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Démocratie Et Pluralisme Politique : 1) La Participation Des Citoyens Au Pouvoir

Le document décrit les théories de la souveraineté populaire et de la souveraineté nationale, et explique les différences entre démocratie représentative et démocratie directe. Il donne des exemples de systèmes politiques dans différents pays.

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Démocratie Et Pluralisme Politique : 1) La Participation Des Citoyens Au Pouvoir

Le document décrit les théories de la souveraineté populaire et de la souveraineté nationale, et explique les différences entre démocratie représentative et démocratie directe. Il donne des exemples de systèmes politiques dans différents pays.

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Sciences politiques et droit administratif /Mme Manel ABDERRAZAK/2ème L.

Gestion/2020-2021

*Démocratie et pluralisme politique*

1) La participation des citoyens au pouvoir :


Dans les régimes royaux et les monarchies, le détenteur de la souveraineté
était le monarque absolu qui détenait son pouvoir de la puissance divine.
Dès le XVIIIeme siècle, deux théories de la souveraineté se sont opposées :
la théorie de la souveraineté populaire et la théorie de la souveraineté
nationale.

a/ le peuple est le détenteur de la souveraineté :


Ces deux théories se veulent démocratiques.. Elles ont pour but de faire
participer le citoyen au choix politique mais les modalités sont différentes.

 La théorie de la souveraineté populaire : se veut plus


démocratique. C’est Jean-Jacques Rousseau qui a théorisé la souveraineté
populaire dans « Du contrat social ». Il préconise une participation directe
des citoyens à l’organisation du pouvoir par le suffrage universel, par la
pratique décisionnelle directe du peuple et par le mandat impératif des
représentants (les élus du peuple ont des obligations de rendre des comptes
aux électeurs sous peine de révocation).
Le suffrage universel consiste en la reconnaissance du droit de vote à
l'ensemble des citoyennes et citoyens. Il est défini par opposition au
suffrage restreint par des conditions de fortune, de capacité, d'hérédité, qui
réserve le droit de vote à certains citoyens, en particulier au suffrage
censitaire ou au suffrage capacitaire. Il est l'expression de la souveraineté
populaire et de la volonté générale dans un régime démocratique. Dans sa
version moderne, il est individualisé, c'est-à-dire qu'il s'effectue selon le
principe « une personne, une voix », contrairement au vote plural ou au vote
familial.
Cette conception suscite la critique de ceux qui la considèrent utopique et
inapplicable et qui ont développé la théorie de la souveraineté nationale.

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Sciences politiques et droit administratif /Mme Manel ABDERRAZAK/2ème [Link]/2020-2021

 La théorie de la souveraineté nationale : se veut plus élitiste.


Théorisée par Sieyès. Cette notion apparaît aux XVIIe et XVIIIe siècles
avec John Locke (1632-1704) et Montesquieu (1689-1755) qui énoncent
le principe de séparation des pouvoirs, fondement des systèmes
de représentation.
La souveraineté nationale est le principe selon lequel
la souveraineté appartient à la nation qui est une entité collective abstraite,
unique et indivisible. La nation ne se limite pas aux seuls citoyens vivants,
mais inclut les citoyens passés et futurs. De ce fait, elle est supérieure à la
somme des individus qui la composent. C'est ce qui la différencie de
la souveraineté populaire.
Cette théorie ne préconise pas le suffrage universel : elle le rejette car elle
considère qu’une grande partie du peuple n’est pas en mesure d’exprimer
un suffrage (il faut replacer cette théorie dans un contexte de société où les
¾ de la population sont analphabètes).

La souveraineté nationale ne pouvant gouverner directement, elle implique


un filtrage démocratique ne permettant qu’à certaines personnes de voter et
elle implique un régime représentatif. Les représentants de la nation sont
titulaires d'un mandat représentatif et œuvrent dans l'intérêt de la nation
toute entière. Chacun représente la nation entière et non ses seuls électeurs.

Ainsi, les décisions des représentants de la nation ne peuvent être contestées


par les citoyens actuels car ces derniers ne représentent pas toute la Nation,
notamment les citoyens futurs. Pour éviter les abus de pouvoir, il est
nécessaire de mettre en place des contre-pouvoirs pour contrôler les
représentants, comme la séparation des pouvoirs ou une constitution dont
le Conseil constitutionnel est, en France, ou la Cour constitutionnelle en
Tunisie, le garant.

La souveraineté nationale exclut la démocratie directe, même si dans


une démocratie représentative on peut trouver des procédures de démocratie
directe comme le suffrage universel ou le référendum.

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Sciences politiques et droit administratif /Mme Manel ABDERRAZAK/2ème [Link]/2020-2021

Ces deux théories de la souveraineté ne s’écartent plus aujourd’hui. Tout


système démocratique a emprunté aux deux. En effet, le suffrage universel
s’est généralisé et le régime représentatif est dominant. Pa contre, le mandat
impératif dans la démocratie exclusivement directe n’a jamais été appliqué.
C’est une curiosité historique.
Cette atténuation des différences est résumée par exemple dans l’article 3
de la Constitution française de 1958 : « la souveraineté nationale appartient
au peuple qui l’exerce par l’intermédiaire de ses représentants et par la voie
du référendum ».
L’article 3 de la Constitution tunisienne de 2014 va dans le même sens:
"Le peuple est le titulaire de la souveraineté et la source des pouvoirs. Il
les exerce à travers ses représentants élus ou par la voie de référendum."
Par conséquent, tout système démocratique doit, impérativement,
respecter les grands principes de la souveraineté : suffrage universel et
élection des représentants dans le cadre d’élections disputées.
b/ Démocratie représentative et démocratie directe:

Certains systèmes peuvent être exclusivement représentatifs où la


décision ne se conçoit que par les représentants, mais il peut y avoir des
systèmes qui conçoivent les deux types de démocratie.
 La Grande Bretagne est un système quasi représentatif et où le
Parlement incarne toute la volonté du peuple. Le référendum est une
technique rare au R-U. Le Royaume-Uni était entré en 1973 dans le Marché
commun, ce qui avait été confirmé par référendum en 1975, il s'en est
séparé en 2020 (à la suite du référendum de 23 juin 2016. (Le Brexit : sortie
effective du Royaume-Uni de l'Union européenne le 31 janvier 2020).
 La Constitution de l’Allemagne interdit toute expression directe du
peuple et instaure une démocratie exclusivement parlementaire.
 La France et la Tunisie sont dans une situation intermédiaire puisque le
référendum législatif est possible mais uniquement dans certains domaines

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Sciences politiques et droit administratif /Mme Manel ABDERRAZAK/2ème [Link]/2020-2021

(article 82, § 1er de la Constitution tunisienne). Le référendum


constitutionnel est également possible (article 144, §3 de la Constitution
tunisienne). Mais la place du référendum dans les Constitutions française et
tunisienne est relativement limitée.
 La Suisse est système où la représentation directe a une place très
respectable, voire même une place unique dans les systèmes occidentaux.
Cette participation du peuple intervient aussi bien au niveau fédéré qu’au
niveau fédéral. L’initiative du référendum n’est d’ailleurs pas réservée aux
autorités politiques, mais aussi aux citoyens : c’est le référendum
d’initiative populaire qui permet aux citoyens de solliciter l’intervention du
peuple pour approuver une proposition de loi.
 L’Italie exerce le référendum aussi, mais la pratique est moins poussée
qu’en Suisse. Dans sa Constitution de 1947, l’Italie permet aux citoyens
d’organiser des référendums d’initiative populaire.
 Aux Etats-Unis d’Amérique, il faut distinguer entre le niveau fédéral
où il n’y a pas de place pour la démocratie directe, et le niveau fédéré des
Etats membres : les Etats de la côte Est ont une démocratie représentative
dans leur Constitution, alors que les Etats de la côte ouest pratiquent la
démocratie directe.

Dans ces Etats, le référendum est décisionnel. En revanche, il ya des


Constitutions où le référendum est consultatif, exemple : le référendum
néerlandais, c-à-d que le gouvernement peut ne pas appliquer la décision
du peuple. En Espagne aussi, le référendum est consultatif.

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