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------INTRODUCTION
La finance internationale est la branche des sciences économiques
qui étudie les flux de capitaux entre les pays. Les relations économiques
entre des nations délimitées par des frontières politiques se ramènent en
effet à trois mouvements : des mouvements humains (démographiques),
des mouvements de marchandises
(Commerce international) et des mouvements de monnaies et capitaux.
Les mouvements de monnaies et de capitaux (les flux de capitaux)
sont liés au commerce international ; ils permettent de régler les
exportations et les importations de biens et services ; ils aboutissent à des
opérations de change. Mais depuis ces trois dernières décennies, le
commerce international n’explique plus qu’une faible fraction des
opérations de change. L’essentiel des opérations de change est engendré
par les opérations financières (investissement, placement, prêt, emprunt)
qui ont pris une importance prépondérante dans les échanges entre les
pays.
Les opérations commerciales et financières internationales se
déroulent donc entre des opérateurs économiques de différents pays
ayant des monnaies différentes ; ces opérations ne peuvent se réaliser
que si les pays peuvent échanger entre eux leurs monnaies. Mais les
opérations de change se font avec des difficultés et des conséquences
pour les opérateurs et aussi pour les économies et les gouvernements.
Il y a aussi que de plus en plus les entreprises s’internationalisent à
la recherche de nouveaux marchés, d’économies d’échelle, de rentabilité,
de coûts faibles, de profits, etc. L’internationalisation de l’activité
économique se caractérise par l’accroissement des échanges
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internationaux (exportation, importation, investissement à l’étranger,
implantation…). Les systèmes financiers mis en place par les autorités
gouvernementales et les institutions financières internationales, pour le
financement des activités économiques, s’internationalisent également
par l’intégration des marchés financiers nationaux. Les opérations
financières menées par les entreprises ayant des activités internationales
influencent leur gestion financière. Les entreprises ayant des activités
internationales ou une structure multinationale font face à des problèmes
financiers dans leur recherche de financement des échanges
commerciaux et des investissements. Ces problèmes financiers sont liés
à l’environnement financier international qui exige des entreprises, des
adaptations et des mutations dans leur gestion financière, dans leur
structure financière. La problématique est donc le choix du mode de
financement, de la place financière, du lieu de l’investissement ou de
l’implantation, de la monnaie de la transaction, etc. L’objectif de ce cours
est de comprendre les enjeux de la finance internationale. Il s’agit
d’identifier les risques auxquels les entreprises sont exposées, d’étudier
les différentes possibilités de financement des activités internationales, les
différentes techniques et stratégies de gestion des risques dans un
environnement international. Il s’agit enfin de montrer la nécessité d’un
système monétaire international régi par les institutions financières
internationales, pour permettre aux opérateurs économiques des
différents pays de faire entre eux des règlements ; et permettre aux
gouvernements de financer les déficits de leurs balances des paiements.
Ce cours va s’articuler autour de deux parties :
- Opérations de change et marché international des capitaux.
- Gestion des risques et systèmes monétaires internationaux.
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Partie I : Opérations de change et marché international des capitaux.
I) Les opérations de change.
Nous verrons ici les définitions des notions de base (A), les
techniques de cotation des monnaies (B) et les opérations d’arbitrage et
de spéculation (C).
A) Définition des notions de base
1) Le change.
L’opération de change ou le change est l’acte par lequel on échange
une monnaie contre une ou plusieurs monnaies étrangères. Le change
peut désigner aussi la détention de devises. On distingue deux sortes de
change : le change manuel et le change scriptural.
a) Le change manuel
Le change manuel est l’échange de monnaies manuelles (billets,
pièces) et les substituts directs de la monnaie (chèques de voyage ou
travellers cheques). Le change manuel intéresse particulièrement les
touristes, les hommes d’affaires se rendant à l’étranger pour une durée
assez courte et ne voulant donc pas ouvrir de compte. Il correspond au
poste « voyage » dans la balance des paiements.
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b) Le change scriptural
Le change scriptural ou change à jeux d’écriture, est l’échange de
monnaies par le moyen de virements sur des comptes ouverts dans des
banques étrangères (comptes nostro, vostro).
2) Le marché des changes.
L’échange des monnaies se déroule sur un lieu abstrait appelé le
marché des changes.
C’est donc un lieu d’achat et de vente de monnaies, de devises. Il existe
deux formes de marché : Le marché officiel et le marché interbancaire.
• Le marché officiel se déroule à la bourse des valeurs (pays latins :
France, Allemagne, Italie, Espagne, Belgique…). Ce marché utilise
les techniques boursières de cotation (le fixing).
• Le marché interbancaire est le marché le plus important ; il se
déroule par un réseau de téléphones, télex, ou systèmes
d’informations spécifiques, entre les banques. Il n’y a pas de
localisation géographique, mais il fonctionne en continu, les
participants de chaque zone horaire prennent le relais des autres.
Le marché des changes est essentiellement un marché de gré à gré
où les transactions sont libéralisées ; mais depuis quelques années est
apparu un marché organisé selon des règles standardisées. Deux
opérateurs professionnels assurent le fonctionnement du marché des
changes : les cambistes ou agents de change et les courtiers (brokers).
Les cambistes ou agents de change sont des employés de banque.
Ils reçoivent des ordres d’achat et de vente de la part des clients soit
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directement soit par l’intermédiaire des agences. Lorsque les ordres ne se
compensent pas ils transmettent le solde sur le marché des changes. Ils
travaillent aussi pour le propre compte de leur banque.
Les courtiers de change sont des intermédiaires entre les cambistes
et les clients. Ils travaillent pour leur propre compte et perçoivent des
commissions proportionnelles au montant des transactions effectuées.
Reliés aux banques par téléphone, télex, ou systèmes d’informations
spécifiques, ils recueillent les informations auprès des différents
participants au marché, les centralisent et les répercutent aux autres avec
une extrême rapidité et fiabilité.
3) Le taux de change et le cours de change
L’échange des monnaies se fait à un prix appelé le taux de change
ou le cours de change. Le taux de change ou cours de change est donc
le prix d’une monnaie en termes d’une autre monnaie. C’est aussi la valeur
externe d’une monnaie. Il est égal au montant d’une certaine quantité de
monnaie qu’il faut fournir pour obtenir une unité d’une autre monnaie.
Le taux de change est le terme officiel utilisé et le cours de change le
terme utilisé habituellement sur le marché des changes.
On distingue le taux de change nominal et le taux de change réel ; ils
sont déterminés par certaines variables.
a) Les déterminants du taux de change nominal.
Le taux de change nominal est celui qui est donné sur le marché des
changes ; il est influencé par des variables macroéconomiques (les prix
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des biens, les taux d’intérêt, la masse monétaire, la balance des
paiements), des facteurs réels (les écarts de croissance et de productivité
dans un pays. Un pays qui connaît une croissance économique ou un
accroissement de la productivité voit sa monnaie s’apprécier) et les
comportements des acteurs du marché : les anticipations des acteurs du
marché sur la base des informations dont ils disposent et qui s’avèrent
justes font varier les taux de change).
b) Les déterminants du taux de change réel :
Le taux de change réel est défini comme le prix relatif des produits
nationaux. Il désigne le degré de compétitivité d’une économie sur le
marché international. Une appréciation correspond à des coûts de
production élevés et à une perte de compétitivité.
Le taux de change bilatéral réel entre deux pays partenaires est calculé
comme suit :
TCBR = e * Pe / Pd ; e, taux de change nominal ; Pe, indice de prix
étrangers ; Pd, indice de prix domestiques.
Le taux de change réel multilatéral ou taux de change effectif réel (TCER)
est l’indicateur de surévaluation ou de sous - évaluation ou de
compétitivité le plus utilisé. Le TCER peut être construit avec différentes
pondérations des pays partenaires au commerce (parts des pays dans les
exportations, les importations, le commerce global) et différents
indicateurs de coûts et de prix. Le taux de change réel peut être influencé
par plusieurs facteurs : des facteurs réels tels que les politiques
commerciales et tarifaires, les chocs extérieurs et intérieurs, les réformes
économiques, les innovations technologiques, les afflux de capitaux…et
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des facteurs nominaux qui sont les politiques monétaires et budgétaires,
les politiques de change inappropriées…
B) Les techniques de cotation des monnaies.
La cotation est la confrontation des offres et des demandes d’une
monnaie par rapport à une autre afin de fixer un prix, un cours. C’est
aussi l’expression du taux ou du cours de change.
1) La cotation directe et la cotation indirecte.
Les cours des monnaies sont définis selon deux méthodes : le cours
direct et le cours indirect (ou croisé). Le cours direct représente le prix
d’une unité de monnaie obtenu en l’échangeant directement contre une
autre monnaie. Exemple : USD/EUR : 0.8435
Le cours indirect représente le prix obtenu en échangeant une unité de
monnaie contre une autre par l’intermédiaire d’une troisième monnaie (la
monnaie véhiculaire). Le dollar par son rôle de monnaie internationale, est
la monnaie contre laquelle pratiquement toutes les monnaies sont cotées
sur les marchés interbancaires des changes.
Exemple : USD/EUR : 0.8435 ; USD/CHF : 0.9096 ; Le cours indirect
CHF/EUR peut être obtenu à partir de ces deux cours suivant un calcul
croisé.
0.8435 USD / EUR Dollar − Paris
CHF/EUR= = 0.9273 donc CHF/EUR = ou
0.9096 USD / CHF Dollar − Zurich
2) La cotation au certain et la cotation à l’incertain.
Deux procédés sont utilisés pour exprimer les cours des monnaies :
le certain et l’incertain. La différence entre la cotation au certain et la
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cotation à l’incertain concerne le sens du rapport entre la monnaie
nationale et la monnaie étrangère ou la devise.
La cotation au certain indique la quantité variable de monnaie
étrangère pour une unité de monnaie nationale. La cote du cours est en
monnaie étrangère et la base en monnaie nationale. La cotation au certain
se fait uniquement sur la place de Londres.
Ainsi à Londres la livre sterling est exprimée au certain par rapport
aux autres monnaies. GBP/USD = 1.2954 ou 1 GBP = 1.2954 USD ; (la
base 1 unité de GBP et la cote 1.2954 USD). GBP/CHF = 1.1778 ou 1
GBP = 1.2954 CHF. GBP la monnaie nationale (monnaie directrice) et
USD et CHF les monnaies étrangères (devises).
La cotation à l’incertain exprime l’unité de monnaie étrangère en
termes de monnaie nationale. Elle indique la quantité variable de monnaie
nationale pour une unité de devise. La cote du cours est en monnaie
nationale et la base en monnaie étrangère (devise). Ainsi à Paris on aura :
CHF/EUR = 0.9273 ; USD / EUR = 0.8435
À Zurich on aura : USD/CHF = 0.9096 ou EUR/CHF = 1.0783 ; à Tokyo :
USD/JPY : 104.4240 ; EUR/JPY : 123.8300
À New York: EUR/USD = 1.1847; GBP/USD = 1.2954
3) Cotation au comptant, cotation à terme
Les opérations de change peuvent se traiter au comptant ou à
terme. L’opération au comptant consiste à acheter ou à vendre des
devises avec livraison et paiement simultanés, au cours du marché du jour
(marché au comptant). L’échange des monnaies se fait à une date de
valeur qui n’excède pas deux (2) jours ouvrables. Le cours au comptant
est donc le cours de la date du contrat.
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Dans une opération à terme, (qui s’effectue donc sur un marché à
terme) les conditions sont connues le jour du contrat (cours, montant) mais
les livraisons des monnaies s’effectuent à une date ultérieure appelée le
terme ou l’échéance excédant 48 heures. Le cours fixé au moment du
contrat est appelé le cours à terme qui peut être supérieur (report) ou
inférieur (déport) au cours au comptant. La différence entre le cours à
terme et le cours au comptant s’exprime en termes de points ; le point
étant le 10000ème de l’unité monétaire.
La formation du cours à terme dépend en premier lieu des taux
d’intérêt. Le cours à terme fixé par une banque à son client reflète en effet
les coûts qu’elle supporte en se procurant les devises sur le marché.
La formule du cours à terme est donc la suivante : Ct = Co + Pt.
Tm − Td Tm − Td
Pt = Co x x k; donc Ct = Co 1 + xk
1 + Tdxk 1 + Tdxk
Avec k = J / 36000 (taux d’intérêt annuel), Tm = taux de la monnaie,
Td = taux de la devise, Ct = cours à terme, Co = cours au comptant,
Pt = points à terme.
4) Les côtés du cours d’une opération de change.
Le cours du change peut se présenter en cours à l’achat (cours
acheteur) et cours à la vente (cours vendeur) ou cours milieu. Exemple :
USD /EUR : 0.8432 / 0.8471
0.8432 est le cours à l’achat (CA) et 0.8471, le cours à la vente (CV). Le
cours milieu(CM) est la moyenne des deux cours. CM = USD/EUR =
0.8451. L’écart entre le cours à l’achat et le cours à la vente est appelé
une marge ou un spread. Ces cours signifient que la banque achète une
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unité de dollar à 0.8432 EUR et la vend à 0.8471 EUR à son client. Le
spread est fonction de plusieurs facteurs : l’état du marché, sa liquidité,
l’offre et la demande et aussi le risque.
La formule du cours à terme devient donc :
Tem − Tpd Tpm − Ted
CAt = CAo (1 + x k) et CVt = CVo (1 + x k)
1 + Tpdxk 1 + Tedxk
Pour obtenir les deux côtés du cours dans une cotation indirecte, on
procède comme ceci :
A Zurich: USD/CHF = 0.9085/ 0.9096 (à l’incertain)
A Paris: USD/EUR = 0.8432 / 0.8471 (à l’incertain)
CA(USD / EUR ) 0.8432
CA (CHF/EUR) = = = 0.9270
CV (USD / CHF ) 0.9096
CV (USD / EUR ) 0.8471
CV (CHF/EUR) = = = 0,9324
CA(USD / CHF ) 0.9085
Lorsqu’ une des monnaies est cotée au certain par rapport à la
monnaie véhiculaire :
A Paris: USD/EUR = 0.8432 / 0.8471 (à l’incertain)
A Londres: GBP/USD = 1.2932 / 1.2998 (au certain)
CA(GBP/EUR) = 0.8432 x 1.2932; CV(GBP/EUR) = 0.8471 x 1.2998
GBP/EUR = 1.0904 / 1.1010
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C) Les opérations de change ou cambiaires : l’arbitrage et la
spéculation.
Les opérations sur les marchés de change ont pour but de chercher
à régler les transactions commerciales et financières en monnaies
étrangères au moindre coût (couverture) ou de rechercher un gain en
capital en s’exposant volontairement au risque de change
(Spéculation), ou de tirer profit des écarts existants à un moment donné
entre les cours de change des monnaies ou les taux d’intérêt (arbitrage).
1) L’arbitrage.
On distingue deux sortes d’arbitrage : l’arbitrage de place et
l’arbitrage de taux d’intérêt.
a)L’arbitrage de place (dans l’espace)
L’arbitrage de place consiste à tirer profit des écarts des cours au
comptant d’une monnaie sur deux ou plusieurs places financières.
Lorsqu’il s’agit de deux places et deux monnaies on parle d’arbitrage
bilatéral.
Exemple : entre Paris et New York l’arbitrage est possible si :
CA (USD/EUR) à Paris ≠ 1/CV (EUR/USD) à NY et/ou
CV (USD/EUR) à Paris ≠ 1/CA (EUR/USD) à NY
1/ CV à NY est en effet égal à CA (USD/EUR) à NY
et 1/ CA (EUR/USD) est égal à CV (USD/EUR) à NY. Il s’agit donc
de comparer les cours de la même monnaie sur les deux places.
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Dans le cas où interviennent trois monnaies et trois places, il s’agit
d’un arbitrage triangulaire. Il y a possibilité d’arbitrage si le cours direct
d’une monnaie en termes d’une autre est différent du cours indirect obtenu
par l’intermédiaire d’une troisième monnaie.
b) L’arbitrage de taux d’intérêt.
L’arbitrage de taux d’intérêt consiste à acheter une monnaie à taux
d’intérêt élevé pour réaliser un placement plus rentable (arbitrage de
placement). L’arbitrage de taux d’intérêt est dit couvert ou pur lorsque
l’opérateur achète la monnaie à taux d’intérêt élevé au comptant pour
réaliser son placement et la vend aussitôt à terme pour fermer sa position
de change et éviter le risque de change. Il est dit non couvert lorsque
l’arbitragiste prend une position de change. Il espère que le différentiel
d’intérêt compensera au moins la baisse prévisible de la monnaie. En effet
la monnaie à taux d’intérêt élevé est appelée à se déprécier à terme et la
monnaie à taux d’intérêt faible à s’apprécier.
Selon la théorie de la parité des taux d’intérêt, en situation
d’équilibre, le cours à terme d’une monnaie s’établit à un niveau tel que le
différentiel de change, en pourcentage l’an du cours au comptant (taux de
report / déport) soit égale au différentiel d’intérêt qui existe entre les deux
devises traitées pour la même échéance (f* = i*). Ainsi l’arbitrage d’intérêt
couvert sera profitable s’il existe un écart entre le différentiel de change et
le différentiel d’intérêt. Si le différentiel de change ( taux de déport = f*(-)
) est inférieur au différentiel d’intérêt ( f*(-)<i*) donc F*< 0 ou si le
différentiel de change (taux de report = f*(+)) est supérieur au différentiel
d’intérêt ( f*(+) > i* ), donc F*> 0 , il y a un report intrinsèque et possibilité
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d’un arbitrage d’intérêt couvert entrant (AICE ) sur la devise et sortant
(AICS ) sur la monnaie. Si le différentiel de change (taux de déport) est
supérieur au différentiel d’intérêt ( f*(-) > i* ) donc F*> 0 ou si le différentiel
de change ( taux de report ) est inférieur au différentiel d’intérêt (f*(+) < i*
) donc F*< 0, alors il y a un déport intrinsèque et arbitrage d’intérêt couvert
sortant ( AICS ) sur la devise et entrant
(AICE) sur la monnaie.
Cmt − Cmo 12
f* = x x 100
Cmo T
Avec Cmt : cours milieu à terme
Cmo : cours milieu au comptant
T : le terme
En arbitrage d’intérêt non couvert Cmt est remplacé par le cours milieu
futur anticipé.
Désignons par F* le taux de report ou de déport intrinsèque. F* =
|f*| - |i*|. i* le différentiel d’intérêt est la différence entre le taux d’intérêt
moyen de la monnaie et le taux d’intérêt moyen de la devise. Exemple :
i*(CHF /EUR) = imEUR – imCHF.
L’arbitrage de taux d’intérêt consiste aussi à emprunter une monnaie
étrangère à taux d’intérêt plus bas que celui de la monnaie nationale.
2) La spéculation.
La spéculation consiste pour l’opérateur à prendre une position de
change en espérant que le cours futur d’une monnaie ou le taux d’intérêt
futur évoluera en sa faveur. Les opérations spéculatives sont donc des
opérations sans couverture. Deux techniques de spéculation :
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_ La spéculation au comptant qui consiste à acheter une monnaie
présentant des perspectives de hausse et à vendre celle dont on anticipe
la baisse. Le spéculateur agit avec des devises possédées ou
empruntées.
_ La spéculation à terme consiste à acheter à terme une monnaie
dont on anticipe la hausse et à vendre à terme celle qui est appelée à se
déprécier (sans posséder la monnaie vendue). A l’échéance le
spéculateur se procure la monnaie vendue sur le marché au comptant
pour la livrer en exécution du contrat. Si les anticipations sont justes il
réalise un gain, le cours de l’achat étant inférieur au cours de la vente à
terme. Pour la monnaie achetée à terme, il la vendra sur le marché au
comptant et réalisera un gain si les anticipations sont justes; le cours à la
vente au comptant est donc supérieur au cours à l’achat à terme.
II) Le marché international des capitaux
A cause de l’insuffisance des moyens de financement intérieurs, les
entreprises, les banques et les gouvernements des pays font de plus en
plus appel à des sources étrangères de financement sur le marché
international des capitaux. Le marché international des capitaux est en fait
un groupe de marchés nationaux étroitement reliés où s’échangent des
actifs à dimension internationale libellés en différentes devises (actions,
obligations, bons du trésor emprunts à court et long terme…). Sur ce
marché les résidents de différents pays empruntent, prêtent ou placent
des capitaux. Les activités sur le marché international des capitaux se
déroulent dans un réseau de places financières reparties dans le monde
entier et reliées entre elles par des systèmes de communication
sophistiqués.
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Le marché international des capitaux est subdivisé en deux
catégories :
- Le marché monétaire international où se déroulent les opérations de
court terme (1 à 7 ans).
- Le marché financier international où se déroulent les opérations de long
terme (7 à 15 ans).
Mais les opérations financières ne peuvent se réaliser que si les
différentes monnaies, dans lesquelles sont libellés les actifs sur le marché,
peuvent s’échanger entre elles. Ainsi le marché des changes, lieu
d’échange des monnaies, représente la composante centrale du marché
international des capitaux.
A) Le fonctionnement du marché international des capitaux.
Le marché international des capitaux fonctionne à travers deux
sortes d’opérations : les opérations financières internationales sur les
marchés nationaux et les opérations financières en devises.
1) Opérations financières des non résidents sur le marché national.
Des non résidents d’un pays peuvent emprunter sur le marché
financier ou monétaire national (en monnaie nationale). En effet les
banques et établissements financiers, des gouvernements, peuvent
accorder des crédits à des entreprises, des gouvernements étrangers.
Des non résidents (entreprises, investisseurs…) peuvent aussi faire des
placements, acheter des titres (bons du trésor, obligations…) soit émettre
des titres sur le marché national d’un pays.
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2) Opérations financières en devises.
Des résidents et aussi des non résidents d’un pays peuvent faire des
placements, emprunter, prêter, acheter ou émettre des titres libellés en
monnaies étrangères sur le marché national. Les devises placées ou
empruntées sur des places financières autres que celles des devises
concernées sont des devises hors frontières (offshore en anglais) ; c’est
l’exemple plus courant des eurodevises (ex : eurodollars). Les banques
impliquées sont des eurobanques et les places financières ou les marchés
où sont traitées ces opérations en devises sont des euromarchés. Les
euromarchés et les eurodevises sont nés et ont pris une grande
importance à partir des années 1970, avec la croissance des activités
commerciales et financières, la multinationalisation des activités
économiques et la recherche de rendements de plus en plus importants.
Les eurocrédits ont pris la forme de crédits à moyen et long terme à des
banques, des grosses entreprises et des Etats et organismes publics.
A côté des eurocrédits et des marchés des eurocrédits, il existe des
euro-émissions; c’est- à- dire, des émissions de titres à court terme et de
long terme libellés en eurodevises (ou euromonnaie) sur des marchés
financiers appelés marchés des euro-émissions. Ce sont :
_ Les euro- obligations (eurobonds) qui sont les titres de long terme émis
surtout en dollars mais ils peuvent l’être dans la monnaie du pays d’origine
de la société emprunteuse.
_ Les euro-notes qui sont des bons à court terme (bons du trésor).
Le marché des euro-émissions ne fait l’objet d’aucun contrôle et son
organisation est indépendante de celle des marchés nationaux.
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Les avantages des marchés des euro-crédits et des euro-émissions
sont de plusieurs ordres :
_ Plus grandes rémunérations que sur le marché d’origine de la devise
pour les détenteurs.
_ Ils permettent aux banques et aux investisseurs d’échapper aux
réglementations auxquelles ils sont soumis dans leurs pays d’origine.
_ Taux des emprunts inférieurs à ceux pratiqués dans le pays d’origine de
la devise.
B) La balance des paiements : définition et principe d’enregistrement.
1) Définition
L’importance des relations économiques internationales est
mesurée par un document statistique utilisant un cadre comptable double
enregistrement (crédit, débit) appelé balance des paiements. La balance
des paiements récapitule toutes les transactions économiques et
financières entre les résidents (être sur le territoire ou à l’étranger) depuis
moins de deux ans) d’un pays et ceux du reste du monde. La balance des
paiements est présentée avec quatre comptes principaux dont la
disposition suit le même ordre que celui de l’enregistrement des
opérations au sein de chaque compte (des opérations les moins liquides
aux plus liquides). On enregistre donc successivement les opérations sur
les actifs réels (échanges des biens et services), les actifs financiers
(investissements) et les actifs monétaires.
La balance des paiements est un instrument d’analyse des
relations financières et non financières entre un pays et l’extérieur et un
indicateur pour la conduite de la politique économique et monétaire.
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Du haut en bas du tableau de la balance des paiements sont présentés
les quatre principaux comptes suivants ;
- le compte des transactions courantes : il regroupe les transactions
privées ou publiques portant sur des valeurs économiques autres que les
actifs financiers. Les transactions sont enregistrées par ordre de liquidité
croissante ; il s’agit donc des opérations sur les biens ou
marchandises (exportations et importations ; les statistiques sont
disponibles sur une base mensuelle auprès des services des douanes),
les services (les transports, les assurances, le tourisme, la main d’œuvre
étrangère), les revenus (la rémunération des salariés, les paiements
d’intérêt ou revenus des investissements, les profits) et les transferts sans
contrepartie (aides au développement, dons, transfert d’épargne ou de
revenus des travailleurs émigrés ou immigrés). Le solde du compte des
opérations courantes peut être créditeur ou excédentaire. Un excédent du
solde augmente la richesse du pays à l’étranger; il représente un
investissement extérieur net. Un solde débiteur ou déficitaire signifie un
désinvestissement du pays à l’étranger.
_ Le compte de capital : il recense les transferts de propriété des actifs
fixes, les transferts de fonds liés à la cession ou acquisition de ces actifs,
les acquisitions et cessions des actifs non financiers (brevets, contrat de
location), les remises de dettes des administrations publiques.
_ Le compte d’opérations financières : le compte d’opérations
financières hors avoirs de réserves, regroupe les transactions financières
et monétaires des secteurs public et privé. On a les investissements
directs (prise de participation dans le capital d’une entreprise…), les
investissements de portefeuille (placement…) et les autres
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investissements (crédits commerciaux prêts à court et moyen terme,
crédits et prêts du FMI, etc).
_ Le compte des avoirs de réserves et postes apparentés : il
enregistre séparément l’ensemble des opérations monétaires de l’Etat
(ex : achat de devises).
Le solde du compte des opérations courantes est compensé par le
solde des comptes de capital et d’opérations financières y compris les
avoirs de réserves (ils sont donc de même montant et de signe opposé).
Ainsi la balance des paiements est globalement en équilibre (par les
erreurs et omissions).
La position monétaire extérieure (PMEX) : à la différence de la
balance des paiements qui enregistre des flux financiers et non financiers
entre les résidents et les non résidents, la PMEX recense l’encours des
créances et des engagements financiers des résidents vis – à - vis des
non résidents à une date donnée. C’est un indicateur structurel car elle
donne des informations sur la structure du patrimoine financier des
résidents vis – à – vis de l’étranger. Les créances (actifs) et les
engagements (passifs) sont regroupés en cinq catégories : les
investissements directs ; les investissements de portefeuille ; les autres
investissements ; les produits financiers dérivés ; les avoirs de réserve.
Une PMEX débitrice correspond à une dégradation de la situation
monétaire extérieure du pays et le pays est financé par les capitaux
étrangers (importateur net de capitaux; épargne étrangère). Une PMEX
créditrice correspond à une amélioration de la situation monétaire du pays
et le pays finance l’étranger (exportateur net de capitaux ; épargne
intérieure placée à l’étranger).
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2) Le principe de l’enregistrement.
Le principe de l’enregistrement de la balance des paiements est le
suivant : il tient compte des réactions du patrimoine net des résidents
Au crédit on enregistre toutes les transactions économiques et financières
qui correspondent à une sortie de valeurs (biens, services, titres) et qui
occasionnent une entrée de ressources ou devises. Exemple :
exportations, emprunts, touristes étrangers.
Au débit on enregistre toutes les transactions qui correspondent à une
entrée de valeurs et occasionnent une sortie de devises. Exemple :
importations, prêts, touristes nationaux à l’étranger. Le patrimoine
composé en effet d’avoir réel, avoirs financiers et engagement (emprunt).
Principes de base de l’enregistrement des transactions dans la balance
des paiements.
Avoirs réels ou financiers (y compris monétaires)
-Crédit (+) : si diminution (cession)
- débit (-) : si accroissement (acquisition)
Engagements financiers (y compris monétaires)
-Crédit (+) : si augmentation (cession)
- débit (-) : si diminution (acquisition)
3) Relation balance des paiements et cours des monnaies.
Pour démontrer la relation entre la balance des paiements et le cours
d’une monnaie, nous prenons le solde du compte des opérations
courantes. On part du principe que la situation d’un solde négatif du
compte des opérations courantes (COC < 0) entraîne une entrée nette de
capitaux dans le pays ; en effet le solde négatif correspond à la situation
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où la demande de devises du pays excède l’offre de devises (l’offre de la
monnaie nationale excède la demande) ; le cours de la monnaie nationale
va baisser par rapport à la devise. Un solde positif du compte des
opérations courantes (COC > 0) entraîne une sortie nette de capitaux du
pays ; le solde positif correspond en effet à la situation où l’offre de devises
par le pays excède la demande de devises (la demande de la monnaie
nationale excède l’offre) ; le cours de la monnaie nationale va monter
Partie 2: Gestion des risques et systèmes monétaires
internationaux.
Depuis une quarantaine d’années la gestion des risques est
devenue une préoccupation pour les différents opérateurs sur le marché
des changes du fait du flottement généralisé des monnaies (depuis 1971)
et sur le marché international des capitaux avec le renchérissement et la
volatilité des taux d’intérêt depuis 1979. Il en est de même pour les
institutions financières internationales créées pour régir le système
monétaire international dont le rôle est de trouver des moyens de
règlement des problèmes monétaires issus des relations économiques et
financières entre les différents pays avec des monnaies différentes ; les
moyens de paiement ou de financement des soldes des balances des
paiements.
I) La gestion des risques sur le marché international des
capitaux.
Les intervenants sur le marché international des capitaux peuvent
subir des risques de taux d’intérêt et de change qu’ils doivent gérer. La
Dr NIAMKEY MADELEINE 23
gestion des risques se fait par la prévision sur les cours des monnaies et
sur les taux d’intérêt en fonction de l’évolution des facteurs déterminants
du taux d’intérêt ou du taux de change ; et surtout par la couverture des
risques en prenant des positions inverses sur les marchés à terme.
Les marchés à terme ont pour origine les bourses de commerce. Sur
les marchés à terme se négocient des contrats de vente ou d’achat de
marchandises, de titres financiers et de devises. Les contrats sont des
promesses de vendre ou d’acheter à des dates ultérieures. Ce sont des
instruments financiers dont le support est de la marchandise, des titres
financiers ou des devises. Il existe deux sortes de marché à terme : le
marché de gré à gré et le marché organisé.
A) La couverture du risque de taux d’intérêt.
La gestion du risque de taux consiste à adopter deux stratégies : ne
pas se couvrir en gardant sa position de taux ou se couvrir contre le risque
de taux en fermant sa position de taux. La position de taux est dite longue
lorsque le risque de taux est celui d’une hausse des taux d’intérêt ; elle
est dite courte lorsqu’il s’agit d’une baisse des taux d’intérêt. Deux sortes
de risque : le risque de bilan qui se manifeste au bilan par des moins
values sur titres ou par une augmentation de la valeur des dettes et le
risque d’exploitation qui se manifeste au compte résultat par des surcoûts
financiers (charges financières supplémentaires) ou par une baisse des
produits financiers.
Le risque de taux d’intérêt est le risque d’une perte réelle ou perte
d’opportunité subie par une entreprise, une banque ou un gestionnaire sur
des placements ou emprunts actuels ou futurs ; il se traduit par le surcoût
Dr NIAMKEY MADELEINE 24
financier d’un emprunt ou par des moins-values sur titres. Plusieurs
techniques sont créées sur les marchés financiers et monétaires pour
couvrir les risques de taux d’intérêt. La couverture du risque de taux
consiste à mener une opération financière qui garantit le taux d’intérêt qui
fixe définitivement la valeur des titres ou des dettes ou le montant des
charges financières ou des produits financiers. Elle met l’opérateur à l’abri
contre les risques de variations des taux d’intérêt et des cours des titres.
1)Les techniques de couverture des marchés financiers.
Il s’agit des contrats à terme ou futures et les options ; ces
instruments concernent les taux d’intérêt à long terme et de court terme et
se négocient sur des marchés organisés où les contrats sont standardisés
(échéances, montants).
*Les contrats à terme ou futures : les opérations de couverture de
taux par les contrats à terme reposent sur la relation négative qui existe
entre les taux d’intérêt et les prix des titres financiers à revenu fixe. La
protection contre le risque de taux consiste donc à acheter ou à vendre
des contrats de titres financiers ; un contrat à terme ou future de taux
d’intérêt est un engagement de livrer (pour le vendeur de contrat) ou de
prendre livraison (pour l’acheteur de contrat) à une date future bien
définie, de titres financiers spécifiés pour un montant déterminé. La plupart
des contrats ne font pas objet de livraison de titres effective à l’échéance.
Les différentiels d’intérêt sont réglés à travers les dépôts effectués par les
contractants à la chambre de compensation. A l’échéance l’opérateur
récupère le dépôt initial augmenté ou déduit des marges. Le principe des
contrats est en effet le suivant :
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_ l’investisseur qui veut se couvrir contre un risque de baisse de taux
achète des contrats du montant de la position à couvrir et de durée
équivalente. Si les taux baissent effectivement, il revend les contrats plus
chers et réalise un gain qui compensera la perte subie sur les titres
achetés. Si les taux montent il réalise une perte sur les contrats
compensée par le gain sur les titres.
_ l’investisseur craint une hausse du taux d’intérêt et vend des
contrats. Si le taux d’intérêt monte, il rachète les contrats moins chers et
réalise des gains qui compensent la perte subie sur la valeur des titres
vendus. Si le taux d’intérêt baisse l’opérateur réalise des pertes sur les
contrats et des gains sur les titres.
*les options sur taux d’intérêt : l’option sur taux d’intérêt donne le
droit et non l’obligation à son acheteur, d’acheter ou de vendre des
contrats de titres financiers à revenu fixe. C’est un instrument conditionnel
qui lui permet de profiter des variations favorables.
Pour se couvrir contre une hausse du taux d’intérêt l’opérateur
achète des options de vente (option d’emprunt) et paie une prime. Si la
hausse du taux d’intérêt est effective à l’échéance, il peut soit exercer ses
options au prix et au taux d’intérêt d’exercice ; soit abandonner ses options
(vente) et réaliser des gains sur la prime et compenser ses pertes sur la
vente des titres au cours du marché ou sur les intérêts. Si le taux d’intérêt
baisse il abandonne ses options et vend ses titres au cours et taux
d’intérêt favorables du marché et réalise un gain.
Pour se couvrir contre une baisse du taux d’intérêt, l’opérateur
achète des options d’achat (options de placement). Si la baisse du taux
d’intérêt se réalise, il a aussi deux possibilités : exercer ses options ou les
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abandonner. Si le taux d’intérêt monte il abandonne ses options et réalise
son opération sur le marché et profite de la variation favorable du taux
d’intérêt (gain d’opportunité).
2) Les techniques de couverture des marchés monétaires.
Elles permettent de couvrir des risques de taux d’intérêt fixes et
variables sur des marchés de gré à gré où les contrats sont adaptés au
cas.
Pour les taux fixes les banques offrent trois sortes d’instruments :
*Les opérations terme contre terme (forward-forward) : elles
permettent de fixer dès maintenant le taux d’intérêt d’un emprunt ou d’un
prêt qui sera effectué ultérieurement.
*Les futures ou Forward Rate Agreement (FRA) : les FRA
permettent de fixer le taux d’intérêt pour un emprunt ou un prêt futur ; mais
contrairement à l’opération terme contre terme, il n’y a pas de prêt ni
d’emprunt effectif à ce taux fixé. Les différentiels d’intérêt entre le taux
garanti dans le contrat et le taux effectif du marché sont réglés.
*Les options sur taux d’intérêt : elles portent sur les taux d’intérêt
et non sur les titres financiers, mais elles ont les mêmes caractéristiques
que les options des marchés financiers organisés. Il existe les options sur
taux prêteur pour les prêteurs et les options sur taux emprunteurs.
Pour les taux variables les banques offrent quatre instruments :
*Les taux plafonds (CAPS) qui garantissent un taux d’emprunt
maximal ou plafond tout en donnant la possibilité à l’acheteur du CAP de
profiter d’une variation favorable du taux d’intérêt.
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*Les taux planchers (FLOORS) qui garantissent un taux d’intérêt
de placement minimal à l’acheteur qui a aussi la possibilité de profiter
d’une variation favorable du taux d’intérêt.
Les CAPS et les FLOORS ont les mêmes caractéristiques que les
options de taux d’intérêt.
*Les Tunnels (COLLARS) : ce sont des combinaisons de floors et
de caps ; l’achat d’un tunnel garantit à la fois un taux maximal et un taux
minimal.
*Les options sur swaps de taux d’intérêt : un swap de taux
d’intérêt est un contrat d’échange de flux d’intérêt entre deux emprunteurs
par l’intermédiaire d’une banque ou entre une banque et un opérateur.
B) La couverture du risque de change.
Le risque de change peut être défini comme étant le risque d’un
paiement plus élevé ou d’une recette moindre du fait de l’utilisation d’une
monnaie différente de la devise domestique. Il s’agit donc d’un risque de
perte en capital ou d’un surcoût financier lié aux variations futures du taux
de change nominal. Le risque de change apparaît dès lors que l’opérateur
a négocié des contrats commerciaux et financiers en devises ou qu’il
détient des actifs financiers. L’ampleur du risque de change se mesure
par la position de change définie par le solde des avoirs et des
engagements en devises ;
PC = Devises possédées + Devises à recevoir – Devises à céder.
Ainsi lorsque ce solde n’est pas nul, la position de change est dite ouverte
et l’agent économique est donc exposé au risque de change. Lorsque le
Dr NIAMKEY MADELEINE 28
solde est positif (créances supérieures aux engagements), la position de
change est dite longue ou créditrice. Par contre lorsque le solde est négatif
(engagements supérieurs aux créances en devises), la position de change
est dite courte ou débitrice.
Face aux risques de change les opérateurs peuvent avoirs deux
attitudes : la spéculation et la couverture.
La spéculation consiste à conserver la position de change ouverte
dans le but de rechercher des gains en capital.
La couverture du risque de change consiste à mener « une action
comportant une opération de change qui fixe définitivement le montant en
monnaie nationale que l’entreprise payera ou recevra en échange des
devises ». La couverture du risque de change met ainsi l’entreprise, le
particulier, à l’abri contre les risques de variation des cours des devises
sur le marché des changes et fait disparaître l’élément d’incertitude. Les
techniques de couverture du risque de change sont classées en deux
catégories : les techniques internes qui s’intègrent dans la gestion
financière propre d’une entreprise ou d’un groupe et les techniques
externes qui font appel à des contrats avec des organismes tiers, des
banques, des marchés spécialisés, des organismes d’assurances...
1)Les techniques internes de couverture du risque de change.
Ces techniques consistent à agir sur les délais de paiement et de
règlement, le volume des flux, le choix d’une devise ou d’un panier de
devises. Ce sont le choix de la monnaie de facturation, le choix des
Dr NIAMKEY MADELEINE 29
moyens de paiement (virements interbancaires, chèque de banque, crédit
documentaire), le termaillage, l’escompte financier, etc.
2) Les techniques externes de couverture du risque de change.
Ce sont par exemple les opérations à terme, les avances en
devises, les futures, les options, les swaps et l’assurance.
*Les opérations à terme : elles consistent à se prémunir contre une
baisse du cours de la devise de facturation, en vendant à terme les
devises à recevoir à un cours fixé ; ou contre une hausse du cours de la
devise de ses dettes en achetant à terme les devises à céder. Ces
opérations permettent de fixer définitivement dès maintenant, le montant
en monnaie nationale de sa créance ou de sa dette.
*Les avances en devises : cette technique consiste pour
l’exportateur à emprunter les devises à recevoir dès maintenant auprès
de sa banque ensuite à les vendre au comptant contre sa monnaie
nationale ; à l’échéance il remboursera son emprunt avec les devises
reçues. Pour l’importateur, il consiste à acheter au comptant les devises
contre sa monnaie puis à les placer jusqu’à l’échéance.
*Les futures de change ou contrats à terme : c’est le même
principe que les futures de taux d’intérêt. Pour se couvrir contre le risque
de hausse du cours de la devise, l’importateur peut acheter des
contrats (promesse d’achat de devise); si le cours monte il vend ses
contrats et compense sa perte sur le marché au comptant par le gain de
la vente des contrats ; si le cours baisse, il revend les contrats et
compense sa perte sur le marché des contrats par le gain sur le cours de
la devise. Pour se couvrir contre le risque de baisse du cours de la devise
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de facturation, l’exportateur peut vendre des contrats (promesse de vente
de devise).
*Les options de change : elles ont le même principe que les
options de taux d’intérêt. Il existe deux sortes d’options : les options
d’achat (call) pour la couverture du risque de hausse du cours de la devise
et les options de vente (put) pour la couverture du risque de baisse de la
devise (M).
*Les swaps : un swap est un accord conclu avec une contrepartie
d’échanger une monnaie contre une autre à la date du comptant à un
cours défini, avec promesse de faire l’opération de change dans le sens
opposé à une date ultérieure, à un cours également défini. Pour les
emprunteurs et les prêteurs il s’agit d’échanger des devises à taux
d’intérêt variables contre des devises à taux d’intérêt fixe. Le swap peut
se faire entre une entreprise et une banque ou entre deux entreprises.
*L’assurance : la compagnie d’assurance garantit un cours planché
de cession des devises par l’exportateur pour lui permettre de se prémunir
contre une baisse des cours. En cas de baisse effective, l’assureur
s’engage à verser la différence des cours à l’exportateur. Dans le cas
contraire c’est l’exportateur qui s’engage à verser la différence à
l’assureur.
II) Système Monétaire et Institutions Financières
Internationaux.
L’ouverture des économies nationales grâce au commerce et au
financement international ne permet pas aux gouvernements d’atteindre
facilement les objectifs des politiques macroéconomiques (stabilité des
prix, plein emploi, croissance, équilibre extérieur). Il se pose également un
Dr NIAMKEY MADELEINE 31
problème de règlement des déficits des balances des paiements et de
paiement entre des agents économiques de différents pays ayant des
monnaies différentes. Pour y remédier des arrangements, des
mécanismes, des règles et des institutions sont mis en place en matière
de monnaie et de taux de change par les pays. L’ensemble des
institutions, des arrangements, des mécanismes et des règles qui
concourent à la création et à l’utilisation des moyens de paiement, forme
le Système Monétaire International.
A) Evolution du Système Monétaire International.
Nous étudions les différents régimes de change que connait le SMI
et les politiques de change adoptées par les pays en conformité avec le
SMI pour atteindre des objectifs nationaux et le processus de l’intégration
financière internationale lié à l’évolution du SMI..
1) Les régimes de change.
Le SMI connaît trois régimes de change
a)Le régime de l’étalon- or (1870-1914)
Le système monétaire de l’étalon -or a pour objectifs le
développement des échanges internationaux par le libre échange, le
progrès économique et social de tous les pays. Ce système liait toutes
les monnaies à l’or et les monnaies entre elles par un taux de change fixe.
Il cherchait à assurer la liberté des paiements, la stabilité et la
permanence des paiements grâce à l’or, moyen de paiement et de
Dr NIAMKEY MADELEINE 32
réserve internationale. En effet par l’intermédiaire de l’or toutes les
monnaies sont convertibles donc utilisables pour les paiements sans
restriction ; et par le change fixe le système permettrait la stabilité des
taux de change et le rééquilibrage automatique de la balance des
paiements à travers l’influence de la quantité d’or ou de monnaie sur les
prix. Il est aussi caractérisé par une stabilité monétaire accompagnée
d’une instabilité des économies. Le change fixe selon ses détracteurs ne
permet pas en effet à un pays de s’ajuster contre les chocs extérieurs; il
maintient une appréciation de la monnaie alors que la balance des
paiements se dégrade et entraîne une récession économique.
b)Le système de Bretton Woods ou système d’étalon change – or
(1945 – 1971)
A partir de 1945, les accords de Bretton Woods font de l’or la base
de référence au dollar (1 once d’or = 35$) et l’instrument de réserve et de
règlements internationaux. Les autres monnaies étaient liées au dollar par
un taux de change fixe (mais ajustable). Le dollar a la qualité de monnaie
forte, convertible en or et utilisé comme moyens de paiement et de réserve
internationaux. Ce système a pour objectif de restaurer la liberté du
commerce international, d’assurer la stabilité des monnaies et l’équilibre
des balances des paiements, de promouvoir la croissance et l’emploi.
Mais le système de Bretton Woods a connu son déclin et sa chute
en 1971 à cause des difficultés pour les pays à réaliser l’équilibre intérieur
et extérieur simultanément sans changer de parité ; et les mouvements
spéculatifs liés au changement de parité.
Dr NIAMKEY MADELEINE 33
Les accords de Bretton Woods ont permis la création du FMI et de la
Banque Mondiale pour régir le système financier et monétaire
international.
c) Le SMI à partir de 1971
En Août 1971 la convertibilité du Dollar en or est suspendue à la
suite des déficits extérieurs des USA ; et le système de change fixe est
abandonné au profit du système de change flottant.
En 1974, le désordre monétaire a entraîné la constitution d’un
nouveau système monétaire caractérisé d’abord par l’exclusion de l’or
dans la définition du DTS et une nouvelle définition du panier de
monnaies ; et ensuite par la totale démonétisation de l’or et l’officialisation
du régime de change flottant ou flexible aux accords de la Jamaïque en
1976. En effet selon ses défenseurs le change flexible déprécie
automatiquement le taux de change réel et nominal et permet à un pays
dont la balance des paiements se dégrade de rétablir l’équilibre ; il protège
donc contre les chocs extérieurs et laisse la liberté de poursuivre des
objectifs internes à travers les politiques économiques internes.
Mais depuis 1971 le système monétaire international est caractérisé
par une instabilité monétaire, l’accentuation des crises monétaires sur le
plan international. Les DTS créés pour suppléer l’or et le dollar dans le
système de Bretton Woods, donc pour apporter des liquidités
supplémentaires, vont s’affirmer et s’imposer comme l’élément central du
SMI réformé, l’instrument privilégié des paiements officiels internationaux.
2) Les politiques de changes.
Dr NIAMKEY MADELEINE 34
Trois catégories d’instruments peuvent être utilisées par les
autorités monétaires d’un pays pour atteindre les objectifs nationaux.
a)La réglementation des changes (contrôle des changes)
Il s’agit des mesures et des règles qui permettent à un pays de limiter
les opérations de change qui pourraient provoquer des pressions sur le
taux de change de sa monnaie.
b) Les interventions sur le marché des changes
Pour influencer les cours des monnaies les autorités monétaires
peuvent intervenir sur le marché des changes au comptant soit pour
acheter soit pour vendre des devises afin d’agir sur l’équilibre du marché.
En régime de change fixe les interventions sont obligatoires pour
défendre la parité ; en change flottant elles sont discrétionnaires.
c) Les changements de parité
En régime de change fixe ou flottant, les autorités monétaires
peuvent décider de dévaluer ou de réévaluer leurs monnaies selon la
situation économique ou la situation de la balance des paiements.
La dévaluation consiste à baisser la valeur de la monnaie par rapport aux
monnaies étrangères. Elle peut être décidée par exemple à la suite d ‘un
déficit prolongé de la balance des paiements. La dévaluation augmente
les exportations et diminue les importations en faisant baisser les prix en
termes de devises des exportations et des importations et entraîne une
amélioration de la balance des paiements. Mais la dévaluation réduit le
Dr NIAMKEY MADELEINE 35
pouvoir d’achat des populations en créant l’inflation; pour l’Etat, elle
accroît la valeur de la dette extérieure, etc.
3)L’intégration financière internationale.
Le processus de l’intégration financière internationale va de pair
avec l’évolution du Système Monétaire International qui a connu un
véritable bouleversement au début des années 1970.
Depuis la fin des années 1970 en effet, les marchés financiers nationaux
et internationaux ont connu une grande mutation. Le processus
d’intégration financière internationale croissante a conduit à la
globalisation, c’est – à – dire, la dimension financière de la mondialisation.
La mondialisation des économies se caractérise par une accélération et
un approfondissement de l’internationalisation (tendance à l’ouverture
croissante aux échanges extérieurs des biens, des services et des
capitaux) à travers une plus grande mobilité internationale des ressources
et une concurrence accrue entre les entreprises, un perfectionnement des
capacités techniques de production des entreprises à travers les moyens
d’information, les moyens financiers, la conquête des différents marchés,
etc. La globalisation traduit la formation progressive d’un marché financier
de plus en plus unifié et mondialisé due à l’intégration croissante des
marchés nationaux et internationaux. L’activité bancaire s’internationalise
et se mondialise avec l’implantation des banques commerciales
étrangères sur les marchés nationaux. L’internationalisation et la
mondialisation de l’activité bancaire est une conséquence des réformes
financières encouragées par les institutions de Bretton Woods, en
l’occurrence la libéralisation financière. Pour ces institutions en effet, la
pénétration des marchés bancaires nationaux par les banques étrangères
est un moyen d’intensifier la concurrence et améliorer l’efficacité des
Dr NIAMKEY MADELEINE 36
banques locales et de l’intermédiation financière. Elle répond aussi au
souci des banques de retrouver de nouvelles sources de revenus.
Le processus de l’intégration financière internationale encouragé par les
institutions financières internationales est caractérisé par :
_la mobilité des capitaux entre les places financières et / ou les segments
des marchés ; cette mobilité est facilitée par l’abandon des contrôles des
changes et les discriminations fiscales ; la substituabilité des actifs c’est –
à- dire, la possibilité de passer d’un actif à un autre ou d’une monnaie à
une autre. Ce phénomène a entraîné le décloisonnement des marchés
nationaux, c’est – à - dire, l’ouverture des marchés par la mise en cause
des différents compartiments.
_la dérèglementation liée aux innovations financières, c’est – à – dire, la
naissance de nouveaux instruments sur le marché des changes et les
marchés à termes de taux d’intérêt, qui permet les couvertures contre
l’instabilité des taux de change et des taux d’intérêt ; elle est liée aussi à
la libéralisation des activités des banques qui se traduit par l’abandon des
contraintes (répression financière).
_la marchéisation : l’accroissement de la gamme des produits disponibles
sur les marchés (introduction de marchés de titres courts, certificats de
dépôt, papier commercial, bons du trésor), l’introduction dans les marchés
des dérivés tels que les futures.
Les banques sont confrontées à une concurrence au niveau de la
formation des taux d’intérêt devenus des prix du marché.
L’ampleur de la globalisation financière se découvre à travers
l’accroissement des mouvements internationaux des capitaux. Mais les
nombreuses crises financières qui ont secoué les économies à l’échelle
mondiale et en particulier celles des pays émergents, avec des coûts
macroéconomiques considérables, remettent en cause les avantages
Dr NIAMKEY MADELEINE 37
B)Les moyens de paiement internationaux.
Les règlements des transactions entre pays se réalisent sur la base
d’une opération de change. Ainsi la balance des paiements donne
l’ampleur des opérations de change entre les pays et détermine les taux
de change ou cours de change. Le financement des soldes de la balance
des paiements (ou des déséquilibres temporaires) et la stabilité des taux
de change (ou défense du taux de change), objectifs du SMI, sont assurés
par les liquidités internationales. Les liquidités internationales sont donc
les moyens de paiement internationaux. Au sens strict ce sont les réserves
officielles (or, DTS, position de réserves, devises). Au sens large, elles
incluent en plus des réserves officielles, toutes les possibilités d’emprunt
d’un Etat sur les marchés monétaires et financiers internationaux. On peut
ainsi définir la position de liquidité comme la capacité d’une nation à faire
face aux déséquilibres temporaires de sa balance des paiements sans
être obligée de prendre des mesures correctives structurelles.
Les devises sont les principales composantes des réserves officielles
depuis les années 1970. Ce sont des monnaies nationales utilisées par
les autorités dans les opérations internationales (Dollar, Euro, Livre, Yen).
Ces monnaies assurent donc les trois fonctions classiques de la monnaie
sur le plan international : unité de compte, moyen de paiement et réserve
de valeurs.
Une monnaie nationale est monnaie internationale par l’importance de
son pays d’émission dans l’économie mondiale, les échanges
internationaux. Ainsi depuis les accords de Bretton Woods en 1945 à la
fin de la deuxième guerre mondiale, le dollar américain est la principale
monnaie internationale.
Dr NIAMKEY MADELEINE 38
C)Les Institutions Financières Internationales
Pour régir le Système Monétaire International deux institutions
financières ont vu le jour : le Fonds Monétaire international (FMI) et la
Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement
(BIRD), appelée Banque Mondiale. Le FMI et Banque Mondiale ont été
créés pour répondre au souci des participants à la réunion de Bretton
Woods, de créer un cadre de coopération et de développement
économique qui jetterait les bases d’une économie mondiale plus stable
et prospère. Le FMI et la BM ont donc pour objectif de relever le niveau
de vie des populations des pays membres. Leurs activités sont en
constante évolution pour prendre en compte les nouveaux défis de
l’économie mondiale.
Les deux institutions travaillent en collaboration sur plusieurs
dossiers d’assistance aux pays membres. Ainsi les deux institutions ont
imposé des programmes d’ajustement structurel aux pays en voie de
développement connaissant des problèmes économiques et de balance
des paiements, comme conditions à leurs aides financières. Dans le cas
de la réduction de la charge de la dette extérieure, les deux institutions
collaborent dans le cadre de l’initiative en faveur des pays pauvres très
endettés (PPTE) et l’initiative d’allègement de la dette multilatérale
(IADM)et autres initiatives. Mais leurs approches sont complémentaires.
En effet, le FMI centre ses actions sur les questions macroéconomiques
et la BM s’intéresse au développement économique à long terme. Le FMI
travaille à la promotion de la coopération monétaire internationale, à
garantir la stabilité financière, à faciliter les échanges internationaux, à
contribuer à un niveau élevé d’emploi, à la stabilité des économies et à
faire reculer la pauvreté. Pour ce faire, le FMI joue un rôle de conseil de
politique économique et d’assistance technique pour aider les pays
connaissant des difficultés économiques, financières et de balance des
paiements. Il accorde des prêts aux pays en difficultés et les aide à
élaborer des programmes pour retrouver l’équilibre de leurs finances
publiques, leur balance des paiements et la croissance économique. Les
prêts du FMI sont à court et moyen terme et sont financés avec des
ressources provenant des souscriptions des quotes-parts des pays
membres. Ils sont à des conditions très favorables. Mais les pays
demandeurs doivent appliquer des mesures dites de stabilisations ou
d’ajustements structurels, donc des réformes économiques.
La Banque Mondiale (BIRD) est créée dans le but d’aider à la
reconstruction de l’Europe et du Japon après la deuxième guerre
Dr NIAMKEY MADELEINE 39
mondiale. Mais après les indépendances elle s’est donné des objectifs
supplémentaires ; il s’agit d’encourager la croissance économique des
pays en voie de développement d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine et
aider à la réduction de la pauvreté.
La BM apporte ainsi un appui au développement économique à long
terme et à la lutte contre la pauvreté par une assistance technique et
financière aux pays pour les aider à entreprendre des réformes
sectorielles ou à réaliser des projets spécifiques (construction d’écoles, de
centres de santé, adduction d’eau…). Elle fait des prêts de long terme ou
garantit des prêts aux PVD par les pays développés.
La BM ou BIRD s’est constituée, au fil des années, en un groupe
appelé « groupe Banque Mondiale » par rapport à ses actions, ses
interventions. Les différentes filiales du groupe sont donc au nombre de
cinq (5) :
- La BIRD
- La SFI, Société Financière Internationale créée en 1956 ; elle accorde
des prêts ne nécessitant pas de garanties, directement aux entreprises
individuelles ;
- l’AID, Association Internationale de développement créée en 1960 ; elle
fait des prêts aux Etats et aux organismes publics.
- le CIRDI, Centre International pour le Règlement des Différends relatifs
aux Investissements créé en 1966 ;
- l’AMGI, Agence Multilatérale de Garantie des Investissements créée en
1988 ;
Mais les actions de ces institutions sont objet de critiques : les
objectifs de croissance et de développement pour tous les pays, du
système monétaire international, n’ont pas été atteints et on constate un
grand fossé entre pays développés et pays en voie de développement.
Pour d’autres observateurs les institutions financières de BRETTON
WOODS sont des instruments aux mains des pays développés pour
renforcer leur domination sur les autres dans le cadre du capitalisme
financier internationalisé. Ils auraient abandonné leur rôle de régulateur
pour être aux mains des pays du G7 pour imposer la mondialisation
néolibérale qui a accentué les inégalités dans chaque pays et accentué
les déséquilibres entre le nord et le sud. Les programmes d’ajustement
structurel n’ont pas eu les effets attendus; ils sont désastreux
particulièrement dans le cas des pays africains et sur les catégories
sociales les plus vulnérables.
Dr NIAMKEY MADELEINE 40
Sur le plan régional sont créées des banques de développement ;
elles ont les mêmes fonctions que la banque mondiale mais ayant une
zone d’action régionale. Ce sont :
- La Banque Interaméricaine de Développement (BID), créée en 1959
pour l’Amérique latine et les Caraïbes.
- La Banque Africaine de Développement (BAD), créée en 1964. Elle est
chargée de promouvoir le développement économique et le progrès social
dans les pays africains. Elle compte 53 pays membres. Le groupe de la
BAD comprend également le Fonds Africain pour le développement créé
en 1972 et le Fond Spécial pour le Nigéria créé en 1976.
- La Banque Asiatique de Développement (BAD), créée pour l’Asie.
- La Banque Européenne pour la reconstruction et le développement
(BERD), créée en 1991 pour faciliter le passage des pays d’Europe
centrale et orientale à une économie de marché.
- La Banque de Développement du Conseil de l’Europe (BDCE), créée en
1956 ; elle aide à promouvoir la cohésion sociale en Europe.
- La Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), créée en 1973
pour les pays de l’UMOA, BCEAO.
- La Banque de développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC),
créée en 1975 pour les pays de la CEMAC.
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