1.
Introduction
L'Algérie fait partie de l'ensemble Nord-Ouest africain, dans lequel affleurent des
ensembles géologiques organisés en deux domaines principaux, un domaine septentrional, dit
la zone atlasique et comportant au Nord l’Atlas tellien, au Sud l’Atlas saharien séparés par les
Hautes plaines, et un domaine méridional, le Sahara, où affleurent les socles précambriens du
Hoggar et des Eglab, et leur couverture phanérozoïque, la plateforme saharienne. Nous
résumons ici, cette dernière en détaillant son évolution géodynamique.
2. La Plateforme saharienne
Au Sud de l’Algérie se trouve la plate-forme saharienne, qui est un domaine
relativement plus stable, constitué d’un socle précambrien sur lequel se sont déposées
d’épaisses séries sédimentaires dans des bassins structurés essentiellement durant le
Paléozoïque. D’un point de vue pétrolier, ce domaine est subdivisé en trois provinces :
orientale, centrale (triasique) et occidentale(Fig.).
a) La province orientale
Englobe les bassins d’Illizi et de Berkine, séparés par le môle d’Ahara. Ces derniers sont
bordés à l’Ouest par la dorsale d’Amguid- El Biod, à l’est par les confins Tuniso-Libyen, et
au Sud par le bouclier Touareg. Cette province est appelée synéclise Est-algérien, elle occupe
la plus grande partie du Sahara algérien.
La couverture sédimentaire totalisant plus de 6000 m d’épaisseur et renferme des gisements
d’hydrocarbures dans le Paléozoïque et le Trias.
b) La province centrale (triasique)
Est localisée dans la partie Nord de la Plate-forme saharienne, dont laquelle appartient notre
région d’étude le sillon de Benoud, cette province comprend le bassin d'Oued Mya et de Hassi
Messaoud, les ensellements de Djorfa et Touggourt, les voûtes d’Allal et de Tilghemt et le
dôme d’Oued Namous. Elle est constituée d’une épaisse formation évaporitique du Trias d’où
le nom de province triasique (Boudjemaa, 1987). Elle renferme des gisements
d’hydrocarbures dans le Cambrien et le Trias.
c) La province occidentale
Constituée par les bassins de l’Ahnet, Bechar, Tindouf, Reggane, le bassin de Gourara-
Timimoun, la cuvette de Sbâa et les Monts d’Ougarata.
Fig. Localisation des bassins dans l’esquisse géologique de l’Algérie
La coupe géologique ci-dessous (Fig.), d’orientation Nord-Ouest ; Sud-Est, montre
l’Accident Sud Atlasique séparant le domaine septentrional, constitué des atlas, l’atlas tellien
au Nord et au Sud l’atlas saharien, du domaine méridional, qui est représenté par la plate-
forme saharienne, constituée par des bassins structurés (bassin de Oued Mya, de Berkine et
d’Illizi). Passant par la région d’étude, sillon de Benoud, située à l’Ouest de Hassi R’mel
représentant la bordure septentrionale de la plateforme saharienne centrale. Elle illustre
également des variations latérales des épaisseurs qui va du Paléozoïque jusqu’au Méso-
Cénozoïque. Les dépôts du Cambro-Ordovicien sont plus au moins homogène en allant du
Nord-Ouest au Sud-Est, alors que le Dévonien et le Silurien montrent un amincissement des
couches vers la partie Occidentale de la coupe géologique et on se dirigeant vers la partie
Orientale un maximum d’épaisseurs se marque. Les sédiments du Carbonifère sont enregistrés
sur la bordure orientale de la coupe (A A’). Le Jurassique représenté par une couche très
importante au Nord-Ouest et qui s’amincie en allant vers le Sud-Est.
Fig. Coupe Nord-Ouest Sud-Est montrant les ensembles géologiques de l’Algérie (WEC
2007).
3. Evolution géodynamique de la Plate-forme saharienne
L’histoire géologique de la Plate-forme saharienne s’inscrit dans celle du contexte
géodynamique général du continent africain (Bumby et Guiraud, 2005). Son évolution est
guidée par deux boucliers, le bouclier Reguibat à l’Ouest et le bouclier Touareg au Sud-Est,
formés au Paléo protérozoïque inférieur entre 1 800 et 2 000 Ma et au Panafricain entre 750 et
550Ma.
La structure actuelle de la Plate-forme saharienne est le résultat de l’évolution d’un
substratum fracturé, plissé et érodé, sur sa couverture sédimentaire lors de plusieurs phases
tectoniques qui va du Paléozoïque jusqu’au Méso-Cénozoïque qui peuvent être soit distensifs
ou compressifs. Celles-ci sont souvent en relation avec les mouvements relatifs des plaques
lithosphériques issues de la désintégration de la Pangée à partir du Trias. Le réseau de
fracturation de ces bassins est essentiellement Nord-Sud, Nord-Est et Sud-Ouest. C’est grâce
aux anciens travaux de terrains, de géophysique et de forages, qu’on a pu ressortir ces
différentes phases orogéniques qui ont modelé la plate-forme saharienne, les plus importantes
sont : la distension Cambro-Ordovicienne, la compression Taconique, la compression
Calédonienne, les événements tectono-sédimentaires du Dévonien, les mouvements
hercyniens ainsi que les événements Méso-Cénozoïque (phases autrichienne et alpine).
La phase panafricaine, c’est une phase de compression horizontale entre deux blocs
continentaux, le bloc Ouest africain rigide et le bloc Est africain qui est plastique, prend fin au
cours du Cambrien, et suivie d'une période d'érosion importante qui nivelle les structures et
reliefs antérieurs et se forme une vaste pédiplaine appelée infra-tassilienne (WEC, 2007).
Par la suite, la phase de distension majeure, cambro-ordovicienne, de direction Nord-Ouest ;
Sud-Est, qui est influencée par une instabilité tectonique matérialisant par des variations
d'épaisseurs et de faciès de part et d'autre part, par les accidents subméridien du socle
précambrien (Boudjamaa, 1987). Elle a causé le basculement de la plateforme saharienne vers
le Nord-Ouest, accommodant l’ouverture océanique de la paléo-Téthys et formant des demi-
grabens qui sont à l'origine de l’individualisation des différents bassins de la plate-forme
saharienne (Beuf et al. 1971).
La phase compressive taconique de l'Ordovicien supérieur d’une orientation Est-Ouest,
contient des sédiments massivement gréseux, continentale ou marine, elle est accompagnée
par une glaciation majeure à l’image de tout le Gondwana (Beuf et al.1971 ; Scotese et al.
1999).
Le Silurien est caractérisé par une transgression marine généralisée contenant des argiles
noires à graptolithes, qui forme plus tard l’une des plus importantes roches mères
(Boudjemaa, 1987). Le passage Siluro-Dévonien est marqué par la discordance
calédonienne suite à une compression de direction Est-Ouest ayant engendré le soulèvement
des structures (Askri et al. 1995).
Les événements tectono-sédimentaires du Dévonien supérieur, sont marqués par la
discordance frasnienne suite à une distension d’orientation Nord-Ouest ; Sud-Est. Contenant
des argiles du Frasnio-Famennien qui constituent la deuxième roche mère du Paléozoïque.
Les mouvements hercyniens, divisés en mouvements précoces, d’âge Viséen (Boote et al.,
1998), correspondant à un raccourcissement de direction Nord-Ouest ; Sud-Est (Boudjemaa,
1987) et qui ont une influence sur la sédimentation. Et en mouvements hercyniens tardive
(Paléozoïque terminal), d'âge Westphalien-Namurien, correspondant à un raccourcissement
de direction N120 (Boudjemaa, 1987), elle a joué un rôle majeur dans la structuration des
différents bassins de la plate-forme saharienne avec l’arrêt complet de la sédimentation.
Les événements Méso-Cénozoïque, qui ont structuré la plateforme saharienne sont
globalement contrôlés par l’ouverture de l’Atlantique central et de la Téthys au cours de la
distension du Trias au Jurassique, de direction Nord-Ouest ; Sud-Est. A cela s’ajoute la
phase compressive autrichienne, d’orientation Est-Ouest qui est la conséquence de
l’ouverture de l’Atlantique Sud.
Les phases compressives du tertiaire, sont liées à la collision Afrique-Eurasie, caractérisées
par la formation de la chaîne Alpine et qui a été contrôlée par trois phases compressives,
pyrénéenne de direction Nord-Ouest ; Sud-Est et Nord-Sud, d’âge Eocène, Miocène
supérieur de direction Nord-Sud et Nord-Ouest ; Sud-Est et Post-villafranchienne de direction
Nord-Sud (Boudjemaa, 1987).
Situation de la région d’étude dans le Gondwana
Tableau. 1. Principales phases tectoniques ayant affectées la plateforme Saharienne
(Boudjemaa, 1987).
1. Cadre géographique d’El Ouabed
La région d’El Ouabed, objet du présent travail, fait partie administrativement de la
wilaya d’El Bayadh. Elle se trouve à 128 km de l’Ouest de Hassi R’mel, à 116 km au Sud de
la ville d’El Bayadh et à 455 km d’Alger (Fig.). Elle est localisée entre les latitudes 32°47’N
et 32°56' N et entre les longitudes 1°48’E et 1°54’E.
Cette région est connue sous le nom de sillon de Benoud, se situe au Nord-Ouest du
Sahara algérien. Elle est limitée au Nord par l’accident Sud Atlasique, au Sud par le dôme de
Oued Namous, à l’Ouest par le bassin de Béchar et à l’Est par le champ gazier de Hassi
R’Mel.
Fig. Situation géographique de la région d’El Ouabed
2. Cadre géologique d’El Ouabed
La région étudiée El Ouabed II, se situe dans la partie orientale du Sillon de Benoud,
représente la bordure septentrionale de la plateforme saharienne centrale. Elle est limitée au
Nord par le grand Accident Sud Atlasique, et vers son extrême Ouest par le bassin de Bechar
et la voûte d’Oued Namous, bordé au Sud par l’ensellement de Djofra qui s’étend jusqu’au
Sud-Est, limité par le dôme de Tilrhemt, suite au bassin de Gourara et le dôme d’Allal vers
l’extrême Sud.
L’exploration de cette partie cible la série paléozoïque particulièrement les réservoirs du
Dévonien inférieur avec un moindre degré le complexe argilo-gréseux Cambro-Ordovicien.
Ce Sillon est structuré en un grand monoclinal orienté NO-SE plongeant vers le NO et
géométriquement affecté par des trends structuraux majeurs de direction N-S à NE-SO et
ONO-ESE à NO-SE.
Fig. Situation géologique de la région d’El Ouabed.