 8. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN CONDITIONS
ÉCOLOGIQUES
Maillages
Nombre de cellules [·106 ]
grossier moyen fin
F001 0,3 1,1 17,7
Essais
B002 0,3 3,5 -
Tableau 8.1 – Nombres de cellules (exprimés en millions) pour les maillages utilisés pour les
simulations d’un coup d’aviron en conditions in situ
8.2.2 Maillages
Une vingtaine de maillages différents ont été générés pour effectuer des simulations avec des
discrétisations plus ou moins fines et pour tester des paramètres (angle de roulis) ou des modèles
numériques (modèles de turbulence). Dans ce manuscrit, nous ne détaillons que cinq simulations
sur cet écoulement en conditions in situ, chacune ayant son propre maillage répertorié dans le
Tableau 8.1, où figurent les nombres de cellules, exprimés en millions, pour l’état initial.
Pour générer ces maillages, nous avons fait en sorte que les surfaces immergées du corps,
c’est-à-dire la palette, soient maillées très finement. Les cellules voisines de la surface ont des di-
mensions de 4 mm × 2 mm × 3 mm pour les maillages grossiers et elles diminuent jusqu’à atteindre
1,6 mm×1,6 mm×1,2 mm pour le maillage fin. Nous avons ajouté plusieurs zones, appelées boîtes
de raffinement, à des endroits susceptibles de contenir des variations importantes de la surface libre
ou d’autres phénomènes à capturer comme la ventilation derrière la palette. Les maillages ont en
commun une boîte de raffinement consistant à s’assurer que la surface libre soit bien discrétisée
dans la direction verticale. Il s’agit de la plus grande boîte apparaissant sur la Figure 8.9(a) page
ci-contre en traits noirs. La hauteur des cellules autour de la surface libre pour les maillages gros-
siers est alors de ∆z = 12 mm, de ∆z = 6 mm pour les maillages moyens et de ∆z = 2,4 mm pour
le maillage fin. Deux autres boîtes ont été ajoutées dans certains maillages pour raffiner les cel-
lules initiales de manière quasi-isotrope (cf. Figure 8.9(b) page suivante). Une première consiste
à englober la palette et à imposer des dimensions de cellules deux fois plus grandes que celles à
proximité immédiate de la palette. Une seconde boite, avec cette fois des mailles de dimensions
identiques à celle en surface de la palette, est localisée au niveau du bord externe de la palette
où il est apparu qu’une poche d’air y est présente, comme montré au chapitre 6 sur la Figure 6.1
page 145. Le résultat de ces stratégies de raffinement est illustré par les vues du maillage moyen
associé à l’essai F001 sur la Figure 8.10 page suivante.
196
8.2. CONFIGURATION NUMÉRIQUE
F IGURE 8.9 – Zones de raffinement (traits noirs) sur les maillages initiaux utilisés pour les simu-
lations de coup d’aviron en conditions in situ
(c) maillage surfacique sur de la palette (face externe) (d) maillage surfacique sur de la palette (face interne)
F IGURE 8.10 – Affichage d’un maillage utilisé pour les simulations numériques du coup d’aviron
en conditions in situ (maillage à 1,1 · 106 de cellules)
197
CHAPITRE 8. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN CONDITIONS
ÉCOLOGIQUES
3 1.5 −0.2
Tx 0 [m]
Tz 0 [m]
Ty 0 [m]
2 1 −0.3
1 Tx0 Ty 0 −0.4 Tz 0
0.5
0 0.5 1 1.5 0 0.5 1 1.5 0 0.5 1 1.5
t [s] t [s] t [s]
(a) Tx0 (b) Ty 0 (c) Tz 0
1 4
0.5 2
100
∆r ψ0 [°]
∆r θ1 [°]
∆r φ2 [°]
0
0
−2
−0.5 50
∆r φ 2
−4 ∆r θ1 ∆r ψ0
gligeables pour ce type d’écoulement donc nous choisissons un modèle Euler et nous appliquons
une condition de glissement sur toutes les surfaces de la palette.
Six lois de mouvements sont imposées à la palette, par le biais de fichiers d’entrée échantillon-
nés de façon suffisamment fine par rapport aux pas de temps utilisés, et correspondent à ce qui
a été expliqué en 8.1.4. Les lois utilisées pour l’essai F001 sont représentées sur la Figure 8.11,
où les valeurs d’angles correspondent à l’écart par rapport à la configuration de référence. Cette
cinématique correspond à la palette bâbord que nous avons choisie, sauf pour l’angle d’immersion
θ1 qui est une moyenne des valeurs à bâbord et à tribord. Ce choix sera expliqué en [Link]. Le
maillage est rigidement déplacé pour les DDL de translation et pour la rotation autour de l’axe
vertical. La déformation de maillage est utilisée pour les rotations Rx et Ry .
Initialement, le champ de vitesse est nul sur tout le domaine. La surface libre est positionnée
non pas en z = 0 m comme il est usuel de le faire mais à une altitude telle que le contact palette/eau
se fasse au bon moment, comme expliqué en 8.1.5. Nous prenons une altitude de z = −0,375 m
pour l’essai F001 et z = −0,276 m pour B002.
Le raffinement automatique de maillage (AGR) est activé pour les trois simulations indiquées
dans le tableau Tableau 8.2 page suivante. Le critère de raffinement choisi est celui consistant à
raffiner les cellules proches de la surface libre. En particulier, nous utilisons un critère dit tensoriel
permettant de raffiner les cellules de manière directionnelle quand la surface libre est suffisamment
à l’horizontale et de manière isotrope si ce n’est pas le cas. Suivant la finesse initiale du maillage,
198
8.2. CONFIGURATION NUMÉRIQUE
Maillages
Activation AGR
grossier moyen fin
F001 × X ×
Essais
B002 X X -
Tableau 8.2 – Activation (X) ou non (×) de l’AGR pour les simulations d’un coup d’aviron en
conditions in situ
F IGURE 8.12 – Zones d’activation du raffinement automatique de maillage (AGR) pour le coup
d’aviron en conditions in situ. L’AGR divise les cellules de manière directionnelle. Le raffinement
dans les directions X et Y est limité dans une zone autour de la palette et visualisée (a) en couleur
foncée et (b) en clair. Le raffinement dans la direction Z est possible sur tout le domaine.
une taille de cellule cible plus ou moins grande est définie. Notre objectif est de nous limiter à un
raffinement par cellule, c’est-à-dire diviser par deux au plus les cellules initiales, sauf pour la simu-
lation de l’essai B002 sur maillage moyen où deux raffinements par cellule sont possibles. L’AGR
est actif dans les directions X et Y seulement dans une zone autour de la palette comme illustré sur
la Figure 8.12. Il est actif sur tout le domaine pour la direction Z. Les étapes de raffinement inter-
viennent avant le début de la simulation puis toutes les trois itérations temporelles. La Figure 8.13
page suivante donne l’évolution des nombres de cellules, relativement aux nombres initiaux. Nous
constatons par exemple que, dans la simulation de l’essai B002 avec le maillage moyen, le nombre
de cellules a triplé, passant de 3,5 · 106 cellules initialement à environ 10,5 · 106 au maximum.
Nous avons choisi de faire les simulations avec une boucle de convergence sur 2 ordres et 10
itérations non linéaires au maximum. Pour le maillage fin, nous avons augmenté ces paramètres à 4
ordres et 15 itérations. Le solveur Bi-GSTAB [174] est utilisé pour résoudre la pression. A chaque
itération non linéaire, la pression est résolue en 2 ordres ou 200 itérations. Les simulations ont
majoritairement été faites avant les développements de l’algorithme de sub-cycling donc celui-ci
n’a pas été utilisé, à l’exception de la simulation sur maillage fin, pour réduire grandement le temps
CPU.
199
CHAPITRE 8. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN CONDITIONS
ÉCOLOGIQUES
3
[-]
2.5
nombre initial de cellules
nombre de cellules
1.5
F001 maillage moyen
B002 maillage grossier
1 B002 maillage moyen
F IGURE 8.13 – Evolution temporelle du nombre de cellules pour les simulations utilisant l’AGR
pour les essais en conditions in situ
200
8.3. SIMULATIONS NUMÉRIQUES
8.3.1 Résultats
Les figures 8.14, 8.15 et 8.16 montrent respectivement les moments de flexion M f z et M f y et
le moment de torsion Mt , pris à la position des jauges de contraintes installées sur une section du
levier extérieur du manche de l’aviron. Sur les sous-figures de gauche, les résultats de l’essai F001
sont représentés, et celles de droite correspondent à l’essai B002. Nous concentrons l’essentiel de
l’analyse et des commentaires sur les résultats pour M f z puisqu’il s’agit du moment prépondérant
et image de la propulsion générée par les rameurs.
Au regard de la Figure 8.14 page suivante, il apparaît que les résultats numériques reproduisent
avec une assez bonne correspondance les valeurs expérimentales. Nous remarquons en particulier
que la simulation numérique permet de bien discriminer les deux styles de rameurs. Cependant, des
écarts sont à relever. Le premier est une inflexion apparaissant pour l’intervalle angulaire [40°, 70°]
dans l’essai F001, générant un écart d’environ 35 N · m. Celle-ci est plus tardive pour l’essai B002
et sur un intervalle plus large [55°, 90°] et diminue fortement la valeur maximale du moment,
d’environ 60 N · m. Le second écart notable est le décalage angulaire ou temporel se produisant
après 90°, la simulation de l’essai F001 étant en avance et celle de B002 en retard.
Nous remarquons que les résultats ne dépendent que très peu de la finesse du maillage. Les
trois maillages utilisés pour l’essai F001, allant d’environ 0,3 · 106 à 17,7 · 106 cellules, donnent des
résultats dont les écarts entre eux sont inférieurs à 10 N · m. Par ailleurs, le maillage fin ne permet
pas de réduire significativement l’écart par rapport à la référence expérimentale. L’écart pris sur
la valeur maximale de l’effort a même tendance à augmenter pour ce maillage. Pour l’essai B002,
les écarts entre résultats provenant de maillage de finesse différente sont encore plus proches 2 . Il
n’est alors pas utile de faire des simulations sur maillages encore plus fins pour tenter d’atténuer
les écarts relevés car l’erreur de discrétisation ne semble pas être à l’origine de ces écarts.
Sur la Figure 8.15 page suivante, nous pouvons voir que l’allure du moment de flexion M f y est
capturée mais que les écarts relativement aux résultats expérimentaux sont plus importants. Pour
le moment de torsion Mt , dont les valeurs sont très faibles et de l’ordre du N · m, la Figure 8.16
page 203 montre qu’il existe un décalage constant entre valeurs expérimentales et numériques.
Comme l’analyse ne se concentre pas sur cette composante, nous n’avons pas cherché à éclaircir
les raisons de cet écart.
La Figure 8.17 page 204 montre l’évolution du champ de fraction volumique issue de la si-
mulation sur maillage fin pour le coup d’aviron F001 pris dans une coupe située au milieu de la
palette dans un plan vertical. Les douze instantanés s’étalonnent sur toute la phase propulsive du
coup d’aviron, de la prise d’eau au dégagé. Nous pouvons distinguer les caractéristiques classiques
de cet écoulement, énoncées en 6.1.3. En particulier, nous notons la rupture de la surface libre et la
création d’une poche d’air derrière la palette. Nous constatons que, sans toutefois en faire un lien
certain de cause à effet, que l’intervalle angulaire [40°, 70°] dans lequel le moment M f z s’écarte du
signal issu de l’essai expérimental correspond au décollement de la poche d’air de la face arrière
2. Les écarts sont tellement faibles que nous avons décidé d’arrêter la simulation sur le maillage moyen avant la
fin du coup d’aviron.
201
CHAPITRE 8. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN CONDITIONS
ÉCOLOGIQUES
exp. exp.
0 num. maillage grossier 0 num. maillage grossier
num. maillage moyen num. maillage moyen
num. maillage fin
M f z [N · m]
M f z [N · m]
−100 −100
−200 −200
−300 −300
20 40 60 80 100 120 140 20 40 60 80 100 120 140
ψ0 [°] ψ0 [°]
(a) F001 (b) B002
F IGURE 8.14 – Evolution du moment de flexion aux jauges M f z en fonction de l’angle de balayage
ψ0 de l’aviron pour les essais (a) F001 et (b) B002 en conditions in situ. Comparaison des résultats
numériques à la référence expérimentale. Convergence en maillage des résultats numériques.
10 10
exp. exp.
num. maillage grossier num. maillage grossier
num. maillage moyen num. maillage moyen
0 0
num. maillage fin
M f y [N · m]
M f y [N · m]
−10 −10
−20 −20
−30 −30
F IGURE 8.15 – Evolution du moment de flexion aux jauges M f y en fonction de l’angle de balayage
ψ0 de l’aviron pour les essais (a) F001 et (b) B002 en conditions in situ. Comparaison des résultats
numériques à la référence expérimentale. Convergence en maillage des résultats numériques.
202
8.3. SIMULATIONS NUMÉRIQUES
6 6
exp. exp.
num. maillage grossier num. maillage grossier
4 num. maillage moyen 4 num. maillage moyen
num. maillage fin
2 2
Mt [N · m]
Mt [N · m]
0 0
−2 −2
−4 −4
−6 −6
20 40 60 80 100 120 140 20 40 60 80 100 120 140
ψ0 [°] ψ0 [°]
(a) F001 (b) B002
F IGURE 8.16 – Evolution du moment de torsion aux jauges Mt en fonction de l’angle de balayage
ψ0 de l’aviron pour les essais (a) F001 et (b) B002 en conditions in situ. Comparaison des résultats
numériques à la référence expérimentale. Convergence en maillage des résultats numériques.
de la palette.
La Figure 8.18 page 205 montre une vue tridimensionnelle du coup d’aviron F001 simulé, où
les douze instants représentés sont les mêmes que sur la Figure 8.17. Les contours sur la surface
libre sont colorés en fonction de son élévation. La Figure 8.19 page 206 est similaire sauf la vue
est telle que le point d’observation est fixe dans le référentiel galiléen et dans un plan parallèle au
plan médian du bateau et situé du côté opposé à celui de l’aviron. A nouveau, le caractère réaliste
de l’écoulement simulé est observable.
203
CHAPITRE 8. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN CONDITIONS
ÉCOLOGIQUES
F IGURE 8.17 – Evolution du champ de fraction volumique issue de la simulation sur maillage fin
pour le coup d’aviron en condition in situ (essai F001) pris dans une coupe située au milieu de la
palette dans un plan vertical.
204
8.3. SIMULATIONS NUMÉRIQUES
F IGURE 8.18 – Visualisation du coup d’aviron (en condition in situ, essai F001) avec coloration de
la surface libre par sa coordonnée verticale.
205
CHAPITRE 8. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN CONDITIONS
ÉCOLOGIQUES
F IGURE 8.19 – Visualisation du coup d’aviron (en condition in situ, essai F001) avec coloration de
la surface libre par sa coordonnée verticale. Vue latérale, dans le sens coque vers rive.
206
8.3. SIMULATIONS NUMÉRIQUES
permet d’atténuer les écarts avec les résultats expérimentaux. Puisque les moments M f z étaient
inférieurs et que nous utilisons un levier extérieur plus grand, à cinématique constante, il est normal
que les nouveaux efforts numériques soient supérieurs, en valeur absolue, aux anciens.
Comme expliqué en 8.1.5, il a fallu trouver une référence verticale pour positionner la palette
par rapport à la surface libre, ou, en pratique, l’inverse. La Figure 8.21(b) page 209 montre deux
positions de surface libre différentes : z = SL = −0,390 m et z = SL = −0,375 m. A nouveau, l’in-
fluence de ce paramètre se comprend facilement. Plus la surface libre est haute, plus la pelle est
immergée et plus les efforts hydrodynamiques sont importants. Cependant, l’écart d’altitude est
minime pour cette étude et l’altitude utilisée dépend de la précision de la procédure de détection
du contact de la palette dans l’eau. Celle-ci n’est pas parfaite et génère des incertitudes supplémen-
taires. En effet, nous estimons qu’un faible décalage de 0,05 s sur l’instant du contact entraîne une
erreur d’environ 2 cm sur la position de la surface libre.
Ne disposant pas de mesures pour le roulis du bateau, l’altitude de la palette est donc soumise
à de fortes incertitudes. Nous avons essayé une méthode pour atténuer ce problème. Elle consiste
à appliquer à l’angle d’immersion θ1 de notre palette bâbord une moyenne des valeurs bâbord–
tribord. La Figure 8.21(c) page 209 montre que cette stratégie permet d’obtenir une meilleure
allure pour le profil du moment M f z . En particulier, l’inflexion apparaissant vers ψ0 ≈ 40° est
grandement limitée et l’avance angulaire en fin de phase propulsive est amoindrie.
Pour les simulations, nous avons bloqué le DDL en rotation de l’aviron autour de son axe à un
angle à un angle φ2r de −2° ou −3°. Ce choix n’est a priori pas à remettre en cause. Nous avons tout
de même étudié l’influence de ce paramètre. La Figure 8.21(d) page 209 montre les efforts obtenus
pour des valeurs de 0° (simulation partielle), −2° et −6°. D’après les résultats obtenus, il s’avère
que les angles φ2r = −2° (ou φ2r = −3°), donnent les résultats les plus proches de la référence
expérimentale. Cet angle correspond au paramètre expérimental supposé et classiquement utilisé
par les rameurs.
Nous avons étudié l’influence du tangage du bateau par une loi d’évolution assez simple. Elle
consiste à faire évoluer linéairement l’angle de tangage du bateau en fonction de l’angle de ba-
layage de l’aviron. La valeur du tangage à la prise d’eau est de −1° (proue du bateau dirigée vers
le bas quand le rameur est en position « sur l’avant ») et celle au dégagé est de 1° (poupe du bateau
dirigée vers le bas quand le rameur est en position « sur l’arrière »). La Figure 8.21(e) page 210
montre deux simulations, avec et sans cette loi. Cette correction améliore de manière mineure les
résultats de l’essai B002.
207
CHAPITRE 8. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN CONDITIONS
ÉCOLOGIQUES
B D x
A ∆αsup
∆ fsup
fexp
aviron déformé – exp.
fnum
aviron déformé – num.
αexp
αnum
F IGURE 8.20 – Défaut de modélisation de la poutre dans les simulations de l’essai en conditions
in situ
Afin d’éviter la surestimation des déflexions, il faudrait donc recalibrer les coefficients du mo-
dèle de flexion et cela aurait pour conséquence de rigidifier davantage le manche, c’est-à-dire
augmenter Klin et Kang . Nous avons alors effectué deux simulations en prenant des coefficients dé-
finis de manière totalement arbitraire : une configuration où ils sont doublés, une autre où ils sont
diminués d’un tiers. La Figure 8.21(f) page 210 montre les résultats. Nous constatons les effets
majeurs de la flexibilité du manche sur le profil d’effort obtenu, à cinématique imposée. L’aviron
plus rigide (Klin et Kang doublés) augmente la valeur maximale de M f z mais a aussi tendance à
augmenter les écarts avec la référence expérimentale dans l’intervalle angulaire [30°, 70°]. Nous
pouvons justifier cela par le fait qu’il est possible que le décollement de la poche d’air située der-
rière la palette survienne plus tôt car l’aviron possède une vitesse angulaire plus importante. En
revanche la diminution d’un tiers de la rigidité du manche semble améliorer globalement les ré-
sultats. Cette tendance va à l’inverse de ce que nous souhaitions et du raisonnement exposé au
paragraphe précédent. Nous ne pouvons l’expliquer et il est possible que les incertitudes sur l’en-
208
8.3. SIMULATIONS NUMÉRIQUES
exp. exp.
0 num. Le = 1,52 m 0 num. zSL = −0,390 m
num. Le = 1,54 m num. zSL = −0,375 m
M f z [N · m]
M f z [N · m]
−100 −100
−200 −200
−300 −300
20 40 60 80 100 120 140 20 40 60 80 100 120 140
ψ0 [°] ψ0 [°]
(a) Le (b) zSL
exp. exp.
0 num. θ1 bâbord 0 num. φ2 = 0°
num. θ1 moy. bâb.–trib. num. φ2 = −2°
num. φ2 = −6°
M f z [N · m]
M f z [N · m]
−100 −100
−200 −200
−300 −300
20 40 60 80 100 120 140 20 40 60 80 100 120 140
ψ0 [°] ψ0 [°]
(c) θ1 (d) φ2
F IGURE 8.21 – Influence de multiples paramètres sur les simulations de coup d’aviron en condi-
tions in situ (suite page 210)
209
CHAPITRE 8. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN CONDITIONS
ÉCOLOGIQUES
exp. exp.
0 num. sans tangage 0 num. Klin
num. avec tangage num. 2 Klin
2
num. 3 Klin
M f z [N · m]
M f z [N · m]
−100 −100
−200 −200
−300 −300
20 40 60 80 100 120 140 20 40 60 80 100 120 140
ψ0 [°] ψ0 [°]
(e) tangage du bateau (f) Klin
exp.
0 num. Euler
num. k − ω
M f z [N · m]
−100
−200
−300
20 40 60 80 100 120 140
ψ0 [°]
(g) modèle de turbulence
F IGURE 8.21 – (suite) Influence de multiples paramètres sur les simulations de coup d’aviron en
conditions in situ
210
8.4. CONCLUSION
8.4 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons montré que la validation d’une procédure de simulation numé-
rique d’un coup d’aviron repose nécessairement sur une complémentarité avec des essais expéri-
mentaux.
Nous nous sommes appuyés sur une campagne d’essais effectués en conditions écologiques.
Les mesures ont été faites sur un bateau instrumenté dans lequel deux rameurs de niveau élite
ont exécuté plusieurs coups d’aviron à une cadence d’entraînement. La dynamique du bateau, la
cinématique de l’aviron par rapport au bateau et les moments de flexion et de torsion de l’aviron
ont été mesurés. De ces enregistrements, il a été possible de reconstruire la cinématique d’un point
de la palette et de s’en servir comme donnée d’entrée aux simulations numériques. Cependant,
celle-ci est définie à une référence verticale près. Une procédure spécifique a alors été mise en
place pour estimer cette référence. Par ailleurs, l’angle d’immersion de l’aviron est soumis à une
incertitude car le roulis du bateau n’a pas pu être déterminé via les mesures expérimentales.
Les simulations numériques reproduisent ce coup d’aviron réel et les profils de moment de
flexion M f z sont en assez bon accord avec les références expérimentales. Nous parvenons notam-
ment à différencier les deux styles de rameurs. Nous avons réalisé une étude de convergence en
maillage et nous avons montré qu’il y avait peu de différences dans les résultats entre des simu-
lations faites avec un maillage assez grossier de 0,3 · 106 cellules et un maillage fin de 17,7 · 106
cellules.
L’influence de certains paramètres a été étudiée pour tenter d’atténuer les écarts que nous avons
obtenus avec les valeurs expérimentales, principalement caractérisé par une inflexion de M f z ap-
paraissant dans la première moitié de la phase propulsive et responsable d’une sous-estimation des
moments de l’ordre de 15 à 20 % au maximum. La meilleure correction a consisté à remplacer
l’angle d’immersion de l’aviron bâbord par une moyenne de cet angle pour les avirons bâbord et
tribord. Cela avait pour but d’immiter le roulis du bateau, qui était considéré comme nul aupara-
vant. L’influence de la flexibilité de l’aviron sur les résultats a également été étudiée.
Bien qu’il ne faille pas douter de la rigueur des expérimentateurs, cette étude montre que ce
type de mesure est soumis à un grand nombre d’incertitudes pouvant expliquer en partie les écarts
entre les essais et nos simulations. Dans une éventuelle nouvelle campagne expérimentale in situ,
il faudrait au minimum que le roulis du bateau soit mesuré et qu’une méthode précise soit mise
en place pour détecter l’instant auquel l’aviron entre en contact avec l’eau, c’est-à-dire l’attaque
du coup d’aviron. A défaut d’avoir une mesure précise du roulis du bateau, il faudrait connaître
l’orientation de l’aviron dans le référentiel galiléen. Les centrales inertielles, légères et compactes,
permettent en principe d’obtenir ce type d’information. Une étude de faisabilité a alors été effec-
tuée, dont les essais ont été faits en laboratoire, à l’Institut P’ de Poitiers. Le but était de comparer
les centrales inertielles au système Vicon de capture de mouvement par marqueurs 3D et caméras
infrarouges. Il s’est avéré que la précision obtenue par les centrales intertielles ne correspondait
pas à celle que nous souhaitions. Un extrait du rapport d’étude est mis en annexe B.
211
Chapitre 9
Simulations de l’écoulement autour de la
palette en bassin des carènes
Une campagne expérimentale a été menée en août 1999 au LHEEA, au bassin de traction, à
la suite des travaux menés par Sophie Barré dans le cadre de sa thèse [7]. Les expérimentateurs
ont conçu un moyen précis, maîtrisé et répétable pour générer un coup d’aviron simplifié. Celui-ci
est obtenu par un bras rotatif générant le mouvement de rotation de l’aviron et par la translation
du chariot du bassin à vitesse constante remplaçant le bateau. Cette configuration permet aussi
de découpler l’étude du système propulsif (la palette) de celle du moteur (rameur). Il est alors
possible d’observer, caractériser et modéliser les efforts hydrodynamiques en fonction de plusieurs
paramètres.
Dans ce chapitre, nous présentons la configuration expérimentale c’est-à-dire les moyens d’es-
sais et les types d’essais effectués. Ensuite, nous décrivons la configuration numérique mise en
place. Puis, nous détaillons les simulations effectuées pour reproduire les coups d’aviron simpli-
fiés générés par le bras rotatif. En dernier lieu, nous donnons les conclusions de ces simulations.
213
CHAPITRE 9. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN BASSIN DES CARÈNES
rotation du bras rotatif générant le coup d’aviron par rapport au plan milieu du bassin, générale-
ment confondu avec le plan milieu des carènes testées. Ce décalage permet d’avoir une marge plus
importante entre la paroi verticale du bassin et la palette, en particulier quand l’axe de l’aviron est
perpendiculaire au bassin (c’est-à-dire au milieu du coup d’aviron). La profondeur du bassin est
très grande devant la corde de la palette donc les effets de fond sont négligeables.
214
9.1. CONFIGURATION EXPÉRIMENTALE
~Vchariot = Vc ·~i0
chariot
plateforme
dynamométrique
moteur
bras rotatif
aviron
~ΩB B = ψ̇0 ·~k0
0 a
~k0
~j0
~i0
F IGURE 9.2 – Schématisation de la configuration expérimentale d’un coup d’aviron simplifié ef-
fectué en bassin de traction (dimensions non réelles)
constitué d’un caisson en fibres de carbone. Il est en liaison complète avec l’aviron en deux points,
comme dans le cas réel, c’est-à-dire au niveau de la poignée et de la dame de nage. Ce bras a été
conçu en s’assurant que la valeur de la première fréquence propre soit suffisamment élevée.
Le groupe moto-réducteur est constitué d’un moteur brushless à forte puissance spécifique.
La commande du moteur est assurée par un variateur piloté numériquement qui impose au moteur
de suivre une consigne de déplacement ou de vitesse. Cette consigne est calculée par l’utilisa-
teur et transférée sous forme de fichiers au variateur. Elle est échantillonnée à une fréquence de
200 Hz. Pour reprendre le même vocabulaire que celui utilisé lors des essais, nous parlerons de
came pour désigner la consigne de loi en rotation, c’est-à-dire l’évolution de l’angle ψ0 ou de la
vitesse angulaire ψ̇0 au cours du temps.
La mémoire interne est toutefois limitée à 1024 points. Si des points consécutifs possèdent la
même vitesse, alors il est tout de même possible de les simplifier à un unique point et d’indiquer
le nombre de répétitions. Finalement, cette limitation n’est pas trop gênante.
215
CHAPITRE 9. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN BASSIN DES CARÈNES
−50 0
Fx [N]
Fz [N]
−5
−100
−10
−150 −15
−200 −20
−25
2.5 3 3.5 4 4.5 2.5 3 3.5 4 4.5
ψ [°] ψ [°]
F IGURE 9.3 – Exemples de filtrages sur les signaux bruts des efforts Fx et Fz aux jauges
la vitesse angulaire. Celles-ci sont exprimées en Volt et un pré-traitement est nécessaire pour les
transformer dans leurs unités réelles, comme expliqué en [Link].2.
[Link].2 Reconstitution des efforts à partir des mesures sur les capteurs
Cette procédure a été mise en place par Talotte [171] et nous la résumons. Les conditionneurs
placées sur la plateforme donnent des mesures en Volt pour les composantes d’efforts. Un étalon-
nage, effectué en appliquant une charge connue composante par composante, permet d’établir une
matrice de transformation 2 . La multiplication de cette matrice par le vecteur des mesures (en V)
permet donc d’obtenir le vecteur des efforts (en N ou N · m).
[Link].3 Filtrage
Les acquisitions contiennent des parasites de différentes natures. Ils contiennent des excita-
tions extérieures provenant de l’environnement expérimental. Il s’agit principalement des bruits
de roulement et de plateforme. Un filtrage passe-bas a été appliqué aux signaux d’efforts en pre-
nant les précautions nécessaires aux extrémités des signaux pour ne pas introduire d’ondulations
parasites 3 . La Figure 9.3 montre des exemples de signaux expérimentaux bruts et des filtrages
avec plusieurs fréquence de coupure, allant de 5 à 13 Hz. Il apparaît par exemple qu’une fréquence
de coupure à 5 Hz est trop basse pour Fx car la valeur maximale est trop faible. A l’inverse, une
fréquence de coupure à 13 Hz est trop élevée pour Fz car trop d’ondulations sont présentes. Finale-
ment, nous avons choisi d’utiliser une fréquence de coupure à 11 Hz, bien qu’une valeur plus basse
aurait probablement été tout autant acceptable.
2. En réalité, cette procédure est plus complexe mais nous résumons l’idée générale.
3. Les signaux bruts ont alors été artificiellement étendus avant et après l’enregistrement.
216
9.1. CONFIGURATION EXPÉRIMENTALE
~k0
~eψ0
~j0
−→
ψ0 BG = r ~er
G(m)
× ~Fin,r
×
B ~Fin,t ψ0 ~er
~i0
~Fin
ψ̇0 ·~k0
~ in
M
F IGURE 9.4 – Modélisation des efforts inertiels pour l’ensemble bras rotatif–aviron
où Cair est le coefficient de frottement fluide de l’air et C le moment d’inertie suivant l’axe vertical.
Les jauges mesurent les efforts dans le repère associé à la plateforme dynamométrique, ou,
quand le chariot est immobile, dans le répère du bassin considéré comme galiléen. En exprimant
ces efforts dans le repère tournant associé au disque, il est donc possible d’après les relations (9.1),
de déterminer le produit m r et les coefficients C et Cair pour des portions où l’accélération angulaire
est soit nulle soit constante, comme l’essai proposé sur la Figure 9.5(a) page suivante où la vitesse
angulaire est représentée en fonction du temps.
217
CHAPITRE 9. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN BASSIN DES CARÈNES
4 4
0
2
ψ̇0 [rad · s−1 ]
Min [N · m]
Fin, r [N]
2 −5
0
−10 −2
0
−4
0 5 10 0 5 10 0 5 10
t [s] t [s] t [s]
(a) ψ̇0 (t) (b) Fin, r (t) (c) Min (t)
F IGURE 9.5 – Détermination des inerties de l’ensemble bras rotatif–aviron par un essai spécifique
A l’aide de la Figure 9.5(b), nous pouvons déterminer le produit m r dans la zone où la vitesse
est constante (partie centrale). L’effort Fin, r étant négatif, cela montre que m r l’est aussi et comme
m > 0 alors r < 0. Cela indique que, malgré le rééquilibrage des masses, la répartition des masses
penche toujours du côté du bras. L’application numérique donne m r = −0,866 kg · m.
Avec le tracé du moment suivant l’axe vertical donné en Figure 9.5(c), nous pouvons tout
d’abord déterminer le coefficient de friction de l’air dans la partie centrale. Nous obtenons alors
Cair = 6,14 · 10−3 kg · m2 . A l’aide de ce coefficient, il est possible de calculer le couple résistant
provenant des frottements de l’air et de l’ôter du moment total. Ainsi, nous pouvons déterminer
le moment d’inertie C dans les zones où l’accélération est constante, c’est-à-dire en début et fin
d’essai quand la vitesse angulaire augmente linéairement. Le moment est alors constant, aux fluc-
tuations parasites près. Nous moyennons les deux situations et nous obtenons C = 2,10 kg · m2 .
Nous disposons aussi d’un coup d’aviron réaliste effectué « à vide », c’est-à-dire dans l’air et
à chariot fixe, pour vérifier les coefficients précédemment déterminés. Il s’agit de l’essai no 169 du
Tableau 9.2. La loi de vitesse angulaire ψ̇0 en fonction de l’angle de balayage ψ0 est donnée sur
la Figure 9.6 page ci-contre. Les résultats des forces Fx et Fy et du moment Mz , en fonction de ψ0
y sont représentés. Il est clair que le modèle d’inertie pour ces efforts permet de représenter très
finement l’effort réel à vide. Nous retrancherons donc les efforts inertiels des essais expérimentaux
pour les comparer directement aux efforts hydrodynamiques obtenus par simulation numérique.
218
9.1. CONFIGURATION EXPÉRIMENTALE
3 10
5
ψ̇0 [rad · s−1 ]
Fx [N]
0
1
−5
0
0 50 100 150 0 50 100 150
ψ [°] ψ [°]
4
2 20
0
10
Mz [N · m]
−2
Fy [N]
−4 0
−6
−8 −10
−10
0 50 100 150 0 50 100 150
ψ [°] ψ [°]
F IGURE 9.6 – Vérification des inerties de l’ensemble bras rotatif–aviron sur un coup d’aviron
effectué « à vide » (essai no 169)
219
CHAPITRE 9. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN BASSIN DES CARÈNES
Précision
efforts 0,2 à 0,5 %
ψ0 0,4°
ψ̇0 0,1 % (retard de 4 à 6 ms sur la commande)
vitesse chariot 0,3 %
θ1 (immersion manche) 0,1°
correction inertie sur Mz 0,25 % de l’effort total
Répétabilité
efforts 1 à 2%
Tableau 9.1 – Synthèse des erreurs de précision et de répétabilité pour les moyens de mesures
utilisés pour le coup d’aviron simplifié en bassin de traction
I II III IV V
3
ψ̇0 [rad · s−1 ]
0 50 100 150
ψ0 [°]
F IGURE 9.7 – Décomposition du coup d’aviron simplifié en cinq phases : (I) cinématique neutre,
(II) prise d’eau, (III) rendement cinématique constant, (IV) dégagé, et (V) phase d’arrêt
[Link] Came
220
9.1. CONFIGURATION EXPÉRIMENTALE
221
CHAPITRE 9. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN BASSIN DES CARÈNES
avec
0,9 Kc
K0,d = et ε = −π , (9.9)
Λ cΛ
où cΛ est un autre paramètre ajustable pour le coup d’aviron.
Les essais commencent par une mise en vitesse du chariot pendant laquelle, dans une situation
idéale, l’aviron devrait être dirigé parallèlement à la direction d’avancement. Cependant, cette
configuration a pour effet d’exciter le manche, à cause de sa flexibilité, et cela pertube fortement
l’écoulement. Les expérimentateurs ont donc fait un essai préalable à chaque coup d’aviron, visant
pn pn
à trouver un angle ψ0 de portance nulle. Le coup d’aviron débute alors à ψ0 = ψ0 et non à
ψ0 = 0°. Même avec cette nouvelle configuration de départ, des oscillations persistent et un taquet
a été ajouté pour forcer la palette à s’y appuyer et à appliquer un effort de l’ordre d’une dizaine de
Newton.
222
9.1. CONFIGURATION EXPÉRIMENTALE
pn
type d’essai # essai Vc φ2c θ1 ψ0 am cK0
recherche portance nulle 17 2,6 12 9,5 0,00 4 1,00
recherche portance nulle 19 2,6 −4 9,5 0,00 4 1,00
recherche portance nulle 21 2,6 0 9,5 0,00 4 1,00
recherche portance nulle 27 2,6 4 9,5 0,00 4 1,00
recherche portance nulle 29 2,6 8 9,5 0,00 4 1,00
coup d’aviron 40 4,0 4 9,5 0,15 4 1,04
coup d’aviron 43 4,0 4 9,5 0,15 4 1,16
coup d’aviron 59 4,0 0 10,5 0,55 4 1,01
coup d’aviron 61 4,0 4 10,5 −0,10 4 1,03
coup d’aviron 63 4,0 10 10,5 −1,15 4 1,11
coup d’aviron 67 4,0 8 11,5 −1,02 4 1,10
coup d’aviron 99 4,1 4 11,5 −0,30 3 1,07
coup d’aviron 109 4,1 4 9,5 0,00 3 1,04
coup d’aviron 122 4,1 4 10,5 −0,16 3 1,05
coup d’aviron 147 4,1 12 11,5 −1,80 3 1,15
coup d’aviron 150 4,2 12 9,5 −1,30 3 1,12
coup d’aviron 151 4,2 4 9,5 −0,15 3 1,04
coup d’aviron 154 4,2 6 9,5 −0,45 3 1,06
calcul des inerties 167 0,0 - - - - -
came à vide 169 0,0 12 11,5 −1,90 3 1,15
Tableau 9.2 – Liste des essais utilisés pour le coup d’aviron en bassin de traction
223
CHAPITRE 9. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN BASSIN DES CARÈNES
9.2.2 Maillages
La procédure de maillage détaillée ici est proche de celle déjà décrite au chapitre 8. Une pre-
mière différence est que nous avons remplacé la boîte de raffinement autour de la surface libre
par un raffinement à partir d’une surface interne (cf. Figure 9.9(a) page 226). La hauteur des cel-
lules est alors minimale proche de cette surface, de 1 mm pour les maillages fins à 2 mm pour les
maillages grossiers, et sur plusieurs couches, puis elle augmente au fur et à mesure. Le résultat est
similaire à la première approche. L’autre différence est qu’il n’y a plus qu’une seule boîte de raffi-
nement « isotrope » autour de la palette 5 (cf. Figure 9.9(b) page 226) mais celle-ci est plus grande
et les cellules à l’intérieur y sont plus petites, pour s’assurer de bien capturer les déformations
de la surface libre. Les dimensions des cellules dans cette boîte passent de 4 mm × 4 mm × 5 mm
4. Le script trouve l’altitude zr du point le plus haut de la palette, pour θ1r = 9,5° et φ2r = 0°. Comme la surface
libre est à z = 0 m, alors il faut appliquer une translation verticale de valeurs −zr à la palette.
5. Il y en avait deux pour les essais reproduisant le coup d’aviron en conditions écologiques
224
9.2. CONFIGURATION NUMÉRIQUE
zoom
zoom
zoom
F IGURE 9.8 – Domaine de calcul pour les simulations d’écoulement autour de la palette reprodui-
sant les essais en bassin de traction
pour les maillages fins à 12 mm × 12 mm × 8 mm pour les maillages grossiers. Sur la surface de la
palette, les cellules sont très fines et ont pour dimensions 3 mm × 3 mm × 4 mm pour les maillages
grossiers et 2 mm × 2 mm × 2 mm pour les maillages fins. Le résultat du maillage grossier obtenu
pour la configuration de l’essai no 154 est visible sur la Figure 9.10 page 227. Les nombres de cel-
lules, exprimés en millions, des différents maillages utilisés sont donnés dans le Tableau 9.3 page
suivante.
225
CHAPITRE 9. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN BASSIN DES CARÈNES
(a) Raffinement dans la direction verticale autour de la (b) Raffinement uniforme autour de la palette
surface libre
F IGURE 9.9 – Zones de raffinement sur les maillages initiaux utilisés pour les simulations de coup
d’aviron en bassin de traction
Maillages
Nombre de cellules [·106 ]
grossier moyen fin
67 1,2 2,7 12,3
Essais 154 1,2 2,7 11,4
autre 0,8 à 1,3 - -
Tableau 9.3 – Nombres de cellules (exprimés en millions) pour les maillages utilisés pour les
simulations d’un coup d’aviron en bassin de traction
sillage tourbillonnaire derrière la palette et une résistance visqueuse non négligeable. Il est donc
nécessaire d’utiliser un modèle de turbulence pour cette configuration, contrairement au cas du
coup d’aviron réel où les effets visqueux sont négligeables. Nous avons choisi d’utiliser le modèle
de turbulence par défaut dans ISIS-CFD, c’est-à-dire le modèle k − ω SST de Menter.
Comme énoncé précédemment, le mouvement de la palette est plan, tout du moins quand le
manche ne subit pas de déflexion. La flexion du manche entraîne, quand φ2r 6= 0°, une légère trans-
lation verticale et une rotation suivant le troisième vecteur de la base associée à l’aviron, ayant pour
conséquence de sortir du cadre du mouvement plan. Le mouvement de base nécessite d’imposer
les trois DDL Tx , Ty et Rz au niveau de l’emplanture, définis pendant le coup d’aviron par :
Tx (t) = Xc (t) + Le cos θ1 (cos ψ0 (t) − 1)
Ty (t) = Le cos θ1 sin ψ0 (t)
ˆ t , (9.10)
Rz (t) = ψ0 (t) = ψ̇0 (τ) dτ
0
226
9.2. CONFIGURATION NUMÉRIQUE
(c) maillage surfacique sur de la palette (face externe) (d) maillage surfacique sur de la palette (face interne)
F IGURE 9.10 – Affichage d’un maillage utilisé pour les simulations numériques du coup d’aviron
en bassin de traction (maillage à 1,2 · 106 de cellules)
La rotation ψ0 (t) est donnée par les cames définies en [Link]. Cependant, ces lois sont ex-
primées par une fonction ψ̇0 (ψ0 ). La vitesse angulaire initiale ψ̇0,init est alors définie, suivant une
procédure spécifique non détaillée ici, et l’angle ψ0 est obtenu par intégration numérique :
k=0
ψ̇0 = ψ̇0,init
ψ k=0
= ψ0,init
0
k k−1
. (9.11)
ψ̇ 0 = ψ̇0 (ψ 0 )
ψ0k = ψ0k−1 + ψ̇0k−1 ∆t
227
CHAPITRE 9. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN BASSIN DES CARÈNES
6. Le solveur BoomerAMG est plus efficace que Bi-GSTAB en termes de gain par itération, bien qu’une itération
coûte plus cher. Un nombre plus petit d’itérations suffit.
228
9.3. SIMULATIONS NUMÉRIQUES
0
Fy [N]
−2
−4
−6
−8
0 1 2 3 4 5 6
t [s]
F IGURE 9.11 – Exemple de la convergence de Fy d’un essai de recherche de portance nulle (essai
no 21), où l’aviron passe d’une orientation ψ0 = 0° à ψ0 = 1,835° dans la première seconde de
simulation.
229
CHAPITRE 9. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN BASSIN DES CARÈNES
essai unité 19 21 27 29 17
ψ2c [°] −4 0 4 8 12
pn
ψ0 exp. [°] 2,422 1,765 0,987 0,212 −0,311
pn
ψ0 modèle
1 [°] 2,440 1,835 1,138 0,517 −0,101
pn
ψ0 modèle
2 [°] 2,327 1,731 1,033 0,410 −0,206
écart num.-exp.
1 [°] 0,018 0,070 0,151 0,305 0,210
écart num.-exp.
2 [°] −0,095 0,046 0,046 0,198 0,105
pn
Tableau 9.4 – Comparaison des valeurs de portance nulle ψ0 trouvées pour des essais à faible
vitesse d’avance du chariot du bassin des carènes, Vc = 2,6 m · s−1 , et à des valeurs différentes
d’angle de coiffe φ2c , obtenues avec le modèle
1 simplifié de flexion du manche et avec le modèle
2
complet.
à portance nulle, que nous avons constaté le défaut d’utiliser le modèle simplifié de flexion du
manche pour ce type de coup d’aviron. Il devenait nécessaire de prendre en compte le moment
pur s’exerçant sur la palette, d’où le développement du modèle « complet ». Les résultats présentés
dans le Tableau 9.4 confirment que l’utilisation du modèle complet permet de se rapprocher des
valeurs expérimentales (sauf pour l’essai no 19), bien que les écarts soient faibles.
En appliquant cette même méthode pour les essais à vitesses nominales (Vc ≈ 4,0 m · s−1 ), nous
avons trouvé des écarts plus importants avec les valeurs expérimentales. Les erreurs absolues sur
l’angle de portance nulle se situent entre 1,5° et 2° dans la majorité des cas. Il n’est pas évident
a priori de trouver la raison de ces écarts. Il se pourrait que cela vienne d’un changement dans le
protocole expérimental entre les deux gammes de vitesse de chariot, ou bien que, la vitesse ayant
augmenté, les erreurs peuvent s’être accentuées en conséquence dans les simulations numériques.
Les essais de coup d’aviron complet ont tous été faits dans ces gammes de vitesse et il est important
de commencer le coup avec une portance nulle. Il a donc été décidé de recaler la loi de commande
d’un offset correspondant à la différence trouvée entre la valeur trouvée expérimentalement et celle
obtenue par les simulations en statique.
230
9.3. SIMULATIONS NUMÉRIQUES
7. Les efforts Fz obtenus numériquement ont été recalés à 0 N aux petites valeurs de ψ0 , similairement au protocole
expérimental.
8. Nous ne pouvons comparer les efforts Mx et My aux valeurs expérimentales car il nous manque les données
nécessaires pour effectuer le changement de point de réduction des moments.
9. Son contenu fréquentiel est plus riche que les autres efforts aux fréquences supérieures à la fréquence de coupure
de 11 Hz choisie.
231
CHAPITRE 9. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN BASSIN DES CARÈNES
que ce constat ne soit pas valable sur la totalité du coup d’aviron. Cette diminution d’écart est
plus marquée pour l’essai no 154, où les niveaux d’efforts sont moins importants. Il semble que les
raisons des écarts ne soient pas à chercher dans l’erreur numérique induite par le maillage.
232
9.3. SIMULATIONS NUMÉRIQUES
l’une avec l’algorithme de sub-cycling et l’autre sans, comparés aux résultats expérimentaux.
Les simulations sont faites sur un maillage assez grossier d’environ 300 000 cellules, équivalent
aux autres maillages grossiers utilisés mais sans boîte de raffinement isotrope autour de la palette.
Nous constatons que les profils d’efforts se superposent. De très légers écarts apparaissent et cor-
respondent aux conclusions retrouvées dans l’ensemble des cas test présentés dans le manuscrit.
En effet, les maxima d’efforts sont légèrement diminués quand l’algorithme de sub-cycling est uti-
lisé. Il est possible que ces écarts tendent à augmenter sur des maillages plus fins mais cette étude
n’a pas été faite car elle serait très coûteuse en temps CPU pour un maillage moyen ou fin sans
utiliser l’algorithme de sub-cycling. Le facteur d’accélération de la simulation dans ce cas était
de 3,6, ce qui est rassurant et satisfaisant compte tenu des très bons résultats que nous obtenons,
c’est-à-dire une accélération du calcul sans pénaliser la précision.
233
CHAPITRE 9. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN BASSIN DES CARÈNES
F IGURE 9.12 – Visualisation en vue isométrique d’une simulation de coup d’aviron généré en
bassin de traction avec coloration de la surface libre par sa coordonnée verticale, pour l’essai
no 154.
234
9.3. SIMULATIONS NUMÉRIQUES
F IGURE 9.13 – Visualisation en vue latérale (dans le sens coque vers rive) d’une simulation de
coup d’aviron généré en bassin de traction avec coloration de la surface libre par sa coordonnée
verticale, pour l’essai no 154.
235
CHAPITRE 9. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN BASSIN DES CARÈNES
exp. num. maillage grossier num. maillage moyen num. maillage fin
300 100
50
200
Fx [N]
Fy [N]
0
100
−50
0
−100
20 40 60 80 100 120 140 20 40 60 80 100 120 140
ψ [°] ψ [°]
0
60
−100
−200
Mz [N · m]
40
Fz [N]
−300
20 −400
−500
0
−600
20 40 60 80 100 120 140 20 40 60 80 100 120 140
ψ [°] ψ [°]
F IGURE 9.14 – Etude de convergence en maillage pour les simulations numériques reproduisant
le coup d’aviron simplifié no 67. Visualisation de l’évolution, par rapport à l’angle de balayage ψ0 ,
des efforts hydrodynamiques Fx , Fy et Fz et du moment Mz selon l’axe de rotation
236
9.3. SIMULATIONS NUMÉRIQUES
exp. num. maillage grossier num. maillage moyen num. maillage fin
60
200
40
150 20
0
Fx [N]
Fy [N]
100
−20
50 −40
0 −60
−80
20 40 60 80 100 120 140 20 40 60 80 100 120 140
ψ [°] ψ [°]
25 0
20
−100
Mz [N · m]
15
Fz [N]
−200
10
−300
5
0 −400
F IGURE 9.15 – Etude de convergence en maillage pour les simulations numériques reproduisant le
coup d’aviron simplifié no 154. Visualisation de l’évolution, par rapport à l’angle de balayage ψ0 ,
des efforts hydrodynamiques Fx , Fy et Fz et du moment Mz selon l’axe de rotation
237
CHAPITRE 9. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN BASSIN DES CARÈNES
250
50
200
150 0
Fx [N]
Fy [N]
100
50 −50
0
−100
20 40 60 80 100 120 140 20 40 60 80 100 120 140
ψ [°] ψ [°]
0
20
−100
15
Mz [N · m]
−200
Fz [N]
10
−300
5
−400
0
−500
20 40 60 80 100 120 140 20 40 60 80 100 120 140
ψ [°] ψ [°]
F IGURE 9.16 – Influence de la vitesse du chariot sur l’évolution, par rapport à l’angle de balayage
ψ0 , des efforts hydrodynamiques Fx , Fy et Fz et du moment Mz selon l’axe de rotation. Essais
utilisés : no 40, 109 et 151.
238
9.3. SIMULATIONS NUMÉRIQUES
300 100
50
200
Fx [N]
Fy [N]
0
100
−50
0
−100
20 40 60 80 100 120 140 20 40 60 80 100 120 140
ψ [°] ψ [°]
40 0
−100
30
Mz [N · m]
−200
Fz [N]
20
−300
10 −400
−500
0
F IGURE 9.17 – Influence de l’angle d’immersion de l’aviron sur l’évolution, par rapport à l’angle
de balayage ψ0 , des efforts hydrodynamiques Fx , Fy et Fz et du moment Mz selon l’axe de rotation.
Essais utilisés : no 109, 122 et 151.
239
CHAPITRE 9. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN BASSIN DES CARÈNES
100
300
50
200
Fx [N]
Fy [N]
0
100
−50
0
−100
20 40 60 80 100 120 140 20 40 60 80 100 120 140
ψ [°] ψ [°]
50 0
−100
40
−200
Mz [N · m]
30
Fz [N]
−300
20
−400
10
−500
0 −600
20 40 60 80 100 120 140 20 40 60 80 100 120 140
ψ [°] ψ [°]
F IGURE 9.18 – Influence de l’angle de coiffe de l’aviron sur l’évolution, par rapport à l’angle de
balayage ψ0 , des efforts hydrodynamiques Fx , Fy et Fz et du moment Mz selon l’axe de rotation.
Essais utilisés : no 59, 61 et 63.
240
9.3. SIMULATIONS NUMÉRIQUES
300 100
50
200
Fx [N]
Fy [N]
0
100
−50
0
−100
20 40 60 80 100 120 140 20 40 60 80 100 120 140
ψ [°] ψ [°]
0
60
−100
40 −200
Mz [N · m]
Fz [N]
−300
20 −400
−500
0
−600
20 40 60 80 100 120 140 20 40 60 80 100 120 140
ψ [°] ψ [°]
F IGURE 9.19 – Influence de l’utilisation de l’algorithme de sub-cycling sur l’évolution, par rapport
à l’angle de balayage ψ0 , des efforts hydrodynamiques Fx , Fy et Fz et du moment Mz selon l’axe de
rotation, pour l’essai no 67.
241
CHAPITRE 9. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN BASSIN DES CARÈNES
200 50
150
0
Fx [N]
Fy [N]
100
50 −50
0
−100
25 0
20 −100
Mz [N · m]
15
Fz [N]
−200
10
−300
5
−400
0
20 40 60 80 100 120 140 20 40 60 80 100 120 140
ψ [°] ψ [°]
F IGURE 9.20 – Influence du modèle de flexion du manche de l’aviron sur l’évolution, par rapport
à l’angle de balayage ψ0 , des efforts hydrodynamiques Fx , Fy et Fz et du moment Mz selon l’axe de
rotation, pour l’essai no 154.
242
9.3. SIMULATIONS NUMÉRIQUES
300 150
100
200
50
Fx [N]
Fy [N]
100
0
0
−50
−100
−100
20 40 60 80 100 120 140 20 40 60 80 100 120 140
ψ [°] ψ [°]
0
60
−100
40
−200
Mz [N · m]
Fz [N]
20 −300
−400
0
−500
−20
−600
20 40 60 80 100 120 140 20 40 60 80 100 120 140
ψ [°] ψ [°]
F IGURE 9.21 – Effet de la stratégie de couplage des déflexions linéaire f et angulaire α pour le
modèle complet de flexion de l’aviron pour l’essai no 67.
243
CHAPITRE 9. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DE LA PALETTE EN BASSIN DES CARÈNES
9.4 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons validé notre modélisation de coup d’aviron sur une autre base de
données expérimentale. A l’inverse de la configuration du chapitre 8, celle-ci est a priori moins
sujette aux incertitudes de mesures. En effet, il s’agit d’un coup d’aviron effectué en conditions
de laboratoire, dans un bassin de traction. L’aviron est rigidement lié à un bras rotatif. Ce dernier
tourne par rapport à une plateforme permettant également de mesurer les efforts. Elle est mise
en translation par le chariot du bassin de traction. Ce mouvement de roto–translation permet de
générer un coup d’aviron simplifié. La perte du caractère réel se situe dans la perte d’au moins
deux DDL de la palette dans la phase propulsive, à savoir la rotation l’immergeant dans l’eau et la
translation verticale, mais aussi dans l’absence de l’instationnarité de la vitesse d’avance du bateau,
le chariot ayant ici une vitesse constante pendant le coup d’aviron.
Les résultats des simulations numériques reproduisant ce coup d’aviron simplifié sont en bon
accord avec les résultats expérimentaux. Les simulations ont tendance à surestimer les efforts pro-
pulsifs Fx et Mz d’environ 5 % à 12 % au maximum. Les tendances de profil d’effort sont bien
décrites pour l’ensemble des essais reproduits et leurs dépendances aux paramètres caractérisant
le coup d’aviron sont capturées. Les études de convergence ont montré qu’un maillage comptant
un million de cellules suffit et qu’une discrétisation plus fine ne semble pas améliorer substan-
tiellement les résultats. Il semble même possible d’effectuer des simulations avec un maillage de
300 000 cellules sans perte notable de précision.
Le modèle complet de flexion du manche de l’aviron a été validé dans les simulations effectuées
dans ce chapitre et a montré qu’il permet de décrire globalement de meilleurs profils d’efforts que
le modèle simplifié. Cependant, il a été nécessaire de mettre en place une stratégie de stabilisation
entre les deux DDL ajoutés pour la flexibilité du manche : les déflexions linéaire f et angulaire α.
Dans le modèle simplifié, les deux sont liées par une relation de proportionnalité. Dans le modèle
complet, elles sont indépendantes mais cette liberté peut entraîner la divergence des simulations par
instabilité du couplage IFS. Il a donc été nécessaire d’adapter les relaxations de position/orientation
associées aux deux variables en ajoutant une dépendance aux termes extra-diagonaux de la matrice
de masse ajoutée. Cette stratégie s’est avérée payante et a permis de stabiliser les simulations, en
particulier sur les maillages fins.
Les écarts obtenus entre essais expérimentaux en conditions de laboratoire et simulations sont,
comme nous nous y attendions, globalement plus faibles que ceux obtenus en conditions éco-
logiques. La raison principale à cette diminution d’erreur est que l’environnement du bassin de
traction est mieux maîtrisé qu’un plan d’eau naturel et que les informations nécessaires au calage
des simulations étaient presque toutes connues. Ceci permet de diminuer les incertitudes sur les
signaux d’acquisition, bien qu’il subsiste des sources d’erreur conséquentes. Au chapitre suivant,
nous effectuons en ce sens une étude des incertitudes et leurs conséquences sur les résultats.
244
Chapitre 10
Bilan des résultats et étude des incertitudes
Ce chapitre vise dans un premier temps à synthétiser les résultats obtenus pour les deux types
de coup d’aviron reproduits par simulation numérique. Nous donnons ensuite les sources d’erreur
expérimentales et numériques possibles, à l’origine des écarts obtenus. Pour finir, une étude des
incertitudes sur la vitesse incidente est également réalisée, pour expliquer les écarts.
245
CHAPITRE 10. BILAN DES RÉSULTATS ET ÉTUDE DES INCERTITUDES
sources d’erreur possibles pour les mesures expérimentales et pour les simulations numériques
dans la section suivante.
Tableau 10.1 – Résumé de l’ordre de grandeur des écarts (num. - exp.) sur les maxima des efforts
propulsifs entre mesures expérimentales et résultats des simulations numériques pour les deux
configurations de coup d’aviron
246
10.2. INVENTAIRE DES SOURCES D’ERREUR POSSIBLES
F IGURE 10.1 – Instantanés de l’écoulement autour de la palette pour les deux types de coup d’avi-
ron simulés
247
CHAPITRE 10. BILAN DES RÉSULTATS ET ÉTUDE DES INCERTITUDES
L’équation de pression est convergée avec 3 à 4 ordres. Nous n’avons pas cherché à
augmenter ce niveau de convergence car les temps de calcul auraient été nettement
augmentés.
• Autres sources d’erreur :
— Modèle de flexion du manche : Nous avons montré en [Link] un léger défaut de
modélisation pour le coup d’aviron réel provoquant une surestimation des déflexions
linéaire et angulaire. Par ailleurs, l’approche choisie est de type quasi-statique. Cela
implique que, à convergence, les déflexions obtenues sont des fonctions du chargement
fluide, indépendantes du temps. Par conséquent, aucun temps de réponse n’est consi-
déré. Comme le chargement évolue de manière continue, l’approche quasi-statique ne
devrait toutefois pas être mise en défaut.
— Conditions aux limites : Nous avons considéré pour le coup d’aviron simplifié une
approche milieu infini en négligeant les effets de fond, ce qui est justifié compte tenu du
faible rapport entre la taille de la palette et la profondeur du bassin, mais aussi les effets
de bord. Cette dernière hypothèse est peut-être à reconsidérer car la palette s’approche
assez près de la paroi latérale du bassin 1 (cf. Figure 10.2) bien que le coup d’aviron
soit très bref : l’intervalle angulaire ψ0 ∈ [20°, 150°] est exécuté en une durée d’environ
1,2 s.
F IGURE 10.2 – Photographie d’un coup d’aviron simplifié effectué au bassin des carènes de l’ECN
248
10.3. ETUDE DES INCERTITUDES SUR LA VITESSE INCIDENTE DE L’ÉCOULEMENT
249
CHAPITRE 10. BILAN DES RÉSULTATS ET ÉTUDE DES INCERTITUDES
Les maxima d’efforts apparaissent quand ψ0 ≈ 90° et quand la vitesse incidente est la plus
faible. En pratique, dans cette zone angulaire, la vitesse linéaire de n’importe quel point de la
palette est supérieure en valeur absolue à la vitesse d’avance du bateau, ce qui explique que la tra-
→
− →
−
jectoire y(x) de ce point forme une boucle. Il y a alors une colinéarité entre V c et V D ∈ palette/bateau
et Vi s’obtient par soustraction des normes de ces deux vitesses. L’étroitesse de la boucle de la tra-
jectoire indique que Vi est presque nulle.
Le problème consiste donc à retrouver avec la plus grande précision possible la valeur d’une
variable à partir d’une soustraction de mesures de deux autres variables dont l’ordre de grandeur
est similaire mais supérieur à celui de la variable à trouver. Il est alors évident que la moindre
erreur sur l’une des deux mesures entraîne une erreur bien supérieure sur la variable d’intérêt. En
outre, il est primordial d’estimer Vi avec précision car les efforts dans cette zone angulaire sont
maximaux.
→
−
Vc →
− →
− →
−
− V D ∈ palette/eau = V D ∈ eau/palette = V i
→
−
V D ∈ palette/bateau = Le cos θ ψ̇0 · ~ja i
~j0
× ψ0
~ja ψ0 ~ia B D
ψ0 A ×
O ~i0 ×
→
− →
−
V c = Vc ·~i0 = V D ∈ bateau/eau
(a) Vue de dessus
~k0
Le
A
B
θ1 = cst
Surface libre
O ~i0 D
250
10.3. ETUDE DES INCERTITUDES SUR LA VITESSE INCIDENTE DE L’ÉCOULEMENT
Les variables Vi et i ont pour paramètres Vc , ψ0 , ψ̇0 , Le et θ1 . Nous choisissons de traiter sépa-
rément ψ0 et ψ̇0 , comme si les deux grandeurs étaient indépendantes, pour simplifier les calculs.
En appliquant (10.6) pour ∆Vi et ∆i et en utilisant les équations (10.3, 10.4, 10.5) définissant res-
pectivement η, Vi et i, nous obtenons après développements
2
∆Vi Vc sin2 ψ0 ∆Vc 1 1 2 ∆Le ∆ψ̇0 |sin 2ψ0 |
≤
· 1 −
+ − 1 sin ψ0 + tan θ1 ∆θ1 + + ∆ψ0 (10.7)
Vi Vi η Vc η η Le ψ̇0 2η
et
|tan ψ0 | ∆Vc ∆Le ∆ψ̇0 1
∆i ≤ + + + tan θ1 ∆θ1 + η tan i − ∆ψ0 . (10.8)
η (1 + tan2 i) Vc Le ψ̇0 tan ψ0
Pour obtenir les équations (10.7) et (10.8), nous nous sommes servis de la positivité de ψ̇0 et
de θ1 (et θ1 ≈ 10°). Si nous excluons une phase très courte au début du coup d’aviron où ψ0 peut
être légèrement négatif, nous pouvons alors estimer que ψ0 ≥ 0 et donc que η ≥ 0.
Paramètre Vc ψ0 ψ̇0 Le θ1
−1
[m.s ] [°] −1
[°.s ] [m] [°]
4,20 variable variable 1,558 9,50
avec ψ0 ∈ [0°, 180°] avec ψ̇0,max ≈ 200°.s−1
Incertitude ∆Vc ∆ψ0 ∆ψ̇0 ∆Le ∆θ1
[m.s−1 ] [°] [°.s−1 ] [m] [°]
Jeu 1 0,005 0,001 0,5 0,005 0,05
Jeu 2 0,100 0,100 1,0 0,020 0,05
∆Vc ∆ψ0 ∆ψ̇0 ∆Le ∆θ1
Incertitude relative Vc ψ0 ψ̇0 Le θ1
[%] [%] [%] [%] [%]
Jeu 1 0,1 - 0,3 0,3 0,5
Jeu 2 2,4 - 0,5 1,3 0,5
251
CHAPITRE 10. BILAN DES RÉSULTATS ET ÉTUDE DES INCERTITUDES
Vi 200 i Vi
4 4
Vi [m.s−1 ]
Vi [m.s−1 ]
i [°]
100
2 2
0
0 0
0 50 100 150 0 50 100 150 0 100 200
ψ0 [°] ψ0 [°] i [°]
(a) Vi (ψ0 ) (b) i(ψ0 ) (c) Vi (i)
Les évolutions des incertitudes ∆Vi et ∆i en fonction de l’angle de balayage de l’aviron sont
tracées sur la Figure 10.5 page ci-contre, pour les deux jeux d’incertitudes. Dans tous les cas il y a
une quasi-symétrie des courbes par rapport à l’axe vertical passant par ψ0 = 90°. ∆Vi est maximal
en cette valeur alors que ∆i y est presque mininal et nul. Le maximum est de 0, 035 m.s−1 pour le
jeu 1 et de 0, 19 m.s−1 pour le jeu 2. Les deux maxima de ∆i apparaissent à ψ0 = 80° et ψ0 = 100°
et ont pour valeurs 1,5° pour le jeu 1 et 9° pour le jeu 2.
Il est important de tenir compte des valeurs intrinsèques des incertitudes des grandeurs consi-
dérées, notamment de leurs maxima, comme indiqué précédemment, mais il faut les juxtaposer
aux valeurs de ces grandeurs pour en comprendre les effets. La Figure 10.6 page 254 représente,
comme la Figure 10.4(a), l’évolution de la norme Vi de la vitesse incidente en fonction de l’angle
de balayage de l’aviron. Cette fois une zone d’incertitude est ajoutée. Pour un angle ψ0 donné, la
valeur de Vi se situe dans l’intervalle [Vi − ∆Vi ,Vi + ∆Vi ]. Pour le cas le plus favorable, cette surface
est quasi-nulle en dehors de l’intervalle angulaire [80°, 100°]. Dans cette zone, la vitesse incidente
y est pourtant minimale. Le rapport ∆Vi /Vi est donc maximal et vaut environ 5% (cf. Figure 10.8(a)
page 255). Les valeurs d’incertitudes (∆Vc , ∆ψ0 , ∆ψ̇0 , ∆Le , ∆θ1 ) du jeu 2 peuvent paraître raison-
252
10.3. ETUDE DES INCERTITUDES SUR LA VITESSE INCIDENTE DE L’ÉCOULEMENT
∆Vi [m.s−1 ]
∆i [°]
0.1 5
0 0
0 50 100 150 0 50 100 150
ψ0 [°] ψ0 [°]
(a) ∆Vi (ψ0 ) (b) ∆i(ψ0 )
nables prises une à une. En revanche, la combinaison de leurs effets semblent destructrice pour la
confiance sur Vi . En effet, la surface d’incertitude du jeu 2 est beaucoup plus étendue que celle du
jeu 1. Ce constat est valable sur l’ensemble du coup et s’accentue quand Vi est minimal, où le rap-
port ∆Vi /Vi atteint alors 27% (cf. Figure 10.8(a) page 255). Selon le même principe, la Figure 10.7
page 255 représente l’angle d’incidence avec sa surface d’incertitude. Pour le jeu 1, cette surface
est à peine visible. La Figure 10.8(b) page 255 permet de visualiser le rapport ∆ii . Si nous excluons
les zones où i → 0, c’est-à-dire où ∆ii → ∞, nous constatons qu’il reste principalement deux pla-
teaux où l’erreur relative est conséquente. Il s’agit approximativement des intervalles angulaires
[10°, 30°] et [50°, 80°]. L’erreur y est respectivement d’environ 15% et 5%. Pour le jeu 2, la surface
d’incertitude est bien visible sur la Figure 10.7(b) page 255. L’erreur relative dans deux intervalles
angulaires est respectivement d’environ 60% et 30%.
Pour finir, les figures 10.9 et 10.10 permettent de comprendre l’origine des incertitudes sur Vi et
i en terme de distribution des incertitudes intrinsèques sur chaque paramètre. Il apparait que chaque
paramètre a une importance non négligeable dans au moins une partie du coup d’aviron, mis à part
la contribution de ∆θ1 qui peut être oubliée car elle reste en dessous de 5% dans tous les cas. La
contribution de ∆ψ0 est assez faible sur la totalité du coup mais elle connait des pics importants.
Ainsi, elle atteint environ 20% de ∆Vi pour le jeu 2 en ψ0 = 70° et ψ0 = 110°, également 20%
mais pour ∆i en ψ0 = 90° et même jusqu’à 80% pour le jeu 2. Les contributions de ∆ψ̇0 et ∆Le
sont similaires en proportion sur la partie significative du coup d’aviron, c’est-à-dire l’intervalle
[30°, 140°], où elles atteignent entre 40% et 50% pour le jeu 1 pour ∆Vi et ∆i. Pour le jeu 2, leurs
parts diminuent et n’atteignent qu’environ 30% pour ∆Le à ψ0 = 90° à la fois pour ∆Vi et ∆i et
environ 15% pour ∆ψ̇0 , avec des pics légèrement supérieurs à ces valeurs sur ∆Vi en ψ0 = 70° et
ψ0 = 110°. La contribution de ∆Le est totale en début et fin de coup d’aviron pour ∆Vi mais ∆Vi
est quasi-nul quand ψ0 → 0° et ψ0 → 180°. En milieu de coup, la part est, à la fois pour ∆Vi et ∆i,
respectivement d’environ 15% pour le jeu 1 et 50% pour le jeu 2.
253
CHAPITRE 10. BILAN DES RÉSULTATS ET ÉTUDE DES INCERTITUDES
l’écoulement sur la palette d’aviron. Elle a mis en évidence que, même à partir d’incertitudes très
faibles sur les paramètres, comme pour le jeu 1 où chacune est inférieure à 1%, la norme de la
vitesse incidente peut avoir une incertitude maximale de ±5% et son angle de ±15%. Si nous esti-
mons que les efforts sont proportionnels au carré de la vitesse incidente 2 et si nous laissons de côté
l’incertitude sur l’angle d’incidence, alors les incertitudes sur la norme de la vitesse incidente des
jeux 1 et 2, respectivement de 5% et 27%, entraînent des incertitudes sur les efforts respectivement
de 10% et 61%.
Cette analyse de propagation des incertitudes permet donc de prendre du recul sur les écarts
obtenus entre essais expérimentaux et simulations numériques. Compte tenu des incertitudes ex-
périmentales et des erreurs numériques, des écarts de 10 à 15% peuvent être considérés comme
acceptables. Il faut tout de même insister sur le fait que cette méthode a probablement tendance
à surestimer l’incertitude. Elle est utile pour borner l’erreur sur la solution. Il serait intéressant
d’étudier l’influence de chaque paramètre en figeant les autres à certaines valeurs. Pour être plus
complet et étendre le cadre de l’étude à un coup d’aviron réel, il faudrait aussi prendre en compte
d’autres paramètres importants comme les cinq autres DDL du bateau.
5 5
Vi Zone d’incertitude Vi Zone d’incertitude
4 4
Vi [m.s−1 ]
Vi [m.s−1 ]
3 3
2 2
1 1
0 0
0 50 100 150 0 50 100 150
ψ0 [°] ψ0 [°]
(a) Scénario favorable (b) Scénario défavorable
254
10.3. ETUDE DES INCERTITUDES SUR LA VITESSE INCIDENTE DE L’ÉCOULEMENT
250 250
i Zone d’incertitude i Zone d’incertitude
200 200
150 150
i [°]
i [°]
100 100
50 50
0 0
0 50 100 150 0 50 100 150
ψ0 [°] ψ0 [°]
(a) Scénario favorable (b) Scénario défavorable
F IGURE 10.7 – Evolution de l’angle incident en fonction de l’angle de balayage de l’aviron pour
les jeux d’incertitudes (a) 1 et (b) 2.
Jeu 1 Jeu 2 1
Jeu 1 Jeu 2
0.3
0.5
0.2
[−]
[−]
0
∆Vi
Vi
∆i
i
0.1
−0.5
0 −1
0 50 100 150 0 50 100 150
ψ0 [°] ψ0 [°]
∆Vi ∆i
(a) Vi (b) i
F IGURE 10.8 – Evolution des incertitudes relatives (a) sur Vi et (b) sur i en fonction de l’angle de
balayage de l’aviron pour les jeux d’incertitudes 1 et 2.
255
CHAPITRE 10. BILAN DES RÉSULTATS ET ÉTUDE DES INCERTITUDES
100 100
80 80
60 60
[%]
[%]
∆Vi
∆Vi
∆·
∆·
40 40
20 20
0 0
0 50 100 150 0 50 100 150
ψ0 [°] ψ0 [°]
(a) Scénario favorable (b) Scénario défavorable
F IGURE 10.9 – Evolution de la distribution des incertitudes sur la norme de la vitesse incidente
dues à chaque paramètre pour les jeux d’incertitudes (a) 1 et (b) 2 en fonction de l’angle de ba-
layage de l’aviron
100 100
80 80
60 60
[%]
[%]
∆·
∆i
∆·
∆i
40 40
20 20
0 0
0 50 100 150 0 50 100 150
ψ0 [°] ψ0 [°]
(a) Scénario favorable (b) Scénario défavorable
F IGURE 10.10 – Evolution de la distribution des incertitudes sur l’angle de la vitesse incidente
dues à chaque paramètre pour les jeux d’incertitudes (a) 1 et (b) 2 en fonction de l’angle de ba-
layage de l’aviron
256
Quatrième partie
257
Chapitre 11
Cadre de l’étude
Nous avons détaillé dans le chapitre 2 la complexité de l’écoulement autour de la carène d’un
skiff. Pour rappel, les bateaux d’aviron ont une vitesse d’avance variable, en raison de la discon-
tinuité de la propulsion et du déplacement du (des) rameur(s) dans le bateau et ayant une masse
très supérieure à celui-ci. Cette variation est d’environ 20 à 30 % autour de la vitesse moyenne.
Cette caractéristique est une empreinte forte des bateaux d’aviron. A ce mouvement de cavalement
s’ajoutent des mouvements secondaires comme le tangage et le pilonnement. Cette originalité et
cette complexité sont les causes d’une littérature peu fournie dans le domaine de l’hydrodynamique
navale.
Nous disposons de deux bases de données expérimentales, issues de deux campagnes d’essais
effectuées en 2000 et 2012 au bassin de traction du LHEEA. Dans les deux cas, un modèle cap-
tif est utilisé, c’est-à-dire que la position et l’orientation du skiff sont imposées, contrairement à
l’approche utilisant un modèle libre où un chargement est appliquée au bateau et celui-ci est libre
pour certains degrés de liberté. La différence majeure entre les deux campagnes est le système de
génération du mouvement de cavalement. Dans celle de 2000, ce mouvement était généré par un
système appelé « catapulte » (cf. Figure 2.6(a) page 57) et, dans celle de 2012, par un hexapode
inversé (cf. Figure 2.6(c) page 57 et Figure 11.1 page suivante). Une autre distinction est le modèle
de bateau : un modèle de marque Vega pour la première campagne, un Filippi S8 pour la seconde.
Dans les deux campagnes expérimentales, plusieurs essais à vitesse constante ont été réalisés.
Ceci permet de rendre compte des caractéristiques des bateaux d’aviron et donne une première
base sur laquelle s’appuyer pour faire des simulations numériques. En effet, avant d’envisager une
simulation numérique d’une carène avec cavalement, il faut s’assurer que le cas stationnaire soit
bien reproduit. Nous verrons au chapitre 12 que cette tâche n’est pas aussi simple qu’elle n’y paraît,
malgré l’usage d’un code CFD validé sur de nombreuses configurations d’hydrodynamique navale
académiques et industrielles.
La chronologie des simulations numériques que nous avons effectuées commence par les essais
stationnaires de la campagne de 2012. Dès cette étape, de nombreuses difficultés sont apparues et
des efforts importants ont été consacrés à tenter de comprendre les écarts entre résultats expéri-
mentaux et numériques. Il s’est ensuite avéré que les mesures faites dans les essais expérimentaux
en configuration instationnaire avaient probablement été défectueuses et que les résultats n’étaient
pas utilisables. Par la suite, les résultats de la campagne plus ancienne, de 2000, ont été utilisés
pour tenter de valider le comportement en cavalement des modèles utilisés.
Bien que les résultats soient plus défavorables en configuration stationnaire sur cette campagne
259
CHAPITRE 11. CADRE DE L’ÉTUDE
F IGURE 11.1 – Extrait d’enregistrements vidéo effectués lors de l’essai de traction du skiff avec
vitesse instationnaire générée par l’hexapode inversé
expérimentale par rapport à celle de 2012, les simulations avec une oscillation périodique de la vi-
tesse fluctuante semblent bien capturer la nature de l’instationnarité, malgré des valeurs moyennes
trop éloignées des valeurs expérimentales. Pour tenter de mieux comprendre les écarts, d’autres
simulations ont été ponctuellement faites à partir d’autres données disponibles dans la littérature.
Pour finir, il est nécessaire d’ajouter que cette partie du travail n’a pas constitué une part du
travail aussi importante que celles développées en II et III, ceci expliquant les différences en vo-
lume de contenu exposé. Par ailleurs, ce travail a été mené en colloboration avec deux étudiants en
Master : Abdoulaye Loua en 2015 [121] et Sajad Mozaffari en 2016 [131].
260
Chapitre 12
Simulations de l’écoulement autour du skiff
Les simulations détaillées dans ce chapitre se basent sur deux campagnes expérimentales ef-
fectuées au bassin de traction du LHEEA, comme expliqué au chapitre 11.
Pour cette campagne, seulement un milieu infini a été considéré. Il a pour dimensions 26 m ×
6 m × 6 m dans le cas des simulations faites sans surface libre et 40 m × 4 m × 8 m avec surface
libre. Le bateau utilisé a une longueur de référence de Lre f = 8,39 m et un chargement de 94 kg lui
est appliqué.
261
CHAPITRE 12. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DU SKIFF
zoom
zoom
zoom
zoom
F IGURE 12.1 – Domaine de calcul pour les simulations d’écoulement autour du skiff (milieu infini)
262
12.1. CONFIGURATION NUMÉRIQUE
Tableau 12.1 – Nombre de cellules pour les trois finesses de maillages, les deux types de milieu et
les deux campagnes d’essais
12.1.2 Maillages
Comme pour la palette, trois maillages de finesses différentes sont utilisés, mais avec une
construction géométrique similaire. La procédure de maillage consiste à nouveau à appliquer une
taille de maille cible sur la surface de la carène, plus ou moins petite suivant la finesse de maillage
souhaité. Un nombre de diffusion plus ou moins grand est aussi défini, c’est-à-dire le nombre de
couches de cellules voisines gardant la même taille avant que celle-ci double. Nous ne développons
pas les valeurs spécifiées mais simplement les résultats en nombre de cellules obtenus. Ils sont ré-
pertoriés dans le Tableau 12.1 1 . Les types de faces définis sont recensées dans le Tableau 12.2 page
suivante. Les maillages obtenus pour les simulations de la campagne de 2012 sont représentés sur
la Figure 12.2 page 265 pour le milieu infini et sur la Figure 12.3 page 266 pour le milieu confiné.
Les maillages de la campagne de 2000 sont similaires donc nous avons choisi de ne pas les faire
apparaître.
Pour cette dernière campagne, deux approches sont considérées pour la modélisation de la
paroi : dans la première, une loi de paroi est appliquée et la première cellule a une épaisseur nor-
malisée de y+ = 50 et, dans la seconde, une condition d’adhérence est imposée et l’épaisseur de
la première cellule est alors de y+ = 0,5. Cette deuxième approche a pour conséquence une aug-
mentation du nombre de cellules, comme indiqué dans le Tableau 12.1 et visible sur la Figure 12.4
page 267.
1. Des simulations sur maillages plus fins ont été réalisées mais cela ne paraît pas dans le tableau.
263
CHAPITRE 12. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DU SKIFF
Tableau 12.2 – Types de face et de conditions aux limites appliquées pour (a) le milieu infini et (b)
le milieu confiné
264
12.1. CONFIGURATION NUMÉRIQUE
F IGURE 12.2 – Maillage pour la simulation de l’écoulement autour du skiff en domaine infini
265
CHAPITRE 12. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DU SKIFF
F IGURE 12.3 – Maillage pour la simulation de l’écoulement autour du skiff en domaine confiné
266
12.2. SIMULATIONS
(a) Approche loi de paroi (y+ = 50) (b) Approche bas Reynolds (y+ = 0,5)
F IGURE 12.4 – Comparaison des maillages obtenus pour les approches (a) loi de paroi et (b) bas
Reynolds.
12.2 Simulations
12.2.1 Cas stationnaire
Pour les essais de la campagne 2012, plusieurs vitesses d’avance ont été utilisées. Elles corres-
pondent à des régimes sub-critique, critique et super-critique vis-à-vis du Froude fond, exprimé par
U
la relation Frh = √gre fh , où h est la profondeur du bassin. Les résultats de ces simulations sont don-
nés dans le Tableau 12.3 page suivante pour le milieu infini et dans le Tableau 12.4 page suivante
pour le milieu confiné. Il est constaté que les simulations sous-estiment globalement la résistance
hydrodynamique de 8 à 12 % en milieu infini et de 8 ou 9 % en milieu confiné, avec, dans ce
deuxième cas, un comportement différent pour les vitesses critiques (Frh ≈ 1). La raison de ces
écarts plus importants par rapport à ce que le solveur ISIS-CFD est normalement capable d’obtenir
(généralement inférieurs à 5 % voire encore moins) est à ce jour inexpliquée. L’influence de cer-
tains paramètres comme l’assiette du bateau, la longueur du domaine (pour éviter les réflexions), la
discrétisation du maillage dans le sens transversal ou vertical (pour tenir compte davantage des ef-
fets de confinement) a été étudiée mais cela n’a pas permis de diminuer les écarts. La Figure 12.5
page 269 montre des visualisations du champ de vagues et l’élévation de la surface libre sur la
carène, pour trois vitesses correspondant aux régimes précités et pour les deux types de milieu
modélisés. L’effet du confinement est clairement visible sur les trois vitesses et est plus prononcé
pour le régime critique, où la surface mouillée est alors plus importante.
267
CHAPITRE 12. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DU SKIFF
Tableau 12.3 – Résultats de la résistance hydrodynamique sur le skiff pour la campagne de 2012
en configuration milieu infini pour les simulations (déplacement ∆ = 108 kg)
Tableau 12.4 – Résultats de la résistance hydrodynamique sur le skiff pour la campagne de 2012
en configuration milieu confiné pour les simulations (déplacement ∆ = 108 kg)
268
12.2. SIMULATIONS
·10−2
milieu infini
milieu confiné
z [m]
0
−2
−4 −2 0 2 4
x [m]
(a) Vb = 4,0 m · s−1 Frh = 0,74
·10−2
milieu infini
6 milieu confiné
4
z [m]
−2
−4 −2 0 2 4
x [m]
(b) Vb = 5,5 m · s−1 Frh = 1,01
·10−2
milieu infini
6 milieu confiné
4
z [m]
−2
−4 −2 0 2 4
x [m]
(c) Vb = 6,5 m · s−1 Frh = 1,20
F IGURE 12.5 – Surface libre autour du skiff et sur sa carène, avec, à gauche le champ de vagues
en vue de dessus (dimensions en mètre) en milieux infini et confiné et, à droite l’élévation de la
surface libre le long de la carène (déplacement ∆ = 108 kg).
269
CHAPITRE 12. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DU SKIFF
obtenus sans surface libre sont transposables dans le cas où cette dernière est prise en compte.
270
12.2. SIMULATIONS
Tableau 12.5 – Essais expérimentaux en configuration instationnaire (campagne de 2000). Tous les
essais sont à une vitesse moyenne de 4,1 m · s−1 .
exp. (A = 0,20 m) num. loi de paroi (A = 0,20 m) num. bas Reynolds (A = 0,20 m)
exp. (A = 0,45 m) num. loi de paroi (A = 0,45 m) num. bas Reynolds (A = 0,45 m)
40 30
60
20
F̄x [N]
F̂x [N]
55 30
φ [°]
50 10
20
45
0.4 0.6 0.8 1 1.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2
f [Hz] f [Hz] f [Hz]
F IGURE 12.6 – Comparaison des valeurs moyennes de résistance F̄x , des amplitudes du premier
harmonique F̂x et des déphasages φ par rapport à la vitesse, tous obtenus en fonction de la fréquence
d’oscillation imposée au skiff. Simulations faites sur maillage moyen, avec un pas de temps de
5 ms, reproduisant l’essai no 17 de la campagne de 2000.
271
CHAPITRE 12. SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT AUTOUR DU SKIFF
exp.
num. sans surface libre
num. avec surface libre
80
70
60
Fx [N]
50
40
30
F IGURE 12.7 – Comparaison des résistances hydrodynamiques des simulations numériques faites
sur maillage fin avec approche bas Reynolds et pas de temps de 5 ms, avec et sans surface libre,
par rapport aux valeurs expérimentales (essai no 17 de la campagne 2000)
fois, il est noté une très nette différence entre les valeurs moyennes de résistance expérimentale
et numérique, ici de 18 %, à l’image de la configuration stationnaire étudiée pour la campagne de
2012 mais avec des différences plus importantes. Une hypothèse sur les raisons de ces écarts est
énoncée au chapitre 13.
272
Chapitre 13
Discussions des résultats et bilan des
simulations de l’écoulement autour du skiff
273
CHAPITRE 13. DISCUSSIONS DES RÉSULTATS ET BILAN DES SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT
AUTOUR DU SKIFF
sont tous les deux générés avec la géométrie du Filippi F14 en respectant le reste des paramètres
de chaque configuration. Pour la campagne de 2000, l’écart entre essais et le seul point de simu-
lation effectué est encore plus grand que pour la campagne de 2012, et se situe à environ 13 %.
En revanche, sur les configurations avec modèle libre, nous constatons alors que les écarts entre
résultats expérimentaux et numériques sont nettement diminués. Ils se situent cette fois à environ
5 %, ce qui est inférieur et bien plus proche de la marge d’erreur usuelle pour le code ISIS-CFD
(par ailleurs la valeur de résistance d’environ 1 N correspondant à la dérive n’a pas été retirée des
valeurs expérimentales). Les coefficients cT obtenus numériquement sont plus élevés en modèle
libre qu’en modèle captif. Cela s’explique par l’augmentation de la surface mouillée quand un mo-
dèle libre est utilisé, que nous justifions par le profil d’effort vertical Fz en fonction de la vitesse,
obtenu dans la campagne de 2012 (modèle fixe) et visible sur la Figure 13.2 page suivante. En ef-
fet, l’effort vertical négatif tend à faire descendre la carène, pour la plage des vitesses considérées,
ce qui a aussi pour effet d’augmenter la surface mouillée et donc la résistance. Nous nous sommes
servis de la surface mouillée au repos pour adimensionnaliser aussi bien les efforts expérimentaux
que numériques et obtenir cT , dans toutes les configurations. De ce fait, l’utilisation du modèle
libre tend à faire augmenter la valeur de cT par rapport au modèle captif, à chargement constant.
Par contre, il est surprenant de ne pas retrouver aussi nettement cette tendance quand nous com-
parons les résultats expérimentaux en modèle libre et en modèle captif. Il est vrai que les résultats
proviennent de campagnes expérimentales différentes, réalisées dans des bassins différents.
Sophie Barré a montré dans sa thèse [7] que, pour les bateaux d’aviron, le coefficient cT évolue
très peu dans une plage de déplacement restreinte et que la résistance est alors proportionnelle à
la surface mouillée. Deux de nos simulations vérifient alors cette caractéristique (deux points pris
autour de Vb = 4 m · s−1 , le premier est le pentagone noir et vide, le second est le carré rouge et
vide). Bien qu’elles soient faites avec des bateaux légèrement différents, elles montrent que pour
deux chargements différents, ∆ = 94 kg et ∆ = 108 kg, le cT est quasi-identique.
Ces résultats montrent qu’un phénomène physique semble se produire avec l’usage de modèles
captifs et celui-ci n’est pas reproduit en simulation. Par exemple, la Figure 13.2 page ci-contre
montre l’évolution de l’effort vertical Fz en fonction de la vitesse du bateau, pour les essais expéri-
mentaux issus de la campagne de 2012 avec le skiff S8 chargé à 108 kg en modèle captif et pour les
simulations correspondantes faites sur maillage moyen. Une variation brutale de l’effort vertical
pour le régime critique est alors observée pour les simulations numériques, et totalement absente
pour les essais. Nous avons également remarqué que les signaux d’efforts hydrodynamiques ex-
périmentaux (efforts mesurés auxquels les efforts aérodynamiques ont été retranchés) n’étaient
pas convergés sur l’ensemble de la plage où la vitesse du bateau est constante (cf. Figure 13.3
page 276), en particulier pour Fz et My .
Pour s’assurer d’un éventuel phénomène hydraulique mal capturé, une simulation avec un
maillage très fin de 15,5 · 106 cellules et fortement raffiné autour de la surface libre sur la configu-
ration confinée a été effectuée mais cela n’a pas apporté une nette amélioraton.
274
13.1. DISCUSSIONS DES RÉSULTATS
·10−3
3.6
3.4
3.2
CT [−]
2.8
2.6
2.4
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5 5.5 6 6.5 7
Vb [m · s−1 ]
F IGURE 13.1 – Comparaison des coefficients de traînée hydrodynamique obtenus avec les valeurs
trouvées dans la littérature
exp. num.
300
200
Fz [N]
100
−100
0 1 2 3 4 5 6 7
Vb [m · s−1 ]
275
CHAPITRE 13. DISCUSSIONS DES RÉSULTATS ET BILAN DES SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT
AUTOUR DU SKIFF
−10
4 −20
Vb [m · s−1 ]
−30
Fx [N]
3.5 −40
−50
3 −60
0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10
t [s] t [s]
(a) Vitesse du bateau Vb (b) Effort Fx
−40 −20
My [N · m]
Fz [N]
−60 −40
−80 −60
0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10
t [s] t [s]
(c) Effort Fz (d) Effort My
F IGURE 13.3 – Evolutions temporelles des signaux expérimentaux (filtrés à 4 Hz) pour (a) la vi-
tesse du bateau et les efforts hydrodynamiques (b) Fx , (c) Fz et (d) My (campagne de 2000).
276
13.2. BILAN
13.2 Bilan
Dans cette partie, nous avons tenté de reproduire l’écoulement autour du skiff mais nous avons
obtenu des résultats contrastés. Le problème a tout d’abord été abordé en effectuant des simula-
tions en configuration stationnaire s’appuyant sur une base de données expérimentale récente (de
2012). Il s’est avéré que, même en tenant compte des effets de confinement du bassin de traction,
les simulations sous-estiment la résistance hydrodynamique de 7 à 9 % pour la plupart des vitesses
testées. Ces écarts sont supérieurs à ce qui est habituellement obtenu avec ISIS-CFD, où ils sont
plutôt inférieurs à 3 %. Des interrogations subsistent alors sur la raison de ces écarts. Rares sont les
campagnes expérimentales avec des carènes aussi allongées et les validations de codes CFD sur
ces mêmes formes le sont tout autant. Cela ne facilite pas la recherche des sources d’erreur. Ces ba-
teaux génèrent moins de vagues que d’autres modèles de même longueur mais ceci ne constitue pas
a priori une source d’erreur. Dans la discussion précédente, nous nous sommes toutefois aperçus
que l’usage d’un modèle libre (enfoncement et assiettes libres) permettrait de réduire les écarts,
même si les données expérimentales pour ces configurations sont parcellaires. A l’avenir, il se-
rait intéressant d’effectuer des essais avec ce type de modèle au bassin de traction de l’ECN pour
tenter d’éclaircir les comparaisons quelque peu troublantes observées durant cette étude. C’est un
exemple supplémentaire, s’il en ait besoin, montrant la nécessaire complémentarité entre expéri-
mentations et simulations, en vue de faire de la validation de code CFD, comme nous l’avons déjà
évoqué pour le cas de l’écoulement autour de la palette.
Pour les simulations en instationnaire (campagne de 2000), où le bateau avance avec une os-
cillation sinusoïdale en position autour d’une vitesse moyenne, nous obtenons le même type d’er-
reur sur la valeur moyenne de résistance que celle de la configuration stationnaire. En revanche,
la partie fluctuante des efforts semblent bien capturée, en amplitude comme en phase, pour des
fréquences correspondant aux cadences développées par les rameurs en compétition (c’est-à-dire
environ 0,6 Hz). Pour les fréquences plus élevées, les modèles URANS semblent atteindre leurs
limites. La condition aux limites pour la couche limite turbulente est alors rapidement fluctuante.
277
Conclusion générale
279
13.2. BILAN
Bilan
Un des axes majeurs de ce travail de thèse a été la validation de simulations des deux écoule-
ments qui interviennent en aviron, à savoir celui autour de la palette et celui autour du skiff. Les
cas d’étude proviennent de campagnes d’essais effectuées au LHEEA par le passé et servent de
bases de données de référence. L’écoulement autour de la palette est très complexe car la palette
possède six degrés de liberté et se situe à proximité de la surface libre. Celle-ci se déforme au
passage de la palette et une ventilation se crée derrière la palette. Les efforts hydrodynamiques ap-
pliqués sur la palette ont pour effet de déformer le manche de l’aviron. Toutes ces caractéristiques
sont prises en compte dans la modélisation et, à notre connaissance, il n’existe aucune publica-
tion dans la littérature qui traite des configurations complètes comme celles mises en œuvre ici.
En particulier, un couplage fluide-structure a été réalisé pour tenir compte des déflexions linéaire
et angulaire au niveau de la jonction manche–palette. Deux modèles de flexion du manche sont
présentés, dont le plus complexe permet d’intégrer la physique réelle de l’écoulement. Cette com-
plexité supplémentaire a nécessité le développement d’une stratégie de stabilisation spécifique et
consiste à intégrer les termes extra-diagonaux de la matrice de masse ajoutée dans les termes de
relaxation de chacune des deux déflexions. Deux campagnes expérimentales ont été utilisées pour
la validation de la modélisation d’écoulement autour de la palette : une première faite en conditions
écologiques et une autre en laboratoire. Dans les deux cas, nous parvenons à bien décrire les profils
d’efforts obtenus expérimentalement, et en particulier à bien discriminer les différences entre les
essais à paramètres différents. Une précision moindre est atteinte pour les essais in situ en raison
d’un grand nombre d’incertitudes sur les mesures et aussi par l’absence de mesures pour certaines
grandeurs permettant de caler les configurations. Les efforts maximaux sont alors sous-estimés de
15 à 20 %, alors que, pour la campagne en laboratoire où l’environnement est mieux maîtrisé, ils
sont sur-estimés de 5 à 12 %. Ces résultats pourraient être améliorés si, à l’avenir, une complé-
mentarité entre expérimentateurs et numériciens était renforcée au moment des essais, avec pour
optique la validation des modèles numériques. Pour les cas d’étude utilisés, une telle démarche n’a
pas réellement pu être mise en œuvre car les campagnes expérimentales n’ont pas été effectuées
dans cette optique mais plutôt pour comprendre la physique d’un tel écoulement. Du point de vue
du numéricien, il aurait fallu mesurer toutes les grandeurs permettant la reproduction exacte de la
cinématique de la palette. De plus, une de nos études a montré que, même pour un environnement
a priori bien contrôlé comme celui du laboratoire, des incertitudes notables apparaissent. En ef-
fet, la grandeur d’intérêt est la vitesse du fluide par rapport à la palette, ou vitesse incidente. Elle
est obtenue de manière indirecte par la vitesse du chariot et la vitesse angulaire de l’aviron. Les
faibles incertitudes sur ces deux grandeurs et sur quelques paramètres caractéristiques, conduisent
par propagation à une forte incertitude sur la vitesse incidente. Avec des valeurs réalistes, nous
avons montré que l’incertitude sur sa norme est de 5 % et de 15 % sur son angle. En considérant
une évolution quadratique, les efforts ont donc une incertitude de 10 %. Cela permet de relativiser
les écarts que nous avons obtenus entre nos simulations et les valeurs expérimentales.
Le second écoulement apparaissant en aviron, autour du skiff, a également été étudié, à nou-
veau sur des bases de données expérimentales effectuées en amont. Celui-ci est aussi de nature
fortement instationnaire en raison du cavalement important, véritable empreinte du bateau d’avi-
ron dans le spectre des bateaux. Les premières simulations réalisées en stationnaire ont montré que
la résistance hydrodynamique était sous-estimée d’environ 10 % en moyenne sur l’ensemble des
vitesses testées. Cet écart est important relativement à la marge usuelle de 2 à 3 % classiquement
trouvée avec ISIS-CFD pour les formes de carène usuelles. Des investigations ont été faites en tes-
281
CHAPITRE 13. DISCUSSIONS DES RÉSULTATS ET BILAN DES SIMULATIONS DE L’ÉCOULEMENT
AUTOUR DU SKIFF
tant plusieurs configurations différentes, par exemple en tenant compte du confinement du bassin,
mais sans obtenir une diminution nette des écarts. Cette différence se retrouve sur les moyennes
d’efforts pour les configurations instationnaires. En revanche, les amplitudes et les phases sont
bien capturées, tout du moins pour des fréquences d’oscillations correspondant aux cadences de
coups d’aviron usuels. Pour les fréquences supérieures, les limites des modèles URANS classique-
ment utilisés apparaissent de manière plus prononcée au delà de 1 Hz. Ils semblent en effet dans
l’incapacité de reproduire la physique de cette couche limite turbulente instationnaire. Afin d’in-
vestiguer de manière plus poussée les écarts assez surprenants constatés sur les valeurs moyennes,
il serait intéressant de réaliser de nouveaux essais sur le bassin de traction à vitesse constante mais
à assiette et enfoncement libres, qui permettrait de supprimer les défauts de stabilisation constatés
sur certaines composantes d’efforts notamment l’effort vertical mais aussi le moment transversal,
dont l’origine n’est pas clairement identifiée (défaut de planéité des rails, etc.). Différents para-
mètres pourraient être étudiés comme l’influence de la durée de mise en vitesse ou la mise en
place de bandes rugueuses déclenchant la zone de couche limite turbulence. Une confrontation
systématique entre les résultats expérimentaux et numériques pourraient être faits pendant la cam-
pagne d’essais pour peu que des simulations soient préparées en amont et que la disponibilité d’une
description géométrique propre de la coque utilisée soit vérifiée. Cette démarche basée sur cette
complémentarité expérimentation/simulation déjà évoquée permettraient de rechercher de manière
plus efficace les écarts éventuellement constatés. Dans ce travail, il n’en a pas pu être autrement
que d’utiliser a posteriori des bases de données expérimentales. Cela n’a pas été sans difficultés,
notamment pour connaître certains détails permettant de réaliser proprement le post-traitement des
données brutes, mais aussi tout simplement pour la génération des maillages puisque les coques et
palettes utilisées ont dû être numérisées, puis un fastidieux travail de CAO a dû être mené pour ob-
tenir une représentation paramétrique suffisamment propre pour générer des maillages volumiques
adéquats.
Afin de diminuer les temps CPU des simulations instationnaires, en particulier pour les simula-
tions d’écoulements autour de la palette dans notre cas, une procédure a été développée et nommé
algorithme de sub-cycling. Il s’agit d’une extension de sa version originale [116], dont la cible se
restreint aux écoulements stationnaires. L’algorithme a été validé sur plusieurs cas test bidimen-
sionnels et tridimensionnels. Un facteur d’accélération des calculs allant de 3 à 4 est obtenu dans
la majorité des cas. La précision des efforts sur les corps est proche de celle obtenue sans utili-
sation de l’algorithme de sub-cycling. La compatibilité avec des fonctionnalités d’ISIS-CFD a été
intégrée, comme la déformation de maillage et le raffinement automatique de maillage. Cette tâche
non triviale a nécessité des développements conséquents, non prévus initialement, mais permet une
utilisation complète des fonctionnalités du code de calcul ISIS-CFD, qui ont d’ailleurs été mises à
profit dans le cadre de ces travaux.
Perspectives
L’ébauche d’une modélisation du système global a été entamée pour prendre en compte les
résolutions des écoulements autour de la palette et du skiff mais aussi la résolution de la dyna-
mique du système bateau-avirons-rameur. Cet ensemble forme la base ambitieuse mais nécessaire
d’une modélisation suffisamment fine pour l’analyse et l’optimisation de la performance, comme
l’influence de divers paramètres. Nous avons choisi le solveur MBDyn pour résoudre la dyna-
mique du système. Nous sommes parvenus à intégrer des sous-parties du système global dans le
282
13.2. BILAN
283
Annexes
285
Annexe A
Notations, définitions mathématiques et
rappels de mécanique générale
Cette section a pour but de définir les notations utilisées dans la suite de cette partie. Elle vise
aussi à introduire les éléments nécessaires dans la formulation des modèles de flexion du manche
de l’aviron.
A.1 Bases
Les informations données dans cette sous-section et les trois suivantes proviennent d’un docu-
ment de Michel Llibre [120].
287
ANNEXE A. NOTATIONS, DÉFINITIONS MATHÉMATIQUES ET RAPPELS DE MÉCANIQUE GÉNÉRALE
A.1.3 Référentiels
Un référentiel est constitué d’un repère spatial RA , défini ci-dessus, et d’un repère temporel
muni d’une origine et d’une unité. Si ce référentiel est galiléen, il vérifie la relation ~f = m ~γ, où ~f
est la force agissant sur une particule élémentaire M de masse m et possédant une accélération ~γ
relative au repère RA .
Dans les configurations étudiées, seuls les référentiels liés au laboratoire ou à la Terre pourront
être considérés comme galiléen.
288
A.1. BASES
~w = F(~v) . (A.11)
où [F]Ba et [F]Bb sont les matrices des composantes de l’opérateur F, respectivement dans les
bases Ba et Bb .
Si nous effectuons un changement de base sur la deuxième équation, alors nous avons
289
ANNEXE A. NOTATIONS, DÉFINITIONS MATHÉMATIQUES ET RAPPELS DE MÉCANIQUE GÉNÉRALE
[RBA BB ]BB = CBB BA [RBA BB ]BA CBA BB −1 = CBA BB −1 CBA BB CBA BB −1 = CBA BB , (A.19)
donc, nous avons aussi la relation suivante pour les matrices de rotation
En écrivant cette dernière équation en terme de composantes dans une même base quelconque
Bo , il vient
[RBA BC ]BO = [RBB BC ]BO [RBA BB ]BO . (A.23)
Ainsi, lorsque toutes les composantes sont exprimées dans la même base, l’ordre des matrices
dans le produit est inverse de l’ordre de succession des rotations.
290
A.2. MATRICES DE ROTATION
Par conséquent, lorsque nous écrivons chaque composante dans la base transformée, l’ordre des
matrices dans le produit est identique à l’ordre de la succession des rotations. La relation (A.24)
est équivalente à (A.10).
291
ANNEXE A. NOTATIONS, DÉFINITIONS MATHÉMATIQUES ET RAPPELS DE MÉCANIQUE GÉNÉRALE
ψ θ φ
~i1 ~k2 ~j3
ψ θ φ
~i0 ~k1 ~j2
~k0 =~k1 ~j1 = ~j2 ~j2 =~i3
(a) Lacet (b) Tangage (c) Roulis
292
A.3. ANGLES DE CARDAN
Il faut noter que, pour θ = ± π2 , c’est-à-dire quand a11 = a21 = a32 = a33 = 0, alors ψ et φ sont
indéterminés. Cette singularité s’appelle le blocage de Cardan (gimbal lock en anglais).
293
ANNEXE A. NOTATIONS, DÉFINITIONS MATHÉMATIQUES ET RAPPELS DE MÉCANIQUE GÉNÉRALE
A.4 Quaternions
Cette section donne une description des quaternions et de quelques unes de leurs propriétés, en
lien avec l’utilisation que nous en avons fait. Elle est volontairement très succinte et le lecteur peut
consulter les annexes D et E de la thèse d’Alban Leroyer [111] ou le document de Michel Llibre
[120] pour plus de détails.
où (e, i, j, k) sont les vecteurs de base, dont les multiplications des membres deux à deux sont
définies par le tableau ci-dessous
produit e i j k
e e i j k
i i −e k −j
j j −k −e i
k k j −i −e
A.4.1.2 Notation
Comme déjà utilisé ci-dessus, nous notons les quaternions en gras. Les vecteurs, identiquement
au reste du manuscrit, sont fléchés.
Q = S+V . (A.34)
Un quaternion est pur si et seulement si sa partie réelle est nulle. Il appartient alors à l’espace P.
A.4.1.4 Conjugué
Le conjugué x̄ du quaternion x vérifie
∀x ∈ H , x = x0 e + x1 i + x2 j + x3 k ⇒ x̄ = x0 e − x1 i − x2 j − x3 k . (A.35)
294
A.4. QUATERNIONS
A.4.1.5 Norme
La norme kxk d’un quaternion x est définie par la relation suivante
√
kxk = x x̄ . (A.36)
Par ailleurs, la norme du produit est égal au produit des normes :
∀(x, y) ∈ H2 , kx yk = kxk kyk . (A.37)
295
ANNEXE A. NOTATIONS, DÉFINITIONS MATHÉMATIQUES ET RAPPELS DE MÉCANIQUE GÉNÉRALE
Soit Ω 0 le quaternion pur associé au vecteur ~ΩB0 Bs exprimé dans la base B0 et Ω S le quater-
nion pur associé à ce même vecteur et exprimé dans la base Bs .
Nous avons alors les relations suivantes
qui ne sont pas équivalentes car le produit de quaternions n’est pas commutatif dans le cas général.
296
A.4. QUATERNIONS
En revanche, l’attitude décrite par un quaternion n’est pas compréhensible facilement pour un
utilisateur et il faut donc effectuer des conversions le cas échéant pour retrouver les angles de
Cardan par exemple.
297
ANNEXE A. NOTATIONS, DÉFINITIONS MATHÉMATIQUES ET RAPPELS DE MÉCANIQUE GÉNÉRALE
où il est nécessaire de préciser le point de réduction du torseur, comme le moment en dépend, mais
aussi le repère dans lequel les forces et moments sont définis.
A.5.1.3 Notations
Nous nous efforcerons par la suite de noter les composantes de la résultante d’une action mé-
canique d’une liaison exprimée en un point A sous la forme suivante
XA, i→ j
~Ai→ j = YA, i→ j , (A.48)
ZA, i→ j R
et, pour le moment en A, sous la forme ci-dessous
LA, i→ j
~ A, i→ j = MA, i→ j
M . (A.49)
NA, i→ j A, R
298
A.5. TORSEURS STATIQUES
299
ANNEXE A. NOTATIONS, DÉFINITIONS MATHÉMATIQUES ET RAPPELS DE MÉCANIQUE GÉNÉRALE
× (Γfn )
G(s) S+ ×
S− B
× abscisse
A poutre S curviligne s
A.6.1 Hypothèses
A.6.1.1 Notions de poutre
Une poutre, tel que représentée sur la Figure A.2, est le solide engendré par une aire plane (Σ)
appelée section droite dont le centre de gravité G décrit une courbe (Γfn ) appelée ligne moyenne
ou fibre neutre, le plan de (Σ) restant perpendiculaire à (Γfn ).
Une poutre présente les caractéristiques suivantes :
— le rayon de courbure R de (Σ) doit être grand par rapport aux dimensions de la section de
poutre, c’est-à-dire R > 5 h, où h est la plus grande dimension transversale de (Σ),
— la longueur L de la ligne moyenne est grande devant les dimensions transversales de la
poutre, c’est-à-dire L > 10 h,
— et la variation de section (Σ) le long de (Γfn ) doit être continue et très lente.
1. Les informations proviennent du cours de résistance des matériaux enseigné par Jean-Paul Kowalyk, suivi en
CPGE au lycée Eugène Livet en 2008-2009
2. Pour cela, il faudrait par exemple utiliser un code structure prenant en compte les plis de fibres de carbone, avec
des nombres de couches et des orientations à respecter.
300
A.6. THÉORIE DES POUTRES
301
ANNEXE A. NOTATIONS, DÉFINITIONS MATHÉMATIQUES ET RAPPELS DE MÉCANIQUE GÉNÉRALE
A.6.3.2 Sollicitations
−
→
Les efforts de cohésion ou efforts intérieures d f s’exercent en tout point P de la section (Σ) sur
l’élément de surface dS. Le torseur de cohésion qui leur est associé, défini au centre de gravité G
de (Σ) s’écrit alors ˆ
~ −
→
F(x) = df
{Tcoh } = ˆ(Σ)
, (A.57)
~ G (x) = − → − →
M GP ∧ d f
(Σ) G(x), R poutre
où l’abscisse curviligne est confondue avec la coordonnée x du repère R poutre associé à la poutre
non déformée. Compte tenu des hypothèses formulées en A.6.1, cela est équivalent.
~
F(x) ~ G (x) sont deux vecteurs appliqués en G et leurs projections sur les axes du repère
et M
R poutre = (G,~i, ~j,~k) génèrent les sollicitations suivantes
N : effort normal Mt : moment de torsion
{Tcoh } = Ty : effort tranchant M f y : moment de flexion . (A.58)
Tz : effort tranchant M f z : moment de flexion G(x), R
poutre
A.6.4 Déformée
Nous calculons la déformée y d’une poutre en flexion simple autour de l’axe G~x en réalisant
une double intégration de l’équation (A.59), avec des conditions aux limites adaptées aux types
302
A.6. THÉORIE DES POUTRES
E est le module de Young de la poutre et IGz le moment quadratique de la section (Σ) par
rapport à l’axe G~x tel que ˆ
IGz = y2 dS . (A.60)
(Σ)
303
Annexe B
Session expérimentale à l’Institut P’
Ce chapitre est tiré d’un rapport faisant suite à une session expérimentale effectuée à l’Institut
P’, à Poitiers. Le but de ces essais était d’étudier la précision de centrales inertielles avec pour
objectif éventuel de les utiliser pour mesurer l’orientation de l’aviron par rapport à un référentiel
galiléen. Si les centrales inertielles ont une précision suffisante, alors elles pourront être utilisées
pour une nouvelle campagne d’essais en conditions écologiques.
Les mesures présentées dans cette étude ont été réalisées avec l’aide de Floren Colloud et
Franco Muñoz (Institut P’), ainsi que Vincent Fohanno et Julien Lardy (Laboratoire MIP, Univer-
sité de Nantes).
B.1 Introduction
En aviron, les bateaux possèdent six DDL. Chaque aviron possède trois DDL par rapport au
bateau. Pour réaliser une simulation numérique la plus précise possible d’un coup d’aviron, il faut
connaître tous ses DDL. S’il en manque, les résultats seront imprécis et les résultats de forces ou
de couples sur chaque aviron s’éloigneront des mesures expérimentales [150]. Dans les dernières
simulations effectuées, nous avions généré les mouvements d’un aviron en ne connaissant que le
mouvement d’avance du bateau (1 DDL) et les mouvements angulaires de cet aviron (3 DDL).
Dans ce cas, le moindre mouvement de roulis du bateau entraîne une erreur importante sur la posi-
tion de la palette, étant donnée la longueur conséquente des avirons. De ce constat, nous en avons
conclu qu’il faut trouver un moyen pour mesurer tous ces DDL en conditions écologiques, afin
de pouvoir reproduire fidèlement la cinématique de la palette par rapport à l’eau. Nous aimerions
avoir une estimation à 1 cm près de l’altitude de la palette, c’est-à-dire une marge d’erreur sur
l’angle d’immersion de l’aviron d’environ 0,3° seulement.
Les centrales inertielles sont des dispositifs permettant de répondre en théorie à notre besoin.
Elles sont légères et peu encombrantes donc elles n’altèrent pas les mouvements. Elles peuvent
être facilement et rapidement placées sur le bateau et les avirons, voire même sur un rameur. A
contrario elles sont connues pour manquer de précision [64, 122]. Il a alors été décidé de faire des
mesures au sein de l’Institut P’ à Poitiers. Nous avions à disposition la plateforme d’analyse 3D
du mouvement Motion Capture. Ce système servira de référence pour les mesures par centrales
inertielles.
305
ANNEXE B. SESSION EXPÉRIMENTALE À L’INSTITUT P’
caméra suspendue
aviron
chariot
bateau
zone de déplacement du chariot
caméra au sol
F IGURE B.1 – Disposition schématisée et approximative des éléments dans la salle d’expérimen-
tation
B.2.1 Marqueurs 3D
Nous avons utilisé une salle d’expérimentation munie de 20 caméras infrarouges à LED Vicon©
T040 (cf. Figure B.3(b) page suivante), soit en contact avec le sol via un trépied soit suspendues
au plafond de la pièce (cf. Figure B.1), ainsi que d’un système d’acquisition et du logiciel de
traitement Nexus, tous deux de cette même marque.
306
B.2. DISPOSITIF EXPÉRIMENTAL
Six marqueurs (cf. Figure B.3(a) pour voir un exemple de marqueur) ont été placés sur le
bateau, six autres sur l’aviron. Il sera alors possible de construire un repère sur le bateau et un
autre sur l’aviron, d’en déduire les mouvements des deux corps dans le repère global, puis les
mouvements de l’aviron par rapport au bateau.
F IGURE B.4 – Centrale inertielle APDM© Opal utilisée pour les expérimentations.
307
ANNEXE B. SESSION EXPÉRIMENTALE À L’INSTITUT P’
IMU 001529
PRFW SLFW
IMU 001555 IMU 001551
SLMD
PRMD
SLBW
PRBW
ODFW
ODBW
BDUW
ABCD : marqueur 3D nommé ABCD
BDDW
308
B.3. MÉTHODE DE CALCUL DES ANGLES DE CARDAN
L’objectif principal est de reconstruire l’attitude de l’aviron par rapport au bateau, pour chaque
système d’acquisition, et de la représenter au moyen des angles de Cardan. Ceux-ci sont obtenus
à partir de l’expression de la matrice de passage entre la base du bateau et celle de l’aviron. De-
puis les fichiers d’acquisition de chaque système, nous pouvons, après un prétraitement propre à
chaque système, obtenir l’attitude de chaque corps dans un repère global et définir des matrices de
passage entre la base du repère global et celle de chaque corps. Par une multiplication de matrice
adaptée, nous en déduisons la matrice de passage recherchée et les angles de Cardan. Les détails
de l’approche commune aux deux systèmes est expliquée en B.3.3. Les particularités concernant
le système d’acquisition par marqueurs est décrite en B.3.4 et celles du système par centrales iner-
tielles en B.3.5. Pour simplifier la suite des explications, et par abus de langage, nous raccourcirons
l’expression système de capture de mouvement par marqueurs 3D à simplement système Vicon et,
pour système d’acquisition par centrales inertielles, nous emploierons système IMU, venant de
l’anglais Inertial Measurement Unit.
B.3.2 Notation
Les bases utilisées sont des bases orthonormées et nous les notons comme suit :
où les lettres de référence pour les corps (au sens large) sont comprises dans {0, b, a0 , a} et dési-
gnent respectivement la salle d’expérimentation (repère global), le bateau, l’aviron avec un angle
de roulis non recalé et l’aviron (recalé), et où les moyens de mesure sont identifiés par V pour le
système Vicon et par IMUnn pour le système IMU, nn étant les deux derniers numéros des iden-
tifiants de chaque IMU (cf. Figure B.5 page précédente) ou un identifiant que nous créerons au
besoin. Nous omettrons l’identifiant du moyen de mesure dans les cas où il n’est pas utile de le
préciser.
Les vecteurs sont notés en gras. Nous appelons i, j et k les vecteurs de chaque base, avec
le même texte en indice et en exposant pour distinguer de quelle base il s’agit et du moyen de
mesure utilisé. Par exemple, le premier vecteur de la base correspondant au bateau obtenu par
l’IMU 001527 s’écrit iIMU27
b .
La matrice de passage d’une base Bi vers une base B j s’écrit PBi →Bj . Si ces bases correspondent
respectivement aux corps Ci et C j et sont respectivement obtenues avec les moyens de mesure
Mk et Ml , alors nous préciserons la notation par PBMk →BMl . Dans les faits, Mk et Ml seront
Ci Cj
toujours identiques et ils ne seront pas toujours mentionnés, si le contexte est suffisant, pour alléger
l’écriture.
Sur la Figure B.5 page ci-contre, les marqueurs 3D sont répertoriés par quatre lettres. Si son
identifiant est ABCD, alors nous désignerons le point correspondant par PABCD .
309
ANNEXE B. SESSION EXPÉRIMENTALE À L’INSTITUT P’
ψ θ φ
ψ θ φ ~j3
~i1 k~2
~i0 k~1 ~j2
J J J
~k0 =~k1 ~j1 = ~j2 ~i2 =~i3
F IGURE B.6 – Rotations successives appliquées pour la représentation d’une attitude par les angles
de Cardan (de gauche à droite et dans l’ordre d’application : lacet, tangage et roulis)
Les vecteurs d’une base Bi s’expriment en fonction de la base précédente Bi-1 . Nous obtenons :
i2 = cos(ψ) i1 + sin(ψ) j1
j = − sin(ψ) i1 + cos(ψ) j1 , (B.1)
2
k2 = k1
i3 = cos(θ ) i2 − sin(θ ) k2
j = j2 (B.2)
3
k3 = sin(θ ) i2 + cos(θ ) k2
et
i4 = i3
j = cos(φ ) j3 + sin(φ ) k3 . (B.3)
4
k4 = − sin(φ ) j3 + cos(φ ) k3
Les matrices de passage associées aux trois rotations sont :
cos(ψ) − sin(ψ) 0
PB1 →B2 = sin(ψ) cos(ψ) 0 , (B.4)
0 0 1
cos(θ ) 0 sin(θ )
PB2 →B3 = 0 1 0 (B.5)
− sin(θ ) 0 cos(θ )
et
1 0 0
PB3 →B4 = 0 cos(φ ) − sin(φ ) . (B.6)
0 sin(φ ) cos(φ )
310
B.3. MÉTHODE DE CALCUL DES ANGLES DE CARDAN
La matrice de passage PB1 →B4 = pi j 1≤i≤3, 1≤ j≤3 entre la base de départ B1 et la base finale
B4 est égale au produit des trois matrices précédente :
cos(ψ) cos(θ ) cos(ψ) sin(θ ) sin(φ ) − sin(ψ) cos(φ ) cos(ψ) sin(θ ) cos(φ ) + sin(ψ) sin(φ )
PB1 →B4 = sin(ψ) cos(θ ) sin(ψ) sin(θ ) sin(φ ) + cos(ψ) cos(φ ) sin(ψ) sin(θ ) cos(φ ) − cos(ψ) sin(φ ) . (B.8)
− sin(θ ) cos(θ ) sin(φ ) cos(θ ) cos(φ )
311
ANNEXE B. SESSION EXPÉRIMENTALE À L’INSTITUT P’
1 0 0
PBa0 →Ba = 0 cos(φ0 ) − sin(φ0 ) (B.12)
0 sin(φ0 ) cos(φ0 )
La matrice de passage recherchée, PBb →Ba , s’exprime donc sous la forme
n123 = P1 P3 ∧ P1 P2 . (B.19)
Le premier vecteur de la base est :
1
iVb = P4 P3 . (B.20)
kP4 P3 k
Avec ce premier vecteur et la normale au plan P123 , nous obtenons le second vecteur de la
base :
312
B.3. MÉTHODE DE CALCUL DES ANGLES DE CARDAN
n123
PRBW
PRMD
P2
P1 P4
SLBW
iVb PRFW
P3
SLMD
SLFW
1
jVb = n123 ∧ iVb . (B.21)
kn123 ∧ iVb k
Finalement, le troisième vecteur est :
313
ANNEXE B. SESSION EXPÉRIMENTALE À L’INSTITUT P’
BDUW
ODFW
iVa0 K0Va0
OPUW P6
ODBW
BDDW
P5
OPDW
314
B.3. MÉTHODE DE CALCUL DES ANGLES DE CARDAN
reconstruire Bb à partir des données des IMU 001529 et 001551. La formule (B.10) rappelle que
PB0 →Bb est construite avec les vecteurs de la base Bb exprimés en colonnes dans la base B0 . Nous
pouvons donc extraire les vecteurs des bases BbIMU29 et BbIMU51 et faire un traitement pour tenter de
corriger les erreurs.
Nous appelerons IMUbt la nouvelle IMU fictive créée et donnant l’attitude du bateau par rap-
port au repère global. Nous pouvons reconstruire le premier vecteur de la base, normalement dirigé
suivant l’axe longitudinal du bateau, en moyennant les deux vecteurs originaux :
1 1 1
Ib =
IMUbt
iIMU29
+ IMU51 ibIMU51
. (B.31)
2 kiIMU29
b
k b kib k
Nous le normons :
1
iIMUbt
b = IIMUbt
b . (B.32)
kIIMUbt
b
k
Ensuite, nous introduisons un vecteur intermédiaire J0 IMUbt
b défini par :
0 IMUbt 1 1 1
Jb = jIMU29
+ IMU51 jb IMU51
. (B.33)
2 kjIMU29
b
k b kjb k
Nous pouvons alors définir le troisième vecteur de la base avec :
IMUbt
KIMUbt
b = iIMUbt
b ∧ J0 b . (B.34)
Nous normons également ce vecteur :
1
kIMUbt
b = KIMUbt
b . (B.35)
kKIMUbt
b
k
Finalement, le deuxième vecteur de la base est :
jIMUbt
b = kIMUbt
b ∧ iIMUbt
b . (B.36)
Ainsi, nous obtenons la matrice de passage recherchée :
IMUbt IMUbt IMUbt IMUbt
ib ·i0 jb ·i0 kIMUbt
b ·iIMUbt
0
PB0IMUbt →BbIMUbt = iIMUbt
b ·jIMUbt
0 jIMUbt
b ·jIMUbt
0 kIMUbt
b ·jIMUbt
0
. (B.37)
iIMUbt
b ·kIMUbt
0 jIMUbt
b ·kIMUbt
0 kIMUbt
b ·kIMUbt
0
Pour la construction de la base Ba0 , les mêmes problèmes que ceux cités en B.3.5.1 subsistent.
Nous devons à nouveau définir une IMU fictive, appelée IMUav, à partir des IMU 001554 et
001555, pour définir l’attitude de l’aviron dans le repère global. Nous utilisons exactement la
même procédure qu’en B.3.5.1 pour construire iIMUav b , jIMUav
b et kIMUav
b . Cela suppose que les premiers
vecteurs des bases de chaque IMU soient parallèles entre eux et avec l’axe de l’aviron, ce qui n’est
pas tout à fait le cas en réalité. Nous formons alors la matrice de passage souhaitée :
IMUav IMUav IMUav IMUav
ib ·i0 jb ·i0 kIMUav
b ·iIMUav
0
PB0IMUav →BbIMUav = iIMUav
b ·jIMUav
0 jIMUav
b ·jIMUav
0 kIMUav
b ·jIMUav
0
. (B.38)
ib ·k0
IMUav IMUav
jb ·k0
IMUav IMUav
kb ·k0
IMUav IMUav
315
ANNEXE B. SESSION EXPÉRIMENTALE À L’INSTITUT P’
Comme mentionnée en B.3.4.2, nous pouvons appliquer un roulis supplémentaire pour recaler
la base plus précisément par rapport à l’aviron mais nous avons également choisi un recalage à
posteriori.
316
B.4. RÉSULTATS
B.4 Résultats
B.4.1 Différents types de mouvements
Au cours de ces essais, nous avons effectué différents types de mouvements de complexité
croissante, répertoriés dans le tableau B.1. Un premier enregistrement a été fait avec l’ensemble
immobile. Ensuite, nous avons ajouté des mouvements à chaque fois. Tout d’abord, une personne
a réalisé le balayage de l’aviron avec un angle d’immersion ; les deux autres personnes placées à
chaque extrémité maintenaient le bateau sur le chariot. Ensuite, nous avons introduit une rotation
propre de l’aviron sur lui-même. Puis, nous avons libéré le bateau en rotation : le chariot a été
enlevé et les deux personnes qui tenaient le bateau ont cette fois exercé un mouvement assez
aléatoire. Finalement, le bateau a été libéré en translation et une vitesse variable a été imposée.
Les essais les plus complexes et les plus intéressants sont CI14 et CI15. Malheureusement, les
enregistrements ont été tronqués et seul CI15 est exploitable, CI14 ne durant qu’une dizaine de
secondes. Nous ne commenterons donc que les résultats de l’essai CI15. Les données similaires
concernant les cinq autres essais figuraient dans le rapport d’étude original mais ont été retirées de
ce manuscrit.
1 N
εm = ∑ | fi − gi| ,
N i=1
(B.39)
s
1 N
εrms = ∑ ( fi − gi)2,
N i=1
(B.40)
et
N
εM = max | fi − gi | , (B.41)
i=1
où N est la taille de l’échantillon et f et g désignent respectivement la quantité mesurée par le
système Vicon et par le système IMU.
317
ANNEXE B. SESSION EXPÉRIMENTALE À L’INSTITUT P’
En premier lieu, nous comparerons les données brutes obtenues pour les angles de Cardan. Ce
sont normalement les données qui doivent être directement utilisées pour nos simulations CFD.
Nous remarquerons que les IMU répondent avec un retard non négligeable. Nous corrigerons ce
retard a posteriori en fonction des données obtenues par le système Vicon. Finalement, nous mi-
nimiserons l’erreur sur les résultats en translatant les résultats d’une valeur constante. Ces deux
étapes ne peuvent pas être appliquées pour des essais en conditions écologiques mais nous les em-
ployons pour quantifier l’erreur maximale obtenue dans une situation la plus favorable possible.
ib · k0 [−]
ib · j0 [−]
ib · i0 [−]
0.04
0.76
−0.65 0.02
0.74
0.00
0.72
−0.70 −0.02
0.70
−0.04
0.68
−0.75 −0.06
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
t [s] t [s] t [s]
F IGURE B.9 – Coordonnées du vecteur ib exprimées dans la base B0 pour l’essai CI15
0.10
0.65
0.75
0.00
0.60
0.70 −0.10
0.55
F IGURE B.10 – Coordonnées du vecteur jb exprimées dans la base B0 pour l’essai CI15
318
B.4. RÉSULTATS
0.05
1.000
0.10
0.00
kb · k0 [−]
kb · j0 [−]
kb · i0 [−]
−0.10
−0.10
0.960
−0.15
−0.20
−0.20
0.940
−0.25 −0.30
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
t [s] t [s] t [s]
F IGURE B.11 – Coordonnées du vecteur kb exprimées dans la base B0 pour l’essai CI15
0.00
ia · k0 [−]
ia · j0 [−]
ia · i0 [−]
0.50 0.50
−0.10
−0.20
0.00 0.00
−0.30
−0.40
−0.50 −0.50
−0.50
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
t [s] t [s] t [s]
F IGURE B.12 – Coordonnées du vecteur ia exprimées dans la base B0 pour l’essai CI15
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
t [s] t [s] t [s]
F IGURE B.13 – Coordonnées du vecteur ja exprimées dans la base B0 pour l’essai CI15
319
ANNEXE B. SESSION EXPÉRIMENTALE À L’INSTITUT P’
ka · k0 [−]
ka · j0 [−]
ka · i0 [−]
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
t [s] t [s] t [s]
F IGURE B.14 – Coordonnées du vecteur ka exprimées dans la base B0 pour l’essai CI15
étant donné qu’aucun recalage n’est appliqué à cette étape, puisque nous avons choisi de le re-
caler lors de la dernière d’optimisation par simplicité de réalisation. Cependant, il est clair qu’un
retard de l’ordre de 0,1 s apparait et que, lorsque nous synchronisons les signaux, l’erreur dimi-
nue de manière conséquente (cf. Figure B.15 page suivante). Nous nous apercevons alors que
l’écart entre les signaux augmente avec le temps. Ceci s’applique en particulier pour l’angle de
balayage de l’aviron, dont les amplitudes sont les plus grandes. Nous remarquons également que,
dès le départ (même si le début de la mesure n’était pas disponible), il existe un écart. Il est dû
à la fois aux erreurs internes aux IMU et aux défauts de placements de celles-ci. Ces trois types
d’erreur (synchronisation, erreur constante, et augmentation de l’erreur avec le temps de mesure)
sont assez caractéristiques des IMU [64, 122] et, même si des procédures existent dans les lo-
giciels d’acquisition pour les minimiser, elles sont toujours présentes. Finalement, notre dernière
étape d’optimisation a posteriori donne une erreur quadratique moyenne sur l’angle d’immersion
de l’ordre du degré, 0,909° précisément (cf. Tableau B.2), et une erreur maximale de l’ordre de 2°,
ce qui est bien au-delà de la marge de 0,3° espérée.
ψ θ φ
données
εm εrms εM εm εrms εM εm εrms εM
brutes 15.173 2.329 12.772 16.224 2.728 13.603 24.935 5.935 26.426
CI15 synchronisées 15.221 2.114 12.749 15.324 2.298 12.920 18.039 4.549 16.469
optimisées 1.602 0.684 1.799 1.781 0.909 2.096 3.434 2.419 4.445
Tableau B.2 – Résumé des erreurs (en degrés) pour chaque angle de Cardan pour l’essai CI15.
320
B.4. RÉSULTATS
∆ψ [°]
ψ [°]
80 −10
60 −15
40
−20
20
−25
0
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
t [s] t [s]
30 2
20 0
∆θ [°]
θ [°]
10 −2
0
−4
−10
−6
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
t [s] t [s]
321
ANNEXE B. SESSION EXPÉRIMENTALE À L’INSTITUT P’
10
40
5
20
0
0
−5
−20
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
t [s] t [s]
322
B.5. CONCLUSION
B.5 Conclusion
Cette campagne de mesures a révélé qu’il n’est pas envisageable, à première vue, de mesurer
l’angle d’immersion de l’aviron en conditions écologiques avec une précision suffisante à l’aide
des centrales inertielles. Même après des optimisations effectuées a posteriori, difficiles voire im-
possibles à opérer en conditions écologiques, nous obtenons une erreur moyenne de l’ordre du
degré pour cet angle, c’est-à-dire une erreur d’environ 3 cm pour l’altitude de la palette, ce qui est
rédhibitoire pour une simulation CFD d’un coup d’aviron.
Afin de minimiser les erreurs, il faudrait probablement utiliser des centrales inertielles plus
précises. Il apparait aussi qu’il est primordial d’être rigoureux dans le positionnement de celles-ci.
En effet, nous avons noté les nettes différences entre des mesures qui devraient être normalement
quasi identiques. Les IMU en cause n’avaient donc pas le même positionnement axial et, compte
tenu de la forme arrondie de la coque, elles n’étaient pas dans le même plan. Un protocole d’ins-
tallation des IMU (ou un système particulier à inventer) permettrait de diminuer significativement
les erreurs.
323
Annexe C
Ebauche d’une modélisation du système
multicorps
Nous décrivons ici les premières étapes effectuées dans la modélisation du système multicorps
composé du bateau, d’un rameur à plusieurs segments corporels et d’un ou deux aviron(s) consi-
déré(s) comme rigide(s) dans cette partie du problème.
C.1 Contexte
C.1.1 Le GMRS
Dans le cadre de sa thèse [153] effectuée au LHEEA, François Rongère a développé un pro-
gramme appelé GMRS. Il est conçu à l’aide de techniques de robotique pour décrire la mécanique
du système poly-articulé et pilote le système en dynamique inverse, c’est-à-dire que les mouve-
ments ont pour sources des lois cinématiques appliquées sur les articulations motrices. Ces der-
nières sont générées par des B-splines paramétrables et leur but est de définir un style particulier
au rameur. Nous parlerons de modeleur de style pour désigner le module permettant de définir et
ajuster la technique du rameur.
Ce programme a été développé de façon modulaire, comme le montre la Figure C.1 page sui-
vante. Ceci permet, sans modifier la structure du code, d’ajouter différents modèles. Il est donc
possible de changer les modèles d’efforts hydrodynamiques s’appliquant sur la carène ou sur les
palettes, le modèle d’efforts aérodynamiques, la flexibilité des avirons, et bien d’autres possibilités.
325
ANNEXE C. EBAUCHE D’UNE MODÉLISATION DU SYSTÈME MULTICORPS
F IGURE C.1 – Structure modulaire du simulateur GMRS. Source : page 44 de la thèse de François
Rongère [153].
Compte-tenu de cette obligation, il faudrait alors effectuer une co-simulation avec le GMRS et
ISIS-CFD, notre solveur fluide. Or, le GMRS a été développé sous MATLAB alors qu’ISIS-CFD
est codé en FORTRAN. La communication n’est pas évidente entre les deux langages. A notre
connaissance, il est seulement possible d’appeler des subroutines FORTRAN depuis MATLAB.
Les transformations que cela impliquerait sur ISIS-CFD sont trop profondes et ne semblent pas
réalisables.
Dans une autre thèse effectuée au LHEEA [189], Camille Yvin a travaillé sur des problèmes
d’IFS et mis en place une bibliothèque permettant la co-simulation entre ISIS-CFD et un autre sol-
veur multicorps appelé MBDyn, décrit ci-après. Cette bibliothèque permet en particulier l’échange
des cinématiques et des efforts d’un code à l’autre, par le biais de sockets 1 .
Nous avons donc choisi de laisser de côté la résolution de la dynamique du système multi-
corps par le GMRS et de privilégier MBDyn. Cette décision n’est pas sans conséquence car de
nombreux développements sont à prévoir. En effet, le travail de Rongère n’est pas immédiatement
transposable dans le formalisme MBDyn, bien que nous puissions largement nous en inspirer.
1. Les sockets permettent la communication entre les processus à la manière des échanges traditionnellement
effectués à travers les réseaux (TCP/IP).
326
C.1. CONTEXTE
2. [Link]
3. Aucune version officielle n’existe.
327
ANNEXE C. EBAUCHE D’UNE MODÉLISATION DU SYSTÈME MULTICORPS
cinématique cinématique
de la carène de la palette
δs |k+1
carène k+1
δs |palette
Interface
efforts d’échanges
efforts
hydrodynamiques (communications
k+1 hydrodynamiques
sur la carène σ f carène k+1 par sockets)
sur la palette σ f palette
maillage
théorique k+1
« chimère » δs
palette
Bibliothèque dynamique
k+1
δsrelaxé palette
F IGURE C.2 – Structure envisagée pour la co-simulation ISIS-CFD / MBDyn d’un coup d’aviron
328
C.2. COMPILATION DES ÉLÉMENTS MIS EN PLACE
329
ANNEXE C. EBAUCHE D’UNE MODÉLISATION DU SYSTÈME MULTICORPS
planche est libérée, ayant pour effet de faire décoller le talon. Ensuite, quand les jambes du rameur
sont en extension, le pied vient se recoller sur la planche et, à l’inverse, la liaison planche–pied est
à nouveau bloquée et la liaison pied–jambe est libérée. La liaison pilotée de cette chaîne inférieure
est la translation entre la coulisse et le bateau. Pour le moment, sans possession d’une loi adaptée,
nous avons choisi une loi sinusoïdale. L’évolution au cours d’un cycle de la chaîne modélisée est
visible sur la Figure C.3 page suivante, où chaque segment de corps est représenté simplement par
un parallélépipède.
330
C.2. COMPILATION DES ÉLÉMENTS MIS EN PLACE
F IGURE C.3 – Visualisation de la chaîne des membres inférieurs du rameur sur un cycle. Les
éléments représentés sont le pied, la jambe, la cuisse et la coulisse. La planche de pied (rigidement
liée au bateau) et le pelvis sont pris en compte mais non représentés.
331
ANNEXE C. EBAUCHE D’UNE MODÉLISATION DU SYSTÈME MULTICORPS
F IGURE C.4 – Visualisation de la chaîne des membres supérieurs (bras droit seulement) du rameur
(vue de face) sur un cycle
332
C.2. COMPILATION DES ÉLÉMENTS MIS EN PLACE
F IGURE C.5 – Visualisation de la chaîne des membres supérieurs (bras droit seulement) du rameur
(vue de côté) sur un cycle
333
ANNEXE C. EBAUCHE D’UNE MODÉLISATION DU SYSTÈME MULTICORPS
F IGURE C.6 – Visualisation de la courbure du dos du rameur (vue de côté) sur un cycle
334
C.2. COMPILATION DES ÉLÉMENTS MIS EN PLACE
F IGURE C.7 – Visualisation de l’immersion au niveau de la dame de nage, modélisée par deux
liaisons linéiques
L’immersion de l’aviron dans le plan d’eau n’est pas le résultat d’une rotation classique avec
un axe de rotation correspondant à un axe réel. En pratique, cette rotation provient de la combinai-
son de plusieurs liaisons que nous résumons par deux liaisons linéiques. La première correspond
à l’appui du collier, fixé à l’aviron, sur la dame de nage. La seconde se situe au niveau de la face
inférieure du support de la dame de nage, où l’aviron vient s’appuyer par le biais de son man-
chon. A chaque instant, ces deux liaisons peuvent se voir comme une rotation dont l’axe varie.
Il s’agit alors d’un axe instantané de rotation. Nous avons paramétré ces deux liaisons linéiques
dans MBDyn et le résultat est visible sur la Figure C.7. Le plus grand rectangle représente l’avi-
ron. Sur celui-ci, deux rectangles longs et fins représentent le collier et la ligne en contact avec
le support de la dame de nage, respectivement orientés verticalement et horizontalement sur la
sous-figure (a) où l’aviron est à l’horizontale. Deux petits carrés sont sur ces deux rectangles et
définissent les deux points de contact (avec une vision bidimensionnelle) entre l’aviron et la dame
de nage. Ces points sont fixes pour l’ensemble des images montrées. Par construction, le centre
instantané de rotation se situe à l’intersection des lignes représentées par les deux rectangles fins.
Il est alors possible de voir l’évolution de sa trajectoire pour plusieurs valeurs d’angle d’immersion
de l’aviron.
335
ANNEXE C. EBAUCHE D’UNE MODÉLISATION DU SYSTÈME MULTICORPS
- calcule ∆t
fonction C subroutine FORTRAN - envoie ∆t via
MBDyn
mémoire vive
- se connecte - réceptionne ∆t
- réceptionne ∆t
au socket si - renvoie ∆t via
via socket
nécessaire mémoire vive
- utilise ∆t pour
- renvoie ∆t
l’itération courante
via socket
F IGURE C.8 – Schéma d’un code minimaliste pour transférer un pas de temps variable (∆t) vers
MBDyn
Co < 0,3), et donc d’adapter le pas de temps à Co au cours de chaque itération temporelle. Le pas
de temps est donc une donnée inconnue avant le calcul, exceptée pour sa première valeur qui est
imposée. Pour être certain de ne pas dépasser la valeur critique de Co , il est possible de définir
un pas de temps très petit et constant. Cette solution est toutefois à proscrire car les coûts CPU
de simulations seraient alors prohibitifs. Par conséquent, il faut que ISIS-CFD impose la valeur
du pas de temps à MBDyn. Ce dernier accepte cette option au moyen d’un transfert via socket et
c’est la solution que nous envisageons ici. Par ailleurs, les pas de temps dans ISIS-CFD seront
en pratique plus petits que ce qu’il est nécessaire d’appliquer dans MBDyn pour effectuer une
simulation multicorps, bien qu’il faille s’en assurer en cas d’usage de l’algorithme de sub-cycling.
La bibliothèque développée par Camille Yvin permet l’échange de la cinématique et des efforts
entre ISIS-CFD et MBDyn, mais pas pour le pas de temps. Avant d’intégrer cette caractéristique,
nous avons vérifié que cela était possible au moyen d’un code minimaliste écrit en FORTRAN,
langage natif d’ISIS-CFD, et en C. Les interfaces de communication de MBDyn sont codées en
C, C++ et Python. Le choix est donc laissé à l’utilisateur d’utiliser une de ces trois possibilités.
Nous nous sommes tournés vers le C par choix d’avoir un programme compilé (solution Python
écartée) et par simple méconnaissance du C++.
La manière d’échanger des informations entre ISIS-CFD et divers outils externes est d’utiliser
une bibliothèque dynamique, dont le nom usuel est isis_dynamic_lib.so. Nous avons alors choisi
de suivre cette même façon de communiquer avec notre code minimaliste, comme illustré sur la
Figure C.8. Le programme FORTRAN génère une valeur de pas de temps, que nous avons arbi-
trairement défini comme une loi polynomiale en fonction du temps. Ce pas de temps est transmis
à une subroutine FORTRAN servant de relais 4 . Celle-ci la retransmet à une fonction écrite en C
ayant pour but de se connecter au socket ouvert par MBDyn (celui-ci démarre toujours en premier
et ouvre le socket) et de lui envoyer l’information.
La Figure C.9 page suivante confirme le bon fonctionnement du protocole d’échange du pas de
temps depuis le programme minimaliste vers MBDyn.
4. Cette subroutine est facultative dans notre cas minimaliste mais elle sert à remplacer une éventuelle subroutine
existante dans ISIS-CFD.
336
C.3. RÉSUMÉ
·10−3
1.1
1.08
∆t [s] 1.06
1.04
1.02
1
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
t [s]
F IGURE C.9 – Vérification dans la sortie de MBDyn de la loi de pas de temps imposée par un
programme minimaliste écrit FORTRAN et en C
C.3 Résumé
Le cadre de la co-simulation a été défini. Celui-ci prend en compte principalement les réso-
lutions des écoulements autour du skiff et autour de la palette et de la dynamique du système
bateau-avirons-rameur. Les résolutions du problème fluide doivent se faire suivant les configura-
tions mises en place dans les parties III et IV de ce manuscrit. La dynamique est résolue par le sol-
veur MBDyn. L’interface de communication entre les deux a déjà été réalisée au cours d’un travail
de thèse précédent et peut donc être réutilisée sans modification majeure, à l’exception d’un proto-
cole d’échange de pas de temps dirigé d’ISIS-CFD vers MBDyn, comme nous l’avons développé
dans ce chapitre. Le choix d’utiliser MBDyn, et donc d’écarter la solution GMRS, nécessite tout
de même un effort important de modélisation du système bateau-avirons-rameur. Nous sommes
parvenus à construire différentes parties de ce système et il reste à les assembler puis à les ajuster.
Après cette étape, il sera alors envisageable d’effectuer une première co-simulation. Celle-ci sera
alors complètement artificielle car les lois articulaires seront relativement simples et analytiques,
en attendant de posséder des mesures de la cinématique du rameur.
337
Table des figures
339
TABLE DES FIGURES
340
TABLE DES FIGURES
5.21 Evolutions temporelles de la surface mouillée Sw pour le DTMB 5415 sur les
maillages (a) grossier et (b) fin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136
5.22 Elévation de la surface libre autour du DTMB 5415 pour les simulations sur maillage
fin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136
5.23 Zoom sur la vague d’étrave pour l’élévation de la surface libre autour du DTMB
5415 pour les simulations sur maillage fin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136
5.24 Evolutions temporelles de Fx et Fy pour le DTMB 5415 sur maillage fin . . . . . . 137
6.1 Instantanées d’une vidéo réalisée avec caméra GoPro placée sur la face postérieure
d’une palette . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145
6.2 Schématisation d’un coup d’aviron en condition in situ . . . . . . . . . . . . . . . 149
6.3 Schématisation d’un coup d’aviron en condition ex situ . . . . . . . . . . . . . . . 149
341
TABLE DES FIGURES
342
TABLE DES FIGURES
10.1 Instantanés de l’écoulement autour de la palette pour les deux types de coup d’avi-
ron simulés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 247
10.2 Photographie d’un coup d’aviron simplifié effectué au bassin des carènes de l’ECN 248
10.3 Schéma de la modélisation de la vitesse incidente. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 250
10.4 Evolution, en fonction de l’angle de balayage de l’aviron, (a) de la norme de la
vitesse incidente et (b) de l’angle d’incidence, et (c) évolution de la norme de la
vitesse incidente en fonction de l’angle incident. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 252
10.5 Evolution, en fonction de l’angle de balayage de l’aviron, (a) de la norme de la
vitesse incidente et (b) de l’angle incident, pour les jeux d’incertitudes 1 et 2. . . . 253
10.6 Evolution de la norme de la vitesse incidente en fonction de l’angle de balayage
de l’aviron pour les jeux d’incertitudes (a) 1 et (b) 2. . . . . . . . . . . . . . . . . 254
10.7 Evolution de l’angle incident en fonction de l’angle de balayage de l’aviron pour
les jeux d’incertitudes (a) 1 et (b) 2. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 255
10.8 Evolution des incertitudes relatives (a) sur Vi et (b) sur i en fonction de l’angle de
balayage de l’aviron pour les jeux d’incertitudes 1 et 2. . . . . . . . . . . . . . . . 255
10.9 Evolution de la distribution des incertitudes sur la norme de la vitesse incidente
dues à chaque paramètre pour les jeux d’incertitudes (a) 1 et (b) 2 en fonction de
l’angle de balayage de l’aviron . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 256
10.10Evolution de la distribution des incertitudes sur l’angle de la vitesse incidente dues
à chaque paramètre pour les jeux d’incertitudes (a) 1 et (b) 2 en fonction de l’angle
de balayage de l’aviron . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 256
11.1 Essai de traction pour le skiff avec vitesse instationnaire générée par l’hexapode
inversé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 260
12.1 Domaine de calcul pour les simulations d’écoulement autour du skiff (milieu in-
fini) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 262
12.2 Maillage pour la simulation de l’écoulement autour du skiff en domaine infini . . . 265
12.3 Maillage pour la simulation de l’écoulement autour du skiff en domaine confiné . . 266
12.4 Comparaison des maillages obtenus pour les approches (a) loi de paroi et (b) bas
Reynolds. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 267
12.5 Surface libre autour du skiff et sur sa carène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 269
12.6 Valeurs moyennes, amplitudes et déphasages pour la résistance hydrodynamique
par rapport à la vitesse, en fonction de la fréquence d’oscillation . . . . . . . . . . 271
12.7 Comparaison des résistances hydrodynamiques des simulations numériques, avec
et sans surface libre, avec les valeurs expérimentales . . . . . . . . . . . . . . . . 272
343
TABLE DES FIGURES
13.1 Comparaison des coefficients de traînée hydrodynamique obtenus avec les valeurs
trouvées dans la littérature . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 275
13.2 Evolution des efforts hydrodynamiques Fz expérimental et numérique en fonction
de la vitesse du bateau pour des essais stationnaires . . . . . . . . . . . . . . . . . 275
13.3 Evolutions temporelles des signaux expérimentaux (filtrés à 4 Hz) pour (a) la vi-
tesse du bateau et les efforts hydrodynamiques (b) Fx , (c) Fz et (d) My (campagne
de 2000). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 276
344
Liste des tableaux
5.1 Résidus en normes L2 et Lmax, temps CPU et facteur d’accélération fa pour les
simulations d’advection d’un carré creux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
5.2 Résumé des résultats obtenus pour les simulations du d’une chute de colonne d’eau
avec obstacle sur maillage fixe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118
5.3 Résumé des résultats obtenus pour les simulations du d’une chute de colonne d’eau
avec obstacle sur maillage avec AGR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
5.4 Résumé des configurations et des résultats obtenus pour les simulations en station-
naire d’un profil NACA 0012 immergé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124
5.5 Résumé des configurations et des résultats obtenus pour les simulations en insta-
tionnaire d’un profil NACA 0012 immergé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129
5.6 Désignation des six configurations de simulation sur le DTMB 5415 en embardée
sinusoïdale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
5.7 Caractéristiques des maillages utilisés pour les simulations du DTMB 5415 en
embardée sinusoïdale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
5.8 Temps CPU pour les six configurations testées sur les simulations du DTMB 5415
en embardée sinusoïdale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
5.9 Ordre de grandeur des facteurs d’accélération atteignables avec l’algorithme de
sub-cycling . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139
7.1 Extrait des résultats de simulations numériques pour trouver la position de portance
nulle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
7.2 Résultats des régressions linéaires des mesures de flexibilité sur les avirons . . . . 176
7.3 Coefficients traduisant la flexibilité des avirons utilisés . . . . . . . . . . . . . . . 176
8.1 Nombres de cellules (exprimés en millions) pour les maillages utilisés pour les
simulations d’un coup d’aviron en conditions in situ . . . . . . . . . . . . . . . . 196
8.2 Simulations d’un coup d’aviron en conditions in situ avec activation de l’AGR . . . 199
345
LISTE DES TABLEAUX
9.1 Synthèse des erreurs de précision et de répétabilité pour les moyens de mesures
utilisés pour le coup d’aviron simplifié en bassin de traction . . . . . . . . . . . . 220
9.2 Liste des essais utilisés pour le coup d’aviron en bassin de traction . . . . . . . . . 223
9.3 Nombres de cellules (exprimés en millions) pour les maillages utilisés pour les
simulations d’un coup d’aviron en bassin de traction . . . . . . . . . . . . . . . . 226
pn
9.4 Comparaison des valeurs de portance nulle ψ0 trouvées pour des essais à faible
vitesse d’avance du chariot . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 230
pn
9.5 Comparaison des valeurs de portance nulle ψ0 trouvées pour des essais à vitesses
d’avance nominales du chariot . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 230
10.1 Résumé de l’ordre de grandeur des écarts (num. - exp.) sur les maxima des efforts
propulsifs entre mesures expérimentales et résultats des simulations numériques
pour les deux configurations de coup d’aviron . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 246
10.2 Valeurs supposées des paramètres et jeux d’incertitudes . . . . . . . . . . . . . . . 251
12.1 Nombre de cellules pour les trois finesses de maillages, les deux types de milieu et
les deux campagnes d’essais . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 263
12.2 Types de face et de conditions aux limites appliquées pour (a) le milieu infini et
(b) le milieu confiné . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 264
12.3 Résultats de la résistance hydrodynamique sur le skiff pour la campagne de 2012
en configuration milieu infini pour les simulations (déplacement ∆ = 108 kg) . . . . 268
12.4 Résultats de la résistance hydrodynamique sur le skiff pour la campagne de 2012
en configuration milieu confiné pour les simulations (déplacement ∆ = 108 kg) . . 268
12.5 Essais expérimentaux en configuration instationnaire (campagne de 2000). Tous
les essais sont à une vitesse moyenne de 4,1 m · s−1 . . . . . . . . . . . . . . . . . 271
346
Liste des acronymes
347
ANNEXE C. LISTE DES ACRONYMES
348
Références
349
RÉFÉRENCES
350
RÉFÉRENCES
351
RÉFÉRENCES
352
RÉFÉRENCES
353
RÉFÉRENCES
354
RÉFÉRENCES
[101] V. K LESHNEV : Boats testing in indoor tank, avr. 2015. Rowing Biomechanics Newsletter,
Volume 15, Number 169.
[102] H. KOBAYASHI et T. K INOSHITA : Unsteady hydrodynamic load acting on an oar blade.
Journal of the Society of Naval, 194:59–65, 2003.
[103] H. KOBAYASHI, M. M IYASHITA, T. K INOSHITA, H. I TAKURA et K. U ZAWA : Unsteady hy-
drodynamic force acting on an oar brade-the influence of aspect ratio and tip shape. Journal
of the Society of Naval, 196:91–97, 2004.
[104] S. KOSHIZUKA : A particle method for incompressible viscous flow with fluid fragmenta-
tion. Comput. Fluid Dynamics J., 4:29–46, 1995.
[105] U. K ÜTTLER et W. A. WALL : An approach for parallel fluid-structure interaction on un-
structured meshes. In B. M OHR, J. T RÄFF, J. W ORRINGEN et J. D ONGARRA, éds : Recent
Advances in Parallel Virtual Machine and Message Passing Interface, vol. 4192 de Lecture
Notes in Computer Science, p. 366–373. Springer Berlin Heidelberg, 2006.
[106] C. B. K UYT, A. J. G REIDANUS et J. W ESTERWEEL : Drag reduction by applying speed-
strips on rowing oars. Procedia Engineering, 147:110–115, 2016.
[107] L. D. L ANDAU et E. M. L IFSHITZ : Fluid mechanics, vol. Volume 6 - Course of theoretical
physics. Pergamon Press, 1959.
[108] L. L ARSSON et H. R AVEN : Ship resistance and flow. Society of Naval Architects and
Marine Engineers, 2010.
[109] B. L ASCHOWSKI, C. C. H OPKINS, J. R. de B RUYN et V. N OLTE : Modelling the deflection
of rowing oar shafts. Sports Biomechanics, 16(1):76–86, 2017.
[110] B. P. L EONARD : Simple high-accuracy resolution program for convective modelling of
discontinuities. International Journal for Numerical Methods in Fluids, 8(10):1291–1318,
1988.
[111] A. L EROYER : Etude du couplage écoulement/mouvement pour des corps solides ou à
déformation imposée par résolution des équations de Navier–Stokes. Contribution à la mo-
délisation numérique de la cavitation. Thèse de doctorat, Ecole Centrale Nantes, déc. 2004.
[112] A. L EROYER, S. BARRÉ et J.-M. KOBUS : Mesures et simulations : démarche et étapes
pour une meilleure connaissance de l’hydrodynamique des palettes d’aviron. Science &
Motricité, 75(75):85–96, 2012.
[113] A. L EROYER, S. BARRÉ, J.-M. KOBUS et M. V ISONNEAU : Experimental and numerical
investigations of the flow around an oar blade. Journal of Marine Science and Technology,
13(1):1–15, 2008.
[114] A. L EROYER, S. BARRÉ, J.-M. KOBUS et M. V ISONNEAU : Influence of free surface, uns-
teadiness and viscous effects on oar blade hydrodynamic loads. Journal of Sports Sciences,
28(12):1287–1298, 2010.
[115] A. L EROYER, S. BARRÉ, J. WACKERS, P. Q UEUTEY, M. V ISONNEAU et J.-M. KOBUS :
Validation of CFD simulations for unsteady violent free surface flows : the case of the hydro-
dynamics around rowing blades. In 29th Symposium on Naval Hydrodynamics, Gothenburg,
Sweden, 26-31 August 2012, 2012.
[116] A. L EROYER, J. WACKERS, P. Q UEUTEY et E. G UILMINEAU : Numerical strategies to
speed up CFD computations with free surface - application to the dynamic equilibrium of
hulls. Ocean Engineering, 38(17–18):2070–2076, 2011.
355
RÉFÉRENCES
356
RÉFÉRENCES
[134] NASA : NASA-STD-3000. man systems integration standards, Volume I-standards and
Volume II, 1995.
[135] K. C. N G, M. Z. Y USOFF et E. Y.-k. N G : Higher-order bounded differencing schemes for
compressible and incompressible flows. International Journal for Numerical Methods in
Fluids, 53(1):57–80, 2007.
[136] B. D. N ICHOLS et C. W. H IRT : Calculating three-dimensional free surface flows in the
vicinity of submerged and exposed structures. Journal of Computational Physics, 12(2):
234–246, 1973.
[137] W. F. N OH et P. W OODWARD : SLIC (simple line interface calculation). In Proceedings of
the Fifth International Conference on Numerical Methods in Fluid Dynamics June 28–July
2, 1976 Twente University, Enschede, p. 330–340. Springer, 1976.
[138] V. N OLTE : Rowing faster. Human Kinetics, 2011.
[139] H. N ØRSTRUD et E. A. M EESE : Sports – Physics, chap. Chapter 9 : On the Hydrodynamics
of Rowing Oars and Blade Design, p. 115–122. Editions de l’Ecole Polytechnique, 2013.
[140] O PEN FOAM : [Link] 2017.
[141] S. O SHER et J. A. S ETHIAN : Fronts propagating with curvature-dependent speed :
algorithms based on Hamilton–Jacobi formulations. Journal of computational physics,
79(1):12–49, 1988.
[142] S. V. PATANKAR et D. B. S PALDING : A calculation procedure for heat, mass and momen-
tum transfer in three-dimensional parabolic flows. International Journal of Heat and Mass
Transfer, 15(10):1787–1806, 1972.
[143] R. P ETTERSSON, A. N ORDMARK et A. E RIKSSON : Simulation of rowing in an optimiza-
tion context. Multibody System Dynamics, 32(3):337–356, 2014.
[144] D. L. P OPE : On the dynamics of men and boats and oars. Mechanics and Sport, 4:113–130,
1973.
[145] V. P RZULJ et B. BASARA : Bounded convection schemes for unstructured grids. In AIAA
Computational Fluid Dynamics Conference, 2001.
[146] P. Q UEUTEY et M. V ISONNEAU : An interface capturing method for free–surface hydrody-
namic flows. Computers & fluids, 36(9):1481–1510, 2007.
[147] J. D. R AMSHAW et J. A. T RAPP : A numerical technique for low-speed homogeneous
two-phase flow with sharp interfaces. Journal of Computational Physics, 21(4):438–453,
1976.
[148] R E FRESCO : [Link] 2017.
[149] C. M. R HIE et W. L. C HOW : Numerical study of the turbulent flow past an airfoil with
trailing edge separation. AIAA Journal, 21(11):1525–1532, 1983.
[150] Y. ROBERT, A. L EROYER, S. BARRÉ, F. RONGÈRE, P. Q UEUTEY et M. V ISONNEAU : Fluid
mechanics in rowing : the case of the flow around the blades. In The 2014 conference of the
International Sports Engineering Association, p. 744–749, 2014.
[151] Y. ROBERT, A. L EROYER, J. WACKERS, , M. V ISONNEAU et P. Q UEUTEY : Procédure de
time-splitting pour la résolution de la fraction volumique dans le cas d’écoulements insta-
tionnaires. In Congrès Français de Mécanique 2015, Lyon, France, août 2015. Association
Française de Mécanique.
357
RÉFÉRENCES
358
RÉFÉRENCES
359
[185] F. X IAO, S. I I et C. C HEN : Revisit to the THINC scheme : A simple algebraic VOF
algorithm. Journal of Computational Physics, 230(19):7086 – 7092, 2011.
[186] D. L. YOUNGS : Time-dependent multi-material flow with large fluid distortion. Numerical
methods for fluid dynamics, 24(2):273–285, 1982.
[187] A. A. M. Y USOF, M. N. H ARUN, A. S YAHROM et A. H. O MAR : Analysis of hydrodynamic
force acting on commercialized rowing blades using computational fluid dynamics. In 7th
International Conference on Mechanical and Manufacturing Engineering, vol. 1831. AIP
Publishing, AIP Publishing, 2017.
[188] A. A. M. Y USOF, A. S YAHROM, M. N. H ARUN et A. H. O MAR : Fluid structure interaction
of rowing blade for hydrodynamic propulsion to enhance rowing performance. In MoHE
2014, p. 37, Kuantan, Pahang, Malaysia, sept. 2014. iMAMS, Universiti Malaysia Pahang.
[189] C. Y VIN, A. L EROYER et M. V ISONNEAU : Added mass evaluation with a finite volume
solver for applications in fluid structure interaction problems solved with co-simulation.
Unpublished, 2014.
[190] V. M. Z ATSIORSKY et N. YAKUNIN : Mechanics and biomechanics of rowing : a review.
International journal of sport biomechanics, 7:229–281, 1991.
[191] D. Z HANG et W. Z HENG : International development of the research on the hydrodyna-
mic performance of rowing. In Future Computer Science and Education (ICFCSE), 2011
International Conference on, p. 21–25. IEEE, 2011.
Yoann Robert
Simulation numérique et modélisation d’écoulements
tridimensionnels instationnaires à surface libre. Application au
système bateau-avirons-rameur.
Ces simulations instationnaires à surface libre sont Those unsteady computations with free surface are costly
coûteuses en ressources pour les codes RANS. Un in resources for RANS codes. A sub-cycling algorithm was
algorithme de sub-cycling a été développé et validé sur developed and validated on several test cases, allowing to
plusieurs cas test, diminuant les temps CPU d'un facteur 3 à decrease the CPU time by a factor of 3 to 4, without loss of
4, sans perte de précision. Il est compatible avec la accuracy. It is compatible with mesh deformation and
déformation et le raffinement automatique de maillage. automatic grid refinement.
Deux bases de données expérimentales sont exploitées pour Two experimental databases are exploited for each flow in
chaque écoulement afin de valider le cadre de simulation. order to validate the frame of simulation. For the flow
Pour celui autour de la palette, une campagne in situ et une around the blade, an in-situ campaign and a more
autre en laboratoire sont utilisées. Dans les deux cas, les controlled one conducted in laboratory, are used. In both
profils d'efforts sont bien capturés, compte tenu des cases, the profiles of the efforts are well captured,
incertitudes cumulées liées à la mesure indirecte de la considering the cumulative uncertainties linked to the
cinématique de la palette par rapport à l'eau. Pour le skiff en indirect measurement of the blade kinematics relative to
configuration instationnaire, les efforts fluctuants sont bien the water. For the skiff in unsteady state, the fluctuating
capturés, en amplitude et en phase, pour des fréquences forces are well captured, in terms of amplitudes and
typiques. Des écarts inattendus (de l'ordre de 10%) sont phases, for typical frequencies. Unexpected errors (around
constatés sur la valeur moyenne et restent pour le moment 10%) are observed for the mean value and remain
sans réponse probante. unexplained for now.
La structure d'une co-simulation entre les résolutions des The structure of a co-simulation between the resolutions of
écoulements et celle de la dynamique du système multicorps the flows and the resolution of the dynamics of the
est initiée. multibody system is initiated.