Fiche Des Risques
Fiche Des Risques
> L es établissements de formation initiale (lycées, CFA…) qui enseignent les bases en prévention des
risques d’accidents et de maladies professionnelles aux lycéens ou apprentis.
> L es entreprises qui accueillent les lycéens/apprentis et leur permettent ainsi d’accéder à des
situations de travail afin de repérer les dangers associés.
> L’institution Prévention (CNAMTS - INRS - CARSAT*) qui fournit les ressources pédagogiques
permettant un bon transfert de connaissances entre les deux environnements, scolaire et
professionnel.
L es documents renseignés par les lycéens/apprentis dans le cadre de cette démarche seront
uniquement destinés à l’entreprise et à l’enseignant chargé de l’évaluation. La confidentialité des
informations qui y figurent est garantie par l'ensemble des partenaires et elles ne pourront être
délivrées à un tiers qu’avec l’autorisation expresse de l’entreprise.
* On entend par CARSAT l’ensemble des CARSAT, de la CRAMIF, des CGSS et des CSS.
1 P
our les lycéens/apprentis
>M ettre en application dans des situations professionnelles les enseignements en santé
et sécurité au travail (Repérer les dangers dans une situation de travail réelle et les analyser
à des fins de prévention).
Voir page 67 « Supports d’observation ».
Dans le cadre de cette démarche, les documents renseignés par le lycéen/apprenti sont uniquement
destinés à l’entreprise et aux enseignants.
> Les « ressources pédagogiques », comprenant des rappels méthodologiques (schéma d’apparition d’un
dommage, définitions et principes de prévention…) et les « fiches risques » reprenant les principaux
risques liés au BTP.
> Les « supports d’observation » permettant au lycéen ou à l’apprenti de recenser les principaux dangers
d’une situation de travail à laquelle il a participé ou qu’il a observée. L’ apprenant doit analyser une ou
plusieurs de ces situations et proposer des mesures de prévention adaptées.
Il est souhaitable qu’une progression soit suivie, amenant les lycéens/apprentis à réaliser en fin de
cursus une analyse complète d’une ou de plusieurs situations de travail en entreprise. En préalable,
on peut imaginer de réaliser ce travail d’analyse dans l’atelier du Lycée/CFA.
> Approche par les risques : repérer des dangers en lien avec un risque, approfondir les connaissances
(figurant sur la fiche et avec les enseignants de PSE/sciences physiques) puis déterminer des mesures
de prévention permettant de réduire ces risques, selon les principes généraux de prévention.
> Approche par la situation de travail : on peut aussi envisager une approche où l’enseignant se centre
sur une situation de travail, demande, dans un premier temps, au jeune de repérer les dangers, puis
explique les phénomènes physiques qui y sont liés, dans un deuxième temps. Dans un troisième
temps, l’enseignant peut demander au lycéen/apprenti de proposer des mesures de prévention
adaptées à ces risques.
Dans l’entreprise, les lycéens/apprentis pourront choisir en concertation avec leur tuteur/maitre
d’apprentissage une situation de travail et en effectuer une analyse complète.
Ces travaux peuvent être intégrés au rapport de stage en entreprise et être présentés lors de la
soutenance orale.
(Enseignant EP)
Analyse complète d’une situation de travail par le jeune en entreprise donnant lieu à un dossier
(remplissage du support d’observation en totalité) et éventuellement à une soutenance orale
Pour assurer notre sécurité et préserver notre santé, mais aussi celles de ceux qui nous entourent,
chacun doit être en capacité de maîtriser les risques auxquels il est confronté. Pour cela, il est nécessaire
de mettre en œuvre une démarche de maîtrise des risques comprenant les étapes suivantes :
> Identifier les dangers au sein des situations de travail.
> Identifier les situations dangereuses et les événements dangereux qui peuvent être à l’origine d’un
dommage pour le salarié.
> Définir et mettre en œuvre les mesures de prévention adaptées aux dangers et situations dangereuses
identifiés, afin de supprimer ou réduire le risque d’accident ou d’atteinte à la santé.
Situation
Personne dangereuse Danger
Zone Zone
Événement
dangereux
de présence dangereuse
Dommage
(lésion)
Le dommage est la résultante d’un processus qui trouve son origine dans l’existence d’un danger.
Dans la réalité, il existe une multitude de dangers au sein de chaque situation de travail.
Si une personne est exposée à un danger, elle se trouve en situation dangereuse. Il suffit alors qu’un
événement, appelé événement dangereux, survienne pour qu’elle soit victime d’un dommage.
“
Une équipe de maçons coffreurs met en place
un train de panneaux, l’un d’eux maintient
l’ensemble pendant son déplacement latéral.
Il trébuche sur des fers en attentes, perd
l’équilibre en chutant à terre et est victime
d’une entorse.
”
10 TutoPrév’ Pédagogie BTP 2018
Risques de chute, trébuchement, heurt ou autre perturbation du mouvement Fiche risques
Situations dangereuses • Déplacement sur sol glissant (gras, mouillé, verglacé, boueux…).
• Déplacement sur un sol inégal : marche, rupture de pente, talus.
• Déplacement sur un sol dégradé : aspérité, trou, dalle descellée, nids
de poule, graviers.
• Passage encombré par des objets ou matériaux mal stockés ou mal
rangés : gravois, palettes, cartons, rallonges électriques, étais, fers
en attente…
• Utilisation d’un outil à main coupant ou pouvant entraîner
un traumatisme : tournevis, marteau, burin, meuleuse…
Événements dangereux • Glissade (sur un sol détrempé ou gras, sur un plancher mouillé…).
•T rébuchement sur un objet : boîte à outils, palette placée en plein
milieu du passage, câble qui traverse une zone de circulation…
• Heurt contre un élément saillant : brique, parpaing, planche…
• Ripage avec un tournevis ou une clé plate…
Mesures de prévention
Élimination • J’organise mon travail pour supprimer les déplacements inutiles
ou réduction du risque ( je prévois par exemple tout le matériel nécessaire afin d’éviter
les allers-retours entre le magasin et le chantier).
• Mon employeur aménage le chantier pour éviter les risques de glissade
et de trébuchement : lissage du sol, dégagement des zones
de circulation, éclairage des zones de circulation, remblaiement…
• Mon employeur organise le nettoyage et l’entretien régulier des zones
de travail et de circulation ainsi que l’évacuation régulière des déchets.
• Je range régulièrement le chantier et mes outils ; j’évacue les déchets
au fur et à mesure.
• Mon employeur me fournit des outils adaptés et sûrs : tournevis avec
butée de protection, clé dynamométrique avec un manche de bonne
longueur, caisse à outils complète…
• Mon employeur balise les zones à risque.
• Je signale les dangers à ma hiérarchie en mettant en place un balisage
provisoire.
Mesures complémentaires : • Mon employeur forme le personnel présent sur le chantier (présenter
formation - information - le plan des voies de circulation et des allées de passage).
instruction
- consigne • Mon employeur sensibilise le personnel à l’utilisation des outils
adaptés et à leur maintien en bon état (un outil abîmé doit être
changé ; il faut avoir l’outil adapté à chaque tache).
Documentation
Bibliographie sommaire Publications INRS :
• Les heurts, glissades et autres perturbations du mouvement au travail,
ED 140, 2011.
• La signalisation de santé et de sécurité au travail, ED 885, 2015.
Vidéos INRS :
• Petites chutes et conséquences, DV 0331, 2005.
• Napo dans… Pas de quoi rire ! Glissades et trébuchements,
DV 0399, 2013.
D
es perturbations du mouvement (glissades….) peuvent
se produire lors du trajet domicile-lieu de travail. Il est utile
de considérer séparément les accidents de trajet et les accidents
qui se produisent au cours du travail. En effet, les facteurs
explicatifs et donc les possibilités de prévention peuvent être
différents dans les deux cas.
“
Un jeune compagnon travaillant sur une toiture
décide au moment de la pause de midi
“
de déjeuner sur place. Il s’assied sur un dôme
translucide qui cède sous l’effet de son poids.
Vers la fin de la journée le salarié
Il passe au travers de l’ouverture et décède après
rassemble ses outils et chute dans
une chute de plusieurs mètres.
une trémie qui n’était pas sécurisée.
Il reste paralysé à vie.
” “
Lors du démontage d’un échafaudage,
”
un maçon perd l’équilibre et fait
une chute de hauteur.
Il se casse une jambe.
Mesures de prévention
Élimination •M on employeur fait préfabriquer le maximum d’éléments en atelier.
ou réduction du risque • J’effectue toutes les préparations qu’il est possible de faire au sol afin
de limiter au maximum le travail en hauteur : par exemple l’assemblage
des fermettes d’une toiture.
• Mon employeur conçoit des installations ou choisit des matériels dont
les opérations courantes d’entretien ou de maintenance peuvent se faire
au sol ou depuis le sol.
• Je n’utilise pas d’échelle ou d’escabeau comme poste de travail
sur un chantier.
• J’utilise des équipements d’aide à la manutention pour monter
les charges et les sous-ensembles.
Documentation
Éléments techniques - L’utilisation de certains équipements de travail en hauteur nécessite
Réglementation - Normes une autorisation du chef d’entreprise délivrée suite à :
• l’aptitude médicale ;
• une formation spécifique : montage, démontage, réception,
utilisation des échafaudages roulants ou fixe selon référentiel R 408
ou R 457 ou certificat d’aptitude de conduite en sécurité (CACES)
d’une plate-forme élévatrice de personnel : R 386.
Autres publications :
• Utilisation des plates-formes élévatrices mobiles de personnes (PEMP),
Recommandation CNAMTS « R 386 », 2000.
• Montage, utilisation et démontage des échafaudages de pied,
Recommandation CNAMTS « R 408 », 2005.
• Prévention des risques liés au montage, au démontage et à l’utilisation
des échafaudages roulants, recommandation CNAMTS « R 457 ».
Prévention des risques liés au montage, au démontage et à l’utilisation
des échafaudages roulants, 2011.
• OPPBTP : Mémento Prévention « A8 H 03 11 ».
“
Un conducteur de travaux circulant à bord
d'un véhicule de service entreprend
le dépassement d’un engin de chantier et entre
en collision avec lui. L'engin roule sur le véhicule
de la victime avant de s'arrêter.
“
” Un maçon conduit une tractopelle dont la benne
est chargée et remonte une rue étroite
jusqu'au camion-benne pour décharger. Il est
retrouvé coincé sous l'engin qui s’est renversé.
Plusieurs circonstances se sont conjuguées :
”
16 TutoPrév’ Pédagogie BTP 2018
Risques liés aux circulations internes de véhicules Fiche risques
Situations dangereuses • Quand des véhicules, des engins, des piétons circulent dans une même
zone : zone d’évolution des engins de chantier, recul des camions
bennes…
• Quand on conduit un véhicule ou un engin dans des conditions
difficiles : sol mouillé ou boueux, mal égalisé ou pentu, adoption
d’une vitesse excessive, circulation avec un chariot fourches hautes,
présence d’obstacles, manque de visibilité, charge mal arrimée…
• Quand on passe d’un endroit peu éclairé à un endroit fortement éclairé
(éblouissement) ou inversement (absence de visibilité) ; visibilité
réduite due aux éléments en construction ou aux stockages.
• Quand on circule dans des lieux non connus (attention perturbée
par la recherche d’indications) : stockage non balisé, fouille ou tranchée
non clôturées.
Mesures de prévention
Élimination • Mon employeur définit les zones de circulation pour les véhicules,
ou réduction du risque l es engins et les piétons. Il les repère : panneaux de circulation, balisage
des zones de circulation (rubalise, barrières, chaînes…) conformément
au plan d’installation de chantier (PIC).
• Mon employeur organise les flux de circulation de manière à optimiser
les déplacements et à éviter les collisions. Cadencement des livraisons
de béton, guidage au recul des camions.
• Mon employeur entretient régulièrement les sols : boucher les trous
et les fissures…
• Mon employeur s’assure que les zones de manœuvre et de circulation
sont suffisamment éclairées : projecteurs, ballons d’éclairage.
• Mon employeur s’assure que la visibilité au poste de conduite est
bonne et la rétablit si nécessaire : caméras, rétroviseurs…
• Je respecte les limites de vitesse et les règles de conduite.
• Chacun supprime les obstacles quand c’est possible : rangement,
évacuation des déchets…
• Mon employeur assure l’entretien périodique des véhicules
et des engins. Il les répare immédiatement en cas de défaillance.
• Piéton, je respecte les zones de circulation.
• Mon employeur décale les horaires de livraison en dehors du temps
de présence des compagnons (exemple : tôt le matin avant 8 h,
pendant les heures de repas…).
Documentation
Éléments techniques - • L’organisation du chantier, via le PGC (plan général de coordination)
Réglementation - Normes définit les règles de circulation, de stationnement, la séparation
des circulations engins et autres véhicules, limite la présence
des piétons à proximité des engins…
• Les engins peuvent être équipés de systèmes de visualisation
et de signalement en marche arrière (rétroviseurs panoramiques,
caméras, phares à éclat, klaxons de recul…).
• Les véhicules sont équipés d’un carnet d’entretien où sont consignés
les vérifications périodiques, les opérations d’entretien courant
et les grosses réparations.
Vidéos INRS :
• Best signs story… Napo et la signalisation santé sécurité sur le lieu
de travail, DV 0245, 1998.
• Napo dans… circulez y a tout à voir, DV 0393, 2011.
“
Dans le cadre d’une mission, un jeune élève
de Terminale Pro s’est rendu sur un chantier
en scooter avec le casque porté en visière
et mal enfoncé sur la tête. Il chute
et le casque lui brise les vertèbres.
“ ”
Un conducteur de travaux conduit pour se rendre
sur un chantier. Il roule derrière un camion
chargé de palettes d’aggloméré mal arrimées.
Dans un virage, une palette bascule et s’écrase
sur la voiture du conducteur de travaux.
Ce dernier devient paraplégique.
”
TutoPrév’ Pédagogie BTP 2018 19
Fiche risques Risques routiers en mission
Mesures de prévention
Élimination • J'évite les déplacements inutiles, je regroupe mes déplacements
ou réduction du risque afin d'en réduire la fréquence….
• J’organise mes trajets et je prépare mes déplacements de façon
à les optimiser (bien préparer tout le matériel et les outils dont
j'ai besoin, organiser des circuits pour optimiser les trajets).
• Je me déplace en transports en commun quand c’est possible.
• J’évite les zones dangereuses (itinéraires sûrs).
• Mon employeur assure le bon entretien des véhicules de l’entreprise.
• Je reste concentré sur ma conduite (pas de téléphone au volant…).
Documentation
Éléments techniques - Équiper les véhicules de systèmes de sécurité, de signalisation et d'aide
Réglementation - Normes à la conduite :
• triangle de sécurité, éthylotests, gilets de sécurité ;
• témoin de surcharge, régulateur de vitesse, système embarqué
de contrôle des pneus, cloison pleine et résistante aux chocs entre
l’habitacle et la zone de chargement, rétroviseur extérieur grand
angle…
Vidéos INRS :
• Le colis, Anim-015, 2009.
• Le rendez-vous, Anim-016, 2009.
• Le parc auto, Anim-017, 2009.
• Le téléphone, Anim-018, 2009.
• Rouler pour le travail, Prévention du risque routier en mission, DV 0367,
2008.
“
En aidant son salarié à déplacer un panneau
de coffrage, un maçon ressent une très vive
douleur au dos et dans la cuisse. Le médecin
diagnostique une compression du nerf crural.
“
” Lors de travaux de rénovation, le compagnon
se fait un lumbago en soulevant un plateau
d’échafaudage.
“
Suite à la manipulation de sacs de ciment,
”
un aide-maçon se plaint d'un mal de dos.
”
TutoPrév’ Pédagogie BTP 2018 23
Fiche risques Risques liés à la charge physique de travail
Situations dangereuses • Efforts importants : tirer, pousser, porter, déplacer, poser des charges
lourdes et/ou encombrantes (amener le carrelage dans les étages,
porter les sacs de ciment…).
•P ostures contraignantes : flexion, torsion, rotation, inclinaison
de la colonne vertébrale (ligaturage du ferraillage sur les dalles,
peinture au plafond…).
• Gestes répétitifs (pose de briques ou de parpaings…).
• Travail dans le froid, le chaud, les courants d’air.
Événements dangereux •S oulèvement d’une masse lourde sans les précautions d’usage
(aide des membres inférieurs).
•P rise répétée d’un objet ou un outil avec le bout des doigts
ou les doigts en pince.
• Prises de force lors d’une activité manuelle (vissage manuel, serrage,
déboîtage…).
•M ouvements impliquant des gestes ou postures inhabituelles (travail
avec les bras au-dessus du niveau des épaules, corps en équilibre
instable…).
Mesures de prévention
Élimination • Mon
employeur organise les postes de travail pour supprimer ou diminuer
ou réduction du risque les manutentions et les déplacements : utilisation de monte matériaux,
de recettes à matériaux, mise en service anticipée de l’ascenseur
pour monter les charges pendant la phase de chantier…
• Mon
employeur organise le travail de manière à limiter les situations
de stress et laisser de l’autonomie (intégrer des moments de repos).
• Mon employeur organise et aménage les postes de travail de manière
à limiter les gestes répétitifs, les contraintes posturales et les efforts :
Tables à maçonner, chariots gazelle…
• Mon
employeur choisit des outils et des équipements atténuant
les vibrations et l’activité manuelle (manches adaptés, clés
dynamométriques…).
Mesures complémentaires : • Mon employeur forme le personnel pour qu’il soit conscient
formation - information - des risques et participe à la recherche et propose des améliorations
instruction - consigne (formation PRAP : prévention des risques liés aux activités physiques).
Documentation
Bibliographie sommaire Publications INRS :
• Conception et aménagement des postes de travail, ED 79, 1999.
• Les troubles musculo-squelettiques du membre supérieur. Guide
pour les préventeurs, ED 957, 2011.
• Mal de dos. Osez bouger pour vous soigner, ED 6040, 2008.
• Les lombalgies : les comprendre, les prévenir, ED 6057, 2009.
• Vous avez dit TMS ? ED 6094, 2011.
• Méthode d’analyse de la charge physique, ED 6161, 2014.
Autre publication :
• OPPBTP : Mémento Prévention « A8 H 03 15 ».
Vidéo INRS :
• Napo dans… Allégez la charge, DV 0376, 2007.
“
Au cours d’une opération de décoffrage,
un panneau de 546 kg est élingué
à un chariot télescopique. Lors du transport
de ce panneau, l’engin glisse latéralement
du petit talus où il évoluait et se couche.
Le coffrage et le bras percutent puis écrasent
le salarié qui accompagnait la charge.
“ ”
Un chef de manutention est missionné pour
déplacer un élément préfabriqué d'environ
3,5 tonnes dans les locaux d'une entreprise.
Lors de la manœuvre, l’élément bascule
et écrase la victime.
“
” Un charpentier couvreur de 42 ans pose
des protections collectives à partir de la nacelle
d’un chariot, à une hauteur de 10-12 mètres,
avec deux collègues dans la nacelle. Soudain,
le sol s’affaisse sous le patin stabilisateur
du chariot qui s’incline.
La victime et l'un de ses collègues sont projetés
au sol entre le bâtiment et le chariot.
”
26 TutoPrév’ Pédagogie BTP 2018
Risques liés à la manutention mécanique Fiche risques
Mesures de prévention
Élimination
• Mon employeur organise le travail afin de limiter les déplacements
ou réduction du risque de charges.
• Mon employeur supprime les obstacles (créer des zones tampon
de grandeur suffisante, ranger régulièrement les zones de circulation
et de travail).
• J’utilise
du matériel adapté à la charge à transporter.
• Mon employeur assure l’entretien régulier des voies de roulement
et des engins de manutention.
• J’évite
de travailler sous les zones d’évolution des charges.
Protection collective • Mon employeur choisit des engins équipés de toit résistant aux chutes
d’objets et au renversement.
• Mon employeur équipe les chariots de siège à suspension (réglable
par le conducteur).
• Mon
employeur équipe les rampes d’accès et les dénivelés
d’une signalisation ou d’une protection contre les chutes d’engins
(glissières…).
• Mon employeur utilise un limiteur de course pour interdire le survol
des zones dangereuses par l’engin (grue à tour).
Documentation
Éléments techniques Publications INRS :
réglementation - normes • Le matériel doit être conforme et approprié au travail à réaliser,
entretenu et vérifié périodiquement.
conduite des engins de levage nécessite une autorisation du chef
La
d’entreprise délivrée suite à :
• l’aptitude médicale,
• une formation spécifique (CACES),
• une information relative à l’équipement et à l’environnement
du chantier.
Autre publication :
• OPPBTP : Mémento Prévention « A8 H 03 15 ».
Site Internet INRS : www.inrs.fr
Autre site Internet : www.preventionBTP.fr
“
Dans une usine en construction, un maçon monte
un mur en parpaings. Rapidement, ce maçon
présente des rougeurs et des démangeaisons
aux mains et aux avant-bras. Il a déclenché
une violente réaction allergique eczématiforme
au ciment (Galle du ciment).
“
” Un installateur sanitaire effectue régulièrement
des rénovations de vieux bâtiments. Il part
à la retraite, et 5 ans plus tard, le médecin
diagnostique un cancer du poumon dû
à l’inhalation de fibres d’amiante.
“
Un menuisier travaille dans un atelier
comportant des machines qui dégagent
”
de la poussière de bois. La ventilation ne permet
pas d’éliminer ces poussières. Au bout
de plusieurs années, le médecin du travail
diagnostique un cancer des cavités nasales.
”
TutoPrév’ Pédagogie BTP 2018 29
Fiche risques Risques liés aux produits, aux émissions et aux déchets (risque chimique)
Mesures de prévention
Élimination • J e connais les produits utilisés ou générés par le chantier
ou réduction du risque (lire l’étiquette…).
• Mon employeur essaye de supprimer l’utilisation de produits
chimiques dangereux ou de les remplacer par des produits moins
dangereux (utiliser une peinture « à l’eau » plutôt qu’une peinture
avec solvant).
• Je privilégie la mise en œuvre de peinture par pinceau à une mise
en œuvre par pistolet (qui crée un aérosol).
• Mon employeur approvisionne sur le chantier les pièces préfabriquées
aux bonnes dimensions, ce qui évite la production de poussières
de silice lors des découpes.
• J’évite de stocker des produits inflammables à proximité d’un point
chaud.
Protection collective
Toujours privilégier la suppression du danger ou la protection collective
par rapport à la protection individuelle.
• Mon employeur met en place les mesures techniques adaptées :
ventilation, assainissement de l’air… (ventiler un local lors de l’utilisation
de solvant ou de colle…).
• Lors de la manipulation des produits, j’utilise les équipements
en respectant les consignes et je mets en place les protections collectives
à ma disposition (écran anti-projection, containers adaptés et sécurisés,
balisage des zones exposées…).
• Je découpe les éléments en béton avec vaporisation d’eau pour rabattre
les poussières.
• J’aspire les poussières à la source de l’émission.
Mesures complémentaires : • Mon employeur m’informe sur les produits dangereux présents
formation - information - sur le chantier et me forme à leur manipulation, utilisation, stockage
instruction - consigne et transport en toute sécurité.
• Je connais les pictogrammes de danger (voir ci-après).
Documentation
Éléments techniques - Tous les produits dangereux doivent être étiquetés ; l’étiquette
Réglementation - Normes doit comporter les pictogrammes appropriés.
Produits nuisant
Produits gravement à la
explosifs santé
Produits
Produits mortels
inflammables
Gaz sous
Produits polluants
pression
Produits corrosifs
Documentation (suite)
Bibliographie sommaire Publications INRS :
• Les appareils de protection respiratoire, ED 98, 2008.
• Stockage et transfert de produits chimiques dangereux, ED 753, 2009.
• Travailler avec des produits chimiques -
Pensez prévention des risques ! ED 6150, 2017.
• La main et les produits chimiques, ED 888, 2012.
• Interventions sur les peintures contenant du plomb.
Prévention des risques professionnels, ED 909, 2013.
• Risques chimiques ou biologiques. Retirer sa tenue de protection
en toute sécurité, ED 6165-ED 6166, 2018.
• Lavez-vous les mains pour vous protéger et protéger les autres,
ED 6170, 2013.
Vidéos INRS :
• Les conseils du professeur Chimico sur les risques chimiques,
DM 0390, 2012.
• Napo dans… attention produits chimiques, DV 0386, 2009.
• Que signifient ces pictos ?, Anim-027, 2009.
• Le stockage des produits chimiques, Anim-047, 2012.
Autre site Internet : www.seirich.fr
Seirich, outil pour évaluer les risques chimiques dans l’entreprise.
“
Dans le cadre de la rénovation d’un bâtiment,
un manœuvre utilise un nettoyeur à haute
pression sur un mur ancien humide couvert
de champignons sans protection particulière.
Il inhale des spores qui seront à l’origine
d’une infection pulmonaire.
“ ”
Un aide-maçon se blesse en retirant une planche
de coffrage d’une fondation de dalle : un clou
rouillé l’égratigne dans la paume de la main.
Il continue à travailler les mains en contact avec
le terrain pour enlever d’autres planches.
Deux semaines plus tard, les symptômes
du tétanos apparaissent.
” “
Un charpentier rénove une charpente couverte
de fientes de pigeons. Une dizaine de jours
plus tard, il développe une histoplasmose aiguë
et bénigne qui entraîne chez lui un état
de faiblesse, de la fièvre, des douleurs
dans la poitrine et de la toux.
”
34 TutoPrév’ Pédagogie BTP 2018
Risques liés aux agents biologiques Fiche risques
Situations dangereuses • Travaux en manipulant des objets rouillés ou sales (terre, métal rouillé,
réseau d’assainissement…).
•T ravail sur un élément de construction souillé, mal entretenu ou non
nettoyé régulièrement (moisissures, fientes…).
Événements dangereux • Contact avec de la terre et des objets souillés (fer rouillé, fientes
d’oiseaux, excréments d’animaux, boues et eaux stagnantes…).
• Inhalation, ingestion ou contact avec des produits contaminés.
• En rénovation, contact avec des champignons ou des mousses…
Dommages potentiels • Les dommages potentiels sont liés au type d’agent biologique.
Leur gravité est variable.
Mesures de prévention
Élimination
•M on employeur supprime les éléments contaminés quand c’est possible
ou réduction du risque (éliminer les matériaux de déconstruction le plus rapidement possible
en respectant les règles de tri…).
• Je respecte les précautions et règles d’hygiène (nettoyer régulièrement
le poste de travail…).
• Je signale au responsable les moyens matériels défaillants ou manquants :
ventilation en panne, distributeur de gants de protection vide…
• Je prends en compte le risque de légionellose lié aux travaux à proximité
des tours aéro-réfrigérantes…
Protection collective •M on employeur assure une ventilation correcte des locaux (entretien
régulier des climatiseurs…).
• Je veille à ne pas projeter les particules ou les poussières (attention
au lavage à haute pression).
Protection individuelle • Je porte des équipements de protection individuelle (EPI) adéquats
(gants adaptés, masque en présence de poussières ou de vapeur,
combinaison si produit irritant pour la peau, écran facial…).
Mesures complémentaires •M
on employeur sensibilise le personnel aux risques biologiques
présents sur le chantier et le forme à prendre les mesures adéquates.
Documentation
Éléments techniques • Il existe des vaccins pour certains agents biologiques (tétanos,
réglementation - normes hépatite, leptospirose…). Demander l’avis du service de santé
au travail.
Vidéos INRS :
• Une enquête de l’agent BIO 07. Un multimédia sur les risques
biologiques au travail, DM 0333, 2007.
• Comment se transmettent les agents biologiques ? Anim-021, 2007.
• Se laver les mains pour limiter les risques d’infection, Anim-023, 2008.
Autre publication :
• OPPBTP : Mémento Prévention « A8 H 03 11 ».
“
Un maçon déligne une chute de bois
à la scie circulaire à table mobile.
Pour ce faire, il guide un morceau
de bois à la main et se coupe
l’extrémité du pouce. La scie circulaire
n’était pas équipée des protections
réglementaires.
“ ”
Un métallier découpe une pièce métallique
avec une disqueuse. L'opérateur force trop
“
sur la machine, ce qui provoque la rupture
du disque. Des fragments de ce dernier sont
projetés à la figure de l'opérateur le blessant
au visage.
Un manœuvre travaille avec
une tarière pour forer des trous.
”
Son vêtement est happé par l’arbre
de transmission.
Mesures de prévention
Élimination
•M on employeur organise le travail pour limiter les opérations
ou réduction du risque sur machines dangereuses sur chantier (achat de tubes métalliques
découpés à la bonne dimension en usine, de ciment tout prêt, d’huisseries
pré-découpées…).
• Je privilégie les travaux avec des machines sécurisées (éviter l’utilisation
d’outils portatifs et préférer, par exemple, une scie sur table, une perceuse
à colonne…).
• J ’utilise du matériel adapté, conforme à la réglementation, en état,
dans les limites de ses capacités.
• Mon employeur assure régulièrement l’entretien des machines.
• Je n’utilise pas une machine ou un outil défectueux.
Protection collective •M on employeur met en place des protections pour éviter l’accès aux
parties saillantes, chaudes, en mouvement des machines… (carters).
• Mon employeur balise la zone dangereuse avec des barrières rigides
et stables.
• Je protège les parties tranchantes des outils après utilisation.
Documentation
Bibliographie sommaire Publications INRS :
• Intervenir sur un équipement de travail : penser sécurité, ED 134, 2009.
• Principales vérifications périodiques, ED 828, 2018.
• La main et la machine, ED 940, 2004.
• Sécurité des machines neuves CE – Grille d’identification
des anomalies. ED 4450, 2013.
• Consignations et déconsignations, ED 6109, 2014.
• Sécurité des équipements de travail. Prévention des risques
mécaniques, ED 6122, 2018.
Autres publications :
• Sécurité lors des interventions sur machines, appareils et installations.
R 407, 2004.
• OPPBTP : Mémento Prévention « A8 H 03 15 ».
“
Un maçon procédait à la démolition d’un mur
en agglomérés pleins à l'aide d'une masse.
Le mur s’effondre et tombe sur lui.
“
Lors d’une rénovation d’un bâtiment ancien,
”
une équipe est chargée de la dépose
du parquet. Arrivée au droit de la cheminée,
celle-ci s’effondre brutalement, blessant
l’un des compagnons.
“
” En intervenant dans une tranchée non blindée,
un canalisateur d’une entreprise de travaux
urbains descend en fond de fouille
et est enseveli par l’effondrement
d’une des parois de la tranchée.
”
40 TutoPrév’ Pédagogie BTP 2018
Risques liés aux effondrements et aux chutes d’objets Fiche risques
Situations dangereuses •T ravail dans une tranchée, un puits, des galeries…
• Travaux effectués simultanément à des hauteurs ou des étages
différents : caillebotis, échafaudage, toiture.
• Matériel empilé sur une grande hauteur (parpaings…).
•M atériaux stockés en vrac.
Mesures de prévention
Élimination
• J e stocke les matériaux et matériels sur un sol stabilisé.
réduction du risque
ou • J’organise rationnellement le stockage (produits lourds en bas, stockage
à plat…).
• Mon employeur talute les parois de fouilles (tranchées, terrassement
en pleine masse…).
• Mon employeur utilise des machines télécommandées pour effectuer
certains travaux et éviter de descendre en fond de fouille.
Protection collective • Je pose des plinthes en partie basse sur les échafaudages et
les garde-corps (ou je m’assure qu’elles soient bien posées et alerte
ma hiérarchie dans le cas contraire).
•M on employeur blinde les parois d’une tranchée ou d’une fouille.
• Mon employeur stabilise les banches et les pignons (risque
de renversement en cas de heurt ou de grand vent).
• Je stabilise les piles de stockage (matériaux…).
•M on employeur met en place des filets de protection au-dessus
des allées de passage et en contrebas des travaux en hauteur.
• J e renforce les structures qui peuvent présenter des faiblesses
ou j’alerte mon employeur sur ces faiblesses.
Mesures complémentaires : •M
on employeur met en place une signalétique adéquate (affiches,
formation - information - autocollants, panneaux).
instruction - consigne •M
on employeur informe lors de l’accueil des salariés des risques
de chute d’objets.
Documentation
Publication - Vidéo Le code du travail fait obligation de mettre en place un blindage :
• l orsque les terres ne sont pas stables,
• pour les fouilles en tranchées de profondeur supérieure à 1,30 m
et d’une largeur égale ou inférieure aux 2/3 de la profondeur.
Autres publications :
• Protection du personnel travaillant dans les tranchées étroites,
R 225, 1985.
• Prévention du risque de renversement des banches sous l’effet
du vent, R 399, 2004.
• Mise en œuvre des filets de sécurité en grandes nappes, R 446, 2009.
• OPPBTP : Mémento Prévention « A8 H 03 15 ».
“
Un manœuvre utilise un marteau-piqueur
pendant toute une journée pour casser un bloc
en béton. Le soir, en rentrant chez lui,
il a des sifflements et des bourdonnements
dans les oreilles.
”
“
Un conducteur d’engin travaille dans une grue
sur chenille pendant des années.
Lors d’un examen audiométrique, on constate
une perte définitive de 50 % de son acuité
auditive.
”
TutoPrév’ Pédagogie BTP 2018 43
Fiche risques Risques et nuisances liés au bruit
Événements dangereux • Rester exposé de manière prolongée ou répétitive à une source sonore
assez forte (compresseur, perceuse, marteau-piqueur…).
• Être exposé ponctuellement à un bruit particulièrement intense
(disqueuse, dynamitage…).
Mesures de prévention
Élimination
• Mon employeur remplace des équipements bruyants par
ou réduction du risque des équipements moins bruyants (utiliser le coffret électrique de chantier
plutôt qu’un groupe électrogène, utiliser un compresseur à vis plutôt
qu’à pistons…).
• Mon employeur planifie les travaux bruyants quand il y a peu
de personnes sur chantier (horaires décalés…).
• Mon employeur écarte la source de bruit de la zone de travail (groupe
électrogène et compresseur éloignés du chantier).
• Je m’éloigne si possible des autres opérateurs lorsqu’ils font du bruit
ou utilisent une machine bruyante.
Protection collective • Mon employeur traite les installations et les équipements pour réduire
les niveaux de bruit (désolidarisation des transmissions, écrans, capots,
échappements améliorés…).
• Mon employeur insonorise les cabines de conduite d’engins.
Protection individuelle • Je porte des protecteurs individuels contre le bruit (PICB) : bouchons
d’oreilles (jetables, préformés, moulés), serre-tête, serre-nuque
anti-bruit, casque à contrôle passif ou actif.
Mesures complémentaires : • Mon employeur met en place une signalétique indiquant les zones
formation - information - bruyantes (panneaux d’information).
instruction - consigne • Mon employeur informe les salariés sur les risques de perte
d’audition et les forme au port correct des équipements de protection
individuelle.
Documentation
Éléments techniques - À partir de 80 dB(A), le port des protecteurs (casque ou bouchons)
Réglementation - Normes est recommandé.
À partir de 85 dB(A), il est obligatoire.
La valeur limite d’exposition à ne pas dépasser est de 87 dB(A)
avec protecteurs.
ORDRES DE GRANDEUR DE NIVEAUX SONORES
Milieu de travail dB (A) Exemples du quotidien Effets sur la
140
conversation
cteur Décollage d’avion
Banc d’essai de réa Seuil de douleur
120
Dialogue impossible
hèque
Atelier de chaudronn
erie Concert rock, discot
100
Klaxon Obligation de crier
, c dense
Route, trafi Seuil de danger
Scie à ruban, presse
machine à bois 80 Obligation de forcer
Tour d’usinag Restaurant br Seuil d’alerte la voix
e uyant
60
ratoire
lme, labo
Bureau ca Conversation aisée
40 Appartement
tranquille
e
Chambre à coucher calm
20
Chambre“sourde” Vent très léger, respirati
on
d’essai acoustique
Seuil d’audibilité
0
Autre publication :
• OPPBTP : Mémento Prévention « A8 H 03 15 ».
“
Un manœuvre ressent une grosse fatigue sur le chantier
au mois d’août. Au bout d’une heure, il s’effondre,
victime d’un malaise dû aux fortes chaleurs.
”
“
Un gardien de chantier reste exposé
plusieurs heures à la pluie et au vent.
Il se plaint de douleurs et déclenche
un état fébrile.
Situations dangereuses • Travail sur un chantier extérieur ou lors d’un dépannage sous
des températures négatives, sous de fortes chaleurs, sous la pluie
ou dans les courants d’air.
• Travail à proximité de sources de chaleur ou de froid.
•P ort d’une combinaison hermétique favorisant la montée en
température du corps (exemple du désamiantage ou du déplombage).
Mesures de prévention
Élimination
•M on employeur organise le travail de manière à limiter le temps
ou réduction du risque passé dans des ambiances thermiques extrêmes (préparation
de l’intervention en atelier tempéré pour limiter au maximum le temps
passé dans la zone chaude ou froide…).
• Mon employeur adapte les horaires de travail aux conditions
climatiques (horaires matinaux en été pour éviter les fortes chaleurs).
• En cas de travail dans des zones sous forte chaleur, je fais
régulièrement des pauses et je m’hydrate.
•E n cas de travail dans des zones sous froid intense, je fais
régulièrement des pauses et je bois des boissons chaudes.
Protection individuelle • Mon employeur met à disposition des salariés des équipements
de protection individuelle adaptés.
• J e porte des vêtements et protections adaptés au froid, à la chaleur,
à la pluie.
• Je porte des vêtements favorisant l’évacuation de la sueur
et je me protège la tête du soleil par temps chaud.
Mesures complémentaires : • Mon employeur sensibilise le personnel aux risques liés aux ambiances
formation - information - thermiques.
instruction - consigne
Documentation
Éléments techniques • Les employeurs du bâtiment et des travaux publics sont tenus
de mettre à la disposition des travailleurs au moins 3 litres d’eau
par jour et par travailleur.
• Pour certaines activités, l’entrepreneur peut, sous certaines conditions
strictes, décider d’arrêter le travail pour intempéries.
Autre publication :
• OPPBTP : Mémento Prévention « A8 H 03 15 ».
“
Après avoir mis du solvant (white spirit)
sur un chiffon pour enlever les petites
taches de peinture se trouvant
sur son bleu de travail, un apprenti-
peintre allume une cigarette. Son bleu
“ s’enflamme.
” “
Un compagnon se brûle la main
en effectuant une découpe
au chalumeau.
”
TutoPrév’ Pédagogie BTP 2018 49
Fiche risques Risques d’incendie, d’explosion
Événements dangereux •U tiliser une rallonge électrique en mauvais état (arc électrique).
•A llumer une cigarette.
• Utiliser un chalumeau à proximité d’un produit inflammable.
•M élanger des produits incompatibles (inflammables et comburant)
ou les stocker à proximité les uns des autres.
Dommages potentiels •A
sphyxie ou intoxication liées aux fumées , brûlures thermiques
graves, blessure, voire décès liés à des projectiles ou à l’onde de choc
(effet de blast), acouphènes…
Mesures de prévention
Élimination • J ’évite de mettre en présence un combustible, un comburant
ou réduction du risque et une source de chaleur (par exemple, si je soude, j’éloigne toutes
les matières facilement inflammables comme les cartons, papiers,
solvants…).
• Mon employeur implante les zones présentant des risques d’incendie
ou d’explosion à l’écart des zones de travail (bureaux loin des zones
à risque).
• Mon employeur fait vérifier périodiquement les installations
électriques, ainsi que tous les équipements électriques.
• J ’évite de stocker des matériaux inflammables si ce n’est pas
indispensable. J’évacue les déchets au fur et à mesure.
Protection collective • Je ventile bien les zones où je manipule des produits inflammables
(je mets en marche les installations de ventilation que mon employeur
a installées).
• Je capte les fumées de soudage à la source pour éviter
que les étincelles ne se dispersent.
•M on employeur met en place des dispositifs de désenfumage
et du matériel de première intervention contre les incendies
(extincteurs, RIA : robinets d’intervention armés…).
Mesures complémentaires : • Mon employeur met à disposition des salariés des plans d’évacuation
formation - information - et informe le personnel de la conduite à tenir en cas d’incendie.
instruction - consigne •M on employeur organise des exercices d’évacuation de manière
périodique.
• Mon employeur forme le plus largement possible le personnel
à la manipulation des équipements de première intervention.
Documentation
Éléments techniques - L’incendie :
Réglementation - Normes • Triangle du feu ; pour qu’il y ait feu, il faut réunir trois conditions :
un combustible (carton, bois…), un comburant (oxygène de l’air) et
une source d’inflammation (flamme, court-circuit, source de chaleur…).
• Un incendie est incontrôlable dans le temps et l’espace, contrairement
au feu.
L ’incendie se caractérise par :
• un dégagement de chaleur et de flammes,
• une production de fumées et de gaz/vapeurs toxiques.
Triangle du feu
Combustible
Comburant Énergie
d'activation
Documentation (suite)
L’explosion :
• Hexagone de l’explosion ; pour qu’il y ait une explosion, il faut réunir
trois conditions supplémentaires au triangle du feu : le combustible
en suspension dans l’air, à une concentration dans son domaine
d’explosivité et avec un confinement suffisant.
• Une explosion est un phénomène extrêmement rapide, de l’ordre
d’une fraction de seconde.
L’explosion se caractérise par :
• un dégagement de chaleur et de flammes,
• une surpression (effet de souffle). En l’absence de confinement,
on obtient majoritairement un phénomène de boule de feu
ou de flambée.
Hexagone de l'exposion
Combustible
Produit Domaine
en
suspension d'explosivité
(gaz, aérosol,
poussières)
Énergie Comburant
d'activation
Confinement
Autre publication :
• OPPBTP : Mémento Prévention « A8 H 03 15 ».
“
Un maçon effectue des travaux en hauteur à l’aide
d’une nacelle à proximité d’une ligne électrique haute
tension. Il s’approche de la ligne avec un objet métallique
et provoque un amorçage. Il s’électrise avec l’arc.
“
” Un maçon utilise un perforateur
dont le fil d’alimentation est
en mauvais état. En touchant le fil
pour débrancher l’appareil,
“
il s’électrise.
”
Un plâtrier plaquiste perce une cloison à l’aide
d’une perceuse sans avoir pris connaissance
de l’emplacement du réseau électrique encastré.
Il perce le fil électrique et la mèche de la perceuse
se trouve en contact direct avec le fil de cuivre.
Un arc électrique blesse le plâtrier aux yeux.
”
TutoPrév’ Pédagogie BTP 2018 53
Fiche risques Risques liés à l’électricité
Situations dangereuses • S’approcher d’une pièce nue (non isolée) sous tension. Cela peut arriver
quand on effectue une mesure électrique sur un composant dont
l’indice de protection est inférieur à IP2X ou quand on travaille
à proximité de câbles endommagés (dans certains chantiers, certaines
opérations, telles le creusement d’une fouille, peuvent endommager
des câbles enterrés s’ils n’ont pas été préalablement repérés).
•S e trouver à proximité d’un arc électrique. Cela peut arriver quand
il y a un coupe-circuit (chute d’outil sur un élément dénudé) ou quand
on déconnecte une source d’alimentation restée en charge.
Événements dangereux • Toucher une pièce nue sous tension (par exemple un fil dénudé
d’une prise endommagée).
• Déconnecter un appareil en charge.
• L aisser tomber un objet métallique sur un élément non isolé
sous tension (un jeu de barres dans une armoire électrique,
un fil dénudé d’une rallonge endommagée).
Mesures de prévention
Élimination • J e m’assure que l’installation sur laquelle je travaille est bien hors tension.
ou réduction du risque Si j’interviens sur un équipement à proximité d’organes alimentés
électriquement , je m’assure que l’installation est consignée.
• Je réduis le phénomène dangereux par l’utilisation, lorsque cela est
possible, d’appareils alimentés en TBTS (Très basse tension de sécurité)
ou TBTP (Très basse tension de protection) et par la mise à niveau
des installations électriques à l’issue de vérifications périodiques.
• Je n’utilise pas les éléments électriques détériorés ou non conformes
(câble ou prise endommagés, outil électroportatif générant des étincelles
dues à des mini court-circuits…) et je les signale à mon responsable.
•M on employeur fait vérifier régulièrement les installations électriques
et assure leur entretien.
Protection individuelle •M
on employeur met à ma disposition des équipements de protection
individuelle et des outils dont le manche est électriquement isolé
en cas de besoin (gants isolants, lunettes, outils isolés : tournevis,
pinces…).
Mesures complémentaires : • Mon employeur forme et habilite les personnels : il leur délivre un titre
formation - information - d’habilitation, leur remet un carnet de prescriptions de sécurité ainsi
instruction - consigne que les instructions de sécurité nécessaires, leur fournit les outils
et les équipements de protection individuelle (EPI) nécessaires,
appropriés et en bon état.
• Mon employeur met à disposition des personnes intervenant
sur les installations du chantier présentant des risques électriques
les plans, les schémas et toute la documentation technique nécessaire
à la réalisation des activités et à jour.
Documentation
Bibliographie sommaire ublications INRS :
P
• Accidents d’origine électrique, ED 325, 1993.
• L’électricité comment s’en protéger, ED 548, 1994.
• L’électricité ? Qu’est-ce que l’électricité ? ED 596, 1991.
• Sécurité des équipements de travail. Circuits de commande
et de puissance. Principes d’intégration des exigences de sécurité,
ED 913, 2003.
• Consignations et déconsignations, ED 6109, 2014.
• L’habilitation électrique, ED 6127, 2015.
Vidéo INRS :
• Attention ! basse tension, DM 0279, 1999.
Autre publication :
• OPPBTP : Mémento Prévention « A8 H 03 15 ».
“
Un compagnon est heurté par un chargeur
qui circulait de nuit (21 h) entre un lieu
de stockage et un poste de stationnement.
L’éclairage de l’engin était hors service
au moment du déplacement et il n’y avait pas
d’éclairage sur la zone de déplacement.
”
“
Un compagnon chute lourdement
dans un escalier en construction
qui ne comporte pas d’éclairage
provisoire.
”
56 TutoPrév’ Pédagogie BTP 2018
Risques liés à l’éclairage Fiche risques
Mesures de prévention
Élimination
•M on employeur aménage les horaires de travail et planifie les travaux
ou réduction du risque nécessitant un bon éclairage en fonction de l’éclairage naturel
(en milieu de journée en hiver et en évitant les plages où le soleil peut
éblouir en été).
• Mon employeur assure un éclairage suffisant des zones de circulation
et de travail.
Documentation
Éléments techniques - Respecter les niveaux d’éclairement recommandés (norme NF EN 12464)
réglementation - normes selon les types d’activité.
Autre publication :
• OPPBTP : Mémento Prévention « A8 H 03 15 ».
“
En plein été, un ouvrier travaille torse nu.
Le soir, il ressent des picotements dus
à une brûlure (coup de soleil).
”
“
Un ouvrier découpe des éléments métalliques
sur un chantier de démolition à l’aide
d’un chalumeau. Le soir il a les yeux rouges
et la vision troublée.
”
TutoPrév’ Pédagogie BTP 2018 59
Fiche risques Risques liés aux rayonnements
Situations dangereuses • P our les rayonnements ionisants, il y a situation dangereuse quand
une personne travaille à proximité d’une source radioactive et
est exposée au-delà des valeurs limites d’exposition ou sur une longue
durée : manipulation, transport, stockage…
• Pour les rayonnements électromagnétiques, il y a situation
dangereuse quand une personne se trouve à proximité d’un champ
électromagnétique puissant et est exposée au-delà des valeurs limites
d’exposition (sécheur à micro-onde, appareil à souder, ligne à haute
tension, antenne relais téléphonique…).
• Pour les rayonnements optiques, il y a situation dangereuse quand
une personne est exposée au-delà des valeurs limites d’exposition
à des rayonnements optiques (travailler sous le soleil, se trouver
dans la visée d’un laser de chantier…).
Événements dangereux • Pour les rayonnements ionisants, l’événement dangereux peut être
constitué par l’exposition au rayonnement d’une source, l’inhalation
ou l’ingestion de matières radioactives (perte d’une source
de gammagraphie industrielle…).
• Pour les rayonnements électromagnétiques, l’événement dangereux
est constitué par une exposition à des champs d’une intensité
supérieure aux VA (Valeurs déclenchant l’action). Une personne
portant un implant actif peut être sensible à des seuils inférieurs.
• Pour les rayonnements optiques, l’événement dangereux dépend
de la valeur limite d’exposition (puissance d’émission), de la longueur
d’onde des rayons mais également de la durée d’exposition.
Par exemple, exposition répétée au soleil, exposition de l’œil à un laser
de classe 3 ou 4 ou encore à un arc de soudage.
Mesures de prévention
Élimination
• Mon employeur remplace l’appareil générateurs de risque par
ou réduction du risque un appareil ne générant pas de risque (ou moins) : par exemple,
remplacement des détecteurs incendie à Americum 241
par des détecteurs optiques.
• Je m’éloigne autant que possible de la source de danger.
• Je limite au maximum le temps d’utilisation des appareils émettant
des rayonnements.
Documentation
Bibliographie sommaire Publications INRS :
• L es rayonnements ionisants, prévention et maîtrise du risque. ED 958,
2006.
•R ayonnements lasers, ED 6071, 2018.
• E xposition des travailleurs aux risques liés aux champs
électromagnétiques, ED 6136, 2013.
Autre publication :
•O
PPBTP : Mémento Prévention « A8 H 03 15 ».
Risques psychosociaux
H
H
Le travail et son organisation peuvent être à l’origine d’anxiété,
de dépression, de tentatives de suicide ou de maladies favorisées
par le stress.
Dans le BTP, les délais sont souvent tendus et la co-activité,
l’isolement de certaines équipes par rapport à la hiérarchie
et les nombreux changements de programme peuvent générer
du stress.
“
Un chef de chantier, suite à des retards de planning,
met des pressions importantes sur son équipe.
Un salarié est arrêté par son médecin pour cause de surmenage.
”
“
Un compagnon travaille sur une ligne de Tram en construction.
Les nuisances prolongées des travaux agacent les commerçants
qui agressent régulièrement verbalement les ouvriers
des entreprises. Un jour, un commerçant particulièrement excédé
bouscule le compagnon qui chute.
”
TutoPrév’ Pédagogie BTP 2018 63
Fiche risques Risques psychosociaux
Mesures de prévention
Élimination
• Mon employeur améliore l’organisation du travail (circulation
ou réduction du risque de l’information, gestion des temps de travail…).
• Mon employeur veille à ce que les consignes soient claires et qu’en cas
de conflit il y ait un arbitrage équitable.
• Mon employeur facilite les échanges et le dialogue social entre
tous les acteurs de l’entreprise.
Mesures complémentaires : •M
on employeur forme les nouveaux arrivants et les personnes
formation - information - changeant de poste de travail.
instruction - consigne
Documentation
Éléments techniques - • L’employeur doit « prendre toutes les mesures nécessaires
Réglementation - Normes pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale
des travailleurs ».
• Le RPS est un risque professionnel et doit être pris en compte
dans l’entreprise au même titre que les autres risques professionnels
(bruit, chute de hauteur…).
Vidéos INRS :
• Les mécanismes du stress, Anim-005, 2008.
• Le stress au travail, le démasquer pour le prévenir, DV 0365, 2006.
• J’ai mal au travail ? DV 0327, 2004.
• Napo dans… le stress au travail, DV 0401, 2014.
Autres publications :
• Fonctions d’accueil et d’accompagnement des nouveaux
en entreprises, R 460, 2012.
• OPPBTP : Mémento prévention « A8 H 03 15 ».
Documents INRS :
Audiovisuels INRS :
•S
ituations de travail dans le BTP, DV 0305, 2002.
•P
révention – Intérim - BTP, DM 0353, 2013.
Autres publications :
• L es fiches mémo de l’OPPBTP et les fiches accueil : voir site internet de l’OPPBTP.
• Les mémos par métiers et par risques de l’IRIS-ST : voir site internet de l’IRIS-ST.
• www.inrs.fr
• OPPBTP : www.preventionbtp.fr
• IRIS-ST : www.iris-st.org
Entreprise : ��������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������
Adresse : ������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������
Activité(s) de l’entreprise : �������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������
DANGER
Qu’est-ce qui peut provoquer la blessure ou l’atteinte à la santé de l’opérateur ou de son entourage dans cette
situation à risque ?)
ÉVÉNEMENT DANGEREUX
(quel évènement peut transformer cette situation à risque en accident ou en atteinte à la santé ?
Décrivez la succession des évènements qui entraînent le dommage)
DOMMAGES
(Citez les conséquences possibles de l’accident ou de l’atteinte à la santé pour l’opérateur ou son entourage)
Protection collective
Protection individuelle
REMARQUES COMPLÉMENTAIRES
« TutoPrév’ pédagogie » est destiné à accompagner la formation des jeunes qui préparent
des baccalauréats professionnels en lycée professionnel ou en CFA (centre de formation
d’apprentis). À vocation pédagogique, il comprend des rappels méthodologiques des principales
notions apprises en cours, la présentation des principaux risques du secteur d’activité ou du métier,
la bibliographie. Il comporte également un support d’observation basé sur des questionnaires.
L’objectif est de guider l’apprenant dans le repérage des dangers liés aux situations de travail
et dans sa proposition de mesures de prévention des risques professionnels.
HH
H HH E RH
RR
VR
V
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RR
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