Régulation Télécoms en Algérie
Régulation Télécoms en Algérie
Jury :
Ce travail est l’aboutissement d’un effort auquel ont contribué de nombreuses personnes
auxquelles je tiens ici à exprimer toute ma gratitude.
- Le Professeur ZOUAÏMIA Rachid, d’avoir dirigé ce travail et qui a toujours été à mes côtés
et a toujours su m’apporter les conseils pédagogiques, les critiques, la rigueur
méthodologique et les suggestions nécessaires à la bonne avancée de ce travail. Je tiens ici à
lui témoigner ma sincère reconnaissance.
- Le Professeur DELEBECQUE Philippe, d’avoir co-dirigé cette Thèse et qui m’a facilité
l’accès à plusieurs bibliothèques d’institutions Françaises durant mon séjour scientifique à
Paris 1. Ses conseils ont été essentiels pour la finalisation de ce travail.
Mes remerciements s’adressent également à tous mes enseignants, à M. Ferchouli Md. Bachir
& Dr. Oussidhoum Youcef pour avoir corrigé les erreurs de style et d’orthographe de ce
travail.
Je tiens à remercier aussi mes collègues de l’équipe de recherche sur "le droit de la
régulation à l’épreuve des impératifs de bonne gouvernance" de l’Université de Béjaia, et en
particulier M. Aissaoui Azedine.
Je tiens enfin à remercier ma famille et mes proches pour la constance de leur soutien.
Que soient enfin remerciés tous ceux qui, à divers niveaux, ont concouru à la réalisation de
ce travail.
"Le droit de la régulation économique se met en place,
en grande partie sur les cendres de l’organisation
économique construite autours des monopoles
d’Etat en charge des services publics"
Frison-Roche Marie-Anne,
« Définition du droit de la régulation économique»,
D, 2004
SOMMAIRE
Introduction………………………………………………………………………….09
Conclusion générale………………………………………………………………………..382
4
Table des abréviations
5
CNPE : Conseil National des Participations de l’Etat
COB : Commission des Opérations de Bourse (France)
Coll. : Collection
CDMT : Commission pour le Développement Mondial des Télécommunications
CMILT : Coût Moyen Incrémental de Long Terme
CNIL : Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (France)
Cons. Conc. : Conseil de la Concurrence
C.const. : Conseil Constitutionnel
COSOB : Commission d’Organisation et de Surveillance des Opérations de Bourse
CSA : Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (France)
CSM : Conseil Supérieur de la Magistrature
CSI : Conseil Supérieur de l’Information
CPCE : Code des Postes et des Communications Electroniques (France)
CREG : Commission de Régulation de l’Electricité et du Gaz
D : Recueil Dalloz
DSP : Déclaration de Politique Sectorielle
EDCE : Etudes et Documents du Conseil d’Etat
Ed : Edition
EPE : Entreprise Publique Economique
Fasc. : Fascicule
FMI : Fonds Monétaire International
Gaz. Pal : Gazette du Palais
GSM : Global System for Mobiles (système global pour les communications mobiles)
ISP : Internet Service Provider
IDEP : Institut D’Economie Publique
IDE : Investissements Directes Etrangers
JCP : La Semaine Juridique- Jurisclasseur périodique
JORA : Journal Officiel de la République Algérienne
JORF : Journal Officiel de la République Française
JOCE : Journal Officiel des Communautés Européennes
Litec : Librairies Techniques
6
LGDJ : Librairie Générale de Droit de Jurisprudence.
LPA : Les Petites Affiches
Obs. : Observations
OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Economique
OMC : Organisation Mondiale du Commerce
OPU : Office des Publications Universitaires
OTA : Orascom Telecom Algérie
OTH : Orascom Telecom Holding
MPTIC : Ministre de la Poste et des Technologies de l’Information et de
Communication
PAS : Programme d’Ajustement Structurel
PED : Pays En voie de Développement
PIB : Produit Intérieur Brut
PNUD : Programme des Nations-Unis pour le Développement
PUF : Presses Universitaires de France
PTT : Postes Télégraphe et Téléphone
QPC : Question Prioritaire de Constitutionnalité
RASJEP : Revue Algérienne des Sciences Juridiques, Economiques et Politiques
RARJ : Revue Académique de la Recherche Juridique (université de Béjaia)
Rev. Conc. Consom : Revue Concurrence et Consommation
Rec. : Recueil
RDC : Revue Des Contrats
RDP : Revue de Droit Public et de la science politique
RFE : Revue Française d’Economie
RFAP : Revue Française d’Administration Publique
RIDC : Revue Internationale de Droit Comparé
Rép. : Répertoire
Rép. Pén. : Répertoire Pénal
Rev. Adm. : Revue Administrative
RFAP : Revue Française d’Administration Publique
RFDA : Revue Française de Droit Administratif
RIDE : Revue Internationale de Droit Economique
7
RJC : Revue de la Jurisprudence Commerciale
RRJ : Revue de la Recherche Juridique- Droit prospectif
RTD com. : Revue Trimestrielle de Droit Commercial et de droit économique
RTD eur. : Revue Trimestrielle de Droit Européen
RTCP : Réseau Téléphonique Commuté Public
SPA : Société Par Actions
S/dir. : Sous Direction
S.U : Service Universel
TC : Tribunal des Conflits
TIC : Technologies de l’Information et de la Communication
UIT : Union Internationale des Télécommunications
UMTS : Universal Mobil Telecommunications System (système de communications
mobile de troisième génération à vocation mondiale)
UNESCO : Organisation des Nations-Unis pour l’Education, la Science et la Culture
VOIP : La Voix sur IP
Vol. : Volume
VSAT : Very Small Aperture Terminal (station terrienne à antenne de faible
dimension; liaison satellitaire correspondante)
WLL : Wirless Local Loop
WTA : Watania Telecom Algérie
8
INTRODUCTION____________________________________________________
INTRODUCTION
1
- Art. 15 de la Constitution de l’UIT du 22 décembre 1992, modifiée à Kyoto en 1994, en 1998 à
Minneapolis et en 2002 à Marrakech. La Constitution affirme dans son préambule le droit souverain
pour chaque Etats de réglementer le secteur des télécommunications., www.uit.int/.
2
- Cf. KOUNDOUL (I.), Les télécommunications en Afrique : du sous développement à la
libéralisation économique, Thèse de doctorat en droit, Université Paris 1, panthéon-Sorbonne, 2008,
p.2.
3
- LAGET ANNAMAYER (A.), La régulation des services publics en réseaux : télécommunications
et électricité, L.G.D.J, Paris, 2002, p.11.
4
- Cf. CURIEN (N.), « Régulation des réseaux : approches économiques », Annales des mines, octobre
1994, pp. 20-26.
9
INTRODUCTION____________________________________________________
5
- Ordonnance n° 75-89 du 30 décembre 1975 portant code des postes et télécommunications, JORA
n°29 du 09-04-1976, p. 338, abrogée et remplacée par la loi n° 2000-03 du 05 août 2000 fixant les
règles générales relatives à la poste et aux télécommunications, JORA n° 48 du 06-08-2000., modifiée
et complétée par loi n° 06-24 du 26 décembre 2006 portant loi de finance pour 2007, JORA n° 85 du
27 décembre 2006 (la modification concerne l’art. 116 de la loi 2000-03 ayant trait aux comptes
courants postaux).
10
INTRODUCTION____________________________________________________
6
- Cf. CHEVALLIER (J.), « La nouvelle réforme des télécommunications : rupture et continuité »,
RFDA, septembre-octobre 1996, p.909
11
INTRODUCTION____________________________________________________
12
INTRODUCTION____________________________________________________
13
PREMIÈRE PARTIE
L’ENCADREMENT LIBÉRAL DES
TÉLÉCOMMUNICATIONS :
LA RÉGULATION ÉCONOMIQUE
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
15
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
TITRE I
LA RÉGULATION SECTORIELLE : MÉCANISME
D’OUVERTURE DES TÉLÉCOMMUNICATIONS A LA
CONCURRENCE
Les réformes du secteur s’inscrivent dans le cadre d’une politique sectorielle
dont l’objet est de mettre au diapason des nouvelles technologies de l’information
et de communication et de hisser la qualité des services au niveau de ceux offerts
sur les marchés internationaux. Les causes des réformes du secteur des
télécommunications sont pratiquement les mêmes que celles des autres pays les
ayant entreprises.
L’évolution technologique est la principale raison, au niveau international, de
la déréglementation des télécommunications. La réforme engagée par les pouvoirs
publics algériens résulte, en grande partie, d’un processus de transposition1 des
orientations multilatérales et de la déréglementation mondiale du secteur des
télécommunications (Chapitre I). La déréglementation -partie des États-Unis -
s’est "répandue comme une trainée de poudre" et le monde des
télécommunications explose de tous côtés : "le combat est planétaire"2. Mais,
comme indiqué plus haut, la dérèglementation s’accompagne d’une nouvelle
réglementation que l’on appelle régulation. Cette dernière est très récente en
Algérie ; elle est le fruit du phénomène mimétique et de l’émergence des autorités
de régulation indépendantes dans le tissu administratif algérien.
Suivant les orientations multilatérales, mais aussi l’arrivée des nouvelles
technologies de l’information et de communications, le législateur algérien procède
à la réforme du secteur en l’an 2000 en adoptant une législation sectorielle
d’application concurrentielle (Chapitre II). Cette loi marque la fin du monopole
public sur les activités de télécommunications en ouvrant le secteur à l’initiative
privée et, en dissociant les activités de réglementation, d’exploitation et de
régulation.
1
- Un auteur va jusqu’à parler de "contagion déréglementaire dans les télécommunications des pays
du tiers-Monde". ELYAHIAOUI (Y.), Les télécommunications à l’épreuve des mutations : Etat,
monopole, déréglementation et concurrence, éd. Okad, Rabat, 1995, p. 62.
2
- DARMON (J.), Le grand dérangement : la guerre du téléphone, éd. Jean-Claude Lattès, Paris,
1985, p. 9
16
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
CHAPITRE I
3
- BELMIHOUB (M.-C.), « Dérèglementation dans les activités de réseaux : l’apport des nouvelles
régulations économiques », Revue Idara, n° 21, 2001, pp.5-22, dans ce sens également, ZOUAÎMIA
(R.), « Déréglementation et ineffectivité des normes en droit économique algérien », Revue Idara, n°
21, 2001, pp. 127- 131
4
- MUSSO (P.), Le fonctionnement symbolique des télécommunications : théorie saint-simonienne et
régulation des réseaux, Thèse de doctorat en Sciences politiques, Université Paris -1 Panthéon
Sorbonne, 1996, p.738, Voir également, BRAIBANT (G.), « Le problème des circulaires », in Les
dérèglementations : étude comparative, colloque de l’IFSA, éd. Economica, Paris, 1988, p. 347.
5
- CHEVALLIER (J.), « Les politiques de dérèglementation », in Les dérèglementations : étude
comparative, op.cit. p. 12. Selon l’auteur, la promotion de la déréglementation à un véritable dogme
17
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
n’est pas dénuée d’équivoque. La diffusion du concept de dérèglementation a, en effet, été assortie
d’une surcharge de significations : le vocable désigne des phénomènes extrêmement divers, tels que la
simplification, l’assouplissement ou l’allègement des règlements, mais aussi l’ouverture de secteurs
jusqu’alors monopolisés par l’Etat à la concurrence, la privatisation d’organismes publics, la
disparition des privilèges etc.
6
- MUSSO (P.), Le fonctionnement symbolique des télécommunications…, op.cit, p.739.
18
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
SECTION I
7
- Voir, Rapport de l’UIT sur, Tendance des réformes dans les télécommunications : une régulation
efficace, UIT, 2002.
8
- Cf. KANE (O.), Economie de la régulation postcoloniale du secteur des télécommunications
sénégalaises dans le cadre de la gouvernance globale : le cas des ressources communes, Thèse de
Doctorat en communications, Université du Québec, 2008, p. 174.
19
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
Les années 1990 ont été marquées par un essor exceptionnel des services de
télécommunications sous l’effet de trois facteurs majeurs : le basculement dans le
paradigme numérique, le rôle de la connaissance dans les modèles de croissance
économique et le changement du régime institutionnel.
A. Facteurs d’évolution
9
- Tendances des réformes dans les télécommunications : une régulation efficace, Rapport de l’UIT,
2002. Pour plus de détails sur cette question, voir, KOUNDOUL (I.), Les télécommunications en
Afrique…, op.cit, p.32, Voir également, CHAPPEZ (J.) et al. « Mondialisation et services publics », in
LOQUIN (E.) et KESSEDJAN (C.) (s/dir.), La Mondialisation du Droit, éd. Litec, Paris, 2000, p. 88
et ss.
20
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
1- La numérisation
Une profonde réorganisation du secteur des télécommunications a été
impulsée par la diffusion d’une grappe d’innovations technologiques dans les
domaines de la micro-électronique et de l’informatique, dominée notamment par
l’accroissement exponentiel des capacités des circuits intégrés et la numérisation du
traitement de l’information. Ces innovations technologiques ont entraîné une
réduction importante des coûts d’exploitation des réseaux de télécommunication et
ont considérablement amélioré leur efficacité. Le basculement vers un nouveau
paradigme technologique, le paradigme numérique, a eu pour le moins trois
conséquences importantes : l’intégration des réseaux informatiques et de
télécommunications, préalablement inscrits dans des sentiers technologiques
spécifiques, le redéploiement en amont des infrastructures de télécommunication et
le développement de l’industrie naissante du contenu multimédia intégré en aval10.
Ces évolutions technologiques ont permis la mise en place de nouvelles capacités
de télécommunications - à la fois complémentaires et concurrentes - et une
diversification de l’offre de services.
Servie par les progrès corrélatifs réalisés dans les domaines de la compression
des données et de la puissance de calcul des microprocesseurs, la numérisation a
ouvert les portes d’un monde nouveau où tout trafic est un échange de données
acheminées à des vitesses et pour des volumes très supérieurs à ceux que l’on
connaissait jusqu’alors, ce que résume, aujourd’hui, une expression fréquemment
répétée, le « haut débit »11.
Le réseau mondial (qui est l’Internet) n’a connu le succès que l’on sait que
suite à la déréglementation du secteur des télécommunications associée aux
nouvelles perspectives techniques du progrès de l’informatique12. L’infrastructure
internationale et décentralisée de l’Internet doit beaucoup à cette préalable
déréglementation du secteur des télécommunications qui a créé les conditions
10
- Voir, KHADRAOUI (W.), Société de l’information : genèse, enjeux et défis de la gouvernance
mondiale, Thèse, Université Paris II, Panthéon- Assas, 2006, p.60.
11
- KOUNDOUL (I.), Les télécommunications en Afrique : …, op.cit, p.32
12
- Voir, AMBLARD (P.), Régulation de l’Internet : l’élaboration des règles de conduite par le
dialogue internormatif, éd Bruylant, Bruxelles, 2004, p.56.
21
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
13
- AMBLARD (P.), Régulation de l’Internet : l’élaboration des règles de conduite par le dialogue
internormatif, op.cit, p.57 ; Voir également, BRAIBANT (G.), « Le problème des circulaires », in les
dérèglementations…, op.cit, p. 347.
14
- Cf. BELMIHOUB (M.-C.), « Grandeur et décadence du monopole public : réflexion sur les
changements dans la gestion des activités de service public de réseaux », Revue Idara, n° 25, 2003,
pp.185-195.
22
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
2- La fracture numérique
15
- Commission indépendante pour le développement mondial des télécommunications, « Le chaînon
manquant », Rapport Maitland, 1985, www.itu.int ; Cette étude précurseur qui constitue une référence
dans les organisations internationales, attirait l’attention sur l’écart considérable entre les pays
développés et en développement en matière d’accès au téléphone. La Commission a unanimement
conclu que le profond déséquilibre qui ne cessait de croître dans la répartition des moyens de
télécommunication à l’échelle planétaire était intolérable.
16
- Voir, France Télécom, Les Télécommunications, dirigé par Du Castel François, éd. Berger-
Levrault International, Paris, 2003, p.87 et s.
17
- L'UIT (Union Internationale des Télécommunications) a été fondée à Paris en 1865 sous le nom
d'Union télégraphique internationale. Elle porte son nom actuel depuis 1934. En 1947, elle est devenue
l'une des institutions spécialisées des Nations Unies. Bien que son domaine d'activité initial ait été la
télégraphie, ses travaux couvrent aujourd'hui l'ensemble du secteur des TIC, de la radiodiffusion
numérique à l'Internet, en passant par les technologies mobiles et la TV3D. Son siège est à Genève
(Suisse) et elle a douze bureaux régionaux et de zone répartis dans le monde. www.itu.int
18
- KOUNDOUL (I), Les télécommunications africaines…op.cit., p. 33 et s.
19
- RAPP (L.), « Les accords du GATT et les activités de télécommunications dans la réorganisation
mondiale des échanges : problèmes juridiques », in Colloque de Nice de la SFDI. Ed. Pedone, Paris,
1996, p.153
23
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
20
- KHADRAOUI (W.), Société de l’information : genèse, enjeux et défis de la gouvernance, op.cit, p.
37.
21
- Banque Mondiale, « Le savoir au service du développement », Rapport sur le développement dans
le monde, Washington, D.C, Banque Mondiale, 1999, p. 4 et s, www.worldbank.org
/external/default/main
22
- Cf. PNUD, Rapport mondial sur le développement humain, New-York, PNUD, 2001,
www.undp.org/fr/rapports/mondial/rdh2001/
24
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
23
- Voir, Rapport de l’UNESCO, Vers les sociétés du savoir, éd. Unesco, Paris, 2005,
www.unesco.org
24
- Fracture Numérique : son équivalent anglais est « Digital divide ». Cette expression est définie
comme une série d’écarts ou de disparités observés dans l’accès aux technologies et aux réseaux
numériques. Cf. SOUPIZET (J.-F.), « La fracture numérique : mesure et spécificités »,
www.africanti.org/
25
- KHADRAOUI (W.), Société de l’information : genèse, enjeux …, op.cit, p. 5 et s.
25
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
26
- DO-NASCIMENTO (J.), « La dérèglementation du marché africain des télécommunications », in
GABAS (J.-J.) (s/dir.), Société numérique et développement en Afrique, usages et politiques publiques,
éd. Karthala, Paris, 2004, pp. 123-150, KOUNDOUL (I), Les télécommunications en
afrique…op.cit,p.36 et s.
27
- KHADRAOUI (W.), Société de l’information : genèse, enjeux et …, op.cit, p. 106.
28
- Cf. CARREAU (D.) & JUILLARD (P.), Droit international économique, 4e édition, L.G.D.J, Paris,
1998, p. 101.
29
-Annexe 1B de l’OMC, portant accord général sur le commerce et des services,
www.wto.org/french/docs_f/legal_f/26-gats.pdf
26
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
30
- Voir, l’article 2 de l’accord, précité.
31
- DO-NASCIMENTO (J.), « La dérèglementation du marché africain des télécommunications »,
op.cit, p.128.
32
- BRONCKERS (M.), « Les télécommunications et l’Organisation mondiale du commerce », AJDA,
1997, p.267.
33
- OMC, « Les négociations sur les télécommunications aboutissent à un accord historique »,
FOCUS, Bulletin d’information de l’OMC, n° 26, Février 1997, www.wto.org , voir également,
BRONCKERS (M.), « Les télécommunications et l’organisation mondiale du commerce », Ibid.
27
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
Les pressions en vue de l’ouverture des marchés ont rapidement porté leurs
fruits dans le secteur des télécommunications. Un certain nombre d’Etats ont
engagé un processus de dérèglementation qui modifie profondément l’organisation
juridique traditionnelle des télécommunications fondée sur le principe de la
souveraineté des Etats35.
34
- Rapport de l’UIT, 2002, op.cit. V, commentaire de DO-NASCIMENTO (J.), « La
dérèglementation du marché africain des télécommunications », op.cit, p.128 et s.
35
- Ibid., v. également, CURIEN (N.) & GENSOLLEN (M.), Economie des télécommunications, éd
Economica, Paris, 1992, p. 62.
36
- C’est ainsi que des programmes ont vu le jour comme celui des Nations-unies pour le
développement (PNUD) en 1965 ; un programme d’assistance technique qui fournissait déjà en 1980,
61 millions de dollars en aide aux projets de télécommunications nationaux exécutés par l’UIT et 17
millions pour des projets internationaux.
37
- Cf. CARREAU (D.) et al. Droit international économique, 3e éd. L.G.D.J, Paris, 1990, p. 215 et ss.
38
- En effet, à la signature de l’accord final de l’Uruguay Round à Marrakech en Avril 1994, plusieurs
Etats Africains (comme le Kenya, le Nigeria, le Sénégal) avaient soumis des listes d’engagements de
libéralisation de certains services. Lors de la conclusion des négociations en Février 1997, l’Afrique
du sud, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Maroc, la Tunisie et le Sénégal ont fait partie des 68
gouvernements ayant soumis des listes d’engagements. Voir, l’article IV sous le titre « Participation
croissante des pays en développement », de l’annexe 1B portant accord général sur le commerce et des
28
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
services, op.cit. Sur la question du droit au développement dans le domaine des télécommunications,
voir, KOUNDOUL (I.), Les télécommunications en Afrique :…, op.cit, p. 35 et ss.
39
- Cf. SANOUSSI (B.), « Etats et enjeux des négociations à l’OMC sur le commerce des services :
priorités des pays en développement francophones », communication au colloque de l’agence
intergouvernementale de la francophonie sur Les enjeux de la conférence ministérielle de Cancún pour
les pays francophones, Paris, 25 et 26 Juin 2003, www.ecdpm.org/web-ecdpm/web/content/download
40
- Rejetant l’accusation d’une libéralisation des services qui entraînerait une déréglementation forcée
des services, l’OMC a rappelé à de nombreuses reprises que les négociations résultent d’un processus
volontaire des Etats membres, reposant sur un processus démocratique, que les services publics ne font
pas partie des négociations sur les services, que la libéralisation n’entraîne pas la privatisation, que le
droit de réglementer est explicitement reconnu par l’AGCS et que les négociations sont menées de
manière transparente, les communications des Etats membres étant disponibles sur le site de l’OMC.
www.wto.org.
29
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
41
- L’arrêt Munn concernait le stockage de Grains, mais il traite clairement de « Public Utilities »,
terme communément utilisé en anglais pour désigner les services comportant des missions d’intérêt
général. La cour suprême avait indiquée que l’Etat d’Illinois avait le droit de fixer les prix dans une
entreprise puisque celle-ci était revêtue de l’intérêt public. Voir, WOOD (M.), « Régulations
nationales : Royaume-Uni », in VANDAMME (D.) et VAN DER MENSBRUGGHE (F.) (s/dir.), La
régulation des services publics en Europe, éd. ASPE Europe, Paris, 1998, p. 107-159.
30
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
C’est sur cette base que se sont constituées les autorités de régulation
américaines sous la forme de commissions indépendantes (Indepedant regulatory
commissions ou IRC), crées par le Congrès. Dans ce sens, l’exploitation des
télécommunications a toujours été confiée à des monopoles privés sous le contrôle
d’agences chargées de la régulation du marché42. Depuis 1934, le secteur est sous
contrôle de la Federal Communication Commission (FCC) en remplacement du
post master general43. La loi Anti trust du Scherman act interdisait le monopole des
télécommunications et, c’est ainsi que la situation exceptionnelle d’AT&T qui
dominait le secteur par une intégration verticale autour du "bell system" sauta après
les deux guerres.
L’introduction de la concurrence dans les années 60, en commençant par le
segment des liaisons longue distance et des réseaux de données, finira par le
démantèlement définitif d’AT&T en 1982. La promulgation en février 1996 du
Telecom Act marqua la libéralisation totale du secteur américain des
télécommunications. Cette loi autorisera le décloisonnement entre les trois
principaux marchés de la communication : téléphonie, vidéocommunication et les
services de télécommunications longue distance44.
B –La dérèglementation britannique
Comme de nombreuses autres régions d’Europe, le Royaume-Uni a assisté,
pendant la période de l’après-guerre, à la nationalisation d’un nombre important de
services publics passant sous la propriété et le contrôle de l’Etat. Mais malgré
l’obtention de quelques succès notoires dans la fourniture des services publics,
42
- BROUSSEAU (E.), PETIT (P.) et PHAN (D.), Mutations des télécommunications : des industries
et des réseaux, éd. Economica, Paris, 1996, p.36.
43
- La Federal Communication Commission (FCC), agence administrative indépendante, est chargée
d'assurer la régulation tant de l'audiovisuel que des télécommunications. Suite à l'ouverture de ce
secteur, dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix : le monopole public éclate inévitablement ; le
service public doit être défini et trouver sa place, l'Etat, abandonnant sa fonction d'exploitant, doit
préciser son rôle de régulateur, Voir, MAISL (H.), « La régulation des télécommunications,
changements et perspectives », RFDA 1995 p. 449 ; voir également sur ce sujet, ZOLLER (E.), « Les
agences fédérales américaines, la régulation et la démocratie », RFDA, n° 4, Juillet-Aout 2004, p.757.,
CONAC (P.-H.), « Un exemple étranger : la SEC aux Etats-Unis », in le contrôle démocratique des
autorités administratives indépendantes à caractère économique, Economica, Paris, 2002, pp. 34-42.
44
- Voir, KOUNDOUL (I), Les télécommunications africaines…op.cit, p. 42
31
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
comme dans l’industrie du gaz, la désillusion prit la forme d’une critique croissante
de la production étatique à fin des années 1960 et au cours des années 197045.
Le changement incrémentiel avait été la philosophie et la pratique, à la fois,
des gouvernements travaillistes et conservateurs dans le cadre d’un Etat et d’une
économie corporatiste, mais le corporatisme en tant que philosophie et idéologie fut
abandonnée en 197946.
L’élection du gouvernement Thatcher vit naître un changement fondamental et
profond dans la manière dont les services publics étaient fournis. De ce fait, il y eut
l’instauration de formes radicalement nouvelles de régulation et de contrôle, qui
allaient refléter la nouvelle structure industrielle, l’orthodoxie économique et
politique de l’époque, l’influence grandissante de la concurrence globalisée et
l’influence croissante de l’Europe.
Ce nouveau gouvernement avait pris la décision de privatiser presque toute la
fourniture des services publics britanniques. Dans ce cadre, la libéralisation des
télécommunications britanniques commença en 1981 par le British
Telecommunications act qui procéda à la séparation entre British Telecom et le Post
office en même temps que le premier perdit l’exclusivité de la fourniture des
terminaux. Il posa également le principe de la concurrence entre opérateurs qui
débutera avec l’entrée sur le marché de Mercury. L’opérateur naturel ne sera
privatisé qu’en 1984 après la vente de 50,2% de son capital. L’acte de 1984 mettra
en place un organisme public indépendant : office of telecommunications (OFTEL)
et ouvrira la téléphonie cellulaire à la concurrence47.
45
- V. BELL (J.), « Le service public : l'expérience britannique », AJDA, 1997 p. 130
46
- WOOD (M.), « Régulations nationales : Royaume-Uni », op.cit. 110 et ss.
47
- Le modèle Britannique de régulation est le plus récent mais, de ce fait peut être, d’intérêt plus
immédiat et pratique. Cette expérience est connue sous le nom des organismes mis en place par le
Gouvernement pour réguler divers marchés : les QUANGOS (Quasi autonomous non governemantal
organisations), qui disposent d’un personnel et d’un budget propre, et qui ont proliféré au Royaume-
Uni après la seconde guerre mondiale. Chaque industrie a un office indépendant de régulation (Une
douzaine seulement au début du siècle dernier, elles étaient une centaine en 1959 et entre 489 et 2000
selon un recensement opéré en 1980), voir, Conseil d’Etat Français, Rapport public sur les Autorité
Administratives indépendantes, études & documents n° 52, 2001, p. 283.
32
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
48
- Les réformes en Europe ont commencé avec le livre Vert des télécommunications de la
commission en 1987.
49
- Directive 88-301 de la commission européenne, 16 mai 1988, JOCE, n° L.131, du 27 mai 1988,
p.73.
50
- Directive 90-388/ CEE de la commission européenne, du 28 juin 1990, relative à la concurrence
dans les marchés de services de télécommunications, JOCE, n° L.192, du 24 juillet 1990, p. 10. Les
dispositions importantes de cette directive ont été modifiées et regroupées avec six directives
différentes dans la directive 2002-77/CE de la commission européenne, du 26 septembre 2002, relative
à la concurrence dans les marchés des réseaux et des services de communications électroniques,
JOCE, n° L.249/21 du 17 septembre 2002.
51
- Directive 96-19/CE de la commission européenne, du 13 mars 1996 relative à la réalisation de la
pleine concurrence sur le marché des télécommunications, JOCE, n° L.74, du 22 mars 1996.
52
- Règlement CE n° 288-2000 du Parlement européen et du Conseil du 18 décembre 2000, relatif au
dégroupage de la boucle locale, JOCE, n° L.336 du 30 décembre 2000.
53
- L’expression « paquet télécom » désigne un ensemble de sept textes européens destinés à poser des
règles communes pour la réglementation et la régulation des réseaux dits de « communications
électroniques », à savoir les réseaux des télécommunications et les réseaux audiovisuels. Pour les
télécommunications plus précisément, cinq directives ont été adoptées : une directive cadre (2002-
21/CE) et quatre directives spécifiques : « autorisation » (2002-20/CE), « accès » (2002-19/CE),
« service universel » (2002-21/CE) et « concurrence » (2002-77/CE), JOCE, n° L.108, 24 avril 2002,
p.37. Voir le commentaire de, KOUNDOUL (I), Les télécommunications en afrique…, op.cit, p. 45et s.
33
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
34
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
57
- L’ensemble des textes cités sont publiés sur le site Internet de l’ARCEP, www.arcep.fr/
58
- LAGET-ANNAMAYER (A.), La régulation des services publics en réseaux…, op.cit, p.302
35
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
36
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
SECTION II
59
- V. DU MARAIS (B.), Droit public de la régulation économique, éd. Dalloz et PNESP, Paris,
2004, p.481
60
- Voir, CHEVALLIER (J.), « De quelques usages du concept de régulation », in MIAILLE (M.)
(s/dir.), La régulation entre droit et politique, éd. L’Harmattan, Paris, 1995, pp.71-93, voir également,
MUSSO (P.), La fonction symbolique des télécommunications…, op.cit, p.743.
37
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
38
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
trouve obscurci par la référence au même mot anglais dont la traduction exacte est
« réglementation ». La réglementation peut même être regardée comme une des
formes de la régulation, « celle qui consiste à produire des normes destinées à
discipliner un secteur déterminé » .
Dans sa définition la plus générale, celle liée au modèle dit de l’Etat régulateur,
déchargé des taches d’opérateur, la régulation désigne en fait, les formes diverses
d’intervention par lesquelles l’Etat « garantit pour le présent et pour l’avenir, le
projet social, économique et culturel dont une communauté humaine est dotée »67,
tout en déléguant au maximum les taches opérationnelles à d’autres acteurs.
64
-La régulation est considérée par Yves Gaudemet comme, « un nouveau pavillon de normativité » Y.
Gaudemet, « La concurrence des modes et des niveaux de régulation », RFAP, n°109- 1, 2004, p.
13-16
65
- MAJONE (G.), La communauté européenne: un Etat régulateur, Montchrestien, Paris, 1997, p.
13 à 22
66
-LAGET-ANNAMAYER (A.), La régulation des services publics en réseaux ,op.cit, p. 3 et s.
67
-SILICANI (J-J), « Demain : l’Etat régulateur », Les échos, 16.02.2000, cité dans le rapport public
du Conseil d’Etat Français sur les Autorité Administratives indépendantes, études & documents n°
52, 2001, p. 280 et s.
39
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
Pour d’autres, la régulation signifie que l'intervention de l'Etat est nécessaire dans
la sphère économique, il reste toutefois qu'une telle intervention change de nature :
son rôle consiste à superviser le jeu économique, en établissant certaines règles,
assurer le maintien d’un équilibre d’ensemble, régler les conflits; par la régulation,
l’Etat se pose comme arbitre du jeu économique et non comme acteur ; tout en se
bornant à poser les règles aux opérateurs et en s’efforçant d’harmoniser leurs
actions69.
68
-JOBART (J.C.), "Essai de définition du concept de régulation : de l'histoire des sciences aux usages
du droit", Droit Prospectif, n° 1, 2004, p. 54, cité par ZOUAIMIA (R.), « De l’Etat
interventionniste à l’Etat régulateur : note introductive », op.cit.
69
-CHEVALLIER (J.), « L’Etat régulateur », op.cit., d’autres encore définissent la régulation comme
étant « Une fonction de la puissance publique qui tend à établir un compromis entre des objectifs
et des valeurs économiques et non économiques, pouvant être antinomiques, dans le cadre d'un
marché concurrentiel. La régulation impose ce compromis aux opérateurs sur le marché par des
moyens juridiques. En d'autres termes, il s'agit de la fonction de la puissance publique visant à la
satisfaction de besoins collectifs par des activités de nature économique sous un régime
concurrentiel », MARCOU (G.), « La notion juridique de régulation », A.J.D.A, 2006, p.347
70
-FARJAT (G.), Pour un droit économique, Puf, Paris, 2004, p.115, Un auteur écrit à propos de la
création des autorités de régulation qu’ ‘‘ On voit naître des institutions dont la structure est un
défi aux conceptions juridiques contemporaines (...), Si elles durent, il faut bien que la doctrine
révise ses idées générales et intègre l'existence de ces monstres dans une nouvelle explication de
l'ordre social », CHENOT (B.), Organisation économique de l'Etat, Dalloz, 2e éd., 1965, p. 101.
40
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
adopte par mimétisme les mêmes structures administratives de régulation que celles
des pays occidentaux, tout en les vidant de toute leur substance originelle71.
71
- Voir, ZOUAIMIA (R.), Les autorités administratives indépendantes et la régulation…, op.cit, p.7.
72
- DESCOINGS (R.), « La nécessité d’une réflexion générale et croisée sur la régulation », in
Régulateurs et juges, LPA n°17 (Numéro spécial), Janvier 2003, p.6 et s
73
- GLAMOUR (G.), Intérêt général et concurrence : essai sur la pérennité du droit public en
économie de marché, Thèse de Doctorat en Droit, Université Montpellier I, 2004, p. 646.
74
- CHAMPAUD (C.), « Régulation et droit économique », op.cit, p. 29
41
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
75
- BRACONNIER (S.), « La régulation des services public », RFDA, 2001, p.45
76
- GAZIER (F.) & CONNAC (Y.), Etude sur les autorités administratives indépendantes, EDCE,
1983-1984, n° 35
77
- GLAMOUR (G.), Intérêt général et concurrence...op.cit, p. 646 et s. l’étude du Professeur
GLAMOUR est sans conteste la plus importante des études fournies au sujet de la régulation de ces
dix dernières années.
78
- FRISON-ROCHE (M.-A.), « Les différentes définitions du droit de la régulation », in Colloque
DGCCRF sur : La régulation : monisme ou pluralisme ?, LPA, n° 83, 1998, p.5
79
- Ibid.
80
- Ibid., p. 6
81
GLAMOUR (G.), Ibid., p. 647.
42
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
43
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
86
- Au terme d’une recherche sur la définition du droit de la régulation, le professeur Marie-Anne
Frison-Roche a pu établir que le droit de la régulation correspond à "la construction de secteurs dans
lesquels la concurrence pénètre et qu’elle ne gouverne pas seule", in, « Définition du droit de la
régulation économique », op.cit, p.9 ; Le sujet de cette démarche juridique est ainsi « le secteur
régulé » et son objet, la construction et le maintien des équilibres entre des exigences plurielles.
44
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
87
- En effet, la rente pétrolière couvrait toutes les impérities dans la gestion de l’économie et renvoyait
à plus tard la question d’une véritable économie de production. Cette crise est donc ancienne, elle est
seulement restée latente tant que la rente pétrolière a permis à l’Etat de s’assurer une certaine
autonomie en égard aux critères de la rentabilité économique. Voir, ZOUAÎMIA (R.), « Le droit
économique dans la régulation en Algérie », op.cit ; du même auteur, « L’ambivalence de l’entreprise
publique en Algérie », RASJEP n° 1, 1989, pp. 145- 157.
88
- A partir 1995, l’Algérie a mis en œuvre le programme d’ajustement structurel (P.A.S.) avec le
soutien et les conditionnalités des institutions internationales (F.M.I. et B.M). Voir, BELMIHOUB
(M.-C.), « Gouvernance et rôle économique et social de l’Etat : entre exigences et résistances », Revue
Idara, n° 21, 2001, pp. 7-36.
89
- Sur le processus de déréglementation voir, ZOUAÏMIA (R.), « Déréglementation et ineffectivité
des normes en droit économique algérien », op.cit ; du même auteur, « De l’Etat interventionniste à
l’Etat régulateur : l’exemple algérien », Revue critique de droit et sciences politiques (Université de
Tizi-ouzou), n°1, 2008, pp.7-41.
45
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
90
- L’initiative d’abrogation, par un décret, des textes juridiques instituant un monopole au profit
d’une entité publique, en est la première incertitude. En effet, le décret n°88-201 du 18-10-1988
portant abrogation de toutes dispositions réglementaires conférant aux entreprises socialistes, à
caractère économique, l’exclusivité d’une activité ou le monopole de la commercialisation, JORA, 42
du 19-10-1988, ne peut abroger que des dispositions réglementaires et par conséquent, diverses
activités monopolistiques sont soustraites au champ de son application en ce qu’elles ont été érigées en
monopoles par voie législative. A titre d’exemple, on peut citer l’ordonnance 75-89 du 30 décembre
1975 portant code des postes et des télécommunications, op.cit ; la loi n° 85-07 du 6 Août 1985
relative à la production, au transport, à la distribution d’énergie électrique et à la distribution publique
de gaz, JORA n° 33 du 07-08-1985. Une autre limite est posée par la constitution de 1976 dont les
dispositions ne peuvent s’accommoder d’une véritable libéralisation en ce qu’elle s’articule sur la
propriété publique des moyens de production et le rôle moteur de l’Etat dans l’édification d’une
économie socialiste.
91
- Loi n° 89-12 du 5 juillet 1989 relative aux prix, JORA n°29 du 19-07-1989 (abrogée).
92
- Cf. ZOUAÏMIA (R.), Droit de la régulation économique, éd. Berti, Alger, 2006, p.8
93
- Loi n° 90-10 du 14 Avril 1990 relative à la monnaie et au crédit, JORA n° 16 du 18-04-1990.
Après trois modifications (1993, 1996, 2001), elle a été abrogée et remplacée par l’ordonnance n° 03-
11 du 26 août 2003 relative à la monnaie et au crédit, JORA n° 52 du 27-08-2003, modifiée et
complétée par ordonnance n° 09-01 du 22 juillet 2009 portant loi de finances complémentaire pour
2010, JORA n° 44 du 26-07-2009, modifiée et complétée par ordonnance n° 10-04 du 26 août 2010,
JORA n°50 du 1er septembre 2010.
46
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
94
- Loi n° 90-07 du 3 Avril 1990 relative à l’information, JORA n° 14 du 04-04-1990, modifiée et
complétée par décret législatif n° 93-13 du 26 octobre 1993 se rapportant à certaines dispositions de la
loi n° 90-07 relative à l’information, JORA n° 69 du 27-10-1993, remplacée par la loi organique n° 12-
05 du 12 janvier 2012 relative à l’information, JORA n° 02 du 15-01-2012
95
- Décret législatif n° 93-12 du 5 octobre 1993 relatif à la promotion de l’investissement, JORA n° 64
du 10-10-1993, modifié et complété par la loi n° 98-12 du 31 décembre 1998 portant loi de finances
pour 1999, JORA n° 98 du 31-12-1998. Remplacé par ordonnance n° 2001-03 du 20 août 2001 relative
au développement de l'investissement, JORA n° 47 du 22-08-2001, modifiée et complétée par
ordonnance n° 06-08 du 15 juillet 2006, JORA n° 47 du 19 juillet 2006 ; modifiée et complétée par
ordonnance n° 09-01 du 22 juillet 2009 portant loi de finances complémentaire pour 2009, JORA n° 44
du 26 juillet 2009 ; modifiée et complétée par ordonnance n° 10-01 du 26 août 2010 portant loi de
finances complémentaire pour 2010, JORA n° 49 du 29 août 2010, modifiée et complétée par loi n°
11-16 du 28 décembre 2011 portant loi de finances pour 2012, JORA n° 72 du 29 décembre 2011,
modifiée et complétée par loi n° 12-12 du 26 décembre 2012 portant loi de finances pour 2013, JORA
n° 72 du 30 décembre 2012.
96
- Décret législatif n° 93-10 du 23 mai 1990 relatif à la bourse des valeurs mobilières, JORA n° 34 du
23-05-1993, modifié et complété par ordonnance n° 96-10 du 10 janvier 1996, JORA n° 03 du 14-01-
1996 et loi n° 03-04 du 13 février 2003, JORA n° 11 du 19-02-2003 (rectificatif in JORA n° 32 du 7-
05-2003).
97
- Ordonnance n° 95-06 du 25 janvier 1995 relative à la concurrence, JORA n° 09 du 22-02-1995,
abrogée et remplacée par ordonnance n° 03-03 du 19 juillet 2003 relative à la concurrence, modifiée et
complétée, op.cit
98
- Décret présidentiel n° 96-438 du 7 décembre 1996 relatif à la promulgation au journal officiel de la
République algérienne démocratique et populaire de la révision constitutionnelle adoptée par
référendum du 28 novembre 1996, JORA n° 76 du 08-12-1996 ; Loi n° 2002-03 du 10 avril 2002
portant révision constitutionnelle, JORA n° 25 du 14 avril 2002 ; Loi n° 08-19 du 15 novembre 2008
portant révision constitutionnelle, JORA n° 63 du 16 novembre 2008.
47
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
99
- ZOUAÏMIA (R.), Droit de la régulation économique, op.cit, p. 10
100
- Loi n° 2000-03 du 5 août 2000 fixant les règles générales relatives à la poste et aux
télécommunications, op.cit
101
Loi n° 2000-06 du 23 décembre 2000 portant loi de finances pour 2001, JORA n° 80 du 24-12-2000
(Art. 33), décret exécutif n° 04-331 du 18 octobre 2004 portant réglementation des activités de
fabrication, d’importation et de distribution de produits tabagiques, JORA n° 66 du 20 octobre 2004.
102
- Loi n° 2001-10 du 3 juillet 2001 portant loi minière, JORA n° 35 du 04-07-2001, modifiée et
complétée par ordonnance n° 07-02 du 1er mars 2007, JORA n° 16 du 7 mars 2007.
103
- Loi n° 2002-01 du 5 février 2002 relative à l'électricité et à la distribution du gaz par canalisations,
JORA n° 08 du 06-02-2002.
104
- Loi n° 05-07 du 28 avril 2005 relative aux hydrocarbures, JORA n° 50 du 19 juillet 2005, modifiée
et complété par ordonnance n° 06-10 du 29 juillet 2006, JORA n° 48 du 30 juillet 2006, modifiée et
complétée par loi n° 13-01 du 20 février 2013, JORA n° 12 du 24 février 2013.
105
- Loi n° 05-12 du 4 août 2005 relative à l'eau, JORA n° 60 du 4 septembre 2005, modifiée et
complétée par ordonnance 08-03 du 23 janvier 2008, JORA n° 04 du 27-01-2008, modifiée et
complétée par ordonnance n° 09-02 du 22 juillet 2009, JORA n° 44 du 26-07-2009
106
- Loi n° 06-04 du 20 février 2006 modifiant et complétant l’ordonnance n° 95-07 du 25 Janvier
1995 relative aux assurances, JORA n°15 du 12 mars 2006 (rectificatif in JORA n°27 du 26 avril
2006). Modifiée et complétée par ordonnance n° 10-01 du 26 août 2010 portant loi de finances
complémentaire pour 2010, JORA n° 49 du 29-08-2010.
107
- Décret législatif n° 93-10 du 23-05-1993 relatif à la bourse des valeurs mobilières, modifiée et
complétée, op.cit
108
- Ordonnance n°03-11 du 26-08-2003 relative à la monnaie et au crédit, modifiée et complétée,
op.cit
109
- L’idée selon laquelle, l’Etat pouvait se prévaloir d’être à la fois « scénariste, metteur en scène et
acteur du développement économique » est remise en question aujourd’hui, du fait de multiples
facteurs dont la mondialisation et la faiblesse de l’Etat de juguler la crise multidimensionnelle que
traversait l’Algérie après 1986, on est passé alors d’un Etat interventionniste à un Etat régulateur de
l’activité économique. V. ZOUAÏMIA (R.), « De l'Etat interventionniste à l'Etat régulateur : l’exemple
algérien », op.cit, p.9 et s ; « L’introuvable pouvoir local », Insaniyat, Revue Algérienne
d’Anthropologie et de sciences sociales, n°16, Janvier-Avril, 2002, p.31-53
48
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
110
- CHEVALLIER (J.), L’Etat post-moderne, 2e éd. L.G.D.J, 2004, p. 53.
111
- ARNAUD (A.-J.), Entre modernité et mondialisation, Leçons d’histoire de la philosophie du droit
et de l’Etat, 2e éd. L.G.D.J, 2004, p. 141 et ss., Voir également, LAGGOUNE (W.), « De l’Etat
entrepreneur à l’Etat actionnaire : discours juridique et réalité d’un processus », RASJEP, n° 4, 1993,
p. 723 et ss.
112
- Le sujet de l’Etat régulateur est très débattu ces dernières années par la communauté des juristes,
et l’un des intérêts majeurs de la controverse tient probablement dans l’analyse du passage progressif
-dans l’action de politique économique-, du mode de gouvernement à celui de gouvernance. Voir par
exemple, MAJONE (G.), La communauté européenne: un Etat régulateur, Montchrestien, Paris,
1997, COHEN-TANUGI (L.), Le droit sans l’Etat, Puf, Paris, 1986, CHEVALLIER (J.), « L’Etat
régulateur », RFAP, n°11-3, 2004, pp. 473-482, RENARD (D.), « Les trois naissances de l’Etat-
providence », Rev. Pouvoirs, 94, 2000, p. 19-29
49
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
113
- Cf. CHEVALLIER (J.), L’Etat post-moderne, op.cit, p. 57
114
- COMMAILLE (J.) & JOBERT (B.), « La régulation politique : l’émergence d’un nouveau régime
de connaissance ? » in COMMAILLE (J.) & JOBERT (B.), (s/dir), Les métamorphoses de la
régulation politique, L.G.D.J, Paris, 1998, p. 20.
115
- Avec la promulgation de la loi 90-11 relative aux relations de travail, le contrat succède désormais
au règlement dans diverses matières réglementées précédemment par voie de prescriptions
unilatérales. Voir, loi n°90-11 du 21 Avril 1990 (modifiée et complétée), JORA n° 17 du 25-04-1990
50
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
116
- La régulation est, dans ce sens, qualifiée par un auteur comme étant, "un nouveau pavillon de
normativité", Voir, GAUDEMET (Y.), « La concurrence des modes et des niveaux de régulation »,
RFAP, n°109- 1, 2004, p. 13-16
117
- Cf. FARJAT (G.), Pour un droit économique, Puf, Paris, 2004, p.115.
118
- HAMROUCHI (N.), Le droit algérien entre mimétisme et créativité, Thèse de doctorat en droit,
Université de Nice-Sophia Antipolis, 1990, p. 187.
119
-Voir, DU GOUDUSSON (J.), « Le mimétisme postcolonial, et après ? », Revue Pouvoirs, n°129,
2009, p. 45, voir également, RIVERO (J.), « Les phénomènes d’imitations des modèles
étrangers en droit administratifs », in Mélanges offerts à GANSHOF VAN DER MEERSCH,
Tome 3, Litec, Paris, 1972, p. 619 et s.
51
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
potentiel » afin d’en tirer un avantage se présentant très rarement sous la forme
offensive120. Dans son acception biologique, le phénomène mimétique exige, d’une
part l’existence d’un système mimétique constitué de mime imitateur, d’un modèle
imité et d’une dupe, ce qui nécessite également que "les protagonistes du système
vivent au même endroit" et, d’autre part, qu’il y ait un avantage pour l’un d’entre-
eux à se conformer à l’autre, conditions sans lesquelles nous ne sommes plus en
présence d’un mimétisme, de sorte que toute ressemblance ne bénéficiant pas à
l’imitateur, n’entre pas dans le cadre de cette définition121.
En science sociale, par contre, cette faculté devient comportement, prise de
position se prolongeant dans le temps, ce qui n’a pas manqué de soulever une
seconde approche quelque peu différente de la première : " reproduction machinale
de gestes, d’attitudes ou de sentiments"122. C’est là une différence de fond entre la
ressemblance biologique et l’imitation culturelle ».
D’un autre point de vue, se conformant à l’image actuelle du mimétisme en
droit économique, le grand sociologue musulman Ibn Khaldoun écrit :
" On voit toujours la perfection réunie dans la personne d’un vainqueur.
Celui-ci passe pour parfait, soit sous l’influence du respect qu’on lui porte, soit
parce que ses inférieurs pensent, à tort, que leur défaite est dûe à la perfection du
vainqueur. Cette erreur de jugement devient un acte de foi. Le vaincu adopte, alors,
tous les usages du vainqueur et s’assimile à lui. C’est de l’imitation (Iktida) pure et
simple"123.
Ainsi, le mimétisme culturel trouve ses explications au-delà d’une volonté
souveraine de reconduction et ne semble répondre à des besoins impérieux que
120
- Voir, PASTERER (G.), Le mimétisme, PUF, Paris, 1972, p. 3 ; Le mimétisme est définit comme
étant la faculté ou la « propriété que possèdent certaines espèces animales, pour assurer leur
protection, de se rendre semblables par l’apparence, au milieu environnant, à un être de ce milieu, à un
individu d’une espèce mieux protégée au moins redoutée », Dictionnaire, Le Robert, 2009 ; Le
Dictionnaire Larousse, 2010 définit le mimétisme comme étant la "Particularité des espèces qui, en
raison de leur forme et/ou de leur couleur, peuvent se confondre avec l'environnement ou avec les
individus d'une autre espèce"
121
- PASTERER (G.), Le mimétisme, op.cit, p. ".
122
- Voir, Dictionnaire Larousse, 2010.
123
- Discours sur l’histoire universelle (El MOUKADIMA), par IBN KHALDOUN, réédition, 1978,
p.291, cité par HAMROUCHI (N.), Le droit algérien entre mimétisme et créativité, op.cit, p. 231
52
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
124
- Voir, DU GOUDUSSON (J.), « Le mimétisme postcolonial, et après ? », op.cit ; On ne saurait
ignorer les ressemblances textuelles, les recopies d’articles de lois françaises, la reprise de systèmes
forgés ailleurs, les conditions d’élaboration des nombreux régimes aboutissant à de véritables « copier-
coller ».
125
- ZOUAÏMIA (R.), Les autorités administratives indépendantes et la régulation économique en
Algérie, op.cit, p. 17
126
- Les autorités imitées sont bien des autorités administratives indépendantes dans leur pays
d’origine, mais le législateur algérien semble répugner à utiliser ce qualificatif ; pour les différentes
autorités crées en Algérie, plusieurs qualificatifs ont pu être utilisés : il s’agit des notions d’organisme
indépendant, d’institution, d’autorité administrative, d’autorité de régulation indépendante ou encore
d’autorité administrative autonome. Sur la question, voir infra.
127
- Par exemple, le Conseil de la concurrence est, d’une part qualifié par la loi d’autorité
administrative autonome et, d’autre part, placé auprès du ministère chargé du commerce. Art. 23 de
l’ordonnance n° 03-03 relative à la concurrence, tel que modifié par loi n° 08-12, op.cit. Alors qu’en
France, l’autorité de Concurrence est qualifiée expressément "d’autorité administrative indépendante"
excluant sur elle tout lien hiérarchique ou contrôle de tutelle.
128
- Une de ces situations sera démontrée à travers l’étude du sujet de l’interrégulation. V. Infra, p.340
129
- Art. 3 de l’ordonnance 03-03 relative à la concurrence telle que modifiée en 2008, op.cit,
53
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
à l’ancrage et à l’adaptation de ces notions dans un Etat marqué par une culture
administrative centralisatrice.
2-Une culture administrative incompatible avec les principes des AAI
130
- CHEVALLIER (J.), « Régulation et polycentrisme dans l’administration française », La revue
Administrative, n° 301, 1998, p. 45.
131
- CHEVALLIER (J.), « Régulation et polycentrisme dans l’administration française », op.cit, p. 49
132
- CONNAC (Y.) et GAZIER (F.), Etude sur les autorités administratives indépendantes, op.cit, p.
29.
54
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
* * *
133
- Voir, BOCKEL (A.), « Le contrôle juridictionnel de l’administration », in CONAC (G.) (s/dir.),
Les institutions administratives des Etats francophones d’Afrique noire – la vie du droit en Afrique,
éd. Economica, 1979, p. 197.
134
- Ibid.
55
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
concurrentielle mettant fin aux barrières à l’entrée sur la marché pour les opérateurs
privés.
56
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
CHAPITRE II.
135
- Déclaration de politique sectorielle (DSP) pour la poste et les télécommunications, inédit. Selon la
déclaration, les principaux objectifs de la stratégie des télécommunications du gouvernement, sont ; entre autre :
accroître l’offre de services téléphoniques et faciliter l’accès aux services de télécommunications au plus grand
nombre d’usagers à des prix compétitifs ; améliorer la qualité des services offerts et accroître la gamme des
prestations rendues ; assurer l’accès aux habitants de zones rurales et aux autres groupes défavorisés aux services
de télécommunications et aux réseaux d’informations ; promouvoir le secteur des télécommunications comme
secteur économique essentiel à l’essor d’une économie compétitive (…).
57
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
58
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
Section I
Les principes d’une libéralisation ex ante : du monopole public à la
propriété publique ?
La législation concurrentielle classique se caractérise, on le sait, par une
application ex-post. Elle organise une régulation des marchés par application de
mesures correctives et de sanctions en cas d'infractions, sans fixer de règles
précises à l'avance ou en n'en fixant qu’un petit nombre. Or, les litiges susceptibles
de naître sur un marché des télécommunications touchent des questions
particulières qui ne peuvent faire l’objet d’une régulation par le moyen d’une
législation concurrentielle d’application ex-post. Ces questions concernent
l’accessibilité aux abonnés, l’interconnexion, les tarifs d’interconnexion, la
numérotation, les ondes radioélectriques, etc.
Autant d’éléments qui, par nature, nécessitent une législation concurrentielle
qui organise avant tout la transparence du marché en termes de conditions d’entrée,
de fixation des prix, d’octroi des licences, d'interconnexion, d’attribution des
fréquences, de service universel, etc. C’est dire donc qu’une législation
concurrentielle d’application ex ante s’impose avec nécessité. Elle seule permet de
satisfaire à l'exigence d’une transparence du marché. Elle introduit en effet des
mesures de régulation non pas correctives mais préventives des pratiques
commerciales anti-concurrentielles ou répréhensibles. C’est pour répondre à cette
condition de transparence et éviter ainsi une incertitude du marché des
télécommunications, que le quatrième protocole annexé à l’AGCS exige des Etats
l’adoption d’une législation concurrentielle d’application ex-ante, dont la mise en
œuvre revient à un organe doté d’une autonomie décisionnelle : l’autorité nationale
de régulation des télécommunications136.
L’adoption de cette loi marque la fin du monopole public sur les
télécommunications tout en dissociant les fonctions d’exploitation, de
règlementation et de régulation et ce, malgré le maintien de la propriété publique
136
- Voir, Rapport de l’UIT sur Les tendances des réformes dans les télécommunications : une
régulation efficace, 2002, www.iut.org/
59
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
137
- Construit pour les besoins de l’administration coloniale, le réseau des postes et
télécommunications était axé sur les centres de commandement administratifs. Des liaisons
téléphoniques ou postales étaient réalisées entre les chefs-lieux d’entités administratives au moyens de
jonctions filaires, radios ou postales. Voir, NACHSRUNOW (G.), Développement des
télécommunications et organisations internationales, (IUT-CEPT-Eutelsat), Partie II. 2000.
138
- Le service des postes et télécommunications était érigé par le décret n° 1229 du 3 décembre 1956
en un établissement public national à caractère administratif dénommé « L’office administratif central
60
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
qui a fait tomber les activités de téléphone et télégraphe dans le domaine public
national avec la mise en place de monopole d’Etat et donc de monopole de droit.
des postes et télécommunications d’outre mer ». Par la suite, les différents services fonctionnant
jusqu’alors outre mer et particulièrement en Afrique du nord, furent transformés en établissements
publics locaux à caractère industriel et commercial, dotés de la personnalité civile et de l’autonomie
financière dont la forme fut complète en 1958. V. KOUNDOUL (I.) Les télécommunications en
Afrique : du sous développement à la libéralisation économique, op.cit, p. 9.
139
- Les exploitants de la partie internationale des télécommunications étaient propriété de la
métropole. Les coûts des appels en direction de l’étranger étaient imputés à la nouvelle administration
nationale puisque la séparation est devenue effective entre la personnalité juridique de la métropole et
celle de l’ancienne colonie et par ricochet entre leurs administrations nationales des
télécommunications. DEBOIS (D.), « Politique du développement dans le secteur des
télécommunications », INRA-Economie et sociologie rurale, Bureau du RICA, SCEES, document n°
6, p. 12 et s.
140
- Voir, Rapport de l’OCDE, 1983, Les télécommunications, perspectives d’évolution et stratégies
des pouvoirs publics, op.cit, p. 31. Globalement, l’organisation en réseau des services publics entraîne
des économies d’échelle, et leurs infrastructure relèvent souvent de monopoles naturels, Cf.
61
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
BELMIHAUB (M.-C.), « Nouvelles régulations économiques dans les services publics de réseaux :
fonctions et institutions », op.cit, p. 9 et s. Le monopole des télécommunications est doublement
historique ; c’est un monopole naturel (il était donc nécessaire qu’un seul organisme en assure la
gestion), et qu’historiquement, c’est un legs de la colonisation.
141
- Voir l’article 39 de l’ordonnance n° 75-89 du 30 décembre 1975 portant code des postes et
télécommunications, p. 338, sous le titre : « le monopole des télécommunications »
142
- Il existe également d’autres formes de monopole. On cite par exemple, le monopole économique
et le monopole protégé. L’origine de ce dernier dans les télécommunications émane généralement de
la volonté des pouvoirs publics de contrôler cette activité. En effet, la puissance publique peut décider,
d’assurer elle-même, par le biais d’un organisme public (exemple de PTT), ou les confier à une
entreprise privée sous forme d’une concession, par exemple, le cas d’AT& T aux Etats-Unis durant la
période (1934-1956). On parle aussi de monopole économique, lorsque des coûts fixes importants
représentent des barrières à l’entrée et font que la libre concurrence se termine logiquement par la
constitution de monopole d’une entreprise. Cf. KOUNDOUL (I.), Les télécommunications en
Afrique…op.cit, p.11. La situation de monopole dans une branche ou dans une industrie, peut aussi
provenir, du contrôle d’un brevet de fabrication, lorsqu’une firme dispose temporairement d’un brevet
lui assurant une certaine durée d’exclusivité de la fabrication d’un produit déterminé. Tel fut le cas
pour AT & T aux Etats-Unis dans les années 1876-1894 protégé par les brevets Graham Bell, était
ainsi en position de monopole juridique. Dans une telle situation, la firme peut pratiquer une politique
de tarifs élevés. Par exemple, la firme américaine AT & T avait pratiqué des tarifs plus élevés que
ceux qui auraient maximisé son profit. Voir, Brevet Alexandre Graham Bell,
www.wikipedia.org/wiki/Alexander-Graham-Bell
143
- L’article 29 de loi 2002-01 du 5 février 2002 relative à l’électricité et à la distribution du gaz par
canalisation, prévoit dans ce sens que « Le réseau de transport de l’électricité est un monopole
naturel. Sa gestion sera assurée par un gestionnaire unique » ; L’article 45 de la même loi prévoit,
concernant la distribution du gaz par canalisation que « Le réseau du transport du gaz pour le marché
national est un monopole naturel » ; entre autre, les deux gestionnaires bénéficient d’une autorisation
incessible délivrée par le ministre chargé de l’énergie.
144
- LEVEQUE (F.), Economie de la réglementation, Coll. Repères, La découverte, Paris, p. 51
62
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
145
- Cf. MINT-BEDDY (M.), Régulation des télécommunications et environnement institutionnel : le
cas des pays en développement, Thèse de doctorat en sciences économiques, Université Nancy II,
2007, p. 17 et ss.
146
- A partir de 1980, l’effort d’investissement public se situera entre 0,20 et 0,40%, ce qui ne
permettra pas de faire face à l’effet de boucle de neige par les efforts de dé-saturation et de
modernisation de l’infrastructure intervenus au cours de la décennie 1990. En conséquence du
ralentissement de l’effort de rattrapage, les listes d’attente pour le raccordement téléphonique
s’allongent et atteindront sept ans au début de la décennie 1990. La qualité du service s’est dégradée
peu à peu, et les dérangements sont devenus de plus en plus fréquents. En effet, l’explosion de la
demande non satisfaite s’explique par le ralentissement de l’effort de l’investissement, mais aussi par
de multiples inefficacités de gestion et d’opération caractérisant l’administration algérienne des postes
et télécommunications. V. Banque Mondiale, Fondations pour le développement des technologies de
l’information et de la communication en Algérie, Rapport n° 25841, Avril 2003, p. 16 et s. Voir
également, MEZOUAGHI (M.), « La réforme des télécommunications au Maghreb : transition
institutionnelle, nouveaux acteurs et performances », Actes du colloque International sur les TIC et
inégalités : les fractures numériques, Paris, 18-19 novembre 2004.
147
- Le taux de télédensité enregistré au Maroc et en Tunisie est presque similaire à celui enregistré en
Algérie à la même époque, Données de l’UIT, 2002, www.iut.fr.nt/
63
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
148
- On parle d’autorégulation d’un secteur quand la même entité exploitante ou bien un de ses
démembrements assure la fonction de réglementation, d’exploitation et de régulation. L’Etat détient le
monopole des télécommunications qu’il assure par le biais du ministère des télécommunications. Il est
évident, par conséquent, que ce schéma est le visage d’une implication profonde de l’Etat dans
l’ensemble du secteur.
149
- Sur l’ensemble des raisons de l’inefficacité du monopole public des télécommunications, voir,
KOUNDOUL (I.), Les télécommunications en Afrique : du sous développement à la libéralisation
économique, op.cit, p 17 et s ; MEZOUAGHI (M.), « La réforme des télécommunications au
Maghreb : transition institutionnelle, nouveaux acteurs et performances », op.cit, p.17 et s.
150
-MEZOUAGHI (M.), « La réforme des télécommunications au Maghreb : transition institutionnelle,
nouveaux acteurs et performances », op.cit, p.19
64
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
65
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
151
- DO-NASCIMENTO (J.), « La dérèglementation du marché africain des télécommunications », in
GABAS (J.-J) (s/dir.) Société numérique et développement en Afrique, usages et politiques publiques,
éd. Karthala, Paris, 2004, pp. 123-150. Selon la pratique récente des tribunaux arbitraux, une mesure
étatique de règlementation générale constituerait une mesure d’effets équivalents à une expropriation
(Une forme d’expropriation indirecte) « avec quelques conditions ».
152
- L’exploitation des activités postales sont confiées à un établissement public à caractère industriel
et commercial, tandis que les activités de télécommunications sont exploitées par une entreprise
publique économique. V. l’article 12 de la 2000-03, op.cit. De même au Maroc et en Tunisie, les deux
activités sont exploitées par deux entités distinctes. V. MEZOUAGHI (M.), « Les réformes des
télécommunications au Maghreb : transition institutionnelle, nouveaux acteurs et performances »,
op.cit, p.6.
153
- L’article 10 de loi 2000-03 prévoit la création d’une autorité de régulation indépendante (ARPT) à
laquelle sont transférées les missions de régulation du secteur. Les détails, sur la création de l’autorité,
son statut, ses relations avec le gouvernement et le Conseil de la concurrence, feront l’objet des
développements de la deuxième partie.
66
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
154
- Par exemple : BERARD (Y.), Domaine public et privé des personnes publiques, Dalloz, 1994 ;
BROUANT (J.-P.), Le régime domanial à l’épreuve de la valorisation économique, Thèse, Paris 1,
1995 ; BEAUREGARD-BERTIHER (D.), La justification actuelle de la distinction entre le domaine
public et le domaine privé, Thèse, Aix-Marseille III, 1994 ; MAMONTOFF (C.), Domaine public et
entreprises privées : la domanialité mise en péril par le marché, L’Harmattan, Paris, 2003., pour la
doctrine algérienne, RAHMANI (A.), Domaine économique et unité du domaine national, Thèse,
Université d’Alger, 1988, du même auteur, Les biens publics en droit algérien, éd. Internationales,
Alger, 1996 ; KHALFOUNE (T.), Le domaine public à l’épreuve du droit Algérien, Thèse, Université
Jean-Moulin, Lyon 3, 2003., du même auteur, le domaine public en droit algérien : réalité et fiction,
éd. L’Harmattan, Paris, 2004.
67
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
155
- Voir également l’article 2 de l’avant projet de loi fixant les règles applicables aux activités de la
poste, des télécommunications et à celles liées aux technologies de l’information et de la
communication, op.cit
156
- Un auteur soutien que le législateur a opéré une scission entre la propriété et les activités de
télécommunications afin d’éviter de tomber dans la violation de l’article 17 de la constitution. Cf.
MENOUER (M.), Droit de la concurrence, éd. Berti, Alger, 2013, p. 157 ; toutefois, on peut affirmer
le contraire dans la mesure où les télécommunications étaient pensées comme étant propriété publique
en tant qu’ensemble : réseau et activités, au surplus, l’article 17 de la constitution consacrant la
propriété publique sur les télécommunications est en vigueur depuis 1989, voire depuis 1976.
157
- Cf. RAHMANI (A.), Les biens publics en droit algérien, éditions Internationales, Alger, 1996, p.
135.
68
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
par la loi "158. Cet article a pour but principal de protéger les richesses et
ressources naturelles et les activités de service public (y compris les
télécommunications) en les déclarant patrimoine public insusceptible d’une
appropriation privée. En outre, et à cet égard, la déclaration de politique sectorielle
de la poste et des télécommunications159 renvoie à la Constitution de 1996 et
considère que "La poste et les télécommunications sont propriété publique" et que
cela n’empêche pas les marchés relatifs à ces domaines de faire l’objet
« d’ouverture par le biais de concessions » ; donc, une exception à la propriété
publique. Enfin, la loi 2000-03 fixant les règles générales relatives à la poste et aux
télécommunications, traduit imparfaitement cette directive gouvernementale en
faisant des télécommunications une exception à la domanialité publique instaurée
sur les activités du secteur par la loi domaniale de 1990160 et non comme une
exception à la propriété publique.
L’article 3 de loi 2000-03 indique en effet que " nonobstant" l’article 12 de la
loi domaniale édictant leur appartenance au domaine public, les activités de la poste
et des télécommunications sont ouvertes à l’initiative privée. L’article 12 de la loi
domaniale, avant sa modification en 2008, indique in fine que les biens considérés
comme propriété publique par l’article 17 de la constitution font partie du domaine
public161. C’est sous ces dispositions que le législateur a pris en compte
l’assimilation (entre les deux régimes), dans la loi 2000-03, pour " la dépasser et en
quelque sorte la défier pour lui imposer l’exception des réformes"162. Or, il n’y
avait aucune raison de livrer un quelconque défi dans la mesure où il est établi que
la patrimonialité publique n’implique pas toujours une inaliénabilité absolue et, que
158
- Voir également, l’article 17 de la constitution de 1989. L’article 22 la Constitution de 1976
disposait que les télécommunications étaient des propriétés publiques.
159
-Déclaration gouvernementale intitulée "Politique sectorielle de la poste et des télécommunications,
op.cit.
160
- Loi n° 90-30 du 1er décembre 1990, portant loi domaniale, JORA n° 52 du 2-12-1990, p. 1416,
modifiée et complétée par la loi n° 08-14 du 20 juillet 2008, JORA n° 44 du 3-8-2008.
161
- L’article 12 de la loi domaniale n°90-30 prévoit que "Le domaine public comprend les droits et les
biens meubles et immeubles qui servent à l’usage de tous (…), ainsi que les biens considérés comme
propriété publique au sens de l’article 17 de la constitution".
162
- Voir, BESSAID (M.-T.), « De quelques aspects saillants de la réforme des télécommunications »,
RASJEP n° 3, 2008, pp. 35-54
69
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
même des patrimoines privés dans les mains des particuliers peuvent aussi donner
lieu à des protections inattendues encadrées par le système de l’inaliénabilité propre
à la propriété publique163. C’est la propriété publique instaurant un système
d’inaliénabilité absolue qui est ici touchée par l’exception et non la domanialité
publique dans laquelle, les télécommunications étaient improprement rangées par la
loi domaniale.
Si l’on pouvait admettre que la constitution -en déclarant certains biens et
activités y compris les télécommunications propriété publique- avait entendu les
exclure du champ de la propriété privée, on pourrait considérer que les
télécommunications sont frappées d’une inaliénabilité absolue et non d’une
inaliénabilité relative comme c’est le cas pour le domaine public164.
La loi domaniale de 2008 supprime le renvoi à la propriété publique et
l’assimilation au domaine public165. Toutefois, si le législateur a essayé d’éviter la
163
- C’est le cas notamment des biens présentant un intérêt historique, artistique ou culturel, les
établissements classés, les curiosités naturelles, les réserves naturelles…, V. L’article 32 de la loi 90-
30 portant loi domaniale modifiée et complétée, op.cit. L’inaliénabilité du domaine public remonte (en
France) à un édit de juin 1539, puis à l’ordonnance de Moulins de Février 1566 ; son
imprescriptibilité- qui en est le prolongement logique- est établie dès un édit d’Aout 1667. Sur
l’origine du principe en droit Français, Cf. COSTA (D.), « L’inaliénabilité du domaine public à
l’épreuve de la convention européenne des droits de l’homme », in, Bien public, bien commun,
Mélanges en l’honneur de, Etienne FATÖME, Dalloz, Paris, 2011, pp.87-113. L’inaliénabilité du
domaine public avait essentiellement pour objet de préserver l’intégrité du patrimoine royale, source
de revenu ; l’inaliénabilité du domaine public a aujourd’hui une toute autre finalité. Il s’agit désormais
d’assurer que ces biens puissent toujours être maintenus à la disposition du public ou des services
publics auxquels ils sont affectés. Elle ne s’applique qu’à des biens affectés à l’usage du public ou à
un service public. Cf. DELALOY (G.), « Faut-il supprimer le principe d’inaliénabilité du domaine
public ? », RDP, n° 3, 2006, p. 575.
164
- Le domaine public affecté à une mission d’intérêt général est inaliénable mais l’inaliénabilité ne
dure que tant que dure l’affectation. Toutefois, l’inaliénabilité n’est pas nécessairement inhérente à la
domanialité (le cas des ouvrages d’art ou d’intérêt historique propriété privée déclarés inaliénable par
l’ordonnance du 20-12-1967). Sur la question, voir, RAHMANI (A.), Les biens publics en droit
algérien, op.cit, p. 134 et s. Le professeur Rahmani relève que le législateur n’a pas été au terme de la
logique puisque seules les richesses et ressources naturelles (visées à l’article 18 de la constitution)
son considérées comme dépendances du domaine public tandis qu’aucune allusion n’est faite aux
activités de transport maritime, ni aux télécommunications bien que ces activités soient déclarées
propriété publique. En effet, si tous les biens propriété publique, au sens de la constitution, devrait être
considérés comme des dépendances du domaine public, il est incompréhensible que ces activités ne
reçoivent pas le même traitement au plan du régime juridique. On aboutit en somme à la dualité du
régime juridique en la matière ; soumettre une partie de la propriété publique aux règles de la
domanialité tandis que l’autre partie y échapperait : deux régimes déférents sous une même notion : le
domaine public.
165
-V. l’article 6 de la loi n° 08-14 du 20 juillet 2008 modifiant et complétant l’article 12 de la loi
n°90-30 portant loi domaniale, op.cit
70
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
166
- On relève au passage, une autre contradiction entre l’article 17 de la constitution et l’article 15 de
la loi domaniale qui n’a pas été réglée avec la modification de cette dernière en 2008 ; alors que la
constitution classe le sous-sol et les sources naturelles d’énergie comme propriété publique, la loi
domaniale les intègre dans le domaine public « naturel ».
71
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
167
- L’ARPT a la charge d’assigner et de contrôler l’utilisation des fréquences dans les bandes qui lui
sont attribuées, dans le respect des principes de transparence, d’objectivité et de non discrimination. A
ce titre, et conformément aux dispositions de l’article 39 de la loi n° 2000-03 fixant les règles
générales relatives à la poste et aux télécommunications, l’autorité a pris une décision relative à la
procédure applicable aux opérateurs en matière d’assignation ou de modification d’assignation des
fréquences radioélectriques. Décision n° 22 SP/PC/ARPT du 21 juin 2005, www.arpt.dz/
72
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
168
- GAUDEMET (Y.), Droit administratif des biens, Tome 2, 12e éd. L.G.D.J, Paris, 2002, p.69.
169
- Ibid.
170
- BESSAÏ (M.-T.), « De quelques aspects juridiques saillants de la réformes des
télécommunications », op.cit, p.39
171
- BESSAÏ (M.-T.), « De quelques aspects juridiques saillants … », op.cit, p.39.
172
- Art. 15 de la loi n° 08-14 du 20 juillet 2008 modifiant et complétant la loi 90-30 du 1er décembre
1990 portant loi domaniale, op.cit ; Une partie de la doctrine range, en général et sans commentaire, le
domaine hertzien au côté du domaine aérien dans le domaine public naturel, qui est fait d’autre part de
dépendance maritimes dont l’Etat à la propriété, Voir par exemple, CHAPUS (R.), Droit administratif
général, T. 2, éd. Montchrestien, Paris, 1996, ° 455).
73
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
173
- Cité par, GAUDEMET (Y.), Droit administratif des biens, op.cit, p. 72.
174
- Cons.Const. n° 2000-442 DC du 28 décembre 2000 à propos de la loi de finance pour 2001; le
conseil constitutionnel considère que " l’utilisation des fréquences radioélectriques sur le territoire de
la République constitue un mode d’occupation privatif du domaine public de l’Etat » (considérant n°
14). www.conseil-constitutionnel.fr
175
- "Le domaine hertzien n’est pas le domaine aérien au sens habituel (…), qui désigne les routes
empruntées par les aéronefs", DELCROS (B.) & TRUCHET (D.) « Les ondes appartiennent-elles au
domaine public ?, RFDA, 1989, p. 251
176
- Cf. GOUDEMT (Y.), Droit administratif des biens, op.cit, p.69
177
- Voir également les articles 6 et 8§11 de la loi 2000-03, op.cit.
74
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
75
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
tenant à ce qu’en tant qu’entreprise, elle devrait être soumise aux mêmes règles que
les entreprises privées pour jouer pleinement sont rôle industriel et commercial,
alors qu’en tant que publique, elles doit subir des contraintes tenant aux fonctions
particulières qu’elle peut devoir remplir et aux liens qui l’unissent aux pouvoirs
publics178, voire au pouvoir politique.
C’est entre ces deux pôles contradictoires que se situe le régime d’Algérie
Télécom : société commerciale (1) et entreprise publique (2).
178
- cf. DELVOLVE (P.), Droit public de l’économie, Dalloz, Paris, 1998, p.706
179
- V. Art. 12 de la loi 2000-03, op.cit
180
- V. Décret exécutif n° 02-04 du 14 Janvier 2002, portant création d’Algérie poste, JORA n° 4 du
16 janvier 2002.
76
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
181
- V. www.algerietelecom.dz/
182
- Voir également l’article 25/1 de l’ordonnance n°95-25 du 25-09-1995 relative à la gestion des
capitaux marchands de l’Etat, JORA n° 55 du 27-09-1995.
183
- Art. 592 du code de commerce, éd. Berti, 2007.
184
- Art. 3 de la loi 01-04 du 20 août 2001 relative à l’organisation, à la gestion et à la privatisation des
EPE, op.cit ;
77
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
pas suffisante pour répondre positivement à cette question puisqu’il existe des
activités qui peuvent être régies par le droit commercial et qui sont considérées
comme non-exercées par des commerçants. En somme, la qualité de commerçant
de l’EPE est établie à partir d’autres données à savoir, l’obligation faite à
l’entreprise de s’inscrire au registre du commerce qui conditionne l’acquisition de
la personnalité morale des sociétés commerciales185 et que les actes passés pour
l’exercice de ses activités intègrent fort bien la catégorie des actes de commerce en
application de l’article 2 du code de commerce186. En outre, il est sans nul doute
qu’Algérie télécom exploite un fonds de commerce car, dans une logique de
concurrence, on assiste à la disparition de l’incompatibilité entre service public et
fonds de commerce qui résultait de l’ancien monopole. En somme, Algérie
Télécom, intervenant dans un domaine purement concurrentiel, exploite un fonds
de commerce.
2- Algérie Télécom : entreprise publique
185
- Algérie télécom est inscrite au centre du registre de commerce le 11 Mai 2002 sous le numéro
02B 0018083. V. www.algerietelecom.dz/. Cette inscription aux multiples conséquences, n’est pas
attributive de la qualité de commerçant, mais fait naître une présomption légale. Cf. BOUSSOUMAH
(M.), L’entreprise socialiste en Algérie, éd. Economica, Paris, 1982, p.594 et s ; BRAHIMI (M.),
« Quelques questions à la réformes de l’entreprise publique (loi 88-01) », RASJEP, n° 1, Mars 1989,
pp. 89-126 ; Loi n° 88-01 du 12 janvier 1988 portant loi d’orientation sur les entreprises publiques
économiques, JORA n° 2 du 13 janvier 1988 et spécifiquement les dispositions maintenues en vigueur
par l’ordonnance n°95-25 du 25-09-1995 relative à la gestion des capitaux marchands de l’Etat, JORA
n° 55 du 27-09-1995.
186
- Il ressort, en effet, des dispositions de l’article 2 du code de commerce, que le droit commercial
s’applique à la fois à l’industrie et au commerce, c’est-à-dire aux activités de distribution et de
circulation des biens et des services, ainsi qu’à celles de productions et de transformation. Le code de
commerce algérien investit la conception dite objective selon laquelle le droit commercial est défini
comme étant le droit des actes de commerce. Le commerçant est celui dont la profession est de faire
des actes de commerce. Voir, l’article 2 du code de commerce, op.cit.
187
- Art. 6 de la loi 01-04 du 20 août 2001 relative à l’organisation, à la gestion et à la privatisation des
EPE, op.cit. Malgré nos efforts considérables, les dirigeants d’Algérie Télécom interdisent tout accès
aux documents de l’opérateur y compris son statut.
188
- Art. 6 de la loi 01-04, ibid. En l’absence de texte réglementaire, on peut supposer qu’Algérie
Télécom est considérée comme une entreprise publique ordinaire. Il est possible, en somme, de la
comparer par exemple, avec SONELGAZ qui a fait l’objet d’un décret présidentiel qui en fixe les
statuts, V. Décret présidentiel n°02-195 du 1er juin 2002 portant statut de la Société Algérienne de
78
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
l’électricité et du gaz dénommée "SONELGAZ. spa", JORA n°39 du 02-06-2002, ou encore avec
SONATRACH, V. Décret présidentiel n°98-48 du 11 février 1998 portant statuts de la société
nationale pour la recherche, la production, le transport, la transformation et la commercialisation des
hydrocarbures " SONATRACH", JORA n° 07 du 15-02-1998 modifié et complétée par décret
présidentiel n°2000-271 du 23 septembre 2000, JORA n° 57 du 24-09-2000. Un autre élément permet
également une telle affirmation : il s’agit du projet d’ouverture du capital d’Algérie Télécom qui a été
abandonné par la suite. Or, les entreprises dites stratégiques ne peuvent faire l’objet d’une privatisation
partielle.
189
- ZOUAÏMIA (R.), « L’ambivalence de l’entreprise publique en Algérie », op.cit, p.151.
190
- ZOUAÏMIA (R.), « L’ambivalence de l’entreprise publique en Algérie », op.cit, p.152.
79
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
191
- Voir, DU MARAIS (B.), Droit public de la régulation économique, op.cit, p.566.
192
- Ibid. p. 567.
193
- La même solution a été présentée en France, lorsque l’entreprise France télécom s’est transformée
en société anonyme en 1996. Voir, DELVOLVE (P.), Droit public de l’économie, op.cit, p. 716.
80
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
194
- Voir, l’article 1er et 2/2 de ordonnance n° 95-25 du 25 septembre 1995 relative à la gestion des
capitaux marchands de l’Etat, JORA n° 55 du 27-09-1995 ; voir également, les dispositions des articles
4 et 18 de la loi n° 08-14 modifiant et complétant la loi n° 90-13 du 1er décembre 1990 portant loi
domaniale, op.cit.
195
- L’article 4 de la loi 01-04 relative à l’organisation, à la gestion et à la privatisation des entreprises
publiques économiques, dispose que " Le patrimoine des entreprises publiques économiques est
cessible et aliénable conformément aux règles de droit commun et des dispositions de la présente
ordonnance. Leur capital social constitue le gage permanent et irréductible des créanciers sociaux".
L’article 3 in fine de la même loi, prévoit que le capital social des EPE est régi par les dispositions de
la loi n° 90-30 portant loi domaniale, et notamment celles relatives à la gestion du domaine privé de
l’Etat. Pour plus de détails sur le sujet des biens des EPE, voir, RAHMANI (A.), Les biens publics en
droit Algérien, op.cit, p.191 et s, en droit comparé, voir, DELVOLVE (P.), Droit public de
l’économie, op.cit, p. 721 et s, COLSON (J.-F.) & IDOUX (P.), Droit public économique, L.G.D.J, 5e
éd. Paris, 2010, p.877.
196
- Voir, Décret présidentiel n° 12-23 du 18 Janvier 2012 modifiant et complétant le décret
présidentiel n° 10-236 du 07 Octobre 2010 portant règlementation des marchés publics, JORA n° 4 du
26-01-2012., modifié et complété par décret présidentiel n° 13-03 du 13 janvier 2013, JORA n° 2 du
13-01-2013, p.4
197
- L’article 2 du décret présidentiel n° 12-23 de l’année 2012 disposait que "Les disposition du
présent décret sont applicables exclusivement aux marchés, objet des dépenses : (…) des
établissements publics à caractère industriel et commercial et des entreprises publiques économiques
81
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
lorsque ceux-ci sont chargés de la réalisation d’une opération financée, totalement ou partiellement
sur concours temporaires ou définitif de l’Etat". L’article prévoit par ailleurs que "Les entreprises
publiques et les établissements publics, lorsqu’ils ne sont pas soumis aux dispositions du présent
décret, sont tenus d’adapter leurs propres procédures à la réglementation des marchés publics et de
les faire adopter par leurs organes habilités ".
198
- Arrêté interministériel adopté le 02 Août 2011 fixant la liste des études, fournitures et services
spécifiques aux technologies de l’information et de la communication ne nécessitant pas le recours à
un appel d’offres, JORA n° 6 du 12-02-2012. Dans cette liste, (art. 2) figurent de larges pans de
services et de fournitures qui étaient soumis précédemment à la procédure d’appel d’offres. Ne sont
pas soumis aux procédures d’appels d’offres, entre autre, les « études de veille, de faisabilité,
d’expertise, de consulting et d’audit » ainsi que celles relevant du « conseil et assistance, depuis la
définition des besoins jusqu’à la réception des projets liés à la mise en place d’infrastructures des TIC
ou au développement et à l’intégration de solutions informatiques ». Dans le chapitre « Services
spécifiques » aux TIC, l’article 2 dresse une liste de sept prestations relevant principalement de
l’Internet, mais également de la formation et la maintenance. Dans la partie « Fournitures », l’arrêté
interministériel exclut de la procédure des appels d’offres toutes les acquisitions « des licences
logicielles et d’exploitation », « d’infrastructures réseaux passifs multimédias », et « des logiciels et
applications informatiques». Dans la partie « Fournitures », l’arrêté interministériel exclut de la
procédure des appels d’offres toutes les acquisitions « des licences logicielles et d’exploitation », «
d’infrastructures réseaux passifs multimédias», et « des logiciels et applications informatiques ».
82
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
199
- Voir, décret exécutif n° 01-219 du 31 juillet 2001 portant approbation de licence d’établissement
et d’exploitation d’un réseau public de télécommunications cellulaire de norme GSM et de fourniture
de services de télécommunications au public, JORA n°43 du 05-8-2001, voir également, Convention
d’investissement du 5 août 2001 entre l’Etat Algérien et Orascom Télécom Holding SAE agissant au
nom et pour le compte de Orascom Télécom Algérie., la convention est annexée au décret exécutif n°
01-416 du 20 décembre 2001 portant approbation de la convention d’investissement signée entre
l’agence de promotion, de soutien et de suivi des investissements "APSI" et Orascom Télécom
Algérie, JORA n° 80 du 26 décembre 2001. A noter que l’agence nationale de développement de
l’investissement (ANDI) a succédé à l’APSI en vertu de l’article 6 de l’ordonnance n°01-03 du 20
août 2001 relatif au développement de l’investissement (modifiée et complété), op.cit, OTA a
remporté également une licence VSAT en Algérie pour la somme de 2,05 millions de dollars. Décret
exécutif n° 04-107 du 13 avril 2004 portant approbation de licence d’établissement d’un réseau public
de télécommunications par satellite de type VSAT et de fourniture de service de télécommunications
au public, JORA n°23 du 14-04-2004.
200
- En Tunisie, c’est également l’opérateur Orascom qui obtient la première licence, après
l’annulation du premier appel d’offre en 2001 à la suite d’une offre de 381 millions de dollars par le
consortium (Telefonica et Portugal-Telecom), jugée insuffisante par les pouvoirs publics Tunisiens.
201
- OTA est jusqu’à 2008 leader avec plus 67 % du marché de la téléphonie mobile en Algérie. Sa
stratégie commerciale est basée sur quatre marques commerciales : Djezzy, Allo ota, OTAxiphone,
Imtiyaz
202
- Le groupe égyptien OTH est crée en 1998, il a développé ses activités de télécommunications
essentiellement au Moyen-Orient, au Maghreb et en Afrique subsaharienne. Son directeur et principal
83
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
L’affaire "OTA" est une excellente illustration des problèmes réels auxquels
sont confrontées les entreprises étrangères implantées en Algérie, étant donné
l’attitude historiquement suspicieuse du gouvernement algérien à l’égard des
actionnaire est l’égyptien Naguib Sawiris. En 2010, OTH et VimpelCom (Opérateur Russe) ont
annoncé leur fusion ; OTH est dorénavant partie intégrante de VimpelCom. Voir,
www.wikipedia.org/orascom_telecom_holding.
203
- Le groupe était contraint, d’une part, à mettre en vente une partie de ses licences en Afrique
subsaharienne, et, d’autre part, à solliciter un financement bancaire auprès d’un consortium de banques
publiques Algériennes (175 millions de Dollars auprès de la BADR, du CPA, de la BNA, de la BEA,
de la CNEP et de la BDL), et de Banques internationales (300 millions de Dollars auprès du crédit
lyonnais et de la banque allemande West L.B) pour le financement de la licence et de l’acquisition
d’équipements dans la période 2002-2003. En outre, la réticence des équipementiers (Alcatel et
Siemens) à octroyer des crédits fournisseurs à témoigné de la méfiance à l’égard de la solvabilité de
l’opérateur égyptien.
84
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
204
- D’après le ministre des finances algérien, la société Orascom n'avait jamais informé l'ARPT de
son intention de céder à une autre entreprise sa filiale. Alors que le changement d’actionnaires ne doit
pas s’effectuer sans l’accord préalable des autorités algériennes, auquel cas, le non-respect de cette
clause peut conduire l’Etat algérien à retirer la licence d’exploitation à Djezzy.
85
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
205
- En cas d’acceptation du projet de cession, la nouvelle licence dont le texte est élaboré par l’ARPT
est attribuée au cessionnaire par décret exécutif. Voir, l’article 19 du décret exécutif n°01-124 du 09
mai 2001 portant définition de la procédure applicable à l’adjudication par appel à la concurrence pour
l’octroi des licences en matière de télécommunications, JORA n° 27 du 13-05-2001.
206
- Après la visite du Président Jacob Zuma en Algérie, qui était accompagné du PDG de la société
NTM et face à l’intransigeance algérienne, cette dernière a retiré sa proposition de rachat. Voir,
HAFID (C.-ED.), « Algérie : rachat des parts sociale de l’entreprise Orascom Télécom Algérie
(OTA) », www.avocats.fr/space/chems-eddine.hafid
207
- V. « Comment Bouteflika a permis à Orascom de piller l’Algérie », www.lematin.dz, 15 avril
2010.
86
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
208
- Le lancement de la 3G, qui devait avoir lieu en septembre 2011 est, selon le ministre chargé du
secteur, tributaire du règlement de l’affaire Djezzy. Voir, « Cession de Djezzy et lancement de la 3G :
dans moins d’un mois », Le soir d’Algérie, 6 avril 2013, p.3. Pour le rachat de Djezzy, les
négociations entre le gouvernement et VimpelCom (propriétaire de Djezzy) sont enclenchées depuis
janvier 2012. Du reste, le règlement du litige opposant Naguib Sawiris et le gouvernement algérien est
tributaire de la sentence arbitrale du CRDI. Voir, ARBANI (M.), « Affaire Djezzy : un centre
américain pour l’arbitrage du litige Algérie-Sawiris », (15-02-2013)
www.algerie1.com/actualité/affaire-djezzy. Voir également, LEGHLIEL (N.), « Un expert
international évalue les actifs de Djezzy : l’Etat achète une coquille vide », (16-02-2013),
www.algeriepatriotique.com . Dans un flash répercuté par bon nombre d’agences de presse
internationales le 02 juin 2010, la direction d’Orascom estime que la firme sud-africaine NTM lui a
offert 7,8 milliards de dollars pour racheter « Djezzy ». Mais un peu plus tard, le 9 août 2010, la
Deutsche Bank valorise Djezzy à 3,6 milliards de dollars.
209
- « L’Algérie et le droit de préemption dans le cas de Djezzy », Le quotidien d’Oran, 11-08-2012.
210
-Voir, article 62 de l’ordonnance n°09- 01 du 22 juillet 2009 portant loi de finance complémentaire
pour 2009, JORA n°44 du 26-07-2009 ; l’article 58/3 de la même ordonnance prévoit que "Les
investissements étrangers ne peuvent être réalisés que dans le cadre d’un partenariat dont
l’actionnariat national représente 51% au moins du capital social. Par actionnariat national, il peut
être entendu l’addition de plusieurs partenaires".
87
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
88
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
Enfin, vouloir rendre tout propriété de l’Etat signifie à plus d’un titre
pérenniser l’action publique sur le secteur des télécommunications et, en
215
- Décret exécutif n° 01-219 du 31 juillet 2001 portant approbation de licence d’établissement et
d’exploitation d’un réseau public de télécommunications cellulaire de norme GSM et de fourniture de
services de télécommunications au public, op.cit
216
- Art. 40.2 a. du cahier des charges relatif à l’établissement et l’exploitation d’un réseau public de
télécommunications cellulaire de norme GSM (…), annexé au décret exécutif n° 01-219 du 31 juillet
2001,portant approbation de licence au profit d’OTA, op.cit
217
- Voir, Art. 40.2 a-I du cahier des charges, Ibid.
89
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
218
- Au-delà du conflit Algérie-OTA, c’est l’image du pays qui est ternie. L’affaire Djezzy rappelle à
certains égards l’affaire Khalifa Banque où, au lieu de redynamiser les actifs de la banque, les
pouvoirs publics les ont mises en liquidation pour revenir au monopole.
219
- FARJAT (G.), Pour un droit économique, éd. Puf, Paris, 2004, p.47
90
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
Section II
De la coexistence de deux corps de règles dans la régulation des
télécommunications : le sectoriel et le général/ ex ante et ex post.
91
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
Malgré les différences des institutions qui les mettent en œuvre (C), les deux
corps de règles sont complémentaires tant d’un point de vue fonctionnel (A)
qu’opérationnel (B).
A- Complémentarité en termes de fonction
La régulation sectorielle puise sa base juridique dans le droit de la concurrence
et s’inspire de ses concepts pour accompagner un secteur donné vers un régime
concurrentiel. Le cadre législatif et réglementaire des télécommunications qui
essaie d’aligner la régulation sectorielle aux principes du droit de la concurrence,
en s’appropriant plusieurs de ses notions-clés, en constitue une illustration
caractéristique.
Les deux groupes de règles servent l’objectif d’une concurrence pérenne sur le
marché et s’inscrivent alors sur une continuité. Celle-ci devient plus apparente si on
se penche sur le volet économique de la régulation sectorielle qui s’efforce de
contenir le pouvoir de l’opérateur historique dominant en imposant entre autres des
règles détaillées sur les prix et les modalités d’accès à son réseau220. Le contrôle du
pouvoir de marché et la supervision concurrentielle du secteur par la sanction des
comportements anticoncurrentiels relèvent également du droit de la concurrence
qui n’a pourtant pas été considéré pour le moment apte à assurer seul
l’accomplissement de ces missions221. En outre, l’objectif de la protection du bien-
être des consommateurs préside à la fois les règles du droit de la concurrence et la
220
- Cf. COHEN-TANUGUI (L.), « L’articulation entre la régulation sectorielle et le droit de la
concurrence », Contribution au colloque organisé par la DGCCRF sur " la régulation : Monisme ou
pluralisme ? Equilibre dans les secteurs des services publics concurrentiels", Rev. conc. consom. n°
103, mai-juin 1998, p. 60., l’auteur met en avant cette parenté des concepts entre la régulation
sectorielle et le droit de commun de la concurrence. Les questions principales traitées par la régulation
sectorielle sont grosso modo les conditions techniques et tarifaires d’accès au réseau, les modalités
d’entrée aux marchés (autorisation, allocation des ressources rares), la détermination des prix finals, le
service universel et une série de sujets n’ayant aucun rapport, ou presque, avec la concurrence.
221
- Voir, GALANIS (T.), Droit de la concurrence et régulation sectorielle : l’exemple des
communications électroniques, Thèse de doctorat en Droit, Université Paris 1, Panthéon -Sorbonne,
2008, p.31.
92
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
222
- KOVAR (R.), V° Concurrence, Répertoire communautaire Dalloz, (encyclopédie Dalloz droit
communautaire), Paris, Dalloz 1992, p. 2. SCHAPIRA (J.), LE TALLEC (G.), BLAISE (J.-B.), IDOT
(L), Droit européen des affaires, 5ème éd., PUF, Paris, 1999, T. 1, p.217 et s.
223
- Pour illustration, voir, Rapport annuel de l’ARPT pour 2001, www.artpt.dz/, p. Dans le même
ordre en droit français, voir, Avis cons. Cons., français, n°08-A-09 du 5 juin 2008, relatif à la
demande d’avis de l’ARCEP dans le cadre d’analyse des marchés de gros du haut débit et du très haut
débit : « (…) La réglementation ex ante a pour objet, à titre transitoire, de permettre la concurrence
entre les services et la liberté de choix de l’acheteur, mais également, de favoriser les investissements
de développement des infrastructures concurrentes de celles de l’opérateur historique », cité par,
GALANIS (T), Droit de la concurrence et régulation sectorielle : l’exemple des communications électroniques,
op.cit, p. 33.
224
- GLANIS (T.), Ibidem.
93
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
Etant donné que l’objectif de l’ouverture des marchés à la concurrence est plus
ou moins atteint, l’enjeu principal de la régulation sectorielle dans le secteur des
télécommunications se déplace de l’introduction à la concurrence à l’introduction
durable à la concurrence225. A cette fin, la correction des défaillances du marché226
dues à la présence des éléments de monopole naturel, des asymétries de
l’information et des externalités, c’est-à-dire des situations qui sont liées à la
présence d’importantes barrières à l’entrée d’un marché et permettent aux
opérateurs solidement ancrés dans le marché ouverts à la concurrence d’exercer
leur pouvoir de monopole, devient la principale préoccupation de la régulation
sectorielle. En revanche, le droit de la concurrence s’occupe indirectement de ces
obstacles structurels pour l’accès au marché et l’exercice d’une concurrence
effective, sous la condition que la régulation sectorielle soit en place et arrive à
produire des résultats concrets227.
B- Complémentarité de fond
La régulation sectorielle intervient d’une façon plus directe à la constitution et à
l’organisation du marché, ce qui affecte son contenu ainsi que la nature et la forme
de ses instruments : les règles du droit sectoriel sont beaucoup plus détaillées que
celles du droit de la concurrence et s’appliquent souvent d’une manière plus
générale, moins dépendante des cas individuels228. De surcroît, la régulation
sectorielle peut donner naissance à de nouvelles obligations légales destinées aux
acteurs du marché et d’en préciser le contenu d’une façon détaillée, un exemple
topique étant le prix de l’interconnexion229.
225
- Cf. HOBERDON (N.), Droit de la concurrence et régulation sectorielle : recherche sur un
ensemble juridique cohérent, Thèse de Doctorat en Droit, Université Paris-Dauphine, 2010, p.268
226
- Voir, DUMEZ (H.) et JEUNEMAITRE (A.), « Les institutions de la régulation des marchés :
étude de quelques modèles de référence », RIDE, n° 1, 1999, p.12. V. également, MAJONE (G.), La
communauté européenne : Un Etat régulateur, Coll. Clef Politiques, Montchrestien, Paris, 1996, p. 13.
227
- V. GALANIS (T.), Droit de la concurrence et régulation sectorielle : l’exemple des
communications électroniques, op.cit, p. 33
228
- GALANIS (T.), Droit de la concurrence et régulation sectorielle …op.cit, p.34 et s.
229
- Obligations qui peuvent résulter du pouvoir de règlement des litiges et d’arbitrage reconnu à
l’autorité sectorielle. Sur ce sujet, voir, infra.
94
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
95
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
96
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
236
- Voir, DE GUILLENSCHIMIDT (J.), « Le sectoriel et le général dans le droit de la régulation »,
LPA, n°110, 3 juin 2002, p.59
237
- Il faut préciser que l’autorité de concurrence pourrait aussi disposer d’une compétence quasi-
règlementaire limitée afin d’édicter, par exemple, des lignes directrices d’autodiscipline. A noter que
l’ARPT ne dispose pas de pouvoir règlementaire, mais elle l’invente parfois. Sur la question du
pouvoir règlementaire de l’ARPT, Voir, infra, (Partie 2).
238
- V. GALANIS (T.), Droit de la concurrence et régulation sectorielle : l’exemple des
communications électroniques, op.cit, p. 38.
239
- LASSERRE (B.), « Le contrat, entre la régulation sectorielle et le droit commun de la
concurrence », in FRISON-ROCHE (M.-A.) (s/dir.), Les engagements dans les systèmes de régulation,
série Droit et économie de la régulation, Vol. 4, Presses de Sciences Po et Dalloz, pp.239-251, cf.
p.246.
97
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
"sur une plus grande responsabilisation des acteurs qui sont dissuadés
d’entreprendre ou de réitérer des pratiques illégales, par les sanctions imposées"240.
La démarche différente des deux organes se traduit et se reflète aussi sur la
fréquence de leurs interventions sur le marché : l’instance spécialisée exerce une
surveillance permanente sur les structures du marché et sur les comportements des
opérateurs soumis à des obligations asymétriques dont elle assure le respect. A cet
égard, elle a besoin d’un flux continu d’informations qui lui confère à son tour, en
combinaison avec son expertise technique, une plus grande spécialisation sur le
secteur. Toutefois, le contact quasi-quotidien de son personnel avec les entreprises
régulées la rend plus vulnérable aux pressions des opérateurs et des groupes divers.
Sa propension à « la capture » est par conséquent plus grande241.
240
- Ibid.
241
- GALANIS (T.), Droit de la concurrence et régulation sectorielle : l’exemple des communications
électroniques, op.cit, p. 40 et s.
98
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
242
- Sur la question des liens entre les deux « droits », voir, HOBERDON (N.), Droit de la
concurrence et régulation sectorielle : recherche sur un ensemble juridique cohérent, op.cit, p. 334 et
s.
99
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
243
- VINCENT-LEGOUX (M.-C.), L’ordre public : étude de droit comparé interne, Puf, (les grandes
thèses du droit français), Paris, 2001, p. 349. Cité par HOBERDON (N.), Droit de la concurrence et
régulation sectorielle : recherche sur un ensemble juridique cohérent, op.cit, p. 335.
244
- Voir, Conseil de la concurrence Français, avis n° 96-A-04 du 13 mars 1996 relatif à une demande
d’avis sur le projet de loi de règlementation des télécommunications, www.autoritedelaconcurence.fr,
Voir, dans ce sens également, Arrêt de la Cour d’appel de Paris, C-A Paris, 8 septembre 1998, Coca-
cola et Orangina, aff. 1997/04714.
245
- Ordonnance n°86-1243 du 1er décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence,
JORF du 9 décembre 1986, www.legifrance.gouv.fr
246
- MALAURIE (P.), « La notion d’ordre public économique », RCC, n° 83, 1995, p.48
247
-Cf. PIROVANO (A.), « L’expansion de l’ordre concurrentiel dans les pays de l’Union
européenne », in CHARVIN (R.) et GUESMI (A.), (s/dir.), L’Algérie en mutation : instruments
juridiques de passage à l’économie libérale, éd. l’Harmattan, Paris, 2001, p.19
100
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
248
- PIROVANO (A.), « L’expansion de l’ordre concurrentiel dans les pays de l’Union européenne »,
op.cit, p.19
249
- BOY (L.), « L’ordre concurrentiel : essai de définition d’un concept », in L’ordre concurrentiel,
Mélanges en l’honneur d’Antoine Pirovano, éd. Frison-Roche, Paris, 2003, p. 40-63, cf. p.40
250
- Le professeur Jacques Chevallier écris à ce propos qu’il ne faut pas amalgamer purement et
simplement ordre concurrentiel et ordre étatique : la différence de logique, l’opposition des réalités
substantielles bel et bien ; chacun des ordres à seulement besoin de l’autre. C’est donc un rapport
dialectique qui les unit (Le développement résulte de l’équilibre établi entre le marché et le droit conçu
comme instrument de régulation des rapports sociaux) ; selon que le développement penche du côté du
marché ou du côté du droit, l’équilibre entre les composantes du tryptique changera. Voir,
CHEVALLIER (J.), « Etat et ordre concurrentiel : rapport introductif », in L’ordre concurrentiel,
op.cit, p. 9. et s.
251
- HOBERDON (N.), Droit de la concurrence et régulation sectorielle : recherche sur un ensemble
juridique cohérent, op.cit, p. 335 et s.
252
- Cf. BOY (L.), Ibid. p. 48.
253
- Cf. MOHAMED SALAH (M.-M.), « Les transformations de l’ordre public économique : Vers un
ordre public régulatoire ? », in Mélanges en l’honneur de Gérard Farjat, éd. Frison-Roche, Paris, 1999,
pp. 261-289.
101
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
254
- Cf. CHEVALLIER (J.), « Etat et ordre concurrentiel : rapport introductif », in L’ordre
concurrentiel, op.cit, p. 53. L’auteur, en affirmant que l’Etat est mis en concurrence, explique que la
pénétration de la logique concurrentielle dans celui-ci "se traduit essentiellement par la fin des
privilèges dont bénéficiait les services publics économiques : dès l’instant où il entre dans la sphère
des activités économiques, c’est-à-dire s’engager à offrir des biens et services sur un marché, l’Etat
est tenu de se plier à la loi de la concurrence qui commande ces activités"
255
- Voir, l’article 13 de la loi 2000-03, op.cit
256
- ZOUAÏMIA (R.), Les instruments juridiques de la régulation économique en Algérie, éd.
Belkeise, Alger, 2012, p. 195.
102
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
257
- Cf. MAJONE (G.), « Innovations politiques et retards institutionnels », in VANDAMME (D.) et
VAN DER MENSBRUGHE (F.) (s/dir.), La régulation des services publics en Europe, op.cit, p. 359.
258
- A titre d’exemple, la législation du Bénin est explicite quant à la disparition de la régulation
sectorielle ; le législateur béninois a institué une autorité de régulation des télécommunications
nommée formellement autorité transitoire de régulation de la poste et des télécommunications
(ATRPT), créée par décret n°2007-209 du 10 mai 2007, www.atrpt.bj/autorité
103
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
259
- Directive 2002/19 du Parlement Européen et du Conseil du 7 mars 2002, relative à l’accès aux
réseaux de communications électroniques et aux ressources associées ainsi qu’à leur interconnexion,
(Point 13 de l’exposé des motifs), op.cit.
260
- Voir, DEZOBRY (G.), « L’indépendance des autorités de régulation économiques à l’égard des
opérateurs régulés », RFAP, n°143, 2012/3, pp. 645-654, voir également, BRIAN-MELEDO (D.),
« Autorités sectorielles et autorités de concurrence : acteurs de la régulation », RIDE, 2007, p. 348
261
- Art. 16 de la Directive 2002/21/CE, op.cit
262
- HOBERDON (N.), Droit de la concurrence et régulation sectorielle…op.cit, p.256
263
-voir le commentaire de BRIAN-MELEDO (D.), « Autorités sectorielles et autorités de
concurrence : acteurs de la régulation », op.cit, p. 349
104
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
264
- FRISON-ROCHE (M.-A.), « Les différentes définitions de la régulation », op.cit, p.5
265
- Ibid.p.5. Dans le même sens, le Conseil d’Etat français explique que, le processus de
démonopolisation implique une évolution en trois phases : 1- la régulation de l’entrée, 2- la régulation
de la dominance dans lesquelles, le régulateur produit des normes permettant l’arrivée de nouveaux
opérateur et procéder à des arbitrages et enfin, 3-la régulation de la concurrence dans laquelle, l’utilité
du régulateur tend à diminuer pour laisser le relais aux mécanismes du droit de la concurrence. Voir,
Rapport du Conseil d’Etat Français, Les autorités administratives indépendantes, op.cit, p.388.
266
- HOBERDON (N.), Droit de la concurrence et régulation sectorielle…op.cit, p.335.
267
- Le Kaïros est le temps de l’occasion opportune. " Il qualifie un moment, en mathématique on
pourrait dire un point d’inflexion, comme en physique un moment de rupture dans un sens ou dans un
autre à partir d’un barycentre par nature toujours en mouvement. Dans le langage courant, on parlerait
de point de basculement décisif, avec une notion d’un avant et d’un après". Voir sur la définition,
www.wikipedia.org/wiki/kairos
268
- FRISON-ROCHE (M.-A), « Le couple ex ante-ex post, justification d’un droit propre et
spécifique de la régulation », in FRISON-ROCHE (M.-A) (s/dir), Les engagements dans le système de
régulation, Presses de Sciences Po et Dalloz, Paris, 2006, pp.32-51.
269
- HOBERDON (N.), Ibid, p. 336
105
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
270
- Cf. DEZOBRY (G.), « L’indépendance des autorités de régulation économique à l’égard des
opérateurs régulés », op.cit, p. 647.
106
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
En attendant que cela soit réalisé, le constat qui s’impose est que, l’état de la
concurrence actuelle sur le marché des télécoms est contraire aux objectifs tracés
par la loi 2000-03, notamment celui du développement et de la fourniture des
télécommunications de qualité assuré dans des conditions objectives, transparentes
et non discriminatoires dans un environnement concurrentiel273.
107
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
elle exerce un contrôle particulier sur les opérateurs qui ne relève pas du droit
commun de la concurrence et ne peut donc être hérité par l’autorité de la
concurrence : celui qui consiste à veiller au respect par les opérateurs des
obligations de service public "universel". L’autorité sera en outre, plus appelée,
dans le futur, à faire preuve d’expertise dans ce domaine évolutif dans la mesure
où, ni le Conseil de concurrence investi de pouvoirs assez larges pour s’intéresser
aux techniques de télécommunications, ni a fortiori, le juge, ne pourront, comme le
fait l’autorité spécialisée, réguler efficacement le secteur. L’effacement de la
régulation sectorielle serait donc un mythe- il ne faut pas s’en étonner- puisque
l’idée procède de cette même logique selon laquelle la dérèglementation ne signifie
pas un allègement du cadre juridique mais conduit plutôt à un surplus de règles : la
régulation de la concurrence appelle plus de droit que le dirigisme pur et simple.
Ainsi, comme l’affirment deux auteurs, " l’avènement d’un système régulateur
apparaît non pas comme le témoignage d’un retrait de la puissance publique, ainsi
qu’il est traditionnellement enseigné mais, bien au contraire, comme le révélateur
d’une autre façon pour celle-ci d’intervenir sur le marché (…) loin de signer un
recul radical de la puissance publique du marché, la régulation en attesterait tout
à la fois la pérennité et le caractère protéiforme"274.
* * *
L’influence du droit international dans les télécommunications algériennes est
plus que jamais une réalité. Cet impact s’est traduit dans un processus de réforme
entamé à la fin des années 1990. L’adoption d’une législation sectorielle
d’application concurrentielle a rendu possible l’investissement dans le domaine des
télécommunications. En dissociant les fonctions d’exploitation, de réglementation
et de régulation, cette législation sectorielle tend à maitriser l’influence de
l’opérateur historique sur les opérateurs privés.
274
- PENARD (T.) et THIRION (N.), « La régulation dans les télécommunications : une approche
croisée de l’économie et du droit », in THIRION (N.) (s/ dir.), Libéralisations, privatisations,
régulations : aspects juridiques et économiques des régulations sectorielles, éd. Larcier, Bruxelles,
p.85.
108
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
109
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
Conclusion du titre I
110
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
TITRE II
275
- GAZIER (F.) & CANNAC (Y.), Etude sur les autorités administratives indépendantes, op.cit, p.
27.
276
- Voir les dispositions de l’article 1er de la loi 2000-03, op.cit.
277
- Cf. LASSER (B.), « La régulation, la concurrence, la dominance », op.cit, p.53.
111
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
CHAPITRE I.
L’ORGANISATION CONCURRENTIELLE ET ÉQUITABLE DU
MARCHÉ
112
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
Section I.
278
- Sur la délégation de service public, voir, ZOUAÏMIA (R.), La délégation de service public au
profit de personnes privées, éd. Belkeise, Alger, 2012, (Pour le cas spécifique des
télécommunications, cf. p. 31)
113
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
Du fait de l’importance des marchés qui vont être exploités sous le régime de
la licence, les opérateurs intéressés doivent remplir un certain nombre de conditions
(nombre d’abonnés, chiffre d’affaires, expérience professionnelle, etc.). La
satisfaction de ces exigences minimiserait les risques inhérents à l’ouverture du
marché d’autant plus que l’octroi de licence est le point de départ d’une mise en
place d’un marché concurrentiel viable. Par conséquent, c’est l’échec ou la réussite
du processus de l’octroi des licences qui marquerait la viabilité du marché.
Nous envisagerons la définition de la licence (1) et nous analyserons les
conditions d’octroi des licences mobile de type GSM et celles octroyées pour le
marché de la téléphonie fixe (2). A noter que ce dernier demeure en situation de
monopole.
1-Définition de la licence
L’établissement et/ou l’exploitation du réseau public de télécommunications,
et/ou la fourniture des services téléphoniques, sont subordonnés à l’obtention d’une
licence délivrée par décret exécutif279. Il n’existe pas de définition claire et précise
de la licence. Il est simplement indiqué dans les cahiers des charges annexés aux
279
- Art. 2 du décret exécutif n° 01-123 du 9 mai 2001 relatif au régime d’exploitation applicable à
chaque type de réseaux, y compris radioélectriques et aux différents services de télécommunications,
JORA n° 27 du 13 mai 2001, modifié et complété par le décret exécutif n° 04-157 du 31 mais 2004,
JORA n°35 du 2 juin 2004, complété par décret exécutif n° 05-98 du 20 mars 2005, JORA n°20 du 20
mars 2005, modifié et complété par décret exécutif n° 07-162 du 30 mai 2007 modifiant et complétant
le décret exécutif n° 01-123 du 9 mai 2001 relatif au régime d'exploitation applicable à chaque type de
réseaux, y compris radioélectriques et aux différents services de télécommunications, JORA n° 37 du 7
juin 2007.
114
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
280
- Voir par exemple, le cahier des charges de la licence attribuée à Algérie-Télécom, annexé au
décret exécutif n° 02-186 du 26 mai 2002 portant approbation, à titre de régularisation, de licence
d’établissement et d’exploitation d’un réseau public de télécommunications cellulaires de norme
GSM et de fourniture de services de télécommunications au public, JORA n° 38 du 29 mai 2002.
281
- V. CORNU (G.), Vocabulaire juridique, PUF, Paris, 1987, p. 478
282
- V. GUILLIEN (R.) & VINCENT (J.), Termes Juridiques, (S/dir de), 10e éd. Dalloz, Paris, 1995,
p.57
283
- Voir, BIHL (L.), « Débits de boissons : définition et classification », JCP, entreprise individuelle
et fond de commerce, 1988 ; Vol. 2, Fasc. 3400, 8.
284
- Voir, l’article 2 du décret exécutif n° 97-40 du 18 janvier 1997 relatif aux critères de
détermination et d’encadrement des activités et professions réglementées soumises à inscription au
registre du commerce, JORA n° 5 du 19-01-1997, p.6 ; complété par le décret exécutif n° 2000-313 du
14 octobre 2000, JORA n° 61 du 18-10-2000, p. 11
115
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
285
- Art. 3 du décret exécutif n° 97-40 du 18 janvier 1997 relatif aux critères de détermination et
d’encadrement des activités et professions réglementées soumises à inscription au registre du
commerce, (modifié et complété), op.cit
286
- BENNADJI (C.), « La notion d’activités réglementées », Revue Idara, n° 2, 2000, pp.25-42
116
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
287
- Voir par exemple, Convention d’investissement du 5 août 2001 entre l’Etat Algérien et Orascom
Télécom Holding SAE agissant au nom et pour le compte de Orascom Télécom Algérie., la
convention est annexée au décret exécutif n° 01-416 du 20 décembre 2001 portant approbation de la
convention d’investissement signée entre l’agence de promotion, de soutien et de suivi des
investissements "APSI" et Orascom Télécom Algérie, op.cit.
288
- Voir par exemple, le cahier des charges de la licence attribuée à Orascom Télécom, annexé au
décret exécutif n° 01-219 du 31 Juillet 2001 portant approbation de la licence d’établissement et
d’exploitation d’un réseau public de télécommunications cellulaire de norme GSM et de fourniture de
services de télécommunications au public, JORA n° 43 du 5 août 2001.
289
- Voir, l’article 32 de la loi 2000-03, op.cit ; la procédure applicable à l’adjudication par appel à la
concurrence est fixée par le décret exécutif n° 01-124 du 9 mai 2001 portant définition de la procédure
applicables à l’adjudication par appel à la concurrence pour l’octroi des licences en matière de
télécommunications, JORA n° 27 du 13 mai 2001. Selon l’article 9 de ce décret, il relève de la
compétence du ministre chargé du secteur de décider le lancement la procédure d’adjudication par
appel à la concurrence. La décision peut prévoir une procédure d’adjudication par appel à la
concurrence comportant (2) deux phases : -une phase de pré-qualification et une phase d’offre.
Ensuite, la ou/les licences adjugées par l’autorité de régulation sont approuvées par décret exécutif
(art.17).
290
- Cf. BERBARI (M.), Marchés publics locaux : les commissions d’appel d’offre, éd. Le moniteur,
Paris, 1998, p.13. Les marchés publics sont le domaine de prédilection des cahiers des charges.,
l’article 10 du décret présidentiel n° 10-236 du 07 Octobre 2010 portant règlementation des marchés
publics (modifié et complété), prévoit que "Les cahiers des charges actualisés périodiquement,
précisent les conditions dans lesquelles les marchés sont passés et exécutés. Ils comprennent
notamment : - les cahiers des clauses administratives générales applicables aux marchés de travaux,
de fourniture, d’études et de services (…) ; -les cahiers de prescriptions communes, qui fixent les
dispositions techniques applicables à tous les marchés portant sur la même nature de travaux, de
fourniture, d’études et de services (…) ; - les cahiers de prescriptions spéciales qui fixent les clauses
propres à chaque marché".
117
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
291
- Voir l’article 32/3 de la loi 2000-03, op.cit.
292
- L’article 13§2 de la loi 2000-03 dispose que "L’autorité de régulation est consultée par le
ministre chargé de la poste et télécommunications pour : la préparation des cahiers des charges (…)".
La nature règlementaire du cahier des charges est encore plus évidente dès lors que tous les cahiers des
charges d’une même catégorie de licence ou d’autorisation sont identiques, V. art. 32 in fine de la loi
2000-03, ibid.
293
- Le professeur René Chapus considère que ce type de cahier des charges n’est proposé que comme
modèle (cahiers des charges types). Il constitue donc, selon lui, "une mesure d’ordre intérieur, non
décisoire et insusceptible de recours", en ce qu’il s’agit de mesures ne faisant pas grief et n’affectent
donc pas les intérêts des personnes concernées. Voir, CHAPUS (R.), Droit administratif général, T.1,
15e éd. Montchrestien, Paris, 2001, p.523. Le caractère réglementaire du cahier des charges apparaît
également dans la possibilité donnée à l’autorité publique de procéder, unilatéralement, à sa
modification.
118
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
294
- Voir l’article 9 du décret exécutif n° 01-124 du 9 mai 2001 portant définition de la procédure
applicable à l’adjudication par appel à la concurrence pour l’octroi des licences en matière de
télécommunications, op.cit. Cet article prévoit qu’il relève de la compétence du ministre chargé du
secteur de décider le lancement de la procédure d’adjudication par appel à la concurrence. La décision
peut prévoir une procédure d’adjudication par appel à la concurrence comportant (2) deux phases : -
une phase de pré-qualification et une phase d’offre. Ensuite, la ou/les licences adjugées par l’autorité
de régulation sont approuvées par décret exécutif (art.17).
295
- Parmi les conditions fixées, l’opérateur doit avoir : un nombre d'abonnés supérieur à 1 500 000 à
la date du 31 décembre 2000; une expérience internationale qui consiste en une présence dans deux
pays différents et un nombre d'abonnés d’au moins 500 000 au 31 décembre 2000; un montant des
capitaux propres de trois (3) milliards USD ou une capitalisation boursière du groupe auquel
appartient la filiale de 10 milliards USD au 31 mars 2001. Il est à noter par ailleurs, que l'ARPT se
garde, toujours, le droit d'apporter à tout moment des amendements ou des éclaircissements sur les
conditions et règles fixées dans le règlement de pré-qualification. Ces derniers peuvent émaner de sa
propre initiative comme ils peuvent être le fait des soumissionnaires.
296
- Cf. MENASRIA (N.), Analyse du rôle régulateur de l’Etat en économie de marché à travers le cas
de l’ARPT dans le secteur des télécommunications, Mémoire de Magister en Sciences économiques,
Université de Béjaia, 2007, p. 154 et s.
119
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
projet de licence, le cahier des charges et les investissements. Enfin, les opérateurs,
après retrait et consultation du dossier d’appel d’offres, peuvent formuler des
demandes d’éclaircissement et d’amendements éventuels dans le délai qui leur est
imparti. En effet, les amendements ont été apportés par l’ARPT au dossier d’appel
d’offres suite aux demandes formulées par les opérateurs.
Par ailleurs, les opérateurs pré-qualifiés ne peuvent prétendre à une soumission de
leurs offres qu’après avoir créé une société de droit algérien.
Après dépôt des offres par les sociétés retenues et l’ouverture publique des
plis par une commission créée par décision de l’ARPT297, les offres financières des
sociétés retenues ont été de 737 millions de dollars pour OTH et 422 millions de
dollars pour Orange.
Après les procédures nécessaires, la société OTH a été retenue comme
attributaire provisoire de la licence. A l’issue de cette attribution provisoire,
l’ARPT finalise le cahier des charges et la convention d’investissement qui est
notifiée à l’opérateur concerné. En denier lieu, l’ARPT demande à l’opérateur la
remise de sa garantie de paiement au profit du Ministère des finances, chose qui est
accomplie par OTH.
Par ailleurs, l’ARPT, en vertu du décret exécutif n° 01-124 du 09 avril 2001,
doit notifier la licence après que l’opérateur ait été retenu dans un délai ne
dépassant pas trois mois suivant la date de publication du décret298. Pour OTA, la
notification de sa licence a eu lieu, en effet, suite à la signature du décret exécutif
n° 01-219 du 31 juillet 2001 portant approbation de licence d’établissement et
d’exploitation d’un réseau public de télécommunications.
297
- Voir, article 12 du décret exécutif n° 01-124 du 9 mai 2001 portant définition de la procédure
applicable à l’adjudication par appel à la concurrence pour l’octroi des licences, op.cit, voir
également, Décision n°02/SP/PC/ARPT/ du 09 Juillet 2001, www.arpt.dz/
298
- Article 17 du décret exécutif n° 01-124, ibid.
120
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
299
- MEZOUAGHI (M.), « Libéralisation des services de télécommunications au Maghreb : transition
institutionnelle et performances », op.cit, p. 29.
300
- Dans la période (2000-2004), tout un ensemble de texte règlementaires attendait d’être adopté,
notamment l’encadrement du service universel, la tarification et celui relatif à la structuration de
l’opérateur historique.
121
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
301
- V. Rapport annuel d’activité de l’ARPT pour l’année 2005, p. 47, www.arpt.dz
302
- Voir décret exécutif n° 05-174 du 9 mai 2005 portant approbation d’une licence d’établissement et
d’exploitation d’un réseau public de télécommunications et de fourniture de services téléphoniques
fixes internationaux, interurbains et de boucle locale au public, (au profit du Consortium Telecom
Egypt et Orascom Telecom holding agissant au nom et pour le compte de du Consortium Algérien de
Télécommunications (CAT), JORA n° 34 du 5 mai 2005, p. 5
303
- A vrai dire, l’affaire de LACOM reste quelque peu mystérieuse. A en croire l’ex-directeur général
du groupe (Naguib Sawiris), l’ARPT a favorisé et soutenu l’opérateur historique au détriment de
LACOM. Dès le commencement de l’exploitation du réseau fixe par ce dernier, Algérie Télécom a
réduit le prix au dessous des coûts de revient et ce, en offrant le WLL gratuitement et que cette
pratique est anticoncurrentiel pour le marché national de la téléphonie fixe. L’autorité de régulation a,
dans cette affaire, réglé le différend à l’amiable entre les deux opérateurs concernant les tarifs
pratiqués par Algérie Télécom. Voir, « L’ARPT répond au PDG d’Egypte Télécom », www.tsa-
algerie.com/politique/algerie-l-arpt-. Algérie Télécom a usé d’une pratique anticoncurrentiel profitant
de la faiblesse de l’opérateur entrant et ce, en bafouant le cahier des charges des opérateurs de la
téléphonie fixe, notamment l’article 18 qui a trait à la concurrence loyale entre opérateurs.
304
- Voir, Décret exécutif n° 09-395 du 24 novembre 2009 portant approbation du retrait définitif de la
licence d’établissement et d’exploitation d’un réseau public de télécommunications et de fourniture de
services téléphoniques fixe internationaux, interurbains et de boucle locale au public octroyée à
l’opérateur compagnie algérienne des télécommunications (CAT), JORA n° 70 du 29 Novembre 2009,
p.20.
122
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
305
- V. Décret exécutif n° 01-123 du 9 mai 2001, relatif au régime d’exploitation applicable à chaque
type de réseaux, y compris radioélectriques et aux différents services de télécommunications, (modifié
et complété), op.cit.
123
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
- de l’audiotex ;
306
- L’autorisation de certification électronique est, toutefois, assortie d’un cahier des charges fixant
les droits et les obligations du prestataire du service et de l’utilisateur. Dans les conditions et les
modalités qu’elle fixera, en application de l’article 39 de la loi n°2000-03, l’autorité de régulation
veille au respect des prescriptions exigées par les autorités habilitées en matière de défense nationale et
de sécurité publique. Art. 3 du décret 01-123 tel que modifié et complété, op.cit.
307
- Le réseau privé est dit « interne », s’il est entièrement établit sur une même propriété, sans
emprunter ni le domaine public, y compris hertzien, ni une propriété tierce. V. Art. 8§11-2 de la loi
2000-03, op.cit
308
- Voir, décision n° 03/SP/PC/ARPT05, relative à la procédure d’autorisation applicable aux
opérateurs, 2005, www.arpt.dz/
309
- V. Décision n° 4/SP/PC/ARPT05, relative à la procédure interne pour l’étude de la demande
d’autorisation applicable aux opérateurs, www.arpt.dz/
310
- V. Art. 13§6 de la loi 2000-03, op.cit
124
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
311
- Voir, infra. p. 130
312
- V. Art 5 du décret exécutif n° 98-257 du 25 août 1998 définissant les conditions et les modalités
de mise en place et d’exploitation des services Internet, JORA n°63 du 26 août 1998, modifié et
complété par décret exécutif n° 2000-307 du 14 octobre 2000, JORA n°60 du 15 octobre 2000, p.14.
313
- Art. 4 du décret exécutif n° 98-257, op.cit
314
- L’article 3 du décret exécutif n° 2000-307, ibid., prévoit que " seules les personnes morales de
droit algérien dénommées ci-après fournisseurs de services Internet peuvent être autorisées à mettre
en place et à exploiter les services Internet à des fins commerciales…".
315
- Art. 5 du décret exécutif n° 2000-307, ibid.
316
- A noter que les autorisations délivrées par l’autorité de régulation ne sont pas publiées sur son site
Internet. Elle ne publie que les décisions de retrait de ces autorisations, qui peut être parfois, un retrait
collectif. Voir par exemple, décision n° 09/SP/PC/ARPT du 26/01/2011 portant retrait définitif des
autorisations d’exploitation de services Internet de 34 ISP, www.arpt.dz/. Dans cette décision, l’ARPT
se réfère à la décision n°26/SP/PC/ARPT/2010 du 24/08/2010 relative à la suspension totale des 34
autorisations d’exploitation des services Internet pour une durée d’une semaine et constate le non
125
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
paiement, par les 34 sociétés, des redevances annuelles et/ou les frais de gestion des numéros et ce,
malgré les lettres de rappel et la mise en demeure notifiée par l’ARPT, le Conseil de l’ARPT s’est
basé sur l'article 36 de la loi 2000-03 pour décider du retrait définitif des licences dans les mêmes
formes que celles qui ont prévalu à leur obtention. Il est ainsi prononcé, selon l’article 1 de la décision,
le retrait définitif des 34 autorisations relatives à l’exploitation des services Internet à l'encontre et à la
charge des sociétés indiquées dans la décision citée ci-haut.
317
- Art. 4 du décret exécutif n°01-123 du 9 mai 2001, relatif au régime d’exploitation applicable à
chaque type de réseaux, y compris radioélectriques et aux différents services de télécommunications
(modifié et complété), op.cit. Les services à valeur ajouté sont des services dans le cadre desquels les
fournisseurs ‘‘ajoutent une valeur’’ aux informations fournies par le client en améliorant leur forme ou
leur contenu ou en prévoyant leur stockage et leur recherche. Voir, Définition des services de
télécommunications à valeur ajoutée, OMC, www.wto.org/. Ils représentent tous services de
télécommunications au public autres que les services téléphoniques ; ils comprennent : la messagerie
vocale ; audiotex ; téléconférence ; vidéotex ; banque de données ; messagerie électronique. Voir,
l’annexe du décret exécutif n° 01-123, Ibid, p. 10.
318
- Ce régime est qualifié de "répressif", il signifie que le contrôle s’exerce seulement a posteriori,
par opposition au régime "préventif" (celui des autorisations), qui a pour objet de permettre à l’autorité
de régulation d’exercer un contrôle préalable sur les activités d’un opérateur et de subordonner
l’exercice de celles-ci à certaines conditions (cahier des charges). V. KERNINON (J.), Droit public
économique, éd. Montchrestien, Paris, 1999, p. 135 et s.
319
- L’immatriculation au registre du commerce, peut également s’interpréter comme une sorte de
déclaration "préalable". A noter que, la loi 2000-03 utilise l’expression de "déclaration" alors que le
décret exécutif n°01-123, emploie l’expression "déclaration préalable".
320
- Cf. DE LAUBADERE (A.), Traité de droit administratif, T. 3, 6e éd. L.G.D.J, Paris, 1970, p. 20.
126
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
321
- V. L’article 40 de la loi 2000-03, op.cit ; décision n° 05/SP/PC/ARPT/05, relative à la procédure
applicable en matière de demande d’enregistrement des services de la poste et des télécommunications
soumis au régime de la simple déclaration ; décision n° 06/SP/PC/ARPT/05, relative à la procédure
interne applicable en matière de demande d’enregistrement des services de la poste et des
télécommunications soumis au régime de la simple déclaration, www.arpt.dz/
322
- BESSAÏD (M.-T.), « De quelques aspects juridiques saillants de la réforme des
télécommunications », op.cit, p, 38
323
- Art. 41 de la loi 2000-03, op.cit.
127
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
Cette prolifération quantitative est telle que l’on peut se demander si, sous un mot
unique, se cache toujours la même réalité juridique.
Il n’existe pas de définition législative ou règlementaire de l’agrément. Quant
à la doctrine, si elle n’ignore pas l’agrément, elle l’étudie le plus souvent dans le
cadre d’un thème beaucoup plus vaste (comme, par exemple, l’association des
personnes privées à l’action de l’administration, les activités privées d’intérêts
général etc.) ou au contraire à travers des exemples très précis qui portent sur un
exemple particulier (l’agrément des associations par exemple). Sans doute aussi la
doctrine est-elle déroutée par le paradoxe que révèle l’agrément. En effet, il est le
témoin tout à la fois du maintien d’une société libérale (les bénéficiaires de
l’agrément sont le plus souvent des personnes privées) et de l’importance de
l’intervention publique (il s’agit néanmoins, par l’agrément, de contrôler ces
personnes tout en les faisant collaborer à une mission d’intérêt général définie par
l’Etat). Ainsi, il peut paraître illusoire de tenter de dégager une définition commune
à une série de cas d’agréments créés au fil des besoins de l’administration, sans
rechercher d’unité et en poursuivant parfois des objectifs contradictoires. De ce
point de vue, l’étude monographique de tel ou tel exemple d’agrément est moins
périlleuse, même si elle amène au constat suivant : les agréments ont été étudiés
mais l’agrément reste méconnu324.
En droit administratif, l’agrément est un "acte administratif unilatéral
reconnaissant la contribution de personnes privées à la réalisation de l’intérêt
général et leur conférant à ce titre, des avantages ou des privilèges"325. De ce fait,
son régime tire ses principales caractéristiques des dispositions communes à tout
acte de cette nature. Cependant, il s’y ajoute certaines spécificités, tant au moment
de l’octroi de l’agrément que pendant sa durée ou lors de sa disparition. Tout
d’abord, l’administration n’est pas libre de créer un agrément : elle doit y avoir été
324
- Cf. BERTRAND (C.), L’agrément en droit public, L.G.D.J, Paris, 1999, p. 3 et s.
325
- Voir, VAN LANG (A.) et al. Dictionnaire de droit administratif, 2e éd. Armand Colin, Paris,
1999, p. 26.
128
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
326
- Le texte de loi peut prévoir expressément un agrément ou bien il peut simplement disposer qu’une
activité ne peut être exercée librement, ou qu’un avantage est soumis à la réunion d’un certain nombre
de conditions, sans préciser la forme juridique que prendra cette restriction. Dans le cas de l’agrément
en matière de télécommunications, le législateur prévoit un agrément pour les équipements terminaux
et installations radioélectriques. Il y habilite même, au sens de l’article 41 de la loi 2000-03, les
laboratoires d’essais et mesures dûment agrée par l’ARPT, à délivrer un agrément.
327
- L’article 41 § 3 de la loi 2000-03 prévoit que "Cet agrément est délivré par l’autorité de
régulation ou par un laboratoire d’essais et mesures dûment agréé par ladite autorité dans les
conditions fixées par voies règlementaire". A ce jour, l’autorité n’a agréée aucun laboratoire d’essais
et mesures pour délivrer un agrément et ce, en l’absence de décret d’application de cet article.
328
- Un grand nombre d’agrément a été attribué par l’ARPT à partir de l’année 2003, ça concerne
notamment les équipements de la téléphonie filaire, de la téléphonie sans fils et de publiphonie. Voir,
ARPT, rapport d’activité annuel pour 2003, Tome 2, p.5, www.arpt.dz/
129
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
329
- CROCQ (I.), Régulation et réglementation dans les télécommunications, éd. Economica, Paris,
2004, 59 et ss.
330
- Ibid. p. 165
331
- ARPT, Rapport d’activité annuel pour 2007, p. 31, www.arpt.dz
332
- CROCQ (I.), Ibid. p. 166
333
- Cf. RAMBEAU (R.), L’institution juridique de régulation : recherches sur les rapports entre droit
administratif et théorie économique, éd. L’Harmattan, Paris, 2012, p. 256.
130
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
nombre de ses missions d’intérêt général, tout en lui permettant de disposer d’une
ressource financière intéressante, puisque la catégorie du domaine public permet
l’exploitation économique en même temps qu’elle garantit la protection de la
ressource"334.
L’autorité de régulation de la poste et des télécommunications confirme
quelque peu cette analyse en qualifiant le spectre hertzien de ressource publique
limitée qui a une grande valeur marchande et pour la population335. En tant que
ressource relevant du domaine public, le spectre hertzien fait donc l’objet d’un
régime exorbitant de droit commun. L’attribution des fréquences, en effet, relève de
la compétence de l’Etat336 qui décide quelles fréquences sont attribuées à
l’ARPT337. Par ailleurs, est instituée une agence nationale des fréquences, ANF,
établissement public à caractère industriel et commercial338, qui a pour mission
d’assurer la planification, la gestion et le contrôle de l’utilisation du spectre des
fréquences radioélectriques339. L’agence assure une mission de service public
conformément au cahier des clauses générales de sujétion de service public340.
Dans ce cadre, l’agence est chargée, entre autre, d’attribuer les bandes de
334
- RAMBEAU (R.), L’institution juridique de régulation : recherches sur…op.cit, p.256, Sur la
question de la rareté des ressources, voir, CALMETTE (J.-F.), La rareté en droit public, éd.
L’Harmattan « logiques juridiques », Paris, 2004.
335
- Voir par exemple, le rapport d’activité annuel pour 2007, op.cit, p. 32
336
- Voir, l’article 6§1 de la loi 2000-03, op.cit.
337
- L’article 13 de la loi 2000-03 dispose que "L’autorité de régulation a pour missions : (…) – de
planifier, de gérer, d’assigner et de contrôler l’utilisation des fréquences dans les bandes qui lui sont
attribuées dans le respect du principe de non discrimination (…)".
338
- L’ANF est placée sous la tutelle du ministre chargé des télécommunications. L’agence est régie
par les règles administratives dans ses relations avec l’Etat et par les règles commerciales dans ses
rapports avec les tiers. V. Les articles 1er et 2 du décret exécutif n° 02-97 du 02 mars 2002, portant
création de l’agence nationale des fréquences, JORA n° 17 du 6-03-2002, modifié et complété par
décret exécutif n° 06-195 du 31 mai 2006, JORA n° 36 du 31-05-2006, et par décret exécutif n°07-303
du 27 septembre 2007, JORA 63 du 7-10-2007. En France, l’agence nationale des fréquences est
qualifiée par le législateur d’établissement public de l’Etat à caractère administratif, Art. L.34 du Code
des postes et des communications électroniques, Dalloz, Paris, 2010.
339
- Art. 3 du décret exécutif n°02-97 du 02 mars 2002, portant création de l’agence nationale des
fréquences, modifié et complété, op.cit. Pour mener à bien son rôle, cet instrument de l’Etat en
matière de planification et de gestion des fréquences radioélectriques, est doté de deux
commissions spécialisées : la commission d’attribution des bandes de fréquences et la commission de
traitement des brouillages.
340
- Article 5 du décret exécutif n° 02-97 du 02 mars 2002, portant création de l’ANF (modifié et
complété), op.cit. A noter que le cahier des clauses générales de sujétion de service public qui doit être
approuvé par arrêté conjoint du ministre chargé de des technologies de l’information et de
communication et le ministre des finance, n’a pas été signé ou n’a pas été rendu public à ce jour.
131
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
341
- Article 3 du décret 02-97 tel que modifié en 2007, op.cit. La commission nationale des points
hauts est créée par décret présidentiel n°02-49 du 19 janvier 2002 fixant la composition, les
attributions et le fonctionnement de la commission nationale des points hauts, JORA n° 5 du 20-01-
2002., décret présidentiel n°01-94 du 15 avril 2001 portants définitions des points hauts et précisant
les modalités de leur gestion et protection, JORA n° 22 du 15-04-2001 ; Arrêté ministériel du 18 avril
2006 fixant les conditions, modalités et procédures relatives à l’édification et à l’utilisation des points
hauts, JORA n°38 du 11-06-2006.
342
- Par exemple, durant l’année 2008, l’ARPT a délivré 76 autorisations pour la création de nouveaux
réseaux radioélectriques ; ce nombre était de 90 en 2007. Voir, ARPT, rapport d’activité annuel pour
2008, p. 39, www.arpt.dz
343
- Voir par exemple l’article 8§11 de la loi 2000-03 ayant trait au réseau privé, que ce dernier « est
dit "interne", s’il est entièrement établi sur une même propriété, sans emprunter ni le domaine public, y
compris hertzien (…) ».
132
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
344
- L’article 24 de la loi 2000-03 dispose en outre que " le spectre des fréquences radioélectriques
fait partie du domaine public de l’Etat. Le découpage du spectre en bandes de fréquences et leur
attribution aux différents utilisateurs relève des prérogatives de l’Etat. L’assignation des fréquences
radioélectriques est soumise au paiement d’une redevance déterminée par voie règlementaire".
345
- Voir, Décret exécutif n° 04-158 du 31 mai 2004 fixant le montant des redevances d’assignation
des fréquences radioélectriques, JORA n° 35 du 2 Juin 2004., l’article 4 de ce décret prévoit que "Les
redevances d’assignation des fréquences sont annuelles et sont dues pendant toute la durée de validité
de l’autorisation. La période d’exigibilité commence à la date d’établissement de la décision
d’assignation des fréquences". Les fréquences sont assignées pour une période de cinq (5) ans à
compter de la date de décision d’assignation. Le renouvellement de la décision d’assignation de
fréquences radioélectriques fait l’objet d’une demande par le titulaire dans un délai d’un (1) an avant
l’expiration de la durée pour laquelle la fréquence a été attribuée. Voir, rapport annuel d’activité de
l’ARPT, p. 31, www.arpt.dz . En application de l’article 39 de la loi n°2000-03 fixant le régime des
autorisations, et dans le cadre de sa compétence en matière d’assignation des fréquences
radioélectriques, l’ARPT a pris une décision relative à la procédure applicable aux opérateurs en
matière d’assignation ou de modification d’assignation des fréquences radioélectriques. Décision n° 22
SP/PC/ARPT du 1er juin 2005, voir également, décision n°23/SP/PC/ARPT du 16 juin 2009 mettant
fin à l’autorisation d’utilisation de la sous bande de fréquences 1940-1955MHZ et son duplexe 2130-
2145MHZ au profit de l’opérateur Algérie Télécom mobile, www.arpt.dz
346
- BESSAÏ (M.-T.), « De quelques aspects saillants de la réformes des télécommunications », op.cit,
p. 40 ; à ce propos le Professeur Yves GAUDEMET, Traité de droit administratif, Tome 2, L.G.D.J,
1996, p.355, écrit : "l’occupation est reconnue même dans les hypothèses où il n’y a pas emprise, mais
une simple utilisation privative organisée de dépendances domaniales spécifiquement désignées (…),
le gestionnaire d’une station de Radio doit donc logiquement, tout comme le commerçant sur un
marché, bénéficier d’une autorisation en vue d’occuper, ou plutôt d’utiliser, une fréquence"; voir
également dans ce sens, BROUANT (J.-P.), « L’usage des fréquences de communication audiovisuelle
133
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
et la domanialité publique », AJDA, 1997, p. 115. Au niveau Européen, à propos des licences UMTS,
la directive 97/13/CE du 10 Avril 1997 et la décision 128/1999/CE du 14 décembre 1998 relative à
l’utilisation du spectre radioélectrique pour la prestation de service de télécommunications, ont
accordé une certaine marge de manœuvre aux Etats pour définir les procédures et conditions
d’utilisation du spectre radioélectrique. Si un Etat membre choisit d’octroyer des licences et limite le
nombre de licences susceptibles d’être attribuées, il devra diligenter une procédure ouverte, non
discriminatoire et transparente, sur la base de critères de sélection objectifs. L’article L.42.1 du Code
des postes et télécommunications électronique (français), pris sur ce fondement fait obligation à
l’ARCEP d’attribuer les autorisations d’utilisation des fréquences radioélectriques « dans des
conditions objectives, transparentes et non discriminatoires ». Lorsqu’il n’est possible d’attribuer
qu’un nombre limité d’autorisations que plusieurs candidats convoitent, la sélection des titulaires se
fait par appel à candidature. Sur cette question, voir, NICINSKI (S.), « Faut-il soumettre la délivrance
des titres d’occupation du domaine public à une procédure de mise en concurrence ? », in, Bien
public, bien commun, Mélanges en l’honneur d’Etienne Fatôme, Dalloz, Paris, 2011, pp. 373-388
347
- Ce système d’origine Française (où il y a depuis longtemps, une convergence entre
télécommunications et audiovisuel). Au niveau mondial, l’UIT a mis en œuvre une résolution
(résolution n° 9) qui a pour objet de faciliter la participation des pays, en particulier les pays en
développement, à la gestion du spectre radioélectrique et fait de l’élaboration de méthodes de calcul
des droits perçus pour l’utilisation du spectre des fréquences radioélectrique une priorité. Voir,
www.itu.int/ITU-D/study_groups/SGP_2006-2010/documents/DEFQUEST-Resolution9-F.pdf
348
- Voir, RAMBEAU (R.), L’institution juridique de régulation…, op.cit, p. 257. Les numéros ou
blocs de numéro attribués aux opérateurs ou utilisateurs, qui sont incessibles, ne sont pas la propriété
de ces derniers. Sur ce sujet, voir, LAGET-ANNAMAYER (A.), « Les numéros de téléphone ne sont
pas la propriété des opérateurs », AJDA, 2003, p.1381.
349
- V. ARPT, rapport d’activité annuel pour 2008, op.cit, p.37.
134
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
l’ARPT. En effet, l’article 13§4 de la loi 2000-03 fixant les règles générale relatives
à la poste et aux télécommunications dispose que : "L’autorité de régulation a
pour missions : (…)- d’établir un plan national de numérotation, d’examiner les
demandes de numéros et de les attribuer aux opérateurs "350.
La structure du plan national de numérotation a enregistré, jusqu’en 2007,
trois changements importants : en 1986, en 1989 et en décembre 2000. L’ARPT a
hérité du plan de numérotation fermé à neuf (9) chiffres, mis en place par le
ministère de la poste et des télécommunications351. La demande sans cesse
croissante des opérateurs de cette ressource rare a poussé l’autorité de régulation à
repenser le plan de numérotation qu’elle a hérité de l’ancienne tutelle. L’objectif
de cette refonte était de "rencontrer autant la satisfaction des usagers que les
préoccupations des opérateurs, en faisant en sorte de préserver la rationalité et le
caractère durable et pérenne de l’économie de la ressource rare (…et ce) en totale
adéquation avec les meilleures pratiques internationales suivies dans le
domaine"352.
Soucieuse de l’importance de la numérotation dans la régulation et respectant
les fondamentaux de l’économie des ressources rares, l’ARPT, avec l’aide d’un
cabinet d’experts international, a élaboré un nouveau plan national de numérotation
à la fin de l’année 2007. Selon l’ARPT, ce nouveau plan de numérotation à 10
chiffres, a été élaboré dans le souci de répondre au problème de rareté et dans le
souci de simplifier et de clarifier son utilisation avec la possibilité de faire face à
350
- Le cahier des charges relatif à l’établissement et l’exploitation d’un réseau public de
télécommunications cellulaire de norme GSM et à la fourniture de services de télécommunications au
public précise en son article 9.1 que, "l’autorité de régulation détermine les blocs de numérotation qui
sont nécessaires au titulaire pour l’exploitation du réseau GSM et la fourniture des services", Cahier
des charges annexé au décret exécutif n°01-219 du 31 juillet 2001 portant approbation de licence au
profit d’Orascom Télécom Algérie, op.cit. Voir également, l’article 10.1 du cahier des charges des
opérateurs de téléphonie fixe, op.cit
351
- V. ARPT, Rapport d’activité annuel pour 2007, op.cit, p.36
352
- BELFODIL (M.), « Un nouveau plan national de numérotation à partir de décembre 2007 »,
Bulletin trimestriel de l’ARPT, n° 7 & 8. mai 2007, www.arpt.dz
135
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
353
- A ce titre, une projection sur 50 ans est requise par l’autorité et ce, "afin de garantir la
disponibilité des ressources en numérotation adéquate et promouvoir le développement et la
généralisation des technologies de l’information et de la communication (…) dans un environnement
fortement concurrentiel ", ARPT, Rapport d’activité annuel 2007, op.cit, p.37
354
- Elle concerne la numérotation de la téléphonie mobile, les services à valeur ajouté, la téléphonie
fixe, les numérotations VSat et VoIP. Voir par exemple, ARPT, Rapport d’activité annuel 2011, p.24.
www.arpt.dz/
355
- Voir, décision n°19/SP/PC/ARPT/ du 22 juillet 2008 fixant la rémunération pour service rendu en
matière d’attribution des ressources en numérotation aux opérateurs de télécommunications non
titulaires de licences et autres demandeurs, www.arpt.dz/
356
- La portabilité d’un numéro se définit comme la possibilité offerte au consommateur de changer
d’opérateur tout en conservant son numéro. En Europe, la portabilité du numéro est devenue une
obligation. Elle découle de l’article 30 de la directive 2000/22/CE du 7 mars 2002, modifiée par la
directive 2009/136/CE, op.cit. Selon les termes de la directive, notamment le paragraphe 40 de
l’exposé des motifs, la portabilité du numéro constitue "un élément moteur du choix du consommateur
et du jeu effectif de la concurrence dans un environnement concurrentiel des télécommunications".
L’obligation de portabilité du numéro est reprise en droit Français à l’article L.44 du CPCE, op.cit,
l’article D.406-18 du CPCE confie à l’ARCEP le soin de préciser la portée et les modalités
d’application de celle-ci. Sur la question de la portabilité du numéro, voir, le site Internet de l’ARCEP,
www.arcep.fr/ . Le projet de loi fixant les règles générales relatives à la poste, les télécommunications
et à celles liées aux technologies de l’information et de la communication prévoit le lancement de la
portabilité du numéro. L’article 124 de ce texte prévoit que " Les opérateurs de réseaux publics de
télécommunications doivent permettre à leur abonnés, s’ils le demande par écrit, de bénéficier de la
procédure de portabilité. Les conditions et les modalités d’application du présent article sont fixées
par voie règlementaire".
136
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
137
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
Section II
Les instruments juridiques de l’accès aux infrastructures de réseau
des télécommunications
357
- Issue du droit de la concurrence Américain, la notion d’essential facilities se trouve traduite en
français par les expressions de facilités, d’infrastructures ou encore de ressources essentielles.
358
- Appliquée pour la première fois dans l’arrêt de la Cour suprême des Etats-Unis « Terminal
Railroad » de 1912. Le consortium du même nom contrôlait un nœud ferroviaire à Saint-Louis et par
là même les entrées et sorties de la ville. Il a été jugé qu’il fallait admettre des tiers concurrents au
consortium, ou bien le dissoudre. Voir sur cette question, « La notion d’infrastructure essentielle dans
la régulation sectorielle », La lettre de l’ARCEP, Janvier/ février 2008, p. 21, voir également,
DEZOBRY (G.), La théorie des facilités essentielles : essentialité et droit communautaire de la
concurrence, L.G.D.J, Paris, 2009, p. 12.
359
- Pour l’application de la théorie, la CJCE énonce trois conditions principales à savoir ; l’utilisation
de la facilité essentielle doit être indispensable pour permettre aux tiers d’exercer leur activité sur le
138
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
en 1997, par un arrêt de la Cour d’appel de Paris, à propos d’un Héliport360. Dans
le domaine des télécommunications, la Cour d’appel de Paris a jugé, dans son arrêt
rendu le 1er septembre 1998, « SFR contre France Télécom », que "le fichier des
abonnés au service public de téléphone constitue pour France télécom une facilité
essentielle", elle a en outre, dans une autre affaire, ordonné à France Télécom de
communiquer l’intégralité de ses listes d’abonnés (considérées comme facilité
essentielle) à un concurrent, en estimant qu’aucune raison tirée de la protection du
service public ne s’y opposait361. En somme, faut-il le rappeler, il est nécessaire que
la facilité en question soit indispensable à l’activité de l’opérateur qui en réclame
marché dérivé ; le détenteur de la facilité essentielle doit ensuite avoir refusé sans raison valable cette
utilisation aux entreprises opérant sur le marché dérivé et, enfin, le refus doit être de nature à éliminer
toute concurrence sur le marché dérivé. V. CJCE, 6 avril 1995 (affaire Magill), cité par, BAZEX (M.),
« Entre concurrence et régulation, ‘‘la théorie des facilités essentielles’’ », Revue de la concurrence et
de la consommation, n° 119, 2001, p. 37. La cour ajoute deux conditions nouvelles sur l’application de
la théorie en droit de propriété intellectuelle qui sont, la condition d’absence de substitut réel ou
potentiel pour l’exercice de l’activité sur la marché car, en droit de la concurrence général, on est en
présence d’une facilité essentielle lorsqu’il y a impossibilité ou quasi-impossibilité de reproduire de
manière raisonnable l’infrastructure, c’est la condition d’absence d’alternative., la deuxième
conditions nouvelle est celle de l’interdiction de l’apparition sur le marché dérivé d’un produit
nouveau correspondant à une demande virtuelle du consommateur. V. EDELMAN (B.), « L’arrêt
Magill : une révolution ? », D. 1996, p. 19 ; BLAISE (J.-B.), « L’arrêt Magill : un autre point de vue.
Une illustration de la théorie des ‘‘installation essentielles’’ », Dalloz affaires, 1996, p. 859. Voir
également sur l’application de la théorie en droit de la propriété intellectuelle, RANOUIL (M.), La
théorie des facilités essentielles et le droit de la propriété intellectuelle, Mémoire de DESS de
propriété industrielle, Université Paris 2, 2004.
360
- Dans l’affaire soumise à son jugement, la Cour d’appel de Paris considère que "Les ressources
essentielles désignent des installations et équipements indispensables pour assurer la liaison avec les
clients et/ou permettre à des concurrents d’exercer leurs activités et qu’il serait impossible de
reproduire par des moyens raisonnables". CA de Paris, Héli-inter assistance, 9 septembre 1997.
Globalement, les infrastructures peuvent être très diverses et très différentes et ce, en fonction du
secteur considéré. Il peut ainsi s’agir d’un port, d’un héliport ou d’un tunnel (ex. tunnel sous la
manche en France), il peut s’agir également de réseau de distribution, de droit de propriété
intellectuelle voire industrielle ou encore, dans le domaine des télécommunications, d’équipements
corporels (une ligne téléphonique, filaire ou hertzienne) ; ou une zone de stockage de gaz dans le
domaine gazier. Il peut donc s’agir d’une infrastructure immobilière, d’un équipement, d’un produit
ou d’un service. De surcroît, ces mêmes infrastructures peuvent, selon une casuistique bien
déterminée, être ou ne pas être qualifiées d’essentielles. Car ce qui importe ici, ce n’est pas la nature
ou la qualification juridique de l’infrastructure concernée (meuble, immeuble, produit, service etc.),
mais bien davantage l’utilisation qu’en fait son propriétaire sur le marché. Voir, MARTIN (S.) &
LEVILAIN (F.), « L’application de la théorie des « facilités » essentielles dans le secteur des
télécoms, de l’électricité et du gaz », Gaz. Pal. n° 297, 2002, p. 4.
361
- CA Paris, CMS c/ France Télécom, Rev. Europe, Avril 1994, p. 13.
139
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
362
- CA Paris, 29 juin 1998, Suez-Lyonnaise des eaux, B.O.C.C.R.F. 16 juillet 1998, p.393, cité par,
RODRIGUE (L.), La théorie des infrastructures essentielles appliquée aux industries de réseaux,
Mémoire de DEA en droit public de l’économie, Université Paris II Panthéon-Assas, 2000, p. 38. Dans
cette affaire, quatre communes d’Ile-de-France sont alimentées en eau potable par la société SLE sur
la base de contrats d’affermage arrivant tous à échéance en 1997. L’eau fournie aux habitants provient
d’installations de production, de transport et de stockage appartenant à la société SLE et exploitées par
l’une de ses filiales. Lors de la mise en concurrence par ces communes pour l’obtention de nouveaux
contrats de délégation du service public de distribution d’eau potable, des concurrents de la SLE ont
relevé le refus du délégataire initial de communiquer ses conditions de vente en gros de l’eau potable.
Or, du fait de l’impossibilité pour ces concurrents d’utiliser un moyen de production alternative, la
Cour d’appel de Paris, considérant que la SLE détenait l’unique moyen de production d’un bien
indispensable à l’accès au marché de ma délégation du service public de la distribution de l’eau, a
imposé à ladite société de communiquer à tout candidat potentiel le prix de vente en gros de l’eau
potable, établi de manière objective, transparente et non discriminatoire. Il apparaît en effet, sans
discuter le bien-fondé de cette décision, que les installations de productions, de transport et de
stockage, n’étaient pas substituables, tant pour des raisons financières évidentes que pour des
contraintes techniques, environnementales et juridiques. La construction de telles installations
nécessitent en effet du temps, des terrains disponibles (des expropriations étant parfois nécessaires), et
des autorisations administratives. Pour plus de détails sur l’application de la théorie aux industries de
réseaux, voir, RODRIGUE (L.), ibid., p.39 et s.
363
- L’article 13§2 de la loi 2000-03 prévoit que "L’autorité de régulation a pour mission : (…) – de
veiller à fournir, dans le respect du droit de propriété, le partage d’infrastructures de
télécommunications". Voir également, le cahier des charges des opérateurs de la téléphonie fixe
(article 12.2), op.cit.
140
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
364
- Sur la question de la boucle locale, voir, infra, sous-section 3. De façon paradoxale, l’article 13§1
de la loi 2000-03 prévoit que l’autorité de régulation veille à l’existence d’une concurrence effective et
loyale sur le marché des télécoms et prend toutes les mesures nécessaires pour promouvoir et rétablir
la concurrence sur ce marché. La question qui se pose alors est de savoir, pourquoi l’ARPT, dans une
démarche de promotion de la concurrence et de favoriser l’investissement dans les services de
télécommunications, notamment l’accès à Internet, n’arrive pas à pousser l’opérateur historique à
dégrouper ? Pourquoi l’opérateur historique n’est pas prêt à dégrouper la boucle locale ? Dans un
rapport réalisé par des experts algériens dans le domaine intitulé « Etat des lieux de l’ADSL en
Algérie », et parmi les recommandations qui y figurent on cite, le dégroupage de la boucle locale et
l’accès équitable aux infrastructures essentielles afin d’encourager une concurrence loyale entre
opérateurs.
365
- V. LAGET-ANNAMAYER (A.), La régulation des services publics en réseaux :
télécommunications et électricité, op.cit, p. 173. Les nouveaux entrants sur le marché des
télécommunications disposeront alors de deux moyens pour concurrencer l’opérateur historique. La
concurrence par les services et par les infrastructures. La concurrence par les services est, lorsque les
nouveaux entrants s’appuient sur les infrastructures de l’opérateur historique pour développer leurs
services et les commercialiser aux consommateurs finaux ; la concurrence par les infrastructures est,
lorsque les nouveaux entrants installent pour cela leurs propres infrastructures, concurrentes de celles
de l’opérateur en place. Ces deux procédés appellent bien évidemment à parler de l’interconnexion et
de l’accès. Cf. KOUNDOUL (I.), Les télécommunications africaines…., op.cit, p. 278.
366
- L’accès aux infrastructures et l’interconnexion sont devenus une des questions critiques de la
concurrence dans le marché des télécommunications, et à moins d’y répondre très rapidement, elles
pourraient devenir un barrage à la concurrence.
141
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
367
- Un auteur souligne à ce propos que le régime de l’interconnexion "est l’instrument nécessaire de
cette fonction de régulation et la pierre d’achoppement de toute politique de libéralisation. S’il est
inadapté ou seulement inefficace, il peut provoquer l’échec de toute la politique de libéralisation…",
RAPP (L.), « Le nouveau régime de l’interconnexion des réseaux de télécommunications dans la loi
française du 26 juillet 1996 », Juris PTT, n° 49, p.7
368
- Art. 8§4 de la loi 2000-03, op.cit ; l’opérateur auquel est demandée une interconnexion, doit
mettre à la disposition des opérateurs interconnectés des emplacements dans ses locaux techniques aux
points d’interconnexion afin de permettre à ces opérateurs d’installer leurs équipements d’interface
avec son réseau., voir l’article 10.1 du cahier des charges des opérateurs de téléphonie mobile.
369
- V. BULATOVIC (V.), Les enjeux économiques de l’interconnexion des réseaux de
télécommunications, Thèse de doctorat en sciences économiques, Université d’Orléans, 2004, p. 15.
142
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
370
- Il existe deux types d’interconnexion ; directe et indirecte. Voir par exemple, le catalogue
d’interconnexion d’Algérie Télécom, Année 2011.
371
- Voir l’article 10.3 du cahier des charges des opérateurs de téléphonie mobile ; en cas de désaccord
dans la conclusion du contrat, il sera fait recours à l’arbitrage de l’autorité de régulation.
372
-Le droit sectoriel oblige les opérateurs à la mise en place de conventions d’interconnexion. Ce sont
des conventions de droit privé dénommées sous les appellations de « contrats, conventions ou accords
d’interconnexion ». Leur objet est de déterminer, dans le respect de la réglementation des
télécommunications, les conditions techniques et financière de l’interconnexion entre les exploitants
concernés ; comme elle sanctionne les rapports de chaque opérateur avec chacun des autres. Ces
conventions sont soumises à l’approbation de l’autorité de régulation qui vérifie si les conditions
techniques de l’interconnexion sont réunies et si les principes tarifaires du catalogue d’interconnexion
ont été respectés.
373
- Art. 5 du décret exécutif n° 02-156 du 9 mais 2002, fixant les conditions d’interconnexion des
réseaux et services de télécommunications, JORA n° 35 du 15 mai 2002, p.9
374
- Voir, l’article 25§3 de la loi 2000-03 fixant les règles générales relatives à la poste et aux
télécommunications, op.cit. L’article 6 du décret précité précise qu’ " Une demande d’interconnexion
ne peut être refusée que lorsqu’elle ne peut être satisfaite sur la base du catalogue d’interconnexion
dûment approuvé par l’autorité de régulation. Dans ce cas, ou lorsque l’offre est jugée insatisfaisante,
le demandeur peut saisir l’autorité de régulation" cette dernière " rend une décision motivée dans un
délai de 30 jours à compter de sa saisine par le demandeur d’interconnexion, après avoir invité les
deux parties à présenter leurs observations…".
143
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
tarif d’interconnexion doit, lui-même, être assis sur des bases objectives, tendre
vers les coûts que supporte l’opérateur qui offre l’interconnexion demandée375.
Les opérateurs de réseaux publics376 sont tenus, du reste, de publier, dans les
conditions déterminées par leur cahier des charges, un catalogue d’interconnexion
de références qui contient une offre technique et tarifaire d’interconnexion et ce,
après son approbation par l’ARPT377 qui vérifie, à cette occasion, le caractère
objectif des tarifs offerts et qui peut en conséquence, demander à l’opérateur
d’introduire des amendements à cet égard.
La régulation de l’interconnexion est l’occasion de constater la grande part
que prend le droit privé dans la régulation des télécommunications, par le fait que
les accords d’interconnexion, qualifiés de "conventions d’interconnexion", sont des
conventions de droit privé. Ainsi, la technique contractuelle de droit privé fait son
entrée dans un secteur anciennement régi par le droit public378.
B- Interconnexion et concurrence
Le marché des télécommunications est potentiellement prometteur, pourtant,
l’Etat doit s’attaquer à un défi de taille à savoir l’effectivité du jeu concurrentiel et
de la régulation indépendante. Le régulateur, institué à cet égard, doit arbitrer entre
plutôt développer une concurrence par les services, plus rapide à mettre en œuvre,
ou plutôt favoriser une concurrence par les infrastructures, plus à même de produire
les effets attendus de la concurrence379. Les opérateurs ont en effet le choix entre
375
- BESSAID (M.-T.), « De quelques aspects juridiques saillants de la réformes des
télécommunications », op.cit, p.40
376
- Le droit à l’interconnexion n’est accessible qu’à un petit nombre d’opérateurs autorisés et
l’obligation qu’il fait naître ne concerne que les exploitants de réseaux ouverts au public.
377
- Voir par exemple, catalogue d’interconnexion d’Algérie Telecom, année 2011 (valable du 1er
juillet 2011 au 30 juin 2012), publié sur le site Internet d’Algérie télécom, www.algerietelecom.dz/ ;
voir également les dispositions des articles 7 et 8 du décret exécutif n° 02-156 du 9 mai 2002, op.cit.
378
- Toutefois, nous le verrons dans la deuxième partie de cette thèse, la question se pose à propos du
caractère privé de ces conventions d’autant que la fonction de régulation intervient selon un autre
mode opératoire dans ce domaine : le règlement des litiges. En cas d’échec des négociations
commerciales, la convention est communiquée à l’ARPT, qui peut en modifier le contenu et régler le
litige par décision. Ensuite, il revient au juge administratif d’en apprécier la légalité sans trancher sur
le fond.
379
- Cet arbitrage qui aboutit non pas à un choix exclusif entre l’une ou l’autre de ces deux formes de
concurrence, mais plutôt à un équilibre entre elles -s’exerce au travers des conditions d’accès aux
infrastructures de l’opérateur historique, en particulier les conditions tarifaires, et au travers de la
politique d’octroi de licences pour les infrastructures concurrentiels.
144
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
380
- Il s’agit de donner au propriétaire de l’infrastructure une juste rémunération pour l’usage de ses
infrastructures, lui permettant de couvrir ses coûts d’exploitation et de renouvellement. Si les charges
d’accès sont fixées à un niveau trop bas, l’opérateur historique n’est plus incité à entretenir ses
infrastructures. Il risque alors d’assister à une détérioration de la qualité des infrastructures qui se
répercutera sur la qualité du service final. De plus, des prix d’accès trop bas peuvent encourager
l’entrée de concurrents inefficaces, sans que le client final en retire un bénéfice important. A l’inverse,
des charges d’accès trop élevées empêchent le développement de la concurrence ou peuvent conduire
les nouveaux opérateurs à investir dans des technologies de contournement de la facilité essentielle,
qui ne sont pas toujours efficaces.
381
- Tout nouveau tarif doit être communiqué à l’autorité de régulation 30 jours avant la date de
l’entrée en vigueur du changement envisagé par l’opérateur. Voir, Art. 7 du décret exécutif n°02-156
du 9 mai 2002, fixant les conditions d’interconnexion des réseaux et services de télécommunications,
op.cit. L’autorité de régulation peut, également exiger de ce dernier de modifier les tarifs de ses
services ou de leurs conditions de vente, s’il apparaît que ces changements ne respectent pas les règles
de concurrence loyale et les principes d’uniformité des tarifs nationaux des services de
télécommunications. Voir, l’article 22. 2 du cahier des charges des opérateurs de téléphonie mobile et
l’article 21 du cahier des charges des opérateurs de téléphonie fixe, op.cit.
382
- En application de la loi 2000-03, notamment l’article 27, l’autorité de régulation relève, dans une
affaire soumise à son appréciation et opposant Orascom Télécom Algérie (OTA) à Algérie Télécom
(AT), que "les tarifs d’interconnexion des opérateurs dominants peuvent être soumis à encadrement
par l’ARPT » et que « l’objectif de cet encadrement est de promouvoir la concurrence"., V. décision
n° 03/ SP / PC / ARPT / 03 du 30 juin 2003 relative à la détermination de la taxe de terminaison d'un
appel en provenance de l'international sur les réseaux mobiles de Orascom Télécom Algérie (OTA) et
Algérie Télécom (AT), www.arpt.dz/., Dans une seconde affaire opposant les mêmes opérateurs à
propos de pratiques anticoncurrentielles, l'Autorité de régulation mentionne dans les visas de sa
décision, l'ordonnance de 1995 relative à la concurrence et spécialement son article 10. En outre, dans
ses considérants, elle relève que les pratiques tarifaires anticoncurrentielles sont proscrites, notamment
: "la vente à perte" ainsi que "la subvention d’un service en concurrence par un service en situation
d’exclusivité". V. Décision n° 02/SP/PC/ARPT/03 du 30 juin 2003 relative aux règles applicables par
les opérateurs de télécommunications pour la tarification des services fournis au public, www.arpt.dz/;
Enfin, l'autorité de régulation a délivré une injonction à l'encontre d'OTA à l'effet de retirer une offre
tarifaire au double motif que l'opérateur n'a pas observé les conditions de publicité des tarifs et que
145
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
l'offre tarifaire constitue une pratique de tarif singulièrement bas. V. Décision n° 11/SP/PC/ARPT du
12 mars 2007 portant retrait sans délai, par l'opérateur Orascom Télécom Algérie, de l'offre tarifaire
relative à son produit Allo OTA, www.arpt.dz/
383
- L’article 20 du décret exécutif n° 02-156 du 9 mai 2002 fixant les conditions d’interconnexion des
réseaux et services de télécommunications prévoit que "Les tarifs d’interconnexion, comme ceux de
location de capacité, sont établis dans le respect du principe d’orientation vers les coûts réels. Les
opérateurs doivent prendre en compte les meilleures pratiques internationales d’opérateurs dans des
situations comparables. A cet effet, les opérateurs mettront en place avant la fin de la période
transitoire, prévue dans leur cahier des charges, une comptabilité analytique qui leur permettra
d’identifier les différents types de coûts suivants : les coûts de réseau général (…) ; les coûts
spécifiques aux services d’interconnexion, c’est-à-dire les coûts directement induits par les seuls
services d’interconnexion ; les coûts spécifiques aux services de l’opérateur autre que
l’interconnexion, c’est-à-dire les coûts induits par ces seuls services". Bien que ce système soit
formellement consacré, jusqu’à présent, aucun opérateur n’a présenté une comptabilité analytique sur
laquelle l’ARPT peut apprécier les tarifs d’interconnexion. Ceci s’explique selon un auteur par les
difficultés rencontrées par les opérateurs au lancement du processus d’ouverture à la concurrence. V.
BESSAID (M.-T.), « De quelques aspects juridiques saillants de la réforme des télécommunications »,
op.cit, p.41
384
- Coût moyen incrémental de long terme (CMILT). L’orientation des tarifs d’interconnexion vers
les coûts représente un aspect permettant de juger le degré d’efficience de la régulation
d’interconnexion, la notion pertinente de coût étant ici celle de « coût moyen incrémental de long
terme », celui que l’opérateur historique encourt par minute de trafic (coût « moyen ») du fait du
supplément de trafic que lui adressent les nouveaux entrants (coût « incrémental »), et qui doit être
calculé en valorisant les équipement de réseau à leur valeur de remplacement par les meilleures
technologies aujourd’hui disponible (coût de « long terme »), et non à leur valeur comptable
historique. Sur ce point, voir, CURIEN (N.), « Libéralisation des télécommunications en Europe », in,
HENRI (C.) & QUINET (E.), Concurrence et service public, éd. L’Harmattan, Paris, 2003, pp.353-
365.
385
- A titre indicatif, la réglementation Européenne favorise l’application des prix plafonds guidés
d’abord par le modèle de comptabilité fondé sur les données historiques des prix plafonds et, ensuite,
par le modèle de type CMILT. Ces modèle sont basé sur des calculs comptables ne respectant pas de
manière satisfaisante la considération économique de la problématique de l’interconnexion des réseaux
de télécommunications. Ce défaut de l’approche comptable a pousser certains auteurs, économistes, à
la recherche d’un autre modèle théorique qui intégrera mieux les observations des phénomènes
146
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
économiques et qui soit, plus particulièrement, adapté à l’évolution des conditions concurrentielles sur
le marché des services de télécommunications. Cf. BULATOVIC (V.), Les enjeux économiques de
l’interconnexion des réseaux de télécommunications, op.cit, p. 319.
386
- Au sens de l’article 8 du décret exécutif n°02-156 sus cité, l’autorité de régulation peut, autre sa
prérogative d’approbation des conventions d’interconnexion entre opérateurs, demander aux parties
d’apporter des amendements à la convention d’interconnexion c’est-à-dire, elle dispose d’un contrôle
a priori sur ses conventions. Ceci réduit considérablement, sa compétence d’arbitrage en matière
d’interconnexion, compétence qu’elle exerce sans partage. On se demande alors, pourquoi doter le
régulateur d’un tel pouvoir puisqu’il exerce un contrôle sur les conventions d’interconnexion avant
leur approbation et leur mise en œuvre. D’un autre côté, ce contrôle des tarifs est justifié d’une part,
par les impératifs de la préservation de l’ordre public économique, dont la protection du
consommateur et d’autre part, par la nature des conventions d’interconnexion.
147
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
387
- Sur ce point, un auteur écrit "le droit des secteurs régulés, vu sous l’angle de la théorie générale
du contrat, marque un retour au dirigisme étatique, mais un dirigisme qui ne se présente plus tout à
fait sous les mêmes traits ; le contrôle de l’administration est toujours aussi prégnant, mais il s’opère
par le biais des organes de régulation et très largement au nom de l’efficacité économique", JAMIN
(C.), « Théorie générale du contrat et droit des secteurs régulés », Rec. Dalloz, 2005, p. 2342
388
- S’agissant de ce point précis, la Cour de Cassation Française a rendu un arrêt célèbre dans le
domaine des télécommunications. Dans l’affaire opposant France Télécom et Paris TV câble (SLEC) ;
France télécom, gestionnaire du réseau, qui se plaignait de l’atteinte excessive portée à ses
prérogatives contractuelles, autrement dit de l’atteinte portée au principe de l’autonomie de la volonté,
la Cour a répondu "que s’agissant des prérogatives contractuelle, les restrictions qui y sont apportées
ont été voulue par le législateur qui, pour des motifs d’ordre public économique, a confié à l’autorité
de régulation, dans l’exercice des prérogatives de puissance public, la mission d’imposer aux parties
qui la saisissent des décisions exécutoires tranchant leurs litiges sur la conclusion ou l’exécution
d’une convention d’interconnexion ou d’accès à un réseau dé télécommunications". V. « Conditions
d’ouverture des réseaux câblés aux services de télécommunications : Arrêt rendu par la Cour d’appel
de Paris », AJDA 1998, p. 835.
389
- Définition de l’ART (France), Télécoms : mode d’emploi, Janvier 1999, citée par ESTRYN (C.) &
GUERRIER (C.), « La boucle locale de télécommunications : un enjeu pour le droit de la
concurrence », LPA n° 236, 2000, p.4.
390
- La boucle locale a été entièrement réalisée par les PTT et elle est la propriété d’Algérie Télécom.
Elle est essentielle aux opérateurs cherchant à s’implanter soit sur le marché des communications local
(services bas débit), soit sur le marché de l’Internet (services haut débit).
148
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
locale par la technique du dégroupage391, est prévue par le projet de loi fixant les
règles applicables aux activités de la poste, des télécommunications et à celles liées
aux TIC392.
En effet, l’opérateur historique ne peut pas tout prendre en charge. A terme, il
doit se spécialiser dans sa mission d’être l’opérateur des opérateurs. Il doit de ce
fait, se décharger de la prise en charge des besoins des citoyens à travers des ISP ou
d’autres intervenants, comme il doit développer son réseau haut débit et assurer la
connexion à ces opérateurs393. L’intérêt pour ces derniers étant de ne pas devoir
déployer tout un réseau téléphonique dans le pays, ce qui représente un
investissement gigantesque394.
Au niveau européen, un règlement communautaire du 18 décembre 2000 relatif
au dégroupage de l’accès à la boucle locale reconnaît aux opérateurs entrants le
droit d’utiliser, de manière exclusive ou partagée, le dernier tronçon du réseau de
télécommunications des opérateurs historiques et ce, afin de fournir des services
391
- Le dégroupage de la boucle locale consiste pour un opérateur de réseau à désolidariser les
différentes parties de la composante du réseau pour qu’elles puissent utilisées séparément par les
autres opérateurs concurrents en vue d’offrir à leurs clients une gamme de service. L’opérateur
demandeur pourra installer ses propres équipements dans les locaux techniques de l’opérateur
historique et utiliser les lignes du réseau de ce dernier pour raccorder ses propres clients. L’accès peut
se traduire par la mise à disposition de la totalité de la ligne ou par un partage de la ligne en haut et bas
débit. Le dégroupage permet aux opérateurs alternatifs de bénéficier d’un accès « directe » à
l’utilisateur final par l’intermédiaire du réseau déjà existant (propriété de l’opérateur historique), sur ce
point, voir, LOMBARD (M.), « L’accès dégroupé à la boucle locale », in, Les entretiens de l’autorité
(ART France) du 23 mars 1999, p. 7. L’intérêt de l’opération de dégroupage est d’éviter la duplication
des infrastructures téléphoniques tout en permettant le développement effectif de la concurrence. Voir,
PRADA-BORDENAVE (E.), « L’annulation d’une décision de l’autorité de régulation des
télécommunications en matière de tarifs de dégroupage de la boucle locale, et ses conséquences »,
RFDA, Juillet-Août 2005, p.802.
392
- Le ministre chargé du secteur affirme que le nouveau texte prévoit le dégroupage de la boucle
locale pour des impératifs de promotion de la concurrence et dans la perspective de donner la
possibilité à d’autres acteurs pour investir sur la boucle locale afin d’offrir des services à haute valeur
ajoutée. Voir, les propos du Ministre, « La nouvelle loi va soulager Algérie Télécom dans la
couverture du pays en services TIC », Le quotidien d’Oran, 18 janvier 2012.
393
- L’un des grands intérêts du dégroupage, n’est pas la fourniture d’Internet en soit, mais tous les
services qui viennent avec l’Internet. On parle alors d’offres triple-paly alliant l’Internet, téléphonie et
télévision numérique au même temps.
394
- La duplication du réseau fixe d’Algérie Télécom ne peut sérieusement être envisagée par les
opérateurs concurrents en raison du coût d’investissement initial élevé du fait de la nécessité de
travaux importants de génie civil ; coûts essentiellement supportés par les pouvoirs publics et donc par
les contribuables, ainsi qu’en raison de coût unitaires par ligne trop élevé par rapport à ceux de
l’opérateur historique.
149
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
aux clients locaux395. Ce règlement, qui fait suite au premier train de mesures de
libéralisation des réseaux de télécommunications, constitue une mesure
ambitieuse ; l’enjeu n’est plus d’autoriser les opérateurs alternatifs à construire et
exploiter leurs propres infrastructures de télécommunications, mais de leur
reconnaître le droit d’utiliser de manière exclusive ou partagée la boucle locale de
cuivre de l’opérateur historique.
Au niveau international, l’OMC joue un rôle essentiel. La boucle locale est en
phase avec l’annexe au G.A.T.S sur les télécommunications de base. C’est d’abord
aux Etats-Unis que la boucle locale est devenue un enjeu dans le cadre de la
concentration entre entreprises de télécommunications. Le dégroupage est rendu
obligatoire par le Telecommunications Act de 1996. Mais dans les faits, la mise en
œuvre de ces dispositions a donné lieu à de nombreux contentieux à tous les
niveaux des juridictions américaines396.
L’accès des opérateurs alternatifs à la boucle locale suppose, d’une part la
conclusion d’un contrat avec l’opérateur historique et, d’autre part la possibilité
d’implanter leurs équipements à proximité d’un répartiteur principal de l’opérateur.
Bien entendu, l’accès à la boucle locale, comme dans le cas de
l’interconnexion, est subordonné à la conclusion d’une convention entre l’opérateur
historique et le nouvel entrant dont les clauses essentielles doivent figurer dans une
offre de référence. Cette offre de référence, qui sera élaborée par l’opérateur
historique, sous le contrôle de l’autorité de régulation, doit préciser, entre autres, la
tarification de l’accès à la boucle locale en prenant en compte les principes de la
transparence, la non–discrimination et l’objectivité, en d’autres termes,
l’orientation des tarifs vers les coûts. Cela suppose préalablement l’élaboration de
principes et de modalités d’évaluation des coûts d’accès à la boucle locale. La
pertinence des coûts, c’est-à-dire la forme de causalité directe ou indirecte à l’accès
395
- Règlement CE n° 2887/2000 du Parlement et du Conseil du 18 décembre 2000 relatif au
dégroupage de l’accès à la boucle locale JOCE du 30 décembre 2000, entré en vigueur le 2 janvier
2001, cité par, NZALOUSSOU (C.), « Les vicissitudes de l’accès dégroupé à la boucle locale en
Europe : le cas de la France, de l’Espagne et de la Belgique », LPA n° 201, 2001, p. 4.
396
- Voir, LAGET-ANNAMAYER (A.), La régulation des services publics en réseaux :
télécommunications et électricité, op.cit, p. 185.
150
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
151
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
399
- Art. 123 de l’avant projet de loi fixant les règles générales relatives à la poste, aux
télécommunications et à celles liées aux technologies de l’information et de la communication,
Ministère de la poste et des technologies de l’information et de la communication, Avril 2013.
152
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
CHAPITRE II
LA CONCILIATION DE LA CONCURRENCE ET DES MISSIONS
DE SERVICE PUBLIC
400
- MARCON (N.), Service public et concurrence, Thèse de Doctorat en Droit, Université Paris 1
Panthéon-Sorbonne, 2006, p. 80.
153
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
Section I
Les télécommunications : service public soumis aux règles du droit de
la concurrence ?
Même si le droit positif marque, de plus en plus, une dilution des séparations
originelles et une interpénétration croissante entre droit privé et droit public, il
demeure que l’essence du droit de la concurrence est privée (B), tandis que la
nature du service public est issue de la construction doctrinale et jurisprudentielle
du droit administratif (A).
A- Le service public : d’origine publiciste
La notion de service public a été forgée par la doctrine administrative et la
jurisprudence du tribunal des conflits et du Conseil d’Etat Français. Elle a été la
notion centrale et fondatrice du droit administratif, puisque dans son arrêt Blanco,
le Tribunal des conflits en faisait le critère de la compétence du juge
administratif401. Par la suite, il va permettre, avec l’école du service public de
Duguit d’expliquer et de justifier l’ensemble du droit administratif402.
401
- T.C, 8 février 1873- Blanco. Par l’arrêt Blanco, le Tribunal des conflits consacre à la fois la
responsabilité de l’Etat à raison des dommages causés par des services publics et la compétence de la
juridiction administrative pour en connaître. Dans l’affaire Blanco, une enfant avait été renversée et
blessée par un wagonnet d’une manufacture de tabac, exploitée en régie par l’Etat. Le père avait saisi
les tribunaux judiciaires pour faire déclarer l’Etat civilement responsable du dommage, sur le
fondement des articles 1382 à 1384 du code civil. Le conflit fut élevé et le Tribunal des conflits
154
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
attribua la compétence pour connaitre du litige à la juridiction administrative. L’arrêt Blanco consacre
ainsi la responsabilité de l’Etat. Cette dernière est toutefois soumise à un régime spécifique, en
considérant la responsabilité qui peut incomber à l’Etat du fait du service public ne peut être régie par
les principes qui sont établis dans le code civil pour les rapports de particulier à particulier. La
nécessité d’appliquer un régime spécial, justifié par les besoins du service public, est ainsi affirmée.
Voir, Tribunal des conflits- 8 février 1873- Blanco, www.conseil-etat.fr/fr/presentation-des-grands-
arrets/tribunal-des-conflits-8-fevrier-1873-blanco.html. Le service public est également présent au sein
du bloc constitutionnaliste et surtout au sein de la jurisprudence constitutionnelle. V. BRACONNIER
(S.), Droit des services publics, Puf Thémis, Droit public, Paris, 2003, p.7. Cf. également, CHAPUS
(R.), L’administration et son juge, Puf, Paris, 1999, p. 165 et s.
402
- D’autres grands arrêts du Conseil d’Etat et du Tribunal des conflits ont confirmé les principes
énoncés dans l’arrêt Blanco (Arrêt, Terrier, CE, 6 Février 1903 ; Arrêt Feutry, TC, 29 Février 1908 ;
Arrêt Thérond, CE, 4 mars 1910). Dans ces arrêts, le critère du service public est utilisé comme critère
de répartition des compétences juridictionnelles, permettant ainsi une unification du contentieux de
l’Etat et des autres personnes publiques. C’est cette jurisprudence qui conduisit un certain nombre
d’auteurs à voir dans le service public la pierre angulaire du droit administratif. DUGUIT (L), Traité
de droit constitutionnel, T-2, éd. Sirey, 1923, 55. Pour plus de détails sur les arrêts précités, voir,
GUGLIELMI (G.-J.) et KOUBI (G.), Droit du service public, Domat droit public, Montchrestien,
Paris, 2000, p. 52 et ss ; voir également, MESCHERIAKOFF (A.-S.), Droit des services publics, Puf
2e édition, Paris, 1997.
403
- Plus les services publics se multiplient, plus la notion de service public est difficilement
saisissable. A ce propos, Marcel Waline constatait en 1961 qu’"il est plus facile de récupérer le
mercure échappé d’un vieux baromètre que de saisir la notion de service public dans une définition",
Le pouvoir exécutif (et son chef) et la justice, Puf, Paris, 1961, p. 57, cité par, DUPUIS (G.) et al.
Droit administratif, Dalloz, Paris, 1999, p. 484.
404
- La notion relève, comme l’affirment deux auteurs, " d’une mystification dont la permanence dans
le système de droit (français) dérive de l’histoire, de l’histoire des institutions politiques et sociales,
de l’histoire du droit (…) elle reflète l’illusion d’une frontière entre espace d’interventions publiques
et zones d’activités privées dans laquelle l’Etat n’aurait par à intervenir". GUGLIELMI (G.-J.) et
KOUBI (G.), Droit du service public, Ibid. p. 60., MARCON (N.), Service public et concurrence,
op.cit, p.81.
155
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
l’interdépendance sociale et qu’il est de telle nature qu’il ne peut être assuré
complètement que par l’intervention de la force gouvernante "405. Ou encore, est
considérée comme relevant du service public "l’activité que les gouvernants
doivent obligatoirement exercer dans l’intérêt des gouvernés"406.
Apparaît à l’évidence le rôle fondamental alloué à l’Etat par cette doctrine juridique
dans le cadre de la conception et de l’exercice de toute activité qui se veut
étroitement liée à « l’intérêt général »407.
Dans un essai de définition de l’essence d’un service public, le Professeur Jean
RIVERO408 précisait que "créer un service public, c’est affirmer que l’intérêt
général serait compromis en cas de non satisfaction du besoin social
correspondant (…) ". C’est pourquoi, "la finalité de tout service public est la
satisfaction d’un besoin d’intérêt général ; cette finalité exige que le service public
relève d’une autorité publique et soit soumis, dès lors, aux règles juridiques
qu’implique cette dépendance". En associant ainsi les concepts de service public et
d’intérêt général, cet auteur confirme d’un côté, le lien « inexorable » entre ces
deux notions, et explicite un enseignement d’importance quant au rôle premier de
tout service public énoncé, c’est-à-dire que l’utilité des services publics n’est
effective que s’ils répondent concrètement et spécifiquement à certains besoins
405
- DUGUIT (L.), Traité de droit constitutionnel, op.cit, p. 55
406
- DUGUIT (L.), « De la situation des particuliers à l’égard du service public », RDP, 1907, p. 417,
cité par, CHEVALLIER (J.), Le service public, Puf, coll. Que-sais-je ? Paris, 1997, p.7.
407
- Le rôle de l’Etat en la matière est très étendu en France, et pour le moins ancré dans la plupart des
pays de droit Romain. Le professeur Jacques Chevallier souligne d’ailleurs que, le service public est
identifié dans l’Hexagone comme "La véritable clef de voûte de la construction étatique", Ibid. p. 8.
Certains auteurs affirment que, le service public est une mission d’intérêt général, Voir par exemple,
DUPUIS (G.) et al. Droit administratif, op.cit, p.480. Le Conseil d’Etat Français invoque, pour tracer
les contours du service public, trois critères : exécution d’une mission d’intérêt général ; existence de
prérogatives de puissance publique conférées à l’organisme chargé de cette mission ; droit de regard
de l’administration sur les modalités d’accomplissement de la mission. CE. 28 juin 1963, Narcy, R.
401, RDP, 1963. 1186, cité par DUPUIS (G.) et al. Ibidem. Les prérogatives de puissance publique
semblent constituer un élément essentiel. Cependant, la grande diversité des cas concrets ne permettent
pas d’affirmer que la reconnaissance d’un service public est absolument liée à l’existence de
prérogatives de puissance publique. Certains organismes peuvent assurer une mission de service
public sans disposer de tels pouvoirs. Sur cette question, voir, GEFFROY (J.-P.), « service public et
prérogatives de puissance publique : réflexion sur les déboires d’un couple célèbre », RDP, 1997, p.49
408
- Cité par STOFFAES (C.), Rapport de la commission, service public : question d’avenir, éd.
Jacob, Paris, 1995, p. 47, 48 et p. 32. Voir également, TRAVARD (J.), « Jean Rivero et les lois du
service public », AJDA, 2010, p.987.
156
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
409
- BELKHOUS (I.), L’impact du progrès technique sur l’évolution du concept de service public,
Thèse de Doctorat en sciences économiques, université de Montpellier I, 2007, p.97
410
- D’autres principes auxiliaires régissent la fourniture du service public, notamment celui de la
neutralité ou transparence, le principe de spécialité mais également –et c’est une exception française
dans une large mesure- la gratuité de certains services collectifs. Voir, DENOIX DE-SAINT MARC
(R.), Le service public, Rapport de mission, La documentation Française, coll. des rapports officiels,
Paris, 1996, p. 13 et s.
411
- L’étude de ces principes fera l’objet de la deuxième section de ce chapitre.
412
- MARCON (N.), Service public et concurrence, op.cit, p.82., BELKHOUS (I.), L’impact du
progrès technique sur l’évolution du concept de service public, op.cit, p. 99.
157
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
413
- DUPUIS (G.) et al. Droit administratif, op.cit, p. 482.
414
- Article 170 de la constitution de 1996.
415
- V. CHEVALLIER (J.), Le service public, op.cit, p.7 et s.
416
- Cf. BOUSSOUMAH (M.), « Essai sur la notion juridique de service public », RASJEP, Vol. 3,
1992, pp. 331-499
417
- Jusqu’à la fin des années 1980, Ce n’est plus le service public qui est le fondement et la limite du
pouvoir des gouvernants mais le socialisme Algérien, BOUSSOUMAH (M.), ibid., p.340. Le service
public et ses techniques de gestion ont survécu après l’indépendance ; préservant la compétence du
juge administratif, la loi du 31 décembre 1962 prorogeant la législation coloniale « sauf dans ses
dispositions contraire à la souveraineté nationale », introduit dans le nouvel ordre juridique algérien le
droit administratif colonial avec tout son contenu technique, ses méthodes particulières, son régime
dérogatoire et ses moyens d’action, y compris le service public. Avec la disparition de la compétence
territoriale de la Cour de cassation et du Conseil d’Etat, le système juridictionnel demeure imparfait.
158
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
Avec l’instauration de l’unité de juridiction au sommet, la loi du 18 juin 1963 portant création de la
Cour suprême ne brise pas fondamentalement l’ancien mode organisationnel. La dualité subsiste, à la
base, d’un côté, un ordre administratif (tribunaux administratif : Alger, Oran et Constantine), et, de
l’autre côté, des tribunaux de grandes instance et trois Cours d’appel. Ces ordres sont coiffés par la
cour suprême divisée en quatre chambres, dont la chambre administrative.
418
- Ces mécanismes étaient reproduits dans le code communal de 1967, JORA, 1969, p.375.
419
- BOUSSOUMAH (M.), « Essai sur la notion juridique de service public », op.cit. En effet, Les
quelques auteurs ayant fait référence à la notion, la traitent dans le cadre d’étude des critères du droit
administratif français. Ils traitent les critères de la notion de manière incomplète et sans donner
l’image exacte du service public et sans prendre en compte les développements depuis plusieurs
années de la jurisprudence du Conseil d’Etat et du tribunal des conflits et de l’apport de la doctrine
française en la matière. V. Par exemple, AOUABDI (A.), Droit administratif, OPU, Alger, 1990, p.
139 et s (en arabe) ; MAHIOU (A.), Cours d’institutions administratives, 3e éd. OPU, Alger, 1987, p.
383 et s. De manière générale, et à l’instar de quelques auteurs, qui aborde la notion à titre accessoire
ou connexe dans leurs contributions scientifiques, tout devient service public en Algérie dans la
mesure où les entreprises publiques sont chargées avant tout de la socialisation de l’économie et de
l’exécution les plans nationaux de développement". V. ZOUAÏMIA (R.), Un essai d’adaptation de la
fonction publique aux exigences du développement : le cas algérien, Thèse, Université de Nice, 1986,
p. 282. Le vide juridique entourant la notion de service public se confirme dans la mesure où, même
159
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
la constitution de 1996, n’emploie qu’à une seule occasion l’expression de « service public », (art.
170).
420
- DECOCQ (A.) & DECOCQ (G.), Droit de la concurrence interne et communautaire, L.G.D.J,
Paris, 2002, p.9.
421
- ZOUAÏMIA (R.), Le droit de la concurrence, éd. Belkeise, Alger, 2012, p.8
422
- MARCON (N.), Service public et concurrence, op.cit, p.84.
423
- COHEN-TANUGI (L.), Le droit sans l’Etat, PUF, Paris, 2007, p. 95.
160
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
424
- COHEN-TANUGI (L.), Le droit sans l’Etat, op.cit, p. 96.
425
- voir, MARCON (N.), Service public et concurrence, op.cit, p. 86 et s.
426
- Pour plus de développement sur cette question, voir infra, sous-section 2.
161
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
427
- Cf. MARCON (N.) Service public et concurrence, op.cit, p. 88
428
- Cf. ZOUAÏMIA (R.), Le droit de la concurrence, op.cit, p.6.
429
- Loi n° 89-12 du 5 juillet 1989 relative aux prix, op.cit
430
- Ordonnance n° 95-06 du 25 Janvier 1995 relative à la concurrence, op.cit
431
- Ordonnance n°03-03 du 19 Juillet 2003 relative à la concurrence, modifiée et complétée en 2008
et en 2010, op.cit
432
- Loi 04-02 du 23 juin 2004 fixant les règles applicables aux pratiques commerciales, JORA n° 41
du 27 juin 2004, modifiée et complétée par loi n° 10-06 du 15 août 2010, JORA n° 46 du 18 août
2010.
433
- Les associations étaient soumises aux dispositions de l’ordonnance de 1995, écartées dans celle de
2003 et enfin, réintroduites à nouveau dans son champ d’application en 2008 et reconduites en 2010.
Voir, article 2 de l’ordonnance 03-03 relative à la concurrence, tel que modifiée par la loi n°08-12 du
25 juin 2008 et loi n° 10-05 du 15 août 2010, op.cit
434
- L’article 2 de l’ordonnance 03-03 relative à la concurrence tel que modifiée par la loi n°08-12
prévoit que "Les dispositions de la présente loi s’appliquent : aux activités de production, de
distribution et de service y compris l’importation et celles qui sont le fait (…) et de corporations
professionnelles, quelques soient leur statut, leur forme ou leur objet (…)".
435
- La modification touchera également le fonctionnement du Conseil de la concurrence et précisera
certains concepts comme celui de la régulation. La modification intervenue en 2010 modifie le régime
des prix en assortissant le principe de la liberté des prix de certaines conditions et en élargissant le
champ d’intervention de l’Etat dans la fixation des prix ou la limitation des marges.
162
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
Bien qu’il existe une certaine privatisation du service public et une relative
publicisation du droit de la concurrence, leurs logiques juridiques propres sont
opposées, car ils ont une légitimité et un but différents.
436
- Sur la soumission des ordres professionnels à la concurrence, voir, CAPITAINE (P.), Les ordres
professionnels en droit privé, Thèse de doctorat en droit privé, Université Montpellier I, 2006 ;
LASCOMBE (M.), « Les ordres professionnels », AJDA, 2007, p.855 ; DECOCQ (G.), « L’ordre
professionnel, le droit de la concurrence et le procès équitable (commentaire d’arrêt) », Revue
Contrats Concurrence et Consommation, n° 16, Juin, 2007, commentaire. 153.
163
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
1- De nouvelles missions
Toute industrie de réseau recèle assurément des missions de service public.
Leur nombre et leur étendue d’assise et d’exercice diffèrent certes d’une industrie à
une autre, mais là où elles sont présentes, ces missions ont pour objectifs
principaux de répondre à certaines attentes sociales et limiter de par leur
accomplissement les effets de différents échecs de marché. Les
télécommunications, ayant un statut symbolique d’un "bien social", sont
considérées comme "une commodité" de première importance437, et perçues donc
par tous comme étant un bien premier. L’intérêt général exige que ce bien essentiel
soit mis à la disposition de tous les consommateurs à un prix abordable ou
accessible438.
L’accès du grand nombre à ce bien, en ce qu’il conditionne « la capacité à
fonctionner dans la société » devient assez rapidement une priorité collective,
témoignant de l’essence « publique » – au sens économique – de ce bien devenu
essentiel439. Les fournissant à tout demandeur, l’industrie des télécommunications
constitue de ce fait naturellement un exemple type de service public.
Le service public étant une notion présente dans les télécommunications,
qu’en est-il concrètement de ses composantes pour le secteur ? Ce « service de base
» se présentait en Algérie jusqu’à une date récente uniformément sous la forme
d’une fourniture exclusivement sous monopole public d’un service unique à tarif
unique. Depuis l’avènement de la concurrence dans le paysage industriel des
secteurs en réseaux, notamment des télécommunications, et le constat de
437
- Cf. FLACHER (D.) & JENNEQUIN (H.), Réguler le secteur des télécommunications ? Enjeux et
perspectives, éd. Economica, Paris, 2007, p. 7, Voir également, BELKHOUS (I.), L’impact du progrès
technique sur l’évolution du concept de service public, op.cit, p. 98 et s. Ce dernier considère que "ce
bien est fondamentalement désiré par tout individu rationnel".
438
- V. BOURGUIGNON (H.), Service universel et concurrence : une analyse des effets stratégiques
de contraintes politiques, Thèse de Doctorat en sciences économiques, Université Paris I- Panthéon
Sorbonne, 2005, p.39.
439
- Cf. BELKHOUS (I.), ibid. p. 100.
164
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
440
-Les missions et obligations de ce service public étant définies antérieurement par la déclaration de
politique sectorielle du gouvernement.
441
- L’article 4§4 de la loi 2000-03, op.cit.
442
- V. article 4§ 2 et 3 de la loi 2000-03, op.cit ; la loi française sur les télécommunications affirme
expressément son attachement aux principes traditionnels du service public. L’article 35 du code de
la poste et des communications électroniques Français prévoit que le service public des
165
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
objectifs ainsi que le contenu du service universel sont définis par le décret
exécutif n° 03-232 déterminant le contenu du service universel de la poste et des
télécommunications443.
Le premier chapitre du décret en question consacré au « service universel des
télécommunications » énonce explicitement, au travers de l’article 4, quatre types
de missions de service public devant être assurées dans le respect des principes
d’égalité, de continuité et d’adaptabilité. Il s’agit de :
- La desserte en cabines téléphoniques installées sur la voie publique ;
- L’acheminement des appels d’urgence ;
- La fourniture du service de renseignements et d’un annuaire d’abonnés.
Après la modification du décret 03-232 en 2009, l’exécutif ajoute un autre service :
celui de l’accès aux services internet à un débit minimum de 512 Kbits comme
obligation supplémentaire pour les opérateurs des télécommunications chargés du
service universel444.
L’article 3 du même décret dispose que, " Les objectifs du service universel
des télécommunications doivent concourir à :
- La garantie de l’accès au réseau téléphonique ;
- La pérennité de la fourniture du service téléphonique ;
- La connexion au réseau public pour assurer la continuité du service ;
- La tarification à des prix raisonnable ;
- Une qualité de service technique et commerciale spécifiée"
télécommunications est assuré dans le respect des principes d’égalité de continuité et d’adaptabilité et
qu’il comprend trois (3) composantes : le service universel des télécommunications ; les services
obligatoires des télécommunications qui comprennent notamment, une offre sur l’ensemble du
territoire, l’accès au réseau numérique à intégration de services, de liaisons louées, de commutation de
données par paquet, de service avancés de téléphonie vocale et de service télex ; les missions d’intérêt
général dans le domaine des télécommunications, en matière de défense, de sécurité, de recherche
publique et d’enseignement supérieur. V. Rapport d’activité annuel de l’ARCEP 1997, www.arcep.fr
443
- Décret exécutif n° 03-232 du 24 Juin 2003 déterminant le contenu du service universel de la poste
et des télécommunications, les tarifs qui lui sont appliqués et son mode de financement, JORA n°39 du
29-06-2003, modifié et complété par décret exécutif n°09-310 du 23 septembre 2009, JORA n° 55 du
27-09-2009.
444
- Article 9 du décret exécutif n° 09-310 du 23 septembre 2009 modifiant et complétant le décret
exécutif n°03-232, déterminant le contenu du service universel …, op.cit.
166
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
445
- Articles 3 et 4 du décret exécutif n°03-232 déterminant le contenu du service universel, op.cit.
167
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
446
- Voir, l’article L.35-6 du code de la poste et des communications électroniques, op.cit
447
- Cf. BELKHOUS (I.), L’impact du progrès technique sur l’évolution du concept de service public,
op.cit p. 101 et ss.
448
- CHARBIT (N.), « La notion de réseaux : l’exclusion des secteurs de réseaux des directives
Marchés », Rev. Contrats Publics, dossier Industries de réseaux et contrats, n° 24, Juillet-août 2003,
p.26.
449
- Dictionnaire, Larousse, 2010. Les ouvrages professionnels de référence se hasardent peu à
proposer une définition transversale de la notion de réseau et procèdent à un découpage par matières
(télécommunications, Internet) ou par régime (accès, contenu) ; Voir, VIVANT (M.) & Le Stanc (C.-
H.), « Droit de l’information et des réseaux », Lamy, 2003, p.1076
168
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
169
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
453
- Cf. CURIEN (N.), Economie des réseaux, op.cit, p.67
454
- Cf. CLAMOUR (G.), Intérêt général et concurrence…, op.cit, p. 660 ; CHABIT (N.), « La notion
de réseau :… », op.cit, p. 28
455
- DEZOBRY (G.), La théorie des facilités essentielles : essentialité et droit communautaire de la
concurrence, op.cit.
170
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
456
- ANTOINE (A.), Prérogatives de puissance publique et droit de la concurrence, L.G.D.J, Paris,
2009, p. 33
457
- Article 2 de l’ordonnance 03-03 relative à la concurrence tel que modifié par loi n°08-12 et n° 10-
05, op.cit
458
- Le Conseil de la concurrence algérien estime que "si les dispositions de l’article 2 de
l’ordonnance relative à la concurrence sont applicables aux personnes publiques, c’est à la condition
qu’elles exercent une fonction économique de même nature que celle qui peut être assurée par une
personne privée et qu’elles interviennent sur le marché comme offreurs d’un bien ou prestataires d’un
service". Décision n° 99 D 02 en date du 17 octobre 1999, saisine relative à la dévolution d’un marché
public pour la réalisation des centres de formations professionnelles de Fennoughil et Stabit, cité par
AREZKI (N.), Contentieux de la concurrence, op.cit (annexe 2).
459
-L’application de cette condition a vu le jour suite à une célèbre affaire dite « ville de Pamiers »,
dont la municipalité de cette ville avait décidé de mettre fin à la concession de service public accordée
à une entreprise pour la distribution de l’eau et de la confier à une autre entreprise (…). Cette dernière
prétendait que l’attribution de la concession était le résultat d’une entente entre la municipalité et
l’attributaire. Le Conseil de la concurrence français déclarait la saisine non recevable. Il s’appuyait sur
l’article 53 de l’ordonnance de 1986 relative à la concurrence pour estimer que les dispositions de
171
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
cette dernière ne s’appliquaient aux personnes publiques que dans la mesure ou celles-ci se livrent à
des activités de production, de distribution ou de services. V. Décision du Conseil de la concurrence
français du 17 mai 1988, Rapport annuel de 1988, p. 61, citée par BLAISE (J-B), Droit des affaires
(commerçants, concurrence, distribution), 2éme éd. L.G.D.J, Paris, 2000, pp. 400-403.
460
- Cela implique que seuls les actes détachables des missions de puissance publique liés à des
activités de production, de distribution ou de service sont soumis à l’autorité de concurrence est donc
pleinement au droit de la concurrence. La notion d’acte détachable est l’invention du juge des conflits
français. Dans une affaire opposant une filiale de British Airways, (TAT European Airlines), à la
compagnie Air France et à l’établissement public Aéroports de Paris. Ce dernier a entendu regrouper
par aérogare les différentes compagnies utilisatrices de ses installations et, à cette fin, a imposé à la
société TAT de quitter le site d’Orly-Ouest (où est basé le trafic de la compagnie Air France) pour
s’installer à Orly-Sud. L’établissement a en outre, refusé à la société TAT la possibilité d’ouvrir de
nouvelles liaisons à partir d’Orly-Ouest et l’a obligé à utiliser les services d’assistance en escale de
l’établissement public (une telle obligation ne pesant pas sur Air France en droit d’utiliser son propre
personnel). Le Conseil de la concurrence, approuvé par la Cour d’appel de Paris, s’était reconnu
compétent pour sanctionner (pour entente illicite et abus de position dominante) l’attitude de
l’établissement public ; il s’agissait donc pour le tribunal des conflits de déterminer si l’autorité de
régulation de la concurrence était compétente pour connaitre des pratiques mises en œuvre par
l’Aéroport de Paris, dans la mesure où pouvaient être en cause, les actes administratifs pris par cet
établissement public dans le cadre de sa mission de service public et de ses pouvoirs de gestion
domaniale. Dans cette affaire, le tribunal des conflits considère que, « Les décisions par lesquelles ces
personnes assurent la mission de service public qui leur incombe au moyen de prérogatives de
puissance publique, relèvent de la compétence de la juridiction administrative pour en apprécier la
légalité et, le cas échéant, pour statuer sur la mise en jeu de la responsabilité encourue par ces
personnes publiques (…) ». Dès lors, « que sont détachables de l’appréciation de la légalité d’un acte
administratif les pratiques » de l’entreprise en cause (Aéroport de Paris), le juge judiciaire est
compétent. Voir, Arrêt du Tribunal des Conflits, 18 octobre 1999, Préfet de la région Île-de-France
c/Cour d’appel de Paris Aéroports de Paris et Air France c/TAT European Airlines,
www.tribunaldesconflits.fr ; voir également le commentaire du professeur LAIDIE (Y.), « Brèves
observations sur les difficultés de l’évolution du contentieux de la concurrence : A propos de la
décision du Tribunal des Conflits du 18 octobre 1999 », RFDA, 2000, p.567.
461
- La notion de prérogatives de puissance publique est difficile à cerner dans une définition. La
prérogative de puissance publique est relativement proche de certains termes récurrents en droit
public, par exemple, les pouvoirs, les privilèges ou encore les clauses exorbitantes du droit commun.
Les rares auteurs ayant essayé de donner une définition lient la notion avec celle de l’intérêt général.
Le professeur René CHAPUS définit la notion comme étant « l’exercice d’un pouvoir de décision
destiné à satisfaire les exigences de l’intérêt général, ou plus précisément les besoins du service
public », Droit administratif général, Tome I, 15e éd, Montchrestien, Paris, 2001, p. 712. Les activités
mettant en jeu des prérogatives de puissance publique sont des activités d’intérêt général, telles que les
télécommunications, la distribution de l’électricité, le service postal de base…etc. Positivement, les
prérogatives de puissance publique renvoient à la mise en œuvre des moyens exorbitants du droit
commun afin de satisfaire l’intérêt général. Cf. ANTOINE (A.), Prérogatives de puissance publique et
droit de la concurrence, op.cit, p.9.
172
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
concurrence est écarté. Mais faut-il pour autant écarter les dispositions du droit de
la concurrence dans ce dernier cas?
Le Conseil d’Etat français a pu constater que, "souvent, les pratiques
anticoncurrentielles reprochées aux personnes publiques sont indissociablement
liées à des actes administratifs pris par la personne publique dans le cadre de ses
462
prérogatives de puissance publique ou de l’organisation du service public" , ce
qui l’a certainement poussé à reconnaître, depuis 1997, dans l’arrêt de principe"
Million et Marrais" du 3 novembre 1997463, que même en attribuant au juge
administratif la compétence du contrôle de telles pratiques, ce dernier est appelé à
appliquer les dispositions du droit de la concurrence dans le bloc de légalité de ces
actes en combinaison avec d’autres tempéraments, "concilier entre la concurrence
et les impératifs du service public"464, autrement, faire la balance entre les
spécificités des missions de l’autorité publique et le nécessaire respect par celle-ci
du droit de la concurrence465.
Dans le cas algérien, le législateur laisse une incertitude en matière de droit
applicable et semble adopter une position paradoxale entre 2003 et 2008, dans la
mesure ou l’article 2 de l’ordonnance n°03-03466 en ses termes, évoquait que
462
- CE, Rapport public, Collectivités publiques et concurrence, études & documents n°53, La
documentation Française, 2008, p. 244.
463
- La décision « Million et Marais » marque un revirement de jurisprudence quant à l'application du
droit de la concurrence aux actes de puissance publique : le Conseil d'Etat français admet que la
légalité d'un acte administratif peut être appréciée au regard des dispositions de l'ordonnance de 1986
relative à la concurrence et il certifie que l’acte administratif ne peut être appréhendé sur le terrain de
la concurrence que s’il induit un comportement anticoncurrentiel d’entreprise, ou selon les termes de
la décision qu’il ait «pour effet de placer l’entreprise dans une situation où elle contreviendrait». V.
GIRARDOT (T.-X.), « Contrat de concession du service extérieur des pompes funèbres. - Application
de l'ordonnance du 1er décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence », AJDA 1997.
p. 945.
464
-Voir, CHEROT (J.-Y.), « Les méthodes du juge administratif dans le contentieux de la
concurrence », AJDA, 2000, p. 687 ; NICINSKI (S.), « Les évolutions du droit administratif de la
concurrence », AJDA 2004, p. 751.
465
-FUCHS (O.), « La conciliation des intérêts dans le contentieux administratif de la concurrence »,
AJDA, 2006, p. 746.
466
-Ordonnance n° 03-03 du 19 juillet 2003 relative à la concurrence, op. cit ; A noter que
l’ordonnance n°95-06 relative à la concurrence (abrogée), n’indique aucune dérogation quant à
l’intervention des personnes publiques dans l’environnement concurrentiel ; il est fait, semble t-il,
application absolue de l’ordonnance à leurs activités économiques) ; en effet, l’article de 2 de cette
ordonnance prévoit de façon générale que « La présente ordonnance s’applique aux activités de (…) y
compris celle qui sont le fait de personnes publiques ou d’associations… ».
173
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
" La présente ordonnance s’applique aux activités … y compris celles qui sont le
fait de personnes publiques, dans la mesure où elles n’interviennent pas dans le
cadre de l’exercice de prérogatives de puissance publique ou dans
l’accomplissement de missions de service public ". On peut nettement comprendre
une soustraction absolue de telles pratiques, non seulement de la compétence du
Conseil de la concurrence, mais, plus encore, de l’applicabilité des dispositions du
droit de la concurrence. En revanche, la révision de cet article intervenue en 2008,
semble plutôt pencher pour la position du Conseil d’Etat français où l’on remarque
une reformulation de ce texte dans une logique d’assouplissement de la mise en
œuvre de l’ordonnance qui dispose désormais que " (…) toutefois, la mise en
œuvre de ces dispositions ne doit pas remettre en cause l’accomplissement de
missions de service public ou l’exercice de prérogatives de puissance publique ".
Il ne s’agit plus de l’exclusion d’intervention des personnes publiques dans le cadre
de missions de service public ou l’exercice de prérogatives de puissance publique
mais du respect de celles-ci. Autrement dit, concilier entre les éléments du couple :
service public - prérogatives de puissance publique et logique concurrentielle,
même en accordant une telle compétence au juge administratif et non pas au
Conseil de la concurrence467.
Section II
174
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
175
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
470
- MOINE (G.), « Droit des télécommunications : le service universel, contenu, financement,
opérateur », AJDA, 1997, p. 246.
471
- Voir, Brevet Alexandre Graham Bell, précité.
472
- V. DEBENE (M.), « Sur le service universel : renouveau du service public ou nouvelle
mystification », AJDA, 1996, p. 183.
473
- Cf. WASHSMANN (A.) & BERROD (F.), « Les critères de justification des monopoles : un
premier bilan après l’affaire Corbeau », RTDE, 1994, p.39 ; MOINE (G.), « Service universel, service
minimum et dynamique de la concurrence », in, Les services publics en Europe, L.G.D.J, Paris, 1994.
En 1982, le tribunal du district de Colombia, ordonne l’éclatement des réseaux régionaux d’AT&T. Le
break up de l’entreprise la plus puissante des Etats-Unis se réduit par l’émancipation de ses filiales
d’exploitation locales et l’abandon de 75% de ses actifs immobilisés. Le démembrement d’AT&T a eu
pour effet de passer d’une société cotée en Bourse à huit (8) sociétés (AT&T et sept compagnies
régionales).
176
PARTIE I. L’encadrement libéral des télécommunications : La régulation économique
474
- « Le service universel et la restructuration des tarifs dans les télécommunications », Rapport
OCDE, 1991, p.20 et s.
475
- MOINE (G.), « Droit des télécommunications : le service universel ; contenu, financement,
opérateurs », op.cit
476
- Directive 2002/22/CE relative au service universel, modifiée par la directive 2009/136/CE du
Parlement et du Conseil du 25 novembre 2009. www.eur-lex.europa.eu/ . Dans le cadre de ce nouveau
« paquet télécom » le Parlement européen et le Conseil modifient le cadre règlementaire de 2002 et
mettent en place l’ORECE (organe des régulateurs européens des communications électroniques).
Pour plus de détails sur ce sujet, voir, IDOT (L.), « Adoption du 3e "Paquet télécom" », Revue Europe,
n° 2, février 2010, com. 76.