SNGRC
SNGRC
et des Catastrophes
Antananarivo, Madagascar
Project MAG/99/005/A/07/31-05/31
UNDP/CNS
Fainula K. Rodriguez
Consultante Internationale
Directrice de Planification et de Programmes
Asia Pacific Disaster Management Center (APDMC)
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Glossaire
Introduction
ANNEXES
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
GLOSSAIRE
TERMES DEFINITIONS
Affectés Touchés d’une façon ou d’une autre par la catastrophe.
Aléa Situation potentielle ou existante qui peut affecter les populations,
détériorer les biens ou l’environnement. L’amplitude du phénomène,
sa probabilité, l’étendue et la gravité de son impact sont variables.
Dans de nombreux cas, ces dégâts peuvent être anticipés et estimés.
Agence principale de Les agences désignées qui assurent la responsabilité première des
contrôle opérations de réaction face à une catastrophe particulière.
Agence de soutien Les agences qui fournissent les services, le personnel ou le matériel
nécessaire pour soutenir l’agence de contrôle ou les personnes
touchées.
Analyse des aléas Partie de la procédure générale de planification, qui permet d’identifier
et de décrire les dangers et leurs impacts sur la communauté.
Approche centrée sur les Tout en considérant les catastrophes comme des événements
personnes dangereux, leur fréquence est également vue en tant que résultat de
circonstances et usages sociaux, économiques et environnementaux.
Les personnes, leurs moyens d’existence ainsi que leur bien-être sont
les préoccupations centrales.
Approche globale Le développement des dispositifs en cas de catastrophe pour
envisager tous les aspects de la prévention, de l’état de mise en
alerte, de la réaction et du rétablissement.
Approche intégrée ou Implique la participation de toutes les agences concernées et/ou les
« Toutes Agences » bureaux qui peuvent contribuer à la mise en place efficace des
dispositifs de gestion des catastrophes.
Approche « Tous Risques » Concerne tous les genres de catastrophes/urgences qui ont un impact
sur les communautés et l’environnent en utilisant la même batterie de
dispositifs de gestion et inclut à la fois les risques naturels et ceux
causés par l’homme.
Aptitude à faire face La façon dont les personnes et les organisations agissent, en utilisant
les ressources disponibles compte-tenu des développements
possibles d’une situation spécifique et dans le but d’obtenir divers
résultats. Les moyens pour faire face sont une combinaison de toutes
les forces et ressources utiles pour réduire les effets des catastrophes.
Cartographie des risques Processus qui consiste à localiser géographiquement les dangers et à
évaluer les risques potentiels encourus par les populations,
l’environnement et les biens.
Catastrophe Un événement, soudain ou progressif, soit d’origine naturelle, soit
causé par l’homme, dont l’impact est tel, que la communauté affectée
doit réagir par des mesures exceptionnelles
Catastrophes technologiques Catastrophes issues de causes autres que les catastrophes naturelles
et qui incluent les catastrophes biologiques, chimiques, nucléaires, les
catastrophes dans les transports et celles d’origine terroriste.
Centre d’Opérations Une structure établie pour contrôler et coordonner les activités de
d’Urgence réponse et de soutien face à une urgence.
Commandement/Direction La direction des membres et des ressources d’une organisation dans
l’exercice des rôles et des responsabilités de cette organisation.
L’autorité du commandement est prévue dans la législation ou par
accord et s’opère de façon verticale au sein d’une organisation.
Communications De façon spécifique, les moyens de communication, par exemple les
routes, les voies ferrées, les lignes téléphoniques, la radio, la
télévision, la télécopie et internet. Plus largement, la diffusion, pour les
personnes et les organisations, de messages de gestion des
catastrophes, par le biais d’un éventail de moyens, à diverses étapes
du cycle des catastrophes.
Contrôle Orientation générale des activités lors d’une opération spécifique.
Coordination Réunion des organisations et des ressources selon les besoins
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Réduction des risques Application sélective des principes de gestion et des techniques
appropriées qui permettent de réduire soit la probabilité d’une
catastrophe, soit ses conséquences, soit les deux.
Reconstruction Recouvrement total de l’état anté-catastrophe, durée de l’ordre de
quelques mois à quelques années.
Réhabilitation Restauration des fonctions essentielles de la société, durée de l’ordre
de quelques semaines à quelques mois.
Ressources Tous les biens, qu’ils soient physiques, humains, économiques ou
environnementaux, qui peuvent être utilisés pour participer à la
réalisation des objectifs du plan (personnes, équipement,
ravitaillement de secours, eau, routes, entrepôts et argent)
Rétablissement Procédure globale qui consiste à soutenir les communautés affectées
par une catastrophe dans leurs efforts pour reconstruire des
infrastructures physiques et restaurer un bien être social, émotionnel,
économique et physique.
Risque acceptable Degré de perte humaine et matérielle que les autorités et la
communauté considèrent acceptable.
Risques chimiques Risques qui impliquent des composants chimiques ou des processus
dont le potentiel se réalise grâce à des agents tels que le feu, les
explosifs, des effets toxiques ou corrosifs.
Risques technologiques Dangers d’origine technologique (causés par l’homme), par opposition
aux dangers d’origine naturelle.
Secours Assistance et/ou intervention pendant ou après une catastrophe pour
faire face aux premières nécessités de survie et de subsistance. Peut
être limitée à l’urgence ou être prolongée.
Sensibilisation publique Procédure qui consiste à informer le public quant à la nature du péril
et aux actions nécessaires pour épargner les vies et les biens avant et
pendant le danger.
Systèmes d’alertes L’objectif des alertes est de persuader et de permettre aux personnes
et aux organisations de prendre les mesures nécessaires pour
accroître la sécurité et pour réduire les impacts d’un danger, lequel
peut apparaître rapidement, comme les cyclones, les inondations, ou
bien lentement, comme les famines.
Vulnérabilité Une série de circonstances prédominantes ou consécutives
composées de facteurs physiques, socio-économiques, et/ou
politiques, qui affectent les aptitudes à faire face aux catastrophes.
Les vulnérabilités peuvent être d’ordre physique, social ou
comportemental et de nature principale ou secondaire. Les stratégies
qui réduisent la vulnérabilité, diminuent également les risques.
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
INTRODUCTION
Ce besoin pour une stratégie nationale résulte d'une série de facteurs dont les types et les
fréquences des catastrophes naturelles, le profil de vulnérabilité socio-économique et les
caractéristiques physiques du pays. De ce fait, les dispositions institutionnelles existantes ne
favorisent pas une coordination et une gestion efficace en cas de catastrophe. Un autre
facteur important est que le gouvernement malgache lui-même reconnaisse qu'il est possible
d'atténuer l'impact des catastrophes naturelles sur l'économie, l'environnement et les
communautés de Madagascar grâce à une planification, un développement des
compétences et des investissements réfléchis dans le domaine de la prévention, de la
mitigation et de la préparation. Le document reflète également un long processus de
réflexions et de délibérations auxquelles ont participé les principales parties prenantes et qui
s'est déroulé dans le cadre d'ateliers nationaux. Il se poursuit actuellement par le biais de
discussions entre les organisations qui se montrent les plus actives dans leurs réponses face
aux urgences dans le pays. 1
L'évaluation et l'analyse de la situation à Madagascar ont permis d'élaborer les zones et les
besoins prioritaires suivants, développés dans la stratégie :
1
Il est important de remarquer ici que la gestion des risques de catastrophes nécessite une approche stratégique
qui diffère de la planification stratégique classique en raison même de sa nature imprévisible, de la politique
extra-ordinaire et des prises de décisions qu'elle opère.
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Un résultat clef de cette stratégie sera la disponibilité d’une structure institutionnelle efficace
et durable, et d’un plan stratégique qui indiqueront les priorités de Madagascar pour la
gestion des risques de catastrophes pour une période de trois à sept années ainsi que les
dispositifs nécessaires pour la mise en œuvre de ces priorités.
La base de cette stratégie est une approche centrée sur les personnes en insistant sur la
prévention et la préparation en cas de catastrophe au niveau communal et local. Cette
stratégie suppose également qu’il existe, dans les zones malgaches à hauts risques, une
profusion de connaissances et de mécanismes utiles, qui pourraient être adaptés pour
soutenir la gestion des risques de catastrophes. Les cataclysmes sont considérés non
seulement comme des événements périlleux, mais également comme le résultat de
conditions et pratiques sociales, économiques et environnementales. Ainsi, la stratégie vise
à réduire les risques et la vulnérabilité par le biais de l’environnement national et de la
réduction de la pauvreté. Le point initial de cette stratégie est le fait que dans un pays tel que
Madagascar, pauvre en ressources financières et sujet aux catastrophes, la stratégie qui
vise à réduire la pauvreté, les risques de catastrophes et les stratégies pour la protection de
l’environnement doivent se soutenir mutuellement. Les informations doivent être échangées
et les orientations fixées d’un commun accord. Seules l’aide au développement qui vise à
réduire le risque de catastrophes et l’aide d’urgence orientée vers le développement
permettront d’obtenir des améliorations durables. Dans ce but, tous les partenaires du
développement jouent un rôle stratégique de soutien.
La Stratégie Nationale Malgache pour la Gestion des Risques de Catastrophes reflète les
apports de divers organismes nationaux et internationaux aux divers drafts qui ont circulé
parmi tous les intervenants à Madagascar, suivant un processus interactif et évolutif qui a
inclus des consultations approfondies avec le Cabinet du Premier Ministre, les Ministères et
Bureaux clefs, au niveau national, provincial et local, ainsi que les membres de la
communauté internationale. Le document fut l’objet d’un atelier de concertation nationale à
Antananarivo ayant mobilisé la participation de plus de cent cinquante représentants de
divers secteurs, nationaux et internationaux, ainsi que celle des Chefs de Provinces et des
intervenants aux niveaux régionaux, communaux et municipaux.
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
CHAPITRE 1
Analyse des risques et vulnérabilités
Introduction
¬ Profil :
Madagascar est la quatrième plus grande île du monde et compte de nombreuses petites
îles périphériques. Elle est située dans le canal du Mozambique, le long de la côte sud
africaine, au sud-ouest de l’Océan Indien. Ses principales caractéristiques géographiques et
climatiques sont constituées par une plaine côtière étroite bénéficiant d’un climat tropical
chaud, par des montagnes et des hauts plateaux tempérés, dans le centre, qui occupent 2/3
des 587 000 km² qui constituent la superficie totale du pays, et par une partie méridionale
aride, typique des régions situées sur le tropique du Capricorne. L’île possède 4.828 km de
côtes, s’étend sur 1.500 kilomètres de long entre le Cap d’Ambre à l’extrême Nord et le Cap
Sainte-Marie au Sud, et sur près de 500 km dans sa plus grande largeur. Ses
caractéristiques physiques et topographiques peuvent être appréciées sur la carte 1 de la
page suivante.
2
Ce chapitre propose une brève analyse du contexte de la gestion des Risques et des Catastrophes à
Madagascar. Pour un diagnostic approfondi, veuillez consulter le document joint ‘’Étude Diagnostique sur la
Gestion des Risques et des Catastrophes’’, CNS/PNUD – 08/2000. Cette étude contient en annexe, les détails
d’événements spécifiques, des cartes, les descriptions des programmes, des mandats et des activités des
principales parties prenantes. L’étude est une source unique de documentation. Seuls les facteurs d’intérêt
majeur pour la stratégie nationale sont traités ici, du fait du manque d’espace et surtout parce qu'ils sont
disponibles dans l’étude diagnostique.
3
Dans l’attente de la mise en place des provinces autonomes
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Carte Physique de
Madagascar
1 :6 000 000
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Source: VAM/USAID
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
¬ Contextes écologiques :
La situation géographique, la forme du relief, l’influence maritime et le régime des vents sont
la cause de conditions climatiques très variées. On distingue principalement deux saisons
climatiques séparées par deux courtes intersaisons d’un mois chacune : la saison chaude,
de Novembre à Avril, et la saison fraîche, de Mai à Octobre.
La pluviométrie est très variable, pouvant aller de 400 mm à 2300 mm selon les régions. La
côte Est demeure la plus arrosée, c’est aussi la région la plus exposée aux cyclones
tropicaux qui se forment dans l’Océan Indien alors que le Sud de Madagascar est la moins
arrosée.
Le sol malgache recèle des ressources minières importantes dont quelques-unes seulement
sont mises en valeur : le graphite, le chromite, le quartz, le saphir, l’émeraude, l’or.
Les sols cultivables représentent environ 9.500.000 hectares dont seuls 24% sont exploités 4
par divers types de culture spécifiques à chaque région.
L’île compte plusieurs lacs continentaux aux particularités biologiques propres mais qui sont
actuellement menacées (pollution, ensablement, surexploitation). Les ressources marines et
halieutiques sont très importantes, les zones de fonds chalutables offrent près de 568.470
tonnes de produits aquacoles 5 .
¬ Statistiques démographiques :
Bien que la majorité de la population soit malayo-indonésienne avec des métissages arabes
et africains, les Français, les Indiens, les Créoles et les Comoriens constituent un
groupement de population dont l’importance économique est significative. Le malgache est
la langue officielle, mais le français est une seconde langue très largement utilisée. Il existe
18 groupes ethniques différents dispersés dans toute l’île principale, possédant leurs propres
dialectes, coutumes et traditions.
La population est très attachée à ses traditions et chaque communauté, chaque ethnie a des
perceptions locales particulières des catastrophes. Chaque us, coutume et habitude propre
peut avoir ainsi des impacts notables sur la gestion des risques et des catastrophes et
devrait par conséquent être considéré dans une gestion des risques et des catastrophes
efficace (compréhension des messages ; facilitation des analyses de vulnérabilité ; lutte
contre la mauvaise pratique culturale comme la culture sur brûlis par les migrants).
4
Source : Système des Nations Unies Madagascar. 2000. Présentation de Madagascar à la Session du Conseil
Economique et Social (ECOSOC) – Assemblée Générale des Nations Unies - Juillet 2000 - New York.
5
Source : Système des Nations Unies Madagascar. 2000. Présentation de Madagascar à la Session du Conseil
Economique et Social (ECOSOC) – Assemblée Générale des Nations Unies - Juillet 2000 - New York.
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Environ 45% de la population a moins de 15 ans, tandis que seuls 3% ont 65 ans et plus.
L’explication de ce phénomène provient en partie d’une espérance de vie moyenne de 40
ans, qui est l’une des plus faibles au monde. Pour de vastes portions de la société
malgache, la situation du développement humain en matière d’éducation, de santé et de
services de base est également alarmante. Moins de la moitié des enfants d’âge scolaire
vont à l’école. Cinquante trois pour cent des adultes sont illettrés. Soixante dix neuf pour
cent de la population n’a pas accès à l’eau potable, tandis que plus de la moitié ne peut
accéder à des services de santé de base. La participation des femmes au pouvoir de
décision reste modeste. Leur implication est pourtant indispensable pour une gestion des
risques et des catastrophes efficace notamment dans les activités de prévention. Presque la
moitié des enfants de moins de cinq ans sont sous-alimentés. Madagascar connaît aussi un
des taux de pauvreté humaine les plus élevés dans le monde. La Banque Mondiale a évalué
la pauvreté à Madagascar et les résultats montrent que 75% de la population vivent en
dessous du seuil de pauvreté alors que 63% sont dans un dénuement total 6 . Le Produit
Intérieur Brut (PIB) par habitant était de 263 USD en 1999.
L’environnement de Madagascar, l’un des écosystèmes 7 les plus exceptionnels et les plus
fragiles au monde, se détériore très rapidement. Les principaux problèmes
environnementaux auxquels Madagascar est confronté, sont l’érosion du sol due au
déboisement 8 et à l’exploitation à outrance des pâturages ; la désertification, la
contamination des eaux de surface 9 . Les feux de brousse détruisent plus de 200 000 ha de
forêt chaque mois 10 . Sans la mise en place urgente de mesures, les projections montrent
que seuls 6 millions d’ha (12%) sur les 25% restants, existeront encore en 2015. Ces
pratiques ont augmenté de façon exponentielle la fragilité physique de Madagascar par
rapport aux événements climatiques graves, comme l’ont montré les glissements de terrain
et les ravinements provoqués par les pluies torrentielles et les cyclones dans les chaînes de
montagnes du nord-est. Les conséquences des dégradations de l’environnement sur la
sécurité alimentaire du pays sont sérieuses, à cause de leur impact sur la productivité
agricole et du coût croissant des infrastructures. Les régions dont l’économie dépend de
l’exportation de produits forestiers risquent de perdre des sources substantielles de revenus.
L’environnement de Madagascar est de plus en plus vulnérable aux impacts du changement
climatique mondial, ce qui aggrave encore le problème et rend le secteur forestier vital à la
fois pour la protection de l’environnement et pour la réduction globale des risques et des
catastrophes.
6
Ibid. p.8
7
Madagascar est reconnu mondialement comme étant l’un des sept pays les plus importants en terme de
biodiversité. 80% de la flore et de la faune sont endémiques sur l’île, qui est également l’habitat naturel d’un
nombre incalculable de plantes médicinales dont beaucoup sont inconnues. A l’heure actuelle, 12 000 espèces
ont été répertoriées comme espèces protégées.
8
A une certaine époque, Madagascar était complètement recouvert de forêts. Aujourd’hui, il ne reste plus que
25% de sa couverture forestière originale. La raison principale en est l’utilisation du bois des forêts pour la
construction, le chauffage, et également la culture sur brûlis. Le coût de la dégradation de l’environnement est
estimé à environ 15% du PNB.
9
En plus des feux de brousses et de la culture sur brûlis, la Charte pour l’Environnement identifie d’autres causes
majeures pour la dégradation de l’environnement. Ces causes incluent le déséquilibre entre la croissance
démographique et économique ; l’instabilité politique (le document, par exemple, note que les feux de forêt se
multiplient pendant les élections, ce qui indique une forme de mécontentement populaire) ; les causes socio-
économiques, particulièrement l’utilisation de feux de bois pour répondre aux besoins en énergie, le déséquilibre
des conditions commerciales. L’ignorance et le manque de conscience font également partie des causes de
dégradation de l’environnement.
10
Statistiques officielles présentées par la délégation malgache à la ECOSOC en juillet 2000
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La base économique
Le secteur primaire occupe une place essentielle dans l’économie malgache. Bien qu’il
mobilise la quasi majorité de la population active de Madagascar (75,4 % de la population
active travaille dans le secteur agricole) et contribue pour 80% aux exportations, il ne
contribue que pour environ un tiers au PIB. Les principales activités du secteur primaire
sont : l’agriculture, avec principalement les cultures vivrières (riz, maïs, patate douce,
manioc), les cultures d’exportation et les cultures industrielles (coton, canne à sucre). Les
cultures d'exportation représentent plus du tiers des recettes, notamment le café qui
constitue la principale source de devises du pays. De plus, Madagascar est le premier
producteur mondial de vanille et le deuxième exportateur mondial de girofle. La pêche, qui
génère des devises pour Madagascar principalement la pêche maritime grâce à l’exportation
de crevettes, représente la deuxième source de devises. L’élevage, une activité
complémentaire à l’agriculture.
Le secteur secondaire n’occupe que 3% de la main d’œuvre et 15% du PIB. Les industries
agroalimentaires, les industries textiles, du cuir et de l'énergie constituent l’essentiel de ce
secteur. Il est caractérisé par une forte concentration géographique, la province
d'Antananarivo regroupant plus des deux tiers des entreprises industrielles du pays.
La part du secteur tertiaire (52,3% du PIB en 1999) comprenant le secteur informel est
prépondérante à Madagascar 11 . C’est le secteur qui contribue le plus au PIB, à travers ses
différentes branches d’activité (tourisme, transport, télécommunications). Le secteur
tourisme est le troisième secteur national pourvoyeur de devises après le café et la pêche.
Les réseaux de communication et de transport sont faibles, à Madagascar. Bien que les
services téléphoniques semblent supérieurs à ceux qui existent dans nombre de pays
africains, de grandes zones du pays ne sont joignables que par communications radio et
dans certains cas, par courrier entre les centres administratifs et les villages environnants.
La plupart des infrastructures importantes telles que les voie ferrées et le port, sont en
mauvais état et nécessitent des réparations urgentes. De nombreuses régions du pays sont
isolées des routes principales, et parfois complètement coupées du reste du pays lors de
conditions climatiques graves. Le haut plateau central sur lequel se trouve la capitale
Antananarivo n’est pas relié aux zones nord et sud du pays par des routes supportant toutes
les conditions climatiques 12 . Des glissements de terrain provoquées par de récents cyclones,
sur l’artère principale du pays, la Route Nationale 2, avaient complètement bloqué les voies
d’accès à Antananarivo, handicapant sérieusement le transport des marchandises en
provenance ou à destination de la capitale.
Un système ferroviaire déjà vétuste existe avec quatre (4) réseaux totalisant 883 km de long.
Le trafic est actuellement limité en l’absence d’un renouvellement des équipements.
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
La situation géographique de Madagascar, son relief et le régime des vents rendent le pays
vulnérable à un large éventail de risques naturels.
Madagascar est confronté à quatre aléas naturels principaux, à savoir : les cyclones et
tempêtes tropicales, les inondations, la sécheresse, qui sont d’origine météorologique et
enfin les invasions acridiennes.
Phénomène associant le vent et l’eau, le cyclone représente une des premières causes de
catastrophe naturelle à Madagascar. La saison cyclonique s’étend du 1er novembre au 30
avril, la période la plus active étant située entre mi-décembre et mi-mars.
En 32 ans, de 1968 à 1999, le pays a subi 21 perturbations significatives, qui ont touché au
total près de 5.234.653 personnes, engendrant 444.900 sans abris et 1.267 décès. Les
dommages qu’ils ont causés durant cette période sont estimés, au total, à plus d’un milliard
de dollars US (voir tableau 2 ci-après).
13
Bien que Madagascar ait connu plus de 800 activités sismiques, depuis 1965, aucune n’a été signalée au
dessus de 5,8 sur l’échelle de Richter, donc, nous ne les traiterons pas dans ce rapport en tant que risques
majeurs.
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Tableau 2 : Les cyclones et tempêtes tropicaux qui ont frappé Madagascar de 1968 à 1999 14
Aucun endroit du pays n’est épargné par ces perturbations tropicales. Le degré
d’exposition et de vulnérabilité des différentes localités du pays par rapport à ce risque
cyclonique peut être apprécié sur la carte 3 présentée ci –après.
14
Les statistiques recueillies couvrent cette période mais pour certaines années (telles que 1998, 1999) aucune
perturbation significative n’a été enregistrée.
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Au début de l’année 2000, Madagascar a subi, en moins de deux mois, le passage de trois
perturbations tropicales, dont deux particulièrement puissantes. Il s’agit :
(i) du cyclone tropical Eline, qui a frappé la côte Est le 17 février, avec des
rafales de vent atteignant les 208 km/h, et a ensuite traversé l’île pour ressortir
au niveau de Morondava,
(ii) de la tempête tropicale Gloria, avec des vents de 60 à 100 km/h, qui a touché
l’île sur la côte Nord-Est le 2 mars, aux environs de la ville de Sambava,
(iii) du cyclone tropical très intense Hudah, caractérisé par des pluies violentes,
qui a frappé le Nord de Madagascar le 2 avril, aux environs de la ville
d’Antalaha, avec des rafales de vents de plus de 300 km/h. Hudah a traversé
le pays du Nord-Est au Nord-Ouest, frappant avec une rare violence les
districts d' Antalaha, Maroantsetra et Andapa, régions déjà extrêmement
fragilisées par le passage de Gloria, qui avait provoqué d’importantes
inondations.
15
Source : Gouvernement de Madagascar. 2000a. Evaluation des dégâts et programmes de reconstruction
durable post cyclonique pour Madagascar (Version du 26 mai 2000).
16
Source : FAO. 2000. Special Report : FAO/WFP Mission to assess the impact of cyclones and drought on the
food supply situation in Madagascar
17
D’autres chiffres concernant les pertes sur le secteur Agricole sont avancés dans la source : Gouvernement de
Madagascar. 2000a. Evaluation des dégâts et programmes de reconstruction durable post cyclonique pour
Madagascar (Version du 26 mai 2000) : 150.000 tonnes pour le paddy, 12.500 tonnes pour le maïs, 120.000
tonnes pour le manioc.
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
2) Les inondations :
Faisant souvent suite à de fortes pluies, accompagnant ou non les cyclones et tempêtes
tropicales, elles affectent les zones basses, comme les cuvettes et les bas quartiers des
villes. Des inondations au niveau des rivières et du littoral ont également été observées.
Outre une importante inondation qui a touché les plaines d’Antananarivo en 1959, en 32 ans,
de 1968 en 1999, Madagascar a connu trois inondations majeures, en 1986, 1987 et 1998,
qui ont entraîné des pertes importantes sur les infrastructures (routes, habitations) et sur les
systèmes d’irrigation et les récoltes de riz (voir tableau 3 ci-dessous). Les trois cyclones de
cette année 2000 (Eline, Gloria et Hudah) ont également provoqué des inondations
importantes au niveau de leurs zones d’impact et en aval des bassins versants.
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
continues et 2 morts
Antananarivo et
4 février 1994 Cyclone Geralda
l’Est du pays
Antananarivo,
Fianarantsoa, 20.000 sans-abri, routes et
Février 1998 Crues de rivières
Mahajanga et bâtiments endommagés
Toliara
Sources :
1- Conseil National de Secours (CNS) – Madagascar (Mars 1998)
2- EM – DAT : The OFDA / CRED International Disaster Database - [Link]/cred – Université
Catholique de Louvain – Brussels – Belgium / juillet 2000.
Le niveau de risque d’inondation varie suivant les endroits, comme indiqué sur la
carte 5 présentée ci- après.
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
3) La sécheresse :
Frappant essentiellement le Sud du pays, où elle est récurrente, mais également d’autres
régions du pays de façon périodique, la sécheresse à Madagascar relève de deux origines :
l’origine météorologique, par l’insuffisance de pluie et l’origine hydrologique par l’insuffisance
des ressources en eau. Les communes traditionnellement à risque sont connues.
En 33 ans, de 1968 à 1999, la sécheresse a sévi cinq fois dans le Sud du pays, affectant au
total près de 2.316.500 personnes, avec comme conséquence de graves pénuries
alimentaires (voir tableau 4 ci-après).
Le plus grave épisode de sécheresse est celui de 1992. Durant trois années, elle a provoqué
une grave situation de famine dénommée "KERE", aggravée par les effets de l’invasion
acridienne sur le peu de récoltes existant. Près d’un million de personnes étaient ainsi en
situation de détresse alimentaire et 200 décès ont été dénombrés (voir Tableau 4 ci-après).
Tableau 4 : Les épisodes de sécheresse qui ont frappé le pays de 1968 à 1999 18
Le niveau de risque de sécheresse varie suivant les régions comme le montre la carte 6
page suivante.
18
Les dégâts du dernier épisode de sécheresse (1997) qui sévit jusqu’à maintenant, n'ont pas encore
exhaustivement été évalués
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Au début de cette année 2000, la partie Sud de l’île, qui comprend les sous-préfectures de
Betioky, d’Amboasary, de Toliara, d’Ampanihy, de agricoles, de Tsihombe et d’Ambovombe,
a de nouveau été frappée par la sécheresse. La campagne agricole, tant pour les cultures
vivrières que de rente, est jugée dans l’ensemble mauvaise à très mauvaise. La raison
majeure en est, bien entendu, l’insuffisance et la mauvaise répartition des précipitations.
19
Il est à noter que ces régions ont aussi subi le passage des derniers cyclones. Néanmoins le déficit en eau
prévaut.
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Le retard et l’insuffisance de pluie dans ces régions en sont les principales causes et une
réduction importante des productions rizicoles est prévisible.
En 83 ans, de 1880 à 1962, le pays a connu six invasions acridiennes. Ces invasions sont
dues aux criquets grégaires qui sont des criquets groupés, migrateurs et résistants
(solitaires, ils sont inoffensifs pour les cultures). La persistance de criquets solitaires dans
des conditions optimales de développement durant trois mois successifs, détermine leur
grégarisation inévitable. Il est également à noter que le déboisement favorise le déploiement
des criquets lors de leur migration.
En 1970 et 1973, l’espèce de criquet en cause, Locusta migratoria capito, ainsi que ses
conditions de développement et de reproduction, ses caractéristiques biologiques et ses
conditions optimales de "grégarisation" ont été identifiées. La zone d’endémicité et de
reproduction se situe principalement dans le Sud du pays. Enfin, un système d’avertissement
antiacridien dans la principale zone grégarigène de Betioky a été mis en place pour une
meilleure surveillance continue de toute la région du Sud.
Le niveau de risque d’invasion acridienne pour les différentes régions de Madagascar est
présenté sur la carte 8 qui suit.
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Comme le montre la carte 8 ci dessous, près des ¾ de la superficie du territoire ont été
infestés jusqu’au mois de juillet 2000 (surfaces cumulées) mais cette superficie a
substantiellement diminué après traitements. Au total, 1.394.086 hectares ont été traités de
mai 1998 à juillet 2000.
01/04/10 25
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Il est enfin à noter que, du point de vue scientifique, des phénomènes nouveaux ont été
observés par les techniciens par rapport aux comportements et conditions de
développement classiques des criquets, favorisés entre autres par la déforestation
croissante de la côte Est.
01/04/10 26
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
¬ Catastrophes anthropiques :
En mars 1999, la province de Mahajanga signalait son premier cas de choléra. Dès
septembre 1999, 5977 cas étaient suspectés et le nombre total des décès s’élevait à 291. En
mars 2000, des cas de choléra étaient signalés dans tout le pays. Un rapport de USAID,
daté de septembre 1999, sur la Lutte Nationale contre le Choléra, notait que le choléra était
relativement récent à Madagascar, de ce fait, le manque de connaissances parmi l’opinion
publique, particulièrement dans les zones rurales, sur le mode de transmission de la
maladie, ses symptômes et son traitement, était la préoccupation majeure. Le rapport a
estimé que l’épidémie toucherait entre 140 000 et 425 000 personnes, dont 20 à 30 %
ignoreraient qu’elles étaient porteuses de la maladie. Le rapport a identifié des pratiques
sanitaires et une hygiène insuffisantes (absence de latrines et d’eau potable sûre), et des
pratiques funéraires comme vecteurs de propagation rapide de la maladie. En juillet 2000, 31
764 cas ont été recensés et le nombre des décès s’élève à 1 825. Pour l’heure, bien que
l’épidémie régresse dans certaines parties de l’île, la crise est encore en cours.
20
Madagascar connaît de graves problèmes de pollution de la mer, de l’eau et de l’air, lesquels, s’ils ne sont pas
contrôlés, pourraient évoluer en cataclysmes.
21
Il est aussi utile de noter que lorsque cette infrastructure sociale est située sur de petites îles ou dans les zones
côtières, elle est à la merci de la mer qui gagne du terrain sur la terre. Il est maintenant de notoriété publique que
les niveaux des océans qui montent, à cause du réchauffement global de la planète et des modifications
climatiques, avec leurs conséquences sur les ressources globales en eau, sont les menaces les plus sérieuses
de ce siècle. Ce sujet n’est pas traité ici, néanmoins, il a des conséquences à long terme pour tous les pays. Pour
de plus amples renseignements, voir le rapport de 1999 sur les Cataclysmes Mondiaux.
01/04/10 27
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
3. Facteurs de Vulnérabilité
Le degré de risque auquel un pays ou une population est exposé quand il est confronté aux
effets d’un phénomène naturel violent dépend principalement de deux facteurs : le risque
naturel lui-même (nous venons de détailler ceux qui touchent Madagascar) et la vulnérabilité
de la population exposée. Les populations peuvent être vulnérables pour de nombreuses
raisons mais une relation étroite existe entre la vulnérabilité aux catastrophes et le
développement socio-économique 22 . Les inégalités dans l’accès aux ressources socio-
économiques et dans l’absence de couverture sociale, la marginalisation et l’exclusion
sociopolitique en sont souvent les causes principales.
Les facteurs de vulnérabilité qui sont présentés ci-dessous augmentent l’impact des
catastrophes sur la population malgache et l’économie du pays.
La pauvreté, indicateur fiable de la vulnérabilité des populations face aux désastres,
affecte 75% de la population 23 malgache, empêchant l’accès aux ressources, moyens
et possibilités pour se préparer ou pour faire face de façon adéquate à la survenue
d’une catastrophe, même prévisible. En effet, avant une catastrophe, les populations
vivant en dessous du seuil de pauvreté dépendent de revenus limités pour leur survie
quotidienne. Une catastrophe ne les prive pas seulement de leur source de revenu,
mais elle ne peut faire face aux coûts supplémentaires pour l’achat de matériel de
reconstruction. Cela accélère le cycle de la pauvreté qui accentue encore plus la
vulnérabilité aux catastrophes 24 .
La croissance démographique et l’urbanisation rapide engendrent l’installation des
familles à bas revenu, des pauvres du milieu rural et du milieu urbain, dans les zones
dangereuses exposées aux inondations ou à d’autres aléas (comme les bas quartiers
des villes), faute de suivi administratif des règles d’urbanisation.
L’insécurité alimentaire, qui relève de problèmes de disponibilité alimentaire se
traduisant par une inégale répartition des disponibilités alimentaires entre les régions
et même à l’intérieur d’une région aussi bien en quantité qu’en qualité, les problèmes
d’accessibilité physique et surtout d’accessibilité économique aux denrées
alimentaires.
La dégradation de l’environnement constitue à la fois un risque majeur et un facteur
de vulnérabilité. Déforestation, dégradation environnementale et utilisation
irrationnelle des terres créent des conditions précaires qui multiplient les effets des
catastrophes.
Les infrastructures constituent un des facteurs de vulnérabilité importants pour
certains types d’aléas comme les cyclones, les inondations et les séismes. Faute de
moyens, la population pauvre bâtit souvent ses habitations avec les matériaux locaux
qu’elle trouve à sa disposition, ne suivant pas les normes adéquates et n’offrant
souvent aucune sécurité en cas de catastrophe. De plus, sous le poids d’une situation
économique difficile, le pays n’a pas les moyens d’entretenir correctement des
infrastructures de base déjà vétustes.
L’éducation et l’information manquent cruellement à la population qui ignore souvent
des informations capitales pour sa survie en cas de catastrophes, telles que :
comment se mettre à l’abri, comment prendre des mesures de protection, où
22
Source : PAHO (Pan American Health Organization). 1994. A World Safe from Natural Disasters, The Journey
of Latin America and the Caribbean. Washington.
23
Source : Système des Nations Unies Madagascar. 2000. Présentation de Madagascar à la Session du Conseil
Économique et Social (ECOSOC) – Assemblée Générale des Nations Unies - juillet 2000 - New York.
24
Source : PAHO (Pan American Health Organization). 1994. A World Safe from Natural Disasters, The Journey
of Latin America and the Caribbean. Washington.
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Le cadre institutionnel de GRC actuel est dominé par deux structures opérationnelles
principales : le Conseil National de Secours (CNS) chargé de la gestion des secours
d’urgence et des travaux de rétablissement d’urgence, et le Conseil National de Coordination
des travaux de réhabilitation (CNC) chargé des travaux de réhabilitation. Les missions, les
attributions des organes de décision et d’administration de ces deux structures et les
modalités d’intervention sont restées quasiment les mêmes depuis leurs créations en 1972
et cela en dépit des restructurations et/ou tentatives de juxtaposition de nouveaux organes
de supervision ou de contrôle.
25
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
26
Le CNS a été créé par un premier décret n° 72.377 du 20 Octobre 1972, modifié par le décret n°82.249 de Mai
1982, remplacé par 85.029 du 13 Février 1985 et complété par le décret n°90.193 du 15 Mai 1990. La
dénomination et les attributions sont toutefois restées les mêmes.
01/04/10 29
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
clairement définies dans les décrets de 1985 et de 1990 relatifs à l’intervention du Pouvoir
central et des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) en cas de cataclysme à
savoir :
Art.7 - …Le CNS prend les mesures nécessaires tant dans la prévention que dans la
sauvegarde de la vie humaine en cas de cataclysme. Il assure dans la mesure du possible,
en matière de prévention : l’éducation, l’information et la sensibilisation de la population. En
matière de secours d’urgence :
(i) l’évacuation et l’hébergement des sinistrés dans des bâtiments publics ou privés par les
soins des CTD (ii) la participation au ravitaillement des sinistrés durant leur hébergement ;
(iii) à la fourniture des effets vivres et non-vivres et d’abris provisoires ; (iv) à la sauvegarde
de l’environnement en ce qui concerne la remise en état d’urgence des bâtiments sociaux et
administratifs. Enfin, il apporte son concours financier dans la sauvegarde des ouvrages
routiers et hydro agricoles, portuaires et aéronautiques. …
Avec le décret 90-193, le CNS s’est vu confier la mission de « ramener au mieux la situation
socio-économique de la zone sinistrée dans son état d’avant le cataclysme dans un délai le
plus court ». Ce renforcement de la mission confirme la place centrale du CNS dans le
dispositif institutionnel de GRC.
Le fonctionnement du CNS, les décisions et la gestion des aides d’urgences sont fortement
centralisés. Certaines directives sur les priorités d’interventions émanent directement soit du
ministre de l’intérieur, soit du Premier ministre ou du Président de la République. Le CNS est
doté d’un secrétariat permanent (SP) ayant rang de service du Ministère de L’Intérieur
(MININTER). Le SP fonctionne comme une structure légère, ce qui ne l’empêche pas de
réaliser, pour le compte du gouvernement, des opérations de secours d’urgence de grande
envergure avec des moyens financier, bureautique, logistique et humain limités. Le budget
de fonctionnement pour 2000 a été de 91 millions de FMG (US$ 130,000).
Le CNS fonctionne avec un budget annuel variable. Pour 2000, plus de 14,7 milliards de
FMG ont été débloqués par le gouvernement malgache pour subvenir aux secours d’urgence
après Eline/Gloria et Hudah. Les CNS/CNC disposent d’un fonds spécial dit de
« prévoyance » qui sert de « fonds » pour les calamités. Le CNS dispose aussi d’un compte
bancaire spécial utilisé pour faciliter le déblocage de financements d’urgence pendant une
situation de crise. Ce compte est géré par le ministre de l’intérieur en tant que président du
CNS. L’utilisation de ce compte bancaire spécial est justifiée par la lourdeur de la procédure
de déblocage de fonds par le Trésor qui ne permet pas de faire face rapidement aux
dépenses relatives aux opérations de secours.
Le CNC est la structure jumelle du CNS. Le CNC peut être perçu comme la structure
spécialisée du dispositif institutionnel de GRC chargée de la réhabilitation des infrastructures
ayant subi des dégâts cycloniques. Sa mission est aussi vaste que celle du CNS.
Art 1:
(i) ramener la situation socio-économique de la zone dans son état d’avant le
cataclysme ;
(ii) réaliser les travaux définitifs y afférents dans le respect des normes
techniques et réglementations en vigueur.
(iii) Evaluer les dégâts cycloniques immédiatement après le passage des
cataclysmes ;
01/04/10 30
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Art. 7 –
(i) assurer le fonctionnement proprement dit, centralisation et circuit des
informations ;
(ii) assurer les liaisons entre les comités et les divers départements et
organismes ;
(iii) rédiger les textes réglementaires ;
(iv) superviser l’exécution des travaux sur le plan comptable ; présenter les
rapports d’avancement des travaux.
Le fonctionnement du CNC 27 est identique à celui du CNS. Il est aussi doté d’un secrétariat
permanent lequel, qui, à l’inverse du SP/CNS, semble être plus administratif qu’opérationnel.
Dans la pratique, le SP/CNC ne joue aucun rôle dans la prévention et concentre plutôt ses
efforts sur la réponse avec comme attribution principale la passation des marchés de
réhabilitation des infrastructures.
La tutelle du CNC est aujourd’hui assurée par le Vice-Premier ministre chargé du budget et
du développement des provinces autonomes et non selon les textes par le Ministère des
Finances 28 .
Créé en juin 1996, la mission originelle du CRIC a été d’être un organe de coordination
générale entre Bailleurs de fonds, ONG et gouvernement malgache. D’autres documents 29
concevaient le CRIC comme une structure de réalisation et de concertation ou encore
comme une simple « cellule » informelle de coordination. En fait, le CRIC n’a pas de statut
formel. Il ne dispose d’aucun moyen mis spécifiquement à sa disposition. Dans la pratique
actuelle, il sert surtout de plate-forme de réflexion, et d’échanges d’information, qui regroupe
les principaux responsables des organisations humanitaires et ONG. Aucune décision n’y
est prise, seulement des recommandations, des avis et des opinions personnelles sur une
situation donnée.
Ces structures et organes ont des statuts différents, soit il s’agit de comités nationaux dotés
d’organes d’administration et de réflexion et d’exécution, soit de conseils ou de projets
rattachés à un Ministère, soit encore d’unités au sein d’un Ministère. Certaines structures
disposent d’importants moyens financier, humain et logistique.
27
Créé par le décret 84-443 de décembre 1984
28
Le Ministère des Finances est actuellement assuré par le Premier Ministre.
29
Ces documents de travail ou de missions peuvent être consultés auprès du secrétariat permanent du CNS qui
sert aussi de secrétariat technique du CRIC.
01/04/10 31
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Créé en 1998 par le décret 98-057, le prédécesseur du CNA, le CNLA, a été chargé de
mener l’intervention d’urgence pour l’éradication de l’invasion des criquets et de ramener le
plus rapidement possible la situation économique de zones infestées dans leur état d’avant
le cataclysme. Le CNLA est, depuis mai 2000, remplacé par une structure rattachée
directement au Ministère de l’Agriculture, le Comité National Anti-acridien. Ce nouveau
comité sera chargé de la lutte anti-larvaire. Une structure dite « organisation de la société
civile » a été mise en place. Elle est destinée à améliorer l’implication des populations
rurales concernées par le fléau. Avec le nouveau comité, cette structure de coopération va
être renforcée pour devenir une structure de veille permanente.
Il s’agit d’un établissement public rattaché à la Primature, créé par le décret 96-575 du 15
juillet 1996 pour mener des actions de développement intégré dans les zones de Sud de
Madagascar fréquemment victimes des effets de la sécheresse cyclique. Dans les objectifs
des actions de développement, ont été prévues la « mise en place d’un plan d’intervention
d’urgence en cas de cataclysmes naturels », et la « préparation et la mise en œuvre ainsi
que la gestion des aides de toute nature en faveur de la Région » préparés avec la
collaboration des Ministères concernés et des CTD.
Créé dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie sectorielle et le plan d’action pour
l’eau et l’assainissement adoptée en 1994, le CNEA est l’autorité nationale de gestion des
ressources en eaux et de développement rationnel du secteur de l’eau et de
l’assainissement. Parmi les attributions du CNEA figurent le suivi/évaluation de l’efficacité
des mesures d’assainissement et de prévention des pollutions des ressources en eaux ainsi
que l’exécution des plans d’urgence pour la prévention et la lutte contre les inondations et les
sécheresses.
Les Bailleurs de fonds interviennent essentiellement dans l’appui financier et les agences de
développement dans l’appui technique et la fourniture de vivres et non-vivres et des moyens
logistiques. Plusieurs ONG internationales interviennent dans la GRC et notamment dans
30
Décret n° 98-057 du 26 Janvier 1998
01/04/10 32
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
l’octroi d’aides par des dons à titre de secours d’urgence. Certaines ONG internationales
mettent aussi en œuvre un programme de prévention et de réponse aux catastrophes (NB :
Les principaux intervenants et leurs programmes en cours sont présentés en détail dans
l’étude diagnostique et ne sont pas repris ici). L’investissement (qu’il soit financier ou
technique) des Bailleurs de fonds, celui des agences de développement et celui des ONG
internationales est une composante importante de la gestion des risques et catastrophes à
Madagascar. Le partenariat fait donc nécessairement partie intégrante de la mise en oeuvre
de la future stratégie malgache.
Les ONG nationales semblent toutefois ne pas avoir trouvé les voies et moyens pour
s’engager de manière effective et permanente dans la prévention et réponse aux
catastrophes.
Le Secrétariat Général de la Défense (SGD) est annexé au Cabinet du Premier Ministre. Son
mandat inclut la défense civile et la protection de la population contre l’éventail complet des
dangers, naturels ou anthropiques, qui menacent la stabilité et la sécurité interne et externe
de Madagascar. Les forces armées ont joué un rôle actif dans la réponse face aux
catastrophes, en particulier en fournissant une aide matérielle et logistique. Le Livre Blanc du
SGD sur la Défense, une contribution au 50ème anniversaire de l’indépendance de
Madagascar, indique un grand choix de rôles et de responsabilités possibles pour le SGD
dans la gestion des catastrophes, l'une des principales étant celui de conseiller à la
Primature.
01/04/10 33
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Des délibérations sont en cours pour trouver un accord concernant les divisions spécifiques
des ressources et des pouvoirs entre les niveaux centraux et provinciaux. Compte-tenu des
implications politiques et fiscales de grande envergure de cette politique de décentralisation,
de longues négociations seront certainement nécessaires. L’impact du processus de
décentralisation sur le cadre de travail pour la gestion des risques et des catastrophes est
important, à cause des fluctuations dans l’environnement politique et la planification. Par
ailleurs, les prises de décisions incombent au Président de la République, le conseil des
Ministres et le Cabinet du Premier Ministre, donnant ainsi une vision du « processus en
cours » de ce qui sera réalisable dans le futur. Inévitablement, l’élaboration de la stratégie de
gestion des risques et catastrophes devra refléter la future structure de décentralisation, tout
en tenant compte des dispositifs déjà en place à Madagascar.
01/04/10 34
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Les différents corps et compétences sont situés à différents niveaux de décision au rang de
secrétariat permanent, de service de direction, rattachés au bureau du Premier Ministre ou
service au sein d’un Ministère, telle l’unité de Médecine de Catastrophes, au sein du
Ministère de la Santé.
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
CHAPITRE II
Analyse des capacités, faiblesses, besoins et priorités
“Tantely tapa-bata ka ny foko no entiko mameno azy”
Ce pot de miel n’est qu’à moitié plein, mais mon cœur le remplit (proverbe malgache)
Introduction
Ce chapitre présente une analyse des capacités, faiblesses, besoins et priorités dans la
gestion des risques et catastrophes à Madagascar. Toute évaluation des points forts et des
points faibles dans le contexte d’un pays en voie de développement doit émettre un
jugement modéré, doit comparer la situation actuelle et les situations passées (en d’autres
termes, il est nécessaire d’adopter des bases de départ raisonnables) et il faut conserver
comme postulat de base, le fait que les besoins sont probablement bien plus importants que
les ressources disponibles. Les diverses réflexions, consultations et études effectuées ont
permis de définir des axes stratégiques qui ont été soumis à la validation des différents
secteurs concernés. L’analyse présentée ici est le produit de ce processus de recherche et
a révélé un certain nombre de capacités, de faiblesses, de besoins ou de priorités en ce qui
concerne la gestion des risques et des catastrophes. Ces aspects se font sentir tant au
niveau des cadres juridique et institutionnel du développement de mécanismes financiers,
qu’au niveau du développement d’un système d’information pour la prise de décision. Le
cadrage macroéconomique démontre aussi des volets potentiels pour la réduction globale de
la vulnérabilité humaine et environnementale à Madagascar.
1) Dans la plupart des cas, elles sont créées par décret ou arrêté au lendemain d’une
catastrophe à la suite d’un constat d’insuffisance des capacités existantes au niveau d’un
seul ministère face à l’ampleur des dégâts.
2) Ces structures et organes spécialisés mis en place par arrêté ou décret ministériel,
travaillent indépendamment les uns des autres. Aucun mécanisme de coordination des
actions de ces structures et organes spécialisés n’est aujourd’hui prévu.
3) Excepté pour le CGDIS, toutes ces structures et organes spécialisés sont constitués au
niveau national et les organes de décision sont tous rattachés directement à un
ministère.
01/04/10 36
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
¬ Capacités et faiblesses
Les résultats globaux de Madagascar dans la gestion des urgences sont en progression et
l’efficacité de cette gestion a sensiblement augmenté ces dernières années 31 . Il existe une
volonté politique forte à Madagascar pour trouver des solutions durables aux cataclysmes.
Les demandes du gouvernement pour le soutien du PNUD afin de mettre en place un projet
national majeur pour la formation des compétences le montrent. Le dynamisme des
dirigeants lors de la dernière urgence, ainsi que le niveau élevé de la large représentation
sectorielle lors de la session d’informations sur la Stratégie Nationale de Gestion des
Risques et des Cataclysmes qui s’est tenue en juin 2000 à Antananarivo le prouvent
également. Paradoxalement, la multiplication même des mandats et des organisations pour
la gestion des cataclysmes à Madagascar témoigne de la préoccupation des décideurs à
l’égard des risques qui menacent le pays.
31
Informations récoltées lors de discussions avec de nombreuses personnes interrogées.
01/04/10 37
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Ces différents corps et compétences sont situés à différents niveaux de décision au rang de
secrétariat permanent, de service de direction, rattachés au bureau du Premier ministre ou
service au sein d’un Ministère, telle l’unité de Médecine de Catastrophes, au sein du
Ministère de la Santé.
Les résultats nets du développement d’un système caractérisé par de multiples greffes
sont les suivants :
A ces handicaps structurels s’ajoutent des problèmes fonctionnels. Les grandes priorités
d’intervention, qu’elles soient d’urgence ou de développement, sont définies au Conseil du
Gouvernement et la coordination intersectorielle au niveau national est supervisée au plus
haut niveau de l’État. Il existe néanmoins des problèmes de circulation de l’information à
travers les différents paliers des ministères techniques ou au sein des structures
décentralisées et des communautés de base. Il faut aussi faire face aux coûts liés aux
activités de vulgarisation (Information, Éducation et Communication) pour que l’information
parvienne aux populations locales. Enfin, l’insuffisance de capacités des structures
publiques à définir les normes et indicateurs de suivi et l’incapacité du système à constituer
un nombre suffisant de ressources humaines rodées au domaine de la GRC constituent
aussi d’autres contraintes majeures.
01/04/10 38
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
gestion des catastrophes Lors des derniers cyclones Eline, Gloria et Hudah, le Secrétariat
Permanent du CNS a été impliqué de façon très active dans tous les aspects de la gestion
des actions d’urgence et de secours qui ont suivi. Ces interventions ont impliqué les
structures centrales du Ministère de l’Intérieur, les autorités locales (préfets, maires), les
ministères techniques et les membres du Comité Restreint d’Intervention en cas de
Cataclysmes (CRIC). La participation des Ministères membres du CRIC, quoique plus active
qu’antérieurement, est restée ponctuelle. Les Comités Régionaux de Secours (CRS) et les
Comités Locaux de Secours (CLS) ont présenté divers niveaux d’implication et la
coordination entre le Gouvernement malgache et les intervenants externes, bilatéraux ou
multilatéraux, a parfois manqué de souplesse.
Le CRIC a joué un rôle important lors des réponses aux urgences de l’an 2000 en facilitant
les échanges d’information et une certaine coordination des interventions entre le
Gouvernement malgache, les donateurs, et les ONGs. Si l’absence de coordination effective
et d’implication des divers ministères est évoquée, une coordination des intervenants de la
coopération externe a aussi mis du temps à se mettre en place.
La gestion des risques et catastrophes se retrouve sous diverses formes dans l’éventail du
développement à Madagascar. Pour n’en citer que quelques-uns, le Code de l’Urbanisme, la
« Charte pour l’Environnement », le « Code de l’Eau », le ‘PADR’ 33 , et plus récemment la
« Stratégie Nationale de Lutte contre la Pauvreté » (SNLCP). Ces politiques et stratégies
proposent des possibilités pour optimiser la réduction des risques grâce à des points
d’accès divers et dans certains cas, tels que la Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté
ou bien le Programme pour l’Environnement, une ouverture pour l’instigation de la
mitigation et de la réduction de la vulnérabilité au niveau macro-économique.
¬ Besoins et priorités
Une première priorité est celle de la mobilisation d’un soutien de haut niveau. Sans cet
appui au niveau le plus élevé du Gouvernement, la mise en place d’une stratégie nationale
de gestion des risques et des catastrophes sera difficile, car la formulation d’une législation
adéquate et sa mise en œuvre dépendent de l’implication de l’exécutif. Les activités
relatives à la planification du domaine se déroulent à des niveaux techniques, au sein des
structures de gestion des catastrophes avec l’appui de sous-comités d’étude tels ceux du
CRIC ou ceux qui sont financés par les Bailleurs de fonds.
Il est nécessaire de développer une stratégie et une politique claires pour la gestion des
risques et des cataclysmes à Madagascar. Cette politique doit être complétée par un plan
national pour la gestion des risques et des cataclysmes ainsi que par des plans de
soutien qui concernent des risques et des secteurs spécifiques, et des plans de
33
Le Plan d’Action pour le Développement Rural (PADR) fournit le cadre de travail pour le développement rural et
la réduction de la pauvreté rurale. Entre autres, il offre des entrées importantes pour la réduction des
catastrophes par le biais de ses programmes d’extension agricole et le programme pour les petites
infrastructures.
01/04/10 39
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Il est essentiel qu’une stratégie de gestion intégrée reflète les perspectives, les priorités et
les orientations de la politique nationale et celles des preneurs de décision. Les autorités
régionales et locales devront également participer activement à la définition d’une telle
stratégie, puisqu’elles seront impliquées dans sa mise en œuvre. Il est donc nécessaire
d'initier un processus de concertation parmi les décideurs dès le début.
La structure de gestion des catastrophes, ainsi que les cadres institutionnel et législatif
devraient être rationalisés. Ceci permettra d’éviter la confusion en ce qui concerne les
lignes de commandement, le contrôle et la coordination de la gestion des risques et des
catastrophes et d’améliorer l’efficacité des divers ministères 34 .
La participation des ministères sectoriels dans le cadre de la GRC devra être mobilisée.
Si actuellement, le Ministère de l’Intérieur gère le processus d’urgence dans le cas des
cyclones, par le biais du Secrétariat Permanent du CNS, la nécessité d’une participation
sectorielle est cruciale pour le développement de la stratégie nationale de gestion des
risques et catastrophes. Dans cette activité, les représentants des autres structures
spécialisées telles le CNLA et le CGDIS devront être complètement impliquées afin
d’assurer un consensus des partenaires clés au sein du Gouvernement.
Des problèmes de participation et de coordination sont apparus lors des activités de secours
et ont mis en relief la nécessité de revoir le rôle et la fonction du CRIC. Les anciens
protocoles et accords qui ont été mis en place seront à revoir et ce particulièrement en ce qui
concerne la coordination et la synchronisation des ressources mobilisées au sein du CRIC
immédiatement après les cyclones pour s’assurer que les ressources soient optimisées. Une
journée d’évaluation de la dernière saison cyclonique, facilitée par un participant externe,
devrait permettre de tirer les leçons pour le futur et d’aider à améliorer la compréhension de
rôles respectifs des différents partenaires.
Les rôles et mandats des autorités locales (notamment les maires et les préfets) devront
être clarifiés et précisés surtout en ce qui concerne la distribution des secours. Il est
nécessaire d’établir un mécanisme de coordination efficace, permanent et indépendant aux
niveaux régional et local dans les zones à haut risque.
Les fonctions techniques et opérationnelles devront être renforcées dans tous les aspects de
la gestion des risques de catastrophes. Une équipe de personnel formé (et équipé) devra
être constituée pour soutenir les activités post-catastrophe. Les partenaires opérationnels
devront identifier les éléments essentiels d’une chaîne logistique fonctionnelle, qui faciliteront
34
Les différents corps et compétences sont situés à différents niveaux, dans divers Ministères. Le CNS est situé
au sein du Ministère de l’Intérieur, le CNC au sein du Ministère des Finances, le CGDIS rattachée à la Primature,
le CNLA à au Ministère de l’Agriculture et l’Unité de lutte contre le choléra à la Primature.
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
l’envoi des secours, tandis que l’organe central assurerait la coordination, l’organisation et
l’encadrement des secours.
Les capacités institutionnelles pour soutenir la gestion des cataclysmes, devront être
développées en tant que partie intégrante de la stratégie, de la politique et du plan afin d’être
mise en application avec succès. Les faiblesses actuelles dans la mise en oeuvre de
stratégies et programmes dans d’autres secteurs peuvent être largement attribuées aux
lacunes des capacités institutionnelles requises pour leurs soutiens.
Par delà le cadre de travail sur la gestion nationale des cataclysmes, il existe à Madagascar
un potentiel pour une approche réellement globale qui concerne les problèmes les plus
pressants, lesquels sont intimement liés les uns aux autres : la pauvreté,
l’environnement, les catastrophes. Les mesures pour lutter contre les deux premiers
points occupent déjà une place centrale dans les priorités du gouvernement. Le troisième
point est le résultat direct des deux premiers, et contribue largement à leur réussite ou à leur
échec. Une approche qui intègre ces trois préoccupations et qui opère sur la base de la
subsidiarité, garantit leur complémentarité et leur renforcement mutuel, c’est la première
pierre posée pour la stratégie nationale de la gestion des risques et des cataclysmes. Pour
35
La première concerne la délégation d’autorité et la deuxième la répartition des ressources administratives et
financières.
36
GTZ, par exemple a un projet intéressant qui vise la sécurité alimentaire à Bekily et qui offre des leçons
potentielles qui pourraient être reproduites, améliorées, et adaptées.
01/04/10 41
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
que cette stratégie globale soit réalisable, un accord est nécessaire entre le gouvernement,
les donateurs, le secteur privé et la société civile. Etant donné que le gouvernement met au
point son troisième programme pour l’environnement (PE3) et que le pays se prépare à
réaliser un avant-projet ‘Document Stratégique pour la Réduction de la Pauvreté’, l’heure est
propice à l’élaboration d’une stratégie qui synthétise les trois dimensions principales de la
gestion des catastrophes à Madagascar.
2. Système d’information
¬ Capacités et faiblesses
Les systèmes d’alertes existent encore à l’état d’embryons à Madagascar. Les systèmes
actuels semblent surtouts basés sur la prévision et la gestion de risques imminents,
particulièrement les cyclones, et sur la diffusion d’alertes par l’intermédiaire des médias, du
système de relais du CNS et du Ministère de l’Intérieur. Aucun système national d’alerte ne
couvre l’ensemble du territoire, et ne vise la collecte de données pour l’ensemble des risques
à Madagascar. Un système de gestion de compilation des données de base concernant les
catastrophes survenues, fait également défaut. Toutefois, des réseaux de BLU et de
téléphones satellite ont par ailleurs été déployés dans les régions prioritairement touchées
lors des plus récentes catastrophes. Au cours des réunions du CRIC, le CNS a procuré des
informations sur l’évolution de la situation dans les zones touchées et sur l’évolution des
opérations de secours, informations issues des CRS via le réseau de communication. Ces
divers renseignements étaient considérés comme essentiels par les intervenants en vue de
faciliter leurs interventions et enfin dans la prise de décision.
37
VAM ou Vulnerability assesment and mapping, équivalent à l’ACV en français.
38
ACV ou analyse et cartographie de la vulnérabilité (équivalent au VAM en anglais)
01/04/10 42
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
¬ Besoins et priorités
Le suivi de l’évolution de la situation devra être amélioré pour éviter que les seules
évaluations initiales ou celles effectuées par les distributeurs de secours, servent seules de
référence. Des mécanismes de planification et d’organisation d’un système d’information, sa
périodicité et son contenu doivent être mis en place dans la phase de prévention.
Il est à noter qu’une source unique de communication officielle faisant le point sur la situation
des aides reçues et en stock (en nature ou en numéraire), pendant et après la période de
distribution est hautement souhaitable. La transparence dans la gestion est une nécessité
absolue.
Le suivi de l’évolution des indicateurs devra être mis à jour avant la prochaine
catastrophe (cyclone, choléra, inondation, sécheresse, invasion acridienne) pour s’assurer
que les données soient recueillies correctement, que les chiffres soient fiables et que les
informations parviennent et que les données optimales soient exploitées à temps par les
destinataires. Le SAP, en l’occurrence, constitue une formule idéale en terme de suivi de
situation, mais difficile à généraliser à l’échelle du territoire malgache.
01/04/10 43
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Avant et pendant les urgences, les communications sont insuffisantes à Madagascar. Par
exemple, de nombreuses communautés ne reçoivent pas de messages d’alerte précoce,
parce qu’elles sont isolées. Des sections entières de la population se sont retrouvées
complètement isolées pendant des cyclones à cause de l’état des routes et du manque de
possibilité de communication. Au niveau local, les messagers doivent souvent utiliser des
vélos ou marcher d’un village à l’autre pour transmettre des messages essentiels. Des
systèmes de communication plus efficaces sont donc nécessaires pour soutenir tous les
aspects de la gestion des cataclysmes.
L’utilisation des informations générées par l'Analyse de Vulnérabilité (VAM ou ACV) pouvant
soutenir l’identification et la réduction des risques à Madagascar, devrait être
institutionnalisée au sein des ministères membres du CNS 39 pour soutenir une prise de
décision mieux ciblée.
¬ Capacités et faiblesses
La gestion de la réponse face aux cataclysmes, des secours et de la réhabilitation pour les
cyclones Eline, Gloria et Hudah, révèle l’existence de nombreux points forts. Il semble qu’un
système de base, pour faire face aux besoins en termes de secours et de réponse se
soit développé au fil du temps avec le soutien des membres du CRIC. Il existe également
un système de distribution, de suivi, d’évaluation et de reportage pour faire face aux
cyclones, bien que ces systèmes aient besoin d’être mis à jour. Ces évolutions ont été
grandement facilitées grâce à la présence du Ministère de l’Intérieur à chaque niveau et
aussi grâce à la présence des ONG et d’agences internationales impliquées dans des
projets à long terme sur les sites touchés. Le plus important reste que l’existence d’un
partenariat fort et d’un soutien mutuel entre le gouvernement, les donateurs, les ONG
et le mécanisme coordinateur, quoique non officiel, offert par le CRIC, ont prouvé qu’ils
avaient un rôle de piliers dans les efforts pour les secours en cas d’urgence à Madagascar.
Les efforts déployés par le Gouvernement (avec l’appui des agences onusiennes et autres
partenaires bilatéraux et multilatéraux) ont porté essentiellement sur les mesures de suivi
et de réponse aux aléas climatiques, accompagnés de campagnes de sensibilisation
radiophoniques et télévisuelles au début de chaque saison cyclonique. Cependant, ces
mesures sont encore insuffisantes et d’efficacité limitée.
39
Les systèmes d’information existants dans les ministères sectoriels doivent être révisés et lorsque c’est utile,
des liaisons avec le VAM doivent être mises en place dans chaque ministère.
01/04/10 44
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Dans les zones d’intervention, la logistique a été assurée par les représentants du CNS
(CRS et les CLS), avec l’aide des ONGs présentes et les donateurs. Un comité de crise
coiffé par le préfet assure la distribution de l’aide selon les listes de bénéficiaires établies et
transmises par les autorités locales. Lors de la saison cyclonique 1999 - 2000, la
coordination logistique au sein du CRIC, a été assurée avec l’appui du PAM, chef de file :
installation de dépôts de stockage primaires et secondaires, stockage de carburant,
organisation et planification des envois d’aides (rotations, lieux, quantités, etc.)
Quelques rares cas de vols et de pertes ont été constatés. Les mécanismes de coordination
et de mobilisation devraient être améliorés afin de favoriser la rapidité des temps de réponse
en général. Cette capacité de réponse nationale limitée s’explique en raison de : capacités
financières, matérielles et logistiques limitées. En outre, on constate une tendance à la
dispersion des intervenants faute de stratégie préalable. La vision à long terme d’une
gestion durable des catastrophes a quand même pu être amorcée dans le domaine de la
réhabilitation et de la reconstruction des dégâts provoqués par les trois derniers cyclones.
La mobilisation des ressources pour l’atténuation des catastrophes, aussi bien privée que
publique, est encore insuffisante. La coopération intersectorielle est généralement
ponctuelle ou occasionnelle et gêne considérablement la gestion effective et durable des
catastrophes.
Les premières opérations de réhabilitation des infrastructures (routes, ponts, chemin de fer)
sont effectuées par le Ministère des Travaux publics dont le mandat est de réhabiliter le
réseau national, indispensable à la distribution des secours et au désenclavement des
populations isolées. Les collectivités locales aident selon les moyens disponibles. Les
ONGs participent aussi à la réhabilitation par l’intermédiaire des systèmes de Vivres Contre
Travail sur les routes communales et de desserte. Souvent reconnues comme seules
qualifiées, les ONGs internationales pourvues de ressources financières et humaines sous-
traitent ainsi avec des ONGs malgaches pour la réalisation des travaux. Les réhabilitations
sont souvent sommaires dans le seul but de désenclaver les régions. Mais faute de moyens
elles restent en l’état, jusqu’au passage du prochain cyclone.
Une prise en charge par le CNC des dossiers de réhabilitation devrait suivre dans les six
mois suivant la catastrophe. Cette année, la reconstruction a été l’occasion d’appliquer les
notions d’atténuation dans la reconstruction des infrastructures endommagées. Les coûts de
reconstruction tiennent compte cette fois de la réparation selon les normes avec des
matériaux adéquats, résistants.
Une évaluation des dommages et des coûts de reconstruction a été menée cette année de
façon organisée. Elle a touché les différents secteurs clés en particulier : l’agriculture, la
santé, la nutrition, les travaux publics, le secteur privé, l’agriculture, l’environnement et
l’éducation. Cette évaluation effectuée par le Gouvernement et les Bailleurs sous la
01/04/10 45
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
coordination du CNC a fait l’objet d’un document 40 qui a été élaboré récemment exposant
tous les besoins et les coûts de reconstruction des dégâts post-cycloniques, lesquels sont
évalués à 128.030.529 US dollars.
¬ Besoins et Priorités
La réponse aux catastrophes a été réalisée jusqu’à maintenant au coup par coup, selon leur
apparition et leur nature. Le manque de plans de contingence et la tendance à réagir
face aux événements au lieu de les anticiper prédominent. Une meilleure intégration
entre urgence et développement paraît essentielle en vue d’une gestion durable des
catastrophes. Le renforcement de la coopération intersectorielle dans toutes les phases de
la GRC est indispensable pour une gestion efficace et optimisée des catastrophes.
40
Document du Gouvernement : « Évaluation des Dégâts et Programme de Reconstruction Durable Post
Cyclonique pour Madagascar » version du 26 mai 2000
41
Ces méthodes sont largement utilisées pour la mitigation des sécheresses dans le sud de l’Afrique, pour la
mitigation des inondations, des cyclones et des sécheresses dans le Gujarat et dans la mitigation des cyclones,
des tremblements de terre et des inondations en Amérique Latine. Pour cette dernière, un logiciel a été mis au
point et permet aux informations d’être inventoriées et analysées. Ces méthodes ainsi qu’un large éventail
d’autres systèmes d’informations sur les risques et la vulnérabilité doivent être examinés pour soutenir, au niveau
local, le travail effectué au niveau national.
01/04/10 46
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Indien, aucun lien concret ne semble exister dans le secteur de la gestion des catastrophes,
pour l’instant. La participation de Madagascar à toute une série d’activités pour la
coopération régionale et internationale doit être accrue pour aider à créer des passerelles
entre la grande île et ses voisins.
Enfin, dans un pays où près des trois quarts de la population vivent en dessous du seuil de
la pauvreté, la sécurité alimentaire constitue un élément indispensable de réduction de la
vulnérabilité aux catastrophes. Cette vulnérabilité de la population est prioritaire par rapport
aux faiblesses à caractère structurel. La population semble mieux consciente de
l’importance d’un effort commun de réponse et d’entraide. La mobilisation communautaire
doit être renforcée afin d’éviter des réflexes d’assistanat.
Tous les aléas relèvent du mandat du CNS selon l’article 9 du décret 85-029 du 9 mars
1985. Les ressources du Conseil National de Secours proviennent de la collecte de fonds
tant intérieurs qu’extérieurs, des dons en nature, des subventions de l’Etat ou des
Collectivités décentralisées (article 27 du décret 85-029 du 9 mars 1985).
Différents ministères sectoriels ont participé dans les secours d’urgence pendant les
cyclones/dépressions de la saison 2000 en utilisant leurs propres ressources. On peut citer :
Des fonds exceptionnels ont été débloqués par le Gouvernement pour appuyer certains
départements ministériels clés comme la santé, l’agriculture, mais également pour les
catastrophes naturelles, afin de leur permettre de faire face aux priorités identifiées dans
leurs secteurs respectifs. Au niveau local, des fonds, certes insuffisants, ont été attribués aux
communes sinistrées pour leur permettre également de répondre aux besoins prioritaires.
Pendant la saison cyclonique 2000, le Gouvernement a octroyé des fonds spéciaux pour un
montant total de [Link] Fmg à titre de rétablissement d’urgence, dont
[Link] Fmg attribués aux différents ministères à titre de rétablissement sectoriel et
[Link] Fmg pour les Fivondronana sinistrés.
01/04/10 47
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Les aides d’urgence allouées aux catastrophes pour l’année 2000 ont permis de recenser
une quarantaine d’intervenants financés par une trentaine de bailleurs.
En dépit des efforts déployés par le Gouvernement, la tendance à dépendre des aides et
financements extérieurs pour les secours d’urgence est encore marquée. Divers organismes
interviennent par ailleurs dans la gestion des risques et catastrophes à Madagascar. Ils
disposent chacun de leurs budgets d’intervention et d’administration qui sont gérés par eux-
mêmes ou confiés en partie au CNS.
¬ Capacités et faiblesses
Tous les aléas relèvent du mandat du Conseil National de Secours, mais compte tenu de
l’importance des cyclones à Madagascar, le CNS a concentré surtout ses efforts dans ce
domaine jusqu’à présent. Des interventions notables ont par contre été réalisées pour la
sécheresse et le choléra durant l’année 2000 42 .
Dans la situation actuelle où les ressources du CNS sont encore limitées, les activités de
cette dernière ont été surtout entreprises dans les régions soumises fréquemment aux aléas
cycloniques (la partie Est de l’île). L’article 10 du décret 85-029 favorisait d’ailleurs cette
concentration d’activité autour des aléas cycloniques au détriment des autres risques et
catastrophes.
Seuls quelques ministères disposent de budgets prévus pour la gestion des catastrophes
(par exemple le Ministère de la santé, le Ministère de l’agriculture). Les ressources se sont
avérées nettement insuffisantes devant l’ampleur des dégâts, d’où les fonds spéciaux
octroyés par le Gouvernement ou les aides provenant de l’assistance internationale.
En ce qui concerne les activités post-catastrophes, en particulier la reconstruction des
infrastructures de base (bâtiments publics, routes), les dégâts sont d’une telle importance
que la population en subit encore plusieurs années plus tard les conséquences (d’où
42
Source Bilan du CNS pour la saison 1999-2000.
01/04/10 48
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Certains bailleurs de fonds confient des ressources au Conseil National de Secours. Elles
sont utilisées pour les différentes phases de la Gestion des Risques et des Catastrophes. La
présence de ces différentes ressources nécessite le renforcement du système de contrôle
des comptes. Il faudrait instaurer un mécanisme d’audit des comptes annuels adapté selon
la structure de la future organisation pour la gestion des catastrophes. Les comptes du
Conseil National de Secours sont actuellement présentés auprès du Conseil du
Gouvernement. Ils sont dès lors mise à disposition à tout intéressé pour consultation ou
copie. Ceci est très important dans la mesure où la confiance et le renouvellement des aides
des différents bailleurs de fonds reposent sur la transparence et l’existence d’un système de
publication périodique des comptes préalablement soumis à un contrôle externe. D’autre
part, il serait important d’assurer que les ressources limitées qui sont disponibles soient
investies de manière à maximiser leurs impacts, ainsi qu’à éviter les duplications. La
coordination et la complémentarité des divers projets et programmes doivent être un principe
de base dans l’utilisation des fonds internationaux et nationaux.
La limitation des ressources du Conseil National de Secours s’explique en partie du fait qu’il
n’existe pas encore une vision claire des besoins en matière de Gestion des Risques et des
Catastrophes à travers ses différentes phases (objet de l’étude de la mise en place d’une
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes). Les possibilités d’action
de la société civile et celles du secteur privé sont encore inconnues dans la mesure où ces
dernières ne participent quasiment pas dans la gestion des risques et catastrophes.
Les ressources humaines dont dispose le Conseil National de Secours actuellement ne lui
permettent pas d’effectuer une gestion des fonds permettant de disposer des informations
financières exhaustives et en temps réel. La structure et l’organigramme sont réduits au strict
minimum. Les travaux de gestion et de suivi des différents comptes sont encore tenus
manuellement.
Le décret 85-029 (mis à jour par le décret 90-193) prévoit l’utilisation du « Fonds spécial de
prévoyance » alimenté par le Budget général de l’Etat et ouvert au Trésor pour les secours
d’urgence et mesures de sauvegarde en cas de cataclysmes. Le Conseil National de
Secours dispose d’un compte bancaire pour faciliter le déblocage des fonds pour les besoins
de secours, et d’une caisse ou régie d’avance (le plafond de caisse est de 10 millions de
Fmg). Enfin, pour le Conseil National de Secours s’est vu allouer pour la première fois en
2000 d’un budget annuel de fonctionnement de 91 millions de Fmg.
43
Selon l’organigramme de Décembre 2000
01/04/10 49
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Pour sa gestion financière, le Conseil National de Secours dispose des comptes suivants :
Les CRS et CLS ont en principe leur propre compte bancaire dans leur localité.
Ces différents fonds requièrent différentes procédures en fonction des méthodes de gestion
utilisées par les donateurs.
Le CNS dispose pour la première fois d’un budget de fonctionnement en 2000. Ce compte
suit les règlements spécifiques aux dépenses publiques. Quelques fois, les dépenses de
fonctionnement sont prélevées directement sur le compte bancaire du CNS.
Le compte bancaire du Conseil National de Secours fait l’objet d’une utilisation multiple et
enregistre en même temps différentes activités/opérations de nature différente :
Ces diverses utilisations confondues ont nécessité des régularisations. Les fonds
d’intervention d’urgence octroyés par le gouvernement pendant les périodes cycloniques ont
été réintégrés dans le Budget général de l’Etat par loi de finances rectificative selon les
différents Départements ministériels bénéficiaires. Seuls les dons provenant des autres
bailleurs de fonds ou issus des différents projets ou organisations non gouvernementales
resteront dans ce compte.
Dans une vision de continuum (ne pas limiter et arrêter les activités aux premières urgences)
et afin d’individualiser chaque activité budgétaire, l’utilisation d’un plan comptable spécifique
permettra de mieux agencer la structure de ces différentes opérations. Il incombe au Conseil
National de Secours d’élaborer le budget consécutif à chaque phase : prévention,
préparation, atténuation, aide d’urgence, et réhabilitation.
01/04/10 50
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Pour les comptes ouverts au nom du Comité exécutif du agricoles (article 28 du décret 85-
029), il est prévu que c’est le Président du Comité Exécutif du agricoles qui est ordonnateur
- gestionnaire des fonds. Des fonds de 50 millions de fmg (distribués en deux portions de 25
millions de fmg) ont été octroyés en particulier aux Fivondronana lors du passage des
cyclones de l’année 2000, mais leur suivi mériterait encore à être amélioré. La répartition
actuelle des « recettes » (dons, budget) peut être une source de démotivation au niveau des
régions et requiert ainsi un rééquilibrage ou même une redéfinition de la mission du Conseil
National de Secours au niveau central et régional.
Les fonds relatifs au Projet Choléra - Volet « eau et assainissement » confiés récemment
par le Gouvernement au Conseil National de Secours fait l’objet d’un autre compte du
Trésor ouvert au nom du CNS.
Certains bailleurs de fonds apportent leurs contributions sous forme d’aide en nature pour
les secours d’urgence. Ces aides en nature (vivres, médicaments, etc.) sont également
gérées par le Conseil National de Secours et stockées dans ses magasins.
Les mesures d’incitation ou de correction assurant que tous les aspects de la Gestion des
Risques et des Catastrophes seraient satisfaits (prévention, capacité de réponse, secours
immédiat, redressement) n’existent pas encore. Ainsi, dans sa conception actuelle, les
ressources affectées pour la gestion des catastrophes ne sont pas précisées quant à leur
destination : la prévention, l’atténuation, la préparation ou les secours.
Les dépenses sont « payées » par le gouvernement à chaque apparition des catastrophes.
La formule « subvention de secours » encourage la population et les organisations à
attendre des dons en cas de catastrophes, alors que son objectif principal est d’atténuer les
vulnérabilités. Cela réduit les initiatives pour éviter les catastrophes et de diminuer leurs
effets à travers d’autres outils de prévention (par exemple les assurances).
Les municipalités disposent de ressources financières limitées, ou dans la majorité des cas
pas du tout, pour faire face aux activités de secours. Il y a un besoin urgent de voir les
possibilités ou sources de financement à attribuer aux administrations locales et de simplifier
les exigences administratives qui tendent à rallonger le temps de préparation pour
l’intervention.
Les compagnies d’assurance locales ont tendance à limiter leur participation dans la
couverture des risques contre les catastrophes du fait du caractère généralement
imprévisible et non planifiable ainsi que de l’importance des dégâts occasionnés par ces
derniers. La grande lacune à Madagascar est le fait que les particuliers, qui ne disposent pas
de moyens pour accéder aux services des compagnies d’assurance, ne sont pas protégés
01/04/10 51
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
en général sur tous les plans. En cas de sinistre, le Gouvernement devrait une déclaration
officielle afin de saisir les compagnies d’assurance et enclencher les mécanismes
d’évaluation.
En conclusion, nous pouvons constater que le système actuel est à la recherche d’un
mécanisme qui assure :
¬ Besoins et Priorités
♣ Pérennisation
♣ Transparence
La capacité à la transparence est primordiale dans la gestion des fonds de catastrophes. Les
comptes relatifs aux activités de secours doivent être mis à la disposition des bailleurs de
fonds et des différents intervenants dans le domaine. La publication du bilan d’activités est à
continuer afin de raffermir la confiance des donateurs.
♣ Décentralisation
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Le cycle des catastrophes est constitué par une série de phases reliées étroitement les unes
aux autres : prévention, mitigation, préparation, réponse et rétablissement. Les phases se
déroulent en principe de manière séquentielle mais en réalité deux ou plusieurs phases
peuvent se produire simultanément. Ce phénomène serait d’autant plus accentué dans une
gestion « tous risques ».
Le budget alloué à la GRC devrait ainsi tenir compte du cycle des catastrophes et être
réparti de manière précise dans chacune des phases de la GRC.
Conclusion
Ce chapitre a présenté une analyse des capacités et faiblesses, priorités et besoins dans la
gestion des risques et catastrophes à Madagascar. Il a mis en exergue les conditions
institutionnelles, juridiques, et celles aux niveaux des compétences, ainsi que les
opportunités qui existent dans le cadrage macroéconomique. Ces priorités et besoins
constituent la base des chapitres suivant dans lesquels seront proposés une stratégie ainsi
qu’un cadre institutionnel possible pour sa mise en œuvre.
01/04/10 53
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
CHAPITRE III
Vers une Politique Malgache de Gestion de Risques et
Catastrophes
"la nouvelle catastrophe surviendra lorsque la dernière aura été oubliée" (anonyme)
Introduction
Cette partie introduit les concepts de base en matière de GRC. Elle précise l’ampleur des
changements paradigmatiques ainsi que les bonnes pratiques mondiales en matière de
GRG qui revêtent un grand intérêt dans le cas de Madagascar, et elle souligne les principes
de politique pour la gestion des risques et des catastrophes.
Une catastrophe peut être définie comme « un événement, d’origine naturelle ou provoqué
par l’homme, soudain ou progressif, dont l’impact est tel que la communauté affectée se voit
contrainte, pour y faire face, de déployer des mesures exceptionnelles» 44 . A l’origine, les
catastrophes sont des événements naturels ou provoqués par l’homme. Les aléas sont des
circonstances potentielles ou existantes susceptibles de nuire aux personnes et de porter
atteinte aux biens et à l’environnement. Il est possible de les caractériser en fonction de
l’ampleur, de l’heure à laquelle ils surviennent, de la durée, du lieu et de la probabilité de leur
fréquence. Par contre, les risques naissent de la probabilité que des vies soient mises en
danger et que les biens ainsi que l’environnement soient touchés. En d’autres termes, la
vulnérabilité se définit comme le degré de danger qui menace une communauté ou
l’environnement.
La gestion des risques peut être décrite comme un cadre pour l’application systématique des
politiques de gestion, des procédures et des pratiques aux tâches d’identification, d’analyse,
44
Sauf indication contraire, tous les concepts et définitions sont tirés de matériaux pédagogiques de l’APDMC (du
Centre de Gestion des Cataclysmes pour la région Asie Pacifique)
45
Mission d’Expertise pour les Urgences Cycloniques à Madagascar, Prévention et Mise en Etat d’Alerte face aux
Cataclysmes, Secours et Rétablissement, mai 2000.
46
“A framework for Analysing Capacities and Vulnerabilities”, dans l’ouvrage de M.B Anderson & P.J Woodrow,
Rising from the Ashes: Development Strategies in Times of Disaster, (Westviw Press, Boulder, Colorado, 1989)
01/04/10 54
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
d’évaluation, de traitement et de contrôle des risques. La gestion des risques est reconnue
comme partie intégrante des bonnes pratiques en matière de gestion des catastrophes’ 47 .
La « gestion des risques de catastrophes » est une approche qui soulève la relation entre les
catastrophes et les pratiques de développement non-durable. Cette stratégie met l’accent
sur les circonstances sous-jacentes des risques – créées par le développement non-durable
– qui provoquent l’apparition de catastrophes. Son objectif est d’accroître les aptitudes à
gérer et à réduire les risques, et par là même, la fréquence et l’ampleur des catastrophes.
Le cycle des catastrophes consiste en une série de phases étroitement reliées les unes aux
autres qui comprennent la prévention des catastrophes, la préparation, la réponse, le
rétablissement, la reconstruction et le développement.
Bien que le schéma classique du cycle indique un rapport linéaire et séquentiel entre les
différentes phases, ceci n’est pas le cas en réalité car le processus de la gestion des
catastrophes peut déclencher plusieurs phases simultanément.
Ν = Catastrophe
Préparation Réponses
Mitigation Réhabilitation
Prévention Développement
Une gestion efficace des catastrophes se concentre principalement sur la période qui les
précède. Néanmoins, l’expérience internationale montre que les phases post-catastrophes
de réhabilitation et de rétablissement offrent les meilleures occasions pour l’introduction de
bonnes pratiques de mitigation dans le contexte des pays en voie de développement, dès
lors qu’il est possible de tirer le meilleur parti possible de l’injection de ressources
extraordinaires et du haut niveau d’implication politique, qui caractérisent la plupart des
environnements post-catastrophes.
47
(Norme en matière de gestion des risques en Australie/Nouvelle-Zélande 4360 : 1995)
01/04/10 55
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Dans le domaine des approches et des méthodes de gestion des catastrophes, les
évolutions ont été constantes pendant les dix dernières années. Le premier et le plus
important de ces changements fut l’éloignement de l’aide traditionnelle aux secours et en cas
d’urgence au bénéfice de la préparation, de la prévention et de la mitigation. L’augmentation
de la population et les pressions urbaines, la prolifération des aléas causés par l’homme
(aléas anthropiques), les mauvaises pratiques en matière de gestion de l’environnement,
l’utilisation croissante des terres marginales, des basses terres et des terrains côtiers et plus
récemment les larges impacts d’événements climatiques tels que El Niño/ La Niña en
1997/1998, ont imposé une remise en question sérieuse de la valeur de la méthode
traditionnelle du « sparadrap, biscuits et couvertures » ainsi qu’une reconsidération positive
de la valeur des investissements en matière de prévention, de mitigation et de préparation.
Les risques technologiques, les catastrophes causées par l’homme, telles que les explosions
chimiques, les déversements de pétrole, les accidents nucléaires, les accidents maritimes,
ferroviaires et aériens, les grands incendies de forêts et leur fréquence, sont en hausse, plus
particulièrement dans les pays en voie de développement où les critères en matière de
sécurité industrielle et leur pratique sont insuffisants. Parallèlement aux efforts recentrés vers
la prévention et la mitigation, les impacts de ces problèmes émergeants représentent un
mouvement progressif de la gestion des catastrophes vers la méthode globale qui préconise
tous les risques (naturels et anthropiques) et une coordination intégrée (toutes agences) et
globalisante (toutes les phases du cycle).
Dans le cadre de cette méthode, les victimes sont considérées comme des personnes
actives pourvues d’aptitudes, plutôt que comme des individus à charge et sans ressources.
Cette méthode recherche leur entière participation dans la planification de l’aide d’urgence.
Dans son analyse, cette approche intègre le développement des aptitudes et la réduction
des vulnérabilités, au lieu de se contenter de répondre seulement aux besoins urgents 48 .
Cette méthode met l’accent sur l’importance d’axer l’analyse des risques de catastrophe sur
la programmation pour le développement. Elle est basée sur les questions fondamentales
suivantes : dans quelles mesures les programmes pour le développement socio-économique
peuvent-ils contribuer à faire baisser ou augmenter la vulnérabilité dans les zones à hauts
risques ? La réduction de la vulnérabilité et des risques fait-elle partie intégrante du cadre de
travail dans le domaine de la coopération dans les pays sujets aux catastrophes ? Les
relations entre les communautés touchées et leur « environnement » sont-elles durables ?
Dans les pays comme Madagascar 49 qui sont sujets aux catastrophes et qui dépendent de
donateurs, cette méthode revêt une importance capitale. Une convention forte entre le
48
Anderson et al. [Link].
49
Le plan et la stratégie pour la gestion des catastrophes à Samoa, un pays qui possède des ressources limitées
en matière de gestion des catastrophes, sont basés sur le concept de l’utilisation et la coordination efficaces des
ressources du gouvernement, des ONG, de l’industrie du secteur privé et des donateurs, en vue de soutenir les
programmes et les dispositifs en matière de gestion des catastrophes.
01/04/10 56
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
gouvernement, la société civile et les donateurs est une condition préalable à la mise en
œuvre de cette méthode.
Cette méthode intègre la réduction de la vulnérabilité dans les pays touchés par des
catastrophes en tant que préoccupation principale en matière de réduction de la pauvreté.
Elle est fondée sur la certitude qu’une stratégie pour la réduction des catastrophes dans un
pays pauvre nécessite obligatoirement une approche pour la réduction de la pauvreté
centrée sur la réduction de la vulnérabilité physique et socio-économique des couches de
population les plus pauvres, vivant dans les zones où les risques sont les plus élevés. Dans
un pays comme Madagascar qui est vulnérable à de nombreuses catastrophes et dont 80%
de la population vit dans la pauvreté, la réduction de la pauvreté et la réduction de la
vulnérabilité aux catastrophes sont nécessairement étroitement liées.
¬ Catastrophes et environnement.
Du fait de leur nature même, les cataclysmes traversent les frontières, que ce soit à leur
origine ou par leurs impacts, menaçant ainsi la sécurité des zones frontalières et le partage
des ressources. Dans l’ensemble, la coopération régionale concerne à la fois la collaboration
en terme de mobilisation de l’aide dans les zones faibles, pour le partage des ressources
matérielles et techniques, ainsi que la volonté d’éviter la répétition inutile des recherches
scientifiques et techniques dans les zones vitales. Madagascar pourrait tirer des bénéfices
substantiels des initiatives dans la région de l’Océan Indien, de l’Afrique Australe ainsi qu’en
Asie du Sud-Est.
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Pour permettre aux mesures de réduction des catastrophes d’être adoptées à la fois dans le
contexte du développement et dans celui de la gestion des catastrophes, il est nécessaire
d’avoir :
Pour permettre l’intégration inter-sectorielle des mesures de réduction des risques, les
activités suivantes sont nécessaires :
50
Enabling institutional mechanisms en anglais
01/04/10 58
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Quel que soit le modèle adapté à un pays particulier, les points suivants sont des
facteurs de réussite :
La politique nationale détermine les orientations générales en matière de gestion des risques
et des catastrophes et dresse la liste des principes de base nécessaires à sa mise en
œuvre. De ce fait, la politique ne peut pas être figée dans la mesure où les besoins et le
contexte opérationnel de la gestion des catastrophes changent en permanence. Cette
politique est donc évolutive, elle reflète des contextes et des réalités spécifiques au moment
de son élaboration.
La politique nationale en matière de gestion des risques et des catastrophes tient compte du
profil de risque et de vulnérabilité de Madagascar, ainsi que du contexte culturel et socio-
économique de l'île. Elle admet que les risques naturels sont inévitables, mais reconnaît que
leurs impacts peuvent être atténués grâce à une gestion mieux adaptée. Dans cette
perspective, une structure institutionnelle qui gère efficacement les risques de catastrophe,
01/04/10 59
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
1. Réduire les effets négatifs des catastrophes naturelles et de celles causées par
l'homme sur la population, le patrimoine et l'environnement de Madagascar ;
2. Réduire la vulnérabilité socio-économique et physique du peuple malgache;
3. Considérer que la sécurité et la protection des personnes, l’environnement physique
et naturel de Madagascar doivent être au centre des préoccupations du
gouvernement élu et des dirigeants, et qu’aucun effort ne sera épargné pour utiliser
tous les secteurs, le gouvernement, la société civile et privée, et tous les niveaux,
aussi bien national, que provincial, local et familial, pour garantir cette sécurité et
cette protection;
4. Donner la priorité à l'amélioration des compétences du gouvernement et de la société
Malgache pour prévenir, atténuer et répondre efficacement aux urgences
récurrentes;
5. Reconnaître le fait que les problèmes associés aux catastrophes relèvent totalement
de la responsabilité du gouvernement et s'assurer que les dispositifs les mieux
adaptés sont mis en place, compte tenu des ressources disponibles;
6. Adopter une approche de la gestion des catastrophes centrée sur les personnes et
sur tous les types de dangers;
7. Admettre que la réduction de la vulnérabilité et des catastrophes est un élément
essentiel de la planification pour un développement à long terme;
8. Développer des dispositifs institutionnels efficaces de gestion des risques de
catastrophe reliant les différents niveaux du gouvernement et la société malgache;
9. Promouvoir l'autonomie au sein des communautés par le biais de programmes
permanents d'éducation et de sensibilisation.
Les principes suivants sont proposés pour guider le futur développement du programme de
gestion des risques et catastrophes à Madagascar. 51
01- La GRC malgache est centrée sur les personnes, non sur la technologie et les
experts. Elle place les communautés au centre des préoccupations en terme de
gestion des cataclysmes. Elle insiste sur les savoir-faire locaux, les méthodes
d’apprentissage locales, cherche à comprendre et à renforcer les mécanismes
communautaires pour faire face aux catastrophes, par le biais de stratégies
technologiques et de mitigation appropriées.
02- La GRC malgache est une approche ‘’tous risques’’ (naturels et causés par l’homme)
‘’intégrée’’ (toutes les opérations) et ’’globalisante’’ (toutes les étapes du cycle des
catastrophes). Elle met l’accent sur l’identification, l’analyse, le contrôle et le
traitement systématique de tous les risques.
03- La GRC malgache consiste à réduire les faiblesses physiques des personnes, les
vulnérabilités sociales, environnementales et économiques. Elle optimise la
planification nationale pour le développement pour garantir que les communautés les
plus exposées aux risques soient prioritaires pour la réduction des vulnérabilités
51
Ces principes sont basés sur le contexte des catastrophes et le contexte socio-économique à Madagascar ainsi que les
leçons retenues des expériences internationales brièvement ébauchées ci-dessus. En tant que tels, ils reflètent les points forts,
les lacunes et les priorités d’un pays confronté à d’énormes défis dans son développement socio-économique et les bonnes
pratiques internationales les plus pertinentes. Nombre de ces principes sont déjà appliqués à d’autres secteurs, de ce fait, ils
sont cohérents avec la vision nationale.
01/04/10 60
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
En tenant compte des objectifs globaux de la politique nationale de gestion des risques de
catastrophe, voici les priorités -clés à court et moyen termes:
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Conclusion
Ce chapitre a présenté les concepts et les dimensions-clés dans la gestion des catastrophes
et la transformation paradigmatique, dans le but de mettre en valeur les éléments principaux
d’un cadre politique pour la gestion des risques et catastrophes à Madagascar. Les
expériences vécues par différents pays ont été présentées, en insistant sur les principaux
facteurs de réussite et les principales contraintes et en mettant l’accent sur ces leçons du
plus grand intérêt pour les futures stratégies nationales de gestion des cataclysmes à
Madagascar ainsi que les futurs plans et mesures. Des objectifs, principes de politique et
priorités stratégiques ont été tirés de ce chapitre qui constituent les éléments essentiels de la
politique de GRC.
01/04/10 62
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
CHAPITRE IV
Structure Institutionnelle pour la Gestion des Risques et
Catastrophes
‘’ ……Pour savoir où nous devrions aller, nous devons d’abord savoir où nous sommes’’
Introduction
Pour être efficaces, les dispositifs de gestion des risques et des catastrophes doivent être
soutenus par une structure dans le cadre de laquelle ils peuvent opérer. Les responsabilités
opérationnelles pour la prévention, la préparation, la réponse et le rétablissement doivent
être attribuées à des organisations/départements spécifiques. Normalement, la prévention et
le rétablissement sont sous la responsabilité de nombreux bureaux gouvernementaux,
chacun ayant un rôle restreint. Il est nécessaire d’établir un dispositif inter-ministériel
permanent pour la coordination de cet effort. Les activités de préparation et de réponse sont
généralement plus homogènes, bien que les dispositifs inter agences pour le soutien de la
planification, du contrôle, de la coordination et de la logistique soient très importants. Avant
une catastrophe, la responsabilité pour le contrôle global de la situation et pour la direction
de chaque élément ministériel impliqué dans un cataclysme doit être clarifiée dans la
législation – les réseaux d’information et de communication sont également très importants
et seront nécessaires entre les organisations et entre les niveaux locaux et centraux pour
s’assurer que les mesures de mise en état d’alerte et les opérations de réponse puissent
être coordonnées correctement. Les dispositifs de gestion des risques et des cataclysmes
peuvent être établis par le biais de deux instruments principaux : la législation et les plans
interministériels de gestion des risques et des catastrophes. Le plan de gestion des risques
et des catastrophes identifie les rôles et les responsabilités, mais également les procédures
et les directives pour la déclaration de catastrophes et le déclenchement des réponses.
01/04/10 63
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Dans le cadre institutionnel proposé, toutes les structures actuelles n’existeront plus. Seul le
CGDIS est une exception car son mandat s’étend au-delà de la mitigation de la sécheresse
dans le Sud. Le rôle du CNC et celui du CNS seront ré-intégrés sous une structure unique, le
Conseil National de Gestion de Risques et Catastrophes (CNGRC).Par ailleurs, toutes les
structures ad hoc qui sont en cours (voire le CGAL) seront reformées sous le titre de Cellule
de Crise rattachée au CNGRC.
CGDIS
Premier ministre
GCALC
Budg
CGDIS
COLC
Comité CNLA
Fonds
directeur
Choléra ONE
CNA CNE Direc.
CNS
Météo
Projets Projets CNC
SP SP
CRIC
CRS CRC
CLS CLC
Légende :
Directives
1. Représentants ministériels qui forment le Conseil National pour la Gestion des Risques
et Catastrophes (CNGRC), dont la fonction principale est de servir d’autorité principale
pour la direction politique et la coordination globale de la gestion des risques et
catastrophes ;
2. Un bureau national (Bureau National pour la Gestion des Risques et Catastrophes ou
BNGRC) qui est le point focal permanent pour la coordination des programmes et
activités touchant la à la préparation, prévention, réaction et reconstruction et dont la
fonction principale est d’appuyer le CNGRC 52 ;
3. Cellules de Crises qui sont les bras exécutifs du CNGRC. Elles sont organisées selon le
type de catastrophes, et rassemblent les Ministères/organisations de contrôle et celles de
52
Le BNGRC est l’équivalent du secrétariat permanent du CNS renforcé mais qui inclurait aussi les fonctions
actuelles du secrétariat permanent du CNC.
01/04/10 64
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
soutien pour une période limitée. 53 Les cellules de crises sont sous la direction du
Ministère de contrôle conjointement avec les gouverneurs des provinces affectées.
Chaque Ministère clé est aussi doté de sa propre cellule technique qui fournit l’appui
technique sur des sujets précis.
Au niveau des provinces, les structures principales sont le Conseil Provincial de Gestion des
Risques et Catastrophes (CPGRC) ; le Conseil Régional de GRC (CRGRC) ; la Cellule
Technique Provinciale (CTP) ; le Conseil Communal de Secours et l’ Equipe Communale de
Secours.
Dans le cadre du projet proposé, l’institution principale pour la coordination de la gestion des
risques et des catastrophes à Madagascar est le Conseil National pour la Gestion des
Risques et Catastrophes (CNGRC). C’est l’organisme consultatif le plus élevé. Sa structure
est légère et souple et il considère les ministères/organisations membres comme des
‘’réservoirs’’ de ressources qu’il est possible de mobiliser selon les stades de la gestion des
catastrophes, ou bien selon la réponse nécessaire pour les aléas spécifiques. Le CNGRC
n’est pas une structure rigide centrée sur les membres, mais c’est au contraire une institution
souple centrée sur les tâches et ‘’projets’’ spécialisés. C’est une représentation fonctionnelle
plutôt que figurative. Des équipes de membres-clés en sont issues et constituent des
Cellules Crises pour faire face aux urgences spécifiques (Cholera, Criquets, Cyclones etc.).
Le CNGRC et ses Cellules Crises temporaires sont appuyés par le BNGRC.
Le CNGRC sera établi par un nouveau décret, à la suite d’une révision et d’une
rationalisation des fonctions-clés du CNS et du CNC, ainsi que leurs décrets respectifs le
précisent.
53
Agence de contrôle: Les agences désignées qui assurent la responsabilité première des opérations de réaction
face à une catastrophe particulière. Agence de soutien : Les agences qui fournissent les services, le personnel ou
le matériel nécessaire pour soutenir l’agence principale ou les personnes touchées.
01/04/10 65
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Les membres du CNGRC sont les représentants des ministères et départements concernés,
et les Gouverneurs Provinciaux. Le CNGRC est présidé par le Premier Ministre, avec
comme Vice-Présidents, le Ministre chargé de l’Intérieur et le Vice-Premier Ministre chargé
du Budget et les Provinces Autonomes. Ce Conseil est conçu avec deux objectifs. Lorsque
le processus de décentralisation sera achevé, ce conseil garantira l’existence d’une
institution de coordination. D’autant plus, il prend en compte d’une part la nécessité pour le
Premier Ministre de s’impliquer et d’autre part les contraintes de temps et de ressources qui
pèsent sur le Cabinet de Premier Ministre 54 . Le CNGRC se réunit au complet au moins une
fois par an ou selon les circonstances.
Membres
Ministre de l’Agriculture et au Développement Rural*
Ministre des Affaires Etrangères
Ministre de l’Economie
Ministre du Transport et de la Météorologie
Ministre des Finances et du Budget
Ministre de l’Aménagement du Territoire
Ministre de la Culture et de la Communication*
Ministre des Travaux Publiques
Ministre de la Promotion du Commerce et de l’Artisanat
Ministre Délégué auprès du Premier Ministre chargé de la Police
Ministre Délégué auprès du Premier Ministre chargé des Forces Armées
Ministre de l’Environnement
Ministre de la Santé
Secrétaire d’Etat à la Population, de la Condition Féminine et de l’Enfance
Ministre du Plan et du Redressement Social
Secrétaire Général de la Défense
Représentant du CNEA
Représentant de l’ONE
Ministre de l’Energie et des Mines
Ministre des Eaux et Forêts
Centre National de Recherches Scientifiques
Gouverneurs de Provinces
54
Le Cabinet du Premier Ministre préside régulièrement environ 30 comités. Il est donc important que son
intervention ne soit sollicitée que dans des circonstances extraordinaires ou bien pour jouer un rôle directeur
pendant les périodes stratégiques-clés, telles que la mise au point du Cadre National pour la Gestion des
Risques et Catastrophes par exemple, ou pendant les cataclysmes actuels.
01/04/10 66
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
♣ Cellules de Crises
Les Cellules Crises sont un mécanisme pour une réaction concertée face aux catastrophes
de la part des ministères principaux et de soutien. Ils sont constitués dès que les
circonstances l’exigent, par ordre du Premier Ministre, pour faire face à des catastrophes ou
des urgences spécifiques. Les Cellules Crises assument donc la responsabilité de la
coordination de tous les aspects de la réponse et des secours pour une urgence
particulière 55 . Ils sont composés du ministère de contrôle 56 , de ministères et d’organisations
de soutien et des chefs des provinces touchées. La Cellule Crise est co-présidé par le
Ministre de contrôle dont le mandat est touché par le cataclysme en question ainsi que les
chefs de provinces affectées. Les Cellules Crises travaillent en collaboration étroite avec le
BNGRC. Dans une structure décentralisée, les Cellules Crises doivent être constitués au
niveau provincial plutôt qu’au niveau national. Les Cellules Crises sont chargés des secours
et du rétablissement immédiat à la suite des cataclysmes 57 , par conséquent, ils sont
temporaires. Ils sont dissous dès que leurs tâches ont été accomplies.
♣ Cellules Techniques
Chaque ministère identifiera un point focal pour la gestion des risques et des catastrophes
dans le traitement des aspects techniques des aléas et risques spécifiques. Le rôle de ces
cellules est d’appuyer leurs ministères dans tous les aspects de la gestion des risques et des
catastrophes, durant toutes les phases du cycle. Les cellules techniques sont aussi
responsables de la liaison entre le Ministère et le BNGRC. Lorsqu’il existe déjà des cellules
qui s’occupent d’aléas spécifiques, telles le CNA au Ministère de l’Agriculture, celles-ci
seront renforcées pour assurer leur capacité d’appui technique. Dans le cas où elles
n’existeraient pas, ces cellules seraient établies selon le besoin.
55
La nature exacte de cet instrument reste encore à définir. Il est important de noter à ce stade, que cet
instrument doit être créé au plus haut niveau politique, et qu’il puisse être activé très facilement.
56
Chaque type majeur de catastrophe ou d’urgence qui touche Madagascar est coordonné par un Ministère de
Contrôle et des Ministères de soutien appropriés.
57
Cette approche met à profit l’usage existant des comités ad oc pour s’occuper des urgences/cataclysmes
spécifiques. La différence-clé est que les forces d’intervention sont dissoutes lorsqu’elles ont accompli leur tâche.
Cette méthode garantit également l’implication active du PM dans la conduite des efforts d’urgence, sans créer
de ‘’charges’’ institutionnelles à long terme.
01/04/10 67
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Responsabilités du BNGRC
Prévention et Mitigation
Préparation
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Réponse
Reconstruction /Réhabilitation
Le Chef du BNGRC
Le rôle du Ministère de l’Intérieur doit être renforcé pour qu’il devienne le premier prestataire
de services d’urgence pendant les catastrophes et les urgences. Dans chaque dispositif pour
la gestion des risques et des catastrophes, il est important qu’un Ministère assume le rôle-clé
pour les secours/réponses. Le Ministère de l’Intérieur, au titre de sa présence à chaque
niveau administratif et de son expérience dans le domaine des secours/réactions, peut être
renforcé, afin de coordonner tous les aspects (police, incendie, médical) des catastrophes.
L’expansion de son rôle faciliterait la centralisation des services d’urgence, ainsi que
l’établissement d’une compétence centrale pour l’acquisition et la standardisation
d’équipements d’urgence et la formation pour leur utilisation. Le mandat du Ministère de
l’Intérieur devra être approuvé par le biais de consultations avec les autorités municipales,
01/04/10 69
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
puisque les villes ont la responsabilité des services de lutte contre les incendies et de
police 58 .
La responsabilité principale pour la gestion des risques et catastrophes dans les province
repose sur le conseil provincial de GRC (CPGRC) qui en fait la coordination et qui assure la
liaison avec le CNGRC. Cette coordination, lors des périodes d’urgences sera assurée par la
cellule technique où un Centre de Coordination d’Urgences de base sera établi.
Un conseil provincial de gestion des risques et catastrophes (CPGRC), est établi au niveau
provincial et un autre au niveau régional (CRGRC) dans chaque province. Le CPGRC est
présidé par le Gouverneur de la province, et compte les représentants des différents
secteurs (la composition exacte sera décidée après la première conférence inter-
provinciale). Le CPGRC développera son propre plan provincial de gestion de risques et
catastrophes. Celui-ci reflètera les priorités de la province et son propre profil de
vulnérabilité.
Chaque conseil provincial est soutenu par une cellule technique, située dans son chef-lieu,
qui assure la responsabilité de la formation, et du soutien technique pour la prévention, la
préparation et le rétablissement face aux risques et aux cataclysmes. La cellule technique
aura aussi la responsabilité d’appuyer les conseils régionaux dans leurs planifications. Ces
cellules seront rendues opérationnelles selon des critères de priorité qui dépendent du
niveau de risque, et par accord entre le CNGRC et les autorités provinciales. Ces cellules
58
Les aspects du problème concernant les secours/réponses face aux cataclysmes, et les secours/réponses face
aux urgences doivent être étudiés et discutés davantage. En général, les urgences n’impliquent pas autant
d’agences que les catastrophes, leur ampleur peut être inférieure et leur étendue spatiale moins importante. Ces
problèmes devront être traités dans un avenir proche, quant à leur gestion. Le point important, ici, est l’acquisition
d’équipement pour les catastrophes/urgences. Depuis les communications radio/les systèmes GPS, jusqu’aux
voitures véhicules de lutte contre les incendies et aux canadairs, il y a des économies d’échelle grâce à l’achat en
plus grande quantité, mais avant tout, il faut tenir compte de la standardisation et de la compatibilité. De
nombreuses villes dans le monde possèdent des équipements de lutte contre les incendies qui sont inutilisables
en dehors d’un certain rayon d’action, pour cause d’incompatibilité technique avec d’autres équipements. Tous
les équipements devraient être évalués techniquement et standardisés, et le fournisseur devrait être central. Il est
important que la formation et la maintenance préventive soient assurées par l’intermédiaire de contrats.
01/04/10 70
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
seront aussi responsables d’assurer la coordination des opérations d’urgences lors des
catastrophes, dans le cadre d’un Centre de Coordination Provincial des Urgences.
La structure, les membres et les attributions des conseils aux niveaux provincial, régional et
communal seront développés pendant les ateliers de travail pour la validation de la stratégie
nationale, et selon les accords concernant les attributions provinciales sous la
décentralisation. Ils peuvent varier d’une province à l’autre. Les dispositifs pour le
fonctionnement des CPGRC et CRGRC seront articulés dans les plans provinciaux et
régionaux.
Chaque Conseil Régional sera doté d’un Centre Régional des Opérations d’Urgences dont la
fonction sera d’assurer la gestion efficace des opérations de secours. Les interventions aux
différents niveaux se font selon un processus d’intensification (step up). D’après ce
processus, le prochain niveau d’Opérations n’intervient que en cas de besoin. Si le Centre
Régional et le Centre Provincial sont capables de gérer la crise, l’intervention du Centre
National n’est pas sollicitée.
Il est essentiel que la commune participe dans tous les aspects de la gestion des risques et
catastrophes. Dans chaque commune, un conseil sera établi qui sera responsable de la mise
en oeuvre des programmes au niveau communal, ainsi que d’assurer la liaison avec le
conseil régional.
Dans les zones à hauts risques, des équipes communales de secours devront également
être établies et formées pour collaborer avec les communes pour la préparation et aussi pour
prêter leur aide pendant la phase de secours. L’équipe régionale de GRC sera chargée de
leur formation. Le nombre des équipes et leur répartition locale ou par province seront
déterminés par un accord entre les autorités provinciales, régionales et le CNGRC. Cette
équipe suivra une formation pour l’évaluation des dégâts et des besoins et pour le soutien
logistique.
Les ONG, nationaux ainsi que les partenaires internationaux sont responsables d’assurer
que leurs activités sont harmonisées avec les priorités, programmes et projets
gouvernementaux.
Une équipe internationale pour la gestion des risques et des catastrophes soutient l’œuvre
du CNGRC dans la mise en oeuvre de la Stratégie. L’équipe soutient également les Cellules
Crises, par le biais du BNGRC (son point de liaison) pour la réaction aux
urgence/cataclysmes, les secours et le rétablissement. L’équipe travaille sous un protocole
établi entre la communauté internationale et le Gouvernement Malgache.
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Les postulats et principes suivants sont à la base de la proposition du cadre de travail pour
Madagascar.
01/04/10 72
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
CHAPITRE V
Structure financière pour la Gestion des Risques et Catastrophes
‘’ Aleo misoroka toy izay mitsabo (Gérer c’est prévoir) ’’
Introduction
Le fonds pour les catastrophes devra faciliter la prise de mesures nécessaires tant dans la
prévention que dans la sauvegarde de la vie humaine en cas de cataclysme, et financer les
activités relatives aux différentes phases de la gestion des risques et catastrophes.
Pour que l’objectif cité précédemment puisse être réalisé, les lignes d’actions suivantes
seront priorisées :
- le fonds pour les catastrophes sera établi sur la base d’une approche « tous risques », il
prendra en compte tous les types de catastrophes ;
- il financera les activités et projets relatifs à la prévention, la préparation et
l’atténuation des risques et catastrophes, mais également les activités de secours et de
réhabilitation ;
- il sera géré par l’organe central chargé de la gestion des risques et catastrophes qui
l’attribuera à ses différentes antennes régionales et locales ;
- il sera soumis aux règles de la comptabilité publique et aux activités de contrôle et d’audit
périodiques nécessaires avant la publication des résultats aux différentes autorités et
bailleurs de fonds.
- les dépenses engagées dans les différentes phases de gestion des catastrophes :
prévention et préparation, atténuation, réponse et secours, rétablissement, réhabilitation
et reconstruction. Elles constituent « le fonds pour les catastrophes » car elles
concernent directement l’activité principale du CNGRC qui est la gestion des risques et
catastrophes.
L’Etat malgache doit financer en premier lieu les différentes dépenses relatives à la gestion
des risques et catastrophes. Des Ressources Propres Internes devront être programmées
dans le Budget Général de l’Etat. Si ces ressources ne permettent pas de subvenir aux
dépenses suite à l’ampleur des cataclysmes, le Gouvernement fera un appel à l’Aide
Extérieure pour combler les besoins.
01/04/10 73
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Toutes les autres sources de financement qui permettent de compléter la collecte de fonds
durant un cataclysme devront être considérées, telles que les différents systèmes de
prélèvement 59 , les coopérations régionales bilatérales, les possibilités actuelles consécutives
à l’IPPTE 60 , ou les sources de financement régional telles que les ristournes. La participation
du secteur privé et du milieu confessionnel est également à promouvoir.
Quelle que soit la forme et leur provenance, tous les fonds utilisés pour la gestion des
risques et catastrophes doivent être intégrés dans le budget général de GRC et gérés selon
les principes de la comptabilité publique.
Budgétisation
Le fonds pour les catastrophes devra être géré selon les règles de la comptabilité publique.
Des mécanismes de déblocage rapide et souple sont à utiliser à partir de la mise à jour des
réglementations en vigueur. Les fonds additionnels seront intégrés dans le budget initial
dans le cadre d’une loi de finances rectificative.
Dans le domaine de la gestion des catastrophes, les besoins sont à chaque fois différents
selon le type de catastrophe et selon les caractéristiques de la population affectée. Le Fonds
pour les Catastrophes devrait être réparti de manière ciblée et rationnelle. Une pondération
pour la répartition devrait être appliquée en fonction de la vulnérabilité de la population.
Une partie des ressources pourrait être conservée par le CNGRC pour le financement des
matériels et équipements lourds dont la gestion restera, centralisée 61 . L’autre partie des
fonds ira directement aux organes locaux décentralisés chargés des catastrophes pour être
utilisés à différents niveaux dans les divers secteurs (santé, agriculture, …) selon l’apparition
et l’importance des catastrophes.
Le niveau central devrait optimiser également la proportion de fonds alloués aux localités et
aux provinces par rapport à leur capacité. La gestion des fonds sera confiée
progressivement aux niveaux provincial et local. Les modalités et procédures relatives à la
mise en place des provinces autonomes sont actuellement en cours d’étude et de mise en
place, les compétences en matière de gestion devront être renforcées.
59
Les systèmes de prélèvement peuvent être du genre STABEX (stabilisation des exportations) ou FAR (fonds
pour le rétablissement de la commune d’Antananarivo).
60
IPPTE : Initiative des Pays Pauvres et Très Endettés.
61
Par exemple 40% des ressources concernant l’acquisition d’investissements seront gérées directement par le
CNGRC.
01/04/10 74
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Utilisation du fonds
Administration et Comptabilité
Une comptabilité doit être tenue à tous les niveaux de gestion pour s’assurer que les
dépenses seraient réelles et effectuées avec efficience. Des systèmes de contrôle des
comptes sont également à instaurer.
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Le fonds pour les catastrophes sera géré par le BNGRC du CNGRC. Des plans d’actions et
programmes de travail coordonneront le déblocage de fonds aux différentes antennes
décentralisées du CNGRC selon l’apparition des cataclysmes.
Budgétisation
Chaque phase de gestion des risques et catastrophes a sa propre spécificité. Les activités
des phases préparation, prévention, atténuation peuvent facilement faire l’objet de
programmation et de prévention. Par contre, les activités de secours sont les plus difficiles à
quantifier car on ne peut prédire ni le nombre ni l’ampleur des cataclysmes. Les activités de
secours devront être néanmoins budgétisées selon les expériences et les bases de données
disponibles. Le budget comprendra en outre les prévisions relatives au fonctionnement
normal des différentes entités du CNGRC.
L’administration publique dispose de deux outils financiers qui permettent de gérer ces
contraintes et de les adapter au contexte de la GRC : ce sont le Budget Général et le
Programme d’Investissement Public.
Le budget général est l’instrument financier de gestion des dépenses de fonctionnement d’un
département administratif. Il est géré par le Ministère du Budget et des Provinces
Autonomes. Etant donné le caractère aléatoire de l’apparition des cataclysmes, une
programmation parfaite des activités de secours est difficile à obtenir. Ce phénomène
aboutirait à deux situations, soit une insuffisance du budget de secours, soit à l’existence
d’un reliquat. Le reliquat tomberait automatiquement en annulation en fin d’année selon le
principe du zéro budgeting de la comptabilité publique. Le CNGRC devra faire appel à
d’autres sources de financement pour combler ces besoins supplémentaires imprévisibles.
Une prévision annuelle du fonds pour les catastrophes ne permettrait pas ainsi d’obtenir une
gestion optimale. Une planification à long terme des activités de gestion des risques et
catastrophes faciliterait une gestion coordonnée des activités à travers les différentes phases
de la GRC. Le « Programme d’Investissement Public ou PIP » qui est un instrument de
financement des projets de moyen et long terme, permet une planification à long terme 62 des
activités. Pour un projet déterminé, il est composé d’une enveloppe globale de financement
avec un déblocage annuel non limitatif.
Dans la phase budgétisation, on peut également citer le « fonds de contre-valeur » 63 qui une
source de financement provenant du résultat de cession des dons octroyés par les différents
bailleurs de fonds selon les conventions bilatéraux entre ces derniers et l’Etat malgache. Ce
62
Accès et modalités d’utilisation du PIP : voir le document « Mécanismes financiers de gestion des risques et
catastrophes à Madagascar ».
63
Caractéristiques et accès au « Fonds de contre-valeur » : voir le document « Mécanismes financiers de gestion
des risques et catastrophes ».
01/04/10 76
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
fonds est géré par la Cellule d’appui et de suivi aux Aides Extérieures selon les principes du
Programme d’Investissement Public
En matière de fiscalité, selon les règlements en vigueur, les dons et aides octroyés en
matière de cataclysme ne sont exonérés ni d’impôt ni de taxe quelconque. Des lignes
budgétaires « taxes sur dégâts cycloniques» doivent être ainsi prévues et créées pour les
différents impôts et taxes relatifs aux dons externes lors de l’élaboration des budgets du
CNGRC. La taxe apporterait plus d’avantage en adoptant le caractère « évaluatif »,
fluctuant avec le taux de change et non celui de « limitatif », basé sur le taux de change
retenu lors des prévisions. Enfin, étant donné le caractère aléatoire des cataclysmes, il est
conseillé de prévoir une ligne budgétaire « Provisions de taxes » ou « Imprévues Taxes
sur dégâts cycloniques » pour pouvoir accueillir les aides internationales exceptionnelles
octroyées lors des cataclysmes importants.
La mise à disposition des fonds du Programme d’Investissement Public est basée sur deux
concepts fondamentaux : une autorisation de programme ou « crédit d’engagement » qui
couvre toute la durée du projet (constitué de plusieurs années) et un décaissement annuel
ou « crédit de paiement ».
Déblocage de fonds
Le déblocage des fonds autorisés s’effectuera selon les principes de comptabilité publique.
Un compte particulier sera ouvert pour la CNGRC. L’utilisation et le déblocage des fonds
suivront les étapes : engagement, liquidation, ordonnancement et paiement enfin par le
Trésor Public. D’autres techniques peuvent être utilisées au besoin pour permettre un accès
rapide au fonds pour activer les interventions, telles que l’utilisation d’un compte bancaire
(fréquemment utilisé pour la gestion des fonds de contre-valeur) et la mise en place d’une
caisse d’avance. Ces techniques devront suivre impérativement la réglementation en matière
de comptabilité publique.
Dans certains cas, la Banque Mondiale, en tant que bailleur de fonds d’un projet déterminé,
exige le versement de la totalité de leur budget dans un compte spécial ouvert dans une
banque primaire et la gestion selon des procédures strictes d’utilisation des fonds 64 .
64
La Banque Mondiale a sorti un Manuel de Comptabilité Générale, Information financière et Audit qui regroupe
les procédures de gestion de ses différents crédits.
01/04/10 77
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Le recours aux aides extérieures ne doit avoir lieu que lorsque toutes les autres sources sont
épuisées. Les aides extérieures au CNGRC peuvent être de provenance locale (fonds
spéciaux octroyés par le Gouvernement, autres donations nationales) ou internationale
(subventions et aides provenant d’autres pays). Les différentes formes d’aides seront
devront faire l’objet de conventions écrites. Ces fonds devront être intégrés dans le budget
de l’Etat par loi de finances rectificative. Une ligne de crédit spécifique dite « fonds affecté »
serait à mettre en place pour comptabiliser ces dépenses non budgétisées.
Contrôle
Des études d’impact devront être réalisées dans le temps afin de vérifier l’adéquation entre
les aides sollicitées, les ressources mobilisées et les impacts sur l’individu ou la population.
Des mesures doivent être prises afin de préserver l’affectation des fonds de toute « décision
politique ».
Les organismes administratifs sont tenus de présenter leur compte aux différents services
chargés du contrôle des comptes. Des services administratifs agréés tels que le « Contrôle
des dépenses engagées » du Ministère du budget ou encore la « Cour des comptes »
interviennent dans les diverses institutions pour vérification de leur compte et de l’application
des « Circulaires d’exécution budgétaire ».Des services de contrôle et d’audit devront être
mis en place également au sein du CNGRC afin de veiller et de contrôler le système d’octroi
et d’utilisation des fonds. Ces services qui peuvent prendre la forme d’un « Service de suivi
et de contrôle » interviendront au niveau des différentes entités (au moins dans le BNGRC et
pour chaque CPRGC et CRGRC).
Mesures diverses
Les capacités locales sont actuellement dans la plupart des cas inexistantes. Le
renforcement des capacités des provinces et des localités est à prendre en compte dans le
planning de financement et de gestion. Le BNGRC devra disposer de compétence en
matière de comptabilité publique à différents niveaux afin de pouvoir appliquer correctement
les règles de procédures d’exécution de budget.
Les outils utilisés dans le mécanisme financier de la GRC décrits ci-dessus sont récapitulés
dans le schéma ci-après qui résume le circuit d’intervention des différents instruments
financiers de GRC.
01/04/10 78
LES INSTRUMENTS DU FONDS POUR LES CATASTROPHES
Caisse Fonds de
Ouverture Transfert de d’avance Engagement réserve
Budget général de crédit crédit de l’Etat
Fournisseur
direct
Fonctionnement Liquidation
Ressources
Compte additionnelle
Utilisation Déblocage bancaire
Allocation des des fonds de fonds
Prévisions fonds
Ordonnance-
ment Fonds
affectés
Investissement
Passation de
marché Compte Paiement
P.I.P. Autorisation de Crédit de particulier Aides
(Fin. internes programme paiement extérieures
et externes)
du Trésor
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
La mise en place du fonds pour les catastrophes est consécutive à celle de la mise en
œuvre de la stratégie de gestion des risques et catastrophes à Madagascar. Cela
suppose que le CNGRC et le BNGRC soient opérationnelles sur le plan technique,
administratif et financier.
Dès l’adoption des mécanismes financiers de la SNGRC chaque entité devrait adopter
des mesures pour sa mise en œuvre. Les tâches suivantes sont proposées de manière
non exhaustive :
¬ Au niveau du Gouvernement
• Mise à jour et/ou régularisation des décrets relatifs au fonds pour les catastrophes
• Adoption des mécanismes financiers proposés par voie réglementaire (système
budgétaire, nomination des responsables)
• Arbitrage du budget proposé.
¬ Au niveau du CNGRC
80
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
En ce qui concerne les activités financières propres, elles sont assurées par deux
fonctions essentielles au sein des organismes publics : l’ordonnateur et le comptable
public ou l’agent comptable. Les ordonnateurs engagent, liquident et ordonnancent les
dépenses 65 . Les comptables publics sont chargés du contrôle et du paiement des
dépenses (soit par ordre émanant des ordonnateurs, soit au vu des titres présentés par
les créanciers), de la conservation des pièces justificatives, des opérations et des
documents comptables.
Le CNGRC devra ainsi disposer au sein de son BNGRC d’un « Ordonnateur » et d’un
« Comptable Public » pour assurer la gestion des opérations financières et comptables.
Au niveau provincial et régional ces fonctions seront également à représenter à chaque
niveau.
Le schéma de la page suivante indique les différents flux financiers au sein du CNGRC.
Le BNGRC reçoit et distribue les différents crédits à ses démembrements provincial et
régional.
65
La description de chaque fonction est revue en détails dans le document « Mécanismes financiers de
gestion des risques et catastrophes ».
81
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
CONSEIL NATIONAL DE
GESTION DE RISQUES
ET CATASTROPHES
BUREAU NATIONAL DE
GRC
CONSEIL
PROVINCIAL DE GRC
Transfert et virement au
Conseil Régional de
GRC
CONSEIL REGIONAL
DE GRC
82
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Le tableau ci-après présente les différents postes nécessaires pour la gestion financière
et comptable du fonds pour les catastrophes, ainsi qu’une liste non limitative de leur
fonction respective selon les différents types de gestion : comptabilité publique, gestion de
compte bancaire et gestion de caisse d’avance.
66
Ces fonctions de direction provinciale et de direction régionale sont à créer au niveau décentralisé car elles
n’ont pas été prévues dans l’analyse du cadre institutionnel.
67
La dénomination de « chargé des finances du BNGRC » prévu dans le cadre institutionnel est
opérationnellement celui du Directeur Administratif et Financier.
83
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Les principes suivants sont les bases des mécanismes financiers de gestion des risques
et catastrophes.
84
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
CHAPITRE VI
Les Grands Axes et Priorités Stratégiques pour 3-7 Années
‘’la préparation face aux cataclysmes ne correspondra jamais exactement aux incidents qui
surviennent – plus les préparations sont complexes, moins elles correspondent … Tout ce qu’on
peut prévoir à propos des catastrophes, c’est qu’elles vont survenir’’ (Conventions pour la Gestion
des Catastrophes)
Introduction
Ce chapitre identifie les grands axes, priorités, les actions stratégiques à court et moyen
termes (3 à 7 années) pour la gestion des risques et catastrophes à Madagascar. Ces
axes et priorités ont été identifiés suivant un processus participatif et ils furent validés au
cours d’un Atelier National de concertation organisé à Antananarivo en Janvier 2001 68 .
Actions Stratégiques:
68
Le compte rendu de cet atelier est disponible sous la forme du rapport de synthèse « Atelier National de
concertation sur la stratégie de gestion des risques et des catastrophes à Madagascar, Hilton Madagascar,
17-18 janvier 2001, PNUD/CNS »
85
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
La réponse face aux catastrophes est avant tout un effort concerté pour réagir
contre l’apparition d’un cataclysme. Pour que cette réponse soit efficace, les
dispositifs pour cette concertation doivent être institutionnalisés par l’intermédiaire
d’une structure appropriée et d’une législation. Ainsi qu’il a été réitéré, un cadre
institutionnel ‘’tous risques’’, ‘’toutes opérations’’ et ‘’global’’ (toutes les étapes),
doit être développé à Madagascar à titre de priorité. Une structure qui met à profit
les compétences existantes et qui vise à harmoniser les initiatives nationales, a
été proposée dans la partie précédente (chapitre 3). Dès sa ratification, la
structure devrait être opérationnelle dans les plus brefs délais pour garantir que
toutes les organisations concernées soient prêtes. L’établissement du Bureau
National de GRC est la première priorité pour assurer une mise en oeuvre efficace
de diverses composantes de la Stratégie Nationale de GRC.
Actions Stratégiques:
Les plans de gestion des risques et des catastrophes sont des accords pour la
prévention, la mitigation, la préparation, la réponse et le rétablissement.
Généralement, ils énoncent les mesures, les objectifs, les dispositifs nationaux
pour les catastrophes, les priorités, les rôles, les responsabilités, les stratégies et
les systèmes. Ils fournissent le cadre institutionnel et opérationnel pour la maîtrise,
le contrôle et la coordination des cataclysmes. Les plans de soutien destinés aux
risques spécifiques font également partie des plans nationaux efficaces pour les
cataclysmes. Le Plan National de Madagascar pour la Gestion des Risques et des
Catastrophes mettra l’accent sur les responsabilités-clés pour la coordination et
les opérations avant, pendant et après les cataclysmes. Il sera complété par un
plan de soutien pour les cyclones, les inondations et les sécheresses, ainsi que
par des plans de gestion pour la sécurité urbaine. Des plans provinciaux et locaux
pour la gestion des risques et catastrophes seront aussi développés.
86
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Actions Stratégiques:
Actions Stratégiques:
69
Hazmat est un système international de classification et de manutention de produits chimiques dangereux
qui, pour chaque produit, prescrit les secours nécessaires.
87
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Actions Stratégiques:
Actions Stratégiques:
88
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Actions Stratégiques:
Le Bureau National pour la Gestion des Risques et des Catastrophes aura besoin
d’une stratégie adéquate pour l’identification, le recrutement, la formation et le
développement professionnel des ressources humaines nécessaires pour jouer
son rôle de façon adéquate. Elle aura également besoin du développement des
procédures et de l’évaluation adéquates des résultats pour la promotion, les
descriptions des emplois et les profils des compétences.
70
Des méthodes au niveau communautaire sont actuellement introduites à l’intérieur du Ministère de
l’Agriculture pour le programme de prévention et le contrôle des criquets. Ces méthodes doivent être revues
pour en tirer les enseignements et également pour s’assurer qu’elles sont compatibles avec les méthodes
préconisées par le CNGRC.
71
Aptitude à faire face: la façon dont les personnes et les organisations agissent, en utilisant les ressources
disponibles compte tenu des développements possibles d’une situation spécifique et dans le but d’obtenir
divers résultats. Les moyens pour faire face sont une combinaison de toutes les forces et ressources utiles
pour réduire les effets des catastrophes.
89
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Actions Stratégiques:
Les Conseils Provinciaux et Locaux auront besoin d’une stratégie adéquate pour
l’identification, le recrutement, la formation et le développement professionnel des
ressources humaines nécessaires pour jouer leur rôle de façon adéquate. Ils
auront également besoin du développement des procédures et de l’évaluation
adéquates des résultats pour la promotion, les descriptions des emplois et les
profils des compétences pour les cadres des cellules techniques ainsi que ceux
des centres des opérations d’urgence. Les équipes communales de secours
auront aussi besoin de formation, ainsi que de directives claires concernant leurs
rôles, fonctions et composition.
Actions Stratégiques:
90
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
L’éducation pour la gestion des cataclysmes a été introduite avec succès dans les
écoles primaires d’autres pays. Les bénéfices de cet enseignement sont durables :
ils contribuent à préparer les enfants scolarisés aux dangers dans leur
environnement, mais surtout, ils contribuent au développement d’une culture de
protection au niveau communautaire. Dans de nombreux projets, les enfants
scolarisés se sont montrés de formidables porteurs de messages sociaux. Ce
potentiel peut être aménagé assez facilement à Madagascar, grâce à l’existence
de nombreux documents dans ce domaine.
Actions Stratégiques:
91
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
alimentaire, les revenus ruraux, les petites infrastructures, etc.), il n’existe aucun
cadre global pour guider l’investissement et contribuer à garantir la
complémentarité des actions et une couverture adéquate dans ce secteur.
Actions Stratégiques:
2. Celle qui nous aide à surveiller soit l’arrivée d’une menace, soit l’état des
éléments fréquemment menacés, ou système national d’alertes précoces; et
finalement,
3. Celle qui nous permettrait d’effectuer une évaluation des besoins après un
évènement, ou l’évaluation post-catastrophes :
Les trois sont du même niveau d’importance dans la gestion des risques et
73
Le risque est une fonction de l’existence des menaces et de la vulnérabilité des éléments menacés. La catégorie 1 des
éléments du SIRCat inclut donc, l’analyse des aléas et l’analyse de la vulnérabilité, qui, combinées, constituent l’Analyse
des Risques:
92
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
L’analyse des Aléas (AA, en anglais, HARM, ou Hazard Analysis for Risk
Mapping) est divisée en quatre étapes : l’identification des aléas, l’analyse et la
cartographie des aléas, la validation et le consensus. L’analyse de la Vulnérabilité
(AV ou VAM, en anglais) consiste à mesurer la capacité des éléments menacés –
surtout les ménages— à résister aux impacts néfastes des aléas. Il est entendu
qu’un « aléa » ne devient pas un « désastre » sauf quand une population est 1. )
sur la trajectoire de l’aléa et 2. ) vulnérable à cet aléa : La superposition des
analyses AA et AV identifiera les « Zones Rouges », futures cibles de toute
intervention.
Actions Stratégiques:
Actions Stratégiques:
93
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Actions Stratégiques:
Pour que les systèmes de surveillance et d’alertes soient efficaces, il faut que les
populations soient mobilisées. Le programme d’information et d’éducation du
grand public doit être renforcé pour soutenir la gestion des catastrophes à
Madagascar. En particulier, ce programme devrait mettre l’accent sur la diffusion
d’informations qui concernent la prévention, la mise en état d’alerte et la mitigation,
utilisant les médias. Les populations qui vivent dans les zones "rouges "(à hauts
risques) et les ‘’porteurs ‘’ de messages sociaux, tels que les dirigeants
communautaires, les femmes (en tant que mères de famille), les organisations
civiles, les chefs religieux, les enfants scolarisés et les jeunes en particulier,
doivent être désignés comme cibles. Dans certains pays, les conteurs, les acteurs
de rue et les danses ont été utilisés avec succès pour transmettre des messages
pour la mitigation. Dans un pays comme Madagascar, avec ses riches traditions
culturelles, de telles méthodes peuvent être efficaces et doivent être explorées 74 .
Parmi les médias, les opérateurs des radios CB (Citizen’s Band) devront être
74
Dans la PDR du Laos, les messages pour la sensibilisation du public sont diffusés par le biais de pièces de
théâtre communautaires et plus récemment, par l’intermédiaire d’un feuilleton de télévision populaire. Au
Népal, le théâtre de rue et le théâtre scolaire ont été des canaux efficaces pour la sensibilisation du public.
94
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
pressentis pour leur rôle potentiel dans la diffusion des messages d’alertes. En
rapport avec cet objectif, le système actuel de sensibilisation et formation doit être
évalué et amélioré pour fournir une formation de qualité et une mise à jour
régulière de la matière.
Actions Stratégiques:
Actions Stratégiques:
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
L’absence d’un fonds pour les catastrophes et d’un budget spécifique attribué à
cet effet a obligé les organismes administratifs nationaux de gestion des
catastrophes à solliciter des aides financières locales ou internationales à chaque
survenance de cataclysme avant de pouvoir agir.
Actions Stratégiques:
Les différents fonds reçus pour la GRC ont été ultérieurement gérés selon les
exigences de chaque donateur.
Actions Stratégiques:
96
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Actions Stratégiques:
Actions Stratégiques:
¬ Transparence et contrôle
Une structure de contrôle est ainsi mise en place dans les différents niveaux
provincial et régional de gestion.
Actions Stratégiques:
97
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Aussi, afin de mettre en évidence son importance dans l’optique d’un développement
durable, la réduction de la vulnérabilité est considérée comme un axe stratégique à part
entière et prioritaire 75 . Pour Madagascar, qui est pauvre en ressources et sujet aux
catastrophes, les stratégies qui visent à réduire la pauvreté, les risques ainsi que les
stratégies pour l’environnement, doivent se soutenir mutuellement, les informations
doivent être échangées et les orientations fixées d’un commun accord.
75
L’axe stratégique 5 est inclus et est obligatoirement à considérer dans les axes stratégiques précédemment
énoncés.
98
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
Le DSRP a déjà fait référence à la vulnérabilité des couches les plus vulnérables
de la population malgache. Le processus du DRSP en cours de développement a
également identifié les populations vulnérables aux cataclysmes, comme élément
– clé de la réduction de la pauvreté. Une approche des moyens de subsistance
durables qui cible les populations vulnérables aux catastrophes naturelles 76 ;
l’inclusion de l’analyse des risques de catastrophes dans la planification
stratégique et programmatique et les projets de démonstration pilotes qui relient
les risques de cataclysmes, les risques environnementaux et la réduction de la
pauvreté, fournira des possibilités de réduction de la vulnérabilité des pauvres.
Une approche qui prend en compte la mitigation environnementale et la durabilité
est également nécessaire. Les différents programmes et stratégies sectoriels
(PADR, code de l’eau, PE2,…) seront revus pour l’inclusion des stratégies de
mitigation et des analyses des risques et des catastrophes.
Actions stratégiques :
Actions stratégiques :
76
Dans cette situation particulière, la vulnérabilité désigne l’accès à la nourriture (sécurité alimentaire), l’accès
à l’eau (sécurité en eau), et l’accès à des moyens de vie (sécurité des moyens de vie)
99
Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
La gestion des catastrophes est devenue une priorité dans l’ordre du jour des
forums régionaux et interrégionaux tels que la Banque Africaine pour le
Développement (BAD), l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), l’Association des
Nations du Sud Est Asiatique (ASEAN) et la Coopération Économique dans la
Région Asie Pacifique (APEC). Du fait de leur nature même, les cataclysmes
traversent les frontières, que ce soit à leur origine ou par leurs impacts, menaçant
ainsi la sécurité des zones frontalières et le partage des ressources. Dans
l’ensemble, la coopération régionale concerne à la fois la collaboration en terme
de mobilisation de l’aide dans les zones faibles, pour le partage des ressources
matérielles et techniques, ainsi que la volonté d’éviter la répétition inutile des
recherches scientifiques et techniques dans les zones vitales.
Actions Stratégiques:
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
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Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes - Madagascar
ANNEXES
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