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French
Marti
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reconte par illustrepar
RAPE VLADYANA
MARTIN KRYKORKA
Texte frangais de
Sciiblsisfic'
AURORA PUBi H'
Pour Rose.
R.M.
A ma mere, qui
aimait beaucoup ce conte, et a mes
ancetres, pour les armoiries.
V.K.
Cette version de «Le ckandelier geant» a evolue au cours des annees, car je l’ai
racontee d’innomkrables fois partout en Amerique du Nord, et meme au
japon. C’est un ancien conte italien, qui a traverse le temps grace a la
tradition orale et qui a fort keureusement ete transcrit par Italo Calvino dans
son livre «Contes italiens». Ceux qui ont lu «Le roi Lear» y reconnaitront
1’essentiel de l’kistoire, a part l keureux denouement (et les menus!). Dans
toutes les cultures du monde, on retrouve des kistoires semblakles. C’est un
conte universel, et je suis tres keureux de pouvoir aujourd’kui le
partager avec mes lecteurs.
L’illustratrice a utilise de l’aquarelle rekaussee de
peinture a la detrempe, et du crayon de couleur pour les details.
Copyrigkt © Rafe Martin, 1Q93, pour le texte. T
Copyrigkt © Vlad yana Krykorka, 1993, pour les illustrations.
Copyrigkt © Sckolastic Canada Ltd., 1993, pour le texte frangais.
Tous droits reserves.
Donnees de avant publication (Canada)
ll est interdit de reproduire, d’enregistrer ou de diffusei; en tout
Martin, Rafe, 1946—
ou en partie le present ouvrage, par quelque procede que ce soit,
Le ckandelier geant
electronique, mecanique, pkotograpkique, sonore, magnetique ou
autre, sans avoir oktenu au prealakle 1’autorisation ecrite de l’editeur. Traduction de: Dear as salt.
ISBN 0-590-74308-2
Edition pukliee par Sckolastic Canada Ltd., 123, Newkirk Road,
Rickmond Mill (Ontario) Canada L4C 3G5. I. Krykorka, vl aiyana. II. Titre.
6 5 43 2 1 Imprime a Hong-Kong 3 4 5 6/9 PZ23.M37CK 1993 j813’.54 C93-093421-0
il etait une fois un roi qui avait trois filles.
il possedait egalement trois trones : un de
pierre noire sur lequel il s asseyait lorsqu’il
etait en colere, un autre de Lois rouge
pour les jours ordinaires et un
troisieme d or, dont il
se servait lorsqu’il
etait tres keureux.
il sassoit un jour sur son trone
de pierre noire et fait venir sa
fille ainee.
— Ffere, dit-elle, vous etes ass
sur votre trone de pierre noire.
Seriez-vous en colere?
— Oui, je le suis, repond le roi.
— Etes-vous facke contre
moi? demande encore sa fille.
— Oui, je le suis, repond le roi.
— Mais pourquoi, mon
pere? demande-t-elle.
— Parce que tu ne
m aimes pas! repond-il.
— Mais je vous
insiste-t-elle.
—V raiment?
— Autant que le
pain, repond la
princesse.
— Bof! fait le roi.
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son coeur, il est ravi. Parce qu il sait que, fait de kon kle qui a
pousse dans une ricke terre, petri a la main et cuit dans un four de
pierre, le pain represente la force de la terre et la puissance de ce
qui croit. Ainsi, meme s d fait «Bof!», il est vraiment tres keureux.
2
Le roi fait ensuite venir sa
Aeuxieme Hie.
— Ffere, dit-elle, vous etes assis
sur votre trone de pierre noire.
Seriez-vous en colere?
— Oui, je le suis, repond le roi.
— Etes- vous facke contre
moi? demande encore sa rule.
— Oui, je le suis, repond le roi.
— Mais pourquoi, mon pere?
demande-t-elle.
— Parce que tu ne m'aimes
pas! repond-il.
— Mais je vous aime!
insiste-t-elle.
—Vraiment?
— Autant que le vin, dit-elle.
le roi.
— Bof! fait It
Mais, encore une fois, il est
ravi. il sait Lien que, pour faire
un Lon vin, il faut ckoisir le Lon raisin, le
cuei llir au Lon moment, Lien le fouler et le laisser vieillir
ans 1les meiilleures caves, il sait qu’avec un peu de cLance,
dans
orsqu on le goute des annees plus tard, le coeur s’eclaire comme
par un jour d'ete meme s 'il fait gris et froid au plus fort de l'Liver.
Ainsi, meme s'il fait «Bof!», le roi est vraiment tres Leureux.
3
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Puis, il appelle sa troisieme Me.
— Ffere, dit-elle, vous etes assis sur votre trone de
pierre noire. Senez-vous en coleref
lere?
— Oui, je le
1 sms, repond le roi.
— Etes-vous facke contre moi? lemanae
id' encore sa
— Oui, je le suis, repond le roi.
— Mais pourquoi, mon pere? demande-t-elle.
— Parce que tu ne m’aimes pas! repond-il.
— Mais je vous aime! insiste-t-elle.
— Vraiment?
— Ffere, je vous aime autant que le sel.
Lorsqu’il entend ces mots, le roi s’emporte.
— Autant que le sel? kurle-t-il. Qu’y a-t-il Je
sel?
plus vulgaire, de pi us ordinaire que le sel
Hors de ma vue, ma Me!
La pauvre princesse court ckez la reine,
sa mere. Quand elle apprend Fkistoire, la
reine dit a Zizola (c’est le nom
de la princesse) :
— Zizola, ma fille, ton pere est
is d’ une cnse de rage . Ne
pns
Fen fais pas, je te protege.
le roi
C’est une konne chose, car le
tellement kors de lui vient d’appeler
son meilleur ckasseur.
— Trouve Zizola et rapporte-moi son
coeur, car c'est une pierre qu’elle a a la
place du coeur!
5
'f
Lorsque le chasseur arrive chez la reine,
cell e-ci lui Jit :
— La vie Je Zizola est entre tes mains.
La prockaine fois que tu iras a la ckasse, je
t en supplie, rapporte un cceur Je cerf au roi
et Jis-lui que tu as agi selon ses orJres.
Comme le ckasseur est un komme Je kien,
il o keit a la reine, et a partir Je ce jour, le
roi croit que Zizola est kel et kien morte.
Puis, la mere Je Zizola, la reine,
fait venir un ckanJelier geant.
Dans la paroi Ju ckanJelier se trouve
une petite porte et a l interieur, un petit
lit, une takle Je nuit, une commoJe a
tiroirs et une kikliotkeque remplie Je livres.
— Entre Jans le ckanJelier, Jit 1 a reine a sa Me.
Tout va kien aller.
6
'Mjfj'ty
Zizola entre done dans le chandelier. Sa mere referme la
porte et fait venir quelques serviteurs du chateau.
— Allez vendre ce chandelier au marche, dit la reine.
Si l acheteur vous semhle vdain ou mesquin, peu
importe le prix qu’il en offre, repondez-lui que ce
chandelier vaut une fortune. Si, par contre, l acheteur
semhle hon et genereux, vendez-le-lui pour presque rien.
Vous avez hien compris?
Les serviteurs se grattent le crane et disent :
— Nous pensons hien que oui, Majeste.
— Bien, dit la reine.
ils se rendent done au marcbe avec le chandelier geant
et bientot arrive un bomme en carrosse. il fait arreter
l equipage et frappe le ebandelier a petits coups de sa
canne a pommeau d or.
— Je veux ce ebandelier, dit-il. Quand les gens le
verront cbez moi, ils seront morts d’envie. Je vous paie
comptant, maintenant. Faites votre medleur prix.
Les serviteurs eebangent un regard.
— Pour vous? Pour vous, ce sera cent coffres d or!
— Cent coffres d’or! s’ecrie bbomme, furieux.
il lance un cri a son cocber et s eloigne
rapidement.
Un peu plus tard, passe un prince monte sur un
superbe ckeval. il s arrete devant le chandelier geant.
— Ce cb andelier est une pure merveille. Mes amis
sauront en apprecier la lumiere par les longues soirees
d’biver. Je crois que la personne la plus triste se rejouira a la
vue dun tel objet. Dites-moi, combien vaut-il?
Les serviteurs se regardent encore.
— Pour vous? Pour vous, ce sera une piece d or.
— Une piece d or? s exclame le prince. C’est trop beau
pour etre vrai! A n’importe quel prix, ce serait une aubaine!
Voici la piece d’or, et meme un peu plus pour vous. Je vous
remercie!
Les hommes du prince portent le ckandelier au palais
et le montent au troisieme etage dans les
appartements du prince. Puis le prince descend
l’escalier de pierre qui mene aux cuisines, dans les
caves du ckateau.
— Ce soir, je vais a lopera, dit-il aux cuisiniers.
Mais avant, je vais faire un tour dans mes jardins. Je
monterai ensuite a mes appartements et j’y prendrai
mon repas avant de sortir. Faites done monter ce
qu’il faut.
— Bien sur, Votre Altesse, disent les cuisiniers.
— Bien, repond le prince.
il sort dans ses jardins, kume le parfum des fleurs
et profite de la douceur de l air, il okserve les
oiseaux qui s elancent vers le ciel, volent et
font des piques au-dessus de sa tete.
il admire l enorme soleil rouge
qui se coucke lentement.
15
Les cuisiniers montent a la cbambre du prince, etendent
une nappe blancbe et servent le repas : des spaghetti a la
sauce tomate. Eod eur leur fait monter beau a la boucke.
ils servent aussi une petite salade, du parmesan, du pain a
bail et une boutedle de jus de raisin petillant. Puis ils
sortent en fermant bien la porte.
Quarrive-t-il alors? Aussitot qu’ds sont sortis, la porte
du cbandelier s ouvre et Zizola apparait. Elle s assoit a la
table, mange et boit jusqua ce qu’il ne reste plus rien.
Elle essuie ses levres avec une serviette de toile fine, entre
dans le cbandelier et referme la porte.
16
r
Ail meme instant, la porte de la ckamkre s ouvre et k
prince entre. il est furieux. Ou est passe son repas?
il descend en courant l’escalier de pierre qui mene
aux cuisines dans les caves du ckateau.
— Quelqu un a mange mon repas! kurle-t-il.
— Ce n’est pas nous, Votre Altesse, crient les
cuisiniers effrayes. Ce doit etre le ckat, ou encore le
ckien. Nous ne ferions jamais rien de pareil.
— C’est peut-etre vrai, dit le prince au Lout d’un
moment. Sans doute avez-vous raison. Je dois partir
tout de suite pour 1 opera. Je sors egalement demain
soir. Vous monterez mon repas comme vous l avez
fait ce soir. Et prenez kien soin de ne pas laisser
entrer ni le ckat ni le ckien.
— Oui, Votre Altesse, disent les cuisiniers.
— Bien, dit le prince.
19
Le 1 endemain soir, encore une fois, le prince sort dans
ses jardins. il hume le parfum des fleurs et profite de
la d<ouceur de l air, il re^arde 1 es oiseaux vo ler dans le
ciel qui s’obscurcit et observe l’enorme soleil rouge se
coucber lentement.
Les cuisiniers montent cbez le prince, etendent
une jolie nappe et servent le repas. Ce soir, c’est une
lasagne. Eodeur ouvre l’appetit. Bien sur, ils
servent une autre salade et un autre pain a Bail. Et
ce soir, pour aider les bumeurs du prince, ils
deposent sur la table une petite bouteille de vin. ils
ferment bien la porte pour que ni le cbat ni le cbien
ne puissent entrer et ils retournent a leurs cuisines.
Sitot qu’ils sont sortis, la porte du ckandelier souvre et
Zizola apparait une deuxieme fois. Elle s’installe a la table,
mange et boit jusqu’a ce qu’il n’y ait plus rien. Elle essuie ses
levres avec la serviette de toile fine, entre dans le ckandelier
et referme la porte, juste au moment oii s ouvre celle de la
ckambre. C’est le prince.
Qu’il est furieux! il court a la cuisine.
— Quelqu’un a mange mon repas! kurle-t-il encore.
— Ce n’est pas nous, Votre Altesse! crient les
cuisiniers. Nous ne ferions jamais de paredle ckose.
C’est surement le ckien et le ckat!
— Vraiment! dit le prince. Je
sors encore demain soir. Je vous
donne une derniere ckance. Et
M.
cette fois, personne ne mangera
mon repas! Vous avez compris?
— Oui, Votre Altesse,
repondent les cuisiniers, tres mal
a l’aise.
— Bien, dit le prince avant de
sortir.
dUh-.,/
Le lendemain soir encore, les cuisiniers montent aux
appartements du prince, etendent une telle nappe et
servent le repas. Ce soir, c’est une pizza couverte de toutes
sortes de bonnes choses. Lod eur excite les papilles. Les
cuisiniers deposent sur la table une autre boutedle de vin
ainsi qu’un vase rempli de fleurs magnifiques. Avant de
sortir, ils s assurent de bien fermer la porte de sorte que ni
le cbat ni le cbien ne puissent entrer.
Qu arrive-t-d alors? La porte du chandelier s’ouvre et
apparait Zizola. Elle s’assoit a la table et mange, et
mange, et boit. Mais ce qu elle ignore, c’est que le
prince, ce soir, est cache sous la table. Pendant que
Zizola mange et mange, il sort la tete de sous la
nappe .111a re saride bien droit et son coeur se
met a battre de plus en plus vite. il tombe
amoureux de Zizola!
Le prince sort de sous la table.
— Chere demoiselle, dit-il, que
faites-vous dans ce chandelier geant?
Zizola lui raconte son bistoire,
comment elle a dit a son pere le
roi qu elle 1’ aimait autant que le
sel; comment il s’est fache
contre elle; comment sa mere
la reine l a installee dans le
chandelier geant pour lui
L
sauver la vie.
25
— Ne vous en faites pas, dit le prince. Tout va Lien aller. ;
Etils mangent, parlent, rient, ckantent et dansent. Tard dans
la nuit, Zizola entre dans son ckandelier. Le lendemain matin, le
prince descend les marcLes de pierre qui menent aux cuisines et
dit aux cuisiniers :
— Et maintenant ...
— Ou-i-i, Votre Altesse, disent les cuisiniers dont les genoux
tremLlent de frayeur.
all
(Test un merveilleux repas que vous m avez servii nier
Li( soir,
dit 1 e prince.
— Merci, Votre Altesse, sexclament les cuisiniers, rassures.
Nous sommes Leureux de l entendre.
— Ecoutez-moi Lien, dit le prince. Je serai tres occupe
pendant les trois prockains jours. Et je serai affame. Faites
monter tous mes repas dans mes appartements et douklez les
portions. Compris? Assez pour deux.
— Certainement Votre Altesse, disent les cuisiniers. Avec plaisir!
— Bien, dit le prince.
Zizola et le prince mangent, parlent, rient, ckantent et dansent
encore. Au kout de trois jours, le prince descend Lescalier de
pierre et entre ckez sa mere.
— Mere, dit-d, je vous annonce mon manage.
— Merveilleux, dit 1 a reine. Et qui veux-tu done epouser?
— Mere, dit-il, j’epouse le ckandelier.
— Non! sexclame la reine, Louleversee. Tu ne peux pas
epouser un c kandel ler.
— Mere, repond le prince, j’epouserai le ckandelier ou je
n epouserai personne.
Que peut faire la pauvre reine?
26
Les serviteurs du prince descendent le ckandelier par
l escalier de pierre et le placent dans le carrosse. Le prince
s’assoit a cote du ckandelier et l’entoure de son bras
pendant qu’ils roulent vers leglise. Les serviteurs portent le
ckandelier devant l’autel. A cote du ckandelier, le prince
rayonne de konkeur. Sa mere, assise dans un coin, sanglote
amerement.
Le pretre entre et la ceremonie commence. Au moment oil
il s apprete a les consacrer mari et... ckandelier, la petite
porte s’ouvre et apparait Zizola. Elle est magnifique.
Lorsque la reine comprend que son fils epouse la jeune fille
du ckandelier et non le ckandelier
lui-meme, elle en est si
keureuse qu elle
rit et pleure en
meme temps.
28
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Apres la ceremonie, la reine court vers Zizola.
— Que faisiez-vous, ma ckere fille, dans ce gigantesque
diandelier?
Zizola raconte encore une fois son kistoire, comment ell
a dit au roi son pere qu ’elle 1' aimait autant que le sel;
comment il s’est facke contre elle; comment sa mere la
reine l a installee dans le ckandelier geant pour lui sauver
la vie.
— Ne t’ en fais pas, dit la mere du prince. Avec nous, tu
es en securite, ma ckere Zizola.
— Oui, repond Zizola, et je suis tres keureuse. Mais, si
vous voulez m’aider, je crois qu’ensemkle nous pouvons
tout arranger.
32
Lei endemain, la reine annonce qu elle donne un grand
diner. Elle invite tous les rois et toutes les reines, les
princes et les princesses des provinces voisines a venir
celebrer le manage de son fils.
Avant que les invites arrivent, elle descend voir les
cuisiniers.
— Vous etes les meilleurs cuisiniers du pays, dit-elle.
— Merci, Majeste.
— Et ce soir, continue la reine, je veux vous demander
de faire une ckose Lien particuliere. Ce soir, je vous
w interdis de mettre le moindre grain de sel dans les plats
que vous servirez au pere
* de Zizola.
— Mais, Majeste, s’exclament les
cuisiniers, consternes, nous ne pouvons
faire une ckose pareille. il croira
que nous sommes les pires
cuisiniers du pays!
— Laissez-le croire ce qu’il
voudra, repond la reine.
les
Et, comme c’est la reine qui a parle, k
pauvres cuisiniers ne peuvent repondre que
— Oui, Majeste.
— Bien, dit la reine.
33
Le soir, lorsque les invites arrivent, la reine s’assure que le pere
de Zizola prend Lien place a sa droite. Elle frappe dans ses
mams.
— Faites servir le repas, dit-elle.
Les cuisiniers entrent dans la salle a manger, portant de
grandes assiettes a soupe. C’est une minestrone qui sent
mervedleusement Lon. Les invites prennent leurs cuilleres
royales et commencent a manger.
— Ma gnifique! Delicieux! Extraordinaire! Cette soupe est la
meilleure qu’on ait jamais goutee!
Tous s’exclament, sauf le pere de Zizola. il en prend une
cuilleree et son visage se tord dans une grimace de degout, il en
prend une autre et c’est pire. il pose alors sa cuillere.
-Quy a-t-il? demande la reine. Vous n’aimez pas notre cuisine?
— Mais oui, Majeste, repond-il. Mais je veux garder mon appetit
pour prof iter de tout le repas.
— C’est Lien, dit-elle, car il y a Leaucoup a manger.
Elle f:rappe encore une fois d ans ses mams.
Les cuisiniers reviennent, portant cette fois d’immenses
assiettes. Ce sont des auLergines au parmesan qui sentent
Jt extraordinairement Lon. On sert les invites qui prennent
m 1 eurs couteaux royaux et 1Leurs fourckettes royal
royales et
commencent a manger.
— Ma gnifique! Delicieux! Extraordinaire! Ce sont les
meilleures auLergines qu’on ait jamais mangees
~sMi
Tous s’exclament, sauf le pere de Zizola. il prend
une boucbee, mastique et mastique, mais n’arrive
pas a avaler. Enfin, avec un grand effort, il avale
la boucbee et pose sa fourckette.
La reine attend.
— Quy a-t-il? demande la reine. Vous
n’aimez pas notre cuisine?
— Pour dire la verite, Majeste, dit le pere de
Zizola, la soupe goutait l eau et les aubergines, le
caoutckouc. Rien n’a de gout, rien n’a de saveur.
Je crois que vos cuisiniers ont oublie le sell
En pronongant ces mots, il se rappelle soudain
sa fille Zizola. il se souvient du jour oii elle lui a
dit qu’elle l aimait autant que le sel. Tout a coup,
il comprend! (Test elle, de ses trois fdles, qui
l’aimait le plus. Elle avait voulu dire que sans lui,
la vie n’avait pas de gout, pas de saveur... et il
l avait fait tuer!
Et, se rappelant tout cela, il se met a pleurer, a
tant pleurer que des larmes salees recouvrent son
Pendant qu’il pleure, on entend de legers pas descendre
l’escalier. il sent deux mains se poser sur ses epaules.
il se retourne et leve les yeux. C’est Zizola qui se tient
derriere lui! D un bond, d se leve et prend sa fdle entre ses kras.
La mere et les soeurs de Zizola rient et lancent des cris de joie.
— o ma sage Zizola, s’exclame la mere du prince, tu as tout
arrange!
— Bravo! lance le prince, car c’est la verite. -
Les musiciens commencent a jouer, Zizola et son pere
ouvrent le Lai. Et tous les rois et les reines, les princes et les
princesses, les serviteurs, les dames de ckamkre et les cuisiniers
entrent dans la danse a leur suite.
Et s'ds n’avaient pas
arrete, ils danseraient
encore aujourd’kui!
38
eoSC! T764-
Aurora Public Library
.
Dans cette version toute f ^ ^ , „-r
64 00501776 4 un roi a ses
trois filles a quel point elles i aiment. i_a reponse des deux premieres lui
grand plaisir. Mais celle de la plus jeune le rend furieux.
Pauvre Zizola! Sa mere doit la faire disparaitre pour lui sauver la vie. Ckere
Zizola! Elle a vite fait de ckarmer un prince au grand coeur. Sage Zizola!
Avec l’aide de sa nouvelle famille, elle saura montrer a son pere
**■ "f’d/
9780590743082
09/19/2017 15:57-3